House Proceedings — 17 May 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-05-17
Quebec — Debates (Hansard)
Avec le
soutien de partenaires solides, Action Nouvelle Vie offre aide alimentaire et
vestimentaire, soutien à l'éducation,
réinsertion sociale et logement à de jeunes adultes afin de prévenir la
délinquance, l'itinérance et l'exploitation sexuelle. Son implication sociale
est concrète. Le bien-être des enfants est une priorité. Plus de
16 000 paniers de nourriture distribués,
26 000 personnes qui utilisent leur friperie.
8 000 personnes sont accueillies chaque mois. Il faut voir leur grandiose
fête de Noël, qui émerveille autant les
grands que les petits. De plus, leur maison, le 2159, permet une transition
accompagnée à des jeunes qui, à 18 ans, quittent les centres
jeunesse. Leurs valeurs : responsabilité sociale, dignité et excellence.
Au nom de Taillon, je veux remercier Action
Nouvelle Vie, son président, Philippe Desautels, sa directrice, Suzanne Fournier, pour leur engagement
indéfectible et aussi parce que leur adresse est celle de l'espoir pour des
milliers de mes concitoyens depuis 25 ans. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
députée. Et nous vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée nationale.
Pour la prochaine déclaration, je cède la parole
à M. le député de Laval-des-Rapides.
M. Polo : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Je m'adresse aujourd'hui à vous pour souligner la tenue d'un événement très spécial qui s'est tenu dans ma
circonscription le 11 mai dernier, à l'école secondaire
Mont-de-La Salle.
C'est en
effet lors de ce bel avant-midi que s'est déroulée la Cérémonie du dépassement,
une fête organisée par les
différentes directions d'école de la circonscription pour souligner
l'implication de 250 élèves d'âge... de quatrième, cinquième et sixième année primaire ayant
réalisé plus de 40 heures de bénévolat durant l'année scolaire à même leur
école, à
titre d'exemple soit leur implication au niveau
du conseil d'élèves, de médiateur dans la cour d'école, et bien d'autres formes
de bénévolat.
Cette Cérémonie du
dépassement, soutenue financièrement par la Fondation scolaire de Laval,
également par l'équipe de mon bureau, fut un
moment mémorable pour tous les élèves présents. Ces derniers, en plus d'être
honorés sur la scène principale
devant tous leurs comparses pour leur dévouement, ont pu savourer une
délicieuse collation tout en appréciant le spectacle du talentueux
magicien Fredo.
est important, Mme la Présidente, d'évoquer l'importance de cette implication
bénévole dans nos écoles primaires. Je
tiens donc à les féliciter tous et chacun et à leur rappeler qu'ils jouent un
rôle crucial dans leur communauté scolaire. C'est grâce à eux que nous pouvons continuer à vivre dans un Québec où
l'entraide, le partage et la tolérance sont considérés comme des valeurs
intrinsèques. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, M. le député. Et
maintenant je cède la parole à Mme la députée de Mirabel.
Mme D'Amours :
Merci, Mme la Présidente. Cette année, le cercle des fermières du secteur
Saint-Janvier, à Mirabel, fêtera l'un des plus importants anniversaires qu'il
est donné de célébrer, soit son 100e anniversaire.
Le mot «fermières» témoigne des racines de la plus grande
association de femmes de la province. Ce sont elles qui donnent temps, énergie et savoir dans la
transmission du patrimoine et des traditions propres au cercle. À
titre de membre du Cercle des femmes parlementaires du Québec et moi-même fermière, je
ne peux qu'exprimer ma fierté de faire
partie d'un organisme aussi
impliqué dans la communauté par son engagement familial et social. Ces femmes
sont actives, bénévoles et contribuent grandement à l'épanouissement culturel
et artisanal de la circonscription de Mirabel.
Mesdames,
votre rôle est essentiel au tissu social de notre région, et c'est pourquoi il
me fait plaisir, en cette illustre enceinte, de vous remercier et de
vous féliciter pour ces 100 belles années. Félicitations! Merci, Mme la
Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de
Mirabel. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Simard : Merci, Mme la Présidente. La Côte-de-Beaupré est le théâtre,
chaque année, de deux symposiums de peinture d'envergure, soit celui
d'Arts et reflets, situé à Château-Richer, et celui de Boischatel, qui sera
présenté les 26 et 27 mai prochains.
L'Association
culturelle et artistique de la Maison Vézina, la présidente d'honneur,
Mme Mireille Carpentier, ainsi
que les peintres invitées, Mmes Dany Bouchard et Joanne Ouellet, ainsi que
M. Jean-Guy Desrosiers vous convient à cette 15e présentation, où je mettrai humblement mon talent d'artiste
peintre à profit. En effet, je prendrai part à la réalisation d'une toile en compagnie de 15 personnalités
de marque et de 15 artistes le vendredi soir précédant la tenue du
symposium, un événement à ne pas manquer.
J'en
profite pour souligner le travail constant du comité organisateur et des
nombreux bénévoles, et je les félicite de leur implication citoyenne.
vous invite donc toutes et tous à venir rencontrer et échanger avec les
45 peintres et, pourquoi pas, vous procurer l'une des quelque 600
toiles présentes à ce symposium. Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je me
tourne vers Mme la députée de Marie-Victorin pour sa déclaration d'aujourd'hui.
Fournier : Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui, en ce 17 mai,
journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie,
j'aimerais souligner le travail extraordinaire effectué par l'ensemble des
organismes québécois qui défendent les
droits, soutiennent les initiatives et servent les citoyens composant les
nuances de l'arc-en-ciel de la communauté LGBTQ+.
J'aimerais ainsi
saluer les directions, employés et bénévoles du Conseil québécois LGBT,
d'Interligne, du GRIS-Québec, de ses
filiales régionales, de la Fondation Émergence, de Rézo, de la Chambre de
commerce LGBT, de Fierté Montréal et de Fierté agricole, pour ne nommer
que ceux-ci, mais aussi des dizaines d'autres qui oeuvrent sur l'ensemble du
territoire québécois. Je vous salue tous.
En mon nom, à
titre de porte-parole du
Parti québécois en matière de lutte à l'homophobie et à la transphobie, je vous offre mes remerciements pour l'ensemble du
travail que vous avez accompli. C'est grâce à votre apport que les
mentalités ont progressé au fil des années afin de nous guider vers un monde de
plus en plus ouvert à la diversité. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est moi qui vous remercie, Mme la députée de Marie-Victorin.
Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Soulanges.
Mme Charlebois : Alors, dans la même ligne de pensée que ma collègue
précédente, Mme la Présidente, en cette Journée internationale contre
l'homophobie et la transphobie, j'aimerais souligner qu'un pas historique a été
franchi l'automne dernier dans mon comté, le merveilleux comté de Soulanges.
effet, les électeurs ont voté en majorité pour Mme Julie Lemieux, qui est dans nos
tribunes aujourd'hui, à
titre de
mairesse de la municipalité de Très-Saint-Rédempteur. Mme Lemieux est
ainsi devenue la première personne trans élue au Québec, mais aussi la
première femme à diriger la mairie de cette belle communauté.
Par ailleurs, plus tôt cette semaine, la Fondation Émergence a remis le prix Allié-e
2018 aux citoyens de la municipalité
de Très-Saint-Rédempteur, qui ont su faire preuve d'ouverture envers la
diversité sexuelle et de genre.
Félicitations! Et merci à Mme Lemieux pour votre détermination, vos actions visant
à inclure les personnes de minorités sexuelles dans la société québécoise.
Et j'ai le goût de
vous dire bonne journée à vous, mais bonne journée à toutes les personnes qui
luttent contre l'homophobie et la transphobie.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Et nous vous souhaitons la bienvenue à l'Assemblée nationale.
Pour la prochaine déclaration,
je cède la parole à M. le député de Drummond—Bois-Francs.
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Le Complexe sportif de Drummondville a été le théâtre
d'une compétition de gymnastique artistique
et acrobatique de grande envergure du 11 au 13 mai derniers. À l'occasion
de la coupe provinciale Dessins
Drummond, 895 gymnastes venues des quatre coins du Québec et encadrées par
211 entraîneurs et entraîneuses ont offert un merveilleux spectacle
ponctué d'intenses émotions.
tiens à remercier la Fédération de gymnastique du Québec pour sa confiance
envers le Club Drummond Gym, qui
regroupe la gymnastique, le tumbling, «trampolining», cheerleading à l'échelle
régionale. Je félicite le Drummond Gym, qui a mis en place une organisation remarquable afin de bien accueillir
les personnes qui nous ont rendu visite à l'occasion de cette coupe
provinciale. Merci aux 200 bénévoles qui ont contribué au succès de cet
événement.
Et enfin, à
titre de
porte-parole loisirs et sport, Mme la Présidente, je me réjouis que la
gymnastique féminine ait connu un essor aussi remarquable au Québec. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député. Et je cède
maintenant la parole à M. le député de Jean-Talon.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais profiter de la minute qui m'est accordée
pour souligner le 10e anniversaire de Fusion Jeunesse.
Depuis
une décennie, cet organisme de bienfaisance crée des partenariats innovateurs
entre des écoles primaires et
secondaires et des universités afin de prévenir de décrochage scolaire auprès
des élèves, et ce, en implantant des projets qui les motivent, les interpellent
et les engagent.
Alors,
pour assurer la réussite éducative des jeunes, il faut trouver l'élément
déclencheur qui leur permettra d'alimenter leur intérêt et de trouver leur
voie. C'est exactement ce que Fusion Jeunesse permet de faire, et c'est ce qui
rend sa contribution si importante et précieuse.
J'aimerais
donc remercier toutes les personnes oeuvrant au sein de cet organisme, qui
soutiennent depuis 10 ans jour après jour les élèves sur le chemin
de la réussite éducative. Et je vous remercie de votre attention.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Merci, M.
le député. Et maintenant,
pour clore cette rubrique de déclarations de députés, je cède la parole
à M. le député de Mont-Royal.
Arcand :
Merci, Mme la Présidente. Le 4 mai dernier, j'ai eu le plaisir de
participer à la remise des prix Reconnaissance de l'Alliance des cadres de l'État. L'événement
était sous la présidence de l'ex-mairesse de Lac-Mégantic,
Mme Colette Roy Laroche.
tiens donc à féliciter les lauréats honorés lors de cette cérémonie :
M. Jean-François Constant, du ministère
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, pour le prix Relève de gestion;
M. Pascal Mireault, du ministère de la Sécurité
publique, pour le prix Gestionnaire — Leader; et M. Réjean Rioux, du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, qui a reçu le Grand Prix de l'Alliance 2018.
J'en
profite également pour remercier l'ensemble des gestionnaires
de la fonction publique, qui contribuent au quotidien au bon fonctionnement de l'État. Je les félicite pour leur
travail, leur engagement, la rigueur qu'ils démontrent. Et, encore
une fois, je suis certain qu'ils
vont continuer d'assurer d'excellents services à tous les citoyens du Québec.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
député de Mont-Royal.
Ceci met fin à la rubrique des déclarations de députés.
Et je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 53)
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous souhaite un bon jeudi. Nous allons nous recueillir quelques
instants.
Alors, veuillez vous
asseoir.
Alors,
on va saluer un ancien collègue, là, le député
de La Prairie. Alors, on
vous souhaite la bienvenue, M. le
député de La Prairie. Alors, il nous salue. Debout.
Nous allons
poursuivre aux affaires courantes.
Il n'y a pas de
déclarations ministérielles.
Je cède la parole à
M. le leader du gouvernement. À vous.
M. Fournier :
Bien aimable, M. le Président.
L'article a, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Gendron) : À l'article a du feuilleton, c'est
Mme la ministre responsable de l'Accès à l'information et à la Réforme des institutions démocratiques qui
présente le projet de loi n° 179, Loi modifiant la
Loi sur l'accès
aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels. Mme la ministre responsable de l'Accès à l'information et de la
Réforme des institutions démocratiques, à vous la parole.
Mme Weil :
Oui, merci, M. le Président. Alors, j'ai le plaisir de déposer la Loi modifiant
la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la
protection des renseignements personnels.
projet de loi modifie la
Loi sur l'accès aux documents des organismes publics
et sur la protection des renseignements
personnels à plusieurs égards. Il en modifie le titre, y introduit des
dispositions en précisant l'objet et élargit son champ d'application.
projet de loi oblige les organismes publics à former un comité sur l'accès à
l'information et la protection des renseignements personnels ayant pour
mandat de soutenir la personne ayant la plus haute autorité en leur sein dans
l'exercice de ses responsabilités et l'exécution de ses obligations en vertu de
la loi.
Le projet de loi
oblige les organismes publics à adopter un plan encadrant la diffusion
proactive de leurs documents et renseignements accessibles au public. Il
prévoit que les organismes publics doivent adopter des règles encadrant leur
gouvernance à l'égard des renseignements personnels et impose à ceux qui
recueillent par Internet des renseignements personnels la publication sur ce
réseau d'une politique de confidentialité.
projet de loi établit des règles concernant le traitement des incidents
affectant la sécurité des renseignements personnels.
Le projet de loi modifie certaines
modalités d'accès aux documents des organismes publics, notamment en écourtant
les périodes pendant lesquelles certains
documents ne sont pas accessibles et en obligeant les responsables de l'accès
aux documents à expliquer leurs refus
de communiquer des documents. Il modifie également la procédure devant la
Commission d'accès à l'information,
notamment en y instaurant le principe de proportionnalité des procédures et en
permettant aux parties de se faire représenter par toute personne de
leur choix.
Le projet de loi
modifie les dispositions pénales applicables en cas de contravention à la loi.
Finalement,
le projet de loi contient des dispositions modificatives, transitoires et
finales. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Est-ce que l'Assemblée accepte
d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Bérubé :
M. le Président, nous souhaitons la tenue de consultations particulières sur ce
projet de loi.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Nous aurons des échanges sur le sujet, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, on vous remercie.
la rubrique Dépôt de documents, pour ma part, je dépose une lettre adressée au
président de l'Assemblée nationale de la part de la Commissaire à
l'éthique et à la déontologie des membres de cette assemblée, Mme Ariane
Mignolet, concernant la décision qu'il a rendue le 10 mai dernier.
la rubrique Dépôt des rapports de commissions, je cède la parole à M. le
président de la Commission des
finances publiques et député de Montmorency. M. le député, à vous la
parole.
M. Bernier :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des finances
publiques qui, les 15 et 16 mai 2018, a
procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 150, Loi
concernant principalement la mise en oeuvre de certaines dispositions des discours sur le budget du
17 mars 2016 et du 28 mars 2017. La commission a adopté le texte du projet de loi avec des amendements, dont un au titre. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, ce rapport est déposé. M. le
président de la Commission des institutions et député de Champlain, à
vous la parole.
Auger : Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission
des institutions qui a siégé le 16 mai 2018 afin de procéder à l'étude des premières lignes
directrices portant sur le traitement d'une demande d'accommodement pour
un motif religieux.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Ce rapport est déposé.
la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député de Beauharnois, pour votre
pétition d'aujourd'hui, à vous la parole.
M. Leclair :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition à l'Assemblée
nationale, signée par 318 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les formations d'organismes spécialisés dans le domaine du secourisme ainsi
qu'en [...] matière de réanimation cardiorespiratoire en ce qui a trait à
l'usage d'un défibrillateur externe automatisé sont équivalentes à la formation
donnée par la Commission
des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail en fait de matière et de qualité;
«Considérant
[...] la gestion de la responsabilité de la formation en secourisme, en RCR et
pour l'utilisation d'un DEA par la CNESST fait en sorte que ces
activités de formation sont concentrées entre les mains d'une poignée de
grandes entreprises dans le domaine;
«Considérant
[...] l'ouverture du marché dans ce domaine de la formation en secourisme, en
RCR et pour l'utilisation d'un DEA contribuerait à une saine économie
pour le Québec;
«Considérant
que l'entrée [des] nouvelles entreprises dans le marché de la formation en
secourisme, en RCR et en ce qui a trait à l'utilisation d'un DEA permettrait à
plusieurs domaines de travail de bénéficier de formations plus adaptées à leur milieu;
«Considérant
qu'actuellement les entreprises du Québec ne peuvent choisir librement leur
entreprise de formation en secourisme, en RCR et pour l'utilisation d'un
DEA;
«L'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
[désignés], demandons au gouvernement du Québec de faire en sorte que toute
formation en secourisme, en
réanimation cardiorespiratoire et pour l'utilisation d'un défibrillateur
externe automatisé d'un organisme reconnu soit acceptée en milieu de
travail.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Je vous avise qu'après la période des questions
et réponses orales sera tenu le vote reporté sur la motion de Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve
débattue hier aux affaires inscrites par les députés de l'opposition.
Nous en
sommes maintenant rendus à la période de questions, et je
cède la parole à Mme la députée de Joliette
pour sa question principale. À vous, Mme la députée.
Hivon : Mardi, tous les partis représentés à l'Assemblée nationale ont adopté de
façon unanime la motion que nous avons déposée demandant un rapport d'impôt unique géré par le gouvernement
du Québec. À Ottawa,
tous les partis, sauf un, le Parti libéral, se sont prononcés récemment en faveur d'un rapport d'impôt unique géré
par le Québec. À
peine 24 heures après l'adoption de notre motion unanime, le gouvernement canadien a fermé la porte, geste cavalier, irrespectueux de
notre Assemblée nationale et des Québécois que nous représentons, toutes
allégeances confondues.
Le ministre des Finances doit livrer cette bataille. Il doit faire
ressortir les avantages pour les citoyens, pour les entrepreneurs, pour les contribuables,
qui économiseraient au moins 600 millions de dollars.
Est-ce qu'il
peut nous dire s'il a enfin déposé une demande formelle au gouvernement fédéral
et si, oui ou non, il va la livrer, cette bataille?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre des Finances, en réponse à la question, à vous.
Leitão : Merci, M. le Président. Je commencerais en disant que cela est un sujet
qui nous intéresse au plus haut
niveau et pas seulement d'aujourd'hui. On n'a pas eu besoin d'une motion de l'Assemblée nationale pour commencer notre travail. Nous l'avions déjà entamé depuis un certain nombre d'années, de
trouver des moyens de simplifier la vie des contribuables québécois à l'intérieur du système que nous avons présentement. Un des aspects qui a été développé dans cet ordre d'idées là et qui a donné des résultats, c'est
le préremplissage des déclarations d'impôt qui se fait maintenant,
tant par Revenu Québec, et aussi ça commence par Revenu Canada. Donc, on va
continuer dans cet ordre d'idées.
Eh oui, eh
oui, nous allons entamer des discussions officielles avec le gouvernement
fédéral. Très, très bientôt, il y
aura une lettre officielle qui sera envoyée à mon homologue du ministère des
Finances à Ottawa, et on va commencer ce
processus-là. Ça prendra son temps, parce que ce sont des choses complexes. On
avait dit aussi depuis le début et on l'a réitéré dans la motion qui a
été votée à l'unanimité ici...
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
M. Leitão : ...qu'on va préserver
l'autonomie fiscale du Québec.
Vice-Président (M. Gendron) : Je vous remercie, M. le ministre des
Finances. Première complémentaire, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Le ministre peut bien nous dire que ça fait des
années qu'il travaille sur le dossier, mais c'est cette semaine qu'on a appris leur changement de cap
parce qu'ils étaient isolés. Ils refusaient, jusqu'à ce jour, d'adopter cette
position de demander un rapport d'impôt unique géré pour le Québec. Nous vous
félicitons de ce grand pas en avant.
Maintenant,
ce qu'on veut savoir, ce n'est pas des positions en demi-teinte, c'est de
savoir : La demande formelle, est-ce
qu'elle est partie? Il semble que non. Quand elle va partir? Allez-vous livrer
bataille? Vous êtes dépositaires de la volonté de l'ensemble des
parlementaires.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre des Finances.
Leitão : M. le Président, oui, nous allons livrer cette bataille et, non, on n'a pas attendu. On
n'a pas attendu le Parti québécois pour commencer à faire ce travail-là. Ce
travail-là se fait déjà depuis un certain temps. Nous, notre objectif a
toujours été, et il le demeure toujours,
de simplifier la vie des contribuables
québécois tout en préservant l'autonomie fiscale du Québec. C'est important,
c'est important de souligner ça. Nous voulons, nous devons protéger et
préserver l'autonomie fiscale du Québec.
Donc, pour pouvoir avoir un rapport d'impôt
unique complètement intégré, il va falloir que nos politiques fiscales
s'harmonisent le plus possible.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Leitão :
Ça prend du temps pour arriver à de tels consensus, mais on va préserver
absolument...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Deuxième complémentaire, Mme la députée de
Joliette.
Mme Hivon :
M. le ministre, votre gouvernement ne peut pas décevoir une fois de plus les
Québécois, et, le consensus qu'on a ici, il
faut que cette bataille-là, elle soit livrée concrètement. Encore il y a
quelques jours, le gouvernement fédéral
disait qu'il n'avait jamais reçu de demande formelle. Quand va-t-il la
recevoir, cette demande formelle? Comment se fait-il que, depuis mardi qu'on
l'a adoptée, la motion, il n'y en ait même pas eu encore, de demande formelle,
un début de demande formelle? Quelle pression allez-vous mettre?
C'est le gouvernement
fédéral qui est isolé en ce moment. Quel plan de match avez-vous?
Vice-Président (M. Gendron) : M. le ministre des Finances. En s'adressant
à la présidence pour les questions. M. le ministre.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Je trouve ça un peu étrange... pas étrange, surprenant que la députée
de Joliette ne nous félicite pas pour le travail qu'on a déjà fait, particulièrement...
Leitão : ...oui, oui, particulièrement, particulièrement dans ce qui concerne le préremplissage des
déclarations d'impôt. C'est déjà une
étape très importante dans ce processus-là. C'est un processus évolutif, on va y
arriver. On va y arriver en
préservant l'autonomie fiscale du Québec, M. le Président, parce que c'est important
qu'on soit capables de maintenir toute
notre structure de crédits d'impôt et de mesures sociofiscales, qui sont
différentes de celles du gouvernement fédéral. On ne peut pas s'harmoniser à 100 %, donc il faut préserver ce que
nous avons de bon chez nous et simplifier la vie le plus possible pour
les contribuables.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Leitão :
C'est possible de le faire technologiquement...
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, Mme la députée de Taillon,
pour votre première question, votre question principale.
Mme Lamarre :
Merci, M. le Président. Alors qu'il y a 300 000 patients orphelins
qui attendent un médecin de famille,
le ministre de la Santé se défile de toute responsabilité. La preuve est faite,
donner plus d'argent aux médecins les incite à travailler moins, pas plus, et c'est
la recette du ministre. Il blâme les médecins de famille, les accuse de manquer
d'éthique, mais c'est son gouvernement à lui
qui leur a versé 3 milliards de dollars sans demander de garantie. C'est
son gouvernement à lui qui a promis
aux Québécois un taux d'inscription de 85 % et qui ne l'a pas obtenu.
C'est son gouvernement à lui qui n'a
jamais demandé que les patients les plus malades soient pris en premier. Le
seul responsable de l'échec du gouvernement en santé, c'est le
gouvernement libéral actuel.
Pourquoi le ministre cherche-t-il aujourd'hui à
blâmer les autres?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
M. ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, je tiens à rappeler à notre collègue que je ne suis pas
propriétaire du gouvernement, qui a
été dûment élu par la population du Québec et qui nous réélira, j'en suis
convaincu, pour continuer l'excellent
travail que nous faisons.
Lorsque
nous sommes venus en poste, M. le
Président, nous avons choisi de poser
des gestes pour améliorer la situation, et c'est ce qui se passe. Alors,
je vais le répéter encore une fois, il faut le redire, il y a aujourd'hui, en
date d'aujourd'hui, 1,2 million de personnes de plus qui ont accès à un médecin de famille, parce que nous avons fait adopter une loi, la loi n° 20,
pour faire en sorte que les médecins aient une pression supplémentaire, sociale, par la voie de son gouvernement, pour
changer de comportement. Et ça, ça s'appelle une amélioration, M. le Président.
Et je rappelle à notre collègue que sa formation
politique, par sa voix, a voté contre cette loi qui a amélioré la situation. Maintenant,
il faut continuer le travail. Et je rappellerai aussi à notre collègue que ce
sont les médecins eux-mêmes qui ont
déterminé l'objectif de 85 % d'inscriptions de la population
et que ce sont eux qui ont dit qu'ils allaient réussir à le faire...
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
M. Barrette : ... pour le
31 décembre 2017. Et ce sont donc...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Pour votre première complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Le ministre
continue à mettre le blâme sur les autres. Les gens qui sont sur son guichet...
il y a beaucoup de gens en santé,
alors qu'on a des malades très graves qui attendent sur le guichet. Et ça, il
n'a rien fait. Pourtant, dans sa
fameuse loi n° 20, il s'est donné le pouvoir d'intervenir là-dessus,
de modifier unilatéralement les conditions de rémunération des
médecins lorsque l'accès est insuffisant.
Quand est-ce qu'il va trouver que l'accès est insuffisant? Il refuse de s'en servir.
Pourquoi refuse-t-il de se servir de cet
article de la loi n° 20
qui lui permettrait d'améliorer l'accès concrètement?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre, à vous.
M. Barrette : M. le Président, je
vais rappeler que notre collègue a voté contre toutes ces mesures-là et je rappellerai que les premières interventions de notre collègue étaient à l'effet d'affirmer, en cette Chambre et
en dehors de cette Chambre, que le ministre de la Santé avait trop de pouvoirs. Et, encore aujourd'hui, elle me demande
d'utiliser plus de pouvoirs. Bon, je
lui remercie de l'intérêt qu'elle me porte, mais il y a quand même
une certaine incohérence dans sa position.
Je vais le
répéter, M. le Président, le 85 %, c'est un chiffre qui vient des
médecins, le 31 décembre 2017, c'est un chiffre qui vient des médecins. Ce n'est pas jeter
le blâme sur une partie, qui a convenu à mettre sa signature sur un contrat...
Le Vice-Président (M. Gendron) : ...
M. Barrette : ...pour lequel elle a
défini les paramètres, ce n'est qu'un constat des faits.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le ministre. Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Bien, le ministre
a clairement échoué à mettre son pouvoir au service des
patients, M. le Président. Il a perdu le contrôle pendant que la CAQ, elle,
veut prioriser la santé... veut privatiser la santé, privatiser la santé. Nos
solutions sont centrées...
Mme Lamarre :
Non, ils veulent la privatiser. On n'a rien...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Un
instant, là! S'il vous plaît!
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Là, on
perd du temps, puis ce n'est pas parce
qu'il y a eu un lapsus, ça a déjà arrivé, puis on n'a pas fait la
période de questions là-dessus.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! On poursuit.
Mme Lamarre :
La CAQ veut prioriser la privatisation, M. le Président. Alors, nos solutions
sont centrées sur le patient : premièrement, geler la rémunération des
médecins, sinon on aggrave la débandade actuelle; deuxièmement, briser
les chasses gardées et donner plus d'autonomie aux
200 000 professionnels...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
M. le Président, ce que je comprends aujourd'hui, c'est que, devant nous, il y
aura une compétition pour aller à
Bureau en Gros pour aller acheter des déchiqueteuses de contrats. Alors, la CAQ
veut faire ça, le Parti québécois veut
faire ça. Mais la réalité, M. le Président, c'est que le seul gouvernement qui
a proposé et fait adopter des lois pour changer la situation, c'est le nôtre.
Le seul gouvernement qui a une pensée claire en cette matière et qui a la
volonté d'aller jusqu'au bout de ce travail-là, c'est le nôtre.
Et, comme
notre collègue évoque la CAQ, je vais terminer là-dessus. Quand est-ce que la
CAQ va nous dire ce qu'elle veut faire exactement? Et est-ce que ce sera
aussi loufoque que...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
En terminant.
M. Barrette : ...ce qu'on a
entendu sur l'immigration cette semaine?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, question principale, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, hier, le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a
confirmé son intention de financer le
pipeline Trans Mountain malgré l'opposition de la Colombie-Britannique. Je
le cite : «Nous sommes prêts à indemniser
le projet contre toute perte financière qui pourrait découler des tentatives du
premier ministre John Horgan de
repousser ou d'entraver le projet.» M. le Président, le gouvernement Trudeau va
donc utiliser l'argent des Québécois, notre argent, pour financer un
pipeline albertain, et un pipeline qui appartiendra à une pétrolière
américaine. Alors, M. le Président,
évidemment, il est totalement inacceptable qu'Ottawa finance un projet contre
la volonté d'une province comme la
Colombie-Britannique. Et, comme le Québec, la Colombie-Britannique a le droit
de décider de ce qui passe ou de ce qui ne passe pas sur son territoire.
M. le
Président, est-ce que le gouvernement du Québec va accepter que le pipeline
Trans Mountain soit financé par
l'argent des Québécois, par nos taxes? Est-ce que le gouvernement du Québec va
signifier à Ottawa que ce financement est inacceptable?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Oui. Il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet-là, qui est assez complexe.
Je commencerais par la première
donnée. On ne sait pas encore comment le gouvernement fédéral veut intervenir
dans le dossier. On a entendu son
désir d'intervenir financièrement, mais on ne sait absolument pas comment il va
le faire. Alors, on va voir quels sont les détails là-dessus.
Ceci étant,
il interpelle le gouvernement d'intervenir. Je pense pouvoir dire que je suis
déjà intervenu sur un volet autre,
mais quand même un volet important, puisqu'il signale l'aspect pour lequel nous
nous battons, le respect des lois provinciales
dans les matières comme celles-là. Et c'est d'ailleurs pourquoi j'avais déjà
fait une correspondance indiquant que, lorsque le
fédéral voulait utiliser un pouvoir déclaratoire pour enlever... ou indiquer
que les lois provinciales ne s'appliquaient
pas, il luttait contre l'acceptabilité sociale. Si on veut favoriser
l'acceptabilité sociale, il faut accepter des mécanismes conjoints comme ceux que nous proposons. Ça, ça me semble
être le premier élément très important à préciser.
Le député
nous dit qu'il n'y a pas de respect des autorisations de Colombie-Britannique.
Il a un petit peu tort. Dans ce
dossier-là, il y a des autorisations et de la Colombie-Britannique et du
fédéral. C'est un dossier différent de celui que nous avions ici. La
question qui se pose présentement...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
En terminant.
M. Fournier : Peut-être que j'y
reviendrai en additionnelle.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le député de Rousseau, pour votre première complémentaire.
M. Marceau : M. le Président, c'est le principe
qui est complètement inacceptable. Ce sont nos taxes, ce sont les taxes
des Québécois, c'est l'argent des Québécois. S'il y a un seul dollar qui vient
des poches des Québécois pour financer ce
projet-là, c'est inacceptable. Ce n'est pas compliqué, c'est inacceptable. La
Colombie-Britannique ne veut pas de
ce pipeline-là, ne veut pas qu'il passe sur son territoire. Si vous voulez
véritablement défendre les intérêts d'une province à empêcher les pipelines à passer sur son territoire, vous
devez dire que le principe de financer ce projet-là par notre argent est
inacceptable.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
M. le leader du gouvernement, à vous.
M. Fournier : Moi, je n'ai
aucune difficulté de faire des débats sur les principes, encore qu'il faut bien
les exposer. Dans ce cas-ci, la Colombie-Britannique,
il faut bien le dire, là, a autorisé le pipeline et, une fois que les
autorisations sont données, là, elle veut changer les règles du jeu.
C'est un peu différent que de changer les règles du jeu avant les décisions que
de les changer après. Il faut quand même regarder ça dans le débat qui se pose
La question fondamentale, le principe
fondamental sur lequel, je crois, on peut convenir ce matin entre nous :
lorsque nous sommes dans des matières de pipelines, d'aérodromes ou autres de
ce type, les lois provinciales doivent s'appliquer. Le gouvernement fédéral ne
peut pas donner une indication aux promoteurs que les lois des provinces ne
s'appliquent pas. Je sais bien que la réponse sera de dire : Dans le cas...
Vice-Président (M. Gendron) : En terminant... Je m'excuse, c'est
43 secondes. Je m'excuse. Alors, c'est 45, mais... Deuxième
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
Le fédéral va financer les gens qui sont contre la Colombie-Britannique
là-dedans, qui sont contre le droit
que vous dites défendre. Ils sont contre ça. Ce pipeline-là, là, il est bon
pour l'Alberta, il est bon pour Kinder Morgan, il est bon pour le Texas,
mais il n'est pas bon pour le Québec. Et là, là, dans ce cas-ci, en plus de ça,
ça va contribuer à nuire à notre économie,
vous le savez, par le mécanisme qu'on appelle le mal hollandais. Le pétrodollar
canadien va s'apprécier, puis nos
exportations vont en souffrir. Là, ce n'est pas bon, d'une part, pour notre
économie. On va financer, M. le Président, avec notre argent...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
M. le leader du gouvernement.
M. Fournier :
Bien, on a déjà eu la discussion, là, sur le mal hollandais. Moi, à chaque fois
qu'il revient puis qu'il veut proposer la monnaie québécoise dans un
Québec souverain, là, je me dis : Écoutez, là, parlez-en au moins aux prochaines élections si c'est votre projet, là. Bien, au moins, tassez votre affaire de dollar québécois,
là, puis revenons sur l'enjeu qui est en question ici.
L'enjeu qui
est important, c'est celui de faire en sorte que les lois
des provinces soient respectées. Si vous voulez que l'acceptabilité sociale se retrouve, il faut le dire aux
promoteurs dès le départ. Il va y avoir des études conjointes des projets des fonctionnaires fédéraux, des
fonctionnaires provinciaux, des autorisations fédérales, des autorisations provinciales. C'est comme ça qu'on peut faire du développement de l'économie. Et notre collègue se trompe lorsqu'il dit
qu'en Colombie-Britannique il n'y a pas eu d'autorisation...
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
M. Fournier : ...il y a eu
autorisation, c'est à la compagnie d'aller devant la cour.
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. Question du deuxième groupe
parlementaire, M. le député de Lévis, pour votre question principale.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le
Président. En mai 2015, le ministre de la Santé a signé une entente avec
les médecins de famille pour que
85 % des Québécois soient inscrits à un médecin d'ici le
31 décembre 2017. Ce n'est pas arrivé. À Pâques, le guichet d'accès devait être vide, mais, en vérité,
381 000 patients étaient encore sur la liste d'attente. C'est un autre échec. Le ministre jette maintenant
le blâme uniquement aux médecins, alors qu'il a eu des mois, des mois
pour corriger le tir. C'est une diversion politique.
Le journal
rapporte ce matin que la productivité des médecins de famille stagne, même si leur rémunération ne cesse d'augmenter. La recette du ministre
de la Santé et du Parti libéral n'est pas bonne. La rémunération à l'acte est
archaïque. Le gâteau ne lève pas.
Le ministre de la Santé peut-il nous dire
pourquoi il a abandonné la révision du mode de rémunération des médecins qu'il
défendait en 2012?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le ministre de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, je pense qu'on assiste aujourd'hui à la première minute du débat dans lequel aurait dû depuis longtemps s'engager la CAQ. Je
n'ai aucun problème avec ça. Je vais quand même réitérer, M. le Président, que les lois que nous avons déposées et fait adopter ont amélioré la situation.
Je vais rappeler ce que j'ai dit il y
a quelques instants, les chiffres, les objectifs
qui ont été déposés et convenus ont été le fruit de discussions avec la FMOQ.
Les médecins eux-mêmes, ils les ont
acceptés, ils les ont promus. Ils les ont promus à l'interne, et il est vrai
qu'ils ne les ont pas atteints.
Maintenant, M. le Président, quelle est la réponse
de cette situation-là? Nous, on pense qu'on doit continuer avec ce qu'on a mis
en place. Qu'est-ce que va proposer la CAQ? M. le Président, au micro ou sans
le micro, j'ai entendu le chef de l'opposition mentionner que lui, il va
changer la rémunération pour mettre en place la rémunération par patient.
Allez sur Google, ça n'existe pas. Alors,
j'aimerais bien, moi, là, entendre la CAQ nous dire exactement ce qu'ils
proposent. La seule chose que j'ai
entendue de la CAQ, M. le Président, c'est une forme quelconque de capitation,
qui n'est qu'une prime.
Alors, est-ce que la CAQ, qui a décrié les
primes...
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
M. Barrette : ...va passer à un mode
de prime exclusive?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci. Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, le ministre de la Santé a soif de la CAQ, il sera rassasié. M. le Président, avec le mode rémunération à l'acte, les médecins facturent le plus possible, et ça, au détriment
de l'accessibilité des patients.
Quand le ministre jette le blâme aux médecins,
quand le ministre jette le blâme aux médecins pour son échec, il devrait se regarder dans le miroir. C'est lui
qui a perpétué un mode de rémunération qui ne fonctionne pas, c'est lui qui a accordé des augmentations sans mesures de
contrôle, c'est lui qui a promis des engagements sans livrer la marchandise.
Va-t-il tout simplement le reconnaître?
Le Vice-Président (M. Gendron) : M. le
ministre de la Santé.
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Là, il
y a un peu trop de bruit. Ça ne peut
pas durer 30 secondes, là, les exclamations. Merci. M. le ministre.
M. Barrette : M. le Président,
j'espère que jamais la population du Québec ne va s'abreuver au calice de la
CAQ, de peur d'être empoisonnée. Parce que, M. le Président, il faut
l'éloigner, ce calice-là, de la population parce qu'actuellement, M. le Président, si on fait le parallèle avec ce que la
CAQ a proposé en immigration, hein, dans la dernière semaine, politique qui a été décriée sur toutes
les tribunes et certainement qualifiée d'amateurisme et d'irresponsable,
alors imaginez dans le secteur le plus
important de notre société — puis je ne veux pas diminuer les
autres — qui est
celui de la santé. Est-ce que la CAQ...
Vice-Président (M. Gendron) : En terminant.
M. Barrette :
...peut prononcer des mots qui veulent dire quelque chose en...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, M. le député de Lévis...
Vice-Président (M. Gendron) : ...puis je voudrais vous entendre. S'il
vous plaît! Il y a trop de bruit. Alors, deuxième complémentaire, M. le
député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. C'est assez étonnant, on parle des patients,
puis le ministre ne leur parle pas.
C'est ça, la réalité depuis quatre ans. Ça ne change rien d'avoir un médecin de
famille s'il faut attendre deux
semaines pour le voir. Pendant que la rémunération des médecins augmente,
59 % des patients sont incapables de voir un médecin ou une infirmière le jour même ou le lendemain, c'est
ça, la réalité. L'an dernier, 1 665 808 patients se sont
présentés aux urgences pour des petits problèmes de santé, faute d'accès en
première ligne.
Est-ce que le
ministre trouve ça normal?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le ministre, à vous.
Barrette : Ce qui est anormal, M. le Président, c'est qu'un parti
politique qui aspire à prendre le pouvoir soit incapable de se présenter
devant la population et dire ce qu'ils veulent faire. Ça, c'est inacceptable.
qui est acceptable, c'est qu'un gouvernement aille sur la place publique, mette
des mesures en place qui font en sorte
que 1,2 million de personnes maintenant ont accès à un médecin de famille,
qu'aujourd'hui il y ait une diminution de
l'affluence à l'urgence pour les P4, P5 parce que l'accès est augmenté en
cabinet. Et ce sont des chiffres qui le prouvent, et à ce moment-là la CAQ ne fait que des effets de
toge au salon bleu de l'Assemblée nationale. Est-ce que la CAQ pourrait
faire simplement un effet de raison...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
M. Barrette :
...de transparence dans l'espace public...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Terminé, terminé. Principale, M. le député, à vous...
de La Peltrie.
Caire : Bien, M. le Président, parlons de transparence. Jusqu'à hier, un citoyen de Québec
qui voulait savoir quel était le
territoire d'étude pour le troisième lien avait cette image, cette carte sur le
site du ministère des Transports, de Saint-Augustin à la...
Vice-Président (M. Gendron) : Un instant, M. le député. C'est difficile de voir ça, là, comme étant un
tableau didactique, là.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En tout cas...
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît, là! Ça peut être questionnable parce qu'effectivement c'est la présidence qui a trouvé que ce n'étaient pas
les tableaux didactiques qui, normalement, sont autorisés. Alors là, vous
l'avez, vous l'avez exposé, puis veuillez
poursuivre, mais j'aimerais bien qu'à l'avenir on s'entende sur le tableau
didactique. Allez.
Caire : Merci, M. le Président. Simplement dire qu'on va de
Saint-Augustin à la pointe de l'île d'Orléans. C'est ce qu'on disait. Le premier ministre a dit : Bien, on va
regarder ça à l'est, finalement, le troisième lien. Alors, moi, je l'ai mis au défi de réduire le champ d'études. La
ministre a dit : Non, non, non, pas question, et, dans sa déclaration,
elle nous a appris que le territoire
est encore plus vaste. Donc, on a fouillé dans les documents préparatoires de
l'appel d'offres pour se rendre
compte qu'effectivement on part de Donnacona puis on s'en va jusqu'à
Saint-Tite-des-Caps, M. le Président.
Est-ce que la ministre peut vraiment nous dire qu'elle envisage installer un troisième
lien entre Donnacona puis Saint-Antoine-de-Tilly?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, Mme la ministre déléguée aux Transports, à
vous.
Mme Tremblay : M. le Président, c'est du gros n'importe quoi, comme toujours avec le
député de La Peltrie. Ça a
toujours été très clair, le terrain de jeu à l'étude pour le dossier
d'opportunité pour les solutions, c'est entre Saint-Augustin-de-Desmaures et l'île d'Orléans. Ce à quoi fait référence
la CAQ en ce moment, c'est concernant l'étude de besoins, l'enquête Origine-Destination, dont les appels ont eu lieu
l'automne dernier. Alors, je pense qu'il faut rétablir les faits et dire
les choses.
Oui,
nous étudions ce territoire-là parce que nous avons les données qui nous
démontrent que c'est important, qu'il
y a des arguments en faveur de l'ouest et des arguments en faveur de l'est, M.
le Président. Et nous avons consulté et le maire de Lévis et le maire de Québec avant de lancer l'appel d'offres
le 4 décembre dernier. D'ailleurs, le terrain de jeu, le territoire
à l'étude était derrière moi en grosse affiche lors de l'annonce le
4 décembre dernier...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Mme Tremblay :
...et certainement que mon collègue...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Première complémentaire. Puis, encore là, là,
je...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Un instant, s'il vous plaît!
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Un instant! Un instant, s'il vous plaît! C'était
la ministre qui répondait et c'était très, très, très bruyant.
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, je n'ai pas le droit de commenter la réponse, mais c'était très
bruyant. J'aurais préféré entendre la réponse de la ministre, et non pas
de tous ses collègues.
M. le député de La Peltrie,
à vous, pour votre première complémentaire.
Caire : M. le Président, l'étude Origine-Destination a été
faite au ministère des Transports en 2017. D'ailleurs, le ministère des Transports écrivait lui-même
qu'il avait toutes les données en main pour procéder. Et je veux juste lui
rappeler que ce qui est écrit ici, c'est le territoire d'étude. Pas le terrain
de jeu, le territoire d'étude, M. le Président.
Donc,
je réitère, au lieu de semer la confusion, est-ce que la ministre peut donner
raison à son premier ministre puis dire que le troisième lien doit être
à l'est, dans le secteur de l'île d'Orléans?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre déléguée aux Transports, à vous.
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! Parce que je vais
rester debout si vous ne laissez pas la ministre répondre.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Ça s'applique des deux bords. Mme la ministre
déléguée aux Transports.
Mme Tremblay : M. le Président, je pense que j'ai été très claire. Les appels ont eu
lieu l'automne dernier pour l'enquête Origine-Destination. Nous sommes
maintenant à décortiquer, justement, les nombreux sondages qui ont été faits
l'automne dernier, et l'étude de besoins sera complétée à la fin de l'année.
Mais le consortium qui a obtenu le contrat fait et l'étude de besoins et
l'étude de solutions. Et l'étude de solutions, je le répète, c'est de
Saint-Augustin-de-Desmaures jusqu'à
l'île d'Orléans. Mais pourquoi le territoire était aussi large pour l'étude de
besoins, l'enquête d'Origine-Destination? C'est que, contrairement à la
CAQ, M. le Président, nous, on se préoccupe des citoyens.
Vice-Président (M. Gendron) : En terminant.
Mme Tremblay :
On veut savoir d'où partent les gens, où ils se...
Vice-Président (M. Gendron) : Terminé, terminé. Deuxième
complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : ...M. le Président, c'est pour ça que l'étude
demande au consortium d'étudier le télétravail, les nouveaux systèmes de tarification, l'optimisation des
traversiers, l'utilisation de trois ou quatre voies sur le pont. M. le
Président, ça s'appelle un bureau de
projet du troisième lien. Vous avez les études origine-destination, vous les
avez en main. Le ministère des
Transports a dit : Nous avons toutes les données nécessaires pour aller de
l'avant. Le maire Lehouillier vous a dit : Votre devis, c'est un
fourre-tout.
Pourquoi
ne pas donner raison au premier ministre, un troisième lien à l'est, dans le
secteur de l'île d'Orléans?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre déléguée.
Mme Tremblay :
M. le Président, je le rappelle, le troisième lien est une priorité pour le
gouvernement. Et pourquoi c'est une
priorité? Pour les citoyens. Pour les citoyens qui sont pris dans le trafic le
matin pour aller travailler et pour
revenir à la maison le soir. C'est pour ça qu'on travaille. Mais on veut
trouver la meilleure solution coûts-bénéfices, contrairement à la CAQ, qui
dit : Ça va être là, ça va être ça, ça, mais ils ne sont pas capables de
nous dire combien ça va coûter, ils ne sont pas capables de nous dire où
il va être précisément à l'est, ils ne sont pas capables de nous dire la largeur, ils ne sont pas capables de nous dire
concrètement ça va être quoi, l'impact sur la circulation. Bien, nous, si nous
avons demandé des études, c'est justement pour répondre à ces besoins, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci...
Vice-Président (M. Gendron) : Oui. Ça n'a pas de bon sens, là. Moi, je
ne suis pas pressé, je veux juste avoir le silence. Mme la députée de
Vachon, pour votre question principale.
Mme Ouellet :
Merci, M. le Président. Les médias sont en crise depuis plusieurs années. On le
voit avec les hebdomadaires régionaux, avec
les journaux imprimés du Soleil et consorts, même avec La Presse ,
plus récemment. C'est une crise liée principalement aux pertes de
revenus, qui se sont réorientés vers les Facebook et Google de ce monde. À l'ère des réseaux sociaux et des «fake news» qui
y circulent, une information crédible, fouillée et articulée est un bien
précieux, je dirais même un bien public. Malheureusement, le gouvernement
actuel n'a pas agi en conséquence. Il prend des mesures au cas par cas, créant des iniquités, ciblant des mesures
particulières qui profitent à certains, mais pas à tous.
Est-ce
que le gouvernement va appuyer ma motion pour un crédit d'impôt sur la masse
salariale des journalistes, un appui
financier pour le maintien des emplois des journalistes, qui ne crée pas
d'inéquité, qui garantit l'indépendance du gouvernement, qui vise spécifiquement les journalistes, donc
l'information, et non pas des équipements informatiques ou de
l'administration? Est-ce qu'il va appuyer ma motion?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de la Culture.
Montpetit : Merci, M. le Président. De toute évidence, la députée de
Vachon n'a peut-être pas suivi les travaux
des derniers mois de cette Assemblée et les annonces qui ont été faites par
notre gouvernement depuis l'automne dernier. Elle est peut-être occupée,
effectivement, à d'autres fonctions à Ottawa qui lui empêchent de suivre nos travaux ici, pour les médias, effectivement, du
Québec. Je tiens quand même à lui rappeler qu'au mois de novembre dernier
nous avons annoncé un plan d'aide aux
médias, pour l'ensemble des médias, sur lequel ils ont pu travailler, pour les
soutenir, justement, dans la crise importante à laquelle ils font face.
lors du dernier budget, avec notre collègue le ministre de Finances, nous avons
réannoncé, effectivement, un crédit
d'impôt pour l'aide à la transformation numérique d'une hauteur de
64,7 millions, qui viendra aider l'ensemble de nos médias du Québec à faire face, effectivement, à
ces défis majeurs auxquels ils font face. Donc, je pense qu'on a été très
présents pour soutenir l'ensemble de nos
médias, qui sont, effectivement, un pilier essentiel de notre démocratie, pour s'assurer
d'une vitalité importante de ceux-ci dans toutes les régions du Québec
également. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) : Première complémentaire, Mme la députée
de Vachon.
Mme Ouellet : Merci, M. le Président. En fait, je pense que c'est la ministre qui ne
se rend pas compte de ce qui se passe
dans l'actualité parce que, clairement, les mesures qu'ils ont mises en place
ne sont pas efficaces et ne donnent pas
des résultats souhaités, parce qu'il y a encore une crise des médias très importante et liée à l'information des journalistes. Ce sont les emplois des journalistes qui
doivent être visés.
La ministre n'a pas
répondu à ma question. Est-ce qu'elle peut répondre à ma question? Est-ce
qu'elle va appuyer, oui ou non, la motion
pour un crédit d'impôt sur la masse salariale des journalistes, qui est une
mesure extrêmement structurante, qui ne crée pas d'iniquité, et qui
permettrait de répondre aux besoins...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre, à vous.
Montpetit : Merci, M. le Président. Bien, comme je l'ai dit
effectivement, je pense que nous, on a agi de façon importante lors du dernier budget, nous avons choisi notre mesure,
qui est une mesure extrêmement importante, qui a été bien reçue aussi, également, par les médias pour soutenir les
défis auxquels ils font face. Je le répète, nous avons choisi de mettre en place un crédit d'impôt pour
les soutenir dans leurs transformations en fonction de virage numérique,
la décision a été prise.
j'en profite, d'ailleurs, dans ces grandes considérations auxquelles on fait
face, d'inviter aussi la députée de Vachon
à être collaborative dans le projet de loi présentement pour La Presse ,
qui sont des discussions... parce qu'effectivement, dans toutes les
questions d'indépendance, de liberté de presse, de soutien à nos médias...
Le Vice-Président (M.
Gendron) : En terminant.
Montpetit : ...je pense que ce serait également une bonne avenue de
collaborer dans ce dossier.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. Deuxième complémentaire, Mme la députée de
Vachon.
Mme Ouellet : Oui. Bien, moi, contrairement à la ministre, je vais lui répondre, je
suis très ouverte au débat, mais, pour
l'instant, je n'ai aucune information, même de base, pour juger ni de l'urgence
ni de l'efficacité de la proposition de Power Corporation, aucun état
financier, aucun plan d'affaires pour garantir le maintien des emplois.
Mais
pourquoi est-ce que le gouvernement libéral, qui souhaite que nous prenions des
procédures exceptionnelles vite,
vite, vite, là, pour Power Corporation, refuse de mettre en place une mesure
universelle pour tous les journalistes, bonne pour toutes les structures
d'entreprise?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : M. le leader du gouvernement.
Fournier : Dans les deux premières questions, il y a urgence. Dans la
troisième, il n'y en a plus. Un peu étonnant.
le dossier de La Presse , je tiens à le préciser, pour des
considérations que la députée elle-même a utilisées, l'équité, a-t-elle parlé de l'indépendance face
aux médias? Je considère que, lorsque la députée veut s'immiscer dans la
structure corporative de La Presse ,
elle a un comportement, disons, moins indépendant face aux médias que nous
pourrions avoir.
L'autre
élément qu'il me semble important de dire, c'est que la situation de La Presse — et j'espère qu'elle va encore analyser, aura des discussions avec eux,
avoir le plus d'information qu'elle peut avoir — la situation de La Presse ,
c'est une situation très particulière, très
inéquitable si on la compare avec les autres médias. Tous les autres médias,
s'ils ont à être vendus, ne viennent
pas ici en vertu d'une loi d'intérêt privé, et, dans cette situation-là, je
pense qu'elle devrait collaborer pour le bien des journalistes.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci. En principale, M. le député de Mercier, pour
votre question.
Khadir : Ma question va s'adresser au ministre de la Santé. Ça
me fait un peu de peine parce que, s'il avait accepté ma proposition de
démissionner il y a plusieurs mois, il n'aurait pas, aujourd'hui, à porter
l'humiliation que représente pour son
gouvernement l'échec total des mesures dans le domaine de santé, le cafouillage
et le cafouillis auquel on assiste actuellement dans le réseau.
Mais,
parlant de responsabilité, à entendre le ministre, c'est toujours la faute des
autres. Les temps supplémentaires obligatoires,
c'était la faute des infirmières. Les délais d'attente pour avoir accès à un
médecin, c'est la faute des médecins. Puis la faute du Commissaire à la santé, c'était qu'il proposait une révision
du mode de rémunération des médecins. C'est d'ailleurs pourquoi, en
2016, on a aboli son poste avant d'être obligé, tout récemment, à le rappeler.
Puisque c'est
toujours la faute des autres, est-ce que ministre peut quand même identifier au
moins une mesure ou une faute, une erreur qu'il aurait commise au cours...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
M. le ministre de la Santé.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Il me semble, M. le leader, que ce n'est pas vous qui êtes debout, c'est le
ministre de la Santé, alors j'aimerais mieux entendre le ministre de la Santé.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Parce que...
Vice-Président (M. Gendron) : Je le sais. Je le sais, que ça n'a
pas de sens ce matin, là, c'est ce que je constate depuis le début de la période de questions. Il y a
une personne qui a la parole, et j'aimerais que ça soit lui qui la prenne.
Alors, M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Je la prends. Alors, j'aime beaucoup mon leader ainsi que la remarque qu'il
vient de faire : À l'impossible, nul
n'est tenu. Mais je ne prétends pas être parfait. Mais je vais prétendre avoir
pris la bonne décision en ne donnant pas suite à la plupart des suggestions de
mon collègue de Mercier. D'ailleurs, je pense que la population le reconnaît
parce que, si c'était le contraire, ça serait probablement sa formation
qui serait au pouvoir, et ce n'est pas le cas.
Alors, M. le
Président, puisque le collègue m'aborde sur le bilan de nos réalisations, on va
parler du bilan de nos réalisations.
Alors, la réalité, elle est celle-là, la réalité est que nous avons fait
avancer le Québec en santé et en services sociaux avec ma collègue la députée de Soulanges. C'est un fait que nous
avons amélioré l'accès en première ligne. Je vais le répéter :
1,2 million de personnes qui ont accès à un médecin de famille; une
diminution de l'affluence — c'est démontré statistiquement — des P4, P5 à l'urgence. Ils vont où, ces
gens-là? Ils n'ont pas arrêté d'être malades, ils ont encore des problèmes de santé mineurs pour
lesquels il y a un accès accru chez les médecins de famille et certainement...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
En terminant.
M. Barrette : ...chez nos
42 actuelles supercliniques. C'est ça, faire...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le ministre. Merci. C'est terminé. Première complémentaire, M. le
député.
M. Khadir :
Pour paraphraser Molière, je dirais que, par de pareilles réponses,
l'intelligence est blessée, et cela pourrait
faire venir de coupables pensées. Mais ma seule coupable pensée, c'est que
l'absence de prise de responsabilité nuit
déjà au réseau public. Par exemple, comme l'a souligné mon confrère, le
Commissaire à la santé disait déjà, il y a trois ans — c'est peut-être sa faute — qu'il faut revoir la rémunération à l'acte.
Le tchik-a-tchik, là, ça ne marche juste pas. Pas juste parce que ça
coûte cher, c'est parce que ça ne marche pas pour les patients.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre de la Santé.
Barrette : M. le Président, ce n'est pas une question de tchik-a-tchik, là, ce n'est pas ça, là, c'est
une question de prendre les
décisions pour améliorer la situation des gens. Quand on investit pour
augmenter l'accès aux plateaux techniques, bien, ça fait que 100 000
personnes de plus ont eu des examens de tomodensitométrie ou de résonance
magnétique qu'elles n'auraient pas eu autrement. Quand on fait des projets pilotes
pour augmenter notre capacité chirurgicale, ça fait en sorte que près de
25 000 vraies personnes qui attendaient pour un geste chirurgical ont eu
leur opération, du vrai monde. Le député de
Lévis me demande toujours de parler au monde, bien, je parle aux
1,2 million, aux 100 000, aux 25 000...
Le Vice-Président (M.
Gendron) : En terminant.
M. Barrette : ...aux centaines de
milliers de personnes qui ont vu la situation...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Deuxième complémentaire, M. le député de Mercier.
M. Khadir : Bien, c'est assez désolant de voir
comment le ministre continue de nier les problèmes. Le Commissaire à la santé dit que, dans les années 2000, au XXIe
siècle, les maladies chroniques, le vieillissement de la population, les
besoins de la population requièrent une prise en charge par capitation. Le mode
de rémunération tchik-a-tchik qui domine actuellement plus de 70 %... ça ne
marche juste pas. Ça coûte cher et ça ne permet pas une prise en charge de la
population. La preuve est faite par toutes les observations qui sont faites...
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre de la Santé.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le ministre de la Santé, à vous pour la réponse.
Barrette : Et, M. le Président, c'est avec ma collègue la ministre
déléguée et députée de Soulanges qu'on a mis en place une politique de prévention. C'est avec ma collègue qu'on a
amélioré l'accès aux soins de psychothérapie chez nos jeunes dans les
centres jeunesse. C'est avec notre gouvernement qu'on a mis en place le premier
programme national de soins de
psychothérapie au Canada, M. le Président. Nous sommes la province qui avons
amené le Canada à négocier des
réductions de plus de 40 % de prix dans les génériques, programmes publics
qui sont payés par les citoyens. Nous avons pris les bonnes décisions,
nous avons bien géré.
Le Vice-Président (M. Gendron) : En
terminant.
M. Barrette : Nous allons continuer,
pour le bénéfice de la population...
Vice-Président (M. Gendron) : Merci, merci. Oui, M. le député de
Masson, pour votre question principale, à vous.
Lemay : M. le Président, la Chine était le principal partenaire
d'affaires de nos centres de tri québécois, mais, au début de l'année
2018, le pays a pratiquement fermé ses frontières aux importations de matières
recyclables. Nos centres de tri en subissent
aujourd'hui de graves conséquences. Le prix des ballots de papier a chuté
drastiquement, et les divers centres
de tri doivent composer avec de grandes quantités de matières recyclables
qu'ils ne peuvent pas vendre. Ce
n'est pas compliqué, les centres de tri du Québec enregistrent des pertes
nettes. On a même donné des permissions spéciales à certains centres de tri d'acheminer les matières recyclables
à l'enfouissement. La situation est insoutenable; on risque de perdre la confiance de la population
envers le recyclage. Ça, là, c'est 37 années de bonnes habitudes qu'on va jeter
à la poubelle, M. le Président. Les municipalités et les centres de tri demandent l'aide du gouvernement, il est minuit moins une.
Que compte faire la ministre de l'Environnement
pour répondre à ce S.O.S.?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Mme la ministre de l'Environnement, pour la réponse, à vous.
Mme Melançon : Merci,
M. le Président. Je suis très
heureuse que le député de Masson puisse poser une question sur ce sujet, qui est très d'actualité.
Rappelons-le, la Chine a fermé ses portes, et il est vrai que certains de nos
centres de tri au Québec faisaient affaire avec la Chine parce que
c'était un marché plutôt facile, les exigences n'étaient pas très élevées. Avec la fermeture de la Chine, bien entendu, certains centres de tri ont dû reprendre du travail. Et, nous, ce
qu'on encourage, bien sûr, et ce sur quoi moi, je travaille, c'est de
pouvoir parler d'une véritable économie circulaire.
Qu'est-ce que je veux dire par là? C'est qu'on doit commencer à travailler sur une
standardisation de la qualité, et il n'y a
pas d'égalité dans la qualité actuellement dans tous les centres de tri du Québec.
Pour faire face aux problématiques que nous avons, on doit saisir
l'opportunité. Parce que c'est une opportunité, on peut accompagner nos centres
de tri. Et je tiens à rappeler, là, en
janvier dernier, j'ai annoncé 3 millions de dollars pour accompagner nos
centres de tri pour améliorer la qualité. Alors, je vais pouvoir
continuer par la suite, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, première complémentaire, M.
le député de Masson, à vous.
M. Lemay :
Bon, M. le Président, la ministre nous parle ici d'un investissement de
3 millions pour la modernisation de
nos centres de tri, mais la ville de Montréal, à elle seule, c'est
29 millions de dollars qu'elle devra injecter pour éviter la fermeture de son centre de tri et empêcher que les
matières recyclables ne se retrouvent pas à l'enfouissement. 3 millions
pour l'ensemble du Québec, c'est ça que la ministre nous offre.
Est-ce que la
ministre se rend compte que c'est clairement insuffisant?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre de l'Environnement, pour votre
réponse.
Mme Melançon : Alors, je vais continuer ce sur quoi j'étais tout
à l'heure. Nous, on travaille actuellement avec l'UMQ, avec les différentes municipalités et on veut trouver une
solution, justement, pour faire de l'économie circulaire. Qu'est-ce que c'est, l'économie circulaire, M. le
Président? C'est assez simple, on consomme ici, on veut récupérer ici, on
veut recycler ici, avec des jobs pour nos
gens d'ici et revaloriser ici. Lorsque le député de Masson parle du
29 millions de la ville de
Montréal, ce n'est pas en argent supplémentaire. Vous ne devriez pas juste lire
les journaux, moi, je parle directement avec le maire de Verdun, qui est
aussi celui qui est responsable, donc, de l'environnement. Ce n'est pas tout à
fait ça, l'histoire.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : En terminant.
Mme Melançon :
Je l'invite à avoir un peu plus d'information de son côté.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Deuxième complémentaire, M. le député de Masson.
M. Lemay :
M. le Président, là, arrêtons de tourner en rond, là. La modernisation est très
importante, mais ce qui est encore plus important, c'est d'éviter que
nos centres de tri mettent la clé dans la porte à cause qu'on n'a pas les subventions nécessaires pour faire la modernisation. Les municipalités, présentement, elles craignent d'éponger la facture, faute de solution. On veut dire que ce sont les villes, là, qui vont
payer ça avec leurs taxes. Elles vont compenser pour l'inaction libérale.
Est-ce
que la ministre, vraiment, là, elle va laisser les villes payer la facture
seules?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Mme la ministre.
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! Mme la
ministre, ce n'est pas le groupe. Mme la ministre.
Melançon : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, moi, quand on me parle d'inaction, là,
moi, j'aimerais ça... Mon collègue, hier, montrait ce que la CAQ
proposait dans un tableau. Malheureusement, du côté de la CAQ... M. le Président, si vous faites de l'insomnie, là, si vous cherchez à lire la
plateforme en environnement de la CAQ, bien, vous allez continuer à
faire de l'insomnie parce qu'ils n'en ont pas. Donc, vous ne pourrez pas lire
quoi que ce soit.
Mais, cela étant dit,
je ne suis pas en inaction. Au contraire, je vais annoncer, dans quelques jours
à peine, qu'il y a un événement qui s'en vient. Je vais même vous inviter pour
que vous puissiez venir en apprendre un peu.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Question principale, M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le Président, un peu plus tôt, la ministre
responsable de l'Accès à l'information a déposé le projet de loi
n° 179.
Peut-elle
nous confirmer qu'elle a donné ce document aux journalistes de la presse
parlementaire sous embargo avant son
dépôt? Et on a la preuve ici, fournie par les membres de la presse
parlementaire, M. le Président, ce qui serait un outrage au Parlement.
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Réponse, Mme la ministre.
Mme Weil : Donc, de confirmer que je n'ai pas donné, c'est
bien, ça, la question? Bien non, jamais donné. Jamais de la vie que j'aurais fait ça, hein — je
parle au président — jamais
de la vie, je n'aurais donné le projet
de loi à un journaliste, ce serait un outrage au Parlement. Ça fait neuf
ans d'expérience que j'ai ici, à l'Assemblée
nationale. J'ai toujours
été rigoureuse par rapport à l'information qui pourrait circuler avant
le dépôt du projet de loi.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, Mme la ministre. Première complémentaire, M. le député.
Bérubé : M. le
Président, j'en appelle à la responsabilité ministérielle. Qui, de son équipe,
a remis ce document — remis
aux journalistes — avant
que le projet de loi soit déposé à l'Assemblée nationale, à
l'appréciation des parlementaires? C'est une question extrêmement grave,
et je vous demande d'enquêter sur cette question.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le leader du gouvernement.
M. Fournier : Je n'ai aucune idée de ce dont il parle. Peut-être
que ce dont il parle n'a pas rapport avec ce qu'il dit. Donc, je
prendrais ça avec un petit grain de sel, tout ce qu'il dit, M. le Président.
Et, pour la suite des choses, le projet de loi est déposé, et nous en sommes
tous saisis.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt de la preuve que, supposément, la présidence devrait analyser?
Alors, est-ce qu'il y a consentement? Alors, il
y a consentement pour le dépôt.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Oui, oui, je vous laisse poursuivre.
Bérubé : M. le
Président, on a...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Non, à la période...
Bérubé : Il restait
du temps.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Non, mais un instant! Non, il ne restait pas de temps.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Bien, ce n'est pas...
Vice-Président (M. Gendron) :
Non, mais un instant, un instant! Assieds-toi. L'information que j'ai à l'écran, c'est qu'il ne restait plus de temps. Une seconde, là, la preuve qui
vient d'être déposée sera analysée par la présidence. Si, effectivement, on arrive à la conclusion qu'il
y a là une question de privilège, bien, on donnera un avis aux membres de cette Assemblée pour la suite des choses, comme
on est en mesure d'assumer cette responsabilité. Mais, en ce qui me
concerne, la période des questions est terminée.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Un
instant! Oui, M. le leader.
Bérubé :
Respectueusement, l'ensemble des parlementaires qui suivaient le temps ont bien
vu qu'il restait du temps. Alors, je vous invite à consulter la table,
et, de mon siège, je vous indique qu'il restait du temps.
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! Non, mais moi, de mon
siège... Puis là ça ne me fait rien de dire ça, là...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît!
Vice-Président (M. Gendron) : Nous aussi, on a des informations de la
table. Alors, je peux bien la consulter, mais l'information que la table m'envoie,
c'est que le temps était expiré sur l'écran que j'ai devant moi. J'ai un
écran...
Vice-Président (M. Gendron) : Un instant! Je vais juste finir ma
phrase, là. Nous, on a un écran, la
présidence, qui nous renvoie les informations de la table
sommairement.
Je l'ai devant moi, il ne restait plus de temps à la fin de votre phrase par rapport au dépôt du
document. Alors, moi, c'est cette information que j'ai, la période de questions est
terminée. Je peux vous entendre sur ce que je veux.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Oui, je vous écoute.
Bérubé :
M. le Président, j'invoque l'article 66 de notre règlement. Nous venons
d'apprendre des journalistes — ce qu'ils confirmeront dans les prochaines
minutes — qu'ils
ont reçu la copie du projet de loi n° 179 à 9 heures, sous embargo,
soit avant son dépôt en Chambre.
vous rappelle, le 14 novembre 2007, la décision du président Michel Bissonnet,
qui fait figure de tournant dans la
jurisprudence sur la question. J'ouvre les guillemets : «Cependant,
tous doivent avoir à l'esprit le rôle de notre institution et de ses membres
quand vient le temps de rendre public le contenu d'un projet de loi qu'ils entendent soumettre aux membres de l'Assemblée. Les membres du gouvernement, même s'il est de
leur responsabilité de communiquer avec le public, doivent toujours
avoir à l'esprit le rôle des députés dans le processus législatif. [...]Il en
va du respect de l'institution qu'est l'Assemblée
nationale dans notre société
démocratique. J'espère que tous entendent cet appel de la présidence et en
partagent les objectifs, autrement la présidence pourrait être appelée à
resserrer notre jurisprudence.»
J'estime
que la présidence doit, aujourd'hui,
intervenir de façon vigoureuse et envoyer un signal clair aux membres du Conseil des ministres afin que de telles
situations ne puissent se reproduire et que les parlementaires puissent remplir
pleinement leur rôle dans le processus législatif. M. le Président, je vous
invite à enquêter sur cette question.
Vice-Président (M. Gendron) : Bien, une chose qui est certaine, si, effectivement, vous soulevez une question de privilège, j'ai le droit... non pas seulement
le droit, j'ai l'obligation de vous écouter. Ça va? J'ai l'obligation de vous
écouter. Pour le vrai, la présidence a l'obligation d'écouter votre question de
privilège si c'en est une.
Est-ce
qu'il y a d'autres interventions sur cette question de... soulevée comme on
vient de l'entendre? Il n'y a pas d'autre intervention. Oui, la
présidence...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît! La présidence, avec ses collaborateurs
de la table, on va sûrement regarder...
Vice-Président (M. Gendron) : Non, on va regarder très sérieusement ce
qui vient d'être exprimé. C'est la responsabilité de la présidence, la
présidence s'engage à le faire.
Mais la période de
questions est terminée, et je laisse la place à ma collègue.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous en sommes à la rubrique
des votes reportés. Et, comme annoncé
précédemment, nous allons maintenant procéder au vote reporté sur la motion de
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve débattue hier aux affaires
inscrites par les députés de l'opposition, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale demande aux
partis politiques de s'engager à rénover toutes les écoles présentant un
déficit d'entretien, et ce, avant de procéder à une baisse de la taxe
scolaire.»
Et que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
La Secrétaire
adjointe : M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon
(Joliette), M. Marceau (Rousseau), M. LeBel (Rimouski),
Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre (Taillon), M. Leclair
(Beauharnois), Mme Richard (Duplessis),
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Gaudreault (Jonquière),
M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Therrien (Sanguinet), M. Rochon (Richelieu),
M. Pagé (Labelle), M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean
(Chicoutimi), Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Traversy
(Terrebonne), M. Kotto (Bourget), M. Turcotte (Saint-Jean),
M. Roy (Bonaventure).
M. Khadir
(Mercier), M. Lelièvre (Gaspé), Mme Ouellet (Vachon).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Maintenant, que les députés contre cette motion veuillent
bien se lever.
La Secrétaire adjointe : M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne), M. Billette (Huntingdon), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), Mme St-Pierre (Acadie),
M. Leitão (Robert-Baldwin), M. Arcand (Mont-Royal), Mme David
(Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Kelley
(Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), Mme Charlebois (Soulanges),
M. Barrette (La Pinière), Mme Weil
(Notre-Dame-de-Grâce), M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Moreau
(Châteauguay), M. Poëti (Marguerite-Bourgeoys), M. Heurtel (Viau),
Mme Vien (Bellechasse), Mme Ménard (Laporte), M. Fortin
(Pontiac), Mme Tremblay (Chauveau), M. Fortin (Sherbrooke),
M. Reid (Orford), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier
(Montmorency), Mme Montpetit (Crémazie), Mme Boulet (Laviolette),
Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger),
Mme Melançon (Verdun), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Drolet
(Jean-Lesage), Mme de Santis
(Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic),
M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine),
M. Girard (Trois-Rivières), M. Huot (Vanier-Les Rivières),
M. Rousselle (Vimont), Mme Vallières
(Richmond), M. Auger (Champlain), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est), M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel
(Sainte-Rose), M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie),
M. Polo (Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré),
Mme Sauvé (Fabre).
M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie), M.
Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière), M.
Charette (Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy
(Montarville), Mme Samson (Iberville), M.
Roberge (Chambly), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Lemay
(Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), Mme
D'Amours (Mirabel), Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), Mme Guilbault (Louis-Hébert),
M. Paradis (Lévis), M. Spénard (Beauce-Nord).
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Maintenant, y a-t-il des
abstentions? Alors, M. le secrétaire général, pour le résultat du vote.
Secrétaire : Pour : 24
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, la motion est rejetée.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des motions sans préavis, et, en fonction de
nos règles et de l'ordre de présentation, je vais céder la parole à M.
le député de Chambly.
Roberge : Mme la Présidente, je demande le consentement pour déposer
la motion suivante conjointement avec la députée de Vachon :
«Que
l'Assemblée nationale déplore la décision de la commission scolaire de la
Capitale de ne pas accepter la réinscription de la fille de Mme Miranda Paquet,
âgée de 6 ans, à l'école primaire de la Grande-Hermine dans le secteur
de Limoilou, malgré son déménagement dans un autre quartier de Québec, [suite
au] décès de son père;
«Qu'elle
demande au ministre de l'Éducation d'intervenir auprès de la commission
scolaire afin de permettre à la fillette
de poursuivre son cheminement scolaire [dans] cette école afin d'assurer une
stabilité dans son milieu scolaire et social et ainsi l'aider à
traverser cette épreuve.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, Mme la leader adjointe du gouvernement,
y-a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme Vien : Le dossier est
réglé à la satisfaction de la famille. Il n'y aura pas de consentement, madame.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, il n'y a pas de
consentement. Pour la prochaine motion, je vais céder la parole à Mme la
ministre de la Justice.
Mme Vallée : Merci, Mme la Présidente. Je
sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de
Marie-Victorin et le député de Borduas, le député de Mercier, la députée
de Vachon et le député de Gaspé :
«Que l'Assemblée nationale souligne la journée
internationale de lutte à l'homophobie et [de] la transphobie;
«Que ses
membres contribuent par leurs actions à l'avancement de l'égalité juridique et
sociale des personnes issues de la diversité sexuelle et de genre;
«Qu'ils
partagent fièrement avec les populations d'ici et d'ailleurs les actions du
Québec en matière de lutte contre l'homophobie et la transphobie afin
que les valeurs de respect et d'ouverture soient universellement reconnues.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la ministre.
Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme Vien :
Oui, avec plaisir, et avec débat, M. la Présidente. Alors, nous proposons des
interventions d'une durée maximale de deux minutes par intervenant et
selon l'ordre suivant...
Mme Vien : Ça vous va? C'est
correct?
Mme Vien : La ministre de la Justice, suivie
de la députée de Marie-Victorin, du député de Borduas, du député de Mercier et,
finalement, de la députée de Vachon.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, Mme la
leader adjointe. Alors, je cède la parole à Mme la ministre de la
Justice.
Mme Vallée : Merci, Mme la
Présidente. En ce 17 mai, je tiens à souligner cette journée importante pour
les personnes des minorités sexuelles du Québec et du monde entier, puisque nous
célébrons la journée internationale de lutte contre l'homophobie et la
transphobie.
L'initiatrice
de cette journée, la Fondation Émergence, dont le président et le
directeur général sont ici présents, a choisi cette année le thème Les
droits LGBT dans le monde . En tant que ministre de la Justice et ministre
responsable de la lutte contre l'homophobie et à la transphobie, je me sens
directement interpelée par ce thème, qui nous rappelle qu'encore aujourd'hui l'homosexualité est criminalisée dans 72 États
à travers le monde. C'est un enjeu de
premier plan pour les organisations et les États qui sont engagés envers
la pleine reconnaissance des personnes des minorités sexuelles.
Notre
gouvernement a choisi d'agir notamment en tenant compte de l'important volet
international dans notre deuxième
Plan d'action gouvernemental de lutte contre l'homophobie et à la transphobie.
Je tiens d'ailleurs à remercier ma
collègue d'avoir porté haut et fort ce dossier. Nous entendons ainsi mettre en
valeur sur la scène internationale les actions
posées pour contribuer à l'avancement des droits des personnes de la communauté
LGBTQ+. J'ai bon espoir que les
autres États s'inspirent des avancées réalisées ici et ailleurs et qu'ils
emboîtent le pas pour que chaque être humain puisse vivre dans un milieu
inclusif et sécuritaire.
À cet effet,
je crois que nous pouvons affirmer avec fierté que le Québec fait bonne figure
et que les mentalités changent pour
le mieux. La journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie
est tout indiquée pour célébrer les
progrès des gouvernements et des organismes de même que pour continuer de
mobiliser nos pairs et notre entourage envers toutes les formes de
discrimination.
Mme la
Présidente, chaque personne est unique. Elle a le droit d'aimer, d'être aimée,
d'être respectée et surtout d'être protégée. Merci.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la
ministre de la Justice. Et maintenant je cède la parole à Mme la députée
de Marie-Victorin.
Mme Fournier :
Merci, Mme la Présidente. En cette journée internationale de lutte contre
l'homophobie et la transphobie, un retour dans notre histoire récente
s'impose.
Ce n'est
qu'en 1968-1969 que le gouvernement du Canada a décriminalisé l'homosexualité.
Il aura toutefois fallu attendre un
amendement du Parti québécois à la charte québécoise des droits et libertés de
la personne le 15 décembre 1977 pour que soit ajoutée l'interdiction de la discrimination fondée sur
l'orientation sexuelle. Le gouvernement de René Lévesque devenait
alors le premier de l'histoire nord-américaine à se prévaloir d'une telle loi.
En 1999, le Parti
québécois a fait adopter le projet de loi n° 32, qui changeait la
définition de conjoint de fait pour y inclure les couples de même sexe. Cette
législation majeure et nécessaire modifia de nombreux articles de lois existants afin de rendre égalitaire la
reconnaissance en matière de partage du patrimoine et des avoirs, d'assurance
et de protection. Ce même gouvernement
déposait, en 2002, le projet de loi n° 84, permettant enfin l'union civile
des conjoints de même sexe. Le Parti
québécois a dès lors fait du Québec la première province à offrir aux conjoints
de même sexe une solution législative
équivalente au mariage, forçant ainsi la main au gouvernement fédéral à suivre
la marche trois ans plus tard.
Pendant son
court mandat minoritaire, le gouvernement de Pauline Marois a, quant à
lui, entamé une nouvelle bataille
pour la reconnaissance des droits des personnes trans. Il a déposé le projet de
loi n° 35, qui permet dorénavant aux
citoyens de changer de mention de sexe auprès du Directeur de l'état civil, et
ce, sans obligation de procéder à un traitement médical ou à une chirurgie. La
première ministre Pauline Marois fut d'ailleurs la première première ministre
à participer au défilé de la fierté en 2013.
Plus récemment, il y a tout juste un an, ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve
déposait le projet de loi n° 895, très
attendu des organismes de défense des droits des personnes trans. Il vise à
permettre à toute personne domiciliée
au Québec d'obtenir une modification de la mention de sexe au Directeur général
de l'état civil, puisque ces nouveaux
Québécois ont choisi le Québec précisément pour ses valeurs de liberté,
d'acceptation de l'autre et pour la grande ouverture d'esprit des gens
qui y habitent.
Plusieurs autres enjeux demeurent aussi en
suspens, comme l'accès aux ressources en région, le traitement de l'homosexualité dans certains groupes à dérive
sectaire et les tabous liés à certaines interventions médicales. Il
faudra s'y attaquer, et c'est ce que
nous comptons résolument faire. Le Parti
québécois est un parti aux valeurs
progressistes et modernes qui s'est toujours
battu pour les droits des minorités sexuelles et qui continuera de le faire
comme nous le faisons depuis 1977. Bonne journée de lutte contre l'homophobie
et la transphobie à tous!
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je
cède la parole à M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, en ce 17 mai, nous célébrons, nous soulignons la journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie.
Cette journée est l'occasion parfaite pour se pencher sur des enjeux importants que la communauté
LGBTQ2 vit encore et réfléchir ensemble pour trouver des pistes de solution
durables.
Vous savez,
l'homophobie et la transphobie engendrent des conséquences néfastes dans la vie
des personnes qui subissent
l'homophobie et la transphobie. En effet, le taux de suicide chez les personnes
qui en sont victimes est très élevé.
Je profite de
cette tribune aujourd'hui, Mme la
Présidente, pour mentionner
l'avancement que nous avons fait, en tant
que société québécoise, sur l'égalité des droits et au niveau de l'inclusion. Au Québec, nous nous sommes dotés de la Charte
des droits et libertés de la personne
en 1975, qui prévoyait certains motifs de discrimination. En 1977, nous
avons développé également
un ajout relativement à l'égard de l'orientation sexuelle. Nous
l'avons inscrit dans la Charte
des droits et libertés de la personne. Ça a été la première province canadienne
à inscrire l'orientation sexuelle comme motif de discrimination à
la charte.
Mme la Présidente, je tiens à dire aux victimes qu'ils ont des droits et qu'ils ne
devraient jamais avoir peur de dénoncer des comportements
inacceptables. Il existe des recours, et la société québécoise est là pour vous
soutenir. Toutefois, Mme la
Présidente, la lutte n'est pas
terminée, nous avons encore du chemin à faire pour combattre les préjugés
et la discrimination. Malheureusement, Mme la Présidente, vivre dans une société égalitaire comme la
nôtre n'est pas un privilège dont
tous les citoyens du monde peuvent profiter comme c'est le cas au Québec.
Ainsi, c'est pourquoi une journée comme
celle-ci a sa raison d'être pour favoriser l'inclusion des personnes dans la société,
peu importe notre orientation sexuelle, pour proposer et mettre en place des moyens concrets de lutte contre l'homophobie et la transphobie. Le
travail n'est pas terminé, et c'est
tous ensemble, Mme la
Présidente, que nous pourrons
continuer à lutter contre la transphobie et l'homophobie.
Ainsi,
j'invite l'ensemble des parlementaires à continuer le travail, et l'ensemble
de la population québécoise.
Je vous remercie, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le
député de Borduas.
Maintenant, au tour de M. le député de Mercier de
faire son intervention.
M. Khadir : Merci, Mme la Présidente. C'est à moi que revient le rôle de joindre la
voix de Québec solidaire à la
voix unanime exprimée par mes collègues à l'occasion de la Journée
internationale contre l'homophobie, contre la transphobie.
Il est peut-être bon de profiter de cette occasion pour faire le
bilan, très brièvement, du chemin parcouru, récent en tout cas, et
la route qu'il reste à faire.
Cette route, heureusement, est parsemée quand même de quelques victoires, de réalisations et de gains
récents. Notamment, au Québec, les personnes trans peuvent maintenant
obtenir plus facilement un changement de mention de sexe. Autant pour les adultes que pour les
enfants, c'est un gain, il faut le reconnaître. Dans le monde, le mariage
homosexuel est maintenant
accepté dans plus d'une vingtaine de pays, dont les États-Unis,
qui en ont étendu la possibilité à l'ensemble
du territoire
américain en 2015. Cependant, la route est, bien sûr, encore parsemée
d'obstacles majeurs. Malheureusement,
c'est encore criminel d'aimer une personne
du même sexe dans 72 pays. Dans huit de ces pays, on punit même les
relations entre personnes du même
sexe de la peine de mort. Dans 113 États, il n'y a
aucune loi qui puisse permettre de protéger les personnes LGBT contre
les discriminations de toutes sortes.
Autre
obstacle social important et qui existe
un peu partout, même chez nous — dans
une moindre mesure, mais cet obstacle
existe, il faut le reconnaître — des jeunes sont encore reniés par leurs familles
ou ostracisés lorsqu'ils osent clamer
leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Au Québec, il y a
encore des pas à franchir, par
exemple, pour la reconnaissance des personnes trans qui sont d'origine immigrante. Aussi, on a des
choses à faire pour sensibiliser davantage la population aux réalités des jeunes LGBTQ+, qui sont encore
victimes d'un taux de suicide beaucoup plus important que les autres jeunes du
même âge.
Donc,
c'est une journée contre l'homophobie et la transphobie. C'est aussi le moment
de se rappeler qu'il serait pourtant si simple, si simple de laisser les gens
s'aimer et se reconnaître tels qu'ils sont. Avec cette motion, moi, je suis
heureux pour nous parce qu'on signale qu'on
va continuer à travailler ensemble au Québec et aussi pour aider l'ensemble
de la planète, de l'Iran à la Russie, à
l'Arabie saoudite, à faire de notre monde un endroit où il sera, je l'espère,
plus facile désormais d'être soi-même. Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie, M. le député de
Mercier. Maintenant, la parole est à Mme la députée de Vachon.
Mme Ouellet : Merci, Mme la Présidente. Encore aujourd'hui, en 2018, des personnes
vivent difficilement avec une
orientation sexuelle et une identité de genre différentes de celles de la
majorité. On sait que, par exemple, le taux de suicide chez les jeunes
gais est beaucoup plus élevé que chez leurs camarades hétérosexuels.
grand nombre de gais et de lesbiennes vivent toujours dans le secret et dans la
peur du rejet, et les personnes trans vivent encore dans une situation
trop marginale.
Oui,
des lois progressistes ont été adoptées, mais il reste encore du chemin à faire
avant d'atteindre l'égalité sociale entre
tous les citoyens sur la base de l'orientation sexuelle ou de l'identité de
genre. Il appartient à chacun et à chacune d'entre nous d'être un acteur de développement, de changement et de
sensibilisation en favorisant le développement de relations harmonieuses entre les personnes
indépendamment de leur orientation sexuelle et en ayant à l'esprit l'ouverture
et la diversité et aux valeurs de notre société. Rappelons aussi qu'encore
aujourd'hui 72 pays criminalisent toujours l'homosexualité, comme
cela a été déjà mentionné. Le Québec doit faire entendre sa voix et dénoncer
haut et fort ces positions régressives et, je dirais, même criminelles en 2018.
prendra, je crois, encore des journées internationales contre l'homophobie et
la transphobie pour pouvoir faire avancer cette cause-là et de faire en
sorte que ce ne soit plus criminel nulle part sur la planète de pouvoir choisir
son orientation sexuelle. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Je vous remercie, Mme la députée de Vachon.
Alors, est-ce que
cette motion est adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Pour la prochaine
motion, je cède la parole à M. le leader de l'opposition officielle.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec
le député de Borduas, le député de Mercier, le député de Gaspé et la députée de
Vachon, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Journée nationale des patriotes, qui se tiendra le
21 mai [prochain];
«Qu'elle souligne l'importance de la lutte menée par les
patriotes de 1837‑1838 pour la reconnaissance de notre nation, pour sa liberté politique et
son émancipation, et pour l'établissement d'un gouvernement responsable;
«Qu'elle rappelle la
nécessité de garder vivante la mémoire des femmes et des hommes patriotes;
«Qu'elle invite les
députés à participer aux diverses cérémonies, notamment la levée du drapeau
patriote.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Je vous remercie. Alors, y
a-t-il consentement pour débattre de
cette motion?
Mme Vien :
Nous proposons de l'adopter sans débat, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Bérubé :
Mme la Présidente, nous proposons un vote par appel nominal.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, nous avons une demande de vote par appel nominal. Et que l'on
appelle les députés.
Et je suspends les travaux
quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 18)
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vais mettre aux voix la motion
présentée par M. le leader parlementaire de l'opposition
officielle conjointement avec M. le député de Borduas,
le député de Mercier, le député de Vachon et le député de Gaspé, et
cette motion se lit comme suit :
«Que l'Assemblée
nationale souligne la Journée nationale des patriotes, qui se tiendra le
21 mai [prochain];
«Qu'elle souligne
l'importance de la lutte menée par les patriotes de 1837‑1838 pour la
reconnaissance de notre nation, pour sa liberté politique et son émancipation,
et pour l'établissement d'un gouvernement responsable;
«Qu'elle rappelle la
nécessité de garder vivante la mémoire des femmes et des hommes patriotes;
«Qu'elle invite les
députés à participer aux diverses cérémonies, notamment la levée du drapeau
patriote.»
Et que les députés en
faveur de cette motion veuillent bien se lever.
Secrétaire adjointe : M. Bérubé (Matane-Matapédia),
Mme Hivon (Joliette), M. Marceau (Rousseau), M. LeBel
(Rimouski), Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre (Taillon),
M. Leclair (Beauharnois), Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Cloutier (Lac-Saint-Jean), M. Therrien (Sanguinet),
M. Rochon (Richelieu), M. Pagé (Labelle), M. Bourcier
(Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi), Mme Fournier (Marie-Victorin),
M. Traversy (Terrebonne), M. Kotto (Bourget), M. Turcotte
(Saint-Jean), M. Roy (Bonaventure).
M. Fournier (Saint-Laurent), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), Mme St-Pierre (Acadie),
M. Leitão (Robert-Baldwin),
M. Arcand (Mont-Royal), Mme David (Outremont), M. Proulx
(Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), M. Kelley (Jacques-Cartier),
Mme Vallée (Gatineau), Mme Charlebois (Soulanges),
M. Barrette (La Pinière), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Lessard (Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay),
M. Heurtel (Viau), Mme Vien (Bellechasse), Mme Ménard
(Laporte), M. Fortin (Pontiac), Mme Tremblay (Chauveau),
M. Fortin (Sherbrooke), M. Reid (Orford), M. Morin
(Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency), Mme Montpetit (Crémazie),
Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti (Jeanne-Mance—Viger), Mme Melançon
(Verdun), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Drolet (Jean-Lesage), Mme de Santis (Bourassa-Sauvé),
M. Iracà (Papineau), M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf),
M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine),
M. Girard (Trois-Rivières), M. Huot (Vanier-Les Rivières),
M. Rousselle (Vimont), Mme Vallières (Richmond), M. Auger (Champlain), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee),
M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois (Abitibi-Est),
M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose), M. Hardy
(Saint-François), M. Merlini (La Prairie), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), Mme Sauvé
(Fabre).
M. Bonnardel (Granby), M. Caire
(La Peltrie), M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard
(Chutes-de-la-Chaudière), M. Charette (Deux-Montagnes),
M. Martel (Nicolet-Bécancour), Mme Roy (Montarville), Mme Samson
(Iberville), M. Roberge (Chambly),
M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska), M. Lemay (Masson),
Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne (Johnson), Mme D'Amours
(Mirabel), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Paradis (Lévis),
M. Spénard (Beauce-Nord).
M. Khadir
(Mercier), M. Lelièvre (Gaspé), Mme Ouellet (Vachon), M. Busque
(Beauce-Sud).
La Vice-Présidente (Mme
Gaudreault) : Maintenant, y a-t-il des députés contre cette motion ou
des abstentions? Pour le résultat du vote, M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 93
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, la motion est adoptée.
Alors,
nous en sommes toujours à la rubrique des motions sans préavis, et je
demanderais aux personnes qui doivent quitter le salon bleu de le faire en
silence afin de permettre à Mme la députée de Vachon de présenter sa motion.
Mme Ouellet :
Mme la Présidente, je demande le consentement de la Chambre pour débattre de la
motion suivante conjointement avec le député de Gaspé, le député de
Matane-Matapédia et le député de Mercier :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de mettre en place un
crédit d'impôt sur la masse salariale des
journalistes afin d'apporter son soutien au maintien à la diversité d'accès à
l'information avec une mesure accessible et équitable pour toutes les
structures d'entreprises.»
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Merci, Mme la députée de Vachon. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Mme Vien :
Pas de consentement.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Il n'y a pas de consentement.
Alors, y a-t-il
d'autres motions sans préavis? Oui, Mme leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, suite à une entente entre les groupes
parlementaires et les députés indépendants,
je sollicite le consentement afin de présenter une deuxième motion qui touche
la tenue de consultations
particulières pour le projet de loi n° 186, Loi concernant l'acquisition
de voitures additionnelles pour le métro de Montréal.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est tout?
Mme Vien :
C'est tout.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : C'est très bien. Alors, y a-t-il consentement pour
permettre une deuxième motion sans préavis
par le gouvernement? Oui, il y a consentement. Y a-t-il consentement pour
débattre cette motion?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Ah! je croyais que tu l'avais lue.
Excusez-moi. Alors, oui, allez-y, vous pouvez la lire avant le
consentement.
Vien : Alors, je fais motion, conformément à l'article 146
du règlement de l'Assemblée nationale, afin :
«Que
la Commission des transports et de l'environnement, dans le cadre de l'étude du
projet de loi n° 186, Loi concernant
l'acquisition de voitures additionnelles pour le métro de Montréal, procède à
des consultations particulières et tienne des auditions publiques le
29 mai 2018;
«[Et]
qu'à cette fin, elle entende les organismes suivants — Mme la Présidente : Bombardier, la
Confédération des syndicats nationaux, la Société de transport de
Montréal;
«Qu'une période de 12 minutes soit prévue
pour les remarques préliminaires, répartie de la manière suivante :
6 minutes au groupe parlementaire
formant le gouvernement, 3 minutes 30 secondes au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle et
2 minutes 30 secondes au deuxième groupe d'opposition;
«Que
la durée maximale de l'exposé de chaque organisme soit de 10 minutes et
l'échange avec les membres de la commission
soit d'une durée maximale de 50 minutes partagées ainsi :
25 minutes pour le groupe parlementaire formant le gouvernement,
15 minutes pour l'opposition officielle et 10 minutes pour le deuxième
groupe d'opposition; et
«Que le ministre des
Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports
soit — bien
sûr — membre
de ladite commission pour la durée du mandat — Mme la Présidente.»
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, cette motion est-elle adoptée?
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Nous en sommes
maintenant à la rubrique des avis touchant les travaux des commissions,
et je recède la parole à Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. J'avise notre Assemblée que la Commission
des finances publiques poursuivra l'étude
détaillée à l'égard du projet de loi n° 141, Loi visant principalement à
améliorer l'encadrement du secteur
financier, la protection des dépôts d'argent et le régime de fonctionnement des
institutions financières, aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
Commission des relations avec les citoyens entreprendra l'étude détaillée à
l'égard du projet de loi n° 178, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant la
protection du consommateur,
aujourd'hui, après les affaires courantes
jusqu'à 13 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, ainsi que
le mardi 29 mai, de 10 heures à midi, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'économie et du travail
poursuivra ses consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 176, Loi modifiant la
Loi sur les
normes du travail et d'autres dispositions législatives afin principalement de
faciliter la conciliation famille‑travail,
aujourd'hui, à compter de 11 h 30 pour une période de
1 h 30 min et de 15 heures à 17 h 15, le vendredi 18 mai, de 9 h 30 à
12 h 30, le lundi 28 mai 2018, de 14 heures à
17 h 15, ainsi que le mardi 29 mai 2018, de
10 heures à 11 h 30, ce sera à la salle du Conseil législatif;
La Commission
de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 157, Loi
constituant la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant le
cannabis et modifiant diverses dispositions en matière de sécurité routière, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May, et de
15 heures à 18 heures, à la salle Louis-Joseph-Papineau. Elle
poursuivra ladite étude détaillée le lundi 28 mai 2018, de
14 heures à 18 heures, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine,
ainsi que le mardi 29 mai 2018, de 10 heures à midi, à la salle des
Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May;
Et finalement
la Commission des institutions poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet
de loi n° 170, Loi modernisant
le régime juridique applicable aux permis d'alcool et modifiant diverses
dispositions législatives en matière de
boissons alcooliques, le mardi 29 mai 2018, de 10 heures à midi, ce
sera à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie. Pour ma part, je vous
avise que la Commission de la santé
et des services sociaux se réunira en séance de travail aujourd'hui, à
13 heures pour une durée d'une heure, à la salle RC.161, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de pétitions concernant les sujets suivants : l'acquisition et l'implantation d'un appareil
d'imagerie médicale TEP scan au Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur; le
financement dédié au travail de rue; la mise
en place d'un plan d'action relativement au trouble du spectre de
l'alcoolisation foetale; et enfin le remboursement des heures payées en
trop par les usagers dans les horodateurs des hôpitaux.
Nous en
sommes maintenant à la rubrique des renseignements sur les travaux de
l'Assemblée. S'il n'y a pas de demande
de renseignements, je vous avise de plus que l'interpellation prévue pour le
vendredi 1er juin 2018 portera sur le sujet suivant : L'improvisation libérale quant à la gestion de
notre territoire faunique. M. le député de Masson s'adressera alors à M.
le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.
Et, la
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et je cède la parole à Mme la leader adjointe du
gouvernement.
Mme Vien : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Veuillez, s'il vous plaît, appeler
l'article 2.
La Vice-Présidente
(Mme Gaudreault) : À l'article 2 du feuilleton, l'Assemblée
prend en considération le rapport de la
Commission des relations avec les citoyens qui, les 17 et 25 novembre 2015
ainsi que le 18 janvier 2016, a procédé à des auditions publiques
dans le cadre de consultations particulières à l'égard du mandat d'initiative
sur les conditions de vie des femmes
autochtones en lien avec les agressions sexuelles et la violence conjugale. Ce
rapport, qui a été déposé le 15 mai 2018, contient des
observations, des conclusions et cinq recommandations.
Je vous
rappelle que, conformément aux dispositions de l'article 95 du règlement,
la prise en considération du rapport
donne lieu à un débat restreint d'au plus deux heures et qu'aucun amendement
n'est recevable. Je vous rappelle également qu'en vertu du deuxième
alinéa de l'article 95 ce débat n'entraîne aucune décision de l'Assemblée.
Conformément
à ce qui a été énoncé par la présidence, la répartition des temps de parole,
dans le cadre de ce débat, s'effectuera comme suit : 55 minutes sont
allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement,
31 min 26 s sont allouées au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle, 23 min 34 s sont allouées au deuxième
groupe d'opposition, 10 minutes sont allouées aux députés indépendants, six
minutes sont réservées aux députés de Québec solidaire,
et la présidence répartira le reste de cette enveloppe de temps entre les
députés de Groulx, de Vachon et de Gaspé, selon le nombre de députés qui
se seront manifestés et sous réserve d'un maximum de deux minutes chacun.
Dans le cadre
de ce débat, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des
groupes parlementaires sera
redistribué entre les groupes parlementaires selon les proportions établies
précédemment. Mis à
part les consignes mentionnées, les interventions ne seront soumises
à aucune limite de temps. Et enfin je rappelle aux députés indépendants
qui souhaitent intervenir au cours du débat qu'ils ont 10 minutes, à
partir de maintenant, pour en aviser la présidence.
Je suis maintenant
prête à reconnaître le premier intervenant. Oh! bon, M. le député de Portneuf,
je vous cède la parole.
M. Matte : Merci,
Mme la Présidente. À
titre de vice-président de la commission, je suis très heureux de prendre la parole aujourd'hui concernant le mandat qui nous a été donné sur les
conditions de vie des femmes autochtones en lien avec la violence et les
agressions sexuelles, ce mandat, bien que très intéressant, il faut l'avouer,
des plus délicats.
Nous avons lancé
ce mandat au printemps 2015, après avoir entendu des intervenants dénoncer
des conditions de vie difficiles des
femmes autochtones au Québec. Pendant
des décennies, les membres des différentes nations autochtones ont subi des préjudices politiques, socioéconomiques
et culturels. En plus des conséquences, leurs conditions de vie se sont
profondément détériorées. Au Québec, les Premières Nations et les Inuits sont
aujourd'hui confrontés à de multiples problèmes.
Les femmes
autochtones subissent particulièrement des répercussions des torts causés à
leur peuple. La violence conjugale,
familiale et sexuelle dont elles sont victimes s'ajoute aux blessures
collectives et personnelles qui marquent les nations et leurs membres. Selon les données statistiques, les taux de
violence conjugale chez les femmes autochtones sont trois fois plus
élevés que chez les autres femmes canadiennes.
Dans son
rapport déposé en 1996, la Commission royale sur les peuples autochtones a
établi que la question de la violence
familiale dans les communautés est une menace à la sécurité et à
l'épanouissement des enfants. Près de 20 ans plus tard, l'organisme Femmes autochtones du
Québec ciblait toujours la violence en milieu familial comme l'une des
principales sources de violence dont sont victimes les femmes autochtones au
Québec. De plus, elles sont plus souvent victimes des formes les plus
graves de violence, notamment d'agressions sexuelles.
Cette
question relativement méconnue s'est retrouvée dernièrement dans l'actualité
médiatique. C'est pourquoi notre
première préoccupation fut de bien écouter et comprendre les autochtones, qui
sont les mieux placés pour déterminer leurs
besoins et les solutions adaptées à leur réalité. Et c'est notre volonté
aujourd'hui d'être leurs porte-parole auprès du gouvernement du Québec.
Une grande
partie de notre travail a été de recueillir leurs témoignages. Nous avons donc
multiplié les rencontres au
parlement, mais aussi sur les réserves mêmes, dans le milieu de vie autochtone.
Il nous importait de respecter l'autonomie et les compétences des Premières Nations et des Inuits au cours de nos
travaux. Notre démarche se voulait inclusive et collaborative,
permettant ainsi des échanges empreints d'authenticité et d'ouverture.
Je veux
d'ailleurs remercier l'équipe de la maison Missinak de nous avoir accueillis
dans leur refuge et sur leur site de
ressourcement en milieu naturel. Nous sommes également reconnaissants envers
des groupes inuits qui ont facilité l'organisation
de rencontres au Nunavik. Un comité de veille des Premières Nations nous a
accompagnés afin de nous aider à
mieux comprendre les réalités autochtones. Nous remercions les membres du comité pour leurs conseils avisés.
Nous saluons particulièrement l'apport et le soutien de Mmes Marjolaine
Étienne et Adrienne Jérôme.
Entre autres,
lors de nos déplacements dans les communautés, ces visites nous ont permis de
constater à quel point les Premières Nations et les Inuits du Québec ont
à coeur le développement de leurs collectivités. Nous n'aurions pu atteindre
nos objectifs sans leur collaboration et leur accueil. Plusieurs témoins ont
souligné l'importance de tisser de nouveaux liens avec les autochtones. Ce mandat
d'initiative sur les conditions de vie des femmes autochtones donne l'occasion
de faire des gestes concrets en ce sens.
Nous
espérons, Mme la Présidente, que le gouvernement
du Québec accueillera positivement
les observations et les recommandations formulées dans ce rapport. Au-delà du travail accompli par la Commission des relations avec les citoyens,
c'est la parole des autochtones que nous transmettons afin de les soutenir dans
la lutte contre la violence et, plus largement,
dans la concrétisation de leurs aspirations. Au cours du mandat, nous avons
reçu beaucoup de témoignages et de données sur les conditions
de vie des femmes autochtones et sur
les formes de violence dont elles sont victimes. Nous avons échangé avec plusieurs intervenantes et
intervenants de différents horizons. Nous avons entendu leurs constats et recueilli
leurs positions.
Voici donc, Mme la Présidente, les recommandations que notre commission fait à l'égard
de notre mandat : Que le gouvernement du Québec, en collaboration avec des partenaires autochtones, révise les programmes
d'enseignement primaire et secondaire afin d'introduire un volet
pédagogique sur l'histoire et les réalités contemporaines des autochtones
à l'intention des élèves et qu'il révise les
programmes menant aux brevets d'enseignement primaire et secondaire afin d'y introduire un cours sur l'histoire et les
réalités contemporaines des autochtones; Que le gouvernement du Québec,
en collaboration avec des partenaires autochtones, contribue activement à l'augmentation et à la diversification
de l'offre de logements dans toutes
les communautés autochtones touchées par la pénurie et qu'il révise les règles
d'attribution et de financement des
habitations à loyer modique en vue de les ajuster à la réalité autochtone dans
les communautés situées surtout dans
des régions éloignées; Que le gouvernement du Québec, en collaboration avec des
partenaires autochtones, soutienne
les initiatives des milieux autochtones de prévention afin de prévenir la
violence conjugale, familiale et sexuelle, qu'il soutienne la mise sur pied, l'entretien et le fonctionnement des
maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence et qu'il révise les politiques d'accueil et les procédures
d'intervention des maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence; Que le gouvernement
du Québec, en collaboration avec des partenaires autochtones, soutienne la mise sur pied des centres de guérison dans les
communautés autochtones, qu'il élabore un mécanisme de reconnaissance des démarches et des outils de guérison traditionnels
et qu'il soutienne les initiatives des milieux autochtones relativement
à la mise en place de mécanismes de justice communautaire; Que le gouvernement
du Québec soutienne la formation d'intervenantes et d'intervenants autochtones dans le domaine jugé
prioritaire par les milieux autochtones et qu'il s'assure que le personnel de
la fonction publique et du secteur parapublic québécois,
ainsi que les membres des corps policiers et intervenants dans les
milieux autochtones, suivent une formation adaptée à la réalité autochtone et
communautaire.
En terminant,
Mme la Présidente, il nous faudra améliorer la concertation et la collaboration des différents paliers gouvernementaux
et s'asseoir avec les communautés afin de répondre à leurs attentes et
d'améliorer leur qualité de vie.
Je désire également
remercier tous les membres de la commission, ainsi que le personnel administratif, qui ont contribué à la
réalisation de ce rapport. Je souhaite qu'il puisse guider les actions des
différents gouvernements dans l'amélioration des conditions de vie autochtones.
Et je vous remercie, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : C'est moi qui vous remercie,
M. le député de Portneuf. Et maintenant, pour la prochaine intervention,
je cède la parole à Mme la députée de Chicoutimi.
Mme Jean : Merci,
Mme la Présidente. Il me fait
plaisir, aujourd'hui, de m'adresser à vous concernant le dépôt du
rapport de la Commission des
relations avec les citoyens qui
touche, si je veux bien le dire, le mandat
d'initiative sur les conditions de vie des femmes autochtones en lien avec les agressions sexuelles et violence conjugale, sujet extrêmement
difficile, extrêmement sensible aussi auquel on s'est confronté, où ce qu'on a
abordé... sujet très important. Avec la réalisation
du mandat d'initiative de la Commission
des relations avec les citoyens, Mme la Présidente, j'ai eu la chance ou plutôt le privilège de voir de mes yeux,
d'entendre de mes oreilles la douleur des femmes autochtones.
Je veux profiter de l'occasion, d'ailleurs, pour
remercier tous celles et ceux qui ont participé, qui nous ont accueillis dans les communautés autochtones pour
partager avec nous généreusement leur vécu, leurs sentiments, leur
douleur, leurs problèmes pour que nous puissions être à même de bien peser les
choses de ce qui se passe au niveau, justement, de la situation des femmes autochtones.
Ce que j'ai
senti, Mme la Présidente, c'est... indescriptible, si je veux bien
m'exprimer. La situation des autochtones au Québec et au Canada, elle est difficile, mais la situation
des femmes autochtones, quant à elle, elle est inacceptable. Les témoignages entendus, Mme la Présidente, sont troublants. Autant les femmes que les hommes qu'on a rencontrés
déplorent la situation des femmes
autochtones actuellement. Elles sont des femmes, elles sont des mères, des
filles, des soeurs. Tous s'entendent pour dire qu'elles sont au coeur
des communautés.
Elles sont conscientes de leur situation
malheureuse et elles veulent y remédier. Elles sont belles, elles sont généreuses, elles sont intelligentes, mais
surtout, Mme la Présidente, dans toute la situation dans laquelle elles
vivent, elles sont résilientes. Et
c'est sur ces qualités qu'il faut miser pour changer les choses, pour changer
les choses pour le mieux et changer
pour de bon. Changer pour de bon afin que ces femmes puissent avoir la chance égale,
comme toute personne vivant au Québec,
la chance de s'épanouir, de se sentir en sécurité, de ne pas avoir peur lorsqu'elles sortent à l'extérieur
de leur maison, la chance d'avoir un avenir,
la chance de pouvoir rêver, la chance de pouvoir penser que ces rêves peuvent
se réaliser. Comme toute personne au Québec, les femmes autochtones devraient
pouvoir vivre et s'épanouir de cette façon-là.
Malheureusement, la situation d'aujourd'hui n'est pas le cas, et il faut y remédier. Puis
elles ont le droit d'avoir cette situation.
Après les
visites qu'on a faites et les témoignages qu'on a entendus, Mme la Présidente, force est de constater que
la situation n'est pas uniforme dans les différentes communautés
qu'on a visitées, donc il n'y a pas non plus de solution uniforme. Il
n'y a pas une solution, actuellement, qui pourrait remédier à la situation, puisque la situation est complexe, elle est différente dans
chacun des territoires.
Le rapport l'exprime bien, la solution ou les
solutions qu'on doit apporter ne peuvent pas être apportées de l'extérieur, elles ne peuvent pas être imposées de
l'extérieur, elles ne peuvent même pas être pensées et élaborées à
l'extérieur des communautés
autochtones. En fait, elles doivent être pensées, e