CRC — 14 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2016-04-14

Quebec — Committees

CRC — 14 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)

CRC 2016-04-14

Quebec — Committees

Comme vous le

savez, j'ai tenu à être le titulaire des dossiers Jeunesse, comme ça a été le

cas pour plusieurs de mes prédécesseurs, avec l'appui formidable

et enthousiaste de la députée Richmond, qui succédait à la députée de

Charlevoix—Côte-de-Beaupré,

car c'est une charge qui est particulièrement importante pour moi.

À mes yeux et

à nos yeux, les jeunes d'aujourd'hui sont les leaders de demain, et si, au

cours des deux premières années de

notre mandat, nous avons tenu à mettre de l'ordre dans les finances publiques,

c'était d'abord et avant tout pour qu'ils

puissent bénéficier de la liberté de choix lorsque ça sera à leur tour de

façonner le Québec pour qu'ils puissent eux aussi aller de l'avant avec les grands projets qui, collectivement, leur tiendront à coeur. Le message que je souhaite

lancer aujourd'hui, c'est que le gouvernement place les jeunes au coeur

de son action et de ses choix.

Nous le

savons très bien, l'atteinte de l'équilibre budgétaire a nécessité de nombreux

efforts. Ça n'a pas été facile. Ces

efforts portent maintenant leurs fruits, et les jeunes particulièrement vont en

bénéficier. L'atteinte de cet équilibre nous permet notamment de

poursuivre la réduction du poids de la dette en continuant les versements au

Fonds des générations. Il faut regarder la

réalité en face, ce sont nos enfants, nos petits-enfants qui vont hériter de

cette dette et de la facture.

Heureusement, depuis maintenant 10 ans, le fonds a permis au gouvernement

de réserver, chaque année, une

partie de

ses revenus à la réduction de la dette, et cela, au bénéfice des générations

futures. En fait, le Fonds des générations est probablement la mesure

d'équité intergénérationnelle la plus puissante qu'un gouvernement ait adoptée.

Dans un

horizon plus rapproché, notre gouvernement a aussi mis en place plusieurs

initiatives porteuses pour les jeunes. Mentionnons d'abord la Politique

québécoise de la jeunesse, lancée le 30 mars dernier ici même, à la salle du Conseil législatif, devant plus de 200 jeunes et

partenaires. Présentée en compagnie de la députée de Richmond et plusieurs

membres du Conseil des ministres, elle est

le fruit d'une belle collaboration entre les différents ministères et d'une

large consultation. J'aimerais par

ailleurs rappeler et saluer la contribution, comme je l'ai dit tantôt, de la

députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré dans le cadre de ces travaux.

Déclinée en cinq axes, la Politique québécoise de la jeunesse s'est vue confirmer des crédits de 181 millions

de dollars sur cinq ans dans le cadre du budget 2016‑2017. Nous aurons sans aucun doute, au cours

des prochaines heures, l'occasion de l'aborder plus en détail.

Le gouvernement a aussi présenté, cette année, un plan économique appuyé sur quatre

piliers qui ont chacun leur incidence

sur la jeunesse : la formation, l'innovation, l'attraction et la rétention des meilleurs

talents et la transition vers une économie

plus sobre en carbone. Le premier élément de ce plan, c'est de soutenir les

grandes missions de l'État, au premier

chef, l'éducation. De tous les services publics, c'est l'éducation qui a le plus grand effet sur les jeunes. Elle est, à plusieurs égards, la clé de leur avenir. Les

jeunes consultés lors de la consultation publique ont été nombreux à parler

de l'importance d'un milieu scolaire

stimulant, de bâtiments adaptés pour favoriser la persévérance scolaire. Le

plan de réussite en éducation prévoit

donc 500 millions de dollars supplémentaires, au cours des trois

prochaines années, pour accroître la

réussite en éducation, notamment en offrant un environnement d'apprentissage

stimulant, en accompagnant les jeunes

afin d'éviter le décrochage, en soutenant la pratique d'activités physiques et

d'activités culturelles. Ce sont toutes des actions que nous prônons aussi dans la Politique québécoise de la

jeunesse. Nous comptons également renforcer les liens entre les réseaux de l'éducation et de l'enseignement supérieur et

les entreprises pour mieux répondre aux besoins des jeunes et du marché

du travail.

Le plan pour

la réussite en éducation prévoit également des investissements de

700 millions de dollars pour rénover, améliorer l'état des

établissements d'enseignement en plus de construire et d'améliorer les installations

sportives qui profitent majoritairement aux

jeunes. Le ministre de l'Éducation a d'ailleurs donné le coup d'envoi de ces

travaux, cette semaine dans la région de Montréal, avec des

investissements de 367 millions de dollars pour cette année.

De plus,

avec l'objectif de contribuer à la vitalité des collèges et des programmes

d'études en région et à l'international, le gouvernement consacrera des montants de 5 millions en 2016‑2017

et de 4 millions à partir de 2017‑2018 afin notamment d'accroître la mobilité des étudiants québécois,

d'augmenter le rayonnement de l'enseignement supérieur par

l'internationalisation des programmes d'études. Aussi, par un nouveau

partenariat avec les Offices jeunesse internationaux du Québec, connus

maintenant sous le nom LOJIQ, l'organisme élargira sa programmation aux

territoires québécois et canadiens avec

l'aide d'un investissement de 20 millions sur cinq ans. La création du

programme Québec volontaire favorisera la mise en oeuvre de projets locaux d'utilité collective et de la mobilité

interrégionale des jeunes. Cette entente, financée en partenariat avec

LOJIQ, sera à hauteur de 10 millions sur cinq ans.

L'éducation a

permis des avancées considérables dans tous les secteurs et permettra au Québec

de continuer à briller dans un monde

en perpétuel changement, ce qui nous amène à aborder la question des talents.

Le Québec a besoin plus que jamais

pour avancer, pour briller, que tous les talents soient mis à contribution. Il

est inconcevable que, dans une société

dynamique comme la nôtre, nous laissions un jeune de côté, alors qu'il pourrait

se réaliser personnellement, bien sûr, sur le marché du travail et

contribuer à faire avancer le Québec.

C'est donc

pour inciter plus de Québécois et de Québécoises à intégrer le marché du

travail que le budget 2016‑2017 vient bonifier la Prime au travail, qui

contribue à valoriser leurs efforts.

Gardant en tête les besoins des jeunes les plus

vulnérables, le budget prévoit aussi d'augmenter les sommes affectées au

parcours des jeunes en entreprises d'insertion. Ces parcours aident des jeunes

éprouvant des difficultés socioprofessionnelles importantes, notamment les

jeunes qui sortent des centres jeunesse. Les entreprises d'insertion offrent à ces jeunes un encadrement soutenu pour

développer leurs compétences et leurs connaissances professionnelles

ainsi que leur savoir-être.

Toujours dans l'optique de profiter des apports

de tous nos jeunes, le budget 2016‑2017 comprend aussi des initiatives qui ciblent d'autres groupes, comme

les nouveaux arrivants au Québec ou les étudiants étrangers, dont nous

souhaitons retenir les talents.

En parlant de

talent, le secteur de la technologie a connu des progrès fulgurants, notamment

en ce qui a trait aux technologies portables et aux réseaux

sociaux, grâce à de jeunes entrepreneurs qui mettent leur talent au service de

la collectivité et prennent des risques pour faire avancer leurs projets, leurs

ambitions et le Québec. En tant que société innovante,

le Québec continuera de prendre sa place à l'échelle

mondiale dans ce domaine, notamment grâce à une stratégie numérique ambitieuse dotée d'un budget de 162 millions

de dollars sur cinq ans.

Parmi les mesures de la stratégie, mentionnons

la bonification du crédit d'impôt relatif à l'intégration des technologies de l'information dans les PME, un

nouveau crédit d'impôt pour les grands projets de transformation numérique

et une réduction d'impôt pour les sociétés innovantes.

Il faut

absolument intégrer également la lutte aux changements climatiques dans notre

plan économique parce que, comme Ban

Ki-moon le disait, il n'y a pas de plan b car il n'y a pas de planète b. C'est

pour ça qu'on s'est fixé des objectifs ambitieux et c'est pour ça qu'on

fait de la lutte aux changements climatiques un facteur de croissance et de

prospérité plutôt que d'opposer environnement à économie, comme certains,

malheureusement, continuent à le faire.

C'est dans l'optique de soutenir les actions de

lutte contre les changements climatiques que j'ai annoncé, en décembre dernier, une série de mesures totalisant

plus de 25 millions de dollars qui se déclinera sur cinq ans pour appuyer

trois mesures ciblées : appuyer des

projets de coopération entre les lieux académiques de la recherche et de la

coopération internationale au Québec

et leurs partenaires du Sud; versement au fonds pour les pays moins avancés,

qui vise à financer des programmes

d'action et d'adaptation dans 48 pays; une mesure de diplomatie climatique

jeunesse et francophonie visant à

renforcer les capacités des pays francophones les plus vulnérables à négocier

en français et à mettre en oeuvre les engagements climatiques

internationaux.

Dans cet ordre d'idées, le budget présente des

mesures concrètes qui permettront de développer de nouvelles technologies vertes, par exemple, participation au

consortium Valorisation Carbone Québec, qui développera des technologies

de captation et de

revalorisation du carbone, réduction de consommation d'énergie avec le crédit

d'impôt RénoVert pour les familles,

et, bien sûr, la question des jeunes entrepreneurs technologiques est de

première importance, et le soutien à nos jeunes entrepreneurs, de

manière générale, a retenu notre attention.

Lors de la consultation qui a mené à cette

politique, nous avons beaucoup entendu parler de l'importance de soutenir non seulement le démarrage de nouvelles

entreprises, mais aussi la reprise d'entreprises existantes. Entre autres,

le cas de la transmission des entreprises

familiales aux nouvelles générations a été soulevé. Je suis très fier de dire

que le Québec a mis de l'avant une

solution novatrice pour assurer un meilleur traitement fiscal pour la

transmission de l'entreprise familiale. C'est un coup de pouce vital

pour plusieurs entreprises, plusieurs jeunes repreneurs, notamment en région.

Voici là

quelques exemples concrets démontrant que les jeunes sont au centre de l'action

gouvernementale. Notre Politique

québécoise de la jeunesse, qui sera appuyée par une stratégie déclinant

l'ensemble de l'action gouvernementale en

matière de jeunesse et de trois stratégies d'action pour la jeunesse

autochtone, demeure la pièce maîtresse de notre réponse aux besoins et aux aspirations des jeunes du

Québec parce que les jeunes d'aujourd'hui, M. le Président, sont déjà à l'oeuvre

pour construire le Québec de demain. Merci.

Président (M. Matte) :

Merci, M. le premier ministre. J'invite maintenant le porte-parole de

l'opposition officielle à faire ses

remarques préliminaires pour un maximum de sept minutes. M. le député de

Saint-Jean, c'est à vous, la parole.

M. Turcotte :

Merci, M. le Président. Mes salutations tout d'abord à M. le premier ministre,

ainsi que les gens du Secrétariat à

la jeunesse, mes collègues députés du gouvernement, Mme l'adjointe

parlementaire, effectivement, du premier ministre, mon collègue le député de Chambly de la deuxième opposition,

tous les gens du ministère du Conseil exécutif, les gens du secrétariat,

différents représentants d'organismes jeunesse qui sont actifs au Québec.

Je ne

prendrai pas, bien entendu, tout mon temps pour mes remarques préliminaires

parce qu'on a peu de temps pour poser

beaucoup de questions. J'ai eu l'expérience ce matin. Mais je tiens quand même,

M. le Président, à souligner, dans un premier temps, oui, effectivement,

le premier ministre en a parlé dans ses remarques, le dépôt de la Politique québécoise de la jeunesse, qui était, il faut le

dire, très attendue, très attendue. Bon, ça fait déjà un certain nombre

d'années, de mois, là, que plusieurs personnes ont oeuvré.

J'aimerais

profiter de l'occasion, M. le Président, pour rappeler le travail que nous

avions fait lorsque nous étions le

gouvernement avec Mme Pauline Marois, qui était aussi ministre responsable

de la Jeunesse avec Léo Bureau-Blouin, pour

déposer notre livre blanc que nous avons déposé ici, à l'Assemblée nationale.

Et je vois que quelques idées, d'ailleurs, ont été reprises dans la politique, bon, avec d'autres idées. On pourra

avoir la discussion ici aujourd'hui, mais rappeler tout le travail qui avait été fait de tournée dans

les régions, dans les circonscriptions, avec la tournée Destination 2030

qui a été faite.

Donc, moi, ma

crainte, et je l'avais mentionné l'année passée au premier ministre, c'est que

tout ce travail-là qui a été fait,

cette mobilisation citoyenne, tant par la tournée Destination 2030, tant par la consultation via le site Internet où les gens

pouvaient faire de... transmettre... un lieu de dépôt d'idées, de documents,

d'orientations que les jeunes eux-mêmes

pouvaient soumettre ou des organisations jeunesse, que tout ça pouvait être

perdu.

Cependant, lorsque

nous avons déposé le livre blanc, nous avions dit aussi que nous voulions avoir

une commission parlementaire ici, où tous les partis

politiques, au fond, hein, parce qu'une commission parlementaire,

c'est ça... donc, que les députés puissent être ici et intervenir pour

élaborer cette Politique québécoise de la jeunesse.

Donc, c'est

sûr, M. le Président, que nous trouvons ça dommage que cette idée de commission

parlementaire sur l'élaboration de la Politique québécoise de la

jeunesse n'a pas été reprise parce que des groupes avaient préparé des mémoires. Il y a eu une consultation, là, de

l'autre côté de la rue, là, au Château Laurier, bien entendu, mais une

commission parlementaire aurait été

un outil et une occasion pour justement que ces jeunes, qui ont travaillé, qui

ont été consultés, qui ont élaboré des idées, puissent être ici, à l'Assemblée

nationale, et nous amener... Et ça, premièrement, en termes de coconstruction de politiques publiques, c'est très

intéressant, mais aussi en termes de participation citoyenne pour nos jeunes, ça démontre une bonne pratique pour faire

en sorte que les jeunes auraient pu justement expérimenter et se familiariser

aux institutions démocratiques dans le but

éventuellement, justement, de s'impliquer davantage dans notre collectivité,

dans notre société.

Ceci étant

dit, M. le Président, j'aimerais rappeler un certain nombre de décisions du

gouvernement actuel qui affectent les jeunes du Québec et je crois qu'il

faut aussi avoir ça en tête. L'année passée, nous avons passé un bon nombre du temps des crédits à questionner le

premier ministre sur la décision du gouvernement d'abolir les forums jeunesse

au Québec. Je comprends que le premier

ministre pourrait nous dire qu'il ne les a pas abolis, mais, n'ayant plus

d'argent, le résultat est le même.

Donc,

éventuellement, j'aimerais ça, connaître l'opinion du premier ministre sur le

projet Citoyenneté Jeunesse, qui a

été déposé par les forums jeunesse, qui se sont pris en main puis qui ont

travaillé à s'organiser, à présenter quelque chose vivant la réalité qui leur était mise, malgré des écrits du

gouvernement où... confirmaient le financement, et on a vu que,

finalement, des ententes et des lettres signées du gouvernement, des fois, ça

ne vaut pas grand-chose.

La réforme

des carrefours jeunesse-emploi, M. le Président. Nous avons mis de côté des

jeunes qui sont aux études, des

jeunes qui sont sur le travail à statut précaire, qui auraient besoin d'aide

pour avoir de meilleurs emplois, une meilleure qualité de vie. Il faut

être conscient aussi de ça, M. le Président.

Le projet de

loi n° 70, que nous étudions actuellement, qui, on le sait, hein, a pour

cible les jeunes à l'aide sociale. Quand

on sait que ces jeunes-là ont aussi besoin d'aide, ils n'ont pas juste

besoin... comme dans l'expression la carotte ou le bâton, ce n'est pas juste le bâton qu'ils

ont besoin, ils ont besoin d'aide, d'accompagnement. Il y a des organismes

qui les aident au quotidien. Ces

organismes-là n'ont pas de réinvestissement dans leur financement à la mission.

Donc, il faut l'avoir en tête, M. le Président.

Et je

terminerai sur les centres de la petite enfance pour nos jeunes familles, un

outil essentiel pour donner une chance

à nos jeunes familles de pouvoir être sur le marché du travail, que les deux

conjoints puissent être sur le marché du

travail à faibles coûts. Il y a eu une décision, effectivement, du

gouvernement, M. le Président, d'attaquer le modèle des centres de la petite enfance par la nouvelle

tarification et les nouveaux coûts, la nouvelle taxe famille du gouvernement.

Donc, je vais m'arrêter ici, M. le Président,

mais nous aurons des questions, nous aurons l'occasion d'avoir, j'espère, je le souhaite, des réponses de la part

du premier ministre, de la part du gouvernement parce qu'on considère

que l'action des jeunes, les idées des jeunes... et l'aide que les jeunes ont

besoin est aussi importante, M. le Président.

Le Président

(M. Matte) : Merci, M.

le député de Saint-Jean. Je cède la parole au porte-parole du deuxième groupe

de l'opposition pour faire ses remarques préliminaires pour un maximum de cinq

minutes. M. le député de Chambly.

M. Roberge :

Elles seront très, très brèves, M. le Président. Je veux simplement saluer mon

collègue, M. le premier ministre,

tous les collègues en face et toute l'équipe ministérielle ainsi que, bien sûr,

tous les représentants des groupes jeunesse

dont j'apprécie beaucoup la présence ici. Et je m'arrête tout de suite. Je veux

garder du temps pour nos échanges certainement très constructifs dans

les prochaines minutes. Donc, je garde mes minutes.

Le Président (M. Matte) : Je

vous remercie, M. le député de Chambly. Alors, je suis maintenant prêt à

reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un

premier bloc d'échange. M. le député de Saint-Jean, à vous la parole pour un

bloc de 20 minutes.

M. Turcotte :

Merci, M. le Président. J'aimerais tout d'abord aborder la question... Nous

allons... Il y a comme un éléphant

dans la pièce, ici, là, qui s'appelle la Politique québécoise de la jeunesse.

On va commencer par ça parce que c'est d'actualité mais aussi parce que

nous avons quelques questions importantes sur cet enjeu.

J'aimerais connaître tout d'abord l'opinion du

premier ministre sur le projet Citoyenneté Jeunesse, qui a été présenté par les forums jeunesse du Québec, voir

qu'est-ce que le premier ministre en pense et s'il les appuiera, s'il y aura du financement et de l'aide pour que, justement,

ils puissent continuer leurs activités parce qu'il y a eu une expertise de

développée pendant toutes ces années par les forums jeunesse au Québec,

notamment pour la participation électorale de nos jeunes. On sait que c'est un enjeu important, quand même, que les

jeunes puissent aller voter aux élections, ils soient incités à le faire et puissent s'impliquer dans la

collectivité. Donc, est-ce que le premier ministre va appuyer financièrement le

projet Citoyenneté Jeunesse?

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre, à vous de répondre.

M. Couillard : Merci, M. le Président. Je ne suis pas certain de

l'interprétation à donner à la qualification donnée à la politique jeunesse par mon collègue, il avait

parlé de l'éléphant dans la pièce, mais c'est plutôt mignon. Je trouve que

c'est un beau document.

Écoutez, oui,

bien sûr, on a eu une longue discussion, lui et moi l'an dernier, sur la

question des forums jeunesse, et par

la suite j'avais rencontré les représentants des forums et je leur avais

suggéré de présenter un ou des projets. Ce qu'ils ont fait, ils ont effectivement présenté un projet. Mais bien

difficile pour moi de donner un suivi maintenant parce que le projet est en analyse. Comme tous les

autres projets, il sera analysé selon les mêmes critères, c'est-à-dire les

objectifs, le rapport entre l'investissement

requis et les résultats, le dédoublement ou non par rapport à d'autres projets

existants. Et cette analyse est débutée, je crois, et elle va se

poursuivre au cours des prochaines semaines.

Le Président (M. Matte) :

Merci. M. le député de Saint-Jean.

M. Turcotte :

Merci, M. le Président. J'entends la réponse du premier ministre, mais il faut

aussi avoir en tête... Les forums

jeunesse existaient depuis un certain nombre d'années au Québec. Ils ont montré

qu'ils étaient capables de livrer la marchandise en termes de

programmes, d'innovation, de jeunes rejoints, de bonne gestion, quand même, il faut le dire, hein, des faibles coûts de frais de

fonctionnement. L'argent allait beaucoup plus à organiser des activités pour

la sensibilisation, rejoindre les jeunes partout dans les institutions

scolaires, etc.

Donc, le premier ministre, de sa réponse, c'est

comme si c'était un projet analysé parmi tant d'autres, là. Je comprends qu'il

y a plein de demandes, mais, en même temps, c'est une organisation qui était

déjà reconnue par le gouvernement, financée,

qui avait même un rôle quand même important auprès du gouvernement en termes de

conseil. Et là c'est comme s'il

devenait parmi tant d'autres, puis on... Donc, je comprends la réponse... bien,

j'entends la réponse du ministre, mais j'aimerais ça que le premier

ministre soit plus explicite sur ce projet.

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre.

M. Couillard : Bien, difficile pour moi d'être plus explicite.

Le projet a été déposé, il doit être analysé, il sera analysé au cours des prochaines semaines, et on

verra la recommandation qui est faite par le secrétariat suite à cette analyse.

Mais je voudrais rappeler également une

partie

de la discussion qu'on avait eue l'an dernier au sujet de la réaffectation des sommes. On se souvenait que, sur

14 millions, il y avait 10 millions qui étaient pour les fonds

régionaux et 4 millions pour les

frais de fonctionnement. L'ensemble des sommes, qui faisait 14 millions, a

été réinvesti dans des projets,

notamment le projet Québec volontaire, qui est une belle innovation. Donc, il

n'y a pas de perte pour la jeunesse. Il

y a un gain, en fait, en termes de projets concrets pour les jeunes et par les

jeunes, et on va continuer dans cette même direction.

Le Président (M. Matte) :

Merci, M. le premier ministre. Je cède la parole au député de Saint-Jean.

M. Turcotte :

Merci, M. le Président. Bon, justement, on va parler du programme Québec

volontaire, qui, à première vue, se rapproche quand même, il faut le

mentionner, de l'idée qui avait été soumise dans le livre blanc par Léo Bureau-Blouin. Cependant, j'aimerais

comprendre et connaître quels ont été les motivations ou les critères d'analyse

qui ont amené au choix de l'organisme LOJIQ

pour, au fond, gérer ce programme-là. Est-ce qu'il y a eu une évaluation,

un appel de candidatures d'organismes qui pourraient être intéressés à gérer ça

ou si ça a été un choix comme ça?

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre.

M. Couillard : Bien, ce n'est pas un choix comme ça. C'est la

mission de LOJIQ de faire ça. C'est leur rôle de coordonner les stages des jeunes non seulement ici, mais

ailleurs également, au niveau international, et c'est un des éléments les plus importants de la fondation des

offices internationaux de la jeunesse. Et ça nous a permis, ces changements

qu'on a faits dès 2015‑2016,

d'investir 7,8 millions de

dollars, dès 2015‑2016,

dans le programme Québec volontaire pour octroyer des bourses pour les participants au programme

pour l'ensemble de la Stratégie d'action jeunesse 2016‑2021.

Alors, il

fallait faire en sorte que l'offre de stage pour les jeunes soit consolidée au

sein d'un guichet unique que deviendraient

Les offices jeunesse internationaux

du Québec, de mettre à profit l'expérience et le savoir-faire acquis par

LOJIQ en matière de mobilité jeunesse

internationale, d'élargir cette offre à l'ensemble de la jeunesse sur

l'ensemble du territoire québécois et

canadien. On annonce donc l'élargissement de la progression de LOJIQ dans le

cadre de la Stratégie d'action

jeunesse, la création du programme Québec volontaire, soit un investissement

supplémentaire du Secrétariat à la jeunesse dès 2015‑2016.

Et il faut rappeler que, suite à la fin du

financement des forums jeunesse régionaux et des fonds régionaux

d'investissement jeunesse, le premier ministre, c'est-à-dire moi, s'est engagé

à ce que les sommes ainsi dégagées ne fassent

pas l'objet d'économies. D'une part, ces sommes serviront au financement du

nouveau partenariat avec les carrefours jeunesse-emploi, d'autre part, ces sommes serviront au financement de

nombreux projets dans le cadre de la Stratégie d'action jeunesse 2016‑2021 dans le programme Québec volontaire et

l'élargissement de la programmation de LOJIQ. Il reste combien de temps,

M. le Président?

Le Président (M. Matte) : Oh!

13 minutes.

M. Couillard : Bon, peut-être

que ma consoeur voudrait ajouter quelques éléments.

Le Président (M. Matte) : Mais

on est encore sur le temps de l'opposition.

M. Couillard : On est encore

sur le temps de l'opposition. O.K. Excusez-moi.

Président (M. Matte) :

Ça va? Je vous remercie, M. le premier

ministre. Je reconnais le député de Saint-Jean.

M. Turcotte : Merci,

M. le Président. C'est parce que

les réponses, hein, ministérielles sont sur notre temps, puis on a beaucoup de questions. Ça fait que ce n'est pas que ce

n'est pas intéressant, sinon on ne poserait pas de question. On veut avoir des réponses, donc il faut

laisser le temps. Mais, en même temps, il y a des fois aussi, l'art, hein, d'être court

et concis dans nos réponses, comme j'essaie de le faire dans mes questions, même

si, des fois, je m'emporte...

Quel est, au

fond... parce que le premier

ministre nous mentionne, M. le Président, bon, LOJIQ, dans leur rôle, bon,

les stages à l'international mais aussi au Québec. Quelle est la

proportion, actuellement, de stages ou de jeunes qui, en ce moment, sont aidés par LOJIQ, qui sont sur le territoire

du Québec, dans les régions du Québec,

versus à l'international?

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre. Ou on peut peut-être prendre une autre question.

M. Couillard : Oui, bien, c'est l'office international au départ, mais la réforme qu'on fait permet d'ajouter des

stages au Québec. Donc, c'est nouveau, c'est un ajout. C'est une bonne

nouvelle.

Le Président (M. Matte) : Ça

va, M. le député de Saint-Jean?

M. Turcotte : Oui, ce n'était pas ça, ma question

parce que moi, je n'avais pas entendu parler qu'il y avait des

jeunes qui étaient dans les régions du Québec, là, avant le dépôt de cette politique-là.

Donc, ma question demeure la même. En ce moment, le projet,

c'est d'avoir une sélection de jeunes qui vont pouvoir se déployer un peu

partout dans les régions du Québec

pour vivre des expériences, faire, bon, du bénévolat, etc. Quels sont ces

jeunes-là, hein? Comment on va choisir ces jeunes-là?

la question qui demeure aussi, c'est : Quelle est

l'expertise de LOJIQ dans les régions ou la présence de LOJIQ dans les régions du Québec et pour pouvoir bien

accompagner et suivre ces jeunes-là qui seront quand même, il faut

le dire, là, déployés un peu partout au Québec?

Le Président

(M. Matte) : Merci. M. le premier ministre.

M. Couillard : Il s'agit vraiment d'une opportunité extraordinaire pour nos

jeunes. On parle de 800 000

heures de volontariat qui vont

impliquer probablement 3 000 jeunes. Au départ, les projets vont être

sélectionnés par les communautés, les

organismes à partir desquels jailliront ces projets soumis à LOJIQ, qui a une

expertise considérable dans la gestion de

la mobilité, la logistique, l'organisation des stages et également la

pertinence des différents stages au niveau international. On leur ajoute une mission plus spécifiquement

québécoise, mais la majorité de leurs interventions sont internationales.

veux quand même dire que ce programme, avec le 7,8 millions de 2015‑2016

et les 4 millions par année des années

suivantes, de façon cumulative, arrive à près de 28 millions à terme.

Alors, c'est quand même considérable comme initiative. C'est, bien sûr, fait également en collaboration avec le

ministère des Relations internationales et de la Francophonie.

Donc,

il faut saluer cette initiative-là. Je crois que c'est une nouvelle qui va être

très, très, très bien accueillie. Le financement, donc, permet de

réaliser un élargissement de la programmation aux territoires québécois,

canadien à l'international et permet l'augmentation du nombre de participants.

M. Turcotte :

M. le Président...

Le Président (M. Matte) :

Un instant! Est-ce que la réponse est terminée?

M. Couillard :

Bien, je pourrais peut-être ajouter parce qu'on a reconnu la participation et

la contribution de M. Léo Bureau-Blouin dans sa consultation, qui a été d'ailleurs

intégrée à notre réflexion pour produire la politique jeunesse. Lui-même avait mentionné l'idée de ce service civique nommé Québec

volontaire, je le cite : «...qui permettra à des jeunes Québécois

de faire du volontariat dans des régions du Québec et du monde», etc. Donc,

c'est une idée qui appartient à beaucoup de monde et également à la formation

politique de mon collègue.

Le Président

(M. Matte) : Merci, M. le premier ministre. Je cède la parole au

député de Saint-Jean.

M. Turcotte : Merci,

M. le Président. Je crois

qu'on chemine beaucoup dans l'évolution, là, de l'explication de ce

programme-là. Est-ce qu'il y aura des jeunes issus de clientèles plus

éloignées? Est-ce que ce sera une source de motivation

pour ces jeunes-là, en vivant une expérience de bénévolat, d'implication dans

la communauté pour justement peut-être

leur redonner le goût à s'impliquer dans la société ou à se réinsérer dans

la société ou est-ce

que ça va être une occasion pour des jeunes de connaître des régions

du Québec pour peut-être éventuellement s'y établir, se trouver un emploi, fonder

une famille dans ces régions-là?

Le Président

(M. Matte) : J'invite le premier ministre.

M. Couillard :

Bien, il ne faut pas confondre avec Place aux jeunes en région. Ça, c'est plus

du ressort de ce programme-là. Je crois

que l'attrait principal pour les jeunes, ça va être les stages internationaux.

Les jeunes ont beaucoup soif de contact international. Le monde, pour eux,

est beaucoup plus large que celui qu'on a connu, nous, à

l'époque où on avait leur âge. Et on veut viser la plus grande mixité

possible dans la provenance des jeunes, autant que possible, les jeunes qui sont dans la catégorie qu'on avait

discutée l'an dernier, qui ne sont ni à l'emploi, ni à l'étude, ni en formation.

Donc, des gens qu'on veut motiver. Et il n'y a pas grand-chose de plus motivant

qu'une expérience concrète de stage à l'international mais également, lorsque

ce sera possible, au Québec ou ailleurs au Canada parce qu'il sera possible également

d'aller faire des stages dans d'autres provinces canadiennes, ce qui, j'en suis

certain, réjouira mon collègue

de l'opposition officielle, de façon à développer davantage

le sentiment commun d'appartenance des jeunes Québécois et des jeunes Canadiens autour de ce vaste pays qui est

le nôtre. Je vois l'enthousiasme, d'ailleurs, dans son visage lorsque j'élabore sur cette notion.

Le Président

(M. Matte) : Merci, M. le premier ministre. J'invite le député de

Saint-Jean.

M. Turcotte : Bien, c'est une belle occasion aussi, pour les

jeunes du Québec, justement de voir les différences, hein, qui sont présentes au Canada,

et peut-être justement d'avoir un sentiment plus grand d'appartenance au

Québec, et de voir justement

que le Québec peut devenir un pays et voler de ses propres

ailes parce que c'est souvent quand on voit ce qui se

passe ailleurs que ça nous donne le goût aussi d'être maîtres chez nous.

Mais,

au-delà de ça, parce que ce n'est pas l'objectif ici des crédits de parler

de cette question-là, mais on peut quand

même se dire des choses, là, des

3 000 jeunes... C'est parce

que, là, j'ai entendu quelque chose du premier ministre, de la bouche du premier ministre, qui m'a un

peu questionné. Il dit : Si c'est possible, hein, dans les régions du Québec.

Si c'est possible. Moi, je me dis :

Bien là, est-ce que c'est attaché ou pas, là? C'est quoi, la

proportion du 3 000 jeunes qui iront à l'international ou pourront se déployer dans les régions du Québec

ou dans le pays voisin, là, qui est le Canada?

le premier ministre a mentionné Place aux jeunes en région. Justement,

c'est une bonne idée, là, que le premier

ministre me soumet. Est-ce que Place aux jeunes en région sera mobilisé dans ce

programme-là pour justement accompagner et faire en sorte que les jeunes qui seront un peu partout dans les

régions... parce que Place aux jeunes en région sont quand même présents dans toutes les régions

du Québec. Donc, il y aurait un beau partenariat intéressant que le premier ministre,

là, sans peut-être le vouloir, mentionne justement

pour... Parce qu'il dit «si possible». Bien, moi, je crois

que, justement, un organisme

présent partout dans les régions du Québec pourrait aider à faciliter ce genre

de programme là et faire en sorte que

nos jeunes puissent vivre les réalités, les différentes réalités des régions

parce que, pour un jeune de Montréal,

aller en Gaspésie ou, inversement... et même un jeune de Saint-Jean, se rendre

en Abitibi, M. le Président, c'est une

réalité complètement différente qui peut justement valoriser ces jeunes-là pour

développer un sentiment d'appartenance à

notre communauté mais aussi... oui, à l'international, c'est bien, mais aussi

chez nous parce que, des fois, nos régions sont très dépaysantes l'une

de l'autre.

Le Président (M. Matte) : Je

cède la parole au premier ministre.

M. Couillard : Bien, notre collègue aura certainement noté avec

beaucoup de satisfaction le début d'un programme de mobilité, jeunes au

cégep. Il a vu certaines expériences au cégep de la Gaspésie, notamment, mais,

moi qui vis à Saint-Félicien, où il y a un

cégep régional avec un défi démographique

considérable, cette idée d'encourager des jeunes des grandes villes à venir faire une

partie de leurs études collégiales

en cégep régional, à mon avis, est très,

très, très porteuse. Et je pense qu'il faut réaliser que les objectifs

des deux programmes ne sont pas les mêmes. Avec volontaire Québec,

avec le projet dont on parle ici, on vit des expériences courtes

d'immersion ou de volontariat. C'est un peu différent du programme Place

aux jeunes en région, qui, bien sûr, non

seulement est maintenu, mais est

soutenu et va nous permettre d'organiser

des séjours exploratoires, développer un site Internet, faire du soutien à

distance dans le but de susciter, pour les jeunes de 18 à 35 ans, la

présence, et l'installation, et le maintien en région.

Donc, c'est, on pourrait dire, complémentaire,

oui, mais ce n'est pas la même finalité, ce n'est pas les mêmes objectifs.

Et je pense qu'on est mieux de se regrouper autour d'une même mission ou d'une

même expérience, tout en sachant que, forcément, il y aura des contacts

entre les deux organisations.

Le Président (M. Matte) :

Merci, M. le premier ministre. Je reconnais le député de Saint-Jean pour les

quatre minutes. Il vous reste quatre minutes, M. le député.

M. Turcotte : Merci,

M. le Président. J'aimerais beaucoup poursuivre sur ce programme parce qu'effectivement

moi, je trouve que c'est une excellente idée

de pouvoir permettre à des jeunes d'aller à l'international, d'aller dans les

régions du Québec. Bon, le premier ministre

l'a mentionné, nous l'avions mis à l'époque dans notre livre blanc. Malheureusement,

faute de temps, je vais devoir passer à un autre sujet.

J'aimerais aborder, dans la catégorie,

peut-être, des occasions manquées de la politique jeunesse, la Politique québécoise de la jeunesse, la question des sièges

pour les jeunes sur les conseils d'administration, notamment des sociétés

d'État, une demande, hein, fortement appuyée

par Force Jeunesse. Plein de gens l'ont appuyée. Le chef de l'opposition

officielle, le chef du Parti québécois

l'avait appuyée durant la course à la chefferie et, par la suite aussi, a eu

l'occasion de l'appuyer. Plusieurs

partis politiques... je crois que mon collègue aussi l'avait appuyée. Donc,

d'autres organismes l'ont appuyée.

Est-ce que le premier ministre a fait une

réflexion, depuis l'émission de cette proposition de la part de Force Jeunesse, pour justement poser un geste pour

favoriser l'augmentation du nombre de jeunes dans nos conseils d'administration,

mais aussi qu'il y ait des sièges réservés pour les jeunes dans nos conseils

d'administration?

Le Président (M. Matte) :

Merci, M. le député de Saint-Jean. Je cède la parole au premier ministre.

M. Couillard : Mais, M. le Président, c'est très intéressant

comme sujet. Il y a un de nos collègues, en plus de la députée de Richmond, qui est très intéressé à ça,

c'est notre collègue le député de Sainte-Rose, qui, bien sûr, est fortement

intéressé par cet élément-là, avec raison.

Et vous allez la retrouver dans l'axe Entrepreneuriat, à la mesure 5,5, qui

est : «Faciliter l'accès des jeunes aux lieux décisionnels et

préparer la relève.»

Alors, bien

sûr, ça encourage les jeunes à proposer leur candidature à des postes

décisionnels, dont des sièges dans les

sociétés d'État. Et je voudrais insister sur un élément. Il faut être prudents,

surtout au début. Il faut que les jeunes qu'on proposerait, et on veut

le faire, pour être sur les C.A. des sociétés d'État soient formés comme

administrateurs. Il n'y a rien de plus

négatif que de commencer une expérience semblable uniquement parce qu'il faut

le faire sans s'assurer que les

personnes qui vont siéger pourront apporter une contribution accrue à

l'organisation. Alors, ce n'est pas parce qu'on est jeune qu'on n'aura pas une

contribution accrue, mais il faut au moins s'assurer de donner accès à ces

jeunes-là à des programmes de

formation pour administrateur, par exemple, qui leur permettront d'être des

membres à part entière du conseil d'administration dès leur arrivée.

Alors, on est favorables, M. le Président, à ce

qu'il y ait des jeunes, encore faut-il définir ce qu'on entend par «jeune»,

quelle est la limite d'âge qu'on entrevoit, mais ça m'apparaît important, comme

on l'a fait avec la parité hommes-femmes.

C'est au niveau des sociétés d'État qu'on a commencé à faire des progrès

véritables il y a plusieurs années.

Et je crois que, pour les jeunes, pour la présence des jeunes, c'est de cette

façon que ça va se faire. Je déconseillerais cependant d'y aller par quota ou par fixation de nombres précis de

sièges. Il faut saisir les occasions, sélectionner les jeunes les mieux

préparés et les présenter comme candidats.

Président (M. Matte) : Merci, M. le premier ministre.

M. Turcotte :

M. le Président, juste en terminant là-dessus, parce que mon temps a été coupé,

les forums jeunesse étaient une belle occasion, une belle école pour nos

jeunes de siéger sur des conseils d'administration, d'apprendre justement comment ça fonctionne. Donc, je crois

que le premier ministre pourrait cheminer dans sa réflexion et faire en

sorte qu'au moins Citoyenneté Jeunesse pourrait être appuyé.

Le Président (M. Matte) : Maintenant, je reconnais, pour un bloc de 20

minutes, les représentants du gouvernement.

Mme Vallières :

Merci, M. le Président. Salutations au premier ministre. Contente de vous

retrouver ici. Chers collègues de

l'opposition, collègues de la

partie ministérielle également. J'aimerais saluer

le personnel de l'Assemblée nationale qui font les crédits, eux aussi,

avec nous. Merci beaucoup de votre présence.

D'abord,

merci, un merci particulier au premier ministre de la confiance qu'il m'a

témoignée en me demandant d'être son

adjointe pour les dossiers jeunesse, dossiers qui m'ont toujours tenu très à coeur. Et donc j'ai bien vu l'évolution dans

les dernières années. Entre autres, le collègue de Saint-Jean-sur-Richelieu parlait

du livre blanc, et tout ça. J'étais bien au fait de ce qui s'y passait également.

Vous savez, le

premier ministre a été très clair dans ses messages. Le gouvernement doit

placer les jeunes au coeur de son action,

au coeur de ses choix. On le voit dans notre politique budgétaire par le retour

à l'équilibre, par le Fonds des

générations, avec l'assainissement des finances publiques aussi. Ce sont des

actions sous-tendues exclusivement et vraiment

très axées sur une de nos valeurs, l'équité intergénérationnelle, qui est

propre à notre parti. En ce sens, il faut saluer l'ensemble du travail du gouvernement, qui est aussi toujours

dans une vision pour notre jeunesse, les générations qui nous suivent

également, à savoir... Dans l'histoire de la politique jeunesse, la première

politique jeunesse a été rédigée en 2001. Ce

n'est quand même pas si loin. Elle était là jusqu'en 2014. Et nous arrivons

aujourd'hui avec la deuxième Politique

québécoise de la jeunesse, qui se décline par des stratégies d'action jeunesse.

La politique est là pour les 15 prochaines années, et il y aura trois stratégies d'action jeunesse qui auront

chacune cinq ans. C'est important de faire bien la distinction.

Donc, la politique

dont on parle et dont parlait notre collègue avec l'éléphant, son image

d'éléphant dans la pièce,

justement... effectivement, parce que c'est un gros travail, je pense qu'on

peut le dire comme ça, qui a nécessité de nombreuses

consultations. Et c'est sur ce que je voudrais m'adresser, là, au premier

ministre par rapport aux consultations. On sait que les jeunes ont changé, et ça nécessitait donc... parce que

les jeunes des années 80, les jeunes d'aujourd'hui, ce ne sont pas les mêmes jeunes. L'évolution est

là. Mais, de façon plus globale aussi, la situation économique, la situation

mondiale a évolué énormément aussi, entre autres, à cause des changements

démographiques, la démographie qui va changer

énormément au cours des 15 prochaines années. Le poids relatif des jeunes va

diminuer, alors que la proportion des personnes âgées, elle, va croître.

Donc, on a vraiment tenu compte, dans cette politique, de tout l'aspect de

la... le principe de la pyramide inversée,

justement, qu'on n'avait pas dans l'ancienne politique de la jeunesse. Il faut

compter aussi que l'espérance de vie

augmente. La décroissance de la population active aura un effet considérable,

entre autres sur le marché du travail

et sur la fiscalité. Donc, tout ça est tenu en compte dans l'ensemble des

politiques gouvernementales mais spécifiquement dans celle de la

politique de la jeunesse.

Une chose à

laquelle il faut également s'adresser tout particulièrement, c'est la notion

d'adaptation aux nouvelles technologies

aussi. Ça va très, très vite, et ce dont on parle aujourd'hui en technologies

dans l'année un de la politique jeunesse,

d'après moi, on va déjà être très, très loin dans les cinq, six, sept

prochaines années. Donc, allons voir dans les 15 prochaines années, d'ici la fin de la politique jeunesse. Alors, il y

a une préoccupation particulière qui a été également incluse, là, dans

la politique quant à l'évolution très rapide.

Donc, en parlant

des consultations, on l'a mentionné tout à l'heure, on n'a pas voulu rejeter du

revers de la main le

travail qui avait été fait par le gouvernement précédent, les jeunes sous le

Parti québécois versus les jeunes sous le Parti

libéral. On s'entend que ce sont les mêmes jeunes. Ils ont été consultés et,

pour être avec eux régulièrement sur le terrain, ils se demandent souvent : Quand on participe à quelque

chose, qu'est-ce que ça donne? Mais voici un exemple concret de qu'est-ce que ça donne, justement.

Donc, c'est important pour nous de dire : Vous avez participé, et tout ça

a été pris en compte. Et une des

choses fort intéressantes de cette politique, justement, c'est que, quand les

gens la prennent et la consultent, c'est vraiment le reflet, un miroir

de ce qui a été présenté lors de ces consultations.

Pour vous donner

une idée, c'est 4 000 jeunes qui ont été consultés en tout et partout. Les

gens, les organismes

pouvaient déposer soit des mémoires ou des écrits, tout simplement. On voulait

que ce soit le plus convivial possible pour

que même les jeunes, sans que ce soit dans un mémoire très officiel,

puissent... pour qu'ils puissent vraiment déposer leurs commentaires. Et

c'est donc 200 contributions écrites que le gouvernement a reçues, qui sont

toutes sur le site Internet du Secrétariat à

la jeunesse. Et les consultations se sont conclues par une grande table ronde

où 70 organismes étaient présents et

où on a vraiment fait un retour sur l'ensemble des consultations, les

différents axes qui étaient présentés et finalement vers quoi on s'en

allait pour la politique.

Donc, il y a

effectivement une différence entre la première politique jeunesse et la

politique que nous avons ici aussi, mais je

pense que ce qui est important pour que les gens comprennent bien puis que

surtout les jeunes comprennent bien

l'apport qu'ils ont eu... J'aimerais, M. le premier ministre, que vous puissiez

expliquer l'évolution de la proposition initiale des consultations versus le résultat qu'on a entre les mains

avec la politique que l'on a dévoilée ensemble en mars.

Le Président

(M. Matte) : M. le premier ministre.

M. Couillard : Merci, M.

le Président. La première chose qu'il

faut répéter, hein, on l'a déjà dit à quelques

reprises, c'est que les choses

changent beaucoup plus rapidement dans les sociétés aujourd'hui qu'il y a

quelques années ou quelques décennies. Si on pense

à 2001, imaginez 2001, il n'y avait pas de médias sociaux, très peu d'appareils

portables de communication, c'était un

univers dans lequel la jeunesse évoluait qui est déjà, 15 ans plus tard,

très différent de celui dans lequel

la jeunesse d'aujourd'hui évolue. Et on peut supposer, comme ma consoeur l'a

dit, que, dans 15 ans, il y aura encore plus de différences radicales

dans le vécu de nos jeunes.

Alors, les

éléments qui ont évolué, on peut les résumer rapidement en quelques éléments.

D'abord, la définition de la

jeunesse, le choix de circonscrire la jeunesse à la période de transition vers

l'autonomie des personnes, comprise entre

l'âge de 15 à 29 ans, mais en n'étant pas trop restrictifs. C'est-à-dire

que, dans le cadre de certaines interventions préventives, on pourrait

cibler, par exemple, les 12 à 14 ans ou, dans les cas de certaines

transitions spécifiques, aller jusqu'à 30-35 ans.

Il y a des

défis et des opportunités qui sont présentées suite à l'inversion de la

pyramide démographique qu'on connaît actuellement. Il s'agit donc

d'aider les jeunes à effectuer les multiples transitions auxquelles ils et elles

seront soumis. Les solutions apportées aux

défis de notre jeunesse doivent provenir d'un dialogue, et de compromis entre

les générations, et d'équité entre les

générations. Il s'agit d'une responsabilité partagée par l'ensemble des

Québécoises et des Québécois. Les

orientations ont été modifiées afin de tenir compte d'une recommandation

fréquemment formulée sur l'importance que la politique agisse sur

l'environnement des jeunes pour qu'ils et qu'elles puissent vivre leurs propres

expériences.

Il y a un cinquième

axe d'intervention qui a été créé, et ça, on en parlait très peu en 2001, je me

souviens très bien de cette époque,

ce n'était pas quelque chose qui était dans l'air, pour mettre en évidence le

rôle stratégique de l'entrepreneuriat jeunesse pour les jeunes et le

développement du Québec d'ici 2030. On a demandé avec insistance qu'on inscrive

l'entrepreneuriat, d'ailleurs, c'est un des

cinq éléments de la politique qui a été présentée, parce que les jeunes, et

c'est une bonne nouvelle, si on

regarde les enquêtes diverses qui sont faites, sont beaucoup plus entrepreneurs

aujourd'hui que nous l'étions nous-mêmes à leur âge, la génération

précédente, ce qui est une très bonne nouvelle pour le Québec.

Une attention

particulière a été également portée à certaines catégories de jeunes qui ont

des besoins particuliers, comme ceux

vivant une situation de handicap, les jeunes autochtones, une autre réalité qui

est devenue très, très forte au cours

de la consultation par les autochtones eux-mêmes et également les autres, la

situation spécifique des populations autochtones,

les jeunes Québécois de langue anglaise également ou ceux issus de

l'immigration. Donc, ce sont les jeunes qui étaient au coeur de l'élaboration de la politique et non pas le

gouvernement, ses ministères et ses organismes. Je crois qu'on les a écoutés. On a entendu leurs

préoccupations, on a reflété le changement de leur monde et le changement

qu'ils peuvent apporter également au Québec, M. le Président.

Le Président (M. Matte) :

Merci, M. le premier ministre. Je reconnais le député de Saint-François.

M. Hardy : Merci, M. le

Président. M. le premier ministre, collègues du côté gouvernemental et du côté

de l'opposition, moi, je vais vous parler un

petit peu, dans la politique jeunesse, du côté santé. C'est habituellement

après l'âge de 15 ans qu'une

majorité de personnes choisissent les sports ou les activités physiques

qu'elles souhaitent intégrer à leur

horaire et à leurs moyens de transport courants et qu'elles font, pour la première

fois, une épicerie de façon autonome. La

santé des jeunes est affectée par plusieurs facteurs outre l'environnement

socioéconomique : le surpoids ou l'obésité, les comportements à

risque et la détresse psychologique comme la dépression ou l'anxiété.

Chez les jeunes, les problèmes les plus courants

liés à l'alimentation sont le surpoids et l'obésité et ils sont en croissance. L'insécurité alimentaire, c'est-à-dire

les problèmes liés à l'accès à de la nourriture, est également en hausse.

Trois habitudes de consommation semblent être les principaux facteurs liés aux

problèmes de santé physique dus à l'alimentation :

la consommation de boissons sucrées, la consommation d'aliments préparés et

l'augmentation de la taille des

portions. Ces trois comportements impliquent une augmentation de l'apport

énergétique, et la hausse de leur prévalence s'est faite en parallèle avec l'augmentation du surpoids au cours des

dernières décennies non seulement au Québec, mais dans plusieurs autres

pays.

Avec

l'alimentation, la pratique d'activités physiques et sportives est l'autre

déterminant majeur du problème du surpoids

et de l'obésité. Elle est également un facteur important de la santé globale,

autant physique que psychologique. La

sédentarité est le quatrième facteur de risque de mortalité à l'échelle

mondiale, en

partie parce qu'elle est un facteur de risque de nombreuses

maladies chroniques.

La pratique

d'activités physiques et sportives a augmenté chez les jeunes au cours des

dernières années. Les activités sédentaires,

comme les heures passées devant un

écran, sont aussi en hausse aujourd'hui. Les jeunes se distinguent de leurs aînés parce

qu'ils passent plus de temps devant l'ordinateur que devant la télévision.

C'est la première fois que l'ordinateur et

ses variantes, comme les téléphones intelligents et les tablettes numériques,

doublent la télévision comme principale source d'activité sédentaire.

La jeunesse

se distingue des autres groupes d'âge par défaut par un état de

santé physique généralement très bon. Toutefois, en ce qui concerne la santé mentale, plusieurs indices révèlent que les jeunes représentent un groupe particulièrement vulnérable. Ces difficultés ont des conséquences

sur le bien-être des jeunes, sur leur productivité au travail et aux études,

sur leurs relations avec les amis et la

famille et parfois sur leur vie elle-même. Il existe aussi des interactions

entre santé mentale et santé

physique. Les troubles alimentaires, par exemple, des conditions plus présentes

chez les jeunes, se situent à la croisée de la santé mentale et de la

santé physique.

Les jeunes

cherchent à marquer leur indépendance devant leurs pairs et les adultes plus

âgés. C'est une période où chaque

personne vit des expériences nouvelles, et ce, sans avoir le plein contrôle de

ses pulsions et inhibitions. Les comportements à risque sont une des

expressions de cet état de fait. Les comportements augmentent la probabilité d'effets adverses sur le

plan physique, social ou psychologique. Ils engendrent aussi, dans certains

cas, des risques pour la santé et la

sécurité des autres. Les comportements à risque les plus fréquents adoptés par

les jeunes sont la consommation de

tabac, de drogues, la consommation excessive d'alcool, les relations sexuelles

non protégées et la conduite automobile dangereuse.

La Politique

québécoise de la jeunesse souhaite promouvoir les relations harmonieuses entre

tous les citoyens et toutes les

citoyennes dans leur vie quotidienne. Elle devrait aussi promouvoir

l'établissement de rapports égalitaires entre les personnes, exempts de

stéréotypes basés sur le sexe, l'orientation sexuelle, l'âge et la religion,

les statuts socioéconomiques ou l'origine et des comportements qui découlent de

ces stéréotypes.

renversement de la pyramide démographique et ses conséquences mettent au

premier plan la nécessité d'établir un

dialogue intergénérationnel respectueux. L'établissement des relations

interpersonnelles harmonieuses implique aussi la prévention de l'intimidation. Que ce soit un comportement de paroles,

un acte, un geste à caractère répétitif, le plus souvent délibéré, ceci a pour

effet d'engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer et

ostraciser. Ce comportement peut être exprimé directement ou

indirectement, y compris dans le cyberespace.

Le plan

d'action contre l'intimidation. Dès l'arrivée du gouvernement, le premier

ministre a présidé une consultation sur

la lutte contre l'intimidation, qui a mené à un plan d'action concerté pour

prévenir et contrer l'intimidation 2015‑2018. Ce dernier se décline en cinq

orientations : des milieux de vie bienveillants et respectueux, une

population civilisée et engagée, des

intervenantes et des intervenants formés et outillés, des personnes victimes,

des témoins et des auteurs mieux soutenus et mieux outillés, des

interventions appuyées sur des données probantes.

Il y a le

tabagisme qui est un sérieux problème de la santé publique. Le tabagisme

constitue la principale cause évitable

de mortalité. Les décès qu'il provoque sont essentiellement dus aux nombreuses

maladies chroniques dont il est un des

principaux facteurs à risque. L'Assemblée nationale du Québec a adopté en 2015

la Loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme. À cette nouvelle loi, le gouvernement poursuit la lutte

engagée contre le tabagisme en mettant en oeuvre des mesures qui visent notamment à mieux protéger les jeunes des dangers

de la fumée du tabac dans l'environnement et des dangers reliés à la

dépendance du tabac et en rendant ces produits moins accessibles et moins

attrayants.

Donc, en

résumé, la jeunesse est une étape de construction de l'identité et

d'affirmation de soi. Pendant cette période, les jeunes sont confrontés

à une grande diversité de premières expériences et de choix possibles. C'est un

moment déterminant, notamment

en ce qui concerne l'adaptation de comportements susceptibles

d'influer sur leur santé physique et mentale ainsi que sur leur bien-être.

Le premier

axe se concentre sur la santé et le bien-être des jeunes. En effet, les habitudes de vie

favorisant la santé et la sécurité personnelle contribuent à l'atteinte

d'une des plus grandes autonomies.

Donc, M. le Président, j'en viens à ma petite question. Je demanderais au premier ministre : Que

pouvons-nous faire de plus pour les jeunes, pour ne pas les échapper?

Le Président (M. Matte) : Je

cède la parole au premier ministre.

M. Couillard : Merci,

M. le Président. Je vais très brièvement

situer l'axe santé dans la politique, par la suite céder la parole à ma

consoeur la députée de Richmond.

On se

souvient qu'il y a cinq axes d'intervention, dont la santé. Il faut savoir que,

lors de la consultation, je pense que mon collègue le député de Saint-Jean a

participé à la consultation, ça a été une demande des jeunes, d'avoir l'axe santé et qualité de vie dans la politique

jeunesse, qui était absent en 2001. Une autre différence entre les valeurs et

les priorités entre 2001 et 2016.

Il y a

plusieurs éléments qui permettent de répondre à la question de notre collègue,

mais là-dessus je céderais la parole à ma consoeur la députée de

Richmond sur notre temps, bien sûr.

Le Président (M. Matte) : Il

vous reste trois minutes.

Mme Vallières :

Merci beaucoup. Effectivement, on a pu voir, à travers les différentes

consultations, à quel point l'enjeu

de la santé était primordial et au coeur de l'ensemble des actions des jeunes.

Peu importent les axes de la politique, souvent, les jeunes revenaient eux-mêmes à des aspects de santé. Et

c'est pour ça, d'ailleurs, que c'est l'axe n° 1. La plupart des gens connaissent la pyramide de Maslow, hein,

donc les besoins de base. Pour eux, dans le fond, dans la politique

jeunesse, ça serait l'axe 1.

Il y a un

objectif général, le premier ministre vous l'a présenté tout à l'heure, mais il

y a des orientations globales à la

politique aussi. Donc, c'est d'offrir aux jeunes des milieux de vie sains et

des environnements stimulants. Et on sait que les habitudes de vie des jeunes sont largement façonnées par les

déterminants environnementaux qui affectent leurs milieux. Et l'approche, dans l'axe 1 de la

présente politique, est vraiment une approche préventive parce que ce qu'on

veut, c'est inculquer aux jeunes le souci

d'adopter de saines habitudes de vie. Il n'est pas question d'éléments

coercitifs ici mais vraiment donner

le goût d'adopter des comportements sains également et qu'ils puissent évoluer

dans des milieux de vie qui soient sécuritaires, également.

L'objectif

est décliné en... l'axe, pardon, est décliné en cinq objectifs, dont le premier

est de favoriser de bonnes habitudes

alimentaires. Je pourrais ici, pour le député de Saint-François, donner un

exemple de projet qui a été soumis justement

pour analyse au Secrétariat à la jeunesse dans le cadre de cet objectif pour

favoriser de bonnes habitudes. Il s'agit

du Réseau du sport étudiant du Québec, qui propose, lui, une campagne de

dénormalisation dans les écoles secondaires,

réseau que l'on connaît, pour la plupart des députés, déjà tous. Et ça vise à

réduire la consommation de la malbouffe,

notamment des boissons gazeuses et des boissons énergétiques, en changeant la

perception des jeunes à l'égard du marketing alimentaire qui est fait, justement.

On peut voir ici justement qu'on est dans une question de prévention et non pas d'obligation ou encore coercitive, à

dire : On enlève tout. Nécessairement, ça passe beaucoup par l'éducation.

Le deuxième

objectif de l'axe 1, c'est d'encourager un mode de vie physiquement actif,

et le troisième, c'est agir sur les problèmes de santé mentale. On en

entend de plus en plus parler. Et il y a des préoccupations particulières également au niveau de la santé publique, des

études à faire entre les problèmes de santé mentale, également. Et un autre

point qu'on a, c'est l'abus de drogue et alcool, également.

Le quatrième

objectif de l'axe 1, c'est la promotion des comportements sains et

sécuritaires, qui peuvent en englober plusieurs.

On parle évidemment beaucoup du tabac, de la consommation des drogues et

alcool. Je viens d'en parler. Et les jeunes

le savent maintenant que la fondation de base d'une bonne santé globale vient

assurément par les comportements sains et sécuritaires.

Et, pour favoriser les relations interpersonnelles,

je me permets de prendre la dernière minute qu'il me reste, M. le Président, pour donner un autre exemple,

parce que c'est intéressant d'avoir du concret aussi, qui a été proposé au

Secrétariat à la jeunesse. C'est le

Regroupement des Auberges du coeur qui ont proposé de mettre sur pied des

ateliers de promotion des

comportements sains et sécuritaires pour les jeunes plus vulnérables, nos

jeunes les plus éloignés, ceux qu'on

tente de rattraper, justement, pour les amener vers de la réinsertion professionnelle,

de la réinsertion sociale aussi. Je

pense qu'il faut leur donner des environnements le plus sain possible, mais il

faut les éduquer également à ça. Et il y a tout l'aspect de la

discrimination et de l'intimidation, également.

Le Président (M. Matte) : Votre

temps étant écoulé...

Mme Vallières :

Alors, bien des choses à dire sur cet axe 1. Merci beaucoup, M. le député

de Saint-François.

Président (M. Matte) :

...je cède la parole au deuxième groupe de l'opposition officielle pour 20

minutes, le député de Chambly.

M. Roberge : Merci beaucoup, M.

le Président. La politique jeunesse, parmi toutes ses orientations, propose de — j'ouvre les guillemets — «favoriser les bonnes habitudes alimentaires

[chez les jeunes]». Ma collègue en parlait déjà, mais c'est une orientation. C'est mou un peu. Ça reste flou, une

orientation. On dit : Ah! on a des orientations, on a des axes. Il n'y a pas d'action. Tu sais, si on va

voir un jeune de 16 ans, dire : Tu ne sais pas quoi? Ils ont fait une

consultation, ils ont parlé à 4 000 personnes. Après ça, ils ont décidé de

faire un forum. Après ça, ils ont fait un document. Là-dedans, il y a des axes. Il va dire : Oui? Qu'est-ce

qui se passe maintenant? Il n'y a pas d'action. L'idée de favoriser les bonnes

habitudes alimentaires, on appelle ça, en

politique, pour les initiés, la tarte aux pommes. Tout le monde aime la tarte

aux pommes, surtout quand on parle des

bonnes habitudes alimentaires, pas de problème avec ça. On peut questionner la

recette un petit peu des fois, s'il manque de contenu.

mesure-phare en la matière, une mesure qui viendrait changer la donne, pourrait

mettre de la chair autour de l'os,

pour rester dans l'image des bonnes habitudes de vie. On dit souvent que la

partie ministérielle vole les idées de ma

formation politique. Malheureusement, ce n'est pas vrai. Ce serait tellement le

fun si c'était vrai parce que ça paraîtrait, et il se passerait quelque

chose, ça changerait. Mais non.

Mais je me réessaie, je vais proposer quelque

chose. On l'a fait dans notre mémoire puisqu'on a participé, évidemment, à cette consultation, à ce forum-là.

C'était quand même un incontournable, il fallait le faire. Notre mémoire

s'appelait Des idées d'avenir pour une

jeunesse engagée , et on a une proposition concrète : interdire la

vente de boisson énergisante aux

jeunes de moins de 16 ans. Ça, ça change la donne, ça change les tablettes des

dépanneurs, c'est concret, ce n'est pas un axe.

Je vais vous lire un extrait d'une lettre

ouverte qui a été publiée suite au mémoire de la CAQ, suite à notre proposition d'interdire la vente de boisson

énergisante aux jeunes de moins de 16 ans, un extrait qui dit : «...rappelons

que ces boissons peuvent contenir jusqu'à 16 [cuillerées] à thé de sucre [par

cannette].» Je continue l'extrait :

«Additionnés de caféine, ces breuvages sont

également associés à l'érosion dentaire — et là je continue, attention — à des troubles de sommeil, à l'agitation

[...] à l'irritabilité, à des épisodes de tachycardie et de fibrillation lors

de surdosage, en plus d'être contre-indiqués avec l'alcool et le sport.»

Ça fait que,

là, c'est concret. On va dire : Oui, mais qui a écrit cette lettre-là?

Est-ce que c'est Pierre, Jean, Jacques, un gérant d'estrade? Laissez-moi vous lire la liste des 17 groupes ou

signataires. C'est là qu'on va voir que non seulement c'est des mesures concrètes, je vous ai parlé en

termes scientifiques et médicaux... Et c'est signé par : Mme Corinne

Voyer, directrice de la Coalition

québécoise sur la problématique du poids, Mme Lucie Granger, directrice de

l'Association pour la santé publique

du Québec, Mme Baribeau, diététiste-nutritionniste — on ne dira pas que ces gens-là ne savent pas

de quoi ils parlent — M. Boisvert,

docteur en kinésiologie, M. Dionne, pharmacien, Mme Dubeau,

directrice régionale, Québec, Les

diététistes du Canada, Mme Jobin, nutritionniste, M. Juneau, cardiologue,

M. Pierre Lavoie — est-ce que c'est utile d'expliquer qui est M. Pierre Lavoie

au Québec? — Mme Lefèbvre,

une nutritionniste, M. Lucas, Département de médecine sociale préventive de l'Université Laval, Mme Lucia,

directrice générale de la Fédération des kinésiologues du Québec, M. Manibal, directeur général de

Tennis Québec, Mme Marchand, directrice des opérations à la fédération

des éducateurs et éducatrices... les profs

d'éducation physique, donc, qui côtoient ces jeunes de moins de 16 ans.

J'achève. Mme Forget Marin,

directrice, affaires santé, recherche à la Fondation des maladies du

coeur — encore

une fois, on est concrets — M. Ruest, un maire,

Mme St-Pierre, un docteur, M. Roel, P.D.G. du Réseau du sport

étudiant du Québec.

Donc, quand

ces gens-là parlent de troubles de sommeil, d'agitation et d'irritabilité, ils

ne parlent pas à travers leur

chapeau. Savez-vous le nom qui manque ici? C'est un autre docteur, M. le Dr

Philippe Couillard. Ça, c'est le nom qui manquait. Mais on a des nutritionnistes,

pharmaciens, diététistes, kinésiologues, profs de gym. C'est appuyé. Tous ces gens-là

ont dit : La CAQ a raison.

Donc,

ma question aujourd'hui : Est ce que le gouvernement, est-ce que le

premier ministre peuvent se rendre... j'ai

le goût de dire au consensus scientifique de tous ceux qui connaissent la santé

au Québec puis dire : Oui, on a un axe, on a un axe, favoriser les bonnes habitudes alimentaires, mais, à ça, va

venir une action demandée par énormément de gens très, très crédibles au Québec, qui va être, pour protéger nos

jeunes, d'interdire la vente de boissons énergisantes aux moins de 16

ans?

Le Président

(M. Matte) : Je cède la parole au premier ministre.

M. Couillard : Merci, M. le Président. D'abord, il faut rappeler à notre collègue, il le sait très bien, la différence

entre une politique et des stratégies.

On va présenter la première de trois stratégies

à l'automne, et là il y aura des projets spécifiques. Les projets sont en évaluation. Alors, si on veut avoir des

détails plus concrets sur les différents axes, c'est à ce moment-là qu'on va les retrouver. Donc,

l'automne, ça dure, si mon souvenir est exact, jusqu'au 21 décembre, hein?

C'est ça. Donc, d'ici cette date-là, on devrait avoir présenté cette première

de trois stratégies.

Maintenant, cette

question des boissons sucrées, puis on pourrait dire boissons sucrées

énergisantes, on peut rassembler ça dans le

même univers, c'est commun également au tabagisme. C'est le même genre de

préoccupation. On a eu un gros débat

sur la

Loi sur le tabac qu'on a réussi, de façon unanime, à améliorer, je

crois, avec comme principale préoccupation

le fait que les jeunes... et on le voyait que le tabagisme chez les jeunes

n'avait pas tendance à diminuer de façon aussi marquée que ce qu'on

avait espéré.

fait, tout le débat dans ces questions-là, on l'a eu pour le tabac puis on

l'aura également sur les boissons sucrées énergisantes, c'est entre des démarches basées sur l'éducation et la

promotion de saines habitudes et des démarches basées sur soit

l'interdiction, soit la taxation.

soupçonne que la CAQ n'est probablement pas très amicale envers l'idée d'une

taxation, compte tenu de certains... Il

me fait signe que oui. Donc, ma prédiction, M. le Président, se réalise. Donc,

on reste avec la question parce qu'on aurait pu avoir une discussion sur

la taxation aussi.

Mais,

sur la question de l'interdiction, écoutez, il faut quand même réaliser que,

pour les jeunes, en réalité, souvent, dire

de quelque chose que c'est interdit augmente l'attrait de la chose. Alors, il

faut être très prudents dans la façon dont on aborde les choses. Mon expérience avec le tabagisme chez les jeunes,

c'est que les mesures plus positives, style : C'est pas cool de fumer, ne fume pas, tu vas être plus

attirant ou attirante, ce genre de mesures là, données par des jeunes à

d'autres jeunes, est plus efficace

que des adultes qui, du haut de leurs cheveux gris, leur disent : Ne fais

pas ça, ce n'est pas bon pour toi. Et on l'a vérifié dans plusieurs

domaines.

il faudra également voir s'il y a des expériences internationales similaires.

Dans le cas de la taxation, on a des expériences

internationales qui sont de niveaux variables en ce qui a trait aux résultats.

Dans le cas de l'interdiction pure et

simple, il faudrait voir quels en sont les résultats et quelle est en la

complexité d'application. Et il sait comme moi, notre collègue, que les endroits où on vend ça, ce sont

des dépanneurs, souvent des petits commerçants auxquels, déjà, on impose

une kyrielle de fardeaux réglementaires,

notamment de vérifier l'âge pour l'alcool, pour le tabac. Et on en ajoute

régulièrement. Et ça devient un peu difficile, pour ces gens qui

travaillent très dur, de suivre le rythme.

Alors,

moi, j'aurais tendance à dire : Gardons cette idée en réserve, voyons les

expériences internationales, mais misons

d'abord, dans un premier temps, misons sur l'éducation, la promotion des bonnes

habitudes. Misons sur un message positif

plutôt que sur un message d'interdiction. Il sera toujours temps de réévaluer

la chose à la lumière des expériences des autres juridictions, mais j'aurais

une certaine prudence avant d'aller directement dans la direction d'une

interdiction.

Le Président

(M. Matte) : Merci, M. le premier ministre. Je reconnais le

député de Chambly.

M. Roberge :

Merci. Simplement informer le premier ministre qu'en Norvège et en Suède on a

apporté une importante restriction sur les

lieux de vente. Donc, ce n'est pas accessible à côté de l'école, dans les

dépanneurs, tout ça. Il faut se

rendre dans des endroits très, très spécifiques. En Suisse, c'est interdit aux

moins de 15 ans. En Lithuanie, c'est interdit aux moins de

18 ans. Et il y a, je pense, une dizaine de pays qui sont en train

d'étudier des législations pour interdire la

vente aux moins de 18 ans ou au moins de 16 ans. Donc, pourquoi être

un suiveux quand on peut être un leader?

Quand on dit que

c'est un danger pour la santé, c'est sûr, je suis tout à fait d'accord avec le

premier ministre quand il dit : Une

simple interdiction peut même augmenter l'attrait pour les jeunes. Mais, pour

la cigarette, on a fait les deux. Et

d'ailleurs c'est sous son gouvernement qu'il y a quelques mois à peine on a

voté, même unanimement, pour une plus

grande interdiction puis une plus grande restriction. Bien sûr qu'il va y avoir

aussi de l'information et de la sensibilisation, mais la loi est allée

vers une plus grande restriction, interdiction.

le sait, les jeunes sont portés aux excès puis, bon, des fois, ils peuvent le

regretter par la suite. Puis moi, je peux

vous dire que, comme enseignant, ces boissons énergisantes, dans le fond, elles

ne donnent pas de l'énergie. Ce n'est pas des boissons énergisantes,

c'est des boissons énervantes. C'est ça, la vérité. Ils devraient les appeler

les boissons énervantes. C'est l'industrie

qui les qualifie de boissons énergisantes, comme si on qualifiait les

cigarettes stimulantes. Alors, elles

ne le sont pas. Donc, ces boissons énervantes, imaginons un peu ce qui se passe

dans les écoles secondaires en ce

moment, là, là, quand on sait le taux de décrochage qu'on a en ce moment chez

les jeunes, surtout chez les jeunes garçons.

On sait qu'ils ont de la misère à se concentrer. On sait qu'on en a énormément,

de jeunes, qui ont le fameux TDAH, le

trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité. Et rajoutez, dans une

classe de 25, une dizaine de Red Bull ou d'autres boissons énervantes et vous allez avoir, dans une

école secondaire l'après-midi, après un dîner à être allés au dépanneur, tout

un cocktail pour nuire à l'apprentissage, aux professeurs et, je vous dirais

même, à la santé mentale des professeurs.

Alors,

je repose ma question une deuxième fois : Est-ce que le premier ministre

peut s'engager à réfléchir — ce n'est

pas beaucoup, là, c'est quasiment une politique, ça, là — s'engager à réfléchir à l'opportunité de

déposer, en décembre, une mesure qui aurait des dents? Ce n'est pas

grand-chose.

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre.

M. Couillard : Encore faut-il que les dents fonctionnent. Mais,

pour réfléchir, il n'y a aucun problème. Pour regarder les expériences internationales qu'il m'a

soulignées, aucun problème non plus. Il faut toujours faire ça. Il faut

toujours voir ce qui se fait ailleurs et voir si on peut faire au moins

aussi bien, sinon mieux.

Je le

remercie pour sa... Je veux lui accorder la paternité de la citation lorsque je

la ferais, les boissons énervantes plutôt qu'énergisantes. Je trouve que

c'est une bonne façon de le placer.

Écoutez, on

va regarder les expériences d'ailleurs pour voir si c'est praticable. Il faut

quand même réaliser que ça nécessite

le déploiement de mesures bureaucratiques de surveillance assez volumineuses,

hein, les inspecteurs, toutes sortes

de façons de mettre en place ces règlements-là. Encore une fois, le fardeau sur

les petits commerçants, moi, quand même,

me préoccupe, mais ce que je voudrais lui dire, c'est que, suite à son offre de

réfléchir, naturellement, j'accepte son offre de réfléchir. Et, s'il a

d'autres informations à nous communiquer, qu'il le fasse. Moi, je vais suggérer

à mes collègues de la Santé, parce qu'il y a

une politique de prévention qui va bientôt être annoncée, de regarder cette

question-là plus spécifiquement.

Le Président (M. Matte) :

Merci, M. le premier ministre. Je reconnais le député de Chambly.

M. Roberge : Merci au premier

ministre pour cette ouverture.

Concernant le dossier des forums jeunesse, que

mon collègue a abordé avant moi mais auquel je m'intéresse beaucoup, et plus particulièrement le dossier du

programme qui s'appelle Citoyenneté Jeunesse, suite aux questions de mon

collègue, on a vu que, bon, le premier ministre ne semble pas fermé, il

réfléchit encore. Il dit qu'ils sont en train d'analyser.

Sauf, par respect, que ça a été déposé en novembre, et moi, je me souviens

qu'en novembre on a discuté avec les jeunes qui ont un projet très

stimulant, de Citoyenneté Jeunesse, qui nous ont dit : Ah! il y a de

l'ouverture au Secrétariat à la jeunesse. On

est encouragés. On ne se fera pas fermer sans avis par un appel, là, comme on a

vécu pour les forums jeunesse. Il y a

de l'ouverture, on est en dialogue. Mais ça, c'était en novembre. En

décembre : Ah! il y a de l'ouverture. En janvier, il y a de

l'ouverture. En mars, il y a de l'ouverture. En avril...

Quand est-ce

que ça va se concrétiser par quelque chose d'un petit peu plus concret? On a

une initiative qui, à peu de frais,

je le souligne, à peu de frais, là... si je ne me trompe pas, je pense, c'est

1,8 million de dollars, si je ne me trompe pas, un budget annuel de 1,8 million de dollars pour faire des

simulations électorales, pour préparer une relève de participation municipale et préparer une relève

d'administrateurs si chère au premier ministre, tout à l'heure, qui nous disait

que ça prenait de la relève

d'administrateurs. Alors, qu'est-ce que ça prend pour dire oui quand on a

quelque chose de beau, bon, pas cher?

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre.

M. Couillard : Je félicite mon collègue pour l'enthousiasme avec

lequel il fait la promotion du projet. Il va être évalué par le Secrétariat à la jeunesse. C'est

leur rôle de faire leur évaluation et de faire une recommandation. Et,

lorsqu'on publiera la première

stratégie, il pourra voir si le projet ou non a été retenu, mais ça va se faire

avec le moins d'ingérence politique

possible et le plus d'indépendance sur l'analyse. Ce qu'on veut avant tout,

c'est financer des actions concrètes pour

les jeunes, des programmes pour les jeunes, qui apportent des changements

mesurables et concrets, pas des structures. Je ne dis pas que c'est le cas de ce projet-là. Et il faut qu'il sache

également que la description qu'il fait du projet fait en sorte que je

peux lui dire qu'il y a d'autres projets qui ont été présentés avec pas mal les

mêmes caractéristiques.

Alors, est-ce

qu'il va avoir des projets d'engagements jeunesse de ce type-là? Fort

probablement, oui. Lequel? Ce serait

prématuré pour moi de le dire, mais je veux d'abord que les gens du secrétariat

fassent leur évaluation parmi l'ensemble

des projets de cette catégorie qui ont été présentés et je crois qu'il y en a

plus qu'un qui a été présenté dans ce domaine-là.

Le Président (M. Matte) :

Merci. Je cède la parole au député de Chambly. Il vous reste 5 minutes.

M. Roberge :

Merci beaucoup. Donc, le programme est évalué. Nous, on l'a évalué. On a fait

une lettre d'appui, on l'a regardé,

on en a jasé avec les gens puis on est assez pointilleux sur les structures,

puis ça a passé notre test. Alors, ça devrait passer le vôtre.

Et un des

avantages de ce projet, c'est d'aller dans une espèce de consensus social,

d'amener davantage de jeunes sur les

conseils d'administration, de faire de la formation, de la préparation pour que

les jeunes accèdent sur les conseils d'administration. Puis je veux revenir

là-dessus parce que ça, c'était une autre mesure concrète proposée dans notre mémoire : réserver, sur chacun des conseils

d'administration des sociétés d'État, une place. Bien oui, un quota. C'est

vrai, c'est vrai. Prendre une vraie décision, pas une orientation.

Avant de me présenter en politique, j'ai été

dans des groupes de pression avant dans le mouvement étudiant, à

Force Jeunesse, etc., puis c'était comme un test. Quand on posait une

question à un ministre, puis il répondait par «favoriser»,

on savait qu'il ne voulait rien faire. Ce n'était pas compliqué. Quand il veut

favoriser quelque chose, c'est parce qu'il ne veut pas le faire. Et là j'entends

le premier ministre qui veut favoriser la présence de jeunes sur les conseils

d'administration. Moi, j'entends que, quand

il va y en avoir, il va dire : Bravo! Puis, quand il n'y en aura pas, il

va dire : Ah! bien, on le favorisera l'année prochaine. Mais on a

besoin d'un premier ministre qui est plus proactif que ça.

Écoutez, on a

de moins en moins de jeunes en proportion dans notre société. La part des 65

ans et plus, qui est, en ce moment, de 16 % au Québec, va être de

25 % en 2030. Donc, la tendance lourde, ce n'est pas moi qui l'invente,

la collègue l'a dit... il y a une tendance

lourde au vieillissement de la population, ce qui fait qu'il va falloir prendre

des mesures pour que les jeunes aient

leur place sur leurs C.A., ce qui se faisait naturellement en 1975 parce que la

population dynamique, les

baby-boomers, très, très jeunes, prenaient leur place de toute façon. En 1975,

on ne se posait pas la question s'il

y avait des jeunes de moins de 35 ans sur les C.A. C'étaient eux qui,

naturellement, y allaient. On n'avait pas besoin de mettre un quota. Mais, quand les temps changent, quand la démographie

change, bien, il faut que les politiques suivent. C'est pour ça que

j'interpelle le premier ministre puis je lui demande s'il a une ouverture pas à

favoriser, à décider, c'est ça, le rôle d'un

premier ministre, à décider que, dorénavant, il y aura une place, mais, oui, un

quota d'une place pour un administrateur de moins de 35 ans sur les

sociétés d'État. Ce n'est pas ça qui va mettre le Québec dans le trou,

certainement pas.

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre.

M. Couillard : Bien, ce qu'il y a déjà de concret et qui est

réel, c'est que le Secrétariat à la jeunesse, comme vous le savez, signe des conventions avec de nombreux

organismes. Et, maintenant, une des conditions de la signature de la convention, c'est la présence de jeunes dans les

structures de direction de ces organisations-là, alors il va convenir avec moi

que c'est une bonne nouvelle, et notamment les CJE, les carrefours

jeunesse-emploi. Je suis allé voir le mien à Saint-Félicien

récemment, je leur ai posé la question, ils ont déjà commencé à renouveler leur

conseil d'administration en nominant beaucoup plus de jeunes ciblés par

les politiques jeunesse sur le conseil d'administration.

En passant,

il ne faut pas diminuer la valeur d'une présence sur un C.A. d'organisme sans

but lucratif. Ça peut être excessivement formateur et, souvent, c'est une étape

qui amène vers des conseils d'administration d'ampleur différente. Il y aura également des actions sur ce

thème dans la première stratégie. Il y aura des gestes posés, notamment le fait d'offrir aux jeunes — je vais revenir là-dessus, c'est

important — des

formations d'administrateur. Moi, je pense que c'est vraiment préalable à tout. Et on n'élimine aucune hypothèse.

On verra les projets qui ont été sélectionnés lors de la stratégie, en

décembre.

Le Président (M. Matte) :

Merci. Il vous reste 1 min 30 s.

M. Roberge :

Oui. Je vais faire très rapidement. Je vais poser une petite dernière vite.

Donc, je comprends que le Secrétariat

à la jeunesse va demander, va exiger par des lettres que d'autres réservent des

places sur les C.A., mais le gouvernement

ne peut pas faire cette même chose là avec ses propres sociétés d'État. Est-ce

que c'est ça que je comprends?

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre.

M. Couillard : Alors, je souhaite que ça se passe, mais je veux

que ça se passer correctement. La pire façon de le faire, c'est de le faire trop rapidement, de façon

non réfléchie, puis que les gens disent : Vous voyez, ça ne marche pas,

on va attendre avant d'en recruter un autre.

Alors, je veux m'assurer que, quand on le fera, on aura ciblé l'organisation,

surtout au début, ciblé l'organisation,

ciblé les jeunes qu'on va présenter pour des places au conseil et s'assurer

qu'ils aient la formation et la

préparation nécessaires, idéalement des jeunes qui auraient non seulement suivi

une formation, surtout pour des C.A.

d'organisations d'État très importantes, mais qui auraient déjà participé à des

conseils d'administration dans des organismes comme, par exemple, les

carrefours jeunesse-emploi ou d'autres organismes similaires. Ça me paraîtrait

être un critère de sélection pour ces jeunes-là. Mais on y reviendra

certainement.

Président (M. Matte) :

Le temps étant écoulé, je reconnais le groupe de parlementaires du gouvernement.

Le député de Maskinongé, pour 20 minutes.

M. Plante :

Merci beaucoup, M. le Président. Permettez-moi tout d'abord de saluer le

premier ministre ainsi que le député

de Saint-Jean, le député de Chambly, l'adjointe parlementaire du premier

ministre et mes collègues du gouvernement. Et permettez-moi de faire une petite incartade au protocole et de saluer

ma stagiaire de la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, qui travaille avec moi depuis le début de la

session parlementaire, donc Joëlle Boucher-Kirouac, qui est une jeune

d'avenir et qui m'a aidé à préparer l'étude des crédits présente. Donc,

Joëlle, merci beaucoup.

Et je

trouvais ça important, M. le Président, puisque c'est, ce soir, l'étude des crédits

de la Jeunesse, et, quand on parle de

la jeunesse, on parle officiellement d'éducation, de réussite des jeunes, et

c'est des jeunes comme Joëlle qui vont

nous remplacer un jour. Donc, c'était important de les souligner. Donc, excusez

cette petite incartade au protocole pour saluer quelqu'un qui m'est

important ce soir.

Donc, M. le

Président, je ferai, bien, une brève allocution ou une brève introduction à une

question fondamentale pour la société

québécoise, qui est l'éducation. Et je suis sûr que mon collègue de Chambly

dira que j'ai raison, hein, ou presque.

Donc, pour vous dire, M. le Président, que la persévérance scolaire, la

réussite scolaire sont des enjeux de tous les temps, sont des enjeux, je crois, principaux à notre gouvernement

car la réussite des jeunes forme une société meilleure, forme aussi une

société plus éduquée, plus en santé.

le Président, je vais vous parler de persévérance scolaire aussi, qui est un

enjeu important de notre société. Et

je vous parlerai d'un cas que je connais bien, qui est le mien. Vous savez, M.

le Président, quand on est jeune, quand nous allons à l'école, on doit s'intéresser à des choses. Et on sait

tous qu'il y a une disparité entre la réussite des filles et la réussite

des garçons. Étant un jeune homme qui a parfait un parcours scolaire,

effectivement, un certain temps de mon

adolescence, l'éducation ne me correspondait plus. Et ce qui m'a charmé dans le

système éducatif, ce qui m'a retenu à

l'école et ce qui m'a permis de persévérer vers des études supérieures, ça a

été l'implication dans les activités parascolaires, qui ont une importance pour de nombreux jeunes sur

leur persévérance dans notre système scolaire, sur, aussi, leur maintien

dans les systèmes d'encadrement traditionnels.

M. le

Président, vous direz : Vous avez eu de la chance puisque ce n'est pas

tous les jeunes qui trouvent leur voix, ce n'est pas tous les jeunes qui trouvent leur hobby à un âge plus

jeune. Donc, à ce niveau-là, je crois que c'est des axes auxquels nous devons nous attarder, auxquels nous

devons travailler pour permettre à tous les jeunes de persévérer, de

rester dans le domaine scolaire le plus longtemps.

Parlons aussi

d'orientation, car il est difficile pour un jeune de choisir, dès 16 ans,

quelle carrière il va faire tout le

restant de ses jours parce que, quand on a 16 ans, 30 ans, on trouve ça vieux

et, quand on a 30 ans, on trouve 60 ans très jeune. Donc, c'est normal que, quand on nous pose la question à 16

ans et on dit : Bien, monsieur, que voulez-vous faire plus tard, la

réponse n'est pas souvent facile, elle n'est pas souvent ce qui nous vient en

tête la première fois.

Moi, vous

voyez, à 16 ans, je rêvais de devenir enseignant au primaire pour transmettre

mon savoir à une autre génération.

Malheureusement, il me manquait des aptitudes de base, et le député de Chambly

sera d'accord avec moi, mais la

patience est un atout principal à la carrière d'enseignant, et mes concepteurs

ne m'ont pas donné cette qualité, M. le Président. Donc,

malheureusement, j'ai changé de carrière après une année d'études

universitaires et je me suis réorienté vers le magnifique monde des

communications.

Mais parlons

aussi de choix parce que je vous parle de domaine universitaire, de persévérance,

d'accès aux études universitaires,

mais, dans la vie, chaque métier est important. Dans la vie, M. le Président...

Moi, cette semaine, vous savez, j'ai

eu un problème à mon appartement ici, à Québec. J'ai eu un refoulement d'égout,

et j'étais très, très fier qu'il y ait des

jeunes qui aient suivi une formation technique, et qu'ils soient des plombiers,

et qu'ils sachent réparer la problématique parce que je vais vous avouer, M. le Président, que j'étais très

désemparé quand je suis arrivé ici le matin et que je voyais l'eau monter dans toutes les possibilités dans

l'appartement. Et cette formation-là, je vais vous avouer, M. le Président...

Cette journée-là, le jeune qui a suivi la

formation de plombier était la personne la plus importante dans ma vie, et la

personne qui m'a permis à moi de

venir faire mon travail, qui m'a permis et qui permet à plusieurs personnes, au

Québec à chaque jour, de régler des

problèmes essentiels. Je vous parle des plombiers. Je pourrais vous parler des

ambulanciers, je pourrais vous parler des policiers, je pourrais vous

parler des préposés aux bénéficiaires.

Donc, chaque formation, tant au niveau technique

qu'au niveau professionnel, qu'au niveau universitaire, est essentielle à la formation d'une société de

qualité. Et, je vous dirais, ce qui est important et ce que j'espère, c'est

qu'on continue à avoir une vision gouvernementale qui ouvre toutes ses

portes aux jeunes de notre société et qui permet d'éliminer les différentes barrières qu'il peut y avoir parce que, vous

savez, quand j'étais étudiant à l'école secondaire, moi, il y avait une publicité qui disait :

«Si tu veux réussir...» Et la photo, c'était un jeune homme avec une cravate et

une mallette. Et moi, je pensais que, pour réussir dans la vie, la seule

solution... Et la demoiselle qui accompagne mon collègue de Saint-Jean rit,

mais sûrement qu'elle avait la même publicité parce que c'était au pied de la

pente douce, il y avait une pente douce dans

mon école secondaire et il y avait... Cette photo-là, c'était un homme et une

femme. La femme avait un collier de perles

et un costume tailleur. L'homme avait une cravate et une mallette. Il est

écrit : «Si tu veux réussir, voici le chemin.»

Mais ce que

j'apprends en vieillissant, M. le Président, et ce que je trouve important pour

notre société aujourd'hui, c'est que

la réussite touche divers aspects. Et il n'y a pas de mauvaise formation, il

n'y a pas de mauvais métier. Ce qui compte,

c'est de persévérer, c'est d'être diplômé et c'est d'atteindre, je vous dirais,

M. le Président, une formation qui nous

permet d'avoir un emploi, et qui nous permet de répondre, surtout, à notre

qualité de vie, et à nous permettre qu'à chaque jour, chaque matin, on

se lève et on a le plaisir de travailler, on a le plaisir de travailler pour la

société.

Alors, M. le

Président, j'aimerais qu'on me réponde ce soir à : Quelle orientation la

politique jeunesse donne à l'importance

du système d'éducation, à l'importance de la diplomation et à l'importance des

divers domaines de formation dans le monde de l'éducation, tant

professionnels, techniques qu'enseignement supérieur? Merci, M. le Président.

Le Président (M. Matte) : Je

cède la parole au premier ministre.

M. Couillard : Merci, M. le Président. Alors, bien sûr, on l'a

déjà dit, les marges de manoeuvre, dès qu'elles se sont présentées, ont été affectées à l'éducation.

On a annoncé 1,2 milliard supplémentaire à l'éducation pour les trois

prochaines années, 500 millions

les initiatives pour la réussite scolaire, 700 millions pour nos

infrastructures d'éducation. Et c'est important

de faire les deux. On a également... c'est une coïncidence, aujourd'hui même,

on a annoncé un investissement de

près de 13 millions pour soutenir les instances régionales de concertation

dans le domaine de la persévérance scolaire. Bien sûr, chez moi, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, on en a une qui fonctionne

particulièrement bien, mais c'est le cas dans d'autres régions

également.

Il faut

également, M. le Président, rappeler que, dans la politique jeunesse, il y a

spécifiquement un élément de la politique

qui sera concrétisé par des actions dans la première stratégie. Dans le volet

Éducation, c'est le premier objectif, d'augmenter

la persévérance scolaire, la diplomation et la qualification des jeunes à

risque de décrochage. Donc, c'est certainement

un élément prioritaire non seulement de la politique jeunesse, des stratégies

qui vont suivre, mais également de la

politique gouvernementale en général. Il faut continuer à améliorer la

diplomation. On a fait des gros progrès au cours des dernières années, on peut faire encore

beaucoup mieux. Et c'est un élément non seulement de prise en main de son destin pour les individus, mais également

de bonification de l'économie du Québec. Les gens mieux formés sont en meilleure santé, sont plus productifs, sont

plus participants, seront des entrepreneurs, seront des travailleurs qualifiés,

seront des enseignants et ils vont nous permettre à tous et à toutes de devenir

plus prospères.

On veut

également faire en sorte, et ça me rappelle un peu l'épisode du plombier que notre

collègue nous a raconté, de continuer

à faire une promotion beaucoup plus positive et active de la formation

professionnelle et technique. Il faut savoir

qu'on rencontre de nombreux jeunes, lorsqu'on visite les centres de formation

technique, qui ont été littéralement gardés à l'école par la découverte

soudaine d'un intérêt pour un métier bien particulier comme celui que le

collègue mentionne ou d'autres également.

Soudeur, c'est un métier qui revient souvent parce qu'il y a une importante

demande. C'est des métiers très bien rémunérés. Il faut continuer à

promouvoir cette formation-là et le faire de façon à ce que l'élève, bien, l'étudiant, le jeune, soit le plus

près possible, le plus tôt possible dans l'entreprise pour apprendre son futur

métier. Ça a été démontré également qu'on

favorise la persévérance et la diplomation en faisant ça et de même que la

qualité de la formation.

Il faut

également se souvenir qu'il y a deux autres éléments à considérer, outre les

façons classiques d'intervenir. Il y a — et ça semble éloigné, mais ça ne l'est

pas — les

activités parascolaires. Plus on donne aux jeunes la possibilité d'avoir des activités, notamment sportives et

culturelles, dans le cours de leur formation, plus on améliore leur

persévérance scolaire, plus on

développe leur intérêt à être à l'école, à l'école comme milieu de vie, milieu

de formation, mais milieu de

croissance personnelle également. Et, on en a parlé tantôt, favoriser

l'accès — c'est

dans la politique — aux

services d'orientation scolaire et professionnelle, qui doivent être

plus accessibles pour nos jeunes, M. le Président.

Le Président (M. Matte) :

Merci, M. le premier ministre. Je reconnais le député de Sainte-Rose.

M. Habel : Oui, merci, M. le

Président. Permettez-moi de saluer le premier ministre ainsi que l'adjointe

parlementaire du premier ministre et les gens de l'opposition officielle, de la

deuxième opposition, les gens qui m'accompagnent

sur la banquette ministérielle ainsi que l'ensemble des gens du bureau du

premier ministre et aussi les citoyens qui sont venus écouter les

crédits Jeunesse.

Écoutez, je

me sens un peu interpellé par la politique jeunesse, M. le Président, étant

donné que c'est des personnes, qui

sont visées, entre 15 et 29 ans. Alors, je me sens directement interpellé et je

tiens à féliciter le premier ministre pour la merveilleuse politique jeunesse qu'il a déposée et aussi le plan

budgétaire qui accompagne cette politique jeunesse, qui est d'un montant

de 181 millions de dollars sur cinq ans. Ça, c'est important de le

mentionner.

Alors, les

15-29 ans, en termes de nombres, M. le Président, c'est 434 000 pour les

15-19 ans, 535 000 pour les 20

et 24 ans et 516 000 pour les 25-29 ans. Et elle se décline en cinq axes,

cette politique jeunesse, soit les saines habitudes de vie, environnement scolaire favorisant la

persévérance et la réussite scolaire et éducative, une jeunesse engagée en

faveur de la culture, de la

communauté et aussi de la société, des jeunes prêts pour le travail et une

économie prête à les accueillir ainsi qu'un soutien à l'entrepreneuriat

jeunesse et à la relève.

Mes collègues

ont parlé de l'aspect santé et aussi de l'aspect de l'éducation. Permettez-moi

de parler de l'aspect de la culture,

de la communauté et des sociétés, M. le Président. Alors, pour moi, il est très

important de parler de cet aspect-là, et

je peux aussi le décliner en cinq objectifs qui se déclinent dans ma propre

circonscription, M. le Président. Je vous donne les grands axes des objectifs de ce troisième axe, c'est :

encourager l'engagement civique, on peut penser, entre autres, aux cadets et aux scouts; aussi, soutenir la

pratique d'activités culturelles, je pense, entre autres, au programme musical

à l'école des Cèdres, Poly-Jeunesse et

Curé-Antoine-Labelle; multiplier les actions d'engagement de bénévoles. Actuellement à l'école Curé-Antoine-Labelle, il y

a un programme pour la soupe populaire, c'est-à-dire, une fois par année,

les jeunes de Curé-Antoine-Labelle visitent

l'association des popotes roulantes de Sainte-Rose pour faire un repas

populaire pour les personnes les plus

démunies. Alors, je trouve ça très important de le mentionner et je les

remercie de leur engagement constant

à cet effet. Il y a aussi le programme d'éducation internationale qui existe

pour favoriser à l'engagement bénévole. L'aspect aussi de favoriser le dialogue entre les générations et les

relations interculturelles. Il y a des jeunes musiciens, dans mon comté, M. le Président, qui effectuent

des concerts dans les résidences pour personnes âgées. Alors, je pense

que c'est un excellent exemple pour favoriser le dialogue entre les générations

et aussi encourager le comportement écoresponsable.

Et j'ai le Centre d'interprétation de l'eau dans mon comté, et on a eu un

engagement avec le ministère des

Affaires municipales et de l'Occupation du territoire pour élaborer un

programme éducatif afin de sensibiliser les jeunes à la réduction de

l'eau.

Alors, il y a

des engagements qui sont concrets dans les objectifs du troisième axe, et

j'aimerais que le premier ministre nous entretienne sur sa vision du

troisième axe, soit une jeunesse engagée en faveur de la culture, de la

communauté et de la société.

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre.

M. Couillard : Merci, M. le Président. Je vais débuter la

réponse, ma consoeur de Richmond pourra compléter.

Je dirais

qu'il y a les... Notre collègue a très bien mentionné trois aspects

particulièrement importants. D'abord, le

bénévolat, le volontariat, ce n'est malheureusement pas offert à tous les

jeunes, la possibilité de faire du bénévolat dans les organisations de leur quartier, de leur

région. On sait que, lorsque c'est le cas dans certaines écoles, ça a un effet

très, très bénéfique sur leur engagement social. Également, les activités

culturelles prises au sens large. J'attire l'attention sur le Plan

culturel numérique du gouvernement, qui a été lancé à notre arrivée et qui

permet de rapprocher les institutions muséales,

les oeuvres d'art, de la jeunesse, même dans les régions, alors qu'elles n'ont

pas nécessairement, ces personnes, la possibilité de se

déplacer souvent pour voir ces éléments de notre paysage culturel, et, bien

sûr, les activités sportives. Et c'est important de garder les trois en

tête, le bénévolat, les sports et les activités culturelles. Sur ce, ma

collègue de Richmond va pouvoir compléter, M. le Président. Il reste combien de

temps?

Le Président (M. Matte) : Six

minutes.

M. Couillard : Six minutes.

Le Président (M. Matte) : Mme

la députée de Richmond.

Mme Vallières :

Merci, M. le Président. Merci, M. le premier ministre. Voici l'exposition qu'a

fait le député de Sainte-Rose, qui

est vraiment un exemple concret de l'ensemble de la politique qu'on dit au

coeur... le jeune est au coeur de la politique et non pas comme l'était

celle de 2001 où les ministères et les organismes, on agissait sur eux, sur le développement de ce qui entourait le jeune, tandis

qu'ici dans cette politique, vraiment, on veut que le jeune soit au coeur

de l'ensemble des décisions, que l'on

favorise, ou que l'on dirige, ou que l'on décide, peu importe le terme utilisé,

le but étant de mettre en place des actions qui vont réellement mener à

des résultats. Le député de Sainte-Rose mentionnait justement que, dans l'axe de la citoyenneté, on veut une jeunesse

engagée, en faveur, oui, de la culture mais de la communauté, donc dans

la collectivité, et de la société aussi en général.

On veut leur

donner le goût de se développer. L'exemple que je prends souvent quand je

rencontre des jeunes, justement,

c'est de dire : Allez-y, essayez-le parce que, quand on donne de notre

temps, entre autres, en faisant du bénévolat, on se rend rapidement compte que l'on reçoit énormément. Alors que l'on

pensait aller donner, finalement, c'est riche d'apprentissages, une belle évolution également pour les jeunes. Donc,

on veut développer ce goût de l'engagement, là, qui... à la base, ils l'ont, mais il manque souvent, là, le petit plus

qui va faire en sorte qu'ils vont y aller, dans l'organisme. Et le

projet Québec volontaire, dans la

partie Québec, dans la mobilité

interrégionale, est un des aspects importants, justement, pour l'engagement civique et volontaire des jeunes. Souvent,

si le projet est là, qu'il est séduisant... mais le fait qu'ils peuvent

y aller entre amis, aussi ou le jeune est souvent... souvent, recherche

l'aventure. Donc, le fait de ne pas nécessairement

rester dans son patelin mais d'avoir la possibilité d'aller visiter une autre région

va l'appeler davantage, et ce qui pourrait faire en sorte qu'il revienne

chez eux et ensuite décide justement de dire : Bien, moi, ça m'intéresse,

et je veux m'impliquer dans un organisme communautaire ou dans un OBNL chez

nous.

Donc, vraiment,

on veut promouvoir l'engagement civique en donnant des occasions aux jeunes de le

faire et de le pratiquer par des projets d'actions... d'impacts

collectifs, oui, mais ça peut aussi être par des projets individuels.

Finalement,

dans l'axe 3, on parle également du soutien à la pratique d'activités culturelles.

Lorsque l'on pratique des activités

culturelles, souvent, on dit que, plus on le fait en plus bas âge, ça devient

nos artistes et nos consommateurs de

culture plus tard aussi, et c'est un des aspects qui nous permet de s'engager

dans notre communauté aussi et d'y voir les bienfaits. Ça nous donne un sentiment d'appartenance et une prise de

conscience de ce qu'il est possible de réaliser également collectivement

de par le milieu culturel. Et les jeunes, à travers les arts, à travers des

références, peuvent justement se projeter dans l'avenir, puis c'est un lieu de

rencontre et d'échange également.

Un autre

objectif, et évidemment que c'est important de ne pas oublier, on parlait

d'engagement civique dans les collectivités,

d'engagement bénévole et volontaire, ça permet aussi d'acquérir des aptitudes.

Les jeunes qui sont parfois plus

éloignés du milieu scolaire, ou en voie de décrochage, ou encore des jeunes qui

ne sont ni en emploi ni en formation, le

fait d'aller faire du bénévolat, ils peuvent se découvrir une aptitude. Ce

qu'on recherche souvent chez ces jeunes, c'est un renforcement positif,

ils ont besoin d'être utiles. Et, en faisant un projet de bénévolat, ça peut

contribuer, oui, au mieux-être de la

communauté, mais ça peut les aider à se découvrir aussi. Quelqu'un qui fait un

projet, par exemple, pour aller

reconstruire les marches de l'édifice d'un organisme à but non lucratif,

finalement, découvre qu'il aime bien manier le marteau, va dire : Bon, bien, peut-être que la construction,

c'est quelque chose qui m'intéresse. Un jeune qui va aller s'occuper, par exemple, de donner des paniers

alimentaires et qui s'occupe de la gestion de la petite caisse va dire :

Ah! bien, moi, gérer les chiffres, la caisse, c'est quelque chose que

j'aime. Ça peut aussi l'amener... autre chose, vers une réinsertion soit aux

études ou encore en emploi.

Et, dans le

cadre des projets Créneau carrefour, justement, les fameux pilotes des

carrefours jeunesse-emploi, ils vont

d'ailleurs être appelés à mettre en place, avec la collaboration des

établissements scolaires secondaires, dans les écoles publiques, des projets de bénévolat. Il y a

vraiment une portion rattachée, il y a un montant, dans chacun des carrefours

jeunesse-emploi, qui est dédié à

l'organisation d'une activité bénévole. Et donc les CJE vont agir de...

facilitateurs pour mettre en place des projets qui seront utiles à la

collectivité. Et on parle pour, dans chacun de nos comtés... les CJE

auront chacun 3 000 $ par école scolaire pour ce faire. Donc, c'est

un autre bon aspect.

Puis, quand

on parle également de citoyenneté, une action qui me tient vraiment à coeur,

également, c'est tout l'aspect intergénérationnel, comment on peut

favoriser le dialogue entre les générations. Et, encore là, ça se rattache beaucoup au bénévolat et à l'implication. Les gens

qui nous précèdent sont riches de beaucoup d'expériences aussi, et, de par les relations intergénérationnelles, nos

jeunes peuvent se découvrir énormément. Il y a une solidarité sociale puis un projet

commun, également, qui peut faire en sorte de faire grandir ce dialogue-là et

d'amener une plus-value aussi. Puis, quand

on pense à nos populations immigrantes, entre autres, c'est un des aspects fort

intéressants pour l'inclusion dans

les communautés qui les accueillent aussi. Et, dans le cadre de la prochaine

stratégie d'action jeunesse, là où on aura vraiment les actions, une centaine de mesures, on veut favoriser le

coaching, justement, entre les personnes plus âgées ou le mentorat, des échanges intergénérationnels

aussi. Et on est en train de travailler, là, on a des discussions, entre autres

avec la fondation d'Academos sur le mentorat, en ce sens-là.

Et je n'ai plus de temps, mais

également il ne faut pas oublier que les jeunes sont très incités par tout ce

qui est environnement. Alors, on veut également inciter, évidemment, les

comportements les plus écoresponsables possible.

Le Président (M. Matte) : Merci. Votre temps étant écoulé, je cède la parole

à l'opposition officielle, le député de Saint-Jean.

M. Turcotte :

Merci, M. le Président. Donc, tout d'abord, on en a parlé un peu via différents

exemples, mais j'aimerais savoir

concrètement, peut-être avoir une date, parce que l'année financière, elle est

quand même débutée, on est passés le 1er avril. Est-ce que les organismes qui

ont des projets, des programmes, bon, des partenariats dans le cadre de la politique jeunesse vont avoir une réponse? Est-ce qu'on sait quand ces organismes-là vont avoir une réponse pour leur financement? Parce que, pour un certain

nombre d'organismes, ça représente quand

même des sommes d'argent à avancer,

et ils n'ont pas tous des surplus.

Le Président (M. Matte) : Merci,

M. le député de Saint-Jean,

pour votre question. Alors, j'inviterais M. le premier ministre à pouvoir répondre à

la question du député de Saint-Jean.

M. Couillard : Alors, merci, M. le Président. Effectivement, bien, il faut voter les crédits, hein? C'est là

que ça commence et c'est ce qu'on va

faire, j'espère, pour ce volet-là puis pour les autres volets gouvernementaux également. On n'est pas dans une dynamique de simple

prolongation de financement, mais on veut également revoir de façon rigoureuse et profonde les services qu'on finance

afin de maximiser les impacts sur les jeunes. Je pense que c'est ça qu'il

faut retenir. On veut s'assurer que, lorsqu'on

met de l'argent, c'est directement sur les jeunes que ça agit, avec des projets

concrets, des actions concrètes et des objectifs bien mesurables.

Alors,

le financement qui était prévu aux conventions pourrait être rétroactif au

1er avril 2016 pour les organismes qui étaient financés en 2015‑2016

afin de leur permettre de couvrir les frais engagés pour la raison que le collègue

a mentionnée. Les nouvelles conventions de

subvention ont déjà été signées pour 85 % des organismes que le

Secrétariat à la jeunesse finançait

en 2015‑2016. Par exemple, l'ensemble des 110 carrefours jeunesse-emploi ont

vu leur financement prolongé jusqu'au 31 décembre 2016.

autres programmes, bien sûr, vont être déterminés au cours des prochaines

semaines. Il y aura le moins de retard

possible. On est conscients également du caractère précaire des finances de certains

de ces groupes et organismes, mais on

va faire en sorte de combler ou pallier le fait que le renouvellement un peu

tardif de la politique a eu pour effet de retarder le renouvellement des conventions pour à peu près une vingtaine

d'organismes, et on va s'assurer de suivre ces organismes-là de façon

plus particulière.

Le Président (M. Matte) : Je vous remercie, M. le premier ministre. Je cède

la parole au député de Saint-Jean.

M. Turcotte :

Est-ce que, de ces... Le premier ministre mentionne 20 organismes ou une

vingtaine d'organismes, là. Est-ce

que les organismes pourraient avoir une surprise et se faire dire que,

finalement, ils ne seront pas retenus en fonction des nouvelles orientations, axes, peu importe, là,

le terme, là, qu'on utilise dans la politique? Donc, ceux qui, en ce moment,

attendent leur financement, c'est qu'ils

sont certains d'avoir une entente, un protocole dans le cadre de la nouvelle

politique ou ils pourraient attendre

d'avoir une confirmation puis finalement, bien, ils n'ont pas trouvé de

solution alternative, et là sont

confrontés, à quelque part au mois de mai, puis en se faisant dire : Bien,

finalement, vous n'en aurez plus, d'argent, et ils sont obligés de fermer? Parce qu'il y a quand même, dans ces

organismes-là, des travailleurs, puis, dans certains cas, c'est des

travailleurs syndiqués, quand même, il faut les aviser, il faut faire des

préavis, puis tout ça.

Le Président

(M. Matte) : M. le premier ministre.

M. Couillard : Alors, le plus rapidement possible, là, on... confirmer pour les

projets déjà en cours. Je l'ai expliqué tantôt, déjà la grande majorité ont été confirmés. On va le faire le

plus rapidement possible. Pour les nouveaux projets, bien sûr, les nouveaux, nouveaux projets qui

arrivent, bien là ça va aller pour la stratégie à l'automne. Mais, pour les

projets existants, on a déjà un bon

bout de fait. On m'indique qu'on devrait être capables de compléter ça d'ici

quelques semaines.

Le Président

(M. Matte) : Merci, M. le premier ministre.

M. Turcotte :

Merci, M. le Président. Dans le cas de l'argent qui était dédié au Fonds

régional d'investissement jeunesse, dans les crédits 2014‑2015, bien, au

fond, dans le cahier que nous avons eu, là, en 2015‑2016 mais pour l'année 2014‑2015, on voyait que c'était à peu

près 10 millions de dollars qui étaient consacrés au FRIJ, hein, aux fonds

régionaux d'investissement jeunesse. Dans le cahier qu'on nous a remis pour

l'étude des crédits 2016‑2017, à notre question...

nous avons posé : «Sommes allouées en 2015‑2016, ventilées par région, au

Fonds régional d'investissement jeunesse.

Fournir les prévisions pour 2016‑2017.» La réponse que nous avons

obtenue : «Aucune somme n'a été allouée au Fonds régional d'investissement jeunesse en 2015‑2016.» O.K.? Donc,

ce 10 millions là, le premier ministre tantôt a mentionné que l'argent qui était alloué à l'époque

aux forums jeunesse, tant le FRIJ que les soi-disant frais de fonctionnement, bon, on en a eu un débat assez

longtemps l'année passée qu'on ne reviendra pas sur cette question-là, sur

les soi-disant frais de fonctionnement, bon, bien, ce 14 millions là pour

2015‑2016, il est allé où?

Le Président (M. Matte) : M. le

premier ministre.

M. Couillard : Alors, effectivement, en 2015‑2016, les sommes

auparavant réservées pour les forums,

en fait, il mentionne le 10 millions des fonds régionaux, mais il faut ajouter le 4 millions — il dit soi-disant frais de fonctionnement,

on ne recommencera pas la discussion de l'an

dernier — disons

14 millions, se répartissent dans les projets suivants en 2015‑2016 : le financement de

l'expérimentation du projet Créneau carrefour jeunesse, 3,1 millions, la

création du programme Québec volontaire, 7,8 millions, le transfert

de crédits au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur pour le financement transitoire des

instances régionales de concertation en persévérance, on vient d'annoncer

leur renouvellement pour les prochaines

années, le financement supplémentaire octroyé aux Offices jeunesse

internationaux du Québec pour

bonifier et élargir la programmation, transfert de crédits au ministère des

Relations internationales et de la Francophonie

pour un partenariat avec l'OIF, l'Organisation internationale de la

Francophonie, en vue de profiter du partage des meilleures pratiques en matière de politique jeunesse dans les pays

de la Franchophonie, 110 000 $, le financement de la Coalition montréalaise des groupes jeunesse

LGBT afin de soutenir la maison L'Astérisk, dont la survie était, à court

terme, menacée suite à la perte de son

financement du Forum jeunesse de l'île de Montréal, pour 35 000 $.

Alors, je n'ai pas fait le total à mesure, mais je présume que ça arrive

au 14 millions en question.

Mais, au cours des prochaines années... Et je

pense que ce qu'il faut souligner, M. le Président, si vous me le permettez, c'est que le tableau de financement qui

doit se retrouver dans le cahier des crédits et qui m'a été reproduit ici...

et c'est la première fois, et je pense qu'il

faut le souligner, qu'on donne un horizon de cinq ans au financement des

différents programmes. Il y a cinq

programmes maintenant qui vont être financés. Ils sont tous itemisés dans le

cahier qui vous a été transmis :

le programme de subventions aux organismes, bien sûr, qui est de loin le plus

important, c'est presque 78 millions sur les prochaines années, le Créneau carrefour jeunesse-emploi,

15 millions chaque année de façon récurrente, logiQ, on en a parlé tantôt, 27,8 millions, stratégie

autochtone, 6 millions, recherche et innovation, 2,5 millions. Alors,

il faut noter que, là-dedans, il y a

le Québec volontaire qui a commencé à 7,8 millions en 2015‑2016 puis qui

va se continuer par la suite.

Alors, il y a un changement de distribution de

programmes, mais l'ensemble des 14 millions est entièrement réaffecté dans des projets concrets pour les

jeunes à travers ces différents créneaux là. Donc, c'est un changement

important, mais, ce qu'il faut rappeler

et souligner, c'est que c'est la première fois que le gouvernement du Québec

donne un horizon de cinq ans au financement des programmes pour la

jeunesse.

Le Président (M. Matte) : M. le

député de Saint-Jean.

M. Turcotte :

Merci, M. le Président. Donc, les montants, les sommes allouées que le premier

ministre nous mentionne, c'est la

ventilation pour l'année 2015‑2016, donc l'année qui s'est terminée. C'est ma

question, moi, que je posais.

M. Couillard : Bien, je l'ai

dit tantôt, les 2015‑2016, je les ai tous.

M. Turcotte :

Exact. Donc, je comprends qu'il y a 7 millions qui a été investi dans

Québec volontaire en 2015‑2016.

M. Turcotte :

Pardonnez-moi?

M. Turcotte :

7,8, bon, O.K., on va l'ajouter le huit. 7,8 millions pour 2015‑2016, mais

il a été annoncé dans la politique québécoise, on s'entend, le 30 mars,

M. Couillard : C'est-à-dire

qu'il...

M. Turcotte : Il

avait déjà été dépensé, le 7,8 millions?

M. Couillard :

7,8 millions a été dépensé en 2015‑2016.

M. Turcotte :

Pour faire quoi? Parce qu'il n'était pas annoncé.

M. Couillard : Pour créer le programme qui va être dépensé

sur cinq ans avec 4 millions de plus chaque année pour arriver à 27,8 millions.

M. Turcotte : 7,8 millions

pour créer un programme.

M. Couillard : Non, non. Déjà déployés et inscrits dans

le financement pour les stages des jeunes, il y a 4 millions qui s'ajoutent pour un, deux, trois, quatre, cinq années, 20 millions. 20 plus 7,8 égale 27,8 millions. Mais tout ça, c'est pour des stages, des programmes,

ce n'est pas pour des études, là.

M. Turcotte :

Donc, le 7,8 millions de 2015‑2016 va être, au fond, alloué en 2016‑2017

ou suivant.

M. Couillard : Avec votre

consentement, notre collègue va répondre, ça va être plus clair comme...

M. Turcotte :

Brève question, réponse courte, là.

Le Président (M. Matte) : Oui,

le consentement est accordé. Allez-y.

M. Ducharme (Nikolas) : Je vous

remercie.

Le Président (M. Matte) :

Veuillez vous identifier pour fins d'enregistrement.

M. Ducharme (Nikolas) :

Bonjour, mon nom est Nikolas Ducharme, secrétaire adjoint à la jeunesse.

Le Président (M. Matte) :

Allez-y.

M. Ducharme

(Nikolas) : Pour répondre à

la question, cette année a été créé le programme

Québec volontaire. Ce programme-là dote la fondation des offices internationaux

de la jeunesse... dote de 7,8 millions pour créer un programme de bourses qui

financera 800 000 heures de volontariat dans les communautés

au Québec. À partir des projets qui seront présentés par les organismes, les

offices internationaux auront maintenant le mandat de recruter les jeunes et d'allouer les sommes, donc les bourses, au cours

des cinq prochaines années, donc pour la durée de la Stratégie d'action

jeunesse.

M. Turcotte : Si je comprends bien, M. le Président, si je comprends bien, le 7,8 millions, au fond, qui est pris, là, dans les crédits 2015‑2016, a été transféré à

la fondation des offices, mais on s'entend

que les jeunes n'ont pas encore bénéficié

de ça. Puis là je ne critique pas ça, là, ce n'est pas mon point. C'est juste

pour un peu comprendre. C'est que ça s'ajoute,

bien, ou ça initie, au fond, le programme, et éventuellement, à chaque année,

il y aura une somme similaire ou plus qui va doter, là, le total que le

premier ministre a mentionné.

M. Couillard : Ce que je comprends, puis notre collègue me

corrigera si je ne l'explique pas comme il faut, c'est que le 7,8 millions a été versé à la

fondation qui, déjà, permet d'anticiper 800 000 heures de volontariat

pour 3 000 jeunes, c'est

ça, au cours des prochaines années. À ça va s'ajouter 4 millions chaque

année pour élargir le programme à d'autres territoires, notamment, ou

d'autres types de stages. Peut-être l'expliquer.

Le Président (M. Matte) :

Allez-y, M. Ducharme.

M. Ducharme (Nikolas) : C'est

que les offices internationaux de la jeunesse offrent des stages de mobilité expérientielle aux jeunes à la fois pour compléter

des études, découvrir une vocation en matière d'employabilité, explorer des marchés pour les jeunes entrepreneurs ou des activités

de participation citoyenne. Comme vous le savez, actuellement, les offices internationaux de la jeunesse, leur

offre de services est uniquement disponible pour des jeunes qui veulent aller

à l'étranger. Donc, le 4 millions de

dollars supplémentaire va permettre de doubler le nombre de jeunes participants

à la programmation mais également,

comme le premier ministre l'a dit, d'élargir cette programmation-là aux

territoires des provinces canadiennes

et aussi aux régions québécoises. S'ajoutera à ça l'implantation du programme

Québec volontaire, qui, lui, va se

décliner sur cinq années, pour lequel il y aura plus ou moins

3 000 jeunes qui vont participer à raison de

800 000 heures de volontariat dans nos communautés.

Le Président (M. Matte) : M. le

député de Saint-Jean.

M. Turcotte :

Merci, M. le Président. Il faut aussi se rappeler que les FRIJ,

2 000 partenariats par année, 350 000 jeunes,

au Québec, qui étaient rejoints, quelques exemples, là, de projets ou

d'organismes qui ont vu leur financement coupé via les FRIJ, donc la

modification, là, la fin du financement dans les forums jeunesse :

100 000 $ pour artistes émergents

a été coupé, fermeture du Café Saint-Lau en intégration professionnelle des

jeunes, 50 000 $ de moins à ICI pour les arts, donc une fermeture de l'organisme à Saint-Jérôme, POSA Source

des Monts, dans la circonscription de mon collègue, mais aussi qui oeuvre à Saint-Jean, perte de

100 000 $ pour le travail de proximité à Lacolle et à Chambly aussi,

donc 500 000 $ chacun,

perte d'un poste CIJM, à Saint-Hyacinthe, en travail de rue, perte de

20 000 $ pour l'Oasis projet Porte-Voix, deux groupes

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCRC 2016-04-14
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions crc-41-1 journal-debats CRC-160414-2
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
Identifierf20a6cfc90000bda88789acf6df081828776d01b

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