Culture and Education — 4 December 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CCE 2019-12-04
Quebec — Committees
La Présidente (Mme Guillemette) :
Merci, M. le secrétaire. Donc, lors de l'ajournement de nos travaux hier, nous en étions à l'étude d'un sous-amendement de Mme la députée de Saint-Laurent à un amendement de M. le ministre relativement à l'article 1 du
projet de loi. Mme la députée de Saint-Laurent, est-ce qu'il y a
d'autres interventions?
Mme Rizqy : Bonjour, Mme la
Présidente. Évidemment qu'il y a d'autres interventions...
La Présidente (Mme Guillemette) :
Je suis de retour.
Mme Rizqy :
Oui, on est contents, avec votre voix que vous avez retrouvée, en cette saison
de rhume et de grippe, on est très contents de pouvoir vous retrouver à
la présidence.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Moi également. Merci.
Mme Rizqy : Alors, hier, juste
pour rectifier quelque chose à la question du ministre, il m'a posé la
question : Est-ce que l'amendement visait aussi les écoles 240? Non, pas à
ce stade-ci. Alors, évidemment, là, juste pour ceux qui se joignent à nous,
ici, on veut vraiment prioriser le milieu de vie des élèves et vraiment
favoriser la vie de quartier. Alors,
j'espère que le ministre a réfléchi un peu, beaucoup durant la nuit, et
qu'aujourd'hui il y a probablement un terrain d'entente qu'on pourrait
trouver, un terrain limitrophe d'entente.
La Présidente (Mme Guillemette) :
M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, Mme la Présidente, bonjour. Bonjour, les collègues. J'ai bien relu le
sous-amendement — oui,
c'est ça — proposé par la collègue, et je pense que la
notion de réserver une place pour les enfants qui sont plus près de l'école
ou qui sont sur le territoire, c'est quelque
chose auquel on est sensible — d'ailleurs, c'est plus loin, c'est à
d'autres endroits dans la loi et dans
le projet de loi — mais je
ne pense pas que ça doit aller à cet endroit pour définir la capacité
d'accueil.
Vous savez, si on a un restaurant, on a un
nombre de places pour définir la capacité d'accueil du restaurant, donc la capacité de servir des gens. Évidemment,
il y a les mètres carrés, il y a le nombre de chaises, il y a le nombre de
tables. Il n'y a pas juste ça. La
capacité d'accueil, c'est le personnel qu'on a pour être capable de servir les
gens, autant les gens qui servent aux
tables, mais aussi les gens qui sont en cuisine. Mais on ne pourrait pas
définir la capacité d'accueil en fonction du nombre de maisons autour du restaurant, de la proximité.
Techniquement, des gens pourraient faire des kilomètres pour se rendre à
un endroit.
Donc, je ne
pense pas que ça soit le bon lieu pour introduire la notion de proximité par
rapport à l'école, de l'inclure dans la capacité d'accueil, ce n'est pas à cet
endroit-là. Puis je rappelle qu'on en parle un peu plus loin, dans le 107 du
projet de loi n° 40, en fait,
qui arrive au 239 de la LIP, où on parle, ici, là, des «élèves dont le lieu de
résidence est le plus rapproché des locaux de l'école». Voilà.
La Présidente (Mme Guillemette) :
Mme la députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Moi, je
suis contente parce qu'il y a quand même une progression. Donc, le ministre
entend nos préoccupations concernant
le terrain limitrophe, il sait qu'effectivement c'est déjà à l'article 239,
mais pas de façon aussi, comment dire, mandataire, dans le sens
qu'effectivement 239, c'est possible, alors qu'ici l'amendement... le
sous-amendement, dis-je bien, bien, il vise vraiment que ça soit une
condition.
je suis contente qu'il fasse un parallèle avec la restauration. Prenons, par
exemple, les franchisés. Alors, les franchisés, évidemment, lorsqu'une
bannière de restauration rapide veut implanter un nouveau franchisé, bien, ils
vont respecter la capacité d'accueil, ils vont faire une étude d'impact pour
savoir... bien, si sur ce coin de rue j'ai déjà un Tim Hortons, on ne va pas en mettre un autre de l'autre côté.
Par contre, dans le cas des écoles, les écoles sont déjà présentes, on ne peut
pas les déplacer. Alors, ici, ça pourrait être très intéressant, pour la
capacité d'accueil, de respecter qu'on a déjà des écoles bien implantées avec des fondations coulées au
béton et que, là, par conséquent, la capacité d'accueil, effectivement, doit tenir
compte, bien, du bassin de population limitrophe, ceux qui habitent déjà dans
le quartier.
La Présidente
(Mme Guillemette) : M. le ministre.
M. Roberge :
Bien, écoutez, Mme la Présidente, je comprends l'argumentaire de ma collègue,
mais, encore une fois, je ne pense pas que cette notion-là fasse
partie d'une
définition de qu'est-ce qu'on entend quand on parle de capacité d'accueil. Je
pense que c'est à un autre endroit. D'ailleurs, c'est déjà à un autre endroit.
Mme Rizqy :
Mais vous êtes d'accord qu'il y aurait de la cohérence?
M. Roberge :
Bien, je ne suis pas d'accord avec l'amendement tel qu'il est formulé.
Mme Rizqy :
Au niveau de la cohérence, vous êtes d'accord que ça serait cohérent, quand
même, avec l'esprit de 239, où est-ce
qu'on parle, quand même, des terrains, les milieux de vie et vraiment du lieu
de résidence des élèves pour rapprocher l'école et l'élève de son quartier, parce qu'on a toujours favorisé, au
Québec, quand même, la vie de
quartier puis d'avoir des écoles de
quartier. Ça, c'est quelque chose, un objectif que... j'imagine que le ministre
ne veut pas s'éloigner de cet objectif de société que nos élèves, nos enfants
aillent à l'école la plus proche du milieu de vie, de leur maison.
M. Roberge : Bien, Mme
la Présidente, la cohérence, ce n'est
pas de répéter certains principes deux, trois, 15, 20 fois, un peu partout, à chaque fois qu'on peut, les
principes qu'on trouve importants, on les insère à plein d'endroits dans le
projet de loi, même si ça n'a pas vraiment de lien avec l'article, on va
le mettre, en cohérence avec le fait qu'on le met ailleurs. Je ne pense pas que
c'est une bonne façon de voir une cohérence législative. La cohérence
législative, c'est d'énoncer les principes
aux bons endroits et de s'assurer ensuite de ne pas les contredire ailleurs, ce
n'est pas de répéter à plein d'endroits des éléments de principe. Ça,
c'est de la redondance.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Vous pouvez y aller.
Mme Rizqy : Toutefois, M. le ministre, comme je l'ai
déjà mentionné, l'article 239, paragraphe deux, n'a pas autant de mordant que mon sous-amendement. Allons le
lire : «...dans la mesure du possible, aux élèves dont le lieu de
résidence est le plus rapproché des locaux de l'école.»
il faut lire 239 au moment actuel, c'est-à-dire qu'en ce moment il y a déjà des
commissions scolaires que les enfants et
les parents choisissent une école dans leur milieu de vie, alors, par exemple,
dans une seule et même commission scolaire. Maintenant, votre projet de loi,
bien, la notion de territoire disparaît, en quelque sorte. Alors, oui, ce
sous-amendement-là s'inscrit dans un
objectif plus grand, c'est de s'assurer que l'esprit du législateur, lorsque
239 a été rédigé, qui veut favoriser les milieux de vie et les écoles de
quartier, bien, soit encore respecté. Parce qu'il me semble que ça demeure un
objectif des Québécois d'avoir des vies de
quartier puis des écoles de quartier. À moins que vous nous annonciez aujourd'hui
une nouvelle orientation ministérielle.
M. Roberge :
Je ne fais pas une annonce dans ce sens-là aujourd'hui.
Mme Rizqy :
Donc, vous souhaitez maintenir l'objectif des écoles de quartier?
M. Roberge : Donc, Mme
la Présidente, la plupart du temps,
les élèves du primaire, particulièrement, fréquentent l'école de quartier. Pour ce qui de l'école
secondaire, on fréquente l'école qu'on appelle l'école de bassin. Maintenant,
est-ce qu'on doit contraindre ça tout le temps? Non, il faut qu'on
privilégie ça. C'est que ce que dit le 239. Mais ce n'est pas tout le temps possible, malheureusement, quand les
écoles ne sont pas suffisamment grandes, n'ont pas été suffisamment agrandies
dans les dernières années ou qu'on n'a pas assez construit d'écoles, bien, dans
les dernières années, ça force, malheureusement, une mobilité qui n'est pas
souhaitable.
Mais
ce n'est pas de ça dont on parle ici, et je reviens sur le fait que ce n'est
pas vrai qu'on élimine, ou qu'on bafoue, ou que... je ne sais pas quel autre terme peuvent utiliser mes collègues, la
notion de territoire. Il faut bien comprendre, là, ce que fait l'article 1, en ce moment, c'est
qu'il dit qu'il y a le territoire d'origine, là où l'élève est, et d'habitude,
bien sûr, il fréquente une école du
territoire d'origine, et il y a le territoire d'accueil, si jamais les parents
souhaitent inscrire leur enfant dans une école d'un territoire voisin.
Pour
ce qui est du territoire d'origine, l'article 1 précise que les parents
pourraient faire le choix de dire : Bien, nous, on va faire une demande sur un territoire voisin.
Donc, on ne contraint plus les parents à dire : Vous ne devez choisir que
parmi les écoles de votre territoire. Pour ce qui est du
territoire d'accueil, c'est entier. D'aucune façon c'est bafoué, diminué,
attaqué ou je ne sais pas quel autre
mot on pourrait prendre. Les centres de services scolaires doivent donner la
priorité aux élèves de leur territoire, puis on n'a pas besoin de
l'amendement de ma collègue pour ça.
La Présidente
(Mme Guillemette) : Merci. Mme la députée de Westmount—Saint-Louis.
Mme Maccarone :
Oui, merci, Mme la Présidente. J'aimerais donner un exemple concret de
qu'est-ce qui arrive quand on n'a pas de territoire, juste pour alimenter la
conversation que la députée de Saint-Laurent a eue avec le ministre.
Mais, avant de
débuter, le ministre, hier, m'a demandé combien d'élèves que
Sir-Wilfrid-Laurier recevait, parce qu'on
parlait d'un départ de 650 élèves sur un bassin de 13 000 élèves,
puis c'est six. Vous vouliez savoir combien, c'est six. Ce n'est vraiment pas nombreux, on se comprend, parce qu'eux,
ils n'ont pas de projets particuliers, ça fait qu'ils sont en compétition pour protéger la base. Et, quand on
parle de protéger la base puis qu'est-ce que nous avons comme offre de services pour la base, à Laval, pour
Sir-Wilfrid-Laurier, le territoire, pour les écoles secondaires, il y en a
juste un, c'est l'île.
Puis
de la façon que ça fonctionnait dans le passé, il y avait deux écoles juniors
puis deux écoles séniors, il y a seulement
deux bâtisses. Nous ne choisissons pas où elles sont placées, nos écoles.
Souvent, elles sont juste données, cédées. Le ministre ou le ministère disent : Bien, voilà, vous avez besoin
d'une bâtisse, ça va être là. Dans ce cas ici, les bâtisses, le junior, sénior étaient hébergés dans la même bâtisse. Ça
fait que deux écoles dans une bâtisse, deux écoles dans une autre bâtisse, 900
mètres de distance entre les deux, ça fait que moins d'un kilomètre, ça fait
que les élèves sont en mesure de marcher d'une bâtisse à l'autre. Puis la zone, c'est l'île, ça fait qu'on n'a
pas vraiment de territoire, ça fait qu'on avait le choix de parent.
Ce qui est arrivé, à
travers les années, c'est une perception dans la communauté qu'il y avait une
école junior puis une école sénior qui
étaient supérieures que l'autre. Il y avait une offre de services qui était un
peu différente une envers l'autre. Ce
n'étaient pas des écoles 240, ce n'étaient pas des écoles à projets
particuliers, elles avaient toutes les deux des services qui étaient offerts aux élèves. Les parents ont fait les
choix. Les élèves eux-mêmes ont adopté une perception que ça, cette
école-là, ce n'est pas bon, c'est plein de méchants, moi, là, je veux envoyer
mon enfant à cette école-là. Puis parce
qu'il n'y a pas de territoire, parce qu'il n'y a pas de zone, parce qu'on
n'avait pas de manière de dire : Non, nous, là, on va plutôt améliorer l'école A et B pour
s'assurer qu'il y a une pérennité pour ces deux écoles-là... Étant donné qu'il
y a juste une distance de 900 mètres envers une bâtisse et l'autre, ils ont
fait des tirages de noms d'élèves, il