Culture and Education — 27 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2015-04-27
Quebec — Committees
Avant
d'aborder les crédits 2015‑2016, je vous invite à évoquer avec moi les récentes réalisations du ministère, réalisations qui vous confirmeront que notre gouvernement
considère la culture et ceux qui la font vivre comme des alliés essentiels de l'identité québécoise.
Il y a un peu plus d'un an, le premier
ministre du Québec
me confia le poste de ministre de la
Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la
Promotion de la langue française. Cette année fut chargée. En effet, en
moins de 10 mois, notre gouvernement a présenté deux budgets à la population
québécoise. Ces deux budgets ont positionné la culture au coeur des priorités
de notre gouvernement.
J'aimerais tout d'abord rappeler, Mme la
Présidente, que j'ai, dans la conduite de ma mission, le soutien indéfectible du premier ministre, de mes collègues
du Conseil des ministres ainsi que celui de l'ensemble des députés de ma formation politique. Grâce à cet appui
solide, les grandes priorités gouvernementales en culture ont été maintenues.
Mme la Présidente, l'exercice financier 2014‑2015
a été des plus productif. Dès le dépôt du budget en juin dernier, le ton culturel était donné par mon
collègue le ministre des Finances, M. Carlos Leitão. La première initiative
d'importance que je souhaite rappeler à nos
mémoires est la création du Fonds Avenir Mécénat culture. Ce fonds est doté
d'une somme de 5 millions de dollars
annuellement, qui sera prélevée sur les revenus de la taxe sur les produits du
tabac.
gouvernement a également démontré que, malgré une nécessaire prudence dans la
gestion des finances publiques, il
souhaitait assurer la pérennité de certaines activités. À cette fin, des
crédits supplémentaires de 9,2 millions de dollars ont été réservés à la culture. De ce montant,
1,3 million était versé au Conseil des arts et des lettres du Québec
pour l'aide directe
aux créateurs ainsi qu'aux organismes artistiques et culturels de tout le
Québec, 2,3 millions de dollars à
la Société de développement des entreprises culturelles pour soutenir la
diffusion et la promotion de chansons et de la musique au Québec et à
l'étranger; 315 000 $ pour la Société des arts technologiques,
100 000 $ à l'Association des cinémas
parallèles; 100 000 $ à la Cinémathèque, 80 000 $ pour le
Wapikoni mobile, cette organisation qui a créé des studios de cinéma
ambulants pour les jeunes des Premières Nations.
Mais
l'année 2014 fut marquée par la mise en place du Plan culturel numérique du
Québec. Un total de 110 millions de dollars est consacré à la mise
en oeuvre de ce plan qui a pour but de permettre à nos créateurs, à notre
culture, de s'adapter aux nouvelles réalités de l'ère numérique. Le numérique
signifie, pour les artistes, des marchés potentiels énormes mais fragmentés. Cela veut dire aussi des capacités de
production et de diffusion multipliées, mais aussi l'obligation de savoir jouer sur le même terrain que la
concurrence internationale. Nous devons accueillir et soutenir les créateurs de
ces environnements inédits, adapter nos
modèles d'affaires et de partage des revenus, développer l'expertise et
l'excellence québécoises en culture
numérique afin de rester concurrentiels dans le monde. Nous avons lancé, le
premier ministre et moi-même, le Plan
culturel numérique du Québec en septembre dernier. Notre plan vise à utiliser
les multiples accès aux produits
culturels comme autant d'occasions en or de rayonnement et d'affaires pour nos
créateurs et nos industries de la culture.
Ce plan vise l'adaptation réussie d'industries culturelles vitales, comme
celles du livre, de la musique, du cinéma, le patrimoine aussi.
Enfin,
il fera de la culture un fer de lance de la nouvelle économie, car n'oublions
pas que les secteurs de la culture et
des communications représentent 4,5 % du PIB du Québec, plus de
130 000 emplois et un apport de quelque 10 milliards de dollars à la vie économique du Québec. Nos
partenaires français ont réservé un accueil très favorable à notre initiative
lors de la 18e Rencontre alternée des premiers
ministres québécois et français, si bien qu'il a été convenu de mettre en
place une coopération accrue pour le
développement de contenus culturels numériques ainsi que pour l'utilisation des
nouvelles technologies pour la diffusion des
oeuvres et produits culturels francophones. J'ajoute que, lors de mon passage à Bruxelles à l'occasion de la Foire du
livre, j'ai rencontré un enthousiasme et un intérêt très marqués pour notre
plan culturel numérique.
Nous
pouvons être fiers de la concrétisation de nombreux projets pour lesquels le
ministère et les communautés du Québec déploient beaucoup d'énergie, en
lecture et en culture particulièrement. Partout sur notre territoire, des citoyennes et des citoyens ont assisté à la rénovation ou la construction
d'une nouvelle bibliothèque qui répond parfaitement
aux attentes et aux besoins des collectivités en plus de contribuer à
l'amélioration de la qualité de vie et de la vitalité culturelle chez eux. J'ai
d'ailleurs inauguré, Mme la Présidente, avec beaucoup d'émotion, le 19
septembre 2014, la médiathèque Nelly-Arcan.
Partout
sur le territoire, nos bibliothèques forment un réseau moderne pour des
communautés ouvertes sur le monde, sur
le savoir et sur les grandes oeuvres de l'humanité. C'est un accomplissement
dont notre société peut être fière. Nous ne nous arrêtons pas en si bon chemin puisque nous avons récemment
déposé, très récemment, un important plan d'action sur le livre.
J'aurai l'occasion de vous en reparler.
Je veux maintenant
vous entretenir des initiatives mises de l'avant pour faire connaître le talent
québécois à l'extérieur du pays. Le premier
ministre donnait la mesure de notre engagement à cet égard en insistant, lors
de son discours inaugural, pour que
ma collègue la ministre des Relations internationales et moi-même veillions à
ce que la culture soit incluse dans toutes les missions internationales
du gouvernement.
missions économiques sont désormais systématiquement bonifiées d'une présence
culturelle, ce qui n'a pas manqué de
produire des résultats très intéressants. Les expéditions économiques du
gouvernement en Chine et en France portent
déjà fruit. Par exemple, lors de la visite du premier ministre en France, le
mois dernier, j'étais présente et j'ai eu l'occasion de m'entretenir
avec mon homologue française, Mme Fleur Pellerin, et nous avons eu des
discussions très intéressantes pour le
développement de nos secteurs culturels numériques ainsi que pour nos
politiques culturelles respectives.
Durant cette mission,
des partenariats en arts visuels et technologiques ont été conclus, de même que
des ententes en cinéma. De plus, une entente
a été également signée entre le Conseil des arts et des lettres du Québec,
l'École nationale supérieure des
beaux-arts de Paris et le Consulat général de France à Québec. En vertu de
cette entente, des artistes français
pourront effectuer une résidence dans le Grand Nord québécois tandis que des
artistes inuits auront la possibilité d'en effectuer une à Paris.
Lors
de ce même voyage, je me suis rendue à la 45e édition de la Foire du livre de
Bruxelles, alors que le Québec était
l'invité d'honneur de ce qui est la deuxième plus grande foire du livre
francophone en Europe. Cette présence du Québec a été marquée par une importante délégation comprenant une
cinquantaine d'auteurs et une quarantaine d'éditeurs québécois. Soulignons que des ventes record ont
été réalisées au stand du Québec, à peu près le triple ou le quadruple des ventes de l'année précédente. Cela dit, la
culture québécoise a eu maintes autres occasions de voyager en 2014‑2015.
J'en
profite pour vous glisser un mot sur le CALQ et la SODEC parce que ces
institutions font
partie du réseau des
sociétés d'État qui, au Québec, constituent d'indispensables bras agissant pour
la culture. Outre les activités de financement
de la culture, ces organisations relevant de mon autorité remplissent des
vocations essentielles. Elles couvrent un
vaste périmètre comprenant la production et la diffusion de contenu éducatif et
culturel par Télé-Québec, la diffusion des
arts de la scène par la Place des Arts à Montréal et le Grand Théâtre à Québec
ou encore la démocratisation des arts et du savoir par le Musée de la civilisation, le Musée national des
beaux-arts du Québec et le Musée d'art contemporain de Montréal.
Ajoutons à ces
excellents partenaires deux institutions majeures pour le Québec :
Bibliothèque et Archives nationales du
Québec, dont on aura l'occasion de reparler puisqu'il célèbre aujourd'hui le
10e anniversaire d'existence, et le
Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, dont on aura
certainement l'occasion et le plaisir de reparler.
J'ai le plaisir de rappeler qu'à la
Grande Bibliothèque, avec 3 millions de visiteurs chaque année, c'est la
bibliothèque publique la plus fréquentée en Amérique du Nord et la plus
visitée de toute la Francophonie.
ce qui concerne le patrimoine, source de fierté et fondement de notre identité,
nous avons redoublé de vigilance et de diligence, Mme la Présidente,
pour éveiller l'intérêt des Québécois et des Québécoises pour leur histoire et
leur héritage. Au cours des derniers mois, nous avons procédé à la désignation
de plusieurs éléments du patrimoine immatériel, j'aurai l'occasion d'y revenir.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : ...Mme la ministre.
David (Outremont) : 2015‑2016, un budget culturel. Alors, j'en arrive au discours du budget prononcé
récemment par mon collègue le ministre des Finances, et ce budget fait état d'excellentes nouvelles. J'attire votre
attention sur le fait que le ministre des Finances a réitéré l'importance de l'action gouvernementale en culture en augmentant de 2,8 % le budget qui est alloué au secteur, ce
qui représente le pourcentage... 1 % des dépenses gouvernementales, une
cible considérée comme idéale par de
nombreuses instances internationales en culture. J'aurai l'occasion
certainement de revenir sur tous ces aspects. Je vous remercie beaucoup,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. J'invite maintenant la
porte-parole de l'opposition officielle et députée de Joliette à faire ses
remarques préliminaires pour un maximum de sept minutes.
Hivon : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, d'entrée
de jeu, je tiens à saluer, bien sûr, la ministre, sa sous-ministre, sa
directrice de cabinet et l'impressionnante équipe. C'est toujours très
impressionnant, quand on se retrouve de ce côté-ci, de voir l'impressionnante
équipe qui l'accompagne, qui a dû travailler très fort au cours des dernières semaines, et je les remercie d'avance
pour toute la collaboration qu'ils vont nous offrir aujourd'hui. Et je pense
d'ailleurs qu'on devrait se questionner peut-être sur nos manières de faire,
quand on voit le nombre de personnes qui sont mobilisées face à nous qui arrivons avec nos questions, mais, somme
toute, pour un temps limité. Alors, je veux quand même les remercier de
tout le travail qu'ils ont dû accomplir, bien sûr saluer mes collègues, mes
collègues du côté ministériel, de la deuxième opposition et ma stagiaire de la
Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui m'accompagne aujourd'hui, Anne-Marie
Pilote. Et bien sûr, vous, Mme la
Présidente, et toute votre équipe,
qui allez bien mener nos travaux, je n'en doute pas.
Donc,
je suis heureuse, bien sûr, d'avoir cette opportunité aujourd'hui de pouvoir questionner la ministre sur un bon nombre d'enjeux qui touchent,
elle le soulignait, ce secteur absolument fondamental, vital pour notre
identité collective et individuelle, je
dirais, qu'est la culture, que sont aussi les communications, mais aussi un moteur économique extraordinaire
pour la vitalité du Québec. On sait que le milieu de la culture et des communications
est en profonde transformation, en profonde mutation. On sait à quel point le
numérique, l'accessibilité incroyable, via Internet, à des contenus, que ce soit musicaux, de production
télé, cinéma, de livres, à quel point ça bouleverse le milieu et à quel point
ça commande des réponses fortes pour s'assurer, bien sûr, le soutien de nos
artistes et artisans, de nos auteurs, de nos producteurs, diffuseurs.
Donc,
s'ajoute à cette espèce de contexte, je dirais, mondial, qui est
particulièrement rempli de défis pour le milieu de la culture et des communications, un contexte au Québec où beaucoup
de bouleversements, donc, ont cours dans la révision du rôle de l'État, dans le climat d'austérité qui est imposé...
Et on a vu, bien sûr, ces bouleversements au cours de la dernière année, notamment dans le dossier
des conservatoires, dans celui des coupes dans les crédits d'impôt,
heureusement deux dossiers où la
mobilisation a fait qu'on est revenus en arrière sur les intentions
initiales — pas
toujours parfaitement, on va y
revenir — mais qui
ont quand même causé beaucoup d'inquiétudes, beaucoup de bouleversements dans
le milieu; des coupes excessivement
imposantes dans les musées nationaux au cours de la dernière année, qui ont
mené à un cri du coeur très important des musées et de plusieurs autres
musées plus régionaux ou à vocation plus particulière.
je dois vous dire, Mme la Présidente, qu'à la lumière du dernier budget, eh
bien, ces inquiétudes continuent de
se manifester dans le milieu, qu'on pense à l'avenir de la Cinémathèque, que
l'on pense à l'avenir de la Régie du cinéma, que l'on pense à l'avenir de Télé-Québec, notamment, des musées, bien
sûr, de notre information en région. Ce sont autant de dossiers qui retiennent l'attention, mais qui
soulèvent énormément d'inquiétudes dans les milieux concernés. Et il y a
une manière de fonctionner en ce moment qui
laisse planer certaines idées, certaines rumeurs, certaines idées de fermeture
et qui ont pour effet d'insécuriser tout un
milieu et qui sont très néfastes, autant pour, je dirais, le climat de travail
des organisations concernées, des milieux concernés. Ça freine des élans
créatifs, ça peut freiner aussi le recrutement.
Donc,
c'est certain que nos préoccupations sont nombreuses, et aujourd'hui nous avons
l'occasion de pouvoir obtenir des
réponses par rapport à toutes ces préoccupations. Donc, pour nous, c'est une
occasion privilégiée, et j'espère
que nous réussirons à avoir de ces réponses
dans un climat où on va réussir à avoir un certain équilibre entre les questions
et les réponses en termes de temps, parce que vous savez, Mme la Présidente et Mme la ministre, que c'est une occasion rare
pour l'opposition de pouvoir poser ces questions,
et on entend bien en profiter. Nous avons beaucoup de questions,
comme j'imagine que c'est la même chose pour la deuxième opposition, que je salue, bien sûr, aussi au passage.
Alors, compte tenu de cela, je ne prendrai pas plus de temps et je
vais donc garder mon temps pour poser davantage de questions.
Présidente (Mme Rotiroti) : Parfait. Merci, Mme la
députée. Alors, soyez assurée qu'on
va s'assurer que vous avez ample
temps de poser votre question, mais que le temps alloué à votre réponse va être
aussi long ou aussi court que votre question. Alors, merci.
J'invite
maintenant la porte-parole du deuxième
groupe de l'opposition et députée d'Iberville à faire ses remarques
préliminaires pour un maximum de cinq minutes.
Samson : Merci, Mme la Présidente. Alors, je tiens d'abord à vous dire que je
suis bien heureuse d'être ici cet après-midi. Je salue d'abord la ministre
et je la remercie à l'avance pour sa collaboration et sa transparence durant les travaux que nous amorçons cet après-midi. Je voudrais aussi
saluer son équipe et les gens des sociétés qu'elle représente.
Je salue également ma collègue la députée de Joliette
ainsi que mon collègue député de Lévis qui m'accompagne aujourd'hui.
Alors, je vous dirais que, par son histoire et
sa culture...
Samson : Pardon?
Excusez-moi. Je l'avais mis un peu plus loin, mais je vous salue, bien sûr.
Je salue tous mes collègues. Excusez-moi.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Allez-y, Mme la députée.
Samson : Alors, par son
histoire et sa culture, le Québec s'est forgé une personnalité originale et
empreinte de simplicité. Nous sommes
un creuset où se fondent les expressions artistiques issues de nos origines
européennes et nord-américaines. La
petite taille de notre marché force nos artistes à se renouveler sans cesse, ce
qui favorise leur force de création
souvent remarquée à l'étranger. Nous exprimons une énergie créatrice et une
vitalité culturelle débordante, qui
se manifestent aussi bien dans la littérature, dans la musique, les arts de la
scène, le cinéma, la télévision, la peinture, la sculpture ou les
métiers d'art.
Ceci étant dit, Mme la Présidente, notre temps étant limité, j'aimerais pouvoir
reporter les minutes restantes pour poser
des questions à la ministre. J'en ai plusieurs également et, pendant mon intervention, j'ai l'intention de
poser des questions assez courtes et claires en espérant recevoir
des réponses concises et qui vont directement au but. Je
vous remercie, Mme la
Présidente, et je salue à nouveau mes collègues.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Alors, merci beaucoup, Mme la députée. Je suis maintenant prête à
reconnaître la porte-parole de l'opposition officielle et députée de Joliette
pour un premier bloc d'échange d'environ 20
minutes. On vient de rajouter deux minutes, alors 23 minutes. Alors, Mme la députée de Joliette, la parole est à vous.
Hivon : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je vais débuter avec le dossier de la Cinémathèque, donc de l'avenir de la Cinémathèque. Bien sûr,
on a déjà eu l'occasion, avec la ministre, d'échanger, mais, dans le budget,
il y avait, donc, dans les notes accompagnant le budget,
un rappel de cette intention, donc, de voir la Cinémathèque fusionner
avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Vous n'êtes pas sans
ignorer que ça a soulevé énormément d'inquiétudes,
de questionnements et de consternation dans le milieu du
cinéma et de l'audiovisuel. Bien sûr, la Cinémathèque québécoise est un fleuron de
notre vie culturelle. Elle est la seule au Canada, une des plus importantes
au monde. Elle vise non seulement à promouvoir notre patrimoine audiovisuel et cinématographique, mais à
le préserver, en assurer la conservation, la diffusion.
Donc,
depuis que la ministre m'a affirmé qu'il ne serait pas du tout question
de mariage forcé entre les deux institutions, on a
vu que le milieu de la Cinémathèque, les membres de la Cinémathèque se sont
positionnés très, très majoritairement
contre cette avenue, donc, de fusion lors d'une réunion extraordinaire il y a
quelques semaines, où ils ont clairement exprimé
leur volonté que cette fusion n'ait pas lieu, que le statut, la gouvernance et
donc l'entité de la Cinémathèque soient maintenus. Et j'aimerais donc
savoir si la ministre s'engage à exclure l'avenue de la fusion entre les deux
entités.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, merci beaucoup pour cette question. Puis
effectivement, juste pour revenir un
peu sur ce qui a été dit jusqu'à maintenant dans les propos introductifs... La
collègue de Joliette a plus d'ancienneté que moi dans cette enceinte noble et donc plus d'études de crédits, des
deux côtés, d'ailleurs, en tout cas. Alors, effectivement, c'est
impressionnant puis effectivement c'est une manière de faire qui a dû être
décidée depuis fort longtemps et que peut-être, éventuellement, les parlementaires voudront remettre en question,
mais je suis moi-même impressionnée de tous ces gens si compétents. Et ça montre aussi, quelque part, l'envergure qu'occupe la place de la culture et des sociétés d'État au ministère
de la Culture et des Communications,
et ce n'est qu'une
partie puisqu'il y aura une autre
partie sur la
protection et la promotion de la langue française.
Alors, oui, effectivement, c'est impressionnant et peut-être matière à réflexion. Et j'ai apprécié, évidemment, les propos introductifs et je
vais, oui, aller dans les explications et dans l'échange, que j'apprécie moi
aussi, parce que ça va
nous permettre d'avoir un peu plus de temps,
je dirais, que le temps dont on dispose d'habitude en période de questions, quand même, qui n'est
pas exactement le même genre d'enceinte.
Alors, parlons de la Cinémathèque et remettons un certain nombre
d'éléments en perspective. Les travaux avec la Cinémathèque ont commencé
en 2013 et ont même commencé sous un gouvernement que vous connaissiez bien, puisqu'il était au pouvoir à ce moment-là, et
c'est un travail qui a été fait parce que, d'un commun accord avec les
différents, d'ailleurs, gouvernements depuis quelques années, autant le
côté gouvernemental que la Cinémathèque constataient qu'il y avait un réel problème de budget, de financement, peut-être de
gestion... En tout cas, les partenaires ont convenu et le ministère de la Culture a convenu avec le
conseil d'administration qu'il y ait vraiment, vraiment un accompagnement,
des réunions, des rencontres pour
regarder... faire le point sur qu'est-ce qui ne va pas, qu'est-ce qui pourrait
être fait de mieux, avec quels
partenaires les gens de la Cinémathèque pourraient travailler. Et il avait été
convenu, donc, à l'automne, par le
conseil d'administration que, oui, ils accepteraient de regarder l'hypothèse de
voir comment mieux partager les responsabilités et probablement un
certain nombre de missions et de mandats de la Cinémathèque avec, entre autres,
Bibliothèque et Archives nationales.
Donc, ça a été dit,
ça a été accepté par le conseil d'administration. M. Rochon l'a bien dit
lui-même dans une entrevue. Il a dit :
Écoutez, le ministère nous accompagne, le ministère n'est pas dans ça pour être
décisionnel, il accompagne la Cinémathèque avec la BANQ pour regarder ce
qui peut être fait. Et il ajoute quelque chose d'assez rare dans des commentaires, c'est : Et je remercie la
qualité de l'accompagnement du ministère de la Culture et des fonctionnaires.
Et j'en profite pour dire qu'il a
bien raison de remercier les fonctionnaires du ministère de la Culture parce
que ce sont des gens passionnés, engagés et qui sont vraiment dans
l'accompagnement.
Donc,
le travail se poursuit. Nous avons eu l'occasion de voir déjà des changements.
Vous avez remarqué que M. Marcel Jean a été nommé directeur général
de la BANQ. Il y avait une directrice par...
David (Outremont) : Excusez, de la Cinémathèque. Il y avait une
directrice par intérim depuis à peu près quatre ans, en 2011. Et, si vous avez lu attentivement... le dynamisme,
et l'enthousiasme, et la vision avec laquelle arrive M. Jean, je
pense que ça va être un souffle extrêmement intéressant pour la suite des
choses.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Alors, Mme
la députée... Je vous demande d'être un petit peu plus concise dans vos
réponses, Mme la ministre.
Hivon : J'aimerais avoir une... Ma question était toute
simple. Ma question était toute simple, c'était de savoir si la ministre s'engageait, donc, à refuser
tout scénario d'union forcée puisqu'elle avait dit qu'il n'y aurait pas de
telle union forcée et que, visiblement, les
membres de la Cinémathèque sont très, très majoritairement contre ce scénario.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Alors, écoutez, je pense que ça a été très, très
clairement dit et j'aime bien l'expression que le ministère de la Culture... bon, il est important de préciser
qu'«en aucun moment — et ça,
c'est la lettre de M. Rochon — il n'y a eu de pression exercée par le
gouvernement ou le ministère de la Culture et des Communications pour
forcer un mariage ou pour consommer une union non désirée».
Alors,
on est dans le modèle de l'accompagnement pour l'instant. Les gens regardent le
travail... Et ça va très bien entre
Bibliothèque et Archives nationales et la Cinémathèque. Nous attendons leur
rapport au mois de juin et puis, avec la
nouvelle direction générale, avec le conseil d'administration, nous pourrons
discuter, à ce moment-là, de propositions qu'eux-mêmes vont faire, BANQ
et Cinémathèque.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée.
Hivon : Je comprends, malheureusement, que la ministre refuse de s'engager à ce qu'il y ait, donc, ce
mariage forcé, qui n'est donc pas
voulu par les joueurs directement concernés. Parce que ça a ressorti très, très clairement
de la dernière assemblée où, à très, très forte majorité, ce scénario-là
a été rejeté, ce qui fait en sorte qu'on a dit que cette avenue pouvait maintenant être écartée. Mais
je crois, aujourd'hui, comprendre que la ministre, elle, ne l'écarte
pas. Elle me parle du passé; moi, je lui parle du futur. Est-ce que la ministre
peut me dire qu'elle écarte cette avenue?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Alors, écoutez,
je suis étonnée que ma collègue revienne encore sur cette question-là
parce que le conseil d'administration s'est clairement positionné qu'il voulait
explorer l'idée; ça a été noté au conseil d'administration. Je ne veux pas me
mêler, moi, de ce que dit le conseil d'administration et ce que décide le
conseil d'administration. Mais, quand le
président lui-même dit qu'on ne s'en va pas vers une consommation non désirée
d'une union forcée, je pense que c'est assez clair.
Et, à cet égard-là,
j'aimerais bien revenir sur quelque chose qui m'a fait beaucoup de peine et
pour lequel la députée de Joliette ne m'a pas consolée du tout, c'est la déclaration
d'Yves Jacques, que je trouve un des moments les plus durs de ma première année en politique. Et je veux le noter
parce que, quand les choses se jouent à un niveau aussi déplorable que
de se faire comparer à l'État islamique, j'avoue que, là, je trouve ça assez
dur comme métier.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Joliette.
Hivon : C'est une belle manoeuvre de diversion, Mme la
Présidente. Je ne sais pas si la ministre va me demander aussi de me dissocier, comme son collègue l'a demandé, des
propos de Claude Legault, hier, au Gala des Artis, ou à ceux de Philippe Laprise, qui ont noté
certains gestes qui ne leur apparaissaient pas les plus opportuns, mais je
pense que la liberté d'expression des
artistes est une chose et je ne pense pas que l'on puisse demander à tout un
chacun de se dissocier des propos de l'un et de l'autre, surtout quand
on valorise la liberté d'expression.
Ceci
dit, je note donc qu'il n'y a pas, de la part de la ministre,
une volonté de réfuter ce scénario, bien que le milieu se soit positionné très, très fortement contre le
scénario de la fusion. Et aussi je
pense que c'est important de
souligner qu'on avait eu le droit à à peu près le même type de séquence avec les conservatoires, où on nous plaidait
l'indépendance du conseil d'administration et où les scénarios allaient
être regardés, et le scénario de l'abolition de la fermeture des conservatoires en région était quelque chose dont
la ministre ne se distançait pas du tout, jusqu'au jour où, à
la faveur d'une mobilisation très
impressionnante des gens concernés mais aussi de la population,
malgré les recommandations, donc,
du conseil d'administration, qui allait en ce sens-là, la ministre s'en est
dissociée. Donc, je pense que c'est important, aujourd'hui, de connaître les orientations de la ministre; malheureusement, elle ne veut pas rejeter ce scénario-là. Donc, nous en prenons
acte.
ce, j'aimerais passer au dossier de la Régie du cinéma. La Régie du cinéma est
un autre dossier important. On a
appris encore une fois que les rumeurs d'abolition de la régie se
concrétisaient à la faveur du dernier budget. Le dernier budget est venu en effet nous dire que la régie
allait être fusionnée avec le ministère.
Donc, dans un premier temps, on a vu
qu'il y avait eu des déclarations du cabinet de la ministre comme quoi ça ne
signifiait pas l'abolition de postes, que tous les postes allaient être
maintenus. Donc, dans cette optique-là, est-ce que la ministre peut m'expliquer
le sens de l'intégration de la Régie du
cinéma? Est-ce que c'est un choix davantage idéologique puisqu'on nous confirme
que l'ensemble des postes vont être maintenus?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Oui. Je
vais juste me permettre de clore le précédent chapitre, parce que je prends
acte, moi aussi, de d'autres considérations.
Et, entre autres pour les conservatoires, je l'avais dit bien avant l'arrivée
du rapport, deux semaines avant — deux
semaines avant — j'avais
dit : Si la seule et unique orientation est celle de fermer les régions, ma réponse sera non. Elle a été non.
Elle est toujours non. Et on a réinvesti 1,8 million dans les conservatoires. Les gens sont absolument ravis de ça. Alors,
on aura l'occasion certainement de revenir sur les conservatoires.
Cinémathèque, j'attends le rapport au mois de juin. Eh oui, des fois, il faut
attendre les rapports, parce que la démocratie
fait en sorte que les gens travaillent, et la Cinémathèque travaille, en ce moment, très bien avec la BANQ. J'aimerais pouvoir vous dire : Tout
de suite, mais ils vont déposer leur rapport au mois de juin et nous serons
très à l'écoute du rapport qu'ils vont déposer en toute démocratie.
Alors,
pour ce qui est de la Régie du cinéma, écoutez, oui, la question de l'industrie du cinéma, de
l'audiovisuel, on l'a dit dès les
propos introductifs, c'est en profonde mutation. Il y a une croissance
fulgurante de la consommation en ligne de produits audiovisuels et effectivement
ça affecte à la baisse les revenus de la Régie du cinéma.
Alors,
dans ce contexte-là, il faut revoir la mission et les mandats de la régie et on
doit certainement les actualiser. Et l'intégration de la
régie au ministère de la Culture, c'est de mettre des ressources et des
expertises de la régie et du ministère en commun afin de veiller à une meilleure
efficience des services. Il est clair que les employés... Et on l'a dit souvent, les employés de la régie sont des
employés de la fonction publique, donc on n'a pas à craindre de mises à pied qui puissent être effectuées. Et l'intégration ne
remet pas du tout en question le travail de partenariat entre la régie et les
différents intervenants du milieu comme les
distributeurs ou les exploitants de salles de cinéma. Alors, ça a été annoncé
dans le cadre du budget 2015‑2016
et on travaille très fort pour intégrer, dans les prochains mois, les activités
de la régie sans perte d'emploi, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Évidemment,
la régie porte plusieurs rôles. Donc, elle classe les films, elle informe,
elle sensibilise le public quant à ce
classement-là, elle contrôle les droits de distribution des oeuvres
cinématographiques, elle délivre aussi
les permis — donc,
ça, ce n'est pas un rôle banal — aux distributeurs, exploitants de salle, aux
commerçants au détail de matériel
vidéo, et elle inspecte les établissements régis par la
Loi sur le cinéma.
C'est ce qui fait en sorte qu'elle a, en
partie du moins, des fonctions quasi judiciaires. Et donc, évidemment,
dans un scénario de fusion avec le ministère, comment la ministre va
assurer l'indépendance de la régie, qui est au coeur même de son existence de
par son rôle?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Écoutez, c'est très, très clair. Et le ministère,
qui travaille d'ailleurs avec la régie, ils sont très, très conscients de cette question d'indépendance et de
normes et de... Et il y aura une indépendance, ça, c'est très, très clair, dans la réflexion qui se passe
actuellement entre la régie et le ministère de la Culture. Donc, les gens qui
travaillent sur ce dossier-là sont
extrêmement conscients. J'ajouterais même : les juristes sont au travail
pour être absolument sûrs qu'il y a
une indépendance pour la question, évidemment, de tout ce qui est le
classement. Donc, il y a une question juridique
extrêmement importante, et les juristes travaillent, de façon très productive,
à régler toutes ces questions-là et en nous assurant qu'il y aura une
indépendance par rapport aux classifications.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Donc, la ministre nous a parlé des employés, mais,
bien sûr, il y a une toute nouvelle... bien, une toute nouvelle... une nouvelle présidente qui a été nommée, il y a
environ six mois, à la Régie, donc, du cinéma, qui a un contrat, en bonne et due forme, pour plusieurs
années. Donc, que va-t-il arriver? Quelle prime va devoir être donnée de
séparation à cette présidente?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Oui, effectivement. Écoutez, la régie va être, dans
l'année 2015‑2016, intégrée, et il est
clair, donc, qu'on verra, à ce moment-là, comment on redistribue les rôles de
chacun. Pour l'instant, il n'y a pas de décision prise. Et déjà il y a 20 % des employés qui sont replacés
dans la fonction publique à différents endroits — des employés
de la régie — et,
comme je dis, il n'y aura pas de perte d'emploi, évidemment, du côté des
employés de la Régie du cinéma.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée.
Hivon :
J'apprécie les réponses courtes beaucoup; donc, ça permet un échange plus
fluide. Est-ce que je comprends que la régie est déjà en train d'être
intégrée au ministère?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Vous comprenez qu'on travaille très, très fort
effectivement et que, dans ce cas-là en particulier, parce que vous l'avez très bien signalé, la régie, c'est
une entité qui a des balises juridiques très précises et c'est pour ça que les juristes sont au travail. Ce
n'est pas seulement une question de gestion organisationnelle, c'est une
question de balises légales aussi. Alors,
les juristes travaillent très, très bien, et on a bon espoir que, d'ici
quelques mois, il puisse y avoir
effectivement une intégration. Souvenons-nous que, comme je l'ai dit tout à
l'heure, les activités ont changé. La
question du classement s'est modifiée aussi. Alors, les objectifs que
remplissait la Régie du cinéma jusqu'à maintenant, avec, on doit dire, une baisse de revenus assez
notable ces dernières années, il y a tout lieu de penser à une réorganisation
de cette activité-là... de cette instance.
Hivon : ...une baisse de revenus, mais, à ma
connaissance, ce n'était pas un organisme déficitaire, parce qu'il y avait quand
même, je pense, 3 millions de revenus. Donc, c'est pour ça que je pense que, dans certains milieux,
la décision est vue comme surprenante. Et
moi, j'attire juste l'attention sur l'importance de ces fonctions-là quasi judiciaires.
Et, quand on est déjà
dans un processus d'intégration et que ces questions-là
ne sont pas réglées, je pense que ça agite un petit drapeau qui certainement
peut être source d'inquiétude.
Mais je veux juste revenir sur la question de la
présidente de l'organisme. Il faut juste se rappeler qu'il y a six mois le gouvernement a décidé, donc,
de remplacer la présidence de la Régie
du cinéma et donc la personne qui était en place a quitté avec une prime, donc,
de plus de 100 000 $, et là on a nommé quelqu'un d'autre. Et moi, je
suis allée voir, lors de la
nomination, l'acte de nomination, et ça semble bien suivre les standards
normaux. Donc, cette personne-là a un
contrat en bonne et due forme pour plusieurs années, et donc je veux comprendre
ce qui va arriver, donc, à ce contrat-là lorsque la régie va être
abolie.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Écoutez, la question du remplacement par une nouvelle
présidente était une question fort importante
justement pour travailler la nouvelle réalité de la Régie du cinéma, et la
personne qui a été nommée est une
personne qui connaissait beaucoup le milieu du cinéma, qui était à la SODEC et
qui avait donc bien compris les rouages pour justement être extrêmement
utile à ce virage, à cette réflexion autour des organismes.
La députée
réfère souvent à : Oui, mais ça sème de l'inquiétude. Mais, si on ne
faisait rien, il n'y aurait jamais
d'inquiétude. Le principe d'inertie dans
l'humanité, c'est de ne jamais bouger. Mais, quand on ne bouge jamais,
on ne modernise jamais,
on ne crée jamais de nouvelles choses. Alors, je peux bien à chaque
fois entendre que ça insécurise, que,
là, on attend. Oui, on attend, mais on attend parce qu'on est au travail
puis parce qu'on veut justement moderniser les pratiques face à ce que, justement, il a
bien été dit. Tout est en mutation et le secteur du cinéma est certainement un
des secteurs qui est le plus en mutation.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée.
Hivon :
Je ne n'amuse pas à dire que ça insécurise pour insécuriser, je pense juste que
de consulter le milieu, comme
finalement ça a été fait dans l'exemple des conservatoires, c'est souvent une
bonne idée, parce que, finalement, plutôt
que de fermer les conservatoires, ce qui était envisagé, il y a une
bonification de 1 million qui est amenée parce que la ministre, en allant à la rencontre, après toute cette saga-là
qu'on a vécue à l'automne, s'est rendu compte du rôle fondamental et de comment il était peut-être
important de les soutenir davantage. Donc, ce que je veux passer comme message, c'est aussi que de consulter le milieu,
que ce soit en lien avec la Cinémathèque, avec les acteurs qui gravitent autour, par exemple, du cinéma, de la Régie du cinéma, ça peut être une bonne idée aussi pour bien faire les
choses et de s'assurer de l'avenir de nos organismes.
je comprends qu'il y a une nouvelle présidente qui a été nommée probablement
pour épouser davantage les vues de la
ministre; c'est peut-être la même chose qui se fait avec la nomination de
quelqu'un de nouveau à la Cinémathèque.
Mais ceci ne répond pas à ma question de savoir : Que va-t-il arriver de
cette personne-là? Que va-t-il arriver
de son contrat? Combien ça va coûter, pour résilier ou mettre fin à son
contrat, à l'État alors qu'on a déjà payé une prime pour quelqu'un qu'on
a remercié il y a six mois?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, on pourra... Mais je ne suis pas sûre que
j'apprécie beaucoup de dire : Vous avez fait ci, on a fait ça. Mais je rappellerai que, justement, il y a eu
des changements à la présidence aussi de la Cinémathèque sous le précédent gouvernement et qu'il y a eu une
directrice générale qui avait été remerciée le 7 novembre 2012, qui s'appelait Mme France Boucher, alors,
après seulement 28 mois. Après seulement 23 mois, même, de son embauche.
On peut imaginer que, là aussi, il y a eu
une prime de séparation. C'était le prédécesseur, donc le ministre de la
Culture sous le gouvernement du Parti québécois.
Mais, au-delà
de ça, là, qui vraiment est une question : Combien ça va
coûter, etc.? Parce qu'à ce moment-là
on va faire les comptes et ça va
peut-être être intéressant de voir le résultat, je voudrais expliquer, parce
que la députée a fait référence
encore une fois aux conservatoires... Ce rapport, pour lequel j'ai eu du respect, et le respect d'attendre,
pour le conservatoire, avait été demandé par le précédent gouvernement,
sous le prédécesseur, le ministre de la Culture de l'époque, comme on dit, et c'est justement par respect pour des
contrats... et des contrats qui avaient été donnés d'une façon exceptionnellement bizarre, c'est-à-dire nommer une présidente de conseil
d'administration qui est en même temps une contractuelle payée pour faire enquête sur sa propre institution, administration; c'est du jamais-vu. Et remettons-nous justement
dans le contexte, il a donc fallu mettre un terme et à la présidence et au
contrat. Mais je ne sais si vous vous rendez
compte, mais ça a été fait sous le Parti
québécois, ce double contrat, et ça a
comme retardé un petit peu, et, par respect
pour l'institution, on a dit : On va quand même
attendre le rapport qui est supposé arriver au mois de juillet. Et ça, je n'appelle pas ça de l'inertie, j'appelle ça
laisser les gens compétents qui ont à coeur leur propre institution travailler. Et, à partir du moment où a circulé cette idée de fermer les
conservatoires, je me suis prononcée bien avant le 30 septembre.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. Il vous reste 50 secondes, Mme la députée.
Hivon : On peut
reporter au prochain bloc?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui, certainement.
Présidente (Mme Rotiroti) : Oui, avec plaisir. Alors, on va passer du côté du gouvernement. Je suis prête à céder la parole au député de Sherbrooke.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. À mon tour de vous saluer et de saluer la
ministre et tout son entourage, qui est effectivement une équipe très compétente avec qui, moi aussi,
j'ai la chance de travailler depuis maintenant
près d'un an, et ce sont des gens qui sont très dévoués et qui ont la culture
du Québec à coeur. Je voudrais saluer la députée
de Joliette, la députée d'Iberville, le député de Lévis et mes
collègues du parti ministériel, sans oublier, Mme la Présidente, le député de Montmorency — je m'en voudrais de faire une telle
erreur — et
également de le féliciter, à mon tour, d'être grand-père, tout
récemment, pour une deuxième fois.
Mme la
Présidente, je pense, il n'y aura pas de surprise de votre côté, c'est la deuxième
étude de crédits en matière de
culture et communications qu'on fait ensemble, je vais vous parler du Plan
d'action sur le livre que, moi et la ministre, on a eu le plaisir de dévoiler vendredi dernier. Je pensais que la
députée de Joliette allait aborder ce point-là, parce que je me souviens de l'étude... en fait, de l'audition
qu'on a faite avec la SODEC et qu'elle tentait de savoir un petit peu sur quoi on travaillait à ce moment-là. Et donc elle
aura fait le choix d'aborder d'autres sujets pour son premier bloc
d'intervention.
Mais moi, Mme
la Présidente, je vais vous parler de toute cette question-là du livre, qui est
très importante pour le Québec. Juste
peut-être pour, d'entrée de jeu, se remettre en contexte : la ministre m'a
confié, au printemps 2014, un mandat sur l'avenir des librairies
agréées, particulièrement des librairies indépendantes à travers le Québec.
Parce qu'il y avait eu une commission
parlementaire, sous la précédente législature, où il y a une quarantaine de
groupes qui étaient venus se faire
entendre ici, à l'Assemblée nationale, et il y a deux constats qui avaient
découlé des observations des parlementaires,
le premier étant qu'effectivement les librairies sont dans un état précaire au
Québec et qu'on se doit de soutenir
les librairies pour assurer une diffusion ou un accès à la lecture partout au
Québec. Le gouvernement qui nous a précédés, lui, avait opté pour la
solution sur le prix unique du livre. Notre formation politique, on avait
exprimé notre désaccord, à ce moment-là,
avec cette position-là, qui a été réitérée, en campagne électorale, par
l'actuel premier ministre.
Mais, ceci étant dit, on partageait quand même
la préoccupation de vouloir soutenir les librairies à travers le Québec. Et c'est pourquoi la ministre m'a donné ce
mandat-là l'été dernier, un mandat très, très important pour une industrie
qui est importante. Il y a quand même 184 librairies agréées à travers le
Québec. Dans le domaine du livre, il y a 12 000
emplois dans toutes les régions du Québec. Donc, c'est un volet important de
toute l'industrie culturelle québécoise. Mais, au-delà de ça aussi,
l'accès au livre permet le rayonnement de notre culture, qui est un des
fondements de notre identité.
Alors, lorsque j'ai entamé le mandat,
j'ai fait plusieurs, plusieurs rencontres, en partant du mois de juillet 2014
jusqu'au mois de novembre, avec plusieurs
groupes, plusieurs acteurs de la chaîne du livre. Et les partenaires que l'on
rencontrait étaient au courant des
paramètres selon lesquels on travaillait; ceci étant dit, qu'il n'était pas
question pour nous de revenir sur la
question du prix unique du livre. Et les gens savaient ça d'entrée de jeu et
nous ont fait des propositions très concrètes pour venir en aide à tout
le secteur du livre à travers le Québec.
travers ces rencontres-là, j'ai eu l'occasion de pouvoir échanger à plusieurs
reprises, de rencontrer à plusieurs reprises
M. Denis Vaugeois, qui était ministre de la Culture et des Communications dans
le gouvernement de René Lévesque, qui
est le père de la
loi sur le livre, qui a été adoptée par l'Assemblée nationale
en 1981. M. Vaugeois a été d'une aide
exceptionnelle, m'a donné de très, très bons conseils, et la ministre aura
certainement l'occasion d'y revenir, mais qui va continuer de nous accompagner
dans toute cette modernisation de l'industrie du livre au Québec.
ces consultations-là, bien, en a découlé des pistes de solution que j'ai
présentées à la ministre, qui tenaient compte
de certains critères. C'est-à-dire que, pour moi, c'était important de suggérer
à la ministre des mesures qui étaient prônées,
qui m'avaient été présentées par certains acteurs de la chaîne du livre lorsque
je les ai rencontrés. C'était important pour moi de présenter à la ministre des mesures dans lesquelles les
acteurs allaient se reconnaître et qui tiennent compte également de tous
les acteurs, de tous les acteurs de la chaîne du livre.
Puis
ça, évidemment, ça inclut les lecteurs, hein? Parce que, si on se rappelle
bien, Mme la Présidente, pour ce qui est de la question du prix
réglementé, la seule certitude que nous avions à ce moment-là, c'est que les Québécois
allaient payer plus cher pour avoir accès
aux livres et que ça n'allait pas nécessairement soutenir davantage l'industrie du livre. Parce qu'on le voit en France, hein, il y a le prix réglementé et le
gouvernement français est obligé de se livrer à la même réflexion que nous avons faite, comme gouvernement, pour
soutenir les librairies à travers le Québec. Donc, nous, on voulait que tous les acteurs de la chaîne
du livre puissent bénéficier des mesures qu'on voulait mettre de l'avant,
également des mesures qui s'adressaient
spécifiquement au domaine de librairies et qui tiennent bien évidemment compte
de notre capacité de payer dans le contexte budgétaire que vous connaissez.
Alors,
tout ça a permis à la ministre de nous concocter un plan d'action qu'elle a
dévoilé à Sherbrooke vendredi. Et, je
pense, par cette annonce-là, Mme la Présidente, nous avons envoyé, comme
gouvernement, deux signaux très, très forts, le premier étant qu'on a choisi de
faire cette annonce-là en région, une annonce nationale en région. Et ça, je
peux vous dire que ça a été très bien
reçu, notamment par les gens chez nous, à Sherbrooke, de voir que le
gouvernement, par ces mesures, allait soutenir les librairies à travers
tout le Québec, les librairies dans toutes les régions du Québec, et qu'il y avait de l'argent neuf, hein, beaucoup
d'argent neuf dans ce plan d'action là, et ça aussi, c'est un signal fort dans
le contexte financier dans lequel on se retrouve présentement.
Évidemment, les
partenaires de la chaîne du livre étaient là, vendredi, on a eu la chance de
les rencontrer au préalable de notre annonce;
on a eu la chance de discuter aussi avec eux après. Je peux vous dire que le
plan a été extrêmement bien reçu par
le milieu. D'ailleurs, il y en a plusieurs qui n'ont pas hésité à s'exprimer
sur la place publique pour le faire savoir, et je vais vous donner
quelques exemples, Mme la Présidente.
Évidemment,
il y a l'Association des libraires du Québec qui, par voie de communiqué, je
vous en lis un extrait, a dit : «"Les mesures annoncées sont
structurantes et aideront les librairies à plusieurs niveaux. Le plan vise à la
fois la promotion et l'animation des
librairies, le soutien aux bibliothèques publiques pour les achats de livres
qui sont effectués dans les
librairies agréées, l'appropriation des nouvelles technologies, l'accompagnement
dans les modèles d'affaires, la mise
à niveau des logiciels utilisés, ainsi que le maintien et le respect de la
loi 51", a déclaré, satisfaite, Mme Fafard.»
y a également l'Union des écrivaines et écrivains québécois qui s'est réjouie
«du Plan d'action sur le livre qui, par
son envergure — et ça,
c'est une citation du communiqué, Mme la Présidente — promet d'avoir un effet positif sur l'ensemble de la chaîne du livre. "Le mérite
de ce plan, affirme la présidente de l'UNEQ Danièle Simpson, est de travailler
sur plusieurs aspects à la fois et de
reconnaître le rôle joué par tous les acteurs du milieu du livre sans oublier
les auteurs."»
y a l'Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française,
l'ADELF, qui, elle, pour sa part, a accueilli...
a dit, par voie de communiqué, qu'elle accueillait «très favorablement les
diverses mesures annoncées. L'ampleur
de ce plan témoigne de belles
ambitions pour l'avenir du livre au Québec. Il s'agit d'un engagement
gouvernemental fort qui survient à un moment charnière pour tout le
secteur.»
Finalement,
il y en avait plusieurs autres, mais j'en ai choisi une seule autre, Mme la
Présidente, c'est l'Association nationale
des éditeurs de livres, qui disait que c'était particulièrement une bonne
nouvelle parce «qu'il s'agit d'argent neuf», «qu'on parle beaucoup de la promotion du livre», ce sur quoi l'ANEL
insistait beaucoup. Et M. Prieur, le directeur général, a ajouté ce qui se suit : «Ce qui nous rassure
également, [...]c'est que ces mesures ont été conçues en concertation avec des
intervenants du milieu, mais aussi avec un
acteur important : Denis Vaugeois, qui s'est engagé à être conseiller
lorsque s'engagera la grande
réflexion sur la loi 51 sur le livre dont il est le père. On sent un désir
de faire les choses comme il faut de la part de la ministre.»
Alors,
Mme la Présidente, on peut dire que c'est un plan d'action qui a été fort bien
accueilli par les gens pour qui on
faisait cette mesure-là, mais je peux vous dire que j'ai rencontré plusieurs
Québécois, plusieurs amateurs de livres, en fin de semaine, qui ont accueilli ça comme étant une excellente
nouvelle pour l'avenir de la lecture, des librairies au Québec. Alors, j'aimerais maintenant laisser la
chance à la ministre de nous parler davantage de ce plan d'action, de ces
mesures et de ces retombées.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, M. le député de Sherbrooke. Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Alors, oui,
c'est vraiment une chance que j'ai de pouvoir parler de cette grande journée : grande, grande, en tout cas, pour
une ministre, pour une équipe, pour un milieu; pour un adjoint parlementaire
aussi compétent qui a
fait un travail exceptionnel; pour l'ensemble des sociétés d'État qui touchent
de près ou de loin au milieu du livre
et de la lecture, et il y en a plusieurs, ça a été une grande, grande journée,
et, dans ce cas-ci, on ne peut vraiment pas parler d'inquiétude du
milieu, mais on peut plutôt parler de satisfaction.
Je pense que mon collègue de Sherbrooke a donné
des exemples qui, selon moi, dans les jours sombres et difficiles d'une vie politique... comme sont toutes les vies politiques,
c'est un métier très exigeant... dans les jours plus difficiles, j'irai relire les communiqués émis par
l'Association des éditeurs, par l'UNEQ, par l'ANEL, l'Association des éditeurs de livres, et j'irai relire l'article du Devoir
qui dit : 12,7 millions pour le milieu du livre. Le plan d'action
dévoilé par Québec suscite un rare consensus favorable .
Alors, je ne
sais pas si je vais me faire poser des questions par l'opposition, mais,
vraiment, dans ce cas-ci, ils étaient
tous là, tous et toutes. Ils nous ont remerciés, ils ont dit que ces 12
mesures — 12 et
non pas une mesure — que
c'était tout à fait au-delà de leurs espérances.
Et ils étaient vraiment tout sourire, comme le montrent les communiqués
qu'ils ont émis. Et je vous jure qu'on n'a pas pris la plume à leur place, ils
ne nous auraient jamais laissé faire.
Donc, le milieu est satisfait, on a travaillé
très, très fort, le député de Sherbrooke a fait des consultations formidables avec tous ceux qui voulaient venir
nous rencontrer, y compris les partis d'opposition, et la CAQ est venue nous aider, comme d'ailleurs elle nous a aidés, et
on l'en remercie encore : parce que la députée d'Iberville a une grande
compétence dans le domaine
fédéral-provincial entre autres et nous a donc donné des commentaires. Et
malheureusement le parti de la
première opposition... l'opposition officielle n'a pas répondu à notre
invitation, mais pas plus que pour les audiences Parlons télé; donc, on
a profité des suggestions du deuxième parti d'opposition.
Et on a eu
aussi l'aide de M. Denis Vaugeois, qui, vraiment, est le père de la loi du
livre — la loi 51, 1981. Donc, c'est le père de la loi du livre, et il n'est pas
dans la nostalgie, il n'est pas dans le passé, il est vraiment dans une vision
d'avenir. Il est lui-même très, très près
des Éditions du Septentrion, il connaît le milieu, et le milieu a très, très
bien accueilli cette nomination de M.
Vaugeois pour nous accompagner dans la réouverture éventuelle de la loi du
livre, mais pour la faire en
protégeant le meilleur des acquis de cette loi-là, parce qu'il y a beaucoup
d'acquis importants qui ont structuré le
milieu du livre pendant plus de 40 ans, et il y a aussi de la modernisation que
tous appellent de leurs voeux, mais une modernisation faite de façon
intelligente pour intégrer la question du livre numérique.
Alors, il y a
deux grands axes qui ont... un, c'est : favoriser l'accès au livre et
mettre en valeur l'édition québécoise; et
l'autre, c'est : optimiser la performance des librairies agréées du
Québec. Alors, favoriser l'accès au livre et mettre en valeur l'édition québécoise, c'est très important,
on le lisait beaucoup dans les articles en fin de semaine, encore faut-il
qu'on sache qu'il y a des librairies avec
une bibliodiversité aussi exceptionnelle, et c'est important de pouvoir faire
de la promotion de ce qu'on fait
bien, de ce qu'on fait très bien, de la compétence, de l'excellence des
libraires, de l'excellence d'ailleurs
des prescriptions qu'ils peuvent donner. Et je veux saluer l'initiative, à la
20e Journée mondiale du livre, où l'Association
des libraires est vraiment allée dans la rue et ils ont eu une initiative formidable
de prescrire des lectures.
Et, on le
sait, et je le dis souvent, la culture, c'est du bonheur. La culture, ça fait
du bien à l'âme, et évidemment, avec
mon passé de psychologue et de professeure de psychologie, je peux dire
vraiment que, si ça fait du bien à l'âme, ça fait aussi du bien au corps et ça peut faire du bien à la santé.
Donc, de prescrire une évasion dans un roman, et Dieu sait qu'on a des romans, y compris chez les jeunes
enfants... Si vous regardez des enfants de trois, quatre, cinq ans regarder
des livres, et, comme parents,
grands-parents, vous lisez des livres à des enfants qui ne savent même pas
encore lire, et après ça, au niveau scolaire et plus vieux, la question
de la lecture et du livre est une question fondamentale dans notre société.
Donc, la promotion, l'accompagnement en
librairie, la permission à... pas la permission, mais le fait que nous favorisions la présence d'écrivains québécois dans
les librairies agréées partout au Québec, la question de la promotion et de l'animation du livre et de la lecture, grâce aux ententes de développement culture. On a 104 ententes de développement
culturel partout sur le territoire,
on a des bibliothèques publiques autonomes sur 96 % du territoire. Donc, à travers cette animation... Il y avait d'ailleurs, dans la revue
de presse ce matin, un cri du coeur d'une bibliothécaire qui disait : S'il
vous plaît, en région, permettez-nous
d'avoir beaucoup plus d'animation, d'inviter des écrivains, de pouvoir avoir
l'heure du livre, l'heure du conte,
etc. Mais c'est exactement ça que fait le Plan culturel numérique. Les
écrivains sont enchantés. On met des
millions à toutes ces mesures-là, 12,7 millions, dont 10,5 millions
ou à peu près de l'argent, qu'on dit «en argent nouveau».
Et il y aura
de la technologie : oui, il y aura la question de pouvoir rehausser la
technologie des librairies agréées, de
faire des projets de collaboration ensemble, et de la collaboration non pas
forcée, de la collaboration qu'ils souhaitent eux-mêmes pour de la promotion, pour de la technologie, pour des
ressources matérielles, pour des logiciels de gestion intégrée, pour les questions de titres
bibliographiques comme l'accès aux logiciels Memento et Gaspard. Ce sont des
choses assez techniques, mais qui, pour les libraires, étaient des
outils absolument essentiels à la modernisation, parce que la concurrence est
importante et il fallait y faire face, et nous avons vraiment répondu présent,
Mme la Présidente.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Je suis
prête à reconnaître... le député de Sherbrooke? Oui, allez-y.
M. Fortin
(Sherbrooke) : Oui, j'aimerais peut-être donner la chance à la
ministre de nous parler un petit peu du mandat qu'elle a confié à M.
Vaugeois et quels aspects, lui, il allait devoir regarder, analyser, pour que
peut-être on puisse aboutir éventuellement à une modernisation de la
loi 51, et surtout pourquoi c'est nécessaire d'envisager cette
réflexion-là.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la ministre, il vous reste cinq minutes.
David (Outremont) : Oui. J'ai eu l'occasion, donc, d'expliquer un
petit peu. Vous savez, ce n'est parce qu'on
a déposé un plan... D'ailleurs, le ministère a dit, après : O.K.,
maintenant, on est déjà au travail. Et déjà on est au travail, on reçoit
des courriels : Pouvez-vous nous aider pour telle et telle chose?
Vous savez, j'ai fait référence à Le 12 août,
j'achète un livre québécois , le succès inespéré de cette initiative citoyenne sur Facebook, le 12 août dernier,
qui va se répéter cette année. C'est le genre d'initiative que nous allons
pouvoir aider. Donc, ils ont eu une
augmentation de 105 % de leurs ventes de livres cette journée-là. C'est
extraordinaire quand on va chercher
la fierté, quand on sensibilise les Québécois, comme ils répondent présent à ce
genre d'initiative. Je me suis promenée beaucoup dans les librairies, je
me suis aperçu que, oui, il y a un appétit et une fierté pour les produits québécois; encore, faut-il le rappeler, expliquer
aux gens puis donner les moyens et la technologie conséquente pour la
question évidemment de la concurrence.
Alors, M. Vaugeois, qui est, comme je dis,
encore beaucoup dans le milieu du livre, qui a passé sa vie... non seulement ça a été un ministre de la Culture qui a
rédigé cette
loi sur le livre, qui en a même écrit un livre... Et je vous
encourage à le lire... C'était sous le Parti
québécois, inutile de le dire, et donc M. Vaugeois a été... donc, a écrit un
livre qui s'appelle L'amour du
livre, sur la rédaction de sa loi et tout le processus et la réflexion, et
donc c'est quelqu'un que nous avons consulté, qui a été d'une immense
générosité envers nous, qui a apporté des recommandations vraiment sensibles, intelligentes et visionnaires. Et,
quand on lui a demandé de poursuivre son accompagnement avec nous, parce
que réouvrir une loi éventuellement puis
réfléchir à la question du numérique... les partenaires que sont les
associations des libraires, l'union
des écrivains et écrivaines, il y a beaucoup de différents milieux qui
gravitent dans ce qu'on appelle la
chaîne du livre, et la chaîne du livre, ça commence avec un auteur qui veut que
ses droits soient respectés, qui a besoin d'un éditeur, etc., et ça finit par le lecteur, et, entre les deux, il y
a toute cette chaîne que la loi 51 visait justement à organiser, à protéger, à développer. Et entrer dans cette
chaîne par le livre numérique qui était... non, évidemment, n'existait pas
en 1981, nous devons le faire, et tous les
milieux, tous les acteurs du milieu le souhaitaient et sont extrêmement heureux
et surpris de notre proposition que M.
Vaugeois nous accompagne en disant : Quel bon choix! On va se sentir en
confiance, bien accompagnés, avec
quelqu'un qui non seulement a porté cette question du livre depuis 40 ans, mais
continue à la porter et à réfléchir
d'une façon extrêmement visionnaire, je l'ai dit plusieurs fois, mais... et qui comprend, tout à fait en même temps, les
enjeux politiques, juridiques, le milieu des éditeurs, le milieu des libraires,
des écrivains.
Alors, c'est
avec beaucoup de confiance que nous allons donc aborder cette
deuxième phase importante qui... au-delà
de l'argent qui est là, qui va être
mise en place rapidement par le ministère, avec des suivis, dont ils ont souvent fait
la preuve que les suivis étaient efficaces.
Et les gens que je rencontre depuis un an sont très satisfaits de la façon dont
ils sont traités par le ministère
et les fonctionnaires, je le répète. Alors, ils vont être tout aussi compétents
pour la suite des choses. Et M. Vaugeois, bien, écoutez, c'est la cerise
sur le sundae de notre plan du livre.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Il vous reste 1 min 35 s, M. le député de Sherbrooke.
M. Fortin (Sherbrooke) : Ça va
aller, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
On va passer ça au prochain?
M. Fortin (Sherbrooke) : On va
reporter au prochain bloc.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Parfait. Alors, on va passer la parole au deuxième groupe de l'opposition. Mme
la députée d'Iberville, la parole est à vous.
Mme Samson : Merci, Mme la
Présidente. Ma première question est assez rapide et ça porte sur la Régie du
cinéma. D'après les chiffres, la Régie du cinéma a un surplus accumulé de 104 millions
de dollars. Dans l'exercice d'intégration de
la Régie du cinéma au sein du ministère, qu'advient-il du 104 millions de surplus accumulé par la Régie du cinéma?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
David (Outremont) : Écoutez,
la question du 100 millions — merci de me poser la question — effectivement, à chaque année, la régie a toujours renvoyé le
surplus, parce qu'il y a eu effectivement des années beaucoup plus fastes,
il faut le dire, vous le savez, et cet argent-là
a toujours été à ce qu'on appelle le fonds consolidé; ça n'a pas été dans les
poches du ministère de la Culture. On
aurait peut-être voulu, ça aurait peut-être été très intéressant pour le budget
du ministère de la Culture, mais,
non, les surplus sont toujours allés au fonds consolidé, donc, ce qu'on appelle
le fonds qui reprend les surplus un peu partout.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la députée d'Iberville.
Samson : C'est juste qu'ils apparaissent au livre des budgets, des
crédits, les 104 millions, et je me posais la question : Avec 104 millions de surplus accumulés,
peut-être que la Cinémathèque aimerait mieux se marier avec la Régie du
cinéma qu'avec la BANQ? Mais enfin.
Des voix : Ha, ha, ha!
Mme Samson :
C'est peut-être un meilleur prospect. Mais...
Une voix : La dote serait
plus intéressante.
Mme Samson : La dote est plus
intéressante.
Alors, comme nous sommes ici pour examiner en
détail les dépenses du gouvernement, j'aimerais vous poser une question sur une dépense qui a attiré mon
attention. Il y a près de 1 million de dollars... plus exactement
813 000 $ qui ont été
dépensés pour 43 experts en arts visuels ou en métiers d'art qui agissent en
tant que spécialistes sur un comité de
sélection, et je cite — c'est dans les données qu'on nous a fournies : «Agir et
siéger à
titre de spécialistes en arts visuels ou en métiers d'art lors du comité de sélection des artistes dans le
cadre de l'application de la Politique d'intégration des arts à
l'architecture et à l'environnement des bâtiments et sites gouvernementaux et
publics.»
Alors, si je
suis bien, c'est une dépense de pratiquement 1 million de dollars pour 43
personnes qui choisissent les artistes
qui vont embellir nos édifices gouvernementaux et publics. Je me pose la
question suivante : Est-ce qu'on a besoin de tant de monde pour sélectionner des artistes? Et on a dépensé au-delà
de 800 000 $ pour générer combien de volumes d'oeuvres chez
lesdits artistes qui ont été acceptés au comité de sélection?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la députée. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Oui. Alors, rappelons quand même un peu, au cas où les
gens s'inquiéteraient de ces chiffres-là...
Mais je vous remercie de votre question parce que je pose à peu près les mêmes
questions, et on a le même souci, je
pense, partagé de bien comprendre les choses. Écoutez, la question du 1 %
qui est consacré pour les institutions publiques,
là, d'une oeuvre d'art, c'est un outil exceptionnel dont le Québec s'est doté
sur cette Politique d'intégration des
arts à l'architecture pour doter l'ensemble du Québec d'oeuvres d'art qui non
seulement embellissent notre environnement — et c'est important de le dire parce que la
beauté des choses, ça aide au tourisme aussi et puis ça aide à la
culture en général — évidemment
ont permis à plusieurs artistes québécois, donc, de faire valoir leurs talents.
Et cette
politique du 1 %, bien, 1 %, c'est 1 % forcément du montant qui
est alloué. Et, dans ce que vous avez vu comme noms de certaines personnes qui
ont eu des contrats, il y avait des montants initiaux de prévus, mais il y a eu
des montants réels en honoraires par exemple, et je ne sais pas si j'ai le
droit de nommer les noms ici, mais, disons, Mme L.B., qui était... montant
initial, 15 000 $, finalement n'a reçu que 2 895 $. Donc, il
y a des honoraires, des fois il y a des déplacements, mais c'est un maximum que la
personne peut recevoir, dépendant du nombre, effectivement, de rencontres
qu'il y a et de...
Ce sont des comités. Puis ça, c'est quand même très,
très important, parce que, sur le 800 dont vous parlez, le 896 000 $, il y en a
finalement, en montant réel d'honoraires,
361 000 $ qui ont été réellement dépensés en 2014‑2015.
Donc, il y a quand même
une très, très grosse différence, mais ce sont des contrats qui,
très souvent... puis on a souvent l'occasion d'expliquer ça, qui peuvent aller jusqu'à
un certain montant et qui, dans les faits, sont beaucoup moins. Alors là,
on est à moins de la moitié, on est à 361 000 $.
Et effectivement ce sont des experts spécialistes en arts visuels. Et c'est normal, je
ne voudrais pas qu'on arrive à :
qu'est-ce que la ministre décide, ça va être par patronage, un tel, un tel
ou un tel. Ça prend des comités sérieux, c'est des oeuvres qui sont là pour rester. Et je tiens à vous rassurer, donc,
sur le 896 000 $ : il
y a 361 000 $ qui a été
dépensé en 2014‑2015.
Mme David
(Outremont) : Oui. C'est ça,
c'est parce qu'il y a beaucoup,
beaucoup, beaucoup
d'oeuvres, là. Le 1 % s'applique
à beaucoup, beaucoup d'oeuvres, parce qu'il y a des
constructions qui se font et... On entend parler du CHUM, on entend parler du CUSM, il y a
des oeuvres d'art un peu partout, il
y a même des gens qui sont moins...
enfin, qui ne sont pas obligés, comme
la Commission de la construction... dont Diane Lemieux est la présidente,
où j'étais allée à une inauguration,
qui avait décidé, parce qu'elle y croit, à cette politique-là, ancienne ministre de la Culture, de faire une oeuvre d'art et effectivement
qui a consacré un certain montant de ça.
Mme Samson : Mme la Présidente...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui. Allez-y, Mme la députée.
Mme Samson : ...combien? Le 1 %
représente combien d'argent?
Mme David
(Outremont) : Bien, c'est
tellement variable... Parce que ça dépend du nombre de constructions qu'on
fait. Vous comprenez qu'on ne construira
pas... Il y a eu 45 oeuvres, en 2014‑2015 par exemple, mais des CHUM, on n'en fera
pas à tous les ans, des CUSM non plus, donc ça dépend du nombre d'institutions
publiques, du nombre d'argent qui est consacré au... ce qu'on appelle le
plan quinquennal d'investissement. Il y a eu 45 oeuvres, en 2014‑2015...
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la députée...
Mme David (Outremont) : Et 45
oeuvres, ça fait vivre 45 artistes qui...
David (Outremont) : ...non seulement sont fiers de ça, mais tous les citoyens peuvent profiter de cet
art-là.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Allez-y, Mme la députée.
Mme Samson :
Merci. Mme la Présidente, si j'ai bien compris, le budget total du ministère a
augmenté de 18,1 millions cette année, dont 8,5 millions pour l'Orchestre
symphonique de Montréal, qui vient
combler un manque à gagner laissé par Loto-Québec, si j'ai bien compris,
et un 13,5 millions qui s'en va au plan numérique.
J'ai
vu, dans un des documents, la liste des organismes qui ont reçu, en 2014‑2015,
des sous du plan numérique. Est-ce
que la ministre pourrait nous
transmettre la façon dont le 13,5 millions supplémentaire de cette année en numérique
va s'étaler ou se décliner sur l'ensemble des organismes?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Alors, ma collègue d'Iberville a bien lu et a bien fait
ses devoirs. Effectivement, l'Orchestre symphonique de Montréal, sous un précédent gouvernement, avait une sorte
d'entente avec Loto-Québec,
qui transférait 8,5. Et, bon, c'était de l'argent
vraiment pour, entre
autres, avec l'avènement de la Maison
symphonique... Et, cette année, la
sagesse du ministre des Finances, la sagesse, vraiment, a fait en sorte que
le 8,5 va être incorporé dans le budget du ministère de la Culture et
transféré. Donc, l'OSM est extrêmement soulagé de ne pas avoir toujours à aller
demander. Et, bon, c'était une organisation, je pense, qui a
une fin de vie utile et c'est très, très bien que ça passe par le
ministère de la Culture.
Pour
ce qui est du Plan culturel numérique, effectivement, on a annoncé, en crédits
réguliers et en service de dette... en
tout cas, au 31 mars 2015, à peu près 19 millions d'engagés pour le Plan
culturel numérique. On avait, si vous vous souvenez, au mois de septembre, un beau napperon où on déclinait, on
ventilait plus ou moins 36 millions en deux ans, et donc avec toutes sortes d'exemples, écoutez,
assez intéressants. On parlait tout à l'heure des musées qui ont trouvé des...
qui ont, l'an dernier, eu des inquiétudes
sur la question budgétaire et les musées ont reçu... dès le mois de juillet, on
leur annonçait donc 1 million de
dollars chacun en crédits réguliers et en service de dette. Parce qu'un PQI, on
le sait, c'est un service de dette
qui est du numérique, qui est totalement nouveau, on essaie de s'ajuster parce
que du PQI, d'habitude, c'est du
béton, c'est de construire des écoles, des hôpitaux, des musées, des
bibliothèques, et donc il y avait un mélange de crédits réguliers et de
PQI. Et donc...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : En terminant, Mme la ministre.
David (Outremont) : Et donc j'anticipe probablement une prochaine
question de ma collègue de Joliette, mais
les musées ont été très, très satisfaits de voir un retour sur les coupures
annoncées de chacun, au moins 1 million de dollars. Et l'exemple de RIDEAU, que vous connaissez probablement, le
Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques, ont eu
5 828 000 $ pour équiper les salles...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : ...partout en région, de haute technologie, et je
pourrais en parler beaucoup plus longuement...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Oui.
Mme David
(Outremont) : ...parce que c'est un très bel investissement.
Présidente (Mme Rotiroti) : Je suis sûre que vous allez avoir
d'autres questions là-dessus. Mme la députée d'Iberville.
Samson : Merci. Mme la Présidente, j'aimerais qu'on parle un peu du
théâtre du Diamant. C'est un dossier qui
m'intéresse particulièrement. J'ai beau chercher, dans les crédits budgétaires,
d'où provient ce 30 millions. De quel poste budgétaire provient-il,
ce 30 millions de subvention?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Bien, il vient du PQI du ministère de la Culture. Il
était déjà là.
Mme Samson :
Il était là l'an passé?
Mme David
(Outremont) : Oui.
Samson : Merci. Maintenant, ce dossier me préoccupe, parce que les
places... On sait que la tendance pour l'occupation des salles à Québec
est à la baisse. Le taux d'occupation des spectacles professionnels est passé
de 69 % à
64 %. La chute de la vente des billets est encore plus marquée pendant
l'été, de 63 % à 57 %. C'est d'autant plus que cette analyse-là ne tient pas compte de l'arrivée
prochaine de l'amphithéâtre, qui ouvrira ses portes à l'automne prochain.
Alors, j'aimerais savoir si effectivement le
ministère dispose d'une étude d'impact concernant l'arrivée d'une nouvelle
salle de théâtre de 650 places à Québec.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Écoutez, ce projet-là a eu plusieurs phases, dont
la phase du Parti québécois, qui l'avait annoncé en grande pompe après l'annonce du précédent gouvernement. Donc,
comme a dit M. Lepage, on en est à notre troisième annonce. Une précision extrêmement importante — et celle-là, là, je tiens à la faire
justement pour un souci de
transparence : c'est que, dans l'achat par Ex Machina d'une
partie des
immeubles, dont le YMCA, il y avait aussi une
partie du Théâtre
Capitole, Le Cabaret du Capitole, qui, lui, comporte 500 sièges. À partir du
moment où on annonce Le Diamant, il n'y aura
plus ces 500 sièges là. Donc, le 625 sièges du Diamant, moins le 500 sièges du
Capitole, ça va faire seulement un ajout net de 125 places. Ça, c'est
une réponse importante.
ailleurs, par ailleurs, on a présenté un... et là je pourrais en parler
longtemps, vous allez sûrement m'arrêter, je ne veux pas en parler longtemps : on a bonifié beaucoup le
projet, et un des partenaires les plus importants, c'est en arts du cirque. Donc, pendant qu'on s'inquiète de
la disparition du Cirque du Soleil, moi, je vous annonce qu'il va y avoir
du cirque à Québec. Alors, c'est une belle nouvelle.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Iberville.
Samson : ...sur le projet et ça concerne le rôle du privé dans le
montage financier du théâtre Diamant. Où en est ce dossier? Combien d'investisseurs ont garanti leur
participation... du montage financier à l'heure actuelle pour ce qui est du
privé? Qui sont ces gens et à combien sont-ils rendus?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Écoutez, déjà, quand on est arrivés au dossier,
depuis le début, Fondaction a été très présent
à hauteur de 4,5 millions à peu près. Et, écoutez, quand on a repris le
dossier et qu'on a regardé tous les partenaires, on a parlé directement avec,
comme je l'ai expliqué, les deux coprésidents de la campagne, qui étaient, et
qui sont, et qui seront encore...
parce qu'ils ont dit : Oui, on est encore présents, avec beaucoup d'enthousiasme. Monique Leroux, présidente, donc, du Mouvement Desjardins, qui est quelqu'un
d'exceptionnellement attachée aux questions de culture et
d'exceptionnellement compétente aussi dans son domaine, et de Jacques Ménard,
qui, lui aussi, a fait la preuve qu'il était un des leaders dans son engagement
pour toutes sortes de causes au Québec et qui est quand même président de BMO Groupe financier... Donc, on a deux
coprésidents. C'est la première fois que ce sont deux présidents de banque.
Je pense que le choix et le fait que ces
deux personnes-là non seulement acceptent de travailler pour ce projet-là, mais
acceptent de travailler ensemble...
Samson : ...ne questionne pas la qualité des gens qui oeuvrent à la
levée de fonds, mais ma question était tout autre : Où en sont-ils?
Il y a 10 millions d'argent privé qui doit...
Mme David
(Outremont) : Voilà!
Mme Samson :
...qui doit être inclus dans ce projet-là? Où en est-on, dans le
10 millions?
David (Outremont) : Bien, la réponse va être claire : Il fallait
que j'annonce le fait qu'on irait de l'avant avec le projet pour qu'ils puissent se mettre au travail et relancer
leurs nombreux contacts et leurs... ils sont très optimistes de pouvoir
aller chercher cet argent-là, et ils vont aller le chercher. De toute façon, la
première pelletée de terre ne se fera pas demain matin. Donc, ils sont déjà au
travail, eux, pour aller chercher le financement, et ils s'occupent, avec Ex Machina d'ailleurs, de travailler, tous les partenaires.
Ex Machina travaille aussi avec le gouvernement fédéral. Donc, il y a de l'argent à aller chercher au
gouvernement fédéral, et les deux partenaires, les deux coprésidents sont très,
très confiants de pouvoir aller chercher l'argent. Mais je le répète, et
ils l'ont dit textuellement : On ne peut pas partir une campagne de financement si on n'a pas l'assurance
que le projet va se faire. Alors, on vient d'annoncer, donc ils viennent
de se mettre au travail.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée d'Iberville.
Samson : Est-ce que la ministre peut nous confirmer que la subvention
de plusieurs millions de dollars qui va être accordée au Théâtre des Gros
Becs pour qu'il fasse l'acquisition de la Caserne, qui est la propriété de M.
Lepage, ne sera pas calculée dans la participation du privé de
10 millions de dollars?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Oui. Alors, écoutez, j'avais juste oublié que... Puis M.
Labeaume ne serait pas content que la ville de Québec investit aussi
7 millions dans le projet du théâtre Diamant.
Parlons des Gros Becs parce
qu'effectivement... Et nous avons même discuté avec la députée de Taschereau et
leader de l'opposition officielle, qui nous
a aussi accompagnés dans ce dossier-là, et je la remercie. Donc, la question
des Gros Becs, c'est une question
intéressante parce que, depuis le début, le projet qui est présenté, c'est Le
Diamant qui, donc, déménage à côté du
Capitole, à la place D'Youville, et Les Gros Becs, qui ont un accord de
principe depuis à peu près deux ans,
là, un accord de principe sur le fait de pouvoir, donc, aller à la Caserne
Dalhousie — c'est
Dalhousie, le nom?
Mme David
(Outremont) : Oui, c'est ça — à la Caserne Dalhousie, parce
qu'ils sont vraiment en besoin de rénovations,
et donc l'entente de principe sera... est tout à fait... a cours en ce moment.
Et Les Gros Becs travaille avec le
ministère pour qu'il réponde à tout le processus qui mènera, on l'espère et si
tout va bien, à une annonce de ce projet des Gros Becs, qui, je le
répète, est un projet séparé du projet du Diamant en termes financiers.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci. Mme la députée d'Iberville.
Samson : Mais je répète ma question : Est-ce que la ministre peut
nous confirmer que la subvention que son
ministère va accorder au Théâtre des Gros Becs ne sera pas incluse dans le
montage financier privé du théâtre Diamant?
Mme David
(Outremont) : Tout à fait. Tout à fait.
Samson : Il n'y aura aucun lien et personne ne pourra prétendre, ni M.
Lepage ni quiconque, que c'est de l'argent
du privé quand on parlera de l'argent de la subvention obtenue par le Théâtre
des Gros Becs pour acheter la Caserne?
Mme David
(Outremont) : Non, non. Vous avez raison.
Mme Samson :
Merci beaucoup.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la députée.
Mme Samson :
J'ai une dernière question sur le théâtre Diamant. 30 millions, c'est
quand même beaucoup d'argent, et qu'est-ce
qui garantit... comment la ministre peut-elle être certaine que ce théâtre-là
va faire ses frais dans trois
ans — parce
qu'il va ouvrir dans trois ans, à peu près, le théâtre — et que, s'il ne faisait pas ses frais et qu'il
était vendu, qu'advient-il du
30 millions de subvention? Est-ce que c'est une perte sèche? Parce que ce
n'est pas de l'équité qu'on a dans ce projet-là, là, c'est une subvention.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
David (Outremont) : Vous allez me permettre de faire un petit peu plus
large que votre question, parce que
ce qu'on ne veut pas perdre aussi, c'est un siège social. Et je sais que la CAQ
était très inquiète pour le Cirque du Soleil
de perdre le siège social. En voilà un
justement qui s'appelle le siège social
d'Ex Machina, où son principal
porteur, qui est un créateur reconnu
mondialement, aurait pu très facilement répondre à des offres de bien des
endroits dans le monde, et je suis un
petit peu triste de constater qu'on peut s'inquiéter pour le Cirque du Soleil
et qu'on ne s'inquiète pas pour un
pilier aussi important de la culture québécoise que peut être Ex Machina
et son créateur Robert Lepage. Alors, écoutez, je pense que non seulement
Ex Machina a fait ses preuves partout à travers le monde... J'étais à
Boston, c'était une pièce de
Robert Lepage qui jouait, une pièce qui quand même joue depuis très, très,
très longtemps. Ils ont des contrats jusqu'en 2018 seulement en Nouvelle-Angleterre; c'est très, très impressionnant.
Et, en plus, il va y avoir des partenaires, et là j'ose espérer qu'on va apprécier le plan bonifié, parce
qu'on a aussi... on s'est rapprochés du Conservatoire d'art dramatique de Québec. Et d'où vient Robert Lepage? C'est
le principal... le plus connu des diplômés du Conservatoire d'art dramatique
de Québec, et ils vont avoir des
opportunités exceptionnelles de collaboration. La même chose pour l'art
circassien dont je parlais tout à
l'heure. Québec n'a pas de salle pour recevoir qui est l'équivalent de la Tohu
à Montréal. Les gens de la Tohu
étaient présents, l'École de cirque de Québec étaient présents au lancement,
ils étaient ravis. Donc, Robert Lepage le dit lui-même : Ce n'est pas une question d'uniquement
Robert Lepage, c'est une question d'offrir des choses qui n'étaient
pas offertes à Québec avant. Et parlez-en aux gens de l'art du cirque,
parlez-en aux gens du conservatoire...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci.
David (Outremont) : ...parlez-en au Carrefour international de
théâtre, je pense qu'on est bien au-delà...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : ...mais, en même temps, Mme la Présidente, je...
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Désolée...
David (Outremont) : ...je pense que j'aurais été bien triste et je
pense que bien des collègues avec moi, de perdre un créateur de génie
qu'est Robert Lepage.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Il vous reste 40 secondes, Mme la députée d'Iberville.
Mme Samson : Si le théâtre est vendu
dans trois ans, qu'advient-il du 30 millions de subvention versé par le
gouvernement du Québec?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
En 20 secondes, Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme David
(Outremont) : Écoutez, c'est sûr que des institutions culturelles, on
en finance depuis très, très, très longtemps.
On finance des institutions culturelles depuis 1961. On a mis des milliards et
des milliards d'argent là-dedans. Alors,
c'est une relation d'affaires qu'on a avec ces gens-là. C'est sûr qu'on
investit dans... quand j'ai dit : Dans quelque chose d'extrêmement
porteur...
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, Mme la ministre, désolée, il
ne reste plus de temps dans le bloc. Mais on va passer du côté du
gouvernement, et je cède la parole au député de Sainte-Rose.
Habel : Merci, Mme la Présidente. Permettez-moi de vous saluer, de
saluer la ministre et les gens qui l'accompagnent, de saluer les gens de la banquette ministérielle
ainsi que son adjoint parlementaire, le député de Sherbrooke, ainsi que la
première opposition et la deuxième opposition.
Premièrement, je tiens à répéter que le plan d'action
du livre a eu aussi des échos dans ma région à Laval. Je pense que c'est une annonce qui est très
importante, qui était très attendue de gens des bibliothèques et aussi des
librairies au Québec. Je pense que
c'est important de rementionner les montants, qui sont exceptionnels :
12,7 millions à l'investissement
sur deux ans, dont 10,7 millions de nouveaux investissements, et aussi
3 750 000 $ destinés à l'achat de livres papier et numériques dans les bibliothèques publiques, qui se
ventilent par 1 750 000 $ au numérique et 2 millions
papier. Et notons aussi que le prêt
numérique connaît une croissance importante au Québec, donc je pense que la
vision de notre gouvernement sur le plan numérique est assez
exceptionnelle. Et je m'en voudrais de ne pas saluer les bibliothèques dans mon
comté, Sylvain-Garneau et Gabrielle-Roy, qui vont bénéficier entre autres de
ces ententes.
bibliothèques publiques au Québec, qui regroupent 1 057 points de service
dans 905 municipalités... et leur but,
c'est la démocratisation et l'initiation à la lecture, et aussi donner un accès
à l'information et à la documentation au Québec. Mais je tiens à vous mentionner, Mme la Présidente, qu'outre les
bibliothèques publiques et les librairies agréées qui font rayonner la culture au Québec, la BANQ
aussi le fait. La BANQ, c'est une institution qui a été créée au 31 janvier 2006, qui est issue de la BNQ
et de l'ANQ, et cette réalisation a été vouée pour l'acquisition et la
conservation et aussi la diffusion du
patrimoine documentaire au Québec, dont deux programmes d'aide aux archives,
qui sont le Soutien aux archives privées ainsi que le Soutien de
traitement et de mise en valeur des archives au Québec.
Quelques
faits saillants pour la BANQ, Mme la Présidente. En 2013‑2014, c'est plus de 2,3 millions de visites à la Grande Bibliothèque, de 6,5 millions
de visites virtuelles au portail de la BANQ ainsi que 5 millions d'emprunts de
documents, dont 2,1 millions de livres
imprimés en collection et aussi 158 000
livres numériques — et, avec
les annonces que nous allons faire,
c'est sûr et certain que le livre numérique va prendre de plus en plus
d'importance — et il y
a eu une augmentation de 67 % des emprunts de livres numériques
dans la BANQ, et le prêt de documents numériques a franchi pour la première fois le cap des 50 000 prêts en décembre
2014. Donc, il y a vraiment un engouement pour le livre numérique, et
c'est pourquoi notre gouvernement s'y attarde aussi grandement, parce que c'est
une accessibilité à la culture, de l'est à
l'ouest, du nord au sud, à travers, entre autres, les BANQ qui sont à Rouyn, à
Gaspé, à Sept-Îles ou à Gatineau ou même dans la Grande Bibliothèque et
les autres BANQ dans le Montréal métropolitain.
La fréquentation de la BANQ se chiffre environ à
25 millions de visiteurs depuis l'ouverture en 2005 et à 8 000 visiteurs par jour, soit près de
46 000 par semaine, et 53 % des abonnés sont des résidents de
Montréal, mais notez qu'il y en a
quand même 47 % qui sont à l'extérieur, dans les régions du Québec, et
133 000 visites par semaine ont été enregistrées sur le portail Internet de la BANQ. Donc, il y a vraiment
un intérêt et un engouement, Mme la Présidente, pour toutes les
utilisations de services de la BANQ et de la Grande Bibliothèque.
Alors, ma
question à la ministre serait de savoir si elle pourrait nous entretenir sur
l'utilisation des services de la Grande Bibliothèque.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député de Sainte-Rose. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Merci beaucoup pour... en fait, d'aborder une autre
question pour une autre de nos grandes
institutions nationales, qui est la BANQ, qui fête aujourd'hui d'ailleurs...
Et, encore une fois, à ma grande tristesse, je ne pourrai pas assister parce que je n'ai pas encore le don de
téléportation. Même si le numérique est bien avancé, on n'est pas capables d'être en même temps à Montréal. De
là, d'ailleurs, l'absence de la présidente-directrice générale aujourd'hui,
mais qui sera là demain sans faute pour la dernière
heure sur la culture, si jamais vous avez une intervention qui la concerne
plus directement.
Écoutez,
donc, 10 ans, c'est un anniversaire absolument exceptionnel. J'ai eu
l'occasion, lors de ma mission à Paris, d'aller à la Bibliothèque nationale de France, et je vous dis qu'on n'a
pas grand-chose à envier à la Bibliothèque nationale de France. On a vraiment réussi quelque chose
d'exceptionnel. Le 16 mai 2014 — le temps passe vite — ils ont accueilli leur 25 millionième visiteur, et c'est trois fois
plus que les prévisions à l'ouverture, de ce qu'on avait justement prévu.
Il y avait encore un
article ce matin dans Le Devoir
qui donnait des chiffres vraiment plus qu'intéressants sur la fréquentation.
C'est 540 000... On parle souvent de livres numériques, c'est
540 000 emprunts de livres numériques en
2014‑2015, une augmentation de 60 % par rapport à l'année précédente.
Donc, on dit qu'il n'y a pas tant de gens qui aiment le livre numérique, mais 540 000 emprunts de livres
numériques... Il y a
une plateforme qui s'appelle Prêtnumérique.ca , qui fonctionne très,
très bien. Les prêts de livres sonores aussi, il y a une vingtaine de mille...
ils sont passés de 13 000 à 21 000 emprunts en 2014‑2015.
Et il faut
dire aussi que les résidents des différentes régions du Québec
utilisent les services et les collections de la Grande Bibliothèque. Ils peuvent emprunter des documents, il y a
des points de service, et ça, c'est formidable, parce qu'on a au Québec un
service en région et une présence culturelle en région qui est absolument
exceptionnelle et qui fait l'envie,
je peux vous le dire... Je fais un peu de
digression, peut-être, mais ma récente visite à Boston m'a confirmé à
quel point les Américains sont très, très
jaloux de l'offre culturelle et de l'organisation culturelle, de notre politique
culturelle et de la présence partout
en région, sans compter, évidemment, les budgets dédiés à la culture si on compare au fonctionnement américain à cet égard-là.
Donc, la bibliothèque a des points de service un peu partout.
Il y a,
à chaque semaine, 43 000
personnes qui fréquentent la Grande Bibliothèque, qui passent le tourniquet. Il
y a 140 700 visites par semaine
qui ont été enregistrées sur le portail Internet, et, quand on parle de besoin
d'un plan culturel numérique, là,
c'est ça que ça veut dire aussi. Il faut absolument que nous soyons extrêmement
compétents et compétitifs par rapport
aux... bien, face aux attentes des gens, face aux nouvelles façons de consommer
de la culture, et, pour moi, ce n'est
pas du pessimisme quand on dit ça, c'est de l'optimisme. Les gens
fonctionnent... c'est-à-dire consomment de la culture sous toutes ses
formes, et, pour moi, un enfant qui lit un livre sur le numérique et qui aime
la lecture sur le numérique sera un enfant aussi cultivé, sinon plus qu'un
enfant qui aime lire un livre...
Bon, il y a
les bandes dessinées, on m'a dit, qui étaient moins intéressantes sur le
numérique, et on peut peut-être comprendre
que c'est un petit peu compliqué, mais, pour moi, ce n'est pas une concurrence
entre numérique et imprimé, c'est une
complémentarité et c'est très, très intéressant, et la Grande Bibliothèque, qui
est le navire amiral de toute la question de lecture et du livre au Québec, doit absolument être à l'avant-garde
de la modernisation de tous les services et de l'accès partout en région
pour les citoyens.
La BANQ
compte 330 142 usagers inscrits au 27 mars 2015. 44 % sont inscrits
aux seuls services à distance, qui permettent
la consultation en ligne. Alors, 44 % à distance, ça veut dire que les
gens qu'on ne voit pas franchir le portail de la Grande Bibliothèque
sont quand même très présents du côté de l'Internet.
Et je reviens
au Plan culturel numérique, c'est évident que l'argent qu'on a investi dans le
Plan culturel numérique, la Grande
Bibliothèque et toute la question des bibliothèques est très présente parce que
cette question-là est une question de...
je ne veux pas dire de survie, mais d'adaptation normale essentielle,
importante et incontournable pour l'avenir, là, de la consommation, je
pourrais dire, culturelle.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Sainte-Rose.
M. Habel : Il y a une grande
présence de la BANQ au Québec. Je note, par exemple, qu'ils sont à Rouyn, à Gatineau, à Rosemont, au Vieux-Montréal, à
Sherbrooke, à Trois-Rivières, à Québec, au Saguenay, à Rimouski, à Sept-Îles,
à Gaspé. Donc, c'est vraiment une présence qui est panquébécoise. Donc,
j'aimerais que la ministre nous explique le rayonnement de la BANQ sur
l'ensemble du Québec.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député. Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Oui. Alors, écoutez, la BANQ est présente non seulement
partout en région, et c'est très
important, est présente, évidemment, à Montréal, c'est le navire amiral, comme
on dit, est présente à l'international aussi parce qu'elle a développé
une telle expertise que les... elle est connue partout dans la Francophonie.
Mais je reviens sur les régions parce que...
parlons-en, des régions. Pour moi, c'est une immense constatation que je fais depuis un an de me promener en région,
d'abord, de voir tous les points de service de la BANQ, qui sont très,
très occupés, de voir le réseau qu'on a développé, depuis 40 ans, de
bibliothèques publiques autonomes et de petites bibliothèques, qui relèvent des CRSBP. C'est un petit peu technique,
mais il y a des bibliothèques à moins de 5 000 habitants et des bibliothèques où il y a 5 000
habitants et plus, et on couvre tout, tout le Québec avec des plus petites
municipalités jusqu'aux plus grandes. Et l'argent qu'on investit et
qu'on a annoncé dans le plan du livre, où on met deux millions additionnels aux bibliothèques publiques autonomes
par année sur les crédits déjà qu'on donnait, d'environ 19 millions
de dollars, bien, c'est... le réseau des bibliothèques est enchanté, et le
réseau des librairies est enchanté aussi.
Pourquoi, et ce n'est pas très connu — moi,
je ne le connaissais pas, en tout cas — toute cette chaîne, comme j'expliquais tout à l'heure, du livre? C'est que
la loi du livre prévoit que, dans les bibliothèques publiques autonomes,
par exemple, qui sont des librairies... qui
sont des bibliothèques partout sur le territoire, elles ont l'obligation
d'acheter leurs livres et tous leurs documents dans les librairies
agréées et dans les librairies agréées dans un rayon d'environ 30 kilomètres, si ma mémoire est bonne, dans trois
librairies agréées de leur secteur. Et donc, plus on met d'argent dans les bibliothèques publiques autonomes ou dans le
réseau des bibliothèques, plus on met d'argent, forcément, en achat de livres. Et donc on fait plaisir à tout le monde.
On fait plaisir aux lecteurs en région, qui ont accès... parce que les gens ont
toujours le choix d'acheter des livres,
d'acheter... de lire en numérique, d'acheter des livres par Internet, mais ils
ont aussi le choix — et on voit que les Québécois et les Québécoises
en profitent beaucoup, beaucoup — d'aller à la bibliothèque.
Mais
d'aller à la bibliothèque, ce n'est pas une concurrence pour l'achat de livres
puisque les bibliothèques doivent s'approvisionner obligatoirement — et
c'est un des atouts, je dirais, de la loi 51 — dans les librairies, trois
librairies différentes, pour ne pas qu'il y
ait trop de favoritisme, trois librairies de leur région. Alors, leur région,
ça veut dire qu'ils aident à faire
vivre les librairies agréées de leur région. Et je trouve que c'est très
inspirant et inspiré comme modèle, et ça permet aussi aux jeunes et aux familles d'aller dans des bibliothèques
publiques, très subventionnées, donc, par le gouvernement.
Et je
reviendrai pour parler de l'importance de la lecture, et du livre, et des
nouvelles bibliothèques, comment elles sont devenues des centres
culturels.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Merci, Mme la Présidente, collègues du côté
ministériel, surtout le nouveau grand-papa, collègues des deux
formations de l'opposition, Mme la ministre, l'équipe du ministère et les
membres des sociétés concernées.
Écoutez, on a
parlé beaucoup déjà du projet... du Plan culturel numérique, mais il me semble
qu'on parle d'une initiative d'une
ampleur... dans un contexte aussi grand, que l'ampleur... il faut en parler
davantage. Sur le site du ministère, on
le situe comme il faut, il me semble, où on parle du plan : «En l'espace
d'une génération, le numérique a transformé nos vies, nos activités et notre perception du monde. Dans le monde de
la culture et des communications, le numérique transforme déjà les disciplines artistiques, ouvre les
marchés et fragmente les auditoires, multiplie les moyens de production
et de diffusion, modifie les habitudes de consommation et bouleverse les
modèles d'affaires traditionnels.
«Conscient de
cette réalité, le ministère de la Culture et des Communications a entamé, en
2010, un vaste processus de
consultations auprès de ses clientèles afin de déterminer les actions à
entreprendre en culture pour amorcer le virage numérique au Québec.»
On parle d'un
enjeu énorme. Lors du budget du 4 juin 2014, le gouvernement a annoncé un investissement
de 110 millions sur sept ans
pour le déploiement du Plan culturel numérique. Le 27 septembre dernier, le
premier ministre, accompagné par la
ministre, a annoncé le Plan culturel numérique du Québec, qui inclut 51 mesures
concrètes pour la mise en oeuvre, pour les deux premières années, avec
une enveloppe de 36 millions de dollars.
L'idée d'un plan culturel numérique est venue en
2010, lorsque notre collègue Christine St-Pierre a lancé une vaste consultation du milieu culturel. Les suites
de la consultation ont été annoncées par le précédent gouvernement, mais,
comme beaucoup d'autres dossiers, le
financement n'était pas au rendez-vous, ce qui a amené la ministre Hélène David
à devoir faire des pieds et des mains pour
trouver le financement de ce 6,3 millions et pour l'exercice financier
2014‑2015.
Il me semble
qu'on parle d'un sujet qui est à la fois assujetti à notre redressement de
l'économie, incontournable, mais, en
même temps, à notre relance de l'économie, parce que, quand on parle d'un rayonnement
essentiel de notre culture, voilà un
dossier que nous avons réussi à bonifier, même dans le contexte actuel, parce
que je crois qu'on a compris qu'on parle
d'un rayonnement pas juste de notre culture et nos communications, mais d'un
apport, un appui au relancement économique.
Dans ce contexte, j'aimerais inviter, Mme la
Présidente, la ministre de nous parler davantage du Plan culturel numérique et en quoi ce dernier est-il un vecteur
de développement culturel ainsi qu'économique pour tout le Québec.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député de
D'Arcy-McGee. Je fais juste un petit rappel. Quand on fait référence à... les gens, on doit les nommer
par leur
titre et pas par leur nom. Alors, c'est juste un petit rappel.
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Oui, y compris moi. Des fois, il faut me le rappeler.
Écoutez, je fais juste une petite précision
sur la Régie du cinéma. C'est important qu'avant de parler d'intégration... on
a parlé de juristes, etc. Il y aura effectivement
un projet de loi. Donc, je ne veux pas anticiper sur le projet de loi, mais,
pour faire ce genre de manoeuvre, ça prend un projet de loi. Donc, il
n'y aura pas intégration sans dépôt d'un projet de loi avant ça, évidemment.
Pour ce qui a trait du Plan culturel numérique, ça
me... bon, je suis bien contente d'en reparler parce que, oui, on l'a
annoncé au mois de septembre, comme mon collègue l'a bien dit, mais, en même
temps, on l'a annoncé au mois de septembre
et on a travaillé beaucoup, beaucoup depuis ce temps-là. Et effectivement il y a eu beaucoup d'argent engagé jusqu'au 31 mars 2015, et ce n'est pas un luxe quand on regarde les
besoins, quand on regarde les mutations dans tous les domaines
culturels, dans toutes les disciplines.
Je peux vous donner des exemples. Un des
exemples dont j'ai parlé tout à l'heure, l'Association des cinémas parallèles, par exemple, qui ont reçu un
demi-million de dollars pour une mise à niveau de format numérique, c'est très
apprécié. On a reçu beaucoup de lettres de remerciements, de félicitations.
C'est vraiment très, très important.
On a mis 2 millions de dollars à la
Bibliothèque et Archives nationales, justement, pas besoin de s'étendre longtemps
sur l'importance de la numérisation pour faire des microfilms, par exemple, et tout transformer ça en numérique. Ils ont numérisé plus de 1 million de pages de revues et de journaux, 1 000 livres québécois du domaine public.
Alors, tout ça, ça prend beaucoup, beaucoup, donc, d'argent et de temps
pour pouvoir faire cette numérisation. Et c'est très important pour l'avenir,
j'oserais dire, de la civilisation que de pouvoir numériser.
Je parlais
tout à l'heure de la consommation en culture, on a aussi... et ça, c'est très
important, c'est peut-être là où il y
a le moins d'argent investi parce que ce n'est pas nécessaire d'en mettre plus,
alors on ne va pas exagérer quand ce n'est
pas nécessaire... 8 500 $ au Centre d'études sur les médias pour
organiser et tenir une journée de réflexion sur les mutations dans l'univers de l'information. Alors,
ça va intéresser mes collègues, impact et perspective. Et évidemment, mutation, qu'est-ce que ça veut dire? Bien, ça
veut dire les droits d'auteur, ça veut dire le partage, ça veut dire les
plateformes numériques, et donc le
Centre d'études sur les médias est certainement la meilleure place et les
meilleurs experts pour nous accompagner dans ça.
Le CALQ a eu aussi de
l'argent, a eu 2,8 millions de dollars pour trois appels à projets pour la
création et le développement de contenus
culturels numériques originaux, des contenus artistiques, littéraires,
déploiement d'infrastructures numériques. Évidemment, le mot «numérique»
va revenir souvent, c'est un plan culturel numérique.
Et les
conservatoires aussi ont eu de l'argent pour améliorer leurs bibliothèques
numériques du conservatoire. On essaie de ne pas oublier personne dans
nos partenaires culturels.
Culture pour tous aussi, un laboratoire culturel
et lancement d'un appel à projets pour des services culturels innovants. J'étais à Web à Québec, WAQ, avec
Mme Sicuro et qui annonçait, justement, cet investissement de
250 000 $. C'est très
important, Québec presque une ville pilote sur tous les projets innovants, les
laboratoires qui émergent avec toutes
sortes de produits qui vont faire en sorte que ces produits-là vont moderniser,
changer notre environnement culturel. Alors, la ville de Québec est
très, très, très présente et très heureuse.
On a, par exemple, au Musée d'art contemporain,
1 million de dollars pour la numérisation et la diffusion des collections muséales. Donc, vous savez, aller au
musée, en 2015 et dans les prochaines années, ce ne sera plus du tout,
du tout la même expérience muséale qu'aller au musée quand on était jeunes, où
c'était très statique et ce n'était pas l'expérience
de notre vie, très souvent, là, quand on était jeunes, avec des sorties
scolaires. Et maintenant les visites au musée sont à peu près ce qu'il y a de plus apprécié par les enfants. Ils
reçoivent des centaines de milliers d'enfants à tous les ans.
Et j'ai
visité récemment ce qui s'en vient, le nouveau pavillon extraordinaire du Musée
des beaux-arts de Montréal, et, grâce
à des dons philanthropiques exceptionnels de Michel de la Chenelière et de
Michal et Renata Hornstein, il va y avoir un pavillon pour la paix où ils vont doubler les espaces, justement, de
pédagogie et de visite au Musée des beaux-arts, le Musée d'art contemporain, le Musée de la civilisation, le Musée
national des beaux-arts. Maintenant, on visite les musées avec du numérique, et ça me permet de dire :
Si le Musée de la civilisation a fait l'achat de tablettes numériques, ce n'est
pas pour rien. C'est parce que l'expérience
muséale, maintenant, ça se fait de moins en moins avec des audioguides qu'on
met sur notre tête comme ça, ça se fait de plus en plus, puis dommage pour une
autre génération, dont nous sommes peut-être,
qui trouve ça un peu compliqué, mais de prendre notre téléphone intelligent et
d'avoir une petite application, et là on met un écouteur, et on a la tablette,
et c'est un environnement complètement différent.
J'étais à Muséomix en février dernier. Muséomix,
au Musée des beaux-arts, nuit et jour, ils construisent des applications — c'est tous des jeunes qui ont maximum 30 ans — pour
justement bonifier une expérience muséale. Si vous pensez que vous êtes déjà allé au musée, vous
n'avez rien vu. Ce qui s'en vient va être entièrement numérique. Réalité
augmentée, des lunettes bizarres qui nous
font voir la Joconde comme on ne l'a jamais vue. C'est fascinant. Alors, je
vais m'arrêter là malheureusement, mais ça donne une idée de ce qu'on
peut faire avec le numérique.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, Mme la
ministre. Alors, on va retourner du
côté de l'opposition officielle. Mme la députée de Joliette, la parole
est à vous.
Mme Hivon : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Juste pour terminer le volet de la Régie du cinéma, est-ce que cela va impliquer, donc, dans le projet de loi dont vous nous parlez, des modifications, j'imagine, à la
Loi sur le
cinéma? C'est bien cette loi qui va devoir être modifiée?
Mme David
(Outremont) : Effectivement, ça va impliquer, dans un deuxième temps, des modifications à la Loi
sur le cinéma. Comme je l'ai dit, il y a beaucoup,
beaucoup, de rencontres, les... Ça me permet de préciser
que les employés ont fait l'objet de
nombreuses rencontres, là. Ça ne se fait pas dans un bureau pas de lumière,
fermé, les portes barrées. Ça se
fait, au contraire, en toute transparence et en réflexion, encore une fois,
avec le ministère, et avec les gens
de la régie, et les légistes. Et,
dans un deuxième temps, il y aura une discussion certainement sur la question
de la
Loi sur le cinéma.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée.
Hivon :
Une question rapide. Compte tenu de l'abolition des CRE, des conférences
régionales des élus, et on sait que
les CRE avaient pour rôle, notamment, de conclure des ententes spécifiques en
culture, auxquelles étaient notamment
partie le CALQ, qu'arrive-t-il de ces sommes d'argent et comment les ententes
vont désormais se conclure?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Écoutez,
merci de votre question, parce que j'étais en Abitibi-Témiscamingue à l'automne, et déjà il y avait une certaine
inquiétude. Les gens me posaient des questions, et ça m'a donné l'occasion de
dire : Écoutez, le président du CALQ
est ici, les argents qui sont... donc, les montants qui sont réservés et qui
devaient aller au conseil régional
des élus, bon, vont passer par les MRC. Et donc l'argent du CALQ est
complètement réservé et pour... en
bon français, très dédié à ces ententes-là. Et du côté, donc, du ministère des
Affaires municipales, on m'a confirmé que
l'argent était aussi au rendez-vous, mais simplement transféré de l'instance
qui s'appelle CRE à l'instance qui s'appelle MRC.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée.
Mme Hivon :
Donc, le CALQ va continuer à jouer le même rôle pour la conclusion
d'ententes spécifiques, va devoir le
faire avec des MRC. Et sous-question : Est-ce que ça va faire en sorte
que, par exemple, dans les régions données, les ententes vont devoir se faire, dans ma région, par exemple, avec six
MRC différentes, donc tout ce rôle-là de coordination va revenir au CALQ
pour ce qui était déjà de son ressort?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la ministre.
Mme David (Outremont) : Oui,
absolument. C'est le CALQ... D'ailleurs, si vous le voulez, on peut...
Hivon : Non, ça
Mme David
(Outremont) : Non. Mais vous dites la bonne chose, c'est-à-dire que le
CALQ va travailler avec les partenaires de la nouvelle organisation,
c'est très clair.
Hivon :
Et l'intégralité des sommes qui faisaient
partie de ces ententes-là est
maintenue, c'est ce qui explique...
J'imagine que, dans la lecture du discours du budget, on parlait des montants,
donc, pour les ententes en matière de
culture avec les régions. C'est ce montant-là qui désormais transite par le
ministère ou le CALQ plutôt que par les CRE. C'est bien ça?
Mme David
(Outremont) : C'est ça, puis il y a même eu une bonification sur les
ententes culturelles en région, une
bonification de 1 million de dollars, et ça, c'est un des exemples de
l'augmentation de 24 millions sur deux ans de notre budget à la Culture. On le dit, on y tient
beaucoup, beaucoup : L'argent en région, c'est important, et dans toutes
les régions du Québec.
Hivon :
Donc, c'est le maintien de l'enveloppe. Donc, c'est les sommes existantes
plus 1 million de nouvel argent pour les ententes. Parfait.
Maintenant,
j'aimerais revenir sur la question des crédits d'impôt. On sait que ça a fait
couler beaucoup d'encre depuis un an.
Donc, dans le dernier budget de juin dernier, on annonçait une coupe
paramétrique de 20 % sur l'ensemble des crédits d'impôt, ce qui touchait l'ensemble des crédits d'impôt en
matière de production culturelle. Il y a eu une vaste mobilisation, et on s'est rendu compte que
c'étaient des coupes contre-productives. Et il y a eu une idée largement
véhiculée ou, en fait, largement
comprise, là, je ne dis pas que c'est la ministre, nécessairement, qui a
véhiculé ça, mais dans, je dirais, la
couverture de presse, les acteurs du milieu, tout le monde avait compris
qu'avec le dernier dépôt du budget il y a avait, donc, un retour en arrière et qu'on ramenait les taux de crédit
d'impôt en matière de production culturelle au taux initial, donc celui qui prévalait
avant le premier budget de votre collègue le ministre des Finances.
j'aimerais ça que la ministre nous confirme que ce n'est pas le cas pour deux
des types de crédit d'impôt. Alors, en
regardant de plus près, il semble bien que le crédit d'impôt en services de
production cinématographique n'est aucunement, donc, ramené, donc la
coupe de 20 % demeure intégrale, pour un montant de 14,6 millions.
Donc, je ne
sais pas si la ministre peut me confirmer qu'effectivement, pour celui-là, il
n'y a eu aucun retour en arrière, je
dirais. Et même chose pour le crédit de production cinématographique
télévisuelle québécoise, où on n'est pas revenus au taux initial non
plus, pour une différence de 15 millions.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la ministre.
Mme David
(Outremont) : Écoutez, c'est tout à fait vrai pour le service, que la
récupération... c'est-à-dire que c'est
le statu quo. Donc, le statu quo, entendons bien, ce n'est pas zéro, là, le
statu quo, c'est 80 % de ce qu'ils avaient, donc en production étrangère, donc les services et les productions
étrangères. Ce que nous avons voulu faire, c'est miser beaucoup, beaucoup sur la création québécoise, la
propriété intellectuelle de la culture québécoise. Alors, en audiovisuel,
en regard du taux de base, ce qu'ils ont récupéré, c'est la moitié de ce qui
avait été coupé, donc 90 %.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée.
Hivon :
Alors, pour qu'on se comprenne bien, il y a effectivement le maintien de la
coupe de 20 % pour le crédit
d'impôt sur les services de production cinématographique, qui concerne
notamment les productions étrangères qui viennent ici. Donc, ça, c'est
une coupe qui équivaut à 14,6 millions.
Là, la
ministre me dit qu'elle a voulu, donc, favoriser la production locale, en
quelque sorte, ou québécoise, mais je ne vois aucune bonification. Je
vois juste un retour, pour la plupart, des crédits d'impôt à la situation qui
prévalait il y a un an, mais je vois quand
même une diminution qui est maintenue pour la production cinématographique
télévisuelle québécoise, là. C'était
35 %, le taux initial; il y a un an, il est passé à 28 %. Là, on l'a
ramené à 32 %, mais il y a encore un écart de 15 millions.
Est-ce que c'est bien ce que la ministre peut me confirmer?
Mme David
(Outremont) : Bien, écoutez,
c'est un cas patent de voir le verre à moitié vide et de voir le verre à
moitié plein, puis j'aime bien voir le verre
à moitié plein, puis je dirais même plein à 90 %, ce qui est bien, et à 100 % dans de nombreuses rebonifications du crédit d'impôt. Je ne sais pas si
la députée de Joliette et moi vivons sur la même planète ou au Québec toutes les deux, mais les gens sont absolument
ravis du retour des crédits d'impôt à la hauteur de 100 % pour le spectacle, pour l'édition,
récupération totale. Demandez au milieu du livre s'ils sont contents, ils sont
très, très, très contents.
L'industrie du doublage, parce que nous avons travaillé très, très fort avec
tous ces milieux-là, l'industrie du
doublage, dont on sait qu'ils ont quand même certaines inquiétudes parce que le
doublage, ça aussi, il y a de la concurrence
mondiale, qui est dans la sagesse, entre autres, de plusieurs recommandations
du rapport sur la commission de la
fiscalité, on va même au-delà des recommandations du rapport sur la fiscalité
et on a aussi les enregistrements sonores.
Alors, écoutez, les spectacles, les
événements multimédia hors Québec... Donc, moi, je dis qu'il y a énormément,
énormément de bonifications qui ont fait
plaisir à beaucoup, beaucoup de monde. Les services de production étrangère,
c'est une question... et on les laisse à 80 % de ce qu'ils étaient, et,
dans certains, pour l'audiovisuel, à 90 %.
Alors,
je trouve que ce sont de très, très bonnes nouvelles. Et ce qu'on a voulu faire
avant tout, c'est miser sur la
création québécoise plutôt que sur l'achat de formats, par exemple, étrangers.
Et je serais vraiment très surprise que ma collègue ne soit pas d'accord
de privilégier la création québécoise.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Je pense que c'est juste important de replacer les
choses dans leur contexte. On peut annoncer des choses épouvantables puis, un an après, dire qu'on revient sur notre
décision puis présenter ça comme une bonne nouvelle. Ça, c'est sûr, c'est une optique. Mais ce qui est
arrivé il y a un an, c'est que, sans étude d'impact, on a décidé de couper
20 % partout dans les crédits d'impôt.
Et tout ce qu'on fait cette année, c'est, pour plusieurs, les ramener au taux
où ils étaient il y a un an parce que, bien sûr, ça a été largement
décrié et vu comme étant contre-productif.
Mais,
mauvaise nouvelle... Et je dois vous dire que les acteurs du milieu n'ont pas
tous compris ce que la ministre nous
explique aujourd'hui et qu'on a découvert après avoir analysé, qu'il y a des
crédits d'impôt qui n'ont pas retourné, donc, à leur niveau d'il y a un an, y compris pour la production
québécoise. Donc, il n'y a aucune bonification, là. Il faut que ça soit clair, il n'y a aucune bonification.
Ce n'est pas comme si on avait dit : O.K., pour les productions étrangères,
on garde la coupe de 20 %, mais on va
ajouter ça dans la production locale. Ce n'est pas ça. Même le crédit d'impôt
pour la production cinématographique
télévisuelle québécoise, il ne revient pas à son taux d'il y a un an. Donc, non
seulement il n'y a pas bonification,
mais on ne revient même pas au taux d'il y a un an. J'ai du mal à m'expliquer
le 90 %, là, parce que l'écart est
de 15,3 millions par rapport au taux initial. Donc, le taux revalorisé, de
ce que j'ai vu, il est rendu à 32 % au lieu d'être à 35 %.
Alors, je ne sais pas si la ministre me confirme que mon chiffre est bon.
David (Outremont) : Alors, écoutez, oui, effectivement, il y a eu une
coupure de 20 % pour l'audiovisuel, cinéma, télévision, qui est remontée à 90 %. Donc, il y a eu le
retour de la moitié, donc, de la coupure qui avait été annoncée en juin. Et il y a un bureau, qui s'appelle le
Bureau du cinéma et de la télévision du Québec, que plusieurs connaissent
ici et qui a même déclaré qu'on était encore
très compétitifs sur le plan de la production de services pour ce qui a trait
des services de production étrangère. Donc, si le bureau, qui a intérêt
à se mobiliser pour dire : Aidez-nous, aidez-nous, trouve tout à fait correct qu'on soit à 80 % de ce qui était avant
le 4 juin. Moi, je pense que, écoutez, c'est tout à fait crédible comme
commentaire.
j'aimerais rappeler à ma collègue qu'au 4 juin inutile de dire qu'on partait
d'assez loin en termes de pouvoir arriver
à l'équilibre budgétaire que le Parti québécois voulait aussi, bon, adhérait à
cette proposition de retrouver l'équilibre budgétaire. Et forcément que, quand on a 7 milliards de déficit, il
faut trouver un certain nombre de mesures. Et c'étaient des mesures qui avaient été adoptées au 4 juin,
mais avec... Et le premier ministre l'avait dit : Les coupures
paramétriques, ce n'est pas ce qui
est idéal. Ce qui est idéal, on a travaillé, on a travaillé avec le milieu, le
milieu a travaillé avec nous. On s'est mobilisés dès le mois de juillet
2014, on a rencontré avec... Tous les partenaires du milieu culturel sont allés
rencontrer le ministère des Finances.
Eux-mêmes nous ont dit : C'est la première fois que ça nous arrive d'avoir
autant d'écoute et de considération.
Et là on remonte à juillet 2014 et, à travers tout ce travail qui a été fait,
bien, on a eu le résultat de sept
services sur neuf qui sont entièrement remis à niveau et qui sont pour aider
essentiellement la création québécoise.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la ministre. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Bien, écoutez, je veux juste dire que je pense que
la moindre des choses, ça aurait été, si on parle de vouloir bonifier la production québécoise, ça
aurait été minimalement d'annuler la mauvaise nouvelle d'il y a un an puis de revenir au même taux. Et je veux juste
demander : Est-ce qu'il y a des études? Parce que l'année dernière ça
avait beaucoup dénoncé qu'il n'y
avait pas eu d'étude d'impact sur les coupes paramétriques de 20 %. Est-ce
que ces études d'impact là existent
maintenant pour les crédits d'impôt production cinématographique télévisuelle
québécoise et pour services de production cinématographique où on a
décidé de maintenir la coupe?
David (Outremont) : Écoutez, j'apprécie beaucoup votre question parce
que je dirais que, depuis le 4 juin 2014, nous ne faisons que ça, de
l'étude d'impact. On a travaillé énormément, et les gens ont été
particulièrement brillants pour — d'ailleurs, de tout le milieu qui était
affecté par le crédit d'impôt — se mobiliser, expliquer, déposer des mémoires.
Et même au mois de juillet 2014, quand le
milieu est allé rencontrer le ministère des Finances, le ministère des Finances
a annoncé une étude de KPMG qui servirait à
la commission de la fiscalité. Alors, elle a évalué, justement, les crédits
d'impôt, puis le crédit...
O.K.
C'est parce qu'on m'envoie toutes sortes d'information, mais moi, je suis dans
ma tête, là, puis je continue. Puis
là vous m'av