Labour and the Economy — 25 August 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2021-08-25
Quebec — Committees
(Neuf heures trente et une minutes)
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Bonjour. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de
l'économie et du travail ouverte. Je vous souhaite la bienvenue, et je demande
à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder aux consultations
particulières et aux auditions publiques sur le projet de loi n° 100, Loi
sur l'hébergement touristique.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Bélanger (Orford) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud); M. Derraji (Nelligan) est remplacé par Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger); M. Leduc
(Hochelaga-Maisonneuve) est remplacé par M. Fontecilla (Laurier-Dorion); et Mme Richard
(Duplessis) est remplacée par Mme Perry Mélançon (Gaspé).
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Alors, écoutez, je crois... Est-ce que nous avons le consentement
pour... ça a été discuté, là, hors d'ondes, mais j'ai besoin d'avoir votre consentement
en ondes. Est-ce que j'ai votre consentement pour que le temps non utilisé du gouvernement
soit réparti de façon proportionnelle, hein, c'est à la demande de la ministre, est-ce
que vous êtes d'accord
avec cette procédure? Oui, parfait. Alors, nous allons fonctionner comme ça.
Nous
entendons ce matin, alors, les représentants de la Fédération canadienne de...
l'entreprise, pardon, indépendante, alors, M. François Vincent et
Mme Clémence Joly. Avant de commencer votre exposé de 10 minutes, je vous invite à bien vous présenter, et, tout de
suite après, vous pouvez commencer. Alors, M. Vincent, à vous la parole.
M. Vincent (François) : Merci, Mme
la Présidente. Mme la ministre, Mmes et MM. les députés, bonjour. Je me présente, François Vincent, je suis
vice-président pour la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante pour
le Québec. Je suis accompagné de Clémence Joly, analyste des politiques et la
personne qui a rédigé le mémoire. D'ailleurs, je tiens à souligner son
excellente analyse et rédaction, puis je suis persuadé que ça va contribuer à
la présente réflexion.
La FCEI est
le plus grand regroupement de PME au pays. On compte 95 000 membres
au Canada et 20 000 au Québec, représentant tous les secteurs
d'activité économique et toutes les régions du Québec.
D'emblée, on tient à remercier la Commission de
l'économie et du travail de l'opportunité que vous nous donnez de présenter les
commentaires de notre organisation. On salue aussi la volonté de la ministre
d'élaborer un projet de loi... qui a élaboré un projet de
loi sur l'hébergement
et qui propose un nouveau cadre législatif qui porte une attention particulière
aux enjeux des PME du secteur. Cela fait preuve de leadership, et nous vous
remercions de vous mettre à l'écoute du milieu et surtout pour la volonté
d'action qui est concrétisée.
Tout d'abord, la FCEI remarque que les objectifs
visés par le projet de loi visent à réduire le fardeau administratif et
réglementaire des entrepreneurs, à faciliter l'encadrement et à soutenir
l'innovation. C'est à noter parce que la
paperasserie, c'est la préoccupation majeure des PME québécoises. Son fardeau
pèse lourd sur le dos de nos petits
entrepreneurs. En effet, pour les PME, le coût du fardeau administratif annuel
au Québec est de 8,2 milliards de dollars.
Nous voulons vous remercier, Mme la ministre, de
votre implication pour changer les choses positivement pour les petites entreprises du secteur en matière d'allègements
réglementaires. Puis je note que le projet de loi répond au plan
d'action 2020‑2025 en la matière, du gouvernement du Québec. La FCEI
appuie donc ce projet de loi et en recommande son adoption. Nous apporterons
certaines questions et interrogations, comme vous pourrez le constater à la
lecture de notre mémoire, et des pistes d'amélioration pour alimenter les
parlementaires dans leurs travaux.
Avant de rentrer dans les détails, j'invite
Clémence Joly à présenter brièvement la situation des PME québécoises. C'est
quand même important de prendre ça en considération, selon nous, dans la
réflexion du présent projet de loi n° 100.
Mme Joly (Clémence) : Merci,
François. Donc, effectivement, il apparaît essentiel de prendre en compte
l'environnement d'affaires et le contexte dans lequel les entreprises et les
PME évoluent. Selon nos résultats de sondage en date du 19 août, 80 %
des PME québécoises sont ouvertes, 51 % fonctionnent avec un personnel
égal ou supérieur à la normale, et seulement 49 % génèrent des revenus
égaux ou supérieurs à la normale. Ce sont donc des PME
qui sont fragilisées, qui ont été fragilisées et qui le sont encore, donc, par
les restrictions économiques et les nombreuses répercussions de la COVID-19.
Elles sont aussi endettées. Selon nos
estimations, les PME du Québec ont cumulé une dette de près de
100 000 $, et nos récentes recherches FCEI révèlent également que,
pour le secteur de l'hébergement et de la restauration, il faudra plus de
29 mois à ces entreprises pour retrouver un niveau d'activité normal. Et
une autre de nos études dévoile que 33 % des entreprises du milieu sont à
risque de fermer, comparativement à une moyenne canadienne de 17 %. Donc,
on voit bien que l'action gouvernementale est de mise pour aider le milieu des
affaires à faire face à de nombreux défis, et elle soutiendra, donc, cette
action gouvernementale, les entreprises dans la relance économique du Québec.
La FCEI soutient donc les objectifs du p.l. n° 100
qui viennent appuyer cette industrie durement affectée et, dans ces conditions,
elle souhaite profiter de cette tribune pour rappeler l'importance de maintenir
l'appui du secteur, notamment en adoptant un plan restant ouvert et en adoptant
des mesures supplémentaires en cas de nouvelles restrictions économiques.
François, je te rends la parole.
M. Vincent (François) : Merci,
Clémence. Ce projet de loi n° 100 représente le pas à
prendre pour le secteur. Je vais commencer
par la diminution administrative et réglementaire. C'est un enjeu
qui est important, comme je le mentionnais, à cause du coût
mais également au niveau de la relance économique, puis là je fais un lien avec
les données de fragilité du secteur. Une des actions que le gouvernement peut
faire pour aider justement ces PME-là à se relever, c'est de diminuer la
paperasse. Puis c'est quand même assez important, parce que ce sont 75 %
des PME, au Québec, qui mentionnent l'accélération de la diminution de la
paperasserie comme une mesure phare pour privilégier la relance économique du Québec.
Donc, la FCEI appuie la mesure soutenant... qui ne soumettrait plus
l'exploitant au guide de classification et à ses innombrables critères d'évaluation.
On ne peut pas cacher cependant que la
distribution... la disparition du régime obligatoire d'attestation de classification,
unique en Amérique du Nord — puis
je le répète, unique en Amérique du Nord — ne plaît pas à tous. D'un côté, il y en a plusieurs qui disent que son remplacement par un enregistrement en ligne annuel est un soulagement. Ça impose une
gestion lourde et complexe puis, des fois, ça ne représente même pas la réalité
de ce que fait le lieu d'hébergement ou ce que recherche la clientèle.
De l'autre, son abolition est synonyme d'inquiétude pour certains, parce que ça permet un niveau de standard dans l'industrie,
par rapport aux plateformes qui peuvent exister, et que le
vote des clients peut avoir une perception négative sur les entreprises.
Maintenant, on ne voit pas pourquoi on
imposerait un régime obligatoire unique au Québec qui augmenterait la paperasserie des petites entreprises du secteur, paperasse qui est inversement
proportionnelle à la grandeur de l'entreprise. Le coût de la paperasse est
cinq fois plus lourd pour les entreprises de moins de cinq employés
comparativement aux entreprises de 100 employés et plus.
Quant aux
craintes exprimées par certains établissements, bien, la FCEI est rassurée des
dispositions qu'assurent une collaboration et une écoute très grande de
l'industrie puis, même à un certain point, une délégation de pouvoirs. Donc, ça, on voit ça d'un bon oeil. Maintenant, il
va falloir faire attention pour, justement, que cette délégation-là n'ait
pas pour impact de recréer des formalités administratives, un régime parallèle
qui, à terme, ne va pas nécessairement diminuer la paperasserie des petites
entreprises du secteur.
À cet égard, le projet de loi sera suivi de
règlements qui vont préciser le projet de loi. Pour s'assurer de bien comprendre le régime puis de certifier sa
simplicité réelle, la FCEI vous suggère de déposer les intentions
réglementaires lors de l'étude détaillée du projet de loi. C'est déjà
fait dans d'autres commissions parlementaires puis ça permettrait, nous
pensons, d'améliorer les travaux et de certifier, justement, les grandes
avancées qui vont être permises pour le secteur. Nous en faisons la
recommandation.
La FCEI tient également à souligner les
dispositions qui visent à contrôler l'hébergement illégal. C'est fait d'une
bonne façon pour permettre justement aux établissements hôteliers de
compétitionner à armes plus égales d'une forme de compétition qui pouvait
paraître être déloyale. Donc, on vous remercie des dispositions qui sont
présentées dans ce projet de loi là.
Maintenant, on a certains questionnements qu'on
vous présente, puis que vous pourrez peut-être étudier lors de l'étude
détaillée. D'abord, c'est quant aux refus, suspension et annulation de
l'enregistrement, plus précisément la portée de l'alinéa 2° de
l'article 9 sur la responsabilité, culpabilité de l'exploitant. Alors, on
voudrait qu'il y ait des questions ou des exemples qui soient donnés, parce que
c'est possible qu'il y ait une erreur de bonne foi d'une personne qui achète un
établissement, puis que le précédent n'a pas nécessairement répondu à des
obligations sur l'OPC ou avec la
Loi sur l'environnement, etc., puis on ne
voudrait pas nécessairement, bien, que l'exploitant se voie défavorisé. Donc,
on voudrait avoir des précisions, justement, sur la portée de ces articles-là.
Maintenant, on recommande aussi, sur la section,
de retirer une certification, on sait que c'est que c'est quelque chose de
nouveau qu'il n'y avait pas dans l'industrie, on recommande quand même
d'ajouter un certain délai, là. Déjà, dans
les articles 13 et 17, il y a un délai de 10 jours qui est donné pour, d'une certaine façon, faire
valoir son point de vue puis, après ça, des jours pour aller devant le Tribunal
administratif. On demande à ce qu'un 10 jours supplémentaires soit rajouté
au début pour qu'il y ait une correspondance qui soit envoyée avec une demande
de conformité, puis, ensuite de ça, après ce délai-là, les délais qui sont
prévus courraient. Il y a des dispositions qui ont été prises, similaires,
notamment avec...
La Présidente (Mme IsaBelle) : ...
M. Vincent
(François) : Est-ce que je dépasse mon temps actuellement?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oh!
Oui, mais non, mais il vous reste trois secondes.
M. Vincent (François) : Bon, bien,
je vais être content d'aller plus en détail. Puis juste les trois secondes, bien, on veut qu'il y ait un maintien d'une
obligation de résultat aux municipalités, parce que là on voit que ça pourrait
justement ne pas permettre d'atteindre l'objectif fixé par ce projet de loi là
de retirer le délai de 45 jours. Merci.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Merci. Là, vous avez dépassé, mais ça va. Alors...
M. Vincent (François) : Désolé.
Présidente (Mme IsaBelle) : ...nous commençons maintenant la période
d'échanges avec Mme la ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Merci, Mme
la Présidente. Bonjour, Mme la Présidente. Bonjour aux collègues, M. Vincent, Mme Joly. Bah! Vous n'avez
pas dépassé votre temps tant que ça, là, puis il n'y a pas de faute,
croyez-moi, il n'y a pas de faute.
Votre exposé était extrêmement intéressant. Merci, Mme Joly de l'avoir
rédigé de façon aussi rigoureuse et de le présenter, aujourd'hui, en
commission parlementaire. C'est très apprécié.
Les petites entreprises, c'est le principal
tissu de l'industrie touristique, des PPME particulièrement, hein? Vous faisiez référence où des entreprises de moins
de cinq employés vous témoignaient, à la FCEI, combien la lourdeur
administrative, ajoutée à un contexte de COVID, additionnée à une certaine
indisponibilité de main-d'oeuvre sur le marché du travail, devenait
extrêmement lourde pour ces hommes et ces femmes. Dans l'industrie touristique,
on est pas mal à cinq à 10 employés, là, de façon générale. Et puis, dans
votre communiqué de presse, M. Vincent, vous avez indiqué que le secteur
de l'hébergement, de la restauration, entre autres, là, c'est celui dont le
taux d'entreprises risquait le plus de fermer en raison évidemment de la
pandémie mondiale, et c'est le plus élevé, à 33 %.
Les premières hypothèses, les premières
estimations qui ont été compilées... D'ailleurs, je salue au passage ma sous-ministre, Mme Laberge et l'équipe du
ministère. Donc, les premières hypothèses et les premières estimations du
ministère du Tourisme, les dispositions législatives qui sont proposées
dans le p.l. n° 100 devraient réduire de façon considérable, considérable,
les fameuses formalités administratives, mieux connues sous le nom de
«paperasse», tout comme les coûts pour les exploitants d'hébergement. Est-ce
que... Et là, les chiffres qu'on a, là, on passe, là, avec le projet de loi,
là, avec les p.l., on estime une réduction du temps alloué au processus à
17 000 heures, donc une économie en
temps qui monterait à peu près à 58 000 heures, et on parle, en
chiffres, là, en dollars sonnants, de 3 millions de dollars. Est-ce
que vous pensez que ces dispositions-là tombent à point dans un contexte,
évidemment, de COVID, et qui frappe durement l'industrie touristique?
M. Vincent (François) :
Certainement, oui. Puis là-dessus je mentionnerais peut-être deux éléments. D'abord, je l'ai mentionné dans mon discours, là,
le coût qui est inversement proportionnel à la grandeur de l'entreprise, mais c'est également vrai pour le temps
que je vais passer en tant qu'entrepreneur — ou mes employés — pour me conformer aux exigences
réglementaires. Ça, il faut comprendre, là, je veux dire, si les entreprises
ont... plus elles sont petites, bien, moins il va y avoir de chances d'avoir une
direction de ressources humaines, des employés dédiés par rapport à ça. Donc,
souvent, le propriétaire va être directement investi dans la productivité de
son entreprise. Là, admettons, il y a
plusieurs entrepreneurs du secteur qui sont sur leur gîte, qui sont investis,
qui travaillent directement. Ensuite de ça, s'ils ont des coûts avec les
comptables, bien, ça va être plus gros qu'une plus grande entreprise. Donc, les
allègements réglementaires, ça a un impact qui est grand pour ces dirigeants
d'entreprises là.
Puis là-dessus, deuxième élément, je veux citer
l'analyse d'impact réglementaire puis je veux vous remercier pour le travail
rigoureux qui a été fait à cet égard-là. On a vu d'autres analyses d'impact
réglementaire qui ont passé, pour d'autres projets de loi, puis elles n'ont pas
toujours été sur la coche comme la vôtre, si vous me permettez l'expression. Puis en tant que coprésident du
comité conseil de l'allègement réglementaire, l'application de la politique
d'allègement réglementaire puis des analyses, c'est vraiment quelque chose qui
est super important pour moi puis notre organisation, puis c'était vraiment
très, très, très... une très bonne analyse. Puis on mentionne notamment que le
ratio moyen des 10 dernières années, on passait de 3,8 unités à 1,6
par établissement, donc on voit que le secteur même est composé de petites
entreprises.
Je vais finir là-dessus, parce que je ne veux
pas parler trop longtemps, là, la COVID, on a vu aussi... puis ça, on ne l'a pas mis dans notre mémoire, mais il y a
eu une augmentation sur le stress des entreprises, sur les heures travaillées,
qui étaient plus longtemps, sur les maladies, la fatigue psychologique. Donc,
donner plus de temps à l'entrepreneur, de ne
pas remplir un guide de 152 pages, bien, ils vont pouvoir passer plus de
temps à s'occuper de relever leur entreprise puis de la faire
développer.
Mme Proulx (Berthier) : Pourtant, il
y en a certains qui disent, au sujet de l'allègement réglementaire et des gains, là, tant en temps et en argent, qu'au final
ce n'est pas suffisant, que 3 millions de dollars, ce n'est pas suffisant,
et que 17 000 heures, ce n'est pas suffisant. Vous répondez quoi à
M. Vincent
(François) : Bien, je suis
d'accord que c'est... on peut toujours faire plus. Mais maintenant
3 millions pour un secteur qui
est durement touché, c'est un 3 millions qui va être bon pour l'industrie.
Des heures supplémentaires, pour les
entrepreneurs, c'est quelque chose qui va être bon pour l'industrie. Puis
enlever un régime qui est spécifique seulement au Québec puis qui n'est pas
imposé aux petits entrepreneurs d'établissement en Ontario, au Manitoba, en
Colombie-Britannique, c'est quelque chose qui va être favorable aussi.
Maintenant, le
gouvernement a tout à gagner à continuer, à poursuivre les allègements
réglementaires, trouver une façon d'atteindre ses objectifs de réguler, parce
que la réglementation, c'est important, là. À la FCEI, on parle beaucoup de diminuer la paperasse puis la
réglementation, mais la réglementation, c'est quelque chose de nécessaire.
Maintenant, on peut mieux réglementer.
Puis, là-dessus, je
veux conclure sur vos projets pilotes, qui est un élément assez majeur qui peut
permettre à l'industrie d'adapter sa réglementation, d'être agile pour
l'innovation, puis ça, c'est un autre élément, je pense, digne de mention pour
votre projet de loi.
Proulx (Berthier) : Oui, parce que les modèles d'affaires, on le voit,
là, depuis les 10 dernières années, là, ça éclate complètement. Le type
d'hébergements ou d'offres d'hébergement touristique s'éclate complètement
au Québec grâce, entre autres, à des entrepreneurs, hommes et femmes,
extrêmement ingénieux.
La CITQ était en commission
hier, M. Vincent, devant nous. Évidemment, elle propose de conserver la
classification obligatoire à toutes les entreprises, mais elle souhaite retirer
l'approbation gouvernementale des critères d'évaluation. Est-ce que vous pensez
que cette proposition-là, selon vous, permettrait un cadre plus souple, plus
agile aux entreprises? Donc, classif obligatoire pour les entreprises, retirer
l'approbation gouvernementale des critères d'évaluation, vous en pensez quoi?
M. Vincent
(François) : Bien, c'est sûr que quand on retire quelque chose à une
organisation, l'organisation ne va pas nécessairement voir ça positivement.
Dans le travail qu'on a fait pour l'analyse du projet de loi, j'ai demandé à mes collègues des autres provinces,
bien, s'ils avaient des régimes similaires, puis on a regardé s'il y avait des
entrepreneurs, dans les autres provinces, qui ont demandé la création d'un
guide obligatoire. Il n'y a pas d'entrepreneurs qui ont demandé d'avoir
plus de formalités administratives.
Maintenant, sur l'article,
l'article... je pense que c'est l'article 24, là — je ne
veux pas dire n'importe quoi, là — donne une option à l'industrie — oui,
c'est ça — l'industrie
de prendre part à son développement. Donc, vous aussi vous n'arrivez pas avec une volonté de dire : Bon, bien, on
enlève tout ce qui se faisait d'une façon relativement bien pour
certains puis, bon, bien, on rapatrie ça tout au complet. Donc, nous, on sent
qu'il y a vraiment une belle volonté de la part de la ministre et du ministère
de permettre à l'industrie de s'y impliquer, mais on ne pense pas que maintenir
un régime obligatoire fait
partie des orientations que le gouvernement devrait
prendre.
Puis finalement,
bien, c'est un peu normal que le ministère veuille se garder une certaine
gestion de la responsabilité qui lui est conférée par le Conseil des ministres
puis par l'État. Donc, nous, on est confortables avec les dispositions que vous
présentez dans le projet de loi.
Mme Proulx
(Berthier) : Revenons sur maintenir le régime obligatoire, tel que
demandé par la CITQ, est-ce que vous croyez qu'à l'intérieur d'un guide... parce
qu'on en a parlé, de l'innovation, vous y avez fait référence, M. Vincent,
moi aussi, est-ce que vous pensez que le caractère innovant des entreprises, ça
peut bien être reflété à l'intérieur d'un guide?
M. Vincent
(François) : Bien, un guide de 152 pages qui définit la grandeur
d'une table de travail, des tables de chevet, une grandeur d'une salle de bain,
bon, je pense que juste passer à travers le guide, ça démontre que c'est peut-être
des contraintes qui n'aident pas à répondre aux besoins changeants de la
clientèle.
Maintenant, sur un
guide, on a eu des membres qui se sont exprimés sur les nouvelles plateformes
qui existent puis qui donnent des notes, puis qui disent : Bien, moi, il y
a un consommateur qui ne peut pas être satisfait même si je donne un bon
service, puis sa note va avoir un impact négatif sur la réputation de mon entreprise,
puis donc en ayant un régime de
classification québécois, ça me permet de me baser sur quelque chose qui va protéger d'une certaine façon mon entreprise. Mais maintenant,
même si on met en place un régime obligatoire, ces plateformes-là vont
continuer d'exister, vont être là, puis les consommateurs vont de plus en plus
aller vers l'opinion de leurs... bien, des pairs, des autres consommateurs dans
leurs choix de consommation.
Puis vous ne fermez
pas la porte à avoir un guide. Maintenant, ça pourrait être un guide volontaire
et qui pourrait même aller chercher une certaine spécificité québécoise dans l'évaluation
qui est donnée, s'orienter dans une campagne de communication pour que les gens
aillent vers cette certification-là pour orienter leur décision. Mais ce n'est
pas en obligeant les entrepreneurs à remplir certains critères...
Puis on a même
eu — puis
je vais finir là-dessus — des
cas où il y a des entreprises qui ont fait des investissements pour changer
leur note puis ils ne l'ont pas reçue, là. Donc, soyons agiles et diminuons la
paperasse, de grâce.
Mme Proulx
(Berthier) : Vous êtes, M. Vincent, le représentant de la FCEI
ici, au Québec. J'imagine que, sur une base régulière, vous avez des
discussions avec vos homologues des autres provinces. Est-ce que vous avez
discuté... Et ils pensent quoi du modèle obligatoire de classification ici au
Québec? Parce qu'on le rappelle, là, il n'existe
pas... oui, il n'existe dans aucune autre province, sauf celle du Québec, et ça
franchit le territoire canadien, là, en Amérique.
Vincent (François) : Bien, on
a des réunions, les responsables des provinces, à peu près à chaque deux semaines, puis, bon, bien, j'ai amené ça
comme point de discussion. Là, je leur ai parlé du système québécois, puis là,
après ça, il y a eu un silence, que je l'ai réexpliqué une deuxième fois, puis
non, je n'ai pas senti un enthousiasme débordant par rapport à ça.
Puis
maintenant, tu sais, on fait juste regarder les priorités des PME, c'est-à-dire
le poids du fardeau administratif réglementaire, puis un des éléments
qu'on demande, nous, comme organisation nationale, c'est d'assurer d'avoir une
certaine concordance avec qu'est-ce qui est imposé dans les différents secteurs
pour les mêmes industries. Donc, si on voit
qu'on fait cavalier seul, bien, je vois mal comment moi, je viendrais ici avec
des mandats assez forts des membres de
diminuer les formalités administratives, avec des orientations assez claires
pour améliorer le commerce interprovincial et d'assurer une meilleure
uniformité dans les régimes qui encadrent les industries, avoir une perception
différente de l'établissement du régime unique puis ne pas voir positivement ce
que vous proposez. Est-ce que j'étais clair?
Mme Proulx (Berthier) : Oui, oui,
vous étiez très, très clair. Mais ça fait un peu la démonstration, chez vos
homologues de l'ensemble du pays, où la fameuse classification étatique n'est
pas connue du tout, puis on parle quand même de présidents de divisions, de
fédérations d'entreprises indépendantes, et le tissu touristique qui n'est pas
moindre, certainement pas, en Alberta, dans les Maritimes et en
Colombie-Britannique. Donc, je voulais juste faire un peu de pouce...
M. Vincent (François) : Si vous me
permettez, Mme la ministre, juste...
Mme Proulx (Berthier) : Oui?
M. Vincent (François) : Oui, mais je
vous dirais même que ce n'est peut-être pas connu tant que ça de la population
québécoise.
Mme Proulx (Berthier) : Ah! bien,
ça, j'en conviens, mais quand on parle peut-être de gens qui sont au sein d'une
fédération de l'entreprise indépendante, vous m'en voyez d'autant plus
surprise, étonnée. Surtout que, tu sais, il n'y en a pas, de guide comme ça
pour... Oui, il y a des normes en restauration qui sont établies par la CNESST
et par le MAPAQ, évidemment, mais il n'y en a pas pour les croisières, des
guides comme ceux-là, de classification, il n'y
en a pas pour les attraits touristiques, il n'y en a pas pour la
restauration... La location de voitures, c'est quand même un véhicule
roulant, là, hein, où il y a des risques inhérents pour la sécurité des gens
qui veulent faire la location d'un véhicule, ce type de guide là n'existe pas.
Donc, on se pose la question de façon étatique. Alors, pourquoi, de façon
étatique, est-ce qu'il devrait, en conclusion, M. Vincent, exister ou
continuer d'exister au Québec?
M. Vincent (François) : Bien, je
recommande fortement aux parlementaires d'adopter les dispositions qui sont
présentées pour pouvoir avoir un cadre plus agile, plus représentatif de
qu'est-ce qui se passe dans le reste du pays puis même en Amérique du Nord, et
d'impliquer l'industrie dans la recherche de solutions qui cadrent mieux à
répondre aux besoins des clients et à l'industrie de tirer son épingle du jeu.
Puis on le sait que vous avez été capables de le faire. Il y a eu des belles
campagnes qui ont été faites pour encourager le tourisme local, ça, c'est un
élément qui a sauvé beaucoup d'entreprises du secteur aussi. Donc, nous, on est
très positifs quant à l'avenir du nouveau cadre légal que vous présentez.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
Mme Joly pour la rédaction de ce mémoire-là déposé à la commission. Merci
infiniment. M. Vincent, également merci du travail que vous avez accompli,
vous et vos équipes, pour votre présence aujourd'hui... pardon, à cette
commission. Merci à vous deux.
M. Vincent (François) : Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci pour l'échange. Nous poursuivons cette fois-ci avec la députée
de Jeanne-Mance—Viger.
Rotiroti : Merci,
Mme la Présidente. Et bon matin à tous. Alors, merci, M. Vincent,
Mme Joly, pour être parmi nous ce
matin. Alors, d'entrée de jeu, je voulais vous dire, là, un grand merci pour la
qualité de votre mémoire. J'ai eu la chance de passer à travers hier
soir, très tard.
Alors, vous abordez plusieurs éléments. Alors,
j'aurais... je prendrais un petit peu la balle au bond. Quand vous parlez de
tout le fardeau administratif, alléger la paperasse, je pense qu'on est tous
d'accord avec ça, et je pense que le projet de loi, quand on parle de
paperasse, et tout ça, on parle plutôt du volet classification et la lourdeur
de remplir ce formulaire-là, etc., par rapport à l'autre question, et tout ça,
toute la question, aussi, si c'est désuet ou pas désuet. Vous avez dit que vous
avez consulté, évidemment, vos membres. Au niveau de la classification, est-ce
que l'objection de certains de vos membres, c'était par rapport à la lourdeur
de cet exercice-là ou c'est par rapport à la classification en tant que telle,
la pertinence de la classification?
M. Vincent (François) : O.K. Merci,
c'est une très bonne question. Mais, juste avant, on a envoyé le mémoire vraiment...
On ne vous a pas laissé beaucoup de temps à le lire, là. On vous remercie beaucoup
d'avoir pris le temps de le faire. On a eu plein, plein
d'urgences qui nous ont explosées dessus à la dernière minute, puis on est
contents que vous ayez pris le temps. Puis ça n'a pas simplifié le travail des
parlementaires, mais je voulais le dire.
Sur la classification, là, il y a un élément,
là, qui ressortait beaucoup, c'est d'avoir une certaine classification neutre, qui ne va pas avoir un client pas content,
qui va avoir un impact de diminuer, d'une certaine façon, les standards. Donc, il y avait...
pour les membres qui trouvaient le régime intéressant ou qui trouvent
que, tu sais, l'établissement
d'un régime volontaire ou non volontaire... bien, tu sais, c'est de s'assurer
d'avoir un sceau de qualité. Donc, ça, c'est un élément à prendre en considération,
mais ça ne veut pas dire que ce n'est pas possible de le faire dans les
nouvelles dispositions du projet de loi et avec l'implication des secteurs
d'activité économique.
Maintenant, tous les éléments sur le fardeau
administratif et réglementaire, ça fait 10 ans qu'on en fait une priorité.
Ça a toujours été, là, dans les 10 dernières années, dans les deux
priorités des membres à travers le pays dans tous les secteurs d'activité
économique, donc, partout où on peut être capables de trouver une manière de
diminuer les formalités administratives et réglementaires, qui sont
disproportionnées plus l'entreprise est petite. Passer à travers un guide comme
ça quand j'ai cinq employés, bien, ça va être plus lourd que si j'ai une grande
entreprise avec... que je peux avoir plus qu'un employé ou des employés dédiés,
spécialisés là-dedans. Ça, c'est quelque
chose qui est dit aussi dans l'ensemble des industries de trouver des manières,
justement, à amener à une meilleure réglementation.
Puis
peut-être dernier élément que je pourrais mentionner, c'est que ce projet de
loi là aussi suit la recommandation du
rapport Lavoie qui avait été déposé par le... qui avait été commandé par le
ministère de l'Économie du gouvernement précédent. Et c'était une des recommandations qui était émise,
justement, pour permettre à l'industrie de mieux naviguer dans le cadre
de l'économie collaborative.
Rotiroti : Merci,
M. Vincent. En effet, je pense qu'on est tous d'accord que la taille de l'entreprise...
faut être pris en considération puis l'allègement de la paperasse. De toute
évidence, si on est une entreprise de trois à cinq employés, on ne peut pas
demander d'avoir les mêmes ressources d'une entreprise qui a 100 employés,
qui a un département de ressources humaines, et tout ça, ça va de soi.
Et je pense
que vous êtes une industrie... l'industrie touristique est aussi frappée avec la pénurie de main-d'oeuvre, qui fait en sorte
que non seulement on fait face à la lourdeur de paperasse puis les ressources qu'on
a, mais là on fait face à une pénurie de main-d'oeuvre où est-ce qu'on se
retrouve dans une situation où est-ce qu'on n'a même pas suffisamment
d'employés pour faire le travail qu'on faisait avant. Alors, ça, en soi, c'est
un enjeu majeur pour la relance économique, la pénurie de main-d'oeuvre. Alors,
là-dessus, je pense que c'est très clair puis, je pense, votre bataille depuis, je dirais, depuis toujours, mais,
au moins, depuis les 10 dernières années, c'est l'allègement de paperasse,
alors c'est très bien noté.
Je veux juste finir sur la classification avant
qu'on embarque sur d'autres recommandations que vous faites. Vous faites
référence au comité Lavoie. En effet, on a eu quelques interactions hier avec
certains groupes. Je vous dirais que, d'entrée de jeu, il y a certains groupes
qui trouvent qu'abolir la classification, ça n'a jamais été discuté, qu'on
s'est retrouvé devant un projet de loi qui, dans le fond, abolit la
classification avec aucun consensus qui émanait de l'industrie. Vous, vous
n'êtes pas pour la classification obligatoire, de qu'est-ce que je comprends,
mais, si c'est une base volontaire, s'il y a une réforme dans la façon qu'on va
uniformiser ou standardiser la manière qu'on va qualifier nos institutions
touristiques, vous serez d'accord, oui ou non?
M. Vincent
(François) : Bien oui, on
est d'accord à ce que l'industrie soit impliquée dans
la redéfinition de ce qu'ils vont faire pour la classification. On le dit bien
dans notre mémoire aussi, on ne veut pas recréer une réglementation parallèle ou réaugmenter le
fardeau administratif réglementaire, là, changer une piastre pour quatre
trente-sous, ça, ce n'est pas quelque chose qu'on voit positivement. Puis, bon,
c'est sûr que quand je fais des changements comme ça, tu sais, c'est... le
consensus, c'est peut-être difficile d'être atteint, mais le fait qu'il y ait
des voix qui s'élèvent va faire en sorte de vous permettre d'adopter le
meilleur régime possible. Il y a toujours place à l'amélioration.
Maintenant, tu sais, je peux peut-être donner un
exemple sur la classification. Tu sais, avoir la grandeur d'une table de
travail va avoir un impact sur la notation. Bien, je peux vous certifier, Mme
la députée, que, quand je m'en vais dans un
hôtel, je n'amène pas mon «tape» à mesurer pour calculer si la table a les
mètres définis, parce que, si j'ai une table avec mon portable qui
rentre dessus, une planche à repasser puis un lit, je suis bien heureux, là.
Rotiroti :
Parfait. On a compris que, de toute façon, la... Je pense que tout le monde est
d'accord que le système de classification est un peu désuet, qu'il doit être
modernisé, qu'il devra être agile, flexible, et peut-être, je dirais, moins lourd pour... parce qu'il y a trop de questions. Je pense que, ça, ça a été adressé puis, je
pense, vous étiez assez clair là-dessus.
Vous dites... Vous parlez du maintien des résultats
aux municipalités, vous parlez du délai de 45 jours dans votre mémoire, puis vous dites qu'on devrait... La
recommandation, c'est : «La mise en place d'un délai maximal imposé
aux municipalités ou une obligation de résultat dans le projet de loi ou dans
ses règlements.»
Dans le délai de 45 jours, est-ce que vous
êtes... Vous voulez, si j'ai bien compris, l'abolir, ou réduire le délai de
45 jours, ou le maintien du 45 jours?
M. Vincent (François) : Bien, je
vais... Tu sais, on a émis la recommandation assez large pour vous permettre de
trouver la meilleure formulation, parce que, dans certains cas, tu sais, on
s'est fait dire que, bien, il pouvait y avoir
une délivrance en 10 jours, mais, dans d'autres, s'il faut changer le
zonage, bien, ça peut être plus long. Mais il y a
une possibilité de rédiger un article, tu sais. Quand je parlais de ça, je
disais : Mettez le délai à 10 jours, puis, s'il y a possibilité de dire : Tout en respect des dispositions prévues par la
Loi sur les cités et les villes, là. Dans le fond, tu sais, il y a un délai parce
qu'il faut que je fasse un conseil municipal, il faut que je fasse un
changement réglementaire, tu sais, ça, on comprend ça.
Maintenant, les municipalités
ne sont pas... je vais dire ça... je vais essayer d'être diplomatique, là... En
termes d'allègement réglementaire puis d'obligation de résultat, le
gouvernement fédéral puis le gouvernement provincial ont fait beaucoup. Ils se
sont donné des plans d'action, ils se sont donné des politiques, ils se sont
donné des obligations de résultat, et dans tous les ministères aussi, mais les
municipalités, il n'y en a pas beaucoup qui ont adopté de telles obligations
envers elles-mêmes. Donc, si on retire un délai de 45 jours, bien, nous,
on sent que ça va diminuer l'intérêt de la municipalité de livrer. Puis la
volonté, c'est de passer... tu sais, de mieux faire la chaîne, là, pour aller chercher justement sa certification.
Mais maintenant, là, s'il y a une municipalité qui délivre très lentement ses permis, bien, peut-être que l'État québécois va
faire vite, mais ça ne va quand même pas favoriser le développement des
entreprises du secteur. Donc, on vous invite fortement à prendre en compte cet
élément-là dans le projet de loi.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Il reste 40 secondes.
Rotiroti :
En 40 secondes, merci beaucoup, M. Vincent, Mme Joly, d'être
parmi nous. Ça nous éclaire sur plusieurs volets. Alors, merci beaucoup pour
votre temps.
M. Vincent
(François) : Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Nous poursuivons l'échange, cette
fois-ci, avec la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, M. Vincent,
Mme Joly. Je connais déjà votre position sur toute la question de la
paperasse. On s'en est parlé à quelques reprises, justement, avec la question
des programmes d'aide, là, aux entreprises en temps de COVID, l'AERAM, on a eu
à en discuter en long et en large. Donc, je
comprends... Je ne m'éterniserai pas sur le volet classification, parce que
j'en comprends que vous êtes pour le maintien
d'un certain sceau de qualité, mais la formule, comme telle, de classification,
là, on n'y tient pas particulièrement ou, du moins, vos membres n'ont
pas d'attachement à ce système.
Donc, j'aimerais, par
contre, vous entendre sur l'accompagnement des entreprises. On le dit souvent,
qu'elles ont moins de ressources, et tout ça. Donc, c'est quand même toute une
transition. Elles vont devoir se réapproprier un peu, là, toute la façon que
leurs consommateurs, leurs clientèles les découvrent, les choisissent aussi.
C'est quand même une tâche qui est ardue. Et là ils n'ont comme pas ce
système-là pour, quand même, pouvoir avoir une certaine... en tout cas, un modèle de comparaison fiable, objectif,
disons-le comme ça, fiable, là, bon, les critères, on n'est pas certain que c'était si fiable. Mais est-ce
qu'il y a une nécessité que le gouvernement accompagne vos membres dans
toute la question d'une utilisation des réseaux sociaux, formation en ligne, et
tout ça?
M. Vincent (François) :
Bien, avant de répondre à... Oui, l'accompagnement, c'est une des clés de la
conformité réglementaire, ça, on l'a toujours dit, là. Ce n'est pas
nécessairement tout le temps en baissant la réglementation, mais en aidant les
entrepreneurs dans le processus. Et, oui, ça peut être intéressant
d'accompagner les entreprises, justement,
pour bien utiliser les réseaux sociaux, etc. Ça, ça peut faire part d'une
stratégie ministérielle ou une stratégie de développement du territoire,
du tourisme, etc. Puis je pense que le gouvernement du Québec a bien fait, sur
cet élément-là, avec ses... Il y avait aussi une politique de bons-rabais, etc.
Bon, tu sais, il y a eu des actions. Donc,
oui, on pense que l'investissement de l'État, pour faire valoir et outiller nos
entrepreneurs, est intéressant puis peut s'arrimer dans... On est quand
même confiants par rapport à ça, surtout avec les dispositions qui mettent de l'avant la collaboration avec l'industrie. Puis,
là-dessus, on a eu une recommandation aussi qui demande de maintenir une
communication forte aussi puis d'intégrer les municipalités, parce que les
municipalités sont
partie intégrante de l'équation
là-dedans, puis on est persuadés que ça va aider à établir des critères, des
mesures pour favoriser le système.
Quant au fait, là,
que, bon, il va y avoir, tu sais, pas de système, avoir un système, etc., je
pense que je suis... on est assez confiants. Tu sais, quand, actuellement,
on... Il y a beaucoup de citoyens qui ont visité le Canada aussi durant le
confinement, là, puis je ne pense pas que le fait qu'il n'y ait pas de régime
obligatoire a diminué significativement leurs possibilités de trouver le bon
établissement qui répondait à leurs besoins comme clients.
Mme Perry
Mélançon : Merci. Vous avez salué, en fait, là, la nouvelle
réglementation pour mieux encadrer l'hébergement collaboratif, entre autres,
qui sont des concurrents de certaines entreprises, d'hôteliers, tout ça. Est-ce
que vous voyez tout de même... Par rapport à l'inspection, est-ce que c'est
suffisant, pour vous, de la façon qu'est élaboré
le projet de loi? Est-ce qu'on couvre largement la question? Est-ce que vous
voyez des choses qu'on devrait... des éléments qu'on devrait bonifier par
rapport à s'assurer que l'inspection, qui est le nerf de la guerre, finalement,
soit mise en place, là, pour s'assurer que ces dispositions pénales là soient
appliquées dans la mesure où il y a de l'hébergement illégal?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : 30 secondes, je vous laisse 30 secondes.
M. Vincent (François) : Ah! bien, on
n'est pas allés jusque-là dans l'analyse de notre mémoire puis nos
recommandations, mais d'établir un meilleur cadre plus clair, c'est sûr que ça
va aider aux inspections. Puis je pense que ça fait 30 secondes.
Présidente (Mme IsaBelle) : Alors, merci, M. Vincent, merci,
Mme Joly, pour votre collaboration.
Alors,
nous allons maintenant suspendre quelques instants, le temps d'accueillir le
prochain groupe. Merci encore de votre contribution.
M. Vincent
(François) : Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à
10 h 15)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, le problème de son est réglé, nous continuons maintenant
avec M. Tessier, président-directeur général de Camping Québec.
M. Tessier, bienvenue. Je vous invite à bien vous présenter avant de
commencer votre exposé de 10 minutes. Alors, à vous la parole.
M. Tessier (Simon) : Bonjour. Simon Tessier, président-directeur
général de Camping Québec,
l'Association des terrains de camping du Québec, représentant des membres du secteur privé et public, donc un total de
800 membres au Québec.
Mme la ministre du
Tourisme, Mme la Présidente, membres de cette commission parlementaire,
bonjour. J'aimerais tout d'abord vous remercier, au nom des membres et du conseil d'administration de
Camping Québec, de nous donner aujourd'hui l'opportunité
de nous exprimer sur le projet de loi n° 100. Depuis
l'annonce du projet de loi, voire depuis le
début des travaux ayant mené à son dépôt, les projecteurs ont été principalement braqués sur la réalité des hôteliers. Or, le secteur du camping et
également celui des pourvoiries sont tout aussi concernés par ces changements
majeurs. Nous prenons la parole aujourd'hui pour vous faire part du point de
vue de l'industrie du camping, et nous n'avons bien sûr pas la prétention de
parler au nom des autres secteurs.
D'entrée de jeu,
précisons que, depuis 1962, Camping Québec a pour mission de promouvoir et
de favoriser la croissance et le développement de l'industrie du camping de
même que la pratique de cette activité au Québec. Avec plus de 800 membres
provenant des secteurs privé et public, elle représente plus de 90 % de
l'offre en termes d'emplacements de camping au Québec. Ajoutons que Camping
Québec est également mandataire du ministère du Tourisme en ce qui a trait à la classification des terrains de camping.
L'association estime être bien placée pour fournir un éclairage
pertinent aux réflexions de cette commission.
Camping Québec a
toujours été convaincue de la nécessité du programme de classification appuyé
par la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique. C'est pourquoi, en 2013, afin de rapatrier le
mandat de classification, l'association a fait l'acquisition du Conseil
de développement de camping au Québec, alors l'organisme mandataire de la classification sous l'égide du ministère du
Tourisme. Camping Québec a de plus assumé des déficits cumulés de plus de 165 000 $ depuis 2013 pour
assurer la réalisation du programme parce qu'elle croit fermement à ses
bénéfices pour l'industrie et sa clientèle.
effet, la classification obligatoire instaurée en 2004 a été bénéfique
pour notre industrie à plusieurs niveaux, notamment en ce qui a trait à l'amélioration globale de la qualité de
nos établissements et à l'accompagnement de nos entrepreneurs en ce sens. Il faut savoir qu'un des premiers gestes de
tout nouveau gestionnaire, propriétaire ou développeur de terrain de camping est de s'informer quant au
moyen d'augmenter le pointage de son établissement, sinon son niveau de classification. Afin de rehausser la qualité de
leurs infrastructures et ainsi de répondre aux exigences du programme, les entrepreneurs investissent des dizaines, voire
des centaines de milliers de dollars année après année. Ainsi, les dépenses
d'immobilisation effectuées annuellement par
les terrains de camping québécois totalisent plus de 200 millions de
dollars. La classification est un
outil de planification du développement de leur offre de services et de leurs
infrastructures qui favorise
l'amélioration de la qualité au bénéfice des consommateurs et qui rejaillit sur
l'image de l'industrie touristique québécoise.
À
titre d'exemple, mentionnons qu'en 2004 les terrains de camping de niveaux
quatre et cinq étoiles comptaient 11 %
des établissements, alors qu'ils représentent maintenant 26 % du nombre
total. Si on inclut également les établissements
affichés en trois étoiles, on constate que la barre est passée de
41 %, en 2004, à 61 % des établissements qui affichent
aujourd'hui trois étoiles ou plus.
Sans
une classification obligatoire réalisée sur le terrain, nous n'aurions pas
obtenu de tels résultats dans un délai aussi
court. Par ailleurs, l'argument des détracteurs de l'obligation de classification
voulant que le système de classification soit devenu lourd, qu'il peine à évoluer à la vitesse des tendances du
marché et que sa grille d'évaluation soit désuète ne s'applique pas au secteur du camping. En effet, le
programme de classification a été révisé et mis à jour régulièrement au fil des ans par un comité d'experts du milieu
sous approbation du ministère, que ce soit en 2008, 2011, 2014, 2016 ou
2020. Vous comprendrez que la
refonte 2020 n'a pas pu être mise en application étant donné les
circonstances qu'on connaît.
classification actuelle bénéficie d'une belle notoriété auprès de la clientèle
des campings, laquelle, rappelons-le, est
presque exclusivement intra-Québec. Par ailleurs, les campings figurent très
peu sur les sites d'avis en ligne.
En l'absence d'un
système unique appuyé par la loi, Camping Québec craint une multiplication des
systèmes de classification et autres labels
de qualité, comme c'est le cas ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Europe.
La facture payée par les terrains de
camping serait alors multipliée, et il n'est pas certain que le consommateur
s'y retrouverait.
Camping
Québec soumet à votre attention que l'article 24 du projet de loi semble
ouvrir la porte à la reconnaissance de plusieurs organismes d'évaluation
de la qualité de l'offre. Il nous apparaît souhaitable de préserver une
exclusivité par secteur afin d'éviter les incohérences et
la confusion. Une exclusivité accordée à une organisation possédant une expertise du secteur assurera également une
évolution du programme d'évaluation au rythme de celle de son industrie.
L'offre du secteur camping est dynamique et... (panne de son) ...et, par
conséquent, elle évolue constamment.
Dans un autre ordre
d'idées, la validité des données touristiques a toujours été garantie par les
visites de classification. Il va de soi que les informations recueillies sur
place rendent un portrait fiable pour le consommateur puisqu'elles sont
recensées, validées et qualifiées.
La base de données de
classification est d'une importance capitale pour Camping Québec non seulement
aux fins de promotion, mais également,
surtout, pour la connaissance pointue de notre secteur, l'expertise sectorielle
qu'elle nous a permis de développer
au fil des années et notre indépendance. Nous souhaitons donc que des
mécanismes soient prévus dans la loi afin que le retrait de la
classification n'entraîne pas, avec le temps, une dégradation de la qualité de
l'information.
Pour
toutes les raisons que je viens de vous exprimer, Camping Québec compte
maintenir en place son programme d'évaluation
de la qualité de l'offre actuelle — la
classification étoilée — sur
une base volontaire, même s'il risque d'être moins représentatif de
l'entièreté de son secteur.
Il faut savoir que
l'obligation de classification permettait des économies sur les déplacements et
une certaine prévisibilité, entraînant le
maintien des coûts abordables pour nos entreprises, allant de 287 $ pour le plus petit terrain de camping à 743 $ annuellement. Camping
Québec souhaite que son programme volontaire demeure accessible pour
tous les établissements qui veulent y participer, peu importe leur taille ou
leur région. Un petit camping de 20 sites aux Îles-de-la-Madeleine devrait
pouvoir y participer au même
titre qu'un camping de 600 sites en
Montérégie. Pour que nous y parvenions, il est impératif que les tarifs
d'enregistrement annoncés dans l'analyse d'impact menée par le ministère soient
mis en application et que ces sommes puissent en
partie être affectées à la
réalisation de notre programme volontaire,
la rendant viable sans entraîner de coûts supplémentaires aux entreprises,
voire maintenir les coûts actuels, peut-être même les diminuer.
Tel qu'exprimé
précédemment, nous croyons que le projet de loi doit prévoir la reconnaissance
d'un seul organisme d'évaluation de la qualité de l'offre par secteur. Nous
sommes aussi d'avis que cette reconnaissance de la part du ministère devrait notamment prendre la forme d'incitatifs à y
participer à l'intention des exploitants ou même, pourquoi pas, d'une contribution financière à la
réalisation des visites, considérant leur valeur pour la validation des données
touristiques et la préservation de l'expertise sectorielle.
En conclusion, en
terminant, bien que nous aurions préféré le maintien de l'amélioration du
programme de classification obligatoire dont les rouages sont bien rodés,
plutôt que son abolition, nous sommes conscients que les intentions du gouvernement sont fermes et
que le projet de loi sera adopté, quels que soient les points de vue
exprimés au cours de cette commission.
Nous souhaitons
toutefois obtenir votre collaboration, considérant les particularités du
secteur camping qui diffèrent fortement de la réalité des hôteliers, et nous nous
considérons un peu comme un dommage collatéral dans cette décision. Ainsi, nous
proposons que les premiers projets pilotes prévus à l'article 23 du projet
de loi soient dédiés à soutenir les
mandataires sectoriels tels que nous, qui souhaitent opérer une transition du
modèle de classification obligatoire
vers une offre de service d'évaluation de la qualité volontaire. Nous
souhaitons également que Camping Québec demeure l'interlocuteur
privilégié pour l'industrie du camping auprès du ministère du Tourisme.
Nous
vous remercions, Mme la ministre et membres de la commission, pour la
considération que vous voudrez bien porter à nos commentaires, et souhaitons
pouvoir demeurer l'interlocuteur privilégié en la matière. Merci.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Merci, M. Tessier, pour votre exposé. Je vous invite
à ne pas oublier votre micro. Merci de
l'avoir fermé et de ne pas oublier de l'ouvrir. Alors, maintenant,
nous cédons la parole, pour la période d'échange, à Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci, Mme la Présidente. M. Tessier, Simon, très
heureuse de vous voir avec nous aujourd'hui, et merci de la présentation, toujours
un plaisir de collaborer avec l'équipe de Camping Québec.
Si vous le permettez,
M. Tessier, on va commencer par le fameux sondage de la firme Léger qui a été
commandé par l'Alliance de l'industrie touristique du Québec, vous savez que
c'est le mandataire, évidemment, du ministère pour faire la promo à l'intra et
à l'international, en temps de COVID à l'intra, là, qui démontre que le système
de classification, les fameuses étoiles, M. Tessier, auxquelles vous
faites référence, c'est un critère de choix important pour 32 % des
Québécois lors de la réservation d'un établissement de camping ici, au Québec.
Il y a juste 14 % des Québécois et 7 % des 18-34, donc la tranche des
jeunes, qui ont indiqué que cette classif-là, c'était un critère important pour
eux.
la lumière de ces résultats-là, M. Tessier, est-ce que vous ne croyez pas
que les exploitants devraient avoir le choix
de classifier ou non, puis est-ce que ça ne montre pas aussi que le système de
classif obligatoire est complètement délaissé par un bassin qui va être
une clientèle de plus en plus présente chez vous dans les années à venir?
M. Tessier (Simon) : Bien, merci de votre question, Mme la ministre. Écoutez, je suis mal à
l'aise à commenter les résultats de l'alliance, du sondage omnibus. Je
peux par contre vous faire part d'une enquête auprès des campeurs et campeuses québécois, réalisée en 2017, avec
la firme Raymond Chabot Grant Thornton, où on interrogeait vraiment des clients des terrains de camping, et ce
sondage-là nous a révélé que 91 % des clients connaissaient la
classification et 86 % d'entre eux l'utilisaient pour faire leur
choix de terrain de camping.
Donc, de
notre côté, la validité, dans notre secteur, elle ne faisait aucun doute, et
elle n'en fait toujours aucun. On aurait aimé mettre ces données-là à
jour en 2020, mais vous comprendrez qu'on a eu d'autres priorités sur la table et, considérant qu'on voyait la décision comme une
fatalité, on n'a pas trouvé bon de mettre à jour. Mais, 2017, écoutez, si on se laisse sur une marge d'erreur,
je crois que, dans le secteur du camping, justement à cause des mises à jour
qu'on a faites constamment du système de
classification, le système était beaucoup plus... beaucoup plus, excusez-moi
l'anglicisme, là, «relevant» pour les clients camping qu'il ne l'était
peut-être pour les clients hôteliers.
Mme Proulx
(Berthier) : Mais pourquoi vous ne voulez pas commenter — je reprends vos mots, là — vous avez un malaise avec l'alliance,
le sondage mené par l'alliance?
M. Tessier
(Simon) : Bien, c'est un
sondage de type omnibus, là, de ce que je peux en comprendre, donc on n'a pas
eu le temps de poser beaucoup de questions dans ce sondage-là. C'est
pourquoi... Et je n'ai pas eu les données, de la façon dont laquelle les
données ont été amassées, alors que notre étude, de notre côté, était beaucoup
plus exhaustive. Là, on ne parle pas d'un sondage
omnibus, on parle d'une recherche sur la pratique du camping au Québec
en 2017. Alors, nos chiffres ne correspondent pas du tout à ceux de
l'alliance. Et je ne veux pas minimiser leur travail, mais je crois qu'il y a
peut-être un biais au niveau de la perception de ceux qui ont été interrogés,
alors que nous, on a interrogé vraiment la clientèle terrain de camping.
Mme Proulx (Berthier) : Merci de la
précision, M. Tessier. On va revenir sur une des déclarations que vous avez faites. D'entrée de jeu, vous dites que les
campings investissent, hein, M. Tessier, des centaines de milliers de
dollars annuellement dans leurs
infras, partout, sur les 800 membres que vous représentés au Québec. C'est
plus de 200 millions de dollars en dépenses d'immobilisations,
c'est bien ça?
M. Tessier (Simon) : Par année. Par
année, oui.
Mme Proulx (Berthier) : Le nombre de
campings dans la catégorie trois, quatre et cinq étoiles, M. Tessier,
ça n'a pas augmenté beaucoup, là. Dans les faits, on parle de 0,2 % des
campings, depuis les 10 dernières années, qui sont allés chercher trois,
quatre, cinq étoiles. Est-ce que, là, on n'a pas un peu une preuve que les
étoiles ne représentent pas les investissements que vous avez faits, vous, pour
rehausser l'offre et la qualité de l'offre en camping? Parce que la CITQ nous
dit : S'il n'y a plus d'étoile, on va arrêter d'investir, puis c'est
dangereux. Vous, vous avez investi beaucoup dans vos campings. Et c'est 0,2 %,
dans les 10 dernières années, le nombre de campings dans la catégorie
trois, quatre, cinq étoiles.
M. Tessier (Simon) : Et je ne
veux pas faire une bataille de chiffres avec vous. Moi, les chiffres que j'ai,
c'est que, les établissements de terrains de camping, en 2004, il y avait
11 % des établissements qui étaient quatre ou cinq étoiles, et, en
date d'aujourd'hui, on en compte 26 % du parc de terrains de camping.
Donc, moi, les chiffres que j'ai sont probants.
D'ailleurs, j'aimerais soumettre à votre
observation qu'en 2020 nous avons soumis au ministère du Tourisme une
refonte de la classification qui visait à intégrer les niveaux de demi-étoiles.
Donc, on allait instaurer les étoiles trois et demie, quatre et demie et deux
et demie parce que le niveau quatre étoiles devenait problématique parce
qu'il y avait énormément de terrains de camping qui avaient accédé au niveau
quatre étoiles.
Mais ça me
fera plaisir de préciser les chiffres en termes de nombre de terrains de
camping plutôt qu'en pourcentage et de les déposer à la commission avec
plaisir.
Mme Proulx (Berthier) : Oui,
c'est ça, parce qu'on a un petit décalage, là, entre 2012 puis 2021.
On va revenir à 2017, parce qu'en 2017, là,
M. Tessier, vous aviez fait parvenir au ministère du Tourisme une demande
de hausse de frais d'attestation de classification. Je cite la première phrase
du document, M. Tessier. Vous dites : «La classification, c'est un
exercice déficitaire pour Camping Québec. L'acceptation par le ministère du
Tourisme d'échelonner le calendrier des visites sur trois ans plutôt que deux
aurait pu permettre de régulariser la situation dans d'autres circonstances,
mais ça ne s'est pas produit. Pour combler ce déficit, les visites se font dorénavant tous les trois ans pour les
campings, et une augmentation des frais a été nécessaire.» Vous avez sollicité
une aide publique de
70 000 $ pour couvrir des déficits qui ont été engendrés par la
classification pour les exercices 2017‑2018 et 2018‑2019. Est-ce que vous pensez que...
d'échelonner, pardon, le calendrier des visites sur trois ans au lieu de
deux, ça servirait bien les intérêts
de l'industrie et du consommateur? Est-ce que ça vous permettrait surtout
d'éviter... de ne pas générer d'autres déficits, M. Tessier?
M. Tessier (Simon) : Merci de
la question. En fait, lors de la dernière hausse de frais qui a été accordée
par votre ministère, je crois que c'est en 2019, là, juste avant la
pandémie, bien, cette dernière hausse de frais a réglé nos problèmes
financiers. Et, pour ce qui est de passer de deux ans à trois ans, il
y a beaucoup d'évaluations dans... Il y a beaucoup
de changements dans l'industrie du camping. C'est une préoccupation pour nous.
Parce qu'il faut comprendre qu'un établissement hôtelier, une fois que
c'est construit, c'est difficile d'ajouter des annexes, alors qu'un terrain de camping il y a beaucoup de superficie de terrain
pour ajouter des éléments, qu'on devra pondérer. Et, lorsque c'est le cas,
les terrains de camping demandent des
visites intérimaires. Et on peut y aller, et même qu'on évalue la possibilité
d'un changement d'étoiles pour le camping avant même de se déplacer,
pour ne pas y aller pour rien et que le camping doit payer ces frais-là. Mais,
si c'est le cas, on se déplace et on y va. Si un camping le souhaite, il
pourrait être visité à toutes les années. Donc, avec les visites intérimaires,
c'est possible de faire ça.
Mme Proulx (Berthier) :
Mais, avec un modèle volontaire, est-ce que vous n'auriez pas... vous pourriez
contrôler les critères, M. Tessier, et vous pourriez contrôler les
coûts comme vous le souhaitiez... comme vous le souhaiteriez?
M. Tessier
(Simon) : Tout va se passer
selon les frais qui vont être chargés au niveau de la collecte d'information.
Donc, ce que vous aviez avancé comme
tarification annuelle, pour les campings et autres établissements, se situait
autour de 150 $. Alors, vous
comprenez que cette base-là nous permet de maintenir nos services et nos frais
fixes et va permettre d'effectuer la classification sensiblement au même
coût qu'on le fait présentement. La seule différence pourrait se situer au
niveau de la facturation, c'est-à-dire que l'établissement va se voir facturer
sa visite l'automne précédent plutôt que de payer annuellement son frais de
classification.
Mme Proulx
(Berthier) : O.K. Je ne sais
pas si vous avez eu l'occasion, M. Tessier, d'entendre Eve Paré hier,
qui est la P.D.G. de l'association des
hôteliers du Grand Montréal, qui, lors de sa présence en commission
hier... que de... que, pour ne pas
freiner l'innovation, pour ne pas freiner l'innovation et ne pas offrir de
l'hébergement dit standardisé... que la grille... et je la cite, là,
Eve, Mme Paré, pardon : «La grille devrait être à l'avant-garde», «y
aller plus de façon innovante», qu'on doit quasiment repartir à zéro avec la grille.
S'il faut revoir la grille au complet,
M. Tessier, il y a une question de coût qui ne revient jamais. On peut peut-être
supposer que ce comité d'experts là coûterait cher. À
titre d'exemple, le ministère
du Tourisme a versé jusqu'à 53 000 $ en fonds publics en 2016 à
Camping Québec, juste pour pouvoir établir la grille des prêt-à-camper. Donc, M. Tessier, qui paierait? Dans le fond,
c'est un peu ça, ma question : Qui paierait, sous un modèle de
classification obligatoire, pour une
refonte complète des grilles d'évaluation pour toutes les catégories? Est-ce
que ce ne seraient pas les contribuables qui paieraient?
M. Tessier
(Simon) : Pas dans le cas
des terrains de camping. Comme je
vous l'ai mentionné précédemment, nous, notre grille, elle a besoin d'évoluer,
on ne le nie pas, mais on n'est pas au même point que les hôteliers et les
autres secteurs. Si je peux parler uniquement pour mon secteur, je vous dirais
que la révision de la grille actuelle se ferait à coût nul pour le
contribuable et pourrait être assumé à 100 % par Camping Québec, si ce
n'est qu'en toute transparence vous dire qu'à travers le programme ATS, qui
soutient le développement de l'offre touristique... donc certaines de ces
sommes-là pourraient servir à la refonte de la grille de classification, tel
que c'est prévu à la convention.
Mme Proulx (Berthier) : Il y a
aussi... vous disiez aussi, un peu plus loin dans ce document, que les causes
de l'échec de la... collaboration, pardon, entre Camping Québec et la CITQ, qui
a tenté de réaliser les visites d'établissements de camping en 2014, c'est
justement leur sous-estimation de l'exigence de l'évaluation en termes de durée
et d'étendue à couvrir. La CITQ nous disait hier, M. Tessier, que ça leur
prend environ une heure, 1 h 30 min
aux deux ans pour inspecter les lieux rigoureusement, celui d'un hôtel de
50 chambres, et offrir, donc, une information, selon eux, qui était
complète et un portrait totalement précis aux consommateurs. La durée d'une
visite en camping de petite taille versus de grande taille s'estime en combien
de temps?
M. Tessier (Simon) : Ça peut varier.
Je vous dirais que, les petits terrains de camping, on peut passer
1 h 30 min, donc ce qui est la moyenne du côté des hôteliers,
alors que, dans de grands terrains de camping, on peut y aller jusqu'à presque
une journée complète, à cause de l'étendue du territoire. Aussi, on a nos parcs
provinciaux de la SEPAQ, qui sont de très grandes superficies à couvrir, et
c'est pourquoi la CITQ, en 2014, a eu de la difficulté à remplir le mandat
et se sont retirés. Nous, on a une certaine expertise. Le défi n'est pas au
temps de la visite, donc ce n'est pas le
temps comme le déplacement qui joue. Mais normalement, en une demi-journée, on
va pouvoir faire la plupart des terrains de camping, ça pourrait étirer,
mais, en comptant le déplacement, ça peut déborder.
Mme Proulx (Berthier) : Les équipes
au cabinet ont fait une petite recherche, M. Tessier, pour chacun des
hébergements insolites inscrits sur le site officiel Bonjour Québec. On est
allés chercher la cote Google pour chacun d'entre eux.
Donc, Aire
Nature Grandes-Piles, réserve biodiversité du lac Clair. Dans Grandes-Piles, le type d'hébergement
insolite, classification de la CITQ,
zéro étoile, classification Google, 4,8 sur cinq. L'Auberge du changement
d'ère, de Coaticook,
deux étoiles, 4,9 sur des étoiles Google. Au Diable Vert — ça,
c'est une station en montagne que vous connaissez bien du côté de Sutton — deux étoiles
de la CITQ, 4,3 étoiles du côté de Google. Et, un dernier, Canopée Lit,
Sacré-Coeur, deux étoiles de la CITQ et 4,5 du côté de Google.
Pour ces établissements-là, viser les critères de la grille de Camping Québec
équivaudraient peut-être à offrir une expérience complètement différente,
beaucoup plus standardisée que ce qui les distingue ou semble plaire aux
consommateurs. Est-ce que ce n'est pas ce qu'on souhaite, d'ailleurs, au Québec?
M. Tessier (Simon) : Je pense que ce
qu'on souhaite, c'est d'avoir un maximum d'information, et que la
classification est un élément qui s'ajoute. Et ce qu'on classifie, ce n'est pas
l'expérience, on ne classifie pas le service
à la clientèle, mais on classifie des éléments tangibles et de la qualité de
ces éléments-là. Donc, ça devient une offre
complémentaire. Pour nous, c'est une information qui est validée sur le terrain. Et on ne nie pas
que TripAdvisor, avis Google, ces plateformes-là ont une utilité, mais,
pour moi, il y a moyen de cohabiter et d'avoir un «mix» de ces avis et cette
classification-là.
Proulx (Berthier) : La CITQ propose, M. Tessier, comme vous le
savez, de conserver la classification obligatoire
évidemment, en retirant, par contre, l'approbation des
critères par la ministre du Tourisme, mais en laissant toute l'imputabilité à
la ministre. Il m'apparaît que la proposition qui est déposée par la CITQ
engendrerait, de façon pas mal inévitable, un contrôle puis une implication
étatique dans le système de classification. Conserver la classif obligatoire, mais
en retirant l'approbation des critères à la ministre pour que l'industrie soit
plus agile, qu'elle puisse s'autoréguler, avoir les coudées franches,
croyez-vous que ça passe par cette proposition-là de la CITQ?
M. Tessier (Simon) : Bien, écoutez, de notre côté, ce qu'on aurait préféré,
c'est que le système actuel demeure. Maintenant, on constate
que ce ne sera pas le cas. Alors, on est d'avis qu'on va continuer avec le programme
de classification sur une base volontaire en ayant les coudées franches pour y
mettre les critères qu'on va souhaiter mettre de l'avant. Donc, ça va être
notre leitmotiv. Donc, quand on nous donne des citrons à Camping Québec, on fait de la limonade. Alors, on ne va pas aller
contre le projet de loi, on sait qu'il va être adopté. La proposition de
la CITQ, il faut comprendre qu'eux leur mandat unique, c'est la
classification des établissements, alors je peux comprendre que, de leur côté, leur position se situe à ce
niveau-là, je la respecte. Du côté de notre secteur, on n'a pas comme unique
mission de classifier les terrains de camping, on est une association
également, alors c'est pourquoi que ça fait
partie de notre
portefeuille, de notre portfolio, mais ce n'est pas l'élément principal.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci beaucoup, M. Tessier, de votre présence.
Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci, nous poursuivons cette fois-ci avec la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Rotiroti :
Merci, Mme la Présidente. Bonjour, M. Tessier.
M. Tessier (Simon) :
Bonjour.
Rotiroti :
Bien contente de vous voir ce matin. Alors, d'entrée de jeu, je voulais vous
féliciter parce que je suis allée sur votre
site Internet et on retrouve une page entièrement dédiée au système de
classification obligatoire. Alors, je vois que les informations que vous donnez
sont très, très claires, et je vous dirais même pertinentes. J'ai même
vu que vous avez même dénombré des terrains de camping par chaque catégorie.
Alors, on voit que... le nombre de campings selon les étoiles. Alors, vous avez
comme fait votre propre classification, si on peut dire ça comme ça.
D'entrée de jeu, je
vais juste, pour clarifier votre position, parce que j'ai le sentiment que vous
étiez pris un peu par surprise, le fait que, dans le projet de loi, vous
trouvez l'abolition de la classification... Vous, vous serez d'accord... De
qu'est-ce que je comprends, vous êtes soumis à votre propre grille de
classification... Vous faites
partie de la grille des hôteliers, la grille
faite par la CITQ ou vous avez votre propre grille de classification?
M. Tessier
(Simon) : C'est notre propre grille, c'est nous qui l'avons
développée. Sur... Les changements qu'on y fait chaque année ou chaque moment
de révision sont soumis à un comité indépendant et sont soumis à la ministre du
Tourisme, qui doit approuver les modifications. Donc, il y a quelques années,
on a inclus des éléments de développement durable dans le système d'évaluation.
On l'a mise à jour constamment, mais c'est notre grille d'évaluation, ça n'a rien
à voir avec la grille de la CITQ ou de tout autre secteur d'hébergement.
Rotiroti :
Alors, votre grille est vraiment adaptée à votre industrie, à l'association des
campeurs. Les besoins pour... Quand vous changez votre grille, vous faites des
mises à jour assez régulièrement, de qu'est-ce que je comprends, mais tous les
changements que vous apportez à la grille doivent être soumis à la ministre
pour approbation, vrai?
M. Tessier
(Simon) : Exactement, et, pour ce qui est des changements à la grille,
Camping Québec traite l'entièreté des plaintes reçues. Donc, les plaintes que
le ministère du Tourisme reçoit nous sont acheminées, et c'est nous qui les
traitons avec les exploitants. Donc, ça nous donne en même temps un portrait de
la réalité sur le terrain. Ce n'est pas le
seul élément qu'on prend en considération. Donc, on réussit à faire une mise à
jour de la grille selon les commentaires
qu'on reçoit à la fois des entrepreneurs et à la fois des consommateurs, et
c'est pourquoi Camping Québec n'est pas du tout dans la même
situation que les hôteliers dont on parle depuis le début du dépôt du projet de
loi.
Mme Rotiroti :
Alors, si je prends votre exemple, ce serait possible de revoir parce que,
quand on parle de classification faite par l'industrie hôtelière à la CITQ, on
parle de la lourdeur de cette classification-là, le fait que c'est loin
d'être... c'est très compliqué. La mise à jour ne se fait pas sur une base
instantanée régulièrement, mais sur une base
de deux ans. Alors, tous ces enjeux-là, vous, pour vous, vous n'êtes pas soumis
à ça. Vous, vous êtes l'exemple parfait qu'on est capable de moderniser ce
volet-là, c'est-à-dire on est capable de modifier la classification, faire en sorte que ça devienne pertinent, une
information utile, et toujours en tenant compte de l'évolution de l'industrie.
M. Tessier
(Simon) : Vous avez très bien compris. Et j'aurais bien aimé pouvoir
siéger au comité Lavoie et éventuellement siéger sur une table de
modernisation, mais on est ici aujourd'hui avec une autre décision.
Mme Rotiroti :
D'ailleurs, je vais vous référer à votre propre communiqué que vous avez soumis
le 17 juin 2021. Vous abordez plusieurs éléments, incluant votre
mécontentement du fait que vous n'étiez pas sollicités pour
faire part de ce comité, le comité qui a été mis en place par la ministre. Mais
aussi, à mon étonnement, vous faites
référence, avec beaucoup de courage, du fait que le ministère vous a dit, à
l'époque : Bien, ce n'est pas nécessaire que vous faites
partie
parce que, de toute façon, vous n'êtes pas touchés de la classification, puis
on ne s'en allait pas dans la direction de l'abolition. Alors, je tiens à vous
féliciter parce que, sincèrement, ça prend du courage d'être capable de dire
que vous avez offert votre aide puis finalement ça n'a pas été... c'était fin
de non-recevoir.
Il y a toute la notion de classification, sur la
classification, le système des étoiles, on a parlé des différentes plateformes émergentes, puis la préoccupation a
été soulevée de dire : Dans certaines plateformes, que ce soit TripAdvisor,
Booking.com, l'information fautive, le fait
que certains groupes pourraient prendre otage d'un certain emplacement et
écrire des commentaires, parfois... tu sais, inonder de commentaires positifs
mais également négatifs qui pourraient avoir un effet collatéral sur l'établissement.
Vous en faites mention dans le communiqué en disant : Comment qu'on peut faire distinction-là, entre un vrai commentaire, si je peux dire ça comme ça, et un commentaire fautif d'une personne qui, dans le fond, n'a jamais
fréquenté l'établissement, mais décide, pour une question de marketing,
d'inonder le Web avec des commentaires négatifs? Alors, vous, vous partagez
cette... vous le faite mention, parce que c'est une préoccupation que vous
avez. Pensez-vous que le système de classification vient un peu pallier à
contrebalancer ces commentaires fautifs ou négatifs là?
M. Tessier
(Simon) : Effectivement, je crois qu'il vient donner un autre point de vue, un point de vue objectif. Vous savez, on a plusieurs entrepreneurs qui ont la
double classification, c'est-à-dire qu'ils ont un établissement de terrain de
camping et ils ont soit un établissement hôtelier, une résidence de tourisme ou
même une pourvoirie, et ce qu'ils nous disent, c'est exactement ça, c'est que
les sites de commentaires, c'est très... c'est subjectif. Et parfois c'est bien fait, d'autres fois, on peut assister à
des vendettas contre une mauvaise expérience qui peut arriver, tandis que
le système de classification, lui, demeure et n'est pas
influencé au gré des humeurs d'un client, alors... mais on ne nie pas
que le système de pondération des clients est tout de même important, surtout
en 2021.
Rotiroti :
Parfait. Vous dites que vous traitez, dans la grille, toujours dans la
classification, les plaintes qui sont
faites, vous les traitez... c'est l'association qui traite les plaintes pour
l'ensemble de l'industrie de camping ou c'est chaque établissement qui a
un mot à dire, comment que... c'est quoi, le fonctionnement?
M. Tessier (Simon) : Elles
transitent, les plaintes transitent par nous, et on les achemine aux
exploitants qui y répondent. Évidemment, quand c'est des plaintes qui
s'adressent à la classification, on en a très peu, on y répond nous-mêmes, mais on accompagne nos entrepreneurs à répondre à ces plaintes-là et on fait le travail d'accompagnement.
Parce que ce qu'il faut savoir, et là je peux me tromper, peut-être que Mme la
ministre pourra me corriger, mais je crois que les plaintes qui sont acheminées
au ministère, pour plusieurs organisations, sont traitées par un organisme tiers. À l'époque, c'était l'AQIT, je crois que
c'est maintenant l'alliance qui fait ça. Et nous, on se refusait
de faire ça, on voulait le faire de
notre propre chef pour avoir un bon son de cloche du terrain. On a même
instauré pour nos membres une révision totalement gratuite, un sondage
courriel, qu'on a fait avec la firme SOM, qui va nous permettre d'avoir un
sondage de la clientèle une fois qu'ils quittent le terrain de camping, et nos
terrains de camping vont avoir accès à ces
données-là, et nous, on va avoir accès à l'ensemble des données de tous les
terrains de camping qui vont participer à ce programme-là. Alors, ça va nous donner un excellent portrait de
l'industrie du camping aux yeux du consommateur, et c'est l'élément
qu'on a ajouté cette année.
Mme Proulx (Berthier) :
...effectivement qui gère les plaintes.
Rotiroti : Vous avez raison, M. Tessier. Puis j'imagine
aussi que le fait que vous traitez les plaintes aide aussi quand vous
allez changer votre grille, ça en fait partie, de la consultation que vous
faites, pour toujours être en mode amélioration, toujours donner un service
hors pair à votre clientèle, n'est-ce pas?
M. Tessier (Simon) : Ça a pour seul
et unique but de s'améliorer parce que, traiter des plaintes, là, c'est du négatif. Moi, j'aimerais faire autre chose dans la
vie que faire ça, là, puis la personne qui s'occupe de ça à nos bureaux,
ce n'est pas l'élément préféré qu'elle a dans ses tâches, mais ça nous fait
progresser de façon extraordinaire.
Et le système de classification, là, il n'est
pas parfait. Il n'y a aucun système de classification qui va être parfait, il va toujours se trouver un campeur
pour dire : Je suis allé à tel endroit, puis c'était inférieur à un autre
endroit mieux classifié. C'est la réalité, ça, mais je pense que, de
façon objective, en très grande majorité, le système répond actuellement aux
besoins de la clientèle.
Rotiroti : Le
temps file, M. Tessier, il me reste juste une minute. Écoutez, je voulais
simplement... dans votre... au niveau de la
classification, remplir, mettons, le questionnaire, tout ça, dans vos membres,
est-ce que ça serait juste de dire que la majorité souhaite maintenir la
classification? Est-ce que ça serait juste de dire qu'au niveau de la paperasse, et tout ça, vous avez allégé tout
ça pour faire en sorte que ça soit le plus efficace possible ou est-ce que
vous avez des membres qui disent le contraire?
M. Tessier (Simon) : Écoutez, je
n'ai pas la prétention d'avoir l'unanimité dans ce dossier-là. C'est certain qu'il y a des campings qui sont insatisfaits de
leur classification, ne participeront pas au programme volontaire, ce sera
leur choix, mais je pense qu'on va avoir un nombre critique d'entreprises qui
vont y participer.
Au niveau de la paperasse
et de l'argent, là, ce n'est pas un enjeu dans notre secteur, là, surtout qu'on
les accompagne quand vient le temps de remplir leur déclaration parce qu'on a
également le mandat associatif. Donc, nous,
on ne peut pas se permettre de traiter nos entrepreneurs comme de simples
numéros, donc il faut les accompagner. Et on verra, avec le programme
volontaire, combien de participants on aura.
Rotiroti :
Parfait. Merci beaucoup pour votre disponibilité, M. Tessier.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, nous poursuivons l'échange avec, maintenant, la députée de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Merci.
Bonjour, M. Tessier. Plusieurs questions déjà bien répondues, là, avec les
collègues. J'aimerais savoir, en fait, pour
ce qui est de l'abolition du système de classification, il y a eu des gens consultés, je voulais savoir
si Camping Québecavait fait
partie de cette consultation-là au préalable.
M. Tessier (Simon) : Bien, tel
que je l'ai mentionné plus tôt, on n'était pas au comité Lavoie, qui avait une
forte orientation pour l'abolition de la classification. Par contre, par la
suite, je dois saluer le ministère, là, qui nous a toujours considérés comme un
interlocuteur privilégié, on a eu des discussions autant avec le politique
que les fonctionnaires, puis
on n'a pas été mis de côté, on a fait valoir notre point de vue. Et d'ailleurs
ils ont quand même autorisé à ce qu'on soit en commission parlementaire
aujourd'hui, et c'était important pour nous parce qu'on n'a eu aucune voix
depuis le comité Lavoie, les terrains de camping et les pourvoiries. Alors, on
est heureux de pouvoir être ici aujourd'hui. Et, comme je vous l'ai dit, là,
j'ai entendu les rires, mais on nous donne des citrons, on va faire de la limonade, puis on va essayer de faire un bon
programme de classification volontaire, et on va aller de l'avant avec ça.
Mme Perry Mélançon : Donc, vous
semblez quand même être résignés, même si je comprends que vos arguments sont
différents du système qui est établi par... le système pour les hôteliers. Les
critères ne sont pas les mêmes selon votre grille, il y a moins
d'insatisfaction, donc je ne comprends pas nécessairement la nécessité d'abolir
ce système-là. Je ne sais pas exactement pourquoi le vôtre aussi fait
partie
des abolitions visées par le projet de loi.
M. Tessier
(Simon) : Écoutez, je ne
saurais pas vous répondre, il faudrait peut-être demander aux législateurs.
Peut-être qu'au niveau légal, c'était impossible de faire des exclusions pour
les pourvoiries et les terrains de camping. Parce que je crois,
honnêtement, que... du côté du ministère du Tourisme, je pense qu'on est en
mesure d'acquiescer au fait que la
classification des campings est différente de celle des autres résidences de
tourisme et hôteliers, et je crois que
leur intention au départ était effectivement véridique de ne pas nous toucher,
de... pourquoi le refus au comité Lavoie. Je pense que leurs intentions étaient véridiques. Maintenant, pourquoi
ils ont décidé d'aller de l'avant avec ça? Il faudrait leur poser la
question.
Mme Perry Mélançon : On
regardera ça en étude détaillée, s'il n'est pas trop tard pour faire quelque
chose aussi, parce que, je veux dire, s'il
n'y a pas d'incompréhension dans le milieu ou de... Je veux dire, dans le sens
que s'il n'y a pas d'insatisfaction
au même
titre puis que vos arguments me semblent assez solides... Bref, on
pourra revenir à ça.
Mais j'aurais une dernière question sur la
question des projets pilotes. Avez-vous des craintes par rapport au fait que des particuliers pourraient s'improviser
des campings durant les événements comme Saint-Tite avec... qui sont
plus proches du lieu de l'événement? Là, vos sites seraient un peu boudés. Il
n'y a pas quelque chose là-dedans qui pourrait être une problématique pour
vous?
M. Tessier
(Simon) : Bien, sans cibler... merci
pour la question, sans cibler Saint-Tite comme tel, disons que le
camping hors camping, c'est une préoccupation pour nous, surtout que, depuis
2020, il y en a eu beaucoup, de sites hors
camping, qui ont poussé. Maintenant, on se demande, avec l'ouverture des frontières
en 2022, est-ce qu'on va se trouver
avec beaucoup de sites de disponibles par rapport à la demande. Alors, effectivement, c'est une préoccupation.
J'ai bon espoir que le ministère du Tourisme
privilégie, au niveau des projets pilotes, les gens de l'industrie, mais, vous
voyez, le côté des festivals, on souhaite déposer des projets pilotes à ce
niveau-là, Camping Québec, pour faciliter l'enregistrement et faciliter
certaines choses, faciliter aussi de combler les sites de camping aux alentours
avant les sites des festivals. Alors, il y a plusieurs choses qu'on a en tête
et qu'on aimerait amener de l'avant dans les projets pilotes.
Mme Perry Mélançon : Puis les
terrains qui ne sont pas des campings à proprement parler, comme vous dites,
puis qu'on voit que c'est une tendance, là, est-ce qu'il y aurait une façon de
réglementer davantage à l'intérieur même de ce projet de loi là, ou on est ailleurs,
M. Tessier (Simon) : Bien, on
aimerait bien. Ce qui est difficile avec les terrains de camping... nous, on
entend les hôteliers parler d'Airbnb et des autres plateformes d'économie de
partage ou collaborative, là, je déteste les
deux termes, là, mais nous, les terrains de camping, la compétition à laquelle
on doit faire face, c'est de la gratuité. Donc, ce n'est pas du tarif moins cher, c'est de la gratuité et un
non-respect de toutes les réglementations. Il faut savoir qu'un terrain de
camping doit faire affaire avec pratiquement sept, huit ministères,
plusieurs lois, pour se conformer. Alors,
effectivement, on aimerait, si ce n'est pas dans le cadre de la
loi actuelle, que dans les projets pilotes, on puisse
se soucier de la réalité des terrains de camping lorsqu'un projet va être
déposé.
Mme Perry
Mélançon : Merci. On va prendre tout ça en note pour la suite.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci, M. Tessier, c'est tout le temps que nous avons. Puis je
tiens également à vous remercier pour votre
bonne gestion du micro parce que, pour nous, ça nous a facilité, ici, le son.
Alors, merci encore, M. Tessier.
Nous allons suspendre quelques instants pour
donner la chance au prochain groupe de s'installer. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 14)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Bonjour. Alors, nous accueillons M. Soucy et M. Constantin, de la
Fédération québécoise des
municipalités. Alors, je vous invite à vous présenter et, ensuite, à commencer
votre exposé de 10 minutes.
M. Soucy (Yvon) :
Oui. Bonjour, Mme la Présidente. Je me présente, Yvon Soucy, je suis le
préfet de la MRC de Kamouraska puis également le premier vice-président de la
Fédération québécoise des municipalités.
M. Constantin (François) : Bonjour,
Mme la Présidente. Je m'appelle François Constantin, je suis conseiller à
la direction des politiques à la FQM.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, qui commence l'exposé? Oui, M. Soucy.
M. Soucy (Yvon) :
On peut y aller?
La Présidente (Mme IsaBelle) : Oui,
allez-y.
M. Soucy (Yvon) :
Merci beaucoup. Donc, Mme la Présidente, Mmes et MM. les
députés, Mme la ministre, bonjour. Merci beaucoup de nous recevoir. Je
tiens à vous exprimer nos remerciements de nous avoir invités à cette
consultation très importante pour nos membres.
Donc, je me suis déjà présenté, mais vous me
permettrez d'excuser notre président, Jacques Demers, qui est à l'extérieur du
Québec actuellement, qui ne pouvait malheureusement pas participer à la commission,
mais c'est un sujet, là, qui l'intéresse vraiment, là. Je peux vous assurer
qu'il aurait été présent si ça avait été possible pour lui.
Depuis sa fondation, en 1944, la Fédération
québécoise des municipalités fait entendre la voix des régions du Québec. Convaincue que la force du nombre peut
faire la différence, la FQM réunit plus de 1 000 membres, répartis
sur l'ensemble du territoire québécois. Elle leur accorde une priorité
absolue et défend avec détermination leurs intérêts politiques et économiques. Elle favorise l'autonomie municipale,
travaille activement à accroître la vitalité des régions et offre un
large éventail de services aux municipalités et aux municipalités régionales de
comté.
En tant que porte-parole des régions du Québec,
nous soulignons aujourd'hui plusieurs dispositions de ce projet de loi, des dispositions qui, selon nous, respectent l'autonomie municipale,
augmentent les opportunités d'innovation pour les municipalités et
appuieront les gouvernements de proximité dans l'application de leur
réglementation.
Nous nous sommes principalement intéressés, Mme la
Présidente, aux mesures de ce projet de loi qui visent à appuyer les municipalités dans l'encadrement de l'hébergement
touristique. En effet, le projet de
loi sur l'hébergement
touristique vient modifier le système actuel bien au-delà des compétences du
monde municipal. Nous laisserons donc aux organisations directement touchées
par les autres modifications le soin de commenter.
Le premier point que nous devons souligner,
Mme la Présidente, c'est la préservation des compétences municipales. Ce projet
de loi, rappelons-le, fait suite au projet de loi n° 67 où la mobilisation
sans précédent de plus de 800 municipalités et municipalités régionales de
comté a permis de trouver une solution intéressante au problème que posait le
retrait d'un pouvoir de zonage important pour les municipalités. Suite à notre
intervention et aux modifications par le gouvernement du projet de loi, les
compétences municipales en matière de gestion du territoire inscrites dans la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme ont été maintenues, et le droit des
citoyens de s'exprimer a été préservé.
Selon les modifications apportées, un règlement
déjà en vigueur ayant pour effet d'interdire la location à court terme d'une résidence principale demeurera
en vigueur pour une période de deux ans suivant l'adoption de la loi. Pour que
le règlement demeure en vigueur, celui-ci devra être soumis à la consultation
des citoyens selon les étapes prévues
aux lois applicables, une procédure bien connue des citoyens. Pour les
municipalités qui n'auraient pas adopté une telle réglementation, il
leur sera possible de le faire à la condition de mener une consultation
préalable de la population des zones visées par l'interdiction de location des
résidences principales selon les mêmes obligations de consultation établies
pour ce type de règlement. De plus, le nombre de signatures au registre
nécessaires à la tenue d'un référendum sur
un projet de règlement interdisant la location à court terme d'une résidence
principale a été diminué de moitié. Mme la Présidente, il est primordial
que le projet de loi n° 100, à la fin de son étude par cette Assemblée,
reconfirme la solution élaborée lors du projet de loi n° 67.
respect de l'autonomie municipale n'est cependant pas suffisant. Il est
essentiel que les gouvernements de proximité aient tous les outils nécessaires
pour assurer la quiétude des citoyens et gérer les problèmes qui découlent trop
souvent de la location à court terme. Au cours des dernières années, plusieurs
municipalités ont dû interdire la location à court terme en raison d'événements
déplorables qui se sont déroulés dans des résidences louées souvent pour une seule journée. Plusieurs de nos membres
ont vécu des épisodes difficiles. Les élus municipaux étant facilement accessibles, nombreux d'entre eux ont été
interpellés lors de conflits entre voisins en raison d'un locataire qui ne
respectait pas le milieu. Nous appuyons donc très favorablement l'ajout
d'outils supplémentaires tels que la mesure permettant de retirer le permis à
tout exploitant qui ne respecte pas la réglementation de la municipalité dans
ce projet de loi. Ce nouveau pouvoir de la
ministre du Tourisme aidera sans aucun doute les municipalités à encadrer
l'hébergement collaboratif sur leurs territoires.
Nous voyons également
d'un bon oeil les mesures de soutien à l'innovation et les mesures d'allègement
administratif annoncées dans le projet de loi. Sous l'ancienne réglementation,
les différents paliers gouvernementaux étaient
souvent en retard sur les nouvelles offres d'hébergement touristique. Les
nouvelles méthodes d'enregistrement et l'obligation, pour les
exploitants, d'effectuer une vérification auprès de la municipalité dès le
début du processus devraient faciliter le
suivi de l'offre réelle sur le terrain. De plus, en permettant entre autres la
mise en place de projets pilotes, la
nouvelle réglementation permettra au gouvernement et à l'industrie touristique
d'améliorer les services à la population. Étant donné leur proximité,
les municipalités sont les mieux placées pour assurer la quiétude et la qualité
de vie des citoyens. Il est donc primordial
que ces projets soient faits dans le respect des compétences municipales et en
partenariat avec les gouvernements de proximité.
J'aimerais également
vous rappeler qu'il sera particulièrement important de regarder l'application
concrète de ces mesures sur le terrain. En effet, plusieurs de nos membres
manquent de recours pour appliquer les différentes mesures déjà en place. Il
sera donc important, lors de l'étude de ce projet de loi, mais également dans
les mois qui suivront, de faciliter l'application de ces mesures sur le terrain
et d'être à l'écoute de ce que vivent les différents partenaires impliqués.
En terminant, je
tiens à remercier encore une fois la ministre, les porte-parole des partis
d'opposition ainsi que l'ensemble des
membres de cette commission. En tant que porte-parole de l'ensemble des
régions, nous continuerons de travailler avec cette Assemblée afin de
consolider le rôle des municipalités et de nous assurer que celles-ci ont les
moyens de protéger la quiétude des citoyens et les quartiers où ils ont élu
domicile. Nous sommes maintenant prêts, Mme la Présidente, à répondre aux
questions des parlementaires.
La Présidente
(Mme IsaBelle) : Merci, M. Soucy. Nous allons donc,
effectivement, commencer la période d'échange avec Mme la ministre.
Mme Proulx
(Berthier) : Merci beaucoup, Mme la Présidente. M. Soucy, plaisir
de vous revoir, M. Constantin, merci
du travail que vous avez effectué pour le privilège des collègues de la
commission ici aujourd'hui en marge du projet de loi n° 100.
Évidemment
que les municipalités doivent être impliquées dans ce processus-là. Vous êtes
un élément clé. Et, puisque vous êtes
à la FQM, on parlait du fameux
article 12 pour dénoncer des établissements
d'hébergement touristique reconnus coupables, hein, vous en avez fait
référence, M. Soucy, à des infractions à tout règlement municipal en
matière de nuisance, entre autres, de bruit exagéré, de salubrité ou de
sécurité.
L'article 12 vous rassure, là-dedans, pour donner aux
municipalités tous les outils nécessaires pour que ces éléments-là ne se
reproduisent plus au Québec en termes de nuisance, de salubrité puis de
sécurité?
M. Soucy (Yvon) : Oui, absolument, Mme la ministre. Donc, ça répond
à nos attentes, aux attentes également de
nos membres. Là-dessus, je vous dirais, bon, par contre... puis je le disais
dans mon allocution, les prochains mois, on verra également dans l'application concrète, là, comment ces
mesures-là seront efficaces. Puis, bien, je vous dirais que ça dépendra certainement aussi des ressources
que le ministère voudra bien mettre, là, à l'application de ces mesures-là.
Mais, effectivement, là, si une municipalité
constate une infraction à certains règlements municipaux, souvent, ce sont
les règlements de nuisance, là, dans ces cas-là, bien, de pouvoir agir, là,
auprès de la ministre, là, pour demander la suspension ou la révocation du permis,
là, ça répond à nos attentes.
Proulx (Berthier) : L'élargissement des pouvoirs de refus, de
suspension, d'annulation, d'enregistrement, d'autres types de résidence que la résidence principale, là, on comprend
bien que la résidence, elle opère uniquement, présentement, sous un
numéro d'enregistrement, il n'y a pas de visite, évidemment, de classificateurs
et de la CITQ, ça va clairement mieux outiller les municipalités pour les
nuisances également, là?
Soucy (Yvon) : Oui, effectivement, puis, bien, je laisserais
peut-être... Parce qu'en fait c'est un volet sur lequel je me suis moins
penché, là. Comme je vous le disais au départ, j'ai accepté de remplacer mon
collègue. Je laisserais peut-être François, là, répondre à cette question-là si
vous le permettez, Mme la Présidente.
M. Constantin
(François) : Oui, donc, évidemment, c'est quelque chose qui est très
positif pour nous et nos membres. Comme M. Soucy l'a dit dans son
allocution d'ouverture, on a souvent manqué de recours. C'étaient des processus
compliqués. Maintenant, c'est une bonne nouvelle d'avoir un nouveau pouvoir, un
élargissement qui va pouvoir faciliter, là, le suivi des dossiers, mais
également, là, de faire avancer les dossiers des municipalités sans... disons,
avec un processus bien établi, là. Donc, ça, c'est très positif pour nous.
Mme Proulx
(Berthier) : Revenons sur le fameux 45 jours. Je ne sais pas si
je m'adresse à vous, M. Soucy ou à M. Constantin, mais sachez que les
deux, là, vous pouvez évidemment répondre, ou si vous savez des éléments
complémentaires à ajouter à l'autre, n'hésitez surtout pas. Le projet de loi
propose évidemment de simplifier tout le processus, là, d'émission
d'enregistrements pour la municipalité, entre autres, en retirant le 45 jours.
La Ville de Québec jugeait que le 45 jours étaient tout à fait possible
pour elle, que ça lui convenait, qu'il n'avait pas lieu de le changer. Par
contre, je demandais à la Ville de Québec si des municipalités qui ont moins de
ressources, on le comprend, là, que la Ville de Québec... c'est peut-être plus
difficile pour eux de répondre dans une période de 45 jours. Est-ce que
vous êtes à l'aise avec la proposition dans le projet de loi n° 100 de
voir, d'abord et avant tout, si la municipalité consent un permis
d'exploitation, puis qu'après ça, bien, ça rentre au ministère du Tourisme et
qu'on procède, plutôt que de faire l'inverse, là?
M. Soucy (Yvon) :
Écoutez, nous on voit ça vraiment d'un bon oeil. Ça peut faire en sorte,
également, d'éviter des situations qui pourraient être conflictuelles. Lorsque
tout est clair au départ, lorsque le citoyen qui a un projet, bon, s'assure
auprès de la municipalité que c'est conforme à la réglementation municipale,
nous on voit ça vraiment d'un bon oeil. Puis, pour ce qui est de l'abolition du
délai de 45 jours, on n'a pas de problème avec ça. Je vous dirais même, écoutez,
on a l'habitude, là. Nos services d'inspection ont l'habitude de répondre, ça
fait
partie de leur quotidien, à des demandes de citoyens, bon, pour toutes
sortes de conformités à la réglementation municipale. On le fait toujours de
façon diligente. Moi, je peux vous dire ici, à la MRC de Kamouraska, nous
avons, bon, pour ramener ça à une échelle que je connais davantage, un service
regroupé en inspection, puis, écoutez, nos inspecteurs répondent, là, de façon
diligente, aux demandes. Donc, on ne voit pas de problème avec ça, Mme la
ministre.
Mme Proulx (Berthier) : Merci,
M. Soucy. Également, lors de sa présence à la commission hier, la ville de
Québec a laissé sous-entendre que, s'il y avait des infractions municipales,
que la ville aimerait peut-être pouvoir contempler
la possibilité d'appliquer les dispositions pénales prévues dans le projet de
loi. Est-ce que des municipalités, on va prendre Kamouraska, là, puisque
vous y faites référence, est-ce que Kamouraska serait bien outillée pour faire
appliquer des dispositions pénales, selon vous?
M. Soucy (Yvon) :
Bien, nous, on n'avait pas de problème avec ce qui est prévu dans le projet de
loi, là. Pour les pouvoirs d'inspection à Revenu Québec, là, ça nous allait,
là. Donc, à moins que François veuille rajouter quelque chose, mais, selon moi,
là, on n'avait pas de revendication à ce niveau-là.
M. Constantin (François) : Non.
Comme M. Soucy vient de le dire, on est très à l'aise avec la façon de
centraliser le pouvoir à Revenu Québec pour beaucoup de nos membres, mais nos
membres, évidemment, ils n'ont pas les ressources que la ville de Québec a.
Donc, pour nous, évidemment, c'est une bonne solution, là.
Mme Proulx (Berthier) : Rappelez
juste, pour les besoins de la commission, combien de municipalités vous
représentez et quel est le volume de population pour, justement, là, le
fameux... Allez-y.
M. Soucy (Yvon) :
Oui. Eh bien, on représente 1 000 municipalités, municipalités
régionales de comté, là, de diverses tailles, mais on représente principalement
les petites et moyennes municipalités, l'ensemble des MRC du Québec également.
Puis, pour la population, bien, écoutez, ça dépend un peu des calculs qu'on
fait. Vous comprenez qu'il y a plusieurs municipalités qui sont membres des
deux associations, mais c'est environ peut-être 4 millions, là, je ne sais
pas si j'ai encore le chiffre exact, mais on représente quand même une bonne
partie de la population.
Mme Proulx (Berthier) : Donc,
pour... je ne veux pas généraliser non plus, là, mais pour bon nombre de
municipalités que vous représentez au sein de la FQM, ça serait difficile pour
eux et elles de faire appliquer des dispositions pénales, tel que le souhaite
la ville de Québec. Je comprends bien ça?
M. Soucy (Yvon) :
Oui, absolument, là, pour... Je comprends que la ville de Québec a peut-être, en
fait, des attentes très différentes en vertu de moyens qu'ils ont qui ne sont
pas les mêmes que les nôtres, mais effectivement, pour la taille de nos
municipalités, là, que ce soit Revenu Québec, ça nous convient.
Mme Proulx (Berthier) : Est-ce que
l'ensemble du projet de loi, ça vient, pour vous, améliorer, faciliter
l'encadrement d'hébergement touristique pour les municipalités? Puis est-ce que
ça lui donne surtout des outils supplémentaires
pour combattre l'hébergement illégal? Vous en avez fait mention rapidement,
M. Soucy, d'entrée de jeu.
M. Soucy (Yvon) :
Bien oui, certainement, là. C'est une grande avancée par rapport à ce qui était
prévu ou n'était pas prévu au projet de loi n° 67, donc on est très
satisfaits à ce niveau-là. Puis, bien, écoutez, en ce qui concerne est-ce que
ça va aider à prévenir l'hébergement illégal, bon, comme je l'ai mentionné dans
mon allocution, comme je l'ai dit également en réponse à vos questions,
vraiment, on va le voir à l'usage, mais nous, on est quand même confiants, le processus est simplifié. C'est
quand même assez simple, là, pour les gens qui voudraient s'y inscrire
de le faire. On apprécie beaucoup, également, là, d'avoir accès à la plateforme
et aux données en temps réel, là, donc, je pense, c'est une bonne façon, pour les
municipalités, également, de s'assurer que tout est conforme. Donc, oui, Mme la
ministre, on voit ça d'un bon oeil.
Proulx (Berthier) : Dernière question pour vous, messieurs. Vous en
avez rapidement mentionné dans votre mot
d'introduction, M. Soucy, l'article 23, là, qui permettrait à la
ministre d'élaborer et de mettre en oeuvre des projets pilotes pour étudier, améliorer, définir des nouvelles formes,
d'innover. Je fais pas mal la tournée des régions, là, depuis trois ans,
j'y retourne encore en fin de semaine. Il y a certaines municipalités au
Québec, qui ont des enjeux de disponibilité et d'hébergement touristique, puis
évidemment qui souhaitent accueillir non seulement les meilleurs touristes au monde, c'est-à-dire des Québécois,
mais également des touristes internationaux quand le temps sera venu,
c'est-à-dire le 7 septembre prochain.
Est-ce que cette...
Est-ce que les municipalités, selon vous, seraient tentées de proposer des
projets comme ceux-là, des projets pilotes comme ceux-là, M. Soucy?
Soucy (Yvon) : Bien, moi, je pense que oui, là. Puis, bon, il y
a des municipalités où... qui ont certaines réalités,
avec des événements majeurs qui se déroulent, par exemple, sur une très courte
période. Donc, ça peut être une très belle alternative, là. Puis sans
avoir, là, d'exemple précis, moi, je suis convaincu, là, que nos membres, là,
vont être partants pour des projets pilotes.
Puis, comme on le disait également dans la lecture du mémoire, bien, on
aimerait évidemment être impliqués, là, à ces projets pilotes là,
puis... Donc, oui.
Proulx (Berthier) : Merci beaucoup, M. Soucy, M. Constantin.
C'est tout pour moi, Mme la Présidente. Alors, s'il reste du temps, tel
que discuté, on pourra le consentir aux collègues.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Alors, nous poursuivons l'échange
avec la députée de Jeanne-Mance—Viger.
Rotiroti : Merci, Mme la Présidente. Bonjour, M. Soucy. Bonjour,
M. Constantin. Bienvenue à la commission. Merci d'être là.
Écoutez, je pense que
vous avez répondu à plusieurs questions de la ministre concernant le volet qui
touche, entre autres, les municipalités. Mais j'aimerais ça, pour la compréhension de tous, là, pouvoir être
capable de vous poser certaines questions sur la réglementation sur l'hébergement
collaboratif, et tout ça.
Alors, dans le projet
de loi, si on saisit bien l'enjeu, là, si une municipalité s'est dotée d'une réglementation
sur l'hébergement collaboratif avant 2021, y est compris des dispositions qui
interdisent dans certains quartiers ou au-delà d'un certain nombre d'unités,
cette réglementation locale cesserait d'être en vigueur en 2023, évidemment, avec l'adoption de la loi, pour être remplacée par une réglementation provinciale, uniforme, qui serait moins contraignante. Est-ce
que vous avez cette compréhension-là?
Soucy (Yvon) : Oui, mais, si je comprends bien, également, avec
la possibilité, pour une municipalité, suite
à un processus de consultation auprès des citoyens puis au processus
référendaire, de continuer à l'interdire. Donc, c'est bien ça. Je ne
sais pas si François veut rajouter, là, mais c'est ma compréhension.
Rotiroti :
Permettez, M. Soucy, la façon que... ma compréhension de ça, c'est que
ceux qui ont eu, dans leur aménagement, leur zonage, qui ont un plan
d'urbanisme qui comprend le volet d'hébergement collaboratif avant 2021, seraient... une fois que la loi est adoptée,
à ce moment-là, ça serait juridiction provinciale à ce moment-là. Si, dans le cas où est-ce
qu'une municipalité n'aurait pas un schéma ou n'aurait pas cette,
comment on peut dire, réglementation-là d'ici 2023, il
pourrait l'obtenir avec la voie d'un référendum.
Soucy (Yvon) : C'est ce que je comprends. Mais oui, François,
vas-y.
M. Constantin (François) : Donc, oui. Nous, la solution qui a été trouvée
dans le 67, que vous êtes en train de discuter,
qui a été reproduite intégralement, on était favorables. Ça a été même, en
partie, une de nos recommandations, là, durant
l'étude du projet de loi n° 67, d'impliquer les citoyens par un référendum
pour s'assurer que les réglementations en place, mais également celles qui
voudraient être mises en place, puissent être mises en place. Donc, c'est quelque
chose qu'on est favorables.
Évidemment,
ça ne doit pas être... Ce qui a été entendu lors du projet de loi n° 67 ne doit pas être modifié ou changé lors
de l'étude du projet de loi n° 100, selon nous.
Rotiroti : Ça fait que vous trouvez que qu'est-ce
que nous avons discuté, adopté, dans
le p.l. n° 67, est bien reflété dans les mesures
proposées par la ministre dans le projet de loi?
M. Constantin
(François) : C'est une copie exacte de ce qui avait été mis dans le projet
de loi n° 67. Et, si ce n'est pas le cas, on va devoir se rasseoir, mais, selon notre
compréhension, c'est exactement ce qui était dans le projet de loi n° 67.
Rotiroti :
Parfait. Merci. Pour suspendre ou annuler un enregistrement, on voit très bien
que la municipalité, elle, au
niveau de sa juridiction auprès de la ministre, ça serait des enjeux de salubrité et sécurité,
mais pas pour... C'est les deux
facteurs principaux où est-ce que la municipalité aurait un mot à dire. Est-ce que
vous trouvez que c'est suffisant? Est-ce qu'il y a quelque chose que
vous voudriez rajouter dans ces critères-là? Et est-ce que ça répond bien aux préoccupations
et les demandes que vous avez par rapport à vos membres?
Constantin (François) : Oui.
Bien, écoutez, souvent, là, les plaintes qu'on va entendre, là,
ce sont des plaintes relatives au règlement de nuisance, bon, principalement du bruit. Puis
donc d'avoir la possibilité, lorsque l'on constate une infraction à une réglementation municipale puis, bon, vous l'avez dit, salubrité,
nuisance, mais c'est souvent des nuisances, de pouvoir s'adresser à la ministre
puis de demander, là, que, bon, le processus prévu à l'article 12
s'applique, là, pour nous, c'est... ça nous convient parfaitement.
Rotiroti : O.K. Est-ce
que j'ai bien compris que vous serez d'accord avec l'abolition du
45 jours?
M. Constantin (François) : Oui. On
n'a pas de problème avec l'abolition du 45 jours. On voit d'un bon oeil,
comme je le disais tantôt, également, là, qu'en amont, là, que les municipalités
soient saisies en premier lieu, là, de la demande, qu'on puisse attester de la
conformité, bon. Sur la façon de le faire, là, on est ouverts à toutes les propositions
que le gouvernement, là, pourra amener, là, je pense. Ça, là-dessus, on a de
l'ouverture.
Puis, bon, sur la diligence, là, on n'a pas de
problème, également, là. Comme je le disais, ce sont... nos services
d'inspection répondent quotidiennement à de nombreuses questions, là, sur la
conformité d'un projet au règlement de l'urbanisme, aux règlements municipaux,
ainsi de suite. Donc, on ne voit pas de problème avec ça.
Rotiroti : O.K.
Merci. La ministre faisait référence, dans ses questions par rapport à la ville
de Québec, concernant tout le volet des amendes, en voulant garder cet
aspect-là... de gérer cet aspect-là. Vous, vous semblez dire que vos... parce
que vous représentez majoritairement des municipalités un petit peu plus
petites, de taille plus petite, que vous êtes d'accord que ça soit géré par Revenu
Québec, que vous n'avez pas d'enjeu avec ça. Pensez-vous qu'on pourrait
regarder d'une manière différente, c'est-à-dire... de tout l'aspect des
amendes, et tout ça? Si les petites villes auraient la gestion de ça, ça ne
leur amènerait pas plus de revenus à la fin de tout ça ou c'est parce qu'ils
n'ont pas la main-d'oeuvre pour être capables d'assumer cette charge-là?
M. Soucy (Yvon) : Écoutez, je peux comprendre que la ville de Québec ait des
revendications par rapport à ça, là, pour des raisons qui lui appartiennent. En
ce qui nous concerne, là, bon, on n'a pas été interpellés par nos membres. En
fait, nos membres n'avaient pas d'objection, là. Puis, pour nous, que ce soit Revenu
Québec qui le fasse, là, on n'avait pas de
problème avec ça. Est-ce que... Bon, est-ce que la seule raison est la taille
de la municipalité? Je n'en suis pas sûr, là, mais il n'y avait pas de
problème. Ça n'a pas été soulevé, disons, dans nos débats entre nous, là.
Rotiroti :
Parfait. Pour moi, ça fait le tour, Mme la Présidente. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci. Nous poursuivons l'échange, la période d'échange, avec la députée
de Gaspé.
Mme Perry Mélançon : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le préfet, M. Constantin. C'est un plaisir de
vous rencontrer. J'ai justement plusieurs petites, moyennes municipalités dans
mon comté, comme vous le savez. Et je me
demandais si, parmi vos membres, les municipalités sont plus en faveur,
favorables ou défavorables, finalement, au développement de
l'hébergement collaboratif, et surtout pour ce qui est des résidences
secondaires.
M. Soucy (Yvon) :
Bien, écoutez, je pense que les municipalités ne sont pas contre, tout en
autant, là, qu'elles aient les moyens, là, de... Bon, vous le savez, je le
disais dans la présentation, on est les élus qui sont souvent, là, les premiers interpellés par les citoyens. Les conflits
d'usage, là, ou de voisinage, on les connaît. On le sait, lorsqu'un
projet est amené dans une municipalité, bon, souvent, là, on a une bonne
impression, est-ce que ça va créer un conflit de voisinage. Donc, on est
souvent les mieux placés, là, pour juger.
Donc, si on a
le moyen, là, toujours, de contrôler, sur notre territoire, par un zonage
adéquat les projets d'hébergement
collaboratif, nous, on est en faveur. Puis d'ailleurs c'est ce qu'on a fait
dans le passé. Pour les résidences principales, donc c'est l'inquiétude qu'on
avait, de perdre le contrôle. Vous savez, on a des citoyens qui vont
s'installer, pour leur retraite ou, peu importe, là, près d'un cours d'eau,
puis qui ont imaginé, là, une vie paisible, puis c'est leur résidence
principale. Puis, tout d'un coup, bien, leur voisin, qui avait également une
résidence principale, commence à la louer.
Puis, bon, il y a des fêtes qui ont lieu, des choses comme ça. Puis finalement
il n'y en a plus, de tranquillité, puis
de quiétude dans le voisinage. Donc, c'était l'inquiétude qu'on avait, lors du
dépôt du p.l. n° 67, puis
ça a très bien été entendu, puis ça a été très bien été répondu
actuellement.
Donc, moi, je pense que les municipalités doivent
garder le moyen de contrôler les usages sur leur territoire. Puis, de cette
façon-là, actuellement, on prévient beaucoup les conflits.
Mme Perry
Mélançon : Donc, pas nécessairement besoin de renforcer, dans la loi,
là, la question de résidence secondaire
commerciale, là. C'est moins un enjeu pour les petites municipalités, quoique
certaines qui sont plus touristiques vivent, là, une hausse des prix des
maisons. Ils tentent d'avoir des gens qui sont établis à l'année. Bon, je pense
à Percé, qui a déjà passé son règlement,
justement. Donc là, on n'est pas nécessairement dans une demande, là, de... On
veut qu'il y ait une certaine autonomie puis que les municipalités puissent le
faire.
Puis, pour ce
qui est de l'abolition... de l'interdiction, en fait, de le permettre à des
résidences principales, je crois, là,
dans le... il faudrait que je refouille ça, mais ça, vous êtes corrects aussi
avec l'interdiction de l'interdire, finalement, dans une résidence
principale.
M. Soucy (Yvon) : Avec ce qui est amené
actuellement, puis, si ça demeure jusqu'à la fin, ça répond à nos attentes. Puis vous venez de le dire, là, les
municipalités — bon,
Percé est un exemple, là — les municipalités où il y a des problèmes ont la possibilité de réglementer, puis elles le font.
Donc, nous, c'est effectivement de préserver l'autonomie municipale
puis, dans ce cas-là, ça va bien, là.
Mme Perry
Mélançon : Pour ce qui est de la question du zonage, si, par exemple,
là, une ville modifie le zonage, est-ce que
ça permet, justement... Est-ce qu'une entreprise ou un établissement
d'hébergement touristique perd son droit directement? Est-ce que tout
ça, c'est bien expliqué dans la loi? Pour vous, c'est clair?
Soucy (Yvon) : Je vais laisser... C'est quand même plus
technique, là, je vais laisser mon collègue répondre, s'il peut, là.
M. Constantin (François) : De la façon que ça a été amené dans le projet de
loi puis dans le projet de loi n° 67, ça a été vraiment de... D'un
côté, on trouve que ça a été une solution intéressante, ça
répond à nos besoins. Est-ce qu'on peut toujours clarifier les choses?
Certainement. Mais, pour nous, comment c'est écrit, comment ça a été... la solution qui a été trouvée dans le 67 nous
convient parfaitement, là. C'est ce qui a été présenté à nos membres, et on est
d'accord avec le gouvernement là-dessus.
La Présidente (Mme
IsaBelle) : ...
Mme Perry
Mélançon : Trois secondes?
La Présidente (Mme
IsaBelle) : Minutes.
Perry Mélançon : C'est
gentil. Bien, pour ce qui est du... On a parlé de toutes les procédures administratives, puis je pense que ça a
été, quand même, bien répondu avec ma collègue de Jeanne-Mance—Viger. Que
ce soit fait... D'abord, vous êtes... vous
êtes concernés d'abord, et non pas ensuite, là, quand la demande est faite pour
un nouveau... une nouvelle
déclaration d'établissement touristique. Donc, tout ça, vous êtes à l'aise avec
le processus qui est proposé?
M. Soucy (Yvon) : Oui, absolument, absolument. Puis, comme je le
disais, ça peut éviter des situations conflictuelles,
de la frustration, même, de certains propriétaires. Donc, c'est clair au
départ, puis il n'y a pas de fausses attentes qui sont créées. Donc,
oui, c'est une bonne chose pour nous.
Perry Mélançon : Puis là je
pense que ça a déjà été répondu, mais j'étais peut-être
un peu déconcentrée. Tout ce qui est
de la question des inspections, que ce soit fait par Revenu Québec, tout ça, que ce ne soit pas, là,
géré par les deux paliers, c'est ce que vous souhaitez?
M. Soucy (Yvon) : Bien, en fait, ça nous convient, là. Comme je le
disais, il n'y avait pas d'attentes particulières, par rapport à nos
membres là-dessus, pour Revenu Québec. Pour nous, ça allait, là. On peut
comprendre que, pour d'autres, ça soit différent, mais, pour nous, ça
convenait.
Mme Perry
Mélançon : Très bien. Merci.
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, merci. Merci, M. Soucy, M. Constantin. C'est tout le temps que
nous avons avec vous. Alors, merci encore de votre collaboration et de
votre contribution à la commission.
Alors, nous
ajournons... Non. Nous suspendons les travaux jusqu'à 14 heures. Alors, je
vous souhaite un bon appétit.
(Suspension de la séance à
11 h 50)
Présidente (Mme IsaBelle) :
Alors, bonjour. La Commission de
l'économie et du travail reprend ses
travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 100,
Loi sur l'hébergement touristique. Cet après-midi, nous entendrons les organismes
suivants : l'Alliance de l'industrie touristique du Québec et
l'Association Hôtellerie Québec.
Alors,
nous avons déjà le premier groupe avec nous. De l'Alliance de
l'industrie touristique du Québec, nous avons M. Soucy et
M. Dubé. Alors, je vous invite à vous présenter et, ensuite, à commencer
immédiatement votre exposé de 10 minutes.
M. Soucy (Martin) : Merci, Mme la
Présidente. Donc, je me présente, Martin Soucy, président-directeur général
de l'Alliance de l'industrie touristique du Québec. Je suis accompagné de
M. Dubé, qui est directeur principal de l'engagement de l'industrie et communications à l'alliance. Alors,
membres de la commission, Mme la
ministre, nous vous saluons et nous
vous remercions sincèrement de nous accueillir aujourd'hui pour les travaux
que vous réalisez.
Permettez-moi
de présenter l'alliance d'entrée de jeu. Depuis maintenant cinq ans, elle est
le porte-voix provincial de
10 000 entreprises réunies au sein de 40 associations
touristiques. Son conseil
d'administration est élu
démocratiquement par l'industrie,
tous secteurs confondus, et est majoritairement composé d'entrepreneurs de
notre secteur économique. Notre regroupement d'affaires fonde son action
sur les intérêts collectifs de l'industrie dans un engagement ferme à faire
évoluer les façons de faire au bénéfice des entreprises, travailleurs et
communautés du Québec. Depuis 2016, l'alliance est également mandataire du ministère
du Tourisme pour assurer la mise en marché de la destination sur les marchés québécois,
canadiens et internationaux dans le cadre d'un partenariat novateur.
Alors, d'entrée de jeu, nous constatons que le projet
de loi propose des allègements réglementaires et des simplifications
administratives. L'alliance exprime aujourd'hui son soutien aux propositions du
projet de loi n° 100, notamment en ce qui concerne, donc, les allègements
réglementaires pour les entreprises et les simplifications administratives, ce que nous avions recommandé
historiquement, ainsi que l'encadrement des activités d'hébergement par
l'enregistrement obligatoire et ses diverses dispositions pour freiner
l'hébergement illégal et supporter les municipalités.
D'autre part, le projet de loi mettrait un terme
à l'obligation légale pour une entreprise d'hébergement touristique d'être classifiée. C'est l'élément du projet de loi n° 100 qui attise le plus les passions, comme on a pu
l'écouter nous-mêmes dans les derniers jours. Alors, vous constaterez,
d'ailleurs, à la lecture de notre mémoire, que l'alliance présente une position qui est nuancée et ouverte
sur cette question. Il faut admettre que nos membres sont actuellement
partagés. Bien que nous n'avons pas participé aux travaux du comité sur la
modernisation et la classification, nous souhaitons tout de même émettre un
éclairage qui sera, nous l'espérons, contributif.
Revenons d'abord sur les perspectives relatives
au tourisme dans les prochaines années. Nous évoluons dans un environnement hautement concurrentiel qui le
sera encore plus au sortir de la pandémie. Pour continuer à contribuer à l'économie des villes et des régions, il est
impératif que le Québec consolide et développe sa position concurrentielle.
Nous devrons continuer d'innover dans le
développement durable d'expériences, offrir l'assurance aux voyageurs que
notre offre de services est sécuritaire dans le contexte et à assurer la
qualité tout au long du parcours du voyageur.
À cet égard,
et pour y contribuer, je souligne au passage la vision inspirante proposée par
la ministre Caroline Proulx de faire du Québec un chef de file en matière de
tourisme durable et responsable. C'est un positionnement important pour
l'avenir.
Le tourisme sera en constante évolution et les
voyageurs d'ici et d'ailleurs dans le monde continueront à chercher les
expériences les plus marquantes possible. Ces consommateurs sont plus
exigeants, il faut le savoir, que jamais, et plus expérimentés, et ils so