Institutions — 3 November 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2015-11-03
Quebec — Committees
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Vallée : Un certain nombre d'organismes qui sont sous l'égide
du régime disciplinaire des administrateurs publics et d'autres ont des régimes disciplinaires particuliers... La
Commission d'accès à l'information, la CFP ont des conseils disciplinaires qui leur sont propres. La
Régie des alcools, des courses et des jeux fait l'objet... le régime
disciplinaire est sous l'égide de régimes des administrateurs publics.
Alors, la CTQ, la Commission municipale... Alors, ils ont vraiment... ils ont des régimes disciplinaires,
mais ces régimes disciplinaires là sont... le choix qui a été fait, compte tenu
des similitudes, comme je le mentionnais, notamment au niveau de la nomination
des membres, on propose de les soumettre au régime de la
Loi sur la justice
administrative.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Quand la ministre nous dit que c'est celui des administrateurs d'État, je
comprends qu'elle nous réfère au fait que c'est le secrétaire général associé
aux emplois supérieurs, ce qu'elle nous avait dit à la dernière séance, qui est responsable, donc, d'administrer le régime
de plaintes potentielles concernant un certain nombre d'organismes.
C'est bien ça, quand elle nous réfère à ça?
Mme Vallée :
C'est assujetti à un règlement qui est... Il y a quand même le règlement sur
l'administration... sur l'éthique des administrateurs publics.
Hivon : Oui, c'est
Mme Vallée : Alors, ces
organismes-là, ces dirigeants d'organismes là sont assujettis à ce
règlement-là.
Maintenant, c'est certain que, dans le fond, ce
qu'on propose, c'est un peu une bonification de ce qui était prévu au projet de
loi n° 17, qui a permis notamment d'encadrer davantage la justice
disciplinaire, et on a voulu aller un petit
peu plus loin parce qu'on reconnaissait qu'on avait un besoin de mieux encadrer
les conseils de discipline, et on s'est inspirés notamment du rapport
Noreau.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Oui. Est-ce qu'on peut me dire quels tribunaux administratifs sont donc dans
cette catégorie-là, que j'appelle un
peu résiduelle, où il n'y a rien de spécifique et qui sont donc assujettis à ce
processus-là qui relève du secrétaire général?
Mme Vallée : Lesquels?
Hivon : Oui,
lesquels versus ceux qui ont des comités de discipline propres?
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée : Là, j'ai des
acronymes, alors je vais aller...
Hivon : Oui, on va
essayer de...
Mme Vallée :
Dans un premier temps, on a la régie des marchés agricoles — je pense, ça va aller, merci, vous êtes gentil — la Régie des marchés agricoles et
alimentaires du Québec, le Bureau de décision et de révision qui comporte...
qui a un effectif de quatre membres.
Hivon : Des
valeurs mobilières, O.K.
Mme Vallée :
Oui. La régie des marchés agricoles a huit membres. La Commission québécoise
des libérations conditionnelles, la Régie des alcools, des courses et
des jeux, le Comité de déontologie policière, la Commission des transports du Québec,
la Commission municipale du Québec et la Régie de l'énergie.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette... Woups!
Mme Vallée : Et, comme je vous mentionnais, les organismes qui
ont un régime disciplinaire particulier, on a la Commission d'accès à l'information
et la Commission de la fonction publique.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette.
Hivon : En fait,
vous comprenez, mon questionnement c'est que je me dis : Il y a énormément
d'organismes — et
non les moindres, parce que je pense que,
dans ceux qui ont été énumérés, il y
a quand même des choses excessivement importantes — qui sont donc assujettis au règlement sur la
déontologie des administrateurs d'État. Donc, de manière plus générale, comme c'était le cas, de ce que la
ministre nous a expliqué la semaine dernière, pour les présidents des conseils
de discipline, alors je peux tout à fait
comprendre ce qui peut militer pour qu'on dise : O.K., on les assujettit
au Conseil de la justice administrative.
Mais mon
questionnement, c'est : Tous ces autres organismes-là qui continuent à
être régis dans leurs fonctions juridictionnelles
par le règlement général, est-ce que ça ne fait pas étrange qu'on décide que
les présidents de comités de discipline, eux, tout de suite s'en vont
sous la juridiction du Conseil de la justice administrative, alors que tous ces
organismes-là, qui sont quand même très
importants, il n'y a pas de réflexion ou il n'y a pas de réforme qui est vue?
Ou peut-être qu'il y en a une puis que la ministre va nous l'annoncer.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée : En fait, M. le
Président, ma réflexion dans un premier temps était dans le contexte de pouvoir
donner... de combler une situation qui
n'était pas prévue au projet de loi n° 17 et de pouvoir assujettir. C'est
un choix que j'ai fait, je n'ai
pas... Dans le cadre des présidents de conseils de discipline, il y avait, dans
la forme... il semblait causer, susciter
un problème et un manque de possibilité d'intervention des problèmes qui ont
été portés à notre connaissance. Alors, c'est dans ce contexte-là que je
vous propose ce que je vous propose pour régler cette situation-là.
Les autres
organismes dont il est question ne relèvent pas de ma juridiction, et donc je
n'ai pas, dans le cadre de la démarche,
fait cette réflexion-là, poussé la réflexion. Le Conseil de la justice
administrative a soutenu cette proposition-là, je pense que le Barreau également, les ordres également. Je reviens
encore une fois avec le rapport Noreau, la CIQ considère que c'est important, et ça nous permet aussi de
mettre et de redorer ne serait-ce que le blason du droit professionnel et de
toute cette pratique et ces enjeux qui ont
été malmenés au cours des dernières années. Donc, ça permet une bonne
intervention.
Également, ce sont des relations aussi... comme
je le mentionnais, les relations entre l'administré et l'autorité
administrative... Donc, on a des professionnels qui font l'objet de plaintes,
un peu comme, par exemple, la Régie du logement, on peut avoir des régisseurs
qui font l'objet de plaintes.
Alors, c'est
un petit peu la même chose, c'est la même logique derrière tout ça, et c'est
d'assujettir à un organisme qui verra
à assurer que l'éthique et les démarches ont été bien suivies. Alors, lorsqu'on
regarde les similitudes qui existent, il
était tout à fait naturel de permettre d'inclure sous la compétence... de
soumettre à la compétence de la CJA les membres des comités de
discipline.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette.
Hivon : Merci, M. le Président. Parce qu'en fait, si on
regarde ça globalement, on aurait pu se dire : Mon Dieu, est-ce qu'ils étaient dans un vide juridique? Mais
je comprends à la lumière des explications. Puis, quand on fait le parallèle
avec bon nombre d'autres tribunaux
administratifs, c'est qu'en fait ils relevaient, comme la ministre nous l'a dit
la semaine dernière... s'il n'y avait
pas ces changements-là et ce projet de loi ci, ils auraient relevé simplement,
là, du règlement sur la déontologie
des administrateurs d'État, comme c'est le cas pour bon nombre d'autres
tribunaux administratifs. Ou on aurait pu
aussi choisir, je comprends, l'avenue qui existe pour quelques-uns, bien que ce
soit minoritaire, d'avoir leur propre comité
de discipline. Donc, il y a
ce choix-là qui a été fait pour, j'imagine, donner une crédibilité supplémentaire à tout le processus,
et je comprends très bien. Moi, je veux juste porter à l'attention de la ministre...
Je la suis, quand elle dit : Tous
ces organismes-là ne relèvent pas de moi. Non, ça, je comprends.
La justice administrative comme telle, par ailleurs, je dirais,
de manière globale, si on regarde, bon, ce qui se fait, si on regarde les organismes
qui sont assujettis au Conseil
de la justice administrative, je pense qu'il y a une réflexion à
faire par rapport à ça. Parce
que là c'est comme si on rendait
le processus beaucoup plus formel, bien encadré, pour ce qui est des
présidents des conseils de discipline. Oui, d'accord, mais qu'arrive-t-il de tous les autres organismes?
Et je pense qu'il y a une réflexion assez importante
à faire ça, parce que le décalage, compte tenu de ce qu'on est en
train de faire pour les comités de discipline, va être encore plus grand pour
la suite.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée : Je comprends tout
à fait la réflexion de notre collègue, parce que, cette réflexion-là, on peut l'appliquer... là, on l'applique dans le cadre de
ce qui nous occupe, mais on pourrait l'appliquer aussi quand on regarde
le processus de nomination des différents membres. Alors là, ici, on a des
similitudes, parce que le processus de nomination
des membres qui sont assujettis à la compétence de la
Loi sur la justice
administrative, c'est un processus de sélection
qui est similaire, qui est encadré, qui est réglementé, qui est très
indépendant, ce qu'on retrouve moins dans les autres organismes. Puis je pense aussi, la particularité, c'est que
notre bureau des présidents est entré en fonction en juillet. Alors, c'est tout récent. Donc, c'est une nouvelle
structure, un nouvel organisme, et c'est dans tout ce contexte-là qu'on a choisi d'apporter la similitude. Mais est-ce que,
dans son ensemble, on a peut-être à réfléchir? Moi, je suis de celles qui
considèrent qu'on a une réflexion beaucoup plus grande à y avoir.
Hivon : En tout
cas, j'inviterais la ministre
vraiment à la faire avec ses collègues, comme responsable
de la justice, parce que moi, je
pense que, justement, si le processus de nomination, puis je ne peux pas vous
dire que je suis une experte de tous
les organismes qui sont mentionnés... mais, encore avec plus, je vous dirais,
d'insistance, si le processus de nomination est différent et un peu moins
formalisé, ça peut militer encore davantage pour un encadrement plus grand
du côté disciplinaire et non l'inverse.
Alors, moi, je suis juste inquiète, je le dis,
je suis inquiète qu'il y ait comme un décalage du fait que les présidents de conseils de discipline soient
maintenant assujettis puis tombent sous la juridiction du Conseil de la justice
administrative, alors qu'il n'y a pas de
réflexion en cours pour l'ensemble des autres organismes, que ça puisse
vraiment créer une drôle de
situation. Puis je suis curieuse de savoir s'il y en a, des plaintes qui se
rendent, en vertu du règlement dont
on nous a parlé la semaine dernière... Est-ce qu'il y en a, de ces plaintes-là,
qui se rendent au secrétaire général associé?
Mme Vallée : Je ne pourrais
pas...
Hivon :
Parce que, pour ce qui est des présidents de conseils de discipline, on
comprenait que c'est quelque chose de
plutôt rarissime, voire inexistant, et ça n'a pas l'air de quelque chose qui
est vraiment connu. Alors, c'est d'autant plus préoccupant, si on le formalise d'un côté, mais que, de l'autre
côté, on reste un peu dans une situation qui n'est pas tellement
formelle, de garder ça comme ça, là.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée :
C'est bien noté. Vous savez, le Règlement sur l'éthique et la déontologie des
administrateurs publics a quand même
un processus disciplinaire qui est lourd. Donc, nous, il nous semblait tout à
fait opportun, dans le contexte de
l'arrivée du bureau des présidents, de l'entrée en vigueur des modalités
prévues au projet de loi n° 17, de bien encadrer dans le cadre des
comités de discipline.
Maintenant, ce que notre collègue soulève, c'est
beaucoup plus large, c'est une vaste réflexion, et j'en prends bonne note.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Merci à la ministre d'en prendre bonne note, mais je lui suggère de parler avec
ses collègues, parce que je pense que
c'est un réel enjeu, sincèrement. C'est des questionnements que j'ai toujours
eus, en ce qui concerne la
juridiction du Conseil de la justice administrative. Là, je vois qu'on ajoute
quelque chose, mais je ne suis pas certaine que c'est sans effet sur
l'ensemble des autres organismes qui sont concernés.
Par ailleurs,
dans l'ensemble des mémoires qui se sont attaqué à la question, donc, de la
réforme, là, qui nous est présentée,
on soulevait la question des autres membres, donc — j'imagine que la ministre a réfléchi à ça
abondamment, puisque tous les
mémoires en parlaient — des conseils de discipline, donc les deux autres membres qui accompagnent
le président. Je comprends que le règlement sur la déontologie, le code va leur être
applicable, mais ils ne sont pas assujettis au même processus. Pourquoi, pourquoi ce choix-là, qui
semble être remis en question, autant par... je veux dire, c'est soulevé par tous ceux, là... Donc, le Conseil de
la justice administrative lui-même, le Conseil interprofessionnel, l'Ordre des comptables, les trois ont soulevé cet
enjeu-là. Donc, j'aimerais comprendre pourquoi les membres ne sont pas
assujettis, seulement les présidents.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée : Ça revient un
petit peu à l'explication que je mentionnais, notamment quant au processus de nomination, c'est-à-dire que les
présidents sont les décideurs qui sont nommés par le gouvernement. La commission de la
justice administrative a compétence sur les décideurs qui sont nommés par le gouvernement dans le cadre des fonctions qu'elle
occupe. Les deux membres du conseil de discipline qui accompagnent le président
sont nommés par le conseil
d'administration de l'ordre professionnel, et donc leur rôle est un peu
différent du rôle qu'assume le président ou la présidente dans le processus décisionnel. Ce sont des membres qui
exercent leurs fonctions à temps partiel, ils ne sont pas à temps plein.
Souvent, ces
fonctions-là sont exercées de façon bénévole. Les présidents exercent leurs fonctions
à temps plein, c'est une charge
publique. Puis une sanction disciplinaire, ça n'a pas le même
effet entre une sanction disciplinaire qui est dirigée envers un président qui exerce ses fonctions à temps plein,
qui est rémunéré par l'État, qui est nommé par l'État, et un membre désigné par un ordre professionnel qui agit de façon bénévole. On n'est pas du tout dans la même catégorie, et donc ça n'a pas le même impact aussi, une sanction disciplinaire qui est
dirigée envers un membre... un président, qui assume ses fonctions de façon permanente, pourrait aller, par exemple, jusqu'à la suspension sans solde, par exemple, mais tu ne peux pas faire une suspension sans
solde envers quelqu'un qui est bénévole, alors... puis ça n'a pas le même impact, ça n'a pas le même caractère.
Et donc
l'enjeu, pour ce qui est des présidents, est plus important.
Et c'était dans ce contexte-là, où il était important de prévoir un
processus qui était plus formaliste, qui respecte les règles de justice
naturelle évidemment, et ce processus-là, on le retrouve au sein de la CJA. Parce que, pour ce qui est des membres
qui accompagnent, qui sont désignés par les ordres professionnels, bien, en tout temps, l'office ou
l'ordre professionnel peut retirer le mandat à ces personnes-là. Alors, on
n'est pas du tout dans la même catégorie
dans le contexte d'un président qui est nommé pour un mandat déterminé par
le gouvernement, ce n'est pas la même chose.
Donc, c'est le pourquoi du choix qui a été fait parce que ça n'a pas le même
impact pour la personne qui est visée par la
plainte, par le processus, et donc... Et aussi cette personne-là a une certaine
indépendance qui, aussi, milite en fonction de la référence au Conseil de la
justice administrative.
Hivon :
Puisque les membres sont assujettis, puis notamment l'Ordre des comptables
insiste beaucoup là-dessus, il semble ne pas
trouver évident de voir comment ces autres membres là, qui sont assujettis bien
sûr au Code de déontologie, quel
cheminement une plainte à leur endroit prendrait, et qui serait responsable du
traitement de cette plainte-là.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée :
Je pourrais passer la parole, si vous permettez, à Me Hunlédé, qui pourrait
vous instruire peut-être avec plus de détail sur le processus.
Président (M. Ouellette) :
Me Hunlédé, pour les besoins de l'audio, vous identifier complètement pour la première fois, et je vous donnerai la parole.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : D'accord.
Jean-Luc Hunlédé, avocat à l'Office des professions. Oui, en fait,
c'est le conseil d'administration qui est responsable de la déontologie, de
l'application, du coup, pour ces deux autres membres du conseil de discipline, parce
que juste comme... jusqu'à maintenant, c'était la même chose parce que les présidents étaient soumis au règlement sur
l'éthique et c'est le conseil d'administration qui, aujourd'hui, décide en fait de radier, je dirais, un membre de l'ordre qui siège au conseil de
discipline. En fait, le rôle s'apparente un peu au rôle des assesseurs à la Commission des lésions professionnelles. Ce sont des personnes qui ne sont pas nommées par le gouvernement qui sont désignées par le président de la Commission des lésions professionnelles et qui donc ont d'autres règles de déontologie. Ici, bon, ce qu'on pourrait
faire, peut-être, c'est que l'article 117.3 du Code des
professions prévoit qu'il y ait d'autres règles pour les autres membres.
Donc, on pourrait prévoir d'autres règles, mais, vu que jusqu'à maintenant ça a
été toujours la déontologie du conseil d'administration qui s'applique, c'est
pour ça que n'ont pas été prévues d'autres règles particulières et que les
mêmes s'appliquent pour tout le monde.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Quand vous nous dites, maître, que ça a toujours été le conseil
d'administration qui a été responsable, vous voulez dire pour les autres membres ou vous pouvez dire pour
l'ensemble des membres? Parce qu'en fait ils ont un rôle quand même pas mal différent de n'importe
quel autre membre qui pourrait être visé, là, par une plainte. Donc, j'essaie
juste de comprendre. Quand vous dites :
Ça a toujours été le cas, ça a toujours le conseil d'administration qui était responsable,
qu'est-ce que vous voulez dire?
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : C'est le conseil d'administration qui les nomme et
qui décide, par exemple, dans
certaines situations, de ne pas nommer la personne pour siéger parce que
peut-être elle a eu un comportement qui n'est pas déontologique.
Hivon : O.K. Est-ce que ce type de plainte là, a déjà été
formulé par le passé auprès de conseils d'administration, de membres qui
siègent sur les comités de discipline?
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Formellement non. Nous n'avons pas eu d'écho d'une
telle plainte. Parce qu'en général ce
qui se passe, c'est que c'est le président qui est responsable en fait
d'assurer le bon ordre lors de l'instruction de la plainte. Donc, en général, c'est le président du conseil de
discipline qui gère l'audience, et puis qui s'occupe de ces questions,
et qui peut rappeler à l'ordre les deux autres membres en cas de manquement
déontologique.
Hivon :
Donc, par exemple, si un des deux autres membres avait des problèmes récurrents
d'assiduité ou de comportements lors
des auditions, faisait des remarques déplacées, aurait l'air d'avoir un parti
pris toujours favorable, je ne sais
pas, au plaignant ou vice versa, est-ce que le président a un rôle pour
vraiment... Ce n'est pas le président du comité qui a un rôle. Normalement, ce serait le conseil d'administration
qui aurait un rôle pour replacer, recadrer, démettre de ses fonctions
cet autre membre là?
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Oui, disons que, s'il y a un comportement qui
n'est... bien, il y a un manquement déontologique,
le président du conseil de discipline pourrait faire un signalement au conseil
d'administration en disant que tel
membre, en fait, manque à ses devoirs déontologiques et, à partir de là, le conseil
d'administration pourrait prendre la décision de faire en sorte que
cette personne ne siège plus au conseil de discipline.
Hivon :
O.K. Et ce qui est prévu, donc, c'est essentiellement ce qui est prévu au code,
donc qui va entrer en vigueur
prochainement pour les membres aussi, donc, pour le président et les deux
autres membres, je comprends que c'est le même code de déontologie qui
s'applique...
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Ce sont les mêmes règles déontologiques qui
s'appliqueraient pour l'ensemble.
Hivon : Oui, effectivement. Pour le président, c'est le
Conseil de la justice administrative qui va être responsable de
l'appliquer?
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Oui
Hivon : Pour les deux autres membres, c'est le conseil
d'administration qui va être responsable de l'appliquer.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : C'est bien ça.
Hivon : Et, en termes de gradation de sanctions, à savoir,
on peut démettre, comment tout ça procéderait? Est-ce qu'il y a quelque
chose qui guide le conseil d'administration dans ce cheminement-là?
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Oui, mais, comme l'a dit Mme la ministre,
en fait, c'est que les deux autres membres sont souvent des bénévoles et
donc la sanction pour eux, en général, c'est plus, bon, la révocation ou la suspension, qui n'a pas beaucoup d'impact, alors
que, pour les autres, pour le président lui-même, en fait, les sanctions
sont prévues par le conseil de la justice...
dans la
Loi sur la justice administrative et donc, là, il y a une certaine
gradation. Il peut y avoir la suspension, la révocation ou juste, donc,
l'avertissement.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Bien, je peux
comprendre que c'est différent en
termes de charge, en termes, oui, de rémunération, temps plein, bon, pas à temps
plein, mais toute cette idée
d'apporter un certain formalisme, un encadrement, il demeure quand même. Donc, la volonté, je comprends qu'elle est bien là. De tous les choix qui étaient possibles, la ministre
a décidé de vouloir assujettir les
présidents au Conseil de la justice
administrative, et là, pour les
autres membres, en fait, on reste dans
une situation qui est la situation ordinaire où il n'y a
pas cette distance-là que l'on pourrait penser qui est souhaitée dans l'ensemble de la réforme, c'est-à-dire donc qui continue
à être assujettie au conseil
d'administration, qui en fait les a
nommés, donc c'est comme... c'est un peu les
mêmes parties qui décident de les nommer et potentiellement de les révoquer.
Il n'y a pas une espèce d'instance indépendante. Donc, je me demande juste ce
qui a milité pour ça.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Le Président (M.
Ouellette) : Me Hunlédé.
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) :
Oui. Bien, en fait, jusqu'à maintenant, en réalité, bon, le problème
ne s'est pas vraiment posé. Le problème
s'est seulement posé pour un
président, jusqu'à maintenant, au
niveau de la déontologie. Mais
ce que je veux dire, c'est que, les autres
membres, vu leur rôle, en réalité, dès qu'un problème se pose, il suffit
même que le secrétaire de conseil de
discipline, qui choisit les membres qui siègent avec le président, décide de ne
pas les faire siéger, enfin, de ne
pas les désigner pour venir siéger et puis ipso facto ça devient une sanction
de suspension ou de fait, en fait.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Mais,
juste pour qu'on se comprenne bien, est-ce
qu'il y a deux autres membres qui
sont nommés avec le président, mais seulement deux autres, ou il y en a plusieurs
et ça varie?
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Ça dépend des ordres. Dans les ordres,
dans certains ordres où il y a beaucoup, on peut avoir une longue liste, pour certains ordres où il n'y a pas
beaucoup de membres, c'est parfois seulement deux personnes.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : O.K. Donc, ça, ça varie. Ce n'est pas toujours les
deux mêmes. Donc, il y en a qui peuvent avoir un bassin...
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Oui. C'est ça.
Hivon :
...pour savoir qui va accompagner le président...
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : C'est bien ça.
Hivon :
...alors que d'autres, ça va toujours être les deux mêmes.
Le Président (M.
Ouellette) : Me Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Ça pourrait être tout le temps les deux même.
Hivon :
O.K. Moi, ça va. Je veux vérifier quelque chose. Donc, je peux peut-être céder
la parole à mon collègue pendant que je fais cette...
Le Président (M. Ouellette) : Oui.
Je sais qu'il est impatient de...
Hivon :
J'imagine. Donc, je cède la parole à mon collègue de Borduas, le temps que je
vérifie quelque chose.
Le Président (M. Ouellette) : Avec
grand plaisir. M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui, M. le
Président. Bien, vous savez, l'impatience... On m'a enseigné que la patience
était une vertu, donc j'essaie de la mettre en application, M. le
Président.
Le Président (M. Ouellette) : Oui,
vous êtes très vertueux, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, je ne
m'attendais pas à tant de compliments, M. le Président.
Peut-être
revenir sur la désignation des deux membres par les conseils d'administration
des ordres professionnels. Les ordres
professionnels sont souverains pour désigner ces membres-là et ils désignent en
fonction de critères de sélection établis dans la régie interne de
l'ordre professionnel?
Le Président (M. Ouellette) : Me
Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Oui, c'est bien cela. En fait, les ordres
professionnels décident, en fait. Et, comme je l'ai dit, souvent ce sont des personnes qui veulent s'impliquer dans le
fonctionnement de leur ordre et qui siègent à
titre bénévole, et puis
comme pour d'autres comités de l'ordre.
Jolin-Barrette : Et est-ce
que, parmi les ordres professionnels, généralement, il y a un règlement de
régie interne pour mener à la sélection de ces deux membres-là qui vont
siéger sur le conseil disciplinaire?
M. Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Non,
pas formellement.
Jolin-Barrette : Et est-ce
qu'il y a des ordres professionnels qui ont des règles de régie interne par
rapport à ça ou... Lorsque vous mentionnez «pas formellement», je
comprends que c'est la pratique, supposons. Mais est-ce qu'il y a des ordres qui ont édicté un règlement interne pour
dire : La façon qu'on va sélectionner nos membres qui vont siéger sur le
conseil de discipline, bien, ils doivent respecter certains critères? Ou le
simple fait d'être membre de l'ordre professionnel,
supposons... Prenons mon cas, là, au Barreau : le simple fait d'être
membre de l'ordre me permet de siéger... en fait, d'être admissible à
déposer ma candidature pour siéger sur le conseil de discipline.
Le Président (M. Ouellette) : Me
Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Bien, ce que dit le Code des professions, c'est
que les deux autres membres, en vertu
de l'article 117 du Code des professions, les deux autres membres sont nommés
par le conseil d'administration de
l'ordre. Maintenant, comment l'ordre procède pour la nomination? Je pense que
ça appartient à chaque ordre de déterminer
la procédure. Comme vous le dites, par exemple, pour le Barreau, il faut
peut-être présenter sa candidature pour
siéger sur le conseil de discipline. Et je ne sais pas comment le choix se fait
exactement à ce niveau-là, mais je pense que tous les membres de l'ordre
peuvent poser leur candidature.
M. Jolin-Barrette : Et...
Le Président (M. Ouellette) : Oup!
Mme la ministre.
Mme Vallée :
L'autre élément qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que les membres des ordres professionnels sont aussi assujettis à leurs codes de
déontologie. Donc, évidemment, le code de déontologie demeure l'élément-phare,
le point fort dans l'encadrement des membres
aussi qui sont aussi encadrés par ce code. Et je sais qu'il y a
eu des échanges, notamment avec l'ordre des comptables, pour peut-être
voir à amender ou à faire des modifications à
l'intérieur de certains codes
pour dissiper les inquiétudes qui avaient été soulevées ou les préoccupations,
là, les points d'interrogation qui subsistaient.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui. Merci, M. le Président. Je comprends. Ceci étant dit, dans le cadre du code de
déontologie des membres des ordres
professionnels, bien entendu que le code est généralement fait en fonction de
la protection du public et dans le
cadre aussi de l'exercice de la profession. Donc, c'est sûr que quelqu'un
qui est un professionnel, peut-être
que son code de déontologie ne prévoit pas nécessairement
les règles entourant le fait d'être membre d'un comité qui va faire une
audition par rapport à un confrère qui fait l'objet d'une plainte au niveau
disciplinaire. Il y a certains ordres professionnels peut-être, notamment
les membres du Barreau ou de la Chambre
des notaires, qui, en raison de leur
rôle d'officier public, peuvent avoir davantage de préoccupations ou
d'aptitudes qui seraient déjà établies dans le code de déontologie, mais il y a certains autres ordres professionnels où il
faudrait peut-être voir chacun de ces codes de déontologie là.
Ça ne veut pas nécessairement
dire que le libellé de ce code-là fait en sorte qu'on prévoit le fait qu'ils
tiennent des auditions et la façon de
se comporter lors d'une audition par
rapport à la plainte déontologique
sur un confrère aussi. Donc, d'où mon
questionnement, parce qu'entre
l'exercice de la profession, la protection du public et le fait de siéger comme
membre d'un comité, comme juge administratif ad hoc, si je peux dire,
là, je vais le formuler comme ça, c'est bien différent.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Rappelons-nous que la protection du public demeure
aussi, devant la question... devant les conseils de discipline, la protection du public demeure la raison d'être de tout
notre système de droit disciplinaire. C'est ce qui est mis et c'est ce qui est à l'avant-plan de tout
ce qui est fait, c'est d'assurer la protection du public. Donc, oui, la
protection du public doit être
assurée dans le quotidien par le professionnel. Le professionnel doit veiller à
exercer sa profession de façon à
protéger le public, mais, dans le contexte, dans le droit disciplinaire, la
protection du public demeure l'élément-phare. Alors, il n'est pas accessoire. La protection du public, ce n'est pas un
enjeu qui est... et ce n'est pas un élément qui est accessoire, c'est
bien la raison d'être de tout notre système disciplinaire.
Puis
je tiens aussi à porter à l'attention de mon collègue que le Code des
professions prévoit aussi à l'office un pouvoir de recommander ou
d'interpeller l'ordre quant à la conduite puis les mesures à prendre dans une
situation où l'office le jugerait
nécessaire. Donc, c'est un
article général, 12.12°, comme on l'appelle, mais
c'est quand même un
article qui est là, et donc l'office demeure aussi
un chien de garde de cette protection du public.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui, M. le Président. Écoutez, je suis d'accord avec la ministre de la
Justice que la protection du public, c'est l'élément-phare et fort du
droit disciplinaire. Ceci étant dit, et je pense qu'à juste
titre la députée de
Joliette le soulignait, on se retrouve dans
un système où, en fonction de l'ordre professionnel, bien là, on se retrouve
dans une situation où les membres qui
vont évaluer la conduite de leurs confrères en matière disciplinaire ne sont
pas tous régis par des règles standardisées. Donc, ça dépend de chacun
des ordres professionnels en fonction de leurs codes de déontologie qui leur sont propres dans un rôle où ceux-ci
doivent évaluer les comportements de leurs confrères. Et je comprends la ministre
lorsqu'elle me dit : Écoutez, c'est l'intérêt public, la protection du
public qui va guider les membres de l'ordre professionnel qui vont
siéger sur le conseil de discipline, ça, il n'y a pas de doute là-dessus, et
puis c'est ce qu'il faut.
Mais
cependant je m'inquiète par rapport à la disparité des
règles par rapport aux différents ordres professionnels. Parce
que, que vous soyez agronome, ou que
vous soyez physiothérapeute, ou que vous soyez dentiste, chacun des ordres
a son propre code de déontologie. Ceci étant
dit, au moment d'avoir une audition devant un conseil de discipline, les règles
qui devraient guider ces membres-là
devraient être standardisées, peu importe votre profession. Est-ce qu'on va avoir un cadre d'analyse différent en fonction que vous êtes
un dentiste, que vous êtes un avocat, que vous êtes un notaire? Je comprends
qu'il y a déjà les codes de déontologie qui sont en place, mais peut-être
peut-on m'éclairer sur ce point.
Le Président (M.
Ouellette) : Me Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Oui. Bien, en fait, le code de déontologie qui a
été publié à
titre de projet s'appliquerait
à tout le monde en fait, dans ces conditions-là. La seule chose,
c'est le processus qui est différent. Ce sont les mêmes règles déontologiques au niveau du conseil de discipline qui
s'appliqueraient à l'ensemble des membres du conseil de discipline. C'est sûr que, dans les codes de déontologie de
chaque ordre, il y a une obligation générale de probité, de respect en fait de la protection du public. Ils
ont donc une obligation générale en vertu de leur code particulier pour
chaque profession. Mais, en ce qui concerne la déontologie disciplinaire au niveau du conseil de discipline, ce
serait le code de déontologie qui a
été publié à
titre de projet qui s'appliquerait à l'ensemble du conseil de
discipline. La seule chose, c'est
que, dans certains cas, ce sera le Conseil de la justice administrative qui
fera le processus, et, dans l'autre, ce sera le conseil d'administration.
C'est vrai que
formellement on n'a pas mis de règle pour le processus au niveau du conseil
d'administration, mais ce que nous
envisagions de faire après, parce que nous avons eu les commentaires, c'était de mettre
dans le code de déontologie des
règles particulières concernant les deux autres membres en fait qui ne sont pas
assujettis au Conseil de la justice administrative. Il y aurait donc
tout un processus de plaintes qui serait inscrit dans le règlement pour dire
qu'il s'applique en fait pour établir des
règles particulières, le processus particulier qui s'appliquerait pour les deux
autres membres.
Jolin-Barrette : Mais là, actuellement...
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Je voulais
juste rappeler, parce que là on a parlé de plusieurs codes de déontologie,
c'est le code de déontologie qui est
propre en fait applicable aux présidents et aux membres des conseils de
discipline des ordres, et non simplement les codes de déontologie qui
s'appliquent à chacun des ordres.
Ce code de
déontologie là a été publié pour commentaire le 22 juillet dernier, et donc il
fait l'objet de travaux et de
bonifications suite aux commentaires qui ont été émis. Et ce que Me Hunlédé
nous indique, c'est que justement, à la lumière de
certaines préoccupations, certains commentaires qui ont été formulés, le projet
de code serait bonifié pour permettre
d'encadrer le processus qui est applicable aux membres des comités de
discipline qui ne sont pas des présidents nommés par le gouvernement. Alors, ça répond clairement à la question
du collègue. C'est que ce n'est pas les codes de déontologie, par exemple, de l'Ordre du Barreau qui s'appliquent à ces
personnes-là, mais c'est le code de déontologie qui est applicable aux
présidents et aux autres membres du comité, et ce code-là a été prépublié.
Alors, les
commentaires sont recueillis et il y
a eu des échanges notamment,
je comprends, avec l'Ordre des CPA pour venir répondre à des
interrogations qui avaient été formulées, notamment lors des consultations.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Donc, ici, on
fait référence à la publication de la Gazette du
22 juillet 2015.
Mme Vallée : C'est ça.
M. Jolin-Barrette : Donc, on est en publication pour la réception des
commentaires. Mais, avec l'adoption de ce projet de règlement là, à partir du moment où un des membres du
conseil d'administration contreviendrait à ce code qui serait adopté dans le futur par le biais d'un règlement,
ça va être le président du bureau des présidents qui va pouvoir évaluer
la conduite... Est-ce qu'on va retourner, dans le fond, aux membres du conseil d'administration de
l'ordre professionnel?
Le Président (M. Ouellette) :
Me Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Oui. Le processus
que nous envisageons, en fait, c'est un processus disciplinaire
qui serait appliqué et c'est juste aux
membres, en fait, pour l'intégrer dans le projet de règlement,
et en fait toute personne porterait plainte auprès du conseil
d'administration pour venir dire que tel membre qui siégeait a eu un manquement
déontologique, et la plainte doit être
écrite. Et, sur réception, le conseil d'administration formerait donc, en application du paragraphe 2° de l'article 86.0.1 du Code des professions, un comité
qui serait chargé d'analyser la plainte et de voir dans quelle mesure on devrait imposer une
sanction, et la sanction serait la même que celle qui est prévue au Conseil de
la justice administrative. C'est sûr
que ça n'aura pas le même impact pour le membre, mais c'est les mêmes sanctions
qui sont prévues.
Jolin-Barrette : Les gens
qui vont siéger sur ce comité-là, à partir du moment où il y a une plainte
contre un des membres du conseil de discipline, ils sont sélectionnés
par le conseil d'administration de l'ordre professionnel.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Oui. En fait, c'est l'ordre professionnel qui
déciderait. Mais disons que tout ça,
au regard des commentaires, ce sont des projets que nous sommes en train de
former, mais, bon, pour l'instant, ce n'est pas encore adopté, donc je ne peux pas venir dire que ça va être ça,
mais c'est ce que nous, nous envisageons de pouvoir faire. Parce que l'article 117.3 du Code des professions
permet d'établir, dans les codes de déontologie, des règles particulières
pour les autres membres que le président. Le
deuxième alinéa de l'article 117.3 nous permet d'avoir des règles particulières
pour les autres membres.
M. Jolin-Barrette : Donc, un membre siégeant au conseil de discipline
qui commet une infraction déontologique au code du... on va l'appeler le code du 22 juillet, va se
retrouver devant son ordre professionnel, et là son ordre professionnel va former un comité pour évaluer le manquement au
code de déontologie du 22 juillet 2015 par rapport à ses actions lors
de l'audition d'un confrère.
Le Président (M. Ouellette) : Me
Hunlédé.
M. Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Oui,
lors de l'audition.
Jolin-Barrette : Donc, je
vous dirais, cependant, le membre d'un ordre professionnel qui contrevient à
son code de déontologie, il se
retrouve au conseil de discipline, donc il se retrouve sorti, donc c'est la
boucle qui... on fait le tour, dans
le fond, on revient à l'ordre professionnel pour une activité, dans le fond...
bien, pour un comportement que le membre a eu en tant que membre du
conseil de discipline. Il est retourné à son ordre de discipline.
Le Président (M. Ouellette) : Me
Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Non, ça ne peut pas se faire comme ça parce que,
pour eux, pour un manquement au
niveau du conseil de discipline, l'article 116, alinéa quatre, interdit de le
poursuivre pour une activité qu'il exerce. En fait, il va devant le conseil de discipline pour un
manquement lors de l'exercice de sa profession, et là il n'est pas dans
l'exercice de sa profession.
Jolin-Barrette : Mais c'est
quand même... À ce moment-là, c'est son ordre professionnel qui va évaluer son
comportement lors de l'exercice de...
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : C'est celui qui l'a nommé.
Vallée : En fait, ce qui arrive, la distinction entre
l'assujettissement des présidents au Conseil de la justice administrative puis l'assujettissement des autres
membres, elle réside aussi dans qui a nommé l'individu. Les présidents des conseils de discipline sont nommés par le
gouvernement suite à un processus établi. Les membres qui accompagnent
le président sont nommés en fonction des ordres... par les ordres
professionnels en fonction des critères que l'ordre professionnel établit puis sont assujettis généralement à leur propre
code d'éthique et de déontologie, mais ils sont particulièrement assujettis au code de déontologie qui fait actuellement
l'objet d'une analyse et de commentaires, donc qui n'a pas encore été
adopté. Donc, le format qui a été publié a fait l'objet de commentaires, et ce que Me Hunlédé nous explique,
c'est que ces commentaires-là ont été récoltés, vont être transposés dans
un texte. Il y a une réflexion quand même assez poussée qui s'en est suivie, donc.
ça, c'est une chose, mais il faut aussi comprendre que les membres qui
accompagnent les présidents des conseils de discipline, comme je le mentionnais tout à l'heure, ne sont pas là à
temps plein, sont là à temps partiel, sont bien souvent des bénévoles. Donc, il y a
un contexte qui diffère du contexte des présidents, parce que... Et les membres
accompagnateurs peuvent être démis de leurs fonctions par leur ordre
professionnel.
bureau des présidents, ça, c'est une autre chose. Les membres sont nommés pour
une période bien définie, et donc
d'où l'importance de les assujettir
au Conseil de la justice administrative, comme le sont, par exemple, les
membres du TAQ et comme le sont, de
façon parallèle, dans d'autres organismes, d'autres personnes qui assument des
fonctions judiciaires.
Et il faut aussi
comprendre que les membres qui accompagnent le président ou la présidente ne
font pas la gestion de l'audience, ont des responsabilités aussi qui sont
différentes des responsabilités qui sont assumées par les présidents. Alors,
c'est aussi tout ça qui explique que ces membres soient assujettis à un
traitement ou à un processus d'évaluation
qui est un peu différent du processus du président, qui, lui, a un statut
particulier et un statut qui commande peut-être
qu'une attention, qu'une évaluation soit faite dans un contexte un petit peu
plus encadré et rigide, je vous dirais.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. Nous comprenons la distinction, dans le fond, entre le président
et les membres désignés par l'ordre
professionnel. Ceci étant dit, en cas de plainte à l'endroit d'un des membres
des ordres professionnels qui siègent au
conseil de discipline, la sanction ultime... on comprend qu'il va être démis du
conseil de discipline. Est-ce qu'il pourrait y avoir d'autres types de
sanctions à son endroit?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre. Ah! M. Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Comme j'ai dit, en fait, bon, pour eux, l'impact
n'est pas énorme dans la mesure... s'il y a
révocation, s'il y a suspension, s'il y a blâme, peut-être même que la personne
décidera d'elle-même de ne plus
siéger de toute façon, en se disant : J'ai été bénévole, on me reproche un
comportement et j'ai décidé de ne plus
siéger. Bon. Mais c'est comme vous dites, les sanctions qui seraient prévues,
ça serait donc le blâme, la suspension ou la révocation. Mais,
maintenant, ça dépendra en fait du conseil d'administration, qui pourra évaluer
globalement l'impact de la sanction et puis, je dirais, le désir du membre de
continuer.
M. Jolin-Barrette : Mais, pour cet individu-là qui fait l'objet d'une plainte en vertu du
code de déontologie du 22 juillet,
est-ce qu'on lui garantit des mécanismes d'équité procédurale lorsqu'il va
passer devant son ordre professionnel?
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : On envisage ça, oui, on envisage, c'est
pour ça la formation d'un comité qui lui permettrait, donc, de pouvoir répondre ou de pouvoir donner son point de
vue par rapport à ce qui lui est reproché, les règles d'équité
procédurale et de justice naturelle s'appliqueraient évidemment dans ces
conditions-là.
M. Jolin-Barrette : O.K. Parce que c'est important aussi, parce que l'individu qui fait ça
bénévolement, qui siège sur le conseil de discipline, généralement, ça va être
quelqu'un qui va être reconnu par son ordre professionnel, avec une grande probité, et tout ça. Il ne faudrait pas
nécessairement qu'il se retrouve à être blâmé, ou suspendu, ou que sa
réputation soit entachée pour le
fait... bien, en fait, pour le comportement qu'il aurait eu lors de l'audition,
si d'aventure ce comportement était... il n'y avait pas de reproche à lui faire.
Donc, je comprends que les règles d'équité procédurale vont être
incorporées dans chacun des ordres professionnels suite à l'adoption du règlement
du 22 juillet 2015.
Le Président (M.
Ouellette) : M. Hunlédé.
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) :
Oui, ce serait bien ça. Ce serait donc chaque conseil d'administration
établirait donc la procédure dès que
la procédure serait inscrite dans le règlement et donc s'appliquerait dans tous les conseils,
quoi, serait appliquée par tous les conseils d'administration.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Donc, ça va
être incorporé d'office par les conseils
d'administration? Est-ce qu'ils vont être liés par le
règlement du 22 juillet 2015?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
Là, comme c'est là, le règlement, le projet de règlement n'est pas encore
adopté, alors on est dans un
processus de consultation, de rédaction de l'amendement, de réflexion. Donc,
répondre aujourd'hui pour un projet qui n'a pas encore été déposé serait utopique, mais je pense qu'il est
important de mentionner... c'est que tout ce processus-là, tout ce questionnement-là fait l'objet de
réflexion parce que le règlement a fait l'objet de commentaires suite a sa
publication.
Puis l'autre chose aussi qu'il faut peut-être
garder en tête, c'est que nos assesseurs, nos deux personnes qui accompagnent notre président, ce ne sont pas eux
qui rédigent le jugement parce que l'un des enjeux qu'on a retrouvés souvent au niveau des plaintes, c'était le délai
de délibération. Alors, ça, c'est le président qui a cette responsabilité de
rendre sa décision. Toute la question de
l'administration de la gestion de l'audience, et tout ça, ça aussi, ça relève
du président.
Donc, c'est
des responsabilités qui sont plus grandes, qui peuvent aussi avoir un impact,
tant sur le plaignant que sur le
professionnel ou la professionnelle qui fait l'objet de la plainte et qui
milite aussi vers cet encadrement-là. Donc, nos accompagnateurs sont là, ils sont souvent en soutien professionnel,
soutien... une expertise ou soutien du président puisqu'ils ont
l'expertise propre à l'ordre professionnel qu'ils ou elles représentent.
Alors, c'est
un peu différent. Ils n'ont pas les mêmes responsabilités, ils n'ont pas le
même statut que le président du conseil de discipline.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. Bien, écoutez, je comprends ce que la
ministre nous dit, et on voit que les responsabilités ne sont pas les mêmes. Cependant, dans le cadre du
projet de règlement, il y a tout de même une intention, une orientation que la ministre peut nous informer parce que c'est
un peu relié au projet de loi, là, qu'on étudie présentement, puis je ne
pense pas que c'est utopique de le demander.
Donc, peut-être qu'on peut déjà connaître de quelle façon... ou l'orientation
gouvernementale dans le cadre du
développement du règlement où le gouvernement souhaite aller par rapport à la
mise en application à l'intérieur des ordres professionnels. Donc,
est-ce que ça va être un règlement cadre prévu dans ce règlement-là, du 22 juillet 2015, qui est en développement — on consulte, et c'est bien de le faire — ou on va dire aux ordres professionnels : Bien, vous devez
incorporer ces règles-là à l'intérieur de vos règlements de régie interne? De
quelle façon ça va se faire, et est-ce que c'est quelque chose qui chemine?
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée :
Oui. Vous savez, on a... Je pense qu'il y a quand même eu énormément de travail
qui s'est fait pour améliorer la
discipline à l'intérieur des conseils de discipline. Je vous dirais... puis,
bon, l'assujettissement des présidents, ç'en est un. Maintenant, il y a, oui, ce code de déontologie qui est
pendant, qui a fait l'objet de commentaires et qui n'est pas encore complètement terminé. Le travail n'est
pas terminé. Je pense que les réponses de Me Hunlédé nous démontrent que les questions du collègue puis les
préoccupations qui sont soulevées... c'est certain qu'on réfléchit à cet
aspect-là, et c'est des enjeux qui nous interpellent, et on souhaite
apporter des réponses suite aux commentaires, mais aussi aux commentaires qui
ont été formulés ici, à la commission, et puis c'est ce qu'on va faire.
Mais vous
dire aujourd'hui précisément, puisque le travail est toujours... le texte est
toujours vivant, comme on le dit, ce
ne serait peut-être pas approprié parce que le travail n'est pas finement
terminé. Mais c'est certain qu'il y a
une volonté d'encadrer, à l'intérieur de ce projet de règlement là, cet
aspect bien particulier.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui. Sur un
autre sujet, M. le Président, tout à
l'heure, la ministre
a mentionné le rapport Noreau, en
lien avec l'incorporation de certaines de ces recommandations, en fait, que
c'était une demande du rapport, en lien avec l'article 19, d'incorporer certains aspects. Dans le rapport Noreau également,
M. le Président, il y
avait d'autres aspects, notamment
de revoir la nomination des décideurs administratifs. Je voudrais savoir :
Est-ce que la ministre va en profiter prochainement pour mettre
en application ce rapport, considérant que, dans le cadre des fonctions quasi
judiciaires, dans le cadre des fonctions de décideur administratif, c'est important
que les membres aient une indépendance, c'est important aussi que la nomination
se fasse en toute transparence? Et je pense que le rapport en faisait état, de
cette nécessité-là. Et je pense que, aussi,
dans l'intérêt supérieur de la justice aussi, c'est important
qu'on aborde éventuellement cette question. Donc, je saisis la balle au bond pour
proposer à la ministre, là, d'incorporer certaines des recommandations
du rapport Noreau.
Le Président (M. Ouellette) :
Mme la ministre.
Mme Vallée :
Ça rejoint un peu les commentaires que notre collègue de Joliette a formulés
tout à l'heure. Comme je mentionnais, évidemment, moi, dans le cadre
des fonctions puis des responsabilités
qui me sont dévolues, nous avons fait
le choix d'assujettir le Bureau des présidents, qui est cette nouvelle
structure, à un processus qui correspondait aux recommandations qui ont
été formulées. Et ça, c'est un choix face à des organismes qui relèvent de ma
juridiction.
C'est certain
qu'il y a une plus grande réflexion, et il y a des organismes qui ne relèvent
pas de ma juridiction dans tout ça.
Et je ne pourrai y répondre et je ne répondrai pas pour d'autres. C'est certain
qu'il y a des préoccupations, et on verra,
dans un autre ordre, à y donner suite. Aujourd'hui, pour le moment, pour le
moment, on est devant cette proposition que je vous soumets puis que je soumets aux
collègues parlementaires que d'assujettir les présidents du conseil de
discipline à l'autorité du Conseil de
la justice administrative. On en est là-dedans dans le cadre du projet de loi
n° 51 et parce que le Bureau des
présidents relève de mes fonctions à
titre de ministre de la Justice. C'est
certain qu'il y a de grandes réflexions au niveau de la justice administrative et qui reviennent ponctuellement dans
l'actualité, qui reviennent ponctuellement ici, à cette Assemblée.
Mais,
pour ce qui est des présidents, puis je pense... puis on en parle peu, mais,
pour ce qui est des présidents des conseils de discipline, bien, oui, vous
voyez, le processus de nomination est indépendant, le processus de nomination
est réglementé, et il allait de soi de permettre de boucler la boucle en
assujettissant les présidents au Conseil de la justice administrative.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui, merci, M. le Président. Bien, en fait, je comprends que la
ministre nous informe que certains tribunaux administratifs ne relèvent
pas de son champ de compétence en raison du fait de l'environnement... l'encadrement légal qui crée ces tribunaux
administratifs là, mais est-ce que, en tant que ministre de la Justice, la
ministre est favorable à une refonte du processus de nomination
administrative?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : On est loin du projet de loi n° 51, M. le
Président. Et je vous dirais que c'est certain que notre processus de
justice... notre justice administrative, comme tous nos processus, font l'objet
de réflexion, font l'objet de discussion, puis ça n'engage pas que... je
ne suis pas que la seule à être engagée dans ces processus de discussion et de
réflexion.
Le Président (M. Ouellette) : Vus faites bien de nous rappeler, Mme la
ministre, qu'on est à l'étude de l'article 19, qui touche les présidents
de conseils de discipline. Et je pense qu'on a une bonne discussion jusqu'à
maintenant. Et, effectivement, les
réflexions ultérieures pourront faire l'objet de d'autres projets de loi ou de
d'autres règlements. M. le député de Borduas. Ça va bien? Mme la députée
de Joliette.
Hivon : Oui.
Alors, je vais revenir sur la question des membres, des autres membres. Alors, je
constate, quand on va lire... on va
au Code des professions, puis, effectivement, dans la foulée du projet de loi, je pense,
c'était 17 qui a été adopté,
on a ajouté des nouveaux articles, donc 117.1, 117.2, 117.3. On dit là-dedans
que le code, donc je comprends que le
code de déontologie, c'est notre code du 22 juillet, quand on fait référence à
ça et non pas le code de déontologie des
différents ordres concernés, on dit qu'il peut prévoit des règles particulières
pour les membres des conseils de discipline autres que le président.
Je comprends que ce
n'est pas un choix qui a été fait dans la mouture du 22 juillet, c'est-à-dire
que toutes les obligations, tout l'encadrement était le même pour le président
que pour les membres, c'est bien ça?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : En fait, le
texte prévoit des règles de conduite, les devoirs des membres, prévoyait, bon,
des situations et activités
incompatibles, prévoyait que les fonctions pouvaient être exercées à
titre
gratuit. Donc, il y avait quand
même, au niveau des règles de
conduite et du devoir des membres, des règles précises. Maintenant,
certains des commentaires qui
ont été formulés ont appelé et ont amené l'office à réfléchir sur une
bonification qui pourrait être apportée, notamment à la lumière des commentaires qui ont été formulés par
les CPA.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Donc, de
ce que je comprends de ce qui vient de nous être dit, il y a
deux éléments, c'est-à-dire
qu'il y aurait un aspect procédural qui pourrait être ajouté au projet du 22
juillet, pour ce qui concerne les membres spécifiquement,
parce qu'ils sont assujettis à un
processus différent qui relève du conseil d'administration versus le Conseil
de la justice administrative pour les
présidents, donc ça, ce serait intégré au nouveau règlement. Mais par ailleurs
je veux juste bien comprendre :
Est-ce qu'on a dit qu'on pourrait intégrer aussi, dans le code de déontologie
de chaque ordre, des dispositions? Non, ça, je n'ai pas... C'est
parfait.
Mme Vallée :
Non, ce n'est pas...
Hivon : Donc, il n'y aura pas d'inclusion de ce qui est
dans le code de déontologie du 22 juillet, en évolution dans les codes
de déontologie sectoriels.
Mme Vallée :
Le code...
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée : Les modifications qui vont être apportées vont être apportées au
projet soumis pour consultation
le 22 juillet.
Hivon :
O.K. Est-ce que...
Mme Vallée : Je sais que ça pouvait porter à confusion, donc
d'où l'importance... c'est pour ça que, tout à l'heure, j'ai
ressorti le règlement puis je me suis dit : Là, on parle de différents
codes de déonto, il faudrait éviter de...
Hivon : Oui.
Effectivement.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Parce que
je suis un peu ce que le collègue de Borduas disait dans le sens que, quand il
y a un manquement d'un membre, d'un ordre,
bon, qu'il y a une plainte tout ça, c'est effectivement... c'est pour ça qu'il y a des conseils
de discipline. Mais là, quand il y a un manquement qui concerne un membre d'un ordre
qui siège dans ses fonctions du
conseil de discipline, il n'y a pas de conseil de discipline pour les membres des
conseils de discipline, donc on s'en remet
au conseil d'administration. Et c'est vrai que c'est un petit peu
particulier, là, quand on ne travaille pas à tous les jours dans cette sphère-là, de se dire : Mais
justement l'indépendance que l'on souhaite avoir, elle devient inexistante
parce que, dans le fond, ceux qui nomment sont ceux qui vont juger en même temps. On pourrait dire : Oui, il
y a une logique là-dedans,
ce n'est pas des membres qui sont rémunérés, c'est quand même
quelque chose de moins important comme fonction
que le président. Mais toute la logique à la base de notre réalité disciplinaire
vient un peu souffrir, je dirais, d'une exception parce qu'on revient au
conseil d'administration pour ces membres-là, dans le fond.
Le Président (M. Ouellette) : Pour
un dernier commentaire, Mme la ministre.
Mme Vallée :
Bien, en fait, on en revient à ceux qui ont désigné leurs représentants compte
tenu de la distinction des fonctions
qui sont occupées. Vous savez, parmi les préoccupations qui avaient été
soulevées, qui avaient été portées, il y avait toute la question du
délai de délibéré, ces personnes ne sont pas affectées par ce type d'enjeu.
Et l'autre
élément, c'est que les dispositions du Code des professions ne font pas
vraiment de distinction non plus quant
à cette obligation d'indépendance. L'indépendance, elle est vraiment celle des
présidents parce que les présidents ont cette fonction d'adjudication
qui importe une indépendance et un statut qui est particulier, d'où leur
processus de nomination, la rémunération et
tout l'encadrement. Alors, c'est pour ça. Tandis que les membres assesseurs
jouent un rôle de conseillers, comme
je le mentionnais, et accompagnent le président, mais n'ont pas le pouvoir de
rédaction et qui, ultimement, peut avoir... le pouvoir décisionnel final
est celui du président du conseil de discipline.
Président (M. Ouellette) : Merci, Mme la ministre.
Compte tenu de l'heure, la commission ajourne
ses travaux.
(Suspension de la séance à 12 h 1)
Président (M. Ouellette) :
Nous reprenons nos travaux. Veuillez s'il
vous plaît vous assurer que vos
appareils électroniques sont en mode silencieux afin de ne pas perturber
ceux-ci.
Je vous
rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre l'étude détaillée
du projet de loi n° 51, Loi
visant notamment à rendre l'administration de la justice plus efficace
et les amendes aux mineurs plus dissuasives.
Lors de la
suspension de nos travaux, cet avant-midi, nous avions poursuivi l'étude de
l'article 19. Nous étions en discussion générale. Et je vous rappelle
que, dans l'article 19 qui introduit l'article 115... excusez, 115.11, 115.12
et 115.13, la façon de procéder de la présidence est d'avoir une discussion
générale sur cet article-là. Il semble, par la publication du règlement, que ça a amené certaines questions, et je
pense qu'il y a un ou deux autres sujets qui doivent être discutés avant qu'on y aille de façon plus
pointue sur 115.11, 115.12 et 115.13, et je pense que cette discussion générale
va éclairer l'ensemble des parlementaires.
Mme la
ministre, vous aviez terminé avec une explication à une question de Mme la
députée de Joliette. Si vous n'avez pas d'autre commentaire, je vais
retourner à la députée de Joliette.
Hivon : Merci, M.
le Président. Simplement pour notre fonctionnement, moi, j'apprécie qu'on
puisse effectivement prendre du temps pour
la discussion générale. Ça facilite ensuite le travail alinéa par alinéa ou
article par article. Donc, si, des
fois, si on prend un peu plus de temps, c'est gagné après. Donc, merci de cette
manière de fonctionner.
Est-ce que
c'est possible d'abord de me rappeler d'où vient l'habilitation des conseils
d'administration pour se pencher sur la question des manquements
potentiels déontologiques des membres des conseils de discipline?
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : Actuellement, ce
n'est pas prévu dans la législation. C'est justement à l'intérieur du processus
disciplinaire qui sera inclus au code de déontologie qu'on pourra prévoir les
dispositions qui seront applicables aux membres autres que les présidents.
Président (M. Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Donc, ça
veut dire qu'en ce moment c'est un réel problème avec l'état
du projet de loi qui est devant nous, la question de quel
est le processus pour les membres qui ne sont pas présidents des conseils de
discipline. On est un peu dans un vide juridique.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Bien, en
fait, actuellement, on est dans tout ce processus qui suit l'entrée en vigueur des bureaux. Donc, ce sera
prévu au code de déontologie. Par
contre, il y a quand même
l'article 62 du Code
des professions qui est une disposition habilitante qui est quand même
d'ordre général et qui prévoit que le conseil
d'administration est chargé de l'administration générale des affaires de l'ordre et fait état,
là, notamment d'un certain nombre de responsabilités qui incombent aux conseils d'administration des ordres professionnels.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Est-ce qu'on aurait pu penser que, s'il n'y avait
pas cette prise de conscience là et que des questions n'avaient pas été
soulevées par rapport à ça en fait pour les membres, ça aurait été le processus
d'avant qui se serait appliqué, c'est-à-dire de relever, là, du règlement sur
la déontologie des administrateurs d'État?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
Non, pas tout à fait. Je vais laisser Me Hunlédé vous répondre de façon plus
spécifique.
Le Président (M.
Ouellette) : Me Hunlédé.
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Oui. Donc, Jean-Luc Hunlédé, avocat à
l'Office des professions. Non, en fait, les autres membres ne sont pas soumis au règlement sur l'éthique des
administrateurs publics, parce que ce ne sont pas des administrateurs
publics. Ce sont juste des présidents qui relevaient, donc, du règlement sur
l'éthique.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Donc, il y a un réel vide, si on ne bouge pas via le règlement.
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Bien, comme l'a dit Mme la ministre,
l'article 62 du Code des professions donne un pouvoir général d'administration au conseil d'administration. Donc,
dans toutes les matières qui ne sont pas prévues par le Code des
professions ou par un règlement, c'est le conseil d'administration qui agit.
Hivon :
O.K. Mais on s'entend pour dire que ce serait quand même particulier qu'alors
qu'on veut formaliser les choses qu'il n'y
ait pas d'habilitation formelle pour ce processus-là qui touche les membres des
conseils de discipline, alors qu'on
produit un nouveau code de déontologie qui leur est spécifiquement applicable,
et tout ça, et qu'on s'en remette, en quelque sorte, à une disposition
résiduelle, là.
Le Président (M.
Ouellette) : Me Hunlédé.
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Oui. C'est pour ça qu'en vertu de 117.3 on
a l'intention de formaliser en fait le processus à travers le règlement
du 22 juillet.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Oui. Alors, de ce fait-là, je comprends que
l'élaboration d'un règlement n'est pas nécessairement quelque chose de simple, sauf que ça a été publié
en juillet, il n'y avait aucune disposition par rapport à ça. Donc, nous, on
doit faire un peu un acte de foi, on n'a aucune idée, comme représentants du
pouvoir législatif, ce que ça va donner dans les faits.
Est-ce
que la ministre a l'intention de republier le règlement lorsqu'il va être
modifié, avec une nouvelle période de consultation? Comment elle
prévoit, là, la suite des choses?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : On prévoit le republier, oui, parce qu'évidemment il y
a des modifications importantes qui risquent d'être apportées au
règlement.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Est-ce que ce serait possible, sans que vous déposiez le règlement en lui-même,
de déposer ce qui est envisagé à
l'heure actuelle pour qu'on ait la discussion la plus éclairée possible? Parce
qu'on a le projet de règlement du code, qui est intrinsèquement lié à ce qu'on
fait... d'ailleurs, on nous a dit qu'il n'allait pas entrer en vigueur tant que
les travaux législatifs n'allaient pas être terminés, justement, j'imagine,
pour s'assurer de la meilleure concordance possible. Est-ce que c'est possible
de nous donner, donc, les grandes lignes de ce qui est envisagé?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Pour le moment, M. le Président, les échanges, je vous
dirais, sont encore à l'étape administrative. On est encore dans l'élaboration, donc il serait un petit peu prématuré
de déposer les documents de travail, les brouillons de travail. Tout
n'est pas peaufiné, alors ce serait un petit peu prématuré de faire ça.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Vallée : Mais c'est tout simplement parce que les touches
finales ne sont pas adoptées et le travail en est encore au niveau
administratif dans cette démarche-là.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : La ministre a déjà fait beaucoup de législation,
donc elle ne sera certainement pas surprise que, de ce côté-ci...
Mme Vallée :
Non, je comprends.
Hivon : ...on estime que ce n'est pas la situation optimale,
parce qu'en fait on est en train de se prononcer sur un tout nouveau cadre, un tout nouveau processus, il y a un
règlement important. On avait donné beaucoup
de lignes directrices dans le passé, dans d'autres dossiers. Je peux tout
à fait comprendre que c'est quelque chose qui se fait en parallèle. Si la ministre dit qu'il va y avoir
une période de commentaires qui va être de la même durée que comme si on
publiait un nouveau règlement,
déjà, c'est une chose, mais, par
ailleurs... Donc, j'aimerais ça
qu'elle me confirme ça. Puis, par
ailleurs, je ne sais pas si elle
pourrait nous dire ou que les gens de l'office nous disent ce qui est envisagé
pour l'instant, là, on n'en tiendra
pas rigueur, mais pour que, nous ici, on puisse avoir, je dirais, la meilleure information possible pour le travail qu'on fait.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Écoutez,
pour ce qui est... d'abord, il faudra voir la nature des amendements
qui sont apportés au règlement pour voir la période qui suivra au niveau
de la publication. Je sais que, dans certains cas, les publications... bon,
le délai de publication peut varier. Je sais
aussi qu'il y a une volonté d'aller quand même
assez rondement pour qu'on puisse...
parce qu'on a quand même des bureaux... notre bureau des présidents est quand même
en fonction. Donc, pour le moment, je ne suis pas en mesure de vous
donner une réponse précise puisqu'il y a encore, je crois, et de ce que je comprends des interventions de l'office, certains
tours de roue à donner. Je crois qu'on a été quand même assez transparents
dans nos échanges. On vous a fait part de
cette volonté d'avoir été d'une part à l'écoute des commentaires qui ont été formulés lors des consultations, et il faudra voir,
là, le travail, la suite des choses, là, avant de le déposer en commission.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Bien, je
peux comprendre ça, j'apprécie qu'on puisse avoir l'échange le plus transparent
possible. Je comprends que c'est
parfois difficile de savoir ce qui vient avant l'autre élément. Ceci dit,
j'aimerais que la ministre prenne l'engagement...
je ne lui parlerai pas pendant des heures d'avoir le détail ici du processus
dans les moindres virgules, mais
j'aimerais qu'elle prenne l'engagement de nous dire que, lorsqu'il y aura
nouvelle publication, il y aura une période de consultation. Pour moi, ça, c'est quelque chose qui minimalement
pourrait rassurer tout le monde... et dire que les gens vont pouvoir à nouveau faire part de leurs
commentaires, et qu'il y ait la même durée de la consultation que ce qu'on a pu
voir pour le premier règlement. Parce qu'on
se comprend que c'est quand même très différent d'avoir un règlement qui
est uniquement le code déontologie versus un code de déontologie plus un
processus de traitement des plaintes.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : On m'informe... parce que j'avais une question, en
fait, là, quant au délai de publication, mais on peut sans problème y aller avec le délai de 45 jours qui avait été prévu
au 22 juillet. Donc, dès que le règlement sera prêt et aura passé évidemment le processus habituel, il
y aura cette période de consultation de 45 jours, qui permettra à tous
de se familiariser avec le règlement, d'émettre les commentaires et de revenir.
Mais,
moi, aujourd'hui, ce qui était important, c'était de vous rassurer et de
rassurer les parlementaires à l'effet que le travail et toute la
démarche concernant les adjudicateurs, les préoccupations qui ont été
soulevées, oui, ont été entendues, relèvent
du règlement et feront l'objet de dispositions à l'intérieur du projet de
règlement qui sera resoumis pour publication.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon :
Très bien. Je pense que c'est un plus puis c'est quelque chose qui est
important compte tenu du fait que
c'est des commentaires qui ont été soulevés, et, à juste raison, ils ont été
entendus. Il y a un changement important qui va être apporté au règlement, donc d'avoir — ce n'est quand même pas banal, là, ce n'est
pas des petites modifications — une nouvelle prépublication, je pense
que c'est de nature à bonifier l'ensemble de l'oeuvre sur laquelle nous
travaillons.
Sur ce point-là, j'avais
quand même une question qui me restait, qui est soulevée notamment par l'ordre
des comptables. C'est la question de la
possibilité, en ayant deux mécanismes différents, qu'il puisse y avoir des
interprétations différentes du code de déontologie.
J'aimerais
savoir ce que la ministre répond à ça, puis est-ce qu'on a des précédents?
Visiblement, il y a une foule de
papiers qui circulent, donc j'imagine qu'on va avoir des réponses. Est-ce qu'il
y a des précédents pour d'autres types d'organismes
où il y aurait un processus double? Et, sur la même base, des mêmes règles où
on pourrait avoir potentiellement des interprétations différentes?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
Sur la question qui porte sur le risque d'avoir des décisions qui sont
contradictoires, est-ce qu'il y a vraiment
des risques de décisions contradictoires? Dans un premier temps, évidemment,
s'il y a un manquement qui est de
nature... on s'entend, là, on est dans un cas de manquement déontologique... et
qui va concerner une décision qui est
de nature personnelle, va concerner... qui va être fonction aussi du degré de
responsabilité, il ne s'agit pas, là, d'avoir une situation où on a deux entités distinctes qui vont décider pour une
personne. On a vraiment... C'est des entités qui auront à se pencher sur des membres qui ont des responsabilités
distinctes, qui ont un rôle distinct, qui ont également... mais qui ont surtout, d'abord et avant tout, un
rôle distinct puis qui ne sont pas, qui ne sont pas appelés à nécessairement
poser les mêmes gestes à l'intérieur du comité. Alors, par exemple, parce que
votre question, c'est : Est-ce que notre assesseur
qui, dans un contexte x, fait l'objet d'une plainte, est-ce que le traitement
de cette plainte-là ne risque pas d'être différent du traitement du même type de plainte portée envers un
président? Mais chacun, évidemment, chaque plainte est analysée en
fonction du comportement de chacun, qui n'est pas nécessairement le même, va
être aussi évaluée en fonction de la responsabilité de chacun.
Est-ce
que, par exemple, la plainte porte sur la façon dont l'administration du
dossier a été faite, bien, ça, ça relève exclusivement du président.
Donc, il y a peu de chance que des conseils d'administration soient appelés à
se pencher là-dessus, puisque ça ne relève
pas de la responsabilité de l'assesseur. Donc, ils vont se prononcer sur des
faits qui ont un lien, mais le
comportement est individualisé, la faute est individualisée et chaque membre
met en cause sa responsabilité individuelle. Donc, en principe, il ne
devrait pas...
Le Conseil de la
justice administrative ne va pas se pencher sur l'assesseur, et le président du
C.A. ne va pas nécessairement se pencher non
plus sur le président, va se pencher seulement sur les membres qu'il nomme. Et
donc, ce n'est pas... En tout cas, la
préoccupation a été évaluée — évidemment, parce que ça avait été soulevé,
les commentaires de l'Ordre des CPA
ont été analysés — mais,
compte tenu de cette distinction-là, compte tenu du rôle qui est porté par
chacun, on ne considère pas que ça pourrait amener à des décisions distinctes.
C'est certain, par exemple, on prend le président,
la suspension sans solde, il ne risque pas d'en avoir chez nos assesseurs
puisque la plupart ou bon nombre d'entre eux sont bénévoles. Donc, on a vraiment une situation qui amène des gens
à jouer des rôles qui sont distincts. Et donc le traitement, l'analyse
se fait en fonction aussi de ces distinctions.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la députée de Joliette.
Hivon : Mais je comprends ce que la ministre nous dit, mais
je vois quand même un risque. C'est pour ça que je me demande s'il y a d'autres précédents, si on peut faire des parallèles
avec d'autres organismes parce que, par exemple, partialité, puis là le conseil d'administration en viendrait à
dire : Le membre assesseur a visiblement fait preuve de partialité, donc on le relève carrément de ses
fonctions, mais, par ailleurs, peut-être que l'exemple n'est pas bon, là,
mais, par ailleurs, on a notre Conseil de la justice administrative qui se
penche sur un cas similaire où la partialité est invoquée pour un président et rend une décision plus clémente. On ne le
démet pas, mais, je ne sais pas, on le suspend ou enfin d'autres... Il y a une question aussi
d'assiduité ou je ne sais quoi, de délai, bon. Je comprends que tout ne s'applique pas de la même manière pour un membre versus le président, mais je pense
qu'il y a quand
même certains enjeux, quand on
regarde le code de déontologie, où ça pourrait être des comportements
similaires qui donnent lieu à des processus similaires,
mais avec des décisions qui n'iraient pas dans le même sens. Je me demande
juste comment on peut avoir un tout,
je dirais, une jurisprudence cohérente dans tout ça avec deux mécanismes
distincts sur une base déontologique qui est la même avec quand même des rôles où il peut y avoir des différences,
mais il y a aussi des similitudes importantes :
ils siègent sur les mêmes bancs avec les mêmes dossiers...
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
Ils siègent sur les mêmes bancs avec les mêmes dossiers, mais leur rôle et les
responsabilités sont distinctes. Leurs modes
de nomination sont distincts. Actuellement, les présidents des conseils de discipline sont
assujettis au Secrétariat aux emplois supérieurs, mais les assesseurs sont
encore assujettis à leur conseil
d'administration. Là, ce que l'on fait, c'est qu'on rehausse l'assujettissement
des présidents au Conseil de la justice administrative. Et on va préciser, parce que...
ce n'est pas le cas actuellement, mais on va préciser, à l'intérieur du code de déontologie, le processus
disciplinaire pour les membres qui ne sont pas des présidents. Actuellement, ce n'est pas aussi bien raffiné.
Alors,
moi, je vous dirais, c'est sûr qu'on apporte un aspect qui est nouveau, mais un
aspect qui vient éclaircir une zone
qui est un petit peu nébuleuse et qui n'était pas clairement encadrée.
C'est l'objectif derrière tout ça, mais, en même
temps, il serait difficile
d'assujettir nos assesseurs au Conseil
de la justice administrative, puisqu'ils
n'ont pas le même degré, ils n'ont pas le même rôle.
Donc, quelle
est, à ce moment-là, la façon d'assurer l'encadrement? Bien, c'est
par le biais de la déontologie. Et est-ce qu'il pourrait y avoir des
décisions différentes? Oui, parce qu'ils n'ont pas le même statut. Oui, c'est
un banc composé de trois membres, mais ces
trois membres-là n'ont pas tous le même statut. Et donc il est important
aussi d'adapter le processus disciplinaire à cette réalité-là.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Ça m'amène la question : Est-ce que, dans votre réflexion, vous avez réfléchi au
caractère public des décisions du conseil d'administration?
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : Monsieur...
Le Président (M. Ouellette) : Me Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Oui.
Disons qu'on l'envisage, ça serait une publication sur le site de l'ordre,
éventuellement, si ça devait se faire. Mais,
bon, disons que dans la réflexion, pour l'instant... Vous savez, c'est tellement rare, ce genre de décision, qu'on
n'a pas vraiment pensé à...
Hivon : Je ne
pense pas qu'il va y en avoir 12 par semaine, là...
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : ...comment
ça va se faire exactement, la publication, et comment ça va se faire, parce que jusqu'à maintenant c'est vraiment très rare, ce genre de décision. Moi, ça fait une
dizaine d'années que je suis à l'office et je n'ai jamais entendu parler
de...
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Mais on se comprend qu'en formalisant, en faisant
une première
loi sur le Bureau des présidents, une deuxième loi qui vient
vraiment encadrer le processus disciplinaire, un code de déontologie, on
souhaite aussi que tout ça ait le plus de formalisme, je dirais, pas
dans le mauvais sens, mais un certain formalisme et une transparence. Et moi, je pense que l'argument de l'incohérence
potentielle ou des interprétations différentes est quand même un réel enjeu. Quand c'est deux entités différentes qui
vont pouvoir prendre des décisions... Je comprends, je suis la ministre quand
elle me dit : Ils n'ont pas le même
rôle, ils ne sont pas nommés de la même manière. Je conçois tout ça, mais le
fait est qu'il y a aussi beaucoup de
similitudes dans leur rôle, dans les plaintes qu'ils vont traiter, dans ce qui
est attendu d'eux en vertu du code de
déontologie. Donc, j'estime que la transparence devrait aider aussi à voir s'il
y a une cohérence dans les décisions,
même s'il n'y en a pas des tonnes. Je vous dirais, justement, parfois, s'il n'y
en a pas des tonnes, une incohérence peut venir créer le chaos pas mal
plus que si c'est une décision qui ressort du lot parmi une centaine.
Donc, c'est
pour ça que je pense que c'est quelque chose à considérer, parce que, selon
moi, c'est un réel enjeu d'avoir deux
corps qui peuvent décider. Et ça me ramène à la question, au-delà de la
transparence, de savoir s'il y a d'autres précédents où on aurait comme ça deux organismes qui pourraient venir
décider de plaintes par rapport à des gens qui siègent sur un même banc. Parce qu'on peut
imaginer aussi qu'une plainte pourrait tout à fait être adressée contre le
président et les deux membres en même temps, là.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Ce qui
se rapproche le plus, c'est la Commission
des lésions professionnelles, où les assesseurs sont désignés par le
président et qui sont soumis à des règles déontologiques peut-être différentes,
mais ils siègent tous sur le même banc avec
le commissaire, et donc... Mais il y
a deux processus, parce que ce n'est
pas le même processus pour le président et pour les
assesseurs à la Commission des
lésions professionnelles. Mais, maintenant, bon, avec le p.l. n° 42,
c'est devenu le Tribunal administratif du travail et c'est dans ce cadre-là que
les assesseurs siégeraient aussi. Ils
seraient comme les deux membres de l'ordre qui siègent avec le président, mais
ils ont des règles différentes, des règles déontologiques différentes,
un processus différent.
Hivon : Parce que,
nous, ils ont les mêmes règles déontologiques.
M. Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Oui,
c'est ça, la différence...
Hivon : ...alors
qu'eux ils n'ont pas les mêmes règles déontologiques.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : ...c'est
ça, la différence, mais, comme l'expliquait Mme la ministre, c'est que
c'est deux processus qui sont parallèles, je dirais, dans la mesure où le
Conseil de la justice administrative ne se prononcera jamais sur les deux autres membres et le conseil
d'administration ne se prononcera pas sur le président. Ce qui veut dire
que, dans ces conditions, ce sont des
processus parallèles, et il ne peut jamais y avoir de décisions contradictoires
parce que les responsabilités ne sont
pas les mêmes. Donc, si on regarde les responsabilités, on peut trouver un manquement
déontologique.
Hivon : En tout cas, j'aimerais partager votre optimisme,
mais je comprends que ce n'est pas sur la même personne, là, il y aurait un sérieux problème si la même personne
pouvait être assujettie à deux tribunaux différents avec deux décisions potentiellement différentes, mais
je pense qu'il y a quand même un réel enjeu là parce que c'est le même banc qui peut être mis en question par rapport à
une plainte qui pourrait s'adresser aux trois membres dans une instance
particulière pour un sujet particulier, alors je pense qu'il y a un enjeu là.
Puis
je veux juste comprendre, pour ce qui est de la Commission des lésions
professionnelles, les assesseurs, eux, ils sont soumis à qui?
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Ils sont soumis au président de la
Commission des lésions professionnelles.
Hivon :
Versus le Conseil de la justice administrative.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : ...administrative pour les commissaires.
Hivon :
O.K. Ça va, M. le Président, pour l'instant.
Le Président (M. Ouellette) : M. le député de Borduas, j'ai vu que les
interventions de ma collègue de Joliette vous ont suggéré un
questionnement.
Jolin-Barrette : Effectivement, M. le Président.
Le Président (M.
Ouellette) : À vous la parole.
Jolin-Barrette : Effectivement. Bien, en fait, pour continuer sur ce
sujet-là, on parle des deux processus distincts,
donc qui ne sont pas gouvernés par le même code de déontologie. Ma question est
la suivante : Dans l'éventualité où
le banc fait l'objet d'une plainte, donc le président et les deux membres
assesseurs, lorsque viendra le temps d'être entendus par rapport à cette plainte-là, est-ce qu'on va prévoir la
possibilité que les membres assesseurs pourront témoigner sur la plainte qui est formulée à l'encontre du
président devant le Conseil de la justice administrative, et vice versa, le
président pourra être entendu à
titre de témoin devant le conseil
d'administration ou le comité formé par l'ordre professionnel? C'est ce qu'on va prévoir? Parce qu'on sera... Et est-ce
que le témoignage qui va être rendu par le président devant le comité formé par le conseil
d'administration de l'ordre professionnel et, vice versa, le témoignage fait
par les deux membres assesseurs devant le Conseil de la justice
administrative ne vont pas être utilisés? Est-ce que c'est ces règles-là qui
vont s'appliquer?
Le Président (M.
Ouellette) : Me Hunlédé.
Jolin-Barrette : En fait, est-ce qu'on peut nous informer de...
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) :
Oui, je pense qu'on peut... les témoignages peuvent se faire
comme vous l'avez présenté. Bon, aujourd'hui, je ne peux pas vous parler des règles de pratique concernant le conseil d'administration puisque je
ne sais pas, mais, par contre, concernant le Conseil de la justice administrative, leur procédure est quand même
claire, et puis, bon, ils peuvent
faire témoigner certaines personnes en cause. Donc, ça, je ne pourrais pas vraiment
vous dire, pour le conseil d'administration, comment ça se passerait. Mais, comme vous le
dites, il peut y avoir des témoignages croisés, je dirais.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Mais donc là on se retrouve dans deux instances où on reproche aux
membres du banc des manquements déontologiques, on comprend qu'ils ne
relèvent pas de la même entité, sauf que je trouve ça tout de même
particulier pour qu'un manquement qui est effectué, dans le cadre de leurs
fonctions à
titre de membres du banc, on
se retrouve sur... et je comprends ce que la ministre nous a indiqué,
qu'ils ne sont pas nommés de la même façon et qu'il y en a qui sont à
titre
bénévole, mais, au niveau de l'administration de la preuve par la suite et au niveau de leur
défense pleine et entière qu'ils pourraient
faire valoir pour éviter quelconque blâme, ça m'apparaît peut-être
un petit peu problématique.
M. Merlini :
M. le Président, j'aurais une question de directive, s'il vous plaît.
Présentement, est-ce qu'on étudie 115.11, 115.12, 115.13 ou... On est à quel
article, là, sur le questionnement qui se fait là?
Président (M. Ouellette) :
Présentement, M. le député de La Prairie, on est à la fin de la discussion générale
sur l'article 19, et, comme je l'ai
mentionné, on est vraiment à la fin de la discussion générale de l'article
19, et, dès que cette discussion générale sera
terminée, on prendra 115.11, 115.12 et 115.13, et la discussion générale va
faciliter de beaucoup nos échanges sur 115.11, 115.12 et 115.13 parce que c'est
de ça qu'on jase, dans la discussion générale, M. le député de La Prairie.
M. Merlini :
Merci, M. le Président.
Le Président (M.
Ouellette) : Donc, M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Bien, en fait, j'ai posé une question,
M. le Président, avant que le député de La Prairie pose la question de règlement. Je ne sais pas si on a une
réponse.
Le Président (M.
Ouellette) : Me Hunlédé.
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) :
Bien, écoutez, pour l'instant, j'avouerais que, pour ce qui concerne le conseil d'administration,
je ne peux pas vous dire comment exactement cela va se passer. L'administration
de la preuve, je pense que le Conseil de la justice administrative est maître
de ses procédures. Je ne peux pas aussi préjuger de ce qui va se passer. Mais c'est sûr que, comme je dis, les
règles de justice naturelle s'appliqueront dans tous les cas, et, si une preuve
est irrecevable, bien, elle sera
irrecevable. Mais je ne peux pas préjuger aujourd'hui de l'administration de la
preuve et de la recevabilité d'une preuve dont je ne connais rien pour
l'instant. C'est un peu difficile d'affirmer que la preuve sera recevable ou
sera irrecevable.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Et est-ce que c'est prévu dans le cadre du... je sais que c'est à
l'état de discussion, mais dans le
cadre du projet de règlement pour les ordres professionnels, qu'ils se dotent
de règles de pratique, ou est-ce que c'est quelque chose d'envisageable,
ou si ça va faire
partie de la régie interne?
Le Président (M.
Ouellette) : Me Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Des conseils de discipline d'une manière générale
vous voulez dire?
M. Jolin-Barrette : Non, pas les conseils de discipline; en fait, lorsqu'un membre d'un
ordre professionnel qui siège à
titre de membre assesseur.
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) :
Non, mais, comme l'a dit Mme la
ministre, nous sommes encore en réflexion
en fait sur tout cela. Donc, il serait difficile de vous dire tout de suite
comment ça va se passer exactement.
Jolin-Barrette : Est-ce que c'est une piste de réflexion qui a été
envisagée?
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Plusieurs pistes de réflexion ont été envisagées.
Jolin-Barrette : Mais fait-elle
partie d'une des pistes de réflexion?
Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) :
Il se pourrait, exact, effectivement, qu'on puisse aller dans ce sens, mais, comme
l'a dit Mme la ministre, c'est l'ensemble des discussions qui vont nous...
Le Président (M. Ouellette) : Et, comme Mme la ministre vous l'a
souligné, M. le député de Borduas, lorsque les
pistes de réflexion auront abouti à un règlement, il sera publié pour que les
gens puissent faire des recommandations, et je pense que vos suggestions sont
dans la réflexion de Me Hunlédé.
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président, et puis c'est une bonne chose que le règlement
soit publié de nouveau pour qu'on
puisse en prendre connaissance. D'ailleurs, on est toujours disponibles pour collaborer avec le gouvernement et les bonnes idées se
retrouvent toujours des deux côtés de la table.
Ceci
étant dit, peut-être pour faire le lien avec ce que le député de La Prairie nous demandait, lorsqu'on étudie le projet de loi, bien, je pense que, si le règlement vient avec,
et dans le fond c'est dans l'applicabilité,
je pense qu'on veut tous que ça fonctionne bien puis de la bonne façon,
donc d'où les questionnements, je pense, de l'opposition.
Le Président (M.
Ouellette) : Bien, je pense que nous avons des discussions
constructives, M. le député de Borduas, et vous pouvez compter sur moi que de
garder le même esprit de discussion constructive.
S'il n'y a pas
d'autre commentaire sur notre discussion générale, on va aller de façon
peut-être un peu plus détaillée sur 115.11. Mme la députée de Joliette.
Hivon : Je veux juste dire : On a l'air de poser
beaucoup de questions sur quelque chose qui n'arrivera pas souvent, mais, quand on fait de la législation, on
prévoit toutes les situations parce qu'on ne rouvrira pas cette loi-là à tous
les mois, à toutes les années. Puis,
sincèrement, la loi vise, pour ces articles-là, à venir instaurer un processus
de traitement des plaintes sous
l'égide du Conseil de la justice administrative pour les présidents, alors que, pour les membres, on va mettre ça par voie réglementaire. Ça fait que c'est quand même quelque chose, je pense, qui
est de nature, oui, à susciter des
questionnements. Là, on l'accepte. On comprend que c'est une réflexion qui est
en évolution, que la ministre a pris acte,
je pense, comme elle le devait, des commentaires qui ont été faits. Donc, elle
va y aller par le règlement pour améliorer le processus, mais on aurait
tout à fait pu voir ça dans la loi aussi, qu'on vienne prévoir le traitement
des plaintes qui concernent les membres aussi.
Donc là,
c'est un choix qui est fait, mais je pense que c'est normal que l'opposition se
questionne, parce que ça aurait très bien pu être soumis à notre
attention via un processus législatif et non pas réglementaire.
Président (M. Ouellette) :
Mme la députée de Joliette, il n'y a pas personne qui vous a prêté d'intention
depuis le début de cette commission, et c'est tellement rare que nous
avons une discussion avec les membres de l'ordre des professions sur le Code des professions, et vos interventions étaient
tout à fait justifiées. Si vous avez des commentaires sur 115.11 de
façon plus pointue?
Le Président (M. Ouellette) : Oui,
Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Je veux juste, en fait, bien m'assurer de comprendre. Donc, lorsqu'une
plainte... la plainte peut être déposée
par une personne, elle peut être déposée par, j'imagine, un ordre, elle peut
être déposée par la ministre elle-même, donc peut-être juste me rappeler si la plainte peut être déposée par
toute personne, un petit peu comme on le voit de manière générale.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée :
En fait, toute personne intéressée peut s'adresser au Conseil de la justice
administrative. Donc, ça peut
effectivement être un citoyen, ça peut être un élu, ça peut être un membre de
l'ordre. Bref, la plainte n'est pas un outil qui est limité à une
catégorie de personnes.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Et, pour
ce qui est de la sanction, parce que, là, on dit : «Le gouvernement peut
destituer un président[...], le suspendre ou
lui imposer une réprimande lorsque le Conseil de la justice administrative le
recommande», je comprends donc que le
loisir qui est donné au gouvernement, c'est de suivre ou non la recommandation,
il ne peut pas changer la recommandation.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : Exactement. Le gouvernement n'a pas
le loisir de modifier ou du moduler la décision du Conseil de la justice
administrative. Alors, il y donne suite ou il n'y donne pas suite.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon :
Très bien. Et, pour revenir à nos chers membres qui, on pense, ne font pas
l'objet de beaucoup de plaintes, mais qui pourraient faire l'objet de
plaintes, le gouvernement n'aura absolument pas à se prononcer sur les membres, ça va être le conseil d'administration
qui va donc décider... en fait, ça va être... à qui va être soumis... le
conseil d'administration va se pencher sur le processus et va prendre la
décision.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée :
Bien, en fait, le conseil d'administration de l'ordre sera saisi, mais, au-delà
de tout, il ne faut jamais oublier
que l'office est aussi là comme chien de garde, et l'office est là et puis
pourrait toujours, en vertu des dispositions qui sont prévues à
l'article 12, intervenir si ça devait être nécessaire. Mais, dans le fond, le
gouvernement nomme le président, le gouvernement peut imposer une sanction au
président suite à la décision de la commission de justice administrative. Le conseil d'administration nomme
son assesseur. Le conseil d'administration pourra sanctionner l'assesseur
qui aurait fait l'objet d'un manquement.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon :
Sauf que, pour un membre, il y a comme une instance de moins parce que le
conseil d'administration va à la
fois, je dirais, entendre les parties et il va se recommander à lui-même
quelque chose qu'il va appliquer lui-même.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée : En effet, c'est la situation parce
que nous avons... on fait face à des gens qui ont des statuts différents
et des responsabilités différentes.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Ça va, M.
le Président.
Président (M. Ouellette) :
M. le député de Borduas, sur 115.11, est-ce qu'il y a des commentaires? 115.12,
Mme la députée de Joliette.
Le Président (M. Ouellette) : Non,
c'est à vous, Mme la députée de Joliette. Ah! M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui.
Lorsqu'on parle, M. le Président, d'incapacité permanente qui peut être faite sur
demande du ministre...
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : Ici, on fait référence à une incapacité qui
pourrait être surtout de nature médicale, par exemple, une hospitalisation,
une maladie dégénérative qui pourrait empêcher le président d'exercer ses
fonctions. Mais évidemment tout ça demeure sujet à l'appréciation du Conseil
de la justice administrative, qui
aurait à se pencher... Est-ce que la personne est incapable d'exercer ses fonctions ou est-ce que l'incapacité est
temporaire? Une hospitalisation ponctuelle peut ne pas remettre en cause du tout la capacité
d'exercer les fonctions. Par contre, il y a certaines maladies dégénératives
qui pourraient survenir ou un état de santé x tel que la personne ne
pourrait plus exercer des charges qui lui incombent.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : On ne
souhaite pas que cette situation-là n'arrive à aucun membre du conseil de
discipline. Ceci étant dit, d'une
façon plus technique, si la personne se retrouve dans une situation d'incapacité
permanente due à une maladie, c'est
un emploi permanent et... bien, en fait, qui est nommé sous bonne conduite pour
un mandat de cinq ans, je crois, la personne bénéficie, j'imagine, d'une
certaine protection en matière d'avantages... En fait, ce que je souhaite
comprendre, M. le Président, c'est, dans le fond : à partir du moment où
la personne qui est président d'un conseil de discipline,
qui a été nommée pour un mandat de cinq ans, tombe dans une maladie, maladie
dégénérative, prenons cette situation-là, et elle ne pourra pas revenir
en fonction... mais, concrètement, est-ce que le fait que le gouvernement
demande au Conseil de la justice administrative de démettre cette personne-là
parce qu'elle ne pourra plus remplir sa charge,
ça va faire en sorte que, pour les années de vie qu'il lui reste, bien, elle
perde son traitement? Est-ce que ça va être ça l'effet? Parce que, concrètement, la personne pourrait démissionner
d'elle-même si elle constate qu'elle ne sera plus apte à exercer cette
charge.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée :
En fait, il est fort probable qu'une personne atteinte d'une maladie
dégénérative va aviser dans un premier
temps, mais ça, c'est vraiment pour suppléer à une situation où la personne est
dans un état tel qu'elle ne peut même pas aviser de son incapacité et
qui placerait dans une situation un petit peu intenable, c'est-à-dire que des
rôles s'accumulent, les dossiers
s'accumulent, et la personne, malgré toute sa compétence, est retenue, est
empêchée d'exercer sa charge.
Ceci étant,
évidemment, ces gens-là ne sont pas sans filet, dans le sens qu'il y a aussi
les mesures, les assurances qui
entreront en ligne de compte pour ce qui est de la rémunération. Puis, comme je
vous mentionnais, puis comme vous l'avez
mentionné aussi, ce n'est pas quelque chose que l'on souhaite, mais c'est une
situation qui peut malheureusement survenir,
et il faudrait éviter que des délais, par exemple, s'accumulent en raison d'une
situation qui est tout à fait fortuite, mais qui porte atteinte au bon
fonctionnement du Bureau des présidents.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Oui. Bien,
en fait, je comprends. Je remercie la ministre de sa réponse, mais,
concrètement, le cas d'un président
qui serait victime d'une incapacité permanente va être géré par les assurances
relativement à son traitement. Est-ce
que le fait que le Conseil de la justice administrative recommande de
démettre... constate, dans le fond, l'incapacité
permanente de l'individu et que le gouvernement démette le président, ça va faire en sorte qu'il va y avoir une problématique
au niveau des assurances ou de la rémunération? C'est un questionnement, parce
qu'en fait, ici, il n'occuperait plus sa
charge, puis... C'est plus technique, là, mais il faudrait peut-être le prévoir
pour éviter qu'un individu qui se
retrouverait dans une situation de maladie comme celle-là se retrouve en
difficultés financières pour la fin de sa vie.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée : En fait, toute
la question de la rémunération des assurances relève des emplois supérieurs. Évidemment, la démotion, le fait de démettre... Et
c'est pour ça, d'ailleurs, là, que ça fait l'objet d'un
article tout autre,
c'est qu'on n'est pas dans un cas de
manquement déontologique, on n'est pas dans un cas de faute professionnelle, on
est vraiment dans une situation
fortuite, un coma, par exemple, un coma prolongé où la personne ne peut
malheureusement pas intervenir.
Alors, c'est certain que l'objectif, ce n'est pas de mettre en péril non plus
ceux et celles qui pourraient se retrouver dans des situations comme ça.
Les emplois supérieurs encadrent les conditions de travail de ces gens-là, et évidemment le Conseil de la justice administrative
va aussi, dans sa décision, la documenter. Parce que ce n'est pas... On
fait vraiment la distinction entre une faute professionnelle et une incapacité
qui n'a rien à voir avec un manquement éthique ou déontologique.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
Jolin-Barrette : Et donc,
pour l'incapacité permanente, on parle véritablement de maladie dégénérative
sans... comment je pourrais dire, une incapacité temporaire récurrente.
Mme Vallée :
C'est déjà quelque chose que l'on retrouve... On retrouve une disposition similaire
au Secrétariat aux emplois supérieurs
qui prévoit que, lorsque quelqu'un est dans une incapacité d'exercer ses
fonctions, bien, évidemment, la
personne n'occupera plus ses fonctions. Et on me réfère, puis à juste titre,
l'article... 193? Oui, de la
Loi sur la justice administrative nous indique que «sur demande du ministre, dont il
transmet copie au membre du tribunal en cause, le conseil constitue un
comité d'enquête chargé[...] :
«1° de
déterminer, en son nom, si le membre est atteint d'une incapacité permanente
qui l'empêche de remplir les devoirs de sa charge;
«2° d'examiner le manquement invoqué pour
révoquer le président ou un vice-président de sa charge».
Alors, ce
sont des dispositions qui existent déjà, notamment pour les membres du TAQ, pour
les membres des organismes qui sont
sous la gouverne de la commission de la justice administrative. Alors, nous
adaptons les dispositions aux présidents des conseils de discipline,
tout simplement. Et, on s'entend, ce type de disposition là, ce n'est pas quelque chose qui est utilisé de façon fréquente.
Elle est utilisée évidemment avec tout l'humanisme que requiert aussi l'évaluation de la situation. Mais il peut arriver
des cas où ça s'impose. Et puis c'est aussi pour, d'une certaine façon, pour le
bien de celui ou de celle qui est touché par cette incapacité. Parce qu'on peut
penser que quelqu'un qui est atteint d'une maladie dégénérative, qui
sait qu'il a des obligations, peut avoir aussi un stress assez important à
gérer. Donc, il y a de tout ça. Toutes ces
considérations font partie... Mais c'est vraiment... C'est une mesure
exceptionnelle qui... et c'est toujours
mieux prévenir que se retrouver dans une situation où on a un tas de problèmes
qui s'ajoutent à la problématique, qui est, bien des fois, bien souvent
un drame humain pour celui ou celle qui les vit.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Ça va. Merci.
Président (M. Ouellette) :
Je reviens à Mme la députée de Joliette, et je sais que vous étiez en
réflexion. Je pense que vous aviez une question additionnelle pour
115.11, que je vais vous permettre, Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Oui. Au dernier alinéa de 115.11, on dit que «le troisième membre est le membre
du conseil visé au paragraphe 8.2° — de la
Loi sur la justice
administrative, en fait, c'est 8.2° de... je l'avais tantôt, là...
Hivon : ...de
l'article 167, c'est ça — ou
choisi à partir d'une liste établie par le président en chef du Bureau des présidents». Donc, c'est soit le
président ou quelqu'un choisi... Donc, je veux juste comprendre pourquoi on
a cette option-là entre les deux, soit la personne qui est identifiée à 8.2° ou
choisie à partir d'une liste?
Le Président (M. Ouellette) : Me
Hunlédé.
M. Hunlédé (Jean-Luc Ayikoé) : Parce
qu'en fait on veut que le troisième membre soit du tribunal auquel appartient
la personne qui est mise en cause.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : D'où le principe
d'être jugé par ses pairs.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Donc, à l'article 22, on voit ce qui est prévu à
8.2° : «un président de conseil de discipline choisi après consultation de l'ensemble des présidents
qui composent [...] et qui n'en est pas président en chef adjoint», donc,
quelqu'un qui émane du Bureau des présidents. Mais, s'il n'y avait personne de
l'ordre concerné, là il faudrait avoir recours à la liste. Donc, ces listes-là
vont déjà exister pour chacun des ordres?
Le Président (M. Ouellette) : Me
Hunlédé.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Bien, pas pour chacun des ordres. C'est le
président en chef du tribunal... du Bureau des présidents qui établit la
liste.
Hivon : Oui. Ils
sont 10.
M. Hunlédé
(Jean-Luc Ayikoé) : Oui, ils sont 10. Donc, le président établit une
liste à partir de laquelle on peut choisir une personne, là, un
président qui siégerait comme troisième membre du comité d'enquête.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon :
Puis, quand la ministre me dit : D'où le principe d'être jugé par ses
pairs, qu'est-ce que la ministre veut dire spécifiquement, en lien avec
la liste?
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre, vous voulez dire quoi?
Mme Vallée :
Parce que le troisième membre est un membre de ce groupe-là. Le principe du
Conseil de la justice administrative,
c'est toujours que les pairs puissent se pencher sur le respect ou le
non-respect du code d'éthique, du code de déontologie, et ça a toujours
été derrière l'esprit du Conseil de la justice administrative.
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
députée de Joliette.
Hivon : Ça va, M.
le Président.
Le Président (M. Ouellette) : Vous
avez droit à un questionnement sur 115.12, Mme la députée de Joliette.
Hivon : J'ai droit
à un questionnement? Ça va aller pour 115.12, je vais aller à 115.13.
Le Président (M. Ouellette) : Bien,
je vous donne 115.13, Mme la députée de Joliette.
Hivon : À moins
que mon collègue de Borduas...
Hivon : Il est
rendu à 115.13 aussi.
Le Président (M. Ouellette) :
Êtes-vous prêt à 115.13? Oui? Vous êtes prêts? Mme la députée de Joliette.
Hivon : Donc, là,
à 115.13, on parle du président en chef du Bureau des présidents.
Mme Vallée : Président ou
présidente.
Hivon :
Oui, qui est une présidente, c'est cela. Donc, cette personne-là, juste pour
être bien sûre, ne siège jamais comme président sur un banc, ou est-ce
qu'il arrive qu'elle siège? Elle peut?
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Mme Vallée : ...siéger, oui.
Hivon :
O.K. Donc, à cet égard-là, elle est assimilable dans le type de décisions qui
peuvent la concerner à 115.11 au même
titre que tout autre président qui
siège.
Mme Vallée : Exactement.
Hivon :
Mais, en plus de ça, il y a quelque chose de particulier qui s'applique à sa
personne, c'est le 115.13, pour vraiment sa charge de présidente en
chef.
Mme Vallée : Exactement.
Le Président (M. Ouellette) : M. le ministre, j'aimerais ça que vous me donniez
votre réponse dans le micro.
Mme Vallée :
Exactement, M. le Président.
Le Président (M. Ouellette) : Non, mais c'est... vous comprenez comment c'est
important. Quand, à un moment donné,
il y aura contestation, à un moment donné, on viendra chercher les galées, et
on aura juste la
partie de la députée de Joliette. C'est pour ça que je
veux entendre la réponse. Mme la députée de Joliette.
Vallée : Oui, je comprends. Je vous comprends, M. le Président,
mais c'est juste qu'on... les échanges se font de façon...
Hivon :
C'est ça.
Vallée : ...parfois, un peu informelle, mais ce n'est pas par
manque de considération à votre égard, soyez-en assuré.
Le Président (M. Ouellette) : J'en suis convaincu, mais moi, je pense à tous
ceux qui vont venir quand nous serons rendus à un certain âge et que
nous regarderons nos débats ou que nous nous poserons des questions...
Mme Vallée :
Certains y arriveront plus tôt que d'autres.
Le Président (M. Ouellette) : Mais je vais arriver là avant vous, Mme la
ministre, j'en suis sûr. Donc, Mme la députée de Joliette.
Hivon : Oui. Il faut avoir beaucoup d'empathie pour ces
futurs savants juristes qui vont relire et qui vont trouver, donc, que
l'opposition avait d'excellentes questions lorsque nous avons étudié le projet
de loi.
Bon,
alors, est-ce qu'il y a un parallèle à faire avec les présidents des autres
tribunaux administratifs qui sont sous la juridiction... Pour ça, c'est
conforme, donc c'est une disposition miroir.
Mme Vallée :
C'est ça.
Hivon :
Parfait.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre, vous m'avez dit : C'est ça. C'est
bon?
Mme Vallée :
Exactement, M. le Président.
Le Président (M.
Ouellette) : Merci. Mme la députée de Joliette.
Hivon :
Ça va, M. le Président.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas, sur 115.13.
M. Jolin-Barrette : Oui, alinéa un, M. le Président. Donc, la fin de l'alinéa, c'est :
«...lorsque le Conseil de la justice
administrative le recommande, après enquête faite sur demande du ministre pour
un manquement ne concernant que l'exercice de [sa] charge.»
Donc,
lorsqu'on parle de l'exercice de la charge, que ça soit de la présidente en
chef du Bureau des présidents ou du président en chef adjoint,
l'exercice de sa charge, on a spécifié que ça pouvait être l'exercice de sa
charge dans le cadre de l'audition, dans le
fond, au niveau du conseil de discipline, avec deux membres assesseurs, dans le
cadre de sa charge juridictionnelle, l'exercice de sa charge également
au niveau de... l'administration du bureau des présidents? C'est quoi,
l'étendue?
Vallée : Et c'est aussi sa charge à
titre de gestionnaire parce
qu'elle aussi... Je dis «elle» parce qu'actuellement nous avons une présidente, mais le président des
présidents est aussi gestionnaire de l'organisme. Alors, comme on l'a
mentionné, on a le même type de disposition qui s'applique au président des
autres organismes qui sont assujettis au Conseil
de la justice administrative, et, dans son rôle de gestionnaire, la présidente
va gérer le budget, va gérer aussi les assignations, bref, a des tâches
supplémentaires que les autres présidents n'assument pas.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : O.K. Donc, le cas d'un président en chef du bureau ou
un président en chef adjoint qui utiliserait
les fonds du tribunal à des fins illicites ou à des fins personnelles serait
visé par : «...ne concernant que l'exercice de cette charge.»
Le Président (M. Ouellette) : Mme la
ministre.
Vallée : Pas qu'exclusivement, mais un président ou une
présidente qui ne respecterait pas ou qui, vraisemblablement, n'exercerait pas
une saine gestion des budgets qui lui sont alloués pourrait, techniquement,
faire l'objet d'une enquête si ça... et le
Conseil de la justice administrative serait chargé de déterminer si les règles,
justement, déontologiques ont été suivies par ce président ou cette
présidente.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Et le seul moment où le Conseil de la justice
administrative peut se pencher sur le cas du président
en chef du bureau des présidents ou du président en chef adjoint, c'est lorsque
le ou la ministre en fait la demande.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Mme Vallée :
C'est ce que prévoient les dispositions du projet de loi, et c'est également ce
que l'on retrouve à l'article 193 de la Loi
sur la justice administrative. Alors, ce que l'on fait, là, c'est vraiment des
dispositions qu'on a devant nous,
prévues à l'article 19 de notre projet de loi. Ce sont des dispositions qui
visent à adapter au président et au Bureau
des présidents les dispositions que l'on retrouve déjà à la
Loi sur la justice
administrative pour les autres organismes qui y sont assujettis.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : O.K. Vous me permettrez, M. le Président, de revenir à 115.11 et de
poser une question en lien avec
115.13. Donc, le président en chef du Bureau des présidents ou son adjoint qui
se retrouve, dans le cadre de sa fonction
juridictionnelle, donc, assis dans la salle de cour avec ses deux assesseurs,
lui, peut faire l'objet d'une audition du Conseil de la justice
administrative directement lorsqu'il y a une plainte de portée contre lui.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Mais en fait, en vertu de 115.11, le président peut...
c'est ça, peut faire l'objet d'une plainte par personne intéressée pour ce qui est de sa conduite dans une affaire en
lien avec un conseil de discipline. Et, pour ce qui est de sa gestion administrative, et là on reprend
les dispositions qui existent actuellement et qui sont prévues par 193, et
là le pouvoir est dévolu à la ministre ou au
ministre de demander à déclencher une enquête si, vraisemblablement, dans la
gestion des finances, par exemple, ou dans la gestion, il semble y avoir des
problèmes.
Par contre, je vous
souligne que cette enquête-là peut être suite à une information transmise au
ministre. Un citoyen, une citoyenne, au fait d'une situation particulière, en
lien avec la gestion d'une personne, peut apporter cette information-là au ministre ou à la ministre, et, par la suite, cela peut déclencher
une enquête en vertu de 193, tant pour le Bureau des présidents de
conseil de discipline que pour les autres organismes qui y sont assujettis.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
Jolin-Barrette : Ou à la suite d'un collègue de l'opposition peut-être
aussi.
Mme Vallée :
Tout à fait, cher collègue.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. Un questionnement aussi à l'effet que, lorsque le président en chef
agit dans sa fonction juridictionnelle,
il pourrait... une recommandation du Conseil de la justice administrative
pourrait avoir lieu pour dire : Vous
avez manqué à vos obligations déontologiques dans le cadre de votre rôle de
président assesseur, dans sa fonction juridictionnelle,
et là on pourrait... et, s'il y avait lieu de constater un manquement par rapport à son code de déontologie, il pourrait y avoir une sanction, et
là on se retrouverait avec un président en chef qui est blâmé par rapport à son
comportement lors d'une audition ou par rapport à son délai de rendre une décision, mais demeurerait président en chef
quand même.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Ça dépend du
blâme et ça dépend aussi de la recommandation qu'aurait formulée le Conseil de la justice administrative, et donc... parce que, si, par exemple, le manquement est tel que la destitution est appliquée, bien là
la question ne se pose pas. Mais sachez que le président,
dans une situation particulière, pourrait être remplacé par son
vice-président en fonction en vertu de 115.10.
Alors,
si le président ou la présidente est empêché d'agir, notamment
en raison d'une décision du Conseil de la justice administrative... Parce que, si on parle d'une suspension, c'est un
empêchement d'agir. Si on parle d'une destitution,
bien là ça règle la question. Mais, en cas de suspension, par exemple,
l'article 115.10 entre en jeu, et donc le vice-président ou la
vice-présidente assure les fonctions et assumera les fonctions.
Le Président (M. Ouellette) : M. le
député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Ce serait tout de même particulier qu'un
président en chef ou son adjoint qui ferait l'objet d'un blâme, non pas une suspension ni une
destitution, mais un blâme de la part du Conseil de la justice administrative
soit maintenu dans ses fonctions de
président en chef, lui qui assigne les dossiers, qui doit avoir une plus
grande... bien, enfin, qui doit montrer
l'exemple par rapport à ses 10 autres collègues présidents. Donc, c'est
juste... à partir du moment où le président en chef ou le président en
chef adjoint aurait des remontrances de la part du Conseil de la justice administrative, je me demande comment on fait pour
réconcilier et assurer le maintien en poste... Parce qu'il en va de la
crédibilité, dans le fond, du Bureau des présidents aussi, là.
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Vallée : Oui, c'est certain, mais, encore une fois, tout dépend
de la réprimande, tout dépend du dossier, et de la nature de la plainte, et aussi de la nature de la décision. Parce
qu'il peut survenir une plainte logée à l'encontre d'un président qui ne
va pas donner lieu à une recommandation ou sera écartée.
Parce que, vous
savez, au conseil de la... la façon dont ça fonctionne, il y a un comité qui se
saisit d'abord de la plainte. Alors, tout
dépend de la décision du Conseil de la justice administrative. Et c'est
vraiment... cette plainte-là ou cette
sanction-là serait en tant que décideur mais pas en tant qu'administrateur.
Donc, le fait que, par exemple, dans
une décision portant sur un enjeu x, le président fasse l'objet d'une
réprimande en raison d'une façon dont il a ou elle a administré le dossier bien particulier ne vient pas nécessairement
porter atteinte à sa rigueur et à la façon dont il administre généralement les affaires du bureau. Donc, il faut vraiment faire la distinction
entre tout ça puis il faut surtout garder en tête que le Conseil de la
justice administrative peut... il y a une série de recommandations que le
Conseil de la justice administrative peut faire, donc, au gouvernement. Et donc
chaque cas sera un cas d'espèce, là.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Oui. Vous me permettrez, M. le Président : Quelle est la reddition
de comptes à laquelle le président en chef du Bureau des présidents est
assujetti par rapport à sa gestion administrative?
Le Président (M.
Ouellette) : Mme la ministre.
Jolin-Barrette : Il transmet un rapport annuel, j'imagine.
Vallée : Alors, la reddition de comptes est prévue à l'article
115.8 du code. Alors, «le président en chef présente [d'abord] au
ministre un plan dans lequel il expose ses objectifs de gestion pour assurer
qualité et célérité du traitement de la plainte et du processus décisionnel
[puis] fait état des résultats obtenus dans l'année antérieure». Et ce plan-là, le président indique aussi un certain
nombre de renseignements prévus à l'article 115.8, ainsi que tout autre renseignement qui pourrait lui être demandé. Et,
par exemple, il y a un état quand même qui comporte des données sur les remises, le nombre de jours d'audience, la
nature des plaintes, bref, qui permet de dresser un portrait du dossier, de
l'état aussi des rôles au sein des bureaux
et qui permettra aussi par la suite, d'année en année, d'assurer, de voir
l'évolution de ce bureau.
Le Président (M.
Ouellette) : M. le député de Borduas.
M. Jolin-Barrette : Mais, il n'y a pas d'audition du président sur sa gestion
administrative. Dans le fond, c'est un rapport qui, j'imagine, est
déposé à l'Assemblée nationale par la ministre, M. le Président?
Le Président (M.
Ouellette) : Je vous vois venir, M. le député de Borduas, là.
Jolin-Barrette : Et, à l'étude des crédits, est-ce que le président en
chef est présent?
Vallée : Comme à l'étude des crédits, les présidents des autres
organismes sont pré