Transportation and the Environment — 18 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2016-04-18
Quebec — Committees
Mme la
secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, M. le Président. M. Plante (Maskinongé) sera remplacé par
M. Carrière (Chapleau); M. Simard (Dubuc) par
M. Drolet (Jean-Lesage); et Mme Vallières (Richmond) par
M. Bernier (Montmorency).
Président (M. Bérubé) : Merci. Alors, nous allons débuter
par les remarques préliminaires puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
20 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée cet après-midi, à la fin du temps qui est
alloué à l'étude de ces crédits.
Alors, nous débutons
avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de
12 minutes.
M. Lessard :
Merci, M. le Président. Donc, bienvenue à tout le monde pour les crédits
Forêts, Faune et Parcs. Je veux saluer, donc, mes collègues qui,
aujourd'hui, alimenteront donc cette période de crédits où chacun des groupes parlementaires aura l'occasion de faire valoir
soit des éléments de la dernière année, soit en prospection, soit en
révision de l'année qui a eu lieu l'an passé
sur différents nombres de sujets. Je veux saluer aussi le critique de
l'opposition officielle, qui... on
débat pour la troisième fois les crédits Forêts, Faune et Parcs ensemble, et de
la deuxième opposition aussi. Donc, bienvenue. Alors donc, on va espérer
que nos échanges soient le plus productifs possible.
M'accompagnent, M. le
Président, aujourd'hui... j'ai Mathieu Gaudreault, qui va agir aujourd'hui
comme remplaçant de ma chef de cabinet, qui
est malade. Alors, elle doit s'en vouloir. Elle doit nous écouter aussi, là.
Elle est tombée malade aujourd'hui.
Quand tu prépares tes crédits de longue haleine, tu aimerais bien les présenter
aujourd'hui. Alors, Mathieu va nous assister. Le sous-ministre responsable au
ministère Forêts, Faune et Parcs, Richard Savard, et Julie Grignon, qui est la sous-ministre secteur Faune. Alors donc, les
autres sous-ministres qui sont sur chacune des ailes et le président de la SEPAQ, si besoin est,
pourront répondre s'il y a des questions plus pointues, là, avec la
permission, nécessairement, de la commission.
Troisième exercice
budgétaire pour ma part. Donc, je tiens à rappeler que le gouvernement, cette année,
pour une deuxième année consécutive, a
retrouvé l'équilibre budgétaire. Donc, tout le monde, tous les ministères ont
été mis à contribution, je tiens à le rappeler. Le ministère de la
Forêt, Faune et Parcs n'y a pas été épargné. On a, comme les autres, donc, dû faire, bon, le cran d'arrêt, le
gel des effectifs, gel de l'embauche — tout ça est rendu à une autre étape
aujourd'hui — la
révision des dépenses, les déplacements, les politiques, en général, de
participation aux différentes activités. On
a dû revoir aussi tous les processus des programmes, la fin des programmes, le
renouvellement ou non des programmes.
Alors donc, on a dû aussi réduire certaines activités pour en prioriser
d'autres. Alors donc, ça a été une année pour laquelle le ministère a été
mis à contribution.
Mais
d'un autre côté aussi on a été choyés puisque, pour la troisième année
consécutive, là, cette année, on a encore annoncé des travaux sylvicoles de l'ordre de 225 millions de
dollars, qui est identique à l'an dernier et qui faisait suite... Donc, c'est trois fois 225 millions de
dollars qui a été donné, donc, dans les régions du Québec pour faire des
travaux sylvicoles, soit la préparation de
terrains, la plantation d'arbres, la préparation d'arbres, les éclaircies
commerciales, les éclaircies précommerciales. En fait, ceux à qui je
parle ont, en général dans nos régions, des contrats de réalisation de travaux sylvicoles. C'est des entreprises avec
des historiques, pour lesquelles on contracte annuellement des
engagements, pour lesquelles on réalise des
travaux, parce que, M. le Président, il y a une chose : On peut récolter
la forêt, mais il faut aussi la
préserver. Donc, on prélève les intérêts, qu'on appelle, pour maintenir la
forêt, donc, stable d'année en année pour s'assurer de sa pérennité.
Donc,
on a fait pareil pour le contrôle des dépenses, autant au cabinet qu'au
ministère. Il n'y a pas de petit geste là-dedans. Quand on dit qu'on
révise — je
pense, exemple, au ministère de la Faune — toutes les dépenses entre 500 $ et 1 000 $... plus de
1 000 $ aussi. Donc, un autre processus. Donc, il n'y a pas de petite
dépense. Quand on l'a fait puis qu'on le fait de façon constante, on
peut arriver à des économies ou à des redressements.
Concernant
la forêt, bien, ça a été nécessairement marqué beaucoup par le
225 millions de travaux sylvicoles, qui avait été accueilli par
tous les groupements forestiers partout. Donc, ça, ça a été bien accueilli.
Nécessairement, la
dernière année aura aussi témoigné d'une particularité, soit la crise sur la
Côte-Nord liée au fait de la forte présence
de la tordeuse des bourgeons d'épinette, qui nous a amené un plan
d'intervention structurant. Ce qui était bon pour
la Côte-Nord du Québec sera bon aussi pour le reste du Québec. Alors, les trois
complexes qui touchaient les régions de
Port-Cartier, Sacré-Coeur et Baie-Comeau étaient victimes, donc, d'une présence
très importante de la tordeuse. C'est
encore un peu surprenant que le nord soit attaqué avant le sud. Alors donc, on
pourra en rediscuter, mais les réchauffements climatiques nous amènent
là aujourd'hui.
Donc,
la cellule du ministère des Finances, ministère du Développement économique et ministère
de la Forêt a mis en place, donc, un
plan d'intervention suite à la loi qui autorise le plan d'intervention de
récolte principalement sur la Côte-Nord, une nouvelle technique.
C'est-à-dire, évidemment, quand la tordeuse est là, elle fait des
éclaircies par mal elle-même. Alors donc, en tenant compte de ça, bien il y a des travaux sylvicoles
qu'on arrête de faire. Puis est-ce
qu'on va aller chercher de la récolte par prévention? Et, nécessairement, la question du coût du bois récolté
versus les coûts d'opération, la fabrication de chemins, le transport...
On le sait, sur la Côte-Nord il y avait une particularité.
Donc, on se souvient, suite à la réduction de la
possibilité forestière de 2007, il y avait à ce moment-là 14 complexes
de sciage et de production de pâtes et
papiers. Alors, il en restait, à ce moment-là, trois seulement : une
scierie à Port-Cartier, une papetière
à Baie-Comeau et sa Scierie des Outardes et le complexe intégré, là, de
Sacré-Coeur, qui produit... bon, qui a une scierie. Ils produisent...
nécessairement, ils font des bas de porte, donc il y a une deuxième, une
troisième transformation, ils font des
granules pour le chauffage, ils font de la litière pour les chevaux, etc. Donc,
il y a une grande utilisation qui est
faite pour faire en sorte qu'ils livrent le moins de copeaux possible parce que
les copeaux sont livrés à Clermont.
Alors
donc, on a fait plusieurs cellules d'intervention à Maniwaki avec Lauzon pour
Fortress, il y a un complexe intégré,
Commonwealth Plywood, Laurentides, Maniwaki, la Mauricie et nécessairement des
accommodements pour la loi concernant
la «Paix des Braves» pour ceux qui vont récolter la forêt dans le secteur de la
«Paix des Braves», qui doivent réduire
leur intervention, puisqu'on a un régime forestier adapté qui limite le nombre
de nos prélèvements en respectant les territoires de chasse, de trappe,
etc.
Grand
changement aussi avec le Conseil de l'industrie forestière pour des critiques
qu'il y avait à l'occasion, donc, par
rapport au Bureau de mise en marché des bois. Alors, ça a été une année où
est-ce qu'on a signé une entente avec le Conseil de l'industrie forestière pour faire de la coplanification ou,
en somme, à travailler à mieux planifier la forêt, à gérer les inventaires et à intervenir en forêt pour
réduire le coût d'intervention en forêt. Donc, quand on intervient mieux,
on planifie mieux, bien, il en reste plus dans les poches de l'opérateur, donc,
et on s'assure donc d'une intervention plus rigoureuse et plus exemplaire.
Ça nous a permis,
donc, de signer des ententes et revoir aussi des critiques par rapport au
Bureau de mise en marché, puisqu'il y en
avait, sur la prévisibilité des ventes, donc annoncer les lots d'avance, parce
que les critiques, ils disaient : C'est ça, vous ne nous le dites
pas d'avance, vous venez piger dans nos garanties d'approvisionnement.
La caractérisation
des lots mis aux enchères qui a été améliorée aussi. L'intégration
opérationnelle, donc la participation des
tables, donc, du Bureau de mise en marché aux tables opérationnelles, faire en
sorte que tous les planificateurs sont assis à la même table, autant lui
qui le planifie pour mettre les lots aux enchères que ceux qui sont bénéficiaires de garanties d'approvisionnement,
donc, participent aux mêmes opérations. Donc, un seul discours, une
seule planification et une même compréhension, ça réduit aussi les coûts, les
déplacements et le nombre de rencontres.
Les taux
d'adjudication qui ont été aussi revus pour équilibrer le taux du marché libre
à celui des garanties d'approvisionnement;
les garanties d'exécution qui ont été, donc, en baisse de 20 % à 10 %
par rapport au respect des clauses;
paiement pour la SOPFIM, SOPFEU selon les bois récoltés plutôt que les bois
obtenus au Bureau de mise en marché. Donc, il y a une série de
modifications qui ont été bien accueillies.
nous a permis aussi de faire une tournée provinciale avec les sous-ministres,
donc la Forêt, Faune et Parcs, donc tant
forêt privée que forêt publique parce que le Québec a besoin de ses deux forêts
pour réussir. Donc, les sous-ministres se
sont déplacés avec moi dans toutes les régions du Québec. Tournée, donc, qui a
eu plus de 500 participants. On a récolté les critiques et les observations ou, des fois, les bons coups qui ont
été réalisés par le ministère dans la planification avec les partenaires ou les usagers. Plus, on profitait
de chaque tournée pour inviter chacun des collègues et aussi rencontrer les maires, puisque les maires du Québec... il y a
140 municipalités qui dépendent directement de la forêt. Alors
donc, ils étaient invités à participer, à mieux comprendre ce que faisaient les
ministères, quelles étaient les préoccupations de chacun des groupes. Ça nous a
permis de produire un document à cet effet. Donc, on s'enrichit à mieux
connaître ce que chacun des territoires a à offrir.
Des enjeux présentés
pour la forêt avant de sauter à la forêt privée et/ou volet Faune ou Parcs.
Alors donc, nécessairement, l'Accord de bois
d'oeuvre, qui est venu à échéance le 12 octobre dernier. Nous sommes entrés dans une zone de libre-échange actuellement sans tarif, sans quota pour le Québec.
Donc, il y a beaucoup de bois qui est livré aux États-Unis
de façon transformée, donc on est dans le renouvellement. Le Québec
s'est positionné, a fait savoir, là, sa position par rapport au gouvernement canadien et a pris l'initiative d'aller à Washington
aussi pour faire nos propres représentations auprès du bureau de
M. Obama, le président des États-Unis.
y a des projets de relance d'activité, soit des moulins à scie. Et j'ai visité
Petit-Saguenay la semaine passée avec notre
collègue de Dubuc. Du côté de l'Abitibi, il y a des projets en
expansion. On a retiré la garantie d'approvisionnement de Norbord pour redistribuer la forêt dans le but
de stimuler la production d'un nouveau produit et donner la chance de
faire des investissements dans des complexes intégrés.
s'est battus aussi sur la scène internationale, soit en faisant la promotion de
notre régime forestier, qui est un des plus
sévères au monde, par l'intermédiaire des sous-ministres, soit sous-ministre en
titre ou sous-ministre à la Forêt, et faire mes propres représentations auprès de FSC International, à Bonn en
novembre dernier, dans le but de contrer des discours sur des grands
concepts de forêt intacte.
Alors, le Québec a
une position, est allé la présenter et l'a défendue sur toutes les tribunes
pour s'assurer qu'on ait accès encore
aux marchés et que la forêt est capable d'être livrée en respectant ses
différentes facettes : sociale, environnementale et économique.
Alors donc, c'est pour les enjeux concernant la forêt publique.
Concernant
la forêt privée, bien, évidemment on
a créé une table avec la forêt privée et les différents partenaires. On a un plan d'action ensemble et on va voir que,
dans le dernier budget, on a été récompensés par rapport à ce volet-là.
Nécessairement, les mesures dont les principaux partenaires visaient...
M. Lessard :
Une minute? Et donc je vais revenir durant les crédits parce qu'il y a des
enjeux fauniques aussi. On a eu des
plans de redressement, le rehaussement du financement des permis, qui nous a
permis de réinvestir et de maintenir des
effectifs. Et le volet Parcs reçoit aussi, dans le dernier budget, donc, des
investissements de l'ordre de 60 millions de dollars, ce qui va
nous conclure.
Donc,
cette année, nous aurons un forum, M. le Président, donc, qui se tiendra à
Rivière-du-Loup le 31 octobre, volet Sciage du futur, Pâtes et
papier, concernant la fabrication de panneaux et le bois énergie. Alors donc,
on aura l'occasion d'en discuter lors de nos travaux.
regarde vers l'avenir, il y a des sommes qui ont été attribuées pour ça. Alors,
il faut dire vers où on s'en va pour créer l'environnement favorable à
l'investissement.
Alors, merci
beaucoup, M. le Président. Nous aurons l'occasion de discuter de tous ces
volets-là pendant les quatre heures qui vont suivre.
Président (M. Bérubé) : Merci, M. le ministre. J'invite
maintenant le porte-parole de l'opposition officielle et député de
Bonaventure à faire ses remarques préliminaires pour un maximum de sept
minutes.
M. Roy :
Merci, M. le Président. Tout d'abord, je tiens à saluer le ministre ainsi que
M. Savard, le sous-ministre, et l'ensemble de votre personnel. Je
salue aussi mes collègues, avec qui on va passer un après-midi intéressant.
D'entrée
de jeu, j'aimerais quand même faire une rétrospective du sort qu'a connu
l'industrie forestière depuis une dizaine
d'années. On parle d'une vingtaine de mille emplois de perdus, on parle de tout
près de 284 usines de fermées. Donc, on parle de léthargie puis d'atrophie d'un secteur d'activité
économique qui est extrêmement important pour le Québec, hein? L'industrie forestière se trouve au coeur de l'économie de
250 municipalités, dont 100 en vivent exclusivement. Et, quand l'économie forestière va mal, bien, ce sont de
nombreux villages qui ne vont pas bien, puis c'est l'exode des familles, etc. On sait ce qui ensuit.
Je dis souvent que l'économie forestière n'occupe pas juste le
territoire, elle s'en occupe. Donc, quand on
s'occupe de l'économie forestière, on s'occupe aussi de la vitalité des régions
du Québec.
n'irai pas plus loin, M. le Président, parce que je veux me garder du temps
pour la période de questions. Donc, pour tout de suite, voilà mes
salutations.
Le Président
(M. Bérubé) : Merci, M. le député de Bonaventure. J'invite
maintenant le député de Masson et porte-parole
du deuxième groupe d'opposition à faire ses remarques préliminaires pour un
maximum de cinq minutes.
M. Lemay :
Merci, M. le Président. Donc, à mon tour de vous saluer tous : M. le
ministre, l'équipe ministérielle et les
gens qui vous accompagnent, les députés et collègues de la commission, notre
député de l'opposition officielle, le député de Bonaventure et mon
collègue député de Groulx. Et puis j'aimerais aussi souligner l'apport de notre
recherchiste, M. Brabant, qui participe à l'étude des crédits avec nous
aujourd'hui.
Vous savez, c'est un
exercice important, les études de crédits. J'ai d'ailleurs fait les études de
crédits en Environnement. Donc, je suis bien
heureux de faire ceux Forêts, Faune et Parcs avec vous aujourd'hui. C'est un
exercice qui est nécessaire pour, en toute transparence, pouvoir poser nos
questions en lien avec les crédits qu'on étudie.
Donc,
c'est un portefeuille qui est quand même important. Il y a plusieurs enjeux que
je trouve qui sont reliés et pour
lesquels nous avons des intérêts certains. Donc, nous allons profiter de cette
période d'échange pour effectivement pouvoir
avoir des éclaircissements sur des questions ou des sujets qu'on a eus en cours
d'année et savoir un peu qu'est-ce qui va se passer au cours de la
prochaine année.
Donc,
M. le Président, ceci étant dit, notre temps étant limité, j'aimerais pouvoir
reporter le temps à des blocs ultérieurs. Merci.
Président (M. Bérubé) : Bien sûr. Alors, je suis maintenant prêt à reconnaître
une première intervention de l'opposition officielle. M. le député de Bonaventure,
la parole est à vous pour un premier bloc de 20 minutes.
M. Roy : Merci,
M. le Président. Bon, le ministre
en a parlé tout à l'heure, le dossier de la tordeuse. C'est un
dossier qui est extrêmement important puis qui interpelle de nombreux
propriétaires forestiers chez nous, hein? On parle d'enjeux de la tordeuse en
forêt privée.
y a eu des demandes de faites à votre ministère pour avoir de l'aide. Et moi-même, j'ai déposé
une demande à la ministre
fédérale Lebouthillier pour qu'elle interpelle ses collègues
pour soutenir l'épidémie, mais c'était plutôt en tant que député de Bonaventure
que je l'ai fait puis aussi pour soutenir mon collègue ici présent.
Donc, bon, la
question est très simple : Est-ce que
vous avez eu des rencontres avec le fédéral pour avoir de l'aide pour
soutenir les propriétaires privés dans le cas de la problématique de la
tordeuse? Avant, on avait le programme d'investissement sylvicole fédéral qui
aurait pu permettre quelque chose, mais actuellement est-ce que vous avez fait
des démarches auprès du gouvernement fédéral?
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard : Oui. Merci. La question est bien posée. Bon,
l'enjeu sur la forêt en Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent,
nécessairement, on sait qu'il y a une présence de la tordeuse des bourgeons
d'épinette. Comme le Bas-Saint-Laurent, exemple, est partagé en deux entre la forêt publique et
la forêt privée, nécessairement qu'il y
a des plans d'intervention
concernant la forêt publique. En général, on fait de la récupération. En
particulier, on fait plus de travaux sylvicoles pour ne pas donner de chance à la tordeuse de progresser trop rapidement
en faisant des éclaircies. Et on fait normalement des arrosages intensifs pour s'assurer de retarder
sa progression. En forêt privée, notamment en Gaspésie, actuellement, il y a un suivi
sur l'épidémie qui est en cours auprès des propriétaires.
Donc, pour répondre plus précisément, au ministre
fédéral, on a fait immédiatement une demande, on les a interpellés, on a discuté avec leur cabinet. On a fait une demande
écrite groupée aussi avec les différents partenaires que sont les
groupements forestiers, la Fédération des producteurs de bois, qui nous avaient
écrit là-dessus.
Pour
l'instant, il n'y a pas de déclencheur de mortalité. Toutefois, on fait un
suivi auprès des propriétaires. Chaque propriétaire
a eu une lettre pour leur expliquer un peu la démarche. Ça fait
partie aussi du
plan de l'orientation stratégique.
Mais tous nos
efforts sont mis pour aller chercher des sous parce qu'il y a un comité
conjoint qui a été constitué. On a envoyé le sous-ministre faire une
tournée là-bas pour faire un diagnostic, faire un plan pour éventuellement
aussi documenter s'il devait y avoir un plan d'intervention, quelles mesures
financières pourraient être apportées parce qu'historiquement
il y en a déjà eu, un plan d'intervention avec le fédéral sur la forêt privée
en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député.
M. Roy : En termes de
montant, est-ce que vous avez fait une demande chiffrée au gouvernement
fédéral?
M. Lessard :
La demande n'est pas chiffrée. Ce sera à la grandeur de l'épidémie sur les
plans d'intervention. Les représentations, je vois le ministre fédéral au
9 de juin au Yukon. C'est la rencontre fédérale-provinciale. On est très
insistants auprès du ministère.
Puis j'ai revu
récemment, en allant aux coops forestières... aux groupements forestiers, à
leur conseil d'administration, donc, tout le monde ont un tir groupé
actuellement de demandes auprès du ministère, auprès du ministre fédéral pour
intervenir en forêt privée.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député.
M. Roy :
Et votre ministère, est-ce que vous avez un plan de match pour soutenir la
forêt privée? Est-ce que vous avez
des sous? Parce que vous avez annoncé un 6 millions supplémentaire lors du
budget. Est-ce qu'une
partie de ces argents-là vont être attribués à la
lutte de la tordeuse chez les propriétaires privés?
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Évidemment, donc, il y a deux volets. Je dirais le premier, c'est le
28,5 millions de dollars. Il y a un programme qu'on a encore au
ministère, qui est le programme qui intervient auprès des agences de forêt
privée. Nécessairement que les sous qui
seront donnés en forêt privée en Gaspésie—Bas-Saint-Laurent devront être en lien avec
la tordeuse aussi des bourgeons d'épinette.
Comme je vous ai dit, il y a un plan
récupération. Donc, on va récolter des arbres dans le but d'éviter que la tordeuse les mange. Donc, nécessairement, dans le
6 millions, il devra y avoir des cibles pour éviter, donc, que la
tordeuse mange tout l'aspect — je vais dire ça de même — commercial des forêts qui sont encore saines
et qui pourraient être livrées.
Mais, nécessairement, on ne pourra pas avoir un
plan de récolte... en tout cas, que la tordeuse puisse tout le manger. Il faut
avoir un plan d'arrosage éventuellement. Même si c'est plus complexe
d'intervenir en forêt privée, il faudra le
faire. Ça a déjà été fait. C'est des petites parcelles avec de nombreux propriétaires. Je pense que la
démarche, actuellement, qu'on a demandée, c'est de l'organiser pour
avoir, donc, de l'arrosage ciblé dans les lieux d'infestation qui serait
plus élevée.
Mais, oui, autant le volet récolte que le volet
des 28,5 millions qui sont donnés aux agences doivent viser, nécessairement,
et intégrer le combat à la lutte à la tordeuse des bourgeons d'épinette.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Le plan de protection du caribou forestier, je
vais citer le premier ministre : «Pour moi, c'est très clair, jamais je ne
sacrifierai les emplois de l'industrie forestière pour un caribou.» Bon, entre
guillemets, votre plan, pour beaucoup d'intervenants, est un peu à l'envers. C'est-à-dire
que vous présentez d'abord des mesures de protection pour évaluer ensuite les conséquences socioéconomiques sur les communautés.
Donc, ça a fait sursauter un peu le monde en ce sens que, théoriquement, tu évalues les impacts d'une mesure, tu
ne fais pas la mesure pour, après, évaluer les impacts parce que ça crée
beaucoup d'incertitude. Et mettons que les acteurs de l'industrie se posent beaucoup
de questions à ce niveau-là.
Moi, la question
est très simple : Pourquoi vous avez débuté par un plan pour, par la
suite, évaluer les conséquences? Et pourquoi vous n'avez pas fait le
contraire?
M. Lessard : Oui, j'ai entendu... j'ai lu votre communiqué par rapport à ça. Puis on a rencontré... Donc, pour dire, pour la population qui ne suit pas le Plan de rétablissement du
caribou forestier, évidemment, il y a donc l'estimation. C'est une espèce vulnérable. La loi prévoit, quand l'espèce devient
vulnérable, qu'on doit faire un plan de rétablissement. Ils évaluent actuellement, selon des
inventaires qui sont imparfaits, mais ça fait
partie d'une des
actions, entre 6 500 et
8 000. Le plan de rétablissement viserait l'objectif de 11 000.
Dans le plan,
donc, il y a des mesures structurantes de grande ampleur. Donc, il contient un
plan à court terme et un plan à long terme qui prévoient ces mécanismes,
ces modalités pour s'assurer qu'on est cohérents dans la façon de le faire,
parce que vous avez posé la question, les gens se questionnent.
Alors, le plan
à court terme disait : On va protéger des massifs importants. Donc, la
première protection, c'est la limite
nordique, qui a été officialisée, au-delà de laquelle il y a 75 % de
l'habitat du caribou forestier. Donc, celle-là, elle existait déjà
depuis plusieurs années. Les scientifiques l'ont redocumentée pour être sûrs
qu'elle correspond encore aux enjeux écologiques ou l'habitat du caribou. Donc,
c'est une grande limite. Donc, ça, ça existe.
Maintenant,
il y avait des massifs importants, parce que le caribou, pour le protéger, il
faut protéger des massifs. Rappelez-vous,
il y avait une aire protégée dans la région de la Broadback. Dans la Broadback,
il y a des vieilles forêts, il y a
aussi l'habitat du caribou. Donc, on a posé un deuxième geste de protection par
souci de crédibilité, donc, de l'ordre de 9 000 kilomètres
carrés, 900 000 hectares de forêt pour protéger le caribou tout en
continuant d'exploiter le Nord.
Donc, ça a
valu des critiques, là, de certaines communautés autochtones en disant :
Oui, on a signé une entente avec la communauté crie, mais, oui, la
forêt, les activités forestières vont continuer dans le régime adapté. Puis là,
bien, il y a un COMEX, il y a un bureau qui
continue de faire l'évaluation, qui rend des décisions, puis on va accéder.
Troisième aspect, il y avait donc, toujours dans
la phase I, juste pour faire aussi l'explication à ceux qui nous écoutent, les montagnes blanches. On le sait, il y
a une présence d'une harde de caribous d'à peu près 1 000 de
population. Il y a déjà un espace protégé,
on veut l'agrandir, mais en faisant le travail avec la communauté innue, à ce
moment-là, et les communautés cries.
Donc, ça, c'est le premier geste crédible connu. C'est quelque chose qui était
déjà à la connaissance de chacun.
Maintenant, pour le reste, comment on va
procéder? Parce que 75 % de son habitat est en haut de la limite nordique, et le reste de la distribution du
25 % : petite harde en Abitibi, qui sont peu nombreux, petite harde à
Charlevoix et du côté de la Gaspésie, principalement au Lac-Saint-Jean. Alors
donc, ce qu'on dit, on va faire, un, des analyses socioéconomiques lorsqu'on aura à déterminer des aires protégées
additionnelles puis, deuxièmement, des inventaires, tous les inventaires qui sont mis à contribution,
s'il devait y avoir des impacts sur la forêt, c'est-à-dire la réduction
du nombre d'activités forestières, avant de poser tout geste additionnel de
protection.
Et c'est
là... J'ai rencontré, avec mon collègue de Dubuc lundi dernier, donc, tous les
maires concernés. D'ailleurs, avaient
fait l'objet d'un plan de consultation : les maires, les communautés
autochtones, alliance boréale. Donc, on est venus réexpliquer la
méthodologie et le mécanisme. On va savoir avant, un, c'est quoi, l'impact sur
les communautés puis, deuxièmement, est-ce
qu'on est capable de compenser les impacts par la disponibilité forestière, par
la forêt privée, par une stratégie d'aménagement intensif du bois, etc.,
là, les volumes non récoltés. Alors donc, il n'y aura pas de surprise pour
personne.
Le Président (M. Bérubé) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Merci, M. le Président. Dans le document Compétitivité de l'industrie
forestière au Québec , il y a un constat
qui ressort, c'est que l'atrophie de l'industrie forestière s'est faite en
corrélation avec la diminution de la possibilité forestière. Donc, les acteurs s'entendent que leurs possibilités
diminuaient ou, à tout le moins, le bois qui était alloué pour leur production diminuait, ont eu tendance à de
moins en moins investir dans la modernisation de leurs entreprises, ce
qui est tout à fait normal étant donné
l'imprévisibilité devant laquelle ils étaient. Donc, on a eu une baisse
continue, bon, de l'approvisionnement.
Et là on arrive avec quand même une stratégie qui donne un signal négatif aux
entreprises. Et là on s'en va vers quoi? Les gens sentent qu'ils s'en
vont vers encore une diminution.
Vous avez
souligné le fait que vous avez réfléchi à des stratégies, donc, entre autres, vers
la forêt privée, ce qui ferait en sorte peut-être d'appliquer la loi de
résidualité. Est-ce que vous avez l'intention de la pousser un peu plus, cette
résidualité-là dans l'avenir?
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Oui. Le principe de résidualité, normalement, on devrait se servir de la forêt
privée avant, lorsqu'ils veulent bien
le vendre à un prix qu'ils souhaitent vendre puis que l'acheteur veuille
l'acheter. Évidemment, c'est toujours la quadrature
du cercle là-dedans. Par la suite, on devrait combler les besoins par le
principe de la forêt publique, donc en y imposant le nouveau régime forestier
qui pourvoit donc 75 % de leurs besoins.
possibilité forestière, je tiens à le mentionner, il y a probablement plusieurs
années qu'on a surexploité la forêt. Ça
nous a amené le rapport Coulombe. Le rapport Coulombe a fait des
recommandations sur la limitation de la possibilité forestière et
d'adopter le régime à rendement soutenu, ce qui veut dire qu'on prélève seulement
les intérêts malgré les cycles économiques.
Alors donc, oui,
toutes les industries de sciage sont toutes plus équipées à scier du bois que
la forêt qui est disponible. Ils pourraient
donc scier trois quarts de travail s'ils étaient capables de trouver le
personnel pour tout ça et scier un maximum de bois que la forêt ne peut
pas leur pourvoir actuellement.
introduit la notion de rendement durable. Pourquoi ne pas tenir compte du
rendement durable? C'est-à-dire qu'en
période d'activité économique où ça va
bien on en coupe plus puis, en période où ça va moins bien, bien, évidemment,
on en coupe moins. Mais, sur un horizon plus long, on arrive à maintenir
l'équilibre de la forêt.
Si vous vous souvenez
bien... parce que c'étaient des questions, là, le coût de la fibre. Alors,
depuis plusieurs années, tout le monde dit : Au Québec, le coût de la fibre est trop élevé. Bien, en
fait, je veux remercier les entreprises et le Conseil de l'industrie forestière. On a fait une étude comparative Québec-Ontario
avec AECOM, Tembec et Résolu, qui ont
des activités de sciage d'un bord et de l'autre de la
frontière du Québec et de l'Ontario. Grosso modo, ce que ça vient établir une fois pour toutes au gouvernement du Québec, le ministère
des Finances a rendu public ce
fascicule que j'invite tout le monde à aller lire : au Québec le coût de la fibre est plus élevé qu'en Ontario,
de la forêt jusqu'à l'usine de sciage.
Dans l'usine de sciage, au Québec, on est plus performants que les usines de l'Ontario.
Et cet avantage-là, il est considérable,
mais il est aussi diminué par le fait que la forêt ontarienne a des plus gros
arbres que la forêt du Québec, ce qui veut dire que les sous-produits
sont vendus puis valorisés plus chers que les produits du Québec.
Donc,
le gouvernement en a tenu compte, a dit : Bien, voici, c'est
vrai que c'est plus cher. Maintenant, quand c'est plus cher... bon, le budget est accompagné aussi de mesures de l'ordre
de 250 millions sur cinq ans. Alors donc, on vient réduire le coût de la fibre, donc l'écart de
compétitivité Québec-Ontario, et on place les entreprises dans un mode investissement puisqu'il y avait des mesures aussi
pour le volet hydroélectricité pour les entreprises qui voudront
investir.
Alors, oui, la
possibilité forestière, qui est évaluée aux cinq ans, avait diminué
dépendamment où est-ce qu'on est. Il
y a des régions où ça avait monté,
d'autres, ça a été égal. Mais, oui, les entreprises de sciage
pourraient prendre plus de volume si
on en avait de disponible. Sinon, ils sont obligés de s'approvisionner en forêt
privée qui est présente. On voit
qu'il y a quand même quelques difficultés sur les livraisons, l'organisation. Il y a des régions où ça va bien, des régions où ça va moins bien. Puis on a un objectif, avec
la forêt privée, de livrer plus de bois parce qu'avec les 130 000 propriétaires actuellement on
ne livrait que 4,1 millions de mètres cubes. Notre objectif, c'est de
monter à 6,4. C'est pour ça qu'on a déposé un plan.
Puis
je vais terminer là-dessus pour que vous ayez la chance de poser d'autres
questions parce que je pourrais en parler trop longtemps. Merci.
Le Président
(M. Bérubé) : M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
Si on parle de baisse de
possibilités, on parle aussi de baisse de revenus pour le gouvernement. Est-ce que vous avez dans
vos cartons l'intention d'augmenter les redevances au mètre cube pour compenser
la perte de revenus liée à une baisse potentielle?
M. Lessard : Disons qu'en fait comment ça fonctionne, c'est
75 %... Bon, le régime, c'est divisé comme suit. Le Bureau de mise en marché du Québec
va mettre en marché le bois... 25 % de la possibilité forestière. Les
garanties d'approvisionnement, donc, ça
représente 75 %, maximum, pour ceux dont la présence forestière... jusqu'à
un maximum de 75 %. Puis, pour
le reste, nécessairement, ils doivent s'approvisionner avec la forêt
privée. On est venus baisser le coût de chaque mètre cube au Québec en révisant les méthodes du Bureau de mise en
marché. Donc, notre objectif, ce n'est pas aller chercher plus de revenus dans les poches de ceux qui exploitent la
forêt, ça a été plutôt de réduire le fardeau qu'avaient les propriétaires du Québec,
les industriels du Québec par rapport à l'Ontario et à d'autres. Donc, qui disent : Ça
coûte trop cher l'opérer au Québec, c'est pour ça qu'on investit moins.
Donc,
on baisse le coût de la fibre au Québec, on stimule la production de livraison de forêts
privées, puis on espère qu'avec tout
ça on améliore les livraisons. C'est ce que le Conseil de l'industrie
forestière nous a dit et la Fédération
de producteurs de bois : Si vous avez
des mesures structurantes pour réduire l'inéquité de compétitivité Québec-Ontario,
on pense qu'on va faire plus de livraisons
en mètres cubes, ce qui sera bon pour le Québec et ce qui sera bon pour
le secteur de l'industrie, pour ceux qui donnent de l'ouvrage.
Alors,
en général, non, on ne va pas piger plus. On vient de se
priver de 250 millions sur cinq ans, 230 millions sur cinq ans de revenus, pensant que le marché
pourrait nous procurer plus de volume, surtout qu'actuellement le marché, aux États-Unis, a atteint les 1 million de mises
en chantier, et c'est du bois du Québec qui va principalement là.
Le Président
(M. Bérubé) : M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
M. le ministre, vous travaillez sur des hypothèses, mais, concrètement, nous,
ce qu'on veut savoir, c'est : En
cas de diminution des revenus liés à la diminution des volumes, est-ce que vous
comptez augmenter, oui ou non, les redevances au mètre cube? C'est juste
une question.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
La redevance sur le mètre cube... Bon, le prix du mètre cube est déterminé par
le marché. Quand le panier de produits
aux États-Unis monte, donc quand ils paient plus cher le deux-par-quatre, le
deux-par-dix, le deux-par-huit, etc.,
bien, nous, normalement, la redevance, elle monte. On a vu que, hein, tu as le
régime Ontario, le régime québécois.
C'est le marché qui dicte le prix et non pas l'État. Donc, si, aux États-Unis
quand la demande est plus forte... 1 million
de mises en chantier, on a vu les prix monter. Après ça, on a vu que tout le
monde a envoyé du bois, puis le prix a
rebaissé. Mais le prix du produit fini détermine le coût. Alors, c'est sûr que,
quand le marché est moins bon, bien, tu le paies moins cher. Puis, si le
marché est meilleur, bien, tu le paies plus cher. Puis, grosso modo, c'est
l'argent...
Par exemple,
votre question n'est pas dénudée de sens. Les Québécois sont propriétaires de
la forêt à plus de 90 %. Quand
on vend un arbre à un forestier pour le transformer, le forestier en paie le
coût de l'achat de l'arbre et il paie une redevance, c'est-à-dire pour avoir une garantie d'approvisionnement. Et
c'est avec cet argent-là qu'on prend pour redonner aux travaux
sylvicoles, pour faire 225 millions de travaux sylvicoles.
Alors, ce
qu'on a dit, cette année : Voici, on a dit à tous les regroupements
forestiers, à tous ceux qui travaillent en travaux sylvicoles... On annonce le 225 millions pour une
troisième année consécutive, mais on vous dit : C'est une année de transition. Pourquoi? Parce que l'Accord
de bois d'oeuvre est terminé. Moi, je ne sais pas le comportement du gouvernement américain, s'il va resserrer ses
frontières, s'il va y avoir moins de livraisons. On a baissé le coût de la
firme, c'est-à-dire que l'État se prive
d'argent pour rendre plus compétitif son secteur. Puis, si l'effet de toutes
ces mesures-là fait en sorte qu'il
rentre moins d'argent pour l'État, bien, durant l'année, on devra suivre les
travaux sylvicoles en disant : Attention! On ne peut pas dépenser
plus qu'on reçoit.
Alors, le message est envoyé à tout le
monde : C'est une année de transition.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député de Bonaventure, une minute.
M. Roy :
Écoutez, par rapport à l'Ontario, en tout cas, selon la compréhension que j'en
ai, ils sont plus performants parce
que leur panier de produits est plus large. Comment expliquez-vous que nous
soyons moins diversifiés au niveau de la production puis qu'eux aient un
panier de produits plus important que nous?
M. Lessard : La
forêt, là-bas, a des plus gros arbres. Est-ce que, pendant la période de crise,
on a récolté nos meilleurs arbres ici? Je ne
pourrais pas dire. Là-bas, les arbres sont plus gros, la destination du bois
peut être autre, ce qui fait que,
nécessairement, ça prend moins d'arbres pour remplir le voyage. Alors, nous, on
doit s'éloigner de plus en plus de la forêt.
Ce qu'on ne peut pas changer, c'est la forêt,
son comportement nordique. Nécessairement, un arbre au nord, ici, a pris 125 à 175 ans... Est-ce qu'il y a
plus de feux de forêt qui permettent de régénérer la forêt plus rapidement
ou pas? Alors donc, la disponibilité de la forêt, on la prend comme elle est,
malheureusement.
Président (M. Bérubé) : Merci, M. le ministre. Je suis
maintenant prêt à reconnaître une première intervention du groupe
parlementaire formant le gouvernement. Et je reconnais M. le député de Chapleau
pour un premier bloc de 20 minutes avec ses collègues.
M. Carrière :
Merci beaucoup, M. le Président. À mon tour de vous saluer avec toute votre
équipe qui est ici, mes collègues
également du côté ministériel et des deux oppositions. Vous ne serez pas
surpris si je commence par vous parler
d'un dossier qui est cher chez nous, en Outaouais. Vraiment, en Outaouais,
c'est de la forêt mixte, c'est de la forêt feuillue. Donc, ça vient
encore une fois complexifier, là, tout ce qui se fait en forêt.
Sur les 28,
30 essences qu'il peut y avoir dans l'Outaouais et dans les Laurentides,
il y a peut-être une vingtaine d'essences
où il n'y a à peu près pas de preneur. Donc, quand on va faire des interventions
en forêt, ça vient complexifier pour
les industries, et ça fait en sorte que ça coûte plus cher. Vous en avez parlé
tantôt, là, les coûts de la fibre en forêt sont plus élevés au Québec.
C'est surtout vrai en Outaouais et dans les Laurentides quand les industries
vont faire des opérations.
Vous avez
également mentionné qu'en usine le Québec est souvent beaucoup plus performant.
Donc, ça m'amène à parler du dossier Lauzon-Fortress. Et, premièrement,
je veux commencer par vous remercier et remercier toute votre équipe, autant l'équipe des sous-ministres, qui
ont travaillé vraiment fort sur le dossier, que le groupe, là, en
Outaouais, le directeur régional, Pierre Ménard, qui a fait, avec son équipe...
qui ont fait un travail formidable. Il y a eu une entente sur la
caractérisation des bois qui s'est faite, qui a été déposée le 9 décembre.
Et la
prétention d'Industries Lauzon, c'est que leurs opérations en forêt faisaient
en sorte que la matrice, vous savez, on l'a entendu souvent et on n'a
pas fini de l'entendre... faisaient en sorte que, souvent, les calculs sont
faits qu'il y a beaucoup plus de pâte que de sciage. Donc, ça vient en quelque
sorte, entre guillemets, pénaliser les scieurs. Et cette étude-là est venue confirmer que ce que le
ministère et Lauzon faisaient, effectivement, il y a plus de sciage que ce
qu'on pensait. Souvent, le ratio, là, qui
était à 75 %, 25 % pâtes et sciage, maintenant, c'est plus 60 %
en sciage et 40 % en pâte.
Et ce qui est vraiment intéressant dans le
rapport qui vous a été soumis... Et là-dessus il y avait le Forestier en chef, il y avait le ministère, il y avait
FPInnovations également, là, qui ont participé à ce projet-là... non,
FPInnovations, excusez-moi... et Lauzon, naturellement. Et il y a eu des
constats qui ont été faits.
Puis
la première question : Est-ce que les pratiques que Lauzon fait en forêt
sont durables? Et la réponse, c'est oui. Je pense que tout le monde a été un peu surpris, surtout dans les...
quand... l'avis du Forestier en chef, qui confirme que les nouvelles
pratiques sont durables et génèrent davantage de bois d'oeuvre et moins de
qualité de trituration pour les érables, parce que c'est important de savoir que Lauzon, ce qu'il a
besoin pour son usine, je dirais, c'est à 80 %, 85 % de l'érable.
Il fait des planchers de bois franc qu'il vend à travers le monde. Et l'autre
constat qui a été fait, c'est que les pratiques
sylvicoles en cours n'allongent pas la période de rotation pour reconstituer le
volume de bois d'oeuvre récolté. Donc, c'est deux constats qui sont
importants.
Premièrement, ce qui
est fait en forêt en collaboration avec l'industrie et le ministère, ça ne
vient pas mettre en péril les stocks qu'il y
a dans les forêts. Et il y a davantage de bois d'oeuvre qui en ressort, là, selon
l'étude qui a été faite. J'ai eu le plaisir d'aller à plusieurs reprises
dans le bois, en forêt, constater les opérations forestières. C'est une
nouvelle façon de faire en forêt feuillue. Et j'ai été à même de constater
qu'il y avait beaucoup moins de bois qui était laissé sur le parterre de coupe.
Et là la prétention... Et vous avez fait des correctifs.
Et là ce qu'il est
important de savoir aussi, c'est que les deux usines, Fortress et Lauzon, sont
une à côté de l'autre. Une a besoin de pâte,
l'autre a besoin de sciage. Et tout ce qui est scié chez Lauzon, toutes les
sciures et les copeaux, retourne à l'usine de pâte chez Fortress.
Donc,
j'aimerais vous entendre un peu sur, premièrement, les constats qui sont
déployés dans cet ouvrage-là et votre vue un peu sur cette dynamique-là,
là, qu'on a pu constater suite à tous les travaux qui ont été faits.
Le Président
(M. Bérubé) : M. le ministre.
M. Lessard :
Oui, merci, M. le Président. Merci. La question a fait une bonne introduction
sur l'enjeu. Bon, la forêt mixte au
Québec, je pense que c'est un régime forestier bien adapté dans une forêt
homogène, la mise en marché du bois,
les bureaux des ventes. Donc on voit que le régime fonctionne bien. Au
Lac-Saint-Jean... Aussitôt que ça devient plus feuillu, les inventaires, c'est plus compliqué, les systèmes de
détection, les opérateurs. Il y a des régions où est-ce que des opérateurs ont disparu, ce qui vous laisse,
dans une forêt mixte... Lorsque tu appelles les opérateurs de la forêt,
donc les industriels...
Vous
avez bien mentionné le nombre d'essences puis le nombre de preneurs par
essence. Qu'est-ce qu'on fait quand
on rencontre une talle de cèdres puis personne ne veut du cèdre? Doit-on la
couper? Ça augmente tes coûts si toi, tu ne la transformes pas. Et d'autres essences moins... comme le tremble,
le bouleau, etc. Donc, il y a eu une déstructuration, nécessairement, du
tissu dans certaines régions, qui fait qu'il n'y a plus d'opérateur pour ce
groupe d'essences là.
Principalement,
Lauzon et Fortress, ça nous a forcés beaucoup, M. le Président. Dans la
dernière année, il y a eu une vingtaine
de rencontres juste pour essayer de comprendre les enjeux parce que Lauzon est
une personne qui nous pousse vers l'avant dans sa réflexion, sa façon
d'opérer. Lui, comme vous l'avez bien mentionné, plus de sciage. Lui, il est l'opérateur intégré de Fortress. Fortress fait de
la pâte spéciale qu'il exporte, et Lauzon est son opérateur, va chercher
l'arbre en entier dans le bois.
la façon dont le ministère calcule sa répartition entre le bois de sciage, de
déroulage, de bois de pâte, etc., c'est toujours sur le même arbre, le même arbre pour deux clients différents.
Parfois, il y en a trois, des fois, il y en a quatre. Alors, dépendamment, si c'est pour faire des
panneaux de contreplaqué, ou si c'est pour faire du plancher, ou si c'est
pour faire de la pâte, bien, c'est tout le
temps dans le même arbre, là, il n'y a pas un arbre à pâte puis un arbre à
feuillu qui ne fait que ça. Donc, en général, il y a une compétition sur
l'arbre.
Alors,
de la façon dont opère actuellement Lauzon pour maximiser, lui, le fait de
faire du plancher puis donner de la qualité aux essences qu'il récolte,
en même temps, servir son client, puisque c'est dans la même cour... Alors, on
voit arriver beaucoup ce genre de cours là,
de triage, qui dit : Bien, moi, je vais scier le bout qui me concerne pour
faire du plancher, puis les bouts de
tête, là, on pourrait les envoyer à la pâte. Ils le mettent dans le traitement,
là, pour le rendre en copeaux ou le rendre en... la matière pour être
utilisée dans l'usine.
Grosso
modo, on a signé un protocole d'entente, on a cru Lauzon, qu'il pouvait, lui,
dans sa façon de faire, avoir un meilleur rendement planche pour ses
opérations et laisser moins de biomasse forestière derrière lui tout en
respectant les couverts de biomasse pareil.
Alors donc, il y a eu une étude de faite avec la direction régionale, les
représentants de Lauzon et de
Fortress, le Bureau du Forestier en chef, que vous avez mentionnée. Est-ce que
sa façon de... Est-ce qu'il est en
train d'aller choisir les meilleurs sujets partout dans les meilleures régions
forestières et il est en train d'amputer la forêt sur la rotation éventuellement? Le Forestier en chef a
dit non. C'est la façon de procéder. Lui, il dit : Moi, je vais même
au-delà des premières branches, j'enlève les
grosses branches, j'utilise les grosses branches pour faire un rendement
additionnel. Pourriez-vous regarder cet aspect-là puisque j'opère, selon ses
prétentions, peut-être mieux et plus que les autres?
Donc,
le travail a permis de faire... Puis là on a eu une reddition de comptes de ça.
On a dû rebalancer ces essences pour
donner raison à Lauzon, d'une certaine façon, dans le traitement de sa garantie
d'approvisionnement. Maintenant, il pose
la question : Dans ma façon d'opérer, en produisant plus de valeur, est-ce
que vous ne pourriez pas revoir ma garantie d'approvisionnement? Alors, ça me force d'aller dans mes derniers
retranchements, qui est de faire regarder le Forestier en chef, sur sa
façon d'opérer, par le nouveau Forestier en chef.
Puis,
deuxièmement, ça me force à aller voir aussi M. Beauregard, de la Faculté
de foresterie à l'Université Laval, qui
a produit un rapport lors du dernier rendez-vous sur la forêt, qui, lui, l'a intitulé La production de valeur .
Et est-ce que, de
la façon dont Lauzon opère, il produit plus de valeur et est-ce que
cette valeur-là pourrait avoir un impact sur la possibilité forestière lorsqu'on
lui attribue sa garantie? Donc, il y
a deux chantiers d'ouverts actuellement. Puis on devra répondre à cette question-là parce que, de la
façon dont il le fait, on est obligés d'aller mesurer l'impact que ça pourrait avoir.
Le Président
(M. Bérubé) : M. le député de Chapleau.
M. Carrière : Merci,
M. le Président. Alors, je vais vous
amener sur le chantier sur la forêt feuillue. En 2011‑2012, après... parce
que, dans une autre vie, j'ai été
président de la Conférence régionale
des élus en Outaouais,
j'ai été président de la commission des ressources
naturelles et du territoire,
la CRRNTO, O pour «Outaouais», et on a... Et, comme on parlait tantôt, la
forêt feuillue, on ne fait pas les mêmes applications que sur de la forêt de
résineux, etc. Donc, il a été lancé, avec, à
l'époque, l'ancienne présidente du
Conseil du trésor, qui était à la
fois ministre responsable des Laurentides, et... en Outaouais, hein, le chantier sur la forêt feuillue, dans le fond... et il y avait eu des sommes d'attribuées là-dessus.
J'aimerais
vous entendre. Où on en est rendus
avec toute la question du chantier sur la forêt feuillue? Il y avait trois grands objectifs :
améliorer la contribution de la forêt feuillue à la richesse collective,
identifier des solutions structurantes aux problèmes
récurrents rencontrés en forêt feuillue et définir pour chaque région concernée
une stratégie de revitalisation de la
forêt feuillue parce qu'il y a eu longtemps... comme vous disiez tantôt, là, à l'époque, on
allait chercher la crème, et le reste
était laissé en forêt. Ça a eu des conséquences sur les populations
de chênes, d'érables, de pins blancs, etc. Donc, j'aimerais vous
entendre sur où on en est sur le chantier de la forêt feuillue.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard : Oui, merci. Donc, évidemment, vous l'avez
mentionné, il y avait un budget qui avait été annoncé avec ça sur différentes interventions. En gros,
là... Prenez juste dans le Pontiac quand l'usine a fermé, la papetière, tu te
dis : Bon, quand il n'y a plus personne qui prend de bois de pâte... on
fait quoi quand on rencontre du bois de pâte quand
il n'y a plus de papetière? Grosse difficulté.
Juste à penser à Chandler, là, quand la papetière a fermé. Qu'est-ce qu'on fait quand il n'y a plus de papetière qui
récolte la forêt, dépendamment des essences qui sont disponibles? Alors,
oui, il fallait donc aider l'industriel
à le récolter pareil, à l'amener plus loin. Puis lui, il dit : Oui, mais,
quand je le récolte, il faut que je
l'envoie à quelqu'un qui va être un preneur. Ce preneur-là est, des
fois, peut-être même en dehors de ma région ou à des
kilomètres, tellement loin... Donc, on a dû faire des mesures d'aide financière
additionnelle. On a dit : Oui, O.K. Je comprends, quand tu vas rencontrer du tremble
puis du bouleau, peut-être que je devrai te payer plus pour ne pas le laisser dans le bois parce que,
si tu fais le tour puis que tu récoltes alentour, il va mourir pareil parce que
tu as enlevé toute sa zone de protection. Alors donc, ça n'a pas de bon
sens.
Alors, on a
dû payer des taux d'aide additionnels puis variables, là, selon les distances
entre la forêt puis les usines. On a dû aussi faire en sorte que les
mesures d'implantation de cours de triage... Puis là on le fait beaucoup. Même,
je regarde, là, je regarde avec Domtar, qui
est un grand preneur de forêt feuillue, qui s'est implantée dans les cours de
triage, autant du secteur de Maniwaki, qui
s'est implanté dans la cour de triage ici, Scierie Leduc, à Québec,
il l'a fait dans les Laurentides, donc là où on amène la forêt.
Exemple,
Louisiana-Pacifique, qui opère avec Résolu à Maniwaki. Ils ont une même cour,
ils font des opérations. On laisse
sécher ce bois-là plus longtemps avec Domtar en disant : Je ne veux pas
transporter de l'eau qui est dans l'arbre. Donc, il y a des aides comme
ça pour permettre d'aller récolter puis donner de la valeur à ce chantier-là,
donc, et des modulations de traitement
sylvicole qui est basé aussi sur des rendements financiers. Il faut tenir
compte du rendement financier. Alors donc, ça nous a permis
d'intervenir.
Parfois, on
est chanceux puis il y a un nouvel intervenant qui arrive. Exemple, à
Amos... Je vois mon collègue d'Abitibi,
qui, donc, a acheté des anciens équipements à Amos et qui a investi plus de 60 millions de dollars pour faire du LVL puis faire du panneau. Donc, là, il va utiliser du tremble, il va
utiliser du bouleau. Ça va libérer d'autres strates de forêt. Alors, parfois, on est chanceux d'avoir un nouvel
opérateur, mais, quand on n'en a pas, nécessairement, ça prend des projets pilotes,
comme il y a en Outaouais entre les entreprises, pour voir comment
on peut maximiser le coût économique
d'aller récolter de la forêt et quel usage on peut trouver aussi, donc, l'innovation,
comme FPInnovations.
Donc, dans le chantier innovation à l'automne, nécessairement,
il va falloir continuer d'être intéressés à la question sur le feuillu. 85 % de la forêt qu'on traite au Québec, c'est
du résineux, 15 %, c'est du feuillu. Mais le feuillu est important,
il est très stratégique dans les régions.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député de Chapleau.
M. Carrière :
Ah! merci. Oui, effectivement, c'est 15 % au Québec, mais, en
Outaouais-Laurentides, c'est 100 %.
M. Lessard :
100 %, c'est ça.
M. Carrière :
Donc, effectivement, c'est un enjeu majeur pour nous. Je m'en voudrais, dans le
bloc qu'il me reste, de ne pas vous
parler de faune. Premièrement, je veux vous féliciter. Vendredi, jeudi dernier
ou, en tout cas, la semaine dernière,
vous avez lancé le tout premier Plan de gestion du dindon sauvage. Je fais
souvent la blague, mais c'est peut-être... ce n'est pas si une blague que ça que je réclame la paternité d'à peu
près tous les dindons qu'il y a au Québec parce qu'à l'époque que j'étais maire et préfet de MRC j'ai
mis sur pied la réintroduction du dindon sauvage. Et c'est un succès,
c'est un succès. Je regarde chez nous, en Outaouais, on en a réintroduit, en
2000, 50 dans deux municipalités différentes, Val-des-Monts,
La Pêche. 2002, un autre 25, 25 aux mêmes endroits. Aujourd'hui, le
cheptel de dindons sauvages est autour
de 15 000 à 17 000 juste en Outaouais. Donc, c'est un succès. Il y a
de plus en plus de chasseurs. Je pense que c'est une activité très intéressante. Ceux qui n'ont jamais eu le bonheur de
chasser le dindon, je vous invite en Outaouais. C'est, au Québec, un des meilleurs endroits pour le chasser.
Donc, bravo! Je pense que c'est important. Vous le considérez comme un
gros gibier, comme l'orignal, comme le chevreuil, comme l'ours, etc. Donc, je
pense que c'est un pas intéressant.
Le ministère
a souvent parlé de conservation de la faune et pas souvent de mise en valeur de
la faune, à moins que ça soit une
mauvaise perception. Et je sais que vous avez cette orientation-là de plus en
plus. Je pense que, pour le monde rural,
c'est quelque chose d'intéressant. Moi, annuellement, je vais faire mon pèlerinage
dans les comtés de mes voisins, à Matane ou dans les Chics-Chocs. Cette année, je
vais dans Dunière. Je crois que c'est dans le comté de Bonaventure — ah! c'est encore dans le comté de
Matane? — donc,
où c'est le paradis de l'orignal.
Ça m'amène au
Plan de gestion de l'orignal. En Outaouais, on a connu les belles... Outaouais
puis peut-être une
partie du sud de
la zone 12, zone 10 et 12, où ça a déjà été un excellent endroit pour
l'orignal, mais on voit qu'il y a eu une grande, grande baisse dans les
années. Le chevreuil a monté, je ne sais pas, dans le Nord. Je ne sais pas si
ça a eu des conséquences néfastes. Et
j'aimerais vous entendre sur les différents plans de gestion de l'orignal. Il a
été un temps où il y en avait trop.
Il y a eu des mesures qui ont été prises, là, pour les réduire dans les
zones 1 et 2. Chez nous, il n'y en a pas assez. Donc, c'est de voir
comment on peut l'augmenter.
Je lisais,
dans les notes, qu'il y a eu une augmentation de 25 % en Outaouais sur
cinq ans, mais, quand on passe de
1,6 orignal au 10 kilomètres carrés à deux orignaux au
10 kilomètres carrés, le 0,4 orignal, là, tu as beau... tu peux
le chercher longtemps dans le
10 kilomètres carré. Donc, j'aimerais un petit peu vous entendre sur votre
vue, là, du ministère par rapport aux différents plans de gestion mais
peut-être spécifiquement, là, sur l'orignal.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Bien, d'entrée de jeu, là, comme je parle au père du plan de gestion du dindon,
en fait, et très actif du côté cette
année... du ministère de la Faune... Donc, toujours rappeler, il y a le volet
protection, il y a le volet conservation et le volet mise en valeur qu'on va piloter. Il faut juste rappeler que
le volet protection, on a, en rehaussant le coût des permis, qu'on évalue à peu près à 5 millions,
qu'on allait recevoir pour permettre de bien financer... On a
réembauché, en passant, les 16 jeunes
qui avaient été mis à pied plus une cohorte de 24 sur le volet... Et il y a
deux cohortes qui vont rentrer à l'école bientôt. Donc, on s'assure
qu'il y a renouvellement.
Volet, donc, conservation, souvent, les
botanistes ont beaucoup travaillé, ça fait que j'ai des plans de gestion. Donc, le premier plan de gestion du dindon... Il y
a eu aussi le premier plan de gestion véritable du saumon de
l'Atlantique qui a été déposé. Donc, il y a
beaucoup de plans de gestion puis il y en a d'autres qui ne sont pas encore
arrivés à terme mais qui font l'objet d'évaluations périodiques, donc,
dont le Plan de gestion de l'orignal. Il est actuellement sous analyse. Grosso modo, donc, on regarde qu'est-ce qui se
passe avec l'animal, c'est quoi, son taux de présence dans un
territoire. Donc, c'est réparti à travers le
Québec dépendamment de son taux de présence et de certaines régions plus
homogènes que d'autres.
nécessairement, quand sa présence est trop importante à l'hectare, bien,
nécessairement, on a des règles et des modalités
de chasse. Comme l'année dernière, ça a été une année, on disait, permissive,
on pouvait récolter les trois. Puis, dans des secteurs où est-ce qu'il y
a moins d'orignaux à l'hectare, bien, on doit intervenir. Donc, les modalités
seront rendues bientôt, mises à jour. Pour être capables d'intervenir là où le
nombre d'orignaux par hectare a été moindre, nécessairement,
on va être moins permissifs, on va même éviter, peut-être, l'alternance,
dépendamment... les modalités de chasse vont être adaptées.
Alors, dans
les prochains jours, on devrait voir apparaître le rapport de mi-parcours pour
faire les ajustements pour qu'on puisse connaître à l'automne où est-ce
qu'on va continuer de chasser. Mais, à ceux qui nous écoutent, là, en Gaspésie, ici, à Québec, sur les terres du
séminaire, il faut faire des gestes qu'on fait pour diminuer les cheptels, étant donné que la présence à l'hectare est
très, très élevée.
Président (M. Bérubé) : Merci, M.
le ministre. Il reste
15 secondes. On peut le reporter sur votre prochain bloc.
Et je
passerai au représentant de la deuxième opposition, M. le député de Masson, pour un bloc de 20 minutes, un
premier bloc.
M. Lemay : Merci, M. le Président. Donc, M. le ministre, ma première question va porter sur les permis de pêche. Vous savez, en 2015 il y a eu une modification importante à la grille tarifaire — et
puis si on regarde plus particulièrement les permis de pêche réguliers — de
plus de 42 %, M. le ministre, ce
qui est... c'est énorme. Si on regarde en moyenne, les autres types de
permis ont augmenté, là, de 2,4 %, mais 42 % pour les permis
réguliers, c'est quand même un choc tarifaire
important. Et puis les permis de pêche, c'est un accès pour les touristes
aussi. Donc, ça fait en sorte que c'est une activité qui est pratiquée
par une bonne portion de la population, mais c'est 54 000 permis de
moins qu'on a eus en 2015. Moi, je le mets
en lien directement avec la hausse de 42 %. Et puis, vous savez, sur nos
plans d'eau, il faut en profiter, mais il me semble que d'augmenter les
tarifs de 42 % — en
fait, c'est 42,37 % — bien,
ça donne une barrière à la promotion, là, tu
sais, à l'activité de pêche, alors que votre rôle est plutôt d'en faire la
promotion. Comment est-ce que vous pouvez expliquer cette hausse de
42 %, M. le ministre?
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Oui, c'est ça, quand on veut indiquer une hausse, on le met en pourcentage. Tu
sais, si ça coûte 1 $, le lendemain, ça te coûte 2 $, on va
dire : Écoute, ils viennent de monter de 100 %.
Alors donc,
les permis au Québec... On a eu la réflexion suivante avec les fédérations. En
2009, les fédérations ont dit :
Nous, là, on veut faire du réinvestissement faunique, on est pour augmenter les
permis. Ça a été une augmentation à peu près du même chiffre sur le
résultat net, à peu près 5 millions. Ce 5 millions là, ils ont
dit : C'est pour le fonds de réinvestissement. Pendant ce temps-là, le
ministère était déficitaire d'un montant à peu près équivalent.
Alors, je tiens à le dire à ceux qui nous écoutent : La
réflexion de l'an dernier, avant d'envisager l'augmentation des permis pour bien financer le ministère de l'ordre
de 5 millions de dollars, on a posé la question suivante aux
fédérations : Il serait
très facile de ne pas monter les coûts des permis puisque, dans le coût du
permis actuellement, il y a un 5 millions de dollars qui pourvoirait aux besoins du ministère. Êtes-vous pour le
maintien du fonds de réinvestissement ou le fait que le ministère devra augmenter ses tarifs pour aller chercher le
5 millions? La question a été posée, la question a été répondue, à
savoir maintien du fonds de réinvestissement — qui est déjà dans le coût des
permis depuis 2009 — et
financez votre ministère. Maintenant, ils ne
nous ont pas dit : Augmente le coût du permis du chevreuil, mais ne
monte pas celui-là du saumon, etc. Alors, ce
qu'on a fait, on a fait une étude. Nécessairement, on cherche de l'ordre de
5 millions. Alors, 700 000 pêcheurs,
400 000 chasseurs... On veut certains permis.
J'en arrive
au permis annuel, évidemment, qui était, avant, à 20,96 $, qui est monté à
29,84 $. Donc, cette mesure-là plus
d'autres ont fait en sorte qu'on puisse aller récupérer des montants de l'ordre
de 5 millions de dollars. Maintenant, l'impact... Évidemment, ce n'est pas tout le monde qui va continuer de
prendre le permis annuel. Et comment ne pas les pénaliser? Donc, vous avez vu qu'on avait aussi diminué les permis un
jour, trois jours. Alors, les personnes, elles ont évalué durant l'année : Est-ce que je pêche
sur une base année ou moins souvent? Donc, il y a diminution du permis
annuel, du nombre de personnes qui l'a acheté, puis il y a une augmentation des
permis un jour, trois jours.
M. Lemay :
Merci, M. le ministre. Vous savez, tous les permis ont augmenté en 2015, là.
C'est de l'ordre de 2,4 % ou, des fois, 4,69 %. 42 %,
13 %, 34 %... Au final, le nombre d'utilisateurs qui ont acheté des
permis de pêche en 2015 est moindre qu'en
2014, là. Il y a 54 000 pêcheurs de moins qui ont pris leur permis
annuel. Vous dites qu'il y a eu une augmentation, peut-être, pour le
permis trois jours, mais, au total, ça donne près de 31 000 personnes
de moins qui ont pris des permis pour toute la saison 2015.
Et puis,
quand on regarde aussi, là, souvent, sur des rivières ou des pourvoiries, là,
il y a des droits d'accès. Bon, il y a le permis. Des fois, on va
prévoir nos vacances de pêche, donc on va avoir de l'hébergement. Bon, quand on
additionne tous ces coûts-là puis qu'on
additionne aussi toutes les hausses de tarifs, de taxes, qu'il y a eu au Québec
depuis les deux dernières années, on le
sait, c'est environ 1 500 $ de plus par famille en fardeau fiscal,
bien, tu sais, c'est des coûts qui
s'additionnent, qui fait en sorte qu'à un moment donné la personne, elle va
décider : Bien, cette année, peut-être que je n'irai pas à la pêche, je ne prendrai pas mon permis. Je
comprends que ça donne des revenus supplémentaires à votre ministère,
c'est mentionné dans le tableau, que c'est 3,4 millions supplémentaires
que vous avez obtenus, dont spécifiquement
pour les permis réguliers, plus de 3 millions juste pour ça, mais
54 000 pêcheurs de moins, est-ce qu'on peut se dire que... C'est quoi, l'impact sur nos commerçants? Est-ce qu'on a
fait l'évaluation de l'impact sur nos commerçants, de savoir :
Est-ce qu'il y a eu un impact commercial? Vous avez peut-être eu
3 millions de plus, mais, je veux dire, à quelque part, il y a des gens qui n'achètent pas leur équipement de pêche,
qui ne feront pas leur séjour de pêche. Même si, des fois, vous dites : C'est un permis annuel, mais il y a
plusieurs personnes qui prennent le permis annuel puis qui vont
peut-être y aller à deux, trois occasions, là, dans l'été. Ce n'est pas trois
jours consécutifs, là.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Bien, premièrement, donc, les permis... Vous avez dit : Tous les permis
ont monté. Évidemment, tous les permis sont indexés. Alors donc,
l'indexation de tous les permis, c'est normal, c'est déjà dans le coût. Les
permis qui ont monté, c'est le permis de
pêche, chasse à l'orignal, surtout des permis de non-résidents. Donc, les non-résidents,
on a fait une analyse comparative
Québec-Ontario, avec les autres provinces de l'Ouest, du Maine, du New
Hampshire, etc., donc on a regardé ce qui se payait dans les tarifs pour
avoir des tarifs semblables. Alors, c'est la deuxième fois, dans l'histoire des
permis, que les permis sont augmentés, donc, en 18 ans. Donc, on a choisi des permis
spécifiques.
Maintenant,
il y en a qui se sont rabattus sur d'autres, puis on comprend bien. Quand on
est en territoire contrôlé, c'est
que, exemple, si vous rentrez sur une ZEC, bien, vous accédez au territoire.
C'est la ZEC qui charge le tarif pour l'accès
au territoire, puis ça leur permet de financer aussi leurs activités. Si vous
choisissez d'aller à la chasse ou à la pêche, bien, c'est eux autres
aussi qui vont collecter, à ce moment-là, les tarifs.
Est-ce que ça a eu un impact? Quelqu'un nous a
dit : Oui, vous allez collecter 13 millions additionnels. Non, on
est... l'élasticité du coût d'un permis, on tient compte de ça. Les coûts des
permis ont permis de récolter environ 5,6 millions de dollars cette année,
qui est conforme aux objectifs qu'on avait visés.
Alors, on est
sensibles aux différents types de permis. Il y a des permis qui n'ont pas été
augmentés. Exemple, le permis du
dindon. Bien, quand ils l'ont installé, bien, il était déjà compétitif aux
autres secteurs, il a été au même prix. Le chevreuil, on n'a pas de trophée au Québec. Bien honnêtement, ça ne
donne rien de monter le permis du chevreuil parce que, de toute façon,
la qualité... ceux qui recherchent des grands gibiers comme l'orignal ou le
saumon, eux, bien, ils sont prêts à payer
plus pour faire l'expérience. Donc, on est conscients de l'ensemble des
dépenses. Je pense qu'en général ça a
maintenu les investissements. C'est sûr que c'est une année permissive, l'année
passée, pour l'orignal. Il faut donc regarder, par rapport à d'autres
années, le nombre de permis qui peut se vendre en général, mais on est
sensibles à ça.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député de Masson.
M. Lemay : Merci, M. le
Président. Donc, moi, vous savez, M. le ministre... peut-être que vous ne le
savez pas, mais je suis privilégié d'avoir
ma belle-famille qui est à Matane, dans le comté de notre président, et puis je
vais à la pêche au saumon sur la
rivière Matane, et puis je suis quand même chanceux parce que, moi, le coût du
permis du saumon, tu sais, a suivi
l'indexation, là, ou, bref, proche de 2,4 %. Ce n'est pas le cas pour tout
le monde qui prennent leur permis régulier de pêche, qui ont eu leur augmentation de
42 % et plus. Mais, cette année, vous avez, comme à toute année, la
Fête de la pêche, qui va avoir lieu les 3, 4, 5 juin 2016.
Est-ce que
vous allez faire quelque chose de particulier pour promouvoir la pêche puis
essayer d'inciter les gens à prendre
leur permis de pêche ou même en délivrer cette journée-là pour justement
pouvoir favoriser, là, le rapprochement familial qu'il y a dans la pêche? Bon, vous n'avez pas besoin de me
convaincre, là, que la pêche, c'est une bonne activité sportive à faire, mais qu'est-ce que vous allez
faire de spécifique cette année, les 3, 4, 5 juin, pour faire la promotion
de la pêche sportive puis faire en sorte qu'on va avoir des pêcheurs sur nos
cours d'eau cet été?
M. Lessard :
Bien, il y a toujours...
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
C'est l'événement le plus populaire, au Québec, en activités, là, la... c'est
la journée... des journées où est-ce
qu'on pêche sans permis, en fait. Puis on fait la promotion, puis, avec les
fédérations, il y a toujours un plan de promotion dans toutes les
régions du Québec.
Deux, trois
éléments. Un : avant, on a eu une personne
qui a fait la promotion, Isabelle Desjardins, qui est une personne très active dans la promotion des
activités de la pêche. L'an passé, ça nous a valu même des critiques en
disant : Ça a coûté cher. Alors donc...
Je pense que ça venait de la CAQ, à part de ça, qui trouvait que les articles
promotionnels avaient coûté trop cher. Mais je ne vous agacerai pas longtemps
avec ça. C'est une activité qui est importante à faire connaître parce qu'on
travaille beaucoup sur la relève. Alors, il y a toujours une campagne, je
dirais, plus provinciale d'activités et de
promotion, de démarches avec les organisations, d'ensemencement des rivières
parce que, il faut le dire, il y a un
bon budget dédié à l'ensemencement des rivières plus un programme avec le fonds
de réinvestissement faunique. On
vient aider aussi les organisations, et, si on leur donne un cours, ils ont
leur permis jusqu'à 18 ans, on leur donne une canne à pêche. Donc, on fait de l'éducation, avec les jeunes, sur le
prélèvement, les activités, puis on en a dans toutes les régions du Québec, et on accompagne
l'ensemencement... et des rivières et l'accompagnement des associations. Et,
de temps en temps, bien, il y a quelqu'un qui vient jeter un regard sur cette
activité-là, comme on encourage aussi des activités
de pêche nordique. Cet hiver, j'ai eu l'occasion ici, dans le bassin Louise, à
Québec, de faire une activité avec le promoteur pour inviter les
familles à venir pêcher la truite l'hiver. C'est des truites ensemencées,
évidemment.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député de Masson.
M. Lemay : Oui. M. le
Président, j'aimerais céder la parole au député de Groulx, s'il vous plaît.
Le Président (M. Bérubé) :
Le député de Groulx, à vous parole.
M. Surprenant : Merci, M.
le Président. À mon tour de dire
bonjour à mes collègues de la
partie gouvernementale, de l'opposition officielle. M. le
ministre et son équipe, bonjour.
Alors,
j'aurais une question à poser au niveau, là, du Fonds des ressources
naturelles, le volet Aménagement durable du territoire forestier. Ça se retrouve dans le document Budget de
dépenses, budget des fonds spéciaux, pour votre gouverne. Alors donc, le cahier prévoit, à la page 95, que
les revenus autres que versés au Fonds des ressources naturelles, le
volet Aménagement durable du territoire forestier, passeraient donc de 267,9,
en 2015, à 331,6 en 2016, donc les revenus versés au fonds, une augmentation,
donc, de 67 millions ou de 24 %.
Alors donc,
pour les gens qui nous écoutent, ce fonds sert au financement des activités
liées à la production de plans, aux
données d'inventaire forestier et à la recherche forestière et au financement
d'autres activités visant à maintenir ou améliorer la protection, la
mise en valeur ou la transformation des ressources du milieu forestier.
Alors,
l'article 17.12.14, donc, de la loi du ministère prévoit plusieurs sources de
revenus, dont la contribution des
titulaires de permis d'exploitation d'usines de transformation du bois, en
vertu, donc, de la
Loi sur les forêts. Or, l'an passé, le fonds a fait un déficit de 14 millions, et le surplus, à
la fin de l'exercice, il en restait un d'environ 19,9 millions... 20 millions, tout près. Alors donc, ma
question première, c'est : Pourquoi estimez-vous une telle hausse des
revenus de la
section Autres, donc, au-delà de 50 millions?
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Oui. Bien, je pourrais dire, quand on lit les crédits du ministère, ça prend
pratiquement un devin pour arriver à
la mathématique de ce qui est donné au ministère. Le ministère a une
particularité, c'est qu'il y a des crédits votés, c'est-à-dire que vos impôts
sont attribués, lorsqu'on adoptera les crédits, pour la rémunération, le
fonctionnement du ministère et des activités du ministère.
il y a un autre volet, qui n'apparaît pas comme tel, qui est tiré à partir des
revenus de la forêt à partir d'un fonds dédié. Alors, il y a 303 millions de dollars qui va venir de ce
fonds-là, qui, cumulé avec les crédits autorisés par le ministère, va faire en sorte qu'on va être capables de
financer, un, le volet des travaux sylvicoles... donc, c'est l'expectative de
faire des travaux sylvicoles cette année.
Exemple, bon, moi, là, on évalue comment le Bureau de mise en marché va vendre
de bois, comment le marché libre...
ceux qui vont demander des sous, les redevances. Alors, si, une année sur
l'autre, on pense que ça va être
équivalent, les forestiers vont payer des sous. Donc, il va venir, à partir de
ce fonds spécial là, de l'argent qui n'est
pas des crédits votés — donc, c'est un peu une particularité. Plus l'argent des crédits
votés, ça va faire en sorte qu'on va arriver à couvrir l'ensemble des opérations,
autant de faire des travaux sylvicoles que de payer la rémunération des 2 500 employés de l'État, voir au
fonctionnement des opérations régionales, au paiement des loyers, aux
déplacements en forêt, à l'achat d'équipement,
etc. Donc, oui, on a une augmentation, et il reste toujours un fonds récurrent,
juste pour vous expliquer, parce
qu'on combat les incendies. Donc, comment évaluer, cette année, le coût, qui
est partagé 60-40 entre... 60-40, c'est ça? Combattre les incendies,
60-40?
M. Lessard : 60 %. 40 %,
les industriels. Alors, il arrive des années... C'est pour ça qu'il y a un
fonds spécial parce qu'il arrive des
années où est-ce que... comme l'année passée, bien, il n'y a pas eu beaucoup de
feux de forêt. Donc, le fonds de réserve, des années, on va le dépasser,
puis, des années, il va en manquer. Donc, c'est ce fonds-là, qui est au Conseil du trésor, qui nous permet de faire en
sorte que l'année où est-ce qu'il y a beaucoup de feux, bien, ils vont
nous aider à décaisser. Il peut devenir déficitaire. Puis l'autre année où
est-ce qu'il n'y a pas eu de feux beaucoup, comme l'année passée, bien, il
pourrait redevenir positif à long terme. Mais c'est une comptabilité complexe,
je l'admets.
Le Président
(M. Bérubé) : M. le député de Groulx.
M. Surprenant :
Merci. Alors, M. le ministre, vu que, l'année passée, il n'y a pas eu beaucoup
de feux, donc, le fonds était en
surplus.
Malgré ça, dans l'ensemble, il y a un déficit de 14 millions au
niveau de l'exercice complet. Donc, c'est inquiétant, si ce fonds-là...
En fait, s'il y avait des incendies, bien, on arriverait à un déficit probable,
là, pour l'année en cours. Donc, on a très peu de marge de manoeuvre, de sorte
que, vous, dans votre prévision de résultats 2016‑2017, vous parlez d'environ
1,7 million de surplus, mais, si on regarde la capacité, là, d'en arriver
aux résultats prévisionnels, si on tourne à la page suivante, page 96, M. le
Président, du document dont on parle, alors les résultats réels de 2014‑2015 versus les résultats, les
prévisions, alors on avait des prévisions de revenus, là, de 470 millions,
on est arrivés à moins 450. Donc,
évidemment, ça a un impact sur les résultats. Donc, la capacité à prévoir avec
justesse, là, les résultats est très difficile.
Donc,
si on en arrive à une baisse d'environ 5 % des revenus, comme ça a été le
cas, là, en 2014‑2015, on pourrait prétendre qu'on a à peu près un
16 millions de moins de revenus pour 2016‑2017, qui a généré un déficit,
finalement, d'environ 15 millions.
Alors, il reste, on a dit tantôt, à peu près 19 millions de surplus, là,
cumulés, et là on en arriverait à un point où on serait presque sans
surplus à la fin de l'année, si le modèle de l'année d'avant se répète. Alors,
comment êtes-vous à l'aise au niveau de la
souplesse que vous donnez? Est-ce que vous trouvez que c'est assez prudent
actuellement?
Le Président
(M. Bérubé) : M. le ministre.
M. Lessard :
Bien, je veux rassurer tout le monde, là, quand il y a des incendies, donc, de
feux de forêt de valeur commerciale,
on les combat tous. Et ce n'est pas une question d'argent à ce moment-là.
C'est-à-dire, il faut protéger la forêt
commerciale. Donc, on va toujours la combattre. Et on protège aussi certaines
installations — donc, on
est payés pour ça — quand
le feu s'approche des grandes installations d'Hydro-Québec, et autres.
Donc,
il y a des années, lorsqu'il y a plus de feux, nécessairement que le fonds de
réserve qui est au Conseil du trésor va être déficitaire parce qu'il y a
eu plus d'incendies. Puis, progressivement, comme les deux dernières années, lorsqu'on prévoit... parce que, quand on prévoit,
exemple, 50 millions pour combattre les incendies, tout le monde y contribue, donc les forestiers y contribuent.
S'il y a eu moins de feux de forêt cette année-là, il faut aussi
rembourser les années où est-ce qu'on a défoncé.
Alors
donc, cette mécanique-là, qui est au Conseil du trésor, a autorisé... c'est
comme si on avait une marge de crédit qui nous permet, des années où ça
va moins bien... Comme La Financière agricole, on peut estimer le risque, mais, s'il se matérialise plus fort,
nécessairement, il y a un jeu, un déséquilibre du côté du Fonds forestier.
Donc, il peut devenir déficitaire,
mais il est tenu compte quand même dans les équilibres du Québec. Donc, c'est
là notre marge d'être capables d'intervenir pareil, même si le fonds
était déficitaire, même si ça allait au-delà de ce montant-là.
Le Président
(M. Bérubé) : Merci, M. le ministre. M. le député de
Groulx, il vous reste 1 min 40 s.
M. Surprenant :
Écoutez, pendant que vous dissertiez, je voyais vos collègues, là, qui
s'affairaient. Est-ce que vous
pourriez obtenir de leur part une déclinaison plus détaillée de cet écart de
50 millions dont on parlait tantôt? Est-ce qu'on peut vous apporter
des réponses plus précises? À part de juste les titres, avoir les chiffres par
sections?
M. Lessard :
O.K. Ce qu'on pourra faire, on pourra vous donner des chiffres plus précis pour
répondre à votre question sur la mécanique entre le Conseil du trésor,
le fonds qui permet de récolter le produit de la disposition des arbres au Québec et comment ce fonds-là a été
affecté, dans notre budget, pour tenir compte de nos équilibres
budgétaires. Alors, on vous donnera une réponse plus détaillée, là, par rapport
au ministère.
M. Lessard :
Si vous voulez la donner tout de suite, oui?
Le Président (M. Bérubé) :
Est-ce qu'il y a consentement?
M. Lessard :
Est-ce qu'on autoriserait le sous-ministre à donner une réponse?
Président (M. Bérubé) : Est-ce qu'il y a consentement pour
laisser le sous-ministre, M. Savard, s'exprimer là-dessus?
45 secondes.
M. Savard
(Richard) : Oh! merci, M. le Président. Je vais faire ça vite. C'est
parce que vous êtes dans le livre des
crédits, puis ça, c'est une belle bouillie de chiffres, là, c'est compliqué un
peu. Si vous voulez aller à votre... le cahier que vous avez, ce qu'on essayait de faire, c'était de concilier les
cahiers qu'on a à votre cahier du budget à la page 96. Pour vous expliquer simplement l'histoire du Fonds
forestier puis le déficit, je vais faire ça vite, il y avait
un déficit, au Fonds forestier, d'anticipé de 14 782 000 $.
C'est ce que vous avez?
M. Surprenant :
Tout à fait.
M. Savard
(Richard) : Bon, on est à la bonne page. Puis finalement le résultat
réel, c'est un surplus de 11 789 000 $. Ce que le ministre
disait tout à l'heure, c'est que ce surplus-là est accumulé pour les mauvais
coups, c'est-à-dire les feux de forêt, les insectes, et tout ça.
Puis là vous avez
d'autres questions, mais je n'ai plus de temps.
Président (M. Bérubé) : Merci. On y reviendra. Et on passe
au groupe parlementaire formant le gouvernement, et je reconnais le
député de Mégantic.
M. Bolduc :
Merci, M. le Président. Je vous souhaite une bonne journée. M. le ministre,
M. Savard, collègues, le parti gouvernemental et collègues de
l'opposition, bonjour à tous.
Pour
moi, je voudrais revenir sur un sujet bien particulier, qui me touche
énormément dans ma région, c'est la question
de la forêt privée. Comme vous le savez, M. le ministre, mon comté à moi, de
Mégantic, est à plus de 80 % boisé, premièrement, et, deuxièmement,
environ 85 % de cette forêt-là, c'est de la forêt privée. Et la forêt
privée, étant moi-même un producteur
forestier, je pense qu'il y a énormément de... comment je dirais, d'énergies
qui sont dépensées dans la forêt privée. Et on a vu, dans les dernières
années, des changements considérables se produire. Naturellement, on a eu
énormément de plantations qui se sont faites dans les 30 dernières années. On
en est arrivés à des coupes précommerciales. On est maintenant dans les coupes
commerciales des plantations, et il y a toutes sortes d'essences là-dedans, pas
toujours les bonnes, là.
Je vous donne un
exemple. On avait une situation assez particulière, à un moment donné, avec
l'épinette de Norvège parce qu'on a planté
des arbres où on n'avait pas vraiment regardé à quoi on s'en servirait plus
tard. Donc, on s'est ramassés
aujourd'hui avec des plantations que je qualifierais de significatives
d'épinettes de Norvège puis finalement on
trouve des débouchés, là. Ça s'en vient tranquillement, mais ce n'est pas facile
d'arriver avec des choses comme ça. Ça, c'est un premier constat.
collègue de l'Outaouais, tout à l'heure, nous a parlé des forêts de feuillus.
Naturellement, nous avons aussi, nous,
une diversité de feuillus qui est assez considérable, qui nous cause aussi
certains enjeux, dont une qu'on appelle l'érable, qui est utilisé à d'autres fins, M. le ministre, que de faire
du bois. On fait même du sirop d'érable, il paraît, avec ça. Il y a
d'autres régions qui ont plus de difficultés, mais, chez nous, on est assez
bien gâtés à ce sujet-là. Puis ça, ça représente une situation particulière
parce que les érablières, autant dans le secteur privé que dans le secteur
public, constituent pour nous une ressource
extraordinaire. En fait, l'Estrie et Chaudière-Appalaches constituent
probablement le noyau de la production de
sirop d'érable au Québec. Je dirais que c'est la majeure partie, et ça a un
impact très considérable sur notre
gestion forestière dans nos régions. Et, comme vous le savez probablement
aussi, la fédération des acériculteurs voudrait
bien avoir un inventaire de ce potentiel-là d'érables parce que la ressource
ayant une valeur significative pour l'ensemble des producteurs, ça
représente vraiment quelque chose de très important pour nous.
Mais
je voudrais tout d'abord revenir sur un enjeu un peu plus large pour revenir à
ma forêt privée parce que j'ai une question pointue, là, éventuellement,
mais un des problèmes fondamental que nous avons dans l'Estrie, c'est la
capacité d'écouler maintenant ce que tout le monde appelle la pitoune, là. Le
bois d'oeuvre, ça va relativement bien. Nous
avons encore beaucoup de moulins à scie qui transforment la ressource et qui
sont capables d'envoyer leurs copeaux chez
des transformateurs et... restent encore quelques papetières. On a aussi des
usines de transformation qui font du bon travail. On a aussi des entrepreneurs qui font... comment je dirais
ça, donc, une bonne valorisation de la ressource, donc, et vous en avez parlé un peu plus tôt, où on a des
espèces de bois dur, le merisier, quelques érables, qui vont au
déroulage, qui servent à faire du
contreplaqué. On en a qui vont aussi dans le sciage pour la valeur ajoutée, puis on en a qui...
finalement, des résidus. Mais le problème
qui devient de plus en plus large, c'est le ralentissement constant de la
pâte à papier, qui fait qu'aujourd'hui on se ramasse dans des constats qui sont un peu plus difficiles. Puis, étant voisins de la frontière américaine, naturellement, nous sommes aussi affectés par les opérations forestières du Maine et
du Vermont ou du New Hampshire.
Et, dernièrement, on
a eu la fermeture de Madison, dans le Maine, qui nous crée actuellement, je
dirais, un petit problème de copeaux ou de
pitoune parce que cette industrie-là, qui a consommé pendant beaucoup d'années
de bois du Québec, est maintenant
arrêtée... en tout cas, je ne sais pas si ça va être permanent. Mais le fait
que l'industrie du bois est en...
l'industrie du papier, je m'excuse, est en décroissance très constante dû à la
demande... Hein, on ne s'en plaindra pas vraiment dans certains cas,
mais, dans d'autres cas, c'est pas mal compliqué.
y a eu aussi le problème de l'industrie du papier, pas un problème de bois
fondamentalement comme un problème de marché, et un problème de
recyclage parce que, fondamentalement, nos usines de papier étaient dans le
bois, puis maintenant,
avec le recyclage, bien, le marché et le produit sont en ville. Donc, on s'est
ramassés avec un problème de structure très fondamental qui a fait que
l'industrie du papier était mal adaptée au Québec; elle n'avait jamais été modernisée, à quelques exceptions près. Ce qui
s'est produit, c'est qu'on s'est ramassés avec un parc d'usines qui
étaient vraiment non compétitives sur le marché nord-américain, qui a résulté
en une série de fermetures qui, aujourd'hui, nous affectent directement.
qui devient important là-dedans pour nous, c'est que la forêt privée
aujourd'hui constitue probablement une mine
de potentiel parce que j'ai parlé des espèces de plantations, on a parlé de
bois franc, en excluant les érables, là, parce que, ceux-là, on veut les garder intactes et
grosses parce qu'elles sont productives pour le sirop d'érable... Mais ce
que j'aimerais savoir de votre part, c'est : Quelle est l'intention du
ministère pour le rehaussement de la forêt privée?
Le Président
(M. Bérubé) : M. le ministre.
M. Lessard :
Oui. Il y a beaucoup d'éléments dans la question ou l'analyse qui est faite par
mon collègue de Mégantic. Nécessairement, on
n'a pas besoin d'aller loin à Mégantic pour voir comment la forêt est
importante. Quand on regarde une
entreprise comme Tafisa, qui donne beaucoup de travail mais qui prend beaucoup
de volumes aussi, sans tenir compte
que, quand on est en Estrie, nécessairement, Domtar, qui est un grand
producteur... Un, il a des grandes terres de production, donc lui, il
fait du peuplier hybride, il plante vraiment des espèces à croissance rapide
pour s'assurer des approvisionnements constants à partir de ses propres
terres... bien, privées et il compte aussi sur l'ensemble des producteurs pour faire de même dans une chaîne
d'approvisionnement continue puisque lui, il a non seulement décidé de faire du papier parce qu'il rentre quasiment une
van aux 10 minutes dans la cour de chez Domtar pour sortir... Et le
papier sort. Alors que le bois rentre rond
puis il sort, il est en papier d'impression. Alors donc, ils ont vraiment
intégré tout. Plus, ils font la nanocellulose, donc comment trouver une
autre application à la forêt, donc la nanocellulose cristalline, qui va éventuellement, avec Schlumberger, être utilisée à
d'autres fins que pour la production de papier ou, donc, des produits
pétroliers.
reviens au bois de quatre pieds, c'est important. Historiquement, la Beauce en
général a fait beaucoup de bois de
quatre pieds, ailleurs aussi, du bois de pâte, et, avec la fermeture de
Grand-Mère, donc, Résolu a fermé son usine de Grand-Mère, ça a affecté les opérateurs forestiers de là-bas, mais
c'étaient les syndicats de producteurs de bois de la Beauce principalement qui faisaient la livraison encore
de quatre pieds. Puis, comme il y avait une alternative de livrer du
côté de Madison, donc, aux États-Unis, bien,
elle aussi, elle a fermé. Ça veut dire que, là, le bois de quatre pieds, on se
retrouve en difficulté. C'est pour ça qu'il
faut regarder d'autres sortes d'applications pour soit du bois énergie, hein,
il y a beaucoup cette filière-là...
D'ailleurs, au mois d'octobre, 31 octobre, il y a un des volets du
forum : Quel est le futur pour la fibre de bois? Il n'y a pas seulement le sciage du
futur. Si, avant, on sciait pour faire de la pâte ou des copeaux, là il y en a
qui scient pour faire du matériau dans différentes variétés.
prenais... tantôt, mon collègue de Chapleau, là, quand il scie, là, Lauzon, lui, là, il scie à la planche. Il scie
assez mince pour qu'il rentre le maximum de
sous-produits chez eux pour faire une déclinaison autant de son plancher en
bois dur que les sous-produits qui peuvent
être utilisés, même une couche fine pour faire des... même du plancher flottant
et autres déclinaisons, là, de parements extérieurs. Donc, il va
utiliser le maximum.
Dans
la stratégie forêts privées, nécessairement, on a une stratégie
de produire plus, donc on cherche à mobiliser du monde qui mobilise du bois. Et un des facteurs qui mobilise du bois,
bien, il y avait beaucoup la fiscalité qui était punitive. Ils nous disaient : Oui, je suis un
propriétaire de lot privé, je suis avocat ou je travaille comme technicien dans
un garage en quelque part, j'ai ma
terre, je tombe au revenu de 50 000 $, 65 000 $ par année.
J'arrive à la fin de l'année, je vais faire une van de bois. Puis, en plus, bien, je vais être imposé au jalon le
plus élevé. Donc, c'est très punitif. Deuxièmement, si j'en fais beaucoup...
En plus, il y avait une taxe sur les opérations forestières.
Donc,
ce qu'on a mis dans le dernier budget, c'est, un, l'étalement du revenu pour lui qui a
des revenus additionnels qui viennent de la forêt. Il pourra l'étaler
sur sept ans, donc c'est un avantage de ne pas... Si l'arbre a pris 60 ans à pousser, ça a pris deux minutes à le couper. Puis
il ne faudrait pas qu'il soit imposé toute la même année. Donc, on
l'étale.
Deuxièmement, la taxe sur les opérations forestières, qui datait de 1962, qui était
à 10 000 $, là, duquel on taxait, on l'indexe à
65 000 $. Par la suite, on a aussi une bonification du programme de
remboursement de taxes parce que l'objectif,
c'est de passer de 4,2 millions de mètres cubes à 6,4 sur trois ans. Donc,
il y a du bois de proximité qui se perd dans le bois actuellement, alors qu'il y a des usines qui en ont besoin. Beaucoup
de stratégies qui sont faites actuellement avec Domtar principalement, qui est dans
votre coin, parce qu'avec la dépréciation de la valeur du dollar lui, il
ramassait 30 % de ses
approvisionnements du côté américain. Alors là, il est revenu vraiment
sur le territoire québécois puis il nous aide à libérer d'autres
strates.
là il y a des stratégies, donc, nécessairement, les taxes sur les opérations forestières,
bonification du programme de
remboursement, et il y a 6 millions par année pour les deux prochaines
années pour production de bois, ce qui veut dire que, pour ceux qui s'en viennent à livrer du bois de qualité à
proximité, puis qu'il y en ait encore dans tes poches quand tes opérations sont payées, ça devient intéressant. Mais, pour le bois de quatre pieds, nécessairement, sur l'avenir
des pâtes, c'est peut-être plus vers le bois énergie qu'on trouvera des
débouchés.
Actuellement, il y a des projets en bois énergie, c'est-à-dire de faire des
carburants à partir soit de la biomasse ou des bois non sollicités, qui nous permettraient, lorsqu'on suit la
hiérarchisation des usages... le bois de déroulage pour le déroulage, le bois franc pour toutes sortes
d'usages à valeur et, nécessairement, le bois de pâte où la biomasse pourraient
servir à d'autres choses que de faire des
granules ou de laisser sur les parterres de coupe, en
estimant que vous pouvez adresser la question dans ce sens-là.
Le Président (M. Bérubé) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Mégantic.
M. Bolduc : Merci,
M. le Président. Je voudrais
souligner une couple d'autres points qui me sont venus à l'idée le temps que j'écoutais. On a aussi, dans la région
de l'Estrie, une production de bois de chauffage qui est non
insignifiante, dans le sens où presque tout le monde utilise du bois de
chauffage, et je voudrais juste laisser un message, ici, à la population. Entre autres, le bois de chauffage à la corde, là, à Boston et
à New York, il se vend 150 $ US la corde. Peut-être
qu'à un moment donné on devrait trouver un moyen économique de le transporter
là parce qu'avec le taux de change peut-être qu'on pourrait faire quelque chose
avec ça aussi.
Puis
ça, ça utilise la
partie non commerciale de l'arbre, qui a quand même
une valeur significative. Je vous laisse avec cette pensée-là, M. le
ministre, parce qu'en voyageant chez
ma famille et puis dans ces régions-là, je me dis : Mon Dieu,
Seigneur! Il y a une opportunité dans ce coin-là, en tout cas. En tout cas, ça
ne coûte pas cher.
Mais
je voudrais revenir à un autre élément que mon collègue de l'Outaouais a parlé tout à l'heure. Je ne réclamerai pas la
paternité du dindon, par exemple, je vais lui laisser ce privilège-là, mais, entre autres, c'est vraiment une histoire à succès, je suis bien d'accord avec ça. Il y a quelque chose qui est peut-être
en train de devenir important à travers le cas du dindon. Entre
autres, avec un hiver doux comme on a
eu cette année, les dindons ont passé presque tout l'hiver dans les champs parce
qu'on n'avait pas de neige, et on
voit de plus en plus de cultivateurs, d'agriculteurs qui nous parlent
de leur soya puis de leur maïs puis
ils commencent à avoir une préoccupation sur la densité de dindons. Puis, pour les
chasseurs, c'est merveilleux, mais, pour les
agriculteurs, on commence à avoir un conflit de dindon, je dirais. Et c'est un peu plus préoccupant parce que... Les agriculteurs ont déjà commencé à nous parler
de ça parce que la population, cet hiver, on a eu presque pas de décès,
et là les femelles ont pris le bois, là, c'est le cas de le dire, puis elles
vont nous revenir cet automne, j'espère,
avec des centaines et des centaines de bébés qui vont nous... peut-être
commencer à créer ce conflit-là, cette
pression-là. Puis moi, je considère que, dans l'Estrie, il y a peut-être
quelque chose, là, qu'il va falloir avoir un peu de prudence quant à la gestion, si l'on veut, de
l'inventaire de dindons en relation avec l'agriculture. Ça ne
veut pas dire qu'il y a des problèmes partout, là, mais c'est un
problème qu'il y a quelques années on entendait peu parler, qui, maintenant,
est en train de devenir un peu plus préoccupant.
Donc,
le dindon, c'est une belle histoire, c'est une histoire qui doit rester belle.
Donc, je pense qu'il faut y mettre un peu d'attention dans le futur en
regard des autres usages.
a parlé un peu de l'orignal, mon collègue qui va chasser en Gaspésie. Chez
nous, on a beaucoup
d'orignaux, mais principalement qui sont d'origine américaine. Avec le taux de conversion, ça fait un
gros orignal. Mais, farce à part, c'est
quelque chose de très important dans la région de l'Estrie parce que
les orignaux, la source d'approvisionnement du bassin d'orignaux
provient principalement du Maine, et ce qui nous permet finalement de faire des
relèves de chasse beaucoup plus grandes que la population locale parce qu'à
chaque année on voit un apport d'orignaux significatif qui proviennent de la
partie isolée du Maine, puis qui nous permet, finalement, de chasser l'orignal
de façon intéressante sans vraiment prendre
un risque sur l'épuisement du cheptel. Donc, ça aussi, c'est quelque chose de
très intéressant. On n'en a pas parlé, mais le saumon aussi. On en a
parlé un petit peu avec le député de l'opposition.
que moi, j'aimerais savoir de votre part, M. le ministre, c'est : Quelles
sont les méthodes de consultation que vous faites à travers le milieu
pour ces plans de gestion là? Comment les gens peuvent communiquer et échanger
avec le ministère?
Le Président
(M. Bérubé) : M. le ministre, il vous reste
2 min 25 s.
M. Lessard :
Deux minutes. Bon, juste revenir sur le bois de poêle, là, il n'y a pas de
stratégie nationale d'exporter du
bois de poêle parce qu'on tient compte, nécessairement, de la réduction des gaz
à effet de serre aussi. Donc, je tiens à le mentionner. Ça existe, toutefois, mais c'est parce qu'on ne trouve pas
de meilleur usage pour l'instant. Mais, nécessairement, c'est une
dynamique qui existe, et on en est conscients.
y a aussi les entreprises comme
Cascades qui ont décidé de se passer aussi de nouvelles productions de
pâte, étant donné qu'elles font du recyclage, de la réutilisation. Et je voyais
leurs rendements qui ont été illustrés, là. C'est une entreprise de plus de 4 milliards de dollars. Donc,
nécessairement, ils n'ont pas de pâte neuve, pour laquelle, beaucoup,
ils travaillent. Donc, la réutilisation des
produits qu'ils expédient et la réutilisation de ce qui est expédié aussi leur
permet amplement de pourvoir à leurs besoins.
Donc,
c'est une indication aussi qu'il faut trouver d'autres alternatives, là, à la
fibre de bois, autant le filament cellulosique.
Récemment, Kruger a converti une des... puis le gouvernement l'a aidée,
convertir une machine à papier vers du
carton, faire du carton recyclé. Alors donc, il y a 200 000 tonnes de
copeaux, en Mauricie, qui ne trouveront plus preneur dans quelques
années, quand ils auront mis en production, là, cette machine-là.
Maintenant,
sur l'aspect du dindon et de l'orignal, récemment, toujours
dans le nouveau plan de gestion, je dois vous rassurer, c'est les efforts
de chasse qui viennent diminuer le nombre lorsque le nombre est en croissance,
après l'évaluation. On travaille actuellement à inventorier, avec l'aide des
chasseurs, le taux de présence du dindon dans le Québec. Donc, c'est par des
observations. Actuellement, il y a un
formulaire qui circule sur l'observation que les chasseurs peuvent en faire, à quel endroit, pour être
capables de mieux le documenter. Ça va nous aider à améliorer notre plan
de gestion et à augmenter ou réduire l'effort de chasse lorsqu'il est trop
présent.
Et c'est pareil pour
l'orignal. Donc, dans le plan de mi-parcours de l'orignal, qui arrive à
échéance en 2019, il y a encore, dans des
endroits, une présence à l'hectare trop élevée qui augmente le nombre
d'accidents, qui augmente la chance
de... ou la malchance d'avoir de la maladie dans l'espèce, autant que les
orignaux qui nous arrivent des États-Unis, parfois, ont la tique de
l'orignal. C'est une problématique qu'on a dans la présence des espèces.
Président (M. Bérubé) : Merci, M. le ministre. On retourne
au groupe formant l'opposition officielle, et je reconnais le député de
Bonaventure pour un bloc de 20 minutes.
M. Roy :
Merci, M. le Président. M. le ministre, vous avez sûrement entendu parler de la
grille de taux unique pour la forêt
privée. Il y a des acteurs qui ont porté à notre attention une certaine
problématique qui est très importante pour
eux par rapport à l'application de cette grille-là. Je ne rentrerai pas trop
dans les détails parce que c'est assez technique, mais ce qu'ils nous disent, c'est que, quand on
prend le Programme de remboursement de taxes foncières pour soutenir les
travaux, ça va désavantager de manière très significative les régions où les
lots valent moins cher.
Donc, écoutez...
Puis là je vais lire mes lignes, là. La grille désavantage la Gaspésie puis le
Bas-Saint-Laurent dans un premier
temps. Quand le transport du bois à pâte fait baisser le prix du bois, il n'y a
pas de compensation possible avec le
Programme de remboursement de taxes foncières. Puis on a aussi... on est face à
la disparition de l'aide pour la voirie forestière, qui est très
catastrophique dans un endroit où il y a des montagnes, des ruisseaux, etc.
Donc, ce que
les gens nous disent, c'est que, malgré les annonces positives que vous avez
faites, quand même, par rapport à
l'étalement du revenu, etc., il n'en demeure pas moins que ces actions-là vont
être stérilisées par une grille de taux
unique qui vient défavoriser certaines régions. Et ça fait dire aux acteurs
qu'ils ne sortiront pas de bois, ils n'iront pas parce qu'ils vont être
sous-financés, ils n'arriveront pas. Ils vont sortir de l'argent pour sortir le
bois.
Donc, est-ce
que vous avez réfléchi à des mesures compensatoires, à une adaptabilité ou à
inclure des variables dans la grille
de taux unique qui vont faire en sorte de ne pas défavoriser certaines régions?
On vous a entendu, vous parlez beaucoup
du bois des forêts privées qui doit venir aider, bon, l'industrie. Bien là, si
les gens décident de ne pas bûcher, bien là on n'est pas dans la... la
situation ne s'améliore pas.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Oui, bien, pour ceux qui nous écoutent aussi, la grille de taux unique, bon,
dans le rapport Belley, donc, qui a été déposé suite au Rendez-vous
national de la forêt, il indiquait un irritant dans le fait de faire sortir du bois... 2 200 taux, ou types de taux, ou
cotes de taux, qui fait en sorte que, pour lui ou l'ingénieur qui se promène
d'une place à l'autre, ça devient très
compliqué, beaucoup d'administration, beaucoup de paperasse pour rien. Quand tu
fais plus de paperasse, bien, tu... moins d'argent à faire ta livraison de
bois.
Donc, quand
on a fait la table de forêt privée, tout le monde a identifié qu'on devrait
avoir une grille de taux unique avec, pour différentes régions, un petit
peu de flexibilité pour tenir compte des particularités. Donc, on a ramené ça de 2 200 à une trentaine de taux. On a
travaillé avec la Fédération des producteurs de bois, avec les groupements
forestiers, avec les agences de forêt
privée, avec, donc, tout le monde de la forêt, l'Union des municipalités du
Québec était représentée aussi...
c'est-à-dire la FQM. Alors donc, ce travail-là de préparation ensemble de la
grille, de la nouvelle grille de taux qu'on a présentée la semaine
dernière, donc, et l'ensemble des mesures, donc, se veut positif.
Toutefois, on
me dit qu'à l'analyse pour différentes cotes de taux chez vous ça pourrait
avoir un impact. Alors, il y aura des
rencontres cette semaine et les semaines suivantes pour trouver l'adaptabilité.
Effectivement, ce ne sera pas des
remboursements additionnels, il faut être capable de l'adapter selon la
présence de la forêt dans ces régions-là, donc, sans créer un
déséquilibre par rapport à d'autres. Mais, oui, il y aura de l'adaptation.
D'ailleurs,
il y a un comité de suivi. Le même comité des groupements forestiers puis de
tout ce que je vous ai mentionné qui
oeuvrent dans la forêt privée, qui ont élaboré la grille de taux avec le
ministère, sont aussi membres du comité de suivi.
Donc, on ne va pas attendre à l'année prochaine
si on sait en milieu d'année ou en cours d'année qu'il y a des difficultés. On
va procéder, donc, à des adaptations, là, en cours de route.
Alors, chez vous, je sais qu'ils ont levé la
main, le sous-ministre m'informe qu'il y aura des rencontres pour, justement,
prévoir ça. Puis on fera une reddition
de comptes l'an prochain, on pourra
dire, ici lors de l'étude des crédits, qu'en est-il, comment ça a évolué
et quelles ont été les difficultés qu'on a rencontrées.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Mais est-ce
que pour cette année, pour l'été qui
vient, vous allez les écouter, les acteurs, et moduler pour qu'ils
puissent sortir et aller faire des travaux?
M. Lessard : La
réponse, c'est oui.
M. Roy : C'est oui. O.K.
M. Lessard : Parce
qu'on a le même objectif,
parce que l'objectif de la stratégie de production en forêt, c'est de passer de
4,2 à 6,4 sur trois ans. Et toutes les sommes additionnelles qu'on met pour la
récolte, donc, 6 millions par année,
bien, la Gaspésie puis le Bas-Saint-Laurent vont y avoir
droit aussi. Alors donc, nécessairement, si la grille vient pénaliser au point
qu'il n'y a pas de livraison à cause que ça pénalise sur les taux de remboursement
de taxes... On sait que c'est une difficulté
chez vous, là, sur la valeur des boisés. Mais on va faire quelque chose qui se comprend puis qui s'applique pour ne pas créer de
déséquilibre à travers le Québec aussi. Ça, on est très soucieux de ça.
Le Président (M. Bérubé) :
Merci, M. le ministre. M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Merci,
M. le Président. Dans le chantier...
Bon, dans le rapport Chantier sur l'efficacité des mesures en forêt privée , il y a une recommandation, puis j'aimerais avoir un suivi par rapport à cette dernière parce qu'il y a des gens qui ont un sentiment
d'iniquité, encore une fois, entre autres, Lanaudière, par rapport au budget
alloué aux agences. Donc, est-ce que... Bon, la recommandation, c'est que «le
budget provincial alloué à la forêt privée fasse l'objet d'un nouveau mode de répartition, principalement basé
sur le volume de bois récolté et la possibilité forestière de chacun des
territoires». Est-ce que cette recommandation-là a été appliquée ou va être appliquée pour répondre un peu aux
arguments de certaines agences, entre autres, Lanaudière, qui disent que ce
n'est pas équitable?
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard : Oui. En fait, ce serait de prendre plus d'argent
du Bas-Saint-Laurent puis l'envoyer ailleurs, si on suivait la recommandation, parce que,
dans le budget — je
vois le président lever la main — tous les ministres avant moi ont essayé ça, avec le même budget de 28,5,
d'essayer de rééquilibrer. Ça a tout mal fini, en fait, parce que ceux qui
sont bien équipés comme au Bas-Saint-Laurent,
qui disent : Nous autres, on est actifs, on a ci, on a ça, on a eu
beaucoup de budget, ça aide à
mobiliser du monde qui mobilise du bois aussi, donc ce n'est pas anodin. C'est
sûr que la région qui reçoit
200 000 $ puis eux qui reçoivent 7 millions, ils n'ont pas tout
à fait la même équipe. Alors donc, la question est la suivante :
Comment rééquilibrer, à partir de d'autres mesures, le budget à long terme?
Il y a une mesure qui a été identifiée,
c'est-à-dire : Comment, s'il y a des programmes qu'on peut y mettre fin, qu'on peut aller... pas diminuer le
Bas-Saint-Laurent, mais comment on pourrait augmenter les autres
progressivement? Alors donc, toutes les sommes qui seront économisées, qui
seraient récurrentes, vont être mises à contribution.
Il y en a une
qu'on a identifiée principalement. Vous savez, dans les mesures, donc, il y a
le 28,5 millions, on paie les
inventaires, on paie les arbres, on paie la protection pour le feu. Donc, il y
a à peu près 50 millions à 60 millions qui est mis pour la protection en forêt privée en
général, des grands massifs. Il y avait une mesure d'aide pour
l'acquisition de lots boisés. On a
130 000 propriétaires, il n'y en a pas tout à fait 40 000 qui font
des livraisons sur une base régulière. On a beaucoup démobilisé du monde qui livrait du bois. Alors, ce
programme-là, progressivement, va s'éteindre. Donc, c'est de donner des taux avantageux à quelqu'un qui veut
acheter une terre à bois sachant qu'il ne va pas livrer de bois. On
pense qu'avec les crédits qui vont être là on va être capables de réaffecter et
d'aider les agences qui sont sous-financées plutôt
que de déshabiller le Bas-Saint-Laurent pour aller habiller les autres. Donc,
ça, ce serait une mesure récurrente.
Puis, pour
les producteurs forestiers de génération en génération, on aura une politique
de relève dans le domaine forestier, mais cette mesure-là a été
identifiée par le ministère, chez nous, par moi-même, pour dire : On va
réduire. Cette année, c'est entre 300 000 $ et 400 000 $,
mais, après trois ans, c'est 1,4 million qu'on pourra aller redistribuer
aux autres agences pour équilibrer.
Donc, non, je
ne déshabillerai pas le Bas-Saint-Laurent pour essayer d'équilibrer les autres.
La guerre va repartir.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député de Bonaventure.
M. Roy :
L'objectif n'était pas de déshabiller saint Pierre pour habiller saint Paul
mais bien de bonifier saint Pierre.
Écoutez, dans
un autre ordre d'idées, la Charte du bois, vous savez que c'est quelque chose
qui nous tient à coeur, et on y voit
des possibilités de redéploiement de notre industrie forestière mais aussi de
notre patrimoine bâti. Ici, on a un petit
article qui nous dit la chose suivante :
La France vise le record mondial des plus hautes tours d'habitation en
bois . Je suis content pour eux autres,
mais ce serait le fun si nous pouvions prendre, je dirais, le leadership dans
la construction en bois, pas juste au
Québec mais en Amérique du Nord et dans le monde. Pourquoi pas, hein? Il n'y a de
grande réussite que des grands
projets. Donc, on aimerait vous entendre sur la Charte du bois, à savoir
quelles démarches ont été faites pour permettre la valorisation de l'utilisation
du bois dans la construction au Québec.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard : Oui, merci. Oui, j'ai participé à un échange
franco-québécois, donc, qui a été instauré avant moi, donc
c'était la deuxième année l'an dernier. Donc, je suis allé en France.
Évidemment, la France a bien des objectifs très ambitieux, mais, entre vous puis moi, là, ils utilisent du béton puis du
granit. Alors, eux, la forêt pour la construction en bois, quand ils en font un, là, c'est sûr qu'ils
le montrent plus, mais j'ai visité des écoles... bien, une école là-bas,
quelques bureaux administratifs. On regarde
la France. En construction de bois, ils n'en ont pas, sincèrement, là, ou ils
en ont très peu par rapport, nécessairement, au parc immobilier qu'ils ont. Tout est en
béton ou tout est en bloc de granit ou autres. Alors, nécessairement,
ils sont conscients... Ils ont à peu près la même possibilité forestière que
nous et ils utilisent très peu le bois, même
de bois de parement pour faire les planchers, etc. Donc, c'est même une
nouveauté, une innovation lorsqu'ils le font.
Ils ont des très beaux bâtiments, ils ont des
exemples, eux autres aussi. Nous, on a lancé... je pense que le gouvernement précédent avait lancé la Charte du bois, je l'ai rendue publique
officiellement avec l'obligation
d'exemplarité pour le Québec, donc,
quand il y a une construction gouvernementale, d'examiner
tout le parcours d'une construction en bois.
Il y a un beau document, donc, il y
a un fascicule qui est mis en place,
mais on a un beau document qui vient d'être produit justement pour la construction en bois, autant les bâtiments de
sécurité publique, des bâtiments municipaux et des bâtiments d'État, que
ce soient les universités ou autres. Alors, on est à 22 % d'utilisation du
bois dans le multiétagé. Et on est le seul
en Amérique à pouvoir construire au-delà de 12 étages, il y a la
réglementation qui a été changée pour le permettre, donc, les bâtiments
de plus de six étages.
Alors,
le gouvernement du Québec, on a une publication qui va être rendue publique, si
elle ne l'est pas encore, concernant
les différents types de bâtiment qui ont été construits par... suite à cette
charte-là. Puis c'est un séquestrateur de carbone fort important, et, au forum international qui a eu lieu à
Paris, ce volet-là fait
partie d'une des recommandations du forum Québec...
coopération Québec-France.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député de Bonaventure.
M. Roy : Est-ce que
certaines démarches ont été entreprises avec des facultés universitaires pour
former des ingénieurs qui vont, dans les générations à venir, avoir le goût de
construire en bois? Parce qu'il y a quand même... l'université a un rôle très important pour sécuriser, je dirais,
l'ensemble des entrepreneurs en construction, pour avoir des ingénieurs
très bien formés. Donc, la question est posée.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Oui, bien, la question est posée, puis c'est le bon exemple. En fait, le
sous-ministre dirige une table intergouvernementale où est-ce que
l'enjeu, c'est l'exemplarité de l'État lorsqu'il fait un lancement d'un projet
de construire une école, un hôpital ou d'autres bâtiments municipaux, et on
doit le documenter.
L'autre
volet, avec les différentes universités du Québec, je crois, c'est à Chicoutimi
et l'Université Laval, donc, qu'ils
travaillent à faire en sorte que les ingénieurs, sur les bancs d'école, apprennent
ces techniques-là. Récemment, il y a
un groupe de 22 personnes du Québec qui est allé en France aussi pour
faire des études ou des partages de connaissances, et ça nous permet,
là, de continuer.
Mais l'innovation demeure le fer de lance, et
l'enseignement, pour que non seulement les architectes puis les ingénieurs
puissent continuer de l'apprendre, mais ceux qui travaillent avec les
architectes, donc les constructeurs, puissent
donner une dimension importante, là, à comment on assemble un... Chantiers
Chibougamau, quand il lance son projet,
c'est des poutres de bois qui sont percées comme des poutres de métal, mais ça
prend une petite discipline et une préparation de l'entrepreneur pour
s'assurer que le montage soit respectueux, là, des devis. Donc, l'enseignement
sur tous les volets.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député.
M. Roy :
Écoutez, dans le même ordre d'idées, on a la Charte du bois, mais on a aussi
des mesures de soutien à l'information
et à l'éducation forestières, hein, la culture forestière doit être valorisée,
on doit faire en sorte que l'ensemble des
citoyens comprennent que c'est un secteur qui est noble, qui est historique,
etc. Quand on regarde les mesures de soutien à l'information et à l'éducation forestières, j'aimerais amener à votre
attention que, exemple, Saguenay—Lac-Saint-Jean, 196 000 $ ont été donnés, en 2014, pour l'information, et,
pour Les Clubs 4-H, qui sont plus spécifiquement à Montréal, on parle de 60 000 $. Donc, c'est sûr
qu'au Lac-Saint-Jean à peu près tout le monde a quelqu'un dans sa famille qui
travaille dans la forêt, qui ont des
quatre-roues, des camps, etc., donc, selon moi, ce n'est pas un endroit où on
doit valoriser la forêt, ça fait
partie du tissu socioéconomicoculturel de la place, O.K., pour faire ça simple.
Et là, quand on arrive à Montréal, où
je me suis fait dire qu'au Jardin botanique les gens coupent des branches quand
il n'y a personne parce qu'ils se font critiquer
comme quoi qu'ils attaquent les arbres, etc., quand couper un arbre, c'est
rendu un acte extrêmement répréhensible dans des milieux où on est peu ou pas, je dirais... on ne connaît pas
l'économie forestière... Ne serait-il pas plus avantageux d'investir
dans les villes, des mesures de soutien à l'éducation forestière, que dans des
endroits où c'est clair que les gens y adhèrent?
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard :
Le programme, donc, d'éducation forestière fait
partie de la stratégie
d'aménagement du Québec. Même si le programme n'existe plus sous forme
de programme, il a été intégré aux travaux sylvicoles.
La mesure
d'éducation et d'enseignement fait
partie de notre fer de lance pour se
promener partout à travers le Québec.
Et, même si, au Lac-Saint-Jean, vous me dites : Ils comprennent tout ça,
les enfants de la génération, actuellement, qui naissent et ceux qui... Puis on me disait... je me souviens, là,
d'un forestier qui disait : Mon enfant, quand il arrive de l'école, parce qu'il y a vu L'erreur boréale ,
on lui a enseigné que papa avait récolté du bois, il avait tué des arbres.
Alors, il y a beaucoup de valeur,
actuellement, à planter un arbre, puis le récolter, ça semble être moins
gracieux. Sauf que, la vie d'un
arbre, il faut faire comprendre qu'il amène sa contribution aussi, et, quand on
le fait correctement, bien, ça permet d'avoir une gestion durable des
forêts.
Donc, la répartition, il y avait un historique
aussi de fait, on a respecté l'historique passé. On se questionne toujours. Ce qu'on a fait, on a revu le plan
d'intervention, par exemple, sur les nouveaux enseignements qu'on doit
dire dans les écoles et prendre notre place.
On enseigne cette année des choses différentes qu'on faisait avant et on met de
l'emphase sur les éléments du cycle d'une
forêt, d'une vie d'une forêt, et que tous les éléments sont importants pour la
préserver, la revaloriser et la régénérer, incluant le prélèvement.
Alors donc,
oui, sur le volet des 4-H à Montréal, j'en conviens, mais il y a toute la
région de la Montérégie. Dans le nouveau
volet du 8 millions qu'on a tenu pour faire des tables GIR, bien, il y a
quand même aussi 500 000 $ qui a été mis à Montréal parce que l'enseignement, il est
différent, la participation aux harmonisations, les grands massifs, des
personnes dans les tables éducatives. Donc, il n'y a pas seulement ce volet-là,
il y en a d'autres.
Alors
donc, je comprends, je l'entends bien, mais, par d'autres moyens, il faut
continuer de faire de l'éducation parce qu'évidemment... C'est sûr que
la forêt à Montréal, c'est la forêt urbaine, ce n'est pas vraiment eux autres
qui interviennent dans la région, mais,
s'ils se déplacent en Montérégie ou qu'ils vont dans les Laurentides puis
qu'ils ont une résidence secondaire,
bien, ils y sont plus sensibles. D'ailleurs, Lanaudière, Laurentides me
disaient : Nous autres, on fait
beaucoup de jardinage, de coupes de jardinage parce qu'ils s'habituent à voir
qu'on fait du prélèvement sensé, pas de
grand déploiement. Ça nous force à intervenir plus souvent, mais c'est comme ça
qu'on réussit à faire de la culture, des
rotations de cultures ou de prélèvements. Et, comme ça, bien, ils voient que la
forêt s'améliore, la faune est de retour. Donc, c'est un autre volet de
l'aménagement.
D'ailleurs, dans les agences, on leur demande maintenant
de tenir compte des indices des habitats fauniques, comment, maintenant,
approcher un nouveau client dans sa forêt, en disant : Je sais que tu n'as
plus d'orignal. Je suis pas mal sûr que tu
n'as plus de chevreuil. Si je regarde juste les peuplements puis la façon dont
ta forêt est densifiée, si j'intervenais,
tu aurais des nidifications, tu aurais des oiseaux, tu aurais du petit gibier.
Alors donc, il y en a qui permettent aujourd'hui
des interventions forestières parce qu'on tient compte des indices d'habitat
faunique. Donc, l'enseignement se fait par autant les propriétaires
privés que ceux qui sont sur les bancs d'école.
Le Président (M. Bérubé) :
M. le député. 1 min 20 s.
M. Roy :
Bien, on va débuter un nouvel item. M. le ministre, votre collègue annonçait
une enveloppe de 500 millions
sur trois ans pour les entreprises manufacturières innovantes. Quelle part...
ou comment avez-vous négocié la part du secteur de l'industrie forestière
dans cette enveloppe-là?
Le Président (M. Bérubé) :
M. le ministre.
M. Lessard : Si vous
regardez bien le budget, avant toute
mesure, il y a une mesure qui était demandée par le Conseil de l'industrie forestière qui était les
tarifs hydroélectriques, lorsqu'on investit des montants au-delà d'un
certain se