Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 15 April 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CAPERN 2019-04-15
Quebec — Committees
Président (M. Lemay) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des
pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte. Je demande à toutes les personnes
présentes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
Et la commission est maintenant réunie pour
procéder à l'étude du volet Énergie et Ressources naturelles des crédits
budgétaires du portefeuille Énergie et Ressources naturelles pour l'exercice
financier 2019‑2020.
Une enveloppe de sept heures a été allouée pour
l'étude de ces crédits. Nous allons débuter par un premier bloc de
quatre heures, aujourd'hui, et terminer avec un bloc de trois heures demain.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Ghazal (Mercier)
remplace Mme Lessard-Therrien (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)
et M. Gaudreault (Jonquière) remplace M. Roy (Bonaventure).
Le Président (M. Lemay) :
Merci. Nous allons donc débuter par les remarques préliminaires, puis nous
allons procéder à une discussion d'ordre
général par blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions et les
réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la toute fin
du temps qui leur est alloué, soit demain, le 16 avril.
Donc, nous avons débuté nos travaux à
14 heures, donc nous allons terminer à 18 heures.
Alors, nous débutons avec des remarques
préliminaires. Et, M. le ministre, vous disposez de 17 minutes.
M. Julien :
Alors, merci, et merci, M. le Président. Chers collègues, je suis heureux de me
trouver ici, parmi vous, pour l'étude des crédits du ministère ainsi que
ceux des organismes relevant de moi.
Avant de commencer, M. le Président, je me
permets de vous présenter les gens qui m'appuient aujourd'hui dans le cadre de nos travaux. Alors, il y a M. Pierre-Yves
Boivin, mon directeur de cabinet; M. Éric Martel, président-directeur
général d'Hydro-Québec; M. David
Murray, chef de l'exploitation et président d'Hydro-Québec Production; M. Éric
Filion, président
d'Hydro-Québec Distribution; M. Jean-Hugues Lafleur, vice-président
exécutif et chef de la direction financière du risque chez Hydro-Québec; Mme Élise Proulx, vice-présidente
Communications, Affaires gouvernementales et autochtones, Hydro-Québec; Mme Julie Boucher, directrice principale
Communiations, Affaires publiques et gouvernementales chez Hydro-Québec;
et Mme Dominique Savoie, sous-ministre de l'Énergie et des Ressources
naturelles.
Le ministère
de l'Énergie et des Ressources naturelles, M. le Président, c'est un vaste
ministère. De plus, j'ai la chance
d'avoir, sous ma responsabilité, trois sociétés d'État qui jouent un rôle
majeur dans l'économie du Québec. On parle d'Hydro-Québec, de Transition
énergétique Québec et de la Société du Plan Nord.
Nous
soulignons, cette année, le 75e anniversaire d'Hydro-Québec. Après trois
quarts de siècle, le rayonnement d'Hydro-Québec
dépasse largement nos frontières. D'ailleurs, j'ai eu la preuve la semaine
dernière, alors que j'étais de passage à Berlin pour le dialogue sur la
transition énergétique, la cinquième édition, un événement qui rassemblait plus
de 2 000 personnes, 90 pays
pour parler de transition énergétique. Et, lors de mon séjour en Europe, M. le
Président, j'ai pu apprécier à quel
point le savoir-faire et l'expertise d'Hydro-Québec sont reconnus à travers le
monde, à quel point le Québec fait effectivement l'envie de nombreuses
nations et que notre société d'État jouit d'une renommée extraordinaire.
Chez nous, Hydro-Québec est aussi et surtout une
formidable source d'enrichissement collectif. Nous n'avons d'ailleurs qu'à prendre, par exemple, les
résultats financiers pour l'exercice terminé le 31 décembre 2018, alors
que le bénéfice net s'est établi à près de 3,2 milliards de
dollars. De plus, l'an dernier, Hydro-Québec a enregistré un volume record d'exportations d'électricité avec 36,1 TWh.
En 2018, Hydro-Québec versera au gouvernement un dividende de
2,4 milliards de dollars, et,
quand on prend toutes les contributions d'Hydro-Québec au gouvernement, ça
s'élève à 4,5 milliards de dollars quand on ajoute, naturellement,
les versements des droits hydrauliques, les taxes et autres contributions.
Un des grands
défis, pour les prochaines années, pour notre gouvernement et pour
Hydro-Québec, sera certainement d'exporter notre électricité à
l'extérieur des frontières du Québec. Parce que tous nos voisins sont aux
prises avec des défis d'approvisionnement en électricité — on
veut réduire les gaz à effet de serre pour lutter contre le changement climatique — le Québec doit être la batterie du nord-est
de l'Amérique. Nous pouvons aider les provinces et les États voisins à
réduire leurs coûts d'approvisionnement tout en leur permettant de remplacer le
charbon, le gaz, le nucléaire par une énergie propre
hydroélectrique. Comme ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, j'ai
la conviction que notre énergie propre doit
aussi devenir un facteur d'attractivité pour les investissements privés ici
même sur notre territoire. Dans un
contexte où nous sommes tous confrontés aux défis des changements climatiques,
l'énergie propre du Québec va devenir un facteur clé dans les décisions
d'investissement ici, chez nous.
Notre passage en Europe nous a aussi donné l'occasion de
faire connaître les attraits du Nord québécois en matière d'infrastructures et de mettre non seulement en valeur le
potentiel minéral, mais également le
potentiel forestier, le potentiel énergétique,
le potentiel culturel et touristique du Québec, tout ceci dans le but ultime,
M. le Président, d'un développement économique fort au Québec.
Transition
énergétique Québec, maintenant, c'est quoi, le mandat? Trois choses :
concevoir et livrer des programmes de
transition énergétique, produire et mettre en oeuvre le plan directeur de la
transition énergétique du Québec et accompagner tous les acteurs et encourager
l'innovation. Le programme de Transition énergétique Québec en efficacité
énergétique et en réduction des
émissions de gaz à effet de serre s'adresse aux différentes clientèles, à
toutes les clientèles consommatrices d'énergie
partout au Québec. Fait à noter : 90 % des sommes remises à
Transition énergétique Québec sont redistribuées en aide financière à sa clientèle. TEQ est donc une grande contributrice
à la réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec par des
programmes dans le secteur des transports, de même qu'auprès des marchés
résidentiel, commercial, institutionnel
et industriel. La vision de notre gouvernement, M. le Président, est de faire
de la transition énergétique un incontournable,
un réflexe, une habitude. Une habitude chez qui? Chez les citoyens et,
naturellement, chez les entreprises. Rappelons, par ailleurs, M. le
Président, que le budget du gouvernement du Québec pour l'année 2019‑2020
prévoit 521,5 millions de dollars pour la poursuite des programmes de TEQ.
On parle de Roulez vert, Technoclimat, Biomasse forestière résiduelle et ÉcoPerformance, entre autres. Il prévoit
également un peu plus de 130 millions de dollars pour de nouvelles mesures touchant, entre autres, de
l'aide pour les grands projets industriels dans la transition énergétique.
Enfin, TEQ sera appelée à jouer un rôle actif pour accompagner des
entreprises dans leur transition énergétique.
La Société du
Plan Nord vient de boucler, pour elle, sa quatrième année d'activité. Oui, nous
avons à coeur le succès du
développement nordique du Québec, et la Société du Plan Nord est assurément
l'acteur essentiel pour nous permettre de
développer ce vaste territoire, 1,2 million de kilomètres carrés, trois
fois la superficie de l'Allemagne, je le rappelais à mes collègues de
l'Allemagne. Donc, on peut le développer de manière durable, de manière
cohérente. L'équipe de la Société du Plan Nord, qui coordonne l'action
gouvernementale au nord du 49e parallèle, a développé, depuis sa création,
une fine connaissance du territoire nordique
et de ses enjeux, de sa population. Elle met en valeur le potentiel économique
du Nord, et ce, tout en soutenant le développement et le mieux-être des
communautés nordiques.
J'ai, aujourd'hui, le plaisir de vous présenter
quelques réalisations concrètes de a Société du Plan Nord. Il y a naturellement Pointe-Noire, Pointe-Noire pour
l'exploitation minière. La Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire
est propriétaire des installations stratégiques qui permettent l'expédition de
minerai à partir de Sept-Îles. La Société du
Plan Nord, qui est l'un des propriétaires, s'assure d'offrir un accès à tous
les usagers potentiels de manière équitable, dans une logique multiusagers. Le service de...
Pointe-Noire sont rendus au meilleur coût possible et sont adaptés aux besoins
des clients. Depuis sa mise en place, plus de 140 emplois ont été créés,
de grande qualité, pour les opérations à Sept-Îles.
La société de Pointe-Noire répond aussi aux
besoins d'entreprises minières actives de la Côte-Nord et du Labrador, mais
surtout favorise quoi, M. le Président? Ça
favorise l'opération de nouvelles mines au Nord-du-Québec. Nous avons
d'ailleurs annoncé un investissement majeur pour la société de Pointe-Noire
dans le cadre de notre premier plan budgétaire, le 21 mars dernier : une enveloppe de 50 millions de
dollars servira à accroître la capacité des installations justement pour
pouvoir amener d'autres joueurs et diversifier les multiusagers.
Il y a un
projet pilote aussi qui me tient à coeur, de serres, à Kuujjuaq. La Société du
Plan Nord a également réalisé, au
cours de la dernière année, la première étape de son projet pilote de
valorisation énergétique de matières résiduelles et de serres commerciales en milieu nordique. On parle
de Kuujjuaq, au Nunavik. En collaboration avec la communauté, la Société
du Plan Nord a participé à la mise en place,
en décembre, d'une serre conteneur. Grâce à une aide financière de
350 000 $ de la Société du Plan Nord, les résidents de Kuujjuaq ont
maintenant accès à des végétaux frais. Cet investissement a permis à la
Société Makivik d'acquérir un système hydroponique composé de serres
conteneurs. Ce projet concret, ce projet d'économie
circulaire mené avec le village nordique de Kuujjuaq se démarque par son côté
novateur. Une première récolte a eu
lieu en février. Les produits de cette première récolte ont été distribués
gratuitement au dépanneur de Kuujjuaq, les végétaux de la production y
sont maintenant vendus alors qu'une
partie de la production est distribuée
gratuitement à des organismes locaux tels que des résidences pour aînés.
La Société du Plan Nord gère également le Fonds
d'initiatives du Plan Nord, un autre levier de développement économique et social. Il permet de compléter, en
appui, certains montages financiers et d'assurer de mettre sur les rails des
projets propulsés par la communauté, par le milieu. Pour chaque dollar
provenant de ce fonds, 5 $ sont investis sur le territoire. Donc, c'est un levier qui permet d'accompagner à
l'investissement. En novembre, 39 projets variés ont été autorisés
dans le cadre du Fonds d'initiatives du Plan Nord au bénéfice de la communauté.
Il y a
également... Un des objectifs de la Société du Plan Nord est d'améliorer les
infrastructures de télécommunications au nord du 49e parallèle, un
vaste défi. L'accès aux technologies numériques de pointe est aujourd'hui
essentiel au développement économique et
social du territoire du Nord. Elles peuvent notamment faciliter, entre autres,
l'accès à des services de santé,
l'accès à l'éducation, l'accès à la justice. En effet, plusieurs projets de
télécommunications sur le territoire nordique continuent d'avancer, et
nous nous dirigeons rapidement vers des résultats très concrets. Le
rehaussement de l'ensemble du réseau de la
Basse-Côte-Nord, un projet soutenu financièrement par la Société du Plan Nord,
sera concrétisé d'ici 2021.
23 millions de dollars seront consacrés à ce projet. Le rehaussement des
équipements augmentera de 40 fois, M. le Président, de 40 fois
la capacité de bande passante. Des travaux importants seront réalisés cet été
sur le terrain. Nous
avons également franchi une étape importante pour les communications au Nunavik
alors que 125 millions de dollars seront conjointement investis par
la Société du Plan Nord et le gouvernement fédéral.
Je tiens
aussi à rappeler que le budget déposé par le ministre des Finances consacre
plus de 140 millions de dollars à des mesures touchant directement
la Société du Plan Nord. Dans ce budget, par exemple, une enveloppe de
5 millions de dollars est prévue pour soutenir la formation de la
main-d'oeuvre locale et autochtone en milieu nordique. Ces fonds permettront
notamment d'élaborer les formations répondant à des besoins très particuliers
du Nord-du-Québec et pour favoriser l'intégration des travailleurs autochtones
au marché du travail.
Une autre
mesure annoncée dans le budget du gouvernement du Québec est le projet QcRail,
on en a déjà discuté. En effet, 7,5 millions de dollars sont
réservés afin de soutenir la réalisation d'une étude de faisabilité pour ce
projet. Le projet QcRail, c'est quoi? C'est
une initiative qui émane des représentants locaux de la Côte-Nord, qui vise à
créer un nouveau corridor commercial
combinant le transport ferroviaire et, naturellement, notre plus grande
richesse au Québec, le transport
maritime, pour faciliter les exportations de marchandises en vrac. L'étude de
faisabilité permettra d'évaluer le plein potentiel de ce projet.
Notre budget 2019‑2020
appuie aussi la mise en place d'une logistique de transport pour approvisionner
la Côte-Nord en gaz naturel liquéfié. 25 millions de dollars sur trois ans
y sont réservés. Une autre enveloppe de 45 millions... parce qu'on peut amener le gaz, mais 45 millions de dollars, l'autre enveloppe pour
trois ans, visent à favoriser la conversion au gaz naturel des équipements des grands consommateurs
industriels de la Côte-Nord, qui sont
actuellement alimentés par du mazout.
Juste pour cette conversion, M. le Président, on parle d'une économie de
100 000 tonnes, l'équivalent de 25 véhicules... 25 000
véhicules, excusez-moi. Donc, c'est important.
Vous le savez, j'ai le succès du développement
du Nord québécois à coeur. Notre vision de ce développement se veut une démarche par projets, qui généreront
des résultats concrets et mesurables. Nous souhaitons aller de l'avant avec
une feuille de route claire et des projets porteurs qui feront la différence.
J'ai pu rencontrer de nombreux élus du Nord. Ils
travaillent avec nous, avec la table des partenaires de Mme Manon Cyr
également, pour justement que les actions du Plan Nord soient concrètes
pour les communautés locales.
En matière
d'énergie, et de mines, et de territoire, les employés s'affairent à mettre à
valeur les richesses naturelles du Québec. En plus des talents et des
compétences remarquables que je découvre depuis quelques mois au sein
des équipes, j'ai la chance d'être à la tête
d'un ministère qui gère un bel éventail de ressources naturelles de façon
remarquable.
Bien que nous posions des gestes en matière
d'électrification, nous devons également soutenir le secteur du gaz naturel pendant la période de transition
énergétique. Ainsi, nous continuons à rendre compétitives plusieurs
municipalités du Québec
afin de poursuivre l'extension du réseau de gaz naturel... dans le dernier budget,
47,6 millions de dollars pour réaliser
un projet additionnel d'extension du réseau du gaz naturel à Montmagny. Nous
souhaitons également favoriser une utilisation accrue du gaz
naturel renouvelable, c'est pourquoi on a édicté le règlement sur la quantité
de gaz naturel renouvelable devant être
livrée par les distributeurs, qui a été édicté en mars dernier, 1 %, 100 000 tonnes,
25 000 véhicules, on veut se rendre jusqu'à 5 %.
Nous tournons également notre regard vers de
nouvelles filières : l'hydrogène. C'est pourquoi l'hydrogène est dans notre mire. L'intérêt grandissant pour
l'hydrogène propre partout dans le monde, et, je vous le dis, en Allemagne, on
ne parlait presque uniquement d'hydrogène,
on veut être là également avec notre hydroélectricité. On peut être un joueur
de premier plan au Québec dans la transformation à l'hydrogène.
Pour le
secteur des mines, pour le gouvernement, le lien entre les minéraux et
l'énergie est clair, les bouleversements des modèles d'affaires, l'électrification des mines appliquée au monde
entier illustrent très bien comment le secteur énergétique et minier...
peuvent être complémentaires. Le processus pour les mines, notre grand enjeu,
le processus d'approbation des permis dans le domaine minier nécessite un
allègement. Nous nous sommes engagés, avec les ministères concernés, à
justement faire en sorte que les centaines de permis nécessaires soient faits
de manière plus agile, sans réduire les exigences
réglementaires. Comment on peut les accompagner en maintenant nos exigences
réglementaires très fortes au Québec
pour aller plus vite dans l'investissement? Nous devons également nous
préoccuper de la remise en état des sites en fin de production. Malheureusement, au cours des dernières années,
plusieurs sites n'ont pas été restaurés. On a un plan d'action d'ici
2021 pour accélérer fortement, fortement la mise à niveau et la réhabilitation
des sites miniers.
conclurais, M. le Président; comme vous voyez, le temps file, vous me
mentionnez une minute. Je n'ai pas parlé de tous les projets, on aura l'occasion d'en discuter, mais il y a
plusieurs projets qui ont franchi des étapes importantes au ministère. Les équipes du ministère sont à pied d'oeuvre
afin de poursuivre la mise en valeur durable des ressources naturelles, en respectant les préoccupations des communautés
ainsi que l'acceptabilité sociale. En somme, tous nos efforts convergent
vers un développement économique responsable qui profitera à toutes les régions
du Québec.
Maintenant,
chers collègues, nous répondrons à vos questions avec grand plaisir. Je vous
remercie. Je vous remercie, M. le Président.
Président (M. Lemay) : Merci, M. le ministre. Alors, j'invite
maintenant le porte-parole de l'opposition officielle à faire ses remarques préliminaires pour un
maximum de 11 min 20 s. M. le député de Laval-des-Rapides, la
parole est à vous.
M. Polo :
M. le Président, je décline de faire mes remarques préliminaires, donc je vais
reprendre ce temps-là parmi les questions que je vais poser plus tard.
Le Président (M. Lemay) :
Parfait, M. le député de Laval-des-Rapides, ce sera fait.
Alors, maintenant, je cède la parole à la
porte-parole du deuxième groupe d'opposition pour ses remarques préliminaires
pour un maximum de 2 min 50 s. Mme la députée de Mercier, la
parole est à vous.
Mme Ghazal :
Je fais le même choix aussi. Je vais garder ça pour... le peu de minutes que
j'ai pour plus tard, pour les questions.
Le Président (M. Lemay) :
Parfait. Mme la députée de Mercier, ce sera fait.
Alors, je
comprends aussi que le troisième groupe d'opposition souhaite reporter son
temps prévu pour ses remarques préliminaires pour son bloc d'échange.
Alors, nous
allons maintenant poursuivre avec un premier bloc d'échange, et je suis prêt à
reconnaître une première intervention
de l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. M. le député de
Laval-des-Rapides, la parole est à vous.
M. Polo : Juste me confirmer,
en répartissant le temps, ça donne combien de temps?
Le Président (M. Lemay) : Donc,
ça sera un bloc de 20 minutes, M. le député.
M. Polo : 20 minutes
exactement?
Le Président (M. Lemay) :
Voilà.
M. Polo :
Parfait. Excellent. Alors, merci beaucoup, mes chers collègues, M. le
Président, M. le ministre, M. le P.D.G. et toute l'équipe du ministère,
Hydro-Québec, salutations à tout le monde.
Écoutez, je
vais... d'entrée de jeu, merci, M. le ministre, là, pour vos remarques
préliminaires, qui ont couvert pas mal
de sujets, là, mais, d'entrée de jeu, j'aimerais couvrir autant avec vous, mais
également avec M. Martel, là, le sujet de l'alliance énergétique. C'est un sujet qui a été longuement, si on peut
dire, dévoilé, présenté en public sur la volonté... en fait, ce n'est
pas juste la volonté du gouvernement, mais la volonté des Québécois...
Je pense que
je tiens à saluer, à vous féliciter, là, de souligner les 75 ans
d'Hydro-Québec, parce que c'est une fierté pour tous les Québécois, et je pense que c'est dans l'intérêt de tous
les Québécois que non seulement
Hydro-Québec aille bien, mais qu'on peut justement,
dans le contexte actuel, qui est encore plus propice aux exportations, si on
peut dire, à cet or bleu qu'on a, au Québec, de le rendre encore plus
disponible, et surtout d'en faire profiter nos voisins...
J'aimerais commencer par M. le P.D.G. Le premier
ministre et le ministre se sont longuement avancés sur les possibilités d'exporter vers l'Ontario, notamment, suite à un voyage et une rencontre avec le premier ministre de l'Ontario. De quelle façon Hydro-Québec a déjà
entamé ces discussions-là? Parce que, on s'entend, c'étaient des discussions politiques,
mais il y a tout un travail de fond
qui est également fait par Hydro-Québec. Quel est ce travail-là qui a été entamé, si
c'est possible, là? Quel est le
travail... Puis j'imagine que ça ne date pas de l'automne, mais ça doit déjà
avoir fait preuve d'un certain travail bien avant ça. En quoi consiste
ce travail de fond qui a été fait pour évaluer ou identifier les opportunités
d'augmenter les exportations vers l'Ontario?
M. Julien : Je vais juste
commencer à répondre, puis M. Martel va pouvoir prendre la suite très rapidement.
Naturellement, l'alliance énergétique, on le mentionne, on le répète, on discute naturellement conjointement avec Hydro-Québec, l'objectif, on le mentionne, c'est nos surplus énergétiques,
au Québec, les surplus hydroélectriques, on veut les exporter. Le Massachusetts s'en vient très bien,
l'entente avec le Maine chemine, et effectivement l'Ontario fait face
actuellement... C'est surtout des centrales nucléaires, en Ontario,
je pense qu'il y en a 18, et plusieurs d'entre elles vont nécessiter, dans les
prochaines années, de faire du maintien d'actif de très, très haut niveau, très,
très coûteux. Alors, à la fois avec nos
voisins de l'Ontario, mais effectivement avec New
York — on a déjà une entente avec l'Ontario, mais qu'on pourrait bonifier — l'objectif,
c'est de discuter avec eux pour bien démontrer les fondements admirables de
l'énergie renouvelable du Québec
dans une transition énergétique. Alors, on a ces objectifs-là, les discussions
avec le sud, avec nos voisins latéraux. Donc, je laisserai M. Martel
poursuivre.
Le Président (M. Lemay) : ...le
consentement, on pourrait laisser la parole à M. Martel. Est-ce qu'on a le
consentement? Consentement. Parfait. Donc,
M. Martel, je vous inviterais à vous nommer, ainsi que votre titre, pour
les fins d'enregistrement, et ensuite la parole est à vous.
M. Martel (Éric) : Merci, M. le
Président. Éric Martel, alors, président-directeur général d'Hydro-Québec.
Je vous
remercie pour votre question au ministre, que je vais supporter dans la réponse, parce
que, tu sais, d'entrée de jeu,
la première chose que je dirais, c'est qu'on est vraiment dans une situation
enviable, le Québec. On a une ressource renouvelable, comme
vous le savez, à plus de 99 %, pour fabriquer notre électricité. C'est,
disons... tous les pays du monde aspirent à ça, hein, pour aider le
grand défi qu'on a, des changements climatiques. Alors, ça nous permet
évidemment, au Québec, d'être dans une
position de choix, parce qu'il y a encore beaucoup de choses qu'on peut
électrifier ici, mais aussi on peut contribuer à décarboniser nos
voisins, entre autres, l'Ontario, entre autres, la Nouvelle-Angleterre, le
Nouveau-Brunswick, l'État de New York, qui
produisent encore beaucoup de leur électricité avec du mazout, et évidemment
pollué.
On est toujours très fiers de dire, chez
Hydro-Québec, que, juste l'an dernier, nos exportations, qui s'élevaient à 36 TWh, c'était l'équivalent de retirer plus de
2 millions de véhicules de la circulation. On utilise toujours, cette
figure-là, parce
que, quand on parle de térawattheures, c'est difficile de rationaliser le tout,
mais, clairement, 2 millions de véhicules, ça, ça parle aux gens beaucoup, c'est presque 40 % des véhicules
qu'on a sur nos routes, au Québec, donc, qui seraient retirés du jour au
lendemain. Alors, déjà, le Québec, on a une contribution importante, hein,
évidemment, à réduire l'effet des changements climatiques, parce qu'on se
substitue, on remplace des sources qui sont polluantes.
Évidemment,
sur le plan économique, c'est extrêmement intéressant pour Hydro-Québec
d'exporter. Je rappelle toujours que
les Québécois ont un contrat, évidemment, privilégié avec Hydro-Québec, hein,
où on paie, puis là je parle du coût
de production avec lequel le producteur... environ à 0,03 $ du
kilowattheure. Quand on le vend à l'exportation, en général, on obtient le double du prix. Alors,
c'est pour ça que l'efficacité énergétique, au Québec, si on est capables de
réduire notre consommation, et de prendre
ces kilowattheures-là, et de les exporter chez nos voisins, collectivement, on
s'enrichit, et c'est la bonne chose à faire.
Alors, vous
souhaitiez que je commente sur nos discussions. Moi, je suis à la barre
d'Hydro-Québec depuis bientôt quatre ans, et, vous le savez, ça a été,
dès le début, une priorité de dire... dans notre plan stratégique, on a
clairement dit... On a construit de la capacité de production, hein? Vous savez
qu'on a mis en opération, depuis 2003, environ une quinzaine de nouveaux barrages, on a encore la Romaine-4 qui est en
construction, et ça, ça a généré de la nouvelle capacité.
En parallèle
avec ça, le Québec est resté au même
niveau de consommation. Alors, c'est pour ça qu'on se ramasse dans une situation de surplus. Je vous rappelle
que, l'été dernier, on a déversé 10 TWh, et ça, pour nous, chez Hydro-Québec,
c'est un sacrilège, de ne pas réussir à
monnayer de l'eau qui passe dans nos turbines. Alors, force est d'admettre que
la cause de ça, c'est qu'on n'a pas
suffisamment d'interconnexions avec nos pays voisins. Alors, c'est pour ça que
la priorité, depuis quatre ans, c'est de construire.
On a
d'ailleurs, avec beaucoup de succès, réussi à remporter un appel d'offres, qui
était, je vous dirais, le plus grand appel d'offres qu'on a jamais gagné il y a
quelques années. Alors, présentement, on en train d'obtenir les permis. Je vous
annonce que, la semaine dernière, on a
obtenu le permis de l'État du Maine, un des permis, qui est très, très, très
important, qui vient du Public
Utilities Commission — c'est un peu le pendant de la Régie de
l'énergie au Québec. Alors, on était très heureux de ça. Ça fait qu'on progresse à, évidemment, mettre une
nouvelle ligne qui va nous permettre d'exporter davantage.
Dans nos
surplus, nous avons environ la capacité de faire une autre grosse ligne comme
ça et peut-être une plus petite,
mais... Alors, sur quoi on travaille présentement, en collaboration avec le gouvernement, si on en a une qui est en train de bien
progresser... et l'autre, on doit la faire avancer, et l'Ontario
pourrait être une possibilité. New York pourrait être une possibilité,
et on pourrait en faire d'autres aussi au Massachusetts.
Le Président (M. Lemay) :
Parfait. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Puis je vais y aller
avec des questions des fois un peu plus courtes. Puis je pense que vous l'avez
dit, M. Martel puis M. le ministre, pour vous, c'est vos premiers crédits, mais, M. Martel, c'est sûrement
ses quatrièmes crédits. Donc, vous
saurez puis vous apprendrez, M. le
ministre, que, des fois, on va aussi
gérer le temps en fonction de la longueur de la question. On détermine
la longueur de la réponse également.
Parlez-nous
des surplus. On a combien de surplus? Ça représente combien en surplus actuellement? Parce que je vous entends : on a de la capacité de
production, etc., avec La Romaine, etc., qui... On parle de combien de surplus?
Ça représente combien en surplus actuellement?
M. Julien : ...mais, encore une fois, M. Martel va
pouvoir compléter et y aller dans plus de détails. Naturellement, il y a le surplus, en fin de compte, de la distribution
et il y a les surplus, en fin de compte, de la
production, qui sont deux notions assez distinctes en réalité, donc,
quand on dit qu'on a de la capacité, par exemple, qu'on a dit que le projet Apuiat, à
titre d'exemple, qu'on aura des
besoins de développement parce
qu'on aura écoulé nos surplus, on pourra aller de l'avant avec du
développement.
Alors, les surplus est une notion, en fin de
compte, assez complexe. Je laisserai M. Martel compléter.
M. Martel
(Éric) : Alors, je vais... Merci, M. le Président. Alors, je vais
tenter de vulgariser ça. On a environ, je vous le disais tantôt, 20 quelques térawattheures
sur lesquels on pourrait s'engager à des contrats long terme. Parce que,
évidemment, la quantité de surplus varie
d'année en année selon l'hydraulicité, selon les pluies et les accumulations de
neige que nous aurons eues pendant l'hiver. Alors, tout ça, évidemment, on a
l'expertise, les experts chez Hydro-Québec vont regarder les quantités. L'an passé, on a, comme je vous disais,
exporté 36 TWh. Nous, on dit : C'est sûr qu'on ne pourrait pas s'engager à 36 dans les contrats fermes, parce
qu'évidemment, on doit prévoir qu'il y a des années qu'il y aura moins d'hydraulicité. Mais, par contre, on est très
confortables à s'engager à 23, 24 TWh sur des ententes à long terme.
Déjà, avec celle du Massachusetts, on
en a environ une dizaine, alors c'est pour ça qu'un peu plus tôt, je
disais : On pourrait s'engager pour un autre contrat de cette
taille-là, environ 10, et un plus petit. Et c'est sur ça qu'on travaille.
Alors, tu
sais, l'Ontario, il y a des possibilités aussi à plus court terme. Je vous
rappelle qu'on a signé, quand même, un
contrat avec l'Ontario de 2 TWh il y a quelques années, mais il y aurait
la possibilité... Parce que les centrales nucléaires, il y a un gros investissement qui se prépare en
Ontario, où ils vont devoir faire de la maintenance importante et investir des
sommes colossales. Et, pendant que ces
centrales-là vont être arrêtées pour faire ces grands travaux-là, on pourrait,
nous, se substituer. Et la beauté de
la situation avec l'Ontario, c'est que, pour la grande majorité, on n'a pas
besoin de construire de nouvelles
lignes. Aujourd'hui, hein, on utilise peut-être 30 % environ de la capacité d'interconnexion
qu'on a avec eux. On aimerait bien ça
leur en vendre plus, mais eux-mêmes sont dans une situation de surplus
aujourd'hui. Mais, quand ils vont
arrêter les centrales nucléaires, ça nous permettrait peut-être, et
possiblement, et c'est ça, les discussions qu'on a avec les Ontariens,
de prendre plus d'espace dans cette transition-là.
l'autre question qui pourrait être sur la table aussi, c'est : s'ils
veulent arrêter complètement les centrales nucléaires et qu'on veut les remplacer, alors là, c'est un
engagement à plus long terme et probablement pour du volume beaucoup plus
costaud.
Le Président (M. Lemay) :
Parfait. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Oui. Mais, spécifiquement, est-ce vous vous attendiez à avoir une rebuffade
comme vous l'avez eue? Je veux dire,
vous êtes allé voir le premier ministre Doug Ford avec une série de
propositions. La table avait été mise, d'une certaine façon, mais la
réponse que vous avez reçue a été sans équivoque. Est-ce que c'est...
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Polo : Comment vous
expliquez ça, M. le ministre?
M. Julien :
Écoutez, c'est des discussions qui
vont être de longue haleine. Naturellement, comme on le mentionnait, corrige-moi Éric, mais c'est bien 18 centrales
nucléaires, avec de la maintenance à très haut niveau, qui devront être faites.
Une centrale nucléaire, là, on parle de 3 à
4 TWh, donc le remplacement, le 10 TWh, c'est deux centrales, deux
centrales et demie, à peu de choses près.
Effectivement, on est en début de processus de
discussion, mais, pour nous, force est de constater que l'énergie renouvelable
du Québec va démontrer clairement, clairement à n'importe quelle personne ou
État que c'est une énergie renouvelable et
propre et qu'elle doit être considérée. Alors, ce n'est pas parce qu'on est aux
premiers balbutiements de ce genre de grandes discussions qu'il faut
baisser les bras, bien au contraire.
M. Martel
(Éric) : Je pense qu'il faut aussi comprendre — merci, M. le Président — qu'on a quand même un autre gros contrat qu'on peut aller chercher puis on a
d'autres opportunités. L'Ontario en est une, puis moi, je peux vous dire,
les discussions avec l'Ontario continuent. Alors, on n'est pas au neutre
là-dessus. On a des discussions avec New York et
on a des discussions encore aussi avec la Nouvelle-Angleterrepour possiblement
peut-être faire un autre contrat. Donc, nous avons des options. Et nous, évidemment, bien, tu sais, on veut
contribuer au défi des changements climatiques. Puis, en plus de ça, bien, c'est notre travail, comme
Hydro-Québec, d'aller chercher, pour les Québécois, au bénéfice des Québécois,
le meilleur contrat possible.
Le Président (M. Lemay) : M. le
député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Vous parlez, vous
l'avez mentionné aussi dans la revue de presse, on a pu lire que, d'ici 2021,
donc l'achèvement de la Romaine-4, il n'y avait pas de nouveau projet de
construction de nouveau barrage. Ceci dit, le gouvernement
s'est engagé à relancer, là, si on peut dire, la construction éventuelle de
barrages, même en partenariat avec d'autres
États. Est-ce que vous avez déjà des projets, si on peut dire, soit avec votre
équipe, des projets qui sont sur la table, d'éventuels sites,
d'éventuels endroits à considérer pour après 2021?
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Oui. Naturellement, l'engagement qu'on prit, puis on l'a réitéré, puis on peut
le réitérer encore régulièrement,
c'est d'exporter nos surplus. Naturellement, pendant ce laps de temps là où on
y travaille, par exemple avec Massachusetts,
Nouvelle-Angleterre, New York, Toronto, l'Ontario, Hydro-Québec n'est pas assis
sur ses mains, là, bien au contraire,
il regarde différents scénarios. Nous, c'est d'être prêts au moment jugé
opportun pour, le cas échéant, si on réussit à exporter nos surplus, et
on compte bien le faire, d'être en avant des coûts pour le développement.
On réitère
que le prochain développement, même s'il n'est pas majeur, ça sera, en fin de
compte, Apuiat avec les 200 MW,
mais, naturellement, Hydro-Québec, et M. Martel pourra poursuivre, est
toujours en analyse de sites potentiels, le cas échéant, puisque ça ne
se bâtit pas sur une journée, bien au contraire, donc on planifie les coûts
d'avance.
Le Président (M. Lemay) : M. Martel.
M. Martel
(Éric) : Merci, M. le Président. Alors, écoutez, comme le ministre
vient de dire, c'est quand même une équation
complexe, hein, c'est de la planification à très long terme qui tient compte
évidemment de la demande au Québec. Et
nous, on doit absolument, je vous dirais... puis c'est pour ça que je parle
souvent, là, publiquement de l'année 2021‑2022, qui va être un peu
une année charnière pour nous, parce que, si nous devons entamer des travaux
d'un grand ouvrage hydroélectrique comme la
Romaine, par exemple, ou d'autres qu'on a faits dans le passé, il faut
planifier 17, 18 années parce que, à
partir du moment où on décide de le faire, l'obtention des permis, le
construire, etc., c'est à peu près le temps que ça nous prend.
Et pourquoi
2021‑2022? Parce qu'il n'y a plus grande question à répondre, hein? C'est une
décision, il faut être responsable, le ministre l'a dit. D'abord,
qu'est-ce qu'on va avoir réussi à faire avec nos exportations? C'est une priorité
pour nous, mais... pour adresser les
surplus, parce que, si on est encore en situation de surplus, bien évidemment,
ça risque de repousser cet
échéancier-là, mais, si on a à adresser les surplus, ensuite, il y a des
grandes questions comme : Ça va être quoi, la suite, en 2041, avec le contrat, par exemple, de Churchill
Falls? Qu'est-ce qui arrive, tu sais, à l'industrie manufacturière au Québec, qui consomme
beaucoup d'énergie? Et, nous, en parallèle aussi avec ça, on est en train de
tester d'autres types d'énergie comme le solaire, etc. Alors, ça va
dépendre du type de produit qu'on a de besoin, des besoins du Québec.
un des grands phénomènes qui un peu nouveau qu'on en est train d'assez bien
comprendre chez Hydro-Québec depuis quelques années, c'est toute l'efficacité
énergétique. Avec toute la numérisation, il y a des nouveaux moyens qui peuvent nous aider à baisser notre consommation.
Alors, quand on va avoir balancé tout ça, en 2021‑2022, on devrait avoir
une meilleure compréhension de la suite des choses.
Le Président (M. Lemay) :
M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci. Donc, vous... je repose la question... avez-vous... J'imagine, vous avez
déjà identifié d'éventuels sites,
etc. Mais là vous parlez, là, selon les besoins, soit du solaire, etc., soit
Apuiat et compagnie, mais, plus précisément, là, des grands projets, grands barrages. Parce que le premier ministre s'est
avancé, là, à ce niveau-là, le ministre, il dit : Nous, on va relancer les grands projets de ce type-là à
notre arrivée. Il s'était même engagé
il y a plus de deux ans devant ses membres et peut-être même les nouveaux collègues ici, à l'Assemblée nationale. On parle de quoi? Est-ce qu'Hydro-Québec a déjà
un certain travail de fait à ce niveau-là?
Le Président (M. Lemay) :
M. Martel.
M. Martel
(Éric) : ...M. le Président. Alors, écoutez, la réponse à ça, le ministre
l'a un peu effleurée tantôt, c'est : Oui, on a toujours des travaux, on regarde toujours
des sources potentielles pour faire des projets hydroélectriques au Québec. On
en a quelques-uns, O.K., qui sont dans nos cartons, sur lesquels on regarde.
Pour des raisons, je vous dirais, de respect, hein, pour les communautés locales avec lesquelles on travaille, on ne
mentionne jamais le nom des rivières sur lesquelles on travaille. La seule qu'on sait publiquement,
parce que ça avait été mentionné à l'époque, qui avait été regardée, c'était
Petit-Mécatina, qui est sur la
Haute-Côte-Nord, mais il y a d'autres projets aussi qui peuvent nous
intéresser, et on regarde. Tu sais,
ça va dépendre un petit peu de, comme je disais tantôt, de qu'est-ce qu'on a de
besoin, en 2020‑2021, pour le long terme.
Est-ce qu'on a besoin d'un projet avec beaucoup d'énergie, un projet avec
beaucoup de puissance? Alors, tout ça, ce sont des facteurs aussi qui
vont peut-être aiguiller notre décision.
Le Président (M. Lemay) :
Parfait. M. le député de Laval-des-Rapides, en vous rappelant qu'il vous reste
trois minutes.
M. Polo :
Trois minutes. Parfait. Merci. Vous avez parlé de différents marchés
d'exportation, que ce soit l'Ontario, la
Nouvelle-Angleterre, le Maine. En question, vous avez fait référence au fait
que l'hydroélectricité est reconnue comme étant une énergie renouvelable
à ce niveau-là. Par contre, dans certaines des réponses qu'on a obtenues, vous
indiquez vous-même, là, à la page 41
sur 64, que certains États américains ne reconnaissent pas l'hydroélectricité
comme étant une énergie renouvelable,
alors que le gouvernement cherche à positionner Hydro-Québec et le Québec,
disons, comme étant la batterie de l'Amérique du Nord. On parle de quels
États? On parle de quels marchés potentiels à ce niveau-là?
Le Président (M. Lemay) :
M.Martel.
Martel (Éric) : Alors, pour être plus précis, c'est surtout l'État de
New York et quelques États de la Nouvelle-Angleterre, mais les États principaux en Nouvelle-Angleterre nous
reconnaissent — entre
autres, le Massachusetts — que nous sommes une énergie renouvelable.
Mais,
tu sais, je dois faire un point, ici : c'est sûr que, quand Hydro-Québec
va compétitionner de l'autre côté de la frontière, hein, on est les
voisins, mais on est quand même des étrangers, on a beaucoup de compétition
locale qui évidemment va faire la promotion
de d'autres sources renouvelables, mais aussi du gaz et aussi de d'autres
sources, qui peuvent être le charbon.
Alors,
nous, on doit évidemment faire nos représentations, hein, puis je pense qu'on a
bien réussi à le faire à l'État du
Massachusetts, parce qu'on les a convaincus que nous avions le meilleur
produit, ce qui a donné place à un changement législatif qui a permis de
faire un appel d'offres que nous avons gagné. Alors, c'est beaucoup de travail.
Mais
il faut qu'on réalise, hein, puis ça me fait plaisir que vous me donniez
l'opportunité... c'est qu'on doit faire du travail, expliquer notre produit,
mais c'est sûr que notre compétition, pour eux, on n'est pas nécessairement le
bienvenu, il faut se dire les vraies choses. Alors, évidemment, ces
compétiteurs-là vont essayer de faire la promotion pour leurs produits, puis nous pour la nôtre, et, comme vous
dites, il y a des endroits qu'il n'y a pas eu des changements législatifs, mais
je peux vous assurer une chose, c'est qu'on y travaille très, très fort.
Le Président (M. Lemay) :
M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci. M. Martel, est-ce que vous voyez un danger, parce qu'à la fin
octobre il y a eu une revue de presse, il y a eu un article, Ottawa voyait d'un
bon oeil les ambitions du gouvernement d'exporter encore plus vers les États-Unis, vers les marchés... surtout les
États-Unis, et qu'ils étaient prêts à financer des interconnexions. Est-ce que
vous voyez un danger, surtout compte
tenu, là, de l'administration américaine actuelle, très, très protectionniste,
très, justement, marquée vers «buy America», puis, si on peut dire, le
soutien aux entreprises américaines? Est-ce que vous voyez un danger à ce que
le gouvernement fédéral intervienne dans le financement d'interconnexions et
que ça puisse justement représenter des barrières ou des obstacles à
l'éventuelle exportation vers certains États en question?
Le Président (M. Lemay) :
M. Martel, je vous suggère de reporter cette réponse dans un prochain
bloc, et on va passer la parole, maintenant, à un bloc du gouvernement, et je
cède la parole à M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Merci, M. le Président. Écoutez, c'est un plaisir
pour moi d'être présent aujourd'hui en
tant que député et aussi en tant qu'adjoint au ministre de l'Énergie et des
Ressources naturelles. J'aimerais saluer tout d'abord M. le ministre, ainsi que M. Martel, le P.D.G.
d'Hydro-Québec, et aussi l'équipe. Je vois ici Mme la sous-ministre, là,
que j'aimerais saluer, sous-ministre adjointe. Et aussi remercier l'équipe du
ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles
pour toute leur expérience qu'ils... partager, leurs connaissances depuis que
je suis adjoint. Donc, c'est très apprécié, alors, merci beaucoup. Et je trouve que c'est une belle occasion aussi
que nous avons, chers collègues parlementaires, de pouvoir discuter avec notre ministre ainsi que M. Martel
sur les enjeux et tout ce qui s'en vient au niveau d'Hydro-Québec. Donc,
ça me fait plaisir.
J'aimerais
aussi, M. le Président, souligner, avant que nous débutions, les 75 ans
d'Hydro-Québec, notre société d'État à nous, et peut-être
vous faire un petit peu d'histoire. Et je sais que vous êtes tout à fait au
courant. C'est le 14 avril 1944 que le ministre
Adélard Godbout a créé la Commission hydroélectrique de Québec, qu'on appelle Hydro-Québec. On peut dire que cette entreprise a fait beaucoup de chemin depuis en
contribuant beaucoup au développement de la province, hein? On a investi dans
nos systèmes d'éducation, de santé aussi, avec cette force d'Hydro-Québec que
nous avons.
En faisant
une petite recherche, j'ai été surpris aussi d'apprendre que c'est d'abord M. Maurice
Duplessis qui avait promis de
nationaliser l'électricité au Québec dans les années 30. Donc, on a eu des gens
qui ont été visionnaires par le passé.
On peut donc dire que ça ne date pas d'hier, cette volonté des Québécois de
faire du développement de la production électrique un projet
national.
Et je vous écoutais tout à l'heure parler
d'exportation, on sait qu'Hydro-Québec... une économie verte, hein? Aujourd'hui, on voit, là, avec les changements climatiques, partout à travers le monde... Donc, on sait
que... moi, j'y crois, qu'Hydro-Québec va décarboniser nos voisins et
aussi, pas juste nos voisins, mais partout ailleurs dans le monde en développant des énergies de transition aussi,
parce qu'on a besoin d'électricité pour faire de l'énergie de transition. Donc,
Hydro-Québec est un leader mondial, et c'est plus que ça : c'est un
patrimoine collectif de tous les Québécois. Donc, il faut en être conscients. Et, tout
à l'heure, j'ai dit que ça nous aide
aussi à continuer d'investir dans nos systèmes de santé, éducation, donc c'est très important.
Et aussi on a été capables de bâtir ça grâce à une richesse inestimable, qui
est notre réseau d'eau. Donc, grâce à
ça, on a pu développer un emblème national. Et moi, je suis convaincu que c'est
un incontournable.
En ce moment,
il y a des discussions, mais je sais que, dans 25 ans, lors de notre 100e anniversaire,
Hydro-Québec fera ce
qu'elle a dit : de l'exportation avec nos provinces voisines et aussi avec
notre voisin, qui est les États-Unis
d'Amérique.
Quand on
pense à Hydro-Québec, on pense, bien sûr, aux grands chantiers de barrages un
peu partout au Québec, mais on oublie
souvent que, pour exploiter ces grands barrages, dont les lieux d'exploitation
étaient parfois situés à des centaines et des centaines de kilomètres
des zones densément peuplées auxquelles le courant devait être acheminé, comme Québécois, il a fallu innover, M. le
Président, pour développer des lignes de transmission à haute tension capables
de transporter toute cette électricité. L'aventure hydroélectrique a été une
réexploration du territoire québécois, des régions
au nord de la province vers celles beaucoup plus au sud, tout au long de la
vallée du Saint-Laurent. Sans le courage, M. le Président, le savoir-faire, la créativité, le génie inventif et la
volonté politique du peuple québécois — ça prenait une volonté — jamais cet actif, qu'on peut considérer
comme le plus grand actif au bilan général de notre nation, n'aurait vu le
jour et aurait pu connaître la formidable expansion qu'il a connue.
On a appris à gérer de grands projets avec ça.
On a innové et on s'est démarqués partout à travers le monde. On a appris là-dedans aussi. Il y a des choses
qu'on ne connaissait pas, qu'on ne savait pas, mais on a osé et on a réussi. On
serait tous naïfs de croire, dans cette salle de commission, que tout est joué.
Bien au contraire, on sait qu'il y a encore beaucoup
de choses à faire. On veut qu'Hydro-Québec continue à engendrer des milliards
pour continuer d'investir dans l'éducation,
dans la santé, c'est important, et de continuer aussi à développer le secteur.
Il nous aide aussi, tous les filets de
social... on est enviés par nos voisins d'Amérique du Nord. On est dans un
marché qui est en constante évolution, et il faut s'y adapter pour
préserver la position envieuse qu'Hydro-Québec y occupe.
Dans le contexte historique du 75e anniversaire
de la société d'État, j'aimerais, aujourd'hui, débuter le débat par ce qu'on
garde normalement pour la fin en vous questionnant, M. Martel et M. le
ministre aussi, sur les perspectives d'avenir
d'Hydro-Québec — vous en
avez parlé tout à l'heure — les actions à entreprendre pour assurer sa pérennité face
aux obstacles du marché actuel.
On entend
aussi, par exemple, souvent parler de la spirale de la mort, à laquelle font
face les grandes entreprises de production
électrique à cause de l'augmentation, d'année en année, de l'autoproduction. On le sait, les gens s'autosuffisent de
plus en plus en
partie ou en totalité avec entre autres l'amélioration
technologique de la production d'énergie solaire. À long terme, je suis
convaincu que nous aurons exporté notre savoir-faire partout à travers le Canada
et aux États-Unis, mais il y a une période de transition quand
même, on a des surplus, et tout ça.
Donc, j'aurais trois questions à vous poser à
vous deux. Alors, comment peut-on vous aider à maintenir une compétitivité et
une croissance dans ce marché changeant en ce moment?
Président (M. Lemay) : Merci, M. le député de Lac-Saint-Jean. M.
le ministre, je ne sais pas si vous voulez... O.K. M. Martel, la
parole est à vous.
M. Martel (Éric) : Merci, M. le
Président. Alors, merci pour votre question, M. le député.
Alors,
écoutez, il y a beaucoup de travail présentement qui se fait chez Hydro-Québec pour justement se préparer à cette transition énergétique là. Écoutez, il y a eu un modèle pendant
des décennies qui a été celui de la grande utilité, qu'on appelle, comme Hydro-Québec un peu partout dans le monde, qui produisait de l'électricité et qui
livrait de l'électricité à ses clients, un modèle, donc, très
centralisé.
Évidemment, il y a
de l'évolution technologique qui, aujourd'hui, crée une réalité
différente. Vous avez parlé entre autres
d'autoproduction, hein? C'en est un, facteur, qui est nouveau. Écoutez, il y a
deux ans, on avait à peu près 100 personnes au Québec qui faisaient de la production puis qui la
remettaient sur le réseau, on est rendu à 700. C'est encore minime, O.K.? Et
la raison pour laquelle c'est minime au Québec, c'est que les gens le font par
choix ici, parce qu'il n'y a pas d'avantage économique à le faire. Les tarifs
d'électricité d'Hydro-Québec étant les plus bas, hein, en Amérique du Nord et
même quand on regarde en Europe, les gens
n'ont pas d'incitatif à dire : Je vais produire de l'électricité à
0,30 $ le kilowattheure quand Hydro-Québec peut me le vendre à
0,078 $. Alors, ça ne fait pas de sens.
Mais,
évidemment, les coûts de l'autoproduction baissent année après année, et nous,
on croit — tu sais,
il faut être responsable dans cette
décision-là puis regarder ça avec... Il ne faut pas se mettre la tête dans le
sable puis dire c'est quoi, vraiment, qui s'en vient devant nous — que
les coûts de l'autoproduction vont un jour se rapprocher des nôtres. Alors, on
doit aussi se dire : Il y aura peut-être un moment dans le temps, dans 10 ans,
dans 15 ans, dans 20 ans où il y aura peut-être 500 000 maisons au Québec qui vont produire une
partie de leur électricité. Et là ce que ça change pour nous sur le plan de la gestion, c'est que c'est comme si
j'ai 500 000 petites nouvelles centrales qui viennent de s'ajouter
sur mon réseau et qui vont m'envoyer
de l'électricité à différents moments que je ne connais pas, puis ce n'est pas
nous qui le contrôlons.
Alors, vous
savez, le métier d'Hydro-Québec, c'est un peu un métier d'équilibreur. Là, on
est un peu des équilibristes, je
devrais dire, parce qu'on doit toujours s'assurer que le réseau est bien
balancé. Alors, quand tout ça va revenir sur le réseau, hein, nous, on doit être prêts à l'accueillir. C'est pour ça
qu'on est en train de développer, là, un nouveau système qu'on va implanter dans quelques années qui va
nous permettre d'avoir une relation que je vais appeler bidirectionnelle avec
nos clients. Alors, ça va nous permettre de
leur donner... de leur vendre de l'énergie, mais aussi de reprendre de
l'énergie qu'eux vont produire. C'est pour ça que tantôt, quand on
parlait, hein, tu sais, quand on va vouloir définir qu'est-ce qu'on fait dans le futur de nos grands projets, je
dis : En 2020‑2021, on doit comprendre ça. C'est quoi, l'impact de ça?
Est-ce que ça va nous... Les gens vont-u
produire 2 TWh, 10 TWh? Alors, ça, ça fait
partie de l'équation qu'on
a à résoudre, et c'est quand même assez complexe.
Alors, il y a le phénomène de l'autoproduction,
il y a les véhicules électriques, hein? Vous savez qu'on dépense beaucoup présentement, on fait beaucoup d'efforts
à mettre l'infrastructure en place. Donc, ça, ça va avoir l'effet contraire,
ça va rajouter de l'énergie. Alors, ça, on
se prépare à ça. Vous le savez, qu'on a déployé des milliers de bornes
présentement de recharge, on se
prépare à en déployer 1 600 pour faciliter l'utilisation des véhicules
électriques ou hybrides. Alors, ça, c'est important. Mais Hydro-Québec,
on est très conscients que ces changements-là s'en viennent.
Et l'autre
phénomène aussi après l'autoproduction qui a un impact, c'est ce qu'on appelle
la numérisation, alors avoir une maison intelligente qui est capable de
mieux gérer l'énergie. Et là encore, il faut comprendre, hein, c'est un nouveau
phénomène. Est-ce que les gens vont sauver 2 %, 10 % de leur
consommation? Alors, ça peut aussi faire une différence sur le bilan
énergétique du Québec, et ce sont des questions qui sont en train d'être
travaillées.
C'est sûr qu'on est un peu chanceux, parce que
les gens ici l'adaptent moins vite à cause de l'incitatif financier qui n'est pas là. Mais alors ça nous permet
d'apprendre, on regarde de très proche ce qui se passe en Europe. Il y a des
pays comme la France, c'est un
bouleversement. Une compagnie comme EDF perd des milliers de clients à chaque
semaine. En Californie aussi, c'est
important, parce que, quand les gens ont le choix d'en produire à 0,30 $
parce qu'ils paient 0,40 $, bien
là, pour eux, c'est avantageux. Alors, ce changement-là est adapté beaucoup
plus rapidement. Mais, comme je disais un
peu plus tôt, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, on est conscients
qu'ici, au Québec, aussi, c'est des choses, c'est des phénomènes qui
vont exister.
Alors, la
société d'État se prépare à accueillir tous ces changements-là, puis aussi,
bien, on va en faire partie, parce qu'on
est les leaders, au Québec, pour la production d'électricité, alors ce sont des
choses qu'on travaille. Il y en a qui sont en recherche et développement dans notre centre de recherche, il y a des
choses qu'on regarde, comment on va implanter assez rapidement. Alors, tous ces
travaux-là sont en marche.
Le Président (M. Lemay) : Merci,
M. Martel. M. le ministre.
M. Julien :
Oui. Juste pour faire un petit peu de pouce sur ce que M. Martel
mentionne, alors, j'étais justement,
là, la semaine dernière, là, Munich, Berlin pour des travaux en transition énergétique. Quand on survole, Munich, les panneaux solaires
sur presque... la grande majorité des maisons ont des panneaux solaires, de
production. Il faut bien comprendre qu'on a
du temps, au Québec, avec l'IREQ, avec des projets pilotes pour développer ça. En Allemagne, c'est 27 centimes d'euro le kilowatt. Ici, c'est 0,07 $. Donc,
c'est six fois plus dispendieux. Et, malgré ça, ils ont des défis majeurs. Ils
veulent sortir du nucléaire en 2022,
encore 12 % de la production est
au nucléaire. Ils veulent sortir du charbon rapidement, nous disent-ils,
Donc, nous
autres, on a... Ici, là, quand on parle de l'énergie au Québec puis on dit que
99,5 % de l'énergie électrique renouvelable
propre... eux, ils ont des objectifs, en 2030, 2040, d'être à 70 % et ils
ne savent pas trop comment y arriver. Donc,
on a quand même une particularité avec des coûts très faibles. Naturellement,
il faut s'y préparer. Ça va venir, mais on se prépare bien justement avec l'IREQ, l'institut de recherche, avec
des projets pilotes, justement, pour faire face à ces situations-là, on
ne sera pas pris au dépourvu.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Lac-Saint-Jean.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Juste à
titre d'information, M. le Président...
Président (M. Lemay) : Huit minutes.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : ...il me reste combien de temps?
Le Président (M. Lemay) :
Huit minutes.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Huit minutes.
bien, écoutez, en tout cas, je vous remercie. Vous avez été un peu plus loin,
là, dans vos éléments de réponse, parce
que j'avais quand même trois questions. Vous me parlez que, tu sais...
d'adaptation aux nouvelles technologies, donc vous avez répondu, puis aussi, en même temps, bien, d'attirer aussi des
entreprises qui sont plus énergivores. On sait qu'on peut en prendre, parce qu'on a une ressource qui
est inestimable et même inépuisable. Donc, vous avez bien répondu, là,
quand même, à mes trois questions.
J'arriverais
peut-être, là... Je voudrais retourner un petit peu sur le 75e anniversaire
d'Hydro-Québec. Je voudrais en savoir
un peu plus sur la journée d'hier, sur les activités de célébration qui ont été
organisées dans le cadre des 75 ans d'Hydro-Québec. J'ai vu quelques
photos passer sur les médias sociaux, dont une de cinq premiers ministres du
Québec réunis. Donc, j'ai trouvé ça quand
même très intéressant, tu sais, de voir ces gens-là assis autour d'une table,
de se commémorer. On a vu l'ancien
président, M. André Caillé, tout ça, et on sentait qu'il y avait de la
fierté, on sentait ça. On y a souligné le fait aussi que cette société est le
vaisseau amiral de l'économie québécoise. Aujourd'hui, c'est encore vrai, puis
moi, ça va encore vrai dans 20 ans, puis ça va être encore vrai au
100e anniversaire d'Hydro-Québec.
Lors
du panel de discussion, l'historique de la société a été présenté, et aussi,
l'événement a offert un exercice de mémoire, mais également une vision
du futur. On parle beaucoup, là, de ce qu'on... Vous avez eu quelques
questions... beaucoup de questions. Vous
avez parlé d'exportations, vous en parlez, là, de la vision du futur. C'est
important pour une entreprise, là, de
savoir où est-ce qu'on s'en va, puis je pense qu'Hydro-Québec sait où est-ce
qu'elle s'en va, puis elle est bien positionnée aussi pour le futur.
Alors,
ma question s'adresse aux deux. J'aimerais avoir, suite aux journées d'hier,
les deux, M. le ministre ainsi que M. Martel,
j'aimerais tout d'abord savoir comment vous avez vu et vécu la journée d'hier.
Je sais que, M. le ministre, c'est votre première aussi, donc...
M. Julien :
Honnêtement, là, ça a été...
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre, allez-y.
M. Julien : Ça a été une journée fantastique, hein? Écoutez,
là, 75 ans... C'est facile aujourd'hui de regarder dans le passé puis de dire : Aïe, on est bons, mais ça prenait des gens
hypervisionnaires à l'époque, parce
qu'il y a eu des choix qui ont été faits à l'époque, dans des grands
développements, où les gens regardaient ce qu'on fait nos voisins, là, le
nucléaire, l'hydroélectricité. Et, aujourd'hui, on peut constater le résultat
qui est fantastique. Mais ça a pris des gens visionnaires à l'époque, qui ont
défendu cette position-là, et c'était loin d'être évident de défendre cette
position-là.
posteriori, on peut constater que c'était visionnaire, mais, effectivement, il
y a eu des grands bâtisseurs au Québec. Et tous les premiers ministres qui se sont succédé ont continué, en fin
de compte, à élargir les capacités de ce fleuron, fleuron québécois, ce
vaisseau amiral. Et, naturellement, on est dans une période, quand même, de
changements importants. Il y a certains
paradigmes qui sont modifiés. Mais je réitère, là : il y avait 90 nations
qui étaient là la semaine dernière, là, tout le monde nous envie au
Québec avec ce qu'on a, ce qu'on détient comme richesse, là.
99,5 %
d'énergie propre renouvelable, quand les cibles à moyen et long terme des
autres pays, c'est 70 %... 50 % de l'énergie totale au Québec
qui est énergie renouvelable, là, quand on prend les véhicules et l'ensemble du
parc... Ailleurs, 50 %, ils se
projettent en 2040 pour y arriver. C'est leur cible pour faire face, en
réalité, à la réduction des GES puis aux changements climatiques. On est
prêts à relever ce défi-là au Québec, on va le faire, mais on a une position tellement
enviable. Et, hier, là, avec l'ensemble des intervenants, tous partis
confondus, ceux, en réalité, qui ont bâti Hydro-Québec... c'est un sentiment de fierté inestimable.
Alors, très belle organisation d'Hydro-Québec, c'était très plaisant, puis ça nous
permet de se dire, justement, là, au 100e anniversaire, on va être encore
plus loin. M. Martel.
Le Président (M. Lemay) :
M. Martel.
M. Martel
(Éric) : Merci. Écoutez,
il y avait un mot qui était sur toutes les lèvres, hier, c'était «fierté». Je
pense que tous ceux qui ont participé à l'événement, hier, étaient extrêmement
fiers. Et j'aime toujours dire aux gens, à Hydro-Québec : Hydro-Québec a été construite sur deux choses : de
l'audace puis aussi l'innovation technologique.
Puis on en a eu, de l'audace. Tu
sais, quand on a fait... a été les premiers à construire des lignes de
735 000 volts, ça n'avait jamais été fait au monde. On a été
les premiers à faire une ligne de 1 500 kilomètres qui descendait
jusqu'à Boston pour exporter en courant DC.
On a été les premiers à faire une centrale souterraine, Robert-Bourassa, de
cette taille, qui... c'était un projet
extrêmement audacieux, mais l'innovation technologique a toujours fait
partie
de notre ADN. Et là je dis souvent : Les défis, probablement, auxquels on va faire face dans le futur sont
différents des défis du passé, mais probablement vont faire encore appel
à ces deux choses-là : l'audace et l'innovation technologique.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. Martel. M. le député de Lac-Saint-Jean, la parole est à vous.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Combien que...
Président (M. Lemay) : Trois minutes.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Trois minutes. Oh! mon Dieu, ça va... Écoutez, je
vais essayer de m'entretenir... au niveau
de l'enfouissement des fils, je vais avoir quand même une question qui va être
un petit peu plus spécifique, puis on sait
qu'elle porte sur l'actualité récente, sur la semaine dernière, quand une
tempête de verglas a causé des bris d'équipements qui ont engendré de nombreuses pannes de courant
dans Laval, les Laurentides et Lanaudière, le lundi soir. Ce sont environ
315 000 abonnés qui ont été privés d'électricité au plus fort de la
tempête et près de 150 000 qui ont dû composer avec une panne de
courant prolongée, ne retrouvant le courant que le mercredi.
J'aimerais
tout de même prendre la peine, quand même, là, je pense, c'est important de le
dire, de féliciter tout le personnel
d'Hydro pour la rapidité avec laquelle les quelque 600 équipes mobilisées
ont réussi à rétablir le courant, surtout quand on considère qu'on a eu droit à une mini tempête de neige tout de
suite après l'épisode du verglas, hein? Et la situation nous rappelle un peu aussi ce qui s'est passé en
1998, on se rappelle de 1998, de la fameuse crise du verglas. Sauf que, cette
fois, on peut dire que les dégâts ont été
contenus beaucoup plus rapidement, on a plus d'expérience aussi, donc on sait
que ça va quand même assez vite. La
grande différence aussi, par rapport à il y a 20 ans, c'est que le réseau de
transport, soit les pylônes, n'a pas
été touché, alors que, là, c'était le réseau de distribution, donc les poteaux,
qui ont subi l'ensemble des dommages.
Je sais qu'il existe
un programme, chez Hydro-Québec, qui s'appelle le programme patrimonial et
culturel à l'intention des municipalités et des MRC, municipalités régionales
de comté. On sait que ce programme fournit aux
municipalités une aide financière pour procéder à l'enfouissement des réseaux
de distribution aériens existant sur des sites d'intérêt patrimonial et
culturel. Je regardais les crédits budgétaires et je sais que la somme
consacrée à l'enfouissement des fils varie à
peu près, bon an, mal an, d'une année à l'autre, autour de 2,2 millions
par an. On sait pour les sites patrimoniaux, les nouveaux développements, tout ça, on sait que ce qui est... On ne
parle pas, là, de l'ensemble du Québec, parce que ce serait quelque
chose presque impensable.
Donc,
ma question pour M. le ministre et M. Martel : Pour éviter la
répétition de telles scènes au Québec, est-ce que l'enfouissement des fils
électriques pourrait éventuellement devenir un chantier important ici? Est-ce
que c'est quelque chose qui est réaliste selon vous, je parle plus, là, des
nouveaux développements, mais réaliste, là, à certains endroits?
Le Président (M. Lemay) :
M. Martel, en 30 secondes.
M. Martel
(Éric) : Alors, la courte
réponse à ça, c'est qu'évidemment, si on déciderait de tout enfouir, comme vous
l'avez dit, on ne peut pas se payer ça, parce que
les tarifs d'électricité
exploseraient. La deuxième chose, c'est qu'on en fait de plus en plus, mais
c'est toujours les gens qui le demandent qui paient, soit des municipalités ou
des entrepreneurs. Depuis 2000, là, je regardais, on a à peu près
40 % des nouveaux lieux de consommation qui sont alimentés en souterrain,
ce chiffre-là était environ à 9 % en 2000.
Président (M. Lemay) : Merci beaucoup, M. Martel. Donc, le
temps de ce bloc est maintenant écoulé. Je recède la parole au porte-parole de l'opposition
officielle, M. le député de Laval-des-Rapides. Vous aviez une question en
suspens tout à l'heure.
M. Polo :
Oui, oui, en effet, mais j'aimerais remercier le collègue du Lac-Saint-Jean, je
sympathise avec lui, mais effectivement
d'avoir fait référence aux sinistrés, si on peut dire, aux gens touchés par les
pannes de courant de la semaine dernière. Moi-même, j'ai été touché
pendant un peu plus de 30 heures, donc merci d'en faire la mention.
Ceci dit, oui, je
reviens sur l'intérêt d'Ottawa de participer au financement des
interconnexions, et, si le P.D.G. d'Hydro-Québec
ne voit pas là justement un danger face au fait qu'on a un gouvernement
américain qui est frileux, très protectionniste et comment il
entrevoit... C'est une chose, de financer l'interconnexion entre les provinces,
mais c'est une autre chose de financer une
interconnexion auprès d'États ou vers les États-Unis. Est-ce qu'il voit là un danger réel?
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre.
M. Julien :
...très rapidement, on voit toujours d'un bon oeil des investissements qui
viendraient sur les infrastructures, en
fin de compte, pour bonifier des investissements sur les infrastructures,
naturellement, spécifiquement sur certains travaux pour Hydro-Québec et
les ententes internationales, commerciales, qu'il faut gérer de manière très,
très pointue pour éviter de nous mettre dans
des positions, en réalité, qui seraient hasardeuses avec nos voisins en termes
de concurrence. Donc, je pense, il y
a certains éléments qui pourraient servir à des investissements, mais il
faudrait voir à la face même de ces investissements-là
pour s'assurer qu'on ne vient pas se mettre en position difficile par rapport à
nos attentes commerciales internationales.
M. Martel
(Éric) : Merci, M. le Président. Alors, écoutez, c'est extrêmement
important, puis il faut être minutieux dans
ce travail-là. Il est clair que, si on a des lignes de transport qui sont
dédiées pour collaborer entre les provinces, même ici à l'intérieur du
Québec, qui seraient subventionnées ou peu importe le terme qu'on utilise par
le gouvernement fédéral, ça peut être possible. Mais il faut être extrêmement
prudent. Comme le ministre le mentionnait, si on parle d'exportation... Je vous disais, tantôt : On a de la compétition de
l'autre côté de la frontière. Si on donne l'impression ou qu'on donne des arguments à notre compétition de
l'autre côté qu'on est subventionné, c'est sûr et certain que le bureau du
commerce américain va être saisi d'un dossier sur nous. Et ça, ça pourrait nous
nuire énormément, alors on doit être extrêmement prudent dans comment on fait
Mais, par contre, je vous donne un
exemple sur lequel une subvention ou de l'aide fédérale pourrait être
intéressante, c'est le câble
sous-marin qui s'en va aux Îles-de-la-Madeleine. Parce que, par le câble
sous-marin... On appelle ça une ligne en antenne parce qu'elle termine
aux Îles-de-la-Madeleine. Je ne peux pas mettre de l'énergie puis l'envoyer
vers les États-Unis parce que c'est une
ligne qui dédiée à eux. Alors, à ce moment-là, il n'y aurait pas de problème,
mais il faut être conscient et
vigilant par rapport à ça parce qu'on ne veut pas justement susciter l'intérêt
de nos compétiteurs de l'autre côté de
lever la main puis de dire au bureau du commerce américain : Allez
vérifier Hydro-Québec. Parce que ça pourrait ralentir nos exportations
de façon importante.
Le Président (M. Lemay) :
Très bien. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Écoutez, je pense que... je reviens sur les propos du collègue, là, du
Lac-Saint-Jean par rapport au 75e anniversaire d'Hydro-Québec. Je pense
qu'on ait tous, là, effectivement, le sentiment de fierté. C'est aussi, comme mentionné par le ministre, que c'est le vaisseau
amiral de l'action même du gouvernement grâce aux dividendes, mais aussi
grâce au savoir-faire, l'expertise, la reconnaissance internationale et la
fierté en question.
Ceci
dit, j'aimerais savoir, M. Martel, quand le premier ministre s'est avancé
en allant proposer aux Ontariens de faire
un deal du siècle ou une entente qu'ils ne pourraient refuser, même de proposer
d'être en partenariat et de construire avec des travailleurs ontariens des
nouveaux barrages au Québec, ça ne vient pas remettre en question cette
fierté-là de dire qu'on a un
savoir-faire québécois? Puis là, pour faire un deal absolument, puis j'en
conviens, on veut tous faire des deals,
mais est-ce qu'il faut nécessairement remettre en question, justement, de faire
travailler notre monde de chez nous qui ont cette expertise, qui l'ont
développée à travers des années pour nécessairement faire un deal à tout prix?
Tout d'abord, est-ce que ça vous a pris par
surprise ou vous étiez au courant que le premier ministre s'en allait, avec le
ministre, mettre ça sur la table devant le premier ministre ontarien?
Le Président (M. Lemay) :
M. Martel, la parole est à vous.
M. Martel
(Éric) : Alors, on en avait parlé préalablement, hein, c'était une
idée. Et évidemment ce qu'il faut comprendre,
c'est que le contexte, en Ontario, aussi, est le suivant. C'est qu'il y a 18,
19 centrales nucléaires en Ontario, et ces centrales nucléaires là créent environ 50 000 emplois
en Ontario directement ou indirectement. Alors, il faut être sensible à ça, pour un gouvernement ontarien, de
dire : Je vais fermer les centrales nucléaires, qu'eux il va y avoir des
répercussions par rapport à l'emploi.
Bon, c'est une idée. Après ça, il faudra voir comment ça, ça peut se
matérialiser. Il y a-tu un intérêt ou
pas de leur côté? Mais c'est correct de mettre des idées sur la table, hein?
Parce qu'il y a plusieurs façons d'approcher un dossier. On veut, des
fois, peut-être, tu sais, rassurer des gens avec qui on discute sur quelque
chose par rapport aux emplois, par exemple.
Alors, moi... tu sais, on en avait préalablement parlé, on était à l'aise à ce
que cette idée-là soit mise sur la
table. C'est une idée à ce moment-ci. Je vous le disais, en 2021‑2022, on va
mieux comprendre des choses, l'Ontario aura
évolué. Qu'est-ce qu'ils veulent faire? Qu'est-ce qu'ils ont pris comme
décision par rapport à leurs centrales nucléaires? Il faudra voir c'est
quoi, la meilleure solution pour tout le monde.
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre, allez-y.
M. Julien : Oui. Puis pour faire un peu, là, de pouce
là-dessus, tu sais, ce qu'on cherche... puis, comme mentionnait M. Martel, si on dit que le nucléaire, en Ontario,
en fin de compte, n'est pas la bonne solution, dans notre perspective à nous,
là, naturellement, il faut trouver un moyen d'avoir une entente
gagnant-gagnant. Plusieurs emplois sont à la fois pour la maintenance du nucléaire en Ontario
puis après ça pour la production. Mais il faut également comprendre que c'est
une hypothèse. Mais actuellement, comme
mentionnait M. Martel précédemment, on a des capacités en termes de lignes
pour déjà amener, là, beaucoup plus d'énergie sur l'Ontario.
Donc, pour nous, c'est de continuer les discussions, mais, à terme, ces
discussions-là, si on veut qu'elles fleurissent, il va falloir que l'entente
soit gagnant à gagnant, à la fois pour le Québec et pour l'Ontario.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci, M.
le Président. Écoutez, je ne veux pas
interpréter les propos parce que, vous savez, c'est contre le règlement,
de présumer des propos, là, mais, moi, le matin, si je me lève, puis je suis en
train de prendre ma douche, puis j'ai une idée, ça ne veut pas nécessairement
dire qu'en sortant de chez nous, c'est la meilleure idée du siècle non plus, là. Ce n'est pas très convaincant d'entendre
le P.D.G. dire : Oui, c'est une idée. Le nouveau gouvernement est arrivé,
ils nous ont proposé ça, on va l'essayer, on
va la tenter. Pour moi, ça démontre un peu d'improvisation dans... c'est un peu
ce que j'interprète, moi, de mon côté, un
peu d'improvisation dans la démarche, alors qu'on parle d'un enjeu très
sérieux, et surtout — puis
ça, je l'ai répété longuement — une certaine incohérence parce que le
premier ministre se targue, en campagne et
depuis, de vouloir créer des emplois payants. Et on l'a vu sur le dossier du
taxi que, pour le premier ministre et
le gouvernement, des emplois de... et les vies et les familles associées à
cette industrie-là, ce n'étaient pas nécessairement des emplois, selon
lui, assez payants. Mais là on parle d'emplois dans la construction, des
professionnels, une expertise reconnue qui
fait la fierté des Québécois, etc., et, à la première visite que le premier
ministre et le ministre font en Ontario, ils décident de se lever ce matin-là
puis de mettre ça sur la table, de dire : On va essayer, on va essayer de
faire un deal gagnant-gagnant. On ne
le sait pas, ce n'est pas planifié, on l'a préparé sur un coin de table pour
voir si ça va marcher, puis on va voir si le premier ministre de
l'Ontario va tomber dans ce piège-là ou cette idée-là en question. Est-ce que
c'est vraiment ça, la nouvelle façon justement d'essayer de promouvoir ou
d'essayer de faire des deals, M. le ministre?
Président (M. Lemay) : M. le ministre.
M. Julien :
Bien, écoutez, si on ne peut pas faire d'interprétation, je me demande on est
face à quoi. Mais, pour nous, en
réalité, on a des possibilités au Québec, on le réitère. On a un surplus.
Alors, l'idée de génie, là, c'est de partager ce surplus-là avec nos
voisins, de faire amener l'énergie renouvelable propre du Québec vers nos
voisins. C'est pour le bénéfice du
développement économique du Québec, des retombées fantastiques. Le deal avec le
Massachusetts, c'est des retombées
énormes économiquement pour le Québec, c'est de maintenir notre expertise au
Québec, parce qu'on a expertise fantastique dans le domaine de
l'hydroélectricité et des lignes de transmission, et, après ça, c'est d'aller
discuter avec eux pour dire : Je pense
qu'on a une bonne solution pour vous. On a de l'hydroélectricité, vous avez des
défis, en fin de compte, de maintenance importante de vos centrales
nucléaires, je pense qu'on peut travailler ensemble à une entente gagnant-gagnant. Donc, ça, c'est la démarche qu'on
va faire avec tous nos voisins quand on va les approcher, leur démontrer que
c'est gagnant pour nous, gagnant pour eux. Pour eux, c'est de la réduction de
GES, c'est des tarifs raisonnables et c'est un virage vers de l'énergie renouvelable. On veut y contribuer avec eux,
et le Québec va y gagner, et les voisins également.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. le ministre, pour votre réponse. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président. M. le Président, avoir de la vision, ce n'est
pas basé sur une idée de génie. Avoir de la vision, c'est d'être capable de se
préparer d'avance, de bien évaluer les pour et les contre, et tout ça, et de
ne pas se réveiller un matin avec une idée
de génie puis de dire : Bon, bien, on s'en va à Toronto, on va rencontrer
le premier ministre de l'Ontario puis
on va lui proposer une idée un peu alambiquée, un peu préparée à l'improviste.
Ce que le ministre répond à la fin de sa réponse, je l'interprète
correctement, on est d'accord, il y a tellement d'avantages à exporter l'hydroélectricité qu'on n'a pas besoin, M. le ministre,
de préparer ou de s'improviser une idée de génie avant de partir en Ontario pour remettre en question des emplois
payants — je vais
réutiliser le langage puis les paroles du premier ministre et de vos collègues — des emplois payants, des emplois basés sur
une expertise et sur une reconnaissance internationale qui fait la fierté des Québécois, qui fait que le
Québec est aujourd'hui ce qu'il est, grâce justement aux 75 ans
d'Hydro-Québec. Mais, pour ça, je pense qu'on a suffisamment d'arguments en fonction
de tous les bienfaits de l'hydroélectricité sans avoir à remettre en question de faire travailler des
gens de chez nous avec une expertise et de dire : En plus de ça, bien, on
serait même prêts à discuter de copropriété, de copartenariat sur la construction
de nouveaux barrages.
Est-ce que c'est ça,
vraiment, l'alliance énergétique, cette vision qui est un peu alambiquée, un
peu improvisée à l'improviste pour
dire : Bon, bien, aujourd'hui, on s'en va voir les Ontariens, demain, on
va voir les Américains puis on va se préparer comme ça à la va-vite?
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre, sur l'alliance énergétique.
M. Julien :
Oui. Dans toutes les négociations en vue d'exporter nos surplus énergétiques,
on aura à avoir les discussions avec, en
fin de compte, les parties prenantes
pour trouver des situations gagnant-gagnant. Je réitère que, pour l'Ontario, les lignes et les interconnexions sont déjà
existantes, là, pour le réseau de l'électricité du Québec
vers l'Ontario, qui permettent
déjà d'augmenter de manière assez considérable les ventes d'électricité, et de
manière importante.
dans tous les cas de figure, et, si
on était à l'opposé, chers collègues, si on était à l'opposé, celui qui se fait
négocier, on va chercher, au Québec, comme partout ailleurs, une entente
qui est gagnante-gagnante. Nous, quand on observe actuellement la situation de l'Ontario, on observe, je réitère la même
chose, plusieurs centrales nucléaires, des investissements de plusieurs
dizaines de milliards juste pour la maintenance, et nous, on lève la main, on
dit : Écoutez, nous, on a de l'énergie renouvelable, on a de
l'énergie propre, on a des lignes d'interconnexion, on veut travailler avec
vous dans une entente gagnante-gagnante.
Quelle
forme prendra cette entente-là? Dans tous les cas de figure, il va falloir que
l'Ontario y trouve son profit. Dans
tous les cas de figure, ce n'est pas juste le Québec qui va y trouver son
profit. Donc, les négociations visent justement, chers collègues, à
arriver à ces ententes-là.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le Président. Moi, j'en suis, M. le ministre, que le Québec
et l'Ontario doivent y trouver leur compte, j'en suis, mais pas sur le dos des
travailleurs québécois, pas sur le dos de l'expertise bâtie, développée au Québec — aujourd'hui, on est fiers de justement
l'exporter et d'être capables de bâtir des grands barrages aussi à
l'international ou même d'arriver un peu à la rescousse de certains de nos
voisins qui ont de la misère avec certains de leurs projets
hydroélectriques — mais
pas sur le dos de nos travailleurs et travailleuses québécois qui, justement, cherchent à continuer à vivre... à gagner leur
gagne-pain en fonction des projets qui vont se développer dans le futur et pas parce qu'un gouvernement arrive en place et
dit : Bien, en plus des avantages, on va mettre sur la table, on va
dire : Bien, écoutez, comment est-ce qu'on peut aussi vous offrir
notre chemise pour essayer de signer un deal à tout prix?
J'en
suis, de cette volonté d'exporter, et je pense que le contexte est approprié
actuellement, et vous l'avez énuméré, ça,
j'en suis, j'adhère à tout ça, mais ce que j'essaie de dire, c'est qu'une
vision ne se base pas sur des arguments ou des... si on peut dire, des points, comme ça, développés
à la va-vite avant de faire un voyage soit en Ontario ou aux États-Unis.
Et ce que les Québécois s'attendent de vous,
c'est d'avoir une vision, d'être un gouvernement responsable, et surtout un
gouvernement cohérent.
à ce niveau-là, je le répète aujourd'hui, M. le ministre, la vision n'est pas
claire, la démonstration n'a pas été faite auprès des Québécois et surtout
l'explication n'a pas été présentée de façon bien encadrée pour expliquer
pourquoi il faut, à tout prix, offrir
aux Ontariens ou à quiconque de participer dans la construction et même dans la
propriété de nouveaux barrages éventuels au Québec alors qu'on ne l'a
jamais fait en 75 ans.
Le Président (M. Lemay) : M. le
ministre.
M. Julien :
Bien, écoutez, encore là, je vais réitérer, puis M. Martel pourra
compléter, là, Churchill Falls, à Terre-Neuve,
c'est une participation, en fin de compte, à hauteur de 34 % du Québec
chez notre voisin. On appelle ça des partenariats, où chacun y trouve son gain.
Je pense que c'est la démonstration même, Churchill Falls, si quelqu'un pense
que ce n'est pas un bon deal pour le Québec,
et c'était un bon deal pour Terre-Neuve à l'époque, un excellent deal parce
que les risques en capital ont été pris par le Québec.
Maintenant,
si on veut faire des démarches avec nos voisins latéraux ou ceux du sud, c'est
des négociations où les deux parties doivent trouver leur gain. Et, pour nous,
c'est certain que, en absence de projet, ça, ce n'est pas bon pour le Québec. Ça, c'est certain. Alors, j'ai
pleinement confiance, Hydro-Québec, moi, je vois des résultats, je vois la
négociation avec le Massachusetts, je
vois également la négociation actuellement avec le Maine, je pense qu'ils sont
très bien équipés pour faire des
négociations pour permettre au Québec d'être gagnant dans ces négociations-là,
mais ce n'est pas vrai que l'autre
partie ne va pas y trouver son gain
également.
Alors, pour
nous, là, ça va de soi. Et, quand vous dites : Ça ne s'est jamais fait,
bien, pourtant Churchill Falls, c'est un
excellent exemple où le Québec a contribué par son expertise, par son
financement, par l'investissement d'actifs, et, aujourd'hui, quelqu'un
qui dirait que c'est une mauvaise entente, ça serait mal éclairé. M. Martel.
M. Martel (Éric) : Si vous
permettez, peut-être juste pour complémenter, je peux vous rassurer sur une
chose, M. le député, c'est qu'Hydro-Québec a une stratégie extrêmement claire
et définie, O.K.?
Je vous
disais tantôt : On a encore un gros contrat à aller chercher, on a eu du
succès pour aller en chercher un, on travaille
fort pour aller chercher le deuxième et on a des options. Alors, évidemment,
à la fin, notre boulot, c'est de travailler pour aller chercher le meilleur contrat possible. Ça mettra peut-être
en compétition des provinces, des États, mais notre boulot, à Hydro-Québec, en collaboration avec le gouvernement, c'est d'aller chercher le meilleur contrat pour
le Québec. Alors, évidemment, toutes les dimensions
du contrat vont être prises en considération : emploi, pas emploi, le
coût, l'impact environnemental, l'aspect acceptabilité sociale. Alors, nous,
on doit balancer tout ça puis d'aller chercher le meilleur contrat.
Je peux dire,
quand on a fait le Massachusetts, là, ce n'est pas de l'improvisation. Mon
équipe était sur le terrain dans les
six premiers mois de 2017, 52 rencontres pour justement
aller vendre notre produit, expliquer notre produit avec des
spécialistes en biologie qui nous questionnaient sur des aspects. Comment on
traitait nos rivières? Comment on travaillait avec les gens des Premières
Nations? Ça fait que ce n'est pas l'improvisation, je peux vous dire qu'on a
une stratégie. Une stratégie, évidemment, des fois, elle doit être ajustée parce qu'il y a des changements, des choses qui
arrivent, mais je peux vous dire que, quand on va rencontrer des
clients, on est toujours extrêmement bien préparés.
Président (M. Lemay) :
Merci, M. Martel. M. le député de Laval-des-Rapides, en vous rappelant
qu'il vous reste trois minutes.
M. Polo :
Merci beaucoup, M. le P.D.G. Je ne doute pas qu'il y a une vision et un travail
de longue haleine qui a été fait par Hydro-Québec.
Mais ce que j'essayais de mettre en évidence,
c'est qu'il y a un nouveau gouvernement qui est arrivé avec ses gros sabots, avec
des belles paroles, et tout, et que, très rapidement, ils se sont avancés à
plusieurs égards, et que, face à l'opinion
publique, face à la population en général, il n'y a pas eu un travail de
pédagogie qui a été fait à ce niveau-là et surtout un travail, comme
vous avez dit, un travail de fond, d'explication pour justement aller chercher
l'acceptabilité sociale. Parce que c'est
très sensible quand on parle d'emplois, de projets au Québec. Et ça, je le
précise, M. le ministre, je parle de
projets au Québec. Churchill Falls, on s'entend, le Québec a... s'est très
bien... a ressorti très bien de ce deal-là. Mais là je parle de projets au Québec. Et je pense que vous savez
exactement à quoi je faisais référence quand je parle de nouveaux
projets.
Ceci dit, je
vais terminer, parce que je pense qu'il reste deux minutes à ma question. Vous
l'avez dit, M. Martel, vous et
votre équipe, vous avez des discussions avec différents partenaires, des
projets dans les cartons, etc. Mais, ceci dit, au niveau du ministre, qui nous fait référence à un
voyage en Allemagne, j'aimerais savoir quelles sont les démarches que
vous avez entreprises, là, avec les
différents partenaires, soit les voisins ontariens, les voisins canadiens, les
voisins américains, justement, dans
cette démarche d'une... et vous l'avez vous-même dit à une réponse que j'ai
posée ici, au salon bleu, que vous ne
baisserez pas, que vous ne lâcherez pas, et tant mieux, on vous souhaite, on
vous accompagne, on vous soutient dans cette démarche-là.
Mais, ceci dit,
dans la page Internet Transparence, on ne voit aucune rencontre, aucune
information divulguée sur les
différentes rencontres ou démarches que vous faites auprès des différents
partenaires pour essayer de démarcher, de faire avancer ces projets-là. Ma question pour vous, c'est : Est-ce
que, parmi l'information gérée par votre équipe au cabinet, au niveau de votre agenda, est-ce que cette
information-là se traduit, est complètement transposée sur le site Transparence
en question?
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre, en vous rappelant qu'il reste 40 secondes.
M. Julien :
J'espère bien que oui, je crois qu'il y a des délais, là, mais j'espère qu'elle
ait bien divulgué toutes mes rencontres, et ça me fera grand plaisir, en fin de
compte, d'en discuter avec vous quand celles-ci seront divulguées. Je crois qu'il y a des délais, mais on a eu des
très bonnes rencontres en Allemagne et, honnêtement, je ne suis pas gêné de
divulguer qui est-ce qu'on a rencontré, bien
au contraire. C'est des rencontres productives, j'étais accompagné par
quelqu'un d'Hydro-Québec, quelqu'un de Transition énergétique Québec,
quelqu'un de la Société du Plan Nord.
M. Polo :
...les 10, 15 dernières secondes. Ce que je fais référence, ce n'est pas
juste votre plus récent voyage, la semaine
dernière, là. Ça va faire six mois que vous êtes en poste, et on ne voit aucune
information sur vos différentes rencontres ministérielles à ce
niveau-là.
M. Julien :
Je suis très surpris, moi, je pense qu'elles sont là. On va vérifier avec mon
cabinet pour s'assurer qu'elles le soient.
Président (M. Lemay) : Merci beaucoup, M. le ministre. Ceci
conclut ce bloc d'échange. Je cède maintenant la parole à un membre du
gouvernement et je cède la parole à M. le député de Bourget pour un bloc de
20 minutes.
M. Campeau :
Merci, M. le Président. Bonjour, M. Martel. Bonjour, M. le ministre.
Bienvenue à votre équipe imposante qui est venue avec vous.
y en a plusieurs qui le savent, je suis adjoint parlementaire en environnement
et je vais donc vous parler surtout d'énergie
verte, différente de ce qu'on connaît avec l'hydroélectricité, l'énergie verte
alternative. C'est à la fois un sujet qui m'intéresse maintenant, comme
adjoint parlementaire, mais qui m'intéressait avant.
passant, vous parliez d'améliorer le réseau des bornes électriques. J'en ai
trouvé juste avant d'arriver ici, une place à améliorer, parce que,
juste dans le garage à côté, j'ai vu que ma carte de circuit électrique ne
fonctionnait pas. Je suis donc un problème actuellement. Ils avaient
donc de la place pour en installer quelques-unes à côté définitivement.
J'ai eu l'occasion de
voir différentes énergies vertes, comme la biomasse. J'ai eu l'occasion
d'installer, comme ingénieur, un
turbogénérateur à l'usine de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean. Je sais que
demain... Vous parlez d'hydrogène. Demain, on va avoir un congrès qui se
fait à Trois-Rivières avec le CRITUC, où on va vraiment parler essentiellement
d'hydrogène, et je vais avoir l'occasion de faire l'ouverture du congrès.
voudrais parler plus des panneaux solaires. Et on parlait d'un
investissement... les données que j'ai... vous pourrez me corriger si ce n'est pas exactement ça, mais on
parlait d'un projet de 40 millions, 36 000 panneaux solaires qui
sont répartis entre La Prairie
et Varennes. Ça, on parle de 10 MW, ce qui est imposant, mais quand même
relativement petit par rapport à la
capacité totale d'Hydro-Québec, bien sûr, pour alimenter environ, en moyenne,
600 résidences. Pourquoi, alors, que... c'est une énergie connue quand même, le solaire, pourquoi a-t-on besoin
d'un projet cobaye et un cobaye quand même robuste de 10 MW? Est-ce
que vous pourriez commenter là-dessus, M. Martel, s'il vous plaît?
Le Président (M. Lemay) :
Oui, merci beaucoup, M. le député de Bourget. M. Martel, la parole est à
vous.
M. Martel
(Éric) : Certainement. Merci, M. le Président. M. le
député, alors, j'apprécie que vous me
posiez la question. Et Hydro-Québec, on a cette responsabilité, au travers de
notre institut de recherche en électricité du Québec,
de bien comprendre ces nouveaux
phénomènes-là. Je le disais tantôt : Le monde de l'énergie est dans une
transition importante.
sait que le coût de la production d'énergie avec du solaire présentement est à la baisse partout dans le monde. Il y a des
contrats qui se sont donnés présentement dans d'autres pays à environ 0,03 $ du
kilowattheure. Alors, ça, 0,03 $ du kilowattheure, c'est très,
très, très bas comme coût. C'est plus bas, évidemment, que si on construisait
un nouveau barrage, parce qu'il n'y avait rien à 0,03 $ du
kilowattheure dans ce qu'on a dans nos cartons. Alors, ça, c'est important.
fait que, nous, ce qu'on veut montrer, puis ce qui est important qu'on fasse
ces tests-là, c'est que le solaire, c'est connu partout. Mais, dans un endroit comme le Québec, avec les
conditions climatiques auxquelles on fait face, tu sais, les intempéries, etc., c'est différent que d'avoir
des panneaux solaires au Mexique, vous en conviendrez. Alors, nous, on a
cette responsabilité-là, de dire : On
va tester cette technologie-là chez nous pour voir comment ça fonctionne.
Qu'est-ce que ça implique? Puis, en
plus de ça, on est capable de faire, nous, à quel prix? Est-ce qu'on est
capables d'atteindre le 0,03 $? Est-ce que ça va coûter
0,04 $?
ça, ça va nous aider dans la grande décision que je vous parlais qu'on avait à
faire en 2021‑2022, en fonction de plusieurs
autres paramètres, mais entre autres de dire : Si on n'a pas besoin de
puissance — puis
vous êtes ingénieur, alors je sais
que vous faites la différence entre la puissance et l'énergie — qu'on n'a pas besoin de puissance mais qu'on
a besoin seulement d'énergie, alors
il faudrait se poser la question : Est-ce que le solaire, à 0,03 $,
0,035 $ ou 0,04 $ pourrait être une solution, tout comme l'éolien pourrait peut-être en être une? Alors,
c'est important. On comprend bien l'hydroélectricité, hein? Tout le monde est d'accord avec ça. On
comprend quand même assez bien l'éolien aujourd'hui, les coûts de l'éolien
aussi sont rendus très compétitifs et ils
ont baissé. Mais il faut se poser la question : Le solaire, est-ce que
c'est encore mieux au niveau de l'énergie?
Alors,
c'est un peu le rôle d'Hydro-Québec, via notre centre de recherche, d'être
responsable, puis d'être prêt à répondre à ces questions-là quand on fera face
à prendre une décision, puis être capable de dire, oui ou non, c'est
quelque chose qui peut nous convenir.
Le Président (M. Lemay) :
Merci beaucoup, M. Martel. M. le député de Bourget.
M. Campeau :
J'aime bien le contexte qu'on a, parce qu'à la fois on comprend mieux ce qui se
passe, mais il y a un effet pédagogique en arrière, qui est fort
intéressant.
On parle
actuellement de, à ma connaissance 0,06 $ à 0,08 $ du kilowattheure
avec le solaire et on parle de se diriger vers la parité dans quatre,
cinq ans. Si ça a à faire un effet, on va le voir d'ici ces quelques années-là,
bien sûr.
Vous parliez
tantôt, je pense, qu'il y avait 700 autoproducteurs au Québec maintenant.
Si on considère qu'il n'y a pas
longtemps, il y a peut-être cinq à huit ans, il y en avait juste 200, ça veut
dire que ça a triplé et plus. Alors, ça peut monter rapidement. Il y a
aussi la baisse des coûts des panneaux photovoltaïques, qui a donné des idées à
des fournisseurs, comme Boralex, Kruger,
Brookfield, etc. Et on devrait donc voir arriver non seulement quelques autres
autoproducteurs, mais des gros
autoproducteurs. En termes de capacité, la capacité devrait monter d'une façon
significative. Est-ce qu'on a
une idée de l'ampleur de la différence à ce moment-là?
Le Président (M. Lemay) : M. Martel,
allez-y.
M. Martel
(Éric) : M. le Président. Alors, M. le député, c'est clair, puis je l'ai expliqué un peu plus
tôt, hein, c'est un des phénomènes
qu'on est en train de comprendre. Ce qui va être important là-dedans, c'est
qu'évidemment ça va moins vite au Québec,
comme je vous le disais, à cause que nos tarifs d'électricité sont tellement
bas que ça devient difficile de compétitionner. Des fois, les gens le
font par choix tout de même, à dire : Je vais installer. D'ailleurs, comme
vous le mentionniez, ça a passé de 200 à 700
assez rapidement. Mais 700, on s'entend que c'est... sur 4,2 millions de
clients, c'est encore extrêmement petit. Alors, ce que nous, on est en train d'évaluer, puis ça, je vous
ramène à... quand on sera rendus en 2021‑2022,
est-ce que... c'est quoi, l'impact de ça sur la consommation au Québec?
Je vous disais tantôt, et là c'est un chiffre que je mets comme ça sur
la table : S'il y a 500 000 maisons au Québec qui produisent une
partie de leur propre électricité, alors là
ça commence quand même à avoir un certain poids dans l'équation de la
décision de la suite des choses pour
nous. Alors, ça, c'est un des volets, là — je vous disais, il y en a plusieurs — des
choses à évoluer. Puis c'est sûr qu'on est en train de bien comprendre.
Vous le
savez, on fait des travaux aussi dans l'institut de recherche, pour comprendre
c'est quoi, le potentiel de la numérisation, c'est quoi, le potentiel de
l'autoproduction au Québec. Est-ce que ça, ça va avoir un impact de 5, 10,
15 TWh sur notre consommation globale parce que les gens vont en
faire une
partie tout seuls?
Et puis il y
a une fonction de ça, comme vous le disiez, qui est en fonction du coût des
panneaux solaires. Alors, aujourd'hui, les panneaux solaires au Québec,
on l'a dit déjà, là, puis c'est connu puis ce n'est pas rentable,
mais les gens le font des fois par
choix. Mais, par contre, avec le fait que ça baisse quand même
assez rapidement, de façon impressionnante en plus, il pourrait y arriver un moment dans le temps, puis nous, on
pense que ça pourrait être plus aux alentours de 2023‑2024, où ça va devenir peut-être pas nécessairement
autant que les tarifs d'électricité, mais ça va commencer à être compétitif
avec nous, et peut-être
que des gens feront le choix d'en installer. On le voit surtout sur les
nouvelles constructions. C'est rare que les gens vont faire une
conversion, mais, sur les nouvelles constructions, on voit souvent des panneaux
solaires. Et, nous, bien, ça a un impact.
Parce qu'une nouvelle construction, habituellement, on a une bonne idée de
qu'est-ce que ça va consommer, et là on voit des consommations à la
baisse justement à cause de cette nouvelle technologie.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. Martel. M. le député de Bourget.
M. Campeau : Si je comprends bien, ça vient jouer, dans le
fond, sur la prévisibilité ou la non-prévisibilité parce que chaque nouvelle maison qui se connecte peut
utiliser le réseau existant ou un autoproducteur peut autoproduire. Alors,
j'imagine que plus il y a de nouvelles maisons qui se créent comme ça, plus
l'imprévisibilité apparaît à Hydro-Québec
à ce moment-là. Donc, ça vient influencer, dans le fond, votre modèle
d'affaires.
On a aussi vu... là, tout le monde a, bien sûr,
entendu parler des déversements qui se font au niveau des barrages justement à cause des surplus de capacité. Est-ce
qu'on doit établir un parallèle entre plus d'énergie solaire... au niveau du
prix, c'est bien beau, mais, au niveau des
déversements, est-ce que c'est aussi beau? Est-ce qu'on se dirige vers
une amélioration ou, au contraire, vers un problème de où va-t-on mettre
toute cette eau-là?
Le Président (M. Lemay) : M. Martel.
M. Martel (Éric) : Alors, merci
de votre question. Merci, M. le Président. C'est clair que, tout à l'heure,
quand j'expliquais qu'on était en situation
de surplus, c'est un peu ça à quoi on fait face présentement. Alors,
évidemment, quand on regarde devant
nous, hein, on parlait il y a quelques minutes d'autoproduction, on parlait de
numérisation, ça va avoir un impact
sur notre modèle d'affaires. C'est des phénomènes qu'on ne connaissait même pas
et qu'on n'avait pas besoin de tenir
compte dans le passé, mais, maintenant, c'est là et ça existe. Alors, c'est
clair que nous, on doit... de là l'importance d'avoir des lignes à
l'exportation pour s'assurer justement de ne pas déverser.
Et, vous savez, Hydro-Québec fait face à une
situation qu'on n'a jamais vécue dans le passé. Hydro-Québec... si je remonte en 1962, les Québécois consommaient
8 TWh. En 2007, ça avait augmenté à 170. Alors, c'est quand même phénoménal, c'est plus de 20 fois
de plus, et... Alors, le défi d'Hydro-Québec, de 1962 à 2007, ça a été de
construire, construire, construire des
barrages pour justement rencontrer la capacité puis la demande des Québécois.
Mais, depuis 2007, et c'est là que
c'est important, c'est que, depuis 2007, on est exactement au
même niveau. Ça fait quand même 12 ans. On consomme encore 170 aujourd'hui,
et c'est ça qu'on consommait en 2007. Alors, évidemment, le défi... on a
continué, on n'a pas arrêté tout de suite,
on a terminé des grands projets, de là l'importance d'avoir des lignes pour
exporter puis, en même temps,
de tenir compte de ces nouveaux phénomènes là qui vont nous affecter, mais plus
dans le futur.
Puis
ce que je disais... Je prends le mot «affecter» pas négativement nécessairement,
parce que je vous disais plus tôt que, s'il y a de l'énergie que les Québécois...
on est capable de leur sauver de l'énergie à consommer, alors les Québécois
mettent de l'argent dans leurs poches, parce qu'ils consomment moins, et, nous,
collectivement, on est capables de reprendre
ce kilowattheure-là, et de l'exporter, et de réussir à faire plus d'argent
avec ce kilowattheure-là au grand bénéfice de nos voisins aussi. Alors,
c'est gagnant-gagnant.
Fait
que c'est un modèle qui devient de
plus en plus complexe, hein? Veux veux pas, quand on fait nos prévisions sur
25 ans... parce qu'il faut les faire à long terme, il faut tenir
compte de plusieurs facteurs aujourd'hui que nous n'avions pas à tenir pour compte à une certaine époque. Alors, évidemment,
on est un peu en apprentissage dans ça. On se balise beaucoup avec qu'est-ce
qu'il se fait aussi dans d'autres pays qui ont fait face à des phénomènes,
entre autres, d'autoproduction beaucoup
plus rapidement que nous. Mais on a quand même, le Québec, nos particularités,
hein, que ça soit le climat ou d'autres choses. Au Québec, on se chauffe
à l'électricité, versus plein d'autres endroits dans le monde où on se chauffe plutôt au gaz, parce qu'on a de l'énergie
électrique en grande abondance hydroélectrique. Alors, tout ça, c'est clair.
Puis, écoutez, je pense, par nature,
ça rend notre travail beaucoup plus complexe à prévoir le futur, mais
évidemment on travaille là-dessus,
puis on a des chercheurs, on fait des recherches puis on fait nos devoirs de
façon très minutieuse pour être capables de s'assurer de tirer profit au
maximum de notre source énergétique.
Le Président (M. Lemay) :
Merci beaucoup, M. Martel. M. le député de Bourget.
M. Campeau :
J'imagine que, quand on parle de prévisibilité, oui, il y a des gens qui
peuvent vouloir autoproduire au
Québec, mais, en même temps, la même chose peut se faire, mettons, en Ontario.
Alors, ça va aussi avoir un impact qui va rajouter encore plus de
variables, comme si vous n'en aviez pas assez, au modèle d'affaires, j'ai
l'impression. Et j'imagine que, vu le prix plus élevé en Ontario, ça vient
faire un impact, ça aussi, j'imagine.
Le Président (M. Lemay) :
M. Martel.
M. Martel
(Éric) : Alors, si vous me permettez, vous avez absolument raison.
Évidemment, ça a un impact. Là, je viens d'expliquer un peu les répercussions
chez nous, mais c'est clair que nos voisins aussi peuvent installer plus
d'énergie renouvelable, hein, que ça soit autoproduction, ou du solaire,
ou de l'éolien. Mais la grande différence, c'est qu'Hydro-Québec, versus ces
sources-là, on a une source qui n'est pas intermittente, et...
Mais,
par contre, collectivement... C'est pour ça que vous m'entendez peut-être
souvent parler, puis le ministre en a
parlé aussi, qu'Hydro-Québec peut un peu jouer un rôle de batterie pour le
nord-est, hein, parce que, si on veut faire face au défi des changements
climatiques collectivement, il faut regarder ça par région. Et, évidemment, on
a un grand potentiel hydroélectrique
ici; aussi, nos voisins à Terre-Neuve l'ont aussi, ce potentiel-là. Ça pourrait
vouloir dire que et l'Ontario, par
exemple, et la Nouvelle-Angleterre et New York font beaucoup plus d'énergie
avec des sources intermittentes, comme pour déplacer puis éliminer des sources
fossiles, mais le matin où il n'y a pas de vent ou il n'y a pas de soleil,
nous, on pourrait servir — mais, c'est pour ça, c'est une caricature,
là — mais de
batterie justement pour les fournir en électricité. Et, quand ils n'en ont pas besoin, peut-être qu'il
y a même un modèle où ils nous fournissent. Puis, pendant ce temps-là, nous, on accumule de l'eau dans nos barrages,
parce que c'est nos barrages qui sont les batteries. Alors, ça, c'est un modèle
unique qu'on a, nous, mais qu'on pourrait peut-être évidemment aller chercher
profit pour faire face au défi des changements climatiques de façon plus
régionale.
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre.
M. Julien :
...M. Martel, on voit un plafonnement, là, depuis à peu près 12 ans,
là, de la consommation puis, naturellement,
on voit les énergies alternatives intermittentes. Oui, peut-être que nos
voisins vont aller vers là, les pays vont beaucoup vers là. Je donnais encore l'exemple de l'Allemagne.
Excusez-moi, là, mais pourquoi ils ne sortent pas du charbon avant 2038? Bien oui, ils développent énormément
d'éolien dans le nord de l'Allemagne, mais ils ont besoin d'une énergie,
la batterie, en fin de compte, pour la constance.
Également,
le travail d'Hydro-Québec avec l'IREQ, avec son institut de recherche, c'est
d'être prévisible, puis c'est vrai,
là, qu'il y a des changements beaucoup plus importants qu'il y a 20 ans,
là : on voit les énergies éoliennes, le solaire, plein d'énergies,
en fin de compte, qui viennent jouer, puis, naturellement, il y a l'émergence
également des véhicules électriques, on ne
se le cachera pas. On était à 20 000, 40 000 cette année en dedans
d'une année, on prévoit 100 000 d'ici deux ans, 1 million,
d'ici 10 ans, de véhicules électriques.
Donc,
Hydro-Québec doit à la fois jongler avec la demande, avec l'efficacité
énergétique des ménages, avec l'efficacité énergétique des industries, avec la transition énergétique, les grandes industries
qui vont passer du mazout à l'électricité, avec les véhicules
électriques, les bornes de recharge.
Donc,
c'est toutes des nouvelles façons de consommer l'énergie, mais on doit être en
mesure d'évaluer le net, là, comment ça va se déployer. Donc,
effectivement, l'installation qui passe de 200 à 700 résidences, qui
pourrait être augmentée de manière importante,
l'installation autonome solaire, par
exemple, va avoir un effet, mais il
faut considérer tous les effets dans
tout le marché pour être en mesure d'évaluer. Et ça devient de plus en plus
complexe, parce qu'aujourd'hui
on a un éventail, en réalité, beaucoup plus
complexe de sources ou d'utilisation de l'énergie. Et là comment on va se
projeter... Alors, Hydro-Québec, avec son institut de recherche, travaille
là-dessus pour être prévisible.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Bourget, en vous rappelant qu'il vous
reste quatre minutes à ce bloc.
M. Campeau :
Merci. J'aimerais revenir sur les déversements qu'il y a. On parle environ que
40 % de la neige fondue a passé dans
les déversements. Est-ce qu'on doit s'inquiéter de la capacité justement à
laisser passer cette eau-là ou ça va?
Est-ce qu'on a, avec nos barrages actuels, un problème avec les crues printanières
ou les crues telles que prévues par les météorologues?
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre.
M. Julien :
Avant de laisser la parole à M. Martel, c'est : 40 %, en
réalité, de la neige fondue passe par les barrages hydroélectriques au Québec. Naturellement, là,
c'est... Alors, il faut être en mesure de bien gérer cette situation-là. Alors,
on avait des discussions, M. Martel et
moi, justement sur ces enjeux-là. Il est beaucoup plus éloquent que moi pour en
expliquer la nature.
Le Président (M. Lemay) :
M. Martel.
M. Martel
(Éric) : ...alors, écoutez, c'est important de comprendre
qu'hydroélectrique, on a quand même... Hydro-Québec,
on a un rôle important à jouer dans toute la gestion de l'eau au Québec. En fait,
c'est un métier qu'on a chez nous, j'ai des gens qui font ça, des dizaines de
personnes qui font ça tous les jours, des météorologues, parce qu'eux nous aident à prévoir, l'eau va tomber dans la
rivière ou à côté, entre autres, comme exemple, ça fait une différence, et
comment rapidement elle va se rendre à la rivière.
Mais
on gère toujours. Comme, par exemple, présentement, une des choses que mon
équipe est en train de faire, c'est
qu'on baisse au maximum les niveaux de réservoirs dans plusieurs bassins
présentement, soit sur la Saint-Maurice ou dans l'Outaouais, où on est capable de le faire. Et, évidemment, ce que
ça nous permet de faire, à la crue du printemps, c'est de remplir les bassins pour minimiser l'eau qui va
s'écouler dans la rivière puis éviter des débordements. Je pense qu'on disait... Si vous retournez à 2017, qui est
malheureusement une époque où on ne veut pas trop se souvenir, mais on a appris
des choses de là, mais c'est arrivé. On a eu
quand même... Si on n'aurait pas géré l'eau à ce moment-là, on aurait eu probablement, dans la région de l'Outaouais, un
mètre d'eau de plus dans la rivière. Ça fait qu'on ne peut pas se donner
la mission, c'est impossible pour nous, là,
quand dame Nature décide d'en mettre beaucoup plus qu'on est capable d'en
prendre, alors, évidemment, on en
gère une
partie mais, à un moment donné, ça devient impossible. Mais on est
quand même capable de minimiser ces impacts-là.
Et ça, je peux vous
assurer qu'à chaque année on se prépare et on fait le maximum qu'on peut faire,
qu'on est capable de faire en baissant les niveaux. Puis, je pense que, dans la
région de Montréal, là, c'était presque... on parlait d'un demi-mètre aussi, je
pense, d'eau de plus qu'on aurait pu avoir. Alors, imaginez, là, un demi-mètre,
là, à Montréal, il y aurait eu beaucoup plus
de gens affectés. Ça fait qu'on n'est pas capable de tout le retenir, mais on
est capable évidemment de gérer ça le mieux possible pour minimiser les
impacts.
Président (M. Lemay) : Merci beaucoup. M. le député de Bourget,
en vous rappelant qu'il vous reste 1 min 15 s.
M. Campeau :
Je vais en avoir une, question, justement pour 1 min 10 s. Merci pour
l'éloquence. Mais j'ai surtout posé
des questions à M. Martel. J'aimerais ça, voir la vision directement du
gouvernement. Entre le solaire et l'hydroélectricité, comment vous vous
situez, M. le ministre?
Le Président (M. Lemay) :
M. le ministre.
M. Julien :
Merci pour la question. La réalisation d'un projet de parc solaire, là, puis on
aura l'occasion, là, d'en discuter,
mais c'est pour s'adapter et pour voir venir, là. Donc, c'est un peu, là, un
parc solaire un peu expérimental, à assez grand niveau, justement pour
pouvoir constater quels seront ses effets. Puis, comme je le mentionnais
précédemment, Hydro-Québec, avec son
institut de recherche, avec l'ensemble de ses ingénieurs, l'ensemble des
chercheurs... doivent être en mesure de se projeter, dans une période où
les changements sont importants, de se projeter dans le futur pour dire : Aujourd'hui, on a telle réalité. Voici ce qui nous
attend, tant au niveau des véhicules électriques, tant au niveau de la
transition énergétique, tant au
niveau, en fin de compte, de l'avènement de plus en plus important des panneaux
solaires. Donc, c'est expérimental.
Je crois qu'on doit y être justement pour prendre conscience... c'est notre
richesse, au Québec, l'hydroélectricité, l'électricité. On doit y être
pour prévoir justement le futur.
Président (M. Lemay) : Merci beaucoup, M. le ministre. Ce bloc
d'échange est maintenant complété. Je cède maintenant la parole à la porte-parole du deuxième groupe d'opposition,
Mme la députée de Mercier, en vous indiquant que vous avez 18 min 30 s.
Mme Ghazal :
Ah? Je pensais que j'avais 20 minutes.
Merci, M. le Président, merci, tout
le monde, d'être ici, merci
pour les interventions des collègues.
vais commencer par citer des citoyens. Peut-être que vous les connaissez : «Nous avions un
coin de paradis avec un lac vierge, sans habitation ni embarcation, des
sentiers de randonnée paisibles en forêt. Tout a disparu en moins de six mois : la vue, la tranquillité, les
sentiers, tout est gâché. Nous regrettons d'avoir acheté ici et la valeur de
notre maison vient de chuter de façon importante.»
Un autre citoyen
dit : «Depuis la pose des pylônes en face de notre chalet, la vue est
altérée de façon majeure. Le tracé retenu indiqué sur les documents remis lors
des réunions avec Hydro-Québec laissait penser que les pylônes ne seraient pas
visibles.»
dernier : «La beauté du lac n'avait pas de prix. Maintenant,
c'est une désolation. Nous sommes envahis par ces horribles pylônes directement
devant nos yeux. Impossible de détourner le regard.»
Donc, je
pourrais vous demander qui sont ces citoyens-là et où habitent-ils, mais... Donc, vous
l'aurez deviné, c'est à Saint-Adolphe-d'Howard. Les gens... où la ligne haute
tension Grand-Brûlé passe, dans les Laurentides. Puis il n'est pas exagéré en fait — je vais vous laisser, après ça, répondre — de
dire que ce dossier a été mal géré du début jusqu'à la fin, le début de
l'aventure, depuis six ans, par Hydro-Québec. Que ça soit la destruction des
paysages au détriment de la charte des
paysages des Laurentides... Il y a aussi un règlement, que la municipalité de Saint-Adolphe-d'Howard avait voté, qui est pour la protection des sommets de
montagne. Les pylônes sont beaucoup plus apparents. J'ai des photos... où est-ce qu'il y a eu des simulations qu'Hydro-Québec avait faites et avait présentées, et il y a des pylônes que, maintenant,
on voit, qui n'étaient pas sur les simulations qui avaient été
présentées aux citoyens.
Il y a aussi eu... évidemment, ça, ça a été beaucoup
documenté dans les médias par des articles, les saccages environnementaux importants, des déversements de sédiments qui pourraient continuer.
Les citoyens prenaient des photos, allaient voir et faisaient carrément le travail
des inspecteurs du ministère de
l'Environnement jusqu'à ce que le ministre de l'Environnement réponde enfin
et donne une ordonnance à Hydro-Québec, ce qui est arrivé pour la première fois depuis
au moins 10 ans. Et, selon l'ordonnance,
bien, Hydro-Québec, et c'est ce qu'ils commencent à faire maintenant
et pour une période de trois ans, ils doivent faire de la surveillance
par hélicoptère, par camion, de l'enrochement. Il y a tellement, tellement
de gravier pour éviter qu'il y ait d'autres déversements dans le lac qu'on dirait qu'il y a
une autoroute qui va être
construite.
Ça aussi, probablement que toute cette
surveillance environnementale sur trois ans va occasionner beaucoup, beaucoup
de coûts. Et on est loin — maintenant, le printemps arrive — on est loin d'être certains... en fait, il y
a unanimité, qu'il va quand même, malgré tout ça, continuer à y avoir
des sédiments. Toute l'aventure a coûté beaucoup trop cher : six ans de
consultation, des frais d'avocat à Hydro-Québec, etc.
En fait,
j'avais envie de vous demander combien a coûté tout ça, si vous avez une
évaluation. Mais, avant, j'ai envie de
vous demander... on parlait de fierté tantôt... et la question s'adresse à M. Martel :
Est-ce que vous êtes fier du travail qui a été fait par vos employés
d'Hydro-Québec dans Saint-Adolphe-d'Howard?
Le Président (M. Lemay) :
Alors, merci beaucoup, Mme la députée de Mercier. M. le député de Martel...
M. Martel
(Éric) : Alors, écoutez,
la ligne de Grand-Brûlé—Saint-Sauveur
a fait couler beaucoup d'encre, O.K., et a fait l'objet de plusieurs
reportages. Moi, je dois vous dire, des projets en acceptabilité sociale au
Québec, on en a plus de 400. Et la bonne
nouvelle, c'est qu'on n'en a pas 400 qui sont dans les nouvelles, on a très,
très peu de projets qui le sont. Ce
projet-là, il y a six des... parce qu'on passe par sept municipalités... il y a
quand même dans six des sept municipalités où ce que ça a fait un
consensus.
À Saint-Adolphe, ça a été particulier parce que,
dès mon arrivée, j'ai regardé avec beaucoup d'ouverture ce projet-là, mais malheureusement je suis arrivé à
la conclusion assez rapidement que, peu importe ce qu'on proposait, à part
d'aller passer, ce que la municipalité nous proposait, d'aller passer dans la
cour du voisin, dans l'autre municipalité...
Évidemment,
tu sais, nous, on a un boulot à faire. On doit livrer de l'électricité à tous
les Québécois. Ça fait qu'on a cette
responsabilité-là, puis la réalité, c'est qu'à un moment donné il faut qu'on
passe quelque part. Nous, on
regardait ça en toute objectivité depuis le début, et l'endroit où il y
avait le moins d'impact, O.K., c'était le trajet qu'on a proposé.
Évidemment,
les gens ne souhaitaient pas qu'elle passe chez eux. Ils nous ont proposé... la
première rencontre que j'ai eue avec la mairesse, à l'époque... c'était
d'aller passer chez le voisin. Il y avait beaucoup plus d'impacts. Parce que
nous, on mesure il y a combien de maisons qui vont être à x
kilomètres des pylônes, à x mètres des pylônes, et, c'est clair, on avait beaucoup plus d'expropriations
à faire. On était dans une situation, là, qui était inacceptable. Alors, évidemment,
on a travaillé. Il y a
eu... et là je ferais attention, il y
a eu plus de 100 rencontres avec
les gens du milieu pour expliquer le projet. On a fait des compromis. On a
«redesigné» une nouvelle famille de pylônes juste pour ce projet-là — c'est
vrai qu'on va pouvoir les utiliser ailleurs après — qui
minimisaient l'impact visuel.
Et le grand défi d'Hydro-Québec, vous le savez,
puis, malheureusement, on ne vit pas dans un monde parfait, à chaque fois qu'on fait des projets en
acceptabilité sociale, puis je vous rappelle qu'on en a plus de 400
présentement, puis on en a peut-être
deux ou trois dans les médias, on a eu beaucoup d'adversité dans le milieu. On
a toujours, nous, fait notre travail de la même façon dans tous les 400 projets.
C'est toujours un jeu d'équilibre entre c'est quoi, les impacts
environnementaux, c'est quoi, l'acceptabilité sociale du projet et c'est quoi
aussi, l'impact économique du projet. Puis, malheureusement, c'est toujours une
solution de compromis à la fin. On doit toujours se placer quelque part entre
les trois piliers que je viens de mentionner
et, en général, on essaie d'avoir le maximum de personnes qui vont être
d'accord que c'est la meilleure
solution. Dans ce projet-là, c'est un peu plus difficile au niveau de
l'acceptabilité sociale, mais c'est clair que, sur le plan environnemental, que, sur le plan économique et même
acceptabilité sociale, on a essayé de minimiser. C'était le mieux qu'on
pouvait faire.
On a
«redesigné» les pylônes, on a accepté d'aller passer dans la montagne, dans le
flanc de montagne, pour baisser les pylônes, ce qui nous a compliqué la vie de
façon importante. D'ailleurs, quand on a eu les écoulements, on s'est
fait prendre un peu à l'automne passé. On a
eu des précipitations majeures, qui étaient presque impossibles, mais c'est
arrivé, et là nos bassins de sédimentation ont rempli rapidement. Je vous dis,
là, on a pris des mesures déjà assez majeures, même avant qu'on ait l'avis du ministre de
l'Environnement. On a fait une stabilisation des pentes, on a six kilomètres de
barrières à sédiments, on a 100 bassins de
sédimentation qui sont là, on a six terrains de football de matelas antiérosifs.
On prend de très, très grands moyens pour éviter cette situation-là.
Le Président (M. Lemay) :
Merci, M. Martel. Mme la députée de Mercier.
Mme Ghazal : Oui, merci. Justement,
ces moyens-là coûtent extrêmement cher, et les citoyens, eux, ils étaient très,
très présents. C'est devenu comme des citoyens experts. Ce que je ne sais pas, par
exemple, dans d'autres localités, peut-être qu'ils sont moins présents. Ce qu'on se demande,
quand on regarde pour qu'Hydro-Québec ait une ordonnance, c'est parce que
c'était vraiment très, très grave. Ce n'est pas juste l'acceptabilité sociale,
c'est aussi toute la question environnementale.
Puis moi, ce
que je comprends, ce que vous dites, c'est que vous êtes allés dans des
endroits tellement escarpés pour éviter les pylônes et
l'apparence... Premièrement, ça n'a pas donné de résultat puisqu'ils sont quand
même très, très apparents. Donc, vous étiez
dans un terrain inconnu, vous n'étiez pas certai