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Le mercredi 30 janvier 2013 - Vol. 43 N° 5

Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches

Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie

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Table des matières

Auditions (suite)

Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches

(ASSS -- Chaudière-Appalaches)

Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie (ASSS-Estrie)

Intervenants

M. Lawrence S. Bergman, président

Mme Suzanne Proulx

Mme Diane Gadoury-Hamelin

M. Norbert Morin

Mme Rita de Santis

M. André Spénard

M. Yves Bolduc

Mme Hélène Daneault

Mme Stéphanie Vallée

M. Denis Trottier

M. Sylvain Roy

* M. Daniel Paré, ASSS -- Chaudière-Appalaches

* Mme Dyane Benoît, idem

* M. Stéphane Langlois, idem

* M. Philippe Lessard, idem

* M. Jacques Bachand, idem

* Mme Johanne Turgeon, ASSS-Estrie

* Mme Irma Clapperton, idem

* Mme Lynda Périgny, idem

* Témoins interrogés par les membres de la commission

Journal des débats

(Dix heures)

Le Président (M. Bergman): À l'ordre, s'il vous plaît! À l'ordre, s'il vous plaît! Alors, collègues, je déclare la séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demanderais à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.

Alors, la commission est réunie afin d'entendre l'Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches dans le cadre de l'étude de ses rapports annuels de gestion 2007-2008 à 2011-2012 en application de la

Loi sur les services de santé et des services sociaux.

M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des remplacements?

Le Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Richer (Argenteuil) est remplacé par M. Trottier (Roberval).

Le Président (M. Bergman): Merci. Collègues, on a avec nous aussi le député de Côte-du-Sud et le député de Beauce-Nord. Est-ce que j'ai le consentement pour que ces députés nous joignent pour demander des questions en temps et lieu? Consentement? Consentement.

Alors, bienvenue. J'inviterais maintenant M. Paré, président-directeur général de l'agence de Chaudière-Appalaches, à nous présenter les gens qui vous accompagnent et à faire votre présentation. Vous avez 30 minutes pour votre présentation, suivie d'un échange avec les membres de la commission pour un autre 90 minutes. Alors, bienvenue chez nous, chez vous.

Auditions (suite)

Agence de la santé et des services sociaux de

Chaudière-Appalaches (ASSS

Chaudière-Appalaches)

M. Paré (Daniel): Bien, merci, M. le Président. Premièrement, j'aimerais remercier les membres de la commission, ici, de nous recevoir. C'est un moment privilégié pour nous de venir présenter nos bilans, de venir présenter aussi tous nos plans d'action et nos résultats et ainsi que nos défis.

Et aujourd'hui, effectivement, je serai accompagné, à ma gauche, ici, de la directrice générale adjointe à la coordination des services, à la planification de la main-d'oeuvre et à l'innovation clinique, Mme Dyane Benoît.

Mme Benoît (Dyane): Bonjour.

M. Paré (Daniel): À ma droite, je serai aussi assisté du directeur régional des ressources financières, matérielles et informationnelles, M. Stéphane Langlois... le mentionner...

M. Langlois (Stéphane): Bonjour.

M. Paré (Daniel): Excusez, des petits problèmes de santé.

Une voix: ...vous avez des médecins...

Des voix: Ha, ha, ha!

M. Paré (Daniel): Effectivement. On ne posera pas la question: Y a-t-il un médecin dans la salle? Ça fait que ça va bien aller.

Aussi, à ma droite, directeur régional des affaires médicales, universitaires et en cancérologie pour notre réseau Chaudière-Appalaches, le Dr Jacques Bachand. Et aussi j'aimerais souligner la présence, en arrière, de notre directeur de la santé publique, Dr Philippe Lessard, qui sera aussi disponible à répondre à vos questions.

Avant de débuter la présentation en tant que telle, j'aimerais quand même préciser que je suis arrivé en poste en avril dernier, donc je n'étais pas présent officiellement, en tant que président-directeur général, pour les années qui sont couvertes dans le cadre de cette commission. Cependant, je peux vous dire que je travaillais, au niveau de la région, en tant que directeur général d'un CSSS, au niveau de la région de Chaudière-Appalaches.

Et aussi j'aimerais souligner que nous sommes quand même chanceux, comme organisation, de pouvoir bénéficier de la présence de Mme Benoît, qui agissait en tant que président-directeur général par intérim pendant les trois dernières années. Ça fait qu'encore là vous voyez qu'il y a une belle continuité au niveau de notre réseau régional, et on peut compter sur une équipe aguerrie qui, j'en suis sûr, saura répondre à vos questions.

Dans mon plan de présentation aujourd'hui, je vais vous parler des grandes caractéristiques de la région Chaudière-Appalaches, qui, selon nous, est la plus belle région du Québec, avec ses particularités...

Des voix: ...

M. Paré (Daniel): Et là je sais que peut-être à l'instar d'autres régions qui vous ont dit la même chose, mais vous allez découvrir rapidement que c'est nous, la plus belle région.

Ensuite, nous allons parler du portrait évolutif de la santé de la population. Même dans un réseau comme le nôtre, nul va sans dire qu'il faut parler de ressources, qu'elles soient au niveau financières, humaines et médicales. On va parler aussi de nos défis de résultats en lien avec les programmes des services. Et enfin, avec les dernières minutes, je vais vous parler de nos perspectives d'avenir.

Ce qui a motivé les actions de l'Agence de santé et services sociaux Chaudière-Appalaches au cours des cinq dernières années, c'est vraiment son désir d'autosuffisance régionale.

Vous savez, on entend beaucoup parler, dans d'autres régions du Québec, du 450 et du 514, mais ici, au niveau de la région Chaudière-Appalaches, on a vraiment un lien de proximité avec la grande région de Québec, et on veut garder des liens de proximité au niveau des services spécialisés, mais, au niveau de la première ligne et de la deuxième ligne, c'est important pour la population de recevoir des services chez eux, à la couleur aussi de notre région. Ce qui a aussi motivé nos actions, ça a été aussi un désir de se prendre en main. On sait que, dans notre région, l'entrepreneuriat, ça fait

partie de nos gènes, et vous allez être capables de voir aussi, dans nos bilans, qu'on n'a jamais hésité à innover.

On a aussi un désir d'avoir le bon usager, le bon service au bon endroit et en temps opportun. C'est ce qui nous motive, et c'est ce qui nous amène souvent à se poser des questions, dire: Est-ce qu'on fait la bonne chose, et, en même temps, de garder toujours l'objectif, qui est l'usager.

Enfin, on est convaincus que la réussite d'un bon système de santé et services sociaux, ça ne se fait pas tout seul. Ça se fait avec un réseau, ça se fait avec les communautés, parce que la santé et services sociaux, c'est quelque chose... on sait que c'est la première priorité des Québécois, mais, en même temps, quand on regarde les déterminants de la santé, la santé et services sociaux ne contrôle pas tout, et ça doit se faire en collaboration avec son réseau.

Enfin, on regarde toujours le niveau de la performance de notre réseau. On est toujours concernés, on se demande toujours: On est-u efficients? On est-u performants? Et on veut toujours faire mieux. Et, comme on dit souvent, on ne veut pas se contenter d'être bons, on veut être les meilleurs.

Si je vous parle un peu de notre belle région Chaudière-Appalaches: elle est située entre le fleuve et les lignes américaines, et, à l'est, bordée par le Bas-Saint-Laurent, et, à l'ouest, avec le Centre-du-Québec et l'Estrie. Bon an, mal an, avec l'augmentation de la population, nous avons maintenant plus de 412 000 personnes qui demeurent dans notre région, et on regarde, au cours des 20 prochaines années, quand même à une croissance entre 6 % et 7 %. La croissance est quand même concentrée dans des secteurs comme le Grand Lévis et le secteur de Saint-Georges-de-Beauce.

Comme vous allez voir -- peut-être que vous savez -- la région de Chaudière-Appalaches n'est pas monolithique, on a des grands enjeux ruraux, parce que 42 % de notre population vit quand même dans des petites communautés sur un grand territoire.

Nous sommes la septième région sociosanitaire de la province. Donc, on n'est pas une petite région, on est quand même une grande région; on a un faible taux d'immigration. Et, au niveau de la langue, nous avons seulement 1 % de notre population qui est considérée anglophone.

Quand on regarde le réseau régional, il est divisé en cinq réseaux locaux de services. On regarde le CSSS de Beauce, le CSSS des Etchemins, la région de Thetford, le CSSS de Montmagny-l'Islet. Et il faut mentionner qu'au cours des dernières années une de nos réussites ou réalité a été la création du CSSS Alphonse-Desjardins qui est devenu le plus grand établissement de notre région et maintenant qui permet d'avoir l'ensemble des services pour le grand territoire d'Alphonse-Desjardins, qui va de Lotbinière à Bellechasse et qui couvre aussi la Nouvelle-Beauce.

Mais, encore là, notre réseau de services, ce n'est pas seulement des CSSS, nous parlons de centres de réadaptation physique. On parle aussi d'un centre de réadaptation des déficiences intellectuelles et des troubles envahissants du développement, centre jeunesse, centre en dépendances, ainsi que six établissements privés conventionnés spécialement au niveau des CHSLD. Encore là, quand on regarde notre grand réseau régional, c'est plus grand que ça: on parle de 184 organismes communautaires, 111 pharmacies communautaires, 18 groupes de médecine familiale.

On parle de huit entreprises d'économie sociale, 190 résidences pour personnes âgées. On parle de 94 ressources intermédiaires et 467 ressources de type familial. Comme vous voyez, c'est un réseau qui est quand même complet, qui occupe le grand territoire et qui nous permet d'offrir des services coordonnés.

En parlant de coordination, avec tout le nombre d'organismes et d'organisations que je vous parle, ça prend quand même un niveau de coordination régional. Et, nous, comme agence, on joue ce rôle-là. Qu'est-ce qui nous différencie peut-être d'autres régions? C'est que, nous, nous avons décidé de gérer notre réseau en cogestion avec les établissements. Donc, on a un forum des directeurs généraux avec lequel on prend les décisions sur les grands changements au niveau de notre organisation ou de notre région. Quand on fait ça de cette façon-là, on le fait en partenariat, et ça nous permet aussi d'aller plus loin et d'être beaucoup plus intégrés.

Et aussi on a beaucoup de comités dits stratégiques. Lorsqu'on adresse une problématique, on met les gens ensemble et, ensuite de ça, on travaille sur une problématique en particulier. Pour nous, ça a été un facteur de succès, et on le regarde beaucoup plus dans une vue globale. Au lieu peut-être de le voir par un programme en tant que tel, on aime mieux le regarder au niveau d'une problématique. En exemple: jeunesse, personnes âgées, maladies chroniques. Ça fait que ça vous donne un peu un exemple des grands comités stratégiques cliniques que nous adressons.

** (10 h 10) **

Aussi, au niveau de nos organismes communautaires, on est choyés d'avoir de bonnes relations avec notre organisme régional, qui regroupe et qui représente les organismes communautaires du territoire, qui est la Table régionale des organismes communautaires, plutôt appelée la TROCCA. Et, encore là, tel que mentionné plus tôt, on est très actifs avec nos partenaires du milieu, que ce soit la CRE, que ce soit notre conseil régional sur la main-d'oeuvre. Pour nous, c'est important.

On ne peut pas travailler en solo, on ne peut pas avoir des résultats à long terme sans qu'on puisse intégrer toutes nos municipalités sur divers projets, parce qu'encore là la santé et services sociaux ça doit être attaqué et ça doit être adressé de façon globale et non de façon unique.

Afin de mieux intervenir au niveau de notre région, encore là, sans vouloir jouer au docteur, il faut faire des diagnostics, il faut, dans le fond, bien connaître notre territoire. Et, au cours des dernières années, nous, ce qu'on a fait, on a fait un portrait de nos communautés afin de voir le niveau de défavorisation matérielle ou sociale.

Parce qu'encore là, en n'étant pas une région monolithique, souvent on pouvait partir sur des préjugés, que certaines régions étaient plus pauvres que d'autres, plus âgées que d'autres, mais, en même temps, quand on a fait des analyses, on a pu voir qu'effectivement il n'y a pas un territoire qu'on peut mettre à une couleur spécifique, le territoire est particulier.

Et, pour nous, ce que ça nous a permis quand même de voir, c'est qu'il y a quand même 17 % de la population du territoire qui est considérée défavorisée matériellement et socialement... 27 % défavorisée matériellement, et 22 %, socialement. Quand on regarde les définitions entre matériel puis au niveau social, social, quand on regarde des gens qui vivent seuls ou des gens qui sont séparés, au niveau de leur tissu social c'est plus difficile, et c'est un des grands indicateurs aussi au niveau des déterminants de la santé.

Au niveau, aussi, matériel, au niveau de l'éducation, au niveau des revenus, on sait que, dans notre région, on a quand même un bon taux d'emploi, mais, en même temps, quand on parle, comme ça, d'autant de régions, on a quand même des poches dans notre territoire qui vivent quand même des défis.

Et, pour nous, bien, ce que ça nous a permis, ça nous a permis de bien cibler nos stratégies. On ne peut pas faire une stratégie pour régler une problématique qui va être unique, exemple, pour un territoire versus un autre. Et, entre autres, on a eu la chance de cibler le transport en commun pour certains territoires. Ça nous a permis aussi, au niveau de certains CSSS, la mise en place de centres de prélèvements quand on pouvait considérer qu'il y avait quand même un volume, mais on pouvait voir qu'il n'y avait pas de transport en commun. Et aussi ça nous a permis de faire des belles collaborations avec les municipalités dans certains projets de Municipalité amie des aînés.

Quand on regarde la population Chaudière-Appalaches, on aime dire qu'on est une population qui vieillit. On regarde, présentement, 18 % de notre population a plus de 65 ans. On arrive avec un genre d'équilibre entre notre population jeune et notre population âgée, mais, encore là, il faut faire attention quand on regarde dans certains territoires. Que ce soit dans le secteur de Montmagny-L'Islet, que ce soit dans le secteur des Etchemins, c'est un territoire qui est plus âgé. Et, encore là, quand on fait nos plans d'action, il faut quand même adapter nos stratégies en conséquence puis avec la réalité du terrain.

Les maladies chroniques, on ne pourra pas s'en sauver. Le vieillissement de la population, on voit qu'il y a quand même plusieurs problématiques qui surviennent, qu'on parle de diabète ou de cancer, de maladies pulmonaires obstructives chroniques, l'hypertension puis au niveau d'AVC. Dans les dernières années, ce qu'on a essayé de consolider et que je vous dirais qu'on a quand même réussi, ça a été vraiment de le voir, encore là, dans une vue d'ensemble. Dans une vue d'ensemble, on ne peut pas juste traiter une problématique sans en prendre en considération une autre.

En même temps, je vous mentionnais plus tôt qu'on aimait quand même faire une bonne analyse de notre situation, et on a fait un projet qu'on a appelé Actions-Santé. Actions-Santé, qui, dans le fond, regardait c'est qui nos utilisateurs de soins, c'est qui qui vient dans nos urgences. Et ce qu'on s'est aperçus, c'est que, bon an, mal an, 4 % à 5 % de la population utilisait plus ou moins 50 % des services.

Ça fait qu'encore là tu dis: O.K., pourquoi? On avait quand même des grands utilisateurs qui venaient, exemple, plus de 50 fois dans une année, chercher un service, et là on disait: Pourquoi? Et, dans bien des cas, on disait: Bien, des fois, le service n'était pas adapté à cet individu-là. Et c'est pour ça qu'on a quand même fait beaucoup de changements dans nos processus de travail. Aussi, on a regardé au niveau de guichet unique afin que les gens puissent se retrouver dans notre réseau. Puis je peux vous dire, au cours des cinq dernières années, on a quand même eu des très, très beaux succès par rapport à ça.

Et on a fait, un exemple, une cohorte des 100 plus grands utilisateurs de notre région et on a pu diminuer, là, la consommation de leurs services de plus de 40 %. Ça fait que ça vous donne une idée que, quand c'est bien adressé et c'est bien ciblé, effectivement on peut faire une différence avec nos services.

Quand on regarde les indices favorables au niveau de la population de Chaudière-Appalaches, on voit que l'espérance de vie est quand même plus longue. Le taux des infections transmises sexuellement ou par le sang est quand même plus bas que la moyenne provinciale. On a quand même une belle participation au niveau du programme 0-9 ans en santé dentaire. On a moins de grossesses à l'adolescence et d'arrêts volontaires de grossesse dans notre territoire.

Et, aussi, une belle réussite, puis je lisais justement les résultats sur le tabagisme récemment, puis notre région, comme le Québec, dans le fond, on a vu quand même une belle diminution, nous: 19 % de notre population est considéré fumeur, comparativement à 27 % en 2003. Ça fait qu'encore là, au niveau de santé publique, on peut voir que nos interventions portent fruit.

De l'autre côté, quand on regarde l'état de santé de notre population, on regarde les suicides, et les suicides, dans la région Chaudière-Appalaches, demeurent élevés. Nous avons vu des améliorations au cours des dernières années, mais, même avec tous nos efforts et l'amélioration, on ne peut pas se satisfaire des résultats que nous avons. Et, encore là, je suis sûr que, dans le cadre de vos questions plus tard, on aura la chance d'en discuter plus amplement.

Aussi, quand on regarde le portrait type de notre région, on a quand même plus de décès associés aux accidents de véhicules à moteur. C'est drôle à dire, quand il y a des gros accidents majeurs, malheureusement les gens décèdent plus qu'avoir des blessures, et souvent, quand on regarde nos routes, on parle plus de routes de campagne en majorité, et ça, ça peut donner des indications, là, dire pourquoi que, chez nous, nos résultats diffèrent. C'est une particularité au niveau de notre région.

Au niveau des risques reliés à la santé en milieu de travail, vous savez, la région Chaudière-Appalaches est une région manufacturière principalement et qui a des défis au niveau de la santé en milieu de travail. Je peux vous dire qu'on a un programme de santé au travail qui fait quand même beaucoup d'efforts, qui donne des bons résultats. Mais cependant, même malgré tous les efforts de prévention et de stratégie, nos taux demeurent quand même plus élevés.

Enfin, taux d'allaitement qui, malgré certains efforts, demeure quand même plus bas, comparativement à la province. Et ce sera certainement un enjeu qu'on va continuer à poursuivre dans nos interventions pour améliorer nos résultats.

Quand on regarde au niveau des ressources financières, les cinq dernières années, on a quand même vu l'arrivée de 143 millions de budget additionnel. C'est une augmentation de 21 %. Ça fait qu'encore là on a quand même vu l'arrivée de 18 millions aussi de développement dans plusieurs programmes, spécialement au niveau des personnes âgées, au niveau de la réadaptation en déficience intellectuelle et en réadaptation physique.

Un fait à souligner qui est une caractéristique de notre belle région: nos organismes communautaires aussi ont vu une augmentation de leur budget de 45 %. Au-delà de l'augmentation dite au coût de la vie, la région a choisi d'investir 2 millions afin d'améliorer la condition de certains organismes, mais aussi d'ajouter certains services.

Je peux vous dire que ça a été fait, 400 000 $ à chaque année. C'est des sous que nous avons décidé, dans le fond, d'investir, au lieu de le mettre peut-être au niveau de la santé physique ou d'autres programmes, nous avons choisi de le faire dans cette voie-là. Et je peux vous dire qu'on a quand même des très beaux résultats. On a pu augmenter, dans certains endroits, l'accès à des services de répit et aussi au niveau de la sécurité alimentaire.

L'équilibre budgétaire. Comme vous le savez, c'est une loi. Effectivement, on prend ça très au sérieux. Et, au cours des cinq années, malgré les défis, à une exception près les établissements de notre réseau ont livré la marchandise. Et, encore là, avec l'établissement qui a eu des défis et qui était en plan d'équilibre budgétaire, nous avons été en soutien à eux afin de résorber la problématique.

Un fait qu'on ne parle pas beaucoup au niveau de la région de Chaudière-Appalaches, c'est la richesse relative au niveau des ressources. Au niveau de la province de Québec, quand on regarde, on se compare entre les régions, les sous pour donner des services à notre population relativement à l'indice des besoins, quand on regarde les résultats de la dernière année, nous serions en déficit de 18 millions. Encore là, je comprends qu'il y a d'autres régions du Québec aussi qui connaissent le même défi.

Et, pour nous, ce que ça veut dire, c'est qu'encore là on ne vit pas avec des surplus et on est capables d'adapter nos soins et nos services avec les deniers qui nous sont accordés. Et, encore là, comme vous voyez, avec l'amélioration de plusieurs indicateurs de nos programmes au niveau de la cible, bien, ce n'est pas le manque de ressources qui est une excuse, dans le fond, à arriver à améliorer les résultats.

** (10 h 20) **

Aussi, au cours des dernières années, il y a quand même eu des investissements au niveau d'immeubles de près de 63 millions. Au niveau du maintien des effectifs, ça a permis, vraiment, des rénovations de toits, murs de briques, ventilation, gicleurs. Ça nous a permis de mettre aux normes beaucoup de nos établissements. Et aussi, quand on regarde au remplacement des équipements majeurs, plus de 33 millions qui nous ont permis de renouveler des équipements dits spécialisés du type appareils d'anesthésie, du type en imagerie médicale.

Et aussi, au niveau des rénovations fonctionnelles, on a quand même eu des investissements au niveau des CHSLD de plus de 9 millions. Ce qu'on fait avec ces sous-là? Vous savez qu'on a quand même des visites qui ont été faites au niveau des CHSLD avec des recommandations. Et le suivi de nos recommandations souvent était de mieux adapter nos CHSLD avec l'esprit d'un milieu de vie. Et c'est avec ces sous-là qu'on a pu faire la suite des recommandations et faire les ajustements nécessaires pour justement mieux adapter nos CHSLD pour nos personnes âgées.

Aussi, on a quand même eu, vous savez, avec la vision d'autosuffisance de la région, on a pu bénéficier, hein, de projets majeurs. On a juste à penser à l'aménagement de l'urgence et de la chambre hyberbare au CSSS Alphonse-Desjardins. Et, en même temps, il faut souligner que la chambre hyperbare est quand même la plus grande au Québec, sinon au pays.

Ensuite de ça, l'aménagement de l'urgence et des cliniques externes au CSSS de Montmagny-L'Islet, agrandissement au niveau du centre de réadaptation en déficience physique pour l'ajout d'un nouveau service, encore là avec notre désir d'autosuffisance et notre désir aussi d'offrir des services de proximité à notre population. Il y a certains services qui étaient offerts dans la région de Québec et maintenant qui sont offerts chez nous, entre autres au niveau de la déficience visuelle.

Aussi, il y a eu des relocalisations de CHSLD dans la région de Thetford et aussi l'ouverture d'un centre de dialyse rénale au CSSS de Beauce. Ça fait que, comme voyez, quand on regarde notre réseau régional, on a été capables, avec ces investissements majeurs là, de consolider notre réseau régional.

Au niveau des ressources informationnelles, encore là, au niveau des cinq dernières années, on a vu quand même des grands chantiers. On a juste à parler ou à penser, au niveau du dossier clinique informatisé, nous avons fait le choix d'aller de l'avant avec ce projet-là. Et nous avons fait le choix aussi d'utiliser les ressources existantes, et, dans le fond, de faire parler les systèmes que nous avions. Et je peux vous dire que c'est toujours en déploiement. Justement, demain, je serai au CSSS de Beauce pour justement dire comment, faire l'état de situation, où en sommes-nous.

Et vraiment, maintenant, c'est devenu une réalité, au niveau de l'informatisation de notre dossier clinique informatisé.

Aussi, au niveau de la télésanté, vous savez qu'avec une région comme Chaudière-Appalaches, c'est particulier, il faut adapter nos services. On a pu développer, avec certains CSSS, avec le soutien financier même de certaines fondations, des services spécialisés par visioconférence. Ça fait qu'encore là, oui, il y a la distance mais le médecin peut être présent et être en consultation au niveau de médecins ou de professionnels de la santé à distance.

Et, enfin, un autre projet-phare de notre région, qui a été l'unité de coordination clinique de soins préhospitaliers d'urgence, qui amenait la télémétrie, dans le fond, au niveau de nos ambulances. Comme vous savez, grand territoire, les transports en ambulance sont longs. Et, en même temps, avec les technologies, maintenant les ambulanciers, le personnel en dedans des ambulances sont capables d'être en contact avec un médecin à l'urgence et d'avoir une meilleure coordination des services. Ça vous démontre un peu l'innovation clinique que nous avons au niveau de Chaudière-Appalaches.

Rapidement, au niveau des ressources humaines, c'est particulier, mais, au cours des dernières années, nous avons vu une diminution de notre personnel. C'est un indicateur des transformations, dans le fond, qui ont eu lieu dans notre réseau régional. Ça s'est fait par de la titularisation des postes, ça s'est fait par des optimisations de travail et ça s'est fait aussi par des grands projets de réorganisation du travail.

Aussi, on a formé nos gestionnaires à l'approche « lean » , la gestion de projet, gestion de changement. Pour gérer le réseau d'aujourd'hui et de demain, ça prend des nouvelles compétences au niveau des gestionnaires. Et, nous, de façon conjointe avec notre réseau, on travaille fort à amener nos gestionnaires avec des nouvelles façons de faire, et je peux vous dire qu'il y a eu quand même beaucoup de beaux résultats en lien avec ça.

Main-d'oeuvre. On demeure avec des grands défis par rapport à l'assurance salaire, malgré tous nos efforts. Nous avons adhéré à certains projets de mobilisation du travail... au milieu de vie, au niveau types d'entreprises en santé, etc. L'assurance salaire demeure un enjeu pour nous, mais, en même temps, on ne baisse pas les bras. On continue à travailler en coordination avec notre réseau pour du recrutement et aussi afin de développer des ressources chez nous.

Entre autres, on a pu développer, en partenariat avec l'Université du Québec de Rimouski, site Lévis, un programme de baccalauréat en service social et aussi au niveau des préposés aux soins aux bénéficiaires. Et ça, ça nous a permis, dans le fond, de créer notre propre main-d'oeuvre, chez nous, pour offrir les services.

Au niveau médical, les derniers cinq ans ont quand même été des très belles années au niveau d'arrivée de médecins en omnipratique. Quand on regarde, à terme nous avons eu 52 nouveaux médecins en omnipratique, 50 médecins spécialistes. Nous sommes une région qui est considérée attractive parce qu'on est quand même à proximité d'un grand centre. Cependant, on ne peut pas avoir le même qualitatif à tout l'ensemble de la région Chaudière-Appalaches: plus attractif au niveau du grand Lévis, et plus qu'on est dans les territoires plus au sud, plus de difficultés de retenir nos médecins.

Grands enjeux: le vieillissement de notre équipe médicale et aussi les coûts reliés à l'arrivée des nouveaux spécialistes.

Quand on regarde, rapidement, au niveau des défis et des résultats par programmes, santé publique: bon taux de vaccination. Vous savez que, dans les derniers cinq ans, nous avons eu à faire face au H1N1 et, en même temps, comme tout récemment avec la grippe, encore là, on est mobilisés et notre taux de vaccination est très bien. On a quand même des défis pour certains, des fois une deuxième dose ou une troisième dose au niveau des vaccins, mais, somme toute, le résultat à la fin, on a un bon taux.

Au niveau des maladies nosocomiales, c'est une réalité dans nos établissements comme ailleurs au Québec, nos taux sont dans la moyenne et, comme je vous mentionnais tantôt, on ne se contente pas de la moyenne, on fait encore beaucoup d'efforts afin de prévenir ces maladies.

Au niveau de nos programmes en perte d'autonomie et les programmes généraux, dans le document qu'on vous a présenté vous pouvez voir qu'on a eu quand même des augmentations substantielles de productivité et aussi au niveau du nombre d'usagers. Entre autres, on parle juste du nombre d'usagers desservis par les services psychosociaux généraux, des augmentations de 65 %; le nombre d'heures moyen travaillé par des services professionnels dans les CHSLD, des augmentations de 9 %, et aussi, en soutien à domicile, une augmentation de 21 % du nombre d'heures de services qui est offert.

Tu sais, on parle beaucoup de réorganisation du travail. Un projet que nous voulons mentionner au niveau de la vision intégrée des services, on regarde maintenant plus des programmes qu'on combine ensemble afin d'offrir un meilleur service.

Entre autres, il faut souligner aussi des beaux succès au niveau des services sociaux, au niveau de la réinsertion sociale, au niveau des troubles sévères et persistants et au niveau de la déficience intellectuelle. Dans le fond, c'est qu'il y avait des gens qui étaient au niveau d'une institution au niveau du Lac-Etchemin et maintenant ont retourné dans leur territoire.

Aussi, au niveau de nos urgences, au niveau de la santé physique, je crois qu'on performe bien, et vous voyez que nos temps d'attente sont demeurés relativement stables ou se sont améliorés. Il faut toujours souligner aussi que l'achalandage est quand même plus élevé qu'il était. Et, au niveau des soins palliatifs aussi, le nombre en soins palliatifs à domicile a augmenté de 24 %.

J'aimerais conclure, M. le Président, avec nos perspectives d'avenir. Région Chaudière-Appalaches, comme vous voyez, dynamique, des défis, mais on ne perd pas de vue notre désir d'autosuffisance. Notre prochaine vision, c'est au niveau de la cancérologie. Nous travaillons fort afin de développer un centre intégré régional en cancérologie qui nous permettrait d'offrir des services de radiothérapie ici, dans notre région, et aussi, dans une approche de deux régions, au niveau même aussi de la région de Québec, de venir supporter les deux régions et d'offrir des services de proximité.

On veut aussi poursuivre nos travaux d'organisation du travail, d'aller encore plus loin spécialement au niveau des services diagnostiques, soit en imagerie médicale et laboratoire, afin d'avoir une organisation dite régionale complémentaire entre les établissements. On veut aussi poursuivre nos hiérarchisations de services. Dans nos résultats, vous avez pu constater qu'entre les CSSS et nos services dits régionaux, on a vu quand même des transferts importants au niveau des clientèles. Le patient ou l'usager vient chercher son service au bon endroit, et, enfin, on veut vraiment poursuivre sur notre vision d'avoir le bon usager, le bon service au bon endroit et en temps opportun.

Ça complète ma présentation, M. le Président.

** (10 h 30) **

Le Président (M. Bergman): Merci, M. Paré. Merci pour votre présentation. Merci pour votre présence ici, aujourd'hui, avec votre équipe.

Alors, je reconnais maintenant la députée de Sainte-Rose. Mme la députée.

Mme Proulx: Bonjour, M. Paré. Je vous souhaite la bienvenue, à toute votre équipe aussi. Je vous remercie beaucoup d'avoir pris le temps de nous préparer cette présentation. Je pense que vous nous avez tracé un portrait très complet de la situation dans votre territoire. Vous avez effectivement... ce que j'entends, c'est que beaucoup d'efforts ont été déployés, et vous avez des résultats qui m'apparaissent intéressants, notamment au niveau de la santé publique.

Et je voulais souligner aussi les efforts et les résultats que vous avez obtenus au niveau du vieillissement de la population, donc avec les personnes âgées, l'augmentation du nombre d'heures en soutien à domicile, et tout ça, et notamment, là, aux CSSS de Thetford et Montmagny, dans tout ce qui touche l'approche adaptée aux personnes âgées.

Donc, vous avez certainement des très bons coups, là, que je tenais à souligner, mais j'ai certaines préoccupations aussi, deux dossiers en particulier dont je voudrais vous parler qui touchent en fait des clientèles plus démunies ou fragiles, les personnes âgées et les jeunes en difficulté. Alors, le premier, je voudrais vous parler de deux incidents malheureux qui se sont produits dans votre agence, le premier étant la fermeture du centre pour personnes âgées qui a laissé 21 personnes âgées, l'an dernier... en fait, oui, l'an dernier, à moins de 24 heures d'avis, là, sans...

La fermeture du centre d'hébergement privé dont je vous parle, la Villa Léry à Beauceville. Et je voulais savoir, quel bilan, premièrement, vous faites de votre gestion de cette situation-là? Et quelles sont les mesures que vous avez mises de l'avant pour éviter que ça se reproduise? Est-ce que vous avez des mécanismes de contrôle un peu plus serrés pour les centres privés, pour éviter qu'on se retrouve avec une fermeture comme ça qui laisse des personnes âgées totalement dans une situation, là, très difficile pour elles et complètement instable? Ça, c'est la première chose dont je voulais vous parler.

Et la deuxième, c'est le décès de la jeune fille hébergée dans un centre jeunesse. Là aussi, j'aimerais vous entendre sur le bilan que vous faites de la gestion de cette situation-là, mais surtout les mesures que vous avez décidé de mettre en place pour éviter qu'une situation comme ça se reproduise?

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Premièrement, j'aimerais débuter avec la première situation de personnes âgées. Pour nous, ce qui est non négociable, c'est la qualité des services et la sécurité des usagers au niveau des résidences de personnes âgées. Dans la situation qui nous préoccupait, nous étions en interrelation avec le CSSS de Beauce. Et finalement, sans aller dans les grands détails, on n'avait vraiment aucun employé qui s'était présenté à la résidence et nous devions agir.

Et, en collaboration avec le CSSS de Beauce, nous avons, dans le fond, entré et offert des services pour les nourrir, c'était jusqu'à ce niveau-là. Nous, on avait été appelés pour dire que la personne qui préparait les repas n'allait pas se présenter et nous avons pris action pour prendre soin des gens qui étaient là. Nous, ce qu'on a fait dans cette situation-là, on a contacté les propriétaires, et, encore là, il n'y avait aucune action, là, puis ça s'est fait quand même dans un court laps de temps. Et, en collaboration avec le CSSS de Beauce, on a relocalisé les gens pour leur sécurité.

C'est certain que des situations comme ça ne sont pas faciles, ce n'est certainement pas facile pour les usagers parce que les usagers, des fois, ne comprennent pas. C'est leur milieu de vie, hein? Ça fait qu'on a beau dire que, regardez, la résidence a des défis au niveau de la certification, que, là, maintenant, on parlait de faillite... C'était carrément ça aussi qui était la situation financière de l'établissement.

Ça fait que je vous dirais que, dans ce dossier-là, oui, on a agi vite, mais c'était dans l'intérêt des usagers. Et, en même temps, par la suite, les gens ont été relocalisés, là, aux endroits, là, avec le niveau de soins qu'ils devaient bénéficier. Ça fait que la sécurité...

Mme Proulx: Comprenez-moi bien, je ne remets pas en question du tout que vous ayez sorti les 21 personnes âgées de là, je pense que c'est ce qu'il fallait faire. Ma question est beaucoup plus: Comment se fait-il qu'on se soit rendu là? Comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu de signaux d'alarme avant, vous indiquant qu'il y avait de grandes difficultés dans ce centre d'hébergement?

M. Paré (Daniel): C'est certain qu'encore là nous, on est toujours en soutien avec eux, la résidence, dans le cadre de la certification justement des résidences pour personnes âgées. On travaille conjointement avec eux. Il y a des bouts qu'on ne peut pas contrôler. C'est un bel exemple, là, que, là, maintenant, il n'y avait, comme on dit, plus de son, plus de lumière, et les résidents étaient là. Nous, au niveau de la loi, là, c'est certain qu'après ça il y a des recours contre la résidence pour personnes âgées. Mais ça reste que, nous, notre priorité, c'était les usagers.

Je vous dirais qu'on n'aurait pas pu le voir venir. Oui, on travaillait en collaboration avec eux pour dire: Bien, on pourrait peut-être vous aider. Le CSSS de Beauce, entre autres, avait emmené des ressources supplémentaires souvent pour venir palier certaines pénuries, raretés. Mais, je vous dirais, comme vous mentionnez, c'est la seule situation comme ça qui est arrivée. Je peux vous dire que, tel que présenté comme ça, on n'aurait pas pu le prévenir.

Mais, en même temps, ce qu'on a appris, c'est qu'on est en soutien avec nos autres résidences pour personnes âgées, puis, en même temps, on est clair aussi: Là, si ça arrive, appelez-nous avant.

Tu sais, je veux dire, nous, on n'est pas là... Dans le programme de certification, on n'agit pas comme police. On veut vraiment être en soutien. On croit à ce modèle d'hébergement là et on veut bien les soutenir. Et ça, ça se joue des deux côtés. Ça fait que ça prend une bonne relation entre les résidences. Puis je peux vous dire que, dans 99 % des cas, c'est le cas.

Dans l'autre situation qui vous préoccupe puis qui nous a préoccupés aussi, vous comprendrez qu'il y a des poursuites judiciaires dans le cas, ça fait que je ne pourrai pas, encore là, élaborer tant que ça. Mais, au niveau des recommandations du coroner, je peux vous dire que toutes les recommandations ont été appliquées, et suivies, en lien avec ça. C'est un incident malheureux, ça, il n'y a aucun doute par rapport à ça. Mais je me demandais si, Mme Benoît, vous vouliez rajouter au niveau des recommandations.

Mme Benoît (Dyane): Bien, en fait, les principales recommandations, c'était de mettre en place un service de soins infirmiers. Vous savez que, dans les centres jeunesse habituellement, on a des jeunes, quand même, qui sont en santé. Donc, de s'assurer qu'il y ait une présence infirmière à chaque fois qu'un enfant, un jeune est malade. Il y a eu aussi toute la révision du protocole avec Info-Santé. Donc, chacun des intervenants a été reformé par rapport à l'application du protocole d'Info-Santé, et une étude de cas a été faite de toute la situation, de A à Z, pour s'assurer qu'effectivement il n'y a pas de situation comme ça qui se reproduise par la suite.

Je vous dirais aussi que des recommandations ont été faites aussi à l'Association des centres jeunesse du Québec, et eux aussi ont mis en place les mêmes mesures pour s'assurer que, dans un autre centre, ça n'arrive pas. Et, comme le disait M. Paré, évidemment, on ne peut pas entrer dans les détails pour la suite des choses compte tenu de la poursuivre au civil actuellement.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Sainte-Rose.

Mme Proulx: Oui. C'est bien. Je comprends, là, la situation, il y a des éléments plus légaux, là, qui vous empêchent. Mais ma préoccupation, c'était vous, comme agence -- tu sais, je ne voulais pas les détails -- mais vous, comme agence, le bilan que vous faites de votre gestion de cet état de crise. Alors là, je comprends qu'il y a eu des recommandations, mais ma question, c'était aussi ça, vous, le bilan que vous faites et ce que vous, comme agence, comme dirigeants, comme gestionnaires, vous allez mettre de l'avant pour éviter que ça se reproduise.

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Ah bien, c'est comme je vous disais, au niveau de la situation, oui, ça a été quand même bien géré dans les circonstances. Quand même, il a fallu expliquer. Encore là, quand des situations comme ça arrivent, c'est... C'est arrivé. Ça fait qu'il faut que... Puis, encore là, en lien avec le coroner, on a été d'accord avec toutes les recommandations. Je peux vous dire, pour avoir parlé principalement aux dirigeants du centre jeunesse et aussi aux employés qui étaient très... comment vous dire, vous pouvez croire qu'ils étaient très malheureux de la situation. On a appris de cette situation-là.

Et, en même temps, au niveau de la transparence, je pense qu'au niveau transparence tout a été bien fait, là, par rapport à ça.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Masson.

Une voix: Vous pouvez y aller, oui.

Mme Gadoury-Hamelin: Alors, bonjour. Bonjour, M. Paré. Bonjour. Vous avez la chance d'avoir une espérance de vie... Vos habitants ont la chance d'avoir une espérance de vie, là, dont la moyenne est plus longue que l'ensemble du Québec. C'est tout un avantage. C'est un boni. Par contre, on constate que le taux plus élevé de mortalité par suicide est présent. Puis il y a également une proportion importante de votre population de 65 ans et plus, là, qui fait usage d'anxiolytiques, de sédatifs, et tout ça, qui présente des défis à relever en santé mentale.

Pouvez-vous nous exposer un peu cette situation-là puis quelles sont, là, les façons dont vous avez choisi, là, de travailler à régler ou, en tout cas, à améliorer cette situation-là puis à relever ces défis-là? J'aimerais vous entendre là-dessus.

M. Paré (Daniel): On est d'accord avec vos constatations. Pour nous, tel que mentionné, c'est un défi, on le sait. Et, avec la permission de M. le Président, je demanderais au Dr Lessard, qui est directeur de la santé publique...

Le Président (M. Bergman): M. Lessard.

** (10 h 40) **

M. Paré (Daniel): ...il pourrait nous donner encore plus d'information, là, pour répondre à la question.

Le Président (M. Bergman): M. Lessard.

M. Lessard (Philippe): Oui, bonjour. Écoutez, ça fait 12 ans que je suis directeur de la santé publique à Chaudière-Appalaches et ça fait 12 ans que la problématique du suicide est une problématique qui nous préoccupe comme région, comme agence et comme directeur de la santé publique.

C'est sur cette base-là d'ailleurs, ces statistiques-là que vous avez soulevées, que nous en sommes arrivés, en 2006, à faire un effort particulier pour que la région se mobilise davantage autour de la problématique du suicide et sur la façon d'intervenir de façon la plus concertée et la plus efficace possible par rapport à cette problématique-là.

Et il y a un rapport qu'on a produit à ce moment-là, qui s'appelle, le rapport du directeur de santé publique, La problématique du suicide , c'est un rapport qui est disponible, là, et on en a profité, à ce moment-là, pour faire le point sur la problématique, identifier c'est quoi, les différents facteurs de risque qui sont en cause, qui rentrent en ligne de compte dans une situation de crise suicidaire ou surtout qui amène des gens à se suicider.

Ce n'est pas une problématique qui est simple à traiter. Il y a plusieurs facteurs de risque, c'est multifactoriel comme causes. On sait qu'il peut y avoir des facteurs socioéconomiques ou il peut y avoir des facteurs individuels en termes de capacité de résilience, par exemple dans des situations lorsqu'on vit une problématique de couple, par exemple, de divorce, ou de séparation, ou des situations comme ça. Et particulièrement, et ce n'est pas propre à la région de Chaudière-Appalaches, mais c'est une problématique qui affecte surtout les hommes. On sait...

Mme Gadoury-Hamelin: ...maintenant, hein?

M. Lessard (Philippe): Pardon?

Mme Gadoury-Hamelin: Les hommes d'âge moyen plus.

M. Lessard (Philippe): Oui, dans le milieu de la vie, là, donc plus jeunes que moi un peu. Mais donc c'est une problématique fort complexe, et le rapport a bien énoncé à ce moment-là, en 2006, quelles étaient les recommandations qui étaient faites à la région pour tenter d'améliorer la situation. Il y a plusieurs recommandations là-dedans qui ont été appliquées, qui ont été mises en action, et, à chaque année, il y a une rencontre régionale de tous les partenaires concernés par la problématique du suicide qui font le point sur l'état d'avancement des différentes recommandations et les actions à poser pour l'année suivante.

Entre autres, il y a des actions qui ont été menées, qui sont assez particulières et propres à Chaudière-Appalaches, lesquelles on peut être fiers, c'est le développement d'un projet qui s'appelle le projet REMI, on en parle dans le rapport, et ce projet-là, c'est une façon, je dirais, d'assurer qu'à toutes les étapes d'une crise suicidaire, si on veut, l'individu ou la personne qui est en crise ne tombe pas entre les mailles d'un filet de suivi de services, de continuum de services.

Et ça rejoint ou ça réunit autour d'une même table et d'un même processus de prise en charge les différents partenaires que sont l'Info-Santé, les policiers, l'urgence, le CSSS, etc. Donc, c'est un protocole... Excusez-moi, j'avais l'impression que vous vouliez intervenir.

Le Président (M. Bergman): Ça va? M. le député de Côte-du-Sud.

M. Morin: Merci, M. le Président. Merci. Bon, je voudrais dire bonjour à M. Paré, Mme Benoît, Dr Bachand, Dr Philippe Lessard. Bienvenue chez vous.

Comme vous connaissez très bien, M. Paré, le CSSS de Montmagny-L'Islet, je ne ferai pas de grande dissertation, je vais aller à trois questions bien précises qui amènent une réponse assez courte. Mais, avant, j'aimerais dire à cette dame, Mme Benoît, au nom des gens de Montmagny-L'Islet, un grand merci pour votre présidence de directrice générale de Chaudière-Appalaches... Excusez-moi, je vous regarde. C'est vos yeux, peut-être, qui me dérangent. Vous dire merci pour avoir assuré l'intérim et avoir aussi toujours eu une écoute de nos jeunes, de nos besoins chez nous, au CSSS de Montmagny-L'Islet. Donc, merci, Mme Benoît.

Donc, M. Paré, vous connaissez, vous en avez parlé tout à l'heure, du vieillissement de nos médecins. Ce que j'aimerais savoir, c'est qu'au CSSS de Montmagny-L'Islet, pour assurer des soins de qualité à la population, combien de permis allons-nous pouvoir accordés? Vous connaissez notre problématique à l'urgence de Saint-Jean-Port-Joli. Combien de permis de dépanneurs qu'on espère avoir pour assurer nos soins? Et aussi, vous en avez parlé un petit peu, la problématique des ambulances à Saint-Pamphile et Saint-Fabien, j'aimerais bien avoir un petit soupçon de réponse, puis une vision d'avenir, et qu'on puisse espérer régler ce problème-là d'ambulances chez nous. Voilà.

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Je vais débuter. Après ça, peut-être je vais me faire assister du directeur Bachand pour d'autres éléments à la réponse.

Au niveau des permis de médecins, vous savez, à chaque année, chaque région reçoit un nombre de permis pour des nouveaux facturants et des permis pour des mobilités interrégionales. Bon an, mal an, à chaque année, la région Chaudière-Appalaches a la permission, dans le fond, d'engager entre 18 et 20 médecins.

Nous, comment on réussit à se partager une certaine pauvreté -- il faut quand même se le dire, même si notre plan d'effectifs médicaux est complet, il faut quand même dire que nos besoins ne sont pas tous comblés -- quand on regarde pour bien distribuer nos médecins, on regarde les besoins, puis encore là, dans un territoire... comme Montmagny-L'Islet est un territoire, spécialement dans le secteur de L'Islet, qui est considéré comme défavorisé et qui, au cours des dernières années, a eu un recrutement quand même soutenu d'au moins un par année pour venir soutenir, dans le fond, effectivement le vieillissement de la population.

Et justement, tout récemment, là, un autre permis pour 2013 a été accordé pour le secteur de Saint-Pamphile. Ça fait qu'en nombre de permis à chaque année, selon ce que nous recevrons, il est impossible pour moi de dire qu'on ne pourra pas garantir des permis. Ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne; on va sur les éléments de besoin. Mais, pour le secteur que vous me parlez, c'est certain que c'est un secteur qui est considéré en grand besoin, et je sais que le département régional de médecine générale va toujours prendre en considération, dans le fond, une demande dans ce sens-là.

Aussi, dans le défi du territoire, puis effectivement, comme vous mentionnez, je le connais bien, c'est souvent, pour avoir un permis, d'avoir le bon individu qui veut aller travailler. Et, un territoire comme L'Islet, qui est un beau territoire, il faut regarder maintenant, les nouveaux médecins, quel genre de pratique qu'ils veulent exercer. Et souvent ils veulent être jumelés ensemble, en groupe. Ce qu'ils veulent aussi, c'est avoir accès à des technologies, des trajectoires de services pour des médecins spécialistes.

Et, au cours des dernières années, le CSSS de Montmagny-L'Islet a travaillé fort à ce niveau-là pour pouvoir développer un groupe de médecine familiale. Ça fait que, maintenant, tous les médecins du secteur de Montmagny-L'Islet sont groupés à travers un groupe de médecine familiale. Donc, ils ont accès à des professionnels de la santé, infirmières. Aussi, ce qu'il faut dire, on a aussi eu l'ajout de deux infirmières praticiennes de première ligne qui, entre autres, font du bon travail et qui permettent aussi une prise en charge de la population.

Ça fait que, pour cet élément de réponse là, si on peut trouver le bon médecin, encore là, c'est certain qu'il y aura une ouverture du département régional de médecine générale.

Au niveau des médecins dépanneurs, c'est en lien avec l'urgence de Saint-Jean-Port-Joli. Comme vous le savez, au niveau de l'urgence de Saint-Jean-Port-Joli, nous avons dû procéder à une transformation. L'urgence était à découvert plus de 50 % du temps. Et, en même temps, ce qu'on regardait, l'analyse des... Plus tôt, je vous mentionnais les grands consommateurs, on regardait qui consomme quoi, où, et, dans nos analyses, ce que ça disait, c'est que les gens de ce secteur-là n'avaient pas beaucoup de médecins de famille, ils consommaient leurs services à travers l'urgence.

Ça fait que, dans la transformation, ça a permis une meilleure prise en charge des résidents de ces territoires-là par l'équipe médicale en place. Et, en même temps, on a pu maintenir aussi une urgence avec des heures garanties. Et aussi, même en diminuant le nombre d'heures, l'équipe actuelle n'est pas en position de maintenir une offre de service, là, permanente, et c'est pour ça qu'on fait appel au mécanisme de dépannage.

Et, dans le fond, la demande d'accès à un service de dépannage comme ça se fait selon le besoin. Ça fait qu'un exemple: si, aujourd'hui, on est capables de voir le nombre de quarts de travail qui va être à découvert, qui est l'équivalent de huit quarts de travail dans le mois, on est capables de faire une demande au ministère qui est dans un comité paritaire aussi avec l'association des médecins, si on peut dire, et qui nous permet de faire une demande pour combler les besoins. À date, on a toujours eu une réponse positive et nous, en tant qu'agence, on va toujours supporter.

Parce qu'encore là l'urgence de Saint-Jean-Port-Joli, pour nous, c'est important de la maintenir, et elle a toujours été ouverte, même dans le cadre de la transformation.

** (10 h 50) **

Enfin, au niveau des ambulances, nous, ce qu'on fait au niveau de l'agence, on maintient, on regarde toujours l'utilisation des ambulances parce qu'encore là ça ne fonctionne pas en vase clos, ça fonctionne dans un réseau régional. Et je peux vous dire que les analyses se font régulièrement. Dans le secteur qui vous préoccupe, plus dans le secteur de Saint-Pamphile et de Saint-Fabien, dans le fond, quand on regarde ces secteurs-là, c'est une grande distance par rapport au centre de référence, et il y a une coordination qui se fait à ce niveau-là.

Dans les actions qui ont été prises, tantôt je vous parlais de l'unité de coordination au niveau des services préhospitaliers, en emmenant les technologies dans les ambulances, ça a permis de réduire aussi les temps que les ambulances étaient sur la route, et aussi au niveau de certains autres protocoles de santé qu'ils nous ont permis d'améliorer. Mais on est à l'affût, mais, pour vous dire, au niveau de la dernière analyse que nous avions faite, les ambulances de ce secteur-là travaillaient à l'équivalent de 90 % sur les échelles qu'on utilise.

Il faut dire que 100 % est équivalent à 25 heures de travail par semaine. Ça fait que pour vous dire que, maintenant, ils sont à 90. Ça fait que c'est certain que ça fluctue, il faut demeurer à l'écoute, et, en même temps, ce qu'on a pu voir, c'est que, justement, la transformation des soins qu'on a faite avec une meilleure prise en charge, on a pu diminuer la pression sur les ambulances de cette façon-là.

Le Président (M. Bergman): M. le député de Côte-du-Sud.

M. Morin: Oui. Simplement vous rappeler que, compte tenu qu'on a diminué les heures d'urgence à Saint-Jean-Port-Joli, ça cause une certaine problématique, que Saint-Pamphile, ils n'arrêtent plus à Saint-Jean, donc ils s'en vont directement à Montmagny. Donc, si vous avez ça en tête, moi, je suis content de la réponse.

M. Paré (Daniel): ...Dr Bachand aurait aimé rajouter quelque chose ou Mme Benoît? Mais, comme je vous dis, on est préoccupés, on le suit et on le suit de façon, là, comme on dit, quotidienne. Et en même temps, au niveau de la province, on le sait qu'il y a toujours une évaluation qui est faite de tous les services d'ambulance, puis je peux vous dire que, dans le secteur d'ambulance que vous mentionnez là, je vous dirais qu'il est toujours dans les 20 qu'on surveille le plus étroitement, là, pour s'assurer d'avoir une bonne couverture.

M. Morin: ...remercier pour l'appui que vous nous avez donné pour concrétiser la dialyse pour 2014. Je sais que vous avez travaillé fort ces derniers temps, donc merci. En même temps, je peux dire merci à l'ancien ministre de la santé, Dr Bolduc. Merci.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Masson.

Mme Gadoury-Hamelin: Oui. J'aimerais, Dr Lessard, pouvoir continuer votre réponse de tout à l'heure, si vous n'avez pas d'objection. On nous a coupés, c'est le temps, c'est organisé comme ça. Alors, également, on m'a dit que vous avez... Vous savez, on a parlé tout à l'heure d'une situation particulière par rapport au suicide, mais vous avez posé des gestes concrets. J'aimerais, entre autres, particulièrement vous entendre sur l'implantation de vos sentinelles, qui s'est faite ailleurs, mais apparemment que, chez vous, c'est assez réussi comme expérience.

Ça fait que j'aimerais vous entendre là-dessus, pour le bénéfice des autres régions aussi qu'on côtoie, puis tout ça. Les bons coups, on aime ça, les entendre.

M. Lessard (Philippe): Bon, écoutez, je reçois bien le commentaire, en même temps, malheureusement, je pense que je ne pourrai pas vous donner beaucoup de précisions, je ne me suis pas préparé à me vanter sur la situation de l'évolution des services en Chaudière-Appalaches. Mais effectivement, quand même, au niveau de l'implantation du projet des sentinelles dans la région, c'est un des dossiers qui a été priorisé, là, dans les suites des recommandations du rapport, et ça s'est déployé à plusieurs niveaux: au niveau du réseau de l'éducation, mais aussi au niveau, même, des entreprises, des milieux de travail.

Maintenant, je ne voudrais pas en donner plus que ça, je risquerais peut-être de dire des choses qui ne sont pas tout à fait la réalité. Mais, si vous le souhaitez, on pourrait vous faire parvenir une information complémentaire, éventuellement, sur l'état de déploiement, là, de cette expérience-là... pas une expérience mais du réseau sentinelles dans Chaudière-Appalaches.

Mme Gadoury-Hamelin: Bien, on apprécierait. La procédure, c'est -- hein, c'est ça, monsieur -- que ce soit envoyé...

Le Président (M. Bergman): Oui. Si vous envoyez du matériel, envoyez ça au secrétaire de la commission, et le secrétaire va l'envoyer à tous les membres de la commission, et vous êtes certainement bienvenu pour envoyer ce matériel à nous.

M. Lessard (Philippe): Ça me fera plaisir.

M. Paré (Daniel): Si vous permettez, M. le Président, je pourrais quand même bonifier, peut-être, la réponse de Dr Lessard en lien avec pourquoi le succès dans Chaudière-Appalaches au niveau de ce projet-là. C'est qu'on a quand même une belle relation avec les gens du marché du travail, et on sait que les sentinelles, c'est des gens qui sont formés au niveau des entreprises, ils sont sur le terrain. Ça fait que tout le travail qui est fait en amont, en lien avec, comme je vous dis, les entreprises, en lien avec les autres organismes gouvernementaux de notre région, ça nous permet, dans le fond, de passer nos messages et ça nous permet aussi de bien convaincre.

Ça fait qu'encore là pour avoir parlé à certains dirigeants, et même eux en font une fierté, pour avoir parlé, des fois, à diverses tables, eux m'en parlent, ils disent: Vous savez, M. Paré, nous, on a des gens en sentinelle, et, eux, c'est un engagement, et aussi ce qu'on voit, c'est qu'ils nous appellent lorsque, un exemple, un employé quitte, bien ils veulent le remplacer.

Ça fait que je vous dirais, là, que le crédit revient aussi aux employeurs, je vous dirais, aux employeurs de la région et peut-être aussi au niveau de tous les messages, dans le fond, médiatiques qui ont permis de faire la promotion et aussi de faire une différence. Je pense que quelques éléments de réponse, là, à la clé du succès dans notre région, là, se tiennent à ce niveau-là.

Mme Gadoury-Hamelin: Le partenariat avec les entreprises...

M. Paré (Daniel): L'engagement des entreprises.

Mme Gadoury-Hamelin: ...qui sont bien implantés dans les entreprises. Pour les plus jeunes, j'imagine que c'est dans les écoles, dans les centres...

M. Lessard (Philippe): Dans les milieux secondaire et collégial.

Mme Gadoury-Hamelin: ...en fonction de chacune des clientèles.

M. Lessard (Philippe): Oui, oui, c'est ça.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Sainte-Rose.

Mme Proulx: Oui, alors j'aimerais vous parler de santé mentale et de l'atteinte des cibles ou de la diminution, là, des personnes desservies. En fait, ce qu'on constate, c'est que l'agence prévoyait offrir des services aux personnes en santé mentale, des services de première ligne. Il y a 6 185 personnes, mais, dans les faits, c'est seulement 3 000, c'est la moitié. J'aimerais ça que vous nous expliquiez un peu, d'une part, comment se fait-il que les cibles n'ont pas été atteintes? Est-ce que c'est les cibles qui étaient trop élevées? Si oui, pourquoi les cibles ont été déterminées aussi élevées?

M. Paré (Daniel): Avec votre permission, M. le Président, je demanderais à Mme Benoît de commenter, mais, d'entrée de jeu, je pourrais vous dire que, oui, effectivement, c'est un enjeu pour nous. Comme vous le voyez dans le bilan, on en prend acte. Et, plus tôt, je vous mentionnais, au niveau de la coordination régionale, on avait des comités stratégiques qui voulaient adresser, là, des grandes problématiques avec tous les intervenants autour de la même table. C'est un bel exemple.

Sur ce, je demanderais peut-être à Mme Benoît d'ajouter des éléments de réponse.

Le Président (M. Bergman): Mme Benoît.

Mme Benoît (Dyane): Bien, en fait, au niveau de la santé mentale, effectivement, il y a une problématique autour de la cible qui a été fixée. En fait, la cible pour Chaudière-Appalaches est plus élevée que celle de Québec. Alors, on a commencé à questionner un peu. On travaille avec le ministère actuellement pour réajuster la cible, là, pour que ce soit un petit peu plus réaliste. Et évidemment c'est des cibles qui sont basées sur un taux de prévalence. Donc, pour l'année 2012-2013, comme on a indiqué, la cible a été changée, a été ramenée un peu plus basse.

En ce qui concerne aussi le programme santé mentale, peut-être vous avez vu une note dans le cahier qu'on vous a livré. En fait, c'est un programme qui, chez nous, est en pauvreté relative. Comme disait M. Paré tantôt dans sa présentation, il y a une pauvreté relative d'environ 18 millions dans la région, et le programme santé mentale est en retard au niveau des investissements. Alors, c'est sûr qu'on investit beaucoup plus dans la réorganisation du travail, et tout ça, pour essayer d'atteindre nos cibles.

Il y a beaucoup d'énergies, actuellement, qui sont mises en place pour justement développer le suivi intensif, suivi d'intensité variable également, et on travaille étroitement avec les organismes communautaires.

Donc, il y a une

partie aussi de notre offre de service qui n'est pas captée par les indicateurs parce que les informations ne sont pas saisies puisque les services sont donnés en collaboration avec le communautaire. En même temps, bien, ça fait aussi un réseau qui est plus fort. Comme le disait M. Paré, autant au niveau du suicide qu'en santé mentale, nous, on est très, très maillés avec les organismes du milieu.

Aussi, peut-être dire qu'on travaille aussi à essayer de ramener le niveau de service au bon endroit. Il y avait une pratique, pas juste dans Chaudière-Appalaches, mais qui faisait en sorte que la deuxième ligne était souvent la porte d'entrée. Donc, les gens, ou les médecins omnipraticiens, ou les intervenants en première ligne avaient tendance à référer directement en psychiatrie les personnes qui ont une problématique de santé mentale. On est à travailler actuellement pour réviser l'ensemble du programme.

On démarre justement les travaux, là, de révision de l'ensemble de la trajectoire pour être capables de ramener en première ligne les ressources et également consolider l'offre de service.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Sainte-Rose.

Mme Proulx: Oui. Ce que j'entends, c'est une difficulté, hein, dans la collecte de données, et même l'arrimage avec votre plan, comme agence, et le plan régional, le plan stratégique régional. D'après ce que j'ai cru comprendre, on ne calcule pas nécessairement les cibles de la même façon. Et ça, ça devient compliqué dans une reddition de comptes quand on veut évaluer l'impact des politiques, l'impact des mesures, l'impact du travail que vous effectuez. Est-ce que vous vous préoccupez de cette question d'harmoniser ou de collecter les données pour que ça puisse donner un portrait compréhensible, là?

Le Président (M. Bergman): Mme Benoît.

** (11 heures) **

Mme Benoît (Dyane): Je vous dirais que, notamment au niveau de la santé mentale, il y a eu une problématique de consolidation, je dirais, des indicateurs. Vous avez vu, on a expliqué qu'il y a une année, l'année passée, il y a deux des six indicateurs qui ont changé, donc c'est venu changer les résultats. Donc, sur une période plus longitudinale, c'est difficile de faire des liens puis de dire: Est-ce qu'effectivement on s'améliore, on se détériore, ou autre?

Donc, on travaille très, très fort actuellement sur, justement, la fidélité de nos indicateurs, la fidélité de la collecte de données et, évidemment, la validité. On sait que c'est un défi de tous les jours, hein, parce que les intervenants terrain sont moins portés souvent sur les statistiques que sur l'offre de service directe aux clients. C'est une caractéristique souvent, en psychosocial, et ça fait en sorte qu'il faut être très, très déterminé pour suivre de façon rigoureuse.

Par contre, l'autre chose qu'on a travaillée beaucoup avec le ministère aussi, c'est de s'assurer que, si on est en entente de service avec des organismes partenaires, on puisse capter ces informations-là. Parce qu'on travaille de cette manière-là, mais on n'arrive pas... En personnes âgées, c'est la même chose, on n'arrive pas à capter ce que les entreprises d'économie sociale font quand on est en entente de service puisqu'eux ne sont pas des distributeurs du réseau santé et services sociaux. Donc, vous voyez qu'il y a des travaux, là, qui se font dans ce sens-là.

Mme Proulx: O.K. Merci. Avais-tu...

Une voix: ...

Mme Proulx: Oui? Je voulais...

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Sainte-Rose.

Mme Proulx: Oui. Alors, je voulais vous parler de répit de proches aidants. Alors, ce que j'ai constaté, là, c'est qu'il y a eu, en 2011, le transfert de lits de répit pour les proches aidants du public vers le privé, et ça a presque doublé les coûts. Alors, les données que j'ai, c'est que le coût journalier d'un lit de répit est passé de 17 $ à 32 $. Et c'est sûr que, pour des personnes à revenus modestes, cette facture-là, elle n'est pas négligeable, et le risque qu'il peut y avoir associé à ça, c'est qu'une personne ne s'en prévale pas.

Parce qu'on sait que les proches aidants, bien souvent, sont elles-mêmes des personnes âgées qui ont besoin de répit, et, si le coût devient prohibitif et fait en sorte qu'elles ne se prévalent pas de ce répit, je pense que la situation ne va pas en s'améliorant.

Et, moi, j'aimerais savoir deux choses. Premièrement, qu'est-ce qui a motivé cette décision de transférer ces lits-là vers le privé? Et est-ce que les personnes reçoivent une compensation, compte tenu de l'augmentation de ces coûts-là?

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Avec votre permission, M. le Président, je demanderais à Mme Benoît...

Le Président (M. Bergman): Mme Benoît.

M. Paré (Daniel): ...qui connaît bien l'organisation du service.

Le Président (M. Bergman): Certainement. Mme Benoît.

Mme Benoît (Dyane): Alors, oui, en fait, la transformation des lits au niveau du répit, on a fait un grand travail au niveau du programme personnes âgées pour, d'une part, diminuer le nombre de lits d'hébergement en CHSLD, parce que, comme on le sait, la politique ministérielle fait en sorte qu'on doit travailler à consolider davantage la première ligne et le soutien à domicile.

Donc, le choix qui a été fait dans la région, c'est de diminuer le nombre de lits institutionnels pour développer avec la communauté, autant en relation avec le privé que les organismes communautaires ou les OMH ou autres types, et ce qui s'est passé dans ce dossier-là effectivement, c'est que le répit n'était pas considéré comme un service spécialisé. Donc, des organismes sont en mesure de l'offrir, et c'est pour ça qu'on a fait ce choix-là.

Par contre, la tarification en tant que telle, je vous dirais qu'on travaille actuellement à l'harmonisation régionale, et il y a des travaux également, au ministère, avec lesquels on va s'arrimer, parce qu'il y a des tarifs qui sont variables dans la région et variables avec le reste du Québec. Il y a à peu près de tout là-dedans.

Concernant les programmes, effectivement, il y a des programmes financiers de soutien aux familles, des budgets qui existent pour lesquels des allocations sont confiées aux personnes. Et évidemment on a développé aussi des programmes, comme Baluchon Alzheimer, qui fait que ça permet de donner du répit aux proches aidants. On a mis en place aussi des services de répit atypique, qu'on appelle, donc, pour vraiment ajuster l'offre de service aux besoins des proches aidants, et l'organisme, l'appui aussi qui a été mis en place, qui s'occupe de l'ensemble de l'organisation des services aux proches aidants.

Donc, je vous dirais que, globalement, on a augmenté le nombre de répits, et effectivement pour ce qui est de la tarification, on est sur le point, là, avec l'équipe ministérielle, d'ajuster pour qu'il y ait une harmonisation.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Bourassa-Sauvé.

Mme de Santis: Bonjour. J'aimerais revenir à la question des suicides et la santé mentale. D'après les données qui sont publiées par le Commissaire à la santé et bien-être, vous n'êtes pas les pires, vous êtes 10e. Il y a un autre chiffre qui est préoccupant quant au taux d'hospitalisation à la suite d'une blessure auto-infligée, vous êtes aussi 10e. Ça, c'est aussi préoccupant.

Vous avez huit places par 100 000 habitants au sein de ressources intermédiaires destinées aux individus atteints de troubles mentaux, quand, dans l'ensemble du Québec, il y a 34,2 places. Donc, vous vous classez 14e. Vous vous placez 14e ou 15e quand la proportion de la population ayant utilisé au moins une ressource à des fins de santé mentale, ou ayant consulté un psychologue, ou ayant consulté par téléphone un professionnel de la santé. Toujours d'après les données sur le site du commissaire, il y a 7,3 % des individus dans votre région atteints de troubles anxiodépressifs.

C'est beaucoup plus élevé que la moyenne. Vous vous classez 13e pour la proportion de patients ayant eu des hospitalisations répétées en raison d'une maladie mentale.

Alors, je reviens à la question de la cible de 6 000 usagers souffrant de troubles mentaux qui devraient avoir des servies de santé mentale de première ligne. En 2010-2011, il y avait 3 600 usagers; en 2011-2012, il y avait 3 000 usagers. Il y a une diminution. Quand je regarde l'ensemble de cette information-là, il me semble qu'il y a un problème beaucoup plus important que le chiffre de la cible.

J'aimerais comprendre, d'abord: Est-ce que vous avez, à part... Vous avez parlé un peu des programmes de prévention au suicide, et on va obtenir plus de renseignements. Mais qu'est-ce que vous faites pour rejoindre les gens qui ont des problèmes de santé mentale avant que ça déborde? Qu'est-ce que vous faites pour rejoindre les jeunes, ou même les enfants, avant que ça devienne un problème encore plus important pour la région et pour notre communauté?

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Avec votre permission, encore là toujours en suivi, je demanderais peut-être à Mme Benoît de commenter.

Le Président (M. Bergman): Mme Benoît.

Mme Benoît (Dyane): Merci. Alors, comme j'expliquais, effectivement on fait le même constat que vous que, dans la région de Chaudière-Appalaches, le programme santé mentale est en retard. Je vous parlais tantôt d'un manque de financement, d'un sous-financement de ce programme-là. Donc, c'est sûr...

Une voix: ...

Mme Benoît (Dyane): Oui?

Mme de Santis: Je voulais simplement ajouter -- je m'excuse...

Mme Benoît (Dyane): Oui, ça va.

Mme de Santis: ... -- que, d'après les renseignements que j'ai, vous dépensez 113 $ par habitant quand la moyenne au Québec, c'est 137 $, et je parle là pour des programmes de santé mentale. Alors, c'est beaucoup moins que ce qui est dépensé ailleurs dans la province.

Mme Benoît (Dyane): Tout à fait. Ça vient confirmer effectivement que, dans la région, le budget alloué au programme santé mentale est inférieur. Donc, dès qu'on pourra être consolidés... Évidemment, on n'est pas dans un contexte budgétaire actuel qui nous permet de penser qu'il va y arriver des investissements énormes, mais le prochain endroit... et, à chaque fois, je vous dirais, dans les dernières années où on a reçu des budgets de développement dans la région, on a alloué des argents au programme santé mentale parce qu'il est en retard.

Quand je parlais tantôt de la révision de l'ensemble du continuum de services, c'est à ça aussi que ça réfère. Concernant les ressources non institutionnelles, oui, il y a moins de places, effectivement. On vient d'ailleurs d'en inaugurer des nouvelles, là, dernièrement. En fait, ça fait

partie du développement de l'ensemble de l'offre de service.

On a une approche aussi, dans la région, qui vise beaucoup plus à soutenir les personnes en logement que d'aller vers les ressources non institutionnelles. Et il y a également aussi le soutien au logement social qui est quand même très présent dans la région. On a d'ailleurs une entente spécifique avec la CRE et 20 quelques partenaires autour de ça. Donc, ce qu'on essaie plus de faire, c'est de les maintenir dans les milieux qu'ils ont choisis. Par contre, oui, il y a du travail à faire, c'est pourquoi on s'est lancés dernièrement avec un grand comité qui va regrouper aussi des experts.

On travaille avec le Centre national d'excellence en santé mentale pour nous soutenir dans ce dossier-là également.

Quand on parlait des hospitalisations plus importantes au niveau de la santé mentale...

M. Bachand (Jacques): Bon, ce que je peux rajouter, le constat qu'on a fait ces dernières années...

Mme de Santis: ...les hospitalisations répétées.

** (11 h 10) **

M. Bachand (Jacques): Oui. Oui. Probablement qu'il y a un problème, c'est la prise en charge au niveau de la première ligne, puis dans la communauté, au niveau des problèmes de santé mentale. Historiquement, dans la région Chaudière-Appalaches, la seconde ligne faisait le jeu aussi de la première ligne, un peu comme on retrouve dans d'autres spécialités il y a quelques années. Maintenant, ça s'est amélioré dans d'autres spécialités comme la pédiatrie. En santé mentale, il y a un exercice à faire.

Je vous dirais que, depuis les derniers mois, les chefs de département de psychiatrie ont embarqué dans cet exercice-là, conjointement avec les organismes de première ligne, les médecins de famille, aussi.

On disait tantôt que les médecins de famille, quand ils ont un problème dans leurs cabinets ou à domicile, problème de santé mentale, la seule porte d'entrée, c'était la salle d'urgence. Le patient était hospitalisé presque automatiquement en santé mentale à ce moment-là. Les psychiatres nous disaient que la prise en charge au niveau de la première ligne n'était pas sécurisée, dans leur idée à eux. Ils connaissaient pas les intervenants de première ligne en santé mentale.

Donc, eux, la réponse qu'ils donnaient aux gens de la population qui avaient des problèmes de santé mentale récurrents: Bien, venez-vous-en à l'urgence, on va vous réhospitaliser. C'était un petit peu le langage. Je simplifie, c'est sûr.

Comme dans d'autres régions au Québec aussi, c'est arrivé qu'on a reconnu ce problème-là ailleurs. Mais, en Chaudière-Appalaches, on avait ce problème-là, qui a été reconnu maintenant depuis un an. Les gens se sont concertés et là il y a un comité stratégique qui est mis en place, il y a déjà eu des rencontres, et là-dessus la discussion est faite justement autour de la place de la première ligne pour la prise en charge de santé mentale.

On est en train de réviser l'offre de service au niveau des professionnels, comme les travailleurs sociaux qui sont en établissement, puis on se demande jusqu'à quel point on a besoin autant de travailleurs sociaux en établissement. Peut-être c'est mieux de les envoyer plus près de la première ligne pour prendre en charge ces patients-là pour aider les organismes communautaires, les médecins de famille.

Les médecins de famille nous disent que, oui, ils pourraient prendre des clientèles vulnérables en santé mentale de façon plus régulière, avec un volume amélioré. Mais, pour ça, il faut les aider, parce que la santé mentale, tout le monde le sait, ça ne se traite pas par une personne, ça se traite par une équipe en santé mentale. Et c'est cette équipe en santé mentale là qui doit changer ses paradigmes au niveau de la prestation au niveau de la première ligne et donc de travailler avec les infirmières, GMF, avec les infirmières praticiennes, les IPL qu'on a dans nos établissements de première ligne comme les GMF.

C'est tout cet exercice-là qui est en train de se faire, puis vos constats, on est tous d'accord avec ça, puis c'est les constats qu'on a faits depuis un an, puis ça passe par la réorganisation au niveau de la première ligne, bien entendu. Puis les omnipraticiens, ils sont d'accord avec nous; les psychiatres, maintenant, constatent que d'améliorer le climat de confiance entre les équipes de première ligne et les psychiatres va faire que, oui, le transfert va se faire vers la première ligne. On va arrêter de dire au patient: Si ça va mal, venez-vous-en à l'urgence, on va vous réhospitaliser. C'est le constat que vous faites, c'est le constat qu'on fait aussi.

Mme de Santis: Mais...

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Bourassa-Sauvé.

Mme de Santis: ...j'aimerais aussi une réponse à l'autre question: Est-ce qu'il y a des interventions qu'on fait, auprès des jeunes ou des enfants, qui pourraient aider pour la longue durée?

Mme Benoît (Dyane): C'est sûr que, si on parle de problématique de santé mentale chez les enfants, on a des équipes dédiées dans chacun des CSSS. Donc, il y a des équipes de base qui agissent en collaboration avec les équipes de pédopsychiatrie, et ça, c'est une intervention qui est très structurée depuis au moins huit ans dans la région. Donc, de ce côté-là, je vous dirais qu'on est plus avancés du côté des jeunes que du côté des adultes. On a adressé la situation différemment, et on a mis en place, dès le départ, des équipes interdisciplinaires, et ça a favorisé effectivement une amélioration des services auprès des jeunes.

On sait aussi que les jeunes hébergés en centre jeunesse, vous avez peut-être pu le voir dans le document, il y a beaucoup, beaucoup d'enfants maintenant qui arrivent au centre jeunesse avec des problématiques de santé mentale. Alors, le centre jeunesse a mis en place un programme structuré pour l'intervention en santé mentale auprès des enfants, en collaboration avec l'équipe de pédopsychiatrie du CSSS Alphonse-Desjardins. Donc, vous voyez que c'est une intervention ciblée, aussi.

Évidemment, si on parle de prévention -- je vais voler la vedette de mon collègue -- il y a aussi des programmes qui sont à se mettre en place actuellement au niveau de l'intervention en négligence, hein? On sait que le problème de santé mentale souvent va se déclencher à la suite d'un certain nombre d'événements. Donc, un programme d'intervention en négligence qui est à se déployer actuellement. On a aussi un programme qu'on appelle Concerto, qui vise à intervenir chez l'enfant de moins de neuf mois.

Donc, ça veut dire qu'on intervient dès que la maman est enceinte et qu'elle présente des risques, des risques au niveau des habiletés parentales et autres. Donc, ce projet-là est en place actuellement depuis la dernière année.

Alors, il y a aussi tous les programmes d'intervention, de soutien intensif aux parents dans les milieux plus défavorisés. Donc -- M. Paré en parlait tantôt -- on travaille avec la caractérisation des communautés pour ajuster, dans les lieux où il y a plus de risques à la santé, pour être capables de dépister rapidement les enfants. Et ça, c'est sans parler des interventions avec le ministère de l'Éducation, École en santé, et tous ces programmes-là pour lesquels on est très impliqués.

Le Président (M. Bergman): M. le député de Beauce-Nord.

M. Spénard: Merci, M. le Président. Alors, en premier lieu, merci de venir nous dresser un portrait de la situation dans Beauce-Appalaches en ce qui concerne la santé et les services sociaux. Alors, c'est un très beau rapport.

Maintenant, moi, à l'intérieur de ce rapport-là, je ne sais pas qui peut me répondre, mais je n'ai pas vu... en tout cas, ça, ça fera

partie de peut-être une question supplémentaire. Il est marqué que la région a une proportion moins élevée de la population n'ayant pas de médecin régulier. Par contre, elle affiche un taux moins élevé de médecins omnipraticiens lorsqu'on la compare à la moyenne québécoise. C'est quoi, l'explication logique de ça? Est-ce que les médecins ont plus de patients qu'ailleurs au Québec?

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Je vais demander à Dr Bachand de débuter mais je vais revenir, moi, après. Vas-y.

M. Bachand (Jacques): Cette année, il y a un sondage québécois qui a été fait par le ministère, puis la Fédération des médecins omnipraticiens aussi a complété par un autre sondage. La région de Chaudière-Appalaches, à l'exemple de Bas-Saint-Laurent, à l'exemple de Saguenay, a une proportion de personnes qui ont un médecin de famille la plus élevée au Québec. Chaudière-Appalaches, c'est 89 %. C'est sûr que c'est un chiffre. Ce qu'on rencontre d'un autre côté, même si tout le monde a un médecin de famille, c'est de le voir quand on en a besoin. C'est ça, le problème, des fois.

L'accessibilité. Je dirais que, dans Chaudière-Appalaches, on ne peut pas se plaindre de l'accessibilité, je dirais, là, par rapport à d'autres régions. Quand les gens ont besoin de voir un médecin, même s'ils n'ont pas de médecin de famille, ils ont des endroits attitrés qu'ils vont toujours puis ils ont un service. Bon, ça ne règle pas certains problèmes au niveau des clients qui ont des maladies chroniques ou des patients vulnérables, c'est sûr. L'idéal, c'est d'avoir un médecin de famille qu'on peut appeler, rencontrer au besoin. Ça, là-dessus, on le travaille.

L'autre élément que vous apportez, oui, il y a des médecins qui ont des clientèles très élevées. Il y a des médecins qui ont des clientèles de 2 000, 3 000 inscriptions, puis c'est des médecins qui ont 60 ans au-dessus, bien souvent, qui n'ont pas nécessairement les ressources nécessaires aujourd'hui pour les aider à continuer la pratique. C'est là-dessus qu'il faut travailler, aussi. On ne veut pas que ces médecins-là lâchent. On ne voudrait pas que ces patients-là perdent leur médecin, non plus. On sait qu'on essaie de les aider avec le recrutement, le regroupement des médecins.

On sait que les jeunes médecins, les nouveaux médecins qui rentrent dans une région comme Chaudière-Appalaches, c'est de la pratique de groupe qui les intéresse, travailler avec une infirmière, travailler dans un contexte de groupe de médecins de famille. Mais on ne veut pas dévaloriser quand même la pratique de ces médecins-là qui ne veulent pas nécessairement rentrer dans des GMF. Il y a des médecins qui sont plus éloignés des groupes comme ça. Quand on les rencontre, ces médecins-là, ils nous disent: Bien, ma pratique est-u si mal que ça?

Je dis: Non, docteur, votre pratique n'est pas mauvaise, mais vous n'attirerez pas des jeunes médecins dans votre pratique, ils ne viendront pas travailler avec vous dans ce contexte-là. Donc, on travaille là-dessus, mais c'est vrai que c'est un problème, quand il y a un médecin de 60, 60 quelques années qui délaisse, par maladie ou par retraite ou quoi que ce soit, puis qu'on regarde le nombre d'inscriptions, puis qu'on ramasse 3 000 inscriptions tout d'un coup. C'est sûr qu'il faut regarder, dans le territoire, qu'est-ce qu'on peut faire pour prendre en charge ces clients-là.

M. Spénard: Une autre question. Vous dites qu'il y a 89 % des personnes qui bénéficient d'un... bien, en tout cas, qui disent avoir un médecin de famille dans Chaudière-Appalaches. Est-ce que vous l'avez séparé par MRC? Parce que, dans la MRC Nouvelle-Beauce, je pense que ce n'est pas plus de 50 % qui ont un médecin de famille. En tout cas, moi, c'est les chiffres qu'on me donne, là.

M. Paré (Daniel): Non...

M. Spénard: Je ne sais pas quelle étude est la bonne, là, mais.

M. Paré (Daniel): O.K. Non, encore...

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Merci, M. le Président. Non, encore là, au niveau des données dans Chaudière-Appalaches, une de nos particularités, c'est justement au niveau de l'accès. Le delta est vraiment un des plus petits au Québec. Toutes nos régions ont une représentativité ou un nombre de médecins relativement équivalent. Ça joue, de mémoire, entre 83 % et 89 %, là. Ça fait que je ne sais pas d'où votre chiffre de 50 %, là, vient. Mais, en même temps, à ce niveau-là, non, il y a quand même une prise en charge.

Mais, en même temps, il faut faire attention: oui, on a un bon nombre de médecins, oui, on a un défi au niveau du vieillissement de nos équipes médicales et, en même temps, au niveau du nombre pour remplacer les gens de la pratique, et c'est pour ça qu'il faut maintenant adapter nos stratégies puis nos solutions dans chacun de nos territoires.

Bon, comme une question précédente, on disait: Bien, dans le secteur de L'Islet, il a fallu consolider un groupe de médecine familiale ensemble. La communauté s'est même mise ensemble aussi pour recruter le médecin et de faire une promotion de la région. Eux ont dit: On va vendre notre milieu. Il faut toujours se souvenir qu'un médecin c'est un travailleur autonome. Donc, ils nous choisissent... il nous choisit.

Ça fait que le volet qui est en partenariat entre la population et le volet entre le réseau, c'est vraiment de dire: Écoutez, technique, on va bâtir une infrastructure, des trajectoires de services, mettre des équipes, et, en même temps, une belle alliance avec le milieu pour vendre le milieu en tant que tel.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Sainte-Rose.

** (11 h 20) **

Mme Proulx: Oui. Alors, j'aimerais vous parler d'immobilisations, notamment du chantier de l'Hôtel-Dieu de Lévis. Ce que vous nous indiquez, c'est que vous avez rencontré des problèmes majeurs, là, dans ce projet-là puisque l'échéancier actuellement prévu et la livraison en avril 2013, c'est donc 20 mois de retard sur l'échéancier initial, et c'est une augmentation de coûts supplémentaires aussi, une augmentation de 7 millions.

Alors, j'aimerais que vous nous fassiez aujourd'hui le portrait, où en est ce dossier, quels sont les échéanciers et est-ce que vous évaluez que les coûts supplémentaires vont demeurer à 7 millions. En fait, je veux vraiment que vous nous fassiez le portrait de ce dossier-là.

M. Paré (Daniel): Avec votre permission, M. le Président, je demanderais à M. Langlois, ici, là, qui est responsable du dossier, de répondre à la question.

Le Président (M. Bergman): M. Langlois.

M. Langlois (Stéphane): Alors, M. le Président, en termes de projet d'immobilisations, ce n'est probablement pas le dossier le plus glamour que nous avons eu à traiter. Le dossier a quand même très mal débuté, il y a eu des problématiques au niveau des plans de structure, ce qui fait qu'on s'est rendu compte, au début du chantier, que, les plans de structure, il y avait des défaillances. Donc, le chantier a été arrêté pendant plusieurs mois afin de refaire les plans, ce qui a amené des échéanciers.

Et, normalement, où il y a eu une hausse de budget considérable, bien, normalement, il devrait y avoir des poursuites qui devraient être faites auprès de la firme-conseil qui avait fait les plans. Donc, présentement, là, il y a des procédures judiciaires qui sont en train de se mettre en place.

Mais, pour nous, bon, l'échéancier, est-ce que les coûts vont augmenter, présentement les coûts sont en contrôle, comparativement au début, mais ça a amené beaucoup de problématiques avec l'entrepreneur, avec les sous-traitants et avec aussi la firme d'ingénieurs qui est visée par les travaux. Pour l'instant, les travaux suivent leur cours, les chantiers d'avril sont toujours dans le collimateur, qu'on pourrait dire, donc il n'y a rien qui nous dit à ce moment que la livraison ne se fera pas en avril.

Mme Proulx: Donc, vous prévoyez toujours le même échéancier, livraison en avril et contrôle des coûts.

M. Langlois (Stéphane): Tout à fait. À partir du moment qu'il y a le rehaussement des coûts, bien le rehaussement des coûts est principalement dû aux erreurs qui ont été faites au niveau des plans en architecture, parce que, par la suite, il a fallu tout rajuster; bon, l'entrepreneur, les sous-traitants, les autres professionnels, ça a eu un impact sur l'ensemble du dossier, le retard pour l'arrivée de la chambre hyperbare parce que c'était tout dans un projet de construction de cet ordre-là.

Il y a tout un échéancier qui est à respecter pour que chacun des titres d'emploi, des corps de métier puissent rentrer en fonction des plans qui sont faits. Donc, là, comme on retardait le volet infrastructures... le volet structure, plutôt, excusez, bien, tout déboulait, là.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Sainte-Rose.

Mme Proulx: Pour demeurer dans le thème du contrôle des coûts, le CSSS Alphonse-Desjardins et le Centre de réadaptation en déficience Chaudière-Appalaches sont les deux seuls qui ont fait des déficits. Alors, j'aimerais savoir: Est-ce que ces établissements ont dépassé leur déficit autorisé et à quoi vous attribuez le déficit?

M. Paré (Daniel): M. le Président, je demanderais à notre spécialiste aux finances.

M. Langlois (Stéphane): Je vous dirais, bon, dans le cadre du CSSS Alphonse-Desjardins, bon, il y a eu une situation particulière qui est arrivée en 2010-2011. Il y a eu un plan assez serré qui a été fait avec eux. La présidente-directrice générale de l'époque, Mme Benoît et moi, le Dr Bachand, on a été assez présents avec le CSSS pour qu'on arrive avec des solutions, je vous dirais, permanentes.

L'approche qui a été faite est très intéressante, et c'est une approche qu'on essaie de véhiculer pour les autres situations difficiles, c'est d'évaluer... La première chose qu'on regarde: Est-ce que l'établissement est performant par rapport à ses groupes de comparables au niveau du Québec? Et, lorsqu'il y a des zones de non-performance, l'établissement doit se ramener à la performance, minimalement, je vous dirais, de la moyenne de ses groupes comparables, donc, et, je vous dirais, ultimement viser à l'atteinte d'être dans les premiers de groupe, tout le temps.

Et là, à ce moment-là, on ne diminue pas nécessairement l'offre de service, mais on la fait mieux. Et ça, le CSSS Alphonse-Desjardins avait un énorme défi, je peux vous dire qu'ils l'ont réalisé, ils ont réalisé le défi. Il y a eu un virage quand même considérable. C'était, à l'époque, le volet plus Hôtel-Dieu de Lévis que le CSSS en général. Et il y a eu un virage majeur qui a été fait, et je pense que l'établissement a maintenant les contrôles de ses finances.

Et, dans le cas du CRDP, du centre de réadaptation, c'est une situation qui est beaucoup plus, je dirais, isolée. Le Centre de réadaptation en déficience physique fait face à des fluctuations considérables au niveau des revenus qui touchent beaucoup plus avec... C'est des revenus de tiers, CSST, SAAQ. Mais il y a eu une grosse fluctuation, au cours des dernières années, sur les revenus, je vous dirais, qui sont attendus versus l'équipe qui est en place. Donc, elle doit se réajuster continuellement avec l'équipe qu'elle a au niveau de la... son équipe de professionnels versus les revenus qui arrivent de tierces personnes, là.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Masson.

Mme Gadoury-Hamelin: Oui. Moi, j'aimerais vous entendre sur deux sujets qui préoccupent presque l'ensemble des Québécois, c'est dans les situations dans les CHSLD, les mesures de visites d'appréciation qui sont en place pour justement s'assurer, là, que les choses qui ont fait les manchettes ne se reproduisent pas ou, en tout cas, qu'on élimine ces situations-là le plus possible.

Alors, je vois que vous avez appliqué ces visites d'appréciation dans l'ordre de 68 % des cas, qu'on nous dit. Alors, où en êtes-vous au niveau des recommandations? Est-ce que vous continuez, est-ce que vous poursuivez? Puis qu'est-ce que vous avez mis en place, là, pour atteindre l'objectif, là, un objectif plus élevé, là, pour que les CHSLD soient bien visités et bien...

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Effectivement, ça se continue. Au niveau des visites, nous avons des inspecteurs dédiés qui travaillent et qui font les suivis avec tous les CHSLD de notre réseau.

Au niveau du suivi des recommandations, encore là il y a un suivi rigoureux qui est fait avec une reddition de comptes. Et, dépendamment des recommandations... Parce qu'il faut dire que, pour notre région, souvent, les recommandations sont beaucoup plus en lien avec les milieux de vie, donc c'est souvent en lien avec des petites rénovations fonctionnelles, donc, des fois, ça peut prendre quelques mois avant de mettre en place. Ça fait que, nous, notre reddition de comptes qu'on fait avec eux, c'est justement de dire: Où est-ce que vous en êtes rendus?

Et justement, jusqu'à tout récemment, de façon annuelle, là, les exceptions, des fois, du non-suivi des recommandations, ça pourrait être, un exemple, des poignées de porte qui n'ont pas été changées, des poignées de porte qui se barraient, etc., et le contrat a été donné où le travail allait se faire dans les semaines, dans les mois, là, qui suivaient. Ça fait qu'à ce niveau-là je vous dirais qu'on est quand même à l'aise de dire qu'on a pris ça au sérieux, nous, ce processus de visites là. On avait un historique aussi au niveau de l'hébergement, là, qu'on est soucieux. On veut toujours, encore là, s'améliorer.

On a quand même eu aussi des projets de rénovation, là, quand même majeurs à ce niveau-là, qui nous a aidés, là, justement, aussi à faire face aux changements, dans le fond, dans la façon de l'approche en milieu de vie en CHSLD.

Mme Gadoury-Hamelin: On parle de choses physiques, en tout cas, mais les relations par rapport avec les usagers ou les gens qui sont dans les centres, là, la qualité des soins et des rapports avec les aînés, ça, de ce côté-là, ça va, c'est correct?

M. Paré (Daniel): Encore là, nous, toujours avec la même... il me semble que, des fois, je dis souvent la même chose, mais, au niveau des résidents, les comités des usagers, au niveau des CHSLD, sont très présents. Ça fait

partie de la culture, le sentiment d'appartenance, là, et on a plusieurs projets de CHSLD qu'on a mis en place dans des villages. Ça fait que, pour nous, c'est important, et ça, ça amène que les recommandations se font de façon régulière et non dans des grands processus de visites. Les visites viennent souvent, dans le fond, officialiser ce qui s'est fait, mais les comités des usagers sont très présents.

Et, quand on regarde aussi au niveau des commissaires locaux aux plaintes, qui travaillent très étroitement aussi avec ces groupes-là, on n'a aucune donnée qui nous dit, là, que c'est beaucoup plus haut qu'ailleurs. Même, au contraire, c'est plus bas, spécialement au niveau des CHSLD; sentiment d'appartenance très, très fort.

Mme Gadoury-Hamelin: Dans le fond, ce que vous nous dites, c'est que votre milieu est tissé serré, donc ça a l'avantage d'avoir des grandes présences à ce niveau-là.

** (11 h 30) **

M. Paré (Daniel): Oui, puis il y a quand même une culture d'ouverture par rapport à ça, une culture d'amélioration de la qualité, là, qui est grande. Et ça se joue à tous les milieux, là: au niveau des menus, au niveau des activités, des activités de groupe. Le comité des usagers, aussi, travaille très, très, très étroitement. Souvent, on peut entendre certains groupes qui se rencontrent de façon ponctuelle ou éloignée. Je vous dirais qu'en grande majorité nos comités d'usagers le prennent à coeur, c'est leur milieu.

Et, souvent, ce qui est particulier, c'est que même, des fois, après le décès, là, de leurs personnes proches, les gens veulent demeurer pour faire une différence. Ça fait que c'est encore une petite caractéristique particulière à la région.

Le Président (M. Bergman): M. le député de Jean-Talon.

M. Bolduc (Jean-Talon): Merci, M. le Président. D'abord, merci d'être ici. Puis je m'en voudrais de ne pas remercier Mme Benoît de tout le travail qu'elle a fait pendant trois ans, une très bonne collaboration. Et elle était très appréciée dans la région de Chaudière-Appalaches et par chacun des établissements. Et elle-même nous a aidés à trouver son remplaçant, là, M. Paré, qui, après avoir forcé un peu, a accepté d'assumer les tâches. Et je tiens à le féliciter. Jusqu'à maintenant, les commentaires sont excellents. Qui, en passant, c'est un région qui a la réputation d'être très proclient pour les patients puis également bien organisée. Puis je pense que c'est tout à votre honneur.

La première question, c'est peut-être juste une question d'information. On sait que, dans votre région, vous êtes à proximité de la région de Québec. Il y a une

partie des services surspécialisés qui sont donnés à Québec. Avez-vous le chiffre, le pourcentage de population ou l'équivalent de population de la région Chaudière-Appalaches qui consomme ses services dans la région de Québec?

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Avec votre permission, je demanderais au Dr Bachand puisqu'effectivement on regarde ces données-là.

Le Président (M. Bergman): Dr Bachand.

M. Bachand (Jacques): Je n'ai probablement pas le chiffre. Ce qu'on a par discipline, par exemple, c'est notre indicateur d'autosuffisance. C'est sûr que, selon des types de chirurgies qui se font à Québec, pour nous autres, ça varie entre... Si le chiffre 1 était l'autosuffisance, ça varie entre 0,6 à 0,8 puis 0,9 pour l'autosuffisance. On n'a pas la prétention d'atteindre un chiffre 1 dans toutes les disciplines médicales spécialisées par rapport à Québec.

On sait qu'on utilise des services que, Québec, ils seraient bien heureux qu'on rapatrie de Québec vers Chaudière-Appalaches pour ce qui est du niveau primaire et secondaire au niveau de la médecine spécialisée. On sait que, dans certaines disciplines, on pourrait récupérer peut-être l'équivalent de 30 à 40 lits de chirurgie facilement qui sont dans les hôpitaux de la ville de Québec et même au-dessus de ça si on allait plus loin.

Juste à prendre en cancer, par exemple, le fait qu'on pourrait rehausser les chirurgies du cancer dans Chaudière-Appalaches, ça augmenterait la proximité, pour une certaine

partie de la clientèle, pour des services secondaires. Pour ce qui est des services tertiaires, on s'entend très bien qu'il y aura toujours des services en néphrologie de greffe de rein qui vont se faire à Québec. Mais, au niveau de la dialyse, au niveau de la consultation, on regarde qu'est-ce qu'on pourrait rapatrier dans les établissements de Chaudière-Appalaches pour en faire un service régional, par exemple, en néphrologie ou en hémato-oncologie, comme je vous disais, dans certaines chirurgies.

Je n'ai pas le chiffre au juste pour une population globale. Ce qu'on a fait, c'est l'exercice par spécialité pour se donner des priorités. On ne peut pas tout récupérer. C'est historique que la ville de Québec... Un peu la même chose qui se passe autour de Montréal dans certaines régions. Il y a un historique qu'on essaie de récupérer. La négociation, on la fait avec Québec. Vous avez probablement entendu parler du projet de radiothérapie. C'est quelque chose qui se fait de concert avec l'établissement à Québec qui s'occupe du cancer puis de la radiothérapie. On ne veut pas être autonome pour être autonome.

On veut avoir un service qui est au même niveau qui existe à Québec. Quand on parle de service primaire, secondaire, on ne veut pas être un service moyen. On veut avoir le même service qui se fait à Québec.

Mais l'entente qu'on a avec certaines spécialités, je pense que ça augure bien, pour qu'on répartisse l'offre de service entre Chaudière-Appalaches, qui compte, bon, 400 000 personnes. En cancer, c'est au-dessus de 1 000 personnes qui ont de la radiothérapie à Québec qu'on pourrait récupérer, par exemple. En urologie, on pourrait dire la même chose. En poumon, on peut dire la même chose. Mais, c'est des services primaires et secondaires. On s'arrête là, à ce moment-là.

M. Bolduc (Jean-Talon): Des gens...

Le Président (M. Bergman): M. le député de Jean-Talon.

M. Bolduc (Jean-Talon): Merci, M. le Président. Des gens de Québec qui consultent dans Chaudière-Appalaches, je pense que ça doit être marginal.

M. Bachand (Jacques): C'est marginal.

M. Bolduc (Jean-Talon): C'est marginal. Et puis, de ce que vous venez de nous expliquer, il y a comme quand même un phénomène normal, même si vous récupérez tous les services dans votre région, c'est-à-dire la radiothérapie, augmenter l'offre de service en hémato-oncologie et les différentes spécialités, il va toujours exister une

partie de la population de Chaudière-Appalaches qui va venir consulter ici, à Québec. C'est ce que j'ai cru comprendre.

M. Bachand (Jacques): Oui.

M. Bolduc (Jean-Talon): O.K. Et puis comment vous expliquez ce phénomène-là?

M. Bachand (Jacques): On a un historique de consultation. On travaille avec les médecins qui réfèrent des patients à Québec pour leur montrer que, dans Chaudière-Appalaches, on pourrait augmenter nos services en spécialité s'ils voulaient référer leurs patients dans l'établissement régional, comme à Lévis, dans certaines disciplines. On le voit au niveau du laboratoire, qui proviennent de Chaudière-Appalaches, qui s'en viennent à Québec, qui ne devraient pas venir à Québec, parce que ce n'est pas des laboratoires surspécialisés.

On travaille avec l'historique de la consultation que les gens avaient. Un médecin de Thetford Mines qui a été formé à Québec, pour lui, le médecin spécialiste, il est à l'hôpital Laval, il est au CHUQ, il est à L'Enfant-Jésus. Mais de démontrer, un peu comme on disait tantôt en santé mentale, de créer la confiance envers l'hôpital régional va faire que, progressivement -- puis on le voit, là, parce que les gens posent des questions puis réfèrent de plus en plus -- on pourrait faire une rétention puis se servir, en fait, des hôpitaux spécialisés universitaires à Québec comme hôpital spécialisé tertiaire, là, tout simplement.

M. Bolduc (Jean-Talon): À la fin, il y en aura... Selon vous, c'est quoi le pourcentage, même quand vous allez avoir tout récupéré, compte tenu de la proximité, compte tenu également qu'il y a des gens de Lévis qui viennent travailler à Québec. Quel est le pourcentage que vous estimez, à l'oeil, comme ça, qui vont continuer à consulter à Québec par choix? Parce qu'au Québec on offre quand même le choix aux gens de décider de consulter où ils veulent. Puis ça, ce n'est pas au détriment de vos établissements qui font un excellent travail. Avez-vous une idée à peu près du pourcentage que ça pourrait représenter?

M. Bachand (Jacques): Bien, si j'essaie de récupérer au niveau de chacune des spécialités, ce que je pense devrait rester, d'après moi, on va jouer entre 10 % et 20 % des services qui vont être encore desservis par Québec. Selon les spécialités, là, on peut jouer facilement entre 10 % et 20 %.

M. Bolduc (Jean-Talon): Et, tantôt, vous avez fait l'analogie avec la région de Montréal et les Laurentides. Est-ce que vous estimez que c'est à peu près le même pourcentage qu'on pourrait retrouver qui va consulter des périphéries vers la grande ville et très, très peu de la grande ville vers les périphéries? Un jugement, là.

M. Bachand (Jacques): Montréal et Laval, c'est un peu particulier. On regarde les habitudes de consultation des gens qui restent à Sainte-Thérèse et ceux qui restent en Montérégie, au niveau, par exemple, des omnipraticiens, c'est vraiment différent. Si on regarde la fidélisation du patient envers son médecin, c'est un peu différent de ce qui se passe dans les autres régions du Québec. On a juste à voir le pourcentage de patients qui sont attitrés dans chacune des régions à un médecin de famille comme je disais tantôt. C'est différent à Montréal.

On joue une fidélisation peut-être de 70 %, 60 %, tandis que, dans les autres régions, c'est 85 % au-dessus. Je pense qu'on a différents types de consultations.

Moi, je pense, plus les régions limitrophes à Montréal vont se développer puis elles vont offrir des services de deuxième ligne, il va y avoir de la rétention, mais je ne pense pas que les gens de Montréal vont... à moins que les gens, ils ne sont plus de Montréal, quand ils restent à Sainte-Thérèse. Donc, si on offre des services à Saint-Jérôme, je pense que les gens, ils vont aller à Saint-Jérôme, tout simplement. Ça va suivre une évolution. Je pense qu'on n'aura pas une ligne à franchir tout d'un coup, là.

Comme je vous dis, c'est vraiment la confiance, parce que c'est vraiment de médecin à médecin et de population à médecin aussi ou à établissement. La confiance d'un établissement, c'est important pour la population. Les gens vont aller consulter dans tel établissement parce qu'ils ont confiance. Le service est bon, ils ont l'accueil, il y a plein de trucs comme ça.

M. Bolduc (Jean-Talon): Merci de la réponse. Est-ce que ça serait possible, vu que vous avez fait des travaux, de faire parvenir au secrétaire de la commission les taux de rétention dans deux secteurs, le premier, en première ligne, c'est quoi vous estimez comme population qui part de la région de Chaudière-Appalaches, puis, si c'était possible, j'aurais aimé l'avoir par CSSS? Parce que je vois qu'il y a quand même une différence entre Thetford Mines, où la première ligne, probablement que les gens vont venir bien plus à Sherbrooke, versus à Lévis, compte tenu de la proximité de la tête des ponts, qu'il y en a une

partie qui vont peut-être consulter ici, à Québec. Ça nous donnerait peut-être une idée. Parce qu'il faut être réaliste sur le pourcentage de desserte qu'on veut avoir, et, s'il y a des gens qui viennent de Québec, qui demeurent à Lévis puis qui ont toujours eu leur médecin à Québec, ils vont probablement continuer à utiliser leur médecin de Québec. Puis le principe de liberté de choix, on veut le respecter. Donc, il ne faudrait pas vous pénaliser comme région en disant: Vous devriez faire plus, alors qu'on sait parfaitement qu'ils ont un pourcentage de population, puis c'est...

Dans le fond, c'est pour protéger votre région de mauvaises langues qui pourraient dire que vous n'en faites pas encore assez, alors que vous avez atteint votre capacité maximale. J'aurais aimé ça l'avoir pour les médecins de famille et par spécialité. Puis on sait que, si on veut avoir plus de radiothérapie dans le coin de Lévis, bien il va falloir tout simplement ouvrir un centre de radiothérapie, à quoi on est très favorables, mais, à ce moment-là, on fera les évaluations en temps et lieu. Ça, je vous remercie. Puis faire parvenir ça à la commission, là, si possible, le plus tôt possible.

L'autre question que je voulais vous poser, parce que vous avez ouvert la porte, c'est l'approche « lean » qui a donné des très bons résultats dans vos CSSS. J'aimerais ça entendre vos commentaires et puis comment était la réception de l'approche par les établissements, par la population puis également au niveau du personnel, et quels en sont les résultats?

** (11 h 40) **

Le Président (M. Bergman): M. Paré.

M. Paré (Daniel): Merci, M. le Président. Premièrement, les premières fois que les gens ont entendu parler de cette approche-là, il y avait toujours une résistance, puis on l'a lu dans plusieurs médias: Ça veut dire quoi, l'approche « lean » Toyota, on n'est pas des autos, nous? Et il y a vraiment eu une portion d'enseignement qui a dû être faite pour dire: Regarde, on parle de processus, on parle de façons de faire.

Et, en même temps, dans les années, quand même, qu'on a débuté, nous, au niveau Chaudière-Appalaches, parce que j'aime à dire qu'on était quand même assez précurseurs, c'était quand même des années où on disait: On ne veut pas le faire pour des économies de coûts, on veut le faire pour, je radote encore, mais le bon patient au bon endroit, en temps opportun, comment qu'on peut faire mieux avec les ressources qu'on a.

Et, en même temps, je vous dirais, certains groupes ont adhéré plus vite, des groupes médicaux, plus difficiles. Encore là, de convaincre un médecin, de dire: Viens t'assire une semaine avec nous pour améliorer -- ou un chirurgien -- les processus, pas évident. Mais en même temps les résultats ont été probants. Entre autres, quand on regarde au niveau de la chirurgie dans le CSSS Montmagny-l'Islet, on a quand même vu des augmentations majeures au niveau du nombre et de l'efficacité, nombre de cas qu'on fait dans une journée et, ultimement, le nombre de personnes qu'on a pu opérer dans l'année.

Dans d'autres projets, ça a été plus au niveau de soutien à domicile. Ça a permis aussi de donner des résultats, là, probants d'amélioration de processus.

En même temps, le bout, je vous dirais, où est-ce qu'on est rendu, le défi, c'est d'amener ça dans une culture. Au début, on fait un projet « lean » , et tout le monde en a fait, puis on a eu des gains. Maintenant, c'est d'amener la philosophie, une philosophie « lean » , de dire: Bien, c'est à tous les jours. On ne devrait pas faire des... Là, sans faire des jeux de mots, là, souvent on mélange la philosophie « lean » avec des activités de type kaizen, là, mais, en même temps, la philosophie « lean » , c'est qu'à tous les jours il y a-tu quelque chose qu'on peut améliorer, et d'amener cette culture-là.

Je vous dirais, il est maintenant là, l'enjeu. Et c'est pour ça que je vous mentionnais, plus tôt dans la présentation, qu'il faut contaminer nos gestionnaires de façon différente au niveau... C'est parce que ça prend des gestionnaires, des compétences différentes, et nous, on a adhéré à ça. Mais je vous dirais que c'est sans fin, et c'est pour ça que nous, nous, on y croit et on y croit à tous les niveaux, clinique, aussi administratif. Je vous dirais qu'un des grands enjeux pour certains établissements c'est d'avoir la capacité de poursuivre leur mission au niveau de leurs services administratifs. Et... Pardon?

Le Président (M. Bergman): Est-ce qu'on peut terminer ce bloc?

M. Paré (Daniel): Ah! O.K. Bien, peut-être je terminerais, juste pour finir...

Le Président (M. Bergman): Oui, certainement.

M. Paré (Daniel): Merci, M. le Président. Et de dire: Maintenant, il faut l'appliquer à d'autres secteurs parce que les gains sont là, mais je peux vous dire que c'est bien reçu.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Groulx, pour un bloc de quatre minutes.

Mme Daneault: Merci. Bonjour...

Mme Proulx: Oui, alors, j'aimerais vous parler... Oh! Groulx. Excusez.

Le Président (M. Bergman): Non. Mme la députée de Groulx.

Mme Proulx: J'ai confondu avec Proulx. Excuse-moi.

Le Président (M. Bergman): Mme la députée de Groulx.

Mme Daneault: Confusion ce matin. Bonjour. Bien, heureuse de vous voir avec nous ce matin. Il y a une question qui me vient, c'es

Document details

CollectionQuebec — Committees
CitationCSSS 2013-01-30
Typecommittee
Volume / chapterfr travaux-parlementaires commissions csss-40-1 journal-debats CSSS-130130
Languageen
Formathtml
SourcePROVINCIAL
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