House Proceedings — 24 March 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
2021-03-24
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf
heures quarante minutes)
Le Vice-Président
(M. Picard) : Veuillez vous asseoir, s'il vous plaît.
À la rubrique
Déclarations de députés, nous débutons avec Mme la députée de Huntingdon.
Mme IsaBelle : M. le Président, je tiens sincèrement à remercier
trois entreprises qui ont accepté, à leur façon, de contribuer avec nous
à un soutien alimentaire de jeunes de huit écoles de Huntingdon. En cette
période difficile pour certaines familles,
leur collaboration a été plus qu'essentielle. Vous savez comme moi, M. le
Président, qu'un ventre affamé n'a point d'oreilles, comme le dit si
bien le proverbe.
D'emblée,
je suis reconnaissante envers les directrices et les directeurs d'école qui ont
exprimé des besoins pour leurs
élèves. Merci à la famille Jacques, de l'épicerie Axep de Lacolle. Merci à la
famille Leahy, des Vergers Leahy de Frampton. Merci à la famille Roy, de
l'épicerie IGA de Sainte-Martine. Merci à vous toutes et tous pour votre
précieuse collaboration pour aider nos jeunes à atteindre leur plein potentiel.
Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec
Mme la députée de Saint‑Laurent.
Mme Rizqy : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, ce lundi
22 mars, j'étais dans mon comté, à Saint‑Laurent, pour inaugurer une nouvelle épicerie communautaire
avec la COCLA.
Alors,
la COCLA existe depuis plusieurs décennies à Saint-Laurent et vient en aide
aux familles plus démunies de Saint-Laurent ainsi que de Bordeaux‑Cartierville,
plus des familles nouvellement arrivées qui font le choix de vivre à Saint-Laurent.
Alors,
on sait que ça a été très difficile, la dernière année, d'une façon plus
particulière, avec la pandémie. Alors, contre mauvaise fortune bon
coeur, on s'est retroussé les manches et, à Saint-Laurent, on a décidé d'ouvrir
une autre succursale, sur la rue Décarie,
pour offrir vraiment une aide beaucoup plus importante à ceux qui en ont
vraiment besoin.
Alors,
je veux remercier particulièrement Julio Rivera, de la COCLA, pour son
dévouement mais surtout pour être allé
partout aider les gens, déposer des paniers d'épicerie à ceux qui en ont besoin;
Jessica Sbarra, qui a aidé énormément les
aînés de Saint-Laurent plus vulnérables; Maryse Lapointe, directrice de
l'école Katimavik, qui est toujours proche d'eux. Un immense merci. Et bravo
pour cette nouvelle succursale Harvest épicerie! Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Bourget.
M. Campeau : Merci, M.
le Président. Je voudrais souligner aujourd'hui le travail exceptionnel du personnel du CIUSSS de
l'Est-de-Montréal.
Dans
les derniers mois, les travailleurs de la santé se sont démarqués par leur
dévouement, et ce, quel que soit leur poste. Ces gens-là ont travaillé
en contact avec un virus invisible, ne l'oublions pas, il y a du courage
là-dedans.
De très nombreuses et
belles histoires me sont parvenues, de nombreux témoignages de reconnaissance
ont été partagés, mais j'aimerais en
particulier mentionner l'excellente collaboration des dirigeants du CIUSSS, à
commencer par son P.D.G., Sylvain
Lemieux. Sylvain n'est pas seul. Il a une équipe, et ça paraît. Cette
collaboration nous a permis d'avoir l'heure
juste en tout temps sur la situation des établissements de santé et des
établissements scolaires de l'est de Montréal tout au long de la crise.
Au nom de tous les résidents de
Bourget, j'aimerais simplement remercier l'ensemble des travailleurs de la
santé du CIUSSS de l'est de Montréal. Et, grâce à vous, on va se sortir
de cette pandémie. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Je reconnais M. le député de
Chomedey.
M. Ouellette :
Merci, M. le Président. Je tiens à offrir mes meilleurs souhaits à tous mes
citoyens et citoyennes d'origine hellénique
à l'occasion du 200e anniversaire de l'indépendance de la Grèce, qui se
tiendra demain, le 25 mars.
take this opportunity to highlight and thank the members of CFMB radio 1280, AM
team, Michael Tellides, Soula Tellides, and
George Tellides, as well as Laval News , Ta Nea, newspaper, George Guzmas
and George Bakoyannis, who do a remarkable job in the most beautiful
riding of Laval, Chomedey.
their support and contribution to Québec society, on this occasion of the 200th
anniversary of the independence of Greece, I
would like to recognize CFMB radio and Laval News , Ta Nea, for their
contribution with the Honor Medal of National Assembly.
The national holiday of Greece reminds
and teaches the following generation the importance of freedom, which was acquired in 1821. Unfortunately, this year, the pandemic forces us
to follow the recommendation of public safety, but may the pride and joy of
Greek heritage come to life like every year through these holidays. (S'exprime
en Grec).
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. La prochaine déclaration est
pour M. le député de Saint‑Jérôme.
M. Chassin :
M. le Président, laissez-moi vous parler ce matin d'une formidable nouvelle
économique pour Saint-Jérôme.
15 mars dernier, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le
premier ministre du Québec, François Legault,
étaient réunis pour une annonce majeure :
la construction d'une usine d'assemblage de blocs-batteries hautement
automatisée de La Compagnie
électrique Lion, qui produit des autobus et des camions entièrement électriques
en partenariat avec une multitude de
fournisseurs québécois. Ce projet de 185 millions, créateur d'emplois de
pointe, sera accompagné d'un centre de
recherche. Lion est un champion économique en pleine expansion, et son usine
d'assemblage de blocs-batteries apportera un nouveau souffle à notre
économie.
moment où la relance devient si importante, on ne pouvait souhaiter mieux.
Alors, au nom de tous les Jérômiens, je
souhaite féliciter M. Marc Bédard, président fondateur, ainsi que toute
son équipe et les 500 employés actuels de Lion pour avoir fait de cette entreprise le succès
qu'elle est aujourd'hui. Nous sommes fiers de voir le savoir‑faire de chez nous
se développer, permettant plus de richesse et moins de GES. Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député. Seulement un simple rappel : peu importe la
rubrique, on nomme les députés en place, on ne nomme pas leur nom et
leur prénom. Seulement un petit rappel amical.
La prochaine
déclaration est pour Mme la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, M. le Président. Heureuse de me lever en
cette Chambre pour souligner l'excellente fin de saison d'une athlète
bien connue au Québec et au Canada, une athlète de la circonscription de Bellechasse,
la skieuse Marie-Michèle Gagnon, de Lac-Etchemin.
Marie-Michèle
a notamment obtenu une médaille de bronze à l'épreuve du super G lors de
la Coupe du monde, en Allemagne, et
une sixième place dans la même épreuve lors des Championnats du monde qui ont
clôturé la saison 2020‑2021.
Ces résultats sont d'autant plus significatifs que celle qui fait la fierté du
Mont-Orignal revient de loin. Après avoir subi une grave blessure, en
2017, au genou, la Lacetcheminoise a fait preuve de courage, de patience et de
résilience pour revenir à l'élite mondiale.
31 ans, elle est toujours aussi passionnée par son sport. Elle vise
notamment les Jeux olympiques de Pékin l'an prochain.
Bravo,
Marie-Michèle, une ambassadrice hors pair de notre région qui continue
d'inspirer les jeunes amateurs de sports de glisse québécois! Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant M. le député
de Deux‑Montagnes.
M. Charette :
Merci, M. le Président.
19 au 31 mars, nous soulignons la 22e Semaine d'actions contre le
racisme et pour l'égalité des chances. Cette semaine de sensibilisation est nécessaire, surtout à la lumière des
récents événements rapportés dans les médias. Il nous faut réfléchir
tous ensemble à la portée de nos gestes quotidiens et à notre responsabilité
collective de ne pas tolérer le racisme. Peu
importe la forme qu'il prend, le racisme est inacceptable. Qu'il soit tantôt
subtil, tantôt direct, il demeure toujours profondément offensant.
est aussi important de mentionner que, le 22 mars dernier, nous avons
souligné la Journée internationale pour l'élimination de la
discrimination raciale, décrétée par les Nations unies.
côté du gouvernement, le temps est à l'action. Nous avons créé le Groupe
d'action contre le racisme, qui a déposé son plan d'action en décembre dernier.
Dans un souci de mettre en oeuvre les recommandations y figurant le plus
rapidement possible, le premier ministre a posé un geste historique en
nommant pour la toute première fois un ministre responsable de la Lutte contre le racisme. La création de cette
responsabilité témoigne de notre volonté d'agir concrètement et envoie
un message clair à toute la population : Le racisme, au Québec, c'est
tolérance zéro. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député de Deux-Montagnes. Je reconnais M. le député de Rosemont.
M. Marissal : Merci. Chaque année, à ce temps-ci, nous
reprenons quelques rituels saisonniers : les premières sorties sans
manteau, la mise au point du vélo, le ménage du printemps et la déclaration de
revenus.
Pour
bien des gens moins bien nantis, la production du fameux rapport d'impôt est
une source de stress, un pénible devoir.
C'est pour cela que, cette année encore, je veux saluer et soutenir la clinique
de l'impôt de Rosemont, qui en est à sa 19e édition, qui se
tiendra du 14 au 16 avril au Centre communautaire la Petite-Côte, dans le
Vieux‑Rosemont.
trentaine de personnes se relaient pour offrir ce service, au coût de 5 $,
aux gens à faibles revenus du coin, dont des prestataires de l'aide de dernier recours et des citoyens ou
familles dont le revenu annuel est de moins de 30 000 $. La
clinique d'impôt de Rosemont rend ainsi service à 200 personnes chaque
année.
Merci
aux organisateurs pour ce travail essentiel. Et on se revoit l'an prochain pour
votre 20e anniversaire. Merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, M. le député de Rosemont. Je reconnais maintenant Mme la députée de Montarville.
Mme Roy :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président.
y a 60 ans aujourd'hui était créé le ministère des Affaires culturelles,
devenu le ministère de la Culture et
des Communications. C'est un moment où nous avons collectivement
reconnu l'importance de la culture pour notre nation et c'est l'instant où nous avons décidé que le gouvernement allait jouer un rôle de premier plan pour valoriser cette culture et
lui assurer un soutien à la mesure de ce qu'elle nous apporte.
C'est
précisément pour assumer ce leadership à l'égard de notre culture et pour jouer
un rôle exemplaire que notre gouvernement a l'intention de lui donner la place qu'elle
mérite au sein même de l'État et de ses institutions pour célébrer ce 60e anniversaire. Je suis donc très
contente d'annoncer que le gouvernement
du Québec a l'intention de se doter
sous peu d'une politique
d'acquisition d'oeuvres culturelles québécoises afin que le talent de nos artistes et créateurs
soit présent dans une sphère encore
plus vaste de la société québécoise. Et, au cours des prochains mois, j'aurai le
plaisir d'annoncer des gestes
concrets qui découleront de cette politique et qui mettront en valeur cette
culture dont nous sommes si fiers. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Cela met fin à la
rubrique Déclarations de députés.
Je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 51)
Président : Mmes et MM. les députés, bon mercredi à toutes et à
tous. Prenons maintenant quelques instants pour nous recueillir.
vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni de présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Oui, M. le
Président. Je dépose les réponses aux questions inscrites au feuilleton... Je
dépose les réponses du gouvernement aux pétitions présentées en Chambre
le 24 novembre 2020 et le 21 février 2021 par la députée de
Sainte-Marie—Saint-Jacques, le 3 décembre 2020 et le 17 février 2021 par la
députée de Sherbrooke, le 4 décembre par le député de Viau, le 9 décembre par
le député de Masson, le 10 décembre par le député de Laurier‑Dorion, le 11 décembre par le
député de Matane-Matapédia, le 2 février par les députées de Bourassa-Sauvé et de Saint-Laurent, le 3 février par les députés de Gouin, Mercier
et Jacques-Cartier, le 4 février par les députés d'Argenteuil et de Jonquière, le 9 février par le député de D'Arcy-McGee, le 17 février par le député de Rosemont, le 18 février
par les députés de Jonquière et de Marie-Victorin, ainsi qu'à la question inscrite au feuilleton le
10 mars 2021 par le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Merci, M. le Président.
Le Président :
Merci. Ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
Il n'y a pas de dépôt
de pétitions.
Il n'y a pas de réponses
orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de droit ou
de privilège.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la
parole à la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade :
Merci, M. le Président. Ce matin, aux portes de l'Assemblée nationale, des
mamans et des papas qui provenaient de partout au Québec sont venus témoigner
de leur désespoir. Ils sont venus
implorer le gouvernement d'agir. Il y avait dehors une haie de poussettes,
et on entendait des gens qui étaient venus dire qu'ils voulaient non seulement
travailler, mais qu'ils voulaient également qu'on soit capable de prendre soin
des enfants.
Alors,
on va reculer un peu dans le temps, M.
le Président. En février 2019, le
ministre de la Famille déclare en point de presse qu'avec lui
l'attente pour une place, c'est terminé, qu'il fera mieux que tous les gouvernements
précédents. Aujourd'hui, M. le
Président, force est de constater que
le ministre n'a pas livré la marchandise, il y a des milliers de familles
qui se sentent abandonnées.
la promesse de créer 13 500 places en deux ans, seulement
2 022 places ont été créées, au 31 décembre de l'année passée.
Sur sa promesse de réduire la liste d'attente, elle a augmenté de
9 000 places, et ce sont des centaines d'éducatrices en milieu familial qui ont quitté le réseau. Le ministre de la Famille peut bien dire qu'il agit, mais sur le terrain,
là, aujourd'hui, la situation
se dégrade.
Demain,
M. le Président, le ministre
des Finances présentera un budget.
Les mamans, les papas, les familles attendent, et ce, dans toutes les
régions du Québec. Ils veulent que la crise se règle.
Est-ce que leur voeu
va être exaucé?
Le Président :
M. le ministre... Mme la ministre de l'Enseignement supérieur, excusez-moi.
Mme McCann : Merci, M.
le Président. Oui, la réponse, c'est
oui, que leurs voeux vont être exaucés, parce que le ministre de la Famille, M. le
Président, prend charge du dossier,
et annonce des mesures déjà, maintenant, et fait un travail vraiment colossal.
Il faut se rappeler
qu'il y a 11 000 places qui ont été laissées sur les tablettes, là,
par le précédent gouvernement. Alors, le ministre de la Famille, lui, il est déjà en action. Il a créé
2 000 places, et plus de 2 000 places, et il a d'autres
actions aussi. Il l'a dit, il l'a
bien annoncé, qu'il revoyait tout le processus administratif, M. le Président. Et de revoir ce processus administratif, ça n'a jamais été
fait. C'est un processus qui est très lourd. Et le fait qu'il le revoie va
créer de 5 000 à 7 000 places d'ici la fin du mandat, M. le
Président.
Mais
ce n'est pas tout, ce n'est pas tout, il y a d'autres mesures, la conversion de
places non subventionnées en garderie,
qui vont donner lieu aussi à des milliers de places de garderie subventionnées,
et également d'autres mesures qui vont être annoncées au budget, M. le
Président.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : La réponse de la ministre, M. le Président, est totalement déconnectée de ce que vivent les gens sur le terrain. Quand j'entends les mots
«colossal» et «en action», honnêtement, je ne vois pas comment ça peut être connecté
à ce qu'on a entendu aujourd'hui des gens qui manifestaient.
Quelques
exemples : Sarah, infirmière clinicienne dans la région de Québec,
sans solde depuis deux mois. Caroline, infirmière
clinicienne en Estrie, retour au travail prévu en juillet, toujours
pas de place. Deborah, médecin immigrée, incapable de compléter la
validation des diplômes par manque de place au Québec. Ça se suit comme ça tout
le long.
Qu'allez-vous faire concrètement?
Le Président : Mme la ministre
de l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Bien, M. le Président, le ministre de la Famille va faire des choses qui n'ont jamais été faites
par les précédents gouvernements. Et,
quand je parlais d'allègements bureaucratiques, c'est très important. 17 étapes
qu'il y avait à faire pour un CPE dans le passé, là ça va être neuf
étapes, on coupe de plus de la moitié. L'abolition de la contribution obligatoire. Une avance de fonds de
50 000 $. La révision des règles régissant les appels d'offres. Un ensemble
de mesures qui sont prises actuellement et qui vont aider nos familles.
La conversion de places de garderie non subventionnées en garderie
subventionnée, mais aussi d'autres mesures qui s'en viennent au budget, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président, des mots, des mots, des mots. C'est
ça que les parents entendent, mais pas d'action. Il y a Marie-Hélène, en 2020, elle écrit la chose suivante :
«J'étais à bout de souffle. Je devais absolument retourner travailler. Je me suis rendue au bureau de la vice-première
ministre, pour me faire dire de trouver un gentil grand-parent cherchant une
occupation.» C'est ça qu'elle a eu comme réponse.
Les gens
dehors aujourd'hui, dans les garderies, ils attendent des réponses concrètes. Que
va faire le gouvernement pour agir?
On ne peut pas leur demander d'aller chercher un grand-parent pour aider leurs
enfants. Ce n'est pas ça, la solution.
Le Président : Mme la ministre
de l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Bien, M. le Président, des actions, des actions,
des actions et du budget, 50 millions qui a été investi dans les garderies pour convertir des places en
garderie non subventionnées en garderie subventionnée. Du budget, donc, M. le Président, des actions, des mesures qui vont
être annoncées demain au budget, qui vont faire une grande différence pour ces parents qui ont besoin de places en
garderie et en CPE, M. le Président, une priorité de notre gouvernement. Et le
ministre de la Famille est actif, très actif dans ce dossier. Oui, ce
sera, au bilan, un travail colossal du ministre
de la Famille, M. le
Président.
Le Président : Troisième
complémentaire, Mme la cheffe de l'opposition officielle.
Mme Anglade : M. le Président, aujourd'hui, il y a un
commentaire d'une jeune dame qui m'a beaucoup marquée. Elle a dit : Moi, j'ai été élevée par une
mère infirmière qui a pu travailler puis s'assurer que moi, j'aie accès à un
service de garde. Aujourd'hui, moi,
comme maman, je n'ai même pas accès à ce à quoi ma mère avait accès pour
s'occuper de moi. Ça, ça témoigne du
recul, du recul systématique que l'on voit maintenant pour des femmes en milieu
de travail aujourd'hui, pour des femmes qui n'ont pas accès à des soins
en garderie, des soins pour leurs enfants.
Que va faire le gouvernement concrètement?
Le Président : Mme la ministre
de l'Enseignement supérieur.
Mme McCann : Oui, M. le
Président, une détérioration qui s'est passée au fil du temps à cause des
anciens gouvernements, et la situation va
être redressée par le ministre de la Famille. Alors, des mesures importantes
qui vont être annoncées dans le
budget de demain, des mesures qui vont toucher les garderies, qui vont toucher
les CPE, qui vont toucher la main-d'oeuvre aussi, parce qu'il faut se
préoccuper des éducatrices en milieu de garderie et en CPE, M. le Président. Alors,
des mesures importantes, des mesures costaudes qui vont être annoncées et que va
appliquer le ministre de la Famille rapidement. Création, également...
Président : En terminant.
Mme McCann :
...de 5 000 à 8 000 places dans le reste du mandat, M. le
Président.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Merci, M. le Président. L'une des responsabilités premières du gouvernement,
c'est de protéger ses travailleurs, c'est de s'assurer de la sécurité de
ses soignants et de ses soignantes.
Hier, un jugement
sévère du Tribunal administratif du travail est venu confirmer qu'en refusant
de fournir des masques N95 le gouvernement de la CAQ a non seulement mis à
risque ses anges gardiens, il a échoué à les protéger adéquatement.
le Président, depuis le début de la pandémie, ce sont
41 000 travailleurs du réseau de la santé qui ont contracté la COVID, 18 qui en sont décédés. Combien de vies auraient pu être sauvées si le gouvernement de la CAQ avait pris les bonnes
décisions et avait protégé adéquatement ses travailleurs depuis le début? La
santé et la sécurité des travailleurs, ce n'est pas un privilège, c'est
un droit, M. le Président.
Après un an de
pandémie, des mois de demandes, pourquoi ça aura pris un jugement d'un tribunal
pour que le gouvernement caquiste protège enfin ses travailleurs du réseau de
la santé?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. Je remercie la députée de Maurice-Richard pour sa question. Et je tiens à rappeler, tout le monde, que, depuis un an, nos
connaissances sur le coronavirus et le SRAS-2 ont beaucoup évolué. La notion d'aérosols est vraiment implémentée
depuis le début de cette année, et c'est d'ailleurs depuis le début de cette
année qu'on a commencé à recommander le N95 dans les zones rouges.
faut également dire qu'une autre chose que l'on a faite pour protéger nos
travailleurs de la santé, ça a été de les prioriser dans l'ordre de
vaccination, M. le Président, parce qu'on veut les protéger, nos travailleurs
de la santé.
qu'il faut savoir également, c'est que le jugement d'hier a été bien pris en
note par mon collègue ministre de la Santé et que, dès ce matin, également, on
est au travail avec la Santé publique et la CNESST pour voir ce qui a été
conclu hier, pour bien étudier le
rapport d'hier et pour voir ce qui en découle et qu'est-ce qu'on va mettre
comme suite à ce jugement, M. le Président.
Donc,
la santé des Québécois, c'est une priorité pour mon collègue ministre de la
Santé et c'est une priorité pour notre gouvernement, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
M. le Président, le gouvernement doit assumer ses décisions. Il me dit que les
connaissances ont évolué dès le
printemps 2020. Dès le début de la pandémie, des experts en santé et
sécurité imploraient le gouvernement, au nom du principe de la précaution, de
fournir des masques N95 aux
travailleurs de la santé, aux soignants, aux soignantes, aux anges
gardiens.
Qu'est-ce que le ministre, aujourd'hui, a envie de leur dire? Est-ce qu'il peut admettre son erreur? Et est-ce
qu'il peut s'excuser auprès des travailleurs du réseau de la santé?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant : M. le
Président, dès qu'on a démontré qu'il
y avait un risque, on a agi, et on continue d'être en action pour protéger nos travailleurs de la santé. La
meilleure source de protection, M. le
Président, c'est le vaccin. On
encourage nos travailleurs à aller se
faire vacciner. Il y a encore des travailleurs de la santé qui ne sont
pas vaccinés, il faut qu'ils aillent se faire vacciner.
comme je vous l'ai dit, on étudie le jugement qui a été rendu hier. La Santé publique, CNESST sont en train de
travailler actuellement pour voir les changements qui doivent être
effectués. Donc, on est très conscients des changements, on veut
protéger nos travailleurs et on continue à travailler là-dessus, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit : M. le
Président, c'est surréaliste, ce que
j'entends. Je le répète : 41 000 travailleurs
qui ont contracté la COVID, 18 qui en
sont décédés. On connaît les conséquences que ça a eu, d'avoir des travailleurs
qui n'étaient pas au front quand on en
avait besoin parce qu'ils étaient malades, parce que le gouvernement a échoué à
les protéger. Et c'est exactement la
raison pour laquelle on veut une enquête publique indépendante, pour faire la
décision sur toutes les décisions politiques qui ont été prises, comme
celle-ci, qui ont eu de lourdes conséquences depuis le début de la pandémie.
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
Le Président :
S'il vous plaît! Sans commentaire.
M. Carmant :
Non, mais là, M. le Président, je ne suis pas d'accord, parce que depuis le
début, là, on dit : Ça, c'est une
décision de la Santé publique, on travaille avec la Santé publique, c'est eux
qui nous ont guidés dans ces décisions-là. Quand ils ont décidé que l'aérosol était un facteur de risque, on a
changé, on en a recommandé le masque dans les zones rouges. Maintenant, il y a de nouvelles décisions
qui viennent d'être posées. On est en train de l'étudier et on changera nos
critères si c'est nécessaire, M. le
Président. Depuis le début, on le répète, on travaille avec la Santé publique
et on suit leurs recommandations. Merci, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
C'est la longue histoire d'un maire qui, quatre mois après son élection, a
financé son OBNL à la hauteur de 120 000 $, dont sa femme est
directrice. Le même maire devient préfet et octroie des contrats à son chum,
Steve Maillette, dont une aide financière à la hauteur d'un demi-million de
dollars. Le même maire, ensuite préfet, est aujourd'hui
député ici, à l'Assemblée nationale, pour le gouvernement de la CAQ. Et vous
savez quoi? Ça continue. On apprend que c'est 2 millions, de la
part du ministère du Tourisme, qui a été versé à la compagnie dont sa fille est
cadre.
n'en reviens pas. Je n'en reviens pas que la CAQ permette à un ancien maire et
préfet qui fait régulièrement les manchettes
pour des conflits d'intérêts de rester en poste; pire, au Conseil du trésor, le
chien de garde de nos deniers publics.
Avec
le cas du député de Rousseau, comment la ministre des Affaires municipales peut
penser garder une crédibilité vis-à-vis
les maires du Québec si elle passe le message que les conflits d'intérêts,
c'est non seulement toléré au gouvernement de la CAQ, mais accepté par
le premier ministre?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest : Oui, merci,
M. le Président. Bien, je vais
commencer tout de suite par répondre que les propos et les événements qui se sont passés, ça s'est passé quand même
en 2012, ça fait quand même neuf ans. Alors, c'est certain que, là,
j'étais...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Sans commentaire. Madame, poursuivez.
Mme Laforest :
C'est certain que ce n'est pas moi qui étais en poste à ce moment-là.
Donc, il y a eu une enquête
avec la commissaire aux plaintes. Les conclusions étaient, de la commissaire
aux plaintes, que... la commissaire était d'avis que, les informations qui étaient disponibles à ce
moment-là, elle ne pouvait pas conclure
que le député de Rousseau pouvait s'être placé dans une situation
d'octroi de contrat, dans les domaines que vous avez mentionnés, à la municipalité
de Saint-Calixte.
Alors,
juste pour un petit rappel, dans ce temps-là, moi, je n'étais pas là, c'était
le gouvernement libéral qui était là, je crois que c'était soit le ministre Gaudreault ou Lessard, en tout cas c'était en 2012, un des deux, que je me rappelle. Mais maintenant
ce que je peux dire, c'est que c'était essentiel de penser et de croire à nos
institutions, comme la Commission
municipale du Québec, l'UPAC, la Commissaire à l'éthique à l'Assemblée
nationale et le CIME, le Commissaire à l'intégrité
municipale du Québec. On a des institutions très compétentes. Présentement, il
y a une enquête. On va attendre les résultats. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de La Pinière.
M. Barrette :
Hier, M. le Président, le premier ministre, dans l'affaire du député de
Rousseau, nous a servi la réponse la
plus stupéfiante possible. Il a dit à ce sujet : Il n'a pas été condamné,
il n'y a pas de problème. M. le Président, ici, ce dont on parle, ce sont des apparences de conflit
d'intérêts. «Apparence», par définition, ça veut dire «pas de condamnation».
Et il a passé l'éponge.
M. le Président, il
avait dit : Tolérance zéro. Est-ce que ce sera sa première promesse
brisée?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire : Merci, M. le Président. Je trouve ça toujours
intéressant d'entendre le Parti libéral poser des questions en matière
d'éthique. Mais, bon, allons-y.
M. le Président, non
seulement il n'y a pas de condamnation...
Le Président :
S'il vous plaît!
Caire : ...mais il n'y a même pas d'accusation, il n'y a que
des allégations dans un média qu'on connaît tous. Ça, c'est la base sur laquelle les collègues du
Parti libéral, qui, soit dit en passant, n'ont peut-être pas la conscience
tranquille, sont en train de faire un procès d'intention.
Alors,
sur les procès d'intention, M. le Président, le premier ministre a été très
clair, il n'y a pas de suite à donner à ça. Et lorsqu'il y aura des
enquêtes, et lorsqu'il y aura des conclusions, on verra.
Président : Deuxième complémentaire, M. le député de
La Pinière. Je vais vous demander d'être attentifs aux questions et aux
réponses.
M. Barrette :
Écoutez, M. le Président, n'importe qui qui lit le dossier comprend qu'il y a
des conflits d'intérêts apparents.
Maintenant, M. le Président, ici, au salon bleu, aujourd'hui, on a le ministre
de l'Économie. Le premier ministre nous dit : Faisons confiance aux institutions. Les institutions
ont tranché, et le premier ministre, comme pour les apparences de conflit
d'intérêts, a choisi de ne pas aller de l'avant avec l'institution. Il est
l'institution première.
Va-t-il appliquer ce
qu'il dit qu'il appliquerait?
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
M. le Président, c'est grave, ce que le député de La Pinière vient de dire, là :
C'est évident pour tout le monde qu'il y a des apparences de conflit d'intérêts. Alors là, le député de La
Pinière, le Parti libéral, qui, soit dit en passant, là, en la matière,
a peut-être deux ou trois petites croûtes à manger, là, se substitue à la
commission des affaires municipales, se
substitue à la Commissaire à
l'éthique, se substitue à l'UPAC,
font leur procès d'intention, prononcent la sentence...
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle.
M. Fortin :
M. le Président, c'est la deuxième fois que le leader adjoint du gouvernement
utilise l'expression «c'est un procès
d'intention». Ce faisant, il nous prête des intentions. Nous, tout ce qu'on
tente de savoir, M. le Président, là,
c'est l'intention du premier ministre. Est-ce qu'il va sévir? Est-ce qu'il va
agir? Est-ce qu'il va agir dans ce dossier-là, oui ou non? Ce n'est pas,
M. le Président, approprié, ce n'est pas...
Président : Non, non. Deux secondes. M. le leader adjoint, on
se lèvera après l'intervention, hein, chacun son tour, merci. Je vais
vous demander de compléter.
M. Fortin :
Il prête des intentions, très clairement. Je lui demanderais de ne pas le faire
mais de s'exprimer très clairement sur la question du député.
Le Président :
Est-ce que vous voulez...
Caire :
...ça fait deux fois, là. Hier, il a fait ça, puis il recommence aujourd'hui.
Ce n'est pas une question de règlement,
c'est une façon de passer des commentaires. Il se sert du règlement pour passer
des commentaires. Je vous demande de le rappeler à l'ordre, s'il vous
plaît, M. le Président.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement, et là le message est pour tous, là, puis
on avait commencé hier dans ce dossier-là,
je vais vous demander aussi de poursuivre mais de bonne façon, avec des propos
appropriés, d'être prudents sur un dossier comme celui-ci.
Nous
en sommes... Et on revient maintenant à la réponse. Il vous restait du temps
pour répondre. M. le leader adjoint du gouvernement. À vous la parole.
Caire : M. le Président, il se substitue, le Parti libéral
se substitue à ceux qui ont autorité en la matière. Pour ce qui est de l'UPAC, on l'a dit, le député de Rousseau
n'a jamais été contacté par l'UPAC. Il y a juste dans le journal qu'on
apprend qu'il y a une enquête, je ne sais pas comment ils savent ça.
Le Président :
En terminant.
Caire : La Commissaire
à l'éthique n'a aucune conclusion,
puis la commission des affaires municipales dit...
Le Président :
Question principale, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Merci, M. le Président. Cet automne, le gouvernement fédéral a lancé un
programme d'urgence pour créer rapidement du
logement social en temps de pandémie. Des groupes se sont démenés pour préparer
des projets. Et qu'a fait la CAQ? Elle a pris l'argent pour payer les
vieilles promesses des libéraux, construire des logements qui auraient dû être
libérés il y a déjà cinq ans.
Pour financer des
nouveaux logements, le gouvernement est fermé. Mais, par contre, pour financer
le stade de Stephen Bronfman, ils sont
ouverts. Est-ce que les 400 000 familles
mal logées vont devoir rembourser M. Bronfman pour faire du
lobbyisme? Où est-ce qu'il va falloir loger ces familles? Dans les gradins?
Quand
j'étais adolescent, j'ai passé de nombreux après-midis au Stade olympique, j'aime
le baseball. Mais je pose la question, M. le Président : Construire
rapidement des nouveaux logements pour nos familles ou financer des stades pour
les millionnaires, quelle est la priorité?
Est-ce qu'il y aura
de la place dans le prochain budget pour financer du logement social?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest :
Oui, merci, M. le Président. Évidemment, depuis le début, depuis qu'on est
arrivés en poste, la première chose qu'on
a faite, parce qu'on n'aurait pas pu en construire, du logement, parce
qu'on n'avait pas les bons coûts de
matériaux de construction, on les a ajustés, on a déposé 410 millions de
dollars pour justement débloquer la problématique des coûts admissibles
de construction. On l'a fait.
Qu'est-ce
qu'on a fait aussi? Il y avait une entente qui n'était pas signée avec le
fédéral, la Stratégie nationale du logement. Qu'est-ce qu'on a fait? On
s'est entendus, on l'a signée.
Ensuite,
la Vérificatrice avait dit qu'il fallait revoir le programme AccèsLogis avant
de continuer. On a revu le programme AccèsLogis également pour respecter
plusieurs demandes de plusieurs clientèles.
y a eu aussi l'initiative de création rapide de logements. On s'est entendus
également en janvier et on a signé cette entente de création rapide du logement. Avec cette entente qu'on a signée, on va
libérer 1 491 unités de plus très rapidement, d'ici un an.
Alors, je pense qu'au
niveau habitation, depuis deux ans, on n'a pas arrêté, et ça construit sans
arrêt. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Justement, concernant cette initiative rapide de construction du gouvernement
fédéral, c'est là que le bât blesse,
là. Nous vivons une épidémie de féminicides, et il faut agir.
L'Alliance MH2 a déposé un projet pour une maison d'hébergement
pour femmes immigrantes victimes de violence dans le cadre de l'initiative
rapide, justement, là, une population qui n'a pas accès au programme actuel, le
projet a été refusé. En même temps, la CAQ ouvre la porte à du financement pour
un stade pour des millionnaires.
Est-ce que le
ministre va ouvrir la porte à du logement social pour des femmes victimes de
violence conjugale...
Le Président : Mme la
ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest :
Oui. Justement, dans l'initiative qu'on a signée en janvier, je peux vous dire
tout de suite qu'on a
247 logements pour femmes en difficulté qui sont prévus, qu'on a justement
travaillé ensemble avec ma collègue pour choisir des unités, pour des maisons pour
les femmes violentées.
Moi,
ce que je peux dire, c'est qu'au niveau des femmes en situation de violence,
depuis le début, depuis le 1er octobre, on a livré 163 unités.
Il y en a 115 en construction. Et, avec l'entente de création rapide du
logement, on en libère 136.
Alors, nous, on en
libère, depuis deux ans, 133. Après quatre ans, on en aura 692. Et, depuis
1997, avec l'ancien gouvernement, on en libérait seulement 48 par année.
Le Président :
En terminant.
Mme Laforest :
Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla :
Le problème ici, M. le Président, c'est que la ministre prend de l'argent du
fédéral pour du nouveau logement
social pour financer d'anciens projets qui ont été promis par les libéraux. Elle est où, la priorité? Financer du
nouveau logement social ou payer avec l'argent du fédéral les anciennes
promesses?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest : Oui. Alors, moi, ce que je fais, quand je travaille, je travaille toujours, en habitation, quand c'est possible, et le fédéral et le provincial. Avec
l'entente, on a quand même, encore là, déposé 180 millions. Pourquoi? Pour les
frais d'exploitation. Parce que c'est beau, construire, oui, on construit, mais
ça coûte cher. Il y a des frais d'exploitation à payer, il y a
des programmes Supplément au loyer à ajouter, et ça, le
provincial, on a signalé notre présence et on a travaille avec le fédéral, évidemment.
Moi, qu'est-ce que je
peux vous mentionner, c'est que jamais, jamais autant de logements sociaux ne
seront construits. Maintenant, évidemment,
tous les organismes qui ont des projets nouveaux et qui veulent avoir des
projets avec le fédéral, il y a des projets en attente, il faut
consulter et il faut téléphoner au fédéral...
Le Président :
En terminant.
Mme Laforest :
...à savoir s'ils vont être acceptés.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : M. le Président, depuis le mois de janvier, c'est sept féminicides, au Québec,
sept. À ce chiffre s'ajoutent les
centaines de tentatives de meurtre qui se produisent dans l'ombre. Seulement
pour la Fédération des maisons d'hébergement, c'est
300 femmes qui ont vécu une tentative de meurtre en 2019-2020.
Cette
hausse des cas depuis la pandémie est une situation extrêmement préoccupante. La lutte aux
violences sexuelles et conjugales
faites aux femmes doit devenir une priorité nationale, au Québec. L'heure n'est
plus à la réflexion ni aux discours d'intention.
Le gouvernement doit agir et implanter des mesures urgentes et concrètes, comme
financer et mettre en place des
cellules de crise visant à prévenir les homicides partout au Québec, la
généralisation du programme d'évaluation des conjoints violents et
l'imposition du bracelet antirapprochement. Je le répète, ça a déjà trop tardé.
Est-ce que la
ministre responsable peut nous dire que cela sera fait d'ici la fin du
printemps?
Le Président :
Mme la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Charest :
Oui, merci, M. le Président. Je partage tout à fait les propos de la députée de
Gaspé, à savoir que ce qui se passe,
c'est inacceptable, intolérable, et on n'est plus à l'heure des discours puis
on n'est plus à l'heure des réflexions, on est à l'heure de la mise en application d'un plan d'action, en fait
de deux plans d'action, un premier plan d'action qui a été mis en place par le gouvernement libéral,
auquel on a ajouté considérablement des sommes. En fait, on a plus que doublé
les sommes, on a augmenté de façon
considérable le financement des maisons d'hébergement. On est à mettre en
action différentes mesures. On a un
rapport, Rebâtir la confiance. On a un autre rapport aussi, Agir
ensemble pour sauver des vies .
Alors,
on est en action. Évidemment, ça prend du temps parce que c'est des mesures qui
auraient dû être faites il y a des années et des années, parce que la violence
conjugale, ça existait, il y a des années, puis ce qu'on savait, c'est que ce qui était dénoncé, c'était la pointe de
l'iceberg, on sait que c'était latent, et là on est dans une situation de crise où la violence
est exacerbée, où les situations de violence sont encore plus graves, plus
violentes. Alors, on travaille...
Le Président :
En terminant.
Mme Charest :
...et on continue de travailler. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Justement, les mesures que je viens d'énumérer sont toutes
des mesures qui découlent du propre
plan d'action du gouvernement pour prévenir les situations de violence conjugale à haut risque, déposé le 3 décembre dernier. Dans la réponse de la ministre, je n'ai pas entendu d'engagement concernant l'échéancier de l'implantation de ces mesures.
L'heure est à l'action, M. le Président.
répète ma question : Est-ce que la ministre peut s'engager à ce
que ces mesures soient mises en place d'ici la fin du printemps?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Condition féminine.
Mme Charest : Oui, merci,
M. le Président. Je peux dire à la députée
de Gaspé que je suis engagée à tout faire en sorte pour sécuriser les femmes. Encore une fois, 190 recommandations, Rebâtir
la confiance ; 28 recommandations pour Agir
ensemble pour sauver des vies . Il y a énormément de choses à faire, on y travaille, on a plein de
mesures qui sont déjà en branle
et on va le déployer de façon... le plus urgemment possible. Je travaille avec
tous les collègues concernés par différents dossiers pour la mise en place
de ces mesures-là, très certainement. Mais le premier ministre l'a dit encore
hier, ça fait
partie de nos grandes priorités, et on va continuer d'agir...
Le Président :
En terminant.
Mme Charest :
...ça, c'est sûr.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de Gaspé.
Mme Perry
Mélançon : Eh bien, parlant d'actions concrètes, M. le Président, si
le gouvernement est sincère, il doit répondre oui aux demandes de financement
des maisons d'hébergement et injecter un minimum, un minimum de
70 millions de dollars annuellement uniquement pour consolider les
services existants. Les maisons d'hébergement, faute de places, sont forcées de refuser des dizaines de milliers de demandes
chaque année. Comment on peut accepter ça? Ces organismes sauvent des vies.
Est-ce
que la ministre responsable de la
Condition féminine peut assurer au
moins 70 millions pour le réseau dans le prochain budget?
Le Président :
Mme la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Charest : Oui, merci,
M. le Président. Je le rappelle :
190 recommandations. On travaille, on est un comité transpartisan pour la mise en place de ces recommandations-là, qui font
état de tellement de choses sur lesquelles on doit travailler. Il y a le financement, évidemment, des
maisons d'hébergement qui en fait partie, on a rehaussé le financement de 30 %. Maintenant, on continue de mettre en
place ces mesures-là, celle-là, celles aussi pour sauver des vies, toutes les
recommandations qui vont faire en sorte
qu'on va sécuriser les femmes. Alors, on s'y affaire encore, et ce n'est pas
fini. C'est un commencement, mais on n'arrêtera pas. Ça, c'est certain.
Le Président :
Question principale, M. le député de Robert-Baldwin... de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
M. le Président, sept féminicides en sept semaines au Québec. Sept femmes
assassinées, sept semaines. Hier, notre cheffe a interpelé le premier
ministre à agir avec détermination et force. Ce matin, en point de presse, le premier
ministre et la ministre responsable de la Condition féminine n'avaient rien de
nouveau à proposer, rien que des mots.
des pistes d'action essentielles pour confronter ce fléau, c'est la mise en
place de ressources pour pallier la crise en santé mentale. Il y aura
demain un budget de la CAQ. Jusqu'à date, en ce qui a trait à la santé mentale :
des demi-mesures non récurrentes, des listes d'attente inquiétantes, de plus en
plus de personnes qui souffrent en silence.
Est-ce
qu'on va finalement comprendre que l'accès aux soins en santé mentale est aussi
urgent et nécessaire que l'accès aux vaccins? Est-ce que la CAQ va
finalement répondre avec des investissements substantiels, structurants et
récurrents?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. Je crois qu'au niveau de la réponse de la
santé mentale notre réponse a été
rapide et a été significative, si je peux le dire. Dès le début de la pandémie,
31 millions de dollars ont été investis, 300 personnes ont été ajoutées dans les services sociaux généraux
et en santé mentale. Peu de temps après, cet automne, un autre 100 millions a été investi et nous
amène jusqu'en mars 2022, parce qu'on sait qu'une fois que les vaccins vont
être donnés les problèmes de santé mentale vont continuer à apparaître.
Maintenant,
on travaille sur des mesures récurrentes. Le plan à long terme, M. le
Président, je l'ai dit plusieurs fois à cette Chambre, à plusieurs
interpellations je l'ai dit, M. le Président, c'est le Programme québécois pour
les troubles mentaux, une nouvelle approche,
de l'interdisciplinarité. Je sais que le député parle souvent d'ajouter des
ressources au niveau de la
psychologie, mais il faut établir un plus grand champ d'intérêt en santé
mentale, il faut avoir plus de gens qui travaillent pour la santé mentale pour
répondre aux besoins de notre population, M. le Président. On travaille, on
veut se donner des sommes récurrentes, on est dans une grande réorganisation...
Le Président :
En terminant.
M. Carmant :
...et je l'invite à travailler avec nous dans cette grande réorganisation, M.
le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Bon, le chantier est aujourd'hui, pas demain ou dans une vie conceptuelle.
Quand on est en détresse, on a besoin
de l'aide intense pour pallier notre angoisse. Notre formation propose, oui,
depuis des mois l'accès universel et
public à la psychothérapie. Et cet accès s'applique à la santé physique, bon,
c'est le temps que ça s'applique en santé mentale.
L'Ordre des psychologues nous le rappelle, le
traitement premier le plus souvent indiqué, pour une personne souffrant
de troubles mentaux avérés, est la psychothérapie. Lors du budget.
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
M. le Président, le plus bel exemple, là, que je peux donner au député, c'est
que l'accès à la santé physique est
universel, et il y a des listes d'attente. La chose la plus intelligente qu'on
peut faire, c'est réorganiser la façon dont
on approche les soins en santé mentale, impliquer les organismes communautaires
beaucoup plus. Ils sont un petit peu en parallèle. On veut les impliquer
pleinement, impliquer les médecins de famille, impliquer les CLSC, donner accès
à tous les professionnels qui ont la capacité
de donner des services en santé mentale pour servir le plus de Québécois
possible.
On a parlé, l'autre
fois, de la ligne 8-1-1 Info-Social. Bien, on peut l'utiliser encore plus.
On est passés de 7 000 à 10 000,
les délais d'attente sont très courts, on a déjà été capables de gérer
14 000 appels. On continue, on est dans la bonne voie, M. le
Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Justement, M. le Président, les regroupements communautaires comme Le Pont,
à Rouyn‑Noranda, Droits et Recours
Laurentides, le Portage, à Montréal, qui accompagnent les personnes
souffrantes, déprimées, dépassées par
cette pandémie, ils sont au coeur de notre bataille contre cette crise en santé
mentale, ils exigent du financement récurrent, des conditions de travail à la taille de leurs efforts héroïques, une
vraie reconnaissance que la santé mentale est prioritaire.
Lors du budget,
est-ce que la CAQ va être finalement au rendez-vous?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux.
M. Carmant :
Alors, pour les organismes communautaires, je le rassure, ils ont déjà eu
17,6 millions, qui va être répété
jusqu'en mars 2022. Ça, c'est déjà sur la table. Puis on est en train,
justement, avec un autre programme qu'on est en train de mettre sur
pied, celui des éclaireurs, d'intégrer le réseau de la santé mentale avec le
réseau communautaire, apprendre à travailler ensemble, introduire des points de
relais entre les deux réseaux pour que... Justement, encore une fois, je le dis, 50 % des gens qui ont un
problème de santé mentale ne consultent pas. Il faut aller les chercher dans
leur milieu, il faut être capables
d'aller trouver ces gens qui sont vulnérables. Et c'est avec ces éclaireurs-là
qu'on va faire le lien entre les sentinelles, les travailleurs de rue,
les organismes communautaires et le réseau de la santé.
M. le Président, on
est déjà en train de travailler sur tous les points nommés.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier :
M. le Président, je ne ferai pas de long préambule, je vais me contenter de
rappeler à mon tour qu'hier une
septième femme en six semaines est décédée aux mains de son conjoint. Elle
s'appelait Rebekah, elle avait 29 ans et elle a été battue à mort.
Ma question est la
suivante : Est-ce que quelqu'un au gouvernement peut m'expliquer pourquoi
on a refusé de consentir à ma motion d'hier
qui demandait de corriger le sous-financement des ressources psychosociales
oeuvrant en prévention auprès des hommes violents?
Le Président :
Mme la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Charest :
Oui, merci, M. le Président. Merci à la collègue pour la question.
Encore
une fois, comme je l'ai dit tantôt, on a mis en place un plan d'action pour
contrer la violence faite aux femmes,
un plan d'action qui comprend beaucoup de mesures parce que, pour contrer la
violence, il faut agir sur plusieurs pans. On a un comité d'experts qui a fait 190 recommandations qui vont de
la formation, de la spécialisation, de tout l'accompagnement judiciaire, de... bon, évidemment, il faut faire
de la prévention. Donc, il y a plusieurs choses qu'on doit mettre en place pour
faire en sorte de protéger les femmes.
Malheureusement,
les plans d'action en violence conjugale ont peut-être un peu été négligés,
dans les dernières années, malgré le fait qu'on savait que les
dénonciations de violence conjugale, là, représentaient à peu près 20 % des
cas, donc qu'il y avait 80 %, au moins,
de cas de violence conjugale qui n'étaient pas dénoncés, qui n'étaient pas
traités, où on n'a pas accordé de
financement. Alors, nous, on agit, on met des mesures en place pour faire en sorte de contrer ce fléau et on
n'arrêtera pas. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier : M. le Président, j'entends la ministre, mais
toujours pas l'ombre d'une réponse pour motiver le refus. Hier, pourtant, dans Le Journal de Montréal , on apprenait que les délais pour avoir accès aux
services avaient doublé dans beaucoup
d'organismes. C'est le cas notamment chez Entraide pour hommes, à Longueuil,
qui doit ouvrir des listes d'attente qui vont jusqu'à plusieurs
semaines.
ministre peut-elle nous confirmer que ce sous-financement va être corrigé dans
le budget déposé demain?
Le Président :
Mme la ministre responsable de la Condition féminine.
Mme Charest : Encore une fois, beaucoup de mesures qui touchent
beaucoup d'aspects. Il y a d'ailleurs, dans le plan d'action, un
rehaussement du financement pour aider les organismes qui viennent en aide aux
conjoints violents. Encore une fois, il y a beaucoup de choses sur lesquelles
on doit travailler, il y a des besoins immenses à tous les plans. On y travaille, on va continuer, on travaille avec
les différents collègues, que ce soit à la Sécurité publique, que ce soit à la
Santé, que ce soit à la Famille et à
l'Éducation, parce qu'il faut changer les cultures. Donc, il y a beaucoup de
choses sur lesquelles on doit travailler, 190 recommandations d'une
part, 28 pour Agir pour sauver des vies .
Le Président :
En terminant.
Mme Charest :
Alors, on continue le travail, on ne lâchera pas.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier : M. le
Président, j'ai dû mal à m'expliquer pourquoi le gouvernement ne veut pas
s'engager. Pourtant, les groupes qui
travaillent à responsabiliser les hommes violents nous le disent : Quand
un homme lève la main pour demander de l'aide, c'est immédiatement qu'il
faut lui en offrir, sans quoi on risque de l'échapper. Il y a aussi énormément de prévention à faire dans les écoles,
à un âge qui est critique, mais, encore une fois, faute de ressources, les intervenants
ne peuvent pas fournir. Je me demande si le gouvernement réalise réellement
l'ampleur de la situation.
Le Président : Mme la ministre
responsable de la Condition féminine.
Charest : Bien, juste pour
illustrer l'engagement du gouvernement, on a mis sur pied... ma collègue qui
était à la Justice, à l'époque, avait
mis sur pied un comité transpartisan pour accoucher de recommandations d'un
comité d'experts, qui va, évidemment,
faire en sorte de sécuriser puis de mettre un terme à ce fléau qui est
tellement immense. Donc, ça, c'est un
engagement qui est très porteur, 50 millions qui ont accompagné ce
comité-là. 180 millions qu'on a mis aussi pour contrer la violence conjugale. Donc, il y avait un plan
d'action, précédemment, de 89 millions. Nous, on a ajouté
180 millions. Alors, ça, je pense que c'est un grand engagement du
gouvernement.
Le Président : Question
principale, M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : M. le Président, ce n'est pas un secret, je
soutiens tous les citoyens victimes d'injustice, d'acharnement de la part de certaines organisations publiques et
de coulages orchestrés par du personnel politique et des hauts fonctionnaires.
Je supporte ces victimes parce que je sais
très bien de quoi il en retourne. C'est mon rôle, en tant que représentant de
la population, de faire tout en mon possible pour les aider à passer au travers
toutes les épreuves qui se dressent sur leur chemin, que ça plaise ou non au gouvernement. L'intimidation, le harcèlement et les campagnes
de discrédit sont monnaie courante, et il faut agir.
21 août 2020, j'ai demandé à la ministre
de la Sécurité publique d'assurer un
suivi de plaintes qui furent déposées à
son cabinet en lien avec un système organisé de nominations partisanes dans les
promotions d'officiers à la Sûreté du
Québec.
Est-ce que
la ministre de la Sécurité publique pourrait nous dire aujourd'hui si son chef de
cabinet, Cédric Lavoie, a eu le temps, au cours des sept derniers
mois, de l'informer du dossier?
Le Président : Mme la ministre
de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Eh bien, par rapport au dossier auquel réfère le député de Chomedey,
effectivement, à l'étude des crédits du ministère de la Sécurité publique de l'an dernier, soit le 20 août 2020, il nous a interpelés sur une correspondance qui
serait parvenue à mon cabinet, au moment où on se parlait, le 20 août 2020.
On a fait toutes les vérifications, parce qu'évidemment toutes les
correspondances qui nous parviennent de la part de citoyens, de citoyennes sont prises très au sérieux. On envoie
systématiquement, au minimum, bien sûr, des accusés de réception, mais aussi
éventuellement des réponses, une fois que la demande a été traitée. Donc,
j'étais moi-même étonnée de l'idée
qu'une correspondance serait restée lettre morte dans mon propre cabinet. Et
effectivement, après de nombreuses et
rigoureuses vérifications, nous n'avions rien reçu de tel à mon cabinet. Par
contre, quatre jours après l'étude des crédits, soit le 24 août, une correspondance similaire à ce que décrivait le
député de Chomedey nous est finalement parvenue au cabinet, à laquelle nous avons donné les suites appropriées
en vertu des processus qui sont en place pour le traitement des
correspondances qui nous parviennent de citoyens.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, M. le Président. Je profite de la
publication d'un
article publié samedi dernier concernant du favoritisme
dans les nominations à la Sûreté du Québec pour rappeler à la ministre qu'elle
n'a toujours pas donné suite aux cinq
questions posées à l'étude des crédits d'août 2020. Le cabinet de la ministre a
été informé pas quatre jours plus tard, mais sept, huit, neuf mois avant,
c'est-à-dire depuis novembre 2019. Puis, 18 mois plus tard, on apprend que
c'est la Protectrice du citoyen qui enquête.
Quelles actions
est-ce que la ministre...
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : M. le Président, comme je l'ai dit tout à
l'heure, le 20 août 2020, le député de Chomedey alléguait qu'une correspondance était parvenue à mon
cabinet, laquelle correspondance n'a jamais... dont nous n'avons jamais trouvé
la trace dans mon cabinet. Et je réitère ici toute l'importance qu'on accorde
aux correspondances qui nous parviennent de citoyens. Donc, si ladite
correspondance avait existé, bien, on l'aurait su, M. le Président. Donc, en
date du 20 août, il n'y avait aucune
correspondance de nature de ce que décrit le député de Chomedey qui est arrivée
à mon cabinet. Et, comme par hasard,
quatre jours plus tard, le 24 août, une correspondance nous est parvenue.
Donc, bon, est-ce que c'est un délai de la poste? Est-ce que
c'est le hasard?
Le Président :
En terminant.
Mme Guilbault :
Toutes les hypothèses sont bonnes. Mais nous avons donné suite à ladite
correspondance.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : M. le Président, il y a encore du coulage. La ministre
pourrait-elle expliquer à l'Assemblée ce qu'elle a fait ou ce qu'elle n'a pas fait pour que ce dossier, comme tant
d'autres visant les organisations policières, se retrouve encore dans
les médias.
Comment
se fait-il que des journalistes soient au courant avant les élus qui
s'inquiètent de ces allégations depuis plus de sept mois?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Oui, bien, M. le Président, un peu sur sa
précédente question puis aussi sur celle-là, si le député de Chomedey a une preuve comme quoi une correspondance serait
arrivée à mon cabinet sept mois ou neuf mois avant, ou en novembre 2019,
ou je ne sais quand, je l'invite à la déposer ou à me transmettre
personnellement une copie de cette correspondance-là, peut-être qu'on l'aurait
échappé. Mais à date il ne nous a rien transmis de tel, donc on n'a aucune preuve, sinon ses allégations que j'aurais eu
ladite correspondance avant le 24 août, soit quatre jours après l'étude
des crédits.
Pour
le reste, bien, la Protectrice du
citoyen fait des enquêtes. C'est
possible. Elle est totalement indépendante, elle ne relève même pas de l'Exécutif, donc elle se saisit des mandats dont
elle veut se saisir. Et, si elle fait une telle enquête, bien, on va la
laisser faire son travail.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : M. le Président, août 2018, la CAQ vend un rêve, la maison des
aînés, avec ses allées verdoyantes. La
réalité, deux ans et demi plus tard : pas une seule place de plus pour un
aîné, des coûts qui explosent, un nombre de places qui ne répond même
pas aux besoins actuels, une liste d'attente pour une place en CHSLD qui
continue de s'allonger, aucun plan pour
prévoir le personnel à embaucher et un sondage, en février, CROP qui dit qu'il
y a seulement 17 % des gens qui sont intéressés à prioriser les
maisons des aînés.
Devant
tout cela, qu'est-ce que répond la ministre des Aînés? «Je suis une personne positive, je ne veux pas
regarder les aspects négatifs.» M. le
Président, on ne peut pas être ministre et choisir de fermer les yeux quand les
choses ne vont pas bien.
Est-ce
que la ministre peut, un, s'ouvrir les yeux; deux, donner un coup de barre; et,
trois, nous dire comment elle va contrôler les coûts qui explosent?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Ah! M. le Président, que je suis fière de me lever pour cette question-là. Je suis
tellement fière du projet des maisons des aînés. On s'est engagés à
2 600 places avec un coût de 1 milliard. Nous sommes rendus à 3 480 places
pour 46 maisons des aînés, et ça fait 1 500 075 000 $.
C'est normal, on va faire 46 maisons
au lieu d'en faire 30. Le député de
La Pinière a développé 285 places en quatre ans. Nous, on va
développer 3 484 places. C'est 12 fois plus de places que
le précédent gouvernement, que le précédent... député de La Pinière a
décidé de faire.
Moi, je suis
très fière, les yeux sont ouverts. Il y a huit maisons en construction, 30 maisons
qui seront annoncées, dont les pépines seront dans les chantiers dès le
printemps. Il me semble qu'on n'est pas nés pour un petit pain, M. le Président. Est-ce qu'on peut avoir de l'envergure
et vouloir offrir des environnements de qualité à nos personnes qui vivent
avec des...
Le Président : En terminant.
Mme Blais (Prévost) : ...déficits
cognitifs sévères?
Le Président : Première complémentaire...
Le Président : S'il vous
plaît! La parole n'appartient qu'à la députée de Fabre et ensuite à ceux...
Le Président : S'il vous
plaît! Je ne veux rien entendre, sinon que la question de la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Merci, M. le
Président. Nous aussi, on a les yeux ouverts. Montréal, 667 aînés et
personnes qui attendent une place en CHSLD. La CAQ, zéro place qu'elle leur
promet, pour ces aînés-là à Montréal. Pendant ce temps-là, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, 22 personnes attendent pour être en CHSLD, et à eux on leur
promet cinq fois plus de places en maison des aînés.
M. le Président, est-ce que la ministre peut répondre, les yeux grands ouverts, pourquoi
les places ne suivent pas les besoins?
Le Président : Mme la ministre
responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Écoutez, quand on a décidé de faire des places en maison
des aînés, on est allés au ministère de la Santé, il n'y avait même pas
d'étude longitudinale où on pouvait voir où étaient les places qui manquaient.
À Montréal, on va développer sept maisons alternatives. C'est quoi, ça? C'est
pour des personnes qui vivent avec des problèmes
autres, qui sont plus jeunes que les aînés et qui ont des incapacités. C'est ça
qu'on va faire à Montréal. Vous ne l'avez jamais fait, ça, faire en
sorte que des plus jeunes puissent ne pas vivre avec des personnes aînées.
Alors, M. le Président, M. le Président, je ne
comprends pas comment on peut critiquer...
Le Président : En terminant.
Mme Blais (Prévost) : ...un
projet qui n'est même pas fait, mais il y aura 2 600 places...
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Fabre.
Mme Sauvé : Merci,
M. le Président. Le premier problème :
les coûts explosent. On comprend qu'il
n'y a aucune solution pour
contrôler les coûts. Le deuxième problème, c'est l'embauche du personnel. Si la
CAQ réussit à bâtir ses maisons des aînés,
il va falloir mettre des employés dedans. En entrevue, le 26 novembre 2019, la ministre
a répondu à la question : Ça va être quoi, le ratio
personnel-aînés? Elle a répondu, et je la cite : «Ce sera un employé par
aîné.»
Devant
l'ampleur de la pénurie de main-d'oeuvre, quel est son plan concret pour réussir à avoir
un employé par aîné dans ses maisons des aînés?
Le Président : Mme la ministre
responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Blais
(Prévost) : Je suis fière de
répondre à cette question, M. le
Président, parce que le député
de La Pinière a coupé dans les cliniciens en prévention,
désinfection, il a coupé dans les gestionnaires, il a coupé dans les préposés aux bénéficiaires, il a coupé dans
les infirmières, les infirmiers. On investit 759 millions récurrents pour
des préposés aux bénéficiaires. Il y en a plus de
8 000, actuellement, qu'on a formés, il y en a 1 000 en formation. Et
on a embauché un gestionnaire pour chaque CHSLD. Et là on se lève pour nous
reprocher d'embaucher du personnel? Franchement, là, il y a un problème ici,
Le Président :
Est-ce que vous avez une question de règlement, M. le député de... M. le
leader de l'opposition officielle?
M. Fortin : Oui, en fait, oui, oui, M. le
Président. Avant qu'on termine, et je
ne voulais pas intercéder plus tôt et stopper la discussion qui était en
cours, mais, M. le Président, il y a deux documents qui gouvernent nos travaux
en ce moment, il y a le règlement et il y a la motion sur l'organisation des
travaux parlementaires, on est dans une situation particulière et cette
motion-là a été nécessaire, et je veux vous en lire une partie, M. le Président :
«Que les ministres puissent participer à la
période des questions et réponses orales en deux groupes, l'un étant présent
lors des séances du mardi et du jeudi et l'autre étant présent lors des
séances du mercredi», et que la liste des ministres présents soit transmise «à 18 heures la veille d'une séance». M. le
Président, cette entente-là fait en sorte que le premier ministre est ici deux
journées sur trois, qu'une journée
sur trois il n'est pas présent pour répondre à la période des questions. C'est
la vice-première ministre qui est ici, en Chambre, aujourd'hui, et c'est très
bien, cela respecte l'entente. Ce qui ne respecte pas l'entente, cependant,
c'est qu'elle ne soit pas ici aux moments clés, aux moments forts de la période
des questions, M. le Président, et ce moment-là, c'est lors des questions des
chefs des différents partis d'opposition.
vice-première ministre, sa fonction en Chambre aujourd'hui, la raison pour
laquelle elle ici, c'est en remplacement du premier ministre, et c'est un manque de respect, M. le Président,
envers l'institution, envers les collègues, envers la cheffe de
l'opposition officielle, que la vice-première ministre n'était pas ici pour
répondre à ses questions aujourd'hui. Elle a
choisi de céduler un point de presse à 9 h 40. 9 h 40,
c'est 20 minutes avant le début de nos travaux, M. le Président. Elle ne s'est pas présentée à temps pour répondre
aux questions de la cheffe de l'opposition officielle. Et c'est une chose,
de décider que le premier ministre ne sera
pas ici, c'est une autre que la personne qui le remplace abdique à ses
obligations, à ses responsabilités en n'étant pas ici à l'heure prévue,
M. le Président. Alors, j'invite le gouvernement à corriger la situation, à s'assurer de ne pas manquer de
respect envers les institutions, envers les collègues, envers notre façon de
faire ici, en Chambre, et à respecter l'entente.
à vous également, M. le Président, vous êtes le gardien de nos travaux, cette
motion-là, elle doit gouverner les travaux
en cette période toute particulière, en cette période pandémique. Si le premier ministre avait agi de la même façon,
ça n'aurait pas été plus acceptable pour la
bonne gouverne de la période de questions, qui est le moment fort, je le
répète, de notre journée parlementaire.
Alors,
M. le Président, je compte sur vous pour faire respecter non seulement le règlement,
mais également la motion sur l'organisation des travaux parlementaires.
Président : M. le leader du... Est-ce que vous... M. le leader
du deuxième groupe d'opposition. M. le leader adjoint du gouvernement,
vous aurez la parole par la suite.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Je m'en voudrais de ne pas appuyer les propos de mon
collègue de l'opposition officielle. La lettre de l'entente est claire,
son esprit est clair. J'invite le gouvernement à respecter l'entente que nous avons conclue ensemble. Et je compte sur
eux et sur elles pour ne plus que ça ne se reproduise. Merci, M. le Président.
Le Président :
M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Oui, M. le Président, plusieurs choses.
D'une
part, il arrive des situations exceptionnelles. Je pense que la vice-première
ministre... et j'ai le privilège d'être celui qui officie à
titre de
leader dans le groupe-bulle où est la vice-première ministre, donc je peux
témoigner que la vice-première ministre est
ici rigoureusement au moment où c'est requis. Il y a une situation
exceptionnelle, d'une part.
D'autre
part, M. le Président, j'ai personnellement, comme ministre, en commission
parlementaire, accepté de retarder des
travaux ou attendre... accepter d'attendre un porte-parole de l'opposition
officielle parce que des points de presse avaient été programmés au moment où
on devait siéger dans les commissions parlementaires, ce qui ne m'apparaît pas
être moins important que le travail qui se fait ici, M. le Président.
réitère, c'est une situation exceptionnelle. Je trouve ça à la limite, ce que
le leader du gouvernement vient de faire...
de l'opposition officielle vient de faire, je trouve ça un peu à la limite,
parce qu'il le sait très bien, il le sait très bien, c'est une situation exceptionnelle qui s'est
produite une seule fois. Et là, aujourd'hui, de remettre en cause le
comportement de la vice-première
ministre... qui est ponctuelle, qui est ici à toutes les périodes de questions
où elle doit être, qui répond systématiquement non seulement à la cheffe
de l'opposition officielle, mais aussi au cochef du deuxième groupe d'opposition parce que, justement, nous sommes
attentifs à témoigner de ce respect-là, chef du troisième groupe d'opposition
aussi lorsqu'il se lève.
Donc,
M. le Président, aujourd'hui, en tout cas, j'espère qu'on aura l'occasion d'en
reparler sur d'autres tribunes, là, mais je trouve ça vraiment, vraiment
limite, ce que le leader de l'opposition officielle fait présentement.
Président : Je vais vous demander de ne pas vous étendre,
évidemment. Dernière intervention, parce que je pense que tout a été
échangé, tout a été dit. Je vais parler par la suite. M. le leader de
l'opposition officielle.
M. Fortin : Oui. M. le Président,
la seule chose que je veux ajouter, c'est que la situation bien particulière...
C'est la première fois que la vice-première ministre est en retard à la période
de questions, je le concède. Ce n'est malheureusement...
ce n'est pas, cependant, la première fois qu'elle cédule des points de presse à
9 h 40, c'est une habitude régulière,
et il ne faudrait pas que la situation qui s'est produite aujourd'hui se
reproduise encore, M. le Président. C'est ce qu'on veut éviter.
Aujourd'hui,
on n'a pas stoppé les travaux, on n'a pas retardé les travaux. Le leader du
gouvernement nous dit : Bien, c'est
notre façon de faire quand il y a un collègue qui n'est pas présent. Je ne crois pas que, pour la période des questions, ce
soit particulièrement approprié de retarder les travaux. Alors, on
insiste, M. le Président, pour que cette situation-là ne se reproduise
pas.
Le Président :
Vous connaissez tous l'importance de la période de questions, je pense que tous
l'admettent. Évidemment, je vais vous demander votre collaboration, on connaît
les moments clés de nos journées parlementaires également, je pense que les
échanges ont eu lieu et je pense que tous ont bien compris les messages qui ont
été échangés.
Nous
allons passer... Bien, écoutez, je vais d'abord mettre fin officiellement à la période de questions et de réponses orales.
Nous
passons à la rubrique, officiellement, des motions
sans préavis, et je reconnais, à ce moment-ci, Mme la ministre
responsable de la Condition féminine.
Mme Charest : M. le
Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Verdun, la députée de Sherbrooke,
la députée de Gaspé, le député de Chomedey, le député de Rimouski, la députée de Marie-Victorin :
«Que
l'Assemblée nationale souligne que la violence conjugale est un
fléau qui touche majoritairement les
femmes et qui fait encore trop de victimes au Québec;
«Que
l'Assemblée nationale dénonce fermement tous les actes de violence posés envers
les femmes, qui n'ont pas leur place dans une société égalitaire;
«Que
l'Assemblée nationale affirme que la violence conjugale concerne l'ensemble de
la société québécoise et que nous devons tous nous unir pour poursuivre
la lutte;
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que des actions importantes ont été posées, et ce, par
l'ensemble des formations politiques;
«Que
l'Assemblée nationale réitère sa solidarité envers les victimes, et que la
violence conjugale est un phénomène complexe qui passe nécessairement
par un changement de culture;
«Que
l'Assemblée nationale réaffirme que nous sommes toutes et tous uni-e-s afin de
poursuivre les efforts de lutte contre la violence conjugale, d'aide aux
victimes et de sensibilisation.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président :
Consentement, sans débat. J'invite donc les leaders parlementaires à m'indiquer
le vote de leurs groupes sur cette motion, suivi des députés indépendants.
D'abord, M. le leader adjoint du gouvernement?
Le Président :
M. le leader de l'opposition officielle?
Le Président :
M. le leader du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois :
Pour.
Le Président :
M. le leader du troisième groupe d'opposition?
Le Président :
M. le député de Chomedey?
Le Président :
Mme la députée de Marie-Victorin?
Le Président :
Cette motion est donc adoptée. M. le député de LaFontaine.
Tanguay : M. le Président, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Sherbrooke, la
députée de Joliette, le député de Chomedey, la députée de Marie-Victorin
et le député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que depuis l'arrivée du gouvernement
caquiste, la liste d'attente pour obtenir une place en services de garde
a augmenté de plus de 9 000 inscriptions, pour s'établir désormais à
plus 51 000 enfants;
«Qu'elle
constate que malgré la promesse ferme du ministre de la Famille, en février
2019, de livrer 13 500 places en 2 ans, le ministre n'a
réalisé au 31 décembre 2020, que 2 022 places, soit
uniquement 15 % de son engagement;
«Qu'elle
souligne que le nombre de places inoccupées en milieu familial a triplé depuis
deux ans pour maintenant s'établir à plus de 24 000 places
inoccupées, partout au Québec;
«Qu'elle reconnaisse
que le bilan du gouvernement caquiste, en matière de services de garde, est
négatif et que ce sont les familles du Québec qui sont les premières touchées
par cet échec;
«Qu'elle déclare que
le Québec fait actuellement face à une crise sans précédent de pénurie de
places en services de garde;
«Qu'elle
déplore que les milliers d'enfants ainsi privés d'une place en services de
garde soient exclus de services éducatifs à l'enfance qui permettent
notamment leur plein épanouissement;
«Qu'elle constate que
des mères et des pères de famille doivent rester à la maison, en congé sans
solde, par manque de places;
«Qu'elle souligne que
ces familles vivent des situations de stress financier, souvent additionnées
d'une détresse psychologique, qui affectent leur vie familiale;
«Qu'elle exige du
gouvernement caquiste qu'il dépose, ce jeudi 25 mars 2021, un budget
qui répondra aux besoins des
51 000 familles en attente d'une place et qu'il instaure un plan
d'urgence national complet afin de leur fournir une place dans les
meilleurs délais.» Merci, M. le Président.
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement. Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Merci, M. le Président. Je demande le consentement de cette Assemblée pour
débattre de la motion suivante
conjointement avec la députée de Verdun, la députée de Gaspé, la députée de
Marie-Victorin, le député de Chomedey et
le député de Rimouski :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse que la pandémie et les mesures de confinement
qui en ont découlé ont augmenté plusieurs facteurs de risques en matière
de violences sexuelle et conjugale envers les femmes;
«Qu'elle reconnaisse
que le Québec traverse en matière de violence envers les femmes;
«Qu'elle
reconnaisse qu'une telle situation de crise nécessite la nomination d'une
personne imputable, responsable de s'attaquer à ce fléau social;
«Qu'elle
prenne acte des propos tenus par le premier ministre le 23 mars 2021
à l'effet que le gouvernement du Québec "va appliquer les
190 recommandations" du rapport transpartisan Rebâtir la confiance
déposé le 15 décembre dernier;
«Qu'elle
rappelle que les recommandations 189 et 190 de ce rapport sont d'instaurer
un secrétariat à la coordination et à
l'intégration des actions en matière de violences sexuelles et conjugales imputable au plus haut niveau de
l'organisation gouvernementale et de confier à ce secrétariat la
responsabilité d'assurer la coordination, l'intégration et l'évaluation de toutes les actions menées en matière
d'agressions sexuelles et de violence conjugale, y compris celles [découlant]
de la mise en oeuvre des recommandations du rapport Rebâtir la
confiance ;
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement qu'il s'engage à instaurer un secrétariat
à la coordination et à l'intégration
des actions en matière de violences sexuelles et conjugales relevant du Conseil
exécutif, tel que recommandé dans le
rapport afin de s'assurer que toutes les recommandations en matière de
violences sexuelles et conjugales soient mises en oeuvre, conformément à
l'engagement du premier ministre.»
Le Président :
Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Caire :
Pas de consentement, M. le Président.
Le Président :
Pas de consentement. M. le chef du troisième groupe d'opposition.
M. Bérubé : M. le Président, je
sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de Marie-Victorin et le député de Rimouski, la
motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne qu'environ 5500 étudiants québécois
fréquentent l'Université d'Ottawa et qu'une
partie d'entre eux
bénéficient de l'aide financière aux études;
«Que
l'Assemblée nationale condamne les fréquentes attaques haineuses,
discriminatoires et francophobes dont fait
l'objet la nation québécoise au sein du Canada, notamment à la lumière des
récents événements survenus à l'Université d'Ottawa;
«Qu'elle
dénonce toutes les personnes et les institutions au Canada qui refusent
d'intervenir pour que cessent ces gestes et propos inacceptables envers
la nation québécoise.»
Le Président : Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Caire : Il y a
consentement, sans débat, M. le Président.
Le Président : Consentement,
sans débat. Je vais vous demander vos votes respectifs. M. le leader du troisième
groupe d'opposition?
Le Président : M. le leader
adjoint du gouvernement?
Le Président : M. le leader
de l'opposition officielle?
Le Président : M. le leader
du deuxième groupe d'opposition?
M. Nadeau-Dubois : Pour.
Le Président : M. le député
de Chomedey?
Le Président : Mme la députée
de Marie-Victorin?
Le Président : Cette motion
est donc adoptée. M. le leader du troisième groupe d'opposition.
M. Ouellet : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président. Ce serait possible de transmettre une copie de cette
motion à l'Université d'Ottawa et à son recteur, aux différents partis
politiques fédéraux, à la Chambre des communes ainsi qu'au premier ministre de l'Ontario?
Le Président : Bien sûr. Ce
sera fait.
Nous en
sommes à la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. La parole
appartient à M. le leader adjoint du gouvernement.
Caire :
Merci, M. le Président. J'avise cette Assemblée que la Commission des
institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 64, modernisant des dispositions législatives en matière de
protection des renseignements personnels,
aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de
14 h 30 à 18 h 30, à la salle du Conseil législatif.
Le Président :
...Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Eh bien, la période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Je suspends donc les travaux pour quelques
instants. Merci de votre collaboration.
(Suspension de la séance à 11 h 6)
Vice-Président (M. Picard) : Veuillez vous asseoir, s'il vous
plaît. Nous reprenons nos travaux. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui. Bonjour, M. le Président. Alors, je vous demanderais d'appeler
l'article 18 du feuilleton.
Le Vice-Président (M. Picard) :
À l'article 18 du feuilleton, l'Assemblée prend en considération le
rapport de la Commission de l'aménagement du territoire sur le projet de loi
n° 85, Loi visant à faciliter le déroulement de l'élection générale
municipale du 7 novembre 2021 dans le contexte de la pandémie de la
COVID-19. Et je reconnais maintenant Mme la ministre des Affaires municipales
et de l'Habitation.
Mme Laforest : Oui. Alors, merci,
M. le Président. Merci à mes collègues d'être avec moi pour, évidemment, cette commission,
que nous avons travaillée rapidement, efficacement, mais vraiment on a pris le
temps de bien adopter chaque article.
Alors, c'est la prise en considération du
rapport de la Commission sur l'aménagement du territoire, le projet de loi
n° 85, qui vise à faciliter le déroulement des élections générales
municipales du 7 novembre 2021 dans le contexte de la pandémie de la
COVID. Alors, M. le Président, chers collègues, ça me fait vraiment plaisir
d'être ici pour cette prise en considération pour le rapport de la Commission
de l'aménagement du territoire sur l'étude détaillée du projet de loi
n° 85.
Alors, le 10 mars dernier, on a débuté les
consultations particulières. Le 17 mars, on a entamé l'étude détaillée des
articles. Et, le 18 mars, tous les articles du projet de loi étaient
adoptés. Aujourd'hui, nous en sommes déjà à la prise en considération.
Je l'ai dit déjà, M. le Président, parce que les
travaux en commission parlementaire sont efficaces, on a pris le temps, on a pris
le temps qu'il fallait pour expliquer nos dispositions. On a pris le temps
nécessaire pour souligner ce qui méritait d'être souligné. Alors, c'était
important d'être efficaces, de passer à travers les articles de notre projet de
loi pour que les municipalités, les présidents d'élection et le DGEQ puissent
savoir à quoi s'en tenir en novembre prochain.
Je salue d'ailleurs tous les parlementaires de
la Commission de l'aménagement du territoire pour avoir saisi l'urgence d'agir
dans le délai qui nous est imparti d'ici l'élection générale municipale,
d'avoir compris que c'est maintenant que nous devons donner une flexibilité et
une prévisibilité au DGEQ, pas dans un mois, mais maintenant, parce
qu'évidemment les élections arriveront bientôt. Alors, je remercie tous les
parlementaires pour votre collaboration. On peut être fiers du travail
accompli, fiers d'avoir élaboré une pièce législative qui va faciliter le
déroulement de l'élection générale municipale le 7 novembre prochain.
On est fiers également d'assurer ainsi la santé
et la sécurité des citoyens, des candidats et du personnel électoral en
protégeant notre démocratie. On va favoriser la participation des citoyens et
on va s'assurer que l'intégrité du système de votation soit maintenue.
Je remercie tous celles et ceux qui ont
participé et qui ont ainsi contribué à ce que nous soyons ici aujourd'hui. On
parle d'un projet de loi impliquant plusieurs échanges avec différentes
parties, mais en assurant les fondations.
D'ailleurs, comme vous le savez, M. le
Président, plusieurs élections partielles municipales ont eu lieu au Québec en
pleine pandémie. Avant de pouvoir les tenir, il fallait absolument qu'un
protocole sanitaire strict soit rédigé par la Santé publique, par mon ministère
et également par le DGEQ. Le projet de loi n° 85 permettra essentiellement
de transposer ces mesures à la prochaine élection municipale. Ce qui est bien,
c'est donc que ces mesures ont démontré leur efficacité. Aucun cas, aucune
éclosion n'a été associé à l'une de ces élections partielles.
Aujourd'hui, je souhaite prendre un moment pour
vous parler, entre autres, de l'une des dispositions qui a fait couler beaucoup
d'encre, le vote par correspondance, donc le vote par la poste. Grâce à nos
projets de loi, le vote par correspondance est substantiellement élargi. Ainsi,
je m'adresse à tous les Québécois qui nous regardent. Je vous dis que le vote
par correspondance sera ouvert à toute personne domiciliée dans une résidence
pour aînés, à toute personne domiciliée dans une installation maintenue par un établissement qui
exploite un centre hospitalier, un centre d'hébergement et de soins de longue durée ou un centre de
réadaptation, à toute personne également qui est incapable de se déplacer pour
des raisons de santé, celle qui agit comme
proche aidant d'une personne incapable de se déplacer pour des raisons de santé
et celle isolée en raison de la pandémie de la COVID-19, sous recommandation ou
ordonnance de la Santé publique.
Lors des
travaux de la commission, nous avons déposé un amendement pour donner la
possibilité aux municipalités d'élargir le vote par correspondance aux
personnes de 70 ans et plus dans la mesure où elles adoptent une
résolution en ce sens d'ici le
1er juillet 2021. Notre gouvernement met donc en place, tout en place,
pour protéger la santé des personnes les plus à risque de contracter le
virus et de le propager.
Concernant la possibilité de tenir un vote
électronique ou encore un vote par Internet, je tiens à être très, très
claire et sans équivoque sur cette question ici, en Chambre. En tant que ministre des Affaires municipales et de
l'Habitation, c'est évident que j'ai
souhaité également, j'ai vraiment souhaité, savoir si c'était une possibilité. J'ai d'ailleurs écrit au DGEQ. Je lui ai demandé : Est-ce
que ce serait possible? Est-ce que
ça pourrait se faire en toute transparence? Et le DGEQ nous a dit que ce n'était pas possible de procéder
ainsi et complètement irréaliste dans les courts délais que nous
disposions. Pour nous, pour notre gouvernement, évidemment, l'expertise
du DGEQ est essentielle, est importante.
Ce qui est surtout important pour nous, pour
notre gouvernement, c'est de savoir que l'intégrité du vote soit assurée en novembre prochain. Donc, j'invite mes collègues
à considérer ce facteur important, il faut alors être très prudents.
Dans les
autres mesures importantes, la période électorale durera 51 jours. Et
des jours de vote pourront être ajoutés afin de répartir les électeurs
entre plusieurs plages de votation, et ainsi réduire l'achalandage dans les
bureaux de vote.
Le recrutement du personnel électoral sera, lui
aussi, facilité en permettant au président d'élection de revoir les tâches de
chacun et ainsi réduire le nombre des membres requis sur les lieux de vote.
Finalement,
le projet de loi permettra au DGEQ d'ajuster les conditions et les
modalités applicables à toute déclaration
de candidature.
M. le Président, c'est important, ce projet
de loi là. C'est important,
il y a une adoption rapide qui doit être faite. C'est donc un projet
de loi logique, réfléchi, mais surtout applicable dans les délais dont nous
disposons.
Pour
conclure, par mes propos, je pense que vous avez tous compris l'importance d'adopter rapidement le projet
de loi n° 85 pour les présidents d'élection, pour les municipalités et
pour les Québécois. Assurer la tenue et le bon déroulement de la prochaine
élection générale dans la situation actuelle demande beaucoup de préparation.
C'est un événement d'envergure. Dans cette
optique, je compte sur l'appui de tous les membres de cette Assemblée pour
soutenir les 1 100 municipalités
qui devront tenir des élections de manière simultanée, les 8 000 postes
d'élus qu'on parle en question.
En terminant, j'ai une pensée pour toutes les
candidates, tous les candidats. C'est certain que les élections du
7 novembre 2021, dans ce contexte, sont essentielles. Je salue d'emblée la
créativité et le dévouement de tous ceux qui travaillent pour les élections.
Je salue également mon collègue de Beauce-Sud, parce
que nous travaillons ensemble, avec ma collègue à la Condition féminine, pour donner l'information. Il y a des séances
d'information maintenant dans toutes les municipalités pour tous les candidats et les candidates qui
aimeraient se présenter aux futures
élections. On a besoin de jeunes et on a besoin également de femmes dans
les élections municipales. Alors, maintenant, ce sera possible.
Merci
également à notre adjoint parlementaire, député de Mégantic,
qui a très, très bien travaillé ce projet de loi. Alors, merci à mes
collègues de toujours bien travailler en commission parlementaire. Je vous
remercie.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole à
Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui, merci, M. le Président. Alors, comme le
disait Mme la ministre des Affaires
municipales, c'est un projet de loi qui vise à faciliter le
déroulement de l'élection générale municipale du 7 novembre 2021 dans le
contexte, évidemment, de la COVID,
de la pandémie. C'est un court projet de loi, on l'a mentionné, court projet de
loi de cinq articles, mais des
articles, là, importants, importants pour la démocratie municipale. Puis, moi,
la démocratie municipale, j'y crois, en tant qu'ancienne mairesse, en
tant qu'ancienne préfète.
Puis
d'ailleurs je trouve que c'est important, là, les campagnes qu'on fait pour
aller solliciter les jeunes, solliciter les femmes. Rappelons-le, là, les jeunes, là, ils... puis je pense que
c'est un défi qu'on avait dans ce projet de loi là puis qu'on ne pourra
pas cocher comme quoi c'est fait, là, mais d'aller solliciter nos jeunes pour,
un, qu'ils participent à la démocratie, pour qu'ils puissent exercer leur droit
de vote, puis je pense qu'évidemment le vote électronique aurait été quelque
chose pour leur simplifier la vie, parce que je vais en parler un peu plus
loin, mais, rappelons-le, là, c'est des étudiants
qui, parfois, vont étudier à l'extérieur de leur municipalité, qui ne pourront
pas se prévaloir de ce droit de vote, particulièrement,
là, dans le cadre de la pandémie. Ça fait qu'on veut les amener dans le monde
municipal, mais on leur... au niveau
du droit de vote, on vient les contraindre un peu. Donc, c'est peut-être une
petite
partie que je trouve un peu plus déplorable du projet de loi.
Projet de loi, on le sait, il y a des déjà des
contraintes, il y a beaucoup d'enjeux autour de ce projet de loi là. On le sait, pour le monde municipal, novembre
2021, c'est demain matin. Donc, il fallait mettre en place des mesures pour
les municipalités, pour qu'elles puissent offrir une façon sécuritaire d'offrir
le vote, de donner le vote à leurs citoyens. Donc, il faut juste penser aux
défis, aux enjeux auxquels il faut faire face.
Puis je donne
encore l'exemple, puis je sais que je l'ai déjà cité, mais Terre-Neuve-et-Labrador. À moins de
24 heures, même pas
24 heures, 12 heures, le Directeur général des élections a
brusquement annulé les élections provinciales avant l'ouverture des bureaux de scrutin. Pourquoi?
Bien, parce qu'il manquait de bénévoles. Puis, on le sait, nos bénévoles, c'est
souvent des personnes aînées, c'est souvent des personnes qui sont à la
retraite, disons-le, là, c'est des personnes qu'on a classées, là, plus vulnérables
dans le cadre de cette pandémie. Donc, très préoccupée par les bénévoles, entre autres, là, qui vont... on a besoin
d'eux, évidemment, là. C'est gros, des élections municipales,
puis c'est à l'ensemble de la province, donc ce n'est pas concentré sur une élection partielle dans une municipalité.
C'est les 1 035 municipalités
au Québec qui se retrouvent en
élection en même temps. Alors, c'est un facteur, disons‑le... la peur est un
facteur, là, qui vient justement peut-être freiner un peu nos personnes
aînées à être des bénévoles pour les élections qui s'en viennent.
Pendant le projet de loi... parce qu'il faut le dire, là, on a été quand même
très efficaces, disons-le, on a été très efficaces. On est une commission parlementaire, là, M. le Président, je vous le dis, on est efficaces, on en fait des projets de loi. On prend le temps de les
regarder. Même si c'est un projet de loi de cinq
articles, on a pris le temps de le regarder, puis on a fait des belles avancées dans ce projet de loi là, que je vais, évidemment, là, souligner, bien, très efficaces. Je ne
trouve pas d'autre mot pour dire qu'il y a
des échanges qui sont pertinents puis il
y a une belle ouverture. Il y a
des places où on peut aller, des
places où on ne peut pas aller. Mais, écoutez, la ministre, là, le disait un peu plus tôt, là, on a fait l'étude détaillée les 17 et 18 mars, puis on est aujourd'hui, le 24 mars,
au salon bleu, pour en faire la prise en considération, donc... Puis on s'entend, comme le disait le Directeur général des élections quand
il est venu en audition à la commission, il y a quand même un peu de pression d'offrir le cadre
normatif, les règles pour nos municipalités afin qu'elles puissent déployer et
mettre en place, là, tout le nécessaire.
Le projet de loi, tel que proposé, était cinq
articles, mais cinq articles assez, tu sais, limités, encadrant... Moi, je suis d'avis qu'on aurait pu aller un peu plus
loin dans les articles, mais je suis aussi au courant que les élections, c'est
en novembre prochain. Ça fait trois, quatre
fois que je le dis, les élections municipales, c'est demain matin. Mais je
pense quand même qu'on aurait pu
faire preuve d'un peu plus de flexibilité, et je le dis, là, sans préjudice. Je
ne voudrais pas que ce soit pris comme des attaques au Directeur général des
élections du Québec, ce n'est pas ça. Mais ce que je dis, c'est que la mission du DGEQ, là, c'est ce que je regardais,
je faisais une petite recherche, là, avant de venir au salon bleu, puis la
mission de... «Élections Québec est une institution neutre et indépendante qui
a pour mission d'assurer l'intégrité, la transparence
et la fiabilité des élections et de promouvoir les valeurs démocratiques [et]
québécoises.» Évidemment, là, l'objectif est de promouvoir, d'ouvrir, permettre
aux gens d'utiliser leur droit de vote. On est ici, au Québec. Le droit de
vote, là, on est chanceux, on est privilégiés de pouvoir exercer un droit de vote.
Donc, moi, je
pense qu'on aurait pu aller un peu plus loin. Quand je dis un peu plus loin,
tant au niveau du vote par
correspondance, tant au niveau du vote électronique... Je pense qu'il y avait
justement une belle opportunité parce
qu'on est dans le cadre de la
pandémie. La pandémie, je le sais, c'est plate, c'est dommage, mais écoutez, on
a fait des avancées incroyables
pendant la pandémie, là. Je pense juste... les transactions immobilières. Les
transactions immobilières, chez un notaire, maintenant, ça se fait par
signature électronique. C'est du jamais-vu. On rencontre notre médecin,
maintenant, par Teams, par
vidéoconférence. On se connecte Zoom sur des plateformes puis on se connecte...
On ne pouvait pas faire ça avant.
Donc, la
pandémie a fait qu'un peu... je dirais tous les secteurs au Québec ont dû
s'ajuster, même des secteurs plus... puis
moi, je suis avocate de formation, là, puis je vous dirais que le droit
était... la justice, l'accessibilité à la justice, c'était quelque chose de quand même assez encadré, hein?
On fonctionnait encore avec le fax, hein? Quand on voulait avoir une
preuve de réception, bien, on imprimait le reçu du fax. La pandémie, là, nous a
permis de faire des procès à la Cour supérieure
pour garde d'enfants, pour fixation de pension alimentaire, en visioconférence,
nous a permis d'avoir des procès à la Cour d'appel par vidéoconférence,
par Teams.
Donc, je pense que la pandémie aurait
certainement pu être une belle occasion pour le Directeur général des élections de mettre des projets pilotes en place,
d'essayer des choses. C'est là où je trouve que c'est dommage. Je trouve qu'on
a fonctionné dans un cadre rigide. On a plutôt dit : C'est la pandémie, on
ne fera rien. Bien non, c'est la pandémie, tout le monde s'ajuste. C'est une
occasion de s'ajuster aussi. Ça fait que c'est là... Puis c'est ma perception,
mais c'est la perception aussi quand
je parle aux personnes sur le terrain, quand je parle à mes citoyens. Bon, pas
nécessairement sur le terrain,
disons, ils appellent au bureau assez fréquemment, mais, quand les maires...
quand on fait des rencontres avec nos
maires, c'est ce qui ressort. Pourquoi on reste encadrés comme ça, alors qu'ici
on avait l'opportunité, là, d'aller un peu plus loin?
On a quand même fait une belle avancée, puis je
le dis, sur le vote par correspondance. Je pense que c'était d'ailleurs un
article super important de ce projet
de loi là, le vote par correspondance. Ce qui était prévu dans le projet de
loi, c'est... le DGEQ nous
recommandait d'ouvrir le vote par correspondance aux CHSLD, aux résidences de
personnes âgées puis aux personnes à mobilité, là, restreinte, qui ne
pouvaient pas se déplacer pour aller voter.
Ce qu'on
comprend, c'est que le vote par correspondance est offert à ce groupe-là pour remplacer le BVI, beaucoup d'acronymes
encore ici, là, mais le bureau de vote itinérant. Donc, avant, dans les
résidences de personnes âgées, bien, on organisait un bureau de vote itinérant, donc les personnes
n'avaient pas besoin de sortir pour aller voter. Elles pouvaient se
rendre en bas puis voter. Évidemment que ce n'est pas recommandé, dans le
contexte d'une pandémie, là, de faire un bureau
de vote itinérant où les personnes vont se rassembler puis vont venir voter.
C'est pour ça qu'on a permis, entre
autres, le vote par
correspondance.
Mon point
ici, c'est qu'on rouvre le vote par correspondance aux personnes
qui restent dans des RPA, des CHSLD, mais
on vient oublier quand même d'autres personnes. Puis je donnais l'exemple,
je l'ai donné en commission
parlementaire, ma mère, 76 ans, elle habite chez moi. Je ne
suis pas une RPA puis je ne suis pas un CHSLD, elle habite chez moi. Elle
a peur de la COVID, elle ne voudra peut-être
pas sortir, au mois de novembre, pour aller voter, mais elle ne pourrait pas
se prévaloir... bien là, oui, mais elle
n'aurait pas pu se prévaloir du vote par correspondance parce qu'elle n'était
pas dans une RPA ou dans un CHSLD. Quand je suis revenue à la maison, à
la fin de la semaine, je l'ai inscrite dans une RPA... Ce n'est pas vrai. C'est parce que je suis sûre
qu'elle nous écoute. Maman, je ne te ferai pas ça, là. Je le sais, que ce n'est
pas ça que tu veux, tu es la bienvenue à la maison. Mais tout ça... Là, je
faisais juste une petite farce comme ça. C'est parce que je le sais, que ma mère, elle écoute. C'est probablement, là, la seule personne à l'écoute. Donc, voilà. Mais tout ça pour
vous dire que, bien, je trouvais que c'était
préjudiciable pour certaines personnes qui n'habitaient pas dans les CHSLD ou
les RPA, de se prévaloir de ce vote par correspondance.
Donc, on a déposé un amendement. C'est sûr qu'on
a senti un peu de réticence de la part du DGEQ. On sentait aussi qu'il
y avait de la chaleur qui était prise
un peu, là, de la
partie gouvernementale. Mais je pense qu'on a fait une belle avancée parce que... C'était une belle ouverture,
puis je pense que, tu sais... je pense ça a été pris en considération, entre autres le cas de ma mère, mais je pense que ça a été
pris en considération dans l'amendement qu'on a déposé puis qui a été accepté par la
partie gouvernementale. Quand on a... Tu sais, l'objectif, là, c'était d'ouvrir le vote à ces personnes-là
qui ne sont pas en CHSLD, en RPA pour
qu'elles puissent s'en prévaloir comme les autres. Nous, on aurait voulu
l'ouvrir à l'ensemble du Québec,
aux 65 ans, mais là je comprends que c'était peut-être
un peu serré puis un peu plus compliqué, là, étant donné la courte
période de temps qu'on avait.
Mais, ce
qu'on a déposé comme amendement, je trouve que c'était un beau compromis qui
respecte, entre autres, l'autonomie municipale, principe auquel je crois beaucoup, beaucoup, beaucoup, gouvernement de proximité, autonomie municipale. Je suis tout le temps là quand c'est le
temps de... Je lève la main, j'y crois vraiment.
Alors, notre amendement vient dire que les municipalités
qui désirent se prévaloir du vote par correspondance pourront le faire en
envoyant préalablement une résolution au ministère des Affaires municipales
avant le... je pense, c'est le
1er juillet, là, j'ai un blanc de mémoire, il me semble, c'est avant le
1er juillet, donc pourront... Ça
fait qu'on ne vient pas l'imposer aux
municipalités, mais on vient dire aux municipalités : Si vous voulez
offrir le vote par correspondance à vos citoyens, bien, vous pourrez le
faire.
On aurait
voulu 65 ans, mais ce que j'ai compris, c'est que Santé publique
recommandait plutôt 70 ans. Donc, on a fait le petit changement dans l'amendement, donc, ce sera aux personnes
de 70 ans et plus. Si votre municipalité adhère, si votre municipalité
participe, bien, vous pourrez vous prévaloir du vote par correspondance.
Ce n'est pas
rien, là, M. le Président, là. Ce n'est pas rien, là. Ces petites phrases-là,
là, c'est beaucoup, là. On vient dire
aux municipalités : Vous êtes autonomes, vous avez les listes électorales,
regardez votre liste électorale puis évaluez vos besoins, évaluez vos services,
évaluez ce que vous avez puis vous déciderez si vous l'offrez ou pas. Donc,
quand je dis de l'autonomie municipale...
Donc, peut-être qu'une petite municipalité, pour
qui ils n'ont pas nécessairement le personnel, tant au niveau de la ville...
peut-être qu'ils n'ont pas de greffier ou qu'ils n'ont pas de D.G. ou que la
situation ne leur permet pas, ou qu'il y a
des coûts qui sont plus élevés, puis ils se disent : Bien, non, moi, ce
n'était pas prévu. Bien, il y a peut-être des petites municipalités qui
vont dire : Bien, non, moi, je l'offrirai pas, le vote par correspondance,
puis je vais l'expliquer à mes citoyens,
pourquoi je ne l'offre pas. Il y a peut-être d'autres municipalités qui, elles,
elles vont se dire : Bien, moi, j'ai 35 % de ma population... Puis là je pense que j'ai ville
Côte-Saint-Luc en tête, là, le maire de ville Côte-Saint-Luc, entre autres,
qui disait : Bien, moi, j'ai 34 000 de population, 35 % de ma
population a 65 ans et plus — mais là on s'en va vers le 70 — puis j'aimerais ça l'offrir. Bien, ça va
être... dans ce cas-là, ils feront le débat, ils feront leurs devoirs puis ils
verront s'ils peuvent l'offrir ou pas. Donc,
c'est vraiment, je pense, un amendement important dans le projet de loi, qui
vient offrir le vote par correspondance.
Bien sûr, là,
on le sait, là, le vote par correspondance, ce n'est pas parfait. Comme le vote
électronique, ce n'est pas parfait non plus, là, ce n'est pas... Parce
qu'il y en a qui disent : Bon, ça y est, ça va partir de tous bords, tous
côtés, le vote par correspondance. Écoutez,
là, il faut... On est dans le cadre d'une pandémie. Déjà que le taux de
participation dans des élections
municipales, là, disons que ce n'est pas bien, bien élevé, hein? Je regardais,
entre autres, les taux de participation de 2017 : Longueuil, 32 %; Laval, 36 %, une grosse ville
comme Laval, 36 %; Gatineau, 38 %; Montréal, 42 %;
Trois-Rivières, 48 %. En fait,
plus qu'on s'en vient vers Québec, plus le taux de participation est élevé. Je
ne comprends pas le... Je ne sais pas
c'est quoi, le lien, mais, en fait... mais, écoutez, là, 32 %, Longueuil,
le taux de participation, ce n'est pas beaucoup.
Ça fait que
nous, en tant que législateurs, sur un projet de loi aussi important comme le
projet de loi n° 85, dans le
cadre d'une pandémie, je pense que ça allait de soi qu'il fallait déposer des
amendements, qu'il fallait ouvrir le vote pour permettre aux gens de se
prévaloir... bien, leur permettre de voter, leur permettre de voter. Parce que
moi, j'ai une grande inquiétude, tu
sais, j'ai peur que... je suis inquiète que les gens... On ne sait pas, hein,
qu'est-ce qui va nous attendre au
mois de novembre. On est dans une troisième vague. Est-ce qu'il va y avoir une
quatrième vague? Qu'est-ce qui va se
passer? Est-ce que les deuxièmes vaccins, tout le monde vont l'avoir eu? On ne
sait pas. Personne n'a une boule de cristal, là, pour savoir ce qui va
arriver en novembre. Donc, nous, en tant que législateurs, c'était la moindre
des choses qu'on puisse au moins prévoir des... qu'on puisse mettre en place
des méthodes, disons-le, comme le vote par correspondance
pour certaines personnes. Puis je le dis, là, parce qu'on en a reçu, des
commentaires qui disaient : Oui, mais le vote par correspondance,
là, comment on peut s'assurer que ça va être la bonne personne? Bien, les
municipalités mettront en place des mesures avec des pièces pour authentifier
la personne, pour identifier la personne, en fait.
Mais on le
sait, là, le 100 %, là, n'existe pas. Mais du moins c'est une belle
avancée, cet amendement-là. Donc, je remercie
le Directeur général des élections... je ne dirais pas de sa souplesse, mais,
je dirais, de son ouverture après quelques échanges relativement... sur
ce point-là.
Je veux faire
un point sur le vote électronique. Je le sais, que la ministre n'était pas
nécessairement fermée au vote électronique
puis je sais qu'elle a posé les bonnes questions, le vote par Internet, le vote
électronique. Je sais qu'elle a posé, là,
les bonnes questions au Directeur général des élections, mais le Directeur
général des élections, lui, a décidé que ce n'était pas le bon moment.
Ce n'était pas le bon moment de faire ça.
Puis, à ma grande déception, puis je
vais vous le montrer, parce que ce n'est pas un document anodin, là, mais le
Directeur général des élections, ou Élections Québec, hein, parce que,
disons-le, le nom a changé pour... c'est ça, pour Élections Québec, a fait un document qui s'appelle, là, Vote par
Internet — Étude
en contexte québécois , je l'ai
lu, puis la conclusion, c'est qu'ils
nous demandent la possibilité de faire un autre rapport. Donc, je trouve ça,
là... Tu sais, je trouve ça dommage,
là, je trouve ça... Tu sais, le contenu est pertinent, il y a des informations
superintéressantes, tu sais, je ne veux pas... tu sais, il y a beaucoup de travail, là, il y a beaucoup
de travail dans ce genre de document là, mais je pense que peut-être
qu'on aurait pu s'en servir. Là, tu sais, on avait le pied dans la porte, là.
Le contexte de la pandémie, là, on peut aussi s'en servir pour faire des
belles avancées.
Donc,
vous comprendrez que j'étais plutôt déçue qu'on nous dise : Non, ce n'est pas
possible, après avoir déposé un document comme ça en juillet ou août
2020. Après le critère qu'on est en pandémie, qu'on nous dise non, ce n'est pas possible, là, je trouvais ça quand même
assez dommage. On disait que ce n'était pas possible ou, en fait, que ce
n'était pas réaliste. On ne disait
pas que ce n'était pas possible, on disait que ce n'était vraiment
pas réaliste parce qu'il y aurait
certaines catégories d'électeurs qui n'y arriveraient pas ou on avait... tu
sais, ils n'avaient pas le temps de... tu sais, les municipalités n'avaient pas le temps de tout mettre ça en place. Puis
évidemment, bien, je comprends la ministre qui s'est rangée, là, derrière la position du DGEQ. Quand le
Directeur général des élections dit : Ce n'est pas réaliste, bien sûr, on
aurait pu mettre un petit peu plus de pression, mais, tu sais, je peux
comprendre le gouvernement de se ranger derrière cette position-là. Mais
je reviens encore avec la participation électorale qui reste un facteur assez
inquiétant.
Ce que je lisais puis
que je trouvais intéressant, entre autres, dans ce document-là ou sur les
études en lien avec Internet, là, c'est
comment 50 % des répondants s'étaient globalement dits ouverts à voter par
Internet. C'est quand même impressionnant.
Puis quand on arrive chez les jeunes électeurs, de 18 à 34 ans, bien,
l'appui, là, c'était 76 %. C'est quand même beaucoup, là, 76 % des jeunes électeurs disaient : Bien, oui, là, le vote par Internet...
Puis, comme je disais précédemment,
le vote par Internet, là, ça aurait permis aux étudiants qui vont étudier à l'extérieur de leur municipalité, bien, de participer à la démocratie municipale de chez eux puis d'où ils
habitent. On veut aller chercher les jeunes, mais, d'un autre côté, on dit : Présentez-vous,
mais vous ne pourrez pas voter parce qu'on ne met pas toutes les mesures, on ne
met pas toutes les dispositions à votre service. Donc, je le réitère, là, je
trouve ça plutôt préjudiciable pour les jeunes. Donc, voilà pour le vote
électronique.
DGEQ a déposé un cadre réglementaire avec 28 mesures, et on donne au DGEQ
aussi des pouvoirs assez, assez grands, au DGEQ. Et je garde espoir que
peut-être il y aura la possibilité, via ces pouvoirs réglementaires ou même
via certains articles, là, dedans le projet
de loi, là, qui vient lui donner des
pouvoirs importants, de peut-être, là, essayer des projets pilotes dans certaines
parties du Québec. C'est déjà identifié où c'est plus facile de
mettre en place ce type de vote là. Puis
il y des endroits où, évidemment, là, c'est plus difficile, là, plus complexe.
Mais je garde encore un petit peu espoir qu'on voudrait aller... que le
DGEQ essaierait de le faire, là. Ça, je trouve que ce serait vraiment super
important.
Projet de loi...
Comme disait la ministre, il y avait aussi la période, là, qui est prolongée.
Étant donné le contexte sanitaire, là, on va
prolonger de 44 à 51 jours. C'est quand même une semaine de plus, mais on
peut comprendre aussi que c'est plus
difficile parce que le porte-à-porte... je ne pense pas que le porte-à-porte, ce
soit la bonne mesure pour aller solliciter nos citoyens. Ça fait que
peut-être qu'on va utiliser, entre autres, la voie comme les journaux.
J'aurais
aimé ça qu'on puisse tenir compte du coût, parce qu'on va rajouter une semaine,
mais il va y avoir une semaine de
dépenses électorales de plus, là. Entre autres, là, publier dans les journaux,
ce n'est pas gratuit, mais ça, pour le moment, on n'a pas touché à ces
montants-là, on ne vient pas les ajuster.
vient ajuster, par exemple, le nombre de signatures pour les déclarations de
candidatures. Ça, par exemple, on va les
mettre à la baisse, puis ça, c'est prévu dans le cadre réglementaire du
Directeur général des élections. Comme je disais, il y a 28 mesures, là, qui ont été proposées
par le Directeur général des élections, entre autres, abaisser le nombre de
signatures. Je voulais vous donner un exemple, là, mais je n'en ai pas qui
vient en tête. Dans le cas d'une municipalité de 50 000 à
100 000, on vient baisser à 50, le nombre de signatures d'appui prévues
dans les municipalités moins populeuses.
Donc,
ça aussi, là, ça va être une problématique, là, d'aller chercher les
signatures. Ça fait que je me disais : Pourquoi on n'aurait pas prévu des signatures
électroniques? Ou on aurait pu prévoir d'autres méthodes. Disons, on n'a pas
été très innovateurs dans tout ça.
C'est ce que je trouve un peu dommage et un peu dommageable, là, disons-le de
cette façon-là.
Quand
on a fait les commissions parlementaires, on a entendu différents groupes. J'en
ai déjà parlé, on a rencontré la FQM, l'UMQ, on a rencontré le DGEQ. Je
pense qu'il aurait été important aussi puis pertinent de rencontrer d'autres groupes, d'autres groupes comme... Je donne l'exemple de la FADOQ, femmes et
démocratie. On est les législateurs, hein, puis on est imputables. Donc, quand on fait des projets de loi de la
sorte, je pense que c'est juste venir bonifier, c'est juste venir faire évoluer notre façon de penser. Ils
peuvent même nous... Je pense que c'est un gros plus qu'on peut souvent mettre
ou introduire dans le projet de loi, d'avoir l'opinion, là, des groupes comme ça qui viennent en commission parlementaire.
Donc,
je trouve ça dommage. Je trouve ça pertinent, là, qu'on ait entendu la FQM, là,
l'UMQ puis le DGEQ, mais je trouve
dommage qu'on n'ait pas fait de place à d'autres groupes qui auraient voulu
s'exprimer, d'autres groupes qui ont levé
la main, à des citoyens qui nous ont écrit aussi. Je veux le dire, là,
je pense qu'il y a eu 16 dépôts, 16 commentaires de
gens qui sont intervenus, sur le site de la commission, pour donner leur
opinion. Je tiens à le dire, parce qu'on les lit, on les écoute, puis ils sont importants, puis ils sont utiles à notre réflexion, ils
sont utiles pour faire avancer des projets
de loi de la sorte.
remercie aussi la Protectrice du
citoyen qui s'est permis de soulever
un article, tu sais, pour venir nous interpeler en commission, étant donné qu'elle n'avait pas été
invitée aux auditions. Puis elle nous a soulevé, justement, là, peut-être un petit oubli, là, qu'il y avait
dans la loi relativement aux personnes incarcérées.
Je fais vraiment une petite parenthèse, là, sur
les personnes incarcérées. Étant donné le contexte de la pandémie, vous comprendrez, là, que c'est vraiment
super compliqué, là, de soit offrir le vote par correspondance... Peut-être
que le vote
électronique aurait réglé la situation, mais, pour le vote par correspondance, c'était vraiment
compliqué. Mais j'apprécie que la Protectrice du citoyen ait pris le temps de nous envoyer une
correspondance, aux membres de la commission, pour nous mentionner le
tout.
Je pense que
ça fait, en gros, là, le tour du projet
de loi de cinq articles.
Je le répète, les élections municipales, c'est demain matin. Je suis certaine que les municipalités sont déjà à
l'oeuvre. En fait, là, dans le monde municipal, là, sur le terrain, là, on sent déjà l'effervescence, là, des
élections de novembre prochain, hein? On le voit dans les conseils municipaux.
Moi, j'en écoute beaucoup sur le trajet. Sur le
trajet Vaudreuil-Québec, le soir, je me connecte à des assemblées municipales. Lundi dernier, pas cette semaine,
lundi de la semaine passée, j'ai écouté Terrebonne. Des fois,
j'écoute des MRC. Dans l'auto, sur
l'audio, c'est superintéressant, mais on sent... même audio, là, on sent la
fébrilité. Oui, je le sais, je suis
un peu «crackpot», hein? J'écoute aussi ceux-là de ma ville, là, ça, je ne les
manque jamais, puis j'écoute l'ancienne municipalité où j'étais mairesse. Ça aussi, je trouve ça... tu sais, ça
me permet de prendre le pouls puis de suivre comment ça se passe. Puis, dans des municipalités où ça
brasse un peu plus, disons-le comme ça, Terrebonne, Saint-Jérôme, bien, je me connecte puis je les écoute. Je trouve ça...
Écoutez, c'est mon passe-temps sur la route Vaudreuil-Québec. Donc, je la
sens, cette fébrilité-là, puis je sens que
les municipalités ont... tu sais, elles sont toujours un peu inquiètes d'y
arriver. Puis, dans le cadre de la pandémie, bien, je peux comprendre
aussi que le personnel dans les municipalités se dise : Bien, envoyez-nous les règles, vite, il faut encadrer
ça, on a des choses à mettre en place. Ça fait que j'aurais le goût de dire :
Bien, mission accomplie, parce qu'on
a été vraiment très efficace dans ce projet de loi là. On a fait preuve
d'ouverture de part et d'autre, dans les limites où on pouvait aller pour ne
pas froisser personne.
Mais, encore là, ma plus grande fierté, c'est...
M. le Président, on a respecté l'autonomie municipale des villes en leur donnant la possibilité d'offrir le vote
par correspondance. Et sincèrement ça se fait dans le reste du Canada, il y a
cinq autres provinces à travers le Canada
qui offrent déjà cette méthodologie-là pour voter, le vote par correspondance,
à des clientèles de 70 ans et plus. Donc, pour moi, c'est vraiment une
belle avancée. Je suis très fière de cet amendement-là qui a été déposé
puis je remercie la
partie gouvernementale de cette ouverture à cet effet-là.
Alors, je
souhaite maintenant que les municipalités puissent se prévaloir de cet
amendement dans le projet de loi, qu'ils aillent à la rencontre de leurs
citoyens, qu'ils demandent à leurs citoyens : Est-ce que vous voulez qu'on
mette en place ou pas le vote par
correspondance? Puis, les municipalités, bien, moi, j'ai confiance. Les
municipalités se sont retournées, pendant la pandémie, comme sur un dix
cents, elles ont respecté les mesures sanitaires, la plupart des municipalités
au Québec, là, ont été exemplaires dans le
cadre de cette pandémie-là. Je suis certaine que ça va se prolonger. Moi, j'ai extrêmement confiance aux municipalités et je suis
très fière de leur offrir encore ici l'autonomie municipale dont elles
ont besoin pour servir leurs citoyens. Alors, voilà. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je reconnais maintenant M. le député de Chomedey.
M. Ouellette : Merci, M. le Président. Effectivement, M. le
Président, ça me fait grandement plaisir de prendre la parole à l'étape
de la prise en considération du rapport de la commission sur le projet de loi
n° 85.
Je ne vous répéterai pas ce que vous avez
entendu, M. le Président, de la part de la ministre ou de la part de la députée de Vaudreuil. Je pense qu'il y a
beaucoup de points qui ont été couverts, mais je rappellerais aux citoyens qui
nous écoutent que le rôle de leurs
élus, particulièrement quand on étudie une législation, c'est de faire le
meilleur projet de loi possible. Même
si on parle d'urgence, même si on parle d'un projet de loi de cinq articles, il
y a quand même eu quelques amendements. Il y a des choses particulières
en cette période de pandémie. Il faut s'ajuster et il faut innover.
Ma collègue
de Vaudreuil parlait de la mission du Directeur
général des élections, et on y
retrouve le mot «intégr