Labour and the Economy — 27 February 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CET 2019-02-27
Quebec — Committees
souhaite, pour le moment, la bienvenue au premier groupe, alors au groupe ou
aux représentants aussi du Conseil
du patronat du Québec. Bonjour. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé. Ensuite, nous procéderons à la période
d'échange avec les membres de la commission. Et, pour commencer, je vous invite
à vous présenter avant de donner
votre exposé. Alors, vous avez 10 minutes, tel que mentionné. C'est bien?
Donc, nous pouvons commencer.
M. Dorval (Yves-Thomas) : Merci, Mme la Présidente. Mon nom est Yves-Thomas Dorval. Je suis président et directeur général du CPQ, le Conseil du patronat du Québec, qui,
incidemment, fête son 50e anniversaire de création cette année. Donc, on
pourra peut-être regarder la législation du travail sur cette période-là
notamment.
J'aimerais vous
présenter les personnes qui m'accompagnent pour représenter le CPQ. À ma
droite, Me Zeïneb Mellouli, qui
est associée, avocate, chez Lavery et qui est la cheffe de pratique droit du
travail, mais, également, j'attire
votre attention qu'elle est également membre du Comité consultatif relatif aux
normes et à l'équité salariale à la CNESST. À ma gauche,
Mme Norma Kozhaya, Norma Kozhaya, qui est économiste en chef et
vice-présidente à la recherche au CPQ. Et, au bout, à notre gauche,
M. Michel Dubé, qui est directeur, service-conseil rémunération chez Morneau Shepell. J'attire votre attention
également sur le fait que les gens qui nous accompagnent au CPQ sont des gens
qui ont eu l'occasion de travailler avec des
employeurs dans des exercices ou par rapport à des enjeux d'équité salariale.
Donc, on a des personnes pour répondre à vos questions. Bonjour.
Alors,
Mme la Présidente, puisqu'on a 10 minutes, je vais passer rapidement au
coeur du sujet. Vous avez reçu notre
mémoire un peu tardivement, mais vous comprendrez que les délais qui ont été
impartis sont assez courts également. Vous avez, dans le mémoire... dans le
fond, on va parler de cinq éléments en particulier, là, qui concernent l'exercice
qui vous assemble aujourd'hui. On va parler du contexte global de l'évolution
des lois sur le travail et des enjeux de réglementation
et d'alourdissement réglementaire. On va parler des mécanismes, dans le mémoire, qui sont proposés par
le projet de loi, sur l'obligation d'exiger la participation lorsqu'il y
a un exercice de maintien. Les questions qui ont trait à la complexité des
dates, de multiples dates quand on fait des exercices de maintien et autres. Il
y a des dates de l'événement, de l'affichage. Il y a des dates de référence.
Il y a des dates... Alors, on pourrait répondre à vos questions
là-dessus.
Évidemment,
l'objet du projet de loi, c'est de faire suite à une décision en Cour suprême, où il y a eu deux éléments qui ont été touchés en particulier, et on va parler de la date de l'événement lorsqu'on regarde les questions d'indemnités
forfaitaires par rapport au moment où est... lorsqu'il y a eu un exercice de
maintien, on décèle qu'il y a un droit à une indemnité. Et finalement on va parler
également du financement de tout ça.
Alors,
je vais donc, dans mes quelques minutes, me permettre de faire un bref rappel.
Vous savez, le CPQ a été créé à la
demande des syndicats et des gouvernements, et des associations patronales, il y a 50 ans, pour agir
comme un représentant des employeurs au Québec. On représente plus de 70 000 employeurs,
des employeurs qui ne sont pas que des entreprises privées, des employeurs du
secteur parapublic, des employeurs, par exemple, les municipalités et autres
dans les réseaux, entre autres les réseaux
de l'éducation, et ainsi de suite, des employeurs d'entreprises privées de
toutes natures, mais des employeurs aussi d'économie sociale, des
coopératives, et ainsi de suite. Donc, on représente des employeurs, ça, c'est
important, je pense, de savoir ça, plus de 70 000, pas qui sont membres
chez nous, mais qu'on représente parce qu'on
représente des associations d'employeurs. On est une confédération
d'associations d'employeurs.
pourquoi c'est important de souligner la question de notre
50e anniversaire? Ce n'est pas pour nous faire plaisir, c'est parce qu'avant 50 ans il y avait des
situations en matière de relations de travail, de droit du travail qui ont
évolué énormément depuis ce temps-là. Et le Québec s'est donné
différents mécanismes : un comité consultatif travail et main-d'oeuvre, une gestion paritaire de la santé,
sécurité au travail, des organismes comme la CPMT, et tout ça, où on représentait
des employeurs avec d'autres associations, bien sûr, avec les autres
partenaires de la société, les syndicats, et ainsi de suite.
Mais
ce qui est plus important, c'est que,
pendant ces 50 années là, il y a eu une évolution, chez les employeurs,
importante. On est passé, puis j'ai étudié en relations industrielles, je me
rappelle de certains cours à l'université à l'époque
où on parlait des relations industrielles comme étant des relations dans un
esprit de conflit entre le patron puis les syndicats. Ça a évolué
beaucoup. On est parti, énormément de conflits lorsqu'il y avait des
négociations collectives et, jusqu'à il y a
cinq ans environ, on parlait d'au-delà de 98 % de conventions collectives
signées sans conflit. Là, on assiste
à un retour, là, parce qu'il y a quelques conflits, parce qu'il y a d'autres
enjeux que se présentent actuellement. Mais la réalité, c'est que les
choses ont changé.
On est parti d'employeurs qui avaient peu de
connaissances en termes de gestion, en termes de ressources humaines, à des employeurs qui ont été formés dans
les écoles de gestion, qui utilisent des ressources spécialisées, que ça soit des ressources à
l'interne, un service de ressources humaines, ou des services à l'externe. Nous
avons des exemples, ici, de gens qui travaillent pour conseiller les
employeurs. Mais, plus important au cours de ces 50 dernières années, il y a eu une évolution des valeurs et de la
culture des employeurs. Parce que les employeurs sont comme tous les autres
citoyens de la société, comme les
travailleurs, comme d'autres citoyens, comme les politiciens, hein, ils ont
également évolué avec des nouvelles valeurs, avec des questions
d'équité, de justice, de responsabilité sociale très importantes.
Alors, quand
on aborde toute loi qui touche le domaine du travail, et l'équité salariale en
est une, il faut arrêter de regarder ces lois-là dans un contexte avant
il y a 50 ans. Il faut regarder les lois en se disant : Les
employeurs, majoritairement, voire très
majoritairement, sont des bons citoyens corporatifs qui ont des enjeux
importants dans leurs opérations, qui ont besoin d'attirer, de retenir,
de motiver, de faire grandir des employés pour leurs opérations. On n'est pas dans un contexte, surtout avec la rareté
de main-d'oeuvre aujourd'hui, où l'employeur est là pour exploiter, surtout
pas au Québec. Est-ce que tous les
employeurs sont parfaits? La réponse est non. C'est pour ça que la
réglementation, la législation, ça a une valeur. Mais, aujourd'hui, on
est dans un contexte où on devrait davantage regarder une réglementation, une législation, sur des objectifs
de résultats plutôt que de la réglementation sur des processus en amont.
C'est comme
si on avait la présomption qu'un employeur serait mauvais en partant, puis on
va l'enfermer dans des processus réglementaires obligatoires, lourds,
coûteux, onéreux, complexes, souvent imparfaits, parce qu'on présume que peut-être qu'il ne sera pas correct.
Aujourd'hui, on est dans un monde très différent. Alors, c'est pour ça que j'aimerais vous inviter, quand vous allez
discuter des législations sur le travail, que vous preniez ça en considération.
Ça ne veut pas dire que tous les employeurs
sont parfaits, comme tous les travailleurs ne sont pas parfaits, comme tous
les gens, dans la société, ne sont pas
parfaits. Mais il faut faire attention parce que, lorsqu'on réglemente les
processus pour l'ensemble des employeurs, on touche ceux qui font une bonne job
parce qu'on a peur à ceux qui ne font pas une bonne job.
C'est pour ça
qu'il faut penser à ces questions-là. Et le projet de loi qu'on a devant nous,
la Cour suprême, elle dit quoi? Elle dit essentiellement qu'il y a un enjeu
lorsqu'il y a une iniquité d'identifiée, bien, cette iniquité-là n'est pas
nécessairement au moment de l'exercice du maintien, mais elle pouvait être dans
le passé. Donc, c'est important qu'il y ait une indemnité qui soit versée. Puis
là on parle de date. Puis, en passant, le projet de loi ne règle pas, pour plusieurs cas, comment on l'identifie, la date,
parce que c'est très complexe. Il y a des endroits, il y a des occasions où
ce l'est moins, complexe, mais il y a des endroits où c'est plus complexe. Il
dit des choses comme ça.
Mais le projet de loi, lui, va beaucoup plus loin, et, je pense que, entre autres sur la question des mécanismes de participation... Et ces
dossiers-là et ces enjeux-là ont été présentés en Cour suprême. Et la Cour
suprême a dit : Dans ces dossiers-là,
je ne vois pas de problème. Alors, si on est dans cette mécanique de
dire : Il faut arrêter l'alourdissement réglementaire, il faut l'alléger,
bien, on doit se poser la question : Pourquoi, dans le projet
de loi, on arrive encore avec
de nouvelles réglementations additionnelles qui n'existaient pas? On est très
heureux de souligner le fait qu'on a enlevé
ce qui était, en passant, une incohérence, un avis sur un avis. Ah! ça, on est
très heureux. Mais, quand on regarde, par exemple, des obligations,
entre autres, de participation et on a toujours ces problèmes de multiples
dates, et on a toujours une problématique
pour identifier la date de l'événement dans plusieurs cas... S'il y a une
restructuration majeure, ce n'est pas
problématique. S'il y a une convention collective qui a conduit à des
changements, ce n'est pas problématique. Mais, des fois, les changements peuvent être une succession d'éléments
qui ne sont pas nécessairement faciles à trouver et à identifier.
Quant au
financement, j'attire votre attention, les législateurs, sur cette question-là.
On évalue, il y a une étude d'impact qui dit : Ça va coûter au-delà
de de 500 millions de dollars, le coût de la rétroactivité, là, pour la question
de l'ajustement des employeurs.
Bien, s'il y a une iniquité, qu'il y ait un coût
additionnel à ça, bien, ça fait
partie de la vie. On n'a pas identifié l'étude d'impact sur l'ensemble
des coûts. Parce que tous les employeurs vont être obligés aussi,
hein, d'avoir recours à des ressources, des ressources spécialisées. Parce
que, vous savez, ce n'est pas facile, l'équité salariale, ça nécessite des
ressources spécialisées, il y a peu d'employeurs qui sont capables de le faire
avec des ressources à l'interne.
Deuxièmement, on oublie le coût...
La Présidente (Mme IsaBelle) :
...conclure.
M. Dorval
(Yves-Thomas) : ...Mme la Présidente, je termine là-dessus. Alors, on oublie le coût de la CNESST. Et
je signale ici aux parlementaires que, lorsqu'il y a eu la réforme de la CNESST, l'État, comme
employeur, ne payait pas sa
cotisation aux normes du travail. Lorsqu'on
a décidé de fusionner le financement de l'équité salariale par les normes
du travail, l'État ne finance pas l'équité
salariale, ce qui fait en sorte que, là où se passent beaucoup de problèmes
d'équité salariale, des enjeux, des plaintes, le traitement des dossiers, c'est
au niveau public, et l'État ne finance pas, c'est les entreprises
privées qui sont obligées de financer pour l'État. Alors, on aimerait que ceci
soit corrigé dans le futur.
Présidente (Mme IsaBelle) : Merci. Merci beaucoup pour votre
exposé. Nous allons maintenant débuter la période d'échange. M. le
ministre du Travail, de l'Économie et de la Solidarité sociale, je vous donne
la parole.
M. Boulet : De l'Emploi. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme