Health and Social Services — 16 March 2018 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2018-03-16
Quebec — Committees
M. Roy (Gabriel) : Oui. En fait, M.
le Président...
Le Président (M. Merlini) : Oui.
M. Roy
(Gabriel) : ...le paragraphe e
fait
partie de l'annexe I. Donc, l'annexe I, c'est vraiment ce qui fait en
sorte que vous êtes rayé de la liste, là, vous ne pouvez pas être nommé,
vous ne pouvez pas être embauché. Quand on dit «infraction», on parle qu'il y a
eu la preuve d'une infraction, donc on parle vraiment qu'il y a eu une
procédure judiciaire, là, tandis que, quand
on parle d'entretenir des liens, je vous réfère au paragraphe
1° de l'article 23.21, où, là, il n'y a pas eu
d'infraction comme telle. Alors, c'est là où la nuance est importante.
M. Pagé : Parfait. Excellent.
O.K.
Le Président (M. Merlini) : Me Roy,
oui.
M. Roy (Gabriel) : ...je continue à
expliquer les infractions?
M. Pagé : Oui, oui, oui.
M. Roy (Gabriel) : Alors, finalement, au paragraphe f,
on a le complot ou la tentative de commettre toutes les infractions
visées plus haut. Alors, ça, je pense que c'est assez simple à comprendre.
Ensuite,
si on passe au paragraphe 2, ce sont les infractions relatives à la
drogue. Alors, d'abord, quand on réfère aux infractions relatives à la Loi réglementant certaines drogues et
autres substances, on parle d'obtention de substances auprès d'une personne qui nécessiterait une
autorisation normalement, donc une obtention illégale de substances. On parle
de trafic de drogues, on parle de possession
en vue de faire du trafic, on parle d'importation et d'exportation de drogue,
de possession en vue de l'exportation, de production de substances ou de
possession, vente pour production, trafic.
Donc,
ce qu'il est important de noter et de retenir, et ce qui répondait un peu aux
questions qui avaient été soulevées par
le député de Labelle concernant les gens qui ont simplement
été pris à consommer, là on référait au fait qu'en fait, juridiquement,
quand on est pris à consommer, on est pris à posséder. Donc, c'est ça, la
nuance. Donc, l'infraction de possession simple, elle est exclue de l'annexe I.
Donc, une personne qui aurait commis une infraction de possession simple, elle n'est pas automatiquement inéligible
à un poste d'administrateur, étant donné qu'on ne considère pas que
c'est d'une gravité qui objectivement... qui vient entacher sa probité.
Pagé : Vous venez de
dire : Elle n'est pas inéligible à un poste d'administrateur, mais c'est
la même chose pour n'importe lequel employé.
M. Roy
(Gabriel) : Oui, pour les employés aussi, effectivement.
Pagé : O.K. O.K. En
autant qu'une possession simple ne devienne pas un avantage pour travailler,
par expérience d'une personne qui sait de quoi elle parle. Bon. Non,
c'est bon. O.K.
Bien, est-ce que vous
aviez d'autres explications ou ça faisait le tour?
Roy (Gabriel) : En fait, si
on se réfère... Ensuite, on peut se référer, au paragraphe b, aux
infractions criminelles visées à la
Loi sur le cannabis. Alors là, ce sont les infractions qui sont... en fait, qui
vont faire
partie du... encore, en ce moment,
le projet de loi C-45 du fédéral. Alors, ça, c'est des infractions
qui visent expressément le cannabis, et on parle de distribuer ou de
vendre, importer, exporter, produire. En fait, ça ressemble pas mal à ce qui
est prévu dans la Loi réglementant certaines
drogues et autres substances, mais là ça vise expressément le cannabis, vu que
le cannabis est un peu sorti de cette loi-là, étant donné sa
légalisation.
Puis
enfin, au paragraphe c, c'est la même chose, c'est complot ou
tentative de commettre l'infraction, alors ce qui constitue en soi aussi
une infraction.
Pagé : Et là, par rapport à toutes ces infractions, quelqu'un
qui a obtenu son pardon, il pourrait redevenir apte à occuper un poste,
une fois qu'il a obtenu son pardon, c'est bien ça?
Roy (Gabriel) : Effectivement. Lorsqu'une personne a obtenu son
pardon, elle n'est plus automatiquement inéligible à un poste
d'administrateur ou à un poste d'employé.
Pagé : O.K. O.K. Et quels sont les volets, je dirais, qui ont
été exclus de tous les crimes ou les méfaits qu'on peut imaginer? Je ne sais pas, je vais prendre un
cas, là. On parle de la sécurité
routière puis de la vitesse sur les routes, là. Quelqu'un qui aurait été peut-être même emprisonné parce que c'est un
récidiviste, puis il roule à 150 kilomètres-heure, à 160 sur une base régulière, puis il a eu plusieurs
contraventions, puis... bon, est-ce
que c'est le genre d'individu qui est
exclu de ça et... quand on va regarder ça, on va dire : Non, ce n'est pas
un genre de méfait que l'on considère? Est-ce qu'il
y a des genres de cas comme ça où on s'est dit : Non, ça, ça n'a pas
rapport à ce qu'il va faire? Même si c'est un récidiviste qui roule continuellement à 160 kilomètres-heure puis qui ne respecte jamais la loi, ce n'est pas grave, il ne
sera pas exclu?
Roy (Gabriel) : En fait, là, ici, l'annexe I réfère vraiment aux
infractions qui ont été considérées d'emblée comme un motif d'exclusion. Ce dont... Ce à quoi le député de Labelle
fait référence, ça se retrouverait, certes, dans le rapport d'habilitation sécuritaire, mais
évidemment la SAQ ou la SQDC va, selon son bon jugement, logiquement, décider
si ça affecte sa probité pour les fonctions
que cette personne-là occuperait au sein de la SQDC. Donc, l'analyse, en bout
de ligne, cette information-là serait mise à...
portée à leur connaissance, mais on se fie sur leur bon jugement pour décider
si, oui ou non, ça mérite d'exclure la personne.
M. Pagé :
O.K. Alors, ce cas-là, est-ce qu'on...
Charlebois : Bien, je pense que c'est plutôt un cumul. Quand
il y a... Quand c'est dans le rapport de la SQ, c'est plus le cumul. Parce que,
là, on vient dire expressément ce qui est exclu. Pour tout le reste, ça
apparaît au rapport. Mais je pense
qu'un excès de vitesse qui arrive une fois dans la vie d'une personne alors, mettons,
qu'il était jeune ou je ne sais pas trop, ça arrive à n'importe qui...
Charlebois :
Bon, c'est ça. Ça fait que, tu sais... Bon, bien, alors, tu sais, je pense,
c'est un ensemble de facteurs. S'il y avait ça puis il y avait autre
chose, exemple, je ne sais pas, moi... plein de choses, bien, l'ensemble du comportement de
l'individu va faire en sorte que... mais ce n'est pas juste une chose. Je
pense, c'est pour ça que le conseil d'administration...
pas le conseil d'administration mais la SQDC ou la SAQ va faire l'évaluation
d'ensemble. Ça ne va pas être juste
sur un critère, mais ça fait
partie du rapport. Alors, s'il y a une affaire, tu
sais... Ça arrive à tout le monde, dans la vie, de faire... bien, ça arrive à tout le monde... ça n'arrive
peut-être pas à tout le monde, mais on connaît bien des gens à qui c'est arrivé de faire un excès de vitesse.
Alors, tu sais, c'est... S'il y avait eu, mettons, consommation d'alcool et/ou
de drogues alors qu'il faisait l'excès de vitesse, s'il y avait d'autres
infractions, tu sais, un cumul de comportements délinquants, bien là peut-être que... Ça va être considéré dans
l'ensemble mais pas juste pour un critère, les gens vont faire l'analyse
de tout ça, là. C'est dans l'habilité sécuritaire, mais ce n'est pas un critère
d'exclusion automatique.
M. Pagé :
O.K. Et là, pour des gens qui se retrouveraient, je dirais, dans la zone grise,
là, bon, j'imagine qu'un excès de
vitesse une fois dans sa vie, ou deux, trois fois, même là j'ai bien
l'impression que, la personne... on n'est pas fous à temps plein, là, je pense qu'on comprend qu'il ne sera pas la
zone grise, puis ça ne va pas entacher son dossier, à moins qu'on se
rende compte qu'il a perdu son permis de conduire trois fois dans son... Bon,
O.K., mettons que je ne l'enverrais pas sur
le transport, hein? Bon. Et là quel va être le processus pour l'évaluation,
pour trancher, là, dans la zone grise?
M. Roy
(Gabriel) : Oui, M. le Président. En fait, le processus, c'est
simplement de s'assurer que... C'est toujours par rapport aux fonctions que la personne occuperait. Donc, si on parle
d'un administrateur, on parle d'une capacité à gérer et à administrer la SQDC, donc capacité de
jugement, effectivement, capacité de vraiment... donc c'est sûr qu'en termes
de comportement sur la route, des excès de
vitesse, ça n'a pas de lien direct. Donc, l'analyse, c'est vraiment : Y
a-t-il un lien entre les éléments qui
sont susceptibles d'avoir entaché un peu la probité de la personne a priori...
Quand on regarde tout ce qu'on a sur les écarts qu'elle a eus par rapport au
respect des normes, est-ce que ces écarts-là ont un lien suffisant avec
sa capacité à exercer ses fonctions de façon adéquate?
M. Roy
(Gabriel) : Donc, c'est du
cas par cas, en fait. C'est très difficile de vous répondre comme ça parce que c'est vraiment du cas par cas.
M. Pagé : Alors, j'imagine que, bon, cette évaluation-là,
dans cette zone grise, parce que, là, bon, j'ai un cas, j'ai reçu un C.V.,
il est intéressant, mais je ne suis comme pas certain, c'est carrément aux
ressources humaines qu'on va l'évaluer, là. Dans le processus d'embauche, c'est
là que ça va se passer, là. O.K.
La ministre
vient de faire référence à un cas qui peut être relativement important,
qui est celui de l'alcool au volant. Quelqu'un
qui aurait été reconnu coupable d'alcool au volant, il se retrouve où là-dedans?
Est-ce qu'il se retrouve là-dedans, dans l'annexe?
M. Roy
(Gabriel) : Non, ce n'est
pas dans l'annexe I. C'est dans l'évaluation globale de la probité, donc c'est dans les
éléments à considérer globalement.
M. Pagé : O.K. Et là quelqu'un que ça irait jusqu'à perdre le permis de
conduire, là, en état d'ébriété, là, avancé, ça ne se retrouve pas,
d'aucune façon, là-dedans?
M. Roy
(Gabriel) : Tout ce qui
n'est pas à l'annexe I se retrouve dans le rapport d'habilitation
sécuritaire, dont les éléments sont à 23.21.
M. Pagé : Oui, mais vous comprenez que, quand je pose la question,
a, b, c, d, e jusqu'à f, là, bon, honnêtement, je ne connais tellement pas tout cela dans
le fin détail que je pose la question, parce
que, là, je ne peux pas deviner, là,
si ça se retrouve quelque part dans l'annexe qui nous est proposée ici.
Le Président (M. Merlini) :
Me Roy.
M. Roy (Gabriel) : Oui. En fait, si
je peux ajouter un complément d'information, je pense que c'est bien de rappeler qu'en
vertu de la Charte des droits et libertés de la personne on ne peut pas discriminer, on ne peut pas
refuser d'embaucher quelqu'un
pour un motif qui n'est pas relié à l'emploi. Donc, il y a
ça aussi qui est fondamental, là, dans l'analyse
que la SAQ ou la SQDC devront faire, c'est-à-dire
qu'il faut... c'est vraiment important... Puis d'ailleurs vous pouvez le voir, M. le Président, vous pouvez le
voir à l'alinéa deux de l'article 23.20, on parle... À la fin de cet
alinéa, on dit : «...compte
tenu des aptitudes requises et de la conduite nécessaire pour occuper un tel
emploi.» Donc, c'est vraiment ça, le
critère, là, c'est «aptitudes requises», «conduite nécessaire». Donc,
l'évaluation, c'est le lien entre ce qui se retrouve dans le rapport,
puis les aptitudes requises, puis qu'est-ce que la personne devrait faire si
elle occupait cet emploi-là.
Donc, c'est
pour ça qu'effectivement ça va être dans les profils d'emploi qui vont être
créés par les ressources humaines.
Donc, on va voir qu'est-ce que ça prend pour faire tel emploi, pour occuper
telle fonction, puis à ce moment-là on va dire : O.K... C'est sûr qu'il va
y avoir probablement des critères qui vont être préétablis pour dire :
Bien, écoutez, tel profil, si dans le rapport d'habilitation il y a tels
éléments qui se retrouvent, bien là... Il va peut-être y avoir des seuils établis, la SQDC va établir une politique, là, ça
ne va pas être toujours jugé dans l'abstrait, là. Mais ça, ça va être au comité
des ressources humaines puis au département des ressources humaines de faire ce
travail-là.
M. Pagé : J'entends
bien, puis c'est b