Public Finance — 19 October 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CFP 2016-10-19
Quebec — Committees
M. le secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Girard (Trois-Rivières) est remplacé par M. Habel
(Sainte-Rose).
Président (M. Bernier) : Merci beaucoup. Bienvenue, M. Habel. Je veux souhaiter la
bienvenue à tous les parlementaires qui vont travailler sur ce projet de loi cet après-midi. Donc, bienvenue à tous, recherchistes, également
le personnel de l'Assemblée nationale, les gens du Secrétariat du Conseil du trésor.
Je vous souhaite une bonne après-midi
de travail.
Sur ce, lors
de l'ajournement de nos travaux, hier, nous en étions à l'étude de
l'amendement proposé par Mme la députée de Pointe-aux-Trembles à l'article 3 du projet
de loi tel qu'amendé. Mme la députée, je vous redonne la parole. Et peut-être, pour les fins de
mémorisation, nous reparler de votre amendement.
Mme Léger : Oui, merci,
M. le Président. Nous en étions à l'article 3 du projet de loi du gouvernement, et j'avais demandé un amendement pour... Si on reprend nos travaux, pour se
suivre, l'amendement se lisait comme suit, d'ajouter, dans le
fond, un paragraphe 5.1° :
«5.1° le fait
d'exercer des représailles ou de menacer d'exercer des représailles à l'endroit
d'une personne qui divulguerait un acte répréhensible visé aux paragraphes
1° à 6°.»
Donc, on est
dans la discussion de ce qui est, au sens de la présente loi... ce qui est
considéré comme répréhensible, et il
y a une énumération de ce qui pourrait être répréhensible. Dans le projet de
loi, actuellement, on a une contravention à une loi, un manquement grave aux normes d'éthique et de déontologie,
usage abusif des fonds, etc. Alors, j'ajoutais celui-là. Le ministre avait eu le temps de me répondre pour
me dire qu'à un
article subséquent, 27, 29, là, de mémoire, là... 26, à
l'article 26, c'était inséré à ce moment, à ce chapitre-là, mais je lui posais
la question, s'il se souvient, je lui posais la question pourquoi, comme
c'était un acte... on est dans la
section de l'acte... ce qui est
répréhensible, alors, cette énumération-là, pourquoi celui-là n'y était pas, ce
paragraphe-là que j'apporte en amendement, le fait d'exercer des représailles ou de menacer d'exercer des
représailles à l'endroit d'une personne qui divulguerait un acte
répréhensible. Alors, c'était la question que je posais au ministre. Et là il
fallait aller voter, ça fait qu'on a arrêté les travaux. Alors, j'imagine qu'il
a une réponse.
Le Président (M. Bernier) :
Surtout que nous aurons peut-être l'occasion de le faire encore cet après-midi.
Mme Léger : Ça se pourrait
fort bien, effectivement.
Le Président (M. Bernier) : M.
le ministre.
Leitão : O.K. Très bien.
Merci, M. le Président. Oui, en
effet, on s'était laissés, donc, sur
ces termes-là. Et, en se laissant, on
avait dit qu'on allait regarder un peu le... qu'on allait demander à nos
légistes de regarder un peu cela, ce qui a été fait, et il ne nous paraît toujours pas nécessaire de modifier l'article 3 de la façon
dont vous le suggérez. Et peut-être
je pourrais demander à madame... à Me Lavoie d'élaborer un peu plus les raisons
de...
Le Président (M. Bernier) :
Me Lavoie, la parole est à vous.
Mme Lavoie
(Natacha) : Merci. Natacha
Lavoie, de la Direction des affaires juridiques du Secrétariat du Conseil du trésor.
Le Président (M. Bernier) : Consentement
pour Me Lavoie? Consentement.
Mme Lavoie
(Natacha) : Alors, d'une part, il faut savoir... Comme M. le ministre
l'a mentionné la dernière fois, les
représailles qui peuvent être exercées à l'endroit d'une personne qui fait une
divulgation sont déjà visées par le premier paragraphe de l'article 3, qui prévoit qu'un
acte répréhensible peut être une contravention à une loi, parce que, dans
la loi, si elle est adoptée, la loi
facilitant la divulgation des actes répréhensibles va prévoir, à
l'article 26 du projet de loi, une interdiction de faire des représailles non seulement à l'égard d'une
personne qui fait une divulgation, mais également, et c'est important, à
l'égard d'une personne qui collabore à une vérification ou à une enquête qui
peut être menée, par exemple, par le
Protecteur du citoyen à la suite d'une divulgation. Donc, déjà, le projet de
loi prévoit une interdiction. Donc, si une personne arrive et fait une
représaille, elle va commettre un acte répréhensible.
Mais ce qu'on
a constaté, dans le projet de loi, c'est que, si une personne fait une
divulgation et qu'elle est ensuite victime d'une représaille, eh bien,
elle a déjà passé par le fait de faire une divulgation au Protecteur du citoyen
pour divulguer un premier acte répréhensible
et, si elle est victime de représailles, il faudrait qu'elle retourne encore à
la case départ, au Protecteur du
citoyen, pour faire une autre divulgation. Ce qu'on a élaboré aussi, après
avoir eu les consultations particulières,
c'est un mécanisme particulier qui serait prévu au projet de loi pour vraiment
conférer un pouvoir explicite au Protecteur du citoyen de recevoir les
plaintes par une personne qui croit être victime de représailles. Donc, il y a
une proposition d'amendement, là, qui normalement devrait être débattue, qui serait à l'article 27.1, et qui conférerait ce rôle précis au Protecteur du citoyen de recevoir les plaintes à l'égard... par une
personne qui s'estime être victime de représailles, et tout ça aussi en conformité avec les processus
qui sont déjà existants à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et sécurité du travail, qui prévoit déjà un examen
et puis la compétence de la commission de recevoir des plaintes d'une pratique interdite qui constitue une certaine
forme de représailles, mais davantage en milieu de travail. Donc,
c'est pour ça qu'on met l'accent
ailleurs dans le projet de
loi sur une mécanique qui permet de recevoir les
plaintes au niveau des représailles.
Et, pour
permettre quand même que ce mécanisme-là soit bien connu de la population, il
est prévu à l'article 9 du projet de
loi, si ma mémoire est bonne, que, dans les procédures qui devront être
établies tant par le Protecteur du citoyen que par chaque organisme public qui va être visé par le projet de loi,
cette procédure indique les moyens qui vont être à la disposition des
personnes qui font une divulgation ou encore qui collaborent, les moyens pour
se protéger contre les représailles, dont ce mécanisme-là de plainte auprès du
Protecteur du citoyen.
Donc, c'est
pour ça qu'on ne trouve pas nécessairement nécessaire de mettre l'accent, dans
la définition d'un acte répréhensible,
sur les représailles, étant donné qu'on met déjà l'accent ailleurs dans le
projet de
loi sur cette mécanique-là de plainte.
Le Président (M. Bernier) :
Merci, Me Lavoie. Mme la députée.
Mme Léger :
Je comprends l'explication, je comprends l'explication. Où j'ai une
inquiétude — peut-être
que le ministre va permettre aussi que la juriste puisse nous répondre
aussi — c'est
que cette section-là où il est mis, dans l'article 26,
c'est la
section vraiment de... la
partie des protections contre les
représailles. J'essaie de présumer s'il y avait... si on allait devant une cour pour vouloir se défendre
par rapport à ce qui est un acte répréhensible, s'il n'est pas mis dans l'article 3, s'il n'est pas nommé
expressément dans l'article 3, est-ce qu'il y aurait une omission malgré tout
de ce qu'est un acte répréhensible
puis que ça fait
partie de ces actes répréhensibles là, le fait d'exercer des
représailles ou de menacer, et que
juste de le mettre dans le 26, oui, on a tout le mécanisme de protection, mais
ça ne donne pas la définition vraiment d'un acte répréhensible tel qu'il
est à l'article 3. Alors, j'ai cette inquiétude-là.
Le Président (M. Bernier) : Merci.
Mme Léger :
Je ne sais pas si je me suis fait bien comprendre, là, peut-être pas. Bien,
elle a l'air de m'avoir suivi.
Président (M. Bernier) : Bien, je pense qu'on va demander à
notre juriste de nous démêler tout cet énoncé et de permettre aux gens
de pouvoir comprendre.
Mme Lavoie
(Natacha) : Même si les amendements proposent d'introduire un
mécanisme particulier pour le traitement
des plaintes, il n'en demeure pas moins que la définition d'acte répréhensible
vise toutes les contraventions à une loi.
Donc, quand même, la contravention qui serait prévue ici a tout de même, au
projet de loi, prévu une interdiction de faire une représaille. Donc, si une personne fait une représaille, elle
commettrait tout de même une contravention à une loi, donc ça demeure tout de même dans la définition d'un
acte répréhensible. Mais ça peut quand même faciliter la compréhension et le mécanisme de recours par une personne,
d'avoir un processus prévu explicitement pour ça, de mécanisme de
plainte auprès du Protecteur du citoyen.
Le Président (M. Bernier) :
Merci. Mme la députée.
Mme Léger : L'explication me
convient, M. le Président.
Le Président (M. Bernier) :
C'est bien. M. le député, sur l'amendement?
Spénard : C'est
beau, pas de question. Merci.
Le Président (M. Bernier) :
C'est beau?
Mme Léger : Donnez-moi une
petite seconde, là, je...
Président (M. Bernier) : Oui, je vous donne votre seconde, Mme
la députée.
Léger : ...une autre question. Étienne me revient avec une
petite précision qui est peut-être simple pour le gouvernement, là. Je
veux être sûre.
Le Président (M.
Bernier) : Une autre question? Bien, allez-y, c'est le temps,
avant de clore notre débat sur le sujet. Allez-y.
Léger : Dans l'amendement que le... On ne s'est pas rendus au
27, au 26, au 27.1, là, mais je veux être sûre qu'on ne manque pas le 3, c'est juste pour ça. Dans le 27.1, vous parlez
que «toute personne qui croit avoir été victime de représailles visées à l'article 26 peut
porter plainte auprès du protecteur», bon, mais on parle aussi de victime.
Alors, moi, ici, je parle particulièrement... Parce que, le fait
d'exercer des représailles ou de menacer d'exercer des représailles à l'endroit d'une personne qui divulguerait un acte
répréhensible, est-ce que, pour vous, la menace est la même chose qu'une
victime? Est-ce qu'on protège... Parce que, là, moi, de menacer d'exercer des
représailles, on est dans la menace, tandis que, là, dans l'amendement du ministre,
c'est qu'on est victime. Est-ce que c'est, pour elle, la même chose?
Le Président (M.
Bernier) : Me Lavoie.
Mme Lavoie
(Natacha) : ...un instant, je vais regarder comme il faut mes textes.
Le Président (M.
Bernier) : Oui, on peut prendre un temps. Si c'est nécessaire,
on peut suspendre quelques instants pour vous permettre de faire vos
recherches, Me Lavoie.
Je vais suspendre
quelques instants.
(Suspension de la séance à
15 h 20)
Président (M. Bernier) :
Donc, nous reprenons nos travaux. Me Lavoie, vous êtes enthousiaste de
répondre. Donc, allez-y.
Lavoie (Natacha) : Bien,
après vérification, on a bien regardé le libellé de l'article 26 et on est d'avis que «victime
de représailles» permet vraiment de couvrir les deux situations
de l'article 26, donc tant l'exercice de représailles que le fait de menacer une personne de
représailles, qui constituerait aussi, à notre avis... Si une personne est
menacée de représailles, elle serait tout de même victime de représailles, à ce
moment-là. Donc, selon nous, ça permet de couvrir les situations.
Le Président (M.
Bernier) : Merci. Mme la députée.
Léger : Est-ce que
vous avez des exemples ou des situations où ce n'est pas exact, ce que vous dites,
dans le sens... Je ne veux pas remettre en
question ce que vous dites, j'y vais de votre bonne foi, là, c'est bien
correct, c'est bien correct, mais, à mon avis,
en tout cas, moi, être menacé puis être victime, pour moi, ce
n'est pas la même chose, parce qu'être
victime... Bien, écoutez, je ne suis
pas une légiste, là, je ne sais pas, tous les textes de loi, comment est-ce
qu'ils définissent clairement ce qu'est une menace et ce qu'est... lorsque nous
sommes victimes,