CRC — 11 May 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CRC 2021-05-11
Quebec — Committees
Président (M. Tremblay) : Merci, M. le ministre. Alors, des interventions?
Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé : Oui. Bonjour, M. le
ministre. Oh! je peux enlever ça. On commence la danse du masque. À
l'article 4, vous faites... dans la première phrase, vous dites : «Le
ministre responsable des affaires autochtones prête assistance à toute personne
qui le requiert...» C'est sûr qu'on n'a pas encore réglé l'article 1, puis
on se souvient qu'il y avait des discussions sur la question de prêter
assistance, pas seulement au niveau psychosocial, on avait parlé de juridique,
même certaines interventions nous avaient fait comprendre, la dimension
spirituelle est importante, etc.
Je ne veux pas... je le sais qu'on fera cette
discussion-là à ce moment-là, mais «prêter assistance» ne nous indique pas
nécessairement qui paie. Et l'expérience d'ENFFADA, l'expérience des gens qui
sont venus témoigner, c'est que, des fois, ça encourt des frais quand même
assez importantes... importants, pardon. Et on sait que ces gens-là ne sont pas
nécessairement très... pour plusieurs d'entre eux, pas nécessairement très
fortunés.
Alors, moi, c'est la
question qui me venait, une question d'éclaircissement, lorsqu'on dit prêter
assistance à toute personne pour la formulation d'une demande. Si, toutefois,
il y avait des besoins en matière de... qu'on définira plus tôt, mais d'accompagnement juridique, par
exemple... C'est celui qu'on pense parce que c'est celui qui coûte cher,
pas mal, et c'est celui que les gens avaient
témoigné, notamment, qu'ils avaient eu besoin. Bien, comment vous entrevoyez ça?
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre.
Lafrenière : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Merci, chère
collègue, pour votre question. Puis effectivement c'est sûr que, dans
l'article 1, on va revenir sur certaines notions, mais on ne peut pas les
mettre de côté pour la discussion qu'on a aujourd'hui. On avait parlé du besoin
juridique, je vous avais exprimé ce que j'avais entendu, aussi, de la part des
groupes de familles qui voulaient être vraiment autonomes et ne pas avoir une
consultation de quelqu'un nommé par l'État, pour des raisons que vous comprenez
très, très bien, là, au niveau du déficit de confiance et de crédibilité. Ça,
c'est premièrement.
Deuxièmement, quand
vous parlez d'assurer ces services-là, je comprends exactement ce que vous
voulez dire. Je pense qu'il y a trois réponses à ça. La première, comme vous
savez, en communauté, il y a une
partie des services qui sont assurés par le
fédéral, puis effectivement il y a du travail que je dois faire de mon côté
pour m'assurer que le fédéral est au rendez-vous quand on parle de soins de
santé en communauté. Lorsqu'on parle d'assistance, de guider, on a parlé de
psychosocial, on a parlé de la roue de la guérison aussi. Je vous ai déjà
confirmé mon intention de supporter les groupes de familles pour qu'ils aient
des soins, qu'ils aient des services qui leur correspondent et dans lesquels
ils ont confiance aussi.
Alors, j'ai toujours
la même vision aujourd'hui. Je ne l'écris pas dans un projet de loi, ça va être
administratif, mais vraiment, c'est de donner les services, mais via les
groupes, les associations de familles. C'est la façon dont je le vois, chère
collègue.
Le Président (M.
Tremblay) : Mme la députée.
Mme Massé :
Merci, M. le Président. Pour suivre dans ma compréhension, quand vous dites...
Bon, supposons que j'habite Manawan, supposons que j'ai une situation qu'on
doit éclaircir et que je vais, donc, rencontrer le soutien à la famille, qui
m'accompagne, qui me donne des références en cas de besoin. Mais mettons, là, j'ai un document, clairement, à remplir, qui nécessite l'accompagnement d'un avocat, qui va payer les
frais d'avocat?
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre.
Lafrenière : Oui. Merci beaucoup. Votre cas, je pense que c'est le
meilleur cas à prendre pour se faire une image claire. Parce que tout ce qu'on
fait, on se l'est dit la dernière fois, on fait de la législation pour corriger
du passé, pour nous aider dans le futur, aussi, avec des outils, là, qui vont
répondre aux besoins. Et dans ma... dans ma rencontre, pardon, récente, M. le
Président, avec les familles, c'est exactement le cas qu'on a pris pour essayer
de se faire une image de comment ça va fonctionner.
Et je sais que je
reviens un petit peu sur l'article 1, mais juste pas m'en tenir rigueur,
mais je pense que c'est important. Et on a jasé avec les familles, on a parlé
de cette possibilité d'avoir une assistance juridique, et clairement, pour eux,
à partir du moment qu'il y a un lien d'emploi avec l'État, il y a un grand
malaise de leur part, à savoir : Est-ce que, vraiment, l'avocat qui va me
rencontrer va dire ce que le ministre veut bien qu'il dise? Est-ce que vraiment
il va avoir toute cette indépendance-là pour bien me conseiller? On est arrivés
à la conclusion que la meilleure solution était d'avoir des conseillers
juridiques, puis je ne veux pas embarquer sur les termes, ça peut être avocats,
conseillers, peu importe comment, là... mais qui travailleraient au sein de
l'organisation de soutien aux familles et non pas dans un lien direct avec
l'État.
Vous savez, chère
collègue, qu'on a des avocats dans nos bureaux. Au secrétariat, j'ai des
avocats, des gens extrêmement compétents. Cependant, les mettre en lien avec
les familles amènerait un problème pour eux puis un problème pas de crédibilité,
mais d'apparence d'indépendance. Alors, on irait beaucoup plus en soutenant de
façon claire, là, soutenir l'organisme de soutien aux familles, financièrement,
pour qu'ils aient des recours juridiques. Un.
Deuxièmement, vous
savez que la Direction du soutien aux familles, qui ne fait pas
partie du projet
de loi — puis
je vous ai clairement expliqué, là, mon intention d'avoir la Direction du
soutien aux familles dès le 1er septembre de cette année, il y a
déjà un budget qui a été prévu pour les deux prochaines années — cette
direction-là, quand on dit «soutenir», ça va jusqu'à
recevoir la famille, les... on ne dira pas le mot «guider», mais les aider à
compléter les documents, allant même à les compléter pour eux, si c'est nécessaire.
Alors, c'est un service cinq étoiles qui va être donné.
Mais, pour la
partie
conseiller juridique, pour des raisons vraiment d'apparence d'indépendance, on
trouvait que c'était important, puis ça, c'est avec la discussion qu'on a eue
avec les familles, que ça ne passe pas par l'État, que ça passe vraiment par le
regroupement des familles, pour des raisons claires, là, d'apparence
d'indépendance.
Le Président (M. Tremblay) : Mme la
députée, vous permettez, j'ai une
intervention du député de René-Lévesque.
Est-ce que c'est...
Le Président (M.
Tremblay) : Après? Parfait. Alors, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Mme Massé :
On va finir par avoir le contour complet, et, sinon, il complétera. Bien, je
comprends donc que, dans vos visées, et vous l'avez dit plusieurs fois au micro — on
sait comment le dire au micro est engageant pour la
partie ministérielle — alors,
c'est de soutenir, dans le fond, ce groupe-là, vous nous avez même parlé d'Awacak, à
un moment donné, soutenir
financièrement, pour qu'il puisse accompagner le travail... qu'il puisse
réaliser le travail d'accompagnement dont on parle.
Ceci étant dit, si je me réfère... et là je ne
voudrais pas dire des niaiseries, mais votre collègue à votre gauche pourra
préciser, mais il me semble que, lorsqu'il a été question, à la commission
Viens, d'accompagnement, au niveau de la justice, pour, notamment, Femmes autochtones
du Québec, il est arrivé un moment
donné où, là, il n'y avait plus d'argent.
Alors, comment on peut rassurer les familles
pour... leur dire : Écoutez, on comprend... Parce que moi, je comprends
que les familles disent : Bien là, disons qu'on ne souhaite pas que les
avocats soient les avocats du ministère, on souhaite avoir notre propre soutien
juridique. Mais, en même temps, c'est le ministère ou, en tout cas, le gouvernement
qui soutient financièrement ce même service-là, entre guillemets, même s'il
n'en est pas le... ce n'est pas lui qui le donne, le service. Alors, comment on
peut rassurer les gens puis leur dire : O.K., si le besoin est là, le gouvernement
du Québec va être au rendez-vous? Puisque l'objectif, c'est de réparer les erreurs passées, et,
quand on répare les erreurs passées, bien, il faut qu'on mette du nôtre. Alors,
comment on peut les rassurer là-dessus?
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre.
M. Lafrenière : Merci beaucoup.
Merci, chère collègue. Puis votre point, il est hyperimportant, parce qu'on a
souvent parlé d'autonomie. Puis je me rappelle la dernière discussion qu'on a
eue ensemble, on voulait enlever le terme «guider» parce qu'on disait que, un,
c'était infantilisant, deux, on venait encore leur dire comment faire. Alors,
la dernière rencontre, qui date d'hier, M. le Président, avec
l'association de familles, ce qu'on a dit, c'est leur donner les moyens, dans
un budget de roulement, pour leur organisme, et non pas de leur dire :
Voici ce que vous allez faire, voici combien on vous donne pour des avocats,
voici combien on vous donne pour un guide spirituel. On veut plutôt soutenir l'organisme que d'y aller avec une
facturation ou un service direct à l'État. On veut vraiment qu'ils puissent
gérer.
Puis votre question est bonne. Si vous nous
demandez, aujourd'hui, ça veut dire combien, je n'en ai aucune espèce d'idée,
je vais être superhonnête avec vous. Cependant, ce qu'on veut faire, c'est de
les soutenir, eux, puis on va voir comment les choses vont aller. Ça va
dépendre du nombre de familles, ça va... Il y a beaucoup d'inconnu devant nous,
mais l'engagement que j'ai pris avec eux, hier, c'est de soutenir l'organisme.
Et comme j'ai dit... j'ai dit : Écoutez, comme dans tout, on a des budgets
qui sont limités, mais ce que je vais faire, c'est de soutenir votre organisme à vous et que vous ayez votre propre
décision. Est-ce que vous voulez avoir des stagiaires? Est-ce que
vous voulez avoir des étudiants pendant
l'été? Il y a plusieurs idées, hypothèses qu'ils nous ont soumises. Cependant,
on verra.
Et moi, l'engagement est, oui, avec Awacak, mais
on verra, par la suite, s'il y a d'autres groupes qui représentent quelques
familles aussi. On va être ouvert à ça, mais on veut vraiment, vraiment aller
dans une approche plus autonomiste, c'est-à-dire qu'ils prennent leurs
décisions. Mais on veut les soutenir, mais on ne veut pas leur dire comment
faire.
Mme Massé : Bien. Et donc, ce
que je comprends, puisque ce sera un budget global, est-ce que cet engagement-là...
parce que, là, je vous ai entendu dire : pour les deux prochaines
années... Mais cet engagement-là, moral, vous l'avez pour l'ensemble de
l'exercice, j'imagine.
M. Lafrenière : Présentement,
le budget, juste pour ne pas mélanger les choses, c'est le budget de la
Direction de soutien aux familles. C'est ce qui a été budgété, c'est ce qui est
clair, qui est précis, et c'est encourageant pour tout le monde, parce que,
vous le savez, souvent, c'est le nerf de la guerre. Je pourrais bien vous dire
devant le micro, aujourd'hui, qu'on va faire une direction du soutien aux
familles, puis, si l'argent n'est pas au rendez-vous, ça demeure un voeu pieux.
Ça fait que non seulement le voeu est là, puis l'argent y est.
Pour ce qui est du soutien d'organismes, ce
n'est vraiment pas calculé dans le budget que je viens de vous parler. Ça sera
via le FIA, via le Secrétariat aux affaires autochtones, qu'on va soutenir
financièrement. Mais c'est clair que je ne peux pas vous dire, pendant
10 ans, quel sera le nombre de demandes, est-ce que ça va fluctuer. C'est
une chose qui va être évaluée année par année avec l'organisme de soutien aux
familles, parce que vous allez comprendre avec moi que, pendant la première
année, on va voir, il y a une grande phase de déploiement, ils vont devoir
faire du «outreach» — pardon,
l'expression — d'aller
rejoindre les familles sur le terrain. Il y a peut-être plus de dépenses, mais,
dans deux, trois, quatre, cinq ans, on verra quels seront besoins.
Mais c'est clair qu'on veut soutenir
l'organisme... ça se dit mal, soutenir l'organisme de soutien aux
familles, mais, bref, on veut vraiment les aider financièrement pour qu'ils
prennent leurs décisions. Mais je veux juste être bien clair que je ne vous
guide pas dans la mauvaise direction, ce n'est pas relié au 2 millions qui
a été budgété pour la Direction de soutien aux familles.
Ça, c'est une chose, vous comprenez, c'est
étatique, c'est chez nous. Donc, à partir de ce moment-là, les gens... Puis
allons-y avec un cas bien précis. J'aime ça, moi. Vous êtes une famille, vous
êtes visés par le projet de loi n° 79, vous dites : Écoutez, mon
enfant, je n'ai pas eu de nouvelle. Vous contactez la Direction du soutien aux
familles, mais je prends pour acquis que, normalement, Awacak était dans le
décor à quelque part, ils vous ont rencontrés, ils vous ont rassurés, ils vous
ont aidés en disant : Voici qui vous devez contacter. Ils font une demande
à notre bureau, et nous, on les soutient.
Première chose, la loi
d'accès à l'information, on les aide, allant jusqu'à remplir pour eux la
demande d'accès à l'information, on les soutient, on les supporte. Mais,
pendant le processus, s'ils ont des questions, en se disant : Écoute,
est-ce qu'au niveau légal c'est correct, ce qui se passe?, ils vont pouvoir se
revirer de bord, avec Awacak, avec le regroupement de familles, en disant à un
avocat : Voici ce qu'on m'a conseillé; comment vous voyez ça? Ça fait que
vous comprenez que ça va leur donner, bien, la vision de l'État, puis ils vont
avoir une belle liberté, une belle autonomie, aussi, avec le groupe de soutien
aux familles pour se faire guider, sans sentir que c'est l'État qui leur
dit : Voici comment ça marche.
On a un déficit de confiance à combler, et je
l'espère, de cette façon-là, les rassurer. Puis, encore là, je vous invite, on
va faire un bout de chemin ensemble dans un chemin qui est inconnu, on ne sait
pas où on s'en va, on ne sait pas combien de demandes il va y avoir, on ne sait
pas quelle sera la réponse aux familles. On met des choses en place, mais on se
laisse de la flexibilité pour s'ajuster aussi.
Le Président (M. Tremblay) : Mme la
députée.
Mme Massé : Oui. Donc, ça a clarifié
quelque chose d'important pour moi, c'est-à-dire que le 2 millions qui a
été annoncé, effectivement, disons que ce n'est pas le travail à l'interne du
SAA, tout ce que vous voulez mettre en place pour être prêts le 1er septembre.
Ça, j'ai bien compris. Maintenant, il y a tout un autre budget à définir, si je
comprends bien, à partir aussi des mandats
qui seront accordés à Awacak. Parce que j'imagine que ça se discute, ça
se...
M. Lafrenière : Ça évolue.
Mme Massé : Oui, ça évolue,
j'imagine. Vous disiez que vous étiez en rencontre hier, ça fait que ça
continue d'évoluer. Et ces budgets-là, pour le moment, ils sont dans le 200 millions
prévu pour... Je veux dire, ils sont où? Parce que, vous avez raison,
l'argent... C'est le nerf de la paix, moi, je dirais. Mais ils sont où? Parce
que 2 millions, lui, je vois bien il est où, vous l'avez annoncé au
budget, ça va. Mais pour le soutien aux familles, je suis curieuse. Vous dites : C'est dans le SAA. O.K., le
SAA, il me semble que... déjà, répond à beaucoup de besoins. Il y a beaucoup d'autres recommandations de
la commission Viens, aussi, et de la commission ENFFADA. Ça fait que, c'est ça,
je me dis : O.K., mais il est où, cet argent-là?
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre.
Lafrenière : Merci. Chère
collègue, quand vous parlez des recommandations de la commission Viens, comme vous le savez, j'ai le plan J'ai espoir. Cependant, de vous répondre rapidement
que ça va être dans le plan J'ai espoir, ça cause
une problématique, parce que mon enveloppe est sur cinq ans, quand même. Alors,
j'ai d'autres façons : le programme
ponctuel autochtone, le Fonds d'initiatives autochtones, qui est en
renouvellement. Il y a plusieurs possibilités.
Puis je ne peux pas être plus honnête avec vous.
Présentement, le projet de loi, on prend tous pour acquis que ça va bien aller,
on va trouver une belle solution ensemble. Tant qu'il n'est pas adopté, je ne
peux pas vraiment aller prendre des engagements, vous comprenez, au niveau
financier. Mais, c'est sûr, j'ai plusieurs enveloppes disponibles. Et, surtout,
ce qu'on doit établir avec l'association des familles Awacak, c'est de quelle
façon ils veulent travailler et quels seront leurs besoins, puis ça, on
travaille encore là-dessus. Je ne peux pas être plus transparent avec vous, là.
On n'a pas été capables de dollariser quelles sont leurs demandes. Puis je
pense que, de leur côté aussi, ça va être progressif. De quelle façon ça va se
mettre en place? Parce que, oui, ils sont très présents dans certaines
communautés, comme vous savez, côté attikamek, algonquin, innu. Mais, s'il y a
d'autres communautés qui lèvent la main, qui ont des besoins, bien là, il va
falloir s'ajuster.
Et le 2 millions, je reviens encore
là-dessus, le 2 millions sur deux ans, c'est pour l'embauche d'enquêteurs,
l'embauche de personnel, qui vont soutenir les familles, recevoir leurs
demandes puis aussi faire les enquêtes. Alors, ça aussi, c'est ce qu'on a
budgété. Mais vous comprenez qu'il y a une grande part d'incertitude, c'est
comment les gens vont réagir, combien de familles vont se présenter à nous,
quelle sera la réponse, aussi, des organismes qui sont visés. Si tout le monde
répond... Puis je lance l'appel aujourd'hui, si tout le monde répond rapidement
aux lois d'accès à l'information, ça va être très simple. Mais permettez-moi de
vous dire qu'il y a un grand doute, et c'est pour ça qu'on aura des enquêteurs,
des gens qui vont être capables de pousser la note pour avoir cette
information-là aussi. Il y a beaucoup d'inconnu, beaucoup d'inconnu.
Massé : Bien, je terminerais peut-être juste là-dessus, parce que
c'est vrai qu'il y a beaucoup d'inconnu, et l'avenir doit répondre à ce
besoin fondamental. Parce que plusieurs des familles sont venues nous le... pas
juste les familles, aussi les organisations
qui représentent soit les communautés, les nations, ils sont venus nous dire
l'importance du rôle de cette association de parents là. Puis, vous avez
raison, pour le moment, il y a un potentiel aussi d'élargir le nombre de
communautés qui pourraient être touchées, hein? Plus on en parle, plus c'est
connu, plus il y a des souvenirs malheureux qui renaissent.
Donc, ce que
je comprends, c'est que, pour le moment, vous avez un engagement sur l'honneur,
puisqu'il n'y a pas... ça ne se traduit pas par une ligne budgétaire à
quelque part, mais un engagement sur l'honneur d'assurer que ce regroupement-là
va avoir ce qui est nécessaire pour pouvoir réaliser le mandat avec lequel vous
vous entendez avec eux. C'est ce que je comprends, vous allez vous entendre sur
un mandat. Après ça, on va définir ça coûte combien, puis après ça, vous allez
dire «présent» à ce...
M. Lafrenière :
Effectivement, M. le Président. Puis c'est important de le mentionner, un, ce
n'est pas un chèque en blanc, puis ça, ça a été très, très clair dans la
rencontre avec les associations. Puis, pour les citoyens qui nous écoutent, on
gère l'argent public. Cependant, ce que j'ai dit, c'est qu'on va être au
rendez-vous.
Puis moi, je parle vraiment d'un financement à
la mission, de regarder quelle sera la mission qu'on va établir ensemble, de
quelle façon on est capable de donner du budget, donc des moyens, des
ambitions. Et on y va sur la mission, puis le reste, encore là, je veux y aller
avec une approche plus autonomiste. Et vous avez parlé d'engagement sur
l'honneur. Je pense que c'est un engagement qui est basé aussi sur le passé, c'est-à-dire
ce qu'on a fait récemment.
Puis je vais
prendre pour exemple un exemple que vous connaissez très bien,
Résilience, à Montréal. Il y
avait un besoin, ce n'était vraiment
pas dans nos cartons, il n'y avait pas de budget qui avait été accordé pour ça, puis on a
trouvé 3,6 millions pour un besoin
qui était criant, urgent, pour la clientèle itinérante de Montréal,
puis on était au rendez-vous.
Président (M. Tremblay) :
Merci, M. le ministre. Merci. La parole est à vous, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le
Président. J'ai l'impression d'être loin, je vais essayer de me rapprocher.
Je comprends bien le premier alinéa, M. le
ministre, à savoir qu'il y a une demande d'aide, il y aura un accompagnement,
on prête assistance. Vous l'avez dit tout à l'heure, on va les aider à remplir
le formulaire. Ils vont nous demander... ils vont vous demander : À quel
endroit est rendue ma demande? Vous allez effectuer un suivi de cette
demande-là, et il y aura une rencontre, si nécessaire.
La
partie que j'aimerais obtenir de la
précision, c'est le deuxième alinéa : «Lorsqu'il prête assistance à une
personne en application du premier alinéa, le ministre peut aussi prêter
assistance à tout responsable de l'accès aux documents ou de la protection des
renseignements personnels d'un établissement ou d'un organisme...» Bref, ce que
je veux comprendre, là, c'est que vous allez accompagner les familles à la
recherche de réponses, mais cette réponse-là,
ce n'est pas vous qui la détenez, ce sera une organisation. Et là vous allez
travailler aussi avec cette organisation-là pour fournir la réponse. Donc, que se passe-t-il, si la personne qui a
l'information ne veut pas la transmettre ou si vous constatez que cette information-là, elle existe,
mais, pour raisons x, y, elle ne veut pas la rendre publique ou la
divulguer?
Parce que je saisis bien votre rôle
d'accompagnement des familles pour trouver l'information, mais j'essaie
vraiment, honnêtement, de trouver la valeur ajoutée qu'on a d'accompagner les
organisations à fournir l'information, juste pour être certains que cette
information-là soit donnée de façon adéquate, mais qui ne vous mette pas ou ne
mette pas le ministère en porte-à-faux entre des gens qui veulent quelque chose
et des gens qui détiennent quelque chose. Ça fait que je veux juste comprendre,
là, la dynamique qui devrait s'opérer, notamment dans la possibilité de prêter
assistance à une organisation qui devra fournir cette information-là.
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci beaucoup,
M. le Président. Merci à mon collègue pour sa question, parce que ça permet
vraiment... Tantôt, on prenait un cas d'espèce puis on expliquait comment ça se
passait, puis, je pense, c'est important parce qu'on a besoin de tangible,
hein, on a besoin de comprendre comment ça va fonctionner.
Et ce deuxième paragraphe là, je pense que la
meilleure façon pour l'imager, c'est de dire : Avant même que les
premières demandes d'accès soient remplies par les familles, donc, nous, la
Direction de support aux familles, avec les familles, la première étape qu'on
doit faire, puis ça, ça a été salué, M. le Président, par la Protectrice du
citoyen, c'est d'accompagner aussi les différents organismes, c'est-à-dire les
congrégations religieuses, différents ministères, de leur dire, premièrement,
que la loi... puis ne prenons pas pour acquis que la loi serait acceptée, mais,
si cette loi est acceptée, d'expliquer c'est quoi, leurs devoirs, d'expliquer
ce qui s'en vient, donc de faire une approche que
j'appelle préventive, une approche qui est éducative, qui va leur expliquer
qu'ils doivent remettre ces documents-là.
Et vous comprenez qu'au final, ce qu'on veut,
c'est l'information. Alors, si, par cette approche plus préventive, je
rencontre des congrégations religieuses, je rencontre différents ministères, en
disant : Voici quelles seront vos obligations, et ça facilite le tout, c'est-à-dire
que les congrégations, les différents ministères peuvent répondre plus rapidement
et donner l'information aux familles, bien, moi, je vous dirais qu'on aura
réussi quelque chose de très important.
Deuxième étape, parce qu'on parle toujours d'une
approche qui est graduelle, si... Puis votre point est bon, quand vous
dites : Écoutez, est-ce que ça vous met dans une mauvaise position, parce
que vous aidez les deux parties en même temps? Bien, je les aide en leur
rappelant leurs obligations. Et, si ça ne fonctionne pas, vous savez que, dans
l'approche graduelle, il y a la Commission d'accès à l'information, donc on
peut contester une décision qu'ils auront rendue. Parce que cette capacité pour
eux de décider de donner ou pas l'information, vous comprenez que c'est régi.
Puis c'est pour ça qu'on a un projet de loi, ça va leur donner des obligations.
Puis, s'ils
ne répondent pas, il y aura la commission, et, si ça ne fonctionne pas, on
s'est donné un pouvoir d'enquête, et
le pouvoir d'enquête, bien que ce soit dans une approche graduelle, c'est un
pouvoir qui est extrêmement
important. Et ça, la Protectrice du citoyen l'a mentionné dans nos
consultations particulières, c'est le même pouvoir que des enquêteurs, des
commissaires enquêteurs. Donc, ça nous permettra d'exiger des documents, si on
ne les a pas reçus.
Alors, c'est vraiment une approche graduelle,
puis le but de tout ça, c'est d'avoir l'information le plus rapidement
possible. Puis, oui, c'est une étape qui est importante, de faire la
prévention, l'éducation, d'expliquer aux différents organismes ou différents
groupes quelles seront leurs obligations, pour qu'ils donnent cette information-là,
parce que c'est ce qu'on veut au final.
Je ne sais pas si ça
répond, mais, vous comprenez, il y a les deux volets. Mais il y a le volet que
j'appelle plus coercitif, puis vous excuserez mon passé, là, mais le volet
coercitif avec le pouvoir d'enquête est présent. Si ça ne fonctionne pas, on
aura ce pouvoir-là pour aller chercher l'information, parce qu'on en... les
familles en ont besoin, puis c'est l'engagement qu'on a pris avec eux, de
remettre l'information. Ça fait qu'on va aller jusqu'au pouvoir d'enquête, si
nécessaire.
Le Président (M. Tremblay) : M. le
député.
M. Ouellet : Oui. Ce qui est
intéressant avec l'échange qu'on vient d'avoir, M. le ministre... oui, vous
précisez effectivement les zones d'ombre que j'ai soulevées. Puis je suis d'accord
avec vous, effectivement, dans les échanges, les gens devront se conformer à la
loi, et, dans certains cas, si ce n'est pas le cas, on aura des moyens pour les
contraindre, effectivement, à respecter la loi.
Mais j'ai accroché sur la première
partie de
votre réponse. Vous avez dit tout à l'heure que vous serez proactif, que vous allez rencontrer certaines
congrégations ou certains organismes
qui pourraient détenir l'information pour,
je vous dirais, expliquer quelles sont leurs obligations. Trouvez-vous
pertinent qu'on pourrait inscrire dans la loi, justement, cette
volonté-là qu'en application de la loi le ministre ou son responsable va
s'assurer de son application avec les organismes en faisant des consultations?
Est-ce qu'on peut aller aussi loin que d'inscrire, dans la loi, cette volonté
de proaction, de dire : Dans l'application de la loi, le ministre fera des
consultations ou fera des rencontres pour rappeler à tout le monde ses droits
et obligations par rapport à l'application de la loi?
Parce qu'entre une volonté assumée ici, au
micro, et une volonté édictée dans le projet de loi, il peut avoir deux
nuances, considérant que les choses peuvent aussi évoluer dans le temps quant
qu'à la volonté d'y aller de façon plus proactive en fonction de ce qu'on va
trouver comme information.
Le Président (M. Tremblay) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci
beaucoup. Puis j'écoutais très bien votre question, mais vous comprenez qu'en même temps,
en mode COVID, on a une deuxième oreille qui se tend pour avoir
l'information à jour. Et votre point est bon, et, vous savez, il y a l'interprétation. Puis le danger, puis je
pense qu'on en a déjà discuté dans d'autres rencontres ensemble, c'est comment les gens pouvaient
interpréter ce projet de loi en disant : Voici, moi, ce qu'ils m'ont
demandé, c'est ça, je m'en tiens à ça. Et
c'est important de rencontrer les différents groupes pour être sûrs qu'on est
tous à la même page et qu'ils
comprennent le but de ce... je veux dire, cette loi, lorsqu'elle sera adoptée... qu'elle serait adoptée, pardon.
Et le préambule... vous savez que ce n'est pas
dans tous les projets de loi qu'il y a un préambule. Le préambule vient mettre
la table, vient expliquer le contexte, et je pense que le parallèle se fait très
bien avec les différents organismes. C'est beau d'avoir une loi qui va leur
donner des obligations, mais il faut les mettre dans le contexte, leur
expliquer c'est quoi, les attentes, pour qu'on soit tous au même point.
Le paragraphe 2° vient justement expliquer
le mandat puis le mandat du ministre qui va aussi auprès des organismes qui
vont appliquer cette loi-là. Parce que c'est une zone d'ombre pour eux aussi,
hein? Vous comprenez que la loi vient donner des pouvoirs qu'on n'a pas
normalement, vient donner certaines dérogations qui n'existent pas normalement.
Ça fait que c'est de leur expliquer comment ça va s'appliquer, et le deuxième
paragraphe vient vraiment mettre la table là-dessus.
Et je m'en réfère encore une fois à quelqu'un
qui connaît très bien cette application-là, qui est la Protectrice du citoyen,
et qui nous a rappelé à quel point c'était important. Cette étape-là, elle est
importante. Alors, moi, je pense que le deuxième paragraphe vient vraiment
camper cette obligation-là qui va commencer, on s'entend, là, dès l'adoption
possible de cette loi-là. C'est la première étape qui va arriver, c'est-à-dire
de rencontrer les ministères, de rencontrer les organismes pour être sûr qu'il
n'y a pas une interprétation à géométrie variable, qu'on ne se retrouve pas
avec des gens qui l'interprètent d'une façon plus fermée, que ça ne fasse pas
en sorte que les familles qui nous font confiance aujourd'hui puis qui espèrent
avoir leur information se retrouvent dans un cul-de-sac.
Alors, moi, je pense que le deuxième paragraphe,
cher collègue, je suis d'accord avec vous qu'il faut donner cette obligation-là.
Et je pense que le deuxième paragraphe vient vraiment le camper et vient
s'assurer que le travail va se faire auprès des organismes autant que les familles.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Ouellet : Oui. Bien, il y a
la notion, justement, dans le deuxième alinéa, là, puis je vais juste la
relire, là, pour qu'on comprenne bien, là : «Lorsqu'il prête assistance à
une personne en application du premier alinéa, le ministre peut aussi prêter
assistance à tout responsable de l'accès aux documents ou de la protection des
renseignements personnels d'un établissement ou d'un organisme ou à toute
personne faisant
partie d'une congrégation religieuse qui le
requiert...» Moi, c'est le «requiert» que j'accroche, là.
Je vous entends dire : On sera proactifs. Évidemment,
si la loi avait été écrite plutôt... «lorsqu'elle sera demandée», je suis d'accord
qu'on va plus loin avec «le requiert», parce que vous allez juger si, effectivement,
même si la congrégation ne le demande pas, par votre proactivité, vous allez quand
même peut-être décider de prêter assistance. Donc, c'est la
partie du
requérant, vous allez vous-même décider si... même si ce n'est pas demandé par
la congrégation, que l'aide ou l'accompagnement de votre ministère requiert une
approche différente, ou soutenue plutôt, pour des organismes ou des
congrégations.
Président (M. Tremblay) : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Merci beaucoup. C'est des échanges très importants. Comme je vous disais, à
chaque fois, hein, qu'on fait les commissions comme ça, ça nous permet
d'avancer, d'évoluer. Puis il y a deux phrases, puis je vais faire attention, je
ne veux pas laisser trop transparaître mon passé de policier, mais c'est pour
ça qu'il existe aussi le côté coercitif. C'est pour ça qu'au final, vous savez,
il y a l'approche préventive. On peut dire aux organismes : Voici comment
ça fonctionne, puis les outiller, puis leur faire comprendre ce qui est ciblé.
Mais au final, s'il y a de la mauvaise foi, de la mauvaise volonté, on s'est
donné un pouvoir, un pouvoir solide qui est un pouvoir d'enquête, de venir
dire : Je vous somme de nous remettre telle information.
Et sans nommer des organismes,
depuis qu'on parle du projet de loi n° 79 ensemble, il y a déjà plusieurs
ministères, des branches de ministère qui nous ont approchés en disant :
On est vraiment intéressés à avoir cette rencontre-là pour se faire expliquer
comment ça va fonctionner parce qu'on veut y contribuer puis on veut comprendre
c'est quoi, nos obligations. Moi, je pense que c'est rassurant. Ça veut dire
que les gens ont de la bonne volonté. Mais, encore là, on développe du droit
nouveau, hein? On fait un projet de loi qui vient changer la donne. Ils veulent
connaître quelles sont leurs obligations.
Alors, je comprends
quand vous dites «le requiert». D'un autre côté, je vous dirais que de donner
de l'aide de façon préventive à quelqu'un qui ne le veut pas, ce n'est pas très
facile. C'est pour ça qu'il y a toujours la coercition, c'est-à-dire le pouvoir ultime, le pouvoir d'enquête, de sommer
quelqu'un de nous remettre des documents si l'approche préventive ne
fonctionne pas. Il y a des gens qui vont lever la main, qui vont demander de
l'aide. Il y en a d'autres à qui on va faire
nos rencontres de sensibilisation, mais, ultimement, il y aura le pouvoir
d'enquête si ça ne fonctionne pas.
Le Président
(M. Tremblay) : Merci, M. le ministre. Vous poursuivez,
M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Oui. Puis, tu sais, je ne veux pas m'enfarger dans les fleurs du tapis, là,
puis peut-être que les légistes pourront peut-être me donner la certitude que
j'essaie d'avoir, mais le mot «requiert», «requérir» fait référence à quelqu'un
qui fait appel à, réclame l'intervention de.
La question que
j'ai : Est-ce que le mot «requiert» est le bon mot pour vous donner
l'opportunité, vous? Vous parlez de proactivité. Dans le cas de «requérir»,
c'est comme si la personne en faisait la demande. Or, est-ce que vous pourriez prêter assistance sans pouvoir
coercitif déjà, en proactivité à certaines congrégations ou
organisations, pour fournir l'information? Je ne suis pas convaincu que le mot
«requiert» est peut-être adéquat.
Peut-être que les
légistes pourraient nous donner une interprétation différente de ce qu'on voit
dans les lois, mais je trouve qu'entre votre discours de proactivité, puis de
vouloir bien contextualiser et définir le cadre dans ils devront agir, je ne
suis pas convaincu que le mot «requiert» est le bon mot pour dire : Bien,
ça sera ça qu'on va utiliser pour légitimer
la volonté du ministère, ou du ministre, ou de son responsable d'intervenir
pour prêter assistance.
Le Président
(M. Tremblay) : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Oui, merci, M. le Président. Je vais commencer avec la réponse et, dans un mode
hybride, je laisserai à Me Pomerleau le loisir de nous expliquer, là, la
partie de «requiert». Puis c'est bon de se poser la question aujourd'hui, puis
ce qu'on veut faire, c'est avoir les bons outils pour le futur.
Et vous savez, quand
on fait l'application de la loi, il y a trois phases hyperimportantes. Il y a
la
partie recherche. La recherche, on la fait aujourd'hui, on va la faire tout
le long de notre processus. Il y a la prévention. La prévention, vous savez
qu'on ne peut pas la rentrer dans la gorge de quelqu'un. Moi, je peux dire que
j'ai la bonne volonté de rencontrer tous les organismes. Si certains ont décidé
de ne pas le faire, de s'asseoir sur leurs mains et de laisser passer le train,
bien, c'est la dernière
partie qui va embarquer, c'est la coercition,
c'est-à-dire notre pouvoir d'enquête, la possibilité d'exiger à des organismes
de remettre des documents. Ça, c'est la vision.
Cependant, avec le
consentement de tous, je laisserais Me Pomerleau vous expliquer la
deuxième
partie de cette réponse. Alors, est-ce qu'il y a consentement?
Le Président
(M. Tremblay) : Est-ce qu'il y a consentement? Oui. Je vous
invite à vous présenter, à vous nommer, s'il vous plaît.
Mme Pomerleau
(Kathye) : Alors, Kathye Pomerleau, du ministère de la Justice.
L'article 4,
l'objectif de l'article 4 est vraiment d'assurer une bonne application de la
loi. Par exemple, lors de l'analyse de la demande d'accès, si l'organisme a une
question, exemple, il y a une erreur sur le nom de la personne, ça se pourrait,
à ce moment-là, que l'organisme prenne contact avec la direction du soutien, le
SAA, pour demander d'aller faire des vérifications auprès des familles pour
s'assurer qu'il n'y a pas une erreur dans le nom.
Concernant le
deuxième alinéa et le mot «requiert», l'objectif... Les ministères et
organismes ont chacun leur discrétion pour analyser les demandes d'accès. Donc,
ce sera seulement lorsqu'ils en ont besoin qu'ils feront appel au ministre pour
avoir de l'assistance, là.
Le Président
(M. Tremblay) : Merci. M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet :
Donc, c'est sur demande. Et ça revient au début de la discussion entre la
volonté du ministre de faire... je ne veux
pas dire une tournée, mais de cibler certains groupes pour leur expliquer leurs
devoirs et obligations et, dans la loi, faire une
intervention lorsqu'elle sera demandée. C'est pour ça que... Tu sais, je
comprends où est-ce que le ministre veut aller en disant : Moi, je veux me
donner bonne... pas juste bonne conscience, je veux que ça fonctionne. Je vais
faire le tour pour expliquer à ces groupes-là, à ces organisations-là :
Voici ce à quoi vous devez vous attendre, considérant l'adoption de la loi,
sans la présumer. Je comprends cette volonté d'expliquer tout le... le nouveau
cadre juridique qui sera en application et qui devrait les toucher. Mais, avec
la confirmation des informations de la dame de la Justice... Excusez-moi, j'ai
oublié votre nom, maître. Excusez-moi.
M. Ouellet :
Pomerleau. Me Pomerleau. Je comprends que, dans l'article 4, deuxième
alinéa, le «requiert» fait effectivement référence à une demande, par une
organisation ou une congrégation, d'avoir un support. C'est ce que j'ai
compris.
Le Président
(M. Tremblay) : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Oui, merci. Effectivement, puis tantôt je faisais un parallèle avec
l'application de la loi, avec la phase prévention. Vous comprenez que de la
prévention sans volonté... Il n'y a pas beaucoup de prévention à faire avec
quelqu'un qui ne veut pas vous écouter ou... parce que, vous comprenez, on
parle de requérir, il y a de l'offre aussi. Je vous ai parlé tantôt de façon
proactive, les rencontres que j'aurais avec les différents organismes, avec les
ministères, pour leur expliquer ce qui s'en vient. Mais on pourrait présumer
qu'une personne ou qu'un organisme n'ait pas
cette volonté-là, et, si c'est le cas, bien là, ils n'auront pas recours à nos
services. On va y aller avec soit la Commission d'accès à l'information, parce qu'on
n'a pas la bonne information, ou on ira avec le pouvoir d'enquête.
Alors, je comprends
très bien ce que le collègue veut démontrer, que ça demande de la volonté, ça
demande une certaine participation de l'organisme. C'est pour ça qu'on parle de
recourir aux services du SAA. Mais, s'ils ne le veulent pas, en phase
prévention... je veux dire, c'est très difficile de faire de la prévention avec
quelqu'un qui ne veut pas participer. Ce
sera notre pouvoir d'aller à la commission ou le pouvoir d'enquête, pour exiger
de l'information, mais on ne peut pas exiger de participer à une phase
préventive. Honnêtement, ça va donner un dialogue de sourds. Mais je comprends
ce que vous voulez dire, cher collègue, je le comprends super bien. Vous voulez
dire : À cette étape-là, il y a peut-être des groupes qui ne le voudront
pas, puis là vous ne vous donnez pas l'outil de leur rentrer, excusez-moi
l'expression, dans la gorge ou de les forcer, mais c'est la
partie coercitive.
Donc, de la
prévention, puis faisons un parallèle douteux avec la vitesse... l'alcool au
volant ou la vitesse au volant, les gens qui veulent recevoir une campagne de
publicité, qui veulent nous entendre parler de prévention peuvent le faire, mais ça demande un échange,
comme en communication. S'ils ne le veulent pas puis ils ne respectent pas les limites, bien, au final, c'est le
coercitif, c'est le constat qui va leur rappeler qu'ils n'ont pas fait la bonne
chose.
Dans
le cas présent, si l'organisme n'a
pas cette volonté-là, cette ouverture de nous parler, de nous
rencontrer... parce que vous comprenez, là, on parle de recourir, c'est-à-dire
qu'eux peuvent lever la main, mais nous, au niveau préventif, il va falloir
rencontrer l'ensemble des organismes, puis on en connaît quelques-uns qui sont
plus ciblés par notre projet de loi, de façon préventive. On va offrir de les
rencontrer tous et toutes.
Si un organisme
décidait de refuser de nous rencontrer, bien, écoutez, ce sera leur choix, ce
sera leur droit. Mais vous comprenez que, par la suite, en Commission d'accès,
on pourra challenger leur... pas contredire, mais de redemander une information à la Commission d'accès ou y aller par pouvoir d'enquête
puis exiger d'avoir l'information.
Ça fait que c'est sûr
que ça demande une certaine volonté, vous avez raison, mais, en phase prévention,
je pense, s'il n'y a pas de volonté, ça devient difficile de le faire tout
seul.
Le Président
(M. Tremblay) : M. le député de René-Lévesque, dites-moi... j'ai
une intervention qui suivra avec le député de Jacques-Cartier. Je vous laisse
continuer.
M. Ouellet :
Oui. J'aimerais peut-être soumettre une réflexion au ministre puis peut-être
permettre, après ça, au collègue
de Jacques-Cartier de continuer, puis on pourra revenir sur la discussion.
Mais je vous entends bien, il y
a la prévention, il y a la coercition.
Je serais tenté de
vous introduire un chemin avant de se rendre à la coercition en introduisant
plutôt la notion «qui le nécessite». O.K.? Je n'ai pas réfléchi encore à
déposer un amendement, là, mais j'aimerais peut-être déposer cette discussion-là.
Puis peut-être, après la discussion avec les collègues, le collègue de Jacques-Cartier,
on pourra revenir, là, mais au lieu de dire que «toute personne faisant
partie
d'une congrégation religieuse qui le requiert», on pourrait rajouter :
«qui le requiert ou le nécessite dans le cadre du traitement».
Donc, dans le
«nécessite», ça vous donne le pouvoir de décider, même s'il y a une première
fermeture, de devoir... Écoutez, moi, je pense que, dans ce nouveau droit là,
dans cette nouvelle application là, moi, comme ministre responsable, il est nécessaire
que je vous rencontre, qu'on en discute et que vous rendiez disponible y, x
choses qui vous seront demandées. Si, dans ce chemin-là, après cette
rencontre-là, ce n'est pas... le résultat n'est pas ce qu'on cherche, bien là, il
y aurait le pouvoir de coercition.
Mais, avec la
discussion qu'on a entre «requiert», donc à leur demande, et votre volonté
d'être proactif ou de travailler en prévention, peut-être que le mot «le
nécessite» pourrait se rajouter comme amendement pour vous permettre sans contrainte de pouvoir provoquer
cette discussion fondamentale sur les obligations, les nouvelles
obligations que ces groupes, congrégations
ou organismes devront répondre, et cette volonté d'y aller de façon
consensuelle plutôt que coercitive pour la suite, là.
Le Président
(M. Tremblay) : Merci. M. le ministre.
M. Lafrenière : Bien, merci.
J'apprécie l'offre du collègue aussi. Je pense qu'on pourrait passer avec la
prochaine question, puis ça va nous permettre de continuer de faire des
vérifications. Puis on grandit ensemble, on évolue ensemble. Merci.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. M. le député de Jacques-Cartier, à vous la parole.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. J'ai un amendement que je veux déposer et je pense que tout est
prêt. Je ne sais pas si c'est déjà envoyé au Greffier. Pas encore, mais ça s'en
vient.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. Je vous demande de suspendre, s'il vous plaît, une petite minute.
(Suspension de la séance à 10 h 15)
Président (M. Tremblay) :
Alors, parfait, on reprend. Tout le monde a pris connaissance de l'amendement
présenté par le député de Jacques-Cartier. Alors, M. le député, je vous invite
à en faire lecture.
M. Kelley : Bien sûr.
Alors, merci, M. le Président.
Alors, à l'article 4 : Modifier
l'article par le remplacement, au premier alinéa, des mots «prête assistance»
par l'insertion des mots «doit prêter assistance selon les besoins exprimés par
un membre des Premières Nations et Inuits ainsi qu'». «...à toute personne qui
le requiert pour la formulation d'une demande visant la communication de
renseignements personnels détenus par un établissement, par un organisme ou par
une congrégation religieuse et qui concernent une personne qui pourrait être un
enfant autochtone disparu ou décédé, ainsi que pour le suivi de cette demande,
notamment en prévoyant une rencontre si la personne qui formule la demande le
juge nécessaire.»
Alors, M. le Président, je veux maintenant
lancer... dans la raison pourquoi j'ai déposé l'amendement. J'ai écouté avec
grand intérêt les échanges de mes collègues avec le ministre. Puis il y a une
chose que nous avons entendue pendant nos discussions avec les familles et, quand
même, en général, pendant les audiences publiques, c'est le fait que c'est toujours
le gouvernement qui détermine les besoins des autres.
Et quand même, M. le Président, quand je regarde
l'article et, quand même, dans les commentaires, l'assistance que le gouvernement
a l'intention à prêter est pas mal déjà encadrée. Puis, je pense, c'est
important, parce que le ministre dit : Mais on veut donner plus
d'autonomie à des familles et tout le monde à déterminer leurs besoins. Mais ce
n'est pas nécessairement écrit ici. Alors, c'est pourquoi j'ai ajouté cette
précision que, quand on parle des besoins, ce n'est pas juste le secrétariat ou
le ministre responsable des Affaires autochtones qui va déterminer
l'assistance, que ça va bien être les Premières Nations et les Inuits du Québec
qui vont établir et déterminer l'assistance qui est nécessaire.
Parce que, quand même, dans nos échanges que
nous avons eus, si on parle un petit peu le jargon qui vient de nous, comme
l'assistance logique, bien, on peut parler avec des peuples autochtones qui
disent : Bien, ça, ce n'est pas nécessairement un mot qui marche pour
nous. On peut parler de la roue de la médecine, on peut parler des autres mots
qui sont peut-être importants dans une demande d'assistance.
Alors, c'est encore juste de clarifier peut-être
cette précision-là, que, si on veut vraiment donner l'autonomie aux Premières
Nations et les Inuits, que c'est bien écrit et précisé dans le projet de loi.
Et je suis bien ouvert, M. le Président, d'avoir un échange. Peut-être les
légistes de l'État ont d'autres suggestions à faire, mais ça, c'est pourquoi
j'ai pensé que c'était important d'ajouter ces mots-là.
Le Président (M. Tremblay) :
Merci, M. le député. Des interventions sur l'amendement?
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Puis merci pour votre suggestion. On est toujours à regarder la
première
partie de votre amendement, là, «doit prêter assistance selon les
besoins exprimés».
J'aimerais cependant commencer une discussion
avec vous, un échange, avec la deuxième partie, là, «par un membre des
Premières Nations ainsi que les Inuits». Le problème que ça cause présentement,
c'est que c'est très restrictif. Et, si vous vous rappelez la définition qu'on
s'est donnée de famille élargie, un allochtone pourrait faire une demande. Si
vous êtes une personne significative pour la famille, vous êtes un allochtone,
aujourd'hui, vous pourriez présenter une demande. Vous n'êtes pas obligé d'être
un autochtone ou un Inuit.
Je comprends exactement où vous voulez aller
puis je prends juste la chance de vous le dire à chaud, là, quand je lis votre
amendement, le seul danger que j'y vois, c'est qu'on serait plus restrictif que
ce qu'on veut faire. Parce qu'on s'est donné une définition de famille qui est
complètement éclatée, hein, vous le savez, on va avec des personnes
significatives, c'est très large. Ça fait que l'idée est très bonne, puis je
comprends ce que vous voulez dire par là. Vous voulez qu'on s'ajuste, vous
voulez qu'on donne quelque chose qui est significatif pour les gens, puis ça,
je vous rejoins. Le seul danger que j'y vois, si on marque «par un membre des
Premières Nations et Inuits», là, ma définition de «famille élargie», je viens
de la charcuter un peu.
Pour
«prêter assistance selon les besoins exprimés», c'est un élément qu'on regarde
du côté des légistes. Je trouve ça intéressant, mais, pour la deuxième partie,
moi, je vous lève tout de suite un petit drapeau, moi, j'ai peur qu'on soit
plus restrictifs que ce qu'on a offert jusqu'à présent, c'est-à-dire une
définition très élargie de la famille.
Le Président
(M. Tremblay) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions?
Oui.
M. Kelley :
Merci, M. le Président. Mais, M. le ministre, on peut toujours ajouter un
sous-amendement pour inclure aussi la définition qui est dans le projet de loi
concernant une famille autochtone. Puis aussi on n'enlève pas qu'on laisse
«aider toute autre personne» aussi. C'est toujours dans le projet de loi.
Où aussi, je pense,
c'est important de définir, c'est que présentement, quand je regarde cet
article, on met des Premières Nations et des Inuits sur le même niveau que
quelqu'un qui vient d'une congrégation religieuse, qui peut aussi demander une
assistance au gouvernement. Alors, ce serait une façon de peut-être aussi
démêler tout ça, que, oui, il y a une assistance qui pourrait être donnée à
quelqu'un qui n'est pas un autochtone, alors... parce que je pense qu'il y a
une importance de cibler les deux et de mettre les deux à côté pour dire :
On va, oui, bien, travailler pour l'autonomie et les besoins des peuples
autochtones, mais, en même temps, on n'enlève pas la réalité que c'est très
possible qu'on va demander à une congrégation religieuse, puis eux autres,
peut-être, vont demander l'information pour chercher plus de renseignements au
gouvernement. Vous comprenez?
Alors, ça, c'est pourquoi,
je pense, d'ajouter cette distinction est important, et moi, je suis prêt à
ouvrir ça pour s'assurer de... la définition de la famille n'est pas mise en
péril, pas du tout, qu'on ajoute ça dans la phrase, qu'on respecte ça.
Le Président
(M. Tremblay) : Merci, M. le député. M. le ministre,
souhaitiez-vous intervenir? Oui.
M. Lafrenière :
Oui, merci. Justement, c'est pour ça qu'on avait mis «toute personne». Puis, en
passant, je comprends très bien ce que vous voulez faire, vous voulez, justement,
que ça soit adapté, que ça ressemble à ce que les Premières Nations veulent
comme type d'assistance. Puis c'est pour ça que, la dernière rencontre qu'on a
eue, on a travaillé sur l'article 3, et les collègues avaient amené une
modification. On a fait des modifications, hein, au niveau de la langue,
au niveau culturel.
L'article 3 vient vraiment expliquer que l'aide qu'on
donne est adaptée à la réalité.
Dans
l'article 4, ici, ce qu'on vient dire, on vient dire qu'on doit porter
assistance. Vous avez raison que, du côté des congrégations religieuses, on
doit leur porter assistance pour donner l'information aux familles. Je ne pense
pas que c'est en contradiction. Il y a un terme qu'on est en train de regarder,
justement, quand vous dites, là, «selon les besoins», on le regarde. Moi, je
reviens encore, je vous entends, je me demande vraiment si on va aider le texte
de loi en disant : «un membre des Premières Nations, un Inuit ou toute
autre personne». Je comprends où vous voulez aller, mais je me demande si c'est
vraiment... puis je veux continuer l'échange, là, je me demande vraiment à quel
point ça va être bénéfique dans nos travaux, M. le Président.
Le Président
(M. Tremblay) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Kelley :
Encore, c'est juste quelque chose qui revient souvent quand on parle avec les
différentes Premières Nations, les Inuits,
les peuples autochtones, c'est le fait que c'est toujours nous qui déterminent
leurs besoins.
Alors, encore, moi,
je pense qu'ici, si on veut vraiment donner l'autonomie aux victimes, aux
familles, de déterminer quel type d'assistance eux autres ont besoin, c'est
écrit mot pour mot dans la loi, c'est eux autres qui vont déterminer ça avec le SAA, pas à la place que
c'est le SAA qui va déterminer ça avec eux autres. Alors, c'est juste un
sens de, quand même, fitter les mots, mais
c'est important, si on veut parler de l'autonomie des Premières Nations et
Inuits.
Le Président (M.
Tremblay) : Merci. D'autres interventions?
M. Lafrenière :
Oui, merci, M. le Président. Puis on le dit toujours, hein, ces travaux-là nous
permettent d'avancer. Et, quand on regarde, puis sans y aller, de se faire
des... mutuellement, là, d'envoyer des changements, je pense qu'on peut
explorer des pistes ensemble.
On regardait la
possibilité de dire «selon leurs besoins». Et, quand on dit «selon leurs
besoins», déjà, ça fait référence à ce qu'ils expriment, à ce qu'eux autres
veulent et non pas ce que nous, comme bien-pensants, on pourrait leur imposer.
En disant «selon leurs besoins», on trouve qu'on se rapprocherait beaucoup de
cette réalité-là.
Puis je reviens
encore avec la
partie qui n'est vraiment pas claire pour moi, là, d'énumérer
Premières Nations, Inuits ou toute autre personne. Quand on dit «toute personne»,
ça inclut tout le monde. Je comprends ce que vous voulez faire, mais cette
partie-là, au niveau législatif, on y adhère moins.
Cependant, «selon
leurs besoins», je pense que ça viendrait régler un des enjeux que mon
collègue, là, tente de mettre en lumière, c'est-à-dire de s'assurer que ce
qu'on va donner, c'est ce que les gens ont besoin et non pas ce que nous, nous
avons décidé de leur donner. Ça fait que la suggestion, puis on peut y aller
avec un amendement, là, mais «selon leurs besoins», je pense qu'on se rapproche
beaucoup plus, là, de la réalité, de quelque chose qui est adapté. Puis je
comprends très bien où mon collègue veut aller.
Le Président (M.
Tremblay) : Parfait. M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. J'apprécie que le ministre reçoit ça de façon
constructive, et on est à la recherche d'une solution. (Interruption) Pardon.
Pour moi, il y a au moins deux éléments de
l'amendement proposé par mon collègue... Dans un premier temps, cet aspect d'autonomie
qui a été expliqué. La contrainte dont parle le ministre, elle nous semble
facilement corrigeable. On ajoute tout simplement «et d'autres personnes
référées dans la définition de l'article x». Alors, le problème de
libellé, sur ce plan très technique, est réglable, de notre avis.
Mais, deuxième volet, mon collègue a fait
référence aussi... Sans imputer de mauvaise foi, le libellé actuel, sans
l'amendement, ne fait aucune mention d'une hiérarchie de besoins ou d'une
priorité. C'est-à-dire, en quelque part, je l'exprime de façon un petit peu
cruelle peut-être, mais la victime, ainsi que l'établissement responsable pour
sa souffrance, est traitée de la même façon par le libellé actuel. Comme je
dis, je ne veux pas imputer de mauvaise foi, mais on parle de l'intention du
législateur. Sans l'amendement proposé par le député de Jacques-Cartier, M. le
Président, nous sommes devant une équivalence, si j'ai bien lu les mots. Le
ministre a une obligation égale de venir en aide aux établissements,
congrégations religieuses, hôpital quelconque, même obligation qu'il aurait
envers une famille souffrant depuis quatre décennies ou plus. Alors, il y a ces
deux aspects de l'amendement, tel que proposé, dont on voit une grande
importance.
Le Président (M. Tremblay) : Merci, M.
le député. M. le ministre, vous souhaitiez intervenir.
M. Lafrenière : Oui, merci beaucoup.
Merci pour les commentaires, ça nous permet d'avancer ensemble, puis c'est
justement ce qu'on regardait. Je pense, j'ai déjà parlé de la deuxième partie,
là, pour l'énumération de Premières Nations, Inuits. C'est un élément. Dans
l'autre élément, quand vous parlez des besoins, moi, je pense qu'effectivement
c'est important de dire : C'est selon leurs besoins à eux et non pas ce
qu'on veut.
Pour ce qui est de «prête» ou «doit prêter», là,
on tourne dans de la sémantique un petit peu, mais ce qu'on regardait comme
définition, c'est que, présentement, c'est quand même une obligation parce
qu'on dit «il prête assistance», mais, bien entendu, s'il y a une demande...
puis encore là, comme on ne peut pas présumer de la mauvaise foi de personne,
il pourrait quand même y avoir une demande d'assistance qui ne serait pas
reliée du tout au projet de loi. C'est pour ça que normalement, quand on
l'écrit, on dit «prête assistance». On pourrait mettre une obligation, mais une
obligation dans une demande qui ne serait pas reliée, je ne dis pas qu'elle
n'est pas justifiée mais qui ne serait pas reliée, ça devient une obligation
qui est particulière.
Moi, je mets au jeu le fait que je pense que
«selon leurs besoins» vient vraiment camper le fait qu'on s'adapte à eux et non
pas eux à nous. Puis on peut proposer un amendement, là, mais je pense que,
pour l'instant, on peut continuer cette discussion-là, qui est riche, ensemble,
Le Président (M. Tremblay) : En
fait, M. le ministre, ce qui pourrait être possible, c'est de sous-amender.
M. Kelley : On peut soit
sous-amender ou, quand même, si le ministre veut proposer un amendement, moi,
je peux retirer mon amendement puis on avance avec l'amendement du ministre,
comme le ministre voulait, là. Je ne sais pas lequel est le plus facile pour
vous autres.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. On va suspendre quelques minutes. On règle ça.
(Suspension de la séance à 10 h 39)
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait, merci. Alors, on revient avec le député de Jacques-Cartier. Si j'ai
bien compris, vous allez retirer l'amendement présenté.
M. Kelley : Oui, c'est
bien ça, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : Il
me faut le consentement.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. Alors, M. le ministre, vous avez présenté un amendement. Je vous invite
à le lire.
M. Lafrenière : Absolument, M.
le Président. Il va apparaître à l'écran d'un instant à l'autre. Alors :
Insérer, dans le premier alinéa de l'article 4, après «qui le requiert»,
«, selon les besoins de cette personne,».
Alors, c'est pour répondre à la demande exprimée
par mon collègue de Jacques-Cartier qui voulait vraiment s'assurer que l'aide,
ce qui va être offert aux personnes qui font ces demandes-là, ça répond vraiment
à leurs besoins et non pas à notre bonne pensée, notre bonne volonté. Alors,
c'est pour ça qu'on l'a campé de cette façon-là, en disant «selon les besoins
de cette personne».
Et, pour les mêmes motifs
qu'on a discutés un petit peu plus tôt, la
partie «Premières Nations et
Inuits», on l'a retirée pour laisser «à toute personne», étant donné que, dans
notre projet de loi, on définit la famille de façon beaucoup plus éclatée.
Alors, on y va avec «selon les besoins de cette personne» et non pas les
besoins de nous, comme gouvernement.
Président (M. Tremblay) :
Parfait. Merci, M. le ministre. Est-ce
qu'il y a des interventions sur
l'amendement? Oui, M. le député.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. Je pense que l'ajout de «selon les besoins de cette personne», c'est
un pas dans la bonne direction, parce que c'est une précision, et je comprends
que chaque demande qui va être faite, c'est juste une personne pour une demande
concernant un enfant.
Mais encore, je reviens sur les points de mon collègue
de D'Arcy-McGee, l'important, c'est de, quand même, dans la loi, mettre une
distinction entre les victimes, les Premières Nations et les Inuits, envers les
autres personnes qui peuvent, selon l'article, demander de l'assistance au Secrétariat
aux affaires autochtones, mais je comprends que le ministre a certaines
réservations concernant la définition de la famille. Je pense que, quand même,
on peut être capables d'ajouter des mots pour s'assurer que cette définition-là
est bien respectée, mais encore, comme j'ai dit, j'ai mis quelque chose sur la
table. Le ministre a répondu avec une certaine
partie qui répond, je pense,
comme j'ai dit, où les besoins, c'est les personnes à déterminer ça.
Mais je vais juste laisser ça comme ça. Puis je ne
sais pas si un de mes autres collègues a quelque chose à dire là-dessus.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci beaucoup.
Merci, M. le Président. Puis c'est bien de se rappeler aussi, parce qu'on est
dans le début de l'article, puis ce qui nous complexifie la vie un petit peu,
c'est que l'article 1 et 2, on les a mis sur la glace pour continuer d'avancer.
Cependant, il y a vraiment la base, les assises de notre projet de loi sont là.
Ça fait que ça, j'en conviens.
J'aimerais rappeler, cependant, qu'à
l'article 3, suite aux commentaires de notre collègue de René-Lévesque, on
a amené des modifications pour être sûrs qu'on répondait aux besoins des
familles selon la langue, selon la culture. Alors, je pense que, dans
l'article 3... parce que, vous savez, un projet de loi, il faut le lire
dans son ensemble. En pièces détachées, des fois, comme dirait ma fille, ça ne
fait pas de sens, ça n'a pas rapport, mais, quand on le regarde dans son
ensemble avec l'article 3, on fait vraiment la notion, là, de
particularités linguistiques et culturelles, puis je crois que ça répond aux
besoins exprimés par mon collègue de Jacques-Cartier.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. D'autres interventions sur l'amendement? M. le député de
René-Lévesque.
M. Ouellet : Je ne suis pas un
spécialiste de la langue, là, mais je la relis, puis je comprends l'intention,
et je veux juste être certain, là : «Le
ministre responsable des affaires autochtones prête assistance à toute
personne, selon les besoins de cette personne, qui le requiert pour la
formulation d'une demande...» Il y a beaucoup de «personne», là.
M. Lafrenière : Si je peux me
permettre, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : Oui, M.
le ministre.
M. Lafrenière : Parce que vous
faites bien de le relire. Des fois, quand on le relit dans son ensemble... Bien
là, je vais y aller, parce que c'est après «qui le requiert». Donc,
c'est : «Le ministre responsable des affaires autochtones prête assistance
à toute personne qui le requiert, selon les besoins de cette personne, pour la
formulation d'une demande visant la communication de renseignements personnels
détenus par un établissement, par un organisme ou par une congrégation
religieuse et qui concernent une personne qui pourrait être...»
Vous avez raison, il y a beaucoup de «personne»,
mais c'est vraiment dans un beau texte de loi. Mais c'est après «qui le
requiert», sinon... parce qu'on l'a essayé tout à l'heure, si on le mettait
avant, ça ne tenait plus debout, mais plus du tout, du tout. Là, on le met
après «qui le requiert».
Et c'est pour ça qu'on dit «selon les besoins de
cette personne». Ce qu'on veut envoyer comme message... parce que, oui, au micro, des fois, on prend une position puis on envoie
un message très clair, mais le texte de loi va rester là pendant
plusieurs années. Donc, ça vient, si vous voulez, menotter, là, les personnes
qui seront là après moi pour dire :
Regardez, il faut qu'on réponde aux besoins de la personne et non pas aux
besoins que nous, on considère importants.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. Ça vous convient, M. le député?
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. D'autres interventions?
Kelley : Oui, M. le Président. Et encore, je suis... Puis je
veux juste revenir, et je sais qu'un projet de loi suit un autre, ça dit un
petit peu une histoire, mais, quand même, si on regarde l'article 3, on
commence... Et je sais, on est sur l'article 4, M. le Président. C'est
juste parce que je veux répondre à qu'est-ce que le ministre a dit, mais, quand
même, on parle un petit peu, dans l'article 3 : Le ministre
responsable des affaires autochtones informe les familles autochtones...
informe régulièrement — ça,
c'est l'amendement qu'on a fait puis on a adopté — les familles
autochtones en tenant compte notamment des particularités linguistiques et
culturelles.
Mais, dans
l'article 4, on revient sur l'assistance, d'informer quelqu'un n'est pas
nécessairement une assistance. Ça, c'est une façon d'exprimer tout ce qui est
disponible. Et encore, ça, c'est pourquoi je reviens sur le fait que j'ai
ajouté des Premières Nations et Inuits, parce qu'on «shifte» vers l'assistance.
Et corrigez-moi, M.
le ministre, si je ne suis pas dans la bonne direction ici, mais je pense qu'à
l'article 3 on est vraiment fixés sur l'information qu'on rend aux
familles en place.
Et ici on commence de
parler directement de l'assistance. Mais, si ce n'est pas moi que je comprends
ça bien... peut-être que c'est moi qui est juste mêlé, mais, quand je regarde 3
à 4, on commence à parler de quelque chose d'un petit peu différent. Et, je
suis bien d'accord avec le ministre, on a fait des bons changements, dans
l'article 3, grâce à des interventions du député de René-Lévesque. Mais,
quand même, je pense que c'est important de, partout dans le projet de loi,
continuer d'ajouter des éléments qui font une différence puis, comme on a jasé,
mettre l'autonomie dans les mains des personnes qui font les demandes.
Mais, quand même, je
comprends que, dans ces mots-là qu'on ajoute dans l'amendement du ministre,
«cette personne», ça ajoute une bonne précision, mais encore, ça peut être
quelqu'un... Tout le monde est sur le même terrain ici, dans le projet de loi,
les Premières Nations puis aussi des personnes qui sont parties d'une
congrégation religieuse. Alors, ça, c'est
encore... je vais juste répéter où j'ai une certaine préoccupation, mais c'est
tout. Et peut-être, comme j'ai dit, le ministre peut démêler le 3, le 4,
pour moi, si, en 3, on parle d'assistance et en 4 aussi.
Le Président
(M. Tremblay) : Parfait. Merci, M. le député. D'autres
interventions?
M. Lafrenière :
Oui, s'il vous plaît. Merci.
Le Président
(M. Tremblay) : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Effectivement, vous avez raison de dire que 3 n'est pas... puis là, pour les
gens qui nous suivent à la maison, ça va être l'enfer de suivre ce qu'on dit
là, là, mais 3 n'est pas relié directement à 4. Cependant, 3 donne la couleur à
4 et les suivants.
Ce que je veux dire,
les articles 1, 2, 3, bien qu'ils ne soient pas complètement reliés,
mettent vraiment la table sur l'intention du
législateur. Alors, quand on dit, à 3, on veut que ça soit culturellement
adapté, linguistiquement adapté, vous avez raison, c'est pour la
transmission d'informations. Mais là on vient mettre la table sur ce que le
législateur envoie comme message. C'est ça qu'on veut.
Et, dans 4, quand on
dit... puis je comprends très bien, hein, plus vous l'expliquez, cher collègue,
plus je comprends, là, votre inconfort de dire : On ne devrait pas mettre
sur le même niveau une congrégation religieuse qui demande assistance, dans l'application de la loi, qu'une famille qui a
besoin d'aide. Et ça, je vous rejoins. Cependant, si on recule, puis je
n'aime pas ça faire ça, là, mais, si on recule dans les articles 1, 2 et
3, je pense, comme législateurs, on vient clairement identifier de quelle façon
on veut aider les familles.
Et, pour moi, le plus
bel exemple à ça, c'est la définition de «famille». On vient de redéfinir
«famille», et ça va s'appliquer seulement dans ce projet de loi, parce que
notre définition de «famille» est complètement éclatée. C'est «toute personne
significative». On veut vraiment s'assurer de ne pas... excusez l'expression,
mais de ne pas échapper personne, qu'il n'y ait pas une personne qui se
présente pour faire une demande d'accès puis qu'on dise : Écoutez, vous
êtes le deuxième cousin, ça ne passe pas. On est vraiment allés avec une définition
le plus large possible. Et c'est pour ça, quand on dit, «selon les besoins de
cette personne», c'est vrai qu'on ne vient pas avec «Premières Nations et
Inuit», mais, je pense, c'est volontaire, à ce moment-ci, étant donné qu'on
veut garder la définition le plus large possible. Mais c'est clair que, pour
les familles, il y a un traitement qui est différencié.
Et rappelez-vous
qu'on met en place pendant deux ans, avec un budget de 2 millions, une
direction de soutien aux familles. Et rappelez-vous ce qu'on a eu comme
échange, tout à l'heure, avec la collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques,
on veut soutenir financièrement une organisation qui représente les familles
pour leur donner de l'autonomie. Alors, vous
avez raison que, si on le regarde tout seul, ça peut être boiteux, mais, quand
on le regarde dans son ensemble, je
pense qu'on envoie un message très, très clair qu'on va traiter les familles,
excusez l'expression, aux petits oignons, dans la ouate. On veut les
supporter là-dedans, parce que, oui, ils ont besoin d'information, mais, plus
que tout, ils ont besoin de regagner confiance dans le système, dans le
gouvernement.
Puis moi, c'est pour
ça que j'appelle ça le projet J'ai espoir aussi, là. J'ai espoir de ramener ces
gens-là à nous faire confiance, puis on va tout faire, tout mettre en place,
avec la Direction du soutien aux familles, avec le financement qu'on va donner
à un organisme. On veut vraiment épauler les familles à ce moment-là. Il faut
le regarder dans son ensemble, puis je comprends bien ce que mon collègue veut
souligner aujourd'hui.
Le Président (M. Tremblay) : Merci, M. le ministre. D'autres interventions sur
l'amendement? M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. Je veux juste persister un petit peu sur cette
équivalence qui me trouble beaucoup et aucunement exprimée par les intentions
du ministre. La formulation même, tel qu'amendée, je comprends que c'est une
réponse aux préoccupations exprimées par le député de Jacques-Cartier en ce qui
a trait à l'autonomie et la spécificité des
demandes des familles, des Premières Nations et des familles telles que
définies par la loi.
Mais la chose, le deuxième élément qui continue
à nous troubler, c'est que, si on lit comme il faut, l'obligation imposée sur
le ministre par cet
article est égale envers un directeur d'un département dans
un hôpital concerné, un prêtre ou un
gestionnaire dans une congrégation religieuse. L'obligation que le ministre
prête assistance... Si je lisais le libellé même, tel qu'amendé,
l'obligation est pareille, du ministre, de... les établissements, qui auraient
été les gens qui ont causé cette souffrance, c'est égal à l'aide exigée au
ministre pour les familles.
Je me permets la question : Pourquoi on ne
peut pas trouver une formulation qui démontre clairement que l'aide offerte est
offerte uniquement aux familles mêmes? Il me semble que c'est une obligation
légale existante, récurrente du ministre de travailler avec les établissements,
quelques-uns de l'État, les hôpitaux, et même avec des instances religieuses.
Ça va de soi. L'objectif de cet article, c'est d'aider les familles.
En tout cas, on a été... on essaie de pallier de
ce problème-là avec notre libellé qui instaurerait une espèce de hiérarchie que
l'aide prêtée par le ministre était surtout exigée pour les familles en
détresse. Et, bon, il y avait des autres
catégories. Là, sans notre amendement et même avec l'amendement proposé par le ministre,
je soumets qu'il y a toujours
une équivalence très troublante. Son obligation est égale, selon ces mots-là, envers les
établissements qu'envers les familles souffrantes.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci, M.
le Président. Merci au collègue pour ses commentaires, puis, je pense, je vais
revenir avec l'article 4. Le premier paragraphe est clairement, uniquement
pour les familles. Quand on le lit, c'est clair. On va le relire ensemble une
première fois, si vous me permettez, M. le Président, puis je pense qu'on va
tous partir de la même page.
«Le ministre responsable des Affaires
autochtones prête assistance à toute personne qui le requiert — et, dans notre amendement, on propose
"selon les besoins de cette personne" — pour
la formulation d'une demande visant la communication de renseignements personnels détenus par un établissement, par un organisme ou par une congrégation religieuse et qui
concernent une personne qui pourrait être un enfant autochtone disparu ou
décédé, ainsi que pour le suivi de cette demande, notamment
en prévoyant une rencontre si la personne qui formule la demande le juge nécessaire.»
Le premier paragraphe, la raison pour laquelle
on retrouve «congrégation religieuse», c'est qu'on dit que les renseignements
sont détenus par une congrégation religieuse. Donc, vous êtes M., Mme X. Avec
une nouvelle définition de famille qui est
très large, vous faites une demande. Moi, comme ministre, je dois vous donner
assistance selon les besoins que vous identifiez.
Au paragraphe deux, on vient dire
que lorsqu'il prête assistance à une personne en application du premier
alinéa — donc,
lorsqu'on aide la famille — le
ministre peut aussi prêter assistance à toute personne de l'accès aux
documents. Et c'est là qu'on donne un accès, oui, aux ministères, aux
congrégations, mais on leur donne accès pour donner de l'information aux
familles.
Alors, je comprends ce que vous voulez dire, que
c'est dans le même article, mais, au final, je ne pense pas que ça soit vu
négativement par les familles, qu'on aide un organisme à leur donner
l'information. Ce qu'on vient faire là-dedans, quand on dit «porte assistance»,
là, c'est de dire, exemple, à un ministère, une congrégation : Voici vos
obligations, voici comment vous pouvez le faire.
Ou une autre information... parce qu'on
regardait des cas types. Il y a une demande d'accès à l'information qui est
formulée à un ministère. Eux pourraient nous contacter en disant :
Écoutez, le nom qui nous a été dit, là, on ne le trouve pas; êtes-vous
capables, avec la famille, de regarder est-ce qu'il n'y aurait pas une erreur
dans la façon dont le nom a été épelé ou quoi que ce soit? Et ça, c'est arrivé
à plusieurs reprises. On a rencontré des gens, dans des ministères, qui
disaient : Écoutez, ce n'est pas par manque de volonté, souvent, la façon
que ça a été retranscrit, il y a eu des erreurs dans le nom.
Alors, ça, quand on dit «porter assistance»,
c'est aussi aider, mais vous comprenez, c'est d'aider les gens, d'aider les
organismes, les congrégations à aider les familles. Alors, moi, je suis vraiment
à l'aise de dire... Dans cet article, on vient dire deux choses : on porte
assistance aux familles, selon leurs besoins, selon ce qu'ils nous expriment et
non pas ce qu'on voudrait leur donner, et, en deuxième alinéa, on supporte les
organismes pour qu'ils donnent la bonne information aux familles. Moi, je pense,
dans les deux cas, c'est vrai, quand on lit phrase par phrase, on peut se poser des questions. Mais, quand on regarde l'ensemble,
quand on regarde l'essence de cet article-là, ce qu'on vient dire,
c'est : Oui, on aide les familles et on va le faire aussi en aidant les
organismes pour qu'ils donnent l'information aux familles.
Alors, en tout respect, je pense qu'on est à la même
place. Puis j'ai le même enjeu que vous, hein? Les familles sont au coeur de
notre projet de loi. Tout à l'heure, on aura la possibilité d'échanger aussi
sur ma vision de comment mettre les familles au coeur de nos applications,
hein, comment les familles soient au courant de ce qui se passe. Mais j'ai la même
volonté que vous puis je pense qu'en le relisant, avec l'ajout, avec ce que
vous avez amené comme commentaire, je pense qu'on est vraiment au bon endroit.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. M. le député de Jacques-Cartier... M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Juste une petite précision. Alors, ça me rassure, en quelque part, le ministre
insiste et nous assure que l'objectif
unique de ce paragraphe-là, c'est pour porter de l'aide aux enfants. Même dans
l'optique où on porte l'aide aux établissements, c'est dans l'objectif
de rejoindre les besoins de la famille. C'est ça que prétend le ministre. O.K.
Merci.
M. Lafrenière : Absolument, M. le
Président. Puis, si je peux me permettre, vous savez, si c'était si simple, on
n'aurait pas besoin de projet de loi. Si la Loi d'accès pouvait répondre aux
besoins des familles, on ne serait pas là aujourd'hui. Alors, comme on s'en va
dans un régime d'exception, on sort de ce qui est habituel. C'est important de,
un, expliquer — j'étais
pour dire «de démocratiser» — un peu cette information-là auprès des
organismes, en expliquant, exemple :
Vous êtes habitués que, normalement, c'est la personne elle-même
qui doit faire une demande ou le parent, dans le cas d'un mineur; là, on
vient de changer la définition. Il faut vraiment leur donner tous les outils.
Puis, comme je vous dis, au final, mon but, moi,
c'est que l'information se rende à la famille. Et, si ça fait en sorte que je
dois aider un organisme x, y, z à mieux comprendre la loi, si je dois aider un
organisme aussi à avoir plus... aider un organisme, pardon, à avoir plus de
détails, le nom, des détails comme ça, bien, oui, on va le faire. Ce qu'on
veut, au final, c'est d'avoir l'information pour les familles.
Alors, je veux rassurer mon collègue, c'est
vraiment, ce qui est exprimé dans cet article-là, à deux niveaux : on aide
la famille directement puis on l'aide indirectement en donnant un bon support à
ces organismes-là pour qu'ils donnent l'information. C'est mon seul but.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. D'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix par appel nominal. Mme la
secrétaire.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. M. Lafrenière (Vachon)?
La Secrétaire : Pour les
membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Lachance
(Bellechasse)?
La Secrétaire : Pour les
membres de l'opposition officielle, M. Kelley (Jacques-Cartier)?
La Secrétaire : M. Ouellet
(René-Lévesque)?
La Secrétaire : M. Tremblay
(Dubuc)?
Le Président (M. Tremblay) :
Abstention. L'amendement est donc adopté. On va revenir à l'article 4, tel
qu'amendé, évidemment. Alors, est-ce qu'il y a des interventions au retour sur l'article 4?
Oui, M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Merci beaucoup, M.
le Président. Donc, on avait fait un court intermède pour permettre au député
de Jacques-Cartier de déposer son amendement, qui a été retiré et qui a été
représenté par le ministre, pour lequel on vient de voter son adoption.
J'aimerais revenir sur la discussion initiale que nous avions eue, à savoir
s'il ne serait pas pertinent d'inclure une nécessité de circonstance pour le ministre
de provoquer une assistance auprès de congrégations religieuses ou organismes
qui, selon son évaluation, devraient avoir besoin de son assistance.
Donc, je
disais tout à l'heure au ministre que j'évaluais l'opportunité de déposer, effectivement, un amendement pour permettre, dans la loi en question, de donner
plutôt l'opportunité au ministre ou de son responsable de pouvoir convoquer
explicitement des organisations, justement, pour prêter assistance dans le cas
où les circonstances le nécessiteraient.
Donc, je
pense qu'à travers les différents temps que nous avons eus en préparation d'amendement, le ministre a pu approfondir sa réflexion et consulter ses
légistes et son équipe. Donc, je serais prêt à entendre le fruit de sa
réflexion, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : Merci. M.
le ministre.
M. Lafrenière : Merci beaucoup, M.
le Président. Effectivement, l'échange qu'on a eu sur l'amendement nous a
permis de faire nos devoirs, puis je vous remercie beaucoup, parce que ça nous
a permis aussi de se creuser la tête sur ce qu'il y a derrière ce projet de loi.
Parce qu'on se rappelle qu'au final on veut donner l'information aux familles,
je l'ai déjà dit tout à l'heure sur l'amendement.
Et là on se posait la question
avec «qui le requiert». Est-ce que, dans le fond, pour... Prenons un cas d'exemple,
un cas d'espèce. Un organisme, un ministère, une congrégation requiert de l'aide, de
l'assistance, en disant : Écoutez, je n'ai peut-être pas le bon
nom, aidez-nous. Ça peut être de façon très, très, très opérationnelle. Ça
pourrait être aussi, dans l'ensemble de notre projet de loi, de comprendre
quels seront leurs pouvoirs, leurs devoirs, leurs obligations. Et ce qu'on
regarde, en vertu de la loi d'accès à l'information, c'est que chacun des organismes
doit traiter, doit analyser la demande qui lui est présentée. Ça, je n'ai pas
de pouvoir à cette étape-là.
Cependant, M. le Président, si l'organisme X
refuse, puis, vous savez, quand ils refusent une demande d'accès, ils doivent la justifier, selon ce qu'on
va recevoir, on a le pouvoir d'aller en Commission d'accès par la
suite, donc, pour aller revendiquer une position différente. Et on s'est donné
une démarche par étapes, M. le Président, avec un pouvoir d'enquête, par la
suite, de dire : Écoutez, en Commission d'accès, on ne l'a pas eu, nous,
avec le pouvoir d'enquête, on veut avoir le document. Ça, c'est la
partie que
j'appelle plus coercitive, où on est vraiment dans la recherche d'informations.
Il y a deux autres étapes importantes, puis on en a parlé tantôt.
Mais je pense qu'on va rajouter un fait important,
M. le Président. En prévention, c'est-à-dire que, dès lors que le projet de loi
serait accepté, il va y avoir une démarche, avec tous les organismes, avec
toutes les congrégations religieuses, pour
leur dire : Voici ce qui va arriver, voici là où nous sommes. Et c'est
pour ça, si vous vous rappelez bien, quand on a parlé du projet de loi,
on s'est dit : Même une fois adopté, on voudrait mettre en place la
Direction du soutien aux familles le 1er septembre pour nous donner l'été,
M. le Président, un, pour faire de l'embauche des gens hyperspécialisés et,
deux, pour nous laisser le temps de rencontrer des différents organismes, les ministères,
les congrégations religieuses pour
dire : Voici, on s'en vient avec notre projet de loi, voici quelles
seront vos obligations, voici ce que vous allez devoir faire pour aider
les familles. Vous pouvez le faire de plusieurs façons — dans
mon ancienne vie, je disais «la façon facile ou la façon plus compliquée» — mais
vous allez devoir le faire parce qu'on doit donner l'information aux familles.
Et à ça, lorsqu'on a fait nos consultations
particulières, les groupes de familles nous ont dit : Écoutez, nous, c'est bien, le projet de loi, mais on veut
être aux premières loges, on ne veut pas être gardés dans la cinquième
rangée d'autobus puis être des témoins de loin de ce qui se passe. Puis ça, M.
le Président, je l'ai bien entendu de ce qui a été mentionné par les familles,
et c'est pour ça qu'on ne le met pas dans un projet de loi, mais je pense que
c'est important de vous partager ma vision là-dessus.
De façon
mensuelle, ce qu'on veut faire, c'est un comité, puis
on ne sait pas le nom, ça peut être un comité de suivi, comité paritaire,
où les familles vont être présentes, dans ce comité, et à chaque mois, sans
tomber dans le nominatif, on ne donnera pas le nom des personnes ou quoi que ce
soit, mais ils verront le nombre de demandes, les réponses qu'on a reçues des organismes, à savoir combien
d'entre elles ont pris 30, 40, 50 jours avant d'avoir une réponse,
quel type de réponses. Donc, ils vont être
témoins, et, pour eux, ça va les aider, justement, à avoir confiance
dans ce système-là.
Parce que ce n'est pas vrai, même si, plus loin
dans les articles, on s'est mis une obligation, annuellement, de faire un
rapport, je ne pense pas qu'une fois par année, avec un rapport, les familles
vont sentir vraiment qu'ils font
partie du processus décisionnel. Alors, nous,
comme obligation, on veut se mettre mensuellement un comité de suivi pour qu'il
voie ce qui se passe. Et c'est là qu'on va avoir toute l'information qu'on
appelle l'information orale. Parce que les Premières Nations nous l'ont dit à
plusieurs reprises, le processus de plainte, c'est intéressant, mais ce n'est
pas leur habitude. Eux, ils veulent être capables de le dire, quand il y a quelque
chose qui ne fonctionne pas. Alors, le comité de familles pourrait, lors de ces
rencontres-là, nous dire : Vous savez, quand on fait affaire avec tel ministère,
on a des familles qui nous ont dit que ça passait plus ou moins bien, et là on
sera capable de se réajuster.
Parce que je le dis encore une fois, M. le
Président, notre projet de loi vient corriger... pas corriger, vient donner une
réponse à quelque chose de très répréhensible qui est arrivé dans le passé,
c'est vrai, des événements horribles, mais on va devoir s'ajuster tout le long
de cette loi-là, de l'application. Moi, je pense qu'aujourd'hui on se donne les
bons outils, mais on se laisse toute la latitude pour corriger, pour s'ajuster,
puis ça, on va le faire avec un comité où les familles vont être aux premières
loges.
Alors, pour répondre, ça a été une très longue
réponse pour une question très simple de mon collègue qui disait «qui le
nécessite» au lieu de «qui le requiert». Présentement, avec la Loi
d'accès, je ne pourrais pas me donner ce pouvoir-là de dire : Selon moi,
là, dans votre shop, vous n'avez pas la bonne information, je vais devoir vous
rencontrer. Mais on s'est donné d'autres outils, avec pouvoir d'enquête, la
Commission d'accès aussi, pour aller remettre en question des décisions qu'ils
auront prises.
Le Président (M. Tremblay) : M.
le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Oui. Merci pour
cette explication, M. le ministre, et je comprends que vous avez déjà
identifié, probablement, certains groupes qui mériteraient une attention
particulière de votre ministère quant à l'application ou plutôt les impacts de l'application de cette
nouvelle loi qui devrait être adoptée pendant cette législature. J'entends
bien ça.
Et c'est pour ça que j'adresse aussi, au nom de
ma formation politique, à tout organisme, toute congrégation religieuse... je
les appelle à une grande ouverture. Parce que vous avez édicté tout à l'heure
votre volonté de vouloir les rencontrer, d'expliquer vers où on s'en va,
d'expliquer quels seront les impacts et surtout d'expliquer qu'est-ce que ça va
donner. Et je suis conscient que, dans certains cas, il y aura peut-être des
groupes, des congrégations, des organismes qui seront peut-être plus réfractaires
parce qu'on va déterrer le passé. Mais j'invite ces groupes-là, ces
congrégations-là ou ces organismes-là à tendre la main et d'être ouverts dans
ce grand processus de réconciliation. Ici, on peut adopter des lois, on peut
forcer les choses, mais évidemment, si on veut un succès et une guérison, ça se
fait par la participation de tous.
Donc, j'invite tout le
monde qui suivent ces travaux et qui auront à jouer un rôle fondamental dans la
suite à démontrer ouverture, compassion et ne pas être fermés. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le député. M. le ministre.
M. Lafrenière : Je vais
répondre brièvement, si vous me permettez. Collègue, je ne peux pas passer sous
l'occasion qui m'est donnée par mon collègue de René-Lévesque de dire :
Regardez, vous voyez de quelle façon on travaille ici, en commission, avec les
oppositions. On travaille tous dans le même but, on travaille pour le bien des
familles. Bien, j'envoie le même message, moi aussi, aux différents groupes, de
travailler avec nous. Au final, on peut donner l'information à la famille.
Mais vous savez, même si on s'est donné des
pouvoirs très solides, là, avec le pouvoir d'enquête, ça, c'est du temps. Alors, si on peut le régler plus
simplement, de façon préventive, en rencontrant les groupes, en donnant la
bonne information, donc en les supportant dans tout ça, bien, c'est ce qu'on
veut, hein, c'est donner l'information aux familles. Alors, vous avez raison de
dire : Si on est capables de le faire ensemble, plutôt qu'un pouvoir
coercitif, on va tous y gagner. Et ici on
est un bel exemple aussi de comment on peut travailler ensemble pour avoir la
meilleure loi, le meilleur projet de loi, le meilleur outil pour aider
les familles qui attendent depuis bien trop longtemps, M. le Président, bien
trop longtemps.
Le Président (M. Tremblay) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Merci, M. le Président. Juste une question de bien comprendre qu'est-ce que le
ministre a dit, c'est... Alors, le pouvoir d'enquête, est-ce uniquement après que
tout le processus de l'accès à l'information et la Commission d'accès
est terminé? Alors, est-ce que ça, ça va créer un délai pas mal long? Parce
qu'on sait, des fois, avec l'accès à l'information, des demandes, ça prend un
petit peu de temps, quand même, s'il y a des délais inscrits dans la loi. Mais, je veux juste bien comprendre, le pouvoir
d'enquête arrive seulement après tout ça... Alors, une famille cherche
les renseignements, ce n'est pas là, puis on met en place le pouvoir d'enquête?
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre
M. Lafrenière : Merci, M. le
Président. Puis mon collègue fait bien de le rappeler, hein, encore une fois,
je le dis, si la Loi d'accès était la solution, on n'en serait pas là aujourd'hui.
On n'aurait pas besoin de ce projet de loi, M. le Président, les familles
auraient déjà eu leurs réponses.
Ceci étant dit, il y a plusieurs étapes à notre projet
de loi. C'est pour ça qu'il faut le regarder dans son ensemble et c'est pour ça
que c'est si important, le deuxième paragraphe. Puis je comprends le débat que
ça a soulevé tout à l'heure, mais de porter
assistance aux organismes en leur expliquant quelles sont leurs obligations,
moi, je l'espère, M. le Président, puis vous le savez, je suis un éternel
optimiste, je l'espère que ça va nous aider, que les organismes, les groupes, les ministères vont comprendre leurs
obligations, vont y répondre plus rapidement.
Au final, c'est ce qu'on veut.
Si je n'ai pas besoin... si, dans un an, si, le
31 mars 2022, parce que c'est la date du premier rapport, je viens
vous dire qu'on n'a pas eu besoin du pouvoir d'enquête, M. le Président, je
vais être un homme très heureux. Ça voudra dire les familles auront eu
l'information, ça va être plus rapide, et on n'aura pas eu besoin de ce
pouvoir-là. Cependant, il ne faut pas prendre de chance, il faut se donner
l'ensemble de la boîte à outils. Mais c'est peut-être l'outil qu'on va utiliser
le moins souvent. Pourquoi? Parce que ça voudrait dire que les familles ont eu
réponse à leurs questions plus rapidement.
Dans les délais... mon collègue de
Jacques-Cartier parle des délais en matière de loi d'accès à l'information.
C'est des délais qui existent, et il a raison. Nous, on se donne une approche
qui est étapiste, où, justement, on sait que les organismes qui reçoivent une
demande d'accès ont un délai pour nous remettre une réponse. Si la réponse ne
convient pas, on peut aller en appel avec la Commission d'accès, c'est vrai,
et, si ça ne fonctionne pas, on peut aller avec le pouvoir d'enquête, c'est
vrai. Mais tout ça peut se faire ensemble.
Et, quand on disait... l'approche que je vais
avoir avec les différents groupes ou congrégations, avant même le 1er septembre, M. le Président, mon
engagement est déjà de rencontrer les différents groupes, les différents
organismes, les différentes congrégations, pour leur dire : On s'en vient.
Il y aura deux façons. Il y aura la façon où on va épuiser toutes les
ressources légales ou il y a la façon collaborative, comme mon collègue de
René-Lévesque vient de l'exprimer, où on a tous avantage de travailler
ensemble.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. Merci, M. le ministre. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui. J'imagine
que le ministre a les délais devant lui, mais c'est juste, aussi... parce que,
quand on regarde la
Loi sur l'accès aux documents,
chapitre A-2.1,
article 42 : «La demande d'accès à un document doit, pour être
recevable, être suffisamment précise pour permettre de le trouver.
«Lorsque la demande n'est pas suffisamment
précise ou lorsqu'une personne le requiert, le responsable doit prêter assistance
pour identifier le document susceptible de contenir les renseignements [des
recherches].»
Alors, c'est juste une question... parce qu'on
sait beaucoup la preuve qui va être mise sur la table, et, raconté par une
histoire, c'est les ouï-dire. On sait que c'est possible qu'il n'y ait aucune documentation
qui existe. C'est une famille qui dit : Ça, c'est qu'est-ce que nous avons
vécu.
Alors, je veux juste
comprendre comment l'article 4, ici, va marcher, avec les lois sur l'accès
aux documents, et c'est quoi, un petit peu, les critères que... On sait,
l'accès aux documents, à l'information va dire : Écoute, là, selon nos
lois, ça, ça ne marche pas. Alors, je sais qu'il y a d'autres articles, plus
tard dans le projet de loi, et peut-être le ministre peut «flaguer» ça, on
travaille
article par article, présentement. Mais c'est juste, je pense, une question
très importante, parce qu'on parle ici de toute l'assistance, puis les demandes, puis un petit peu les critères qui vont exister.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Lafrenière : Oui. Merci beaucoup,
M. le Président. À l'article 4, lorsqu'on regarde la dernière phrase du
dernier paragraphe : «Le ministre et le responsable de l'accès aux
documents ou de la protection des renseignements personnels d'un établissement
ou d'un organisme ou la personne faisant
partie d'une congrégation religieuse
peuvent également se communiquer tout
renseignement personnel nécessaire au traitement de la demande», ça, c'est là,
mon cher collègue, que... Pardon, M.
le Président. C'est avec cette phrase-là qu'on vient s'assurer qu'on ne jouera
pas au ping-pong avec les familles.
Puis je veux
m'expliquer, là. Parce que, vous avez raison, quand on fait une demande d'accès
à l'information, il y a un 30 jours pour le traitement. Ils
pourraient nous revenir en disant : Il nous manque une information, puis
là on repartirait avec des délais puis des écritures. Ce qu'on veut s'assurer,
quand je parlais de la Direction de soutien aux familles, c'est d'être en lien
avec ces organismes, avec les personnes responsables. Puis, quand on dit de les
supporter et de les aider là-dedans, c'est justement d'aller corriger de
l'information. Vous n'avez pas le bon nom, on va vous donner l'information. Ce
qu'on veut, c'est réduire les délais au minimum, M. le Président, puis c'est
pour ça qu'on va travailler avec eux et c'est pour ça que les familles ne
travailleront pas seules.
Puis ça, pour que les gens comprennent bien, on
ne dit pas aux familles : Allez sur le site Web, allez remplir une
demande, et bonne chance. C'est la dernière chose qu'on veut faire. Le mandat
est très clair, à la Direction de soutien aux familles, c'est de recevoir les familles
qui auront été guidées auparavant par Awacak, par des groupes de soutien aux
familles, de les recevoir, de remplir les demandes avec elles et de faire le
suivi auprès des organismes. Parce que, c'est vrai, si on y va dans la façon
habituelle, je reviens encore à ce qu'on s'est dit plus tôt, on n'aura pas
besoin du projet de loi. On fait une demande d'accès à l'information et on
verra. On veut être en lien constant avec ces organismes-là pour être capables
d'aller trouver la bonne information, de corriger.
Et mon collègue a amené un bon point, tout à
l'heure : Est-ce qu'il y a des cas où l'information ne sera pas
disponible? Puis, M. le Président, autant que ça m'arrache le coeur aujourd'hui
de vous le dire, c'est une possibilité. Cependant, l'autre chose qu'on s'est
fait raconter dans nos consultations particulières, c'est qu'il y a des
familles qui ont été invitées dans un hôpital, qui se sont fait remettre un rapport
médical dans une salle, ils ne parlaient pas le français, ils ne comprenaient absolument
rien, puis ils ont eu entre les mains un document qu'ils ne comprenaient pas,
puis il n'y avait personne pour les supporter. Puis ça, M. le Président, en
2021, on ne peut plus faire ça. Il faut travailler ensemble, il faut les
supporter là-dedans.
C'est pour ça qu'on a une direction de soutien
aux familles. C'est pour ça qu'on veut, monétairement, aider les groupes de
soutien aux familles pour qu'ils puissent les encadrer et les supporter là-dedans.
Parce qu'il existe de l'information. Mais, encore là, je vous mets au défi, M. le Président, si je vous
remets un rapport médical des années 60, 70, je vous mets au défi de comprendre, premièrement, ce
qui est écrit, là. Moi, j'ai beau parler le français, je ne comprenais
absolument rien de ce qui est écrit là-dessus. Il faut les supporter là-dedans,
et c'est pour ça qu'à l'article 3, grâce aux commentaires d'un collègue,
on l'a corrigé, avec la
partie linguistique. On veut s'assurer de bien
soutenir, de bien supporter les familles.
Le Président (M. Tremblay) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley : Oui, M. le
Président. Alors, selon, peut-être, la jurisprudence ou comment... l'intention
de la
Loi sur l'accès aux documents, est-ce que les histoires orales, qu'on
sait est très important, dans les Premières Nations et Inuit, pour eux autres,
ça, c'est comment leurs traditions sont passées de génération en génération...
est-ce que ça, c'est considéré par l'État comme une précision suffisamment pour
une demande?
Alors, la question, c'est juste... C'est sûr
qu'on veut avoir l'histoire orale des situations, et je veux juste assurer que,
quand on arrive, à ce moment-là, que la
loi sur l'accès à l'information et des
documents, on va dire : Oui, l'histoire orale de cette famille-là est
suffisante pour faire la démarche d'essayer de trouver plus d'information. Ou est-ce que, présentement, ça prend une preuve,
au début, écrite, d'une institution, de quelqu'un qui a un témoignage de
la situation à l'extérieur? C'est juste encore de comprendre... pas juste de
comprendre, ça serait que l'histoire orale des peuples autochtones va être
incluse dans tout le processus de demande aux documents et informations de
l'État.
Le Président (M. Tremblay) : M.
le ministre.
M. Lafrenière :
Merci beaucoup, M. le Président. Puis je veux être bien, bien sûr de bien
comprendre le collègue, mais je vais
me lancer dans une réponse, puis vous me corrigerez, collègue, là, si jamais je
ne suis pas au bon endroit.
Vous savez, il y a plusieurs familles qui n'ont
jamais reçu de constat de décès, qui n'ont jamais eu de confirmation de décès de leur enfant. Alors, imaginez, aujourd'hui, si
on demandait à cette même famille : Prouvez-nous le décès de votre enfant
pour qu'on vous aide à savoir s'il est vraiment mort. Ça serait incroyable,
cher collègue, vous avez entièrement raison. Alors, la preuve écrite
n'est pas demandée, n'est pas exigée.
Parce
que, vous comprenez, là, on va dans des cas vraiment particuliers, là, où des
familles n'ont jamais eu confirmation du décès de leur enfant. Alors, je ne
pourrais pas, aujourd'hui, vous dire : Il faut qu'ils me fassent une
preuve écrite qu'il est décédé pour qu'on puisse leur dire s'il est décédé ou
pas.
Le point est très,
très bon, de mon collègue. Je veux vous rassurer, M. le Président, à partir du
moment qu'une personne nous dit, qui fait
partie de la famille élargie, qu'il y a eu un décès, qu'il n'y a pas eu de
confirmation, ils n'ont jamais retrouvé l'enfant, nous, c'est assez pour
commencer une piste pour aller trouver cette information-là, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : Parfait. D'autres
interventions sur l'article 4?
M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Merci, M. le Président. J'aimerais avoir deux précisions sur le libellé, une
dans le premier paragraphe, une dans le deuxième, pour assurer que nous aurions
bien saisi les intentions du législateur, il n'y a aucune disconcordance entre
les mots et les intentions du ministre.
Dans un premier
temps, dans le premier paragraphe, à la fin, on commence à qualifier, en quelque
part, la nature de l'assistance que va
prêter le ministre. Et je mentionne ça parce qu'il y avait, bon,
Linda See puis l'Assemblée des premières nations du Québec et du
Labrador qui auraient aimé qu'on précise plus. Si on n'est pas pour préciser
plus, je veux m'assurer qu'il n'y a pas un danger avec la seule précision que
je vois actuellement.
Et je réfère aux mots
à la fin du paragraphe, où, comme je dis, on parle de l'obligation du ministre
de prêter l'assistance à toute personne, etc. On note à la fin :
«...notamment en prévoyant une rencontre si la personne qui formule la demande
le juge nécessaire.» Et c'est là où je veux comprendre vraiment les intentions
du législateur, parce que, des fois, en ajoutant un «notamment», ça rend une
liste... ça suggère une certaine exclusivité au lieu d'une grande ouverture.
Alors, l'effet peut être limitatif.
Alors, est-ce que je
peux comprendre l'intention du législateur d'identifier un seul moyen, une
seule voie par laquelle le ministre offre son assistance, aux dépens de toutes
les autres possibilités d'aide?
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre.
Lafrenière : Merci beaucoup, M. le Président, puis je vais me
permettre aussi d'ajouter une petite information qu'on n'a pas eu la chance de
discuter depuis le début de nos échanges sur l'article 4. Et, tantôt,
c'est le collègue de Jacques-Cartier, lorsqu'il demandait la preuve demandée
avant de commencer une enquête... je veux juste mettre quelque chose au clair, M.
le Président. Si une famille fait la demande et nous dit qu'elle a... nous
démontre qu'elle a déjà fait la demande en matière de loi d'accès à
l'information, puis il y a eu un refus, pour nous, on ne refera pas la demande.
On ne recommencera pas en disant : Vous savez, c'est une nouvelle loi, on
va recommencer l'étape 1 et... Ce n'est pas ça, on va prendre les gens où
ils sont rendus. Alors, une famille qui nous démontre qu'ils ont fait une
demande de loi d'accès à l'information, ça n'a pas donné de bons résultats, on
va partir de là puis on va cheminer avec eux.
Là, ce que vous me
demandez, cher collègue, c'est de savoir... ce que le collègue me demande,
c'est... On dit notamment que le ministre peut rencontrer la personne, si c'est
nécessaire. On vient rajouter une offre de plus. Ce n'est pas parce qu'on veut
limiter, parce que, vous savez, on crée la direction de soutien aux familles,
ces gens-là vont avoir comme travail à temps plein de soutenir les familles
dans leurs différentes étapes, d'être en échange avec eux. Comme si ce n'était
pas assez, on rajoute aussi le lien avec un organisme de soutien aux familles,
qu'ils puissent le faire dans leur langue,
toutes les particularités qu'on a parlé à l'article 3. Alors,
l'article 4 vient dire que, notamment, on peut les rencontrer.
Parce que certaines
familles pourraient dire : Écoutez, moi, là, par téléphone, par Teams, par
Zoom, ou peu importe, ça ne me convient pas. On veut avoir une rencontre, on
veut vous parler, on veut entendre les choses directement, on se rajoute une
obligation de plus. Alors, M. le Président, je veux rassurer le collègue, ce
n'est pas pour limiter, au contraire, c'est pour en ajouter une couche.
Le Président (M.
Tremblay) : Parfait. Merci, M. le ministre. D'autres interventions?
Oui, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
Bon, merci, M. le Président. Deuxième question. Dans le deuxième paragraphe,
une autre fois, la dernière phrase se lit
comme tel : «Le ministre et le responsable de l'accès aux documents ou de
la protection des renseignements personnels d'un établissement ou d'un
organisme ou la personne faisant
partie d'une congrégation religieuse peuvent également se communiquer tout renseignement
personnel nécessaire au traitement de la demande.»
Une autre fois, là,
j'ai deux questions sur les mots. On parle d'une... bon, d'une offre
facultative. Le ministre ou le responsable peuvent également... n'ont pas
l'obligation. Alors, je me demande pourquoi ce n'est pas un mot déclaratif,
surtout comme on parle des renseignements personnels nécessaires au traitement
de la demande.
Alors, je me permets
la question : Quand est-ce que ça devrait être facultatif? Pourquoi le
ministre ou la personne responsable ne se trouvent pas devant une obligation de
partager ces renseignements dits nécessaires? Sous-question, à part de la
question facultatif versus déclaratif : Qui juge si les renseignements
sont nécessaires?
Le Président (M.
Tremblay) : M. le ministre.
M. Lafrenière :
Oui, merci beaucoup, M. le Président. Ce qu'on vient ajouter à
l'article 4, la dernière ligne... Tantôt, je l'ai mentionné comme un
exemple, mais c'est un exemple qui est concret. On se retrouve avec une
congrégation religieuse, un ministère qui reçoit une demande d'accès à
l'information. Elle le reçoit, elle vérifie dans ses documents et ne le trouve
pas, ne trouve pas le dossier du tout, puis elle se dit : D'après moi, il
y a eu une erreur dans la façon que le nom a été écrit, est-ce que c'est
possible?
Et c'est pour ça qu'on se donne le pouvoir, on
se donne la possibilité, dans cet article, de faire un échange d'information
entre le ministre et l'organisme pour dire : Attendez un instant, je viens
de parler à la famille, voici trois possibilités, je dis n'importe quoi, trois
possibilités de façons d'écrire le nom qui aurait pu être changé dans le passé.
On a vérifié avec le conseil de bande, parce que je vous le dis, on a fait des
approches avec les conseils de bande, avec l'Assemblée des premières nations du
Québec-Labrador, en disant : Vous allez devoir ouvrir vos livres, vous
aussi. Parce qu'on sait qu'avec le temps il y a des noms qui ont été dénaturés,
des noms qui ont été écrits d'une façon différente, et, avec le temps, ça a été
utilisé.
Alors, ce
qu'on vient se donner, c'est cette possibilité d'échanger. Et vous dites :
Pourquoi ce n'est pas obligatoire? Moi, si un organisme reçoit une
demande d'accès à l'information, qu'elle a toute l'information, le retrouve,
c'était le bon libellé, le bon nom, trouve l'information puis le donne à la
famille, je ne suis pas obligé de leur dire : Vous avez l'obligation de me
parler pour me demander l'information que vous avez déjà.
Alors, ce qu'on vient se dire, on vient se
donner de la flexibilité puis, encore là, dans un seul but, c'est de rapidement
trouver l'information aux familles. Ce qu'on ne veut pas, là, pour mon
collègue, je veux le mettre très clair, envoyer une demande d'accès à
l'information à un organisme, puis l'organisme dit : Avec cette
écriture-là, moi, je n'ai aucun nom qui ressemble à ça, on fait un retour dans
les 30 jours, je n'ai pas... Puis là on fait ce que j'appelle du
ping-pong, on va en écrire huit, libellés différents, on va essayer de le trouver.
On veut se donner cette flexibilité-là avec les
organismes, et c'est pour ça qu'on veut leur parler, avant tout ça, en leur disant : Écoutez, la direction du
soutien aux familles, on va être là avec vous, là, on va travailler
ensemble, parce qu'il est fort possible que la façon que le nom est écrit, ça a
changé avec le temps. Même le conseil de bande va nous aider en disant :
Voici les façons différentes que le nom aurait pu être écrit, puis on va
chercher la vérité.
Je reviens encore à la base, c'est complexe. Si
c'était si simple, la loi d'accès aurait réglé ce problème-là depuis longtemps.
Ça fait qu'on veut vraiment les épauler dans un seul but : donner
l'information à la famille qui se demande encore, en 2021, si l'enfant est
mort, vivant, qu'est-ce qui est arrivé.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. M. le député de D'Arcy-McGee.
Birnbaum : Oui, soupçonnez que j'aurais été satisfait des intentions
du ministre. Je veux juste poursuivre un petit peu pour m'assurer que ses intentions sont traduites par le
libellé exact. En quoi ça empêcherait le bon déroulement, l'exemple que
le ministre vient de me donner, de rendre cette obligation... une obligation
avec un mot déclaratif? Parce que, comme je dis, on parle des instances où il y
aurait des renseignements personnels nécessaires, alors, qu'une obligation
s'imposerait dans un tel cas, comment ça peut inciter un jeu ping-pong, comme
le ministre a dit, au lieu de rendre la chose claire et imputable comme
obligation?
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre.
M. Lafrenière : Oui, merci, M. le
Président. Il y a déjà une série d'obligations en vertu de la loi d'accès à
l'information. Tantôt, on parlait de l'obligation de répondre dans les
30 jours. Et, sans présumer de la mauvaise foi des organismes, ou des
congrégations religieuses, ou des ministères, c'est pour ça aussi qu'on va
faire ce travail préventif. Et, tantôt, le collègue de René-Lévesque a lancé un
appel vibrant aux différents organismes en disant : Collaborez,
collaborez. C'est un dossier humanitaire, on doit répondre aux parents, aux
proches.
Et, présentement, il y a déjà une obligation, M.
le Président. Les gens qui reçoivent la demande en vertu de la loi d'accès à
l'information ont cette obligation d'y répondre. Ce qu'on s'est donné, c'est
une flexibilité de plus pour ne pas être obligé de s'écrire de l'information,
on peut se l'échanger rapidement. Quand on parle de la façon que le nom aurait
pu être libellé, c'est juste ça qu'on vient faire, M. le Président. La dernière
phrase n'est pas restrictive. Au contraire, on vient ajouter un outil pour que
ça soit plus fluide, plus rapide, pour qu'on aide les familles.
Mais je veux vous rassurer, cher collègue, parce
que le point était extrêmement important, il y a déjà une obligation en vertu
de la loi d'accès à l'information. On vient le bonifier, on en ajoute une
couche.
Président (M. Tremblay) :
Merci, M. le ministre. D'autres interventions? M. le député de Jacques-Cartier.
M. Kelley :
Oui, M. le Président. C'est plus juste une question technique. Alors,
j'imagine, quand une famille vient pour faire une demande, est-ce qu'il
y a un formulaire qu'elle doit remplir? Comment le processus, la mécanique va
marcher exactement? Et est-ce que le ministre a une copie de ça qu'il,
peut-être, peut partager avec nous pour juste bien comprendre? Quand un membre
d'une famille arrive, c'est quoi, le processus exactement?
Le Président (M. Tremblay) : M.
le ministre.
M. Lafrenière : Merci beaucoup,
M. le Président. Comme je ne peux pas présumer de l'adoption de cette loi, je
n'ai pas préparé encore de formulaire, et tout. Et honnêtement, la dernière
chose que je veux, c'est que les familles se sentent
comme des personnes qui doivent remplir des formulaires. On l'a déjà dit
clairement, la direction du soutien aux
familles va aller jusqu'à remplir les formulaires pour eux lorsque ça sera
nécessaire. On veut vraiment... excusez l'expression, mais je trouve que
c'est la meilleure expression québécoise, on veut les mettre dans la ouate, on
veut bien les traiter.
Alors, je pense qu'on va prendre peut-être un
petit instant, M. le Président, pour expliquer comment ça va se passer. Ce
qu'on espère, notre souhait, c'est que l'organisation de soutien aux familles,
comme Awacak, qui sont sur le terrain, qui sont crédibles, qui sont reconnues,
puissent rencontrer les familles et leur expliquer comment ça va se passer. Par
la suite, il y aura un lien avec la Direction de soutien aux familles, qui
seront des employés permanents dédiés à
temps plein à soutenir les familles dans leurs démarches, leur expliquer ce qui
se passe et de voir leurs dossiers.
Parce que, M. le Président, il y a certaines
familles qui ont déjà fait beaucoup de démarches. Il y en a qui ont déjà fait
des démarches d'accès à l'information, il y en a qui sont déjà rendues devant
la Commission d'accès à l'information. Alors, on va prendre, puis ça, je pense,
pour le collègue de Jacques-Cartier, c'est important, on va prendre les
familles là où elles sont présentement. Il n'y aura pas l'obligation de
recommencer un processus en disant : Vous savez, là, on doit recommencer à
la base, là. Ça fait deux ans que vous êtes en processus, on va vous demander de recommencer ce que vous avez déjà
fait, ça ne compte pas. Ça, ce n'est pas ce qu'on veut, M. le Président,
mais pas du tout. Donc, on va recevoir les familles. S'il y a un besoin de
remplir des documents d'accès à l'information, on va le faire avec eux. Dans
certains cas, on va même le faire pour eux.
Et je reviens à la dernière phrase de ce
paragraphe, lorsqu'on dit «les renseignements nécessaires», il faut comprendre
qu'il y a la protection des renseignements privés, puis ça, l'information est
pour mes deux collègues. On doit être très prudents, c'est pour ça qu'on a
rajouté «nécessaire», parce qu'on ne veut pas qu'il y ait de l'information
privée confidentielle qui circule, si ce n'est pas nécessaire. Alors, on se
donne ce pouvoir-là en le restreignant, en disant que c'est nécessaire pour
faire avancer le dossier.
Alors,
j'espère que j'ai été clair pour mon collègue. La dernière chose qu'on veut, puis je l'ai déjà
dit, de dire aux familles :
Voici un site Web, vous remplissez le document. Ça, si ça arrive, M. le Président, ça sera un échec pour moi.
Le Président (M. Tremblay) : Merci,
M. le ministre. M. le député.
M. Kelley : Merci. Et je
comprends que, quand même, puisqu'on va créer un dossier, alors, j'imagine, ça
dit qu'on va avoir des papiers qui arrivent avec ça, et c'est la famille qui va
remplir un formulaire, mais pas eux autres, mais avec l'assistance, si c'est
des groupes communautaires ou, quand même, de la SAA, des personnes qui sont là
pour accompagner les familles. Je comprends ça, O.K., on va avoir un dossier.
Mais l'autre chose, est-ce qu'il y a comme un
minimum, un «threshold» pour justifier ou pas une assistance aux familles?
Le Président (M. Tremblay) : M. le
ministre.
Lafrenière : Je vais vous demander, si vous me permettez, M. le
Président, juste un petit peu de précision sur la demande du collègue.
Vous dites : Comment justifier la demande d'assistance aux familles?
M. Kelley : Est-ce que c'est
possible... Excusez-moi, M. le Président.
Le Président (M. Tremblay) : Pas de
problème.
M. Kelley :
Non, exactement, mais est-ce qu'il y a une façon qu'il y a, comme je dis, un
manque d'information ou le point qu'une famille arrive... je pense que
ça, c'est arrivé, je vais mettre un exemple en théorie, que, quand même, le
gouvernement va dire : Bien, il y a un manque d'information ici.
Alors, c'est juste encore de comprendre c'est
où, le moment qu'on lance. Et, si une personne dit : Moi, je veux commencer le processus, on ne pose aucune
question, on commence, on y va, c'est ça? C'est juste encore peut-être
juste bien comprendre qu'il n'y a comme pas un minimum d'information qui est
nécessaire pour lancer une enquête. Et est-ce que c'est défini par le
gouvernement?
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. M. le ministre.
M. Lafrenière : Bien, merci, M. le
Président. Puis là je détecte, chez mon collègue, sa volonté d'avancer à l'article 5 qui vient mettre les conditions
d'admissibilité à notre projet. Ça fait que, je pense, mon collègue voulait
qu'on adopte l'article 4 pour aller à l'article 5. Je fais une
blague, M. le Président, mais oui, il y a des façons de se qualifier, c'est
vrai.
Mais je veux
aussi rassurer le collègue, parce que ça me permet d'expliquer, parce qu'on a
eu des discussions, lors de nos dernières rencontres, en disant :
Imaginez un cas où ça arrive en dehors du barème, c'est-à-dire après le
10 ans, après 1992. Est-ce que la direction du soutien aux familles va
aider les gens? Puis la réponse, c'est oui, M. le Président. Oui, M. le
Président. On n'est pas dans une approche restrictive, bien au contraire.
Le Président (M. Tremblay) :
Parfait. D'autres interventions sur l'article 4? Alors, s'il n'y a pas
d'autre intervention, nous allons procéder au vote, Mme la secrétaire, par
appel nominal.
Secrétaire : Pour, contre, abstention. M. Lafrenière
(Vachon)?
La Secrétaire :
Pour les membres du groupe parlementaire formant le gouvernement, Mme Lachance
(Bellechasse)?
La Secrétaire :
Pour les membres de l'opposition officielle, M. Kelley (Jacques-Cartier)?
M. Kelley :
Abstention.
La Secrétaire :
M. Ouellet (René-Lévesque)?
La Secrétaire :
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques)?
La Secrétaire :
M. Tremblay (Dubuc)?
Le Président (M.
Tremblay) : Abstention. Alors, l'article 4, tel qu'amendé, est adopté.
On peut poursuivre, M. le ministre, avec la lecture de l'article 5, s'il
vous plaît.
Lafrenière : Absolument, M. le Président. Et on avait présenté un amendement
pour l'article 5, alors je vais le lire tel qu'amendé.
Le Président (M.
Tremblay) : Un instant, s'il vous plaît, M. le ministre.
Le Président (M.
Tremblay) : D'accord.
Lafrenière : Parfait, M. le Président. J'ai cru détecter que je devais
lire l'article et, par la suite, présenter l'amendement. C'est bien ça?
Le Président (M.
Tremblay) : Oui, précisément, on doit lire l'article avant l'amendement.
Lafrenière : Parfait, M. le Président. Donc, l'article 5 :
«La personne qui respecte les conditions suivantes peut demander la
communication de renseignements personnels détenus par un établissement, par un
organisme ou par une congrégation religieuse et qui concernent une personne qui
pourrait être un enfant autochtone disparu ou décédé :
«1° transmettre
sa demande au plus tard le (indiquer ici la date qui suit de cinq ans celle de
la sanction de la présente loi);
«2° être un
membre de la famille de l'enfant visé par la demande;
«3° disposer
de renseignements susceptibles de laisser croire que cet enfant a été admis,
avant le 31 décembre 1989, en établissement;
«4° faire état
de circonstances qui suggèrent que cet enfant est disparu ou décédé, avant le
31 décembre 1989, alors qu'il était admis en établissement.
«Pour l'application
du paragraphe 2° du premier alinéa, est un membre de la famille de
l'enfant son arrière-grand-père, son arrière-grand-mère, son grand-père, sa
grand-mère, son père, sa mère, son frère, sa soeur, son oncle ou sa tant