House Proceedings — 26 March 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
2024-03-26
Quebec — Debates (Hansard)
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Bon
mardi matin, chers collègues. Avant d'entreprendre nos travaux, nous
allons nous recueillir quelques instants.
Merci beaucoup. Et je
vous invite à vous asseoir.
Alors, pour le début
de nos travaux, aujourd'hui, je cède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Bonjour, M. le Président.
J'en profite pour vous saluer, saluer les collègues dans cette
Assemblée. C'est un bonheur de vous retrouver, là, pour commencer nos travaux,
là, ce matin. Et je vous demanderais, justement, d'appeler l'article 15 du
feuilleton, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Avec
plaisir, M. le leader adjoint. Alors, à l'article 15 du feuilleton,
l'Assemblée reprend le débat ajourné le 21 mars 2024 sur l'adoption
du projet de loi n° 41, Loi édictant la
Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de
transition énergétique.
ce moment-là, Mme la députée des Mille-Îles n'avait pas terminé son
intervention. Alors, Mme la députée des Mille-Îles, la parole est à
vous.
Mme Dufour : Merci, M. le Président. Alors, effectivement, nous
sommes ici pour parler du projet de loi n° 41 sur l'efficacité. Bien que son nom parle de
performance environnementale des bâtiments, c'est vraiment... ça concerne
réellement l'efficacité énergétique
des bâtiments. Il y a effectivement une grande perte énergétique dans nos
bâtiments. Certains sont véritablement des passoires énergétiques, on
peut le dire.
Il faut donc mieux construire,
c'est essentiel, pour que nos bâtiments répondent aux normes d'aujourd'hui, les
normes environnementales d'aujourd'hui, pour
qu'ils consomment mieux, mais aussi pour réduire nos gaz à effet de serre, de la... Tu sais, on a des objectifs qu'on s'est
donnés, de réduction des gaz à effet de serre, et une grande
partie va se
retrouver dans les bâtiments. Donc, il faut
agir, c'est certain, et c'est pourquoi nous sommes en accord avec le principe
du projet de loi n° 41.
L'enjeu, M. le
Président, c'est la manière, la manière qu'on a prise pour arriver aux
objectifs. En fait, on n'est pas trop sûrs
des objectifs, mais je vais y revenir. La façon qu'on s'y prend, c'est... on
passe par les règlements, et tout, tout, tout l'ensemble du projet de loi va se faire par règlement. Donc, on ne
sait pas trop où ça va aller, c'est quoi, l'échéancier, quelles sont les cibles. En fait, il n'y a pas de
cible dans ce projet de loi là. On ne connaît pas la méthodologie qui va être
utilisée, l'échéancier, à quel moment les
gens devront mettre à niveau leurs bâtiments existants. On n'a aucune idée. On
est dans le néant à cet effet, et tout va se faire éventuellement par
règlement. Des règlements, il n'y a pas de consultation publique visible aux yeux du public, les parlementaires
ne sont pas impliqués là-dedans. On peut dire, d'une certaine façon, que ça se fait derrière des portes closes, et ce
n'est pas souhaitable, surtout un projet de loi qui aura autant d'impact sur
les citoyens à terme.
L'autre
enjeu majeur, M. le Président, du projet de loi, c'est que la... en fait, on
retire de la Régie du bâtiment tout ce qui est la notion d'efficacité énergétique
pour le déplacer dans un nouveau code du bâtiment durable, celui-ci, au lieu
d'être fait par la Régie du bâtiment du Québec,
comme c'est le cas pour le code du bâtiment. Et là ça va être fait par le
ministère de l'Environnement.
Il y a eu une
unanimité ici, M. le Président, des groupes qui sont venus nous dire que
c'était une mauvaise idée. L'ordre des ingénieurs, je vais vous citer, nous a
dit qu'il est d'avis que «la dispersion des normes de construction dans plusieurs outils réglementaires adoptés par
différentes instances risque d'entraîner un manque de cohérence et un problème
d'application inégale» de ces normes. D'autres
groupes nous ont parlé de la... d'une lourdeur administrative, alors qu'on
devrait aider nos entrepreneurs, on devrait
diminuer la lourdeur, et là, ça, ça risque de l'augmenter. L'Ordre des
ingénieurs du Québec estime aussi que
la Régie du bâtiment du Québec, la RBQ, est le seul organisme au Québec
«qui détient l'expertise requise pour déterminer des normes de
construction applicables à l'ensemble du territoire de la province».
Malgré
cette unanimité-là sur l'aspect et la demande de tous les groupes de retirer et
plutôt de faire en sorte que le
ministère s'implique dans la rédaction du code du bâtiment en prévoyant des
normes d'efficacité énergétique, bien, le ministre a été inflexible. Il
a refusé notre amendement que nous avons proposé à cet effet.
autre amendement qui a été refusé par le ministre, ça concerne les bâtiments
agricoles. Il a... Le ministre a refusé de reconnaître les particularités des bâtiments agricoles, qui sont,
somme toute, fort différents des bâtiments industriels. Mais malheureusement, là, notre amendement de les
traiter de façon... différemment, à l'instar des bâtiments patrimoniaux, que
le projet de loi prévoyait de traiter différemment, nous aurions souhaité que
les bâtiments agricoles aussi soient traités différemment, ce que le ministre a
refusé.
Alors,
M. le Président, pour toutes ces raisons, je vous annonce que nous voterons
contre le projet de loi n° 41 sur l'efficacité énergétique des
bâtiments. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée des Mille-Îles. Y
a-t-il d'autres interventions? Alors, je reconnais M. le député de
Jacques-Cartier.
Kelley : Merci, M. le Président. (Interruption) Toujours une bonne idée de commencer avec une gorgée d'eau. C'est un plaisir de prendre la parole aujourd'hui
pour parler du projet de loi n° 41. Puis en effet, là, quand on regarde le
titre du projet de loi, c'est sûr que tout
le monde peut être d'accord avec la Loi
sur la performance environnementale des bâtiments en modifiant diverses dispositions en matière de transition
énergétique. Tout le monde est bien
d'accord avec ça, mais le diable est toujours dans les détails.
Puis, quand
nous avons regardé ce projet de loi, la première fois, on a dit : Bien, on
va laisser la chance au coureur pour
démontrer que ce projet de loi peut être un ajout dans le plan de la transition
énergétique et, quand même, qu'il y a des éléments dedans qui va
rassurer la société civile. Puis ma collègue puis moi, nous avons entendu les
différents groupes, on était présents avec
le ministre. Je veux bien quand même saluer le ton puis l'attitude du ministre,
c'était un plaisir de travailler avec
lui. On a eu des discussions avec les différents groupes, on a posé nos questions,
mais quand même on a eu des
craintes puis des doutes après qu'on a eu des discussions avec les différents
groupes, puis on a dit : Bien, quand même... avec ma collègue de Mille-Îles, on a discuté
ensemble, on a dit : Bien, encore, on va laisser le temps pour voir si on
peut faire des modifications. On a vu
que des différents groupes ont fait des suggestions et des recommandations de
comment on peut amender le projet de
loi pour s'améliorer puis malheureusement, sur les enjeux clés, on n'a pas
vraiment vu une ouverture, nécessairement, de la part du côté
gouvernemental.
Je crois
qu'un des obstacles qu'on a vus, c'était vraiment en termes des normes établies
uniquement par règlement. C'était un gros enjeu pour nous. On veut
s'assurer qu'il n'y a pas juste un ministre qui va décider ou ne pas décider comment agir et de faire ça en arrière des portes
closes autour d'une salle, juste le conseil des ministres. On a dit que c'était
meilleur, peut-être, de clarifier, dans ce projet de loi, comment on va
attaquer à ce problème.
Mais, encore,
on laisse beaucoup de pouvoir dans les mains du ministre, et c'est quelque
chose qui a soulevé des inquiétudes
des différents groupes. Mais quand même, nous, comme des élus, on a juste
dit : Bien, pourquoi, sur certains éléments, on n'est pas capables d'avoir une discussion puis mieux
encadrer des différents éléments dans ce projet de loi? Parce que ce n'est pas
un très, très long projet de loi, en termes des articles qui étaient présentés.
Quand même, vers la fin, il y a
beaucoup de concordance, et tout ça, mais, en général, on a discuté une dizaine
des articles. Mais malheureusement, quand ma collègue puis moi, on a
posé des questions sur certains articles : Bien, ça va être déterminé par
règlement.
Alors, comme
un élu qui veut s'assurer que, pour la population et la société civile, tout
est bien clair, je suis capable d'expliquer des choses à mes citoyens,
j'ai trouvé que peut-être ce projet-là a manqué cette étape, par le fait que
tout va être déterminé par règlement. Et
comment ça va fonctionner, encore, c'était un petit peu trop nébuleux, sur
notre côté.
Puis aussi on
a parlé le côté... le code du bâtiment et le transfert de pouvoir vers le
ministère de l'Environnement. On a eu des avis des différents groupes de
la construction qui ont dit que, le modèle qui existe, c'est mieux de continuer
sur ce chemin-là, en place de créer une
autre instance. Puis, encore, le ministre n'était pas d'accord. Je sais qu'en
commission nous avons cité tous les
différents exemples concrets dans les mémoires des trois différents groupes,
l'Ordre des ingénieurs, l'Association
de la construction du Québec, qui a clairement, encore, présenté des enjeux et
comment on peut régler ça avec des
amendements, puis le gouvernement a dit non, à notre déception. Alors, c'est la
réalité, M. le Président. C'est une décision que le gouvernement a
prise, et ça, c'est certains éléments pourquoi on va voter contre le projet de
loi.
Mais une
autre chose, je pense, c'est important, je sais, M. le Président, vous avez eu
le plaisir de m'écouter plusieurs fois
sur l'importance de l'autoproduction, si c'est pour les citoyens ou quand même,
peut-être, pour nos petites et moyennes entreprises, et on a entendu clairement, pendant les audiences
publiques, des différents groupes qui disent : Bien, présentement,
l'encadrement, puis les règles, et les lois qui existent, c'est un frein
à l'autoproduction. On a entendu le Bâtiment durable du Québec clairement dire que des règles d'Hydro-Québec freinent
l'autoproduction d'énergie renouvelable. Eux autres rappellent que c'est peut-être une façon... La
capacité est énorme, sur les toits, quelque chose que vous savez, je crois, est
une réalité au Québec. On a entendu l'Union des municipalités du Québec, qui a clairement aussi dit qu'à... une
municipalité à l'autre, des règles peuvent se changer.
Alors, quand je regarde que, dans le plan qui a
été déposé par M. Michael Sabia, le P.D.G. d'Hydro-Québec, puis eux autres ont un plan de déployer
125 000 panneaux... il veut mettre des panneaux solaires sur
125 000 maisons, au Québec,
bien, je dis : Pour l'instant, le cadre réglementaire et les lois sont un
frein à cet objectif d'Hydro-Québec de se lancer dans l'autoproduction sur nos toits. Parce qu'une municipalité
peut dire : C'est non, ici, puis une autre dit : C'est oui, ici.
Alors, quand même, on a entendu que c'est une
bonne idée, à un certain moment, de mettre clairement dans les lois que les citoyens ont droit à
l'autoproduction, et les municipalités ne peuvent pas interdire ça. Je pense
que c'est une idée qui doit être discutée. Et, quand même, on a
dit : Bien, on va regarder ça peut-être dans un prochain projet de loi, mais on attend toujours pour ce projet de loi
qu'il arrive du ministre de l'Énergie. Je sais que ça arrive dans les
prochaines semaines, mais, quand
même, on était en train de discuter des bâtiments. On a eu une chance de
dire... bien, pour les bâtiments, pas juste pour les maisons.
Mais, quand
même, si on pense, présentement, des tours de condos, certaines gens
disent : Bien, l'autoproduction des
panneaux solaires, c'est juste pour les maisons. En Allemagne, présentement,
ils ont qu'est-ce qu'ils appellent «balcony power plants», parce que vous êtes capables de
mettre des panneaux solaires sur votre balcon puis connecter ça à votre maison.
C'est une façon que l'Allemagne est en train
d'intégrer ce type d'énergie renouvelable dans les tours et les appartements,
puis ça marche. On a vu, dans le passé, et
l'Allemagne a un potentiel solaire très similaire à... le Québec, c'est
incroyable combien de panneaux
solaires ils ont déployés et combien d'énergie ça produit maintenant pour eux
autres. C'est sûr que l'Allemagne
était face à une crise énergétique, mais ils ont agi rapidement avec le
déploiement des panneaux solaires partout sur le territoire. Je sais que nous,
on a plus de temps, on n'est pas dans une situation urgente où quelqu'un a
décidé de couper une portion de notre
source énergétique, comme l'Allemagne a fait face l'année passée, mais, bref,
quand même, on a une décision à faire
comme société, comment on peut déployer l'énergie renouvelable au meilleur prix
et qui est le plus efficace.
Alors, je
pense qu'on a manqué une occasion de mieux encadrer l'autoproduction autour de
nos bâtiments et peut-être qu'on va
être obligés de revenir en arrière avec un autre projet de loi où... moi, je ne
pense pas que le ministre de l'Énergie est vraiment responsable pour la
question des bâtiments, qu'on a eu un autre projet de loi qui était dédié
spécifiquement. Et je rappelle la dernière
phrase en matière de transition énergétique, mais des panneaux solaires, c'est
bien une clé de la transition énergétique.
Et, quand
même, on n'a pas eu la chance de discuter... Les panneaux solaires sont
excellents, mais il faut ajouter aussi des batteries. Sur l'heure de pointe,
c'est vrai, à 7 heures, il n'y a pas beaucoup de soleil, mais, avec une
batterie, vous êtes capables quand
même d'avoir l'énergie nécessaire pour rouler le lave-vaisselle, le frigo et
aussi d'autres... recharger le
téléphone. Vous savez comme moi, M. le Président, qu'à l'heure de pointe les
familles sont bien en train d'utiliser beaucoup d'énergie, parce que c'est l'heure la plus importante de la journée pour
eux autres, il y a le souper, etc. Alors, pour toutes ces raisons-là, j'étais un petit peu déçu qu'on
n'a pas mieux discuté ou mieux encadré, je dirais, la question de
l'autoproduction pour nos bâtiments au Québec. Une occasion ratée.
Mais, quand même, je ne vais pas lâcher, M. le
Président, parce que c'est trop important. Il y a une révolution planétaire, présentement. Si on regarde combien
d'énergie solaire a été ajoutée à l'échelle de la planète l'année passée, c'est
incroyable. Il y a quelque chose qui se
passe. Et je ne veux pas que le Québec rate le bateau en Amérique du Nord non
plus. Je pense qu'on est capables de
vraiment exploiter tout notre potentiel solaire ici, au Québec, parce qu'on a
des entreprises ici, du Québec, qui
sont des experts dans les panneaux solaires puis l'énergie solaire, puis il faut
utiliser ces experts. Et, pour moi,
ça, c'est une solution à notre défi énergétique. Et ça va prendre un plan, M.
le Président, puis je vais continuer à demander pour un plan de ce
gouvernement. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de Jacques-Cartier. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Oui. Je reconnais Mme la députée de Verdun.
Mme Zaga
Mendez : Merci, M. le Président. Alors, très heureuse
d'intervenir, dans le cadre de l'adoption du projet de loi n° 41, du côté de ma formation politique. Bien sûr, nous
avons soulevé différentes réserves tout le long de l'étude de ce projet de loi, tout le long des discussions
ici, en Chambre, mais, malgré ces réserves puis malgré ces critiques-là,
nous allons appuyer pour finaliser cette
étape-là, le projet de loi n° 41, d'abord et avant tout parce que c'est un peu
le strict minimum à faire face à une crise climatique qui ne fait que
s'empirer.
On le savait,
on l'a su il y a quelques quelques jours, on rend compte, encore une fois, que
2023 et 2024 seront... c'est encore l'année la plus chaude que la
planète n'a jamais connue. Puis on sait qu'il faut donner un coup de barre en
ce qui concerne la pollution, les émissions
de GES qui proviennent de nos bâtiments. C'est le minimum, en matière de
réduction de GES, pour nos bâtiments.
Puis je veux juste rappeler que, de notre côté, à Québec solidaire, on a proposé, année après année,
la création de cette cotation énergétique des bâtiments. On l'a même inclus
dans notre plan Vision 2030, qui a été salué par des experts pour montrer
comment, au Québec, on pourrait déjà être en train de réduire plus que 37 % des GES par rapport à 1990, même
à une cotation des bâtiments, pour nous, c'est une avancée, même que si elle
est petite, elle est positive.
Mais, bien sûr, le diable ici se cache dans les
détails, dans les détails de comment cette cotation va être mise en oeuvre. On se rappelle que, dans le projet de
loi qui nous est présenté, on parle d'attribution de pouvoirs qui vont
habiliter, bien sûr, le ministère de l'Environnement pour définir ce
qu'on appelle des informations environnementales qui vont être déclarées pour
les bâtiments, donc autant une cotation que des normes. On va introduire des
obligations pour les distributeurs d'énergie
de développer une plate-forme numérique pour partager les données de
consommation, quelque chose qui est
extrêmement important, instaurer une cote de performance environnementale pour
les bâtiments, comme je le disais, puis créer un registre public sur la
performance environnementale des bâtiments.
Cependant, là
où nous restons critiques, c'est sur le fait que le détail de toutes ces
mesures-là va être opérationnalisé, mandaté
par règlement. Et c'est ça qui était notre grande déception pendant toute
l'étude du projet de loi, c'est qu'on n'a pas pu aller aussi loin dans la loi pour instaurer déjà des échéanciers, des
minimums à atteindre, parce qu'on nous dit même que la définition de la
cotation énergétique, elle sera faite par règlement.
Puis je nous
rappelle que, de ce qu'on entend jusqu'à maintenant, c'est que cette cotation
va seulement s'appliquer, et de façon
très progressive, à des bâtiments d'une plus grande taille, qui restent
malheureusement une minorité dans le parc immobilier du Québec. Juste pour qu'on se rappelle, au Québec, il y a
la... il y a 105 000 bâtiments d'habitation de plus de quatre
logements et 2 420 000 bâtiments de moins de quatre logements.
Ça fait qu'on n'est même pas en train de viser 4 %, 5 % du parc immobilier. Si on réduit ça à qu'est-ce que
les règlements vont prévoir, pas tout de suite, mais encore dans quelques années, on va seulement atteindre
0,02 % des bâtiments résidentiels, ce qui est trop peu, parce qu'en ce
moment nos bâtiments, surtout là où
est-ce que des personnes vulnérables se logent, mais continuent de chauffer le
dehors, même Hydro-Québec l'a dit que 85 %
des résidences qui se chauffent à l'électricité ne sont pas en train d'utiliser
nos équipements de façon efficace.
Il y a un grand
chantier entamé de ce côté-là, mais on a raté un peu l'opportunité d'inscrire
plus de mordant dans cette loi-là pour être capable de déployer des efforts, et
plus rapidement réduire nos émissions de GES, puis avoir vraiment une plus grande efficacité
écoénergétique. Et, je nous rappelle, le fardeau ne doit pas être porté par les
gens, par... qui habitent parce qu'on le sait, que, malheureusement,
c'est souvent des personnes à faibles revenus, mais il faut les accompagner puis faire en sorte que les
propriétaires qui sont plus nantis... on ne vise pas les propriétaires
habitants, mais plutôt des
propriétaires qui sont plus nantis, qui ont un grand, grand parc immobilier. Il
y a peut-être plus de moyens pour atteindre ces objectifs.
Une autre déception,
puis on a pu en débattre à plusieurs reprises, c'est les portes ouvertes qu'on
laisse encore à l'utilisation du gaz fossile dans les bâtiments. On entend un
discours d'encouragement... la biénergie comme une solution très, très facile, mais malheureusement la biénergie ne vient
pas toujours avec du gaz naturel renouvelable. Et, dans le gaz naturel renouvelable au Québec, c'est
un grand pourcentage de gaz fossile que nous continuons à trouver dans
cette source-là, et c'est pour ça que, pour nous, c'est encore une
préoccupation. Ce projet de loi ne vient pas encadrer l'utilisation du gaz
naturel de source fossile, quelque chose qui devrait être fait tout de suite,
parce qu'atteindre nos objectifs de
décarbonation en 2050, bien, c'est demain matin, c'est dans 25, 30 ans. Et
je nous rappelle que chaque fois qu'on
installe un nouveau système de chauffage au gaz, bien, il va durer encore
25 ans, et on ne va pas atteindre, de cette façon-là, nos
objectifs.
Faire des études,
projet de loi... ça sert également à améliorer cette loi, puis je pense que je
suis assez contente que la voix des
municipalités a été entendue en ce qui concerne surtout l'article 29,
parce que, tout d'abord, au tout début, pardon, de ce projet de loi, on avait encore ce qu'on appelle un
principe de préséance mur à mur en ce qui concerne les normes de performance environnementale. Et, grâce
au travail que les municipalités, les intervenants ont fait, et que nous
avons aussi poussé autour de la table, dans
l'article 29, désormais, on a des normes, ce qu'on appelle minimales.
Donc, on va exiger aux municipalités d'aller plus loin que les normes
québécoises... pardon, je me... je vais juste revenir, là, je n'ai pas bien
formulé ma phrase. On va permettre aux municipalités d'aller plus loin que les
normes québécoises, c'est-à-dire, lorsqu'il y a des règlements qui
dépassent les normes québécoises en matière de performance environnementale,
les municipalités vont pouvoir pas seulement
les garder, les perpétuer, continuer à élaborer ces réglementations-là.
Lorsqu'on a des réserves encore, c'est que, dans l'article 30, le
principe de préséance y est encore présent.
Ceci dit, on sait...
On va saluer l'introduction de ce qu'on appelle une clause grand-père pour
l'ensemble des municipalités qui ont déjà
réglementé concernant l'utilisation du gaz naturel. C'était une de nos plus
grandes préoccupations, qui concerne
l'état des villes de Montréal, de Prévost, de Saint-Hilaire, Candiac, qui ont
déjà fait des efforts, des grandes études
pour prouver qu'on peut mettre des mesures tout de suite en place et sortir peu
à peu du gaz naturel dans les bâtiments, par exemple, en interdisant les nouveaux branchements au gaz naturel.
Donc, on a une exception qu'on se réjouit, que ce qu'on appelle le principe des clauses
grand-père... Toutes les villes qui avaient réglementé avant l'étude du projet
de loi vont pouvoir garder cette réglementation.
où est-ce qu'on a une grande préoccupation, puis nous l'avons dénoncé autour de
la table, c'est pour les villes à
venir, parce que, dans l'article 30, on va encore donner plus de pouvoirs
au... pas seulement au ministère de l'Environnement, mais au ministre de l'Énergie, qui va devoir
approuver la réglementation des villes, en disant s'il existe ou pas la
possibilité... Nous, on a amené un
amendement pour dire qu'il fallait absolument que ce soit... que ce pouvoir-là
s'exerçait lorsqu'il existe un véritable enjeu en termes de
disponibilité énergétique. Cet amendement a été refusé.
Alors,
on sent, là, encore une fois qu'on laisse un pouvoir plus grand au ministre,
pas seulement de l'Environnement, mais
de l'Énergie, d'encadrer l'action des villes, et on est préoccupés en ce qui
concerne l'autonomie de ces villes-là d'aller plus loin, surtout dans la lutte aux changements climatiques. Et, qu'on
se rappelle, plusieurs villes au Québec ont déjà adopté des plans climat
et des plans de réduction.
Donc,
en conclusion, pour nous, c'est un premier pas, mais le résultat de cette
loi-là va dépendre de l'ambition des règlements. Puis, en ce moment, notre
crainte, c'est... Si on regarde l'ambition du gouvernement de la CAQ en ce qui
concerne la lutte aux changements climatiques, moi, je pense que les
règlements vont être le reflet de cette ambition. Cette ambition,
malheureusement, elle recule, elle diminue, voire, par moments, elle est
inexistante. On voit que nos GES ont augmenté
en 2022. Nos GES ne sont pas en train de réduire au Québec. Ils sont
malheureusement en train d'augmenter.
plusieurs reprises, nous avons demandé d'avoir des plans complets en ce qui
concerne la lutte aux changements climatiques.
Les mesures ne sont pas encore détaillées. On a une cible qui est insuffisante.
Pour nous, il faut aller plus loin, plus vite. C'est le futur de notre planète,
mais aussi il y a une question économique là-dedans, c'est-à-dire de faire en
sorte que les gens puissent vivre dans des bâtiments qui pas seulement
respectent nos normes environnementales, mais qui vont avoir des bienfaits en termes économiques. On va
arrêter, comme je le disais, de chauffer le dehors. Et, bien sûr, ce qu'on
attend, c'est des gestes concrets pour sortir les gaz fossiles de nos bâtiments.
On a raté cette occasion dans ce projet de loi. Le ministre a promis un règlement. On a très hâte de le voir. On a très
hâte de venir ici et en discuter, parce que c'est le futur de la planète
qui passe par la décarbonation de nos bâtiments.
Je vous remercie, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Verdun. Y a-t-il d'autres interventions?
Oui, je reconnais Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Moi
aussi, je commence avec une gorgée d'eau. Merci beaucoup, M. le Président. Il
me fait vraiment plaisir, à mon tour, de
prendre la parole dans le cadre du discours de l'adoption du projet de loi
n° 41. Évidemment, ayant consacré une bonne
partie de ma carrière
aux enjeux environnementaux, climatiques, énergétiques, ça me fait... c'est un
projet qui a un intérêt tout particulier pour moi, évidemment, ma formation.
vais commencer en soulignant que, lors de la campagne électorale de 2022, notre
formation politique avait été très
claire et vocale au fait de revoir le code du bâtiment puisqu'il existe
plusieurs façons d'améliorer la performance énergétique d'un bâtiment. Je n'entrerai pas dans les mesures, mais il y
a des mesures très, très, très concrètes qu'on avait proposées. Mais malheureusement, peu de ces
éléments sont mentionnés dans ce projet de loi. Donc, on comprend bien que l'atteinte de l'efficacité énergétique au
Québec ne se fera pas simplement par des voies réglementaires. Ça prend des
actions concrètes sur le terrain, M. le Président.
se souvient que, lors de sa conférence de presse, le ministre de
l'Environnement, lorsqu'il a présenté le projet de loi, il l'a présenté pour, justement, corriger les passoires
énergétiques qui... Il y avait un bel équilibre entre la carotte et le
bâton, dans cette pièce législative.
projet de loi vise 20 000 bâtiments, soit les plus grands bâtiments,
en particulier. Il avait même dit, le ministre, que, et je cite : «L'énergie qu'on ne dépense pas, c'est la plus
économique.» Et on est tout à fait d'accord que... pour atteindre la carboneutralité, on est d'accord
qu'effectivement l'efficacité énergétique doit être la priorité numéro un. Ça a
été souligné, entre autres, dans le
rapport Dunsky et ça va prendre un effort monumental, M. le Président, pour
aller chercher ces térawatts.
On se souvient bien
qu'à la COP28, où j'ai eu l'honneur de représenter ma formation, et la seule
députée de l'Assemblée nationale en
opposition qui était présente, le Québec... On se souvient que le Québec est
déjà reconnu comme un leader en matière environnementale et aussi de
changements climatiques. Et le ministre, même, il a reconnu que cette réputation s'est construite à travers des
décennies, M. le Président. Donc, ça a été un travail d'équipe, de plusieurs
formations et de plusieurs gouvernements.
Évidemment,
je souligne surtout les décisions structurantes de gouvernements antérieurs
libéraux, tant au niveau de l'hydroélectricité que le marché du carbone. On a
aussi également été des précurseurs pour ne pas explorer et exploiter
les ressources fossiles aux alentours de l'île d'Anticosti. Alors, tout ça a
fait en sorte que le Québec est reconnu.
Donc,
on apprécie cette réputation de leadership, mais on ne peut pas rester assis.
Il ne faut pas être complaisant face à cette réputation. Il faut aller de
l'avant et mériter, continuer toujours à mériter. C'est pour ça que le Québec a
été choisi, entre autres, comme coprésident du BOGA, Beyond Oil and Gas
Alliance. Mais vraiment, pour être crédible, pour aller chercher les autres
provinces, pour aller chercher les pays, il faut être exemplaire, M. le
Président. Il faut continuer de mériter cette réputation et d'avoir une
valeur ajoutée. On ne peut pas se vanter sans faire le travail.
l'enjeu, au Québec, le travail, c'est l'enjeu de la consommation. Ce n'est pas
la production, mais c'est bien la consommation
des énergies fossiles et c'est vraiment le nerf de la guerre. Et à part du
secteur des transports, c'est vraiment celui des bâtiments au Québec auquel il
faut vraiment s'attaquer. Et c'est donc dans ce contexte que s'inscrit ce
projet de loi.
Considérant
que nos réserves d'énergie sont à sec et considérant la faible efficacité
énergétique de nos bâtiments au Québec, il y a lieu d'agir avec célérité et
audace avec ce projet de loi. En attendant nos objectifs visés, le Québec
entier va en bénéficier.
Alors,
c'est vraiment l'objectif, mais, comme je le dis, le tout dans ce projet de
loi, comme avaient dit mes collègues et...
Je souligne, j'en profite pour souligner l'excellent travail de mes collègues,
la députée de Mille-Îles, notre porte-parole en environnement et changements
climatiques, et le député de Jacques-Cartier, notre porte-parole en matière
d'énergie, l'excellent travail au sein de notre... la commission.
Si je comprends bien,
le gouvernement a accepté seulement un seul de nos amendements qui ont été,
justement, dans cet esprit-là de vraiment
améliorer notre efficacité énergétique, seulement un seul amendement, M. le
Président. Alors, le fait que le
gouvernement a présenté un projet de loi de 40 articles avec
34 mentions qui seraient réglées par règlement en dit long, M. le Président, je suis déçue de
le dire, sur le... un gouvernement qui n'est pas clairement... pas très
intéressé par la collaboration avec d'autres formations politiques.
Ultimement, il s'agit
d'un projet de loi que le Québec a besoin et dont le Québec a besoin pour faire
des gains importants en matière d'énergie...
d'efficacité énergétique. Cependant, la position gouvernementale a été de
faire, plus ou moins, tout en catimini, de faire tout par règlement. Ce
n'est pas vraiment une position qu'on aurait désirée. Nous ne pouvons pas
donner un chèque en blanc à un gouvernement, à ce gouvernement. Et les quatre
dernières années l'ont clairement... je suis désolée, les cinq, six dernières
années, je vais... je le souligne, l'ont clairement démontré.
Alors,
en conclusion, M. le Président, oui, nous allons voter en faveur du principe du
projet de loi n° 41 parce qu'on est
pour le principe d'efficacité énergétique, mais la façon que le gouvernement a
choisi de mettre en oeuvre ce projet de loi nous semble insuffisante et même
décevante. Alors, cependant, nous allons donc devoir voter contre, cette
fois-ci, contre l'adoption du projet
de loi, puisque l'atteinte d'efficacité énergétique au Québec ne se fera
simplement pas par des voies réglementaires. Il faut être sérieux, M. le
Président, il faut prendre des actions concrètes. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Il n'y en a pas.
Alors, le projet de
loi n° 41, Loi édictant la
Loi sur la performance environnementale des
bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition
énergétique, est-il adopté? Oui, Mme la députée des Mille-Îles?
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, le vote électronique est demandé. M. le
leader adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, je vous demanderais de reporter ce vote à la
prochaine période des affaires courantes, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Lévesque) : Alors, le vote sera tenu dans une session future.
Alors, merci beaucoup. M. le leader adjoint, pour la suite de nos
travaux.
M. Lévesque (Chapleau) : ...je vous
demanderais d'appeler l'article 13 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : À
l'article 16...
Vice-Président (M. Lévesque) :
13. Pardonnez-moi, j'avais mal
compris. Alors, à l'article 13 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le rapport de
la Commission de la culture et de l'éducation sur le projet de loi n° 47,
Loi visant à renforcer la protection des
élèves, ainsi que les amendements
transmis en vertu de l'article 252 du règlement par M. le ministre de
l'Éducation et par Mme la députée de Saint-Laurent. Ces amendements sont
déclarés recevables.
Y a-t-il des
interventions sur ce rapport ainsi que sur ces amendements? Alors, je reconnais
Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci, M. le Président. Avant de
débuter, les collègues auront sans doute remarqué une légère modification à l'article 5 et 10 du projet de
loi. La modification en est une uniquement de forme et de légistique qui ne change pas le fond de
l'article. La modification consiste à remplacer les mots «de renseignements
pouvant constituer un» comportement
par «de renseignements ou de documents pouvant établir l'existence d'un»
comportement.
Je suis très
heureuse, aujourd'hui, de poursuivre les travaux parlementaires sur le projet
de loi n° 47 avec la prise en considération du rapport. Je veux d'abord
remercier tous ceux qui ont participé aux consultations particulières et
à l'étude détaillée. Les échanges ont été fructueux et ont permis d'enrichir
significativement le projet de loi.
Il y a eu
plus de 17 mémoires qui ont été déposés à la Commission de la culture et
de l'éducation et une quinzaine d'intervenants
qui se sont exprimés devant celle-ci afin de lui faire part de leurs
préoccupations, commentaires et recommandations.
Je pense aussi aux nombreuses heures en étude détaillée avec mes collègues. Je
les remercie de leur précieuse collaboration dans ce projet de loi
essentiel.
Pour notre
gouvernement, la grande priorité est toujours la réussite éducative de nos
élèves. Pour y arriver, on veut qu'ils soient en sécurité quand ils sont
à l'école. Le rapport d'enquête générale de septembre dernier avait fait
plusieurs constats préoccupants. On se devait d'agir rapidement pour assurer la
sécurité de nos enfants.
changements proposés par le projet de loi n° 47 permettront de répondre à de
nombreuses recommandations de ce
rapport, et il permettra de donner davantage de moyens au réseau scolaire pour
renforcer la protection de nos élèves dans les écoles.
Pour ce
faire, la loi interviendra sur quatre fronts : la clause d'amnistie, le
partage d'informations entre les employeurs, l'obligation de signalement, le code d'éthique. Nous y parviendrons...
Nous y reviendrons plus en détail lors de l'adoption finale, mais je suis contente qu'on franchisse
cette étape importante en vue, justement, d'avoir une adoption finale et que
la loi soit sanctionnée. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de la
Lotbinière-Frontenac. Je suis prêt à reconnaître le prochain ou la
prochaine intervenante, et ce sera Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Cadet : Merci beaucoup, M. le Président. C'est un grand plaisir pour moi de prendre la
parole à l'occasion de la prise
en considération du rapport de la
commission, du projet de loi n° 47, Loi visant
à renforcer la protection des élèves. Je suis fière de le faire, en fait, M. le Président,
parce que le projet de loi n° 47, bien, c'est un peu le fruit du travail
de l'opposition officielle.
Vous le
savez, il y avait eu, donc, différentes interventions entre, donc, ma collègue
députée de Saint-Laurent et le
ministre de l'Éducation sur l'aspect crucial de la protection des élèves à la
lumière d'éléments de l'actualité qui étaient troublants... pour le
moins troublants, M. le Président, et c'est un peu, donc, à la suite de ces
discussions-là qu'on... et il faut le dire, donc, qu'on a vu, donc, une ouverture, donc, de la part
du ministre, donc, d'agir sur ce front. Mais, vraiment, donc, ma collègue, donc, se disait : C'est
important, donc, d'agir, donc, sur un plan distinct et d'ouvrir la
Loi sur
l'instruction publique et la
Loi sur
l'enseignement privé de façon à ce qu'on puisse entendre différents
intervenants et que l'on puisse, au
mieux, échanger et proposer des bonifications et nous assurer que la protection
des élèves, et la protection de ceux-ci, notamment, donc, en ce qui concerne les violences à caractère sexuel,
donc, puisse se faire de la... donc, suivant, donc, les meilleures
pratiques sur le plan législatif.
Donc, c'est ce qu'on
a vu dans le cadre du projet de loi n° 47, pour
lequel les partis ont pu entendre, donc, une quinzaine d'intervenants lors des
commissions parlementaires, qui sont venus bonifier le travail. Le projet de
loi n° 47, M. le
ministre, ce n'est pas un très gros projet de loi, puis je dis ça en toute
bonne foi, parce que, bon, les mesures qu'il fallait mettre de l'avant étaient
sérieuses mais simples. Donc, il y avait peu, donc, d'ajustements, donc, à
faire sur le plan législatif pour
nous assurer de bonifier le tout. Donc, ce qui nous avait été proposé dès le
départ, donc, contenait 12 articles. Ceci dit, quand même, donc, pour 12 articles, on voit, donc, tout le
sérieux qui a été fait par l'ensemble des parlementaires sur le projet de loi n° 47
afin que chacune... que chaque mot se retrouvant dans ce projet de loi puisse
véritablement, donc, assurer l'objectif, donc, qui est poursuivi ici,
soit la protection des élèves.
Donc,
il y a 50 amendements qui ont été adoptés, quand même, pour un projet de
loi de 12 articles. Puis, je l'ai dit, donc, la moitié des articles
concerne la
Loi sur l'instruction publique. Les autres articles sont un peu des
articles miroirs, là, pour
l'enseignement privé. Donc, pour essentiellement, donc, six articles fois deux,
une cinquantaine d'amendements, c'est énorme.
Et, en cela, donc, nous... et on est tout à fait disposés à le faire, donc, on
salue donc l'ouverture du ministre, qui a été, donc, réceptif, donc, aux
amendements qui ont été amenés par ma collègue afin, là, que l'on puisse
véritablement bonifier le projet de loi n° 47 à la suite des
différentes interventions des experts en commission parlementaire. Donc, une
quinzaine d'heures d'étude détaillée, on
parle, donc, d'un travail costaud et robuste et pour lequel, donc, je le disais
plus tôt, nous sommes fiers. Donc,
d'abord, donc, peut-être déjà parler de quelques gains que nous avons eus au
niveau de l'opposition officielle dans ce projet de loi ci.
Bien,
la première, sans que ce soit un amendement en tant que tel, mais je pense que
c'est important de le rementionner, la
question de l'abolition des clauses d'amnistie. M. le Président, je pense que
vous nous aviez entendus lors de l'adoption du principe du projet de
loi, un peu plus tôt ce semestre, lorsque l'on mettait de l'avant les
difficultés que représentaient ces clauses
d'amnistie dans les conventions collectives, et à quel point la traçabilité de
différents dossiers de contrevenants, donc,
de personnes qui, normalement, donc, devaient être des acteurs de confiance auprès
de nos jeunes dans nos écoles, dans
nos institutions d'enseignement, n'étaient... arrivaient, donc, à se faufiler,
à se défiler, M. le Président, en raison, donc, de la présence des
différentes clauses, là.
parle d'un gain parce que ma collègue de Saint-Laurent, donc, en a fait un
cheval de bataille, donc, en amont, je vous le mentionnais. La raison pour
laquelle, donc, on se retrouve avec ce projet de loi là, donc, qui a été
déposé, c'est parce que l'ensemble de
la société civile... Bien, en fait, ma collègue... Donc, nous, à l'opposition
officielle, donc, on avait entendu, donc, l'ensemble de la société civile nous
parler de ce non-sens-là et d'à quel point, donc, c'était difficile, donc, pour
le réseau, donc, d'être encore en retard,
donc, sur ces éléments-là. Donc, dans la première mouture du projet de loi,
donc, les éléments, donc,
d'abolition, donc, de ces clauses d'amnistie dans les conventions collectives,
donc, c'est retrouvé. Et donc ces
dispositions du projet de loi, donc, ont été adoptées telles quelles, et,
puisque c'était à notre demande, c'est une bonne chose, et je prends le
moment de le souligner comme un gain initial.
Évidemment,
je vous disais, donc, 12 articles, mais une cinquantaine d'amendements
adoptés. Donc, ça indique qu'il y a
eu d'autres gains, donc, à la suite des conversations et des échanges en
commission parlementaire, lors de l'étude détaillée, et notamment sur la question des jeunes autochtones,
M. le Président. Je vous donne un... certains éléments de contexte.
que rédigé, donc, le projet de loi, donc, pouvait, donc, laisser craindre que
les écoles qui étaient situées sur les territoires autochtones ne
pouvaient pas avoir accès à l'information lorsqu'un professeur ou un membre du
personnel d'une école était congédié pour
des fautes graves, hein, donc ce qui nous a amenés, donc, à nous asseoir autour
de la table pour l'adoption du projet
de loi n° 47. Donc, sous l'impulsion, donc, du Parti libéral du Québec,
donc, il y a eu, donc, des conversations
et... en fait, des échanges dans le sens, donc... pour nous assurer de revenir,
donc, avec une proposition qui répondrait
aux craintes qui avaient été mentionnées, donc, par les membres des Premières Nations. Et ça a été fait, donc nous considérons cet élément comme un gain.
Aussi,
pour ce qui est des personnes en situation de handicap, le projet de loi ne
permettait pas, malheureusement... donc,
excluait donc, d'une certaine manière, donc, ces élèves-là qui sont en
situation de vulnérabilité, hein, comme les élèves mineurs. Et donc, dans le projet de loi, donc, on
a eu l'opportunité, donc, de pouvoir ajouter, donc, le terme, donc, de
«personne en situation de handicap».
Donc, il y a eu, donc, plusieurs tractations sur le sujet, mais on est...
malgré le fait que, donc, plusieurs acteurs, donc, ont décrié, donc, ce
manque-là, donc, dans le projet de loi, donc, on voit qu'on a pu réaliser,
donc, certaines avancées, donc, avec cette
inclusion-là, donc, à travers, donc, l'une des... l'un des amendements, donc,
adoptés lors du projet de loi.
On a aussi, M. le
Président, beaucoup insisté pour que la loi indique que la durée de validité
des antécédents judiciaires soit de trois
ans, comme en petite enfance, hein? Puis vous savez, M. le Président, donc, en
petite enfance, on vérifie aux trois ans les absences d'empêchement.
Là-dessus, malheureusement, donc, le ministre a refusé que nos amendements... en fait, nos amendements, donc, à
cet égard, donc, pour l'inscrire dans la loi, mais il a toutefois accepté que
le règlement puisse lui permettre d'indiquer
la période de validité dans son règlement. Donc, on comprend que la période
de vérification des antécédents judiciaires,
donc, n'a pas été inscrite dans la loi, comme nous l'indiquions, comme nous
le souhaitions, donc, d'avoir, donc, une
durée de validité, donc, de trois ans et qu'il puisse y avoir, donc, des
vérifications un peu à répétition, hein?
Puis
peut-être pour vous situer, M. le Président, c'est qu'en ce moment, donc, dans
le secteur de l'éducation, donc, une
personne qui commence... qui termine, donc, ses études, qui commence, donc,
fièrement, donc, à enseigner, donc, il est évidemment vérifié au début sa carrière, donc peut, par exemple,
commencer, donc, sa carrière à 25 ans, il ou elle, mais, 25 ans plus tard, la personne peut toujours
se retrouver dans le réseau, mais il n'y a pas de vérification, donc, qui est
faite pendant toute cette période-là.
Et donc ça nous apparaissait, donc, comme une aberration à corriger et comme un
élément, donc, qui pourrait, donc,
prévenir, donc, différents, donc, incidents, bien évidemment, donc, d'être en
mesure, donc, de revoir un peu les antécédents, les comportements de
cette personne-là alors qu'elle est titulaire, donc, de son permis, donc, de sa licence d'enseignement. Donc, ça ne se
retrouvera pas dans la loi. Ce n'est pas tout à fait un gain à cet égard,
mais que le ministre ait accepté que ce...
que le règlement, donc, puisse lui permettre d'inscrire une certaine période de
validité, ça demeure toutefois une avancée par rapport au statu quo.
M. le Président, l'obligation du ministre et...
oublié un élément, donc, très important, parce qu'il se retrouve à l'article 1 du projet de loi. Puis je vous
lis l'article 1, donc, tel que rédigé. Ça va vous donner, donc, une bonne
idée de ce dont je parle. Donc, l'article 1, donc, du projet de
loi, donc, disait donc :
La
Loi sur l'instruction publique est modifiée
par l'insertion de l'article suivant :
«28.1. Le
ministre peut soumettre au comité d'enquête toute situation concernant un
enseignant qui est portée à sa connaissance
s'il est d'avis que les renseignements qui sont en sa possession sont
susceptibles de démontrer une faute grave commise à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou un acte
dérogatoire à l'honneur ou à la dignité de la fonction enseignante.»
M. le Président, je ne sais pas si vous vous
souvenez, dans la dernière année, je le mentionnais, donc, plusieurs éléments, donc, qui avaient été portés à notre
attention dans l'espace médiatique de situations absolument horribles, puis, en
cette Chambre, ma collègue de Saint-Laurent avait intimé le ministre de
l'Éducation de déclencher une enquête. Le ministre
avait répondu à répétition : Je ne peux pas, je ne peux pas déclencher
d'enquête, la loi ne me permet pas de le faire. Donc, le... Donc, ils sont encore une fois, donc, sous notre impulsion
en disant : Bien, voyons donc, il y a des limites dans la loi, ce n'est pas possible qu'on puisse voir
une situation absolument aberrante. Le centre de services scolaire, donc, ne
peut... donc, n'agit pas, et le ministre est
au courant de cette situation mais ne peut pas déclencher d'enquête en raison
du cadre législatif et réglementaire. Ça nous semblait être une
aberration.
Dans la
première mouture du projet de loi, donc, le ministre s'est dit, donc, O.K.,
donc, il peut... il va donc se donner le
pouvoir, donc, de soumettre à un comité d'enquête une situation, donc, qui est
portée à sa connaissance. Mais, nous, ça nous apparaissait insuffisant comme libellé. On se disait : Bien,
le ministre, il peut soumettre à un comité d'enquête cette situation-là.
Bien non, si le ministre, il voit qu'il y a une situation qui est absolument
aberrante, comme celle qu'on a vue dans les
médias, à ce moment-là, bien, il devrait la soumettre à un comité d'enquête, il
devrait déclencher une enquête, pas
tout simplement dire : Ah! bien, j'ai ce pouvoir-là, mais après ça... puis
s'asseoir un peu sur sa chaise puis ne pas le mettre à exécution. Donc, pour nous, c'était bien important que le
ministre puisse avoir ce véritable, donc, non seulement pouvoir
d'action, mais le percevoir comme un devoir.
Le ministre a
accepté de retirer le mot «peut» dans le projet de loi, ce qui l'oblige
maintenant à soumettre au comité d'enquête une situation s'il est d'avis que
les renseignements sont susceptibles de démontrer une faute grave. Donc,
il demande, donc, dans le nouveau libellé,
donc, dans le compromis, donc, qui a été accepté ici, l'obligation du ministre,
donc, qui est supérieure à ce qu'il y avait dans le libellé initial du projet
de loi. Évidemment, ça ne veut pas dire que toute situation, donc, qu'il l'a soumet automatiquement, donc, à un
comité d'enquête. Donc, il se laisse, donc, une marge de manoeuvre dans... en
voyant, donc, s'il est d'avis que la situation... que les renseignements portés
à sa connaissance, donc, sont susceptibles de démontrer une faute grave.
Mais, quand
même, si une personne raisonnable, donc, voit que le... voyant, donc, qu'il y a
une situation absolument aberrante puis que le ministre devrait
déclencher une enquête, bien, ce qu'on voit avec cet article-là, c'est qu'on
hausse le ton un tout petit peu, M. le Président. Donc, on donne une... on rend
le ministre un peu plus imputable qu'il ne l'était à travers le libellé du projet de loi tel que rédigé. Puis, pour nous,
donc, cette obligation du ministre, bien, c'est une grande fierté. Ça donne un peu plus de mordant au projet
de loi ici, et c'est une bonne chose pour les parents, pour les enfants, puis
évidemment, donc, ces jeunes, donc, qu'on veut protéger à travers ce projet de
loi là.
Enfin, M. le Président, bien, rapport de mise en
oeuvre du projet de loi, donc, dans cinq ans. Donc, nous, nous avions demandé
au ministre que le rapport annuel de gestion puisse fournir les données sur les
plaintes en lien avec le projet de loi et ce
qui s'est donc déroulé. Donc, on a donc réussi, donc, à ajouter dans les
dispositions transitoires l'obligation de
déposer un rapport de mise en oeuvre du projet de loi cinq ans après l'adoption
de celui-ci. Donc, encore une fois, donc, un gain intéressant qui nous permettrait, donc, d'avoir, donc, certaines
données puis de faire, donc... d'avoir une reddition de comptes, hein, d'avoir
le bilan de l'impact du projet de loi dans les rapports annuels de gestion. Et,
vous savez, donc, en matière de bonne
gouvernance, c'est important pour nous, donc, qu'on ait ces différents éléments
là. Donc, ça démontre, donc, toutes ces avancées.
Bref, en
terminant, M. le Président, donc, vous voyez, donc, ce projet de loi était très
attendu, hein? Je vous ai un peu parlé, bon, nous sommes à la prise en
considération, des éléments peut-être plus techniques, des conversations des législateurs, donc, qui ont eu lieu dans
le cadre du projet de loi, mais, si on prend un pas de recul, c'est absolument, donc, important qu'on ait
pu, bien, d'une part, donc, abolir, donc, ces clauses d'amnistie, mais aussi
nous assurer de bonifier le projet de loi et lui donner assez de mordant
pour que l'on... en fait, pour que la population pressente que les législateurs
prennent au sérieux la question de la
protection des jeunes dans nos écoles. Quand les parents se rendent dans les
écoles, déposent leurs enfants, ils
se disent que leurs enfants sont dans un lieu de confiance où des adultes
responsables sont... bien, en fait, ont ces jeunes-là, donc, sous leur
responsabilité pendant une période... pendant une période temporaire dans la journée. Bien, ces
parents-là, donc, ils s'attendent à ce que ça se passe bien, ils s'attendent à
ce que ces enseignants-là et ces membres
du personnel aient un comportement irréprochable. Puis, en poussant le travail
sur ce projet de loi, bien, je pense que c'est ce que nous avons fait.
Puis
je vous disais en commençant que j'étais fière de me lever pour en parler
aujourd'hui. Puis, en terminant, bien, je boucle la boucle en vous disant la
même chose, M. le Président, que je suis fière du travail qu'on a fait pour
nous assurer que l'on puisse
véritablement, donc, travailler et améliorer la protection des élèves dans nos
institutions d'enseignement. Et on se reverra dans quelques jours pour
l'adoption. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Y
a-t-il d'autres interventions sur cette prise en considération? Il n'y en a
pas.
Alors, tout d'abord,
les amendements proposés par M. le ministre de l'Éducation sont-ils adoptés?
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Adopté. J'ai été informé qu'il y aurait consentement
pour faire la lecture de l'amendement proposé par Mme la députée de
Saint-Laurent avant sa mise aux voix. Est-ce qu'il y a consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : Consentement. Alors, je vais procéder à la lecture. Je
mets donc aux voix l'amendement modifiant l'article 4, qui se lit comme
suit :
L'article 4 du projet de loi est modifié par
le remplacement, dans le paragraphe 2°, des mots «porter sur la période
couverte par la vérification des comportements» par les mots «prévoir qu'une
vérification des antécédents judiciaires est valide pour une période de
trois ans à compter de sa délivrance».
Cet amendement est-il
adopté?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Rejeté.
Enfin, le rapport de la Commission de la culture et de l'éducation portant
sur le projet de loi n° 47, Loi visant à renforcer la
protection des élèves, est-il adopté?
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Adopté.
Pour la suite de nos travaux, M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M.
le Président. Je vous demanderais d'appeler l'article 14 du
feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président
(M. Lévesque) : À l'article 14 du feuilleton, l'Assemblée prend
en considération le rapport de la Commission
des institutions sur le projet de loi n° 54, Loi donnant suite à la Table Justice-Québec en vue
de réduire les délais en matière criminelle et pénale et visant à rendre
l'administration de la justice plus performante.
Alors, comme première
intervention, je reconnais M. le député de Chapleau.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Bien, merci beaucoup, M. le Président. C'est un
bonheur de pouvoir intervenir à ce moment-ci du projet de loi. Également, j'en
profite pour saluer les collègues de la banquette gouvernementale, les collègues de l'opposition. Et évidemment, là,
comme je vous le disais d'entrée de jeu, ça me fait grandement plaisir de prendre
la parole aujourd'hui à l'étape de la prise en considération du rapport de la
Commission des institutions sur le projet de loi n° 54
qui vise à réduire les délais judiciaires en matière criminelle et pénale et à
rendre, M. le Président, l'administration de la justice plus performante.
Et, en
commençant, bien, j'aimerais d'abord remercier le ministre de la Justice pour
sa confiance qu'il m'accorde ce matin pour pouvoir, justement,
intervenir à cette étape-ci du projet de loi et remercier les collègues qui ont
pris part, évidemment,
à l'étude détaillée du projet de loi. Chacun y a mis du sien, M. le Président,
afin que les travaux puissent se dérouler avec efficacité et célérité
pour que ça aille rondement, M. le Président. Je pense que ce travail de collaboration
témoigne de l'importance de ce projet de loi
pour l'amélioration des délais judiciaires et l'importance que tous accordent,
justement, à l'amélioration des délais en matière judiciaire.
C'est impératif, M. le Président, de trouver des
solutions innovantes afin de répondre à l'enjeu des délais judiciaires en matière criminelle pour que le
système de justice, notre système de justice, M. le Président, soit beaucoup
plus performant et accessible pour
tous les Québécois. C'est pourquoi, l'automne dernier, comme vous le savez
certainement, plusieurs acteurs du
milieu de la justice se sont réunis autour d'une même table afin d'entamer un
processus de réflexion pour réduire les délais judiciaires en matière
criminelle et pénale. Et j'ai nommé évidemment, en premier chef, le
ministère de la Justice, suivi du ministère de la Sécurité publique, le DPCP,
aussi connu sous le nom du Directeur des poursuites criminelles et pénales, la Commission
des services juridiques, la Cour d'appel, la Cour supérieure, la Cour du Québec,
le Barreau du Québec, l'Association des avocats de la défense de Montréal-Laval-Longueil,
l'Association québécoise des avocats et avocates de la défense, la Chambre des notaires du Québec et le Réseau des centres d'aide aux victimes d'actes criminels. Donc, beaucoup de
beaux et de bons cerveaux autour d'une table justement pour améliorer notre
système de justice, donc c'est très positif.
De ces
rencontres, le plan d'action de la Table Justice-Québec a émergé, et le projet
de loi à l'étude aujourd'hui, dont nous discutons, permet de mettre en oeuvre
certaines mesures comprises dans le plan d'action. Premièrement, l'octroi
de nouveaux pouvoirs aux juges de paix magistrats afin qu'ils puissent présider
des comparutions et des enquêtes sur remise
en liberté, des tâches qui étaient normalement réservées aux juges de la Cour du Québec. Cette mesure a le potentiel de libérer l'équivalent de 15 à
20 juges, M. le Président, à temps plein en chambre criminelle et pénale.
C'est déjà une belle avancée. Je vous vois
opiner du bonnet. Il sera par ailleurs désormais possible pour les juges de
paix magistrats de tenir les comparutions et les enquêtes sur remise en
liberté par visioconférence, et ce, sept jours sur sept. Encore une belle avancée. Finalement, l'allègement du régime de
preuve pour économiser du temps d'audience et éviter des déplacements à
la cour aux témoins.
Le projet de
loi, aussi, prévoit, par ailleurs, d'autres mesures visant à rendre le système
de justice beaucoup plus efficace. Il
s'agit évidemment d'une priorité pour mon collègue le ministre de la Justice de rendre le système de justice plus accessible, plus humain et plus efficace. Et
toutes ces actions que le ministre a posées et toutes les mesures qu'il a mises
de l'avant, eh bien, tendent vers cet
objectif louable, et c'est vraiment cet objectif-là qui anime le ministre, et
les collègues, et le gouvernement.
En lien avec
cette priorité de notre gouvernement, je trouve vraiment intéressant, M. le
Président, de revenir sur un échange, lors de l'étude détaillée du projet de
loi, entre mon collègue le ministre
de la Justice et son critique de
l'opposition officielle, le député de
l'Acadie. J'ai eu l'occasion de voir cet échange-là, et, en effet, ça a été
question de l'IVAC, une réforme de
laquelle le ministre de la Justice est très fier, et il a d'ailleurs tenu à réitérer
plusieurs mesures émanant du gouvernement qui ont favorisé une meilleure
accessibilité à la justice et un meilleur accompagnement des personnes victimes
depuis son entrée en poste. Et je suis
moi-même très fier, évidemment, de cette réforme à laquelle j'ai participé
lorsque j'étais adjoint parlementaire au ministre de la Justice, comme
vous vous souviendrez, dans la dernière législature.
Donc, j'aimerais justement pouvoir revenir sur
certaines mesures assez brièvement. D'abord, à commencer par le tribunal spécialisé pour violences sexuelles et
violences conjugales, dont 17 projets pilotes ont été déployés à ce jour
sur l'ensemble du territoire québécois. Ces tribunaux ont permis à près de
17 000 personnes victimes, M. le Président, de bénéficier d'un
accompagnement adapté à leurs besoins et à leurs réalités. Il y a aussi eu la
mise en place de la ligne Rebâtir, qui a
permis à près de 12 000 personnes victimes, M. le Président, de
recevoir quatre heures de consultation juridique gratuites par des
avocats spécialisés dans tous les domaines de droit afin qu'elles puissent
mieux connaître leurs droits et être en
mesure de se sortir de situations parfois de vulnérabilité, M. le Président. Le
programme d'aide financière d'urgence, l'AFU, qui permet aux personnes
victimes et à leurs enfants de quitter un milieu potentiellement dangereux
rapidement sans avoir à se soucier des
conséquences monétaires, déjà 700 personnes victimes y ont eu recours
depuis le lancement du programme. Le
programme Témoin Enfant et Témoin Vulnérable, qui permet aux enfants et aux
personnes victimes de violence sexuelle et conjugale d'être sécurisés et
mieux préparés en vue de leur témoignage, une étape qui peut s'avérer stressante, M. le Président, depuis le lancement,
ils sont plus de 900 personnes à y avoir eu recours. Et on n'est pas peu
fiers de ce programme-là en Outaouais, M. le Président, parce que c'est
justement le CAVAC de l'Outaouais qui a mis ça de l'avant et qui a créé ce programme-là qui a été étendu à
l'ensemble du Québec. Et je lève mon chapeau, évidemment, à Kathleen
Dufour, qui est une partenaire pour moi en Outaouais, qui est la directrice
générale du CAVAC. Et donc on est très fiers
de son accomplissement chez nous, en Outaouais, qui a permis, justement, ce
programme-là partout au Québec, Témoin Enfant et Témoin Vulnérable.
Finalement,
la réforme du régime d'indemnisation des victimes d'actes criminels, une
réforme qui était attendue depuis
plus de 30 ans, M. le Président, et qui comportait de nombreuses lacunes.
Les changements apportés dans le cadre de
la réforme ont permis de doubler, et je vais le répéter, là, de doubler le
nombre de personnes victimes indemnisées, doubler. Depuis la réforme, ce
sont plus de 31 000 personnes victimes qui ont été indemnisées, alors
que c'était moins de 15 000 pour une
période comparable avant la réforme, M. le Président. De ce nombre,
4 000 personnes ont été indemnisées pour des infractions qui, à l'époque, n'étaient pas
admissibles auparavant, notamment l'exploitation sexuelle, donc victimes de
proxénétisme qui n'étaient pas indemnisées auparavant et maintenant qui...
C'est une aberration. Ces gens-là, maintenant, peuvent être indemnisés. Tous
les crimes contre la personne sont maintenant admissibles, ce qui représente
l'ajout de 43 infractions. Et le taux
d'acceptation, M. le Président, est passé de 83 % à 95 %, M. le Président. Le délai moyen pour une décision d'admissibilité est passé de
123 jours à 33 jours. Rappelons que les indemnisations versées en 2023‑2024
représentent plus de
320 millions de dollars, soit 200 millions de dollars de
plus qu'en 2018, M. le Président. Ça, c'est depuis que notre ministre a pris à
bras-le-corps cette réforme et a décidé de vraiment s'occuper des personnes
victimes. Il s'agit du régime le plus
généreux au Canada, M. le Président, tous États fédérés réunis. Par
l'énumération de ces nombreuses mesures, vous comprendrez, donc, que l'accompagnement des personnes victimes au
sein du système de justice, c'est de plus... donc, plus efficace, c'est
vraiment une priorité pour nous.
différentes mesures comprises dans le projet de loi n° 54 sont
complémentaires, je le disais d'entrée de jeu, aux différentes actions et mesures qui ont déjà été
mises en place et qui ont également pour objectif d'améliorer l'expérience des
personnes victimes dans le système judiciaire.
La réduction
des délais judiciaire en matière pénale et criminelle est nécessaire, M. le
Président, afin d'offrir un système de justice à la hauteur des attentes et des
besoins des citoyens. Bien entendu, cette réduction des délais commande des efforts continus et ne se fera pas sentir du
jour au lendemain, mais ce projet de loi comprend des actions concrètes, et nos
objectifs pour réduire les délais judiciaires en matière criminelle et pénale
sont très, très clairs dans le projet de loi. Et donc c'est pourquoi, évidemment, je vais inviter mes collègues à voter
en faveur du rapport de la Commission des institutions. Merci beaucoup,
M. le Président.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le député de Chapleau. Alors,
comme prochain intervenant, je reconnais M. le député de l'Acadie.
M. Morin : Merci, M. le Président.
Bonjour. Ça me fait plaisir, ce matin, de prendre la parole dans le cadre de la prise en considération du rapport de la
commission du projet de loi n° 54, Loi donnant suite à la Table Justice-Québec en vue de réduire les délais en matière criminelle et
pénale et visant à rendre l'administration de la justice plus performante.
Et ce projet de loi, je vous le dirai, vise
effectivement, dans une certaine mesure, à réduire les délais. Et ce qui est intéressant de ce projet de loi, c'est qu'il
donne suite rapidement à une rencontre aux travaux de la Table Justice-Québec
et du plan d'action qui a été développé par la Table Justice-Québec, 2023‑2024,
pour, évidemment, réduire les délais en matière criminelle et pénale.
Donc, le projet de loi vise, entre autres, à
mettre ça en application au niveau législatif, mais le projet de loi vise
également beaucoup, beaucoup d'autres choses. Et je pourrai vous en parler dans
les minutes qui suivent, mais ce qu'il faut
se rappeler du projet de loi, c'est, d'abord, de réduire les délais en matière
criminelle et pénale, conférer des nouveaux pouvoirs aux juges de paix
magistrats et alléger certaines règles de preuve, notamment celles relatives à
l'admissibilité en preuve de certains documents dans des cas où le poursuivant
doit déposer des constats d'infraction à la cour.
Ça modifie également la
Loi sur la confiscation,
l'administration et l'affectation des produits et instruments d'activités
illégales afin d'introduire un régime de confiscation administrative. Et, ça,
je dois vous dire que tout le volet confiscation
n'a pas été du tout abordé par la Table Justice-Québec. C'est un ajout que le
ministre fait dans son projet de loi. Et donc, évidemment, on en a discuté
longuement, mais ça s'est fait quand même assez rapidement dans le cadre de
nos travaux.
Donc, élément, aussi, que je voulais soulever,
dans la Table Justice-Québec, dans le plan d'action, j'ai noté qu'il n'y avait aucun représentant de la cour
municipale. On a récemment adopté un projet de loi qui crée une nouvelle cour
municipale pour l'ensemble du Québec. Il y a quand même un volume
important de dossiers. Ça aurait été, je pense, important de les inviter. Le poursuivant fédéral n'a pas été invité non
plus. Pourtant, il plaide de nombreux dossiers au Québec devant les
cours de justice du Québec. Et, finalement, dans le projet de loi, aucune
mesure concrète pour les Premières Nations
et les Inuit, aucune mesure concrète en ce qui a trait à la justice dans le Nord-du-Québec, et, ça, je tenais à le soulever.
Je vous dis
également que ça s'est fait très vite et les consultations ont été très vites.
Donc, plusieurs groupes n'ont pas pu venir témoigner en commission, donner leur
opinion, et certains groupes ont même produit des rapports, mais in extremis.
Je les remercie, parce que, compte tenu du temps qui était alloué, plusieurs
ont fait preuve de grande célérité pour mettre en place une documentation puis nous la présenter, aux
parlementaires. Mais on aurait, je pense, gagné à avoir un peu plus de
temps pour permettre à d'autres groupes de produire des mémoires.
Je tiens à souligner, évidemment, la présence
des CAVAC, Barreau du Québec, qui ont soumis un mémoire, l'Association du Barreau canadien. Les procureurs
de l'État sont venus témoigner, les procureurs de l'État, l'association
qui représente les procureurs au Directeur des poursuites criminelles et
pénales, et qui sont venus, au fond, nous lancer ce que j'appellerais un cri du coeur de leur part, parce qu'ils nous ont
clairement indiqué que c'était bien beau, l'accès à la justice, on est
tous pour ça, mais encore faut-il que les procureurs de l'État, au Québec,
aient suffisamment de temps et de ressources pour préparer adéquatement les
dossiers et puis pouvoir, évidemment, les plaider. Et ça, je pense que ça
mérite d'être souligné, surtout, surtout quand vient le temps de faire des
suivis avec les victimes. Donc, ce sont des éléments
où, évidemment, tout s'est fait rapidement, mais, quand même, on a fonctionné à
ce rythme-là, avec, évidemment, l'horaire du gouvernement.
Je vous
souligne que, dans les groupes qui sont venus nous rencontrer, le Réseau des
CAVAC a accueilli favorablement la hausse des contributions au Fonds
d'aide des victimes d'actes criminels. C'est une source importante de
financement. Et le projet de loi prévoit un nouveau calcul qui va faire que le
fonds va pouvoir être augmenté, parce qu'évidemment
eux aussi, ils vivent une situation précaire, donc ils ont effectivement besoin
d'argent pour être capables d'accompagner les victimes d'actes
criminels.
J'écoutais
mon collègue de la
partie gouvernementale parler du projet de loi. Il est vrai,
il est vrai que le projet de loi va
accroître la compétence des juges de paix magistrats, notamment au niveau des
comparutions, au niveau des enquêtes pour remise en liberté, c'est exact, sauf que, et
ça, je l'ai soulevé en commission parlementaire, il y a un élément qui, quant à
moi, m'échappe, j'en ai parlé, j'ai questionné le ministre là-dessus, je pense
qu'il aurait pu aller plus loin, il aurait pu faire preuve de davantage d'innovation et de créativité.
Mais c'est un choix politique, c'est ce qu'il nous a expliqué. Et je fais
référence particulièrement à la disposition
qui va permettre dorénavant à un juge de paix magistrat de présider une enquête
préliminaire, mais quand les deux parties, donc le poursuivant et la défense,
sont d'accord, finalement, pour invoquer l'article 549 du Code criminel, qui va faire en sorte qu'on va
sauter l'enquête préliminaire et qu'on va se rendre directement à procès. Alors, c'est un geste... Évidemment, il
faut un juge de paix pour accueillir ces deux consentements là, mais ma
compréhension, avec le Code criminel, c'est qu'une fois que les deux
consentements sont donnés, le juge de paix ne peut
pas faire autrement que dire : Bien, on vous renvoie à procès. Donc, au
fond, c'est quasi administratif comme mesure.
Je pense
qu'on aurait gagné à permettre aux juges de paix magistrats de présider
l'enquête préliminaire avec... et entendre des témoins. Pourquoi je dis
ça? Bien, c'est parce qu'au niveau de l'enquête préliminaire on n'est pas à
l'étape finale, on n'est pas à l'étape où on
va décider de la culpabilité ou de l'innocence de l'accusé. C'est un prévenu.
Le juge qui préside l'enquête
préliminaire va déterminer s'il y a suffisamment de preuves pour qu'il y ait un
procès. Il n'entendra pas de recours
en vertu de la Charte canadienne des
droits et libertés et il ne va pas
évaluer la crédibilité des témoins. Donc, c'est un rôle important, une étape importante pour les crimes les plus
graves au Code criminel, mais, en fait, je pense que le ministre aurait pu permettre à des juges de paix
magistrats de présider. Il n'y a rien, à mon avis, qui aurait empêché ça,
mais on ne s'est pas rendu jusque là.
Ça aurait, je
pense, permis d'accélérer le rythme, parce que, dans la réalité, dans plusieurs
districts, bien, il est rare que vous
allez avoir un rôle complet de 549. En tout cas, moi, je peux vous dire que,
dans la pratique, quand je plaidais ces dossiers-là devant la cour, bon, souvent il y avait des 549, mais il y
avait aussi des enquêtes préliminaires puis il y avait aussi ce qu'on appelait dans le jargon :
Bien, écoutez, la défense veut faire entendre un témoin puis, bon, faire un 549
pour le restant de la preuve. Alors,
dans ce cas-là, même entendre un témoin, le juge de paix ne pourrait pas
présider l'enquête. Donc, ils vont
renvoyer ça à un juge de la Cour du Québec. Je pense que, là, on aurait eu
intérêt à aller de l'avant avec ça.
C'est
d'autant plus étonnant que, quand on regarde la Table Justice-Québec puis
certaines recommandations, puis je comprends que, pour ça, il n'y a peut-être
pas... on n'a peut-être pas besoin de modifications législatives, mais on encourage, on encourage, les interrogatoires au
préalable pour tenir lieu d'enquête préliminaire lorsque les renvois à procès
ne sont pas contestés. C'est une mesure qui est plus administrative, qui
existe.
Quand j'étais procureur de la Couronne, on a évalué
ça à
titre de projet pilote, ce qui fait en sorte que, quand on veut faire entendre quelques témoins, on
procède dans un interrogatoire au préalable, hors cour, puis, après ça, bien,
on a la déposition du ou des témoins.
Si on encourage ça, je ne vois pas pourquoi on empêcherait un juge de paix
magistrat, lui, de tenir une enquête préliminaire, mais, bon, je me
répète, c'est un choix politique. Je pense que, là-dessus, le ministre aurait pu faire preuve d'une plus grande
créativité puis aller de l'avant. Ça aurait probablement accéléré l'ensemble du
processus dans bien des districts judiciaires. Voilà, rien non plus
pour, par exemple, la nomination de juges de paix magistrats avec une résidence
au Nunavik. C'est un élément qui aurait pu également être abordé.
Permettez-moi
aussi de vous parler rapidement de la confiscation administrative. C'est un
élément qui existe dans d'autres
juridictions, donc, dans d'autres provinces du Canada, notamment l'Ontario, la
Colombie-Britannique, le Manitoba, si
mon souvenir est bon. Donc, le ministre va de l'avant avec cette procédure-là.
Ce que ça fait, en fait, c'est que, quand vous avez des biens infractionnels ou des produits de la criminalité, le
poursuivant peut décider d'en demander la confiscation au niveau criminel, donc, en déposant des
accusations de produits de la criminalité, ou, après un procès, par exemple, en
matière de stupéfiants, demander la confiscation de certains produits de la
criminalité.
Bien là,
évidemment, on a, avec ça, toute la procédure criminelle et, évidemment, le
fardeau qui existe en matière criminelle. Donc, si c'est l'infraction
substantive, bien, il faut faire la preuve des éléments de l'infraction hors de
tout doute raisonnable. Si on est à
la confiscation de biens, et directement en lien avec le procès qu'on vient de
faire, bien, à ce moment-là, le fardeau est réduit, mais il faut quand
même le démontrer.
confiscation civile existe déjà au Québec. C'est-à-dire que, dans certains cas,
le poursuivant peut décider de ne pas demander une confiscation devant le
tribunal criminel. Donc, c'est le Procureur général du Québec qui va procéder
devant les tribunaux civils. Le fardeau est
différent, c'est le fardeau civil, mais il y a quand même une procédure à
suivre, bien sûr. Mais là on veut aller
plus loin. On veut parler d'une confiscation administrative. Donc là, le
Procureur général du Québec enverrait
une signification d'avis et demanderait à ce que le bien soit confisqué,
administrativement, rapidement quand il s'agit de biens qui proviennent
d'activités illégales.
Comme je l'ai
dit, ça existe dans d'autres provinces. Donc, le ministre de la Justice n'est
pas en train de créer un précédent, sauf que ce qu'il a écrit dans son projet
de loi va véritablement... risque véritablement d'accélérer véritablement
les choses si, évidemment, il n'y a pas de
contestation, parce que le projet de loi prévoit une série de présomptions à
l'effet que c'est un bien qui
provient d'activités illégales, mais où j'ai posé aussi plusieurs questions au
ministre, c'est au niveau de la signification, et c'est là que ça risque
peut-être de poser problème.
En effet, on
dit que c'est un avis écrit qui va être envoyé, transmis par courrier
ordinaire, à la dernière adresse connue de la personne ou de l'organisme public. Ça peut faire aussi l'objet
d'un avis public, mais le moyen, si vous me permettez, d'aviser, de signifier, c'est la poste ordinaire.
Donc, aucune preuve que la personne va l'avoir reçu, puis, en plus, le projet
de loi prévoit une autre présomption à l'effet que l'avis de confiscation est
présumé avoir été reçu cinq jours après sa transmission. Donc, si je comprends bien la procédure mise en place par
le gouvernement, on envoie un avis par la poste puis, peu de temps après, on dit : Bien, écoutez, le défendeur est
présumé l'avoir reçu, donc confisquons. Si le défendeur ne se manifeste jamais,
bien, évidemment, ça va aller très vite, mais qu'en est-il des scénarios où le
défendeur va se manifester puis il va
dire : Écoutez, attendez un peu, là, moi, j'ai des éléments à faire valoir — puis
évidemment il a juste 30 jours pour le faire
en plus — et
vous ne devriez pas confisquer ce bien parce que, par exemple, ce n'est pas un
produit d'activités illégales. Alors, si le délai est passé complètement, on va
être obligés de retourner à la cour puis de recommencer
le débat. Puis, si le défendeur s'oppose, évidemment, je comprends qu'on va
retourner avec le fardeau civil. Donc,
si personne ne se manifeste puis si ça va très vite, peut-être que ça va
accélérer, mais, si les gens se mettent à contester, je ne suis pas sûr
qu'en bout de piste on va gagner beaucoup, beaucoup de temps.
Ceci étant,
au niveau de la procédure, au niveau du principe, bien, évidemment, on ne peut
pas être contre le fait que l'État veut confisquer des produits de la
criminalité puis d'enlever des mains des criminels des produits ou bien
qu'ils ont utilisés pour commettre une infraction criminelle ou un acte
criminel ou encore des produits qui... des biens qui dérivent des produits de l'activité criminelle. Alors, ça, évidemment,
au niveau du principe, je pense qu'il faut saluer, il faut saluer cette
mesure-là. Espérons, espérons que ça accélérera les processus. Donc, ça, c'est
important de le souligner. Et je vous dirai
également, et ça, je l'ai fait remarquer au ministre, que, dans d'autres
provinces, ils ont des mécanismes de signification
qui sont plus élaborés pour s'assurer qu'effectivement le défendeur soit bien
au courant de ce qui va se passer au niveau de la confiscation.
Maintenant,
dans les quelques minutes qu'il me reste, je vais vous parler brièvement des
victimes d'actes criminels, parce que
j'ai écouté attentivement mon collègue de la
partie gouvernementale, qui nous a
fait une longue liste de ce que le
ministre avait fait pour aider les victimes, mais le bout, si vous me
permettez, qui manque dans tout ça, c'est parce que, si on en est rendu là et si le ministre, et puis
ça, c'est intéressant, j'invite les gens à aller voir ça en commission
parlementaire, a fait un long
réquisitoire pour... en faveur des victimes, c'est parce que, M. le Président,
à la fin du projet de loi, j'ai proposé un amendement au ministre pour faire en sorte qu'il y ait des victimes
qui, présentement, ne recevront pas ou ne recevront plus d'indemnité, parce que le délai de trois ans
est terminé avec la réforme du ministre, et la
partie gouvernementale a rejeté
mon amendement. Et là le ministre a expliqué tout ce qu'il avait fait. Écoutez,
qu'on ait étendu le nombre de crimes pour
lesquels les victimes vont être indemnisées, c'est bien, là, on n'est pas
contre ça. Moi, j'en suis contre le fait qu'on va peut-être échapper ou
oublier des victimes. Puis ça a l'air qu'on va en échapper puis on va en
oublier, parce qu'il y a eu des articles
dans les journaux de victimes qui vivent des situations totalement atroces puis
qui disent : Bien, moi, j'ai reçu une lettre, puis, dans quelques
mois, je n'en aurai plus, d'indemnisation.
Et je
rappelle que, lorsque cette réforme-là a été présentée, mon collègue le député
de LaFontaine avait mis en garde le gouvernement contre cet
état de fait qui allait arriver. Et moi, ce que j'ai fait, c'est que j'ai tendu
la main au ministre pour qu'on puisse
regarder ensemble s'il n'y avait pas lieu, non pas de revenir avec ce qu'on
avait avant, mais de bonifier le système
pour faire en sorte que, justement, on n'échappe personne, parce que c'est
souvent, malheureusement, les victimes qui sont les plus affectées, qui
ont donc été ou bien victimes ou témoins de crimes les plus graves, qui auront
besoin de plus de temps. Et ça, malheureusement, le ministre a refusé. Puis je
pense que je devais de le dire, parce qu'il faut qu'il y ait un contexte, là, je veux dire, on est devant vous, on est
dans un espace public, les gens nous regardent. C'est très bien ce que le ministre a fait, parfait, mais son
long réquisitoire, c'est parce qu'au fond il n'a pas voulu aller plus loin
suite à la proposition que je lui ai faite. Et ça, je pense que, je
tiens à le dire, c'est important.
Maintenant,
ça complète mes remarques pour la prise en considération. Et évidemment, à
cette étape-ci, là, nous serons en faveur de la prise en considération.
Et je vous remercie pour votre écoute, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : Merci
beaucoup, M. le député de l'Acadie. Y a-t-il d'autres interventions? Il n'y en
a pas.
Alors, le rapport de la Commission des
institutions portant sur le projet de loi n° 54, Loi donnant suite à la Table Justice-Québec en vue de réduire les délais
en matière criminelle et pénale et visant à rendre l'administration de la
justice plus performante, est-il adopté? Adopté.
Pour la suite de nos travaux, M. le leader
adjoint du gouvernement.
Lévesque (Chapleau) : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Je vous
demanderais d'appeler l'article 4 du feuilleton, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Lévesque) : À
l'article 4 du feuilleton, M. le ministre de la Sécurité publique propose
l'adoption du principe du projet de loi
n° 50, Loi édictant la
Loi sur
la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux sinistres et modifiant diverses dispositions
relatives notamment aux centres de communications d'urgence et à la protection
contre les incendies de forêt.
Donc, y a-t-il des interventions? Oui, je
reconnais M. le député d'Ungava.
Lamothe : Oui. C'est bon, c'est bon. Merci, merci, merci.
Cessons, cessons, cessons. Vous n'êtes pas habitués de me voir.
le Président, je prends la parole à la demande de mon collègue le ministre de
la Sécurité publique, M. François Bonnardel, qui me confie le
mandat de vous présenter le projet de loi n° 50 pour son adoption...
Pardon?
Vice-Président (M. Lévesque) : Simplement vous mentionner, M. le député
d'Ungava, on ne peut pas nommer les noms des gens, seulement leurs
titres. Alors, merci beaucoup de poursuivre.
M. Lamothe : ...ce qui est écrit.
Le 31 janvier dernier, le ministre a déposé
à l'Assemblée nationale le projet de loi n° 50, qui, par ses multiples
dispositions, modernise la
Loi sur la sécurité civile.
La démarche
vers son adaptation suit son cours. Les 19 et 20 mars dernier, mon
collègue l'a présenté en commission parlementaire
lors des consultations particulières, et aujourd'hui je le soumets à cette
Assemblée pour qu'elle en adopte le principe.
Je rappelle qu'en plus de moderniser la
Loi sur la sécurité civile le projet de
loi n° 50 entraîne des modifications à une vingtaine de lois.
Essentiellement,
le projet de loi vise à accroître la protection des personnes et des biens en
matière de sécurité civile. Pour y
arriver, nous voulons mettre en place une gestion plus efficace des risques et
répondre aux sinistres de la façon la plus optimale possible.
La résilience est au coeur de ce projet de loi.
L'application des dispositions qui en découlent permettrait de rendre la société québécoise plus résiliente aux
sinistres dans son ensemble. La sécurité civile est une responsabilité partagée
et les citoyens, tout comme les autorités
municipales, les acteurs de la société civile et les ministères et organismes,
sont appelés à y contribuer.
Pour mieux comprendre la portée du projet de loi
proposé, permettez-moi de revenir brièvement sur le contexte qui l'a rendu nécessaire. Les dernières décennies
sont marquées, au Québec comme dans la plupart des régions du monde, par un
accroissement des risques et des sinistres découlant notamment des impacts des
changements climatiques. De nombreux sinistres d'importance qui ont
touché la plupart des régions québécoises dans les dernières années, voire au cours des derniers mois, illustrent clairement
cette tendance — entre
parenthèses, les feux dans le nord du Québec. Ces événements pèsent lourdement
sur les collectivités et démontrent que la sécurité civile doit désormais être
une priorité. Ce contexte en
constante évolution suscite de nombreuses préoccupations, tant du côté de la
population en général que dans les instances publiques.
La
Loi sur la
sécurité civile, qui date de 2001, a constitué une assise solide à partir de
laquelle plusieurs avancées ont pu
être réalisées au fil des années. Force est de constater qu'une refonte en
profondeur était devenue nécessaire face à l'évolution des risques et des
sinistres. Il faut se donner collectivement des moyens plus efficaces,
performants et mieux adaptés aux réalités et aux défis présents et
futurs.
Le projet de
loi n° 50 s'intitule Loi
édictant la
Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux
sinistres et modifiant diverses
dispositions relatives notamment aux centres de communications d'urgence et à
la protection contre les incendies de forêt. Destiné à remplacer la Loi
sur la sécurité civile, ce projet de loi, je le rappelle, a pour objectif la
protection des personnes et des biens par une gestion efficace des risques de
sinistre et une réponse optimale auxdits sinistres.
Tout en visant à favoriser la résilience des collectivités, il propose une
approche dynamique et des moyens efficaces et permet au Québec de se doter d'une loi moderne et flexible alignée
sur les approches préconisées à l'échelle internationale, qui répond
réellement aux besoins actuels et futurs.
Je souhaite maintenant parler des trois
principaux jalons du projet de loi, en commençant par la gestion des feux de forêt, la SOPFEU. Le projet de loi vise à
modifier le mandat de la SOPFEU de façon à prioriser le sauvetage des vies de nos communautés et de nos infrastructures
névralgiques tout en s'assurant de la sauvegarde de nos forêts. Il est prévu
que sa mission passe sous le giron du ministère de la Sécurité publique dès
janvier 2025.
En second
lieu, il est question de mettre sur pied une équipe d'intervention d'urgence.
Et ce passage est vraiment important, M. le Président, en ayant vécu sur
le terrain certaines difficultés cet été. Le ministère de la Sécurité publique obtiendrait le pouvoir de désigner des
organisations chargées de renforcer et d'accroître les capacités
opérationnelles pouvant être
déployées en cas de sinistre. C'est une des façons qui nous apparaît très
prometteuse, notamment parce qu'elle nous permettrait de constituer une base solide d'intervention terrain en
sécurité civile. Nous avons effectivement besoin de pouvoir compter sur
des personnes formées, prêtes à intervenir lors des événements extraordinaires.
Dans une perspective plus élargie, le projet de
loi vient enchâsser la structure de sécurité civile. Il rappelle l'importance d'un système en escalade qui permet
de planifier de façon coordonnée la préparation et la part de chacun des
ministères et des organismes qui viennent soutenir, par leur expertise et avec
la force de leur réseau, les municipalités, premières
responsables de la sécurité civile sur leur territoire : Organisation
régionale de la sécurité civile... Organisation régionale de la sécurité
civile du Québec, Comité de sécurité civile du Québec.
Un autre
pilier du projet de loi est la gestion des risques de sinistres, incluant ceux
liés aux matières dangereuses. Il
propose la réalisation de démarches de gestion des risques de sinistres tant à
l'échelle municipale que gouvernementale afin de développer la connaissance de
ces risques de façon à en minimiser l'impact, lorsque possible, ou être mieux
préparé à y faire face, le cas
échéant. À l'échelle municipale, cela mènera à l'établissement d'un plan
régional de résilience par les municipalités régionales de comté ainsi que la
bonification des plans de sécurité civile des municipalités locales. Je
voudrais faire une parenthèse, que, chez nous, dans le Nord-du-Québec, il n'y a
pas de MRC, c'est une administration régionale, l'Administration régionale Baie-James,
donc, qui joue un rôle au même
titre qu'une MRC.
Au niveau gouvernemental, on parle plutôt de la
mise en place d'un plan national de résilience et d'un plan gouvernemental de réponse aux sinistres, mais ce
qui est intéressant, c'est le pouvoir réglementaire qui sera octroyé au gouvernement, et qui nous semble un atout
indéniable en matière de gestion de risque. En effet, ce pouvoir permettra
d'exiger des
entreprises de communiquer les risques associés à leurs biens ou leurs
activités à leur municipalité, dont ceux associés aux matières dangereuses. C'est d'ailleurs un
point qui semble être bien accueilli par les municipalités, qui auront aussi le
pouvoir d'aller plus loin dans la réglementation qui sera adoptée, si elles le
souhaitent.
Dans la
semaine du 18 mars, nous avons mené des consultations particulières durant
lesquelles différentes organisations ont fait valoir leurs avis sur les
propositions du projet de loi n° 50. Une douzaine d'organisations ont été entendues, provenant du milieu municipal,
gouvernemental et de la société civile. Des mémoires ont aussi été reçus, et
leur contenu sera analysé attentivement pour atteindre avec succès le but visé
par le dépôt de ce projet de loi, soit d'améliorer la résilience de notre société face aux sinistres. Je
remercie l'ensemble des organisations et des personnes qui contribuent par
leurs interventions à enrichir le débat.
En conclusion, M. le Président, je suis très
heureux de voir la concrétisation de ce projet de loi aujourd'hui. Il s'agit d'une pièce législative importante qui
engage notre gouvernement, la population et l'ensemble des entités travaillant en sécurité civile sur la voie de l'adoption et de
la résilience. Il répond à une nécessité d'intégrer une démarche permanente
de gestion des risques misant sur l'amélioration continue et inspirée des
meilleures pratiques à l'échelle internationale.
Cela dit,
comme tout projet de loi, le texte soumis à la consultation est perfectible.
Nous en sommes conscients et ferons
montre d'ouverture quant aux observations et recommandations des groupes et
individus qui ont pris part aux récentes consultations. Comme eux, nous souhaitons faire adopter le meilleur
projet de loi possible. Les changements à venir sont trop importants pour négliger quelque point de vue
que ce soit. Comme le disait, lors des consultations, le ministre de la
Sécurité, en finalité, ce que nous voulons, c'est d'optimiser la sécurité pour
tout le monde. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, M. le
député d'Ungava. Alors, je cède la parole à Mme la députée... la
ministre de la Famille.
Mme Roy (Verchères) : Merci, M.
le Président. L'honorable lieutenant-gouverneur a pris connaissance de ce
projet de loi et il en recommande l'étude à l'Assemblée. Merci.
Vice-Président (M. Lévesque) : Merci beaucoup, Mme la
ministre de la Famille. Y a-t-il d'autres interventions sur ce projet de
loi? Je cède la parole à Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone : Merci,
M. le Président. C'est un plaisir pour moi d'intervenir à l'étape de l'adoption
du principe du projet de loi n° 50, Loi
édictant la
Loi sur la sécurité civile visant à favoriser la résilience aux
sinistres et modifiant diverses dispositions
relatives notamment aux centres de communications d'urgence et à la protection
contre les incendies de forêt.
D'emblée, je
souhaite dire, M. le Président, comment j'aime beaucoup mon dossier de sécurité
publique. Ça se peut que je l'aie
mentionné dernièrement, quand j'ai intervenu sur les autres dossiers plus en
lien avec la police. C'est rare qu'on intervienne en ce qui concerne sécurité
civile ou sécurité incendie, qui n'est pas du tout le même projet de loi, mais
que j'espère qu'on a un projet de loi en
sécurité incendie qui s'en vient. J'ai demandé, au début de cette législature,
de porter le dossier de sécurité publique, parce que ça me fascine,
parce que je pense que nous avons une responsabilité civile de se soucier de toutes les forces de l'ordre qui
sont là pour nous protéger, pour les pompiers qui sont là pour nous protéger,
que ce soit le SOPFEU ou les pompiers
municipaux, pour nos policiers. Alors, vraiment, c'est un plaisir. Puis, chaque
fois qu'on a un projet de loi qui est déposé, j'apprends, j'apprends.
J'ai beaucoup appris en ce qui concerne la
sécurité civile. C'est quand même quelque chose qui est peut-être méconnu, parce que, quand on parle de sécurité
civile, les gens, tout de suite, pensent à : Ah! est-ce qu'on parle de
sécurité incendie? Est-ce qu'on parle
des pompiers? Oui et non. Oui, mais on parle des sinistres, hein, on parle des
états majeurs, des choses qui arrivent, malheureusement, à nos citoyens, que
c'est autour des feux de forêt, que ce soient des inondations, des glissements de terrain, on peut imaginer
toutes sortes d'états majeurs que, malheureusement, plusieurs de nos citoyens
font face.
Et ce qu'on peut constater, que, si on compare
les 10 dernières années avec les 10 années à venir, on a de quoi se préoccuper avec les changements climatiques.
Alors, on a quand même une responsabilité d'étudier avec beaucoup de
rigueur puis beaucoup de profondeur ce projet de loi, que je salue parce que ça
fait quand même plus de 20 ans depuis qu'on
n'a pas débattu de sécurité civile. Et évidemment on a eu des avancées, on a eu
des modifications; ça prend quand même une réforme.
Puis c'est un projet de loi qui est
hypertechnique, un projet de loi qui va quand même adresser, je pense, plusieurs des préoccupations. C'est un changement
de garde aussi. On parle de donner des pouvoirs au ministre, mais on parle
de donner aussi beaucoup de pouvoirs à nos
municipalités, qui est salué, mais que ça engendre aussi des préoccupations,
chose que je vais quand même adresser un peu
dans mes remarques. C'est un projet de loi qui va quand même amener le SOPFEU
sous la responsabilité du ministère de Sécurité publique, où apparemment...
auparavant, c'était sous la responsabilité du ministère des Forêts... Ressources, en tout cas, un autre ministère
qui était plus en lien avec nos ressources naturelles.
On parle de la protection des personnes et des
biens, on parle des municipalités locales qui vont être les premières autorités
responsables de la protection des personnes et des biens sur leurs territoires.
Ça prévoit qu'une municipalité régionale réalise une démarche de gestion des
risques de sinistre. C'est quand même assez complexe.
On parle beaucoup de
résilience à l'intérieur de ce projet de loi. C'est beaucoup en lien avec les
débats puis les questions que nous avons
soulevées avec les groupes qui ont passé lors des auditions en commission
parlementaire, que je leur salue puis je leur remercie de leur
contribution parce qu'encore une fois ça nous aide énormément, comme élus, de comprendre la réalité terrain, lors de l'adoption
de n'importe quel projet de loi, de comprendre comment ça va être mis en
vigueur, ça va être quoi, l'impact. Il faut analyser tout ça. Est-ce que nous
avons des modifications à faire?
Puis je sais que vous n'êtes jamais tanné de me
l'entendre dire, M. le Président, mais, au moment qu'on dépose un projet de loi ici, à l'Assemblée nationale, ça
n'appartient pas au gouvernement, ça n'appartient pas aux oppositions, ça
appartient à la société civile, ça appartient aux citoyens et citoyennes du
Québec. Puis c'est intéressant, mais ce projet de loi qui est très, très, très technique, c'est un projet de loi
technique qui parle d'une reforme de comment nous allons attaquer les enjeux en lien avec les changements
climatiques puis les états majeurs, on a eu beaucoup de commentaires, cette
fois-ci, des citoyens qui ont pris la
parole, dans le Greffier. On peut aller voir, pour les collègues qui souhaitent
aller consulter. On a quand même reçu pas mal de commentaires.
Juste la
semaine passée, on avait au-dessus d'à peu près 100 commentaires,
150 commentaires, des gens qui sont plutôt défavorables. Puis, je comprends, je pense que c'est un manque
d'information. On doit commencer l'étude détaillée pour aller plus en profondeur. Mais les gens sont
inquiets. Ils ont quand même soulevé quelques préoccupations que, si j'ai le temps, j'ai l'intention de soulever
quelques-unes. Mais évidemment le but de ce projet de loi, on ne peut pas être
contre, parce qu'évidemment c'est pour
protéger la population face aux sinistres, mais le projet de loi soulève aussi
beaucoup de questions.
Alors, j'ai hâte à commencer la prochaine étape
du projet de loi, parce que j'espère que la ministre pourra nous répondre, répondre à l'opposition officielle,
parce que, oui, j'ai beaucoup de questions. J'ai... J'aime vraiment l'étape du
projet de loi, l'étude détaillée, parce que c'est là où on peut creuser puis on
peut imaginer la mise en scène suite à l'adoption d'un projet de loi, qu'on est pour ou contre, là,
c'est... il faut imaginer ceci, mais c'est le moment de bonifier puis c'est le moment aussi de comprendre les intentions, parce
que, de ce qu'ici je comprends, il y a des bonnes intentions derrière ce
projet de loi, mais il faut aussi trouver un
juste équilibre, puis c'est... je dirais que c'est ça, la préoccupation. Le
principe, dans le fond, est bon, mais
il y a quand même des précisions que nous avons besoin en ce qui concerne
l'équilibre qui va être nécessaire.
Alors, on se
souvient... évidemment, la raison qu'on est préoccupés, c'est parce qu'on se
souvient, lors de la pandémie, il y
avait des pouvoirs extraordinaires que se sont doté le gouvernement, puis je
pense que tout le monde était compréhensif de ceci, mais ça reste que ça amène des préoccupations, ça amène un
niveau de transparence qui n'est pas clair. Les citoyens ont des questions par
rapport à ceci. Chaque fois qu'on se donne des pouvoirs, on se donne beaucoup
de responsabilités, puis, ça, on ne
peut jamais prendre ça légèrement. Puis il avait, évidemment, arrivé parfois
que la ligne entre le devoir de l'État et les obligations a été questionnée et
même critiquée. Alors, vous comprendrez, M. le Président, que j'amène cette
préoccupation puis aussi un peu cet
alignement, que nous allons commencer le débat, pas une question d'être contre,
mais il faut comprendre la réalité, encore une fois, sur le terrain puis
comment ce projet de loi sera mis à l'oeuvre.
Alors, je
dirais qu'il faut être prudent dans ce que nous voulions mettre en place pour
nous assurer que l'objectif de protection du public demeure notre
préoccupation principale. Parce que le but de ce projet de loi, le principe,
j'espère, derrière ce projet de loi, c'est
vraiment ça, ce n'est pas de se doter des pouvoirs, c'est pour protéger la population.
Ça fait que j'ai l'intention de venir
avec cet angle-là. Parce que les autres mots qu'on utilise beaucoup, puis c'est
dans le préambule aussi, ça fait
partie de ce qu'on a lu dans la revue de
presse pour ce projet de loi, on parle beaucoup de la responsabilisation,
la responsabilisation de la population, les partenaires, les ministères et
surtout beaucoup les municipalités qui vont être dotées d'énormément de nouvelles responsabilités, chose que je salue
parce qu'on est pour... le Parti
libéral, en tout cas, est pour le principe de subsidiarité. Ça fait qu'on
salue cette initiative de donner le pouvoir des gens locaux sur le terrain, qui
sont plus proches des citoyens. Ça va être important qu'eux, ils ont ce
pouvoir d'agir localement rapidement.
Mais les
municipalités, lors des auditions, ont quand même soulevé pas mal de
préoccupations. Ce n'est pas une question d'être contre, mais ça reste
que comment allons-nous le faire? Parce que vous, gouvernement, vous êtes en train de dire, si le projet de loi est adopté dans
sa forme actuelle, qu'on souhaite avoir une réforme. Oui, sécurité civile,
c'est important, oui, de responsabiliser la population pour être prêt,
pour prévenir, pour protéger les citoyens... Puis on se comprend que nous, on avait une responsabilité à l'intérieur de tout ça,
mais ça reste que le budget, pour le mettre à l'oeuvre, ce n'est pas clair.
C'est... Il n'y a aucun budget, à date, qui est prévu pour mettre à l'oeuvre ce
projet de loi. Ça fait que je comprends
leurs préoccupations. C'est même écrit dans le mémoire qui a été déposé au
Conseil des ministres, et je le cite : «...le milieu municipal a
relevé quelques enjeux liés entre autres à la formation, à la clarification des
rôles et des responsabilités, à la simplification
de la reddition de comptes, au manque de ressources et à la nécessité de [pourvoir]
un soutien technique et financier pour la réalisation de la démarche
régionale et locale de [la] gestion [de] risques...»
Puis ça,
c'est page 20 du mémoire qui a été déposé dans le... au Conseil des
ministres, mais on peut poursuivre à la
section 9.1. Ça a été soulevé, l'enjeu de budget est quand même
soulevé, qu'il va y avoir des préoccupations. Ça fait je ne sais pas si
la collègue la ministre responsable des municipalités... que, elle, elle fait
des revendications au nom de son ministère pour les municipalités dont elle est
la ministre, parce que ça reste que beaucoup de pouvoirs, beaucoup de nouvelles
responsabilités... On ne pourra pas les mettre à l'oeuvre d'ici demain. Et
évidemment ça va leur prendre un budget
d'accompagnement. On parle aussi des schémas qu'on doit mettre en place. Ça
prend du temps, c'est beaucoup de responsabilisation.
Ça fait que j'espère, au nom de ces
municipalités, que ce soit la Fédération québécoise des municipalités, qui ont passé, entre autres, en commission
parlementaire, qui ont... Puis, il faut le dire, M. le Président, j'ai lu
beaucoup de mémoires, puis je veux continuer à lire beaucoup de
mémoires, puis la majorité des mémoires qu'on reçoit, comme parlementaires, sont excellents, mais celui-ci
était vraiment étoffé, détaillé, très, très clair. Alors, je leur salue pour
leur travail. C'était vraiment excellent puis ça nous aide énormément, comme je dis, en
arrivant aux prochaines étapes du projet de loi, pour faire un bon débat, pour leur défendre... puis de porter leurs
revendications à la prochaine étape du projet de loi, parce que ce qu'ils ont
soulevé, c'est quand même des préoccupations, surtout au niveau budgétaire,
l'accompagnement, la formation.
C'est un
changement d'attaque, un peu, la façon qu'on fait des choses, mais il y a aussi
des choses qu'on doit saluer, parce qu'il y a une souplesse aussi, comme
par exemple le renouvellement d'un état majeur. Présentement, ils doivent renouveler chaque cinq jours. Ils doivent faire la
demande auprès du ministère. Bien là, ça, il va y avoir une souplesse. Ils
vont avoir le pouvoir de faire... puis ils
n'auront pas besoin de toujours passer par le gouvernement. Ils vont pouvoir le
faire parce qu'encore une fois c'est eux qui connaissent leur réalité terrain
puis la réalité de leurs citoyens.
Alors, pour
que le projet de loi soit vraiment efficace, il faut se donner les moyens, les
moyens de nos ambitions. Alors, je
dis : Le budget qui a été déposé juste... Est-ce que c'est la semaine
dernière? Je ne pense pas que c'est la... Ça fait deux semaines, à peu près,
quand le budget a été déposé. On ne semble pas... prévu les sommes nécessaires
pour y parvenir. Alors, il faut quand
même rendre un compte aux municipalités, que ce soit la FQM ou l'Union des
municipalités du Québec, qui ont quand même aussi soulevé cette
préoccupation.
Je salue
aussi la ville de Gatineau, que, eux, malgré qu'ils n'ont pas passé en
commission parlementaire, en auditions, ils ont quand même envoyé un
mémoire, un mémoire, encore une fois, pour soulever leurs préoccupations, mais
on se comprend que la ville de Gatineau ont
quand même des préoccupations très précises. Ils ont une réalité peut-être
différente des autres municipalités. Alors, c'était important qu'eux,
ils parlent de leur réalité sur le terrain.
Je souhaite vous ramener encore au mémoire au
Conseil des ministres, parce qu'ils nous ont... Prenons qu'une analyse d'impact réglementaire a été produite pour
le projet de loi, notamment concernant l'impact pour les obligations aux entreprises. Ça, c'est page 18 du mémoire,
pour ceux qui suivent les travaux. Malheureusement, l'analyse n'est pas disponible. On l'a... Quand on a eu ceci, on l'a
vu juste après. Alors, on a eu l'analyse de l'impact juste la semaine passée.
Puis c'était quand même intéressant, parce
que ce qu'on a vu d'analyse de l'impact, c'était exactement ce qu'on a vu dans
le document qui a été déposé au
Conseil des ministres. Ça reste qu'il y a de l'information que les
municipalités ont partagée par rapport à leurs préoccupations.
Alors, j'espère qu'on va mettre en place un
soutien financier pour accompagner nos municipalités, comme... Ce que je souhaite savoir, c'est combien d'argent
serait versé aux municipalités, ça, c'est une bonne question, que ce soit
pour les crédits... mais, vraiment, le projet de loi n° 50 va avoir un
impact. D'où proviendra cet argent? Je pense que ça aussi, ça va être important. Quel programme... Face à un budget très,
très, très déficitaire, est-ce qu'il doit couper dans les autres
programmes pour être en mesure de mettre en vigueur le projet de loi n° 50
lors de son adoption?
L'autre chose que je dirais, puis c'était quand
même une déception, j'aurais voulu entendre plus de groupes en consultations
particulières. C'est une réforme assez majeure, mais on a passé une journée et
demie, lors des auditions. On aurait
voulu... On a... L'opposition officielle, on a quand même envoyé plusieurs
groupes. C'est très difficile, ce type de
négociation, parce que, nous, ce qu'on souhaite, évidemment, c'est d'avoir le
plus possible la voix du public, qui est exprimée sur la place publique, pour
être en mesure de, quand on poursuit chaque étape du projet de loi, être bien
armé, de porter la voix de nos citoyens.
Alors, c'est
quand même une déception qu'il y a très peu de groupes qui ont été acceptés
pour venir témoigner en commission parlementaire, mais aussi qu'on a eu des
désistements, évidemment, puis, ça aussi, c'est très difficile pour le rôle qu'on occupe au niveau parlementaire pour
être en mesure de porter la voix. Alors, ça reste que c'est quand même une déception que je porte. Ça donne même
l'impression que c'est un projet de loi qui ne soulève pas les passions. Un peu
comme j'avais dit pour le projet de loi n° 46, M. le Président, zéro revue
de presse. Il y a une revue de presse pour le projet de loi n° 50, mais
les gens sont moins intéressés, puis c'est dommage, parce qu'encore une fois
c'est une réforme assez importante, majeure.
C'est une réforme qui va changer notre façon de faire. Alors, en espérant que
les gens vont parler plus profondément, parce que ça soulève beaucoup de
questions sur des enjeux très variés.
Je parlais un peu au début de c'est quoi, les
éléments de changement que nous allons voir dans le projet de loi n° 50. Puis, comme j'ai dit, les
municipalités locales vont être les premières autorités responsables de la
protection des personnes et des biens sur le territoire. C'est eux qui
vont réaliser une démarche de gestion des risques de sinistre avec la collaboration des municipalités locales, parce
qu'on se comprend, ce n'est pas toutes les municipalités qui ont les mêmes
équipements, qui ont aussi le même niveau de main-d'oeuvre qui vont pouvoir
prêter main-forte face aux sinistres. Alors,
c'est une collaboration, ça fait que ça, c'est quelque chose qui est bien,
parce qu'eux, ils doivent mettre en place des mesures pour connaître les risques de sinistre, pour prévenir et pour
préparer la réponse à ceux-ci. Évidemment, eux, ils vont avoir une responsabilité de se doter d'un
plan régional de résilience aux sinistres, encore une fois, le mot «résilience»
revient souvent dans ce projet de loi, et un plan de sécurité civile. Alors, il
va y avoir un niveau de travail à faire puis, j'espère, un accompagnement de
nos municipalités.
Le projet de
loi va habiliter le gouvernement de déterminer, par règlement, les obligations
et les pouvoirs des autorités municipales
relatifs à la réalisation de la démarche de gestion de risques de sinistre et
de ces plans, la procédure et les autres conditions applicables à leur
réalisation ainsi que le contenu de ces plans.
Ça prévoit
que les personnes dont les biens ou les activités peuvent être à l'origine d'un
sinistre doivent collaborer avec les
autorités municipales en produisant une déclaration de risque. Ça aussi, je
pense que c'est une avancée puis c'est important,
comme ça, parce que, si on veut se protéger, si on veut prévenir, si on veut se
préparer, bien, il faut avoir ces mesures en place.
Ça oblige les municipalités de déployer les
mesures d'intervention ou de rétablissement pour répondre à un sinistre. Encore une fois, on revient toujours aux
responsabilités que les municipalités auront suite à l'adoption éventuelle
de ce projet de loi.
Ça permet à une municipalité de
déclarer, comme j'avais mentionné d'emblée, M. le Président, un état d'urgence
local sur son territoire pour une période maximale, maintenant, de
10 jours et non cinq jours. Ça fait que c'est une souplesse, lorsqu'un sinistre y survient ou y est
imminent et qu'elle estime devoir recourir à certains pouvoirs extraordinaires
prévus par le projet de loi afin de protéger la vie, la santé ou l'intégrité
des personnes.
Ça formalise la structure administrative de
coordination gouvernementale de la sécurité civile au Québec, formée du
coordonnateur gouvernement de la sécurité civile, du Comité de sécurité civile
et de résilience aux sinistres du Québec et de l'Organisation de la sécurité civile du Québec. Ça confie au
ministre le rôle de coordonner la sécurité civile et prévoit des
fonctions et les pouvoirs, dont la coordination d'une démarche gouvernementale
de gestion des risques de sinistre visant à développer la connaissance des
risques de sinistre d'intérêt national ainsi que de planifier et de mettre en
place des mesures pour prévenir les sinistres et pour préparer la réponse à
ceux-ci. Le ministre va avoir la responsabilité d'établir un plan national de
résilience aux sinistres ainsi qu'un plan gouvernemental de réponse aux
sinistres, chose qu'on espère sera faite en collaboration, évidemment, avec
tous les partenaires.
Ça prévoit des
mesures d'alerte et de mobilisation applicables lors d'un sinistre ou de son
imminence et oblige les autorités
gouvernementales concernées de déployer des mesures d'intervention et de
rétablissement pour y répondre. Le
gouvernement va pouvoir déclarer un état d'urgence national dans tout ou
partie
du territoire, pour une période maximum de 10 jours, renouvelable.
Ça prévoit des
circonstances où les programmes généraux ou spécifiques d'aide financière ou
d'indemnisation peuvent être établis par le
gouvernement, notamment pour des mesures devant être prises en raison de
l'imminence d'un sinistre ou pour l'aide de rétablissement après un
sinistre.
y a des choses qui ne sont pas actuellement dans projet de loi, avant que je
continue, qu'est-ce que le projet de loi va faire. Ce qu'on a entendu en
commission parlementaire lors des auditions, on a entendu la Santé publique,
l'INSPQ, puis eux, ce qu'ils disent,
c'est que, quand on parle de santé, ils ne font pas
partie des partenaires, ils
ne font pas
partie de la chaîne de l'information des groupes qui sont
consultés, les groupes qui vont être intégrés à l'intérieur du projet de loi,
puis ils souhaitent en faire.
On a aussi entendu
les ambulanciers et les services d'urgences, qui, eux aussi, quand on parle
d'une chaîne de commandement, quand on parle des gens qui sont impliqués lors
d'un sinistre ou un état majeur, il me semble que c'est des personnes qui sont très importantes à être impliquées. Il me
semble qu'eux ils devront être appelés puis faire
partie des groupes qui devront intervenir lors d'un
sinistre, lors d'une intervention majeure, quand on parle de la résilience et
la protection de nos citoyens et citoyennes. C'est des choses que nous avons
entendues lors des auditions.
Puis, quand on parle
aussi de tout ce qui est 9-1-1, M. le Président, quand on parle des
répartiteurs d'urgence, je pense que tout le
monde est d'accord puis d'avis que les répartiteurs d'urgence, c'est aussi un
peu méconnu, on parle moins d'eux, mais très importantes, leurs
interventions, très important, le travail qu'ils font.
Puis,
juste un petit... à côté de mes remarques en ce qui concerne le projet de loi n° 50, M. le Président, nous savons que les répartiteurs d'urgence sont toujours en attente d'avoir des
nouvelles en ce qui concerne leur reclassification. Ils font
partie des groupes qui sont frappés durement
par la pénurie de main-d'oeuvre, il y a un taux de roulement vraiment élevé.
C'est un emploi qui amène beaucoup de
stress, qui amène un besoin de rigueur dans ce qu'ils font. Alors, en espérant
que ça, ce sera réglé rapidement.
Mais ça reste que, pour le 9-1-1, on va établir un cadre à part, comme une loi
spécifique, pour traiter tout ce qui est les appels d'urgence.
Puis
j'avais posé la question, quand ils ont passé en commission parlementaire, pour
demander... Parce qu'on a entendu, dans les nouvelles, dernièrement, qu'est-ce
qu'il arrive... Parce que, quand on parle d'un règlement, quand on parle d'un
encadrement... On a quand même des citoyens qui ont fait des appels, qui n'ont
pas eu une réponse en français, des Québécois qui n'ont pas eu une
réponse en français lors de leur appel 9-1-1. Puis ça, c'est parce qu'ils
utilisent un fournisseur VoIP. Alors, le
fournisseur VoIP, «voice over IP», c'est un genre de ligne d'ordinateur, alors
ce n'est pas une ligne de domicile
fixe, ce n'est pas un cellulaire, c'est totalement différent. Bien, eux, ils
font affaire avec des fournisseurs qui ne vont pas nécessairement être des compagnies québécoises. Ça se peut que
ce n'est pas le cas, ça se peut qu'ils font affaire avec des compagnies
ontariennes, parce que ça coûte moins cher.
fait que j'espère qu'on va avoir un encadrement en ce qui concerne ceci, parce
que, quand on parle de sécurité de nos citoyens québécois, québécoises
ici, au Québec, je pense qu'on a une responsabilité de s'assurer, quand on
parle d'urgence, que la personne au bout de
la ligne peut répondre dans leur langue maternelle. Puis évidemment le
français, c'est primordial, ça va être très important. C'est quand même
des préoccupations que nous avons.
C'est
un projet de loi... Tu sais, je parle de... J'aurais pu continuer, M. le
Président. Je vois que le temps file, puis je veux réserver un peu de temps
pour la voix des citoyens, parler un peu, peut-être, de mandats d'initiative,
malgré que c'est un projet de loi qui
parle d'énormément de choses, c'est très technique. C'est un projet de loi qui
a uniquement 68 articles. C'est
un projet de loi qui n'est pas étoffé, en termes de nombres d'articles, mais,
comme je dis, en termes de détails. C'est un projet de loi qui édicte
97 articles, ça va modifier 21 lois et quatre règlements. Ce n'est
pas n'importe quoi.
C'est des choses
aussi qui vont changer. Parce que, là, quand on parle de responsabilisation des
citoyens, des organismes, il y a quand
même... l'article 33, il y a un paragraphe 6° qui parle de «désigner des
organisations chargées de mettre en place des mesures visant à renforcer et à
accroître les capacités opérationnelles des autorités municipales ou
gouvernementales pour répondre à un sinistre ou à son imminence et prévoir les
modalités de déploiement de ces mesures». On a des groupes qui ont passé, qui ont salué cette mesure, parce
qu'évidemment on va avoir besoin du monde pour nous aider. On a vu
qu'est-ce qu'il est arrivé l'été dernier avec les feux de forêt, M. le
Président, puis c'étaient quand même des
mesures d'urgence. On n'avait pas assez de personnel qualifié, on n'avait pas
assez du monde ici pour nous aider. On a fait appel en Europe, aux
États-Unis, aux autres provinces pour venir nous accompagner. Alors, je salue
l'initiative de s'assurer qu'on ait plus de monde qui vont pouvoir prêter
main-forte.
Mais j'amène un bémol de
la préoccupation en ce qui concerne la formation. Parce que la formation, on
veut protéger les gens qui sont là pour
aider puis prêter main-forte. Puis ça m'amène peut-être au mandat
d'initiative que j'avais déposé juste la semaine passée, bien, que j'avais
déposé ça fait un petit bout, mais que nous avons eu une séance de
travail juste la semaine passée, M. le
Président, où je suis très désolée que le gouvernement a voté contre, puis
c'était pour les pompiers. Ça fait
que, quand on parle de sécurité civile puis quand on parle de protection envers
nos sinistres, quand on parle de l'appel à la force de l'ordre puis des gens
qui doivent venir nous aider quand il y a un état-major, bien, on parle évidemment de nos pompiers, pas juste SOPFEU.
SOPFEU, c'est très important, c'est très technique, ce qu'ils font. Ce n'est pas la même formation quand on parle de nos
pompiers. Il y a des pompiers, malheureusement, qui mettent leur vie à
risque régulièrement.
Le but de mon
mandat d'initiative, qui a été malheureusement un refus du gouvernement, qui a
engendré un refus du gouvernement,
c'était pour parler de la formation de nos pompiers, c'était pour parler de
leur recrutement puis la rétention de nos pompiers. Si on parle de la sécurité
civile puis on parle de tous les gens qui doivent oeuvrer au sein de ceux-ci,
il faut se préoccuper de nos pompiers, M. le
Président. On ne parle pas assez d'eux. Il y a quand même
21 000 pompiers répartis dans
plus de 600 services incendie. De ces 21 000 pompiers, il y a
quand même 16 000 qui sont volontaires ou à temps partiel. Puis, quand on parle du recrutement, surtout dans
nos régions, c'est très, très, très difficile, parce que, leur rémunération,
ce n'est pas assez élevé, ils doivent
trouver un autre emploi. Ça fait que la rétention puis le recrutement, vraiment
pas facile. Il faut être créatif. On
a trop de services incendie, il faut aussi réduire ce nombre-là. Mais
l'association de directeurs généraux des
services incendie l'ont soulevé, ils ont déposé un excellent rapport en ce qui
concerne ces préoccupations. Ils ont passé en commission parlementaire
pour parler de leurs doléances puis leurs préoccupations en ce qui concerne le
projet de loi n° 50. Pourquoi? Parce
que, s'ils font... si on fait appel à eux, puis ils doivent répondre à cet
appel, mais eux, ils doivent être
prêts à répondre. Puis, pour le faire, mais nous devons parler beaucoup de leur
formation, parce qu'on a des pompiers qui,
malheureusement, sont décédés parce qu'ils se sont noyés, M. le Président, des
pompiers. Pourquoi? Parce qu'on a trois écoles de formation, on a l'IPIQ à
Laval puis on a deux écoles privées qui offrent une formation, mais c'est à
coût variable, c'est... Il n'y a pas un règlement qui va encadrer le type de
formation, que ce soit pompier I, pompier II, pour les gens qui vont faire appel à ceci. Ça fait que
comment pouvons-nous penser à sécurité civile puis la protection de nos
citoyens, les responsabilisations?
Voilà, M. le
Président, je sais que vous êtes à la veille de vous lever, mais c'est un cri
de coeur, parce que j'espère que, pendant l'étude détaillée de ce projet
de loi, on va pouvoir en jaser puis discuter de nos pompiers.
Vice-Président (M. Lévesque) : Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, je dois vous demander, à cette étape-ci, est-ce que vous avez
complété votre intervention?