Labour and the Economy — 5 November 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CET 2015-11-05
Quebec — Committees
Mme Doré
(Michelle) : Merci, M. le Président. Mmes, MM. les parlementaires, Mme la ministre. Mon nom est Michelle Doré, je
suis présidente de l'association des hôteliers de la région de Québec.
À mes côtés, MM. Gilles Marier, directeur général,
Hôtel & Suites Normandin, et Thibaut Godicheau, directeur général
de l'Hôtel Champlain. Tous deux sont membres
de notre conseil d'administration. Et vous avez aussi Mme Natasha Desbiens,
qui est directrice générale de
notre association.
L'AHRQ parle
au nom de près de 90 % des hôteliers de la capitale, nous sommes le
principal et seul interlocuteur de
l'hôtellerie à Québec. Depuis des années, l'ARHQ fait de la lutte à
l'hébergement illégal sa priorité. Nous savons de source sûre que chaque
soir environ 450 chambres sont disponibles illégalement à la location
uniquement dans le Vieux-Québec.
450 chambres, c'est plus gros qu'un hôtel de la taille du Concorde. C'est
un hôtel de cette taille qui se remplit illégalement au vu et au su de tous,
sans payer de taxe, sans déclarer ses revenus, sans contribuer à promouvoir
la destination, sans garantir la sécurité de
ses occupants, sans être imputable si le produit annoncé ne concorde pas avec
le produit affiché. Bref, cette concurrence
illégale et déloyale, nous la voyons depuis des années dans le Vieux-Québec.
Nous
applaudissons plusieurs éléments du projet de loi n° 67. Mme la ministre,
nous vous remercions sincèrement d'avoir eu le courage de déposer ce
projet de loi. Au Québec, en ce sens, nous sommes des précurseurs.
Tout d'abord,
nous croyons que l'obligation pour quiconque loue une chambre de façon commerciale...
l'obligation d'obtenir et d'afficher une attestation de classification
réglera plusieurs problèmes. Jusqu'à ce jour, ces chambres et condos loués illégalement ne répondaient à aucune
exigence formelle. Maintenant, les locateurs devront le faire ou en
subir les conséquences. Merci de faire en sorte que nous soyons tous sur la
même patinoire.
Selon nous,
le projet de loi fera en sorte aussi, par ses dispositions sur la publicité et
l'affichage, qu'il sera difficile pour
les illégaux de s'afficher, de trouver leur marché. Si le simple fait de
publiciser sa chambre est un élément de preuve et que tous les établissements doivent être classifiés, il devient
particulièrement difficile pour les illégaux de demeurer dans
l'illégalité.
Pour ceux qui
auraient la tête dure, et Dieu sait qu'il y en a, les amendes aux contrevenants
pourront atteindre 50 000 $
ou 100 000 $ par infraction, en plus d'être multipliées deux ou trois
fois pour les récidivistes. Honnêtement, il s'agit là sans l'ombre d'un
doute d'éléments fort dissuasifs.
Enfin, certains articles du projet de loi
abaissent le fardeau de la preuve nécessaire pour émettre des constats d'infraction. En présumant a priori du lien entre
un établissement et son propriétaire ou entre un employé et son entreprise,
vous rendez le travail de l'inspecteur réaliste, vous réglez le problème.
Encore une fois, Mme la ministre, merci.
Bien que
notre satisfaction soit grande envers le projet de loi n° 67, cela ne nous
empêche pas d'avoir à l'esprit des
éléments qui, selon nous, pourraient être bonifiés. Nous insistons cependant
pour préciser que ces suggestions sont faites dans un esprit le plus
constructif possible.
Jusqu'à hier, lors de sa publication dans la Gazette
officielle , le projet de règlement à propos de la notion d'établissement touristique restait à être connu.
Aujourd'hui, nous pouvons nous prononcer plus fermement à ce sujet. Le nouveau règlement propose de définir un
établissement d'hébergement touristique en utilisant les critères suivants,
comme vous le savez : location
contre rémunération à des touristes sur une base régulière dont la
disponibilité est rendue publique. Le critère de la base régulière sera dans les
faits, selon nous, cependant indéfinissable et rendra le règlement et la loi
qui le soutiennent à toutes fins
utiles inapplicables sur cet aspect. Qu'est-ce qu'une base régulière? Est-ce
trois fins de semaine par année? Est-ce tous les étés? Est-ce une fois
aux cinq ans?
L'absence de critère objectif
causera une série de maux de tête aux enquêteurs et rendra leur travail particulièrement pénible, voire même infaisable, tel que prévu actuellement. Les projets de loi et de règlement n'empêcheront nullement, selon nous, l'hébergement illégal. C'est pourquoi
nous vous proposons le retrait total de cette notion de base régulière.
La définition serait donc, si jamais on peut le voir : location contre rémunération
à des touristes dont la disponibilité est
rendue publique. Cette nouvelle définition ferait en sorte que quiconque loue
une unité à des touristes devrait obtenir une attestation de classification. Ce fardeau devra cependant être
relativement allégé afin de ne pas embourber l'appareil gouvernemental. Toutefois, selon nous, ce fardeau
administratif est préférable à l'autre fardeau, c'est-à-dire de démontrer
qu'est-ce qu'une base régulière. Si le
règlement est maintenu tel que proposé dans la Gazette , il ouvre la
porte à une série de contestations
devant les tribunaux qui prendront des années, maintiendront l'immobilisme
actuel et ne feront que profiter aux illégaux, qui ne manqueront pas de
fonds pour se rendre en cour.
Toutefois,
cela étant dit, il ne faut absolument pas léser les Québécois qui
souhaiteraient louer leur propre maison dans des circonstances exceptionnelles, des circonstances comme
lorsqu'ils quittent leur résidence principale pour être touristes à leur tour, des circonstances comme
lorsque l'offre hôtelière ne suffit pas à la demande. C'est pourquoi nous
croyons que des exceptions à la règle que
nous venons de suggérer pourraient être créées, nous croyons qu'il existe des
critères objectifs pour encadrer ces
exceptions. Est-ce que la résidence, c'est la résidence principale du locateur?
Habite-t-il sur place pendant la location? Ou on peut aussi penser à un
nombre de jours qui serait le seuil à ne pas franchir, à San Francisco, lieu de
naissance d'Airbnb, le seuil proposé était de 75 jours, mais aussi on peut
penser facilement à d'autres exceptions
établies par voie de règlement, de nature géographique, par exemple, mais sans
tomber dans des critères mur à mur.
En faisant
entrer les illégaux dans le rang, le gouvernement va accroître de façon
significative le nombre d'établissements
autrefois illégaux qui auront besoin d'être inspectés et classifiés. De plus,
pour être prises au sérieux, ces
nouvelles règles ne peuvent pas être respectées plus tard. À notre sens, pour
marquer le changement de ton envers les
illégaux, les nouvelles contraintes doivent se faire sentir rapidement, sinon
elles risquent de perdre leur effet dissuasif.
Comme le
simple fait de se publiciser devient dorénavant un élément de preuve vers un
établissement commercial, nous sommes
d'avis que chaque attestation doit être accompagnée par un numéro, et nous
croyons que ce numéro devrait obligatoirement
être affiché dans toute forme de publicité. Ainsi, la conformité serait
apparente et transparente pour le consommateur, et les publicités non
conformes seraient d'emblée un élément supplémentaire pour les enquêteurs.
Conjointement
à cette obligation, nous croyons qu'un répertoire bilingue des attestations
devrait être créé et mis à la
disposition du public. Ainsi, tout internaute, de l'enquêteur expert au
touriste néophyte, pourra facilement s'assurer que la chambre qu'il s'apprête à louer est conforme et déclarée à
l'État. Et, s'il choisit d'aller vers l'illégalité, bien il le fera en
sachant ce qu'il fait.
J'aimerais
juste, Mme la ministre, vous parler d'un enjeu, un autre enjeu majeur qui est
les agences de voyages en ligne. Je
me permets ici de faire une digression. Dans le mémoire que nous avons déposé,
vous avez beaucoup d'information à ce sujet, nous aimerions pouvoir
ultérieurement en parler avec vous.
Et donc, avant de prendre des questions,
j'aimerais simplement vous rappeler nos recommandations. Nous sommes en faveur du projet de loi n° 67 et
nous l'applaudissons dans la mesure où la notion d'établissement d'hébergement
touristique est redéfinie et surtout
explicitée de façon à rendre le règlement applicable. Nous recommandons le
retrait de la notion de base régulière et de prévoir les exceptions par
règlement. Nous recommandons la création d'un numéro d'attestation à affichage
obligatoire et la création d'un répertoire public correspondant.
Merci de votre attention. Et nous sommes ouverts
à toute question.
Le Président (M. Hardy) : Je vous
remercie pour votre exposé. Nous allons entamer la période d'échange. Mme la
ministre, à vous la parole pour une période de 17 min 30 s.
Mme Vien :
Merci beaucoup, M. le
Président. Bon... Je vais utiliser un anglicisme que tout le
monde comprend bien au Québec, bon
matin. Je suis heureuse de vous retrouver aujourd'hui. Mme Doré, merci
pour votre présentation, c'était
parfait, c'était excellent. Merci aussi aux gens qui nous accompagnent. Et j'en
profite pour vous remercier aussi pour tout le temps accordé, l'oreille
attentive que vous avez eue mais aussi cette participation active qui a été la
vôtre pendant tous les derniers mois que nous avons échafaudé ce projet de loi
là, revu ce règlement-là, vous avez été une personne
de très bon conseil. Alors, je vous en remercie, vous et votre brigade, alors
je serais bien reconnaissante que vous puissiez transmettre mes
félicitations.
Mme Doré,
je comprends que la notion de régularité, donc régulière, vous incommode, vous
place dans un inconfort, parce que
vous nous dites : Ça deviendrait inapplicable. Puis ce n'est certainement
pas ce qu'on vise, à l'effet que le projet de loi et son règlement ne puissent pas s'appliquer, là, ce n'est pas ça
qu'on cherche, bien évidemment. On veut que les gens qui font de l'hébergement sur une base commerciale pour... et qui
s'apparente et qui s'approche beaucoup de ce que font les hôteliers notamment... on souhaite bien que ces gens-là vivent
sur la même planète et jouent sur la même patinoire, et donc prélèvent
les taxes nécessaires et paient leur dû, aillent se chercher une attestation de
classification.
Vous savez en
même temps qu'un des principes qui me guident, et je pense que c'est un
principe qui guide les parlementaires
autour de cette table, de cette commission, c'est à l'effet de dire : On
ne veut pas jeter le bébé avec l'eau du
bain et on veut se garder une marge de manoeuvre. Puis du mur-à-mur, hein, au
fil des années, on se rend bien compte que
ça ne marche pas tout le temps, là, il faut... Puis, dans un domaine comme dans
celui de l'hôtellerie, de l'hébergement, ce n'est pas toujours blanc, ce n'est pas toujours
noir, tu sais, ça prend une espèce de zone, là, que chacun, chacune trouve
son petit terrain de confort. Alors,
évidemment, la préoccupation qu'on a, nous, à la commission, c'est de
dire : Comment on peut faire, en
même temps qu'on veut que tout le monde qui joue sur la même patinoire paie les
mêmes dus, mais qu'en même temps on
puisse laisser M., Mme Tout-le-monde, comme vous l'avez si bien soulevé,
pouvoir louer sa résidence, son chalet, son condo pour une période
déterminée en raison de circonstances...
Vous avez souligné...
qualifié ça d'exceptionnel, alors vous avez piqué ma curiosité. Ce que vous
nous dites aujourd'hui : Enlevez donc la notion de régularité.
j'en profite pour dire que ce qui nous... la commission, elle est tout à fait à
propos, là, parce que ça va nous permettre
justement de réfléchir à cette notion-là, et j'invite tous les groupes qui
auraient des réflexions à nous faire sur cette question-là, pour nous faire
avancer dans notre réflexion, de le faire. Je pense que le moment est bien
choisi, d'autant plus qu'on a déposé
notre règlement hier et qu'on est dans une période de consultation publique de
45 jours en ce qui a trait au règlement.
Vous parlez d'avoir
des critères, des objectifs très précis de circonstances exceptionnelles.
J'aimerais ça vous entendre plus avant sur
cette question-là. Si je comprends bien, on enlèverait... selon vous, il
faudrait enlever la notion de
régulière, de façon régulière, enlever ça de là mais plutôt prévoir au
règlement les exceptions qui feraient en sorte qu'on ne viendrait pas assujettir la dame ou le monsieur
qui loue, et à qui on ne demanderait pas de prélever les taxes, et qu'on
ne considère pas comme un hôtelier, par exemple.
Le Président (M.
Hardy) : Mme Doré.
Doré (Michelle) : Effectivement,
on s'est vraiment... Et, Mme la ministre, nous avons la même préoccupation
que vous et on veut être le plus juste et
équitable possible envers tous et envers même tous les Québécois qui
penseraient à arrondir, entre
guillemets, leurs fins de mois. Ce qui fait que nous, on voyait que quelqu'un
qui habite son condo et qui loue une
chambre pendant qu'il est là, pour nous, c'est faisable, et donc ça, ça peut
être... L'autre chose qu'on avait regardée, c'est : Est-ce que c'est la résidence principale du locateur? Parce
qu'il y a une notion aussi qu'on peut rentrer. Le fait que vous louez
votre chalet, vous n'y habitez pas, ça devient presque facilement commercial,
puisque le chalet peut être habité en tout
temps, mais quelqu'un qui loue sa maison pendant quelques
jours, pendant qu'il est à
l'extérieur, ou pendant une semaine parce qu'il est vraiment
en voyage, c'est sa résidence principale... On y mettait certains «guidelines»
qui sont comme ça, qu'on peut
ensemble réfléchir communément. On peut prévoir aussi d'autres... vous savez,
quand tous les hôtels sont pleins,
là, on peut penser aux Îles-de-la-Madeleine l'été, où tous les hôtels sont pleins, et finalement
on apporterait de la richesse en
permettant certaines choses parce
qu'il y a des restaurants, parce que
l'industrie touristique, ce ne sont pas seulement les
hôtels.
alors on veut vraiment moduler pour être capable, cependant,
à ne pas avoir une preuve à faire en cour, où il y a toujours... Ce n'est pas si facile que ça, parce qu'à partir du moment où on met la régularité
les gens vont se poser des questions.
Nous, ce qu'on dit, c'est : Obtenez une attestation, on va la mettre
facile à faire, à avoir, bien sûr, en parallèle et en collaboration avec les villes pour que, s'ils ont une
classification ou un numéro, c'est facile à repérer, et après ça on
s'occupera des vrais illégaux.
Le Président (M.
Hardy) : Mme la ministre.
Vien : Quand vous dites : Il faudrait qu'un des critères,
par exemple, fasse en sorte que la personne habite le lieu...
Mme Doré
(Michelle) : Ça peut.
Vien : Bien, O.K. Parce que, là, Mme Doré, je veux juste
qu'on soit tous conscients que vous nous apportez aussi des solutions,
mais lesquelles, par vous-même, sont déjà très nuancées. Ça fait que, tu sais,
il n'y a pas de... la solution n'est pas nécessairement très facile à trouver,
là, tu sais.
Mme Doré
(Michelle) : Non.
Vien : Chacune des solutions, je pense, qu'on pourra mettre sur
la table va apporter son lot de questionnements puis de zones grises, je pense que tout le monde est assez d'accord avec
ça. On essaie de trouver le terme ou la situation la plus juste possible
pour nous permettre de...
Mais, si vous me
dites... Est-ce que vous considérez... Quand vous dites : Il doit être
habité, ce lieu-là, est-ce qu'il doit être habité en même temps qu'il reçoit sa
visite?
Mme Doré
(Michelle) : Bien, Barcelone a pris cette solution-là.
Vien : Parce que, si c'est le cas, Mme Doré, un gîte, le
propriétaire est constamment là. Là, à ce moment-là, il est assujetti.
Alors, voyez-vous, déjà là, à sa face même...
Le Président (M.
Hardy) : Mme Doré.
Doré (Michelle) : Je comprends, je comprends, Mme la ministre, mais il
faut penser aussi qu'on se projette dans
le futur. Si vous avez vu, dernièrement, beaucoup de ces petits établissements...
Au Québec, il y a longtemps, il y avait des bed and breakfast, il y en avait partout. C'est comme une mode. Il
faut aussi penser qu'on est à une époque où l'Internet a changé beaucoup de choses, et les gens ont
changé leurs habitudes. Il est certain que les gîtes... Mais on peut, je pense,
encadrer par des règlements, vraiment par
des règlements certaines des questions qui sont là. La résidence principale, je
pense, est un des bons critères. D'être là
pendant la location peut aussi... Cependant, d'être là par la location mais de
n'avoir que, comment pourrais-je dire, une unité...
Mais, écoutez, je pense que ça vaut tout au
moins le mérite de penser à le faire et à se poser des questions, puisque justement on est à écrire un projet de loi
qui va être là pour les années futures, et à clarifier ce point de vue là.
Le Président (M. Hardy) : Mme la
ministre.
Mme Vien :
...d'ailleurs, le fait d'avoir mis la notion...
La définition revampée de l'établissement
touristique, on a mis ça dans le
règlement, hein, parce qu'un règlement, c'est plus facile à changer. Alors,
effectivement, tout ça peut très, très bien évoluer.
Mme Doré (Michelle) : Exact.
Mme Vien :
Vous avez parlé d'Airbnb, tout à l'heure. À San Francisco, il y a eu une
nouvelle cette semaine, là, il était
question, je pense, de considérer l'hébergement à partir... en tout cas de le
permettre jusqu'à 75 jours, de mémoire de femme, là, je...
Vous nous
avez dit tout à l'heure : Ce serait peut-être intéressant qu'on puisse
considérer un nombre de jours. Je pense avoir fait la démonstration très
succincte, hier, mais assez probante que, si on mettait un nombre de jours, on
venait peut-être, dans certaines régions, priver cette région-là du prélèvement
de la taxe sur l'hébergement. Donc, on solutionne peut-être d'un côté, mais on
vient créer un travers de l'autre.
Alors, ce
serait quoi, votre solution optimale pour un nombre de jours qui pourrait être
prévu? À quoi vous pensez quand vous nous dites ça?
Le Président (M. Hardy) :
Mme Doré.
Mme Vien : Ce n'est pas
facile, hein?
Mme Doré
(Michelle) : Non. Et c'est pour ça que je dis... Et c'est pour ça
qu'on demande peut-être, avant le dépôt total de la loi, avant... puisqu'on peut y aller par règlement, de se
repencher... Oui, on y a pensé, oui,
on a été prenants de tout le
processus, mais à la fin, des fois, si justement on ne veut pas jeter le bébé avec l'eau du bain,
on devrait peut-être se redéfinir à la lueur... Parce que
tout va vite, dans notre secteur, et on pourrait effectivement s'arrêter
quelques instants de plus pour arriver à... Parce qu'il y a des critères
aussi de nature géographique, écoutez, ce matin on a réfléchi à plusieurs choses,
on y a réfléchi dans les derniers temps, mais il y a toutes sortes de choses
que je pense qu'on devrait considérer. Et on ne veut pas non plus que les inspecteurs qui vont avoir à vivre avec
ces critères-là... On voudrait aussi qu'ils soient confortables avec ça.
Le Président (M. Hardy) : Mme la
ministre.
Mme Vien : Merci beaucoup, M.
le Président. Mme Doré, ce n'est pas facile, je le sais, ce n'est pas...
Mme Doré (Michelle) : Non.
Mme Vien : Vous êtes bien
bonne de répondre à nos questions un peu plus difficiles.
Tantôt, vous
avez soulevé qu'on pourrait peut-être aussi considérer dans les critères, bon, bien...
être plus souple, par exemple, quand dans une région les hôtels sont
pleins. On peut penser ici peut-être dans le temps du Carnaval, à Québec,
ou à Montréal dans le temps du Grand Prix de formule 1,
là, c'est assez compliqué de se trouver un hôtel. On dit même qu'il y a
du débordement au-delà de Montréal, ça va même jusqu'en Montérégie, à
Drummondville, etc.
Je vous ramène à ce que vous nous disiez. Quand
les hôtels sont pleins, par exemple, ça pourrait devenir un hébergement alternatif — là, ce sont mes mots à moi. La balise serait
quoi à ce moment-là? À 100 %? 90 %? 80 %? Puis comment on applique ça? L'interprétation que vous
en feriez, à ce moment-là, est-ce que c'est aussi compliqué que de
définir la notion de régulier? Comment vous voyez ça?
Mme Doré
(Michelle) : Bien, écoutez, les règlements... D'abord, je ne pense pas
que dans un cas comme ça on puisse faire du mur-à-mur. Ça,
c'est... Il faut d'abord combler ce qui se passe, combler la brèche qu'il y a
en ce moment. Et le règlement,
en ce moment, avec l'attestation, avec les amendes, avec la nouvelle
définition de «touriste», le nouveau règlement va nous aider à contrer
et à entrer dans le XXIe siècle.
Cependant, je pense que les règlements devraient
cibler des situations particulières. Quand vous parlez des Îles-de-la-Madeleine, c'est une situation particulière. Et je pense qu'on se doit de les
regarder, et il y en a plusieurs, tu sais,
tantôt on parlait des gens qui quittent leur résidence principale pour être
touristes à leur tour, de lorsque l'offre hôtelière ne suffit pas à la demande. Parce que
l'industrie touristique fait en sorte qu'on importe un
consommateur avec de l'argent neuf. Est-ce
que nous, les hôteliers, on ne doit
pas aussi être capables d'offrir une richesse collective en ayant un règlement qui pourrait tenir compte de ces situations
particulières?
Le Président (M.
Hardy) : Mme la ministre.
Mme Vien :
Ça va pour moi. Ça complète, M. le Président.
Le Président (M.
Hardy) : Ça va. Donc, nous allons passer aux députés de l'opposition
officielle.
Cousineau :
De Bertrand.
Le Président (M.
Hardy) : M. le député de Bertrand, vous avez
10 min 30 s.
Cousineau :
Merci, M. le Président. Alors, bonjour, Mme Doré, ainsi que
Mme Desbiens, M. Marier puis M. Godicheau. Bienvenue à notre commission
parlementaire. C'est très éclairant.
J'ai
remarqué que, dans votre mémoire, bon, vous traitez uniquement
le volet de l'hébergement, là, vous ne nous avez pas parlé de l'harmonisation de la taxe et puis... à 3,5 %, vous ne nous avez pas parlé non plus de
l'OBNL que le projet de loi veut
mettre en place pour la promotion touristique internationale. Mais c'est
correct. Alors, on parle d'hébergement.
Vous soulevez un
point qui est quand même assez crucial. Le règlement qu'on a vu apparaître hier
dans la Gazette officielle , vous dites qu'il est frileux parce que ça manque...
comme disait l'article de journal dans Le Devoir ce matin,
ce n'est pas précisé d'une façon assez claire, où on va situer la ligne de
démarcation entre ce qui est permis et ce qui n'est pas permis. Cette ligne de démarcation là, ce n'est pas facile
parce que, comme disait la ministre, et j'en suis aussi, on a un souci. M. et Mme Tout-le-monde qui
veut utiliser son logement, lorsqu'ils sont partis en voyage, pour en faire une location, il ne faut pas, à un moment donné, être drastique d'un point où on va arriver avec un contrôle
extrêmement sévère, il faut laisser aussi les gens vivre.
Mais
je comprends très bien qu'à un moment donné ça prend une ligne. Puis les
gens qui utilisent des logements pour en faire un commerce, qui s'affichent sur
des sites comme Airbnb ou HomeAway, là, alors, c'est questionnable, c'est
questionnable, et puis c'est là-dessus qu'on
veut s'attarder, pour que ces gens-là, c'est une question d'équité... pour
que ces gens-là puissent avoir les mêmes obligations, les mêmes obligations
que les hôteliers.
Vous
représentez 90 % des hôteliers
de la grande région du Québec... de Québec, c'est-à-dire, et puis donc vous
soulevez un point qui est important — c'est un commentaire, ce n'est pas une
question, vous avez bien répondu tantôt — qu'on va devoir
préciser certaines... où est la ligne de démarcation. Ça, j'ai bien compris ça.
Maintenant, vous
dites aussi dans votre mémoire que vous évaluez à 450 nuits, 450...
Mme Doré
(Michelle) : Unités.
Cousineau :
...oui, nuitées par jour...
Mme Doré
(Michelle) : Unités.
Cousineau :
Unités, excusez-moi, unités par jour.
Mme Doré
(Michelle) : Mises en location par jour, oui.
Cousineau : Et seulement que dans le Vieux-Québec. Comment
vous faites pour arriver à ce montant de 450?
Doré (Michelle) : C'est facile : à Québec, on est chanceux, on a
les inspecteurs de la ville qui nous aident. Et je peux vous garantir,
M. le député, que, si je dis 450, il y en a 450.
Cousineau : D'accord, O.K. Mais je vous crois, là, je vous
crois. Je trouvais ça... Non, mais donc vous avez de très bonnes
connexions avec les inspecteurs de la ville.
Mme Doré
(Michelle) : Oui, monsieur. Je vous le garantis.
Cousineau :
D'accord. Non, non, mais je vous crois, là.
Doré (Michelle) : Non, mais, écoutez, c'est ce constat-là qui fait
que, pensez-y, M. le député, tous les soirs, en hébergement alternatif, si on ne veut pas y mettre le terme
«illégaux», s'offre autant... plus de chambres que Le Concorde à
Québec. Ce n'est quand même pas rien.
Cousineau : Oui, c'est... Absolument. Puis comment vous
évaluez, dans ces 450 unités, là, ceux... Comment, à peu près, là, ceux
qui sont vraiment illégaux, des unités illégales, et puis ceux qui sont
corrects parce que c'est...
Mme Doré (Michelle) : Bien,
honnêtement, dans le Vieux-Québec, O.K., les 450 illégaux sont illégaux.
Cousineau : Ah oui?
Mme Doré
(Michelle) : Oui.
Cousineau :
Donc, c'est 100 %.
Mme Doré
(Michelle) : Oui.
Cousineau :
D'accord.
Doré (Michelle) : Et parce qu'il faut penser que le Vieux-Québec est
quand même une situation qui est un
peu à part, parce que vous avez beaucoup de règlements sur le zonage. Et, si
vous consultez les règlements de zonage de la ville de Québec, il n'y a seulement que... c'est un peu fou, mais
c'est comme ça, et je pense que c'est bien pour protéger la ville qu'on
a, qui a un attrait extraordinaire pour les touristes, c'est qu'il y a des
sections de rue qui peuvent être commerciales;
d'autres, non. Alors, c'est vraiment... les gens ont tout simplement converti
leurs condos en hébergement illégal.
Et je peux vous assurer que devant chez moi il y a des condos en hébergement,
en toute égalité, qui offrent leur maison à des touristes, et ils
viennent voir les gens dans mon stationnement pour leur offrir la location.
Cousineau :
Oui, là, ça devient...
Mme Doré
(Michelle) : Oui, là, là, c'est un peu trop.
Cousineau : Oui, je comprends très bien. Mais on est
conscients aussi, puis vous l'êtes, en tant que représentants des hôteliers de la région de Québec, qu'il y a
une réalité mondiale présentement. Ça existe, les plateformes, il faut que
l'industrie hôtelière s'ajuste aussi. On est tous conscients de ça.
Doré (Michelle) : Et encore plus l'association des hôteliers, nous le
comprenons. Et on n'est pas contre, absolument
pas, la création, parce que, oui, c'est un hébergement alternatif, oui, c'est
une tendance mondiale, et ça, je l'admets. Et au contraire ça peut
n'apporter qu'une richesse collective, si on la balise dans des termes
concrets.
Cousineau :
Parfait. Donc, vous êtes... je pense qu'on est tous d'accord...
Mme Doré
(Michelle) : Tous.
Cousineau : ...tous d'accord à l'effet que c'est une réalité
qui existe, il faut travailler avec et puis travailler en symbiose avec ce qui se passe, mais il faut que
les règles soient les mêmes pour tout le monde pour qu'il y ait de l'équité. Il
s'agit juste de trouver l'endroit où on place la ligne pour ne pas faire en
sorte que M. et Mme Tout-le-monde qui veulent voyager puis louer en même temps leur... Bon, il y a moyen d'encadrer
ça, puis c'est ce que vous nous demandez. C'est la situation que vous
soulevez.
Mme Doré
(Michelle) : Exactement.
Cousineau :
Maintenant, vous n'avez pas parlé... bien, je ne l'ai pas vu dans le mémoire,
concernant les résidences pour
étudiants. Ici, dans la région de Québec, bon, il y a beaucoup de résidences
pour étudiants. Durant la période où les étudiants sont à l'université ou au
cégep, évidemment, on n'est pas pour commencer à mettre une taxe supplémentaire pour les étudiants, ils sont là
pour leurs études, mais, durant les mois où la résidence n'est pas utilisée,
à ce moment-là, on voit certaines
résidences, là, pour étudiants se transformer en minihôtels ou en hôtels. Ça,
ça vous tracasse énormément.
Mme Doré
(Michelle) : Quelle différence y a-t-il entre un hébergement illégal,
à ce moment-là?
Cousineau :
On est d'accord, on est d'accord. Moi, je crois que...
Mme Doré
(Michelle) : C'est un hôtel, ça devient un hôtel avec les services et...
Cousineau : Oui. Là-dessus, on est d'accord. C'est parce que
je ne le voyais pas dans votre mémoire puis je voulais quand même vous
entendre là-dessus, d'accord, et puis...
Alors,
je trouve intéressant... votre mémoire est très, très... Vous nous parlez aussi
de, comment est-ce qu'on appelle... les OTA, là. Voulez-vous nous en
dire un petit peu plus? C'est quoi, le malaise avec les OTA?
Mme Doré
(Michelle) : Écoutez, je...
Cousineau :
Ça, c'est les agences touristiques, là?
Mme Doré (Michelle) :
Oui, c'est les agences de voyages en ligne qui sont apparues. Écoutez, c'est un
sujet qui est préoccupant, c'est un
sujet mondial, du domaine touristique mais aussi du domaine de l'évasion
fiscale, du domaine des paradis fiscaux, mais, nous particulièrement, ça
nous apporte un frein.
M. Marier (Gilles) : Je pense qu'un
des...
Cousineau : ...c'est
intéressant quand même que vous souleviez ce problème-là.
Marier (Gilles) : Non, mais un des problèmes soulevés, c'est un peu...
Bien, tout se passe maintenant sur l'Internet, et, bien, l'Internet est plus ou moins réglementé en termes de propriété
intellectuelle. Alors, bien, maintenant, les hôteliers, c'est un malaise mondial, bien on se fait acheter
notre nom, on se fait voler notre nom. Alors, allez sur Google puis
tapez les mots «Hôtel Champlain», tel que décrit dans notre mémoire.
Bien, c'est ces OTA là qui achètent nos noms et qui détournent un trafic, alors c'est une forme de péage qui était très
agressif, très insistant. Ils sont riches à craquer, on a vu...
Cousineau : ...c'est
un litige avec l'hôtel et puis avec l'agence, là, de tourisme?
M. Marier (Gilles) : En fait, bien,
on n'est pas capable de réglementer le Web...
Cousineau : Bien
non.
M. Marier (Gilles) : ...et on
demande l'aide...
Cousineau :
Mais vous avez des outils, les avocats sont là pour vous défendre lorsqu'on
usurpe votre nom.
M. Marier
(Gilles) : Non, je pense que ça prendrait l'aide des parlementaires
pour réglementer également ce genre de pratique là.
Cousineau : Madame...
Mme Doré
(Michelle) : Est-ce que je pourrais rajouter qu'en France,
dernièrement, une loi, la loi Macron, est venue... Je pense qu'on pourrait penser à s'inspirer de la loi
française. Dernièrement, c'est un sujet tellement préoccupant que
l'Assemblée française a réglementé à ce sujet-là.
Et je sais
que ce n'est pas l'endroit en ce moment, mais nous voulions absolument attirer
votre attention là-dessus, parce que
je pense qu'on pourrait ici aussi être pionniers soit dans une loi du
numérique, il y a beaucoup de choses qu'on peut faire. Mais merci de
nous poser ces questions.
Cousineau : Oui,
parce que...
Le Président (M. St-Denis) : En
terminant.
Cousineau : En
terminant déjà?
Le Président (M. St-Denis) : Oui.
30 secondes.
Cousineau :
Bien, sur les amendes, est-ce que vous trouvez que les amendes... Parce qu'on
parle beaucoup des amendes dans le
projet de loi, là, ça semble, pour certains, extrêmement dissuasif. Est-ce que
vous trouvez qu'on va trop loin?
Mme Doré (Michelle) : Non, parce que...
Cousineau : C'est
clair.
Le Président (M. St-Denis) : En
conclusion.
Mme Doré
(Michelle) : En conclusion? Parce qu'il y a quand même beaucoup
d'argent à faire. Et c'est pour ça qu'on
veut dissocier la notion de quelqu'un qui ne le fait pas sur une base
commerciale de quelqu'un qui le fait sur une base commerciale.
Président (M. St-Denis) : Alors, je vous remercie, M. le député de
Bertrand. Je passerais maintenant la parole au député de
Nicolet-Bécancour.
Martel :
Merci, M. le Président. Bonjour à vous quatre. On constate qu'il y a une
hiérarchie à travers vous quatre ce matin.
comprends très bien la problématique que vous soulevez. Si j'étais dans votre
peau, là, je réclamerais puis je m'exprimerais probablement de la même
façon que vous autres.
La situation, c'est quand même complexe. Vous
avez mentionné tantôt qu'il y a 400 quelques nuitées dans le Vieux-Québec, puis ne craignez pas, je ne veux pas
vous obstiner là-dessus, là, mais hier les gens de Montréal, ils nous
disaient qu'Airbnb était probablement responsable de retombées économiques de
54 millions, puis ils se privaient de 425 000 $
de taxe d'hébergement. Vous savez, on est devant un projet de loi qui a deux
parties, hein? Il y a une
partie qui
dit : Il faut réglementer ça, un peu en réponse à vos doléances, mais il y
a une autre
partie super importante aussi qui dit : Comment qu'on
pourrait faire une meilleure promotion, amener plus de gens?, puis force est de
constater que le phénomène Airbnb, puis des
choses comme ça, ça n'a pas un impact négatif par rapport à la promotion ou par
rapport aux retombées positives du tourisme au Québec.
Moi, je suis
d'accord avec la ministre — j'ai un
article de ce matin — quand elle dit : «...ce n'est pas ce
genre d'activité là — elle parle de louer des condos, des choses
comme ça, là — [...] qui
nous intéresse mais [...] plutôt l'hébergement [...] dans une logique commerciale.» Moi, je suis complètement d'accord
avec ça. Puis là c'est comment essayer de trouver ça.
C'est
étonnant, on a un projet de loi puis on aurait pu... la ministre aurait pu nous
proposer une solution puis dire : C'est
là-dessus qu'on débat, mais là on est face à une situation qu'il faut
déterminer, votre présence est essentielle pour ça. Moi, je mets ça sur la table comme ça, là. Dans le
projet de loi, il y a quand même des contraintes, là, tu sais, on dit : Il
faut que vous obteniez les certifications, il va y avoir plus d'inspecteurs,
etc., vous allez payer la taxe d'hébergement. Peut-être
que, si on disait : On va rendre ça plus simple — je mets juste ça sur la table, là — dénoncer, là, quand vous avez... vous payez, puis payez votre taxe
d'hébergement puis on ne vous contraindra pas, on ne vous forcera pas à
respecter toute une réglementation qui est commune à l'hébergement. Ce
ne serait pas une solution, ça?
Mme Doré
(Michelle) : Absolument pas. Absolument pas parce que, là, vous ouvrez
à des choses, à vraiment tout un panier de crabes : un panier de
crabes au niveau de la taxation, un panier de crabes au niveau de la sécurité. Imaginez-vous. On va reprendre le Vieux-Québec.
Vous avez des hébergements qui ne sont même pas conformes au point de vue de la sécurité. Qu'on ait juste un touriste
qui passe au feu dans le Vieux-Québec... Et ça, je peux vous en parler, moi, personnellement, parce qu'un de mes hôtels a
passé au feu, et je savais, quand les pompiers sont arrivés, O.K., combien de noms que je cherchais dans l'hôtel, qui était
là. Imaginez-vous un feu, un soir, avec des Américains dans un condo, je vais vous dire que Québec vient d'en prendre
une claque. Et, pour moi, il faut absolument réglementer dans ce sens-là
parce que, oui, quand on parle
d'attestation, quand on parle de classification, on ne veut pas non plus
alourdir la machine, on veut mettre
des critères simples, mais il faut quand même avoir une réglementation. Sans
ça, ça va être le «free-for-all».
On en veut,
des... on veut permettre, je vous l'ai dit et je vous le répète, mais je
souligne que Mme la ministre a quand
même eu l'ouverture d'esprit d'accueillir et de faire un tel projet, de
travailler en transparence. Je veux qu'on continue et que par voie de règlement on soit capables
collectivement de se doter d'un système qui va faire que les touristes vont
venir, vont avoir un hébergement de qualité en sécurité dans une
destination extraordinaire.
Martel :
Mais force est d'admettre que la situation actuelle, elle convient. Je ne dis
pas que c'est correct puis je ne dis
pas qu'il faut accepter ça, mais on est obligé de convenir qu'elle répond à des
besoins d'une certaine clientèle, là.
Mme Doré
(Michelle) : Je suis d'accord, je viens de vous le dire. Et non
seulement on n'est pas contre, on veut juste
clarifier certains points pour que tout le monde soit sur le même pied
d'égalité. Moi, là, des règles, là, je m'excuse, mais en quelque part, dans un hôtel, avez-vous une idée de ce qu'on doit
avoir comme règlements, de ce qu'on doit payer comme taxes, de ce qu'on
doit faire?
Martel : En
avez-vous trop? En avez-vous trop?
Mme Doré (Michelle) : Bien sûr. Oui,
j'en ai trop.
Martel :
J'ai posé la même question hier aux deux invités avant vous, puis les deux ont
dit qu'il n'y avait pas de problème avec ça.
Mme Doré (Michelle) : Bien, je vais
vous en parler, moi.
Martel : Bien,
allez-y.
Mme Doré (Michelle) : O.K. Vous me
donnez du temps? Parfait.
Martel : Bien, pas
beaucoup, là.
Le Président (M. St-Denis) : ...moi
qui donne le temps.
Mme Doré (Michelle) : Ah! je
m'excuse, c'est mon premier passage, en...
Le Président (M. St-Denis) : Il vous
reste 1 min 30 s à peine.
Doré (Michelle) : O.K. Bien,
on pourra en discuter, mais j'ai tous les arguments, que ce soient des difficultés
avec les employés, des charges qu'on a, parce que,
dans notre domaine, on n'en a pas, d'employé... de toutes les charges, parce qu'il y a des employés qui vont se présenter
une fois, une demi-fois, on est obligés de les mettre sur un... Écoutez,
j'en ai, là, des exemples pratiques, je suis
la fille pratico-pratique, je peux vous en donner. On va se prendre un
rendez-vous ensemble, puis vous allez en avoir plus que vous allez être
capable de gérer.
Martel : Ça
m'intéresse. Ça m'intéresse beaucoup.
Mme Doré (Michelle) : Bien,
appelez-moi, il n'y a aucun problème.
Martel : Moi, je
vous disais ça dans le sens que, si c'est moins contraignant... On a vu hier
que la ville de New York a essayé de réglementer ça, même presque d'interdire,
et ça n'a eu aucun effet, l'impact de la loi n'a pas nécessairement d'impact par rapport au nombre d'activités. Puis là, je
me dis, si on met ça trop contraignant, puis c'est un peu dans cette dynamique-là, moi, j'ai peur que
les gens, ils vont essayer de le contourner, puis on va être exactement
au même point qu'on est actuellement, là.
Mme Doré
(Michelle) : Bien, en tout cas, dernièrement il y a eu un rapport sur
la ville de New York où, dans les quatre prochaines années, New York va
se priver de 800 millions de revenus, donc...
Président (M. St-Denis) : Alors, je vous remercie, c'est tout le temps
dont nous disposions. Donc, New York va perdre 400 millions de
revenus, c'est ça?
Mme Doré (Michelle) :
800 millions.
Président (M. St-Denis) : 800 millions de revenus. Donc, c'est
là-dessus qu'on conclut. Je vous remercie pour votre temps.
Alors, vous
me permettrez de suspendre quelques instants, le temps de permettre au prochain
groupe de s'installer. Je vous remercie.
(Suspension de la séance à 12 h 11)
Le Président (M. St-Denis) : Je
demanderais au prochain groupe de s'installer, s'il vous plaît. Associations
touristiques sectorielles du Québec, on vous attend.
Alors, nous
allons reprendre. Donc, je vous invite à vous présenter ainsi que votre
collègue, et vous disposez d'un maximum de 10 minutes.
M. Leduc
(Pierre-Paul) : O.K. Alors,
bonjour, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour, les
membres de la commission.
Alors, mon nom est Pierre-Paul Leduc. Moi, je suis président d'ATS Québec,
mais, dans ma vie de tous les jours,
je suis directeur général de deux ATS : Festival et événements Québec
et la Société des attractions touristiques du Québec.
Mme Bardou
(Ginette) : Bonjour à tous.
Je suis secrétaire trésorière d'ATS Québec et, dans la vie de tous les jours, je suis
directrice générale de l'Association des professionnels de congrès du Québec.
M. Leduc
(Pierre-Paul) : Alors, M. le Président, tout d'abord, les associations touristiques sectorielles sont les spécialistes d'un produit avec une approche
multirégionale. Je me permets d'entrée de jeu de positionner les ATS parce
que je sais que c'est une réalité qui est moins
connue, disons, que les ATR. En tourisme, tout le monde sait ce que
c'est, une ATR, mais ATS, même s'il y
en a plusieurs d'entre nous, de ces organisations-là, qui existent depuis très longtemps, c'est quand même
un concept qui est moins connu. Donc, les ATS, elles regroupent des entreprises
par secteur à l'échelle de la province puis consacrent leurs efforts au développement,
à l'amélioration et à la commercialisation du produit touristique québécois.
Selon un profil qu'on a réalisé en 2011, les ATS du Québec défendent les intérêts
de plus de 5 500 membres puis
génèrent annuellement des revenus... donc leur chiffre d'affaires, globalement, les ATS, c'est alentour de 24 millions, dont 75 %
proviennent de sources non gouvernementales.
Donc, forte
de la diversité des domaines et des produits porteurs représentés par les
différents secteurs, ATS Québec est née de la concertation des acteurs
touristiques, ayant le souci d'offrir un canal privilégié de communication et
de représentation pour toutes les ATS du
Québec tout en favorisant les échanges avec les autres partenaires clés de
l'industrie touristique. Alors, notre
association, présente dans 18 régions via ses membres, regroupe
18 ATS — d'ailleurs
on vous a mis la liste des ATS qui
sont membres de notre organisation — ATS qui sont reconnues par le ministère du
Tourisme dans
le cadre du programme d'aide financière aux associations touristiques
sectorielles. Et aussi un de nos membres, c'est l'Association des
croisières du Saint-Laurent, qui est soutenue par la Stratégie de mise en
valeur du Saint-Laurent touristique. Alors,
ATS Québec vise en outre à permettre au secteur de se concentrer sur le
développement de l'offre, la mise en
marché, la professionnalisation du secteur et, bien évidemment, la qualité des
produits touristiques offerts aux visiteurs
étrangers mais également aux Québécoises et aux Québécois, dont les communautés
sont enrichies par la présence d'entreprises touristiques dynamiques et
impliquées dans leur milieu.
Mme Bardou (Ginette) : Le projet de loi n° 67 actuellement à
l'étude par la commission et qui vise principalement à améliorer l'encadrement de l'hébergement
touristique est, entre autres, le fruit de nombreuses représentations effectuées
par certains de nos membres, par exemple
l'Association Hôtellerie Québec que vous avez entendue hier, l'Association
des professionnels de congrès du Québec,
Camping Québec, la Fédération des pourvoiries du Québec que vous entendrez
cet après-midi et Hôtellerie Champêtre.
Québec reconnaissant l'expertise respective au regard de l'hébergement
touristique des secteurs mentionnés ci-haut,
nous avons obtenu leurs démarches... nous avons soutenu, pardon, leurs
démarches pour trouver des solutions aux
iniquités majeures du modèle actuel qui minent la performance de leurs
entreprises et leurs membres à l'échelle de la province. En reconnaissance, une fois de plus, de leur expertise sur le
sujet, nous mettons donc le poids de notre regroupement, ATS Québec,
derrière leur appui au projet de loi n° 67, dont les éléments suivants
méritent mention : l'allègement de la
procédure de demande d'attestation de classification, l'octroi de certains
pouvoirs et suivi d'inspection aux
organismes responsables de la classification, de la clarification et de la
révision de certaines notions contenues dans la loi et le Règlement sur
les établissements d'hébergement touristique, l'institution d'un encadrement du
marché de l'hébergement touristique par la
bonification des pouvoirs d'inspection et d'enquête et de révision des
dispositions pénales prévus à la
Loi sur les établissements
d'hébergement touristique.
Que ce soit du tourisme d'agrément ou d'affaires,
la qualité de l'offre est la pierre angulaire de la capacité de toute destination à attirer et à fidéliser une
clientèle. Ceci est d'autant plus vrai que le tourisme international, en plein
essor, est plus compétitif que jamais.
Par l'entremise des campings, des pourvoiries, des établissements recevant des congrès ou encore
via les gîtes, hôtels indépendants ou les chaînes hôtelières du Québec,
les membres du réseau des ATS que nous représentons
consacrent une grande
partie de leurs ressources, humaines et autres, à développer, maintenir et
améliorer l'offre d'hébergement
touristique québécoise. Adopté et mis en oeuvre, le projet de loi n° 67 favorisera le retour de fonds cruciaux actuellement siphonnés hors des secteurs de l'hébergement
touristique et, par extension, de l'économie globale de
la province au profit d'une exploitation commerciale parallèle qui fait fi, en
ce moment, des obligations fiscales et légales qui incombent à tout
hébergement commercial réalisé au Québec.
plus de moderniser l'encadrement de l'hébergement touristique, le projet de loi n° 67 fait des pas importants pour favoriser la réalisation des ambitieux objectifs
de croissance de l'industrie touristique. Ce virage significatif s'observe notamment par
l'ajout de la notion de stratégie dans les libellés de la
Loi sur le ministère
du Tourisme.
Plan de développement de l'industrie touristique 2012‑2020 : un
itinéraire vers la croissance , que nous appelons le PDIT, prévoit une croissance annuelle de
5 % et la création de milliers de nouveaux emplois. Au moment d'entamer,
l'an dernier, la révision du modèle
d'affaires et de gouvernance en tourisme, le Québec, malheureusement, ratait
ses cibles. Participant activement à
la démarche des 18 derniers mois, notre regroupement, ATS Québec, a
constaté avec satisfaction que sa recommandation de mettre le produit et
son développement de l'avant a été entendue.
renforcement de l'approche produit, à la base même du PDIT, se traduit entre
autres par l'ajout d'une stratégie de
mise en valeur du tourisme d'affaires et de congrès que nous saluons. Cette
reconnaissance du potentiel de la clientèle d'affaires, qui dépense en
moyenne 40 % de plus que la clientèle d'agrément, réjouit les nombreuses
ATS, dont les connaissances et l'expertise
dans le domaine devront être mises à contribution dans l'élaboration de cette
stratégie porteuse pour l'économie québécoise.
Leduc (Pierre-Paul) : Rappelons aussi qu'ATS Québec et ses membres
sont actifs au sein des groupes de travail
sur toutes les stratégies produit qui découlent du PDIT. Elles ont été
partie
prenante du développement de la mise en oeuvre de la Stratégie maritime, volet touristique, de la stratégie du
Plan Nord, volet touristique, ainsi que l'élaboration de la stratégie de mise en valeur du tourisme
hivernal, pour laquelle le financement reste à définir. Elles poursuivent par
ailleurs leur implication stratégique dans
les travaux d'élaboration des stratégies de mise en valeur du tourisme culturel
et du tourisme de nature et d'aventure.
ne fait aucun doute que l'amélioration, la structuration et la mise en marché
du produit touristique québécois sont
les ingrédients de base à l'atteinte des objectifs économiques du PDIT.
Collectivement, les ATS du Québec constituent, pour l'industrie touristique, le réseau de support dédié à ces éléments
essentiels. En effet, leurs actions auprès des entreprises touchent essentiellement les domaines d'intervention
stratégique du PDIT, dont le développement de l'offre. Par des initiatives
visant à accroître la qualité des services, du coaching, le soutien à
l'élaboration d'outils d'évaluation ou l'accompagnement dans le
cheminement de dossiers et l'atteinte de leur conformité à la réglementation,
les ATS, partenaires de proximité des entrepreneurs et courroie entre eux, et
le gouvernement, à bien des égards, contribuent intimement à l'essor de
l'industrie touristique.
Focaliser
les actions en recentrant explicitement les efforts autour des stratégies dites
produit du PDIT fonctionne. Ces
réussites de deux ATS le démontrent bien, on a deux exemples ici. L'Association
des croisières du Saint-Laurent a vu ses
membres bénéficier de 180 millions d'investissement, qui ont permis de
développer et de consolider neuf escales, ce qui a eu comme effet de doubler le nombre de passagers et générer
240 millions en retombées en 2012. Un autre exemple : le virage en faveur du produit de Tourisme
Autochtone Québec a contribué à faire passer le chiffre d'affaires moyen de ses
membres à 600 000 $ en 2011, alors qu'il était de 340 000 $
en 2002.
ATS Québec accorde par
ailleurs son appui au projet de loi n° 67 en raison de l'article 19
de celui-ci. Les connaissances stratégiques
étant essentielles au développement des produits porteurs et à une
commercialisation efficace par les joueurs concernés de l'industrie,
nous nous réjouissons de voir un ministère du Tourisme fort qui prendra le leadership au regard du développement, du
raffinement et de la diffusion de ces connaissances stratégiques auprès des
partenaires.
Finalement,
ATS Québec encourage les députés à appuyer le projet de loi n° 67 afin que
l'article 22 s'applique et permette,
par l'ajout de l'article 6.1 à la
Loi sur le ministère du Tourisme, que la
ministre du Tourisme confie des fonctions de commercialisation et de promotion à l'Alliance de l'industrie
touristique du Québec. Pour mettre en place cette alliance, acteur de
concertation et de coordination agile et imputable, ATS Québec
fusionnera avec les deux autres regroupements provinciaux en tourisme
que sont ATR associées du Québec et l'Association québécoise de l'industrie
touristique. En redistribuant ainsi les
fonctions, l'article 22 répond à une demande des entrepreneurs et
intervenants touristiques que nous représentons. On recentre les actions
du ministère du Tourisme sur ce qui est du ressort de l'État :
orientations, connaissances stratégiques,
contrôle et soutien. On tend à éliminer l'éparpillement, le saupoudrage et le
travail en silo.
Le Président (M. St-Denis) : En
terminant.
M. Leduc
(Pierre-Paul) : On crée une alliance stratégique qui augmentera les
partenaires, l'effet de levier auprès de l'entreprise privée et la
synergie dans les actions de commercialisation et de développement de l'offre.
Donc, en
terminant, parce qu'ATS Québec croit en la capacité du projet de loi n° 67
à permettre la mise en place d'un
environnement d'affaires qui répondra à ces critères, nous l'appuyons et
encourageons son adoption dans les meilleurs délais.
Alors, on vous prie d'agréer nos considérations
respectueuses.
Le Président (M. St-Denis) : Alors,
je vous remercie de votre exposé. Nous allons entamer, donc, la période
d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Vien :
Mme Bardou, merci d'être là, soyez la bienvenue. M. Leduc, toujours
un plaisir de vous revoir, merci également
d'être là. On s'est vus beaucoup aussi, hein, au cours des derniers mois, de la
dernière année, pour élaborer ce...
en fait pour procéder à la révision du modèle d'affaires et de gouvernance en
tourisme au Québec, puis je pense que vous
brossez un tableau assez complet de tout ce dont il a été question dans cette
révision-là. Je disais hier : Un coup de barre s'imposait, puis je pense que M. Hamel a aimé l'image, il
faut replacer le paquebot, là, lui qui est dans le domaine maritime, je
pense qu'il a bien apprécié, mais l'image n'est pas trop forte, je pense, pour
qualifier ce que nous avions à faire, et
effectivement on a saisi la balle au bond et on a décidé de procéder. Et je
suis heureuse aussi de voir qu'autour de
cette table les parlementaires sont quand même assez derrière ce constat-là
qu'il fallait faire quelque chose, et on est contents du travail
accompli. Il y a encore du travail qui reste à faire, bien entendu, du travail
parlementaire.
Vous abordez la question du produit des
stratégies. Je pense que c'est gagnant au Québec, ça. Puis d'ailleurs, quand le Parti québécois est passé aux affaires,
ils ont aussi continué à avoir cette approche-là de stratégie en conservant
l'intégralité du travail de notre collègue de Laporte, qui a déposé...
Mme Vien :
Oui, M. le député de Jean-Lesage, vous étiez, je pense, son adjoint
parlementaire, vous avez travaillé très
fort là-dedans. Vous qui êtes du monde des affaires, vous avez été aussi
partie
prenante de ça, donc, le dépôt du Plan de
développement de l'industrie touristique 2012‑2020, qui est une bible, hein,
qui est notre bible à tous, tous ceux et celles qui sommes concernés par
le développement touristique au Québec.
Toute cette
promotion hors Québec aussi qu'on veut revoir, changer, ce n'est pas banal,
c'est important. On vient changer une
culture, là, on vient jouer à l'intérieur d'un ministère, on vient bouger un
certain nombre de choses. On vient dire : Dorénavant, c'est
d'autres personnes qui vont s'occuper du hors-Québec.
Par ailleurs,
on veut conserver un ministère fort. Vous n'êtes pas les premiers qui nous le
dites à cette commission, puis moi, je l'ai beaucoup entendu aussi.
D'ailleurs, c'était le constat que vous aviez comme industrie, rendu public à Boucherville, hein, c'était en décembre l'année
dernière. Alors, je pense que ça, ça a été bien compris. Toute la question
de l'hébergement illégal, évidemment, ça fait beaucoup jaser.
Mme Bardou,
vous êtes du monde du tourisme d'affaires. Je présume que vous êtes sincèrement
assez contente de voir que le
tourisme d'affaires... Je pense que nous ferions une erreur que de penser ou de
considérer, parce que ça va bien par
lui-même, le tourisme d'affaires, que ça ne vaille pas la peine de l'adresser,
que ça ne vaille pas la peine de s'en préoccuper et que ça ne vaille
peut-être pas la peine d'en considérer l'élaboration d'une stratégie. Et moi,
j'ai été très rapidement, très rapidement
saisie, effectivement, par la force de frappe de ce secteur-là et j'ai demandé
à mes équipes, au sous-ministériel, de faire en sorte qu'effectivement
nous ayons une stratégie sur le tourisme d'affaires forte pour faire en sorte que, justement, au même
titre que
les croisières, on puisse ne pas trop s'asseoir sur les résultats qui viennent
par eux-mêmes, mais qu'effectivement on
continue à bâtir sur ce secteur-là qui est une manne absolument extraordinaire
au Québec.
Mme Bardou
(Ginette) : Les résultats
semblent venir par eux-mêmes, mais je peux vous dire qu'il y a un travail
énorme derrière.
Mme Vien :
Mais vous comprenez ce que je veux dire, madame.
Mme Bardou
(Ginette) : Oui, oui, oui, tout à fait, tout à fait. Et je peux vous dire aussi qu'il n'y a pas juste moi, comme D.G. de l'APCQ, mais toute notre industrie
se réjouit de voir cette stratégie-là apparaître clairement, parce que c'est
un moteur économique phénoménal non
seulement pour les trois grandes portes d'entrée que sont Montréal, Québec
et Gatineau, mais aussi pour toutes les régions du Québec que nous, on
représente surtout.
Mme Vien :
Mme Bardou, justement, vous me parlez des trois portes d'entrée. Pour les
auditeurs, c'est Montréal, Québec et...
Gatineau, merci. Vous, là, quand... On aura du temps, à un moment donné, pour
s'asseoir puis regarder à quoi devrait
ressembler cette stratégie du tourisme d'affaires, mais j'ai des collègues, là,
qui viennent du Centre-du-Québec, il
y a du tourisme d'affaires aussi qui se passe là-bas, puis c'est une économie
très importante. Vous voyez ça comment?
Mme Bardou
(Ginette) : Le tourisme
d'affaires en région est le moteur économique, je dirais, presque principal.
Il prolonge la période d'agrément, qui
techniquement est plutôt l'été, à l'automne dans certaines régions qui en
bénéficient.
Dans notre
réseau, parce qu'on compile, nous, des statistiques à chaque année auprès de
nos membres, on a des retombées...
des dépenses directes de 165 millions. C'est 1 944 événements et
congrès générant plus de 50 nuitées qui se sont tenus dans la dernière année, il y en a huit par jour au Québec
dans les régions. C'est 3,2 millions par semaine qui se dépensent
dans les régions avec ces événements-là qui amènent de la clientèle d'affaires.
Donc, oui, le
tourisme d'affaires en région, nous, on est là pour le représenter dans
l'écosystème, on appelle ça comme ça,
l'écosystème du tourisme d'affaires, avec les grands joueurs qui ont un mandat
beaucoup pour l'international, hors Québec, et le mandat intra-Québec
revient à notre organisation.
Mme Vien : M. Leduc, je ne
vous oublie pas, là, hein? Inquiétez-vous pas, votre tour va venir.
Mme Bardou,
dans le plan de développement de l'industrie touristique, il y a un objectif très
ambitieux, celui d'avoir une croissance annuelle de 5 %, ce qui
devrait à terme, nous, se décliner par 7 millions de visiteurs
supplémentaires, 7 milliards de
retombées économiques supplémentaires mais aussi la création de
50 000 emplois. Le tourisme d'affaires devrait s'inscrire de
quelle façon dans la réussite de l'atteinte de ce 50 000 emplois là?
Bardou (Ginette) : Le moteur
est en marche déjà parce que, je vous dirais, avec tous les projets de
construction, d'infrastructure à travers le Québec pour accueillir des
événements d'envergure, la modernisation des équipements existants — les hôtels, il n'y a pas une semaine où on
n'a pas une annonce d'un projet — les efforts sont faits pour vraiment créer la richesse via ce véhicule-là qui est le
tourisme d'affaires déjà. Mais on ne demande qu'à s'asseoir avec les grands
joueurs que sont les portes d'entrée,
Montréal, et Québec, et Gatineau, pour développer des stratégies communes de
façon à attirer encore un plus grand nombre de visiteurs d'affaires.
Mme Vien :
D'ailleurs, les grandes portes d'entrée, on est en train, évidemment, de
réfléchir de façon très sérieuse sur comment... quel doit être leur rôle
comme porte d'entrée, bien entendu l'accueil, etc., mais comment aussi il y a,
passez-moi l'expression, ce joint venture qu'on peut développer entre les trois
portes d'entrée et le reste du Québec, comment
effectivement on peut faire un lien entre les deux pour que ceux qui arrivent à
Montréal, à Québec, ils puissent aussi aller faire un tour en région.
Mais ça, ce sera pour un autre dossier.
M. Leduc,
merci, encore une fois, d'être là. Lors des constats, justement, à
Boucherville, je vous dis tout ça de mémoire, là, mais en décembre 2014
il avait été question qu'effectivement il y avait beaucoup, beaucoup, beaucoup d'intervenants sur le terrain, puis d'autres
constats également. Est-ce que vous considérez que... Moi, je le considère très
positivement, mais est-ce que c'est la
lecture que vous faites, qu'on puisse profiter justement de ce nouveau modèle
qu'on se donne pour le hors-Québec,
que ça vienne aussi, par ricochet, faire en sorte que ces trois grandes
associations qui sont l'association
des ATR du Québec, l'AQIT, chez vous... que vous saisissiez justement cette
occasion-là pour dire : Bien là, on va s'asseoir ensemble, on va
travailler ensemble, parce que
peut-être que traditionnellement, par le passé, ce
n'est pas tout à fait comme ça tout
le temps que les choses se passaient
et que, là, vous avez une occasion en or que vous avez su saisir justement pour notamment avoir des objectifs communs, mais avoir
cette cohérence qui était si importante pour moi et aussi pour l'industrie?
M. Leduc (Pierre-Paul) : Je dois
vous dire que c'est assez extraordinaire, ce qui s'est passé au cours des dernières années. Je pense qu'il faut revenir à
toute la question du comité performance qui a été mis en place.
Puis, avec votre arrivée aussi, tout ça s'est accentué, c'est-à-dire ce
rapprochement-là des grands joueurs de l'industrie.
Comme je
disais tantôt, d'entrée
de jeu, les ATR, on connaît ça, c'est
un terme qui est très utilisé depuis longtemps, mais
toute la... les ATS, on est là. Écoutez, on a des ATS qui existent depuis 70 ans. On
est là, on est dans cette industrie-là.
Puis on ne se
parlait pas beaucoup, puis, avec toute la réflexion liée au comité
performance... L'AQIT a joué un rôle
aussi, l'Association québécoise de l'industrie touristique, dans ce
rapprochement-là, parce que c'était la première fois qu'on avait une association où il y avait des ATR, des ATS puis aussi des grandes
entreprises qui étaient toutes assises ensemble.
Alors, la création de l'AQIT, le comité performance puis ce qui en a suivi,
l'aboutissement, ça a été le plan de développement de l'industrie
touristique puis après ça les groupes de travail mixtes qui ont été mis en
place pour travailler sur les stratégies.
Puis c'est extraordinaire parce
que, là, le ministère
a pris l'initiative de dire : On va être là, nous, le ministère, on va faire un choix, par exemple, par produit, l'ATR ou les ATR les plus concernées puis les ATS les plus
concernées par un produit, puis là on s'est réunis, on a eu l'aide du ministère,
on a mis à contribution toutes les connaissances qu'on
avait sur les produits. Puis les ATR, les ATS puis le ministère, on a commencé
à se parler puis à s'entendre sur des
principes, à faire des choix, parce
que souvent c'est la problématique, dans l'industrie, on avait de la misère à faire des choix, faire des choix de produit puis après ça
faire des choix de territoire aussi. Le Québec, c'est grand, puis on n'a pas la même... ce n'est pas
tous les espaces sur le territoire québécois qui ont le même potentiel par rapport à un produit. Donc, vraiment,
là, c'est extraordinaire, ce qui s'est produit.
Puis
tout ça a contribué, les groupes de travail mixtes, puis, je dirais,
l'aboutissement final, ça a été la discussion qu'on a eue... Puis, je pense, c'est toute la question
de la mise en marché qui nous a amenés là, bon, vous savez, on a même évalué la possibilité d'une commission des partenaires. Puis là, bon, tout d'un coup, les associations, on s'est mis à
se parler puis on s'est mis à se
dire : Pourquoi on ne se regrouperait pas? Pourquoi il faut qu'il y ait
ATS Québec qui existe, ATR associées,
l'AQIT? Pourquoi on ne se mettrait pas ensemble, partager nos problématiques,
partager nos objectifs? Puis c'est
vers ça qu'on s'en va avec l'alliance, puis c'est extraordinaire. Je pense que
c'est, comment je pourrais dire... c'est
notre plus beau rêve, tu sais, c'est un rêve, là, que tous ces gens-la puissent
s'asseoir puis partager leurs objectifs, partager leurs intérêts à l'intérieur d'une même organisation, puis que
ça aille jusqu'au point de dire : On va se saborder, c'est-à-dire que nous, ATS Québec, là, avec la
création de l'alliance, on va se saborder, ATR associées va faire la même
chose, l'AQIT. On va créer une seule
association, puis on va tous être ensemble, puis on va partager nos
problématiques. Moi, je trouve ça extraordinaire, là, c'est...
Le Président (M.
St-Denis) : Cinq minutes.
Mme Vien :
Vous avez parlé, M. Leduc, de la... À l'époque, vous me parliez peut-être
de la création d'une commission... ou il
avait été question aussi de la création d'une agence, mais, pour le bénéfice de
mes collègues, j'explique que je
n'avais pas accepté cette proposition-là ou ces propositions-là parce que nous
ne sommes pas, je pense, actuellement, au
Québec, dans une mouvance de créer un nouvel organisme gouvernemental ou en
tout cas on tente le plus possible d'en limiter la création, parce qu'il
y en a déjà beaucoup. Et, pour toutes sortes de raisons, on a voulu faire les
choses autrement, et je pense qu'avec la bonne
volonté de chacun et de chacune on sera capables d'arriver aux mêmes fins,
finalement. C'est quoi? C'est d'attirer le plus de touristes étrangers
avec leur monnaie pour venir stimuler notre économie ici.
M. Leduc,
vous allez loin, effectivement, parce que vous y croyez, là. Vous saborder, le
mot est fort. Vous avez raison de le souligner. C'est dire à quel point
vous êtes engagés, mobilisés dans cette nouvelle aventure-là.
Ce niveau
d'engagement là aura d'égal aussi le montant d'argent qu'on va mettre dans
l'alliance. Vous êtes conscients et je pense
que vous acceptez d'emblée la rigueur de gestion, la rigueur budgétaire, le
suivi, la reddition de comptes, un peu comme l'AQIT nous l'a dit hier,
ils se sont... l'Association québécoise de l'industrie touristique est tout à fait ouverte à toute demande qui pourrait
venir des parlementaires pour faire en sorte qu'effectivement nous puissions
suivre exactement la dépense, est-ce
qu'effectivement ça a été fait en fonction du plan de marketing unique qui
existera dorénavant, en fonction des balises que donnera la ministre. Je
présume que vous êtes à l'aise.
Leduc (Pierre-Paul) : Ah! absolument. Vous parlez de la transparence,
l'équité qu'on va retrouver; je pense que
tous ces principes-là de saine gouvernance puis de... sont au coeur de nos
préoccupations actuellement. Écoutez... Tu sais, vous l'avez dit, on a parlé, à un moment donné, d'une agence,
on rêvait d'une société d'État, on a parlé d'une commission, et je pense
que ce vers quoi on s'en va, c'est encore plus intéressant pour l'industrie,
pour les joueurs de l'industrie, et je pense
qu'on veut que ça fonctionne puis on veut que ce soit transparent, que ce soit,
comment je pourrais dire, exempt de toute forme de critique. Puis là je
sais qu'il va y avoir un protocole d'entente qui va lier la nouvelle alliance avec le gouvernement, puis on est ouverts
à faire en sorte d'avoir une proposition du gouvernement qui va nous
permettre d'être sans reproche.
Vien : Merci beaucoup, M. Leduc. Merci beaucoup,
Mme Bardou. C'est terminé pour moi, M. le Président.
Président (M. St-Denis) :
Merci, Mme la ministre. Alors, je passerais maintenant
la parole au député de Bertrand.
Cousineau : Merci,
M. le Président. Mme Bardou et puis M. Leduc, bienvenue. Je salue aussi
M. Plourde, en arrière, que j'ai rencontré il y a quelques semaines
à mon bureau avec d'autres personnes.
Dans
l'encadré que vous avez sur votre mémoire, évidemment, vous campez très, très
bien, là, votre satisfaction pour le
projet de loi n° 67, là, au niveau de, bon, l'hébergement illégal, au
niveau du produit, au niveau des connaissances stratégiques, bon, vous campez très bien ça. Évidemment, l'article 22,
c'est vraiment le noeud, là, parce qu'avec la ministre vous en avez abondamment parlé, c'est la création
d'un organisme qui va s'appeler probablement Alliance touristique Québec.
votre connaissance, est-ce qu'il y a beaucoup de pays ou il y a beaucoup de
régions à travers le monde, au niveau touristique,
où ça se passe comme ça, la création, la mise en place de ce type de modèle
pour la promotion touristique?
Leduc (Pierre-Paul) : Il y a eu de l'étalonnage de fait, là, puis je
pense que, le Québec, on faisait un peu... on était à part des autres destinations au Canada et ailleurs dans le
monde, des destinations comparables, parce qu'elles sont toutes allées
vers des modèles comme celui-là, c'est-à-dire...
Cousineau :
...des exemples.
Leduc (Pierre-Paul) : Ah mon Dieu! Écoutez, en Ontario, il y a une
société de promotion touristique qui regroupe... Il ne faut pas aller
loin, juste en Ontario.
Cousineau : Oui, oui.
M. Leduc
(Pierre-Paul) : Bon, écoutez, même au Canada, la Commission canadienne
du tourisme, c'est une société d'État, mais il reste que c'est l'idée de détacher la
promotion touristique d'un ministère, puis de mettre l'industrie à un conseil d'administration, puis de leur donner...
Cousineau :
D'accord. Et ailleurs, aux États-Unis ou...
Leduc (Pierre-Paul) : Ah! en
Australie, dans des États américains. Ce n'est pas quelque chose... Je vous dirai que le Québec
faisait un peu bande à part avec la formule qui était une formule ministérielle
ou... pour ce qui est de la mise en marché notamment, là, on s'entend.
Cousineau : Le
gros gain, selon vous, là, puis je vous ai bien écouté tantôt, c'est
de mettre ensemble les acteurs du monde touristique parce que ce sont eux qui connaissent le domaine, le
secteur touristique. C'est ça, le gros gain, là, tu sais, parce que, l'ancien modèle, là, qui est encore existant parce que
la loi n'est pas passée, ce que vous avez constaté, c'est qu'il y avait beaucoup de têtes et puis bien
souvent que ces têtes-là...
Malgré le fait que le plan de développement 2012‑2020 est en place puis il y a des objectifs qui ont été
atteints — certains
ne sont pas atteints, mais certains sont en voie d'être atteints — malgré tout ça, vous vous êtes aperçus, si
je vous ai bien compris, qu'il y avait une faiblesse, c'était au niveau
de la coordination.
M. Leduc
(Pierre-Paul) : Je pense qu'il y a deux gains, je pourrais dire. Il y
a comme un gain politique pour l'industrie
où, là, les joueurs importants, ils vont être à la même table puis ils vont
devoir partager leurs intérêts, c'est un gain énorme, plutôt que de travailler chacun de son côté puis que, là,
on manque d'harmonisation puis qu'on manque de concertation. Déjà là, c'est un gros gain. Puis ça touche la mise en marché,
mais ça touche aussi des réflexions sur le produit, le développement de produit, le financement du
développement de produit, la connaissance. Tu sais, on va avoir encore un vis-à-vis ministériel, puis l'industrie va être
concertée à l'intérieur d'une même organisation pour pouvoir échanger
avec notre vis-à-vis ministériel sur ces questions-là.
Puis
après ça l'autre gain, c'est la mise en marché. Écoutez, je pense que ça fait
longtemps qu'il y a un mécontentement
par rapport à la manière que c'est géré, puis ce n'est pas une question des
compétences des gens qui sont en
place, c'est plus une question de la structure gouvernementale qui amène une
lourdeur, des délais, des fois beaucoup du court terme, on n'est pas capable de faire du pluriannuel, tu sais,
au niveau de la planification. On n'a pas la souplesse aussi pour
pouvoir se revirer de bord, parce qu'on sait que, le tourisme, il y a toutes
sortes d'événements qui peuvent survenir à la dernière minute, il faut être
capable de se revirer sur un dix cents, comme on dit.
Alors, tout ça fait
en sorte qu'il y avait de l'insatisfaction, puis là ce qui est sur la table
actuellement va nous permettre, l'industrie, de mieux se parler, mieux se
concerter, avoir une meilleure stratégie, avoir une harmonisation. Puis on espère avoir de meilleurs résultats. Puis,
si on n'a pas de meilleurs résultats, bien ce sera à nous, d'abord, de se
faire des reproches.
Cousineau : Écoutez,
s'il n'y a pas de meilleur résultat... Je pense que la ministre
et puis les gens qui vous écoutent, on va s'assurer que les bretelles
puis la ceinture soient là, là...
M. Leduc
(Pierre-Paul) : Je comprends.
Cousineau : ...parce
qu'il ne reste pas moins que cette entité-là, on en a parlé hier, va gérer
30 millions, dont de l'argent
en provenance du public, là. Alors donc, vous allez devoir vous attendre à
avoir à... non pas montrer patte blanche, c'est trop... c'est méchant de dire
ça, là, à tout simplement démontrer que vous atteignez les objectifs,
les cibles qu'on vous fixe.
Ceci
dit, on a parlé tantôt de sabordage, effectivement c'est un terme qui est un peu, là... parce qu'ATS
Québec, puis les ATR associées, puis
l'Association québécoise de l'industrie touristique... sabordage pour
aller vers une nouvelle entité et
puis... Mais là vous, les ATS, là, vous avez des matelots, vous avez
18 matelots, là, tu sais, qui sont d'orientations différentes, on
parle d'association des clubs de motoneige, association des... j'ai même vu de
l'agrotourisme, les clubs de golf,
tout ça. Ça, ce sont des gens qui ont des préoccupations qui sont... ça peut être convergent à quelque part, mais au départ, là, c'est très différent, vous ne pouvez
pas parler d'association des clubs de golf puis d'association de motoneige qui ont les mêmes visées.
Comment vous allez être capables, dans
le nouveau conseil d'administration... On
m'a parlé hier... Mme Charland a
parlé hier de 17 membres.
Comment
vous allez être capables de bien représenter vos membres? Parce que vous avez
18 membres, 18 matelots, là, puis il y a un sabordage.
M. Leduc (Pierre-Paul) : Écoutez,
je vais me permettre peut-être
de... Vous savez qu'il y a beaucoup
de choses qui ne sont pas attachées
encore, là, on est en voie, mais je pense
qu'à l'intérieur de l'alliance il va devoir y avoir... Parce que, comme il y a élection d'un conseil
d'administration qui va être composé des portes d'entrée, des ATR ou des
régions, des destinations, des ATS,
ça va prendre, à l'intérieur de l'alliance, comme des collèges électoraux. Mais
on ne recréera pas nos organisations. Il faudra, à l'intérieur de l'alliance, avoir
une table ou une structure, une instance qui va nous permettre à nous, les ATS, de nous regrouper et, entre
autres, de nous élire nos représentants qui vont siéger au conseil
d'administration mais sans créer une
nouvelle organisation, mais, à
l'intérieur de l'alliance, que la dynamique régionale ait comme son
instance, la dynamique sectorielle également. Je pense que ça va être inévitable.
Cousineau : Je l'ai mentionné hier puis je le répète aujourd'hui, bon, il y a des gens qui ont tendance à dire : Bien, ce nouveau regroupement, cette entité,
Alliance touristique Québec
ou Québec Tourisme, il va y avoir quand même une possibilité de conflit d'intérêts. Alors, les mauvaises langues qui parlent comme
ça, vous leur répondez quoi, vous? Parce
qu'il y a des gens d'affaires là-dessus,
là, évidemment.
Il va y avoir des avocats, il va y
avoir des spécialistes en marketing, il va y avoir différentes personnes
qui connaissent le domaine touristique et puis le placement de produit, mais il y a aussi des gens d'affaires qui ont des intérêts particuliers, alors ce ne sera pas facile à
gérer, cette apparence, cette apparence de conflit d'intérêts. Moi, je me fais le porte-parole de ce qu'on entend dans les coulisses, là.
M. Leduc (Pierre-Paul) : Vous savez, il y a des exemples. Je prends l'Office du tourisme de Québec, par exemple, qui a mis en place un comité de gouvernance et d'éthique,
je crois, là, puis c'est ce comité-là qui participe à définir... Par exemple, si on prend la nomination des membres au conseil
d'administration, c'est sûr qu'il y a des enjeux là pour tout le monde, tu sais, puis c'est sûr que, là, il peut y avoir
des situations
de conflit d'intérêts, c'est possible, mais je pense qu'il y a une
possibilité, à l'intérieur de l'alliance, de mettre en place, un peu comme à l' Office du tourisme de Québec, un comité de
gouvernance et d'éthique qui définit le profil des personnes qu'on cherche, et
qui fait des recommandations, puis qui
s'assure que les gens qui sont choisis là le sont pour leurs compétences puis
que ça répond aux besoins de l'organisation, plutôt que d'être là par
intérêt, là.
Je vous donne l'exemple de l'office,
il y en a sûrement d'autres, mais je pense qu'à l'intérieur de l'alliance il y
a moyen
de s'assurer qu'on atteigne ces objectifs de transparence, d'éthique, de
compétence aussi. Ça ne m'inquiète pas, je vous dirais, on va trouver un
mécanisme qui va assurer ça.
Cousineau :
D'accord. Avec les ATR puis le ministère du Tourisme, si je comprends bien, il
y a des protocoles, il y a des protocoles d'entente, oui, puis
protocoles qui vont être revus, parce qu'aux dires de la ministre il faut
revoir tout ça pour repenser une
nouvelle approche au niveau des protocoles. C'est clair que l'alliance va
devoir rendre des comptes, et puis il va sans doute y avoir un protocole
bien précis.
Est-ce que vous êtes d'accord
qu'il y ait... — parce que j'ai aussi posé la question hier, je la repose — à ce que
la nouvelle entité qui va s'appeler
l'alliance puisse rencontrer une fois par deux ans, dans des mandats vraiment
spécifiques, ce qu'on appelle
des mandats — j'ai
un blanc de mémoire — ...
Une voix :
D'initiative.
Cousineau : ...d'initiative afin de rencontrer les
parlementaires des différents partis politiques pour démontrer,
démontrer clairement l'atteinte des objectifs ou le chemin vers l'atteinte des
objectifs?
Leduc (Pierre-Paul) : Je vous dirais, au-delà d'un protocole d'entente
entre l'État et l'alliance, s'il y a cette nécessité-là d'un genre de reddition de comptes annuelle ou biannuelle
avec les parlementaires... Écoutez, la ministre le fait bien avec... elle rencontre à chaque année, lors
des assises, l'industrie touristique pour faire le point sur l'évolution du
plan de développement de l'industrie touristique, puis, bon, écoutez...
Cousineau :
...une chose, là.
Leduc (Pierre-Paul) : La seule chose que je vous dirais, c'est qu'il
ne faudrait pas que ça aille à l'encontre des objectifs qu'on recherche qui sont des objectifs de souplesse, il ne
faudrait pas que ça alourdisse tout le processus.
Cousineau :
Oui, mais...
Leduc (Pierre-Paul) : Mais, s'il y a nécessité d'une reddition de
comptes auprès des parlementaires... Je pense que ça mériterait d'être
analysé. À prime abord, je ne suis pas contre cette idée-là.
Le Président (M.
St-Denis) : En 20 secondes.
Cousineau :
Oui. Au bout, c'est probablement nous qui allons décider, là...
M. Leduc
(Pierre-Paul) : Oui, je n'en doute pas, oui.
Cousineau : ...mais parce que les parlementaires doivent
répondre à leurs concitoyens comment ça... la mise de 13 millions,
par exemple, en provenance du ministère du Tourisme, comment c'est dépensé,
puis quelles sont les orientations, est-ce que les objectifs sont atteints. Je
pense que c'est important.
Président (M. St-Denis) : Alors, je vous remercie. Merci, M. le député
de Bertrand. Je passerais maintenant la parole au député de
Nicolet-Bécancour.
Martel :
Merci, M. le Président. Bonjour à vous deux... bien, vous trois, j'ai compris.
Dans un premier
temps, je veux... On était censés se rencontrer, je pense, je ne sais pas si
c'est vous, mais les deux autres
associations étaient venues me rencontrer, puis je ne suis pas certain s'il n'y
avait pas eu un problème d'horaire. En tout cas, j'aurais aimé ça,
j'aurais aimé ça, mais...
Leduc (Pierre-Paul) : Vous comprendrez qu'ATS Québec, on n'a pas de
permanence, tu sais, puis on est tous bénévoles dans cette
organisation-là.
Martel : Oui, c'est
ça. Mais je veux vous dire que vous avez bien travaillé dans ce dossier-là.
Quand j'ai rencontré les deux autres
organismes, j'ai très bien compris l'objectif. Puis, je pense, la ministre a
bien travaillé aussi, dans le sens
que c'est en s'assoyant avec les partenaires qu'on finit par trouver des
solutions qui sont adaptées à la réalité du domaine.
Il y a une place où est-ce que je ne suis pas
d'accord, puis peut-être que vous en avez entendu parler. Le nivellement de la taxe d'hébergement, je serais
d'accord si on nivelait ça vers le bas, mais de niveler ça par le haut, pour
moi, ça constitue une nouvelle taxe, une
augmentation de taxe. Je suis à peu près certain que la ministre, à un moment
donné, elle va réfléchir puis elle va
dire : Il y a d'autres alternatives, on n'est pas pour taxer davantage les
citoyens qu'ils ne le sont actuellement.
Donc, j'ai espoir parce que, je trouve, comme je mentionnais, elle a bien
travaillé dans ce dossier-là, notamment pour la
partie qui vous
concerne.
Cependant, le
projet de loi, il y a deux parties, hein? Il y a la
partie qui vous concerne,
puis il y a la partie, bien, qui vous
concerne aussi, là, mais qui a trait à toute la question de l'hébergement. Vous
savez, il y a un de mes anciens collègues
qui... Parce qu'on aurait pu dire : On va faire un projet de loi pour
créer le nouvel organisme privé, puis on aurait pu faire un projet de loi pour réglementer toute la question de
l'hébergement. La ministre a choisi de les mettre les deux.
Puis vous,
vous venez ici pour appuyer le projet. Puis, comme un de mes anciens collègues
me disait, il dit : Donald, tu
ne peux pas manger du «shortcake» aux fraises puis ne pas prendre les calories
qui viennent avec. C'est un peu la même affaire que je veux vous venir.
Hier, on a eu
des présentations comme quoi qu'Airbnb créait des retombées économiques de pas
loin de 54,5 millions dans la
région de Montréal. C'est ça, votre mission, d'aller... ça fait que vous ne
pouvez pas être insensibles aux
bienfaits de toute cette dynamique-là. Je comprends qu'il faut réglementer tout
ça, mais, si vous aviez des messages, je
suis à peu près certain que vous nous... mais je vais vous le laisser dire, là,
mais d'être prudent par rapport à ça, parce qu'on ne peut pas négliger
les bienfaits de cette économie-là, là.
M. Leduc (Pierre-Paul) : Oui, c'est
toute une question, mais je pense que le...
Martel : Vous avez
compris mes calories avec le «shortcake», là?
M. Leduc
(Pierre-Paul) : Oui, oui, oui, très bien. Mais je pense que les
intentions... Puis vous avez probablement rencontré certains de nos membres, là, que ce soit Association
Hôtellerie Québec, là, j'ai vu que vous avez rencontré les gens de Québec, les gens de Montréal, il y a
Camping Québec, il y a mon collègue Marc ici des pourvoiries. Tu sais, tous les gens qui sont dans l'hébergement qui sont membres d'ATS vont venir
vous présenter un peu leur point de
vue, puis peut-être
qu'au niveau des modalités il va y avoir des petites nuances,
mais nous, ici, on est pour défendre le principe. Puis, je pense, le principe, ce n'est pas de tuer l'économie
collaborative, parce qu'elle va
continuer de toute façon, mais c'est de faire en sorte qu'on puisse
assurer la qualité.
J'écoutais
Mme Doré qui parlait de sécurité aussi. Tu sais, je pense que, dans la
protection du public, c'est très, très important, qualité, sécurité, d'assurer
ça, puis après ça le retour, le retour aux objectifs que l'industrie poursuit, qui est de faire en sorte que le Québec atteigne
ses objectifs, ait sa part du gâteau dans l'augmentation du tourisme mondial,
tu sais, puis qu'on ne rate pas nos cibles,
puis, pour ça, bien, oui, ça... Vous parliez tantôt de l'outil d'une taxe à
l'hébergement. Il n'y a pas juste au
Québec, là. Si vous allez à Disney, vous allez payer une taxe Disney. Tout le
monde utilise cet outil-là, puis je
pense qu'il faut l'utiliser au maximum. Mais, si on ne va pas chercher la
contribution de tous ceux qui jouent dans l'économie collaborative puis
que ça s'accentue, bien là on va perdre nos moyens.
Alors, je pense que l'objectif, ce n'est pas de
tuer Airbnb, c'est illusoire, mais c'est de dire : On va s'assurer qu'il y a de la qualité, puis après ça on va
s'assurer qu'eux aussi font leur part pour amener des ressources financières
dans le projet qu'on a, qui est d'augmenter
le tourisme au Québec puis d'augmenter les recettes touristiques que ça génère
puis les retombées pour l'économie du Québec.
Je ne sais pas si ça répond à votre question.
Martel :
Oui, bien, je vous suis là-dedans, je vous suis là-dedans, mais la
préoccupation que j'ai, c'est de dire : Il ne faut pas tuer cette économie-là puis ce dynamisme-là, parce qu'on
peut bien mettre 30 millions dans un organisme pour faire la promotion du tourisme à l'étranger,
mais il y a une dynamique, je dirais, un peu virtuelle, un peu naturelle
qui se fait puis qui a ses effets positifs aussi. Pourquoi se priver un de
l'autre, là? On est mieux de les additionner.
Juste une
question, il ne doit pas me rester beaucoup de temps. Même si j'ai dit que
j'étais d'accord tantôt, tout ça, est-ce
que vous avez un grief, est-ce que vous avez un reproche à faire à Tourisme
Québec actuellement pour sa
partie promotion
à l'étranger? Tu sais, pour que vous dites : On veut récupérer les billes,
on veut décider par nous autres, il faut qu'il y ait un motif, des
griefs.
M. Leduc
(Pierre-Paul) : Je ne pas pense que c'est une question de compétence
du personnel qui est là. Puis, écoutez,
moi, ça fait plusieurs années que je suis là, j'en ai vu beaucoup, des gens à
Tourisme Québec, à Montréal notamment, puis ce n'est pas une question de
compétence. C'est vraiment une question de structure.
sais, la mise en marché touristique du Québec ou la publicité touristique du
Québec, ce n'est pas comme la publicité touristique qu'un autre
ministère va faire, par exemple, quand la SAAQ veut sensibiliser les Québécois
à la sécurité au
volant puis, bon, contrer l'alcool au volant, ce n'est pas du tout... Un
ministère comme le ministère du Tourisme qui fait de la publicité, c'est pour attirer des touristes, qu'ils
soient québécois ou hors Québec, puis de les inciter à dépenser dans 30 000 entreprises touristiques,
alors, tu sais, c'est toute une autre dynamique. Puis je vous dirais que la
lourdeur, les délais puis peut-être,
dans certains cas, l'incapacité que le gouvernement avait de vraiment mettre à
une table puis de concerter tous les partenaires, c'est plus ça qui
était la...
Le Président (M.
St-Denis) : En conclusion.
M. Leduc
(Pierre-Paul) : Mais ce n'est pas une question de compétence.
Leduc (Pierre-Paul) : Bien, c'est des griefs, que je vous dirais...
c'est des griefs à l'égard du contexte gouvernemental, qui n'est pas
adapté aux obligations ou aux exigences de la mise en marché touristique.
Le Président (M.
St-Denis) : Alors, je vous remercie. Je vous remercie de votre temps,
merci à vous deux.
Alors, compte tenu de
l'heure, nous allons ajourner les travaux... je suspends les travaux,
c'est-à-dire, jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
Président (M. St-Denis) : À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, la commission reprend ses
travaux. Et je voudrais faire penser aux gens dans la salle de ne pas
oublier de couper la sonnerie de leurs appareils électroniques.
Alors,
cet après-midi, nous entendrons la Fédération
des pourvoiries du Québec, l'Association des propriétaires du Québec et la
Corporation des propriétaires immobiliers du Québec.
Donc,
je souhaite la bienvenue à la Fédération des pourvoiries du Québec. Nous avons
M. Plourde, président-directeur
général, et M. Dugré, secrétaire général. Alors, je vous invite à vous
présenter, et vous pouvez débuter votre exposé, vous avez
10 minutes.
Plourde (Marc) : Merci beaucoup. Merci, M. le Président. Merci à tous de nous recevoir aujourd'hui. Donc, j'ai déjà été
présenté : Marc Plourde, président-directeur
général de la Fédération
des pourvoiries du Québec. J'accompagnais mes collègues, ce matin, d'ATS Québec, dont je suis le vice-président. Je suis également
administrateur de l'Association québécoise de l'industrie touristique.
Je suis accompagné de Me Dugré, qui est le secrétaire général de la fédération.
Donc,
comme le projet de loi est en deux temps, je vais inviter mon collègue à
faire part de nos propos à l'égard de
la modification de la
Loi sur les établissements touristiques.
Par la suite, je continuerai avec les modifications proposées sur la
Loi sur le ministère du
Tourisme. Merci.
M. Dugré (Dominic) : M. le Président, Mme la
ministre, Mmes et MM. les députés.
Tout d'abord, laissez-moi, en quelques mots, vous
présenter notre organisation. La Fédération des pourvoiries du Québec est une organisation
à but non lucratif créée en 1948. Elle compte 350 pourvoiries
membres, des entreprises qui sont spécialisées dans l'hébergement associé aux activités de
chasse et de pêche. Les quelque 600 pourvoiries en opération partout au Québec
accueillent annuellement plus de 425 000 personnes
dont 80 % sont des résidents du Québec, l'autre 20 % provenant de
l'extérieur du Québec, majoritairement des
États-Unis. Leurs activités créent plus de 2 500 emplois directs et
entraînent des retombées économiques de plus de 230 millions de
dollars par année.
plan de l'hébergement, les pourvoiries constituent le plus grand réseau
d'hébergement en plein air au Québec. En effet, dans notre réseau, on
compte 3 340 chalets, 600 camps, 95 auberges,
52 pavillons, huit résidences privées et 29 bateaux-maisons,
donc un hébergement qui est extrêmement diversifié. C'est donc plus de
4 000 unités d'hébergement qui sont classifiées en pourvoirie.
FPQ s'est vu attribuer la tâche d'effectuer cette opération de classification
depuis 1993, alors que la classification était sous la responsabilité du ministère responsable de la Faune. En
2001, cette responsabilité a été transférée à Tourisme Québec, et la FPQ continue de faire les opérations
de classification en vertu d'une entente avec ce ministère. Aux fins de cette tâche, la FPQ emploie deux classificateurs
qui majoritairement sillonnent les routes forestières du Québec du mois de
mai au mois d'octobre, donc la période d'opération des pourvoiries.
Être
pourvoyeur, aujourd'hui, c'est vraiment du multitâche. Il y a la gestion
financière, les services à la clientèle puis les ressources humaines, évidemment, mais le pourvoyeur doit aussi
se soumettre à un nombre très élevé de lois et de règlements issus tant du
provincial que du fédéral, pensons aux normes concernant l'environnement, la
restauration, le propane, les
embarcations nautiques, les armes à feu, les communications radio, l'entretien
de chemins publics à leurs frais,
etc., mais c'est aussi de trouver le moyen de maintenir des services de qualité
et un environnement à la hauteur des attentes de la clientèle en
cohabitant avec d'autres industries présentes sur le territoire public,
notamment l'industrie forestière et l'industrie minière.
Cette cohabitation n'est
pas toujours facile, et nous avons l'impression que les besoins des pourvoyeurs
sont négligeables et négligés lorsque mis en
opposition avec ceux de ces deux autres industries. Nous avons d'ailleurs
demandé à de multiples occasions
auprès de diverses instances, dont le comité sur l'allègement réglementaire, à
ce que notre environnement d'affaires
soit amélioré. Investir des centaines de milliers de dollars sur des terres
dont les pourvoyeurs ne sont pas propriétaires demande un climat de confiance
et de certitude qui n'existe pas actuellement.
La question de la pourvoirie illégale fait aussi
partie des problématiques qui freinent le développement des pourvoiries. Le nombre d'entreprises qui
effectuent des activités de pourvoirie sans détenir le permis approprié est
important, et la lutte contre cette
situation n'est pas aisée. Les agents de protection de la faune doivent passer
par un processus d'enquête qui peut
parfois requérir de l'infiltration, ce qui implique beaucoup de temps et d'argent.
Il y a effectivement des enquêtes de menées, et des condamnations
peuvent suivre, mais cela ne suffit pas à enrayer le phénomène.
Le projet de
loi n° 67, que nous accueillons favorablement, s'attaque au phénomène de
l'hébergement illégal. Ce faisant, il
s'attaque aussi directement à la pourvoirie illégale, puisque beaucoup de
pourvoyeurs illégaux non seulement ne possèdent pas le permis approprié,
mais n'ont pas non plus l'attestation de classification requise.
Le projet de
loi mise sur des amendes considérablement plus élevées en cas d'infraction,
c'est un pas en avant. Nous avions,
dans le passé, déjà fait la suggestion d'instaurer un régime de sanctions
administratives pécuniaires comme ce
fut fait au sein du ministère de l'Environnement il y a quelques années. Ce
système aurait pu permettre aux agents ou enquêteurs du Tourisme d'émettre des constats d'infraction directement,
sans avoir à passer par le tribunal pour trouver un individu ou une entreprise coupable. Cette avenue n'a pas été
retenue. Je répète cependant que le fait de hausser les amendes et le
nombre d'inspecteurs est tout de même un pas dans la bonne direction.
Maintenant,
quelques commentaires concernant les attestations de classification. Les
pourvoiries sont particulières, plusieurs
d'entre vous le savent, notamment en regard du fait que ce sont les seules
entreprises d'hébergement touristique qui
relèvent de deux ministères différents. Nous avons besoin d'un permis de
pourvoirie délivré par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et nous avons besoin de l'attestation de
classification émise par le ministère du Tourisme. Si je n'ai pas les
deux documents, je ne peux pas opérer mon entreprise.
Cette
particularité fait en sorte que du dédoublement peut survenir en regard de
certaines obligations. Par exemple, l'article 6.1
exigera sur les terres privées, parce qu'on exclut nommément les établissements
qui sont situés sur les terres publiques,
donc exigera des pourvoiries sur terre privée qu'on fournisse un avis de
conformité à la municipalité, par exemple, si on veut ajouter une unité d'hébergement. Cette obligation de fournir
un avis de conformité, c'est déjà une exigence du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en lien avec notre
permis de pourvoirie. Donc, il y a un dédoublement là. Nous suggérons donc, pour ce qui concerne l'avis
de conformité à l'article 6.1, que les pourvoiries soient exclues de cette
obligation-là d'avoir l'avis de conformité,
l'avis de conformité municipal, puisque c'est déjà une exigence de la part du
ministère qui émet notre permis de pourvoirie.
articles 11.0.1 et 11.2 prévoient que le ministre peut refuser, suspendre
ou annuler une attestation de classification,
notamment lorsque le propriétaire est reconnu coupable d'une infraction à, bon,
une série de lois,
Loi sur le bâtiment,
Loi sur la qualité de l'environnement,
Loi sur la conservation et mise en
valeur de la faune notamment. La question qu'on se pose, c'est : À ce moment-là, avant de suspendre une
attestation pour un motif de culpabilité en regard de la
Loi sur la conservation et mise en valeur de la faune,
dans le cas des pourvoiries, est-ce qu'il y a un mécanisme de consultation
qui est prévu avec le ministère qui est
responsable des pourvoiries? Cette possibilité-là de suspendre ou d'annuler une
attestation de classification, elle est
telle quelle aussi dans la
Loi sur la conservation et la mise en valeur de la
faune, donc le ministre responsable
des pourvoiries peut refuser de renouveler, ou suspendre, ou annuler un permis
de pourvoirie si le détenteur est
coupable d'une infraction à peu près aux mêmes lois que celles qui sont
mentionnées dans le projet de loi. Donc, la question : Est-ce qu'il
va y avoir une interface entre les deux ministères avant de prendre une
décision?
Et dernier
point là-dessus. À l'article 14.1, on prévoit la possibilité, pour le
ministre, de déléguer certaines des fonctions relatives à la délivrance,
la suspension ou l'annulation d'une attestation de classification. La FPQ est
prête à assumer certaines des fonctions,
mais pas de fonction discrétionnaire. Si on devait être chargés de prendre la
décision suspendre une attestation de
classification parce qu'un individu ou une entreprise a été reconnu coupable
d'une infraction, ça devient un petit peu difficile, pour un organisme
comme le nôtre, de juger de la gravité puis est-ce que ça doit entraîner la suspension d'une attestation. Ce
pouvoir-là est dévolu au ministre dans la
Loi sur la conservation et mise en
valeur de la faune, on est à l'aise avec ça.
Je pense que la même chose devrait se retrouver dans le projet de loi au niveau
des pouvoirs de suspendre en cas d'une infraction à une autre loi.
Je vais laisser le temps qu'il reste à
M. Plourde pour l'autre
partie du projet de loi.
M. Plourde
(Marc) : Il me reste une minute. Bien, voyez-vous, je suis réputé pour
avoir beaucoup de verve, mais mon
collègue ne m'en a pas laissé beaucoup. Je vais y aller rapidement sur le
dossier de la modification de la
Loi sur le ministère du Tourisme.
D'abord, on
salue, vous l'avez entendu ce matin, l'apport des gens des ATS. Comme
association de produit, la Fédération
des pourvoiries du Québec, le fait d'introduire la notion de stratégie, pour
nous, c'est un plus, parce que c'est une
reconnaissance, cette notion-là de stratégie, qu'on... dans le sens du PDIT, où
on a des plans de match pour nos produits touristiques. Donc, qu'on ait des stratégies qui sont reconnues sur le
plan de... gouvernementalement, de la loi, bien, pour nous, c'est très bon. Également, le renforcement du rôle ou du mandat du ministère du Tourisme en
matière de connaissance stratégique, pour nous, c'est un signe tangible d'un maintien d'un ministère du Tourisme qui est fort, qui a une profondeur en
termes de connaissance puis d'appui de l'industrie à ce niveau-là.
Finalement,
bien, je peux juste saluer le travail de la ministre puis de l'ensemble
de mes collègues de l'industrie, là, qui
ont amené à cette vision-là de donner un rôle plus important
aux acteurs de l'industrie, aux associations, notamment, qui représentent le secteur touristique. M. Leduc
en a parlé ce matin, le fait que trois associations décident d'unir leurs forces au sein d'une seule et même entité pour
assurer la cohésion, la cohérence, la convergence des efforts, bien, pour
nous, là, c'est un grand pas puis c'est quelque chose qui est vraiment
significatif.
Donc,
que la loi permette dorénavant de déléguer certaines fonctions, bien on voit ça de façon
très positive. De la même
façon, qu'on inscrive clairement que le ministère du Tourisme pourra encadrer
les modalités, déterminer des modalités de
versement et d'utilisation de la taxe spécifique sur l'hébergement, bien je pense qu'encore là c'est un bon pas, qui donne
le pouvoir qui lui revient au ministère pour s'assurer de la bonne gestion de
ces sommes-là. Terminé, M. le Président.
Le Président (M.
St-Denis) : Aviez-vous des petites choses à rajouter? Mme la ministre
m'informait qu'elle pouvait vous laisser embarquer sur son temps, alors, si
vous aviez des petites choses à...
Plourde (Marc) : C'est très
gentil à vous, mais j'ai été... j'ai défilé mon texte à la vitesse de l'éclair,
je pense que j'ai fait le tour
pour l'instant.
Le Président (M.
St-Denis) : C'est bon. Parfait. Excellent.
Plourde (Marc) : Puis je pense qu'on
va déposer une position écrite qui va ramener tout ce qu'on a dit aujourd'hui.
Et puis moi, je suis prêt à répondre à vos questions, Mme la ministre.
Président (M. St-Denis) :
Puis vous aurez le temps, parmi les échanges, de compléter les différents
aspects que vous n'auriez peut-être pas touchés dans votre exposé.
Alors,
je vous remercie pour votre exposé. Nous allons débuter la période
d'échange. Mme la ministre, la parole est à vous.
Vien : Bien, merci beaucoup, M. le Président. M. Dugré,
bienvenue, et M. Plourde. C'est un plaisir de vous revoir.
J'aimerais
vous entendre davantage sur les pièges que vous soulevez ou en tout cas les
lumières jaunes que vous agitez sur
les dédoublements qui existent, là. Alors, c'est peut-être... Je pense que ce
serait éclairant si vous pouviez nous en donner un peu plus,
d'information sur cette question-là, Me Dugré.
Plourde (Marc) : En fait, la question des dédoublements, je laisserai
Dominic compléter, si ma réponse est incomplète, mais la question des
dédoublements, c'est qu'on est...
D'abord, la
pourvoirie relevait originellement de la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune, même la classification,
à l'époque, des unités d'hébergement relevait du ministère responsable de la
Faune. Maintenant, en 2011, hein, on
a rejoint la grande famille touristique des... en tant que mandataire, parce
qu'on l'était à l'époque pour le ministère responsable de la Faune, mais
les pourvoiries ont été intégrées sous l'égide de la
Loi sur les établissements
touristiques, donc...
Mais
on demeure le seul... À l'époque, il y avait des permis d'hébergement
touristique, qui ont été abolis au fil des
ans, puis nous, on demeure le seul secteur en hébergement touristique qui doit
détenir un permis pour faire le commerce qu'on exerce. Donc, on a là... La loi, ce qui est proposé dans la loi,
bien ça vient faire une double validation. Par exemple, pour la question
de la conformité aux règlements municipaux, le pourvoyeur, son permis fait déjà
en sorte qu'il s'est conformé à ces
obligations-là. Donc, on vient faire une deuxième validation, qui pourrait
amener, dans certains cas, des... vous
savez que ça peut arriver, là, on
peut soulever des pierres, des fois, puis dire, bon... donner la chance
peut-être à un conseil municipal de dire : Oui, bien, cette pourvoirie-là,
on ne veut plus trop. Tu sais, on trouve ça inutile de revenir deux fois demander le même avis de conformité à la
même municipalité alors que le permis de pourvoirie couvre déjà cet
aspect-là.
Je ne sais pas s'il y
a d'autres aspects, Dominic, qui...
M. Dugré (Dominic) : Non, bien, ça, c'en était un. L'autre aspect, je l'ai mentionné, c'est
au niveau des possibilités de
suspendre puis d'annuler ou de révoquer une attestation de classification.
C'est un miroir de ce qui existe actuellement dans la
Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune, le ministre responsable de la
Faune a la capacité de suspendre, d'annuler
ou de révoquer un permis de pourvoirie si le titulaire est trouvé coupable
d'une infraction à la
Loi sur la conservation et mise en valeur de la
faune,
Loi sur la protection du consommateur,
loi sur la sécurité des
bâtiments. Donc, c'est à peu près les mêmes lois.
Donc,
on a deux ministères, deux ministres qui ont le même pouvoir sur une
entreprise. Qui va l'exercer en premier? Qu'est-ce qu'il y a comme canal
de communication entre les deux dans ces situations-là?
Plourde (Marc) : En complément, je dirais, à cet égard-là, qu'un
inspecteur, que ce soit un des inspecteurs qui soit chez nous ou dans
une des autres organisations qui est responsable de la classification de
l'hébergement touristique, c'est quand même
un pouvoir qui est très fort, de dire : On révoque un permis. Donc,
techniquement, on ferme une
entreprise. Je pense que ça, c'est quelque chose qui devrait relever du
ministre responsable, tu sais. C'est le cas en matière de pourvoiries, en vertu de la
loi sur la conservation de la
faune, et puis, pour nous, c'est une garantie, en quelque part, que la capacité de retirer un permis ne soit
pas confiée à un individu mais bien à celui qui est celui qui l'émet, ce
permis-là, celui qui le délivre. Donc, c'est
un peu le même principe. On trouve que ça va loin, pour un pouvoir d'inspecteur,
que de dire : Moi, oui, je peux mettre fin aux opérations de l'entreprise
du jour au lendemain.
Vien : J'ai pris quelques notes, là, parce qu'il y a beaucoup
de choses qui se disent. Première des choses, au niveau municipal, la conformité municipale, je comprends que déjà,
parce que vous êtes sous chapeau des affaires... de la Faune et des
Parcs, là...
M. Plourde (Marc) : Sous la loi de
la conservation de la faune et... Forêts, Faune et Parcs.
Mme Vien :
Vous avez déjà, donc, une conformité municipale à aller chercher, c'est ce que
je comprends. En ce qui nous concerne
ici, ce qu'on veut, justement, c'est d'alléger la procédure d'attestation en
disant... Contrairement à ce qui
existe actuellement, où le demandeur doit aller... en fait il doit aller se
valider à la municipalité à savoir si, oui ou non, il ne contrevient
pas, avec son projet, au schéma d'urbanisme et des usages, là, je ne sais pas
comment on le dit, là, mais tout le monde me
comprend bien, de zonage, des usages, etc., maintenant ce qu'on dit, nous,
c'est : On va rendre la vie
beaucoup plus simple aux gens qui doivent aller chercher une classification et
aller chercher l'attestation nécessaire en disant : Bien, dorénavant,
c'est le ministère qui reçoit cette demande-là qui va envoyer une
missive à la municipalité concernée et qui va, en fait, renseigner cette municipalité-là en lui disant : Que pensez-vous de ce projet-là? Est-ce qu'il contrevient à un de vos règlements? Vous avez 45 jours pour répondre. Et, si vous
ne vous manifestez pas, nous comprenons, à ce moment-là, que la personne
en question peut très bien procéder, puis qu'il n'y a pas de souci à ce
niveau-là.
Contrairement à ce que, M. Dugré, je semble comprendre de vos propos, il s'agit
au contraire d'un allègement que nous apportons.
M. Dugré
(Dominic) : Oui, puis je
dois saluer cet allègement-là. Sauf que, dans notre cas, si j'ai une pourvoirie
et je veux construire une nouvelle unité, le ministère responsable de la Faune
m'oblige déjà à aller chercher un avis de conformité,
je dois déposer ça pour que le ministre m'autorise à construire une nouvelle habitation.
Donc, j'ai ça, je suis allé la
chercher. Après ça, je me retourne vers la classification puis, bon, je veux
faire classifier ça, ah! bien là, attends, on va écrire à la municipalité
pour avoir leur avis.
Mme Vien : Ce qui serait
particulier, c'est qu'on aurait deux réponses différentes, hein? Ça, ce serait
assez spectaculaire, c'est...
M. Plourde
(Marc) : Dans le fond, les dispositions qui sont là, pour nous, je pense que c'est
parfait, tu sais, dans le système
de l'émission des attestations de classification. On dit simplement que, dans
le cas de la pourvoirie, à cause de l'existence
du permis, bien là il y a un dédoublement. Donc, on se dit : Est-ce qu'on ne pourrait pas, encore là, tenir compte du permis de pourvoirie
puis sauter cette étape-là, dans le cas des pourvoyeurs, parce que...
Mme Vien : Si vous me permettez, peut-être
que les bâtiments dont vous parlez, Me Dugré, qui pourraient être construits sur le territoire d'une pourvoirie
n'ont absolument rien à voir avec un autre bâtiment, par exemple, qui concerne l'hébergement touristique. Alors là, on est dans
deux mondes complètement différents.
Mais moi, je comprends qu'on vient enlever une
épine du pied du demandeur puis que, finalement, c'est au ministère
que revient la responsabilité d'envoyer la lettre à la municipalité. Le demandeur n'y verra que du feu, sinon... à moins qu'il
reçoive une réponse négative.
M. Plourde
(Marc) : Nous, on essayait
de vous sauver du travail. On vous dit que, dans le cas des pourvoiries,
c'est déjà fait.
Mme Vien : Je comprends, je
comprends.
M. Plourde (Marc) : Ça fait que,
pour le reste du réseau d'hébergement...
Mme Vien : Non, mais on prend bonne note de ce que vous nous
soulevez, évidemment, ça va faire partie... On en prend bonne note,
M. Plourde.
L'autre chose
sur laquelle j'aimerais revenir... Au niveau du projet de loi, on sait que les mandataires, donc, c'est eux qui remettent l'attestation, hein? Et nous,
dans notre logique, on pense effectivement que de déléguer le pouvoir de
suspendre, refuser, etc., qui est maintenant
au projet de loi, vient un peu s'inscrire dans une suite logique des
responsabilités qui sont les vôtres actuellement, qu'on vous reconnaît. Vous
semblez y voir une problématique.
M. Plourde
(Marc) : Écoutez,
encore une fois, c'est peut-être en raison des particularités de notre secteur,
là. La FPQ, des fois je dis en blague, c'est la fédération des
particularités du Québec.
On a déjà,
encore là, notre permis de pourvoirie. Donc, pour nous, je pense
qu'il n'y a pas lieu de répéter ce qu'on a déjà comme
obligations.
Chez nous, en
Faune, bien, en matière de pourvoirie, comme Dominic le disait, il y a
ce pouvoir-là qui est délégué au ministre.
Et on croit que c'est important d'être capable de retirer un permis de pourvoirie
ou un droit d'exercer si le titulaire
n'est pas, je dirais, entre guillemets, digne de sa charge, là. Dans le cas...
Donc, pour nous, c'est un pouvoir qui est
quand même fort, de dire : On retire à une entreprise
son droit d'opérer, là. Ça a des conséquences, ça a des conséquences en termes d'emplois, en termes de rentabilité
d'entreprise, puis ça laisse place à, je dirais, un certain arbitraire, là, sur...
Est-ce que systématiquement, parce que quelqu'un a enfreint la
Loi sur le
bâtiment, on va lui enlever son attestation? Bien, je pense que c'est quelque chose qui
devrait, en tout cas, relever d'une autorité supérieure, là, qu'un simple
inspecteur. Ça, c'est un commentaire. Pour nous, on aurait un malaise,
comme délégataires, à avoir ce pouvoir-là de retirer à une entreprise son droit d'opérer parce que le
propriétaire a été condamné pour une cause... peu importe la cause. Il y a des
causes qui sont graves, il y a des causes
qui sont beaucoup plus techniques. Puis on se dit, bon... Ça devient un pouvoir
arbitraire qu'on trouve un peu fort.
M. Dugré
(Dominic) : Ça peut nous
mettre dans une drôle de situation aussi où on a un pourvoyeur qui commet
des infractions, puis le ministre
responsable de la Faune en est au courant, lui, il dit : Ah non!, moi,
selon les antécédents, peut-être, du
pourvoyeur ou la gravité de l'infraction, je juge que ce n'est pas assez grave
pour retirer son permis, puis nous,
on dirait : Ah non!, nous autres, c'est assez grave, on enlève son
attestation. Le résultat est le même, la personne ne peut plus opérer,
là. Ça nous place dans une drôle de situation.
Mme Vien :
Vous avez entendu peut-être Mme Michelle Doré, un petit peu plus tôt
aujourd'hui, qui est venue nous dire... sur la question de la régularité
qui touche l'hébergement touristique, donc ce qu'est un établissement
d'hébergement touristique, bon, on doit faire la démonstration qu'on l'opère
sur une base régulière, publique, etc.
Vous avez des
membres qui se qualifient, chez vous. Est-ce que vous trouvez que c'est une
bonne idée que de procéder par
exclusion pour venir mettre cette délimitation que l'on souhaite, hein,
c'est-à-dire qu'il y a ceux qui font de l'hébergement touristique et ceux qu'on ne veut pas considérer comme en
faisant, c'est-à-dire M. et Mme Tout-le-monde qui de temps à autre louent leur condo ou leur maison mais qui ne sont
pas dans une logique commerciale? Est-ce que, chez vous, ce système d'exclusion là pour accueillir ou... en fait pour
qualifier ou non qui fait de la pourvoirie, vous avez déjà connu ça? Et
comment vous accueillez cette proposition-là?
Plourde (Marc) : Écoutez, je peux vous parler de notre vécu comme
secteur. En 2000, il y a eu une modification. On avait puis on a encore une certaine problématique de pourvoiries
illégales, et, en 2000, le ministre de l'époque a dit : Bon, bien on va essayer de mettre le râteau plus
large un peu, c'est-à-dire, bon, on a changé des notions dans la désignation,
dans la loi, sur qu'est-ce qu'est une
pourvoirie, puis la nouvelle définition qui était proposée, c'est «quiconque
offre de l'hébergement et des services». On changeait ça, on remplaçait
«une entreprise qui offre» par «quiconque offre».
Donc, le
texte de la loi a été adopté comme ça, puis ça suggérait un règlement
d'exclusion, et on est 15 ans plus tard puis on n'a toujours pas
mis en force la nouvelle définition légale. Parce que la nouvelle définition
légale a été adoptée à partir du moment où
on avait adopté le règlement d'exclusion, et, lorsqu'on a commencé les travaux
afin d'essayer de voir qui pouvait
être exclu, bien, rapidement on s'est rendu compte, nous, comme organisation,
on a dit... bien là c'était rendu la
recette pour faire de la pourvoirie illégale. Tout le monde voulait avoir son
exclusion, les propriétaires agricoles... on avait l'UPA, on avait un ensemble d'organisations qui sont venues
dire : Oui, mais, nous autres, ce n'est pas vraiment de la pourvoirie qu'on fait. Puis finalement on
n'a jamais adopté le règlement d'exclusion, on n'a jamais été capable de
venir à un consensus là-dessus parce que ça rendait à peu près inefficace la
nouvelle définition légale.
Donc, pour
nous, ça n'a pas été une expérience très concluante que de tenter d'y aller par
exclusion, là. Ça devenait vraiment le livre de recettes pour faire de
la pourvoirie illégale.
Mme Vien :
À quoi ça ressemble aujourd'hui, la pourvoirie illégale, en termes de nombre?
C'est où? C'est qui? C'est...
M. Plourde
(Marc) : Bien, la pourvoirie illégale, ça prend plusieurs formes,
hein? D'abord, ce sont des propriétaires de chalet, dans certains cas de clubs privés qui n'ont pas un caractère
commercial déclaré, mais qui, pour rentabiliser leurs opérations ou les
coûts de fonctionnement des installations qu'ils ont en forêt, bien, se mettent
à recevoir du monde, à recevoir des clients,
entre guillemets. Donc, on loue le chalet à un groupe pour une semaine avec les
bateaux, avec... Finalement, ça
revient exactement à faire le commerce qu'on fait, sauf qu'ils n'ont pas les
permis requis, ils n'ont pas d'attestation de classification. C'est un
phénomène qui est assez répandu.
Puis on est
touchés aussi par l'hébergement illégal comme tel, parce qu'on a certaines
pourvoiries qui gèrent... Par exemple,
dans les grands plans d'eau, je pense, dans les Laurentides, on gère des
marinas, on gère beaucoup d'accessibilité,
hein, c'est la vocation de notre réseau de le rendre accessible, puis moi, j'ai
des membres qui me disent : Regarde,
cette année, j'ai perdu 20 000 $ de business parce que la personne
qui venait avec son bateau, là, le gars de Montréal qui arrivait avec son bateau, qui me louait un
chalet, qui s'installait à ma marina, bien, depuis deux ans, il vient encore
avec son bateau, mais il ne loue plus mon
chalet, puis, quand on gratte un petit peu, bien on se rend compte qu'il loue
un chalet privé aux alentours. Donc,
les gens adoptent une destination puis tranquillement essaient de voir :
Je peux-tu trouver un hébergement
alternatif qui coûte moins cher? Puis, avec tout ce qu'on a maintenant comme
offre d'hébergement sur des plateformes
comme MonChalet.com ou des choses comme ça, bien, de l'hébergement non
classifié, il y en a comme ça, donc c'est assez facile.
Dans le fond, on dit souvent, puis c'est un peu
la même chose en matière de pourvoiries, on fait beaucoup de promotion de notre destination, on fait beaucoup
de promotion de nos places, de nos plans d'eau. À un moment donné,
évidemment, bien, les gens s'attachent à ces endroits-là puis essaient de
trouver les façons les plus économiques. Puis l'hébergement illégal prend de
l'importance de plus en plus, là, on le sent. Il y a un effritement de la
clientèle.
Président (M. St-Denis) : Je vous remercie. Je vous remercie beaucoup, c'est tout le temps
dont on disposait pour cette partie-là. Je passe maintenant la parole au
député de Bertrand.
Cousineau :
Oui, merci, M. le Président. Je veux juste continuer sur ce que la ministre
vous a demandé, à savoir : C'est quoi,
la proportion des pourvoiries illégales versus les pourvoiries qui sont
légales? Puis j'ai bien compris que vous avez, dans votre association,
350 pourvoiries?
M. Plourde (Marc) : Oui.
Cousineau : 350,
donc, qui sont légales et puis...
M. Plourde (Marc) : Elles sont
toutes légales.
Cousineau :
Elles sont toutes légales, évidemment, oui. Et puis... Mais là ce que vous dites...
Puis là, encore là, il y a une ligne à tracer, là. Si, à un moment donné,
quelqu'un s'annonce comme pourvoirie, a quatre, cinq chalets dans le fond des bois autour d'un lac puis s'annonce
comme pourvoirie, il est illégal parce qu'il n'a pas la certification, il n'a pas
ci, il n'a pas ça, ça, c'est une chose. Mais celui qui amène son bateau à une
marina puis qui loue un chalet d'un particulier,
bien là, ça, c'est une autre chose. Parce qu'on a dit, nous autres, dans nos
discussions, qu'à un moment donné il fallait laisser M. et Mme
Tout-le-monde vivre, puis il peut arriver que quelqu'un décide, un été, de
louer son chalet parce que, cet été-là, il part pour l'Europe. Alors, ça, il
faut faire bien attention, là. Moi, quand j'entends «pourvoirie illégale», c'est quelqu'un qui fait commerce, qui
s'affiche puis qui a cinq, six chalets dans le fond des bois, il y a une petite
route qui a été construite par Hydro-Québec
dans le temps, puis lui, il fait commerce en s'affichant sur des sites. Ça,
pour moi, c'est illégal, puis ça,
pour moi, il vient profiter des attraits d'une région sans défrayer des coûts
de... Moi, je crois que, ça, il faut vraiment inspecter puis faire un
suivi là-dessus. D'accord?
M. Plourde (Marc) : Oui, je pense
qu'on s'entend là-dessus. Pour nous...
Cousineau :
D'accord. Maintenant, vous avez aussi mentionné... Excusez-moi, j'essaie de
reprendre mes choses, là. Ça va pour les pourvoiries illégales.
Au niveau des
pourvoiries légales, vous en avez 350. Vous en avez là-dedans qui sont quatre
saisons, puis il y en a qui ne sont
seulement que pendant la saison de la pêche puis la saison de la chasse. Mais
il y a des pourvoiries qui sont quatre
saisons. Il y en a qui utilisent des pourvoiries l'hiver pour la motoneige
parce que des sentiers nationaux passent à travers leur pourvoirie.
C'est quoi, la proportion de ceux qui utilisent
leur pourvoirie quatre saisons versus... dans les 350 que vous avez?
M. Plourde
(Marc) : Bien, je vous
dirais, moi, j'estimerais à environ... entre 50 et 100 pourvoiries qui
sont presque à quatre saisons, là. On
a 95 auberges dans le réseau. Il y a une bonne part de ces auberges-là qui
sont des établissements à l'année,
là, parce que, d'une part, il faut les rentabiliser, ces établissements-là, puis... Donc, moi, je dirais, c'est le quart de nos membres
peut-être, là, qui opèrent à l'année, là
Cousineau : Maintenant, au
niveau du... Vous avez parlé, là, que... Excusez-moi, oui. Vous avez mentionné
que c'est 80 % des Québécois qui fréquentent
les pourvoiries légales du Québec, 80 %, puis il y a un 20 % de
touristes internationaux, c'est ça que j'ai compris au départ.
Maintenant...
M. Plourde
(Marc) : Exactement, internationaux. Principalement des Américains,
des Européens, puis on a une bonne fréquentation des provinces voisines
également.
Cousineau :
Maintenant, vous allez être une
partie à l'intérieur du nouveau... d'Alliance
touristique Québec, Québec Tourisme, là. Là encore, les pourvoiries,
vous êtes un membre des ATS.
M. Plourde (Marc) : Exact.
Cousineau :
Et puis, d'après vous, est-ce qu'il y a un potentiel d'augmenter la capacité
touristique extérieure pour les
pourvoiries du Québec, de passer de 20 % à 30 %? Est-ce que ce
potentiel-là existe? Puis est-ce que vous allez être capables de jouer du coude au sein du nouvel organisme pour
dire : Bien, écoutez, on a des pourvoiries et puis on a un potentiel, on a un attrait touristique
extraordinaire qu'on veut développer? Est-ce que vous pensez que vous allez
être capables d'avoir assez de poids au sein du nouvel organisme pour
faire ce travail-là?
M. Plourde
(Marc) : Écoutez,
moi, je pense que oui. D'une part, est-ce qu'il y a un
potentiel de croissance de la
fréquentation par les non-résidents? C'est clair, c'est clair à mes yeux qu'il
y a un potentiel. Le Québec recèle quand
même
des ressources fauniques qui sont de grande qualité, hors du commun, puis ce
n'est pas demain... je veux dire, on a
quand même plusieurs facteurs qui nous laissent entrevoir
que notre faune va demeurer abondante et attractive pour les
non-résidents.
Maintenant, notre place dans la nouvelle
gouvernance, du marketing, on s'entend, bien sûr, moi, je pense que notre secteur a à se qualifier dans le cadre du plan de développement de
l'industrie touristique, dans le cadre de sa stratégie nature et aventure qui est en élaboration
actuellement, à laquelle on participe activement. Et je crois qu'à partir du
moment où la stratégie nature et
aventure fait ou fera de la place au secteur de l'hébergement en milieu
naturel, au secteur de la chasse et de la pêche
comme produits potentiels d