Health and Social Services — 25 May 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2016-05-25
Quebec — Committees
Barrette : Alors, M. le Président, évidemment, comme je l'ai dit à plusieurs reprises et je vais
le répéter ici pour les grossistes, c'est
la même chose pour les producteurs de médicaments, les fabricants, ici c'est un
projet de loi qui traite évidemment de la possibilité pour le ministre de faire des appels d'offres dans les deux
secteurs concernés, et ce n'est pas un projet de loi où on va décrire en
détail — et
ce ne serait pas opportun de le faire — la méthodologie employée. Alors, il y a un jeu là-dedans,
au sens pas ludique du mot, là, mais au sens de la relation d'affaires avec le
milieu en question, qui se traite au moment de... Et ça, c'est tout à fait
normal.
Quand j'ai
parlé et j'ai évoqué la possibilité d'avoir un appel d'offres territorial,
c'était une indication en réponse à la
question qui était posée par notre collègue
de Lévis sur la faisabilité de la chose. Alors, j'ai donné
un exemple. Il y a toutes
sortes de formules, il y a toutes sortes de façons. Mais je ne pense pas que ce
soit le lieu, dans le projet de loi, d'étaler cette mécanique-là sur la place
publique, à cette étape-ci.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Rosemont.
M. Lisée : Bien, je suis, respectueusement, en désaccord
avec le ministre. On a eu des consultations avec des
gens qui sont des spécialistes du domaine,
qui nous ont dit : C'est logistiquement inapplicable. On ne demande pas de
voir le libellé de l'appel d'offres, on demande... On suppose que le ministre et son équipe, puisqu'il
continue à dire qu'on peut faire des appels d'offres pour des
grossistes, ont réfléchi à l'applicabilité.
L'autre question
qui est restée sans réponse, il nous a dit : Bon, comme vous le savez, il y a
des grossistes qui sont liés à des
bannières. Le fait que des grossistes... Si un grossiste de la bannière A
remporte l'appel d'offres, il va
livrer à la bannière B et à la
bannière C, cela risque de lui donner des informations commerciales
confidentielles sur les pratiques d'achat de ses concurrents.
Alors, est-ce
que le ministre considère que c'est un argument qui est valable? Et, s'il est
valable, a-t-il réfléchi à des façons d'éviter cette dissémination
d'informations confidentielles commerciales?
Barrette : Je pense que les gens qui se sont exprimés, M. le
Président, en invoquant cet argument-là sont les mêmes qui ne veulent
pas qu'on fasse des appels d'offres par définition, pour des raisons de
profitabilité.
Ça ne
m'arrive pas souvent, mais je vais le faire aujourd'hui, je vais citer le
député de Mercier, qui nous disait que ce
n'était même pas un enjeu, lors de la dernière séance, qu'on avait tout
simplement à passer par-dessus les grossistes et d'envisager d'autres modèles. Alors, sur un plan purement conceptuel,
évidemment qu'avoir un système de distribution totalement territorial, sur tout le territoire, qui empêcherait... qui
permettrait de ne pas avoir ces obstacles-là est possible, ce sont d'autres avenues que le député de Mercier
serait certainement heureux que j'entreprenne. Mais il y a une chose qui
est certaine : quand les grossistes
eux-mêmes refusent ou invoquent la possibilité de divulgation de certaines
données, on tombe évidemment dans le secteur de la profitabilité, le
secteur qui fait en sorte qu'actuellement on paie trop cher. C'est là qu'il est, l'argent. Alors, je ne pense pas que
cet argument-là, à sa face même, soit un argument, pour moi, de changer
mon point de vue, là.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Rosemont.
M. Lisée :
On comprend tout à fait la volonté du ministre d'économiser des sous et on le
partage. On essaie de voir, puisqu'il propose une mesure, si elle se
heurte à des obstacles insurmontables.
Le ministre dit : Bon, de toute façon, ceux
qui évoquent ces arguments-là, c'est parce qu'ils ne veulent pas la mesure, parce qu'ils ne veulent pas réduire leurs
profits. Je suis prêt à accepter la logique de son argument, mais ça
n'évacue pas le mérite de certains
arguments. Si on me démontrait que, bien, ça, ça n'a pas de mérite en soi, pour
telle, telle raison, je serais plus heureux.
Mais j'entends le ministre qui dit, en reprenant
des propos du député de Mercier, qu'il pourrait envisager, finalement, de passer par-dessus les grossistes
existants en faisant une distribution complètement différente des médicaments
au Québec. Est-ce qu'il pourrait élaborer là-dessus? Parce que c'est nouveau et
intéressant.
Barrette : Bien, M. le Président, non, alors, d'abord je n'ai pas dit
que j'envisageais de. J'ai cité le
député de Mercier pour démontrer au député de Rosemont que toutes sortes
d'options étaient possibles et que le fait qu'un des protagonistes d'une façon de faire soit venu en commission parlementaire dire : Il y a un danger pour nous parce que ça va divulguer des informations
qu'on juge confidentielles, ce n'était pas un argument, pour moi, recevable.
Mais la ligne
de question, la ligne de questionnement du député de Rosemont
m'étonne parce que le député de Rosemont me semble vouloir
prendre la défense de l'intégration verticale, qui, elle, on l'a vu en commission parlementaire, est certainement
et, je dirais même, définitivement à la source de ce problème-là.
Le Président (M. Tanguay) : ...de Rosemont.
M. Lisée : Est-ce que le ministre
compte nous déposer un amendement pour limiter, encadrer ou interdire la concentration verticale? Je serais tout à fait heureux d'en discuter avec lui, mais je pense que ce n'est pas le cas,
puisqu'il nous a dit qu'il n'avait aucun amendement
substantiel à nous déposer. Donc, on est obligés de travailler avec le réel,
et ça, c'est le réel. C'est tout.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Bien, puisqu'on parle de réel, M. le Président, j'attends
avec impatience le dépôt réel des amendements du député de Rosemont, qui ne l'a toujours
pas fait. Il nous a dit qu'il en avait six; il en a déposé un. Il nous a
même annoncé dans la ou les dernières séances, l'avant-dernière séance, qu'il
allait nous présenter un amendement omnibus. Alors, je sens qu'on va avoir un amendement
qui va être broché, compte tenu du nombre de pages qu'il va contenir. Alors, on
attend avec impatience le réel du député de Rosemont.
M. Lisée :
O.K. Donc, on met ça dans la catégorie «pas de réponse».
Donc,
j'ai d'autres questions. L'exclusivité accordée aux grossistes, est-ce que,
dans l'esprit du ministre, ça exclut la formation d'un consortium ou
la sous-traitance? C'est-à-dire est-ce que, dans son esprit, un grossiste qui
obtiendrait l'appel d'offres pourrait
faire un consortium avec d'autres grossistes pour la distribution du médicament
pour lequel il aura obtenu l'appel d'offres ou sous-traiter une
partie
de la distribution?
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Alors, M. le Président, lorsqu'il y aura un appel d'offres, comme tout appel d'offres — si
la loi passe, évidemment, est adoptée — l'appel d'offres sera offert à l'univers, et ceux
qui se présenteront se présenteront dans la forme qu'ils voudront.
Alors,
un appel d'offres, c'est un appel d'offres qui fixe des conditions de livrable.
Maintenant, libre à l'industrie de faire des propositions.
M. Lisée :
Très bien. Ça, je mets ça dans la catégorie «une réponse», une bonne... une
réponse...
M. Barrette :
M. le Président...
M. Lisée :
Non, mais je félicite le ministre pour nous avoir donné une réponse claire. Je
suis content. Vous n'allez pas vous objecter au fait que je sois content
d'avoir une réponse claire.
M. Barrette :
M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre. Appel au règlement, j'imagine.
Barrette : Oui, 35, on me
prête des intentions, là, clairement ici, là. Puis je pourrais sortir d'autres
articles, là, j'ai répondu clairement à
toutes les questions. Peut-être ne font-elles pas toutes l'affaire du député de Rosemont,
mais, écoutez, là, qu'on ne vienne pas me
dire, là, que là, j'ai une réponse claire, là, puis qu'en quelque part j'ai choisi de ne pas avoir... une réponse pas claire la fois
d'avant, là.
Président (M. Tanguay) :
Alors, j'invite tous les collègues à rester sur le fond des choses. L'objet du
débat est l'amendement à l'article 1 du collègue de Lévis. Alors, en ce
sens, collègue de Rosemont, la parole est à vous.
M. Lisée :
Très bien. Oui, j'ai prêté l'intention au ministre de répondre clairement à ma
dernière question.
M. Barrette :
...d'avant, M. le Président, alors...
Le Président (M.
Tanguay) : Je l'avais compris, merci.
M. Lisée :
On avait tous compris.
M. Barrette :
Oui, parce qu'on comprend le jeu d'échecs, M. le Président.
M. Lisée :
Est-ce que j'ai la parole, monsieur...
Barrette : Le député de Rosemont,
au lieu d'avancer son pion, il avance son fion. Mais mettons qu'il
pourrait faire abstraction de ses fions.
M. Lisée :
Est-ce que j'avais la parole, M. le Président? Je pense que j'avais la parole, M.
le Président.
Président (M. Tanguay) :
Oui. Alors, revenons, chers collègues, au fond des choses. C'est là où vous
brillez parmi les meilleurs, alors je vous y invite.
M. Barrette :
Habituellement, il utilise sa parole intelligemment.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, la parole est au collègue de Rosemont.
M. Lisée : Alors, je note que le ministre
me prête l'intention d'utiliser ma parole intelligemment. Je suis
d'accord avec l'intention qu'il me prête.
Alors, comme j'ai la parole, je vais
lui poser une autre question : Est-ce
que la décision du ministre
de recourir à la procédure d'appel d'offres exclut ou non le pouvoir du ministre
d'établir la marge bénéficiaire?
Barrette : M. le Président, il faudrait que le député de Rosemont, qui aime les questions à étages, précise
sa pensée à cet étage-ci de sa pensée complexe.
Lisée : Avec plaisir.
En ce moment, la marge bénéficiaire des grossistes est établie
par le ministre, c'est-à-dire
que c'est un pourcentage pour l'essentiel des médicaments et, pour certains, un
tarif fixé.
Puisqu'il veut
réformer ce secteur, est-ce qu'il va maintenir son pouvoir d'établir la marge
bénéficiaire ou est-ce qu'il va dire : Bien non, maintenant
que je suis par appel d'offres, je n'ai plus à prescrire la marge
bénéficiaire?
Barrette : Alors là, M. le Président, évidemment, on tombe encore une fois dans la construction de
l'appel d'offres, et à cette étape-ci, et je
l'ai dit à plusieurs reprises à ce type de question là, ce n'est pas ici
qu'on va déterminer ça.
M. Lisée :
M. le Président, c'est un pouvoir du ministre...
M. Barrette :
C'est vrai.
M. Lisée :
...et c'est un pouvoir que le ministre exerce dans la totalité des cas en ce
moment. Et donc je comprends de sa réponse — et je le remercie de sa réponse — qu'il pourra maintenant moduler ce pouvoir
en fonction des appels d'offres qu'il fera.
M. Barrette :
Je n'ai rien à rajouter de plus, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
On avance, M. le Président, on avance. C'est tout ce que j'ai pour l'instant.
Merci.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, chers collègues, l'objet du débat
est l'amendement du collègue de Lévis à
l'article 1. Y a-t-il d'autres
interventions? S'il n'y en a pas, nous allons procéder... Collègue de
Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Vote nominal, M. le Président.
Président (M. Tanguay) : Alors, nous allons procéder, chers collègues,
au vote par appel nominal. Je constate qu'il n'y a pas d'autre
intervention. Alors, Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Paradis (Lévis)?
M. Paradis
(Lévis) : Oui, d'accord.
La Secrétaire :
Sur l'amendement.
Le Président (M.
Tanguay) : Sur l'amendement.
M. Paradis
(Lévis) : ...oui, adopté.
La Secrétaire :
M. Lisée (Rosemont)?
La Secrétaire :
M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
Mme Montpetit (Crémazie)?
Montpetit : Contre.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Chauveau)?
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
Le Président (M. Tanguay) :
Abstention.
La Secrétaire : L'amendement
est rejeté.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
l'amendement est rejeté.
Chers
collègues, nous revenons donc à l'objet du débat, étant l'article 1 du
projet de loi. Y a-t-il des interventions? Collègue de Rosemont.
M. Lisée : M. le Président,
j'aimerais déposer un amendement.
Le Président (M. Tanguay) : Oui.
Alors, nous allons suspendre le temps d'en faire des photocopies. Nous
suspendons nos travaux.
(Suspension de la séance à 11 h 31)
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, nous sommes de retour en ondes. Alors, pour la
présentation de son amendement, je cède la parole au collègue de Rosemont.
M. Lisée : Merci. M. le
Président, je propose de modifier l'article 1 du projet de loi par
l'ajout, à la fin du deuxième alinéa, de l'alinéa suivant :
«Tout fabricant doit obligatoirement déclarer
une rupture d'approvisionnement selon les modalités prévues par règlement du gouvernement.
Le fabricant qui contrevient à une disposition d'un règlement pris en application
du présent
article commet une infraction et est passible d'une amende de 10 000 $
par jour, jusqu'à un maximum de 1 800 000 $ par médicament.»
Le Président (M. Tanguay) : Des
explications?
M. Lisée :
Oui. Bien, d'abord, ce sont des dispositions qui sont existantes dans la
législation américaine, ce qui fait que,
lorsqu'il y a des pénuries internationales, les fabricants fournissent d'abord
les États-Unis, parce que, s'ils ne le font pas, ils ont des pénalités
importantes.
Le Canada, le
gouvernement canadien a déposé un projet de loi en ce sens, qui est le projet
de loi C-523, qui n'est pas appliqué mais qui dit exactement ça. Il
prévoit à son
article 4.3.(2) :
«4.3
(2) Le
fournisseur avise le ministre de toute interruption prévue ou prévisible de la
production, de la distribution ou de l'importation d'un médicament au
moins six mois avant la date prévue de celle-ci.
«
(3) Dans le cas où l'interruption de la
production, [...]distribution ou [importation] d'un médicament est non prévue,
le fournisseur en avise le ministre dès que possible.
«
(4) Le
fournisseur qui entend cesser de produire, [...]distribuer ou [importer] un
médicament en avise le ministre au moins douze mois avant la date prévue
de la cessation.
«11.01
(1) Toute personne qui contrevient
volontairement [...] commet une infraction et est passible, sur déclaration de
culpabilité par procédure
sommaire, d'une amende maximale de [1,8 million
de] dollars.»
Donc, ce
projet de loi n'est pas en vigueur. Il y a eu une première lecture le
4 juin 2013, mais peut-être que des pressions de lobbys ont fait en sorte que la volonté a été freinée. Mais
en tout cas aux États-Unis l'équivalent existe. Et c'est une disposition
qui, d'abord, informe le ministère de la Santé. On sait qu'une des raisons pour
lesquelles les fabricants et les génériques
refusent... enfin, aimeraient mieux ne pas le faire, c'est parce que ça donne
des informations à leurs concurrents,
mais ça, c'est leur problème. Nous, notre problème, c'est d'être bien approvisionnés
en médicaments et faire en sorte que, lorsqu'il y a pénurie, on soit au
moins au même niveau que les États-Unis.
Sur la
question constitutionnelle, on sait très bien que tout ce qui concerne la santé
est une juridiction dans laquelle le
gouvernement canadien ou le gouvernement québécois peuvent agir en toute
légitimité, et rien n'empêche le Québec d'adopter cet amendement et de
l'appliquer sur son territoire.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, je pense que le député de Rosemont
montre encore une fois son attachement au
Canada, un attachement qui le renfrogne, là, parce qu'il veut se séparer du
Canada, mais je lui dirai, M. le Président, que ce sont des règles qui ne sont pas des règles d'appel d'offres mais bien
d'autorisation et de conséquences qui s'ensuivent de l'autorisation de
distribuer... pas distribuer, mais de mettre sur le marché un médicament au
Canada, dans un pays. Le député de Rosemont
fait référence à des prises de position nationales, de pays. Alors, le fédéral
a une loi, qu'il n'applique pas, j'en
conviens. Le fédéral, aux États-Unis, a une loi qu'il applique, et c'est leur
prérogative. Mais on est loin, évidemment, d'un appel d'offres.
Par contre, dans un appel d'offres,
qui est l'objet de la loi, M. le Président, je le rappelle, c'est important...
Alors, j'avais prédit que le député de
Rosemont tenterait d'utiliser ce projet de loi là pour poser des gestes
législatifs périphériques au projet
de loi mais qui traitent du monde du médicament, et je pense que ce n'est
évidemment pas approprié. Par contre, dans
un appel d'offres, on prévoit ce genre de clause là. Alors, il y a deux clauses
que l'on peut prévoir dans un appel d'offres,
par exemple une clause de mise à niveau technologique. S'il arrive telle chose,
le produit va évoluer dans le temps, on doit le mettre à jour. Et
inversement on peut avoir des clauses de ce type-là, mais elles sont inscrites,
enfouies... inscrites clairement dans le devis de l'appel d'offres.
Alors,
je l'ai dit, je le répète, c'est toujours la même mécanique : C'est une
loi sur l'habilitation au ministre de faire des appels d'offres, ce n'est pas une
loi sur la construction du devis,
l'écriture du devis. Et ce à quoi fait référence le député de Rosemont
par son amendement est de deux ordres : soit l'écriture, la construction
du devis, soit une prise de position nationale d'un gouvernement national. Et,
comme il le dit avec justesse, c'est dans la responsabilité fédérale de mettre
ça en place.
Maintenant,
je vais faire un petit bémol. Il est intéressant de voir que le député de
Rosemont considère le Québec équivalent
aux États-Unis. C'est quand même extraordinaire, nous sommes les États-Unis!
Les États-Unis, il nous dit, ont une
clause similaire à 1,8 million de dollars, aux États-Unis, pour les
États-Unis, qui sont 45 fois plus gros que le Québec. Et là on
importerait une mesure pour notre population? Autant dire qu'avec une mesure
comme ça c'est la fin de la participation de
l'industrie à la vente de médicaments ici. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir une clause de
ce type-là, mais elle doit être inscrite dans le devis et non dans la loi.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Rosemont, et par la suite nous irons voir du
côté du collègue de Mercier. Je vais permettre au collègue de Rosemont de
répliquer.
Lisée : Si le ministre
veut faire un sous-amendement pour indiquer que ces dispositions seront
incluses dans les devis, je suis parfaitement d'accord. Ce que je
pense important, c'est d'envoyer un
signal clair que le Québec, qui a la capacité constitutionnelle d'agir en matière de santé, de
contrôle des médicaments — d'ailleurs, le ministre ne s'en gêne pas — peut
envoyer un signal clair pour dire que la pénurie de médicaments, la cessation
d'importation, c'est un problème réel, c'est un problème qu'on veut
prévenir dans la mesure du possible, et nous ne voulons pas être des citoyens
nord-américains de seconde classe.
1,8 million,
c'est le chiffre qui a été retenu par le gouvernement canadien. Alors, lui-même
a considéré que c'était une somme normale.
Maintenant,
par agrément de part et d'autre, on peut décider d'ajouter ce que l'on veut à
ce projet de loi, s'il est sous l'intitulé
du contrôle des coûts des médicaments et de l'approvisionnement, et il n'en
tient qu'au ministre d'accepter cet amendement,
et il fera
partie de la loi. L'occasion est belle. Il a lui-même décidé de
faire un projet de loi bref mais d'inviter l'ensemble de l'industrie et l'ensemble des experts pour nous faire des
recommandations, pour faire ce qu'il disait être sa volonté, de faire des ajustements. Il a le droit
de le faire. S'il veut le faire, il le fait. S'il décide de ne pas le faire,
bien, il décide de rater cette occasion législative de faire avancer la
politique publique en matière de médicaments.
Barrette : C'est une opinion
que je respecte, ce n'est pas la mienne, M. le Président. La loi est
très claire, le troisième
article prévoit que les appels d'offres se
feront par des modalités prévues au règlement. Le règlement sera publié. Le député
de Rosemont aura le plaisir de pouvoir faire ses commentaires, et je les
recevrai de la façon la plus constructive possible.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. Collègue de Mercier.
M. Khadir : Bien, moi, j'allais abonder dans le même sens que
mon collègue de Rosemont, dans le sens qu'un appel d'offres est un
levier, est un outil qui permet de s'assurer de meilleurs prix pour les
contribuables, pour le gouvernement, mais également qu'il doit s'assurer
d'entourer son appel d'offres et les mécanismes mis en place des précautions nécessaires
pour assurer un bon approvisionnement.
connaît les problèmes qui ont eu cours, au cours des dernières années, en matière d'approvisionnement, de rupture d'inventaire, de rupture
d'approvisionnement. Parfois, c'est lié à un manque d'ingrédients, mais, encore
là, pas par un manque en termes
absolus mais à cause des problèmes de mise en marché de certains de ces produits-là,
et de la spéculation qui se fait, et
de la rétention de stock par certains fournisseurs, mais aussi parfois
simplement parce que des producteurs
sortent de leur ligne de fabrication; dans leurs installations à travers le
monde, ils ont un nombre limité de lignes de fabrication, et, quand il y a une niche plus rentable pour un nouveau
produit qui est sous brevet et qui rapporte plus, peu à peu les fabricants, parce qu'ils ne se sentent pas
de responsabilité publique, abandonnent certaines productions. Puis là
tous les prétextes sont bons. Ce n'est pas
toujours le cas, là, on sait que parfois des problèmes d'approvisionnement
peuvent être aussi liés à des conformités, à
des... comme ça a été le cas pour les produits injectables, ça peut être lié à
des questions, donc, de conformité à
des règles de production, mais la plupart du temps c'est vraiment des questions
de marché, des questions de rentabilité
de certaines lignes de production. Et donc, là, voilà une belle opportunité
pour, donc, le gouvernement, à travers l'appel d'offres, de s'assurer de
la sécurité de l'approvisionnement pour le public.
Maintenant,
si c'est fait par un mécanisme de règlements et de devis, d'accord, mais le
ministre peut quand même clairement indiquer sa volonté, oui ou non, d'utiliser
le processus d'appel d'offres pour s'assurer de la sécurité de
l'approvisionnement.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette : Oui, bien,
M. le Président, je pense que le député de Mercier a bien... peut-être pas
résumé, parce que ça ne se résume pas
en quelques secondes, mais a bien illustré, je dirais, la complexité de la
chose, comme quoi une ligne dans une
loi ne peut pas couvrir toutes les possibilités, et c'est évidemment dans le
règlement que l'on va retrouver ça. Et je pense être bien conscient des enjeux que pose un appel d'offres, et, encore une fois, le député de
Mercier s'adresse à des éléments qui doivent se retrouver dans le
règlement et dans la rédaction de l'appel d'offres. Je suis d'accord avec les éléments soulevés par le député de Mercier, mais
ce n'est pas dans le texte de loi qu'on traite ça, pour une raison
simple, M. le Président : parce qu'on
ne peut pas, dans le texte de loi, écrire un texte qui va couvrir toutes les
possibilités, parce qu'elles sont multiples.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, sur l'amendement du
collègue de Rosemont. Collègue de Rosemont,
la parole est à vous. Après? Ah! O.K. Collègue de Lévis, la parole est à vous
par application — excusez-moi,
je ne vous avais pas vu — de
la règle de l'alternance. Collègue de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Bien, en fait, je vous dirai que globalement,
sur l'amendement du collègue de
Rosemont, on ne peut pas être contre le principe de faire en sorte qu'on se
protège dans le cas de ruptures potentielles. Vous auriez aussi là
l'essence même de cette gestion de risques là.
me pose simplement une question en fonction de la dernière remarque du
ministre, M. le Président. Pour bien comprendre
l'esprit de la chose, j'ai comme compris que le ministre dit : Ça a
globalement de l'allure, mais ça ne se met pas dans une loi, il y a une contrainte à ça, ça ne s'applique pas. Je ne
veux rien que comprendre le fin mot de l'histoire. On parle d'un
amendement où, quelque part, on demande de gérer des risques et de mettre des
implications au fait qu'il puisse y avoir
des ruptures, donc certaines conséquences. M. le ministre, M. le Président,
nous dit que ça se fera à travers la constitution puis la mise en place
de l'appel d'offres comme tel, par le biais du règlement. Quels sont... Parce
qu'on dit : «Tout fabricant doit obligatoirement déclarer une rupture
d'approvisionnement selon les modalités prévues par règlement du gouvernement.»
Donc, où est la contrainte de pouvoir se donner l'obligation de le faire dans
la loi?
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
Bien, M. le Président, la contrainte, je la dis depuis le début, et ça va être
une question... une réponse que je vais
répéter, je le sens, inlassablement, avec plaisir malgré tout : Je ne suis
pas prêt à mettre dans le texte de loi des provisions qui viennent
réglementer ou régimenter le règlement.
Président (M. Tanguay) : Collègue de Lévis? Alors, si... Y a-t-il
d'autres interventions sur l'amendement du collègue de Rosemont à
l'article 1?
S'il n'y a pas
d'autre... Collègue de Rosemont.
Une voix :
...nominal, s'il vous plaît.
Président (M. Tanguay) : Alors, on demande le vote par appel nominal.
Et je constate, encore une fois, qu'il n'y
a pas d'autre intervention sur l'amendement du collègue de Rosemont. Alors, Mme
la secrétaire, vote par appel nominal.
La Secrétaire :
M. Lisée (Rosemont)?
La Secrétaire :
M. Paradis (Lévis)?
M. Paradis
(Lévis) : Pour.
La Secrétaire :
M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
Mme Montpetit (Crémazie)?
Montpetit : Contre.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Chauveau)?
La Secrétaire :
M. Busque (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
Le Président (M.
Tanguay) : Abstention.
La Secrétaire :
L'amendement est rejeté.
Président (M. Tanguay) : Alors, chers collègues, l'amendement est
rejeté. L'objet du débat redevient l'article 1 du projet de loi.
Collègue de Lévis, la parole est à vous.
M. Paradis
(Lévis) : J'aurais un amendement, M. le Président, à déposer.
Président (M. Tanguay) : Alors, nous allons suspendre le temps d'en
faire des photocopies, chers collègues. Alors, nous suspendons nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
11 h 49)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour en ondes, chers collègues. Pour la
présentation de son amendement, je cède la parole au collègue de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Alors, je le lirai : Modifier l'article 1 du projet de loi par l'ajout, à la fin du deuxième alinéa,
de l'alinéa suivant :
«Le système d'appel
d'offres doit inclure des clauses pour assurer la sécurité de l'approvisionnement
et des mécanismes doivent être mis en place
pour réduire les risques liés entre
autres aux ruptures, particulièrement dans le cas des médicaments
critiques. Le gouvernement doit se doter d'un plan de gestion de crise et de
mesures d'urgence en cas de rupture majeure dans l'approvisionnement de
tout médicament jugé essentiel.»
fait, c'est toujours en
fonction, M. le Président, de cette
protection en cas de rupture, protection, évidemment, du public et des citoyens.
Et ça fait appel et ça fait référence, ce même amendement, à ce qui a été dit
en auditions, notamment par le Vérificateur
général du Québec, qui disait :
«...des mécanismes doivent être mis en place pour réduire les risques liés entre autres aux ruptures, particulièrement dans le cas [des] médicaments critiques.» Ça rejoignait aussi,
de fait, l'Alliance des patients pour la santé, qui souhaitait qu'on puisse se
doter «d'un plan de gestion de crise et de mesures d'urgence en cas de rupture
majeure dans l'approvisionnement de tout médicament jugé essentiel». Et finalement
ça rejoignait aussi celui qui en auditions
est venu nous dire, Marc-André Gagnon, qu'«un système d'appel d'offres doit inclure des clauses pour
assurer la sécurité de l'approvisionnement», et là, entre
guillemets, il parlait de déclaration obligatoire des ruptures de
stock, des coûts liés aux ruptures de stock qui doivent être assumés par le
fabricant, etc.
Bref,
répondant à ces trois demandes très précises visant essentiellement la protection du public et également
la gestion de crise, bien, nous proposons
qu'il soit inscrit dans le projet de
loi cette obligation
de se doter d'un plan de gestion et également
de mettre en place, pour assurer la sécurité de l'approvisionnement, des mécanismes pour réduire les risques liés, entre autres, à
ces ruptures potentielles.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
Bien, M. le Président, on tourne autour du même sujet, là. Et, encore une fois
je le répète, cette commission parlementaire me semble, de la part des oppositions,
être l'occasion de vouloir faire autre chose que de
traiter du projet de loi.
matin, la députée de Taillon a présenté un projet de loi qui tient sur
une demi-page sur les frais accessoires, un projet de loi inutile, évidemment,
puisqu'il y a déjà une loi qui va traiter de ça, et j'ai déjà clairement
exprimé mes intentions à cet effet-là, quant
à l'abolition des frais accessoires. Ça ne sert à rien. Par contre, ici, on
traite de mesures globales dans le
médicament. Rien n'empêche l'opposition officielle, ou la deuxième opposition,
ou le groupe représenté par le député
de Mercier d'arriver avec un court projet de loi qui traite de ce genre de
chose là, il n'y a rien qui l'empêche, là. Même que je recevrais ça de
façon très favorable.
n'est pas une question d'appel d'offres. Là, ici, c'est un projet de loi qui
habilite le ministre, le gouvernement à faire des appels d'offres. Alors, c'est implicite qu'on doit faire ça.
Si on veut être explicite, bien, qu'on le traite différemment dans un
autre projet de loi. Il n'y a rien qui empêche la deuxième opposition d'arriver
avec un dépôt tout comme la députée de Taillon l'a fait ce matin pour un sujet
qui est déjà traité dans une autre loi.
Alors, moi c'est de
la répétition par rapport à ce qu'on a dit précédemment, là.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, collègue de Lévis, sur l'échange. Après ça, nous
irons avec le collègue de Mercier et, par la suite, de Rosemont. Collègue de
Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Oui, M. le Président. Bien, depuis le début,
c'est vrai que le projet de loi est très simple, il n'y a pas d'article, il n'y a rien là-dedans, il
n'y a pas grand-chose, puis c'est vrai que la notion même, c'est l'appel
d'offres, je veux dire, on fait des appels
d'offres, tu sais, on veut faire des économies, c'est là le but précis. Et le ministre, M.
le Président, nous rappelle fréquemment qu'on va le bâtir, l'appel d'offres, comme il faut qu'il soit bâti, puis je comprends qu'il puisse nous dire : On ne va pas
commencer à débattre puis à mettre tout ce qui va s'y trouver, toutes les
contraintes qu'on y mettra pour faire en sorte que tout se passe correctement et qu'on puisse répondre aux inquiétudes qui ont
été exprimées par plusieurs
groupes et organisations qui sont venus nous rencontrer. Je pense que ce
qu'on fait là... Je comprends fort bien ce que le ministre
dit. Une politique globale du médicament, oui, à un moment donné il va falloir s'y adresser, je présume, puis le rôle des professionnels de la santé, des pharmaciens, puis la rémunération, et le reste. Il y a des choses à dire et à faire là-dessus,
bien sûr. Mais, au-delà
de ça, on parle carrément
du système d'appel
d'offres et on dit : Bien, à défaut de savoir ce qui y sera, puis il sera bâti de belle
façon, de façon à être le plus efficace possible, est-ce qu'on peut s'assurer d'y retrouver
des éléments qui vont faire en sorte de rassurer ceux et celles qui ont exprimé des
inquiétudes manifestes au
chapitre des ruptures, des approvisionnements
des médicaments critiques? Et je vous en ai cité quelques-uns.
Alors,
on n'entre pas dans la conception des appels
d'offres. On dit : Dans cet appel d'offres là, quand bien même il
prendra la forme qu'on voudra et on le fera au meilleur des connaissances de l'équipe du ministre, bien, il devra y avoir cette notion-là, il devra y avoir quelque chose de spécifique relativement à ça, parce
que l'inquiétude a été
mentionnée et qu'elle est réaliste, elle
vient... ces inquiétudes-là proviennent de suggestions de groupes qui sont
venus nous rencontrer lors des consultations publiques. Alors, je pense que c'est de rassurer les gens en fonction de leurs demandes. Je ne vois pas pourquoi ça devient incompatible, qu'on se donne une
espèce de façon de faire pour répondre à ce que ces gens-là nous
ont dit en consultation. Je ne comprends pas où le bât blesse, honnêtement.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Bien, ce n'est
pas que le bât blesse, M. le
Président, c'est une question
d'objet. L'objet de la loi, c'est d'habiliter
le ministre à faire des appels d'offres, qui vont être
construits en fonction de ce qui sera appelé, c'est un appel d'offres
pour avoir des produits. Et l'appel
d'offres peut être construit, rédigé
avec des clauses qui sont différentes d'un type... d'une classe de médicament ou même d'une présentation que d'une
autre, et, à ce moment-là, dans la construction, dans l'écriture du
devis de l'appel d'offres, bien, les gens, pour les rassurer, effectivement, il
faudra qu'ils voient qu'il y ait ce genre de
mesure là. Alors ça, c'est dans le devis, c'est dans la rédaction du devis, qui
passe par la loi qui le permet, qui
fait un règlement, et ainsi
de suite. Alors, on revient toujours
à la même chose. On veut avoir un projet de loi, et le projet de loi ne
peut pas tout détailler.
Je donne un exemple, là.
La façon de traiter — et
là je ne rentrerai pas dans le détail, mais je vais illustrer simplement
les choses — un
médicament courant qui est en comprimés ne va pas nécessairement être la même façon, pour ce qui est de la protection en cas de rupture, la
même façon qu'on va traiter un médicament injectable moins fréquent. La formule n'est pas le même, la
présentation n'est pas le même, les fournisseurs ne sont pas les mêmes,
ce sont toutes des considérations qu'on doit prendre en compte à la rédaction
de l'appel d'offres. Alors, de vouloir encapsuler ça dans deux lignes, ou trois
lignes, ou cinq lignes, dans le cas suivant, dans un texte de loi, ça
m'apparaît inopportun. C'est pour ça qu'on
fait des lois et des règlements. Si c'était si simple, de faire des lois et des
règlements, il n'y aurait pas de règlement,
il y aurait juste des lois. Non, il y a
des lois parce que les lois donnent des principes sur
lesquels on s'appuie pour faire des règlements.
Maintenant, pour
rassurer le monde, les gens vont bien le voir, quand on va faire les appels
d'offres, qu'on l'a pris en considération, et ils seront, à ce moment-là,
rassurés.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Mercier.
M. Khadir :
Bien, moi, j'accueille très favorablement la proposition du ministre, et ça
pourrait être l'oeuvre commune de l'opposition, puisque ça rejoint un amendement proposé par mon collègue
de Rosemont, maintenant
par le collègue de Lévis. Alors, pourquoi pas un projet
de loi, ce serait une première, très
simple, sur la question de l'approvisionnement des services, puisqu'on
vient d'avoir l'engagement du ministre et de ses collègues qu'ils vont
accueillir favorablement notre proposition?
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, là, disons que j'accueille favorablement le principe d'avoir une
proposition, là, je n'accueille pas... Non, non, mais c'est parce que, là, le
député de Mercier...
Barrette : Le député de
Mercier me met des mots dans la bouche, là. Je comprends l'intention et je le
remercie d'être généreux à l'égard de ma bouche, mais trop, c'est comme pas
assez, là.
Alors,
le concept, moi, je suis bien heureux de le voir venir éventuellement, il sera reçu très favorablement de ma part, mais je n'ai pas dit ici, en cette Chambre, que j'allais accepter
tout ce qui est proposé, là, surtout pas ce que Québec solidaire
pourrait proposer, parce que, là, les possibilités sont infinies, dans leur
parti.
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
Alors, nous poursuivons le débat avec le collègue de Rosemont.
Lisée : Simplement pour indiquer que j'appuie la proposition d'amendement
du collègue de Lévis.
Président (M. Tanguay) : Merci beaucoup. Alors, y a-t-il d'autres interventions sur l'amendement du collègue de Lévis? S'il n'y en a pas d'autre, nous allons
procéder au vote. Alors, l'amendement du collègue...
Une voix :
...nominal, s'il vous plaît.
Le Président (M.
Tanguay) : Vote par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire :
M. Paradis (Lévis)?
M. Paradis
(Lévis) : Pour.
La Secrétaire :
M. Lisée (Rosemont)?
La Secrétaire :
M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
Mme Montpetit (Crémazie)?
Montpetit : Contre.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Chauveau)?
La Secrétaire :
M. Busque (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
Le Président (M.
Tanguay) : Abstention.
La Secrétaire :
L'amendement est rejeté.
Président (M. Tanguay) :
Alors, l'amendement est rejeté. L'objet du débat redevient l'article 1
du projet de loi. Y a-t-il des
interventions? Collègue de Mercier, vous demandez la parole?
M. Khadir :
Oui. Si c'est possible, je voudrais obtenir le consentement de mes collègues
pour resoumettre l'amendement à l'article 1 que je vous avais soumis et que nous avions...
dont l'examen avait été suspendu pour permettre à l'équipe
ministérielle, du ministère, de faire la recherche.
Président (M. Tanguay) :
Alors, la demande est formulée, cher collègue. Pour revenir à l'amendement du collègue de Mercier, que nous avions suspendu, j'ai besoin de
constater le consentement de tous. Alors, y a-t-il consentement?
Barrette : Non. Pour le
moment, c'est que les travaux que l'on a à faire... bien, les travaux... les
opinions que l'on a à obtenir ne sont pas définitives.
Président (M. Tanguay) :
Alors, chers collègues, l'objet du débat est l'article 1 du projet de loi. Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, j'aurais un amendement à introduire.
Président (M. Tanguay) : Alors, nous allons suspendre le temps d'en
faire des photocopies. Nous suspendons nos travaux.
(Suspension de la séance à 12 h 2)
Le Président (M. Tanguay) : Alors, à
l'ordre, s'il vous plaît! Nous sommes de retour en ondes. Et, pour la présentation
de son amendement, je cède la parole au collègue de Rosemont.
M. Lisée :
Merci, M. le Président. L'amendement se lit comme suit : Modifier
l'article 1 du projet de loi par l'ajout, à la fin du deuxième
alinéa, des mots suivants :
«Avant de
procéder à un appel d'offres, le ministre constitue un comité d'experts chargé
de la gestion de l'appel d'offres au
sein duquel siègent notamment des pharmaciens en pratique communautaire et en
établissement de santé dont l'expertise
est reconnue en matière d'approvisionnement de médicaments, un médecin issu
d'un conseil des médecins, dentistes et pharmaciens ou d'une direction
des services professionnels ainsi qu'un représentant de l'Institut national
d'excellence en santé et services sociaux.»
Le Président (M. Tanguay) : Merci.
M. Lisée : Alors, il s'agit,
M. le Président, d'une recommandation qui nous a été présentée en consultation
par l'Ordre des pharmaciens du Québec. Je lis l'explication qu'ils ont donnée, Confier
la gestion des appels d'offres à un groupe
d'experts . Ici, on ne veut pas la
confier mais simplement faire en sorte que le ministre puisse profiter des
lumières du comité d'experts. L'ordre
disait : «L'industrie du médicament est un univers complexe. Une décision
peut rapidement avoir pour effet de créer un
problème inattendu. Si dans certains hôpitaux le recours à des appels d'offres
pour des moniteurs cardiaques a donné des
résultats, c'est assurément parce que des cardiologues compétents [...] ont
participé [à l'appel d'offres].
«L'ordre recommande qu'avant de procéder à un
appel d'offres le ministre [constitue] un comité d'experts», où il y a les gens
dont je viens de faire la lecture.
Je pense que
ce serait une précaution pour éviter les effets secondaires inattendus et
inappropriés, de bien éclairer le ministre sur chaque cas avec la
meilleure expertise possible.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, j'aurais une question à poser, je
sais qu'on est sur un échange ici, là, au député de Rosemont :
Est-ce qu'il est au fait de la façon dont on fait les achats des médicaments
dans les hôpitaux?
M. Lisée :
Oui, je pense qu'on nous a bien expliqué qu'effectivement les achats groupés
faits dans les hôpitaux sont fondés
sur une expertise. Alors, c'est pourquoi, comme ce n'est pas prévu dans le
projet de loi proposé par le ministre, ce serait bien de l'y insérer.
Barrette : Bien, M. le Président, je constate que le député de
Rosemont nous informe qu'il sait que, depuis 40 ans, c'est ce que
l'on fait.
M. Lisée : Bien, le ministre
doit savoir aussi qu'il est très fréquent que les législateurs mettent dans la législation des pratiques courantes pour les
codifier et parfois de la jurisprudence courante pour la transformer en loi.
Alors, puisqu'il s'agit d'une excellente
pratique, qui ne couvre que les hôpitaux, et que maintenant il veut agir sur
l'ensemble de l'approvisionnement du Québec, rien de mieux que d'insérer cette
bonne pratique dans le projet de loi.
Barrette : M. le Président, je pense que tout le monde qui nous
écoute, à la lumière de ce court échange que l'on vient d'avoir... tout le monde comprend quel est
l'enjeu ici, là. On comprend bien le principe de la consommation du
temps parlementaire, on le comprend.
Le député de
Rosemont vient de nous dire qu'il est bien au fait que depuis 40 ans, au
Québec, on a des groupes d'experts
qui ont le mandat d'écrire des devis, de faire des appels d'offres, de mettre
en place des comités d'experts, tout comme
il le propose, et que ce sont ces mêmes groupes qui depuis des dizaines
d'années font des achats de stimulateurs cardiaques, pour employer l'expression qu'il a utilisée, et même de gros
appareils, comme des appareils de résonance magnétique. C'est le mode de
fonctionnement historique qui existe au Québec, et je doute fort que demain
matin on déroge de ça.
Alors, c'est
déjà ça qu'on fait, M. le Président. Alors là, voyant que le député de Rosemont
sait très bien que l'on fait ça comme
ça actuellement, je vois que la finalité de la proposition est d'un autre
ordre. Alors, je ne vois pas l'avantage de mettre ça en place ici, là.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Rosemont.
M. Lisée :
Loin de moi l'idée de suggérer que le ministre pense que l'Ordre des
pharmaciens a voulu perdre le temps
parlementaire en écrivant un mémoire, en venant nous le déposer et en faisant
cette recommandation. Moi, je crois que l'Ordre des pharmaciens voulait
améliorer le projet de loi.
M. Barrette :
L'article 35. On
me prête des intentions, je pense, là, ici.
Lisée : Loin de moi l'idée, loin de moi l'idée.
Barrette : Ah! loin de moi l'idée d'invoquer quelque chose qui est
loin de moi en pensant que peut-être que le monde qui nous écoute va
penser ça.
Président (M. Tanguay) : Alors, chers collègues, ça va bien,
poursuivons les débats, ça va bien. Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
Alors, je peux... Est-ce que j'ai la parole, M. le Président?
Le Président (M.
Tanguay) : Oui... Un rappel au règlement, M. le ministre?
Barrette : J'ai un dernier commentaire sur mon appel au règlement.
J'ai souvent fait référence à la capacité sophistique du député de
Rosemont...
Le Président (M.
Tanguay) : Il faut que j'entende le rappel au règlement.
M. Barrette :
...on en a là un autre bel exemple. On me prête indirectement des intentions.
Le Président (M.
Tanguay) : Bon, alors, tâchons, de part et d'autre, de poursuivre le
débat, qui, soit dit en passant... je le trouve très serein et constructif.
Alors, je vous invite à ne pas nous en écarter.
Alors, collègue de Rosemont,
la parole est à vous.
Lisée : Donc, le
rappel des faits : Le ministre me prête l'intention de vouloir perdre le temps
parlementaire en déposant un amendement,
nous l'avons tous entendu. Je dis, dans mon cas : Je veux faire de la
bonne politique publique.
L'Ordre
des pharmaciens a étudié le projet de
loi, a produit un mémoire
dans lequel il a fait cette recommandation. L'Ordre des pharmaciens est bien au courant que, depuis 40 ans, les
appels d'offres faits par les hôpitaux sont fondés
sur une expertise, n'a pas considéré comme
superflu d'ajouter cette disposition dans le nouveau projet de loi, entre autres pour codifier la réalité et pour s'assurer qu'il n'y ait pas de retour en arrière, de régression, c'est ce qu'on fait souvent
dans le processus législatif,
mais, puisque le projet de loi prévoit d'étendre les appels d'offres à
l'ensemble de l'approvisionnement de médicaments pour tout le Québec,
c'est encore plus important d'être certain que ce sera fait pour l'ensemble.
Alors
donc, je pense que, comme on le dit souvent, cela va sans dire, mais cela va
mieux en le disant. Alors, je note que,
sans en faire un engagement clair, le ministre a indiqué qu'il n'y avait aucune
raison de penser qu'on ne ferait pas appel à l'expertise pour les appels d'offres qu'il veut organiser puisque
c'est déjà le cas dans les hôpitaux, cela va sans dire pour lui. En tant que législateur, je pense que ça
vaudrait mieux en le disant, en le disant dans la loi. Et nous ne prendrions
que quelques minutes. Le ministre n'a qu'à dire qu'il va voter pour
l'amendement, et on passera à autre chose.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : Bien, je retiens la fin de l'intervention du député de
Rosemont, nous pouvons passer à autre chose.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, il y a deux collègues qui veulent s'inscrire dans le
débat : dans l'ordre, collègue de Mercier, par la suite collègue de Lévis.
Collègue de Mercier, la parole est à vous.
M. Khadir :
M. le Président, dans la position où je suis, c'est-à-dire d'un petit parti
avec trois députés à l'Assemblée
nationale, même pas un groupe parlementaire reconnu, dans l'impuissance
relative à laquelle ça nous confine, je me vois parfois obligé de tenir
des propos cinglants, d'utiliser des effets de toge, tout cela parce que je
n'ai pas de véritable pouvoir, mon seul
pouvoir est dans la parole, mais je considère que, si j'étais ministre, si
j'avais ce pouvoir, tout ça serait
superflu, et je pourrais, par une attitude, je dirais, plus ouverte et une
discussion toujours centrée sur, disons, ce qui est en débat, arriver à faire la démonstration que l'orientation prise
est la bonne. Alors, j'en appelle à ce que je crois être quand même... ce que j'espère de la part du
ministre pour dire je pense qu'il peut, très favorablement pour son projet
de loi, accepter cette proposition du collègue de Rosemont. Là, c'est tout à
fait central à tout l'effort qu'il veut faire pour réduire le coût des
médicaments, parce que ça doit être accompagné du meilleur conseil
scientifique.
D'ailleurs,
dans le document de Pharmac, Pharmac a quatre «fact sheets», là, pour décrire
son action. Pharmac, c'est
l'équivalent néo-zélandais dont le P.D.G. est venu nous décrire les vertus et,
je pense, avec des éléments d'argument très
convaincants. Dans ce document, on lit, sur la description de ce que c'est que
Pharmac, que Pharmac est doté d'un comité
aviseur — je ne
sais pas si en français c'est bon — ou comité consultatif pharmacologique et
thérapeutique qui donne des avis sur
les nouveaux médicaments ou les médicaments existants, sur leur rapport
coût-efficacité. Ce comité aviseur
est constitué de cliniciens ou de personnes qui sont dotés d'expertise générale
dans les différentes spécialités, en pharmacologie
clinique, pour examiner les informations, pour examiner les meilleures
évidences scientifiques, et le comité dispose de 23 sous-comités, qui
prodiguent autant d'informations, donc, sur le cancer, sur le diabète, sur
toutes les disciplines, finalement, de la santé et sur les meilleurs choix
thérapeutiques et pharmacologiques. En fait, ensemble, c'est 140 cliniciens — ça, ça veut dire des médecins, des
pharmacologues cliniques, etc. — qui conseillent le ministre.
Ma question au ministre,
c'est : Pourquoi refuser ça? Sinon, est-ce qu'actuellement, au sein, par
exemple, de l'INESSS, il est prévu un
mécanisme avec l'INESSS pour constamment fournir le ministère de cet avis
expert pour que, dans ces appels
d'offres... Parce que ces appels d'offres doivent être construits sur des choix
thérapeutiques, où les gens du
ministère ne sont pas nécessairement les mieux placés pour avoir... Ceux qui
s'occupent des devis, c'est souvent des avocats, c'est des experts
techniques dans les devis, l'expertise sur le choix pharmacologique n'est pas
leur domaine nécessairement. Donc, il faut
qu'il y ait un comité aviseur. Alors, qu'est-ce qu'il a prévu, s'il refuse cet
amendement?
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, je pense que le député de Mercier,
avec tout le respect que je lui dois, n'a peut-être pas saisi la portée et de l'amendement et du projet de loi. Ce que
le député de Mercier décrit, M. le Président, c'est un comité aviseur qui est l'équivalent de l'INESSS,
alors qu'ici on parle d'un comité qui fait un appel d'offres. C'est un
achat de médicaments, ce n'est pas une
détermination des indications de l'utilisation d'un médicament mais bien de
l'achat de médicaments, qui vont être
utilisés dans des indications qui sont reconnues par la littérature, proposées
par le Collège des médecins,
encadrées par l'INESSS. Ce n'est pas ça du tout, là, cette loi-là, là; cette
loi-là, ce n'est pas une
loi sur l'INESSS. Ce que décrit le député de Mercier, M. le Président, c'est la fonction
de l'INESSS qui est faite actuellement, l'INESSS dit : Voici, tel
médicament, c'est tout. Après, il y a des génériques, et après on les achète.
Président (M. Tanguay) : Alors, pour la poursuite du débat, collègue
de Lévis, vous avez demandé la parole.
M. Paradis
(Lévis) : Oui, M. le
Président. Ce sera assez rapide. Moi, je pense qu'à ce chapitre-là on va dans
le même sens, là, je comprends
difficilement, là... J'entends le ministre dire : Bien, pourquoi? Je sens
que, pour le ministre, c'est une
contrainte, puis je ne vois pas vraiment où elle est, là, je n'ai peut-être pas
la perception qu'il a, mais il l'a dit lui-même
à maintes reprises, et ceux qui sont venus nous rencontrer aussi, que la
constitution, le fait de créer cet appel d'offres là supposera beaucoup d'éléments, il va falloir
être extrêmement précis. Moi, je me rappelle des spécialistes qui sont
venus nous dire : Il va falloir que ce
soit précis, ce sera... Puis on en a parlé, à un moment donné, d'effets
psychologiques sur des patients qui
pourraient se voir enlever un médicament qu'ils prennent actuellement, la
simple couleur du médicament, puis sa
composition, puis sa forme, puis sa texture, etc., on disait : Il va
falloir qu'on soit très, très précis dans l'appel d'offres pour éviter
qu'il y ait des dérapages.
Moi, je n'ai aucun doute, ça se fait dans les
établissements de santé. Le ministre le dit, puis je le conçois. Il nous l'a raconté, on se l'est fait dire. Mais là
on s'en va ailleurs. Pour la première fois, on lance quelque chose au-delà
des établissements.
Et moi, je
suis favorable à la proposition de notre collègue de Rosemont. D'ailleurs,
incidemment, je vous dirai qu'on fait
une pierre deux coups, on s'alignait avec sensiblement la même chose, parce que
le public demande à être rassuré, parce
que ça ne me semble pas être contraignant, parce qu'on met en place quelque
chose de nouveau puis parce que le ministre
dit : Bien, de toute façon, on va le faire. Mais, en ce sens-là, quelle
est la contrainte majeure? En quoi ça vient ralentir quoi que ce soit, de le mettre noir sur blanc, qu'on s'assure
du fait qu'il y ait ce comité-là, tel que demandé par l'Ordre des
pharmaciens, là? On ne répond qu'à quelqu'un qui est venu ici en disant :
Bien, nous, je pense que c'est important
qu'on soit là, qu'on puisse être impliqués. Au-delà du fait de ce qui se fait
maintenant, je pense que, dans le projet de loi du ministre, aussi succinct soit-il... Je ne comprends pas
vraiment où, encore une fois, il y a une problématique à inscrire un élément comme celui-là dans la mesure
où il ne fait que rassurer ceux et celles qui sont venus nous rencontrer.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Bien, même réponse. Le projet de loi, c'est un projet
d'habilitation du ministre à faire des appels d'offres, et les modalités d'appel d'offres, incluant, évidemment, la
mise en place d'un comité d'experts, vont être dans le règlement. Et encore une fois, je répète, je pense
que peut-être que nos collègues des oppositions n'avaient pas réalisé
qu'on faisait déjà ça et depuis des dizaines d'années.
Le Président (M. Tanguay) : Y a-t-il
d'autres interventions sur l'amendement du collègue de Rosemont? Collègue de
Rosemont.
M. Lisée : Sinon, je
demanderais le vote par appel nominal.
Président (M. Tanguay) : Alors, je constate qu'il n'y a pas d'autre
demande d'intervention. Alors, nous allons procéder au vote sur
l'amendement du collègue de Rosemont par appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M. Lisée
(Rosemont)?
La Secrétaire : M. Paradis
(Lévis)?
M. Paradis (Lévis) : Pour.
Secrétaire : M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
Mme Montpetit (Crémazie)?
Montpetit : Contre.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Chauveau)?
La Secrétaire :
M. Busque (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
Le Président (M.
Tanguay) : Abstention.
La Secrétaire :
L'amendement est rejeté.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, l'amendement est rejeté. L'objet du débat redevient
l'article 1 du projet de loi. Y a-t-il des interventions? Collègue de
Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Je ne sais pas si vous êtes obligé d'aller, M. le Président,
en alternance sur le dépôt des amendements ou si ça n'a pas d'importance dans
les règles de procédure.
Le Président (M.
Tanguay) : Il y a une règle d'alternance, oui, que je dois, comme
président...
M. Paradis
(Lévis) : J'en ai un à déposer, mais, je veux dire... mais le collègue
en a également, alors...
Président (M. Tanguay) : Oui, bien, je vous accordais la parole, je
l'appliquais en vous accordant la parole.
M. Paradis
(Lévis) : Alors, j'aurais un amendement à déposer.
Le Président (M.
Tanguay) : Vous avez un amendement?
Alors, nous allons
suspendre les travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 20)
Président (M. Tanguay) : Alors, nous sommes de retour pour la
présentation de son amendement, je cède la parole au collègue de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Merci, M. le Président. Bien, les choses vont quand même
rondement. Pas au nombre d'amendements acceptés, mais ça va rondement quand
même. On les présente assez rapidement, puis ça se fait assez rapidement.
Je pense que celui-ci
est carrément dans la lignée de ce que propose le gouvernement. Et je vous le
lis, M. le Président : Modifier l'article 1 du projet de loi par l'ajout,
à la fin du deuxième alinéa, de l'alinéa suivant :
ministre de la Santé et des Services sociaux doit, dans les douze mois après
l'entrée en vigueur de la loi et tous
les douze mois par la suite, procéder à une analyse des effets de la loi et
déposer un rapport à l'Assemblée nationale. Ce rapport doit notamment
contenir des données sur le nombre d'appels d'offres, les médicaments visés,
les économies réalisées et les ruptures d'approvisionnement. »
pense... Et je venais de le dire, M. le Président, je me permets d'expliquer rapidement. Et ça ne demande pas énormément
d'explications, je pense, ça va dans le sens de la transparence promise par le premier ministre actuel dans tous les discours et... en tout cas la plupart
d'entre eux qui sont adressés.
Alors, on est
dans le processus des redditions de
comptes. Je pense
que, dans ce cas-ci, à moins que le ministre ne me dise le contraire, M. le
Président, on ne pourrait invoquer le
fait que les appels d'offres nuiraient ou rendent impossible le fait qu'on puisse
inscrire dans la loi cette obligation-là. Il
n'y a pas de coût à ça, mais il y a
surtout... Puis rappelons-nous que, lorsqu'on
a commencé à étudier le projet de loi, on avait un document qui s'appelle Les
analyses d'impact , qu'on a apprécié, d'ailleurs, qui nous a permis
de poser davantage de questions, mais on arrivait difficilement à évaluer les économies,
sinon qu'on se rende compte tous ensemble qu'il y
a de l'argent à aller chercher. Je pense,
il serait peut-être agréable, puis à juste
titre et en fonction de cette notion de transparence, qu'à tous les 12 mois on puisse ici,
par exemple, ensemble,
les parlementaires, se rendre compte de ce que ça aura donné, du
fait que le choix aura été le bon, et corriger des choses si elles ont à être corrigées. Mais je pense
qu'en ce sens-là on est carrément dans une optique de transparence, et
j'imagine que le ministre sera ouvert à cette proposition.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Bien, pas vraiment,
M. le Président, parce
que, là, la CAQ, qui est un parti
d'efficience, contre la bureaucratie excessive, me demande de faire
travailler du monde pour faire un rapport pour des données qui sont toutes visibles. Elles sont toutes visibles, là, M. le Président, là, toute la gang. Le nombre d'appels d'offres, là, tous
les appels d'offres, ils sont publics, c'est sur le SEAO, là, notre
système, là, d'appel d'offres public. Alors, c'est sur l'Internet, c'est
tout public. On a juste à faire clic, on peut le voir.
Alors, les économies
réalisées, bien là à chaque année on a l'assurance
médicaments, là, parce que
c'est de ça qu'on parle, on parle des économies de système. On l'a,
bang! on a juste à regarder le rapport.
Les ruptures d'approvisionnement, ça aussi,
c'est connu. Ça fait les manchettes à chaque fois.
Alors, ce que le député, là, me demande, c'est
de mettre dans la loi un palier de bureaucratie supplémentaire. M. le Président, je vais vous avouer une chose, là, je n'en reviens pas. La CAQ, là,
est rendue, là, est rendue... je ne sais pas où est-ce qu'elle s'en va.
Moi, là, je ne la reconnais plus. Pourtant, je l'ai déjà vue, là, mais là je ne
la reconnais plus.
Alors, je ne
peux pas être pour, M. le Président, là, de faire du papier pour faire du papier sur
des données qui sont visibles pour le commun des mortels, encore plus
pour nos collègues députés. Alors, M. le Président, je n'ai rien d'autre à
dire.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : C'est triste, M. le Président, parce que le ministre est en train de jouer avec sa pression,
puis ça peut être dangereux à un moment donné, là. Je n'oserais pas, là, franchement, être celui qui provoquera... À
chaque clic, on peut compiler des
données. Bien oui, ça existe! Ça existe tellement que, la plupart de ces clics-là, il faut qu'on
les fasse, qu'on additionne pour
donner au ministre et à son ministère un portrait de l'état du réseau, puis on l'a
fait à plus d'une reprise. Il n'y a pas bien, bien longtemps, même la Vérificatrice
générale est venue nous dire qu'en ce qui concerne notamment le projet de loi n° 92 et la RAMQ le gouvernement ne savait pas
combien il avait donné d'argent à qui puis dans quelle fonction, concernant la récupération des dérapages, des
fraudes ou de ce qui se passait avec la récupération d'argent
de médecins du côté de la RAMQ, on nous a dit : Le gouvernement n'a pas un portrait. Mais pourtant c'est partout, c'est partout,
on a rien qu'à cliquer, on va faire des clics, sait-u.
Et là le ministre
n'arrête pas de nous dire chaque fois, avec la RAMQ : Bien non, pas besoin
de tant de monde que ça, on est
capables de compiler, on est capables de faire ce travail-là. Le ministre
a déjà dit qu'il a souhaité avoir un portrait global pour être en mesure d'agir efficacement puis dire : Regarde,
on ne s'est pas trompés, là. Ça fait qu'à défaut d'avoir des problématiques, là, au
niveau de la respiration, puis de
s'emporter, puis dire où on va puis qu'est-ce
qu'on fait, bien, je veux
dire, je pense que ça rejoint ce que son gouvernement propose : la
transparence, un portrait de ce qu'on fait puis un état de la situation.
On est à
l'ère des redditions de comptes. Ce n'est pas nous autres qui les a inventées,
là, le ministre en a eu plus qu'une, là, les dossiers de reddition
de comptes, dans les projets de loi qui ont été étudiés et adoptés. Alors, je
pense qu'on est en continuité. Puis
j'imagine que le fait que vous ayez, probablement, à cliquer à quelques reprises n'obligera
pas une recrudescence de nouveaux
employés. On l'a même dit dans le dossier, encore une fois, de la RAMQ, que, pour faire tout ce qui devrait être fait avec
les nouveaux engagements, on va rien que faire de la gestion de personnel pour
éviter qu'il y ait des engagements supplémentaires.
Ce n'est pas
compliqué, là. Sérieux, M. le
Président, là, on peut bien dire
qu'on ne sait plus où s'en va, personne, on peut bien sortir une baguette magique, puis entrer dans le livre de J.K.
Rowling, puis, bon, prendre tous un titre, là, Harry Potter puis le
quidditch, puis on va sauter sur notre balai, mais il y a certainement moyen de
cliquer, d'avoir un résultat faisant en
sorte qu'au terme de l'exercice on puisse se dire : Ça a donné quelque chose, ça a donné de quoi puis ça va peut-être donner davantage parce
qu'on se rend compte que, là, on
aurait pu faire davantage. Il y a un petit problème là, on va le régler également
et on va s'éviter le cliquage à droite puis à gauche.
J'imagine que le gouvernement est capable, dans
ça, dans une vision de transparence, de reddition de comptes, d'être capable de faire quelque chose qui ne sera
pas trop onéreux pour personne mais qui va nous donner le sens de ce qui
aura été fait puis de ce qui aura été, probablement, adopté.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : M. le Président, pour prendre la balle au bond ou le balai
dans son mouvement, je me souviens que la CAQ était le parti du grand ménage. Alors là, non seulement on ne veut
plus balayer la bureaucratie, mais on veut être dans plus de
bureaucratie. Alors, M. le Président, je laisse le député de Lévis vivre sa
métamorphose caquiste.
Président (M. Tanguay) : Alors, pour la poursuite du débat, collègue
de Rosemont.
M. Lisée :
Oui, bien, alors, plus sérieusement, la reddition de comptes fait
partie de la
bonne gouvernance. Le ministre propose
d'introduire un changement important, auquel nous ne nous opposons pas en
principe, et je pense que, pour ce
changement important, il serait tout à fait nécessaire qu'on puisse en évaluer
les impacts, du moins pendant les premières
années, et donc l'idée que les excellents services du ministère de la Santé
puissent nous déposer un rapport un an après
le début des effets de la loi, dans les premières années. Si le ministre veut
sous-amender pour faire ça pendant les premières
années seulement, je suis sûr que le collègue de Lévis serait d'accord. Mais,
disons, l'argument du ministre contre
le principe de la reddition de comptes et de l'évaluation continue des
politiques, pour un gouvernement qui a institué un organisme de révision
permanente des programmes, semble détonner. Je ne suis pas sûr que le premier
ministre a été avisé que le ministre était
opposé à la révision permanente des programmes, il l'apprendra en lisant le
transcript avec son prochain petit-déjeuner, peut-être, si quelqu'un le
porte à son attention. Mais donc je veux signifier mon appui à cet amendement
très sage du député de Lévis.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. M. le ministre.
Barrette : M. le Président, je n'ai rien à rajouter. Je rappellerai
simplement que les appels d'offres, c'est public, c'est au vu et au su
de tout le monde, et je ne vois pas l'utilité d'alourdir la bureaucratie de
l'État québécois.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Mercier.
M. Khadir :
Bien, moi aussi, je renchéris en disant que la reddition de comptes fait
partie
de la bonne démocratie. «Gouvernance», je ne sais pas, bon, ce n'est pas
dans mon vocabulaire; la démocratie. Donc, ce n'est pas juste une question des décisions prises en haut, c'est une
question que le public, ceux qui... de qui relève la légitimité de tout
nous autres, des ministères, des parlementaires, et tout le monde relève.
Je rappelle aussi au
ministre qu'il me semble que c'est une mesure de protection pour son propre ministère. On voit comment, quand ces choses-là sont traitées à la légère, la
Vérificatrice générale ou le Vérificateur général débarque dans le ministère et ensuite trouve des choses qui ne sont pas
reluisantes. Rappelons, aujourd'hui à la période des questions, comment
justement une des collègues du député de Lévis a mis en relief tout ce qui
touche la question de l'informatique. Bien, je pense qu'il y a une
légèreté avec laquelle le gouvernement a traité depuis trop longtemps ces questions-là qui aujourd'hui n'a
plus sa place, et le ministre serait beaucoup mieux avisé d'être attentif aux propositions
qui viennent de l'opposition, qui sont faites avec bienveillance, pour entourer
son projet de loi, puis le mécanisme d'appel
d'offres, de toutes sortes de mécanismes, pour mieux assurer
l'approvisionnement, pour mieux l'accompagner des meilleures suggestions et
expertises scientifiques puis, ici, aussi d'une espèce de mécanisme de
rétroaction pour savoir si la loi fait ce qui était prévu, puis sinon, bien,
comment s'ajuster. Il me semble que ça tombe tellement... Ce serait
tellement facile d'être accueillant à des propositions qui sont bienveillantes
et qui n'ont pas pour but de mettre le gouvernement dans l'embarras, là, je ne vois
là-dedans rien qui mette de gouvernement dans... C'est plutôt Québec
solidaire qui va être dans l'embarras, parce que, là, on aura tellement...
Nous, si on est au pouvoir puis on
doit appliquer la loi, on va avoir été tellement efficaces, on aura tellement
obtenu de rabais de l'industrie pharmaceutique qu'ils vont commencer à se plaindre.
Donc là, je dis
n'importe quoi, M. le Président. Je veux blaguer un peu puis décontracter.
Le Président (M.
Tanguay) : Pas de problème. Alors, M. le ministre.
Barrette : Je n'ai rien à ajouter, M. le Président, sauf peut-être de
dire... de rappeler au député de Mercier que la Vérificatrice générale
n'a pas mentionné de problème, dans ma première lecture, aux achats regroupés,
dans cette mécanique-là, en santé.
M. Khadir :
Non, je sais, mais...
M. Barrette :
C'est parce qu'on a déjà des bonnes pratiques.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Mercier.
M. Khadir :
Je dis simplement que c'est une
mesure de prévention qui est tout à
fait appropriée. Ça va être
des contrats publics, puis on sait toutes
les faiblesses que nous avons connues au Québec, au cours des
15 dernières années, dans l'octroi des contrats publics. De
s'assurer qu'ils donnent vraiment les résultats qu'on espère.
rapport de la Vérificatrice générale ce matin montre qu'il y a rarement des
exceptions, que ça pourrait arriver, et donc c'est juste une mesure qui
protège le ministre lui-même.
M. Barrette :
Je n'ai rien à ajouter, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Lévis.
Paradis (Lévis) : M. le Président, vous savez, on a beaucoup parlé, il
y a peu de temps, de l'abolition du Commissaire
à la santé et au bien-être. Bien que ce ne soit pas l'objet ici, il reste
qu'il y a eu énormément de commentaires relativement à la
disparition de ce qui semblait aux yeux de plusieurs absolument essentiel.
suis un peu surpris, un peu déçu, parce
que je ne trouve pas ça vraiment...
ça me semble... Le ministre
semble trouver ça contraignant comme pas
possible. Alors, il y a un message là-dedans aussi, hein, M. le Président, là. Je pense que le message
est que c'est important, ce qui se passe ici, que le ministre
dit : Il y a des économies majeures à faire ici, qu'on
travaille depuis le début dans ce projet de loi là, avec les amendements, d'une
manière extrêmement constructive, il n'y a rien de... il n'y a pas eu d'attaque puis il n'y a
pas eu de dérapage depuis le début de ces travaux-là. Ça va quand même assez rondement, je le disais il y a
quelques instants. Dans ce cas-ci, ce qu'on propose au ministre,
c'est quelque chose qui va, et de un, rassurer, qui rejoint la notion de
transparence dont se targue le gouvernement sans arrêt, puis peut-être que ça va permettre au ministre d'éviter des critiques,
qui manifestement lui sont adressées par, souvent, les rapports de la Vérificatrice générale, en disant : Bien, il aurait fallu qu'on soit
plus vigilant puis qu'on sache véritablement où on allait, dans quel domaine, puis d'avoir des données particulières. Là, ce n'est pas dramatique, c'est
à l'image de ce que le ministre avance
dans le processus de la reddition de comptes, c'est d'avoir un suivi sur
quelque chose qui collectivement doit nous faire économiser. Très honnêtement, je ne pense pas que ça engage le
ministre à modifier son ministère et à carrément changer le plancher
d'emploi.
Alors,
je suis étonné et je reviens à la charge en disant : M. le Président, je
pense que le ministre doit considérer ça s'il veut changer les choses,
dire : Écoutez, on va le faire la première année, deuxième, après ça, là,
qu'il suggère, mais qu'on ait au moins le
sentiment qu'au terme de l'exercice... C'est quand même important, là. Il y a
des sous qui vont se brasser là, il y
a des décisions qui vont se prendre, il y a des inquiétudes qui ont été mises
de l'avant. Bien, qu'on arrive en disant : Regardez ce que ça aura
donné. Bravo! Tant mieux. Puis qu'on le fasse.
Qu'il le limite dans
le temps, moi, je suis ouvert à ça, mais je pense qu'on ne peut pas,
aujourd'hui, dans un processus dont se targue le gouvernement, je veux dire,
celui de la transparence, dans un dossier aussi important que celui-là, avec
des notions économiques majeures... qu'on n'avance pas sur un amendement aussi
simple que celui-là puis, à mes yeux, qui n'est pas contraignant comme le
suppose le ministre.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, là, relaxons, là, ici, là. Le député de...
Barrette : Là, c'est moi qui ai la parole, M. le Président? Le député
de Lévis argumente comme s'il n'y en
avait pas, de reddition de comptes, comme s'il n'y avait pas de transparence.
C'est le contraire. À partir du moment où on fait des appels d'offres publics, ils sont publics, M. le Président, les
appels d'offres, ils sont visibles par tout le monde, ils sont visibles
par ceux qui nous écoutent à la maison. C'est visible, les devis d'appel
d'offres, c'est ouvert, il y a des contrats qui sont signés, c'est archi
transparent, et, le député de Lévis, c'est comme s'il n'y avait pas de
reddition de comptes. Il y en a une, institution qui fait ça, de la reddition
de comptes... il y en a deux, en réalité, deux majeures, il y a l'Assemblée nationale, le salon bleu, quand on
se fait poser des questions, puis il y a la Vérificatrice générale qui
vérifie.
Encore une fois je le
répète, M. le Président, là, il ne me semble pas y avoir de problème
significatif chez nous, la Vérificatrice
vient de vérifier, là. Alors, en Santé, en termes d'achat de groupe, en commun,
on a une expertise qui a des dizaines d'années, c'est ultratransparent.
C'est basé sur des expertises, c'est visible et au su de tout le monde, au su
de tout le monde.
là ce qu'on veut, là, c'est écrire des rapports. Oui, mais c'est visible.
Alors, en réalité, là, ce que le député de Lévis veut peut-être, là, bon, il veut qu'on fasse un travail, là, qui
va lui éviter de faire du travail peut-être, peut-être que c'est ça, mais là ici, M. le Président, ça ne peut pas
être plus transparent, il ne peut pas y avoir plus de reddition de
comptes que ça, à moins de vouloir
multiplier la bureaucratie. Oui, ça, c'est correct, on peut multiplier la
bureaucratie. Bon. Nous, on trouve
que ce n'est pas nécessairement une bonne idée à partir du moment où tout est
clairement transparent à la case départ.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, collègue de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : On voit bien, M. le Président... Le ministre dit ça puis il
va rester sur sa position, force est de le
constater. Peut-être qu'il a raison. C'est probablement aussi
visible que le temps d'attente en CHSLD, que les listes d'attente de
patients en attente d'un premier service en soins à domicile. Ça aussi, c'est probablement
visible, mais il faut fouiller pour le trouver, puis ensuite, bien, on lui
soumet. On fera la même chose.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
Barrette : M. le Président, ce n'est pas la même chose, ce n'est pas la même chose, pus je vais le
dire pour que le public comprenne,
ceux qui nous écoutent. Le député de Lévis, M. le
Président, cherche des statistiques qui semblent avoir un
intérêt pour une organisation locale, et s'étonne, parfois avec justesse, que
la statistique ne soit pas universelle, et il en fait un plat. O.K., c'est beau. Mais là,
ici, M. le Président, on ne parle pas de ça du tout. On ne parle pas
de : En quelque part, une organisation fait la statistique de telle
chose, puis une autre ne la fait pas, cette statistique-là; il la fait, elle, puis là on fait une
addition. Non. On parle d'appels
d'offres qui sont, à la case départ,
publics. Tout le texte est public. C'est
mis sur l'Internet, c'est ouvert à tout
le monde. C'est même ouvert à l'international, M. le Président. Et parce
que c'est public, bien, les ouvertures sont publiques, les décisions sont
publiques et les impacts sont publics.
en médicaments on sait, la reddition
de comptes, on a juste à regarder ce
qu'a coûté le médicament au début de l'année
ou l'année précédente et à la fin de l'année suivante. On l'a, l'impact. Puis
on détaille ça. Encore cette année, là, on disait : O.K., on a eu
telle économie parce que tel médicament est passé au générique, avant c'était
un innovateur, un médicament d'origine. On le sait, ça.
Alors,
le député de Lévis veut créer de la bureaucratie, ce qui est, en
soi, contraire à la philosophie de son parti. Alors, pourquoi, si ce
n'est que pour faire du temps parlementaire?
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) :
L'article 35, on me prête des intentions de faire du
temps. Non, je pense que le ministre, là,
s'est échappé. On ne fait pas de temps ici, puis il ne peut pas non plus
commencer à présumer de la vision que nous avons au regard de la bureaucratie. Je pense qu'à ce chapitre-là il peut
regarder également ce qui se passe de son côté. Alors, c'est des propos
qui en principe, en tout cas dans ma tête à moi, ne devraient pas être tenus.
Président (M. Tanguay) : Y a-t-il d'autres interventions, chers
collègues, sur l'amendement du collègue de Lévis à l'article 1?
S'il n'y a pas d'autre intervention, nous allons procéder au vote.
Une voix :
...nominal.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, le vote par appel nominal, Mme la secrétaire, sur
l'amendement du collègue de Lévis.
La Secrétaire :
M. Paradis (Lévis)?
M. Paradis
(Lévis) : Pour.
La Secrétaire :
M. Lisée (Rosemont)?
La Secrétaire :
M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire :
Mme Montpetit (Crémazie)?
Montpetit : Contre.
La Secrétaire :
Mme Tremblay (Chauveau)?
La Secrétaire :
M. Busque (Beauce-Sud)?
La Secrétaire :
Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire :
M. Tanguay (LaFontaine)?
Le Président (M.
Tanguay) : Abstention.
La Secrétaire :
L'amendement est rejeté.
Président (M. Tanguay) : Alors, l'amendement est rejeté. Chers
collègues, nous retournons à l'article 1, qui est l'objet de notre
débat du projet de loi. Y a-t-il des interventions? Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, il me ferait plaisir de déposer un amendement.
Président (M. Tanguay) : Oui. Alors, nous allons suspendre le temps
d'en faire des photocopies. Nous suspendons nos travaux.
(Suspension de la séance à
12 h 43)
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes de retour en ondes pour, maintenant, écouter le
collègue de Rosemont quant à la présentation de son amendement.
Lisée : Merci, M. le Président. Je fais lecture de l'amendement : Modifier l'article 1 du projet
de loi par l'ajout, à la fin
du deuxième alinéa, des mots suivants :
«Pour
assurer la sécurité des médicaments, le gouvernement exige certains
critères des fabricants, notamment :
«De satisfaire aux
critères d'inspection de Santé Canada;
disposer d'un personnel en information médicale, pharmacovigilance et d'un
service à la clientèle présent au Québec et parlant français;
gouvernement établit également un système de points bonus-malus pour favoriser ou
défavoriser l'évaluation des
soumissions intégrant des facteurs tels que l'historique du fabricant en matière de rappels des produits, de ruptures d'approvisionnement et de ses
rapports d'inspection de Santé Canada, mais aussi d'autres autorités
réglementaires — FDA,
EMEA, TGA, etc.»
Alors,
M. le Président, encore
une fois, nous avons été à l'écoute
des recommandations qui nous ont été faites pendant la phase
de consultation et, contrairement au ministre, qui n'a rien à ajouter à son
projet de loi après avoir entendu les lumières de tous ceux qui sont impliqués
dans l'écosystème du médicament au Québec, nous, on pense qu'il y a des
améliorations à faire. Je me réfère encore une fois ici au mémoire de l'Ordre des pharmaciens, qui établissait, qui faisait ces recommandations, donc
s'assurer d'«avoir satisfait aux critères d'inspection de Santé Canada», qui s'assure à ce que la qualité des médicaments soit à la hauteur des normes réglementaires,
s'assurer... «disposer d'un personnel en information médicale, pharmacovigilance et d'un service à la clientèle
présent au Canada et parlant français» — moi, je dis présent au Québec et parlant français, puisque
ce sont des appels d'offres avec des volumes d'achat importants, qui devrait justifier leur présence au Québec et parlant français — et «établir des conditions qui [qualifieront] les
fabricants aptes à soumissionner». Alors, le
processus de bonus-malus est une façon de récompenser les bons joueurs, ceux
qui se conforment à l'ensemble des
conditions, et de défavoriser les mauvais joueurs pendant une certaine période,
et ce sont des façons de tirer vers le haut la qualité des
soumissionnaires.
Alors,
j'entends déjà le ministre nous dire : Ah! bien, ce n'est pas une
mauvaise idée, mais on va mettre ça dans les appels d'offres. Je lui
répondrai — je
gagne du temps — en
lui disant : Bien, écoutez, puisqu'il est d'accord avec le principe, et que ces principes-là sont des
principes généraux de bonne gouvernance, mettons-les dans le projet de loi,
il n'y aura aucun doute, le signal sera
envoyé. Ensuite, dans les appels d'offres, il pourra moduler en détail ces
dispositions-là.
D'ailleurs,
je n'ai pas indiqué, là, quel pourcentage de bonus-malus selon l'historique de
la rupture d'approvisionnement ou de rapports d'inspection négatifs, je
lui fais confiance pour calibrer ça correctement dans les appels d'offres et de
faire ça de façon évolutive. Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
Bien, j'invite le député de Rosemont à me faire confiance pour l'ensemble de
l'oeuvre.
Et je me permettrai
de lui exprimer ma surprise linguistique lorsqu'il utilise la formulation de
«la sécurité des médicaments». J'imagine que
les médicaments, au Canada ou au Québec, ne sont pas en danger, là, de se faire
attaquer, ou enlever, ou... Ils peuvent être
en danger d'être consommés, mais c'est une expression qui, je pense, n'est pas
nécessairement le bon français.
Maintenant, toujours
dans la catégorie linguistique, le terme «bonus-malus», on m'indique qu'il
n'existe pas dans notre corpus législatif.
Ensuite,
M. le Président, les médicaments, au Québec, doivent être autorisés par
l'INESSS, et l'INESSS n'autorise que des médicaments qui ont satisfait,
par définition, à Santé Canada, et ainsi de suite.
Maintenant, je vais
être beau joueur puis je vais dire la chose suivante au député de Rosemont,
parce qu'il s'attend à la réponse :
Tous les amendements qui sont déposés aujourd'hui sont des amendements de
règlement qui sont intéressants et
même, dans plusieurs cas, légitimes, qu'il faut mettre dans l'appel d'offres,
mais spécifiquement à un appel d'offres.
Parfois, il y a des choses qui s'appliquent; parfois il y a des choses qui ne
s'appliquent pas ou qui ne peuvent pas s'appliquer.
Alors, je ne fais
simplement que cette remarque-là générale pour dire que ce sont des éléments
intéressants qui sont de l'ordre de
l'écriture du devis, et que c'est historiquement le genre de chose qu'on prend
en considération dans nos appels
d'offres de différentes fournitures et produits médicaux et de santé en
général, et qu'encore une fois c'est une question de contenu
réglementaire et non de contenu législatif, de loi.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
Juste une précision. Le ministre dit : C'est de contenu réglementaire ou
ça relève du devis. Bien, c'est l'un ou
l'autre, là. Il peut y avoir un chevauchement, mais, s'il veut nous dire qu'il
a l'intention de nous déposer... de mettre
ça dans des règlements, et d'autres, peut-être, amendements que mon collègue de
Lévis et moi avons proposés, nous serions très intéressés à ce que
demain matin il nous fasse part de ses intentions réglementaires qui pourraient
intégrer un certain nombre de ces amendements.
Pour ce qui est du bonus-malus, c'est un terme
qui n'est pas dans le corpus et qui pourrait l'être, hein? C'est l'évolution de
la législation, d'introduire des termes dans un corpus.
Maintenant...
Et je me suis certainement mal exprimé. Je ne voulais pas que le bonus-malus
soit appliqué au prix du médicament,
qui, comme l'a dit le ministre, est validé... pas le prix mais le... enfin, le
prix et la qualité du médicament est
validé par l'INESSS, mais sur le distributeur ou sur le fabricant. Si le
fabricant, lui, a fait des ruptures d'approvisionnement, a eu des rapports négatifs de la FDA, a eu des
rapports négatifs de Santé Canada, bien, dans ce cas-là, on lui impose
un malus, on dit : Bon, au prochain
appel d'offres, on va te décoter, on va te mettre des points négatifs par
rapport à ce qui a été proposé comme somme, compte tenu d'un historique
négatif dans tes appels d'offres antérieurs. Donc, ce n'est pas le médicament,
c'est la corporation, la compagnie qui ferait l'appel d'offres qui serait
soumise à un bonus-malus.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
M. Barrette :
Bien, c'est la même chose, M. le Président. Toute cette terminologie-là et
cette mécanique-là, c'est quelque
chose que j'ai, moi-même, utilisé dans le passé à plusieurs escients, là, et,
encore une fois, c'est dans le règlement, c'est dans la construction
d'appel d'offres, ce n'est pas applicable nécessairement dans toute
circonstance. Comme je dis, M. le Président,
là... Je ne peux pas être plus précis que ça, là. C'est la raison pour
laquelle, d'ailleurs, je ne le retiens pas,
je ne retiendrai pas l'amendement, parce que l'application est trop variable,
quoique le concept est un concept qui est fréquemment utilisé dans la
construction d'un appel d'offres.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
chers collègues, l'objet du débat... Collègue de Rosemont.
M. Lisée : C'est tout pour
moi.
Président (M. Tanguay) : Alors, l'objet du débat est l'amendement du
collègue de Rosemont à l'article 1. Y a-t-il d'autres
interventions? Je n'en vois pas. Alors, nous allons procéder aux voix.
M. Lisée : Par appel nominal,
s'il vous plaît.
Le Président (M. Tanguay) : Par
appel nominal. Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M. Lisée (Rosemont)?
La Secrétaire : M. Paradis (Lévis)?
M. Paradis (Lévis) : Pour.
La Secrétaire : M. Barrette (La Pinière)?
La Secrétaire : Mme Montpetit
(Crémazie)?
La Secrétaire : Mme Tremblay
(Chauveau)?
La Secrétaire : M. Busque (Beauce-Sud)?
La Secrétaire : Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré)?
La Secrétaire : M. Tanguay (LaFontaine)?
Président (M. Tanguay) : Abstention.
La Secrétaire :
L'amendement est rejeté.
Président (M. Tanguay) :
Alors, l'amendement est rejeté. Nous revenons à l'article 1 comme objet du débat. Y a-t-il des interventions sur l'article 1?
Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, j'ai un amendement à déposer qui tient en quelques lignes.
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, nous allons prendre le temps d'en faire des
photocopies.
Je suspends nos
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à
12 h 55)
Le Président (M.
Tanguay) : Alors, nous sommes de retour en ondes. Alors, pour la proposition
de son amendement à l'article 1, je cède la parole au collègue de Rosemont.
Lisée : Merci, M. le Président. Voici le texte de l'amendement : Ajouter, à
la fin de l'article 1, l'alinéa suivant :
«Dans
le but de réduire le coût des médicaments, le ministre s'engage à revoir la politique
du médicament tous les cinq ans et à mettre en oeuvre une série de
mesures d'ici douze mois dont :
«1. la révision de la
médication par les pharmaciens (Med Check);
«2. la vaccination
par les pharmaciens;
«3. l'intégration des
lignes directrices de l'INESSS aux logiciels d'aide à la décision des médecins
et des pharmaciens afin d'en assurer un usage optimal;
«4. la transmission
de l'intention thérapeutique par le prescripteur;
«5. l'envoi à chaque
prescripteur de son profil individuel de prescriptions;
«6. la publication
annuelle des profils de prescriptions par région et des coûts associés;
«7. l'inscription
automatique des médicaments génériques à la liste lorsqu'ils ont reçu
l'autorisation de Santé Canada et de l'INESSS, sauf exceptions justifiées;
«8. l'imposition d'un
prix maximum payable pour certaines classes de médicaments lorsqu'applicable.»
Alors,
M. le Président, je suis heureux que le ministre ait deux heures pour réfléchir
à la possibilité, d'ici la reprise de
nos travaux en après-midi, d'utiliser l'occasion qui nous est offerte par le
dépôt de son projet de loi. Il a appelé à une consultation assez large, et les gens de la société civile, les experts,
tous les membres de la chaîne pharmaceutique, les ordres professionnels
sont venus le dire, le Commissaire à la santé, qui existait, ils sont venus
dire : Bien, écoutez, il y a beaucoup
de choses qu'on peut faire pour réduire le coût des médicaments, et nous vous
proposons un certain nombre de choses.
Rien n'empêche le ministre de dire : Bon, bien, très bien, dans un seul
article il y a un certain nombre d'objectifs qui sont fixés, je vais
pouvoir, d'ici 12 mois — compte tenu de la rapidité d'action du
ministre qui est maintenant légendaire — répondre à l'ensemble de ces excellentes
suggestions, et nous aurons dans un délai bref des mesures multiples
visant le même but : la réduction du coût des médicaments au Québec.
Voilà, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci beaucoup.
Compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 15 heures. Merci.
(Suspension de la séance à
13 heures)
Président (M. Tanguay) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Je vous rappelle que le mandat de la commission est de procéder à l'étude détaillée du projet de loi n° 81, Loi
visant à réduire le coût de certains
médicaments couverts par le régime général d'assurance médicaments en
permettant le recours à une procédure d'appel d'offres. Je demande à
toutes les personnes présentes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de vos téléphones cellulaires.
Avant
la suspension, nous en étions donc à la fin de la lecture par le collègue
de Rosemont de son amendement à l'article 1, et vous aviez débuté, collègue de Rosemont, quelques explications. Alors, la parole est à
vous pour la suite.
Lisée : Merci. Brièvement,
donc, nous avons regroupé dans cet amendement l'essentiel des recommandations qui ont été faites devant nous par les gens qui
sont venus nous voir en nous disant : Bien, voilà, l'appel d'offres est un outil parmi d'autres
pour réduire le coût des médicaments, ce n'est pas nécessairement le plus efficace, ce n'est pas nécessairement celui qui va donner
le plus d'économies, mais, quoi qu'il en soit, il peut être utile. Cependant, il
y en a d'autres que l'on connaît, qui ont fait leurs preuves, qui nous conduiraient
à des économies et qui peuvent être mis en oeuvre très rapidement.
Il s'agit simplement de volonté politique, strictement de volonté politique.
Alors,
ce qu'on fait aujourd'hui, c'est de tester la volonté politique
du ministre, lui donner l'occasion de nous dire :
Bien oui, effectivement, je connais ce
dossier-là, je sais que ces solutions-là sont à portée de main, je sais qu'on
peut les mettre en oeuvre rapidement,
pas dans le cadre de ce projet de loi. Et d'ailleurs l'amendement a été écrit de façon à ce que le ministre puisse exercer ses prérogatives de ministre,
ou de proposeur de législation, ou de proposeur de réglementation dans
un délai de 12 mois, pour faire en sorte que ces éléments prennent vie.
Alors,
révision de la médication par les pharmaciens, ce qu'on appelle le MedsCheck,
ça existe dans plusieurs provinces.
Ça fait en sorte que les pharmaciens peuvent, contre rémunération, à intervalles réguliers — ce
sera à déterminer par règlement ou par négociation — vérifier
si le cocktail de médication d'un patient est optimal. Et très souvent ça résulte en une réduction de la médication et en
une réduction des effets secondaires négatifs de médications mal
calibrées, qui, elles, provoquent des coûts hospitaliers importants qui peuvent
être ainsi évités.
La vaccination par les pharmaciens, on sait très
bien, à moindre coût que par des médecins ou des IPS, dans des endroits qui normalement sont ouverts à des
heures d'ouverture très, très pratiques pour les patients, pour les citoyens,
y compris les fins de semaine.
«Intégration
des lignes directrices de l'INESSS aux logiciels d'aide à la décision des
médecins et des pharmaciens afin d'en
assurer un usage optimal», bien, ça, c'est de faire en sorte que les médecins
et les pharmaciens, au moment de la décision
de prescrire un médicament ou un autre, aient accès à l'information fine de l'INESSS, parce qu'on
sait que c'est un domaine où la
complexité est grande, le renouvellement des médicaments est considérable, et
donc d'aider les médecins et les pharmaciens à être complètement à jour
sur les lignes directrices de l'INESSS permettrait des prescriptions qui soient
plus justes.
«Transmission de l'intention thérapeutique par
le prescripteur», bien, c'est-à-dire que le pharmacien n'a pas à savoir, pour l'instant, ce que le médecin
voulait faire avec le médicament; le médecin prescrit un médicament, mais
il ne dit pas pourquoi. Alors, si le
pharmacien savait pourquoi le médecin prescrit le médicament, il pourrait, lui,
le pharmacien, qui est un spécialiste
en médicaments, dire : Ah! bien, pour cette fin-là, compte tenu des autres
médicaments que ce patient a, il serait préférable de faire une
substitution. Pour l'instant, il n'a même pas l'information, et il serait bon
qu'il ait l'information.
«L'envoi à chaque prescripteur de son profil
individuel de prescriptions», alors on sait très bien qu'il y a des médecins qui, par habitude, ou par information
incomplète, ou par choix professionnel, ont un profil de prescription
qui est assez loin de la norme ou assez loin
de ce qui est recommandé par l'INESSS ou par la pratique. Bien, ce serait
déjà bien de lui dire, dire : Est-ce
que vous êtes au courant que la façon dont vous prescrivez les médicaments est
très éloignée ou relativement éloignée
de ce qui est la norme? Alors, il pourrait dire : Bien oui, je fais ça
parce que je connais mon affaire puis
je veux faire ça, très bien, ou il pourrait dire : Ah! je ne m'étais pas
rendu compte de ça, peut-être que j'ai eu une mauvaise information ou je
devrais mettre à jour ma prescription. Donc, c'est, encore une fois, de
l'information qui est donnée au prescripteur pour l'aider dans son processus
d'amélioration continue.
«Publication
annuelle des profils de prescriptions par région et des coûts associés», ça, ce
sont des recommandations du
Commissaire à la santé quand il existait. Il disait : Bien, ça nous
permettrait de savoir si, dans des régions, il y a des dérives ou des phénomènes particuliers, qui peuvent
être causés par une différence intrants, la présence ou non
d'information, complète ou non complète, sur l'impact de certains médicaments.
Ce serait de l'information.
«L'inscription automatique des médicaments
génériques à la liste lorsqu'ils ont reçu l'autorisation de Santé Canada et de
l'INESSS, sauf exceptions justifiées», dans ce cas-là, on se rend compte que,
lorsqu'un médicament générique, évidemment, remplace un médicament d'origine,
le coût est beaucoup, beaucoup, beaucoup moindre. Pourquoi y a-t-il un délai
entre le moment où Santé Canada et l'INESSS recommandent le médicament et le
moment où il est inscrit à la liste qui
permet son achat? Chaque jour de délai provoque un coût injustifié, un coût
supplémentaire injustifié. Si le médicament
d'origine coûtait 25 $ la pilule et que le médicament générique en coûte
1 $, bien, à chaque pilule qui est vendue alors qu'il y a un délai,
bien, c'est 24 $ de perdus. Et donc ce que nous recommandons, c'est l'inscription automatique, sauf exceptions
justifiées. Et à ce moment-là le ministre doit dire : Bien, pour tel
médicament, je prends la décision, et sa
justification sera la bonne, en ce sens qu'il n'y a pas de tribunal d'appel en
disant : Bien, vous avez mal
justifié votre décision, mais il devra justifier : J'attends un nouveau
rapport de la FDA sur ce médicament, je ne suis pas certain que l'approvisionnement soit au rendez-vous. Ce sera à
lui de le dire, mais au moins on saura pourquoi cette exception est
invoquée.
Et finalement
«l'imposition d'un prix maximum payable pour certaines classes de médicaments
lorsqu'applicable», une autre recommandation qui nous est venue.
Alors, on
dit : «...le ministre s'engage à revoir la Politique du médicament tous
les cinq ans...» C'est que la dernière Politique du médicament n'a pas
été revue. Alors, je pense que c'est un processus qui, évidemment, sera
évolutif, à cause de l'évolution très forte des médicaments.
Et on lui
demande de mettre en oeuvre la série de mesures dont je viens de parler d'ici
12 mois. Alors, on dit : Bien,
voici des mesures qui sont connues, dont les recommandations ont été faites par
différents corps professionnels. 12 mois, compte tenu de la
capacité de travail du ministre, c'est beaucoup lui donner, mais, on se dit,
bon, peut-être qu'il voudra vérifier plus en
détail une ou deux mesures. S'il a la volonté politique d'appliquer ces
mesures, ça ne pose aucun problème,
ça ne pose aucun problème. S'il n'a pas la volonté politique, évidemment, ça
pose un énorme problème.
Aujourd'hui,
on voit qu'il a la volonté politique d'avoir des appels d'offres. Sa volonté
politique était tellement grande
qu'il a voulu passer ce projet de loi en amendements dans un projet de loi
précédent, on lui a dit : Bien, écoutez, il faudrait peut-être consulter. Et
là sa volonté politique était assez forte pour qu'il décide que, de
toutes les réformes qu'il envisage... C'était
la troisième... enfin, la troisième ou la quatrième, si on comprend ce qui se
passe avec le projet de loi
sur les trucs
funéraires, c'est un projet de loi du ministre aussi,
c'est ça, qui... Ce n'est pas moi qui m'en suis occupé, alors ça ne m'est pas venu directement en tête. Donc, il a
quand même décidé que, dans sa volonté politique, c'était très important
de faire des appels d'offres, c'est très
bien, c'est son choix, mais, s'il a la volonté politique d'agir sur les autres
variables qui pourraient faire baisser le
prix du médicament, il n'a qu'à acquiescer à cet amendement. S'il y a des
formulations qui lui semblent inappropriées, on est prêts à revoir les
formulations avec lui, bien sûr, mais on pourrait sortir cet après-midi avec un engagement ferme d'agir sur les autres
variables du médicament, et je pense que tout le monde l'applaudirait
pour ça, y compris la personne qui vous parle, M. le Président.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, je suis sûr que le député de
Rosemont, dans son état politique actuel, aurait préféré que cette séance de la commission parlementaire se fasse dans
une autre salle, de laquelle il aurait pu en tirer un vidéo qu'il aurait pu mettre sur son blogue pour
en faire un éditorial de campagne électorale à la chefferie de son
parti, et même, je dirais...
M. Lisée : ...prêter des
intentions assez clairement, là, ce que le ministre vient de dire.
M. Barrette : J'ai dit «aurait».
Le Président (M. Tanguay) : Restons
au fond des choses. M. le ministre.
M. Lisée : Oui, d'accord.
Barrette : O.K. Alors, allons au fond des choses. Alors, ça m'apparaît
là, évidemment, un éditorial, en ce sens que... Et le député de Rosemont l'indique très clairement, je pense, au
20e mot de sa proposition, «revoir la Politique du médicament tous les cinq ans». Or, le projet de
loi, M. le Président, est un projet de
loi sur la procédure d'appel
d'offres, ce n'est pas un projet de
loi sur
la Politique du médicament. Quand le député de Rosemont nous indique que des
gens sont venus ici, en commission parlementaire, pour nous dire qu'il y
avait plusieurs moyens d'aller faire des économies, je n'ai entendu personne
dire que les appels d'offres étaient un levier inférieur à la Politique du
médicament. Moi, je pense qu'en termes de capacité financière les appels d'offres
ont une beaucoup plus grande capacité que la Politique du médicament.
Maintenant, M.
le Président, la Politique du médicament et la procédure d'appel d'offres, ce
ne sont pas deux éléments en compétition, ce sont des éléments
concurrents, qui sont l'un avec l'autre, pas en opposition. Alors, l'amendement qui est proposé n'a pas lieu... Et
j'aurais pu, M. le Président, facilement invoquer la recevabilité, mais
j'ai choisi de ne pas le faire parce que je
savais que le député de Rosemont allait le présenter comme il l'a présenté.
Alors, rien n'empêche, pour notre
gouvernement, de revoir la Politique du médicament, tout comme rien n'empêchait...
Et là je fais référence à l'insistance que le député de Rosemont a mise
sur la volonté politique. Je lui rappellerai que, lorsqu'ils étaient en poste, il n'y a pas très longtemps, je
pense qu'en 18 mois il aurait pu la faire et la refaire au complet, la
Politique du médicament. Et, pour une raison
obscure, le Parti québécois, alors que le Québec faisait face à des problèmes
budgétaires du même ordre, apparemment n'ont
pas eu soit l'idée, soit ils ont eu l'idée, mais ils n'ont pas eu la volonté
politique de le faire. Et là le
député de Rosemont m'invite à le faire parce que moi, j'aurais la volonté
politique de faire une chose qu'eux autres
n'ont pas eue? O.K., bien, j'apprécie le commentaire. Que le député de Rosemont
me dise que j'ai plus de volonté politique
que son parti, bien, j'apprécie le commentaire. C'est assez fréquent en
politique, d'ailleurs, qu'au Parti libéral on en ait plus qu'au Parti
québécois, du moins dans les dernières années.
Alors, c'est
donc un amendement, M. le Président, qui est un amendement qui a un certain
sens dans le cadre d'une politique du
médicament, mais pas dans le cadre de la procédure d'appel d'offres, qui est
l'objet de cette loi-ci. Et, si ça... Et je ne les relirai pas, là, les
huit points qui sont énumérés, M. le Président. Il n'y a pas un seul élément
là-dedans qui fait référence à des appels
d'offres, M. le Président, il n'y a rien. Est-ce qu'on va faire un appel d'offres pour réviser
la médication par les pharmaciens? On va-tu faire un appel d'offres pour que
les pharmaciens fassent de la vaccination? Est-ce
qu'on va faire un appel d'offres pour transmettre des données du médecin au pharmacien? Est-ce qu'on va faire un appel d'offres pour... Et ainsi de suite. Il n'y a
rien, M. le Président, là-dedans, là, qui traite du projet de loi.
Mais, oui,
oui, ça traite de choses qui sont intéressantes, concurrentes à l'approche des appels d'offres pour aller chercher un meilleur prix. J'irais même jusqu'à dire
que la sommation de ces mesures-là pourrait être intéressante.
Maintenant, dans le cadre de ce projet de loi
là, M. le Président, je n'ai rien de plus à ajouter, là. À l'évidence même, à
la face même du texte qui est proposé, il n'y a
aucun lien avec le projet de loi, qui est un projet de loi qui
traite de la possibilité, de l'habilitation que l'on donne au ministre de faire
des appels d'offres dans l'achat de médicaments, ce qui n'enlève pas la valeur
au fondement de l'argumentaire, mais ça ne s'applique tout simplement pas.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Rosemont.
M. Lisée :
Oui, bien, en fait, sur une des affirmations du ministre, je me permets
amicalement de le corriger : Il y a
des gens qui sont venus ici pour demander le retrait du projet de loi et le remplacement par des mesures semblables à celles que je propose. Et donc ils avaient
l'impression que, oui, ces mesures étaient supérieures aux appels d'offres pour arriver à son but,
simplement souligner ça. Ce n'est pas son opinion à lui et pas nécessairement
la mienne, mais c'est arrivé, on ne peut pas dire que
personne n'a dit ça. Et les gens qui sont venus savaient très bien que le projet
de loi du ministre était strictement sur les appels d'offres mais ont pensé
que, puisqu'il y avait une commission parlementaire, puisqu'on discutait de l'ensemble
du processus, c'était une occasion de montrer de la volonté politique.
Alors,
il dit : Oui, mais vous, pendant vos longs 18 mois au pouvoir, vous
auriez pu le faire, vous ne l'avez pas fait. C'est vrai. On a réformé les IPS, on a économisé beaucoup
d'argent sur les IPS en médicaments, et, si on avait
continué, on aurait pu faire un certain nombre d'autres choses.
Pour
le ministre, lui, il entre dans la troisième année de son
mandat, il entre dans la troisième année de son mandat, et on lui dit : À la fin de cette troisième
année, vous pourriez faire tout ça. Vous pourriez si vous vouliez. C'est vrai
que ce n'est pas lié aux appels d'offres, ce qu'il y a là-dedans, c'est vrai,
je veux bien. C'est lié au coût du médicament et au début de l'intitulé du projet
de loi, qui dit : Loi visant à réduire le coût de certains
médicaments. Alors, on est là-dedans. Alors,
question de volonté politique, est-ce que d'ici la fin de la troisième année de
son mandat il voudrait faire ça? C'est ça, la question qui est posée.
Alors, il nous
dit : Ce n'est pas contradictoire, ça peut se faire concurremment. Nous
sommes d'accord, c'est parce que ce n'est
pas contradictoire qu'on le met. On lui a dit qu'on était d'accord avec le
principe des appels d'offres pour les
fabricants. On pense que c'est inapplicable pour les grossistes, mais ça, on a
un désaccord là-dessus. Il nous dit qu'on verra bien, dans le libellé des appels d'offres, comment il va
contourner les difficultés. Alors, comme le disait le chef de son ancien
parti : On verra, on verra, on verra.
Mais là-dessus ce
n'est pas contradictoire, en effet, et nous lui proposons de dire : Bien,
voilà, la volonté politique, probablement unanime, de cette commission
parlementaire, c'est de faire ça. Et pourquoi est-ce qu'on est unanimes d'ajouter ça, s'il est d'accord avec
nous — et
peut-être pourra-t-il convaincre ses collègues de la députation gouvernementale — pourquoi est-ce qu'on est unanimes? Parce
que c'est aussi le fruit de l'ensemble des consultations. On n'a pas dérangé ces gens-là pour rien. Ils nous
ont dit que c'était important, ils nous ont dit que ça pouvait se faire maintenant. Maintenant, la Politique du
médicament, la dernière qui a été déposée, c'était en 2007, par un ministre
de la Santé qui est maintenant premier
ministre. Elle n'a pas été appliquée. Et maintenant ça fait neuf ans, ça fait neuf
ans. Elle n'a été ni revue, ni
rediscutée, ni redéposée. Bon, alors, on lui dit : Écoutez, ce serait bon
de la revoir et... mais, si vous mettiez en oeuvre ces mesures-là, bien,
c'est l'essentiel d'une politique du médicament.
Je sais que le
ministre est quelqu'un qui aime l'efficacité, il aime avoir des résultats, il
donne des dates. Bien, justement, on lui
dit : Écoutez, si vous faites ça, on ne fera pas beaucoup de pressions
pour avoir un beau livre blanc puis une belle politique du médicament, puisqu'essentiellement ce sont les
mesures essentielles. On pourra discuter du reste, mais on sera
satisfaits, dans les 12 mois, que ces mesures-là auront été prises.
Alors,
tout ce qui empêche l'adoption de cet amendement et la réalisation de ces
éléments, c'est l'exercice de la volonté
politique du ministre, c'est seulement ça. Maintenant, j'ai noté dans sa réponse — mais
il y en aura d'autres, et peut-être pourra-t-il
ajouter — que,
bien qu'il dise qu'il n'est pas contre une politique du médicament, bien qu'il
dise qu'il y a des éléments là-dedans qui sont légitimes, il ne s'engage pas à les mettre en oeuvre. Ce serait... S'il nous
disait : Écoutez, je vais prendre la
liste puis, je vais vous dire, 1, je m'engage à le faire d'ici 12 mois; 2,
je m'engage à le faire d'ici
12 mois; 3, je ne suis pas d'accord; 4, je... on serait très avancés, on
serait très avancés. Alors, c'est une autre option qu'il a aujourd'hui.
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Tanguay) : Merci. M. le ministre.
Barrette : Bien, M. le Président, moi, il y a des jours où j'aime beaucoup
mon collègue de Rosemont. C'est une politique qui me rappelle la
nature, M. le Président; c'est champêtre, la façon de faire de la politique du
député de Rosemont, M. le
Président. J'ai l'impression, là,
qu'on est dans une
partie de pêche. On lance une ligne à l'eau, on voit
le poisson... Tu sais, il y a
des lacs où l'eau est tellement claire, M.
le Président! Où j'ai été élevé,
c'était comme ça; on les voyait, les
poissons. Puis on lance une ligne, puis là on espère que le poisson ne va pas
juste taquiner l'appât, mais qu'il va mordre, et qu'on va s'embarquer
dans un discours qui est, évidemment, celui qui n'est pas l'objet du projet de
loi.
Malheureusement, M. le Président... Je comprends que le député
de Rosemont veuille me complimenter pour que je puisse mordre à l'appât, j'imagine qu'il le pense vraiment,
ce n'est même pas une tactique, il pense que je suis
efficace, et que je vois clair, et que je
devrais profiter de la deuxième
partie du mandat pour aller dans sa direction,
mais il nous dit lui-même dans son discours, il vient de nous le
dire : C'est vrai, ces éléments-là n'ont pas de lien avec les appels d'offres. Il nous le dit, mais il
continue quand même en me disant : Bien, c'est vrai, là, que ça n'a pas de
lien, là, mais ce serait tellement le fun, là, s'il s'embarquait là-dedans.
Bon, M. le Président, il admet lui-même que son amendement
n'a pas de lien avec le projet de loi.
Alors,
bien, je vais répéter ce que j'ai dit pour le collègue de Lévis ce
matin. Sa collègue la députée de Taillon, ce matin, a déposé un projet de
loi alors qu'il y a
déjà une loi, imaginez, là, la redondance, M. le Président, dépose un
projet de loi alors qu'il y a déjà une loi, là, qui va être appliquée, qui va abolir
les frais accessoires. Là, on voudrait essentiellement se servir de ce projet de loi là pour en
rajouter un autre. Bien, il peut faire un projet de loi comme la députée
de Taillon a fait. Ce n'est pas long,
huit lignes, là, comme ça, en fait 11 avec l'introduction, 12 avec le titre. Ça se
dépose, ça va vite, ça, il n'y
a aucun problème, là, ça se fait.
Mais de l'aveu même
du député de Rosemont il n'y a pas de lien. À partir du moment où il n'y a pas
de lien, M. le Président, faisons l'économie du temps parlementaire et passons
au sujet suivant.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Rosemont.
M. Lisée : ...simplement pour
noter l'absence de volonté du ministre, c'est tout.
Président (M. Tanguay) : Collègue de... Pardon. M. le ministre.
Barrette : Je renoterai le
mauvais ciblage de l'intervention du député de Rosemont, qui fait un commentaire
qui n'a pas d'objet dans le présent projet de loi. Et tout le monde comprendra, évidemment, la manoeuvre, mais
elle est très intéressante quand même, la manoeuvre.
Le Président (M.
Tanguay) : M. le député de Rosemont.
Lisée : Juste pour
terminer, je me souviens, je me souviens, à une époque très, très
éloignée, je pense que c'était
l'automne dernier, le ministre a décidé
d'introduire dans un projet de
loi sur la rémunération des médecins un
article sur les frais accessoires qui n'était même pas
prévu au début. Alors, il a considéré que l'utilisation de la commission parlementaire sur un sujet
connexe était idoine, c'était un bon moment. On était là, on était en train de
légiférer, il fallait faire quelque chose, et il l'a fait. Il avait la volonté politique, il voulait
S'il voulait atteindre cet objectif, il pourrait tout simplement adopter l'amendement. On doit conclure qu'il ne veut pas atteindre l'objectif.
Je lui ai donné l'occasion
de nous dire si, à l'extérieur du projet de loi, il compte atteindre ces objectifs.
Pour l'instant, il n'a pas répondu à cet
appel. Et donc, jusqu'à mieux informés, nous devons conclure de son refus
d'adopter cet amendement qu'il ne compte pas permettre aux pharmaciens de
faire le MedsCheck — ce
qui permettrait de faire des économies
importantes sur les médicaments — il
ne compte pas donner la vaccination aux pharmaciens, il ne compte pas intégrer les lignes directrices de l'INESSS dans
les logiciels d'aide à la décision, il ne compte pas demander aux
médecins de faire la transmission de l'intention thérapeutique par le
prescripteur. Bien sûr, c'était...
M. Barrette :
M. le Président...
Le Président (M.
Tanguay) : Question de règlement. M. le ministre.
M. Barrette :
Oui, 35. Quand le député de Rosemont, ligne par ligne, dit : Le ministre
ne veut pas faire telle chose; ligne n° 2, le ministre ne veut pas faire
telle chose; troisième ligne, le ministre ne veut pas... Est-ce que ça, ça
ressemble à prêter des intentions, selon l'article 35, M. le Président?
Le Président (M.
Tanguay) : Juste faire attention pour ne pas prêter des intentions,
collègue de Rosemont, effectivement. Alors, la parole est à vous.
M. Lisée :
Très bien. Alors, oui ou non, le ministre veut-il réviser la médication par les
pharmaciens d'ici 12 mois?
Barrette : Alors, M. le Président, je vais répondre. C'est très
simple, je vais faire appel à la... Et, rappelons-nous, moi aussi, j'ai appris il y a quelques mois
que... mais plus longtemps, j'ai plus de mémoire, là, qui ne s'arrête
pas à l'automne, s'arrête à l'autre automne avant... J'ai appris que le député
de Rosemont était avocat de formation, il nous avait dit ça. Et, comme il est en politique depuis des années et qu'avant
même ces années-là il commentait beaucoup, il n'est donc pas sans savoir qu'on ne peut pas forcer un
ministre, dans une proposition comme ça, à poser telle, telle politique,
ça doit passer au Conseil des ministres. Rien que le chemin, M. le Président,
est un chemin qui n'est pas praticable, et il le sait, M. le Président.
Alors,
ici, ce n'est pas un effet de toge, c'est une pièce de théâtre électorale dans
une course à la chefferie, que j'apprécie, d'ailleurs, je lui souhaite
bonne chance, mais ce n'est rien de plus que ça. Mais je vais lui laisser
encore le temps de pouvoir poursuivre sa démarche.
Le Président (M.
Tanguay) : Collègue de Rosemont.
M. Lisée :
M. le Président, je ne veux pas perdre le temps des parlementaires et des quelques
personnes qui nous écoutent, mais d'entendre le ministre dire qu'il ne prend
jamais position sur ce qu'il veut faire comme ministre de la Santé sans d'abord demander l'avis du Conseil des ministres... Je
comprends que son chef de cabinet a beaucoup souri en entendant ça, qui
est assis à côté de lui, et moi aussi. Alors donc, ce ne serait pas la première
fois — je
ne fais que relater les faits — ce ne serait pas la première fois que le
ministre, du haut de son autorité, considérable à l'intérieur de ce gouvernement, et de son expérience assez longue,
dise : Je veux faire ceci, je veux faire ceci, j'entends faire ceci, que
les ministres l'apprennent dans le journal et que de toute façon, ensuite, il
les convainque du bien-fondé.
Alors,
s'il avait la volonté politique de nous dire aujourd'hui, oui ou non,
compte-t-il introduire la révision de la médication par les pharmaciens et la vaccination par les pharmaciens, il
pourrait nous le dire, et ça se ferait. Alors donc, je me réessaie : Est-ce que, oui ou non, le
ministre, sous réserve de l'approbation du Conseil des ministres, aimerait
voir s'appliquer la révision de la médication par les pharmaciens et la
vaccination par les pharmaciens?
Le Président (M.
Tanguay) : M. le ministre.
M. Barrette :
M. le Président, je vais vous dire une chose. D'ailleurs, c'est la raison pour
laquelle mon chef de cabinet, qui est à ma gauche, a le sourire à la
bouche.
saison estivale arrive, puis on sait que la saison estivale, c'est la saison du
théâtre d'été. Je trouve qu'on est vraiment, vraiment, vraiment... Nous
sommes précoces, M. le Président, dans ce théâtre parlementaire.
Le Président (M. Tanguay) : Collègue
de Rosemont.
M. Lisée : Oui. Vous savez,
moi, dans cette course au leadership, je n'ai aucun dilemme shakespearien ou cornélien, donc j'essaie de rester loin du
théâtre. Mais la question est de savoir si le ministre compte utiliser des
moyens recommandés par le Commissaire à la santé
pour réduire le coût des médicaments. Alors, j'aime bien taquiner le
ministre, il aime bien me taquiner, mais là
on est sur une question de fond. Alors, sur ces recommandations qui lui ont été
faites, qui sont dans l'amendement, peut-il au moins nous dire quel est
l'état de sa réflexion?
M. Barrette : M. le Président, je
soumettrai au député de Rosemont qu'au contraire il est dans un dilemme
shakespearien, puisque la question à laquelle lui et ses collègues doivent
répondre, c'est : Être ou ne pas être chef?
M. Lisée : ...répondre à la
question posée sur le coût des médicaments?
Barrette : M. le Président, je n'ai pas à répondre à cette question-là
parce que, un, nous ne sommes pas dans une
période de questions... Revenons au sérieux après cet intermède. L'amendement
qui est proposé, M. le Président, est un amendement qui ne traite pas du projet de loi. Et je comprends bien où
va la démarche du député, il va nous dire : Je conclus que le ministre ne veut pas faire telle chose.
Non, c'est une fausse conclusion. Ce que le ministre ne veut pas faire,
alors... Et je vais parler de moi-même,
tiens! Ce que je ne veux pas faire, M. le Président, c'est de faire dériver le
débat sur ce qui n'est pas l'objet du
projet de loi, tout simplement, ce n'est pas une acceptation ni un refus de
quoi que ce soit. C'est la raison.
Le Président (M. Tanguay) : Alors,
le collègue de Lévis avait demandé la parole. Collègue de Lévis.
M. Paradis
(Lévis) : Oui, M. le
Président. Un petit mot dans cette pièce de théâtre où, disons, j'ai pour
l'instant un rôle secondaire — je l'utiliserai, alors — pour vous dire que c'est bien agréable... il
n'y a pas de caméra ici, alors ce serait agréable d'entendre les gens un peu, là, se décrire, en tout cas, qu'on
puisse un petit peu avoir, là, comme un ancien match de hockey à la
radio, un petit peu les effets, voilà.
Non, mais je dois dire, très sérieusement, M. le Président, qu'à sa face même et à sa base c'est vrai que ce qu'il y a dans
cet amendement-là a été maintes fois répété par des groupes qui
sont venus ici, qui avaient, à travers leurs propos, des soucis, et des intérêts, et des objectifs économiques
par l'application de certaines des mesures proposées dans l'amendement du collègue, du député
de Rosemont. Je comprends également
que ces gens souhaitaient, pour plusieurs d'entre eux, qu'on puisse en arriver à revoir cette Politique
du médicament. J'entends le ministre et le député de Rosemont sur les moyens à être utilisés et le fait qu'on
soit ici dans le cadre d'un projet de
loi duquel ne fait pas
partie spécifiquement
l'atteinte de cet objectif-là. Cependant, je suis de ceux qui conviennent que
ces révisions-là ou ces objectifs-là sont extrêmement importants et qu'ils répondent à un besoin,
qu'ils ont été signifiés par des ordres professionnels, par des
gens du monde de la consommation, par des gens de l'industrie également. Et, à la limite, sachant bien que le ministre,
M. le Président, en tout cas, et, je pense, c'est clair, ne s'engagera pas ici à donner suite,
potentiellement, au désir du député de Rosemont, j'imagine cependant
qu'à sa face même puis à la lumière des gens qui sont venus nous adresser la
parole il est sensible, je présume, à ce
qu'on puisse avancer dans des propositions de ce type-là d'une manière ou d'une
autre, parce que ça a été exprimé, puis, à sa lecture même, les demandes font
sens.
Alors, j'imagine, M. le Président, que — et
c'est ce que je comprends du discours du ministre — sensible à ces préoccupations,
ouvert potentiellement à ce qu'éventuellement on puisse faire un pas dans ce
sens-là dans une autre forme, par le biais d'un autre forum, d'une autre
tribune mais... J'imagine qu'il a une sensibilité certaine, à la lumière de ce
qu'on a entendu lors des auditions pour le projet de loi n° 81.
Le Président (M. Tanguay) : M. le
ministre.
Barrette : Donc, je reçois
des commentaires, là. Je n'ai pas rien à rajouter, là, par rapport à ce que j'ai dit, là.
Le Président (M. Tanguay) : Merci. Y
a-t-il d'autres interventions? Collègue de Rosemont?
Président (M. Tanguay) :
Alors, nous sommes toujours... nous avons comme objet du débat l'amendement
proposé par le coll