House Proceedings — 8 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-02-08
Quebec — Debates (Hansard)
L'été
dernier, il a publié son dernier ouvrage, de plus de 600 pages, sur l'histoire
d'Alma pour le 150e anniversaire de
la ville. Ce livre, nommé Chronique d'Alma , est l'oeuvre de plusieurs
milliers d'heures de travail et deviendra sans aucun doute un document
de référence.
Je remercie
grandement M. Gaston Martel pour son dévouement envers le patrimoine régional
du Lac-Saint-Jean et je lui souhaite une très belle retraite, bien méritée.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci, M. le député du Lac. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Papineau pour sa déclaration de
ce matin. À vous, M. le député.
Iracà : Merci, M. le
Président. Permettez-moi de souligner l'engagement exceptionnel de Mme Irène Lajeunesse...
ou plutôt «grand-maman mitaines et bas de laine», comme plusieurs la
surnomment.
Mme Lajeunesse adore tricoter et offrir ses
créations à la communauté. Elle offre depuis plusieurs années mitaines et bas
de laine à toute sa famille. C'est une soixantaine de membres qui bénéficient
de sa passion. Plusieurs élèves fréquentant des écoles primaires du secteur de la Lièvre peuvent
également en profiter, ainsi que les parents qui suivent une formation professionnelle au CFP Relais de la Lièvre-Seigneurie,
puisque la petite-fille de Mme Lajeunesse y est directrice.
Mme Lajeunesse
tricote sans arrêt, et sa passion permet de garder les enfants au chaud
l'hiver. Elle offre également des
petites paires de pantoufles aux bébés de la communauté lors de leur baptême.
Ne demandez pas à Mme Lajeunesse ce qu'elle désire comme cadeau,
elle vous répondra : Des pelotes de laine, qui lui servent ensuite, à son
tour, à faire des cadeaux.
Merci,
Mme Lajeunesse, pour votre implication exemplaire dans la communauté.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie. Merci, M. le
député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Montarville
pour sa déclaration de ce matin. À vous, Mme la députée.
Roy : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Je souhaite
souhaiter, ce matin... souligner, ce matin, les 50 ans de l'école secondaire De Mortagne, qui est située,
comme vous le savez, à Boucherville. C'est une école engagée dans sa communauté et dévouée au succès de ses élèves.
Et je souhaite aussi saluer le président d'honneur de ce 50e anniversaire,
un ancien élève de De Mortagne, nul autre que notre président, M. Jacques
Chagnon.
Alors,
au fil des ans, cette grande école a vu grandir plus de
100 000 élèves. Imaginez. Tant de jeunes qui ont sillonné les corridors et occupé les salles de classe, qui
ont vécu des épreuves, des amours, des joies, des déceptions, des succès
aussi et qui ont bâti un avenir. Ils se sont
bâti leur avenir. Encadrés par des équipes extraordinaires qui se sont succédé
au fil des ans, ces jeunes ont appris à apprendre.
Donc,
j'aimerais saluer le travail colossal de tous ceux et celles qui, au fil de ces
50 dernières années, ont contribué à forger les femmes et les
hommes d'aujourd'hui et de demain. Bon 50 e !
Vice-Président (M. Gendron) : Merci.
Je cède maintenant la parole à M. le
député de Laval-des-Rapides pour sa déclaration de ce matin. M. le député, à vous la parole.
Polo : Merci beaucoup, M. le Président. Demain, le vendredi 9 février, des millions de chrétiens maronites du Liban et du Moyen-Orient à travers le monde
célébreront la journée de Saint-Maron, fête sacrée pour cette communauté.
C'est pour moi l'occasion de rendre hommage à la communauté maronite du Québec.
maronites, principalement libanais, sont des chrétiens qui ont toujours prôné
une vision pacifique de la religion dans
son ouverture aux autres, dans l'acceptation de la diversité et dans une
volonté de promouvoir le vivre-ensemble. Ce moment est également l'occasion de
nous adresser à l'ensemble de la communauté libanaise de différentes
confessions et de rappeler à quel point
cette communauté est un exemple d'intégration et une réelle réussite pour le
Québec. À Laval, la communauté
libanaise représente plus de 10 % de la population. Elle contribue au
quotidien tant à l'essor économique, culturel, gastronomique, social,
communautaire et démocratique de notre région.
En terminant,
j'aimerais rendre hommage à cette belle communauté et surtout souhaiter une
bonne fête de la Saint-Maron à l'entière communauté maronite du Québec. Merci
beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : On vous remercie pour votre déclaration. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Chicoutimi pour sa déclaration de ce
matin. À vous, Mme la députée.
Jean : Merci, M. le Président. J'aimerais aujourd'hui souligner la
réussite scolaire exceptionnelle obtenue par les joueurs de l'équipe
junior majeur du Québec les Saguenéens de Chicoutimi.
Lors
de la session d'automne, les joueurs inscrits au cégep de Chicoutimi ont
combiné un taux de réussite de 97 %, un résultat digne de mention et qui, j'espère, saura en inspirer
plusieurs. Ces jeunes athlètes passionnés de hockey ne se limitent pas à
fournir une performance sportive, ils démontrent aussi surtout un désir clair
de se démarquer autant sur la glace qu'en classe.
Ces jeunes ont obtenu
ces bons résultats parce qu'ils ont travaillé avec ardeur et rigueur, mais je
tiens aussi à souligner le rôle important
qu'ont joué les professeurs, la collaboration avec les professeurs du cégep de
Chicoutimi et le travail spécial de
Mme Joanne Leblanc, conseillère pédagogique de l'équipe de hockey, et de
M. Pierre-Olivier Couture, enseignant
attitré aux joueurs. Merci à vous tous pour votre travail qui fera la
différence dans la vie de ces joueurs. Toutes mes félicitations à
l'équipe des Saguenéens, qui se distingue autant sur la glace qu'en classe!
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M.
Gendron) : On vous remercie de votre déclaration. Je cède maintenant
la parole à M. le député de La Prairie pour sa déclaration de ce matin. À
vous.
Merlini : Merci beaucoup, M. le Président. La ville de Delson célèbre
cette année son 100e anniversaire. La municipalité tire d'ailleurs son nom de sa riche histoire, puisque le
nom de Delson provient de la contraction de la première et de la dernière syllabe de la gare de la
Delaware and Hudson Railway Junction. Cette jonction de chemin de fer et la
facilité d'approvisionnement d'argile rouge
avaient favorisé l'implantation de briqueteries, qui avait permis la création
de plusieurs emplois pour la population.
Aujourd'hui, ce centenaire sera une occasion pour toutes les citoyennes et tous
les citoyens de Delson de se remémorer les origines de leur municipalité et
d'incarner la fierté d'y habiter.
M. le Président, je rends hommage au premier maire,
M. J. Elzéar Cusson, et au maire actuel, M. Christian Ouellette,
mais également à toutes celles et
ceux qui ont marqué l'histoire de Delson, une ville à la croisée des temps.
Bonne fête aux citoyennes et aux citoyens de Delson! Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, merci de votre déclaration. Je cède maintenant la parole à M. le député de Viau pour sa déclaration de ce matin. À vous.
Heurtel : Merci, M. le Président. Chaque année, le mois de février nous offre l'occasion de reconnaître
et de promouvoir la contribution des Québécoises et Québécois des communautés
noires à l'histoire du Québec, à son développement économique,
social et culturel. Le Mois de l'histoire des Noirs souligne l'enracinement des
personnes de ces communautés et leur engagement à faire du Québec une
société inclusive, plurielle et prospère.
En tant que
député du quartier Saint-Michel et, depuis le 11 octobre dernier, à
titre
de ministre de l'Immigration, de la
Diversité et de l'Inclusion, je côtoie des modèles issus des communautés noires
qui inspirent tout le Québec. Mettons en
valeur leur parcours et leur contribution au développement de notre société.
Participons en grand nombre aux diverses activités organisées pour marquer ce mois. Ensemble, célébrons la
diversité culturelle du Québec, source d'enrichissement pour toutes nos
collectivités. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Soulanges
pour sa déclaration de ce matin. À vous, Mme la députée.
Charlebois :
Merci, M. le Président. Alors, j'aimerais souligner que la Semaine nationale de
prévention du suicide se déroule
présentement, du 4 au 10 février 2018. C'est une occasion pour tous les
partenaires concernés, incluant le ministère
de la Santé et des Services sociaux, de sensibiliser et de rappeler à la
population l'importance d'agir auprès des personnes en situation de
détresse.
Bien que le
taux de suicide ait diminué au Québec depuis les dernières années, chaque
suicide est un suicide de trop. Il est de notre devoir collectif de
veiller à soutenir ces personnes par différents moyens à notre disposition.
Je rappelle
que toute personne voulant obtenir du soutien peut composer le 1 866
appelle. Je tiens d'ailleurs... Je voudrais
profiter de l'occasion, M. le Président, pour souligner le travail de tous les
intervenants au Québec qui contribuent, par leurs actions, leur écoute,
à prévenir le suicide.
Il importe,
finalement, de rappeler l'engagement des communautés dans la prévention du
suicide, particulièrement celui des
réseaux de sentinelles, qui sont déployés dans toutes les régions du Québec
pour venir en aide aux personnes en détresse et les diriger vers les
ressources du réseau. Alors, merci à vous tous. Bonne semaine. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Merci de votre déclaration. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Rimouski pour sa déclaration de
ce matin. M. le député de Rimouski, à vous.
LeBel : Merci, M. le Président. Le 8 juillet dernier, à
67 ans, Charles Albert, homme d'affaires rimouskois bien connu au Québec, est tragiquement décédé d'un
grave accident. Depuis, toute la communauté rimouskoise lui avons rendu hommage avec beaucoup de respect et avec la tristesse
au coeur d'avoir perdu un concitoyen aussi humain et attentionné que Charles Albert. Je
tenais à inscrire ici, à l'Assemblée
nationale du Québec, ce
témoignage envers cet homme apprécié de tous.
M. Albert
laisse derrière lui un héritage entrepreneurial fort important.
Il fut d'abord, en 1974, le cofondateur des magasins Pentagone. En 2008, après avoir vendu ses magasins, il décide
de s'impliquer auprès de la jeunesse en général mais particulièrement
auprès des jeunes entrepreneurs. Il fut un exemple de modèle et un mentor pour
plusieurs gens d'affaires du Bas-Saint-Laurent.
Je tiens à
saluer la famille de M. Albert, particulièrement son épouse Shirley Fortier, ses enfants
Frédérique, Naïké et Anthony-Charles. Il est important pour moi de leur
signifier l'importance qu'a eue Charles Albert dans le paysage bas-laurentien
et québécois. Il a participé au rayonnement de notre région.
Il a été un bel exemple de succès et de réussite et une
inspiration pour la relève entrepreneuriale. Merci, M. Albert.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député de Rimouski. Et cette dernière déclaration met fin à
la rubrique Déclarations de députés.
Les travaux sont suspendus pour quelques
instants. Les travaux sont suspendus.
(Suspension de la séance à 9 h 52)
Président : Mesdames
messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants en ayant une pensée
certaine pour notre collègue de Sainte-Marie—Saint-Jacques, qui a perdu sa mère, et notre collègue de Lotbinière-Frontenac, qui a perdu son frère, aussi. Alors, pour
ces familles éplorées, pour leurs amis, ayons une pensée pendant cette période
de réflexion.
Merci. Je
vous prierais de bien accueillir nos amis de l'Ontario, dont la délégation
est ici dirigée par le président du Parlement
de l'Ontario, Speaker Dave Levac. Alors, la délégation de l'Ontario
et le Speaker Dave Levac sont des grands amis du Québec, et nous les en
remercions.
Alors, nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre responsable de la Protection des consommateurs.
Thériault : Merci, M. le Président. C'est avec plaisir que je dépose le rapport du
comité interministériel sur l'état de la situation sur la mérule
pleureuse au Québec.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du gouvernement à la pétition présentée par le député de Gouin le
14 novembre 2017.
Le Président : Alors, ce
document est déposé.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, Mme
la présidente de la Commission de la culture et de l'éducation et
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis : M. le Président, je
dépose le rapport de la Commission de la culture et de l'éducation qui, les 6 et 7 février 2018, a tenu des
auditions publiques dans le cadre des consultations particulières sur le projet
de loi n° 166, Loi portant réforme du système de taxation scolaire.
Président : Ce rapport est déposé. Mme la présidente de la
Commission de l'économie et du travail et députée de Duplessis.
Richard : Merci, M. le
Président. Je dépose le rapport de la Commission de l'économie et du travail
qui, les 6 et
7 février 2018, a tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le projet de loi n° 152, Loi modifiant diverses dispositions législatives
concernant le domaine du travail afin principalement de donner suite à
certaines recommandations de la Commission Charbonneau.
Le Président : Ce document
est déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, M. le député
de Montmorency.
Bernier : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par
4 134 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que le Réseau d'accueil des agents et agentes de la paix — La Vigile — est dédié au traitement en santé mentale des personnes qui portent
l'uniforme, tels les policiers, paramédics, pompiers, agents de protection de
la faune, contrôleurs routiers,
agents correctionnels, professionnels de la santé, qui, à divers titres,
exercent une fonction de vigilance auprès de la population;
«Considérant
que La Vigile a présenté plusieurs demandes auprès du gouvernement du Québec
pour obtenir une subvention du
Programme de soutien aux organismes communautaires et autres et que celles-ci
ont toutes été refusées;
«Considérant
que La Vigile offre un programme à multiples facettes de traitement en santé
mentale — dépression,
dépendances, gestion anxiété, gestion
colère, trouble de stress post-traumatique et de répit — façonné sur le quotidien de l'exercice de leurs fonctions afin de répondre
aux problématiques vécues par les personnes issues de ces métiers et
professions;
«Considérant
qu'en raison de sa mission singulière La Vigile permet au gouvernement du
Québec d'économiser des sommes
d'argent considérables en termes de dispensation de soins de santé,
d'absentéisme au travail, de dépenses en
sécurité publique et de dépenses fiscales, en permettant à toutes ces personnes
de réintégrer leur travail et leur vie de famille beaucoup plus
rapidement et en meilleure santé;
«[...]Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec, pour le Réseau d'accueil des agents et agentes de la paix — La
Vigile — une
subvention annuelle et récurrente de 300 000 $.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. J'invite maintenant M. le député de
Mercier.
M. Khadir : Merci, M. le Président. Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
2 051 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le Centre Miriam a pris la
décision arbitraire d'exclure des programmes d'intégration communautaire — qu'on appelle PIC — tous les adultes handicapés parce qu'ils habitent en services résidentiels, sans tenir compte de leurs
besoins cliniques individuels ou de réadaptation;
«Considérant
que ces personnes reçoivent actuellement leurs services de réadaptation/stimulation uniquement dans leurs PIC et qu'il n'existe
pas de service alternatif dans la communauté pour les desservir;
«Considérant
que la participation aux PIC est un besoin fondamental afin de
favoriser leur intégration sociale et assurer leur qualité de vie;
«Considérant
que les personnes ayant des troubles de comportement nécessitent un milieu
spécialisé, structuré et un ratio élevé d'intervenants;
«Considérant — enfin — que
l'exclusion de ces [programmes] autistes ou ayant une déficience intellectuelle
des services des PIC limitera de beaucoup
leur intégration dans la société et aura des conséquences catastrophiques, causant
un débalancement aigu dans les sphères de leur vie, telles que le développement
de troubles de comportement et des régressions imminentes, ce qui aura des
conséquences graves pour leur santé et leur bien-être;
«Considérant
que, pour réduire les listes d'attente, il faut développer des services et non
pas en couper aux plus vulnérables;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«Qu'un moratoire soit émis sur la décision
d'exclure des programmes d'intégration communautaire toutes les personnes
habitant en services résidentiels; et
«Qu'un moratoire soit émis sur toutes les
coupures de services offerts aux 21 ans et plus.»
M. le Président, je certifie que cet extrait est
conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. J'inviterais maintenant
M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci,
M. le Président. J'aimerais tout d'abord souligner la présence de nombreux parents et enfants handicapés qui sont ici, dans les tribunes, et qui
sont aussi à la salle Papineau de l'Assemblée
nationale, parce que,
bon, c'était plus difficile pour eux
de pouvoir être tous présents ici, dans les tribunes. Une première pétition
qui, au total... de 16 163 pétitionnaires.
Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
14 233 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant
que les preuves cliniques démontrent que Spinraza réduit significativement les
risques de décès et améliore les capacités motrices et
respiratoires;
«Considérant
que les patients atteints de tous les types d'amyotrophie spinale sont traités
avec le Spinraza dans d'autres pays, y compris les
États-Unis et l'Italie;
«Considérant que les études
cliniques se sont achevées précocement, puisque le médicament apporterait un
tel bénéfice thérapeutique qu'il était jugé immoral de continuer à donner le
placebo;
«Considérant
que les bénéfices du Spinraza réduiraient considérablement la charge financière
aux plans médical et social du Québec;
«Considérant
que les traitements de patients canadiens atteints d'autres maladies rares sont
financés sur la base d'essais cliniques de taille
similaire, de résultats similaires et de connaissances similaires sur [les]
avantages à long terme en termes de survie.
Il n'y a pas de justification pour la discrimination contre les patients
atteints de l'amyotrophie spinale;
«Considérant
[que] le très petit nombre de patients atteints d'amyotrophie spinale, l'impact
budgétaire global de Spinraza
sera faible. L'impact [ne] doit être mis en balance avec la possibilité de
retarder ou d'éviter des procédures plus invasives et coûteuses;
«Considérant
que le traitement [de] Spinraza pour tous les types d'amyotrophie spinale doit
être instauré le plus tôt
possible afin d'éviter la progression de la maladie et le déclin des capacités
motrices et respiratoires et éviter les décès;
«Et l'intervention réclamée se
résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec
de financer de façon urgente le Spinraza pour tous les
patients atteints d'amyotrophie spinale.»
Et je certifie que cet extrait est
conforme à l'original de la pétition, M. le Président.
Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai
reçu de la part de M. le député de Maskinongé une demande de dépôt d'une pétition qui est non
conforme. Est-ce que j'ai un consentement pour le dépôt? Consentement. M. le député de Maskinongé.
M. Plante : Merci
beaucoup, M. le Président. Donc, je dépose aujourd'hui l'extrait d'une pétition
adressée à l'Assemblée nationale, signée par
6 024 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes de la MRC de Maskinongé.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que les projets de pipeline
engendrent plus de risques que d'avantages pour notre région;
«Considérant
qu'ils mettent en péril notre eau potable, le fleuve Saint-Laurent, nos terres
agricoles et forestières;
«Considérant qu'ils ont un effet négatif sur la
valeur des propriétés le long du tracé;
«Considérant
qu'ils n'offrent pas de véritable création d'emplois régionaux et vont à
l'encontre des objectifs de développement durable dont s'est dotée notre
région;
«Considérant
qu'ils causent des déversements [...] des fuites de pétrole, et les compagnies
n'ont pas démontré leur capacité à réparer tous les dégâts causés à
l'environnement;
«Considérant que notre région n'a pas à prendre [les] risques
simplement pour contribuer au développement de l'industrie
des sables bitumineux albertains, qui, par ce projet, augmenterait de plus de
30 millions de tonnes ses émissions annuelles de gaz à
effet de serre;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons aux élus municipaux,
provinciaux et fédéraux d'assurer notre avenir énergétique collectif
[et] des énergies renouvelables et responsables, afin de protéger notre région,
notre municipalité et notre chez-nous.»
Je certifie donc que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
Le Président : Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
J'ai reçu aussi, de la part de M. le
député de Montmorency, une demande pour un dépôt de
pétition qui est non conforme. Est-ce que j'ai un consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président :
Consentement. M. le député de Montmorency.
Bernier : Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par 523 pétitionnaires, citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le Réseau d'accueil des agents et agentes de
la paix — La
Vigile — est
dédié au traitement en santé mentale
des personnes qui portent l'uniforme, tels les policiers, paramédics, pompiers,
agents de protection de la faune,
contrôleurs routiers, agents correctionnels, professionnels de la santé
[et] qui, à divers titres, exercent une fonction de vigilance auprès de
la population;
«Considérant que La Vigile a présenté plusieurs
demandes auprès du gouvernement du
Québec pour obtenir une subvention
du Programme de soutien aux organismes communautaires et
autres [...] que celles-ci ont toutes été refusées;
«Considérant que La Vigile offre un programme
à multiples facettes de traitement en santé mentale — dépression,
dépendances, gestion anxiété, gestion
colère, trouble de stress post-traumatique et de répit — façonné
sur le quotidien de l'exercice de leurs fonctions afin de répondre aux problématiques vécues par les personnes issues de ces métiers et professions;
«Considérant qu'en raison de sa mission singulière La Vigile
permet au gouvernement du Québec d'économiser des sommes d'argent considérables en termes de dispensation de soins de
santé, d'absentéisme au travail, de dépenses en sécurité publique [...] de dépenses fiscales, en permettant à toutes
ces personnes de réintégrer leur travail et leur vie de
famille beaucoup plus rapidement et en meilleure santé;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement
du Québec, pour le Réseau d'accueil
des agents et agents de la paix — La Vigile — une subvention
annuelle et récurrente de 300 000 $.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Alors,
l'extrait de cette pétition est déposé. J'ai reçu de la part de... Finalement, c'est la dernière pétition aujourd'hui, si vous l'agréez. J'ai
reçu de la part de M. le député de Saint-Jean une demande de pétition qui est
non conforme. Est-ce que j'ai un consentement? Consentement. M. le député de
Saint-Jean.
Turcotte :
Merci, M. le Président. Je vais donc déposer le deuxième extrait de la
pétition, qui totalise 16 163 pétitionnaires.
Donc, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 1 930 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
preuves cliniques démontrent que Spinraza réduit significativement le risque de
décès et améliore les capacités motrices et respiratoires;
«Considérant que les
patients atteints de tous les types d'amyotrophie spinale sont traités avec le
Spinraza dans d'autres pays, y compris les États-Unis et l'Italie;
«Considérant que les
études cliniques se sont achevées précocement, puisque le médicament apportait
un tel bénéfice thérapeutique qu'il était jugé immoral de continuer à donner le
placebo;
«Considérant
que les bénéfices du Spinraza réduiraient considérablement la charge financière
aux plans médical et social du Québec;
«Considérant
que les traitements de patients canadiens atteints d'autres maladies rares sont
financés sur la base d'essais cliniques de taille similaire, de résultats
similaires et de connaissances similaires sur leurs avantages à long terme
[et] en termes de survie. Il n'y a pas de
justification pour la discrimination contre les patients atteints
[d']amyotrophie spinale;
«Considérant
le très petit nombre de patients atteints d'amyotrophie spinale, l'impact
budgétaire global de Spinraza sera
faible. L'impact net doit être mis en balance avec la possibilité de retarder
ou d'éviter des procédures plus invasives et coûteuses;
«Considérant
que le traitement par Spinraza pour tous les types d'amyotrophie spinale doit
être instauré le plus tôt possible
afin d'éviter la progression de la maladie et le déclin des capacités motrices
et respiratoires et éviter les décès;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au ministère de la Santé et des Services sociaux du
Québec de financer de façon urgente le Spinraza pour tous les patients
atteints d'amyotrophie spinale.»
Et je certifie que
cet extrait est conforme à l'original de la pétition, M. le Président.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une question
de droit ou de privilège.
Nous en
sommes donc rendus à la période de
questions et de réponses orales. Et je cède la parole à Mme la députée Taillon.
Lamarre : Aujourd'hui, on apprend que, dans nos hôpitaux, un grand
nombre de salles où on fait les scans, les résonances magnétiques, eh
bien, elles restent non utilisées. Tout le monde au Québec connaît quelqu'un
qui s'est fait dire : Vous avez besoin
d'un scan, vous pouvez l'avoir à l'hôpital, mais le délai, ça va être six mois
à un an; par contre, si vous allez au
privé, la semaine prochaine vous l'aurez. Dans certains cas, c'est même le même
médecin qui le dit. Ces tests diagnostiquent des problèmes souvent très
sérieux, souvent douloureux, ils sont préoccupants pour les patients. Le ministre avait promis des ouvertures de
16 heures par jour partout où ce serait nécessaire. Ce n'est pas ce qui
arrive parce que ses coupes dans le réseau public diminuent la
disponibilité du personnel.
Comment se
fait-il que, sur le terrain, pour les patients, les salles sont extrêmement
sous-utilisées et les patients sont maintenus sur des listes d'attente?
Appelons un
chat un chat. À qui le transfert au privé sert-il? Aux radiologistes qui
possèdent des cliniques privées. Est-ce que le ministre le reconnaît aujourd'hui?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Alors, M. le Président, évidemment, les réformes que nous faisons sont des réformes pour
améliorer la situation,
particulièrement en matière d'attente soit des examens diagnostiques soit des
chirurgies ou autres procédures, et c'est ce que l'on a vu au fil de
notre mandat. Non seulement c'est ce que l'on a vu, mais, au fil de notre
mandat, on a voulu même accentuer ce
bénéfice-là. C'est la raison pour laquelle, il y a environ un an, un peu
plus, j'avais annoncé un investissement
supplémentaire de 6 millions de
dollars. Pourquoi? Pour spécifiquement augmenter notre capacité, donc,
de nombre de citoyens qui ont un examen de résonance magnétique et de scan. Et
c'est exactement ce qui est arrivé.
Non seulement
on a investi 6 millions, on en a investi plus. Mais, en bout de compte, on
a aujourd'hui, en date d'aujourd'hui,
c'est incontestable, presque 100 000 personnes, 50 000 de chaque
côté, qui ont eu accès à un examen de tomodensitométrie
ou de résonnance magnétique. Et on a même baissé le temps d'attente pour ces
examens, qui est de moins de trois mois pour 80 % des cas, par
exemple, en tomodensitométrie.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : Clairement, on a
amélioré la situation.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Lamarre : Les appareils des hôpitaux restent encore inutilisés pendant
huit heures par jour. Devant le manque d'accès en hôpital, les cliniques
de radiologie privées vont s'accaparer tous les budgets. Ils vont s'accaparer
aussi le personnel. Les technologues qui
travaillent en hôpital vont aller travailler dans les cliniques privées, et les
radiologistes qui travaillent en hôpital vont être moins disponibles en
hôpital pour aller en privé.
Alors, c'est
une façon directe de rationner volontairement les soins dans le public pour
favoriser le réseau public. Est-ce que le ministre va le reconnaître?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : La consigne que j'avais donnée et que je réitère
aujourd'hui au réseau, elle est très simple. Et là ça devient aussi une capacité d'exécution locale, et
non pas qui m'appartient. Et la consigne qui a été donnée, elle ne peut pas être plus claire : Vous avez, dans le
réseau, on vous le donne, le budget pour augmenter la capacité d'utilisation de
vos machines. Et la consigne que j'ai
dite, notre collègue l'a bien rappelée avec justesse : Vos machines,
faites-les fonctionner 16 heures
par jour quand c'est possible. Et quand c'est possible, c'est quand il y a le
personnel. Et je peux vous dire une chose, M. le Président, je suis le
premier à souhaiter que la couverture publique soit maximale...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette : ...et pour faire en
sorte qu'il n'y ait pas de déplacement vers le privé.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Taillon.
Mme Lamarre : La solution, c'est d'utiliser pleinement le
réseau public, ouvrir 16 heures par jour puis avoir le personnel en conséquence. Ce n'est pas sorcier.
C'est ça que ça prend pour assurer des services. C'est du gros bon sens.
Un État fort au service des gens, c'est ça, M. le Président.
Le ministre asphyxie le système public pour
créer de faux besoins au niveau du privé. Est-ce qu'il va enfin le reconnaître?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Barrette :
J'ai de la difficulté à suivre l'argument. Comment puis-je asphyxier le réseau
public quand je donne la consigne
d'embaucher le personnel disponible, s'il est disponible, pour faire
fonctionner ses appareils à pleine capacité? D'ailleurs, si vous me permettez le parallèle, M. le Président, non
seulement je le couvre au public, mais c'est exactement ce qu'on a fait
en échographie, en échographie, on l'a couvert en cabinets, et j'ai annoncé à
plusieurs reprises qu'on couvrirait, d'ici
la fin du mandat, la résonance magnétique et la tomodensitométrie en privé. Je
souhaite et fais tous les efforts,
incluant le financement, pour faire en sorte que la capacité disponible
couverte par le public soit utilisée au maximum pour le bénéfice des
patients qui...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...attendront
moins. Et à date je vous ai exposé clairement que...
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, pour les achats en ligne de biens tangibles provenant de
l'étranger, les vêtements, les
appareils électroniques, les livres, les bijoux, on a appris hier, dans un
document déposé par l'Agence du revenu, que les pertes fiscales qui sont dues au fait que la frontière est une
passoire s'élevaient à 1,4 milliard de dollars pour l'ensemble du
Canada. On parle de pertes en centaines de millions pour le Québec.
Dans son
plan, le ministre des Finances refuse d'obliger les vendeurs étrangers à s'inscrire
auprès de Revenu Québec, comme ça se
fait ailleurs, notamment au Japon et en Australie. Le ministre opte plutôt pour
l'achat de quelques scanners supplémentaires
qui seront donnés à Ottawa pour installation à la frontière. M. le Président,
cette approche ne fonctionne pas, et
ce ne sont pas quelques scanners de plus qui vont soudainement rendre efficace
ce qui est notoirement inefficace.
M. le
Président, est-ce que le ministre peut nous dire pourquoi il fait la moitié de
la job, pourquoi il opte pour une approche
inefficace, pourquoi il tient à ce que les détaillants québécois soient en
désavantage par rapport aux détaillants étrangers?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Leitão :
Merci, M. le Président. Alors, c'est un enjeu, bien sûr, qui est très, très
important, et nous reconnaissons d'entrée
de jeu que l'État québécois doit jouer son rôle. Et il le fait, M. le
Président. D'ailleurs, l'État québécois, dans ce domaine-là de la lutte à
l'évasion fiscale, joue un rôle de leader au Canada, M. le Président, et même
internationalement. L'OCDE reconnaît
les étapes et les mesures que l'État québécois a déjà mises en place pour
s'assurer que nous faisons ce que nous pouvons pour aller collecter tous
les revenus qui nous sont dus.
Pour ce qui est spécifiquement de la question
du commerce électronique de biens tangibles, ça, on l'a toujours
dit depuis le début, et c'est reconnu aussi internationalement, que c'est une question
de contrôle de la frontière, M. le Président. C'est à la frontière que ces taxes doivent être
perçues, et le contrôle des frontières au Canada, c'est le gouvernement fédéral qui a la responsabilité
de le faire, M. le Président. Le gouvernement du Québec ne peut pas se
substituer au gouvernement fédéral dans ce domaine-là.
Alors, nous
continuons d'insister avec le gouvernement
du Canada pour que le contrôle de la
frontière se fasse de façon plus efficace. Ça demande...
Le Président :
En terminant.
M. Leitão : ...des solutions
technologiques. Nous sommes prêts à collaborer à cet égard-là...
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, 1,4 milliard de dollars en pertes pour le Canada, c'est
ça, l'approche actuelle, et d'autres pays ont préféré que s'inscrivent
les détaillants étrangers auprès de leur fisc. C'est comme ça que ça se fait à
l'international, notamment en Australie, au Japon et bientôt en Europe.
Alors, vous
vous reposez sur Ottawa qui refuse de faire le travail contre les paradis
fiscaux, tout le monde sait ça ici.
C'est vrai que le Québec peut faire des choses de lui-même, vous le savez, vous
ne le faites pas. Arrêtez de vous reposer sur Ottawa, prenez vos
responsabilités de...
Le Président : On s'adresse à
la présidence, M. le député de Rousseau. M. le ministre des Finances.
M. Leitão : M. le Président, comme
je l'ai dit au début, ça fait déjà plusieurs années que nous prenons nos
responsabilités dans ce domaine-là. Nous avons un rôle très actif dans la lutte
à l'évasion fiscale. D'ailleurs, on a été accusé
par les deux partis d'opposition d'être trop agressif dans la lutte à l'évasion
fiscale, M. le Président. Nous avons créé
récemment une nouvelle escouade, une nouvelle entité à Revenu Québec, qui va
s'occuper précisément des questions d'évasion fiscale, des questions de
paradis fiscaux.
Maintenant, je reviens à ce que je disais au
début et je reviens aux grandes lignes, aux grandes orientations internationales. Pour le commerce électronique en
biens tangibles, la façon de percevoir...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...les taxes de vente,
c'est à la frontière que ça doit se faire, M. le Président.
Le Président : En
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Bien, si on parle de l'international, je pense que les pays européens, ça fait
partie de l'international. À partir
du 1er juillet, ils vont faire ce que le Parti québécois propose pour notre
nation. Le Japon est dans l'international, ils le font déjà.
L'Australie, c'est dans l'international, ils le font déjà.
Alors,
pourquoi est-ce que ceux qui sont en avance ont tort? Justin Trudeau a raison.
J'aimerais ça que le ministre des Finances arrête de faire une Mélanie
Joly de lui-même et qu'il agisse vraiment pour le commerce électronique.
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît!
Le Président : S'il vous
plaît!
Président : Non, non, mais j'aimerais juste qu'on fasse
attention. Je voudrais juste... J'ai tout simplement dit : Je
voudrais qu'on fasse attention. On ne peut pas...
Le Président : Non, pas du
tout! Pas du tout. Je vous demande de faire attention. On ne peut pas nommer un
membre de cette Chambre autrement que par son titre, et son titre, c'est connu,
il est le ministre des Finances, et je le reconnais pour répondre à la question
comme ministre des Finances.
M. Leitão : Ce n'est certainement pas très élégant de la part du chef de l'opposition, de tels propos, mais on est un peu habitués à ça, M. le
Président.
Maintenant, revenons à la question.
C'est une question importante, une question importante, on parle d'évasion fiscale, mais on parle surtout : Quelle est la
meilleure façon, la façon la plus efficace de nous assurer que les taxes de vente sont perçues sur le commerce électronique? Là, je répète, M. le Président, la seule façon, la seule façon efficace de percevoir les taxes de vente, c'est à la frontière. Les
exemples internationaux qui nous sont présentés, que ce soit le Japon,
que ce soit l'Union européenne, que ce soit l'Australie, ces exemples-là à la base de notre stratégie,
passent par un contrôle efficace de la frontière. C'est là que...
Le Président :
En terminant.
M. Leitão :
...ça va se passer, M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci,
M. le Président. Johanne Leclerc est
une infirmière auxiliaire à l'hôpital de Sorel. Le 16 janvier, après son quart de travail, elle a refusé de faire
du temps supplémentaire obligatoire,
elle n'était plus capable de continuer et ne voulait pas mettre en
danger la sécurité des patients. Résulat : elle a été suspendue par
l'hôpital. L'Ordre des infirmières a rappelé
hier que, selon leur code de déontologie, le temps supplémentaire n'est pas
obligatoire lorsqu'une infirmière juge qu'elle est inapte. C'est aux
établissements à mieux planifier les horaires de travail.
Le ministre de la
Santé, qui a dit qu'il allait faire des téléphones, est-ce que, ce matin, il
pourrait rappeler clairement à tous les
établissements de santé et aux 74 000 infirmières et infirmiers du
Québec que le temps supplémentaire n'est pas obligatoire?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette :
Je remercie notre collègue de Lévis de me permettre de revenir sur le sujet,
qui est un des plus importants dans le
réseau de la santé et des services sociaux, qui est celui des conditions de
travail des infirmières, des infirmières
techniciennes, bachelières, praticiennes spécialisées, auxiliaires, mais aussi
des préposés et autres personnels, et rappeler à notre collègue qu'à la
suite de la rencontre que j'ai eue avec Mme Bédard, présidente du syndicat
des infirmières, la FIQ, bien, on est en mouvement au moment où on se parle.
vais le rappeler, la problématique est connue, hein? L'enjeu n'est pas de
dire : Est-ce qu'on connaît la problématique
ou non? On la voit dans les journaux à tous les jours. Et je rappellerai
certains commentaires qui ont été publiés, notamment dans Le Soleil
aujourd'hui. Ça remonte à il y a 30 ans, et aujourd'hui je vais faire
grâce au Parti québécois de le rappeler.
Mais la réalité est qu'aujourd'hui sommes-nous en marche pour trouver des
solutions et corriger la situation? Parce que ça prend des gestes, et
c'est exactement ce que l'on fait, et on le fait de façon collégiale et sur la base des paramètres qu'on a convenus et qui ont
été identifiés par les infirmières elles-mêmes. Moi, je dis aux
infirmières que nous sommes en mouvement, clairement...
Le Président :
En terminant.
M. Barrette :
...pour arriver à la destination qu'elles souhaitent, c'est-à-dire un
meilleur...
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président, l'infirmière auxiliaire Johanne Leclerc, de
Sorel, a refusé de faire du temps supplémentaire obligatoire parce qu'elle jugeait qu'il
y avait un risque pour ses patients. Il y a
deux professeurs d'université en
sciences infirmières qui écrivent dans les journaux — et
je les cite : Ce phénomène pourrait aisément être qualifié
d'esclavage moderne rémunéré. Le ministre dit qu'on est en train de bouger.
Bien, c'est une belle
occasion, là, est-ce que le ministre pourrait envoyer, alors qu'on chemine, une
directive claire pour rappeler que le temps supplémentaire n'est pas obligatoire
lorsqu'une infirmière juge qu'elle n'est...
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
Barrette : Je pense que
l'enjeu, aujourd'hui, M. le
Président, est que le message soit
clair, qu'il ne soit pas simplement perçu comme étant clair, mais bien
vécu comme étant clair à propos de la nécessité et du fait que nous allons vraiment
dans la bonne direction. C'est la chose, aujourd'hui, qui est nécessaire.
ne peut pas faire abstraction qu'aujourd'hui, demain et après-demain il y aura, à 4 heures, à minuit, à 8
heures, des patients dans notre réseau dont il faut prendre soin. Il y a des
patients, là, à tous les jours et il y a des décisions difficiles pour les gestionnaires et difficiles pour le personnel sur le
terrain. Mais, si on veut changer ça pour de bon...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...il faut continuer
dans la démarche qu'on a entreprise cette semaine.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président,
en 2015, le ministre de la Santé et la FIQ ont convenu de transformer
des postes d'infirmière à temps partiel en
postes à temps plein. Au final, la majorité des établissements n'ont pas créé
les postes promis. Ça, ça a été dit,
c'est la réalité. La semaine dernière, en pleine crise, le ministre a d'abord
accusé les infirmières d'être négatives en minimisant leur cri du coeur,
alors qu'elles avaient parfaitement raison, il nous le dit, là.
Pourquoi le ministre n'a pas surveillé le
déploiement des nouveaux postes des infirmières promis en 2015? Pourquoi a-t-il
attendu une nouvelle crise avant d'agir comme il l'a fait?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Alors, je suis
content que notre collègue reconnaisse manifestement que ce que nous avons
conclu comme entente était le chemin à
entreprendre pour arriver à l'amélioration des conditions d'exercice des infirmières,
toutes catégories confondues. C'est ce qu'il reconnaît.
Maintenant,
je l'ai reconnu, moi, cette semaine, mardi, quand j'ai rencontré Mme Bédard,
c'est vrai que le réseau n'a pas
été... Sur le plan administratif,
dans la relation des échanges d'information nécessaires pour mettre en place
les mesures que nous souhaitons et que nous avons convenues, ce n'est pas allé
assez vite. C'est la raison pour laquelle j'interviens. J'interviens pour
donner l'espoir au personnel, enfin, que les choses vont s'améliorer...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...et elles vont
s'améliorer. D'ailleurs, je vous invite à me suivre. Dans deux semaines, nous
aurons un...
Le Président : Principale, M.
le député de La Peltrie.
Caire :
Merci, M. le Président. Il y a 25 ans, des bons militants libéraux placés
en situation d'autorité suite à des nominations partisanes libérales ont
octroyé les contrats de concessions de services alimentaires du centre de
congrès de Montréal et de Québec à une
famille de généreux donateurs libéraux. Tout ça, évidemment, relève du hasard,
vous le comprendrez. Mais, depuis ce
temps-là, il y a deux choses qui ne se sont pas démenties : la générosité
de cette famille-là envers la caisse
électorale libérale et le fait que, depuis 25 ans, on renouvelle le
contrat sans appel d'offres, à l'encontre de l'intérêt public et,
surtout, en contradiction de la loi.
Alors, la
question qui se pose, c'est : Outre la profonde empreinte libérale dans
toute cette histoire-là, comment le gouvernement
peut-il justifier que le lucratif contrat des concessions de services
alimentaires soit renouvelé sans appel d'offres, en contradiction de la
loi, à cette généreuse famille de donateurs libéraux?
Le Président : Mme la
ministre du Tourisme.
Mme Boulet : Alors, M. le
Président, ça me fait plaisir de répondre à la question pour apporter certaines
précisions parce que, de toute évidence, le
collègue mêle certains concepts. Alors, les sociétés d'État ne sont pas
assujetties au Règlement sur les contrats de
concessions parce qu'il n'y a pas de sortie de fonds publics, donc ils ne sont
pas assujettis. Alors, ça, c'est le règlement qui existe depuis belle
lurette dans la
loi sur les organismes publics.
Maintenant,
pour moi, M. le Président, la transparence, la rigueur et la confiance du
public à l'égard des sociétés d'État,
c'est un incontournable, alors on a envoyé une lettre aux trois sociétés
d'État — et j'ai
les lettres ici que je pourrai vous
remettre, M. le Président — et je leur dis : Bien que vous ne soyez pas assujettis,
«cependant, afin de respecter les principes à la base de la
Loi sur les contrats des
organismes publics, il serait souhaitable, lors du renouvellement de ce
type d'entente ou [de] toute autre entente de concession, de procéder à un
appel d'offres afin d'offrir la possibilité à un concessionnaire potentiel qualifié de participer au processus d'appel
d'offres et ainsi permettre à votre société d'optimiser les montants des redevances obtenues tout en
renforçant la confiance du public dans les processus utilisés pour
l'attribution [de] contrats». Cette lettre a été envoyée le 6 novembre
2017, M. le Président...
Le Président :
En terminant.
Mme Boulet :
...aux trois sociétés d'État qui relèvent du ministère...
Président : Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt des
lettres de Mme la ministre? Consentement autorisé. M. le député de
La Peltrie, en complémentaire.
Caire : Merci, M. le Président. Un aveu bien tardif qui
arrive bizarrement — encore
un hasard — dans la
même période où nous avons placé notre demande d'accès à l'information.
Juste pour le
bénéficie de la ministre, dans le budget — ça, c'est son gouvernement,
hein, qui déposait ça aux derniers
crédits — si elle
va voir au programme 1, elle va se rendre compte que, ah! société des
congrès de Québec, Société du Palais des congrès de Montréal, donc le
budget, dans le programme 1 de son ministère... et, quand on regarde les verbatims,
elle a voté pour. Pourquoi?
Le Président :
Mme la ministre du Tourisme.
Boulet : Alors, M. le Président, comme je le disais, j'ai envoyé une lettre, alors, demandant aux
sociétés d'État de procéder par appel
d'offres. Maintenant, j'ai entendu la réponse de M. Bouchard, qui est
le président-directeur général
du Centre des congrès de Québec, et je suis insatisfaite de sa réponse, il ne
semble pas vouloir se plier à la demande qu'on a faite. Donc, il y aura une directive qui émanera du ministère
dès aujourd'hui, qui va les obliger, qui va leur imposer dorénavant
de procéder par appel d'offres pour tout renouvellement de ce genre
d'entente là. Et, si ce n'est pas suffisant, M. le Président, je suis en lien avec le ministre
pour l'Intégrité des marchés publics, et on va revoir carrément la loi à cet
égard-là.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de La Peltrie.
Caire : M. le Président, en 1997, la Vérificatrice
générale disait que cet organisme-là
était soumis à la loi. Je viens de
démontrer que les crédits de ces organismes-là sont votés, contrairement à ce que la ministre
vient de dire. Par contre, ce dont on ne parle pas, c'est de cette longue
liste de généreux donateurs libéraux qui sont les grands bénéficiaires
de cet octroi-là successif, depuis 25 ans,
du lucratif contrat de concession des services alimentaires.
Alors,
la question que je pose à la ministre : Comment
peut-elle expliquer que, depuis 25 ans, cet organisme-là
contrevient à la loi?
Le Président :
Mme la ministre du Tourisme.
Boulet : Alors, M. le Président, s'il veut jouer là-dedans, on va jouer à deux. Alors, en 2003, son
chef était responsable du financement du Parti québécois et a accepté
des chèques de financement politique de la part de ces mêmes gens. Alors, ils
ont donné...
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! Aïe! ça fera, là. Mme la ministre du
Tourisme.
Boulet : Alors, M. le Président, tous les partis politiques ont reçu du financement de la part de ces
gens-là. Ce que je dis, c'est qu'on va améliorer les règles, on va être plus
rigoureux, plus transparents, et, dès aujourd'hui, M. le Président, on va agir
sur ce dossier-là.
Le Président :
Principale, M. le député de Johnson.
Lamontagne : Oui. M. le Président, il y a quatre ans, le gouvernement libéral donnait
suite à un engagement électoraliste
du Parti québécois en allant de l'avant avec la construction de la
cimenterie McInnis. On se souviendra que la CAQ avait exprimé dès le départ de nombreuses réserves, la première
étant la plus importante, étant
qu'il s'agissait du projet le plus
polluant de l'histoire du Québec. La deuxième était que, par l'entremise
d'Investissement Québec et de la Caisse de dépôt, les Québécois se trouvaient à investir près de 500 millions
dans l'aventure sur un total de 1 milliard, un montage financier
complètement déraisonnable pour les Québécois.
En juin 2016,
on apprenait de la bouche de la ministre que le projet de cimenterie se
dirigeait vers un dépassement de
coûts de 500 millions. Résultat : la caisse a alors dû augmenter sa
participation, et Investissement Québec a été dilué, et son rang de créance a reculé. À notre grande
surprise, le 6 janvier dernier, nous apprenions que la caisse et ses
partenaires auraient fait appel à des conseillers afin d'évaluer les options
pour l'avenir de la cimenterie, dont la vente de celle-ci.
Alors, M. le Président, ma question à la ministre
de l'Économie : Pourquoi vendre la cimenterie?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : Merci. Merci, M. le Président. Alors, nous avons, en effet, décidé de procéder avec l'annonce
de la cimenterie McInnis parce que
ça avait un impact considérable d'un point
de vue de développement économique pour la région. Et
j'aimerais rappeler qu'en avril 2014 on avait un taux de chômage de 17,5 % dans la région de la Gaspésie, et
aujourd'hui on parle de 10,9 %, donc une réduction de 6,6 % du taux
de chômage.
Pourquoi je dis ça? Parce qu'on a été en mesure
de proposer des projets concrets pour la région qui ont fait en sorte qu'ils
ont été capables de trouver des emplois et vraiment donner une impulsion
économique à la région. Lorsqu'on parle de
McInnis, effectivement, il y a eu des dépassements de coûts, mais la première
chose que nous avons dite lorsqu'il y
a eu des dépassements de coûts, c'est que le gouvernement ne mettrait pas de
sommes additionnelles et qu'il irait trouver
d'autres partenaires pour se joindre à cette initiative-là, ce qui a été fait.
Maintenant, la cimenterie McInnis est en train d'opérer avec de bons
résultats, avec beaucoup de perspectives, puisqu'il y a des clients intéressés
à acheter les produits de McInnis.
Maintenant, si le député d'en face a des
informations supplémentaires quant à une vente possible, il faut me la donner
parce qu'aujourd'hui le gouvernement n'a aucunement l'intention de vendre ses
parts dans la cimenterie McInnis. Merci, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Johnson.
Lamontagne : Bien, M. le Président, ce n'est pas ce qui était
rapporté, là, au début de janvier, sous la plume du Devoi r ,
la plume du Journal de Québec . Un milliard et demi d'investi, la
cimenterie a commencé ses opérations en septembre, et, en quelques mois après,
l'opération de quelques mois, les partenaires cherchent à se départir de leur
participation.
Alors, pourquoi, après seulement cinq mois, on
ferait face à un tel scénario, Mme la ministre?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : Bien, écoutez, on ne peut pas nécessairement croire tout ce
que l'on lit dans les... Écoutez, tout ce que je peux vous dire, c'est
que le gouvernement... je vais réitérer, le gouvernement n'a pas l'intention de
se départir de ses parts dans la cimenterie McInnis.
Aujourd'hui,
elle a des clients, elle a des perspectives intéressantes. Le gouvernement a
placé de l'argent au sein de McInnis avec des taux de rendement qui sont
fort intéressants. Pour chaque dollar que le gouvernement a investi, va y recevoir deux dollars en retour. Alors, nous
n'avons pas l'intention de faire de vente de McInnis aujourd'hui, M. le
Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Johnson.
M. Lamontagne :
M. le Président, je parlais d'Investissement Québec, je parlais de la Caisse de
dépôt. Est-ce que la même réponse
s'applique pour la Caisse de dépôt? Et aussi je voudrais savoir de la
ministre... Elle me dit aujourd'hui que ce n'est pas dans les cartons du
gouvernement de chercher à se départir de son investissement.
Est-ce
qu'elle nous confirme ça, qu'elle nous garantit que d'aucune façon, au cours
des mois, des temps à venir, on va voir réapparaître un scénario où le
gouvernement contemple se départir de la cimenterie?
Le Président : Mme la
ministre de l'Économie.
Anglade : Alors, au nom du gouvernement, ce que je peux dire, c'est
qu'il n'y a pas de scénario aujourd'hui que nous analysons qui ferait en
sorte qu'on voudrait vendre des parts de McInnis. Ça, je peux vous le dire.
Maintenant,
si vous avez des questions par rapport à la caisse, qui est une institution
indépendante, le président de la caisse
va venir ici en crédits, et il aura tout le loisir de poser ses questions au
président de la caisse. Merci, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Sanguinet.
Therrien :
Merci, M. le Président. Écoutez, aujourd'hui, avec l'annonce du REM, on
apprenait que la Caisse de dépôt et
placement n'allait pas mettre un investissement de 2,7, mais un investissement
de 3 milliards dans le projet. On sait qu'il exige un rendement
prioritaire de 8 %, ça équivaut à 240 millions de dollars. On sait
que le gouvernement, avec Hydro-Québec, en
subventions, a versé plus de 1 milliard à la construction du réseau du
REM. On sait également que le gouvernement
a investi — je parle
investir avec espoir de rendement — 1 260 000 000 $. Par
contre, pour qu'il y ait un rendement à l'investissement, il faut
dégager un profit initial de plus de 240 millions de dollars.
Je demande à
un membre du gouvernement : Est-ce qu'il y a un seul projet de transport
en commun comparable dans le monde ou sur une autre planète qui dégage
des profits de plus de 240 millions de dollars?
Le Président : Monsieur...
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre des Affaires municipales.
Coiteux : C'est toujours révélateur, M. le Président, d'entendre, à
travers le député de Sanguinet, l'opposition officielle faire semblant
d'être pour la mobilité durable puis s'opposer à un projet aussi moderne que
celui du REM.
Alors, il y a
deux messages qui sont ici. Percevons le premier. Je pense qu'ils sont contre
un projet novateur, un projet de
mobilité durable à Montréal. Or, aujourd'hui, on a d'excellentes nouvelles, on
a d'excellentes nouvelles. D'abord, que
le projet va se réaliser dans l'ensemble dans le respect des coûts qui étaient
prévus, dans le respect des échéanciers qui étaient prévus, et le très léger dépassement n'est pas pris ni par le
gouvernement du Québec ni par le gouvernement fédéral.
Et je crois
avoir entendu les deux oppositions réclamer du contenu local. Qu'est-ce que
vous dites de ça, 65 % de contenu
local, M. le Président? Nous avons d'extraordinaires nouvelles aujourd'hui pour
l'ensemble du Québec. C'est le plus grand projet de mobilité durable de
l'histoire du Québec, on devrait tous être unis pour saluer...
Le Président : S'il vous
plaît! S'il vous plaît! En première complémentaire, M. le député de Sanguinet.
Therrien :
...réponse. Mobilité durable, 3,5 milliards de deniers publics. Savez-vous
la congestion va diminuer de combien grâce au REM à Montréal? De
0,2 %. Mobilité durable, c'est sérieux. On apprenait avec ça aujourd'hui,
là, l'annonce que, finalement, les deux trains, le TGF et également le REM,
passaient par le même tunnel. On s'est obstinés
avec les libéraux puis les caquistes, eux autres disaient : Bien non, il
n'y a pas de problème, on va les faire passer par le même tunnel. On ne
peut pas. C'est clair, ils l'ont dit. Par contre, on dit : Il y a une
technologie qui va nous le permettre. Bien, elle n'existe pas.
Vous vivez sur quelle planète?
Le Président : M. le ministre...
Le Président : Non, non, mais
la planète va bien. Moi, je suis sur la planète Terre.
Le Président :
O.K. Ça va. M. le ministre des Affaires municipales.
M. Coiteux :
M. le Président, ce n'est pas sérieux, là, ce n'est pas sérieux. 67 kilomètres
de technologie moderne qui va utiliser non
pas du pétrole, du diesel, mais l'énergie des Québécois, l'énergie propre
des Québécois, de l'énergie
électrique. L'électrification des transports, j'ai déjà
entendu parler de ça là-bas, mais je n'ai jamais entendu des
actions, par contre, du Parti québécois. Nous, depuis qu'on est arrivés, le
projet du REM, un projet novateur qui a été, effectivement, rendu possible
parce qu'on est capables de se projeter dans l'avenir et on ne regarde pas le
passé. Alors, M. le Président, on a
d'excellentes nouvelles aujourd'hui. Je pense, c'est des nouvelles qui doivent
réjouir l'ensemble des Québécois. D'ailleurs, tous les gens qui étaient
présents à l'annonce ce matin s'en réjouissaient.
Le Président :
En terminant.
Coiteux : L'administration montréalaise, qui vise également la mobilité durable, dit que c'est
extraordinaire...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Alors, M. le Président, vous aurez remarqué qu'on n'a pas eu de réponse ni à la
première ni à la deuxième question. 1,3 milliard d'investissement sans
rendement, sans rendement pour les contribuables québécois, et, deuxièmement, on demande tout simplement... Là, vous
nous dites que le TGF et le REM vont passer par le même tunnel dans 15
ans avec une technologie qui n'existe pas.
Est-ce
que quelqu'un peut m'expliquer comment on peut investir 6 milliards dans
une technologie qui n'existe pas? Pouvez-vous m'expliquer ça?
Le Président :
M. le ministre des Affaires municipales.
M. Coiteux :
La technologie, elle existe parce qu'il y a deux consortiums qui ont été
choisis qui proposent des solutions technologiques
existantes. Il y a des villes dans le monde qui ont de tels réseaux. On va
avoir un des réseaux les plus modernes au monde. La technologie, elle
existe. En ce qui concerne...
Le Président :
S'il vous plaît! Oui, le premier, là, qui parle...
Coiteux : Est-ce que l'opposition officielle a une nouvelle philosophie du financement par le gouvernement du transport
collectif où il faudrait que le
gouvernement exige du rendement sur les autobus qu'il va financer à Québec,
sur les autobus qu'ils vont financer au sein de la STM? Est-ce que c'est ce que
je suis en train de comprendre? Est-ce que l'opposition officielle...
Le Président :
En terminant.
M. Coiteux :
...souhaiterait que les tarifs des usagers du transport collectif...
Le Président :
Principale, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Chaque jour, c'est un
demi-million d'enfants au Québec qui utilisent le transport scolaire. Ça, c'est
60 % de tous les enfants au primaire et au secondaire. Depuis le début de
la semaine, les chauffeurs d'autobus
scolaire manifestent dans toutes les régions du Québec dans l'indifférence
totale du gouvernement libéral. Au Québec, les gens qui ramassent nos ordures sur le bord
des routes, ce qui est un métier très noble d'ailleurs, sont payés en moyenne 26 $ de l'heure.
Pendant ce temps-là, les gens qui ramassent nos enfants puis en assurent
la sécurité à tous les jours sont payés un salaire moyen de 17 $ de
l'heure, et certains ont même un salaire
d'entrée de 12 $ de l'heure. C'est pratiquement le salaire minimum, M. le Président, sans les avantages sociaux.
Est-ce que le président du Conseil du trésor pense
que c'est normal de rémunérer les conducteurs et les conductrices d'autobus
scolaire aussi peu que 12 $ de l'heure?
Président : Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme David :
Écoutez, en l'absence de mon collègue le ministre de l'Éducation, je peux
répondre qu'il y a des négociations qui sont en cours. Des négociations,
d'habitude, on ne commente pas ça. Le transport scolaire est, évidemment, une composante extrêmement importante du transport en région. Il y a beaucoup
de composantes dans cette négociation-là, alors vous comprendrez, M. le
Président, qu'on ne commentera pas les négociations qui ont cours actuellement.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois : M. le
Président, j'aimerais qu'on
m'explique de quelles négociations il s'agit, là. Je vais faire peut-être
un rappel de la situation. La vérité, c'est que les commissions scolaires ont été affamées par l'austérité libérale.
Elles n'ont pas eu le choix d'opter pour les
transporteurs scolaires les moins chers. Résultat des courses, les
transporteurs comme l'entreprise
étrangère First Student ont même réduit les salaires des chauffeurs d'autobus
scolaire. Ces gens-là, M. le Président, ont la sécurité d'un
demi-million d'enfants entre les mains.
Est-ce qu'on trouve
ça normal, du côté libéral, de les payer 12 $ de l'heure?
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme David :
Alors, je répète, il y a des négociations qui ont cours. Les négociations qui
ont cours, ils sont en train de se parler.
Et le transport scolaire a toujours été une composante très importante,
alors nous continuons à regarder ça attentivement. Et voilà, je ne veux
pas intervenir à ce moment-ci.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
D'abord, M. le Président, ce n'est pas un problème récent. D'autre part, je ne comprends toujours pas de quelles négociations on nous parle,
là. Ce matin, il y a quelques minutes à peine, la Fédération des transporteurs par autobus, les employeurs, ont
publié un communiqué de presse pour appuyer leurs employés et dire qu'ils avaient raison de demander une chose, que
les commissions scolaires bénéficient d'enveloppes dédiées et fermées pour le transport scolaire. Les
entreprises le demandent, les chauffeurs le demandent, il me semble que ce
n'est pas compliqué, le gouvernement nage dans les surplus.
Qu'est-ce qu'on
attend, du côté libéral, pour donner de l'argent...
Le Président :
Mme la ministre de l'Enseignement supérieur.
Mme David :
Alors, je le répète, c'est une négociation entre les transporteurs et... c'est
une question avec les transporteurs et les compagnies privées. Alors, on ne se
mêle pas nécessairement de toutes les choses, et ce serait même très mal vu de se mêler de ça à ce stade-ci.
Alors, oui, c'est une négociation entre les... et c'est bien écrit, entre
les transporteurs privés et les employés. Alors, c'est exactement ça, on ne se
mêle pas de cette négociation-là.
Le Président :
Principale, M. le député de Deux-Montagnes.
M. Charette :
Merci, M. le Président. La municipalité de Saint-Donat a jadis été une grande
destination pour les amateurs de motoneige. Mais, en 2012, le
gouvernement a décidé de fermer le sentier dans le parc national du
Mont-Tremblant qui relie Saint-Donat à la
municipalité de Saint-Michel-des-Saints. En remplaçant le sentier par une voie de contournement, la durée
du trajet est passée de 1 h 30 min à plus de trois heures. Le résultat
est tout simplement catastrophique pour
Saint-Donat, les motoneigistes l'ont tout
simplement déserté. Par sa décision
insensée, le gouvernement est en train de tuer une
partie de l'industrie
locale.
Récemment,
la ministre déléguée aux Transports se vantait de contribuer à une industrie
qui génère des retombées économiques importantes pour les régions du Québec. De
belles paroles, c'est le temps d'agir maintenant. Et qu'on ne me parle pas cette
fois-ci de sommet, s'il vous plaît.
Est-ce que
la ministre va se tenir debout pour le tourisme d'hiver et
s'assurer de la réouverture rapide du sentier?
Le Président :
M. le ministre des Forêts.
M. Blanchette :
Alors, mise en contexte, effectivement, merci. Écoutez, les motoneigistes,
c'est important, c'est une industrie
essentielle pour le développement
économique du Québec,
on en convient. Par ailleurs, la demande qui était faite par la municipalité
de Saint-Donat, c'était de passer à l'intérieur des surfaces de la SEPAQ, donc
des parcs nationaux. Or, il est hors de
question qu'on passe dans les parcs. Les parcs, c'est fait pour protéger les
animaux, pour donner aux amants de la
nature l'occasion de voir les animaux autour, c'est vraiment
des espaces réservés. La SEPAQ ne changera pas son point de vue à cet
effet-là. On a été en échange avec les gens de Saint-Donat, on leur a expliqué
tout ça de long en large, et, non, il n'y aura pas de permission pour
passer à l'intérieur des parcs de la SEPAQ, point final.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Deux-Montagnes.
Charette : Réponse certainement décevante. Mais le ministre ne
comprend pas une chose, la municipalité, la chambre de commerce locale, la Fédération des clubs de motoneigistes et
les clubs de motoneige locaux ne demandent pas de privilège particulier,
ils demandent de retrouver un accès qui leur a longtemps été permis. Tous
demandent la réouverture du dossier, c'est fondamental pour l'économie locale,
pour le tourisme d'hiver.
Est-ce que le ministre
peut entendre la voix de ces nombreux intervenants?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Mme Tremblay : Je suis très au fait de l'importance de l'industrie de la motoneige au
Québec. Le hors-route, c'est une
industrie de plus de 3 milliards de dollars au Québec, des retombées
économiques majeures, plus de 14 000 emplois, 8 000 bénévoles qui travaillent très
fort à entretenir nos sentiers de motoneige. Et je sais à quel point c'est
important pour le Québec, la
motoneige, c'est un produit qui a été développé chez nous. Et, d'ailleurs, nous
offrons, au Québec, le réseau de sentiers
le plus complet. On fait même l'envie de bien d'autres provinces et même
d'autres pays, et c'est important de continuer à maintenir ce
sentier-là. D'ailleurs...
Le Président :
En terminant.
Tremblay : ...c'est pour cette raison que, dès décembre, j'ai annoncé
qu'on corrigeait...
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député d'Arthabaska.
M. Lefebvre :
Merci, M. le Président. Ce que je comprends, avec les réponses qu'on a ce
matin, c'est que le gouvernement abandonne l'économie locale. Ce sont les
hôtels, les restaurants, les commerces qui sont désertés. Ils doivent couper
des heures, couper des employés. Plusieurs, présentement, pensent à mettre la
clé dans la porte.
Est-ce que la ministre
s'engage à s'asseoir avec les maires de la région, la fédération des
motoneigistes pour trouver une solution?
Le Président :
Mme la ministre déléguée aux Transports.
Tremblay : D'abord, je dirais que l'économie ne s'est jamais si bien
portée au Québec. Alors, je pense que nous
avons pris les moyens qu'il faut pour que ça se déroule bien. Et nos régions,
on sait à quel point c'est important et à quel point l'industrie de la
motoneige est importante pour nos régions.
D'ailleurs, pas plus
tard que l'automne dernier, j'ai annoncé, pratiquement dès mon arrivée en
poste, un montant de 3 millions de dollars pour régler le problème du sentier à Saint-Faustin–Lac-Carré,
et il y avait énormément... des dizaines et des dizaines de motoneigistes qui
étaient sur place pour acclamer cette bonne nouvelle. Les gens étaient vraiment
très fiers. Et je peux vous dire que je suis constamment en lien...
Président : En terminant.
Tremblay : ...avec la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec.
Le Président :
S'il vous plaît! Trop bruyant. Principale, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, le 1er février dernier, bonne nouvelle, le ministre
octroie une hausse de 73 $ aux prestataires d'aide sociale avec
contraintes sévères à l'emploi. Aussitôt annoncé, aussitôt coupé. La RAMQ vient
rechercher le 73 $ aux plus vulnérables
de notre société sans que le ministre n'ait de solution jusqu'à maintenant
parce que ces gens-là ont le malheur de ne
pas pouvoir habiter à la maison, c'est-à-dire qu'ils sont en ressource
intermédiaire ou en ressource de type familial.
Pourquoi qu'à chaque
dossier qui touche nos plus vulnérables on doit être obligés de se lever?
Pourquoi ces personnes doivent être obligées de sortir dans les médias?
Pourquoi ces personnes doivent être ici, dans les tribunes de l'Assemblée nationale, pour dénoncer
l'indéfendable? Pourquoi le gouvernement donne d'une main et reprend de
l'autre automatiquement? Est-ce que le ministre peut se lever et dire la seule
chose possible : Je vais régler le problème maintenant?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le ministre de l'Emploi.
M. Blais :
Peut-être, pour redonner un peu de contexte à l'intervention de mon collègue,
là, rappeler qu'en décembre dernier, là, on
a déposé, je crois, le plus important plan de lutte contre la pauvreté de
l'histoire récente du Québec dans
lequel on assume, hein, que l'on va faire en sorte de donner, donc, aux plus
défavorisés, comme le dit notre collègue, donc aux personnes handicapées qui ont des contraintes, qui ne réussissent pas, en ce moment, à s'en sortir... parce
que, malgré la bonne économie
du Québec, hein, ils ne réussissent pas à s'en sortir. On
va augmenter leurs revenus
disponibles de manière progressive pour les
élever au-dessus du panier de consommation. Et même les personnes, hein, qui le
préoccupent, même les personnes, là, qui
sont en hébergement temporaire vont recevoir ces sommes. Ils les
reçoivent, ces sommes, bien sûr, et les sommes vont augmenter au cours des
prochaines années.
Cependant, dans le
cas d'un petit nombre de personnes en hébergement temporaire — c'est
6 000 sur les 128 000, donc
6 000 sur les 128 000 qui ont vu un montant augmenter — il y a aussi, bien sûr, le fait qu'ils sont
hébergés, hein, ils sont pris en charge par l'État, nous appliquons les mêmes
règles que le Parti québécois.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Saint-Jean.
Turcotte :
M. le Président, il y a eu une bataille pour Parents jusqu'au bout!, pour la
Maison Jean-Eudes-Bergeron, pour le Centre Miriam à Montréal, pour les
parents qui sont ici avec les enfants pour le Spinraza, et là, encore une autre
fois, les personnes handicapées, vivant avec un handicap sont encore attaquées.
Est-ce que le
ministre peut avoir la décence de se lever et dire : Je vais régler le
problème maintenant?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi.
M. Blais :
Je vais vous dire que, s'il y a un groupe de personnes qui ont bien accueilli
le plan de lutte contre la pauvreté, c'est
notamment les personnes qui ont en charge un enfant handicapé parce
qu'aujourd'hui, hein, ces personnes, là,
elles savent qu'à 18 ans, là, elles auront à peine 60 % de la mesure de
panier de consommation. Ce qu'on a annoncé comme gouvernement, c'est que, dans les prochaines années, toutes ces
personnes vont atteindre le panier de consommation et vont atteindre un montant de 18 000 $
plutôt que 14 000 $, même, je réinsiste là-dessus, même les personnes
qui sont en hébergement temporaire et en hébergement familial.
Cependant, il y a
toujours eu une politique — on
est en discussion, bien sûr, avec mon collègue...
Le Président :
En terminant.
M. Blais : ...de la Santé
là-dessus — il
y a toujours eu une politique mise en place par...
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, dans le dossier de la légalisation du cannabis, s'il y a un
objectif qui fait consensus, c'est bien celui de sortir le crime
organisé de ce marché. Mais on a appris récemment que de nombreux producteurs canadiens de cannabis ont une présence
significative dans les paradis fiscaux qui sont réputés être opaques et qui
permettent au crime organisé de revenir dans
le marché sous le couvert de sociétés paravents inscrites dans les paradis
fiscaux. Tout à l'heure, je présente une motion, M. le Président, qui
dit la chose suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'interdire à la future Société
québécoise du cannabis de s'approvisionner auprès de producteurs ayant
reçu [un] financement en provenance de paradis fiscaux.»
M. le Président, on me dit que le gouvernement
refuserait d'appuyer cette motion.
Sérieusement,
là, est-ce que c'est vraiment ça que vous voulez, là? C'est dire au crime
organisé : Bravo! Revenez dans le marché, passez par la porte d'en
arrière, on va continuer avec le crime organisé dans le marché du cannabis.
C'est ça, là?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
M. Leitão : Ça, M. le Président,
c'est de la démagogie pure et simple. Ça m'étonne. Ça m'étonne que ça provienne
de la part de...
Le Président : M. le
leader de l'opposition.
Bérubé : C'est un
récidiviste : «démagogie», vous avez déjà statué là-dessus.
Le Président : M. le
ministre, je vous demande juste de faire attention. Et veuillez continuer, s'il
vous plaît.
M. Leitão : Bon. C'est le manque de
rigueur qui caractérise le Parti québécois. M. le Président. L'enjeu est important. Bien sûr, un des objectifs du cadre
réglementaire qu'on met en place, c'est pour éviter que le marché
illicite continue d'opérer dans le cannabis. Donc, ça, c'est un des objectifs
et ça demeure un objectif très important.
Maintenant,
pour ce qui est de la capacité de la SQC à déterminer quelles entreprises
pourraient ou pourraient ne pas être
sous l'emprise d'un financement illicite, ces déterminations-là se font par les
autorités réglementaires qui ont la capacité
de le faire, M. le Président. Ce sont les autorités qui réglementent le marché
des capitaux qui doivent faire... ce sont les autorités qui réglementent, qui luttent contre le blanchiment
d'argent. Il y a des règles très spécifiques, très claires au Canada, et internationales, contre le blanchiment
d'argent. Ces règles s'appliquent à ces entreprises-là aussi, M. le
Président. On ne peut pas cibler une entreprise seulement parce que le Parti
québécois...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...semble construire des
idées là-dessus, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée : Écoutez, la motion
est très simple, M. le Président :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'interdire à la future Société
québécoise du cannabis de
s'approvisionner auprès de producteurs ayant reçu [un] financement en
provenance [des] paradis fiscaux.»
Vous allez voter non à ça?
M. Lisée :
Je n'ai pas fini ma question. Vous allez voter non à ça, alors que, comme la
SAQ, qui a le choix de ses distributeurs... la nouvelle pourrait aussi
avoir ce choix. Pourquoi refusez-vous d'agir?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
M. le Président, on ne refuse pas d'agir. On agit, mais on agit de la bonne
façon. C'est ça, la différence. Ça, c'est
une autre question piège de la part du chef de l'opposition. On commence à être
habitués à ce genre de question piège.
L'enjeu
est important. L'enjeu doit être adressé, mais ce n'est pas de la façon suggérée
par le Parti québécois. Il y a les
autorités réglementaires qui ont comme mission de s'assurer qu'il n'y a pas de
blanchiment d'argent, qu'il n'y a pas de participation du marché noir
dans les entreprises publiques cotées en bourse, M. le Président. Ce sont des
entreprises publiques. Il y a des organismes
qui sont chargés de s'assurer que cela se fasse. Au gouvernement du Québec,
nous pouvons aussi agir et nous agissons à travers Revenu Québec. Il y a
une nouvelle escouade qui va lutter contre le blanchiment d'argent, qui va
pouvoir se...
Le Président :
Alors, cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Gendron) :
S'il vous plaît! On n'a pas terminé. Alors, on poursuit. M. le leader du gouvernement, on va
poursuivre nos travaux, si vous le permettez.
Alors,
motions sans préavis. Je reconnais un membre du deuxième groupe d'opposition,
et il s'agit de M. le député de Chambly pour la présentation de sa
motion. À vous.
Roberge : M. le Président, je demande le consentement pour déposer la
motion suivante conjointement avec le député de Lac-Saint-Jean, le
député de Gouin, le député de Groulx et le député de Gaspé :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le courage et la persévérance dont fait preuve
M. Charles McKenna dans son parcours scolaire;
«Que l'Assemblée
nationale demande au gouvernement de réviser le règlement touchant la
suspension d'un étudiant afin de permettre d'adapter le parcours scolaire des
jeunes souffrant de différents diagnostics et troubles d'apprentissage;
«Que
l'Assemblée nationale demande à la ministre de l'Enseignement supérieur de
s'engager à l'instauration de plans stratégiques de réussite prévoyant
que des cégépiens à besoins particuliers puissent étudier à temps partiel tout
en étant considérés comme à temps plein;
«Que l'Assemblée
nationale demande l'embauche des professionnels manquants pour le soutien des
élèves en difficulté.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, M. le leader adjoint du
gouvernement, y a-t-il consentement de débattre de cette motion?
Il n'y a pas consentement. Un membre du groupe formant le gouvernement? Je reconnais Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé
publique et aux Saines habitudes de vie.
Charlebois :
C'est moi.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Je vous laisse la parole, Mme la ministre.
Charlebois :
Merci, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement de cette assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement
avec le député de Saint-Jean, le député de Drummond—Bois-Francs, le député de Mercier,
le député de Laurier-Dorion, le député de Gaspé et le député de Groulx :
«Que l'Assemblée
nationale offre ses plus sincères condoléances aux membres de la famille et aux
proches du père Emmett Johns, [surnommé] "Pops", fondateur de
l'organisme Dans la rue, décédé le 14 janvier dernier;
«Qu'elle rende
hommage à ce missionnaire et qu'elle reconnaisse le rôle déterminant qu'il a
joué dans le quotidien de centaines de jeunes en situation d'itinérance dans la
région de Montréal;
«Qu'elle souligne sa
contribution exceptionnelle à la jeunesse et à la société québécoise au fil des
ans via l'organisme qu'il a créé : Le Bon Dieu dans la rue;
«Qu'elle
souligne sa générosité et le dévouement de ce grand homme envers les jeunes de
la rue et leur famille;
«Qu'enfin les membres
de l'Assemblée observent une minute de silence en sa mémoire.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il consentement, M. le leader adjoint, de
débattre de cette motion?
Tanguay : Nous proposons de l'adopter sans débat, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, la motion est adoptée. Nous allons observer, tel que souhaité et
voulu par ce type de motion, une minute de silence.
• (11 h 6
h 7) •
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Nous
en sommes toujours aux motions
sans préavis. Et je reconnais un
membre du groupe formant l'opposition
officielle. Et je reconnais M. le député de Rousseau pour la présentation de sa motion. À vous, M. le député.
Marceau : M. le Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de
présenter, conjointement avec le député de Borduas, le député de Mercier, le député
de Gaspé et le député de Groulx, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement d'interdire à la
future Société québécoise du
cannabis de s'approvisionner auprès de producteurs ayant reçu du financement en
provenance de paradis fiscaux.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il consentement de débattre de cette motion?
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Il n'y a pas consentement.
Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! Les commentaires ne
sont pas appropriés à ce moment-ci.
Vice-Président (M. Gendron) : Les commentaires ne sont pas appropriés
à ce moment-ci. Je cède la parole à M. le député de Mercier pour la
présentation de sa motion.
M. Khadir :
M. le Président, je demande le consentement de mes collègues pour débattre de
la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement de permettre la culture d'un
nombre restreint de plants de cannabis à la maison pour fins de
consommation personnelle;
«Qu'elle
reconnaisse que la production en
petite quantité à des fins personnelles permettra de réduire l'emprise
du cartel de production de cannabis qui se met actuellement en place;
«Que
l'Assemblée nationale prenne acte que le modèle de production choisi par
le gouvernement aura comme effet un contrôle inquiétant de la
production par un petit nombre d'entreprises dont les actionnaires sont d'anciens hauts gradés
du Parti libéral du Canada ou encore des fonds d'investissement situés dans les paradis fiscaux.»
Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le député de Mercier. Y a-t-il consentement de
débattre de cette motion? Il n'y a pas consentement. Ça termine les
motions sans préavis.
Je reconnais maintenant
M. le leader pour les avis touchant les travaux des commissions. À vous.
Tanguay : Merci beaucoup, M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission
de la culture et de l'éducation poursuivra l'audition des intéressés et
procédera à l'étude du projet de loi d'intérêt privé n° 234, Loi modifiant la Charte de l'Université de Montréal, aujourd'hui, à compter de 11 h 30, pour une durée de
1 h 30 min, ainsi que le mardi 13 février, de 10 heures à
11 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des institutions
procédera aux consultations particulières du projet de loi n° 140, Loi
concernant les services dont bénéficie un ancien premier ministre, dès maintenant,
pour une durée de 1 h 45 min, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des transports et de
l'environnement poursuivra les consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 165, Loi
modifiant le Code de la sécurité routière et d'autres dispositions, aujourd'hui, à compter de 12 h 15, pour une durée de 45
minutes, et de 15 heures à 16 h 30, ainsi que le mardi 13 février, de
10 heures à 11 h 30, à la salle du Conseil législatif;
Finalement, M. le Président, la Commission de
l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 149, Loi bonifiant le
régime de rentes du Québec et modifiant diverses dispositions législatives en
matière de retraite, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice
Pamphile-Le May, et de 15 heures à 18 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau. Merci.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Pour ma part, je vous avise que la Commission de
l'administration publique se réunira
en séance de travail le mardi 13 février 2018, de 10 heures à 12 heures, à la
salle des Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May, afin de
préparer l'audition du Vérificateur général du Québec sur sa gestion
administrative et sur ses engagements financiers.
Nous en sommes maintenant à la rubrique
Renseignements sur les travaux. Est-ce qu'il y a des demandes de renseignements
sur les travaux?
Le Vice-Président (M. Gendron) : Un
instant, oui. M. le Président, je vous cède le siège.
Le Président : Pas pour
longtemps. M. le député de Gouin, vous m'aviez demandé de vous écouter à cette
période-ci. Je vous écoute.
Nadeau-Dubois : Oui. M. le Président, merci. M. le Président, hier,
pendant le débat sur la motion du
mercredi, du député de René-Lévesque, le leader adjoint du
gouvernement a soulevé des questions
de règlement, à
plusieurs reprises, qui ont eu pour
effet de me priver de 1 min 30 s sur un temps total d'intervention de six minutes, ce qui représente 25 % de mon temps
d'intervention total. Même si le président de la Chambre ne lui a pas donné
raison, c'est-à-dire que, selon lui, je
n'avais pas prêté des intentions au gouvernement et que je n'avais pas utilisé
des propos non parlementaires, le leader adjoint a insisté et argumenté
à nouveau. Mon temps d'intervention de six minutes seulement, je le
répète, a donc été significativement amputé par cette tactique.
M. le
Président, j'aimerais aujourd'hui vous soumettre ce problème afin que nous
trouvions un moyen de protéger le
temps d'intervention de la députation de Québec solidaire et de la députation
indépendante pendant les débats parlementaires. Si les groupes
parlementaires commencent à utiliser des questions de règlement afin de limiter
nos temps de parole, qui, rappelons-le,
n'est déjà pas énorme, il nous semble que cela irait à l'encontre des valeurs
démocratiques de cette Assemblée et des Québécois.
Donc, M. le
Président, de la même manière que vous nous avez déjà expliqué que vous ne
reconnaissiez pas... ou rarement nos
questions de règlement pendant la période de questions afin d'éviter de priver
les groupes parlementaires de leurs
questions, pouvez-vous, de la même manière, vous assurer que les groupes
parlementaires n'utilisent pas cette même tactique afin de limiter notre temps d'intervention? J'aimerais donc
savoir, M. le Président, s'il vous est possible de protéger nos droits
parlementaires pendant les débats sur les affaires du jour.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Fournier : ...une chose, M. le Président, c'est probablement de
respecter le règlement. Et ce n'est pas une tactique de demander au respect du règlement, M. le Président.
D'ailleurs, on me dit... je n'étais pas là, mais on me dit que le président a, suite au règlement, rappelé à
l'ordre et a demandé au collègue de faire attention. Alors, le mieux, je
pense, pour nos débats, c'est que, d'entrée
de jeu, on respecte le règlement. Comme ça, il n'y aura pas de rappel au
règlement et il sera possible d'utiliser son temps de parole.
Le Président : Est-ce qu'il y
a d'autres commentaires? Sinon, je vais demander à M. le député de Gouin de
compléter sa plaidoirie.
Nadeau-Dubois : Oui. Mais d'abord, pour éclaircir la situation, je
vais déposer le verbatim de nos échanges
afin que ce puisse être constaté que je n'ai pas prêté d'intentions au
gouvernement, dans la mesure où j'ai évoqué que toutes les formations
politiques ici ont la volonté de se faire élire et donc sont motivées par cette
volonté, ce qui est une évidence absolue, M. le Président, et c'est une
évidence qui est réitérée à peu près à chaque période de questions.
Alors, je
vais déposer le verbatim et je vous fais confiance, quoi qu'il en soit, pour
rendre une décision équitable pour le
temps de parole de chaque député en cette Chambre, un temps de parole auquel
ils ont droit en tant que représentants des gens de leurs
circonscriptions.
Le Président :
Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt? Vous voulez ajouter quelque chose?
Le Président :
Ah! sur le consentement. Oui.
Fournier : J'espère que ce qui est déposé contient aussi le rappel du président au député de
faire attention.
Président : Vous
savez, M. le leader, de toute façon, on parle de nos travaux ici, alors on a déjà la
possibilité de pouvoir consulter tous ces documents-là, non seulement celui qui
sera, par consentement, déposé, mais aussi ce qui s'est dit avant ou après. M.
le leader.
M. Fournier :
C'est vrai, M. le Président, mais, comme vous demandez le consentement pour
déposer un document qui est déjà accessible, puisque vous le plaidez ainsi,
j'insiste pour que ce dépôt, superfétatoire s'il en est, contienne aussi la
décision du président d'hier.
Le Président :
Alors, nous regarderons tout cela. Évidemment, je vais prendre la question en
délibéré. Nous reviendrons ultérieurement sur cette question-là. Merci.
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, après la rubrique Renseignements
sur les travaux de l'Assemblée,
je vous avise, à
titre de président, là, que
l'interpellation prévue pour le vendredi 16 février 2018 portera
sur le sujet suivant : L'absence
de leadership mauricien autour de la table du Conseil des ministres libéral. M. le député de Berthier
s'adressera alors à Mme la ministre responsable de la région de la Mauricie.
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. Et je cède la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Tanguay :
Oui, M. le Président. Je vous prierais d'appeler l'article 17, s'il vous
plaît.
Vice-Président (M. Gendron) :
À l'article 17, aux affaires du jour, l'Assemblée
reprend le débat, ajourné le 7 février 2018, donc hier, sur l'adoption
du principe du projet de loi n° 157, Loi constituant la Société québécoise
du cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses
dispositions en matière de sécurité routière.
Il restait sept
minutes à Mme la députée de Mercier... excusez, à M. le député de Mercier pour
compléter son intervention, mais je ne le vois pas.
Vice-Président (M. Gendron) :
Pardon? Prochain intervenant. Mme la
députée de Taschereau,
pour votre intervention. Merci.
Mme Maltais :
Merci, M. le Président. Alors, j'ai écouté avec attention hier et j'ai décidé
de faire une courte intervention. Et je voudrais rappeler surtout au leader du gouvernement,
qui m'a interpellée quand j'ai annoncé cette intention,
que c'est notre droit, comme députés, le plus strict et inaliénable de décider
de faire une intervention, si cela nous
semble nécessaire, en tout respect des ententes. C'est pour ça que
je fais une courte intervention.
problème du projet de loi que nous avons actuellement à étudier, sur le cannabis, c'est qu'on débat de la forme en même temps
que du fond et que cela nous est imposé par
un autre gouvernement. C'est une épée de Damoclès que nous avons sur la
tête et qui nous a menés à aller si rapidement.
Pourtant, au Québec, nous gérons le domaine de la santé, des
travailleurs sociaux, des organismes
communautaires, la protection de la jeunesse, de l'enfance. Tout cela est très
bien géré par le Québec, beaucoup mieux d'ailleurs que le domaine de la santé à
Ottawa. Nous avons aussi le domaine de la sécurité publique. Les services de police sont gérés par le
gouvernement du Québec et les municipalités. L'éducation, l'environnement
de nos écoles, la protection des écoles,
c'est une responsabilité du gouvernement du Québec, et pourtant le gouvernement
du Québec, en cette matière, s'est
laissé imposer des règles par Ottawa. À mon avis, le gouvernement du Québec
doit toujours être le défenseur de
cette idée. Le Québec sait faire, le Québec sait réfléchir et agir, et c'est
lui qui s'occupe de ses commettants.
suis du Parti québécois. Je crois en la souveraineté et à l'indépendance, ce
qui signifie faire ses propres lois, gérer ses impôts et ses taxes et signer nous-mêmes nos traités. Voici un
exemple parfait, parfait de ce que c'est qu'avoir un autre gouvernement qui s'occupe
de nous au-dessus de nos têtes sans écouter ce que nous sommes et ce que nous
voulons faire au rythme que nous voulons le faire.
Dans
ce dossier, je déclare qu'il y a eu abdication du gouvernement du Québec et que
c'est le Sénat qui rappellera et au
gouvernement fédéral et à Justin Trudeau qu'il faut parfois prendre un peu plus
de temps. Je trouve ça incroyable, parce
que c'est ce que le gouvernement du Québec n'a pas voulu défendre. Il fallait
du temps. Je pense que c'est la belle occasion de rappeler ce que
justement un employé caquiste a écrit dans un livre : Il y a un
gouvernement de trop sur le territoire du Parti québécois.
suis de la famille du Parti québécois. Avec mes collègues, je soutiens mes
idées et mes causes parce que je les crois
justes, et non pas à cause de leur
degré de popularité. Je crois que nous allons bien, finalement, travailler et gérer ce problème
en commission parlementaire. Mais je crois, encore une fois, profondément
que nous avons tout intérêt à
être souverains et à régler nos problèmes nous-mêmes. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, je vous remercie, Mme
la députée de Taschereau.
Je suis prêt à entendre le prochain... ou la prochaine intervenante. Je reconnais
Mme la ministre.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Bien, moi, si je ne vois pas d'autre intervenant,
ça suppose qu'on a fini d'étudier le principe. C'est ça que je suis obligé de
déduire. Si vous dites : J'exerce mon droit de réplique, avant de passer à une autre étape, vous avez tout à fait le droit, comme chaque intervention vous permet un droit de réplique.
À vous.
Mme Charlebois :
Alors, merci, M. le Président. Comme vous le savez, le projet de loi n° 157
est un projet de loi important. C'est la loi qui va encadrer la législation,
oui, qui est faite par le gouvernement fédéral. Nous allons encadrer selon ce que les Québécois
souhaitent avoir comme encadrement, autour de tout ce qui est possession,
usage, qui vendra le cannabis, etc. J'ai constaté à la lumière de plusieurs
discours, notamment ceux de mon collègue de Labelle, mon collègue de Borduas, que nous allions avoir un climat de collaboration. Il peut arriver, M. le
Président, que nous ne soyons pas toujours d'accord sur tous les
points, mais, dans l'ensemble, ce que nous souhaitons tous, c'est un projet de loi qui va protéger la santé de
nos Québécois, mais aussi la sécurité.
Alors,
M. le Président, j'ai apprécié le ton tout au long des consultations suite au dépôt du projet de
loi, j'ai apprécié le ton des débats pendant le débat sur l'adoption
du principe et je dois vous dire, M.
le Président, que je continue de
croire que nous allons continuer de travailler
pas pour faire de la politique avec le projet
de loi n° 157, mais bien pour
assurer la santé et la sécurité des Québécois.
Et je pense que pour ça nous devons tous s'élever au-dessus de la mêlée et faire en
sorte que nous ne faisons pas de débat politique avec ce dossier-là, puisque c'est pour l'ensemble
de la santé de nos Québécois que nous
travaillons, mais surtout pour les générations futures. Et, vous comprenez, M. le Président, la grand-mère en moi implore
l'ensemble des parlementaires, tant du gouvernement, des oppositions officielles
et de la deuxième opposition, et des
autres partis : S'il vous plaît, ne faisons pas de partisanerie avec ce
dossier-là, mettons-nous à la tâche comme nous l'avons si bien fait
depuis le début et poursuivons ce que nous avons entamé, dans l'intérêt de
notre population. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, c'était le droit de réplique
de la ministre concernée par le projet de loi. Il vient d'être fait. Alors, le principe du projet de
loi n° 157, Loi constituant une Société québécoise du cannabis,
édictant la Loi encadrant le cannabis et modifiant diverses dispositions
législatives en matière de sécurité routière, est-il adopté? M. le leader du
gouvernement.
M. Fournier :
Je vais vous demander de reporter le vote, de faire un vote par appel nominal
reporté, M. le Président, après les affaires courantes, le mardi 13 février
Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on comprend que le vote par
appel nominal a été sollicité, puis c'est requis, c'est correct, et que M. le leader indique qu'il sera reporté à
mardi, à la prochaine séance, à mardi, quand nous allons siéger. Alors,
je retourne à M. le leader du gouvernement pour la poursuite de nos travaux.
M. Fournier :
Pour la suite des travaux, l'article 28, M. le Président.
Vice-Président (M. Gendron) : À l'article 28 du feuilleton
d'aujourd'hui, c'est : L'Assemblée reprend le débat, ajourné le 6 février 2018, sur la prise en
considération du rapport de la Commission des institutions portant sur
le projet de loi
n° 107, Loi visant à accroître la compétence et l'indépendance du
commissaire à la lutte contre la corruption et du Bureau des enquêtes indépendantes ainsi que le pouvoir du directeur
des poursuites criminelles et pénales d'accorder certains avantages à
des témoins collaborateurs, ainsi que sur les amendements transmis en vertu de
l'article 252 du règlement par M. le député de Matane-Matapédia, M. le
député de Beauce-Nord et M. le député de Mercier.
Au moment où on a ajourné, il restait cinq
minutes à Mme la députée de Marie-Victorin pour compléter son intervention. Et
je ne la vois pas là. Oui, c'est M. le député de...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
...oui, de René-Lévesque qui va utiliser le temps. Alors, M. le député de
René-Lévesque, à vous la parole pour les cinq minutes restant à la collègue de
Marie-Vic. À vous.
Une voix : Cinq minutes?
Le Vice-Président (M. Gendron) :
...intervention, oui, parce que vous n'avez pas le droit puis je vous avais entendu.
Une voix : Non, non, non.
Vice-Président (M. Gendron) : Bien, ça va, mais c'est une nouvelle intervention qui débute. C'est
ça que je n'avais pas comme information. Alors, allez pour votre
nouvelle intervention.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Oui, tout est correct. Allez pour votre intervention.
M. Ouellet : Merci beaucoup, M. le Président. Il faut
se démêler, mais on est corrects. Alors, à mon tour, M. le Président, de prendre la parole sur un projet de loi important, le projet de loi
n° 107, qui vient changer
fondamentalement la façon dont on fera les choses du côté de l'Unité permanente
anticorruption.
Vous avez eu
l'occasion, M. le Président... ou vos collègues ont eu l'occasion d'entendre mes
prédécesseurs venir dire pourquoi
le Parti québécois affirme haut et fort son positionnement dans ce
dossier-là. À l'intérieur des travaux
qui ont été réalisés, que ce soit lors des consultations, M. le Président, ou
même lors de l'étude
article par article, le Parti québécois a affirmé haut et fort le principe d'indépendance, le principe
d'imputabilité, le principe de transparence, et ce qu'on voulait, M. le Président, c'était de
s'assurer que, dans cette unité, qui joue un rôle fondamental dans notre
société, qui joue un rôle attendu, M. le Président, par les citoyens et
citoyennes du Québec... donc, on voulait être certains que l'UPAC ait tous les outils, tous les moyens,
toutes les ressources mais surtout ait toute la légitimité pour faire son
mandat. Et quand je dis «légitimité», M. le Président, vous me permettrez,
effectivement, de préciser que ce qu'on cherche à faire... ou ce qu'on cherche, plutôt, à obtenir, c'est de donner les
coudées franches à l'Unité permanente anticorruption. Et la position de notre formation était quand même
claire. Ce qu'on cherchait à obtenir, M. le Président, c'est la
nomination, aux deux tiers, du commissaire.
Ce qu'on
cherche à donner à l'UPAC, M. le Président, ce n'est pas juste cette impression
d'être capable d'agir en toute
impunité, ce n'est pas juste cette certitude d'avoir les coudées franches pour
faire son travail correctement, adéquatement
et, dans la mesure du possible, plus promptement. Ce qu'on cherchait à obtenir,
M. le Président : on cherchait à
obtenir une unité permanente anticorruption forte, fière mais surtout capable
de faire le travail pour lequel les citoyens et citoyennes du Québec
s'attendent à des résultats.
Alors, malheureusement, M. le Président, à
travers plusieurs représentations, plusieurs discussions — j'ai
moi-même assisté à certains moments de l'étude
article par
article — on a
essayé de faire entendre au gouvernement que
ce serait une bonne chose que le commissaire soit nommé aux deux tiers. On nous
a dit que ce n'était pas la bonne chose
à faire. Pourtant, le DGE, le VG, le Commissaire à l'éthique, le Protecteur du
citoyen sont nommés aux deux tiers, M.
le Président. Et je me souviens d'avoir entendu des arguments qui disent :
Écoutez, il ne faudrait pas mêler la politique à l'intérieur de ces
nominations-là, il y a un jeu un peu de négociation lorsque vient le temps de
proposer des noms, puisqu'il faut que ça
soit adopté aux deux tiers. M. le Président, la nomination du commissaire de
l'Unité permanente anticorruption est nommée par le gouvernement. C'est
ça qu'on voulait dépolitiser, M. le Président : que ça soit uniquement un
seul et unique parti qui ait la décision finale et fondamentale de nommer le
commissaire. Ce qu'on voulait, M. le Président, c'est de permettre à l'Assemblée
nationale d'être saisie des candidatures.
Ce qu'on
voulait, M. le Président, c'est permettre un canal de communication avec la
partie gouvernementale pour s'assurer
que l'ensemble des intérêts des Québécois et Québécoises pouvaient être pris en
compte dans la nomination d'un poste aussi important. Pourquoi je dis
ça, M. le Président? On est 125 ici, et, à ce que je sache, il n'y a pas un
parti qui peut dire qu'il représente 125 députés. Il n'y en a pas 125 qui
sont élus sur la même bannière. Donc, les gens qui décident d'élire un député,
ils veulent que sa voix porte à l'Assemblée nationale, et une façon de porter
sa voix, c'est de prendre position lorsque
des décisions névralgiques doivent être prises. Alors, quelle est la meilleure
façon de prendre une décision lorsque
vient le temps de nommer un commissaire qui va enquêter, M. le Président, sur
des actes de corruption et de collusion? Bien,
c'est qu'il y ait plus de la majorité pour être certains de représenter ici ce
que les citoyens et citoyennes du Québec ont
lancé comme message, c'est-à-dire des députés du Parti libéral, des députés du
Parti québécois, des députés de la
Coalition avenir Québec, et des députés de Québec solidaire, et dorénavant des
députés indépendants. C'est ce qu'on voulait, M. le Président. On voulait avoir
cette opportunité d'échange, de collaboration pour participer au processus.
On a voté la loi à l'époque, et tout le monde
était unanime. Et, quand arrive le temps de décider du grand patron, il
faudrait exclusivement laisser ça entre les mains de la
partie gouvernementale.
Alors, c'est
pour ça, M. le Président, qu'en bout de course, à la toute fin du processus,
on est encore debout, on est encore
en train de discuter, d'argumenter pour démontrer à la
partie gouvernementale que l'importance qu'ils mettent à l'adoption de ce projet
de loi est aussi forte, sinon plus, pour nous... de l'importance d'inclure une
nomination aux deux tiers. Alors,
assurément, la majorité gouvernementale va l'emporter, présentement, c'est ce
que ça nous dit, mais on aurait aimé, M. le Président... Il manquait
juste ça. On a eu plusieurs discussions. Puis, je le souligne, le comité de surveillance, c'est une bonne chose, M. le
Président. Le comité de surveillance, après discussion, a été proposé dans
le projet de loi et été adopté. On a fait un grand bout. Il nous restait un
dernier bout. Malheureusement, M. le Président, ce bout-là n'a pas été franchi.
Pourquoi j'interviens aussi aujourd'hui, M. le
Président, c'est que, dans l'actualité politique, de nouveaux événements nous
sont apparus, notamment par rapport au climat de travail qui survient, qui a
lieu à l'UPAC, des rapports qui ont été
présentés, d'abord caviardés, après ça des rapports
sommaires, résumés. Bref,
on nous témoigne d'une situation qui
n'est pas rose, rose à l'UPAC. On nous témoigne de situations qui demanderaient
correction, ajustement, qui nous
demanderaient, M. le Président, d'agir différemment, dans certains cas avec
parcimonie. Et je sais que ce n'est pas évident. Ce n'est pas évident parce que, dans le cas d'une unité
d'enquête, certaines actions ne font pas dans la dentelle, M. le Président. Pourquoi elles ne font pas dans
la dentelle? Bien, parce qu'on court après des criminels, on court après
des gens. On court après des gens pour être
certain qu'ils soient mis en prison pour des actes de collusion et de
corruption.
Alors, on comprend que, dans certains cas, les
méthodes peuvent être plus robustes, mais, dans les relations humaines ou dans les relations de travail, dans la
façon dont on doit mener l'organisation, ça prend une direction qui a
les coudées franches puis ça prend une
direction qui nous donne une orientation. Nous, M. le Président, nous aurions
aimé participer aux échanges et aux discussions pour la nomination future du
Commissaire à l'éthique. Malheureusement, M. le Président, force est de
constater qu'on n'en sera pas là.
Alors, il
faut, semble-t-il, adopter ce projet de loi rapidement. Nous, on pense qu'il
reste encore de l'espace à la discussion,
M. le Président. Et, comme je le disais tout à l'heure, considérant le fait
qu'effectivement des nouveaux... puis là vous me permettrez... parce que ça rentre sur mes appareils
électroniques, là. Il y a des nouveaux faits qui ont été portés à notre
attention.
M. le
Président, j'aimerais vous dire qu'en vertu de l'article 100 de notre règlement
je fais motion pour proposer l'ajournement du débat en cours, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
D'abord, il y a une proposition de motion d'ajournement. C'est prévu au
règlement. Alors, est-ce que la motion...
Vice-Président (M. Gendron) : Oui, je sais, il a 10 minutes
pour plaider pourquoi qu'il présente une motion d'ajournement, et c'est ce que j'allais dire. Alors, vous pouvez
utiliser tout de suite le nouveau 10 minutes, qui n'est pas votre
intervention, mais qui porte sur la motion d'ajournement. Vous avez
10 minutes pour justifier pourquoi vous présentez cette motion. À vous.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. Bien, écoutez, ce n'est
pas compliqué, l'actualité politique nous amène à se poser des questions sur les suites à donner dans
le climat de travail, mais surtout des suites à donner à la situation. M.
le Président... Excusez-moi, là, je veux juste être certain... O.K., ça va.
M. le Président, on a, à notre intention, porté
des informations qui nous permettraient, je vous dirais, de faire la lumière sur certains enjeux qui ont été portés
à l'attention des citoyens et citoyennes du Québec aujourd'hui. Donc,
cette motion d'ajournement, M. le Président,
nous permettrait de prendre une pause, de prendre le temps de bien évaluer
parce qu'il s'est dit beaucoup de choses
concernant le climat de travail à l'UPAC. Il s'est produit plusieurs choses
aussi, et là je veux juste être
certain, M. le Président... On a l'opportunité de prendre le temps de bien
analyser ça. Ce serait trop facile et très
malheureux de prendre uniquement ce qu'on reçoit dans les lignes des médias présentement... ne pas dire que
ce n'est pas la vérité, ne pas dire
que ce n'est pas ce qui s'est passé. Mais vous comprendrez, M. le Président,
qu'on aimerait avoir un peu de temps pour se poser la question sur
certains détails et obtenir confirmation sur certains enjeux.
M. le Président, la motion d'ajournement est essentielle parce que ma formation
politique veut être certaine... parce qu'on
arrive dans les dernières procédures avant l'adoption, on voudrait être
certains d'avoir pris le temps au complet d'analyser, de soupeser, de
valider les informations qui sont maintenant transmises dans les médias.
Alors, cette motion, M. le Président,
nous sert exclusivement à prendre un temps... pas prendre tout le temps,
mais prendre un temps d'étude et de
réflexion. Je vous dirais, puis je vais être honnête avec vous, M. le
Président, ce qui a été porté à notre attention hier fait encore l'objet
de plusieurs questionnements. Puis je dis hier, mais je me suis trompé, M. le Président, c'est en début de semaine,
concernant le rapport de Mme Martel sur le climat de travail. On se
questionne. On se questionne jusqu'où ça va
arrêter. Est-ce qu'on aura prochainement encore d'autres informations qui
émaneront? Est-ce qu'on apprendra, M. le
Président, qu'il y aura d'autres démissions? Est-ce qu'on apprendra que ce qui
nous a été dit au départ, ce qui a
été contredit par après et validé par un rapport par la suite est véritablement
ce qui s'est passé? Bref, sans dire, M. le Président, qu'il y a un
climat de suspicion qui s'installe, il y a assurément un climat qui nous amène
à poser des questions.
la meilleure façon de poser les bonnes questions, M. le Président, c'est
prendre le temps de faire le tour des informations
que nous venons d'obtenir et surtout de vérifier si effectivement ça s'est
vérifié... véridique, mais si effectivement ça a un impact pour la suite
de nos travaux. Est-ce qu'on devrait considérer ces nouveaux éléments comme étant des éléments qui nous amèneraient à
inverser notre position, M. le Président? Est-ce qu'on devrait utiliser
ces informations pour valider si effectivement nous pourrions renforcer notre
position?
C'est
ça, M. le Président. Cette motion d'ajournement là va servir à notre équipe et
à notre formation de prendre un moment
pour valider ce qui a été porté à notre attention, valider effectivement que ce
qui risque d'être un état de fait suite à l'adoption ne soit plus
effectivement irréversible pour notre formation politique, M. le Président.
le dis et je le répète, la nomination aux deux tiers est ce qu'on a toujours
voulu, toujours recherché, toujours débattu,
mais avant toute chose, M. le Président, ce qu'on veut, c'est une UPAC forte,
c'est une UPAC solide, appuyée, respectée. On veut une UPAC reconnue. On
veut une UPAC efficace. On veut une UPAC bien financée. On veut une UPAC qui donne une reddition de comptes. Bref, ce
qu'on veut, M. le Président, c'est la meilleure UPAC possible. Mais vous comprendrez, M. le Président, avec les
informations qui ont sorti dans les médias cette semaine, les
informations qui viennent de nous apparaître
ce matin nous amènent encore, M. le Président, à se poser des questions sur la
suite des choses.
Alors,
vous comprendrez que cette motion d'ajournement va nous servir, M. le
Président, à compléter notre tour de
roue, compléter les recherches qui nous manquent pour que, lorsque viendra le
temps de prendre un vote, M. le Président, nous aurions entre les mains,
en juste connaissance de cause, tout le nécessaire possible pour que, quand le député
de René-Lévesque et tous les députés de la
formation politique que je représente, du Parti québécois... seront en leur
âme et conscience debout pour la bonne
raison. Et la seule façon d'être debout pour la bonne raison, M. le Président,
c'est de se poser une seule
question : A-t-on pris le temps? Avons-nous utilisé tout le temps
nécessaire pour aller au fond des choses? Avons-nous utilisé tout le temps nécessaire, avec nos arguments, pour
tenter d'infléchir la position du gouvernement vers notre position? Avons-nous, M. le Président,
discuté suffisamment entre nous, membres de la formation politique, mais
même aussi avec les autres formations ici, à
l'Assemblée nationale, pour voir si on partageait les mêmes enjeux, M.
le Président?
Dans
certains cas, il y a des formations politiques qui pointaient dans la même
direction que nous. Dans certains cas,
il y a des formations politiques qui ont changé leur direction pour ensuite
revenir à notre position. Ce que j'essaie de vous dire, M. le Président, c'est qu'on tente assurément de prendre tout
le temps nécessaire à la discussion, à la réflexion, pour être certain que, lorsqu'on prendra action,
M. le Président, on sera sûr et certain que, par la décision qu'on
prendra, ce sera l'impact final que nous aurions recherché. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Un instant! Merci, M. le député de Duplessis.
J'aurais dû rappeler, parce qu'il y a
peut-être des gens qui nous écoutent, là, une motion d'ajournement donne droit
à chaque groupe parlementaire d'une
intervention, s'il décide de la faire. Et, pour ce qui est du proposeur, il
avait droit de parole de 10 minutes, mais c'est également... je rappelle exactement l'article, là : «...la motion
[...] représentant de chaque groupe parlementaire ont chacun un temps de
parole...» Mais, quand c'est une formation politique qui le présente, l'auteur
a droit à 10 minutes, et un autre intervenant
de la même formation politique a droit à un autre 10 minutes. Et, s'il y a une
demande pour l'utiliser, on va le faire.
Alors là, je
reconnais la députée de Taschereau pour sa demande d'intervention, maximum de
10 minutes, toujours sur la motion d'ajournement. À vous, Mme la députée de
Taschereau.
Mme Maltais :
Merci, M. le Président. Encore une fois, j'ai vraiment tenu à intervenir
aujourd'hui pour amener une opinion
que je pense assez éclairée sur cette demande d'ajournement. Et, en fait, c'est
en même temps une opinion sur l'ensemble du projet de loi n° 157.
Mon collègue le député de René-Lévesque vient de déposer une demande d'ajournement. C'est quand même quelque chose
d'assez sérieux. J'ai rarement vu une demande d'ajournement arriver à la
toute fin, c'est-à-dire juste avant le vote.
Justement hier... non, ce n'est pas sur ce dossier-là, mais juste avant le
vote, et c'est assez exceptionnel.
Mais
la démarche et l'environnement médiatique, l'environnement policier autour de
ce projet de loi, tout ce qui s'est dit autour de ce projet de loi a
fait qu'il a été cahin-caha, si j'ose dire. Ça a été très chaotique. Et
pourquoi c'est chaotique? C'est parce que
jour après jour après jour, semaine après semaine, de nouvelles révélations
arrivent sur ce qui se passe à l'UPAC.
veux d'abord dire que je fais partie, j'ai fait
partie de l'équipe qui était
ici et qui a réclamé qu'il se passe enfin quelque chose pour mettre fin à la corruption qui régnait au Québec. Je
ne suis pas gênée de le dire puisqu'après il y a eu plusieurs procès. Il y en a certains qui sont en
cours à l'heure actuelle. Donc, l'UPAC, cette idée d'avoir la lutte
contre la corruption, elle est très importante. Et il y a même eu une
commission, qui s'est appelée la commission Charbonneau pour essayer de régler
L'UPAC est un des outils qu'a proposés
le gouvernement libéral pour lutter contre la corruption. Mais cet
outil, actuellement, est sérieusement
ébranlé, je le crois. Je ne suis pas sûre que ce soit bon pour le Québec que
l'UPAC soit ébranlée, mais ce n'est
pas les débats sur le projet de loi n° 157 qui ébranlent l'UPAC. Ce qui
ébranle l'UPAC, c'est ce qu'on apprend jour après jour des débats qui se
font à l'interne, des difficultés qu'il y a à l'interne, à l'UPAC.
encore aujourd'hui, ce matin même, alors qu'on s'apprête à voter la loi, encore
aujourd'hui, ce matin, il y a, à pleines
pages des journaux, des difficultés que vit l'UPAC, des guerres internes,
intestines, et des interventions. Il y a même eu une intervention du
gouvernement pour dire à un employé de l'UPAC de s'en aller, ce qui est assez
particulier.
Alors, la demande
d'ajournement me semble tout à fait justifiée. Elle me semble un moment, une
pause. Je comprends qu'il y a eu chaos. Il y
a chaos, là. On ne peut pas dire que l'UPAC est une organisation où tout le
monde se sent extrêmement solide, en confiance, ni à l'interne ni à
l'externe. Le regard extérieur que les parlementaires posent sur l'UPAC actuellement, il est inquiet, il est
inquiet. Nous sommes inquiets, nous sommes inquiètes par rapport à ce qui
se passe là parce que le travail à l'UPAC, c'est extrêmement important.
la loi que nous propose le gouvernement actuellement, ce projet de loi
n° 157, est une loi qui va changer les règles, certaines règles de l'UPAC. On sait, par exemple, que le patron
de l'UPAC est, c'est le moins que je puisse dire, fortement contesté. Je ne sais pas si c'est bien
ou si c'est mauvais. Je ne le sais pas. J'aimerais avoir la réponse à
cette question avant d'adopter une loi qui
dit que, par exemple, les mandats
vont passer de cinq ans à sept ans. Ça n'a pas de bon sens de faire ça à un moment où on se demande exactement...
on est en train de se demander sur la place publique, pas nous, là, les
gens sont en train de se demander si c'est le bon patron. Or, on propose une
prolongation de cinq ans à sept ans. Tous
les membres de l'Assemblée nationale, de l'opposition, les trois partis ont demandé que ce soit un
patron qui soit nommé aux deux tiers de l'Assemblée nationale. Ça a été rejeté par le gouvernement. C'est possible, sauf que, moi, quand je regarde les informations qui sortent encore ce matin, je me dis qu'il
serait bien que tout le monde prenne une pause et réfléchisse à ce qu'il est en train de se proposer. Ne
serait-ce que ça, le cinq à sept ans, c'est un problème. À ce moment-ci, à ce moment-ci, en toute
sagesse, en toute sagesse, le gouvernement devrait être prudent.
Faire
une demande d'ajournement, ce n'est pas faire une demande d'abandon d'une
loi. Je veux que ce soit bien compris de la part des gens qui nous
écoutent, ce n'est pas demander d'abandonner la loi. On ne demande pas au gouvernement de tasser sa loi. On ne demande pas au gouvernement d'abandonner sa
prérogative de légiférer sa majorité. Ce
qu'on demande au gouvernement, c'est de dire : Prenons une pause, et ça
permettrait peut-être... Puis ça, on le plaide depuis très longtemps. J'ai entendu mes collègues de Verchères... mon
collègue de Matane-Matapédia et mon coll