CAT — 22 September 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CAT 2021-09-22
Quebec — Committees
(Onze
heures trente-cinq minutes)
La Présidente (Mme Boutin) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance
de la Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
Alors, la commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 49,
Loi modifiant la
Loi sur les élections et les référendums dans les
municipalités, la
Loi sur l'éthique et la déontologie en matière municipale et
diverses dispositions législatives.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Girard (Lac-Saint-Jean)
est remplacé par Mme Picard (Soulanges) et M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Présidente (Mme
Boutin) : Merci. Et, Mme la secrétaire, y a-t-il des droits de vote
par procuration?
La Secrétaire :
Non, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Boutin) : Parfait. J'aurais besoin de votre consentement pour faire le
vote par appel nominal toute la journée.
Mme Nichols :
Oui, consentement pour la journée.
Ouellette : On ne pourrait pas voter par procuration, madame?
La Présidente (Mme
Boutin) : Non. Je vous expliquerai pendant la pause...
Ouellette : Ah! O.K., c'est bon.
La Présidente (Mme
Boutin) : ...mais non.
Mme Nichols :
Bien essayé, bien essayé.
La Présidente (Mme
Boutin) : Alors, j'aurais besoin de votre consentement... Je
comprends, là, qu'il y a eu une petite entente, là. J'aurais besoin de votre
consentement pour revenir au bloc 6, là. La dernière fois, on était dans
le bloc 7, on a adopté l'article 125 tel qu'amendé. Maintenant, si
j'ai votre consentement, nous pourrions revenir sur le bloc 6.
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme Boutin) : Parfait. Alors, je vais donner la parole à Mme la ministre, qui va nous présenter le bloc 6.
Laforest : Bon, alors, comme je le mentionnais hier, c'est certain que
le bloc 6... on est sur le bloc qui est sur la passation et la gestion des
contrats. On a travaillé et on a adopté le projet de loi n° 67.
Et on a travaillé, par exemple, avec la première possibilité de permettre aux municipalités
d'accorder une préférence aux soumissions en fonction de la valeur ajoutée
canadienne des biens et des services et des travaux selon certaines conditions.
Alors, tous les articles qui sont mentionnés ici ont déjà été adoptés. Alors...
Et évidemment l'autre mesure, qui est d'adapter le processus de passation de
contrats pour la réalisation du réseau structurant de transport en commun de la
ville de Québec, a été adoptée également, parce que le projet de loi n° 67
a passé avant ce projet de loi ci, le p.l. n° 49.
Alors,
c'est important de voir... Puis c'est pour ça, d'ailleurs, que, dans ce projet
de loi là, on a plusieurs amendements.
Alors, moi, c'est pour ça que, si c'est possible, je demanderais à mes
collègues de déposer un amendement pour retirer le bloc 6 dans sa
totalité, si c'est possible, où chacune des mesures, dépendamment de ce qui
sera discuté... parce qu'évidemment ça nous prend un amendement pour retirer
les mesures qui ont déjà été adoptées dans le projet de loi n° 67 avec,
d'ailleurs, les mêmes collègues. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Boutin) : Bien, je veux juste clarifier une chose, Mme
la ministre. Je pense qu'il y a deux amendements, un amendement par sujet, un
premier sujet qui correspond à plusieurs articles puis un deuxième amendement
pour retirer l'article 133 et 134, si je ne me trompe pas.
Laforest : Alors, j'ai le premier amendement pour les articles 91,
92, 93, 100, 101, 102, 109 à 114, 136, 137 et 138.
Alors : Retirer
les articles 91, 92, 93, 100, 101, 102, 109 à 114, 136, 137 et 138 du
projet de loi.
on a l'autre amendement pour l'autre mesure, l'article 133 et
134 : Retirer les articles 133 et 134 du projet de
loi.
Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Boutin) : Merci. Alors, on va commencer par étudier le premier
amendement, là, qui touche le premier sujet,
qui est de permettre aux municipalités d'accorder une préférence aux soumissions
en fonction de la valeur ajoutée
canadienne des biens, des services et des travaux selon certaines conditions.
Je laisserais la parole à Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente. Si je ne me trompe pas, là, ça va prendre un
consentement, là, de toute façon, pour pouvoir retirer, entre autres, les
articles...
La Présidente (Mme Boutin) : Tout à fait. Bien, c'est implicite, mais on peut
le demander, effectivement, là. Est-ce que vous... j'ai votre
consentement pour le premier amendement?
Mme Nichols :
Bien, avant de... (Interruption) ...je m'excuse. Avant de donner mon
consentement, bien, je le dis d'emblée, là, on a jasé, là, hier, à caméra
fermée, c'est... On va donner notre consentement, là, pour retirer le
bloc 6, mais j'ai tout de même, là, certains points à faire valoir avec le
retrait du bloc 6.
Donc, si vous me
permettez, là, Mme la Présidente, directement... en lien direct, là, avec le
retrait de ces articles-là, je veux tout simplement rappeler, là, que c'est
un... le projet de loi n° 49, là, c'est un projet de loi qui est
superimportant. On en a parlé, on en a parlé, puis ça fait longtemps, puis je
le sais que c'est important aussi pour la ministre, là, ce projet de loi là,
parce que c'est un projet de loi qui a été déposé en novembre 2019.
Novembre 2019 à septembre 2021, là, il
y a quand même pas mal d'eau qui a coulé sous les ponts où, je dirais, on a
passé plusieurs heures en commission parlementaire sur d'autres projets
de loi, je suis certaine que vous êtes au courant. J'ai l'impression que ça
fait trois ans, là, qu'on est projet de loi par-dessus projet de loi ici.
Puis je suis bien
fière de le dire, là : On est superproductifs. C'est une commission
parlementaire, on fait des projets de loi en
habitation, pour le municipal, nécessaires. C'est nécessaire, on le fait, il y
a une belle cordialité, il y a des
amendements. Je n'ai absolument, là, rien à dire relativement à tout ça. Que ça
soit le 67, que ça soit sur les élections... tous les projets de loi
qu'on fait, ça va très bien, on est efficaces, c'est superintéressant. Donc,
je... mes propos sont vraiment sans
préjudice, là, à l'équipe de la ministre qui l'accompagne, évidemment, aux
fonctionnaires, aux légistes, là, qui sont avec Mme la ministre. Mais je
tiens tout de même à soulever un point, là, à l'effet que, tu sais, le projet
de loi n° 49, là, quand il a été redéposé au mois de juin, là, on a fait
une motion de scission. J'ai déposé une motion de scission, puis la motion de scission, là, elle a été faite de façon
réfléchie avec l'équipe de l'opposition officielle. La motion de
scission a été déposée pour retirer, justement, ces articles-là inutiles qui
ont été traités dans d'autres projets de loi. Donc,
vous comprendrez... puis là j'essaie de me tempérer un peu, là, mais je trouve
ça superfâchant. Je trouve ça fâchant, parce que c'est des beaux projets
de loi. Le gouvernement de la CAQ veut aller vite, c'est correct, on veut aller
vite. On est là, on donne un coup de main pour aller vite.
La motion de scission
qui a été déposée et qui a été acceptée, là, au salon bleu, là, la présidente a
rendu une décision... Puis je pourrais, là,
la lire, là, la décision, là. Je l'ai déposée, la motion de scission. Ça a
ouvert, d'ailleurs, un débat de deux
heures au salon bleu. Cette motion de scission là aurait pu être étudiée par la
partie gouvernementale, là, puis on ne serait pas ici, aujourd'hui, à
tasser des articles.
Puis je vous le dis
d'emblée, là, on va participer. Je ne ferai pas lire tous les articles qu'on
retire à la ministre, je ne le ferai pas.
J'aime travailler avec la ministre, ça va bien. Ça fait que je ne lui ferai pas
lire, là, le «bunch» d'articles qu'on est en train de retirer au
bloc 6, je ne le ferai pas par souci d'efficience, Mme la Présidente.
Cependant, je tiens à dire que ça me titille, après ça, quand on vient dire à
l'opposition officielle qu'on ralentit les travaux. On ne ralentit pas les
travaux. On l'a vu venir avant, on a déposé cette motion de scission justement
pour pouvoir les partager.
Quand on a déposé,
là, la motion de scission, là, la décision de la présidente au salon bleu était
claire, là, on divisait en deux parties. On
a déposé un tableau où on gérait les articles.
Ça a été fait de façon, je le réitère, là, de façon précise. Il y a des
critères pour que la motion de scission soit acceptée, ces critères-là ont été
acceptés. Ces critères-là avaient bien de l'allure, c'était de scinder le projet
de loi en deux.
Donc, ce qu'on fait aujourd'hui,
là, on fait encore un projet de loi mammouth, un projet de loi où on met plein
d'articles, plein, plein, plein de sujets différents. Puis c'est correct, le gouvernement
veut aller vite, on veut être efficace, bien, c'est correct. L'opposition
officielle, on l'accepte puis on embarque dans la game du gouvernement. Puis on le fait, là, par souci pour nos municipalités, on le fait par souci pour nos citoyens. C'est pour ça qu'on
donne un go puis c'est pour ça qu'on est là. Puis l'opposition
officielle, le député de Chomedey, bon, les autres, je n'ai pas le droit de les nommer, là, mais je pense qu'on est ici, depuis plusieurs mois, à étudier ce projet de loi là puis à le faire avancer. Puis je trouve ça...
Puis ça ne s'adresse pas directement à vous, bien
sûr, ça s'adresse au bureau des leaders, là, mais... Et je le réitère, Mme
la Présidente, là, ça s'adresse au
bureau des leaders, là. Prenez donc le temps, des fois, de regarder ce qu'on fait, l'opposition
officielle. Ce n'est pas toujours à balayer du revers de la main, tu sais,
c'est un travail qu'on fait. On nous
dit : Soumettez-nous des idées. Bien, on vous en soumet, des idées. Au
lieu de voter contre au salon bleu, là, prenez un peu de temps pour le
regarder, pour regarder ce qu'on fait.
Ça fait que j'ai l'impression que, tu sais, on
est un petit peu dans une perte de temps, mais, pour accélérer le tout... Tu
sais, je vais parler, je vais prendre mon temps, mais, pour vous sauver du
temps, Mme la ministre, je ne vous ferai pas lire, évidemment, là, tous les
articles que vous avez décidé de retirer. Puis c'est normal qu'on les retire,
on les a déjà traités dans d'autres merveilleux projets de loi qui vont
s'appliquer au monde municipal, qui vont s'appliquer en habitation.
Mais je réitère ma demande, là, peut-être se
garder une petite gêne avant de dire que l'opposition officielle retarde les
travaux. On ne retarde pas les travaux, là, tu sais. Le projet de loi
n° 49, là, tel qu'il a été déposé en novembre 2019 puis qui est
arrivé en commission en juin 2021, là, c'est deux projets de loi, là. Puis
on le voit, là, on fait encore aujourd'hui, là, des amendements. On en a fait
hier sur le rôle triennal, on fait encore des amendements, puis c'est des amendements
pertinents, là, c'est des amendements pertinents puis c'est des amendements qui
seront mis à jour en fonction des autres lois qui ont été adoptées.
Alors, Mme la Présidente, là, je le... Tu sais,
puis je ne le fais pas de façon... tu sais, je le fais de bonne foi, là. Je le
fais, mais... Puis, tu sais, je le fais parce que, moi, ça me fatigue
énormément quand on vient dire que l'opposition officielle met des bâtons dans
les roues, l'opposition... Regardez le nombre de projets de loi qu'on a sortis
ici, là, à la CAQ, là, on est probablement, là, une des commissions qui ont le
plus siégé. Mme la ministre, là, elle passe son temps en commission
parlementaire. En tant que porte-parole de l'opposition officielle en matière municipale,
en matière d'habitation, je passe mon temps en commission parlementaire. On a
commencé à 9 heures hier, on a fini à 7 heures. Puis je ne me plains
pas, là, je trouve ça superintéressant, mais... Même chose pour les gens qui
nous accompagnent, là, ils passent leur... pas vous, Mme la Présidente, mais
les collègues aussi, là, le temps qu'on est ici, bien, c'est du temps qu'on
n'est pas dans nos comtés, qu'on ne rencontre pas nos citoyens, donc c'est sûr,
ça a un impact sur notre vie, ça a un impact sur la productivité de tout le
monde.
Ça fait que moi, j'ai juste une petite demande
spéciale, puis je le réitère que je vais collaborer à l'avancement des travaux, je vais collaborer à retirer,
évidemment, là, le bloc 6, puisque le bloc 6, c'est sur la passation
et la gestion des contrats. C'était, entre autres, pour permettre aux municipalités
d'accorder une préférence aux soumissions en fonction
de la valeur ajoutée canadienne des biens, des services ou des travaux selon
certaines conditions. Puis il y avait le deuxième amendement, qui va
être sur adapter le processus de passation des contrats pour la réalisation du
réseau structurant de transport en commun par la ville de Québec, qui ont été
traités dans le projet de loi n° 67. Je ne comprends juste pas pourquoi qu'on n'a pas fait les ajustements avant de
déposer le n° 49 puis qu'on doit être ici pour faire des
représentations à cet effet-là.
Donc, je le... C'était ma petite montée de lait
ce matin — ou
ce midi, là — mais...
Et je le réitère, là, c'est sans préjudice,
mais j'espère que le bureau du leader nous écoute puis qu'il va se garder une
petite gêne, là, avant de dire, hein, que l'opposition officielle n'est
pas efficace. Il dira bien ce qu'il veut sur les autres, mais l'opposition
officielle est là, est présente, fait avancer
les travaux, livre des projets de loi en collaboration avec les ministres. On adhère à
vos propos, vous êtes le gouvernement, on est là, on vous soutient, on apporte des changements, il y a une
belle collaboration, on livre des projets de loi exceptionnels, là. Là,
on est dans l'éthique et déontologie municipale, là, c'est incroyable, là, ce qu'on a fait, là, tu sais, on a changé des
peaux de castor pour des montants réels, des valeurs ajoutées. Donc, tu sais,
il y a une belle collaboration de tout le monde ici.
Donc, Mme la Présidente, de la façon que sera
traitée, là, le retrait du bloc 6, j'en profite, là, pour remercier
Me Paradis, qui s'est probablement couché très tard hier, parce qu'on
avait convenu qu'on était pour retirer le bloc 6 sans faire lire tous les articles à la ministre mais de les coller, là,
un à l'autre, là, en fonction de la pertinence de chacun d'eux. Puis je
sais que, Me Paradis, on l'a sollicité pour qu'il nous fasse un résumé sur
chacun des articles qui seront retirés.
Donc, je sais que... je suis certaine qu'il y a un travail adéquat et très bien
fait qui nous sera présenté, là, dans les prochaines minutes. Voilà. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci,
merci, Mme la députée. Est-ce que c'est... Parce que, juste avant qu'on
procède, il faut quand même le consentement pour procéder, puis je vais vous le
demander, par amendement, dans le fond. C'est correct? Est-ce que c'est en lien avec
ce que Mme la députée a dit, puis, après ça, on peut procéder avec
le consentement? Parfait. Allez-y, M. le député de Chomedey, brièvement.
Ouellette : Mme la Présidente, on ne peut qu'être d'accord avec Mme
la députée de Vaudreuil.
Et je pense que Mme
la députée de Vaudreuil
l'a mentionné et je comprends que la ministre est solidaire du gouvernement, mais elle n'a
pas à se sentir visée personnellement. Elle doit, elle aussi, faisant
partie d'un gouvernement, être sensible aux besoins de son leader du gouvernement.
Et ce n'est pas la première fois, depuis trois
ans qu'on vit la même situation. Et j'en parlais hors micro avec différents
intervenants, et le projet de loi n° 49, tel qu'il est, tel... ce qu'on
vient d'étudier, il ne faut définitivement pas
le dénaturer. Je comprends qu'on nous l'a présenté, en 2019, comme un projet de
loi omnibus, mais je pense que ça a
évolué. Il va avoir deux ans le mois prochain, depuis son dépôt, et je pense
que tous les gens, ceux qui nous écoutent, les élus municipaux, les gens
de la Commission municipale, les gens de l'UMQ, de la FMQ réalisent qu'on est
en train de leur donner des outils d'intégrité sur l'éthique et la déontologie
municipale.
De trop
vouloir mettre de choses dans un projet de loi, bien, peut faire en sorte qu'on
le dénature. Et je pense que tous les gens alentour de la table,
particulièrement pour ce qu'on est en train de faire, on aimerait bien puis on apprécierait sûrement que, d'ici à la fin de... jusqu'à
l'adoption de ce projet de loi là... qu'on se souvienne du projet de loi n° 49 comme celui de l'éthique et de
la déontologie municipale qui va ramener le respect et la civilité à
l'intérieur des conseils municipaux,
qui va établir des balises, qui va donner des pouvoirs à la ministre pour,
justement, assurer le bien-être des citoyens.
Quand j'entends ce que j'entends, ce matin, puis
que j'avais entendu, en juin, au salon bleu, dans la motion de scission, Mme la députée de Vaudreuil parle
pour son parti, l'opposition officielle, mais ça touche tous les parlementaires
de tous les partis, que ça soit la deuxième
opposition, la troisième opposition et même les députés indépendants, même si
on commence à être beaucoup, là. On est en train de songer voir si on ne
pourrait pas se faire un parti à nous autres aussi. Mais je pense que les
125 personnes qui sont... qui représentent les citoyens à l'Assemblée nationale, on est là pour le bien-être des citoyens.
Et, malheureusement, puis on le vit depuis trois
ans, malheureusement, c'est vrai que le gouvernement veut aller vite. On le voit lors des consultations, on a très peu de temps, il
y a des gens qui ne peuvent pas
venir. Le choix du gouvernement, c'est d'aller vite puis de passer ses
choix à lui. Ils sont majoritaires, ça fait qu'il faut vivre avec ces choses-là, il y a des choses qu'on ne
peut pas contraindre, mais les choix du leader, particulièrement dans le cadre
du projet de loi n° 49...
Et je partageais, il y a quelques minutes, dans
les dernières années, les parlementaires, on a eu des mauvaises expériences
avec la ministre de la Sécurité publique dans d'autres projets de loi, et vous
vous souviendrez du projet de loi qui touchait les restaurateurs l'an dernier. Bon,
bien, la base de ce projet de loi là, c'était de donner des pouvoirs immenses de recrutement au bureau de la lutte à la
corruption... contre la corruption puis au Bureau des enquêtes indépendantes pour qu'ils puissent choisir ceux qu'ils veulent,
comme ils veulent, quand ils veulent, mais on a détourné l'attention et on a... le gouvernement a focussé sur les quelques articles des restaurateurs qui ont amené des
protestations dans nos bureaux de comté de la part des restaurateurs. Ça
a permis au gouvernement de passer en douce certaines de ses mesures.
Si on ne veut pas dénaturer le projet de loi
actuel, on y tient... Dans les discussions que nous avons dans les dernières
semaines, Mme la Présidente, vous êtes à même de constater, un, l'ouverture de
la ministre, deux, le travail consciencieux qui se fait de tous les
législateurs. On apprend des choses, tout le monde. On va à des endroits pour
faire en sorte que, pour les élections, le 7 novembre, les nouveaux élus
ou les élus qui se représentent, qui vont être réélus, auront un coffre
d'outils et auront des éléments du projet de loi n° 49 qui vont leur
permettre de faire... d'être beaucoup plus efficients, de rehausser la rigueur,
l'intégrité des conseils municipaux et de faire en sorte qu'on va constater beaucoup
plus de respect et de civilité.
Et je trouverais ça dommage, pour des raisons politiques,
qui sont très souvent hors du contrôle de la ministre mais plus du contrôle de
son leader parlementaire, que, pour des raisons politiques, on dénature le projet
de loi n° 49. Je l'ai mentionné hier, quand on est allés dans le
bloc 7, on a pas mal terminé, là, l'éthique et la déontologie, il y a peut-être
quelques articles, d'ici à la fin, qui pourraient nous faire glisser dans une
place qu'on ne veut pas aller.
Mais j'espère que les discussions que nous
aurons, dans les prochains jours, pourront conserver pas juste le bon travail
mais qu'on se souviendra des travaux du projet de loi n° 49 comme étant
des travaux d'avancement pour les élus
municipaux, pour le domaine municipal et non pas qu'on se souviendra des deux,
trois dernières journées parce qu'on
se sera chicanés pour faire plaisir à un ou à un autre, là, d'un autre
ministère, en quelque part, d'une disposition qui aura été rajoutée à la
sauvette.
C'est sûr qu'on aurait sauvé toute cette
discussion-là si le leader du gouvernement avait démontré une certaine ouverture en juin. Démontrer de
l'ouverture, ce n'est pas un signe de faiblesse, je pense que c'est un signe de
sagesse. Je vous dirai que je... et c'est un commentaire très personnel, on
peut compter sur les doigts de la main les signes d'ouverture qu'on a eus de la part du leader du gouvernement
depuis l'élection de 2018. Ce seront mes commentaires à ce stade-ci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci,
M. le député. Juste pour... à
titre d'information, là, l'étude, là, de ce
bloc-là est débutée, là, par sujet. Puis je demanderai le consentement juste à
la fin, quand on sera rendus au vote. Ça fait
que, donc, il y a du temps en masse, là, si vous voulez vous exprimer, là, sur
divers articles et sujets sans problème. Allez-y, Mme la ministre.
Mme Laforest : J'aimerais juste
ajouter quand même... parce que je prends en note les commentaires sans problème, évidemment, mais je veux rassurer quand
même mes collègues. Parce qu'au niveau des amendements on est dans des projets
de loi... depuis le début qu'on accepte et qu'on travaille des amendements, ça
fait qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'ouverture de mon côté.
Ceci étant, on avait travaillé aussi au niveau
du partage des articles. C'est ça qui était plus complexe au niveau de la disposition des articles. Donc, on
avait, oui, travaillé... Je ne veux vraiment pas que vous pensiez que ça a
été : non, non, non, on ne le fait pas. On a essayé de le travailler, et,
pour le... je vais appeler ça comme ça, le partage de la disposition des articles dans le projet de loi... Parce qu'on touchait à des articles sur la LERM et des articles,
également, sur la loi et... sur l'éthique et la déontologie. Mais il y a
toujours beaucoup d'ouverture, si on considère le nombre d'amendements qui sont
toujours déposés dans nos projets de loi, mais je prends bonne note des commentaires,
évidemment, là, de mes collègues, sans problème. Merci, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Boutin) :
Merci, Mme la ministre. Alors, est-ce
qu'il y a des interventions sur le premier amendement, là, justement, du premier sujet?
Allez-y, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. De la façon qu'on avait prévu de
fonctionner, c'est qu'on ne lisait pas tous les articles, là, évidemment,
on avait convenu que Mme la ministre serait pas mal essoufflée. Donc, on avait convenu
qu'on était pour regarder ou résumer
chacun des articles avec Me Paradis. Est-ce qu'on confirme que c'est de la façon qu'on devait fonctionner?
Oui.
fait que je ne sais pas... Est-ce que vous voulez... Bien, je pense que
l'amendement a déjà été lu, donc est-ce que... Je ne sais pas qui veut prendre le lead pour l'article puis le résumer
ou... je laisse ça à votre disposition, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Boutin) : Bon, on va y aller avec le premier amendement, là, qui
regroupe tous ces articles-là. Puis, si
Me Paradis veut y aller, là, faire une belle présentation, à vous la
parole. On a... Vu que c'est une nouvelle journée, on a besoin du
consentement pour l'entendre ainsi qu'une présentation.
Des voix :
Consentement.
Mme Nichols :
Consentement pour la journée, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Boutin) : À vous la parole.
Paradis (Nicolas) : Merci, Mme la Présidente. Nicolas Paradis,
sous-ministre adjoint aux politiques au ministère des Affaires
municipales et de l'Habitation.
Pour faciliter la
présentation, là, à la commission, on a déposé un tableau. Les membres de la
commission l'ont sans doute tous, oui, en
leur possession. Donc, dans la manière dont c'est fait, ce qu'on a fait, on a
identifié... Vous savez, il y a plusieurs dispositions, des fois, pour
un même seul grand objet. On a donc identifié chacun des articles concernés en
fonction de ce grand objet et non pas vous le décliner par article. Parce que,
vous savez, c'est souvent dans les aspects
très préprocéduraux ou même de concordance, parfois, les articles, pour
mettre... réaliser la fin qui est visée par l'objet.
Alors, si je les
prends, ne serait-ce qu'on commence avec l'article 91, l'article 91
s'inscrit dans le sujet visant à introduire une exception à l'interdiction de
discrimination des biens et services fondés sur leurs origines pour permettre
une préférence des soumissions en fonction de la valeur ajoutée canadienne.
Donc, 91, qui était dans la
Loi sur les cités et villes... Les articles se
répètent toujours cinq fois en fonction des différentes lois. Donc, les
articles 91 de la LCV, qui visent la LCV, l'article 100 du projet de
loi n° 49, qui vise le Code municipal, 109, qui vise
la
Loi sur la Communauté métropolitaine de
Montréal, 112, qui vise la
Loi sur la Communauté métropolitaine de Québec, et
136, qui vise la
Loi sur les sociétés de transport en commun, ont été...
donc, pour l'ensemble de ces articles... sont visés par les articles 38,
47, 57, 64 et 106 du projet de loi n° 107... 67, pardon.
Donc, ça, c'est pour
cette première catégorie. Si j'y vais, donc, avec 92 pour, donc, y aller dans
l'ordre de l'amendement, c'est la première ligne du tableau. Alors, à l'égard
de ce nouveau sujet, c'était de permettre aux municipalités d'accorder une
préférence aux soumissions en fonction de la valeur ajoutée canadienne des
biens, des services ou des travaux, selon
certaines conditions. Donc, ce sujet a été abordé... est abordé, dans le projet de loi n° 49, par
les articles 92, visant la LCV, 101, visant le Code municipal,
110, visant la
Loi sur la Communauté métropolitaine de Montréal, 113, pour la Communauté
métropolitaine de Québec, et 137, pour la
Loi sur les sociétés de transport en commun. Les articles similaires étaient
prévus... sont prévus, dans le projet
de loi n° 67, aux articles 39, 48, 58, 65 et 107.
je poursuis avec l'article 93, et... l'article 93, c'est corollaire
dans les autres lois, vise à habiliter la ministre à décréter les plafonds en fonction desquels une
municipalité peut accorder une préférence et les soumissions en fonction
de leur valeur ajoutée canadienne. Alors, cette fois-ci, dans les articles... l'article 95
du 49 visait la LCV... vise la LCV, 102, le Code municipal, 111, la Communauté
métropolitaine de Montréal, 114, la Communauté métropolitaine de Québec, 138,
la
Loi sur les sociétés de transport en commun. Donc, leur corollaire dans le
projet de loi n° 67 était les articles 43, 52, 60, 67 et 110.
ailleurs, il y avait, non pas dans le 49, mais en toute... juste pour vous présenter
le portrait global, il y avait une disposition transitoire qui était
prévue dans le 67, en lien avec ces dispositions que nous n'avions pas à
l'époque dans le... à l'époque... nous ne l'avons pas dans le projet de loi
n° 49 tel qu'il avait été déposé à l'époque, en 2019, donc, disposition
transitoire concernant la préférence des soumissions en fonction de la valeur
ajoutée canadienne. C'est donc l'article 125 du projet de loi n° 67.
Et finalement, je
peux vous le présenter tout de suite, mais ça vise l'autre amendement, à moins
que vous vouliez l'aborder plus tard.
Mme Nichols :
C'est l'amendement 1.
M. Paradis
(Nicolas) : O.K. Alors, ça, ça complète, dans le fond, l'ensemble des
articles qui sont visés par l'amendement 1.
Je tiens à préciser, parce que je ne veux pas m'accorder le crédit de ne pas
avoir dormi la nuit pour préparer le
document, c'est l'équipe qui a préparé ça et qui a mis tous les efforts, avec
grande qualité, pour vous le produire. Merci.
La Présidente (Mme
Boutin) : Merci, Me Paradis. Allez-y, Mme la députée.
Mme Nichols :
Oui, bien, c'est bien humble. Bravo à toute votre équipe puis à Me Paradis
pour le petit tableau. Il y avait quand même des liens à faire avec les articles
du 49 et du 67. Bien sûr, on a le tableau, là, on ne vérifiera pas les numéros
auxquels ça rapporte, là. On se fie à vous et à votre équipe.
Pour
l'amendement n° 1 pour retirer 15 articles, moi,
les explications, ça me convient, là. Ils ont été traités, là, de façon très
approfondie dans le projet de loi n° 67 en septembre dernier. Donc, ils
sont quand même assez frais à notre mémoire. Puis je pense que c'est des sujets
sur lesquels on n'a pas besoin de revenir, là, on les a quand même assez
décortiqués. À moins que j'aie des collègues, là, qui aient des commentaires
relativement auxdits articles. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Boutin) : Merci, Mme la députée. M. le député de Chomedey,
allez-y.
M. Ouellette :
Le seul commentaire que j'aurai, Mme la Présidente, parce qu'on parle beaucoup
du projet de loi n° 67 : on retire ces articles du projet de loi n° 49 parce
qu'ils ont été adoptés. Et, en passant, merci, Mme la ministre et
Me Paradis. Ce tableau nous éclaire grandement. Parce qu'hier on avait eu
besoin d'une suspension et on regardait de
quelle façon... Et Mme la députée de Vaudreuil, M. le député de Viau et
moi-même, nous sommes des visuels. Et, avec les travaux de
Me Paradis, bien, ça nous aide grandement. Merci beaucoup, Mme la
ministre.
Je veux juste rappeler,
pour les gens qui nous écouteraient, que le projet de loi n° 67
s'intitulait Loi instaurant un nouveau régime d'aménagement dans les zones
inondables des lacs et des cours d'eau, octroyant temporairement aux municipalités des pouvoirs visant à répondre à
certains besoins et modifiant diverses dispositions. Sans me tromper, ça
pouvait ressembler aussi à un omnibus. Ça fait que je ne vous répéterai pas ce
que je vous ai dit parce que,
probablement que, si je vous le répète, on va avoir un autre appel du leader du
gouvernement nous demandant pourquoi est-ce qu'on fait ces
commentaires-là, mais je me permets de vous le mentionner, Mme la Présidente.
Et je serais prêt à offrir mon consentement, même par procuration.
La Présidente
(Mme Boutin) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions? M. le
député de Viau — je
vous salue, d'ailleurs — vous n'aviez pas de question? Alors,
premièrement, j'ai besoin de votre consentement pour procéder au vote en
regroupant... au retrait de plusieurs articles, là. Est-ce que j'ai votre
consentement pour le premier sujet?
Mme Nichols :
Pour le premier amendement?
La Présidente
(Mme Boutin) : Oui, premier amendement.
Mme Nichols :
Consentement.
La Présidente (Mme Boutin) : Parfait. Alors, nous allons procéder au vote par
appel nominal pour l'amendement qui retire les articles 91, 92, 93,
100, 101, 102, 109, 110, 111, 112, 113, 114, 136, 137 et 138. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Présidente (Mme Boutin) :
Abstention. Alors, l'amendement qui retire les articles 91, 92, 93, 100,
101, 102, 109, 110, 111, 112, 113, 114, 136, 137 et 138 est adopté.
Mme la ministre, je vous inviterais à présenter
le deuxième amendement qui retire les articles 133 et 134.
Mme Laforest : Oui. Alors :
Articles 133 et 134. Retirer les articles 133 et 134 du projet de
loi.
Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci.
Me Paradis.
M. Paradis
(Nicolas) : Oui. Très bien,
merci. Donc, les articles 133 et 134 du projet de loi n° 49
visent à adapter le processus de
passation de contrats pour la réalisation du réseau structurant de transport en
commun de la ville de Québec. Leurs corollaires, dans le projet de loi
n° 67, étaient les articles 41, qui visaient la Loi des cités et
villes, 50, visant le Code municipal du
Québec, et 108 visant la
Loi sur les sociétés de transport en commun. La
distinction, c'est que, dans le projet
de loi n° 49, les dispositions
ne visaient à l'époque que le réseau structurant de transport en commun de la
ville de Québec, ce pour quoi il y avait deux articles particuliers. L'approche
qui a été prise dans le 67 a été plutôt de prévoir des pouvoirs accordés à
l'ensemble des municipalités qui permettraient, notamment dans ce cas-là pour
la ville de Québec, de réaliser son projet
de RSTC, ce qui faisait en sorte que la LCV, le code municipal ainsi que la Loi
sur les sociétés de transport ont fait l'objet de modifications en ce
sens pour accorder des dispositions permanentes à l'ensemble des municipalités.
La Présidente (Mme Boutin) : Je suis
vraiment désolée de vous interrompre. On a un problème technique.
Alors, on va suspendre les travaux.
(Suspension de la séance à 12 h 08)
La Présidente (Mme Boutin) : Alors,
c'est reparti avec la Commission de l'aménagement du territoire. J'inviterais
Me Paradis à reprendre son explication afin que les téléspectateurs
puissent l'entendre.
M. Paradis
(Nicolas) : Merci. Alors, pour cet amendement, on vise les
articles 133 et 134 du projet de loi n° 49 qui ont pour objet d'adapter le processus de
passation des contrats pour la réalisation du réseau structurant de transport
en commun de la ville de Québec. Ces dispositions ont fait l'objet d'articles
dans le projet de loi n° 67, en l'occurrence aux articles 41,
50 et 108, à la différence, donc, du projet de loi n° 49, qui ne visait
que le réseau structurant de transport en
commun de la ville de Québec par ces dispositions. Le choix du législateur,
dans le cadre du projet de loi n° 67, a été plutôt d'intégrer des modifications permettant d'atteindre la même finalité, mais, cette fois, dans la
Loi sur les cités et villes, à
l'article 41... à l'article plutôt... dans la
Loi sur les cités et villes, par l'article 41 du 67, dans le Code
municipal, par l'article 50 du projet de loi n° 67, et même chose dans la
Loi sur les sociétés
de transport en commun, par l'article 108 du projet de loi n° 67. Il n'y avait pas de modification dans le projet de loi n° 67
concernant les lois sur les communautés métropolitaines, étant donné que celles-ci n'exercent pas de compétence liée au transport collectif. Merci.
Présidente (Mme Boutin) :
Merci, Me Paradis. Alors, y a-t-il des interventions? Mme
la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Non, Mme la Présidente,
là, c'était clair, là, que les... Je ne sais pas pourquoi, j'ai un petit doute sur la... Non, O.K.
Non, ça va. J'imagine, là, la correspondance avec les articles, là, qu'on
vient... Je m'excuse, j'ai eu un
petit... Non, ça va. Ça convient. Merci. Merci à toute l'équipe. Merci, Mme la ministre. On vous sauve quand même
au moins deux heures de lecture.
Mme Laforest : C'est moi qui vous
remercie.
La Présidente (Mme Boutin) : M. le
député de Chomedey, allez-y.
M. Ouellette : Juste une petite information.
Les explications de Me Paradis, je voudrais comprendre, c'est que ces deux articles-là, 133 et 134, n'avaient
aucun effet sur la Loi de la Communauté
métropolitaine de Québec? Parce
que je vois qu'on ne semble pas l'avoir
repris dans le projet de loi n° 67. J'ai tout
simplement besoin d'une confirmation,
Me Paradis, que les deux articles, 133 et 134, n'avaient pas de lien avec
la
Loi sur la Communauté métropolitaine de Québec. On n'a pas eu besoin de les
ramener dans le projet de loi n° 67, est-ce que c'est
M. Paradis (Nicolas) : Exactement.
Il n'y avait pas de besoin, effectivement, de modifier les lois sur les
communautés métropolitaines de Montréal et de Québec, celles-ci n'ayant de pas
compétence en matière de transport collectif, donc il n'y avait pas lieu
d'intégrer ces modalités particulières là qui étaient liées au transport
collectif.
M. Ouellette :
Merci. Pas d'autre commentaire, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Boutin) :
Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
interventions? Non. Alors, s'il n'y a
pas d'autre intervention, premièrement,
j'ai besoin de votre consentement pour procéder... pour retirer les amendements,
les deux articles, 133, 134, via cet amendement.
Des voix : Consentement.
Présidente (Mme Boutin) :
Parfait. Alors, nous allons procéder par vote par appel nominal, Mme la
secrétaire, pour l'amendement qui retire les articles 133 et 134.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire :
Mme Picard (Soulanges)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire : Et
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Présidente (Mme Boutin) :
Abstention. Alors, l'amendement qui retire les articles 133 et 134 est
adopté.
Nous pourrions maintenant revenir au
bloc 7, qui touche les mesures en fiscalité municipale et en évaluation
foncière. Nous en serions maintenant au deuxième sujet, qui est de simplifier
les compensations tenant lieu de taxes. Et, Mme la ministre, vous pourriez
débuter par nous présenter l'amendement qui introduit l'article 83.1.
Mme Laforest : Oui,
l'article 83.1. Insérer, après l'article 83 de ce projet de loi,
l'article suivant :
83.1.
L'article 105 de cette loi est
modifié, dans le deuxième alinéa :
1° par l'insertion, après «aussi», de «, à la
demande du ministre,»;
2° par le remplacement de «le ministre» par «ce
dernier».
Cet amendement vise à retirer l'obligation
qu'ont les municipalités locales assujetties à la
Loi sur les cités et villes
(chapitre C-19) de produire un état établissant le taux global de taxation
réel. Ce taux sert principalement à établir la somme d'argent tenant lieu de
taxes municipales versée par le gouvernement à l'égard des immeubles visés par
l'article 255 de la
Loi sur la fiscalité municipale (chapitre F-2.1).
Comme le ministère des Affaires municipales et
de l'Habitation envisage établir lui-même le taux global de taxation réel à
cette fin, le présent amendement éviterait un dédoublement des calculs et
permettrait d'alléger la tâche des municipalités.
La ministre pourrait néanmoins demander à la
municipalité d'établir le taux. Ceci pourrait notamment être le cas si des
règles de calcul de taux global de taxation différentes étaient prescrites par
un règlement du gouvernement pour l'établissement de la somme d'argent tenant
lieu de taxes municipales et que celles prévues par la
section III du
chapitre XVIII.1 de la
Loi sur la fiscalité municipale
étaient requises à d'autres fins prévues à cette loi pour une municipalité
locale.
Alors, l'article 105 actuel, tel qu'il serait
modifié :
«105. Dès la fin de l'exercice financier, le
trésorier dresse le rapport financier pour l'exercice [financier] qui vient de
se terminer et atteste de sa véracité. Ce rapport comprend les états financiers
de la municipalité et tout autre document ou renseignement requis par le
ministre.
«Il doit aussi, à la demande du ministre,
produire un état établissant le taux global de taxation réel de la
municipalité, conformément à la
section III du
chapitre XVIII.1 de la
Loi sur la fiscalité municipale (chapitre F-2.1) ainsi que tout autre
document ou renseignement requis par ce dernier.
«Le ministre
peut prescrire toute règle relative aux documents et renseignements visés aux
deux premiers alinéas.»
Ici, c'est
une modification de concordance, car le taux global de taxation réelle servant
au calcul des compensations tenant lieu de taxes sera dorénavant calculé
par le MAMH, ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, selon une
formule simplifiée. Prévoir que le taux global de taxation réel n'est produit
par la municipalité que sur demande du ministre.
Alors, je crois que, pour la demande du
ministre, c'est parfois pour les demandes au niveau des barrages et au niveau
de la taxation d'affaires. C'était également... je tiens à le mentionner,
c'était important, cet article-là, dans le
sens... parce qu'on se pose parfois la question, c'était quand même discuté et
négocié à l'intérieur du Pacte fiscal, Pacte fiscal qui a été aussi signé au tout début... bien, au tout début, la
première année du mandat. Donc, c'est pour travailler cette demande au
niveau des unions municipales, au niveau de la taxation.
Et pour les détails au niveau de la taxation,
pour tout ce qui est taxe d'affaires et aussi pour la taxe au niveau des barrages, bien, à ce moment-là, je ne voudrais
pas faire d'erreur, je crois que, Me Paradis, si vous avez des questions,
pourrait bien vous répondre. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Boutin) :
Merci, Mme la ministre. Alors... Oui? Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols : Oui. Merci,
merci, Mme la Présidente, de reconnaître la hiérarchie. Oui, j'ai des questions
relativement à cet article-là. J'apprécie, là, les précisions de la ministre
qui disent que ça concerne les barrages et la taxation d'affaires. Ce n'est pas
expressément mentionné, cette référence-là, ça fait que, est-ce que c'est parce
que ça se relie à des articles précédents ou...
La Présidente (Mme Boutin) :
Allez-y, Me Paradis.
M. Paradis (Nicolas) : Merci.
C'est par... je vous dirais, ça s'inscrit dans la structure et la complexité de
la
Loi sur la fiscalité municipale, avec les différents liens qui sont
effectués. En somme, le taux global de taxation... ce qui est fait ici par
l'ensemble des dispositions, c'est d'évacuer l'obligation pour les
municipalités d'établir un taux global de
taxation, TGT, à la fois prévisionnel, et puis, par la suite, un réel pour
pouvoir bénéficier des compensations tenant
lieu de taxes à l'égard des immeubles non imposables. Ça, c'est le principe, le
grand objectif. Donc, la mécanique qui
est mise en place, c'est que c'est le ministère qui va réaliser désormais ce
calcul de TGT plutôt que la municipalité ait à le faire.
Il arrive par contre des situations... il arrive
des situations où une municipalité aura quand même la nécessité d'établir un
tel TGT lorsqu'elle a... dans le cas principal, lorsqu'elle a un barrage sur
son territoire, les barrages n'étant pas portés au rôle comme étant imposables.
Il y a toute une technique et une procédure prévue dans la LFM pour faire en
sorte, quand même, qu'il y ait des revenus générés par ces barrages-là en
fonction de tout un historique, comment la loi a évolué au niveau de
l'évaluation foncière et de la fiscalité municipale.
Donc, ça fait en sorte que, pour pouvoir
considérer les revenus qui sont générés par ces barrages-là aux fins de
l'utilisation du TGT, non pas pour les compensations tenant lieu de taxes, mais
plutôt pour l'établissement de la richesse foncière uniformisée qui, elle, va
servir également, en lien avec TGT, au partage des dépenses des MRC dans le
cadre de leurs quotes-parts. C'est très compliqué dans l'approche.
Mais c'est pour cette fin-là qu'on a besoin de
considérer les revenus générés par le barrage en question pour assurer une
équité entre l'ensemble des municipalités d'une même MRC. Donc, dans ce cas-là,
une municipalité dite autoconsommatrice qui a un tel barrage doit effectuer le
calcul du TGT pour être capable de se positionner en équilibre par rapport aux autres municipalités, que le partage
des dépenses de la MRC via les quotes-parts puisse se faire.
Donc, long chemin pour vous expliquer cela, là,
mais c'est dans ces cas d'exception là que le TGT devra être encore calculé par
la municipalité, mais ça ne sera plus requis aux fins du programme de
compensation tenant lieu de taxes, donc c'est un allègement important pour le
milieu municipal à cet égard.
Mme Nichols : O.K. Il y en
avait beaucoup, là, là-dedans, là. Me Paradis, vous avez l'air pas mal
plus à l'aise que moi dans cette partie-là. Bon, moi, je n'en ai pas eu, des municipalités,
là, qui avaient soit un barrage ou... Puis on dit que ça s'applique aussi pour
la taxation d'affaires, là, ce qu'on n'a pas abordé non plus.
Je veux juste être
certaine, là, parce que, dans le fond, là, le changement qu'on apporte, là,
c'est que ça va être, à la demande du ministre, produire un état établissant le
taux global de taxation. Donc, il va falloir... C'est le ministre... je n'étais
pas sûre, là, c'est le ministre qui va fixer le TGT... Parce qu'on vient
retirer... ça, je le comprends que l'amendement, là, ça vise à retirer, entre
autres, là, l'obligation qu'ont les municipalités locales de produire, là, l'état établissant le taux global de
taxation réel. Puis ce taux global là de taxation réel, bien, on le sait, là,
c'est ça qui sert, entre autres, à établir, là, le tenant
de lieu de taxes municipales versé par le gouvernement. Mais le tenant de lieu de taxes qui est versé par le
gouvernement, là, c'est rarement, entre autres, là... ce n'est jamais
100 %, là. Est-ce que ça va venir changer, entre autres, ces
pourcentages-là? Je ne comprends pas l'impact.
Je comprends pourquoi
on veut le faire. Je comprends, parce que, dans une MRC, là, il va sûrement y
avoir, là, de l'iniquité à cause du barrage ou à cause... Mais est-ce que ça
affecte autre chose?
M. Paradis
(Nicolas) : Dans le cas de la disposition ici... l'objectif, ça ne
change pas, ici, dans cette disposition-là, la question des pourcentages. Il y
a une approche différente à l'égard des pourcentages qui sera abordée dans les
autres dispositions, mais dans ce cas-ci, il n'y a pas d'impact à l'égard des
pourcentages. On est vraiment uniquement à l'égard de l'établissement du TGT
pour faire en sorte que les municipalités n'aient plus cette obligation-là de
déterminer elles-mêmes leur TGT pour l'envoyer au ministère pour pouvoir
bénéficier des compensations tenant lieu de taxes. Dans la loi actuelle, dans
le programme actuel, en somme, ce quelles doivent faire, elles doivent d'une
part établir un TGT prévisionnel qui dit, en début d'exercice financier :
Voici ce que je m'attends à avoir comme TGT pour mon exercice financier, à
titre d'exemple, 2022, à supposer qu'il n'y aurait pas le 49, mais pour 2022.
Après l'exercice financier 2022, il y a un TGT réel qui est calculé, donc,
dans le cadre du rapport financier pour dire : Voici le TGT réel qui
permet de faire l'ajustement.
Sur la base
prévisionnelle, le ministère verse 90 % des compensations tenant lieu de
taxes qui sont dues à la municipalité. Puis une fois qu'il reçoit le TGT réel,
il verse le 10 % supplémentaire, dans le fond, pour s'assurer que chaque municipalité
a sa juste part du programme de compensation. Donc, ici, ce qu'on fait, c'est
qu'on enlève cette charge administrative qui était, somme toute, assez lourde
pour les municipalités de faire ces calculs-là du TGT prévisionnel et réel pour
dire : Le ministère va faire le calcul du TGT aux fins du Programme de
compensation tenant lieu de taxes.
Mme Nichols :
Puis si... Parce que là le, tu sais, le TGT, là, ça va être maintenant confié
au ministère, donc c'est le ministère qui va le faire. Le ministère a les
compétences pour le faire? C'étaient les municipalités, là, qui le faisaient,
là, présentement, là. Ça fait que je présume que le ministère a les compétences
pour le faire, puis ça va être fait comment? Ça va être fait directement au ministère?
Ça va être fait dans les directions régionales? Est-ce que ça va être, tu sais,
une valeur uniforme partout ou comment le calcul... tu sais, comment on va
s'assurer qu'il y ait une certaine uniformité quand ça va concerner... quand le
ministère va avoir à déterminer un TGT, là... le ministère va faire ça pour
l'ensemble du Québec?
M. Paradis
(Nicolas) : Oui, le ministère a, dans le fond, les compétences et les systèmes
pour ce faire, là. Dans le fond, ce sont des calculs, là, qui sont effectués, là,
par le biais de nos différents systèmes qui nous permettront de les déterminer, effectivement, suivant les
nouvelles modalités qui sont mises en place ici. C'est un fonctionnement,
je dirais, plus simplifié, en termes de détermination, mais qui permet de
simplifier pour les municipalités. Nous, avec les
données que le ministère a à
l'égard tant des revenus et de l'évaluation
foncière des municipalités, on va être à même de le déterminer, déterminer
le TGT pour chaque municipalité.
Mme Nichols :
Mais le fait que ça soit, là, le ministère ou la municipalité qui le détermine,
là, ça change quoi? Parce que, que ça soit l'un ou l'autre, dans le fond, ce
qu'on veut, c'est qu'on veut juste pouvoir le retirer pour arriver à une
certaine, je veux dire, égalité de partage, là, auprès des municipalités dans
la MRC. Ça fait que, moi, qu'on me dit que c'est la municipalité qui va
calculer le TGT ou que c'est le ministère, ça ne change rien si on ne vient pas
plutôt changer, tu sais, le prorata ou si on ne vient pas l'enlever dans le
prorata qui va être déterminé pour envoyer aux municipalités, dans la MRC, là,
évidemment, là.
M. Paradis
(Nicolas) : Il y a comme deux éléments. Tout d'abord, au lieu d'avoir
1 100 municipalités qui font le travail, donc 1 100, à tout le
moins, trésoriers qui font le travail, bien là, c'est le ministère qui le fait.
Donc, inévitablement, pour le milieu municipal, il y a une économie de temps et
d'énergie pour réaliser l'opération, parce que, là, c'est centralisé, le
ministère le fait, puis ça donne le résultat qui serait le même si chaque
municipalité devait le faire, le calcul est le même.
Puis, par ailleurs,
dans cette nouvelle approche là qui est faite, c'est qu'on élimine également...
puis là on va le voir un peu plus loin, mais on élimine également l'obligation
d'avoir le TGT prévisionnel, qui impliquait première série de calculs par les
municipalités, puis un TGT réel, par la suite, qui permettait d'arriver au
résultat pour la compensation à 100 %, comme je l'exposais un peu plus
tôt. Donc, on vient faciliter, de manière significative, là, tout le système,
là, comme tel, qui est dans la
Loi sur la fiscalité municipale.
Mme Nichols :
Mais, quand on dit...
Laforest : ...Mme la Présidente. C'est-tu possible?
La Présidente (Mme
Boutin) : Vous aimeriez suspendre, Mme la ministre?
Laforest : Oui. Est-ce que c'est possible? Deux minutes, si vous êtes
d'accord.
Mme Nichols : Oui. Consentement.
La Présidente (Mme
Boutin) : On va suspendre.
(Suspension de la séance à
12 h 32)
La Présidente (Mme
Boutin) : Vous pouvez poursuivre, Mme la députée.
Mme Nichols :
Merci, Mme la Présidente. Là, c'est de la fiscalité municipale, hein, ça fait
que c'est quand même assez complexe, là, les termes. Me Paradis, je
comprends, là, les deux éléments que vous nous avez expliqués, qu'au lieu qu'il y ait 1 100 municipalités
qui fassent le travail le ministère va le faire pour l'ensemble des
municipalités, mais il n'y a quand même pas 1 100 municipalités au
Québec qui ont, mettons, à déterminer un TGT pour un barrage ou pour...
L'autre chose, c'est quoi? C'est pour une taxe d'affaires? Parce que moi, je
comprenais que c'était juste pour ces deux points-là en particulier, là, à
moins que... Non?
Paradis (Nicolas) : C'est qu'à l'heure actuelle, dans la loi actuelle,
toutes les municipalités doivent le faire.
M. Paradis
(Nicolas) : La détermination du TGT. Lorsque le projet de loi
n° 49 aura été sanctionné, avec les règles qui sont prévues, ce ne sera
que seules les municipalités qui ont une taxe d'affaires ou qui ont des
barrages qui auront encore l'obligation de le faire.
M. Paradis
(Nicolas) : C'est un très petit nombre, là, de municipalités à cet
égard-là.
Mme Nichols :
Ça fait que le ministère n'aura quand même pas... Bien, la taxe d'affaires...
Il y a beaucoup de municipalités, là, qui ont un taux différent pour une taxe
d'affaires. Non? On me fait signe que non.
M. Paradis
(Nicolas) : La taxe d'affaires... il reste uniquement quatre municipalités
qui ont encore une taxe d'affaires. Il faut distinguer taux varié avec taxe
d'affaires.
Mme Nichols :
Ah! oui. O.K.
Paradis (Nicolas) : La taxe
d'affaires, comme telle, il y a uniquement quatre municipalités, puis ça diminue, je vous dirais... j'oserais dire presque
d'année en année, là.
Mme Nichols :
Puis ce changement-là, là, est demandé, entre autres, par les municipalités?
C'est les municipalités qui ont demandé ça, à ce que, tu sais, on envoie ça au ministère,
la détermination du TGT? Parce que, tu sais, moi, je suis pour les gouvernements
de proximité puis je continue à dire que les municipalités sont souvent les
mieux placées pour déterminer leurs propres...
M. Paradis
(Nicolas) : Ça fait partie, disons, de commentaires ou doléances que
nous avons... le ministère a reçu par le passé, à plusieurs reprises,
concernant la complexité et la charge liées à ces obligations de détermination
du TGT. Puis ça s'inscrit, comme Mme la ministre l'évoquait, vraiment comme un
engagement des deux parties, municipale et gouvernementale, dans le cadre de
l'entente de partenariat, là, fiscal, là, qu'on appelle communément le pacte
fiscal, qui a été conclu en 2019, de revoir conjointement les modalités
afférentes au programme de compensations tenant les taxes pour le réviser, ce
qui... Dans le fond, le résultat des dispositions des amendements qui sont
présentés à la commission s'inscrivent... les articles, devrais-je dire,
s'inscrivent directement dans le cadre de l'entente, là, qui a été conclue avec
le milieu municipal.
Mme Nichols :
Ça ne sera pas le même... puis corrigez-moi, peut-être que je me trompe, là,
mais ça ne sera pas le même taux pour toutes les municipalités, là. Il y aura
un TGT qui va être calculé, là, de façon différente, ça ne sera pas un TGT pour
l'ensemble des municipalités au Québec.
M. Paradis
(Nicolas) : C'est une même formule qui s'applique à tout le monde, qui
donne des résultats différents. Vous savez, le TGT prend en considération à la
fois...
M. Paradis
(Nicolas) : Bien, la valeur, effectivement, la valeur et l'ensemble
des revenus générés par la municipalité. Dans le fond, ça vise à faire en sorte
de dire — je
le résume comme ça, là : Si toutes les municipalités... Le TGT amène à
considérer que, si toutes les municipalités obtenaient l'ensemble de leurs
revenus uniquement sur la base du foncier... bien, quel serait le coefficient.
Ça fait que, là, tout le monde est traité de la même manière, parce que, vous
savez, il y a de la tarification, il y a du foncier, il peut y avoir d'autres
sources de revenus qui sont prises en considération à ce moment-là.
Mme Nichols : Donc, c'est une
formule commune où chacun rentrera... chaque municipalité, là, transmettra ses
chiffres au ministère ou utilisera la formule du ministère pour déterminer ou
pour en arriver au bon chiffre. Je trouve ça quand même particulier, complexe,
mais je comprends que ça a déjà été négocié puis que c'est déjà dans le pacte
fiscal, mais, tant que ce n'est pas entériné, ce n'est pas... évidemment, là,
ça ne s'applique pas.
Est-ce qu'il y a... Moi, j'ai toujours peur un
peu de ça, des formules communes. Puis je vais revenir sur la Sûreté du Québec,
là. En tout cas, c'est une formule commune, hein, pour ceux qui ont la Sûreté
du Québec puis ce n'est pas une formule qui
est nécessairement, là, équitable. Mais, bon, je repasserai, c'est un autre
dossier, mais est-ce qu'il y a déjà des municipalités qui fonctionnent
avec ce type de formule là, où la formule, elle vient d'un savant calcul, là, je présume, là, qui a été présenté
dans le cadre de la négociation du pacte fiscal, mais, cette savante formule
là, est-ce qu'il y a déjà des municipalités, tu sais, qui fonctionnent
avec ça? Moi, je veux juste m'assurer, un peu comme hier, là, quand je disais
que je m'assurais que les citoyens... tu sais, que c'est équitable pour
l'ensemble des citoyens.
Ici, je me demandais si ça va être... Est-ce que
ça va avoir un gros impact sur certaines municipalités? Est-ce que ça va être
un... je ne veux pas dire un... Est-ce que ça va être équitable? Je m'en allais
dire un «clash», là, on n'utilise pas ça, mais est-ce que ça va être équitable
pour l'ensemble des municipalités? Est-ce qu'on est déjà assurés du bon
fonctionnement d'un TGT... ou de la fameuse formule TGT? Parce que je ne pense
pas que ça va être le... Le TGT ne sera pas imposé par le ministère. Le
ministère, ce que j'ai compris, c'est qu'ils ont... va émettre cette savante
formule, là, puis que chaque municipalité va l'appliquer. Mais c'est équitable?
M. Paradis (Nicolas) : Mais les
municipalités n'appliqueront pas la formule, c'est le ministère qui va faire le
calcul sur base de la formule.
Nichols : Mais les municipalités vont quand même savoir c'est quoi, la
formule, puis ils peuvent quand même... Oui, c'est ça...
M. Paradis (Nicolas) : Ah!
absolument, absolument, absolument.
Mme Nichols : Non, mais dans le sens
que, tu sais, la formule existe, là, les municipalités ne vont pas dire : Ah! bien... Elles ne vont pas aller négocier,
mettons, au ministère : Peux-tu m'arranger ça pour mon TGT? Non, tu sais,
c'est une formule qui est élaborée, puis ils vont savoir à quoi s'en tenir.
Laforest : Le but de cet
article de loi là, en fait, c'est d'alléger
le programme de compensation actuellement en cours, parce que le
programme est très, très complexe, les calculs sont laborieux, et c'était une
demande des unions. Ça fait qu'il n'y a pas de changement, il n'y a pas
d'impact au niveau... comme vous le dites — très bonne question — au
niveau des citoyens, par exemple. C'est beaucoup plus pour, si je peux dire,
accompagner, aider et alléger aussi la complexité pour les municipalités. Donc,
c'est certain que le nouveau calcul a déjà été présenté aux partenaires municipaux.
Maintenant, là, il faut adopter l'article. Mais
c'est vraiment de le voir comme : on aide les municipalités en allégeant
la mesure et les calculs de compensation actuels, qui sont en cours. Puis ça,
c'est vrai, on doit l'avouer, là, ça avait été demandé lors de la négociation
du pacte fiscal. Mais il n'y a pas d'impact, c'est juste que les
municipalités... Puis on a vu aussi plusieurs articles, hein, sortir depuis les
derniers mois, disant que les municipalités trouvent qu'il faut les aider, il
faut les accompagner. Le programme de compensation est lourd, c'est laborieux,
les calculs sont compliqués. Ça fait que c'est dans la suite de ces demandes-là
des municipalités.
Mme Nichols : O.K. Je comprends
où on s'en va avec le TGT. Maintenant, je veux savoir : Au niveau des
répercussions, au niveau de l'impact directement sur les municipalités,
qu'est-ce que ça va changer, qu'est-ce que ça change? Parce que vous me
dites : Ça n'a pas d'impact, il faut les accompagner, il faut alléger
l'administration ou ça va alléger les montants de la compensation. Bon, ça va
être quoi, les impacts réels pour les municipalités? Ça... Tu sais... Puis
qu'est-ce que ça va changer? Ça va coûter plus cher au gouvernement ou est-ce
que... Tu sais, on parle d'allègement, de... Moi, je veux savoir, là, les
effets directs de cette modification-là.
Mme Laforest : Bien, en fait,
c'est pour qu'il y ait une meilleure prévisibilité, que les montants soient
retournés plus rapidement...
Mme Laforest : ...simplifier
les programmes au niveau du taux global de taxation. Ça fait qu'on vient
vraiment être plus... comment je pourrais dire, il n'y a pas... comment...
C'est les mêmes montants, c'est juste que la procédure
est beaucoup plus simple. Là, c'est sûr qu'il y a des travaux qui sont faits
avec les unions par rapport à ça. Je ne sais
pas où c'est rendu, les travaux avec les unions — Me Paradis, vous pourriez dire comment
ça se passe — mais
vraiment, l'objectif, c'est vraiment ça, là.
Mme Nichols :
Moi, je suis curieuse, Mme la Présidente, de savoir comment ça se passe puis
comment ça va se passer dans les municipalités, quel impact ça va avoir. J'ai
compris, là, quand vous avez parlé que, dans la MRC, ça va avoir un impact au
niveau des quotes-parts parce qu'on va retirer, mais, tu sais, qu'est-ce que ça
va changer pour... On est capables de faire des hypothèses, là. J'imagine
qu'avec le pacte fiscal on a fait des hypothèses, on a présenté des chiffres,
on a présenté des formules. Moi, je veux vraiment savoir, là, concrètement,
qu'est-ce que ça fait, ce changement-là.
Mme Laforest :
...des travaux qui sont en cours, Me Paradis...
M. Paradis
(Nicolas) : Oui. Bien, à vrai dire, les travaux, même, ils se sont
tenus et se sont même complétés avec les partenaires municipaux, parce qu'ils
ont été réalisés en totalité avant même que ces amendements-là ne soient
rédigés. Les amendements se veulent, dans le fond, le reflet du résultat des
travaux qui ont été tenus avec les partenaires
municipaux. Le résultat, comme l'objectif était prévu par le pacte fiscal,
c'est que l'enveloppe gouvernementale afférente au programme
compensations tenant lieu de taxes ne soit pas moindre par la révision. Donc,
il n'y a pas de... L'enveloppe demeure tout aussi importante que celle qui
existe à l'heure actuelle, c'est la même enveloppe qui existe avec... Donc, il n'y a pas de perte pour le milieu municipal à
l'égard des sommes qui sont transférées, le programme demeure de même niveau. Et ça assure, comme Mme la
ministre l'évoquait, une meilleure prévisibilité, une meilleure rapidité également dans le transfert des sommes et
une simplification administrative importante pour le milieu municipal.
pourquoi on dit «prévisibilité»? C'est parce que la formule, qui va être
établie aux fins du TGT et du programme de compensations tenant lieu de
taxes, ne se basera plus sur, d'une part, un TGT prévisionnel qui ne permettait
qu'un versement de 90 % de la somme, et il n'y aura plus... mais là ce
sont plusieurs éléments, c'est très, très technique, hein, puis c'est pour ça qu'il y a plusieurs articles aussi dans le bloc
concerné, mais ça ne tiendra pas compte... il n'y aura plus, non plus, la multitude de modifications qui
devaient se faire en cours de rôle pour tenir compte de modifications à
l'égard d'immeubles qui passaient dans le giron de l'État ou non. Ça fait que
c'est ça qui a entraîné une grande charge pour tout le monde, municipalités et
le ministère, mais également une imprévisibilité sur les revenus qui étaient
versés pour l'année en cours. Donc, avec toute cette révision-là, ça permet
d'assurer une stabilité. Dès que l'on... On
va pouvoir dire, dès le jour 1 : Vous allez recevoir, en termes de
sommes pour le programme de compensations tenant lieu de taxes pour
l'année 2022, le montant suivant, ce qui vous permettra donc,
municipalités, de mieux gérer votre budget
et... plutôt que d'avoir le même résultat à terme mais un an et demi plus tard,
c'est-à-dire uniquement au printemps 2023, si je prends mon exemple,
lorsque le rapport financier aura été fait puis le TGT réel aura été produit
également.
Nichols : Question plus générale, là, pour les tenants lieu de taxes,
là, ça ne change rien, là, le gouvernement ne va pas se mettre à payer
100 % de leur tenant lieu de taxes pour les hôpitaux, pour les écoles,
pour les édifices gouvernementaux, ça ne change absolument rien là-dessus?
M. Paradis
(Nicolas) : Non, il n'y aura pas de... Les modalités... la formule
modifiant... devant être modifiée pour tenir
compte de ça, les pourcentages, comme on le voit plus loin, auront un effet
d'être en conséquence ajustés, mais tout simplement pour s'assurer que
le milieu municipal va recevoir les mêmes montants qu'il recevait aujourd'hui. Donc, il n'y aura pas... on n'est pas dans une
dynamique d'augmenter, effectivement,
pour les hôpitaux ou tout ça, c'est uniquement
pour garder, dans le fond, le milieu municipal dans les mêmes paramètres que ceux qui existent aujourd'hui.
La Présidente (Mme
Boutin) : Merci beaucoup. Nous pourrons poursuivre la conversation cet
après-midi. Alors, je vous remercie pour votre belle collaboration.
Compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
12 h 45)
La Présidente (Mme Boutin) : Alors, à
l'ordre s'il vous plaît! La Commission de l'aménagement du territoire reprend ses
travaux.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du
projet de loi n° 49, Loi modifiant la
Loi sur les élections et les
référendums dans les municipalités et la
Loi sur l'éthique et la déontologie en
matière municipale et diverses dispositions législatives.
Alors, lors de notre
ajournement un petit peu plus tôt... de notre suspension un petit peu plus tôt,
nous en étions à l'article 83.1, où il
y avait une belle discussion entre la députée de Vaudreuil et Me Paradis.
Peut-être que vous pourriez poursuivre, Mme la députée.
Mme Nichols : Merci, Mme la
Présidente. D'emblée, j'invoque ma faiblesse pour la fiscalité municipale,
particulièrement, là, dans des articles comme ça, que je trouve très complexes,
donc vous comprendrez que j'ai... Puis je pense que c'est important aussi, là, de bien comprendre le
premier article, parce qu'on est dans la... simplifier des compensations
tenant lieu de taxes, là. Ça fait que, pour pouvoir suivre le reste des
articles, je veux être certaine de bien comprendre l'article 83.1. Donc,
je peux même, peut-être, faire un petit résumé, là.
Dans le fond, ce que j'ai compris, c'est que
c'est quelque chose qui avait déjà été échangé entre la FQM puis l'UMQ quand il y a eu la négociation du
pacte fiscal de 2019. Je suis quand
même surprise parce que, ce midi, je suis retournée voir,
là, les mémoires de l'UMQ puis de la FQM puis ça n'avait pas été abordé, mais,
tu sais, je comprends aussi que c'est un
article, là, qu'on ajoute au présent document. Si on l'avait su avant, bien sûr
que, lors des consultations, on aurait pu poser, là, les questions relativement
à cet article-là. Donc, c'est... bien, c'est dommage, oui puis non, là,
mais c'est... c'est parce qu'on n'a pas... vous avez... Vous le saviez que vous
arriviez avec cet article-là, ça fait que, tu sais, vous aviez fait, là, là, le
travail préalable, là, mais nous, c'est comme un nouveau, là, pour nous. Ça
fait que je n'ai pas la position des parties. Ce que je comprends, c'est qu'il
y a une formule, une savante formule, dans le fond, là, qui sera, là, une
formule commune, là, qui sera élaborée, là, par le ministère pour les TGT. Ça,
ça me va aussi.
La seule chose que je comprenais plus ou moins,
on parlait, la taxe d'affaires, qu'il y avait peut-être quatre municipalités, au Québec, là, qui étaient touchées par la
taxe d'affaires. Quand on parle des barrages, il y a combien de
municipalités, au Québec, qui sont touchées par les barrages?
M. Paradis (Nicolas) : Il y a
16 municipalités.
Mme Nichols : Il y a
16 municipalités. Donc, il y a une vingtaine de municipalités, là, au
Québec, là, qui vont être... O.K.
Quand on a suspendu, là, pour la période du
lunch, Mme la Présidente, là, ce que je demandais à la
partie gouvernementale, c'est est-ce que c'est
possible de nous donner, là, un exemple concret de comment ça va fonctionner
de... c'est quoi, le changement, ça va être
quoi, les effets du changement. Mais je parle des effets, là, autant au niveau,
là, du fonctionnement, mais, peut-être avec un exemple en prenant des chiffres,
là, hypothétiques, là, qu'est-ce que ça va changer, ça va être quoi, les
impacts directs.
On dit que c'est une meilleure prévisibilité.
Pourquoi? Le taux ne changera plus jamais? Le taux changeait présentement? On
parle de simplification administrative. O.K., peut-être pour les municipalités,
mais peut-être pas tant que ça parce qu'il va avoir des demandes à faire, ce
que j'en comprends.
On parle que
le TGT était provisionnel, prévoyait un versement de 90 % de la somme.
Donc, est-ce qu'il va y avoir des versements anticipés? Comment ça va
fonctionner? Ça va être quoi, le changement à cet effet-là?
Puis on
parlait de... On disait qu'il n'y avait pas une multitude de modifications,
mais, tu sais, je ne suis pas certaine de comprendre qu'est-ce que ça va
faire. Qu'est-ce que ça va changer en tant que tel?
M. Paradis
(Nicolas) : Je le reprends,
là. Il y a plusieurs éléments, mais vous me permettrez de le reprendre en
séquence, là?
M. Paradis
(Nicolas) : Donc, l'état
actuel des choses, la municipalité qui veut pouvoir bénéficier du programme de
compensations tenant lieu de taxes, pas juste «veut», mais, pour en bénéficier,
elle doit établir son TGT, et c'est une
obligation prescrite par la loi. Elles n'ont pas le choix que d'établir leur
TGT. En établissement leur TGT, donc en suivant toutes la formule et les modalités prescrites par la
Loi sur la fiscalité municipale, il y a la complexité liée à ça.
Donc, tout d'abord, pour établir un taux... un
TGT prévisionnel, au moment... disons-le comme ça, au moment de l'établissement
de leur budget, ils vont établir, sous l'angle de leur budget, leur TGT
prévisionnel pour l'année à venir. Avec ce
TGT prévisionnel là, ils vont le transmettre au ministère qui, à l'aide du...
dans le cadre de son programme de compensations tenant lieu de taxes,
versera en conséquence 90 % des sommes en fonction du TGT prévisionnel,
suivant la formule, là. Parce que la formule pour la compensation tenant lieu
de taxes, si on prend le TGT, on le
multiplie par la valeur, multiplié par le pourcentage prévu dans la loi, puis
ça, ça nous donne, dans le fond, la compensation qui peut être versée.
Donc, TGT prévisionnel envoyé au ministère, détermination du montant, on verse
90 % du montant à la municipalité.
Arrivent, en cours d'année, des modifications
dans le stock immobilier, dans... tout ça, c'est dans l'état actuel des choses, ajout d'immeuble, retrait d'immeuble
dans le patrimoine de l'État, et là ça entraîne une série de modifications.
Donc là, il y a une fluctuation qui est possible pour la municipalité à l'égard
des sommes qu'elle peut recevoir. Là, on est toujours dans la dynamique sur une
base du TGT prévisionnel. À la fin de l'exercice financier, la municipalité fera, donc, son rapport financier, établira un TGT
réel pour l'exercice qui vient de se terminer. Et c'est sur la base de ce
TGT réel là que le ministère va verser le
10 %, le cas échéant, le 10 % de plus qui n'a pas été versé. Donc,
comprenant que, s'il y a eu une
fluctuation... puis en réalité c'est 8 %, bien, ils vont verser 8 %,
là, on ne versera pas plus que ce que la municipalité a réellement
droit.
Bon, en
termes d'allègement, il y a ces exercices successifs d'établissement de TGT
prévisionnel, réel et il y a, par
ailleurs, l'économie, également pour la municipalité, liée à la vérification, là, de l'audit interne du TGT qui
doit être effectué par la municipalité. Donc, il y a ce travail effectué
par les comptables, là, qui doit être fait et que la municipalité n'aura plus à
faire. Ça, c'est donc dans les avantages simplification et financier.
En termes de prévisibilité, la nouvelle approche
qui est convenue avec le milieu municipal, c'est qu'un seul TGT est établi par
le ministère, qui va donc être établi avant... Dans le fond, on va les informer
du montant que les municipalités auront droit dans la
période afférente à leur exercice budgétaire. Donc, je vous dirais, à
l'automne, là, qu'ils vont avoir l'information, parce qu'ils vont budgéter en
conséquence, ça fait que... avec cette information-là, donc, meilleure prévisibilité, parce qu'ils savent que c'est le montant
qu'ils vont recevoir, précisément, pour l'exercice financier à venir.
Donc, il n'y aura pas de fluctuation sous cet angle-là ni liée au fait qu'il y
avait un prévisionnel puis un réel, ça n'existera plus, ni liée au fait qu'il
peut y avoir un ajout ou diminution de stock immobilier. Ça, ça n'existera
plus. Donc, un montant fixe qui va avoir été donné comprenant que, l'année
d'après, bien, tous les ajustements liés au fait de l'ajout ou de diminution de
stock immobilier vont s'effectuer, bien entendu. Ça fait que ça, ça permet d'accroître la prévisibilité, la
stabilité des revenus pour les municipalités, puis qu'ils n'aient plus à jouer avec
cette, entre guillemets, insécurité quant au montant qu'ils pourraient
réellement recevoir en vertu du programme de compensations tenant lieu de taxe.
Mme Nichols : Est-ce que ça arrivait
qu'il y ait des municipalités qui avaient... qui recevaient des montants trop élevés puis qui devaient retourner des sous
ou... Puis est-ce que ça va changer... Je vais y aller en rafale peut-être,
là. Est-ce que ça va changer quelque chose, là, au niveau
des montants ou la formule qu'on utilise ça risque d'être pas mal
similaire à ce qui existe déjà? Parce que présentement qu'est-ce que les villes
utilisaient pour le TGT? Chaque ville utilisait
sa... chaque municipalité utilisait sa propre formule ou... parce que,
là, dans le fond, on est en train d'uniformiser, puis c'est
le ministère qui va avoir le contrôle d'établir le TGT.
M. Paradis (Nicolas) : Bien, toutes
les municipalités établissaient leur TGT suivant les mêmes paramètres
applicables, là. C'était prescrit en vertu de la loi. Dans le fond, il n'y
avait pas de marge de manoeuvre, là. Ils appliquaient
la formule, purement et simplement, qui était basée notamment
sur les taux de taxations qu'ils imposent. La formule est la même, puis ils utilisent leurs données propres, bien entendu,
dans le cadre de la formule qui est prescrite.
Et, oui, à votre autre question, oui, il y a une
possibilité, il y avait une possibilité de remboursement que la municipalité
pouvait avoir. Supposons qu'en début d'année elle avait 10 immeubles qui pouvaient
être compensés, puis que, dans le cours de
l'année, il y avait une fluctuation, puis qu'ils se retrouvaient uniquement
avec deux immeubles, bien, bien entendu, fort est à parier qu'il y
aurait eu des compensations de versées en trop, puis là, à ce moment-là, il y
avait remboursement.
Mme Nichols : Les tenants lieu de
taxes, là, puis là, quand vous parlez d'immeubles à compenser, là, pouvez-vous
nous donner des exemples des immeubles à compenser pour les tenants lieu de
taxes?
M. Paradis (Nicolas) : On a les
immeubles du réseau de l'éducation, primaire et secondaire, les immeubles du
réseau de la santé et de l'enseignement supérieur, donc avec les cégeps et
certains immeubles universitaires, les immeubles de l'État, soit ceux qui sont
non résidentiels et les autres qui sont à caractère résidentiel, les immeubles
de gouvernements étrangers ainsi que les immeubles de la SQI.
Nichols : Puis... Bien, ça
ne change rien, là, au niveau des tenants lieu de taxes que paie le gouvernement fédéral. Le gouvernement ne
paiera pas plus... ne paiera pas 100 % de ses taxes à la municipalité pour
les... Ça ne change absolument rien. On ne vient pas changer le pourcentage du
tenant lieu de...
M. Paradis (Nicolas) : On ne change
pas l'enveloppe qui est prévue. Les pourcentages applicables feront l'objet
d'ajustements pour tenir compte des modifications que je viens d'exposer parce
qu'on veut tenir compte du fait qu'on ne tient plus compte de la fluctuation de
volume en cours d'année. Mais, si on élimine ça, ça a pour effet de, potentiellement, diminuer les revenus parce que,
potentiellement... ou d'éliminer une augmentation et éliminer une diminution de revenus
potentiels. Et puis, pour tenir compte des différentes modalités, on fixe un pourcentage
qui va permettre au milieu municipal de recevoir la même enveloppe qui est
prévue pour le programme de compensations tenant lieu de taxes qui a été... qui
a fait l'objet de l'entente du pacte fiscal.
D'ailleurs, à cet égard-là, vous pourrez le voir
dans le cadre de l'amendement à l'article 143.3 où on prévoit expressément
que tout pourcentage qui serait ainsi fixé par le gouvernement, par règlement,
dans le cadre de cette nouvelle formule pour les compensations tenant lieu de
taxes ne peut pas être inférieur au pourcentage prévu par la
Loi sur la
fiscalité municipale parce que le pouvoir réglementaire prévoit qu'on doit
prévoir un pourcentage qui est supérieur,
dans tous les cas, à ce qui est prévu dans la LFM. Mais, par ailleurs, on prévoit expressément qu'il ne peut être inférieur aux pourcentages qui ont été
entendus, convenus dans le cadre du pacte fiscal, donc, pour la durée de
celui-ci, ce qui permet de mettre les
remparts nécessaires pour protéger les modalités de l'entente prise avec le
milieu municipal.
Nichols : Dans le fond, pour ne pas que les municipalités reçoivent moins qu'elles reçoivent présentement.
M. Paradis (Nicolas) : Bien, effectivement,
globalement, là, tu sais, toujours globalement, effectivement.
Nichols : Je trouve ça
supercomplexe, puis on dirait que, tu sais, c'est difficile, là, de faire les associations comme ça, là, au fur et à mesure, là, malgré, là... malgré les explications. Tu
sais, ce que je retiens en gros, c'est que les municipalités n'auront
plus de TGT prévisionnel ou réel à faire, dans le fond, il va avoir un TGT émis
par le...
M. Paradis (Nicolas) : Calculé par
le ministère.
Nichols : Oui, c'est ça, calculé par le ministère, là, émis par le
ministère, qui sera une formule pour chaque municipalité, là. Ça sera
évidemment différent, parce qu'ils vont mettre leurs propres chiffres dans
ladite formule, là, mais c'est quand même le ministère qui va émettre le
chiffre. Puis c'est ce chiffre-là qu'ils vont pouvoir utiliser quand ils vont
arriver dans leur période budgétaire. Donc, ça va être fait une fois dans
l'année. Il n'y aura pas besoin de réviser au courant de l'année, ils vont
savoir exactement au moment des... donc, les trésoreries des municipalités,
pour eux, ça va être allégé, ça va être un calcul une fois dans l'année puis
c'est tout. Au niveau des MRC...
M. Paradis
(Nicolas) : Puis, je vous dirais même, ça ne sera même pas de calcul
pour eux. Eux, ils vont avoir le montant, ils vont savoir quel montant qui leur
est versé en vertu du programme. Ils n'ont même plus besoin de calculer le TGT parce que le ministère va leur
calculer pour eux. Bien entendu, ils seront à même de faire les vérifications
qu'ils voudront faire s'ils veulent le faire, là, ils connaîtront la formule
puis ils vérifieront avec leurs chiffres, là, mais ils n'auront même pas cet
exercice administratif obligatoire à effectuer. Ils vont avoir, dans le fond,
leur résultat et le montant afférant, ce qui va être beaucoup plus facile dans
leur exercice budgétaire.
Mme Nichols : Puis comment ça
s'appliquait? On en a parlé, là, un petit peu plus tôt, je pourrais retourner dans l'article, là, mais on en a parlé, entre
autres, là, pour les municipalités régionales de comté, pour les MRC, quand
on se disait qu'il y aurait un impact peut-être sur les autres municipalités de
la MRC... Parce que, là, je reviens, là, aux barrages puis aux taxes, là,
d'affaires, là, dans le fond, ça va venir quoi, ça va venir équilibrer par
rapport aux autres? Non? Ça n'a pas le...
M. Paradis (Nicolas) : Dans le fond,
il faut le dissocier... Il y a comme deux éléments. Il y a la question du TGT établi par le ministère qui, lui, va être fait
pour les 1 100 municipalités. Pour toutes les municipalités, qu'elles
aient ou non une taxe d'affaires et un barrage, on le fait, et ça, c'est
pour l'application du programme de compensations tenant lieu de taxes. Dans les
autres, les cas de barrage et de taxe d'affaires, ces municipalités devront
tout de même établir un TGT sous l'angle des
modalités actuellement, on va le dire comme ça, actuellement prévues par la
loi, là, ils auront encore cette obligation d'établir un TGT pour une fin
supplémentaire non pas pour le programme de compensations tenant lieu de taxes, ça, c'est le TGT du ministère qui
va s'appliquer à ça, pour une fin
supplémentaire pour tenir compte des revenus générés, tant par le barrage
que par la taxe d'affaires, qui, eux, ne seront pas considérés de la même
manière dans le TGT du ministère.
Et pourquoi on le fait? Et c'est là qu'est le
lien avec la MRC. On les oblige, dans un tel cas, à établir ces taux pour pouvoir se comparer de manière juste et
équitable avec les autres municipalités de la MRC aux fins de la répartition
des dépenses de la MRC et des quotes-parts, à défaut de quoi il y aurait un
déséquilibre sur les municipalités qui ont des
revenus quand même, potentiellement plus élevés, en tout cas, avec des sources
de revenus que d'autres, leurs voisines n'ont pas. Elles se verraient autrement exclues de cette source de
revenus et leur quote-part en serait d'autant diminuée par la MRC, donc
elles ne paieraient pas leur juste part. Donc, pour assurer cet équilibre-là,
on dit : O.K., bien, très bien, dans
ton cas, toi, tu vas l'établir, ton TGT, pour pouvoir considérer les revenus
générés par le barrage et les revenus générés, le cas échéant, par la
taxe d'affaires.
Mme Nichols : Bien, je veux
juste comprendre aussi. Quand vous parlez des quotes-parts, là, je ne fais
juste pas le lien pourquoi on en tiendrait ou on n'en tiendrait pas compte dans
les quotes-parts. En quoi ça va jouer? Bien, parce que, je veux dire, il y a
des quotes-parts, mettons, à la MRC pour les... bien, je ne sais pas, là,
mettons, pour un service de loisir, pour les
vidanges, pour faire faire les rôles d'évaluation, pour... tu sais, il y a
toujours une quote-part en fonction du nombre de municipalités qui y
adhèrent. Je ne vois juste pas l'impact de... je ne vois juste pas, là,
l'impact pour la quote-part.
M. Paradis (Nicolas) : La
quote-part, elle est établie sur la base de la richesse foncière uniformisée,
la RFU. Et, pour établir la RFU, il faut
avoir le TGT qui tient compte de l'ensemble des revenus générés au sein de la
municipalité et non pas uniquement de
la taxation foncière. C'est... tout ça est... c'est un casse-tête bien
imbriqué, plusieurs morceaux, qui nous permet d'arriver ultimement à la
quote-part qui, elle, est partagée sur la base de la RFU.
Mme Nichols : Oui. Ça dépend
pour quel service parce que les MRC ont... tu sais, on n'utilise pas toujours
la même quote-part, on n'utilise pas... tu sais, on peut utiliser les RFU pour tel
service mais on peut utiliser les RFU pour déterminer les quotes-parts des
municipalités à participer à une activité de, je ne sais pas, médiation
culturelle, par exemple, ou... plus ou moins rapport, là, mais on peut utiliser
aussi d'autres choses que les RFU pour déterminer les quotes-parts des
municipalités. C'est pour ça que je n'étais pas sûre de comprendre pour quelles
quotes-parts, entre autres, ou...
M. Paradis (Nicolas) :
Effectivement. Celle qui sera, à ce moment-là, basée sur la RFU nécessitera
d'avoir ce lien-là, là.
Mme Nichols : O.K. Dans
l'article, là, quand on dit que... Juste une question, là... comment c'est
écrit... Quand on dit, dans le deuxième alinéa, là : «Il doit aussi, à la demande du ministre,
produire un état établissant le taux global de taxation réel de la municipalité,
conformément à la
section — na
na na — Loi
sur la fiscalité municipale, ainsi que tout autre document ou renseignement
requis par ce dernier», «ce dernier», c'est toujours le ministre?
Paradis (Nicolas) : ...
Mme Nichols :
Parfait. Et, quand on dit : «Il doit aussi, à la demande du ministre»,
donc, est-ce qu'on comprend que le ministre pourrait aussi demander de produire
des documents supplémentaires, mais, cette fois-ci, en lien avec le taux global
de taxation réel?
M. Paradis
(Nicolas) : Ici, on est — «il doit aussi» — au
deuxième alinéa?
Mme Nichols :
Oui, le deuxième alinéa.
M. Paradis
(Nicolas) : Il doit aussi produire un état établissant le taux global
de taxation réel de la municipalité, conformément à telle section, ainsi que
tout document ou renseignement requis par ce dernier, bien, là, c'est toujours...
là, on est en lien avec le TGT réel.
Mme Nichols :
Mais «il doit aussi», ça veut dire qu'il faut qu'il produise «aussi» ou «à la
demande du ministre», là. Parce que moi, je pensais que ce qu'on venait faire,
c'était justement, là, entre autres, là, alléger le tout afin qu'il n'y ait
plus de TGT prévisionnel et réel. Là, ce que je vois ici, c'est qu'«il doit aussi»,
donc «aussi», c'est obligatoire, là. Ça veut dire qu'on ne vient pas tant
alléger que ça parce qu'il y a aussi ce document-là à produire.
M. Paradis
(Nicolas) : Ici, dans le fond, il y a comme les... C'est pour
permettre une pleine application des dispositions de la
Loi sur la fiscalité
municipale ou à l'égard du TGT prévisionnel et réel. On ne les supprime pas,
les dispositions. On les laisse, ne serait-ce que pour les cas dont on vient
d'évoquer compte tenu... pour les barrages et les taxes d'affaires. On sait
qu'il y aura une utilisation, donc on ne supprime pas la formule.
C'est que, s'il y
avait, à ce moment-là, nécessité de documents en appui, dans le fond, ou de renseignements
en appui avec l'état produit qui établit le TGT, à ce moment-là, la ministre
pourrait obtenir ces renseignements supplémentaires là pour permettre d'appuyer
la documentation, là, liée à cet état-là. Dans le fond, c'est une loi... La LFM, c'est une loi de procédure. C'est une
recette, hein? On s'entend, c'est une recette, ce n'est pas... c'est une loi
qui prescrit la recette à suivre en fonction de calculs,
essentiellement, beaucoup, beaucoup ça, puis pour qu'est-ce qui peut être
imposé ou pas et comment. Ça fait que, dans ce cas-ci, c'est vraiment pour s'assurer,
dans le fond, d'avoir... Lorsqu'on demande un état, s'il y a des documents, des
renseignements qui sont requis par la ministre, bien, elle va pouvoir le requérir, les demander, il pourrait y
avoir une pleine appréciation, notamment, de ce qui a été produit comme
état établissant le TGT réel.
Mme Nichols :
Oui, je comprends. On fait une recette, là, mais il y a bien des ingrédients
dans celle-ci. Quand «le ministre peut prescrire toute règle relative aux
documents et aux renseignements visés aux deux premiers alinéas», «peut prescrire toute règle relative», qu'est-ce qu'on entend
par qu'elle «peut prescrire toute règle relative»? On n'est pas dans les
notions de relativité pure.
M. Paradis
(Nicolas) : Bien, toute règle relative aux documents, ça pourrait être
le format, les modalités de transmission, les renseignements qui doivent être
présents. Donc, c'est ça, dans le fond, c'est très... encore là, c'est très technique, là, c'est pour assurer, à la
limite... pas à la limite, mais pour assurer une uniformité des documents qui
sont produits par les municipalités
visées et qu'ils soient produits, à
titre d'exemple, dans les formes, les formulaires
prescrits.
Mme Nichols :
Pour le moment, je vais relire les alinéas. Oui, je vais céder la parole à mon
collègue, Mme la Présidente. Merci.
La Présidente
(Mme Boutin) : Il n'y a pas de problème. Merci, Mme la députée de
Vaudreuil. Non, ce que j'allais dire, là, normalement, on ne dit pas ça en
commission, je me suis dit : Bien, dans le pire des cas, peut-être qu'il
va faire preuve de générosité pour partager son temps. M. le député de
Chomedey, à vous la parole.
M. Ouellette :
Bon, c'est toujours intéressant, Mme la Présidente, d'assister à un échange
entre avocats. Et effectivement c'est très technique, comme Me Paradis l'a
mentionné, mais c'est un
article qui le demande. C'est le premier de ce
chapitre-là, et je pense qu'on a besoin d'avoir certaines réponses.
vais aller dans... je ne vous dirai pas dans le plus terre à terre, là, parce
que je n'ai peut-être pas cette hauteur d'échange de ma collègue de Vaudreuil,
là. Mais le pacte fiscal, c'est le 30 octobre 2019, on s'entend, là, la
journée que ça a été signé, c'est le 30 octobre 2019. 13 jours plus
tard, on déposait ce qui avait été discuté dans le cadre du pacte
fiscal, qu'on a appelé le projet de loi
n° 49, où est-ce que la ministre se donnait des pouvoirs et la ministre
couvrait les discussions.
Et on regarde toutes
les réponses qu'on a depuis quelques minutes, là, et on fait référence à ce que
c'est un voeu des municipalités, c'est une négociation qui a été faite, ça va
faire déjà deux ans. Et, si je me réfère à ce que j'ai entendu de la ministre
cet avant-midi, c'est demandé par les municipalités, c'est demandé par les
municipalités depuis le pacte fiscal. Donc,
c'est pour ça que j'ai fait la recherche d'aller voir quand est-ce qu'on a
annoncé la signature du pacte fiscal.
Puis là on est deux semaines avant qu'on dépose le projet de loi n° 49 qui aurait, si on avait déjà... parce que ça prenait des
changements législatifs qu'on a déposés aujourd'hui.
Je me suis posé une question bien terre à terre
par rapport au
chapitre qu'on regarde puis aux autres articles qui s'en
viennent. Pour certains articles du projet de loi n° 49,
on les a déposés et on les a représentés dans un autre projet
de loi, avec un paquet de dispositions législatives, qu'on a appelé le projet
de loi n° 67. Sûrement qu'on aurait pu déposer ceux
qu'on va étudier ou ceux qu'on étudie dans le projet de loi n° 67,
puis ils auraient déjà été adoptés.
J'ai l'impression que
les municipalités, depuis le pacte fiscal... Puis je vous dirai qu'ils doivent
régulièrement vous écrire puis vous demander quand est-ce que vous allez leur
enlever de l'ouvrage, quand est-ce qu'on va avoir une plus grande uniformité ou
quand est-ce qu'on va faire en sorte de légiférer sur les discussions qu'ils
ont eues, de bonne foi, dans le cadre du
pacte fiscal. Parce que, 13 novembre, ça veut dire qu'on est quasiment
déjà rendus dans les deux ans de... Et j'en arrivais à la conclusion de
dire que peut-être qu'on aurait pu déjà, ces dispositions-là, les représenter
dans le cadre d'un autre projet de loi.
Les commentaires que
ma collègue de Vaudreuil... Puis chaque mot est important, deuxième
paragraphe : «Il doit [...], à la
demande du ministre». Puis, dans les commentaires qui sont faits avec cet
article-là, la ministre nous indique qu'elle envisage établir un taux
qui va être uniforme. Je comprends que c'est déjà discuté avec les
municipalités, dans le cadre du pacte
fiscal, il ne restait qu'à avoir un ajustement législatif, et qu'on a inscrit
le mot «néanmoins», que la ministre
pourrait demander à la municipalité. C'est pour ça qu'on avait un intérêt à
savoir combien est-ce qu'il y avait des
barrages puis combien de municipalités étaient couvertes par la taxe
d'affaires. On parle d'une vingtaine de municipalités.
ne sera pas nécessairement... On aurait pu penser, au deuxième paragraphe,
qu'«il doit aussi, à la demande du ministre», là, que ça créait
l'obligation automatique. Et c'est pour ça que je retourne au commentaire. Ça
ne sera pas nécessairement automatique que les 20 municipalités, les 16 du
barrage puis les quatre de la taxation d'affaires, vont avoir une demande ministérielle d'établir le taux ou de remplir les
obligations de l'amendement qu'on veut apporter.
La question qui me
venait à ce moment-ci, c'était... puis peut-être que la ministre va me le dire
dans d'autres mots, là, mais qu'est-ce
qui pourrait motiver ou qu'est-ce qui pourrait amener la ministre à demander à
une de ces 20 là, ou aux 16 des barrages, ou aux quatre de la taxation
d'affaires d'établir elles-mêmes le taux tel qu'on a prévu à cet amendement-là?
Est-ce que ça va être un automatisme, ou ça va prendre une situation
exceptionnelle, ou ça va prendre certains critères précis pour que la ministre
utilise ce qu'elle nous demande de faire dans cet amendement?
Laforest : Première question, oui, les municipalités devront établir
leur taux. Deuxième question, les municipalités n'auront pas le choix, pour...
bien, en fait, c'est quand même une obligation. Qu'est-ce qu'on vient faire? On
vient quand même les aider. À votre deuxième question, je crois, vous avez
dit : Il y a eu d'autres projets de
loi. Bien, les travaux... il y a eu des travaux avec les unions au niveau de
cette loi-là, au niveau de la fiscalité municipale, puis les travaux se
sont terminés au printemps 2021. Ça fait que, là, c'est sûr que nous, on a
adopté, je crois, le projet de loi
n° 67, à la fin du printemps aussi, là, donc les travaux ont cessé en même
temps, au niveau de la volonté d'alléger la taxe au niveau des mesures
ou des procédures pour la taxation. Donc, on n'aurait pas pu le passer avant
dans un autre projet de loi. C'est pour ça qu'on l'a ici, dans le projet de loi
n° 49.
Ouellette : C'est ce qui amène, d'ailleurs, les amendements récents
qui nous ont été déposés. Ça veut dire que
la situation actuelle, par rapport au pacte fiscal, c'est le fruit des
négociations depuis 2019, depuis la signature du pacte fiscal, là, puis, si je ne m'abuse, c'est le 30 octobre.
Depuis ce temps-là, il a continué à y avoir des négociations.
Puis on a la dernière
mouture la plus utile, je dirais, pour les municipalités, et c'est pour ça qu'à
cette section-là on va avoir une dizaine d'amendements qui vont nous amener à
la situation de 2021 et qui va faire en sorte que,
comme on le dit, comme on l'a dit pour le code aussi, ceux qui arriveront le
7 novembre, là, bien, ils auront des outils et ils auront des
tâches en moins, et on aura nettoyé l'ardoise sur beaucoup de sujets. Ça fait
que ça répond...
Laforest : Énormément de sujets, énormément de sujets, oui. Bien, ça
fait bien, aussi, parce qu'étant donné que
les travaux se sont terminés... Moi, je pensais que les travaux étaient en
cours, parce que je sais qu'il y avait encore des pourparlers durant
l'été, mais les travaux sont terminés, donc là on peut les amener ici par
amendement. Donc, on n'aurait même pas pu les amener dans un autre projet de
loi.
M. Ouellette : Ce qui est agréable, puis je le dis, Mme la Présidente, depuis qu'on a
recommencé à étudier 49, je pense qu'il n'y a pas une journée ou il n'y
a pas une semaine qu'on n'actualise pas certains besoins, autant de la part du
ministère, de la Commission municipale, où est-ce qu'on ne se penche pas sur
certaines situations, comme on l'a fait hier avec les organismes parallèles de
Terrebonne, Laval, Longueuil et Saint-Jérôme, et pour faire en sorte que ça
allège et qu'on assure une plus grande intégrité du système qu'on veut mettre
en place pour vraiment donner tous les outils aux nouveaux élus de novembre, et
pour remplir la promesse qu'on... la promesse ou l'engagement qu'on a pris de
faire en sorte que ce projet de loi n° 49 sera en fonction, sera
sanctionné. Et on prendra une belle photo avec le lieutenant-gouverneur, avant
les élections du 7 novembre, ça, c'est l'engagement qu'on s'est pris puis
on travaille dans cette optique-là.
Je repasserais ma
parole à mon avocate de Vaudreuil, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Boutin) : À vous, Mme la députée de Vaudreuil.
Nichols : Merci, cher collègue. Je me sens donc importante
aujourd'hui. Non, ce n'est pas vrai. Question. Dans les négociations...
question pour Mme la ministre, là, mais dans les négos, là, les municipalités
ou les unions n'ont pas demandé à ce que le
gouvernement paie ses taxes comme tout bon citoyen? Les tenant lieu de taxes,
là, pour...
Laforest : Bien, c'est certain que les négociations... il y a eu
plusieurs négociations, il y a eu certaines demandes. Mais maintenant le pacte
a été conclu et signé par toutes les unions, alors c'est un très, très bon
pacte fiscal. Il y a eu des demandes, oui, au niveau des tenant lieux de taxes,
évidemment, on a discuté à savoir, avec les hôpitaux, avec les écoles, comment
ça fonctionnait, est-ce qu'on pourrait revoir le pourcentage, donc tout a été...
honnêtement, tout était sur la table, tout a été négocié.
Mais maintenant ce
qui a été signé, si je ne me trompe pas, on est à des taux, mais je vais être
prudente, de 84 % pour les hôpitaux, si je ne me trompe pas, Me Paradis,
et environ 77 %... 71 % pour les centres... les écoles et les autres,
les centres d'enseignement supérieur également. Donc, ce qui a été négocié a
été signé, adopté.
Bien, c'est certain,
quand on négocie un pacte fiscal, toutes les demandes sont là. Ça a été des
demandes, mais, en même temps, le pacte a été... ce qu'on a dit, il y a eu
plusieurs demandes qui ont été... il y a eu beaucoup de nouveau, là, dans le
pacte fiscal, si on pense juste aux points de TVQ, si on pense au Fonds régions
et ruralité, donc il y a eu plusieurs aspects à l'avantage des municipalités.
Donc, ça a été une très bonne signature. Et, bien, je ne peux pas le cacher, il
y a eu des négociations aussi pour les en-lieu de taxes, comme on dit.
Mme Nichols :
Bien oui, bien, c'est parce qu'on parle...
Laforest : Mais, juste pour terminer, je veux juste terminer. Et ça,
c'était vraiment une demande. Parce que
c'est complexe pour les municipalités. Puis la demande, justement, pour le
calcul, qu'il soit moins complexe, bien, ça, ça a été demandé par
toutes, toutes, toutes les municipalités, les MRC. Ça a été vraiment le milieu
municipal, c'était très, très, très important, évidemment, pour le milieu
municipal. Donc, ça, c'est... Puis merci de le reconnaître, j'entendais tantôt
le député de Châteauguay, parce que c'est vraiment spécial...
Laforest : De Chomedey — Châteauguay! — non, c'est vrai, mais Chomedey,
mais...
Laforest : Non, quand même, il y a une bonne députée, là, à Châteauguay,
quand même.
Laforest : Non, O.K. Pas encore. Mais tout ça pour dire que c'est...
vous me faites réaliser vraiment qu'en plus avec ces modifications-là au niveau
des mesures fiscales... Merci, Me Paradis, parce qu'honnêtement vos
connaissances et vos compétences en fiscalité me sont grandement aidantes, si
je peux dire, parce que je n'ai pas les compétences au niveau fiscaliste... au
niveau de la fiscalité municipale. Mais, en même temps, vous me faites réaliser
que c'est intéressant de voir que nos nouveaux élus, quand le projet de loi
sera adopté... c'est vraiment une belle avancée. Ça va peut-être donner le goût
à ceux qui ont décidé de prendre leur retraite de revenir. Non, mais je fais
des farces. Mais ça, c'était tellement demandé, c'était le point qui était
demandé par tout le monde, tout le monde. Ils ne reviendront pas pour ça, là,
mais... c'est une blague.
Nichols : O.K. Et vous nous avez parlé, là, les taux pour les hôpitaux
puis les taux pour les écoles, est-ce que ces taux-là ont changés, ont
été modifiés?
Laforest : À ce jour, non.
Mme Nichols :
Ils n'ont pas été négociés?
Mme Laforest :
Je vais aller les chercher, par exemple, pour bien les spécifier parce que je
disais... C'est ça, 84 %, enseignement supérieur, santé, services sociaux
et services de garde à l'enfance; 71,5 % pour l'enseignement primaire et secondaire. Donc, c'est les taux de
compensation qui s'appliquent jusqu'en 2024, qui ont été adoptés et signés.
Mme Nichols :
Je fais juste une parenthèse, là, parce qu'il y a des gens qui nous écoutent,
là, puis les tenant lieu de taxes, puis les compensations, puis toutes ces
choses-là, ils ne comprennent pas, là, mais... ou en fait, ce n'est pas qu'ils
ne comprennent pas, mais ça peut être complexe à démêler. Je veux juste
peut-être, là, leur rappeler, là, puis là c'est mon coeur de mairesse,
d'ancienne mairesse, là, qui parle, là, c'est que, tu sais, dans nos municipalités,
c'est ça, on a des écoles, on a des hôpitaux, on a des immeubles qui
appartiennent à l'État, mais l'État ne paie pas 100 % de leurs taxes municipales. Cependant, les municipalités continuent à offrir
des services, là, à déneiger les trottoirs, ça fait que... puis c'est
les citoyens, là, souvent, là, qui paient pour ça.
Ça fait que ça a été
pendant longtemps une demande, et c'est encore une demande, par les élus
municipaux, que le gouvernement paie 100 % de ces taxes municipales, peu
importe la municipalité, là, dans laquelle ils sont établis. Il y a toujours et
il y aura toujours, là, des discussions à cet effet-là, là. Puis on a été au gouvernement
pendant quatre ans et demi, là, ça fait
qu'on était capables d'évaluer, aussi, ce montant-là, ça représentait combien,
là, pour le gouvernement. Mais, moi, j'ai une grande
partie de mon coeur
qui est dans le monde municipal puis je suis pas mal d'accord avec cette
demande-là du milieu municipal. Je tenais à vous le partager.
Mais
cet article-là, particulièrement, ça concerne vraiment, là, le taux global...
de la façon dont le taux global de taxation va être déterminé ou, en fait,
plutôt, qui va le déterminer. En lien avec ce changement-là, est-ce qu'il y a
des montants d'argent qui ont été attribués, ou distribués, ou... Tu sais, ça
représente combien, combien ça peut... On fait des hypothèses, là, on le sait,
là, on fait toujours... particulièrement au gouvernement, parce qu'on sait que
ça affecte les budgets, là. Il me semblait avoir vu, là, moi... le pacte
fiscal, j'ai lu le premier, j'ai lu le deuxième aussi, mais, entre autres, il y
avait quelque chose qui a accroché, on parlait d'une bonification de
5 millions tenant de lieu de taxes pour les terres publiques, est-ce que
ça a un lien ou, en fait...
La Présidente (Mme
Boutin) : ...
Nichols : D'accord, ma dernière question, puis je passerai la parole à
mon collègue, là, qui a des questions pertinentes aussi, mais ma
dernière question : Est-ce qu'il y avait des montants d'argent qui ont été
transférés?
La Présidente (Mme
Boutin) : Non, mais c'est parce que c'est très pertinent, là. Peut-être
qu'un collègue peut partager un peu, s'il y a consentement.
Mme Nichols :
Ah! bien, on peut...
La Présidente
(Mme Boutin) : Parfait. Il y a consentement. On va fonctionner
comme ça...
Mme Nichols :
...Chomedey partage son temps.
La Présidente
(Mme Boutin) : Parfait.
M. Ouellette :
Oui, oui.
La Présidente
(Mme Boutin) : Ah bon! Je ne veux pas interrompre la
conversation, tu sais, je trouve...
Mme Nichols :
La générosité de mes collègues.
La Présidente
(Mme Boutin) : Parfait.
Mme Laforest :
Vous voulez les montants? Je peux les...
Mme Nichols :
Oui. Bien, je me demandais si... tu sais, en lien avec le changement qu'on est
en train de faire, là, dans les lois
fiscales, là. Parce que, tu sais, tantôt, on se disait : Bien, ça va
peut-être diminuer les revenus de la municipalité ou
ça va peut-être les augmenter. En fait, je présume que, dans les négociations,
chaque municipalité a fait ses propres scénarios. C'est sûr que, quand la compensation
qui vient du gouvernement baisse, ça doit être moins le fun, là. Mais est-ce que le gouvernement compense? Ou combien ça va coûter au gouvernement? C'est quoi, là, les montants qui seront octroyés en lien avec
ce changement-là?
Mme Laforest :
D'accord. Alors, la bonification des compensations, parce qu'il y a une
bonification à l'intérieur du pacte fiscal... des compensations tenant lieu de
taxes pour les immeubles publics, en 2020, c'est 146 millions — l'enveloppe totale est de 791 millions. 2021,
152 millions, 2022, 158, 2023, 164 et 2024, 171, pour un total de
791 millions pour les compensations tenant lieu de taxes.
Mme Nichols :
Pour la durée du pacte fiscal?
Mme Laforest :
Pour la durée du pacte fiscal.
Mme Nichols :
Puis il y en avait déjà, là, de la compensation, il y en avait déjà, là, de la
compensation, ça fait que le montant que vous me donnez, est-ce que c'est le
montant qui est prévu? Bien, c'est quoi, la différence avec...
Mme Laforest :
Avant? Je...
Mme Nichols :
...tu sais, c'est le montant qui est prévu, mais, avec «avant», c'est plus ou
c'est moins?
Mme Laforest :
C'est plus, parce qu'avant...
Mme Nichols :
Parce que, tu sais, c'est sûr, c'est beaucoup, 791, mais, si vous me
dites : Bien, avant, on donnait 860, bien, le gouvernement s'en met dans
les poches.
Mme Laforest :
Non, avant, c'était 650, donc on... Bien, 650, c'était ça, hein? Je me rappelle
parce qu'il y avait une bonification de 121 millions.
Mme Nichols : Étant donné que
le pacte fiscal a été signé en 2019, est-ce que ça sera rétroactif à 2019?
Parce que ce montant-là, il a été budgété à partir de...
Mme Laforest : À chaque année,
comme je le disais, là... O.K. je les ai retrouvés ici. C'est des montants qui sont établis pour chaque année. Donc, en 2020,
c'est exactement 146 millions, 152, 2021, 158, 2022, 164, 2023 et
171 millions pour 2024, pour le total de 791 millions, qui
était, avant, dans l'ancienne entente, de 650 millions. Donc, on a quand
même une très bonne bonification.
Mme Nichols : Mais c'est parce
que cet article-là n'est pas encore en vigueur. Quand elle va entrer en vigueur,
est-ce que la compensation va s'appliquer rétroactivement?
Parce que les sous sont budgétés pour 2020, là, si on dit qu'on avait
prévu 146 millions en 2020. Est-ce que ça va être...
Mme Laforest : Ça ne change rien.
Non, ça ne change rien. En fait, qu'est-ce que l'article qu'on adopte
aujourd'hui... c'est la manière de le calculer et l'aide du MAMH aux
municipalités. Ça fait que ça ne change rien pour les montants qui ont déjà été
connus... qui ont déjà été octroyés.
Mme Nichols : O.K. Je comprends.
C'est bon. Je pense que mon collègue avait quelques questions en lien avec
l'article. Bien, peut-être, je ne le sais pas, je les ai peut-être déjà toutes
posées.
La Présidente (Mme Boutin) : Oui, il
avait effectivement levé la main.
Mme Nichols : Ah! O.K., c'est très
bien.
La Présidente (Mme Boutin) : Merci
beaucoup, Mme la députée. M. le député de Viau, à vous la parole.
M. Benjamin : Merci. Merci, Mme la
Présidente. En fait, quelques questions de précision par rapport à l'article
que nous avons devant nous. Peut-être que je vais demander à Me Paradis.
Tantôt, dans l'explication qu'il nous avait fournie, il nous avait parlé
beaucoup de la prévisibilité, et la ministre, d'une plus grande rapidité, donc.
Et qu'est-ce que ça amène comme niveau de
rapidité? Parce qu'on nous avait parlé de rapidité et de prévisibilité.
J'aimerais vous entendre sur la rapidité.
M. Paradis (Nicolas) : Comme je
mentionnais, dans le fond, c'est... actuellement, le droit actuel, en vertu de
la
Loi sur la fiscalité municipale, la municipalité doit tout d'abord établir,
dans le cadre de son exercice budgétaire, un
taux global de taxation prévisionnel. Donc, première étape, à l'automne, elle
établit son taux prévisionnel. Elle envoie ça au ministère. Ça lui permet, au
ministère, de verser jusqu'à 90 % du résultat obtenu en utilisant ce TGT
prévisionnel là.
Ce n'est que, dans le fond, un an et quelques
mois plus tard, dans le fond, lorsqu'il y a le rapport financier de l'exercice financier
concerné, que sera établi un TGT réel, donc effectif pour l'année qui était
visée, prévisionnel, et lequel permettra de
verser le 10 % supplémentaire, si, s'il n'y a eu aucune modification en
cours d'année. Parce qu'en cours d'année il peut y avoir des ajouts
d'immeubles de l'État, des diminutions d'immeubles de l'État, en fonction des
aliénations et des besoins de l'État, ce qui va faire fluctuer le montant que
la municipalité aura droit en termes de compensations tenant lieu de taxes.
Donc, rapidité, parce que le nouveau système,
lui, va permettre d'établir un TGT avant l'exercice financier concerné, qui permettra ainsi au ministère de
déterminer quel sera le montant qui sera versé à la municipalité en termes
de compensations tenant lieu de taxes pour
l'exercice financier visé. La municipalité aura donc ça rapidement, donc, dès
son exercice budgétaire, en sa possession, ce montant-là qu'elle aura. Donc, rapidité
parce qu'elle n'a pas besoin d'attendre un an et quelques mois plus tard pour
savoir le montant réel auquel elle aurait eu droit pour l'exercice qui vient de se terminer, première des choses. Et
prévisibilité accrue, meilleure, parce qu'encore là elle le sait dès le début,
au moment de son exercice financier, et non
pas avec un risque de fluctuation et, inévitablement, un risque de moins de
revenus que la municipalité pourrait avoir
si, supposons, il y a des aliénations d'immeuble de l'État qui sont effectuées
au cours d'un exercice financier.
Donc, c'est
ce qui permet de répondre à ces deux préoccupations-là qui guidaient, là, cette
révision-là du programme et des modalités afférentes.
M. Benjamin : Et merci pour la
précision. En fait, en termes de prévisibilité, est-ce que ce changement-là permet... Est-ce qu'il y a des économies
prévisibles que ce changement-là permet de penser au terme... Est-ce qu'il y a
des économies prévisibles?
M. Paradis
(Nicolas) : Pas d'économies pour le gouvernement, en ce que le
gouvernement va conserver la même enveloppe
budgétaire pour le programme de compensation tenant lieu de taxes, pour la
durée du pacte fiscal. Il n'y aura pas, donc, de
diminution, il n'y a pas moins d'argent versé aux municipalités, donc, il n'y a
pas d'économies en soi, le gouvernement a les mêmes engagements financiers.
Il y a des économies pour les municipalités, par
contre. Les municipalités auront donc moins... on va dire : économie
temps, énergie, d'une part, en termes d'établissement du taux global
prévisionnel et du réel, qu'ils n'auront plus à faire, mais économies
financières également parce qu'ils n'auront plus besoin de faire auditer leur
TGT réel, ce qu'ils ont actuellement besoin de faire. Donc, ils vont économiser
les frais afférents à l'audit qui doit être fait du TGT réel.
Benjamin : Merci encore.
Dans l'article qu'on a devant nous, dans l'article tel qu'il serait modifié,
donc, ça dit, au deuxième paragraphe : «Il doit aussi, à la demande du
ministre, produire un état — donc, ainsi de suite — établissant le taux global de taxation réel de la municipalité»,
tandis que, dans le commentaire du document de la ministre, troisième paragraphe, il dit : «La ministrepourrait
néanmoins demander à la municipalité d'établir [ce] taux.» J'aimerais peut-être
entendre peut-être la ministre, donc, sur pourquoi, dans le commentaire,
on parle de «pourrait» et puis dans l'article on parle de «doit».
Mme Laforest : Bien, en fait, si,
par exemple, il y a des questions au niveau... après que le travail a été fait,
s'il y a d'autres questions à avoir, par
exemple, au niveau de la présentation des documents ou encore si les montants,
selon ce qui a été travaillé, ne sont pas appuyés, évidemment, par le
ministère, bien, peut-être qu'à ce moment-là on pourrait demander à la
ministre... qu'elle peut prescrire toute règle relative aux documents et
renseignements visés aux deux premiers alinéas. Donc, à ce moment-là, c'est juste
pour que les montants qui ont été établis... pour établir le taux global de
taxation, si on veut dire : Bon, bien, le taux global de taxation est
véridique, est le bon, bien, à ce moment-là, si on doit appuyer le montant qui
a été établi, la ministre ou le ministre, à ce moment-là, peut prescrire ou dire, donner des règles importantes
par rapport aux documents qui peuvent être demandés, ou des
trucs comme ça. C'est vraiment
juste pour dire : Bien, on a reçu le montant de taxation globale, le
montant a été établi. Maintenant, nous, pour
appuyer le montant pour dire que c'est le bon montant, le ou la ministre
pourrait demander soit d'autres documents ou d'autres renseignements, à
ce moment-là.
M. Benjamin : Parfait. Une dernière question,
si vous permettez, Mme la Présidente, par rapport... Donc, je comprends que
cette mesure va... touche en particulier les nouvelles... Est-ce que c'est les
nouvelles constructions publiques? Est-ce que c'est de ça dont il s'agit?
Mme Laforest : En fait, c'est...
Laforest : Bien, exactement,
c'est vraiment... ce n'est pas du tout les nouvelles constructions,
c'est vraiment pour... Bref, comment je pourrais dire, c'est
pour l'ensemble des municipalités, c'est pour... ce n'est pas du tout au
niveau des nouvelles constructions, c'est vraiment pour alléger le travail dans
les municipalités, au niveau de la fiscalité foncière, c'est pour leur donner
plus d'aide, parce que c'est très, très complexe. Donc, on ne touche pas du
tout à des nouvelles constructions, ou des nouveaux hôpitaux, ou des nouvelles
écoles, on ne touche pas à ça du tout, du
tout, c'est juste l'accompagnement. Dans l'article actuel, l'article 105,
c'est vraiment pour établir une mesure qui pourrait
alléger les municipalités à connaître leur taux global de taxation.
Benjamin : Donc, aucun bien
public, notamment énuméré dans la loi n° 67,
donc, n'est considéré dans le cas de ce projet de loi?
Mme Laforest : Non, ça n'a pas de
lien.
M. Benjamin : Ça n'a pas de lien?
La Présidente (Mme Boutin) : Oui, Mme
la députée de Vaudreuil, allez-y.
Nichols : Oui. Merci, Mme la Présidente. Est-ce que je me trompe, si
je dis : Dans le fond, là, ce qu'il va
y avoir, maintenant, juste un taux de taxation qui va être le taux de
taxation réel, là? Il n'y aura plus, là, d'ajustement qui va être fait
en cours d'année, ça fait que ça va être un taux de taxation réel émis par le ministère,
c'est ce que...
Mme Nichols :
C'est ça, hein, ça va être un seul taux. Puis, dans le fond, au niveau des
ajustements... c'est peut-être juste une technicalité, là, mais au niveau des
ajustements, les ajustements vont se faire à chaque année, ça fait que, s'il y
a un immeuble qui s'ajoute ou un immeuble qui est retiré, là, des tenant de
lieu de taxes, là, si on veut, là... donc, ça va être l'année d'après que ça va
être ajusté, parce que ça va être calculé, genre, au prorata de la journée ou
du mois auquel l'immeuble est apparu ou l'immeuble est disparu, ou ça va
fonctionner de façon annuelle? Annuellement, la journée du budget, on a tant
d'immeubles, le taux, c'est le taux. Ça va être un taux. Il n'y aura plus
d'ajustement en cours de route puis... Est-ce que c'est comme ça que ça va
fonctionner?
M. Paradis
(Nicolas) : Exact. Il n'y a plus d'ajustement en cours de route, et
c'est fixé une fois par année, puis ça tient compte du stock immobilier
existant au moment... à ce moment-là.
Mme Nichols :
Quand la photo est prise, là?
M. Paradis
(Nicolas) : Oui, quand la photo est prise, exact.
Mme Nichols :
C'est ça. On prend la photo, le nombre d'immeubles. Ça fait que, s'il y en a
qui s'ajoutent, qui se retirent, là, il n'y a pas d'affaire que, l'année
d'après, ça va être au prorata du nombre de mois qui est... au moment de la... O.K. Bien, en fait, tu sais, je
suis d'accord, c'est beaucoup... Tu sais, dans les municipalités, c'est assez
complexe, là, quand on a un... Des fois, c'est... Bien, la plupart du temps,
c'est des comptables, là, des comptables agréés qui sont nos trésoriers ou
même...
Mme Nichols :
Oui, la majorité du temps, puis, oui, c'est complexe. S'ils n'ont pas travaillé
dans le monde municipal, ils arrivent, ils regardent un budget ou ils regardent
tous les documents qu'ils ont à compléter, puis ce n'est pas toujours évident.
Oui, je pense que c'est... Tu sais, oui, je pense que c'est intéressant. C'est
peut-être moins complexe, là, puis peut-être qu'on devrait le faire, là, dans
d'autres domaines, comme en sécurité publique, là, quand on parlera, là, de la
SQ puis des ristournes de la SQ qu'on paie d'avance, puis que ça nous revient,
puis que...
Ça fait que, oui, ça
devrait peut-être... Tu sais, on devrait peut-être simplifier ça à d'autres
sujets, à d'autres sauces, là, comme on dit, là. Ça fait que, oui, c'est
intéressant, mais je trouve que c'est quand même... Tu sais, si c'est négocié avec la FQM, puis l'UMQ, puis ça
fait leur affaire, là, c'est correct, mais je trouve... tu sais, je trouverais
ça dommage qu'une fois que c'est adopté, l'année prochaine, à la prochaine
période budgétaire des municipalités, qu'on
vienne nous voir, qu'on nous appelle puis qu'on nous dise : Aïe! Ça n'a
pas de maudit bon sens, ma compensation a baissé de... je ne sais pas,
moi, ma compensation a baissé...
Surtout les petites
municipalités... Tu sais, les plus grandes municipalités, c'est différent,
mais, tu sais, les petites municipalités qui verraient sa compensation baisser
de beaucoup, là, je trouve que ça serait dommage, mais je présume que le
travail a été fait, qu'il y a eu des scénarios hypothétiques, qu'on leur a
présenté des chiffres, que tout le monde a acquiescé. Mais je ne vous cache pas
que moi, j'aurais aimé ça le savoir d'avance pour les poser, ces questions-là,
quand on a fait les auditions des différents groupes. Je le comprends. J'ai
compris la ministre quand elle nous a dit : Oui, mais c'est sorti au
printemps 2021, là. Ça, ça va, là, je le comprends, mais il reste que,
c'est ça, ça aurait été pertinent, là, de poser les questions à ces groupes...
aux groupes concernés.
Je n'ai pas d'autre
question, Mme la Présidente, concernant le 83.1.
La Présidente
(Mme Boutin) : Y a-t-il d'autres interventions pour le 83.1?
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder au vote par
appel nominal de l'amendement qui introduit l'article 83.1.
La Secrétaire :
Pour, contre, abstention. Mme Laforest (Chicoutimi)?
La Secrétaire :
M. Provençal (Beauce-Nord)?
La Secrétaire :
M. Bussière (Gatineau)?
La Secrétaire : Mme Picard
(Soulanges)?
La Secrétaire :
M. Jacques (Mégantic)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
La Secrétaire :
Mme Nichols (Vaudreuil)?
La Secrétaire :
M. Benjamin (Viau)?
La Secrétaire :
Mme Boutin (Jean-Talon)?
La Présidente
(Mme Boutin) : Abstention. Alors, l'amendement qui introduit l'article 83.1
est adopté.
Nous en serions maintenant
à l'amendement qui introduit l'article 95.1. Mme la ministre.
Mme Laforest :
Oui, d'accord, c'est bon, parce que j'ai juste une vérification à voir, parce
que... Est-ce les autres... tous les autres articles, là, concernent le
secrétaire-trésorier, au niveau du greffier-trésorier, ou c'est juste cet
article-là, Me Paradis?
M. Paradis
(Nicolas) : ...
Mme Laforest :
O.K., c'est bon. O.K. Alors,
article 95.1 :
Insérer, après l'article 95
de ce projet de loi, l'article suivant :
95.1.
L'article 176 de ce code est modifié :
1° par le
remplacement, dans le premier alinéa, de «secrétaire-trésorier» par
«greffier-trésorier»;
2° dans le deuxième
alinéa :
a) par l'insertion,
après «aussi», de «, à la demande du ministre,»;
b) par le
remplacement de «le ministre» par «ce dernier».
Alors, cet amendement
est au même effet que celui introduisant l'article 83.1 du projet de loi,
mais à l'égard des municipalités assujetties au Code municipal du Québec,
chapitre C-27.1.
Il vise à retirer
l'obligation qu'ont les municipalités locales assujetties à ce code de produire
un état établissant le taux global de taxation réel. Ce taux sert
principalement à établir la somme d'argent tenant lieu de taxes municipales
versée par le gouvernement à l'égard des immeubles visés par l'article 255
de la
Loi sur la fiscalité municipale,
chapitre F-2.1.
Comme le ministère
des Affaires municipales et de l'Habitation envisage établir lui-même le taux
global de taxation réel à cette fin