CAT — 31 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CAT 2016-05-31
Quebec — Committees
(Onze heures trois minutes)
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'aménagement du territoire
ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir
éteindre la sonnerie de leurs appareils électroniques.
La commission
est réunie afin de poursuivre l'étude
détaillée du projet de loi n° 83, Loi modifiant
diverses dispositions législatives en matière municipale concernant
notamment le financement politique.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Lelièvre (Gaspé) est
remplacé par Mme Poirier (d'Hochelaga-Maisonneuve).
Président (M. Auger) : Merci. Lors de la suspension de nos travaux,
nous en étions à l'étude de l'article 69. Y a-t-il des
interventions sur l'article 69? M. le ministre.
M. Coiteux : Je ne me souviens pas,
l'article 69, si... On l'avait lu?
Le Président (M. Auger) : Oui, on
l'avait lu. On l'avait présenté, oui.
Coiteux : Parce que c'est vraiment une question de concordance, là, ce
n'est pas un article, là, qui faisait autre chose que de la concordance par rapport aux articles déjà adoptés. Donc,
je ne sais pas si vous avez un enjeu particulier avec celui-là.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Ouellet : ...on avait discuté de
«est son agent ou [...] agit».
Le Président (M. Auger) : Donc, vous
avez un enjeu particulier par rapport à 69.
M. Ouellet : Oui, c'est ça. Ce n'est
pas très compliqué, mais j'aimerais...
Le Président (M. Auger) : Et vous
aimeriez avoir la présence de votre porte-parole au niveau de la SHQ.
M. Ouellet : Si vous êtes d'accord,
oui.
Le Président (M. Auger) : Je vais
suspendre les travaux quelques instants.
M. Ouellet : Ce ne sera pas long.
(Suspension de la séance à 11 h 4)
Le Président (M. Auger) : Nous
reprenons nos travaux. M. le député de Blainville.
Laframboise : Oui. Bon, 61
va se lire maintenant : «Toute municipalité peut, conjointement avec la
société, exercer les pouvoirs prévus
au paragraphe a de l'article 60; une municipalité peut aussi,
sous la même réserve, consentir des prêts à un office qui est son agent
ou qui agit pour son compte...»
Là, je comprends la modification, là. Ce que je veux vous dire, c'est que les municipalités, maintenant que ça
va être régionalisé, là, les municipalités qui vont faire des prêts, là, le mot «municipalité» inclut les MRC, parce que, dans
le fond, c'est la MRC qui va diriger, vous êtes conscients de ça, là, la municipalité. Donc, le mot «municipalité» comprend «MRC». Puis, à ce que je sache,
faire des prêts, l'argent n'est pas dans les MRC, l'argent est dans les municipalités.
Je veux dire, je veux que vous
compreniez le concept. Quand je vous dis qu'en régionalisant vous éloignez
l'effet d'entraide que les villes
peuvent faire, je vois mal une ville qui va aller faire un prêt à un ORH, je
vous le dis, là, bien gentiment, pour
avoir été dans le milieu, là, je vois mal ça, ça va être la MRC, mais la MRC,
elle n'a pas les capacités financières que les villes ont, là. Elles ont
une capacité financière déléguée.
Donc,
moi, je veux bien que vous fassiez la modification, mais, dans les faits, là, la municipalité qui va faire un prêt, là, ça va être rare, je vous le dis bien
gentiment, là, ça va être rare.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
M. Coiteux :
Pas de commentaire.
Le Président (M.
Auger) : Pas de commentaire. Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Moi, je n'avais pas de commentaire sur l'article 69.
Le Président (M.
Auger) : Sur 69? Pas de commentaire?
Mme Poirier :
Non. Je les ai faits.
Président (M. Auger) : Donc,
s'il n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'article 69 est adopté?
Une voix :
Sur division.
Le Président (M.
Auger) : Adopté sur division.
Article 70. M. le ministre.
Coiteux : Oui.
L'article 62 de cette loi est modifié par la suppression de «constitué en
vertu de l'article 57».
Alors,
l'office qui doit utiliser le produit de toute aliénation d'un immeuble à des
fins déterminées.
L'article 70 du projet de loi modifie l'article 62 de la
Loi sur la Société d'habitation du Québec
afin de clarifier qu'il peut s'agir de tout
office constitué en vertu de la loi, plutôt que seulement un office constitué
en application de l'article 57. Il
s'agit d'une modification de
concordance similaire à celles proposées par les articles 66 et 69 du projet
de loi.
Le Président (M.
Auger) : Merci. Des interventions sur l'article 70?
S'il n'y a pas
d'intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que l'article 70 est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté.
L'article 71. M. le ministre.
Coiteux : O.K. Juste un petit... C'est ici que j'ai déposé un
amendement, hein?
Le Président (M.
Auger) : Il y en a un déjà de déposé.
Président (M. Auger) : C'est ça. Donc, en fait, on va commencer par la
lecture de l'article 71, et vous allez déposer un amendement...
M. Coiteux :
Je lis l'article, et ensuite je dépose le nouvel amendement. O.K. C'est
correct?
Le Président (M.
Auger) : ...qui va remplacer celui qui avait déjà été déposé.
Mme Poirier :
Ça fait qu'il vient après...
Le Président (M.
Auger) : Après 71.
Mme Poirier :
...après le paragraphe 68.12, c'est le paragraphe, là...
M. Coiteux : O.K. On va commencer
par la lecture de l'article.
Président (M. Auger) : Oui, exactement.
Article 71.
M. Coiteux :
Oui. Alors,
article 71 :
L'article 68.12 de cette loi est
remplacé par ce qui suit :
«68.12.
Toute contribution qui, en vertu d'une disposition d'un programme d'habitation
de la société, d'un accord d'exploitation
conclu en application d'un tel programme ou de tout autre document afférent à
un tel programme ou accord d'exploitation,
doit être versée par un organisme bénéficiaire d'une aide financière à un fonds
d'habitation communautaire, un fonds
d'habitation sociale ou au Fonds québécois d'habitation communautaire doit être
versée, malgré cette disposition, à la société.
«Malgré
toute disposition d'un tel programme, accord ou document, la contribution d'un
organisme ne peut être réduite ou annulée que si celui-ci démontre, à la
satisfaction de la société, que la viabilité financière de son projet est
compromise.
«68.13.
La société gère et distribue les contributions qui lui sont versées
conformément à l'article 68.12 dans l'intérêt et au bénéfice des organismes avec qui elle est
liée par un accord d'exploitation conclu en vertu d'un programme d'habitation
visé à cet
article et uniquement pour les immeubles faisant l'objet d'un tel
accord.
«Ces
contributions peuvent également être utilisées par la société aux fins de
verser une aide financière dans le cadre d'un programme visé à
l'article 68.12.
«9. Travaux majeurs
de réparation ou d'amélioration.
«68.14.
La société peut exiger que des travaux majeurs de réparation ou d'amélioration
relativement à des immeubles d'habitation à loyer modique soient effectués dans
le délai qu'elle détermine, en transmettant un avis à l'organisme responsable de l'exploitation.
L'organisme a 15 jours suivant la réception de cet avis pour informer la
société qu'il s'engage à effectuer la totalité des travaux exigés dans
le délai imparti ou, à défaut, pour présenter par écrit ses observations. Si l'engagement requis n'est pas
reçu dans le délai imparti, la société peut désigner une personne pour gérer
ces travaux, en totalité ou en partie, pour
et au nom de cet organisme et aux frais de ce dernier. La décision motivée de
la société doit être communiquée avec diligence aux administrateurs de
l'organisme.
«Sous
réserve des conditions que peut imposer la société, la personne ainsi désignée
a tous les pouvoirs requis pour la
gestion de ces travaux, notamment le pouvoir d'octroyer des contrats pour et au
nom de l'organisme. Si la personne désignée
est un office, ce dernier peut exercer ces pouvoirs ailleurs que sur le
territoire de la municipalité dont il est l'agent. La personne désignée peut en outre, aux seules
fins de la gestion des travaux, agir au nom de l'organisme, en tant que locateur de l'immeuble visé par ces travaux, afin
notamment de transmettre les avis requis par la loi, d'avoir accès aux
logements, de procéder aux démarches relatives à l'évacuation temporaire des
locataires ou de déposer une demande au tribunal.
personne ainsi désignée, qui agit dans l'exercice des pouvoirs et fonctions qui
lui sont confiés en vertu du présent
article, ne peut être poursuivie en justice pour un acte accompli de bonne foi
dans l'exercice de ces pouvoirs et fonctions.
Aucun recours en vertu de l'article 828 du Code de procédure civile (chapitre
C-25) ou recours extraordinaire au
sens de ce code ne peut être exercé, ni aucune injonction accordée, contre
cette personne dans la mesure où elle agit dans l'exercice des pouvoirs et fonctions qui lui sont confiés en vertu
du présent article. Un juge de la Cour d'appel peut, sur requête, annuler
sommairement tout jugement,
bref, ordonnance ou injonction délivré ou accordé à l'encontre du présent
article.»
Alors, il y a des
explications qui suivent. Alors, l'article 71 du projet de loi propose de
remplacer le libellé de l'article 68.12 de la
loi sur l'habitation du Québec
par un nouveau libellé et d'ajouter l'article 68.13.
L'article 71 du projet
de loi prévoit également d'ajouter une sous-section concernant les travaux
majeurs de réparation et d'amélioration.
En ce qui concerne les articles 68.12 et 68.13, gestion des contributions versées en vertu de
programmes d'habitation, dans le
cadre de certains programmes d'habitation mis en oeuvre par la société, une
contribution à un fonds d'habitation communautaire,
un fonds d'habitation sociale ou au Fonds québécois d'habitation
communautaire — FQHC — est exigée aux propriétaires des immeubles qui ont bénéficié de subventions en vertu
de ces programmes. Les programmes visés sont AccèsLogis Québec, Logement abordable Québec, volet social et
communautaire, et Achat-rénovation. Dans le cadre des programmes AccèsLogis Québec et Logement
abordable Québec, les contributions correspondent généralement au
capital remboursé sur le prêt de l'organisme au cours des 10 premières
années d'exploitation. Dans le cadre du programme
Achat-rénovation, les propriétaires doivent verser une contribution financière
annuelle n'excédant pas 15 $ par logement.
FQHC a été mis sur pied en 1997 dans la foulée de la mise en oeuvre du
programme AccèsLogis Québec. Son conseil
d'administration est composé de 19 membres désignés par des organismes des
milieux communautaire, municipal, financier et gouvernemental, incluant
deux représentants de la société.
Lors
de sa mise en place, il avait été prévu que le FQHC reçoive les contributions
des propriétaires des logements communautaires
ayant bénéficié des trois programmes précités. Or, seuls les propriétaires de logement
ayant bénéficié du programme
Achat-rénovation ont depuis versé au FQHC leur contribution, à raison d'un
montant annuel total d'environ 150 000 $, qui est utilisé pour
couvrir les dépenses d'administration du FQHC.
contributions provenant des propriétaires de logement ayant bénéficié des
programmes AccèsLogis Québec et
Logement abordable Québec qui devaient être versées au FQHC dès 2008 ont plutôt
été conservées par la société en fiducie dans un compte bancaire distinct. En
effet, celle-ci n'avait pas l'assurance que les sommes auraient été utilisées
conformément aux objets contenus aux lettres
patentes du FQHC. En outre, les
gestionnaires du FQHC ne s'entendaient pas
quant à l'utilisation des sommes et au rôle qu'ils devaient jouer dans le futur.
Depuis, l'impasse perdure, et aucune de
ces sommes, qui totalisent 102 millions
de dollars au 31 décembre 2015,
n'a été transférée par la société au FQHC.
Il est proposé de modifier la
Loi sur la Société
d'habitation du Québec afin que soient confiées à la société la gestion et la
distribution des contributions destinées au FQHC.
L'article 68.12
de la
Loi sur la Société d'habitation du Québec a été ajouté à la Loi
sur la Société d'habitation du Québec en 2013. Le texte
actuel se lit comme suit :
«68.12.
Lorsque la société prévoit, dans ses programmes d'habitation, que des
contributions doivent être versées par
les organismes bénéficiaires d'une aide financière découlant de ces programmes,
le gouvernement désigne la personne chargée de recevoir, de gérer et de
distribuer ces contributions, selon les règles qu'il établit.»
Il est à noter que le gouvernement n'a pas
procédé à la désignation prévue par cet article.
Toutes les
contributions déjà versées et celles à venir seraient directement versées à la
société.
La société ne pourrait utiliser
ces sommes que dans l'intérêt et au bénéfice des organismes toujours sous
convention avec la société dans le cadre des trois programmes précités,
pour les immeubles visés par une telle convention.
En outre, le
projet de loi prévoit que ces sommes pourraient aussi servir pour les nouveaux
projets à être réalisés dans le cadre
de l'un de ces programmes. Toutefois, il est à noter qu'actuellement les
nouveaux projets ne sont réalisés que dans le cadre du programme
AccèsLogis Québec.
Article 68.14. Travaux majeurs de
rénovation ou d'amélioration.
La société
alloue des budgets aux organismes d'habitation responsables de l'exploitation
des immeubles d'habitation à loyer
modique pour des travaux majeurs de réparation ou d'amélioration des immeubles
qu'ils gèrent. Il arrive parfois que les
travaux ne soient pas effectués dans les délais déterminés par la société, ce
qui peut engendrer des dépenses additionnelles pour cette dernière. Au surplus, rappelons que les accords en matière de
logement social avec le fédéral viendront graduellement à échéance au cours des prochaines années. Dans ce
contexte, il est important de réaliser la rénovation du parc d'habitation à
loyer modique avant la fin de ces conventions, et ce, afin de s'assurer de
réclamer la part des dépenses afférentes au fédéral.
L'article 71 du projet de loi introduit
donc un
article permettant à la société de désigner une personne pour la
gestion de ces travaux.
L'article proposé prévoit certains pouvoirs qui
pourront être accordés à la personne désignée, notamment en vue de lui confier, par exemple, l'évaluation des travaux à
exécuter, la préparation des documents d'appel d'offres, l'octroi des contrats pour la réalisation des travaux, etc. En
outre, la société pourra imposer certaines conditions à la personne désignée, et, selon le cas, les
fonctions pour lesquelles la personne a été désignée seront plus restreintes ou
élargies.
Le Président (M. Auger) : ...un
amendement, M. le ministre.
M. Coiteux : J'ai un amendement.
Est-ce qu'il a été distribué?
Le Président (M. Auger) : Oui, il
est distribué. Vous pouvez en faire lecture.
M. Coiteux : Alors, je vais lire
l'amendement.
Alors, premièrement, il s'agit de remplacer
l'article 68.13 de la
Loi sur la Société d'habitation du Québec, proposé
par l'article 71 du projet de loi, par le suivant :
«68.13. La
société gère et distribue les contributions qui lui sont versées conformément à
l'article 68.12 selon les
conditions déterminées par le gouvernement. Le décret pris en application du
présent
article prévoira notamment les fins
pour lesquelles ces contributions doivent être utilisées et les modalités de
gestion conjointes avec les représentants des contributeurs désignés par
le gouvernement.»
Deuxièmement,
remplacer, au premier alinéa de l'article 68.14 de la
Loi sur la Société d'habitation du Québec, tel que proposé par
l'article 71 du projet de loi, «15» par «30».
Troisièmement,
remplacer les deux dernières phrases du troisième alinéa de
l'article 68.14 de la
Loi sur la
Société d'habitation du Québec, proposé par l'article 71 du projet de loi, par ce qui
suit : «Aucun recours en vertu de l'article 407 du Code de procédure civile (chapitre C-25.01) ou
pourvoi en contrôle judiciaire prévu à ce code ne peut être exercé, ni aucune injonction accordée, contre cette personne
dans la mesure où elle agit dans l'exercice des pouvoirs et fonctions qui lui sont confiés en vertu du présent article.
Un juge de la Cour d'appel peut, sur demande, annuler
sommairement un
jugement, une décision, une ordonnance ou une injonction rendu ou prononcé à
l'encontre du présent article.»
Le Président (M. Auger) : Est-ce que
vous avez des explications, M. le ministre, des commentaires?
M. Coiteux : Oui. Alors, oui, j'ai
les explications suivantes.
Alors,
premièrement, l'amendement proposé prévoit que les contributions seront gérées
et distribuées par la société selon
les conditions déterminées par décret du gouvernement. Le décret prévoira les
fins pour lesquelles ces contributions seront
utilisées, notamment dans l'intérêt et au bénéfice des organismes avec qui elle
est liée par un accord d'exploitation conclu en vertu d'un programme
d'habitation visé à cet
article et uniquement pour les immeubles faisant
l'objet d'un tel accord. En outre, le décret
nommera les associations représentant les organismes d'habitation qui ont
contribué ou qui devront
éventuellement contribuer au fonds qui géreront les contributions avec la
société, de même que les modalités de cette cogestion.
Deuxièmement,
l'amendement proposé à l'article 68.14 fait passer de 15 à 30 jours
le délai de réponse accordé à l'organisme propriétaire pour informer la
société de ses intentions.
Troisièmement,
l'amendement proposé est requis en raison de l'entrée en vigueur du nouveau
Code de procédure civile —
chapitre C-25.01 — le 1er janvier 2016. Les modifications
à l'article 68.14 proposé sont des modifications de concordance et
se résument essentiellement ainsi :
La référence à l'article 828 du Code de procédure civile,
chapitre C-25,
est remplacée par l'article 407 du Code de procédure civile,
chapitre C-25.01;
2° Le terme
«recours extraordinaire» est remplacé par «pourvoi en contrôle judiciaire»,
respectant ainsi ce que prévoit l'article 778, paragraphe 11°
du nouveau Code de procédure civile pour les dispositions en vigueur au 1er janvier 2016. Cet
article se lit
comme suit,
article 778 : «Dans les lois et leurs textes d'application,
les remplacements suivants sont effectués, en faisant les adaptations
nécessaires :
«11°
"pourvoi en contrôle judiciaire prévu au Code de procédure civile
(chapitre C-25.01)" remplace tout texte où, qu'il y ait ou non référence expresse au Code de procédure civile
(chapitre C-25), il est fait mention d'une action ou d'un recours en vertu de l'article 33 du Code
de procédure civile, d'un recours extraordinaire prévu au ou au sens du Code
de procédure civile ou d'un recours extraordinaire prévu aux articles 834
à 850 du Code de procédure civile.»
L'article 68.14 tel qu'il se lira à la
suite de l'amendement :
«68.14.
La société peut exiger que des travaux
majeurs de réparation ou d'amélioration relativement à des immeubles d'habitation à loyer modique soient
effectués dans le délai qu'elle détermine, en transmettant un avis à l'organisme responsable de l'exploitation.
L'organisme a 30 jours suivant la réception de cet avis pour informer la
société qu'il s'engage à effectuer la totalité des travaux exigés dans
le délai imparti, ou à défaut, pour présenter par écrit ses observations. Si l'engagement requis n'est pas
reçu dans le délai imparti, la société peut désigner une personne pour gérer
ces travaux, en totalité ou en partie, pour
et au nom de cet organisme et aux frais de ce dernier. La décision motivée de
la société doit être communiquée avec diligence aux administrateurs de
l'organisme.
«Sous réserve
des conditions que peut imposer la société, la personne ainsi désignée a tous
les pouvoirs requis pour la gestion
de ces travaux, notamment le pouvoir d'octroyer des contrats pour et au nom de
l'organisme. Si la personne désignée
est un office, ce dernier peut exercer ces pouvoirs ailleurs que sur le
territoire de la municipalité dont il est l'agent. La personne désignée peut en outre, aux seules
fins de la gestion des travaux, agir au nom de l'organisme, en tant que locateur de l'immeuble visé par ces travaux, afin
notamment de transmettre les avis requis par la loi, d'avoir accès aux logements, de procéder aux démarches relatives à
l'évacuation temporaire des locataires ou de déposer une demande au
tribunal.
«La personne
ainsi désignée, qui agit dans l'exercice des pouvoirs et fonctions qui lui sont
confiés en vertu du présent article,
ne peut être poursuivie en justice pour un acte accompli de bonne foi dans
l'exercice de ces pouvoirs et fonctions.
Aucun recours en vertu de l'article 407 du Code de procédure civile
(chapitre C-25.01) ou pourvoi en contrôle judiciaire prévu à ce code ne peut être exercé, ni aucune injonction
accordée, contre cette personne dans la mesure où elle agit dans l'exercice des pouvoirs et fonctions qui
lui sont confiés en vertu du présent article. Un juge de la Cour d'appel
peut, sur demande, annuler
sommairement un
jugement, une décision, une ordonnance ou injonction délivré ou accordé
à l'encontre du présent article.» Voilà.
Président (M. Auger) : Merci, M. le ministre. Des interventions
concernant cet amendement à l'article 71? Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, vous me permettrez, M.
le Président, de faire la lecture d'une lettre qui a été déposée à la commission, en lien, justement, avec
l'article 68.12 particulièrement. Alors, c'est une lettre qui nous a été transmise par le Fonds québécois
d'habitation communautaire en date du 26 mai dernier : «Concernant le
projet de loi n° 83,
particulièrement sur les articles touchant le Fonds québécois d'habitation
communautaire, un conseil d'administration
a eu lieu le 25 mai 2016 et, lors de celui-ci, deux résolutions ont été
adoptées par les administrateurs. Nous
pensons important de les porter à votre attention puisque vous analysez
actuellement
article par
article le projet de loi n° 83 et que les
deux résolutions portent sur l'article 71 du projet de loi — la
première;
«1° Que le
Fonds québécois d'habitation communautaire réitère à monsieur[...], [le]
ministre des Affaires municipales et
de l'Occupation du territoire, la position adoptée par le C.A. du fonds [le]
10 février 2015 relativement à la gouvernance des sommes du [fonds], c'est-à-dire que le comité
de cogestion soit composé de la Société d'habitation du Québec, des organismes contributeurs — soit la RQOH, le Regroupement québécois des
offices d'habitation, le regroupement des organismes communautaires
québécois et du conseil québécois de coopérations d'habitation — d'un
représentant des municipalités et d'un
membre coopté par le C.A. du [fonds] et prend acte de la décision relativement
à la gestion des sommes du [fonds] qui seront assumées par [la] SHQ.
«Cette résolution a
été adoptée à la majorité.»
Alors, je vais prendre juste ce premier article, M. le
Président, ce premier paragraphe, et je vois que l'amendement déposé par le ministre vient en
partie répondre à
cette volonté d'avoir une relation commune entre la SHQ et le fonds, et les membres du fonds. Cependant, le ministre se
donne le pouvoir, par décret, de déterminer les conditions, donc se garde tous les pouvoirs d'agir dans un fonds pour
lequel il ne met pas un sou, un sou. Les sommes qui sont versées dans ce
fonds le sont à partir des contributions de renouvellement des hypothèques de
nos projets d'habitation sociale, au Québec,
pour lequel on a accumulé plus d'une centaine de millions de dollars et pour
lequel, ce fonds, quand il a été créé, était visé pour un principal objet qui
était d'avoir un fonds pour faire les travaux de réparation, d'aménagement de
ces habitations, puisque, si on
regarde le parc HLM, en comparatif, qui avait été construit par le fédéral en
partie, eh bien, il y a des sommes
qui sont dévolues par le gouvernement fédéral pour faire le renouvellement du
parc locatif, ce qui n'est pas le cas
avec AccèsLogis, puisque ce ne sont que des sommes qui proviennent du
gouvernement du Québec. Alors, le mouvement
communautaire s'était donné, en 1997, ce fonds pour qu'au bout de 10 ans,
lorsqu'on renouvelle l'hypothèque des habitations, on renouvelle à
100 % l'hypothèque, afin de se créer une somme qui était dévolue à réparer
le parc d'habitation d'AccèsLogis. Avec
l'amendement que le ministre propose actuellement, il se donne tous les
pouvoirs par décret,
donc sans... dans le fond, en sorte que, la convention qui existe actuellement
entre les membres et le gouvernement pour
la gestion du fonds, eh bien, il vient dire que cette convention-là ne tient
plus, puisque par décret il pourra en faire ce qu'il veut. Il ne nomme pas non plus, dans l'amendement, quels sont
ces partenaires, et finalement il pourrait décider que les partenaires
qui sont là ne seront plus les mêmes.
Alors, je veux avoir une discussion avec le ministre à
l'effet... Pourquoi ne pas nommer, pourquoi ne pas nommer les partenaires dans cet amendement, dans un
premier temps? Pourquoi ne pas statuer sur les partenaires et de nommer qui fera
partie de ce comité de cogestion, tel que
le demandent les gens du fonds actuellement? Ils ont fait une demande précise au ministre qui est d'un comité de gestion...
ou de cogestion, je le répète, M. le Président, composé de la SHQ, des organismes contributeurs, les trois, le RQOH,
le ROHQ et le CQCH, d'un représentant des municipalités et d'un membre coopté par le C.A. du fonds dans ce comité. Alors,
pourquoi ne pas mettre la composition de ce comité dans l'article 68.13,
tel que le ministre le propose dans son amendement, au lieu d'y aller par un
décret pour lequel il se garde toutes les prérogatives
et pour lequel, ici, nous n'aurons pas aucun pouvoir d'agir, parce qu'on sait
très bien qu'un décret, ça se passe au Conseil des ministres, et pour
lequel même les organismes n'auront même pas droit de commenter?
On n'est pas dans un règlement, on est dans un décret. Donc,
derrière les portes closes du Conseil des ministres se décidera comment va se gérer un fonds qui
appartient, je vous le répète, M. le Président, qui appartient aux groupes et
aux organismes, qui ont contribué pour plus
de 100 millions. Et, dans le fond, c'est qu'on vient faire une prise d'un
fonds de 100 millions par le
gouvernement, un fonds qui était destiné à réparer, à entretenir notre parc à
logement. Et je comprends que le ministre souhaite probablement utiliser cet argent-là peut-être
à d'autres fins. Je ne le présume pas, je l'ai entendu tout à l'heure dans ses notes. Alors, moi, je veux mettre le cadenas et trois tours de
chaîne alentour de la porte pour m'assurer que ces sommes-là ne seront
pas utilisées à d'autres fins.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : On est en
discussion avec les associations
contributrices, là, et on va s'entendre avec elles. Et on a l'intention
de mettre en place cette cogestion.
Je ne pense pas qu'il soit sage de prévoir tous
les détails de ce sur quoi on va travailler avec eux au cours des prochaines semaines, là, pour mettre ça en place.
Donc, les lois prévoient les modalités par lesquelles on procède, elles n'ont pas besoin de prévoir exactement
quelle va être la structure de cogestion sur laquelle on va se mettre d'accord
avec eux. Ce que j'ai, effectivement, j'ai l'appui de ces associations-là pour procéder de la manière suivante, et on
va travailler avec eux.
Le Président (M. Auger) : Mme la députée.
Mme Poirier : Est-ce que le ministre
peut nous confirmer, M. le Président, qu'il y aura un comité de gestion composé à la demande des groupes, exactement la proposition que je viens de vous lire, alors, qu'il y aura un comité? Moi, ce que je
veux entendre de la bouche du ministre, là : Qu'il y aura un comité. Je
veux qu'il nous le précise, là, pas juste
nous dire : Il y aura peut-être, là... Moi, je veux qu'il nous précise
aujourd'hui... On sait que ce qu'on dit ici, ça fait
partie des engagements. Alors, est-ce que le
ministre peut nous confirmer qu'il y aura un comité de cogestion composé
de la SHQ, des organismes contributeurs, qui
est le RQOH, le ROHQ et la CQCH, d'un représentant des municipalités et d'un membre coopté par le C.A., et qui va
composer le comité de gestion? Moi, c'est ça que je veux qu'il me confirme
aujourd'hui. S'il dit qu'il y a une entente avec les groupes, c'est de ça dont
il devrait me parler.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Il y aura comité, et on va s'entendre avec les trois
contributeurs qui viennent d'être mentionnés sur la composition du
comité. On s'engage à travailler avec eux pour mettre sur pied ce comité avec
eux.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée.
Poirier : Alors, M. le Président, le fonds a adopté une
résolution qu'il a transmise au ministre. Moi, ce que je veux savoir : Est-ce que le ministre
s'engage à respecter la résolution qui a été transmise au ministre et qui fait
mention de la composition du comité
en cogestion, de ce comité qui gérera le fonds du Fonds québécois d'habitation
communautaire?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Alors, je
m'engage, justement, à... oui, je m'engage à travailler avec eux sur la
base de ces résolutions qui
nous ont été acheminées par les trois organismes contributeurs pour qu'on
puisse avec eux déterminer quelle va être la composition du comité de
cogestion.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée.
Poirier : M. le Président, c'est différent entre ce qu'il dit puis ce que je dis. Il y a
une petite nuance, là, qui est fine,
mais il y a une petite nuance. Quand le ministre
dit : Je vais m'entendre avec les trois organismes, le fonds est composé de plusieurs
organismes, pas juste ces trois-là. Alors, la résolution qui a été adoptée,
elle est très claire, parce qu'il y
a deux volets, je vais revenir avec le deuxième volet, mais le premier volet,
c'est l'établissement d'un comité de gestion composé des paramètres que je vous ai nommés : la SHQ, bien sûr,
RQOH, ROHQ, CQCH, un représentant des municipalités et un membre coopté par le C.A. du fonds. C'est cet engagement-là que je souhaite entendre
de la part du ministre.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Je vais déposer trois résolutions qui m'ont été acheminées
par, d'une part, le Réseau québécois des OSBL d'habitation, la
Confédération québécoise des coopératives d'habitation et le Regroupement
des offices d'habitation. Et je m'engage à travailler sur la base de ces
trois résolutions.
Le Président (M. Auger) : Donc, je
vais...
Mme Poirier : Est-ce que ces résolutions-là,
M. le Président, représentent la résolution du fonds?
Le Président (M. Auger) : Je vais
commencer par déposer et je vous ferai des copies.
Mme Poirier : Est-ce que le ministre
peut nous le confirmer?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Ça
représente en partie. La composition exacte du comité de cogestion, on va
discuter de ça avec ces trois contributeurs et dans la suite exacte des résolutions
qui ont été adoptées et qui nous ont été acheminées.
Poirier : Est-ce que
le ministre peut faire l'admission ici qu'entre les trois
contributeurs et le fonds il y a une différence?
Coiteux : Bien, le fonds,
c'est qu'il n'a pas fonctionné, alors on change le mode de gouvernance parce que
ça n'a pas fonctionné. Et on veut un
mode de gouvernance qui va être dans le meilleur intérêt des bénéficiaires. C'est ça
qu'on est en train de mettre en place, c'est la capacité de faire ce que
le fonds n'a pas été capable d'accomplir.
Donc, le
fonds, en tant que tel, bien, il n'a pas fonctionné. Maintenant, ce que l'amendement prévoit, puis tout à fait en accord avec les résolutions qui nous ont été
acheminées, c'est de travailler avec les trois contributeurs dans un comité
de cogestion.
Poirier : Donc, sans
présumer de ce qui est écrit dans les trois, est-ce que vous vous engagez à
travailler aussi avec la résolution
qui a été faite par le fonds? Est-ce
que vous vous engagez à travailler
aussi avec la résolution qui vous a été faite par le fonds?
M. Coiteux : On va certainement
discuter avec les trois contributeurs sur la base des résolutions qu'ils ont adoptées,
et c'est avec eux qu'on va déterminer les conditions.
Poirier : Mais ma question
est différente, M. le Président. Est-ce
que vous allez tenir compte de la
résolution qui vous a été acheminée par le fonds?
M. Coiteux : Le fonds n'a pas
fonctionné, le fonds n'a pas rempli ses objectifs. On est en train de changer
la gouvernance et on va travailler avec les
trois contributeurs, je le répète, je vais le répéter plusieurs
fois, s'il le faut, mais c'est ça qu'on fait.
Poirier : Le ministre
peut bien dire que le fonds n'a pas fonctionné, mais le fonds est une entité
juridique qui existe. Alors, il existe. Il a beau... Le ministre peut le
qualifier de ne pas avoir fonctionné...
On pourra s'en parler longtemps, de qu'est-ce
qui n'a pas fonctionné. Moi, je peux vous dire que ce qui ne fonctionne pas, c'est surtout qu'on n'est pas
capable de bien faire les objets pour lesquels le fonds a été créé, qui était
de la réparation de nos édifices. Ça, c'est une réalité. Et ça, c'est au-delà
de la gouvernance.
Alors, moi,
je parle en termes de gouvernance. Le fonds s'est exprimé, ils ont adopté...
Les trois organismes sont mentionnés dans le comité de
cogestion, mais incluant aussi un représentant des municipalités et un membre
coopté du C.A. du fonds. Est-ce que
le ministre peut valider que ce sera sur ce modèle de
gouvernance qu'il compte avoir un modèle de cogestion avec le fonds?
Coiteux : Le modèle de
gouvernance, on va en discuter avec les trois contributeurs, et je ne veux pas
présumer de ce qu'on va décider
ensemble parce qu'on va le cogérer avec eux. Alors, on ne va pas
établir aujourd'hui la composition exacte. On doit avoir des
discussions avec les trois contributeurs à cet effet.
Mme Poirier :
Alors, M. le Président, je vais continuer la lecture de la lettre qui nous a
été transmise. Alors : «Le [fonds] souhaite que le [...] ministre
des Affaires municipales [...] confirme formellement — je
répète, confirme formellement — le maintien de la table de concertation
du [fonds] dans sa composition actuelle, qu'il procède à la nomination des administrateurs — parce que ça aussi, ça fait problème, parce
que, quand on ne nomme pas les gens, on finit par avoir une structure qui ne fonctionne pas — qu'il s'assure que la table de concertation
dispose d'un financement annuel
adéquat pour fonctionner, qu'un rapport annuel soit déposé par le comité de
cogestion sur l'utilisation des sommes du
[fonds] à la table de concertation et finalement que la table de concertation
joue pleinement son rôle dans le cadre des discussions relatives aux
programmes de l'habitation communautaire.»
Coiteux : En ce qui concerne la table de concertation, on va la
maintenir, la table de concertation. On a l'intention de la maintenir,
effectivement, alors on va la maintenir.
Mme Poirier :
Est-ce que vous allez la maintenir dans sa composition actuelle?
M. Coiteux :
Oui. Non seulement dans la composition actuelle, mais on va même continuer de
les financer.
Poirier : Excellent. Et est-ce que vous allez procéder à la
nomination des administrateurs, qui date, là, depuis un petit bout et
qui n'a pas contribué au fonctionnement de la table?
M. Coiteux :
Oui. On va procéder aux nominations des administrateurs.
Mme Poirier :
Parce qu'il est facile de dire que ça ne fonctionne pas, mais, quand on ne
nomme pas les administrateurs, ça n'aide pas à la gestion, on s'entend. Comme
tout bon...
Coiteux : On va maintenir la table de concertation, on va la financer
puis on va nommer les administrateurs.
Poirier : Excellent. Alors, je n'ai pas les documents que le
ministre a déposés. Est-ce qu'il est possible de les avoir?
Le Président (M.
Auger) : Oui. Ils sont partis en reproduction.
Poirier : D'accord. Dans votre volonté de vous donner un
pouvoir par décret, de la composition de la table, pourquoi vouloir le
faire par décret? Et pourquoi ne pas l'inscrire dans la loi, tout simplement?
Coiteux : Ça prend de la flexibilité, d'une part, mais on a
l'intention de discuter avec les trois contributeurs du modèle de
cogestion et on va avoir ces discussions-là après l'adoption de la loi.
Maintenant,
le décret nous donne de la flexibilité parce que, dans le temps, il va falloir
s'assurer qu'on remplisse les
objectifs pour lesquels ces sommes-là sont prévues. Alors, on va travailler
avec les contributeurs, on va maintenir la table de concertation, on va
nommer les administrateurs et on va mettre en place un modèle qui va
fonctionner.
Mme Poirier :
M. le Président, est-ce que le ministre va demander à la Société d'habitation
de procéder aux inspections prévues par le fonds?
Mme Poirier :
Dans quel délai?
M. Coiteux :
C'est déjà en processus, on me dit, là, mais je vais demander quelques précisions.
Président (M. Auger) : Juste un instant. Ça me prend un consentement
pour cette intervention. Il y a consentement?
Le Président (M.
Auger) : Pardon?
M. Coiteux :
Bien oui, on va la laisser parler.
Président (M. Auger) : Oui. Dans un premier temps, bien vouloir vous
nommer, par la suite votre titre, et vous pourrez répondre à la
question.
Mme Marcoux
(Guylaine) : Guylaine Marcoux, vice-présidente à l'administration et à
la planification à la Société d'habitation.
Alors, effectivement, les bilans de santé sont
déjà commencés, ça poursuit son cours. C'est sûr que souvent il manque des
documents de certains organismes, mais, avec les centres de services, on
procède avec diligence, depuis les deux dernières années, je vous dirais que ça
continue de se faire... Excusez.
Président (M. Auger) : Merci.
Mme Poirier :
Je vais vous laisser reprendre votre voix, Mme Marcoux.
Mme Marcoux
(Guylaine) : Oui, s'il vous plaît.
Poirier : Quand Mme Marcoux nous dit que ça a commencé, oui,
oui, effectivement, mais, «commencé», ça dépend, le rythme, hein? On
peut toujours dire que quelque chose commence à 1 % ou commence à
50 %.
Est-ce que vous avez
des données, Mme Marcoux, sur l'évolution de l'inspection dans les dernières
années, particulièrement pour ceux qui sont
affectés par le fonds? Je ne veux pas savoir les autres, là, je ne veux pas
qu'on mélange les données des autres, je veux qu'on me donne seulement
ceux qui sont affectés par le fonds.
Mme Marcoux
(Guylaine) : Quand vous me parlez des autres, vous voulez dire quoi?
Mme Poirier :
Les autres programmes.
Mme Marcoux (Guylaine) : Les autres programmes. Non, je vais vous parler
seulement des bilans de santé du programme AccèsLogis ou Logement
abordable, parce qu'on a quand même deux programmes.
Alors,
j'ai ici que... Selon les résolutions qu'on a reçues aussi, parce que ça dépend
toujours. Pour les premiers, c'est à
la 10e année. Alors, les prêts ne sont pas tous arrivés à échéance, donc,
il y a seulement ceux-là qui sont à la 10e année. Et puis maintenant, avec la nouvelle façon de
faire, ça se fait dès le départ, au début, la contribution, donc il n'y a plus
à faire ça.
Poirier : Combien vous avez d'immeubles qui sont arrivés au
bout de 10 ans? Unités de logement. C'est plus facile des unités de
logement, là, on compte en unités, là.
Mme Marcoux (Guylaine) : Oui. Je n'ai pas cette information,
malheureusement, mais je pourrai vous revenir...
Poirier : Alors, comment vous pouvez me dire qu'il y a un
pourcentage de fait, puisque vous ne connaissez pas le nombre d'unités?
Mme Marcoux (Guylaine) : Alors, je vais vous revenir avec ça.
Effectivement, on a les statistiques au bureau, sauf que malheureusement je suis arrivée comme un cheveu sur la soupe,
comme on dit, et je n'ai pas l'information avec moi. Je vais vous
l'obtenir dans quelques minutes.
Mme Poirier :
Alors, bien, dans le fond, ce que j'aimerais avoir, c'est le nombre d'unités
pour lesquelles il doit y avoir des bilans
de santé de faits. Alors, on sait qu'on a construit près de
20 000 unités... plus de 20 000 unités en AccèsLogis, mais il n'y en a pas 20 000 qui
sont faites depuis 10 ans, bien qu'avec les modalités depuis 2009 c'est de
plus en plus dur de les livrer, vos unités.
Alors, est-ce qu'on peut avoir un chiffre sur, depuis 2007, combien d'unités
sont soumises au bilan, et combien
ont eu des bilans, et combien de sommes ont été affectées aux réparations en
lien avec ça versus les soldes dus?
Mme Marcoux
(Guylaine) : Parfait.
Le Président (M.
Auger) : Vous allez faire parvenir les réponses...
Mme Marcoux
(Guylaine) : Je vais les faire parvenir...
Mme Poirier :
Non, j'aimerais ça les avoir ici, je ne veux pas les avoir par la poste, ça va
faire l'objet de nos discussions.
Président (M. Auger) : Non, mais je veux savoir exactement quand elle
peut les faire parvenir. Est-ce que c'est dans les prochaines minutes ou...
Mme Marcoux
(Guylaine) : On les fera déposer cet après-midi.
Le Président (M.
Auger) : Vous les ferez déposer à la commission?
Mme Poirier :
Oui, on revient après-midi.
Le Président (M.
Auger) : Oui, on a une séance cet après-midi.
Mme Poirier :
On a 14 heures de prévues. J'espère qu'on ne fera pas 14 heures.
Mme Marcoux (Guylaine) : On les fera
déposer cet après-midi.
Le Président (M.
Auger) : Excellent. Merci beaucoup.
Poirier : En lien avec, justement, la façon de faire pour les
requérants, parce qu'on parle des requérants là-dedans, la FECHIMM, qui n'est pas membre, comme on le sait, de la
CQCH, avait fait parvenir une lettre précédemment, et je fais juste vous lire le texte, et
probablement qu'on va pouvoir en discuter un peu mieux. Alors, on disait :
«La FECHIMM a eu vent que, dans le mémoire présenté à la demande du
précédent ministre des Affaires municipales, le Regroupement des OMH du Québec avait mentionné l'intérêt éventuel des
OMH et des ORH à agir comme guichet unique pour la sélection des requérants de logements sociaux et assurer la
gestion des conventions d'exploitation des organismes relevant d'AccèsLogis et du Logement abordable
dans leurs territoires respectifs. Il va de soi que la FECHIMM est en
désaccord avec ces intentions, qui vont à l'encontre de l'autonomie des
coopératives. D'autre part, elle est également témoin des velléités de certains OMH d'absorber les coopératives en difficulté.
La FECHIMM, quant à elle, réfléchit à la possibilité de créer, en collaboration avec le regroupement québécois des OSBL, une structure permettant de gérer les
conventions des coopératives et des OSBL. Ce...»
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Mme Poirier : Non, mais je
vais continuer. J'attendais que les...
Le Président (M. Auger) : Ah!
excusez, vous n'avez pas terminé. Excusez.
Poirier : Je vous
fais part de ça, M. le ministre, parce
qu'actuellement, lors de la dernière semaine qu'il y a eu sur le logement social, il y a quelques
semaines, le FRAPRU est sorti dans les journaux en mentionnant qu'il y avait
deux coopératives à Montréal-Nord qui
étaient sur le point d'être vendues à des privés. On se rappellera qu'en 2014
nous avons adopté la loi n° 19
avec votre collègue qui est maintenant rendu aux Transports. La loi n° 19
prévoyait que toute coopérative qui avait des problèmes de gestion et
qui voyait sa corporation vouloir la liquider devait obligatoirement passer par le ministère du Développement
économique, de qui relève la
Loi sur les coops, et faire en sorte que les
immeubles soient offerts au mouvement coopératif ou au mouvement OSBL.
Alors, ma
question, elle est très simple : Dans une démarche comme celle-là, quelle
sera la procédure de la SHQ? Est-ce
qu'on va n'offrir que les immeubles à la CQCH? Puisque c'est sur le territoire
de Montréal, dans ce cas-là, est-ce qu'on va l'offrir à la FECHIMM? Et
est-ce qu'on va respecter la loi n° 19?
Coiteux : On a une façon de
procéder que je n'ai pas l'intention de changer par rapport à ça. Je vais
demander à nouveau à Mme Marcoux de
vous expliquer comment ça fonctionne,
mais ce n'est vraiment qu'en dernier recours qu'on procède à un autre
éventuel acheteur, là, parce qu'on a un ordre dans lequel on procède.
Le Président (M. Auger) :
Mme Marcoux.
Marcoux (Guylaine) : Alors,
la première chose, c'est que ça dépend. L'organisme, si c'est un OSBL ou
une coopérative, on commence par l'offrir
aux organismes... aux regroupements comme le Regroupement des OSBL ou la
confédération des coopératives. S'ils n'en
veulent pas ou ils ne trouvent pas d'organisme à l'intérieur de leur
regroupement pour l'acquérir et le
continuer, à ce moment-là, on se retourne vers les offices d'habitation puis on
l'offre à l'office le plus près. Puis sinon, bien, ça peut venir jusqu'à
la vente, mais on essaie toujours de préserver les logements abordables.
Poirier : Mais ma question est plus précise. Vous me
dites : On l'offre à la CQCH. Est-ce que vous l'offrez à la FECHIMM?
Marcoux (Guylaine) : Effectivement, on l'offre aussi à tous les organismes, à tous les regroupements. La
FECHIMM fait partie...
Mme Poirier : Quand c'est une
coop fédérale, on fait quoi?
Mme Marcoux
(Guylaine) : Lorsque
c'est une coop fédérale, ce n'est pas nous qui avons ce contrôle-là, c'est
vraiment le gouvernement fédéral, parce qu'on ne les finance pas. Alors, si
c'est un...
Mme Poirier : Est-ce que vous
me dites que la loi n° 19 ne s'applique pas aux coops fédérales?
Marcoux (Guylaine) : Je ne
dis pas ça. Ce que je dis, c'est que la Société d'habitation gère le parc bilatéral, et le parc
unilatéral fédéral, c'est la SCHL qui s'en occupe, et non la SHQ. Parfois, la
SCHL nous offre, à la société, d'acquérir
ces immeubles-là, et là on fait le tour des organismes aussi pour qu'ils
puissent avoir l'occasion de les acquérir, mais en particulier le parc
unilatéral fédéral, c'est géré par la SCHL.
Poirier : Mais ils sont quand même soumis à la loi n° 19,
sur la Loi des coopératives, donc il y a une obligation...
Mme Marcoux (Guylaine) : Oui, sauf que, là, à ce moment-là, ils ont
l'obligation d'aviser le ministre, qui n'est pas le ministre des
Affaires municipales mais le ministre...
Mme Poirier :
C'est lequel, ministre?
Mme Marcoux
(Guylaine) : C'est le ministre de l'Économie qui doit être avisé.
Poirier : Est-ce que vous savez si, dans le cas des coops de
Montréal-Nord, le ministre de l'Économie a été avisé?
Mme Marcoux
(Guylaine) : Je n'en sais rien.
Mme Poirier :
Est-ce que vous pouvez vous renseigner, comme Société d'habitation?
Mme Marcoux (Guylaine) : On peut se renseigner, on peut se renseigner. Mais
vous comprendrez que ce n'est pas M. Coiteux qui reçoit ces demandes-là,
c'est vraiment son collègue.
Poirier : Ça, c'est le problème. Ça, c'est le problème, M. le
ministre des Affaires municipales. C'est que, comme ministre de l'Habitation, vous n'êtes pas au courant de ce qui se
passe avec le parc à logement. Ça, c'est un problème, je vous le souligne, ce n'est pas de votre faute à
vous, mais c'est un problème que ce n'est pas la Société d'habitation du
Québec, qui relève de votre autorité, qui
est avisée lorsqu'une coop va être liquidée et vendue au privé. C'est un
problème, je vous le souligne. Vous pourrez le mettre dans votre cahier.
M. le Président,
est-ce qu'on peut suspendre juste une petite minute, juste un petit moment?
Parce que j'ai un document à compléter pour un amendement.
Le Président (M.
Auger) : Vous voulez présenter un sous-amendement?
Le Président (M.
Auger) : Je vais suspendre quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 50)
Président (M. Auger) : Nous
allons reprendre nos travaux. Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve, avec la présentation d'un sous-amendement
à l'article 71. Mme la députée.
Mme Poirier :
Merci, M. le Président. Alors, l'amendement à l'article 71 du projet de
loi est modifié par le remplacement, au deuxième paragraphe, de «30» par «60».
Le Président (M.
Auger) : Des explications, Mme la députée?
Poirier : Oui, tout à fait. Lors de l'audition de la Confédération québécoise des coopératives d'habitation, ils avaient exprimé
dans leur mémoire le fait que 15 jours était beaucoup trop court. Le
ministre a doublé, dans son amendement, à
30, mais, encore là, et on vient de vérifier avec eux, c'est nettement insuffisant.
60 jours nous apparaît un délai beaucoup plus raisonnable.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Bien, effectivement, on a voulu donner un délai plus grand
par l'amendement, là. On cherche un point d'équilibre, évidemment, parce que,
lorsqu'il y a des travaux qui doivent se faire, il y a des périodes dans
l'année où des travaux peuvent se faire, d'autres où ça ne peut pas se
faire. Donc, plus le délai va être long, plus ça va nuire à l'efficience, là,
dans la mise en oeuvre des travaux.
Alors,
c'est une question d'équilibre, là. Je n'ai pas d'objection de principe à
donner le temps nécessaire, je cherche juste le temps approprié pour que
les travaux puissent s'enclencher.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
Le Président (M.
Auger) : Oui, Mme la députée.
Poirier : Juste rappeler le texte du mémoire de la CQCH, qui
disait : «...rappelons que la plupart des coopératives n'ont pas de personnel permanent — dans un premier temps. C'est le conseil
d'administration, formé de bénévoles,
qui est chargé de la gestion de ces coopératives. Avant de répondre à la SHQ,
la coopérative pourrait avoir à consulter des experts ou avoir à faire
des démarches auprès d'institutions financières — parce qu'il faut les
payer, les travaux, là, en tant que tel — [et] contracter un emprunt.»
Alors,
je ne sais pas si vous, quand vous allez à la banque, ça se fait en moins de
15 jours, qui était la première position.
30 jours, encore moins, vous êtes une coopérative. Alors, je pense qu'un
délai raisonnable de 60 jours... Et surtout que c'est vraiment ceux qui appliquent les règles de gestion, qui est la
CQCH. Alors, moi, je pense que c'est assez raisonnable, M. le Président.
Le Président (M.
Auger) : M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Oui. Bien là, corrigez-moi, là, mais ce que ça dit : «La société
peut exiger que des travaux majeurs de réparation ou d'amélioration
relativement à des immeubles [...] soient effectués dans le délai qu'elle
détermine, en transmettant un avis...» Ça, ça veut dire que les travaux
majeurs, ils ont déjà été analysés, ils ont déjà été étudiés, là. Corrigez-moi, là, mais ce n'est pas quelque chose
qu'ils apprennent, eux autres, là, ils sont au courant, là. C'est un petit peu...
Puis
là, là-dessus, je vais être un peu d'accord avec le ministre. C'est qu'à un
moment donné il faut prendre des décisions,
il faut arrêter de tergiverser. Le temps, ça compte, les délais, la
température, et tout ça. Peut-être que 15 jours, c'était trop serré, mais 30 jours, moi, ça
m'apparaît raisonnable. Je veux dire, l'analyse a été faite, ils sont au
courant des montants puis... S'ils
n'ont pas cherché leurs argents, il y a un problème, là, hein? C'est un peu ce
que je peux comprendre, là, M. le ministre, là.
Le Président (M. Auger) :
Mme la députée.
Poirier : Je vais continuer la lecture du document :
«Dépendamment de la portée des travaux ou de l'obligation d'emprunter, la décision peut nécessiter la
convocation d'une assemblée générale extraordinaire. Dans plusieurs cas, les
règlements généraux ne permettent pas la
convocation d'une assemblée générale extraordinaire sans un avis d'au moins
15 jours — ce qui venait faire que le 15 jours
était absolument impossible. Nous croyons qu'aucune coopérative d'habitation
ne sera en mesure de fournir une réponse à
la SHQ face à une telle demande dans le délai imparti. La CQCH demande
donc à ce que ce délai soit revu de manière à respecter le processus de prise
de décision dans les coopératives.»
Président (M. Auger) : Merci. La suite plus tard, car, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux.
(Suspension de la séance à 12
heures)
Président (M. Auger) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission
de l'aménagement du territoire
reprend ses travaux. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs appareils électroniques.
Nous poursuivons l'étude
détaillée du projet de loi n° 83, Loi modifiant diverses dispositions
législatives en matière municipale concernant notamment le financement
politique.
Lors
de la suspension de nos travaux, ce matin, nous étions rendus à l'étude du sous-amendement à l'article 71. Et, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve,
la parole est à vous.
Poirier : Oui, M. le Président. Alors, en lien avec des discussions que nous avons eues, je retirerais l'amendement... le sous-amendement, excusez-moi, que j'ai présenté un petit peu plus tôt, et je vous en représenterai un nouveau, suite à nos négociations.
Président (M. Auger) : Est-ce qu'il y a consentement pour retirer le sous-amendement à l'article 71? Il y a consentement. Donc, il est retiré.
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Poirier : Oui. Alors,
M. le Président, je déposerais le même sous-amendement, mais, au lieu de 60, 45 jours.
Président (M. Auger) :
Merci. Est-ce qu'il est prêt, pour qu'on puisse en faire la copie?
Mais je pense que ça semble très clair pour tout le
monde. M. le ministre.
Mme Poirier :
...discussion, là, là-dessus.
Le Président (M.
Auger) : Donc, M. le ministre.
M. Coiteux :
Je suis à l'aise avec ça.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
M. Laframboise :
Ça va, ça va.
Le Président
(M. Auger) : Donc, s'il n'y a
pas d'intervention, je le mettrais aux voix. Est-ce que le sous-amendement à l'article 71 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté.
Donc, nous reprenons avec l'amendement du ministre à l'article 71 tel
qu'amendé. M. le ministre. Est-ce
qu'il y a des interventions concernant l'amendement à l'article 71? M. le
député de Blainville.
Laframboise : Oui. Évidemment,
M. le ministre, j'ai bien compris votre explication par rapport aux demandes, évidemment, des organismes qui ont contribué. Donc, ce que
vous donnez, c'est la possibilité aux organismes contributeurs de faire partie, dans votre décret, évidemment,
là, de... Puis je reprends les commentaires, parce
que votre... «En outre, le décret nommera les associations représentant les organismes d'habitation qui ont contribué ou qui devront éventuellement contribuer au fonds qui géreront les contributions avec la société,
de même que les modalités de cette cogestion.» Donc, c'est clair que, dans vos commentaires, seuls les organismes contributeurs ou qui contribueront seront visés
par votre décret. Puis ça, je peux me rallier à ça, M. le ministre.
Puis, quand on lit, vous nous avez déposé trois
documents qui proviennent, entre autres, de la Confédération québécoise des
coopératives d'habitation, qui, elle, dans son extrait de résolution,
dit : «Il est recommandé au conseil d'administration
d'appuyer les propositions du ministre [...] dans
la mesure où elles restituent aux
organismes contributeurs les pouvoirs
prévus par la convention d'origine.» Donc, ça, c'est juste pour dire que c'est
les organismes contributeurs qui vont
faire
partie du décret puis qui vont être, finalement... qui vont faire
partie de la gestion conjointe. Donc, ils l'ont compris comme ça.
C'est la même
chose pour le Regroupement des offices d'habitation du Québec : «Il est
recommandé par le Regroupement des offices d'habitation du Québec
que la gestion du Fonds québécois d'habitation communautaire soit exercée par la Société d'habitation du Québec
en partenariat avec les organismes contributeurs — puis ils les nomment, là, les coopératives
d'habitation, les ONBL d'habitation et les offices municipaux d'habitation.
«Ainsi, le
comité de gouvernance serait composé du ROHQ, de la CQCH, du RQOH et de la
SHQ.» Donc, les trois pour lesquels on a des résolutions, plus la SHQ,
donc.
Et c'est la
même chose avec le Réseau québécois des OSBL d'habitation, qui, eux, vous
appuient, donc saluent «la décision
d'associer les réseaux représentatifs des groupes contributeurs à la gestion
des sommes perçues», puis saluent la
décision aussi «de maintenir une table de concertation». Donc là, vous avez
décidé de maintenir la table de concertation.
Par contre,
les organismes qui ne contribuent pas, bien, ils ne sont pas là, là. Mais
peut-être que, sur la table de concertation,
vous allez peut-être réussir à vous entendre, mais, dans le décret, là, en tout
cas de la façon dont ces organismes-là le comprennent, là, quand 68.13
nous dit : «Le décret pris en application du présent
article prévoira notamment les fins pour lesquelles ces
contributions doivent être utilisées et les modalités de gestion conjointe avec
les représentants des contributeurs désignés par le gouvernement», pour
eux, là, c'est ces trois organismes-là.
Ma question,
d'abord, mon premier commentaire, c'est de... On comprend la même chose. Puis
moi, je peux me rallier à ça.
Ma deuxième
question sera : Quand vous dites «ceux qui sont à venir ou qui devront
éventuellement contribuer», est-ce
qu'il y a déjà des possibilités? Est-ce qu'il y a des organismes qui pourraient
faire
partie du décret puis pour lesquels vous avez déjà entrevu, là, une possible contribution, ça peut être des
villes, ça peut... Parce qu'évidemment, là-dedans, les municipalités ne sont pas là, là, puis
peut-être que... Puis c'est correct, là, s'ils n'ont pas... Moi, je ne demande
pas à ce qu'ils contribuent, là, moi,
bien au contraire. Si on les sollicite beaucoup, donc s'ils ont à contribuer,
bien, ce serait peut-être normal qu'ils aient voix au chapitre, mais,
s'ils ne contribuent pas, bien, c'est correct aussi, ce seront les organismes
contributeurs qui géreront ça.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux :
Ça concerne les nouveaux projets, là, qui vont se réaliser. Donc, il y a des
nouveaux projets qui vont générer des
nouveaux contributeurs, c'est pour ça que c'est libellé de cette façon-là, mais
ça n'en fait pas des... Ça ne dit pas «les municipalités», là, ça
dit : Il y aura des nouveaux projets, puis les nouveaux projets amènent
des nouveaux contributeurs. Donc, c'est
libellé de façon générale. Pas seulement ceux qui sont aujourd'hui des
contributeurs, mais ceux qui le deviendront parce qu'il y aura des
nouveaux projets. C'est ça que ça signifie.
Laframboise : Qui serait un
organisme qui serait un OSBL qui... Puis là, à ce moment-là, qui serait intégré
à votre processus puis qui serait...
Coiteux : L'OSBL est représenté par le groupe qui va être dans le
comité de gestion, puis on maintient, par ailleurs, la table de
concertation.
M. Laframboise : Ce que vous dites,
c'est qu'il serait représenté par les trois...
M. Coiteux : Bien, par les
contributeurs.
Laframboise : Par les contributeurs.
Coiteux : Ils sont toujours... Ils sont rassemblés dans trois grandes
associations à l'heure actuelle. Maintenant, à l'avenir, d'un coup qu'il y en a deux des trois qui fusionnent, tout
ça. C'est pour ça qu'on garde une souplesse dans la façon de libeller les choses. Mais c'est clair
dans notre esprit que les contributeurs vont être avec la SHQ dans la cogestion
du fonds.
Laframboise : C'est bien. Merci.
Président (M. Auger) : D'autres interventions sur cet amendement? Mme
la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Est-ce qu'on a des réponses à mes questions de ce matin?
Le Président (M.
Auger) : Est-ce qu'on a des réponses au questionnement de Mme la
députée de ce matin?
Président (M. Auger) : C'est en préparation, dans les prochaines
minutes. Est-ce qu'il y a d'autres questions pendant ce temps?
Poirier : Oui. À l'article 68.12 — je sais qu'on est dans 68.13, là, mais il y
a un lien entre les deux, justement, suite
à l'interrogation de mon collègue — on dit : «Toute contribution qui, en
vertu d'une disposition d'un programme d'habitation
de la société...» Actuellement, ce pour quoi on se parle, c'est le programme
AccèsLogis, parce que le Fonds québécois d'habitation communautaire,
c'est le programme AccèsLogis ou le LAQ. Quel autre programme...
M. Coiteux :
Il y a Achat-rénovation aussi.
Poirier : Oui, mais, ça, il n'y a plus d'argent là-dedans, là.
O.K., mais Achat-rénovation ne donnait pas de l'argent dans le fonds
communautaire... le fonds d'habitation.
Parce
que la façon dont c'est libellé, M. le Président, ça dit : «...d'une
disposition d'un programme d'habitation de la société, d'un accord d'exploitation conclu en application d'un tel
programme[...] — la, la,
la — doit
être versée par un organisme bénéficiaire d'une aide financière à un
fonds d'habitation communautaire — à un fonds d'habitation communautaire — un fonds d'habitation sociale ou au Fonds
québécois...» C'est quoi, ces deux autres fonds là? D'où viennent-ils,
les deux autres fonds?
Le Président (M.
Auger) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux
(Guylaine) : Bien, c'est qu'au fil des ans il y a eu le programme
Achat-rénovation, qui était l'ancêtre
d'AccèsLogis, dans lequel c'est indiqué que c'était un fonds d'habitation, et,
au fil des années, le fonds d'habitation communautaire a changé de nom, et
c'est pour couvrir les trois libellés qui sont dans des conventions
différentes, au fil des années, que
c'est écrit comme ça, que ça a été libellé comme ça, parce qu'au fil des ans les programmes ont évolué.
Et, dans Achat-rénovation, effectivement, il y a un versement qui était prévu,
puis c'était versé directement au fonds.
Poirier : Mon questionnement, c'est que les deux fonds, le
fonds d'habitation communautaire et le fonds d'habitation sociale, ont été intégrés au Fonds québécois d'habitation
communautaire. Puisqu'ils ont été intégrés, pourquoi il faut les nommer?
Mme Marcoux (Guylaine) : Parce que dans les conventions qui ont été
signées avec les organismes c'est libellé de cette façon-là, et le terme est ce terme-là. Donc, pour être certains
que toutes les conventions seraient soumises à la nouvelle loi, on a mis
les trois libellés.
Mme Poirier :
Est-ce qu'il y a de l'argent dans ces fonds-là présentement?
Mme Marcoux (Guylaine) : Il y a de l'argent seulement dans le dernier
fonds d'habitation communautaire, parce qu'effectivement, comme vous
l'avez dit, ça a été fusionné. Donc, on a seulement un compte de banque.
Toutefois,
pour Achat-rénovation, les montants étaient envoyés directement à l'entité
juridique du fonds à chaque année.
Mme Poirier :
Donc, ils sont envoyés directement au Fonds québécois d'habitation
communautaire?
Mme Marcoux
(Guylaine) : Oui. Et non à la Société d'habitation.
Poirier : O.K. Mais, puisque ces deux fonds-là n'existent plus...
Je veux bien croire qu'il y a des conventions. Les conventions ont été modifiées en fonction du fonds québécois,
maintenant. Alors, pourquoi les mentionner? Je ne comprends pas, là, le
justificatif de mettre des mots pour rien, là.
Marcoux (Guylaine) : Alors, habituellement, le législateur ne parle
pas pour ne rien dire...
Mme Poirier :
Bien, c'est ça.
Mme Marcoux (Guylaine) : ...donc on l'a mis parce que, dans les
conventions, compte tenu qu'il y a des conventions
qui ne sont pas encore arrivées à leur 10e année et que ça peut être dans ces
conventions-là... on a mis le libellé pour
être certains que ça inclut toutes les conventions qui ont été signées depuis
ces programmes-là, les trois programmes.
Poirier : Mais comment, comment, sans avoir modifié les
conventions, vous avez pu verser l'argent dans le fonds d'habitation
communautaire, si vous n'avez pas modifié les conventions?
Mme Marcoux (Guylaine) : On n'a pas modifié les conventions, effectivement. Toutefois, c'était écrit que c'était versé à la société, et
nous, à la société, on l'a versé seulement dans un compte.
Pour
ce qui est des Achat-rénovation, qui sont versés directement au fonds
d'habitation, là, l'entité juridique, bien, on n'a pas, effectivement, modifié les conventions, ils l'ont versé à ce
fonds-là, qui a fusionné les autres, là, les autres fonds.
Poirier : Je ne sais
pas, M. le Président, mais il me semble qu'il y a un problème,
je vais dire, juste mécanique, là,
pour ne pas dire juridique. Moi, quand je signe une convention, que je verse ça
dans un fonds, si on change le fonds, il
me semble qu'on vient faire un addendum à la convention, il me semble, et il faut
faire disparaître... il faut modifier la
convention. Je ne comprends pas pourquoi la SHQ n'a jamais modifié les
conventions pour dire à celui avec qui elle a une convention que
l'argent ne serait pas versé dans le fonds pour lequel il a signé.
Mme Marcoux (Guylaine) : Écoutez, je ne peux pas parler pour mes prédécesseurs, parce que
je n'étais point là lorsqu'il y a eu
les modifications, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'au
fonds d'habitation communautaire ils ont eu une entente à l'effet que ces sommes-là devaient être versées... entre autres, pour Achat-rénovation, que ça devait être versé directement à eux. Ça représente environ 150 000 $ par année qui leur sont versés.
Puis, pour le restant, c'était... Quand la convention arrivait à sa
10e année, ça devait être versé à la Société d'habitation.
Président (M. Auger) : Mme la députée, je dois vous signaler qu'il
vous reste une minute à votre disposition.
Mme Poirier :
À l'amendement.
Le Président (M.
Auger) : À l'amendement, exactement.
M. Coiteux :
Je voudrais dire qu'on a reçu les informations demandées depuis. Alors, on peut
le déposer, j'imagine, hein, ça peut être déposé?
Le Président (M.
Auger) : Si vous voulez en faire le dépôt, s'il vous plaît.
M. Coiteux :
Alors, on va le déposer. Ça, c'est les informations qui ont été demandées ce
matin.
Président (M. Auger) : Oui,
avec plaisir. Donc, Mme la députée, vous avez encore une minute. À l'amendement, bien sûr.
Poirier : Oui, tout à fait. En lien directement avec l'amendement, je persiste à dire qu'il y a
des grandes portes ouvertes, M. le
Président, à laisser par décret au
ministre le fait de nommer qui sera sur son comité de gestion conjointe,
et surtout que le ministre n'a jamais confirmé les volontés du fonds, ne
s'appuie que sur les volontés des trois
organismes et n'a pas confirmé le fait qu'un représentant des municipalités
et un représentant coopté du C.A. du fonds seraient membres
du comité de gestion. Alors, vous m'en voyez un peu déçue. Si le ministre aurait
pu se rallier à la proposition du fonds, qui est quand même celui qui gère le
fonds présentement et qui regroupe les trois autres associations... Il aurait été souhaitable qu'on puisse se rallier devant cette
proposition, pour laquelle les trois membres ont voté, je vous rappelle.
Président (M. Auger) : Merci. Donc, est-ce qu'il y a d'autres
interventions sur l'amendement à l'article 71? Il n'y a pas d'autre...
Je vais le mettre aux
voix. Est-ce que l'amendement à l'article 71 est adopté?
Président (M. Auger) : Adopté. Donc, nous reprenons à
l'article 71 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a des interventions sur
l'article 71 tel qu'amendé? Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Oui, bien, M. le Président, sur la question que je posais précédemment sur le
fonds, le fait de nommer trois fonds qui
n'existent pas, c'est assez particulier, là. Le législateur ne parle pas pour
rien? On vient nommer trois fonds
dont deux n'existent pas, deux qui ont été amendés par des conventions, et les
conventions n'ont pas été amendées. Alors,
c'est encore très surprenant, ça aussi. Et je ne comprends pas comment on peut
nommer dans un projet de loi des choses qui n'existent pas. Alors, il va
falloir m'expliquer, là, comment on peut nommer une chose qui n'existe pas.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Bien, je dirais que, tel que ça nous a été expliqué par
Mme Marcoux, peut-être qu'il n'y a plus un fonds distinct, mais par contre les conventions prévoient ces noms-là
dans les conventions. Donc, l'article de loi ici reprend tous les termes qui sont utilisés dans les
conventions à l'heure actuelle. Si elles n'ont pas été amendées, elles n'ont
pas été amendées, et donc le projet de loi doit prévoir l'ensemble des
cas de figure. C'est ça, l'objectif, ici.
Poirier : Mais, M. le Président, je veux juste être claire, ça
veut dire que le gouvernement pourrait, justement, faire renaître ces fonds-là, là, c'est ça que ça
veut dire. Il pourrait décider de ne plus verser au fonds d'habitation les
sommes qui sont prévues dans ces
conventions-là pour ces fonds-là, il pourrait diversifier, justement, les
fonds, parce que ça lui donne la possibilité de faire ça, là, cet article-là.
Coiteux : Non, ce n'est pas du tout ce que... De un, ce n'est pas
l'intention, et, de deux, ce n'est pas ce que dit cet article, tel que rédigé. C'est simplement qu'on va... puis je ne
veux pas revenir sur la question de l'amendement puis du comité de gestion, mais on va discuter avec les contributeurs,
puis les contributeurs, bien, ils ont hérité de l'ensemble de ces conventions-là, donc l'article prévoit
l'ensemble de ces conventions-là. Il n'est pas question, pour le gouvernement,
subitement de dire : Je ressuscite des
fonds qui n'existent plus pour... Il n'y a pas de... Il n'y a aucune... Ce
n'est pas la raison de l'article, ce n'est pas ça, ce que ça dit, et ce
n'est pas l'intention du gouvernement.
Poirier : Je pense que le ministre vient d'installer ce qui
sera la jurisprudence de cette loi-là. Il a dit que ce n'était pas son intention, alors il ne pourra
pas faire renaître ces fonds-là, et la SHQ non plus. C'était ma volonté, qu'il
puisse nous dire exactement cela. Donc, mon but est atteint, M. le Président,
que le ministre se commette là-dessus.
Président (M. Auger) : Sur le même sujet, M. le député de Blainville?
Non? O.K. Mme la députée, vous pouvez continuer.
Poirier : Oui. Dans le cadre du fait que dorénavant... Je
comprends qu'il y aura un comité de gestion, là, de cogestion, en tant que tel. Il y a eu, dans le passé, le fait que le
fonds ne pouvait... il n'y avait pas de bilan de santé — là, on
aura la réponse, là, qui devrait nous arriver, là, j'imagine, sur les résultats
de ça — et il y
a eu des sommes qui ont été versées
directement de la banque à la SHQ et donc qui n'ont pas passé... en tant que
tel. Est-ce qu'on peut nous dire, à la lumière
des sommes qu'il y a présentement dans le fonds, qu'est-ce qui n'a pas passé
par le fonds de gestion, qui est allé directement à la SHQ?
Le Président (M. Auger) : Mme
Marcoux.
Marcoux (Guylaine) : Il n'y
a pas d'argent qui a été directement à la SHQ, parce que les sommes qui ont
été recueillies pour le fonds d'habitation communautaire ont été mises dans un
compte en fidéicommis.
Par contre,
il y a eu des sommes qui ont été retournées, qui ont été remboursées à des
organismes qui en ont fait la demande, dont le bilan de santé a été
réalisé et qui sont venus démontrer qu'ils avaient des aménagements ou des rénovations à faire. Et ça, je peux vous dire que
présentement il y a pour 1,5 million qui a été retourné, et on a aussi des
projets à l'étude pour 3,7 millions présentement. Et ça, cet argent-là, on
a eu des résolutions du fonds d'habitation communautaire pour nous autoriser à
retourner ces sommes-là, qui provenaient directement du fonds d'habitation.
Poirier : Comment ça qu'il y a des groupes qui peuvent écrire
une phrase suivante : «Malgré le
fait qu'aucune consultation n'ait eu lieu ni aucune demande formulée par la
SHQ, le SARS — vous
connaissez l'acronyme, qui est le groupe,
là, la société d'Alzheimer — a reçu une lettre de la Banque Nationale datée du
17 août 2015 concernant le refinancement
de notre prêt hypothécaire nous apprenant que le montant refinancé de[...] — et je vais taire le montant par confidentialité — avait déjà été transmis à la SHQ, ce qui a
été confirmé par Mme Stefanutti, de la Banque Nationale, dans les jours suivants; veuillez noter que la
société d'Alzheimer n'a pas autorisé ce paiement ni n'a procédé à la signature
de la nouvelle convention de prêt
hypothécaire avec la Banque Nationale»? Comment, comment ça peut passer direct
entre le prêteur et la SHQ sans que celui qui est le premier concerné...
Et puis, moi, quand je parle du premier
concerné, c'est les locataires, parce que ceux qui paient, là, c'est les locataires. Ceux qui sont les coopérants dans une
coopérative, c'est eux qui la paient, l'hypothèque, c'est eux qui donnent
le 10 %. Les 10 années de
paiement, là, ils les donnent au mouvement coopératif pour en faire d'autres,
coops, pour réparer leur propre coop.
Et c'est eux que je veux protéger, et je veux m'assurer que jamais la SHQ ne
mette la main sur l'argent tant que
le bilan de santé n'est pas fait et tant qu'on n'a pas prévu que ces sommes-là
servent à réparer et à financer les réparations
de nos coops puis de nos OSBL. Elle est là, ma préoccupation, et c'est ça que
je veux m'assurer, qu'on ne... parce que ça n'a pas été fait comme ça
dans le passé, puis vous le savez très bien, et je veux m'assurer que ça va
être fait autrement dans le futur. Et j'ai des dossiers,
là, là-dessus, là. Alors, il faut s'assurer, là, que la SHQ ne puisse pas cumuler des sommes qui, par le décret et par une
entente, pourraient être dédiées à faire autre chose que la réparation des
coops. C'est de ça dont on parle.
Le Président (M. Auger) :
Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Guylaine) : Alors, oui,
effectivement, c'est arrivé, c'est malheureux. On a deux institutions financières avec qui on a fait affaire pendant les
années d'AccèsLogis, c'est les caisses Desjardins et la Banque Nationale,
effectivement. Avec les caisses Desjardins, les organismes doivent aller signer leur
refinancement; avec la banque, c'est un autre processus. Mais c'est un processus
interne à la banque.
Alors, nous, comment on fonctionne, on envoie
une lettre à l'organisme et à l'institution financière, soit la caisse Desjardins ou la banque, pour leur
dire : Votre 10e année est arrivée, vous devez contribuer au Fonds québécois d'habitation
communautaire pour x montant et vous
devez refinancer votre hypothèque, donc allez voir votre institution financière. Malheureusement, dans le dossier que vous
nous avez soumis, effectivement, la banque a fait le renouvellement sans s'adresser à l'organisme. On en est
conscients, on a parlé avec la banque, mais soyez assurée que les organismes,
dans ce temps-là, peuvent nous appeler et
nous dire : Bien, écoute, moi, là, j'aimerais ça, mon bilan de santé,
qu'on le regarde, je vais vous
l'envoyer, je vais vous envoyer les documents, j'ai besoin de cet argent-là, et
on va le retourner, comme on l'a fait
dans d'autres circonstances avec d'autres organismes à qui c'est arrivé la même
chose. La contribution avait été versée à la société, ils nous ont fait
la demande, et on a retourné les sous.
Poirier : Quelle garantie j'ai actuellement que les bilans de
santé seront faits avant, et dans le processus, et pendant le processus de renouvellement de l'hypothèque, afin de
s'assurer que les sommes qui seront prélevées dans le nouveau prêt vont
servir à l'immeuble pour lequel elles ont été cumulées? Quelle garantie?
Le Président (M. Auger) :
Mme Marcoux.
Marcoux (Guylaine) : Écoutez,
je ne peux pas présumer que les institutions financières vont faire à la lettre ce qu'on leur demande, malheureusement, on n'a pas de contrôle sur eux, mais je peux vous assurer que les
trois contributeurs ainsi que la société,
lorsqu'on va s'asseoir pour déterminer les sommes, ça va être questionné puis
ça va être regardé. Et soyez assurée
qu'on met tout en oeuvre pour que les bilans de santé soient effectués; malheureusement, ça prend du temps, ça prend du personnel aussi. Et on s'assure
de les faire au fur et à mesure que c'est demandé.
Lorsqu'un
organisme est sain et qu'il n'y a pas de problème, il fait sa contribution, puis il n'y en a pas, de problème. C'est juste lorsque les
organismes ont des difficultés ou ont des travaux à faire que, là, ils nous
font la demande.
Et, oui, malheureusement, c'est déjà arrivé que la banque a envoyé les sous avant, et
on va essayer que ça n'arrive plus. Mais je ne peux pas vous garantir
que ça n'arrivera jamais.
Mme Poirier : Un autre organisme nous dit : «Notre
inquiétude est en outre due à la réécriture unilatérale par la SHQ de la convention d'exploitation signée en
2003 par nos deux organisations. Dans votre lettre du 23 avril 2015, vous écrivez : "Afin que votre organisme
puisse se prévaloir du montant de sa contribution, vous devrez démontrer à la
SHQ, par un rapport d'expert, que les
travaux sont essentiels, par exemple
que la situation met en péril la sécurité des locataires ou que les infrastructures du bâtiment puissent subir des dommages irréparables." Cette
nouvelle interprétation de la SHQ de la convention d'exploitation nous
surprend énormément.»
D'où vient
cette nouvelle interprétation? Ce n'est pas ça, le fonds d'habitation communautaire, ce n'est pas cela.
Le Président (M. Auger) :
Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Guylaine) : L'organisme
écrit que c'est une nouvelle façon de faire, mais ce n'est pas une nouvelle
façon de faire. Dans les conventions, c'est écrit que la Société d'habitation
doit déterminer la viabilité de l'organisme,
et, pour ça, il y a des critères. On regarde le bilan de santé, on regarde
aussi les états financiers de la société pour s'assurer qu'ils ont la capacité de faire le renouvellement de
l'hypothèque et de faire les travaux qu'ils ont à faire.
Donc, il y a
plusieurs critères qui sont regardés avant de déterminer si l'organisme est
viable, mais ce n'est pas une nouvelle façon de faire, c'est la façon de
faire qui était indiquée dans les conventions.
Poirier : ...poursuis la lecture : «La notion de la
perspective de besoins en immobilisations sur cinq années est disparue.»
Pourquoi?
Le Président (M. Auger) :
Mme Marcoux.
Marcoux (Guylaine) : Écoutez,
je ne pense pas que la notion de cinq années est disparue, ça fait
partie
des critères d'évaluation de déterminer si
l'organisme est viable. Et effectivement on regarde à long terme, on ne regarde
pas seulement dans l'année où les travaux doivent être effectués ou la remise
de la contribution au fonds.
Poirier : Mais je
veux juste qu'on se comprenne, là. À
partir du moment où je renouvelle l'hypothèque, je ne dois pas regarder les dépenses en faisant le
bilan de santé là, je dois regarder dans la perspective; si la toiture est à
refaire d'ici cinq ans,
ça doit être dans le bilan de santé. Le bilan de santé, ce n'est pas juste
l'actuel. Le bilan de santé, il a
toujours été convenu que c'était... Le bilan de santé d'un immeuble, je ne le
regarde pas en fonction d'aujourd'hui. Donc, je dois avoir une perspective,
de dire quelles seront les dépenses d'ici cinq ans.
Pourquoi? Pourquoi
un groupe comme Les Habitations Logis-Ciel remettent en doute auprès de M. Beaudoin, de la
SHQ, cette interprétation-là? Pourquoi ils ont besoin d'écrire ça, si ce n'est
pas vrai? Pourquoi?
Mme Marcoux (Guylaine) : Écoutez, malheureusement,
M. Beaudoin n'est pas ici et...
Mme Poirier : ...des pages et
des pages, là.
Marcoux (Guylaine) : Ce
qu'on me dit, c'est que le bilan des travaux, ça inclut effectivement le bilan de santé de l'immeuble, et c'est sur cinq ans, puis
c'est une prévision de ce qui s'en vient pour effectivement déterminer s'ils doivent faire ou non la contribution au
fonds. Et je ne sais pas pourquoi ils ont cette interprétation-là, peut-être que
c'est une mauvaise compréhension, une
mauvaise communication entre la société et l'organisme, mais effectivement on
a à regarder les immeubles.
contrairement aux HLM, le fonds d'habitation communautaire, les sous pour faire
la contribution, ce n'est pas pour
faire de la modernisation ou de l'agrandissement, là, c'est vraiment pour faire
de la rénovation, pour réparer ce qui
est désuet. Donc là, peut-être que c'est, là, une mauvaise compréhension. Je ne
sais pas, cet organisme-là, en tant que tel, qu'est-ce qu'il voulait
faire, là, mais peut-être que... Je les invite à communiquer avec
M. Beaudoin.
Mme Poirier : Bien, ils lui
ont écrit le 28 mai 2015, alors je pense que...
Mme Marcoux (Guylaine) : Oui, mais
il y a peut-être eu une réponse que...
Poirier : Il a dû y avoir une réponse, mais qui n'a pas été à
leur satisfaction, s'ils m'ont envoyé la lettre. Qu'est-ce que vous en
pensez?
Ensuite, les
habitations Beausoleil, en même temps, mai 2015, eux, ils ont écrit à
M. Gagnon, refinancement sans le
consentement et la signature des membres du conseil, encore là, la même
chose : «Le 15 janvier dernier, nous avons été choqués d'apprendre qu'à la demande de la
SHQ — et je
comprends la procédure, qui était que vous envoyez à la banque et à la corporation — et de M. Jean Beaudoin — ce n'est pas de ma faute, mais c'est toujours
lui qui est nommé — la Banque Nationale avait ajouté à notre
hypothèque la somme de 273 000 $ et transféré cet argent à la SHQ
sans aucune signature des membres du conseil d'administration aux habitations
Beausoleil.»
Alors, il n'y
a pas eu un cas, il y en a eu plusieurs, cas, en tant que tel. Et il est là, le
problème, je veux dire, la SHQ, elle ne peut pas être celui qui gère le
fonds à la place du fonds. Il est là, le problème.
Et, si le rôle de la SHQ, qui était de faire les
bilans, elle ne l'a pas fait dans le passé... Parce qu'il faut se le dire,
elle ne l'a pas fait, son rôle. Là, je viens d'avoir la lettre, là, de...
Le Président (M. Auger) : ...officiellement,
effectivement, la lettre de ce matin.
Mme Poirier : D'accord. Peut-être
la déposer avant que je la cite, là.
Le Président (M. Auger) : Oui. Donc,
je dépose officiellement la lettre qui m'était adressée, provenant de la
Société d'habitation, en réponse à vos questions, Mme la députée.
Mme Poirier : Merci. Alors,
juste pour notre information, alors, ce que ça dit — c'est déposé à M.
Auger, le président de la commission : «En avril 2012, devant l'inertie du fonds, la SHQ l'informe que dorénavant,
au moment prévu aux conventions
d'exploitation, celle-ci demandera aux organismes de bien vouloir procéder au
refinancement», ce qui est faux parce que,
depuis avril 2012, elle l'a demandé à la banque surtout, en tant que tel, à la Banque Nationale. «Les montants
de ces refinancements [seront] alors déposés dans un compte en fidéicommis à la
SHQ...» Ça, c'est vrai, mais ce n'est
pas à vous à demander, c'est aux organismes. Ça, il y a un vice de forme ici,
là, tout de suite en partant. «Cette décision a été prise afin d'éviter aux organismes de subir une hausse
substantielle de leurs versements...» Je m'excuse, mais ce n'est pas vraiment
Et, pour répondre à mes questions, je vais lire
la réponse à mes propres questions, M. le Président, alors : «...au 31 mars 2016, plus de 468 projets
représentant [10 000]
unités de logement — 10 739 — ont franchi le cap des 10 ans pour des contributions potentielles de
97,9 millions. De ce nombre, 375 projets ont fait l'objet d'un
refinancement provenant des organismes contributeurs pour une somme de
[77] millions, soit 80 % des projets.
«De plus, sur
les 93 projets qui n'ont pas procédé à leur refinancement, 54[...] — pour un montant de 7,3 — vont contribuer à leur prochain renouvellement hypothécaire et
39 projets — 12,9 millions — ont refusé de procéder au refinancement,
invoquant notamment le fait qu'ils devraient payer en double les intérêts sur
les montants refinancés.
«[...]parmi [les] 375[...] qui ont contribué au
[fonds], 16 ont obtenu un remboursement partiel ou total de leur contribution pour un montant total de 1,5 [...] et
plus d'une dizaine sont présentement à l'étude [...] pour un
remboursement [...] de 3,7...»
Alors,
pouvez-vous... Là, je comprends qu'il y a 97 millions dans le fonds. On a
toujours parlé de plus de 100 millions,
alors là je suis un peu surprise. Le ministre, tout à l'heure, même, cet
avant-midi, avait nommé une somme de
plus de 100 millions. Là, je comprends... Si j'essaie de faire juste un
calcul, il y a 468 projets, pour lesquels il y en a 375 qui ont été refinancés. Le reste, c'est qu'ils
ne sont pas rendus à 10 ans. Est-ce qu'on s'entend sur le premier
paragraphe?
Mme Marcoux (Guylaine) : Effectivement, c'est qu'il
y en a qui sont rendus aux 10 ans.
Toutefois, étant donné que ce n'était pas prêt pour... le fonds n'était
pas encore structuré, je vais le dire comme ça, et... on a prolongé, puis on
s'est dit que la contribution se ferait à la 15e année, donc il y en a qui vont contribuer
bientôt. Parce qu'en 2008 ce n'était
pas prêt pour recevoir les sous, le fonds
n'était pas prêt, il y avait des dissensions au sein du fonds. Alors, les
remboursements qui devaient être faits à l'époque n'ont pas été
effectués, ça a été reporté à la 15e année.
Poirier : Donc, pour qu'on se comprenne bien, le fonds, en
1996, est signé. 10 ans plus tard, en 2006, on devait commencer à
contribuer, à partir de 2006...
Mme Marcoux
(Guylaine) : 2007.
Poirier : ...2007, on s'entend, à partir de 2007. Donc, en
2007, il n'y a personne qui a contribué. En 2008, il n'y a personne...
Quand on a commencé à contribuer dans le fonds?
Mme Marcoux
(Guylaine) : Ça a commencé vers 2011‑2012.
Mme Poirier :
2011‑2012. Pourquoi en 2011‑2012 on commence à contribuer, versus 2007?
Mme Marcoux (Guylaine) : Parce que, là, après des discussions avec le
fonds, il a été déterminé que c'est la Société d'habitation qui
recueillerait ces sommes-là en fidéicommis et que les contributions seraient
effectuées à la 10e année.
Mme Poirier :
À la 15e.
Mme Marcoux (Guylaine) : À la 10e pour ceux qui arrivaient à échéance et à
la 15e pour ceux qui avaient passé de 2008 à 2012.
Mme Marcoux (Guylaine) : Et pourquoi il y a plus que... il y a au-dessus
de 100 000 $, c'est que maintenant les contributions sont faites immédiatement au dépôt, lorsque le projet
est réalisé. Alors, c'est pour ça qu'il y a plus d'argent que dans la lettre; dans la lettre, ce n'est que
ceux qui étaient à la 10e année. On n'a pas mélangé les nouveaux projets
qui depuis contribuent à l'année zéro.
Poirier : O.K.
Quand vous dites que 93 projets n'ont pas procédé à leur refinancement,
c'est quoi, les motifs?
Mme Marcoux (Guylaine) : Les motifs, c'est que soit qu'ils ne veulent pas parce qu'ils disent que, dans le fond, ils ont payé pendant 10 ans des
intérêts sur ce montant-là et ils ne veulent pas faire la contribution au fonds...
Jusqu'à maintenant, on n'a pas pris de recours pour aller chercher
ces sommes-là, mais on pourrait... Bien là, présentement, la société
n'avait pas ce pouvoir-là. Avec le projet
de loi, on pourrait exiger les contributions, puisque contractuellement
ils se sont engagés à faire ces contributions. Mais il y en a qui refusent en
disant : On a déjà payé des intérêts; si on a besoin de sous pour faire des rénovations, on va repayer encore des
intérêts. Donc, ils invoquent le fait qu'ils paient des intérêts en
double.
Poirier : O.K. Ma question va s'adresser au ministre :
Est-ce que vous êtes d'accord de faire payer en double les intérêts aux
groupes?
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre.
Coiteux : Regardez, ce n'est pas forcément comme ça que ça fonctionne,
là. C'est très technique, là, mais...
Mme Poirier :
Mais c'est de l'argent, là.
Coiteux : La plupart contribuent, puis il y en a quelques-uns qui,
pour toutes sortes de raisons, décident de ne pas contribuer.
Normalement, on établit les règles pour l'ensemble.
Poirier : Mais les règles n'ont pas été suivies, on s'entend.
On s'entend que le refinancement d'une
partie d'une hypothèque déjà
payée pour le refinancer une deuxième fois, ça fait des intérêts en double.
Coiteux : Regardez, il y a des choses qui étaient prévues en 1997, qui
s'appliquaient à tout le monde, et il y avait aussi la possibilité d'aller chercher du capital à l'extérieur pour
capitaliser davantage, avoir un effet de levier. Le fonds devait être opérationnel, il devait se mettre en
branle, et tout ça n'a pas fonctionné. Alors là, ce qu'on cherche, maintenant,
c'est une solution, avec les partenaires,
par ailleurs, puis c'est pour ça que j'ai déposé un amendement que nous avons
adopté tout à l'heure, avec les
contributeurs, puis en consultation avec le comité... la table de concertation.
Donc, on essaie d'apporter des solutions à un problème, c'est ça qu'on
essaie de faire ici.
Est-ce que tout a été parfait? Bien sûr que non,
sinon on ne changerait pas les manières de faire.
Poirier : Mais est-ce qu'on peut faire l'admission que le fait
de repousser... Et justement ceux qui refusent actuellement ont quand même des arguments qui sont légitimes, là, en
tant que tel. Ils n'ont pas refusé d'eux-mêmes, là. On a repoussé les dates, et ça a fait en sorte
qu'ils vont avoir à payer effectivement en double des intérêts, là, pour
lesquels... Pourquoi eux paieraient? Parce que c'est des locataires, là,
qui paient en double des intérêts.
Alors, est-ce
qu'il y aura des modalités qui pourront s'assouplir, justement, pour faire en
sorte qu'il n'y ait pas ce genre de doubles intérêts à payer?
Coiteux : Regardez, il y a des règles, il y a des règles qui ont été
prévues par ceux-là mêmes, là, qui ont établi le fonds en 1997. Il y en a qui les ont respectées à la lettre, et puis il
y en a d'autres qui ne les ont apparemment, pour toutes sortes de
raisons, pas totalement respectées.
Il y a des
problématiques. Ces problématiques-là vont devoir être résolues par les gens
qui vont faire la gestion, la SHQ, avec les contributeurs. Alors, ça va
faire
partie du pain sur la planche.
Poirier : Dans quel délai les bilans... Parce que, là, j'avais
demandé combien de bilans et je ne l'ai pas, là, la réponse. Combien d'immeubles ont eu droit à leurs
bilans de santé, sur les 468 projets et 10 000 logements? Combien d'unités ont eu... Dans combien de ces projets-là
on a eu droit à des bilans de santé? Ça faisait
partie des questions que
j'ai demandées ce matin.
Marcoux (Guylaine) :
Effectivement, et, je m'en excuse, la réponse n'a pas été ajoutée,
malheureusement, mais je l'ai. Pour
l'instant, c'est une trentaine d'organismes qui ont eu des bilans de santé, et
c'était à leur demande, parce que...
Mme Poirier : Je m'excuse.
Organismes ou immeubles?
Mme Marcoux (Guylaine) : Organismes.
Mme Poirier : Ça veut dire
quoi?
Mme Marcoux (Guylaine) : Écoutez, je
ne sais pas c'est quels organismes, donc je ne sais pas combien ça représente
d'unités. Je pourrais avoir la liste puis vous déposer le nombre...
Mme Poirier : Parce qu'un
organisme, c'est un immeuble, là, dans bien des cas, là.
Mme Marcoux (Guylaine) : Oui, bien,
c'est un organisme...
Poirier : Moi, j'ai une chapelle, dans mon comté, qui a
1 500 logements. Alors, un organisme, ça peut être
12 unités comme ça peut être 1 500, là. Alors, il y a des dimensions
différentes, là.
Marcoux (Guylaine) : Mais pour l'instant il y en a 30, organismes, et ce
n'est pas des logements. Je vous obtiendrai l'information.
Mme Poirier : Si c'est
possible.
Mme Marcoux (Guylaine) : Oui.
Poirier : Donc, on ne sait pas le nombre de logements qui ont
eu un bilan de santé. Alors là, ce qu'on dit, avec ce qui est sur la table, c'est qu'on donne un chèque en blanc à la
SHQ, parce qu'il n'y en a encore pas, d'obligation.
Alors, est-ce
qu'il y aura une obligation à quelque part qu'il y aura un bilan de santé avant
de pouvoir disposer des sommes?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : On a l'intention
d'établir les modalités avec les partenaires dans le comité de gestion, avec
les contributeurs qui ont été mentionnés dans l'amendement.
Mme Poirier : Mais c'était déjà
une obligation de la SHQ, et la SHQ n'a pas répondu à cette obligation. Et, s'il y a,
justement, des groupes qui actuellement refusent de
verser les sommes, c'est parce que les bilans de santé n'ont pas été faits par la SHQ,
madame l'a dit tout à l'heure, parce
qu'il y avait des problèmes
de personnel. Moi, ça, ce n'est pas mon problème, c'est le problème de
la SHQ. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on respecte la convention.
M. Coiteux :
Me Marcoux a une explication à donner là-dessus.
Le Président (M.
Auger) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Guylaine) : C'est sûr que, l'obligation pour les bilans
de santé, dans les conventions, c'est prévu que la société doit établir la viabilité. Pour établir la
viabilité, il a été convenu que c'était via des bilans de santé, pour
déterminer effectivement quels travaux devront être faits dans les cinq
prochaines années.
Pour ce qui est de ces bilans de santé là, ce sont les organismes qui doivent le
faire. Ils le font habituellement via les
centres de services. Il y a des centres de services pour les coops, il y a
des centres de services pour les OSBL aussi, puis il y en a aussi pour les offices d'habitation. Donc, les organismes
utilisent les centres de services pour effectuer ce travail-là, qui nous
est transmis par la suite.
Effectivement, ça a peut-être
pris quelque temps pour le mettre en place, pour mettre en place les centres de
services, pour mettre en place le service
qui était offert aux organismes aussi, mais ça va quand même
mieux qu'avant, effectivement. Puis la société est là pour aider les organismes
aussi à regarder leurs bilans de santé, à évaluer la viabilité lorsqu'ils
le déposent et qu'ils nous demandent de regarder et de ne pas faire la contribution
au fonds.
Poirier : Habitations
de la Vallée des Tisserands écrivait à M. Gagnon le 30 septembre
2015 : «Le 30 octobre
prochain, cela fera un an que Les
Habitations de la Vallée des Tisserands auront transmis à la Société d'habitation le bilan de santé de ses immeubles ainsi qu'une demande de
retour de la contribution du Fonds québécois d'habitation communautaire en vertu de la convention. Ce bilan de santé
démontre des besoins importants afin d'assurer la sécurité de leurs locataires
et la pérennité de leurs immeubles. Suite à
de nombreuses questions et vérifications, auxquelles, comme gestionnaires,
nous avons répondu de bonne foi, nous restons sans réponse de la Société
d'habitation.»
Le Président (M.
Auger) : Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Guylaine) : Alors, vous comprendrez que, sur les
469 organismes, là, je ne peux pas connaître tous les organismes.
Et, la Vallée des Tisserands, pourquoi ça fait un an? Peut-être parce qu'il y a
eu un échange de communications entre la société et l'organisme puis il manquait certains documents, je
n'en sais rien pour l'instant, mais... On
peut faire des vérifications, sauf que vous comprendrez que je ne peux pas
avoir ici, les 469 organismes, quand ils ont fait leur demande, comment ils l'ont faite,
qu'est-ce qui est arrivé, pourquoi ils n'ont pas encore eu de réponse. Je ne le
sais pas.
Le Président (M.
Auger) : Mme la députée.
Poirier : Ma volonté, en nommant les projets, ce n'est pas que
vous les connaissiez un par un, c'est de faire la démonstration qu'il y a un
problème de fond. Il y a un problème de fond dans le fait que la SHQ n'a pas
fait les bilans de santé, n'a pas
répondu aux organismes. C'est ça, le fond. Et c'est pour ça que je demande un
engagement ferme à ce qu'on ne puisse
plus disposer... on ne puisse disposer des sommes, parce que, là, le
gouvernement met la main sur le fonds, là,
je l'ai dit, là, le gouvernement se donne un fonds de 100 millions pour en
faire ce qu'il voudra. Et, avant qu'il en fasse ce qu'il va vouloir, il va répondre aux besoins des coopératives et des
OSBL, parce que c'est pour ça qu'il a été créé, c'est pour ça qu'on refinance les projets, c'est pour ça
que les locataires mettent de l'argent dans ce fonds-là, pour être sûrs
qu'il y aura de l'argent pour réparer leurs immeubles. Elle est là ma crainte,
M. le Président. Et, quand je vois que les organismes
n'ont pas eu de réponse adéquate, c'est ça qui m'inquiète dans l'inefficacité
de ce système-là. Et ça, ce n'est pas le fonds, là, qui était
inefficace, c'est la SHQ qui était inefficace, qui n'a pas répondu aux besoins
des groupes.
Le Président (M.
Auger) : M. le ministre. Mme Marcoux.
Mme Marcoux (Guylaine) : ...on vient de m'indiquer que Les Habitations de la Vallée des Tisserands, effectivement,
c'est 74 345 $, et ils ont reçu leur chèque le 21 mars dernier.
Poirier : Et ça, c'est une demande qui datait... La première
lettre a été adressée à leur député le 30 octobre 2014. La lettre
que je viens de vous lire était du 30 septembre 2015, et ils viennent de
recevoir leur chèque, en 2016.
Mme Marcoux (Guylaine) : Alors, comme je vous disais, peut-être qu'il
manquait des documents pour justifier et qu'il y a eu des négociations
entre les deux. Mais là je peux vous confirmer qu'ils ont reçu leur chèque.
Poirier : Bien, tant
mieux, tant mieux qu'ils ont reçu... J'espère qu'ils ont reçu le bon chèque, par exemple, en fonction des besoins qu'ils avaient. Combien, le chèque,
vous dites?
Mme Marcoux
(Guylaine) : 74 345 $.
Mme Poirier : C'est bon.
C'est même plus que la lettre demandait.
Mme Marcoux (Guylaine) :
Est-ce que c'est le même montant?
Mme Poirier : C'est le bon
montant. C'est le bon montant, en plus.
Mais vous
voyez, la préoccupation de donner un chèque en blanc, actuellement, ce que ça veut dire. Alors, c'est un chèque en blanc, là, que
le ministre veut, il veut un décret dans lequel il va décider de tout.
Coiteux : J'ai déposé un amendement
pour bien montrer qu'on va travailler avec les partenaires. Donc, ce
n'est pas un chèque en blanc, c'est...
Poirier : Mais, M. le Président, il y a un bout de l'équation qui n'est pas nécessairement dans votre décret, qui est
dans le fonctionnement de la SHQ, parce que, dans la convention, la SHQ
doit faire des bilans, elle ne respecte même pas son bout de convention
dans les délais impartis. Et la
preuve, c'est que même la banque a versé l'argent direct dans le fonds.
C'est ça qui est inquiétant.
Coiteux : La raison pour
laquelle on procède à des réformes, c'est pour améliorer la situation.
Alors, le fonds était dysfonctionnel,
il y a des pratiques qui sont en amélioration et qui vont continuer de
s'améliorer, à la SHQ. On n'est pas
statiques, là, on a l'intention de faire du progrès dans le domaine de
l'habitation sociale. Mais, pour ça, il faut se donner des outils, et
c'est ce qu'on fait ici.
Poirier : Une question,
M. le Président. À l'article 68.14, dans sa version originale, là,
parce qu'il n'y a pas d'amendement,
ce bout-là, dernier... deuxième paragraphe, on dit : «Sous réserve des conditions que
peut imposer la société, la
personne ainsi désignée a tous les pouvoirs requis pour la gestion de ces
travaux, notamment le pouvoir d'octroyer des contrats pour et au nom
de l'organisme.» La FECHIMM avait des questionnements là-dessus, à l'effet de dire qu'il pourrait y avoir... quelqu'un d'autre pourrait
prendre la décision d'aller vers le pouvoir d'octroyer les contrats au nom,
exemple, de la coop, l'organisme, on parle de la coop ou de l'OSBL. Jusqu'où on
veut aller avec ça?
Le Président (M. Auger) : Mme
Marcoux.
Marcoux (Guylaine) : Alors, premièrement, cet article-là ne s'applique qu'aux offices d'habitation. Ça ne s'applique pas au programme
AccèsLogis ni au Programme de logement abordable, ce n'est que pour les offices
d'habitation, puisque c'est les immeubles
d'habitations à loyer modique. Et, contrairement à ce que la CQCH écrit dans
son mémoire, les PSL, les Programme
de supplément au loyer qui sont dans les AccèsLogis, même si ça revient comme
du logement modique, ce n'est pas considéré comme du logement modique au sens
de l'article ici. C'est vraiment les réparations,
rénovations, c'est les montants qui sont donnés aux offices d'habitation pour
faire de la rénovation de leurs immeubles HLM.
Donc, ici, ce
qu'on veut, c'est qu'il y a la fin des conventions qui s'en vient avec le
fédéral, et on veut s'assurer, lorsque
la fin des conventions arrivera, que les immeubles sont en santé. Et il y a
certains organismes qui sont plus petits, qui ont de la difficulté à faire les rénovations, et là on veut s'assurer
que ces réparations-là vont être faites. Donc, c'est pour ça qu'on donnait un délai puis on
disait : Bien, écoutez, si vous n'êtes pas capables de le faire,
dites-nous-le, on va envoyer... Puis
là, dans cet article-là, ça nous permet d'envoyer quelqu'un
d'autre pour faire ces rénovations-là et suivre le chantier pour
l'organisme, pour l'office.
Mme Poirier : O.K. Peut-être
que le député de Blainville a d'autres questions.
Le Président (M. Auger) : M. le
député de Blainville.
Laframboise : Je vais
revenir juste sur une partie, là, des discussions que vous avez eues. Pour le
notaire de formation que je suis, là,
quand j'entends que la Banque Nationale a augmenté un prêt pour verser directement les sommes à la SHQ, sans que
le propriétaire, théoriquement, emprunteur qui aurait dû signer le renouvellement hypothécaire, là, ait été avisé... C'est ça que je comprends,
là? Il y a des sommes qui ont été versées sans que le propriétaire ait été
avisé?
Le Président (M. Auger) : Mme
Marcoux.
Mme Marcoux (Guylaine) : Eh bien, M.
le député, je suis aussi notaire, comme vous, et moi non plus, je ne comprends pas pourquoi une institution financière peut faire un refinancement sans refaire signer son
organisme. Mais effectivement il semblerait que c'est leur pratique, que
nous avons dénoncée.
M. Laframboise : Ah oui? On a un
problème juridique majeur, je pense, hein?
Et puis ça
m'amène à la, bon, deuxième question que j'avais. J'ai bien compris que, pour les
travaux, là, il y a une échéance, là, évidemment, là, par rapport à 68.14, il y a une échéance qui est la fin des conventions avec
le fédéral. Ce que vous voulez, c'est vous assurer que le parc
immobilier est en bon état puis qu'on fasse au moins les travaux nécessaires
pour que le fédéral paie sa part si jamais ça arrive.
Dans la pratique... Bon, puis je vous suis
là-dessus, là, qu'à quelque part, là, vous voulez exiger que les travaux
soient faits dans un délai imparti, on s'est
donné des limites, mais théoriquement ça devrait être à l'avantage de tout le
monde. Qu'est-ce qui
fait qu'il y a des délais, là? Vous avez dit tantôt : Une
partie de la
solution, c'est des petits organismes, et
tout ça, là. C'est-u parce qu'on manque de fonds, il faudrait refinancer, on a
peur à l'augmentation des loyers? C'est quoi, la raison majeure par
rapport à ça?
Mme Marcoux
(Guylaine) : Ce n'est pas un manque de fonds parce que, les fonds, on
les a, c'est la Société d'habitation qui les
a, et le fédéral en paie aussi une partie. C'est communément appelé, chez nous,
le RAM, là, qui est la réparation,
amélioration et rénovation. Donc, c'est vraiment les budgets qu'on a et qu'on
distribue aux offices d'habitation.
Nous,
on a regardé en fonction des dates de fin de financement puis on veut
absolument que ces organismes-là fassent
les travaux nécessaires pour éviter que le fédéral cesse de payer sa
contribution dans cette rénovation-là. Alors, lorsqu'on envoie à chaque office son budget... Puis c'est en fonction
des besoins aussi. Ils ont des bilans de santé comme dans AccèsLogis, et on regarde qu'est-ce qu'il y a
à faire et la vitesse que ça doit être fait. Et là, bien, c'est sûr que,
lorsqu'ils doivent aller en appel d'offres et... bien, les plus petits
offices ont plus de difficultés.
M. Laframboise : Puis c'est pour ça que vous allez nommer un gestionnaire indépendant,
qui, lui, va s'occuper de faire ça.
C'est un peu ça, le principe, de dire : Bon, bien, il va y avoir quelqu'un
qui va le faire de toute façon; nous, on veut que ça se fasse là, et
tout ça, là? C'est ça, le principe, là? Parce que c'est ce qu'on dit, là. La
«personne ainsi désignée», vous allez nommer
quelqu'un qui va faire le suivi. Puis là vous sentez le besoin parce que,
justement, là, ça s'étire dans le
temps, et la fin de ces ententes-là avec le fédéral, là, ça doit débouler, là,
probablement, hein, c'est... À un moment
donné, là, il y a toujours un délai, dans la vie, où, là, oui, on peut, puis
après ça, bien, on n'a pas le choix, parce que sinon ça va arriver trop
vite, là. C'est un peu ça, le principe? C'est ça?
Mme Marcoux
(Guylaine) : Vous avez tout à fait raison.
Laframboise : Parfait. C'est bon. Moi, je vais donner mon appui.
Le Président (M.
Auger) : D'autres interventions sur l'article 71 tel qu'amendé?
S'il
n'y a pas d'autre intervention, je vais le mettre aux voix. Est-ce que
l'article 71, tel qu'amendé, est adopté?
Le Président (M.
Auger) : Adopté.
Le Président (M.
Auger) : Sur division? Sur division.
Article 72. M.
le ministre.
M. Coiteux :
Oui. Je suis en train de juste me retrouver dans mes documents, j'y arrive.
C'est ici, là?
L'article 92 de cette loi est modifié par le remplacement de «Les» par
«Sous réserve de l'article 68.13, les».
Alors,
en fait, l'article 72 du projet de loi modifie l'article 92 de la Loi
sur la Société d'habitation du Québec afin de permettre à la société
d'affecter les contributions versées en vertu de programmes d'habitation aux
fins prévues à l'article 68.13 proposé
par l'article 71 du projet de loi. Il s'agit d'une modification de
concordance avec les dispositions proposées par l'article 71.
Président (M. Auger) : Merci. Des interventions sur l'article 72?
Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Poirier :
Je veux juste mieux comprendre, là. Je sais que c'est bien technique, là, mais
juste mieux comprendre.
M. Coiteux :
C'est légistique, là, c'est pour ça que je vais laisser une notaire... Me
Marcoux.
Le Président (M.
Auger) : Mme Marcoux.
Mme Poirier :
Entre les notaires, oui.
Mme Marcoux (Guylaine) : Oui, c'est ça. Écoutez, c'est vraiment,
effectivement, légistique, et c'est parce qu'à l'article 92 de la
Loi sur la Société d'habitation c'est prévu que
«les revenus et contributions versés à la société ainsi que les sommes
recouvrées par la société à
titre de remboursement [de] prêts qu'elle a
consentis, doivent être affectés au remboursement des emprunts». Alors, on veut
éviter ici, justement, que l'argent du fonds d'habitation serve à autre chose que ce qu'on va déterminer avec les
contributeurs, et, sans modifier l'article 92, bien, on pourrait être
obligés de rembourser la SCHL pour
des prêts, d'appliquer ça à autre chose que ce qui serait déterminé. Donc,
c'est vraiment pour éviter que cet
argent-là aille ailleurs, justement. C'est pour être sûrs que ça va être selon
les fins qu'on va déterminer avec les trois contributeurs.
Le Président (M. Auger) : Mme la
députée.
Poirier : Bien, justement. Puis je comprends l'intention,
je n'ai pas de problème, mais, pour être certains que les sommes puissent, justement, être dévolues
aux projets pour lesquels elles sont issues, je vais le dire comme ça, il n'aurait pas fallu l'attacher dans 68.13,
justement, pour s'assurer que les sommes qui sont versées dans le fonds servent
justement aux projets qui ont financé le
fonds exclusivement, parce que tel est l'objectif du fonds, et non pas de faire
autre chose avec le fonds?
Le Président (M. Auger) :
Mme Marcoux.
Marcoux (Guylaine) :
Effectivement. Et c'était l'objectif
lorsque l'article 68.13 a été déposé, au départ, effectivement,
que ça serve uniquement pour les immeubles faisant l'objet d'un accord.
Par contre,
ici, étant donné qu'on va faire de la cogestion et que ce sera
avec une négociation avec les trois contributeurs ou autres
personnes, c'est dans le décret qu'on va venir l'attacher. Mais soyez assurés
que c'était le but, de l'attacher, puisqu'à
68.13 on venait dire que c'était dans l'intérêt et au bénéfice des organismes
avec qui on était liés avec un accord.
Poirier : Oui, mais
un organisme peut avoir des projets AccèsLogis, je veux bien, mais il peut
avoir des projets avec d'autres
fonds, en tant que tel. Donc, on pourrait venir contribuer par le fonds
à ces organismes-là qui sont membres de ces regroupements-là pour d'autres
fins.
Marcoux (Guylaine) : Ça fera
partie des négociations avec les contributeurs. Et le but est vraiment
d'utiliser ces sommes pour les
immeubles qui ont été créés par les programmes Logement abordable, Achat-réno et AccèsLogis,
et le but, c'est vraiment
de les utiliser pour aider les organismes en difficulté ou pour aider les
organismes qui ont besoin de faire des travaux mais qui n'en ont pas les
moyens.
Poirier : Et autre
chose, parce que vous laissez la porte toute grande ouverte par ce
qui est là, là. Parce que, quand on dit «...verser une aide financière dans
le cadre d'un programme visé à l'article 68.12», puis 68.12, ça dit :
«...d'un programme d'habitation de la
Société [d'habitation]», ça ne le nomme même pas, AccèsLogis, ça peut être
n'importe quel. Vous pouvez... Demain matin, vous décidez d'en nommer un
nouveau, ça permet de le faire.
Alors, la
porte est toute grande ouverte. Alors, c'est pour ça que moi, j'ai un problème,
en nommant 68.13, parce que 68.13
réfère à 68.12, qui, lui, dit : «...en vertu d'une disposition d'un
programme d'habitation de la société...» Vous m'avez dit que c'était Achat-réno. Je veux bien, mais ça peut être
n'importe quel programme que vous allez créer dans le futur, et vous pourriez prendre l'argent du
fonds pour un programme d'habitation de la société qu'on ne connaît pas présentement. Je n'ai pas d'assurance,
actuellement, qu'elle va servir aux trois objectifs que vous venez de me nommer,
Achat-réno, LAQ et AccèsLogis. Je n'ai aucune garantie.
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
M. Coiteux : Bien, ça va se faire
avec les trois contributeurs, là, c'est ce qu'on a mis dans l'amendement tout à
l'heure. Ce n'est pas le gouvernement qui décide tout seul, il va être en
cogestion.
Poirier :
L'article est très clair, là : «Ces
contributions peuvent également être utilisées par la société aux fins de verser une aide financière dans le cadre
d'un programme visé à l'article 68.12.» Puis 68.12, c'est un programme
d'habitation de la société.
Alors, si la
SHQ décide... Alors, si le gouvernement décide d'avoir un nouveau programme, il
pourra aller chercher l'argent, parce que c'est la SHQ qui va gérer
l'argent.
Coiteux : Mais le fonds est cogéré par le gouvernement et les trois
contributeurs. Donc, il s'agit de travailler ensemble pour trouver les
meilleures solutions.
J'entends la
théorie, là, du chèque en blanc, mais ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Et
l'amendement était clair à cet effet-là, qu'on a adopté tout à l'heure.
Poirier : Donc, est-ce que le ministre peut nous garantir que
l'argent qui est dans le fonds va servir au LAQ, à AccèsLogis et à
Achat-réno exclusivement?
Le Président (M. Auger) : M. le
ministre.
Coiteux : Bien, ce que je peux garantir, c'est qu'on a l'intention de
travailler avec les partenaires pour définir les modalités. C'est pour ça qu'on veut procéder par décret. On va
travailler avec eux. On doit travailler avec eux et négocier avec eux.
Poirier : Donc, actuellement, les gens qui habitent dans une
coop et qui voient leur hypothèque renouvelée vont contribuer peut-être, on ne sait pas, à des programmes qui ne les
concernent absolument pas. C'est les citoyens qui vont payer les prochains programmes d'habitation
sociale, c'est ça que le ministre est en train de dire, là. C'est grave,
M. le Président, parce qu'une personne qui
reste dans une coop, en principe, il n'est pas bien, bien riche, là, on
s'entend, puis, lui, on va refinancer
son immeuble, on va lui demander de repayer à 100 % son immeuble, après
10 ans ou 15 ans, et cet argent-là qui a
été versé dans le fonds de 100 millions pourra être utilisé par le
ministre pour créer un nouveau programme
d'habitation sociale mais qui ne servira pas du tout à rénover l'immeuble dans
lequel les gens sont, là, et qu'ils auront
peut-être à aller chercher éventuellement une autre hypothèque pour payer leurs
propres rénovations, même s'ils vont avoir refinancé à 100 % leur
immeuble. C'est ça, le danger.
Moi,
je veux la ceinture puis les bretelles. Je veux être assurée que l'argent que
les citoyens qui habitent les coops et
les OSBL... quand on va refinancer leur immeuble, bien, que cet argent-là va
servir à ces personnes-là, pas aux voisins à qui on va construire un
building à côté.
Le Président (M.
Auger) : Mme Marcoux, M. le ministre.
Coiteux : Bien, juste... Et peut-être je demanderai à Mme Marcoux
d'apporter un complément d'information, mais, le type d'assurance, c'est-à-dire on nomme des programmes, puis
c'est ces programmes-là, puis c'est juste ça, bien, quand le fonds a été créé, ça n'existait pas non
plus, cette assurance-là, parce que le fonds pouvait décider autrement aussi.
Le Président (M.
Auger) : Un complément, Mme Marcoux?
Mme Marcoux (Guylaine) : Bien, effectivement, lorsque le fonds a été créé, un des principes,
c'était d'aider les organismes en difficulté,
d'aider les organismes qui avaient besoin de faire des rénovations avec des
prêts, mais aussi de faire des
nouveaux AccèsLogis ou des nouveaux projets. C'était prévu, ça, au départ, avec
le fonds, alors il n'y avait pas plus d'assurance qu'il n'y en a aujourd'hui.
Mais
nous, on est venus dire que c'étaient ces programmes-là, ces trois programmes-là.
C'est sûr qu'ils ne sont pas
textuellement écrits là, mais c'est ceux qu'il y a déjà des
fonds d'habitation. Et, par exemple, s'il y
aurait un nouveau programme
AccèsLogis 2.0 ou autres, puis qu'il
y avait encore cette obligation-là de
contribuer au fonds d'habitation, bien,
c'est certain que les trois contributeurs vont encore être là, parce que
c'est le même fonds. Donc, c'est vraiment avec les trois
contributeurs qu'il y aura à déterminer comment ça va être utilisé, les
modalités, puis à quoi ça doit servir. Et le plus possible ça doit servir effectivement
à ce qui était déjà prévu pour le fonds d'habitation, c'est le but.
Poirier : On sait qu'actuellement, M. le Président, il y a un projet de nouveau fonds d'habitation qui
existe, qui est Permaloge, et qui viendrait peut-être mettre à contribution
la SCHL. Est-ce que la SCHL pourrait être un des partenaires qu'on va inviter
autour de la table éventuellement?
Mme Marcoux (Guylaine) : Pour l'instant, non. Alors, je ne vois pas
pourquoi ce serait un contributeur.
Mme Poirier :
Bien, il pourrait...
Mme Marcoux (Guylaine) : Il apporte de l'aide financière autrement, mais
il ne contribue pas nécessairement à un fonds, alors je ne vois pas comment
il pourrait être... il ferait
partie des gestionnaires.
Coiteux : Ce n'est pas
envisagé, là, c'est des choses différentes, là. Là, on parle ici de la
cogestion de ce qui était avant
dévolué à un fonds, qui n'a pas pu le faire, là, finalement, puis on se dote
d'une gouvernance différente qui va être plus efficace. C'est ça, le but
de l'opération.
Maintenant,
le futur des programmes partagés avec la SCHL, tout ça, c'est en dehors
de ce qu'on est en train de faire ici, là.
Poirier : Bien, pas nécessairement,
parce que la formule
Permaloge permet de faire de
l'AccèsLogis. C'est juste le financement qui est différent.
Coiteux : Mais il n'est pas
envisagé que la SCHL devienne cogestionnaire de... Ce n'est pas ça qu'on a dit dans
l'amendement tout à l'heure, là, il n'y a pas de visée de cette nature-là.
Mme Poirier :
Est-ce qu'on pourrait donner une garantie, une forme de garantie que les
immeubles... Parce qu'il y en a encore, on
l'a vu dans la lettre qui nous a été adressée, il y en a encore, des projets
qui n'ont pas eu de bilan de
santé — je n'ai
toujours pas la réponse sur le nombre d'immeubles. Alors, il y a des gens qui
n'ont pas eu de bilan de santé, pour
lesquels l'hypothèque a été renouvelée. Est-ce qu'on peut s'assurer qu'avant de
dévoluer les sommes à d'autres fins
l'on puisse s'assurer que, sur l'ensemble des immeubles qui sont actuellement
contributeurs au fonds, les bilans de santé seront effectués, et qu'ils
seront priorisés dans l'attribution des fonds? Est-ce qu'on peut au moins
prendre cet engagement-là?
M. Coiteux :
Bien, l'engagement qu'on va prendre, c'est de travailler avec les partenaires,
justement, pour établir ces priorisations-là. C'est avec eux qu'on va
travailler.
Poirier : Mais moi, je pense à ceux qui paient leur loyer tous
les mois, à l'ensemble de ceux qui paient...
Coiteux : Et c'est précisément parce qu'ils étaient mal servis par la
gouvernance et la structure précédentes qu'on apporte les modifications.
Mme Poirier : Il y
en a peut-être qui ont été mal servis, selon ce que dit le ministre, mais il y
en a quand même, et Mme Marcoux vous le nommait... il y a des
chèques qui ont été remis à partir du fonds. Donc, il y a des choses qui fonctionnaient. Il y en a peut-être qui
fonctionnaient moins bien, mais il y en avait qui fonctionnaient. Il y a des groupes qui ont réussi à avoir des chèques à partir du fonds, là, parce qu'il
y a quand même... sur le nombre, c'est 400 quelques... sur 468, il y a quand même plusieurs
projets qui ont, quand même, reçu des remboursements, en tant que tel, là, de leurs frais, là.
Alors, il y en a que ça a fonctionné, là, on ne peut pas dire que tout était
mauvais, là.
Coiteux : Regardons les
choses de la manière suivante : Tout n'a pas été parfait, mais il y a beaucoup
de choses qui devaient être faites
par le fonds qui n'ont pas pu être faites, puis il y a eu des organismes
en difficulté à cause de ça qui ont dû être aidés par la
SHQ. Donc, ce n'est pas vrai que la SHQ n'a pas joué son rôle, là.
Est-ce que dans les cas qui ont été soulevés tout
à l'heure les choses auraient pu être améliorées? Bien sûr. La question des institutions financières qui procèdent
de la façon dont ils ont procédé, tout à l'heure, c'est inacceptable, là,
ça a été dit. Mais la SHQ a travaillé avec
les organismes en difficulté puis a souvent pallié à la difficulté de
gouvernance du fonds. Alors, on est là pour travailler pour s'assurer
que le futur soit meilleur que le passé.
Poirier : Mais est-ce qu'il pourrait y avoir un engagement de
pris que tous les bilans de santé seront faits avant de pouvoir disposer
des sommes pour lesquelles ces unités-là ont contribué?
Coiteux : Je répète ce que j'ai dit là-dessus, là : On n'a pas
l'intention de déterminer les règles unilatéralement, on a l'intention
de travailler avec les trois partenaires pour le faire.
Poirier : M. le Président, les règles, c'est celles qui
existent actuellement dans la convention puis qui n'ont pas été respectées par la SHQ. Est-ce qu'au moins
la SHQ peut respecter les règles qui étaient les siennes et effectuer les
bilans de santé? C'est juste ça que je
demande. Est-ce qu'on peut effectuer les bilans de santé avant de disposer des
sommes?
Coiteux : On veut passer d'un modèle précédent à un nouveau modèle
dans lequel ce ne sera pas le fonds avec sa gouvernance d'antan, ça va