Health and Social Services — 27 August 2021 (42nd Legislature, 1st Session)
CSSS 2021-08-27
Quebec — Committees
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Ce matin, nous entendrons par
visioconférence les groupes suivants : la Fédération autonome de
l'enseignement, la Centrale des syndicats du Québec, l'Association québécoise
des centres de la petite enfance conjointement avec l'Association des garderies
non subventionnées en installation, le Bureau de coopération interuniversitaire
conjointement avec la Fédération des cégeps, et la Coalition des entreprises de
services paramédicaux du Québec.
Je souhaite la bienvenue aux représentants de la
Fédération autonome de l'enseignement. Je vous rappelle que vous disposez de
10 minutes pour votre exposé, après quoi nous procéderons à la période
d'échange avec les membres de la commission. Je vous invite à débuter votre
exposé. Merci. Vous pouvez commencer.
M. Mallette
(Sylvain) : Merci, M. le Président. M. le Président, Mmes, MM.
les députés, mon nom est Sylvain Mallette, enseignant en histoire au
secondaire, et je suis président de la... (panne de son) ...m'accompagne
aujourd'hui, Me Séverine Lamarche, conseillère syndicale aux services des
relations de travail de la FAE.
La FAE regroupe neuf syndicats qui représentent
plus de 50 000 enseignantes et enseignants de tous les secteurs
d'enseignement. Elle est présente dans les régions de Montréal, de Laval, de la
Capitale-Nationale et de l'Outaouais dans lesquels se trouvent les quatre plus
grands pôles urbains du Québec ainsi que dans les régions de l'Estrie, de la
Montérégie et des Laurentides.
Je tiens à vous remercier sincèrement de
permettre à l'organisation syndicale que je représente de participer pleinement
à vos travaux. Comme à son habitude, la FAE va dire les choses telles qu'elles
lui apparaissent, pas telles qu'elle souhaiterait les voir.
La FAE est
d'avis que la décision de tenir des consultations sur la vaccination
obligatoire contre la COVID-19 permet
aux institutions démocratiques de jouer leur rôle, et à des mouvements et à des
groupes issus de la société civile comme
le nôtre de participer et d'enrichir la réflexion sur une question aussi
complexe alors que se forme une quatrième vague.
Je profite de l'occasion qui m'est offerte pour
souligner que les enjeux liés à la question du passeport vaccinal mériteraient
aussi la tenue d'un débat public.
À propos de la quatrième vague, nous nous
étonnons que certaines et certains évoquent aujourd'hui son arrivée, alors que,
dès le mois de juin dernier, il était connu que certains pays devaient déjà
composer avec la montée en puissance du variant Delta plus contagieux, et de
ses effets, notamment, sur les plans de confinement et de déconfinement qui
avaient été annoncés.
Au Québec, en
juin dernier, malheureusement, certaines et certains ont fait le choix délibéré de
l'aveuglement volontaire. La question que soulève le débat lancé par le...
gouvernement, pardon, n'est pas simple : Comment maintenir l'équilibre
entre les droits et les libertés individuelles et la nécessité d'assurer la
protection de toute la population face à un virus mortel qui n'ébranle pas
seulement la société québécoise mais la planète tout entière? La réponse à
cette question est encore moins simple.
Selon nous, les sources qui alimentent le débat
entourant l'idée avancée par le gouvernement sont multiples. Si certaines de
ces sources vont dans la même direction, d'autres nourrissent des courants
contraires. Personne ne peut nier que l'idée de la vaccination obligatoire
soulève des enjeux qui sont de nature politique et juridique alors que d'autres
relèvent du domaine de la santé publique ou de l'éthique.
La FAE estime que le débat
sur la vaccination obligatoire ne peut se mener que si l'ensemble des données
et des informations qui conduisent le gouvernement à lancer l'idée de la
vaccination obligatoire, notamment pour le personnel enseignant, sont
accessibles. À cet effet, il importe de... (panne de son) ...certaines données
rendues publiques sont parcellaires, confuses ou ne sont tout simplement pas
mises à.... (panne de son) ...aujourd'hui, le gouvernement ne connaît pas le
nombre exact d'enseignantes et d'enseignants qui ont contracté le virus, pas
plus qu'il ne connaît l'étendue exacte de la couverture vaccinale du personnel
enseignant du réseau des écoles publiques, et ce, en dépit de l'étrange
opération de communication à laquelle tente de se livrer le ministre de
l'Éducation, ce matin, en diffusant les données d'un sondage effectué à notre
insu par une entreprise de marketing. Le ministre de l'Éducation aurait pu profiter
de l'occasion pour valider combien il est impopulaire auprès des enseignantes
et enseignants. Mais comme le disait si bien le philosophe suédois Johan Henrik
Kellgren, «Il y a un courage de la tête comme du coeur, et le manque de génie
n'est parfois que le manque de courage». Se peut-il que le gouvernement ait
lancé un faux débat?
De plus, l'opacité qui caractérise les décisions
relatives à la mise en place, la suspension ou la levée des mesures sanitaires
dans le réseau des écoles publiques dessert le gouvernement dans le cadre du
débat qu'il vient de lancer. Ce débat provoque un malaise dans nos rangs. Ce
malaise est alimenté largement par la colère des enseignantes et des
enseignants devant la gestion échevelée des mesures sanitaires dans le réseau
des écoles publiques. La nature même de la pandémie ne permet évidemment pas
aux autorités d'anticiper toutes les situations. Cependant, à de trop
nombreuses occasions, le refus d'écouter celles et ceux qui travaillent au
quotidien auprès des élèves jeunes et adultes explique de nombreux dérapages et
contribue à nourrir le sentiment d'insécurité qui est vécu et la méfiance,
voire la défiance à l'endroit des autorités.
Plusieurs s'interrogent aussi à savoir si le gouvernement
ne cherche pas à faire porter sur les épaules des organisations qui participent
aux travaux de la commission le poids de la décision de rendre obligatoire la
vaccination, notamment pour les enseignantes et les enseignants. Comme vous,
nous observons une fatigue, une lassitude, un désir ardent de tourner la page
et de revenir à la normale. Les risques associés à une crise qui dure sont
connus et ne doivent pas être pris à la légère. Cependant, le débat lancé par
le gouvernement ne doit pas nourrir les tensions, les clivages et les dissensions
qui alimentent un climat déjà délétère et fragilise certains milieux de
travail, mettant ainsi à mal notre volonté et notre capacité d'agir
solidairement.
De plus, en tenant compte de la nature du virus,
nous demandons aux autorités d'agir avec retenue et de ne pas laisser croire
que l'idée de rendre obligatoire la vaccination du personnel enseignant
constituerait une solution miracle. Nous adhérons à l'idée que la vaccination
permet de mieux lutter contre les effets de la... (panne de son) ...contribue à
réduire de manière significative le taux de mortalité et peut alléger la
pression exercée sur le réseau de la santé. Nous sommes aussi d'avis que de se
faire vacciner, c'est poser un geste citoyen qui témoigne entre autres de sa
volonté de protéger les plus vulnérables d'entre nous. Néanmoins, il importe de
rappeler que le fait d'être vacciné n'empêche pas un individu de contracter le
virus ou de le propager parmi ses proches ou ses collègues de travail.
De plus, rendre obligatoire la vaccination du personnel
enseignant ne signifie pas que les mesures sanitaires qui sont actuellement en
place dans le réseau des écoles publiques seront levées. Le fait, pour une
enseignante ou un enseignant, d'être vacciné ne compense pas le fait que
certains de ses élèves ou leurs parents ne le sont pas. Les enseignantes et les
enseignants doivent travailler auprès d'élèves qui ne sont pas vaccinés ou qui
ne le seront pas, dans des classes trop souvent bondées, mal aérées et mal
ventilées. Dans le présent débat, le gouvernement doit faire la démonstration
que de rendre obligatoire la vaccination pour le personnel scolaire sans que
cette mesure s'applique aussi aux élèves et à leurs parents permettra de
freiner significativement la propagation du virus dans le réseau des écoles
publiques.
Nous vous invitons aussi à vous rappeler les
obligations faites aux organisations syndicales par le Code du travail,
notamment celle relative à la représentation juste et à la défense des
travailleuses et des travailleurs. Si d'aventure le gouvernement se décidait à
rendre obligatoire la vaccination des enseignantes et des enseignants, il ne
pourrait pas priver ceux-ci de leurs droits à une défense pleine et entière.
Je profite de ma présentation pour vous informer
que, considérant la nature des enjeux soulevés par l'idée de rendre obligatoire
la vaccination pour les enseignantes et enseignants et le fait que nous ne
disposons pas d'une position formelle sur la question, la FAE a lancé hier une
large consultation de ses membres. À l'inverse du ministre de l'Éducation, la
FAE ne se contentera pas de consulter seulement 500 de ses membres. D'ailleurs
le ministre devra nous expliquer comment l'entreprise de marketing a pu entrer
en contact avec des enseignantes et des enseignants.
Au terme de cette consultation, une instance
fédérative qui regroupe des personnes déléguées de chacun des syndicats
affiliés à la FAE sera convoquée. En s'appuyant sur les résultats de cette
consultation mais aussi sur une analyse portant sur les enjeux juridiques,
politiques et de santé publique relatifs à la vaccination obligatoire, notre
instance fédérative sera appelée à se prononcer. La décision sur cette question
sera rendue publiquement... publique ultérieurement, pardon.
Je termine en vous citant l'homme politique
français, Jean Jaurès, qui, en 1903, dans son discours à la jeunesse,
déclarait : «Le courage, c'est de rechercher la vérité et de la dire. Ce
n'est pas de subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire
écho de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements
imbéciles et aux huées fanatiques». Je vous remercie, mesdames, messieurs, de
votre attention.
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons maintenant
commencer la période d'échange. Mme la députée de Soulanges, à vous la parole.
Mme Picard :
Merci, M. le Président. Bonjour, Me Lamarche et M. Mallette. Merci
pour votre présence ici aujourd'hui, en commission. Je ne sais pas si vous avez
vu l'intervention de la Santé publique hier. Ils nous ont mentionné qu'ils
recommandaient la vaccination obligatoire à toutes les personnes pour protéger
les personnes vulnérables dans les milieux hospitaliers. Et je me posais la
question, vous avez des élèves qui sont très fragiles à l'intérieur de vos...
de certaines écoles spécialisées entre autres. Est-ce que vous ne croyez pas
que ces personnes vulnérables là devraient avoir une protection de leurs
enseignants vaccinés autour d'eux?
M. Mallette
(Sylvain) : Bien, d'abord, merci, Mme la députée. Vous savez,
la question laisse sous-entendre que le prof pourrait lui-même constituer une
source de contamination, alors qu'on sait très bien que le coronavirus ne fait
pas de distinction, hein? Le coronavirus peut lui-même infecter les parents de
cet élève-là. Il peut même infecter cet élève-là. Donc, il faut bien se
rappeler, et je l'ai indiqué, le fait d'être vacciné n'a pas pour effet
d'empêcher de contracter le virus et de le propager. C'est une particularité,
hein, on nous l'a répété. Et donc encore faudrait-il que le gouvernement
connaisse le nombre exact de profs qui ont été vaccinés. Mais est-ce qu'en
termes de santé publique la vaccination est une bonne chose? Oui, comme le port
du masque de protection, comme les gestes de barrière, comme les gestes qui
permettent, là, de désinfecter. Donc, ça s'inscrit, ça s'ajoute, les mesures,
les unes aux autres, et ça constitue une barrière sanitaire pour permettre de
lutter efficacement contre le virus.
Mme Picard : Merci beaucoup. Je
vais passer la parole à certains collègues, M. le Président.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée : Merci beaucoup
de venir vous entretenir avec nous. Hier, il y a des syndicats qui sont venus
nous rencontrer et qui nous ont permis de connaître le pourcentage de leurs
membres qui étaient doublement vaccinés, puis les taux étaient quand même assez
élevés. Là, je ne suis pas certaine si vous l'avez fait, puis si vous avez un
état de situation parmi vos membres.
M. Mallette
(Sylvain) : Nous ne disposons pas des données. Moi, à la
mi-août, j'ai rencontré le ministre de l'Éducation dans le cadre d'une
rencontre, là, virtuelle, et on a échangé sur cette question-là. On a constaté
que le mécanisme mis en place par le gouvernement, là, pour procéder à la
vaccination n'avait pas permis de recueillir la donnée, comme ça a été le cas,
là, dans d'autres... dans le secteur de la santé. Malheureusement, en
éducation, le mécanisme de vaccination ne permettait pas, là, de recueillir
cette donnée-là. Et donc au moment de la rencontre, là, on a échangé, on a
aussi échangé sur l'importance d'avoir la donnée... (panne de son) ...s'appuie
sur la réalité. Et le ministre s'est engagé, là, à me revenir sur cette
question-là. Et ce matin, là, j'ai pris connaissance, là, des résultats du
sondage qui a été mené. Donc, malheureusement, on ne dispose pas de
l'information.
Et on s'est questionnés à savoir si on demandait
à nos membres l'information. Et pour des raisons juridiques, on n'est pas allés
dans ce sens-là, malheureusement. Donc, c'est un problème, là, dans la mesure
où le son de cloche qu'on a, c'est que la vaccination, les profs y sont allés,
notamment parce qu'on a demandé, là, à ce que les profs aient accès...
prioritairement, pardon, à la vaccination. Mais au moment où je vous parle,
malheureusement, je ne suis pas en mesure de vous informer, là, du nombre exact
de profs qui ont été vaccinés.
Mme Lavallée : Vous n'avez pas
fait les vérifications, mais si on s'entend que 76 % de la population est
double vaccinée actuellement, puis que vos enseignants font
partie de cette
population-là, on pourrait possiblement conclure que 76 % de vos membres
sont doublement vaccinés. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?
M. Mallette
(Sylvain) : Non. Je vous explique pourquoi. Parce que l'ordre
de vaccination n'était pas le même pour l'ensemble de la population. Vous le
savez, l'institut de la vaccination chargé, là, d'établir l'ordre de vaccination,
l'ordre dans lequel les groupes pouvaient se faire vacciner, a prévu que les
profs faisaient
partie de la catégorie des
personnels jugés essentiels. Donc, les profs ont eu plus... ont pu avoir accès
plus rapidement à la vaccination que l'ensemble de la population.
Et donc c'est... Et puis je tiens quand même à le préciser, que ce n'est pas
aux organisations syndicales à tenir ou à faire le décompte des
gens qui sont vaccinés. Il aurait fallu que le gouvernement... en fait, que le mécanisme prévoie la collecte d'information si on imaginait peut-être en arriver à la vaccination obligatoire
pour être capable de s'appuyer sur une donnée exacte. Ça n'a pas été fait. Et
donc ça représente une difficulté. Je pense qu'on doit se le dire, là, en toute
transparence, ça représente une difficulté. Et comme je vous le disais dans la
première réponse, pour des raisons juridiques, nous ne sommes pas allés
demander à nos membres qui parmi eux avait été... qui était vacciné. Et ça
représente une difficulté réelle, là, il ne faut pas la minimiser non plus, là.
Mme Lavallée : Et vous
reconnaissez...
M. Mallette
(Sylvain) : Mais on pense que le taux de vaccination est plus
élevé parce que les profs ont eu accès plus rapidement à la vaccination, puis
ça répondait aussi à une pression qu'on recevait du milieu, de faire des
représentations pour que l'ordre de vaccination tienne compte du fait qu'on
était jugés comme travailleurs essentiels par les autorités en vaccination.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Merci beaucoup, M. le Président. Je vous souhaite un très
bon avant-midi, à tous mes collègues également. M. Mallette,
Mme Lamarche, merci d'être avec nous, et surtout je vous souhaite, par
votre voix, une excellente rentrée scolaire à l'ensemble de vos membres. Je
pense qu'ils vont être bien occupés dans les prochaines semaines et prochains
mois avec nos jeunes. Merci beaucoup d'être là.
Quelques questions tout d'abord à
M. Mallette. Tout à l'heure, vous avez parlé, évidemment, on le sait, là,
les... au niveau de l'enseignement, là, la proposition n'est pas sur la table
pour la vaccination obligatoire. Donc, on se projette un peu dans un futur, si
ça pouvait être une mesure intéressante pour les enseignants, le milieu de l'éducation.
Et tout à l'heure, vous avez parlé de l'équilibre entre les droits et libertés
individuels et, évidemment, les droits collectifs, la protection des élèves, la
protection de vos membres, surtout, aussi, peut-être quelques personnes qui
pourraient être plus vulnérables. Comment vous faites pour établir la... pour
vous, là, cette barrière-là, cette ligne-là? Qu'est-ce qui est par-dessus
l'autre? Quelles valeurs vous priorisez? Je comprends très bien que ce n'est
pas simple comme question, mais, quand même, il faut être capable, comme
société, être capable d'établir cette ligne-là. Dans un momentum de pandémie,
dans un moment difficile comme on vit, là, comment on fait pour dresser cette
ligne-là, dans votre lecture à vous?
M. Mallette
(Sylvain) : Merci, M. le député. Et je pense que, sur la question
de la vaccination obligatoire du personnel enseignant, il faut, dans la grille d'analyse,
il faut comprendre que les profs ne sont pas les seuls dans l'école. L'école,
elle est ouverte sur la communauté. Et quand les élèves rentrent à l'école,
qu'on soit à l'école primaire, secondaire ou dans des ordres... en éducation
des adultes ou en formation professionnelle, c'est comme si toute la famille ou
toutes les personnes qui vivaient avec les élèves entraient dans l'école. Donc,
la question de la vaccination obligatoire du
personnel enseignant doit être comprise, analysée, en tenant compte de la
réalité de l'école.
Et donc la question qu'on se pose, puis on
demande au gouvernement de répondre à cette question-là, c'est : Il faut
que le gouvernement fasse la démonstration que d'imposer la vaccination au
personnel enseignant. Je n'ai pas la prétention de parler au nom des autres
corps d'emploi, donc je vais parler uniquement au nom des profs que je
représente, que la FAE représente, alors que certains de leurs élèves ou de
leurs parents, eux, pour toutes sortes de raisons, ne seront pas vaccinés ou ne
le sont pas, ça ne fait pas en sorte... ça peut donner l'impression, la fausse
impression d'une sécurité, comme si le virus ne transitait que par les profs,
comme si les élèves eux-mêmes ne pouvaient pas propager le virus ou leurs
parents. Et on sait que les... Vous savez, le comportement d'enfants, qu'ils soient
au primaire ou au secondaire, les relations qu'ils peuvent avoir en dehors de
l'école... Donc, cette question-là, elle doit être analysée sous l'angle de la
réalité de l'école.
Et je ne suis pas encore capable aujourd'hui de
répondre de façon précise à la question relative à l'équilibre parce que,
justement, on continue d'y réfléchir. Le volet juridique est important. Mais
vous avez tout à fait raison de rappeler qu'on est dans une pandémie. C'est un
virus qui est mortel. Il y a de nos concitoyennes et concitoyens qui en sont
morts, qui en souffrent, et il faut donc tenir compte aussi de la... (panne de
son) ...crise sanitaire, tout en, cependant, préservant les droits et libertés.
Hier, j'écoutais des gens qui faisaient référence aux campagnes de vaccination
sur la variole puis sur la polio. Mais il faut quand même se rappeler que,
depuis, l'environnement juridique a évolué. Toute la question des droits et
libertés n'existait pas aujourd'hui comme... n'existait pas il y a un siècle comme aujourd'hui. Donc, ça vient
complexifier la réflexion. Puis on doit tenter de trouver cet équilibre-là
ensemble.
M. Lévesque (Chauveau) : Je me
fais un peu l'avocat du diable, vous me permettrez. Je comprends très bien,
hier, on en a longuement débattu avec les gens de la santé, quand on envoie nos
enfants dans une école, sachant fort bien, puis je l'admets d'emblée, que le
cheval de Troie du virus dans nos écoles, ce n'est pas nécessairement à 100 %
nos enseignants, c'est bien évident. Les enfants... Il y a tellement d'enfants
qui se côtoient et les familles de ces enfants-là qui peuvent l'avoir attrapé,
donc, loin de moi de tenter de faire une démagogie ce matin, vraiment pas.
Mais, M. Mallette, ne pensez-vous pas, je
vous la pose vraiment comme avocat du diable, ce matin, là, que le parent qui
va envoyer son enfant à l'école devrait avoir ce fameux sentiment de sécurité?
On se disait ça, là, le... J'envoie mon enfant, je le sais que le prof qui va
le servir, là, le personnel enseignant, le personnel dans l'école, eux autres
sont vaccinés, je le... puis en reconnaissant aussi que la vaccination
n'empêche pas 100 % de la transmission mais qu'il y a quand même un impact
fort positif sur le taux de contagion... Tu sais, ce n'est pas 100 %, mais
il y a une réduction majeure. Je pense que tout le monde au Québec ou à peu
près, en tout cas, une très vaste majorité des Québécois sont d'accord des
impacts positifs de la COVID... de la vaccination, pardonnez-moi.
Donc, est-ce que vous pensez qu'on devrait...
puis c'est une question, là, vraiment pour savoir votre opinion là-dessus, est-ce qu'on devrait envoyer un signal
qui est comme : si j'envoie mes enfants, je le sais que le monde là-bas,
bien, sont correctement vaccinés? Mais je suis convaincu que la majorité de vos
membres le sont déjà, là, ça, j'en suis convaincu, là.
M. Mallette (Sylvain) :
Bien, à votre question, que je pense tout à fait pertinente, hein, M. le
député, elle s'inscrit tout à fait dans la nécessité de se poser toutes les
questions, de soulever toutes les pierres, c'est que le parent qui exprimerait
ce souhait-là va l'exprimer aussi pas seulement pour les profs, il va
l'exprimer aussi pour tous ceux qui côtoient son enfant, donc les collègues de
classe. Et lui-même, comme parent, va être cohérent avec lui-même en
disant : Ce n'est pas juste les profs qui doivent être vaccinés, c'est
tous ceux qui côtoient mon enfant lorsque mon enfant est à l'école. Et donc, en
toute cohérence, le parent va aussi exiger que tous les élèves soient vaccinés.
Évidemment, on sait qu'actuellement les
11 ans... les 5-11 ans n'ont pas encore accès à la vaccination, on
attend l'homologation, là, des vaccins, mais la logique voudrait que... Le
sentiment de sécurité, il ne peut pas juste se nourrir du
fait que les profs soient vaccinés, considérant que l'enfant vit dans l'école
un certain nombre d'heures par jour dans des
conditions plus ou moins agréables, en tenant compte de l'état dans lequel se
retrouve la classe ou l'école.
Exiger que tout le monde qui est dans l'école au
même moment que son enfant soit vacciné, ça veut donc dire : Est-ce que le
gouvernement va élargir cette obligation-là à tous les élèves? On le sait que
les élèves peuvent propager le virus, notamment le variant, là, il y a un
article qui a été publié hier, hein, où on sait que le variant s'accroche
davantage aux enfants, et il peut même être plus dommageable pour eux. Donc, ça
voudrait dire que la vaccination obligatoire devrait, en toute logique, devrait
s'appliquer aussi aux autres élèves. Et je ne suis pas après de dire qu'on le
demande, je suis après dire que ça doit faire
partie de la grille d'analyse.
M. Lévesque (Chauveau) : J'ai une
dernière question, M. Mallette, Mme Lamarche. J'ai posé la question,
hier, au ministre de la Santé concernant un possible bris de service advenant
qu'on décide d'aller dans cette voie-là en santé. Le ministre répondait que,
oui, il pourrait y avoir des craintes dans certains cas ou des... Bon,
quelqu'un qui refuse de se faire vacciner
dans un réseau où la vaccination devient obligatoire, c'est évident que, si tu refuses, il doit
y avoir conséquence. Et cette conséquence-là, bien, c'est souvent soit une
réaffectation ou encore une... disons, peut-être même un congé sans solde,
comme on pourrait dire. On ne parle pas de congédiement, évidemment.
Dans votre cas, c'est quoi, votre lecture,
advenant... puis ce n'est pas le cas, là, mais advenant que le gouvernement
déciderait d'aller de l'avant vers une vaccination obligatoire dans le milieu
de l'éducation? Est-ce que vous avez des craintes au niveau des bris de
service, pour la pénurie de main-d'oeuvre que vous vivez?
M. Mallette (Sylvain) :
...merci, M. le député. C'est clair qu'on a une crainte au niveau des bris de
service, hein? On les vit, les bris de service, depuis avant même la pandémie,
hein? Les démissions puis les départs précipités à la retraite, les départs,
là, ou les démissions, là, avant la cinquième année de pratique, ça conduit à
des bris de service. Mais, dans le cadre de la pandémie, c'est clair qu'on
craint les bris de service. Et il y en a eu et il va continuer d'y en avoir,
des bris de service. Pourquoi? Parce que, quand on constate qu'il y a une
éclosion dans une classe ou dans une école, ça déstabilise les milieux, et donc
ça conduit à devoir se réorganiser. Puis ce n'est pas vrai qu'on est capable de
se réorganiser en deux, trois heures, là.
Donc, oui, la mise en place de conséquences...
Puis là on exclut les profs qui, pour des raisons médicales, ne peuvent pas
avoir accès à la vaccination. On comprend, là, ce n'est pas de ces gens-là dont
on parle, c'est de profs qui, pour des raisons personnelles, décideraient de ne
pas aller se faire vacciner ou qui ont décidé de ne pas y aller, bien, les
conséquences de nature disciplinaire pourraient avoir des effets sur
l'incapacité qu'on a à rendre le service. Et là, évidemment, il faut...
Cependant, pour en évaluer l'étendue, il
faudrait connaître le nombre exact de profs qui ont été vaccinés. Donc, ça, ça
constitue la clé de voûte de la réflexion. Puis, au moment où je vous parle, on
ne dispose pas encore de la donnée, pas plus que le gouvernement, d'ailleurs.
M. Lévesque (Chauveau) : Merci,
M. Mallette.
Le Président (M. Provençal)
: Merci.
M. Mallette (Sylvain) :
Merci.
Président (M. Provençal)
: Alors, maintenant,
je vais céder la parole à la députée
de Maurice-Richard. À vous.
Mme Montpetit : Je vous remercie, M.
le Président. Bonjour, tout le monde. Bonjour, M. Mallette. Bonjour,
Mme Lamarche. Merci d'être avec nous ce matin.
J'ai plusieurs questions pour vous, et encore
plus avec les commentaires que vous avez faits dans les dernières minutes, mais
j'aimerais revenir... commencer peut-être en revenant sur la conférence de
presse du ministre de l'Éducation, cette semaine, mardi, où il disait qu'il
était présentement... que le gouvernement était en train de faire une collecte
de données auprès des enseignants, justement, pour pouvoir mesurer auprès du
personnel de l'éducation, là, je pense, c'était assez général, sa réponse, pour
pouvoir mesurer le taux de vaccination.
Est-ce que
vous pouvez nous confirmer que c'est en cours, cette collecte de données, ou il
référait... Parce que je
présume que, quand on parle de collecte de données, on le fait de façon
sérieuse, quand on est au gouvernement, et qu'il ne faisait pas référence à un
simple sondage, là, tel qu'il est sorti ce matin, là.
M. Mallette (Sylvain) : Merci, Mme la députée. Évidemment, je ne peux pas répondre au
nom du ministre. Je n'ai pas la prétention de le faire, et donc vous comprenez
que je ne peux pas le faire à sa place. J'imagine qu'il faisait référence, là,
à l'opération de marketing, qui, étrangement, a été rendue publique ce matin,
hein? Et Roosevelt, le président américain, avait tendance à dire qu'en politique
il n'y a pas d'événements qui ne sont pas organisés,
hein? Si les choses arrivent, c'est qu'il était prévu qu'elles arrivent comme
cela. Donc, ça aussi, c'est quand même assez étrange que les résultats
sont rendus publics aujourd'hui, mais j'imagine que c'est de cette opération-là
dont il faisait... auquel il faisait référence.
Et c'est quand même assez... Sur le fond, là, on
est dans une pleine... dans une pandémie, dans une crise sanitaire, le premier
ministre nous dit : C'est la bataille de notre temps. Et, sur cette question
fondamentale de savoir combien de profs sont vaccinés, le ministre se
contenterait d'un simple sondage? C'est quand même assez troublant, parce qu'à ce compte-là on va appliquer le principe, par
exemple, sur qui nous représente à l'Assemblée nationale. On pourrait réunir
des panels, parce que c'est la méthodologie qui est utilisée, semble-t-il. On
va réunir des panels, on va réunir un certain nombre de gens puis on va leur
demander qui ils souhaiteraient qui siège à l'Assemblée nationale, à ce
compte-là. C'est quand même assez troublant puis ça témoigne d'un manque de
sérieux.
Quand on veut, dans une crise sanitaire en lien
avec la santé publique, connaître le taux de vaccination, on ne réunit pas un
panel puis on ne mène pas un sondage, on s'organise pour aller chercher l'information.
Et, si le ministre nous avait interpelés, parce qu'on en avait discuté, lui et
moi, du mécanisme, on aurait pu, avec lui, réfléchir, peut-être par une
déclaration volontaire, peut-être qu'on aurait pu continuer avec cette
démarche-là. Il a décidé de faire cavalier seul, il faut maintenant qu'il en
assume les conséquences.
Mme Montpetit : Parfait. Donc, s'il
y avait une collecte de données... Parce que vous me disiez, vous ne pouvez pas
confirmer ou infirmer la première partie, s'il y avait une collecte de données auprès
de vos membres, vous seriez impliqués, vous seriez au courant.
Mallette (Sylvain) : On veut
être impliqués, on veut être impliqués dans la réflexion pour que nous-mêmes,
on puisse aussi rassurer nos membres pour faire en sorte que les données qu'on
ait collectées soient... (panne de son) ...respect des mandats qui sont les
nôtres. Donc, on aurait été ouverts à discuter d'un mécanisme.
Mme Montpetit : Parfait. Non, mais
je... bien, j'en profite pour vous dire que je partage entièrement votre
opinion là-dessus, là. Le sondage, bon, est-ce que ça donne une indication? Peut-être,
mais, en tout cas, le ministre pourra nous répondre en temps et lieu, mais, si
c'est à ça qu'il faisait référence pour une collecte, effectivement, ça
manque... Pour une collecte de données, on s'attendait à quelque chose d'un peu
plus rigoureux, parce que, vous avez raison, ça nous donne... ça demeure un
sondage, là, donc ça ne nous donne aucune indication sur les taux de
vaccination, notamment par école, par région, c'est... Je suis curieuse de voir
comment il va se gouverner avec cette information-là pour la suite.
Je voulais vous demander aussi, comme c'est,
bon, la question de la vaccination obligatoire qui nous occupe aujourd'hui, est-ce que vous avez été consultés
aussi sur cette question-là par... que ce soit le... bien, par le gouvernement,
par le ministère de l'Éducation. Avez-vous eu des échanges avant la commission?
M. Mallette (Sylvain) :
On a eu, au printemps dernier, une conversation, là, on a été interpelés par la
direction des relations de travail. Parce que vous savez qu'on a des profs, là,
qui travaillent en milieu hospitalier, soit dans des centres de formation
professionnelle, parce qu'ils offrent des cours, là, aux futurs travailleurs en
santé, ou qui enseignent auprès de
populations scolaires qui sont scolarisées, d'enfants qui sont scolarisés en
milieu hospitalier. Et donc on a eu des échanges pour ces personnels-là,
là, ces profs-là qui sont rattachés davantage au monde de la santé. Et donc on
nous a interpelés, là, sur la question de la vaccination de ces travailleuses
et de ces travailleurs-là.
Mais, sur la question de la vaccination
obligatoire, il n'y a pas eu d'échange formel dans le cadre d'une rencontre
avec le ministre sur... On a appris, là, que le gouvernement lançait le débat
par l'entremise d'une commission... d'une conférence de presse. Puis c'est tout
à fait dans le droit du... le premier ministre est tout à fait dans son droit,
là, de lancer le débat, et le gouvernement, mais il n'y a pas eu, là, d'échange
formel dans le cadre d'une rencontre qu'on aurait eue avec le ministre.
Mme Montpetit : Parfait, merci. Puis
j'aimerais revenir sur, bon, le début de votre allocution, où vous mentionniez
que vous étiez... bien, peut-être ce n'est pas le bon mot que vous avez
utilisé, mais que c'est quand même assez surprenant ou déplorable qu'on puisse
être surpris, que des gens, au gouvernement, puissent être surpris, justement,
qu'on soit en quatrième vague maintenant. J'entends là que... Bon, vous avez
mentionné que peut-être le gouvernement a fait preuve d'aveuglement volontaire
ou d'excès d'enthousiasme, et ce que...
J'imagine que vous référez à ça, au manque de
préparation aussi qu'il y a eu pour la rentrée scolaire. Parce que c'est quand
même assez farfelu d'avoir des conférences de presse dans lesquelles on n'a pas
eu toute l'information non plus puis qui se sont tenues quand même le lendemain
d'une rentrée scolaire pour des milliers d'étudiants, l'avant-veille pour
d'autres. Est-ce que vous jugez, à ce stade-ci, justement, que le gouvernement
a déployé, un, des mesures assez rapidement
mais surtout des mesures suffisantes pour venir protéger le personnel
scolaire?
M. Mallette (Sylvain) :
Bonne question, Mme la députée. Je vais commencer par répondre en vous disant
que le commentaire ne vise pas seulement le gouvernement, il vise les autorités
de santé publique ou certains groupes, là, qui s'expriment, là, qui... Hier,
entre autres, là, hein, on nous disait combien la quatrième vague était
menaçante, alors que nous, en tout cas, moi, je peux parler pour l'organisation
que je représente, à la mi-juin, j'interpelais le cabinet du ministre de
l'Éducation en disant : Le plan que vous avez annoncé, là, je ne sais pas
si c'est la mi-juin, mais semble-t-il, là, que c'était la mi-juin, le plan de
la rentrée scolaire 2021 ne tient pas suffisamment en compte du variant.
Et j'expliquais...
Vous savez,
moi, je suis juste un prof de centre de services scolaire, mais je suis capable
de lire les informations qui circulent,
où on constatait, à la mi-juin, là, notamment en Israël, dans les pays où les
taux de vaccination atteignent des sommets, que le variant Delta était
en train de déjouer les autorités parce qu'il est plus contagieux, parce qu'il
s'attaque davantage aux enfants. Et malgré que je sois simplement un prof
d'école secondaire, je disais au cabinet : Votre plan ne tient pas compte
de la place du variant puis de la capacité qu'il a de déjouer votre... les
autorités.
Donc, il y aura une
quatrième vague au Québec. On est au mois de juin, puis, écoutez, là, je ne
veux pas jouer à JoJo Savard, là, mais il va y en avoir une, quatrième vague,
au Québec, parce que le Québec n'a pas été capable de ne pas avoir ce que les
autres pays ont eu. Pas parce que le Québec est moins bon, parce que c'est un
virus planétaire. Donc, pourquoi le Québec, lui, serait exempté, là, hein,
serait... il n'aurait pas de quatrième vague? Il y en aura une. Quelle forme
elle prendra? On ne le sait pas encore, mais il y en aura une.
Et donc on nous a répondu : Bien, écoutez,
on s'appuie sur l'avis de la Santé publique. Puis, des fois, la Santé publique
nous dit : Bien, on tient compte de l'avis du gouvernement. Bien encore
faudrait-il qu'on ait accès aux documents sur lesquels s'appuient les autorités
pour prendre des décisions, mais ça, c'est un autre débat.
Donc, l'idée ce n'est pas d'aujourd'hui
dire : Le gouvernement a bien fait ou a mal fait. C'est qu'il y a de
l'information dont on a besoin pour bien en citer les choses. Et ce n'est pas
normal, quand la rentrée 2021... il y ait des réponses qu'elles n'aient
pas été données dès le mois de juin, en tenant compte que le virus peut déjouer
les plans. Mais, sur des questions, par exemple, du port du masque de
procédure, on a demandé que, par souci de précaution, par principe de
précaution... Moi, j'ai dit : Plutôt que d'annoncer qu'il ne sera pas en
place puis d'être obligé de le ramener, ce qui va provoquer du mécontentement
puis va donner l'impression que vous ne savez pas où vous en allez, par
principe de précaution, maintenez-le, gardez... L'idée, là, de régionaliser les
actions puis tenir compte de la situation dans les régions, ça, c'est bien,
parce que ça évite le mur-à-mur, mais arrêtez d'annoncer des choses que... des
mesures que vous retirez, puis, trois semaines après, vous êtes obligés de
les réimposer, donc, parce que ça crée de l'insatisfaction.
Donc, est-ce
que le gouvernement a tout fait? Moi, en tout cas, je peux vous dire qu'on fait
tout pour assurer la sécurité des
membres qu'on représente et de leurs élèves, quitte à se présenter devant les
tribunaux. On l'a fait puis on va continuer
de le faire, parce qu'il y a une gestion qui est échevelée, parce qu'on nous
dit une chose le lundi, le contraire le mercredi, puis on revient à ce qu'on nous avait dit le vendredi, à ce
qu'on nous avait dit le lundi. Puis ça, ça déstabilise le réseau, puis
c'est de ça dont on ne veut plus, malgré le fait que tout ne peut pas être prévu,
on en est conscients.
Mme Montpetit : Merci beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Je vais maintenant céder la parole au député de
Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le
Président. Bonjour, M. Mallette, madame. J'ai 150 secondes à partir
de maintenant, je vais vous demander des réponses courtes. Je sais que ce n'est
pas évident pour un prof d'histoire, mais on va essayer de faire ça comme ça.
Êtes-vous fermés, en principe, à la vaccination obligatoire dans votre milieu?
M. Mallette (Sylvain) :
Aujourd'hui, je ne suis pas en mesure de répondre par l'affirmative ou la
négative.
M. Marissal : Très bien. Il manque
au moins 400 enseignantes dans le réseau, peut-être plus. Ça va être la
valse des remplaçantes dans les écoles. Est-ce qu'on ne craint pas, de votre
côté, qu'il y ait, justement, un va-et-vient dans les écoles, ce qui n'est
peut-être pas la meilleure chose en temps de pandémie?
Mallette (Sylvain) : Bien,
ce n'est pas une bonne chose en temps normal, point, donc imaginez en
pandémie.
M. Marissal : C'est bon, on est bon,
on est bon. Ça va bien. Il y a 54 % des élèves du secondaire, je crois que
c'est au public, à Montréal seulement, seulement 54 % des élèves, donc des
ados, ont une vaccination adéquate. Ils rentrent à l'école là, là. Je le sais,
là, moi, j'en ai trois qui rentrent au secondaire dans trois écoles
différentes, dont la plus petite, qui n'est même pas vaccinée. Ce n'est pas
plutôt là qui est le problème, d'envoyer des élèves comme ça dans les écoles,
alors qu'ils ne sont pas adéquatement vaccinés, ce qui cause quand même un
problème, surtout avec les plus vieux, qui ont vraisemblablement une charge
virale semblable à la vôtre et à la mienne?
M. Mallette (Sylvain) :
Ça ajoute à la complexité, mais ce n'est pas la seule raison qui doit nous
amener, là, à maintenir, ou à mettre en place, ou à adapter les mesures
sanitaires, c'est aussi l'environnement dans lequel ces élèves-là vont
apprendre. Oui, ils peuvent être porteurs davantage, ils peuvent développer les
symptômes du virus, mais c'est aussi les conditions dans lesquelles on les fait
travailler. Donc, quand je suis dans une école ou une classe mal ventilée, mal
aérée, j'ai beau être vacciné, ça ne veut pas dire que je contacterai... je
n'attraperai pas le virus en raison de l'état lamentable dans lequel on te fait
étudier, là.
M. Marissal : C'est parce que vous
avez parlé de gestion échevelée en ce moment. Est-ce que vous croyez qu'on a vraiment
mis en place des protocoles sécuritaires pour envoyer les enfants dans les
écoles, sachant variant Delta, sachant qu'il y a une faible couverture
vaccinale chez certaines populations d'adolescents?
M. Mallette (Sylvain) :
Je vais être très transparent avec vous, là, je vais vous répondre sur... j'ai
l'habitude de répondre ce que je pense, là. En tout cas, on me l'a dit. Moi, je
pense qu'il y a une
partie de l'annonce qui est faite pour permettre au gouvernement
de laisser croire que tout va bien puis, même dans le discours des fois, qui
cherche à nier ou à minimiser les effets, là, des dérapages qu'on observe. Il
faut se poser la question, là. Quand on en est... Quand le ministre de
l'Éducation est rendu à dire que la deuxième dose, le taux de vaccination de la
deuxième dose tient compte des prises de rendez-vous, ce n'est quand même pas
rien, là, comme si le variant...
Président (M. Provençal)
: Je dois vous
interrompre, malheureusement.
M. Marissal :
...c'est 75 %, ce n'est pas pire. Je vous remercie de votre concision.
Le Président (M.
Provençal)
: Alors, la parole est
maintenant au député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Bonjour, M. Mallette. Merci à l'avance de vos réponses courtes également.
Précision, la consultation, la vaste consultation que vous voulez mener avec la
tenue d'instances, quand prévoyez-vous avoir des résultats? Et est-ce que la
question, c'est simplement : Est-ce que vous êtes pour ou contre la
vaccination obligatoire ou est-ce que vous allez aussi vous informer du statut
vaccinal de vos membres?
Mallette (Sylvain) : Donc, rapidement, la consultation a débuté
hier, à midi. En six heures, il y avait déjà plus de 2 200 profs qui
y avaient participé. Donc, on aurait pu donner, là, des conseils à l'entreprise
de marketing qu'a mandaté le ministre de
l'Éducation. Ensuite, la consultation va se terminer mardi. Et, par la suite,
là, en tenant compte, comme je vous le disais, là, de l'analyse
juridique et de santé publique qu'on va présenter, il y aura une instance, là.
Je ne suis pas encore capable, aujourd'hui, de vous dire la date exacte, mais
on veut le faire plus tôt que trop tard. Et sur
les questions... On a réfléchi à poser la question sur le statut vaccinal et,
pour des raisons juridiques, on ne l'a pas fait.
M. Arseneau :
D'accord. Maintenant, est-ce que vous jugez qu'une mesure comme celle-là,
contraignante, pourrait avoir un effet
contre-productif, comme on l'évoquait en santé, chez des... certains de vos
membres qui pourraient décider de déserter ou d'accepter un congé sans
solde s'il lui était imposé?
M. Mallette (Sylvain) : Bien, je pense que oui, il faut évaluer, là. Mais
vous savez, pour répondre correctement à cette question-là, il faudrait
qu'on connaisse le taux exact de vaccination, parce que ça permettrait de mieux
cibler qui n'a pas... non pas de cibler les gens qui n'ont pas été vaccinés
mais de comprendre est-ce que c'est, par exemple, des gens qui ne peuvent pas
être vaccinés, est-ce que... donc, qu'est-ce qui justifie que des gens ne
soient pas vaccinés. Mais évidemment il faut évaluer les effets que pourrait
avoir cette mesure-là sur la prestation de travail, donc le service éducatif
qui pourrait être maintenu ou pas.
M. Arseneau :
D'accord. Qu'est-ce qui vous agace le plus? Est-ce que c'est l'opacité de la
façon de faire? Vous l'avez décrié. Est-ce
que ce sont les mesures sanitaires? Est-ce que c'est le manque de collaboration
ou d'information du ministère, donc le fait qu'il ne soit pas en contact
avec le terrain lorsqu'il est question de la vaccination obligatoire, là? Vous
avez parlé de beaucoup d'éléments qui sont parallèles. Aujourd'hui, là, si on
pouvait améliorer les choses, votre proposition?
Mallette (Sylvain) : Bien, en tout cas, moi, j'ai constaté,
hier, que des représentants syndicaux en santé ont loué la collaboration qu'ils
ont pu nouer avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Écoutez, le
débat, il se tient, alors que le réseau des écoles publiques, ce n'est pas le
réseau de la santé. On n'obéit pas aux mêmes règles, tu sais, on n'a pas les
mêmes missions, on n'accueille pas les mêmes populations puis on vit avec les
effets des choix qui nous ont été parfois imposés en lien avec la gestion de la
crise dans le réseau scolaire.
Le Président (M.
Provençal)
: Merci beaucoup.
Le Président (M.
Provençal)
: À ce moment-ci, je vais céder
la parole à la députée d'Iberville.
Samson : Merci, M. le
Président. M. Mallette, bonjour. Madame... Me Lamarche, bonjour.
M. Mallette, là, si je vous entends bien, vous avez
50 000 membres, il pourrait y en avoir dans ça, si on se fie aux
chiffres, au taux de vaccination dans différents domaines, il pourrait y avoir
entre 5 000 et 10 000 professeurs chez vous qui ne sont pas vaccinés. C'est possible,
c'est un scénario possible. Maintenant... Mais on ne le sait pas, il y en
a combien. Le gouvernement ne le sait pas, le gouvernement est en train de mettre
en place sa campagne de marketing et il cherche le sondage qui va justifier sa
campagne marketing. Et on ne sait toujours pas quel est l'état de l'air, la
qualité de l'air dans les classes, dans les écoles du Québec aujourd'hui.
Est-ce que vous le savez, vous, comment c'est avancé, l'état de l'aération puis
la ventilation dans les classes?
Mallette (Sylvain) : Bien, ce qu'on sait, c'est que le
gouvernement, le ministre de l'Éducation s'est appuyé sur des données tronquées
pour prétendre, là, que la qualité de l'air était satisfaisante dans une grande
majorité des classes du Québec. Puis on sait que les détecteurs de CO 2
ne seront pas installés partout au Québec avant le mois de décembre, alors
qu'on nous avait dit, au printemps, que la situation serait réglée à la
rentrée. Puis je veux juste rappeler aux gens, là, que la rentrée, au Québec,
ça ne va pas jusqu'au mois de décembre, ça va normalement jusqu'à la fin du
mois de septembre. En tout cas, j'ai 32 ans de pratique dans la
profession, là, je n'ai jamais appris, moi, que le mois de décembre, c'était la
fin de la rentrée scolaire.
Mme Samson :
Non. Et donc... Mais on ne sait pas quel est l'état de situation en ce qui
concerne la qualité de l'air dans les
écoles, donc... Et on s'entend, M. Mallette, que de vacciner seulement les
professeurs, les enseignants dans le système d'éducation, ce serait
comme de dire : Dans le système de la santé, on va vacciner juste les
médecins spécialistes. Ça ne réglera pas le problème. C'est... J'ai bien compris
ce que vous avez voulu nous signifier?
M. Mallette (Sylvain) :
Ça peut contribuer à un faux sentiment de sécurité.
Mme Samson : O.K. Donc, il serait...
Le Président (M. Provençal)
: Vous m'excuserez, Mme la députée.
Mme Samson : Ça va. Merci, M. le
Président.
Président (M. Provençal)
Alors, je remercie M. Mallette et Me Lamarche de leur contribution à
nos travaux.
Je suspends
les travaux pour permettre d'accueillir le prochain groupe. Merci beaucoup,
merci de votre collaboration.
(Suspension de la séance à 9 h 24)
Le Président (M. Provençal)
: Je souhaite la bienvenue aux représentants de la Centrale
des syndicats du Québec. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes
pour votre exposé, après quoi nous procéderons à la période d'échange avec les
membres de la commission. Je vous invite à vous présenter et à débuter votre
exposé. Je vous cède la parole.
M. Gingras (Éric) : Merci, M.
le Président de la commission, Monsieur, Madame les députés. Donc, Éric
Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec. Et je suis
accompagné par Mme Nathalie Léger, directrice du service de l'action
professionnelle et sociale de la CSQ. La CSQ est heureuse de participer à cette
consultation publique sur un enjeu aussi important et qui préoccupe l'ensemble
de ses 200 000 membres de toutes les régions du Québec.
À noter que notre participation, bien sûr,
l'avis sera pour la santé aussi parce que nous représentons des membres de la
santé à la FSQ, bien sûr, pour l'éducation, notamment au niveau de la FSE qui
est la plus grande... la plus nombreuse au niveau de la représentation des
enseignantes et des enseignants à travers le Québec, bien sûr, le personnel de
soutien, professionnel, personnel des écoles privées et aussi la petite-enfance
au niveau de la FIPEQ, l'enseignement supérieur, tant enseignants
professionnels que du personnel de soutien. Donc, l'ensemble des réseaux sera
visé par notre avis.
La vaccination obligatoire est un sujet complexe
qui suscite de nombreuses préoccupations fort légitimes de la part de nos
membres, mais également de toute la population du Québec. À ce titre, nous
apprécions que le gouvernement ait décidé de mener ces consultations. D'entrée
de jeu, rappelons que la CSQ et ses affiliés ne se sont jamais opposés à la
vaccination visant à lutter contre la COVID-19 et ses variants, bien au
contraire. Depuis le début de la crise, la CSQ et ses membres ne cessent de
réclamer des mesures de prévention et de protection visant à protéger
l'ensemble de leurs membres, mais également toute la population du Québec. Et
nos 200 000 membres ont également des familles et des proches à
protéger.
Bien qu'aucune donnée officielle sur la
couverture vaccinale, mis à part un sondage apparu par hasard ce matin, ne soit
seulement disponible pour le secteur le l'éducation et de la petite-enfance,
les taux d'adhésion sur la vaccination dans ces secteurs sont très élevés.
Au-delà des statistiques de la vaccination, on doit avoir un avertissement
sérieux face à la COVID. L'ennemi invisible met en lumière l'importance de nos
services publics et de la collaboration de tous les joueurs, de tous les
acteurs pour mener cette bataille. Et nous y reviendrons.
Pour sa très grande représentativité et sa vaste
présence sur le terrain, la CSQ est à même de soulever de nombreuses questions
en lien avec la mise en place d'une éventuelle vaccination obligatoire et
défendre les droits fondamentaux aussi, car c'est notre obligation, des membres
qui constituent le coeur de notre mandat.
Mme Léger
(Nathalie) : En fait, il est important de rappeler que la
vaccination obligatoire soulève plusieurs questionnements sur les conséquences
juridiques et contractuelles que pourraient subir bon nombre de salariés. Elle
suscite aussi des questionnements importants, qui ont déjà d'ailleurs été
soulevés par d'autres intervenants, en lien avec l'allègement des mesures de
prévention et de contrôle des infections qu'on voit actuellement dans certains
milieux de travail, certains milieux d'intervention.
Il faut aussi rappeler que le décret qui est actuellement
en vigueur dans le réseau de la santé prévoit déjà un mécanisme avec différents
paliers permettant d'atteindre l'objectif recherché par le gouvernement, qui
est d'inciter volontairement un maximum de membres du personnel à se faire
vacciner. Aussi, il faut rappeler qu'avec des taux de vaccination qui dépassent
de loin ceux du reste de la population, il revient au gouvernement en fait de
nous fournir les données nécessaires afin d'évaluer et
d'expliquer pourquoi il serait essentiel d'aller plus loin et de rendre la
vaccination obligatoire. Il faut aussi rappeler que toute mesure disciplinaire
ou administrative qui serait imposée aux personnes salariées aurait... ne se
limiterait pas à un seul individu et pourrait avoir un impact important,
notamment, sur la charge de travail pour les autres.
L'état d'urgence sanitaire qui a été décrété le
13 mars permet la vaccination obligatoire dans certains contextes, mais il
faut rappeler que ce pouvoir n'a jamais été exercé dans le Québec contemporain.
Il est aussi vrai qu'aucun droit n'est absolu dans le système juridique québécois,
mais il faut quand même rappeler que le droit à la vie, à l'inviolabilité de la
personne, à la liberté et à la sécurité sont des principes fondamentaux que
nous allons défendre pour nos membres. Le gouvernement va avoir l'obligation de
démontrer qu'une atteinte de cette nature-là se justifie vu les circonstances,
mais va devoir également démontrer qu'il s'agit de l'atteinte minimale.
M. Gingras (Éric) : On va se le
dire, il n'existe pas de solution unique pour contrer la pandémie, et les
solutions, si elles sont drastiques, peuvent avoir des impacts, et c'est ce que
nous soulevons comme question, notamment au niveau de la pénurie. Écoutez,
lorsqu'on parle de pénurie, qui est présentement très bien identifiée dans l'ensemble des réseaux qu'on représente, si
par exemple on prend le milieu de l'enseignement, des enseignantes, des
enseignants, si 1 % décidaient de quitter le réseau, avec une proportion
d'à peu près 100 000, 110 000 à travers le Québec, il s'agit à peu
près de 1 000 enseignantes, enseignants qui quitteraient le réseau,
est-ce que le réseau peut se le permettre? Et la question se pose aussi pour
les services de garde, éducatrices, éducateurs, mais aussi, bien sûr, le réseau
de la petite enfance où, on sait, il manque énormément de places.
La vaccination
soulève des préoccupations légitimes pour certaines personnes, voire des
inquiétudes auxquelles les responsables de la santé publique doivent
répondre. À ce titre, l'INSPQ nous disait récemment, dans un de ses rapports,
qu'il n'existe pas de relation linéaire simple entre la coercition associée à
une politique et son impact sur le taux de vaccination. Le fait de l'obliger
pourrait même s'avérer contre-productif en favorisant un climat de méfiance
propice à la polarisation du discours sur la vaccination. Et lorsqu'on parle de
relation linéaire simple, on sait que nos réseaux sont tout sauf simples
lorsque vient le temps d'appliquer les mesures.
Il faut aussi maintenir les mesures de
prévention collectives. Jusqu'à maintenant, le déploiement des mesures de
prévention et de contrôle a permis d'améliorer substantiellement les mesures de
santé et de sécurité au travail. Ces mesures sont recommandées en fonction des
données scientifiques, elles sont donc ajustées régulièrement selon l'évolution... rapide, pardon, des nouvelles
connaissances. Et dans un contexte d'incertitude, le vaccin est-il
réellement la panacée? La question se pose.
L'établissement et le respect de règle de
prévention cohérentes devraient être maintenus en tout temps, et ce, peu
importe les modalités vaccinales mises en place. Et ça, on a vu de bons
exemples là-dessus.
C'est un non, aussi, au niveau du transfert des
responsabilités. On ne peut pas simplement transférer toutes les
responsabilités à la seule vaccination du personnel sans pour autant réfléchir
à tout ce qui doit être fait autour. De belles... Il y a eu des incohérences,
notamment avec la levée de certaines mesures au niveau de la santé, ne
serait-ce qu'au début du mois de mai. Et qu'en est-il des valses-hésitations,
lors de la rentrée scolaire, quant aux mesures à prendre, de prévention?
En conclusion, la vaccination obligatoire est
une mesure exceptionnelle qui ne peut se prendre sans avoir en main toutes les données pour en justifier
l'imposition. Or, nous constatons malheureusement que non seulement
plusieurs des réponses aux questions légitimes que nos membres et que
nous-mêmes soulevons sont manquantes, mais qu'en plus certaines des mesures mises de l'avant dans les décrets sont
incohérentes avec l'objectif gouvernemental énoncé.
Même si plusieurs de nos membres sont en faveur
d'une large couverture vaccinale, tout comme notre organisation, nous
souhaitons que le présent avis permette au gouvernement d'être avisé des
nombreuses zones d'ombre qui demeurent et qui devront être éclairées avant
d'agir. Ce que nous souhaitons, ultimement, c'est que les mesures les mieux à
même de protéger à la fois les droits de nos membres ainsi que la santé de la
population soient rapidement mises en place et avoir, bien sûr, toutes les données
nous permettant d'analyser la situation.
Président (M. Provençal)
Merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons débuter cette
période d'échange avec la députée de Soulanges.
Mme Picard : Merci beaucoup, M. le Président. Merci, M. Gingras et
Mme Léger, d'être parmi nous aujourd'hui. Vous contribuez très
sûrement à nos travaux afin de faire une meilleure lumière, j'en suis
persuadée. J'ai plusieurs questions. En fait, est-ce que vous avez interpelé
vos membres directement sur la vaccination obligatoire, tant au niveau du
personnel de la santé que de vos autres professionnels? Et est-ce que vous êtes
en mesure de nous dire la couverture vaccinale actuelle de vos membres?
M. Gingras (Éric) : Bonjour,
Mme la députée. Merci de votre question. Écoutez, concernant interpeler nos
membres, depuis le mois de janvier dernier, nous avons interpelé à plusieurs
reprises le gouvernement pour faire
partie des groupes prioritaires lors de la
vaccination. Nos membres étaient enthousiastes à l'idée de se faire vacciner
et, bien sûr, on pense que ça s'est traduit par beaucoup, beaucoup, beaucoup de
vaccinations.
Alors, maintenant, sont-ils pour ou contre
l'obligation de la vaccination? Peut-être que oui, on ne l'a pas fait. Mais peu
importe leur décision, la centrale a quand même des obligations, puis je pense
que Mme Léger a été très claire là-dessus. Alors, peu importe si on est
pour ou contre la vaccination, il faut être en mesure de se poser les bonnes
questions. Et en même temps, on peut être pour la vaccination obligatoire mais
aussi, après ça, se questionner sur l'impact de celle-ci
sur le réseau. Et ça, c'est notre travail, c'est notre travail de vous poser
ces questions-là et de vous amener à réfléchir là-dessus.
Parce qu'on peut penser à une obligation de
vaccination, mais après ça, lorsqu'on réfléchit sur ce que ça impliquerait sur
la pénurie, sur le réseau, le réseau et les réseaux déjà fragilisés, que ça
soit dans la santé, la petite enfance ou en éducation, notamment, le personnel enseignant,
bien, après ça, on peut avoir cette réflexion-là. Mais, oui, effectivement, la
vaccination doit être la plus importante possible.
Et concernant cette couverture-là, sur les
chiffres, bien, mis à part, bien sûr, le sondage qu'on a vu ce matin, réalisé par le gouvernement, bien, on sait que,
malheureusement, le gouvernement, depuis le début de la vaccination,
s'est attardé pour la santé, et ça, je pense
que les chiffres ont été abondamment mentionnés hier, et ce sont les mêmes du
côté de la CSQ, mais malheureusement, on n'a
pas, à ce moment-là, pris le temps de questionner sur le réseau de
l'éducation. Et, par sondage, la question se pose, si c'est la bonne façon de
le faire. Donc, nous n'avons pas ces données-là.
Mme Picard : Merci beaucoup. Je
vais passer la période à...
Le Président (M. Provençal)
: À Mme la députée de Repentigny.
Mme Lavallée : Merci de votre
présence ici. On est tous conscients qu'actuellement on est dans un cadre...
dans une pandémie mondiale et que les solutions qu'on doit trouver vont au-delà
de ce qu'on serait tentés de prendre dans un contexte normal. Donc, on est dans
un contexte anormal.
Là, je comprends que vous n'avez pas
nécessairement les chiffres au... Vous n'avez pas sondé vos membres pour savoir
quel est le pourcentage de vos membres qui est vacciné et non vacciné, mais si,
dans ce qui est sorti publiquement, 80 %, à peu près, de la population a
une première dose et 76 % a deux doses, on peut présumer que, parmi vos
membres, on est dans les mêmes pourcentages puisque vos membres font
partie de
cette population-là.
Actuellement, il y a aussi des inconforts, parce
que vous avez parlé de la fragilisation des réseaux, mais il y a des inconforts
parmi les gens vaccinés d'avoir à côtoyer des gens qui ne veulent pas être
vaccinés. Comment, vous, vous vivez ça, sachant qu'une grosse
partie de vos
membres sont vaccinés et qu'ils doivent travailler avec des membres qui ne le
sont pas et qui peuvent propager cette COVID là dont on doit vivre avec, là?
M. Gingras
(Éric) : Bien, écoutez, vous
avez... Dans votre question, vous semblez avoir beaucoup de certitudes.
De notre côté, on les a un peu moins. Lorsqu'on compare l'ensemble de nos
membres à la population, ça reste que nos membres, je l'ai mentionné dès le
départ, voulaient, parce qu'ils sont en première ligne, se faire vacciner.
Donc, de simplement dire que c'est peut-être le même chiffre que dans la
population, je mets un bémol. Lorsqu'on questionne, lorsqu'on regarde, bon, il
semble qu'il y ait un haut taux de vaccination, mais, en même temps, est-ce que
ça revient au syndicat, à la Centrale des syndicats du Québec de faire le
travail qui, selon nous, n'a pas été fait par le gouvernement, à savoir, suivre
ce genre de statistique là, plutôt qu'après ça arriver avec des solutions?
Et je pense que vous l'avez dit clairement, en
période de pandémie, en période importante où on doit faire plusieurs gestes
complexes, ce n'est peut-être pas avec une solution qui semble simple, comme la
vaccination, qui va tout régler, mais bien un ensemble et un panier d'outils
pour nous permettre de passer au travers.
Vous avez parlé de propagation aussi. Il faut
faire attention. On sait que d'être vacciné, ça a été démontré, n'arrête pas la
propagation. Alors, il faut faire attention, je pense, de tout mettre dans le
panier de la vaccination. Et d'où nos questions, à savoir quelles seront les
mesures qui vont être maintenues parce qu'on l'a très bien vu dans le milieu de
la santé et qu'on ne veut pas que ça se produise dans l'éducation, dans nos
écoles, dans nos centres pour le personnel enseignant, le personnel
professionnel et le personnel de soutien, on ne veut pas que d'un côté on parle
d'allègement de mesures, mais d'un autre
côté une vaccination obligatoire. Pour nous, les deux ne vont pas
ensemble.
Donc, il faut un panier de mesures, et il faut
surtout garder une adhésion, et chez nos membres, et la population parce que,
la pandémie, il semble qu'elle n'est pas sur le point de terminer. Donc, il
faut que tout le monde aille dans une même direction, et non pas penser qu'une
mesure va venir tout régler. Et donc, à ce moment-là, on pense que c'est
beaucoup plus complexe que ça. D'où nos nombreuses questions aujourd'hui.
Mme Lavallée : Ici, les scientifiques
s'entendent pour dire que plus les gens vont être vaccinés, plus on a de
chances de se sortir de cette situation-là. Quelle est votre position à ce
moment-là? Est-ce que vous êtes prêt à être solidaire avec cette position-là
pour dire : Bien, là, on fait un effort ensemble pour qu'on s'en sorte?
Parce que j'imagine que vous comme syndicat, mais que vos membres aussi ont
hâte, tout comme l'ensemble de la population, de se sortir de cette
pandémie-là.
M. Gingras (Éric) :
Effectivement. Et comme on l'a fait depuis le début, depuis le mois de janvier,
on a invité nos membres et même toute la population à se faire vacciner. La
question d'aujourd'hui, c'était sur l'obligation dans un contexte où peut-être
qu'on parle d'une poignée de personnes ou peut-être que... Et en ça, ça a été démontré, où le fait de n'être pas vacciné
n'est pas nécessairement une décision de ne pas l'être, mais pour x
raisons, raison de santé ou autre, et ça, ce qu'on demande, c'est est-ce qu'il
y a des chiffres là-dessus? Est-ce que c'est un faux problème?
Donc,
à ce moment-là, je pense que les questions se posent. Et dans un contexte,
notamment, où nos collègues notamment du primaire dans le réseau
scolaire qui vont probablement aller vers la vaccination, dans un contexte où
les enfants de moins de 12 ans ne sont pas vaccinés. Alors, oui,
effectivement, nos collègues sont au jeu, veulent le faire.
Et on pose la question : Est-ce un faux problème? On n'a pas les chiffres.
Mais une chose est sûre, c'est que l'enthousiasme est là. Et on a invité à tout
moment, et encore aujourd'hui, nos collègues à se faire vacciner parce que
c'est un des moyens pour arriver, là, à quelque chose qui va nous permettre de
conserver nos services et notre réseau correctement et qui fait un excellent travail.
Mme Lavallée :
Merci beaucoup.
Le Président
(M. Provençal)
: M.
le député de Chauveau.
M. Lévesque
(Chauveau) : Oui. Merci, M. le Président. M. Gingras,
Mme Léger, merci beaucoup de votre présence. Encore une fois, merci aussi
de faire la promotion de la vaccination. Je pense qu'il y a beaucoup d'efforts
qui ont été déployés sur le plan éducatif, sur le plan, bien sûr, de la sensibilisation.
Ça demeure que cet effort-là, on ne peut pas l'oublier, on ne peut pas le nier,
ça a été fait, ça a été efficace. On a des résultats extraordinaires un peu
partout au Québec, et vous en êtes certainement des éléments qui ont facilité
ça, puis je vous en félicite.
Maintenant, vous
représentez... Parce que, c'est intéressant, ce matin, vous nous le dites clairement :
On représente des gens autant de la santé, de l'éducation, CPE et probablement beaucoup
plus large que ça. Mais parlons de ces trois réseaux-là. Est-ce que, de votre
côté, sur l'aspect de la vaccination obligatoire, vous établissez des nuances
entre les trois réseaux? Est-ce que, pour vous, c'est la même position pour les
trois ou vous êtes capables de dire : Écoutez, là, il y a... Ce n'est pas
des réseaux identiques, là, ce n'est pas les mêmes contextes, là. On a écouté, tout
à l'heure, la FAE nous parler. Ils nous ont amené des nuances. De votre côté,
là, voyez-vous...
Surtout, ça m'a donné
l'image aussi de l'histoire, hier, de l'hôpital Lakeshore, là, où il y a une
infirmière qui a contaminé, là... C'est ce qu'ils disent dans les médias, là.
Je vais me fier à ce que j'ai lu, tu sais. Je dis ça avec prudence, quand même,
mais cet élément-là m'a quand même frappé hier, là. Est-ce que vous établissez
des nuances entre l'aspect de la santé et des deux autres réseaux dont on parle
ce matin?
M. Gingras
(Éric) : Je vous dirais qu'au niveau de la Centrale des syndicats du
Québec, que ce soit pour le réseau de la santé, avec nos collègues de la FSQ,
ou bien nos collègues enseignants, professionnels, personnels de soutien, ou
même le réseau de la FEC lui-même, je ne l'ai pas mentionné, mais il y aura
d'autres interventions un peu plus tard
concernant aussi l'enseignement supérieur, parce que vous avez mentionné
d'autres réseaux, là, bien qu'on sente qu'il y a de la réticence encore
à ce niveau-là, là, auprès de plusieurs intervenants, mais eux aussi on les représente. Non, il n'y a pas de distinction,
parce que les campagnes actuelles fonctionnent, et ça n'arrête pas
d'augmenter.
Et la question qu'il
faut se poser : Est-ce qu'on tente, à ce moment-là, d'arriver avec quelque
chose de tout simple, alors que les problèmes et les mesures ont besoin d'être
pointus en fonction des différents enjeux, des différents endroits, des
différentes régions, des différents taux, et inciter tout le monde à y aller?
Parce qu'il faut se
le dire, là, nous, notre intérêt, c'est de protéger nos membres, bien sûr,
protéger aussi la population, protéger nos réseaux dans un contexte aussi où
c'est important de se dire qu'il y aura, les prochains mois, autre chose. On ne
le sait pas. Il faut garder tout ce monde-là axé vers mettre l'épaule à la
roue. Et ce n'est pas le temps de mettre du monde de côté. C'est dans ce
sens-là qu'on questionne sur : Est-ce la façon d'y arriver? Parce que vous
dites : Il faut faire ça ensemble. Et du côté de la CSQ on ne veut pas
mettre personne de côté. On ne veut pas mettre d'enseignants de côté, parce
qu'on ne peut pas se le permettre. On ne veut pas mettre d'éducateurs,
d'éducatrices de côté. On ne veut pas mettre non plus du personnel
professionnel, du personnel, notamment, dans nos intervenants de la petite
enfance, ni même dans l'enseignement supérieur.
M. Lévesque
(Chauveau) : Mais, quand on est... Un petit peu l'avocat du diable, là.
Quand il y en a huit ou neuf sur 10 qui poussent dans le même sens puis qu'il y
en a un qui ne pousse pas dans le même sens que les autres, la phrase que...
Les syndicats ont souvent poussé la solidarité, là. C'est une expression qui
est forte au niveau syndical, puis c'est bien correct, là. Mais, quand il y a
un membre, par exemple, qui ne pousse pas dans le même sens que les autres puis
qui pourrait mettre à risque peut-être des collègues, vous l'avez dit, le
vaccin n'empêche pas 100 % la transmission, peut mettre à risque parfois
certains usagers des réseaux, des différents réseaux, peut mettre à risque
d'autres membres de son équipe — je me fais l'avocat du diable, encore une
fois, là — vous
ne pensez pas que, ça, c'est un manque de solidarité envers les huit ou neuf
autres, puis peut-être même 9,3, 9,4 dans votre cas, je ne le sais pas?
Qu'est-ce que vous en pensez, de ça?
M. Gingras
(Éric) : Bien, premièrement, il a peut-être des raisons aussi, hein?
Quand vous parlez du collègue, du 10e collègue, il a peut-être des
raisons, des raisons de santé, etc. Alors, il faut faire attention à ça, parce
qu'on a vu, là, lors de la dernière rentrée scolaire, il y a un an, il n'y
avait pas de vaccin, il fallait retirer des personnes pour des raisons de
santé, on a eu beaucoup de batailles à mener pour que telle ou telle maladie
apparaisse dans la liste. Et là, il y a cette crainte-là qu'on aurait une liste
de personnes que c'est correct que ce n'est pas vacciné à cause de raisons de
santé, mais après ça avoir des billets médicaux d'autres médecins qui
diraient : Bien, à cause de conditions x, y, z... On ne veut pas se rendre
là. Vous parlez à un prof du primaire. Et vous savez, comme prof, on ne met pas
de personnes de côté. Ce qu'on fait, c'est qu'on les prend par la main puis on
les amène, on les éduque. Et nous, on pense que c'est beaucoup plus par là que
d'y aller avec une coercition qu'on pourra amener tout le monde. Puis ça,
malheureusement, mon côté prof du primaire va ressortir beaucoup sur cette
question-là, M. le député.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Dubuc.
M. Tremblay (Dubuc) :
Oui. Merci, M. le Président. Bonjour. Bonjour, M. Gingras. Bonjour,
Mme Léger. Bravo pour l'engagement. Dites-moi, sans nécessairement vouloir
comparer, on a eu tout à l'heure la FAE, qui ont fait allusion à une démarche
de consultation qui aura débuté hier, à midi. Ils ont réussi à obtenir
2 200 quelques résultats de données. On peut comprendre qu'il y a
beaucoup... Vous soulevez qu'il y a beaucoup de questions sans réponses, vous
faites allusion à des zones d'ombre, qu'il manque beaucoup de données pour
arriver à des conditions gagnantes. Je me pose la question, puis la députée de Repentigny
l'a soulevé aussi, vous avez 200 000 membres : Est-ce qu'il ne pourrait pas être une option
valable, justement, pour arriver à un portrait plus précis de votre
regroupement, d'y aller, peut-être, rapidement, par un processus quelconque de
consultation? Est-ce que vous l'envisagez?
M. Gingras (Éric) : Écoutez,
c'est correct que vous me posiez la question, mais sachez que peu importe le
résultat. Et bien honnêtement, même si nos membres sont favorables à la
vaccination obligatoire, est-ce que ça va enlever nos obligations de
représenter tous les membres? La réponse, c'est non. Est-ce que nos membres
sont derrière la vaccination? 100 %. Bon, peut-être, on va s'enlever
1 % ou 2 %. Mais la question n'est pas là. La question est de savoir,
pour nous, est-ce que ça pourrait avoir un effet pervers sur le réseau, d'y
aller avec une vaccination obligatoire. C'est ça, l'enjeu. Même si je
questionne les membres à savoir : Êtes-vous pour ou contre? La question,
c'est : Qu'est-ce que ça va donner dans le réseau, dans les réseaux déjà
fragilisés? Quels effets pervers...
Le Président (M. Provençal)
: M. Gingras, je suis obligé de vous interrompre pour
céder la parole à la députée de Maurice-Richard. Merci
beaucoup, très intéressants comme réponse et comme échange. Mme la députée.
Mme Montpetit : Je vous
remercie, M. le Président. Bonjour, M. Gingras. Bonjour,
Mme Léger. Merci de prendre le temps d'être avec nous dans le cadre de ces
consultations. C'est fortement apprécié sachant surtout, dans votre cas, effectivement,
le nombre de membres que vous représentez dans la société. Donc, c'est bien
important de vous entendre sur toutes ces questions-là. Vous l'avez mentionné
d'entrée de jeu, c'est une question délicate et sensible, la question de la
vaccination obligatoire, mais force est de faire cette discussion-là dans le
contexte qu'on connaît tout de cette pandémie qui se continue et de cette
quatrième vague qui, déjà, est débutée et qui amène son lot de préoccupations
sur ce qui pourrait arriver par la suite, notamment dans des milieux tels que
les écoles, qui ont été le deuxième secteur où il y avait le plus d'éclosions
au printemps. Et là, on pourrait s'attendre à une dynamique qui... où ça
pourrait devenir, peut-être, le premier secteur, vu la quantité de nos
tout-petits qui ne sont pas encore vaccinés.
Ma première question, d'entrée de jeu, avant
qu'on se lance dans l'échange, est-ce que vous avez été consultés par le gouvernement
sur cette question-là de vaccination obligatoire?
M. Gingras (Éric) : Non. Nous
n'avons pas été consultés. On a été questionnés dans un échange, mais nous
avons même... Parce qu'on sait que, quelque part, là, fin juillet, début août,
les rumeurs d'obligation ont commencé à fuser. Et nous avons été questionnés
lors d'une rencontre à savoir est-ce que c'était dans les plans. Et à ce
moment-là c'était du côté de l'éducation, dans une rencontre. Et on nous a dit
que non, ça ne l'était pas. Pas pour l'instant, bien sûr, parce qu'on comprend
que, pendant cette pandémie, il n'y a pas de réponse définitive. C'est ce qu'on
comprend depuis le début. Mais à ce moment-là, c'est ce qu'on nous a dit.
Et après ça, bien là, les portes se sont
entrouvertes au fur et à mesure que les semaines ont passé. Et on a quand même
été surpris aussi de voir que, pour la santé, dans un premier temps, parce que,
ça, nos collègues de la santé, qu'ils soient infirmières, bien sûr, infirmières
auxiliaires ou inhalothérapeutes, nous ont interpelés là-dessus, mais, après
ça, on a vu qu'on a pris une courbe vers l'ensemble des réseaux, l'éducation,
vous l'avez nommée, pas juste les enseignantes, les enseignants qu'on représente
en majorité, mais aussi les professionnels et le personnel de soutien, mais
même la petite-enfance et... Donc, ça, ça a été nouveau, là. Puis je dois vous
dire qu'on a été, bien sûr, interpelés par rapport à ça.
Mme Montpetit : Parfait. Je
vous remercie. C'est très clair. Est-ce que... Puis je voudrais vous entendre aussi sur toute la question qui nous occupe, justement,
du fait qu'on n'a pas d'information sur les taux de vaccination,
justement, dans vos secteurs respectifs. Puis j'irais en deux temps sur ma
question, en fait, en ce sens que j'entends beaucoup la
partie gouvernementale
vous demander si vous êtes allé chercher des informations sur ces données-là
auprès de vos membres. Est-ce que ce n'est pas un peu curieux, justement, que
ça ne soit pas la responsabilité du gouvernement
d'avoir pris en charge, de s'assurer d'avoir ces données-là pour pouvoir se gouverner
et prendre les décisions qui s'imposent? Parce que, là, c'est vrai que,
sans avoir les données, ça rend... C'est un peu plus nébuleux, en fait, là.
M. Gingras
(Éric) : Bien, merci beaucoup d'amener cette question-là parce
qu'effectivement on est interpelés un peu de toutes parts en nous
mettant au centre, en disant que... Les connaissez-vous, ces chiffres-là? Je
l'ai dit d'entrée de jeu, je vais le répéter. Pour nous, je pense que le
gouvernement aurait dû, là, dès le début, être en mesure, connaissant les
réseaux, et depuis le début, peut-être, qu'aussi on ne reconnaît pas que le
personnel qu'il y a dans nos écoles, notamment, sont réellement en première
ligne. On l'a vu, là, dès le début de la pandémie, qu'on a beaucoup joué sur les
mots, là, qui étaient des anges gardiens, qui n'en étaient pas. Donc, ça... Et
c'est peut-être questionnant, mais effectivement très malheureux de ne pas
avoir ces chiffres-là dans un contexte aussi où ça nous permettrait de savoir de ce qui se passe. Et nous avons
questionné, à savoir si le gouvernement avait des chiffres. Et
malheureusement on nous avait dit que ces chiffres-là n'étaient pas connus. Et
là on comprend que, bon, avec sondage, etc... Donc, on verra la suite des
choses.
Mme Montpetit :
Avec ce qui vous a été donné dans les échanges que vous avez eus, justement,
que ce soit avec le ministère de l'Éducation ou avec d'autres membres du
gouvernement, qu'est-ce qui vous a été donné comme information sur la collecte
de données? Puis j'ai posé la même question au groupe qui était là avant vous,
le ministre de l'Éducation, mardi, dans sa... quand il s'est fait poser la
question, justement, sur les taux de vaccination, il a affirmé avec beaucoup d'enthousiasme qu'il y avait une collecte de données
qui était en train d'être faite, justement, pour pouvoir mesurer ces
taux de vaccination. Est-ce qu'à votre connaissance... Parce qu'en tout cas il
pourra y répondre, lui, de son côté. J'ose espérer que, quand il parlait de
collecte de données, il n'était pas en train de faire référence au sondage qui
est sorti ce matin, là, qui peut, bon, à la limite, donner un éclairage. Bien,
ça demeure un sondage, là, donc ce n'est pas ce que j'appelle une collecte de
données rigoureuses pour prendre des décisions, pour pouvoir voir localement,
régionalement si... comment on doit se gouverner là-dessus. Est-ce qu'à votre
connaissance il y a une collecte de données qui est faite présentement chez vos
membres?
M. Gingras (Éric) : Non. Je
n'ai pas... On ne m'a pas informé de ça. Et d'autant plus que le sondage dont
vous... auquel vous faites référence, c'est un sondage pour les enseignantes,
pour les enseignants, 500. On ne sait pas, effectivement, quelles régions. Il
ne faut pas oublier non plus que, dans le réseau de l'éducation, il y a des professionnels,
il y a du personnel de soutien, hein, c'est à peu près moitié-moitié, moitié enseignants,
moitié autre personnel, qui oeuvrent, qui sont en contact, et tout ça. Donc, ça
va prendre quelque chose de beaucoup plus exhaustif que simplement un sondage
avec 500 profs. Mais je rappelle quand même, mais je rappelle, je me
permets quand même de rappeler que probablement que les chiffres sont très
bons, là, parce que le personnel était très, très enthousiaste à se faire vacciner.
Et ils savent que c'est un des éléments pour être en mesure de passer au
travers, d'avoir une certaine sécurité sans qu'on oublie le... sans oublier le
reste. Et c'est là qu'arrive l'ensemble de nos questions, bien qu'on sait que
certains aimeraient ça qu'on se positionne plus de façon binaire, mais c'est
beaucoup plus complexe que ça, et nos réseaux sont beaucoup plus complexes que
Mme Montpetit : Parfait. Vous
avez mentionné aussi dans votre introduction, mais vous êtes revenu aussi en
répondant à certaine question, que la vaccination, puis vous faites bien de le
mentionner, là, c'est une mesure parmi un panier de mesures de protection. Est-ce
qu'à ce stade-ci, là, aujourd'hui, tu sais, vous considérez qu'il y a des...
que les mesures en place sont suffisantes, si on exclut la vaccination, parce
que vous avez raison que c'est un tout. Est-ce que vous avez vu du relâchement
sur certaines mesures? Est-ce qu'il y a des mesures qui ne sont pas encore en
place, qui devraient l'être? Est-ce que vous considérez que tout ce qui est en
place présentement est sécuritaire pour vos membres, pour les milieux dans
lesquels vos membres évoluent?
M. Gingras (Éric) : Bien,
écoutez, du côté de la santé, on l'a dit dans la présentation, là, il y a eu
des allègements, et là on parle de vaccination. Il y a quelque chose là à
regarder, au même
titre qu'on peut se questionner au niveau de la santé, à
savoir, pendant plusieurs mois on a fait appel au fameux test de dépistage pour
ceux qui ne s'étaient pas fait vacciner, et là non plus, on n'a pas de
résultats. Là aussi, il nous manque des données, c'est tout ça que ça veut dire
dans notre question sur le manque de données, qui dépasse une simple
consultation de nos membres sur oui ou non, pour la consultation. Et donc quand
vient le temps de parler notamment du réseau scolaire, à ce moment-là, bien,
c'est certain qu'on aurait aimé ça avoir les informations sur les mesures plus
rapidement qu'à quelques jours de la rentrée. Mais en même temps, on sait aussi
qu'il faut un équilibre entre les mesures et permettre aux jeunes, au
personnel, d'avoir un milieu de vie qui a du sens, où on est capables
d'éduquer, socialiser, enseigner. Puis ça, c'est important. Donc, c'est un peu
toutes ces questions-là qui nous amènent à nous rappeler qu'il n'y a pas une
mesure qui permette de régler toutes les situations.
Mme Montpetit : Parfait. Bien,
je vous remercie beaucoup, mais c'est... je pense que c'est important que vous
le mentionniez, parce qu'il ne faut pas perdre de vue, à travers ce débat-là
sur la vaccination, sur la vaccination obligatoire, puis vous connaissez la
position de ma formation politique à ce niveau-là de toute façon, mais je pense
que vous avez raison que ça ne doit pas, dans le fond, enlever non plus le
focus sur l'ensemble des mesures qui doivent être mises en place, puis vous
l'avez bien mentionné, ça vient tout juste de commencer. Parce qu'ici je me
concentre sur la question... la portion-école, la rentrée scolaire. Les experts
nous le disent, à quel point ça va devenir des milieux d'éclosion, tu sais, qui
sont... Tout est là, dans le fond, pour favoriser des éclosions. Et les
mesures, que ce soit au niveau de la ventilation et autres, là, ne sont pas
encore au rendez-vous.
Je pense que le gouvernement ne doit pas se
substituer, dans le fond, à mettre le pied sur l'accélérateur. Ça aurait dû
être fait. Là, on ne reviendra pas sur toutes ces discussions-là dans le cadre
de notre échange, mais ça aurait dû être fait durant l'été. À tout le moins,
là, on se serait attendus à ce que la rentrée scolaire soit mieux préparée, là.
Je voyais déjà hier, à peine 24, 48 heures après la rentrée, dans
certaines écoles, il y a déjà des cas de COVID. Donc, on sait à quel point ça
risque d'aller malheureusement vite. Il faut se donner tous les moyens,
justement, pour s'assurer de maintenir nos élèves à l'école et de favoriser un
milieu sécuritaire pour vos membres et pour nos enfants aussi, également, là.
Je vous remercie beaucoup d'avoir pris le temps d'être avec nous aujourd'hui.
Président (M. Provençal)
Merci, Mme la députée. Je vais céder
maintenant la parole au député de Rosemont.
M. Marissal : Merci, M. le Président.
M. Gingras, Mme Léger, merci de votre témoignage. Merci aussi, là, du
boulot sur le terrain avec vos membres et puis votre engagement résolument
positif pour la vaccination. Vous avez raison de dire
qu'on a quand même atteint des taux assez importants. Et vous avez répété,
M. Gingras, à maintes reprises que c'est un faux problème que de
l'attaquer sous l'angle de la vaccination obligatoire. Est-ce à dire, parce que
je n'ai tellement pas de temps que je vais être obligé de faire court, là, mais
est-ce à dire que vous présumez que c'est plus une opération politique
qu'épidémiologique ou scientifique?
M. Gingras (Éric) : Bien, je
vais me concentrer sur ce que je connais le mieux, c'est-à-dire nos réseaux. Et
nos réseaux, lorsque vient le temps de parler de vaccination obligatoire, bien,
se questionnent à savoir sur les bienfaits de ça, étant donné qu'on est encore
en mesure de travailler avec les gens, de voir, de questionner sur les
barrières qui les empêchent de se faire vacciner, etc. Et, lorsqu'on est à
quelques % et que les réseaux ne peuvent pas se permettre de perdre ces
quelques pour cent là, bien, il faut travailler pour être en mesure de les
amener. Puis je l'ai mentionné tantôt, je pense que, pour une centrale où le
socle est en éducation, bien qu'on représente beaucoup d'autres personnels, le
socle est en éducation, enseignants, personnel de soutien, professionnels,
bien, éduquer, ça fait
partie de nos racines et de notre ADN, puis c'est vers
ça qu'on pense qui serait la meilleure solution, à moins d'avoir d'autres
données qui nous indiquent le contraire.
M. Marissal : Très bien.
Puisque nous sommes visiblement soit en quatrième vague soit à l'orée de
celle-ci, quel est, selon vous, là, quel devrait être notre principal sujet de
préoccupation spécifiquement pour la rentrée scolaire? Parce que vous avez
parlé d'allègement tout à l'heure, vous avez parlé de valse-hésitation, je
présume que vous avez une idée sur quoi, là, on devrait se... de quoi on
devrait se préoccuper prioritairement.
M. Gingras (Éric) : De répondre
aux questions qui ont été soulevées. Tests de dépistage, comment seront-ils
utilisés? Parce que, ça, je vous rappelle que la centrale est intervenue
là-dessus depuis le printemps dernier, peut-être même avant, sur l'utilisation
de ces tests de dépistage là. Ensuite de ça, l'importance de conserver les mesures,
de bien les faire, s'assurer que tout est là et trouver l'équilibre, parce
qu'on l'a toujours dit, on est contents que nos milieux restent des milieux de
vie, parce que, oui, enseigner, c'est ce qu'on a fait les 18 derniers
mois, mais c'est vivre dans une école, vivre dans un centre de formation
professionnelle d'éducation des adultes. Ça va au-delà. C'est des activités.
Donc, c'est trouver le juste milieu tout en nous assurant que tout le monde est
en sécurité. Ça veut aussi dire de continuer à vacciner nos jeunes, notamment,
dans nos écoles secondaires parce que, par région, c'est différent, ça, de
continuer plutôt que... Bien, je ne dirais pas d'avoir cette discussion-là,
c'est correct de l'avoir, mais d'y mettre l'accent, c'est autre chose.
M. Marissal : Je vous remercie
beaucoup.
Le Président (M. Provençal)
: Merci. Je cède maintenant la parole au député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci, M. Gingras, pour votre présence et votre présentation.
Vous avez évoqué le rapport ou l'avis du Comité d'éthique en santé publique qui
semblait dire qu'une campagne obligatoire, en fait, une vaccination obligatoire
pouvait avoir des effets d'accentuer la résistance. On dit qu'obliger la vaccination
ne va certainement pas éliminer l'hésitation vaccinale. On en saura davantage
aujourd'hui. Donc, je comprends que c'est un petit peu dans ce sens-là que vous
voulez susciter la réflexion. Puis on a beaucoup parlé tout à l'heure, là, des
pourcentages. S'il advenait que le chiffre qui a été révélé aujourd'hui, là,
via une entreprise de marketing, de 96 % était réel, est-ce que ça change
votre questionnement là-dessus?
M. Gingras (Éric) : Ça
prouve... Je vous dirais que ça ne change pas le questionnement, ça vient
prouver qu'il y a d'autres solutions pour tirer le tout le monde vers le haut,
surtout si ce chiffre-là est si bas. Mais, en même temps, les statistiques ne
disent pas tout. Si on a un chiffre de 1 % ou 2 %, qu'est-ce qu'il
veut dire, ce chiffre-là? Est-ce que ce sont des gens immunosupprimés? Est-ce
que c'est des personnes avec des complications au niveau de la santé? Et ça,
encore une fois, malheureusement, nos réseaux sont complexes, et ça amène des
questions complexes et possiblement des mesures complexes aussi.
M. Arseneau : Donc, vous
maintenez l'idée qu'il vaut mieux convaincre que contraindre. C'est ce que je
comprends de votre réponse. Puis j'ai une petite question en terminant. Est-ce
que ce qui vous agace dans la publication de ce matin, d'un sondage, c'est la
question du 96 % ou plutôt celle qui permettrait de conclure que huit
enseignants sur 10 appuient l'idée d'étendre la vaccination obligatoire?
M. Gingras (Éric) : Non. Ce que
nous aimons moins du sondage, c'est que c'est un sondage.
M. Arseneau : Et vous, vous
irez valider ce que pensent véritablement vos membres?
M. Gingras (Éric) : Bien, on
pense qu'idéalement le gouvernement aurait dû valider le taux de vaccination.
Et, de notre côté, je le répète, ce n'est pas un enjeu sur l'obligatoire ou
non. On sait que nos membres sont pour la vaccination, mais c'est les effets de
la vaccination obligatoire dans les réseaux que nos membres questionnent même
s'ils sont pour cette vaccination-là. Et c'est notre travail de le protéger, ce
réseau-là, autant la sécurité, que le réseau, que le personnel.
Le Président
(M. Provençal)
: Je remercie
M. Gingras et Mme Léger pour leur contribution aux travaux de la
commission. Je suspends les travaux pour permettre au prochain groupe de se
préparer. Merci beaucoup. Merci énormément de votre présence et de votre
participation.
(Suspension de la séance à
10 h 13)
Le Président
(M. Provençal)
: Je souhaite la
bienvenue aux représentants de l'Association québécoise des centres de la
petite enfance et de l'Association des garderies non subventionnées en
installation. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre
exposé, après quoi nous procéderons à la période d'échange avec les membres de
la commission. Je vous invite à vous présenter et à débuter votre exposé. Je
vous cède la parole.
M. Haddaoui
(David) : Merci, M. le
Président. Mon nom, c'est M. David Haddaoui, président de
l'Association des garderies non subventionnées en installation.
Mmes et MM. les
députés, pour se protéger et pour protéger nos milieux de garde, nous devons
aller vers la vaccination de tous, car c'est le seul chemin vers un retour à la
vie normale. La théorie est simple. Plus nous vaccinerons, moins il y aura de
cas de COVID-19.
En ce qui concerne
notre milieu, au sein des garderies non subventionnées en installation, depuis
le début de cette pandémie, nos gestionnaires, nos éducateurs et éducatrices
ont fait un travail remarquable. Ils ont été dévoués à leur milieu et, surtout,
ils ont donné le maximum de leur potentiel pour que la population québécoise
reste active pendant la période qu'on vit, et que nos médecins, et nos
infirmières et infirmiers, ainsi que le personnel de première nécessité
puissent se consacrer à leur première tâche, à savoir, sauver des vies.
Pendant cette
période, on a constaté des absences répétées de nos éducateurs et éducatrices.
Ces derniers, ayant le moins de symptômes, avisent leur employeur à la dernière
minute qu'ils doivent passer un test COVID et doivent
attendre un résultat négatif avant de revenir au travail. Cette situation, des
gestionnaires la vivent pratiquement à tous les jours, ce qui a poussé
l'AGNSI à exiger qu'à ce que le gouvernement du Québec accorde la priorité à la
vaccination du personnel des services de garde éducatifs à l'enfance. Et ce fut
le 6 avril 2021.
Avec l'arrivée de la
troisième vague, de la prépondérance de variants beaucoup plus contagieux, les
services de garde éducatifs à l'enfance
craignent que cette situation devienne plus fréquente, et que leurs employés
contractent la COVID, et soient ainsi placés en isolement pour deux semaines,
et que dans plusieurs cas ceux-ci soient atteints de la forme longue de la
COVID et ne puissent réintégrer leur travail.
Selon certains
immunologues, avec les variants, les enfants seraient certainement plus
contaminants qu'ils ne l'étaient par le passé. Bien que les enfants développent
des formes moins graves que les adultes, nos éducatrices demeurent plus à
risque à contracter la maladie. Comme les mesures de distanciation sont
inapplicables dans les services de garde actuellement, il est important de
protéger les éducatrices en leur offrant la possibilité de se faire vacciner.
Au Canada, et spécifiquement au Québec, on a la chance de se faire vacciner et
la disponibilité des vaccins, contrairement à d'autres. De notre côté, en tant
qu'association nationale, nous avons fait nos devoirs pour sonder notre milieu
et l'opinion de leurs gestionnaires. Et je peux vous dire, M. le Président,
Mmes et MM. les députés, que la majorité de nos éducatrices sont vaccinées.
J'ai suivi
attentivement, M. le Président, votre commission depuis son début. Ce qui a
attiré mon attention, beaucoup de mes partenaires parlent de droit et de
liberté, droit et liberté de nos citoyens pour qu'ils puissent être maintenus.
Je ne peux que respecter ce droit, et mon association aussi, M. le Président.
Droit et liberté doivent être maintenus pour nos éducatrices et éducateurs. Si
on a à choisir entre obliger ou convaincre, nous préférons convaincre et
vaincre.
Des mesures
d'accommodement doivent être trouvées pour les éducatrices et éducateurs qui
ont des raisons médicales qui les empêchent de se faire vacciner. Des sanctions
ne peuvent que nuire à nos milieux déjà en péril, d'autant plus que le milieu
de la petite enfance est très compliqué dans sa structure actuelle, avec
différents types de services de garde.
Notre objectif, M. le
Président, au sein de notre association, en ce qui concerne cette pandémie, se
résume en trois points : garder nos milieux sécuritaires; assurer le
travail à chaque éducateur et éducatrice en cette période difficile; contribuer
à l'effort collectif pour éradiquer cette pandémie. Ce que nous avons constaté
au sein de notre milieu de garderies ces derniers temps, c'est que le bienfait
de la vaccination et de la responsabilité collective est mal expliqué et
pratiquement inexistant, alors que la mauvaise publicité concernant la
vaccination et sa portée gagne du terrain chez beaucoup de gens pour des
raisons qui leur appartiennent. Et malheureusement il y a beaucoup de gens qui
sont victimes de cette campagne.
À ce problème, mesdames
et messieurs, qui est social, s'ajoute celui de la main-d'oeuvre. Nos milieux
sont déjà aux prises avec une importante pénurie de main-d'oeuvre. Les gestionnaires de services de
garde doivent jongler quotidiennement avec les horaires du personnel et
leurs absences. Plusieurs services de garde avisent les parents que leur
personnel est à bout de souffle et que des groupes pourraient être fermés par
cause de manque de personnel.
Autant que je suis pour la vaccination, mesdames et messieurs, autant
que je vois mal qu'un gestionnaire annoncerait aux parents que leur enfant ne
peut pas fréquenter leur service de garde pour une période, faute d'absence d'éducatrices.
M. le Président, Mmes et MM. les députés, avant
que vous fassiez vos recommandations au gouvernement, pensez à cette image,
s'il vous plaît : si demain vous ne pouvez pas venir siéger à cette
Assemblée parce que votre enfant ne peut plus fréquenter son service de garde
pour manque d'éducatrices et d'éducateurs et que vous n'avez pas d'autres
alternatives. Et je terminerai, M. le Président, par cette phrase : La
pénurie de main-d'oeuvre égale bris de services. Merci, mesdames et messieurs.
Le Président (M. Provençal)
: Merci pour votre exposé. Je vais maintenant débuter la
période d'échange avec la députée de Soulanges.
Mme Picard : Merci beaucoup, M.
le Président. Vous avez mentionné... Bonjour, tout d'abord.
M. Haddaoui (David) : Bonjour,
madame.
Mme Picard : Bonjour. Merci
pour votre présence en commission aujourd'hui. Vous m'entendez?
Mme Gosselin
(Hélène) : On ne peut pas faire de présentation de l'AQCPE?
Mme Bélisle
(Geneviève) :
Pardonnez-nous, on pensait qu'on disposait de 10 minutes, les deux organisations.
On aurait, nous aussi, une petite présentation à faire. Pardonnez-nous.
Le Président (M. Provençal)
: Malheureusement, le temps, au niveau
d'une commission, au niveau des groupes, c'est 10 minutes pour l'ensemble.
Parce qu'ici vous avez été regroupés. Je peux vous donner trois minutes pour
dire quelques mots. Allez-y, madame. Excusez-moi.
Mme Gosselin
(Hélène) : Merci, M. le Président. L'Association québécoise des
CPE vise à concrétiser le projet de société d'offrir à tous les enfants de zéro
à cinq ans un accès universel à des services éducatifs de qualité en CPE et BC.
Cette présentation est le résultat de sondages auprès de nos membres,
d'échanges avec nos partenaires et d'une séance extraordinaire du conseil
d'administration en plus des constats tirés de notre expérience de première
ligne depuis les 18 derniers mois.
D'emblée,
nous réaffirmons notre adhésion aux droits et libertés individuels. Nous sommes
toutefois conscients du caractère
tout à fait exceptionnel de cette crise sanitaire et des mesures
extraordinaires qui peuvent être nécessaires pour la combattre. Nous
pouvons en témoigner, les CPE-BC ont placé leur mission et leurs obligations au
centre de cette réflexion afin d'assurer la sécurité de tous.
Selon certains paramètres, l'AQCPE est favorable
à l'imposition de la vaccination par le gouvernement pour les personnes
oeuvrant dans le réseau des services de garde éducatifs. Dans cette
éventualité, nous lui demandons de mettre en place des balises claires et
connues de tous pour l'ensemble du réseau afin de faciliter la mise en oeuvre
par les corporations, entre autres : confirmer que la vaccination
obligatoire serait sous l'égide de la
Loi sur la santé publique; offrir des
accommodements aux personnes ayant des réalités de santé particulières
attestées par un professionnel de la santé; exiger aux personnes ne souhaitant
pas se faire vacciner des temps de dépistage réguliers à leurs frais et sur
leur... des tests de dépistage à leurs frais et sur leur temps personnel;
faciliter partout au Québec l'accès aux tests de dépistage rapides pour les
professionnelles du réseau.
Le réseau des CPE-BC a une double
responsabilité. D'une part, il doit assumer la santé et la sécurité des
personnes qui y oeuvrent, mais il doit aussi honorer sa mission première :
assurer la santé, la sécurité et le bien-être des enfants qui fréquentent ses milieux.
Considérant que les enfants ne sont pas en mesure de se protéger eux-mêmes
contre cette maladie, il est de la responsabilité morale des services de garde
éducatifs et du personnel de faire tout en leur pouvoir pour leur assurer cette
protection. Cette position est d'ailleurs celle qui prévaut depuis le tout
début de la pandémie au sein du réseau des CPE et des BC.
Alors même que le Québec était sur pause,
l'AQCPE et ses membres ont répondu présent et ont pris les devants pour la
santé et la sécurité de tous, tant les enfants que le personnel. Cette gestion
serrée du risque sanitaire va de soi pour le réseau, puisqu'elle est
incontournable à la continuation de sa mission éducative : accueillir les
enfants et leurs familles, et plus particulièrement les enfants en situation de
vulnérabilité.
La science a démontré à plusieurs reprises les
bienfaits pour les tout-petits de fréquenter des services de garde éducatifs de
qualité. Il nous apparaît donc important de s'adapter en se basant sur les
données scientifiques actuelles pour protéger du mieux que nous pouvons les
enfants et permettre à tous de bénéficier de ce service essentiel. Ainsi, la
position aujourd'hui présentée n'est pas la somme d'une quantité de points de
vue individuels mais une nouvelle réaffirmation par le
réseau des CPE-BC de sa mission d'éducation et de protection de tous dans le
respect de chacun.
Nous nous permettons un bref aparté pour
mentionner que, bien que les responsables des services de garde en milieu
familial soient des travailleuses autonomes qui accueillent les enfants dans
leurs résidences privées, les membres de l'AQCPE considèrent que les enfants
ont le droit à la même protection et qu'ils sont aussi importants, qu'ils soient en installation ou dans un milieu familial.
Nous croyons donc que la question de la vaccination obligatoire auprès des RSG
devrait être analysée plus en profondeur par le gouvernement.
Et je laisserais la parole à Geneviève Bélisle,
s'il reste du temps.
Le Président (M. Provençal)
: Non, malheureusement, il ne reste plus de temps. Alors...
Mme Gosselin (Hélène) : Merci, M. le Président. Merci.
Le Président (M. Provençal)
: Ça va, madame? Alors, je vais céder maintenant
la parole à la députée de Soulanges.
Mme Picard : Merci, M. le Président.
Bonjour, M. Haddaoui, Mme Gosselin et Mme Bélisle. J'ai une
petite question, je ne sais pas à qui elle devrait s'adresser, vous choisirez
l'intervenant qui veut bien y répondre. Les médecins ont été très, très
drastiques dans leur intervention en disant que toutes les personnes qui
oeuvrent auprès de personnes vulnérables devraient avoir une vaccination
obligatoire. Vous avez, à l'intérieur de vos milieux, des petits enfants qui
sont... des petits cocos très fragiles, via la mesure exceptionnelle entre
autres. Pensez-vous que ces éducatrices-là devraient avoir un traitement
spécial dans vos réseaux pour avoir une obligation de vaccination?
Mme Bélisle (Geneviève) :
Si vous permettez, je vais y aller. Donc, merci pour votre question. Oui, on
pense que... Oui, pour les enfants qui sont vulnérables, mais pour l'ensemble
des enfants qu'on accueille. Vous savez, actuellement la vaccination n'est pas disponible pour les 0-5 ans, et on ne
peut pas non plus demander aux jeunes enfants de porter le masque et
d'opérer une distanciation physique. Donc, on pense qu'il va de notre responsabilité,
oui, pour des petits, peut-être, qui sont sous la mesure exceptionnelle, qui
ont des handicaps de vulnérabilité, mais aussi les jeunes enfants. Moi, je
pense aux poupons d'un an qui arrivent dans nos milieux, on ne connaît pas nécessairement
toutes leurs conditions de santé. Donc, on pense que c'est de notre responsabilité
de protéger ces enfants et ces enfants qui vont aussi apporter potentiellement
le virus à la maison.
Mme Picard : Merci beaucoup. Je vais
laisser la parole à une collègue.
Le Président (M. Provençal)
: Mme la députée de Lotbinière-Frontenac.
Lecours (Lotbinière-Frontenac) : Bonjour, M. Haddaoui, Mme Gosselin, Mme Bélisle. Premièrement,
j'aimerais remercier les membres, vos membres qui se sont fait vacciner durant
la campagne. Votre position est très claire. C'est important, là... J'ai beaucoup
aimé ce que vous avez dit, là, protéger les enfants parce qu'eux, ils n'ont pas
le pouvoir de se protéger eux-mêmes, et c'est notre responsabilité, en tant
qu'adultes, de le faire. Vous avez parlé des absences répétées dans votre
réseau, des éducatrices qui devaient se placer en isolement, la pénurie de
personnel. Ça a posé beaucoup de problèmes pour le réseau de garde et aussi aux
parents. Moi, j'avais beaucoup de téléphones, là, dans mon bureau, là, de
parents qui étaient désoeuvrés puis qui avaient besoin des services de garde.
Donc, j'ai deux questions pour vous. La
première, c'est... Vous avez parlé tout à l'heure, M. Haddaoui, là, du
sondage que vous aviez fait auprès de vos membres puis que... vous avez dit
qu'il y avait une majorité des gens qui avaient été vacciné. Est-ce que vous
avez une idée du pourcentage? Et, si je peux me permettre, je vais y aller avec
ma deuxième question. Si on y allait avec la vaccination obligatoire, quelles
seraient les exemptions qui devraient être prévues et quelles pièces
justificatives devraient être exigées pour justifier un refus? Merci.
M. Haddaoui (David) : Merci,
Mme la députée. À prime abord, je dois vous dire, c'est vrai qu'on a fait un
sondage, mais c'est un sondage maison qui n'est pas scientifique. Ça tourne
autour de 72 % à 75 % des éducatrices qui sont vaccinées dans nos
milieux, en tout cas en ce qui concerne les garderies non subventionnées. Les
autres parties, ce qui nous a été dit et interprété par les gestionnaires,
c'est des gens qui ont des problèmes de maladie.
Alors, c'est pour cela... je réponds en même
temps à la deuxième question, Mme la députée, nous, on n'est pas des... un
organisme scientifique, ou des médecins, ou des professionnels de la santé pour
juger quels papiers qu'il faut ou qu'il ne faut pas. Je pense qu'on laisse
cette hypothèse ou cette initiative aux gens responsables et compétents dans ce
domaine scientifique pour qu'ils puissent juger c'est quoi qui est toléré et
qui n'est pas toléré.
La seule chose que nous, on veut éviter dans
notre secteur, c'est qu'il y ait une punition ou une... comment dirais-je, quelqu'un
qui doit être retranché parce qu'il n'est pas vacciné. Alors, nous, ce qu'on
dit : On doit connaître d'abord sa cause. Est-ce que c'est une cause
médicale? Si c'est une cause médicale, il n'y a pas de raison qu'il soit
pénalisé et privé d'un salaire. Donc, c'est un accommodement. Comme mes deux
collègues ont très bien justifié, il faut trouver des accommodements
spécifiquement pour notre milieu de garde.
Mme Lecours
(Lotbinière-Frontenac) : Merci.
Mme Bélisle
(Geneviève) : Si vous me permettez, de notre côté aussi, on a
mené un sondage, mais, bien sûr, on n'a pas de donnée formelle quant au
pourcentage de vaccination. Donc, ça, c'est une donnée qu'il nous manque. Et,
pour nous, ça devient un enjeu actuellement, et c'est un des éléments qui nous
amènent vers la recommandation d'une vaccination, pour
matériellement avoir cette information-là.
La deuxième chose, c'est
que, nous, ce qu'on propose, considérant la pénurie de main-d'oeuvre qu'on vit
actuellement, c'est qu'on ne souhaiterait pas que les gens soient suspendus,
donc, les gens qui ont une condition de santé, que ces gens-là puissent
attester par un médecin qu'ils ne peuvent pas aller vers la vaccination et que,
pour les personnes qui n'ont, pour d'autres raisons, pas le goût d'aller à la
vaccination, il y ait tout un protocole de tests réguliers pour nous assurer,
entre guillemets, de ne pas faire entrer le virus, là, dans nos milieux ou
que...
Nous, c'est notre proposition parce qu'on
souffre d'une pénurie de main-d'oeuvre très grave actuellement et on ne souhaite pas se... on n'a pas le droit de se
priver d'aucune de nos bonnes éducatrices. Alors, on voudrait qu'il y
ait une option, là, pour faciliter des tests
réguliers, certains ont parlé aussi de tests de dépistage rapides. Donc, on
voudrait qu'une stratégie soit mise
en place pour nous assurer que celles qui refusent la vaccination puissent être
testées très régulièrement.
Mme Lecours (Lotbinière-Frontenac) :
Merci.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Chauveau.
Lévesque (Chauveau) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. M. Haddaoui, Mme Gosselin,
Mme Bélisle, merci beaucoup d'être avec nous ce matin, très enrichissant.
D'ailleurs, c'est sûr que la thématique des services de garde à l'enfance...
ils sont tellement importants dans chacune de nos circonscriptions. Moi, chez
nous, j'ai une circonscription de jeunes familles, alors ça sonne souvent sur
ces enjeux-là. Et on a annoncé des nouvelles places en CPE, ça, c'est bien,
bien le fun. Mais je suis tellement d'accord avec vous qu'on ne peut pas
utiliser toujours les mêmes moyens, dans votre réseau... qui peut s'appliquer
dans d'autres réseaux, considérant que vous êtes avec des enfants, les enfants
sont tout proches, là. Bravo pour essayer de garder la distanciation sociale
avec des petits bouts de deux ans, trois ans, ça ne doit pas être facile.
Donc, considérant ça puis que, justement, c'est
dur de mettre tous en place ces différents protocoles là... Puis vous n'avez
pas le moyen de perdre des éducatrices, vous n'avez pas le moyen de les perdre
pendant deux semaines, trois semaines. Puis on le sait, que la vaccination,
c'est quand même le meilleur moyen. Ce n'est pas la panacée totale, complète, parfaite qui nous donne un
100 % de réussite, mais, à ce jour, c'est quand même bien le moyen... je
pense que la science est d'accord pour dire
que c'est le moyen qui nous évite le plus possible les effets négatifs de la
COVID.
En ce sens-là — je me fais encore une fois
l'avocat du diable ce matin, j'aime ça voir les deux, là — entre
le fait de permettre la liberté individuelle et qu'il y ait des éducatrices qui
pourraient tomber au combat, c'est-à-dire d'avoir la COVID, et vous allez
perdre ces personnes-là pendant une durée prolongée, je ne parle même pas des
conséquences les plus graves, que je ne souhaite pas qui leur arrivent... par
rapport à une vaccination obligatoire qui ferait qu'un certain nombre de
personnes, peut-être, refuseraient de façon catégorique, malgré les conséquences
négatives d'une vaccination obligatoire et des suspensions potentielles,
comment vous voyez ça entre les deux? Parce que vous avez plusieurs de vos
membres qui, nécessairement, l'ont attrapée, la COVID, là, au cours de la
première, deuxième, troisième vague. Et, quand vous mettez une par-dessus
l'autre, qu'est-ce qui fait que vous préférez que, peut-être... puis, quand je
vous dis «préférez», comprenez-moi bien, là, je suis sûr que vous ne préférez
pas que les éducatrices tombent malades, là, ce n'est pas ça, mais qu'entre les
deux vous préférez le choix individuel à une décision collective pour le réseau
des CPE et des garderies non subventionnées?
M. Haddaoui (David) : Alors, je vais
me lancer, Mme Bélisle, si vous permettez. Merci, M. le député. Votre
question est très pertinente et vraiment très audacieuse. Pourquoi? Parce que
c'est le quotidien qu'on vit quotidiennement, ça, on le vit, là, et c'est pour cela, dans mon
exposé, j'ai dit : Il faut vaincre plus... Il faut convaincre plus
que vaincre. Pourquoi? Parce que c'est... il faut sensibiliser les gens aux
bienfaits de la vaccination et la portée sociale qu'elle a, cette vaccination,
sur notre société. Et, je crois, si le gouvernement, et en particulier avec nos
députés, dans leurs circonscriptions ou à travers de réseaux sociaux... il faut
sensibiliser les gens d'aller se faire vacciner, surtout nos éducatrices.
Vous savez, on est à... Vous voyez, vous ouvrez
votre média social, et il y a toujours des gens qui sont... qui disent des
bêtises, mais on ne veut pas embarquer dans ce genre de choses, parce que ce
n'est pas l'objectif principal. Par contre, s'il y a à choisir... on préfère ne
pas choisir, mais, dans le cas où il y a une éducatrice qu'on va la perdre parce
qu'elle est atteinte de la COVID et que son droit... parce qu'elle est malade,
elle ne peut pas venir travailler parce qu'elle n'a pas été vaccinée, ça reste
un choix différent, un choix difficile à porter, parce que, dans les deux
situations, on est avec cette éducatrice. Qu'elle soit malade ou qu'elle soit
écartée de son travail, c'est toujours un problème pour le milieu de garde. Ce
qu'on voudrait, c'est que ces gens contribuent à l'effort collectif mais qu'ils
soient consentants avec leurs propres décisions.
Geneviève, je ne sais pas...
Lévesque (Chauveau) : Merci.
Je ne sais pas si Mme Gosselin ou Mme Bélisle ont également une
vision de ça.
Mme Bélisle (Geneviève) :
Oui. Je vais laisser Hélène répondre.
Mme Gosselin (Hélène) :
Oui. Alors, pour nous, à l'AQCPE, pour les CPE sur le terrain qui ont vécu,
entre autres, avant le... que la vaccination
soit obligatoire, il y a effectivement eu des cas d'infection, des cas de
transmission du virus, et c'est pour ça que,
dans notre... lors de notre sondage, la majorité se sont prononcées pour la
vaccination obligatoire, mais qu'elle soit... pour qu'elle soit établie
par le gouvernement, exigée par le gouvernement, pour faciliter, du côté des gestionnaires, les difficultés qu'il pourrait y avoir à
l'exiger milieu par milieu. Puis évidemment cet effort-là, comme on l'a dit
dans notre mémoire, doit être fait dans l'esprit de protection de la clientèle.
On travaille avec des enfants qui ne sont pas vaccinés.
Et, quand vous parlez : La distanciation
avec les enfants, ça doit être difficile avec un enfant de deux ans, écoutez,
M. le député, c'est impossible. La distanciation, pour les éducatrices, si on
veut offrir des services de qualité aux enfants, si on veut favoriser leur
développement, c'est absolument impossible, la distanciation. Il faut que
l'éducatrice puisse être près des enfants, prête à leur donner des soins, prête
à les réconforter. Si on pense juste aux pouponnières, écoutez, on ne peut
absolument pas. La distanciation, dans notre milieu, n'est pas possible. Le
15 minutes et plus... et moins n'est pas possible non plus.
Donc, il faut absolument trouver un moyen qui va
faire qu'on va mettre notre clientèle en sécurité mais aussi nos travailleuses,
parce qu'on a eu des travailleuses, avant la vaccination, même s'il y avait le
port du masque, qui ont attrapé la COVID. Et, quand on voit ce... Laisser aller
ces employées-là pour des périodes de 14 jours, c'est excessivement
difficile. Fermer des groupes, perte de services pour la clientèle,
excessivement difficile.
M. Lévesque (Chauveau) : Je viens de
comprendre. Pardonnez-moi si j'ai mal entendu, vous dites que les gestionnaires
des CPE se sont prononcés en faveur de la vaccination obligatoire. Quand vous
dites, comme représentantes de votre association... quand vous êtes mitigée,
quand même, dans votre décision, c'est qu'il y a une différence entre les
travailleuses et les gestionnaires? C'est ce que je comprends, là. Non? O.K.
Mme Gosselin (Hélène) :
Non.
M. Lévesque (Chauveau) : Donc, vous
êtes en faveur.
Mme Gosselin (Hélène) :
Non, il n'y a pas nécessairement de différence, non. Et puis on pense que, dans
notre secteur, effectivement, la majorité du
personnel doit être vaccinée. Malheureusement, on n'a pas ces données-là,
précises, mais on croit qu'il y a un fort
pourcentage, comme dans la société d'ailleurs, d'employées, de
professionnelles qui sont vaccinées. Mais on pense qu'il doit y avoir une
exigence parce que, contrairement aux écoles primaires, les enfants ne peuvent pas porter le masque dans nos
milieux. Donc, il faut, à quelque part... Il peut y avoir de la
propagation de virus. Il faut absolument protéger la clientèle et protéger les
professionnelles.
M. Lévesque (Chauveau) : C'est très
bien. Merci beaucoup, Mme Gosselin. Merci beaucoup.
Mme Gosselin (Hélène) :
Merci.
Le Président (M. Provençal)
: M. le député de Dubuc.
M. Tremblay (Dubuc) : Oui, merci, M.
le Président. Bonjour à vous. Je veux saluer les membres de l'association, les
éducateurs, éducatrices. Ce que vous faites, c'est extraordinaire. Puis je vais
le répéter, ce que vous faites, c'est extraordinaire.
M. Haddaoui (David) : Merci.
M. Tremblay (Dubuc) : Ma question,
rapidement : Outre la vaccination obligatoire, avez-vous identifié, sur le
terrain, dans le «day-to-day», des pistes, comment dire... Avez-vous
l'impression, d'abord, qu'il y aurait encore plus de place à de
l'accompagnement, à des mesures d'accompagnement pour être davantage optimal
puis offrir davantage de services au niveau des mesures dans vos différents
réseaux? Parce qu'on sait aussi qu'il y a du remplacement. Ce n'est pas toujours évident de suivre
tous les membres. Ça va vite. La situation évolue. Est-ce
qu'il y a de la place pour vous donner davantage d'accompagnement dans
vos réseaux?
Mme Bélisle
(Geneviève) : Si vous me permettez...
Merci pour votre question. Merci beaucoup pour la reconnaissance qu'on va
témoigner, bien sûr, à nos membres. C'est très apprécié.
Je vous dirais que le réseau, depuis le début, a
vraiment été extraordinaire à se mobiliser. Puis je vous dirais que l'ambition
des membres, c'était vraiment qu'il n'y ait aucune contamination. Donc, on a
vraiment travaillé avec les organismes qui font du remplacement. On a mis des
règles en place pour que des éducatrices qui allaient dans plusieurs
installations se concentrent le plus possible. On est allés au bout des
capacités, je vous dirais, dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre. Mais,
quand on regarde, puis on essaie de répondre à votre question, le meilleur
outil qu'on a pour combattre le virus actuellement, c'est la vaccination. Et,
nous, c'est ce qu'on voudrait ajouter, pour l'ensemble de notre personnel, dans
notre portefeuille d'outils. Parce que, tout dernièrement, il y a eu un cas, en
Estrie, où une éducatrice a porté ses équipements de protection individuelle, a
contaminé des enfants. Et j'ai vu aussi dans les médias hier qu'il y avait eu
une infirmière aussi qui portait des équipements et qui avait contaminé des
clients.
Donc,
la question qu'on se pose, c'est l'arsenal, et même voire l'accompagnement que
vous décrivez aujourd'hui, la question que vous nous posez. Dans les
outils qu'on a actuellement pour protéger notre clientèle et nos employées, il
y a un outil qui est formidable, qui est la vaccination. Et on se pose vraiment
la question avec le variant Delta. Comme le disait M. Haddaoui, nous ne sommes
pas un organisme de santé. Et ce qu'on peut témoigner sur le terrain,
c'est que le virus est plus virulent, et on
n'est plus sûrs que ce qu'on a mis en place est complètement efficace pour
protéger tout le monde. Et là on a cet outil-là dans notre boîte à outils, qui
s'appelle le vaccin. Alors, pourquoi on ne l'utilise pas?
Alors, c'est
vraiment, nous, la réflexion qu'on a faite avec les membres, de dire qu'il y a
quelque chose qui est disponible, qui aide les gens à protéger des vies et des
santés. Pourquoi on ne va pas vers cette proposition-là, en respectant quand
même que des gens ne veulent pas y aller puis en mettant des mesures en place
pour s'assurer que ces gens-là se tiennent loin d'amener le virus au sein des
installations?
Le Président (M. Provençal)
: Merci beaucoup. Nous allons maintenant y aller avec... la députée de Maurice-Richard, excusez.
Mme Montpetit :
Merci. Merci, M. le Président. Bonjour, M. Haddaoui, Mme Gosselin,
Mme Bélisle. Merci de prendre le temps d'être avec nous
aujourd'hui.
Je ne sais pas,
Mme Bélisle, d'entrée de jeu, vous n'avez pas eu
de temps, au départ, pour nous faire certaines remarques. Moi, si vous voulez
prendre deux, trois minutes de mon temps pour ajouter ce que... ce dont vous
vouliez nous faire part, là, vous pouvez le prendre sans problème, là.
Mme Bélisle
(Geneviève) : Bien, c'est très apprécié. Merci beaucoup,
Mme Montpetit. Je vais y aller rapidement et de manière informelle.
Donc,
déjà, on voulait souligner, là, bien sûr, ce que je viens un peu
d'exprimer sur le changement qu'on observe actuellement avec le variant Delta,
qui semble, dans le fond, se déployer d'une manière différente de ce qu'on a pu
observer avec la première, la deuxième et la troisième vague. Donc, on voit
que, dans nos milieux, la contamination est plus virulente. Et ça, je ne vous
cacherai pas que ça nous inquiète et que ça a été une variable importante dans
notre réflexion.
Comme on l'a noté tout
à l'heure aussi, dans notre milieu, la règle du 15 minutes, c'est
impossible à tenir. On n'est pas en mesure d'avoir de la distanciation
physique. Les tout-petits ont besoin de proximité, entre eux aussi. Donc, c'est
sûr que ça, ça a ajouté dans le contexte, en disant : On n'est pas comme
les écoles, où on peut maintenir des règles et avoir le masque. Donc, ça, c'est
sûr que c'est un élément qui préoccupait les membres aussi.
Comme on vous a aussi
mentionné, bien, c'est sûr que, pour nous,