CAT — 23 April 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2015-04-23
Quebec — Committees
Le Président (M. Auger) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la
Commission de l'aménagement du territoire ouverte.
La commission
est réunie afin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille
Affaires municipales et occupation du territoire pour l'exercice
financier 2015-2016.
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Hardy
(Saint-François) est remplacé par M. Iracà (Papineau); Mme Nichols (Vaudreuil) est remplacée par M. Simard
(Dubuc); et M. Rousselle (Vimont) est remplacé par M. Giguère
(Saint-Maurice).
Président (M. Auger) : Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux,
hier, nous en étions au bloc d'échange du groupe parlementaire formant
le gouvernement. Je cède donc la parole au député de Chapleau.
M. Moreau : Oui, mais, juste
avant...
Le Président (M. Auger) : Oui, M. le
ministre.
M. Moreau : ...j'avais, je
pense, obtenu le consentement du député de Chapleau pour compléter une réponse
à une question qui avait été posée par le député...
M. Moreau : Il dit non. Ha,
ha, ha!
M. Moreau : O.K. Non. Bien,
c'est correct. Non, mais par le député de Blainville, qui touchait le dossier
de Ristigouche-Partie-Sud-Est avec Gastem. Et donc j'avais un peu indiqué de
quoi ça retournait, puis je n'avais pas répondu
encore à la
partie de la question qui avait été soulevée. En fait, j'expliquais
que le ministère... Et j'ai écrit une lettre
à cet effet-là au maire — on pourra vous en produire une copie — en disant que nous avions officiellement
refusé de prendre fait et cause en
fournissant à la municipalité une aide financière pour assumer les frais de
défense devant la cour. Et j'avais
expliqué hier, M. le Président, que la municipalité s'était adressée à la Cour
supérieure pour faire déclarer la poursuite
de Gastem comme une poursuite bâillon et qu'un jugement avait été rendu par la
Cour supérieure disant : Non, ce
n'est pas une poursuite bâillon, donc, sans rendre la décision finale, validait
l'existence d'une instance en justice entre Gastem et
Ristigouche-Partie-Sud-Est
Il y a un
élément de fait qui est très important aussi à souligner — et je tenais à le faire, puis ne vous
inquiétez pas, je vais répondre à la
question — le
17 mars 2015, il y a un
article qui a paru dans Le Devoir
et qui mentionnait que Gastem aurait proposé un règlement à l'amiable de
cette poursuite-là — la
poursuite est pour plus d'un million de dollars, je pense, 1,5 million de dollars, et avait proposé un règlement hors
cour pour 146 000 $ — et l'article rapporte que le maire de
Ristigouche a refusé cette offre de règlement là sans discuter davantage, mais
en disant qu'il ne réglera jamais hors cour
avec une pétrolière. Là, il y a une distinction qui doit être faite, et
j'envoie, par le biais de la réponse que je vous donne, un message très clair. Le maire d'une municipalité
représente la municipalité, et non pas ses intérêts personnels. Comme le
ministre des Affaires municipales représente l'institution qu'il incarne, et
non pas ses opinions personnelles en tout temps. Et ce genre d'attitude là,
bien, ça a des conséquences qui seront celles de voir le procès suivre son
cours.
Lorsque vous
m'avez posé la question hier, vous m'avez dit : M. le ministre, vous êtes
un avocat, moi, j'ai pratiqué 22 ans en droit municipal avant de
faire de la politique, et tout avocat vous dira que le pire des règlements est
mieux que le meilleur
des procès. Dans ces conséquences-là, on parle, vous et moi — et je pense que je rejoins en ce sens-là
le député de Gaspé — on parle de l'autonomie des municipalités,
ça fait aussi
partie de l'autonomie des municipalités. Si le maire veut mettre sur ses épaules le fait de
refuser toute discussion avec une
partie adverse qui pourrait amener un
bénéfice d'entente hors cour pour sa
population parce que lui estime qu'il ne doit jamais discuter avec une
entreprise en raison de son secteur
d'activité, ce sera sa responsabilité à lui, et non pas celle du gouvernement.
Il en répondra devant ses électeurs.
Votre
question portait particulièrement sur le fait que Ristigouche est une petite
communauté et que la poursuite est de
1,5 million. J'ai dit déjà et je le répète, c'est un dossier que nous
suivons de près. On verra quelles seront les décisions des tribunaux,
quelle sera la décision finale de dernière instance, s'il y avait appel, et on
verra à ce moment-là. Le gouvernement du
Québec n'a pas l'intention de laisser
tomber ou d'abandonner une communauté, ce n'est pas nos cartons, mais je veux que tous les éléments de fait dans ce
dossier-là soient mis en perspective. Je
vous remercie beaucoup d'avoir posé la question. Et, à
un certain moment donné, l'autonomie
amène aussi une responsabilité quant aux choix politiques que l'on fait,
et c'est un danger qui nous guette tous comme élus de prendre des décisions qui
sont des décisions plus personnelles que des décisions qui s'attachent à la
représentativité que notre fonction élective nous amène à avoir.
Alors, je
vous remercie d'avoir posé la question, et ça me permet de faire cette mise au
point. Et je remercie le député de Chapleau pour m'avoir permis
d'amputer son temps.
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le ministre. M. le député de Chapleau, vous avez encore 14 minutes à votre
disposition.
M. Carrière : Merci, M. le
Président. Ça me fait plaisir de céder un peu de mon temps pour que le ministre
puisse faire le point sur Ristigouche parce
que c'est un dossier qui est important, puis les citoyens là-bas comptent
sur une réponse éclairée.
Pour ce
bloc-ci, j'aimerais parler du pacte fiscal pluriannuel où est-ce qu'on sera en
négociation, là, dans... Et vous dites
que vous avez... on a une rencontre, là, dès ce lundi, à 9 heures, selon
les dires de votre chef de cabinet. Et je sais que l'Union des municipalités du Québec, la Fédération
québécoise des municipalités, les villes de Montréal et de... woups! j'ai failli dire un lapsus et dire Gatineau, mais
des villes de Québec et de Montréal ont de grandes attentes, et Gatineau
aussi, le maire vous en a déjà fait part. Et
hier j'entendais, là, le député de Blainville, là, qui semblait entrevoir cette
future négociation là avec pessimisme ou je ne sais trop, là, mais ce n'est pas
le sentiment, je crois, que les villes, les maires ont présentement, que les
unions municipales ont non plus.
Premièrement,
il y a eu le pacte fiscal transitoire, là, vous l'avez dit, du jour un, qui est
un effort pour chacune des villes,
des 1 130 quelques municipalités au Québec, un 300 millions.
Là-dessus, il y a la
partie CRE, la
partie CLD, on se rappellera. Et, vous l'avez dit à plusieurs
reprises, pour ce qui est des CLD, quand on regarde le rapport du
Vérificateur général, je pense qu'il y avait
des choses qui devaient être changées, et les MRC sont à pied d'oeuvre depuis
ce temps pour revoir comment chacune
d'entre elles vont moduler leur développement économique, et je pense qu'elles
le font très bien.
là-dessus, j'aimerais citer le président de la Fédération québécoise des
municipalités dans le Quorum — qui est la revue de la fédération — de février dernier, donc il n'y a pas très
longtemps, et qui dit : «Déposé début décembre, le projet de loi n° 28, confirmant la compétence
exclusive des MRC en matière de développement local, constitue un
premier pas vers une gouvernance de
proximité réclamée par la Fédération québécoise des municipalités.» Donc, ça ne
peut être plus clair. Il ajoute
également : «Puisque les MRC auront dorénavant pleine compétence en
développement économique local et régional,
chaque milieu pourra se doter de son propre modèle.» Donc, fini le mur-à-mur,
fini l'obligation pour chacune des MRC
de devoir octroyer ou devoir financer en
partie un OBNL. Ils pourront, chacun
dans leur coin de pays, le moduler à leur
façon. Et il rajoute : «Déjà, plusieurs MRC aux quatre coins du Québec ont
commencé à élaborer et à repenser leur structure de développement
économique en mettant sur pied des formules inspirantes et différentes.»
Donc,
là-dessus, depuis le début, le président de la fédération est d'accord avec
cette initiative-là de ramener à la MRC le pouvoir de développement
local et régional, il l'a dit à plusieurs reprises. Et je pense que, tous les
préfets à travers le Québec — et je l'ai été — on
siégeait, de toute façon, au CLD. La plupart des maires, la plupart des préfets
siégeaient souvent comme président, souvent
comme vice-président. Donc, là-dessus, je pense que ça vient, encore une
fois, dire que le gouvernement se dirige
vers les MRC et les municipalités comme le partenaire, comme
l'interlocuteur privilégié dans le cadre de celui qui sera l'interlocuteur avec
le gouvernement du Québec.
M. Lehoux rajoute également que «l'adoption du
projet de loi n° 28 est importante pour doter le milieu municipal des outils nécessaires à la pleine
réalisation de ses objectifs». Et il avoue également... il se targue un peu
en disant : «Le dépôt du
p.l. n° 28 a été la preuve d'une volonté de mettre en place une
nouvelle gouvernance qui s'inspire des orientations de la fédération,
notamment en ralliant la gestion de l'aménagement du territoire et du
développement économique de la MRC.» Je crois, pour y avoir siégé longtemps et
avoir été préfet, que l'un ne va pas sans l'autre, le développement territorial et le développement économique sont tout à
fait liés un à l'autre, et donc je pense que c'était une décision qui
était attendue et une décision qui était à la fois sage et brillante de le
faire.
Il dit
également, et on le dit depuis toujours : «Chacune des MRC vit des
réalités différentes, et c'est à chacun des territoires de trouver le modèle qui lui convient.» Et, là-dessus, je
vais prendre un petit peu ce que la MRC d'Argenteuil nous dit également. Il dit : «Par conséquent,
la MRC d'Argenteuil n'a pas hésité longuement avant de convertir son CLD
en service dédié au développement économique
au sein même de la MRC. Pour la MRC d'Argenteuil et ses neuf
municipalités constituantes, le pacte fiscal
signé en novembre dernier [se traduit comme étant un signe clair vers les
MRC].» Et, là-dessus, je cite... et
je ne me cite pas moi-même, mais je cite Marc Carrière, qui est le directeur
général de la MRC d'Argenteuil, avec qui j'ai eu le plaisir de
travailler dans le passé.
y a également la MRC D'Autray qui dit également que c'est... Attendez,
là : «Le but premier, celui de favoriser le partage d'information entre les différentes instances de
développement, autant territoriales qu'économiques, est toujours resté
dans l'ADN des organisations. L'équipe de la MRC est donc confiante de pouvoir
remettre de l'avant le modèle qu'elle avait imaginé aussitôt que le
p.l. n° 28 sera adopté.»
Donc, dans le
cadre du pacte fiscal transitoire, c'est clair qu'il y avait des efforts qui
ont été demandés. Vous l'avez dit à
plusieurs reprises, ça représentait en moyenne 1,2 % des revenus de 2012,
et on sait que... Puis, encore là, c'est à géométrie variable, il y a des MRC où la RFU, etc., monte de façon
exponentielle. La MRC où j'ai été préfet était et est sûrement encore
une des plus riches au niveau de la RFU au Québec. D'autres, ça stagne. Et donc
les réalités sont différentes, mais la moyenne au travers le Québec, c'était
1,2 %.
Et vous avez
également parlé, là, de ce 300 millions là. Depuis hier, vous en avez
parlé à quelques reprises. Il y a un fait,
par contre, que vous n'avez pas parlé, c'est le 50 millions pour la voirie
locale qui est un effort que la FQM a salué, a grandement salué, un effort... C'est un 50 millions additionnel que
les municipalités rurales... Ce n'est pas ni Montréal, ni Québec, et ni
Gatineau, que je représente, qui ont droit à cette voirie locale là, mais c'est
un 50 millions qui vient du ministère
des Transports qui n'a pas été... Ce budget-là pour la voirie locale n'a pas
été augmenté depuis 1993. Donc, c'est un 50 millions qui était
attendu par les municipalités rurales et qui a été souligné par tous les maires
qui travaillent dans des municipalités
rurales, qui va donner un coup de pouce. On le sait que la voirie occupe une
grande
partie des budgets, là, des
municipalités et des villes. Donc, c'est un point que je voulais qu'on ne passe
pas inaperçu, donc, parce que, si on
calcule que c'est un effort de 300 millions, il y a un 50 millions
qui a été ajouté et il y a un 77 millions qui était dans les structures également où les MRC, les
territoires pourront travailler avec un fonds de développement des
territoires de 100 millions, et de s'imaginer, et de se moduler une
concertation comme ils le veulent.
Vous avez également dit que, dans un budget
d'une ville, il y a la colonne des revenus. C'est 3,2 milliards de transferts conditionnels et inconditionnels — et je reviendrai plus tard si j'ai le
temps — qui vont
vers les municipalités. Mais il y a
également toute la question des dépenses, et vous l'avez dit à plusieurs
reprises que le ministère, le gouvernement sera en aide pour voir
comment les villes peuvent faire pour réduire leurs dépenses.
Il y a la
reddition de comptes, on s'en est fait parler beaucoup. Toute la question de la
reddition de comptes, souvent c'est compliqué. Pour une subvention ou un montant de
quelques milliers de dollars, de 100 000 $,
ça en coûte 3 000 $, 4 000 $, 5 000 $ à la
reddition de comptes quand, déjà, les états financiers des municipalités, des
villes sont vérifiés, il y a un vérificateur qui surveille ce que les villes font,
il y a un rapport annuel, le rapport de vérification qui est fait. Puis il y a des villes qui sont allées plus loin.
Le maire de Gatineau vous l'a dit à plusieurs reprises, quand il s'en va
en négociation, il va négocier avec un fusil
à l'eau versus, souvent, ses syndicats. Lui, il était même allé à demander
peut-être même jusqu'à un droit de décret,
il y a le maire de Québec qui a parlé d'un droit de lock-out. Donc, c'est
toutes des choses qui seront sûrement amenées sur la table des
négociations du prochain pacte fiscal.
Le dernier
pacte fiscal, moi, j'ai eu le plaisir de siéger à l'Union des municipalités du
Québec, et on a négocié un pacte
fiscal qu'on a qualifié d'historique avec le gouvernement de l'époque, avec
M. Charest, qui était premier ministre, Mme Normandeau, qui était ministre des Affaires municipales à
l'époque, qui amenait de nouveaux revenus aux villes, aux municipalités. Et il y a un dossier sur lequel
j'ai travaillé, particulièrement avec l'ancienne D.G. de l'UMQ, madame
que je salue, qui est maintenant à la ville
de Montréal, Mme Peggy Bachman, qui est toute la question des redevances
sur les carrières et sablières. Et la
municipalité où moi, j'ai oeuvré pendant 16 ans, il y a au-dessus d'une
vingtaine de carrières et sablières. Donc, on peut s'imaginer la
pression que ça fait sur le réseau routier des municipalités, le transport
lourd qui s'y produit, là, jour après jour,
et, avec ça, il y a des revenus additionnels qui sont dédiés, justement, à la
réfection des routes, ça a été un 0,50 $ de la tonne qui était prélevé,
là, dans chacune des carrières et sablières. Donc, ça a été des avancées
vraiment intéressantes et qui ont permis aux municipalités de diversifier leurs
revenus.
Et maintenant
on entame ce futur pacte fiscal avec un grand intérêt. Il est attendu. Je pense
que les municipalités le disent
qu'elles attendent avec impatience de pouvoir négocier. On parle de redevances,
le premier ministre l'a dit, sur les ressources
naturelles, l'a dit à plusieurs reprises. Donc, j'aimerais vous entendre sur
quelle est votre vision de cette négociation, de ce futur pacte fiscal avec les
villes, peut-être en regardant toute la question des revenus, toute la question également des dépenses et comment les
municipalités pourront voir simplifié, là, tout ce qu'elles ont à faire
et qui amène des coûts additionnels.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Merci, M. le Président. D'abord, merci. Je remercie le député de Chapleau de sa
question et surtout de ce qu'il nous
rappelle de très important dans le préambule. Hier, on a parlé beaucoup de la
question de l'effort fiscal qui avait
été demandé aux municipalités de 300 millions. En fait, c'est
220 millions... pour les 222 millions pour les municipalités,
la différence étant des compressions que l'on faisait liées aux CRE et aux CLD.
Mais oui,
puis on en a parlé beaucoup, puis il n'y a pas de timidité dans ça parce que
c'est le résultat d'un pacte fiscal
qui a été négocié et signé conventionnellement par les parties. D'ailleurs, on
pourra rappeler... Vous évoquiez le pacte fiscal signé par
Mme Normandeau, il n'y a que des gouvernements libéraux qui ont réussi les
signatures de pactes fiscaux. Le gouvernement du Parti québécois étant dans
l'incapacité de les faire signer puis de s'entendre, bien, ils renouvelaient la
dernière année du pacte fiscal précédent.
Alors, nous,
on est confiants que le pacte fiscal pluriannuel 2016 sera également signé.
Puis vous avez raison de rappeler que, oui, il y a eu des compressions,
mais il y a eu des avancées majeures. Depuis 1993, il n'y avait jamais eu d'augmentation du budget de la voirie locale,
il y a une augmentation significative de 50 millions qui, vous avez
raison, a été saluée. Mais il y a eu aussi d'autres choses parce que, suite au
pacte fiscal, on a eu des mesures d'atténuation qui ont été versées à des municipalités parce que
l'effort global qu'on voulait, c'était un effort qui tournait autour de
1,2 %, il y avait quelques écarts. Dans
votre région, Thurso était particulièrement touchée pour les mesures fiscales
qui touchent les systèmes
antipollution, et je pense que c'était la ville la plus touchée. Alors, il y a
eu des sommes qui ont été versées justement parce qu'on n'a pas fait du
mur-à-mur, on a fait du sur-mesure.
Il reste peu
de temps pour vous dire qu'on entreprend avec confiance la négociation du pacte
fiscal pluriannuel 2016, puis on
pense qu'à cet égard-là on pourra travailler et sur la colonne des revenus, et
sur la colonne des dépenses parce qu'un travail positif sur l'une ou
l'autre de ces colonnes-là, ça donne plus d'oxygène aux municipalités, puis
c'est l'objectif que nous poursuivons.
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le ministre. Je céderais maintenant la parole au député de Gaspé, porte-parole
de l'opposition officielle. Vous avez 19 minutes à votre disposition.
Lelièvre : Merci, M. le Président. Bonjour, tout le monde.
Bonjour, M. le ministre. Bonjour aux collègues et différents représentants du MAMOT. J'aimerais vous
aborder, M. le ministre, sous l'angle du budget du ministère. On va
retomber un petit peu plus dans la cuisine, on va garder les questions plus
philosophiques pour ce soir. Le budget du MAMOT
a subi une légère diminution au niveau de sa masse salariale, et, par contre,
on a augmenté globalement le budget du
ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, au niveau
du fonctionnement notamment. Donc, la masse
salariale a diminué, puis je me souviens, dans mon court passage,
malheureusement, au MAMOT, on avait des problématiques au niveau de la masse salariale, dans le sens où il y
avait carrément eu des efforts de rationalisation du personnel, et certaines directions, dont notamment
la direction responsable du beau dossier de la ruralité et de
l'occupation du territoire, fonctionnaient, je vous dirais, sur un seuil très,
très minimal en termes de ressources.
Donc, je suis
un peu inquiet en voyant une diminution encore de la masse salariale, mais, par
contre, une augmentation du budget
d'opération ou de fonctionnement. J'aimerais avoir un peu plus d'information
sur notamment les éléments qui font l'objet d'une augmentation et aussi
savoir où seront appliquées les diminutions salariales ou de la masse monétaire
pour le personnel au niveau du ministère.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
Bien, d'abord, je demanderai au sous-ministre de vous donner plus de détails,
là, sur les éléments liés à la masse salariale. Dans le programme
Administration générale, il y a une diminution de 8,7 millions des crédits
attribuables au programme. La baisse des
crédits de 9,6 millions qui se détaille de la façon suivante :
7,1 millions pour la révision du
budget d'immobilisations qui est consacré à la mise à niveau du système
informatique et à l'achat de matériel et
d'équipement; 1,6 million pour les mesures d'économie appliquées dans le
budget de rémunération, soit une réduction
de 5 % — c'est le
détail que vous souhaitez avoir, le sous-ministre vous le donnera;
0,7 million pour des mesures d'économie appliquées dans le budget
de fonctionnement, soit une réduction de 3 %; et 0,2 million pour la
réduction du budget discrétionnaire du ministre.
Ça, c'est ce que non pas moi, je m'attribue,
mais ce que j'attribue aux 124 autres collègues de l'Assemblée nationale qui en fait la demande dans l'effort qui
a été demandé à tous les ministères et organismes par le Conseil du
trésor pour l'atteinte de l'équilibre
budgétaire. Donc, il y a eu un ajout en crédits de 0,9 million en raison
du déploiement de la mise en oeuvre
du projet Mosaic, qui, lui, modernise la gestion des programmes d'aide
financière aux infrastructures du ministère.
En gros, là, ce sont les faits saillants pour ce qui est de la diminution
globale de 8,7 millions liée au programme 4 de l'administration
générale.
Sur la question
de la masse salariale, avec votre permission, M. le Président, je demanderais
au sous-ministre en titre...
Président (M. Auger) : ...un consentement? Est-ce qu'il y a
consentement? Consentement. S'il vous plaît, vous identifier, votre nom
et votre titre.
M. Boucher (Sylvain) : Oui. Sylvain
Boucher, sous-ministre. Donc, dans le fond, je vais vous présenter le portrait des effectifs. Donc, l'année dernière, le
ministère disposait de 468 ETC, donc équivalents temps complet. Ça
incluait les gens des communications. Cette
année, donc, les communications, la
partie des communications, il y en avait
une
partie qui relevait du Conseil
exécutif, il y a une autre
partie maintenant qui relève totalement de
l'Exécutif, qui est à environ 13
personnes. Donc, les effectifs, cette année, ils vont être de 453 ETC. Donc, il
y a une baisse, mais, par contre, l'année dernière, compte tenu des
départs puis des vacances, il y a des gens qui prennent des congés sans solde,
l'utilisation d'ETC, l'année dernière, a été
de 446. Donc, cette année, on est dans le même bassin, là, d'ETC qu'on a
utilisés l'année dernière. Donc, la
masse salariale suit le nombre d'ETC. Donc, la masse salariale, il y a une
baisse, une compression de 3 % comme tous les ministères. Donc, c'est
avec ça qu'on fonctionne.
Mais, sur l'effort du ministère, donc il y a un
effort qui a été fait, mais le ministère, on a géré, je dirais, serré. L'année dernière, on a utilisé comme il faut les
ETC, donc ce qui fait que, cette année, on est à la même vitesse qu'on était l'année dernière. Puis la masse salariale, bien, elle est utilisée... Si on prend
un jeune, bien, ça nous coûte moins cher qu'une personne qui est plus
avancée dans les échelons, puis c'est avec ça qu'on essaie, là, de maximiser la
masse salariale et le nombre d'ETC au ministère.
Président (M. Auger) : Vous
allez me permettre juste de préciser ce que veut dire, pour les
enregistrements, ETC, donc employé temps complet.
Boucher (Sylvain) :
Équivalent employé temps complet, donc qui est la définition... Donc, deux
personnes qui travaillent six mois, ça fait un...
Le Président (M. Auger) : Ça en fait
M. Boucher (Sylvain) : Ça en fait
un, c'est ça. Puis donc c'est ça que...
M. Moreau : Comme vous voyez, les effectifs autour de la
salle sont tous jeunes ou à peu près, là. Ne regardez pas derrière vous, il y a
quelques cheveux blancs, mais...
M. Boucher
(Sylvain) : Et donc, sur le
fonctionnement, il y a une baisse,
mais, au total, il y a une légère croissance qui vient du projet informatique Mosaic, où on doit financer la mise en
oeuvre, qui est un projet prévu depuis quelques années, là, qui est en
marche depuis quelques années avec une séquence de livraison qui était prévue.
Lelièvre : Merci. Ça répond à ma question pour la masse
salariale du personnel. Au niveau des augmentations du budget, on constate dans le cahier des
crédits — c'est à
la page 25 et 26 — qu'il y a une augmentation de 1,8 million qui correspond à 5 % d'augmentation du budget de
fonctionnement. M. le ministre a abordé rapidement certains éléments, mais pourriez-vous nous donner les grandes lignes
qui composent, là, l'augmentation de 1,8 million, soit 5 %
d'augmentation du budget de fonctionnement par rapport à l'année dernière?
Le Président (M. Auger) :
M. Boucher.
M. Boucher
(Sylvain) : Oui. En fait, le
ministre a répondu tantôt, c'est le projet informatique Mosaic, où on
avait un projet de 30 millions, à peu près...
M. Boucher
(Sylvain) :
34 millions, qui est tout le projet Mosaic, qui est le projet informatique
qui gère toutes les aides en
infrastructures. Donc, notre système informatique était devenu désuet et à
risque. Donc, il y a un projet, depuis quelques
années, de mise à niveau de ce... On change le logiciel, on change tout et on
est dans la phase de mise en oeuvre. On a livré une première livraison à
la fin de l'année dernière, on a une dernière livraison à la fin de l'année.
C'est ce projet-là qui... Compte tenu qu'on
a eu une livraison, donc on commence à payer le projet. C'est ça,
l'augmentation de fonctionnement. Sur
le reste de fonctionnement, les voyages, ça, il y a une légère baisse de
3 %, comme il était prévu.
M. Moreau : Si vous
permettez, simplement...
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : Oui. Simplement
pour ajouter, la question de l'informatique, là, moi, je ne suis pas un...
J'écris encore avec un crayon à mine, alors je ne suis pas très fort en
informatique, et j'ai posé beaucoup de questions, Et, vous le savez, le
ministère des Affaires municipales gère l'amortissement des emprunts puis des
obligations pour l'ensemble des 1 133
municipalités au Québec, alors... Et les périodes d'amortissement, il y a des
périodes d'amortissement de 20 ans
puis des anciens règlements qui doivent encore exister avec des périodes
d'amortissement supérieures à 20 ans, mais peu importe, et ce système
informatique là sert à gérer l'ensemble de l'oeuvre pour suivre l'évolution de...
M. Moreau :
On me dit que c'est un portefeuille de 9 milliards de dollars. Et le
système informatique actuel est un
système qui date de 1994. Il paraît que Facebook n'existait pas en 1994,
et donc imaginez qu'il soit... Quand on dit qu'il est désuet, là, on est sûrs, sûrs, sûrs qu'on ne conte pas de
menterie. Et donc Mosaic, ce que ça sert... Et c'est très important parce que le passage d'une technologie à
une autre, on ne peut pas se permettre de perdre des données sur la gestion d'un capital de 9 milliards de
dollars. Alors, il y a des éléments qui sont extrêmement sensibles dans ce cas-là,
et ce qu'on m'explique, c'est là où on trouve l'augmentation.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Gaspé.
M. Lelièvre : Merci. Une
question... Également, à la page 26 du livre des crédits, on trouve comme
budget au niveau du développement des
territoires l'enveloppe de 100 millions et également une autre source de
revenus qui est une enveloppe de
14 023 000 $, qui s'appelle Autres programmes d'aide financière
aux territoires et à la ruralité. Est-ce qu'on pourrait avoir de
l'information sur la nature de cette enveloppe-là?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau :
O.K. C'est deux petits programmes. Communautés rurales branchées, où on a
sensiblement les mêmes... on voit 4 266 000 $. On avait
4 294 000 $ en 2014-2015. Vous avez ça à la page 36 du livre des
crédits. Et qu'est-ce qu'il y a d'autre qui compose le...
M. Moreau : Ah! le Fonds
conjoncturel de développement, que vous connaissez bien, là, qui est un fonds
de 3 200 000 000...
3 millions... 3 milliards, c'est une bonne nouvelle, mais,
malheureusement, ça ne durera pas. 3 217 000 $, qui est
au même niveau que 2014-2015. Il y a Villages... Ça, Villages branchés, je veux
juste suivre la ligne, là. Il y a Villages branchés du Québec qui est à peu
près au même niveau, là, 6 039 000 $ plutôt que 6 304 000$.
C'est du service de dette.
M. Boucher (Sylvain) : C'est du
service de dette sur 10 ans.
M. Moreau : O.K. Et qu'est-ce
qu'il y a d'autre? C'est tout.
M. Boucher (Sylvain) : Le fonds de
recherche qu'on veut créer pour...
M. Moreau : Ah! oui, oui,
oui, et notre... qui est le 500 000 $.
M. Boucher (Sylvain) : C'est ça.
M. Moreau : Et
500 000 $... Ah! c'est pour ça que c'est tout dans le
14 millions.
M. Boucher (Sylvain) : Oui, c'est
M. Moreau : O.K. O.K. Et on a
un fonds de recherche que l'on veut créer avec les chaires de recherche universitaires
pour remplacer ce qui était, à l'époque, Solidarité rurale. Solidarité rurale,
c'était financé à hauteur de 800 000 $
par année, là, dans les dernières années et comme organisme-conseil. Puis là
j'ai demandé combien de fois ils nous avaient conseillés, puis je pense
qu'ils auront émis quelque chose comme à peu près deux opinions dans les quatre ou cinq dernières années. Je trouvais que
c'était cher payer l'opinion et qu'on était beaucoup mieux servi non pas
sous l'angle d'un élément de ruralité...
Puis il y a une chose, honnêtement, m'avait fatigué, c'est que, dans les
derniers états financiers, les états
financiers précédents avaient montré un déficit d'opération, puis, l'année
suivante, au lieu de compresser les dépenses, ils avaient augmenté les
salaires. J'avais trouvé que ce n'était pas la meilleure chose à faire, et,
dans le contexte, on a dit : Bien, regardez, pour aller chercher des
conseils, on va trouver une autre façon de faire.
Et donc on
est, à l'heure actuelle, à imaginer... et le 500 000 $ qui est là va
nous permettre de développer une chaire de recherche sur la ruralité. Et on est en réflexion à l'heure actuelle
parce qu'il y a plusieurs éléments liés à la ruralité. Je pense que le
député des Îles et les gens... Bien, chez vous, dans le secteur de la Gaspésie,
la ruralité est tournée vers l'exploitation,
notamment, de la pêche et des milieux côtiers. Ça, c'est un élément. On a un
élément très différent si on regarde
ce qu'est l'Abitibi ou la ruralité, par exemple, dans la région périphérique de
la région Montréal, que ce soit au nord ou au sud. Alors, ce que l'on cherche, c'est véritablement de constituer
une chaire de recherche universitaire qui viendrait remplacer ce qui
était investi dans Solidarité rurale et qui nous donnerait une meilleure idée
de ce qui est beaucoup plus largement que la ruralité, l'occupation du
territoire.
Vous aviez
fait le commentaire qu'on avait perdu le R pour Régions, mais on n'a pas perdu
le OT pour Occupation du territoire.
Et l'occupation du territoire, ça réfère à un élément de diversité qui est très
important selon qu'on est dans des milieux
côtiers ou dans des milieux marins, selon qu'on est dans des milieux
d'exploitation forestière, selon qu'on est en ruralité plus traditionnelle d'exploitation agricole. Ce que l'on
cherche à faire, c'est donc de constituer cette chaire de recherche qui
nous donnerait un éventail des possibilités et des meilleurs gestes à poser
pour assurer une meilleure occupation dynamique du territoire. C'est ça,
l'objectif de ce 500 000 $ là.
Le Président (M. Auger) : Juste un
instant avant de continuer. Je vous demanderais votre collaboration, là — ça fait quelques fois que j'entends des
vibrations — pour
fermer vos téléphones cellulaires, s'il vous plaît. M. le député de
Gaspé.
Lelièvre : Merci pour l'information. J'aimerais maintenant
savoir, l'écart de 3 millions, il y a eu une coupure de 17 à
14 millions, est-ce que vous pouvez identifier les éléments qui seront
coupés, là, qui composent ce 3 millions là par rapport à l'enveloppe, là,
de cette année versus l'année dernière.
M. Moreau : Là, je ne vous
suis pas.
M. Lelièvre :
On avait un budget de 17 millions l'année dernière...
18 857 000 $ même, on parle de 4 millions d'écart.
M. Moreau :
18 millions...
M. Lelièvre :
En 2014-2015, 18 857 000 $. Et, en 2015-2016,
14 023 000 $.
M. Moreau : Faites juste me...
M. Lelièvre : C'est à la page
M. Moreau : Ah! O.K. Ici, là,
dans Programmes d'aide financière aux territoires et à la ruralité.
M. Moreau : Le Fonds de
soutien aux territoires en difficulté, c'était ça?
M. Boucher (Sylvain) : Ça n'existe
plus.
M. Moreau :
O.K. C'est un programme qui a pris fin, qui était le Fonds de soutien aux
territoires en difficulté, dont il a
été question. En réalité, ce fonds-là, c'était un fonds sur cinq ans, je pense,
et dont les crédits avaient été totalement engagés sur la base de relations contractuelles
avec les municipalités. Ça a servi dans bien des cas à l'acquisition
d'équipement de protection incendie, ce que
j'ai vu, là, notamment. Même il y
avait une région où, là, ils sont très bien protégés
par le feu parce que tout ce que je voyais, c'étaient des camions de
pompiers là-dedans. Et, essentiellement,
c'est un fonds qui a été épuisé, qui était épuisé avant même que nous arrivions
aux affaires et pour lequel le président de la Fédération québécoise des municipalités, je pense, vous avait interpellé alors que vous étiez
responsable des régions en vous
disant : Bien, écoutez, si ça, ce fonds-là, ce n'est pas renouvelé, il
va prendre fin. Effectivement, il a pris fin, alors ça explique l'écart.
Ce que l'on
fait présentement, c'est que nous sommes en train... Puis j'ai commencé à répondre à cette
question-là hier, je pense, avec une question du député de Blainville, c'est
que, pour les territoires dévitalisés ou les territoires en difficulté,
on a demandé au ministère de regarder une modification générale des programmes
d'aide, notamment en
matière d'infrastructures, pour nous permettre de majorer l'aide financière du
gouvernement dans le cas de municipalités qui répondent
à des critères de dévitalisation, d'éloignement ou à des critères particuliers.
Et je sais que le travail va bon train, on est en train de regarder à l'approbation d'un C.T. au Conseil du
trésor pour donner suite aux modifications, qu'on souhaite annoncer très
prochainement et qui, bon an, mal an, vont amener plus d'argent dans les
territoires que ce type de programme là, qui
est une intervention ponctuelle et limitée dans le temps, parce qu'on souhaite
l'intégrer à des programmes récurrents comme les programmes
d'investissement en infrastructures.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Gaspé, vous avez encore deux minutes à votre disposition.
Lelièvre : Merci. J'aimerais peut-être revenir sur la question
de Solidarité rurale. Je comprends, bon, votre analyse, M. le ministre,
de l'organisme, mais je peux vous dire que c'est quand même... Bon, il n'y a
peut-être aucun organisme qui est parfait, mais on doit quand même apprécier le
travail qui a été fait par l'organisme. Peut-être qu'il n'y a pas eu beaucoup de recommandations de déposées à
titre
d'instance-conseil, mais il y a quand même eu beaucoup de travail sur le terrain qui a été fait par
Solidarité rurale dans les communautés. Puis je peux dire que, dans l'ensemble
des régions du Québec, les partenaires que
sont les MRC, des organismes communautaires, d'économie sociale avaient
quand même, là, je pense, une bonne appréciation de l'organisme, et, bon,
j'espère qu'on trouvera une façon de remplacer Solidarité rurale par une autre
organisation qui pourra avoir cette vision globale de la ruralité au Québec.
Parce que
vous parlez, bon, d'une chaire de recherche, vous parlez des pêches,
l'importance pour la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine,
oui, mais le travail de Solidarité rurale était plus à un niveau global, hein?
La ruralité s'exprime par les
transports, par l'occupation du territoire sous ses différentes formes, puis, à
ce niveau-là, ce serait important, à mon avis... Vous aurez le loisir, avec votre gouvernement, de déterminer votre
interlocuteur, mais ce serait important d'avoir une instance, un organisme ou une structure qui pourra
être au-dessus de la mêlée, hein, au-dessus de la mêlée, puis vous
donner des recommandations, au gouvernement,
pour mieux vous guider dans vos actions sur le développement puis
l'occupation du territoire. Mais je pense
que c'est important de... Puis l'ensemble des partenaires que composait
Solidarité rurale, on parle autant des gens des entreprises, du
communautaire, du municipal, développement économique, ces gens-là, de par leurs connaissances intersectorielles,
représentaient une belle assise puis une belle source de recommandation ou
d'expertise pour le gouvernement. Merci.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre, en 30 secondes.
M. Moreau : Oui. Bien, non, il ne s'agit pas de
dénigrer le travail qu'ils ont fait, il s'agit de dire... Ça a été créé, là,
par les états généraux du monde rural en
1991. Nous, on pense que, là, on se replace beaucoup plus tard, on est en 2015
et on se dit : Bien, le temps a
passé, peut-être qu'on a besoin d'aller vers d'autres éléments. Puis une chaire
de recherche qui serait aussi
diversifiée que l'examen des territoires différents, que ce soit en foresterie,
en pêcherie, dans la ruralité plus agricole ou autrement, serait un organisme au-dessus de la mêlée qui pourrait avoir
l'impact que vous souhaitez avoir et qui, je pense, correspond davantage à des éléments de
développement scientifique pour avoir une meilleure occupation du
territoire.
Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. Je céderais maintenant
la parole à un député du gouvernement. M. le député de Chapleau.
Le Président (M. Auger) : C'est ce
qu'on m'a dit.
Carrière : O.K. Merci beaucoup, M. le Président. Le premier
ministre, le 21 mai dernier, si j'ai la bonne date, là, mais... ou lors de la composition du Conseil
des ministres et lors de son discours d'ouverture qui, était le 21 mai,
vous a donné un mandat que je qualifierais de clair, qui était de
revoir le partenariat ou les relations entre les municipalités et le gouvernement
du Québec et en en faisant de réels partenaires. Et je vais citer un peu ce que
notre premier ministre a dit lors du discours inaugural : «Nous donnerons à la métropole et à la capitale nationale les moyens de jouer pleinement leurs rôles, tout en revoyant en
profondeur de la relation entre Québec et les municipalités, dans l'esprit de
la pleine reconnaissance de ce palier [...] de gouvernance. Nous désirons
refonder le partenariat entre Québec et les municipalités, bannir le terme "créature" et envisager
l'avenir sur la base de deux ordres de gouvernement, qui ont leurs responsabilités propres et
qui travaillent ensemble au service du même contribuable.»
Au service du
même contribuable, je pense qu'on le répète... on ne peut pas le répéter assez.
Effectivement, là, l'on siège ici, à
l'Assemblée nationale, que l'on soit maire de la ville de Montréal, que l'on
soit maire aux Îles, ou peu importe,
ou en Outaouais, c'est toujours le même contribuable, et chacun dans nos
juridictions et dans nos rôles qui sont propres à nous, qui nous sont particuliers, on est là pour faire avancer
la société québécoise, on est là pour servir le citoyen, et c'est lui — et on en est tous, des citoyens — qui, de par ses taxes fédérales,
provinciales, ses taxes municipales, fait en sorte que l'on se donne les services qui sont chers aux Québécois. On
dit souvent que le Québec est la province la plus endettée, que le citoyen du Québec est celui qui a
un fardeau fiscal qui est le plus élevé. Par contre, on a voulu, à
travers les générations, à travers le temps,
se donner... se prémunir de services. Que je pense aux services à la famille,
aux centres de la petite enfance, aux
allocations familiales que notre gouvernement a remises de l'avant, là, lors de
son premier mandat entre 2003 et 2007, donc ça fait en sorte
qu'effectivement ça fait une pression sur le citoyen, mais... et c'est notre
particularité, et c'est ce qu'on a voulu faire à travers le temps.
Le terme
«créature de l'État», c'est un terme qui a été souvent... Moi, je l'ai été,
maire, je l'ai été, préfet également, et
souvent la relation qu'on avait entre le gouvernement du Québec et chacune des
municipalités, c'était un peu ça, hein, les gens se sentaient non pas un
réel partenaire, mais un peu comme une créature du gouvernement. Et le message
du premier ministre et le mandat du premier
ministre, c'est clair, c'est de faire en sorte que la relation entre chacun des
paliers en devienne un de partenariat, en devienne un... ou en devienne
un — pardon — de
réel partenaire.
Et, là-dessus,
je vais me... Tantôt, j'ai cité le Quorum, qui est la revue, là, de la
Fédération québécoise des municipalités.
Alors, maintenant, je vais utiliser le dernier numéro d' URBA , qui est le
magazine de l'Union des municipalités du Québec, celui de mars 2015, où
il y a deux mairesses qui parlent d'autonomie municipale, et je vais citer deux mairesses. Parce qu'hier on parlait du
droit de vote des femmes, donc, et je pense que c'est un beau clin
d'oeil.
Il y a la mairesse de Chibougamau, Mme Manon Cyr,
qui parle que nous nous devons de réfléchir avec le gouvernement à un système
fiscal qui nous permettra d'accroître l'autonomie. La question qui lui était
posée par... Considérez-vous posséder
suffisamment d'autonomie pour gouverner adéquatement à Chibougamau? Et on lui
demande qu'est-ce qu'elle pense, là, du livre blanc qui a été déposé par l'UMQ,
il y a déjà un petit bout de temps. Et une des questions qui lui étaient posées, c'est : «Si on vous donnait
l'autonomie que vous demandez, avez-vous des exemples de projets que vous seriez en mesure de concrétiser?»
Et, là-dessus, elle parle que Chibougamau a réussi dans le temps... «Je vous donne l'exemple d'un outil bien concret que
nous avons la chance d'avoir. Il y a plusieurs années, nous avons conclu
une entente avec Hydro-Québec pour obtenir
des redevances annuelles provenant des projets de barrages afin de nous permettre d'avoir les ressources quand vient le
temps d'investir. Durant mon premier
mandat, nous avons investi plusieurs millions de dollars sans pour
autant endetter notre communauté.» Donc, c'est un bel exemple de partenariat
que la ville de Chibougamau a réussi à faire.
Et puis une
autre question qui lui était posée : «Pensez-vous que le projet de charte
des municipalités qui émane du livre blanc va aider à accroître
l'autonomie municipale?» Elle répond : «Oui, je le pense.» D'ailleurs, au
sommet des municipalités de l'UMQ au
printemps 2014, les chefs des principaux partis ont renouvelé leurs
engagements. Lors des assises
annuelles de l'UMQ, le premier
ministre... C'est parce que je ne
sais pas si j'ai le droit de nommer les noms ici, là, on n'est pas...
Non? Bon. Donc, le premier ministre et le ministre des Affaires municipales
«avaient été clairs, leur engagement avait
été réitéré». Donc, les espoirs sont fondés, là, pour que ça rejaillisse lors
des prochaines négociations.
Il y a également
la mairesse de Longueuil, Mme St-Hilaire, qui parle d'autonomie municipale.
Elle qualifie même de Révolution
tranquille des villes ce qui va être entrepris dans les prochains jours,
prochaines semaines, à savoir la relation entre les municipalités et le
gouvernement du Québec. Une des questions qui lui est posée, c'est :
«Quels défis une municipalité comme Longueuil rencontre-t-elle dans ses relations
avec le gouvernement du Québec qui limitent son autonomie?» Et, encore une fois, elle parle ... «Il y a toutes les
permissions et redditions de compte à faire avaliser par le gouvernement du Québec qui ne devraient pas
faire l'objet d'une si grande pyramide bureaucratique...» Elle parle de
reddition de comptes, elle parle de
règlement d'emprunt également, à chaque fois, qui doit être approuvé par le
gouvernement du Québec. Elle parlait également de la
Loi sur
l'aménagement et l'urbanisme, la
Loi sur la qualité de l'environnement
qui sont souvent, là, des... bien, je vais utiliser le terme «des freins».
Une voix : Sauvé par la
cloche.
M. Carrière :
Sauvé par la cloche. Donc, il y a l'UMQ, comme je disais, qui a déposé un livre...
Président (M. Auger) :
...juste un instant. Un autre rappel, s'il
vous plaît, fermez vos téléphones
cellulaires pour le bon déroulement...
Une voix : Un autre appel.
Président (M. Auger) : Un
autre appel. Donc, merci, mesdames et messieurs, de votre collaboration. M. le député de Chapleau.
M. Moreau : M. le Président,
comme témoin, là, il n'y avait que des messieurs qui étaient délinquants.
Le Président (M. Auger) : Oui, je
sais, mais c'est juste par principe...
M. Moreau : Je veux prendre
la part des dames, là.
Le Président (M. Auger) : ...par
principe, étant donné qu'il y a des dames et des hommes dans la salle.
Une voix : ...des urgences en
Gaspésie puis aux Îles.
M. Moreau : Ça doit être ça.
Le Président (M. Auger) : M. le
député, vous avez encore 11 minutes à votre disposition, là.
Carrière : C'était ma
prochaine question, à savoir combien de temps de temps, là, il me restait. Il y
a eu le livre blanc de l'UMQ qui a
été déposé qui parlait beaucoup du principe de subsidiarité, puis il y a des
grands principes qui sont là-dedans... qui est reconnaître la
municipalité comme une instance politique autonome, qui est d'assujettir la gouvernance municipale aux principes de
transparence, d'éthique et de participation citoyenne et d'imputabilité — tout le
monde, y croit, personne ne peut être contre ça — instaure une nouvelle
base aux relations Québec-municipalités et la redéfinition des compétences
municipales.
Et il y a également
la Fédération québécoise des
municipalités qui, en septembre
dernier, a déposé leur livre bleu où il
y a plusieurs fondements, là, et les principes, les grands principes, là, qui
sont évoqués par la Fédération
québécoise des municipalités sont la proximité, donc, et l'autonomie
municipale, l'efficacité. L'efficacité, qui est le mieux placé pour rendre un service? Est-ce que c'est le
gouvernement du Québec? Est-ce que c'est une municipalité qui est la
mieux placée?
Et également
la flexibilité, ça, on en parle régulièrement, toute la question de
flexibilité, et, là-dessus, je vois le mur-à-mur qui est souvent
décrié, là, par les maires. Les besoins à Montréal sont nécessairement
différents de ce qui peut se passer à Val-des-Monts,
chez nous, où j'ai été maire pendant de nombreuses années, aux Îles-de-la-Madeleine.
Ou, peu importe, dans chacune des régions du
Québec, la réalité est totalement différente. Et là, pour faire un petit peu, là... où vous allez, où le
gouvernement, notre gouvernement, veut aller par rapport à... les CLD, les
CRE, la concertation régionale, chacun pourrait la moduler. Et, j'en ai
parlé tantôt, chacune des MRC, chacune des régions est à pied d'oeuvre pour s'imaginer comment elle va le faire, et moi, je
crois à la maturité des régions, à la capacité des régions de se donner
une façon de faire qui lui appartient et qui sera efficace, j'en suis
convaincu.
Et j'aimerais
vous entendre, comment vous entrevoyez toute cette question-là
de la relation Québec-municipalités? Comme vous l'avez dit à plusieurs reprises,
là, on a eu différentes rencontres. On en a une mardi prochain avec
l'UMQ et la FQM pour poursuivre les
discussions sur le nouveau code des municipalités et comment on va définir
cette nouvelle relation entre Québec
et les municipalités. Donc, j'aimerais vous entendre un petit peu sur votre
vision et comment vous voyez, là, où on pourrait aller en réel
partenariat avec le monde municipal.
Le Président (M. Auger) : M. le ministre.
M. Moreau : On a combien
de...
Le Président (M. Auger) : Huit
minutes.
M. Moreau :
Huit? Ah, mon Dieu! Écoutez, d'abord, c'est intéressant de voir... Vous avez
cité le discours du premier ministre,
qui disait faire disparaître le mot «créature», il faut savoir d'où il vient.
Au départ, ce n'est pas péjoratif parce
que, dans l'ordre constitutionnel, il y a le gouvernement fédéral, les
provinces et le partage des compétences entre le gouvernement fédéral et le gouvernement des provinces selon l'Acte de
l'Amérique du Nord britannique. Et, clairement, le droit civil tombait sous la compétence exclusive des provinces, et
donc l'administration des municipalités tombait dans le vocable plus large du droit civil. Et
techniquement, selon l'ordre constitutionnel, une province aurait pu — et même, à l'époque, la
Nouvelle-France le faisait largement — sans que des communautés ne
soient instituées en corporations, gérer l'ensemble de son territoire.
Évidemment,
on sait bien que l'évolution de la société fait en sorte que les colons
français qui s'établissent le font dans des regroupements. On concède
les terres sous le système seigneurial, et là arrive la Conquête britannique et
le rapport Durham qui vient dire : Il y a une
obligation de faire en sorte, pour l'amélioration des États de la colonie, de
faire une loi. Et l'ancêtre du Code municipal, c'est la
loi sur les chemins
dans le Bas-Canada et c'est une recommandation directe du rapport Durham où on
dit : On doit s'organiser parce que le transport des biens entre une
municipalité et l'autre se fait sur des routes tellement cahoteuses que, quand
ils arrivent au village, il n'y a plus rien dans la charrette ou à peu près,
Alors, on est partis de là, et donc l'État a
pris en charge — et
c'est vrai dans les autres provinces canadiennes aussi — les
administrations municipales et constitué ici, au Québec, autour de ce
qu'étaient les paroisses catholiques les premières communautés qui sont devenues les municipalités rurales et les
villages, et tout ça, avec l'urbanisation, s'est transformé, l'augmentation de la population vers les milieux urbains. Et
donc la relation de créature venait du fait que les corporations municipales étaient créées — donc, elles n'existaient pas — étaient créées par les législatures
provinciales et, ici, par le gouvernement du Québec.
Mais, au fil des ans, on a transformé beaucoup
les services qu'ont été appelées à fournir les municipalités, c'est-à-dire au départ un service qui était lié
aux immeubles, la voirie, la capacité de se déplacer d'un endroit à
l'autre, l'aqueduc, l'égout, les déchets,
qui étaient des services à la propriété, pour se transformer lentement vers ce
que l'on connaît maintenant, et les
municipalités — et je
pense que la présidente de l'UMQ le dit à peu près à tous ses discours — maintenant, les municipalités rendent des services beaucoup plus liés à la personne.
Ce qui est d'ailleurs une de leurs revendications de dire : On doit changer les sources de revenus
des municipalités parce qu'à l'époque l'impôt foncier correspondait aux types de services qui étaient fournis, mais,
aujourd'hui, la diversification des services fait en sorte qu'on devrait
aussi diversifier les sources de revenus.
Donc, le
départ de cette notion de créature, c'est véritablement le reflet de l'ordre
constitutionnel dans lequel nous vivons,
et, aujourd'hui, ce que l'on dit... et le mandat que me donne le premier
ministre, c'est un mandat qui tient compte de la transformation de la société et de la transformation de ce qu'on
attend des municipalités, qui sont véritablement des gouvernements de proximité, et donc le travail que
nous aurons à faire... J'ai parlé amplement hier du statut de Montréal comme métropole dans le cadre des crédits liés à
la métropole, mais le chantier le plus important, c'est ce tronc commun que nous amorçons avec la Table
Québec-Municipalités où on va redéfinir ce qu'est ce rôle-là dans la perspective d'une plus grande autonomie, d'une diversification de leurs
revenus et, je dirais, d'une redéfinition juridique de ce qui, dans les
faits... le rôle de ce que sont dans les
faits... les rôles joués par les municipalités au Québec, et donc c'est la première fois
que l'on va aussi loin que ça.
Je disais hier que moi, je n'étais même pas
encore étudiant en droit puis j'écoutais les discours que mon père faisait sur l'importance de donner plus de pouvoirs aux municipalités puis
d'accompagner ces pouvoirs additionnels là des moyens qui y sont... Je me souviens, d'ailleurs, d'un discours qui
avait été prononcé par le vice-président de l'Assemblée nationale, le député de l'Abitibi-Nord ou...
Abitibi-Est ou Ouest? En tout cas, Gendron, Ouest, qui était le premier
ministre délégué à l'Aménagement du territoire, et un discours extraordinaire
sur la différence entre la décentralisation et la déconcentration. À peu près 20 minutes après le début du discours,
il y avait pas mal de monde qui était déconcentré, je dois vous le dire, parce que c'était la première fois
où on parlait de ce qui était, je dirais, l'ouverture vers la réalité
d'autres instances de gouvernance et comment est-ce que tout ça devait
s'aménager. Alors, ce n'est pas d'hier, c'est le doyen de l'Assemblée
nationale.
M. Moreau :
1984, exact. Alors donc, aujourd'hui, c'est la première fois où le premier
ministre donne un mandat clair en disant : Voici, là, vous allez
redéfinir tout ça, et on le fait dans une perspective de grande ouverture.
Hier, je disais : À la dernière réunion que
nous avons eue de la Table Québec-Municipalités, on a mis sur table — puis ce n'est pas des éléments de cachette,
là — voici
quels sont les grands panneaux qui vont faire l'objet des discussions entre nous et voici l'échéancier qu'on
se fixe pour y arriver. Puis je peux vous dire honnêtement que les yeux ont agrandi de l'autre côté de la table en
disant : Oui, bien là, on est engagés dans un exercice qui est sérieux. On
ne veut pas bâcler l'affaire, on veut
le faire avec beaucoup de sérieux, mais on veut le faire vraiment dans une
perspective de dire : Quand on aura
fini cet exercice-là, on aura véritablement déplacé des mandats d'un palier de
gouvernement à un autre avec les moyens pour les réaliser. C'est
véritablement l'objectif de départ.
Je constate — et je vous remercie de poser
la question parce que ces questions-là nous permettent toujours d'envoyer des messages — qu'entre les deux unions, entre la
Fédération québécoise des municipalités puis l'Union des municipalités, il y a des points de convergence.
Alors, les points de convergence, c'est que ce soit adopté par une loi,
c'est de renforcer l'autonomie politique des municipalités — là,
je parle du livre blanc et du livre bleu, là — privilégier l'efficience dans
la fourniture des services publics, octroyer des sources de revenus suffisantes
pour l'exercice des compétences, élargir les
compétences, consulter le milieu municipal préalablement à l'octroi de
compétences, conférer plus d'autonomie, décentraliser les outils
d'animation et de développement local. Ça, c'est les points de convergence.
Mais il y a
quelques points de divergence où il y a entre la réalité rurale, ou, je dirais,
périurbaine, ou moins urbaine et la
réalité urbaine des éléments où ça semble vouloir se connecter un peu. Alors
là, nous, on a une très bonne volonté. On demande aussi à nos partenaires
avec qui on va discuter d'avoir la même bonne volonté. Et, à la fin de la
journée, on peut s'attendre à ce que, sur
certains sujets, il y ait des arbitrages à faire. Et l'intention du
gouvernement, c'est d'y aller à visière
levée puis, éventuellement, de faire ces arbitrages-là. Je donne un exemple, le
mode de votation dans les municipalités régionales de comté. Il y en a
autant qu'il y a des municipalités régionales de comté, à peu près, parce que c'est dans les chartes... c'est ça, c'est dans
les chartes constitutives des MRC, qui datent de 1979, 1980. Là, il y a
eu des équilibres qui se sont établis, là, on dit...
Le Président (M.
Auger) : En terminant, M. le ministre.
M. Moreau : Oui. Bien, alors,
si on transfère d'autres compétences, est-ce que ce mode de votation là est toujours aussi adéquat? Là, il y a des discussions
à avoir, mais je suis optimiste, on aura ça dans un climat de détente et
dans un climat serein et d'ouverture.
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le ministre.
Compte tenu de l'heure, la commission suspend
ses travaux jusqu'à 15 heures, où elle entreprendra l'étude du volet
Habitation et Régie du logement des crédits budgétaires du portefeuille
Affaires municipales et Occupation du territoire.
(Suspension de la séance à 12 h 40)
Le Président (M. Auger) : À l'ordre,
s'il vous plaît! Nous allons reprendre nos travaux.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude du volet Habitation et Régie du logement des crédits budgétaires du
portefeuille Affaires municipales et Occupation du territoire pour l'exercice
financier 2015-2016.
M. le secrétaire, y a-t-il de nouveaux
remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Hardy
(Saint-François) est remplacé par M. Huot (Vanier-Les Rivières); M. Morin (Côte-du-Sud) est remplacé par
M. Boucher (Ungava); Mme Nichols (Vaudreuil) est remplacée par
Mme Ménard (Laporte);
M. Rousselle (Vimont) est remplacé par M. Ouellette (Chomedey);
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré) est remplacée
par M. Tanguay (LaFontaine); et M. Pagé (Labelle) est remplacé par
Mme Poirier (Hochelaga-Maisonneuve).
Président (M. Auger) : Merci. Nous allons débuter par les remarques
préliminaires puis nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ 20 minutes,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix des crédits
sera effectuée à la fin du temps qui est alloué à l'étude de ce volet. Nous
débutons donc avec les remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez
de 12 minutes.
M. Moreau :
12 minutes. Alors, merci, M. le Président. Je vais saluer, si vous me le
permettez, les collègues qui se
joignent à nous pour cette partie-là de l'étude des crédits du ministère des
Affaires municipales, pour le volet Habitation, d'abord mon collègue de Vanier-Les Rivières, qui se joint au groupe
parlementaire formant le gouvernement, de même que ma collègue de
Laporte. Je veux saluer également la porte-parole de l'opposition officielle en
matière d'habitation, la députée d'Hochelaga-Maisonneuve. Je vois arriver le
député de...
Une voix : De Chomedey.
M. Moreau :
De Chomedey, c'est ça. On se connaît par son nom, mais... Alors, le député de
Chomedey qui se joint à nous, et je le salue. Et je salue, évidemment,
les porte-parole du deuxième groupe d'opposition qui sont avec nous depuis le
début.
Alors, M. le
Président, aujourd'hui, nous abordons plus spécifiquement, vous l'avez dit,
l'étude des crédits de la Société
d'habitation du Québec et de la Régie du logement. Avant de poursuivre, je
voudrais vous présenter les gens qui m'accompagnent
aujourd'hui : donc, sur ma droite immédiate, Michel Gagnon
président-directeur général de la Société d'habitation du Québec, et,
sur ma droite, Luc Harvey, président de la Régie du logement.
M. le
Président, le logement est le poste de dépenses le plus important des ménages
québécois. Il représente, en moyenne,
plus d'un quart de leurs dépenses de consommation courante. Certains ménages
parmi les plus pauvres peuvent même
consacrer plus de 35 % de leurs revenus à se loger. Le gouvernement du
Québec a un rôle à jouer pour aider ces personnes parce qu'on le sait,
le logement a une forte incidence sur la qualité de vie des gens. En
investissant pour améliorer les conditions d'habitation
des ménages à faibles revenus, il est clair que nous réduisons la pauvreté et
que nous aidons les enfants de ces
familles à grandir dans un milieu plus sain et dans des conditions plus
propices à leur éducation. Nous savons aussi qu'en fournissant un
logement adéquat aux aînés nous favorisons leur maintien à domicile et nous réduisons ainsi les frais reliés aux soins de santé. Le
gouvernement du Québec doit poursuivre ses investissements en habitation pour
améliorer les conditions de logement de ses citoyens.
Cependant,
dans le contexte actuel, nous devons également revoir nos façons de faire pour
maximiser les retombées de nos
investissements et nous assurer qu'un plus grand nombre de personnes à faibles
revenus ou qui ont des besoins particuliers
aient accès à notre aide. C'est la raison pour laquelle j'ai confié au
président-directeur général de la Société d'habitation du Québec le
mandat de revoir l'ensemble de l'organisation et ses structures, ainsi que les
programmes offerts. La Société d'habitation du Québec, la SHQ, est déjà à
l'oeuvre sur six chantiers. Elle évalue, entre autres, la possibilité de regrouper les offices d'habitation
par territoires dans le but d'obtenir des gains d'efficacité et
d'efficience. À l'heure actuelle, M. le Président, le Québec compte
538 offices d'habitation à qui nous confions la gestion du parc
d'habitations à loyer modique québécois, lequel compte près de
74 000 unités de logement.
Or, la
majorité de ces offices d'habitation sont de très petite taille, oeuvrent
principalement en milieu rural et gèrent un petit nombre de logements à loyer modique. Le regroupement d'offices
d'habitation aura comme résultat des organisations
plus performantes et permettra, nous en sommes persuadés, d'améliorer les
services offerts aux locataires et aux
personnes en attente d'un logement à loyer modique. Je tiens à préciser, M. le
Président, que la réflexion qui est menée par la SHQ à ce sujet est faite en collaboration avec les membres du
réseau des offices d'habitation du Québec, à qui j'aurai d'ailleurs le
plaisir de m'adresser demain matin à l'occasion de leur congrès annuel ici
même, à Québec.
Par ailleurs,
la SHQ analyse présentement les critères et les modalités du programme AccèsLogis
Québec afin de l'adapter au contexte
actuel et de faire en sorte qu'il réponde mieux aux besoins de la population. La SHQ me soumettra un rapport des
travaux de révision des programmes et des recommandations d'ici la fin du mois
de juin.
Revenons à la mission de la SHQ et aux crédits
budgétaires qui lui sont alloués pour concrétiser les mandats importants qui lui sont confiés. Chaque année,
grâce à ses interventions, la Société d'habitation du Québec vient en
aide à plus de 238 000 ménages
québécois et, pour remplir son mandat, prévoit un budget de dépenses de
1,1 milliard de dollars pour 2015-2016. Globalement, le budget des
dépenses de la SHQ demeure le même que lors des années précédentes.
Afin
d'appuyer les ménages en situation de précarité, notre gouvernement a annoncé
dans le dernier budget des investissements
de 126 millions de dollars pour la construction de
1 500 nouveaux logements abordables et communautaires dans le cadre du programme AccèsLogis Québec de la
SHQ. Depuis 1997, ce sont donc plus de 2,7 milliards de dollars qui
ont été investis par le gouvernement du Québec. Cette initiative, qui
bénéficiera à l'ensemble des régions du Québec, permettra d'offrir un logement convenable à des ménages moins fortunés
ou à des personnes ayant des besoins particuliers en matière d'habitation. Je sais qu'il s'agit là
d'une diminution par rapport aux unités annoncées lors des deux derniers
budgets, mais le contexte a changé.
M. le
Président, nous sommes conscients que, malgré tous nos efforts, plusieurs
ménages consacrent encore une trop
grande part de leurs revenus au logement. C'est pourquoi nous avons également
annoncé dans le discours sur le budget un
investissement de 123 millions de dollars afin de financer
5 800 nouvelles unités du Programme supplément au loyer pour une période de cinq ans. 1 000
de ces unités seront rendues disponibles dès 2015-2016. La SHQ veillera à
répartir ces unités en fonction des besoins
des divers milieux et des particularités du marché locatif privé et public des
régions. Ces mesures permettront d'aider un plus grand nombre de ménages.
Comme je vous le mentionnais précédemment, le
Québec dispose d'un important parc de logements sociaux composé de près de 74 000 unités. Ce parc représente un
patrimoine précieux pour le Québec. Pour assurer la qualité de vie des locataires, notre gouvernement investira
des sommes importantes pour rénover, améliorer et moderniser ce parc
immobilier. Pour l'exercice financier 2015-2016 une enveloppe de
200 millions de dollars y sera dédiée.
En matière
d'amélioration de l'habitat, ce sont 35 millions de dollars qui ont été
alloués à la SHQ pour certains de ses
organismes pour la prochaine année financière. De cette somme, 25 millions
de dollars seront destinés aux personnes handicapées qui ont besoin d'adapter leur domicile pour être capables
d'y vivre plus longtemps et de manière autonome. Le nouveau Programme de réparations en région s'est, quant à lui, vu
accorder une enveloppe budgétaire de 10 millions de dollars. Ce financement permettra notamment aux
propriétaires à faibles revenus de corriger des défectuosités majeures
sur leur résidence.
Le gouvernement du Québec, au même
titre que
plusieurs citoyens, par ailleurs, est très préoccupé par la fin des ententes avec le gouvernement fédéral pour le
financement du parc d'habitations à loyer modique et les unités de supplément au loyer. Nous savons que celle-ci aura des répercussions importantes sur
l'avenir du logement social et nous travaillons afin d'atténuer ses
impacts pour les ménages les plus vulnérables. Soulignons que cette
problématique est pancanadienne et que les
autres provinces partagent cette préoccupation avec le Québec. Ainsi, à
l'occasion de la rencontre des sous-ministres fédéral, provinciaux et
territoriaux qui s'est tenue en novembre dernier, le Québec,
de concert avec les autres provinces et territoires, a réitéré au
président de la Société canadienne d'hypothèques et de logement que le gouvernement
fédéral devait se réengager financièrement dans le logement social.
La SHQ, quant
à elle, s'est engagée à prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer
que les locataires à faibles revenus ne soient pas affectés à court et à moyen terme
par la fin graduelle des conventions avec le gouvernement fédéral.
D'ailleurs, un programme de supplément au loyer spécial a
été mis en place par le gouvernement
du Québec afin de soutenir les
ménages dont les subventions arrivaient à échéance ainsi que ceux dont les subventions
arriveront à échéance d'ici le
31 mars 2018. Enfin, notre gouvernement a annoncé, lors du budget 2015-2016,
la mise en place d'une mesure
d'aide financière de 6 millions de dollars visant à soutenir les
organismes et les coopératives d'habitation qui seront affectés par la fin des
ententes avec le gouvernement fédéral.
M. le Président, je vais vous parler maintenant de la Régie
du logement. La régie est un tribunal
spécialisé qui exerce sa compétence en matière de bail résidentiel. Sa
mission consiste à décider des litiges dont elle est saisie dans le cadre d'une procédure simple et respectueuse des règles
de justice naturelle, à informer les citoyens sur les droits et obligations
découlant du bail afin d'éviter que les conflits ne se développent du seul fait
de l'ignorance des dispositions de la loi et à favoriser la conciliation des
relations entre propriétaires et locataires.
Et, M. le Président,
je suis heureux de vous annoncer que je suis le premier ministre responsable de
l'Habitation à avoir visité et fait une conférence de presse sur les lieux de
la Régie du logement en 37 ans. Exact?
M. Moreau :
En 35 ans. Enfin, la régie est chargée de veiller, dans certaines
circonstances, à la conservation du parc de
logements et, dans ces cas, d'assurer la protection des droits des locataires. M. le Président, en juin dernier, lors de
l'étude des crédits, je m'étais engagé à mettre en place des mesures pour aider
à réduire les délais d'audience. Le 8 septembre dernier, j'ai
procédé à la nomination de quatre nouveaux greffiers spéciaux.
Selon
les hypothèses que nous détenons aujourd'hui, ces nouveaux greffiers permettront à la Régie du logement d'entendre plus de 2 300 nouvelles causes de non-paiement de
loyer non contestées. Des rôles complets de non-paiement seront donc assignés à ces greffiers spéciaux. Ces
derniers entendront les demandes non contestées. Pour ce qui est des demandes contestées où le défendeur est présent,
elles seront immédiatement transférées à un régisseur désigné disponible
dans l'une des salles d'audience adjacentes.
Considérant que 75 % de ces demandes ne sont pas contestées, c'est
donc l'équivalent de 467 rôles qui
seraient entendus par des greffiers spéciaux, ce qui permettra un gain de
2 335 demandes par année à être entendues par les régisseurs.
16 avril dernier, j'ai également procédé à l'annonce de l'implantation
d'un projet pilote portant sur l'expansion de la tenue d'audiences par visioconférence. Ce projet, qui a débuté le
13 avril dernier, cible les régions de la Côte-Nord, du
Bas-Saint-Laurent, de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Gaspésie. En instaurant
cette nouvelle procédure, la régie vise à
assurer l'efficacité et l'accessibilité de ses services d'adjudication de
manière équitable. Cette façon de faire répond à une recommandation du
Vérificateur général du Québec dans son rapport annuel 2000-2001.
Comme
vous pouvez le constater, M. le Président, notre gouvernement est sensible aux
conditions de logement des ménages à
faibles revenus ou modestes, prend des mesures concrètes pour venir en aide à
un plus grand nombre de ces messages...
de ces ménages, pardon. Vous m'avez passé un message, et j'ai confondu le
«message» avec le mot «ménage». Alors, nous voulons venir en aide à un
plus grand nombre de ménages.
En ce sens, les
résultats issus des efforts de révision des programmes entrepris par la SHQ
s'annoncent très prometteurs. Je suis convaincu que ces travaux, qui
s'inscrivent dans l'esprit de la démarche gouvernementale menée par la Commission de révision permanente des
programmes, nous permettront d'intervenir de façon beaucoup plus
efficace auprès des ménages québécois.
J'entrevois donc l'étude de cette
partie des crédits avec beaucoup d'optimisme et j'assure mes collègues de l'opposition
officielle et de la deuxième opposition
de la même collaboration que celle dont nous avons fait preuve jusqu'à
maintenant pour l'étude des autres crédits.
Président (M. Auger) :
Merci, M. le ministre. J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition
officielle et députée d'Hochelaga-Maisonneuve à faire ses remarques préliminaires pour
un maximum de sept minutes. Mme la députée.
Mme Poirier :
Elle n'a aucune remarque préliminaire. Je vais ajouter ça à mon bloc.
Président (M. Auger) : Bien sûr.
Donc, j'inviterais maintenant le porte-parole du deuxième groupe d'opposition pour un maximum
de cinq minutes pour des remarques préliminaires.
Laframboise : Merci beaucoup,
M. le Président. Évidemment, l'année qui vient de commencer, qui vient
de débuter, c'est une année qui va être...
En tout cas, par
rapport au dernier budget,
aux annonces à la Société
d'habitation du Québec, ça a mal commencé, deux démissions au conseil d'administration. Évidemment, tout ça... à la SHQ, c'est-à-dire, deux démissions au conseil
d'administration.
Vous savez, dans une
période, M. le ministre, où les coûts de logement augmentent, les taxes municipales
augmentent, les taxes scolaires augmentent,
les coûts des loyers augmentent, évidemment c'est sûr que, dans le milieu, annoncer 1 500 logements au lieu des 3 000 dans AccèsLogis, ça a été un choc, là,
par rapport... Et surtout qu'il y a eu une
réduction aussi des unités destinées aux personnes itinérantes, 150 unités
seulement, alors qu'il s'en était créé 500.
Évidemment,
il y a un volet vers le privé. Le questionnement qu'on aura, c'est de s'assurer
que les personnes à plus faibles
revenus pourront y trouver leur compte parce qu'il faut... on semble vouloir
s'en aller vers une option qui peut être intéressante un tant soit peu,
que les locataires à plus faibles revenus soient capables d'y trouver leur
compte. Donc, on va s'assurer de ça tout au long de notre questionnement, M. le
ministre et M. le Président.
concernant la Régie du logement, on doit constater qu'il y a eu un nouveau bail
qui est entré en vigueur, et les propriétaires
semblent très aigris de ce nouveau bail. Donc, on aura la chance d'éclaircir ça
avec la Régie du logement, et donc ce sera le but de notre intervention.
S'il me reste du temps, vous le rajouterez à mes questions, M. le Président.
Le Président (M. Auger) : Merci, M.
le député de Blainville. Nous allons commencer nos blocs d'échange. Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve, un premier bloc de 23 min 30 s.
La parole est à vous, madame.
Mme Poirier : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, bonjour à tout le
monde, M. le ministre, M. le président de la Société d'habitation du
Québec, M. le président de la Régie du logement, il me fait plaisir de vous voir, toute
l'équipe, mes collègues en face, M. le Président.
M. le Président, on voit que le budget AccèsLogis a pris toute une coupure pour les
années à venir à l'effet de diminuer de 3 000 à 1 500 le
nombre d'unités de logement. Quand on voit les listes de HLM se multiplier et
faire en sorte qu'il y a encore de plus en
plus de gens qui se retrouvent sur les listes de HLM, c'est très surprenant,
cette décision du gouvernement de faire en sorte qu'on diminue le nombre
de logements. Alors, j'aimerais ça, M. le ministre, que vous puissiez nous dire la ventilation régionale de ce
1 500 unités de logement. Alors, combien Montréal, Québec, la
Côte-Nord, chacune des régions du
Québec va recevoir d'unités à partir de ce 1 500, puisqu'on le sait que,
lorsqu'il y avait 3 000 unités, ça voulait dire 1 100 pour
Montréal? Alors, est-ce que vous avez prévu une... Ça veut dire que les
1 500 pourraient venir à Montréal
directement. Nous serions probablement heureux, moi et vous, et le reste du
Québec, non. Mais qu'est-ce qui va
arriver avec les 1 500 logements pour la ventilation? Et je vais
poser des questions très courtes pour qu'on puisse avoir une discussion
plus fine.
M. Moreau :
C'est bon, se répondre par oui ou par non.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Moreau :
O.K. Non, mais, écoutez, d'abord, votre question est très courte, la réponse va
être très courte. L'assignation des
1 500 unités n'est pas encore faite pour une raison très simple.
C'est que vous dites : Le programme AccèsLogis vient de subir toute une débarque, ce n'est pas comme ça que
l'on envisage les choses, on envisage les choses d'une façon globale. Et, dans les unités qui sont déjà autorisées dans
les années antérieures... Parce que le programme AccèsLogis existe
depuis un bon nombre d'années, et je regarde, là, ce que nous avons fait comme
gouvernement antérieurement, de 2004 à 2007,
c'est 7 000 unités; de 2007 à 2010, c'est 7 000 unités; de
2010 à 2012, c'est 5 000 unités; de 2012 à 2014, 5 500; 2014 à 2015, 4 500; pour un total de
29 000 unités. Le résultat de ça, vous savez comment
fonctionne le programme, c'est qu'il y a un «backlog», c'est-à-dire des unités
autorisées, mais non réalisées, il y a un «backlog»
de 6 000 unités autorisées, mais non construites. Alors, je peux bien
me faire une belle jambe puis dire : J'en autorise 3 000 autres cette année, ça ne changera rien parce
qu'il y en a 6 000 qui sont en attente et qui ne sont pas
réalisées.
Nous,
ce qu'on a dit, c'est : On va faire une approche globale qui fait en sorte
qu'on n'est pas dans la brique et le béton,
mais on est dans l'aide aux personnes pour se loger. Alors, comme on réalise
que ce «backlog» existe... Et, si on en fait la répartition, là, vous savez qu'on a des villes mandataires,
Montréal, Québec et Gatineau, il y a 1 700 unités non réalisées à Montréal, il y a 347 unités non
réalisées à Québec puis il y a 379 unités non réalisées à Gatineau, puis
il y en a, évidemment, pour le reste du Québec. Alors, moi, le réflexe
que j'ai eu, ça a été de dire : Comment on fait pour aider les gens qui ont des problèmes de logement? Le
FRAPRU nous dit : Il y a 40 500 ménages qui sont en attente de
logement. J'ai dit : Où est-ce qu'ils
sont, ces gens-là? Ils sont dans des unités d'habitation, mais ils paient trop
cher pour se loger. Alors, j'ai
demandé au ministre des Finances que nous répartissions l'effort, d'une part,
en termes de construction en tenant compte
du fait qu'il y avait 6 000 unités non réalisées, donc on en a mis
1 500. Et l'autre 123 millions, on a dit : Bien, on va le mettre sur le programme d'aide au loyer, qui va
nous permettre d'aider plus que 3 000 ménages, qui va nous
permettre d'aider globalement 7 000 ménages, dont 1 000 déjà
cette année dans le seul programme de subvention du logement.
Alors, on n'a pas
fait une approche comptable. Nous, on a fait une approche qui est basée sur les
besoins des individus, et non pas sur ce qu'on aura en inventaire à construire
et qui n'est pas construit.
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Bien, M. le Président, vous me permettrez de rappeler au ministre que les
6 000 unités non construites, c'est les unités de 2015-2016, c'est
très simple. Et les 1 500, c'est pour 2017. Alors, il nous annonce qu'en — parce que la programmation, c'est
celle-là — 2017, il
fait baisser de 50 % le nombre d'unités. Ça, c'est la réalité. Ma
question était pourtant simple, j'ai demandé la ventilation. Je n'ai pas eu de
réponse, alors je vais continuer.
ministre, l'an passé, M. le Président, nous a dit, et je le cite, que
«pour chaque dollar investi, c'est autour de 1,98 $, 2 $ d'impact dans l'économie du Québec». Alors, quand le gouvernement investit 250 millions — ce
qui était le cas l'an passé — dans
le logement social, non seulement il répond à un besoin, mais, en plus de ça, il
assure un retour dans l'économie de l'ordre d'un demi-milliard de
dollars, ce qui est considérable. Le programme AccèsLogis — et
ça, c'est documenté — il y a une étude qui a été réalisée par la firme AECOM pour le compte de la
Société d'habitation en 2011 qui indique ça, que le retour est d'à peu
près 1,92 $, donc il y a un impact qui est important. Ça, c'est ce que le ministre nous disait aux crédits l'an passé.
Alors, c'est assez simple. Alors, à partir du moment où il décide de ne
plus investir dans la brique et, justement,
dans la construction, c'est qu'il n'investit plus dans l'économie du Québec.
Et ça, c'est le choix qu'il a fait comme gouvernement. Bon, c'est un
choix. On peut ne pas être d'accord, mais c'est son choix qu'il a décidé de
faire.
Alors,
moi, ce que je lui pose comme question, c'est : Est-ce qu'il a fait ce
choix-là parce qu'il a d'importantes baisses
de contribution du fédéral? Quand je regarde les données qu'on nous a
transmises, c'est au moins 31 millions
de dollars de moins pour cette année que le gouvernement fédéral
contribue. Alors, est-ce que le ministre peut nous expliquer comment ça
qu'on a 31 millions de dollars de moins en budget qui vient du fédéral? Et
est-ce qu'il a fait des choix, justement, en fonction de ça? Et pourquoi il a
accepté cette baisse de contribution de 31 millions du fédéral?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Moreau : Parce que, comme question courte, je peux vous dire
que, pour la deuxième, vous avez manqué votre coup. Je vous dis ça avec
beaucoup de respect parce que vous avez fait un amalgame...
Mme Poirier : La réponse
était aussi longue, M. le ministre.
M. Moreau : Bon, bien, tant
mieux! Alors, je vais vous en donner une aussi belle. Alors, vous m'avez fait
un amalgame total. Là, vous dites : Vous n'investissez plus, puis c'est à
cause du gouvernement fédéral. Évidemment, venant
de l'opposition officielle, ça nous prend tout le temps une petite chicane
fédérale-provinciale. On n'est pas là-dedans,
là, je vais vous simplifier ça beaucoup plus
que ce que vous semblez vouloir le compliquer. Les gens, en matière
d'habitation, ceux qui bénéficient de nos programmes, qu'est-ce qu'ils veulent?
Pensez-vous qu'ils veulent une chicane fédérale-provinciale ou ils veulent être
capables d'avoir...
Le Président (M. Auger) : Un instant!
C'est une personne à la fois.
M. Moreau : C'est-u moi?
Le Président (M. Auger) : C'est moi
qui donne la parole. Pour l'instant, je vais reconnaître le ministre.
M. Moreau :
Parfait. Alors, M. le Président, ce que je disais, les gens qui ont un besoin
d'habitation, d'après vous, c'est
quoi qu'ils veulent? Ils veulent-u une chicane fédérale-provinciale ou ils
veulent avoir soit un logement pour se loger qui est payé à même le programme de construction du gouvernement du
Québec ou encore une aide au loyer qui leur permet de réduire leurs coûts de logement? Moi, là, le
raisonnement que j'ai fait, c'est le suivant. Si, en termes
d'investissements dans la construction, on a tellement investi dans les années
passées que le marché ne peut plus l'absorber, il vient un moment donné où il faut qu'on change la recette
parce que l'objectif, ce n'est pas de construire. L'objectif, c'est de
loger des gens et de les loger dans la mesure de leur capacité de payer. Alors,
on a dit : On va mettre la pédale douce pour l'instant sur la construction, sur la brique et le béton, et on va
investir dans l'habitation pour les gens qui ont déjà un loyer, qui ont
déjà un logement, mais qui paient trop cher pour se loger. Ça n'a rien, rien,
rien à voir avec une chicane fédérale-provinciale.
La question
du fédéral, c'est la suivante. C'est que le programme vient à échéance sur les
remboursements des hypothèques, et on
est en négociation, comme l'ensemble des provinces canadiennes est en
négociation avec le gouvernement fédéral, pour voir ce programme-là se
renouveler. Alors, on n'annoncera pas la catastrophe à matin, là, puis, demain, le soleil va continuer de se
lever, puis on va continuer de négocier. Mais, pour l'instant, là, ce qui
importe, ce n'est pas de savoir...
c'est : Est-ce qu'on doit mettre l'argent dans la brique ou on doit mettre
l'argent dans l'aide au loyer? On doit mettre l'argent là où il va être
le plus efficace.
Et la réalité
des choses, c'est que, quand on annonce 3 000 unités une année et
qu'elles ne sont construites que trois,
quatre, cinq ans plus tard... Et d'ailleurs ce que la députée d'Hochelaga a dit
en disant que le «backlog», c'est des unités
de l'année passée, c'est carrément faux, il y a des «backlogs» qui datent de
deux puis trois ans parfois. Alors, si je rajoute
6 000 théoriques ou 3 000 logements théoriques, mais qui ne
seront jamais construits, combien j'ai aidé de personnes? Zéro. Si je mets 1 500 unités et que, lentement, le
«backlog» se règle, puis qu'en plus de ça, j'aide d'autres personnes,
c'est-à-dire 5 000 personnes par une aide de supplément au loyer, là
j'atteins l'objectif du programme, qui est quoi? D'aider les gens à avoir un
logement décent à un prix qu'ils sont capables de payer.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée.
Poirier : Alors, je reprends ma question. Est-ce que le
ministre confirme qu'il y a une baisse de 31 millions de contribution du fédéral, entre autres au
programme AccèsLogis, 10 millions de moins, au supplément... Et, dans
le fond, c'est un total, là, de 31 millions de moins de contribution du fédéral entre cette année et l'an passé. Est-ce que
le ministre confirme ça?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Moreau : C'est-à-dire que
non, ce que vous dites est inexact. Ce serait exact si les ententes n'étaient
pas renouvelées. Et on est en négociation pour les renouveler, alors, non, ce
n'est pas exact.
Poirier : Alors, M. le Président, je n'ai quand même pas inventé des choses, question 36
du cahier que vous nous avez répondu, il y a une différence de 31 millions
entre les deux années. Alors, écoutez...
M. Moreau : À quelle question
vous référez?
Mme Poirier : À la question 36.
Alors, cette année, votre total est de...
M. Moreau : Générales ou
particulières?
Poirier : Générales.
Poirier : Alors, un
montant de 374 millions cette année. L'an passé, c'était 408. Montant,
AccèsLogis : 9 millions cette année, 19 millions l'an passé. Au
niveau du...
M. Moreau :
On va vous donner une réponse.
Mme Poirier :
...supplément pour le public régulier, cette année, 218, l'an passé, 236.
Président (M. Auger) : Si vous auriez une autre question, pendant
qu'il y a des recherches qui se font, vous pourriez peut-être poser une
autre question.
Mme Poirier :
Est-ce qu'on suspend? Parce que, moi, c'est mon temps, là, qui court, là.
Le Président (M.
Auger) : Non. Non, non, je ne suspends pas. Là, je ne suspendrai pas,
là, mais on pourrait poser une autre question en attendant qu'il y a des
recherches qui s'effectuent.
M. Moreau :
Ils sont en train de faire la recherche.
Le Président (M.
Auger) : Donc, Mme la députée, si vous auriez une autre question, une
autre question.
Mme Poirier :
Quand le ministre nous parle des suppléments au loyer, je connais bien le
programme, je sais exactement comment il fonctionne, mais là il ajoute
1 000 unités par année dans les prochaines années. Moi, je veux savoir quels seront les paramètres et à qui vont
s'adresser ces unités de logement là et quels moyens va-t-il donner aux
municipalités pour faire l'inspection des logements.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Moreau : Alors, sur le programme de subvention au loyer, on a
demandé à la Société d'habitation du Québec de nous déposer les critères
et les paramètres, ce qui va arriver avec le rapport qui doit nous être fourni
au mois de juin. Ces documents-là et les paramètres seront rendus publics.
votre deuxième question, c'était quoi, qu'est-ce qu'on a comme moyens pour les
municipalités? On a analysé...
Mme Poirier :
Oui, puisque les municipalités doivent inspecter les logements.
M. Moreau :
...ils ont tous les pouvoirs. La
loi sur les...
Mme Poirier :
Non, ce n'est pas les pouvoirs, c'est les moyens.
M. Moreau :
Je ne comprends pas.
Mme Poirier :
Bien, parce que, quand on dévolue le programme supplément au loyer aux
municipalités, les municipalités, quand
elles donnent les suppléments au loyer aux personnes, elles doivent visiter le logement
et prendre une entente avec le propriétaire.
Moreau : Les municipalités ont déjà, d'une part, et les
pouvoirs et les ressources nécessaires pour exécuter les pouvoirs que la
loi leur reconnaît déjà et depuis fort longtemps en matière... Vous parlez de
salubrité, de sécurité des logements, ça fait
partie des pouvoirs réguliers des
municipalités.
Poirier : Est-ce que vous allez leur demander, aux
municipalités, de garantir, finalement, 1 000 logements de
plus par année dans les prochaines années?
Moreau : Pas du tout, non. Nous, ce qu'on dit, là, on dit aux
individus qui sont déjà logés... Alors, je n'augmente pas la
construction dans une ville. Les 40 500 familles qui sont en besoin d'aide
ne sont pas dans la rue présentement, elles
habitent des logements. Ces logements-là sont situés dans des villes. Les
villes ont, indépendamment qu'il y ait un programme de subvention ou
pas, une obligation liée à la sécurité et à la salubrité des habitants et les pouvoirs nécessaires pour assurer la sécurité des
logements qui sont habitables dans leur territoire. Alors, il n'y a pas
de dépenses additionnelles pour les
municipalités, puisque ça vaut pour toute personne qui habite un logement, quel
que soit le logement, qu'il soit subventionné ou non. Alors, il n'y a
pas de dépenses additionnelles pour les municipalités.
Poirier : M. le ministre, les paramètres du programme
supplément au loyer font en sorte que la ville visite le logement et fait comme une garantie du logement
pour s'assurer de ne pas payer pour un logement insalubre. Ça, c'est
dans le programme présentement. Alors, ça
prend de la ressource pour faire ça. Si on ajoute 1 000 unités qu'on
va garantir pour être capable de
payer le supplément au loyer, c'est des inspecteurs qui devront les faire, ces
inspections-là qui ne sont pas faites présentement.
Moreau : Le programme le prévoit parce que, dans le cas des
logements subventionnés, on souhaite assurer un suivi. Mais, même si le programme ne le prévoyait pas, là, vous habitez
un logement, vous êtes locataire dans un logement qui n'est pas
subventionné, la ville a aussi une obligation de s'assurer que le logement qui
est habité est salubre. Il n'y a pas plus de logements, il n'y a
pas moins de logements, il y a le même nombre de logements. Et là ce qu'on fait,
c'est qu'on dit : On vient donner une
aide au loyer. Alors, il n'y a pas de dépenses additionnelles pour la municipalité.
Elle a des inspecteurs, elle a un service
d'inspection, elle a un service lié à l'habitation, puis elle va continuer
d'avoir un service lié à l'habitation. Il n'y a pas d'augmentation de
dépenses inhérentes à l'existence d'un programme.
Mme Poirier :
Pour l'information du ministre, je peux vous dire qu'il n'existe aucune donnée
à la ville de Montréal sur la salubrité. D'ailleurs, tout récemment, même
juste il y a quelques
semaines... Je suis à documenter tout l'est de Montréal en termes
d'habitation et de salubrité, il n'y a aucune documentation, il n'y a aucun
rapport sur l'état de salubrité des
logements à Montréal. Alors, ça n'existe pas. Il y a des agents, il y a des
inspecteurs qui vont inspecter, et, dans le programme de subvention au
loyer, il est prévu, justement, que quelqu'un fasse, justement, la validation
du loyer.
Moreau : Êtes-vous en train de dire que la ville de Montréal
n'a aucun service d'inspection des logements ou de l'habitation?
Mme Poirier :
Ce n'est pas ce que je vous ai dit, là.
Président (M. Auger) : Je
n'ai rien contre l'échange l'un après l'autre, mais attendez que l'autre ait
terminé avant de... Donc, Mme la députée.
Poirier : ...ce que
je vous dis, c'est que la ville a un service, mais il n'y a
pas de données, c'est sur plainte que l'inspecteur
va sur les lieux. Le programme Supplément au loyer, il est plutôt de façon
proactive. Alors, avant de donner un supplément au loyer pour un
logement, il y a quelqu'un qui va visiter le logement pour s'assurer que le
logement est dans des conditions salubres et
sécuritaires. Ça, ça veut dire pour la municipalité des dépenses. Alors, c'est
une démarche supplémentaire. Ce n'est pas des nouveaux logements, là, je
le sais bien que ces gens-là restent en quelque part, mais il va falloir qu'un
inspecteur aille visiter ces 1 000 logements là, pour lesquels on ne sait
pas dans quel état ils sont présentement. Et
il va falloir que la ville aille visiter les logements pour, justement, avoir
une garantie qu'on va donner un supplément dans un loyer dans un
logement qui est salubre et sécuritaire, c'est la façon dont ça fonctionne.
Le Président (M. Auger) :
M. le ministre.
Moreau : Honnêtement, M. le Président, je
pense qu'on a un dialogue de sourds,
là. Ce que j'explique, est-ce que les
municipalités ont... Les villes comme Montréal,
Gatineau, Québec, elles ont des services d'inspection liés
aux logements qu'il y a sur leur territoire. Là, quand on parle du Programme de
supplément de loyer, on ne parle pas de constructions
additionnelles, on parle de logements qui existent déjà. Le
service existe déjà à la ville, alors qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, moi? Je n'augmente
pas le nombre de loyers, je vous dis : Il va y en avoir plus qui vont
être subventionnés. Je ne vois honnêtement pas en quoi la ville ne serait pas
en mesure de répondre à ces besoins avec les services qu'elle a à l'heure
actuelle.
D'ailleurs, je vous
dirais que et les maires de Québec et de Montréal ont applaudi à l'idée du
Programme de supplément au loyer, ce qu'ils n'auraient vraisemblablement pas
fait s'ils avaient vu là une facture plutôt qu'une amélioration de l'habitation
sur leur territoire. En fait, c'est le raisonnement que je me fais.
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée, vous avez encore cinq minutes à votre
disposition.
Poirier : J'attendrai
de voir les critères du ministre, et, à
ce moment-là, on pourra reprendre
cette même discussion là, puisqu'il y
aura des gens dans les municipalités qui vont, justement, demander des budgets
pour exécuter ce programme-là qui sera dévolu à ce moment-là, je...
M. Moreau :
On en discutera, Mme la députée, quand la demande sera faite. Pour l'instant,
là, on n'a pas ça.
Mme Poirier :
Là, c'est moi qui a la parole. L'itinérance...
M. Moreau :
Oh, un instant!
Le Président (M.
Auger) : Juste un instant, là. Juste un...
Mme Poirier : Bien là, c'est moi qui avais la parole, puis il
m'a interrompu. Depuis tout à l'heure
que vous nous dites de faire
le contraire.
Président (M. Auger) :
Écoutez, juste un instant. Juste un instant, s'il vous plaît! Il y a une personne ici qui donne la
parole, c'est moi. O.K.?
Mme Poirier :
Bien oui, puis c'est moi qui l'avais.
Président (M. Auger) : Ne soyez pas inquiets, lorsque c'est le tour de
la personne à parler, elle va avoir la parole. Donc, pour l'instant, Mme
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci. Alors, en itinérance, M. le ministre, le Plan
d'action interministériel en itinérance 2015-2020, à l'annexe 2, au point 11.2, prévoit qu'un groupe
de travail intersectoriel mis en place par la SHQ devait transmettre son
rapport au 31 mars 2015 concernant le
soutien et l'achat, la rénovation de bâtiments afin de protéger la vocation.
Est-ce que vous avez eu ce rapport? Et est-ce qu'on peut déposer le
rapport?
M. Moreau :
...recommencez ça tranquillement parce que, je m'excuse, je ne vous suis pas,
Mme Poirier :
D'accord. Je n'ai pas de problème. Plan d'action interministériel en
itinérance.
M. Moreau :
Vous référez à quoi?
Mme Poirier :
Au Plan d'action interministériel...
M. Moreau :
Avez-vous le document, là? Avez-vous une petite note dans un des cartables?
J'ai à peu près 83 caisses. L'itinérance, ce n'est pas la ministre déléguée à
la Santé et aux Services sociaux qui s'occupe de ça?
Mme Poirier :
D'ailleurs, votre ministère est signataire, et vous avez, au plan d'action
interministériel, une responsabilité qui est
qu'un groupe de travail intersectoriel mis en place par la SHQ doit transmettre
un rapport d'ici le 31 mars 2015. Alors, est-ce que le rapport a été
déposé? Et est-ce qu'on peut en avoir une copie?
M. Moreau :
C'est quoi? Le rapport sur l'itinérance?
Mme Poirier :
Le plan d'action de votre collègue Mme Charlebois en itinérance.
M. Moreau :
Bien là...
Mme Poirier :
Non, mais c'est la SHQ qui est responsable du groupe de travail et de déposer
un rapport depuis mars 2015.
voix : C'est le rapport de Mme Charlebois.
Poirier : Non, ce n'est pas le rapport de Mme Charlebois.
Le Président (M.
Auger) : Bon, M. le ministre.
Moreau : Écoutez,
je vais suggérer à ma collègue de poser la question aux crédits de Mme Charlebois... en fait, de la ministre responsable du dossier de
l'itinérance. Moi, je n'ai pas d'information concernant ce dossier-là.
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée.
Poirier : ...le
groupe de travail était dirigé par la Société
d'habitation du Québec. Alors, il y a
bien des gens, j'imagine, qui l'accompagnent de la Société d'habitation
qui ont dû collaborer à ce groupe intersectoriel là. La SHQ avait la
responsabilité de déposer un rapport
Président (M. Auger) : ...des recherches qui s'effectuent, Mme la
députée, si vous voulez procéder, vous avez encore un deux...
Président (M. Auger) : ...c'est ça, poser une autre question, avez
encore deux minutes à votre disposition.
M. Moreau :
Bien, c'est parce que, là, si on fonctionne comme ça, là, je vais demander une
chose. Moi, je peux bien écouter une
question, chercher la réponse, prendre la lecture de ce qu'elle me donne. Mais
là, si ça relève d'un autre ministère, il va falloir que les questions
soient adressées aux autres ministères ou qu'on prenne une pause pour que je puisse obtenir la réponse et la donner, là. Parce
que ce n'est pas une game de tennis. S'ils me «pitchent» des balles à
tout coup, puis que je ne suis pas capable
d'attendre, je ne pourrai pas être très, très proactif. Donc, on fait ça comme
on veut, là, ça ne me dérange pas...
Le Président (M. Auger) : Mais, M.
le ministre, c'est pour ça qu'on va aller avec une autre question.
M. Moreau : Bon, bien, alors,
trouvez-moi...
Le Président (M. Auger) : Parce que
je comprends qu'il y a une recherche qui se fera ou que ça se répondra
ailleurs, mais, pour l'instant, on va aller avec une autre question. Mme la
députée.
Poirier : Moi, M. le Président, comme je vous l'ai suggéré tout
à l'heure, on peut suspendre pour ne
pas prendre mon temps. Si le ministre veut trouver les réponses, moi, je n'ai
pas de problème en autant que je ne perde pas mon temps.
Président (M. Auger) : Juste
un instant. Si on suspend, on devra reprendre le temps plus tard. Donc là,
pour l'instant, je crois qu'il y a des recherches qui se font là-bas, il reste
une minute à ce bloc d'échange.
Mme Poirier : ...en train de
faire la recherche.
Le Président (M. Auger) : Oui, juste
un instant. M. le ministre.
M. Moreau : Alors, sur la
question du 31 millions, là, parce que, là, on est trois questions en
arrière, là, on va revenir...
Le Président (M. Auger) : Oui. On
revient à la première, qui a été recherchée.
M. Moreau : Bon. Alors, ce
que je comprends, là, c'est que...
M. Moreau : Bon, alors, et
qu'il n'y a pas une réduction parce que le gouvernement fédéral a réduit de
31 millions sa participation. Ce que je comprends, c'est qu'il y a une
discussion entre la SHQ, c'est ça...
M. Moreau : ...et le gouvernement fédéral, et qu'au moment où
les documents ont été préparés il n'y avait pas de confirmation de participation, mais on est en
discussion pour ça. C'est ce que je comprends, là. Le budget... un
budget... C'est quoi, RAM?
Le Président
(M. Auger) : Donc, la suite
dans le prochain bloc d'échange de l'opposition
officielle, je suis prêt à
reconnaître M. le député de Vanier-Les Rivières.
M. Huot : Merci. Merci beaucoup, M.
le Président. Salutations à vous. Salutations aux collègues. Salutations
particulières à votre recherchiste, Mme la députée de...
Président (M. Auger) :
...Mme la députée de Laporte, donc, du gouvernement, effectivement, M. le député de Vanier-Les
Rivières.
Mme Ménard : ...ministériel,
du côté...
Le Président (M. Auger) :
Ministériel, je m'excuse s'il y a eu un lapsus.
Huot : Donc, j'étais en
train de faire mes salutations. Salutations à tous les collègues, à l'équipe
qui est avec vous, M. le ministre. M. le ministre, salutations.
M. Moreau : Oui, oui, ça va
très bien.
Huot : Moi aussi. Bon, je
voulais revenir un peu sur la
partie logement, mais peut-être
de façon un peu plus positive, je dirais, j'écoutais... Et là là loin de
moi l'idée de comparer nos deux comtés, là. Hochelaga-Maisonneuve a une réalité qui est bien à elle. Le comté Vanier-Les Rivières, j'ai une réalité qui est particulière,
je vous dirais. Mais, à écouter un peu le portrait qui a été dressé de
la situation du logement social, j'avais l'impression que tout était noir et
que tout était négatif, et, moi, la réalité que je vis dans mon comté, ce n'est
pas tout à fait ça.
Vanier-Les
Rivières, c'est l'arrondissement des Rivières de la ville de Québec, donc je
suis entièrement dans la ville de
Québec. Une réalité assez particulière parce que vous avez parmi les plus
riches de Québec, mais aussi parmi les plus pauvres de Québec. Donc, il
y a des besoins en termes de logement, il y a des besoins très importants.
Plusieurs écoles qui sont cotées 10 sur
l'indice de pauvreté, donc ça en dit long sur la réalité, sur ce qui peut se
passer. Un parc de logement social,
de HLM, qui est quand même assez important, vieillissant à certains endroits,
mais aussi des nouveaux. J'ai pu
profiter du programme accès... bien, le comté, pas moi. Dans le comté, on a pu
profiter du programme AccèsLogis. Il y a eu plusieurs, plusieurs
logements, plusieurs unités d'habitation qui ont été construits... construites.
Bon, récemment, Coopérative d'habitation
Chauveau inaugurée l'été dernier, 54 logements, 3,7 millions d'investissements, et on répond clairement à un
besoin. Et ça, on n'est pas dans les vieux secteurs où est-ce qu'il y a
une concentration nécessairement de
pauvreté. Il y a certaines poches de pauvreté dans le jargon. Ça, c'est dans le
nouveau secteur au nord, dans le prolongement de l'autoroute, du boulevard
Robert-Bourassa. Donc, un besoin parce que des familles veulent s'installer là. Donc, on répond à un besoin, 54
logements. Et, dans les 54 logements, 74 enfants. Donc, on répond à des besoins des familles. Il y a même
supplément pour le loyer qui est versé, et je pense que c'était un peu
plus de 400 millions qui étaient
consacrés pour ce secteur-là. Donc, logements neufs qui viennent d'être faits
pour les familles, bien aménagés, beaucoup d'enfants. Une réalité, on
répond à des besoins.
Parallèlement
à ça, dans le secteur Vanier, qui est quand même bien connu, on vient de
construire — et,
d'ailleurs, on ne l'a pas encore inauguré
officiellement, M. le ministre, sans doute qu'on pourra faire ça
prochainement — le
Domaine du parc Savard, qui est une réussite
incroyable, il y a beaucoup de partenaires qui ont été impliqués. Les gens de
la SHQ connaissent probablement le dossier quand je parle du Domaine du
parc Savard, un terrain qui appartenait au réseau de la santé parce que c'est les terrains du Centre d'hébergement
Christ-Roi, l'ancien Hôpital Christ-Roi. Donc, on a réussi à négocier, par bail emphytéotique, d'avoir le
terrain pour construire. Oups! le terrain est contaminé, décontamination.
Donc, beaucoup de partenaires impliqués. On
a impliqué des organismes communautaires. On a essayé d'intégrer une
garderie dans tout ça.
En plus, il y a plusieurs logements dans ça qui
ont été faits... On parle de 130 logements au Domaine du parc Savard, mais la particularité qu'on a — et je pense que c'est une première, aussi
poussé que ça — 31
logements adaptés pour ce qu'on
appelle les jeunes adultes qui se retrouvent en centre d'hébergement, en CHSLD,
des personnes qui ont des handicaps peut-être trop sévères ou qui ont
besoin de trop de soins, les logements ne sont pas adaptés à leur réalité. Donc, on en fait. C'est des gens... Disons, un
adulte de 40, 45 ans qui a des besoins trop importants va se retrouver
en CHSLD parce qu'il n'y a pas de logement,
il n'y a rien pour lui, il n'y a pas de ressource, il n'y a pas d'endroit où il
peut habiter. Donc, à l'intérieur de ces logements-là,
avec le programme AccèsLogis, 130 logements, 31 logements adaptés pour une clientèle qui avait vraiment besoin. Donc, il
y a trois bâtiments dans l'ensemble du domaine. On a concentré les
besoins plus particuliers dans un secteur pour aménager un peu mieux.
On a
réussi... on a confirmé, il y a quelques semaines à peine, une garderie de 67
places qui s'est intégrée à tout ça, un organisme communautaire qui
vient en aide aux familles qui a pris un secteur aussi. Donc, un beau projet
intégré, et tous les partenaires, entre
autres ce qui était le CSSS qui est devenu le CISSS... On dit que la SHQ avait
été un partenaire extraordinaire, que ça avait été facilitant. Donc, il
y a des choses qui fonctionnent bien, là, force est de le constater.
Puis on parle de gens qui profitent aussi du
Supplément au loyer, donc, parce que ça a été mentionné tantôt, je pense, 123 millions additionnels qu'on a
annoncés, donc, cette année même, dès cette année, l'année qui commence,
1 000 ménages de plus qui vont pouvoir
avoir une équivalente à celle offerte des logements subventionnés. Donc,
c'est quand même important aussi. Et on en a
fait beaucoup, on en confirme encore 1 500 de plus. Il y en a, il y a
d'autres projets.
Et moi, j'ai
besoin aussi, dans le secteur chez nous, de la rénovation. Il y a des
habitations qui datent quand même. Donc, moi, je pense... Et là je vous
parle juste de mon secteur, Vanier-Les Rivières, là. Dans la région de Québec,
il y en a eu d'autres. Il y en a eu d'autres
ici, au centre-ville. Il y en a eu beaucoup et il y en aura encore. Donc, ce
n'est pas vrai que tout va mal, là,
et que tout est noir. Il y a des belles réussites, et on va continuer à en
faire. Et moi, quand j'entends le ministre
dire qu'il faut rénover, il faut donner du supplément plutôt que... à un moment
donné, si on est trois ans en arrière, quatre ans en arrière sur la
construction, bien, le ministre, il sait où il s'en va, et je pense que ça,
c'est rassurant.
Donc, peut-être, là, tantôt, il y a eu des
échanges qui étaient plus rapides, petites questions, petites réponses, mais là il y a eu un choix, là, de fait, un choix
qui a été fait par le ministre, et il y a plusieurs raisons qui l'ont amené.
Il en a abordé quelques-unes tantôt, mais
très rapidement. Donc, moi, je veux plus l'entendre sur cette question-là, ce
qui l'a amené plus précisément à bonifier l'offre de logements
subventionnés par les suppléments de loyer, mais, en même temps, en priorisant quand même la construction
aussi. On veut continuer à en construire, on n'arrêtera pas de
construire des nouveaux logements. Donc, il
y a eu une réflexion derrière tout ça. Donc, je veux entendre le ministre plus
précisément là-dessus, comment il en est arrivé à cette décision-là.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Moreau : D'abord, je vous remercie de la question. Parce que,
lorsqu'on parle du logement social, ce n'est pas que Montréal puis ce n'est pas l'est de Montréal, c'est l'ensemble
du Québec, et les besoins en matière de logement social dépassent largement l'est de Montréal. Alors, quand on est dans
une région rurale ou dans une région plus éloignée où l'offre de logement existe moins, on peut avoir
besoin de la construction, et donc on a dit : Oui, on va développer
un programme, on va continuer, on va maintenir des crédits dans des programmes
de construction de logements. Mais, lorsqu'on
est dans un milieu urbain où il y a une offre, effectivement, réelle du secteur
privé pour des logements, bien, la façon
d'aider le plus rapidement possible des gens, c'est davantage — on le voit par le marché — l'importance d'augmenter et d'accroître les investissements dans des
programmes de subvention au logement. Et l'objectif ultime, là, ce n'est
pas de dire est-ce qu'on doit avoir plus de
briques et de béton ou est-ce qu'on doit avoir plus de location du secteur
privé ou du secteur public.
L'objectif, c'est de dire comment, avec les ressources dont on dispose, on peut
nous assurer que l'investissement que l'on fait en matière de logement
social a le plus grand impact chez les individus.
C'est ça qui
a guidé la réflexion, et le fait est que les investissements gouvernementaux
sont plus importants cette année
qu'ils ne l'étaient l'an passé lorsqu'on combine l'un et l'autre des
programmes. Et donc, nous, on fait l'évaluation qu'avec les investissements annoncés dans le budget en matière de
logement social, en combinant le programme de subvention au logement et le programme d'AccèsLogis, on est en mesure de
répondre à un besoin de 7 000 familles, ce qui est beaucoup plus considérable que lorsqu'on
dit : Bien, on investit tout dans AccèsLogis avec ce que l'on connaît de
la réalité du marché. La réalité du marché,
la façon dont ça fonctionne, c'est que le gouvernement investit, mais le
secteur doit aussi se prendre en charge et
amener une
partie de l'investissement, puis on doit trouver aussi des
logements, et on doit trouver des
terrains pour construire ces logements-là. Puis il y a les groupes de
ressources techniques qui travaillent à ces choses-là, mais souvent on a de la difficulté à ramasser l'argent dans
le milieu, avec le résultat dans lequel on se retrouve aujourd'hui où,
de tous les logements autorisés...
Puis on voit
que, quand on regarde les budgets que Michel Audet, Monique Jérôme-Forget,
Raymond Bachand, même M. Marceau ou
M. Leitão, le ministre actuel, le ministre actuel des Finances, ont déposés, on
se rend compte qu'il y a eu des
efforts considérables, mais, avec ces efforts-là, on se retrouve avec, je
dirais, entre guillemets, un déficit de construction où il y a 6 055 unités autorisées, mais non
construites. Alors, qu'est-ce que je fais, j'empile par-dessus puis je continue à autoriser des unités puis à ne pas les
construire ou je dis : Bien, je vais diversifier l'offre puis je vais
aller vers un programme de supplément
de loyer? Nous, on a opté pour dire : On va maintenir un effort financier
sur la construction parce qu'il y a des secteurs où on va devoir y
recourir, mais, dans les secteurs où on pourra plus rapidement aider le logement social par un programme
de subvention au logement, c'est ce que nous allons privilégier. Alors, c'est
pour ça que je disais : On
prendra des décisions en fonction de la réalité des milieux, que ce soient des
milieux urbains, des milieux ruraux, des milieux éloignés ou encore à Montréal,
Québec ou Gatineau.
Le Président (M. Auger) : M. le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Chevarie : Merci, M. le
Président. J'en profite pour vous saluer, saluer le ministre, M. Gagnon, toute
son équipe, M. le président de la régie également, son équipe, mes collègues
des deux côtés de la table.
Le thème que je vais aborder, c'est
l'amélioration de l'habitation avec les différents programmes à la Société d'habitation du Québec. Comme le ministre l'a mentionné, sa mission, à la Société d'habitation du Québec, c'est favoriser
l'accès des citoyens du Québec à des conditions adéquates de logement. Et, pour
accomplir son mandat, ils disposent de plusieurs
programmes, en fait trois programmes importants :
le Programme d'adaptation de domicile, ce qui est appelé le PAD; le
Programme d'aide à la rénovation en milieu rural, ce qu'on appelait auparavant
RénoVillage; et le programme de réadaptation d'urgence.
Pour bien
comprendre de quoi il s'agit et, surtout, pour l'ensemble de nos auditeurs, je
vais passer en revue ces programmes-là avec une présentation quand même
assez brève. Et le premier, c'est le Programme d'adaptation de domicile, le PAD. Alors, comme le
titre du programme
le mentionne, cette aide financière là est particulièrement pour des travaux
qui visent à corriger des contraintes ou adapter des résidences à des personnes handicapées et qui visent l'élimination
des barrières architecturales, qui permettent à ces personnes-là qui vivent
avec un handicap de demeurer à domicile.
Et, pour
avoir été directeur général dans ma vie professionnelle en centre de
réadaptation, j'ai connu plusieurs personnes handicapées,
particulièrement dans mon comté, qui, effectivement, ont bénéficié de ce
programme-là, un programme extrêmement
important, parce que non seulement ça leur permet de demeurer à leur domicile
par l'investissement qu'on peut faire
pour adapter ou corriger des problèmes architecturaux... Et ces personnes-là,
évidemment, pour la plupart, c'est
des personnes paraplégiques qui se véhiculent en chaise roulante ou encore
c'est des personnes à mobilité réduite, et l'objectif d'un tel
programme, c'est non seulement permettre de les garder à domicile, mais
qu'elles conservent leur autonomie, qu'elles
puissent intégrer la société, puis non seulement intégrer la société, mais
participer aux activités sociales et communautaires dans la communauté.
Donc, en termes d'objectifs, c'est vraiment une pierre et plusieurs coups.
Et, compte
tenu que cette problématique-là dont vivent les personnes handicapées... et que
ça représente quand même des coûts assez onéreux et importants pour ceux
et celles qui veulent vivre à domicile, le programme d'aide financière est vraiment extrêmement important pour
eux, et c'est vraiment un programme qui verse des subventions quand même
assez importantes. On peut parler, là, facilement, pour un programme
d'adaptation de domicile, de l'ordre de 20 000 $,
25 000 $ ou même 30 000 $ dans certains cas, donc un
programme particulièrement intéressant pour les personnes handicapées ou
à mobilité réduite.
Un autre
programme qui est sous la responsabilité de la Société d'habitation du Québec,
c'est le Programme d'aide à la
rénovation en milieu rural, ce qu'on appelait le programme RénoVillage. Et
j'étais, je dois l'avouer, particulièrement inquiet lors de tout le processus de la révision des programmes qui a
été faite parce que je considère que ce programme-là, encore là, est extrêmement important qui vise une
autre clientèle que les personnes handicapées. Ça vise particulièrement des personnes, évidemment,
à faibles revenus, mais ça vise dans cette clientèle-là beaucoup de personnes
âgées qui souhaitent demeurer à domicile et
qui sont souvent dans des résidences avec des problématiques assez importantes tant sur le plan de la structure, de la plomberie, du chauffage, de
l'électricité, de la sécurité incendie, et ce programme-là vient donner
un sérieux coup de main pour que ces personnes-là puissent demeurer à domicile.
Des personnes âgées qui veulent vivre le plus
longtemps possible à domicile, donc un programme, là, aussi extrêmement important, et je suis particulièrement
heureux que ce programme va être reconduit. Il a été modifié quelque peu, mais je pense que, pour l'essentiel, on garde
à peu près la même mission. Et je rappelle que, pour être admissible au programme,
c'est basé en fonction de certains critères qui sont liés à la valeur de la
résidence. Alors, on parle ici des résidences
qui ont une valeur maximum d'à peu près 90 000 $. Donc, ça permet
vraiment à des personnes âgées et des personnes
à faibles revenus de conserver leur résidence, d'habiter leur résidence, de
vivre dans leur communauté puis d'éviter
aussi l'hébergement dans un CHSLD ou encore une ressource du réseau. Et ça,
c'est vraiment complémentaire au
réseau de la santé et des services sociaux parce que vraiment, dans l'optique
des services de santé et de services sociaux, on souhaite que les personnes âgées vivent le plus longtemps à domicile,
et c'est ce genre de soutien financier qui peut aider grandement cette clientèle-là parce que le soutien financier peut
Autre
programme, c'est le Programme de réparation d'urgence. Donc, c'est un programme
complémentaire par rapport au
programme RénoVillage. Celui-là, évidemment, c'est pour vraiment des travaux
urgents qui permettent à des ménages ou à des personnes de voir à
réaliser des travaux qui vont corriger des défectuosités majeures de façon...
en urgence, et le programme permet une couverture des coûts reconnus des
travaux admissibles jusqu'à 100 %, donc 11 000 $.
Donc, encore là, c'est réellement intéressant. Je pense que c'est une mesure,
vraiment, qui permet d'être dans une approche de solidarité sociale et
de permettre à des personnes à faibles revenus de vivre dans leur communauté.
Alors, ma question, M. le ministre, c'est que
j'aimerais savoir si ces programmes qui aident vraiment des ménages à faibles revenus ou des personnes à
faibles revenus, des personnes aussi qui sont aux prises avec des
handicaps sérieux... est-ce que les programmes vont être autorisés et être en
vigueur pour l'année 2015-2016.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre, il reste deux minutes au bloc.
M. Moreau :
Deux minutes? Oui. Alors, vous avez parlé de deux programmes, là, ce qu'on
appelle le Programme d'adaptation de domicile, qui est directement lié à
la question que vous posiez pour les personnes qui souffrent d'un handicap... Alors, le budget 2015-2016 prévoit un
nouvel investissement de 25 millions pour ce programme-là qui est
le Programme d'adaptation de domicile.
Et, pour
l'autre programme dont vous parlez, qui change de nom au gré des saisons, là,
qui était RénoVillage, qui est devenu
le Programme d'aide à la rénovation en milieu rural et qui, là, serait
maintenant le Programme de réparations en
région — il faut
suivre, hein — l'enveloppe
budgétaire du nouveau programme serait de 10 millions de dollars
pour l'exercice 2015-2016.
Et ça, ça
nous a été demandé particulièrement par la Fédération québécoise des
municipalités, qui disait que, parce qu'on
a dû faire des choix au dernier budget en raison des choix qui avaient été
faits avant nous et qui ne nous ont pas permis de mettre les sommes nécessaires... Donc, l'an passé, on a dû
prioriser, puis la priorité, on l'a donnée à l'adaptation au domicile
pour les personnes âgées et les personnes handicapées. Et, cette année, on
revient donc avec le Programme d'adaptation de domicile à hauteur de
25 millions, l'autre programme, qui est Réparations en région, à la
hauteur de 10 millions.
Le Président (M. Auger) : Merci. 20
secondes.
M. Chevarie : Bon, 20 secondes.
Peut-être que vous pourriez aborder une réponse concernant les MRC, actuellement, qui sont les mandataires de la
Société d'habitation du Québec, peut-être dans l'autre bloc
éventuellement, à savoir si, effectivement,
elles vont encore demeurer dans les prochaines années les mandataires de la
Société d'habitation du Québec.
Président (M. Auger) : ...répondre, il faut que ce soit dans l'autre
bloc, effectivement. Donc, je cède maintenant la parole au député de
Blainville, porte-parole de la deuxième opposition. M. le député, vous avez 13
minutes pour ce bloc.
M. Laframboise : Merci, M. le
Président. Dans un premier temps, à la page 37 des crédits des ministères et organismes,
bon, le 386 486 000 $, Aide au logement social, communautaire et
abordable, pouvez-vous juste nous le détailler par programmes?
M. Laframboise : 386 millions.
M. Moreau : ...par
programmes. Aide au logement social, communautaire et abordable, c'est ça?
Moreau : Alors, c'est quoi, la ventilation du 386?
Laframboise : ...M. le ministre, pourquoi je veux... Parce que je comprends... Puis
vous me le direz s'il y a quelque
chose.
Laframboise : Oui, si je ne comprends pas bien, là. Bon, vous avez
choisi... l'an passé, vous aviez accordé 3 000 nouvelles unités,
c'est ce qui avait été fait, puis qui étaient réparties de la façon suivante,
là...
M. Moreau :
Vous parlez d'AccèsLogis, là?
Laframboise : Oui, AccèsLogis, 3 000 nouveaux logements. Ça
c'était dans le budget 2014-2015. Il y avait 106 millions, 1 500 unités pour 2018-2019, puis il y avait
1 500 unités pour les autres années. O.K.? Donc, ça, dans les 6 000 unités que vous nous dites qu'il reste
à construire, le budget de l'an passé, on n'y touche pas, là. C'est-à-dire
que ces unités-là qui avaient été annoncées dans le budget de l'an passé sont
maintenues puis...
M. Moreau :
Elles sont en circulation.
M. Laframboise :
Parfait. Donc là...
M. Moreau :
Mais ils ajoutent aux 6 000 qui ne sont pas construites, là.
Laframboise : Des autres années auparavant.
M. Moreau :
C'es