Labour and the Economy — 1 May 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2024-05-01
Quebec — Committees
(Onze heures vingt minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 51, Loi modernisant
l'industrie de la construction.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. M. Tremblay (Dubuc) est remplacé par Mme Mallette (Huntingdon).
Présidente (Mme D'Amours) : Merci. Lors de l'ajournement de nos travaux
d'hier, selon notre plan de travail, nous étions rendus au
sujet IV, portant sur les définitions. Plus précisément, nous étudions...
à l'étude... Nous étions, pardon, à l'étude
de l'article 1, et la députée de Bourassa-Sauvé venait d'indiquer son intention de déposer un
amendement. Mme la députée, veuillez nous en faire la lecture, s'il vous
plaît.
Mme Cadet : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Un instant... parfait. Parfait. Donc, je le vois à
l'écran. Merci.
Donc, Loi modernisant l'industrie de la
construction, à l'article
Article 1 de la
Loi sur les relations de
travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction.
L'article 1 du projet de loi est
modifié :
1° par la suppression du paragraphe p.2;
2° par le remplacement, dans le
paragraphe p.3, des mots «une personne immigrante» par les mots «un
résident permanent, un ressortissant étranger».
L'article modifié se lirait comme suit :
L'article 1 de la
Loi sur les relations de
travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction (chapitre R-20) est modifié, dans le
premier alinéa :
1° par le remplacement, dans le
paragraphe i.1 de «42» par «41.2.1»;
2° par l'ajout, après le paragraphe p.1, du
paragraphe suivant :
«p.2) "personne représentative de la
diversité de la société québécoise" : un autochtone, une personne
faisant
partie d'une minorité visible ou
ethnique, un résident permanent, un ressortissant étranger ou une personne
handicapée;».
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : Oui, merci. Merci,
Mme la Présidente. Donc, M. le ministre, donc, hier, donc, nous avions, donc,
la conversation sur les définitions prévues à l'article 1. Mon
argumentaire était à l'effet que chacun, donc, des groupes, donc, vivant, donc, des dynamiques distinctes, donc, les unes
des autres, qu'il était peut-être plus opportun, donc, de conserver, donc, une
dénomination unique afin, donc, de bien... de bien, donc, statuer, donc, ces
différenciations-là, donc, de façon granulaire.
J'ai entendu l'argumentaire du ministre, donc,
par rapport à la simplicité et le fait que dans le cadre, donc, du projet de loi, donc, les différentes... les
différentes mesures visant à intégrer, donc, au sein, donc, de la
main-d'oeuvre, donc dans le secteur de la construction, beaucoup plus,
donc, de personnes, dites représentatives de la diversité de la société
québécoise. Donc, le fait, donc, de vouloir, donc, le faire, donc, quand même,
avec une certaine, donc, simplicité, donc, sur le plan de la législation, et
que ce terme parapluie existe, donc, à l'égard, donc, de la
Loi sur la
gouvernance des sociétés d'État, qui est, aussi, donc, reproduit, donc, à la
loi R-20 en ce qui a trait aux modifications qui ont été faites, lors de
la dernière modification de cette dite loi, pour y inclure donc les personnes
représentatives de la diversité de la société québécoise, donc, au sein, donc,
du conseil d'administration de la CCQ.
J'entends le ministre au niveau, donc, de sa
volonté, donc, de conserver un terme parapluie. Donc, j'arrive avec une position disons, donc, mitoyenne, le... à
l'égard, donc, de tout ce qui s'est retrouvé dans les différents mémoires
des groupes ayant déposé ces documents, dans le cadre des consultations
particulières que nous avons menées, afin de conserver, donc, cet aspect de
simplicité, donc nous assurer que les mesures qui soient visées pour favoriser,
donc, cette insertion professionnelle des
personnes représentatives de la diversité québécoise, donc, puissent se faire,
mais tout de même assurer, donc, un souci de cohérence. Et c'est à cet
égard que je... Je reprends un peu, donc, la conversation que nous menions hier, donc sur le terme «personne
immigrante», donc, qui se retrouve, donc, au paragraphe, donc, p.2, du
projet de loi, donc, à l'article 1, un terme qui n'est pas nécessairement
défini, donc, dans ce sens, ailleurs dans la législation.
Le ministre l'a bien mentionné, donc, à la loi, donc, fédérale, donc, sur
l'immigration et le statut du réfugié, donc,
on définit ce qu'est un résident permanent, donc c'est très clair. Un
ressortissant étranger, donc, est également, donc, défini
dans notre corpus législatif, donc cet élément-là, donc, l'est aussi. Mais je
ne pense pas que la loi R-20 soit l'outil qui devrait, donc, amener, donc,
cette espèce, donc, de... bien, en fait, cette définition-ci, donc, de
«personne immigrante», alors que ce n'est pas l'objectif, donc, de la
loi R-20.
Considérant
les mesures, donc, de... qui favorisent, donc, cette participation à l'emploi,
donc ce plein épanouissement à
l'emploi, donc, des personnes représentatives de la diversité de la société
québécoise qui sont incluses dans le projet de loi, objectif que je
partage, et je l'ai mentionné maintes fois et je le répète, j'arrive donc avec
cette proposition d'amendement, donc, qui,
encore une fois... donc, qui est plutôt mitoyenne et nous permettrait de ne pas
créer, donc, d'incohérence législative, de conserver... de conserver,
donc, le terme que le ministre souhaite conserver dans le projet de loi afin, donc, d'assurer cette simplicité, cette
simplicité, mais de... d'avoir une vision, donc, plus à long terme, donc, sur l'ensemble, donc, des éléments,
puisqu'il n'y a pas de nécessité, là, même dans ce qui a trait, donc, au projet
de loi, donc, de définir «personne immigrante». Donc, je préférerais que, donc,
les termes... «résident permanent», qui existe, existe en vertu, donc,
de la
loi sur l'immigration et le statut du réfugié, le terme «ressortissant
étranger», qui existe lui aussi, donc, qui se retrouve, donc, avec une
définition uniforme, ailleurs dans notre corpus, donc soient tout simplement
indiqués et compris dans «personne représentative de la diversité de la société
québécoise», qui... donc, qui, déjà, dans sa
mouture initiale, allait... était plus large que ce qu'on retrouve, donc, à la
politique qui a mené, donc, à ce terme, dans la
Loi sur la gouvernance
des sociétés d'État.
J'espère que le ministre entendra
l'argumentaire. Il ne s'agit pas, donc, d'une modification de... qui change et qui aura, donc, une incidence sur la capacité de
ces personnes-là, donc, d'accéder, donc, aux mesures que nous verrons plus tard, donc, en matière de mobilité par
exemple, ou d'ouverture des bassins, ou de référence de la main-d'oeuvre. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires sur l'amendement de la collègue? M. le ministre.
M. Boulet : Bien, assez
brièvement. Bonjour, Mme la Présidente. Bonjour à tout le monde. En fait, la
notion de «personne immigrante», le concept
en soi, il existe à 10 reprises dans le corpus législatif québécois. Notre
définition, comme j'ai mentionné hier, elle est large, mais elle vise à
servir la finalité, c'est-à-dire faciliter la mise en place de mesures et de
normes de reconnaissance. Donc, c'est pour bien répondre aux objectifs visés
qu'on avait une définition de cette nature-là. D'ailleurs, ce qu'on a mis, dans
cet
article 1, a été convenu avec le ministère de l'Immigration,
Francisation, Intégration. Et juste rappeler qu'au plan pratique, la CCQ, qui va
s'assurer du respect des normes de reconnaissance, formation et expérience...
Les mesures visent tant les ressortissants étrangers que les résidents
permanents, donc sous... Il n'y a pas de mesure distincte pour les
ressortissants et d'autres mesures pour les résidents permanents, d'où, un, la
simplicité, la largesse de la définition, pour répondre, ultimement, à nos
finalités. Donc, je comprends l'amendement,
mais, pour ces raisons, nous maintenons le libellé que nous avons, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui. En fait, donc,
le terme, donc, il est mentionné ailleurs, mais il n'est pas... à mon... de mon
expérience, donc, en fait, de mes recherches, donc, il n'est pas défini. Je
sais qu'il est mentionné, mais est-ce que, donc, le... la définition, donc, qui
est prévue ici, donc «personne immigrante», donc étant «ressortissant étranger»
et «résident permanent», est-ce que cette définition-là, telle qu'on la
retrouve dans le projet de loi ici... est-ce qu'elle se retrouve ailleurs?
M. Boulet : ...répondu par la
négative, hier, à la même question.
Mme Cadet : OK. Donc, voilà.
Donc, elle n'est pas définie.
M. Boulet : Non. C'est une
définition convenue, suffisamment large, mais compatible et respectueuse des
finalités et objectifs que nous visons ici. Et il n'y a pas personne qui est
mis de côté. C'est une définition qui est vraiment inclusive et qui vise, comme
vous le savez, objectif avec lequel vous êtes totalement d'accord, à faire de
cette industrie une qui est inclusive et diversifiée.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
Mme Cadet : M. le ministre, je
réitère le fait que je vous entends et, encore une fois, que, donc, vous venez de le rementionner, donc, nous partageons les
objectifs. Je pense tout simplement que je ne pense pas que la loi R-20,
donc, soit le bon véhicule pour introduire cette définition-là dans le corpus.
J'essaie de comprendre, en fait, ce que ça... en fait, qu'est-ce que ça change
pour vous de... Je comprends. Je comprends donc que les préoccupations qui ont
été soulevées de ne pas avoir une définition parapluie pour «personne
représentative de la diversité de la société québécoise», donc, c'est un enjeu
pour vous. Ça, je l'entends. C'est pour ça que, cet amendement-ci, donc, à
l'issue de la conversation que nous avons eue hier, donc le débat que nous
avons tenu sur l'article 1, sur les définitions, j'ai saisi cette
préoccupation-là et puis c'est pour ça que j'arrive avec quelque chose qui
viendrait donc y répondre. Donc, j'essaie de comprendre, pour vous, quelle est
l'importance d'introduire cette définition-ci, puisque d'une part, si on la met, donc, dans le parapluie de «personne
représentative de la diversité de la société québécoise», qu'on retrouve
à p.3 dans votre projet de loi, donc, dans le projet de loi, donc, on vient
créer, donc, cette première définition pour ensuite l'inclure, donc, à... au deuxième
parapluie. Donc, j'essaie de saisir l'importance pour vous, donc, de le conserver
sur le fond. Qu'est-ce que mon amendement viendrait modifier pour vous?
M. Boulet :
Je n'ai pas d'autre commentaire. Je n'ai rien à ajouter.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
Mme Cadet :
Bien, je pense que ma question est tout de même pertinente pour ceux qui
nous écoutent.
M. Boulet :
Ce serait les mêmes réponses que j'ai données hier. C'est une définition
qui vise à répondre aux objectifs, à la
finalité recherchée. C'est simple, c'est inclusif, c'est diversifié. Puis pour
chacun des mots, j'ai exprimé l'appui
sur lequel ça se fondait et la réalité humaine que ça visait. Donc, c'est sûr
que je pourrais reprendre ce que je vous ai expliqué hier, mais c'est
une...
Mme Cadet :
Ma question était distincte.
Mme Cadet : En fait, ma question,
c'est de savoir qu'est-ce que mon... En quoi mon amendement, ma proposition
d'amendement, vient modifier vos objectifs?
M. Boulet :
Puis elle ne modifie rien. Pourquoi la modifier? L'amendement, il a été
fait. Il a été convenu, notamment avec la Commission de la construction, avec
le ministère de l'Immigration, après des consultations, pour s'assurer de la
facilitation dans la mise en application des normes d'accès, qui passe par la
reconnaissance des heures de formation et
des heures de travail... Et c'est cette symbiose-là qui est recherchée, tout
simplement. C'est une approche qui se
veut simple, et c'est une volonté ferme que nous avons de faire en sorte que
les personnes qui sont concernées par cet article-là puissent accéder à
l'industrie de la construction.
Puis on pourrait
discuter pendant des heures de comment l'écrire. Il y a une variété de textes
législatifs au Québec, mais ce qui est
intéressant d'une loi, c'est de s'assurer que le libellé soit compréhensif et
facile d'application. Le principe de lisibilité est aussi fondamental pour nous
autres. Et ça, les partenaires impliqués dans la mise en application des
normes se sentent confortables avec ça. Puis il n'y a pas de distinction à
faire. Il n'y a pas des normes pour les
ressortissants étrangers. Il n'y a pas d'autre type de norme pour les résidents
permanents. Donc, notre définition, moi, je la trouve hypersimple. Puis
c'est sûr qu'on pourrait changer des choses, mais je pense que la compatibilité
puis la correspondance entre ce que nous avons écrit et les objectifs d'énoncés
est claire.
Mme Cadet :
Est-ce que... Donc, je comprends, donc, pour vous, donc, vous convenez avec
moi, donc, sur... pour répondre à vos
objectifs, donc, mon amendement, ma proposition d'amendement, donc, permet de
répondre à vos objectifs, donc, encore une fois, dans les objectifs,
donc, sur le fond, donc, je partage, mais la question, donc, que je repose,
c'est : Est-ce que vous pensez qu'il revient donc, à la loi R-20 de
définir «personne immigrante»? C'est que, s'il y a... Pour vous, donc, il n'y a
pas, donc, de... En fait, j'essaie de comprendre la valeur ajoutée de le faire
ici, puisqu'avec ma proposition d'amendement donc, ça nous permettrait, donc,
de conserver votre objectif d'avoir, donc,
une meilleure lisibilité, donc, de la loi, avec le parapluie... le terme
parapluie «personne représentative de la diversité de la société québécoise», que je conserve ici,
donc, dans le libellé de ma proposition d'amendement, tout en ne créant pas,
donc, une nouvelle définition. Puis vous-même, vous en avez convenu, donc, le
terme n'est pas défini ailleurs dans la législation. Il est mentionné,
mais il n'est pas défini ailleurs dans la législation.
Je... moi,
personnellement, je ne pense pas que ce soit, donc, à la loi R-20, donc, de
créer cette définition-ci. Je pense qu'il
reviendrait donc, à un autre texte législatif de le faire. Donc, tant qu'à créer,
donc, quelque chose, donc, qui, peut-être, n'a pas tout à fait sa place
ici, on permet, donc, de répondre, donc, aux objectifs sur le fond, d'avoir, donc, une lisibilité de la loi, donc, avec ce
terme parapluie, qui se retrouve ailleurs, et c'est en ce sens-là que je
propose cet amendement, donc... de voir... Donc, pourquoi, pour vous,
c'est un problème, la proposition d'amendement?
M. Boulet : Je
vais limiter mon commentaire. Chaque loi peut avoir une définition qui est
compatible avec l'atteinte de ses objectifs. C'est ça, le but d'une loi,
qu'elle soit simple d'application, qu'elle soit compréhensive. Et je comprends
votre proposition, que je respecte, mais je n'ai pas d'autre commentaire à
faire, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires sur l'amendement de la
collègue?
Mme Cadet : Oui, bien, tout simplement, Mme la Présidente, de
mon côté... Je ne sais pas si ma collègue des Mille-Îles, qui est de
retour avec nous, donc, a une question avant qu'on puisse conclure?
Mme Dufour : Oui,
merci...
La Présidente (Mme D'Amours) : Bien,
je vais vous donner la parole, Mme la députée des Mille-Îles.
Allez-y.
Mme Dufour : ...j'ai vu le micro
s'allumer, je m'excuse, Mme la Présidente.
Présidente (Mme D'Amours) : Oui, votre micro est maintenant ouvert.
Mme Dufour : Non,
en fait, je tentais simplement de savoir pourquoi on souhaitait, tu sais,
séparer une définition distincte pour les
personnes immigrantes versus... versus d'autres groupes qui sont mentionnés,
là, dans le p.3, là, dans le fond. Quand je le regardais, j'essayais de
comprendre pourquoi on les a séparés, tu sais, pourquoi, lui, on le définit,
mais, par exemple, «autochtone», on ne le définit pas, une personne handicapée,
on ne le définit pas, mais pourquoi «immigrante», on a eu le besoin de le
définir séparément. En fait, j'essayais de saisir... de l'inclure dans tout ce
qui est considéré de la diversité. Je ne vois pas, honnêtement, la nécessité de
le séparer, tout simplement, mais je voudrais peut-être vous entendre
là-dessus, là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Boulet : Bien,
je l'ai expliqué abondamment, hier, dans un... J'aimerais ça vous dire qu'on
est heureux de vous revoir en santé, on a pensé à vous hier. Vous avez un
sourire, ce matin, qui témoigne de votre bon état.
Bon, j'ai expliqué
chacun des mots, son origine, pourquoi, les appuis, en termes de loi. Tu sais,
comme, les personnes handicapées, bien, il y a une
loi sur l'office de
protection des personnes handicapées. Ça ne requérait pas plus de détails ou
plus de précisions, mais on voulait avoir une définition simple, libérale et
inclusive, qui facilite la mise en application, comme j'ai mentionné souvent,
des normes de reconnaissance de la formation et du travail. Et c'était
important pour nous d'avoir cette approche la plus englobante possible. Pas
plus compliqué que ça.
Mme Dufour : Peut-être
une question supplémentaire. Et là, si la question a été posée hier, là, je
suis désolée de répéter, je n'ai pas réécouté ce qui s'est dit hier, vous
comprendrez, j'étais ailleurs, mais «ressortissant étranger», est-ce que ça
inclut les travailleurs étrangers temporaires?
M. Boulet : Oui,
tout à fait. Bon, je vais répondre, attendez-moi... Mais une réponse rapide,
c'est oui.
Mme Dufour : Ça
inclut les travailleurs étrangers temporaires.
M. Boulet : Oui,
tout à fait.
Mme Dufour : Parce
qu'il y avait... il y avait des inquiétudes qui avaient été soulevées, là, dans
un mémoire, là, par rapport aux travailleurs étrangers temporaires.
M. Boulet : Donc,
je l'ai mentionné hier. Puis, sur la notion de personnes immigrantes, j'ai
référé au fait que ça comprenait la personne réfugiée, le demandeur d'asile, le
travailleur étranger temporaire, l'étudiant étranger, parce qu'il est aussi
autorisé à travailler un certain nombre d'heures pendant leurs études, là, si
je ne m'abuse, c'est 20 heures, tout ressortissant étranger qui est aussi
à l'extérieur, qui n'a pas encore de permis de séjour ou de permis de travail.
C'est hyperenglobant.
Mme Dufour : Merci.
Mais ça reste que, personnellement...
M. Boulet :
Ah! personnellement...
Dufour : ...je ne saisis pas
vraiment pourquoi on l'a séparé de la définition. C'est pour ça que j'appuie
la... pardon, l'amendement de ma collègue.
M. Boulet : Vous
allez appuyer la proposition d'amendement de votre collègue? Ah, oui? Mais vous
pouvez penser encore, là.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...commentaires
sur l'amendement? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Je
note... quand même, que je note que le ministre a dit qu'il souhaitait, donc,
avoir une définition libérale et inclusive.
Mme Cadet : Tout
de même, M. le ministre, la question de ma collègue... elle la reprend, mais je
pense que c'est peut-être cet élément-ci. Puis peut-être que, si vous répondez
à ça, je vais saisir. Pourquoi la définition de p.2? Tu sais, je comprends que les autres... chacun des autres éléments. Je
comprends pourquoi on n'a pas défini les autres éléments, ça, c'est
très, très, très clair. Je comprends pourquoi vous voulez une définition
parapluie. Ça, vous l'avez expliqué, la lisibilité, la cohérence. C'est très
clair, ça, je l'entends. Je pense que, dans tout ça, en fait, ce que je n'ai
pas saisi, c'est pourquoi est-ce qu'on... est-ce que vous trouviez important
d'inclure cette définition-ci, plutôt que de faire... en fait, de le libeller
comme je l'ai fait. Tu sais, c'est un peu ça, la question.
M. Boulet : Mais,
ça aussi, j'y ai répondu : pour éviter l'exclusion, pour que ce soit le
plus large possible. Donc, c'est mon commentaire.
Mme Cadet : Mais mon amendement ne
crée pas d'exclusion. Donc, c'est...
M. Boulet : Non, mais c'est une
définition qui se veut la plus englobante possible, là.
Cadet : Mais, justement, avec ma proposition d'amendement,
donc, ça permet de conserver l'aspect d'être englobant. C'est ça que
j'ai...
Boulet : Je comprends votre proposition d'amendement, c'est
une option. Notre définition est une option que nous avons considérée, évaluée
après consultation et après avoir obtenu l'assentiment de nos collègues du
ministère de l'Immigration. Tout le monde est d'accord, sauf
peut-être... Je ne sais pas, il y en a qui sont en délibéré cependant.
Mme Cadet : Bon, d'accord. Bien,
écoutez, Mme la Présidente... Mais merci. J'aurais aimé... Donc, de ce que j'entends, le ministre a dit, essentiellement,
donc, qu'il l'entend, mon amendement, qu'il le comprend, qu'il est en... qu'il
serait en accord sur le fond, que c'est une... c'est une proposition. Moi, je
pense que ma proposition d'amendement,
donc, permet au libellé de l'article 1 d'être plus prudent, considérant
l'ensemble de la législation, puis aussi,
donc, le souci d'insérer, donc, les définitions, donc, au bon endroit, donc,
dans la législation, donc, de façon beaucoup plus large. J'entends que
vous souhaitez poursuivre avec le vôtre, parce que c'est le vôtre. Et
surtout... et j'entends surtout que vous souhaitez y aller avec votre
définition parce qu'elle est libérale.
Boulet : C'est une belle conclusion, quand même.
Donc, je comprends que vous retirez votre amendement? C'est un...
Mme Cadet : Je ne retire pas mon
amendement, M. le ministre.
M. Boulet : Le texte est libéral,
vous en convenez, et vous voulez amender un texte libéral?
La Présidente (Mme D'Amours) : Bon,
si nous voulons poursuivre. J'ai encore à vous demander : Est-ce qu'il y a
des commentaires, questions sur l'amendement de la collègue? S'il n'y en a pas,
je vais vous demander si l'amendement est accepté ou rejeté.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
un vote par appel nominal. Mme la secrétaire, s'il vous plaît.
La Secrétaire : Pour, contre,
abstention. Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)?
La Secrétaire : Mme Dufour
(Mille-Îles)?
La Secrétaire : M. Boulet
(Trois-Rivières)?
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Hull)?
La Secrétaire : Mme Mallette
(Huntingdon)?
La Secrétaire : M. Dufour
(Abitibi-Est)?
La Secrétaire : M. Martel
(Nicolet-Bécancour)?
Martel : Contre.
La Secrétaire :
M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve)?
La Secrétaire : Mme D'Amours
(Mirabel)?
Présidente (Mme D'Amours) : Abstention. Donc, l'amendement est rejeté. Nous
revenons à l'amendement 1. Est-ce
qu'il y a des commentaires sur l'amendement... sur l'article, pardon,
l'article 1? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Dufour : Merci, Mme la Présidente. J'ai une question pour
le ministre. Lorsqu'on regarde les différents mémoires, l'APCHQ nous a fait part de... en fait, de leur... tu sais,
que, pour eux, la... les... le secteur résidentiel ne devrait pas être
déterminé selon le nombre d'étages. Et, comme on modifiait la
section des
définitions, je me demandais, en fait, pourquoi le ministre n'en a pas profité
pour regarder... peut-être qu'il l'a fait puis qu'il a décidé de ne pas aller
de l'avant, mais... la définition de secteur résidentiel, dans le fond, qui,
actuellement, établit que, dans le fond, on est dans un secteur résidentiel si un bâtiment n'excède pas six étages...
six étages ou... dans le cas de bâtiments neufs, ou huit dans les autres cas, donc. Puis, ça, j'ignore la
genèse de qu'est-ce qui a mené à cette... à cette définition-là à l'origine, mais
j'avoue que, quand, nous, on... en tout cas, quand moi, j'étais au municipal,
puis qu'on regardait les différents... les différents projets, ça amenait une
complexité aussi de quels codes s'appliquent, etc. Donc, pourquoi on n'a pas
saisi cette opportunité-là, peut-être, pour corriger ça, en tout cas, ou, du
moins, comment répondre à l'APCHQ, là?
Boulet : On pourra peut-être faire la discussion à un
article qui est pertinent. Ici, c'est des définitions pour fins
d'application de la reconnaissance des heures de formation et des expériences
de travail. Mais on pourra faire... Et ça a
été considéré et pas retenu, là. Si vous faites référence... les bâtiments
neufs... usagés, là, le six ou le huit étages, évidemment, il y a des
associations d'employeurs qui divergent d'opinion là-dessus. On pourra faire la
discussion au moment opportun, là, mais ça n'a pas été retenu.
Mme Dufour : Bien, je considérais
que c'était un moment opportun, parce qu'on était dans les définitions et qu'on
avait une demande de l'APCHQ, dans leur mémoire, de modifier la définition.
Donc, c'est pour ça que je considérais que c'était le moment opportun d'en
parler.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : J'ai mis, sur Greffier,
un amendement, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Parfait.
On va le mettre sur écran, et je vais vous demander d'en faire la lecture
aussitôt qu'il sera sur écran, votre amendement. Vous pouvez y aller, M. le
député, s'il vous plaît.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Alors : Remplacer le paragraphe 2° de l'article 1 du projet de loi
par le suivant :
2° par l'ajout, après le paragraphe p.1, du
paragraphe suivant :
«p.2) "personne faisant
partie de certains
groupes victimes de discrimination en emploi" : une personne handicapée au sens de la Loi assurant l'exercice
des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire,
professionnelle et sociale (chapitre E-20.1), une personne autochtone, une
personne qui fait
partie d'une minorité visible
en raison de sa race ou de sa couleur de peau et une personne dont la langue
maternelle n'est pas le français ou l'anglais
et qui fait
partie d'un groupe autre que celui des personnes autochtones et
celui des personnes qui font
partie d'une minorité visible;».
Je salue les efforts de mes deux collègues des
récentes minutes. J'essaie un autre chemin. Je ne qualifierai pas les chances que j'estime de convaincre le
ministre avec ce chemin-là plus que l'autre, mais je me devais de l'essayer
quand même. Il y a un long passage, dans le
mémoire de la Commission des droits
de la personne du Québec, qui parle
des définitions. Je vais juste vous en lire quelques extraits, Mme la
Présidente :
«Dans un premier temps...» C'est à la
page 28. «Dans un premier temps, des remarques doivent être faites quant à
la terminologie même utilisée pour décrire ces groupes. Le terme "personne
représentative de la diversité de la société québécoise" porte à
confusion, particulièrement lorsqu'utilisé dans le contexte de mesures visant
l'égalité en emploi. Plus encore, leur définition paraît arbitraire. La
diversité de la société québécoise ne peut se résumer aux personnes
autochtones, aux personnes faisant
partie d'une minorité visible ou ethnique,
une personne immigrante, une personne
handicapée. De surcroît, il est important de rappeler que le terme
"autochtone" comporte une majuscule, et que l'utilisation de
l'expression "un autochtone" est incorrecte.» Bon.
«D'autre part, il faut souligner que les
minorités visibles et les minorités ethniques ne peuvent être amalgamées. Au
sens de la LAEE, les minorités visibles sont identifiées comme telles en raison
de leur race ou de leur couleur de leur peau... de la couleur de leur peau,
alors que les minorités ethniques désignent des personnes dont la langue
maternelle n'est pas le français ou l'anglais et qui font
partie d'un groupe autre
que celui des Autochtones et celui des personnes qui font
partie d'une minorité
visible.
«Plus largement — puis je vais arrêter
avec ce paragraphe-là, Mme la Présidente — plus largement, la
commissaire... la commission constate que la terminologie choisie dans le
projet de loi pour désigner les groupes qui seraient victimes de discrimination est en rupture
avec les normes et principes de cadres législatifs existants en matière d'accès à l'égalité. Tel que
prévoit l'article 86 de la charte, les programmes d'accès à l'égalité ont
pour objet de corriger la situation de personnes faisant
partie de
groupes victimes de discrimination dans l'emploi, ainsi que dans les secteurs
de l'éducation ou de la santé, et dans tout autre service ordinairement offert
au public. La LAEE, quant à elle, dans le même
esprit , vise à corriger les inégalités vécues dans
le domaine du travail, au sein des organismes publics qui y sont assujettis, par les groupes suivants : les
femmes, les minorités visibles, les minorités ethniques, les personnes
autochtones et les personnes handicapées. Ce sont ces mêmes groupes qui
sont visés par le programme d'accès à l'égalité dans la fonction publique et
par le Programme d'obligation contractuelle.»
Je m'arrête là, Mme la Présidente, parce que ça
continue pendant plusieurs autres pages, la lancée de la commission des droits
de la personne et de la jeunesse. Visiblement, hier, on a eu un échange avec le
ministre sur les amendes, il nous expliquait qu'il recevait des suggestions du
ministère de la Justice, qu'il prenait ces suggestions-là au sérieux. Là, il
reçoit des suggestions de la part de la commission des droits de la personne et
de la jeunesse. Ce n'est pas le ministère de
la Justice. Il y a une distance critique de la commission par rapport au
ministère, c'est comme ça qu'on l'a voulu. Prend-il, donc, tout aussi au
sérieux les recommandations de la commission que celles qui lui ont été faites
par le ministère de la Justice?
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Mon Dieu! Bien, encore
une fois, on pourrait reprendre un débat. Je ne redirai pas que tout ce que
j'ai mentionné, mais il n'y a pas personne qui n'est pas capté ici. De toute
façon, je ne vois pas où vous avez inséré «personne immigrante». Est-ce que... est-ce
que je ne le vois pas bien ou... Je ne le vois pas dans votre définition, la
notion de personne immigrante. Est-ce que c'est une omission? Sûrement pas
volontaire, on se connaît assez bien pour ça, là.
M. Leduc : Je prendrais une
suspension, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 11 h 51)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, la parole est à
vous.
M. Leduc : Merci, Mme la Présidente.
Dans le fond, ce qu'on fait, là, par rapport à son projet de loi, c'est qu'on reprend ces deux catégories, personne
immigrante, personne représentative de la diversité de la société québécoise,
puis on les rebrasse pour faire quelque chose qui, à notre avis, est plus
clair.
Je vous lis deux extraits de mémoire. C'est
toujours celui de la CDPDJ, à la page 30 : «La commission s'interroge
donc sur le choix d'ajouter ici une catégorie de "personne migrante".
En effet, au-delà du fait que le groupe n'est visé par aucun des grands
programmes d'accès à l'égalité dont le projet de loi semble s'inspirer, force est de constater que les personnes immigrantes
constituent un groupe particulièrement hétéroclite, qui peut regrouper... recouper,
pardon, différents motifs de discrimination, dont la race, la couleur ou
l'origine ethnique.»
Et il y a
aussi le mémoire d'ATF, qui s'interroge aussi sur les définitions du ministre,
notamment le «ressortissant étranger»,
puis ils disent ceci : «Intégrer la notion de ressortissant étranger dans
la catégorie des personnes immigrantes, comme le propose le PL n° 51, constitue une
erreur conceptuelle et terminologique. En effet, ces deux termes désignent des
réalités différentes en matière d'immigration. Comme dit précédemment, le terme
"personne immigrante" se réfère à quelqu'un qui migre ou qui a
récemment migré vers un pays dont le but de s'y établir... dans le but de s'y
établir de manière permanente. En revanche, un ressortissant étranger
est simplement une personne qui n'a pas la citoyenneté du pays où elle se
trouve, peu importe la durée de son séjour ou ses intentions d'établissement permanent.
«L'erreur réside, donc, dans le fait de
considérer que tous les ressortissants étrangers sont automatiquement des personnes immigrantes, ce qui n'est pas le
cas. Certaines ressortissants... certains ressortissants étrangers peuvent être
des touristes, des étudiants étrangers ou
des travailleurs temporaires qui n'ont pas l'intention de s'installer
définitivement dans le pays d'accueil. En les assimilant à des personnes
immigrantes, on crée une confusion conceptuelle et on brouille la
distinction entre les différents statuts migratoires, ce qui est peut-être»...
eux autres, ils font peut-être un procès d'intention, ils disent : «ce qui
est peut-être l'intention du ministre ici».
Dans le fond, M. le ministre, tu sais, nous, on
vous soumet une définition. On le sait très bien, que, de toute façon, ce n'est
à peu près jamais le texte qui est soumis qui est adopté. Les rares fois où ça
arrive qu'il y a une adhésion au principe qui vous est soumis, c'est
retravaillé par les équipes de légistes de votre côté, ce qui est bien correct.
Ça fait que je... Elle n'est peut-être pas parfaite, là, ce qu'on vous a
soumis. Le but, c'était d'en discuter.
M. Boulet : ...c'est une définition
qui comprend certaines exclusions, alors que la nôtre vise tout le monde. Et,
au lieu de s'attarder à nommer, attardons-nous à s'assurer de bien viser les
personnes qui sont sous-représentées.
Puis, bon, j'ai beaucoup
de respect pour la Commission des droits de la personne et des droits de la
jeunesse, mais leur analyse s'appuie sur le concept de discrimination. Ce n'est
pas ce que nous faisons dans cette loi-là. Nous, ce qui nous intéresse, c'est
d'assurer une meilleure intégration des personnes sous-représentées, et c'est
appuyé par des enquêtes populationnelles qui proviennent de l'Institut de la
statistique du Québec. Donc, ce n'est pas la même affaire. On ne veut pas,
d'abord, faire une analyse de qui est victime de discrimination directe ou
indirecte. Ce qui est important, c'est de
s'assurer d'une saine représentativité, que ce soient les femmes, les
communautés autochtones, les personnes issues de l'immigration, les
personnes en situation de handicap. Soyons, donc, pratiques. Je pense que c'est clair, c'est simple. Puis moi, je ne veux
pas de définition confuse. Puis il y a, effectivement, beaucoup d'avocats
et avocates qui ont travaillé à cette définition-là. Il y a eu des
consultations, il y a eu un consensus, et ça répond aux finalités recherchées, puis en... au même diapason que les outils,
d'abord, qui existent à la Commission
de la construction du Québec.
Mais que moi,
j'adhère à une définition comme celle-là, ce n'est pas de même nature. Là,
c'est de la discrimination en emploi.
Ce n'est pas ce qui intéresse. C'est plus une augmentation de la
représentativité. Ce n'est pas une lutte à la discrimination qu'on amorce, ou
qu'on entreprend, ou qu'on poursuit avec le PL n° 51.
Et, si la commission des droits nous prête des intentions...
Moi, la seule intention... et mon équipe, et
notre équipe, tout ce qu'elle souhaite faire, c'est de relever le défi de la
main-d'oeuvre. Il manque de monde, puis il y a un capital humain qui est là,
disposé. Puis j'ai tellement répété les
exemples de personnes qui arrivent de différents pays. J'ai tellement répété
l'exemple de personnes en situation de... Il y en a partout, puis dans
des régions, les membres issus des communautés autochtones. Mais, bon, je me
répète, là, mais j'ai lu le rapport de la Commission des droits de la personne, puis ce n'est pas le même... la même grille
d'analyse.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...
M. Leduc : Est-ce que le ministre
peut me dire quelle est la place des travailleurs étrangers temporaires dans
l'industrie de la construction en ce moment?
M. Boulet : Mon Dieu! bien, on a
vu... c'est l'Institut de la statistique du Québec ou Desjardins... c'est...
bien, en fait, 3 %, mais à peu près 1 % de travailleurs étrangers
temporaires... c'est 7 %, incluant les temporaires et les permanents. Mais
seulement les temporaires, il me semble qu'il y en avait moins. Mais, quand on
se compare à d'autres provinces, il y a une sous-représentativité qui est
marquante, puis je l'ai répété à toutes mes allocutions.
M. Leduc : Est-ce que vous souhaitez
davantage de travailleurs étrangers temporaires dans la construction?
M. Boulet : Les personnes qui sont
ici, les personnes qui sont à l'étranger, les personnes qui viennent de
l'étranger, il faut reconnaître leurs heures de formation, leur expérience.
Encore une fois, vous m'avez entendu souvent parler d'Anait, au CACI, à
Montréal, les difficultés d'intégration de l'Ukrainien qui a pratiqué un
métier, de la personne qui arrive de Tunisie, peu importe le pays, du Mexique,
de la Colombie. Il faut que ces personnes-là aient l'opportunité d'accéder à
notre secteur plus facilement et de façon compatible avec les besoins. Puis
c'est aussi une question d'accueil puis d'intégration. Oui. Est-ce que je le
souhaite? Oui.
M. Leduc : Oui, mais vous ne
répondez pas à ma question directement, là. Moi, je ne parle pas de
l'immigration générale, là. Moi, je parle de la... des travailleurs étrangers
temporaires qu'on fait venir avec des permis fermés. Est-ce que vous souhaitez
qu'il y en ait davantage dans la construction? Pas des gens qui sont déjà ici,
pas des demandeurs d'asile, pas l'immigration régulière. Ce n'est pas ça que je
parle.
M. Boulet : Des travailleurs
étrangers temporaires?
M. Boulet : Oui. Puis c'est
1 %. Les TET, on l'aurait. Selon une enquête canadienne, c'est 1 % au
Québec, 5 % dans le reste du Canada. Et est-ce que je le souhaite? Je le
souhaite en santé, en éducation, en service de garde à l'enfance, en
technologies de l'information, en génie et en construction, les six secteurs
névralgiques que ma collègue de... connaît bien, où les déficits de main-d'oeuvre
sont particulièrement aigus. La réponse, c'est oui.
Leduc : Donc, vous visez combien de pourcentage, dans la
construction, des travailleurs étrangers temporaires?
Boulet : Ah! mon Dieu, j'ai... on n'a pas d'objectif, on
n'a pas d'objectif pour ces... pour les groupes issus de la diversité
québécoise. Il faut s'assurer...
M. Leduc : Je ne parle pas des
groupes issus de la diversité québécoise. Je parle des travailleurs étrangers
temporaires.
M. Boulet : Ah! je n'ai pas
d'objectif. On n'a pas d'objectif.
Leduc : Mais vous en voulez plus.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...s'il vous plaît.
M. Boulet : Bien, en fait, on veut plus des personnes dont la
formation et l'expérience sont reconnues, tout à fait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre, je vous ramène à l'amendement.
M. Leduc : Bien,
ça a rapport...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je sais que ça peut être large, mais je vous ramène à
l'amendement, s'il vous plaît.
M. Leduc : Bien,
ça a rapport à l'amendement, Mme la Présidente... bien, non, directement, parce
qu'on évacuait de notre définition les
travailleurs étrangers temporaires. Je pense qu'on est un peu critiques de
cette approche-là de faire des travailleurs étrangers temporaires une
solution à la pénurie de main-d'oeuvre dans la construction.
M. Boulet :
Non, non, absolument pas. La solution... la solution...
M. Leduc :
OK. Mais vous en voulez plus, mais ce n'est pas une solution.
M. Boulet :
Oui. Mais je ne sais pas, là, si on fait un débat d'idées, là, ou si on parle
de l'amendement.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...je
le répète, je vous ramène à l'amendement. Le député dit qu'il avait été dans
le fond de la terminologie qu'il déposait. Maintenant, je vous ramène à
l'amendement, s'il vous plaît.
M. Boulet :
Mais je peux répondre quand même,
sommairement.
M. Boulet :
Les solutions...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Si vous répondez, M. le ministre, c'est à votre guise.
M. Boulet :
...sont à tous les niveaux. Il y a la polyvalence, il y a la mobilité, il y
a l'accès, il y a l'inclusion, il y a tous
les Québécois, Québécoises, il y a tous les groupes issus de la diversité
québécoise. Et on a besoin de formation, on a besoin d'intégration puis de
reconnaissance des heures effectuées. Ça fait qu'en gros, c'est ça, mais il n'y
a pas une solution, il y a plusieurs solutions, qui passent aussi par
l'intégration des nouvelles technologies, par les bureaux de modélisation, par
une meilleure planification des travaux. Tout y est. C'est vraiment une
diversité de solutions.
M. Leduc :
Et, dans le fond, est-ce que, d'après vous, les travailleurs étrangers
temporaires devraient avoir accès aux programmes d'égalité d'accès à l'emploi?
M. Boulet :
Je n'ai pas de réponse à ça. Ça ne regarde pas notre discussion. Là, c'est
une discussion qui concerne un employeur et son employé. Nous, c'est une
discussion sur une loi qui concerne l'ensemble de l'industrie de la
construction.
M. Leduc :
Bien, c'est parce que, dans votre définition, là, «personne immigrante»,
vous dites : un résident permanent ou ressortissant étranger.
M. Leduc :
Un travailleur temporaire, c'est
un ressortissant étranger? Vous, vous l'intégrez dans votre définition,
un travailleur étranger temporaire?
M. Leduc :
Ça fait que, là, ça lui donnerait accès à des mesures d'accès à l'égalité.
M. Boulet : Non,
ce n'est pas ce que je dis. Le programme d'accès à l'égalité, c'est une
relation entre un employeur et un employé. Ce n'est d'aucune pertinence.
Ce qui nous intéresse, c'est que la CCQ établisse des normes, comme je l'ai mentionné souvent, de reconnaissance des heures de
formation et des heures de travail. L'objectif, c'est de faciliter les
procédures de reconnaissance de la formation et de l'expérience des
travailleurs étrangers qui souhaitent intégrer l'industrie de la construction
afin de répondre à des besoins découlant de la pénurie de main-d'oeuvre. Donc,
on n'est pas, c'est ce que je vous mentionnais un peu plus tôt, là, on n'est
pas, puis je l'ai précisé hier, ce n'est pas un programme d'accès à l'égalité.
La CCQ n'est pas l'employeur des salariés de l'industrie de la construction,
c'est chacun des entrepreneurs. Donc, maintenant, ce n'est pas ce qui nous
concerne dans la
loi sur les relations de travail, gestion de la main-d'oeuvre.
M. Leduc : Soyons très clairs,
M. le ministre, nous aussi, on souhaite qu'il y ait plus de diversité dans la
construction. On a même soumis une proposition, on en a parlé à l'étude des
crédits de la semaine dernière, pour faciliter l'accès au certificat de
sélection du Québec aux personnes qui viendraient prêter main-forte dans la
construction, qui sont déjà sur le territoire du Québec. Puis on attend
toujours une réponse de la part du gouvernement par rapport à cette
proposition-là. Moi, ce que je cherche à comprendre, c'est à quoi ça sert, au
regard de votre loi et de la cohérence du corpus législatif, d'intégrer dans
votre définition de «personne immigrante» les travailleurs étrangers
temporaires.
M. Leduc : OK. Je répète ma
question. À quoi ça sert, pour cette loi-ci, pour l'ensemble du corpus
législatif, d'intégrer dans votre définition de «personne immigrante» un
travailleur étranger temporaire?
M. Boulet : Mon Dieu! OK... Je
vais redire ce qui est important : c'est d'assurer une meilleure
représentativité. C'est notre objectif de fond. Ce n'est pas de lutter contre
la discrimination et de penser en termes d'accès à l'égalité, c'est pour
accroître la représentativité. On n'est vraiment pas sur le même terrain. Et
c'est la raison pour laquelle la Commission des droits de la personne et des
droits de la jeunesse, sa grille d'analyse n'est pas compatible avec les
finalités de notre projet de loi. C'est simplement pour ça. Puis les
travailleurs étrangers temporaires, c'est un groupe de personnes qui pourraient
venir répondre à nos besoins.
M. Leduc : Et cadrer dans un
accès par rapport à la diversité? Je suis un peu surpris.
M. Boulet : Non. Non. En fait,
c'est simple, les groupes sont bien identifiés, c'est les personnes
immigrantes, les personnes en situation de handicap, les personnes issues des minorités
visibles et les personnes qui font
partie des communautés autochtones. C'est
les groupes qui, conformément aux enquêtes populationnelles, sont
sous-représentés. Donc, on veut accroître le niveau de représentativité pour
répondre aux besoins des Québécois et des Québécoises. C'est tout. N'essayons
pas de compliquer ce qui est simple. Puis une loi, il faut qu'elle soit
comprise par les Québécois et les Québécoises, il faut qu'elle soit non
seulement lisible mais facile d'application, puis
cette définition-là l'est. Elle est englobante, on me dit libérale, elle est,
souhaitons-le aussi, solidaire, puis il n'y a personne qui est exclu.
M. Leduc : Ça va être tout, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Mille-Îles.
Dufour : Oui. Merci, Mme la Présidente. J'aurais une
question pour le député d'Hochelaga-Maisonneuve. Tout simplement savoir, une personne, par exemple, qui arriverait de la
Belgique pour travailler dans le domaine de la construction,
entrerait-elle dans cette définition qu'il nous propose, puisqu'elle...
Mme Dufour : Parce qu'il parle
français?
M. Boulet : Moi, je ne le vois pas.
Bien, je ne le vois pas non plus, c'est pour ça que...
Dufour : Il n'est pas une minorité visible. Puis c'est pour
ça que je voudrais savoir, tu sais, si on n'exclut pas des gens que,
pourtant, on a drôlement de besoin dans l'industrie de la construction, donc?
M. Boulet : Bien, comme il
mentionnait, il les considérait inclus à l'intérieur de ces différentes
catégories, ce que je n'accepte pas, ceci
dit, avec respect, je ne suis pas d'accord. Puis je ne pense pas que la
définition ici... Mais c'est des débats académiques, c'est des débats de
concepts, puis l'angle d'analyse n'est pas le même que le nôtre.
Mme Dufour : Merci. Je vais juste
répéter que je posais une question au député d'Hochelaga-Maisonneuve, à savoir
si...
M. Boulet : Ah, mon Dieu! Excusez.
Désolé.
Dufour : Je comprends. Vous êtes passionné, M. le ministre. Je veux
juste savoir qu'est-ce qui arrive avec un travailleur qui arrive de la Belgique
ou de la France, avec une telle définition.
M. Leduc : Je
vais vous plaider les limites de mes connaissances, Mme la députée, sur le fait
que... Est-ce qu'une personne qui provient de la France ou de la Belgique, qui
est une personne, on va dire, d'origine occidentale, à la peau blanche...
est-ce qu'elle est victime de discrimination? Je ne le sais pas, si ça cadre
dans cette définition-là. C'est une bonne question. Est-ce que les Français qui
vivent au Québec sont victimes de discrimination? Je ne le sais pas. Il
faudrait répondre, d'abord, à cette question-là, et je ne connais pas assez le
dossier pour trancher la question.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Mme la députée de
Mille-Îles.
Mme Dufour : Je
vais juste mentionner que, si je ne me trompe, le but de cette définition,
c'est aussi d'alléger les heures qui seront nécessaires pour atteindre
certaines compétences. Et donc, si la personne qui arrive d'Europe, mais qui a
la peau blanche, etc., n'a pas cet allègement-là, bien, ça l'éloigne du marché
du travail, ça l'éloigne de pouvoir contribuer à l'industrie de la construction
du Québec, non? C'était ça, mon questionnement.
M. Leduc : Un
dernier commentaire, peut-être, Mme la Présidente. Dans le fond, ce qu'on a
fait, c'est qu'on a repris essentiellement la définition de la Loi d'accès à
l'égalité en emploi dans les organismes publics.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires?
M. Boulet : Et
ça démontre les limites de cette définition-là. Votre question était...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Est-ce que l'amendement du député
d'Hochelaga-Maisonneuve est adopté ou rejeté?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Nous revenons à l'article 1. Est-ce que j'ai
des commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui.
Mme la Présidente, juste généralement, parce que la conversation qu'on vient
d'avoir, donc, fait ressortir deux petites
questions... D'abord, au niveau, donc, évidemment, donc... dans la définition
de «personne immigrante», parce qu'on avait, donc, le débat, donc, sur
le nombre, donc, de personnes à statut temporaire, donc, qui exercent, donc,
dans le secteur de la construction au Québec... on avait, donc, des données à
l'échelle canadienne qui ressortaient. Quel est la... Donc, à l'échelle
canadienne, est-ce que, donc... la définition, donc, de «personne immigrante», est-ce qu'elle est la même? Donc,
lorsqu'on va continuer, donc, de se comparer au niveau de l'inclusion
des ressortissants étrangers, donc, quelle est la terminologie qui est utilisée
pour se comparer?
M. Boulet : Je
ne suis pas en mesure de répondre à ça. Il faudrait faire une recherche
particulière, que vous pouvez faire aussi bien que nous. Là, en fait, vous
demandez quelle est la définition de «personne immigrante» dans le corpus
législatif des autres provinces canadiennes?
Mme Cadet : Non,
bien, pas tout à fait. C'est que, par exemple, donc, récemment, donc, on
avait... dans la foulée, donc, de la
présentation, donc, du projet de loi n° 51, on notait, donc,
toute l'importance, puis, encore une fois, donc, une importance partagée, de
nous assurer que les personnes qui sont à statut temporaire, donc, puissent
travailler, donc, ici, donc, au Québec, dans le secteur de la
construction. Il y avait, donc, des articles, donc, qui circulaient sur le fait que le Québec était, donc, dernier ou
avant-dernier de classe, je pense, en excluant les Provinces maritimes, dans cette
inclusion, donc, des ressortissants étrangers. Et là j'utilise ce terme-là,
mais je voulais, donc, voir quel a été... en
fait, donc, comment est-ce qu'on se compare en utilisant, donc, les définitions
qu'on ajoute aujourd'hui dans le projet de loi?
M. Boulet : Nous ne faisons que des enquêtes populationnelles,
mais je réalise que le résultat n'est pas le même, tu sais. Quand on compare la représentativité des
groupes qui font l'objet de notre attention, elle est plus basse ici, puis particulièrement
en Ontario et en Colombie-Britannique.
Mme Cadet : Oui,
tout à fait. Ça, je me souviens.
M. Boulet : Mais
il y a beaucoup de raisons aussi, tu sais. Puis je ne veux pas distinguer notre
industrie de la construction de celle qui existe ailleurs, mais la dynamique
n'est pas la même. La Commission de la construction du Québec, qui travaille de
manière totalement paritaire avec les associations patronales, les syndicats,
bénéficie d'un régime qui est très
particulier, qui comprend beaucoup de différences avec le régime général. Il y
a l'adhésion syndicale obligatoire, qui n'existe pas ailleurs, tu sais.
Il y a
beaucoup de particularités, mais ce n'est pas ces particularités-là qui font
qu'on a moins de représentativité. Et là je ne suis pas un spécialiste
non plus en matière d'accueil et d'intégration dans l'industrie de la
construction, mais ce que je peux dire que j'entends
souvent, c'est que c'est compliqué. Puis ce qu'on veut faire dans le projet de loi, c'est de faciliter l'accès, tout simplement,
parce qu'il n'y en a pas, de norme de reconnaissance. Ça fait que, tu sais, c'est
ça qu'on va mettre.
Mme Cadet : Oui, puis on va le voir
plus tard dans le projet de loi, au niveau des normes de reconnaissance,
certainement.
Mme Cadet : Oui, M. le ministre? Ah!
je pensais que vous aviez peut-être de l'information.
M. Boulet : Ah!
non, non, non. Bien, quand il y aura plus de représentativité, on va être en
mesure d'avoir un portrait qui est
plus juste de la réalité et faire des comparaisons avec d'autres provinces au
Canada... la représentation... la
représentativité est tellement faible que les données populationnelles, dans
notre secteur, sont plus fragmentaires, disons.
Mme Cadet : D'accord. OK, je
comprends. Ma deuxième petite question : Votre collègue à l'Immigration,
donc, avait demandé, donc, un avis à la Commission des partenaires du marché du
travail. Donc, je pense qu'il y a un avis à
rendre sous peu, là, sur l'impact des permis de travail fermés pour les
travailleurs étrangers temporaires. Donc, comment l'inclusion, donc, d'une définition, donc, qui les touche, donc,
dans le cadre, donc, du secteur de la construction... puis, encore une fois, c'est un objectif qui est
partagé, mais comment est-ce que ça va se conjuguer avec cet avis à venir?
Boulet : Ça va simplement se conjuguer, comme vous dites,
puis les permis de travail, qu'ils soient fermés ou ouverts, ça relève d'Ottawa. Tu sais, nous, on va vivre avec les
assouplissements qui seront potentiellement consentis par Ottawa. Pour
l'instant, je ne peux pas en dire plus puis je n'ai pas vu l'avis...
Mme Cadet : Non, il n'a pas encore
été... il n'a pas encore été rendu.
Boulet : ...de la Commission
des partenaires du marché du travail, mais on l'attendait la semaine dernière, puis
il n'y a personne qui m'en a parlé, ça fait qu'on ne l'a pas reçu.
Cadet : Moi non plus. Merci, M. le ministre. Peut-être sur
autre chose, donc, toujours, donc, à l'article 1, là, il y avait une... dans le mémoire de la Corporation
des entrepreneurs généraux du Québec, donc, il y avait une
recommandation relative, donc, à l'article 1, donc, au niveau, donc, de
leur reconnaissance. Je ne vous ai pas entendu là-dessus, M. le ministre.
M. Boulet : Sur la reconnaissance...
Cadet : De la Corporation des entrepreneurs généraux du
Québec. Donc, c'était une de leurs recommandations,
c'est leur première recommandation dans leur mémoire, au niveau de la
gouvernance et de représentation des entrepreneurs généraux. Je ne vous
ai pas entendu sur cette question.
M. Boulet : Ah mon Dieu! 1, ce n'est
pas l'article... Ah! OK, parce que...
Mme Cadet : Oui, c'est
l'article 1, c'est ça.
M. Boulet : Mais non, après analyse,
discussions, les associations patronales sont bien représentées, puis la...
Mais je ne veux pas... Je ne veux pas établir de hiérarchie, là, entre les
associations patronales, mais il y a un bon consensus,
il y a une belle vitalité qui s'exprime à la table du conseil d'administration
de la CCQ avec les associations patronales
actuelles. Mais ce n'est pas exclu, on verra comment ça évolue, mais, à ce
stade-ci, ce n'était pas opportun.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires? Est-ce que l'article 1 est adopté?
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Nous passons maintenant au sujet... Oui?
Mme Cadet : Mme la Présidente, donc,
j'aimerais, donc, soumettre un amendement, donc, dans ce bloc-ci, s'il vous
plaît... article.
La Présidente (Mme D'Amours) : Dans
le bloc de définitions?
M. Boulet : Non. Le suivant.
Cadet : Toujours... Bien, j'aimerais suspendre, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Oui. Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
12 h 19)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Et nous étions aux mesures
facilitant l'intégration et le maintien dans l'industrie de la construction,
selon le plan. Et, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, vous avez un amendement à
nous déposer maintenant.
Mme Cadet : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et merci
pour tout le soutien à la procédure parlementaire nous permettant, donc, de
déposer cet amendement dans le bon bloc de discussion à l'occasion de l'étude
de ce projet de loi.
Donc, alors que nous
entamons, donc, le bloc Mesures facilitant l'intégration et le maintien dans
l'industrie de la construction, j'aimerais,
donc, déposer, donc, un amendement, qui va comme suit, donc,
article 28.1 : Insérer, après l'article 28, du projet de
loi le suivant :
28.1.
L'article 85.1 de cette loi est modifié par l'insertion, dans le
deuxième alinéa, après le mot «l'adaptation», de «la rétention,».
L'article modifié se
lirait comme suit :
«85.1.
La formation professionnelle [a pour but...] a pour objet d'assurer une main-d'oeuvre
compétente et polyvalente en tenant
compte notamment des besoins qualitatifs et quantitatifs des employeurs et des
salariés de l'industrie de la construction.
«Elle
a aussi pour objet de favoriser l'emploi de même que l'adaptation, la
rétention, le réemploi et la mobilité de la main-d'oeuvre.»
Donc, Mme la
Présidente, donc, alors que nous entamons, donc, ce bloc-ci, j'aimerais mettre
en exergue, donc, un élément, donc, qui nous
a été souligné par l'ensemble des acteurs de l'industrie de la construction qui
sont venus témoigner lors des commissions parlementaires, soit
l'importance de la rétention dans le secteur de la construction. Il y a peu de sujets qui font l'unanimité dans cette
industrie, que j'ai appris à connaître au cours des derniers mois, mais,
s'il y en a un, donc, c'est bien celui de l'importance de la rétention. Je
pense que notre... la législation, donc, qui gouverne les relations de travail,
la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie
de la construction devrait comporter, donc, ces différents principes.
l'article... donc, l'article 85.1 de la loi, donc, met déjà, donc, de
l'avant les principes, donc, qui sous-tendent, donc, la formation
professionnelle et ce qu'elle devrait assurer dans l'industrie de la
construction, pour nous assurer, donc, une...
pour veiller à ce que la... à répondre... en fait, veiller à répondre, donc,
aux différents besoins de main-d'oeuvre. C'est la raison pour laquelle,
donc, dans le cadre de cet article-ci, donc, on... en consultant, donc, ma
loi R-20, donc, à de multiples
reprises, donc, j'ai constaté que... alors, donc, qu'on crée, donc, ce... alors
qu'on étudie, donc, différentes mesures dans ce bloc-ci, que le concept de
rétention devrait être élevé au même niveau que ceux, donc, de
l'adaptation, du réemploi et de la mobilité de la main-d'oeuvre puisqu'il
s'agit, donc, d'un obstacle reconnu, reconnu par les parties, comme je l'ai mentionné, mais également reconnu par le
ministre, qui a maintes et maintes fois répété l'importance de la rétention dans le secteur. Le ministre dit
souvent que le projet de loi, il est perfectible. Je pense que l'amendement
qui est déposé ici abonde dans le même sens que ce qui est favorisé ici par le
ministre.
je le dis souvent, la raison pour laquelle nous étudions aujourd'hui, comme
parlementaires, comme législateurs, la... le régime, donc, de... du
secteur de la construction, donc, la
Loi sur les relations de travail, la
formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans l'industrie de
la construction, la raison pour laquelle le projet de loi n° 51 a été
déposé, c'est pour nous assurer, donc, de construire mieux, construire plus
vite, construire à moindre coût. Et ça...
Et, puisque l'enjeu de la main-d'oeuvre en est un qui est fondamental pour
répondre à ces besoins-ci, je pense que toutes les mesures, donc, qui
traitent de la main-d'oeuvre, donc, devraient, donc, nous assurer de nous
permettre, donc, de discuter, donc, dans le cadre qui vient favoriser la
rétention. Donc, je pense que c'est une modification simple qui répond aussi,
donc, à la préoccupation du ministre en termes de lisibilité de la loi. Je
dirais même qu'il s'agit, donc, d'un amendement libéral, puisque le ministre
les aime ainsi. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Bien,
assez rapidement. Quand on réfère à la formation, effectivement, j'ai souvent
dit que la formation avait un effet bénéfique sur le taux de rétention, puis
l'absence de formation a un effet négatif sur le taux d'abandon. Donc, c'est
une... c'est un amendement que nous accepterons.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci.
Présidente (Mme D'Amours) : D'autres commentaires? M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Bien là, c'est-tu un bar ouvert? On peut-tu en
proposer d'autres? J'en ai quelques-uns en réserve, là. C'est une belle
journée.
M. Boulet : Soyons
solidaires.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...sur l'amendement de la députée de Bourassa-Sauvé? S'il
n'y a pas d'autre commentaire, je vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que
l'amendement de l'article 28.1 est adopté?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Adopté. Bon, maintenant, j'ai aussi reçu un amendement du
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député, si vous voulez bien nous en
faire la lecture, s'il vous plaît. On va le mettre à l'écran à l'instant.
M. Leduc : Merci,
Mme la Présidente. Donc, ça serait un ajout, ça serait un 61.1. Dans le fond,
on est en train d'ouvrir une nouvelle
section sur un règlement, puis nous, on vient rajouter un élément du
règlement... on vient rajouter une modification du règlement qui est en
train d'être ouvert, dans le fond. Ça va comme suit. Donc :
Insérer, après
l'article 61 du projet de loi, le suivant :
61.1.
L'article 2.1 du Règlement sur la délivrance des certificats de compétence
(chapitre R-20, r. 5) est modifié par la suppression des
mots : «, garantit à cette personne un emploi d'une durée d'au moins
150 heures échelonnées sur une période d'au plus 3 mois».
Je peux vous lire,
pour la compréhension générale, ce que donnerait le nouveau 2.1. Ça serait
comme ça que ça serait compris, donc, dans le règlement :
«La Commission
délivre sur demande un certificat de compétence-apprenti à une personne qui est
titulaire d'une reconnaissance de fin d'études professionnelles de niveau
secondaire accordée par le ministre de l'Éducation, [des] Loisirs et du Sport pour l'un des métiers de la construction ou
démontre qu'elle a acquis une formation équivalente, qui fournit une
attestation qu'elle a suivi avec succès un cours de sécurité exigé par le Code
de sécurité pour les travaux de construction
(chapitre S-2.1, r. 4), pour laquelle un employeur enregistré à la
Commission formule une demande de main-d'oeuvre et fournit à la
Commission une preuve de cette garantie.»
Donc, c'est vers la
fin, là, qu'on biffe les termes «garantit à cette personne un emploi d'une
durée d'au moins 150 heures échelonnées sur une période d'au plus 3 mois».
Explications, Mme la
Présidente. Dans le fond, un peu plus tard, nous allons traiter des amendements
du ministre qui vont un peu dans la même logique, à savoir que les 150 heures
qu'on exige, la garantie de 150 heures qu'on
exige seront supprimées, notamment pour les femmes puis une autre catégorie de
personnes, c'étaient les personnes issues de la diversité.
Nous,
ce qu'on dit : Bravo! Intéressant, piste intéressante. Pourquoi ne pas
faire la même chose avec les diplômés? Quand on sort de son DEP, maintenant de
son AEP, mais, la plupart des gens, ça va être un DEP, pourquoi on exige
d'avoir une garantie de 150 heures? Il y a déjà un problème de rétention
en construction, qui est un peu moins fort... c'est-à-dire, les défis sont moins gros pour les diplômés que pour les
non-diplômés, c'est un problème que le ministre connaît déjà, avec
lequel il est bien à l'aise... je veux dire, pas qu'il est content de ça, là,
mais qu'il connaît puis qu'il... sur lequel il veut travailler, je le sais.
Mais pourquoi, donc, ne pas aller faire la même chose pour les diplômés? Ils
viennent de sortir du DEP. Pourquoi ils ne pourraient pas avoir tout de suite
leur carte d'apprenti? Qu'est-ce qui nous exige
qu'ils aient une garantie de 150 heures? Parfois, ça peut arriver qu'un
employeur puisse lui garantir un certain nombre d'heures, 30, 40, 50,
mais ne soit pas capable de lui garantir 150 heures. C'est quand même beaucoup.
On disait hier, même, qu'il y avait de
nombreuses petites et moyennes entreprises en construction. Alors, pourquoi on
freinerait, dans le fond, l'élan d'un jeune ou une jeune diplômée en
exigeant le 150 heures, la garantie de 150 heures?
Ma compréhension,
puis on me corrigera si j'ai tort, c'est que c'est quelque chose qui est assez
consensuel entre employeur et
partie
patronale, donc il n'y aurait pas de levée de boucliers, à ma connaissance,
d'un côté patronal ou syndical, avec
cette approche-là. C'est quelque chose qui a déjà été discuté, qui fait l'objet
d'un consensus. Donc, je soumets cette proposition au ministre.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Je comprends bien l'amendement. Je pense que c'est
un incitatif à la formation qui peut avoir un certain impact positif sur
le taux de diplomation, ultimement sur la rétention.
Moi, je demanderais
simplement une réflexion avec mon équipe pour m'assurer qu'il n'y ait pas
d'enjeu spécifique. Le seul que je voie,
c'est qu'évidemment c'est déjà le cas pour certains groupes issus de la
diversité, pour les femmes, et donc on met tout le monde sur le même
niveau. Donc, un des avantages qui permettaient d'accroître la représentativité
féminine n'y est plus, mais je comprends l'objectif. Donc, c'est de déterminer
si cet objectif-là transcende l'autre. Puis
je pense que, dans une perspective de globalité, c'est un projet d'amendement
qui, moi, m'apparaît intéressant.
Leduc : ...Mme la Présidente, à ce qu'au... soit sur
l'heure du dîner, là, parce qu'on finit dans quelques minutes, ou que,
dès maintenant, on puisse le mettre sur table pour y revenir, mais peut-être
que, pour faire le parallèle avec la situation des femmes... j'ai peut-être mal
saisi, puis le ministre me précisera, mais j'avais compris que, pour la
question des femmes...
M. Boulet : Ils n'ont pas cette
obligation.
M. Leduc : ...c'étaient bassins ou
diplômées.
M. Boulet : Oui, oui. Mais ils n'ont
pas la même obligation pour une diplômée, quand c'est une femme, de soumettre
une garantie d'emploi de 150 heures.
Leduc : Bien, donc, votre amendement qui viendrait plus
tard s'appliquerait quand même pour les femmes qui rentreraient par
bassins.
M. Boulet : Je ne comprends pas.
Leduc : Bon, dans ce cas-là, c'est moi qui a mal compris.
On en reparlera peut-être plus tard. Dans ce cas-là, je peux mettre...
M. Boulet : Mais les gens qui
rentrent par bassins, ils n'ont pas cette même obligation.
M. Boulet : Ma compréhension.
M. Leduc : Donc là, ce que vous me
dites, c'est que vous voulez vérifier si cet amendement-là se marie bien avec
ce que vous aviez déjà prévu dans votre approche.
M. Boulet : ...oui, s'il y a une
compatibilité, s'il y a une bonne harmonie.
M. Boulet : C'est sûr qu'en termes
d'opportunités c'est intéressant. C'est juste qu'un avantage, par exemple, pour
accroître la représentativité des femmes, donc les femmes diplômées qui n'ont
pas à fournir une telle garantie... bien,
cet avantage-là n'en est plus un. C'est un des avantages qui visent à accroître
la représentativité féminine. Donc, un des avantages, qui est celle-là,
bien, on le met de côté avec votre projet d'amendement. C'est juste ça.
M. Leduc : Oui. Ou on dit qu'on
l'élargit à plus de personnes.
M. Boulet : Totalement, totalement.
M. Leduc : Il y a deux perspectives.
Je comprends.
Boulet : Puis c'est pour ça que je dis : Votre
objectif global, ma question, c'est : Est-ce qu'il transcende l'autre?
Puis je vais répondre rapidement en début d'après-midi, là.
M. Boulet : J'aimerais ça qu'on
commence à avoir des débats plus ciblés comme ça.
Présidente (Mme D'Amours) : ...c'est tout le temps que nous avions. Donc,
merci pour votre collaboration.
Compte tenu de l'heure, je suspends les travaux
jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 13 heures)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
tout le monde. La Commission de l'économie et du travail reprend ses travaux.
Nous poursuivons l'étude détaillée du projet de
loi n° 51, Loi modernisant l'industrie de la construction.
Lors
de la suspension de nos travaux ce midi nous étions rendus à l'étude
détaillée... l'étude, pardon, de l'amendement
du député d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député, est-ce que vous désirez
prendre la parole maintenant?
M. Leduc : Bien,
pourquoi pas? Rebonjour, tout le monde. Quand on s'est quittés... Qu'est-ce qui
est drôle?
M. Boulet : Non,
il dit : Rebonjour, tout le monde. Rebonjour.
M. Leduc : Rebonjour. OK. Tant mieux si ça commence avec un
sourire, on aime ça. On a trois heures et demie ensemble, hein, on va le
prendre.
Je vais... Bien, dans
le fond, quand on s'est quittés, le ministre faisait référence au fait qu'il
allait réfléchir durant la pause dîner. Là, je sais qu'il était en conseil des
ministres, sauf erreur, ça fait que j'imagine que ses équipes ont eu le temps peut-être
plus de leur côté à... le temps d'évaluer, donc, la proposition ici. Je serais
prêt à entendre s'il a quelque chose à dire.
Puis, encore une fois, si jamais la réflexion n'a pas eu le temps de cheminer
jusqu'à terme, moi, je n'ai aucun problème à ce qu'on le dépose puis
qu'on y revienne plus tard.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. M. le ministre.
M. Boulet : En
fait, je vais vous donner ma réaction. Je pense que l'objectif est sain,
louable et légitime, mais il y a deux enjeux
juridiques. Quand on réfère à des lois, il faut évidemment travailler avec des
avocats, des avocates. Il y a un risque constitutionnel. Parce que vous
savez que les femmes n'étaient pas soumises à l'obtention de cette garantie
d'une durée d'au moins 150 heures pour la période de trois mois, et, de
retirer ce droit-là qui était acquis aux femmes, il y a un risque
d'interprétation que c'est discriminatoire à l'égard des femmes, puis les
avocats m'ont dit : C'est quand même un risque sérieux. Puis on met l'accent
spécifiquement là-dessus, alors que notre projet de loi, sa finalité, pour tous les articles d'accès, c'est de
permettre notamment aux femmes d'accroître leur niveau de représentativité.
Puis, le deuxième,
qui est peut-être un peu plus pratique, qui va répondre à vos préoccupations,
comme le Règlement sur la délivrance des certificats de compétence peut être
modifié par la Commission de la construction du Québec, il faut s'informer que
le cadre normatif, il est en révision, à la Commission de la construction du
Québec, et d'ici 2028, et c'est un des sujets qui va retenir l'attention de la Commission
de la construction du Québec. Et les partenaires patronaux et syndicaux auront
à s'exprimer puis à déterminer les impacts, mais ce sera fait après une consultation
et une opportunité pour tout le monde de donner son point de vue.
Ça fait que le
premier, c'est une barrière constitutionnelle puis le deuxième, c'est quand
même une porte un peu ouverte pour l'avenir.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député.
M. Leduc : Je n'ai vraiment pas compris la barrière
constitutionnelle. Pouvez-vous peut-être me le réexpliquer?
M. Boulet : Bien, c'est parce que les femmes bénéficient d'un
certain nombre, actuellement, d'avantages pour leur permettre d'accroître leur
représentativité dans l'industrie de la construction. Et ça, ça en est un des
avantages, de ne pas avoir à fournir
cette garantie de 150 heures pour permettre un accès facilité et accru des
femmes. Et donc de leur retirer ce droit-là qui est maintenant perçu et, en
réalité, étant un acquis, c'est là qu'il y a des risques constitutionnels.
Et les avocats... Oui?
M. Boulet : Bien
oui, là, on vient le retirer, puis ils perdent leur avantage.
M. Leduc :
Mais leur avantage...
M. Boulet :
Parce que, là, ils bénéficient d'un avantage, n'ayant pas à fournir la
garantie, et donc on donne le même avantage à tout le monde, donc ils perdent
un avantage. En fait, vous vous créez une ligne commune, il n'y a plus
d'avantage pour les femmes.
M. Leduc : Oui,
mais on ne retire rien. Ce n'est pas vrai qu'on retire quelque chose.
M. Boulet : Bien,
vous dites...
M. Leduc : On
élargit quelque chose, mais on ne retire rien pantoute, là, un instant, là.
M. Boulet : Bien,
je pense que vous me saisissez quand même.
M. Leduc : Oui,
mais je veux être certain, justement, qu'on dise la même chose.
Boulet : Actuellement, les femmes bénéficient d'un avantage
ou d'une mesure préférentielle pour accroître leur représentativité,
elles n'ont pas à fournir la garantie de 150 heures quand elles sont
diplômées, alors que les autres ont cette obligation-là.
Donc, si on retire l'obligation à tout le monde, on met tout le monde au même
niveau et donc on se retrouve à éliminer l'avantage dont bénéficient les
femmes. C'est juste ça.
M. Leduc : ...avoir
un autre amendement pour faire exactement la même chose pour les gens de la
diversité. L'avantage que vous... que vous dites qui existe déjà pour les
femmes, plus tard, là, vous allez vouloir l'élargir pour les gens de la
diversité. Je me trompe?
M. Boulet : En
fait, pour les groupes qui sont aussi victimes...
Boulet : ...d'une
sous-représentativité, les groupes issus de la diversité, bien oui, ça, on
l'a... donne accès...
M. Leduc : Bien
là, est-ce que vous retirez quelque chose aux femmes en faisant ça?
M. Boulet : Non,
on donne accès...
M. Leduc :
OK, à plus de monde.
M. Boulet :
...parce que c'est des groupes sous-représentés, c'est...
M. Leduc : Donc, vous prenez quelque chose qui existe pour
les femmes puis vous l'offrez à d'autres personnes?
M. Boulet : Oui,
ça, c'est pour permettre un accès équilibré...
M. Leduc : Vous
ne retirez rien aux femmes?
M. Boulet : Non, c'est pour permettre un accès équilibré à
tous les groupes issus de la diversité. Puis évidemment ce n'est pas le
même impact en termes de volume, en termes de nombre.
M. Boulet : Ça
fait que ce n'est pas... il n'y a pas de préjudice, là.
M. Leduc : Donc, dans le «dimmer», en bon français, là, il y
a quand même une coche, en quelque part, où vous dites : Quand on traverse
ce degré-là, on retire quelque chose, mais, si on ne traverse pas ce degré-là,
on ne retire rien. Je suis vraiment
surpris de votre explication, là. Que vous ne vouliez pas qu'on adopte ça,
c'est une chose, mais que, là, qu'on retire quelque chose des femmes, je
suis un peu subjugué, pour être honnête.
M. Boulet : Non.
Il y a une conséquence à adopter un amendement comme celui-là. Je vais essayer
de me réexpliquer, là, pour être le plus clair possible.
M. Boulet : Les
femmes bénéficient d'une mesure préférentielle pour accroître leur
représentativité, donc n'ont pas à fournir la garantie de 150 heures,
alors que les autres ont... Et c'est, comme, une mesure qui privilégie les femmes pour permettre une meilleure
représentativité. Et là, si on retire l'obligation d'avoir cette garantie de
150 heures aux autres, c'est retirer, implicitement et dans la
réalité, un droit qui était acquis aux femmes. Mais c'est...
M. Leduc : ...le
faire? Les femmes, c'est des gens diplômés aussi, potentiellement.
M. Boulet : Bien, mettez-vous dans les bottines, là, du Secrétariat à la condition féminine puis des groupes de femmes. Posez-leur la
question, vous allez avoir une réponse claire. Moi, je vous l'explique
simplement.
M. Leduc : L'avez-vous
posée, la question? Sur l'heure du dîner, vous leur avez posé la question?
M. Boulet : On
a des échanges, mais c'est les avocats, avocates qui s'expriment, qui sont dans
le Secrétariat à la législation, et le
risque constitutionnel est sérieux. Je veux juste que vous compreniez la
mécanique. Le reste, que vous soyez d'accord avec moi ou non, ça, c'est
une autre chose. Je vous dis simplement qu'il y a un risque, et on ne peut pas embarquer dans un risque comme ça dans un
projet de loi qui vise à accroître l'accès. Évidemment, ça, ce serait
potentiellement bénéfique pour accroître le taux de diplomation. Mais je veux
juste que vous conserviez à l'esprit que la Commission de la
construction du Québec, où siègent les syndicats, puis on voit des
représentants syndicaux et patronaux qui
sont ici au conseil d'administration de la Commission de la construction du
Québec... auront l'opportunité de modifier le
Règlement sur la délivrance des certificats de compétence. Et ils sont en
processus, actuellement, de révision du cadre normatif et ils vont porter une
attention...
Leduc : ...retirer quelque chose aux femmes?
M. Boulet : Ils vont l'avoir fait après consultation, après
considération des observations, des opinions juridiques, et, s'il y a des
risques qui sont exprimés par les avocats, avocates et que la CCQ décide
d'assumer ce risque-là, moi, je respecterai la volonté de la CCQ, si
c'est le cas, d'amender le Règlement sur la délivrance des certificats de compétence. C'est tout ce que je vous dis, là. Ils
revisent le cadre normatif, et moi, je décide, en déférence aussi à la CCQ,
dans tout le respect que j'ai pour son processus décisionnel et son paritarisme.
M. Leduc : Mais,
s'ils le font, le résultat, c'est qu'ils vont avoir retiré quelque chose aux
femmes. C'est ce que vous me dites?
M. Boulet : Il
pourrait y avoir un risque, mais ils vont l'avoir fait en toute connaissance de
cause, après avoir analysé, consulté et bien appréhendé les impacts.
M. Leduc : Voici
ce que je vous propose, M. le ministre. Parce que je ne suis vraiment pas
convaincu par vos arguments, sauf votre
respect. Je vais déposer... je vais prendre l'initiative de, moi-même, déposer
l'amendement, qu'on ne passe pas au vote tout de suite puis qu'on passe,
demain matin, des coups de téléphone, on va appeler des gens puis on va en parler. Puis on peut même le traiter à la fin, parce
que... peut-être qu'on... peut-être demain, peut-être que ça va être plus la
semaine prochaine. Donnons-nous le temps de faire quelques appels. Je ne suis
pas sûr qu'il s'est passé bien, bien des appels sur l'heure du dîner.
J'en doute.
M. Boulet : ...de votre temps, mais moi, je pense que
l'amendement a été présenté. Est-ce que les règles prévoient que
l'amendement soit passé au vote, Mme la Présidente? Je ne sais pas comment
ça...
La Présidente (Mme D'Amours) : En
fait, c'est toujours sous la... le... voyons, je ne dirai pas le... la
commission qui décide, s'il y a un dépôt de... s'il y a un retrait de
l'amendement, s'il y a un temps... Mais, tant et aussi longtemps que la... le
projet de loi, il est en cours, on peut suspendre l'amendement, là.
M. Leduc : Est-ce
que, comme porteur de l'amendement, je peux décider seul de le mettre sur la
glace?
La Présidente (Mme D'Amours) : Ça
prend la... Ça prend l'assermentation de la commission... le consentement...
voyons, oui, le consentement de la commission.
M. Leduc : Bien
là, je veux comprendre, M. le ministre. Vous, vous dites : Je veux laisser
le temps à la CCQ de faire des discussions. Mais vous ne voudriez pas nous
laisser le temps de faire cette discussion-là?
M. Boulet : Là,
on est en étude détaillée sur un projet de loi qui a été déposé à l'Assemblée
nationale. On peut toujours discuter, mais,
ce que la Commission de la construction du Québec fait, avant d'amender des
règlements qui peuvent avoir des impacts, ils font des consultations des
partenaires, des associations tant patronales que syndicales, puis ils mesurent
les incidences, ce que nous ne pourrons pas faire ici. Quand même que vous
appelez quatre personnes ce soir qui vous
disent : Il n'y a pas de problème, puis que j'en appelle huit qui
disent : Il y a un risque, on revient à la même chose.
Les consultations des
avocats, avocates ont été faites, ce midi, et la lumière été allumée. Puis je
vous l'ai dit avant d'ajourner pour le
lunch, moi, j'étais, sur le fond, sur l'objectif visé, plutôt favorable, mais
il y a d'autres façons de l'atteindre, par l'accroissement de l'offre de
formation en alternance travail-études, par les formations accélérées, et autres. Mais, à ce stade-ci, laissons la CCQ
revoir son cadre normatif, notamment ce règlement-là, et on n'a pas besoin de
le faire par la loi. Puis, s'il n'y avait pas de risque constitutionnel, je
n'aurais pas réfléchi de la même manière. C'est pour ça que je trouve que votre amendement, il a du mérite, mais, à ce
stade-ci, c'est un peu plus complexe que ce que j'avais anticipé.
M. Leduc : Je ne comprends pas le risque constitutionnel. On
parle de la charte, ici. Quelqu'un pourrait plaider une perte de droits
avec la charte?
M. Boulet : Bon, là, vous savez c'est quoi, de la discrimination,
puis le risque constitutionnel, oui, ça découle des chartes, la Charte
des droits et libertés de la personne du Québec.
M. Leduc : Oui, mais qu'est-ce qu'elle plaiderait, cette
personne-là? Je n'avais pas à faire 150 heures, il y a une nouvelle loi, je n'ai toujours pas à faire
150 heures, je n'ai pas... ma situation n'a pas changé, c'est juste qu'il
y a plus de monde qui n'ont plus besoin de faire 150 heures.
M. Boulet :
Bien, là, je n'ai plus de commentaire, j'ai expliqué, je pense, à quelques
reprises puis je pense que vous avez compris la nature du risque et l'argument
des juristes.
Leduc : Bien, en tout respect, M. le ministre, je me
rappelle d'un échange que j'ai trouvé un peu surprenant, il y a
plusieurs années, quand on avait le projet de
loi sur le RQAP, vous ne vouliez
rien savoir d'aller jouer sur l'égalité entre les parents
adoptants puis les parents biologiques parce qu'il y avait soi-disant des risques
juridiques. Puis ça n'a pas été pris supergros au sérieux par pas mal tout le
monde.
Puis,
après une levée de boucliers, notamment, je me rappelle, avec mon ex-collègue
de Joliette, Véronique Hivon, je faisais
partie de cette discussion-là, il y
avait eu une évidence qu'il n'y avait personne qui allait aller plaider
qu'il avait perdu des droits parce que le parent adoptif avait gagné des
droits, hein? On donnait plus de semaines... On accotait les semaines de congé aux parents adoptifs pour
l'équivalent des parents biologiques. Il n'y a pas un parent biologique
qui allait chialer, qui allait dire : Bien là, ce n'est pas juste, moi, je
devrais en avoir plus que le parent adoptif.
Là, on dit : Il
existe quelque chose pour les femmes. Vous allez vous-même élargir ça pour les
personnes en situation de discrimination, puis nous, on dit : Bien, on
pourrait le donner à tous les diplômés. Il n'y a personne qui perd de droit, là-dedans, voyons! Voyons! Bien là,
vous ne voulez pas l'adopter, l'amendement, j'ai bien compris ça, mais ce
n'est pas... En tout cas, je ne qualifierai pas... je vais m'arrêter là-dessus.
La Présidente (Mme D'Amours) : ...M.
le député. Est-ce qu'il y a d'autres commentaires pour... sur l'amendement
du collègue? Je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'amendement est adopté ou
rejeté?
La Présidente (Mme D'Amours) : Rejeté.
J'ai eu aussi, maintenant, un amendement déposé par l'opposition
officielle, un amendement sur l'article 60.1, qui est sur Greffier. On va
le mettre à l'écran, et je vais vous demander, Mme la députée, de bien vouloir
la lire aussitôt qu'elle est sur écran.
Mme Cadet : Merci,
Mme la Présidente. Donc, je vous lis l'amendement tel que prescrit. Donc,
article 60.1,
article 126.0.1 de la Loi
sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la
main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction. Insérer, après
l'article 60 du projet de loi, le suivant :
60.1.
L'article 126.0.1
de cette loi est modifié, dans le premier alinéa :
1° par
l'insertion, après les mots «le maintien» de «, la rétention»;
2° par le
remplacement des mots «des femmes» de «de femmes»;
3° par
l'insertion, après le mot de «femmes», de «et de personnes représentatives de
la diversité de la société québécoise».
L'article modifié se
lirait ainsi... se lirait comme suit :
«126.0.1. La
commission doit élaborer, après consultation de la Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse, des mesures visant à favoriser l'accès, le
maintien, la rétention et l'augmentation du nombre de femmes et de
personnes représentatives de la diversité de la société québécoise sur le
marché du travail dans l'industrie de la construction.
«Elle doit
transmettre au ministre, à sa demande, tout rapport ou autre renseignement
concernant l'application du premier alinéa dans le délai et suivant la forme
qu'il détermine.»
Mme la Mme la
Présidente, bien, tout d'abord, sur la forme, vous aurez constaté, là, donc,
qu'à la lecture, donc, la version inscrite sur Greffier, donc, n'est pas
exactement, donc, celle que j'ai lue, parce que, la dénomination que nous
venons d'adopter à l'article sur les définitions, la nomenclature indique
«diversité de la société québécoise» et malheureusement, donc, que c'est une...
il y avait, donc, une petite coquille dans la version transmise sur Greffier ici. Là, vous comprendrez que l'objectif n'est
pas, donc, de changer la définition, ici, on a déjà fait ce débat-là. Est-ce
qu'il faut que je le relise? Comment...
La Présidente (Mme D'Amours) : Non.
Je vais demander une suspension de quelques minutes, s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à
15 h 20)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Mme la députée, vous aviez
fait la lecture d'un amendement et vous
aviez rajouté des mots. Alors, nous avons fait la vérification avec le nouvel
amendement que vous nous avez déposé,
qui est exactement la lecture que vous avez faite. Alors, ce que nous devons
faire, c'est retirer le premier
amendement, à votre demande, et j'ai besoin du consentement de tous les
collègues pour le retrait du premier amendement que la députée a déposé.
Est-ce que j'ai le consentement? M. le ministre.
M. Boulet : Est-ce
qu'on peut demander une suspension de deux minutes? Je veux juste faire une
petite vérification.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien, on peut retirer maintenant le premier dépôt
d'amendement que la députée a fait?
M. Boulet : Ah, mon Dieu!
Excusez-moi, je n'ai pas... Oui, bien sûr.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Bien sûr. Et là nous revenons à l'amendement que nous
avons reçu, qu'elle a fait la lecture et que c'est les mot-à-mot de ce qu'elle
dit. Donc, je lui demande... je ne lui demanderai pas de relire. Mais vous
demandez maintenant du temps pour travailler sur l'amendement? Voilà.
M. Boulet : S'il vous plaît.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 25)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. M. le ministre, vous m'aviez demandé du temps.
Maintenant, la parole est à vous.
M. Boulet : Le temps a un avantage.
On a considéré et on serait d'accord avec la proposition d'amendement.
Cadet : Merci beaucoup, M. le ministre. Je n'ai pas eu à
expliquer l'amendement, je pense qu'il s'expliquait de par lui-même.
Vous le comprenez très bien.
M. Boulet : Bien oui, bien oui, res
ipsa loquitur, la chose parle par elle-même.
La Présidente (Mme D'Amours) : D'autres
commentaires sur l'amendement de la collègue? Est-ce que l'amendement est
adopté ou rejeté?
La Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Vu qu'on a ouvert
126.0.1, tant qu'à y être, on aurait aussi un amendement à ce sujet-là... à
l'effet de cet article-là. On l'envoie au Greffier à l'instant.
La Présidente (Mme D'Amours) : Je
vais suspendre les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à 15 h 29)
Présidente (Mme D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Et nous sommes
maintenant sur l'amendement du député d'Hochelaga-Maisonneuve. Si vous
voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
Leduc : Merci, Mme la Présidente. Donc,
article 60.1 : Insérer, après l'article 60 du projet de lui, le
suivant :
60.2.
L'article 126.0.1 de cette loi
est modifié par le remplacement, dans le premier alinéa, des mots «après
consultation de» par «en collaboration[...]».
Pourquoi on fait ça? Parce que c'est dans le
mémoire d'ATF, qui n'avait malheureusement pas pu être entendu ici en commission,
qui regorge de plein d'analyses et de suggestions très intéressantes. Ils ont
une longue section, là, à la page 11,
12 et suivantes, sur le dialogue difficile entre la CCQ et la CDPDJ, donc la
Commission de la construction du Québec, qui a l'obligation de produire
un plan d'action à l'égalité... plan d'accès à l'égalité, pardon, et la commission des droits de la personne, qui,
selon l'article 126.0.1, doit collaborer ou, en fait, doit jouer un rôle
dans ce plan-là.
Puis je vais vous lire juste un extrait de leur
mémoire à la page 12. Ça va comme suit : «Cependant, la CCQ a adopté une interprétation étroite de son
obligation à l'égard de la CDPDJ. Ainsi, cette interprétation a réduit la
consultation à une simple formalité, ignorant ainsi les recommandations
émises par la CDPDJ. Cette approche de la CCQ a créé des tensions entre les
deux instances, aboutissant, en 2015, à une dissociation formelle de la CDPDJ
du plan d'action à l'égalité des femmes, le
PAEF 2015-2024, et au dépôt d'une plainte au Tribunal des droits de la personne en 2021. Pour que le PAEF de la CCQ soit pleinement conforme aux exigences de la
CDPDJ, il est impératif que la CCQ revoie sa posture envers le processus
de consultation. La CCQ devra entamer une véritable collaboration avec la CDPDJ
en accordant une attention soutenue à ses
recommandations et en s'engageant à les intégrer dans le PAEF.» Je m'arrête
ici. Je me suis rappelé d'avoir posé une question au ministre, il y a
quelques années, en étude des crédits, que nous venons de terminer la semaine dernière, sur ce sujet-là, sur
le fait qu'il y avait eu une plainte au Tribunal des droits de la personne, en
2021, de la CDPDJ par rapport aux insuffisances du PAEF de la CCQ. Et là j'ai
la possibilité d'agir et j'écoute la recommandation d'ATF qui dit qu'il faut,
un peu, donner un petit tour de vis. Ça ne peut pas juste être une consultation, il faut que ça soit un peu plus
clair. Il faut qu'il y ait une indication beaucoup plus ciblée sur la nature de
la relation qu'on entend mettre en place à travers 126.0.1, ce pourquoi
je propose de remplacer «après consultation» par «en collaboration». Merci.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Oui,
bien sûr. Il y a un fossé qui existe actuellement entre la compréhension de la
commission des droits de la personne et la
réalité de la Commission de la construction du Québec. Puis je l'ai mentionné
ce matin, dans l'élaboration du programme d'accès à l'égalité pour les
femmes, la commission des droits de la personne considère la CCQ comme
l'employeur, mais la CCQ n'est pas là pour embaucher, puis gérer, puis
superviser, elle n'est pas un employeur des
employés de l'industrie de la construction qui sont syndiqués, qui sont sur le
terrain. Donc, c'est la raison pour laquelle on est tout à fait d'accord
que la CCQ obtienne l'avis de la commission des droits de la personne, mais certainement pas de travailler en
commun alors qu'il y a une incompréhension de la mission, du rôle et des
responsabilités de la Commission de la construction du Québec, et ça, c'est
fondamental, puis les citations provenant du mémoire le révèlent de façon
manifeste.
Donc, il ne faut pas
ajouter à ce fossé-là une collaboration qui n'est pas nécessaire. La CCQ a
l'autorité, dans le respect de sa mission, de manière totalement paritaire,
avec les acteurs patronaux et les syndicaux, de déterminer comment on va favoriser l'accès, le maintien,
l'augmentation du nombre de femmes et de groupes issus de la diversité. De demander à la commission de collaborer avec la
commission des droits de la personne, malheureusement, je comprends
votre intention, mais je ne peux y adhérer.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député.
M. Leduc : Bien,
donc, l'état des faits... Je reprends ma question différemment. La plainte au
tribunal, 2021, le plan d'action qui est
jugé insuffisant, ce n'est pas banal, là, la commission des droits de la personne
qui poursuit, en quelque sorte, la
CCQ pour une job qu'ils considèrent bâclée. C'est quoi qu'on fait, alors, si ce
n'est pas ce que je vous propose?
M. Boulet : Bien, la consultation m'apparaît légitime. Et
qu'on ait exprimé un accord avec l'amendement soumis par notre collègue, ça me va, mais là,
«collaboration»... Puis je ne pense pas, d'ailleurs, que c'est le rôle de la
commission des droits de la personne de co-élaborer des normes en matière
d'accès, de maintien puis d'augmentation. Je pense que... Que la CCQ consulte, soit, c'est légitime, mais
que la commission des droits de la personne collabore, c'est une autre affaire.
M. Leduc : Donc,
ça se peut qu'il y ait d'autres plaintes, dans le futur, au tribunal, puis on
verra?
M. Leduc : Je dis : Ça se peut qu'il y ait d'autres
plaintes dans le futur, puis on verra? Je ne suis pas sûr de comprendre.
M. Boulet : Bien,
je pense que les parties doivent continuer d'échanger. La Commission de la
construction du Québec, c'est, d'ailleurs, une obligation qui est prévue à la
loi, doit élaborer, en consultation avec la commission des droits de la personne, ce qui se fait, mais sans imposer à la
Commission de la construction du Québec de respecter des règles auxquelles sont soumis les employeurs,
parce que ce n'est pas un employeur, la Commission de la construction du Québec, au sens de la
loi sur l'accès à
l'égalité, évidemment, sauf pour ses employés, mais ce n'est pas ce dont on
parle.
M. Leduc : Bon, elle n'est pas l'employeur, évidemment, mais
elle est gardienne de la qualité de ces plans-là, puis ce pour quoi elle
a logé une plainte, parce qu'elle considérait que ce n'était pas un beau
résultat. S'il y avait eu une meilleure collaboration en amont, on s'éviterait
une judiciarisation de ce phénomène-là.
M. Boulet : Entendons-nous,
il y a des partenaires patronaux, il y a des partenaires syndicaux, ils sont
assis ensemble au conseil d'administration. Quand ils ont une obligation de
consulter, ils peuvent aller plus loin puis dire : Nous, on veut le faire
en collaboration puis on veut que la commission des droits de la personne
co-élabore. Moi, je vais respecter ça. Mais
ce n'est pas ce qui est prévu dans la loi. Puis, déjà, l'amendement est une
chose, mais je ne veux pas, en
imposant une collaboration, accroître un fossé ou une zone d'incompréhension
entre la CCQ puis la commission des droits de la personne. Puis,
évidemment, de mon point de vue à moi, parce que je respecte l'expertise et les
compétences à la commission des droits de la personne, mais ils ne peuvent pas
imposer des règles qui ne sont pas compatibles avec la mission puis les
responsabilités de la CCQ.
M. Leduc : M.
le ministre, vous savez que ce n'est pas juste des patrons puis des syndicats
qui siègent au CA de la CCQ. Il y a les indépendants, au nombre de quatre, si
je ne me trompe pas.
M. Leduc : Bon.
Ils font
partie de l'équation eux aussi...
M. Boulet : Il y en a cinq.
Leduc : Cinq maintenant. Est-ce qu'ils ont... Est-ce qu'il
y a toujours des votes unanimes à la CCQ? J'imagine que non.
M. Boulet : Là, on va parler de
gouvernance plus loin. Non, ce n'est pas toujours des votes unanimes, vous le savez. Vous connaissez bien la réalité. Vous
êtes en contact constant avec des partenaires. Mais je reviens là-dessus.
Laissons-donc les partenaires et les membres indépendants décider du niveau de
consultation et/ou collaboration qui sera demandé à la commission des droits de
la personne. Puis je ne veux pas entrer dans la gouvernance. Je pense que c'est
une gouvernance qui se veut la plus paritaire possible. Il y a effectivement
des membres indépendants qui sont libres de voter.
M. Leduc : Parce que... vous me
direz peut-être que j'extrapole, mais vous étiez presque en train de dire que
ce qui sort de la... d'un CA de la CCQ est nécessairement l'objet d'un
consensus patronal-syndical.
M. Boulet : Ah! Bien, je n'ai jamais
dit ça, non, non. Puis ils sont ici, il y a des représentants patronaux et
syndicaux, et que ceux qui pensent qu'il y a toujours unanimité se lèvent, et
il n'y a pas personne qui va le faire.
M. Leduc : Est-ce que vous savez ou
est-ce que vous avez des archives ou des gens de la CCQ qui peuvent nous
rappeler si le fameux PAEF 2015-2024 avait fait l'objet d'un vote unanime?
M. Boulet : Ah! Mon Dieu! Il
faudrait voir les procès-verbaux, mais vous pourriez obtenir l'information.
Moi, je ne sais pas si ce vote spécifique là, comment il s'est conclu.
M. Leduc : Bien, je vous le demande,
peut-être que quelqu'un de votre ministère pourrait le vérifier et me faire le
suivi. Même si on continue dans l'autre article, je serais curieux de le savoir
quand même.
Boulet : ...il y a quand même des règles de
confidentialité, je voudrais respecter ça, là. Mais je pense qu'on est
dans le territoire de la gouvernance de la CCQ, là. On n'est plus dans
l'amendement.
M. Leduc : Revenons donc un peu plus
sur l'amendement. Est-ce que, face à la plainte de la... CDPDJ et ce qui est
visiblement identifié comme l'insuffisance de la prise en compte de son avis,
n'y a-t-il pas là la même recette dans le futur qui va produire les mêmes
effets, à savoir que, si on laisse la logique inchangée puis que, dans le
futur, la CCQ ne prenne pas suffisamment en compte les suggestions et les
analyses de la CDPDJ, il y aura de nouveau une plainte et de nouveau une
judiciarisation du processus?
M. Boulet : Bien, souhaitons-le pas.
Je pense que, quand il y avait eu ce litige-là, il y a eu un règlement entre
les parties. Moi, je favorise le dialogue entre les deux commissions et je
favorise un terrain d'entente. Puis ce n'est pas d'aller devant les tribunaux
qu'on va trouver le meilleur terrain d'entente. Puis, si les parties ont besoin
d'un tiers pour les accompagner, ce sera fait, là. Mais, tu sais, je pense
qu'il y a eu un règlement à cette... tu sais, suite à cette plainte, suite à ce
litige, qui ne s'est pas judiciarisé. Donc, j'encourage les deux commissions à
continuer le dialogue.
Leduc : Je veux juste dire, Mme la Présidente, je suis un
peu jaloux parce que là, ça fait deux amendements libéraux qui passent, puis les miens, je n'en ai
aucun pour l'instant. La journée n'est pas finie, la journée n'est pas finie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Courage!
M. Boulet : Si on compte tous les
amendements du premier projet de loi où on a travaillé ensemble, vous en avez
beaucoup plus. Il y a beaucoup de travail à faire.
La Présidente (Mme D'Amours) : Courage,
M. le député, courage, le projet de loi n'est pas terminé. Est-ce qu'il y a
d'autres interventions? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Donc, j'ai pris connaissance, donc, de l'amendement du collègue, puis également, donc, desdits mémoires,
donc, celui d'ATF et celui de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, donc, quant aux
litiges auxquels il fait référence, et je l'entends, mais peut-être juste,
donc, amener peut-être une... quelques précisions.
D'abord, M. le ministre, donc, vous avez dit que
la commission... l'interprétation que la CCQ et l'employeur, peut-être qu'un
tiers a eu cette interprétation-ci. Mais quand on lit, donc, le mémoire de la
CDPDJ, donc, on nous indique clairement,
donc, qu'il y a compréhension que la CCQ n'occupe pas le rôle d'employeur pour
des travailleuses et travailleurs dans l'industrie, et que son programme
d'accès à l'égalité ne peut ainsi répondre aux paramètres classiques d'un programme
d'accès à l'égalité en emploi.
Donc,
du côté de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
donc, il y a cette compréhension-ci.
Mme Cadet : Donc,
pour ceux qui nous écoutent à la maison, donc, qui auraient peut-être capté cet
élément de votre part...
M. Boulet : ...totalement
raison.
Mme Cadet : ...donc, je souhaitais... je souhaitais le
préciser dans le cadre de la discussion sur l'amendement puis également le... Donc, quand on regarde, donc,
la
Loi sur l'accès à l'égalité en l'emploi, donc, pour les organismes
publics auxquels, évidemment, donc, ne s'applique pas la CCQ, mais qui est une
source, donc, on constate que les termes
«consultation» reviennent à quelques... à quelques reprises. Donc, c'est mon
souci pour la cohérence législative dans son ensemble.
Donc, je pense que
ces éléments, donc, de précision ci, donc, nous aident à prendre position sur
la discussion, là, qui est faite quant au terme «collaboration», qui,
d'ailleurs, donc, n'est pas une demande qui se retrouve dans le mémoire de la
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. D'autres commentaires? Est-ce que l'amendement du
collègue est adopté ou rejeté?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Rejeté. Nous passons maintenant à l'article 62. M. le
ministre, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Mon Dieu! Avec votre permission, je ferais un petit préambule en dehors
de... Je vous demanderais une suspension. Je vais faire une présentation
sommaire qui sera plus ou moins utile, dépendamment de votre niveau de
connaissance, qui nous permettra d'accélérer l'adoption des articles.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Je suspends les travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
15 h 47)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Nous sommes toujours dans la
mesure facilitant... le sujet Mesures facilitant l'intégration et le maintien
dans l'industrie de la construction, et nous sommes à l'article 62. M. le
ministre, si vous voulez bien nous en faire la lecture, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente.
L'article 2.5 du
Règlement sur la délivrance des certificats de compétence est
modifié :
par le remplacement, dans ce qui précède le paragraphe 1°, de «ou en heures de
travail exécutées» par «, en heures de travail exécutées»;
2° par l'insertion,
dans ce qui précède le paragraphe 1° et après «Loi sur les relations du
travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction[...]», de «ou en heures de cours de formation
professionnelle complétées pour ce métier et reconnues par une autorité
compétente»;
3° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Lorsque
cette personne est une femme ou une personne représentative de la diversité de
la société québécoise, les conditions prévues aux paragraphes 2° et 3°
du premier alinéa ne s'appliquent pas lors d'une première délivrance d'un
certificat pour un métier donné.»
Commentaire.
L'article 2.5 du Règlement sur la délivrance des certificats de compétence
énonce qu'un certificat de compétence est
délivré par la CCQ à une personne qui démontre qu'elle a acquis au moins
35 % des heures d'apprentissage d'un métier lorsque cette personne
a réussi le cours de sécurité exigé par la réglementation en santé et sécurité au travail, ce à quoi je référais,
l'ASP Construction; deux, satisfait aux conditions d'admission à un DEP se
rapportant au métier visé; et, enfin, fait
l'objet d'une demande de main-d'oeuvre de la part de son employeur comportant
une garantie de 150 heures de travail échelonnées sur trois mois.
L'article 62 du projet de loi propose deux
nouvelles mesures à cet égard : introduire un assouplissement en faveur
des femmes et des personnes représentatives de la diversité québécoise, qui
n'auraient plus à satisfaire aux deux premières conditions pour se voir
délivrer un premier certificat de compétence apprenti; et faire en sorte que le
35 % d'heures d'apprentissage puisse
également être acquis en heures de cours de formation professionnelle reconnue
par une autorité
compétente. Donc, le cumul d'heures de travail et de formation sera désormais
possible dans le calcul du 35 %. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, est-ce que j'ai des commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Mme Cadet : En fait, Mme la
Présidente, j'ai... j'aimerais pouvoir déposer un amendement ici. Il n'est pas
encore... Ce n'est pas encore sur Greffier, donc ça signifie que je vous
demanderais une suspension.
La Présidente (Mme D'Amours) : Oui.
Avant de suspendre les travaux, je veux juste vous informer que le ministre a
versé un document sur Greffier, dans la
section Documents distribués, intitulé
Note explicative_Acces.
Donc, je suspends les travaux quelques minutes,
s'il vous plaît.
(Suspension de la séance à 16 h 11)
La Présidente (Mme D'Amours) : Nous
reprenons nos travaux. Nous étions maintenant au dépôt de l'amendement de la
députée de Bourassa-Sauvé. Mme la députée, si vous voulez bien nous en faire la
lecture, s'il vous plaît.
Mme Cadet : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Donc, j'espère, donc, que nous pourrons, donc, tous, donc, saisir,
donc, la teneur, donc, de cet amendement. Donc, un amendement à
l'article 62,
article 2.5 du Règlement sur la délivrance des
certificats de compétence.
L'article 62
du projet de loi est modifié par l'insertion, après le paragraphe 3° du premier
alinéa, du paragraphe suivant :
«4° dans le
cas d'une personne domiciliée au Québec, elle démontre avoir exécuté, dans la
province limitrophe au Québec, le nombre d'heures requises en fonction de la
période d'apprentissage applicable du métier concerné.»
L'article modifié se lirait comme suit :
«La Commission délivre un certificat de compétence-apprenti pour un métier, sauf pour celui de grutier, à une personne
âgée d'au moins 16 ans qui démontre qu'elle a acquis au moins 35 %
des heures d'apprentissage du métier, en heures de travail exécutées comme
apprenti dans ce métier et déclarées conformément au Règlement sur le registre,
le rapport mensuel, les avis des employeurs et la désignation d'un représentant
(chapitre R-20, r. 11), en heures de travail exécutées et rémunérées dans
ce métier à l'extérieur du champ d'application
de la
Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la
gestion de la main-d'oeuvre dans
l'industrie de la construction (chapitre R-20), ou en heures de cours de
formation professionnelle complétées pour ce métier et reconnues par une
autorité compétente si cette personne satisfait aux conditions suivantes :
«1° elle fournit une attestation suivant
laquelle elle a suivi avec succès un cours de sécurité exigé par le Code de
sécurité pour les travaux de construction (chapitre S-2.1, r. 4);
«2° elle démontre qu'elle satisfait aux
conditions d'admission prévues à un régime pédagogique établi en vertu de la
Loi sur l'instruction publique
(chapitre I-13.3), relativement au programme d'études conduisant à un
diplôme d'études professionnelles (DEP) se rapportant au métier visé par
cette demande;
«3° son
employeur, enregistré à la Commission, formule une demande de main-d'oeuvre,
garantit à cette personne un emploi
d'une durée d'au moins 150 heures échelonnées sur une période d'au plus 3 mois
et fournit à la Commission une preuve de cette garantie.
«4° dans le
cas d'une personne domiciliée au Québec, elle démontre avoir exécuté, dans
[une] province limitrophe au Québec, le nombre d'heures requises en
fonction de la période d'apprentissage applicable du métier concerné.»
Et donc avec les ajouts, donc, du
ministre : «Lorsque cette personne est une femme ou une personne représentative de la diversité de la société
québécoise, les conditions prévues aux paragraphes 2° et 3° du premier alinéa ne
s'appliquent pas lors d'une première délivrance d'un certificat pour un métier
donné.»
Tout ça, Mme la Présidente, pour, donc, en
venir, donc, à une... à des éléments, donc, d'information que nous avons, qui
ont retenu, donc, mon attention lors des consultations particulières et lors,
donc, de différents échanges, et également, donc, lors de la lecture, donc, des
différents mémoires sur la réalité qui existe, donc, pour les travailleurs
domiciliés au Québec, qui exercent, donc, leur métier dans une province qui est
limitrophe au Québec. On le sait, dans plusieurs régions, particulièrement
l'Outaouais, mais également l'Abitibi et la Montérégie, donc, il est possible et il survient, donc, que des travailleurs, donc,
sont domiciliés au Québec mais, donc, travaillent, donc, en Ontario. C'est
aussi le cas dans l'Est-du-Québec aussi, donc, Mme la Présidente, donc au Bas-Saint-Laurent
et en Gaspésie aussi, donc, on vit, donc,
cette réalité avec le Nouveau-Brunswick, mais je vous avouerais que c'est surtout, donc,
dans l'ouest, donc, du... dans l'ouest du Québec que cette réalité,
donc, se vit d'autant plus.
Je crois,
donc, qu'il est important, donc, alors qu'on énonce, donc, bien souvent, donc,
l'importance, donc, de construire plus vite, construire à moindre coût,
construire mieux, de régler, donc, quelques... quelques incohérences. Puis je
vous nomme celle-ci, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, donc, c'est
bien important, donc, de préciser pour une personne domiciliée au Québec, parce
qu'évidemment il y a une entente sur la mobilité de la main-d'oeuvre
Ontario-Québec qui existe, donc, pour ne parler que de cette province
limitrophe là en particulier, donc, qui permet aux travailleurs, donc, domiciliés en Ontario et
aux entreprises ayant leur siège social en Ontario, d'accéder directement
à nos chantiers sans avoir à répondre aux
exigences restrictives actuelles imposées par la loi R-20. C'est une bonne
chose que cette entente-là, donc,
existe pour les travailleurs domiciliés en Ontario qui exercent en Ontario,
mais vous comprendrez que, donc,
certaines personnes qui, elles-mêmes, sont domiciliées au Québec, mais qu'elles
sont aussi, donc, limitrophes, donc, près, donc, d'une autre province
limitrophe, donc, vivent avec ce certain, donc... bien, cette incohérence,
donc, je vais... je vais répéter le terme.
Et on... puis on peut, donc, dénoter, donc, ce que prévoit, donc l'entente, sur
la mobilité de la main-d'oeuvre pour un travailleur, donc, qui a des
qualifications professionnelles et pour un travailleur qui n'en a pas. Dans tous les cas, donc, l'entente, donc, va
prévoir, donc, certains aménagements qui n'existent pas pour la personne qui
est, elle-même, domiciliée au Québec.
Donc,
puisque nous en sommes, donc, à ouvrir, donc, l'article 2.5 du Règlement
sur la délivrance des certificats de compétence et que les préalables,
là, donc de permettre à la commission, en fait, donc, de délivrer un certificat
de compétence-apprenti pour un métier, sauf pour celui de grutier, à une
personne âgée d'au moins 16 ans qui démontre qu'elle a acquis au moins
35 % des heures d'apprentissage du métier selon, donc, les prérequis
nommés ici, donc, à l'article 2.5,
bien, j'en profite, donc, ici, donc, à l'article 62 du projet de loi,
donc, d'ajouter, donc, cette possibilité, donc, de pouvoir le faire
également dans le cas d'une personne domiciliée au Québec, donc qui n'est,
donc, pas assujettie à l'entente sur la mobilité de la main-d'oeuvre
Ontario-Québec. D'également, donc, de se faire voir délivrer par la commission un certificat de compétence-apprenti
lorsque cette personne, domiciliée au Québec, qui a exécuté des heures dans
une province limitrophe, sauf pour celui du grutier, donc, a, lorsqu'elle est
âgée d'au moins 16 ans, démontré qu'elle
a acquis 35 %... au moins 35 % des heures d'apprentissage, démontré
également qu'elle... démontré, donc, également qu'elle a... qu'elle
fournit une attestation suivant laquelle elle a suivi avec succès un cours de
sécurité exigé par le Code de la sécurité
pour les travaux de construction. Et donc, à ce stade-ci... Et, lorsque c'est
le cas, donc, l'apprenti, donc, pourrait être classé dans la période
d'apprentissage applicable du métier concerné en fonction du nombre d'heures
qu'il a démontré avoir exécuté dans la province limitrophe au Québec. Merci,
Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, M. le ministre?
M. Boulet : Bien,
écoutez, il y a une incompréhension. C'est ce que nous faisons dans la loi,
dans le projet de loi. Nous allons même un peu plus loin. Le 35 % des
heures d'apprentissage, ce n'est pas seulement en Ontario, c'est à
l'international. Quelqu'un qui, en Tunisie, a complété 35 % des heures du
régime d'apprentissage de son métier, il peut avoir son certificat de compétence-apprenti.
Et on va même plus loin dans le projet de loi, on permet que les heures
puissent être des heures de formation ou des heures de travail. Donc, c'est ça
qui nous permet d'élargir l'accès. Ça fait qu'on répond à ce que vous nous
soumettez et on va plus loin.
Ça fait que je ne
sais pas si... Moi, je vous inviterais à peut-être relire ce qui est dans le
projet de loi, là, parce que c'est oui, puis
oui, puis on va encore plus loin. Puis ce qu'on a fait, c'est bénéfique
notamment pour les personnes de la région de l'Outaouais et de la région
de l'Abitibi-Témiscamingue. Puis ce n'est pas un reproche que je fais, hein,
parce que ce n'est pas toujours simple, les règles, là, mais on est, sur le
fond, tout à fait d'accord, et j'essaie d'exprimer rapidement mon état
d'esprit.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Merci. Commentaires, Mme la députée de Bourassa-Sauvé?
Mme Cadet : Oui.
Merci, Mme la Présidente. Donc, j'entends, donc, le ministre. Donc, c'est une
excellente nouvelle. Évidemment, donc, il y a, donc, ce que l'on trouvait,
donc, au projet de loi au niveau, donc... bien au-delà, donc, des provinces limitrophes. Donc, la réalité spécifique, donc des
provinces limitrophes, n'est pas nécessairement, donc, indiquée. Mais ce
que j'entends de votre part, donc, c'est que l'article... et on va revenir,
donc, au projet de loi, c'est celui... c'est
le... à l'article 60, le 13... la modification à 13.4. C'est à celle-ci
que vous faites référence, M. le ministre?
M. Boulet : Bien,
c'est l'article 62, là. Puis, écoutez, même la CCQ... on le fait déjà,
puis là, ce qu'on a dans le projet de loi, on va même plus loin que ce que le
Parti libéral nous soumet, là. Ça fait que, oui, tout à fait, on dit... En fait, c'est ça que le 35 % visait en 2021,
de permettre que les heures d'apprentissage... Mettons, je vais donner l'exemple
charpentier-menuisier, mettons, tu as complété 2 100 heures
d'apprentissage sur 6 000, peu importe où tu l'as fait sur la planète, tu
as droit à ton certificat compétence-apprenti. Puis là, on vient dire : Ce
ne sera pas seulement que de l'apprentissage,
ça peut être une formation reconnue puis ça peut être des heures de travail. Et
donc c'est là que ça nous permet d'aller plus loin. Puis la formation,
je le répète, celle ontarienne, elle est... on le fait déjà.
M. Boulet : Oh
oui! tout à fait.
Mme Cadet : Donc,
ici, à 62, donc, ça comprend, donc, cette réalité-là...
Présidente (Mme D'Amours) : Mme la députée des Mille-Îles.
Mme Dufour : Oui.
Juste pour être certaine que je comprends bien, il y a... J'ai été en tournée
en Outaouais, puis il y a des entrepreneurs là-bas qui me disaient qu'il y
avait environ 500 Québécois qui travaillaient en Ontario, mais qui ne pouvaient pas revenir travailler. Là,
à partir de l'adoption du projet de loi qu'on a ici, ils pourraient revenir
travailler au Québec...
Mme Dufour : ...et
obtenir leur carte assez...
Mme Dufour : ...aisément,
Mme Dufour : C'est
ce que je comprends?
M. Boulet : Des
fois, il y a une mauvaise compréhension ou une mauvaise perception. Mais la
réalité, c'est qu'il n'y a pas personne qui ne peut pas revenir ici, là, à
moins que quelqu'un soit allé travailler deux ans là-bas puis qu'il dit : Moi, j'ai le droit à un certificat
de compétence-apprenti. Il a quand même une reconnaissance, 35 %. C'était
une mesure qui ne faisait pas l'unanimité, mais qui a été bénéfique pour
intégrer des personnes qui...
Mme Dufour : Mais
là ce que je parle, c'est une situation actuelle, là. Actuellement, il y a
500 Québécois qui travaillent en Ontario et qui ne peuvent pas venir
travailler au Québec, là.
M. Boulet : Bien,
il faudrait les voir cas par cas, puis c'est déjà appliqué. Ce à quoi je
réfère, c'est déjà appliqué, puis c'est...
Mme Dufour : OK,
bien, moi, il y a... tu sais, il y a quelques mois à peine, on me disait, ce
n'était pas possible de revenir.
M. Boulet : Je
vous le dis, c'est une incompréhension, puis je ne jette pas la pierre à
personne. Mais les travailleurs, encore une fois, il faut que leur situation
soit évaluée par la CCQ.
Mme Dufour : Ça,
en tout cas, ça ne semble pas être aussi simple, la façon qu'eux me
l'expliquaient, là. Donc, il y a peut-être une... Si on veut attirer cette
main-d'oeuvre-là, il y a peut-être moyen de faire des campagnes d'information,
M. Boulet : ...parce
que quelqu'un qui a fait le 35 % charpentier-menuisier, ou peu importe le
métier, il y a accès puis il peut revenir. Évidemment, il faut voir ce qu'il
fait en Ontario, parce que, des fois, il... Je ne sais pas, là.
Mme Dufour : Bien,
ça, c'était... c'était ma prochaine question. Compte tenu que les métiers sont
différents, là-bas, il y a moins de métiers, est-ce que... est-ce que c'est
considéré comme égalitaire ou la même chose, disons, entre un métier x qui
représente plusieurs chez nous...
M. Boulet : ...question
de reconnaissance, de compatibilité. Mais ça peut même être fait en rénovation
résidentielle, là, tu sais, parce qu'on dit bien dans la loi : c'est en
heures exécutées en dehors de la loi R-20. Tu sais, ça peut... Mais c'est
sûr qu'il y a une correspondance à faire. Mais, je vous dirais, c'est vraiment
du cas par cas, il faudrait évaluer chaque cas. Mais de dire : Dès que tu
t'en vas travailler en Ontario, tu ne peux pas revenir au Québec, moi, je vous
dis qu'une prétention collective comme ça, ce n'est pas fondé.
Mme Dufour : Mais
ce n'est pas lourd, ça, de dire qu'on doit le faire cas par cas? Il me semble,
ça ne donne pas le goût aux gens de revenir, si chaque cas va dépendre... Tu
sais, alors que d'avoir une règle simple et claire pour tout le monde...
M. Boulet : Ça
l'est, simple. Si tu as fait 35 %... C'est une mesure qui favorise
l'accès. Puis on va avoir l'article 63,
là, si je ne m'abuse, là, où on va parler des certificats
compétence-occupation. Mais à votre amendement la réponse, c'est : On le
fait déjà, puis notre projet de loi va plus loin parce qu'on peut être au-delà
dans l'apprentissage, ça peut être de la formation ou des heures de
travail.
La Présidente (Mme
D'Amours) : D'autres commentaires? Oui, Mme la députée de Bourassa-Sauvé.
Cadet : Oui. Merci, M. le ministre. Bien, tout comme ma collègue, là,
on entend ces commentaires-là, donc, du
milieu, et je comprends, là, de ce que vous dites, donc, que c'est une
incompréhension, donc je pense qu'il y a peut-être, donc, matière, donc,
à clarifier le tout ici... je vous avouerai, puis vous avez vu, donc, à quel
point, donc, c'est un peu...
L'article, donc, 2.5, il est... il n'est pas
nécessairement, donc, rédigé simplement, là, je pense qu'on peut... on peut en convenir. Comment... Comment
est-ce