House Proceedings — 10 March 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
2020-03-10
Quebec — Debates (Hansard)
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président. C'est avec grand plaisir que je tiens à souligner les 60 années
de carrière de Mme Céline Lefrançois,
commissaire scolaire sortante de la commission
scolaire des Monts-et-Marées dans
le Bas-Saint-Laurent.
Enseignante à
la maternelle, directrice d'école, directrice des services en adaptation
scolaire, commissaire puis présidente de la commission scolaire, son
parcours en éducation est impressionnant. Tout au long de sa carrière, cette passionnée de l'éducation a vu passer
29 ministres, 12 directions générales et a traversé
toutes les grandes réformes en éducation, dont notamment la création du ministère
de l'Éducation.
Mais, derrière toutes ces longues, longues
années, c'est sa passion et son amour des enfants qui ont porté Mme Lefrançois à vouloir continuer dans son
travail et à toujours en faire plus. Nos jeunes ont besoin de femmes
comme elle, exceptionnelles, qui ont vraiment à coeur leur réussite
éducative.
En mon nom
personnel et en celui aussi de tous les jeunes qui ont eu la chance de la côtoyer,
nous lui souhaitons une bonne continuité. Un immense merci.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède
maintenant la parole à M. le député de Terrebonne.
M. Fitzgibbon : Merci,
M. le Président. Les petites veillées
existent encore à Terrebonne grâce à l'association
folklorique Rive-Nord. Cette année, l'association célébrera ses 30 ans d'existence.
C'est animés
par une passion commune du folklore québécois que MM. Gagné et Paquet fondent, à Terrebonne, en 1989, l'association folklorique Rive-Nord. Les premières rencontres
de danse folklorique et des cours de gigue ont donc débuté. Ces rencontres furent un franc succès, tant au point de vue humain que musical. Mme Raymonde Thiboutot, actuelle présidente,
organise des soirées-rencontres des différentes organisations de folklore au Québec.
Appuyée de son conseil
d'administration, Mme Thiboutot
s'est fixé comme objectif de faire connaître la musique traditionnelle aux
jeunes générations.
En mon nom et
en celui de tous les citoyens du comté, nous leur souhaitons de poursuivre
leur passion encore longtemps. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, M. le député. Nous poursuivons avec Mme la
députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Robitaille : Merci, M. le
Président. Je souhaite rendre hommage aujourd'hui aux clubs de l'âge d'or de Montréal-Nord,
dont plusieurs sont parmi nous aujourd'hui.
cinquantaine de membres de mon comté ont fait le trajet jusqu'ici ce matin,
bravant la pluie et le verglas. Bienvenue, l'AQDR du comté, les clubs
Stella Alpina et italo-québécois.
Nos aînés
constituent le tiers de la population de Bourassa-Sauvé. Chez nous, à Montréal-Nord, faire le tour
de nos clubs de l'âge d'or, c'est un peu faire le tour de l'Italie ou du Québec, M. le Président. C'est aussi entendre raconter la
jeune histoire de Montréal-Nord. De la Calabre à la Gaspésie, en passant par
le quartier Hochelaga à Montréal, ils
sont les bâtisseurs de ce comté de
80 000 habitants, qui était un village il y a à peine un siècle. Ils
sont une mine d'histoires et de souvenirs.
Merci à nos
clubs de l'âge d'or, qui maintiennent la vitalité chez nos aînés, qui effacent
un petit peu la solitude de certains, qui célèbrent le vivre-ensemble,
et surtout qui nous profèrent un peu de sagesse. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède la parole
à Mme la députée d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais
(Abitibi-Ouest) : Merci, M. le Président. Je veux vous présenter
aujourd'hui un homme de coeur et d'action, M. Rémy Mailloux.
M. Mailloux est directeur général de la Ressource pour personnes
handicapées de l'Abitibi-Témiscamingue.
M. Mailloux, toutes les MRC de la région de
l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec reconnaissent votre détermination, votre sens du devoir envers
les personnes handicapées. Votre volonté et votre persévérance pour la
défense des droits des handicapés pour leur intégration à la vie quotidienne et
le droit à des services sont reconnues par
tous. La preuve, c'est que, pour la 23e édition du téléthon régional de la
ressource, vous et votre équipe bénévole, vous avez amassé plus de 520 000 $ pour soutenir, de façon
concrète, les personnes handicapées de notre région. Vous savez, la
réputation de M. Mailloux dans notre région, c'est que personne ne peut
lui dire non.
Mon cher Rémy, au nom de
l'Abitibi-Témiscamingue, nous te disons merci.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Foster : Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, je veux souligner le courage, le talent, la détermination d'une
jeune fille de Baie-Saint-Paul, Mme Olivia Tremblay.
Olivia a
débuté le patinage artistique à l'âge de cinq ans seulement. Elle a quitté sa
ville natale à l'âge de neuf ans pour
poursuivre son rêve, en allant à Québec pour se perfectionner dans sa
discipline. Elle étudie maintenant à Montréal et elle s'entraîne à la prestigieuse Académie Performance Isatis cinq jours
par semaine dans la catégorie danse en couple de niveau junior. Elle est
membre de l'Équipe Québec et, en janvier dernier, elle était présente lors des
championnats canadiens de patinage artistique à Mississauga, en Ontario. Et,
avec son partenaire, Émile Couture, ils ont obtenu la neuvième position au
Canada chez les juniors à l'issue de leurs deux performances en danse sur
glace.
Mme Olivia
Tremblay, vous êtes une fierté pour Charlevoix, vous êtes une jeune femme qui
avez fait énormément de sacrifices dans votre jeune carrière, et, déjà,
les succès se font sentir, ça porte fruit. Au nom de tout Charlevoix, je vous
dis : Merci, vous êtes une fierté pour nous.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Merci, M. le Président. Je suis impressionnée par la force de
caractère et la passion d'une jeune médecin de Saint-Hyacinthe. À la fin
de sa résidence, Maguy Deslauriers a décidé, par sa propre initiative, d'aller
travailler six semaines dans une banlieue défavorisée de Cape Town, en Afrique
du Sud.
Elle a su
repousser ses limites en pratiquant la médecine dans des conditions extrêmement difficiles. Elle a, par exemple,
réalisé plusieurs interventions chirurgicales à froid dans un environnement où la salubrité n'était pas optimale. Animée par la volonté de faire la différence, elle commencera sa
pratique à l'urgence de l'Hôpital Honoré-Mercier avec un bagage
impressionnant.
Maguy
Deslauriers, je tenais à vous honorer pour votre courage et votre persévérance.
Votre implication dans la communauté
maskoutaine et dans la communauté internationale est inspirante pour tous. Je suis convaincue que
les gens de la région maskoutaine seront entre de bonnes mains avec une
femme comme vous. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Picard) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole à M. le député de Matane-Matapédia.
Bérubé : M. le Président, le centre matapédien d'études collégiales célèbre, cette année, son
25e anniversaire.
Depuis sa
fondation en 1995, il est un vecteur important du développement
économique dans La Matapédia, et
ce, par ses formations et ses réalisations. Ce petit collège, aussi surnommé le CMEC, est né d'une volonté
collective du milieu matapédien et
des cégeps de Matane et de Rimouski. Celui-ci propose un programme d'intégration, deux programmes préuniversitaires
et trois programmes techniques. En 1998, il fut l'instigateur, avec le cégep de
Rimouski, de l'établissement
d'un service de recherche et d'expertise en transformation des produits
forestiers, le SEREX Amqui.
Je tiens à féliciter et à remercier tous les
élèves et les diplômés qui participent ou ont participé à l'essor de ce collège. Et je souhaite également
rendre hommage à l'équipe d'enseignants et enseignantes et aux directrices et
directeurs pour leur excellent travail au cours des années.
Bon 25e anniversaire à toute la communauté
du CMEC au coeur de La Matapédia! Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. La prochaine déclaration est pour M. le député de Saint-Jean.
M. Lemieux : M. le Président, vous
savez que chez nous, à Saint-Jean, comme tout le long du Richelieu, on s'enorgueillit de l'héritage des patriotes. D'ailleurs,
je me faisais une joie de vous parler bientôt de la Journée nationale des patriotes, en
mai.
Mais aujourd'hui la vallée du Richelieu n'est
pas en fête, mais en deuil d'un de ses plus grands patriotes modernes. Les funérailles de M. André
Larochelle auront lieu samedi, à la cathédrale de Saint-Jean-sur-Richelieu,
qu'il aimait tant, et où il organisait encore, jusqu'en 2018, la messe
de la Saint-Jean, après avoir été très longtemps un des piliers de la fête nationale. Roger Paquin, qui a été mon prédécesseur en cette Chambre de 1994 à 2003, concluait, dans un hommage à M. Larochelle, dans Le Canada F rançais , cette semaine, que sa Médaille de l'Assemblée nationale était
sa plus grande fierté. On peut se consoler
en pensant que le prix remis au patriote de l'année de la Société
nationale des Québécois Richelieu-Saint-Laurent, depuis quelques années déjà, porte le nom d'André Larochelle. Puisse-t-il
reposer en paix.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, M. le député. Et nous terminons avec Mme la députée de Soulanges.
Picard : Merci, M. le Président. C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris, le 25 février
dernier, le décès de madame Dre Monique Rozon-Rivest, une femme
exceptionnelle de la région de Soulanges.
Cette grande
dame a milité toute sa carrière afin d'augmenter l'accessibilité des soins et
des services en santé. De 1983 à 2001, elle a été présidente du conseil
d'administration du CLSC La Presqu'île en plus de son implication soutenue au Collège des médecins. Elle a
aussi créé, en 1994, la Fondation des enfants de Vaudreuil-Soulanges, qui vient
en aide aux familles démunies de la région.
Elle
a reçu plusieurs mentions d'honneur durant son parcours, notamment
en 2019, la Chambre de commerce de l'industrie de Vaudreuil-Soulanges
lui décernant l'Ordre des bâtisseurs pour souligner son leadership, son
innovation et l'ensemble de sa carrière.
Merci, Dre Rozon-Rivest, d'avoir été si
généreuse, inspirante et passionnée. Vous avez été un exemple pour plusieurs
jeunes médecins. Votre dévouement pour les gens de Vaudreuil-Soulanges restera
à tout jamais dans notre mémoire collective.
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Cela met fin à la rubrique Déclaration des députés.
Je suspends les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 52)
Président : Mmes, MM. les députés, bon mardi. Je vais débuter
en vous disant que c'est avec tristesse que nous avons appris le décès de M. Serge Deslières, député de
Salaberry-Soulanges puis de Beauharnois de 1994 à 2008. Nous allons nous recueillir quelques instants en
ayant, bien entendu, une pensée particulière pour sa famille et ses proches.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Mmes, MM. les députés, j'ai le plaisir de
souligner la présence, dans les tribunes, de M. Alain Paquet, ancien député de Laval-des-Rapides, la présence également
de M. Luc Ferland, ancien député d'Ungava, et enfin la présence de
M. Alexandre Cloutier, ancien député de Lac-Saint-Jean.
Nous poursuivons donc les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
À la rubrique Dépôt de documents, M. le
président du Conseil du trésor.
Dubé : Alors, M. le Président, permettez-moi de vous transmettre un
message de Son Honneur le lieutenant-gouverneur du Québec, signé de sa
main. Merci.
Le Président : Mmes et MM.
les députés, veuillez vous lever, s'il vous plaît.
Message à l'Assemblée nationale :
«Conformément
aux dispositions de l'article 54 de la Loi constitutionnelle de 1867, je
transmets et recommande à la considération de l'Assemblée nationale les
crédits supplémentaires n° 1 pour l'année financière se
terminant le 31 mars 2020 ainsi que les crédits pour l'année
financière se terminant le 31 mars 2021.»
Signé de l'honorable J.
Michel Doyon, lieutenant-gouverneur.
Merci. À nouveau, M. le président du Conseil du
trésor.
Dubé : Alors, M. le Président, pour faire suite au message du lieutenant-gouverneur, qu'il me soit
permis de déposer les crédits
budgétaires pour l'année financière se terminant le 31 mars 2021
ainsi que les documents qui l'accompagnent :
la stratégie de gestion des dépenses et les renseignements supplémentaires, les
plans annuels de gestion des dépenses
et crédits des ministères et organismes, le budget des fonds spéciaux, le budget des organismes
autres que budgétaires, les crédits
et plans annuels de gestion des dépenses de l'Assemblée nationale et des
personnes désignées, le plan québécois des infrastructures 2020-2030, ainsi que les crédits supplémentaires
pour le budget des dépenses 2019-2020. Merci, M. le Président.
Le Président : Ces documents
sont déposés. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Conformément aux dispositions de l'article 280 du règlement,
je fais motion pour déférer les
crédits budgétaires 2020-2021 en commission
plénière afin que l'Assemblée étudie
et adopte le quart des crédits.
Le Président :
Cette motion est-elle adoptée?
Le Président :
Adopté. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Conformément aux dispositions de l'article 289
du règlement, je fais motion
pour déférer les crédits supplémentaires n° 1 pour l'année financière se
terminant le 31 mars 2020 en commission
plénière afin que l'Assemblée les étudie et les adopte.
Le Président :
Cette motion est-elle adoptée?
Le Président :
Adopté. M. le leader du gouvernement, à nouveau.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, suite à une entente avec les groupes parlementaires et
les députés indépendants, je
sollicite le consentement afin de présenter, à ce moment-ci, la motion concernant
les modalités convenues pour l'étude des crédits provisoires en
commission plénière, qui se tiendra le mercredi 11 mars 2020.
Président : Je demande s'il y a consentement pour déroger à
l'article 53 du règlement afin de permettre la présentation d'une
motion sans préavis. Y a-t-il consentement?
Des voix :
Consentement.
Le Président :
Consentement. M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Merci.
«Que
l'Assemblée nationale procède à l'étude et à l'adoption des crédits
provisoires 2020-2021, conformément aux dispositions de l'article 87, alinéa 1,
paragraphe 4.1° ainsi que des articles 280 et 281 de notre
règlement et ce, selon les modalités subséquentes :
«Que,
dès l'appel des affaires du jour de la séance du mercredi
11 mars 2020, l'Assemblée se constitue en commission plénière
et procède à l'étude des crédits provisoires de la manière suivante :
«Que,
pour une durée maximum de 1 heure, le ministre de l'Environnement et de la
Lutte contre les changements climatiques puisse échanger avec les
députés de l'opposition;
«Que
dès après, et pour une durée maximum de 1 heure, le ministre responsable
de l'Administration publique gouvernementale et président du Conseil du
trésor puisse échanger avec les députés de l'opposition;
«Qu'à 13 heures,
la commission plénière suspende ses travaux et que les travaux de l'Assemblée
soient ainsi suspendus jusqu'à 15 heures;
«Que
dès 15 heures, la commission plénière poursuive ses travaux et puisse
compléter, si nécessaire, les échanges entre
les députés de l'opposition et le ministre responsable de l'Administration
publique gouvernementale et président du Conseil du trésor;
«Que
dès après, et pour une durée maximum de 1 heure, le ministre de
l'Éducation et de l'Enseignement supérieur puisse échanger avec les
députés de l'opposition;
«Que
dès après, pour une durée [de maximum] 1 heure, le ministre des Transports
puisse échanger avec les députés de l'opposition;
«Que dès après, pour
une durée maximum de 1 heure, la ministre de la Santé et des Services
sociaux puisse échanger avec les députés de l'opposition;
«Qu'immédiatement
au terme de cet échange, le président de la commission plénière mette aux voix
le quart des crédits pour l'année financière 2020-2021;
«Qu'ensuite,
le président de la commission plénière fasse rapport à l'Assemblée et que
[celui]-ci se prononce sans débat sur ledit rapport puis sur le projet
de loi de crédits qui y fait suite, le tout conformément au premier alinéa de
l'article 281 du règlement;
«Qu'enfin, et ce suivant le deuxième
alinéa de l'article 281 du règlement, il soit permis au leader du
gouvernement de présenter une motion
sans préavis et non débattue afin que l'étude de l'ensemble des crédits
budgétaires, sauf ceux de l'Assemblée, soit renvoyée en commissions
permanentes;
«Que
les remarques préliminaires pour chacun des échanges avec les ministres
susmentionnés soient fixées à un maximum
de 5 minutes 34 secondes pour le groupe parlementaire formant le
gouvernement, 3 minutes 43 secondes pour le groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 56 secondes pour le deuxième groupe d'opposition [et]
56 secondes pour le troisième groupe d'opposition et
51 secondes pour l'ensemble des députés indépendants;
«Que
pour chacun des échanges avec les ministres susmentionnés, l'équivalent d'un
bloc de 1 minute 30 secondes par heure d'échange soit
réservé à l'ensemble des députés indépendants;
«Que le temps non
utilisé, le cas échéant, par les députés indépendants soit redistribué
proportionnellement entre le groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, le deuxième groupe d'opposition
ainsi que le troisième groupe d'opposition;
«Qu'à tout moment, le
président de l'Assemblée ou de la commission plénière puisse suspendre les
travaux;
«Que,
malgré l'article 20 du règlement, la commission plénière et l'Assemblée
puissent poursuivre leurs travaux jusqu'à ce que cette dernière se soit
prononcée sur le projet de loi de crédits et sur la motion de renvoi de
l'ensemble des crédits budgétaires sauf ceux de l'Assemblée en
commissions permanentes;
«Que
cette motion devienne un ordre de l'Assemblée et qu'elle ait préséance sur
toutes dispositions incompatibles [au] règlement.»
Le Président :
Cette motion est-elle adoptée? M. le leader de l'opposition officielle.
Tanguay : Oui, merci beaucoup, M. le Président. Alors, cette
motion donne suite à nos demandes. Et nous sommes donc disposés à l'adopter dans la mesure où le leader du
gouvernement s'engage à ne pas modifier l'horaire des travaux des commissions parlementaires prévues
demain, puisque plusieurs de nos porte-parole participeront à l'étude
desdits crédits provisoires.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Jolin-Barrette : Je pense que c'est une demande raisonnable, M. le
Président.
Le Président :
La motion est donc adoptée.
À la rubrique Dépôt
de documents, pour la suite des choses, Mme la ministre des Affaires
municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest : Oui, merci, M. le Président. Je dépose la
Stratégie gouvernementale pour assurer l'occupation et la vitalité des
territoires 2018-2022. Merci, M. le Président.
Le Président :
Ce document est déposé. Mme la ministre de la Culture et des Communications.
Mme Roy :
Oui, merci, M. le Président. Je dépose les rapports annuels 2018-2019 de
la Société du Grand Théâtre du
Québec, de la Société de la Place des Arts de Montréal ainsi que du
Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Ces documents sont maintenant déposés. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, M. le Président. Je dépose les réponses du gouvernement aux questions
inscrites au feuilleton le 4 février
par la députée de Mercier, les 4 et 6 février par la députée de
Marie-Victorin, ainsi que les réponses aux pétitions présentées en
Chambre le 21 novembre par la députée de Taschereau, le 4 décembre
par la députée de Laviolette—Saint-Maurice, le 5 décembre par les députés
de Jean-Lesage, d'Hochelaga-Maisonneuve et de Westmount—Saint-Louis, le 4 février par les députés de
Rouyn-Noranda—Témiscamingue,
de Mercier et de Gouin, le 5 février par les députés d'Huntingdon, de Mercier et de
Lac-Saint-Jean, le 6 février par les députés de Jonquière, Bourget,
Pontiac, de Saint-Jérôme, de Gouin et de Saint-Laurent. Merci, M. le
Président.
Le Président : Ces documents
sont également déposés.
Le lundi
9 mars était le jour du Commonwealth. Pour souligner cet événement, Sa
Majesté la reine Elizabeth II, chef du Commonwealth, a fait
parvenir un message de circonstance, que j'ai l'honneur de déposer.
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de la santé
et des services sociaux et député de Beauce-Nord.
M. Provençal : M. le Président, je dépose le rapport de la
Commission de la santé et des services sociaux qui, les 18, 19 et 20 février 2020, a tenu
des auditions publiques dans le cadre de consultations particulières sur le
projet de loi n° 52, Loi visant
à renforcer le régime d'examen des plaintes du réseau de la santé et des
services sociaux notamment pour les usagers qui reçoivent des services
des établissements privés. Merci, M. le Président.
Le Président : Ce rapport est
déposé.
À la rubrique Dépôt de pétitions, Mme la députée
de Joliette.
Mme Hivon :
Merci, M. le Président. Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 426 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le crédit d'impôt remboursable
pour aidant naturel ne représente qu'une compensation financière minime pour le temps et l'énergie que les aidants naturels
consacrent à un proche pour conserver sa qualité de vie et sa dignité;
«Considérant
que les aidants naturels ne sont pas reconnus de la même façon selon qu'ils
habitent dans leur propre maison ou appartement ou selon qu'ils habitent
dans une résidence privée pour aînés;
«Considérant
que les aidants naturels habitant en résidence privée pour aînés avec la
personne qu'ils aident ne bénéficient
pas du crédit d'impôt pour aidant naturel parce que, selon les règles fiscales
en vigueur, [les aidés] bénéficient d'un
crédit d'impôt pour maintien à domicile [...] plus élevé que les personnes
habitant dans leur propre maison ou appartement;
«Considérant
que le crédit d'impôt pour maintien à domicile des aînés est plus élevé en
résidence privée pour aînés seulement
lorsque les dépenses y sont plus importantes et que ce crédit constitue un
remboursement partiel de dépenses admissibles et aucunement une
compensation pour le travail fait bénévolement;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'accorder à tous les aidants
naturels, sans discrimination, le droit au crédit d'impôt pour aidant
naturel et que cette mesure s'applique rétroactivement.»
Le Président : Cet extrait de
pétition est déposé. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Maccarone : Je dépose
l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée
nationale, signée par 24 504 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que, le 7 novembre 2019,
le gouvernement du Québec annonçait le retour au tarif unique journalier de 8,25 $ dans les services de
garde subventionnés, rétroactivement au 1er janvier 2019, sans égard
au revenu familial annuel des familles bénéficiaires de ces services;
«Considérant que le crédit d'impôt pour frais de
garde d'enfants, bénéficiant aux familles utilisatrices de services de garde non subventionnés, demeure le
même qu'avant le 7 novembre 2019, modulé selon leur revenu familial
annuel [...] avec un plafond établi;
«Considérant que le réseau des services de garde
subventionnés est financé avec les taxes et [les] impôts des contribuables
québécois, et que l'offre de places y est insuffisante pour répondre à la
demande québécoise;
«Considérant que les services de garde
non subventionnés doivent se soumettre aux mêmes lois et exigences que les
services de garde subventionnés, et qu'ils sont soumis à la délivrance d'un
permis par le ministère de la Famille;
«Considérant
que l'écart créé entre les tarifs journaliers en services de garde
subventionnés et non subventionnés porte
préjudice au droit à l'équité de la personne et que la situation de famille est
reconnue comme un motif de discrimination auprès de la Commission
canadienne des droits de la personne;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec le remboursement intégral de
tout montant excédentaire à 8,25 $ pour frais de garde d'enfants
aux parents utilisateurs du milieu non subventionné, et ce, rétroactivement au
1er janvier 2019.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : M. le Président, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
14 327 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que, par l'adoption à l'unanimité de la
Loi sur l'équité salariale en 1996,
l'Assemblée nationale du Québec reconnaissait l'importance du droit
fondamental qu'est l'équité salariale;
«Considérant
que de nombreux employeurs n'ont toujours pas réalisé leurs obligations en
matière d'équité salariale;
«Considérant
que, près de 25 ans après l'adoption de la loi, l'écart salarial horaire
moyen entre les femmes et les hommes demeure au-dessus des 10 %;
«Considérant
que, malgré les deux dernières révisions à la loi, des problèmes de fonds
subsistent et portent encore préjudice aux femmes qui ont porté plainte
en 2010 et 2015;
«Considérant
que l'arrêt de la Cour suprême de 2018 confirme l'inconstitutionnalité
d'articles relatifs à l'évaluation du maintien et à la correction des
écarts salariaux;
«Considérant
que l'ajustement salarial découlant des obligations de la loi doit s'appliquer
rétroactivement à la date de l'événement discriminatoire;
«L'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, soussignés,
demandons au gouvernement du Québec :
«De procéder dans les
meilleurs délais à une révision de la
Loi sur l'équité salariale;
verser rétroactivement à la date de l'événement discriminatoire tous les
ajustements salariaux qui sont dus;
faire en sorte que la loi prévoie que les personnes salariées jouissent d'un
rôle décisionnel, notamment lors des évaluations du maintien;
«D'outiller
la CNESST afin qu'elle dispose de l'information nécessaire et complète,
notamment avec une bonification du
contenu de la déclaration de l'employeur en matière d'équité salariale, ainsi
que des ressources humaines et financières suffisantes pour s'assurer de
l'application de la loi de manière conforme.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Président : Et cet extrait de pétition est déposé. J'ai reçu
une demande de Mme la députée de Joliette pour la présentation d'une
pétition non conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation de cette
pétition?
Des voix :
Consentement.
Le Président :
Consentement. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à
l'Assemblée nationale, signée par 1 012 pétitionnaires.
Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les
faits invoqués sont les suivants :
«Considérant que le
crédit d'impôt remboursable pour aidant naturel ne représente qu'une
compensation financière minime pour le temps
et l'énergie que les aidants naturels consacrent à un proche pour conserver sa
qualité de vie et sa dignité;
«Considérant
que les aidants naturels ne sont pas reconnus de la même façon selon qu'ils
habitent dans leur propre maison ou appartement ou selon qu'ils habitent
dans une résidence privée pour aînés;
«Considérant
que les aidants naturels habitant en résidence privée pour aînés avec la
personne qu'ils aident ne bénéficient
pas du crédit d'impôt pour aidant naturel parce que, selon les règles fiscales
en vigueur, ils bénéficient d'un crédit d'impôt pour maintien à domicile
des aînés plus élevé que les personnes habitant dans leur propre maison ou
appartement;
«Considérant
que le crédit d'impôt pour maintien à domicile des aînés est plus élevé en
résidence privée pour aînés seulement
lorsque les dépenses y sont plus importantes et que ce crédit constitue un
remboursement partiel de dépenses admissibles et aucunement une
compensation pour le travail fait bénévolement;
l'intervention réclamée se résume ainsi :
«Nous,
soussignés, demandons au gouvernement du Québec d'accorder à tous les aidants
naturels, sans discrimination, le droit au crédit d'impôt pour aidant
naturel et que cette mesure s'applique rétroactivement.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
Le Président :
Cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a
pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions
portant sur une violation de droit ou de privilège.
Je vous avise
qu'après la période des questions et réponses orales sera tenu le vote reporté
sur la motion de la ministre de la Justice.
Nous en sommes
maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède la parole
au chef de l'opposition officielle.
Arcand :
M. le Président, permettez-moi de prendre quelques instants pour souligner le
retour de la vice-première ministre
de son congé de maternité et aussi de féliciter la députée de Taschereau, qui
attend son troisième enfant. Bravo!
le Président, la crise du coronavirus est malheureusement le sujet de l'heure
partout sur la planète. Comme opposition
officielle, nous croyons qu'il faut travailler tous ensemble pour affronter la
situation, et, en ce moment, plusieurs informations
contradictoires, parfois même fausses, circulent au sein de la population. Au
Québec, nous avons quatre cas confirmés,
un cas qualifié de probable, et, comme le directeur national de la santé
publique du Québec l'a confirmé hier, il faut néanmoins s'attendre à une hausse dans les prochaines semaines. Il
faut reconnaître que l'incertitude s'est déjà bel et bien installée chez
plusieurs Québécois. M. le Président, le nerf de la guerre, dans une telle
situation, c'est de bien communiquer l'information de qualité, de rassurer la
population, de promouvoir les bonnes pratiques et aussi de s'organiser. Il faut
aussi faire le plein d'équipements et outiller le personnel. La santé publique
doit coordonner les interventions des municipalités, des écoles, des CHSLD et
des différents employeurs.
Outre,
donc, ce que la ministre de la Santé a annoncé hier, est-ce que le premier
ministre peut nous expliquer les prochaines étapes de son plan de match
pour protéger les Québécois?
Le Président :
M. le premier ministre.
Legault : Oui. M. le Président, je vais me joindre d'abord au chef de
l'opposition officielle pour, évidemment, souhaiter la bienvenue... on
est contents de la revoir, notre vice-première ministre, souhaiter aussi à la
députée de Taschereau et la députée de Rouyn-Noranda, hein, une belle
grossesse.
Donc, M. le
Président, effectivement, le Québec, et comme partout dans le monde, n'a pas
été épargné par le coronavirus ou COVID-19. Avec la ministre de la Santé et le
directeur de la santé publique, on a mis en place un comité qui se réunit deux fois par jour. On a donné des directives, même
des directives auxquelles j'ai dû me plier, donc cesser de donner la main, être capables aussi de se laver... de dire à
tous les Québécois : C'est important de se laver les mains à tous les jours, à toutes les heures, à
toutes les minutes, si c'est possible, parce qu'il semble... Puis c'est
important de le dire, ça ne se
transmet pas seulement par les mains. Et je souhaiterais aussi que les
Québécois portent une attention particulière
aux personnes âgées puis aux personnes vulnérables. On l'a vu dans certains États américains, il y a
plus ou moins de décès, en pourcentage du nombre de personnes infectées,
selon qu'on a des résidences de personnes âgées atteintes, par exemple dans
l'État de Washington, alors qu'on en a moins, par exemple, dans l'État de New
York. Donc, je veux inviter tous les Québécois à être prudents...
Le Président :
En terminant.
M. Legault :
... à se laver les mains et être capables aussi d'épargner les personnes âgées.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand :
M. le Président, ce qui arrive actuellement, c'est que certaines organisations
sportives interdisent les poignées de main. Des magasins désinfectent systématiquement
les paniers. D'autres ont suspendu les voyages, invitent les employés à
travailler à la maison.
Tout ça est bien. Mais est-ce que le
gouvernement va se fier aux initiatives individuelles? Et jusqu'où il va mettre
en place des directives claires et réfléchies?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Legault : Oui. M. le Président,
je pense que ce qui est important, c'est de suivre les recommandations du Dr Arruda, qui est le directeur de la santé
publique. Évidemment, il suit de très près la situation. Par exemple, pas plus
tard qu'hier, il nous disait que ce n'était
pas encore nécessaire d'empêcher les grands événements. Par contre, c'est
possible que, dans les prochains
jours, il nous recommande d'annuler certains événements. C'est important aussi
de savoir qu'on a un plan B,
c'est-à-dire qu'on a prévu... Si la situation s'empire, on s'est assurés que le
réseau de la santé soit prêt. On s'est assurés aussi...
Le Président : En terminant.
M. Legault : ...à ce qu'on ait des
tests qui soient disponibles un peu partout au Québec.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : Vous
savez, M. le Président, on est d'accord, ce sont nos experts en santé publique
qui doivent déterminer, par exemple, sous
quelles conditions les événements peuvent se tenir ou non. On doit fournir
l'information.
Est-ce qu'on
peut s'assurer que les organisations québécoises reçoivent des indications
claires concernant la tenue de ces événements d'envergure?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : Oui. M. le Président, il y a un événement, entre autres, qui
va avoir lieu bientôt, de patinage artistique, un événement qui est international. Je pense, la première chose que fait
le directeur de la santé publique, c'est de faire la distinction entre les événements locaux, où on a
seulement des Québécois qui sont au rendez-vous, et des événements
internationaux, où on peut avoir des personnes qui viennent, entre autres, de
pays qui sont plus infectés, qui viennent à ces événements-là. Donc, la situation est évaluée d'heure en heure par
le département de la santé publique... nous fait des recommandations, et
on suit ces recommandations.
Le Président : Troisième
complémentaire, M. le chef de l'opposition officielle.
Arcand : M. le
Président, on ne peut pas toujours aller cas par cas. C'est maintenant qu'on
doit gérer l'approvisionnement des lingettes de désinfectant et des masques.
C'est maintenant également qu'on doit soutenir la population et surtout outiller le personnel de la santé. Et c'est
maintenant qu'on doit fournir également des directives, des procédures
claires dans nos écoles, nos villes, nos CHSLD et nos entreprises.
À quel moment allez-vous fournir ces directives?
Le Président : M. le premier
ministre.
Legault : M. le Président, ces directives ont déjà été annoncées,
mises à jour à plusieurs reprises par la ministre de la Santé et des Services sociaux. On a, entre
autres, demandé à toutes les personnes au Québec qui ont des symptômes d'appeler le 8-1-1 avant de se rendre dans une
clinique ou un hôpital. Donc, il y a des procédures qui sont mises en place,
la ministre de la Santé les répète, et on va
continuer de le faire au cours des prochains jours, des prochaines semaines.
Le Président : Question
principale, M. le député de Nelligan.
M. Derraji : M. le Président, le
14 février dernier, après déjà quelques jours dans le blocus ferroviaire,
nos entreprises levaient le drapeau rouge
pour que le gouvernement agisse. La présidente des Manufacturiers et
exportateurs du Québec,
Mme Véronique Proulx, disait que c'était assez catastrophique pour les
manufacturiers. Stéphane Forget, de La Coop fédérée, affirmait également, et je le
cite : «Dans [quelques] cas, ce sont des produits frais, [...]qui doivent
être exportés relativement rapidement.»
Le 18 février, nous avons formulé une
question au premier ministre pour que de l'aide aux entreprises soit mise
au pied. Le PM avait dit non. Le
20 février, et suite à notre demande pour un débat d'urgence sur cette
question, le ministre de l'Économie disait : «...je peux
certainement affirmer que l'économie du Québec souffre du blocus présentement.»
Six jours plus tard, le 26 février, le
ministre de l'Économie annonçait enfin qu'il allait mettre une aide sur pied.
M. le Président, en date d'aujourd'hui, il n'y a rien.
Le ministre peut-il
aujourd'hui s'engager sans délai à venir en aide à nos entrepreneurs?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
Fitzgibbon : M. le Président, nous sommes totalement en accord avec le
besoin d'agir quand ça va être requis, autant au niveau du blocus qu'au niveau
du coronavirus. Ce qu'on note, évidemment, c'est qu'il y a trois impacts
sur les sociétés. La première, c'est
l'emploi. On a des gens qui vont probablement perdre leur emploi. Mon collègue
au Travail est au dossier
présentement. Deuxièmement, des compagnies qui n'ont pas les intrants pour
pouvoir produire, donc elles arrêtent
de produire. On suit ça de très près. Et, troisièmement, évidemment, les
sociétés qui ne peuvent pas vendre leurs produits parce qu'il y a...
faute de moyens de transport ou faute de marchés.
Alors,
au moment où on se parle, on fait l'inventaire avec le ministère de l'Économie
de toutes les entreprises qui sont
susceptibles d'avoir des problèmes de liquidités et, dans les prochaines
heures, nous allons annoncer un programme, qui est déjà en place parce que nous
avons agi dans le passé sur la question du bois d'oeuvre, par exemple, ou sur
la question de l'aluminium ou de
l'acier. Donc, le programme est déjà en place et il va être annoncé dans les
heures ou jours qui vont suivre.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Nelligan.
Derraji : M. le Président, les entreprises du Québec en paient les
frais, de l'incapacité du gouvernement de dénouer la problématique. Les Manufacturiers et exportateurs du Québec
évaluent qu'ils ont eu des pertes financières importantes. 28 % des entreprises ont dû diminuer leur production.
L'entreprise Flexpipe, une PME de Farnham, a même évalué ses pertes à
plus de 200 000 $. Ça, pour une PME, c'est souvent la différence
entre la survie et la fermeture.
Qu'attend le
gouvernement caquiste pour agir au bénéfice des PME partout au Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Bien, je réitère ce que je viens de dire, nous sommes... Depuis le début du
blocus, qui est maintenant terminé,
nous avions entre 50 et 100 appels par jour avec des sociétés québécoises pour
comprendre l'implication ou l'impact,
je devrais plutôt dire, sur les entreprises. Il n'y a pas eu, à date, de cas
catastrophiques, d'urgence, mais on sent... Le coronavirus... clairement, on
l'a vu hier avec les marchés financiers, il y a un climat d'incertitude.
J'étais, hier soir, avec plusieurs
«CEO» du Québec, et on voit qu'il y a une réticence à vouloir investir. Donc,
c'est clair que, présentement, il y a
un enjeu qui nous concerne beaucoup, et c'est pour ça que le programme qui est
déjà en place va être élargi pour pouvoir couvrir ce qui va être affecté par la
pandémie.
Le Président :
En terminant.
M. Fitzgibbon :
Et je pense que, dans les prochaines heures, tout le monde devrait être
satisfait de ce qu'on va annoncer.
Le Président :
Une deuxième complémentaire, M. le député.
M. Derraji :
M. le Président, les Manufacturiers et exportateurs du Québec, la Fédération
des chambres de commerce du Québec et le milieu agricole ont demandé qu'il y
ait quelque chose de fait. L'inaction de la ministre du Développement économique régional nuit à la santé économique de nos
entreprises en région, principalement nos PME.
Où est le plan de la
ministre pour soutenir nos PME en région? Il est urgent, M. le Président, qu'il
prenne ses responsabilités en matière d'économie régionale.
Le Président :
M. le ministre de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Je peux rassurer le député de Nelligan que non seulement ma collègue au
Développement économique régional, mon
collègue au Travail... on est en discussion étroite depuis maintenant plus de
trois semaines. Donc, je suis totalement
à l'aise de dire que nous sommes à l'écoute, il n'y a pas une société
québécoise qui n'a pas accès à un des
ministères. Donc, comme j'ai dit tantôt, nous allons être prêts. Nous sommes
prêts à agir. Et, je pense, la population et les entreprises ont très confiance qu'on va être capables de résoudre
des enjeux qui sont, on espère, circonstanciels.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy :
M. le Président, le vol de données, c'est un véritable fléau. On a connu
l'affaire Desjardins, qui, à toutes
fins pratiques, a touché l'ensemble des Québécois, mais depuis il n'y a pas une
semaine qui passe sans une fuite de
données. Au lieu de donner un mandat d'initiative élargi pour étudier les
meilleures pratiques tant dans le secteur public que privé, le ministre
a préféré concocter lui-même une solution, une identité numérique d'ici la fin
de l'année 2020. Selon lui, ce serait la meilleure façon de faire, c'est-à-dire
la reconnaissance faciale ou la reconnaissance vocale. Le problème, c'est qu'en ce moment c'est le far west
dans l'industrie privée, qui collecte déjà la reconnaissance vocale dans
le secteur bancaire. Mais aussi on a vu Bell, désormais, qui décide de faire
non pas Internet en continu, mais de la reconnaissance faciale en continu pour
mieux nous suivre et vendre nos données au secteur privé.
Alors,
en ce moment, il y a une seule chose à faire, imposer un moratoire le temps
d'étudier correctement cette nouvelle technologie. Est-ce que le
ministre est prêt à le faire?
Le Président :
M. le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale.
Caire : Oui, merci, M. le Président. Bien, d'abord, je trouve ça un peu particulier, la question de
ma collègue, qui dit, là, qu'on est
victimes de vols de données récemment parce
que tous les cas qui ont été
répertoriés se sont produits entre 2014 et 2018. Je veux juste lui
signaler ça.
là je trouve ça intéressant, M. le
Président, parce qu'on a vécu 15 ans de cybercoma de la part du gouvernement libéral, et aujourd'hui, là, on commence à s'éveiller à ce concept-là qu'il faut protéger les
données les Québécois. Bien, nous, ça fait déjà un certain temps qu'on le sait. J'étais assis de
l'autre côté puis je demandais à plusieurs personnes qui sont assises là d'agir, ce
qu'ils n'ont pas fait.
Alors, qu'est-ce que
nous, on a fait? Premièrement, on a procédé au programme de consolidation de
nos CTI. Pourquoi? Parce qu'il y a tellement de sites sur lesquels on entrepose les données que d'en
assurer la sécurité, la pérennité et l'efficacité, c'est à peu près
impossible. Donc, ça, on fait ça présentement.
Deuxièmement,
l'identité numérique, je veux juste signaler à ma collègue que c'est demandé
par l'ensemble de la société parce que
les moyens d'identifier et d'authentifier nos concitoyens, notamment le numéro d'assurance sociale,
c'est hyperdésuet. Donc, nous, on veut amener le Québec dans la modernité.
Le Président :
En terminant.
Caire :
C'est exactement ce qu'on fait.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
L'utilisation de la reconnaissance faciale par les corps policiers crée
plusieurs enjeux majeurs. Raffiner
les techniques d'enquête policière, évidemment, nous sommes tous d'accord, mais
tout démontre que la technologie n'est
pas à point et cause des injustices à d'honnêtes citoyens, dont le profilage
racial, les erreurs sur la personne et des atteintes à la vie privée.
Les risques sont énormes, et le gouvernement fait comme si tout allait bien.
comprend clairement que le ministre ne veut pas de moratoire, mais la ministre
de la Sécurité publique, aussi vice-première ministre, peut-elle en
décréter un?
Le Président :
Mme la ministre de la Sécurité publique.
Mme Guilbault : Oui, merci, M. le Président. Bien, je vais saluer
la députée de Vaudreuil, que je suis très heureuse de retrouver, de même que tous les collègues,
d'ailleurs, et sur un sujet qui est effectivement très pertinent. On sait ce
qui s'est passé à
Ottawa sur cette utilisation d'un logiciel à la demande du NPD, et tout ça, et
c'est une question qui est effectivement,
justement, très importante, une question qui touche plusieurs ministères, dont
le mien, dont la Justice, dont la
protection des données personnelles, dont la sécurité de l'information aussi.
Alors, on travaille tous de concert, d'où le fait qu'on était plusieurs à vouloir se lever pour répondre, donc. Et
c'est aussi un sujet qu'on va aborder dans le cadre de la consultation — donc, vous savez qu'elle est en cours — à la suite du dépôt de mon livre vert en
décembre dernier. Cette consultation se déroule...
Le Président : En terminant.
Mme Guilbault :
...et c'est un sujet qu'on abordera dans le cadre de la consultation.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Nichols :
Alors, pendant que les villes de partout en Amérique du Nord mettent les freins
sur le système de reconnaissance
faciale, le temps d'encadrer le tout, nous, ici, au Québec, nous avons la
Sûreté du Québec qui lance un appel
d'offres pour acquérir un logiciel et la police de Montréal qui refuse toujours
de dire si elle utilise ce type de logiciel.
La protection
d'honnêtes citoyens et de leur vie privée,
c'est la responsabilité de la ministre. S'engage-t-elle à décréter un moratoire,
oui ou non?
Le Président : Mme la ministre
de la Justice.
Mme LeBel : Merci, M. le
Président. Écoutez, je pense qu'il faut tout d'abord commencer par rassurer la population.
Présentement, il y a trois lois au Québec qui encadrent le
recours à la biométrie, O.K., la
loi sur l'accès, la
loi sur le privé et
la loi qui concerne le cadre juridique des technologies de l'information, qui a
justement des mesures particulières concernant l'accumulation de données
biométriques.
Donc, il y a
présentement une protection. Nous allons présenter, dans les prochaines
semaines, un projet de
loi sur la
protection des renseignements personnels, parce que les données biométriques,
il faut le dire, ce sont des renseignements personnels d'abord et avant
tout, qui vont venir renforcer les actions de la Commission d'accès à
l'information.
Le Président : En terminant.
Mme LeBel :
Présentement, les projets de reconnaissance faciale sont soumis à un examen de
la Commission d'accès à l'information, alors laissons-la faire son
travail.
Le Président : Question
principale, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. Hier, le prix du pétrole a connu sa pire chute depuis
1991, ça a entraîné les marchés dans
un krach historique. On dit souvent que la bourse, c'est comme le yoyo, mais
hier, c'est qui qui swignait le yoyo
en question dans tous les sens, M. le Président? Bien, c'est encore le cartel
du pétrole, l'Arabie saoudite en tête.
Et ce qui est
un problème, c'est que les Québécois risquent encore de payer le prix de ces
combats de coqs, parce qu'aux dernières nouvelles, la Caisse de dépôt et
de placement du Québec détient plus de 15 milliards de dollars dans le
pétrole, le gaz et le charbon, continue à investir dans le pétrole. Ce n'est
pas juste, donc, irresponsable sur le plan environnemental,
c'est aussi laisser le cartel du pétrole jouer au yoyo avec le bas de laine des
Québécois. Le krach d'hier démontre,
s'il fallait encore le démontrer, que le risque d'investir dans les énergies
fossiles n'en vaut plus la chandelle.
Est-ce que le
président du Conseil du trésor va enfin demander à la Caisse de dépôt et de
placement du Québec de désinvestir progressivement, mais maintenant, des
hydrocarbures?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Fitzgibbon :
Écoutez, M. le Président, je vais parler au nom de mon collègue le ministre des
Finances, qui est responsable pour la Caisse de dépôt. Tout ce que je peux
dire, c'est que le nouveau président de la Caisse de dépôt, M. Émond, il est parfaitement conscient des
enjeux que tous les investisseurs institutionnels dans le monde font face, à
savoir dans quelle énergie de transition ils
vont investir, et il nous a promis qu'il était pour se pencher sur la question
et d'avoir une politique qui serait mise à jour.
Donc, on va faire le message et on va
rester à l'écoute des enjeux de la Caisse de dépôt, qui doit, en même temps,
avoir des rendements puis, en même temps,
être environnementalement responsable. Alors, je pense qu'on est heureux de
voir l'approche qu'ils prennent, et laissons au président de la caisse
d'arriver avec ses recommandations.
Le Président :
Première complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois :
M. le Président, je ne pense pas que ce qu'on demande au gouvernement, c'est de
passer le message. Ce qu'on demande au gouvernement, qui prétend faire
aujourd'hui même, avec son budget, un tournant environnemental, c'est d'avoir
le leadership nécessaire. On ne leur demande même pas de sauver la planète,
mais un gouvernement où il y a autant de
banquiers devrait au moins comprendre
le risque financier que ça représente de continuer à investir dans les hydrocarbures. Warren Buffett
l'a compris avec GNL Québec, BlackRock l'a compris avec le charbon.
Est-ce que
le gouvernement va protéger l'épargne des Québécois,
c'est sa responsabilité, et demander à la Caisse de dépôt de
sortir...
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, merci, M. le Président. Écoutez, je suis heureux que le leader du deuxième
groupe d'opposition reconnaisse que, dans le
cadre du budget que mon collègue des Finances déposera dans à peine
1 h 20 min... il reconnaît les avancées environnementales
que nous faisons et le choix d'avoir une économie verte, M. le Président. Et ça, c'est un choix courageux que nous faisons,
et nous sommes heureux que Québec
solidaire appuie cette mesure et
reconnaisse que la CAQ mettra les
investissements nécessaires pour s'assurer que notre économie
progresse, qu'elle puisse continuer à
croître tout en s'assurant de faire plus pour l'environnement, M. le Président. Et, en ce sens-là, la Caisse de dépôt est un organisme qui est indépendant, M. le Président. Et, oui, elle gère le bas de laine des Québécois, il faut
s'assurer qu'elle puisse progresser...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette :
...qu'elle puisse croître également, tout en s'assurant du respect de l'environnement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Nadeau-Dubois : Très intéressante dissertation de la part du leader du gouvernement, c'est juste dommage qu'il n'ait pas parlé du sujet de ma question,
c'est-à-dire le désinvestissement de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans les hydrocarbures. Quand on a questionné le premier ministre, l'autre fois, sur les exigences de contenu local, il nous disait qu'il
serait fort puis qu'il exigerait de la Caisse dépôt et de placement qu'il y ait
du contenu local dans ses contrats d'infrastructures.
Pourquoi il n'y a pas
l'ombre de la moitié de 1 % de cette fermeté-là quand vient le temps de
demander de désinvestir des hydrocarbures?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : M. le Président, c'est très clair que le
président de la Caisse de dépôt regarde les options qui s'offrent à lui. Il doit faire une gestion
responsable, également, du bas de laine des Québécois, et ça, M. le Président,
je pense que les Québécois
s'attendent à cela. Il y a des investissements qui sont faits actuellement, la
Caisse de dépôt va investir également
dans plusieurs autres formes d'investissements aussi, le député de Gouin le
sait très bien. Donc, les placements
migrent parfois selon les différents cycles, et il y a des orientations qui
sont prises par la Caisse de dépôt afin de s'assurer d'avoir une pérennité au niveau des caisses de retraite. Il
faut comprendre que la stabilité du bas de laine des Québécois est extrêmement importante, M. le
Président, et je suis convaincu que le président de la Caisse de dépôt écoute
nos débats...
Le Président :
En terminant.
M. Jolin-Barrette :
...et entend les commentaires du député de Gouin.
Le Président :
Question principale, M. le député de Rimouski.
M. LeBel : J'aimerais souligner la présence, dans les
tribunes, d'intervenants de Rimouski,
d'élus et d'intervenants, de patients de cardiologues qui sont dans nos
tribunes.
L'hémodynamie est une technique permettant de
débloquer les artères du coeur en cas d'infarctus, donc de limiter des
dommages. Chaque année, plus de 1 400 patients de l'Est du Québec ont
recours à ce type de soin. Pour ce faire, ils doivent se rendre à
Québec. Certains, trop instables, décèdent lors du transfert, d'autres vivront
avec des séquelles permanentes en raison du délai d'intervention.
Vous
savez ce que ça veut dire, la centralisation? Accès à l'hémodynamie,
c'est ici, en plein centre. Tout l'Est du
Québec, on n'a rien. C'est ça, la centralisation. Je sais la résistance au
ministère de vouloir toujours garder en plein centre puis ne pas donner de
services dans les régions. On nous dit que c'est la science qui dit qu'il faut
garder ça dans le centre. Bien, ici,
j'ai une lettre des médecins de chez nous qui réfutent cette affaire-là. J'ai
les élus du Bas-du-Fleuve et toute la Gaspésie qui réfutent cette
affaire-là. Je dépose les deux lettres.
demande à la ministre : Est-ce qu'elle peut convenir que ça n'a pas de
sens que tout l'Est du Québec, on n'a pas accès à un service de
proximité qui peut sauver des vies à des gens qui ont des problèmes de coeur?
Président : Consentement pour le dépôt des documents?
Consentement. Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Oui, M. le Président. D'abord, on est très sensibles à la demande de la
communauté du député, évidemment. Et
je me suis d'ailleurs moi-même rendue dans la région, j'ai rencontré les
personnes impliquées dans cette demande,
les citoyens et les membres de l'équipe médicale, avec le député présent, mon
collègue. Et il fallait faire une analyse
très serrée, très approfondie. D'ailleurs, nous avons pris beaucoup de temps
pour le faire, pour vraiment tourner toutes les pierres. Et il faut s'assurer,
évidemment, de la qualité du service, et on a des indicateurs très importants
dont il faut tenir compte. Par exemple, la
situation actuelle, la moyenne québécoise de taux de mortalité d'infarctus est
de 5,5 % au Québec, la moyenne canadienne est à 6,1 %. Pour
les patients du Bas-Saint-Laurent, elle est à 5 %, et c'est dans la situation actuelle. Donc, les patients qui le
requièrent, qui ont besoin d'interventions plus spécialisées vont à l'Institut
universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
Mais évidemment il y a beaucoup de patients qui sont desservis à Rimouski.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rimouski.
M. LeBel :
Là, on commence à être à bout. Ça fait longtemps, c'est un dossier qui est
suivi depuis 20 ans. Là, on veut
savoir, c'est oui ou c'est non? Puis ce qu'on sent, c'est que toute la question
par rapport à la science... Les gens à
Rimouski, dans la région, on a ce qu'il faut pour offrir le service, on vous
l'a démontré je ne sais pas combien de fois. À un moment donné,
qu'est-ce qu'il faut faire de plus? C'est une question d'occupation de notre
territoire. C'est une question de prendre soin de notre monde dans les régions
du Québec. Et, c'est ça, on ne peut pas croire qu'il faut absolument que les gens de tout l'Est du Québec
aillent à Québec pour faire en sorte que ça fonctionne juste à Québec.
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Oui. M. le Président, je veux assurer mon collègue que cette évaluation-là a
été faite vraiment de façon très
rigoureuse. Par exemple, il faut qu'il y ait un centre à proximité qui fasse de
la chirurgie cardiaque quand on implante de l'hémodynamie, ce qui n'est
pas le cas à Rimouski.
Autre
chose aussi, c'est qu'après vérification il apparaît que la région de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine ne souhaite pas que ces services... ou,
enfin, souhaite que ces services soient maintenus à l'institut de cardiologie
et de pneumologie de Québec. Mais la raison principale, M. le Président, c'est
la qualité du service, la qualité. Parce que moi-même, je suis pour les
services de proximité...
Le Président :
En terminant.
Mme McCann :
...mais pas aux dépens de la qualité.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député.
M. LeBel :
On nous a dit, ce midi, qu'on avait besoin du volume des gens de l'Est du
Québec pour faire en sorte d'offrir
le service à Québec. Ça n'a pas de bon sens que nous autres, on serve à offrir
le service à Québec. On veut avoir un
service de proximité. Les gens savent que j'allais poser la question
aujourd'hui. Je ne me suis pas caché, ça fait une semaine, là, qu'on fait aller l'affaire. Là,
j'entends les téléphones de Québec au CISSS, dans le Bas-du-Fleuve, en
Gaspésie, pour leur dire : Non,
non, non, là, dites à votre monde que ça n'a pas de sens d'avoir un service à
Rimouski, puis on va mettre du monde, des vies en danger si on va à
Rimouski.
Moi,
je vous demande d'arrêter tout ça, de s'asseoir avec notre monde pour avoir un
processus pour faire en sorte qu'on arrive à une salle d'hémodynamie à
Rimouski puis qu'on protège...
Le Président :
Mme la ministre de la Santé et des Services sociaux.
Mme McCann :
Bien, M. le Président, on n'a pas ménagé nos efforts pour vraiment avoir un
dialogue avec les gens de Rimouski. D'ailleurs, notre sous-ministre
adjointe aux affaires hospitalières et universitaires a eu une longue conversation avec les gens de Rimouski, avec
l'établissement, les médecins pour vraiment bien expliquer l'évaluation
qui a été faite, notamment par notre
Institut national d'excellence en santé, M. le Président, et c'est des données
probantes. Évidemment, on ne peut pas
faire fi de la science et il faut aussi s'assurer de la qualité de services.
Quand on parle de taux de mortalité, c'est très important d'en tenir
compte, M. le Président.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
Je vous remercie, M. le Président. Dans quelques minutes, après cette période
de questions, se tiendra le débat sur
le rapport sur les pesticides. Un travail colossal a été fait lors des
consultations. Nous avons reçu plus
de 75 mémoires et plus de 750 recommandations. Nous avons même
traversé l'Atlantique pour étudier les meilleures pratiques en France et
en Belgique.
Pourtant,
M. le Président, est-ce que le rapport est digne du travail qui a été effectué?
La réponse est non. Après des travaux parlementaires qui ont été
excessivement difficiles, notamment — puis je le dis en toute bonne
foi, M. le Président — par l'action des députés de la banquette
gouvernementale, on a été incapables de livrer un rapport avec des recommandations fortes. Durant les consultations,
MM. Giard et Chouinard, qui sont des agriculteurs et des agronomes
qui sont tous deux atteints de la maladie de Parkinson, sont venus nous livrer
un vibrant plaidoyer sur le fait que leur maladie
n'est pas reconnue comme une maladie professionnelle, avec toutes les
conséquences économiques que ça peut engendrer.
ministre de l'Agriculture a dit qu'il s'inspirait du rapport. J'espère qu'il
fera mieux. Peut-il répondre au cri du coeur de MM. Giard et Chouinard?
Le Président :
M. le ministre de l'Agriculture.
M. Lamontagne :
M. le Président, bien heureux de la question de la collègue de Maurice-Richard. D'abord et avant tout, lui rappeler que toute la
question de l'utilisation judicieuse des pesticides, c'est quelque chose qui
interpelle notre gouvernement profondément puis qui m'interpelle
profondément, puis c'est pour cette raison qu'on a lancé la CAPERN sur
l'utilisation des pesticides.
Ceci
étant dit, il y a un travail très, très sérieux qui a été fait. Il y a
75 mémoires qui ont été déposés, il y a 28 ou 29 groupes qui ont été
entendus en commission parlementaire. Et, au fil des mois, là, je peux vous
assurer d'une chose, c'est qu'au
ministère on a pris note, pris connaissance de tous les mémoires qui ont été déposés, de tout ce qui a pu être
exprimé en commission.
Et puis une chose qui
est certaine, M. le Président, c'est que, peu importe la façon dont mes
collègues de la commission ont pu s'entendre, la forme qu'ils ont pu décider
de donner pour conclure leurs travaux, je veux simplement vous rassurer, M. le Président, que tout ce qui a été dit a été bien noté. Et je peux vous assurer que
j'ai annoncé qu'on allait présenter
bientôt un plan d'agriculture durable
et que ce plan-là, M. le Président, va certainement prendre en compte...
Le Président : En terminant.
M. Lamontagne :
...les meilleures suggestions qui ont été présentées lors de la commission.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Maurice-Richard.
Mme Montpetit :
M. le Président, j'entends les belles paroles du ministre, mais à moins qu'il
m'informe que c'est lui qui va
réformer la
loi sur les maladies professionnelles, je pense qu'encore... c'est
son collègue derrière, donc, qui a annoncé, il y a plus de 10 mois,
en juin l'année dernière, qu'il allait le faire.
Moi,
j'aimerais ça vous rappeler, M. le Président, qu'il y a près de
400 agriculteurs au Québec qui souffrent de la maladie de
Parkinson, qu'il y a des conséquences économiques, qu'ils ne peuvent pas travailler,
qu'ils attendent une réponse maintenant. La
situation, elle est urgente. Ils veulent que la maladie soit reconnue, ils
veulent une compensation.
Est-ce que le
ministre peut s'engager à déposer son projet de loi d'ici la fin de la session?
Le Président :
M. le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale.
M. Boulet :
Merci, M. le Président. Effectivement, on est à faire une réflexion, à la
compléter, sur une modernisation des deux lois qui nous gouvernent en
matière de santé et sécurité, et ça s'en vient.
Évidemment, la
maladie de Parkinson fait l'objet d'études qui démontrent parfois un lien de
causalité entre l'utilisation des pesticides
et cette maladie qui est quand même assez importante. Il est toujours possible
à quelqu'un, un travailleur, un agriculteur de présenter une réclamation à la
commission des normes, santé et sécurité du travail et d'établir un lien de causalité entre la maladie et
l'utilisation des pesticides ou de faire la démonstration que c'est caractéristique
de son travail ou relié aux risques de son travail. Merci, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée.
Mme Montpetit :
M. le Président, le ministre nous a fait exactement la même réponse le
15 juin 2019 en cette Chambre.
Je comprends que sa réflexion, elle est longue, là, mais il faudrait qu'il
agisse, il faudrait qu'il prenne une décision. Il y a des conséquences économiques
pour des gens qui sont directement atteints. Et je ne sais pas ce que je dois croire de ce qui m'est dit présentement par le
ministre, quand ses propres collègues les députés ont refusé d'aller de l'avant
dans le rapport et ont refusé de reconnaître
la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle pour les agriculteurs.
Et je trouve ça déplorable, ce que j'entends aujourd'hui, sachant qu'encore...
Président : M. le ministre. Puis je vais vous demander d'être
prudents dans vos propos également, de faire passer vos idées en fonction des mots qui sont toujours respectueux ici,
vous savez comment ça fonctionne. M. le ministre de l'Emploi, vous avez
la parole pour la réponse.
M. Boulet :
Merci, M. le Président. Un petit rappel historique à ma collègue, la loi santé
et sécurité date de 1979, la
Loi sur les accidents de travail date de 1985. Il n'y a pas eu de réforme majeure, il n'y a
pas eu de correction substantielle. Les
maladies professionnelles présumées qui sont dans la
Loi sur les
accidents de travail et les maladies professionnelles sont
demeurées les mêmes depuis cette époque-là, c'est la raison pour
laquelle cette modernisation s'impose. On est là depuis un an et
quelques mois. On va déposer un projet de loi incessamment. Soyez attentifs, et
on va répondre à vos interrogations. Merci, M. le Président.
Le Président :
Question principale, M. le député de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci,
M. le Président. La crise du logement
frappe partout au Québec. Aujourd'hui même, à Gatineau,
on apprend que des dizaines de familles se retrouvent sans logis
permanent. Dernièrement, j'ai visité des locataires du quartier
Parc-Extension à Montréal avec la ministre de l'Habitation. Elle a rencontré
des familles menacées de rénoviction par des spéculateurs immobiliers, un phénomène
qui prend de l'ampleur, une ampleur sans précédent.
L'année
dernière, la CAQ a construit seulement 835 logements sociaux. Pourtant, elle avait
promis de livrer les 15 000 logements approuvés par les
libéraux. 835 sur 15 000, c'est une goutte dans un océan. Le Québec a
besoin d'une intervention forte de l'État pour résoudre la crise et
assurer un toit décent aux familles québécoises.
Est-ce que la
ministre peut annoncer aux milliers de mal-logés au Québec que le budget
d'aujourd'hui permettra de construire au moins 5 000 logements
sociaux dès cette année?
Le Président :
Mme la ministre des Affaires municipales et de l'Habitation.
Mme Laforest :
Oui, merci, M. le Président. Je remercie mon collègue d'apprécier, justement,
et de dire que, oui, on est allés
visiter des familles qui étaient aux prises avec le problème de reprise de
logement. Maintenant, je peux le dire
tout de suite aujourd'hui à tout le monde, à tous les gens qui sont ici, que
les familles sont relogées. On a communiqué avec votre bureau ce matin, d'ailleurs. Alors, le travail est très, très
proactif parce que... C'est bien, parce que je suis allée, oui, visiter les familles, je suis allée sur le
terrain, je suis toujours sur le terrain, d'ailleurs, pour les familles qui ont
besoin d'habitations comme celles qui
se croient évincées. Alors, évidemment, dans toutes les statistiques de la Régie
du logement, qui sera maintenant le
Tribunal administratif du logement, nous prenons en compte les familles qui se
sentent évincées. Elles peuvent faire
une demande à la Régie du logement, et les demandes sont en urgence. Comme vous
pouvez le voir tout de suite, on a déjà relogé des familles qui ont fait
des demandes le 21 février, alors, vraiment, on est proactifs.
Puis ne soyez
pas inquiet, notre but, c'est de donner les loyers qui ont été promis dans le
passé, les 15 000 logements qui n'ont pas été livrés, et nous
allons les livrer, M. le Président, avec plaisir.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député.
M. Fontecilla :
Je remercie la ministre d'avoir réglé le problème de quelques familles, mais il
s'agit de centaines de milliers de
familles dont on parle. Toutes les provinces du Canada ont reçu des milliards
de dollars du gouvernement fédéral pour financer le logement social. Cet
argent-là appartient aux Québécois. Pourtant, les mal-logés du Québec attendent
toujours cet argent.
La ministre
peut-elle nous assurer que l'argent du fédéral va servir à construire des
nouvelles unités de logement social et non pas simplement à payer pour
les 15 000 unités de logement déjà promises?
Le Président : Mme la
ministre de l'Habitation.
Mme Laforest :
Oui. Je remercie mon collègue. Maintenant, je peux dire que les négociations
vont quand même très, très bien avec
le gouvernement fédéral et la stratégie du logement. Bien entendu, on a
travaillé depuis un an et demi pour, justement, essayer d'avoir une
bonne négociation avec le gouvernement fédéral. Bientôt, on aura des annonces à faire, vous ne serez pas déçu non plus.
Maintenant, vous comprendrez que, dans toute cette négociation-là, quand vous
parlez de la stratégie fédérale du logement,
il faut reconnaître la compétence provinciale, ce qui est essentiel pour notre
gouvernement. Alors, oui, les mesures sont
prises, les négociations vont très bien. Il y a encore des rencontres cette
semaine, je peux vous le dire, et il y aura des annonces. Maintenant, je
crois qu'en un an et demi...
Le Président : En terminant.
Mme Laforest : ...on va livrer,
depuis très, très longtemps, ce qui aurait dû être livré. On va le faire.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie :
Il y a des dizaines de milliers de femmes, actuellement, qui vivent avec un
conjoint violent et qui ont peur d'être la prochaine sur la liste des
féminicides. Elles savent qu'elles sont en danger, mais elles ont peur de se retrouver à la rue si elles partent parce qu'elles
ne réussissent pas à se trouver un logement abordable pour se mettre en
sécurité avec leurs enfants. Et pour soutenir ces femmes-là on ne peut pas
seulement créer plus de places en maisons d'hébergement, il faut aussi les
aider à se reloger à un coût abordable.
Si je
présentais ces femmes-là à la ministre, est-ce qu'elle comprendrait mieux
l'urgence d'investir massivement dans le logement social partout au
Québec?
Le Président : Mme la
ministre de la Condition féminine.
Mme Charest :
Merci, M. le Président. Évidemment, toute la situation des violences conjugales
a fait l'objet de beaucoup de
couverture médiatique dans les derniers temps. Le premier ministre m'a donné un
mandat de coordonner de meilleure façon l'action que nous mettons en
place pour, justement, contrer ces luttes, pour contrer la violence conjugale.
Nous aurons un budget qui sera déposé tout à l'heure, où les efforts que nous
avons faits, des efforts de concertation
immenses que nous avons faits avec l'Habitation, avec la Sécurité publique,
avec la Santé, avec la Justice, avec le Travail, avec la
Famille, en fait les différents ministres qui interviennent dans ce dossier...
Nous avons travaillé très fort pour sécuriser les femmes.
Le Président :
Question principale, M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Birnbaum :
M. le Président, en gestion de crise, le leadership se démarque par les liens
de confiance qu'on aurait bâtis, les
gestes concrets qu'on aurait posés, les connaissances profondes qu'on aurait
acquises. Le silence quasi total de
la ministre responsable des Affaires autochtones depuis les six dernières
semaines est très révélateur à ce sujet. La ministre s'explique ainsi, et je la cite : «Quand on a un dossier
où on parle d'économie, [du transport], ça doit être porté par le premier ministre. Ça ne veut pas dire que parce que
je n'étais pas devant les caméras [que je ne] travaillais pas.» Le leadership... Vous êtes devant les caméras maintenant,
Mme la ministre. Après les Wet'suwet'en, il y a
des enjeux énormes auxquels vous devez faire face, de nation à nation,
avec nos partenaires autochtones.
Où étiez-vous? Où
êtes-vous, Mme la ministre? C'est les leaders autochtones qui vous posent la question.
Président : Je vous
demande de toujours vous adresser à la présidence. Mme la ministre des Affaires autochtones.
Mme D'Amours :
Merci, M. le Président. Bien, où est-ce que j'étais? J'étais derrière mon
bureau avec mon téléphone puis je parlais
aux gens. Si le député de D'Arcy-McGee trouve que, pour avoir du leadership, il faut
être devant les kodaks, moi, ce n'est pas mon avis. C'est un dossier
auquel il y a eu plusieurs ministères qui ont été interpelés : naturellement,
le ministère des Affaires autochtones, il y a eu le ministère du Transport, le ministère
de l'Économie.
Et donc, quand ça
touche plusieurs ministères et qu'en plus le problème n'est pas au Québec, mais
il est en Colombie-Britannique, il reste qu'il faut qu'on ait un leadership au niveau
provincial, et c'est le premier
ministre qui doit prendre ce
dossier. S'il ne l'avait pas pris, je suis convaincue que, là, on dirait que le
premier ministre n'a pas eu de leadership.
Là, maintenant, c'est moi qui n'a pas de leadership parce que
ce n'était pas moi qui étais devant les caméras.
Bon,
si on peut penser que je n'étais pas présente devant les caméras, je peux vous
assurer que j'étais derrière mon bureau, que j'étais sur le terrain, que
j'ai téléphoné à des gens, que j'étais en contact avec des gens...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme D'Amours :
...et mon travail a été fait. Merci, M. le Président.
Président : Première complémentaire. Pas de sifflements, s'il vous plaît, et pas de commentaires. Question, réponse. À vous la parole, M.
le député de D'Arcy-McGee, première complémentaire.
M. Birnbaum : Au téléphone avec qui? Selon le porte-parole du grand chef Joe Norton, de Kahnawake : «Elle ne nous a pas contactés du tout. Elle n'a joué
aucun rôle dans ce qui est arrivé ici.» Le grand chef Ghislain Picard :
«Elle fait les engagements légers,
mais, pour tout ce qui semble se corser ou nécessiter un positionnement
politique, elle s'en dégage.»
Comment
est-ce que la ministre va-t-elle maintenant rétablir la
confiance entre elle et les leaders autochtones?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Affaires autochtones, la parole n'appartient
qu'à vous.
Mme D'Amours :
M. le Président, j'étais en contact avec plusieurs personnes. La personne que
le député de D'Arcy-McGee semble nous présenter, c'est une dame dont je ne
connais pas le nom, et effectivement je ne lui ai pas parlé à elle, mais j'ai
parlé à d'autres personnes. On parle toujours de Kahnawake, mais il y a eu
aussi des blocus à Kanesatake, il y a
eu des blocus à Wemotaci, il y a eu
des blocus à Listuguj. Alors, il
aurait peut-être fallu que le député de D'Arcy-McGee prenne
des informations aussi à d'autres endroits et qu'il parle à certaines personnes
qui m'ont parlé. Et j'ai aussi parlé, aussi,
à Marc Miller tous les jours, jusqu'aux petites heures du matin, pour essayer
de trouver une solution.
Président : J'entends des commentaires, je ne le souhaite pas,
ni, non plus, des sifflements, je vous l'ai dit
il y a deux instants, mais des commentaires. La parole n'appartient qu'à vous,
M. le député, pour votre complémentaire.
Birnbaum : M. le Président, à un moment donné, on va passer à l'action. Le grand chef Picard l'a
dit, il faudrait maintenant rétablir les ponts. Ça commence par la suite
du rapport Viens et le rattrapage énorme à faire sur les disponibilités des
services publics de qualité aux communautés autochtones.
La ministre
responsable a-t-elle convaincu son collègue des Finances d'inclure des gestes
tangibles et urgents dans son budget d'aujourd'hui pour assurer une réponse
concrète, consensuelle et compassionnée au rapport Viens?
Le Président :
Mme la ministre responsable des Affaires autochtones.
Mme D'Amours : M. le
Président, on a eu des blocus
ferroviaires, et, cette situation-là, eh bien, c'est le gouvernement fédéral qui a eu... En fait,
cette situation-là émane d'un laxisme depuis 30 ans, depuis
la crise d'Oka. Depuis 30 ans, il ne s'est rien passé, et maintenant
il faut régler la situation.
Donc,
je suis en constante communication avec mon vis-à-vis au fédéral et je
peux rassurer le collègue que cette question
va être soulevée. Naturellement, on a deux rapports. Je n'ai pas attendu le
blocus ferroviaire pour commencer à travailler sur les deux rapports...
Le Président :
En terminant.
Mme D'Amours :
...ça fait déjà plusieurs mois. Et il était invité et présent.
Le Président :
Question principale, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis. À vous la parole.
Maccarone : M. le Président, dimanche dernier, un peu partout dans le
monde, on célébrait la journée internationale des droits de la femme. Au même
moment, au Québec, des milliers de femmes, des entrepreneurs, des responsables de services éducatifs étaient réunies
afin d'étudier la dernière offre du gouvernement, un réseau composé de 99 % de femmes. Le gouvernement leur offre 12,48 $ de l'heure, c'est
0,06 $ de plus qu'avant, c'est moins que le salaire minimum. Ça, c'est l'offre finale du gouvernement. La réponse a été sans appel. Le 1er avril,
10 000 responsables de services éducatifs tomberont en grève
générale illimitée, le seul recours possible. Le 1er avril, c'est demain, M.
le Président. 60 000 enfants se retrouveront sans service de garde.
Peut-il s'assurer de
façon plus sérieuse que le gouvernement reconnaisse la juste valeur de ces
femmes?
Le Président :
M. le ministre de la Famille.
Lacombe : Merci beaucoup, M. le Président. Bien, d'emblée, je peux tout de suite vous dire
qu'on reconnaît le travail
exceptionnel des éducatrices en milieu familial, qui font un travail important,
qui font un travail qui est essentiel. Elles
le font bien. Et, quand je dis qu'on a besoin d'elles, c'est qu'il y a
des dizaines de milliers de tout-petits qui fréquentent ces garderies en
milieu familial un peu partout au Québec.
Maintenant,
évidemment que je ne négocierai pas sur la place publique, évidemment
que je ne m'épancherai pas sur les négociations ici ce matin. Par contre,
ce que je peux vous dire, c'est qu'il
y a un travail qui se fait à la table
de négociation, oui, mais il y a tout le travail aussi qu'on peut faire en
parallèle. Ça fait des années que les éducatrices en milieu familial
nous demandent d'alléger le fardeau qui leur est imposé en milieu familial notamment.
là je vois l'ancienne ministre de la
Famille, de l'autre côté, qui joue du
violon, mais, si elle avait écouté à
ce moment-là, si elle avait écouté les demandes des responsables de
services de garde en milieu familial, on ne serait peut-être pas à l'endroit où
on se trouve aujourd'hui.
va réduire le fardeau administratif
qui est imposé à ces entrepreneurs, vous avez raison, qui ne sont pas rémunérés à l'heure, il faut le rappeler. On va
continuer la négociation à la table, parce que ce qu'on veut, c'est leur
donner, évidemment, de bonnes conditions et s'assurer que les
tout-petits puissent développer...
Le Président :
En terminant.
M. Lacombe :
...leur plein potentiel.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
0,06 $ de l'heure, M. le Président, 0,06 $ de l'heure. Ils disent que
c'est deux morceaux de gomme. C'est
ça, la reconnaissance qu'elles méritent, ces femmes-là? Est-ce que c'est tout
ce qu'on a à proposer à ces entrepreneurs? Le 1er avril, je répète,
c'est demain. M. le Président, un enfant sans service de garde, c'est un parent
absent du travail. Est-ce que le gouvernement, il a pensé à ça? Et qu'est-ce
qu'ils vont faire pour agir, pour aider ces familles, maintenant? Le
1er avril, c'est demain.
Le Président : M. le ministre
de la Famille.
M. Lacombe :
Merci beaucoup, M. le Président. Bien, je continue en disant que ce qu'il faut
faire, évidemment, c'est de continuer
la négociation, il y a une négociation qui se passe. Et moi, je vous signale
que les offres salariales, les offres
salariales ont été déposées en décembre dernier. Donc, si vous me demandez ce
que je pense d'une grève, je pense, personnellement,
que c'est un peu tôt pour faire la grève. Je pense que le meilleur endroit où
on doit avoir des discussions, c'est
à la table de négociation, et que la conciliation famille-travail des parents,
elle est déjà assez difficile, elle est déjà assez difficile, et on ne
doit pas en ajouter encore plus sur leurs épaules.
Maintenant,
au-delà de la table de négociation, je vous rappelle que ce sont des
travailleuses autonomes, donc qui ne
sont pas payées à l'heure, mais qui sont des travailleuses autonomes. Et ce
qu'on doit faire, c'est surtout alléger, alléger tout le fardeau qu'on
leur impose. On travaille là-dessus.
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
C'est des négociations qui durent depuis un an. Puis, pendant qu'il est en
train de négocier ailleurs, j'espère que le ministre va prendre en
conséquence que lui-même, il a fait une déclaration un peu étonnante. Il a
dit : «Au Québec, les femmes et les hommes sont égaux, on s'entend tous
là-dessus.» Déclaration contredite une semaine
plus tard par sa collègue la ministre de la Condition féminine, qui affirmait,
et je la cite : «L'actualité [...] nous rappellent que l'égalité de fait est encore loin d'être atteinte. Il
reste encore du travail à faire...» Je répète, ça fait plus que...
Le Président : M. le ministre
de la Famille.
M. Lacombe :
Oui, M. le Président, il reste du
travail à faire. Et vous savez quoi? C'est justement parce qu'au Québec
on s'entend tous pour dire que les hommes et les femmes sont égaux, qu'il faut
travailler pour réduire les écarts, qu'il
faut travailler pour que les inéquités n'existent plus dans quelques années,
parce que justement on s'entend pour dire que les hommes et
les femmes sont égaux, donc il faut travailler à réduire ces inéquités.
Maintenant, laissons les négociations de côté et
parlons de ce qu'on peut faire pour les éducatrices en milieu familial. Qu'est-ce qu'on peut faire pour leur
simplifier la vie? Est-ce que leur faire remplir huit formulaires pour faire
la même chose, c'est les aider? La réponse, c'est non. Qu'est-ce qu'on peut
faire de plus pour alléger le fardeau administratif,
législatif, réglementaire qui leur est imposé? On travaille là-dessus. On a
toute une liste d'allègements qui est proposée.
Le Président : En terminant.
M. Lacombe : Elles nous le
demandent, et puis on est rendez-vous pour ça.
Le Président : Cela met fin à
la période de questions et de réponses orales. Merci à tous.
Le Vice-Président (M. Picard) : À la
rubrique Votes reportés, comme annoncé précédemment, nous allons maintenant
procéder au vote reporté sur la motion de la ministre de la Justice qui se lit
comme suit :
«Que l'Assemblée nationale fasse siennes la
position et les justifications du gouvernement exposées dans sa réponse, déposée devant l'Assemblée nationale le 18 février
2020, au rapport du Comité de la rémunération des procureurs aux poursuites criminelles et pénales pour la
période 2019‑2023, déposé devant l'Assemblée nationale le 8 octobre
2019;
«Modifie la recommandation 1 pour que les
taux et échelles de traitement soient majorés comme suit :
«Une
augmentation de 3,5 % au 1er avril 2019, ([soit] des échelles de
traitement en vigueur au 31 mars 2019);
«Une
augmentation de 2,5 % au 1er avril 2020, ([soit] des échelles de
traitement en vigueur au 31 mars 2020);
«Une augmentation de 2 % au 1er avril
2021, ([soit] des échelles de traitement en vigueur au 31 mars 2021);
«Une augmentation de 2 % au 1er avril
2022, ([soit] des échelles de traitement en vigueur au 31 mars 2022);
«Approuve les recommandations 2 à 6.»
Que les députés en faveur de cette motion
veuillent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Legault (L'Assomption),
M. Jolin-Barrette (Borduas), Mme Guilbault (Louis-Hébert), M. Laframboise (Blainville), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Chassé (Châteauguay), Mme McCann (Sanguinet), M. Fitzgibbon
(Terrebonne), Mme Roy (Montarville), M. Lemay (Masson),
M. Simard (Montmorency), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
M. Roberge (Chambly), Mme LeBel (Champlain), M. Bonnardel
(Granby), M. Lévesque (Chauveau), Mme Lachance (Bellechasse),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Lamontagne (Johnson),
M. Carmant (Taillon), Mme Blais
(Prévost), M. Caire (La Peltrie), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Dubé (La Prairie), Mme Laforest (Chicoutimi),
Mme Rouleau (Pointe-aux-Trembles), M. Skeete (Sainte-Rose),
Mme Samson (Iberville), Mme Hébert (Saint-François),
M. Dufour (Abitibi-Est), M. Lacombe (Papineau), Mme Proulx
(Berthier), Mme Charest (Brome-Missisquoi), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), Mme Girault (Bertrand), M. Julien
(Charlesbourg), M. Boulet
(Trois-Rivières), Mme Proulx (Côte-du-Sud), M. Poulin (Beauce-Sud),
M. Émond (Richelieu), M. Bachand (Richmond), Mme IsaBelle
(Huntingdon), M. Chassin (Saint-Jérôme), Mme Foster (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Bélanger
(Orford), Mme Picard (Soulanges), Mme Jeannotte (Labelle),
M. Tardif (Rivière-du-Loup—Témiscouata),
M. Asselin (Vanier-Les Rivières), M. Reid (Beauharnois),
Mme Dansereau (Verchères), M. Lévesque (Chapleau), M. Thouin
(Rousseau), M. Tremblay (Dubuc), Mme Blais (Abitibi-Ouest),
M. Campeau (Bourget), Mme Tardif (Laviolette—Saint-Maurice),
M. Caron (Portneuf), Mme Grondin (Argenteuil), Mme Boutin
(Jean-Talon), M. Girard (Lac-Saint-Jean), M. Lemieux (Saint-Jean), Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac), M. Bussière (Gatineau), M. Allaire
(Maskinongé), Mme Guillemette (Roberval), M. Provençal (Beauce-Nord),
M. Jacques (Mégantic).
Vice-Président (M. Picard) : Que les députés contre veuillent
bien se lever.
Secrétaire adjoint : M. Arcand
(Mont-Royal—Outremont), M. Tanguay (LaFontaine), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel), M. Birnbaum (D'Arcy-McGee), Mme St-Pierre
(Acadie), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce), M. Rousselle (Vimont),
Mme Montpetit (Maurice-Richard), Mme Melançon (Verdun),
Mme Ménard (Laporte), Mme Nichols
(Vaudreuil), Mme Charbonneau (Mille-Îles), Mme Robitaille
(Bourassa-Sauvé), M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Maccarone (Westmount—Saint-Louis),
M. Benjamin (Viau), M. Derraji (Nelligan), M. Polo
(Laval-des-Rapides), Mme Sauvé
(Fabre), Mme Rizqy (Saint-Laurent), M. Ciccone (Marquette).
M. Nadeau-Dubois (Gouin), Mme Lessard-Therrien
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue),
M. Zanetti (Jean-Lesage), Mme Labrie
(Sherbrooke), Mme Ghazal (Mercier), Mme Dorion (Taschereau),
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve), M. Fontecilla
(Laurier-Dorion).
M. Bérubé
(Matane-Matapédia), M. LeBel (Rimouski), Mme Richard (Duplessis),
Mme Hivon (Joliette), M. Gaudreault
(Jonquière), M. Roy (Bonaventure), M. Arseneau
(Îles-de-la-Madeleine), Mme Perry Mélançon (Gaspé).
Mme Fournier
(Marie-Victorin).
Le Vice-Président
(M. Picard) : Y a-t-il des abstentions? M. le secrétaire général.
Secrétaire : Pour : 68
Le Vice-Président (M. Picard) :
Merci. La motion est adoptée.
À la rubrique
Motions sans préavis, en fonction
de nos règles et de l'ordre de
présentation des motions sans préavis,
je reconnais maintenant un membre du groupe formant l'opposition officielle. Mme
la députée de... Saint-Laurent?
Mme Rizqy : Saint-Laurent. M. le
Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement
avec le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée de Duplessis et la députée
de Marie-Victorin :
«Considérant que le Québec est une société libre
et démocratique et que la vie privée et la protection des renseignements
personnels des citoyens sont des principes fondamentaux;
«Considérant l'augmentation de l'utilisation de systèmes
de reconnaissance faciale à des fins
commerciales pour lesquels la notion de consentement libre et éclairé
est bafouée;
«Considérant
l'appel d'offres de la Sûreté du Québec confirmant la volonté d'acquérir une
solution de reconnaissance faciale d'ici novembre prochain;
«Considérant la volonté du ministre délégué à la
Transformation numérique de mettre en place un identifiant numérique utilisant
certaines données biométriques;
«Considérant les risques importants de
discrimination causés par l'utilisation de ces logiciels et les préjudices
sérieux pouvant en découler;
«Considérant
que 55 chercheurs en intelligence artificielle ont fait part de leurs
inquiétudes face à cette technologie, notamment concernant la
discrimination et le profilage racial, les risques d'erreurs marqués chez les
personnes ayant la peau foncée, les femmes et les gens en embonpoint;
«Considérant que la
Ligue des droits et libertés demande que l'usage de telles technologies soit
strictement interdit, sauf sous autorisation judiciaire;
«Considérant
l'absence d'encadrement juridique et les enjeux de protection de la vie privée;
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement caquiste de décréter un moratoire
immédiat afin d'interdire l'utilisation de ces solutions et d'établir
une méthodologie solide pour évaluer les impacts de cette technologie et
d'éventuelles mesures de gestion des risques;
«Que conséquemment
elle entreprenne un exercice de réflexion et de consultations d'experts
concernant l'utilisation et l'encadrement des solutions de reconnaissance
faciale;
«Qu'enfin elle
demande également au gouvernement fédéral de décréter rapidement un moratoire.»
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
Vice-Président (M. Picard) : Pas de consentement. Je reconnais
maintenant un membre du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de
Taschereau.
Dorion : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la
Chambre pour débattre de la motion suivante
conjointement avec la ministre de la Culture et des Communications, la députée
de Fabre et le député de Rimouski :
«Que l'Assemblée
nationale rende hommage à soeur Simone Voisine, cette grande et belle figure de
force tranquille, membre de la communauté des Soeurs de la Charité de Québec,
décédée le 14 décembre [dernier];
«Qu'elle
reconnaisse l'impressionnant parcours de soeur Simone Voisine comme enseignante,
militante syndicale, souverainiste
engagée pour la cause du Québec, docteure en littérature et qui a traversé son
époque en s'ancrant dans les valeurs de sa religion pour mener jour
après jour des tonnes de petites révolutions humaines;
«Qu'elle honore la
contribution exceptionnelle de soeur Simone qui a consacré sa vie à aider les
gens les plus démunis, notamment au
centre-ville de Québec alors qu'elle a été l'âme de la soupe populaire de
Québec pendant 21 ans, assurant le service de 150 à 250 repas
par jour, pour ces gens qu'elle qualifiait de "grande famille";
«Que
l'Assemblée nationale prenne exemple sur cette femme accueillante, ouverte,
toujours souriante et désireuse de
rendre service à tout le monde, afin de mieux lutter contre cette grande injustice,
[la] pauvreté contre laquelle soeur Simone s'est opposée tout au long de
son engagement au sein de la communauté.»
Vice-Président (M. Picard) : Merci, Mme la députée. Y a-t-il
consentement pour débattre de cette motion?
Schneeberger :
Il y a consentement, sans débat.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Consentement, sans débat. Est-ce que cette motion est
adoptée?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Adopté. Je reconnais maintenant un membre...
Vice-Président (M. Picard) : Oui, c'est vrai. Nous allons tenir une
minute de recueillement, de silence. Donc,
debout, s'il vous plaît.
(15 h 15
15 h 16) •
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Veuillez vous asseoir.
Je reconnais maintenant un membre du
troisième groupe d'opposition. M. le chef du troisième groupe d'opposition.
Bérubé : M. le Président, je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter, conjointement
avec le chef de l'opposition officielle, le député de Gouin et la députée de
Marie-Victorin, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale rappelle que les ministères et organismes publics ont
devoir de transparence;
«Qu'elle exige que la Caisse de dépôts
et placements du Québec rende public, chaque année, le
sommaire de la rémunération de l'ensemble des membres de sa haute
direction, incluant les indemnités de départ et primes annuelles;
«Enfin, que cette
exigence soit rétroactive pour les cinq dernières années.»
Vice-Président (M. Picard) : Merci. Est-ce qu'il y a consentement pour
débattre de cette motion?
Schneeberger :
Il n'y a pas de consentement.
Le Vice-Président (M. Picard) : Pas de
consentement. Je reconnais maintenant un membre du groupe formant le
gouvernement. Mme la députée de Saint-François.
Hébert :
M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
débattre de la motion suivante, qui a été
rédigée par le Cercle des femmes parlementaires, conjointement avec la députée
de Bourassa-Sauvé, la députée de Sherbrooke, la députée de Gaspé et la
députée de Marie-Victorin :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse qu'encore aujourd'hui
les femmes consacrent en moyenne plus de temps que les hommes à la
gestion du foyer ainsi qu'aux soins des enfants et des proches;
«Qu'elle prenne acte
que la charge mentale et le travail invisible non rémunéré [...] davantage
[portés par les] femmes, et que cette
réalité peut affecter négativement les autres sphères de leur vie et contribuer
à leur appauvrissement;
«Qu'elle reconnaisse la contribution économique et sociale à
la société québécoise du travail invisible non rémunéré accompli
majoritairement par les femmes;
«Qu'elle rappelle
que l'égalité des sexes est au fondement des valeurs québécoises;
«Qu'elle s'engage à prendre en considération la
nécessité d'une répartition plus équitable de la charge mentale et des
tâches liées aux soins des enfants et des proches lors de l'élaboration de
politiques publiques;
«Enfin, qu'elle demande au gouvernement de s'engager à
valoriser toute forme de travail invisible, et de prendre les mesures nécessaires afin de contrer les
stéréotypes qui perpétuent l'iniquité homme-femme dans ces tâches invisibles.»
Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Schneeberger : Alors, oui, M. le Président, il y a consentement pour un débat de deux minutes par intervenante, en débutant par la deuxième vice-présidente et députée de Saint-Hyacinthe, la députée de Bourassa-Sauvé, la députée de
Sherbrooke et la députée de Gaspé.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci. Donc, il y aura débat. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Soucy : Merci, M. le Président. Penser à tout, tout le temps, pour
quatre, planifier les repas, l'agenda familial, rendez-vous chez le dentiste, allocution à finir pour le lendemain
matin. Un cellulaire qui n'arrête pas de sonner. Oups! Un imprévu. Un enfant a besoin d'aide. On
planifie, replanifie. Ça, c'est mon train-train quotidien, et, croyez-moi,
celui de bien des femmes au Québec est tout aussi chargé.
Vous aurez
compris, chers collègues, que le Cercle des femmes parlementaires a choisi de
vous parler de charge mentale et de travail invisible. Pour ceux qui se
demandent qu'est-ce que ces concepts mangent en hiver, eh bien, la charge
mentale, c'est le fardeau de la planification, de la gestion et de la
répartition des tâches ménagères. Toujours devoir penser à tout, c'est
épuisant. Le travail invisible, c'est, par exemple, de s'occuper d'un parent
vieillissant, de l'éducation des enfants ou
bien de faire du bénévolat. C'est un travail effectué au quotidien qui n'est
pas reconnu à sa juste valeur et qui est souvent pris pour acquis.
Malheureusement,
la charge mentale et le travail invisible touchent davantage les femmes. Vous
savez, cette idée de coexister dans le monde professionnel et familial, bref de
faire des doubles journées, pour plusieurs des femmes, c'est souvent source de stress et d'épuisement. Ce n'est
pas seulement le Cercle des femmes parlementaires qui le dit. Selon l'Institut de la statistique du Québec, en 2015,
les femmes de 25 à 64 ans consacraient en moyenne
3 h 46 min par jour aux
activités domestiques, comparativement à 2 h 38 min chez les
hommes de même âge. L'écart se rétrécit, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire parce que c'est
environ sept heures de plus par semaine pour les femmes. On parle
littéralement d'une journée de travail supplémentaire. Ne lâchez pas,
messieurs, vous allez bientôt nous rattraper.
On a beau dire «travail invisible», mais,
concrètement, si du jour au lendemain ce travail n'était plus effectué par
les femmes, on s'en rendrait compte assez rapidement.
Il est important de discuter de ce sujet ici, à l'Assemblée nationale, parce
qu'on connaît tous une femme de notre entourage pour qui cette réalité affecte
négativement les autres sphères de sa vie, et trop souvent ça se
concrétise par un appauvrissement économique.
Il faut
garder en tête que nous aussi, en tant que femmes, on a du travail à faire.
Nous devons apprendre à lâcher prise
et à faire confiance également à notre partenaire. C'est donc à nous aussi
d'accepter que tout ne sera pas nécessairement fait comme on le voudrait et quand on voudrait. Mais vous, messieurs,
prenez votre place et essayez d'en faire davantage. Mieux répartir la charge mentale et le travail
invisible, pour un couple, c'est bénéfique pour les deux partenaires. Merci,
M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Je cède la
parole à Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Robitaille : M. le Président, aujourd'hui, je veux souligner le
travail invisible de femmes, de femmes de Montréal-Nord, entre autres, et il y en a quelques-unes dans les gradins
aujourd'hui, donc, trois femmes au vécu dont on parle peu, voire pas du
tout, des héroïnes du quotidien.
D'abord,
Yvette, centenaire. Yvette vient d'une famille de 16. À 22 ans, elle prend
soin de sa mère aveugle. Plus tard, elle se marie, enfante et, quand tout
semble bien aller, s'achète même une maison. Son mari se suicide, elle a
40 ans. Il faut faire vivre la
marmaille. Elle instaure une discipline de fer, déniche un emploi dans une
cafétéria et étudie le soir pour
devenir commis-comptable. Ceci lui permettra de tenir les livres de l'église
Sainte-Gertrude, de mon comté, pendant des
années. Elle n'a jamais été riche, mais elle a amené ses trois enfants à
l'université. Et, quand on lui demande ce dont elle est le plus fière,
évidemment, elle dit tout d'un trait : Mes enfants.
Et puis il y
a Marie, née en Haïti, qui s'installe à Montréal-Nord avec un mari qui aime un
peu trop l'alcool. Elle a quatre
enfants. Elle porte tout. Il faut s'adapter au nouveau pays, inscrire les
enfants à l'école, apprendre la langue, le fonctionnement de tout,
trouver un travail, trouver le pédiatre, dans une ville qu'elle ne connaît pas,
prendre les rendez-vous, aider aux devoirs
et aux leçons, faire les lunchs, sévir, récompenser. Aujourd'hui, les enfants
sont grands, mais, comme si elle n'en
avait pas assez, elle demeure engagée dans le milieu communautaire de mon comté
en aidant d'autres femmes.
Et puis il
y a Sylvie, la jeune cinquantaine.
Elle possède une belle maison dans un beau quartier, de beaux enfants, un mari puissant. Sa page Facebook fait rêver. Sylvie est brillante, a
étudié jusqu'à la maîtrise. Et pourtant, dans le silence et les
apparences confortables, Sylvie vit un cauchemar invisible aux yeux des autres.
Elle craint pour ses enfants d'abord, veut
les protéger à tout prix. Elle s'oublie. Elle a peur de sa violence à lui,
physique mais surtout verbale. Elle porte
pendant toutes ces années une charge immense, anxiogène, elle la porte de tout
son corps pour protéger ses enfants. Et je pense à elle en ce moment.
Elle, paralysée par la situation, fait comme si de rien n'était. Elle gère les
écoles, les ménages, les vacances. Sylvie a donné de sa personne comme aucune
femme ne devrait avoir à le faire. Championne de la logistique et de
l'endurance, son expérience de travailleuse invisible ne vaut absolument rien
sur le marché du travail.
Je vous raconte tout ça, M. le Président, pour
rappeler que les femmes ne choisissent pas de prendre la charge émotionnelle et mentale, pas plus que le travail
invisible n'est une vocation quelconque. Nous portons encore toutes et tous des biais inconscients, des stéréotypes. Avec
cette motion, avec ces témoignages, nous rendons hommage et appelons
aussi au devoir qui nous incombe tous de soutenir toutes ces femmes dont les
sacrifices sont trop souvent passés sous silence. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Picard) :
Merci, Mme la députée. Nous poursuivons avec Mme la députée de Sherbrooke.
Labrie : Merci, M. le Président. C'est assez bien connu que les femmes consacrent plus de temps que les
hommes aux tâches domestiques, une heure de plus chaque jour, pour être exacte,
1 h 30 min de plus si elles ont un enfant de moins de
quatre ans. C'est aussi connu que les femmes font plus de bénévolat, qu'elles
consacrent plus de temps à être proches
aidantes. Les études le confirment, mais je vais vous épargner les
statistiques, parce que je pense que, si on est honnêtes, on est
tous ici très conscients que les femmes en font plus. Et on a tous des visages
qui nous viennent en tête quand on pense au
travail non rémunéré que les femmes accomplissent. Moi, je pense à ma mère, qui
chaque semaine vient nous donner un coup de main à la maison pour s'occuper des
enfants, même si elle travaille encore à
temps plein. Je pense à ma tante qui a pris soin de ma grand-mère jusqu'à la
fin, à mon attachée politique qui a fait
la même chose récemment. Je pense à toutes les femmes qui donnent du temps à
l'école de leurs enfants pour financer la
cour d'école, la bibliothèque. Je pense aux femmes que j'ai rencontrées qui
prennent soin de leurs enfants handicapés au détriment de leur vie
professionnelle et de leur sécurité financière.
Alors,
pourquoi on appelle ça le travail invisible si, au fond, on sait tous très exactement
de quoi on parle et qu'on le voit au quotidien autour de nous? Bien, on
appelle ça le travail invisible parce qu'il est invisible aux yeux de notre système
économique, qui ne reconnaît que le travail accompli en échange d'argent, même
si l'économie dépend des centaines de milliers d'heures de travail non rémunéré
accompli principalement par des femmes, chaque jour.
Ce travail
est non seulement invisible aux yeux de notre système économique, mais l'État
aussi ferme les yeux sur sa
dépendance au travail non rémunéré, accompli principalement par des femmes. Que
serait notre système de santé si des centaines de milliers de femmes ne
prenaient pas sur leurs épaules le fardeau de s'occuper de leurs poches à domicile, souvent au détriment de leur propre
santé? C'est beau sur papier, de privilégier le maintien à domicile, c'est ce
que les aînés souhaitent, mais, pour y arriver, l'État a absolument besoin
des proches aidants, qui sont le plus souvent des femmes.
Même chose
pour le soutien offert aux personnes avec un handicap. Qu'est-ce qui se
passerait si des milliers de personnes,
le plus souvent des mères, ne faisaient pas des sacrifices énormes pour prendre
soin elles-mêmes de leurs enfants handicapés, même une fois adultes? Est-ce que
l'État pourrait supporter financièrement le coût de toutes les places
que ça prendrait dans des institutions ou des familles d'accueil?
Les femmes font 12 heures de travail non
rémunéré de plus que les hommes chaque semaine, pour un total de 27 heures, et notre société repose sur ce
travail accompli par les femmes à leurs dépens. Non seulement elles
s'appauvrissent, en
consacrant une
part considérable de leur temps au travail non rémunéré, mais
elles doivent aussi réduire le temps passé avec leurs proches, à leurs loisirs et même à l'activité physique, et tout
ça en échange d'une reconnaissance symbolique qui ne vaut pas
grand-chose quand c'est le temps de payer le loyer.
Alors,
aujourd'hui, j'aimerais que le gouvernement prenne l'engagement d'élaborer des
politiques publiques qui favorisent
l'équité salariale et une répartition égalitaire de la charge mentale pour que
ce ne soit pas toujours les femmes qui
accomplissent le travail invisible. Et j'aimerais aussi que le gouvernement
réalise à quel point le bon fonctionnement de l'État est lié au travail invisible
et qu'il utilise une
partie des économies réalisées principalement sur le dos
des femmes pour compenser
officiellement ce travail. Je pense que c'est nécessaire de démontrer qu'on est
sérieux quand on dit que l'égalité entre les hommes et les femmes est au
fondement des valeurs québécoises. Merci.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Je cède maintenant la parole à
Mme la députée de Gaspé.
Perry Mélançon : M. le Président, au Québec, nous sommes privilégiés,
de plus en plus la grande contribution
des femmes est reconnue dans la société. Les luttes féministes ont permis des
pas de géant pour les droits des
femmes et les possibilités qui leur sont offertes. Publiquement, le travail des
femmes vaut autant que celui de l'homme. Officiellement, il n'y a plus
de discrimination basée sur le sexe.
c'est lorsque les choses sont mises en lumière, mais qu'en est-il du travail de
l'ombre? Ce qu'on appelle le travail
invisible s'étend à pratiquement tous les secteurs de la vie, ça va des tâches
ménagères au soutien psychologique d'un
proche, en passant par l'organisation des repas, du budget et des loisirs de la
famille. Tout ça, encore aujourd'hui, c'est
surtout le lot des femmes. Ces missions importantes, même primordiales, ne sont
pas comptabilisées lorsqu'il s'agit de
calculer la création de richesse d'un pays. Pourtant, s'il était rémunéré au
salaire horaire de 15 $, le travail invisible des femmes coûterait 86 milliards de dollars
annuellement à la société québécoise, 86 milliards. En plus, il permet à
d'autres de s'épanouir et de
participer plus activement au progrès social. On doit se demander comment faire
pour mieux valoriser ces tâches
effectuées bénévolement, comment trouver l'équilibre dans leur répartition.
Métro, boulot, boulot, dodo, ce n'est
pas une erreur dans l'expression, mais plutôt la réalité d'une majorité de
femmes, des travailleuses, des mères, des conjointes, des retraitées. D'après les résultats d'un sondage mené
l'automne dernier, les femmes ajoutent à leur horaire hebdomadaire
environ 26 heures de travail invisible. Du côté des hommes, on estime ce
nombre à 16. L'équation ne laisse pas de
place au doute : sans vouloir sous-estimer l'apport des hommes, la charge
est nettement plus lourde lorsqu'on est
une femme. Le résultat de cette iniquité peut être dévastateur : stress,
anxiété, manque de reconnaissance, faible estime de soi,
appauvrissement, épuisement.
Ensemble,
nous devons nous mobiliser au sujet de ce travail invisible. Nous devons non
seulement en prendre conscience, mais
aussi lui accorder une valeur. Ici, au Québec, le travail invisible est l'un
des derniers grands chantiers de la lutte féministe, on doit s'y
attaquer.
bonne façon de faire pour commencer serait d'accorder, comme législateurs,
davantage de moyens aux services ainsi qu'à toutes les formes de soutien
à domicile. Au lieu de couper comme on l'a trop souvent fait, notamment ces
dernières années, on doit investir pour alléger la charge des femmes, entre
autres. Car, faute de services spécialisés à proximité,
les femmes continueront de prendre congé pour accompagner parents et enfants
qui ont besoin de soins. Faute de
lits, de personnel médical ou de soins à domicile suffisants, elles
continueront de devenir proches aidantes d'un parent, d'une tante ou
d'un ami. Faute de places libres en garderie, elles continueront de mettre en
veilleuse leur carrière et resteront à la
maison en s'assurant de ne manquer de rien avec un salaire en moins. Il faut se
demander quel modèle de société on veut laisser aux générations qui nous
suivront. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci, Mme la députée. Est-ce que cette motion est
adoptée?
Le Vice-Président
(M. Picard) : Adopté.
Aux avis touchant les
travaux des commissions, M. le leader du gouvernement.
Schneeberger : Oui, M. le Président. Alors, la Commission
des institutions poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 32, Loi visant principalement à favoriser l'efficacité
de la justice pénale et à établir les modalités d'intervention de la Cour du Québec dans un pourvoi en appel,
aujourd'hui, de 19 h 30 à 21 h 30, à la salle
Pauline-Marois;
Commission de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée du
projet de loi n° 43, Loi modifiant la
Loi sur les infirmières et les infirmiers et d'autres dispositions
afin de favoriser l'accès aux services de santé, aujourd'hui, de
19 h 30 à 21 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Vos renseignements sur les travaux de
l'Assemblée, M. le leader de l'opposition officielle.
Tanguay : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, les
renseignements sur les travaux. J'aimerais vous référer à la page 7 du feuilleton et préavis, à l'item 11,
projet de loi n° 53,
Loi sur les agents d'évaluation de crédit, qui a
été présenté par le ministre des Finances le 5 décembre 2019. Ça veut donc
dire, M. le Président, ça veut dire, il y a aujourd'hui
95 jours du dépôt de ce projet de loi. Ce projet de loi, aux dires du gouvernement
à l'époque, s'inscrivait dans la
foulée du vol des renseignements personnels chez Desjardins. Et le cabinet en
avait d'ailleurs fait l'annonce le 14 août, de son intention.
Puis,
suivant sa présentation à l'Assemblée nationale, le ministre indiquait, et je
le cite : «Ce projet de loi est l'un des éléments clés d'une action gouvernementale concertée en matière de
cybersécurité et de protection des renseignements personnels. Nous
sommes en action et nous prenons la situation [...] au sérieux.» Fin de la
citation. M. le Président, l'opposition
officielle a transmis, en janvier dernier, au cabinet du leader du
gouvernement, ses propositions en vue de consultations particulières en commission. Or, nous n'avons eu, jusqu'à
maintenant, aucune suite, nous n'avons eu aucune suite à ce jour en regard de nos propositions et ni aucun échéancier
suggéré. Rappelons que le gouvernement affirmait, en août et décembre,
que c'était prioritaire, que ça s'inscrivait dans son plan d'action. Et le
ministre des Finances, questionné en période
de questions le 14 novembre dernier, en parlant des fuites, toujours, des
données chez Desjardins, indiquait,
et je le cite : «...un incident extrêmement sérieux, ma priorité, la
priorité de tous, c'est la sécurité financière des Québécois.» Fin de la
citation.
Alors, M. le Président, le projet de loi non
seulement est demeuré lettre morte, ça fait 95 jours aujourd'hui que sa
présentation avait été faite, le 5 décembre 2019. Le gouvernement ne
l'appelle pas. Le gouvernement n'a même pas donné
suite à nos propositions de consultations particulières. Si, comme il
l'affirmait, c'est un élément central et important, M. le Président, je pense qu'il faudrait
évidemment appeler ce projet de loi là, d'où mon interrogation, notre interrogation
à cette rubrique de nos travaux.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Je cède maintenant la parole au leader du
gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Alors, M. le Président, j'entends bien le leader
de l'opposition officielle, qui souhaite qu'on fasse cheminer nos
projets de loi d'une façon rapide. J'en suis aussi, M. le Président. Vous
conviendrez qu'on a un agenda législatif qui
est chargé. Notamment, le ministre des Finances doit présenter et étudier, avec
la collaboration des membres de cette Assemblée, le projet de loi
n° 41, le projet de loi n° 42 aussi. Mais j'entends bien le rappel
amical de mon confrère de l'opposition
officielle d'avoir des dates. Donc, nous pourrons leur revenir prochainement
avec des propositions de dates pour
étudier le projet de loi et je souhaite qu'il soit adopté rapidement aussi, M.
le Président.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Merci. Ça va, M. le leader de l'opposition?
Vice-Président (M. Picard) : La période des affaires courantes
étant terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour. M.
le leader du gouvernement.
M. Schneeberger :
Oui. Alors, M. le Président, je vous demanderais d'appeler l'article 1 du feuilleton.
Vice-Président (M. Picard) : À l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée prend
en considération le rapport de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles, qui, le 28 mai 2019, a procédé à des auditions publiques dans le cadre de consultations
particulières et, les 23, 24, 25 et 26 septembre 2019, à des auditions
publiques dans le cadre d'une consultation générale à l'égard du mandat d'initiative portant sur les
impacts des pesticides sur la santé publique et l'environnement ainsi que les pratiques de remplacement innovantes disponibles et à venir dans les secteurs de l'agriculture et de l'alimentation, et ce, en reconnaissance de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois. Elle
s'est également réunie en séance de travail les 28 mars, 9 mai,
19 septembre et 5 décembre 2019 et le 18 février 2020 relativement à ce mandat. Ce rapport, qui a été déposé le
19 février 2020, contient des recommandations.
Je vous
rappelle que, conformément aux dispositions de l'article 95
du règlement, la prise en considération du rapport
donne lieu à un débat restreint d'au plus deux heures et qu'aucun amendement
n'est recevable.
Je vous rappelle également
qu'en vertu du deuxième alinéa de l'article 95 ce débat n'entraîne aucune décision
de l'Assemblée.
Conformément à ce qui a été énoncé antérieurement par la présidence, la répartition
des temps de parole dans le cadre de
ces débats s'effectuera comme suit : 58 min 30 s sont
allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement; 34 min 51 s
sont allouées au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle;
12 min 27 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition; 11 min 12 s sont allouées au troisième groupe d'opposition. Chaque député indépendant dispose d'un temps de parole de 1 min 30 s.
Toutefois, lorsqu'un seul député indépendant
participe à un débat, il dispose d'un temps
de parole de deux minutes. Dans le cadre de ce débat, le temps non utilisé
par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes
parlementaires selon les proportions établies précédemment. Mises à
part
ces consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps.
Enfin,
je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au cours
du débat, ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser la
présidence.
Je suis maintenant
prêt à céder la parole à monsieur... Oui, M. le...
M. Tanguay :
À
titre de directive et pour souligner, M. le Président, que les indications
étaient à l'effet que nous suspendrions
nos travaux à 15 h 45 afin de nous préparer pour le budget à venir,
je voulais juste vérifier si c'était toujours l'intention du
gouvernement de suspendre, donc, lesdits travaux à 15 h 45.
Le Vice-Président
(M. Picard) : M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président, nous allons suspendre à
15 h 45. Le député de Bourget va commencer son intervention et
la poursuivra à la reprise des travaux à 19 h 30.
Le Vice-Président
(M. Picard) : Donc, je cède la parole à M. le député de Bourget.
M. Campeau : Merci,
M. le Président. Je suis très touché
d'être déjà applaudi avant d'avoir parlé. J'espère qu'il
va se passer après avoir parlé. Maintenant, on verra bien.
Vous
venez déjà de nommer le
titre du mandat d'initiative, et je rappelle, là-dedans,
qu'il y avait... on parlait des impacts
des pesticides sur la santé publique et l'environnement, on parlait de
pratiques innovantes en agriculture, et on parlait aussi de tenir compte de la compétitivité du secteur
agroalimentaire. En fait, le
titre est tellement long que ça aurait pris
un acronyme, et même l'acronyme aurait été long.
Ça fait donc plus
d'un an que les membres de la CAPERN se sont réunis pour discuter si on devait
avoir un mandat d'initiative ou non. Alors,
bien, j'aimerais rappeler qu'à ce moment-là, pour la très grande majorité des
membres du côté gouvernemental, c'était complètement une nouveauté. Pour
moi, en tout cas, un mandat d'initiative, c'était quelque chose de complètement nouveau. Alors, il fallait donc s'habituer
à la mécanique en arrière de ça. C'est le député de Bonaventure qui a d'abord amené l'idée en séance de travail, et à
juste titre, et il y a eu tout de suite une adhésion que, oui, il
fallait faire quelque chose en ce sens-là.
Il y avait un premier
obstacle, c'est qu'il fallait accoucher d'un
titre d'un mandat qui puisse faire
l'affaire des quatre groupes parlementaux, vu que c'est la façon de procéder
dans un mandat d'initiative. Là, il y a eu un peu plus de problèmes. On avait une impasse parce que les négociations étaient,
disons, vigoureuses. On voulait ajouter l'indépendance de la science. Et je me souviens d'avoir dit :
Pensez-vous vraiment qu'un ingénieur comme moi ne voudrait pas parler
d'indépendance de la science? Bien sûr. Mais là est-ce qu'on doit le mettre
dans le titre? Oui? Non? Et là ça a tourné
en rond assez longtemps. L'idée, c'est qu'on voulait que ça parle de santé
publique et d'environnement en fonction
de la compétitivité du secteur agroalimentaire et, bien sûr, en visant ça, que
l'indépendance de la science serait touchée, et elle l'a été de toute
façon. C'est donc le 28 mars dernier que tous les membres de la commission
se sont finalement entendus sur un libellé, un titre, donc un contenu de mandat
avec lequel on pouvait finalement procéder.
a commencé par regarder le mandat en plusieurs étapes, et la première étape a
été de recevoir le ministère de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques, disons, du Québec, le MAPAQ
et l'ARLA — l'ARLA,
c'est l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, au niveau
fédéral — ceci
pour orienter la façon dont on attaquerait
ce mandat d'initiative. Alors, on a donc reçu ces trois groupes-là initialement
pour ensuite voir comment on ferait, par la suite, le travail.
y a eu une visite de ferme qui a été faite, de ferme québécoise, une visite, je
dirais, extrêmement bien organisée, extrêmement intéressante. Il était
très intéressant de faire
partie de cette visite-là, et l'ensemble des
parlementaires impliqués dans la commission
ont pu y assister. Il y a eu aussi quelques personnes membres du comité qui ont
fait des visites similaires en France
et en Belgique, parce que, quand on parle de