National Assembly — 13 February 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
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27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
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Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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mardi 13 février 2024
Vol. 47 N° 2
Étude du rapport préliminaire de la Commission de la représentation électorale
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Bonjour, tout le monde. À l'ordre, s'il vous plaît!
Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'Assemblée
nationale ouverte.
La Commission est réunie afin de procéder
à l'étude du rapport préliminaire de la Commission de la représentation
électorale. C'est ce beau rapport que je vous montre ici. En vertu de l'article 174
de notre règlement, je dépose les rapports des séances de travail des
commissions qui n'ont pas été suivis d'une séance publique et qui n'ont donc
jamais été déposés à l'Assemblée nationale. En vertu de l'article 4.4 des
règles de fonctionnement, je dépose les rapports des réunions du comité
directeur de la Commission de l'Assemblée nationale du 8 juin 2023, du 24 janvier
et du 5 février 2024.
Alors, nous sommes réunis conformément aux
dispositions de la Loi électorale qui prévoient que le rapport préliminaire de
la Commission de la représentation électorale déposé à l'Assemblée nationale le
19 septembre dernier doit être soumis à la considération de la Commission
de l'Assemblée nationale.
D'entrée de jeu, je tiens à préciser que
36 députés se sont inscrits afin d'intervenir dans le cadre de cette
étude. Le comité directeur de la commission a convenu que le mandat se
déroulera selon les modalités suivantes. Le mandat débutera par un exposé de la
Commission de la représentation électorale, d'une durée maximale de 30 minutes.
Le ministre responsable des Institutions démocratiques, les porte-parole des
oppositions et le député de Matane-Matapédia disposeront chacun de 10 minutes
pour effectuer des remarques préliminaires. Chaque député inscrit disposera d'une
période de 20 minutes afin d'exposer son point de vue et d'échanger avec
la Commission de la représentation électorale. Les interventions des
parlementaires seront regroupées par région. Le ministre responsable des
Institutions démocratiques, les porte-parole des oppositions et le député de
Matane-Matapédia disposeront chacun de 10 minutes pour effectuer des
remarques finales. Enfin, la Commission de la représentation électorale
complétera cette étude avec des remarques finales de 10 minutes.
Alors, nous... nous débutons, pardon, avec
l'exposé de la Commission de la représentation électorale. M. le Président, je
vous invite à nous présenter les personnes qui vous accompagnent, et je vous
cède la parole pour 30 minutes.
M. Blanchet
(Jean-François) : Mme la Présidente, Mmes,
MM. les députés, je vous remercie de nous accueillir dans le cadre des travaux
de la Commission de l'Assemblée nationale. La Commission de la représentation
électorale est ici afin d'entendre vos commentaires et suggestions sur notre
proposition de limitation des circonscriptions, conformément à l'article 25
de la Loi électorale. L'étape d'aujourd'hui complète notre consultation, qui a
débuté avec la tenue d'auditions publiques dans plusieurs régions du Québec à
la suite du dépôt du rapport préliminaire, le 19 septembre...
M. Blanchet
(Jean-François) : ...septembre 2023.
Permettez-moi de vous présenter mes collègues commissaires. Donc, Mme Édith
Gravel, spécialiste en développement régional, en aménagement du territoire et
directrice générale au sein de la MRC de Matawinie, et M. Kevin Bouchard,
professeur adjoint à la Faculté de droit de l'Université Laval. Nous sommes
accompagnés de Mme Marie-France Dupuis, directrice du service de la
représentation électorale, et de Julie St-Arnaud Drolet, coordonnatrice des
relations avec les médias, porte-parole et conseillère stratégique.
Avant de débuter, j'aimerais vous exposer
les règles qui guident la commission dans l'élaboration de la carte électorale
provinciale. La loi électorale prévoit que le Québec est divisé en
125 circonscriptions électorales délimitées de façon à assurer le respect
du principe de la représentation effective des électeurs. Ce principe reconnu
par la Cour suprême du Canada en 1991 comprend deux critères, soit l'égalité
relative du nombre d'électeurs et le respect des communautés naturelles, tel
qu'énoncé respectivement aux articles 16 et 15 de la loi.
Concrètement, la commission veille à ce
que chaque électeur du Québec soit représenté de façon juste et équitable à
l'Assemblée nationale. À cette fin, la loi prévoit que le nombre d'électeurs,
dans une circonscription, ne doit être ni supérieur ni inférieur de plus de
25 % à la moyenne du nombre total d'électeurs par circonscription au
Québec. Cette moyenne s'établit à environ 51 000 électeurs pour la présente
exercice de délimitation.
La commission doit également prendre en
compte des mouvements de population qui ont eu lieu au Québec depuis la
dernière révision de la carte électorale. Des facteurs tels que le sentiment
d'appartenance des gens, l'organisation et la dynamique territoriale, les liens
socioéconomiques et la présence de communautés d'intérêts doivent être aussi
considérés.
• (9 h 50) •
Notre proposition de délimitation comporte
également des propositions de nouveaux noms pour certaines circonscriptions.
Les toponymes jouent un rôle de repère fiable dans la mémoire collective. C'est
pourquoi la commission s'est dotée des règles et qu'elle s'enquiert de la ville
auprès de la Commission de toponymie pour évaluer les noms qu'elle souhaite
attribuer aux circonscriptions. Ces règles prévoient notamment qu'une
circonscription conserve son nom si celui-ci demeure opportun et que la
juxtaposition de toponymes sera limitée à deux éléments si elle est jugée
inévitable.
C'est donc après avoir réalisé un portrait
des mouvements de population et des réalités territoriales de chacune des
régions à la lumière des critères prévus par la loi que nous en sommes arrivés à
notre proposition de délimitation. Cette proposition corrige les inégalités de
représentation créées par la croissance démographique et les mouvements de la
population qui ont eu lieu au Québec depuis la dernière révision de la carte
électorale.
Après le dépôt du premier rapport, la
commission a parcouru le Québec afin de recueillir les commentaires des
citoyens, citoyennes, organismes, élus locaux, élus régionaux et provinciaux. À
cet effet, elle a tenu 14 audiences publiques dans 12 villes du
Québec. Deux séances virtuelles ont également été offertes. Environ
600 personnes ont participé à ces audiences et 190 intervenants ont
pris la parole afin de nous faire part de leur vision des réalités
territoriales, démographiques et économiques de la région. À ce jour,
148 documents portant sur la proposition de délimitation ont été soumis à
notre attention. Force est d'admettre que la consultation publique a bien
rempli son rôle et qu'elle a enrichi notre connaissance des différentes
dynamiques régionales du Québec.
Le second rapport sera produit à la suite
des représentations des membres de la Commission de l'Assemblée nationale qui
débutent ce matin. Il tiendra compte des commentaires et suggestions exprimées
par les députés dans le cadre de cette commission ainsi que de ceux qui ont été
formulés lors des audiences publiques. Permettez-moi maintenant de vous dire un
mot sur le second rapport et sur la suite des choses. Le second rapport de la
commission présentera une délimitation révisée des circonscriptions électorales
du Québec. Nous prévoyons qu'il sera déposé à l'Assemblée nationale au mois de
septembre 2024. En vertu de la loi, ce second rapport fera l'objet d'un débat
de 5 heures dans les cinq jours suivant son dépôt à l'Assemblée nationale.
Par la suite, la Commission de la représentation électorale établira
définitivement la délimitation des circonscriptions électorales et leurs noms
dans un délai maximal de 10 jours suivant le débat. Cette décision sera
publiée à la Gazette officielle du Québec. La nouvelle carte électorale entrera
en vigueur au moment de la dissolution de l'Assemblée nationale.
Notez qu'il est toujours possible de nous
transmettre des commentaires sur le site carteelectorale.quebec, et ce, jusqu'à
la décision finale.
Maintenant, laissez-nous le soin de vous
présenter la proposition de délimitation des circonscriptions pour l'ensemble
du Québec telle que décrite dans le rapport préliminaire. D'abord, il est
important de mentionner que neuf années ont passé depuis l'établissement de la
carte électorale...
M. Blanchet
(Jean-François) : ...actuel. La tendance
de l'évolution démographique du Québec s'est poursuivie au cours des dernières
années. La répartition de la population a évolué et cette réalité a entraîné
des répercussions directes sur la qualité de la représentation des électeurs.
Ainsi, six circonscriptions se trouvent actuellement en situation d'exception
positive, tandis que 10 autres pourraient franchir le seuil maximal du
nombre d'électeurs permis à courte ou moyenne échéance. On répertorie également
huit circonscriptions en situation d'exception négative dans les régions
éloignées et une circonscription en voie de le devenir.
Les changements que nous proposons
modifient 55 des 125 circonscriptions électorales comprises dans neuf
régions du Québec. Quatre régions électorales font l'objet de modifications
plus importantes, soit celles des Laurentides, Lanaudière, de l'Estrie, Centre
du Québec, de l'Île de Montréal et du Bas-Saint-Laurent,
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Les changements que nous proposons pour ces
régions offrent un meilleur équilibre numérique entre les circonscriptions. Ils
dégagent notamment une marge de manœuvre suffisante pour accueillir la
croissance anticipée dans certaines circonscriptions. Enfin, ils établissent un
nombre de circonscriptions qui reflète davantage le poids électoral de ces
quatre régions dans l'ensemble du Québec. Mes collègues commissaires vous
feront un résumé de la délimitation des circonscriptions proposées dans le
rapport préliminaire. J'invite d'abord M. Bouchard à en faire la première
partie.
M. Bouchard (Kevin) : Merci,
M. Blanchet. Bonjour, tout le monde. Je vais essayer de vous faire un petit
sommaire, là, des changements dans quelques-unes des régions, en commençant par
Laurentides, Lanaudière, où nous proposons l'ajout d'une nouvelle
circonscription. Il y a eu une augmentation considérable du nombre d'électeurs
depuis la dernière révision de la carte électorale. C'est la région du Québec
qui a le taux de croissance le plus élevé. On a un taux qui est nettement
supérieur à celui de la province et on évalue qu'il y a à peu près
95 000 nouveaux électeurs qui se sont ajoutés dans la région de
Laurentides, Lanaudière. Et ça a pour conséquence qu'en ce moment la région est
la plus sous-représentée au Québec.
Si on regarde les circonscriptions de la
région, on voit que, déjà, dans les circonscriptions de Mirabel et de
Saint-Jérôme, on dépasse le seuil maximal qui est prévu par la loi, plus que
25 % par rapport au quotient. De plus, il y a quelques circonscriptions
qui sont à surveiller, qui devraient franchir le seuil bientôt, comme Berthier.
C'est aussi le cas de Blainville et de Terrebonne, là, qui commencent à
s'approcher du seuil au cours des prochaines années. Donc, les modifications
qu'on propose visent à corriger les situations d'exception positive, on appelle
ça l'exception positive, là, quand on dépasse 25 % par rapport à la
moyenne, dans les circonscriptions de Mirabel, de Saint-Jérôme et d'améliorer
l'équilibre numérique des circonscriptions dans la région, notamment Berthier,
Blainville, Terrebonne.
La nouvelle circonscription qu'on propose
d'ajouter est nommée Bellefeuille. Elle est introduite dans la zone de
croissance des circonscriptions de Mirabel et de Saint-Jérôme et elle est
formée des territoires des circonscriptions de Mirabel, Saint-Jérôme et
Argenteuil. Dans la région, il y a 12 des 17 circonscriptions qui sont
modifiées par rapport aux circonscriptions actuelles.
Si on se déplace vers la région de l'Estrie,
Centre-du-Québec, c'est aussi une région qui a connu une croissance importante
de sa population électorale. On est dans un taux de croissance de 8,8 %
depuis la dernière révision de la carte, c'est environ 50 000 électeurs
qui se sont ajoutés depuis la dernière révision de la carte. C'est aussi un des
taux les plus élevés du Québec. En ce moment, le poids électoral de la région,
il s'approche de 12 circonscriptions, il est à 12,01, en fait, il est déjà
rendu, pour... avant la révision, on était à 11,56. Donc, le nombre de
circonscriptions dans la région en ce moment qui est à 11 est inférieur à son
poids électoral, là, qui est... qui a déjà atteint 12 et qui devrait continuer
d'évoluer.
Selon les critères qui sont prévus dans la
loi électorale, l'Estrie Centre du Québec compte déjà deux circonscriptions qui
sont en situation d'exception positive, cette fois-ci, Brome-Missisquoi et
Richmond, alors que les circonscriptions de Johnson et d'Arthabaska, elles,
affichent des écarts par la moyenne qui sont assez préoccupants, assez élevés.
Notre proposition de délimitation modifie neuf des 11 circonscriptions
actuelles. On introduit une 12ᵉ circonscription dans la région afin que le
nombre de circonscriptions soit plus représentatif de son poids électoral dans la
province. Nous proposons que cette circonscription porte le nom de Marie
Lacoste Gérin-Lajoie. La nouvelle circonscription est créée dans le secteur de
Drummondville. Elle est formée par les territoires des circonscriptions
actuelles de Johnson et de Drummond Bois-Francs. La circonscription Marie
Lacoste Gérin-Lajoie...
M. Bouchard (Kevin) : ...consolide
le territoire de l'ancienne municipalité de Saint-Nicéphore, de la Ville de
Drummondville, et considère la barrière naturelle que constitue la rivière
Saint-François.
Maintenant, on passe à l'île de Montréal.
Dans la région de l'île de Montréal, la population électorale, elle, a diminué
de 0.4 % depuis 2014. On aurait perdu environ 5 000 électeurs
depuis la dernière révision de la carte. Pendant cette période, l'ensemble du
Québec, lui, a vu sa population... son nombre d'électeurs augmenter d'à peu
près 4.8 %. Donc, le poids électoral de la région, en ce moment, s'établit
à 25.7, alors que son... le nombre de circonscriptions actuellement sur l'île de
Montréal s'élève à 27. La région est donc surreprésentée dans la... dans... en
ce moment.
Depuis l'établissement de la dernière
carte électorale, il y a 18 des 27 circonscriptions de la région qui ont
vu leur nombre d'électeurs diminuer. De plus, il y a 19 circonscriptions
qui ont une population électorale qui est inférieure à la moyenne du nombre
d'électeurs au Québec. Les moins populeuses d'entre elles sont Viau,
Hochelaga-Maisonneuve, Pointe-aux-Trembles, Sainte-Marie-Saint-Jacques,
Anjou-Louis-Riel, Gouin, Lafontaine, Mercier, Laurier-Dorion. Et toutes ces
circonscriptions sont situées dans la
partie est de l'île.
Les changements que nous proposons
modifient successivement les circonscriptions de Viau, de Laurier-Dorion, de
Gouin, de Rosemont, d'Anjou-Louis-Riel, de Camille-Laurin,
d'Hochelaga-Maisonneuve et de Sainte-Marie-Saint-Jacques. Et ensemble, ces
modifications mènent au retrait d'une circonscription et établissent un nombre
de circonscriptions qui correspond davantage au poids électoral de la région.
Ma collègue la commissaire Édith Gravel va
poursuivre le résumé des modifications qui sont proposées dans les autres
régions.
• (10 heures) •
Mme Gravel (Édith) : Merci,
M. Bouchard. Donc, je vais vous parler de la région
Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Depuis la dernière révision de
la carte électorale, donc de 2017, la région
Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a connu une augmentation de sa population
électorale de 1,6 %, comparativement à 4.8 %, la population au
Québec. Soulignons que dans les... dans la région, il y a trois
circonscriptions qui sont actuellement en situation d'exception négative, soit
celle de Bonaventure, à -29.2 %, Gaspé, à moins 40.6 %, et les
Îles-de-la-Madeleine, à -78 %. Cette dernière circonscription, toutefois,
bénéficie d'un statut d'exception qui est campé dans la Loi électorale et pour
laquelle la Commission ne détient aucun pouvoir quant à la délimitation.
Les trois circonscriptions situées à l'est
du territoire de la région sont donc en décroissance, Gaspé, avec un
pourcentage de -1,5 %, Matane-Matapédia, à -1.3 %, et Bonaventure,
-3 %, tandis que les trois autres circonscriptions qui sont davantage
situées à l'ouest de la région affichent des croissances positives mais qui
sont somme toute inférieures à celles de la province.
Rivière-du-Loup-Témiscouata est à 1.7 %, Rimouski, 2.7 %, et
Îles-de-la-Madeleine, 3.8 %. Par conséquent, le poids électoral de la
région est passé de 4.55 circonscriptions en novembre 2024, au moment de
la production de la dernière carte électorale, à 4.37 circonscriptions
en... en avril 2023, pardon, alors que la région compte six circonscriptions.
Selon les projections démographiques de l'Institut de la statistique du Québec,
cette tendance est appelée à se poursuivre au cours des prochaines années.
Notre proposition des limitations, telle
que présentée dans le rapport préliminaire, comporte donc le retrait d'une
circonscription et des changements ou modifications de quatre des six
circonscriptions.
Plus en détail, d'abord, la
circonscription de Bonaventure est agrandie vers le nord-est pour y inclure
l'ensemble des territoires des MRC Rocher-Percé et Côte-de-Gaspé. Nous
proposons de renommer cette circonscription Gaspé-Bonaventure.
Le second changement proposé incorpore
la... à la circonscription de Matane-Matapédia les municipalités de la MRC de
la Haute-Gaspésie qui font actuellement
partie de la circonscription de Gaspé.
Notre proposition prévoit également le
transfert de certaines municipalités de la circonscription de Matane-Matapédia
vers celle de Rimouski, dont les municipalités de Sainte-Luce, Saint-Donat,
Saint-Gabriel, Les Hauteurs, Saint-Charles-Garnier et une portion d'un territoire
non organisé. La nouvelle limite établie entre ces deux circonscriptions
correspond à celle de la région touristique de la Gaspésie, dont la porte
d'entrée se trouve à Sainte Flavie.
Lors de l'élaboration de notre
proposition, nous avons tenté au mieux de respecter le sentiment d'appartenance
des citoyens ainsi que les limites administratives du territoire.
Il y a également d'autres régions qui sont
touchées par les changements proposés par le rapport préliminaire. Dans
5 autres régions du Québec, nous proposons d'ajuster les limites de
14 circonscriptions. Ces circonscriptions font
partie des régions de la
Montérégie...
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10 h (version non révisé
e) Mme Gravel (Édith) : ...comme
mon collègue... En fait, non, je vous précise qu'il y a plus de 65 000 électeurs
qui se sont déplacés vers cette région-là. Donc, la proposition vise à diminuer
les seuils pour les circonscriptions de Vaudreuil-Soulanges, Saint-Jean,
Verchères et Borduas. Pour la région de l'Outaouais, nous avons effectué
certaines modifications pour diminuer le nombre d'électeurs dans les
circonscriptions de Gatineau et Papineau. Laval, c'était davantage pour la
circonscription de Chomedey. Et les changements apportés dans la capitale... la
région de la Capitale-Nationale concernent les circonscriptions de La Peltrie
et Vanier-Les Rivières. Finalement, on a apporté des changements à la région du
Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui sont en fait des modifications mineures, là, pour
consolider un secteur à même une circonscription. Précisons que la commission
propose le maintien des délimitations actuelles pour cinq régions électorales,
soit l'Abitibi-Témiscamingue, Chaudière-Appalaches, Mauricie, la Côte-Nord
ainsi que le Nord-du-Québec. Finalement, la commission justifie un statut d'exception
négative pour cinq circonscriptions, jugeant que les solutions qui
permettraient de rétablir leur situation quant au nombre d'électeurs ne
favoriseraient pas le respect des communautés naturelles en place. Ces
circonscriptions sont celles d'Abitibi-Est, Abitibi-Ouest, Duplessis,
René-Lévesque et Ungava. La commission avait d'ailleurs reconnu un statut
particulier à ces circonscriptions lors de la dernière réforme de la carte
électorale, à l'exception de celle de Duplessis.
M. Blanchet
(Jean-François) : Merci, Mme Gravel et M.
Bouchard. En conclusion, rappelons que les changements proposés à la carte
électorale reflètent l'évolution démographique du Québec. En traduisant le
mouvement des populations sur le territoire québécois, notre proposition permet
d'établir une délimitation respectueuse de l'égalité du vote des électeurs et
des communautés naturelles présentes sur le territoire. Notre proposition
implique des changements importants dans certaines régions du Québec. Nous
sommes conscients qu'elle suscite diverses réactions et réflexions. Cependant,
nous estimons que les modifications proposées sont nécessaires afin d'assurer
une représentation juste et équitable à l'ensemble des électrices et des
électeurs du Québec.
Le moment est venu d'entendre vos
commentaires et vos suggestions sur cette proposition. Ils viendront s'ajouter
à toute l'information recueillie depuis le dépôt du rapport préliminaire en
septembre 2023 et constitueront un intrant important à la production du second
rapport. Mme la Présidente, Mmes et MM. les députés, je vous remercie de votre
attention.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Bien. Merci beaucoup, messieurs, dames, les commissaires, pour votre
exposé. Nous allons poursuivre maintenant avec les remarques préliminaires. M.
le ministre responsable des institutions démocratiques, vous disposez de 10 minutes.
La parole est à vous.
M. Roberge : Merci bien, Mme
la Présidente. Alors, évidemment, je veux saluer M. Blanchet, Mme Gravel, M.
Bouchard, les collègues députés de toutes les formations politiques qui sont
représentées ici. Content de vous voir, de vous retrouver ici. La dernière fois
que j'ai siégé en commission parlementaire, c'était lors de l'adoption de l'abolition
du serment au roi, et je pense qu'on était tous fiers d'avoir apporté ce
changement-là.
Maintenant, ce matin, on commence quelque
chose d'important, puis, à
titre de ministre responsable des institutions
démocratiques, c'est un plaisir pour moi de participer aujourd'hui à l'étude du
rapport préliminaire de la Commission de la représentation électorale, qui a
été déposé le 19 septembre dernier. Le processus de révision de la carte
électorale constitue un des fondements de notre système électoral. Donc, c'est
un exercice qui est non partisan, c'est important de le rappeler, et qui est
encadré par la loi électorale. Depuis 1979, le processus est confié, donc, à la
Commission de la représentation électorale, qui doit réaliser son mandat en
toute indépendance.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, j'aimerais
prendre un moment pour souligner la complexité puis l'ampleur du travail qui
est confié aux membres de la commission. La refonte de la carte électorale est
un exercice extrêmement délicat qui exige une grande connaissance du Québec,
tant sur les plans géographique, démographique et sociologique. C'est un
travail qui demande de faire des arbitrages. C'est aussi un travail qui demande
d'être à l'écoute, à l'écoute des préoccupations des citoyens, des citoyens
qui, eux, sont concernés évidemment par les changements proposés qui concernent
leur région. Comme nous le savons tous, le rapport préliminaire de la
commission a soulevé de vives réactions, et je pense que c'est normal, c'est
probablement le cas à chaque... à chaque fois. Je crois qu'il est important de
mentionner que les membres de la commission ont démontré une très importante
volonté d'entendre les citoyens lors des audiences publiques qui se sont tenues
l'automne dernier. Je veux les remercier pour ça. Je veux rappeler, par
exemple, qu'ils ont accepté d'ajouter une audience dans la circonscription de
Bonaventure, en Gaspésie, à un horaire qui était déjà très chargé pour s'assurer
d'entendre...
M. Roberge : ...d'entendre
tous ceux qui voulaient s'exprimer. Puis, encore une fois, je les remercie pour
cette sensibilité-là et cette flexibilité d'ajouter quelque chose qui n'était
pas prévu originellement, pour s'assurer que tout le monde soit bien entendu,
soit bien compris. Que nous soyons d'accord ou non avec le changement envisagé,
à ce stade-ci du processus, je crois que nous pouvons tous nous entendre sur le
fait que la délimitation des circonscriptions électorales n'est pas une tâche
facile, et évidemment, quoi qu'il advienne, à la fin, il y aura des critiques.
Je tenais donc à prendre un instant pour remercier chacun des membres de la
commission.
Permettez-moi de rappeler maintenant les
différentes étapes qui nous ont menés jusqu'ici ce matin. La Loi électorale
prévoit que le processus de délimitation doit débuter après la deuxième
élection générale qui suit la dernière délimitation, la deuxième élection
générale étant celle du 3 octobre 2022. La commission de la représentation
électorale a donc entamé son travail qui a mené, le 19 septembre dernier,
au dépôt de son rapport préliminaire.
Dans ce rapport, la commission propose de
modifier la délimitation de 55 circonscriptions, c'est quand même
considérable, sur 125. Deux régions, l'île de Montréal et le
Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine se verraient, respectivement,
retirer une circonscription, tandis que les régions de l'Estrie,
Centre-du-Québec et Laurentides-Lanaudière se verraient ajouter une circonscription
chacune si d'aventure la proposition initiale était maintenue.
En octobre et novembre dernier, la
commission a l'occasion donc d'aller à la rencontre des citoyens. Comme je l'ai
mentionné tout à l'heure, c'est prévu par la loi. Elle a donc tenu
14 audiences publiques dans plusieurs régions du Québec, deux audiences
publiques virtuelles aussi, ce qui est maintenant possible, et je pense que
c'est apprécié par plusieurs citoyens, ça a permis peut-être une plus grande
démocratisation encore du processus. Donc, c'est une étape primordiale du
processus et nous en commençons une autre aujourd'hui.
• (10 h 10) •
Dans les régions affectées par la perte
d'une circonscription, évidemment, les personnes entendues ont réclamé des
changements. Certaines ont réclamé le statu quo. On a rappelé lors des
audiences que la région de l'île de Montréal s'est déjà vu retirer une
circonscription lors de la dernière révision de la carte. Du côté de la région
du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, des intervenants ont
notamment mentionné que cette proposition, la proposition actuelle donnerait
lieu à des circonscriptions de tailles démesurées, ont-ils dit, et que les
régions méritent une juste représentation à l'Assemblée nationale. Tant du côté
de Montréal que de la Gaspésie, plusieurs intervenants ont reproché à la
commission d'avoir adopté une approche qui était peut-être trop mathématique,
ont-ils dit, au détriment d'autres facteurs tels que les particularités
régionales.
Ceci dit, je le répète, il y a plusieurs
critères à considérer, c'est une tâche qui est extrêmement difficile et il faut
se garder de porter un jugement sur le travail des commissaires, mais plutôt
nourrir la réflexion à ce moment-ci.
Sur ce point, j'aimerais rappeler que, si
la commission est entièrement indépendante, son travail demeure encadré par la
Loi électorale et les droits démocratiques garantis par la Charte canadienne
des droits et libertés. Ça signifie que, dans la délimitation des
circonscriptions électorales, la commission se doit de respecter le principe de
représentation effective. C'est un principe introduit en 1991 par la Cour
suprême dans l'arrêt Carter et ça a ensuite été intégré à la Loi électorale. La
représentation effective repose sur le fait que le respect des droits
démocratiques garantis par la charte implique non seulement l'égalité relative
du vote des électeurs, mais également le respect des communautés naturelles.
Aussi, afin d'assurer l'égalité relative du vote, la loi prévoit que, sauf
exception, une circonscription doit compter un nombre d'électeurs compris dans
un intervalle de plus ou moins 25 % de la moyenne d'électeurs par
circonscription. Pas facile comme tâche de conjuguer tous ces critères, toutes
ces contraintes.
Le critère des communautés naturelles
vise, quant à lui, à créer des entités géographiques cohérentes et à regrouper
des collectivités aux intérêts communs. Pour ce faire, la loi offre des
éléments à considérer, comme la densité de la population, son taux de
croissance, la superficie et la configuration de la région, les frontières
naturelles du milieu et les territoires des municipalités. Puis il va sans dire
que la conciliation de tous ces critères constitue un travail d'envergure. La
Loi électorale prévoit que la commission peut établir des circonscriptions
d'exception, c'est important de le mentionner, c'est-à-dire des
circonscriptions qui dérogent au principe du plus ou moins 25 % si elle
estime que cette décision est nécessaire afin de respecter le principe de
représentation effective. Cependant, cette décision doit être motivée par écrit
pour chacune des circonscriptions visées, et ce, à chaque redécoupage.
Dans son rapport préliminaire, la
commission propose d'accorder un tel statut à cinq circonscriptions en région
de leurs particularités...
M. Roberge : ...étendue. Il ne
s'agit pas d'une décision qui peut être prise à la légère puisque, pour chaque
circonscription d'exception, la Commission est contrainte de reporter ailleurs
les impacts de l'évolution démographique.
Compte tenu de l'ensemble des critères
avec lesquels la Commission doit composer, plusieurs appels à modifier la Loi
électorale ont été lancés depuis le début du rapport préliminaire. C'est peu
surprenant. Je les ai entendus et je les comprends, cependant, je suis
convaincu que nous devons, à ce stade-ci, aller au bout du processus actuel.
Depuis plusieurs années, les exercices de révision de carte électorale posent
des enjeux liés à la représentation des électeurs, alors que l'évolution
démographique entraîne des enjeux en ce qui a trait au poids politique des
régions. Les citoyens des régions éloignées, dont la proportion de population
électorale diminue, souhaitent conserver leurs circonscriptions, tandis que
ceux des régions à forte densité de population réclament l'ajout de
circonscriptions.
Comme tous mes collègues, je suis, bien
sûr, sensible à ces réalités. Nous sommes tous préoccupés par la représentation
des régions et soucieux du poids de chaque vote. En tant qu'élus, il est de
notre devoir à tous, ici, autour de la Commission et à l'Assemblée nationale,
de respecter le processus que nous avons voulu indépendant afin d'assurer son
impartialité et sa légitimité.
Aujourd'hui, les députés sont invités à
faire part de leurs préoccupations, et cette semaine aussi, ou commentaires sur
la proposition de délimitation qui nous a été soumise. Il s'agit d'une étape
importante de cet exercice, qui est certainement complexe, mais essentiel. À
travers nos travaux, j'encourage tous ceux qui s'exprimeront à tenir compte de
l'ensemble des éléments et considérations ayant guidé les commissaires dans
leur travail. Mais je sais évidemment qu'ils vont aussi évidemment être l'écho
de leur population, parce que, souvenons-nous que, comme élus, nous sommes
redevables à notre population.
En terminant, je veux remercier les
membres de la Commission et toutes les personnes qui se sont exprimées lors des
auditions, ainsi que les députés qui vont participer à cet important exercice.
Merci, Mme la Présidente. Merci, chers collègues et commissaires.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci beaucoup, M. le ministre. Il vous restait
45 secondes. J'invite maintenant M. le député de Nelligan et porte-parole
de l'opposition officielle à faire ses remarques préliminaires pour une durée
de 10 minutes.
M. Derraji : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, M. le ministre. Bonjour, chers collègues de la
partie
gouvernementale, chers collègues de l'opposition. M. Blanchet, Mme Gravel, M.
Bouchard, bienvenue dans cet exercice extrêmement, extrêmement important pour
l'étude du rapport préliminaire de la Commission de la représentation
électorale.
Je vais aussi dans le même sens que M. le
ministre, sur l'importance de cet exercice, qui est un exercice qu'on s'est
donné depuis plusieurs, plusieurs années, un exercice important de la refonte
de la carte électorale, qui est très bien encadrée, effectivement, par la Loi
électorale, qui est un exercice non partisan, il faut... il faut le rappeler,
non partisan, et c'est un exercice aussi pour assurer une bonne représentation
effective des citoyens.
Je vais juste me permettre d'ouvrir une
petite parenthèse. Parce que ça a été dit l'automne dernier, dans votre
document de consultation, et je vais me permettre de formuler un petit
commentaire. Vous avez dit, l'automne dernier, M. Blanchet, que... dans votre
document de consultation Pour une nouvelle vision de la loi électorale, vous
vous interrogez sur l'opportunité de conserver l'étape du processus que nous
amorçons aujourd'hui. Pour vous, les personnes élues peuvent participer aux
auditions publiques et formuler des commentaires par écrit. Ça a été un point
que vous avez formulé.
Permettez-moi de vous dire que je ne
partage pas, amicalement, ce constat. Vous avez le droit de voir ce processus
comme vous le souhaitez, mais permettez-moi de vous dire que j'ai eu une
extrême mobilisation à l'intérieur de notre caucus. Et vous allez les voir, ils
vont tous venir exprimer avec ardeur les échanges qu'ils ont... les échanges
qu'ils ont eus avec plusieurs régions. Et je pense que l'exercice est très
important. Et c'est vrai, ça n'enlève rien que vous avez effectué une très
bonne consultation, vous avez écouté plusieurs régions, vous étiez dans pas mal
d'endroits, vous avez entendu pas mal de commentaires, assisté à plusieurs
rencontres, mais, je pense, du moment que nous sommes dans le cadre d'une loi
électorale...
M. Derraji : ...dans un
processus bien réglementé, moi, je pense que c'est toujours intéressant avoir
ce genre de rencontre à l'intérieur du Parlement. C'est un exercice que... je
tiens à le rappeler, qui n'est pas du tout partisan. Et vous savez quoi?
C'est... c'est très démocratique. En tant que porte-parole des institutions
démocratiques, venir au Parlement parler, moi, je préfère venir parler. Ça
n'enlève rien aux assemblées de cuisine, ça n'enlève rien aux consultations à
l'extérieur du Parlement, mais nous sommes dans un processus qui est quand même
très rigoureux, je pense, il est unique au monde par rapport à la refonte de la
loi électorale.
Et je vais me permettre dans le même
sens... Parce que je vais, si vous vous le permettez, partager notre réalité.
Et je sais que, depuis tout à l'heure, on parle des électeurs, mais moi, je
veux aussi vous ramener notre réalité de résident. Et je vous parlais d'une
réalité de Nelligan, Nelligan qui le comté que je représente fièrement à
l'Assemblée nationale, qui inclut trois villes magnifiques, Kirkland... Je peux
dire que ce sont les meilleures villes, en tout respect de tous mes collègues
autour de la table, les meilleures villes au Québec, Kirkland, L'Île-Bizard et
Pierrefonds-Ouest. Et je comprends la réalité des électeurs et vous l'avez très
bien mentionné, que la population de Montréal a baissé de 0,4 % ou
0,6 %, c'est ce qui justifie un peu enlever à notre comté à Montréal,
sachant que, lors de la dernière réforme, il y avait un autre comté qui a été
enlevé.
• (10 h 20) •
Mais laissez-moi vous partager notre réalité,
une réalité que je n'ai jamais vue... Je n'ai pas 10, 15 ans au Parlement, j'ai
5, 6 ans, et une réalité où j'ai des gens... premièrement, je ne demande pas
s'ils sont électeurs ou pas, je ne peux pas... quelqu'un qui tape ma porte, un
problème avec Hydro-Québec, attention! vous êtes électeurs ou pas, vous avez le
droit de vote ou pas? Je ne peux pas, je ne peux pas faire ça. Mais j'ai
beaucoup de... des citoyens non résidents, des travailleurs temporaires
étrangers qui contribuent à l'économie québécoise, et j'en suis sûr et certain,
j'ai rencontré le collègue à Drummondville avec une magnifique communauté
entrepreneuriale, c'est des gens, c'est des travailleurs temporaires,
étrangers, et je peux vous assurer qu'ils leur offrent un excellent service. Mais
s'il n'y avait pas un député qui a ouvert la porte à ces travailleurs... une
compagnie québécoise, n'aura pas ces travailleurs.
Donc, le bureau de député, la réalité a
beaucoup changé. Je prends des régions agricoles où j'ai beaucoup de
travailleurs saisonniers qui viennent. Et vous avez vu ce que la CNESST a fait
en termes de promouvoir le droit de travail à ces gens. Bien, c'est des élus
qui ont pris l'initiative de sensibiliser nos organisations publiques. Donc, je
comprends la logique de citoyen électeur, mais, s'il vous plaît, gardez en tête
que, dans certains comtés, le travail d'un élu, il n'y a pas un filtre à la
porte de dire : Êtes-vous citoyen? Vous avez le droit. Vous n'êtes pas
citoyen, je n'offre pas de services. Ça, c'est une réalité, humblement, que je
vous partage parce que demandeurs d'asile, problèmes de permis de travail.
Quand j'étais porte-parole en immigration, vous avez vu ça dans les médias,
même des députés au niveau fédéral, ils étaient obligés de demander des fonds
supplémentaires pour uniquement avoir quelqu'un qui répond à ces demandes.
Donc, gardons en tête que la notion citoyen électeur sur laquelle on se base
depuis plusieurs années est légitime, je pense que c'était à la bonne place,
mais là où nous sommes rendus aujourd'hui, on parle de presque un demi-million
de travailleurs temporaires, toutes catégories confondues. Ce sont des enjeux
réels qui touchent plusieurs aspects, de l'emploi au travail, problème avec la
RAMQ, parce qu'il y a des gens qui perdent leur statut, des employeurs que, vu
le contexte économique, elles mettent ces gens dehors. Et ils se tournent vers
un élu pour leur trouver des solutions.
J'en suis sûr et certain, c'est une
situation qu'on va voir un peu partout au Québec, pas uniquement Montréal. C'est
faux de prétendre que c'est un enjeu montréalais. Je l'ai entendu de la bouche
de plusieurs collègues. Donc, ça donne... encore une fois, je pense que le
processus que nous sommes en train de mener est extrêmement important, parce
qu'au-delà de la consultation populaire que je vous salue d'avoir menée...
M. Derraji : ...qui est
extrêmement importante. Tout au long de cette semaine, vous allez entendre des
collègues qui vont s'exprimer avec émotion, sans partisanerie, ce que... sur ce
que représente pour eux la refonte de la carte électorale. Ils vont parler de
la Montérégie comme ils vont parler de l'Outaouais, comme ils vont parler de
Montréal-Est, comme ils vont parler de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Alors,
encore une fois, au-delà de l'aspect mathématique, parce que je pense qu'on
n'est pas en train de prendre un ciseau et dire le nombre d'électeurs et on
découpe, je pense qu'il y a une réflexion que vous menez, il y a le sentiment
d'appartenance des gens, M. le ministre l'a mentionné tout à l'heure, et la
façon dont nos communautés sont organisées. On ne peut pas se permettre de
couper des villes ou dénaturer certains comtés. Et ça, j'en suis sûr et certain
que vous avez pris ça en considération.
J'ajouterai qu'il est... cet exercice, il
est tellement nécessaire parce que c'est l'humain qui forme les communautés en
premier lieu. On le voit. On le voit dans plusieurs municipalités, où, de plus
en plus, on voit des villes vivre des problèmes de présence et d'occupation du
territoire. Et c'est là, le problème de l'éloignement, que des comtés sont
extrêmement difficiles à gérer, et on voit que même des députés sont obligés
d'avoir trois bureaux.
Donc, pour conclure, bien hâte à entendre
l'ensemble des intervenants. Je réitère que probablement le moment est venu
d'avoir un autre critère qu'uniquement la notion de l'électeur, parce que, le
député, il est là pour répondre à n'importe quel citoyen, et il n'a pas un
triage à l'intérieur de son bureau pour dire : Vous êtes citoyen ou vous
ne l'êtes pas, vous êtes un votant ou vous ne l'êtes pas. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci beaucoup, M. le député de Nelligan. J'invite
maintenant M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve et porte-parole du deuxième groupe
d'opposition à faire ses remarques préliminaires pour une durée maximale de
10 minutes.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. Ça va être un peu plus court que ça. Bonjour à vous trois. Merci
d'être là.
Bien, moi je réserverai, bien sûr, mes propos
sur Hochelaga-Maisonneuve le temps venu. Je pense que c'est demain. J'aurai des
choses à dire, bien sûr, sur l'est de Montréal aussi.
Sinon, je veux souligner à quel point je
pense qu'on est chanceux au Québec d'avoir un processus dans lequel nous...
avec lequel nous commençons aujourd'hui nos travaux. C'est un débat qui a eu
lieu il y a plusieurs années. Je me rappelle d'avoir vu un bouquin un peu sur
la genèse de cette réforme, qui était sous le Parti québécois, si je ne me
trompe pas, dans les années 70, le premier mandat du Parti québécois, on
me corrigera si mes cours d'histoire ont... ne sont pas à niveau, là, mais où
on a sorti de cette logique-là, où c'étaient les députés qui choisissaient les
circonscriptions, hein? Puis je me rappelle par contre de mes cours d'histoire
où est-ce qu'on se souvenait de l'élection, du retour de l'Union nationale,
dans les années 60, après la Révolution tranquille... en pleine Révolution
tranquille.
Malgré que les libéraux avaient obtenu plus de votes, le découpage
faisait en sorte que l'Union nationale revenait au pouvoir. C'était en 1966, si
je ne me trompe pas. C'était un moment marquant qui avait un peu fait évoluer
le débat au Québec sur cette question-là, du découpage, est-ce que ça doit être
dans la main des élus.
Puis, même si, à chaque fois, ça génère
toutes sortes de réactions, moi, je me rappelle toujours que, pas très loin,
juste au sud de la frontière, combien d'exemples on a de circonscriptions
complètement farfelues. Il y a des... il y a des images qui existent sur les
réseaux sociaux, sur internet, qu'on peut facilement trouver. Il y a même un
nom à ce phénomène-là, qu'on appelle le «gerrymandering». Je pense que ça
venait d'un élu, en quelque part aux États-Unis, qui avait particulièrement été
inventif par son découpage. Et, des fois, dans une même ville où est-ce qu'il y
a deux sièges, on peut aussi aller chercher telles rues, tels quartiers. Oups!
On s'arrête à tel coin de rue, parce que là, l'autre bord, ça va être d'une
couleur plutôt que l'autre. Alors, c'est absurde. C'est absurde, cette espèce
de verrouillage-là et d'acoquinement, en quelque sorte, entre les deux
principaux partis là-bas, là, les républicains et les démocrates, où on
s'assure vraiment de verrouiller un siège pour que ça ne soit plus possible que
n'importe qui d'autre soit élu. La vraie élection, finalement, c'est
l'investiture du parti et non l'élection générale qui suit par la suite.
Donc, ce scénario-là, qui est encore bien
bien installé dans plusieurs États américains, nous, on n'en est plus là du
tout depuis des décennies maintenant. Et c'est grâce au travail de gens comme
vous, qui décidez de prendre un peu de chaleur aussi, hein, quand ça... quand
ça débat, quand ça manifeste. Puis vous allez en recevoir aujourd'hui, demain
et après-demain, comme vous en avez déjà reçu, comme vous en...
M. Leduc : ...en recevrez
certainement d'autres une fois que votre nouvelle esquisse sera publique en
septembre, si j'ai bien compris. Et c'est donc là mon dernier point, Mme la
Présidente. Moi, je veux saluer, dans le fond, le travail que vous faites, je
veux saluer le sérieux dans lequel vous... que vous mettez à l'intérieur. Je ne
suis pas tout d'accord avec ce que vous avez proposé, comme je le disais
d'emblée, puis je vous en parlerai demain, quand ce sera mon tour de discuter
du fond. Mais ça reste un processus que je chéris, un processus qui, je pense,
est, somme toute, bien rodé et qui nous donne des résultats intéressants.
Puis je termine en voulant souligner à
quel point je trouve... belle votre ouverture à la discussion, votre ouverture
aussi à changer d'idée. Je me rappelle du précédent exercice. Comme citoyen, je
n'étais pas encore un député à l'époque, je m'étais un peu impliqué dans toute
cette saga-là alentour de la fusion éventuelle de Sainte-Marie-Saint-Jacques et
de Westmount-Saint-Louis, que personnellement, je trouvais absurde, pour des...
toutes sortes de raisons, de raisons socioéconomiques de classe sociale
évidente. Bien, vous aviez... Bien, vous, votre institution, peut-être, plutôt
que vous personnellement, mais avait été à l'écoute de ça puis avait été ouvert
à entendre des arguments et à éventuellement les prendre en compte et changer
d'idée. Puis ça, ça fait aussi
partie de l'exercice démocratique auquel nous
nous prêtons aujourd'hui et dans les prochains jours, puis je tiens à le
saluer. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci beaucoup, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
J'invite maintenant M. le député de Matane-Matapédia à faire ses remarques
préliminaires pour une durée maximale de 10 minutes.
• (10 h 30) •
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, tout le monde. Rappeler, d'entrée de jeu, une motion du
17 octobre 2023 demandant à la Commission de la représentation électorale
qu'elle revise ses recommandations de fusionner Gaspé et Bonaventure, motion
unanime de l'Assemblée nationale qui engage les quatre formations politiques.
Je vous demande d'en tenir compte. Si vous avez tenu compte, comme institution,
de la mobilisation de la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques pour maintenir
une circonscription à Montréal intégralement, je vous demande d'en faire autant
pour la Gaspésie. C'est la logique même.
Écoutez, ce n'est pas la première fois que
je participe à cet exercice. À l'origine, je représentais deux MRC. Si je suis
élu la prochaine fois, j'en représenterai quatre. C'est vraiment la
consécration de deux types de députés. Et je suis content que la Présidente de
l'Assemblée nationale soit là pour entendre ce message, deux types de députés,
il va falloir lever ce tabou, ceux qui font énormément de kilomètres, qui font
office d'à peu près de toutes les jobs et ceux qui ont beaucoup moins de
kilomètres à faire. On aurait pu être audacieux. La population du Québec
augmente, on a de la place pour 129 sièges au salon bleu. Ça a été dit.
Vous pouvez faire ce choix, comme vous auriez pu faire le choix de couper une
circonscription ailleurs qu'en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent. Vous avez cette
opportunité. Vous avez encore choisi l'est du Québec.
Je vous l'ai dit, je suis passé de
représenter La Matanie et La Haute-Gaspésie à représenter La Matanie, La
Matapédia, La Mitis. Et là, ça serait La Matanie, La Matapédia, La Mitis et La
Haute-Gaspésie sur deux régions administratives différentes. C'est assez
incroyable. Deux CISSS, des directions régionales différentes. Même que, dans
la MRC de La Mitis, vous la coupez en deux. Je vous rappelle que les MRC, c'est
municipalité régionale de comté au singulier, pas au pluriel. Alors, les
municipalités de La Miti devraient se tourner vers deux députés différents.
Tant qu'à ça, laissez tout le monde ensemble si vous êtes pour faire ce
choix-là.
Écoutez, corriger les inégalités, je ne
sais pas qui dans les comtés qui a plus de population, là, appelle pour dire
qu'ils sont victimes d'une injustice, mais moi, je peux vous identifier, après
17 ans de vie politique, qui va recevoir ces commentaires-là, qu'on ne
peut pas être présents quand ça compte, qu'on met notre sécurité en jeu sur des
routes, qu'on met notre santé en jeu parce qu'on essaie d'être les meilleurs
députés possible dans une région comme la nôtre. Ça va devenir intenable, y
compris pour moi, si ça se concrétise pour la prochaine fois. Évidemment, ce n'est
pas à propos de moi, c'est à propos du poids politique de notre région, mais il
me semble que de faire fi de la réalité de notre région envoie un très mauvais
message.
Même la toponymie ne réussit pas à vous
suivre. Vous avez consacré que c'est deux patronymes maximum,
Hochelaga-Maisonneuve par exemple, mais là on en aurait quatre. Alors, ce
serait Matapédia-Matane. Qu'est-ce que vous faites de La Haute-Gaspésie?
Qu'est-ce que vous faites de La Mitis? Tant qu'à ça, bien, augmentez le nombre
de patronymes. On ne peut pas avoir quatre entités importantes puis n'en nommer
que deux.
Il y aurait tellement à dire. Je prends
tout le temps que j'ai maintenant parce que je veux y revenir de la même façon
pour ma région. Vous avez une mobilisation très importante d'à peu près tous
les élus de la région qui ont besoin de leurs députés à Ottawa et à Québec, et
je rajoute à votre réflexion que, dans l'est du Québec, on perd aussi un comté
à la Chambre des communes. C'est en train de se faire présentement, c'est consacré.
Donc, imaginez le poids politique qu'on perd pour une région comme la nôtre.
La différence avec la dernière fois, parce
qu'il a...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) M. Bérubé : ...encaisser ce
coup-là, c'est que là on a une motion de l'Assemblée nationale, puis moi, j'ai
confiance au président, Mme la Présidente, de la Commission de la
représentation électorale pour tenir compte de la motion unanime de l'Assemblée
nationale. Elle engage la Coalition avenir Québec, elle engage le Parti libéral
du Québec, elle engage Québec solidaire et elle engage le Parti québécois. Bien
sûr, le gouvernement pourrait faire adopter une loi pour changer les critères,
mais j'ai appris hier, dans une... sur le site d'une radio privée de la
Gaspésie, qu'il ne le fera pas malgré la demande, je pense, ou à tout le moins
le souhait exprimé par le député de Gaspé. Il peut se réserver ce droit-là pour
plus tard. Si c'est le cas, je l'invite à y réfléchir. Mais, en attendant, une
motion unanime de l'Assemblée nationale, moi, je crois à ça, et je crois bon de
le rappeler, puis je vais le rappeler encore tout à l'heure, je vais en faire
la lecture intégrale.
Ça fait plusieurs années que je siège à l'Assemblée
nationale, je sais de quoi est faite la vie d'un député dans ma région. La
dernière fois que j'ai eu une personne pour m'assister à l'Assemblée nationale,
je partageais un bureau de circonscription avec l'actuel premier ministre. Pas
de circonscription, mais de l'Assemblée nationale. Après, on n'avait plus d'argent
pour avoir quelqu'un qui était à Québec. Donc, j'ai trois attachés politiques
qui sont dans trois bureaux différents dans ma circonscription. Je n'ai pas d'argent
pour avoir quelqu'un à Québec pour m'aider, ça fait que je suis autonome depuis
ce temps-là quand je suis à Québec. Alors, ils portent des noms, ces
personnes-là, ils font office parfois de députés même sans être élus :
Guillaume à Mont-Joli, Marc-Olivier à Amqui puis Alexandra en Matanie. Ils sont
là à temps plein dans les bureaux. Si vous me rajoutez un quatrième bureau, on
n'a pas l'argent pour ça. Et j'espère que, dans votre rapport, vous allez faire
des recommandations à la présidente de l'Assemblée nationale pour avoir plus de
moyens, parce que comment on va trancher qui va avoir un bureau, qui va avoir
un conseiller politique? On n'est plus capables de le faire. Je sais qu'il y a
des députés qui ont la chance d'avoir un seul bureau. Je les envie parfois. Mais,
moi, la réalité géographique fait en sorte que je ne suis pas capable de
désavantager une région, je suis fait comme ça, et mes prédécesseurs étaient
comme ça, et ceux qui vont me suivre vont certainement, à tout le moins je le
souhaite, être comme ça aussi. Ça n'a aucun sens. Une région qui est dangereuse
au plan... sur les routes, pas accès au cellulaire dans bien des endroits, on
est seuls sur la route, on veut être présents, nous aussi, avec nos commettants
le samedi soir puis dans les moments où ça compte, mais on va être obligés de
faire des choix. Pour la première fois de ma vie comme député, si d'aventure je
suis réélu, je vais devoir faire des choix. Et ça, ça me fait énormément de
peine. La Haute-Gaspésie, une des régions les plus fabuleuses au Québec, qui a
déjà fait
partie de Gaspé-Nord, du comté de Matane puis c'est revenu, qui se
fait barouetter d'un bord et de l'autre depuis des années, mérite plus de
considération. Ce n'est pas un satellite de la Matanie, c'est une région à part
entière, et je plains fortement les intervenants de cette région qui vont
devoir accepter cette réalité-là. J'espère que non. J'espère que vous allez
changer d'idée.
Alors, quelques pistes en terminant. D'abord,
honorer une motion unanime de l'Assemblée nationale. Je vous trouverais bien
téméraires de ne pas en tenir compte, quoiqu'on l'a déjà fait dans d'autres
dossiers, mais j'attends aussi des résultats pour plus tard.
Ensuite, la population augmente. Est-ce qu'on
pourrait avoir davantage de sièges? Notre configuration le permet, quatre
sièges. D'ailleurs, on a déjà évoqué, dans le passé, par exemple, des sièges
qui pourraient être réservés, par exemple, pour le Nord du Québec, le comté d'Ungava,
par exemple, hein, de le... Je pense qu'on coupait la Jamésie puis le Nord
était un comté qui était consacré. Il y a d'autres exceptions aussi dans d'autres
régions du Québec, vous les avez évoquées tout à l'heure. Pourquoi, encore une
fois, l'Est du Québec? Pour plusieurs que j'ai rencontrés, ça ressemble un peu
à de l'acharnement.
Puis, en terminant, bien, écoutez, je vais
être présent à chacune des tribunes où ça va être important de le faire. Je
porte des revendications bien affirmées des élus municipaux, de la population,
des intervenants pour qui leur député, quel qu'il soit, c'était très important
d'y avoir accès. Les lundis et les vendredis et les fins de semaine ne
suffiront plus pour couvrir ce grand territoire. Donc, je vous demande de faire
preuve de créativité. Et je demande aux formations politiques autour de la
table, qui ont adopté cette motion, d'en faire la promotion aussi, parce que
moi, je l'évoque, là, mais personne ne l'a évoquée encore. J'aimerais ça que la
CAQ, le Parti libéral puis Québec solidaire disent : Oui, oui, on était de
cette motion qui demandait unanimement de préserver le poids et de maintenir
les comtés de la Gaspésie avec Gaspé et Bonaventure de façon distincte. J'aimerais
ça que ça soit exprimé ici, pas seulement par les députés dans leur région,
quand on est loin de Québec.
Alors, voici le souhait que je nourris. Ce
n'est pas à propos des députés qui sont autour de la table, bien qu'ils
doivent... puis c'est assez particulier, ils doivent plaider une situation dans
laquelle on est. J'avoue que j'ai un peu un malaise là-dessus, mais la loi est
ainsi faite. Mais il n'est pas trop tard pour changer d'idée. Vous l'avez fait
pour Sainte-Marie-Saint-Jacques. Si vous l'avez fait pour
Sainte-Marie-Saint-Jacques, je pense que la Gaspésie vaut bien ça aussi. Merci.
La Présidente (Mme Roy, Montarville) :
Merci, M. le...
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : ...de Matane-Matapédia. Nous allons maintenant
député... débuter, pardon, la période d'échange avec la Commission de la
représentation électorale. Les premières interventions proviendront des députés
de la région de l'Estrie, et je cède la parole à Mme la députée de Sherbrooke
pour des échanges d'une durée maximale de 20 minutes.
Mme Labrie : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je suis très heureuse de venir prendre la parole ici.
C'est... c'est rare qu'on s'adresse comme citoyen, comme milieu à un groupe qui
va prendre des décisions. D'habitude, on est dans l'autre rôle. Donc, merci de
nous offrir cette opportunité-là. Je vais parler plus spécifiquement pour la
région de l'Estrie, mais je vais quand même me permettre quelques commentaires,
là, en lien avec l'intervention de mon collègue de Matane-Matapédia.
D'abord, je veux saluer la volonté de la
commission de préserver les limites actuelles de la circonscription de
Sherbrooke. C'est une... c'est un territoire qui est cohérent en lui-même, qui
correspond à l'arrondissement des Nations dans la ville de Sherbrooke. Donc,
c'est facile pour les électeurs de s'y retrouver. Je pense que c'est sain de la
conserver. Je veux vous dire aussi que je vois beaucoup de cohérence dans la
décision qui est prise de rattacher les citoyens de Brompton ville, qui sont
actuellement dans la... dans la circonscription de Saint-François, pardon... Richmond,
c'est bien ça, parce que ça va les ramener avec l'arrondissement dont ils font
partie à l'échelle municipale, donc c'est plus cohérent aussi. Puis c'est
important de respecter ça. Et. Même chose aussi, grande cohérence dans le choix
qui est fait dans le secteur de Brome-Missisquoi Granby, de rattacher
Saint-Alphonse-de-Granby à Granby pour réduire le nombre d'électeurs dans la
circonscription de Brome-Missisquoi qui était... où il y avait un écart
positif.
• (10 h 40) •
Maintenant, moi, j'ai des réserves
importantes quand même sur ce que vous nous proposez pour Richmond. Il y a des
changements importants que vous faites dans cette circonscription-là, puis
c'est évident qu'il y a un écart positif trop important dans Richmond qui
nécessite des changements, ça, je le reconnais d'emblée, mais moi, je vous...
j'aimerais comprendre en fait pourquoi vous ne respectez pas le critère des
communautés naturelles dont vous avez parlé tout à l'heure dans votre
présentation pour ça. Parce que le choix que vous faites avec la... avec le
scénario qui est proposé, en fait, c'est d'envoyer les citoyens qui sont des
Estriens, dans une circonscription qui va être dans le Centre-du-Québec. Ce
n'est pas la même région administrative, ce n'est pas la communauté naturelle de
ces personnes-là. Le rattachement, le sentiment d'appartenance, il est à
l'Estrie pour ces communautés-là, les médias régionaux qui couvrent ce
territoire-là, on parle de la MRC du Val Saint-François, ce sont les médias de
l'Estrie qui sont basés à Sherbrooke. Donc, ces gens-là, ils ont un sentiment
d'appartenance plus fort à l'Estrie. Donc, moi, j'aimerais ça entendre de votre
part pourquoi vous avez jugé pertinent de les transférer dans une
circonscription qui est rattachée au Centre-du-Québec.
Mme Gravel (Édith) : Val-des-Sources?
Mme Labrie : Oui...
Mme Gravel (Édith) : La MRC
des Sources plutôt que Val-Saint-François.
Mme Labrie : ...oui, la MRC
des Sources, oui, pardon. Oui, donc… j'aimerais vous entendre.
Mme Gravel (Édith) : Oui,
c'était juste pour bien me... Alors, en fait, c'est vrai que les MRC sont des
communautés naturelles. J'en suis moi-même, comme vous l'avez vu en
introduction. Cependant, là, les populations ne sont pas nécessairement
regroupées dans des blocs homogènes en fonction des limites administratives des
MRC. Donc, on est là vraiment pour essayer de voir, là, en termes de découpage
avec, oui, le respect de la représentation effective, le volet et critère
numérique, mais aussi communauté naturelle. On a bien entendu de la
mobilisation, là, lors de l'audience publique. Donc, on est à voir peut-être
comment, là, ces commentaires-là pourront être perçus, là, dans le cadre du
second rapport.
Mais c'est ça, c'est que, comme Richmond,
vous l'avez bien mentionné, était déjà en situation d'exception au début des
analyses de la commission, il faut regarder, dans le fond, les régions, un
peu... On les regarde, oui, par région, mais on les regarde aussi dans leur
entièreté, là, pour voir qu'est-ce qui se passe comme dynamique autour et
comment on peut essayer justement d'avoir un découpage qui est cohérent en
terme territorial. Ce n'est pas le seul cas. Il y a quand même plusieurs
territoires de MRC, environ 44, là, qui sont départagés entre quelques
circonscriptions. Il y a aussi d'autres... d'autres territoires qui sont à
cheval sur des régions administratives. Comme je disais, les populations ne se
promènent pas un bloc homogène de 51 électeurs. Ça faciliterait beaucoup
notre travail si c'était le cas, mais malheureusement, ce n'est pas le cas...
Mme Gravel (Édith) : ...Alors,
c'est ce qu'on propose dans notre premier rapport. On a quand même bien entendu
les commentaires, là, sur l'identité estrienne, là, de cette portion de
territoire là, donc on poursuit... on poursuit nos réflexions.
Mme Labrie : Exact. Bon. Puis
moi, je peux concevoir que ce n'est peut-être pas le seul endroit où il y
aurait un chevauchement sur deux régions administratives, mais je vous soumets
que ce n'est pas souhaitable. Vous devriez chercher à éviter des situations
comme celle-là. Puis là, en ce moment, avec ce que vous mettez sur la table,
vous allez créer une situation comme celle-là. Donc, moi, je vous invite à
chercher des scénarios alternatifs pour rééquilibrer un peu les choses. Parce
que, oui, effectivement, il y a un écart positif très important dans Richmond,
ça, c'est important de le rééquilibrer. Je ne sais pas si vous avez réfléchi,
par exemple, à rattacher certaines municipalités à la circonscription d'Orford,
qui se trouve en Estrie, pour...
Mme Gravel (Édith) : ...Val-Saint-François,
dans le fond. Ça serait une des solutions que vous proposez?
Mme Labrie : Est-ce que vous
l'avez envisagée?
Mme Gravel (Édith) : Ça fait
partie des scénarios, là, qui sont...
Une voix : On a entendu.
Mme Gravel (Édith) : Oui,
exact.
Mme Labrie : Vous l'avez
entendu. Parfait. En tout cas, moi, je vous... je vous invite à essayer de
préserver l'appartenance estrienne des citoyens sur ces territoires-là. Je
pense que c'est important à la fois pour les citoyens puis à la fois aussi pour
le travail des élus qui vont être en fonction.
J'aimerais ça aussi intervenir sur la
façon dont vous faites vos calculs, en tenant en compte seulement les électeurs
plutôt qu'à la population. Un collègue en a parlé tout à l'heure. Je dois dire
que je ne m'étais pas penchée là-dessus auparavant, puis quand je l'ai appris,
que vous comptiez ça comme ça, j'ai trouvé que ça ne faisait aucun sens. Ça
ne... ça n'a... ça n'a aucun sens par rapport au travail qu'on fait. Les gens
qui sont sur notre territoire, on les représente tous et toutes, peu importe
leur âge, peu importe leur statut. Moi, j'en ai rencontré, des jeunes, des
adolescents, dans mon bureau, qui venaient me consulter comme députée, puis ils
n'étaient pas électeurs, puis je les représente pareil, même s'ils n'ont pas
encore l'âge de voter. Puis c'est la même chose avec des gens qui n'ont pas le statut
d'électeur à cause de leur... de leur statut migratoire, par exemple. Ce n'est
pas... ce n'est pas normal, je trouve, de considérer que ces gens-là ne font
pas
partie des citoyens qu'on représente, parce qu'on travaille pour eux, ils
sont présents en très grand nombre dans nos bureaux de circonscription. Puis je
vous dirais que c'est une proportion même très, très importante des gens qui se
présentent dans nos bureaux de circonscription, qui viennent pour des dossiers
d'immigration. C'est à peu près le tiers des dossiers qu'on fait dans mon
bureau, des gens qui ne sont pas des électeurs, là, qui viennent parce qu'ils
ont un problème. Quel que soit... des fois, c'est en lien avec l'immigration,
mais des fois, c'est avec la RAMQ, des fois, c'est avec toutes sortes
d'autres... Je veux dire, c'est important, ce n'est pas marginal dans le
travail qu'on fait. Donc, de déconsidérer l'existence de ces personnes-là puis
de ne pas tenir compte qu'elles existent quand vous faites le découpage du
territoire, ça vient créer des situations où on n'a pas... on n'est pas équipés
comme il faut pour répondre aux besoins de nos communautés.
Puis c'est vrai partout, parce qu'il y a
de l'immigration partout sur le territoire. Mais là, ce que vous êtes en train
de faire, notamment à Montréal, où il y a une proportion importante de
personnes immigrantes installées là actuellement... puis vous allez retirer une
circonscription. Ça vient augmenter le poids, là, sur les autres. Mais c'est un
problème partout ailleurs aussi. C'est un problème partout.
Donc, moi, je ne trouve pas ça normal que
vous... que vous... que vous utilisiez cette façon-là. Je vous inviterais, moi,
à refaire le travail, mais en comptant le nombre de personnes qui vivent sur le
territoire, pas juste au nombre d'électeurs. Puis, quand je dis «nombre de
personnes», j'insiste là-dessus parce que ce n'est pas juste le nombre de
personnes qui ont... qui ont 18 ans et plus, là. C'est... tous les êtres
humains qui vivent sur ces territoires-là sont représentés par leur député,
quel que soit leur statut. C'est ce qui serait le plus cohérent de considérer.
Je ne sais pas, est-ce que c'est une réflexion qui est déjà en cours de votre
côté ou...
M. Blanchet
(Jean-François) :
L'article 16 de la
loi électorale dit qu'on le fait à partir du nombre d'électeurs, donc... Et il
y a la moitié des territoires ou provinces au Canada qui marchent de cette
façon, donc le nombre d'électeurs qui sert de... pour le calcul lors de la
limitation des circonscriptions. Mais je comprends, j'entends ce que vous
dites. On l'a entendu. Puis parce que c'est peut-être de plus en plus vrai
aussi avec l'immigration des dernières années, ça va effectivement... Mais je
pourrais vous poser la question aussi : est-ce qu'on va... on va tenir compte
des touristes? Parce qu'on a entendu ça aussi lors de la tournée. Donc, les
touristes...
Une voix : ...
M. Blanchet
(Jean-François) : Oui, c'est ça, les
touristes qui arrivent en grand nombre dans certaines circonscriptions à
certaines époques de l'année. Donc, jusqu'où qu'on va, là, par rapport à ça?
Donc, mais je vous rappelle que présentement, l'article 16 de la loi de la
loi... de la loi électorale parle du nombre d'électeurs.
Mme Labrie : O.K. Bien, je
comprends que vous nous appelez, comme législateurs, à intervenir là-dessus.
Je...
Mme Labrie : ...je le retiens.
Mais moi, je vous invite quand même, dans le champ d'action qui est le vôtre en
ce moment, au minimum à l'avoir en tête avant de décider d'enlever des
circonscriptions dans des territoires, parce que ça va créer une surcharge de
travail bien importante. Par rapport à ce que vous venez de me dire, en lien
avec le tourisme, moi, ça... ça fait plus que cinq ans que je suis députée maintenant,
je n'ai jamais vu un touriste qui s'est présenté dans mon bureau de
circonscription, là. Par contre, des personnes immigrantes, il ne se passe pas
une seule journée sans qu'il y en ait.
M. Blanchet
(Jean-François) : C'est parce qu'on nous a
dit que les touristes amenaient une certaine pression quand même sur les
services.
Mme Gravel (Édith) : ...surtout
les villégiateurs qui arrivaient...
Mme Labrie : Ah! bien, sur
les services dans le territoire, bien sûr, mais sur le travail qu'on fait comme
élus, ce n'est... ce n'est pas... ce n'est pas pertinent, là. Évidemment que ça
crée... ça crée un... dans certaines régions plus touristiques, ça crée un
afflux de visiteurs puis ça crée une pression sur le système de santé, services
sociaux et autres... autres ressources. Mais sur notre travail de député, avec
les ressources qui sont mises à notre disposition par l'Assemblée nationale
pour gérer notre bureau de circonscription, le tourisme n'a pas d'impact, alors
que la population immigrante, oui, de manière majeure.
• (10 h 50) •
Puis je vais utiliser mes dernières
minutes pour appuyer les propos de mon collègue de Matane-Matapédia en ce qui
concerne la Gaspésie, je pense qu'il a fait un excellent plaidoyer. Je ne
répéterai pas tout ce qu'il a dit, mais je veux nommer ici que j'adhère à ses
propos. La situation dans laquelle vous mettez des députés qui couvrent un
territoire aussi immense regroupant des réalités aussi différentes, un aussi
grand nombre de municipalités et d'acteurs, ça rend ce travail là presque
inhumain, ou, en tout cas, ça le déshumanise beaucoup, parce que ça vient
complexifier le lien qu'on est capable d'avoir avec les différents acteurs,
avec les citoyens, la présence qu'on est capable d'avoir sur ce territoire-là.
Ça... ça rend... ça... moi, je trouve que ça déshumanise ce travail-là. Je ne
voudrais pas être à sa place en ce moment, puis essayer d'imaginer représenter
un territoire de cette ampleur-là, presque ne jamais réussir à y être présent
physiquement, finalement, tellement le territoire est vaste. Parce qu'on passe
quand même une
part considérable de notre travail ici, à Québec. Donc, il faut
considérer le temps qui nous reste pour couvrir notre territoire puis être
présent physiquement auprès des gens.
Moi, je vous invite à reculer sur ce
projet de fusionner les circonscriptions en Gaspésie. Puis, même si on a besoin
d'ajouter des circonscriptions ailleurs, pour tenir compte de la croissance de
la population... mais il y a... il va y avoir de la place ici, à l'Assemblée
nationale, 129 sièges seront disponibles. Donc, moi, je vous inviterais à
plutôt considérer d'ajouter des sièges plutôt que de fusionner des
circonscriptions. Parce qu'il faut vous mettre un peu dans la peau des gens qui
doivent faire ce travail après, comme député, puis aussi des citoyens. S'ils
n'ont jamais l'opportunité de le rencontrer leur député, parce qu'il se trouve
que son territoire fait toute la péninsule gaspésienne puis qu'il va se mettre
les pieds une fois, peut-être, dans l'année dans sa municipalité, bien, ce
n'est pas la qualité de présence qu'on souhaiterait offrir aux citoyens. Donc,
ayez ça en tête aussi pour les gens qui ont le droit de rencontrer leur député
plus souvent que ça, puis d'avoir plus facilement accès, là, à la personne qui
les représente. Moi, ça fait le tour de mes interventions.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Mme la députée, si vous le souhaitez, il vous reste six
minutes, 57 secondes d'échange, c'est comme vous souhaitez.
Mme Labrie : J'ai terminé.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci beaucoup, Mme la députée de Sherbrooke. Je vous
remercie. Et je cède maintenant la parole au député de Richmond pour la région
de l'Estrie, pour des échanges d'une durée maximale de 20 minutes.
M. Bachand : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Je vais vous dire, a priori, ça fait un peu bizarre d'être
assis ici puis de faire un témoignage. Normalement, je suis assis comme
président de commission, alors je me sens nerveux. Alors, Mme la Présidente,
grand plaisir d'être ici, aux gens de la Commission de la représentation,
content de vous revoir, et je tenais quand même à intervenir de nouveau. Je ne
vous lirai pas le mémoire que j'ai déposé lors de la séance à Drummondville,
mais je voudrais vous remercier pour le travail que vous faites.
Le ministre l'a dit, c'est un travail
extrêmement difficile. Vous appliquez une loi. Alors donc, vous êtes entourés
par un cadre législatif pour votre travail. Alors, si c'est difficile pour
vous, c'est aussi difficile pour nous, parce qu'on doit aussi appliquer la même
loi. Et, dans le travail de réflexion qu'on fait, qu'on doit faire, il y a
une... il y a un danger, c'est l'effet domino. Alors, si on propose des choses
à la commission, il faut voir que... est-ce qu'il y a un effet domino qui vient
créer peut-être d'autres problématiques ailleurs? Donc, pour le comté de
Richmond, ce qu'on a tenté de faire, c'est d'éviter l'effet domino. On a tenté.
Alors... Et donc le scénario qu'on vous a proposé respecte les règles prévues à
la loi électorale en proposant une distribution des électeurs en adéquation
avec la limite d'écart...
Bachand
...constituant la première condition du principe de représentation effective,
d'appartenance à la communauté naturelle. Les inégalités de représentation
concernent certes le nombre d'électeurs et électrices par circonscription, mais
j'attire l'attention de la commission sur le fait de la valeur de l'électeur ne
suffit pas à assurer une bonne représentation politique puisque la démocratie
représentative concerne l'ensemble de la population. La représentation
politique dépasse aussi le moment de l'élection et s'étend sur l'entièreté du
mandat de député. L'accès au bureau de leur représentante ou représentant,
l'accès aux instances de participation publique, la similarité des
préoccupations de la population, la connaissance du territoire, des
institutions et du milieu, l'Estrie dans mon cas, sont aussi tributaires de
l'égalité de la représentation politique.
Donc, en résumé, je vous propose le
scénario que je vous ai proposé lors du mois de novembre, c'était d'annuler
deux transferts, faisant ainsi toute la différence en termes de respect des
critères propres à la démarche de la commission.
Pour la circonscription de Saint-François,
annuler le transfert vers la circonscription de Richmond de la
partie de la
ville de Sherbrooke, qui comprend l'arrondissement de Bromptonville,
5 400 électeurs et électrices telle qu'elle existait avant le
5 novembre 2007 et maintenir la circonscription identique au découpage de
2011 et 2017. Je vais y revenir plus en détail tantôt.
Pour la circonscription de Richmond, ma
collègue de Sherbrooke en a parlé, annuler les transferts des municipalités de
la MRC des Sources, les villes de Danville, Val-des-Sources, les municipalités
de Ham-Sud, Saint-Adrien, Saint-Georges... Saint-Georges-de-Windsor et Wontton,
ainsi que le canton de Saint-Camille, 11 778 électeurs de la
circonscription de Richmond à celle de Drummond—Bois-Francs et maintenir ces
municipalités au sein de la circonscription de Richmond.
L'autre élément important, ce scénario
maintient une initiative de la commission, et je l'ai... je l'ai dit, je le
répète, d'intégrer les municipalités de Valcourt, canton de Valcourt et Maricourt
et Racine, à la circonscription de Johnson, qui deviendra Daniel Johnson, selon
la nouvelle dénomination. Je vous l'ai dit, je vous le répète, bravo d'avoir
mis Daniel Johnson et pas juste Johnson, et là on est vraiment dans le coeur de
la circonscription anciennement Bagot. Alors donc, bravo, pour ça. C'est une
initiative d'ailleurs enlignée à l'organisation actuelle du territoire et aux
préoccupations du milieu.
Donc, si je reviens sur l'arrondissement
Brompton-Rock Forest, c'est l'arrondissement Brompton-Rock
Forest-Saint-Élie-Deauville n'est pas animé d'une vie politique ou
communautaire propre, mais se divise plutôt entre deux secteurs distincts,
notamment en ce qui a trait à la réalité quotidienne et au sentiment
d'appartenance de la population qui y habite et qui prend part à la vie active,
à la vie politique, en témoignent les huit mémoires d'espace déposés à la
Commission de l'aménagement du territoire du Québec à l'occasion de l'étude
détaillée du projet de loi n° 205, Loi concernant la Ville de Sherbrooke,
sous promesse de réduire le nombre d'élus au conseil municipal de Sherbrooke,
l'administration du maire de l'époque a aboli en 2017 l'arrondissement de
Brompton en l'intégrant en tant que district électoral de l'arrondissement Rock
Forest-Saint-Élie-Deauville. Comme la réforme de gouvernance visait à réduire
le nombre d'élus de la Ville de Sherbrooke, elle a maintenu sur le plan
administratif des budgets dédiés aux organismes et aux activités de
l'arrondissement ainsi que les fonctionnaires de la ville dédiés à ce secteur.
En commission parlementaire, l'ancien maire réagissait aux oppositions à son
projet de réforme de la gouvernance municipale de la communauté en expliquant
que cette réforme était strictement structurelle et que la communauté physique
de l'arrondissement de Bromptonville demeure et est desservie comme telle. La
reconnaissance de la communauté naturelle de l'arrondissement de Brompton et
son absence du lien sociohistorique avec Rock Forest-Saint-Élie-Deauville est
partagée par les acteurs politiques, administratifs et communautaires de la
région. Et je nous invite à rester à l'affût de ce qui se passe à la Ville de
Sherbrooke concernant les arrondissements au cours des prochains mois.
Concernant la MRC des Sources, comme vous
savez, la MRC des Sources est une MRC dévalorisée. Les liens sociohistoriques
dans la MRC des Sources avec l'Estrie sont difficiles à ignorer. Ces
municipalités, dont Asbestos, maintenant Val-des-Sources ayant largement
contribué au développement de la région, avec lesquelles la population
entretient un fort sentiment d'appartenance. L'attachement de la population
dans la MRC des Sources à la région de l'Estrie est à la fois tributaire de
leur développement historique et du réseau actuel d'institutions et de
ressources que forme au quotidien leur rapport de proximité de
l'interdépendance. Les acteurs du milieu de la MRC des sources ont d'ailleurs
fait connaître leur position quant au transfert de leurs municipalités dans la
circonscription de Drummond—Bois-Francs, rattachée à la région administrative
du Centre-du-Québec, avec laquelle ils n'entretiennent pas de liens
sociohistoriques.
Peut-être, en terminant, un petit mot. Je
ne veux pas relire l'ensemble du mémoire, comme j'ai dit au début. La question
de la représentation politique, on en a parlé de différentes façons, évidemment
s'intéresser aux liens d'appartenances communautaires qui font la réalité
quotidienne de la population nous éloigne momentanément du calcul de la valeur
de l'électeur. Cette sage complexe qui contribue aux manières dont les citoyens
comprennent leurs communautés...
M. Bachand : ...leur région
sont toutefois importants dans la réalisation de l'idéal démocratique de la
représentation. Plus concrètement, la qualité du travail de représentation
effectué par un député dépend à la fois de sa connaissance et de sa
compréhension des réalités régionales, institutionnelles et communautaires de
la population qu'il représente. La population électorale fait le choix de son
représentant le jour de l'élection, mais ce dernier représente aussi l'ensemble
de la population durant tout son mandat.
J'aimerais juste terminer en vous disant
que j'apprécie le travail que vous faites. Et dans ce que j'ai proposé, ce
qu'on a proposé, il y a un équilibre difficile. On le savait de toute façon,
que le comté de Richmond devait abaisser sa population, donc on a fait un
travail avec les gens du milieu pour arriver avec une solution... pas «une
solution», un scénario alternatif. Alors, on a très hâte de vous lire au mois
de septembre de cette année. Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci, M. le député de Richmond. Vous jouissez toujours
12 minutes 41 seconde, si vous voulez poursuivre.
M. Bachand : Non, bien, ça
va. J'ai eu la chance de rencontrer les commissaires au... le
6 novembre... au mois de novembre dernier, à Drummondville, mais je tenais
quand même à réitérer auprès de mes collègues la base de l'argumentaire que
nous avons proposé à la commission. Merci.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Parfait. Alors, je vous remercie et je cède maintenant
la parole à la députée de Notre-Dame-de-Grâce, toujours pour la région de
l'Estrie, pour des échanges d'une durée maximale de 20 minutes. La parole
est à vous.
• (11 heures) •
Mme McGraw : Merci, Mme la
Présidente. Je tiens tout d'abord à vous saluer, le secrétariat, qui vous
assiste et qui nous assiste dans nos travaux en commission. Je veux évidemment
saluer mon collègue, le leader parlementaire de l'opposition officielle et
député de Nelligan... pardon, qui est ici aujourd'hui en sa qualité évidemment
de porte-parole de l'opposition officielle en matière d'institutions
démocratiques et pour la Loi électorale. Je tiens à reconnaître aussi la
présence du ministre responsable des Institutions démocratiques. Et je veux
saluer les députés de la banquette ministérielle et les collègues des deux...
des deux autres partis en opposition. Je veux aussi saluer tout spécialement
les deux collègues qui sont passés juste avant moi pour parler de la carte
électorale de l'Estrie, soit les députés de Sherbrooke et de Richmond. Enfin,
je veux remercier les membres de la Commission de la... de la représentation
électorale d'être présents avec nous cette semaine pour présenter leur rapport
préliminaire et écouter ce que les députés ont à dire là-dessus en commission.
Je sais qu'ils n'ont... ils ont déposé leur rapport le 19 septembre et
qu'il y a eu des audiences publiques du 10 octobre au 15 novembre
2023. Il est important aussi d'entendre... de nous entendre à l'Assemblée
nationale, car le rôle de député dûment élu par les électeurs est de haute
importance, et nous sommes appelés à les accompagner dans... dans
l'appareillage gouvernemental à prendre des décisions, légiférer, mais aussi
défendre leurs intérêts.
Comme vous le savez déjà dans mon
introduction, je suis la députée de Notre-Dame-de-Grâce, qui est un comté à
Montréal, mais je tenais à être présente aujourd'hui en tant que porte-parole
de l'opposition officielle responsable de la région de l'Estrie. C'est une
région qui... que j'adore. C'est une région avec laquelle j'ai des liens forts
et où j'ai... où j'apprécie grandement les gens qui y résident. J'ai d'ailleurs
demandé au chef de l'opposition officielle d'occuper ce rôle et je suis fière
d'être la voix de la région de l'Estrie au nom de ma formation politique.
Depuis les élections, je suis allée sur le
terrain à quelques reprises, dans la région, et j'ai pu discuter de l'enjeu de la
carte électorale en Estrie. En résumé, sans manquer de respect au travail du
DG... pardon... EQ, j'ai souvent entendu qu'Élections Québec est trop
mathématique et que le principe des communautés naturelles et de sentiment
d'appartenance n'est pas... ne sont pas toujours respectés. Bien que ça fait
même
partie de la Loi électorale est d'un facteur majeur dans tout ce
processus. En fait, la même personne a l'impression de changer de comté à
chaque révision de la carte. Bref, il est de mon devoir de partager ces
préoccupations.
La Commission de la représentation
électorale du Québec jumelle des régions administratives de l'Estrie et du
Centre-du-Québec dans son rapport préliminaire. On sait que ça comprend
11 circonscriptions. On sait aussi que la région administrative de
l'Estrie connaît une croissance de la population importante depuis 2019.
L'Estrie compte 16 municipalités régionales de comté ou MRC et
208 municipalités. En 2021, la... les MRC de Brome-Missisquoi et de la
Haute-Yamaska ont été transférées de la région administrative de la Montérégie
à celle...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) Mme McGraw : ...celle de l'Estrie
à la demande des deux MRC. La commission a par ailleurs tenu des audiences
publiques le 8 novembre 2023 à Granby pour que les résidants présents
puissent exprimer leurs commentaires et leurs suggestions à propos de la
délimitation des circonscriptions électorales proposées dans le rapport
préliminaire. On sait que, pour la région de l'Estrie seule, la commission
propose quatre changements majeurs. Alors, je m'attendrais au quatrième, où il
y a des enjeux importants. On sait que le transport... le transfert de la
municipalité de Saint-Alphonse de Granby n'est pas du tout un enjeu en raison
des liens socioéconomiques qui existent entre cette municipalité et celle de la
ville de Granby. Ce changement, donc, passe assez bien. Ensuite, le transfert
des municipalités de Valcourt, du Canton de Valcourt, de Maricourt et de Racine
sont aussi accueillies positivement par les élus locaux puisque ce découpage
permettra de regrouper les municipalités du Val 7, le surnom donné par les
sept municipalités de la MRC du Val-Saint-François.
De plus, le transfert du secteur de
Brompton s'inscrit dans le respect du regroupement des arrondissements de
Brompton–Rock Forest–Saint-Élie–Deauville, dans la même circonscription qu'on
indique... que l'indique, pardon, la Loi concernant la ville de Sherbrooke.
Cependant, le dernier changement est plutôt opposé puisqu'il vient contrecarrer
la proposition de conserver la MRC des Sources dans la circonscription de
Richmond. Et je tiens à reconnaître le travail de qualité qui a été fait par
mon collègue le député de Richmond. En ce sens, on souligne ce travail
important. Le découpage proposé entourant la MRC des Sources aurait pour
conséquence de séparer les municipalités touchées de leur rôle régional. Je
vais donc dans le même sens que le député de Richmond, mon collègue. Comme je l'ai
dit plus tôt, lors de la préparation de ses propositions, la commission doit
tenir compte de l'égalité relative du vote des électrices et des électeurs,
mais elle doit également prendre en compte les communautés naturelles selon des
critères démographiques, géographiques et sociologiques.
Il existe un sentiment d'appartenance
naturel et économique dans la MRC des Sources à la région administrative de l'Estrie.
Par exemple, le CIUSSS de l'Estrie CHUS possède... (Interruption)... pardon,
possède un point de service dans Val-des-Sources. Les organismes de la MRC des
Sources sont largement affiliés à la région de l'Estrie. Le transfert de la MRC
des sources entraînerait une confusion administrative dans les services offerts
par les députés de circonscriptions touchées. La région de l'Estrie et la
région du Centre-du-Québec, quoique voisine, sont des régions considérées comme
distinctes partout, sauf la commission dans le rapport préliminaire.
J'aimerais d'ailleurs, encore une fois...
d'ailleurs, citer le préfet et le maire de la ville de Val-des-Sources, M.
Hugues Grimard, qui est contre la proposition de la commission. En entrevue
dans le journal l'Étincelle, celui-ci proteste en disant, et je le cite :
«Nous travaillons avec la région administrative de l'Estrie, nous avons un
ministre responsable de l'Estrie. Ils veulent prendre un territoire de l'Estrie
pour l'envoyer dans le Centre-du-Québec, avec un autre député qui n'est même
pas au caucus estrien. C'est inacceptable et inadmissible. Ils doivent tenir
compte des réalités administratives et politiques du territoire.»
On voit ici à quel point les gens
concernés par ce changement sont contre cette proposition. J'invite alors les
membres de la commission de reconsidérer ce changement.
En terminant, Mme la Présidente, je suis
contente de pouvoir participer à la Commission de l'Assemblée nationale pour l'étude
du rapport préliminaire portant sur la carte électorale pour présenter notre
point de vue sur la région de l'Estrie. En tant que porte-parole de l'opposition
officielle, comme vous avez pu voir, malgré les nombreux changements en Estrie,
c'est le redécoupage du comté de Richmond qui est le plus préoccupant pour
nous, et j'espère que nos propos sont bien reçus par les membres de la
Commission de la représentation électorale. Ils vont pouvoir les influencer en
vue du dépôt du deuxième rapport.
Alors, merci beaucoup et merci, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Le temps
de vous dire qu'il vous reste plus de 11 minutes si vous voulez poursuivre
les échanges, il n'en dépend que de vous.
Mme McGraw : Mais je ne
prévois pas de question parce que je considère que la plupart des questions...
Mme McGraw : ...et l'ensemble
des questions ont été posées déjà par mes collègues, donc je...
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Alors, je vous remercie pour votre intervention.
Mme Gravel (Édith) : ...question?
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Oui, bien sûr.
Mme Gravel (Édith) : Merci.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Allez-y, commissaire.
Mme Gravel (Édith) : J'en
comprends que vous appuyez la... la proposition, le scénario alternatif que M.
Bachand a fait par le dépôt du mémoire ou est-ce que vous avez une autre
solution peut-être à proposer à la commission, là, pour la situation de la MRC
des Sources?
Mme McGraw : Oui, c'est ça,
j'ai souligné le rapport du député. On appuie... On appuie sa proposition et sa
perspective.
Mme Gravel (Édith) : Parfait.
Merci.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci. Pas d'autre commentaire. Alors, vous constaterez
que les travaux se déroulent très rondement. Nous sommes à l'avance sur
l'agenda. Donc, avant de poursuivre nos travaux, est-ce qu'il y aurait
consentement pour permettre à la députée de Mirabel, puisque nous avons du temps
devant nous, d'intervenir pour la région des Laurentides? Consentement?
Consentement. Merci.
Alors, Mme la députée de Mirabel, je vous
cède la parole pour la région des Laurentides. Vous jouissez d'une période
d'échange d'une durée maximale de 20 minutes.
Mme D'Amours : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Permettez-moi de faire les salutations à vous, à
votre équipe ainsi qu'aux collègues. Et merci beaucoup de me donner
l'opportunité de parler des Laurentides et surtout, bon, ce qui... la circonscription
qui est touchée, c'est Mirabel. Alors, moi, je vais juste vous donner des
chiffres avant de vous poser des questions.
• (11 h 10) •
En 2018, on avait
50 196 électeurs... en 2008; 2012, 57 000, et c'est là que ça
commence, 57 580 électeurs; en 2014, 60 386 électeurs; en
2018, avant de faire les changements, parce que vous faites les changements aux
huit ans, j'avais 72 000 électeurs; 2018, on retombe à
56 000 électeurs, je suis toujours au-dessus de la moyenne; 2022,
63 000 électeurs. Et là, avec les changements, vous nous ramenez, à
52 000 électeurs, avec les changements proposés, mais je vous annonce
que Mirabel, il y a environ 2 000 à 2 500 portes qui s'ouvrent
par année. Vous avez aussi le pourcentage, là, de la démographie qui est
exponentiel, qui... ce n'est pas fini. Donc, mes citoyens, depuis 2012, auront
un poids inférieur à tous les autres citoyens du Québec. C'est inacceptable.
Tout à l'heure, mon collègue de
Matane-Matapédia vous parlait des enjeux de distance et aussi le travail qu'il
devait faire. Vous comprendrez qu'à 72 000 électeurs, là on est à
63 000 électeurs puis... quand... si on refait le même calcul, d'ici
quatre ans, on va être encore à 70 000 électeurs pour un député qui a
le même budget que tout le monde, je sais que ce n'est pas votre... de votre
ressort, il faudra regarder attentivement avec l'Assemblée nationale quand ça
arrive, mais je n'ai pas... parce que je n'ai pas autant de territoire que mon
député de Matane-Matapédia, j'ai... j'ai d'autres défis, c'est que, pour aller
à la fin de mon... de ma circonscription, je peux faire quatre, cinq, six
activités dans la journée. Je comprends que mon collègue peut en faire une,
parce qu'il doit se déplacer, et c'est aussi loin, c'est dangereux, il est sur
la route. Moi, je vais à quatre, cinq, six, sept activités.
Je vous raconte une anecdote. Un de mes
employés, qui maintenant a quitté la politique il y a à peu près une semaine,
me disait... était venu me remercier, là, bon, parce qu'on... je lui avais
donné sa chance en politique, il avait fait le calcul, juste avec ce... cet
attaché politique là, dans mon premier mandat, j'avais fait
5 000 représentations, seulement avec lui. Moi, je les ai toutes
faites, les représentations, lui m'avait accompagnée à certaines, dont 5 000
seulement.
Ça fait que vous comprendrez que, quand on
a beaucoup de monde dans notre circonscription, on a beaucoup de travail à
faire à... au bureau. J'ai juste sept jours par semaine. Tu sais, je comprends
votre travail, comment il peut être complexe, je comprends qu'il faut regarder
au niveau socio, la démographie et tout ça...
Mme D'Amours : ...mais le
poids du vote de mon citoyen, depuis 2012, il est inférieur à tous les autres
du Québec.
Puis on ne s'en va pas dans la bonne
direction avec le découpage que vous faites. Ça règle le problème maintenant,
mais ça ne le réglera pas pour les prochaines élections dans quatre ans. Et
même, je vous dirais, là, vous êtes à 52 000, une proposition, mais on va
être un peu plus que ça, parce que ça continue de construire, là. Il nous reste
encore deux ans avant les élections. Alors, vous, quand... Oui?
Mme Gravel (Édith) : ...votre
propos, vous souhaiteriez que donc la proposition de délimitation soit encore
plus resserrée pour qu'il y ait moins de citoyens dans votre circonscription?
Mme D'Amours : Mais,
bien sûr.
Mme Gravel (Édith) : O.K.
Parce que, c'est ça, au début des travaux avec Mirabel, c'était la
circonscription qui était sur le tableau de bord, là, à 64 000. Puis,
quand on projetait en 2028, si la commission ne bougeait pas par rapport à
cette circonscription-là, on se projetait à 73 000, donc on savait
assurément qu'il y avait une situation à regarder plus... de façon plus
importante. Donc, c'est ce que la commission a proposé, notamment avec l'ajout
de Bellefeuille, pour dégager une portion aussi de cette croissance-là. Mais ce
que j'entends, c'est, à votre sens, la proposition de la Commission n'est pas
encore suffisante pour tenir la route pour la suite de la croissance?
Mme D'Amours : Exactement.
Mme Gravel (Édith) : O.K.
Puis qu'est-ce que vous pourriez nous proposer?
Mme D'Amours : Parce que
les citoyens de Mirabel ne sont pas... ne sont pas représentés, n'ont pas le
même poids. Et on est corrects pour la prochaine élection, avec les chiffres
que vous nous donnez, mais dans quatre ans... C'est le travail aussi en comté,
parce que, comme mes collègues l'ont mentionné, on ne représente pas juste les
citoyens qui nous ont élus, on représente les citoyens qui... tous les citoyens
de la circonscription.
Mme Gravel (Édith) : Et
est-ce que vous auriez une proposition à faire à la Commission, si vous jugez
qu'encore celle-là est en sous-représentation, pour...
Mme D'Amours : Ah bien,
je vous laisse le soin de trouver la solution parce que vous êtes les experts
là-dedans.
Mme Gravel (Édith) : Parfait.
Mme D'Amours : Moi, je
vous dis juste que je trouve ça dommage pour mes citoyens, pour les citoyens de
Mirabel. Ce n'est pas juste à moi, Mirabel. Vous comprendrez que déjà on a
coupé à partir de la 15, l'autoroute 15, en 2018, on a coupé... pas
Blainville, Saint-Janvier, pardon, qui est... Saint-Janvier-de-Mirabel, qui est
un nouveau comté, donc le maire fait affaire avec deux députés, les organismes
font affaire, parfois, avec deux députés. Parce que Mirabel, c'est une ville,
une MRC, donc, quand il y a des activités, les citoyens sont de partout de
Mirabel. Mais, si l'activité se fait à Saint-Janvier, il faut qu'on soit deux
députés à y aller parce qu'on représente... Vous comprenez? Bon, moi je le
fais. Ce n'est pas... ce n'est pas une question de... je vous dirais, de
travail de député, je l'ai assumé. Je me suis engagée, quand j'ai été élue dans
Mirabel, avec les citoyens qu'il y avait là puis avec les circonstances
auxquelles on vit maintenant. Sauf que pour moi, le vote de mon... de mes
électeurs n'ont pas le poids du reste du Québec. Et ils ne l'ont pas depuis
2012 et ils ne l'auront pas jusqu'à tant... parce que là, c'est dans huit ans
que vous allez changer la carte électorale. Imaginez, on part à 2 % de
plus en 2026, je vous dirais même 3 %, parce que là, il reste deux ans de
construction, là on en a pour huit, imaginez, là.
Mme Gravel (Édith) : ...en
termes de projection de développement, si... parce que Mirabel est quand même
un territoire dans la CMM, avec des contraintes au développement. Est-ce que
vous savez si cette croissance anticipée là va continuer ou on arrive à...
(Interruption) ...pardon, à la fin,
peut-être, des potentiels de croissance?
Mme D'Amours : Non, on
n'arrive pas à la fin du...
Mme Gravel (Édith) : O.K. Il
reste de l'espace.
Mme D'Amours : Parce
que, quand... étant donné, vous l'avez mentionné, on est en haute densité.
Mme Gravel (Édith) : Vous
êtes en densification.
Mme D'Amours : On est...
il y a plusieurs TOD, là, qui sont... qui sont en voie de devenir, de démarrer.
Donc, non, Mirabel, une ville, une MRC, on... c'est un grand territoire
agricole, mais on a encore beaucoup d'endroits où on peut faire de la
construction en haute densité. Et c'est là où il y a un méchant problème, là.
Mme Gravel (Édith) : C'est
intéressant. C'est la première fois que la commission entend ce genre de propos
là dans toutes les différentes audiences qu'on a... qu'on a tenues.
Mme D'Amours : Oui.
Bien, j'essaie d'enlever... Parce que j'imagine, puis peut-être je me trompe,
vous pouvez peut-être me répondre là-dessus, mais votre responsabilité n'est
pas nécessairement... puis je m'avance, là, je veux que vous me rameniez à
l'ordre, si je ne le suis pas... si ce que je dis, ce n'est pas correct, mais
il me semble, votre rôle à vous, c'est que le poids... que le vote...
Mme D'Amours : ...le
citoyen ait le même poids partout, que ce soit une personne qui soit riche,
classe moyenne, ou pauvre, il a un droit, le droit de vote, alors votre rôle à
vous, c'est de faire en sorte que tout le monde ait ce même droit partout au
Québec.
Mme Gravel (Édith) : Tout à fait.
Mme D'Amours : J'ai
raison.
Mme Gravel (Édith) : Avec un
critère de plus ou moins 25 % et la possibilité d'émettre des situations
d'exception, mais oui, c'est le principe même de la représentation effective.
C'est noté.
Mme D'Amours : Alors, je
trouve, c'est peut-être un gros mot, je trouve qu'on bafoue les citoyens si on
reste dans cette situation là. Ça n'a pas de bon sens. Je veux juste... moi, je
ne veux pas faire votre travail, mais je veux juste vous conscientiser que ça
n'a aucun bon sens puis que c'est aux deux en plus, là, aux deux mandats,
pardon, ça fait que c'est huit ans plus tard. Imaginez, le poids d'un vote du
citoyen de Mirabel, dont je fais partie, je suis citoyenne de Mirabel, je
trouverais ça injuste qu'on ne pense pas à l'avenir du vote des citoyens de
Mirabel. De cette façon-là, moi, je pense qu'on est toujours en dessous. Oui,
vous vouliez...
• (11 h 20) •
M. Blanchet
(Jean-François) : Oui. Je voulais rajouter
effectivement, j'étais pour dire que c'était la première fois qu'on entendait
ce genre de discours lors des auditions. C'est intéressant. Et aussi, c'était
intéressant quand même votre position par rapport à d'autres régions quand vous
faites la part que vous dites que le vote de l'électeur de Mirabel est aussi
important, devrait être aussi important que d'autres régions. Donc, c'est un
peu ce qu'on a entendu, nous, en se promenant à travers le Québec, donc des
différences de point de vue par rapport aux votes. Donc, c'est très
intéressant, votre propos. Et c'est la première fois, effectivement, que...
Parce qu'en 2028, selon nos projections, Mirabel serait rendue à
58 000 électeurs en 2028, alors que la moyenne provinciale va être de
52 000, donc on serait rendus... 52 225. Donc ça, c'est seulement les
projections actuelles, donc avec un taux de croissance qui se maintient à
12 %, là. Donc, effectivement, donc, vous prenez les devants à quelque
part. Donc, vous nous dites qu'on n'a peut-être été... pas été assez, comment
dire, généreux, dans la restriction de Mirabel. Donc, on prend note.
Mme D'Amours : Merci.
Merci beaucoup. Merci, Mme la Présidente, de m'avoir permis de parler. Merci.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci, Mme la députée de Mirabel. Il vous reste encore
8 min 33 s si vous le souhaitez.
Mme D'Amours : Ah, bien,
je rajouterais un commentaire parce qu'on en parle... Bon, on a voté la motion
à l'unanimité. Le député de Matane-Matapédia voulait entendre notre position.
Je trouve que ça... si on a voté pour, on peut le dire, là, il faut prendre en
considération cette... cette motion-là. Moi, quand je vote, je n'ai pas peur de
le dire, j'ai voté pour et je trouve qu'il faut vraiment qu'on prenne
considération. Et ne jamais oublier que les citoyens un peu partout au Québec
peuvent se promener d'une circonscription à l'autre, peuvent avoir des services
de tous les députés parce qu'il a un droit de vote et il a droit à des
services. Et on travaille pour l'Assemblée nationale... en fait, on est député
de l'Assemblée nationale, on représente une circonscription, mais aussi on
travaille pour l'ensemble des... quand on siège, ici, en commission, on parle
pour l'ensemble du Québec. Quand on siège sur des commissions, sur des projets
de loi, on travaille pour l'ensemble du Québec. Notre travail dans la
circonscription est différent de celui qu'on a ici comme législateurs. Et je
pense que les batailles qu'on a à faire, ça, c'est avec l'Assemblée nationale,
quand on a beaucoup, beaucoup d'électeurs, puis comme... comme mon collègue l'a
mentionné, qu'il y a beaucoup de territoires à couvrir, mais il faudrait
peut-être regarder ça éventuellement, parce que je pense qu'il y a une
injustice aussi pour les citoyens du Québec, mais qui ne vous concerne pas.
Merci. Oui?
M. Blanchet
(Jean-François) : Je vais rajouter. Donc,
à écouter votre commentaire, présentement, vous nous mettez dans une situation
quand même un peu délicate. Donc, vous voulez qu'on enlève des électeurs dans
Mirabel, mais vous ne voulez pas qu'on, à quelque part, qu'on enlève des
circonscriptions au Québec, là. C'est donc, vous nous placez dans une drôle de
situation. Vous prêchez pour Mirabel, mais en même temps pour tout le Québec,
donc ça ne marche pas mathématiquement, là, présentement, là.
Mme D'Amours : Il y a
des circonscriptions que vous avez voulu enlever puis que vous avez laissées
dans une région...
Mme D'Amours : ...Québec,
qui n'est pas une région éloignée, qui n'a pas les mêmes enjeux. Donc, je pense
que vous êtes vraiment un expert pour être capable d'aller couper où on devrait
couper, puis en mettre où on devrait en mettre. Je vous laisse le soin de faire
un beau schéma avec ça, avec les commentaires que je vous ai faits.
Une voix : Merci.
Mme D'Amours : Merci.
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je vous remercie.
Alors, nous allons suspendre nos travaux quelques instants afin d'accueillir
notre prochain intervenant. Nous reviendrons aux alentours de
11 h 40. Merci à vous tous et toutes.
(Suspension de la séance à 11 h 24)
Haut de la page
11 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 11 h 42)
La Présidente (Mme Roy,
Montarville) : Alors, nous reprenons nos travaux. Je cède maintenant
la parole au député de Terrebonne, pour la région de Lanaudière, pour des
échanges d'une durée maximale de 20 minutes. La parole est à vous.
M. Fitzgibbon : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour, membres de la commission. J'assume que le mémoire a été
reçu par la commission. Est-ce que je me trompe? Vous l'avez reçu? O.K. Alors,
vous me permettrez peut-être d'aller plus directement au but, ça va être plus
facile au niveau de la gestion du temps. Je répondrai à vos questions au
besoin.
Clairement, vous avez fait une
recommandation qui est basée sur une analyse, et je comprends très bien que le
recoupage des cartes électorales, c'est quelque chose qui doit se faire sur une
base régulière. Vous avez fait trois recommandations dans votre proposition :
la première, qui était de retirer la portion... la circonscription de
Terrebonne où il y a à peu près 4 000 électeurs puis de l'ajouter à
la circonscription de Masson; la deuxième, c'était de retirer la
partie nord de
la 640, qui incluait la
partie ouest, et de l'ajouter à la circonscription des
Plaines, de ma collègue Lucie Lecours, et d'ajouter la ville de Bois-des-Filion,
qui a 7 000...
M. Fitzgibbon : ...7 650
électeurs, à la circonscription de Terrebonne. C'est vos trois recommandations.
La première, en ce qui concerne de retirer une portion de Terrebonne puis la
mettre à Masson, on est d'accord. Hein, ça fait beaucoup de sens. Maintenant,
pour la portion au nord de la 640, on suggère de faire un autre recoupage à
savoir qu'une
partie devrait aller, selon nous, à des Plaines puis une
partie
devrait rester à Terrebonne, parce qu'elle est relativement attachée au noyau
dur de Terrebonne. Et également, la troisième... Donc, la deuxième, on suggère
de séparer ça en deux. Puis la troisième, ce qu'on suggère, c'est :
Bois-des-Filion devrait être plutôt incorporée à la circonscription des
Plaines. On pense qu'il y a plus d'atomes... pas d'atomes crochus, mais plus de
synergie entre les deux. Notre proposition permettrait donc que le nombre
d'électeurs serait de 54 922 pour Terrebonne, donc une diminution de... par
rapport à ce qu'il y avait avant.
Quant à des Plaines, la circonscription a
actuellement 41 626 électeurs, avec notre proposition, elle augmenterait à
50 701. Donc, je dis avec des chiffres, là, notre contre-proposition suggère
d'octroyer Bois-des-Filion, des Plaines 7 650 électeurs, mais de laisser à peu
près 2 500 électeurs, que vous suggériez de donner à des Plaines, de les
laisser à Terrebonne.
L'argumentaire, bien, je pense, je l'ai
dit un peu, la ville de Bois-des-Filion se situe dans une autre région
administrative, celle des Laurentides, et ne respecte pas nécessairement la
communauté naturelle de Terrebonne, qui est à Lanaudière. Terrebonne,
Bois-des-Filion ne partagent pas les mêmes ressources et institutions, c'est
des MRC différentes, les CSS, c'est différent, chambres de commerce différentes.
D'ailleurs, les deux maires, le maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, et le
maire de Terrebonne, Mathieu Traversy, suggèrent un peu la même chose aussi.
Terrebonne, Bois-des-Filion, on n'a même pas le même lien routier outre la 344.
Puis Terrebonne sera la seule grande ville de plus de 100 000 habitants où
il n'y aura pas de député exclusif dédié à sa représentation, contrairement à
d'autres villes ou plusieurs comtés qui représentent chacun une position
importante. Et l'augmentation de la population prévue au cours des prochaines
années, je parle de... Terrebonne, ce qui inclut le quartier Urbanova, on parle
de plus de 5 000 citoyens puis on inclut aussi les jardins d'Angor. Ça
fait qu'il y aura une grosse croissance qui va se faire. Alors, comme je l'ai
dit tantôt, la proposition de 54 922 nous permettrait, avec ce que je
viens de dire, au niveau de la croissance dans l'Urbanova... Agora, on serait
plus 60 000, probablement, dans les prochaines années.
Quant à la
partie nord de la 640, ce qu'on
dirait, là... ce qu'on appelle la portion institutionnelle, puis il y a des
secteurs résidentiels du parc, entre autres, de Havre... et du Lac, resterait
dans la circonscription de Terrebonne. On parle de 2 500 électeurs. Et, en
accord avec vos propositions, la
partie nord-ouest en haut de la 640 irait,
effectivement, à la circonscription des Plaines. Donc, comme je disais, le
secteur de Terrebonne, qui serait inclus dans la
section des Plaines, comté...
a un territoire... est déjà partagé avec Lanaudière puis Laurentides, partage
une proximité géographique avec les Bois-des-Filion.
Donc, contre-proposition qu'on a faite, la
circonscription Terrebonne, la circonscription compterait 49 772 électeurs,
inférieurs aux comtés voisins, mais qui va augmenter probablement plus vite,
considérant la démographie... Donc, ça représente ma... notre... Et, en fait,
je parle au nom de mes collègues, Lucie Lecours puis... ils sont-tu ici?, Lucie
puis Mathieu Lemay, on est tous les trois à l'aise avec cette contre-proposition-là,
pour votre considération.
M. Blanchet
(Jean-François) : Puis les gens du milieu
aussi? Donc, ça fait l'unanimité dans...
M. Fitzgibbon : Oui, j'ai des
lettres qui ont été envoyées ici, là, je pense que vous avez une copie.
M. Blanchet
(Jean-François) : Oui.
M. Fitzgibbon : J'ai
Guillaume puis Mathieu Traversy qui ont... qui sont clairement pour ça. J'ai
aussi M. Berthiaume, qui est le président de la Chambre de commerce des
Moulins, qui inclut Mascouche et Terrebonne, puis j'ai Marc-André Plante,
l'ancien maire de...
M. Fitzgibbon : ...qui est le
président de la... semble avoir le support.
Mme Gravel (Édith) : On a
bien entendu, là, dans les audiences publiques, là, le questionnement justement
du milieu par rapport à Bois-des-Filion, Terrebonne. J'aurais été curieuse de
vous entendre. Est-ce qu'à votre connaissance il y a quand même des liens, que
ce soit en partage de ressources, en entente intermunicipale? Parce que c'est
quand même deux municipalités qui sont contiguës. Et comme... comme l'objectif
dans notre proposition, c'est que, vraiment, la circonscription de Blainville
avait des... un seuil quand même préoccupant. Donc, c'est pour ça qu'on a
cherché à soulager Blainville. Est-ce qu'à votre connaissance il y a quand même
des liens qui sont entre Bois-des-Filion et Terrebonne?
M. Fitzgibbon : Il y a
certains liens. D'aill