CAT — 5 October 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2016-10-05
Quebec — Committees
(Onze
heures douze minutes)
Le Président (M. Auger) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Je demande à toutes les
personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs appareils
électroniques.
commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 110, Loi
concernant le régime de négociation des conventions collectives et de
règlement des différends dans le secteur municipal.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Aucun, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Merci. Lors de la suspension de nos travaux, hier, nous en
étions à l'étude de l'amendement présenté par M. le ministre à l'article 6,
et M. le député de René-Lévesque avait la parole. M. le député.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le
Président. Hier soir, nous avions
posé une question concernant la façon dont le ministère
se tient au courant ou est à l'affût de ce fameux délai de 15 jours entre
la transmission ou pas des avis. Est-ce
que vous avez aujourd'hui, M. le ministre, de nouvelles précisions à nous
apporter, puisque la réponse d'hier était, bon :
Ils suivent le dossier? Est-ce que vous avez un mécanisme à nous présenter ou vous êtes
au même endroit, ce matin, que vous l'étiez hier soir?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Bien là, ça concerne l'article 5 déjà adopté, cette question, sur les
15 jours, là.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de René-Lévesque, effectivement, nous sommes à l'article 6.
M. Coiteux :
On est rendus à l'article 6.
M. Ouellet :
Oui, je suis bien conscient, mais on a posé une question hier. Je veux juste
savoir si...
M. Coiteux :
C'est la même réponse, M. le Président. Ils font un suivi.
M. Ouellet :
Ah! O.K. C'est beau. O.K.
Le Président (M.
Auger) : O.K. Merci.
M. Ouellet : Donc, nous sommes toujours à l'article 6, M. le
Président. J'aurai des amendements,
j'en aurai trois.
Le Président (M. Auger) : ...disposer de celui-là. Nous sommes en train de discuter d'un amendement du ministre.
M. Ouellet :
Ah! O.K. Excusez. Excusez-moi.
Le Président (M.
Auger) : Allez-y.
Le Président (M.
Auger) : Par contre, si c'est un sous-amendement, ce serait correct...
M. Ouellet :
Non, non, non.
Le Président (M.
Auger) : ...mais, si c'est des amendements, on doit disposer de
celui-là en premier.
M. Ouellet : O.K. Donc, hier, nous étions à débattre de la
pertinence de laisser les parties décider ou ne pas décider d'aller vers
le médiateur, c'était le sujet de notre amendement. Votre position n'a pas
changé, vous êtes toujours au même endroit, c'est-à-dire une médiation
obligatoire pour les parties?
M. Coiteux :
Oui. La nuit inspire la continuité.
Président (M. Auger) : Pas
d'autres interventions, M. le député, sur l'amendement du ministre à l'article 6? M. le député de Blainville,
ça va?
Alors, s'il n'y a
pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 6 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté.
Nous revenons à l'article 6 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : C'est à ce moment-là
que je peux le déposer?
Le Président (M. Auger) : Exactement.
M. Ouellet : Oui, d'accord. Donc,
tel qu'indiqué tout à l'heure, précédemment, j'ai trois amendements à présenter
et...
Le Président (M. Auger) : On va y
aller une par une... un par un, excusez.
Ouellet : Oui, c'est ça,
mais j'aimerais... Pour le bénéfice de la commission, je vais les
transmettre quand même aux
partis pour qu'ils puissent en tenir compte, parce que notre... ils sont
intimement liés, je vous dirais, et, dans le plaidoyer
qu'on va faire dans la nécessité d'apporter ces amendements-là, pour nous, ça
se tient, ça se tient tout. Ça fait qu'on va permettre à la deuxième
opposition et à...
Le Président (M. Auger) : Par
contre, ce qu'on va faire, vous allez en présenter un. Vous pouvez...
Le Président (M. Auger) : Pardon?
Oui, M. le ministre?
M. Coiteux : Est-ce qu'il n'y a pas
possibilité de les regrouper en un seul amendement?
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Coiteux : Il me semble que c'est
dans l'ordre des choses.
Le Président (M. Auger) : Si c'est
possible.
M. Ouellet : Bien, je veux dire, on
va vous les transmettre. Si vous voulez qu'on les regroupe, on pourra les
regrouper, mais, tu sais, nous, ce n'est pas...
Coiteux : M. le Président, s'il est possible de faire en une pierre
trois coups, il me semble que vous devriez être saisi de cette
question-là. Pourquoi faire trois amendements si on peut en faire un seul?
Le Président (M. Auger) : Ce qu'on
va faire, là, on va suspendre les travaux quelques instants puis on va examiner
la situation. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 15)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux avec le député de René-Lévesque et un amendement à l'article 6 qui est déjà amendé. M. le
député de René-Lévesque, la lecture de votre amendement, et par la suite
apporter quelques explications. M. le député.
Ouellet : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, modifier l'article 6 :
L'article 6 du
projet de loi n° 110 est modifié par l'insertion, après les mots
«Le médiateur a 60 jours», des mots «à partir de la date de la première
séance de médiation».
Alors,
M. le Président, le but visé derrière cet amendement, c'est de se donner toute
la latitude de bien profiter de ces
journées à la médiation. Lorsqu'on a posé la question, hier soir, à quel moment
le décompte des 60 jours se fait, c'est lors de la nomination du médiateur, alors, M. le
Président, il peut se passer un certain temps entre la nomination et le
début de la première séance de médiation,
pour plein de raisons, M. le Président. Le médiateur peut être nommé, exemple,
un 16 décembre, avant les fêtes, bon, on
arrive avec le congé des fêtes, on ne peut pas vraiment se rencontrer, on se
cédule au retour des fêtes, donc on perd
peut-être un deux, trois semaines pour lequel ce serait opportun d'avoir toute
la latitude, d'avoir ces fameux
60 jours là. On en parle beaucoup dans le projet de loi, M. le Président,
les journées de négociation sont là
pour répondre à la demande de trouver une entente négociée, les jours de
médiation sont là pour trouver un espace pour le médiateur à amener les
parties à s'entendre, alors on trouve plus que pertinent, pour nous, que ces 60
jours là soient utilisés à plein escient et qu'ils commencent à compter à
partir de la date où la première séance de médiation sera effectivement
entamée.
Le Président (M.
Auger) : Commentaires, réactions? M. le ministre.
M. Coiteux :
Bien, M. le Président, je constate que le texte, tel qu'il était, peut-être
n'avait pas toute la clarté nécessaire.
Donc, moi, je me référais à l'interprétation habituelle, mais, pour plus de
précision, M. le Président, j'aurai un sous-amendement à la proposition
d'amendement...
Le Président (M.
Auger) : Allez-y, faites-en la lecture.
Coiteux : ...qui consiste, à l'amendement de mon collègue de
René-Lévesque, de remplacer «à partir de la date de la première séance
de médiation» par «à compter de la date de sa nomination».
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre quelques instants pour en permettre la
distribution.
(Suspension de la séance à
11 h 34)
Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. Donc, M. le
ministre avait présenté un sous-amendement, mais en fait il serait irrecevable, Il ne peut pas constituer un
sous-amendement, car il vient totalement annuler l'effet de l'amendement
du député de René-Lévesque.
Donc, nous devons
reprendre avec l'amendement du député de René-Lévesque. Nous poursuivons avec
la discussion sur l'amendement. On va en débattre et disposer...
M. Ouellet :
Écoutez, je comprends que l'amendement du ministre est irrecevable, je
comprends aussi qu'il resoumettra...
Le Président (M.
Auger) : Le sous-amendement.
M. Ouellet : ...le sous-amendement ultérieurement, mais ça me démontre aussi à quel
endroit il se situe. Alors, je pense
qu'on va utiliser cet échange-là pour essayer de se convaincre mutuellement, de
part et d'autre, M. le Président.
Effectivement,
l'article 6 n'était pas clair. Là, on apporte un éclaircissement. Le
sous-amendement refusé du ministre apporte l'éclaircissement voulu du côté du
gouvernement.
J'aimerais
ça, M. le ministre... Pour me convaincre, on va faire un cas d'espèce ensemble,
juste pour voir si mon amendement tient la route et si je suis capable
de convaincre que c'est la bonne avenue.
fait qu'on est dans le processus en question, le fameux 240 jours est
expiré, une des parties a transmis l'avis au ministère des Transports... du Travail, pardon. Et donc il reçoit
l'avis. Elle doit décider du médiateur, donc elle regarde à l'intérieur
de ses listes et, bon, trouve le médiateur et nomme le médiateur. Combien de
temps peut se passer, M. le ministre, entre
l'avis envoyé au ministère du Travail et la nomination du médiateur? Comment,
selon vous, on pourrait évaluer... ou quel serait le temps utilisé ou
optimal là-dedans, là?
M. Coiteux :
Vous me posez la question sur la pratique actuelle, là? Parce que ça se nomme,
des médiateurs, à l'heure actuelle...
Le Président (M.
Auger) : D'autres questions, M. le député?
M. Ouellet :
Bien, mon exemple va découdre après...
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 11
h 40)
Le Président (M.
Auger) : Nous reprenons nos travaux. M. le ministre.
M. Coiteux :
Environ 48 heures en moyenne. Ça peut être plus court.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Oui. Et donc il est nommé, et donc par la suite le médiateur rentre en
communication avec les... Dans les
48 heures qu'il est nommé, est-ce
qu'il a une obligation
de rentrer rapidement en relation avec les parties pour fixer la
première date?
M. Coiteux :
Il le fait de façon diligente. Et d'ailleurs le fait de spécifier que le départ
du compteur est à sa nomination impose la diligence à tout le monde pour
profiter au maximum de la période qui est ouverte.
M. Ouellet : Donc, 48 heures après, il est nommé, il fait preuve de diligence
et convoque les parties. Êtes-vous d'accord avec moi qu'entre le moment où est-ce qu'il
convoque les parties et le temps où est-ce que les parties seront à leur première séance de médiation, ça peut être
vaste, là, en fonction des agendas mais en fonction aussi des aléas possibles?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : C'est que c'est
différent, ici, c'est une médiation obligatoire, hein? Alors, une médiation
obligatoire, ce n'est pas la même chose
qu'une médiation facultative où, finalement, la médiation peut être utilisée pour toutes
sortes de raisons stratégiques. Ici, la médiation fait
partie du processus
même. Alors, tout le monde, dans ce contexte-là, va souhaiter faire preuve de
diligence. Donc, le type de délai qui pourrait, dans un système très, très,
très ouvert, être relativement... Ça dépend du client, finalement. Ici, on
s'attend à ce que ça se resserre beaucoup.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. Je comprends où veut en venir le collègue de
l'opposition officielle, mais il y a une ambiguïté
avec son amendement, dans le sens où, quand on dit «dès la première séance de
médiation», bien, tu sais, si les parties
ne veulent pas... Puis là je prends en considération les déclarations de
certains élus qui ont dit que, le projet de loi, ils n'en voulaient pas, là, mais admettons qu'ils
décident de ne pas participer, puis leur façon de ne pas participer, c'est
de ne pas se présenter à la première
rencontre de médiation. Tu sais, je ne voudrais pas qu'on adopte une
modification législative qui permet
de contourner la loi, là. C'est juste ça qui m'agace, là, parce que, quand vous
mentionnez «dès la première réunion
de médiation», bien, il faut qu'il y en ait une, première. Donc, si j'ai des
parties qui, à quelque part, décident de contourner la loi en disant : Je ne me présente pas, bien là, à ce
moment-là, on vient de faire indirectement ce qu'on ne voulait pas qui
soit fait directement, là.
J'aimerais
mieux... Puis je pense que vous allez avoir d'autres amendements par rapport
aux délais. Si on trouve que le
60 jours puis le 30 jours supplémentaire est trop restrictif puis on
pense qu'à cause des délais, des rencontres, et tout ça, on aurait besoin d'un 30 jours supplémentaire, ça, je
serais plus intéressé. Mais d'y aller avec «à partir de la date de la première rencontre de médiation», ça
pourrait... en tout cas, il pourrait y avoir des parties qui décident
volontairement de ne pas se présenter
en médiation pour retarder le délai, tout simplement, puis ça, je suis moins à
l'aise avec ce point-là.
Le Président (M.
Auger) : Commentaires, réactions? M. le ministre? Non. M. le député de
René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, bien, écoutez, si le collègue de Blainville
a une nouvelle formulation à faire pour le sous-amender, on est à l'aise de l'entendre et de la voir. Pour
nous, puis c'était pour ça aussi, mon exemple... Tu sais, je comprends
la diligence, M. le ministre, là, mais
prendre des vacances de Noël, c'est aussi une obligation, tu sais, je veux
dire, il y a des périodes, il y a des moments où est-ce que ce sera
férié et fermé.
je veux juste bien comprendre... Puis je comprends le collègue de Blainville.
Est-ce que les parties pourraient utiliser
ce momentum-là pour retarder le début du compteur? Moi, dans
le fond, j'aurais peut-être
deux interrogations là-dessus, parce que,
si je suis la logique de votre projet
de loi, comme la médiation est
obligatoire, est-ce que, d'une part, M. le ministre, le médiateur,
une fois qu'il est nommé, peut contraindre les parties, à une date x, de
débuter la médiation? Est-ce que c'est un pouvoir qu'on lui donne, de contrainte?
Si ce pouvoir-là existe, de contraindre les parties à être là, bien, dans le cas de l'interrogation du collègue
de Blainville, bien, elle ne se pose pas parce que,
s'ils sont contraints puis ils ne sont juste pas présents, bien, on va
commencer, puis ils ne seront pas là, puis ce sera le processus qui aura débuté
à ce moment-là, là.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Bien, c'est une
chose qui peut être considérée. Elle peut être considérée plus tard
dans le projet de loi, d'ailleurs,
mais ce n'est pas le cas dans l'article 6 ici.
Moi, je comprends du député de Blainville que ce
n'est pas tant que le compteur parte à la nomination que le délai total, notamment la prolongation de
la période. La prolongation de la période, elle est là justement
pour tenir compte du fait que peut-être qu'il y
a eu des circonstances qui ont fait
en sorte que le 60 jours n'a pas suffit, donc il est proposé, dans cet article, un délai supplémentaire de 30 jours. Je comprends de ce que dit le député
de Blainville que peut-être
que ce 30 jours là, pour lui, pourrait
être questionné, c'est ce que j'ai compris, mais auquel cas, si
c'est mon interprétation et si elle
est juste, ce n'est pas tellement un sous-amendement à l'amendement du collègue de René-Lévesque dont il serait question, c'est plutôt un amendement
à l'article plus tard, là, si jamais on devait avoir cette discussion-là.
Le Président (M. Auger) : M. le député
de René-Lévesque.
Ouellet : Oui. C'est évident
pour nous que le temps porté à la médiation va être essentiel, d'autant plus
que l'étape subséquente, dans le cas des policiers et pompiers... Mais aussi
dans le cas des autres salariés, parce qu'on va y faire référence, à la médiation, aussi, parce qu'on y fait référence
avant de se rendre du côté du mandataire spécial. C'est pour ça que c'est important pour nous de
l'optimiser. Puis, quand je dis que c'est important pour nous, c'est
important pour l'ensemble des parties, d'être capable de l'optimiser et
d'utiliser son plein potentiel.
Ce qu'on
veut, avec cet amendement-là, là, ce n'est pas de mettre un mécanisme qui va
permettre à une ou l'autre des
parties de ne pas commencer le processus. Notre prétention, sur la même
prétention que le ministre, de diligence et de bonne foi d'embarquer
dans le processus, c'est de maximiser ces 60 jours. Et, si j'entends le
ministre me dire : Bien, écoutez, ils y
ont une possibilité de délai de 30 jours supplémentaire... Je pense que ce
n'est pas ça, l'enjeu. L'enjeu, c'est qu'on a, avant d'aller au
30 jours, un 60 jours pour discuter puis être en médiation ensemble.
Alors, nous, on croit fortement que la meilleure façon de profiter, c'est que...
Puis, M. le ministre nous le dit, ça se fait promptement, mais il y aura assurément des impératifs entre la
nomination et cette fameuse première journée de médiation, il y en aura.
J'ai parlé des vacances tout à l'heure. Il y
aura peut-être des agendas qui devront se concorder, qui malheureusement, là,
ne... pour une question de quelques jours ou de semaines. Alors, pour donner
tout le potentiel à la médiation, ce que le ministre
souhaite, là, puis je le répète... Là, on arrive à la négociation, on ne
réussit pas à s'entendre. On s'est entendus sur plusieurs enjeux, mais on est rendus, après ça, à forcer les parties à
la médiation obligatoire. Il veut donner l'opportunité, même si les gens ne le veulent pas, de réussir à
s'entendre? Je pense qu'il serait avisé de permettre à ce que ce délai-là
soit effectivement le plus respecté possible. Et une façon de lui donner toute
son ampleur et toute sa justesse, c'est de commencer
dès la première minute de la première séance de médiation, et là les parties
auront le drapeau, en commençant, la
journée 1 : Voici ce que ça nous amène et voici le délai de temps que
nous aurons. Et, ce délai-là étant connu, connu de tous, et étant imparti à tous, bien, ça fera
effectivement
partie des stratégies à l'intérieur même de la médiation, qui,
on l'espère, mènera à un règlement à la satisfaction des parties pour éviter,
dans certains cas, de se rendre au conseil des différends, donc quelqu'un, un
tiers qui va trancher à ce moment-là. C'est vraiment ça.
Puis on
comprend que les gens vont être diligents, puis je comprends le collègue de
Blainville pour dire : Est-ce qu'on pourrait utiliser... Mais,
lorsqu'on entend le ministre sur des dispositions subséquentes dans le projet
de loi qui amènent les parties à être là,
donc, je pense qu'on a été capables, avec cette discussion-là, d'enlever ces
craintes-là et de donner toute l'amplitude à cette médiation.
Le Président (M. Auger) : Réactions,
commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux : Bien, essentiellement
que je ne souhaiterais pas qu'on remplace un critère fixe par un critère élastique, pour le début du compteur, dans le
souci de la diligence que l'on recherche. Et j'ai signalé aux deux
collègues ma disposition à débattre de la
question de la prolongation de la médiation, qu'on pourrait en débattre plutôt
dans ce contexte-là.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions?
Ouellet : Alors, si je comprends bien, M. le ministre... Parce que vous parliez de période élastique. Il y en a une, tu sais, je veux dire, entre la fin de la négociation, donc la période... Promptement, vous me dites, dans
48 heures, il peut y avoir un avis. Ça peut, dans certains cas, ne pas
être 48 heures, donc on est déjà un peu élastique, hein?
Dans les
impondérables... Et puis je n'impute pas de mauvaise foi à personne, je pense
que tout le monde vont vouloir
aller dans le même sens, mais il y aura des impondérables. Et un des
impondérables majeurs, c'est qu'il pourrait
y avoir plusieurs négociations en même temps, parce que tout le monde vont terminer en même temps... ou la plupart pourrait terminer en même temps, donc, au 31 décembre, dans
certains cas du milieu municipal.
Tout le monde pourrait effectivement
utiliser leurs 240 jours, ne pas s'entendre et demander la médiation, et
là notre prétention, c'est qu'il
risque peut-être d'y avoir une congestion. Et alors, pour donner, M. le
ministre, toute la légitimité et que ce ne soit pas le premier arrivé, premier servi qui ait droit au médiateur, puis considérant
ce qui s'est passé, puis je n'ai pas eu mon médiateur, puis là je perds des jours... Je vois déjà le jeu de négoce
qui peut se passer entre les parties versus ce qui sera discuté avec le ministre en question, le ministère
en question, du Travail dans ce cas-ci. Bien là, on veut juste éviter
ça. C'est-à-dire que tout le monde part du
même pied. Dès qu'il est nommé, il y a une date de fixée pour la première
séance de médiation, et, dès qu'on commence
la séance de médiation, M. le Président, nous sommes à la table pour les
mêmes journées pour tout le monde.
Notre
prétention, là, c'est ça. Alors, convainquez-moi, M. le ministre, que ça
n'arrivera pas, ça, qu'il n'arrivera pas
une congestion qui fait que ce fameux 48 heures ne sera pas
48 heures. Puis je n'impute pas une inefficacité au ministère en question, mais j'impute des circonstances
particulières, qui fait que ce 48 heures ne sera pas 48 heures, et la
nomination et la première rencontre, pour
d'autres impondérables, ne se fera pas promptement, même si elle se fait, M. le
ministre, dans la diligence, parce qu'il y aura des variables externes pour
lesquelles les gens n'auront pas de contrôle et qui malheureusement pourraient, dans certains cas,
brimer les parties dans leur désir d'avoir le plein potentiel de
médiation à travers les nombres de jours proposés, M. le ministre.
Le Président (M. Auger) :
Commentaires, réactions?
Coiteux : La flexibilité qui est recherchée par le collègue est
traitée par le délai supplémentaire de 30 jours, qui fait
partie
intégrale de l'article.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions?
M. Ouellet : Oui, merci. Je
comprends, M. le ministre, puis je vous entends. Nous avons des amendements à apporter sur le délai, peut-être que vous en aurez
aussi, peut-être le collègue de Blainville en aura, on risque de
prolonger... du moins discuter sur une prolongation possible de la durée de
médiation, mais on veut donner, encore une fois, toute la chance.
Ça fait que
nous, on arrive avec une proposition, plus tard, d'un certain nombre de jours,
vous aurez peut-être vos propres
propositions, peut-être que la deuxième opposition en aura, mais c'est un délai
pour tous. Et nous, on veut qu'il commence
pour tous au même endroit, mais surtout que tout le monde puisse avoir le même
défilement pour la négociation.
Et, même si on en rajoute... J'espère qu'on y
arrivera avant la fin, mais, même si on en rajoute, dans un souci d'équité,
tout le monde, à la première séance — et je pense que c'est assez clair,
là — dès
que la première séance de médiation sera
commencée, bien, tout le monde va savoir que le compteur des journées commence.
Et tant mieux si on réussit à
s'entendre, M. le ministre, pour allonger cette période-là, ça donne encore
plus de temps, mais le but, ce n'est pas de donner plus de temps
nécessairement, c'est que tout le monde ait le même temps.
Et l'enjeu qu'on a et l'enjeu qu'on a discuté
avec certaines centrales syndicales qui sont à l'intérieur de ce momentum de négociation là et qui voient déjà
apparaître un goulot d'étranglement dans la nomination d'un médiateur à grande échelle : bien, malheureusement,
certains groupes ne pourront pas bénéficier de tous les jours qui seront
prévus à la loi. Et c'est ça, notre crainte,
M. le ministre. Qu'il soit de 120 ou comme on le propose, nous, de doubler pour
aller à... 120 plus 60, pour un total de 190... 180, pardon, peu importe
la finalité, c'est que tout le monde... pas mérite, a l'obligation d'avoir le même temps. Et malheureusement, M. le ministre,
vous n'êtes pas capable de me garantir que tout le monde sera traité
équitablement là-dedans, parce qu'on n'a pas le contrôle d'impondérables qui,
malheureusement, échappent au ministère,
soit la congestion dans le nombre de demandes, la congestion aussi par rapport
au temps avec lequel cette demande
sera faite, parce qu'il y aura des vacances, il y aura des fluctuations, il y
aura des absences, M. le Président.
Alors, c'est
pour ça que c'est primordial pour nous que tout le monde commence au même
moment et de mettre le temps à la
première séance. Et je pense que, déjà là, en partant... Et ça va effectivement
amener les parties à être là pour la première séance de médiation.
M. Coiteux : Je n'ai pas d'autre commentaire.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions concernant cet amendement à l'article 6 du député de René-Lévesque?
D'autres interventions? S'il n'y a pas d'autre intervention... Oui, M. le
député de René-Lévesque.
Ouellet : Oui. Je ne pense
pas qu'il y ait de la... je ne vois pas de mauvaise foi des
partis en ajoutant ça, tu sais, je ne
vois pas en quoi on est en train de dénaturer le projet de loi en question, du
ministre. Je ne vois pas, M. le
Président, de quelque nature que ce soit, qu'on n'est pas en train d'améliorer
le projet de loi. Tu sais, j'essaie de comprendre...
Puis, à la suggestion
du ministre, ça va être à compter de la date de sa nomination.
J'arrive au même constat. Qu'il soit nommé... que le compteur commence à sa nomination — puis
on en discutera — je
vois le même enjeu, le même, même, même enjeu.
Alors, je
comprends que, pour le ministre, c'est une fin de non-recevoir, c'est ce que je
comprends, et que, pour lui, ce sera effectivement une autre chose qu'il
voudra amener comme amendement et qui fera force de loi. C'est ce que je
comprends.
Coiteux : Bien, je l'ai dit
à quelques reprises, là, le délai supplémentaire de
30 jours vient couvrir, là, les cas où visiblement c'est raisonnable d'y aller au-delà. Puis on s'est même
assurés que les parties peuvent le demander, pas seulement le médiateur lui-même.
Donc, on donne beaucoup de flexibilité pour qu'on puisse s'adapter à des
circonstances particulières.
Je répète
que, si les deux oppositions ont des questionnements sur ce 30 jours supplémentaire, on peut en
débattre.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Bien, est-ce
qu'on le fait dans le cadre de cet... C'est ça, là. J'aimerais... C'est parce que,
oui, je serais intéressé, M. le ministre, à en débattre, mais pas dans le cadre de cet amendement-là,
parce qu'il faudrait que cet
amendement-là soit...
Coiteux : Bon, bien, moi, j'avais un peu de mal avec cet
amendement-là, parce qu'ici on veut partir le compteur à une date qui
n'est pas précisée dans le temps, alors que moi, je veux que le compteur
commence à une date précise.
Président (M. Auger) : Donc, nous devons revenir, tout le monde, à
l'amendement à l'article 6 du député de René-Lévesque. On doit en débattre, en disposer, et par la suite on
verra la suite des choses. M. le député
de René-Lévesque.
M. Ouellet : C'est ça, c'est ça.
Parfait. Parfait, M. le Président.
Je vous entends, M. le ministre, puis je veux
juste... Parce que je me pose la question si mon raisonnement est erroné. Là, vous nous dites : Il est
prévu dans les dispositions de la loi
en question, qu'on va voir plus tard, de prolonger cette période-là d'au moins 30 jours, et donc
les parties pourront faire la demande. Alors, ça va être aussi hasardeux
de dire : Écoutez, M. le ministre, M.
le ministre responsable, on aimerait avoir une demande de prolongation parce
qu'on est sur le bord d'arriver, on
aimerait avoir un 30 jours supplémentaire, M. le ministre, parce qu'on est
sur le bord d'arriver, et on aimerait avoir ce 30 jours là, alors
je présume, M. le ministre, que ce sera accepté, parce qu'on demande du temps supplémentaire pour arriver à une entente, alors
que d'autres parties pourraient faire une demande en disant :
Écoutez, M. le ministre, on aimerait avoir
une prolongation parce que, vous savez quoi, notre mandataire, quand on
commencé, le compteur a commencé, on n'a pu
se rencontrer dans les trois premières semaines, alors on aimerait une
prolongation parce que, les trois
premières semaines, on a manqué de temps. Donc, on n'est pas au même endroit,
là. Il y a des gens qui vont demander du temps pour dire : On
arrive à une entente, puis il y a des gens qui vont demander du temps, bien,
parce que, ce qui était prévu, on ne l'a pas tout eu, alors on voudrait
extensionner ça, on aimerait avoir le temps nécessaire.
Alors,
j'essaie juste de voir quel genre de raisonnement le ministère du Travail aura
à ce moment-là : Bien, écoutez, on
a un groupe qui demande du temps parce qu'ils sont sur le bord d'une entente
puis ils veulent plus de temps, puis on a un groupe qui dit : Écoute, nous, on veut avoir du temps parce que,
dans les 60 jours, là, bien, les deux premières semaines, on n'a pas pu... parce que, depuis la nomination
du médiateur, notre procureur général est tombé malade, malheureusement,
on n'a pas pu avoir cette rencontre-là, vous
savez — puis là
j'y vais avec des cas dramatiques — il est entré à l'hôpital, on n'a pas pu changer de procureur tout de suite. Vous
le savez, dans une petite municipalité, les procureurs compétents en droit du travail, ils ne sont pas présents
nécessairement dans la ville, il faut les faire venir de l'extérieur, bon,
problèmes d'agenda, problèmes d'avion. Bref,
au final, avant qu'on arrive à s'entendre, on a perdu trois semaines. Alors,
est-ce qu'on pourrait avoir du temps supplémentaire, parce qu'on a perdu
trois semaines à cause que... Tu sais, vous comprenez la logique, là.
Coiteux : Bien, il y a tellement
de cas de figure possibles, toutes sortes de raisons pour lesquelles on a
besoin d'un délai supplémentaire que précisément l'article prévoit un délai supplémentaire.
M. Ouellet : Donc, le délai
supplémentaire tel que prévu à l'article est pour toute autre cause, autre que nécessairement
le fait qu'on pourrait arriver à une négociation plus promptement si on avait du temps supplémentaire,
c'est ce que je comprends, les délais impartis, tu sais, la logique, là.
Coiteux : Bien... Non, il y a plusieurs cas de figure. Mais, forcément, si le compteur
commence à la nomination, les parties
ont tout intérêt à se dépêcher, là, si elles veulent profiter pleinement de la
médiation, elles ont intérêt à agir de façon diligente. Et, si, pour quelque
raison que ce soit, le médiateur ou les parties jugent qu'on a besoin d'un
délai supplémentaire, l'article le permet.
Ouellet : Oui, mais, M. le ministre, là, je veux juste être clair, il y a une distinction
entre : On aimerait avoir plus de
délai puisqu'on voudrait avoir plus de temps pour s'entendre et : M. le ministre, on aimerait avoir plus de délai parce que, vous savez, notre
procureur est tombé malade, puis on n'a pas pu profiter de ces 60 jours là.
Alors, moi,
je pense qu'on a privé les deux parties, et le syndicat et les municipalités, d'un temps important
de négociation. Et, même s'ils demandent un temps supplémentaire, il leur
manquera, M. le ministre, trois semaines dans le... tel qu'il est libellé, comme ça, pour arriver à
une médiation. Et c'est ça que vous voulez. Vous nous avez dit à
plusieurs reprises que c'est l'étape ultime,
le conseil des différends, que le mandataire spécial, c'est l'étape ultime. Il
ne faudrait pas que les gens se
rendent là, mais c'est l'étape pour arriver à... Vous espérez une négociation qui n'irait pas là, mais, si, dans certains cas, on se rend là,
ce sera le mécanisme. Vous avez espéré ça.
Moi, ce que
je vous dis, M. le ministre : Adoptez notre amendement pour permettre à tout le monde de profiter de ce délai que
vous fixez, et je pense que, là, vous allez trouver encore une fois, comme vous l'avez fait à l'article 1, M. le ministre, une voie de passage qui
va assurément améliorer le processus, que, je me permets de vous le rappeler,
vous mettez obligatoire.
M. Coiteux : M. le
Président, apprécions l'ensemble,
là. On a commencé avec une proposition à 120 jours de négociation qui est maintenant
de 240 jours, on a doublé le temps. Et là je dis que, le délai supplémentaire de 30 jours, je suis
disposé à en discuter. Alors, je pense qu'on aura compris qu'on fait preuve
d'une grande flexibilité pour donner plus de chances, mais il y a différentes façons de le faire, et je ne pense pas
que ce soit la bonne façon de le faire que de mettre la date du début de
la médiation de façon élastique.
Le Président (M. Auger) : Oui, M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Combien de temps?
Le Président (M. Auger) : Vous avez
encore 2 min 50 s.
M. Ouellet : Parfait. Je vais aller juste sur des questions de
précision, parce qu'on va élucider la... on va éluder la question.
M. le ministre, vous savez que plusieurs conventions
collectives se termineront le
31 décembre. Et probablement que, comme c'est un tout nouveau
processus, parce qu'il limite dans le temps, il y a plusieurs groupes qui vont effectivement se rendre en médiation, parce que, là, on devra jouer avec une nouvelle
période de temps, qui fait que ça se peut qu'on ait plus de médiation.
Puis
là je vais vous poser la question : Êtes-vous capable de garantir que les
gens auront un médiateur nommé rapidement et que cette médiation
commencera promptement après sa médiation? Êtes-vous capable de me garantir ça,
M. le ministre?
M. Coiteux : J'en suis convaincu, d'abord parce que la pratique
actuelle, c'est que ça ne prend pas longtemps avant de nommer le médiateur. Et, justement,
le fait que la période de médiation, les 60 jours, court à partir de la nomination va amener les
parties à rapidement convenir d'une date et aller plus rapidement, probablement, que dans le processus actuel.
M. Ouellet : Et est-ce que votre décision ou votre affirmation lie aussi le ministère du Travail? Parce que c'est sous l'égide
du ministère du Travail, là, que, cette décision, on va la prendre. Là,
je parle au ministère des Affaires
municipales, là, mais c'est le ministère du Travail. Est-ce que votre décision lie le ministère du Travail pour
dire : Oui, le ministère du Travail va assurément
promptement être capable de nommer un médiateur, et, dans le nombre que nous
aurons, nous serons capables, de façon prompte, à répondre à la demande,
en nombre et en temps?
M. Coiteux :
Oui, bien, il s'acquitte de ses tâches, actuellement, et puis actuellement ça
lui prend 48 heures. Alors, je ne vois pas pourquoi ce projet de
loi viendra allonger les délais.
M. Ouellet :
Question de nombre, M. le ministre. Il y en aura beaucoup plus. Et ça, je pense
que vous êtes capable de l'acquiescer.
M. Coiteux :
Oui, mais ils sont tout à fait capables de procéder.
M. Ouellet : Mais vous ne le garantissez pas. Ils sont capables, mais vous ne
garantissez pas qu'ils vont le faire.
M. Coiteux :
Je suis convaincu qu'ils vont être capables de le faire.
M. Ouellet :
O.K. Mais sans garantie.
M. Coiteux :
Je suis convaincu.
M. Ouellet :
O.K. Merci, M. le Président.
Le Président
(M. Auger) : D'autres interventions concernant l'amendement du
député de René-Lévesque à l'article 6?
S'il
n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 6 est adopté?
Le Président
(M. Auger) : Rejeté.
M. Coiteux :
Et alors là, maintenant, nous avons un amendement.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre, allez-y. Faites-en la lecture, s'il vous
plaît.
M. Coiteux :
Est-ce que j'ai mon amendement? Lui, ici? Alors, il s'agit de modifier
l'article 6 du projet de loi :
L'article 6 du projet de
loi est modifié par l'insertion, après les mots «Le médiateur a 60 jours»,
des mots «suivant sa nomination».
Le Président
(M. Auger) : Des explications, M. le ministre?
M. Coiteux :
Bien, alors, ça précise effectivement que le délai de 60 jours court à
partir de la nomination du médiateur.
Le Président
(M. Auger) : Je vais suspendre quelques instants les travaux.
(Suspension de la séance à
12 h 5)
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons nos travaux avec l'amendement du ministre à l'article 6. Est-ce qu'il y a des
interventions? M. le député de René-Lévesque.
Ouellet : Bien, oui, écoutez,
on a eu le débat, là, on ne l'éternisera pas. Je veux juste... J'ai compris que
le ministre était fermé à notre amendement. Et, tu sais, au final, on veut juste... pas
prévoir l'impensable mais prévoir ce qui pourrait arriver, dans un souci de donner une chance égale à tout le monde. Juste du côté du syndicat des professionnels du Québec,
là, c'est 17 conventions qui arrivent à échéance le 31 décembre, puis ils
n'ont même pas 17 négociateurs. Alors, tu sais, je veux dire, il va
arriver, à un moment donné... À cause, je vous dirais, des impératifs organisationnels,
tout le monde ne pourra pas commencer au même moment, et malheureusement ça va
devenir un jeu de négoce, à savoir qui pourra commencer avant.
Ça fait que je ne suis pas convaincu qu'on est en
train d'améliorer le climat dans lequel les négociations ou, dans ce cas-là, la
médiation vont se dérouler, parce que malheureusement il y aura goulot
d'étranglement à certains moments. Il y a
peut-être des groupes qui se sentiront lésés et ne croiront peut-être pas
nécessairement à la médiation. Alors, on risque effectivement de perdre
une belle occasion de permettre aux groupes d'en arriver à une entente par la
médiation.
Alors, pour nous, c'est sûr que l'amendement du
sous... du ministre, pardon, pas du sous-ministre mais du ministre, c'est une
précision infime de ce qu'on aurait aimé. Alors, on va voter pour mais sans
grand enthousiasme, M. le Président.
Le Président (M. Auger) :
Commentaires, réactions, M. le ministre, M. le député de Blainville? Ça va?
S'il n'y a
pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement
du ministre à l'article 6 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté. Donc, nous reprenons à l'article 6
tel qu'amendé. On va y aller par alternance. M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. J'aurais
un amendement qui se lirait comme suit : Modifier l'article 6 du
projet de loi par le remplacement de «30» par «60».
Le Président (M. Auger) : Des
explications? Après ça, on va suspendre pour la distribution.
M. Laframboise : Bien, le
30 jours étant la prolongation du délai de médiation, donc, le fait de
rajouter 30 jours, donc, ça nous donne
quand même 30 jours supplémentaires, puis, si on... Dans un calcul global,
là, donc, on aurait 240 jours de négociation puis une possibilité
de 60 jours, rajouter 60 jours, ça nous fait 120 jours
supplémentaires. Donc là, on est à une
négociation d'une année potentielle, donc je pense que c'est quelque chose de
raisonnable. Et puis ça pourrait
apaiser les craintes par rapport au fait, bon... les premières rencontres,
est-ce qu'elles sont rapides, ou pas rapides, ou quoi que ce soit. Le 30 jours supplémentaire nous donnerait...
Et, comme je vous dis, globalement ça nous donnerait une possibilité
d'un an de négociation, ce qui est raisonnable, là, je pense, pour toutes les
parties.
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le député de Blainville.
Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 12)
Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux avec l'amendement du député
de Blainville à l'article 6.
M. le ministre. Commentaires, réactions?
M. Coiteux : Quand on a fait le
débat sur est-ce que c'est à la première rencontre des parties ou c'est à la
nomination du médiateur, j'ai fait preuve de ma disposition à débattre de la possibilité
d'allonger le délai de 30 jours. Là,
ici, il s'agirait de faire un 60 jours, si on accepte l'amendement du député de Blainville. Ça voudrait dire quoi, dans le fond? On a
doublé la période allouée à la négociation en passant de 120 jours à
140 jours, et, si on acceptait...
Le Président (M. Auger) : 240.
M. Coiteux : À 240. J'ai dit?
Le Président (M. Auger) : Vous avez
dit 140, mais c'est 240.
M. Coiteux : 240, bien
sûr. Et là on doublerait la période
allouée à la médiation. Il y a une certaine symétrie entre les deux, mais, la logique de tout ça, ce que je
constate, là, en faisant les calculs, c'est que ça nous amène à une
année complète de négociation et de médiation avant d'en arriver, si nécessaire,
et là je pense qu'on a beaucoup de temps pour ne pas y arriver, pour que ce ne
soit pas nécessaire... avant d'en arriver au conseil de règlement des
différends.
Alors, ceci étant
dit, moi, je serais prêt à vivre avec ça. Je pense, ça donne une période qui a quand
même pas mal de sens.
Le Président (M.
Auger) : Merci. M. le député de René-Lévesque; par la suite, Blainville.
M. Ouellet : Oui. J'aimerais juste corriger le ministre : On n'a pas
doublé la période de médiation. On est à 90, on rajoute 30. On n'a pas doublé, là. On a doublé l'extension de
30 jours à 60, on n'a pas doublé la période de médiation. On n'a
pas doublé.
Le Président (M.
Auger) : ...M. le ministre.
M. Coiteux :
60 plus 60, moi, dans mes mathématiques à moi, là, ça fait 120.
M. Ouellet :
Mais, sur le total, vous êtes d'accord avec moi, sur le total on n'a pas
doublé, là.
M. Coiteux :
Non, je ne suis pas d'accord avec vous. Je pense qu'on vient de doubler la
période qui peut être allouée à la
médiation, comme on avait doublé auparavant
la période pouvant être allouée à la négociation. Il n'y a rien qui
oblige à terminer avant, là.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. Et je vous dirais qu'il faut comprendre, là, on est
passé de 120 jours de négociation à 240, donc théoriquement plus de temps
pour s'entendre entre les parties, pour être capable d'arriver à ce que... La médiation, c'est les différends qu'il y a, donc là
on aurait pu... Puis j'ai choisi sciemment, là, de ne pas augmenter le
60 jours parce que, parce qu'on a,
justement, doublé la négociation, j'ai l'impression qu'il y aura moins de
sujets en médiation. Donc, dans les
60 premiers jours, pour ceux qui auront quelques sujets à la médiation, ça
va se régler, là. Et, si on avait doublé,
passer de 60 à 120, ça veut dire qu'on aurait forcé tout le monde à
120 jours, alors que j'ai l'impression qu'il y a une bonne partie...
c'est mon impression, là, qu'il y a une bonne
partie des dossiers qui vont se
régler dans le premier 60 jours, puis ça va être terminé, la médiation.
contre, les sujets plus pointus, là, à ce moment-là, quand ça arrive à la fin,
de doubler, comme dit le ministre, de passer
de 30 jours à 60 jours, là, c'est là que c'est le nerf de la guerre,
là, les derniers points avant d'aller au conseil de règlement des différends, essayer, donner
30 jours supplémentaires, là, doubler la période pour dire : Bon,
bien là on va prendre un petit peu
plus de temps pour essayer d'éviter d'aller... Parce que ce n'est pas un
souhait, là. Je suis certain que le ministre,
là, puis... il n'y a pas personne, là, qui rêve que tous ces dossiers-là se
ramassent au conseil de règlement des différends,
là, bien au contraire, tout le monde souhaiterait bien que ça se règle en
médiation. Donc, c'est pourquoi on s'est concentrés à doubler le délai, pour justement permettre la médiation.
Donc, pour nous, là, on l'avait pensé, on avait... et c'est un choix, là, de ne pas toucher au premier 60
jours mais d'être capable d'avoir plus de temps dans le dernier... Donc,
c'est pourquoi on vous propose ça, puis pour lequel on est en accord.
c5847 Le
Président (M. Auger) : M. le ministre. Réactions, commentaires? Ça va?
M. Coiteux :
Pas d'autre commentaire.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui, bien, écoutez, c'est sûr que je ne veux pas faire de la
mathématique avec le ministre, là, mais c'est sûr qu'on n'a pas la même interprétation de «doubler», parce que nous,
on proposait un amendement — puis on va quand même le
proposer — en
doublant effectivement l'extension mais doublant aussi la période prévue, donc
le fameux 90 jours serait 180, alors
que, là, on passe de 60 à 120. Donc, pour nous, on n'a pas doublé la période
totale, alors ce n'est pas suffisant. On augmente assurément la période
possible de 30 jours à 60 pour une extension, mais il n'en demeure pas moins
que nous sommes liés à un 60 jours au départ.
Alors,
pour le bien de la discussion puis faire avancer aussi, on va voter pour le 30
à 60 jours, mais on aura un amendement pour venir travailler sur le 60
jours.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions sur l'amendement du député de Blainville
à l'article 6?
S'il n'y a
pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 6 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté.
Nous reprenons à l'article 6 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Oui. J'aurais un amendement à l'article 6.
Président (M. Auger) : Est-ce que c'est un amendement que vous aviez
déjà distribué ou c'est un nouvel...
M. Ouellet : Oui... Non, non, on a
été obligés de le changer, considérant l'amendement de mon collègue.
Le Président (M. Auger) : Non?
Allez-y. Faites la lecture, s'il vous plaît.
Ouellet : Oui. Excusez.
Alors, suite à l'amendement que nous avons adopté :
L'article 6 du
projet de loi n° 110 est modifié par le remplacement des mots «Le
médiateur a 60 jours» par «Le médiateur a 120 jours».
Le Président (M. Auger) : Je vais
suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 21)
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons nos travaux sur l'amendement du député de René-Lévesque à l'article 6. Vos explications, M.
le député.
Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Alors, voilà, notre prétention de doubler de façon évidente la durée
prévue à la médiation, soit de travailler directement sur la première période, le fameux 60 jours, qui nous amène à
120 jours, plus ce qu'on vient
d'adopter, le 30, délai supplémentaire à 60, nous amène à un
véritable doublement du temps prévu à la médiation. Et, quand on additionne ces périodes de temps là, on est très
près et même quasiment à la limite près de ce que le rapport Thérien-Morency avait proposé dans le cas
de la médiation policiers et pompiers, donc on parlait d'un fameux 15 mois dans tout le processus.
Donc, avec cet amendement-là, on arrive à 120, plus le 60, donc on arrive aux
alentours de 15 mois. Alors, on pense
qu'avec cette proposition d'amendement là on arrive, dans le cas des policiers et
pompiers mais aussi dans le cas des cols
bleus, cols blancs, au même endroit que le comité Morency avait fait sa niche,
à savoir un processus de négociation qui se règle dans les 15 mois.
Le Président (M. Auger) : Merci.
Je crois que nous avons un appel au vote, je
vais suspendre les travaux pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 12 h 25)
Président (M. Auger) :
À l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons nos travaux sur l'amendement du député de René-Lévesque à l'article 6. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
M. Ouellet : Bien, j'ai fait
mes présentations, là, je voudrais avoir peut-être une réaction du ministre.
Le Président (M. Auger) : Oui,
exact. Réactions, commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux : Bien, j'avais déjà dit qu'avec le doublement
de la période pouvant être allouée à la médiation on était rendus à une
année, là, pratiquement, aujourd'hui. Je pense que c'est tout à fait
raisonnable d'en rester là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. On pourrait faire un autre petit bout. Notre
prétention, c'est qu'il reste encore un peu d'espace pour donner tout le temps à la négociation. On
pense que tout le monde y gagnerait, on propose de doubler le 60 à 120. Nous croyons que, si on y consacre plus de temps,
il n'en demeure pas moins que les gens pourront effectivement convenir
plus tôt mais se donner toute la légitimité de terminer le processus de
médiation avant de se rendre, dans le cas des policiers, pompiers, au conseil
des différends... ou, dans le cas des cols bleus, cols blancs, on se rendrait
directement au mandataire spécial.
Et on est, à
notre avis, au même endroit que ce que les gens du comité Thérien-Morency
avaient convenu pour améliorer
l'ensemble du processus, on parlait d'un processus total d'environ une
quinzaine de mois. Alors, on pense, avec ça, arriver à cet enjeu-là.
M. Coiteux : J'ai déjà émis mes
commentaires.
Le Président
(M. Auger) : D'autres interventions?
M. Ouellet : Non, M. le
Président.
Président (M. Auger) : S'il n'y a pas d'autre intervention, je
vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 6 du
député de René-Lévesque est adopté?
Président (M. Auger) : Rejeté. Nous revenons à l'article 6
tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des interventions? Pardon? Oui, M. le
ministre, allez-y.
M. Coiteux : J'aurais un
amendement à proposer. Alors, l'amendement consiste à insérer, après
l'article 6, l'article suivant : 6.1...
Président (M. Auger) : O.K. Donc, c'est... Non, il faut disposer
de l'article 6 en premier. Là, vous voulez introduire par
amendement un nouvel article, donc on doit disposer de l'article 6. Nous
reprenons la discussion sur l'article 6 tel qu'amendé.
Le Président (M. Auger) : Parce
que c'est un nouvel
article que vous voulez introduire, donc on va disposer du
6 avant.
M. Ouellet : Donc, j'aurais un
amendement, M. le Président, à l'article 6...
Le Président (M. Auger) :
Allez-y.
M. Ouellet : ...tel que transmis à mes collègues, et je vais
le lire :
L'article 6 du projet de loi n° 110 est modifié
par l'insertion d'un deuxième alinéa :
«Si l'avis prévu à l'article 4 est transmis
au ministre avant l'expiration du délai prévu à ce même article, les parties peuvent, en tout temps, retourner à la
phase des négociations pour une durée maximale correspondant au nombre
de jours restants à ce délai.»
Le Président (M. Auger) :
Est-ce que c'est celui que vous aviez déjà distribué?
M. Ouellet : Absolument, oui.
Oui.
Le Président (M. Auger) : Donc,
des explications, s'il vous plaît.
M. Ouellet : Bien, écoutez, on a eu l'opportunité d'échanger
puis de faire des scénarios sur ce qui existait par le passé, M. le ministre, et ce qui pourrait exister
dans le futur et on s'est rendu compte que, bien, par le passé, bon, les
parties entraient dans une phase de
négociation, et à un certain moment il y avait un enjeu où est-ce que ça
bloquait, disons-le comme ça, où
est-ce qu'on n'était pas capables de s'entendre, et on faisait appel à un
médiateur, donc le médiateur venait, avec
les parties, trouver une voie de passage. Une fois qu'elle était trouvée, à ce
moment-là le médiateur sortait, et les parties continuaient à négocier
ensemble.
Alors,
lorsqu'on lit les dispositions telles que présentées dans le projet de loi en
question, la séquence, c'est qu'on a la négociation d'une durée x
et, par la suite, médiation obligatoire. Notre crainte, M. le Président, et
c'est pour ça que l'amendement survient,
c'est qu'une fois que je suis dans la médiation je ne peux plus revenir dans la
partie négociation, alors que nous, on pense qu'on devrait pouvoir
revenir — et
je m'explique — parce
que, dans certains cas, pour faire avancer
la négociation et ne pas se rendre jusqu'à la limite, les parties pourraient,
parce que c'est déjà prévu, les parties
peuvent, avant même l'expiration du délai, demander l'apparition du médiateur,
et là il y a un délai maximal qu'on vient d'adopter sur son mandat. Mais
ce que différentes parties nous ont mentionné, ils ont dit : Écoutez, on
a, par le passé, déjà fait venir des médiateurs, on a trouvé la voie de passage
sur ce qui bloquait, et après ça on a continué de négocier, dans certains cas, sans médiateur pour terminer la
négociation, et, dans d'autres cas, on a fait revenir la venue du
médiateur.
Donc, pour nous, ce que ça dit, dans le fond,
c'est que les parties peuvent, dans la médiation, faire appel au médiateur pour
un point précis ou des points précis, et après ça ils peuvent, je vous dirais,
remercier, dans le fond, le travail du médiateur et poursuivre leur négociation
jusqu'au temps maximal qui leur est imparti. Donc, on a adopté un 240 jours dans le cas des policiers,
pompiers. Alors, on pense plus qu'adéquat de permettre aux parties de faire
appel au médiateur pour sortir de l'impasse
et par la suite retourner en phase de négociation, alors que, là, présentement,
dès que je m'en vais en phase de médiation, je ne peux plus retourner en phase
de négociation.
Le Président (M. Auger) :
Réactions, M. le ministre? Commentaires?
M. Coiteux :
J'essaie juste de comprendre. Si on acceptait ça, en retournant en négociation,
si ça n'aboutit pas, c'est quoi, l'étape suivante?
M. Ouellet :
Bien, notre prétention, c'est qu'on retourne en médiation pour le temps
restant.
M. Coiteux :
C'est à nouveau des allongements de temps de médiation. Alors, on a déjà doublé
le temps de médiation, alors on ne voit pas pourquoi on aurait besoin d'une
telle chose.
M. Ouellet : O.K., bien, juste peut-être une précision, M. le ministre, on ne double pas le temps de... J'explique comment c'est fait,
là. Dans le 240 jours, on peut faire apparaître un médiateur pour nous
aider à dénouer l'impasse, ce médiateur-là
va venir et il va commencer un travail, et on a prévu que le médiateur au
dossier aurait 60 jours plus 60 jours possible, donc un 120 jours total. Ce qu'on veut faire avec cet amendement-là,
M. le ministre, c'est que, si le médiateur vient et qu'il consacre, exemple, 30 jours,
et qu'on réussit à dénouer l'impasse, bien, les gens continuent leur phase
de négociation, et, par la suite, si au final, M. le ministre, on n'arrive pas à une entente, bien, on va soustraire les
30 jours existants de la médiation et on va terminer les jours restants à
la médiation.
Donc, on ne rajoute
pas du temps supplémentaire à la médiation. Nous, la prétention qu'on a, en ayant
un libellé comme ça, c'est qu'une fois que le temps va être utilisé ça va être
juste du temps restant pour la médiation.
M. Coiteux : Ça, ça ressemble à de la médiation intermittente,
alors que nous, on veut de la médiation intense.
M. Ouellet :
Êtes-vous sérieux? C'est de la médiation intermittente?
qu'on cherche à faire, c'est donner le plus d'opportunités aux gens d'en arriver
à une entente. Dans les 240 jours, là, il y a des parties... Puis vous vérifierez, M. le ministre, là, puis je ne fais pas des blagues, là, vous vérifierez avec
les parties, là, autant syndicale que municipale,
là, il arrive qu'ils ont utilisé le médiateur parce qu'on arrivait à un endroit où est-ce qu'on n'avançait pas, et, comme tout le monde était boqué
là-dessus, M. le ministre, là, ça jamme. Ça fait que, là, on fait venir un médiateur qui va nous aider à
trouver une voie de passage, puis, savez-vous quoi, parfois il la trouve. Et
là on a trouvé la voie de passage, et là,
par la suite, tout le monde a avancé dans les négociations, ils sont arrivés à
la fin avec une entente signée parce
qu'il y a un médiateur qui est venu dans le processus, alors que, là, on
négocie, on négocie, on négocie, puis par la suite on tombe sur une
médiation obligatoire.
Alors,
nous, on pense, en introduisant cet article, on va assurément permettre aux
deux parties, autant la
partie syndicale
que patronale, de faire venir un tiers et d'améliorer le sort de la
négociation. Et en aucun cas, M. le ministre, nous n'allongeons les
délais. Le délai prévu à la négociation est de 240 jours, et le délai
maximum prévu à la médiation est de 120.
Alors, si, dans la phase de négociation... Pourquoi attendre que tout ne
fonctionne plus pour aller en médiation? Il y a des endroits où est-ce que ça va être un point précis, ils vont
avoir besoin d'un tiers pour les aider à trouver la voie de passage, et c'est là que le médiateur va venir, trouve
la voie de passage, se retire, et on termine les négociations, et on
arrive avec une entente signée. Si on n'y
arrive pas, on arrive, au final, avec un médiateur qui terminera le temps
restant, puisqu'il aura déjà de consacré un certain moment de médiation
à l'intérieur même de la négociation.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Les 240 jours de négociation doivent être des jours extrêmement sérieux de
négociation. Et, quand on en arrive en
médiation, c'est pour régler les points qui vont rester, alors ce n'est pas
pour commencer à faire du va-et-vient entre les phases, là.
député de René-Lévesque essaie de ramener les mécanismes actuels par plusieurs
amendements, alors qu'on propose une approche vraiment très différente.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Bien, c'est drôle, mais rien n'empêcherait ça dans la loi, telle qu'elle est
rédigée là, là. C'est-à-dire que, de toute
façon, la demande à la médiation, elle peut être déposée par la
partie
patronale, mais elle peut être
déposée par les deux parties. Les deux parties qui demanderaient au médiateur,
pour un point précis... demanderaient au ministre de nommer un médiateur, je ne vois pas comment on... Tu sais,
tout peut se faire dans le processus de loi actuel, là. Tu sais,
admettons que c'était ça, là, il y a un point qui achoppe puis il y a une
demande au ministre pour nommer un médiateur
sur un point précis, le ministre va dire oui, là, puis là, après ça, là, on va...
Tu sais, c'est déjà permis, là. Je ne comprends
pas, là. Je comprends que le collègue veut utiliser tout le temps, là, mais,
une demande des deux parties, en cours de
négociation, qui dirait : On a besoin d'un médiateur sur un point précis,
je ne vois pas comment le ministre, il dirait non, tu sais, il va dire oui, puis après ça vous
retournerez à la table de négo, là. Je ne comprends pas, là. Tu sais, je
comprends... Moi, ce que je veux dire, c'est
que ça peut carrément être permis dans le processus actuel. Les deux parties
demandent au ministre de nommer un médiateur
sur un point précis, il va le faire, point à la ligne, c'est tout, puis on
retourne en négo, là, après que le médiateur ait réglé ce point-là, là.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Peut-être pour apporter
certaines précisions au collègue de Blainville, ce qu'il fait référence,
dans la pratique, c'était l'intervention d'un conciliateur, et, à
l'article 54, il va être abrogé par le projet de loi, donc on ne peut plus faire ça, et
une fois, M. le Président, avec lequel on rentre en phase de négociation...
en médiation, pardon, on ne peut plus retourner. Donc, j'apportais cet
éclaircissement-là.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
Non, mais, ce que je veux dire, c'est que... je comprends ce que tu veux dire,
là, mais il n'y a rien qui empêche les deux parties de demander au ministre de
nommer un médiateur sur un point précis. Je ne comprends pas, là. Tu sais, je comprends que l'article est aboli, oui,
c'est correct, là, mais il y a quand même une demande des deux parties,
qui peuvent s'adresser au ministre pour nommer un médiateur, bon, puis ça peut
être pour nommer un médiateur sur un point
précis. Je ne vois pas pourquoi le ministre ne dirait pas oui, je ne comprends
pas, là.
Le Président
(M. Auger) : Commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux : Bien, je réitère simplement mon commentaire que
les parties vont avoir tout intérêt à se concentrer au maximum pour aller le plus loin possible dans les
240 jours, qui est le double du temps qu'on avait proposé au
départ, dans la phase de négociation. C'est très important de prendre cette
phase de négociation très au sérieux.
M. Ouellet : Juste peut-être... Est-ce que vous êtes capable de donner une réponse
au député de Blainville? Selon lui, une
partie pourrait demander sur un
point précis la médiation mais continuer en parallèle sa négociation. Moi, je
pense que c'est faux, là.
M. Laframboise :
J'ai dit les deux parties, je n'ai pas dit une partie.
M. Ouellet :
Ah! les deux parties, pardon. Excusez.
M. Laframboise :
J'ai dit : Si les deux parties le demandent, qu'il y ait un médiateur de
nommé sur un point précis, je ne vois pas comment le ministre peut dire non,
là, je vous le dis, là.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
On se comprendra qu'il y a 240 jours de négociation puis 120 jours
possibles de médiation. Alors, on n'est pas
obligés d'utiliser les 240 jours de négociation, mais, une fois
qu'on est en médiation, on est en médiation.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Donc, la réponse, c'est qu'on ne peut pas. Une fois qu'on est dans la
phase de négociation, on est en négociation, et, quand on fait
appel à la médiation, M. le ministre, on est en phase de médiation, donc on ne
peut pas retourner en phase...
M. Coiteux :
C'est une médiation qui suit une phase intense et maintenant deux fois plus
longue que ce qui était prévu initialement de négociation.
M. Ouellet :
Mais vous n'êtes pas prêt, M. le ministre... Puis je vous le dis, là, je suis
bien sincère avec vous, on n'alourdit pas le
temps consacré à la négociation ni à la médiation, on fait juste introduire la possibilité d'une des parties de demander
la présence d'un conciliateur pour favoriser... Quand on fait ça, M. le ministre, là, dans la négociation, là, c'est qu'on arrive sur un point qui malheureusement
bloque plusieurs choses, mais, si on règle ce point-là, là, les autres choses
n'auront pas besoin, parce qu'on aura vu à quel endroit chacune des parties se
situe, et le médiateur aura fait cheminer
les parties sur la voie qui semble être celle d'une issue et, par la suite,
pourrait débloquer sur d'autres échanges et d'autres négociations. Mais,
si on n'a pas ça, on risque peut-être, M. le ministre, d'arriver à un point de
rupture où est-ce que les deux parties vont tout simplement cesser de négocier parce que sur ce point-là ils achoppent, ils ne
veulent pas aller plus loin, donc on embarque dans une phase de... dans une
médiation, alors qu'il y aurait beaucoup de gains à faire, M. le ministre, beaucoup de gains à faire encore dans la négociation. Ça fait qu'on veut juste permettre à ceux et celles qui le voudront de faire intervenir le
médiateur, et, encore une fois, une fois qu'il intervient, que son temps
commence à compter, il n'est pas rajouté au
temps déjà utilisé. Ça fait qu'il y a
120 jours de prévus. Il en passe 30, il en restera 90. Et, dans le cas de la négociation, bien, je commence
avec le négociateur, je fais venir le médiateur, et par la suite, une
fois que le médiateur est parti, je termine le temps qui m'est alloué.
fait que, sur le processus, M. le
ministre, là, expliquez-moi en quoi
on rallonge. On ne rallonge pas, on a le même temps, le même 240 et le
même 120. Je ne vois pas comment...
M. Coiteux : ...on change le sens de la phase de médiation
obligatoire pour la transformer en quelque
chose qui ressemble plus au régime actuel, alors que c'est la phase
transitoire, si nécessaire, avant d'aller éventuellement au conseil de règlement
des différends. Donc, c'est deux approches différentes.
M. Ouellet : Mais, M.
le ministre, permettez-moi de vous
dire que ce n'est pas vrai que tout ce qu'il y a dans le Code du travail ne fonctionne pas. Je comprends que vous voulez changer la façon dont
on négocie, mais ce n'est pas vrai que tout ne fonctionnait pas.
Et, dans le cas présent, de faire appel à un
tiers pendant la phase de négociation, tout le monde est gagnant, la
partie municipale,
la
partie syndicale et nous-mêmes, parce qu'on aura permis une autre option
possible à l'entente négociée. Et, par la suite, si effectivement les parties
ne trouvent pas pleine entente sur d'autres points, on se rend en médiation, et, si la médiation ne porte pas fruit,
il y aura les dispositions, dans le cas des policiers et pompiers, sur le
conseil des différends ou il y aura les dispositions du mandataire spécial,
dans le cas des autres.
Président (M. Auger) : Désolé, chers collègues, car, compte tenu
de l'heure, je dois suspendre les travaux jusqu'à 15 heures, où
elle poursuivra son mandat à la salle Louis-Joseph-Papineau. Bon dîner, tout le
monde.
(Suspension de la séance à 13 heures)
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'aménagement du territoire
reprend ses travaux. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs appareils électroniques.
Nous
poursuivons l'étude détaillée du projet
de loi n° 110, Loi concernant le régime de négociation des
conventions collectives et de règlement des différends dans le secteur
municipal.
Lors de la
suspension de nos travaux, ce matin, nous étions rendus à l'étude de
l'amendement à l'article 6 présenté par le député de René-Lévesque. M.
le député de René-Lévesque.
Ouellet : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, je vais continuer, en espérant peut-être que la réflexion
a cheminé pendant l'heure du lunch, M. le ministre. Dans le fond, ce qu'on
cherche à faire...
Puis, quand
on regarde le projet de loi, quand on regarde la trame de fond, M. le ministre,
vous avez indiqué à plusieurs
endroits un tiers pour faire avancer le différend ou, du moins, le régler. Vous
avez fait apparaître la médiation obligatoire
pour dire : Après la période de négociation, les gens s'en vont en
médiation, et le tiers va vous aider à cheminer. Vous faites la même réflexion... vous avez proposé, pardon, la même
réflexion si, après la médiation, on n'arrive pas à une entente, on fait apparaître le conseil des
différends, donc un autre tiers qui va décider. Et cette réflexion-là est
aussi vraie lorsqu'on parle du mandataire
spécial, quand on arrive, pour les autres salariés, après la période de médiation.
Il y a aussi un arbitre toujours possible.
On s'en va avec le mandataire spécial, donc il y a un tiers qui vient clore la
discussion.
Alors, notre
raisonnement est le suivant : Si le tiers, à votre avis, est important
dans le processus, nous, on pense qu'il est aussi important dans la
négociation pour favoriser les parties à trouver une entente. Alors, on le
répète et on le maintient, on n'a pas la prétention d'alourdir le processus
présentement en y ajoutant un tiers. C'était déjà prévu anciennement dans le
Code du travail, articles 54 à 57, ce qu'on appelait à l'époque un
conciliateur, on va voir plus loin qu'il est
abrogé, mais on avait la possibilité... Et c'est ce que les différentes parties
avec lesquelles on a discuté nous ont
dit, ils ont dit : Écoutez, il arrive à certains moments dans la
négociation qu'un tiers nous aide à débloquer, et, grâce à ce tiers-là, on a pu arriver à la signature d'une
convention, parce qu'on achoppait sur une position. C'était vraiment, je
vous dirais... il y avait un clivage dans
les positions, exemple, sur un mouvement de main-d'oeuvre ou sur une clause
d'organisation du travail, et le
médiateur, avec toute son expérience en matière de droit du travail, a pu
proposer une voie de passage qui a concilié les parties, et qui a permis
à faire progresser la négociation, et qui a mené à une signature, encore une
fois, négociée entre les parties. Et, je le
répète, quand on a fait notre présentation en étude de principe, par le passé,
96,63 % des conventions se réglaient sans
arriver aux autres moyens. Et, cela étant dit, ça veut dire qu'il y
avait des mécanismes, à l'époque, qui faisaient leur travail.
M. le
ministre, vous nous avez dit que vous voulez moderniser, vous me corrigerez si
j'ai eu tort, mais, de mémoire, je pense vous avoir entendu dire que
vous voulez moderniser les relations de travail dans le milieu municipal. Et une façon de moderniser, ce n'est
pas de briser l'ensemble du modèle pour en construire un nouveau, mais c'est aussi bâtir sur un modèle qui, dans certains
cas, à notre avis et à l'avis de plusieurs parties, amenait des
résultats.
Le Président (M. Auger) :
Commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux : J'aurais les mêmes commentaires
que j'ai faits ce matin. Mais je ne vois pas en quoi les parties qui veulent négocier... Même quand elles sont en période de médiation, je ne vois
pas ce qui les empêcherait de le faire, s'il y a des aspects très pointus sur lesquels elles veulent poursuivre en parallèle la négociation, il n'y a rien qui
les empêche.
M. Ouellet : Ça, c'est différent, ça, là, là. Juste pour bien
comprendre, M. le ministre, nous sommes en négociation, on demande la médiation. Quand j'entends vos
propos, on pourrait revenir en négociation? C'est ce que je comprends?
M. Coiteux :
Non, ce n'est pas ce que j'ai dit, pas au sens des délais formels qui sont
prescrits par le projet de loi. Qui
ont été doublés, hein, par ailleurs, on se rappellera ça. Si on n'avait pas
changé les délais, on aurait peut-être une autre discussion, mais on a
doublé le laps de temps qui est alloué à la négociation et on a doublé le temps
qui est alloué à la médiation.
Mais
il n'y a rien qui empêche les parties de se parler et de, dans le fond,
négocier certaines parties, même lorsqu'elles
sont en processus de médiation. Mais on est dans la
partie du processus qui
s'appelle la médiation, on est dans les délais qui concernent la
médiation.
M. Ouellet : Avez-vous un cas d'espèce peut-être pour aider ma compréhension, M. le
ministre? J'essaie juste de voir, là.
J'imagine, là, dans un processus de négociation, là... De quelle façon ça
s'opérerait. J'aimerais peut-être que vous me donniez un cas d'espèce,
M. Coiteux :
Non, je n'ai pas un cas d'espèce, mais les gens vont se rencontrer, forcément,
lors des rencontres de médiation. Ça
n'exclut pas qu'ils peuvent se parler avant ou après, hein, il n'y a pas
d'exclusion dans la loi qui permette aux gens de se parler.
M. Ouellet :
C'est parce que, M. le ministre, dès qu'on fait appel au médiateur, on commence
un nouveau compte à rebours. Vous êtes d'accord avec moi?
M. Ouellet : Bon. Donc, est-ce que les parties seront tentées de faire venir un
médiateur quand, s'ils le font venir, le
compte à rebours de la négociation proprement dite n'existera plus? Le nouveau
compte à rebours... Parce qu'on a 240 jours de négociation, et, dans le cas de la médiation, c'est 120 jours.
Alors, est-ce que je serais tenté de faire intervenir un médiateur si,
suite à sa venue, je vais perdre des jours de négociation, et ça va m'amener
rapidement dans le cheminement, c'est-à-dire vers la négociation... vers la médiation, pardon, et donc vers un
autre délai beaucoup plus court dans ce cas-là, là?
M. Coiteux :
Des délais qui ne sont pas infinis, là. Alors, c'est beaucoup plus balisé,
effectivement, que ce serait si ce
projet de loi n'était pas adopté, mais c'est précisément ce qu'on vient changer
ici, c'est d'encadrer le laps de temps pour s'assurer qu'il y ait des
conventions qui résultent... dans un délai qui est normal, et acceptable, et
souhaitable.
Mais
en même temps, je rappelle, on a doublé le temps alloué à la négociation. Oui,
il y a des compteurs, comme on dit, mais on a doublé le temps alloué à
la négociation puis on a doublé le temps accordé à la médiation, de telle
sorte, là, que, si on épuise tous les délais
qui sont impartis ici dans les deux phases du processus, on est rendu à
pratiquement une année, là.
Alors,
en une année, je pense qu'on a eu le temps de négocier de bonne foi. Et puis
peut-être qu'on n'aura même pas besoin du médiateur. On n'aura peut-être
pas besoin du médiateur pour un potentiel de 120 jours mais juste quelques
jours. Je pense qu'on s'est donné, là, à travers les amendements qu'on a
adoptés, les délais nécessaires pour s'assurer d'ententes négociées dans la
vaste majorité des cas.
M. Ouellet : Donc, si je comprends votre propos, M. le ministre, l'important, dans
ce projet de loi là, ce sont les délais, et non pas les mécanismes à
utiliser.
M. Coiteux :
Non, ce n'est pas exclusif. Les deux choses sont importantes, et d'autres...
Les principes sont importants, les critères
sont importants, les délais sont importants, les mécanismes sont importants, la
compétence des gens qui vont agir
notamment au conseil de règlement des différends est importante. C'est un tout,
là, si vous me permettez de le répéter, M. le Président, il n'y a pas
une seule chose.
M. Ouellet :
Mais le délai est une prépondérance.
M. Coiteux :
Le délai est un des aspects importants.
M. Ouellet :
Prépondérant.
M. Coiteux :
Vous me faites dire des choses que je ne dis pas.
M. Ouellet :
Il prend une large place dans le projet de loi.
M. Coiteux :
Je vous laisse vos propos. Moi, j'ai dit que c'était important parmi un
ensemble d'autres critères.
M. Ouellet : C'est que, pour nous, si la prémisse de base, puis je le répète,
c'était de moderniser, il existe plusieurs façons de le faire. Vous avez décidé d'intervenir sur la compétence des
gens qui vont prendre les décisions, sur les critères sur lesquels on va se baser, la décision, sur le
délai avec lequel nous allons y arriver, sur les mécanismes qui
enclenchent ou qui déclenchent, pardon,
différents processus. Vous serez d'avis avec moi que, quand on regarde
l'ensemble du projet de loi, la trame de fond, c'est le délai.
Donc, les gens qui
auront affaire avec ce projet de loi là, la première, première, première
prémisse qu'ils auront en tête : Quel
est le temps qui nous en est disposé?, et non pas : Avec quel mécanisme
nous pouvons arriver à la négociation d'une convention collective? J'ai
terminé, M. le ministre...
Le Président (M. Auger) :
D'autres interventions concernant...
M. Ouellet :
...M. le Président, excusez.
Le Président
(M. Auger) : Oui. D'autres interventions concernant l'amendement
à l'article 6 du député de René-Lévesque?
S'il n'y a
pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 6 est adopté?
Le Président (M. Auger) :
Rejeté. Nous revenons à l'article 6 tel qu'amendé. Des interventions?
M. Coiteux :
J'ai un amendement.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre, allez-y.
Coiteux : Et là c'est un amendement,
ce n'est pas un nouvel article. Alors, dans l'article 6, ajouter,
après le premier alinéa, l'alinéa suivant :
«Les parties sont
tenues d'assister à toute réunion où le médiateur les convoque.»
Le Président (M.
Auger) : Explications, s'il vous plaît.
Coiteux : Alors, la modification proposée par cet amendement a pour but d'éviter qu'une des parties
fasse obstruction à la médiation en refusant
de se présenter aux réunions convoquées par le médiateur. Cet amendement reprend en l'adaptant le texte
de l'article 56 du Code du travail.
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre les travaux quelques instants pour en
permettre la distribution.
(Suspension de la séance à
15 h 16)
Le Président (M.
Auger) : Nous reprenons nos travaux sur l'amendement du ministre à l'article
6. Est-ce qu'il y a des interventions? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Donc, si je comprends bien, M. le
ministre, dans le projet de loi en question, on abrogeait toute la
partie du
conciliateur, mais là on fait réapparaître une
partie qui vous plaît, c'est ça
que je comprends.
Coiteux : Bien, moi, ce que
je comprends, c'est qu'on a eu une discussion, ce matin, où vous m'avez
posé la question si j'allais considérer que c'était nécessaire
d'assister aux réunions de médiation, et j'ai dit : On pourrait peut-être
regarder ça plus tard. Et effectivement j'ai médité ça pendant la petite pause,
à savoir si ce n'était pas tout de suite à l'article 6 que ça devrait être
fait. De là l'amendement.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Nous aurons un sous-amendement, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Oui. Faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Ouellet :
Oui, juste 30 secondes... 20 secondes, même pas.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville, lui, a-t-il une intervention par
rapport à l'amendement actuel à l'article 6?
M. Laframboise : Je pense que l'amendement qui est proposé par le ministre
est tout à fait à propos, là. On va être d'accord avec ça.
Le Président (M.
Auger) : Donc, M. le député de René-Lévesque, concernant votre sous-amendement,
en faire la lecture.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. Donc, l'amendement proposé est modifié par l'insertion, à la fin du
deuxième alinéa, de «sauf en cas de force majeure», M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre quelques instants pour en permettre la distribution.
(Suspension de la séance à 15 h 20)
Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux sur le sous-amendement du député de René-Lévesque à l'amendement à l'article 6. Donc, M. le député,
pour vos explications.
Ouellet : Oui, effectivement, M. le ministre... M.
le Président, voyons... Vous faites
référence, dans le fond, à ce qui était inscrit au Code du travail, qui était toute la nomination du conciliateur. Et je veux rappeler au ministre
que, dans le cas du conciliateur, il
était à la demande d'une partie, donc il était désiré et voulu dans une phase
de négociation, alors que
le médiateur en question peut ne pas être voulu et être imposé et il
arrive à une phase déterminée. On trouve important, pour nous, que...
Parce que le conciliateur, dans la pratique passée, quand on regarde ce qui se
faisait, bien, écoute, il est nommé, alors il parle avec les parties,
puis : Êtes-vous disponibles telle date ou telle date?, puis, bon, finalement
on y va. Là, si on prend le cheminement que
le ministre nous a expliqué, le médiateur est nommé dans les
48 heures, il demande aux
parties... convoque pour être présents. Alors, on veut juste se garder juste
une petite porte, là, dans le cas d'une force majeure, là, pour ne pas être un outrage au tribunal puis ne pas
vouloir négocier. Je pense qu'il est d'un commun accord, là, qu'une des parties pourrait évoquer un cas de force majeure
pour ne pas pouvoir être présente à ce moment-là, pour ensuite en céduler
un deuxième et assurément aller de l'avant avec le processus en question.
Le Président (M. Auger) :
Commentaires, réactions, M. le ministre?
Coiteux : Bien, dans ce type de disposition, c'est implicite que le
cas de force majeure est toujours un cas qui peut être invoqué pour ne
pas pouvoir être là à un moment précis. Ça, c'est la première chose.
Donc, si on
l'inscrit, alors que dans les autres dispositions on ne l'inscrit pas, le
législateur ne parlant pas pour ne rien
dire, qu'est-ce qu'on veut dire exactement, là? Est-ce qu'on est en train de
vouloir le codifier de manière très spécifique?
Alors, je
pense qu'on ne devrait pas aller là, je pense que ce serait une erreur d'aller
là. Je pense que tout le monde comprend que les cas de force majeure
pourront toujours être invoqués sans qu'on soit nécessairement en train de le
mentionner dans l'article lui-même.
Le Président (M. Auger) : M. le
député.
M. Ouellet : Je comprends,
implicitement c'est ce qui peut transcender la loi, mais là on est dans une loi
particulière qui aura sa propre vie et sa
propre existence en dehors de ce qui existe, alors d'où, pour nous,
l'importance de l'inscrire et de le clarifier. C'est juste ça qu'on voit, là.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Bien, toute loi a sa propre... admettons sa propre vie, si
on peut s'exprimer ainsi. Mais en tout cas, non, ce n'est pas vrai que ça sort de nulle part. Notamment, cette
phrase-là, elle est reprise textuellement de dispositions qui existent
déjà, là, telle quelle, sans aucune modification.
Le Président (M. Auger) : D'autres
interventions?
Ouellet : ...M. le ministre,
à votre expérience, les parties pourront invoquer un cas de force majeure pour
ne pas pouvoir assister à la première
réunion ou à une des réunions qui sera convoquée, dans ce cas-ci, par le
médiateur, c'est ce que je comprends?
M. Coiteux : Je pense que c'est
toujours possible d'invoquer un cas de force majeure.
Président (M. Auger) : D'autres
interventions sur le sous-amendement? S'il
n'y a pas d'autre intervention,
je vais le mettre aux voix. Est-ce que le sous-amendement à l'amendement à l'article 6
est adopté?
Président (M. Auger) :
Rejeté. Nous revenons à l'amendement du ministre à l'article 6. Est-ce
qu'il y a d'autres interventions?
S'il n'y a
pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 6 est
adopté?
Président (M. Auger) : Adopté. Nous revenons à l'article 6 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il y a des interventions?
S'il n'y a pas d'intervention, je vais le mettre
aux voix. Est-ce que l'article 6, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Article 7.
Coiteux : O.K.
Article 7 : «À défaut d'entente à
l'expiration de la période de médiation, le médiateur remet aux parties un rapport dans lequel il indique les
matières qui ont fait l'objet d'un accord et celles faisant encore
l'objet d'un différend.»
Alors,
explications : Si, à l'expiration de la période de médiation, aucune
entente n'a été conclue par les parties, l'article 7 prévoit la transmission du rapport du médiateur aux
parties. Ce rapport doit identifier les éléments faisant l'objet d'un
accord et ceux pour lesquels un différend subsiste.
L'article 7
reprend le premier alinéa de l'article 96 du Code du travail, qui est
abrogé par l'article 52 du projet de loi.
En ce qui
concerne les salariés autres que les policiers et les pompiers,
l'article 7 est applicable à une médiation en raison du renvoi
opéré au deuxième alinéa de l'article 40 du projet de loi. Le troisième
alinéa de ce même
article précise que le rapport transmis à l'arbitre est le
même que celui transmis aux parties en vertu de l'article 7.
Président (M. Auger) : Merci. Des interventions sur l'article 7?
Il n'y a pas d'intervention. Je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'article 7 est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Article 8. M. le ministre.
M. Coiteux :
Article 8 :
«Le médiateur remet en même temps une copie du rapport au ministre et au
ministre responsable de l'application du Code du travail, avec ses
commentaires.»
Donc, l'article 8 prévoit la transmission du rapport du médiateur au ministre responsable de l'application du Code du
travail ainsi qu'au ministre responsable des Affaires municipales, ce dernier étant le ministre responsable de l'application de cette loi
en vertu de l'article 58 du projet
de loi. Le rapport transmis aux ministres
comprend les commentaires du médiateur.
L'article 8 reprend le deuxième alinéa de l'article 96
du Code du travail, qui est abrogé par l'article 52 du projet de loi. Il y ajoute toutefois l'obligation de transmettre le rapport au ministre responsable des Affaires municipales.
En ce qui concerne les salariés autres que les policiers et les pompiers, l'article 8 est applicable à une médiation en raison du renvoi opéré au
deuxième alinéa de l'article 40 du projet de loi.
Président (M. Auger) :
Merci. Des interventions sur l'article 8? S'il
n'y a pas d'intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'article 8 est adopté?
Le Président (M. Auger) : Adopté.
Article 9.
Coiteux :
Article 9 : «Sur réception d'un rapport du médiateur, le ministre défère le
différend à un conseil de règlement des différends et en avise les
parties.»
Alors, l'article 9 prévoit que, lorsque la médiation n'a pas permis aux parties de
conclure une convention
collective, le ministre responsable des Affaires municipales transfère le dossier à un conseil de règlement
des différends afin que ce dernier détermine les conditions de travail.
L'article 9 introduit la
section III
du projet de loi, qui remplace les articles 98 à 99.11 du Code du travail.
Le Président (M. Auger) : Des interventions
sur l'article 9? M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. J'aurais un amendement,
M. le Président.
Le Président (M. Auger) : Allez-y.
Ouellet : Donc, modifier l'article 9 :
L'article 9 du projet de loi n° 110 est
modifié par le remplacement
des mots «le ministre» par «le ministre responsable de l'application du Code du
travail».
Le Président (M. Auger) : Je vais
suspendre les travaux quelques instants pour en permettre la distribution.
(Suspension de la séance à 15 h 34)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux sur l'amendement du député de René-Lévesque à l'article 9,
bien sûr. M. le député, pour vos explications à votre amendement.
M. Ouellet : Oui, merci beaucoup, M. le
Président. Le but de l'amendement, c'est pour aller en concordance avec ce qu'on est en train de voir à
l'intérieur du projet de loi. À l'article 6, le médiateur a maintenant 120 jours pour
amener les... non, 240 jours, pardon, pour
amener les parties à... non, 120 jours... 60 jours, excusez, en tout cas, a 60 jours pour amener les parties à s'entendre, mais le ministre
responsable de l'application peut une seule fois... Donc là, à ce moment-ci, c'est le ministre du Travail
qui reçoit la demande pour faire l'extension de délai. À défaut d'entente à
l'expiration, à l'article 7, le médiateur remet aux parties un rapport
dans lequel il y a les matières... et arrive au point 8 :«Le médiateur
remet [aussi] en même temps une copie [...]
au ministre responsable de l'application du Code du travail, avec ses commentaires.» Donc,
on est dans la logique où est-ce que c'est le ministère
du Travail qui reçoit tout ça. Alors,
nous, on trouve pertinent de garder
cette logique-là à l'intérieur du ministère
du Travail, le ministère
réputé compétent, réputé être celui qui s'occupe de l'ensemble des relations de travail au Québec,
donc le ministère du Travail, je pense que son nom l'indique. Alors, on
voudrait comprendre pourquoi, lorsqu'il arrive le moment de la réception du
rapport du médiateur, c'est le ministre des Affaires municipales qui défère le
différend à un conseil de règlement des différends et en avise les parties.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Je pense que
l'explication de mon collègue de René-Lévesque nous informe aussi de plusieurs autres amendements possibles. Je ne
veux pas donner de... attribuer, comment on appelle ça, des motifs ou des intentions, mais, néanmoins, dit comme ça, c'est : Pourquoi le
ministre des Affaires municipales aurait un rôle à jouer dans les
relations de travail dans le secteur
municipal? Et la raison principale,
c'est que ce projet de loi reconnaît qu'une municipalité, ce n'est pas une entité comme une autre. Et le ministre des Affaires municipales, ce n'est pas vrai que c'est le ministre
des maires, c'est le ministre
des questions afférentes aux affaires municipales, ça inclut la démocratie. On
a eu l'occasion ensemble, dans cette même commission, de traiter du
financement des partis, des règles d'éthique, etc. Donc, on est bien loin
de juste une question de relations avec les
maires purement, c'est la démocratie locale, et les relations de travail, c'est un aspect important de la vie municipale.
Alors, oui, le ministère
des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire est un acteur clé,
là, dans l'encadrement du secteur municipal en général, dans tout ce que ça
peut comporter, cette vie municipale. Et il est logique et normal que le ministre qui est titulaire de cette charge ait
un rôle fort important à jouer dans le cadre de cette loi, et ça
s'inscrit dès l'article 9.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville avant.
M. Laframboise : Oui. Puis je vous dirais qu'il faut comprendre que le ministère des
Affaires municipales défend aussi les
citoyens payeurs de taxes municipales au Québec, là. La Commission des affaires
municipales, on vient justement de
changer sa fonction, elle va recevoir les plaintes contre toute situation
qu'ils pourraient juger non convenable, contre les agissements d'une ville, ou d'une municipalité, ou
d'une... Les citoyens peuvent déposer à la Commission des affaires
municipales des plaintes. Donc, il y a déjà, en matière de plaintes, toute une
façon d'opérer avec les contribuables, payeurs de taxes municipaux.
Donc,
le seul élément qui échappait au contrôle municipal, c'était les relations de
travail. Donc, c'est normal, quant à moi, quant à nous, quant à la Coalition
avenir Québec, qu'il est temps, parce que... Comme je vous l'ai expliqué à plusieurs reprises, parce que la ville ne peut pas faire faillite, parce qu'elle ne peut pas déménager, parce
qu'elle n'a pas la possibilité comme le gouvernement du
Québec d'adopter une loi pour imposer
des conditions de travail à ses salariés, bien, c'est normal que les relations
de travail dans le milieu municipal,
qui n'ont pas les mêmes possibilités que l'entreprise privée ou les mêmes possibilités que le gouvernement
du Québec... qu'il y ait
une nouvelle façon de penser les relations de travail mais avec... Puis je
pense qu'on a démontré... Puis le ministre a été quand même ouvert, là, on
allonge les délais, on veut que la négociation se fasse. Mais inévitablement, à la fin, bien, qu'on arrive avec un conseil de
règlement des différends qui, lui, opère
avec un rapport qui lui est remis par le ministre des Affaires municipales, puis que ce conseil de règlement des différends ne soit pas
soumis au ministère du Travail, moi, je pense que c'est quelque chose qui est intéressant,
là. Moi, je pense qu'on est... C'est un changement important, mais je pense que
c'est un changement nécessaire, tout simplement.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Vous me permettrez, M.
le Président, de... Je vais essayer
d'appliquer la logique du collègue de la
deuxième opposition, parce qu'il nous dit : Dans le cas du monde municipal, il y a aussi des contribuables. Alors,
si je suis sa logique, je comprends bien que...
Dans le cas du secteur public, là, infirmiers, infirmières, fonctionnaires,
c'est le ministère du Travail qui s'en
occupe. Alors, si je comprends bien, il s'en occupe mal, du contribuable, le
ministère du Travail, il faudrait
donner ça à un autre ministère, dont peut-être les Affaires municipales, qui
s'occupent du contribuable. Je pense que cet argument n'est pas valable.
Notre
argument à nous est le suivant : Les Affaires municipales s'occupent des
enjeux touchant les municipalités, le
ministère du Travail s'occupe des enjeux touchant le monde du travail. Lorsque
j'ai des questions, autant l'employeur qu'un
salarié, à qui je m'adresse? Je m'adresse à un ministère pour lequel j'ai une
certaine confiance pour son impartialité. Dans le cas du ministère du Travail, c'est sur ce socle-là qu'il a bâti toute
sa crédibilité, à savoir qu'il n'est pas
partie prenante d'une part ou l'autre, il applique la loi telle
que définie, et chacune des parties, si elles ont des griefs, peut
effectivement questionner le ministre du Travail, dont notamment celles
concernant les relations de travail.
Alors, notre crainte, M. le Président, c'est
que, dans le cas des Affaires municipales... Je ne pense pas, à moins que je me trompe, que des salariés lésés dans
le secteur municipal vont appeler au ministère des Affaires municipales pour avoir des
explications. (Interruption) Oups! Excusez. Alors, tu sais, je me pose la
question si effectivement on ne veut
pas biaiser le processus. Puis je n'impute pas des mauvaises intentions au
ministère en question, mais, si on veut garder un souci d'intégrité et un souci, d'ailleurs, d'équité pour tous, il ne
faut pas que ce soit le ministère des Affaires municipales qui s'occupe
de nommer, parce que ça va être ça, la suite, là, de nommer le conseil de
règlement des différends ou le mandataire spécial. On pense que ça doit rester
dans les mains d'un ministère que c'est sa compétence, de juger, et
d'interpréter, et de faire appliquer les lois du travail.
Il n'y a pas
de distinction, pour nous, en matière de droit du travail municipal versus le
droit du travail ailleurs au Québec.
Et, si on applique cette logique-là, puisqu'il y a une distinction que le
ministre veut faire sur le monde municipal, notre crainte, c'est que, bien, on commence à en faire une aussi pour le
monde agricole ou qu'on en fasse une aussi pour le monde forestier, parce qu'il y a déjà des
dispositions dans la loi, là, qui touchent exclusivement le milieu agricole,
ils ont des dispositions particulières. Les entreprises forestières ont
leurs propres dispositions aussi, et les entreprises couvertes par le régime canadien du Code du travail ont
aussi leurs propres dispositions. Donc, on a déjà convenu d'une certaine
différence. Et là on veut en ajouter une couche
en disant : Non, non, non, les affaires municipales, c'est de la
démocratie municipale, et alors, à ce moment-là, le ministère peut devenir juge
et partie, donc nommer.
Mais, au
final, moi, ma crainte, c'est que les gens qui se sentiront lésés de quelque
façon que ce soit dans le droit applicable
aux affaires municipales, ils appellent directement aux Affaires municipales
pour avoir une réponse. Je ne pense pas
que c'est la bonne ligne pour obtenir les informations, je pense que la ligne
du ministère du Travail est la ligne à garder et à adopter. Et le milieu
municipal a toute la compétence pour gérer d'autres affaires, mais, quand vient
le temps d'arbitrer des litiges, de nommer
des conseils de différends et, après ça, de nommer des mandataires spéciaux, et
on le verra aussi, parce qu'à d'autres endroits il y a effectivement
d'autres dispositions que c'est le ministère des Affaires municipales... Et je pense que le ministre voit
clair pour la suite en commençant ici, il demeure évident pour nous que
c'est la suite logique qu'on veut faire appliquer à l'intérieur de ce projet de
loi là. Alors, on trouve que c'est le ministère des Affaires municipales qui
ne doit pas s'occuper de ça, mais bien le ministère du Travail, qui, à ce que
je sache, a fait un travail qui
semblait répondre aux attentes, puisqu'encore une fois on n'a pas eu de
représentation qui nous a dit que le ministère
du Travail, les groupes qui sont venus... pour dire que le ministère du Travail
faisait une mauvaise job, on n'a pas
eu des représentants des salariés qui sont venus nous dire que le ministère du
Travail n'était pas impartial, alors que le cas subséquent... Le ministre des Affaires municipales est aussi, entre
parenthèses, présentement le ministre de la Sécurité publique, qui, en contrepartie, a un rôle aussi à
jouer avec les policiers et pompiers. Donc, je pense qu'il y a un piège là. Et, si on veut éviter... Parce que M. le
ministre parle de moderniser le droit. Si on veut éviter ce piège-là, si
on veut garder ce qui fonctionne bien, la compétence, l'intégrité appartient
présentement, dans les relations de travail, au ministère du Travail.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre. Commentaires?
Coiteux : Alors, je ne partage pas cette même philosophie. Compte tenu
du fait qu'on reconnaît la municipalité comme une institution démocratique redevable envers ses citoyens, c'est
justement ce qu'on fait, c'est qu'on dit qu'on ne va pas calquer le même
régime. Puis le collègue de René-Lévesque mentionnait des entreprises du
secteur agricole, il aurait pu mentionner
d'autres entreprises, mais là il est dans un univers où ils ne sont pas
redevables devant des citoyens, ils
sont là pour faire des activités économiques, faire des profits, au moins pas
de perte, dans certains cas, alors que, là, on a affaire à un
gouvernement de proximité qui taxe les citoyens.
Puis le
ministère qui s'occupe du fonctionnement de cette démocratie locale se
préoccupe aussi de relations de travail équilibrées et saines entre les
deux parties, qui respectent les droits de chacun. Donc, la présomption que ce ministère-là ne pourrait pas être neutre, ne
pourrait pas être objectif dans ce champ-là, je ne suis pas d'accord, je ne
suis pas du tout d'accord avec cette vision-là de mon collègue.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Oui, et
d'autant plus que... Puis je voudrais juste faire comprendre à mon collègue
qu'il n'est pas de l'intention d'aucune
des parties en cette Assemblée de faire qu'un travailleur qui aurait des
problèmes de conditions de travail avec son employeur ne passe pas par
le ministère du Travail, là, on n'est pas là du tout, là.
Il faut comprendre, par contre, que le gouvernement
du Québec, lui, à la fin de toutes ces négociations, peut toujours décréter une loi spéciale puis décider,
malgré tout le travail qui a été effectué selon le Code du travail, puis
tout ça, à la fin, décider d'imposer ces
conditions de travail, ce qui n'est pas le cas du milieu municipal. Donc, c'est
normal qu'à la fin de tout ce... Les
relations de travail du milieu municipal, il est temps, au Québec, que ces
relations-là soient encadrées
différemment pour respecter l'état de fait, le fait qu'une ville ne puisse pas
faire faillite puis repartir ou déménager ou n'a pas le pouvoir d'adopter une réglementation comme peut le faire
le gouvernement du Québec. Donc, c'est normal.
Et là
qu'est-ce qu'on fait? Est-ce qu'on laisse à l'intérieur du ministère du Travail
un conseil de règlement des différends
qui aurait une façon nouvelle de voir les relations de travail, à l'intérieur
du ministère? Pas sûr, moi. Moi, je pense que c'est beaucoup mieux puis beaucoup plus sain que tout ce qui est du
domaine des relations de travail dans le milieu municipal soit, avec le conseil de règlement des différends, sous la
supervision du ministère des Affaires municipales. Moi, je pense que c'est tout à fait... Parce que le
contraire pourrait avoir des incidences importantes. Et puis c'est pour ça
que, la nomination, le conseil de règlement
des différends, on va le voir dans les autres articles, ce n'est pas la même
façon de procéder que dans le Code du
travail pour d'autre chose. Donc, c'est normal, parce qu'on a des relations de
travail qui ne sont pas des relations de travail normales. C'est ça, le
milieu municipal.
Je comprends que ça ne
fait pas l'affaire des centrales syndicales ou d'autres intervenants, je
comprends ça, mais il y a une réalité : La ville ne peut pas faire
faillite. Puis à un des intervenants à qui j'expliquais, il m'a même répondu : Puis il ne manquerait plus rien que
ça, qu'ils puissent faire faillite. Bien, je comprends, là, je comprends
que, pour les représentants du milieu syndical, ce soit intéressant d'avoir un
employeur qui ne part jamais, qui ne peut pas faire
faillite puis qui ne peut pas t'imposer une loi spéciale en nulle part. Mais je
peux-tu te dire qu'à la longue, 40 ans après, ça a fait un écart dans les rémunérations avec le gouvernement du Québec
puis parfois avec l'entreprise privée, et tout ça.
Donc,
inévitablement, moi, je pense qu'on est dus, au Québec, mais dans un respect
des délais de négociation puis toujours
de favoriser la négociation. Je pense que c'est ce qu'on est en train de faire
présentement, puis c'est pourquoi, là, je serai, évidemment, contre
l'amendement qui est déposé par mon collègue.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
Ouellet : Oui. Je vais vous poser une question,
M. le ministre : Est-ce que le
ministre du Travail vous a donné un
avis favorable à ce transfert de responsabilité là? Est-ce qu'il était d'accord
avec ça, c'était une bonne chose à faire et...
Coiteux : Je pense que, bon, vous n'avez pas eu l'occasion de siéger
au gouvernement encore, mon collègue n'a
pas eu l'occasion de siéger au gouvernement encore, mais il saura que, quand un
projet de loi est présenté, c'est un projet de loi qui est présenté par le gouvernement. Il y a un ministre porteur,
on s'entend, mais ça a passé par toute une série d'étapes nécessaires,
et approuvé au Conseil des ministres.
Ouellet : Donc, M. le
ministre, pour m'aider à bien comprendre qu'est-ce que c'est, d'être au
gouvernement, dans les orientations que le
ministère du Travail vous a données pour travailler ce projet de loi là, est-ce
qu'il vous a fait part de certaines
interrogations ou certaines situations qu'il faudrait tenir compte dans ce
nouveau droit qui vous est conféré? Est-ce qu'il vous a dit :
Écoutez, M. le ministre, sachez que, si vous vous en allez dans cette
direction-là, il faut faire attention à cet enjeu-là? Est-ce qu'il vous a donné
des indications à quelque endroit que ce soit?
Coiteux : Je pense qu'il comprend que le travail législatif d'un
gouvernement comprend plusieurs étapes, et, au cours de ces étapes, on peut éventuellement bonifier le produit avant
même qu'il atterrisse à l'Assemblée nationale. C'est un long processus.
Mais ultimement c'est le projet de loi du gouvernement, présenté par le
gouvernement.
M. Ouellet : M. le ministre, à notre
prétention, il y a, pour nous, une apparence de conflit d'intérêts, comme
j'exposais tout à l'heure, de la part des travailleurs, puisque la relation de
proximité entre le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du
territoire et les différentes municipalités existe depuis longtemps, alors que
cette relation-là est peu ou pas existante... à moins que vous me corrigiez,
J'aimerais
savoir : À votre cabinet ou dans votre équipe, là, est-ce que ça vous
arrive souvent que les associations de salariés du milieu municipal vous
appellent?
M. Coiteux : Ça arrive, ça arrive,
puisque j'ai eu l'occasion d'en rencontrer plusieurs, notamment avant de
travailler à la rédaction du projet de loi. Donc, ce n'est absolument pas
inhabituel.
Et, si on
prend le cas des policiers et des pompiers, j'assiste même souvent à des
congrès. Et je suis allé assister notamment
à celui de la Sûreté du Québec, le syndicat qui les représente. Donc, il y a
des relations qui sont... Puis là c'est le chapeau Sécurité publique, on s'entend, mais je rencontre souvent des
associations représentant des policiers, des pompiers, c'est tout à fait
fréquent.
M. Ouellet : Je vais peut-être
préciser ma question. Si on se recule dans le cas de ce... on n'est pas dans ce
projet de loi là, M. le ministre, il n'est pas encore sur la table à dessin, on
est au début de l'année passée, là, où est-ce qu'il
y a des discussions, mais, bref, on n'a pas fait les rencontres encore, il n'y
a pas eu de commission parlementaire, on n'a pas déposé de mémoire,
bref, il n'y a pas eu de discussion sur une possibilité de moderniser le Code
du travail à l'intérieur des Affaires
municipales, par semaine, là, un ratio à peu près, le nombre d'appels émanant
des municipalités ou des maires à votre cabinet, versus des salariés ou
des syndicats, ça représenterait quoi, à peu près?
Coiteux : Des demandes de rencontre, j'en reçois de toutes sortes de
milieux, mais j'ai reçu et j'ai donné suite à des demandes de rencontre du milieu syndical. Libre aux gens du milieu
syndical d'en demander davantage, s'ils en veulent davantage. Je n'ai
jamais dit non à des rencontres qui m'ont été demandées.
M. Ouellet : J'essaie juste d'avoir
le nombre, la différence entre... l'intensité. Est-ce que c'est 60 % issu
des municipalités, avec leurs problèmes
d'aqueduc, de relations de travail versus l'inverse? Avez-vous une
proportion à nous offrir?
Coiteux : Je ne vois pas où mon collègue veut en venir. Le ministère
des Affaires municipales s'occupe de plusieurs
questions municipales, et notamment la démocratie. C'est vrai qu'on ne réforme
pas, comme on a fait avec le projet
de loi n° 83, le financement des partis politiques municipaux,
l'encadrement de la démocratie municipale sur une base hebdomadaire,
pas plus qu'on ne va faire sur une base hebdomadaire l'exercice de
modernisation des relations de travail, mais laissez-moi vous dire qu'au cours des derniers mois il y a pas mal
d'associations syndicales qui m'ont contacté à ce sujet.
M. Ouellet : Oui, je comprends, il y avait beaucoup de projets
de
loi sur le feu et beaucoup d'interrogations à sa suite. Tu sais, j'essaie juste de contextualiser,
dans le fond. Parce que, rendu là, là, aux Affaires municipales, on s'entend que, là, les téléphones vont être différents, là,
parce que, là, avec ce chapeau-là, vous allez avoir beaucoup plus
d'interventions, ou d'interrogations, ou de demandes de rencontre, ou de
demandes de correspondance issues du milieu
syndical et salarié, puisque vous allez interférer au milieu des relations de
travail. Vous êtes conscient de ça, que maintenant, dorénavant, ça va
appeler beaucoup plus chez vous que ça appelait avant?
Coiteux : L'usage le
montrera, l'usage le montrera. Ceci étant dit, on va arriver à d'autres articles
après, on va s'apercevoir que les critères sont objectifs, ils sont
équilibrés, et les principes qu'on a établis — notamment on a amendé l'article 1 — ce
sont toutes des balises qui fassent en sorte qu'il y a non seulement ce principe de l'existence d'une municipalité qui est une institution
démocratique, redevable devant ses citoyens, avec la capacité de les taxer, et donc qui doit refléter l'intérêt collectif de ses
citoyens, incluant les contribuables, et, d'autre part, le droit des salariés
et le droit à la négociation collective de
leurs conditions de travail. Ces deux choses-là sont respectées par le projet
de loi. Et donc le ministère qui va
être responsable, et donc le ministre qui est responsable de cette loi, qui
serait responsable de cette loi, il est encadré par des règles qui imposent
la plus stricte neutralité.
Le Président
(M. Auger) : Oui, M. le député.
M. Ouellet :
Oui. Juste pour bien comprendre la mécanique aussi. Parce qu'on a été... pas
moi mais mon gouvernement a été... pas mon gouvernement mais mon parti a été au
pouvoir les derniers 18 mois avant 2014, et honnêtement, là, avec la recherche qu'on a pu faire pour préparer nos
amendements, presque pas ou peu de contacts avec les syndicats, mais surtout, surtout avec les
municipalités, parce qu'on avait effectivement plusieurs enjeux à discuter avec
eux.
Cela
étant dit, j'aimerais juste savoir, M. le ministre... Parce que, tu sais, vous
nous dites, j'ai compris tout à l'heure, vous allez à quelques événements policiers et pompiers, ça, je pense que
c'est votre chapeau de Sécurité publique, là, vous gardez quand même une certaine proximité avec les
policiers et pompiers dans le cas d'événements avec lesquels vous êtes invité. Vous allez assurément à l'UMQ, à la FQM,
parce que je lis les rétros, et dans certains cas je suis présent et
dans d'autres je ne le suis pas, mais... Allez-vous aux congrès de la CSN,
allez-vous aux congrès du SCEP... ou avez-vous l'intention d'y aller ultérieurement, puisque ça va parler de
négociation puis ça va parler de relations de travail dans votre ministère, maintenant? Est-ce que c'est dans vos
intentions, de vous présenter là et de discuter avec les salariés et les...
Le Président
(M. Auger) : Juste un instant. M. le député de Maskinongé, une
question de règlement?
M. Plante :
Oui, bien, une question de règlement, M. le Président, mais j'invoquerais la
pertinence des interventions de notre
collègue. Je comprends qu'il y a des amendements déposés, c'est un projet de
loi qui est important, mais, le fait
des invitations ou de l'agenda du ministre, de toute façon on le sait,
maintenant, les agendas sont publics. Donc, s'il s'interroge de l'emploi du temps de notre collègue le ministre des
Affaires municipales, il a bel et bien à aller voir sur le site Internet, où c'est disponible. Mais je pense
que, pour le bien de l'étude, cet après-midi, M. le Président, le
collègue devrait recentrer ses interventions
vraiment sur les amendements qu'il veut apporter plutôt que sur l'agenda du
ministre.
Président (M. Auger) : Merci de votre intervention, M. le député
de Maskinongé. Effectivement, lorsqu'on doit débattre d'un sous-amendement ou d'un amendement, on doit se
référer, bien sûr, au contenu de l'amendement, mais j'écoute également le questionnement du député
puis je vous dirais que, pour l'instant, je vais lui permettre de
continuer. M. le député.
M. Ouellet : Bien, écoutez, le but du questionnement, c'est que dorénavant le
ministère des Affaires municipales va
avoir les deux mains dans les relations de travail, avec ce projet de loi là.
Alors, ma prétention... ou mon questionnement,
c'est : De quelle façon le ministère va être organisé ou structuré pour
maintenant jouer ce rôle-là de façon intensive,
d'une part? Quelle sera sa compétence ou... Dans son équipe, est-ce qu'on aura...
Est-ce qu'on va greffer à son équipe
des gens avec un background des relations de travail? Parce qu'on aura à
intervenir à ce niveau-là. C'était un autre de mes questionnements
aussi.
comme le ministre nous dit que, bien, écoute, oui, le Code... pas le Code du
travail mais le ministère du Travail avait
son intégrité, son équité, comptez sur moi pour être ça aussi comme ministre
des Affaires municipales dans le cas présent,
alors, je faisais juste poser des questions pour savoir, bien, écoutez, si vous
recevez un nombre d'appels différent, qu'est-ce que vous allez faire
pour bien gérer ça — considérant
les demandes d'un puis les demandes de l'autre, à un moment donné, il y a question de priorité dans la gestion de temps — mais surtout si M. le ministre trouve
important et nécessaire, comme
ministre des Affaires municipales, d'être présent auprès des différentes
fédérations lorsqu'il y a un congrès
de l'UMQ ou un congrès de la FQM. Je posais la question : Est-ce qu'il
trouverait pertinent sa présence dans les différents congrès syndicaux,
qui sont, pour la plupart...
Président (M. Auger) : M. le député, je vous suivais; là, je vous
suis un petit peu moins. Donc, effectivement, j'aimerais ça qu'on puisse revenir vraiment sur votre amendement, parce
qu'on est rendus de façon beaucoup plus large que ce qu'on débat au moment présent. Donc, je vous
demanderais de vous recentrer sur votre amendement, M. le député.
M. Ouellet : Si vous permettez,
M. le Président, on cherche à faire valoir, M. le ministre... M. le Président,
que le Code du travail est sous l'égide du ministère du Travail. Et, par ce
projet de loi là, le ministre des Affaires municipales veut s'en acquérir une certaine
responsabilité, c'est son leitmotiv, c'est ce à quoi il aspire. Alors, j'essaie juste d'avoir des exemples concrets sur l'intégrité...
ou la façon dont le ministère va traiter la délicate question du juste équilibre
du droit du travail entre un employeur, dans le cas d'une municipalité, et un
salarié.
Je sais que le ministre est présent dans les événements
des municipalités et je sais qu'il y a d'autres types d'événements qui touchent
le monde industriel, dont le monde ouvrier. Alors, ma question : Est-ce
que c'est dans l'intention du ministre,
grâce à ses nouvelles responsabilités, d'être aussi présent, et faire des
représentations, et de discuter, et
d'entendre la situation vécue, puisqu'on aura, après l'adoption de ce projet de
loi là, un historique qui va se bâtir suite à ces nouvelles modalités? Est-ce qu'il est intéressé ou est-ce qu'il veut
recevoir ça, être présent pour entendre, et discuter, et même faire des
présentations sur ce modèle-là? C'était ça.
M. Coiteux : Je pense vraiment que
la question, présentée ainsi, est non pertinente, elle est non pertinente. Pourquoi? Parce que ce n'est pas le ministre qui
va régler les différends, ça va être un conseil de règlement des
différends. Ce n'est pas le ministre, ça. Et, le conseil de règlement des
différends, les gens vont avoir une compétence pour être capables de juger et de prendre une décision sur
le différend, et il y a des critères qui vont s'appliquer, et il y a des
grands principes qui vont s'appliquer.
Alors, si la
question, c'est : Est-ce que le ministre responsable des Affaires
municipales va trancher les litiges?, c'est
non. Ce n'est pas plus le ministre responsable du Code du travail qui tranche
les litiges, actuellement, il y a un arbitre qui fait ça. On change les
mécanismes, mais ça ne remet pas en question la neutralité des processus et le
fait que les processus soient liés à des critères qui assurent l'intégrité des
décisions et l'équilibre dans les décisions.
Le Président (M. Auger) : M. le député
de René-Lévesque.
M. Ouellet : Qui nomme le conseil
des différends?
Coiteux : Sur la base d'un certain nombre de critères objectifs, dans
une loi qui a des principes pour assurer l'indépendance des membres du conseil de règlement des différends. Et on
aura l'occasion d'en discuter quand on sera rendus à cet article-là.
M. Ouellet : Et donc qui nomme le
mandataire? C'est la même réponse?
M. Coiteux : On va discuter du
mandataire quand on sera rendus à l'article touchant le mandataire. Mais essentiellement ce que propose le député de
René-Lévesque, c'est de changer la nature du projet de loi, encore une
fois. C'est-à-dire, ce projet de loi, pour lui, ne devrait pas être porté par
les Affaires municipales. Nous, on pense que c'est tout à fait légitime et normal qu'il soit porté par les Affaires
municipales et on va maintenir cette ligne-là jusqu'au bout.
M. Ouellet : ...intervention, M. le
Président.
Président (M. Auger) :
Est-ce qu'il y a d'autres interventions concernant l'amendement à l'article 9 du député de René-Lévesque? S'il
n'y a pas d'autre intervention, je
vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 9
est adopté?
Président (M. Auger) : Rejeté. Donc, nous revenons à l'article 9.
Est-ce qu'il y a des interventions concernant l'article 9?
S'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le
mettre aux voix. Est-ce que l'article 9 est adopté?
Une voix : Sur division.
Président (M. Auger) : Adopté sur division. M. le ministre, veuillez
poursuivre avec l'article
Article 10. M. le ministre.
M. Coiteux : O.K. «10. Le conseil de
règlement des différends est constitué de trois membres nommés par le
gouvernement, sur recommandation du ministre. Le membre qui préside les séances
doit être avocat.»
Alors,
l'article 10 prévoit qu'un conseil de règlement des différends est composé
de trois personnes, dont un avocat qui
en présidera les séances. Le conseil de règlement des différends est nommé par
le gouvernement sur la recommandation du ministre responsable des
Affaires municipales.
Ce groupe de
trois personnes remplace l'arbitre de différends unique dont la nomination par
le ministre responsable de
l'application du Code du travail est prévue à l'article 97 du Code du
travail, qui est abrogé par l'article 52 du projet de loi.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de René-Lévesque.
Ouellet : M. le Président, j'aurais un amendement à l'article 10.
Le Président (M.
Auger) : Allez-y pour la présentation.
M. Ouellet : Oui.
L'article 10 de la loi n° 110 est modifié
par l'insertion, après les mots «doit être avocat», de «ou conseiller en
ressources humaines agréé».
Le Président (M.
Auger) : Merci. Je vais suspendre quelques instants pour en permettre
la distribution.
(Suspension de la séance à
16 h 4)
Président (M. Auger) :
Nous reprenons nos travaux sur l'amendement à l'article 10 présenté par le député de René-Lévesque.
M. le député, pour vos explications à votre amendement.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le
Président. Bien, écoutez, cet amendement fait foi d'une demande de l'ordre des conseillers et conseillères en ressources humaines agréés en commission
parlementaire, lorsqu'on les a entendus. Ils nous ont démontré effectivement avoir la compétence et avoir le désir et le devoir de pouvoir jouer
un rôle prépondérant dans ce domaine, nouveau domaine des relations de travail
là. Ils le faisaient anciennement, ils le font encore dans le Code du travail, mais là, avec la création d'un tout nouveau
modèle d'intervention en matière de droit du travail
dans le milieu municipal, on ne les
voyait pas. On parle d'avocats, et plus tard aussi, à l'article 11, on va
parler de certaines compétences en relations
de travail et/ou économiques ou monde municipal, alors que leur compétence,
elle est reconnue, et je pense
qu'il serait avisé, M. le Président, d'avoir ces gens-là à l'intérieur du
processus pour nous aider à trouver effectivement les moyens d'arriver à des
ententes qui satisfassent les deux parties.
Alors,
c'est une expertise qu'il ne faudrait pas se priver. Alors, voilà pourquoi nous
déposons un amendement pour les voir inclure à l'intérieur du conseil
des règlements, M. le Président.
Le Président
(M. Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Alors, moi, je le maintiendrais tel quel. Je pense que, que ce soit présidé par
un avocat, c'est extrêmement important pour qu'on puisse s'assurer, sur le plan
juridique, que tous les processus sont respectés. On est quand même dans le domaine des relations de travail, c'est une
question qui est sensible, il y a beaucoup d'aspects juridiques qui tournent autour de ces
questions-là, alors c'est tout à fait de mise que la personne du conseil de
règlement des différends qui préside les travaux soit avocat et ait donc les
connaissances juridiques nécessaires.
Le Président
(M. Auger) : Oui, M. le député.
M. Ouellet :
Lorsqu'on regarde les gens qui sont inscrits à l'ordre, pour être membre de
l'ordre, ça prend un baccalauréat en relations industrielles de l'Université
Laval, relations industrielles de l'Université de Montréal, «major in industrial relations», bac en commerce,
«major» en relations industrielles de McGill, baccalauréat en relations industrielles, en ressources humaines de
l'université en Outaouais et bac en gestion des ressources humaines,
Université du Québec à Montréal. Et, pour
avoir moi-même déjà fait ce baccalauréat, surtout celui de Laval — je n'ai pas fait les autres, là, j'en ai fait un, c'est assez — on a le droit du travail, on voit le droit
du travail de fond en comble, le droit d'arbitrage de griefs, la négociation collective. On a des gens
qui étudient le droit, qui ont des professeurs émérites qui les
questionnent et qui les challengent sur le droit du travail.
Alors, notre
prétention... Je comprends la compétence des gens membres du Barreau, là, je ne
remets pas en question leur compétence, là, mais, «doit être avocat ou
conseiller», je pense qu'on se donne un plus grand bassin pour intervenir dans
le cas du conseil des différends. Et je veux assurer le ministre que les gens
qui sont finissants et bacheliers, entre
autres, des baccalauréats en relations industrielles ont passé à travers un
processus rigoureux de droit du travail, droit à la négociation, droit
d'arbitrage de griefs, ils sont tout à fait désignés pour pouvoir présider un
tribunal par rapport aux relations de travail.
Le Président
(M. Auger) : Commentaires, M. le ministre?
M. Coiteux :
Je ne doute pas de la qualité de ces personnes-là puis de leur formation, là,
ce n'est pas ça du tout, mais il me semble extrêmement important que la
compétence juridique soit au coeur de ce conseil de règlement des différends,
de là la nécessité pour nous qu'il soit présidé par un avocat.
Le Président
(M. Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : J'avais eu la chance, là, quand les