Institutions — 8 October 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-10-08
Quebec — Committees
Ce projet de loi, M. le Président, il institue
donc un tout nouveau Code de procédure civile qui contient 777 articles
répartis sous huit livres, à savoir : Le cadre général de la procédure
civile, La procédure contentieuse, La procédure
non contentieuse, Le jugement et les pourvois en rétractation et en appel, Les
règles applicables à certaines matières civiles, Les voies procédurales
particulières, Les modes privés de prévention et de règlement des différends et
L'exécution des jugements.
Chacun de ces
livres, M. le Président, contient des dispositions susceptibles d'assurer l'atteinte
des objectifs établis dans la disposition préliminaire… parce qu'avant l'article 1
il y a une disposition préliminaire au nouveau Code de procédure civile, donc d'atteindre
ces objectifs qui sont établis dans la disposition préliminaire, à
savoir : l'accessibilité, la qualité et la célérité de la justice
civile; l'application juste, simple, proportionnée et économique de la
procédure; et l'exercice des droits des parties dans un esprit de coopération
et d'équilibre; ainsi que le respect des personnes qui apportent leur concours
à la justice.
M. le
Président, lors du débat sur l'adoption du principe du projet de loi
n° 28, j'ai eu l'occasion, pendant une bonne quarantaine de
minutes, si ce n'est pas une cinquantaine de minutes, M. le Président — et j'entends
l'opposition dire «au moins» — de
reprendre chacun de ces huit livres, M. le Président, pour en exposer le
contenu d'une manière plus détaillée. Alors,
je ne reprendrai pas ça. Je vais rendre heureux le député de Fabre, je ne
reprendrai pas... je tasse les feuilles rapidement pour en venir, M. le
Président, à ce que nous allons faire au cours des prochaines séances, donc l'étude
détaillée du projet de loi n° 28.
Vous le savez, M. le Président, il y a eu
consultations particulières les 10, 11 et 13 septembre dernier. Alors, nous avons entendu une quinzaine de groupes. À la
suite de ces consultations particulières, les experts du ministère ont revu l'ensemble des commentaires qui avaient été
formulés, et cela s'est transposé, dans plusieurs cas, en des
amendements, que j'aurai l'occasion de déposer tout au long de nos travaux.
Je peux vous dire, M. le Président, que j'aborde
ces travaux de l'étude détaillée du projet de loi n° 28 dans un esprit de
la plus grande coopération possible. Déjà, j'ai fait parvenir, il y a déjà
plusieurs jours, à l'opposition ou aux deux formations de l'opposition, les
mêmes cahiers que j'ai quant au livre I et au livre II du projet de
loi n° 28, avec tous les commentaires.
Et également j'ai eu l'occasion de leur transmettre ce matin les amendements
que nous proposons... que nous proposerons dans le... eu égard au
livre I du Code de procédure civile.
M. le Président, je termine sur un élément qui
me tient beaucoup à coeur, je le réitère — en fait, je pense que ça va être la dernière fois que je le dis — et, après ça, bien, on verra ce qui en
découle, mais je crois profondément que la seule façon d'adopter un
projet de loi de 830 articles en quelques mois — parce
que je pense que c'est un projet de loi qui
est très attendu par la communauté juridique et par nos concitoyens — c'est de procéder comme on l'a fait il
y a une vingtaine d'années avec le Code civil, par le biais d'une
sous-commission.
Vous le
savez, M. le Président... Pourquoi? Bien, parce que la Commission des
institutions, vous le savez, elle a plusieurs
mandats. On peut déjà prévoir qu'au cours des prochains mois elle aura
plusieurs mandats à remplir, puisque la Commission des institutions,
elle... c'est là qu'on retrouve tous les projets de loi, tous les dossiers qui
relèvent à la fois du ministre des
Institutions démocratiques, du ministre de la Sécurité publique, du président
du Conseil du trésor, dans certains cas, quand on parle de dossiers d'intégrité,
du ministre de la Justice. Alors, la Commission des institutions, elle a un mandat... elle aura, au cours des
prochains mois, plusieurs mandats à accomplir. Or, étudier un projet de loi
comme le projet de loi n° 28, 830 articles, évidemment, ça nécessite
de nombreuses séances. Alors, la suggestion que j'ai formulée il y a déjà plusieurs semaines, M. le Président, et que j'ai
réitérée publiquement le 10 septembre dernier quand nous avons amorcé les consultations particulières,
c'est de former une sous-commission de la Commission des institutions
qui serait chargée spécifiquement de l'étude détaillée du projet de loi
n° 28.
Je me suis inspiré, en fait, en cela, M. le
Président, comme je vous le mentionnais tantôt, des travaux qui ont amené à l'adoption du nouveau Code civil du Québec
il y a une vingtaine d'années, un projet de loi qui comportait plus de 3 000 articles.
Et, au printemps, j'ai eu l'occasion de rencontrer mon prédécesseur de l'époque,
Gil Rémillard, à qui je demandais : Comment vous avez fait pour adopter un
projet de loi de 3 000 articles? Et M. Rémillard m'a dit : D'abord, j'avais une bonne complicité avec ma
vis-à-vis de l'opposition à l'époque, qui était Louise Harel. Ça, ça ne pose pas problème, parce que je
pense qu'on travaille très bien ici, à la Commission des institutions; il y a
une bonne complicité entre les différents membres de la commission. Mais il me
disait : Écoutez, on a formé une sous-commission. On l'a formée le 27 août 1991, on s'est
réuni à 33 reprises pendant trois mois et demi, et, le
13 décembre 1991, donc trois mois et demi plus tard, j'étais en mesure de
déposer le rapport de la sous-commission qui avait procédé à l'étude détaillée
de plus de 3 000 articles.
Alors, m'inspirant
de cette façon de faire, j'ai proposé, le 10 septembre dernier, au parti
de l'opposition — et
je crois comprendre que, du côté de la deuxième opposition, ça ne pose pas
problème — qu'on
forme une sous-commission, M. le Président, de la Commission des institutions qui
aurait comme mandat de procéder à l'étude détaillée du projet de loi
n° 28 et donc qui pourrait se réunir en
novembre, en décembre, en janvier prochains, même si la Commission des
institutions a un autre mandat et se réunit en même temps. Alors, ça serait l'avantage,
c'est que, même si la Commission des institutions
amorce… et c'est une hypothèse bien théorique, M. le Président, mais
amorce une consultation générale qui dure plusieurs semaines sur un projet de loi, bien, la sous-commission qui
procède à l'étude détaillée du projet de loi n° 28 pourrait se réunir en parallèle, avec peut-être un
nombre plus restreint de parlementaires, et avancer sur ce projet de loi
que je souhaite voir adopté d'ici le 1er mars.
Vous le
savez, M. le Président, vous êtes un parlementaire d'expérience, vous
connaissez bien la vie politique, je pense
qu'on… une fois arrivé au mois de mars, M. le Président, l'existence même de la
législature va être problématique. Il y a un budget, puis éventuellement
on ne sait pas trop, on va rentrer dans une zone plus incertaine. Alors, mon objectif, c'est, comme je sais que ce projet de
loi il est très, très, très attendu… Des fois, je rencontre des gens du
Barreau qui me disent : Bien, là, vous allez l'adopter dans les prochaines
semaines, là? Ça va être réglé à Noël?, à qui je dis : Bien, non, c'est
plus compliqué que ça. Mais mon objectif, c'est le 1er mars, et je pense
que c'est réaliste, d'ici le 1er mars, de terminer l'étude détaillée du
projet de loi n° 28, mais c'est réaliste, à mon sens, seulement si on crée
cette sous-commission. Sinon, j'ai bien peur qu'on n'y arrivera pas.
Alors, c'est
pourquoi tantôt je proposerai, M. le Président, au niveau des motions
préliminaires, une motion pour créer cette sous-commission. Je la
soumets à débat. Je ne ferai pas un grand débat. Je vous la propose. On vote.
Si c'est rejeté, M. le Président, on n'en
parle plus, et on continue, et on continue en Commission des institutions. Mais
j'ai bien peur que, si on s'en tient à la Commission des institutions, on n'arrive
pas à livrer ce Code de procédure civile, qui est très, très, très attendu par
la communauté juridique et par les citoyens intéressés.
Alors, j'arrête ici,
M. le Président, en remerciant tous ceux qui ont contribué à faire avancer ce
projet de loi. Et j'inclus là-dedans, et je
le dis d'ailleurs souvent dans mes discours, notamment mes deux prédécesseurs
immédiats, la députée de Notre-Dame-de-Grâce
et le député de Saint-Laurent, le chef de l'opposition parlementaire, qui, dans
son cas, avait déposé l'avant-projet de loi dont
je me suis inspiré, dont nous nous sommes inspirés, pour présenter le projet de
loi n° 28.
Alors,
je salue tous mes prédécesseurs qui ont contribué, depuis 15 ans, à faire
avancer ce dossier. On est rendus à l'avant-dernière
étape… à la dernière étape avant l'adoption finale. J'espère qu'on va, tous
ensemble, y arriver. Et, je peux vous dire, on a déjà eu une rencontre
de travail, ce matin, qui s'est déroulée dans un climat très positif. Tous les parlementaires de l'opposition étaient présents.
Et j'ai bon espoir qu'on va réussir à passer à travers ce projet de loi
n° 28, mais je crois qu'il faut
vraiment y aller avec une sous-commission. Lors des motions préliminaires, je
ferai cette proposition. Je ne veux pas qu'on en débatte pendant deux heures,
pendant trois heures. Je présenterai en quelques mots ma motion, et on la vote. Et ensuite, bien, advienne que pourra.
Si elle n'est pas adoptée, bien, on ira avec la Commission des
institutions, avec les réserves que j'ai formulées. Alors, je vous remercie, M.
le Président.
Le Président (M.
Marsan) : Bien, merci à vous, M. le ministre. Et nous
poursuivons, j'invite maintenant le porte-parole
de l'opposition officielle en matière de justice et député de Fabre à nous
faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale de
20 minutes. M. le député.
Ouimet (Fabre) : Merci, M. le Président. Alors, à mon tour
de saluer les collègues de tous les partis, les gens qui accompagnent le ministre, des visages connus,
des gens qui, on sait, ont consacré un nombre — j'allais dire «d'heures», ce n'est pas «d'heures» — d'années incalculables à ce projet. Alors,
bienvenue à la Commission des institutions, et aux gens qui nous
écoutent.
l'a dit, on l'a dit depuis le début de la 40e législature, lorsqu'il a été
question de faire avancer ce projet de
loi là — qui n'était
pas déposé au départ parce que je pense qu'il a été déposé le 30 avril, de
mémoire — l'opposition officielle est favorable à ce projet. Le ministre l'a souligné, c'est un
projet qui chemine depuis une quinzaine d'années, et le précédent ministre de la Justice, le député de
Saint-Laurent, avait déposé un avant-projet de loi. Donc, en ce qui concerne l'opposition officielle, là, ce
projet-là, c'est un projet auquel on tient, c'est un projet qu'on a fait
avancer et c'est un projet qu'on souhaite voir aboutir, et ça, je veux dire, on
l'a dit, on l'a répété, on l'a dit avant que
le projet de loi ne soit déposé, et c'est encore le cas aujourd'hui, et on va
procéder. D'ailleurs, on a, jusqu'à maintenant, M. le Président,
toujours été disponibles au moment où il fallait travailler à ce projet de loi
là et on va continuer de le faire.
Je souligne… le
ministre l'a mentionné, dès ce matin, on a eu une réunion de travail pour faire
avancer le dossier. On nous avait remis, la semaine dernière, les cahiers du
ministre, là, qui contiennent le projet de loi avec des commentaires — c'est
très utile — en
ce qui concerne les deux premiers livres à tout le moins, alors on chemine. On apprécie d'avoir ces documents-là, ça nous aide à
faire avancer le dossier, de la même façon qu'on a eu, ce matin, des amendements, et je pense que c'est la bonne façon
de procéder. Ces réunions de travail, M. le Président, bien qu'elles
soient à l'extérieur des caméras, permettent de déblayer le terrain, de cibler
les points sur lesquels il va falloir avoir des discussions, et nous sommes favorables à cette approche, et notre
participation, mes trois collègues… aujourd'hui, mes deux collègues… en
fait, trois avec moi et la députée de Montmorency, évidemment… Alors, nous
allons continuer à collaborer.
Ceci dit, je l'ai… le
ministre mentionne qu'il a déjà fait la suggestion de la sous-commission. Pour
ma part, j'ai déjà répondu à chacune des
interventions du ministre à l'effet qu'en ce qui nous concerne ce projet de loi
là est trop important pour qu'il se déroule en dehors de l'enceinte de
la Commission des institutions. Et j'ajouterais un élément très pratico-pratique qui semble malheureusement
échapper au ministre lorsqu'il fait cette proposition-là. En ce qui me
concerne, je suis membre de la Commission des institutions, et ma collègue de
Bourassa-Sauvé, et mon collègue de LaFontaine, depuis quelques semaines
maintenant, ils sont aussi membres de la Commission des institutions, et nous en sommes très fiers, et nous voulons participer
aux travaux de la Commission des institutions, mais nous n'avons pas le
don d'ubiquité, ce qui veut dire qu'on ne peut pas être à deux endroits en même
temps, de sorte que… Et, même s'il y avait une sous-commission, si la
Commission des institutions est chargée d'un mandat par l'Assemblée nationale, je voudrais participer aux travaux de la
Commission des institutions au même
titre que je voudrai participer à l'étude
du projet de loi n° 28. Et je ne veux pas, M. le Président, me placer dans
la situation impossible de ne pas pouvoir faire le travail pour lequel les
électeurs de Fabre — que
je remercie — m'ont
envoyé à l'Assemblée nationale. Alors, ça, pour moi, c'est un problème majeur.
Ceci
dit, et je vais nous inviter collectivement à nous concentrer sur l'essentiel
qui nous rassemble, le consensus, c'est-à-dire
nous voulons tous voir ce projet de loi adopté dès que possible. Mais je vais
citer les paroles d'un ministre de la Justice qui, pas plus tard que le
30 mai dernier, nous rappelait que la vitesse ne devait pas faire
partie
du processus législatif. Lors de nos travaux
en commission, dans cette même commission, M. le Président, le ministre de la
Justice nous rappelait ces paroles sages, et je suis d'accord avec lui.
Ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas travailler de façon efficace, avec célérité pour faire avancer ce
projet de loi là parce que je pense que, malgré le fait qu'il comporte
830 articles, ce ne sont pas les 830 articles qui devraient susciter
des débats, loin de là. Je pense que nous avons de nombreux plaideurs aguerris
autour de la table, des avocats d'expérience qui connaissent bien la loi
actuelle, qui ont eu l'occasion d'entendre et suivre l'évolution des travaux,
et le travail qui a été préparé jusqu'à maintenant, M. le Président, là, c'est
un très bon travail. On peut bien souhaiter l'améliorer, et on va travailler
encore 25 ans, puis on pourra toujours l'améliorer, là, mais, à un moment
donné, il va falloir se contenter d'un projet de loi qui est un très bon projet de loi et qu'on l'adopte. Et c'est l'exercice
auquel l'opposition officielle s'attaque dès à présent, et je peux garantir au ministre
que nous serons disponibles, dans la mesure du possible, évidemment, pour siéger autant que faire se peut pour faire avancer
ce projet-là. Et, si l'objectif, que je pense tout à fait réaliste, que
nous ayons adopté ce projet de loi pour le 1er mars... Moi, je
pense qu'on a amplement de temps pour
faire ce travail-là de façon tout à fait adéquate, en ne compromettant
pas la qualité de notre travail de députés puis en livrant un projet de loi avec lequel on pourra être fiers de dire qu'on a
fait avancer la justice civile au Québec, on l'a rendue plus rapide, plus efficace et plus accessible pour les Québécois.
Et c'est… je suis certain que — là,
je parle au nom de mes collègues de l'opposition
officielle — tout le
monde autour de la table partage cet objectif.
Et j'aimerais ça, M. le Président, qu'on s'attaque au fond du problème, à la
tâche que l'Assemblée nationale nous a confiée, c'est-à-dire l'examen
article
par
article du projet de loi pour le faire cheminer, et qu'on cesse de faire
des débats sur ce que j'appelle, moi, des débats parallèles, ou accessoires, ou
ancillaires.
ministre nous annonce, pour la forme, une motion, alors qu'il sait très bien…
Les propos que je viens de tenir, je les ai déjà
tenus à plusieurs reprises, il le sait. Alors, si le ministre
me dit : Non, non, j'insiste pour déposer une motion, j'ai de la difficulté à ne pas y voir là
une invitation à faire preuve d'un formalisme indu qui pourrait malheureusement m'encourager à débattre de
cette motion, puis là on va perdre du temps. On a un projet de loi… La
proposition des séances de travail qui nous
permet de cibler les difficultés pour qu'ensuite notre travail en commission
soit plus efficace, je pense que c'est la formule gagnante. On a du temps, on
va avoir… on a le mois de janvier, on aura le mois de février, on a
plein de temps entre aujourd'hui et le 1er mars, qui est notre objectif que je
considère très raisonnable, très réaliste, et, si on peut le finir avant, on va
le terminer avant. Attaquons-nous à la tâche, cessons de faire des débats
accessoires. Nous sommes prêts à travailler, et je nous souhaite donc de bons
travaux, M. le Président. Merci.
Président (M. Marsan) : Alors, je vous remercie, M. le député
de Fabre, et j'invite maintenant la porte-parole du deuxième groupe d'opposition
en matière de justice, et elle est aussi députée de Montmorency. Alors, je vais
vous demander de nous faire vos remarques préliminaires pour une durée maximale
de 20 minutes.
St-Laurent : Merci, M.
le Président. Je voudrais… En tout
premier lieu, je remercie le ministre
d'avoir apporté ce projet de loi qui est extrêmement important pour les juristes. On l'entend, c'était d'une importance capitale. Étant juriste
moi-même, je trouvais que c'était un des premiers projets de loi qu'on devrait
adopter, d'ailleurs.
Je remercie également tous mes
collègues qui sont ici, qui ont d'ailleurs participé à cette réunion et qui ont
été d'une écoute extraordinaire. On est
toujours là pour les citoyens, dans le fond. Il n'y a pas de parti politique,
de partisanerie lorsque nous sommes ici, M. le Président, pour débattre
sur ce projet de loi. D'ailleurs, on a toujours travaillé conjointement.
Mais je voudrais remercier
particulièrement les groupes qui se sont fait entendre ici et… les groupes qui
se sont fait entendre et ceux qui ne
se sont pas fait entendre, mais qui ont présenté des mémoires. Ils peuvent être
sûrs qu'on va en tenir compte. C'est comme ça qu'on fonctionne. Nous
avons toujours… Nous avons eu plusieurs projets de loi, le ministre de la Justice, le député de Fabre, et
nous travaillons entièrement en collaboration totale, je dirais, totale. Et
d'ailleurs on a reçu des cahiers. Je vous remercie, M. le ministre, de nous
avoir fait parvenir les cahiers de commentaires du livre I la semaine
dernière. Et d'ailleurs, à l'intérieur, il y a même des commentaires de
différents organismes qui se sont présentés.
M. le Président, je voudrais vous
souligner l'urgence de cette réforme. Là, le ministre veut faire… a fait une
motion, fait une motion à l'effet qu'il voudrait aller en sous-commission. Moi
aussi, je trouve que c'est extrêmement urgent. D'un côté, écoutez, moi, j'étais
d'accord pour une sous-commission, je vous le dis tout de suite, à cause de l'urgence
du débat. Par contre, j'ai des collègues, de
l'autre côté, qui ont deux commissions,
je ne sais pas s'ils ne pourraient pas céder
quelque chose. En tous les cas, c'est à eux autres… moi, je ne
me mêle pas de ce qu'ils font, mais je tiens à dire que, personnellement,
je préconise une sous-commission, mais, d'un autre côté, je comprends mes
collègues. Eux autres, je les laisse
décider à leur façon, je ne m'en mêle pas, mais mon… je dirai au ministre qu'il
a tout mon appui pour une sous-commission.
Peut-être que, dans l'avenir, on verra. On va continuer, de toute façon, de
travailler. Nous avons commencé ce matin, on va continuer sur cet élan,
avec coeur et avec espoir, espoir qu'il soit adopté avant les prochaines
élections. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M.
Marsan) : Merci, Mme la députée de Montmorency. Je voudrais
savoir maintenant s'il y a d'autres membres
qui souhaitent faire des remarques préliminaires. Non, je ne vois personne.
Alors, nous allons poursuivre, et je vais vous demander s'il y a quelqu'un
qui veut faire une motion préliminaire.
St-Arnaud : Oui, M. le Président. Je vais, comme je vous l'ai
dit… mais je n'en ferai pas un grand débat, je ne plaiderai pas ça
pendant deux jours, mais, de toute façon, j'aurais… de toute façon, ici, on est
limités. Contrairement à nos interventions devant les tribunaux, ici, on est
vraiment limités.
le Président, je vais faire une motion à l'effet… et je comprends que ce type
de motion, de toute façon, ça prend
finalement l'unanimité des membres pour l'adopter. Alors, je vais quand même…
je vais la faire parce que je pense que c'est important de la faire, en
ayant écouté le député de Fabre. Alors, la motion se lirait comme suit :
«Que, conformément à
l'article 150 du règlement de l'Assemblée nationale, la Commission des
institutions confie à une sous-commission le mandat qui lui a été donné de
procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 28, Loi instituant le
nouveau Code de procédure civile.
«Que le ministre de
la Justice soit membre de ladite sous-commission pour la durée du mandat;
«Que
la sous-commission soit présidée par le député d'Ungava et que ce dernier soit
membre de ladite sous-commission; et
«Que
la sous-commission soit également composée d'un autre membre [de la
partie
ministérielle] — en fait,
on a écrit ici "du
gouvernement" — de deux
membres de l'opposition officielle et d'un membre du deuxième groupe d'opposition.»
Alors, je la dépose,
M. le Président, si c'est recevable, j'irais deux minutes…
Le Président (M.
Marsan) : Oui. Je vais vous demander… Nous allons suspendre quelques
instants, le temps de faire une photocopie
et d'étudier la recevabilité. Ce ne sera pas très long. Alors, nous suspendons
pour quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 38)
Président (M. Marsan) : Alors, nous reprenons nos travaux.
Alors, la motion a été distribuée et elle est aussi recevable. Alors, M.
le ministre, nous vous écoutons… Oups! Excusez… Allez-y, monsieur.
Ouimet (Fabre) : …règlement ou, en fait… Je pense que l'article
213 s'applique, ou 213, ou 212, j'oublie toujours, là, la question à un
membre.
Le Président (M.
Marsan) : Oui, c'est en Chambre.
Ouimet
(Fabre) : Et je pense que votre… le président de la commission
avait déterminé que cet
article s'appliquait lors de nos travaux, lors d'une
précédente séance. Alors, j'aimerais poser une question au ministre avant qu'il…
suite au dépôt de sa motion.
M. St-Arnaud :
…que j'intervienne.
Ouimet (Fabre) : Bien, je pense que vous êtes intervenu en
présentant votre motion, mais on peut… Alors, j'aimerais poser une
question maintenant.
Le Président (M.
Marsan) : Est-ce que, M. le ministre, vous êtes d'accord pour recevoir
la question?
M. St-Arnaud :
Bien, M. le Président, je vais faire mon intervention, puis après ça on
pourrait voir qu'est-ce qu'il en est.
Le Président (M.
Marsan) : On peut s'entendre, M. le député de Fabre, oui?
Ouimet
(Fabre) : Oui, oui, ça peut aller.
Le Président (M.
Marsan) : Alors, M. le ministre, vous avez la parole.
M. St-Arnaud :
M. le Président, je ne ferai pas une longue intervention. J'ai dit ce que j'avais
à dire. Je pense très sincèrement que la meilleure façon pour adopter un projet
de loi de 830 articles, c'est de faire ce que mon prédécesseur Gil Rémillard avait fait en 1991, quand il avait un projet de loi qui en comptait plus de 3 000
et qui instituait un nouveau Code civil.
ne reprendrai pas tout ce que j'ai dit jusqu'à maintenant. S'il veut… Vous
savez que, pour ce genre de motion, ça prend
finalement l'unanimité de la commission. Alors, si certains membres ont des
réserves avec ça, je n'aurai pas… on
va passer puis on va rapidement passer à la disposition préliminaire puis à l'article
1. Je dois seulement dire, sur les propos qu'a tenus le député de Fabre,
que de dire que le projet de loi n° 28 est trop important pour qu'il se déroule en dehors de la Commission des
institutions, ce n'est pas tout à fait son meilleur argument. C'est faire un
peu injure à mon prédécesseur Gil Rémillard, qui avait jugé justement que le
Code civil était d'une telle importance, justement,
qu'il devait, au contraire, faire l'objet d'une étude détaillée dans une
sous-commission. Alors, c'est justement le contraire. C'est que le
projet de loi est effectivement très important, ayant un nombre d'articles
particulièrement important, d'où l'importance d'aller en sous-commission.
Une fois que j'ai dit ça,
M. le Président, je pense que je l'ai dit plusieurs fois, je m'en remets à la
commission pour la suite des choses. Je fais ma motion, on la vote, et ensuite
on passe à l'étude détaillée du projet de loi, M. le Président. Si elle est rejetée, elle est rejetée, et on avance comme on
a jusqu'à maintenant avancé, très positivement. On continue d'avancer
positivement dans ce dossier. C'est tout, M. le Président.
Le Président (M. Marsan) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) :
Avant d'argumenter sur la motion, j'aimerais poser ma question au ministre.
Le Président (M. Marsan) : En
vertu de 213?
Ouimet (Fabre) :
Oui. Bien, 213, 212, j'oublie toujours lequel.
Le Président (M. Marsan) : Et
la question et la réponse doivent être brèves, merci.
Ouimet (Fabre) :
Oui, absolument, ce sera très bref. M. le Président, le ministre a souligné les
conditions applicables à la motion, c'est-à-dire
l'unanimité des membres. Le ministre a également entendu les propos que j'ai
tenus à l'effet que j'étais opposé à cette
suggestion. Ma question est fort simple : Pourquoi le ministre juge-t-il
utile de déposer sa motion préliminaire dans ce contexte?
Le Président (M. Marsan) :
Réponse brève.
M. St-Arnaud : Oui, M. le
Président, je pense que c'est une proposition que j'ai formulée plusieurs fois
au cours des dernières semaines, et je pense
que c'est important de le faire d'une manière formelle. J'avais cru
comprendre, des discussions qu'on avait eues
au cours des dernières semaines, que l'opposition officielle n'était pas fermée
à l'idée. Enfin, je n'ai jamais compris que l'opposition officielle
était fermée à l'idée d'une manière ferme. Tantôt, le député de Fabre a dit que non. Lui, il était vraiment
convaincu qu'il fallait procéder à la Commission des institutions. Je
respecte ça, M. le Président, c'est leur
position, mais je pense que c'est important de clore ce débat d'une manière
formelle, d'où le dépôt d'une motion sur laquelle je n'interviendrai pas
davantage, M. le Président.
Le Président (M. Marsan) : Je
vous remercie. Vous voulez faire une intervention? Allez-y.
Ouimet (Fabre) : De
combien de temps…
Le Président (M. Marsan) :
Maximum 30 minutes.
Ouimet (Fabre) :
Maximum 30 minutes par membre de… ou au total de l'opposition officielle?
Président (M. Marsan) : Je pense que c'est 30… C'est vraiment
30 minutes, en vertu de l'article 209, pour l'auteur de la motion et les représentants des chefs de groupes
parlementaires, 10 minutes pour les autres intervenants, et une seule
intervention, et aucun droit de réplique.
Ouimet (Fabre) :
Merci, M. le Président. Je n'ai pas l'intention de prendre tout le temps.
Le Président (M. Marsan) : Je
vous remercie, M. le député.
Ouimet
(Fabre) : Ceci dit, ceci dit, je trouve… Vous savez, j'ai
longtemps plaidé des dossiers devant le tribunal et, lorsque mon
confrère ou mon adversaire pose un geste qui semble totalement inutile, je me
suis toujours dit : Oh! Il y a quelque
chose qui m'échappe. Et, puisque le ministre savait que la motion était vouée à
l'échec, je m'interroge sur l'utilité de sa démarche. Et je m'en
voudrais de ne pas poser des gestes appropriés pour défendre les convictions
que j'ai exprimées, parce que… en me
disant : De toute façon, c'est inutile, on continue le débat. J'ai trop de
respect pour le ministre et son
intelligence pour savoir qu'il fait des choses totalement inutiles. Alors, je
me dis : Peut-être que je devrais, à mon tour, jouer sur ce terrain-là des formalités. Mais, du côté de l'opposition
officielle, on va résister à cette tentative-là parce que ça serait inutile, ça n'aide pas au débat. Et, malgré le… De
toutes les façons qu'on peut l'enrober,
le projet, on a des façons de fonctionner pour le faire avancer rapidement.
On l'a démontré jusqu'à maintenant et on va continuer de le faire. Je souhaite, M.
le Président, qu'on cesse d'accorder
une symbolique à des mots, à un formalisme, et qu'on fasse le travail important
pour lequel on est tous ici, c'est-à-dire procéder à l'étude
article par
article de ce projet de loi pour qu'on
puisse l'adopter le plus vite possible tout en respectant notre rôle de
législateur et en faisant notre travail de façon compétente et
consciencieuse.
Alors,
je souhaiterais, M. le Président, que nous n'ayons plus à revenir sur ces
débats-là et qu'on s'attache au fond du projet auquel nous tenons tous.
On ne peut pas le dire plus clairement, plus directement. Nous souhaitons, du
côté de l'opposition officielle, que
ce projet de loi avance sans qu'on en fasse un enjeu politique.
Ça, c'est notre position à nous. Si d'autres veulent en faire un enjeu politique, ce sera
leur choix, mais je pense que la communauté juridique apprécie qu'on fasse le travail pour lequel on est ici, c'est-à-dire
adopter cette réforme de la procédure civile pour qu'on puisse avoir le
système de justice moderne qu'on veut.
Alors,
je termine mes remarques préliminaires en annonçant d'avance, si c'est une
surprise pour le ministre, que l'opposition officielle va voter contre
en bloc, contre cette motion préliminaire.
Le Président (M.
Marsan) : Je vous remercie, M. le député de Fabre. Je voudrais
demander à Mme la députée de Montmorency si elle veut faire une intervention à
ce moment-ci.
St-Laurent :
Oui, M. le Président. Je vous remercie.
Le Président (M.
Marsan) : Pour un maximum de 30 minutes.
St-Laurent :
Oh! Non, non, ce ne sera pas long, vous allez voir. Premièrement, là, je trouve
qu'on s'en va sur un débat de reproches
parce que le ministre présente une motion. On n'en est pas là. On n'a pas de
reproche à faire à personne. On est ici, en
commission, pour le bien des citoyens. Ça fait que le ministre a le droit de
présenter une motion et que ce soit formel. Il n'y a pas d'enjeu
politique. Je connais le député de Fabre, je connais le ministre, et nous avons
toujours travaillé ensemble et collaboré
ensemble. Je pense qu'il n'est pas le temps, aujourd'hui, de commencer à
parler d'enjeux politiques et à se faire des
reproches. Là, c'est la... Je vais vous dire, c'est le plus mauvais exemple qu'on
peut donner à nos concitoyens qui nous écoutent. Ils vont penser que c'est ça,
des enjeux politiques, quand on se bat ici sur
des projets de loi. Et on n'a jamais fait ça dans le passé. C'est la première
fois que je vois, devant une commission où j'ai mon collègue le ministre de la Justice et le député de Fabre, une
situation telle qu'aujourd'hui. On a toujours eu une excellente entente.
Qu'on soit pour ou contre une motion, on n'a pas à faire de reproche, je le dis
tout de suite.
Ceci
étant dit, M. le Président, je pense que le but — puis je ne veux pas me faire l'avocat du
diable — de la
motion du ministre, je le comprends, c'est d'aller
plus vite. Les députés du deuxième groupe d'opposition, on est seulement
18, tout le monde le sait. Pourtant, je trouve les moyens de pouvoir être ici,
en commission, et d'autres iront à la commission démocratique. Pourtant, les autres groupes, que ce soit le groupe du
gouvernement ou le groupe de l'opposition officielle, ils sont plus de 50 personnes. D'un côté, s'ils
prennent... l'opposition, s'ils disent : On n'a jamais voulu de sous-commission
pour toutes les raisons possibles, je le
comprends, je le comprends parfaitement, mais on a simplement à dire, sans
faire de reproche : Aujourd'hui, nous sommes contre, point. Et, de l'autre
côté, moi, je vous dis immédiatement, je suis pour une sous-commission. Je sais
que ça prend l'unanimité, donc nous n'aurons pas de sous-commission, mais je ne
voudrais pas commencer cette commission avec
des points... des débats comme aujourd'hui. Il y avait tellement une
bonne entente entre nous. Il n'y avait pas d'animosité. C'était tellement
agréable de travailler avec le député de Fabre, et les autres députés de l'opposition,
et le ministre de la Justice. Tout se faisait en collaboration, dans la joie.
Donc,
cette motion-là, écoutez, elle va être rejetée parce qu'elle n'est pas unanime,
je le sais, mais je voudrais qu'on continue avec une excellente
collaboration de tout le monde puis qu'on arrête, mon Dieu Seigneur! Excusez
mon expression, mais c'est ça que je vois. J'espère
que ce n'est pas un signe ostentatoire, là, mais, en tous les cas... Mais
je vous dis, M. le Président, avec tout ça, je pense qu'on va partir à neuf cet
après-midi, on va recommencer notre collaboration, tout le monde ensemble, dans
le but d'avancer, et c'est comme ça qu'on va avancer le plus vite. Merci, M. le
Président.
Le Président (M.
Marsan) : Alors, je vous remercie, Mme la députée de Montmorency.
Est-ce qu'il y a d'autres intervenants, à ce moment-ci, qui voudraient prendre la parole? Sinon, juste avant de mettre aux
voix cette motion, je vais vous lire le règlement qui va nous guider. C'est
l'article 150 de notre règlement, sous-commission :
«Sur motion de l'un
de ses membres, une commission…»
Le Président (M.
Marsan) : Oups! Excusez. Oui?
M. St-Arnaud :
…j'ai un petit droit de réplique de 30 secondes?
Le Président (M.
Marsan) : Il semble qu'il n'y a aucun droit de réplique, sauf
sur consentement.
M. St-Arnaud :
Est-ce que j'aurais le…
Des voix :
Ha, ha, ha!
Ouimet
(Fabre) : Absolument.
Le Président (M.
Marsan) : Alors, je comprends que oui. Vous avez la parole pour
quelques instants.
M. St-Arnaud :
En fait, M. le Président, je pense qu'on s'entend tous. Je reprends les termes
du député de Fabre, on souhaite que ce
dossier avance sans enjeu politique, on s'entend tous là-dessus. Pour ma part, je pense
qu'il avancerait plus vite avec une sous-commission. Je comprends que le député
de Fabre et ses collègues
de l'opposition officielle croient qu'il va avancer tout autant sans faire
de sous-commission. Ce n'est pas plus compliqué que ça, M. le
Président, et on a le droit de diverger d'opinion sur la
façon la plus rapide d'aller de l'avant avec le projet de loi n° 28, et on vote, et on procède, et on
continue à… On retrouve l'esprit que ma collègue de Montmorency souhaite, qui a été le nôtre, effectivement, depuis un
an à cette commission lorsque nous abordions les questions de justice. Voilà, M.
le Président.
Président (M. Marsan) :
Alors, je vous remercie, M. le
ministre de la Justice. Et je
rappelle le règlement qui va
nous gouverner :
«Sur motion de l'un
de ses membres, une commission peut faire exécuter un mandat qu'elle a reçu ou
s'est elle-même donné par une sous-commission composée de certains de ses
membres. Cette motion doit être adoptée à la majorité des membres de chaque
groupe parlementaire.»
Alors,
nous allons procéder au vote, et je vais d'abord demander au groupe ministériel s'il est d'accord avec la
motion. Oui? Je vais demander au groupe de l'opposition officielle s'il est d'accord
avec la motion.
Ouimet
(Fabre) : Malheureusement, non.
Le Président (M.
Marsan) : Vous n'êtes pas d'accord. Et le deuxième groupe d'opposition?
St-Laurent :
Je suis d'accord.
Président (M. Marsan) :
Vous êtes d'accord. Comme il
y a un groupe de parlementaires qui n'est pas d'accord, la motion est donc rejetée. Est-ce qu'il
y aurait d'autres motions à ce moment-ci? Sinon…
Ouimet
(Fabre) : Bien, en fait, M. le Président…
Président (M. Marsan) :
Woups! Quelqu'un demande la parole. Alors, tout le monde est d'accord pour la lui donner? Oui.
Ouimet
(Fabre) : Bien, en fait, c'est une question. Je ne veux pas en
faire une motion préliminaire, mais mon
expérience, ma courte expérience des travaux parlementaires, je présume que
nous nous entendons sur… que nous allons
adapter nos travaux aux besoins des articles et qu'il est inutile de faire une motion
exigeant qu'on traite alinéa par alinéa
ou paragraphe par paragraphe, là. Je
pense que ce serait inutile de le
faire, mais je ne veux pas que, par formalisme, on me dise plus tard que j'aurais dû le faire comme motion préliminaire.
C'est la façon dont nous avons toujours
mené nos travaux jusqu'à maintenant, et je voulais simplement le souligner. Je
tiens pour acquis qu'on pourra procéder selon les besoins de la législation.
Le Président (M.
Marsan) : C'est beau. Alors, tout le monde est d'accord? Je
prends donc en considération l'article 1. M. le ministre, la parole est à vous.
M. St-Arnaud :
M. le Président, est-ce qu'on commence par la disposition préliminaire?
Le Président (M.
Marsan) : On m'a indiqué que la disposition préliminaire
devrait être étudiée à la fin du projet de loi.
M. St-Arnaud :
À la toute fin?
Le Président (M.
Marsan) : C'est ce qu'on m'a dit. Donc, on revient à l'article
M. St-Arnaud :
Est-ce que… Oui?
M. St-Arnaud :
Pardon?
Le Président (M. Marsan) : Écoutez, M. le
ministre, on m'indique que, s'il y a
consentement, on pourrait l'étudier immédiatement. Si
vous êtes tous d'accord, on peut…
M. St-Arnaud : Qu'est-ce qu'on
fait avec la disposition préliminaire? Est-ce qu'on la…
Le Président (M. Marsan) : C'est…
O.K. Alors, on me dit que, oui, vous… si vous voulez, là, qu'on…
M. St-Arnaud : De
consentement, on pourrait en débattre…
Le Président (M. Marsan) :
Immédiatement.
M. St-Arnaud : …et l'adopter
immédiatement, ça sera fait.
Ouimet (Fabre) :
Oui, oui. Je pense que…
Le Président (M. Marsan) : C'est
correct?
M. St-Arnaud : Parce que,
vous savez, M. le Président, on a l'habitude de tourner nos pages et de voir où
est-ce qu'on est rendus.
Le Président (M. Marsan) :
Alors, tout le monde est d'accord. Allez-y, M. le ministre de la Justice.
M. St-Arnaud : C'est bon.
Alors, M. le Président, la disposition préliminaire se lit comme suit :
«Le Code de
procédure civile établit les principes de la justice civile et régit, avec le
Code civil et en harmonie avec la
Charte des droits et libertés de la personne (chapitre C-12) et les principes
généraux du droit, la procédure applicable aux modes privés de
prévention et de règlement des différends lorsque celle-ci n'est pas autrement
fixée par les parties, la procédure
applicable devant les tribunaux de l'ordre judiciaire de même que la procédure
d'exécution des jugements et de vente du bien d'autrui.
«Le code vise
à permettre, dans l'intérêt public, la prévention et le règlement des
différends et des litiges, par des procédés
adéquats, efficients, empreints d'esprit de justice et favorisant la
participation des personnes. Il vise également à assurer l'accessibilité, la qualité et la célérité de la justice civile,
l'application juste, simple, proportionnée et économique de la procédure
et l'exercice des droits des parties dans un esprit de coopération et d'équilibre,
ainsi que le respect des personnes qui apportent leur concours à la justice.
«Enfin, le
code s'interprète et s'applique comme
un ensemble, dans le respect de la tradition civiliste. Les règles qu'il
énonce s'interprètent à la lumière de ses dispositions particulières ou de
celles de la loi et, dans les matières qui font l'objet de ses dispositions, il
supplée au silence des autres lois si le contexte le permet.»
Alors, voilà, M. le Président, le texte de la
disposition préliminaire. Voulez-vous que je vous fasse quelques commentaires?
Le Président (M. Marsan) : C'est
à vous.
M. St-Arnaud : Alors, M. le
Président, la disposition préliminaire, à l'instar de celles qui chapeautent le
Code civil, vise à situer le code dans l'ensemble
législatif et à le rattacher aux lois qui lui sont fondamentales, tout en
notant
sommairement l'essence et les
objectifs de la procédure de même que les principes d'interprétation
applicables à ces règles.
Le premier alinéa dont j'ai fait lecture il y a
quelques instants s'appuie, entre autres, sur les principes dégagés par la Cour suprême dans l'arrêt Lac d'Amiante du
Québec ltée contre 2858-0702 Québec inc., laquelle a réaffirmé les liens
existants entre la procédure civile et le
Code civil en ce qui a trait au contexte interprétatif, car, même si l'organisation
judiciaire et certaines procédures du code
se rattachent aux institutions britanniques ou tirent leur origine de la
common law, tels le pouvoir de contrôle du tribunal de droit commun qu'est
la Cour supérieure ou l'approche contradictoire du procès, les sources de la procédure s'inscrivent aussi dans la tradition
du droit civil et remontent à cet égard à l'Ordonnance royale de 1667 régissant la procédure civile et au
Code de procédure civile de 1866 adopté parallèlement au Code civil du
Bas-Canada. Il en résulte que, quelle que soit la source d'une procédure ou d'une
règle particulière, dès lors qu'elle est introduite soit au Code civil soit au
Code de procédure civile, elle s'interprète dans le contexte du droit québécois
tel que codifié.
Cet alinéa, toujours le premier, M. le
Président, rappelle également les domaines d'application du Code de procédure
civile et fait mention particulièrement des modes privés de prévention et de
règlement des différends qu'il reconnaît
comme étant
partie intégrante de la justice civile. Déjà, le code actuel
contient, à
titre supplétif, un ensemble de règles pour régir la procédure d'arbitrage. S'y ajouteraient les
principes de procédure et des règles supplétives généralement
applicables au mode amiable de prévention et de règlement des différends et
particulièrement à la médiation.
Le deuxième
alinéa résume
sommairement l'essence même de la procédure, qui est de
permettre, dans l'intérêt public et
de manière à préserver la paix sociale, le règlement des différends, qu'ils
soient interpersonnels, entre certaines personnes ou collectifs, comme
en matière d'actions collectives, ou encore sociétaux, s'il vise à préciser ou
fixer un principe juridique ou l'application
d'une loi publique. Il reconnaît également que la procédure est faite au
bénéfice des personnes qui sont
partie à un différend et qu'il convient
donc de favoriser leur participation.
alinéa, le deuxième, exprime en outre les préoccupations législatives en
matière procédurale et énonce les objectifs de la procédure dans notre
société : l'accessibilité, la qualité et la célérité de la justice civile,
son application juste, simple, proportionnée
et économique. Ces objectifs traduisent les trois dimensions intrinsèques à la
procédure : la qualité de la
décision, le temps pour qu'elle soit rendue et le coût qu'il faut assumer pour
l'obtenir. Ces trois dimensions sont ici liées au fait que la qualité de
la décision s'appuie sur son caractère juste, la célérité, sur la simplicité de
la procédure et l'accessibilité, sur son
économie générale et sur le respect de la proportionnalité. Enfin, cet alinéa
indique également que, pour assurer les
finalités de la justice civile, il importe d'agir dans un esprit d'équilibre et
de coopération et surtout dans le respect des personnes qui participent
à l'administration de la justice, ce qui inclut aussi les témoins.
Finalement, M. le Président, le troisième alinéa
énonce les principes de base pour l'interprétation du code. D'une part, il s'agit d'un ensemble, et ses
parties doivent s'interpréter les unes par les autres dans le respect de la
totalité du code, mais aussi des autres
lois. Il s'agit là d'un principe qui est à la base de la tradition civiliste.
Le début de la deuxième phrase rappelle également que le code forme un
ensemble et que cela détermine son interprétation et son application, comme le prévoit d'ailleurs l'article 41.1 de la
Loi d'interprétation,
chapitre I-16. Il met ainsi en évidence la règle de
la prééminence des dispositions particulières sur les dispositions plus
générales de manière à éviter la répétition de la formule «sous réserve des
dispositions particulières» actuellement indiquée à de très nombreux articles.
L'alinéa, le troisième, vise donc également à
marquer le caractère supplétif du code par rapport aux autres lois dans les
matières dont il traite. Ce caractère supplétif du code est aujourd'hui
implicite, notamment lorsqu'il fixe la portée de concepts qui sont d'utilisation
générale dans la législation — notification, signification, récusation, évocation, etc. — ou lorsqu'il est fait renvoi au code pour
compléter diverses règles dans l'exercice de tâches juridictionnelles.
Le caractère absolu de la règle est tempéré par le contexte des diverses lois.
La disposition permet aux citoyens de bénéficier
toujours d'un minimum de garanties procédurales. Le choix de porter ces règles
dans la disposition préliminaire a pour but d'éviter tout doute quant à
leur application, tant au mode privé que judiciaire, de prévention et de
règlement des différends.
Voilà, M. le
Président, les quelques commentaires que je souhaitais faire eu égard à cette disposition préliminaire qu'on retrouve
avant l'article 1 du nouveau Code de procédure civile.
Le Président (M. Marsan) : Je
vous remercie. Est-ce qu'il y a des commentaires ou des questions? Mme la
députée de…
Mme de Santis : Bourassa-Sauvé.
Le Président (M. Marsan) : …Bourassa-Sauvé,
c'est bien ça.
Mme de Santis : Merci,
M. le Président. Je comprends
pourquoi, peut-être, on aurait dû regarder la disposition
préliminaire à la fin. Je porte à votre attention, dans le premier alinéa,
quand on parle… on dit… où on fait référence à «la procédure applicable aux
modes privés de prévention et de règlement des différends lorsque celle-ci n'est
pas autrement fixée par les parties». Maintenant,
le livre VII a deux titres : un, c'est la médiation, et l'autre, c'est
l'arbitrage, et ces dispositions s'appliquent quand les parties n'ont pas fixé
toutes les règles du jeu pour qu'ils puissent arriver à une entente.
Quand on parle ici, au premier alinéa, de modes
privés de prévention et de règlement des différends, c'est beaucoup plus large
qu'uniquement la médiation et l'arbitrage. Et plus tard, quand on va regarder
une disposition qui dit que le
titre VII s'applique aux différents modes privés, il y a
tout un questionnement qu'on peut se faire : Est-ce que, vraiment,
on pourrait appliquer l'arbitrage et la médiation sur une autre méthode… une
autre façon privée, un autre mode privé
de prévention? Et donc, avant que je dise ça dans le premier alinéa, j'aimerais
débattre la… Oh! Pas débattre, mais discuter de la disposition, plus
tard, qui dit que le
titre VII s'applique à tous les modes de prévention
et de règlement des différends. Est-ce que vous comprenez ce que je veux dire?
St-Arnaud : Oui, peut-être
que Me Chamberland, avec le consentement, M. le
Président, pourrait répondre à
l'intervention de la députée.
Président (M. Marsan) :
Oui. Je vais juste demander… si vous voulez vous présenter au micro pour les
fins de transcription, s'il vous plaît.
M. Chamberland (Luc) : Luc
Chamberland, directeur du contentieux au ministère de la Justice du Québec. Écoutez,
pour ce qui est des PRD, prévention et règlement des différends, la disposition
dit bien : Lorsque les parties n'en prévoient pas autrement. Alors, l'idée
du
chapitre sur le PRD, c'est supplétif. Tous les gens sont venus pour nous dire : On ne veut pas être encadrés, il y a à peu près
19 façons de résoudre les litiges. Et on voulait quand même mettre un certain
cadre, si les gens veulent l'utiliser, mais, honnêtement, pour ce qui est
des PRD, l'objectif n'est absolument pas de les limiter dans
leurs façons de faire.
Donc, c'est
de consentement qu'ils s'établiront leurs propres règles, sous
réserve des chartes et des dispositions d'ordre public qu'on voit plus tard dans les articles pour éviter, évidemment, des situations qui seraient contre l'ordre public ou
contre les chartes, qui seraient discriminatoires.
Le Président (M. Marsan) :
Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis :
Ce n'est pas ça, mon argument. C'est que, quand on utilise la procédure
applicable aux modes privés de prévention des règlements des différends,
on parle de plus que la médiation et l'arbitrage. Le
titre VII est
supplétif pour la médiation et l'arbitrage, mais vous indiquez que les modes privés
de prévention peuvent être autres que la médiation et l'arbitrage.
Donc, quand
vous dites que le Code de procédure
civile inclut les principes pour «la procédure applicable aux modes
privés de prévention et de règlement des différends lorsque celle-ci n'est pas
autrement fixée par les parties», cette phrase n'est pas complètement vraie, c'est
seulement pour deux modes privés que le Code de procédure civile établit les
règles supplétives.
M. Chamberland (Luc) : Je
vous répète que, pour ce qui est des PRD, c'est juste un modèle qui n'est pas obligatoire. Pour l'arbitrage, c'est autre chose,
là. Pour l'arbitrage, c'est dans une
section différente avec un
titre
différent.
Mme de Santis : C'est le livre VII, il y a
deux titres :
titre I, c'est médiation,
titre II, c'est
arbitrage.
M. Chamberland (Luc) : …deux
titres différents, mais le
titre regroupe tous ces… Là, finalement, votre
argument, c'est plus : On a un problème de
titre qui ferait en sorte que,
quand…
Le Président (M. Marsan) :
Alors, Me Chamberland?
M. Chamberland (Luc) : Je maintiens…
J'ai écouté Me Longtin, on maintient la même chose. C'est à
titre
supplétif ou ils peuvent l'utiliser comme modèle, mais, pour les PRD, on n'encadre
pas les parties. On ne les oblige pas à
aller selon une certaine façon de régler leurs problèmes. C'est pour ça que le
«autrement fixée par les parties», c'est peut-être là qu'on ne se
rejoint pas, là. Ce que ça signifie, pour nous, c'est la liberté de faire ce qu'ils
veulent, sauf si c'est contraire à l'ordre public, puis on le voit plus loin. C'est
juste ça.
Mme de Santis :
Je suis tout à fait d'accord avec vous. Ce n'est pas… et peut-être que je ne
fais pas mon point correctement. Il y
a une disposition qui dit que le
titre VII s'applique si les parties
choisissent un mode de règlement et n'établissent
pas toutes les règles pour arriver à une entente. Pour moi, c'est vrai quand c'est
la médiation ou l'arbitrage, mais ce n'est pas vrai pour tous les modes
de prévention et de règlement. Donc, la phrase n'est pas vraie.
Mais, dans
tous les cas… Plus tard, on va le revoir parce que c'est dans une disposition,
un des articles, et je dis qu'on est en train de faire un commentaire
ici que plus tard, peut-être, on va changer. Mais, «that's OK».
Président (M. Marsan) : Et c'est pour ça… Me permettez-vous de
faire un court… C'est pour ça qu'on ne votera pas sur les dispositions
préliminaires, on ne va voter seulement qu'à la fin, avec le titre, à ce
moment-là, et c'est le sens de notre règlement aussi. Ça vient régler… O.K., je
vous remercie.
St-Arnaud : Ce que je comprends de l'intervention, M. le
Président, de la députée, c'est que, quand vous dites : La
disposition préliminaire parle de «la procédure applicable aux modes privés de
prévention et de règlement des différends»,
vous dites : Ce n'est pas nécessairement tous les modes privés de
prévention et de règlement des différends qui sont prévus au projet de
loi. C'est ce que je comprends de votre intervention. Et vous dites donc :
On y va plus large que ce qui est dans le projet de loi un peu plus loin.
Mme de Santis :
Le projet de loi, présentement, prévoit que le
titre VII s'applique à tous
les modes, mais il y a une discussion
qu'on doit se faire là parce qu'actuellement le chapitre… c'est le
livre VII, c'est seulement sur deux modes. Et donc, quand on arrive
à l'article…
M. St-Arnaud : …plus que deux
modes, et on ne le fera pas dans la disposition préliminaire.
Mme de Santis :
Alors, mais ça, si on ne l'adopte pas maintenant, je retire. J'attends qu'on en
discute plus tard.
M. St-Arnaud : M. le
Président, je pense qu'on pourrait peut-être suspendre et on reviendra à la fin
sur la disposition préliminaire.
Président (M. Marsan) : Au moment de l'étude du titre. Tout le
monde est d'accord? Alors, nous suspendons ces dispositions
préliminaires et nous poursuivons avec l'étude de l'article 1. M. le ministre.
M. St-Arnaud : Alors, M. le
Président, l'article 1 se lit comme suit :
«Les modes
privés de prévention et de règlement des différends sont choisis d'un commun
accord par les parties intéressées, dans le but de prévenir un différend
à naître ou de résoudre un différend déjà né.
«Ces modes
privés sont principalement la négociation entre les parties au différend de
même que la médiation ou l'arbitrage
dans lesquels les parties font appel à l'assistance d'un tiers. Les parties
peuvent aussi recourir à tout autre mode qui leur convient et qu'elles
considèrent adéquat, qu'il emprunte ou non à ces modes.
«Les parties doivent considérer le
recours aux modes privés de prévention et de règlement de leur différend
avant de s'adresser aux tribunaux.»
Alors, M. le
Président, cet
article dont je viens de faire la lecture établit dès le départ
que les modes privés de prévention et de
règlement des différends sont inclus dans la notion de justice civile. Ils ont
donc vocation à favoriser la recherche, la reconnaissance de la justice
comme élément fondamental de la société. La disposition pose aussi en principe que ces modes privés, qui sont notamment
indiqués au deuxième alinéa, reposent essentiellement sur la volonté des
parties; ils doivent être choisis d'un commun accord entre les parties. Il n'est
cependant pas exclu que la loi puisse, dans certains cas, établir une autre
règle.
dernier alinéa de cet
article premier, M. le Président, fait obligation aux
parties de considérer le recours aux modes privés avant de saisir les
tribunaux de leurs différends. Cette approche logique s'inscrit dans l'approche
de coopération préconisée par la disposition
préliminaire. Bien qu'elle ne soit pas contraignante au point de rendre
irrecevable l'action en justice qui n'aurait pas été précédée d'une tentative
de règlement, la disposition devrait, en raison de son caractère impératif, entraîner un changement important dans la fonction
des juristes, qui devraient désormais présenter à leurs clients un
ensemble de possibilités pour la résolution des conflits. Voilà, M. le
Président.
Président (M. Marsan) : Je vous remercie. Est-ce qu'il y a des
commentaires ou des questions sur l'article 1? M. le député de
LaFontaine.
M. Tanguay :
Oui, merci. Merci beaucoup, M. le Président. Et, vous savez, nos commentaires,
nos questions s'inscrivent dans toute l'importance que l'on doit accorder, je
pense, à nos débats parlementaires. Pièce législative majeure ici qu'un nouveau Code de procédure civile, et si d'aventure… et
on le sait déjà, on sait déjà que les tribunaux devront interpréter plusieurs des termes qui sont nouveaux, et de un, et
de deux, l'interrelation de ces termes
les uns envers les autres, quels impacts ils auront. Et souvent on
pourra se référer à nos débats que l'on a ici.
Alors, mes remarques,
mes questions, M. le Président, je tiens à l'annoncer, s'inscriront toujours
dans, de un, cette obligation comme
législateur de s'assurer de comprendre ce sur quoi on va voter, de deux,
comprendre les impacts également, et de trois, de permettre, pour celles
et ceux qui chercheront la vérité ou l'intention du législateur, de se référer
à ces débats. Alors, c'est peut-être la remarque préliminaire que je voulais
faire, M. le Président.
Sur deux questions
que j'aurais par rapport à l'article 1, la première… Le ministre vient de
souligner le caractère impératif. J'aimerais peut-être qu'on nous indique — et je
présume que la réponse est oui — les articles du projet de loi n° 28 qui feraient en sorte que l'on pourrait, le cas
échéant, tester, vérifier. Parce que le troisième alinéa : «Les parties doivent considérer le recours...»
Quels seraient les requêtes ou les moyens inscrits dans le projet de loi
n° 28 par lesquels on pourrait tester l'une des parties ou un tiers? Et,
encore une fois, qu'on nous indique peut-être qui aurait l'intérêt... jusqu'à quel point les parties ont réellement
considéré le recours aux modes privés de prévention. Est-ce qu'il y a
des véhicules qui sont déjà prévus au projet de loi n° 28?
Le Président (M.
Marsan) : Je vous remercie. M. le ministre.
M. St-Arnaud :
En fait, M. le Président, vous aurez compris que le dernier alinéa de l'article 1
est particulièrement important. Je le répète une deuxième fois : «Les
parties doivent considérer — ce
sont des mots très importants, "doivent
considérer" — le
recours aux modes privés de prévention et de règlement de leur différend
avant de s'adresser aux tribunaux.» Alors, il y a eu de nombreux débats, M. le
Président, au fil des ans, et, dans l'avant-projet de loi, suite aux
discussions qui avaient eu lieu lors du dépôt de l'avant-projet de loi.
Alors, ce qui est
prévu, M. le Président… et on en a discuté lors des consultations particulières
en septembre dernier, ce qui serait prévu, ce serait d'ajouter, à l'article 146…
En fait, il y aurait des modifications qui nous permettraient, là, j'allais
dire, d'encadrer ces mots : «doivent considérer». Alors, à l'article 146,
il serait ajouté des modifications concernant le contenu de l'avis d'assignation,
l'obligation pour les parties de faire état du fait qu'elles ont considéré les modes privés de prévention et de
règlement des différends. Et, à l'article 147, un élément à la réponse
serait également ajouté concernant l'accomplissement de son obligation
de considérer par la personne… en fait, par la
partie qui répond à l'avis d'assignation.
M. St-Arnaud :
En fait, M. le Président, les experts me disent : On pourrait soit le
mettre dans les articles 146 et 147 ou le mettre éventuellement dans le
protocole de l'instance, dans la… Alors, les deux hypothèses, M. le Président,
sont sur la table.
Le Président (M.
Marsan) : M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
Merci, M. le Président. Je pense qu'évidemment il y a un premier aspect, qui
est l'aspect déclaratoire, donc les parties…
l'échéancier, ou le protocole quant aux échéances, est un contrat judiciaire,
donc les parties ne signent pas n'importe quoi. Donc, il y a un
caractère déclaratoire. Et est-ce que, d'aventure, il a été considéré, ou soulevé — et c'est ma question, M. le Président, au
ministre — à la
limite, de permettre… Encore une fois, il faudrait décider qui aurait l'intérêt de faire une telle
demande. Peut-être le juge, par définition, pourrait s'en enquérir, mais
qui pourrait nous permettre non pas de sanctionner, mais de vérifier, tester
au-delà d'une inscription qui, rapidement, deviendra monnaie courante et
copiée-collée, là?
M. St-Arnaud :
Au niveau d'une sanction possible?
M. Tanguay : D'une
vérification ou d'une…
M. St-Arnaud : Je vais
peut-être laisser Me Chamberland, M. le Président, répondre à… Ça a fait l'objet
de discussions, et je pense que je vais laisser Me Chamberland répondre à
cette question.
Le Président (M. Marsan) :
Me Chamberland.
Chamberland (Luc) : Alors, vu que c'est inclus dans les
principes de procédure au départ et les principes de procédure pour le pouvoir du juge d'accorder les
frais judiciaires, qui sont les anciens dépens — pas tout à fait pareils parce qu'il y a une définition exhaustive — le juge pourrait le sanctionner au niveau
des frais de justice et non pas à l'entrée de la procédure, évitant aux avocats de plaider que c'est irrecevable, puis
qu'ils fassent un débat juste parce qu'ils introduisent leurs demandes, puis ils n'auraient pas accompli l'obligation
correctement. Ça nous semble plus juste, après tout le procès, que le juge regarde, dans son ensemble, le litige
et l'obligation de considérer les différends à ce moment-là. Évidemment,
l'obligation est avant, mais la sanction serait plus tard.
M. Tanguay : Et y aurait-il
lieu… J'en fais la… Je pense tout haut, j'en fais la... Justement,
effectivement, le troisième alinéa : «Les parties doivent considérer le
recours aux modes privés de prévention et de règlement de leur différend avant
de s'adresser aux tribunaux.» Donc, avant de s'adresser aux tribunaux de façon
ab initio, les parties doivent, on dit toujours,
se présenter... patte blanche devant le juge ou la juge, devant le tribunal. N'y
aurait-il pas lieu... et je comprends que ce sera ultérieur et ce sera à
être inclus, le cas échéant, et j'en fais la... Ce n'est pas ici qu'on va régler ça, ce n'est pas à l'article 1, mais on
parlait peut-être d'amendements aux articles 146, 147. Peut-être aurions-nous
là une suggestion que la vérification soit faite par le juge de façon initiale,
et de faire en sorte qu'effectivement on ne cautionnera
pas ou ne sanctionnera pas, à la toute fin d'un processus, un comportement qu'on
aurait pu constater dès le départ comme n'étant pas assez proactif quant
aux modes alternatifs de règlement. On ne réglera pas ça ici, M. le Président,
à l'article 1, mais je pense que c'était le bon moment pour en faire la
remarque.
Le Président (M. Marsan) :
Alors, je vous remercie. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article 1?
M. le député de Fabre.
Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le Président. En fait, je veux simplement... J'ai fait la
remarque ce matin et je vais la
répéter ici, les sept premiers articles du code ont, à mon point de vue, une importance capitale dans
cette réforme parce qu'on y introduit
d'entrée de jeu, dans le code, ce qu'on appelle les PRD, cette référence aux
modes de prévention et de règlement
des différends qui... Et la raison pour laquelle c'est là, M. le Président, c'est
que nous souhaitons envoyer ce message qu'il y a là des outils que les
praticiens du droit, que les... que tous ceux qui contribuent à la justice, à l'administration de la justice civile doivent
désormais porter une attention à ces moyens-là, autrement que le seul
recours au tribunal pour trancher des litiges. Ce
titre vise... et c'est l'obligation
qui est faite à l'article 1, dont on discute, les parties doivent le
considérer, et on veut que ça fasse
partie du coffre à outils de ceux qui
participent à l'administration de la
justice. Et c'est un message très important qu'on ne répétera pas assez, et c'est
important qu'on prenne le temps pour les sept premiers articles, là,
même si c'est un petit peu plus long puis qu'on se rattrapera plus tard au
niveau du rythme de l'adoption des articles, mais ce sont des articles
fondamentaux, et je tenais à le souligner.
Et je tenais
aussi à souligner, et je vais le retrouver là… parce qu'en lien avec cette
réforme il y a aussi une autre réforme
importante qui est en cours, c'est la réforme du code de déontologie et d'éthique
des avocats, qui sont évidemment des
artisans de premier plan au niveau de l'administration de la justice au Québec.
Et, dans ce projet de code qui pourrait être adopté bientôt, entrer en vigueur bientôt, on retrouve là également
ces obligations de considérer des modes, ce que j'appelais, à l'époque, les modes alternatifs, ce qu'on appelait, à l'époque,
les modes alternatifs. Alors, c'est un message que nous tentons d'envoyer
de différentes façons, et un message important. Voilà, c'était mon commentaire.
Le Président (M. Marsan) : D'autres
commentaires? Oui, M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay : M. le Président,
toujours dans notre désir de bonifier le projet de loi, et j'y vois peut-être
une avenue, puis je lance l'idée au
ministre, l'article 51 pourrait-il préciser, quand on parle… pouvoir de
sanctionner les abus de procédure, là, ce serait peut-être plus dans le
contexte où l'une des deux parties pourrait faire état d'une interruption intempestive d'un processus alternatif pour
dire : Ah! Bien là, c'est assez. Écoutez, on n'a même pas commencé,
non, non, c'est assez, je vous poursuis. Il
y aurait peut-être lieu là, pour une
partie de la réponse, peut-être de
préciser qu'il s'agirait peut-être d'un
motif pour le tribunal de reconnaître un abus de procédure, si tant est que, de
façon intempestive, en ne respectant
pas le troisième alinéa de l'article 1, il pourrait y avoir un élément
là-dessus. Alors, c'est à considérer.
St-Arnaud : M. le Président, je pense qu'il y a une
préoccupation, là, qui est... Je vais demander, là, à
Me Chamberland qu'on regarde comment... où est-ce qu'on pourrait l'inscrire.
Est-ce que c'est... Parce que ce que vous
dites, c'est : Pourquoi attendre à la fin pour sanctionner? Est-ce qu'il n'y
a pas d'autres endroits au préalable?
Là, je comprends que, 146, il y a l'avis d'assignation, bon, qu'il y aurait un
modèle établi par le ministre de la Justice, la réponse à 147, mais, une fois qu'on a fait ça, là, qu'on a coché les
petites cases, comment... est-ce qu'il faut... comment on peut faire pour ne pas attendre à la toute fin du
processus? Et on en discutait, là, rapidement, là. Il y a la conférence de gestion,
mais là la conférence de gestion, ce n'est pas dans tous les cas. Alors, ce que
j'ai demandé, là, c'est qu'on regarde
la préoccupation du député, comment on pourrait la… où on pourrait
l'intégrer au Code de procédure civile. Je ne sais pas si
Me Chamberland voulait ajouter quelque chose là-dessus.
M. Chamberland (Luc) : Oui, absolument.
C'est une très bonne question. Mais il n'y a pas toujours, dans le processus,
d'examen de gestion… parce qu'il n'examine pas tous les protocoles, sinon ça
serait trop lourd, puis il ne faut pas non
plus provoquer une autre rencontre avec le juge puis des dépenses. La seule
chose que je vous dirais, la marche est très haute dans les abus, par
exemple, parce que
c'est un processus essentiellement consensuel puis ça peut contaminer le processus
s'il y a une trop grande pression. On est dans une marche
inférieure, je pense, parce que ça marche quand les deux parties veulent
danser ensemble, hein? Puis, s'il y a quelqu'un qui a peur de danser avec un
autre à cause d'une sanction ultérieure, ça peut faire en sorte que ça ne
fonctionnera pas.
Mais, votre remarque sur à quel moment plutôt qu'à
la fin, on va y penser, comme l'a dit le ministre. L'idée, c'est qu'on ne veut jamais ajouter des coûts au
justiciable en disant : Bien là, on va cogner à la porte du juge pour
vérifier cet élément-là. S'il y a déjà une conférence de gestion puis on le met
dans les procédures, ça va bien, mais il n'y en a pas toujours. On n'a voulu, justement, pas, c'est ce que demandait le
Barreau, à chaque fois qu'on a un protocole, que le juge l'examine parce qu'il va en avoir trop. Puis
des fois il n'y en a pas, de problème. Mais évidemment, vu que les
parties sont maîtres de leur dossier, comme c'est dit dans le code, il peut
arriver qu'une
partie soulève la question : Je crois que cette obligation n'a pas été remplie. Là, il y
aura une conférence de gestion. Mais vous, vous semblez vouloir plus un
processus peut-être presque… qu'on n'en échappe aucune. Je ne sais pas si c'était
ça, votre idée, mais surtout pas à la fin. C'est ça que j'ai compris.
Le Président (M. Marsan) :
Mme la députée de Montmorency, vous avez demandé la parole, et ensuite Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
St-Laurent : Oui.
Merci, M. le Président. Je suis après penser à l'idée de mon collègue par
rapport à l'article 51 et surtout la
section III.
La
section III, le pouvoir de sanctionner les abus de procédure, si on
pouvait changer le
titre et insérer, justement, ce que mon collègue
propose, on pourra mettre ça à cet endroit-là, première remarque.
Deuxième remarque, mon collègue avait parlé tout
à l'heure pour l'article 1 du processus de vérification. Il en a parlé, mais il n'a pas posé la question. Que
«les parties doivent considérer les recours aux modes privés de
prévention et de règlement», en pratique, comment ça pourrait se vérifier de la
part du tribunal?
M. St-Arnaud : C'est un peu
ça, là. Ce qu'on prévoit, c'est qu'il y a comme une coche à… Il y a un endroit
à cocher sur l'avis d'assignation. Il doit en être fait mention dans la
réponse, et éventuellement cela fait l'objet d'une appréciation du tribunal plus tard dans le processus. Je ne suis pas
sûr, par contre, que c'est au niveau de l'abus de… Parce que c'est un équilibre assez fragile, ça, M. le
Président, ces mots à l'article 1 : «doivent considérer». Alors, il y
a… C'est «doivent considérer». Ce qu'on veut, c'est que les parties
considèrent, M. le Président, et on en fait une obligation, elles doivent considérer. Mais là il faut faire
attention pour ne pas aller trop loin non plus dans l'encadrement que l'on
fait aux parties. C'est pour ça qu'on a
utilisé les termes qui sont au dernier alinéa de l'article 1. Moi, je ne
pense pas que c'est par le biais de l'abus de procédure qu'on peut… C'est
sûr qu'il faut qu'il y ait une procédure. Moi, je pense qu'à 146, 147 on peut
prévoir des choses.
Maintenant, où est-ce qu'on fait une certaine
vérification? Et est-ce que… Où est-ce que le juge fait une certaine
vérification? Où peut-il exercer une certaine sanction dans certains cas qui
seraient vraiment… où les parties n'auraient pas respecté l'article 1? Je
pense qu'il y a une bonne question là, mais il faut faire attention, à mon
sens, là, pour ne pas aller trop loin. Parce que le dernier alinéa de l'article 1
dit : «Les parties doivent considérer le recours aux modes privés de
prévention et de règlement de leur différend avant de s'adresser aux
tribunaux.»
Une voix : …et non en faire
une.
M. St-Arnaud : Oui, c'est ça,
et non en faire une, oui.
Le Président (M. Marsan) :
Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent :
Non, on est loin de l'abus de procédure, on le sait, mais je me demandais si,
dans le
chapitre des abus de
procédure, on ne pouvait pas appeler ce chapitre… donner une autre définition à
ce chapitre. À ce moment-là, je ne sais
pas, manquements, par exemple, au… Je donne un exemple tout à fait… tout à fait
faux, mais vous comprenez très bien ce
que je veux dire. Ça serait un
chapitre beaucoup plus grand, beaucoup plus
large que l'abus de procédure. Parce que ça, c'est très loin, on est très loin. Écoutez, là, bon, c'est
certain que, si on garde le
titre du
chapitre d'abus de procédure et qu'on
pense à une sanction par rapport à l'article 1, c'est trop fort, ça n'a
pas de bon sens, mais, si on pouvait avoir un autre titre, «le pouvoir de
sanctionner tout manquement», par exemple, «le pouvoir — j'attends,
ils sont en train de parler, M. le
Président — de
sanctionner tout manquement, par exemple, et abus de procédure», prendre un
autre
titre et pouvoir l'insérer à l'intérieur…
Le Président (M. Marsan) :
Alors, le commentaire.
M. St-Arnaud : Oui,
M. le Président. Moi, il me semble, là, qu'il faut partir du dernier alinéa de
l'article 1. Alors là, on fait
un grand pas en obligeant les parties à considérer, les parties doivent
considérer. Il va falloir trouver comment on le met : Est-ce qu'on
le met dans l'avis d'assignation, dans la réponse?, un endroit où on doit
indiquer que le respect du dernier alinéa des l'article 1 a été… que le
dernier alinéa de l'article 1 a été respecté. Je retiens l'élément… Alors,
il y a 146, 147. À 154, à la conférence de
gestion... Bien, le problème, c'est que la conférence de gestion, il n'y en
aura pas dans tous les cas, mais je
rappelle qu'à 154 : «Lors de la…» 154 se lit comme suit : «Lors de la
conférence de gestion qu'il convoque,
d'office ou sur demande, le tribunal procède à un premier examen des questions
de fait ou de droit en litige, examine le protocole de l'instance…»
Alors, est-ce que, dans… Est-ce qu'on pourrait… Allez-y, Me Chamberland.
Chamberland (Luc)
: J'avais déjà eu une idée il y a quelques
semaines. Ça pourrait être dans les attendus, par exemple, sur l'entente
sur le protocole, c'est fait par les deux parties : Nous avons considéré
ça, puis là c'est fini, puis ça a été fait.
Parce que le problème d'aller plus loin, c'est que les parties vont décider de
ne pas s'embarquer là-dedans. On va dire : Écoutez, si on va
tellement loin que c'est un abus de procédure, si on va tellement loin qu'une
fois que je pars là-dedans — je
me suis retiré après une heure avec le client, ça aurait dû durer trois heures,
là on me fait des reproches puis on me
condamne à des choses — on va conseiller à nos clients : N'embarquez jamais dans ça.
Et ce n'est pas ça qu'on veut, on
veut une liberté, les inciter à participer à ça et de pouvoir se retirer en
tout temps, qui est une des clés essentielles
des PRD. Il faut qu'ils soient d'accord avec le processus jusqu'à la signature.
S'ils ne peuvent pas se retirer de ça, on n'est pas dans un processus
souple et consensuel.
Alors, c'est pour ça
qu'on doit y aller, je pense, avec des pincettes. On donne une poussée, on
dit «doivent considérer», mais, dans
les sanctions puis dans la preuve qu'on a fait ça, il ne faut pas multiplier
les procédures. C'est pour ça qu'avec l'assignation du ministre le
ministre peut déterminer le contenu, et ça sera peut-être d'avoir discuté de
ça, à quelle date, hein? Puis les parties, s'ils en ont fait une pendant une
heure, tant mieux, s'ils en ont juste discuté, c'est déjà bien. Parce que ce qu'il faut, c'est que les justiciables sachent
que c'est possible de le régler avant deux ans, avant un jugement au
mérite. C'est à ça qu'on veut que les avocats puis les avocates participent. Et
vous comprenez que tout est… c'est un jeu d'équilibre.
Le reste du code est fait comme ça, c'est un jeu d'équilibre, presque de l'équilibrisme.
On est sur un fil, on y va un petit peu trop à gauche puis ça a des effets
contraires parce qu'on est en présence d'un système contradictoire où les
parties ont des intérêts opposés. Alors, c'est ça qui n'est pas facile à faire.
Puis on croit, à tort ou à raison, qu'on y
va, mais c'est sûr qu'on n'y va pas autant que l'abus de procédure où là on
peut punir puis faire payer les honoraires extrajudiciaires à l'autre partie.
Le Président (M.
Marsan) : Ça va? Alors, M. le député de Fabre, la parole est à
vous.
Ouimet (Fabre) : Oui, merci, M. le Président. Je vais
simplement… C'est une discussion très intéressante, mais il ne faudrait
pas aller trop loin parce que, de toute façon, là, on est à l'article 1 et
on va devoir y revenir à soit l'article 51
ou plus tard. Alors, je… Pas que je veux court-circuiter la discussion, je
pense qu'elle est très importante, mais là on est à l'article 1, je
pense qu'on s'entend, sauf erreur, sur le libellé de l'article 1 puis ce
qu'on veut faire, et il faut compléter notre réflexion sur le comment on
revient à la charge, tel que l'a demandé le député de LaFontaine.
Tanguay : Mais le député de Fabre ne dit pas qu'on fait du
temps, là. Il est en train de nous imputer des motifs.
Des voix :
Ha, ha, ha!
Le Président (M.
Marsan) : Non, non. Alors, est-ce que ça va, M. le député de
Fabre?
Ouimet
(Fabre) : Ah oui! Je voulais juste…
Le Président (M.
Marsan) : O.K. Alors, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Je voulais simplement une clarification. À la page 26 du cahier que vous
nous avez remis, cahier de commentaires, on lit dans les commentaires du
ministre, en dessous des commentaires des intervenants et commentaires du ministre de la Justice... on fait
référence à une modification proposée au deuxième alinéa de l'article 1.
Alors, j'ai lu le cahier, mais je ne sais pas à quoi on fait référence quand,
ici, on parle d'une modification proposée au deuxième alinéa de l'article 1. Ça
n'existe pas, ça.
Mme de Santis :
C'est la page 26, troisième colonne. Parce que c'est en réponse à l'Institut de
médiation et d'arbitrage à une question qu'ils ont posée là ou un point qu'ils
ont fait.
Une voix :
…l'article 6?
Mme de Santis :
Oui. Oui, mais ça fait référence à une modification à l'article 1, et je
voulais comprendre qu'est-ce que c'était. J'ai deux questions. Ça, c'est la
première, et, peut-être, c'est «atypical», je ne sais pas, mais…
Mme de Santis :
Et, après, vous allez à la page 27, vous dites, aux commentaires de l'Institut
de médiation et d'arbitrage : «Même réponse que le commentaire précédent.»
Alors, c'est une réponse qui est donnée deux fois.
M. St-Arnaud : Est-ce que ce
n'est pas l'amendement qu'on va amener à l'article 2?
Mme de Santis :
Non. Ça, c'était un commentaire qui...
St-Arnaud : Alors, M. le Président, je vais demander aux auteurs de ce texte de nous dire si on est
capable de clarifier le tout.
Mme de Santis : Peut-être, on pourra prendre le temps de trouver une réponse
plus tard, et c'est que je voyais qu'il manquait quelque chose, ce n'était
pas cohérent.
Le Président (M. Marsan) :
Voulez-vous qu'on suspende à ce moment-ci, M. le ministre?
M. St-Arnaud : Bien, peut-être
qu'on pourrait y revenir quand on sera à l'article 6, je ne sais pas…
Mme de Santis :
…on peut le garder en suspens avant de l'adopter et aller à…
St-Arnaud : Il n'y a
pas de modification proposée au deuxième alinéa de l'article
1. Ce qu'il y aura, c'est… il y aura un amendement au
deuxième alinéa de l'article 2. Et il me semble que, quand je regarde la proposition
d'amendement que j'ai l'intention de faire à l'article 2, c'est d'ajouter un
troisième alinéa qui serait : «Ils sont en outre tenus, dans leurs démarches et ententes, de respecter les droits
et libertés de la personne et les autres règles d'ordre public.» C'est
ça? Ah bon! Bien, je suis tombé dessus, M. le Président. Donc, en fait, c'est
la modification proposée au deuxième alinéa de l'article 2, c'est ça?
Mme de Santis :
Oui, c'est ça.
St-Arnaud : Alors, c'est…
qui vise à assurer le respect de l'ordre public, c'est ce que j'amènerais
comme amendement à l'article 2 du projet de loi tantôt, et qui correspondrait
aux préoccupations qui ont été formulées par l'Institut de médiation et d'arbitrage,
et qu'on retrouvait dans les commentaires des intervenants et du ministère de
la Justice, à l'article 6, M. le Président, de notre cahier.
Le Président (M. Marsan) : Ça
répond à votre question?
Mme de Santis :
Ça, c'est bien. Maintenant, j'ai une deuxième question.
Le Président (M. Marsan) : Auparavant,
j'avais la députée de Montmorency…
Mme de Santis : O.K.
Le Président (M. Marsan) :
…qui m'avait demandé la parole. Non? Ça va? Alors, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : J'aimerais prendre l'article 1 et regarder une situation
où il pourrait y avoir un conflit. Si mon mari n'est pas tout à fait
heureux de voir ce que la voisine a fait avec sa barrière parce que… et ils ont
fait le terrain, c'est un problème,
il devient fâché, elle devient fâchée, et, à un moment donné, lui, il veut
poursuivre. Comment cet
article va s'appliquer? Lui, il est fâché, elle
est fâchée. À quel point on met un peu de calme là-dedans, et qui va le faire? Parce que
vous dites, d'après l'article 1, que les parties doivent considérer le recours
aux modes privés, O.K.? Ça, c'est… Alors on a deux parties qui ne
se parlent pas. J'aimerais savoir, dans la vraie vie, comment ça va
fonctionner.
M. St-Arnaud : Je vais
peut-être laisser, sur cette question, M. le Président, Me Chamberland
répondre.
Le Président (M. Marsan) : Me
Chamberland.
M. Chamberland (Luc) : Je ne
suis pas un spécialiste des PRD, mais, pour avoir entendu les nombreux
organismes qui sont venus devant nous, tant dans l'avant-projet de loi que dans
celui-là, il y a plusieurs personnes de différentes formations qui s'offrent à
faire de la conciliation. Il y a des psychologues, il y a des ingénieurs, il y
a des avocats qui peuvent faire de la
conciliation. Ils sont dans le bottin téléphonique. Évidemment, des fois, il y
a de la publicité, ils sont affichés
de façon plus ouverte, mais il existe des personnes qui sont formées pour ça.
Et, quand c'est des avocats, si je ne
me trompe pas, il y a un programme obligatoire de trois jours qui se fait pour
ceux qui font des PRD. Mais les gens peuvent prendre n'importe
qui parce qu'on a des gens de ces associations-là qui disent : Vous pouvez
prendre votre autre voisin pour faire la
conciliation, s'il faut. Le processus est souple, mais il y a des organismes où
les gens sont formés pour le faire. Mais il n'y a rien qui empêche de
prendre le voisin pour faire le PRD.
Le Président (M.
Marsan) : Oui. Voulez-vous faire…
de Santis : Mais ma question n'est pas ça. Ma
question, c'est : On a deux personnes qui ne se parlent pas, et elles veulent un règlement. Je ne crois pas que
mon mari va aller chercher la liste de psychologues ou un autre… Mon mari veut que ce soit réglé et il veut forcer un
règlement. Comment s'assurer que mon mari et la voisine vont comprendre
qu'avant qu'ils décident d'aller au tribunal ou que mon mari aille au tribunal
il doit réfléchir et dire : O.K., j'ai une obligation de devoir considérer
les recours au mode privé de prévention et de règlement?
Dans la vraie vie,
comment ça va fonctionner? Je sais qu'il y a de disponibles des psychologues ou
des médiateurs, etc., mais, dans la vraie vie, comment on dit aux gens :
Il faut que vous essayiez de trouver une solution autrement?
St-Arnaud : M. le Président, ma compréhension, c'est que l'un
des voisins qui a un problème avec l'autre voisin, à un moment donné, va éventuellement aller voir un avocat, et l'avocat
aura l'obligation de considérer, en vertu du dernier alinéa de l'article 1, le recours au mode privé de prévention et
de règlement des différends avant de s'adresser aux tribunaux. Alors, ma compréhension, c'est que l'avocat
va peut-être leur dire : Bien, écoutez, vous avez un problème avec
votre voisin, écoutez, vous savez qu'avant d'intenter une poursuite qui
pourrait vous coûter pas mal de sous, bien, avez-vous
pensé de plutôt faire affaire avec un médiateur, ou un conciliateur, ou… et d'où
l'obligation du dernier alinéa.
Enfin, c'est ma
compréhension de l'article 1, c'est que l'avocat qui serait consulté par un des
voisins devra considérer la possibilité de faire appel au mode privé de
prévention et de règlement, et donc de le suggérer à la… de le considérer : Bien, écoutez, pour ce genre
de choses là, là, tel problème que vous avez avec votre voisin, je pense
que ça serait préférable de passer par un
médiateur ou un conciliateur. Vous savez, voici les ressources qu'il y a. Voici
les gens qui sont accrédités. Je pense que ce serait la… Enfin, c'est
comme ça que je le vois, là. Je ne sais pas si je réponds à la question de la
députée. Moi, dans le concret, c'est un peu comme ça que je le vois. C'est que
les parties, via leurs procureurs, doivent considérer le recours au mode privé
de prévention et de règlement de leurs différends avant de s'adresser aux
tribunaux par une procédure plus classique.
de Santis : Merci. C'est la réponse que, je crois,
est la bonne réponse, mais ça met devant nous le fait que le code de déontologie doit absolument s'assurer
qu'il y a une cohérence entre le code de déontologie quant aux avocats
et notre… un nouveau Code de procédure civile. Mais, sinon, on est un peu dans
le vide.
Le Président (M.
Marsan) : Merci. Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Merci, M. le Président. Je vais continuer la
question. Justement, à ce moment-là, le simple citoyen va consulter un
avocat, et on l'envoie en médiation. Pourriez-vous expliquer, pour le bénéfice
des gens, en médiation, on sait qu'en
matière familiale présentement ils ont tant de rencontres de médiation
gratuites, mais, pour les autres, les
simples citoyens, est-ce qu'il y a un mécanisme de prévu? Parce qu'ils vont
payer leur avocat, ils vont payer le médiateur. Est-ce qu'il y a un
mécanisme de prévu?
M. St-Arnaud :
Effectivement, là, en matière de médiation familiale, il y a déjà un programme
qui est encadré, qui est soutenu financièrement par le ministère de la
Justice. Est-ce qu'éventuellement il n'y aurait pas lieu de soutenir d'autres
formes de médiation? Ça fait
partie des choses sur lesquelles on pourra
certainement réfléchir. Mais ma compréhension, c'est que les parties font face
à un éventail de mécanismes divers de médiation ou de conciliation auxquels ils
vont pouvoir faire appel, là. Ça existe déjà en matière familiale, ça existe. C'est
bien encadré, les gens sont formés, ils
reçoivent l'accréditation. Mais, dans les autres domaines, est-ce qu'éventuellement on pourrait… Je pense qu'il y a
des gens, lors de nos consultations particulières, qui nous ont parlé de la
possibilité de peut-être reproduire le même modèle qui existe en
médiation familiale dans d'autres secteurs du droit. Mais c'est un peu ma
compréhension des choses. C'est que les gens peuvent faire appel à des modes
privés de prévention de règlement de leurs différends de différentes façons.
St-Laurent : Vous
êtes sûr, M. le ministre? Ça va créer des problèmes au départ, parce qu'on veut que ça se règle. Les gens
vont... les avocats vont essayer d'expliquer à leurs clients qu'en allant en
médiation ça se règle, tout va bien aller. Et à ce moment-là ça va être des
frais en moins. Mais par contre… parce qu'ils doivent considérer la médiation,
il y a une obligation. Qu'on le veuille ou non, il y a une obligation à ce
moment-là.
St-Arnaud : Qu'on le
veuille ou non, il y a une obligation. Elle est là, elle est au dernier alinéa de l'article
1. Maintenant, l'obligation, elle n'est pas... Comme l'a dit tantôt Me
Chamberland, on ne parle pas d'une obligation de 10 heures de médiation, là. On dit : «Les parties doivent [le]
considérer…» Puis moi, je prends mon exemple de tantôt, l'exemple que la députée, tantôt, elle mettait
de l'avant : les deux voisins. Il
y en a un des deux qui est tanné parce qu'il a un problème de clôture avec
son voisin. Il s'en va voir un avocat. Mais l'avocat, avant de lui dire :
Demain matin, on intente une poursuite au tribunal, va
être obligé de dire au client : Savez-vous qu'au lieu de la procédure
classique du XXe siècle il existe des nouvelles façons de régler les
différends? Et, par exemple, il y a moyen de faire appel à un médiateur. Voulez-vous que j'approche l'autre
partie pour qu'on fasse appel à ces façons de régler notre différend,
votre différend, plutôt que d'aller dans la
procédure classique d'intenter, demain matin, une procédure devant les
tribunaux?
Maintenant…
Alors, les parties vont devoir considérer, c'est ça, M. le Président, l'élément,
là, que… Et, comme l'a dit Me Chamberland tantôt, «les parties doivent
considérer», c'est un compromis entre certains qui ne voudraient absolument pas qu'on mette d'obligation aux… qu'on
parle de ça et d'autres qui voudraient que ça soit une procédure
obligatoire, longue, qui dure des heures. Alors, ce qu'on a dit, le compromis
qui… après 15 ans de réflexion, mais notamment
après deux, trois ans de réflexion, qui se retrouvait d'ailleurs dans l'avant-projet
de loi et qu'on a maintenu presque…
en fait, mot à mot, je pense que, par rapport à l'avant-projet de loi qui avait
été déposé par… Effectivement, c'est,
mot à mot, le même alinéa. C'est de dire «doivent considérer». Et là,
après évaluation de tout ça, on en est venus à la conclusion que c'étaient
les meilleurs mots.
Donc, «doivent considérer», ils doivent
considérer. Ils doivent le considérer avant — alors, pour reprendre notre exemple de nos voisins de tantôt — d'intenter le recours le lendemain matin
pour dire : Aïe! la clôture, elle n'est pas à la bonne place, M. le voisin, ils doivent
considérer la médiation soit par le biais de leurs procureurs qui leur
dit : Bien, écoutez, vous savez que vous pouvez faire appel à un
conciliateur ou un médiateur; ça serait probablement beaucoup moins coûteux, et probablement que vous auriez un
résultat plus rapidement... Mais ils doivent le considérer. Ça peut être
considéré pendant cinq minutes comme ça peut
être vraiment… Et la considération, à un moment donné, peut déboucher
sur une véritable médiation ou conciliation.
Mais là on est, M. le Président, dans… On fait
un grand pas en ajoutant ça, et éventuellement, bien, arrive le fait qu'il faudra qu'ils le considèrent pour vrai
parce qu'il y aura... soit dans l'avis d'assignation, éventuellement, et
dans la réponse, éventuellement, ils devront
faire état du fait qu'ils l'ont considérée, cette étape des modes privés de
prévention et de règlement de leurs différends. Et arrive après ça, bien,
est-ce qu'il y a lieu d'envisager, à un moment donné, qu'il y ait une vérification de ça? À quel moment? Et
est-ce qu'il doit y avoir une sanction? Mais là, je pense qu'on l'a bien
établi tantôt, ce n'est pas simple, parce qu'on
parle effectivement de… on parle de «doivent considérer», alors… Mais
quelqu'un qui s'en serait… Voilà. Alors,
moi, c'est comme ça que je le vois, en des termes simples, là. Voilà.
M. Chamberland (Luc) : …compléter.
M. St-Arnaud : Oui,
peut-être, Me Chamberland voudrait compléter en des termes beaucoup moins
simples que moi.
Chamberland (Luc) : Non, mais c'est que… Non, ça me semblait
limpide. Je voulais juste élargir la notion de PRD, parce que là on
prend ce que j'appelle la Cadillac, le médiateur qu'on doit payer, tout ça.
Mais, quand vous regardez la définition de mode privé des différends qui est à
l'alinéa deux, on parle de négociation entre les parties aussi, là, hein?
On ne parle pas juste du tiers qui décide comme médiateur. Alors, c'est ça qu'on
va insuffler, pas nécessairement d'aller
payer un tiers, mais que les avocats — parce que la médiation, ça fait
partie de ça
dans le code d'éthique — qu'ils décident de dire à leurs
collègues : Bon, on peut-u se parler avant de commencer à prendre l'action,
là? Mon client pense que c'est 100 000, j'ai des factures, etc. Ça fait
que ça comprend la négociation. Ça fait que vous voyez que c'est… Là, à ce moment-là, on est moins dans quelque chose de…
on est obligés de dépenser des sous. C'est des comportements des
avocats, des avocates qui sont à modifier.
M. St-Arnaud : Mais ce que
dit Me Chamberland, M. le Président, c'est ça, c'est que la procédure
classique, c'était de dire : Vous avez
un client qui vient vous voir à côté de son… à cause de son problème de voisin,
on envoie une procédure dès le lendemain. Là, ce qu'on dit, c'est qu'ils
vont devoir le considérer, mais… et là on ajoute une étape supplémentaire qui peut être longue ou… très
courte comme elle peut être plus longue, mais de dire… pour les inciter
à justement se parler, en quelque part,
plutôt que de recevoir une procédure par la tête dans les jours qui suivent la
visite du premier voisin. Est-ce que ça vous convient, M. le Président?
Le Président (M. Marsan) :
Moi, ça me va. Mais je pense qu'il y a encore un commentaire à recevoir de Mme
la députée de Montmorency.
St-Laurent :
M. le Président — excusez-moi,
là — à ce
moment-là, pourrait-on dire… Excusez, je vais prendre un peu d'eau.
Une voix : C'est l'émotion.
St-Laurent : Pas
du tout. On n'a pas d'émotion ici, hein? Vous le savez. Mais je voudrais
dire : Est-ce que le procédé… la
vérification, à ce moment-là, une déclaration des avocats ou déclaration de nos
clients — je vais
dire «de nos clients», je vais parler au nom
des avocats — une
simple déclaration qu'il a eu une… ils ont considéré, si vous voulez, ou
ils ont eu une discussion à telle date ensemble, ça sera suffisant pour
répondre aux critères du code?
M. St-Arnaud : Ma
compréhension, c'est que oui, parce qu'on ne veut pas rendre ça trop lourd.
Parce que c'est ça, le compromis. Certains auraient voulu qu'on rende ça plus
lourd, d'autres ne voulaient pas pantoute qu'on
parle de ça. Le compromis, c'est «doivent considérer», et
il y a une façon de vérifier s'ils ont considéré, ce sera notamment par…
selon… probablement par le formulaire de l'avis d'assignation où on pourra… la
partie devra indiquer qu'elle a considéré
les modes privés de prévention et de règlement des différends. Et, dans la
réponse, il y aura également une indication à cet effet-là. Et le tout sera sous la
supervision du juge. À un moment, est-ce qu'il faut le formaliser à
quelque part, au niveau de 154, ou ce qui était plutôt prévu, c'était à la fin
du processus? Mais, suite aux questions du député de LaFontaine, je pense qu'on
peut faire une réflexion plus tard pour voir comment on l'insère, mais moi, ça
m'apparaît…
Maintenant, ce n'est
pas la révolution non plus, là, mais c'est un pas supplémentaire par rapport à
la situation actuelle, et je pense que ce
pas supplémentaire va permettre d'alléger les façons de faire et probablement
de faire en sorte que nos deux voisins se parlent et éventuellement
règlent leur problème plutôt que d'aller le régler devant le tribunal. Enfin, c'est
comme ça que je le vois en quelques mots, M. le Président.
Président (M. Marsan) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires
ou questions sur l'article 1? Est-ce que vous êtes prêts à voter sur l'article
M. St-Arnaud :
Ah! Certain, M. le Président.
Le Président (M.
Marsan) : Est-ce que l'article 1 est adopté?
Le Président (M.
Marsan) : Adopté. Nous étudions…
M. St-Arnaud :
M. le Président, nous en avons un sur 830 d'adopté.
Une voix :
…une grande émotion.
Le Président (M.
Marsan) : Nous allons maintenant étudier l'article 2. M. le
ministre.
St-Arnaud : Oui, M. le Président. Alors, attendez, là. Écoutez, c'est trop d'émotions, c'est trop
d'émotions, M. le Président. C'est un grand moment.
Mme de Santis :
Mais c'est vraiment un grand moment pour les juristes.
M. St-Arnaud :
Oui, oui, c'est un grand moment. Alors, M. le Président, l'article 2 :
«Les
parties qui s'engagent dans une procédure de prévention et de règlement des
différends le font volontairement. Elles
sont alors tenues d'y participer de bonne foi, de faire preuve de transparence
l'une envers l'autre, à l'égard notamment de l'information qu'elles détiennent, et de coopérer activement dans la
recherche d'une solution et, le cas échéant, dans l'élaboration et l'application
d'un protocole préjudiciaire.
«Elles doivent, de même que les tiers auxquels
elles font appel, veiller à ce que les démarches qu'elles entreprennent
demeurent proportionnelles quant à leur coût et au temps exigé, à la nature et
à la complexité de leur différend.»
Alors,
M. le Président, cet
article 2 réaffirme le caractère volontaire de la
démarche de prévention et de règlement des
différends et en indique les conséquences. Elles doivent s'engager à agir de
bonne foi, avec transparence et dans un esprit de coopération. Ces devoirs font en sorte que l'adhésion à un
mode privé ne doit pas être un moyen pour retarder le règlement du
dossier ou pour obtenir de l'information dont on se servira contre l'autre plus
tard. Seule la bonne foi permet aux parties
d'être transparentes dans l'échange d'information et d'avoir suffisamment confiance l'une
dans l'autre pour accepter de donner de l'information tout en sachant qu'elle
ne sera pas utilisée contre elle ou que l'autre ne détruira pas des éléments
qui, éventuellement, pourraient servir en preuve ou pour mettre sur la table
des voies de solution qui pourraient les
engager, mais les desservir si l'autre n'était pas de bonne foi. L'absence de
bonne foi pourrait pervertir la qualité de la démarche et rendre
illusoire le règlement du différend.
La disposition, M. le
Président, que...
L'article 2 rappelle aux parties qu'elles peuvent ainsi
coopérer, avant même que l'instance soit introduite, en convenant d'un
protocole préjudiciaire. Elle précise toutefois que les devoirs imposés, y compris aux parties, le sont également,
le cas échéant, dans l'élaboration et l'application d'un tel protocole préjudiciaire, c'est-à-dire
d'une entente entre les parties quant à la conduite d'un éventuel procès ou
même quant au contenu d'un règlement.
deuxième alinéa de l'article 2 applique à ces modes l'un des principes
directeurs de la procédure judiciaire depuis 2003, celui de la
proportionnalité. Il serait déraisonnable que ce principe ne s'applique pas aux
démarches préalables à l'action en justice.
Les modes de justice participative sont divers, et, dans le choix qu'ils en
font comme dans l'ensemble de leur
démarche, les parties et les tiers qui les assistent doivent adapter leurs
actions aux enjeux à débattre.
M. le Président, comme j'ai eu l'occasion de le mentionner à l'opposition, nous
proposerions un amendement qui va, je crois, dans le sens du commentaire
qu'on retrouvait dans notre cahier de commentaires à l'article 6. Alors,
oui, M. le Président. Alors, l'amendement se lirait comme suit :
L'article 2 du projet
de loi est modifié par l'ajout, à la fin, de l'alinéa suivant :
«Ils sont en outre tenus, dans leurs démarches
et ententes, de respecter les droits et libertés de la personne et les autres
règles d'ordre public.»
Alors,
cet amendement vise à rappeler que les parties qui s'engagent dans une
procédure de prévention et de règlement des différends, de même que les tiers
auxquels elles font appel, doivent, dans leurs démarches et ententes, respecter
les droits et libertés de la personne et les autres règles d'ordre public.
M. le Président,
alors je vous ai lu l'amendement et j'en ai profité pour lire le commentaire en
même temps.
Le Président (M.
Marsan) : Alors, ça n'a pas été distribué à ce moment-ci, c'est
exact?
Le Président (M.
Marsan) : Oui, ça a été distribué?
M. St-Arnaud :
Je ne sais pas si… Oui, je pense que tout le monde a une copie de l'amendement.
Président (M. Marsan) :
On m'indique que oui, d'accord. Alors, je
pense… L'amendement est recevable?
Président (M. Marsan) : L'amendement est recevable. Alors, je pourrais demander s'il y a
des commentaires ou des questions sur l'amendement à l'article 2. Mme la
députée de Montmorency.
St-Laurent :
Je voudrais demander quel est le but exact de cet amendement. Dans quelle situation?
M. St-Arnaud :
Oui, c'est une bonne question.
St-Laurent :
Oui. Je me demande dans quelle…
M. St-Arnaud :
Oui, oui. Non, c'est une bonne question.
St-Laurent :
Vous savez, on ne va pas mettre des mots pour rien.
St-Arnaud : C'était
pour s'assurer, M. le Président, si je peux retrouver mon amendement…
En fait, c'était pour s'assurer… Effectivement, on peut se demander si c'est
nécessaire. Mais on a senti que certains intervenants se posaient des questions à cet égard-là, alors on a
décidé de le mettre noir sur blanc. Je ne sais pas si, dans l'avant-projet,
il y avait quelque chose d'un peu semblable,
là, mais on a décidé de l'écrire noir sur blanc dès le départ, M. le
Président, que les parties, dans leurs démarches et ententes, sont tenues de
respecter les droits et libertés de la personne et les autres règles d'ordre
public.
peut paraître élémentaire et peut-être non nécessaire de le dire, mais, après l'ensemble
des débats qui ont eu lieu lors des discussions sur l'avant-projet de
loi, il y avait eu différents commentaires qui avaient été formulés, et on a
jugé bon, donc, d'insérer cette phrase à l'article 2 du projet de loi, M.
le Président.
Le Président (M.
Marsan) : Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Oui, je continue. C'est parce que c'est trop
semblable. Quand on parle de respecter les droits et libertés de la
personne, on pense immédiatement à la commission des droits et libertés de la
personne. Je pense qu'il faudrait peut-être
prendre d'autres termes ou ne pas placer cet amendement, ne pas mettre cet
amendement. Parce qu'«ils sont en
outre tenus, dans leurs démarches et ententes, de respecter les droits et
libertés de la personne et les autres règles d'ordre public», je
voudrais bien savoir… avoir un exemple dans lequel la personne ne respecterait
pas les droits et libertés de la personne, un exemple justement sur…
Le Président (M.
Marsan) : Parce qu'en fait, M. le Président, en fait, là, dans
l'avant-projet de loi, il y avait l'article
5 qui se lisait comme suit : «Les parties peuvent prévenir ou régler leur
différend en faisant appel à des normes et à des critères autres que ceux du droit — et là on disait — sous réserve du respect qu'elles doivent aux
droits et libertés de la personne et aux autres règles d'ordre public.»
article-là a disparu dans le projet de loi n° 28, mais l'élément qui était
derrière l'article 5 de l'avant-projet de loi paraissait quand même important à mentionner pour s'assurer que, lorsque
les parties font appel à des modes privés de prévention et de règlement
de leurs différends, elles le fassent sous réserve du respect qu'elles doivent
aux droits et libertés de la personne et aux règles d'ordre public. Alors,
voilà.
Alors,
c'est un principe qui nous apparaissait important de… qui était à l'avant-projet
de loi, qui avait disparu dans le
projet de loi n° 28 et qu'il nous est apparu important de faire renaître
pour être bien clair que, lorsque les parties font des démarches ou des
ententes en vue de régler leurs conflits par le biais de modes alternatifs,
elles doivent respecter les droits et
libertés de la personne et elles doivent aussi respecter les autres règles de
droit public. Je ne sais pas si, Me Chamberland, vous pouvez donner un
exemple pour répondre...
M. Chamberland
(Luc) : Pour y aller plus clairement, on est dans un type de
règlement où la norme de droit, ce n'est pas
ce qu'il y a de plus important. Tous les gens qui vont faire des PRD vous
disent : C'est les valeurs de chacun, les valeurs, que ce soient religieuses,
les valeurs humaines, les valeurs psychologiques, et là on est dans un domaine
que la règle de droit n'est pas applicable, à moins qu'elle soit d'ordre public
ou à moins qu'elle soit constitutionnelle. C'est sûr qu'on pourrait se poser la
question : Si c'est la norme des normes, pourquoi le mettre? Mais, ici, je
pense qu'il y a un message à donner, parce
qu'on est dans une sphère où la règle de droit n'est pas ce qui prime. D'ailleurs,
si c'est ce qui primait, ils iraient devant les tribunaux pour décider de ça.
Donc,
il y a toutes sortes de forums, on peut en imaginer des dizaines de différentes
natures. Et, pour protéger le justiciable, on se dit : Ici, on n'en
tapisse pas le Code de procédure civile, de… conforme aux chartes, mais, ici,
il y a peut-être un message approprié, c'est
ce qu'on croit, de dire : Bien, écoutez, lorsque vous prenez un tiers, qu'il
ait une ascendance religieuse ou non,
ce n'est pas vrai que ça va aller contre l'ordre public puis la charte. C'est
ça qu'on visait.
M. St-Arnaud :
Est-ce que ça répond à votre question, Mme la députée?
St-Laurent :
Pas tout à fait. Pas tout à fait. Je voulais un exemple précis. Je voulais un
exemple précis.
M. St-Arnaud :
Bien, je pense que c'était assez… J'ai trouvé que c'était assez précis.
St-Laurent :
Alors, vous voyez, je suis sceptique.
St-Arnaud : Non, mais ça vous donne, ça vous donne… je pense, l'intervention
qui a été faite par Me Chamberland vous donne un peu le contexte général
qui nous amenés à clarifier l'article 2 en rajoutant cette phrase qui s'inspire
de l'ancien
article 5 de l'avant-projet de loi. Voilà.
Le Président (M.
Marsan) : Alors, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
St-Laurent :
Disons que j'ai terminé…
Le Président (M.
Marsan) : Oh Excusez.
St-Laurent :
…mais que la réponse ne me satisfait pas pleinement.
Le Président (M.
Marsan) : Alors, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis : On utilise, à la fin du premier alinéa
de l'article 2, l'expression «un protocole préjudiciaire». Cette
expression est utilisée une fois dans le code, et c'est à cet article.
Quand
je lis les commentaires du ministre, je lis à la page 19 : «…c'est-à-dire
[une] entente entre les parties quant [...] la conduite d'un éventuel
procès ou même quant au contenu d'un règlement.»
Maintenant, j'aimerais
comprendre la signification de l'expression parce que, quand je vois «protocole
préjudiciaire», pour moi, c'est un protocole
qu'on applique avant qu'on va à la cour, O.K.? Mais ici, dans les
commentaires, on dit «quant à la conduite d'un éventuel procès». Ça, c'est la
cour. Alors, je vois que c'est contradictoire.
M. Chamberland (Luc) : «À la conduite d'un éventuel procès», c'est comme
après, le cas échéant. Si vous me permettez
de m'exprimer, «protocole préjudiciaire», là, si on veut référer à un exemple
en particulier bien précis, que des intervenants
nous ont parlé, dont le Barreau, quand il y a des poursuites contre les
médecins au Québec, ils ont institué les gens qui défendent les médecins, l'Association médicale canadienne, une
espèce de protocole préjudiciaire qui ressemble beaucoup à un protocole d'instance. Ils s'échangent des informations,
ils font des expertises, tout ça avant le procès, en s'échangeant l'information pour, des fois, en
arriver à des règlements. Puis ils en arrivent à des règlements assez
souvent. Si on utilise le terme «protocole», c'est que c'est beaucoup plus
encadré, hein? Le terme «protocole» est plus rigoureux que le terme «entente».
C'est pour ça qu'on l'a utilisé aussi pour les recours judiciaires.
Finalement,
c'est un processus d'échange d'information qui ressemble un peu au protocole d'instance
ici, mais, pour essayer de régler le dossier et non pas pour procéder
devant le tribunal. Et c'est tellement un protocole poussé qu'on a indiqué dans… On a donné de la discrétion
au juge qu'une fois qu'ils auront fait ce protocole-là, si ça ne fonctionne
pas, il y a plein d'étapes qu'ils n'auront
pas à passer parce qu'ils vont s'être échangé des expertises, échangé les
pièces, etc. Il y a même des préalables qui se font, des interrogatoires avant
procès, du consentement des parties.
Alors,
c'est pour ça qu'on utilise ce terme-là, qui est assez rigoureux mais qui a
cette signification-là. Et les gens du milieu,
c'est ce qu'ils utilisent comme terme. Mais c'est vraiment… vous voyez, c'est
quelque chose de pas mal plus poussé que juste considérer les modes de
règlement, là. Un protocole, ça veut dire une entente, une signature, voici les
étapes. Si on décide d'essayer de ne pas
aller en cour pour la responsabilité médicale, on fait ce processus-là. Et c'est
ce que nous a expliqué Me Chénier, du Barreau, lorsqu'il est venu présenter le
Barreau du Québec.
Mme de Santis :
Ma question n'était pas sur le mot «protocole», et je comprends bien ce que
vous dites et la définition de «protocole». C'était le mot «préjudiciaire».
M. Chamberland
(Luc) : …avant, avant le judiciaire.
Mme de Santis :
Mais, dans votre explication, ça peut inclure des démarches qui pourront être
utilisées. Et alors, si c'est un protocole préjudiciaire qui pourra… et
ce qu'on fait peut être utilisé pendant le procès, ça, les règles qui s'appliquent à ça ne sont pas les mêmes règles qui
s'appliquent au mode privé, parce que tout ce qui se passe à l'intérieur
des modes privés est confidentiel.
Chamberland (Luc) : Non, pas tous les… Les modes privés de
règlement, c'est une façon de régler le litige, mais, quand on est
devant un tiers, oui, c'est confidentiel. Mais la négociation, là, ce n'est pas
nécessairement privé, là. Quand on fait un
protocole préjudiciaire, on établit un échange d'information pour pouvoir
essayer de régler le litige, comme si on faisait un procès. Mais là on n'est
pas… Quand on a un tiers qui assiste... Regardez, on a des définitions aussi, quand on… «4. Les parties qui choisissent
de prévenir [ou de régler un différend] qui les oppose [avec un tiers] s'engagent à préserver la confidentialité...» Là,
c'est quand on a un tiers. Ici, on n'a pas un tiers, un protocole
préjudiciaire. On fait ces… On s'échange des informations, des expertises.
Alors, ce n'est pas confidentiel, là…
Pour
vous expliquer ça mieux, il y a différents… Les PRD, il y a plein de
choses : il y a de la négociation, il y a de l'assistance d'un
tiers, il y a de l'échange d'information, il y en a de toutes sortes. Il faut
les placer dans les bonnes cases pour voir
lesquels sont liés par la confidentialité. Et ceux qui sont liés par la
confidentialité, essentiellement, que ce soit un juge ou un tiers, c'est… quand le tiers assiste les parties pour
régler le litige, bien, évidemment, il va chercher des informations
souvent confidentielles. Il fait ce qu'on appelle des petites réunions de huis
clos quand les autres parties ne sont pas
là. Ils demandent la permission; je vais rencontrer la
partie adverse sans que
vous soyez là, puis là il y a de l'information. Puis là il va rencontrer
l'autre
partie puis… sans la
partie adverse. Il y a de l'information et il
essaie de concilier ça pour en arriver à un
règlement. Alors, évidemment que ce genre d'information là ne doit pas être
dévoilée en cour d'aucune façon, parce que
sinon, ça ne marcherait pas, puis les gens ne participeraient pas à ces
processus-là. Alors, c'est deux choses, en tout respect, différentes, à
mon sens.
Le Président (M.
Marsan) : Ça va? M. le député de LaFontaine.
M. Tanguay :
J'ai deux commentaires. Là, je comprends qu'on va tantôt de l'amendement,
tantôt sur l'article principal, O.K. Alors, la discussion est ouverte, là, sur
les deux. Donc, par souci d'efficacité, ma deuxième question, justement, sur le protocole préjudiciaire, ici, c'est une
réflexion, un constat, autrement dit qu'avec l'article 2, «les parties qui s'engagent»… autrement dit, si vous
allez vous mettre les doigts là, attention parce que ce n'est pas anodin
comme processus. Et là il y a des obligations :
tenues d'y participer de bonne foi, évidemment, preuve de transparence,
coopération active.
si, d'aventure, il y avait un protocole judiciaire, bien là c'est comme une
sorte de précontrat. Ça pourrait, le cas échéant, être sanctionnable. Autrement
dit, si vous avez joué tout croche la
partie dans laquelle nous nous étions engagés, nous, de bonne foi, il pourrait y avoir
carrément un retour… un recours aux tribunaux, là. Donc, ça, je pense qu'on
conçoit que, d'aventure, il pourrait y avoir des sanctions dans ce qui, au
départ, se veut tout simple et de bonne foi, mais
là on fait naître réellement, là, une catégorie, un chemin qui, si, d'aventure,
on l'emprunte, bien, on ne pourra pas le traverser n'importe comment.
Alors, ça, je comprends ça puis je vois que vous…
question était sur… c'était une réflexion, ce n'était pas une question, mon
deuxième point, sur l'amendement. Quand
on dit : «Ils sont en outre tenus, dans leurs démarches et ententes, de
respecter les droits et libertés de la personne et les autres règles d'ordre
public», moi, je fais un parallèle… puis c'est une réflexion, là, ce n'est pas
une question, vous aurez peut-être des
commentaires là-dessus, avec 1373 du Code civil du Québec. Autrement dit, un
contrat doit avoir une cause, un
objet licite. Et, évidemment, jusqu'à un certain point, ce qui est un règlement
hors cour, c'est en quelque sorte tombé
dans des obligations contractuelles qu'on pourrait d'aventure homologuer et lui
donner, entre autres — je ne sais pas si on touche à la prescription de 10
ans — une
force d'un jugement qui est valide pour 10 ans.
Mais
je dresse le parallèle avec 1373 du Code civil du Québec, où l'on dit : «L'objet
de l'obligation — on est
en matière contractuelle — est
la prestation à laquelle le débiteur est tenu envers le créancier et qui
consiste à faire ou à ne pas faire quelque chose.
«La prestation doit
être possible et déterminée ou déterminable; elle ne doit être ni prohibée par
la loi ni contraire à l'ordre public.»
Moi,
je l'assimile à 1373 en matière contractuelle et, corrigez-moi si j'ai tort,
mais je vois que là on y fait écho également,
tout comme on ne pourrait pas contractuellement aller à l'encontre de l'amendement
qui est soumis ici, là.
M. Chamberland
(Luc) : …votre parallèle très intéressant. C'est un peu ça, la
matière, finalement, hein? C'est ça, la
matière, la cause du contrat. Ici, par
exemple, si on voulait, par des modes
de PRD, changer l'affiliation, c'est contraire à l'ordre public, ça ne
serait pas permis, comme dans votre contrat. Alors, c'est exactement ça qu'on
vise, en plus de pas qu'il n'y ait de caractère discriminatoire, au contraire.
Moi, je ferais remarquer, ce n'est pas juste la discrimination de la charte, c'est
assez large. Il y a beaucoup d'articles, mais c'est des droits fondamentaux
auxquels on ne peut pas toucher.
M. Tanguay : …par définition, sont d'ordre public. Alors, juste l'expression
«ordre public» aurait englobé le tout.
M. Chamberland
(Luc) : Ça prenait un message parce qu'on avait… ce genre de
situation couvre aussi des questions d'origine
ethnique, à la fois de religion. Il y a plusieurs… parce qu'on est dans l'indéfinissable,
on ne pourra jamais dénombrer tout ce
que ça peut contenir. Et, vu qu'on ne peut pas le dénombrer, il nous semblait
important d'avoir un rempart sûr. Quoi de mieux que la charte québécoise
et l'ordre public?
Le Président (M.
Marsan) : D'autres commentaires ou questions sur l'amendement?
Sinon, est-ce que vous êtes prêts à voter sur l'amendement? Est-ce que l'amendement
à l'article 2 est adopté?
Président (M. Marsan) :
Est-ce que vous avez d'autres commentaires à faire sur l'article
2 tel qu'amendé? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Je réfère à la réponse qu'on m'avait donnée tout à l'heure sur la définition de
protocole préjudiciaire. Est-ce que les
démarches qui se font entre les individus pour respecter cette obligation de
devoir considérer les modes privés de
règlement... Est-ce que les renseignements qu'ils
apprennent pendant ce processus-là peuvent être utilisés plus tard par
eux devant la cour? Parce que je n'ai pas… Je croyais que — peut-être,
j'avais mal compris dans ma tête — tout
ce qui se passait avant qu'on procède en cour, si c'était parce qu'on procédait par mode privé de
règlement, était confidentiel et ne pouvait pas être utilisé plus tard par une
partie ou l'autre devant la cour.
Mme de Santis :
Bien, c'est ça que je crois que 4 dit, mais je n'ai pas compris ça dans la
réponse.
Chamberland (Luc) : ...précis, probablement... Je ne le sais
pas, mais probablement que, quand ils font le protocole préjudiciaire,
ils prévoient aussi peut-être expressément que ça va être dévoilé, parce que l'objectif
du protocole, comme je l'ai expliqué, ce n'est
sûrement pas de refaire d'autres expertises, là. C'est comme un protocole
presque comme à la cour. Alors, tant la
partie qui représente le médecin que la
partie demanderesse veut pouvoir l'utiliser après,
sinon ce serait une perte de temps. Et, pour l'article 1, dernier alinéa, c'est
le summum de l'avoir considéré, les modes alternatifs, puisqu'ils ont
engagé un processus de plusieurs mois, exhaustif. Ça, on ne peut pas leur
demander plus d'efforts, là.
Mais, pour répondre à la question, je suis
convaincu que c'est public, là, qu'on peut… bien, public, ce n'est pas public parce que le public n'assiste pas aux
interrogatoires, mais ce n'est pas confidentiel, et ils peuvent le
déposer à la cour. Est-ce que c'est par
contrat dans le protocole? Je ne le sais pas, je n'ai jamais fait ce genre de
poursuite là, mais c'est comme ça que ça se fait en pratique.
Le Président (M. Marsan) : Oui,
Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Question.
Si les parties, de bonne foi, s'adressent… prend un processus de règlement ou
de prévention — on
va prendre de prévention — et
là, en cours de route, une
partie veut se retirer — ça, ça peut arriver — je suis allée voir les autres articles et…
Est-ce que la
partie peut se retirer sans qu'il y ait des conséquences?
À un moment donné, il peut arriver un
problème en cours de route. Et là je n'ai pas trouvé nulle part, je n'ai pas
trouvé à aucun endroit si une des parties, par exemple… Ça ne veut pas
dire qu'elle est de mauvaise foi. Il va voir quelqu'un, il va en médiation, par exemple, il essaie de régler ou… arbitre, et, à
un moment donné, il y a une des parties qui veut se retirer parce qu'il y a quelque chose qui ne va
pas. C'est quoi qui est prévu à ce moment-là? Est-ce qu'on va dire qu'il
est de mauvaise foi? Qu'est-ce qui va arriver? Il n'y a rien de prévu, j'ai
regardé. Est-ce qu'on va le taxer de mauvaise foi? Est-ce qu'il va… Quel
article?
Chamberland (Luc)
: …614, là, sur la médiation, qui se lit
comme suit : «Une
partie peut, en tout temps, selon sa seule
appréciation et sans être tenue de dévoiler ses motifs, se retirer du processus
ou y mettre fin.» Vous voyez?
St-Laurent :
…un autre mode? Arbitrage, par exemple, est-ce que c'est prévu, arbitrage? Il
ne peut pas se retirer, c'est ça.
Chamberland (Luc) : Non, parce que ça, c'est ce qu'on appelle
une clause provisoire parfaite qui fait qu'on renonce au tribunal pour
obliger les parties à aller vers l'avant.
Mais, si je peux tenter de répondre à votre
question, c'est que, finalement, si… Quand les tribunaux vont regarder ces dispositions-là, il y a beaucoup d'articles
de doctrine là-dessus, faits par des avocats, des avocats médiateurs, et
ils vont voir que l'essentiel de ça, c'est
la liberté, la liberté d'y aller et la liberté aussi forte de sortir de là s'ils
ne sont pas satisfaits. Même si c'est
juste une question d'émotion, ils ne se sentent pas à l'aise avec ça, ils
peuvent retirer... Puis c'est ça la quintessence, si je puis dire, de ce
processus-là, ce n'est pas un processus obligatoire. Donc, il ne faut jamais
punir les parties à différentes étapes.
Et moi, je
pense que ça va être appliqué, conformément à la doctrine, avec très, très grande
souplesse, à moins qu'une partie, contrairement à l'article 2, s'est
appropriée des informations de mauvaise foi, n'a pas respecté la transparence, la proportionnalité, a fait
provoquer des coups. Ça va être les cas extrêmes. Parce qu'autrement il faut
que ça reste souple parce qu'à ce moment-là ce n'est plus… ils vont vous
dire : Ce n'est plus un vrai PRD parce que les parties ne sont pas libres. Puis, s'ils ne sont pas libres, quand ils
vont signer à la fin, ils vont être insatisfaits, et leur liberté ne sera pas respectée parce qu'ils ne le voulaient
pas. Ce n'est pas comme une décision judiciaire qui s'impose aux
parties, qu'on soit d'accord ou non. C'est ça, la…
Le Président (M. Marsan) :
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, une dernière… Non? Ça va? Alors, est-ce
que tout le monde est d'accord pour voter sur l'article 2 tel qu'amendé? Est-ce
que cet
article est adopté?
Président (M. Marsan) : Adopté. Je vous proposerais, à ce
moment-ci, de faire une courte pause de cinq minutes, et nous reprenons
nos travaux immédiatement après, avec l'étude de l'article 3.
Alors, no