House Proceedings — 1 October 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-10-01
Quebec — Debates (Hansard)
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Bon
mardi matin, chers collègues. J'espère que vous avez passé une très belle fin
de semaine.
Alors, je vous demande, s'il vous plaît, de bien
vouloir vous recueillir quelques instants.
Je vous remercie. On peut s'asseoir.
Alors, pour
la suite de nos travaux, M. le leader adjoint du gouvernement, comment
commençons-nous cette semaine?
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
bonjour, M. le Président, d'abord, en vous saluant. Nous commençons en vous
saluant puis en vous disant que nous sommes très heureux d'être ici ce matin
pour reprendre nos travaux, belle journée à Québec, beau soleil. Donc, je salue
également les collègues.
Et je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 2 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Alors,
nous débutons avec l'article 2 du feuilleton. L'Assemblée reprend le débat
ajourné le 25 septembre 2024 sur l'adoption du principe du projet de loi n° 64, Loi instituant le Musée national de l'histoire du
Québec.
Au moment de l'ajournement, Mme la députée de
Robert-Baldwin avait terminé son intervention. Alors, je suis maintenant prêt à
reconnaître la prochaine ou le prochain intervenant, et ce sera M. le député de
l'Acadie.
M. Morin : Alors, bonjour, M.
le Président. Heureux de prendre la parole à l'étape de l'adoption du principe
du projet de loi n° 64, Loi instituant le Musée
national de l'histoire du Québec.
Alors, c'est un projet de loi important. C'est
un sujet qui est aussi excessivement important pour toute personne, l'histoire
de l'endroit où elle vit, l'histoire de sa province, l'histoire de sa nation,
l'histoire de son pays, l'histoire en général. C'est une science qui est
excessivement, je vous dirais, importante parce qu'elle permet de saisir ce qui
s'est fait dans le passé, de bonnes et de
mauvaises choses, et, quand on identifie et qu'on étudie les mauvaises choses,
on essaie évidemment de ne pas les répéter, mais, pour ça, bien sûr, il
faut... il faut connaître son histoire puis il faut être capable d'en parler, pour les bons coups puis les mauvais
coups, de ce qu'un peuple, une nation peut vivre au fur et à mesure où
les années passent.
Moi, je vous dirais, M. le Président, quand j'ai
entendu cette idée-là d'histoire du Québec et de musée, ma première réaction,
c'était une réaction de joie parce que je suis un fan d'histoire. J'ai eu le
plaisir de rédiger une thèse de doctorat en histoire du droit et en droit pénal
comparé. Je ne sais pas si ça fait de moi un historien, parce que je n'ai pas eu le privilège d'enseigner longtemps
l'histoire, mais j'ai enseigné l'histoire des institutions et du droit à
l'Université d'Ottawa. Donc, c'est
pour vous dire, c'est pour vous dire comment l'histoire, pour moi, c'est
hyperimportant, puis être capable, évidemment, de l'analyser avec un esprit
critique, c'est aussi fondamental. C'est ce que j'essayais de faire avec
mes étudiants.
D'ailleurs, je vous fais une petite anecdote
personnelle. Plus jeune, avec mes parents, mes parents me disaient toujours : Bon, bien, avant d'aller voyager à
l'extérieur, on va connaître... on va connaître le Québec. Et moi, ma...
Finalement, ce que j'aimais bien, quand on se promenait sur les chemins,
dont le chemin du Roy, c'était d'identifier les plaques historiques puis de
leur dire : Bien là, il faudrait arrêter là, il faudrait aller lire la
plaque. Tu sais, après quelques heures de lire la plaque, ils commençaient à
être un peu tannés, ils avaient hâte qu'on arrive à quelque part, mais c'est
pour vous dire comment l'histoire, pour moi, a toujours été hyper,
hyperimportante. Puis, pour moi, un musée national de l'histoire du Québec,
c'est un ouvrage, c'est une décision, c'est une institution qui devrait
rassembler et non pas diviser.
Et je vous dirai que, quand j'ai suivi tous les
cours d'histoire que j'ai été capable de suivre, que ce soit au primaire, au
secondaire, au cégep ou à l'université, en tout cas, les enseignants que
j'avais ont toujours commencé les cours d'histoire, d'histoire du Québec ou
d'histoire du Canada, en parlant des Premières Nations, des Premiers Peuples. Et je dois vous dire que j'ai été un petit peu
surpris, hein, je vous partage ça ce matin, d'entendre, puis j'espère que je
reprends bien les mots du premier ministre, mais, à un moment donné, je
pense que notre premier ministre disait : L'histoire ou le Musée national
de l'histoire du Québec va commencer avec Champlain. Oh! ça m'a étonné, je dois
vous dire, parce que, dans le cursus
d'histoire que j'ai suivi, l'histoire du Québec ne commençait pas avec
Champlain, ne serait-ce que si on veut
parler... si on veut parler de la Nouvelle-France, peut-être qu'on pourrait
parler de Jacques Cartier qui est venu un petit peu avant Champlain.
Donc, j'ai été un petit peu étonné.
Et puis, après ça, il y a eu comme un débat, à
savoir est-ce qu'on allait inclure les Premières Nations ou pas. Je trouvais ça aussi un petit peu étonnant. Et,
ici, pour l'opposition officielle, j'ai le privilège d'être le porte-parole
pour les relations avec les Premières Nations et
les Inuits. Donc, vous comprendrez, M. le Président, que, quand j'ai entendu tout ça, bien, je me suis senti un petit peu
interpelé, puis c'est pour ça, entre autres, que je voulais parler en cette
Assemblée ce matin peut-être pour mettre des choses en perspective puis
peut-être, bien, évidemment, éventuellement inspirer le gouvernement.
Et pour cette raison,
pour cette raison, je me suis particulièrement attardé au mémoire qui a été
présenté par différents groupes ou institutions des Premières Nations, et je
nomme le Conseil en éducation des Premières Nations, l'APNQL, l'Assemblée des
premières nations Québec-Labrador et l'Institut Tshakapesh. Et je vais prendre
quelques instants pour rappeler certains passages de leur mémoire qui, je
pense, méritent d'être retenus, méritent à tout le moins d'être discutés,
méritent d'en... qu'il faut s'en rappeler.
Et je cite la
page 11, où on indique : «La création d'un musée sur l'histoire du Québec
offre une occasion unique de rendre hommage
au riche panorama historique et culturel de la province. Toutefois, cette
initiative ne sera réussie que si
elle intègre pleinement et respectueusement les perspectives et les
contributions des Premières Nations. L'APNQL, le CEPN et l'Institut Tshakapesh souhaitent que le projet de loi n° 64 soit amendé pour refléter une vision inclusive, juste et
équitable de l'histoire du Québec, comme le recommande ce mémoire.»
Et, quand vous
regardez les différentes recommandations, puis je vais en citer quelques-unes
pour attirer évidemment l'attention du gouvernement sur cette réalité, parmi
les recommandations du mémoire et les différents chapitres, on souligne... on demande d'«intégrer les récits,
contributions et perspectives autochtones à toutes les expositions, avec
des sections gérées directement par les Premières Nations». Et, ça, je pense
que c'est important, parce que, quand on regarde, évidemment, l'apport des
Premières Nations à l'histoire du Québec, quand on regarde et qu'on relit la
déclaration des Nations unies sur les peuples autochtones, et d'ailleurs, il y
a au moins une motion de l'Assemblée nationale qui souligne évidemment qu'on
doit en tenir compte, ça n'a pas encore été adopté par le gouvernement, mais
c'est quand même un document des Nations unies qui est hyperimportant, on voit
comment il est important de travailler, finalement, en codirection, en
partenariat avec les Premières Nations pour qu'ils puissent avoir véritablement
leur place au sein, évidemment, des différentes initiatives du gouvernement. Et
c'est ce que... c'est ce que le mémoire rappelle dans... en ce qui a trait à la
création d'un musée national de l'histoire du Québec.
On nous dit
également : «Respecter les protocoles culturels des Premières Nations pour
la conservation et la présentation d'artefacts autochtones, ce qui est aussi,
effectivement, très important.
«Reconnaître les
approches éducatives et pédagogiques des Premières Nations concernant
l'histoire en valorisant les savoir-faire des Premières Nations.» Ça, je pense
que c'est important d'être capable de travailler en partenariat avec les
Premières Nations pour faire en sorte que non seulement on reconnaisse leurs
approches éducatives et pédagogiques, qui sont très souvent différentes des
nôtres, mais également de mettre en valeur les savoir-faire des Premières
Nations et organiser des consultations régulières avec des membres et des
experts des Premières Nations pour garantir
des représentations justes et respectueuses, y compris la révision de la
politique culturelle et de la politique muséale du ministère de la
Culture et des Communications. Donc, on parle ici, évidemment, de partenariat,
et c'est ce à quoi je faisais référence au début de mon allocution.
«Élaborer des
programmes éducatifs en collaboration avec les Premières Nations pour
sensibiliser le public à leur histoire et à leurs enjeux contemporains.» Et,
quand je vous disais que, dans l'histoire, bien oui, il faut raconter, il y a
plein de gens, nos ancêtres ont fait plein de trucs hyperimportants, hyperpositifs,
mais il y a aussi des moments de notre
histoire qui... en fait, des moments qui sont beaucoup plus sombres. Puis ça,
bien, je pense qu'il faut avoir l'honnêteté, et puis c'est question de
justice, d'être capable d'en parler.
Puis, parmi les
moments plus sombres de notre histoire, il y en a, malheureusement, qui
touchent les Premières Nations et les autochtones. On a vécu, hier, la journée
de la vérité et de la réconciliation. Samedi, il y avait une vigile, une
cérémonie commémorative à la mémoire de Joyce Echaquan. Ça fait aussi
partie de
notre histoire. Puis la vérité et la réconciliation pour les peuples
autochtones, c'est évidemment d'en parler, de le reconnaître, mais d'être
capable aussi de le montrer. Ça fait
partie de notre histoire.
Et ça a eu un impact
terrible chez les Premières Nations. Je ne sais pas si vous avez eu la chance
d'écouter, hier, le témoignage du Dr Stanley Vollant à la radio. Il a fait une
grande marche, il est arrivé dans la région de Pikogan et il disait que, pour
la première fois, il avait réussi à parler à sa fille de ce qu'il avait vécu,
de ce que sa mère avait vécu dans les écoles résidentielles où étaient
littéralement enlevés et confinés des membres des Premières Nations. Ce n'est
pas un moment glorieux de notre histoire, M. le Président, mais, ça aussi, il
faut avoir le courage d'en parler. Il faut avoir le courage de faire connaître
ce qui s'est passé, parce qu'évidemment on ne voudrait plus jamais, jamais que
ce genre de situation là arrive. Ça, ça m'apparaît important.
Donc, quand on parle
ici, dans leur mémoire, d'élaborer des programmes éducatifs en collaboration
avec les Premières Nations pour sensibiliser le public, bien, je pense que
c'est tout ça, et parler, évidemment, de leur histoire et de leurs enjeux
contemporains qui sont intimement liés aux nôtres, évidemment.
«Former le personnel,
les membres du conseil d'administration et les membres du comité d'experts du
musée à propos des cultures autochtones afin
d'éviter des stéréotypes et des erreurs historiques.» Parce qu'il y en a. Puis,
quand je vous disais d'emblée que je pense qu'un musée, ça sert aussi à
montrer, à faire réfléchir les gens, à leur permettre de développer un esprit
critique, bien, je pense que c'est aussi la mission d'un musée, et puis que,
quand on sort d'une exposition, bien, on se dit : Oui, O.K., mais j'ai
appris quelque chose et maintenant je vais peut-être faire des choses différemment parce que, grâce à ce que j'ai
appris, grâce à ce que je sais de notre histoire, bien, évidemment, on va être
capable de ne pas répéter des erreurs du passé.
«Inclure des expositions mettant en valeur les
contributions contemporaines des Premières Nations et offrant également une
plateforme aux artistes et aux leaders autochtones.» Donc, finalement, c'est
très, très important, et je pense qu'il faut le souligner
puis il faut être capable de reconnaître l'apport constitutif et cardinal des
Premières Nations et des Inuits par leurs savoirs, leurs langues, leurs
cultures ainsi que leurs systèmes de gouvernance distincts dans l'histoire, le
territoire et la société contemporaine du Québec. Ça, je pense que c'est tout à
fait essentiel.
Et je pense
que c'est la raison aussi pour laquelle, avec ce musée, il faudra être inclusif
et il faudra que le comité scientifique ait un apport essentiel, parce que je
pense que la pire des choses qu'on puisse faire avec un musée national
d'histoire, c'est d'en faire un... de politiser un musée pour en faire une
espèce d'histoire qui ne correspondrait pas, comme
je vous le disais tout à l'heure, à certains bons coups et moins bons coups de
ce qu'on a vécu ici, au Québec et au Canada. Il faut être capable, il
faut avoir le courage d'aborder des perspectives différentes, des points de vue
différents et de le montrer, surtout, surtout, ne pas utiliser un musée à des
fins partisanes.
Je vais revenir avec la déclaration du premier
ministre et puis au moins d'un historien, où on voulait faire débuter
l'histoire, finalement, avec Champlain. Champlain a contribué d'une façon tout
à fait significative à l'histoire du Québec et du Canada. Il a fondé la ville
dans laquelle on se trouve présentement, il a exploré des contrées, en fait, il
en a fait, du kilomètre en canot, c'est clair, d'ailleurs, d'ailleurs, en canot
avec des membres des Premières Nations. Donc,
en tout cas, je ne sais pas comment est-ce que... Si on se fie à la position de
certains, je ne sais pas comment ils vont décrire les gens qui étaient
avec Champlain, là, mais, en tout cas, quand on regarde des estampes, quand on
regarde des récits de ses voyages, on voit
qu'il était accompagné des membres des Premières
Nations. Les Premiers Peuples, les
Premières Nations, sont arrivés ici il y a des milliers d'années et ils
étaient, d'ailleurs, bien présents.
Et c'est vrai que Champlain a fondé le Québec,
l'habitation de Québec. C'était une résidence qui... où les gens, évidemment, ont vécu d'une façon plus permanente,
d'une façon continue depuis 1608, sauf pour l'épisode des frères Kirke, vous vous en rappellerez. Les Anglais ont pris
possession de l'habitation assez rapidement, puis après ça, avec des traités
internationaux, ça a été redonné aux Français, mais, quand même, des gens ont
vécu ici.
Mais ils n'ont pas été... Champlain n'a pas été
le premier à vouloir avoir un projet de peuplement pour le territoire du Québec. Rappelez-vous des
initiatives de Cartier et de Roberval, qui, à Cap-Rouge, ont fondé un
établissement et où des colons français y ont quand même vécu un premier
hiver très difficile, très difficile. Puis, sans l'aide des Premières Nations,
pas sûr qu'ils auraient tous survécu. Tellement difficile, ça a entraîné,
éventuellement, des conflits. Il y a eu aussi un conflit entre Roberval et
Cartier, donc, évidemment, ils sont repartis, mais on ne peut pas passer sous silence les voyages de Cartier. Et Cartier, quand
il a remonté le fleuve jusqu'à Montréal, quand on lit ses récits de voyage,
on voit qu'il a été accueilli dans une... je ne sais pas si on peut appeler ça
une municipalité, ou une ville, ou un village, mais dans un peuplement des Premières
Nations qui était excessivement grand. Alors, il l'a décrit.
Donc, est-ce
que ça voudrait dire que, dans le Musée national de l'histoire du Québec...
qu'est-ce qu'on va faire? On ne parlera pas des voyages de Jacques
Cartier? On ne parlera pas de sa visite à Hochelaga? On ne parlera pas qu'il a
rencontré des...
D'ailleurs, Cartier a ramené en France des
membres des Premières Nations. Pas sûr qu'il leur a demandé leur consentement pour les ramener. Et, ça aussi, c'est
des moments moins glorieux, puis je pense qu'il faut avoir l'honnêteté
d'en parler et de le reconnaître. Peut-être que Cartier, hein, qui était censé
découvrir plein de diamants puis de richesses en Nouvelle-France, s'est dit que
peut-être qu'il serait mieux de ramener quelqu'un juste pour prouver au roi de
France qu'il avait... il était allé dans une
contrée où il y avait du monde. Mais, justement, il y avait du monde qui y
vivait. Il vivait dans une société organisée, dans des villages. Il y avait des
moyens de locomotion. Ce n'était pas n'importe quoi, là.
Alors, tout ça réitère mon point de vue de
l'importance, de l'importance, évidemment, de parler... de parler des Premières Nations dans ce qui sera un jour le Musée national de l'histoire du Québec. Je
vois mal, sincèrement, comment on peut en parler sans eux. D'autant plus
qu'entre les Français, et les différentes nations autochtones, et les Anglais,
bien, évidemment, ça a généré beaucoup de conflits, ce qui a quand même permis,
éventuellement, la Grande Paix de Montréal,
qui est un événement, évidemment, important dans l'histoire de la
Nouvelle-France, où le gouverneur a réussi à signer avec les différentes
nations autochtones un traité pour amener la paix et la prospérité.
Donc, tout ça
pour vous dire que notre histoire, elle est intrinsèquement liée à celle des
Premières Nations. Ils étaient là bien avant nous. Si Jacques Cartier, quand il
a hiverné avec ses bateaux, n'avait pas eu l'apport de la pharmacopée des
Premières Nations, ils seraient probablement tous morts du scorbut. Personne
n'aurait pu raconter leur voyage, donc, d'où l'importance, évidemment,
évidemment, d'en parler.
Je vous ai parlé évidemment des écoles
résidentielles. Il ne faut pas l'oublier. Il faut être capable d'avoir le
courage de dire ce qui s'est passé, mais évidemment connaître son histoire,
c'est fondamental, ça évite de répéter des erreurs
du passé. Puis je vous dirais que c'est aussi un message pour nous qui siégeons
en ce parlement, mais pour toutes les
personnes aussi qui viennent le visiter, parce que, quand vous regardez
l'oeuvre de Taché et que vous regardez la façade du parlement, c'est clairement une ode à l'histoire du Québec, et puis
les Premières Nations y occupent une place significative. Donc, il ne
faut pas l'oublier, absolument.
On est privilégiés. On débat dans ce salon
rouge, mais, en haut de vous, on a évidemment une magnifique toile d'une des
réunions du Conseil souverain de la Nouvelle-France. Donc, partout au
parlement, l'histoire est présente. Et je
pense que, si je souhaite quelque chose, c'est que ce musée national de
l'histoire reflète cette réalité de tous les peuples, à commencer par
les Premières Nations, qui ont fait du Québec, du Canada, finalement, une
nation qui est fière, qui a une belle histoire, avec des moins bons côtés, mais
dont il faut se parler. Je pense que c'est excessivement important.
C'est la
raison pour laquelle je ne peux pas être contre le principe. Je vais appuyer le
principe du projet de loi n° 64.
Et je termine en rappelant la devise du Québec,
qui est tout à fait pertinente, M. le Président, Je me souviens .
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de l'Acadie. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Il n'y en a
pas.
Alors, le principe du projet de loi n° 64, Loi
instituant le Musée national de l'histoire du Québec, est-il adopté? Adopté. M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Donc, conformément à l'article 243 de
notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 64, la Loi
instituant le Musée national de l'histoire du Québec, soit déféré à la
Commission de la culture et de l'éducation pour son étude détaillée et que le
ministre de la Culture et des Communications soit membre de ladite commission
pour la durée du mandat.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Est-ce
que cette motion est adoptée? Adopté.
Pour la suite de nos travaux, M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 59 du feuilleton, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, à
l'article 59 du feuilleton, l'Assemblée procédera maintenant au débat
sur la motion inscrite à l'article 59 du feuilleton faisant suite au dépôt
par Mme la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, le
11 septembre 2024, d'un engagement international. Cette motion se lit
comme suit :
«Que
l'Assemblée nationale approuve l'Entente entre le Québec et le Royaume de
Belgique modifiant l'Entente en
matière de sécurité sociale entre le Québec et le Royaume de Belgique signée le
28 mars 2006, signée le 19 avril 2023.»
Je vous rappelle qu'en vertu de
l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales
cette motion donne lieu à un débat restreint
de deux heures. La répartition des temps de parole dans le cadre de ce
débat s'effectuera comme suit : 57 minutes sont allouées au
groupe parlementaire formant le gouvernement, 31 min 4 s sont
allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle,
20 min 34 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition,
6 min 51 s sont allouées au troisième groupe d'opposition,
1 min 30 s sont allouées à chacun des députés indépendants. Dans le cadre de ce débat, le temps qui est non
utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires
sera redistribué entre les groupes parlementaires selon les proportions
établies précédemment. Mis à
part ces consignes, les interventions ne seront
soumises à aucune limite de temps. Enfin, je rappelle aux députés indépendants
que, s'ils souhaitent intervenir au cours de ce débat, ils ont 10 minutes
à partir de maintenant pour en aviser la présidence.
Je cède donc maintenant la parole au premier
intervenant, et ce sera M. le député de Chapleau.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. C'est vraiment avec plaisir que je propose
aujourd'hui à cette Assemblée, au nom de la ministre des Relations
internationales et de la Francophonie, l'approbation de l'Entente entre le Québec et le Royaume de Belgique modifiant
l'Entente en matière de sécurité sociale entre le Québec et le Royaume de Belgique que la ministre a signée
le 19 avril 2023, à Québec, en compagnie du Consul général de Belgique,
M. Geert Vansintjan.
La conclusion d'une entente internationale telle
que celle qui fait l'objet du débat actuel est la forme la plus achevée des
relations diplomatiques entre les États parce que l'entente est créatrice
d'obligations juridiques, sur le plan international, avec le partenaire
étranger. Ces engagements doivent ainsi être honorés par les parties
contractantes. Chacune de ces ententes conclues renforce la reconnaissance du
Québec comme partenaire à part entière sur la scène internationale. L'action internationale des États et des gouvernements
s'avère, dans l'actuel contexte de la mondialisation, de plus en plus incontournable. Les gouvernements
travaillent fort afin de promouvoir les échanges économiques, la mobilité
des personnes, la coopération en matière d'éducation, de science ou d'autres
domaines.
Le Québec a la chance de compter sur un riche
réseau de délégations, de bureaux et d'antennes à l'étranger. Ceux-ci, au
nombre de 34 dans 19 pays, nous permettent d'être en contact avec des
gouvernements et des sociétés avec lesquels
nous avons établi, au fil des décennies, des relations d'échange et de respect.
Ce réseau diplomatique est devenu l'un
des plus importants bâtis par un État fédéré sur la planète. C'est quand même
quelque chose, ça, M. le Président. La conclusion d'ententes internationales
par le gouvernement du Québec, comme celle soumise aujourd'hui pour approbation,
c'est vraiment un bel exemple de cette coopération.
Sur la base
de la réciprocité, les ententes de sécurité sociale favorisent la mobilité des
personnes, des travailleurs et des étudiants. Ceci est accompli par la
coordination des régimes de sécurité sociale qui sont visés à ces ententes. Près du tiers de ces
ententes conclues incluent, en plus des dispositions sur les rentes de
retraite, d'invalidité et de survivant, des dispositions sur la santé, les accidents du travail et les maladies
professionnelles. C'est, d'ailleurs, le cas de l'entente qui fait
l'objet du présent débat. Ces ententes garantissent aux personnes visées le
maintien de leur acquis... de leurs acquis, pardon, et de leurs droits en voie
d'acquisition dans les régimes qu'ils quittent et une intégration plus rapide
dans les régimes de sécurité sociale du territoire d'accueil. Elles favorisent,
donc, la mobilité des personnes.
Les dispositions sur
l'assujettissement déterminent la législation à laquelle l'employé demeure
soumis durant son assignation temporaire sur l'autre territoire et celle à
laquelle l'employeur doit effectuer les cotisations afférentes, évitant ainsi
une cotisation supplémentaire au régime applicable sur le territoire d'envoi.
Des dispositions analogues s'appliquent aux travailleurs autonomes. Ces
ententes favorisent donc aussi la mobilité des travailleurs. Les ententes qui, comme celle-ci, incluent aussi le volet
santé, permettent aux personnes visées, dont les étudiants, de s'inscrire dès
leur arrivée au régime d'assurance
maladie du Québec et au régime d'assurance hospitalisation, sans qu'il leur
soit nécessaire de souscrire à une assurance privée. Elles favorisent
donc aussi la mobilité étudiante.
Le Québec bénéficie
largement des ententes de sécurité sociale. Au cours des années 80 et 90,
la priorité dans la négociation de ces ententes a été accordée aux pays d'où
provenait alors l'immigration et desquels des résidents du Québec pouvaient espérer
obtenir l'exportation de leurs pensions par la conclusion d'ententes. Les
premières ententes ont donc été conclues
avec les États-Unis, la France, l'Italie, l'Allemagne, la Grèce et le Portugal.
Ce faisant, des milliers de personnes
ont ainsi amélioré leur qualité de vie et particulièrement leurs conditions
économiques. Par la suite, les efforts du Québec ont porté plutôt vers
des pays où des entreprises québécoises étaient susceptibles d'envoyer des
travailleurs détachés dans le cadre de contrats à l'étranger, et ce, afin de
leur épargner une double cotisation aux régimes de sécurité sociale
applicables. On pense ici aux ententes conclues avec le Brésil, l'Inde et la
Corée du Sud. Plusieurs entreprises québécoises y bénéficient ainsi d'un
avantage comparatif.
pertinence de conclure de telles ententes demeure évidente pour tous, sans
oublier le rayonnement international qu'elles apportent au Québec en
tant que seule entité fédérée à négocier de telles ententes avec des pays
souverains. Il s'agit là d'une démonstration concrète de l'action
internationale du Québec, en négociant et en mettant en oeuvre ces ententes.
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Chapleau. Je suis maintenant prêt à entendre
la prochaine intervention. M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, M. le Président. Alors,
très heureux, ce matin, de prendre la parole lors de cette... de l'étude de
cette motion, finalement, qui a été présentée et signée par la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie.
Il s'agit d'une
entente, comme le collègue de la banquette gouvernementale le soulignait, entre
le Québec et le Royaume de Belgique, modifiant l'entente en matière de sécurité
sociale qui existait auparavant. Donc, évidemment, c'est une mise à niveau,
mise à jour très importante, très importante. Parce que je regardais rapidement
des statistiques, et les derniers chiffres
que j'ai trouvés, c'est qu'il y aurait 51 340 Belges qui vivent au
Québec, donc c'est pour vous dire comment cette entente-là,
effectivement, est utile, dont 32 000 qui vivent dans la grande région de
Montréal. Et, comme le soulignait le collègue de la banquette gouvernementale,
ces ententes que le Québec peut conclure avec d'autres États est pour moi, évidemment, une manifestation de
l'importance pour le Québec, basée notamment sur la doctrine Gérin-Lajoie,
d'avoir une présence dans le monde, à l'international, au sein de ses
compétences législatives.
Donc, c'est une
entente qui est importante parce que ça va permettre la mobilité entre la
Belgique et le Québec. Et le Québec et la
Belgique ont évidemment plusieurs choses en commun. Bien sûr, il y a la langue.
Plusieurs Belges parlent le français
tout comme nous, d'ailleurs. La Belgique est aussi riche de sa culture, et que
dire de sa gastronomie, un volet qu'il
ne faut pas négliger. Évidemment, qui n'a pas déjà savouré des frites belges
et, évidemment, dégusté quelques bières? Il y en a plusieurs en
Belgique, d'où l'importance, évidemment, bien sûr, d'avoir ces échanges entre
la Belgique et le Québec. La science de l'art et la musique, évidemment, la
culture, l'art, en Belgique tout comme au Québec, ce sont deux éléments
hyperimportants.
L'éducation.
L'éducation. En Belgique, ils ont d'excellentes universités, où, d'ailleurs,
plusieurs Québécois vont étudier. Et nous avons d'excellentes universités au
Québec qui permettent à des Belges de venir, évidemment, étudier chez nous.
Pour ne nommer que celle-ci, je réfère à l'Université Libre de Bruxelles, où
ils ont des programmes, évidemment, d'études supérieures qui sont très, très
reconnus à travers le monde. Donc, l'éducation est un élément particulièrement
important que nous valorisons, autant du côté de la Belgique que du côté du
Québec.
Et, bien sûr, notre
engagement social. C'est un élément qui est très important. Et l'entente de ce
matin, qui est jointe à la motion du gouvernement, en est une manifestation
concrète. Il est important d'avoir accès à un filet social juste et équitable,
et il est aussi important que ce filet en matière de sécurité sociale soit
accessible pour les Belges qui viennent ici
tout comme pour les Québécois qui sont en Belgique. Nous avons ces valeurs-là
en commun, un filet social important, et il faut le mentionner.
a beaucoup d'échanges internationaux avec la Belgique. Le collègue de la
banquette gouvernementale y faisait référence,
beaucoup de mobilité de travailleurs, d'étudiants, donc il est important, quand
les gens se... voyagent entre la Belgique
et le Québec, qu'ils puissent avoir... recourir ou avoir recours à une
couverture qui va, évidemment, les protéger.
Le ministère de la Santé et le ministère du
Travail sont deux ministères responsables visés par l'entente, et, évidemment,
c'est là aussi la manifestation du travail important que font les
fonctionnaires de ces deux ministères pour en arriver, évidemment, à la
réalisation et à la signature de telles ententes.
Et, pour les gens qui nous
écoutent, pour essayer de rendre ça un peu plus concret, je vous dirais que,
pour les organismes publics québécois qui sont visés par l'entente, il y a,
bien sûr, Retraite Québec, la Régie de l'assurance maladie, la CNESST et Revenu
Québec. Et permettez-moi de rappeler
certains principes, finalement, certains aspects-phares de cette entente
entre le Québec et le Royaume de Belgique : égalité de traitements,
l'entente informe et souligne pour le migrant qu'il aura les mêmes droits et
obligations que les nationaux eu égard à la sécurité sociale; la détermination
de la législation applicable; le maintien des droits en cour; le maintien des
droits acquis et le service des prestations à l'étranger, autant d'éléments qui
sont importants dans le cadre de cette entente.
Et d'ailleurs, si on regarde d'une façon plus
spécifique le texte de l'entente, on dit, par exemple, que, dans le domaine du
maintien des droits acquis, les droits aux prestations acquis par un migrant
dans un État
partie à l'entente, donc Québec-Belgique, sont conservés dans
l'autre État
partie de cette même entente, et le service des prestations à
l'étranger, donc le service des prestations auxquelles a droit un migrant, par
exemple en matière de santé ou advenant une lésion professionnelle, lui est
assuré par l'autre État
partie à l'entente.
Donc, c'est vous dire comment, finalement, cette
entente-là crée un filet social qui est important et qui fait en sorte que, si
un Belge vient au Québec, bien, il aura une protection. Et c'est la même chose
si un Québécois va, évidemment, résider ou étudier en Belgique. Donc, volet,
évidemment, très, très important.
Négociation, évidemment, qui a pris, comme je le
mentionnais, beaucoup de travail. Je reconnais à nouveau l'apport et le travail
des fonctionnaires. Et cette entente-là, finalement, va reconduire une entente
qui prévoyait déjà un filet social pour les échanges entre les Belges et les
gens du Québec. Donc, très, très important.
Je vous
souligne également que cette entente-là va aussi assurer, comme je le soulignais,
finalement, le filet social, les
différentes assurances qui pourront être données si jamais... si jamais
quelqu'un devait, évidemment, y avoir recours, que ce soit en matière de santé ou de sécurité au travail, normalement.
Donc, ça, c'est un volet important. Cette entente-là a été signée, mais
on doit, évidemment, en débattre pour qu'elle, éventuellement, prenne
pleinement toute sa force.
Ce n'est pas
la première entente de la sorte qui est signée. Le Québec en a signé avec
d'autres États à l'international. Cependant, cette entente particulière,
évidemment, vise notamment la coordination des régimes de sécurité sociale,
l'égalité de traitement dans l'application des législations, l'exportation des
prestations, la totalisation des périodes d'assurance pour l'ouverture du droit
à certaines prestations, le service des prestations en nature ou en cas de
maladie, d'accident de travail ou de maladie professionnelle et l'évitement
d'une double cotisation aux régimes visés pour les travailleurs non salariés et
les employeurs détachant temporairement des employés sur l'autre territoire.
Donc, les instruments modificateurs vont élargir le champ d'application de
l'entente à de nouveaux bénéficiaires, tout en effectuant la mise à jour qui
s'impose en fonction des modifications, bien sûr, législatives récentes dans le
corpus législatif québécois.
Alors, pour toutes ces raisons, entente
importante. J'ai été très heureux de prendre la parole pour souligner l'apport
positif de ce que cette entente-là va procurer aux Québécois qui vont aller en
Belgique et aux Belges qui vont venir, qui
vont venir au Québec. Et évidemment nous allons voter en faveur de la motion du
gouvernement. Je vous remercie, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député de l'Acadie. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Il n'y en a
pas.
Le Vice-Président (M. Lévesque) :
Oui, je m'excuse. Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Oui,
M. le Président. Je vais juste peut-être prendre le... je vais prendre une minute pour
m'installer. Merci beaucoup, M. le
Président. C'est vraiment un privilège pour moi. Merci, mon collègue de
l'Acadie. D'ailleurs, je salue non seulement la ministre des Relations
internationales et de la Francophonie, mais aussi mon collègue le député de l'Acadie et porte-parole de l'opposition
officielle de notre formation en matière, bien, de plusieurs dossiers et...
mais, aujourd'hui, relations internationales et de la francophonie.
C'est vraiment un privilège pour moi d'être ici
parmi vous aujourd'hui dans le contexte, dans le cadre de cette motion concernant l'entente entre le Québec et le
Royaume de Belgique qui cherche à modifier l'Entente en matière de sécurité sociale entre le Québec et le Royaume de
Belgique, qui a été signée en... le 28 mars 2006 et ensuite en avril 2023.
Alors, moi,
en tant que porte-parole de ma formation en
matière de solidarité sociale... Mais
aussi, M. le Président, je me permets
de le souligner, la plupart de ma carrière a été à l'international. J'ai pu, en
tant qu'anglophone qui a choisi de faire ses études, primaire, secondaire et
cégep, entièrement en français... Ça a été un atout pour moi parce que ça
m'a permis de poursuivre ma carrière à l'étranger, mais j'ai toujours choisi de
revenir au Québec. J'ai fait mes études en relations internationales au London
School of Economics. J'ai étudié à McGill pendant 10 ans... pardon, j'ai
enseigné à McGill pendant 10 ans en développement international. J'ai
travaillé comme rapporteur à l'ONU. D'ailleurs, j'ai suivi toutes les négociations sur les changements climatiques, la biodiversité
et beaucoup de COP. Mais aussi j'ai été la présidente et directrice
générale de la Fondation Jeanne-Sauvé, où on a reçu... Donc, quand je suis
revenue à Montréal, j'ai pu continuer ma
carrière en relations internationales. On avait des jeunes de partout dans le
monde, de 50 pays, des jeunes leaders, des jeunes professionnels,
qui parvenaient de tous les pays du monde, par la suite, j'ai été rectrice et
présidente du collège Pearson, en, voyons... en Colombie-Britannique, qui fait
partie de 12 collèges du monde, à travers le monde, et les étudiants
provenaient ou proviennent encore de 100 pays et plus, dont les Belges et
les Québécois, évidemment.
Un quart des étudiants provenaient des 10 provinces canadiennes et
territoires, mais 100 autres pays aussi. Donc, pour moi, de parler de cette entente, en tant que quelqu'un qui a
vraiment bâti une carrière... Et je devrais ajouter aussi conseillère
principale auprès de l'ancien premier ministre Paul Martin en matière de
coopération internationale. Alors, je trouve que l'entente, ça démontre... ça
témoigne, effectivement, du Québec à son meilleur, lorsqu'on est confiants et
ouverts sur le monde, inclusifs et diversifiés. Alors, je le souligne.
Comme vous le savez sûrement, M. le Président,
la population du Québec et celle de la Belgique francophone, notamment, ont des
caractères culturels très proches. Mon collègue a parlé de la gastronomie,
entre autres, mais aussi, évidemment,
géographiquement, politiquement, commercialement et linguistiquement,
évidemment. Le Québec et la Belgique ont de multiples points communs, et
ces points renforcent la relation entre... les relations entre nos deux
nations.
Ainsi, il est
logique que l'on entérine la continuation de cette entente. Les échanges
internationaux de travailleurs entre
les deux nations sont importants et essentiels. Ainsi, la protection et le
maintien de leur filet de sécurité est essentiel, et, pour cette raison,
nous sommes... C'est pour cette raison que nous sommes ici aujourd'hui.
Aussi, en
pleine pénurie de main-d'oeuvre, M. le Président, c'est important d'avoir des
travailleurs qui proviennent de
l'étranger, qui sont bien formés, qui sont bien éduqués, il y a une vraie
valeur ajoutée à notre société, et aussi, je n'en doute pas, les Québécois
qui se rendent en Belgique même pour travailler.
On sait que les sujets de l'entente sont les
suivants : l'égalité de traitement, la détermination de la législation applicable, dans ce cas, celle-ci, de l'accès à
une seule loi de sécurité sociale, le maintien des droits en cours, le maintien
des droits acquis et le service des prestations à l'étranger.
Comme vous le
savez, vous l'avez constaté, M. le Président, ce sont des points essentiels à
attacher et à entériner. On ne lésine donc pas sur ces enjeux. La
protection de nos travailleurs québécois en Belgique ainsi que la protection
des travailleurs belges ici, au Québec, en dépendent grandement.
Alors, c'est pour ça que... Avant de conclure,
juste pour souligner, encore une fois, à quel point cette entente ne reflète et ne témoigne pas seulement de notre
présence dans le monde, mais d'une grande ouverture vers le monde. Et, comme je le souligne, le Québec est vraiment à son
meilleur lorsqu'on est ouverts, inclusifs et confiants, et ça, cette entente-là
reflète très bien cette confiance et cette
ouverture vers le monde, et c'est un vrai atout pour le Québec et pour la
Belgique.
Alors, en conclusion, en conclusion, avec toutes
les raisons que j'ai énumérées, nous sommes en faveur de la motion, bien sûr, concernant l'Entente entre le
Québec et le Royaume de Belgique modifiant l'Entente en matière de sécurité
sociale entre le Québec et le Royaume de
Belgique qui a été signée le 28 mars 2006 et, par la suite, en avril 2023.
Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
députée de Notre-Dame-de-Grâce. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Il n'y en a pas.
Alors, nous allons maintenant procéder à la mise
aux voix de la motion de Mme la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie proposant :
«Que
l'Assemblée nationale approuve l'Entente entre le Québec et le Royaume de
Belgique modifiant l'Entente en
matière de sécurité sociale entre le Québec et le Royaume de Belgique signée le
28 mars 2006, signée le 19 avril 2023.»
Est-ce que cette motion est adoptée?
Le Vice-Président (M. Lévesque) :
Adopté. En conséquence, cet engagement international est approuvé par
l'Assemblée nationale.
Pour la suite de nos travaux, M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui.
Merci beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais de bien vouloir appeler
l'article 12 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : À
l'article 12 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport de la Commission
de la santé et des services sociaux
sur le projet de loi n° 66, Loi
visant à renforcer le suivi des personnes faisant l'objet d'un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause
de troubles mentaux ou d'inaptitude à subir leur procès.
Alors, je reconnais maintenant une première
personne, et ce sera M. le député de Maskinongé.
M. Allaire : Merci. Merci, M.
le Président. Je considère que c'est un privilège, chers collègues, de prendre
la parole au nom du ministre de la Sécurité publique pour la prise en
considération du projet de loi n° 66, Loi visant à renforcer le suivi des personnes faisant l'objet d'un
verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux ou
d'inaptitude à subir leur procès.
Je pense que c'est l'ensemble du Québec qui a
été touché suite aux événements, aux tragiques événements qui ont eu lieu à Louiseville. Et, tu sais, au-delà de
l'ensemble du Québec qui a été touché, naturellement, le rôle d'un élu, c'est
de représenter sa communauté, ça fait que vous pouvez comprendre, je pense, M.
le Président, que c'est l'ensemble de la communauté de Louiseville qui a été
fortement touchée par tout ce qui est arrivé.
Si on revient un peu en arrière, j'ai accepté de
déposer une pétition au nom de l'association des policiers et policières du Québec dans ce dossier, et c'est
quand même 24 000 personnes qui ont signé cette pétition. Je pense
que c'est une des pétitions, là, qui
ont récolté le plus de signatures, là, à travers... au fil du temps, là, dans
l'ensemble de l'histoire du Québec. Donc, c'est significatif, quand
même, c'est parlant.
Et, tu sais,
l'objectif, là, puis je le résume dans mes mots, là, c'était vraiment
d'améliorer tout le système ou l'écosystème communicationnel, là,
lorsque les policiers font une intervention. Je pense que tout le monde
s'entendait là-dessus.
Puis cette situation-là, elle a été rapidement
prise au sérieux par l'ensemble des intervenants, dont le ministre, que je salue, d'ailleurs, pour sa proactivité, là, dans
ce dossier, mais ce n'est pas le seul. Il faut voir, là, à partir du moment
où un enjeu comme ça a été adressé à notre
gouvernement, quand on comprend l'ensemble de ce dossier assez complexe,
parce que ça regroupait trois ministères, le
ministère de la Justice, le ministère de la Sécurité publique et le ministère
de la Santé... Quand je remercie le
ministre de sa proactivité, c'est que, rapidement, chacun des ministres a
mandaté, là, à la demande du ministre Bonnardel, leurs sous-ministres...
Le Vice-Président (M. Lévesque) : ...
M. Allaire : Pardon,
oui, le ministre de la Sécurité publique. Merci, M. le Président, de me
rappeler à l'ordre et... Mais ils ont mandaté chacun des sous-ministres,
là, pour travailler sur ce dossier-là. Parce qu'assurément, si tout le monde
aurait travaillé en silo, on ne serait pas arrivés avec une solution qui a
autant fait l'unanimité puis qui a répondu clairement à ce qui était évoqué
dans la pétition.
Je reviens aussi sur la proactivité du ministre.
Tu sais, dans un dossier comme ça, les gens veulent être rassurés. Et on s'est déplacés à Louiseville, avec le
ministre, pour rencontrer le maire de la municipalité de Louiseville. On s'est
déplacés pour rencontrer les policiers, policières qui travaillent au
poste, la sécurité... de la Sûreté du Québec, pardon, au poste à Louiseville,
également. Je sais que le ministre a rencontré à plusieurs reprises, ou son
cabinet, les membres de l'association des policiers et policières du Québec
aussi pour les rassurer. Puis j'entendais, d'ailleurs, une entrevue de M. Painchaud, à un moment donné, sur les
ondes d'un poste de radio de la région de la Mauricie, et qui disait, là :
J'ai confiance en M. Bonnardel,
j'ai confiance, il m'a regardé droit dans les yeux... j'ai confiance au
ministre, M. le Président... Oui, c'est correct, vous pouvez me rappeler
à l'ordre.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : ...je
fais le rappel, s'il vous plaît, d'utiliser toujours le
titre du collègue ici, à l'Assemblée nationale. Donc, je sais que
vous le savez, vous êtes un parlementaire chevronné. Alors, je vous invite
à la prudence.
M. Allaire : Merci,
M. le Président. Je pense que ça démontre bien cette proximité-là, justement,
lorsqu'on appelle un collègue par son nom. Je m'en excuse, je vais
essayer de ne plus répéter cet impair. Pardonnez-moi.
On se souvient aussi, dans tout ce processus,
qu'il y a une enquête, une enquête publique qui a été... qui a été commandée par la coroner Kamel. C'est des dossiers
publics, des... c'est des discussions, pardon, publiques et apolitiques qui ont lieu sur un événement qui s'est déroulé,
et qui est primordial pour s'assurer que ce genre de situation là, là, arrive
le moins souvent possible.
Si je
reviens, justement, aux consultations qu'il y a eu, c'est quand même
12 groupes qui ont défilé devant nous, qui sont venus présenter leurs
mémoires, M. le Président, le 10 et 11 septembre dernier, et je pense que
ça a été quand même unanime, de toute
évidence, là, les gens ont reçu favorablement le dépôt du projet de loi n° 66, et du fait qu'il répondait directement à un enjeu.
On a reçu des policiers, des criminologues, des
groupes de la défense des victimes, des groupes de défense des droits, des représentants des équipes traitantes
et plusieurs autres intervenants qui nous ont permis de bonifier notre
réflexion mais aussi bonifier le projet de loi.
Si j'isole un
peu certaines interventions, là, les gens de la Sûreté du Québec nous ont dit
qu'ils voyaient vraiment ce projet de loi comme un changement significatif sur
le terrain. Ils ont même utilisé le terme «coup de circuit». Ça fait que
je pense que c'est important de le redire.
Je pense que l'association des policiers et
policières du Québec, également, se sont montrés très favorables au projet de loi, qui répond vraiment aux besoins qui
étaient mentionnés notamment dans la pétition. Ça fait que je pense que,
de toute évidence, on est sur la bonne voie, là, pour que ce genre de situation
arrive le moins souvent possible.
On a également entendu, M. le Président, des
représentants de la Commission d'examen des troubles mentaux et l'Association des médecins psychiatres du
Québec qui ont formulé des recommandations, puis je vais y revenir un peu
plus tard.
Je tiens à
souligner aussi que le coroner en chef, M. Bernier, et la coroner Kamel,
qui sont venus aussi témoigner en commission à peine 24 heures
après le dépôt, justement, là, de l'enquête publique qui a été menée de main de
maître par la coroner Kamel... Et, de toute évidence, la
coroner Kamel, là, s'il y a un élément qui ressort du rapport, c'était, justement, tout l'élément... communicationnel,
pardon, des nombreux intervenants qui travaillent, là, auprès des personnes
non criminellement responsables, qui, de toute évidence, là, ne se parlaient
pas suffisamment ou adéquatement ou ils n'avaient pas les bons outils pour le
faire.
Puis un des éléments qui, je pense... qu'on doit
retenir de la commission, c'est qu'elle a salué publiquement la proactivité du
ministre Bonnardel... de M. le ministre, pardon. On va finir par l'avoir, M. le
Président, ne soyez pas inquiet. Donc, je
pense que c'est à souligner, parce que c'est la première fois, et elle l'a dit,
depuis qu'elle exerce ce métier, qu'elle
voyait un ministre déposer un projet de loi, une pièce législative importante
avant même qu'elle dépose son rapport. Donc, c'est important de le dire.
Il faut remercier l'ensemble des groupes qui
sont venus témoigner en commission. Ils ont vraiment permis, je pense, à nous,
du côté du gouvernement mais aussi à l'ensemble des partis de l'opposition, à
regarder comment qu'on pouvait améliorer ce fameux projet de loi. Et je parle
de deux amendements en particulier qui sont venus le bonifier, entre autres, on est venus un peu préciser
certains rôles, on est venus nommer plus précisément ce qu'est le poste d'agent
de liaison et le rôle qu'ils auront à jouer,
là, concrètement, sur le terrain, un amendement aussi qui est venu, d'une
certaine façon, là, clarifier le rôle du CETM et rendre plus... plus
anonymes, en fait, certaines dispositions.
Je l'ai dit un peu tantôt, là, mais je remercie
les collègues de l'opposition, je pense, qui ont fait en sorte que ce projet de
loi a très bien cheminé. Je pense que c'est un projet de loi qui se devait être
un projet de loi où on s'élevait au-dessus de la politique. Je pense qu'on le
fait tous pour les bonnes raisons. Ce qu'on voulait, c'est vraiment changer les choses, puis on l'a démontré rapidement, parce
que... Ce qu'on souhaitait, en fait, c'est que le plus rapidement que ce projet
de loi serait adopté, bien, plus rapidement qu'on arriverait, là, à donner
davantage d'outils aux policiers qui font des interventions pour que ça arrive,
naturellement, le moins souvent possible.
Alors, M. le
Président, je souhaite que l'ensemble des parlementaires votent en faveur de la
prise en considération du rapport à cette étape-ci. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Maskinongé. Alors, nous poursuivons maintenant avec
l'intervention de Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci, M. le
Président. Un plaisir de vous avoir avec nous ce matin. Évidemment, nous sommes
ici aujourd'hui pour débuter les échanges en ce qui concerne la prise en
considération de la loi n° 66, qui a quand même
un long titre, mais qu'on appelle vraiment la loi de Maureen. Puis on est ici parce qu'il y
a un an et six mois à peu près, M. le
Président, qu'une policière, une amie, une mère de famille, une conjointe, une
collègue a malheureusement perdu sa vie lors d'une intervention
policière, puis c'est malheureux. Je pense que tout le Québec a vécu cet
homicide.
Alors, nous
sommes rendus ici, au salon rouge de l'Assemblée nationale, pour parler, encore
une fois, de Maureen Breau. Encore une fois, je souhaite partager mes
sincères condoléances avec sa famille puis tous ses proches. Je pense à elle
régulièrement, non seulement quand on fait un débat sur un projet de loi comme
celui-ci, qui est sensible, qui est important, qui est petit, qui ne réglera
pas tout, mais parce que la cause de sécurité publique de nos policiers, nos
policières, de nos constables, ça me préoccupe énormément. Ça me préoccupe
énormément, parce qu'on n'en parle pas
assez, de l'importance de leur rôle puis l'humanité derrière ce qu'ils font.
C'est des êtres humains qui mettent souvent leur vie à risque pour notre
bien-être, pour notre sécurité, et je pense que nous devons avoir un énorme respect
pour ce qu'ils ont fait puis ce qu'ils font au quotidien pour nous,
surtout qu'on voit la dangerosité de qu'est-ce qu'ils font.
Maureen Breau n'est pas la seule ou la première
policière qui a perdu sa vie. On en a eu, d'autres cas, précédemment, autant
tristes. Mais celui-ci nous a frappés vraiment de front à cause du geste
violent. Puis évidemment les choses que nous n'avons pas faites auparavant,
qu'on aurait dû faire puis que nous sommes en train de faire un peu aujourd'hui
avec le projet de loi n° 66... Puis ça, c'est de préparer nos policiers,
policières avant qu'ils interviennent, de
leur donner les informations qui sont, évidemment, urgentes, importantes,
nécessaires, de savoir c'est qui qui est derrière la porte, pour qu'eux,
ils puissent se préparer, puissent se préparer pour tout événement.
Puis on sait que, si on avait agi différemment
dans le cas de Maureen Breau, avec Isaac Brouillard Lessard, peut-être, elle
serait ici avec nous aujourd'hui, puis, peut-être, on n'aurait même pas un
projet de loi à en débattre... qui est
triste, parce que, dans le fond, on sait que c'est nécessaire. Puis c'est
dommage, parce que c'est vraiment un incident majeur qui nous a poussés à avoir cette réflexion, puis j'espère que ce
ne serait pas toujours la manière dont laquelle que nous allons
travailler.
En tout cas, c'est... Évidemment, je suis fière
de porter la voix du Parti libéral du Québec et de moi-même en ce qui concerne cet enjeu puis la sécurité
publique. Puis, oui, c'est important de légiférer puis, oui, c'est important de
faire un petit pas. C'est trop tard pour Maureen. C'est trop tard pour
les trois autres personnes qui ont perdu leur vie en 2021 aussi à cause d'un
autre état mental perturbé, Mohamed Belhaj, André Lemieux, Alexis
Lévis-Crevier... en août 2022, excusez-moi,
qui ont été tués par un homme qui était lui aussi assujetti à des problèmes de
santé mentale. Puis, à quelque part, c'est trop tard pour ces personnes,
mais c'est aussi un peu trop tôt.
Et je dis ça
avec beaucoup d'humilité, M. le Président, parce que moi, j'ai poussé beaucoup
pour que le gouvernement agisse puis avance dans ce dossier, parce que
j'étais tellement interpelée. Puis on a des bonnes relations avec nos partenaires, que ce soit l'association des
policiers, policières du Québec, que ce soit la fédération des policiers,
policières de la ville de Québec, le
FPPM, le SPVM. C'est des gens avec qui on travaille étroitement, puis on savait
comment qu'eux, ils ont été shakés par rapport à ceci.
Mais c'est un peu trop
tôt, parce qu'il reste quand même des éléments qu'on n'a pas pris en
considération lors du débat de ce projet de
loi. C'est un projet de loi qui est très petit. C'est un projet de loi de 12 articles,
un projet de loi de 12 articles,
avec cinq articles qui représentent quand même de la concordance en anglais, ça
fait que, dans le fond, il y avait juste
deux articles à en débattre. Ça nous a pris très peu de temps de faire l'étude
détaillée à cause de ceci, mais je trouve qu'il y avait des éléments
qu'on aurait pu mettre puis des éléments qu'on n'a pas pu faire. Puis on n'a
pas pu amender puis ajouter parce qu'ils sont manquants, parce qu'on attend
toujours des études. Puis je vais revenir un peu à ça.
Mais, en contrepartie, je suis contente, parce
que c'est le fruit, quand même... une longue haleine de travail qui nous a pris
un an suite au décès de Maureen. Ça a été le dépôt de la pétition de
l'association des policiers, policières du Québec puis le travail de Jacques
Painchaud, un cas similaire... leur président, une pétition qui a quand même eu
24 000 signataires. Je pense qu'à
date c'est toujours le plus gros de cette législature. Ça fait qu'on voit
l'importance de l'impact sur le
terrain. Malheureusement, le gouvernement a voté contre. Le collègue de
Maskinongé, lui aussi, il a voté contre, malgré que c'était lui, le
parrain de cette pétition, parce que c'était arrivé dans sa région.
On a fait... J'ai déposé un mandat d'initiative,
encore une fois, pour pousser le gouvernement d'au moins avoir une réflexion,
mais ensemble, d'une façon transpartisane, pour jaser de qu'est-ce que nous
pouvons faire, qu'est-ce qu'on attend, est-ce qu'il y a des éléments dont nous
devons prendre en considération, peut-être, avant le dépôt d'un projet de loi,
est-ce qu'il y a des choses que nous pouvons faire avant le dépôt d'un projet
de loi, comment qu'on peut contribuer à avoir un projet de loi étoffé qui va
répondre aux besoins sur le terrain, puis qu'est-ce qu'on peut faire pour
entendre des groupes principaux, quelque chose vraiment rapide puis succinct
pour nous aider à entendre les groupes, pour avoir quelque chose, à la
réflexion de leurs besoins puis leurs demandes.
Malheureusement, le gouvernement a voté contre.
Puis j'étais étonnée de ça, parce qu'on a quand même fait les études puis le travail, puis on voit que
l'augmentation d'interventions policières pour état mental perturbé est le
syndrome de porte tournante qui est en explosion, une croissance de...
minimum, de 38 %. Puis, dans la région de... comme Granby, la région du ministre
de la Sécurité publique, on voit une
croissance de 130 %. Ce n'est pas rien. Puis ce n'est pas ce projet
de loi qui va tout régler ceci.
Puis, à la
suite de ce refus puis que le gouvernement avait voté contre, malheureusement,
on a fait aussi une motion de mercredi, encore une fois, pour amener de
la visibilité, pour essayer de pousser la réflexion du gouvernement, encore une
fois, pour travailler ensemble. Puis on avait l'APPQ qui était avec nous, le
FPPVM qui était avec nous, le FPPVQ qui ont
aussi été avec nous pour entendre les débats, puis pour nous épauler, puis nous
supporter dans cette démarche. Puis, vous savez, M. le Président, je
prends les choses personnelles peut-être un peu, parce que ça me tient vraiment
à coeur. Ça fait que j'ai trouvé ça vraiment difficile de recevoir ce non puis
le vote contre cette motion de mercredi.
On est ici aussi puis on a fait l'étude
détaillée suite à, oui, les incidents que nous avons vécus dans le passé, mais il y avait aussi le rapport de la coroner
Géhane Kamel, qu'on n'a pas reçu le rapport avant le dépôt du projet de loi.
Puis je comprends qu'elle est... Elle est contente parce que c'était quand même
un pas vers l'avant, puis ça a adressé quand
même quelques éléments qui étaient soulevés dans son rapport, qui est très
étoffé, mais pas tous les éléments, pas tous les éléments. Ça fait que
c'était un peu, peut-être, précoce.
Il y a aussi... Le 17 mai 2023, dans le
fond, quelques semaines après les événements tragiques, le gouvernement avait
confié à l'Institut québécois de réforme du droit et de la justice le mandat de
réaliser les travaux sur l'application de la
Loi sur la protection des
personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui.
C'est un long
titre pour ce qu'on appelle le
P-38. C'est le nom plus commun que les gens connaissent puis qui est connu sur
le terrain. C'est une loi qui existe
depuis un quart de siècle, quand même, 25 ans, alors ça fait très
longtemps. Puis malheureusement ce projet de loi arrive alors que leurs
travaux ne sont toujours pas encore entamés puis terminés.
Alors, est-ce
que c'est trop tôt? Est-ce qu'il y a des éléments qui sont manquants dans ce
projet de loi suite à la réflexion puis le dépôt, peut-être, de leur rapport?
Parce que, moi, ce que je souhaite, en tout cas, c'est que leur constat...
On va
profiter de l'occasion pour peut-être corriger le projet de loi, de faire des
amendements. Par la suite, est-ce que ça va nécessiter un autre dépôt d'un autre
projet de loi pour modifier le projet de loi n° 66,
qui modifiait, quand même, la
Loi sur les services correctionnels? En
tout cas, c'est... J'ai l'impression qu'on a commencé peut-être quelque chose qu'on... Il va falloir qu'on continue la
réflexion. Puis j'espère que nous allons compléter la réflexion parce que c'est
un travail qui est très important.
Puis, à avoir entendu tous les groupes... Puis
ce n'est pas beaucoup de groupes qui sont venus présenter en commission parlementaire, c'était juste une
journée, mais, à entendre les groupes, plusieurs, entre autres, évidemment, les
policiers, les groupes qui représentent des policiers et aussi les groupes qui
ont témoigné, qui étaient là pour la défense des
droits des personnes qui souffrent de troubles mentaux, eux, ils ont dit :
On devrait s'inspirer de qu'est-ce qu'ils font en Ontario. En Ontario, leur P-38, on appelle ça la loi de Brian, pour
un cas similaire. Puis un des problèmes qu'on fait face avec le P-38, pour la gouverne
de tout le monde puis votre écoute attentive, c'est qu'avant... c'est compliqué
pour les policiers d'agir. Même s'il dit : O.K., ça, c'est un cas de,
peut-être, quelqu'un qui souffre d'un état mental perturbé, est-ce que je devrais amener cette personne à
l'hôpital contre son gré? C'est ça, la loi, j'ai le droit de le faire, mais il
faut vraiment étudier la question. Est-ce que je vois... Il faut évaluer
la dangerosité de la situation.
Puis ça, c'était soulevé dans le rapport de la
coroner Kamel, c'était soulevé par plusieurs policiers aussi, si on avait jugé, dans les trois autres interventions
qu'ils ont eues avec Isaac Brouillard Lessard, peut-être on ne serait pas ici,
encore une fois, aujourd'hui, parce que les
policiers auront jugé : Ça, là, ça, il faut amener cette personne à
l'hôpital, parce que je vois que
c'est un danger pour lui-même puis c'est un danger aussi pour la population
autour, mais ce n'était pas le cas.
Mais, en
Ontario, on n'a pas besoin de faire cette évaluation, on n'a pas besoin
d'évaluer la dangerosité de la personne. Puis j'ai trouvé très intéressant d'entendre les groupes de défense des
droits des personnes qui souffrent de troubles mentaux, parce qu'eux, ils ont dit : C'est ma vie qui est à
risque, puis, si je suis rendu à ce point où je suis tellement désorganisé puis hors de moi puis je ne suis pas capable de me
contrôler, bien, je veux que les policiers interviennent pour m'aider, pour
me sauver, hein, puis je souhaite être en
bonnes mains, dans la main des soins de santé, services sociaux... que je
trouvais intéressant.
Puis
ça se peut que c'est ça qui va sortir de l'évaluation de l'institut québécois.
Je ne sais pas, ça se peut. Ça se peut que c'est ça qui va sortir lors de
l'évaluation qui sera terminée pour le P-38. On a... ma collègue de
D'Arcy-McGee et moi-même, on a
assisté, quand même, à une présentation d'où nous sommes rendus en ce qui
concerne cette réflexion, mais on a
un an, un an et demi, peut-être, peut-être même deux ans, un rapport qui va
être prêt puis complet, qui va être déposé
d'ici peut-être un autre 12 mois, mais après ça combien de temps est-ce
que ça va nous prendre pour déposer une loi qui va régler ceci, un règlement, une directive? Je ne sais pas. Parce
qu'il y a quand même une réflexion qui est en lien avec ceci, mais
j'espère qu'ils vont s'inspirer un peu de ça.
Puis
aussi j'espère qu'ils vont aller revoir et revisionner les vidéos que nous
avons... où nous avons entendu les groupes,
parce que, quand j'ai partagé, dans le briefing technique, que ces groupes ont
quand même témoigné leur désir d'avoir
un changement aussi, ainsi qu'évidemment les policiers, ils étaient surpris. Ça
fait que vous voyez comment nous ne
sommes pas peut-être tous dans la même place, puis ce n'est pas seulement les
policiers qui souhaitent avoir cette protection.
ça me fait réfléchir aussi, on n'a jamais autant parlé de la Commission
d'examen des troubles mentaux, jamais. Je vous mets au défi, M. le Président,
je pense qu'il y en a plusieurs, Québécois, Québécoises qui ne savaient même
pas que ça existait, avant un an et demi,
avec le décès de Maureen Breau. Parce qu'on se questionne : Qu'est-ce
qu'ils font? Comment ça fonctionne?
Comment ça se fait que M. Brouillard Lessard, il était libre? Comment ça
se fait qu'il n'y avait pas un suivi? Comment ça se fait que nous sommes
rendus ici à en débattre, au salon rouge, du projet loi n° 66?
Puis je mentionne
tout ça parce que c'est un petit projet de loi qui va... qui ne va pas régler
un gros problème. C'est un pas dans la bonne direction, certes, mais ça ne
règle pas tout. Ça ne va pas régler le syndrome des portes tournantes, les
portes tournantes où les policiers font des interventions, ils vont à la porte,
c'est une personne... ou ils disent :
O.K., cette personne, c'est clair, c'est un P-38, je vais amener cette
personne, pour sa sécurité, à l'hôpital, ils sont là pendant peut-être
une heure, il n'y a personne qui prend en charge la personne, il n'y a pas
un agent de sécurité ou ils oublient la personne, puis la personne soit qu'il
fugue ou il quitte. Ça fait que, dans une heure, deux heures,
trois heures, ils sont de retour chez
eux, un autre appel aux policiers : Bien là, la personne est toujours là,
la personne est toujours en crise, on fait quoi?
Bien,
ça, c'est une porte tournante, puis ça, ça continue. Puis ça, il y a une
fréquence tellement importante de ça qu'on mérite d'en discuter puis on
devrait prendre en considération qu'est-ce que nous pouvons faire pour aider
non seulement les personnes concernées, mais aussi toutes les personnes qui
doivent intervenir, que ce soient les policiers, que ce soient les services
sociaux, peu importe la personne sur le terrain, les agents de la communauté
qui sont là aussi, des fois, pour épauler
les policiers. Il faut prendre ça en considération parce que c'est en explosion
puis c'est un fait que les policiers
soulèvent depuis des années et des années. Même pendant que Mme McCann
était la ministre responsable de Santé, c'était dénoncé, puis elle, elle
avait dit : Je vais régler ça, je vais régler ça, mais il n'y a rien qui
est arrivé depuis, puis regarde qu'est-ce qui est arrivé à Maskinongé, à
Louiseville, malheureusement, le décès de Maureen Breau.
J'ai mentionné que le
nombre d'interventions pour les policiers, policières en ce qui concerne l'état
mental perturbé ait explosé. Ce projet de loi ne va aucunement régler ça. Ça ne
va pas régler la complexité, la lourdeur de leur travail... avec les années d'expérience, mais surtout en lien avec santé
mentale... puis que plusieurs policiers nous disent que je suis rendu
quand même un travailleur social puis je ne suis pas formé pour faire ça, ça ne
fait pas
partie de mon désir de vouloir
prêter main-forte puis faire
partie de forces de l'ordre puis la sécurité
publique, je n'ai jamais pensé que je dois travailler de cette manière.
Alors, qu'est-ce qu'on peut faire pour aider les policiers qui dénoncent ceci?
Puis
aussi ça ne va pas régler aucunement la formation, que ce soit la formation des
nouveaux agents d'intervention, que...
puis... ainsi que la formation des policiers, qu'on sait c'est le nerf de la
guerre. C'est quelque chose qu'on avait soulevé. Je ne sais pas si c'était vous, M. le Président, qui était ici quand on
a fait les interventions sur le projet de loi n° 14, qui est la réforme sur la Loi de la police, mais on
l'avait soulevé, la formation, c'est tellement essentiel. Puis, encore une
fois, je reviens au rapport de Géhane
Kamel, elle, elle l'avait soulevé dans ce rapport et dans le rapport précédent
avec les... ce qui est arrivé en août 2022, le triple homicide, elle
avait soulevé, encore une fois, la formation de nos policiers. C'est tellement
important, mais on n'en parle pas du tout, les policiers doivent être plus
formés.
Puis
je salue le travail de la Sûreté du Québec, qui... quand ils sont venus
témoigner en commission parlementaire, ils
ont parlé de ce qu'ils sont en train de mettre sur pied, ce qu'ils sont en
train de travailler, mais... puis ça, c'est la SQ, ce n'est pas les
municipalités. Puis je questionne comment qu'ils vont le faire, puis il n'y a
aucune obligation. Toutes les autres professions qui ont un ordre professionnel
ont quand même 45 heures sur trois ans, mais pas les policiers,
policières, il n'y a aucune obligation. On souhaite une requalification.
Mettons, tu veux avoir un Taser, tu veux avoir... tu veux être armé, ça prend
quand même une qualification, une requalification, il faut être formé, mais on
a un manque d'effectifs, on a des «ranges»
de tir qui sont fermés. Ça fait que comment ils doivent le faire pour être
formés? Ça fait que, en tout cas, c'est un autre casse-tête.
a entendu les sept groupes, quand même, lors des consultations, puis les sept
groupes... puis je vais les nommer, parce
que, sept groupes, je pense qu'on peut nommer c'est qui. J'ai mentionné la
Sûreté du Québec, la Commission d'examen des troubles mentaux, Mme Anne Crocker, qui est professeure
titulaire du Département de psychiatrie et d'addictologie, École de criminologie, Université de Montréal, et
directrice de recherche et enseignement universitaire à institut national
de psychiatrie légale de
Philippe-Pinel — très intéressante, son intervention. On a aussi
entendu l'Association des groupes d'intervention en défense de droits en
santé mentale du Québec, l'association québécoise de Plaidoyer-Victimes, le
Bureau du coroner, Me Kamel, qui était parmi nous, et aussi le Service de
police de l'agglomération de Longueuil.
Et je les mentionne parce
que leur intervention était tellement utile, importante, instructive... qui
nous a aidés à développer des amendements pour bonifier le projet de loi.
Encore une fois, un projet de loi qui est vraiment, vraiment petit, vraiment... seulement deux articles, parce
que... ceux qui étaient de la concordance, mais je vais adresser aussi la
concordance. Ça fait que nous, on avait
quand même déposé, lors de l'étude détaillée, trois amendements, pas beaucoup.
Comme je dis, on a quand même terminé le projet de loi dans moins de quatre
heures, environ quatre heures. Je n'ai jamais fait ça. Puis, oui, c'est vrai,
on avait quand même un bon rythme, puis je pense que le travail que nous avons entamé ensemble, tous les parlementaires, on
comprenait comment c'était important. Mais, comme j'ai dit, ça reste que
c'est un projet de loi hyper, hyper léger.
Ça fait que le premier amendement que nous avons
déposé, c'était en réponse des demandes des groupes, des policiers, qui nous
ont demandé d'avoir une réciprocité, parce que, dans le fond, ce que ce projet
de loi va faire, c'est deux éléments : un, on va créer une autre catégorie
d'agents dans le système correctionnel, et l'autre chose, c'est que ça va permettre le réseau de santé et services
sociaux de partager les informations qu'eux, ils disent importantes aux
policiers, policières lors des interventions, seulement pour les
personnes jugées non criminellement responsables, seulement pour eux, parce qu'on comprend que la protection
de ces personnes vulnérables est aussi un enjeu très important. Mais les policiers
souhaitaient aussi avoir de la réciprocité, puis que l'information soit — leur
mot — bidirectionnelle.
Ça fait qu'on a travaillé avec eux pour développer un amendement qui leur donne
la possibilité de partager les informations. Parce
qu'eux, ce qu'ils ont dit, c'est : Il y a des moments où nous aussi, on
veut prêter main-forte puis aider ces personnes. Puis, il faut le dire, puis j'ose croire que ma collègue, elle va
sûrement en mentionner, la majorité des personnes qui souffrent d'un problème de santé mentale ne sont pas
violentes, ils ne sont pas violents. Ça fait qu'on parle quand même des cas
extrêmes, des cas à part, c'est... Ça fait que comment que nous allons
traiter ça? Puis les policiers disent : Mais des fois on a des
interventions, puis on ne veut pas que ce soit judiciarisé, on ne veut pas que
l'information qu'on partage va amener la personne
devant le tribunal parce que ça ne va pas aider la personne concernée, alors
nous aussi, on souhaite être en mesure de partager de l'information.
Puis, pour eux, ce n'est pas clair que c'est écrit sur la loi de protection des
renseignements, qu'on peut le faire, ce n'est vraiment pas clair.
Ça fait qu'ils nous ont demandé de faire ces
correctifs. On avait déposé un amendement, on a dit... puis on voulait donner toute la liberté au gouvernement et
surtout le ministre et son équipe de travailler là-dessus et d'avoir une
bonne réflexion et aussi une consultation. Ça fait qu'on a dit qu'il peut faire
par le biais d'un règlement, qui est rare pour moi, M. le Président, parce que
c'est sûr, quand on est membre de l'opposition, on n'aime pas bien, bien ça,
les règlements puis les directives. Pourquoi? Parce que c'est flou, on n'a pas
de l'information, ce n'est pas du concret pour nous puis c'est... on a l'impression qu'on signe un chèque en blanc.
Mais, cette fois-ci, on a jugé que... parce que c'est tellement sensible puis qu'on souhaite... ça va bien, on a
proposé ceci, le «peut». Alors, on comprend que ça... ce n'est pas un «doit»,
qu'il doit, mais malheureusement il n'y avait pas d'ouverture de la part du
ministre, malgré qu'il avait débuté dans ses remarques
d'ouverture, lors de l'étude... l'étude détaillée, qu'il va être très ouvert.
Il a dit non à tous nos amendements. Mais, voilà, je... c'est comme ça
que ça fonctionne, je comprends puis, à quelque part, je ne comprends pas.
Ça fait que j'étais surprise que le gouvernement
ait voté contre cet amendement. Ça fait qu'on aurait réessayé, parce que ce qu'on avait entendu du ministre,
c'est que, bien, on n'a pas besoin de ça parce que c'est déjà écrit, c'est déjà
compris, mais chose que... tout le contraire des gens qui sont venus témoigner
puis... mais un règlement, bien, c'est long puis c'est compliqué. Bon, on aurait déposé un amendement, puis là on a
dit la même chose, qu'«il peut», mais maintenant avec une directive, une
directive qui ne prend pas une consultation de 45 jours de tous les
groupes concernés, qui peut faire... qui
peut être le sujet, ou est le résultat, le produit d'une consultation avec
toutes les parties prenantes, mais qui est beaucoup moins lourde comme
processus parlementaire qu'on peut utiliser pour répondre à une question des
groupes sur le terrain. Encore une fois, le
gouvernement et le ministre avaient voté contre. Ça fait que c'est clair, c'est
un peu comme les babines qui ne
suivent pas les bottines quand on dit qu'on va avoir une ouverture, mais,
voilà, on était rendus face à ça.
Je vous ai
parlé de formation, formation, encore une fois, qui est le nerf de la guerre,
qui a été soulevée par le coroner, qui est soulevée par les policiers,
et même l'APPQ ont dit : On est confortables que vous mettez en noir et
blanc dans la loi qu'on doit suivre
45 heures de formation ou de requalification sur trois ans tellement
qu'on sait que c'est important pour
notre protection, pour la protection de notre... de la société qu'on protège.
C'est vraiment le nerf de la guerre. Eux, c'est les policiers, eux-mêmes sont
confortables à le faire, mais le gouvernement avait... eux, ils ont dit :
Non, la formation, dans le fond, ce
n'est pas si important que ça. Nous, on va gérer ça autrement, puis il y a
quelque chose qui s'en vient, mais pas assez important pour mettre dans
la loi.
Ça fait que, encore une fois, c'est une grande
surprise. Il y avait quand même un élément qui était soulevé par mon collègue de... le deuxième groupe d'opposition,
un amendement qui était abordé suite à une lettre que nous avons reçue
de la Commission de la santé et des services sociaux des premières nations du
Québec et du Labrador, puis eux nous avaient demandé d'avoir quand même des
spécificités qui étaient notées dans la loi de leurs centres de services
sociaux. Pourquoi? Parce qu'ils disent
qu'ils sont comme à part. Ça fait qu'eux, ils avaient aussi écrit un amendement
que j'avais trouvé intéressant, mais malheureusement, encore une fois,
le gouvernement a voté contre.
Là, on va
parler un peu de l'autre élément que j'avais dit, là, on va adresser quand même
le fait que Santé et Services sociaux
peut partager des informations en lien avec des personnes qui sont considérées
non criminellement responsables. Mais l'autre chose qui est dans la loi, c'est
les agents de liaison, puis ça, c'est un amendement qui est abordé par le
gouvernement, que je salue. Pourquoi? Parce que
tous les groupes qui sont venus témoigner, ce n'était pas nommé dans la
loi, ont parlé de la création de nouveaux postes, une nouvelle catégorie
d'emploi qui n'était pas nommée. Ça fait que,
là, encore une fois, on fait face... C'est flou. Comment qu'on va travailler?
Services sociaux, si c'est interprété que, ah! bien, agent de liaison,
ce n'est pas dans la loi, ça fait que, non, c'est clair, je ne peux pas donner
de l'information à cette personne. Puis
c'est un rôle clé qui était aussi une recommandation de Géhane Kamel. Ça fait
que c'est une bonne affaire, que nous allons poursuivre
avec ce rôle. C'est des personnes, oui, sous la responsabilité de services
correctionnels, mais qui ne vont jamais, apparemment, aller dans tout ce
qui est milieu carcéral. Eux, ils vont travailler à l'extérieur. Il faut qu'ils
font
partie d'un ordre professionnel. Ça fait que ça, c'est une bonne chose.
Mais
il y avait quand même des préoccupations qui ont été soulevées, entre autres
par la Pre Crocker : Pourquoi que ce rôle ne réside pas sous
la responsabilité de Santé et Services sociaux?, qui est logique et une bonne
question à poser, parce qu'on parle de cette personne qui va avoir la
responsabilité d'évaluer la personne concernée, la personne non criminellement responsable qui va... la
responsabilité de cette personne va être déterminée par le CETM, par la Commission
d'examen des troubles mentaux. Encore une
fois, une grande responsabilité qui amène aussi la question : Si on a
seulement 18 agents de liaison puis deux coordonnateurs, combien de
dossiers est-ce que ces personnes vont être responsables? Parce qu'on sait qu'il y a
2 150 dossiers, 1 900 dossiers qui sont actifs. Ça, ça
amène énormément de dossiers par personne. Puis les familles souhaitent être consultées par les agents de liaison,
puis un agent de liaison qui est supposé d'être là pour donner de l'information
aux policiers, de donner de l'information aux Santé et Services sociaux, de
prendre soin de la famille, de prendre soin
de la personne concernée. Ça fait qu'on a compris qu'on a peut-être 400 à
500 dossiers actifs qui doivent
être suivis par ces personnes, mais on n'a pas parlé de la formation. Ça va
être quoi, la formation? Comment ça va fonctionner? C'est qui qui va
donner la formation?
Alors, c'est sûr, ça
nous amène à avoir quand même des préoccupations. Pourquoi? Parce que, encore
une fois, c'est un nouveau rôle. C'est un rôle que je pense qui va amener du
bien puis qui va aider les personnes concernées, mais ça ne va pas tout régler.
Ça ne va pas régler les portes tournantes. Ça ne va pas régler la hausse
exponentielle des interventions en lien avec l'état mental perturbé, parce
qu'on parle uniquement des personnes qui sont jugées non responsables à cause de leur santé mentale. Alors,
toutes les autres personnes qui ne sont pas prises en charge, on ne parle
pas d'eux, puis on ne parle pas, aussi, de l'importance cruciale d'aussi
protéger les personnes concernées qui sont vulnérables, il faut le dire.
faut s'assurer de ne jamais perdre la vue de notre but quand il y a une
personne qui est jugée non criminellement responsable ou n'importe qui qui fait
partie de notre système carcéral.
Ce qu'on souhaite, évidemment, c'est un rétablissement, une réinsertion
sociale. C'est ça, le but. Oui, c'est punitif parce qu'ils sont jugés, peu
importe s'il y a quelque chose de grave qui
est arrivé, mais le but, c'est toujours quelque chose de bien pour notre
société. C'est ça qu'on souhaite. Alors, j'ai quand même des
préoccupations de ceci. Puis je veux m'assurer aussi que les droits des
personnes concernées ne sont pas brimés.
C'est sensible. Il ne faut jamais perdre la vue que ces personnes sont des
êtres humains puis ils ont des droits, et il ne faut jamais prendre ça
léger.
Alors,
évidemment, mention pour les policiers, policières, mais aussi pour le réseau
de santé et services sociaux, pour le
nouveau rôle d'agent de liaison puis peut-être aussi les agents de probation,
parce qu'il y a quand même les deux, puis
c'est pourquoi que les... ces personnes concernées, ils ont quand même une
inquiétude, il y a une peur qui est là parce qu'un agent de probation
puis un agent de liaison, on veut s'assurer qu'on a une ligne qui divise les
deux.
fait que le temps file, M. le Président, il me reste littéralement
20 secondes. Ça fait que je vais vous remercier pour votre attention. Puis j'ai hâte pour la
suite, parce que, c'est clair, l'adoption... la prise en considération, c'est
une étape importante, mais, lors de
l'adoption, on souhaite poursuivre pour aider le gouvernement dans la démarche
d'aider les personnes vulnérables ainsi que notre sécurité publique.
Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. Et maintenant je reconnais Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass :
Merci, M. le Président. Donc, je prends la parole, aujourd'hui, avec ma
collègue députée de Westmount—Saint-Louis, qui, vraiment, a pris ce dossier à
coeur depuis le malheureux décès de
la sergente Maureen Breau, qui a mené
une bataille avec une pétition, qui a été auprès de la communauté et, vraiment,
s'est impliquée depuis le début. Donc,
de voir le projet de loi qui a été déposé par le gouvernement, comme elle a
dit, c'est un début. On n'est pas encore rendus là, mais c'est un début.
qu'on se pose comme question, c'est la raison pour laquelle le gouvernement a
déposé leur projet de loi avant que
le rapport de la coroner ne soit déposé. On retrouve 13 articles dans ce
projet de loi et 38 recommandations que la coroner a faites. Donc, comme on le dit, un début, mais
beaucoup de travail qu'il reste à faire, puis on espère que ce n'est qu'un
début.
Donc, un projet de
loi important, comme j'ai mentionné, autrement connu comme la loi Maureen
Breau, qui vise à renforcer le suivi des personnes faisant l'objet d'un verdict
de non-responsabilité criminelle en raison de troubles mentaux. Donc, je voudrais prendre quelques minutes, pour ceux qui nous
écoutent, pour mieux comprendre qu'est-ce qu'implique un verdict de
non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Donc, lorsqu'une
personne est déclarée non responsable criminellement, cela signifie qu'elle
n'était pas en mesure de comprendre la nature de ses actes au moment de
l'infraction en raison de troubles mentaux avérés. Cette décision est souvent
prise par les tribunaux dans un souci de
justice, et les verdicts de non-responsabilité ne doivent pas être perçus comme
une impunité, mais plutôt comme une
reconnaissance de la nécessité d'un traitement adapté. En renforçant le suivi,
nous pouvons mieux prévenir les récidives
et assurer un environnement plus sûr pour tous et pour toutes. Trop souvent, le
système judiciaire et le système de santé mentale fonctionnent en silo,
ce qui peut entraîner des lacunes dans le suivi et le traitement.
Le projet de loi
n° 66 propose une approche intégrée qui faciliterait
la collaboration entre les professionnels de la santé, les travailleurs sociaux et les autorités judiciaires, mais il y
a des lacunes dans ce qui est proposé, et je voudrais les amener en
lumière.
Donc,
le projet de loi, entre autres, crée, comme ma collègue l'a mentionné, un poste
d'agent de liaison, ce qui encouragerait la collaboration entre divers
professionnels. Par contre, cette approche interdisciplinaire permettrait de s'assurer que chaque individu bénéficierait d'un
suivi complet et cohérent. Mais certains experts et certains groupes ont
toutefois critiqué l'affiliation de ces
agents de liaison aux services correctionnels et non au réseau de la santé.
Cela pourrait risquer de susciter la
méfiance, est venue expliquer, lors des consultations, la directrice de la
recherche et de l'enseignement de l'Institut national de psychiatrie
légale Philippe-Pinel. Selon elle, cela vient perpétuer que le rétablissement
est à l'opposé de la sécurité publique. Si l'on souhaite mandater quelqu'un
pour coordonner le suivi des personnes reconnues non criminellement
responsables, il faudrait que l'intervenant relève du milieu de la santé et des
services sociaux.
L'Association des
groupes d'intervention en défense des droits en santé mentale du Québec ont
aussi critiqué cette mesure, car le
problème, c'est que cet agent sera lié aux forces de l'ordre, ce qui ne
fonctionnerait pas. Il faudrait plutôt que
ce soit au nom de la santé. Puisqu'on parle ici de personnes malades, dont
l'approche est un art complexe, si l'agent est tagué «sécurité publique», il
va... les personnes pourraient avoir peur. Et, encore une fois, on parle de
personnes avec de graves troubles
mentaux. Nos personnes dans le réseau de la santé sont les mieux placées pour
comprendre leur réalité, pour comprendre comment les approcher, pour
comprendre comment pouvoir les amener à recevoir les soins dont ils ont besoin. Mettre un agent qui représente les
forces de l'ordre, comme j'ai mentionné, ça donne plutôt l'impression que la
personne a fait quelque chose de mal. Plutôt qu'essayer de les comprendre et de
vouloir rétablir la situation, bien là, on vient les punir un petit peu, les condamner. Et, même pour les
proches de ces personnes, ça pourrait faire une énorme différence, car,
en mettant ça à la Sécurité publique, les proches et la famille peuvent
devenir... peuvent se sentir des délateurs.
Ils pourraient être portés à ne pas tout dire, car ils ont peur que, leur
proche, s'ils parlent à un agent de la paix, bien, il peut y avoir des répercussions à propos des agissements de
cette personne-là. Donc, il faut une sensibilité que les gens qui travaillent dans le réseau de la santé et
des services sociaux ont, car c'est des situations et des populations avec
lesquelles ils agissent régulièrement. Donc, il faut les aider à aller mieux,
et, pour ça, il faut qu'elles développent une relation
de confiance avec la personne qui veut les aider. Encore une fois, c'est plus
facile d'avoir ce lien de confiance avec quelqu'un du réseau de la santé que du réseau de la sécurité publique,
pour les personnes avec des troubles mentaux graves.
Également,
ces personnes qui commettent des infractions ne doivent pas être stigmatisées.
Au contraire, elles méritent une
seconde chance. En leur offrant des programmes de traitement adaptés, nous
pouvons les aider à intégrer la société de manière constructive, et il y a des éléments dans le projet de loi
n° 66 qui mènent à des dispositions pour la réhabilitation.
contre, deux choses. Premièrement, dans le système de la santé et services
sociaux que nous avons présentement... est débordé. Nous avons une liste en
santé mentale qui est presque de 20 000 personnes. C'est bien de
dire : On va leur donner les
services, on va les encadrer, mais il faudrait que les ressources soient là, et
présentement les ressources ne sont pas là. Également, il ne faut pas
que ce soient des traitements où on prescrit un médicament à une personne et
que le traitement s'arrête là. Il y a trop de surmédication qui se fait au
Québec, et il ne faudrait pas qu'on s'attende à... une personne avec des troubles mentaux graves prenne une pilule
puis, de façon magique, tout va se rétablir, et ils vont voir clair. Ils ont
besoin d'un suivi d'un psychologue, d'un psychiatre, selon le spécialiste dont
ils ont besoin, mais présentement on n'a pas les ressources. Et ce qui fait en
sorte que, justement, on a... le Québec s'est retrouvé avec plusieurs
situations, dans les dernières années, où
des personnes qui avaient des troubles mentaux graves ont commis des crimes
parce que peut-être qu'ils se sont tournés envers le système, mais le
système n'avait pas les ressources pour eux. Donc, il ne faut pas que ces personnes-là, quand on les identifie, qu'on...
qu'ils n'aient pas accès aux ressources, aux traitements dont ils ont besoin
pour vraiment pouvoir combattre leurs
troubles mentaux graves et devenir des citoyens qui peuvent contribuer à la
société.
Donc,
renforcer le suivi des personnes souffrant de troubles mentaux graves nécessite
des investissements substantiels dans
des programmes de traitement, des services de santé mentale et des formations
pour les professionnels. Sans un budget adéquat, il serait difficile de
garantir que les mesures prévues dans le projet de loi soient effectivement
appliquées, ce qui pourrait compromettre l'objectif de la réhabilitation et, en
parlant de la réhabilitation, qui ne consiste pas seulement à réduire les
risques, mais aussi à permettre aux individus de vivre de manière autonome et
significative.
Donc,
une autre lacune du projet de loi est l'absence de mesures claires pour évaluer
l'efficacité des programmes de suivi
de traitement. Sans indicateur de succès défini et sans mécanisme d'évaluation
en place, il serait difficile de déterminer si des objectifs de réhabilitation et de sécurité sont réellement
atteints. Une évaluation régulière et rigoureuse est essentielle pour
ajuster les stratégies et garantir que les ressources sont utilisées de manière
optimale.
lors des consultations publiques, plusieurs groupes ont demandé qu'un vrai
traitement d'un suivi thérapeutique, encore une fois, pas juste des
pilules, un engagement sincère envers la réhabilitation des personnes souffrant
de troubles mentaux graves doit se traduire par des ressources adéquates. Et
justement, quand on pense aux recommandations que la coroner a faites lors du dépôt de son rapport, un élément important
qui a été proposé auparavant était la mise en place d'un tribunal
exclusif au traitement des cas de santé mentale, qui aiderait grandement les
psychiatres dans leur travail, tout en
évitant aux familles de devoir frapper à plusieurs portes du système de
justice. On comprend mal pourquoi le ministre n'a pas été ouvert à cette suggestion-là, puisqu'elle a été faite en
2022, également suite aux morts tragiques de trois personnes à Laval. Et
justement ce travail est remis à la coroner parce que c'est la mieux placée
pour vraiment examiner l'enjeu, examiner le portrait présent et voir ce qui
pourrait être mis en place. Ça existe en Ontario, et, comme le premier ministre
nous rappelle souvent, on veut toujours être comme... bien, la CAQ veut
toujours qu'on ressemble plus à l'Ontario. Donc,
ce tribunal administratif spécialisé en santé ferait en sorte, encore une fois,
qu'on taperait juste à une porte, ce qui n'est pas présentement le cas.
Donc, je voudrais
terminer en demandant pourquoi le ministre n'a pas été plus ouvert aux
amendements que ma collègue de Westmount—Saint-Louis a proposés, tous dans l'esprit de bonifier ce projet de loi, que ce
soit pour une formation de
35 heures pour les policiers pour s'assurer... et c'est pour leur
protection et la protection de la population, pour ceux avec qui ils vont avoir
affaire.
Donc, un bon début, mais beaucoup de
travail qui reste à faire. On espère qu'il y aura d'autres projets de loi à
venir par la suite pour combler les
lacunes. Mais, pour ce qui est de la prise en considération, ma formation est
en faveur. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de D'Arcy-McGee. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Il n'y en a pas.
Alors,
le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux portant sur le projet de loi n° 66, Loi
visant à renforcer le suivi des
personnes faisant l'objet d'un verdict de non-responsabilité criminelle pour
cause de troubles mentaux ou d'inaptitude à subir leur procès, est-il
adopté? Adopté.
Pour la suite de nos
travaux, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Je vous demanderais
de bien vouloir appeler l'article 3 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : À
l'article 3 du feuilleton, Mme la ministre de l'Économie, de l'Innovation
et de l'Énergie propose l'adoption du
principe du projet de loi n° 69, Loi
assurant la gouvernance responsable des ressources énergétiques et
modifiant diverses dispositions législatives.
Alors,
pour la première intervention, je reconnais Mme la ministre de l'Économie, de
l'Innovation et de l'Énergie.
Mme Fréchette : Merci beaucoup. Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, je suis très heureuse d'être avec vous
aujourd'hui, de même avec les collègues. C'est un honneur, en fait, de pouvoir
m'adresser à mes collègues pour discuter en détail du projet de loi n° 69 qui vise à assurer la gouvernance responsable des
ressources énergétiques.
Alors,
je tiens d'abord à saluer mes collègues parlementaires qui ont participé aux
consultations particulières qui se sont
tenues il y a quelques jours. Donc, je fais référence plus particulièrement au
député de Rouyn-Noranda—Témiscamingue, le député de Gatineau, le député de Gaspé, le député de
Côte-du-Sud, celui de Dubuc, la députée de Saint-Laurent, la députée de
Mille-Îles, le député de Maurice-Richard, le député de Jean-Talon et le député
de René-Lévesque. Donc, merci à vous tous d'avoir pris part à ces échanges.
J'aimerais également souligner le travail de mon prédécesseur, M. Pierre Fitzgibbon, qui, depuis le début du
présent mandat, a supervisé les différentes équipes du gouvernement pour
la rédaction de cet important projet de loi.
Alors, comme vous le
savez, notre gouvernement s'est engagé dans un grand mouvement collectif, un
véritable projet de société, en fait, pour
décarboner notre économie d'ici 2050. Pour ce faire, on doit faire preuve
d'audace, on doit faire preuve d'ingéniosité, et c'est ce dont on a
amplement... dont on dispose amplement, je dirais. Québec est bien positionné
pour y arriver et pour se démarquer. On a tout ce qu'il faut, en fait, pour
être des leaders de la transition énergétique
et de l'économie verte. On a l'expertise. On a la capacité d'innover. On a les
ressources naturelles. On a les réseaux électriques les plus verts au
monde.
Pour
l'efficacité énergétique et l'électrification des transports, des bâtiments et
de certaines activités industrielles. On doit agir dès maintenant pour que l'ensemble
de la société québécoise puisse contribuer pleinement à la transition
énergétique, qui est un défi à l'échelle internationale, et, pour ça, on doit se doter d'une vision claire
pour bâtir un Québec encore plus vert et prospère pour nos générations futures.
Et c'est exactement ce qu'on va faire, M. le
Président, avec le projet de loi n° 69. Avec ce projet de
loi, on veut revoir et moderniser l'encadrement du secteur énergétique.
Donc,
principalement, on a trois objectifs : renforcer la gouvernance du secteur
énergétique, améliorer la gestion de l'offre et la gestion de la demande en
énergie et optimiser le processus de fixation des tarifs d'électricité et de
gaz naturel.
deux dernières années, il y a des consultations préalables qui nous ont permis
d'identifier les freins à l'accélération de la transition énergétique dans le cadre légal et réglementaire
actuel. Le projet de loi n° 69 reflète les principaux consensus parmi toutes les avenues mises sur la table, et
c'est ce avec quoi on propose d'aller de l'avant. Il va nous permettre d'agir
à la hauteur des ambitions des Québécoises
et des Québécois. Le cadre législatif actuel date d'il y a plus de 25 ans
et ne répond plus au contexte énergétique en grand changement. Donc, il
faut se tourner vers le futur pour maintenir notre avantage concurrentiel en
énergie verte, un avantage qui est à risque si on ne se dote pas des bons
outils dès maintenant, parce que le Québec n'est pas le seul dans la course à
la transition énergétique.
L'élément central de
notre projet de loi, c'est donc le plan de gestion intégrée des ressources
énergétiques, communément appelé le PGIRE. Il s'agit d'un processus structuré,
participatif et transparent qui va nous doter d'une vision d'ensemble de l'avenir énergétique. Le projet de loi n° 69 permet d'encadrer et de pérenniser la mise en place du PGIRE. Cet encadrement législatif va permettre de
bien définir les rôles et les obligations de l'ensemble des parties purement
liées au développement énergétique du Québec. On a, bien sûr, l'intention d'élaborer
ce plan avec la participation du plus grand nombre. Plusieurs intervenants ont
d'ailleurs déjà levé la main. Le message est entendu.
PGIRE va porter sur toutes les sources d'énergie. Il va fournir également un
état des lieux sur la consommation énergétique et va nous permettre
d'avoir une réflexion éclairée sur l'énergie, notamment en discutant des
trajectoires possibles quant à l'évolution
du contexte énergétique. Il évaluera les différentes options
d'approvisionnement énergétique pour répondre aux besoins variés et à
nos objectifs de décarbonation, tout en considérant les implications
économiques et sociales. Bref, c'est un
outil stratégique important pour informer, pour sensibiliser et pour mobiliser
les citoyens afin de prendre des
décisions éclairées et pour guider les différents acteurs comme Hydro-Québec et
les distributeurs gaziers, tout comme
la Régie de l'énergie. D'ailleurs, avec le projet de loi n° 69, la Régie de l'énergie conserve toute son indépendance. Sa
mission va être élargie pour qu'elle prenne en compte la transition énergétique
dans ses décisions.
Dans un
contexte d'évolution rapide du portrait énergétique, le projet de loi n° 69 propose également de modifier le processus de fixation des
tarifs pour obtenir plus de visibilité et de stabilité aux consommateurs, tout
en évitant des hausses importantes lors des révisions tarifaires, sans oublier
les entreprises, ici et ailleurs, qui sont aussi à la recherche d'une énergie
propre.
Alors, comment répondre à cette demande qui
croît plus rapidement que l'offre? Eh bien, plusieurs intervenants ont insisté, avec raison, sur l'importance de
miser d'abord sur l'efficacité énergétique, un principe auquel nous adhérons. Il faut aussi accélérer le développement de
nouveaux projets énergétiques en électricité et dans les autres filières
d'énergie verte et complémentaire.
L'octroi des
blocs d'électricité est un sujet qui a fait beaucoup couler d'encre ces
derniers... ces dernières semaines, parce que les besoins en énergie propre et
en puissance sont immenses, et la capacité de répondre, elle, est limitée.
Donc, on doit faire des choix, des choix
stratégiques, et continuer de sélectionner les projets les plus porteurs pour
le Québec. C'est essentiel si on veut enrichir les Québécois et profiter
de notre avantage comparatif avec les autres États dans le monde.
Avec le projet de loi, on veut également donner
plus de flexibilité à Hydro-Québec pour qu'elle puisse répondre à la demande.
La mission principale d'Hydro-Québec est bien sûr de satisfaire les besoins en
électricité des marchés du Québec de manière
sécuritaire, fiable et à un coût avantageux. On veut donc lui donner les moyens
d'accélérer ses projets dans le but d'assurer notre résilience et notre
sécurité énergétique, et ce, dans toutes les régions du Québec.
Il ne s'agit
pas... Il ne s'agit là que de quelques exemples de ce que propose le projet de
loi n° 69. Il présente des avancées
significatives, avec des outils qui vont permettre à tout le monde d'embarquer
dans ce grand projet de société qu'est la transition énergétique.
Au total, 38 groupes et intervenants ont
été entendus lors des consultations particulières. On a reçu, en fait, jusqu'à
présent, même plus de 70 mémoires. Et tout le monde s'entend sur le fait
qu'un changement législatif est nécessaire
si on veut atteindre nos objectifs. La majorité des intervenants ayant déposé
des mémoires sont en faveur des grands objectifs du projet de loi n° 69. Ils nous ont transmis des propositions et des mémoires qui nous
aideront à revoir l'encadrement du secteur de l'énergie de manière
encore plus efficace.
Parmi les
recommandations reçues, je pense, entre autres, au PGIRE
qui doit porter sur toutes les sources d'énergie, incluant les mesures
d'efficacité énergétique, et qui, de toute évidence, est attendu par l'ensemble
des parties prenantes. Tout le monde souhaite y contribuer.
On nous a
aussi relevé l'importance de tenir compte du portrait régional du Québec dans
l'élaboration de ce PGIRE. Pour plusieurs, la sobriété et l'efficacité
énergétique devraient être priorisées comme sources d'approvisionnement.
On nous a aussi souligné l'importance de trouver
un équilibre, un équilibre entre le maintien de la compétitivité de nos
entreprises, la protection de la clientèle domestique et la juste part des
coûts que chaque type de consommateur doit assumer.
On nous a
proposé de permettre des modèles innovants de production et de vente
d'électricité et des partenariats, tout
en protégeant le caractère public d'Hydro-Québec, et ça, c'est important. Il
s'agit là d'un aspect crucial pour encourager le développement
économique de nos régions.
Et, enfin, il est souhaité de tenir compte du
potentiel des autres filières énergétiques pour assurer, entre autres, notre
sécurité énergétique.
Ces recommandations, M. le Président, reflètent
bien l'engagement collectif qu'on ressent, partout au Québec, en faveur de la
transition énergétique. À l'heure actuelle, c'est assurément notre plus grand
défi, mais c'est aussi très encourageant de voir tous les acteurs se mobiliser
et être prêts à travailler ensemble.
Avec le projet de loi n° 69, on se donne
les outils nécessaires pour faciliter cette transition au meilleur coût pour la société québécoise, tout en favorisant
l'acceptabilité sociale et un développement économique durable. Un projet
de loi-phare et audacieux qui fera rayonner davantage le génie et l'audace des
Québécois et Québécoises en matière d'énergie verte.
Sur ce, merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
ministre. Maintenant, je reconnais Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Bonjour, M. le
Président. Je vois l'heure qui file. Donc, je vous dis d'avance que je vais
réserver mon temps pour la reprise des travaux, parce que je ne pense pas avoir
terminé dans le délai imparti.
Alors, le projet de loi n° 69, je remercie
d'abord ma collègue la députée de Mille-Îles, qui m'a accompagnée tout au long
des travaux. Merci aussi à tous ceux qui ont participé, les nombreux mémoires
que nous avons reçus. On a eu beaucoup de demandes de
participation. Malheureusement, vous le savez, on n'a que des plages horaires
limitées. Notre souhait, ça aurait été d'entendre tout le monde, mais on a dû
se plier.
Bien
évidemment, nous, au Parti libéral du Québec, on avait demandé, avant de
déposer un tel projet de loi n° 69 : N'est-il pas temps,
au Québec, d'avoir une jasette nationale sur la situation énergétique du Québec
pour la suite des choses? Et à l'époque c'était le député de Jacques-Cartier
qui était le porte-parole, à ce moment-là, et moi, je suis la remplaçante, M. le Président... avait dit :
Bien, c'est important, il n'y a plus de vrai débat public sur ce dossier, sur
cet enjeu-là qu'est Hydro-Québec,
l'énergie, nos précieux blocs d'énergie. Et on a eu un sentiment d'avoir été
bousculé et pas trop savoir pourquoi, mais surtout pour qui on fait le
p.l. n° 69. Alors, tout au long de mon intervention,
ces deux questions-là, je vais essayer de répondre le pourquoi et le pour qui.
J'ai entendu
la ministre nous parler de gouvernance. Elle nous a aussi dit que le projet de
loi répondait à améliorer, et je cite,
la gestion de l'offre d'électricité et, troisième chose qu'elle nous a dite,
optimiser l'électricité. Le tarif d'électricité, elle veut l'optimiser.
Optimiser, généralement, c'est que c'est plus efficace. Je ne comprends pas
vraiment le terme qui a été employé
aujourd'hui. Est-ce que c'est parce qu'on nous annonce une hausse de tarif mais
que le nouveau mot choisi, c'est
«optimiser»? C'est quand même audacieux, ça, je l'accorde, qu'au lieu de parler
de hausse on parle d'optimisation de tarif.
Alors,
aujourd'hui, moi, je vais faire le point sur cela, sur les trois termes employés
par la ministre de l'Énergie, mais je vais aussi vous parler de
l'article 38. Je vous parlerai du rôle du ministère de l'Éducation... — mon
petit lapsus, vous comprendrez, le ministère de l'Éducation n'est jamais
trop loin pour moi — le
ministère de l'Énergie, la création d'un programme
d'aide financière pour limiter l'impact des hausses de tarifs de distribution
de l'électricité pour les consommateurs. Je vais vous parler également du retrait de l'obligation pour
Hydro-Québec de procéder à des appels d'offres. Et aussi, une question que plusieurs personnes se posent :
Est-ce que ce projet de loi n° 69 n'est pas un cheval de Troie pour
privatiser une
partie d'Hydro-Québec? Or, jamais que cette question-là
n'a été débattue par la population. J'ai beau regarder les programmes
électoraux de la CAQ, en aucun temps cette notion n'a été abordée dans aucun
des programmes électoraux de la CAQ.
Alors, je
trouve ça un petit peu, comment dire, risqué de s'aventurer à dénationaliser
Hydro-Québec, qui a été bâtie par la
génération des grands-parents de plusieurs Québécois, je ne peux pas dire la
mienne parce que, moi, vous comprendrez, mes grands-parents sont nés au Maroc, ma mère est arrivée ici. Donc, tu
sais, je ne referai pas l'histoire... mais, pour être très consciente que,
nous, comme élus, on est les gardiens d'un des plus beaux legs du Québec, qui
est la nationalisation d'Hydro-Québec, qui a été faite sous un
gouvernement libéral. On peut penser à Jean Lesage, à René Lévesque, à Robert
Bourassa. Mais tous ces hommes qui ont bâti le Québec, aujourd'hui ils en
pensent quoi du p.l. n° 69?
Alors,
pourquoi qu'aujourd'hui on se retrouve ici? On parle de gouvernance. Qu'est-ce
qu'on tente d'améliorer? Pendant des semaines et des semaines, je me suis
levée et j'ai posé la question suivante, qu'on a même mise en jeu avec une motion très simple... Vous savez, il y a
des entreprises, au Québec, déjà établies, qui ont des emplois, qui, elles,
veulent se décarboner. Ces entreprises ont
soumissionné pour avoir ces fameux blocs d'énergie. Ces entreprises ont reçu, pour la majorité d'entre elles, un refus. Un non,
c'est une chose, M. le Président. Première question, quand on refuse quelque
chose, comme les enfants : Pourquoi? Puis, tant et aussi longtemps
que vous n'avez pas la réponse, on va vous poser encore la
question : Mais pourquoi? Pourquoi vous me dites non?
J'ai en tête
le président des Forges de Sorel qui est sorti publiquement, il a dit :
Moi, on m'a dit non, mais je n'ai pas eu accès à la grille d'analyse. On ne m'a
pas posé aucune question sur l'impact environnemental, l'impact économique
et l'impact social. Les Forges de
Sorel, ça fait 85 ans qu'elle existe, cette entreprise, à Sorel-Tracy.
Plus de 300 emplois, très payants, M. le Président, entre
80 000 $ et 120 000 $.
Mais cette question de gouvernance n'est-elle
pas un peu fondamentale dans une société où... Je me rappelle d'un autre chef
de parti et premier ministre qui disait : Audi alteram partem. Mais que
veut dire audi alteram partem? C'est le
droit d'être entendu, M. le Président. Alors, l'entreprise qui se fait dire
non, qui n'a pas accès à sa grille d'analyse et qui n'a pas un processus
d'appel, est-ce qu'on respecte les règles naturelles de justice naturelle,
c'est-à-dire le droit de procédure, le droit
d'être entendu, le droit de porter appel d'une décision? Il me semble qu'on a
ici enfreint une règle de justice naturelle.
On demande à ces mêmes entreprises de
soumissionner à nouveau parce qu'il y aura, dès 2027, 1 500 nouveaux
blocs d'énergie de disponibles. Mais, M. le Président, moi, j'ai été prof dans
une autre vie, imaginez que je dise à mon étudiant : Tu as coulé. Mon
étudiant va me dire : O.K. Il risque d'être triste, on s'entend. C'est un
gros choc de savoir qu'il y a un échec, une
fin de non-recevoir. La deuxième des questions. La deuxième question que mon
étudiant risque de me poser :
Mais est-ce que je peux voir ma copie d'examen? Est-ce que je peux voir le
corrigé? Mais je lui dis : Non, non, crois-moi sur parole, j'ai la grille d'analyse, je ne te la montre pas,
mais tu as coulé. Mais je t'invite à te présenter à l'examen de rattrapage. Il y aura une reprise dans les
prochaines semaines, dans les prochains mois. Prépare-toi à l'examen de
reprise. L'étudiant risque de dire : Bien, Mme la députée... ou
plutôt Mme la professeure, respectueusement, ce n'est pas un exercice futile pour moi de refaire un examen dont
je ne sais pas pourquoi j'ai coulé, dont je ne sais pas où je dois m'améliorer
lorsque je vais soumissionner à nouveau? Et
moi de lui dire : Mais, écoute, tu as peut-être raison, mais tu ne pourras
jamais porter en appel ma décision.
Quand même! Donc, non seulement je juge, c'est moi qui a un mot à dire sur
cette décision, mais mon étudiant n'a même pas un droit d'appel. Il ne
peut même pas aller en révision. Rien. Terminé.
Ça me rappelle une drôle d'époque. Cette
époque-là, pourtant, n'était pas très lumineuse. Il me semble que, si la
ministre parle en disant qu'il y a trois choses importantes dans ce projet de
loi... et le premier élément qu'elle a cité, c'est
la règle de gouvernance. Or, elle et son parti ont voté contre une motion que
nous avons présentée, au Parti libéral, un mercredi, demandant une chose tellement simple : Remettez aux
entreprises leurs grilles d'analyse. Un, c'est transparent. Deux, si ces entreprises désirent soumissionner à
nouveau, elles savent qu'est-ce qu'elles doivent améliorer, le cas échéant.
Mais peut-être aussi elles vont se rendre compte, ces
entreprises, qu'elles n'ont rien à améliorer. Peut-être qu'au fond c'était une décision arbitraire de l'ancien
ministre Pierre Fitzgibbon qui, lui, a décidé qui seront les gagnants et qui
seront les perdants. Mais, en ayant
une mainmise sur ces blocs d'énergie, en s'étant octroyé, le gouvernement, ce
pouvoir ultime...
Ce superpouvoir a des
conséquences qui sont néfastes. Permettez-moi de les exprimer. Dans une
démocratie, une des pierres angulaires, ce sont les bases de justice naturelle.
Et ici je pense sincèrement qu'on ne l'a pas respectée, que le gouvernement, en refusant de transmettre la grille d'analyse avec
un non, une fin de non-recevoir et qu'il n'y a pas de processus d'appel,
immanquablement on tombe dans l'arbitraire.
Permettez-moi
de faire un parallèle. En 2023, la Vérificatrice générale du Québec a publié un
rapport sur les fonds pour aider les
entreprises à traverser la pandémie. Cette idée, au départ... évidemment, la
bonne foi se présume. Les gens ont dit : Ah, bonne idée! Le gouvernement
veut aider les entreprises à pouvoir survive la pandémie. Or, qu'est-ce qu'on
a appris? L'argent était distribué sans
critère, sans grille d'analyse, et même, des fois, des projets n'auraient pas
dû se qualifier. Bref, on tombait dans le discrétionnaire mais avec de
l'argent public. L'argent, c'est une chose. C'est très précieux. Les blocs d'énergie, j'ai le goût de vous dire, M.
le Président, c'est encore plus précieux. Pourquoi? Je vais vous l'expliquer.
Prenons
toujours le cas des Forges de Sorel. Cette entreprise qui est établie ici est
assujettie au marché de la carbone, donc
à la Bourse. Si elle ne se décarbone pas, non seulement ça lui coûte plus cher,
mais elle est pénalisée, face au marché de la carbone, rapport qu'elle
paie plus. Si elle paie plus, est-elle compétitive par rapport à tous les
autres compétiteurs qui sont à l'extérieur
du pays, qui sont à l'extérieur du Québec? Non. Leurs compétiteurs sont en
Chine. Soyons honnêtes. Au niveau de l'environnement, je n'ai même pas
besoin de commenter. Je pense qu'on se comprend tous ici. Mais, vous savez, le gouvernement chinois ne s'est
jamais gêné pour subventionner leurs entreprises. D'ailleurs, dans un rapport
de l'OCDE, savez-vous à quelle hauteur les
entreprises chinoises, notamment dans le secteur d'aluminium, sont subventionnées?
Huit fois plus qu'ici. Donc, je pense qu'on peut qualifier cela de
concurrence déloyale en partant. Mais, nous,
cette entreprise d'ici qui compte dans ses rangs des Lapierre, des Tremblay,
des Bouchard, eux, là, ils ont des familles. J'ai même rencontré, là,
une personne que c'est la troisième génération qui travaille dans cette
entreprise. Eux, leur souhait, c'est se
décarboner, avec des employés qui sont déjà d'ici et établis au Québec depuis
des générations. Maintenant, ça met en péril des investissements, parce
qu'ils doivent réfléchir : Est-ce que j'achète une nouvelle cuve à
l'électrique ou est-ce que j'achète une nouvelle cuve qui, elle, si je n'ai pas
les blocs d'énergie pour le faire, bien, elle va devoir être au gaz? Quand même
particulier. On pense à aider la planète entière, parce que le premier ministre
est même allé à l'extérieur du pays pour
dire : Venez-vous-en, on a l'électricité pas chère puis on a de la
main-d'oeuvre pas chère, mais, avant de vendre ça aux étrangers, il me
semble que, comme bon père de famille, tu t'occupes d'abord de ton monde, tu
dis : Nous, c'est le Québec d'abord. Je vais aider mon monde à se
décarboner. Je vais aider mon monde à faire des investissements au Québec. Je
vais aider mon monde à m'assurer que les emplois du Québec restent encore au
Québec.
ça, M. le Président, c'est pour ça que j'ai de la misère aujourd'hui lorsqu'on
me dit que l'objectif du projet de loi n° 69, c'est : améliorer la
gouvernance. J'ai de la misère à y croire. Pourquoi ont-ils voté contre la
motion? Est-ce qu'on a vraiment besoin d'un projet de loi pour faire
preuve de transparence? Il me semble que ça va de soi.
Et j'ajouterais la
chose suivante : En matière de gouvernance, je n'ai pas entendu des gens
en commission nous... venir louanger la
transparence de ce projet de loi. Plusieurs ont même dit : Écoutez, le
PGIRE, le fameux plan de gestion des
ressources, bien, il va venir plus tard. On ne sait pas quand, mais il va venir
plus tard. Donc, on met la charrue devant
les boeufs. On va légiférer avec un plan de gestion. Puis la question demeure
encore : Pour quoi, mais pour qui? Et le pour qui, ici, est vraiment intéressant. Avons-nous vendu aux
étrangers ce que nous n'avons pas, au détriment des Québécois puis des
entreprises d'ici?
quand j'entends la ministre dire qu'elle va optimiser les tarifs d'électricité,
elle devrait faire preuve de franchise là-dessus et dire clairement,
comme son projet de loi l'écrit, qu'il y aura une hausse de tarifs résidentiels
et qu'elle sera compensée par, et je cite, «un programme d'aide financière pour
limiter l'impact à la hausse des tarifs de distribution d'électricité pour les consommateurs». Ça, M. le Président, c'est
l'article 75. Donc, très franchement, je pense qu'on peut réviser
le vocabulaire et que le gouvernement assume son choix en matière des hausses,
mais, quand on parle et qu'on dit que la
gouvernance, c'est important, au-delà des mots, les actions comptent. Et, en ce
moment, il y a plein d'entreprises, au Québec, qui ne demandent qu'une
seule chose au gouvernement, elles sont prêtes à soumissionner, elles veulent
soumissionner à nouveau, mais elles veulent savoir où est-ce qu'elles ont perdu
des points, qu'est-ce qu'elles doivent améliorer dans leurs projets.
Et là je ne vous
parle pas des entreprises qu'il y a un enjeu de raccordement, je vous parle des
entreprises qui peuvent être raccordées mais
qu'elles ne comprennent pas pourquoi qu'elles ont été refusées. Et, si la
réponse, en définitive, est la suivante : C'est qu'on manque
d'énergie, il va falloir que le gouvernement réponde à cette question-là :
Pourquoi avez-vous privilégié... Pourquoi
ont-ils privilégié des entreprises étrangères, des jeunes pousses, notamment
une jeune pousse, au détriment
d'entreprises déjà établies depuis très longtemps? Pourquoi qu'aujourd'hui on
passe de surplus énergétique à déficit énergétique historique au Québec?
Jamais je n'aurais cru un jour entendre Hydro-Québec nous dire qu'ils ne
peuvent pas brancher des foyers d'habitation. Jamais je n'aurais cru un jour
qu'une ville qui a un projet d'écoquartier responsable
se ferait dire : Non, on ne peut pas vous brancher. Qui l'aurait cru? On
nous a parlé de la spirale de la mort, on nous a dit qu'on devait jeter
nos surplus, mais finalement, à force d'aller trop vite, est-ce que ce n'est
pas tout notre bas de laine, présentement,
qui est à risque parce que des décisions ont peut-être été précipitées sans une
analyse complète? Peut-être qu'on a navigué à vue?
Toutes ces questions,
M. le Président, devront être répondues. Alors, vous comprendrez que je vais
garder mon temps pour la suite, après nos travaux, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Je comprends donc, Mme la députée de
Saint-Laurent, que vous n'avez pas terminé votre intervention et que vous allez reprendre votre intervention à la
reprise du débat sur le projet de loi n° 69. Ce sera le cas.
Alors,
compte tenu de l'heure et afin de permettre la tenue des affaires courantes,
cet après-midi, le présent débat sur l'adoption du principe du projet de
loi n° 69 est ajourné.
Et les travaux sont
suspendus jusqu'à 13 h 40, cet après-midi. Bon midi. Bon appétit à
tous.
(Suspension de la séance à
12 heures)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Bonjour
à toutes, bonjour à tous. Je vous invite à prendre place, collègues, nous
allons débuter nos travaux.
Nous sommes à la
rubrique Déclarations des députés. Et, sans plus tarder, je reconnais M. le député
de Joliette.
M. St-Louis :
Merci, M. le Président. Permettez-moi, d'abord, de souligner la présence,
dans nos tribunes, des membres de la Société d'histoire de Joliette—De
Lanaudière, qui célèbre cette année son 95e anniversaire.
En effet, c'est en
1929 que l'abbé Eugène Martin fondait ce qui s'appelait alors la Société
historique de Joliette. À cette époque, la
présidence du conseil d'administration était assurée par un acteur marquant de
notre histoire, et j'ai nommé Sir
Joseph-Mathias Tellier. Durant son illustre carrière, Sir Tellier aura été
maire de la ville, député de la circonscription de Joliette et deviendra
même chef de l'opposition officielle sous l'égide des conservateurs ici même, à
l'Assemblée nationale du Québec. Il deviendra même, plus tard, juge et juge en
chef de la province de Québec.
mission de notre société d'histoire, M. le Président, est fort simple mais combien
importante, soit de recueillir et
conserver des documents textuels, iconographiques ou encore des objets
témoignant de l'histoire de la ville, de la MRC de Joliette, ainsi que