CAT — 6 June 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2017-06-06
Quebec — Committees
(Dix
heures six minutes)
Le Président
(M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 122, Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et
à augmenter à ce
titre leur autonomie et leurs pouvoirs.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine) est remplacé par M. Bourgeois
(Abitibi-Est); M. Plante (Maskinongé) est remplacé par M. Polo (Laval-des-Rapides);
M. Cousineau (Bertrand) est remplacé par Mme Maltais
(Taschereau); M. Gaudreault (Jonquière) est remplacé par Mme Fournier (Marie-Victorin); et Mme Richard (Duplessis) est remplacée par Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve).
Président (M. Auger) : Merci beaucoup. Lors de la suspension de nos travaux, nous étions rendus à l'étude de l'article 42. M. le ministre, avez-vous d'autres commentaires? Je ne
sais pas qui avait la parole. M. le député de René-Lévesque?
M. Ouellet :
Non, ça va.
Président (M. Auger) : Ça va? Il n'y a pas d'autres interventions
sur 42? S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'article 42 est adopté?
Le Président
(M. Auger) : Adopté. M. le ministre, 43 ou...
M. Coiteux :
...une proposition que voulait faire le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, M. le Président. Considérant la présence de
ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve, et que le ministre a accepté de suspendre
la semaine passée pour qu'on puisse avoir les discussions sur Montréal et la
métropole, considérant sa présence,
je propose au ministre, s'il y a consentement, que nous retournions à l'article
22, Charte de la Ville de Montréal.
Président (M. Auger) : Consentement pour reprendre... pas à 22,
mais à 22.1, un amendement qui introduit le nouvel
article 22.1?
Consentement. Donc, 22.1, l'amendement.
M. Coiteux :
Alors, 22.1, est-ce qu'on l'avait déjà distribué, M. le Président? Je ne me
souviens pas si on avait distribué le 22.1.
Le Président
(M. Auger) : 22.1, on ne l'a pas distribué?
M. Coiteux :
Alors, je veux juste m'assurer qu'on le distribue.
Président (M. Auger) :
Bien, je vais suspendre quelques instants pour permettre la reproduction et la
distribution.
(Suspension de la séance à
10 h 8)
Président (M. Auger) :
Nous reprenons nos travaux, M. le
ministre, avec l'amendement
qui introduit le nouvel
article 22.1.
M. Coiteux :
Je le relis, M. le Président?
Le Président
(M. Auger) : S'il vous plaît.
M. Coiteux :
Oui. Alors, ça consiste à insérer, après l'article 22, le suivant :
22.1.
L'article 83 de
cette charte est modifié :
1° par l'insertion,
après le paragraphe 2.1° du premier alinéa, du suivant :
«2.2°
de tenir la consultation publique sur le projet de règlement édictant la
politique de participation publique prévue à l'article 80.1 de la Loi
sur l'aménagement et l'urbanisme, malgré l'article 80.4 de cette loi;»;
2° par l'insertion,
après le paragraphe 3° du premier alinéa, du suivant :
de tenir une consultation publique sur tout élément désigné à cette fin dans la
politique de participation publique adoptée en vertu de l'article 80.1
de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.»
Alors,
essentiellement, ce que ça vient faire, cet amendement, ça dit que l'Office de
consultation publique de Montréal va tenir
des consultations sur la politique de participation de la ville. On a déjà voté
les articles qui introduisent cette nouvelle façon de faire. L'Office de
consultation tiendrait les consultations pour conseiller la ville là-dessus.
Et, d'autre part, l'Office de consultation
verrait ses pouvoirs étendus en matière de consultation aux éléments qui lui
seront confiés en vertu de la politique de consultation de la ville.
Donc, on fait un arrimage entre l'Office de consultation publique de Montréal
et cette nouvelle politique de participation. C'est ce que vient faire
l'amendement ici.
Le Président
(M. Auger) : Des interventions? Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Mais, juste pour comprendre bien la mécanique, on comprend que la politique de
la ville, qui sera déterminée, là,
qu'on ne connaît pas encore, on présuppose qu'elle va venir bonifier le travail
de l'office. Moi, je veux juste savoir comment on fait l'arrimage avec
les arrondissements.
M. Coiteux :
Bien là, ce n'est pas dans cet amendement comme tel, cet aspect-là des choses,
mais ce qui est certain, c'est qu'il n'y aura pas 19 politiques de
participation citoyenne, il va y en avoir une seule pour l'ensemble de la
ville.
M. Coiteux :
Oui, et c'est déterminé par le conseil de la ville où siègent les maires
d'arrondissement.
Mme Poirier :
Oui, mais on sait très bien qu'il y a une
partie des consultations qui sont
actuellement faites par les arrondissements.
Elles ne sont pas toutes faites par l'Office de consultation, les
consultations, actuellement, là, elles sont faites dans les arrondissements. Donc, les règles qui concernent les
arrondissements seront soumises aussi à la politique globale en tant que
telle.
Alors
là, dans l'article, je ne vois pas le bout de lien entre l'arrondissement et
l'Office de consultation, là. Moi, c'est
ce petit bout là, là, que j'aimerais qu'on précise, là. Peut-être qu'on ne
l'écrira pas, peut-être qu'on va l'écrire, mais je veux juste comprendre ce qui arrive actuellement entre les
arrondissements et la consultation, où ça se retrouve versus l'office.
M. Coiteux : Bien, ça va se retrouver dans la politique
de participation de la ville. Ça va être une politique pour l'ensemble
du territoire. Ça dit essentiellement, l'amendement ici, que l'Office de
consultation pourra avoir un rôle là-dedans. Il va être précisé par la politique
de consultation. On ne l'écrit pas, la politique de consultation pour Montréal,
dans le projet de loi, mais on
habilite Montréal à se doter d'une telle politique,
mais il faut qu'elle respecte les grands critères qu'on a énoncés dans les articles
plus tôt. Il n'est pas interdit, et
ce n'est pas du ressort, là, des articles de loi ici, qu'il y ait un rôle du
côté des arrondissements quant aux consultations qui vont être tenues, mais
cette politique-là va aussi prévoir un
rôle pour l'Office de consultation
publique de Montréal. Et l'amendement ici vient dire justement que ses pouvoirs
vont pouvoir s'étendre à ce que va lui donner la politique.
Une voix :
Et M. le ministre ne change pas qui fait la consultation.
Mme Poirier :
C'est ça, exactement.
M. Coiteux :
M. Croteau pourrait donner un complément d'information là-dessus, là.
Mme Poirier :
Exactement.
Le Président
(M. Auger) : Dans un premier temps, j'ai besoin d'un consentement
pour l'intervention. Il y a consentement. Dans un premier temps, toujours
vous identifier, votre nom, votre titre, et vouloir répondre à la question.
M. Croteau
(Marc) : Merci, M. le Président. Marc Croteau. Je suis le sous-ministre du ministère des Affaires
municipales et de l'Occupation du territoire.
Pour s'assurer
qu'on est bien clair dans ce qu'on fait avec les modifications, l'instance
décisionnelle, l'instance décisionnelle
quant aux responsabilités, demeure telle qu'elle est actuellement, c'est-à-dire, lorsque la décision est prise par un conseil d'arrondissement, quand on
parle de règlement de zonage, de règlement de lotissement, règlement
sur les dérogations mineures, etc., ça ne change pas, donc il n'y a pas
de modifications à cet égard-là qui sont apportées par l'amendement.
Il n'y a
pas non plus de modification apportée par l'amendement en ce qui a trait à quelle instance est
responsable de la consultation, donc c'est maintenu à l'intérieur des
responsabilités actuelles. Quand on parle, par exemple, d'un règlement de construction, c'est le conseil de
ville qui consulte, c'est déjà le cas et ça va demeurer. Lorsqu'on parle de
règlements sur les PAE, par exemple,
règlements de zonage, les règlements de lotissement, etc., c'est le conseil
d'arrondissement qui va faire les consultations à l'intérieur de la
politique de consultation qui aura été établie par la ville, par le conseil
municipal, et non pas le comité exécutif, là, c'est bien clair, par le conseil
de ville qui aura déterminé la politique de consultation qui aura été élaborée
lorsque l'office, parce que c'est ce que vient faire l'amendement, aura
consulté la population sur le contenu de la
politique. Et l'office aura des responsabilités accrues. Si jamais cette
politique-là énumérait des responsabilités qui sont conférées à
l'office, donc l'office aura, à ce moment-là, des responsabilités accrues de
consultation.
Mme Poirier :
L'office, lorsqu'elle tient des audiences publiques, elle doit remettre un
rapport de ses consultations. Est-ce qu'elle va continuer à le remettre
au conseil de ville? Ça va être les mêmes dispositions?
M. Coiteux : Oui, c'est les
mêmes dispositions. Il n'y a pas de modification ici.
Président (M. Auger) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve,
j'avais Mme la députée de Taschereau qui avait...
Mme Poirier : Oui,
allez-y.
Le Président (M. Auger) : Mme
la députée de Taschereau.
Mme Maltais :
Juste une question. Pourquoi on parle de 80.1 au lieu de 80.2 dans votre
amendement? C'est-à-dire que pourquoi
on réfère aux mesures complémentaires au lieu de l'article qui parle
véritablement des critères de la politique de participation publique?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Le Président (M. Auger) :
M. Croteau.
M. Croteau (Marc) : Vous me
permettez, M. le Président?
Le Président (M. Auger) :
M. Croteau, oui, allez-y.
M. Croteau
(Marc) : M. le Président, 80.1, qu'on a discuté lorsqu'on a fait le
2.1., 80.1 vient déterminer l'élaboration de la politique.
Mme Maltais : Je m'excuse, je
comprends, mais 80.1 dit bien : «Toute municipalité locale peut adopter
une politique de participation publique qui
contient des mesures complémentaires à celles qui sont prévues [...] et qui
vise à favoriser...» Donc, des
mesures complémentaires à celles qui sont prévues dans la loi. Et 80.3 fixe par
règlement toutes les exigences d'une politique de participation
publique.
Alors,
j'essaie de comprendre, tu sais, dans la même... Je vous disais déjà au départ
que j'avais un problème parce que,
dans la façon d'écrire la loi, on a écrit d'abord les mesures complémentaires,
ensuite la politique de participation publique. Là, je me retrouve
devant la même chose. C'est-à-dire, pourquoi on a séparé mesures
complémentaires de politique de participation
publique et pourquoi on l'a mis avant? Ça fait qu'autrement dit c'est comme si
on accrochait... moi, je n'ai pas de
problème, mais c'est comme si on l'accrochait plus à l'article qui parle de
mesures complémentaires plutôt qu'à l'article qui parle de politique de
participation publique.
Le Président (M. Auger) :
M. Croteau ou M. le ministre.
M. Coiteux :
Oui, j'ai... je pense qu'il y a de la légistique là-dedans, là, sur la
rédaction de l'article lui-même. Donc, je vais demander...
Le Président (M. Auger) :
Consentement pour cette intervention?
M. Coiteux :
...à Me Cantwell de donner des précisions. Ma compréhension, mais ça restera à
confirmer d'un point
de vue juridique, c'est que la politique, elle est introduite en 80.1. Le 80.2
donne les conséquences sur le mécanisme d'approbation référendaire
d'avoir adopté une telle politique conformément aux principes qui sont énoncés
plus loin. Mais je vais laisser Me Cantwell nous éclairer là-dessus.
Président (M. Auger) : Consentement pour cette intervention?
Consentement. Bien sûr, votre nom, votre titre.
M. Cantwell
(Philip) : Oui, Philip Cantwell, avocat au ministère de la Justice.
Donc, c'est effectivement ce que le ministre explique, c'est ma
compréhension de la chose, c'est que l'article 80.1 qui est introduit dans
la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme,
c'est cette disposition-là qui donne véritablement le pouvoir d'adopter une
politique de participation publique.
Donc, quand on fait un renvoi à la politique de participation publique dans une
autre loi comme dans la Charte de la
ville de Montréal, pour être sûrs de cibler vraiment le bon acte, on précise
que c'est la politique de participation publique qui est prévue à
l'article 80.1 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Ça n'écarte pas
pour autant tout le reste du cadre, les autres dispositions, son
contenu, le règlement du ministre, rien de ça.
Mme Maltais :
Si je comprends bien, M. le Président, maintenant, je vais vous lire 80.1 tel
qu'on le lit des fois : «Toute
municipalité locale peut adopter une politique de participation publique qui
contient des mesures complémentaires...» Ce n'est pas «celle-ci peut contenir» des mesures complémentaires. C'est
une politique de participation «qui contient» des mesures
complémentaires à celles qui sont prévues dans la présente loi. C'est ce type
de formulation qui est peut-être légistiquement parlant intéressant mais qui
n'a aucun sens grammaticalement. C'est fou, là.
Pourquoi
on n'a pas «peut adopter une politique de participation publique»? Puis après
ça, on aurait dit : Il peut y
avoir des mesures complémentaires, tatata, tatata. C'est parce que c'est comme
si ça restreignait la politique de participation publique de 80.1 à celles qui contiennent des mesures complémentaires.
Je vous dis juste ça comme ça, là. Tu sais, des fois, les légistes, vous vous perdez dans la langue française, des fois
vous aimeriez... j'aimerais que vous reveniez à la simplicité et la beauté de la langue française.
Vous vous perdez souvent dans les qui, les comment, les quoi, les lorsque,
dont j'ai beaucoup débattu, pas à tort tout à fait.
Alors,
moi, je comprends la référence à 80.1, mais j'appellerais la légistique à un
peu plus de transparence et de clarté.
Je le fais souvent, Me Cantwell, ne le prenez pas mal, M. le ministre non
plus, je le fais souvent quand on fait de la législation. Je les invite,
les légistes, à un peu plus de clarté.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville, sur le même sujet.
M. Laframboise : Sur le même sujet, quand on fait référence à 80.1, quand vous
dites : On tient des consultations publiques sur le projet de règlement édicté en vertu de 80.1, malgré
80.4, qui dit qu'on adopte un règlement... 80.4, on adopte le règlement, 80.1, c'est qu'on a une
politique de participation publique qui contient des mesures complémentaires.
Donc, si elle ne contenait pas de mesures
complémentaires, elle ne fait pas
partie de 80.1. Elle va faire
partie de 80.1
si elle contient des mesures complémentaires.
Donc,
d'abord, un, je me questionne. Pourquoi toute la politique n'est pas soumise à
la consultation publique? Donc, c'est
un choix que vous faites, là. Donc, vous voulez que la politique de
consultation publique soit adoptée par la ville, sauf si elle a des
mesures complémentaires. Il faut bien comprendre, là, c'est ce que le texte
dit, là. Et ça, ça...
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Ce n'est pas l'interprétation juridique du texte écrit qui vient de nous être
donnée. L'interprétation juridique du
texte qui vient de nous être donnée, c'est que ça concerne l'ensemble de la
politique et pas seulement ses aspects
complémentaires. Maintenant, il y a eu une intervention de notre collègue, la
députée de Taschereau, une femme de
lettres, évidemment, qui a dit... bien, elle l'aurait rédigé différemment, mais
je pense que la compréhension confirmée par le juriste ici, c'est que ça s'applique à l'ensemble de la politique
et non pas seulement à ses aspects complémentaires.
Mme Maltais :
Une femme de lettres ayant une longue expérience des législations.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Sauf qu'avec tout le respect que j'ai pour votre légiste ce n'est pas
ça que 80.1 dit. 80.1 dit : «Toute
municipalité locale peut avoir une politique de participation publique qui
contient des mesures complémentaires...» Donc, ça veut dire qu'elle peut ajouter des mesures complémentaires. Et
ce que dit votre article... l'amendement que vous déposez, là, ce qu'il dit, c'est : Il y a des
consultations publiques s'il y a une politique en vertu de 80.1. Et ça, je
regrette, il y avait une
interprétation qui a été donnée par mes collègues de l'opposition officielle,
vous avez dû refaire une analyse, je vous
le répète, ma lecture et ma compréhension font que seulement les politiques qui
ont des mesures complémentaires vont être soumises à ça. Si ce n'est pas
ça, on a un problème juridique.
Puis
ça, M. le ministre, là, on ne peut pas s'en aller encore une fois dans un flou
où le citoyen ne s'y trouve pas. On
est dedans depuis les tout débuts que vous avez déposé ce projet de loi là. On
crée des flous tout le temps, c'est toujours au désavantage des citoyens. Puis je vous le répète, là, il y a
1 130 municipalités au Québec. Puis je vous le dis, là, vous allez avoir des avocats qui vont défendre ce que
nous, on a comme position. Ce qu'on a lu, là, vous allez avoir des avocats
qui vont défendre cette position-là, vous
allez être obligés de vous battre à toutes les fois. Donc, votre position, elle
n'est pas claire, rassoyez vos juristes.
ne ferai pas un débat éternel là-dessus, je vais voter contre l'amendement,
mais, encore une fois, c'est à l'image de
ce que vous dégagez depuis le dépôt du projet de loi. C'est flou, ce n'est pas
clair, puis le citoyen, il ne prend pas son compte là-dedans. Si on a un problème d'écriture, c'est notre
responsabilité d'avoir une écriture qui est plus claire. Moi, je vous
le dis, là, n'importe quel avocat pourra défendre une ville en disant :
Tu n'as pas besoin de ta politique qui contient des mesures complémentaires s'il
n'y a pas de mesures complémentaires.
Tu n'as pas besoin... si tu respectes, tu n'auras pas besoin de faire de consultations publiques, tout simplement, juste si tu as des mesures complémentaires que
tu devras faire des consultations publiques, sinon tu n'as pas besoin
d'en tenir.
Vous allez
faire quoi, là, au citoyen qui va s'adresser à votre commissaire aux
plaintes qui n'a pas le pouvoir encore de
prendre la décision puis d'être capable de s'interposer là-dedans?
Vous allez lui demander d'aller à la Cour
supérieure? On le sait, que la Commission municipale du Québec n'a pas le pouvoir, votre commissaire
aux plaintes n'a pas encore le
pouvoir, il va l'avoir dans votre bill omnibus qui va arriver on ne sait pas
quand. Donc, encore une fois, notre citoyen ne s'y trouve pas.
Je vous le répète, moi, je suis ici pour le
défendre, lui ou elle, puis il ne s'y trouve pas dans la rédaction de ce document-là. Donc, évidemment, je vous l'ai dit,
je ne ferai pas de débat éternel là-dessus, je vais voter contre, mais ce
n'est pas clair. Puis, s'il y avait de quoi,
vous devriez, plutôt que de défendre la logistique qui est défendue par vos
aviseurs légaux... c'est de leur dire : Écrivez-moi un texte qui
est plus clair, tout simplement.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Je vais demander une dernière tentative d'explication de la légistique du tout,
là, à Me Cantwell.
Le Président (M. Auger) : Me
Cantwell.
M. Cantwell
(Philip) : Oui. J'aimerais revenir un peu sur la notion de
complémentarité qu'on retrouve à 80.1 parce
que ça peut peut-être répondre à la question. En fait, ce que l'article 80.1
dit, c'est que la nature d'une politique de participation publique,
c'est de contenir des mesures complémentaires à celles qui sont prévues dans la
présente loi. Donc, tout le contenu d'une
politique est complémentaire à ce qu'on retrouve actuellement dans la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme. On
utilise «complémentaire» pour insister sur le fait qu'on ne peut pas, avec
cette politique, déroger à des mesures qui sont déjà prévues dans la
loi. Les avis publics qui sont exigés par la loi demeurent, et les assemblées
de consultation demeurent, et tout ce qui
est mis en place par une municipalité doit s'harmoniser avec ce qui existe.
Donc, tout est complémentaire dans la politique et tout est aussi soumis
à une procédure de consultation.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Quand on a
fait le débat sur 80.1, quand on a débattu sur «complémentaire», c'est là qu'on
a dit qu'on pouvait amener... des villes pouvaient décider en complément de
ramener les référendums pour celles qui voudraient se servir... le processus
référendaire, pourraient décider si, dans le cadre de la loi, elles respectent
la consultation publique, ça... amener un
processus référendaire consultatif parce qu'il n'était pas décisionnel, M. le
ministre. Donc, c'est le genre de
complément qui est ajouté puis qui a été discuté à 80.1. Aujourd'hui, votre
aviseur légal essaie de me faire
comprendre que tout est complémentaire. Je regrette, là, si tout était
complémentaire, si tout était nécessaire, on n'aurait pas eu besoin
d'utiliser le mot «complémentaire».
Donc, à
quelque part, je vous le dis, il y a un flou depuis le dépôt de ce projet de
loi là, puis vos aviseurs légaux ne
vous aident pas, M. le ministre. C'est un choix. Je vous le dis, je ne ferai
pas de débat éternel, je vais voter contre, mais il reste quand même que
ce n'est pas clair, puis, pour cette raison-là, des municipalités qui
respecteraient le cadre de consultation publique puis qui n'auraient pas de
mesures complémentaires pourraient décider de ne pas faire de consultations publiques. Si c'est ça, le but,
maintenez-le là. Si le but, c'est que le processus de consultation publique
soit soumis à la consultation, bien, ce n'est pas... vous avez raté
votre coup avec cet amendement-là, je vous le dis, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Le collègue le dit fermement, mais je ne suis pas d'accord avec
l'interprétation qui est donnée ici parce
que le mot «complémentaire» s'applique à l'ensemble de ce qui est dans la LAU
et qui concerne la même chose. Alors, une politique ne peut pas être en
contradiction avec la LAU, y compris les modifications qu'on y apporte.
Le Président (M. Auger) : Mme
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Je veux juste... s'assurer d'une chose, là, il n'y a
rien de ce qu'on fait actuellement qui menace l'Office de consultation
de Montréal et les conseils de quartier.
M. Coiteux : Non, il n'y a rien
qui...
Mme Poirier : Les
conseils de quartier de Québec.
Mme Poirier :
On ne vient pas réduire la portée de l'Office de consultation de Montréal ni
les conseils de quartier de Québec.
M. Coiteux :
Bien là, ça, ça touche la charte de Montréal ici, là, mais, non, on ne vient
pas affecter ces choses-là. Et, en ce
qui concerne précisément cet amendement puis l'Office de consultation publique
de Montréal, c'est le contraire, ça
lui donne potentiellement plus de pouvoirs parce qu'il pourrait avoir des
mandats supplémentaires en sus de ce qu'il a déjà.
Mme Poirier :
Puis là, ce que je nous fais dire présentement, vous comprenez que c'est pour
la suite des choses, actuellement, on
modifie... puis j'imagine qu'on va aller dans 89 tout à l'heure, là, on vient
modifier les règles en tant que
telles avant d'avoir la politique.
Alors, on fait les choses à l'envers, là. Alors, on vient modifier les règles
de l'Office de consultation, on vient
modifier les règles qui s'appliquent au projet avant d'avoir la politique
qui est censée, selon ce que le ministre nous dit, renforcer le rôle de
l'office, puis c'est ce qu'on fait actuellement, là.
M. Coiteux :
De un, c'est conditionnel à ce qu'il y ait une politique et...
Mme Poirier : Bien non, parce que, là, on va modifier la loi,
là, on modifie. Actuellement, là, ce qu'on ajoute là...
M. Coiteux :
Oui, oui, oui, mais quel est le nouveau...
Mme Poirier :
...c'est en disant...
Le Président
(M. Auger) : Juste une personne à la fois, s'il vous plaît!
Mme Poirier : ...de tenir une consultation publique, là, je
veux dire, on est... on présuppose qu'il y a une nouvelle politique, là.
M. Coiteux : Bien, c'est-à-dire qu'on dit que, si la ville en
élabore une, l'Office de consultation publique de la ville de Montréal va tenir les
consultations à cet effet, c'est ce que ça dit, si elle décide
d'en élaborer une, d'une part, et, d'autre part, si elle en élabore une,
elle peut donner un rôle à l'Office de consultation publique dans le cadre de
cette politique, un rôle qui n'est pas prévu dans la charte
actuelle. Donc, ça peut lui donner des choses de plus par rapport aux choses qu'elle a déjà comme responsabilités, qui ne sont pas
remises en question ici.
Mme Poirier :
Mais est-ce qu'elle peut avoir des choses de moins?
M. Coiteux : Pas par
rapport à ce que prévoit la loi. La
loi donne des éléments qu'on ne vient pas modifier ici. Donc, on vient donner la possibilité d'un rôle
accru et non pas d'un rôle moindre. On donne potentiellement la capacité
de lui donner plus de rôles, pas moins de rôles.
Mme Poirier :
Dans aucun cas, on ne vient lui donner la capacité de lui en donner moins.
M. Coiteux : On ne peut pas contredire le reste de la loi par rapport aux responsabilités de l'office, et donc non. Moi, mon
interprétation, c'est que non, et qu'on me confirme ici.
Mme Poirier : L'abolition référendaire vient faire en sorte que ça l'enlève, le recours à l'office. Ça, c'est direct, là. À
partir du moment où on a l'abolition référendaire, on n'a plus de recours à
l'office direct.
Président (M. Auger) :
Dans un premier... Consentement pour cette intervention? Bien sûr,
votre nom, votre
titre pour pouvoir répondre à la question.
Mme Boucher (Isabelle) : Isabelle Boucher, directrice des politiques
et de la démocratie municipale au ministère
des Affaires municipales. En fait, il ne faut pas mélanger le rôle de consultation qu'a l'Office de consultation publique de Montréal, qui précède
l'approbation référendaire, et ces dispositions-là,
qui sont prévues dans sa charte et dans la LAU, ne sont pas modifiées. Donc, tout ce qu'elle fait comme consultation,
elle va continuer de le faire. Toutefois, à la fin, quand il y avait un processus d'approbation référendaire,
bien là, cette étape-là n'existera plus, et, à cette étape-là, c'est le conseil
de la ville qui prenait la décision. Est-ce que ça...
Mme Poirier :
Mais, à partir du moment où il n'y a plus de processus, justement,
d'approbation référendaire, il n'y a
plus ce recours-là des citoyens pour aller vers l'office, qui, bien sûr, était
sous approbation du conseil de ville, on est d'accord, mais il n'y a plus cette étape-là. Donc, l'office n'a plus...
Il y a ce bout-là, là, qui manque, qu'on ne voit pas, qui est peut-être, probablement, on ne sait pas,
dans la politique de consultation de la ville. Mais actuellement il n'y a pas
de garantie que la ville se donne un
mécanisme dans sa politique qu'il y aura nécessairement ou, en tout cas, sous
approbation de la ville un recours à
l'Office de consultation pour des projets qui actuellement pouvaient y aller
par le recours référendaire.
M. Coiteux :
C'est certain que, si la ville se dote d'une politique de participation
citoyenne, conformément aux exigences de la loi et incluant les neuf
critères issus du rapport L'Allier, respectant le règlement du gouvernement en matière d'exigences
minimales, et que, donc, elle rend sa politique conforme, la déclare conforme
et, conséquemment, renonce à
l'approbation référendaire dans ce système-là, c'est certain que ça n'existe
plus, cette partie-là. Mais il y a une politique
de participation et de consultation, et, dans cette politique de participation
et de consultation, il y a un rôle qui est inséré ici potentiellement
pour l'Office de consultation publique de Montréal qui va en sus de toutes les
autres consultations qui sont déjà prévues
dans la loi. Mais c'est sûr que ça va être une nouvelle façon de faire les
choses si la ville de Montréal se dote d'une telle politique,
comme ça va être une nouvelle façon de faire les choses à Québec
si la ville se dote d'une telle politique,
comme ça va être une nouvelle façon de faire les choses à Gatineau
si Gatineau se dote d'une
telle politique, c'est normal. Mais, dans le cas de Montréal,
il faut absolument adapter les articles de la charte pour
que ça tienne compte de l'existence de
l'Office de consultation publique et que ça lui permette de jouer un rôle accru,
pas un rôle moindre, et c'est ce que vient faire l'amendement ici.
Mme Poirier : Mais on comprend qu'actuellement le citoyen a
un recours pour s'assurer, en tout
cas, que... en tout cas, faire de la pression sur le conseil de ville
pour que l'Office de consultation puisse regarder un projet. Avec l'adoption de la loi, le citoyen perd ce recours-là, du moins temporairement, parce que,
dans le fond, on attend que la ville se dote de quelque
chose, et, du quelque chose, on ne sait pas si le quelque chose va prévoir des
pouvoirs aux citoyens.
M. Coiteux : Attention! Tant et aussi longtemps
qu'une telle politique n'a pas été adoptée par le conseil de
ville, le système actuel est maintenu tel quel.
Mme Poirier :
Je suis d'accord, ça, je suis d'accord.
M. Coiteux :
Tel quel. Donc, il n'y a pas de vide, là, il n'y a pas de période, d'entredeux,
où il n'y a pas...
Poirier : Mais, à
partir du moment où la municipalité se dote... que Montréal se dote d'une
nouvelle politique de consultation
publique qui, elle, ne garantira pas — parce qu'on ne le sait pas,
on ne l'a pas vue, personne ne l'a vue — qu'il y aura ce recours-là des citoyens, actuel, et vienne justement
faire en sorte que l'office n'ait plus ce pouvoir d'aller dans des
projets qui sont issus de la volonté citoyenne, là...
M. Coiteux : Oui, mais la politique de participation citoyenne qui va remplacer va être extrêmement exigeante, là.
Les citoyens ne vont pas perdre au change,
là. On a donné des principes qui sont très exigeants, là, en la matière, là.
Alors, il y a le système actuel qui est maintenu dans son intégralité jusqu'à
ce que la ville adopte une telle politique, et, si et lorsqu'elle adoptera une telle
politique le système est modifié, ça ne veut pas dire que les citoyens
ne seront pas consultés, qu'ils ne
participeront pas. Ça va être même beaucoup plus systématique parce que ça va être une politique qui va
l'encadrer.
Maintenant,
dans ce cadre-là, moi, je m'attendrais — puis
l'amendement vient permettre de le faire — à ce que l'utilisation de l'expertise et des capacités de l'Office de
consultation publique de Montréal se trouve accrue par rapport à la situation d'aujourd'hui. Puis aujourd'hui,
ultimement, c'est le conseil de ville qui décide, là, quand est-ce qu'il
renvoie à l'Office de consultation publique de la ville de Montréal. Là,
ça va être une politique dûment... sur laquelle même la population va être consultée. C'est ce que vient faire l'amendement
ici. Donc, moi, je pense que le
citoyen ne sera pas lésé. Au contraire, je pense que le citoyen va être
encore mieux protégé.
Mme Poirier : Quand vous dites que le citoyen va être consulté
sur la politique en tant que telle, vous n'y mettez pas de balise, par contre, à part que
l'élection, parce qu'«anyway» elle
n'arrivera pas avant l'élection, la politique. On peut-u se le garantir? Parce que
les politiques vont attendre votre règlement, puis votre règlement, est-ce
que vous nous le promettez
avant l'élection?
M. Coiteux : Oui, mais je pense que des... Puis j'ai toujours
bien compris pourquoi, lorsqu'un
projet de loi dit que des choses vont
être faites par règlement, j'ai toujours
compris l'inconfort des oppositions, puis c'est un peu normal. Mais, cette fois-ci, on a mis quand même, dans l'article de la loi, sur quoi va être basé le règlement,
là, ce n'est pas... Et puis on met du
monde au travail en plus là-dessus. Alors, ça
va être difficile d'adopter un règlement
qui ne sera pas robuste par rapport aux politiques de consultation. D'abord, ce n'est pas notre intention, c'est la première
chose. Notre intention, c'est d'avoir
des vraies politiques de participation et de consultation modernes, enthousiasmantes, qui vont remplacer
un système que nous, on a critiqué, mais on souhaite avoir
un autre système. Mais on le propose sur des bases solides,
on ne le propose pas à la va-vite et avec rien en échange.
Mme Poirier : Mais, puisque ce règlement-là est probablement déjà en réflexion, votre engagement
de le présenter, est-ce qu'il est avant les élections municipales?
M. Coiteux : Regardez, on a demandé à notre groupe de travail, sur lequel siège Vivre en ville, notamment, puis vous les
connaissez, on les connaît tous, on les a vus, on leur a demandé de nous donner
leurs recommandations pour le 1er juillet. Alors, c'est clair qu'on va
travailler cet été sur ces questions-là.
Mme Poirier : Mais vous comprenez que le citoyen qui va élire
un conseil de ville ne sait pas du
tout quel type de consultation
publique arrivera et quels seront... Dans le fond, les équipes auront à
s'engager sur des politiques de consultation
publique qu'ils adopteront en tant que telles, mais, si le
règlement n'est pas connu, ils ne pourront pas le faire. Ils pourront se
rabattre sur le fait que le règlement n'est pas connu.
Alors,
ma question est simple : Pour qu'on puisse avoir des élections éclairées
pour le mois de novembre, est-ce que
le règlement sera connu assez à l'avance pour que les équipes qui sont en
élections pour l'automne, bien, puissent être capables de s'engager
là-dessus à partir d'un règlement connu?
M. Coiteux :
Regardez, je ne suis pas capable de vous donner la date exacte où on va publier
un projet de règlement dans la Gazette
officielle pour consultation pour ensuite avoir le règlement ultime, mais
ce qui est absolument certain, c'est
que les recommandations du groupe de travail vont être connues. La base de
travail du gouvernement, au-delà de l'article
que nous avons, sur lequel on a déjà voté, là, le 2.1, qui déjà donne des
balises très solides, le mandat qui a été donné au groupe de travail puis les recommandations du groupe de travail
vont très certainement être connus cet été. Alors, le projet de règlement va suivre rapidement. Là,
je ne suis pas capable de vous donner une date exacte, mais c'est sûr qu'on
a l'intention de procéder. Une fois que la
loi va entrer en vigueur, on va vouloir disposer de tous les éléments qui
fassent en sorte que tous ces
éléments puissent entrer en vigueur le plus rapidement possible. Alors, il
n'est pas interdit, loin de là, que d'autres éléments vont être dans
l'espace public avant le mois de novembre, bien entendu.
Mme Poirier :
Parce que vous comprenez que c'est un enjeu électoral actuellement, à savoir
quels engagements les équipes vont
prendre sur la consultation citoyenne, soit le maintien des référendums ou
l'abolition des référendums, ou quel
type de politique de consultation publique il y aura. Ça va devenir un enjeu
électoral, et ça sera facile de se cacher derrière l'absence de
règlement pour ne pas prendre d'engagement.
M. Coiteux :
Et moi, je ne vais pas me prononcer sur les enjeux des campagnes électorales
municipales en soi, mais une chose
est certaine, c'est que les villes devront, si elles souhaitent participer à
cette nouvelle façon de faire des choses,
elles vont devoir se doter d'une politique de participation. Alors, il n'y a
rien qui interdit d'en parler, de ce qu'ils veulent avoir comme politiques de
participation, et il va y avoir beaucoup d'éléments sur la table cet été parce
que les recommandations du comité vont déjà être là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Je vous écoute, M. le ministre, là, d'abord,
premièrement, votre groupe de travail, il faudrait peut-être aviser vos partenaires parce qu'ils
n'ont pas été convoqués encore. La FQM, vendredi, n'avait pas été convoquée
encore à aucune rencontre, là. Et ma collègue...
Puis je veux
revenir avant, d'abord, à 80.1 puis à votre aviseur légal, là. Je veux juste
qu'on relise bien 80.1, là : «Toute
municipalité locale peut [avoir] une politique de participation publique qui
contient des mesures complémentaires à celles qui sont prévues dans la
présente loi...» La présente loi, c'est le processus de consultation publique.
Donc, théoriquement, celles qui vont
respecter la présente loi puis qui vont respecter le processus de consultation
publique, je le répète, je le
maintiens, je persiste et je signe, celles qui auront respecté la loi n'auront
pas de mesures complémentaires, c'est
celles qui auront des mesures complémentaires à celles qui sont prévues dans la
présente loi qui, elles... C'est ça, la réalité, là, puis c'est vers ça, là, qu'on s'en va. Puis c'est dans ce
dossier-là, qu'on prenne le temps de le lire, là : «...des mesures
complémentaires à celles qui sont prévues dans la présente loi...»
Donc, ces villes qui respecteront les mesures
qui sont prévues dans la présente loi n'auront pas une mesure complémentaire. Donc, en vertu de 80.1, il n'y
aura pas de consultation publique pour ces villes-là, il y en aura juste pour
celles qui auront des mesures complémentaires. Je répète, là, puis je n'ai pas
de problème, là, que votre aviseur légal vienne nous redire encore que, lui,
c'est toutes les villes, là, mais ce n'est pas ça que le texte dit. Je le
répète, là.
Puis, pour la
question de ma collègue par rapport à qu'est-ce que ça aura comme impact sur
Montréal, moi, j'ai demandé une analyse à quelqu'un qui est indépendant
puis je vais juste vous lire un paragraphe, M. le Président, là : «L'adoption d'un règlement municipal en vertu de
la loi — là — répondant à neuf objectifs assez peu
contraignants — puis
c'est un tiers neutre, en passant — abolira l'approbation référendaire pour les
municipalités concernées.» Donc, il y a neuf critères, neuf objectifs, qui sont dans la loi, puis c'est assez peu
contraignant, je vous l'ai dit depuis les tout débuts, là, puis c'est vrai, là. Puis le ministre veut se
garder une marge de manoeuvre large, puis c'est correct, mais, quand on
fait ça, quand on élargit, bien, c'est moins contraignant.
«Celles qui
n'adopteront pas un tel règlement seront toujours soumises aux dispositions
actuelles de la
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme.» Puis c'est correct, M. le ministre, vous l'avez dit.
«Toutefois, la facilité de se conformer aux neuf objectifs constitue
clairement une incitation à favoriser l'abandon de l'approbation référendaire.»
Puis c'est votre objectif, vous ne vous en
êtes pas caché, M. le ministre, en tout cas, vous me l'avez dit en privé, que
ce que vous souhaitez, c'est que le nouveau processus remplace les
référendums.
«Qu'en est-il
plus spécifiquement du cas de Montréal? Le ministre a indiqué que les
dispositions actuelles de la charte
sur l'Office de consultation publique seront maintenues et il a la conviction
que le maire voudra faire appel à l'office plus souvent que maintenant. Pourtant, dans les faits, l'abolition de
l'approbation référendaire va rendre à peu près caduc l'article 89. En effet, dans les dizaines de
projets où l'office a été mandaté en vertu de cet article, tous, sauf un, l'ont
été pour éviter le processus
référendaire. Disons qu'il est hasardeux de penser que des promoteurs
immobiliers vont réclamer un recours
à l'article 89, et donc un examen détaillé de leur projet par l'office, et une
simple consultation en arrondissement leur permet d'aller de l'avant
sans crainte d'un blocage référendaire.»
Donc,
théoriquement, 89 est utilisé pour éviter le processus référendaire. S'il n'y a
plus de processus référendaire, bien,
de moins en moins de gens vont utiliser 89, donc vont utiliser l'office. Ça,
c'est la réalité. Par contre... «Donc, bien sûr, le conseil municipal pourrait, dans un règlement définissant sa
future politique de participation publique, prévoir des cas où le recours à
l'office serait obligatoire. Cependant, cela demeurerait un règlement du
conseil, modifiable et abrogeable en tout temps, rien à voir avec les
garanties qu'offre l'enchâssement dans la charte de la ville».
Donc,
c'est ça, la réalité, là, puis c'est correct, tu sais. Le discours que vous
livrez, M. le ministre, c'est de dire : Il y a plus d'autonomie, la ville de Montréal aura plus d'autonomie. Par
contre, il ne faut pas oublier qu'à Montréal le plan actuel, donc, la révision quinquennale du plan d'urbanisme n'a pas
été faite, le plan actuel a été adopté en 2004 puis il n'a jamais été révisé. Donc, à Montréal, là, il
va y avoir des grands chambardements, là, par rapport à l'urbanisme. Ça va
être très, très important.
Donc
là, évidemment, on va arriver, en vertu... avec le nouveau projet de loi, dans
une ville qui va s'embarquer dans un
vaste processus de modification de ses règlements parce que c'est une
obligation, là, et il y a un plan quinquennal, puis il n'a jamais été révisé depuis 2004. Donc, il va y avoir des
modifications importantes. C'est pour ça que l'amendement, M. le ministre, il faudrait qu'il soit clarifié.
Le processus de consultation, pour la protection du citoyen, M. le ministre,
ça serait important que le processus de
consultation sur... le processus, comme votre amendement le dit, là, «de tenir
la consultation publique sur le projet de règlement édictant la
politique de participation publique prévue à 80.1», c'est qu'il y en ait, mais sur tout changement qui va
être adopté par la ville, pas juste en vertu de 80.1, pour les municipalités
qui auront un processus de consultation
publique qui contient des mesures complémentaires à celles qui sont prévues
dans la présente loi parce que, si la ville respecte la présente loi
puis il n'y a pas de mesure complémentaire, c'est-à-dire... Puis c'est pour ça qu'on utilisait «référendum».
Les villes qui voudraient maintenir un référendum consultatif, ça, c'est
une mesure complémentaire. Mais les villes
qui vont respecter vos neuf critères, vos neuf objectifs, elles n'en adopteront
pas, de mesure complémentaire. Je le
répète, là : Votre avocat, là, qu'il demande une analyse au Barreau parce
qu'il y a un problème, je vous le
dis, là, parce qu'à quelque part... Puis l'analyste indépendant à qui j'ai
demandé, là, puis c'est un tiers neutre, lui, il fait juste constater,
il regarde, puis c'est un spécialiste de Montréal, puis il suit ça, là.
Donc, à quelque part,
si on veut s'assurer que les citoyens de Montréal ont une position qui est
éclairée sur le processus de consultation publique...
parce que votre amendement, M. le ministre, il parle d'avoir une consultation
publique sur le processus. Puis c'est
correct, ça en prend un, mais il faut s'assurer que les municipalités, toutes
les municipalités du Québec, auront
un processus de consultation publique, si c'est ça, l'objectif, parce que vous
semblez nous dire ça depuis le tout début, là. Vous semblez dire :
Toutes les municipalités auront un processus de consultation sur le processus
de consultation publique. Si c'est ça, ce n'est pas ça que votre texte dit,
tout simplement.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Un seul commentaire, M. le Président, concernant les réunions du groupe de
travail, il y a déjà deux réunions qui se
sont tenues en présence de la FQM, le 29 mai et le 2 juin, puis il y en a une
troisième qui est prévue le 16 juin. Les travaux avancent très bien.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur l'amendement
qui introduit le nouvel
article 22.1? Il n'y a pas d'intervention? Je
vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté?
Des voix :
Adopté sur division.
Président (M. Auger) : Sur division. J'avais anticipé. Adopté sur
division. Donc, l'article 22.1 est adopté sur division. Nous en serions
à 23. M. le ministre.
M. Coiteux :
C'est le 23, mais je vais avoir un amendement pour le 23, qui va retirer le 23,
alors je suis aussi bien de...
Le Président
(M. Auger) : Qui retirerait, mais on va quand même le lire pour
les gens qui nous écoutent.
M. Coiteux :
Alors, M. le Président, c'est parce que l'article 23 tel que proposé ici,
j'aurais un amendement immédiatement après qui propose de le retirer, tout simplement, parce qu'il faut le retirer pour qu'on soit en concordance
avec le reste du projet de loi. Je vous rappellerai que le projet de loi déposé
ne tenait pas compte de ces politiques de participation à l'époque, il abrogeait tout simplement le processus référendaire
à Montréal, et donc on doit le remplacer par un autre élément.
Donc, je proposerais
donc de présenter l'amendement à l'article 23, qui consiste à retirer du
projet de loi l'article 23. On a fait la même chose dans le cas de Québec,
c'est exactement le même système.
Le Président
(M. Auger) : Est-ce que ça va ou vous voulez qu'on lise
l'article 23?
Mme Poirier :
...simple que ça. Donc, vous ne modifiez plus l'article 89.1, c'est ça?
M. Coiteux :
Non, parce qu'on va avoir un 23.1 qui va...
Mme Poirier :
Qui va venir modifier...
M. Coiteux :
...présenter les choses différemment.
Mme Poirier : ...faire
une nouvelle modification à 89.1.
Président (M. Auger) : C'est ça.
Mme Poirier :
O.K., je comprends.
Le Président
(M. Auger) : Donc, ça va. Des interventions sur...
Le Président
(M. Auger) : Pardon? Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
...j'aimerais ça voir l'amendement qui va modifier avant de le retirer.
M. Coiteux :
Bien, on n'a pas le choix, hein, parce que, sinon, on ne sera pas en cohérence
avec la loi actuelle parce que ça, ce
qu'on faisait dans l'article 23 qu'on propose de retirer, c'étaient les
adaptations nécessaires à l'abrogation pure et simple des référendums à
Montréal, ce qui n'est plus ce qu'on fait.
Mme Poirier :
Exactement.
M. Coiteux :
Donc, on va avoir un autre
article qui va venir insérer les dispositions
nécessaires pour arrimer les processus à Montréal avec le nouveau
régime.
Mme Poirier :
On peut faire deux choses en même temps. On peut mâcher puis marcher en même
temps.
M. Coiteux :
On peut distribuer le 23.1 qui va suivre, je n'ai pas de problème avec ça.
Mme Poirier :
Ça serait bien.
Président (M. Auger) : Donc, il y a consentement pour qu'on
distribue, avant d'adopter l'amendement, un nouvel amendement qui
introduit l'article 23.1, c'est ce que je comprends?
Mme Poirier :
Exactement.
Le Président
(M. Auger) : Est-ce que nous avons cet amendement? Oui? Qu'il
arrive, merci beaucoup.
M. Coiteux :
Il est identique avec ce qu'on a fait pour Québec et Longueuil, il est
identique.
Président (M. Auger) : Donc, nous en sommes à la distribution
pour en prendre connaissance, mais nous allons revenir à l'amendement qui retirerait l'article 23 après
consultation de l'amendement qui introduirait 23.1. Donc, nous reprenons
l'étude de l'amendement qui retirerait
article 23?
Mme Poirier :
Bien, juste une question.
Le Président
(M. Auger) : Oui, Mme la députée.
Mme Poirier :
Donc, vous ne modifiez plus 89 dans sa forme originale.
M. Coiteux :
Non, parce que le projet de loi, tel que déposé, abolissait les référendums en
matière d'urbanisme à Montréal et à
Québec. Depuis les consultations et les réflexions qui ont suivi les
consultations, on a fait deux choses. D'abord,
on s'est assurés d'avoir un seul régime pour l'ensemble des villes et non pas
des régimes différents pour Québec et
Montréal, d'une part, et les autres villes, d'autre part, et on a établi des
exigences très strictes en matière de politique et participation. Ça, ce
sont des articles que nous avons déjà adoptés.
Maintenant,
dans le cas de Montréal, puisque nous ne faisons plus cette abrogation pure et
simple, l'objet même de ce qu'on
faisait dans l'article 23, qu'on propose de retirer, n'est plus pertinent.
Conséquemment, on propose de le retirer, et, une fois cela fait, ça va nous prendre quand même un 23.1 qui va
adapter l'article 89.1 au nouveau régime, comme nous l'avons fait
pour Longueuil, comme nous l'avons fait pour Québec déjà dans des articles
précédents.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur l'amendement à
23? Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Bien écoutez, je veux juste... Quand je regarde l'ancien 23, il y avait,
entre autres, le cinquième amendement,
là, qui venait protéger le premier alinéa de l'article 89, là. Là, je ne
le retrouve plus. Est-ce qu'il est disparu? Est-ce que... qui était : «Toutefois, ni le premier alinéa ni les
articles 125 à 127 de la
Loi sur l'aménagement et l'urbanisme ne s'appliquent au projet d'un
règlement dont l'unique but est de permettre la réalisation d'un projet visé au
paragraphe 4° du premier alinéa de l'article 89.» Lui, il n'existe plus.
Je comprends. Lui, il vient de disparaître. Bon.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Bien là, j'ai besoin de lumières très, très légistiques encore une fois, là.
Président (M. Auger) : Vous voulez prendre une pause pour
analyser la situation? Vous y arrivez? Donc, Me Cantwell, pour la
réponse.
M. Cantwell
(Philip) : Donc, l'article 23 du projet de loi n° 122, tel
que déposé, apportait une série de modifications de concordance à 89.1 en lien avec le fait qu'on mettait fin totalement
aux référendums en matière d'urbanisme. Le dernier alinéa, lui, c'est une réécriture du cinquième
alinéa de 89.1 avec le fait qu'on change les numéros... les références aux
articles pour conserver une référence aux
dispositions qui portent sur le volet consultation. Mais maintenant, avec l'amendement qui est proposé, tout ça est retiré entièrement,
et il n'y a aucune modification qui n'est apportée à 89.1, il reste
vraiment tel quel.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur l'amendement?
S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement
visant à retirer l'article 23 du projet de loi est adopté?
Une voix :
Sur division.
Le Président
(M. Auger) : Adopté sur division. Donc, l'article 23 est
retiré du projet de loi.
M. Coiteux :
J'ai un autre amendement, M. le Président, pour introduire le 23.1. C'est bien
cela? On est rendus là?
Le Président
(M. Auger) : Exact.
M. Coiteux :
Alors, l'amendement consiste à insérer, après l'article 23, le
suivant :
23.1 Cette charte est
modifiée par l'insertion, après l'article 89.1.1, du suivant :
«89.1.2. Le conseil
de la ville adopte, pour l'ensemble de son territoire, la politique de
participation publique prévue à l'article 80.1 de la
Loi sur l'aménagement
et l'urbanisme.
«Lorsque
la politique de participation publique de la ville respecte les exigences du
règlement pris en vertu de l'article 80.3
de cette loi, aucun acte de la ville adopté en vertu de cette loi n'est
susceptible d'approbation référendaire.»
Alors, l'amendement
proposé introduit dans le projet de loi l'article 23.1, qui modifie la
Charte de la Ville de Montréal de manière à
prévoir que l'adoption d'une politique de participation publique relève de la
compétence du conseil de la ville.
Le Président
(M. Auger) : Des interventions sur cet amendement? M. le député
de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Bien, d'abord, je vais vous réitérer ce que je vous disais tantôt,
là. J'ai voté contre le retrait de 23
parce que ça enlevait l'amendement qui avait été apporté par le gouvernement,
qui disait : «Toutefois, ni le premier alinéa, ni les articles 125 à 127 de la
Loi sur l'aménagement et
l'urbanisme ne s'appliquent au projet d'un règlement dont l'unique but
est de permettre la réalisation d'un projet visé au paragraphe 4° du premier
alinéa de l'article 89.»
cet amendement-là avait avantage... ça focussait puis permettait à l'Office de
consultation publique de faire plus
son travail. Là, évidemment, je vous répète l'analyse, là, que je vous ai lue
tantôt, l'expert indépendant qui nous dit : «Dans les faits, l'abolition de l'approbation référendaire va rendre à
peu près caduc l'article 89.» Donc, et ça, évidemment, l'amendement qui est déposé par le ministre, c'est
d'adopter en plus la nouvelle politique. Puis, si on a enlevé l'amendement
à l'article 23 qui avait été proposé,
bien, ça veut dire qu'on veut de moins en moins se servir de 89. Donc, on veut
de moins en moins se servir de
l'Office de consultation publique de Montréal. Puis ça va être partout dans
toutes les municipalités du Québec.
Donc,
c'est le choix, là, que le gouvernement fait. Puis je répète encore une fois,
parce qu'on ne connaît pas la politique que va rendre publique le
gouvernement, là, je vous le répète, M. le Président, là, moi, je suis logique
avec moi-même, là, et on ne la connaît pas.
Puis est-ce que je peux faire confiance au Parti libéral pour faire ça? Non.
Puis on est là pour protéger les
citoyens et les citoyennes du Québec. Donc, cet amendement-là, carrément,
encourage les villes à adopter une nouvelle politique de consultation publique
qui va remplacer tout processus actuel, puis y compris 89, là. Même s'il est permis par la ville, il pourra s'en
servir, la ville va pouvoir de façon indépendante choisir une autre façon
puis être capable de faire des processus de consultation qui sont différents de
ce qui est actuellement à Montréal.
Donc, je vous l'ai dit, je ne ferai pas un débat
interminable là-dedans, mais je vais voter contre cet amendement dans
l'intérêt des citoyens, et des Montréalais, et des Montréalaises.
Le Président
(M. Auger) : Commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux :
Non, pas de commentaire.
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur cet amendement qui introduit un nouvel article, soit
23.1? Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Juste... puis je suis plus dans le macro, là, de...
parce que c'est le dernier
article
qui va concerner ça, en
tout cas, je pense. Quand on a fait l'article 89 originalement, on l'a fait
avec des principes de dire qu'on voulait protéger autant le citoyen, mais aussi les grands projets. Et surtout
les grands projets qui, bien des fois, sont victimes, même, des citoyens. Je parle des maisons d'hébergement
pour femmes violentées, on a vu aussi des gens s'opposer à un CPE, on a
vu des gens s'opposer à une école. Et ça, ça fait
partie de 89 en tant que tel.
Moi,
je veux juste m'assurer, là, puis c'est ce que je veux que le ministre
dise bien comme il faut, là, pour que ses
paroles soient enregistrées, surtout qu'elles résonnent où ça doit résonner,
que jamais l'intention du gouvernement,
c'est d'aller en dessous de ce qui existe actuellement et que ce qu'on veut faire par, dans le fond, cette volonté de
donner de l'autonomie aux municipalités, c'est que les municipalités ne puissent pas se donner des règles qui sont en
dessous des règles qui sont actuellement présentes. Et, moi, c'est cette
garantie-là que je veux que le ministre nous donne, qu'il va s'assurer... et je ne suis pas du tout dans le même volet que
mon collègue de la CAQ, là. Le ministre nous a dit : Et les maires nous demandent plus d'autonomie. Moi, je leur dis,
l'autonomie, ça vient avec des responsabilités. Alors, si on veut leur
donner l'autonomie nécessaire, ils doivent prendre les responsabilités, mais
ces responsabilités-là ne doivent pas venir
dire qu'ils vont aller en dessous des règles qui sont actuellement et des droits des citoyens de s'exprimer.
Alors,
moi, pour qu'on puisse clore, là, ce chapitre-là, là, moi, j'aimerais ça que le
ministre puisse vraiment, là, s'exprimer en disant
que son intention profonde, là, c'est de ne jamais faire en sorte que, dans le
règlement qu'il va élaborer, qu'il va donner
lieu à des politiques municipales,
qui vont probablement être différentes les unes des autres parce qu'on n'est pas du tout dans les mêmes grandeurs
de municipalités... que la volonté gouvernementale, c'est de donner aux
citoyens un cadre réglementaire et aussi un cadre politique, dans les
municipalités, qui va venir renforcer le rôle des citoyens dans une meilleure démocratie pour que, justement, le citoyen
puisse mieux s'exprimer sur les projets qui l'entourent, qui sont dans
son périmètre, qui sont dans l'ensemble de sa ville, et que ça, c'est vraiment
la volonté ministérielle présentement. Moi, j'ai besoin de cette garantie-là
aujourd'hui pour qu'on ferme le dossier, là, de ce bout-là.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Bien, honnêtement, je n'ai aucun... plus qu'aucun problème, je suis très
heureux de confirmer que c'est ça,
l'intention gouvernementale. L'intention gouvernementale, je l'ai exprimée en
disant qu'on voulait mettre en place
un urbanisme participatif, solide, qui soit attaché sur des principes qui
soient modernes, de plus de démocratie, de plus d'implication citoyenne
en amont des projets de loi.
Donc,
je dirais que ce qu'on veut faire, dans le fond, c'est de remplacer un
urbanisme qui parfois est réactif par quelque chose qui est davantage
participatif et qui donne plus d'influence aux citoyens. C'est ça, l'intention
ici.
Alors,
c'est clair que le fait d'avoir précisé les neuf objectifs qui sont issus du
rapport L'Allier, qu'on a discutés d'ailleurs
lors des consultations, c'est venu sur le tapis, cette question-là,
l'importance de faire participer les citoyens en amont, de remplacer des
processus qui, pas toujours mais souvent, puis la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve vient d'y faire
référence, qui parfois ont tué des bons projets parce que les gens
s'opposaient, donc on mobilisait des opposants plutôt qu'on mobilisait des gens qui voulaient construire des choses
meilleures pour leur milieu de vie, c'est ça qu'on vise à accomplir.
Alors,
oui, c'est l'intention gouvernementale d'avoir un règlement sur les balises de
telles politiques de participation qui
soit solide et de s'assurer qu'il n'y ait pas moins de droits pour les
citoyens, qu'il y ait plus de participation, et donc de droits et d'influence ultime des citoyens sur
les projets d'urbanisme, évidemment avec un système différent de celui
qui existe aujourd'hui. C'est un nouveau système qu'on souhaite voir mettre en
place.
Maintenant,
le gouvernement ne le mettrait pas en place lui-même. Le gouvernement va venir baliser sa mise en place
potentielle par les villes qui désireront le faire. Moi, je pense que Montréal
va certainement vouloir expérimenter avec ça, mais ça appartiendra à Montréal
de décider.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville, sur le même sujet.
M. Laframboise : Oui, sur le même sujet. Tout ça pour vous dire
que, quand un gouvernement parle, M. le ministre, c'est par des écrits. Là, présentement, on est en
attente d'un règlement sur la participation
publique, puis c'est le nerf de tout ce qu'on défend aujourd'hui.
le Parti québécois décide de faire confiance au ministre puis demande au
ministre de s'engager publiquement, bon,
le ministre peut bien s'engager. Le problème, c'est qu'il faut que les textes
suivent, et, jusqu'à date, je vous le dis, là, le projet de loi a mal parti. Ce n'est pas un projet de loi qui est bien
conçu. Et les amendements qui sont apportés sont suramendés. Moi, j'ai
un problème avec le projet de loi qui est déposé dedans au nom des citoyens du
Québec, des Montréalais et Montréalaises, des Québécois et des Québécoises.
Puis
je vais le maintenir jusqu'à la fin. Je vous l'ai dit, M. le Président, je ne
suis pas ici pour faire un débat éternel, je suis ici pour défendre des intérêts, puis j'aurais pu défendre des
intérêts corporatifs. S'il y en a un autour de la table qui aurait pu défendre
un intérêt corporatif, c'est bien moi en tant que président de l'Union des
municipalités du Québec, mais j'ai
décidé de prendre le parti des citoyens, pas de prendre un parti corporatif.
C'est la différence entre la Coalition avenir Québec, puis le Parti
québécois, puis le Parti libéral, monsieur.
Le Président (M. Auger) : Mme
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Bien, je vais laisser le collègue de la CAQ faire ses affirmations, là. Je
pense qu'il devrait faire en sorte de
qualifier ce qu'il fait lui-même puis laisser les autres faire, ce serait déjà
pas pire. Dans un deuxième temps, prétendre
que nous, on fait du corporatisme, c'est pas mal mal nous connaître.
Troisièmement, je vous dirais, M. le Président, que, bien au contraire, ce n'est pas une question de faire confiance au
Parti libéral. Ce qu'on nous demande, c'est de faire confiance aux élus municipaux. Et c'est plus vers
là que nous tendons notre confiance. Non pas que je n'ai pas confiance
au ministre, là, mais le ministre nous demande de faire confiance aussi aux
élus municipaux.
Je comprends
que la CAQ ne veut pas faire confiance aux élus municipaux, ça, c'est son
choix, mais nous, on va faire
confiance. Ce sont des élus comme nous, qui ont aussi des responsabilités, qui
doivent se présenter devant l'électorat en novembre prochain et qui devront prendre des engagements. Alors, moi,
je pense que les élus qui sont devant l'électorat dans quelques mois devront se commettre et faire
en sorte qu'on puisse justement connaître leur réelle intention devant
ça. Il y a même déjà des élus qui l'ont annoncée.
Mais,
complémentairement à ça, M. le Président, je reviens avec une question. Les
projets majeurs actuellement — puis ça, ce bout-là m'agace, là — à cause de la possibilité de l'approbation
référendaire, le citoyen a vraiment une pogne, en quelque part, pour interpeler l'administration
municipale, pour demander l'office de consultation. Elle est où, ma garantie,
actuellement, que le citoyen va encore avoir
cette même possibilité d'interpeler le conseil de ville? Bien que le conseil
de ville a l'opportunité de dire non, là, puis
ça, il faut être bien clair, là. En tout cas, le collègue de la CAQ l'oublie
souvent, là, mais on peut bien avoir une approbation référendaire, mais
ça ne donne pas lieu automatiquement à l'Office de consultation, là.
Puis moi, je
peux vous le dire, là, je le vis, là, au quotidien dans mon comté présentement,
là. Le projet de la cité de la
logistique dans l'est de la ville, on est là-dedans : 6 000
signatures. L'arrondissement a fait sa consultation, on a eu la première
séance la semaine passée, la prochaine le 15 juin. Il y a 160 citoyens qui
se sont présentés. L'ensemble des partenaires sont là : Cargo M, le port,
le ministère des Transports. Je ne vous dis pas qu'ils ont des réponses, mais
je vous dis que les partenaires sont là. Et
le conseil de ville, le maire a dit qu'il y aura éventuellement une
consultation de l'Office de
consultation publique. Mais c'est lui qui décide, là, c'est le conseil de ville
qui décide. Il n'y a pas d'obligation là-dedans, là.
Alors, mais
au moins il y a cette poignée-là du citoyen présentement, de dire : Si je
vais chercher 5 000 signatures, j'ai
une possibilité de me faire entendre par le conseil de ville pour avoir
l'Office de consultation. Moi, c'est juste cette garantie-là, là, qui nous échappe présentement, qu'on n'a pas parce
qu'elle appartient au règlement, parce qu'elle appartient au conseil de
ville, parce qu'elle appartient à la future politique de consultation.
Je me pose
juste la question : Comment on peut donner au citoyen cette assurance-là,
là, qu'il aura encore moyen d'influencer
puis qu'il aura un espace pour lui, pour donner son opinion, en quelque part,
sur particulièrement des projets majeurs?
Parce que je regarde la cité de la logistique, là, c'est des millions de pieds
carrés, là, c'est un grand champ vide, là, contaminé au maximum, mais pour lequel on va faire passer une autoroute
par laquelle on va implanter un nouveau type d'industrie, etc.
Alors, il
faut que le citoyen ait sa place là-dedans, là. Alors, comment on peut s'assurer, à ce moment-ci, parce qu'on
n'a pas le règlement, parce qu'on n'a pas la politique, mais comment je peux
m'assurer que le citoyen aura sa place là-dedans?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien, la députée d'Hochelaga-Maisonneuve vient
de le dire, ultimement, là, c'est le conseil de ville qui a la discrétion de savoir si, dans le cas qui
était présenté ici, s'il vous l'envoie ou non. Dans une politique
de participation citoyenne
en matière d'urbanisme, qui est balisée par les grands critères, la marge
discrétionnaire va se voir réduite par l'adoption même du règlement qui
définit cette politique.
Et les balises qui vont être données à l'ensemble
des municipalités, incluant Montréal, à ce que doit contenir obligatoirement une telle politique, ils sont définis par les grands principes qui sont dans l'article
2.1 du projet de loi ici. Il y
a des travaux qui se font. Puis il y a
l'office, en plus, dans le cas de Montréal. On vient d'adopter un amendement
qui va faire en sorte que les citoyens vont être consultés sur la politique
de participation par l'office même. Donc, je pense
qu'on attache des morceaux importants
où les citoyens vont avoir l'occasion de se prononcer
avant même que la politique soit adoptée par le conseil de ville, puis
ensuite, évidemment, cette politique de participation va devoir être très
robuste.
Le Président (M. Auger) : Mme
la députée de Taschereau.
Mme Maltais : Oui, juste une question. Vous avez dit tout à l'heure, M. le ministre, qu'il est hors de question que cela constitue un
recul, c'est plutôt une avancée. Alors, il est évident pour moi...
J'écoute les questions de ma collègue et je me demande si ce n'est pas possible que, dans votre règlement,
parce que c'est vous qui allez adopter le règlement à
partir duquel toutes les politiques de participation publique seront bâties, seront fondées, ça va
être leur base solide, si, dans ce règlement-là,
il ne devrait pas y avoir une question concernant l'Office de consultation publique de Montréal et
les projets majeurs. Ce sont surtout les projets majeurs qui m'interpellent.
Alors, je ne sais pas si vous voulez proposer une solution à ma
collègue, mais je suis sûre qu'elle sera tout ouïe, la connaissant.
M. Coiteux : C'est bien noté. Puis, d'autre part, on se
rappellera qu'il y a... Je ne me souviens jamais si on parle de paragraphe ou d'alinéa, mais, dans l'article
2.1, on donne au ministre justement la possibilité d'adapter les balises en fonction des villes, un peu, là, quand même,
la taille est importante. L'existence de l'Office de consultation publique de
la ville de Montréal est en soi un objet important.
Donc, ça va donner cette possibilité-là de faire varier
certaines exigences, effectivement.
Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur cet amendement qui introduit l'article 23.1? S'il n'y en a pas... Oui, Mme la députée de
Taschereau.
Mme Maltais :
Je comprends qu'on a... je vais y aller pour ma collègue, peut-être, parce que
ça m'intéresse beaucoup, parce qu'on a les conseils de quartier aussi dans
la ville de Québec. Alors, je comprends du ministre qu'il y a un engagement à l'effet qu'il n'y ait pas de...
que ce soit adapté en fonction des mécanismes... le règlement soit adapté
en fonction des mécanismes déjà existants
sur le territoire de la ville et respecte les... Bien, il ne s'agit pas, là...
on est dans la politique, dans le
cadre de la politique de participation publique, dans le cadre du règlement. On
s'est tous entendus ou, en tout cas,
on a adopté ce bout-là, ce n'est pas pour défaire ça, c'est vraiment pour dire
qu'il y aura adaptation et respect des organismes de consultation déjà
présents sur le territoire.
Le Président
(M. Auger) : Commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux :
On s'est doté de la capacité d'adapter, puis il y a aussi la taille des villes,
hein, qui va varier, effectivement...
Mme Maltais :
Oui, oui, tout à fait. Non, ça, ça va.
M. Coiteux :
...mais tout ça dans le respect de l'autonomie municipale qu'on a invoquée tout
à l'heure, c'est-à-dire chaque ville aussi va pouvoir se doter d'une
politique qui reflète sa propre réalité, là.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui, tout ça pour dire qu'on peut discuter, mais c'est la ville qui
décide. Donc, je vous l'ai dit tantôt,
là, ce n'est pas pour rien que je regarde qu'il y ait des tiers neutres qui
nous fassent des recommandations. Il n'y a rien qui est garanti qu'à
Montréal l'Office de consultation publique sera consulté plus qu'elle ne l'est
présentement. Il n'y a rien qui le garantit,
la ville étant autonome. Ce qui aurait pu le garantir, c'est de voir le texte
du règlement, mais on ne le verra pas. Donc, à part de discuter puis
d'avoir les hommages du ministre, le reste...
Le Président
(M. Auger) : Autres commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux :
Non, pas d'autre commentaire, M. le Président.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur cet amendement?
S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement
qui introduit le nouvel
article 23.1 est adopté?
Le Président
(M. Auger) : Adopté. Est-ce que l'article 23.1...
M. Laframboise :
Sur division.
Le Président
(M. Auger) : Adopté sur division. 24.
M. Coiteux :
Alors, on est...
Le Président
(M. Auger) : Pardon? Ah oui! Excusez. Est-ce l'article 23.1 est
adopté?
Une voix :
Sur division.
Le Président
(M. Auger) : Adopté sur division. 24.
M. Coiteux :
Alors, j'aurais un amendement à l'article 24 qui va consister à retirer
l'article 24. Et, encore une fois, c'est des questions de concordance,
là, notamment avec l'article 27 vers lequel on tend, là.
Le Président
(M. Auger) : Donc, nous distribuons cet amendement.
M. Coiteux :
Et, en fait, pour bien préciser les choses, c'est qu'en attendant qu'une telle
politique soit adoptée, si on avait
adopté l'article 24 tel qu'il est là, on aurait aboli les référendums avant
même que la politique soit adoptée. Donc, il est nécessaire de retirer
ces articles-là.
Président (M. Auger) : Des interventions sur cet amendement du
ministre visant à retirer du projet de loi l'article 24? Pas d'intervention?
Donc, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement visant à retirer
l'article 24 est adopté?
Le Président (M. Auger) :
Adopté. Donc, l'article 24 est retiré du projet de loi.
L'article 25. M. le
ministre.
M. Coiteux : Alors, l'article
25 : Les sections III et IV du
chapitre IV de cette charte, comprenant les
articles 151.8 à 151.18, sont abrogées.
Alors,
pourquoi? Pourquoi on fait ça? C'est parce que c'est une mesure de concordance.
Nous avions donné à Montréal un
pouvoir général de taxation et le pouvoir d'exiger des redevances
réglementaires, mais nous avons adopté un
article qui donne ce
pouvoir-là à l'ensemble des villes du Québec. Et on va avoir maintenant le même
texte pour Montréal et tous les autres.
C'était l'article 58 qu'on a déjà adopté. C'est ce que ça vient faire. Donc, ça
ne change pas le fait qu'à Montréal
on a donné un pouvoir général de taxation et un pouvoir d'exiger des redevances
réglementaires, mais ça arrime l'article qui concerne Montréal sur
l'article qui concerne l'ensemble des villes.
Président (M. Auger) : Des interventions sur l'article 25? Il n'y
en a pas. Alors, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'article 25 est
adopté?
Le Président (M. Auger) :
Adopté. 26. M. le ministre.
Une voix : Concordance,
rémunération.
Le Président (M. Auger) :
L'article 26.
M. Coiteux :
L'article 26 :
L'article 16 de l'annexe C de cette charte est modifié :
1° par le remplacement du premier alinéa par le
suivant :
«Le leader de
la majorité, le chef de l'opposition et le leader de l'opposition pour le conseil
de la ville sont désignés conformément au présent article.»;
2° par la suppression du deuxième alinéa;
3° par le remplacement, dans le cinquième
alinéa, de «troisième et quatrième» par «deuxième et troisième».
Et il s'agit d'une modification de concordance
apportée en raison des modifications proposées à la
Loi sur le traitement des élus municipaux. On a déjà adopté
des articles, mais ici il fallait adapter les articles que nous avons déjà
adaptés à la situation de la charte de Montréal. C'est les nouvelles
dispositions entourant la rémunération des élus.
Le Président (M. Auger) : Des
interventions sur l'article 26? Madame, oui.
Le Président (M. Auger) : Nous
aurions peut-être Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Oui?
Président (M. Auger) : Ça va, Mme la députée? Donc, il n'y a pas
d'intervention sur 26. Je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'article
26 est adopté?
Le Président (M. Auger) :
Adopté. 27.
M. Coiteux : J'ai un amendement
qui introduit un
article 26.1.
Le Président (M. Auger) :
Est-ce qu'il est distribué?
M. Coiteux :
Est-il distribué?
Le Président (M. Auger) : Nous
sommes en train de...
M. Coiteux :
Je pense que tous allons le reconnaître, là, parce qu'on a adopté cette
formulation dans un autre article. Il s'agit de l'adapter pour Montréal.
Le Président (M. Auger) :
Faites-en la lecture, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Coiteux : Alors :
Insérer, après l'article 26, le suivant :
26.1.
L'article 50.1 de l'annexe C de cette charte est modifié par le remplacement,
dans le premier alinéa, de «Dans le
cas de la détérioration d'un bâtiment qui est susceptible de porter atteinte à
la santé ou à la sécurité des occupants de celui-ci et lorsque» par
«Lorsqu'un bâtiment est vétuste ou délabré et que».
Donc,
l'amendement proposé introduit dans le projet de loi l'article 26.1, qui
modifie l'article 50.1 de l'annexe C de
la Charte de la Ville de Montréal afin de permettre au comité exécutif de la
ville d'exiger des travaux et, à défaut par le propriétaire de se conformer, d'inscrire un avis de détérioration à
l'égard de son immeuble dans tous les cas où un bâtiment est vétuste ou délabré et non conforme à la
réglementation municipale. Il s'agit d'un élargissement du pouvoir de la ville
puisque la disposition présentement en
vigueur exige que l'état de détérioration d'un immeuble soit susceptible de
porter atteinte à la santé ou à la sécurité des occupants.
Alors, on a
eu cette discussion-là concernant Québec et nous avions changé le libellé pour
tenir compte du fait que ça peut
présenter un danger, même pour les voisins, pas nécessairement les occupants,
et on a adapté. Donc, on vient faire la même chose pour Montréal ici.
Président (M. Auger) : Des interventions sur cet amendement? S'il
n'y a pas d'intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'amendement qui introduit le nouvel
article 26.1 est adopté?
Le Président (M. Auger) :
Adopté. Est-ce que l'article 26.1, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Auger) :
Adopté. Nous en serions à 27.
M. Coiteux :
Nous sommes à 27. Alors, 27, j'ai un amendement qui propose simplement de le
retirer. Et, encore une fois, c'est
en concordance avec ce que nous avons adopté : que l'abrogation de
l'approbation référendaire est conditionnelle à l'adoption d'une politique conforme. Et donc on ne va pas l'abroger
par l'article 27, qu'on propose de retirer. C'est ce que fait
l'amendement.
Le Président (M. Auger) : Des
interventions sur cet amendement? M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Je veux juste voir... qui est de retirer... Là,
162.2 : «Aucun acte de la ville
n'est susceptible...» Ça, c'était l'amendement,
là : «Aucun acte de la ville n'est susceptible d'approbation référendaire
aux fins de l'application de [l'article]
V...» Là, répétez-moi pourquoi on l'enlève, là. Vous l'enlevez parce que
vous voulez permettre les référendums?
M. Coiteux : C'est parce
que, dans le projet de loi déposé, on abrogeait les référendums à Montréal sans faire référence
à la nécessité d'adopter une politique de participation conforme au principe.
Alors, on retire ça parce qu'on a remplacé
ça par la nécessité d'adopter une politique de participation citoyenne. Mais,
tant et aussi longtemps qu'elle n'est pas adoptée, cette politique, les
référendums s'appliquent, et donc le régime est maintenu.
M. Laframboise : C'est bon.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur cet amendement?
S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement
permettant de retirer l'article 27 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté, donc l'article 27 est retiré. Nous
irions à 43, mais il y a 40 de suspendu aussi.
Une voix : ...on avait
suspendu 40 parce que...
M. Coiteux : Est-ce qu'on peut
aller à 40? On continue... on peut se rendre à 40...
Président (M. Auger) : Consentement pour 40? Consentement?
Consentement.
Article 40. M. le ministre.
M. Coiteux :
40. C'est là qu'on est, hein? O.K., 40. On est dans la
Loi sur les cités et
villes ici. Alors :
L'article 28 de la
Loi sur les cités et villes (chapitre C-19) est modifié par
l'ajout, à la fin du premier alinéa du
paragraphe 3, de la phrase suivante : «Elle peut également se rendre
caution d'une coopérative de solidarité qui s'est, par ses statuts, interdite d'attribuer une
ristourne ou de verser un intérêt sur toute catégorie de parts privilégiées
sauf si cette ristourne — pardon, le mot "pardon" n'est
pas dans l'article, M. le Président — est attribuée ou si cet intérêt est versé
à une municipalité, à l'Union des municipalités du Québec ou à la Fédération
québécoise des municipalités locales et régionales [la] (FQM).»
Alors,
cette modification permet à une municipalité régie par la
Loi sur les cités et
villes de se porter caution de certaines
coopératives de solidarité constituées en vertu de la
Loi sur les coopératives.
Une coopérative de solidarité est celle
qui comporte des membres d'au moins deux des catégories suivantes : des
membres utilisateurs qui sont des personnes ou des sociétés qui utilisent les services de la coopérative, des
membres travailleurs qui sont des personnes physiques qui travaillent au
sein de la coopérative, des membres de soutien qui sont des personnes ou des
sociétés qui ont un intérêt économique, social ou culturel dans l'atteinte des
objectifs de la coopérative.
Pour
qu'une coopérative de solidarité puisse être sujette à la caution d'une
municipalité, elle doit, par ses statuts, s'être interdit d'attribuer une ristourne ou de verser un intérêt sur
toute part privilégiée, sauf à une municipalité, à l'Union des
municipalités du Québec ou à la Fédération québécoise des municipalités.
Le Président
(M. Auger) : Interventions sur 40? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, merci. On a fait un peu un saut de puce. Vous l'aviez suspendu,
puis, de mémoire, je pense, vous
aviez des amendements ou vous aviez des... À moins que je me trompe, là, M. le
ministre. Pourquoi est-ce qu'on avait suspendu à 40 puis on est sauté à
M. Coiteux :
Oui, la raison, c'est qu'on se questionnait à savoir si nous devions l'amender.
Et on a fait les analyses nécessaires pour découvrir qu'il n'était pas nécessaire
de l'amender. Et donc c'était la raison. Mais là on n'aura pas d'amendement à
présenter ici.
M. Ouellet : O.K. Donc, ma question : Pourquoi on est à
inclure cette nouvelle disposition? C'est quoi... Cette demande-là est venue d'où? Puis c'est pour
répondre sur quel enjeu? Je comprends le libellé de l'article,
mais, derrière cet article, c'est quoi, l'intention recherchée puis
l'application voulue?
M. Coiteux :
Oui. Alors, il y a des... C'est l'UMQ ou...
Une voix :
La FQM, la FQM.
M. Coiteux :
La FQM. La FQM est en train de se constituer une coopérative de services informatiques
pour servir ses membres, et donc réduire les
coûts de tels services. Or, la loi actuelle, telle que rédigée, ne leur
permettrait pas de faire une telle chose, alors que c'est une bonne
idée.
Alors,
c'est ici un
article qui vient flexibiliser la loi pour permettre l'existence
de telles coopératives pour partager des
services entre municipalités. C'est une discussion que nous avions eue avec la
FMQ, qui avait soulevé un enjeu : La loi ne nous permet pas de faire ça, mais ça aurait beaucoup de sens pour
nous de faire une telle chose. On a fait l'analyse nécessaire pour voir comment
on pouvait modifier la loi pour rendre cette chose possible. Là, je donne un
exemple de coopérative de services
informatiques, mais on pourrait en imaginer d'autres. C'est une façon de
partager des services entre membres.
M. Croteau
(Marc) : ...
M. Coiteux :
Et ça ajoute, me dit M. le sous-ministre Croteau, ça ajoute un nouvel outil, un
outil de plus aux achats regroupés qui sont déjà en vigueur.
Le Président
(M. Auger) : Le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Donc, si je comprends bien, des municipalités pourraient se regrouper,
former une coopérative de solidarité
dans le cas présent, pour faire des achats groupés. Et, en se regroupant de
cette façon-là... parce qu'on parle de caution,
là, c'est ça? «Elle peut également se rendre caution d'une coopérative...»
L'article vient donner la légitimité à une municipalité de cautionner
l'élaboration d'une coopérative de solidarité, c'est ça qui est... c'est ça,
l'enjeu, O.K.
M. Ouellet :
On parle d'achats groupés. Est-ce que ça pourrait aussi être des coopératives
pour des nouveaux services à offrir dans les municipalités? Je donne un
exemple.
M. Ouellet : L'informatique? O.K. Mais, mettons, là, des
municipalités voudraient créer une nouvelle coopérative de solidarité pour ce qui est des agents pour
faire de la circulation routière. On sait que maintenant, présentement, c'est
les policiers qui le font. Mais là on se
regroupe entre municipalités puis on fait une coopérative de solidarité pour
mettre sur pied une nouvelle agence de sécurité pour la circulation
routière. Est-ce qu'on pourrait aller jusque-là?
M. Coiteux :
Bien là, on fait appel aux agents de la sécurité routière. Je pense qu'on a
d'autres lois, là, qui prévoient que
ça doit être les agents qui le font, là. Évidemment, cette disposition-là ne
permettrait pas d'aller à l'encontre d'autres lois. C'est vraiment pour... Il faut que ça reste dans le domaine des
responsabilités municipales, là, pas dans les responsabilités du gouvernement du Québec, par exemple, ou du
ministère des Transports, ou des services policiers, comme la Sûreté du
Québec, qui continuent d'avoir leurs propres responsabilités et devoirs.
Une voix :
Ce que soulève le député, ça ressemble plus à des ententes...
Le Président
(M. Auger) : Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais :
Question comme ça, juste pour bien comprendre, parce que c'est assez complexe,
là, à lire. Pourquoi ce n'est pas écrit...
Il y a sûrement une raison légistique pour laquelle on procède à la négative au
lieu de la positive. C'est-à-dire,
pourquoi ce n'est pas écrit qu'elle peut se rendre caution d'une coopérative de
solidarité qui, par ses statuts, permet
une ristourne à l'UMQ, FQM? Il y a sûrement des raisons, là, mais pourquoi on
complexifie comme ça en passant pas
la négative au lieu de la positive? C'est-u parce qu'il y a... On aurait pu
permettre tout simplement la caution à une coopérative dans le cas où
les revenus, je les appellerai comme ça, pourraient être versés à une de ces
associations-là.
Président (M. Auger) : Donc, consentement pour cette
intervention? Dans un premier temps, bien vouloir vous identifier, votre
nom, votre titre...
M. Coiteux :
Il dit que c'est... parfait.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Juste pour clarifier, avant que... Votre nom, c'est...
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Hélène
Dumas-Legendre. Je suis avocate au ministère
de la Justice. Je m'excuse, Mme
la députée, je n'ai pas compris votre question parce qu'un collègue me parlait.
Mme Maltais : O.K. Vous dites : On procède par la négative. On
dit : Elle peut faire ceci, sauf si... O.K.? Elle peut se rendre caution d'une coopérative qui s'est
interdite, sauf si elle s'est donné la permission vers... Pourquoi
on n'a pas dit simplement... parce que
ça devient... ça peut ouvrir d'autres portes, O.K., alors j'essaie de voir pourquoi
on n'a pas dit simplement : Elle
peut se rendre caution d'une coopérative de solidarité dont les ristournes
pourraient aller à la... une des trois parties prenantes qui sont là.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : C'est la coopérative
qui, par son règlement intérieur, va s'interdire de verser des ristournes, donc elle doit poser un geste.
Donc, si elle décide de verser des ristournes à tous ses membres, bien, à ce moment-là, la municipalité ne pourra pas la cautionner. Il va falloir
qu'elle interdise le versement de ristournes à certains de ses membres.
Elle pourra le permettre pour l'UMQ et pour la FQM ou pour une autre des municipalités.
Mme Maltais : Plus d'explications, s'il vous plaît. Vous venez d'aller trop vite pour moi. C'est parce qu'on est des profanes.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Excusez-moi, je
vais reprendre. La coopérative, par son règlement interne, décide si elle verse des ristournes à ses membres
ou pas. C'est prévu dans la loi comme ça, c'est toutes les coopératives.
Mme Maltais :
Oui, oui, oui, tout à fait.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : Donc, pour qu'une
municipalité puisse cautionner une coopérative, il faut
qu'elle ait pris la décision de ne verser des ristournes qu'à une municipalité, l'Union des municipalités ou
la FQM. Si la coopérative décide d'en verser à d'autres de ses membres,
à ce moment-là, la municipalité ne pourra la cautionner.
Mme Maltais :
Donc, pourquoi ce n'est pas écrit : «Elle peut également se rendre caution
d'une coopérative de solidarité dans le cas où, dans ses statuts...»
J'essaie de comprendre pourquoi on procède par la négative au lieu de la
positive. Peut-être, c'est plus simple de même, mais, pour le profane, c'est
plus compliqué.
Mme Dumas-Legendre
(Hélène) : ...ne peut retourner aucune ristourne, bon, on aurait pu
dire «dans le cas où, par ses statuts, elle s'est interdite» au lieu du
«sauf».
Mme Maltais :
En fait, c'est qu'elle s'est... O.K. Ça va. C'est correct. Je comprends que
c'est compliqué à expliquer. On est dans la
Loi sur les coopératives en même temps, mais c'est correct. Mais moi, je veux
qu'il n'y ait pas d'autre porte
ouverte. C'est pour ça que j'aurais eu tendance à procéder par la positive,
mais c'est correct. Si vous me dites que c'est blindé...
Mme Maltais : Ah
oui!
Des voix : Ha, ha, ha!
Mme Maltais : C'est rare qu'une
juriste soit claire comme ça, un «ah oui!» comme ça.
Le Président (M. Auger) : C'est
enregistré, oui?
Des voix : Ha, ha, ha!
Mme Maltais :
Merci. Ça va.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre, il y avait un commentaire supplémentaire?
M. Coiteux : Non, si elle a dit
que c'était blindé.
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions sur l'article 40? Oui, M. le député de
René-Lévesque.
M. Ouellet : Juste pour terminer. Donc, on cherche à donner de
nouveaux moyens aux municipalités de créer un groupe de municipalités qui partagent les mêmes enjeux et qui, à moindre
coût, cette coopérative-là pourrait lui donner des services. Le but derrière tout ça, c'est qu'ensemble, regroupés,
nous puissions faire de meilleures choses ou des choses à moindre coût.
C'est ce que je comprends.
M. Coiteux :
Oui. Il existe, dans certains domaines, là, des ententes intermunicipales pour
partager des services policiers, dans
certains cas pour partager les services incendie. Là, c'est un nouvel outil,
qui est de se doter d'une coopérative,
mais, de la façon qu'est libellée la
Loi sur les coopératives, cet outil-là ne
serait pas accessible aux villes, et là on le rend accessible.
M. Ouellet : Parce que, oui, effectivement, dans le cas de
l'association, c'est un échange de services. Là, dans le cas de la
coopérative, on va mettre l'argent dans le pot puis on va lever la coopérative,
et, lorsqu'il y aura bénéfice... ristourne,
pardon, elle sera distribuée à travers le membership. Donc, il y a un modèle
entrepreneurial derrière tout ça qui n'est
pas juste d'échanger des services, mais que, si c'est viable financièrement, ce
soient les communautés et municipalités qui sont membres qui en
bénéficient, de cette ristourne-là.
M. Coiteux : Exactement.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur
l'article 40? S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux voix. Est-ce
que l'article 40 est adopté?
Le Président (M. Auger) :
Adopté. 43. Oui, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Ça va quand même assez bien, même assez vite, on
se promène, là. J'aurais une proposition à faire au ministre parce que, là, on était rendus à 42 dans la
Loi sur les
cités et villes, on a terminé la
partie référendum de Montréal, de Québec, mais j'aimerais le consentement, si les
collègues sont d'accord, pour réouvrir la
Loi sur l'aménagement... la LAU, dans le fond, pour introduire un nouvel
amendement... un nouvel
article parce qu'on a parlé de Montréal, qui avait
un statut particulier dans sa charte, où est-ce que, dans le cas des
équipements collectifs, institutionnels, culturels, un hôpital, un établissement public, il n'y avait pas d'approbation
référendaire. Bref, il y a, dans Montréal, plein d'exceptions qui fait qu'on ne peut pas soumettre ça à
l'approbation référendaire. Et, lorsqu'on a eu la discussion sur Montréal,
nous, on a réfléchi : Est-ce que
Québec devrait avoir ça, mais aussi est-ce que
les autres municipalités devraient avoir ça? Et là je ne sais pas
à quel endroit le réinsérer parce qu'on aura d'autres discussions ultérieurement
sur la modification du processus référendaire, les fameux seuils. Ça fait que,
là, je suis comme un peu ambigu, à quel moment. Ça fait que, comme on a eu cette discussion-là, j'aimerais proposer,
si effectivement le ministre est d'accord pour qu'on revienne à la LAU, que je puisse déposer mon amendement, et qu'on en discute, et on en débatte, et par la suite on l'amendera ou
je me ferai battre,
mais après ça on irait vers la suite parce
qu'on a eu la discussion, puis là on
s'est promenés vers à l'avant, puis là je ne voudrais pas qu'on s'en
éloigne trop.
M. Coiteux : Je
pense que, quand on va arriver à 60,
60.1, on va retoucher, là, puis il y aura nécessité, peut-être, avec consentement, d'aller voir
d'autres articles, là. Je pense que ça serait à ce moment-là qu'on va pouvoir
discuter de la LAU.
M. Ouellet : O.K., parfait.
Oui, je suis d'accord. O.K., parfait.
Mme Maltais : ...ça
va être par consentement, j'aimerais beaucoup qu'on consulte notre collègue.
Le Président (M. Auger) : Oui,
c'est sûr, éventuellement.
Mme Maltais :
C'est bon. Merci.
Le Président (M. Auger) : Donc,
nous en serions à 43.
M. Coiteux : À 43? Alors,
43 :
L'article 105.1 de cette loi est modifié par le remplacement du
premier alinéa par le suivant :
«Le trésorier
doit, lors d'une séance du conseil, déposer le rapport financier, le rapport du
vérificateur général visé au premier
alinéa de l'article 107.14, le rapport du vérificateur externe visé au premier
alinéa de l'article 108.2 ou au premier alinéa de l'article 108.2.1
ainsi que tout autre document dont le dépôt est prescrit par le ministre.»
Alors, l'article 43 propose une modification de
concordance à l'article 105.1 de la
Loi sur les cités et villes découlant des mesures proposées en matière de reddition de comptes financière des municipalités. D'une part,
puisque l'article 108.3 de cette loi est abrogé en vertu de l'article 50 du projet
de loi, il faut supprimer à l'article
105.1 le renvoi à l'article
108.3, tout en conservant cependant l'obligation pour le trésorier de déposer au conseil le
rapport du vérificateur externe visé
à l'article 108.2 ou 108.2.1 de cette loi, comme le prévoit l'article
108.3 actuellement. D'autre part, de la même façon qu'il est proposé de le faire pour
d'autres articles en
matière de reddition de comptes municipale, il y
a lieu d'accorder au ministre
un pouvoir général lui permettant de cibler d'autres documents devant faire
l'objet de cette reddition de comptes.
Président (M. Auger) :
Des interventions sur 43? Monsieur... Non? Pas d'interventions? Oui, M. le député de
René-Lévesque.
M. Ouellet : Est-ce qu'on a adopté
l'article 50?
Le Président (M. Auger) : 50?
non.
M. Ouellet : Non, hein? D'une part, puisque l'article
de cette loi est abrogé en vertu de l'article 50, est-ce
qu'on ne devrait pas se rendre à... On devrait-u se rendre à l'article
50 plus tôt?
M. Ouellet : On devrait-u se
rendre à l'article 50 avant puisque vous en faites référence?
M. Coiteux : On a eu une discussion, hein, autour de cette question-là,
je ne me souviens plus c'était à l'occasion
de quel article. Lorsqu'on
parlait de l'allégement et de l'utilisation des états financiers à des fins de reddition de comptes, on en a eu un qui était semblable, et là, m'indique
M. Croteau, que nous allons avoir une série d'articles qui ne sont peut-être
pas tous les uns après les autres mais qui vont aller toucher différentes lois
pour faire la même chose partout. Alors, dans le fond, il y a des...
j'ai un petit tableau, je pense que c'est quand on a fait l'article 42, c'est
M. Coiteux : On en a parlé à l'article 42. On est dans la
suite de l'article 42 qu'on a déjà fait quand on
disait : Bon, dans les états
financiers, on va désormais demander d'autres éléments d'information, il faut donner le pouvoir au ministre d'établir quels sont ces éléments d'information. Mais il ne reste pas moins qu'il
y a des documents qui restent de dépôt au conseil obligatoire. Donc, ça, ça va
continuer. Plus loin dans le projet
de loi, il y aura des dispositions
qui vont rendre obligatoire la diffusion de certaines informations sur
le site Web de la ville parce qu'un des principes du projet de loi ici, c'est de
remplacer un certain nombre d'éléments de reddition de comptes qui vont
vers les ministères du gouvernement puis de les remplacer vers des instruments de reddition de comptes qui vont vers les citoyens et, bien
entendu, les membres du conseil de ville, puisqu'ils vont avoir la même information. Et donc on est vraiment dans cet aspect-là
du projet de loi ici et on va retrouver la même chose aux articles
86, 123, 138 et 199 pour toucher à d'autres lois, et ça va affecter d'autres
entités municipales de manière similaire.
Président (M. Auger) : Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais : J'avais eu un débat à 42 sur le dépôt du taux
global de taxation réel de la municipalité. Comment on
avait... Finalement, est-ce
qu'il va être déposé? Je ne me
souviens... Comment on avait résolu ce problème qui, à
mon avis, est encore un problème? Les citoyens utilisent ce taux global
de taxation.
M. Coiteux : Oui. Il serait... en vertu des autres articles
plus loin, sur la diffusion sur le site Web obligatoire, il ferait
l'objet d'une diffusion obligatoire sur le site Web de la ville, celui-là.
Mme Maltais : Obligation, obligatoire, site Web de la ville...
tant que la ville a un site Web, là. On sait que dans les régions, les
petites municipalités, il y a...
M. Coiteux :
Celui de la MRC à ce moment-là.
Mme Maltais :
Celui de la MRC. O.K.
M. Coiteux :
C'est toujours le renvoi...
Mme Maltais :
Le renvoi à l'autre.
M. Coiteux :
...dans tous les articles, quand ils n'en ont pas un...
Mme Maltais :
Merci. Merci, ça me rappelle...
M. Coiteux :
...on le renvoie à celui de la MRC.
M. Ouellet :
Est-ce que toutes les MRC en ont un?
M. Ouellet :
Est-ce que toutes les MRC ont un site Web?
M. Ouellet :
Oui? C'est béton, ça?
M. Croteau
(Marc) : Bien, ce l'était. Les vérifications avaient étaient faites,
M. Ouellet :
Je fais un clin d'oeil, là, mais tantôt on a eu une réponse béton en
disant : Oui!
Le Président
(M. Auger) : Oui, oui.
M. Croteau
(Marc) : Oui, c'était béton! Mais je ne suis pas capable comme maître,
Une voix :
Blindé! Blindé!
Le Président
(M. Auger) : Donc, M. Croteau, peut-être la dire
officiellement, la réponse.
M. Croteau
(Marc) : Bien, en fait, on
avait demandé une vérification, et là on me confirme que l'ensemble des
MRC ont un site Web. Et en plus, 96 % des municipalités ont un site Web aussi.
M. Ouellet :
O.K. Merci.
Président (M. Auger) : D'autres interventions? Nous sommes à 43.
D'autres interventions? S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux voix.
Est-ce que l'article 43 est adopté?
Le Président
(M. Auger) : Adopté. 44.
M. Coiteux :
L'article 44, je vous dis que j'aurai un amendement, mais c'est un
amendement pour la version anglaise, là,
simplement ajuster les termes. On fera dans cet ordre-là. Alors,
l'article 44 :
L'article 105.2 de cette loi est remplacé
par le suivant :
«105.2. Après
le dépôt visé à l'article 105.1 et au plus tard le 15 mai, le greffier
transmet au ministre le rapport financier, le rapport du vérificateur
général et celui du vérificateur externe.
«Le greffier transmet également au
ministre, dans le délai prescrit par ce dernier, les documents et
renseignements visés au deuxième alinéa de l'article 105.
le rapport financier ou les autres documents et renseignements visés au
deuxième alinéa ne sont pas, dans le délai, transmis au ministre,
celui-ci peut les faire préparer, pour toute période, aux frais de la
municipalité, par un fonctionnaire de son
ministère ou par une personne habilitée à agir comme vérificateur externe d'une
municipalité. S'ils sont préparés par
une autre personne qu'un fonctionnaire du ministère, ses honoraires lui sont
payés par la municipalité, à moins que le ministre ne décide de faire le
paiement, auquel cas il peut se faire rembourser par la municipalité.»
Alors,
le remplacement de l'article 105.2 de la
Loi sur les cités et villes
constitue une autre mesure d'allégement en matière de reddition de comptes financière. Elle vise à
reculer du 30 avril au 15 mai la date limite de transmission, par les
municipalités au ministre, du rapport
financier, du rapport du vérificateur général et du rapport du vérificateur
externe. Ce rallongement de
15 jours est envisagé afin d'accorder plus de temps aux municipalités pour
la préparation des rapports financiers,
surtout aux fins d'y consolider les rapports financiers des régies
intermunicipales et des organismes publics de transport qui font l'objet d'une transmission à la municipalité au
plus tard le 15 avril. Par ailleurs, l'article 105.2, tel que proposé, prévoit que le ministre détermine le
délai de transmission des autres documents produits par la municipalité
à des fins de reddition de comptes et qui ne font pas
partie du rapport
financier.
Le Président
(M. Auger) : L'amendement.
M. Coiteux :
L'amendement. Remplacer, dans le texte anglais du premier alinéa de
l'article 105.2 proposé par l'article 44, «reports are tabled
under» par «tabling referred to in».
c'est un amendement demandé par la Direction de la traduction et de l'édition
des lois de l'Assemblée nationale, qui a pour but d'assurer une
meilleure cohérence avec le texte français.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Donc, l'article 44 est un amendement. J'essaie de... C'est marqué
article 44...
Le Président (M. Auger) :
Là, on discute de l'amendement avant.
Le Président
(M. Auger) : Après ça on va revenir à l'article 44 tel
qu'amendé.
M. Ouellet :
Remplacer, dans le texte... J'essaie juste de faire la... Je n'ai pas la...
Le Président
(M. Auger) : C'est pour la version anglaise seulement,
l'amendement.
M. Ouellet :
O.K. Donc, ça, c'est l'amendement...
Le Président
(M. Auger) : Donc, on va traiter... Après ça, vous pourrez
revenir sur 44.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville, c'était sur
l'amendement?
M. Laframboise :
Non, c'était sur...
Président (M. Auger) : O.K. Donc, des interventions sur
l'amendement à l'article 44? Il n'y en a pas. Est-ce que
l'amendement à l'article 44 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté. Nous reprenons avec
l'article 44 tel qu'amendé. Des interventions? Nous, on avait M. le
député de René-Lévesque, par la suite M. le député de Blainville.
M. Ouellet : Donc, si je comprends bien, M. le ministre, c'est surtout pour donner
un délai de 15 jours
supplémentaires pour la reddition de comptes en fonction des délais qui étaient malheureusement impartis aux régies intermunicipales, des organismes publics qui étaient des sociétés apparentes et qui avaient de la difficulté
à rentrer ça dans les mêmes dates, là. Donc,
on vous donne un 15 jours supplémentaire pour que ces sociétés-là
puissent faire leur rapport financier et qu'il puisse être intégré dans le rapport consolidé de la municipalité. Donc, on se donne un 15 jours d'efficience, je vous dirais, pour
s'assurer que tout le monde ne soit pas pris
dans le temps pour être capable de rendre compte des délais aux 15... c'est ça?
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre, la réponse officielle, s'il vous
plaît.
M. Coiteux : C'est bien cela.
Le Président
(M. Auger) : Merci. M. le député de René-Lévesque, toujours.
M. Ouellet : Non, ça va.
Le Président (M. Auger) : Ça
va? M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Si vous avez besoin de ça, c'est parce qu'il y en avait qui demandaient des prolongations de délai? Est-ce
que c'était... Savez-vous le pourcentage, à peu près?
M. Coiteux : On me dit que 50 % des rapports financiers arrivaient en retard. Donc, c'est une
mesure d'assouplissement.
M. Laframboise : Parfait.
Merci.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur l'article 44
tel qu'amendé? S'il n'y en a pas, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'article 44, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Auger) :
Adopté. 45.
M. Coiteux : 45, j'aurai un
amendement.
Le Président (M. Auger) : Nous
allons commencer par la lecture de l'article, les commentaires.
M. Coiteux : Alors, je vais
commencer par faire la lecture de l'article et je...
M. Coiteux :
C'est parce que l'amendement va remplacer l'article par un autre, là, c'est un
autre libellé. Donc, en tout cas, je lis quand même?
Le Président (M. Auger) : Oui.
Oui.
M. Coiteux : Alors, tel que rédigé ici,
article 45 :
Cette loi est modifiée par l'insertion, après l'article 105.2, du
suivant :
«105.2.1. Si,
après la transmission visée à l'article 105.2, une erreur est constatée au
rapport financier, le trésorier peut
faire la correction requise. Si cette correction est exigée par le ministre, le
trésorier doit l'effectuer dans les plus brefs délais. Le trésorier doit déposer tout rapport corrigé à la prochaine
séance ordinaire du conseil et le greffier doit le transmettre au
ministre.
«Le premier
alinéa s'applique aux documents et renseignements visés au deuxième alinéa de
l'article 105, compte tenu des adaptations nécessaires.»
Alors, à des
fins d'optimisation et d'allégement en
matière de finances municipales,
le nouvel
article 105.2.1 de la
Loi sur les cités et villes, introduit par l'article
45, donne au trésorier de la municipalité le pouvoir de corriger les erreurs contenues dans le rapport financier ou dans les
autres documents ou renseignements transmis au ministre. De plus,
cet
article permet au ministre d'exiger du trésorier
la correction de ces erreurs. Actuellement, en l'absence d'une telle précision dans
la loi, un doute subsiste sur le pouvoir du trésorier ou du ministre d'agir
dans ce sens.
Le Président (M. Auger) : Votre
amendement.
M. Coiteux : Ceci étant dit, on
propose une autre rédaction par amendement. Alors, ça consiste à remplacer l'article
105.2.1, introduit par l'article 45, par le suivant :
«105.2.1. Si, après la transmission visée à l'article
105.2, une erreur est constatée au rapport financier, le trésorier peut faire la correction requise. Si
cette correction est exigée par le ministre, le trésorier doit l'effectuer dans les
plus brefs délais.
«Le trésorier
doit déposer tout rapport corrigé à la prochaine séance ordinaire du conseil,
et au moins cinq jours avant cette séance, le greffier doit donner un
avis public de ce dépôt.
«Le greffier doit, dans les plus brefs délais,
transmettre au ministre le rapport corrigé.
«Les premier et troisième alinéas s'appliquent
aux documents et renseignements visés au deuxième alinéa de l'article 105, compte
tenu des adaptations nécessaires.»
Alors, cet amendement
maintient les changements proposés par l'article 45 en
termes de corrections aux rapports
financiers, mais il est requis toutefois
afin de faire un ajout à l'article 105.2.1 tel que proposé. Cet ajout vise à prévoir
l'obligation de faire paraître un avis public afin d'informer la population
que le rapport financier corrigé sera déposé au conseil, comme c'est le cas pour le rapport financier initial, qui doit
être déposé au conseil après la parution d'un avis public à cet effet.
Président (M. Auger) : Des interventions sur cet amendement? M.
le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : O.K. On a eu des gros débats là-dessus,
mais je veux juste comprendre, M. le
ministre. Ce sont des firmes comptables, des vérificateurs généraux dans certains cas, qui font les états
financiers, qui les signent au nom de leur
corporation, au nom de leur ordre. Et là je crois comprendre que, si
vous décelez ou on décèle une erreur, un trésorier va pouvoir réécrire le rapport financier. Pourquoi
on cherche à faire ça? Pourquoi ce ne serait pas celui qui a écrit le rapport
qui pourrait faire la correction? Est-ce que
c'est une question de délai? Une question de somme? Parce que,
je vais être honnête avec vous, là,
celui qui a préparé le rapport, il se fait corriger par un tiers. Un peu
spécial, pour être honnête avec vous, là.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre. M. Croteau?
M. Coiteux :
M. Croteau, peut-être.
M. Croteau
(Marc) : Vous me permettez, M. le Président?
Le Président
(M. Auger) : Bien sûr.
M. Croteau
(Marc) : Effectivement, d'abord, il
faut dissocier rapport financier avec
état financier. Et même les états financiers des municipalités, il y en a
plusieurs, il y a plusieurs éléments de ces états financiers là qui ne sont pas audités non plus. Donc, c'est
un recueil d'information. On parle ici du rapport financier préparé par le
trésorier, et, s'il y a des modifications, et ce qu'on voulait faire par l'amendement, entre autres, là, c'est de s'assurer que
les citoyens soient au courant qu'il
y a eu une modification qui a été faite à l'état financier. Mais on ne permet
pas à un professionnel de modifier
les données d'un autre professionnel. Il faut que ça se fasse par le même
professionnel. C'est ce qui est visé.
M. Ouellet : Donc, j'étais dans l'erreur. Ce que je crois comprendre, pour ce qui
est des états financiers, ça, ça ne change pas. Là, vous me dites :
Martin, c'est les rapports financiers. Donc, tout document d'information
financière disponible ou à rendre disponible
pour le conseil de ville, s'il y a des erreurs constatées entre le dépôt, le
trésorier peut faire les corrections, mais il y aura avis public pour
annoncer ces corrections-là avant le dépôt ultérieurement.
M. Croteau
(Marc) : C'est ça.
M. Ouellet : Et ces avis publics là, présentement, ils sont transmis dans les
journaux ou... parce que, juste faire la logique... ultérieurement, on
va...
M. Croteau
(Marc) : Il y a des articles plus loin dans...
M. Ouellet : ...on va dire qu'on n'a plus à faire les avis publics écrits tels qu'on
les connaissait, donc ça serait un avis public sur le site Internet.
C'est ce que je comprends. On pourrait aller jusque-là.
M. Coiteux :
Oui, ça pourrait aller jusque-là. Quand on va discuter des outils de diffusion
de l'information, là, ça pourrait aller jusque-là, effectivement.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Votre dernier amendement, en gros, là, rajoute les avis publics, là,
c'est-à-dire qu'on doit rendre par...
le greffier doit donner un avis public, bon. Et, dans le dernier paragraphe,
vous excluez, là... parce qu'en appliquant le premier et le troisième aux documents et renseignements visés...
puis, dans les documents et renseignements visés, là, 105 nous dit : Les états financiers, puis «un
état établissant le taux global de taxation réel de la municipalité». Donc, ça,
ça veut dire que vous ne souhaitez
pas que soit, dans l'avis public, la correction du taux global de taxation.
Pourquoi je vous demande ça, là?
C'est parce que, souvent, le taux global en campagne électorale, là, on s'en
sert pour se comparer aux voisins,
aux voisines, là, pour dire comment est-ce qu'on est bons, smattes, puis beaux,
là. Donc, avec ça, vous n'auriez pas
besoin de... donc, vous ne rendez l'avis public obligatoire pour... s'il y a
une... Tu sais, parce que, quand tu corriges ton état financier, souvent ça a comme impact aussi... ça peut avoir
comme impact de... ça peut avoir comme impact le taux global de taxation, là. Donc, vous ne souhaitez pas que ce soit
dans l'avis public. Pourquoi? Tout simplement pourquoi?
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre. M. Croteau.
M. Croteau
(Marc) : Oui, vous permettez, M. le Président? Merci beaucoup.
D'abord, d'entrée de jeu, juste préciser,
parce qu'on soulève souvent le taux global de taxation, le taux global de
taxation n'est pas le taux de taxation, le taux de base, hein? C'est deux qui sont distinctes, là, juste pour
s'assurer. Par rapport aux modifications que vous soulevez, effectivement, le taux global de taxation n'était
pas déposé au conseil municipal, donc il n'est pas assujetti, à ce moment-là,
d'avoir un avis public.
M. Laframboise : C'est pour ça que vous ne l'avez pas assujetti,
alors que... O.K., parce que le taux global est calculé...
M. Croteau (Marc) :
Effectivement.
M. Laframboise : ...il n'est
pas nécessaire.
M. Croteau (Marc) :
Effectivement.
Le Président (M. Auger) : Mme
la députée de Taschereau.
Mme Maltais : Ah! bien, mon
collègue va donner son point, puis je reviendrai.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Peut-être deux précisions. Est-ce que j'ai
bien... Si j'ai bien compris, les rapports financiers, eux, ne sont pas
audités dans les municipalités. C'est ce que j'ai compris. C'est ça?
Président (M. Auger) : Donc, consentement pour l'intervention?
Premièrement, vous identifier, votre nom, votre titre.
Mme Klein (Nancy) :
Nancy Klein, directrice générale des finances municipales au ministère des
Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire. Donc, les états financiers sont audités. Par contre, il peut y
avoir une section, dans le
document 1 — parce
que, bon, on avait parlé qu'on segmentait le rapport financier en plusieurs
documents — donc,
dans le document 1, qui pourrait être
les états financiers. Il peut y avoir également des conciliations à des fins
fiscales. C'est des sections qui sont
non auditées, mais les états financiers, tel que les normes comptables
l'exigent, sont audités.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Donc, si
je comprends bien, dans certaines
parties, certains éléments du rapport financier pourraient faire l'objet
d'un audit.
Mme Klein (Nancy) : Oui.
M. Ouellet : C'est
ça. Et, si ces éléments-là font
l'objet d'un audit et qu'il y a eu correction par un trésorier, là, on
n'est pas conformes, là.
Mme Klein
(Nancy) : Automatiquement, le vérificateur devra repasser sur le document,
là. Donc, ça doit suivre le même processus que le processus original.
M. Ouellet : O.K. Pour aider ma compréhension, quel genre de
correction pourrait apporter un trésorier? Juste pour... parce qu'on dit qu'il va pouvoir apporter des corrections, ces
corrections exigées par le ministre. Quel serait le genre de correction
qu'on pourrait apporter au rapport financier par un trésorier, un exemple
concret?
Mme Klein
(Nancy) : C'est très, très
rare qu'on le voie. Directement dans
les états financiers, c'est très rare qu'on le voie. Ça peut arriver dans certaines occasions où la présentation
n'est pas conforme aux normes comptables ou, carrément, des fois, ça peut arriver, là, il y a un chiffre
de trop, une coquille. Ça peut être tout simplement une affaire aussi bête que
M. Ouellet : Mais, dans le cas
des rapports financiers.
Mme Klein
(Nancy) : Dans les rapports financiers, donc là il peut y avoir le
TGT, par exemple, qui sont audités, mais
qui ne seront pas déposés au conseil, mais qui seront obligatoirement diffusés
sur le site Web, par exemple. Le TGT, il
y a régulièrement des erreurs dans le calcul. Donc, comme ça sert au paiement
des compensations, c'est important que le chiffre soit bon.
M. Ouellet : O.K. Merci.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Juste
pour madame encore, là...
Le Président (M. Auger) : Mme
la députée aussi?
M. Laframboise : ...ce qui
n'est pas...
Le Président (M. Auger) : Oui,
juste un instant. Mme la députée l'avait demandé avant, mais...
M. Laframboise : O.K. Allez-y.
Mme Maltais :
Oui, je... ce ne sera pas long. C'est ça, vous venez de dire TGT, c'est pour ça
que j'insistais tantôt sur le taux global de taxation, c'est que le taux
global de taxation uniformisé, lui, il nous donne des informations sur ordures,
vidanges, tout ça. Quand vous me parlez de ça, vous ne parlez pas de taux,
donc, de TGTU, mais de TGT.
Mme Klein
(Nancy) : Mon Dieu! Pour le paiement des compensations, et c'est sous
toutes réserves, je crois que c'est le taux global de taxation
uniformisé.
Mme Maltais :
C'est parce que ce que j'essaie de dire, c'est que tout à l'heure, quand j'ai
parlé que les citoyens voulaient voir, des fois, le taux global de
taxation, il ne sera plus déposé dans les rapports financiers.
Mme Klein (Nancy) : Il sera
déposé sur le site Web.
Mme Maltais :
Je le sais. Je continue, s'il vous plaît. Je m'excuse. Le taux global... C'est
parce qu'il faut que je réfléchisse
en même temps que je vous parle, c'est compliqué, parfois, les commissions
parlementaires. Quand je dis que ce
ne sera plus déposé dans le rapport financier au conseil de ville, c'est que le
taux global de taxation uniformisé, lui,
contient les ordures, les vidanges. S'il y a quelque chose parce que vous avez
une piscine, des choses comme ça, donc il est d'intérêt des citoyens de
le connaître et qu'il soit déposé.
Le taux
général de taxation, c'est autre chose. Ça fait que j'essaie de voir s'il y a
une modification — autrement
dit, je précise pourquoi ça m'intéresse tant, ce sujet-là — dans
la façon dont les citoyens vont connaître le TGTU.
Mme Klein
(Nancy) : Donc, ce que mon collègue vient de me dire, c'est que le
TGTU est une donnée statistique, dans
le fond, qui permet d'uniformiser les données, qu'elles puissent être
comparables. Par contre, dans le cas du paiement des compensations,
c'est vraiment le TGT réel qui est utilisé, là, au prévisionnel.
Mme Maltais :
Moi, je suis sur le plan du citoyen, de la transparence. Moi, j'ai compris, on
en a jasé, que le TGTU, taux général
de taxation uniformisé, donnait des informations sur des choses différentes que
la taxe foncière, qui sont sur les
ordures, les vidanges, les autres services. C'est pour ça que, normalement, les
citoyens réfèrent au TGTU. Ce n'est pas
juste le taux général de taxation, là. Ça fait que, quand on nous dit : Le
taux général de taxation, ça ne sert qu'à des données statistiques, moi, on me dit que TGTU, c'est utilisé par les
citoyens. Alors, j'essaie juste de voir s'il y a une perte, pour le
citoyen, d'information sur une donnée qui est importante pour le ou la
citoyenne. C'est juste ça.
M. Coiteux : Alors, moi, ce
qu'on me dit...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
...c'est que le TGTU, c'est le ministère qui le rend disponible pour tout le
monde, ce ne sont pas les municipalités. C'est ça qui se passe dans le
moment. C'est le ministère qui s'occupe de le rendre public.
Mme Maltais : Il le rend public
sur son site, il le rend public... Il ne sera pas dans le rapport financier.
Une voix : Ce n'est pas une
donnée qui est fournie par les...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Oui. Alors, on a
beaucoup de documents, alors je vais demander...
Le Président (M. Auger) :
M. Croteau.
M. Croteau (Marc) :
Effectivement. Bon, le TGT, le taux global de taxation, c'est le total des
revenus d'une municipalité, qui viennent
d'amendes, qui viennent de frais de retard de livres à la bibliothèque, qui
viennent de taxes, qui viennent de
tarifs, de tarification, peu importe, le total des revenus divisé par la
richesse foncière. Ça, ça vous donne le taux global de taxation. Nous,
on se sert de ça pour payer les compensations des en-lieu de taxes sur les
immeubles gouvernementaux : écoles, cégeps, etc.
Le ministère,
lui, fait un montage d'un TGTU sur le site Web du ministère, qui s'appelle le
profil financier d'une municipalité, qui nous permet à ce moment-là
d'avoir des comparaisons entre les municipalités. Et ça comprend, là, évidemment, dans cette uniformisation-là, toutes
les strates de municipalités. Vous pouvez comparer votre municipalité avec les municipalités
avec la RFU similaire... avec la richesse foncière similaire — pardon — avec la population similaire, avec le
territoire, avec... Et ça, c'est tout disponible sur le site du ministère, et
ça va demeurer sur le site du ministère.
J'ajouterais
un pas plus loin, quant à la transparence, on a tantôt apporté un amendement
qui fait en sorte que les rapports
sont envoyés au ministère. Les rapports du ministère sont disponibles sur le
site du ministère, des municipalités, de
chacune des municipalités, et en plus sont disponibles en données ouvertes pour
permettre aux chercheurs de faire des
recherches croisées puis des comparatifs.
Le Président (M. Auger) : Merci. Compte
tenu de l'heure...
Mme Maltais : Je reviendrai.
Le Président (M. Auger) : ...la commission
suspend ses travaux.
(Suspension de la séance à 12 heures)
Président (M. Auger) :
À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'aménagement du territoire
reprend ses travaux. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 122, Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités
sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce
titre leur autonomie et
leurs pouvoirs.
Lors de la suspension de nos travaux ce matin,
nous étions rendus à l'étude de l'amendement à l'article 45. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Mme la députée de Taschereau.
Mme Maltais :
Je n'avais pas terminé mon intervention tout à l'heure, alors je vais la
terminer. J'ai bien écouté en commission parlementaire, j'ai bien
réfléchi pendant la pause et je n'ai plus de commentaire.
Des voix : Ha, ha, ha!
Président (M. Auger) : M. le ministre, un commentaire sur ce
commentaire? D'autres interventions sur cet amendement? S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre aux
voix. Est-ce que l'amendement à l'article 45 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté.
Donc, nous reprenons à l'article 45 tel qu'amendé. Des interventions? S'il
n'y en a pas, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'article 45, tel
qu'amendé, est adopté?
Le Présid