Institutions — 9 January 2014 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2014-01-09
Quebec — Committees
Alors, cet amendement
vise à uniformiser l'expression. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Est-ce que l'amendement a été distribué?
M. St-Arnaud :
Oui, monsieur... Je crois.
Président (M. Ferland) : La présidence ne l'a pas, en
tout cas. Nous, on ne l'a pas. Oui, M. le député de Fabre, en attendant
qu'on distribue...
Ouimet (Fabre) :
En attendant les copies, oui. Bien, en fait, je comprends, M. le Président, que le ministre va
nous proposer à peu près le même amendement pour toute une série. Peut-être
nous donner la liste des articles...
M. St-Arnaud :
Oui. En fait, c'est les articles 34, 62, 87, 95, 202 — j'en
ai deux copies — 224,
509, 529.
Le Président (M.
Ferland) : Donc, ça serait les mêmes éléments qui seraient
modifiés pour chacun de ces articles-là. C'est ça?
M. St-Arnaud :
Oui, M. le Président. Ils sont tous au même effet.
Le Président (M. Ferland) : O.K.,
mais il faut les passer une par une de toute façon.
St-Arnaud : Mais je pense qu'il faut les passer une par une,
hein? C'est ça?
Président (M. Ferland) : Oui, de toute façon, oui. On ne peut
pas les… On est en train de faire les copies, là. On est en train de
faire les copies. Est-ce que vous avez des commentaires en attendant ou des...
St-Arnaud : M. le Président, je pense que ça ne sera pas très
compliqué, là. Je crois comprendre que... C'est ça, il y a eu des discussions avec les experts et certains membres de
l'opposition, et donc ça pourrait se faire assez rapidement, ces
différents amendements là aux articles que je viens de mentionner.
Président (M. Ferland) : Alors, est-ce qu'on... Vous avez un
commentaire, M. le député de Fabre, en attendant qu'on…
Ouimet
(Fabre) : Oui, M. le Président. En fait, je m'en veux de ne pas
avoir profité de ma première intervention de
2014 pour souhaiter officiellement, à tous ceux qui nous écoutent, à tous les
collègues de la commission, les membres du ministère et les experts,
sans qui notre travail serait impossible, et tout le personnel, une excellente
année 2014, de la santé surtout et de bons travaux avec la Commission des
institutions. Voilà.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, merci, M. le député de Fabre. Alors, c'est fait. Alors, les gens qui
nous écoutent... Les gens ne nous voient pas
parce qu'on est au salon 1.38, mais, quand même, je vous souhaite aussi, moi,
une excellente année 2014 et des travaux
comme nous l'avions terminé à l'année 2013. Donc, on reprend, un peu sur la
même note que 2013, le projet de loi
n° 28. Alors, bonne année à tout le monde : M. le ministre, les gens
qui vous accompagnent et le
personnel; moi, la secrétaire et tout le personnel qui m'accompagne et les
pages, bien sûr, qui nous rendent d'immenses services.
Alors, je crois que
les amendements avaient été...
M. St-Arnaud :
Ils ont été distribués, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : ...ont été distribués.
St-Arnaud : Et j'en profite aussi pour transmettre mes
meilleurs voeux à tous, une bonne année 2014, la santé, et j'ai presque le goût d'ajouter, M. le
Président, un Code de procédure civile avant la fin de l'année 2014. Mais, si
possible...
Le Président (M.
Ferland) : …pas m'aventurer sur ce terrain-là, M. le ministre,
mais on se le souhaite.
M. St-Arnaud :
Si possible, si possible d'ici quelques semaines.
Le Président (M.
Ferland) : J'imagine que le fait de revenir aujourd'hui, si tôt
en début 2014, nous permet d'envisager nos...
M. St-Arnaud :
J'en profite pour saluer la députée de Mirabel qui est parmi nous, le député de
Fabre, et la députée de Bourassa-Sauvé, et
vous, M. le Président, député d'Ungava, qui êtes revenu un peu plus tôt
et... même si on a beaucoup de
travail dans nos circonscriptions respectives, de revenir un peu plus tôt à
l'Assemblée pour avancer. Je pense que c'est profitable pour le Québec.
Alors, voilà. 34, est-ce que ça irait?
Le Président (M. Ferland) :
Excusez, M. le ministre, juste... On vient de m'informer qu'on pourrait, avec
le consentement, étudier... étant donné que c'est les mêmes modifications pour
chacun de ces articles-là, on pourrait les étudier en bloc, si j'ai le
consentement. Est-ce qu'il y a consentement?
Ouimet
(Fabre) : C'est effectivement le même... C'est uniquement le...
Le Président (M.
Ferland) : C'est ça, M. le ministre?
Ouimet
(Fabre) : ...la concordance.
M. St-Arnaud :
Oui, c'est ce qu'on me dit.
Président (M. Ferland) : O.K. Donc, on pourrait... Donc, j'ai
le consentement, M. le ministre. On pourrait les étudier en bloc, à ce
moment-là, donc tous les articles que vous venez de nommer précédemment.
St-Arnaud : Effectivement, M. le Président, il s'agit donc
d'uniformiser l'expression qui est utilisée, eu égard à cette question de l'uniformiser dans tous les
articles. Alors, ce que les experts ont fait, ça découle de certaines
interventions qui avaient été faites
par la députée de Bourassa-Sauvé, c'est-à-dire l'an dernier, effectivement, en
2013. Et il y a eu un travail qui
s'est fait, de la part des experts, pour reprendre du début et s'assurer, là,
donc, d'uniformiser les termes «sociétés, associations et autres groupements sans personnalité juridique», et dorénavant ils seront insérés,
là, dans les amendements pour
ce qui est des articles qu'on n'a pas encore étudiés. Alors, si ça va à
tous, on pourrait les adopter en bloc, M.
le Président.
Président (M. Ferland) : Oui, oui. Est-ce qu'il y a des
commentaires, questions sur les amendements… l'amendement proposé aux articles,
là, mentionnés par le ministre? Alors, M. le député de Fabre, est-ce qu'il y a…
Ouimet
(Fabre) : Non, ça va.
Président (M. Ferland) : Ça va? Alors, s'il n'y a pas
d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que les
amendements aux articles 34, 62, 87, 95, 202, 224, 509 et 529 sont adoptés?
Le Président (M. Ferland) :
Adopté. Alors, M. le ministre, la parole est à… Ah! Est-ce que les articles,
tels qu'amendés, sont adoptés?
Président (M. Ferland) : Excusez-moi. On a eu une petite pause
durant les fêtes, donc il faut revenir un peu à la procédurite. Alors,
M. le ministre, la parole est à vous.
St-Arnaud : On peut-u suspendre encore? Non. Alors, M. le
Président, on a… avant d'aborder 571 et suivants, on avait neuf articles
de suspendus.
Le Président (M.
Ferland) : Oui, en commençant par le 533, je crois.
St-Arnaud : Le 533 et huit autres. Il y aura des amendements
sur les huit autres. Sur le 533, je pense qu'on voulait faire certaines
vérifications auprès du ministère des Affaires municipales, à 533, M. le
Président. Alors, je demanderais d'abord
qu'on revienne à 533, si ça convient à tous, et peut-être qu'il y aurait une
explication qui pourrait être donnée par Me Longtin, M. le Président.
Président (M. Ferland) : Alors, j'ai le consentement pour
revenir à 533? Il y a consentement. Alors, Me Longtin.
Mme Longtin (Marie-José) : Oui, M.
le Président. Alors, nous avons fait
la vérification avec le ministère
des Affaires municipales, qui est notamment visé par le second alinéa de l'article, pour savoir de quelle façon… s'ils
avaient encore… si l'amendement…
cette partie-là du dossier était encore nécessaire, et la réponse que nous
avons obtenue, c'était qu'il valait
mieux le laisser parce que… c'est peut-être un peu subtil, mais les
différences, quand même, entre la… c'est une disposition qui avait été adoptée en 1983, 730… Excusez-moi, ce
n'est pas 730, c'est 841. C'est une disposition qui avait été adoptée au moment
de la
Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités de 1987,
et, à l'époque, on avait considéré ça
opportun d'avoir cette distinction puisque les effets, ce qu'on appelait le
«quo warranto», et les règles de l'article de la loi n'étaient pas tout
à fait… ne couvraient pas exactement la même réalité.
Président (M. Ferland) : Merci, Me Longtin. Des questions,
commentaires sur l'article 533? Alors, s'il n'y a pas d'intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'article 533 est adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Alors, adopté. M. le ministre, la parole est à vous.
St-Arnaud : M. le Président, l'article 536 et le suivant, que
nous avions suspendus… Alors, c'est ça, c'était le «cinq» et le «10», là. C'était encore… il y a une modification
relativement au «autre regroupement sans personnalité juridique» et il y a le remplacement de «cinq» par
«10». Alors, suite à une discussion que nous avions eue — je pense, en tout cas — je
vais déposer l'amendement, puis on va en débattre.
Le Président (M.
Ferland) : Oui. Allez-y.
M. St-Arnaud :
L'article 536 du projet de loi est modifié :
1° par l'insertion,
au deuxième alinéa et après «association», de «ou un autre groupement sans
personnalité juridique»; et
2° par le
remplacement, au deuxième alinéa, de «cinq» par «10».
Alors,
M. le Président, voilà. C'est dans le
titre sur le recouvrement des petites
créances, et je ne me souviens pas très
bien du débat, mais vous voyez, M. le Président, qu'à l'article 536 on
prévoyait que la personne morale, la société ou l'association ne pouvait agir… ou un autre groupement sans
personnalité juridique, là, selon l'amendement qu'on vient d'apporter, qu'on apporterait, ne peut agir
en demande suivant les règles du présent titre, à moins qu'en tout temps, au
cours de la période de 12 mois ayant précédé
la demande, elle ait compté sous sa direction ou son contrôle au plus… et là
c'était cinq personnes liées à elle par contrat de travail, et là on le
remplacerait par 10 personnes.
M. Chamberland
(Luc) : …
M. St-Arnaud :
C'est ça. Me Chamberland me rappelle qu'il semblait y avoir consensus là-dessus,
parce que ça représentait
effectivement les chiffres qu'on avait donnés… nous disait que la grande
majorité était là, hein? C'est ça? Allez-y, Me Chamberland.
M. Chamberland (Luc) : C'est ça. On avait discuté des chiffres qu'on
avait en main à l'époque, et ça représentait une grande, grande majorité des PME au Québec. Donc, c'était une grande
ouverture qui était faite à la Cour des petites créances pour les PME,
comparé aux cinq qu'ils avaient auparavant dans le projet de loi.
St-Arnaud : En fait,
on facilite, pour les petites entreprises, la possibilité de se représenter sans avocat à la Cour des petites créances. On le mettait à cinq et
là on l'élargirait un peu. Je pense qu'il n'y avait pas une si grosse différence
entre cinq et 10, hein? C'est ça, le gros était de zéro à… de un à cinq, puis il
y avait une petite différence de peut-être quelques…
un 10 000 peut-être ou un
20 000. Il y avait une petite… Il n'y en avait pas beaucoup, puis on avait
convenu, je pense, de l'élargir à 10.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, questions, commentaires? M. le député de
Fabre.
Ouimet (Fabre) : Oui. Merci, M. le Président. En fait, on
avait suspendu… En fait, je regarde l'amendement, là. Il y a deux aspects à l'amendement : il y
a l'aspect qui est… qui va de soi, là, l'harmonisation au niveau de
l'association ou autre groupement sans personnalité juridique. Ça, ce
bout-là, on pourra en disposer assez rapidement.
l'autre bout, je dois vous avouer que mon souvenir, lorsqu'on avait évoqué
cette possibilité de changement là, ça semblait intéressant à première
vue, mais, en ce qui nous concerne, on s'était dit : Peut-être qu'il
faudrait vérifier avant d'aller là. Et j'ai
eu l'occasion d'y réfléchir un peu puis, bon, je ne savais pas qu'on allait
aborder ce point-là dès cet
après-midi. Je vous avoue qu'en ce qui nous concerne je ne suis pas encore
convaincu qu'on devrait faire ce changement-là, clairement pas, puis ça, je pense qu'on l'a tous exprimé, là. On est
tous favorables à l'idée de permettre l'accès, puis si, pour les PME,
c'est une mesure d'accès à la justice, il faut le permettre.
Ceci
dit, il y a un point, et mon souvenir, c'est qu'on avait dit… La question qui
se posait, c'est au niveau de la capacité
de la Cour des petites créances, et du volume, et de l'augmentation du volume.
Et il y a une réalité, M. le Président, qui est : devant la Cour des petites créances, à ma connaissance,
il y a des délais importants, et c'est un défi pour la cour de travailler pour s'assurer que les causes sont
entendues dans des délais raisonnables. Là, on passe… on hausse de façon
appréciable la compétence de la cour, on fait passer ça de 7 000 $ à
15 000 $. On est tous d'accord avec cette idée, sauf que ça va avoir
un impact au niveau du volume. Et là je me dis : Avant de faire ce
changement-là qui n'était pas annoncé dès le
départ, on a… Je dois vous avouer que ma réticence vient du fait que… est-ce
qu'on a fait notre travail en amont
pour dire : Oui, on va être capables d'absorber cet accroissement
additionnel, vu qu'on fait passer de cinq à 10 les employés pour les
entreprises visées. Ça, c'est d'une part.
D'autre
part, vous n'êtes pas sans savoir, M. le Président, que le Barreau a fait des
représentations, et on a adopté certains amendements qui ont pu susciter
certaines critiques, et là je me dis : On ne peut jamais faire plaisir à
tout le monde, mais, à tout le moins, quand
on communique et qu'on annonce nos couleurs d'avance, puis qu'on entend les
gens, puis qu'on leur donne
l'occasion de s'exprimer, on diminue énormément les situations où les gens
peuvent se plaindre ou estimer avoir été traités injustement.
Alors,
je me demande si, par rapport à ce changement-là, il n'y aurait pas lieu… je ne
suis pas certain que c'est opportun
de faire le changement, passer de cinq à 10, et donc j'aurais besoin d'être
convaincu sur l'opportunité encore de le faire, et donc je pense que ce
n'est pas opportun.
M. St-Arnaud :
Oui, M. le Président…
Le Président (M.
Ferland) : Alors, convainquez le député de Fabre.
M. St-Arnaud :
Même pas, M. le Président. Il m'a convaincu. Vous voyez comment je ne suis pas
difficile.
Ouimet
(Fabre) : Moi qui pensais qu'on avait une belle bataille.
St-Arnaud : Non, non. Mais ce que le député dit, M. le
Président, en quelques secondes, là, c'est qu'il dit : Écoutez, on augmente déjà la juridiction de
7 000 $ à 15 000 $ aux Petites Créances. C'est déjà pas
mal. Présentement, là, le droit
actuel, c'est le projet de loi n° 28, là. Est-ce qu'on doit changer ça en
plus? Je viens de vérifier les chiffres. Il y a quand même… c'est quand même quelques milliers de dossiers
potentiellement de plus. Je pense qu'éventuellement il faudra y aller, mais peut-être qu'effectivement, comme
premier morceau, à ce moment-ci… Puis éventuellement, bien, on
réajustera au fur et à mesure.
Alors,
M. le Président, ceci étant, est-ce que je peux verbalement enlever le
deuxièmement de mon amendement?
Le Président (M.
Ferland) : Mme la secrétaire, est-ce qu'on peut enlever ou il
faut modifier, il faut retirer l'amendement…
M. St-Arnaud :
On retire l'amendement…
Le Président (M. Ferland) :
Retirer l'amendement, puis c'est ça. Oui, oui.
St-Arnaud : Je retire l'amendement, de consentement.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, il y a consentement? Il y a consentement, M.
le ministre. Allez-y.
M. St-Arnaud :
Et je le redépose, M. le Président, mais en enlevant… seulement avec le 1°.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, juste faire la lecture rapide, là, juste…
M. St-Arnaud :
Alors, l'article 536 du projet de loi est modifié par l'insertion, au deuxième
alinéa et après «association», de «ou un autre groupement sans personnalité
juridique». Voilà, M. le Président.
Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. Commentaires,
discussions sur l'amendement à 536? Mme la députée de Bourassa-Sauvé?
Non, ça va?
Mme de Santis :
Non, non, ça va.
Le Président (M. Ferland) :
Ah! J'avais… M. le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) : Bien, puisque ma collègue… Je suis déchiré
entre être heureux de voir que le ministre est d'accord avec moi…
Le Président (M.
Ferland) : Vous êtes heureux d'être déchiré, c'est rare.
Ouimet
(Fabre) : Non. Mais je suis déchiré… D'une part, je suis
heureux qu'il soit d'accord avec moi. D'autre part, on aurait pu avoir une
belle discussion pour partir la…
Le Président (M.
Ferland) : Même si ça ne sera pas le cas, M. le député.
Ouimet
(Fabre) : Mais ça ne sera pas pour cet article-là.
Le Président (M.
Ferland) : Et voilà!
Ouimet
(Fabre) : Alors, je n'ai rien d'autre à dire, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Mais, rassurez-vous, il y a d'autres articles…
Ouimet
(Fabre) : Quelques-uns.
M. St-Arnaud :
Vous avez mis la table sur plein de sujets à l'entrée, là, j'ai cru comprendre.
Président (M. Ferland) : Oui. Si je me rappelle l'année 2013,
donc 2014 devrait nous apporter des très bons moments. Alors, s'il n'y a
pas d'autre discussion, est-ce que l'amendement à l'article 536 est adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Adopté. Est-ce que l'article 536, tel qu'amendé, est
adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Adopté. M. le ministre, la parole est à vous.
St-Arnaud : Alors, M. le Président, 537 était le suivant, et
537, en fait, c'est un amendement semblable à tous ceux que nous avons
adoptés en bloc tantôt. Et l'amendement que je déposerais à 537 est donc le
suivant :
L'article
537 du projet de loi est modifié par l'insertion, au deuxième alinéa et après
«association», de «ou un autre groupement sans personnalité juridique».
Voilà, M. le Président.
Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. Questions,
commentaires sur l'amendement à l'article 537?
Ouimet
(Fabre) : Question.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de Fabre.
Ouimet
(Fabre) : On l'avait suspendu uniquement sur cette question-là?
M. St-Arnaud : C'est ce que
je comprends, oui.
de Santis : Oui, c'est ça.
Ouimet
(Fabre) : Pas de commentaire.
Président (M. Ferland) : Ça va? Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 537 est adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Adopté. Est-ce que l'article 537, tel qu'amendé, est
adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Adopté. M. le ministre.
M. St-Arnaud :
Oui, M. le Président.
L'article 542, si ça convient à tous. Alors, il y a un
amendement, donc l'amendement, je pourrais
l'appeler «groupements sans personnalité juridique», d'abord. Et ensuite on a…
suite aux… je pense que ça correspond
aux discussions qu'on avait eues. Je vais lire l'amendement, M. le Président,
je pense, les gens vont saisir et vont voir, avec le texte qu'on a devant
nous, là, où ça se situe exactement dans l'ancien
L'article 542 du
projet de loi est modifié :
par l'insertion, au deuxième alinéa et après «associations», de «ou les autres
groupements sans personnalité juridique»;
2° par l'insertion,
au deuxième alinéa et après «service», de «qui n'est pas avocat»;
3° par la
suppression, au quatrième alinéa, de «ou un notaire». Voilà.
Président (M. Ferland) : Alors, merci, M. le ministre.
Questions, commentaires sur l'amendement à 542? M. le député de Fabre.
Ouimet
(Fabre) : Oui, peut-être que c'est la dinde qui…
Le Président (M.
Ferland) : Sûrement. Ou les atocas.
Ouimet (Fabre) : Alors, le premier aspect, ça va bien, là,
c'est pareil à l'autre. Le deuxième, juste pour revenir, là, c'était la discussion… ça, c'est en lien avec
la discussion qu'on avait eue, à savoir si l'avocat salarié de la compagnie
pouvait agir, la controverse jurisprudentielle, et on s'était entendus que
c'était bien de le clarifier. J'avais compris?
M. St-Arnaud :
C'est ça. C'est écrit noir sur blanc qu'il ne faut pas qu'il soit un avocat.
Ouimet
(Fabre) : C'est ça. Et c'est ce qu'on fait avec cet amendement.
M. St-Arnaud :
C'est ça.
Ouimet
(Fabre) : C'est ça?
M. St-Arnaud :
C'est ça.
Ouimet
(Fabre) : Maintenant, le troisième amendement, ça, c'est quoi?
Le Président (M.
Ferland) : Le troisième alinéa.
M. St-Arnaud :
Pourquoi on a enlevé le notaire?
Ouimet
(Fabre) : Ah oui! O.K.
M. St-Arnaud :
Vous vous en rappelez?
Ouimet (Fabre) :
Oui, mais là je… Là, ça me revient, là. Donc, c'est pour ça que je disais
tantôt : La dinde…
Le Président (M.
Ferland) : La dinde? Ah oui! La dinde a refait surface.
M. St-Arnaud :
C'est beau d'être jeune!
Ouimet (Fabre) :
Mais c'est qu'on avait… Oui, O.K., Oui, c'est bon.
M. St-Arnaud :
Excellent, excellent, excellent!
Le Président (M. Ferland) :
Alors, Mme la députée de Bourassa-Sauvé qui avait…
Mme de Santis :
J'ai une question.
Le Président (M. Ferland) :
Oui, allez-y, allez-y.
Mme de Santis : Ma question est : Quand, au deuxième amendement, on dit qu'un salarié ou un dirigeant ne doit pas être un avocat, est-ce que cette personne peut
être un notaire? Est-ce qu'on devrait aussi préciser «notaire» ou on ne
devrait pas?
Le Président (M. Ferland) : M.
le ministre ou…
Mme de Santis : Il n'a pas le droit de représenter, mais est-ce que…
Ce n'est pas l'affaire qu'il peut représenter ou pas représenter en soi, c'est : lui, il a une formation
juridique; c'est seulement qu'un a choisi le notariat et l'autre a choisi le Barreau. Alors, je pose la question : Est-ce qu'on voudrait aussi exclure un notaire? Mais c'est quelque chose à discuter.
Le Président (M. Ferland) :
Ça a été d'ailleurs amené aussi de la part de la députée avant les… en 2013.
Une voix : L'année passée.
Président (M. Ferland) : Un peu… Oui, à l'époque, à l'époque.
M. le ministre, est-ce qu'on a une réponse à la… Oui, M. le…
M. Chamberland (Luc) : Si vous me
permettez.
Le Président (M. Ferland) :
Oui, monsieur… Me Chamberland.
Chamberland (Luc) : J'essaie
de bien cerner votre question. Vous êtes en train de nous parler de gens qui
assistent. Parce que, comme votre collègue…
Mme de Santis : Non, non, non. Je parle de… Si on regarde les
personnes morales et sociétés, les associations, les
autres groupements ne peuvent être représentés
que par un dirigeant ou salarié à leur service, qui n'est pas un avocat.
Mais, si le salarié ou le dirigeant est un
notaire, qui est aussi un juriste, est-ce que lui peut représenter la personne
morale, la société ou l'association?
M. St-Arnaud : Avec le
libellé actuel, oui.
Mme de Santis :
Mais, je sais…
St-Arnaud : Oui, oui. Puis on se demande : Est-ce que,
point d'interrogation. Le problème, c'est jusqu'où on va. Mettons qu'on
mettrait le notaire, qu'arrive-t-il du technicien juridique?
Mme de Santis :
Mais ce n'est pas la même chose exactement.
Mme de Santis :
Parce que les deux ont une formation presque exacte au niveau universitaire,
c'est deux juristes.
Chamberland (Luc) : Pour
être précis, c'est ça, comme dit le ministre, c'est jusqu'où on va pour être
plus… Un exemple encore plus frappant, quelqu'un qui a un bac en droit.
M. St-Arnaud : Qui n'est pas
avocat.
M. Chamberland (Luc) : Il n'est pas
avocat, il n'est pas notaire, il n'est pas soumis à un ordre professionnel puis il pourrait. Puis alors c'est jusqu'où nous
allons. Nous avons, disons… Nous nous sommes toujours dit que la formation devant les tribunaux, fondamentalement,
même s'il y a un droit substantif de base, c'est les avocats qui l'ont. Le profil aussi. Les notaires ne se lancent pas à
corps perdu dans les cours de procédure au bac. Ils ne l'ont pas dans leur
formation, sauf le non-contentieux pour la
formation de quatrième année. Alors, c'est là qu'on reprend l'état du droit.
Tout ce qu'on fait, c'est clarifier les deux
écoles de jurisprudence qu'il semblait y avoir parce qu'à l'heure actuelle
c'est sûr qu'un
avocat ne peut pas aller à la Cour des petites créances, même s'il est à
l'emploi exclusif d'un groupement. Mais on voulait être certains de ça, et c'est pour ça, l'amendement. Mais
après ça, vous voyez, on n'a rien, dans notre code, qui interdit à
plusieurs endroits les gens qui ont un bac, là, pour… C'est ça, le problème. On
s'est arrêtés là, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Parfait.
Le Président (M.
Ferland) : Ça va?
de Santis : Je suis prête à accepter l'explication,
mais je croyais que c'était important au moins de le soulever.
M. St-Arnaud :
Oui, oui. Et je rappelle qu'en fait cette partie-là, «qui n'est pas avocat»,
n'était pas ni à l'avant-projet de loi ni au 28, là. Puis, dans nos
discussions, on a dit : Est-ce qu'on ne doit pas quand même — les Petites Créances, ce n'est pas pour les
avocats — le dire
noir sur blanc? C'est ce qui amène l'amendement. Maintenant, c'est sûr que c'est déjà mieux. Je pense que c'est
mieux que le texte initial et le texte de l'avant-projet de loi, mais, aller
plus loin que ça, là, on rentre dans toutes sortes de… Effectivement, comme
vous dites, Me Chamberland, tu sais, quelqu'un
a un bac en droit, il n'est pas avocat, mais… Bon, à un moment donné, c'est
jusqu'où on va ou un avocat… tu sais? Au moins, là, on vient dire
carrément que le principe, c'est qu'il n'y a pas d'avocat aux Petites Créances.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
de Santis : J'ai une autre question. Si la petite
entreprise ne consiste que de trois ou quatre avocats, ça veut dire que cette entreprise ne pourrait pas utiliser
les services de la Cour des petites créances pour des créances qui allaient
jusqu'à 15 000 $? Je pense à… de l'autre côté de la médaille. Et
est-ce que ça, c'est correct? Parce que, j'imagine, je suis avocate, je peux avoir une petite entreprise avec
mon collègue Gilles et quelqu'un d'autre, et nous, on n'a aucun moyen d'utiliser
les services de la Cour des petites créances.
M. St-Arnaud :
C'est une bonne question.
Le Président (M.
Ferland) : Très bonne question. Peut-être un projet après votre
carrière politique. Alors, M. le… Bien, peut-être une réponse du ministre avant
ou un commentaire?
St-Arnaud : Bien, je trouve la question bien bonne, M. le
Président. Je commence à me demander si ce n'était pas ça, la raison
pour laquelle ce n'était pas ni dans l'avant-projet de loi ni dans le projet de
loi.
Une voix :
Oui, c'est ça.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) : Bien, c'est-à-dire, M. le Président, j'ai
compris, de mes recherches sur la jurisprudence, parce qu'on avait dit que c'était clair par la jurisprudence... J'ai
fini par trouver les décisions qui l'établissaient. Mais la règle… Et la question soulevée par la députée de
Bourassa-Sauvé me semble très bonne. Je pensais, moi, que les avocats
pouvaient poursuivre aux Petites Créances pour le recouvrement de leurs
honoraires.
M. Chamberland
(Luc) : Oui, c'est là… Excusez-moi.
M. St-Arnaud :
Allez-y, Me Chamberland.
M. Chamberland (Luc) : C'est là la nuance. Ici, c'est à
titre de
représentant. Mais, à
titre personnel, ils le peuvent, là. Un avocat
qui… Si j'ai un vice caché chez moi, là, je vais pouvoir poursuivre à la Cour
des petites créances.
M. St-Arnaud :
Oui. Mais, si vous êtes une entreprise…
M. Chamberland
(Luc) : Si je suis une entreprise…
M. St-Arnaud :
Si vous êtes une société de trois avocats, qui va représenter la société?...
M. Chamberland (Luc) : C'est ça.
La société, c'est une personnalité
juridique différente, donc c'est des règles de représentation, donc
c'est non. Mais, quand c'est juste à
titre personnel, oui.
Ouimet
(Fabre) : Non, mais…
Mme de Santis :
Ce n'est pas… ça enlève des droits.
Le Président (M. Ferland) :
M. le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) : C'est ça. Mais la question, c'est :
Trois avocats qui sont en société réelle…
Le Président (M.
Ferland) : Qui ont une entreprise.
Ouimet
(Fabre) : Ils veulent poursuivre pour le recouvrement des
honoraires au nom de la société, c'est nécessairement un des avocats. En tout
cas, tel que libellé, il faudrait que ça soit la secrétaire ou un autre
employé, qui n'est pas avocat, qui poursuivrait.
Le Président (M.
Ferland) : Et, tel que proposé, ils ne pourraient pas se
représenter.
M. Chamberland
(Luc) : Il faut lire aussi que, quand c'est… Là, il y a tout des cas
de figure, là, qu'on…
Ouimet
(Fabre) : Qu'on oublie?
M. Chamberland (Luc) : …qu'on soulève. Il y a 542, alinéa deux, là,
quand c'est les sociétés pour recouvrement des honoraires
professionnels. Il y a des exceptions. On ne change pas l'état du droit, là. Ce
qu'on fait, là, c'est qu'on regarde… Tout ce
qu'on fait, c'est préciser parce que le texte n'était pas clair. Mais, dans l'état
actuel du droit, avec la jurisprudence,
on ne peut plus. Il y a eu deux écoles, c'est ce que le député de Fabre a
parlé, mais on a voulu clarifier le texte à tout jamais.
St-Arnaud : Oui, mais
on comprend pour les individus, mais là, au deuxième alinéa, on parle de l'État,
des personnes morales, des sociétés,
ou des associations, ou d'un groupement sans personnalité juridique.
Et la question dit… La question que la députée et le
député ont posée, c'est : Si on est dans une société où il y a seulement
trois avocats, est-ce que… Trois avocats, ils ne peuvent pas se représenter,
ils ne peuvent pas représenter la société devant… Parce qu'ils sont avocats, ils ne peuvent pas représenter la société devant
les Petites Créances?
M. Chamberland
(Luc) : À moins qu'il ne s'agisse… on parle… On a une exception ici, tout
de suite après, M. le ministre : «L'avocat [...] peut, malgré la Charte[...], agir
comme[...], non plus que comme agent[...], à moins qu'il
ne s'agisse pour eux de recouvrer les
honoraires qui sont dus à la société dont ils sont membres.» Donc, pour les
honoraires d'avocat, on l'a couvert.
Mme de Santis :
Mais ce n'est pas seulement ça.
Le Président (M.
Ferland) : Mme la députée de Fabre, oui.
Mme de Santis :
Mais ce n'est pas seulement ça.
Le Président (M.
Ferland) : Pas de Fabre, de Bourassa-Sauvé, excusez.
de Santis :
Ce n'est pas seulement ça. Si moi, j'ai une petite entreprise, moi et Gilles Ouimet, O.K., et on vend des chemises, O.K., je ne peux
pas faire une réclamation devant la Cour des petites créances parce que je suis
avocate. Parce que je trouve
que ça, ce n'est pas correct. Et je
crois qu'il y avait
une raison qu'on n'avait pas «qui n'est pas avocat» au deuxième alinéa une fois que j'y réfléchis. Parce que,
là, ce n'est pas une affaire de représentation par un tiers, je représente ma propre… je fais
partie
d'une association avec Gilles. Et, en tant que personne, même si je
suis avocate, je devrais être capable d'aller à la Cour des petites
créances.
Président (M. Ferland) : Non, c'est parce que, là, j'entends des voix des deux côtés. Excusez. M. le ministre. Non, parce que, quand l'autre côté s'exprime, j'aimerais juste… parce que,
là, des fois, quand… Vous pouvez parler, mais, quand c'est trop fort,
j'entends deux voix en même temps. Donc, Mme la… M. le ministre.
St-Arnaud : Non, non,
mais, M. le Président, je
comprends la… Moi, je comprends bien la préoccupation de
la députée, là, j'essaie de trouver une solution. Ce que la députée dit :
Si tu as une société de trois avocats, qui les représente devant les Petites
Créances? Pour les honoraires, c'est réglé. Mais ce n'est pas les honoraires.
Mme de Santis :
Ce n'est pas les honoraires…
M. St-Arnaud :
Ce n'est pas les honoraires. Mais avez-vous une solution, Me Ouimet?
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de Fabre.
M. St-Arnaud :
Le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) :
Bien, en fait je vais revenir à… Là, je reprends tranquillement ma forme de 2013, mais
je retourne à notre débat à l'époque.
Moi, je vous avoue que je ne comprenais pas la… ce qui s'est avéré l'état
du droit, et je ne comprenais pas
pourquoi on se… qu'on coupait les cheveux en quatre pour faire en sorte que, le
tribunal, il fallait qu'il vérifie, la personne qui était devant lui, si
c'était un avocat ou pas. Puis d'ailleurs la décision que j'avais vue, la personne ne l'avait pas dit, puis là le juge le
soulignait en bout de… Sincèrement, là, je comprends la préoccupation de la députée de Bourassa-Sauvé puis moi, je me demande pourquoi on ne l'exclut… À la base, c'est clair,
on veut que la Cour des petites créances, ce soit la cour où les gens
vont là, puis les avocats ne sont pas présents.
Ouimet
(Fabre) : Attends...
Oui, mais c'est parce que… Attention! Ce n'est pas juste l'amendement, parce que l'amendement, dans l'état actuel de la jurisprudence, on garde le droit
actuel. Et donc la jurisprudence fait en sorte que l'avocat ne peut pas être là, sauf pour les honoraires où c'est
prévu spécifiquement. Moi, ce que je dis puis je ramène à la discussion de l'autre fois : Pourquoi
est-ce qu'on doit faire cette distinction-là? Lorsqu'une entreprise
est représentée par quelqu'un qui travaille au sein de cette entreprise-là…
n'engage pas un avocat pour la représenter, mais c'est son dirigeant ou c'est son salarié, qu'il soit avocat,
qu'il soit juriste, c'est… comment dire? Je comprends que, pour l'autre
partie, c'est plate, mais on ne va pas… on ne devrait pas se casser la tête.
M. St-Arnaud : Ce que vous
proposez, Me Ouimet, c'est qu'on enlève le deuxièmement de l'amendement, c'est ça?
Vous dites : Finalement, quand on refait le tour de la question,
ça pose peut-être plus de problèmes que d'autre chose que de
mettre l'amendement.
Ouimet
(Fabre) : Bien, c'est-à-dire, non. Moi, je vais plus loin que ça. Moi, je dirais que ce n'est pas
pertinent que la personne soit avocat ou pas. Et donc…
M. St-Arnaud : C'est ça. Si
tu ne mets pas l'amendement, là, tu reviens à ça, là.
Ouimet
(Fabre) : Bien non.
C'est que l'état du droit, selon la jurisprudence qui a
interprété… parce que, là, je n'ai
pas fait l'exercice est-ce qu'on change le libellé, mais la jurisprudence semble…
majoritaire a conclu que l'avocat n'avait pas le droit d'agir comme
dirigeant ou salarié.12245
Chamberland (Luc) : Exact. Et là, en toute honnêteté, on trouve le cas, il est tout à fait pertinent
mais assez rarissime, qu'il n'y a pas d'autres personnes que juste des avocats. Puis là ce n'est pas pour
recouvrement professionnel non plus. Écoutez,
le problème, c'est un... il faut qu'il y ait un
équilibre. Quand c'est à
titre personnel, on a tous compris ça, hein, puis, si c'est à
titre personnel, c'est parce qu'il n'y a pas de déduction, non plus,
fiscales. Quand c'est des sociétés, groupements, il y a des déductions
qui sont possibles. C'est pour ça qu'on les restreint un petit peu.
Je dois vous
avouer, moi, je reviendrais... Bien, je ne sais pas ce que vous en pensez. On
peut revenir à l'ancien texte, puis
les tribunaux décideront, mais c'est quand même un tribunal qu'on doit rendre
accessible aux citoyens, puis ça ne
doit pas être disproportionné. Quand il y a un avocat, ça change la dynamique,
c'est sûr. C'est pour ça que le trois... le deuxième... le troisième paragraphe, pardon, troisième alinéa est très
restrictif pour les avocats. Qu'on regarde l'état du droit actuel, puis
les tribunaux décideront. Je ne sais pas si ça peut être une idée.
St-Arnaud : Honnêtement, quand on regarde les deux
alternatives, je commence à me demander si on ne doit pas revenir au texte actuel. Parce que, là, ce
qu'on vient dire noir sur blanc, c'est que la société ne peut pas être
représentée par un de ses dirigeants
ou salariés qui est avocat. S'il n'y a que des avocats, elle ne peut pas être
représentée, là. Ça, c'est encore
pire. On empêche le... Alors, je me dis... alors que, si on enlève «qui n'est
pas avocat» : «…ne peuvent être représentés que par un dirigeant ou
un salarié à leur service.» À leur seul... On avait mis «seul service»,
c'est...
Mme Longtin (Marie-José) : C'est le
droit actuel.
St-Arnaud : C'est le droit actuel? Est-ce qu'on pourrait le
mettre, «seul service»? On l'avait, on l'a enlevé, hein, de
l'avant-projet de loi?
Longtin (Marie-José) : Bien,
on l'avait enlevé parce qu'on rentrait «l'avocat». Le «seul», c'était pour
éviter que... M. le Président?
Le Président (M. Ferland) :
Me Longtin, allez-y, oui.
Longtin (Marie-José) :
Excusez-moi. C'était pour éviter qu'on utilise, sous une forme salariée,
deux... qu'un même avocat, disons, ou
une même personne agisse pour trois entreprises comme salarié et se spécialise,
finalement, et devienne un spécialiste des petites créances.
St-Arnaud : Ça, c'est la solution du compromis. Si on met «à
leur seul»... C'est parce que là, ici, on parle... je comprends qu'on
parle de...
Mme de Santis :
Je m'excuse, mais moi, je préfère le texte qui était dans... qui est le texte
actuel de 542 où on dit — je lis : «L'État, les personnes
morales — etc. — ne
peuvent être représentés que par un dirigeant ou un salarié à leur service.»
Pas «à leur seul service», parce qu'«à leur seul service»... Je connais
beaucoup de personnes qui sont dirigeants ou
actionnaires dans trois ou quatre petites entreprises. Et ça veut dire quoi? Tu
leur enlèves le droit de représenter une de ces petites entreprises
parce qu'il est aussi dans une autre entreprise?
M. St-Arnaud :
Bien, «leur seul service», moi, je l'interprétais que c'était juste pour le
salarié, là, mais...
Mme de Santis :
Mais même un salarié...
Le Président (M.
Ferland) : Alors, M. le ministre, est-ce que le... M. le
député... Oui, allez-y.
M. St-Arnaud :
On peut suspendre de... Avez-vous quelque chose à ajouter?
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de Fabre, après on... Oui, une
intervention, allez-y.
Ouimet (Fabre) : Juste pour le... Soyons précis, là, soyons
clairs. Le fait d'ajouter qu'il n'était pas avocat, c'était pour clarifier ce qu'était le droit du
droit. Ce que j'ai compris, puis c'est... Maintenant, quand on dit, là, on
avait précisé «à leur seul service»,
moi, ce que j'entends avec ça, c'est qu'on voulait éviter la possibilité qu'un
avocat se retrouve à être salarié de
deux, trois entreprises puis que ça devienne son travail à temps plein de
représenter ces compagnies-là. Mais,
à la base, on n'excluait pas l'idée qu'un avocat qui travaille pour une
entreprise soit salarié, puisse la représenter devant la Cour des petites créances. Donc, si on veut garder l'état du
droit actuel, l'amendement le dit clairement, c'est l'état du droit actuel, on le dit, qu'il n'est pas
avocat. Maintenant, moi, je questionne à savoir est-ce que c'est nécessaire
de garder le droit actuel et... Maintenant, c'est là la question.
ne pense pas que, si on enlève l'amendement, on règle quoi que ce soit, on fait
juste ne pas être clairs, puis là il faut
que les gens aillent lire la jurisprudence pour comprendre qu'on n'a pas le
droit d'être avocat puis agir comme salarié ou dirigeant, parce que c'est juste dans la jurisprudence qu'on le sait,
ça. Puis ça, il faut lire à partir de 2008, parce que, jusqu'en 2003, il
y avait deux écoles de pensée. C'est ce que j'ai lu, là.
de Santis : Qui représente les villes? C'est leurs
avocats qui représentent les villes. Je me suis retrouvée à la Cour des petites créances, et c'est l'avocat
qui représente la ville, O.K.? Et je n'ai jamais vu nulle part que, «you know»,
l'avocat ne pouvait pas représenter la ville à la Cour des petites créances.
M. Chamberland (Luc) : Vous en avez parlé, de ce cas-là. En tout
respect, je ne suis pas devant tous les tribunaux, mais le Procureur général ne le fait pas, l'Agence
du revenu ne le fait pas depuis la décision la plus récente dont parle le
député de Fabre. C'est ça, l'état du
droit. Le problème, c'est que, si on fait trop d'ouvertures, les entreprises
qui ont les moyens de s'engager… qui
ont des avocats salariés à leur emploi, ça va être difficile pour les gens qui
ne sont pas représentés par avocat
d'accéder à un tribunal qui est fondamentalement pour eux, là. Me semble-t-il que c'est un
cas tout à fait pertinent, mais ce n'est pas un cas très, très fréquent,
et essayer de le cibler fait en sorte qu'on rend plus vulnérable, finalement, l'accessibilité des justiciables à une cour où
ils ne doivent pas affronter un avocat ou une avocate.
St-Arnaud : Je pense,
M. le Président, qu'on pourrait donc maintenir l'amendement tel quel. Évidemment, il reste la situation dont vous parlez, le
cas extrême, là, la société de trois avocats. Mais l'idée… Là, on établit le
principe général, qui est le principe
des Petites Créances, que «l'État, les personnes morales, les sociétés
ou les associations ou [...]
autres groupements sans personnalité juridique ne peuvent être représentés que
par un dirigeant ou un salarié à leur service qui n'est pas avocat». Il
ne faut pas que ça soit des avocats aux Petites Créances.
Maintenant,
arrivera peut-être des situations exceptionnelles où il y aura une société
de deux ou trois avocats, on ne sera pas dans une question de recouvrement
d'honoraires, et là, bien, effectivement, les tribunaux interpréteront cet
article, et je présume qu'ils ne diront
pas : Bien non, vous ne pouvez pas vous… et je présume qu'ils feront
preuve d'une largesse d'esprit qui ferait en sorte que…
Mme de Santis :
Parce que vous dites : Et… Je m'excuse.
M. St-Arnaud :
Bien… ou, sinon, il n'y aura personne.
Mme de Santis :
Bien, je m'excuse, ça n'a… Si on regarde le troisième alinéa, on dit ici qu'un
avocat peut. Alors, comment, dans un cas, on dit : Il ne peut pas et, dans
l'autre cas, on dit : Il peut?
M. Chamberland
(Luc) : Parce qu'on dit l'exception. Quand on lit toute la phrase…
St-Arnaud : «Exceptionnellement, lorsqu'une cause soulève une
question complexe sur un point de droit, le tribunal peut, d'office ou à la demande d'une partie, autoriser la
représentation des parties par avocat; il doit préalablement obtenir
l'accord du juge en chef de la Cour du Québec.»
Mme de Santis :
Non, non. Je parle de la première phrase : «L'avocat…»
M. St-Arnaud : «L'avocat ne
peut ...», «ne peut».
Mme de Santis :
Oui. «...agir comme…»
M. St-Arnaud : «...ne peut
agir comme mandataire, non plus que l'agent de recouvrement à moins qu'il ne
s'agisse pour eux de recouvrer les honoraires qui sont dus à la société dont
ils sont membres.»
Mme de Santis :
Mais ça, ce n'est pas exceptionnellement, ce n'est pas une exception à la règle
générale que vous avez mise au deuxième alinéa, avant que...
Mme de Santis :
Puis ça, c'était rédigé avant que vous ayez ajouté «qui n'est pas avocat».
Mme de Santis : O.K.
Vous dites maintenant que l'avocat peut pour ses honoraires.
St-Arnaud : Ce que
vous dites, c'est que, si on ne dit pas qu'il n'est pas avocat, c'est plus
clair. C'est ce que vous dites?
Mme de Santis :
Non, qui n'est pas… Oui.
St-Arnaud : Puis,
après ça, vous dites : C'est applicable parce que l'exception dit que…
donne l'exception au troisième alinéa.
Mme de Santis :
Exact. Et ça laisse la possibilité…
M. St-Arnaud : Donc, s'il y a
une exception, c'est qu'il y a une règle.
Mme de Santis : Et ça laisse la possibilité, dans un cas où il y a
trois avocats qui sont en société, quelqu'un peut aller devant la cour… la
Cour des petites créances.
M. St-Arnaud : Là, Me Ouimet,
je suis en train de donner raison à la députée de Bourassa-Sauvé, ça fait que
j'espère que vous allez lui donner raison. Elle suggère d'enlever l'amendement parce
que… L'amendement n'est pas nécessaire parce que, vu que l'exception est dans
le troisième alinéa, c'est donc que dans le deuxième… dans le troisième… Si on dit que l'avocat peut
exceptionnellement agir pour recouvrer les honoraires qui sont dus à la société dont
ils sont membres, c'est donc dire qu'il ne peut pas dans le cas précédent, mais
sans l'écrire noir sur blanc pour qu'un juge ait de la marge de manoeuvre
pour interpréter.
Mme de Santis : Et, au troisième alinéa, on dit que l'avocat ne
peut agir comme mandataire. Si l'avocat est un associé dans une société,
il a…
St-Arnaud : Ça
laisserait plus de marge, en ne l'écrivant pas noir sur blanc, aux tribunaux
d'interpréter le deuxième alinéa.
Le Président (M. Ferland) : M.
le député de Fabre.
Ouimet
(Fabre) : Bien, c'est-à-dire, je trouve ça intéressant de penser que le juge pourrait, parce qu'il y a un problème, permettre l'avocat, alors que ce qu'on a dit... la
jurisprudence, là, a interprété la disposition, puis, à un moment donné, ils se sont fixés puis ils ont dit :
Pas le droit d'avocat. Alors, le problème, il est là, là. Qu'on ne l'écrive
pas, on fait juste… on fait semblant que le problème n'est pas là.
M. Chamberland (Luc) : M. le
Président.
Le Président (M. Ferland) :
Me Chamberland.
Chamberland (Luc) : Écoutez,
je suis pas mal convaincu que le cas assez exceptionnel, mais pertinent de la
députée de Bourassa-Sauvé n'a pas été
tranché par les tribunaux, là. C'est le cas classique des avocats qui sont
salariés d'entreprises de moindre
importance, qui se retrouvaient toujours devant la Cour des petites créances
puis affrontaient le pauvre citoyen.
Mais, ce cas-là, je ne crois pas… Puis ce n'est pas parce qu'on pose un
principe, vous le savez bien, M. le
député de Fabre, qu'il n'y a pas d'exception, là. Ce n'est pas une règle
d'ordre public, là. Les tribunaux peuvent faire
preuve de nuance et de distinction dans un cas assez spécial puis assez
sympathique dont parle la députée de Bourassa-Sauvé.
M. St-Arnaud :
Il me semble que oui.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de Fabre, est-ce que… Oui.
Ouimet (Fabre) : C'est-à-dire, l'état du droit, c'est l'état
du droit, et j'ai compris qu'on ne voulait pas changer l'état du droit. Il me semblait, moi, qu'en
l'écrivant c'était plus clair puis c'était conforme à l'état du droit.
Maintenant, je pense que le tribunal peut,
de la même façon, l'interpréter. La cour, de façon majoritaire, là, s'est
prononcée puis a dit : Ça veut
dire que tu n'as pas le droit d'être un avocat au deuxième alinéa. C'est comme
ça que ça a été interprété. Alors, de le dire, on ne change pas l'état
du droit.
problème soulevé par la députée de Bourassa-Sauvé, qui est tout à fait réel…
Moi, je pense qu'on ne règle rien en
le mettant ou en ne le mettant pas. On ne fait rien pour régler ce problème-là.
Moi, je pense que c'est mieux de le mettre parce que c'est clair, puis les gens vont le lire puis ils vont le
savoir. Il n'y aura pas de cachette, puis ils ne seront pas obligés de
faire des recherches dans la jurisprudence pour le comprendre. Alors, je suis
pour la clarté. Ceci dit, est-ce que le problème, tel que soulevé, ce serait
une réclamation qui ne concerne pas les honoraires?
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
M. Chamberland (Luc) : Alors, si vous permettez, finalement, je reviens
encore à ça. Le droit peut être clair. Il
est encore plus clair libellé comme celui-là, mais on dit toujours : Le
droit, c'est à la lumière des faits. Alors, on ne sait pas quelle sera la décision du tribunal qui est
pris avec un
article où les seuls dirigeants, c'est tous des avocats, il n'y a
personne d'autre. Ils décideront avec la sagesse habituelle.
M. St-Arnaud :
Parce qu'on ne s'en sortira pas, sinon.
Mme de Santis :
Est-ce que je peux poser une autre question?
Le Président (M.
Ferland) : Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis : O.K. Une ville, une municipalité, c'est
considéré quoi? Est-ce que c'est considéré une personne morale, une
société, une association ou un autre groupement sans personnalité juridique?
M. Chamberland
(Luc) : C'est une personne morale de droit public.
Mme de Santis :
C'est ça, une municipalité?
M. Chamberland
(Luc) : C'est ça, oui.
Mme de Santis :
Et les organismes publics sont…
Mme Longtin
(Marie-José) : …généralement des personnes morales.
Mme de Santis :
O.K., parfait.
Le Président (M.
Ferland) : D'autres…
de Santis : Je vais vraiment, maintenant, m'assurer
que les villes respectent la disposition, parce qu'elles ne le font pas,
O.K.?
Ouimet
(Fabre) : Mais, au moins, ça va être dit.
Mme de Santis :
Mais qui va les représenter? C'est ça, le problème.
St-Arnaud : Mais, au moins, comme dit le député de Fabre, au
moins, là, ça va être écrit noir sur blanc. Et il arrivera vraisemblablement des situations
exceptionnelles, comme celle que la députée de Bourassa-Sauvé a mentionnée,
mais, quand on fait… quand on balance entre
les deux, là, au moins, on le dit clairement pour tout le monde, incluant les
villes auxquelles vous faites référence. Puis,
quand arrivera une situation exceptionnelle d'une société de deux, trois
avocats qui fait une réclamation qui n'est pas liée aux honoraires,
bien, le juge aura à dire : Bien là, voilà.
Le Président (M. Ferland) :
Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Merci. Sauf, de la façon que la première phrase, maintenant dans le troisième
alinéa, est rédigée, ça ne semble pas être… Ce n'est pas une exception.
La façon que c'est rédigé, on ne dit pas : Nonobstant ce qu'on dit dans le deuxième
alinéa. On dit simplement qu'un avocat ne peut, à moins qu'il ne s'agisse pour
lui de recouvrir les honoraires… Il me semble que ce n'est pas logique,
la façon que c'est écrit. Ce n'est pas une exception.
Le Président (M. Ferland) :
M. le ministre.
M. St-Arnaud : C'est le droit
actuel.
Mme de Santis :
Mais non, je sais, c'est le droit actuel, mais dans le… Le droit actuel,
c'était la jurisprudence et ça.
Le Président (M. Ferland) :
Me Longtin.
Mme Longtin (Marie-José) : Bien…
Mme de Santis :
C'est 959, troisième alinéa, O.K.? Ça, c'est le droit actuel. C'était écrit
comme ça, mais c'était avec, «you know», des phrases différentes qui
parlaient de la règle générale.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, on va permettre à Me Longtin de donner une réponse.
Longtin (Marie-José) : Sans
trop aller sur le fond du débat, mais je pense que, personnellement, je ferais
confiance aux tribunaux pour trouver la
solution, et, si j'étais juge, je pense que je l'aurais trouvée. Je vais leur
laisser trouver.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, merci, Me Longtin. D'autres questions, commentaires? Madame…
Mme de Santis :
Je vais faire des commentaires plus tard, quand on veut changer «recours
collectif» à «action collective» parce que c'est la bonne façon
d'exprimer le recours. Ici, il me semble que ça ne fonctionne pas, dans la logique, de la façon que les mots suivent un
l'autre, une phrase qui suit une autre phrase. Peut-être que j'ai tort. Je vais
accepter ce que la majorité accepte, mais moi, je trouve que ce n'est pas
logique.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, d'autres commentaires? M. le ministre.
M. St-Arnaud : Non, M. le
Président. Je pense qu'on pourrait le…
Président (M. Ferland) : Ça va aller. Là, je voulais aller… Parce qu'on a fait un grand tour, là.
Est-ce qu'on est toujours à l'amendement? Il n'y a pas de modification,
M. St-Arnaud : …tel quel, M.
le Président.
Le Président (M. Ferland) :
L'amendement tel que proposé, c'est ça?
Président (M. Ferland) : Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 542 est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
Adopté. Est-ce que l'article 542, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
Alors, adopté. M. le ministre, la parole est à vous.
St-Arnaud : Oui, M. le Président, 544. Alors, ça va être plus
simple. L'amendement à 544 se lit comme suit :
L'article 544 du projet de loi est modifié par
l'insertion, au deuxième alinéa et après «association», de «ou un autre
groupement sans personnalité juridique».
Le Président (M. Ferland) :
Merci, M. le ministre.
M. St-Arnaud : C'est dans le
même sens que les autres amendements de tantôt.
Président (M. Ferland) : Questions, commentaires? Alors, s'il
n'y a pas d'intervention, nous allons procéder à la mise aux voix.
Est-ce que l'amendement à l'article 544 est adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Adopté. Est-ce que l'article 544, tel qu'amendé, est
adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Adopté. M. le ministre, la parole est à vous.
M. St-Arnaud :
M. le Président, l'article 554, si je suis bien, sur la convocation des parties
et des témoins. Alors, là aussi, on avait eu une discussion sur les jours, et
je pense que l'amendement reflète nos discussions.
L'article 554 du
projet de loi est modifié :
1° par le
remplacement, au premier alinéa, de «un mois» par «six semaines»;
2° par le
remplacement, au deuxième alinéa, de «15 jours» par «21 jours»; et
3° par
le remplacement, au troisième alinéa, de «15 jours de la réception de la
convocation» par «21 jours de la date fixée pour l'audience».
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. Questions, commentaires sur
l'amendement?
St-Arnaud : Voulez-vous que je le relise, le texte, M. le
Président? Peut-être que ce serait plus simple pour tout le monde.
«Lorsque
le dossier est prêt, le greffier, au moins six semaines — alors, avant, c'était un mois, là on
dit "au moins six
semaines", donc on donne plus de temps — mais pas plus [que] trois mois avant la date
prévue pour l'audience, notifie la convocation à l'audience au demandeur
et aux autres parties qui ont produit leur contestation.
convocation fait mention que chacune des parties peut, sur demande, consulter
les pièces et les documents déposés
au greffe par les autres parties et en obtenir une copie; elle informe les
parties qu'elles sont tenues de produire tout autre document au moins 21
jours — alors
là, on laisse encore une fois plus de temps — avant la date fixée pour
l'audience — au
lieu de 15 jours — mais
seulement s'il ne l'a pas encore été. Elle rappelle également que celui qui
représente le demandeur doit produire son mandat.
convocation rappelle aussi aux parties qu'elles doivent, à l'audience, être
accompagnées de leurs témoins, mais
qu'elles peuvent remplacer leur comparution par une déclaration pour valoir
témoignage, et qu'elles doivent donc, dans
les 21 jours de la date fixée pour l'audience — encore une fois, M. le Président, donc, on
élargit le temps; au lieu de 15 — indiquer au greffier le nom des témoins dont
elles demandent la convocation, la raison de celle-ci et l'objet de leur
témoignage et, le cas échéant…»
Alors, on élargit
partout les différents délais pour laisser plus de temps, M. le Président, aux
parties.
Président (M. Ferland) : Merci, M. le ministre. Questions,
commentaires sur l'amendement? Alors, s'il n'y a pas d'intervention,
nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article
554 est adopté?
Le Président (M.
Ferland) : Adopté. Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Je remarquais les...
Le Président (M.
Ferland) : Sur l'amendement ou sur l'article?
Mme de Santis :
Non, c'est sur l'article.
Le Président (M.
Ferland) :
L'article. O.K., allez-y.
de Santis : Je remarquais que le Barreau ou un
autre intervenant, quand je regardais ça aujourd'hui, disait qu'on a choisi de faire référence au délai en
faisant référence aux jours ou aux semaines. Ici, on parle de trois mois, au
premier alinéa. Est-ce qu'on devrait dire 180 jours ou est-ce que ça va de
parler de mois?
M. Chamberland
(Luc) : Si vous vous rappelez, pour simplifier les choses, dans les
articles au début, pour computer les délais,
on a dit qu'en termes de mois on calculait ça en termes de quantièmes. Ça fait
que ça ne se calcule pas de la même
façon, ça se calcule plus simple. Le 30 mai... au 30 juin, plutôt que de
commencer à les calculer un après l'autre.
180 jours, c'était compliqué, Mme la députée, parce qu'il fallait les compter
avec des machines ou, en tout cas, des
systèmes, alors que là, quand on y va par mois, c'est plus simple. C'est pour
ça qu'on dit que c'est le quantième, c'est le même jour. On a...
Mme Longtin
(Marie-José) : C'est l'article 83 qui règle...
M. Chamberland (Luc) : C'est ça.
Voilà.
Président (M. Ferland) : D'autres questions, commentaires?
Alors, s'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder à la
mise aux voix. Est-ce que l'amendement à l'article 554 est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
Adopté. Est-ce que l'article 554, tel qu'amendé, est adopté?
Président (M. Ferland) : On avait déjà adopté l'amendement,
oui. On l'a fait deux fois. Mais là c'est certain qu'il est adopté. Et
voilà, il est très adopté. Alors, M. le ministre.
St-Arnaud : M. le Président, ensuite, ça nous amène à 555, et je pense que c'est au même effet. L'amendement que je déposerais à 555 serait
le suivant :
L'article 555 du projet de loi est modifié par le
remplacement de «15 jours de la notification de la convocation» par «21
jours de la date fixée pour l'audience». Alors, c'est de concordance avec ce
qu'on vient d'adopter.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, merci, M. le ministre. Questions, commentaires?
Le Président (M. Ferland) :
Alors, est-ce que l'amendement à l'article 555 est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
Adopté. Est-ce que l'article 555, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
Adopté. Alors, M. le ministre, la parole est à vous.
St-Arnaud : Oui, M. le Président. Donc, ça nous amène à 566, et
je comprends que c'est suite à une discussion qu'on a eue avec la
députée de Bourassa-Sauvé que nous proposerions l'amendement suivant :
L'article
566 du projet de loi est modifié par la suppression, au quatrième alinéa de «,
s'il est une personne physique».
Le Président (M. Ferland) :
Des questions, commentaires à l'amendement? M. le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) :
Vous pouvez juste nous remettre dans le...
M. Chamberland (Luc) : C'est pour
les aider dans l'accès à la Cour des petites créances par le greffier. Les dispositions actuelles puis le projet de loi,
c'était juste aux personnes physiques. Et, suite aux interventions de la
députée de Bourassa-Sauvé... elle dit : Pourquoi on n'aidera pas
aussi les petites PME dans ce cas-là? Alors, c'est pour ça.
Président (M. Ferland) : Alors, s'il n'y a pas d'autre
intervention, nous allons procéder à la mise aux voix. Est-ce que
l'amendement à l'article 566 est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
Adopté. Est-ce que l'article 566, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
Adopté. M. le ministre.
St-Arnaud : Et un dernier amendement, M. le Président, qui
découle de nos conversations de l'an dernier, à l'article 568 :
L'article 568
du projet de loi est modifié par l'insertion, à la fin de la première phrase et
après «depuis le jugement», de «, ce dernier délai étant de rigueur».
Le Président (M. Ferland) :
Merci, M. le ministre. Questions, commentaires?
M. St-Arnaud : Je ne me
rappelle pas pourquoi...
Le Président (M. Ferland) :
Ah! Alors là, on a...
M. St-Arnaud :
Est-ce que quelqu'un s'en rappelle?
Le Président (M. Ferland) :
Ça serait peut-être bon. 2013 est tellement loin de nous que...
St-Arnaud : C'était l'année passée, M. le Président... Ce qui
me rassure, c'est quand je me retourne vers la droite, M. le Président,
et que je sens le point d'interrogation dans la figure de tous les gens.
Le Président (M. Ferland) :
...totalement rassuré quand vous tournez à votre droite.
M. St-Arnaud : Alors là, ça
me rassure un peu sur mon propre état.
Président (M. Ferland) : Est-ce que c'est Me Chamberland ou Me Longtin?
Me Longtin qui va rassurer le ministre, mais tout le monde en même
temps, hein?
Longtin (Marie-José) :
Alors, M. le Président, c'est tout simplement une clarification, parce que...
qu'on soit certains que... Quand on
regarde la rétractation par les règles générales, ce sont des délais de
rigueur, et ici on souhaitait aussi
que ce soit bien clair, pour les personnes qui font affaire aux Petites
Créances et qui ne regardent généralement que le
chapitre des Petites
Créances, que c'est un délai de rigueur.
Le Président (M. Ferland) :
Merci, Me Longtin. M. le député de Fabre.
Ouimet
(Fabre) : Oui. Je veux juste m'assurer que... Je pense avoir eu
des échanges sur cette question-là, pas sur l'amendement comme tel...
Donc, ce n'est pas sur l'amendement, c'est sur l'article.
Président (M. Ferland) : Ce n'est pas sur l'amendement. Alors,
s'il n'y a pas d'autre intervention, est-ce que l'amendement à l'article
568 est adopté?
Président (M. Ferland) : Adopté. Est-ce que l'article 568, tel
qu'amendé... Là, il y a une erreur. O.K. Oui, M. le député de Fabre.
C'est sur l'amendement, c'est ça?
Ouimet (Fabre) :
Pas sur l'amendement, sur l'article...
Le Président (M. Ferland) :
Ah! Sur l'article, excusez, oui.
Ouimet
(Fabre) : Si vous me permettez, là, juste... Oui, c'est ça. On
a porté à mon attention que, par exemple, à la Régie du logement, le délai pour demander la rétractation n'est que
de 10 jours. Et mon informateur me questionnait…
M. St-Arnaud : Vous avez
travaillé pendant le temps des fêtes?
Ouimet
(Fabre) : Non, c'était avant le temps des fêtes. J'ai failli
l'oublier. Mais je soulignais que c'était un long délai, 30 jours, pour permettre la rétractation. Et donc je me fais
le porte-parole de ceux qui partagent ce point de vue, tout en soulignant, justement, qu'au niveau
de la Régie du logement, là, on fait un choix où le délai est relativement
plus court, c'est-à-dire 10 jours.
Alors, est-ce qu'il y a une raison pour laquelle
ça doit être un délai aussi long, le 30 jours de...
Le Président (M. Ferland) :
M. le ministre.
M. St-Arnaud : Bonne
question, M. le Président. Est-ce que...
Le Président (M. Ferland) :
Ou quelqu'un à votre droite.
M. St-Arnaud : Oui, je vais
demander aux experts de...
Le Président (M. Ferland) :
Me Longtin.
Mme Longtin (Marie-José) : C'était
sans doute pour harmoniser les délais, là, éviter d'avoir des délais trop
distincts d'un endroit à un autre...
M. St-Arnaud : Me Chamberland
aurait peut-être une explication, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) :
Allez-y, Me Chamberland.
Chamberland (Luc) : C'est
sûr que, dans l'état actuel du droit, c'est 15 jours. Mais 15 jours, pour un
citoyen qui n'est pas avocat puis qui ne sait pas que les délais c'est
bien vite, là... Je comprends que c'est l'état depuis très longtemps, mais me semble-t-il qu'un citoyen qui
reçoit une... qui apprend quelque chose qui l'affecte, il ne se lance pas
tout de suite, tout de suite chez un avocat, là. On n'est pas comme dans un
appel, 30 jours, avec des gens représentés. Me semble-t-il que je trouvais que ça… En tout cas, les autorités
trouvaient que c'était quand même une petite aide plus… Oui, puis ce n'est
pas beaucoup plus long, c'est 15 jours, mais 15 jours, c'est court.
St-Arnaud : Parce que
là on est dans la rétractation de jugement, où on veut donner la possibilité… Si on veut donner…
Le Président (M. Ferland) : M.
le député de Fabre.
Ouimet
(Fabre) : Je comprends. Je voulais juste être certain de
bien comprendre les situations auxquelles s'adresse cet article-là,
comme l'autre, l'article qui était le… l'article 347, là, où on a mis 30 jours
aussi.
Alors, je
comprends qu'effectivement, pour le citoyen qui apprend qu'il y a eu un
jugement et là il doit agir et veut
invoquer un motif pour la rétractation, de lui donner le temps de consulter un
avocat, de… ce qui ne veut pas dire qu'il ne se manifestera pas au
créancier dès le départ. Il peut dire : Wo! Une minute, là, parce que, là,
on est dans un contexte d'exécution, là, je
comprends. On est rendus là. Donc, je pense qu'il faut faire attention de ne
pas voir le fait que c'est un délai
de 30 jours qui paralyse la justice de façon indue, là. Effectivement, passer
de 15 à 30 jours, je ne suis pas certain que… Si ma collègue de
Bourassa-Sauvé me rassure, je vais être heureux.
Le Président (M. Ferland) :
Avant de passer, est-ce que le ministre avait bien…
M. St-Arnaud : Non, M. le
Président, ça va.
Le Président (M. Ferland) :
Ça va. Alors, la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Je ne crois pas que 15 ou 30 jours et/ou, ça fait une différence. C'est les six
mois parce que l'incertitude peut exister pendant six mois, O.K., alors qu'ils
ont 15 jours, 30 jours à partir du moment qu'ils ont connaissance du jugement,
ça ne change rien.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, votre collègue vous a…
Ouimet (Fabre) :
Elle m'a rassuré.
Le Président (M. Ferland) :
Et voilà. Alors, M. le ministre, tout est dit.
M. St-Arnaud : Alors, M. le
Président, je n'aurai pas besoin de dire un mot.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, sur ce, est-ce que l'article 568, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M. Ferland) :
Adopté. M. le ministre, là, on s'en vient à 571, je crois, hein?
Le Président (M. Ferland) :
On s'en vient en 2014.
M. St-Arnaud : On a adopté
570 articles, M. le Président.
Président (M. Ferland) : C'est incroyable! C'est incroyable!
J'ai presque le goût de suspendre, M. le ministre.
St-Arnaud : Je ne sais pas si on va se rendre au bout, mais, en
tout cas, on ne pourra pas dire qu'on n'a pas essayé.
Le Président (M. Ferland) :
Allez-y.
M. St-Arnaud : Alors, M. le
Président, on était rendu au
titre III du livre VI. Vous vous rappelez
qu'il y a huit livres. Alors, le
titre III
du livre VI s'intitule «Les règles particulières à l'action collective», et le
chapitre I, «Dispositions introductives».
L'article 571 se lit comme
suit :
«L'action
collective est le moyen de procédure qui permet à une personne d'agir en
demande, sans mandat, pour le compte de tous les membres d'un groupe
dont elle fait
partie et de le représenter.
«Une personne
morale de droit privé, une société ou une association peut, même sans être
membre d'un groupe, demander à représenter celui-ci si l'administrateur,
l'associé ou le membre qu'elle désigne est membre du groupe pour le compte duquel elle entend exercer une
action collective et si l'intérêt de la personne ainsi désignée est lié aux
objets pour lesquels elle a été constituée.»
Alors,
M. le Président, cet
article 571 m'amène un certain nombre de commentaires qui
sont les suivants : Cet
article
reprend essentiellement les règles du droit actuel. Il précise la notion
d'action collective, mais modifie la notion de membre d'un groupe en supprimant les conditions selon lesquelles les
personnes morales de droit privé, les sociétés et les associations devraient compter au plus 50 employés
liés à elle par contrat de travail au cours de la période de 12 mois précédant la demande d'autorisation d'exercer une
action collective et qu'elles ne devaient pas être liées aux représentants
du groupe.
ailleurs, les exigences concernant l'octroi du statut de représentant de la
personne morale de droit privé à la société
ou à l'association demeure. Le membre désigné doit être membre du groupe pour
lequel l'action collective est exercée,
et l'intérêt de la personne désignée doit être lié aux objets pour lesquels la
personne morale de droit privé, la société ou l'association a été
formée.
M. le Président, vous aurez noté que le projet de loi et le présent
titre plus
particulièrement utilisent l'expression «action collective» plutôt que «recours collectif». Alors, c'est un
nouveau vocabulaire auquel il faudra vraisemblablement s'adapter, M. le Président, si l'amendement et les
articles sont adoptés. Donc, ce nouveau libellé d'action collective est adopté en accord et retenu en accord avec les
études et recommandations du comité linguistique du ministère de la Justice.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, il y a un amendement, je crois.
M. St-Arnaud :
Oui, M. le Président. Je peux peut-être le déposer, l'amendement, parce qu'en
fait c'est un amendement qui est semblable à ceux que nous avons adoptés en
bloc plus tôt. Donc, l'amendement est le suivant :
L'article
571 du projet de loi est modifié par l'insertion, au deuxième alinéa et après
«association», de «ou un autre groupement sans personnalité juridique».
Voilà, M. le Président.
Président (M. Ferland) : Alors, merci, M. le ministre.
Questions? Mme la députée de Bourassa-Sauvé, sur l'amendement, bien sûr.
Mme de Santis :
O.K. D'abord…
Ouimet
(Fabre) : Sur l'amendement?
Le Président (M.
Ferland) : Oui.
Mme de Santis :
Oh! Sur l'amendement.
Le Président (M.
Ferland) : Sur l'amendement, oui.
Mme de Santis :
Oh! Je m'excuse.
M. St-Arnaud :
Ah! Non, l'amendement, je pense qu'il n'y a pas de problème.
Mme de Santis :
Non, non, non. Sur l'amendement, on adopte...
Président (M. Ferland) : On est sur… O.K. Donc, s'il n'y a pas
d'intervention, est-ce que l'amendement à l'article 571 est adopté?
Président (M. Ferland) : Adopté. Alors, on revient à l'article
571 tel qu'amendé. Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis : O.K. D'abord, tout le monde se pose la
question, l'Association du Jeune Barreau, le Fonds d'aide aux recours, le Barreau du Québec : Pourquoi
on a changé l'expression «recours collectif» à «action collective»? Et on
nous dit, c'est parce qu'il y a eu une
recommandation. Est-ce qu'on pourrait avoir une copie de cette recommandation?
J'aimerais savoir pourquoi on nous
recommande de changer quelque chose que tout le monde trouve tout à fait
convenable.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre ou…
M. St-Arnaud :
Me Longtin, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Me Longtin a la réponse. Allez.
Longtin (Marie-José) : Oui.
Alors, évidemment, c'est l'habitude de parler de recours collectif, et donc
on s'attache à la chose. Mais, d'après Le
grand dictionnaire terminologique de l'Office de la langue française, c'est
un terme qui est déconseillé. On nous dit : C'est un terme impropre, qui
doit être évité, «le terme "recours" ne convenant que pour désigner, premièrement,
le droit de contester une décision juridictionnelle ou administrative ou,
deuxièmement, un type particulier
d'action permettant au débiteur d'une obligation de se retourner vers un tiers
pour lui en faire supporter la charge en tout ou en partie».
Le Président (M.
Ferland) : Merci pour l'explication.
Mme Longtin (Marie-José) : Alors, nous avons, dans la rédaction, tenté de
suivre les bons conseils de l'office.
Président (M. Ferland) : Alors, est-ce qu'il y a d'autres
commentaires sur l'article amendé? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
de Santis : J'ai une autre question. O.K. Si on
regarde la façon que… les dispositions à l'article 999 du code actuel… Si on les regarde, on voit qu'on parle de
membre et qu'on dit qu'un recours collectif, c'est «le moyen de procédure
qui permet à un membre d'agir en demande,
sans mandat». O.K.? Et «membre» est défini pour être plus qu'une personne,
ça inclut société, association, etc.
Si je regarde le
premier alinéa de 571 tel que proposé, on dit ici que «l'action collective
est le moyen de procédure qui permet à une
personne d'agir en demande». Ensuite, quand on regarde le deuxième alinéa, on
dit qui peut être membre d'une action collective. Pour moi, le premier
alinéa n'est pas rédigé correctement parce que ça parle simplement d'une personne qui peut agir en demande sans mandat. La façon
qu'on le retrouve présentement dans le Code de procédure civile est tout à fait correcte parce qu'on parle de
«membre», qui est beaucoup plus large. Mais on a réduit ça au premier
alinéa, et je trouve que maintenant nous avons créé un problème.
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre, est-ce qu'on a créé un problème?
M. St-Arnaud :
Bien, je demanderais peut-être s'il n'y a pas… Me Longtin, pouvez-vous…
Le Président (M.
Ferland) : Me Longtin.
Mme Longtin (Marie-José) : Est-ce que je comprends… Dois-je comprendre que
vous le liez surtout au fait parce qu'on parle de société, association,
groupement sans personnalité juridique?
de Santis : Je vois que la règle générale, c'est au
premier alinéa. Ça décrit c'est quoi, une action collective. C'est un moyen de procédure qui permet à qui? À
une personne d'agir en demande pour le compte de tous les membres, O.K.? Mais pourquoi c'est une personne? Une
personne n'est pas inclusive de toutes les entités qui peuvent agir en demande.
Le Président (M.
Ferland) : Me Longtin.
de Santis : Parce que présentement, à 999, le
recours collectif, c'est un moyen de procédure qui permet à un membre
d'agir en demande, et «membre» est plus inclusif, c'est plus qu'une personne.
St-Arnaud : Mais la définition de «personne» — je pose la question, là, candidement — au premier alinéa n'englobe-t-elle
pas tout type de personne?
de Santis : Oui, mais ce n'est pas une société, ou
une association, ou un membre d'un groupe, ou un autre groupement sans personnalité juridique. Une
personne, ça inclut un individu ou une personne morale, ça n'inclut pas les
autres regroupements.
St-Arnaud : Ce que vous dites, c'est : Les autres
regroupements ne sont pas dans la personne, au premier alinéa.
Mme de Santis :
Exact. Présentement, on trouve que la définition de «recours collectif» est
correcte.
St-Arnaud : Mais ce
que vous dites, c'est : Au premier alinéa, on devrait dire «qui permet à
une personne, une société, une association», etc. C'est ça que vous
dites?
Mme de Santis :
Ou «permet à un membre» et définir c'est qui, un membre. Je trouve que la façon
que c'est présenté, il y a un petit problème.
St-Arnaud : Mais est-ce que,
quand... Mais, si on disait plus clairement... Si on s'attardait plus à la définition de «personne» au premier alinéa en l'élargissant,
si vous nous dites que ça ne comprend pas tout le monde... parce que, moi, ce qui me fatigue avec «le membre» en le mettant... C'est que,
là, on commence, là, c'est le premier
article de tout... Un membre de quoi, là? C'est-u un membre du club
de l'âge d'or, là, tu sais? «Membre», c'est un terme qui est un peu
flou, alors que, là, on commence en disant :
«L'action collective est le moyen de procédure — c'est
un peu ça, là — qui
permet à une personne — là,
on pourrait peut-être le compléter — d'agir en demande, sans mandat, pour le
compte de tous les membres d'un groupe dont elle fait
partie et de le
représenter.»
de Santis : Ça me va. Je trouve que ça, c'est
correct.
St-Arnaud : Parce que ce que vous nous dites, c'est qu'on en
échappe une
partie avec le mot «personne», parce que...
Mme de Santis :
Exact.
St-Arnaud : J'hésite à mettre le mot «membre», là, parce que
«membre», là... Alors, est-ce qu'on pourrait le... Donc, votre idée, ça
serait de dire qu'il permet à une personne, une société...
de Santis : ...une association ou un autre
groupement sans personnalité juridique d'agir en demande sans mandat.
St-Arnaud : D'agir en demande, sans mandat, pour le compte de
tous les membres d'un groupe dont elle fait
partie et de le représenter. «Une personne morale [...] peut, même sans
être membre d'un groupe, demander à représenter celui-ci...» O.K. Est-ce
que ça...
Mme Longtin (Marie-José) : Je serais quand même portée à dire «personne
physique ou morale» dans ce cas-ci, parce
qu'on veut... Normalement, c'est des personnes physiques qui sont les
représentants, et, exceptionnellement, on a accepté de donner la possibilité aux personnes morales, etc., d'agir
dans la mesure où elles avaient un membre dans leur... qui était membre
du groupe, là, dans leur association.
St-Arnaud : Ce que vous nous dites, Me Longtin, c'est que
la personne du premier alinéa, dans votre esprit, c'est une personne
physique, point. C'est ça?
Mme Longtin
(Marie-José) : Bien, c'est-à-dire que...
M. St-Arnaud :
Et c'est pour ça que...
Mme Longtin (Marie-José) : On peut bien ouvrir le terme «personne» pour
englober «société, association ou autre groupement», mais je pense qu'à
ce moment-là j'aimerais voir le mot «personne physique» parce que ce sont généralement des personnes physiques qui sont
représentantes, et c'était dans l'esprit de l'action collective ou du recours
collectif de l'époque de donner aux personnes physiques le statut de
représentant.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, M. le... Oui, Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
de Santis : Il y a deux éléments dans le premier
alinéa, c'est de qui fait
partie du groupe... pardon, de qui peut agir en demande et ensuite qui peut
représenter. Quand on regarde la loi actuelle, on dit qu'un membre peut agir en
demande, et un membre, ça inclut personne,
association, etc. Vous, vous dites : Le... Et l'autre élément du premier
alinéa, c'est : Qui représente
ce groupe? C'est une personne qui représente le groupe automatiquement si c'est
une personne qui fait la demande.
au deuxième alinéa, on peut demander à représenter un groupe si… «you know»,
aux conditions qu'on retrouve au
deuxième alinéa. Donc, il faut prendre le premier alinéa et le diviser en deux
parce qu'une demande peut être faite par une personne, une association
ou un groupement.
Le Président (M.
Ferland) : Me Longtin.
Mme Longtin (Marie-José) : En même temps, ces personnes morales ne sont pas
membres d'un groupe. Tu sais, c'est vraiment une voie d'exception, parce
que, bon, il y a des associations qui se forment et qui, disons, sont aptes à représenter ou à agir pour le groupe. Mais, comme
telles, en tant qu'association de personnes morales, elles ne sont pas
membres du groupe nécessairement.
M. Chamberland
(Luc) : Je vois votre point d'interrogation. Il y a une nuance importante,
là. C'est que la compagnie, si on veut,
l'OSBL, l'organisme à but non lucratif en général, là, comme les Option
Consommateurs, tout ça, eux ne sont
pas nécessairement membres parce qu'ils n'ont pas fait l'objet de la malfaçon,
mais il faut qu'un de leurs membres le soit pour qu'il puisse
représenter... C'est pour ça que Me Longtin vous dit : Techniquement,
si on prend l'exemple d'Option Consommateurs, l'entité juridique n'est pas
membre comme tel. Mais on le...
de Santis : Mais, si on regarde les commentaires
que vous avez là : «Cet
article reprend essentiellement les règles
du droit actuel. Il précise la notion d'action collective, mais modifie la
notion de membre d'un groupe en supprimant
les conditions selon lesquelles les personnes morales de droit privé, les
sociétés et les associations doivent compter au plus 50 employés liés à
elles par contrat», etc., pour être liées...
Chamberland (Luc) : C'est
ça. On change juste le fait que… le nombre d'employés, là. C'est ça qu'on
change, là, et le reste ne change pas.
Président (M. Ferland) : Mme la députée.
de Santis :
Mais, quand je regarde «recours collectif», on dit que… «membre» inclut tout…
Regarde 999c, la définition de membre, ça inclut plus qu'une personne.
Mme Longtin
(Marie-José) : Il peut être membre. Mais le deuxième alinéa de 571 ne
vise pas à les qualifier comme tels de
membres, mais à leur permettre de se présenter devant un tribunal pour demander l'autorisation d'agir en tant que représentant.
M. Chamberland (Luc) : Pour vous… Excusez-moi.
Pour vous éclairer, là, quand vous
regardez «membre», personne physique,
ça, ça va, puis personne morale, il ne faut pas arrêter là. Il faut aller à
1048, qui réfère à 999 et qui précise
les modalités de cette entreprise-là, hein, de cette personne morale là, que
les objets doivent être liés, qu'il faut qu'il y ait une des personnes d'Option Consommateurs qui soit membre.
C'est ça que ça veut dire, là. C'est pour… Il faut le regarder avec 1048, là. Vous voyez, on réfère à
999. Ça fait que c'est comme si, 1048, pour ce qui est des personnes
morales de droit privé, on le lisait avec 999.
Mme de Santis :
Mais 1048 parle de demander le statut de représentant.
M. Chamberland
(Luc) : C'est ça. Regardez, les conditions sont là. C'est les mêmes
conditions.
Mme Longtin
(Marie-José) : C'est la correspondance du deuxième alinéa de 571.
de Santis : Oui, mais ça, c'est qui va agir en tant
que représentant. La personne morale, une société ou une
association peut être membre sans avoir le statut de représentant.
Mme Longtin
(Marie-José) : Oui.
de Santis : Mais, quand je regarde 571, la façon
que c'est rédigé, je vois que c'est seulement une personne qui peut agir
en demande. Moi, je suis confuse.
Mme Longtin
(Marie-José) : Je ne vois pas que le tribunal va nommer un
représentant sans personnalité.
Mme de Santis :
Mais je ne parle pas de représentant, je parle de qui peut agir en…
Mme Longtin (Marie-José) : Oui, parce que c'est la personne qui agit en
demande sans mandat pour le compte des
autres… dont elle fait
partie et de les représenter. Donc, c'est elle qui va
devoir répondre aux critères des différents articles pour autoriser : Est-ce que, bon, cette personne-là est
apte… des articles de 575 entre autres, et le membre auquel il entend attribuer le statut est en mesure
d'assurer une représentation adéquate. Donc, ce n'est pas un groupement, là,
ça va être vraiment une personne.
M. St-Arnaud :
J'aurais peut-être une question, là, juste pour qu'on se comprenne bien, là.
Le Président (M.
Ferland) : Allez-y, M. le ministre, oui.
St-Arnaud : M. le Président, il y a agir en demande puis il y a
représenter, hein? C'est ça? Agir en demande, il faut que ce soit une
personne physique. Est-ce que c'est ça?
Mme Longtin
(Marie-José) : Pas nécessairement, mais…
M. St-Arnaud :
Ou une personne morale.
Mme Longtin
(Marie-José) : Mais une personne.
M. St-Arnaud :
Une personne. O.K. Alors, la définition au début est donc bonne. «L'action
collective est le moyen de procédure qui
permet à une personne d'agir en demande — "personne" étant personne physique
ou personne morale — sans mandat, pour le compte de tous les membres
d'un groupe dont elle fait
partie — bon, jusque-là, ça va, et là on arrive à la
deuxième
partie — et de le
représenter.» Donc, la personne physique, la personne morale… Ça veut dire
quoi, «représenter»?
Mme Longtin (Marie-José) : C'est qu'elle va être… Elle veut demander le
statut de représentant, donc c'est elle qui, tout le long du déroulement d'un recours, d'une action collective,
va être au feu, là, sur la ligne de feu, pour prendre des décisions et
les justifier.
M. St-Arnaud :
Alors, prenons un exemple, là : il y a un citoyen qui a un problème de
ticket de métro, de billet de métro. Alors,
c'est le citoyen, la personne physique qui agit en demande au nom de tous les
utilisateurs. Et il est… et il peut représenter…
Mme Longtin
(Marie-José) : C'est-à-dire, il va demander le statut de représenter.
M. St-Arnaud : …d'un
groupement dont elle fait
partie et de…
Mme Longtin (Marie-José) : Il faut
qu'il soit autorisé.
St-Arnaud : Maintenant, quand on dit, dans le deuxième… Alors,
il peut agir en demande et il peut représenter. Quand on arrive au deuxième alinéa : «Une personne morale de droit
privé, une société ou une association peut, même sans être membre d'un groupe, demander à représenter celui-ci si
l'administrateur, l'associé ou le membre qu'elle désigne est membre du
groupe pour le compte duquel elle entend exercer une action collective…»
Mme Longtin (Marie-José) : Alors, si
M. St-Arnaud : Oui, prenez
l'exemple.
Mme Longtin (Marie-José) : …continue
dans votre exemple, alors, disons qu'il s'est créé l'association des utilisateurs du métro de Montréal et qu'ils
veulent vraiment exercer une action collective. Alors, à ce moment-là, ils vont
demander à un administrateur associé ou membre parmi leur association d'agir
comme représentant.
Chamberland (Luc) : C'est parce que,
finalement, dans nos règles de droit,
sauf les avocats qui représentent d'autres
personnes, un citoyen ne peut pas représenter plein d'autres personnes, là, il
peut juste se représenter lui-même. Et
là, exceptionnellement, on prévoit une procédure qui fait que, suite à des
conditions qui sont remplies, il sera autorisé par la cour de
représenter tous les membres qui sont dans une situation analogue à lui.
Le deuxième
alinéa, c'est un peu pour encourager l'essor des recours collectifs. C'est pour
des associations comme l'association
des gens qui ont eu de la misère avec leur ticket de métro. Puis le pauvre
citoyen qui est débordé puis trouve que
c'est beaucoup de temps, etc., bien, exceptionnellement, on lui permet, si
c'est relié, évidemment, au recours collectif — ce
n'est pas des organismes professionnels des recours collectifs, là — de
diriger un organisme, d'être représentant si un de leurs membres a fait l'objet
d'un ticket...
Le Président (M. Ferland) : M.
le ministre, oui.
M. St-Arnaud : O.K. Moi, ça
m'apparaît... Bien, ça m'apparaît clair.
Mme de Santis :
Sauf que...
Le Président (M. Ferland) : Mme
la députée.
M. St-Arnaud : Où est le
problème?
Mme de Santis :
Mon problème, c'est le suivant : Quand je regarde la loi actuelle, vous me
dites une chose, je lis autre chose. Je lis la définition de membre, O.K.?
C'est complet. Je lis la définition d'un recours collectif : «le moyen
de procédure qui permet à [un membre] d'agir
en demande, sans mandat, pour le compte de tous les membres», O.K.?
C'est là où je vois que ça ne dit pas la même chose.
M. St-Arnaud : Mais là ce que
je comprends, c'est que... Allez-y, Me Chamberland, si vous...
Chamberland (Luc) : Je vous
resouligne à nouveau qu'il n'est pas complet, 999c, dans le code actuel, Mme la députée, parce
qu'il faut le lire avec 1048, qui
réfère expressément à 999. Donc, c'est comme si on le lisait — même
s'ils sont séparés — ensemble.
Et là, à 999, c'est exactement le deuxième
alinéa qu'on reprend dans des termes différents, dans des structures
différentes, mais la logique, elle est la même.
Et la plupart
des intervenants… bien, c'est-à-dire la totalité des intervenants n'ont pas vu, ni le
Barreau ni le fonds d'aide, un problème, à part sur la question du nom
du recours collectif.
Le Président (M. Ferland) : Mme
la députée.
Mme de Santis : Sauf que 1048 parle de la demande du statut de représentant. Et j'avais compris qu'il y a... agir en demande et, ensuite, il y a le représentant.
Chamberland (Luc) : Puis le représentant, c'est assez exceptionnel, là. Vous comprenez qu'on est un... on
peut avoir des représentants qui sont des gens qui sont... qui ont fait l'objet, là, comment dire,
de la fraude ou de l'acte illégal.
Là, exceptionnellement, pour les aider, on prend un organisme qui n'a pas fait l'objet
de... qui ne prend pas de ticket là,
hein, mais que ses fonctions, ses objectifs sont reliés au recours collectif, là. C'est
comme ça qu'il faut le voir, là, c'est
pour les aider. Le citoyen peut décider de continuer, il est bien organisé,
il est habitué puis il y va. Puis il
y a une grande
partie des
recours qui sont faits comme ça, mais on voit de plus en plus des... Option
Consommateurs, des associations de transport collectif prendre des recours
collectifs. Alors, c'est pour les aider, mais on ne veut pas l'élargir
au point que ce n'est même pas relié aux objets, puis c'est l'association qui
prend le
titre de représentant.
Président (M. Ferland) : Merci, Me Chamberland. D'autres questions, commentaires? Mme la députée, oui, allez-y, oui.
Mme de Santis :
Un instant, s'il vous plaît.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, est-ce qu'il y a un commentaire, question? Allez-y, oui.
Mme de Santis : Maintenant, pour moi, encore, agir en demande, c'est une
chose, et représenter, c'est une
autre. À 575, que vous proposez, vous dites que le tribunal autorise
l'exercice de l'action collective et attribue le statut de représentant aux membres qu'il désigne, O.K.?
Alors, ça, ça vient après qu'une demande soit faite. Ce n'est pas... Je vois
deux étapes : je vois l'étape d'agir en
demande et ensuite qu'un représentant soit désigné. Et moi, quand je lis le
texte actuel, je vois que n'importe
quel groupement peut faire cette
demande et ensuite le juge décide qui peut être le représentant.
Chamberland (Luc) : C'est ça.
Il y a des conditions, comme vous le dites. Ça peut être ou la personne
physique ou la personne morale, avec
les conditions qui sont là, mais ce qui est certain, pour avoir le droit de
représenter ces gens-là sans mandat,
c'est l'autorisation du recours collectif, la première étape qui va… Puis là le
juge, dans les conditions, vous avez
raison, il va le désigner, le représentant. Ça va-tu être la personne physique? Ça va-tu être la
personne morale qui est prévue à 571, alinéa deux? Le juge en
décidera.
Mme de Santis :
Mais c'est pour cette raison-là que je trouve que le premier alinéa n'est pas
correct, quand ça permet seulement à une personne d'agir en demande.
M. Chamberland (Luc) : Regardez
bien, là, on dit : «...et de le représenter.»
Mme de Santis :
Oui, mais c'est pour ça que je dis qu'il faut scinder ça. Il y a deux choses,
deux éléments dans ce premier
alinéa : il y a le fait qu'on agit en demande et ensuite qu'il y a la
représentation. Je crois qu'on doit dire que n'importe quel groupement peut agir en demande. Et ensuite il y a une
autre phrase qui dit que c'est une personne qui le… Mais même de le
représenter, ce n'est pas nécessaire de le dire là, on peut le dire autrement,
parce qu'à 575 n'importe quel membre peut être choisi par un juge pour être le
représentant. Ce n'est pas nécessaire de le dire là.
Chamberland (Luc) : Écoutez,
en tout respect, me semble-t-il que cet article-là coiffait la réalité,
quasiment récurrente, la plus… Celle
qui est la plus fréquente, c'est deux choses : agir sans mandat pour
quelqu'un puis le représenter. Puis
habituellement, quand c'est une personne physique, c'est les deux, puis ça va
bien. C'est pour ça qu'on a mis l'exception pour le deuxième alinéa.
Mme de Santis :
Mais un groupement… D'après vous, est-ce qu'un groupement peut faire une
demande?
M. Chamberland (Luc) : Absolument,
s'il répond aux conditions qui sont là.
Mme de Santis :
Parce que vous avez dit que seulement une personne peut agir en demande. Vous
ne dites nulle part qu'un groupement peut agir en demande.
M. Chamberland (Luc) : Bien, s'il
dit… Le deuxième alinéa explique qu'il peut agir comme représentant, hein — représentant, c'est qu'il représente tout le
monde, les personnes physiques comme toutes les autres qui sont visées par le recours collectif — s'il répond à ces conditions-là, si l'objet
est relié puis un de ses membres, de cette association, a fait l'objet
du recours collectif.
Mme de Santis :
Mais on est d'accord que faire une demande et être représentant, c'est deux
choses distinctes. Et faire une demande, nulle part… Ici, on dit que
seulement une personne peut faire une demande; on ne dit pas qu'un groupement
peut faire une demande.
Le Président (M. Ferland) :
Me Longtin.
Longtin (Marie-José) : Je
pense qu'on ne peut pas distinguer… ne pas lier représentation et demande parce
que c'est l'essence même de l'action
collective, que la personne demande d'agir et de représenter un groupe. Le
deuxième alinéa vient ouvrir la porte
à ce qu'effectivement les personnes morales de droit privé et les groupements
puissent, même s'ils ne sont pas
membres, demander à représenter le groupe. Donc là, évidemment… À moins de dire
«demander à agir et à représenter le groupe», là, mais, je veux dire,
c'est…
Mme de Santis :
Mais non, il ne faut pas qu'il demande de… Il ne faut pas demander pour agir en
demande, il faut que ce droit d'agir en
demande existe pour tous les groupements. Après, qui peut être le représentant?
C'est autre chose. Je ne sais pas qu'est-ce que mon collègue pense, mais
moi, j'ai un peu de difficulté à suivre…
Le Président (M. Ferland) :
Alors, est-ce qu'il y a… M. le député de Fabre, vous avez un commentaire?
Ouimet
(Fabre) : Oui, M. le Président. Bien, ma collègue m'interpelle,
avec raison, parce que… J'écoute ses
propos, et je relisais aussi l'avant-projet de loi, puis je note qu'il y a des
différences dans la rédaction. Donc, j'aurais aimé ça qu'on… Parce que je suis loin d'être un spécialiste, là, de
l'action collective ou de leur recours, peu importe, mais toute cette idée de demande, représentation et…
Dans l'avant-projet de loi, entre autres, je vois qu'à l'article 573, qui
était l'équivalent de
l'article 571, au premier alinéa, on ne parlait pas de la notion de
«représenter», on parlait tout simplement, là, d'agir en demande. Alors, il y a eu des changements entre la rédaction
de l'avant-projet de loi et le projet de loi, puis il y a peut-être des
changements que je ne saisis pas, là. Est-ce que le ministre peut éclairer ma
lanterne?
Le Président (M. Ferland) :
M. le ministre.
M. St-Arnaud : Pas à ce
moment-ci, M. le Président.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, on n'est pas… Est-ce qu'on se tourne vers la droite? Me Longtin.
Longtin (Marie-José) : Je pense,
M. le Président, comme je mentionnais tout à l'heure, on a voulu, dans la modification par rapport à l'article 573, bien marquer le fait que l'action
d'agir en demande avait essentiellement pour but
d'obtenir la possibilité de représenter un groupe de personnes qui ne
seront pas, comme telles, identifiées à l'action, mais c'est de
l'essence même, à mon avis, de l'action collective.
Ouimet (Fabre) :
Non.
Le Président (M. Ferland) : M.
le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) :
Bon. Allons-y par étapes. Premier alinéa, on dit : «L'action collective
est le moyen de procédure qui permet à une
personne d'agir en demande, sans mandat, pour le compte de tous les membres
d'un groupe — ça,
c'est identique, là on a ajouté — dont
elle fait
partie et de le représenter.» Alors, je comprends, là, des questions
de ma collègue de Bourassa-Sauvé, qu'elle questionnait cette idée de la représentation à cette étape-là.
Est-ce que j'ai bien compris?
Mme de Santis :
Non, ce n'est pas…
Ouimet (Fabre) :
Non?
Mme de Santis :
Non. Et en plus…
Le Président (M. Ferland) : M.
le ministre.
Mme de Santis : Non, mais pourquoi alors, à 575, le tribunal
autorise l'exercice, et désigne le représentant, et attribue
le statut de représentant au membre qu'il désigne si, à 571, on dit qu'une
personne agit en demande, sans mandat, pour
le compte de tous les membres d'un groupe dont elle fait
partie et de le
représenter? Ça doit être la même personne qui fait la demande et qui le représente. Alors,
pourquoi, après, à 575, le tribunal peut autoriser une personne d'être le
représentant ou un membre d'être un représentant?
Le Président (M. Ferland) :
Me Longtin.
Longtin (Marie-José) : Essentiellement, dans la démarche, la personne va agir et demander l'autorisation d'exercer un recours, une action collective, et de représenter un
groupe x de personnes qui ont subi tel préjudice en utilisant, par exemple, leurs tickets de métro. Et le tribunal a une série de critères à
respecter. Enfin, il faut qu'il s'interroge sur les demandes, les faits, la composition du groupe et
le membre auquel il entend attribuer le statut de représentant. Donc là, j'ai une personne
qui s'est présentée et qui a demandé à représenter. Maintenant,
le tribunal va vérifier si cette personne-là est apte à représenter le groupe comme tel. Sinon, il va demander, à l'intérieur des membres du groupe ou une autre… je parle d'une personne physique, là, s'il y a quelqu'un
d'autre, et il va faire l'interrogatoire ou l'examen de la situation en fonction de ça.
Mme de Santis : Le texte actuel du Code de procédure civile est beaucoup
plus facile à suivre que le nouveau texte, beaucoup, beaucoup plus
facile.
Le Président (M. Ferland) :
Me Chamberland.
M. Chamberland (Luc) : O.K. On les a… Ça a été… On a eu une consultation, là, avec les spécialistes, là, qui ont écrit les volumes du Code
de procédure, ils vivaient très bien avec ça. Puis, même si… C'est d'ailleurs
pour ça qu'on a rajouté ça par
rapport à l'avant-projet de loi. Parce que le propre du recours collectif,
c'est deux choses, là : d'abord, c'est d'agir au nom de tout le
monde, mais celui qui veut le statut de représentant, là, il faut qu'il soit
représentatif du litige qu'il y a. Alors,
des fois, il peut y avoir des représentants que ce n'est pas tout à fait le
même problème : ce n'est pas la
même date, ce n'est pas la même station de métro qu'ils ont été. Alors là, le
juge, il faut qu'il décide ça : Est-ce que par, rapport au groupe — parce qu'il peut y avoir différents groupes,
encore une fois — qu'il
veut représenter, il est le plus
apte, au point de vue débrouillardise, tout ça, puis est-ce que les faits qui
vont être soumis… parce que ça va être le cas de ce monsieur-là ou de
cette dame-là qui va projeter pour tout le reste.
Alors,
c'est pour ça que c'était important non seulement le statut de représentant de
représenter quelqu'un d'autre sans
mandat, mais qu'il soit relié au groupe. C'est pour ça que ça a été ajouté à
cet endroit-là et c'est pour ça que, pour nous, en tout respect, c'est représentatif de ce qu'est un recours
collectif, c'est-à-dire qu'il faut que celui qui fait la demande, là, du recours collectif ou de l'action
collective, là, son cas, là, ça soit très relié au groupe. Puis à ce moment-là,
s'il a cette qualité-là et s'il a des
qualités de débrouillardise puis d'intérêt, tout ça, qui est un des critères
jurisprudentiels, le juge lui accordera
son statut de représentant. C'est tellement vrai, vous allez voir plus loin,
qu'on peut faire des sous-groupes aussi. Alors, c'est pour ça que c'est important de bien relier les différents
sous-groupes, par exemple, au cas du statut de représentant.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, Me Chamberland. M. le député de Fabre.
Ouimet (Fabre) : Je ne suis pas certain… J'aurais une
question sur le deuxième alinéa de l'avant-projet de loi parce que, là, je vois qu'il semble y avoir un
changement plus important, là, dans ce qui était dans l'avant-projet de loi et
ce qu'on met.
Alors, la première
phrase de l'avant-projet de loi, on disait : «Outre une personne physique,
une personne morale de droit privé, une
société ou une association peut être membre d'un groupe.» Alors là, on dit… En
fait, je vais continuer
l'avant-projet de loi, là : «Elle peut elle-même demander le statut de
représentant si l'administrateur, l'associé ou le membre qu'elle désigne est membre du groupe pour le compte duquel
elle entend exercer une action collective et si l'intérêt de la personne ainsi désignée est relié aux objets pour
lesquels elle a été constituée.» Dans le projet de loi, on dit :
«Une personne morale de droit privé, une société ou une association peut, même
sans être membre d'un groupe, demander à
représenter celui-ci…» La première phrase, là, elle n'est pas là. Ce que je
comprends, c'est qu'on a reformulé la deuxième phrase du deuxième
alinéa, mais la première phrase, elle, n'est plus là.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, est-ce qu'on… Où est passée l'autre phrase?
C'est la question?
Ouimet
(Fabre) : Bien, c'est…
Le Président (M.
Ferland) : Alors, Me Longtin.
Mme Longtin (Marie-José) : Mon doux! Je note, effectivement, qu'elle n'est
plus là et qu'on n'a pas, en fait, défini la notion de membre, comme peut-être
le droit actuel le laissait sous-entendre. Je ne me souviens pas des motifs
exacts, là, pour lesquels, dans la rerédaction de l'article, on n'a pas repris
la chose, là.
de Santis : Et, en plus, comment une personne
morale ou un groupement peut représenter sans être membre d'un groupe?
Ça, ça me semble illogique.
M. Chamberland
(Luc) : Si vous permettez, c'est justement pour une meilleure
accessibilité. Par exemple, Option Consommateurs,
si vous regardez la jurisprudence, ils sont beaucoup, beaucoup en demande,
hein, parce qu'ils touchent à un
paquet de domaines de consommation, et ça permet d'avoir un organisme avec des
dirigeants habitués de jouer avec un
recours collectif, qui sont assez lourds. Puis, ultimement, s'ils ont gain de
cause, bien, tous les consommateurs qui
n'avaient peut-être pas tout le temps à consacrer, puis l'énergie, puis la
ténacité — même si
on a des citoyens physiques qui réussissent, puis c'est très bien — bien,
c'est pour ça qu'elle est là, cette disposition-là parce qu'on a un paquet
d'organismes qui aident à l'accès au recours collectif en ayant un statut de
représentant.
Mais
il ne faut pas que ça soit n'importe qui, hein? Il ne faut pas que ça soit des gens
qui ne sont pas reliés à l'objet du litige, d'où la condition de l'objet
de cet OSBL là, qui est relié, d'où l'autre condition aussi. En plus, il faut
que l'Option Consommateurs, dans ses
membres, il y ait quelqu'un qui fasse l'objet du recours collectif pour être
sûrs, là, qu'on attache les deux
comme il faut pour que cette entreprise-là ne le fasse pas alors qu'elle est
complètement détachée du litige.
Mme Longtin
(Marie-José) : De mémoire… Parce que l'objectif, à la base, où on
demande l'adoption des dispositions du code
actuel, c'est… J'ai beaucoup examiné le droit américain et constaté que, dans
certains États, semble-t-il, il y a des organisations qui pouvaient se
spécialiser… Bon, on va prendre le recours collectif pour…
M. Chamberland
(Luc) : Pour n'importe quoi.
Longtin (Marie-José) : …sur
n'importe quel sujet et même sans égard à leurs propres composition et intérêt.
Alors, le deuxième alinéa vise à éviter cette chose-là et à laisser… enfin, de
préférence, les personnes physiques en première ligne dans les actions collectives. Donc,
on leur demande à eux… comme Option Consommateurs, comme telle, n'utilise pas le métro, mais elle peut avoir des
membres, des dirigeants, etc., qui l'utilisent, et donc, dans ce contexte-là,
c'est dans l'intérêt des membres de son organisation, et elle peut demander le
statut de représentant.
Le Président (M. Ferland) :
Merci, maître... M. le ministre, oui.
St-Arnaud : Peut-être juste un mot, M. le Président. Moi, je…
Écoutez, je lis l'article 571, je pense le comprendre. Mais ce que je comprends aussi, ce que je constate, c'est
que le libellé du nouveau 571 semble faire consensus, pour ne pas dire unanimité, chez ceux qui sont les
experts de ce qu'on appelle les recours collectifs. Il s'agit d'un
article
qui vise à introduire la question de
l'action collective, ou du recours collectif, et à expliquer c'est quoi. Et,
moi, ce qui me rassure… Parce que moi
non plus, comme, je pense, à peu près tout le monde autour de cette table, je
ne suis pas un expert du recours collectif, je n'en ai jamais fait,
mais…
Une voix : On va le devenir.
St-Arnaud : On va… Ça m'inquiète parce que je ne voudrais pas
que ça nous prenne la semaine pour le
devenir.
Le Président (M. Ferland) :
Ça fait un bon bout de temps qu'on est sur la…
St-Arnaud : Mais ce
que me dit Me Chamberland, c'est que, sur le libellé de 571, qui est une
présentation générale, il n'y a eu aucun commentaire négatif. Non, mais
les experts… Au Barreau, il y a… Je comprends qu'on a eu, même, en commission parlementaire, un des trois…
Le tiers des experts qui sont venus, pendant la matinée du vendredi
13 septembre, s'entretenir avec nous, le tiers de cette représentation-là
était le Comité sur les recours collectifs du Barreau.
Et le souvenir que j'ai et qui semble être partagé par les gens qui
m'accompagnent, c'est qu'il n'y a eu aucun commentaire… Évidemment, là,
il y a eu les commentaires sur «vous ne devriez pas appeler ça le recours
collectif, l'action collective», mais, sur le libellé de 571, il n'y en a eu
aucun… qui est l'article un peu, là, qui est un article…
M. Chamberland (Luc) : Phare.
St-Arnaud : …oui, phare, ou général, qui vient un peu
expliquer, qui vient dire : «L'action collective est le moyen de
procédure qui permet à une personne d'agir en demande, sans mandat, pour le
compte de tous les membres d'un groupe dont
elle fait
partie et de le représenter.» Il me semble que ça, c'est clair. Le
gars… la personne qui a eu un problème
avec le métro de Montréal, elle peut agir en demande avec l'action collective,
sans mandat, pour le compte de tous
ceux qui prennent le métro ce mois-là et représenter tous ceux qui prennent le
métro ce mois-là puis qui ne sont pas contents parce qu'ils ont payé trop
cher parce qu'il y a eu une grève du métro pendant deux semaines.
«Une personne
morale de droit privé, une société ou une association — là, ce que je comprends, c'est que, par
exemple, Option Consommateurs — peut, même sans être membre d'un
groupe — donc
Option Consommateurs, il n'a pas pris le métro, là, Option Consommateurs — demander
à représenter celui-ci — donc
prendre le "lead" de la poursuite, excusez l'expression — si
l'administrateur, l'associé ou le membre qu'elle désigne — donc,
si quelqu'un qu'elle désigne, là, un de ses
administrateurs ou un membre qu'elle désigne, un membre du groupe qui est dans
le premier alinéa, là, un des membres
qu'elle désigne — est
membre du groupe [...] duquel elle entend exercer une action collective
et si l'intérêt de la personne ainsi désignée est lié aux objets pour lesquels
elle a été constituée.»
Honnêtement,
M. le Président, moi, je ne suis pas un expert, mais je lis ça, puis il me
semble que ça se tient, là. Dans le
deuxième alinéa, Option Consommateurs peut demander, même sans être membre du
groupe qui est prévu au premier
alinéa, de représenter le groupe de tous les utilisateurs de métro si un
administrateur, un associé ou un membre qu'elle désigne est membre du
groupe duquel elle entend exercer une action... et si l'intérêt de la personne
ainsi désignée — donc l'administrateur ou le membre — est lié aux objets pour lesquels elle a été
constituée, puis après ça, bien là on va arriver avec les règles plus
précises, là, qu'on va étudier.
Mais y a-tu
une faille dans ce libellé-là? C'est sûr qu'on pourrait l'écrire autrement,
puis il était écrit autrement dans
l'avant-projet de loi, mais ce que je constate, c'est que, suite aux discussions
qui ont eu lieu entre l'avant-projet de loi, entre les consultations particulières qui ont eu lieu sur l'avant-projet
de loi, le dépôt du projet de loi n° 28, les consultations particulières qui ont eu lieu sur le
projet 28, dont le tiers du Barreau était… de la représentation du Barreau
venait du groupe spécialisé sur les
recours collectifs, au-delà du nom, que certains n'aiment pas, il n'y a eu
aucun commentaire sur 571.
Ça fait que
moi, je vais vous dire, je… Puis je le lis puis je crois comprendre.
Maintenant, je ne suis pas l'expert. Si
les experts nous disent qu'il n'y a pas de problème, puis que les experts
qui ... — non
seulement les experts du Barreau, là,
qui sont vraiment des gens, des spécialistes, que vous disiez,
Me Chamberland, même les auteurs, il y avait des auteurs d'ouvrages de doctrine qui étaient devant
nous — n'ont
pas dit un mot sur 571, puis vous nous dites, Me Chamberland, et les
experts qui m'accompagnent me disent qu'on fait une… c'est une bonne
présentation de l'action collective, parce qu'après
ça, là, on va rentrer dans les détails puis là on va voir les exceptions, puis
tout ça, il me semble qu'on pourrait l'adopter. Voilà ma position, M. le
Président.
Le Président (M.
Ferland) : Et voilà. Merci, M. le ministre. Il y avait la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme de Santis :
Dans le premier alinéa, «personne», ça inclut individu et personne morale,
n'est-ce pas? Alors, une personne
peut agir en demande, O.K.? Une personne morale, de ce fait, peut aussi
représenter le groupe?
M. Chamberland (Luc) : Si elle
répond aux conditions du deuxième alinéa.
M. St-Arnaud : Oui. C'est
marqué au deuxième alinéa.
Mme de Santis : O.K. Mais pourquoi
c'est seulement un individu et une personne morale qui peut agir en demande? Pourquoi ce n'est pas n'importe quel
groupement qui peut agir en demande? Parce qu'encore une fois il y a la demande qui est faite et le représentant qui est
choisi. Et ma question demeure, parce qu'un individu ou une personne morale
peut agir en demande, mais pas les autres
groupements. Vous l'interprétez… Moi, ce que je fais, c'est… J'ai demandé
à un expert de communiquer avec moi plus tard. Et peut-être que j'ai
complètement tort de la façon que je l'interprète.
St-Arnaud : Vous, ce que vous dites, c'est… ce que vous disiez
dès le départ, d'ailleurs, c'est que… Vous dites : On devrait
élargir la… qui peut agir en demande.
Mme de Santis :
Oui. Mais «représentant», c'est autre chose. Mais, si on peut… je ne veux pas
qu'on prenne trop de temps, je veux
qu'on procède, mais, si vous me donnez la possibilité de parler avec un expert
moi-même pour que… «you know», à
quelqu'un que je connais très bien à qui je peux poser des questions, et il
peut me dire : Rita, tu n'as pas raison, et comme ça je ne vais pas
prendre de votre temps. Parce que ce n'est pas…
Chamberland (Luc) : Là, je
commençais un peu, peut-être, à voir où vous vouliez aller. Parce que, quand
même, nous autres, on trouve qu'il est
correct. Finalement, si on est plus limitatifs dans le fameux «groupement», là,
qui vous préoccupe, puis on a tout
modifié les petits articles, ici, là, pour avoir le statut de représentant pour
représenter du monde, il faut avoir,
oui, un organisme un peu cohérent, vous comprenez? Ce n'est pas l'accessibilité
à la justice pour prendre une action,
c'est pour représenter beaucoup de monde, d'où l'intérêt d'être assez
limitatifs : personne morale, société.
Il ne faut pas que ça soit du jello, là, si vous me passez l'expression, qui les
représente, parce qu'il a le mandat de
représenter un paquet d'autre monde. C'est pour ça qu'on a peut-être été plus
sévères dans ce qu'est une association : personne morale, association, etc. Et je pense que c'est une bonne chose
que ça ne soit pas un groupement multiforme qui peut se mettre à représenter un paquet de citoyens dans le cas d'un
recours collectif. Quand ce groupe multiforme, difficile à qualifier, veut accéder à la justice, ça, j'y suis, c'est…
il est fait comme ça puis il veut accéder à la cour pour faire revendiquer ses droits, mais, quand c'est
pour revendiquer les droits de d'autres, je pense qu'on a peut-être raison
d'être plus sévères.
Le Président (M. Ferland) :
Alors, j'avais le député de Fabre, je crois, qui avait…
Ouimet
(Fabre) : Oui. Mais là j'écoute Me Chamberland puis je ne
suis pas sûr que je le suis. Mais je vais revenir à ma question… J'avais deux commentaires. Le premier,
c'est : Il faut être prudent quand on… On a eu l'occasion
d'entendre les experts, les groupes, etc., mais j'ai une connaissance quand
même assez pointue du fonctionnement au Barreau, et quelquefois l'absence de
commentaires ne veut pas dire qu'ils ont… ils sont d'accord, tel que libellé,
là. Quelquefois, malheureusement, il faut
choisir les points sur lesquels on écrit. Et donc je voulais simplement ajouter
ça. Je ne dis pas que c'est le cas
pour cet article-là, mais il faut être prudent, et ce n'est pas une conclusion
automatique de : il n'y a pas eu de commentaire, ils sont d'accord,
c'est beau.
Deuxième
commentaire. Quand je lis la version de l'avant-projet de loi, moi, je trouve
ça plus clair par rapport à ce qu'on
voulait dire parce que la phrase qui est disparue, là, elle est… bien, elle est
implicite, alors que, quand je dis que c'est plus clair, c'est que c'est écrit,
puis on le disait, puis les mots étaient là. Là, on le devine. L'utilisation du
mot «personne» au premier alinéa,
dans la version de l'avant-projet de loi, on avait l'explication dans la
première phrase du deuxième alinéa de
l'avant-projet de loi, mais on disait une chose, puis là on le modifie, là.
C'est que, tantôt, dans l'avant-projet
de loi, on disait : «Outre une personne physique, une personne morale de
droit privé, une société ou une association peut être membre d'un
groupe.» Et là on prend ensuite la… on explique, là, comment elle peut agir
pour représenter, puis là il faut qu'il y
ait un des membres qu'elle désigne qui soit… et ça constitue les intérêts de…
les objets de la société. Là, ce
qu'on fait, c'est : on a éliminé cette phrase-là et on dit tout
simplement : Une personne morale de droit privé, société, association ou groupement sans personnalité
juridique peut, même sans être membre d'un groupe, demander à le
représenter. Alors, on enlève le fait d'être membre du groupe…
Mme Longtin (Marie-José) : …qu'elle
peut être membre d'un groupe. Si, par exemple, on prend une action collective contre une compagnie de services
téléphoniques parce qu'il y a eu des interruptions de service, ça vise autant
les personnes physiques que n'importe qui,
là. Donc, ces personnes pourraient être… ou ces groupes-là peuvent être…
Oui, je dirais que c'est moins direct que c'était dans l'avant-projet, c'est
clair. Là-dessus, c'est clair.
Ouimet
(Fabre) : Ah! D'où mon commentaire au départ. C'est que je
trouvais ça plus clair dans l'avant-projet de loi, et, clairement, on a
choisi de passer en mode plus implicite puis je ne sais pas pourquoi.
Président (M. Ferland) : Alors, M. le ministre.
St-Arnaud : Mais, si je comprends, maître… M. le Président, que
le député de Fabre nous dit : L'avant-projet de loi, là... Vous
reviendriez au texte exact de 573?
Ouimet
(Fabre) : Bien, y a-tu des changements de fond? Il n'y en a
pas.
M. Chamberland
(Luc) : On ramènerait une phrase, là, qui...
Une voix :
L'approche qu'on avait égarée, on la ramènerait.
Ouimet (Fabre) :
Non, c'est parce qu'on a fait un
changement au deuxième alinéa parce qu'on a enlevé la première phrase.
Et là on dit implicitement ce qu'on disait explicitement en deux phrases,
alors...
St-Arnaud : On va le suspendre, M. le Président, puis on va
essayer de le retravailler. Puis ça va laisser du temps, d'ici à demain,
peut-être, à la députée de contacter... O.K.?
Le Président (M.
Ferland) : ...députée de Bourassa-Sauvé de consulter l'expert
en question, que vous...
St-Arnaud : O.K. On
va essayer de relire ça attentivement puis de voir si on ne pourrait pas,
demain matin, arriver avec une proposition qui convienne à tout le
monde.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, est-ce que j'ai le consentement pour
suspendre?
Ouimet
(Fabre) : Consentement, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, l'article 561 est suspendu...
Le Président (M.
Ferland) : 571. Excusez, on était... O.K.
M. St-Arnaud :
Alors, M. le Président, ça nous amène à l'article 572, qui se lit comme
suit :
«Dès la demande
d'autorisation d'exercer l'action collective, le juge en chef désigne un juge
pour assurer la gestion particulière de
l'instance et entendre toute la procédure relative à cette action collective, à
moins qu'il n'en décide autrement. Il
peut désigner ce juge même s'il existe une cause de récusation, s'il estime que
la situation, dans le contexte de l'affaire, ne porte pas atteinte à
l'exigence d'impartialité du juge.
«Il peut fixer, en
tenant compte de l'intérêt des parties et des membres, le district dans lequel
la demande d'autorisation sera entendue ou l'action collective exercée.»
Alors,
M. le Président, cet
article 572 reprend en substance le droit actuel. Il
établit que la désignation du juge qui
entendra l'action collective a lieu dès la demande d'autorisation. Il précise
que le juge en chef peut désigner ce juge, même s'il existe une cause de récusation à son égard et qu'il doit
prendre en compte le contexte de l'affaire dans l'appréciation de
l'exigence d'impartialité du juge.
À son second alinéa,
il ajoute que le juge en chef a non seulement le pouvoir de fixer le district
dans lequel l'action collective sera
exercée, mais également le district dans lequel la demande d'autorisation sera
entendue. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Bourassa-Sauvé.
de Santis : La deuxième phrase dans 572 ne dit pas
exactement ce qu'on retrouve au deuxième alinéa de l'article 1001
du droit actuel.
L'article 1001 du droit actuel se lit comme suit :
«Lorsqu'il
estime que l'intérêt de la justice le requiert, le juge en chef peut désigner
ce juge malgré les dispositions des
articles 234 et 235» du Code de procédure actuel, qui parle de récusation. Si
on lit la deuxième phrase de 572, on dit ici que le juge en chef «peut désigner ce juge même s'il existe une
cause de récusation, s'il estime que la situation, dans le contexte de
l'affaire, ne porte pas atteinte à l'exigence d'impartialité du juge».
cette condition n'est pas du tout la même chose que lorsque le juge en chef
estime que l'intérêt de la justice le requiert. Ce n'est pas du tout le
même «threshold».
Le Président (M.
Ferland) : Me Chamberland.
M. Chamberland (Luc) : Alors, c'est l'article... Puis on ne le répète
pas à plusieurs endroits. C'était l'article 9, dernier alinéa, quand on dit que le juge, dans
toutes ses décisions, doit prendre en considération le meilleur intérêt de la justice. On l'a vu à plusieurs endroits, on l'a
enlevé dans le code pour éviter de toujours répéter le code, qu'il soit allégé.
C'est pour ça que vous l'avez par le biais des articles de principe, à 9, in
fine. «Ces derniers doivent être impartiaux et doivent […] prendre en considération
le meilleur intérêt de la justice» quand ils rendent des décisions.
de Santis : Mais on élargit «lorsqu'il estime que
l'intérêt de la justice le requiert» par ce que nous avons maintenant dans la deuxième phrase de l'article
572. Et, si je regarde les commentaires du Barreau du Québec, eux, ils
ne sont pas du tout contents avec ça non plus; ils demandent qu'on retire cette
deuxième phrase.
M. Chamberland (Luc) : Ils ne sont
pas contents, pas sur la question du libellé de l'intérêt de la justice, là, parce que, là, on va encore plus loin, on
dit : meilleur intérêt de la justice. Ils voudraient qu'on l'enlève, alors
que, dans le droit actuel, elle est
là, là. Et on a le cas du 1001, paragraphe deux, quand... Les articles 234 et
235, c'est des motifs de récusation prévus au code. Alors, le juge en
chef peut le désigner quand même.
Pour être bien concret, là, les cas qui arrivent
pour ces cas-là, le juge ne fera pas exprès, le juge en chef, de désigner quelqu'un qui est en conflit d'intérêts.
Mais il y a des recours collectifs qui touchent à peu près tout le monde,
puis ils ne sont pas capables, des fois, de trouver un juge qui n'est pas visé
par ce cas-là, hein? Alors là, il regarde la situation
pour voir… Bon, je n'ai pas le choix, là, de le désigner. Ça viole-tu l'intérêt
de la justice ou il faut que j'aille chercher un juge de la Gaspésie
pour décider de cette affaire-là?
C'est ça
que ça veut dire, parce qu'il garde
ses fonctions d'impartialité, tout ça, mais là on est dans des cas que
ça peut toucher quasiment le trois quarts de la population. C'est pour ça qu'il
est là puis qu'il ne se retrouve à aucun endroit
des autres recours extraordinaires qu'il y a au code. C'est juste pour voir ça,
mais il ne faut pas voir là que le juge en chef, systématiquement, va faire exprès pour désigner quelqu'un qui
est visé par le recours. C'est juste ça que ça disait.
Président (M. Ferland) : Alors, il y avait… Me Longtin, vous
aviez une précision, là. Ça va? Oui, allez-y.
Mme Longtin (Marie-José) : Bon,
enfin, c'était simplement de dire… Je pense qu'outre la considération de l'intérêt de la justice qu'il doit faire dans
toutes ses décisions, ici, on vient préciser une chose : il faut qu'il
estime que la situation, dans le contexte de l'affaire, ne porte pas
atteinte à l'exigence. Donc, il doit s'interroger compte tenu du contexte de l'affaire. Et si, par exemple, c'est
un… On a vu des actions prises contre des compagnies de services téléphoniques
ou de services de distribution quelconque,
alors ça, évidemment, tout le monde peut être touché ou beaucoup de monde,
mais l'intérêt de ce juge-là, dans une
action de ce type-là, est peut-être… S'il est indemnisé, il aurait peut-être
cinq dollars, donc ce n'est pas quelque chose qui va nécessairement
entacher son impartialité.
Le Président (M. Ferland) :
Merci, Me Longtin. D'autres… M. le député de Fabre.
Ouimet
(Fabre) : Oui. Il y a plusieurs points, là. J'avais com