House Proceedings — 21 February 2018 (41st Legislature, 1st Session)
2018-02-21
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, chers collègues, je vous souhaite une très bonne séance.
Veuillez prendre place.
Nous
en sommes à la rubrique de la déclaration des députés, et je cède la parole à M. le député de Trois-Rivières.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Trois-Rivières. M. le député de Verchères,
à vous la parole.
Contrecoeur, c'est
l'une des premières batailles livrées par Samuel de Champlain; c'est son
fondateur, Antoine de Pécaudy, capitaine du
célèbre régiment de Carignan-Salières; c'est Barbe Denys, son épouse, qui a
donné son nom à
Saint-Denis-sur-Richelieu; c'est Louis de Gannes, le deuxième époux de cette
dernière, qui s'est illustré à Louisbourg; c'est son industrie sidérurgique qui a fait sa prospérité; et c'est cette
ville en pleine expansion qui verra bientôt se réaliser des projets
d'avenir comme l'agrandissement du port de Montréal, le pôle logistique et la
zone industrialo-portuaire.
Merci
à la Corporation des fêtes du 350e anniversaire de même qu'aux organismes
et entreprises de Contrecoeur pour la programmation de cette année de
célébrations bien remplie. Bon 350e anniversaire, Contrecoeur!
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Verchères. M. le député de Johnson, à vous la parole.
Lamontagne : Oui. M. le Président, je veux rendre hommage à
l'Association des personnes proches aidantes Drummond pour son offre d'entraide, de soutien individuel et en groupe,
de formation, de gestion du stress et de ressourcement.
personnes aidantes permettent aux personnes aidées de demeurer plus longtemps à
domicile et de conserver ainsi une meilleure qualité de vie et, bien
souvent, elles permettent aussi au malade de mieux supporter ses douleurs psychologiques et émotives. Toutefois, les
personnes aidantes agissent souvent au détriment de leur propre santé et de
leur propre bien-être. Il importe donc qu'elles arrivent à se respecter et à
prendre soin d'elles.
C'est pourquoi l'APPAD joue un rôle si important
en rompant l'isolement et en prévenant l'épuisement de ses membres, et ce, gratuitement. Fondé en 2011, l'organisme réunit près
de 500 membres et travaille en concertation avec une vingtaine d'organismes. Les résultats
sont impressionnants. En 2016‑2017, l'association a donné 865 heures
de relation d'aide individuelle, tenu
58 rencontres de groupe et rejoint 450 personnes différentes en
intervention directe.
Bravo et merci à l'Association des personnes
proches aidantes Drummond!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Johnson. M. le député de La Prairie, je vous cède la parole pour
votre déclaration.
M. Merlini :
Merci beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je rends hommage à un
entrepreneur de ma circonscription, M. Maryo Lamothe, et son entreprise,
Le Groupe Maison Candiac.
affaires depuis 45 ans, Le Groupe Maison Candiac est aujourd'hui reconnu
comme étant un pilier parmi les grands
constructeurs de la Montérégie, voire même du Québec. Ayant obtenu en septembre
2016 la plus haute distinction auprès
de la Garantie de construction résidentielle, la cote AA, Le Groupe Maison
Candiac est une entreprise familiale impliquée
dans notre communauté. À lui seul, il est responsable du tiers du développement
de la ville de Candiac, entre autres parce qu'il y a bâti de nombreuses
maisons. Son travail ne s'arrête pas là, puisque Le Groupe Maison Candiac
planche actuellement sur un projet qui pourrait être qualifié du plus important
projet vert au Québec.
souhaite donc féliciter M. Maryo Lamothe et son équipe pour leur travail.
Et je leur souhaite aussi une bonne continuité dans la réalisation de
leurs nombreux projets. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
La Prairie. Mme la députée de Marie-Victorin, à vous la parole.
Fournier : En ce Mois de l'histoire des Noirs et en tant que
porte-parole du Parti québécois pour les Québécois
issus de la diversité, je tiens à souligner l'apport inégalé de trois citoyens
des communautés noires à l'ensemble du Québec.
Originaire
d'Haïti, Myrlande Pierre est une universitaire reconnue et respectée de tous,
un véritable modèle. Ses réalisations et ses travaux sur l'intégration
socioéconomique des jeunes Noirs ont permis à toute la société de mieux
comprendre cette réalité.
Originaire
du Burkina Faso, Bebeto Lonsili a choisi la culture pour faire rêver ses
concitoyens. Il a notamment permis à plusieurs femmes de sortir de
l'ombre. Son implication est sincère et exemplaire.
Originaire
de Sainte-Lucie, Dan Philip a présidé et préside toujours La Ligue des Noirs,
et son engagement a permis à plusieurs jeunes de combattre leurs
préjugés et de réaliser leur plein potentiel.
le Président, je suis très heureuse d'annoncer que je leur remettrai tous les
trois la Médaille de l'Assemblée nationale dans une cérémonie, le
28 février prochain, pour clore le Mois de l'histoire des Noirs. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée de
Marie-Victorin. M. le député de Sainte-Rose, à vous la parole.
Habel : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir d'inviter
l'ensemble des citoyens à la 10e édition de la course de
Champfleury qui aura lieu le 22 avril.
L'an
dernier aura été un franc succès. En effet, quelque 1 460 coureurs
ont participé à l'événement. C'est donc avec fierté que je tiens à féliciter l'organisation de l'Association des
résidents de Champfleury, qui année après année réussissent à créer un véritable engouement pour l'activité physique et
les saines habitudes de vie dans la région et dans le quartier.
Encore
cette année, plusieurs distances seront proposées aux coureurs, soit le un
kilomètre, le trois kilomètres, le
cinq kilomètres et le 10 kilomètres. Cette année, tous les participants
recevront une médaille de participation, en plus d'une remise de
médailles officielle pour les trois premiers finalistes de chacune des
épreuves.
Je vous invite donc
tous à participer en grand nombre à cette magnifique course. Merci, M. le
Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Sainte-Rose. Mme la députée de Verdun, à vous la parole.
Melançon : Merci, M. le Président. Le 18 janvier dernier, j'ai eu
le plaisir de me rendre à l'école primaire Lévis-Sauvé, à Verdun, afin de rencontrer les membres de la brigade
verte. La brigade a développé et gère un système de compost à travers l'établissement. Afin de sensibiliser les élèves et
le personnel de l'école à la réduction des déchets, la brigade conçoit
des capsules vidéo et une bande dessinée, de belles initiatives pour favoriser
la compréhension des enjeux environnementaux.
En tant que
ministre de l'Environnement mais surtout comme députée de Verdun, je tiens à
féliciter sincèrement les huit membres de sixième année qui composent cette
brigade verte mais aussi l'enseignante qui encadre le projet, Mme Véronique Vallée, ainsi que
M. François Millette, le directeur de l'école. C'est par des actions comme
les vôtres que nous continuerons de
bâtir, pour les générations de demain, un nouveau Québec encore plus vert.
Bravo à l'école Lévis-Sauvé!
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci, Mme la députée de Verdun. Mme la
députée d'Anjou—Louis-Riel,
je vous cède la parole.
Thériault : Merci, M. le Président. C'est avec plaisir que je souhaite souligner le
40e anniversaire du Service d'aide communautaire Anjou, un des
organismes les plus importants de ma circonscription.
Depuis ses débuts, en 1978, le SAC Anjou est
impliqué dans la communauté angevine et a pour mission de soutenir les plus démunis, autant les jeunes que
les aînés. Il offre une vaste gamme de services, allant de la soupe populaire
aux services de banque alimentaire ou encore
de l'alphabétisation aux services d'accompagnement. Par leur implication,
le SAC Anjou contribue à briser l'isolement
des citoyens, en plus de faciliter leur intégration. Cet organisme est un agent
de changement qui lutte contre la pauvreté et qui agit de façon durable
dans son milieu.
Je tiens à
souligner le travail exceptionnel de tous les bénévoles, des partenaires et des
employés qui, au fil des ans, ont su
aider de nombreuses familles angevines. Je leur souhaite encore plusieurs
années de succès dans leur mission afin qu'ils puissent continuer d'offrir leurs services pour le bien-être
de nos concitoyens. Bon 40e! Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée d'Anjou—Louis-Riel. M. le député de Rosemont et chef de l'opposition officielle, je
vous cède la parole.
M. Lisée : Merci, M. le Président. Je suis très heureux de souligner aujourd'hui le 40e anniversaire du Comité logement Rosemont, un organisme de ma circonscription qui défend les droits des locataires, qui
travaille sans relâche au développement du logement social dans le
quartier.
Chaque année,
des milliers de Rosemontoises et de Rosemontois font appel aux services
d'information, de référence juridique
offerts gratuitement par une équipe engagée. En plus d'organiser des activités
de sensibilisation aux droits des locataires, le comité offre un service
d'accompagnement à la recherche d'un logement adéquat.
L'accès au
logement est un droit fondamental au coeur de la mission de l'organisme. Ce
dernier a donc contribué à la création, la création de centaines
d'unités de logement social dans Rosemont depuis sa fondation, en 1978.
Félicitations
à toute l'équipe du Comité logement Rosemont et à son coordonnateur, Sébastien
Laliberté, pour leur dévouement! Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
chef de l'opposition officielle.
Enfin, M. le député de Portneuf,
à vous la parole.
Matte : Merci, M. le Président.
J'aimerais souligner la présence dans les tribunes des représentantes du centre
de femmes de Portneuf et de la
Capitale-Nationale. Dévouées et passionnées, elles travaillent chaque jour pour
les femmes de tous âges et de tous
les milieux, notamment en
matière de santé, d'employabilité, de
lutte contre la pauvreté et de lutte contre
la violence sous toutes ses formes. Aujourd'hui, je veux souligner l'engagement
des personnes qui, comme elles, ont contribué et qui contribuent à
travailler à l'émancipation des femmes.
Encore aujourd'hui, la
condition féminine est une cause qui nous touche tous et toutes. C'est pourquoi
elles méritent nos félicitations.
Par cette
déclaration, je désire également reconnaître le rôle des centres de femmes. Ces
milieux accueillants sont des lieux
d'échange, d'information et d'action visant l'amélioration des conditions
et de la qualité de vie des femmes dans une perspective d'égalité et
d'une plus grande justice sociale. Bravo! Et merci pour votre travail.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le député de Portneuf. Voilà qui met un terme à la
rubrique Déclarations de députés.
Et je suspends les travaux de l'Assemblée
quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 52)
Le Président : Mesdames
messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Je remarque que les banquettes ministérielles
se sont enrichies depuis...
Président : Alors,
j'aimerais vous présenter et souligner la présence, dans nos tribunes, de
M. Peng Jingtao, consul général de la République populaire de Chine
à Montréal, à l'occasion de sa visite d'adieu.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Fournier : Oui, M. le
Président. Je vous demanderais d'appeler l'article a, s'il vous plaît.
Le Président : Alors, à
l'article a du feuilleton, M. le ministre de la Sécurité publique présente
le projet de loi n° 170, Loi
modernisant le régime juridique applicable aux permis d'alcool et modifiant
diverses dispositions législatives en matière de boissons alcooliques.
M. le ministre.
M. Coiteux :
Oui. Merci, M. le Président. Avant de présenter ce projet de loi,
permettez-moi, M. le Président, de
dire que le projet de loi que je m'apprête à présenter à l'Assemblée n'aurait
pas la qualité et la profondeur qu'il a sans l'apport considérable de
mon collègue et ami le député de Jean-Lesage.
Coiteux : Alors, M. le Président, ce projet de loi propose plusieurs modifications au régime juridique applicable aux permis
d'alcool ainsi qu'à certaines dispositions législatives concernant les boissons
alcooliques.
Le projet de loi revoit d'abord les diverses catégories de permis. Il apporte des
modifications dans la désignation de certains permis et précise ou élargit les activités
que ceux-ci autorisent. Il crée de
plus deux nouvelles catégories de
permis, à savoir le permis accessoire et le
permis de livraison, et habilite le gouvernement à déterminer d'autres catégories de permis. Il permet également
que certains permis soient assortis de l'option «sans mineur» ou des options
«traiteur», «pour servir» ou
«fabrication domestique» qui autorisent le titulaire du permis qui en est
assorti à exercer des activités spécifiques.
Le projet de loi apporte des modifications aux conditions de délivrance des permis. Il
permet ainsi à une personne qui n'a pas la citoyenneté canadienne
d'obtenir un permis, même si elle ne réside pas au Québec en tant que résident permanent,
à la condition qu'elle détienne un permis de travail délivré par les autorités
canadiennes de l'immigration l'autorisant à
travailler au Québec. Il prévoit que la Régie des alcools, des courses et des jeux devra refuser de délivrer un
permis à un demandeur si la personne chargée d'administrer l'établissement où serait exploité le permis a commis, dans les cinq ans précédant la demande, un acte criminel ou une
infraction qui aurait empêché le demandeur d'obtenir le permis. Enfin, il habilite la régie à imposer à
l'occasion de la délivrance d'un permis toute condition liée
à l'exploitation du permis qu'elle considère pertinente pour assurer la
sécurité publique ou la tranquillité publique.
projet de loi apporte aussi plusieurs modifications concernant les conditions d'exploitation des différents permis.
Il permet notamment qu'un permis puisse
être délivré pour une exploitation saisonnière. Il prévoit que les heures
d'exploitation applicables aux permis d'épicerie seront prolongées d'une
heure, de sorte que les activités autorisées pourront
débuter dès 7 heures le matin, et prévoit, pour certains autres permis,
que les heures d'exploitation pourront être modifiées par la régie lors
d'un jour férié ou lors d'un événement à caractère culturel, social, sportif ou
touristique.
Le projet de loi prévoit que le permis de bar autorisera désormais la présence de
personnes mineures sur une terrasse jusqu'à 23 heures, plutôt que 20 heures, à la
condition, comme c'est le cas actuellement, qu'elles soient accompagnées d'un titulaire de l'autorité parentale. Il permet, à
certaines conditions, que, dans un établissement où est exploité un permis de restaurant, des boissons alcooliques puissent être
servies aux clients sans que ces derniers soient obligatoirement tenus d'y consommer des aliments.
Le projet de loi permet l'ouverture à l'avance des bouteilles de boissons alcooliques,
la préparation à l'avance de carafons
de vin ou de mélanges de boissons alcooliques, l'utilisation de bouteilles de
boissons alcooliques vides et non timbrées
à des fins décoratives ainsi que l'usage ou la fabrication de boissons
alcooliques à des fins pédagogiques ou lors de recherches.
Le projet de loi permet, sur approbation de la
régie, la consommation de boissons alcooliques dans les aires communes d'un
lieu d'hébergement.
Le projet de loi permet aux fabricants de boissons alcooliques de participer à des
salons de dégustation pour faire la
promotion de leurs produits au moyen de leur permis de fabrication sans être
tenus d'obtenir un permis de réunion.
Le projet de loi oblige les titulaires de permis, les personnes chargées d'administrer l'établissement dans lequel un permis est
exploité ainsi que tout autre membre du personnel des titulaires que le gouvernement détermine à suivre une formation sur la consommation responsable
des boissons alcooliques.
Le projet de loi habilite le gouvernement à exempter de l'application de tout ou
partie de la
Loi sur les permis d'alcool
ou de ses règlements, aux conditions qu'il peut fixer, des endroits
ou des catégories de titulaires, de personnes, de produits,
d'établissements ou d'activités qu'il détermine.
Le projet de loi accorde à la régie le pouvoir, en cas de manquement au Règlement
sur la promotion, la publicité et les
programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques, de suspendre ou de
révoquer un permis délivré en vertu de
la
Loi sur les permis d'alcool ou de la
Loi sur la Société des alcools du
Québec ou d'imposer à un titulaire de permis des sanctions administratives
pécuniaires. Il permet à la régie de rejeter de plein droit une opposition à
certaines demandes qui lui sont faites lorsque l'opposition porte
uniquement sur des motifs économiques ou de concurrence. Il lui permet
également de prendre toute mesure visant à encourager les titulaires de permis
à se conformer aux lois.
Enfin, le
projet de loi contient des modifications de concordance dans diverses autres
lois, ainsi que des dispositions transitoires.
Le Président : Est-ce que
l'Assemblée accepte d'être saisie de ce projet de loi? M. le leader de
l'opposition.
Bérubé : M. le
Président, nous souhaitons la tenue de consultations particulières sur ce
projet de loi. Manifestement, il y a à boire et à manger là-dedans.
Le Président : M. le leader
du gouvernement, j'imagine que vous avez une réponse?
M. Fournier : C'est un souhait que
nous partageons.
Le Président : Eh bien,
est-ce que je dois comprendre que c'est adopté?
Le Président : Adopté.
Alors, à la rubrique Dépôt de documents, Mme la
ministre des Relations internationales.
St-Pierre : Merci, M. le Président. En vertu de
l'article 22.2 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales,
je dépose, à
titre de document, l'engagement
international important suivant ainsi qu'une note explicative sur le contenu et
les effets de cet engagement. C'est la convention n° 98 sur le droit
d'organisation et de négociation collective, 1949, de l'Organisation
internationale du travail.
Le Président : Alors, ce
document est déposé. Mme la ministre des Relations internationales.
St-Pierre :
Merci, M. le Président. En vertu de l'article 22.3 de la
Loi sur le
ministère des Relations internationales, je fais motion pour :
«Que
[...] l'Assemblée nationale approuve [l'engagement international important que
je viens de déposer, à savoir]
Convention n° 98 sur le droit
d'organisation et de négociation collective, 1949, de l'Organisation
internationale du travail.»
Président : Alors, je vous avise qu'en vertu de
l'article 22.3 de la
Loi sur le ministère des Relations internationales
la motion est présentée mais ne pourra pas être débattue avant 10 jours.
M. le ministre des Affaires municipales.
Coiteux : Alors, M. le Président, permettez-moi de déposer les
rapports d'activité et les états financiers du Gouvernement de la nation
crie ainsi que ceux de l'Administration régionale de la Baie-James.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés. Mme la ministre responsable des Aînés.
Charbonneau : M. le Président, il me fait plaisir de déposer
le plan stratégique 2017-2022 du ministère de la Famille.
Le Président :
Ces documents sont déposés. M. le leader du gouvernement.
Fournier : Oui, M. le Président. Je dépose la réponse du gouvernement
à la pétition présentée par le député de Bertrand le
5 décembre 2017 et la députée de Mirabel le
7 décembre 2017.
Le Président :
Alors, ces documents sont déposés.
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission
des finances publiques et député de Montmorency.
M. Bernier :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des finances
publiques qui, les 15 et 20 février 2018,
a procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 163, Loi concernant la
mise en oeuvre de recommandations du
comité de retraite de certains régimes de retraite du secteur public et
modifiant diverses dispositions législatives. La commission a adopté le
texte du projet de loi avec des amendements.
Président : Alors, je vous remercie. Ce document est déposé. M.
le président de la Commission des institutions et député de Champlain.
M. Auger :
Merci, M. le Président. Je dépose le rapport de la Commission des institutions
qui a siégé le 20 février 2018
afin d'étudier et d'approuver le Règlement modifiant le Règlement sur la
déclaration de candidature déposé à l'Assemblée nationale le
6 février 2018. La commission a approuvé le règlement avec
modifications.
Le Président :
Ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de
pétitions.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
question de droit ou de privilège.
Nous
en sommes donc rendus à la période de questions et de réponses orales. Et je
cède la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Lisée : M. le Président, on peut vraiment parler d'échec
électrique du gouvernement libéral. Hier, le premier ministre était
incapable de nous dire dans quel pays serait construit le train électrique du
REM. Il ne le savait pas. Peut-être qu'il le
sait aujourd'hui. S'il le sait, il pourrait nous le dire. Nous, ce qu'on sait,
c'est que ce ne sera pas au Québec, ni à Sorel-Tracy, ni à
La Pocatière.
matin, on apprend qu'une usine d'assemblage d'autos électriques qui aurait eu
lieu à Bromont, avec 600 emplois, n'aura
pas lieu parce que c'est le gouvernement qui a tiré la plug là-dessus, et non,
comme il l'avait dit, que c'était Peugeot Citroën. Alors, on aimerait
avoir des réponses là-dessus.
Et, troisièmement, on
apprend que les autobus scolaires électriques construits à Saint-Jérôme, alors
qu'il y a seulement 60 autobus
scolaires électriques au Québec sur 8 000, c'est-à-dire moins de 1 %,
M. le Président... — il y a
des villes chinoises où ils sont à
100 % d'autobus électriques en ce moment — que, lorsque nous avons demandé d'avoir un
avantage pour les autobus électriques
construits au Québec, le gouvernement a décidé de donner un avantage
supplémentaire aux autobus au diesel construits en Géorgie et aux
États-Unis.
Donc,
trois dossiers où on pouvait avancer sur le matériel roulant électrique au
Québec, trois dossiers où le gouvernement
libéral échoue, n'a rien à présenter, préfère l'étranger à la construction
québécoise. Je n'ai même pas de question.
Le Président :
Malgré tout, donnez-nous une réponse, M. le premier ministre.
M. Couillard : Bien, je ne sais plus quoi faire, M. le Président. Il faut peut-être
travailler les finales un petit peu, là. Mais, écoutez, il y a plusieurs éléments. D'abord, c'est Alstom qui a
gagné le contrat non seulement pour... et avec son partenaire SNC-Lavalin, parce qu'il ne parle
jamais de SNC-Lavalin, pour la construction du train et l'opération du système
de transport. Alstom a des partenaires
canadiens et québécois. C'est à eux de révéler ou de divulguer dans quelles
parties du monde, et incluant le
Canada et le Québec, que le train sera élaboré et assemblé. Et je pense qu'on
peut être optimistes. Il y a beaucoup d'entreprises québécoises qui sont
en lien avec Alstom.
la question du transport électrique, s'il y a un parti qui a fait beaucoup pour
l'électrification des transports, c'est
bien le nôtre. On est en position de leadership canadien sur cette question-là,
tout le monde le reconnaît. Et moi, je trouve
qu'on doit avoir plus d'ambition. J'écoutais le député de Jonquière, il y a
quelques jours, qui parlait de 2 000 bornes, c'est ce que j'ai...
Je trouve qu'il manque d'ambition. Je pense qu'on peut faire mieux que ça.
Maintenant,
sur la question de Saint-Jérôme, je m'excuse un peu de dégonfler un peu la
chose, là, mais il n'a jamais été
question d'une usine d'assemblage à Saint-Jérôme. C'était une étude de
faisabilité pour un partenariat entre Peugeot, Investissement Québec et Hydro-Québec pour voir s'il était possible
d'aller plus loin. Et, de façon très nette, les partenaires, qui incluent Peugeot, en passant, ont décidé que
l'étude de faisabilité montrait qu'il fallait mettre un terme à l'expérience.
Alors, on ne commencera pas à reprocher à
une organisation qui fait une étude de faisabilité de tenir compte du résultat
de ladite étude de faisabilité. Ça m'apparaîtrait la moindre des choses.
Alors, non
seulement on est encore en très, très
bonne position pour le transport et l'électrification des transports, moi, je crois aussi qu'il faut doter le Québec
d'une base industrielle sur le transport électrique, mais il faut que
ce soit autour de projets qui sont
commercialement viables. Je pense qu'on doit tous s'entendre là-dessus. Au minimum,
on doit s'inscrire dans la chaîne d'approvisionnement...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...éventuellement, même pour l'assemblage de véhicules.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : D'abord, l'usine n'aurait pas été à Saint-Jérôme, elle
aurait été à Bromont. Ensuite, il continue à dire que c'est Peugeot Citroën qui
est responsable. Eux ne disent pas ça. On aimerait savoir pourquoi. Et, en
plus, il vient de dire que les
entreprises québécoises vont pouvoir vendre des pièces à Alstom pour le train
électrique, même si Alstom les construit
en Pologne puis en Inde. Bien, j'ai posé la question hier au maire de La
Pocatière, au préfet de Kamouraska, puis ils ont dit : Ça
n'arrivera jamais. Ils n'auront jamais ces contrats-là.
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Je le trouve
bien pessimiste. Moi, je trouve qu'il y a beaucoup d'entreprises québécoises de
qualité qui ont des relations avec
Alstom et qui pourraient fortement, certainement, en bénéficier. Mais, au-delà
de ça, au-delà de ça, on a toujours été aux côtés des gens de La Pocatière dans de
nombreux dossiers. On va continuer à l'être. Nous, on a toujours été aux côtés des travailleurs de
Bombardier, même au moment où c'était plus risqué, parce que, n'eût été de
notre action, si on avait écouté les deux oppositions, non seulement il n'y
aurait plus de Bombardier aéronautique, il n'y
aurait plus de Bombardier tout court. Et c'est parce qu'on a été déterminés à
venir en aide aux travailleurs qu'on a réussi à préserver l'entreprise
et qu'on a réussi à faire en sorte qu'on puisse au moins discuter de ce grand
projet.
Dernier
élément pour la Chine, pour son information, Hydro-Québec, par la voie d'une
filiale issue de son centre de recherche...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...commercialise des milliers de moteurs électriques pour
autobus et petits camions en Chine actuellement.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : La raison pour laquelle le Parti québécois a voté
contre la loi, en 2015, créant la filiale de la Caisse de dépôt, c'est parce qu'il n'y avait pas de contenu
québécois, puis c'est là qu'il fallait le mettre. Et la CAQ, et le Parti
libéral, a voté pour une loi où il
n'y a pas de contenu québécois, puis aujourd'hui on a la conséquence qu'il y a
630 millions de dollars qui ont
été investis en Inde, ou en Chine, ou en Pologne. C'est ça, la conséquence. Le
premier ministre avait l'occasion de
le faire et il ne l'a pas fait. Il a laissé tomber les travailleurs de La
Pocatière, les travailleurs de Sorel-Tracy et tous les...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, je pense qu'on ne pourra pas oublier le fait que le Parti
québécois s'opposait au projet du REM. Je pense que ça, c'est connu. Il
s'opposait également au libre-échange avec l'Europe. Alors, c'est la tendance historique qui se poursuit. Maintenant, M. le
Président, ce qui est clair, c'est que nous, on va avancer, on va avancer pour
les travailleurs de La Pocatière, pour la
région de La Pocatière. Et je pense qu'on va trouver des solutions, des
solutions pour permettre au travail
de continuer dans cette usine où il y a non seulement, en passant, des
travailleurs auxquels on pense tous les jours, mais également des gens
qui ont des sous-contrats dans les municipalités comme Montmagny, Rivière-du-Loup, L'Islet, autour de l'usine de La
Pocatière. On pense également à ces entreprises et à ces travailleurs-là.
Donc, on va faire en sorte, M. le Président, d'avancer...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...de garder la prospérité de la région comme elle est
actuellement et même d'aller plus loin.
Le Président :
Troisième question complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Lisée : Donc, tout le monde comprend que le premier ministre
est toujours incapable de nous dire dans quel pays sera construit le
train électrique du REM. Tout le monde a vu ça.
Deuxièmement,
il est en train de nous dire que des fournisseurs de La Pocatière puis de Tracy
vont être compétitifs pour l'usine d'Alstom en Inde ou en Pologne. Ça,
on a compris ça. C'est ça qu'il vient de nous dire.
Puis,
troisièmement, quand on a fait l'amortissement sur huit mois pour les autobus
électriques construits au Québec pour
leur donner un avantage, pourquoi il a donné l'avantage aussi aux autobus au
diesel construits en Géorgie? Pourquoi?
Le Président :
M. le premier ministre.
Couillard : Bien, au contraire, M. le Président, les commissions
scolaires ont été très heureuses de notre décision
de prolonger la période d'amortissement de façon à ce qu'ils puissent faire plus d'achats
d'autobus électriques. J'ai été moi-même
à New York, à Times Square, avec Autobus Lion, avec un
autobus, pour montrer cette belle technologie
québécoise aux Américains, et on en est très fiers.
Maintenant,
sur la question du contrat de la Caisse de dépôt, là, les
choses, il faut qu'elles deviennent sérieuses de la part des deux chefs d'opposition, parce
que les deux veulent être premier ministre, c'est ce que j'ai compris. Il
y a une élection
qui arrive bientôt, et là le monde écoute, le monde financier
écoute. Alors, je les mets au défi de dire si, oui ou non, ils vont
préserver absolument, absolument l'indépendance de la Caisse de dépôt et
placement du Québec.
Le Président :
Principale, M. le député de Jonquière.
Gaudreault : Oui. M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
Gaudreault : ...dans un cas comme la subite passion du gouvernement
pour l'hydrogène, quand on ne trouve aucune
logique scientifique, économique ou environnementale, au PQ, on est habitués,
on cherche alors la logique libérale. Comment
cette logique s'applique-t-elle dans le cas de la filière libérale de
l'hydrogène? D'abord, nous avons une série de lobbyistes libéraux, dont un conflit d'intérêts patent avec une cadre
chez Transition énergétique Québec. Maintenant, tous ces lobbyistes
travaillent chez le même bureau d'avocats ou comme sous-traitants de celui-ci.
On comprend que ces avocats libéraux ont des clients qui tentent d'influencer,
par le réseau libéral, les décisions du gouvernement sur l'hydrogène. Mais qui
est le client? Ils ont omis d'inscrire le nom de leur client sur le registre
public du lobbyisme.
Est-ce
que c'est normal, pour le ministre de l'Énergie, que des contributeurs libéraux
servent de paravents pour un client inconnu qui a des intérêts dans
l'hydrogène?
Le Président :
M. le ministre de l'Énergie.
Moreau : M. le Président, ce qui est évident pour le député,
c'est qu'ils sont contre les véhicules à hydrogène. La situation a évolué parce que, pourtant, son
parti, comme la CAQ, ont voté à l'unanimité une loi, ici, sur les véhicules
zéro émission dans laquelle il est précisément indiqué qu'il y aurait une
filière de véhicules à hydrogène.
D'ailleurs, il n'y
a pas que des lobbyistes qui
s'intéressent à l'hydrogène. Dans un
article paru le 18 janvier 2017 dans le cadre du Forum économique mondial de
Davos, les cinq principaux constructeurs automobiles, Toyota, mais aussi
BMW, Daimler, Honda et Hyundai, s'unissent à Royal Dutch-Shell, Total et
quelques compagnies spécialisées dans l'hydrogène comme Air liquide et Linde
pour former Hydrogen Council. Le géant ferroviaire Alstom, la minière Anglo American, le fabricant de motos et
d'équipement lourd Kawasaki Heavy Industries font aussi
partie de l'alliance.
Le Parti
libéral est un grand parti, mais je
ne pense pas qu'il représente tous
ces gens-là. La réalité, M. le Président, c'est qu'au Québec on veut non
pas faire le choix d'une plateforme ou de l'autre, mais offrir aux Québécois
l'avenir en transition énergétique qui sera...
Le Président :
En terminant.
M. Moreau :
...soit les véhicules électriques, soit les véhicules à hydrogène, ou les deux.
C'est ça, la réalité.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui. M. le Président, pour que le ministre comprenne comme il faut, là, on a
fait un tableau didactique de la filière libérale de l'hydrogène. Ça commence
ici. On a des entreprises de l'industrie de l'hydrogène qui donnent des contrats de lobbyistes qui sont tous des libéraux, qui
donnent à la caisse électorale du Parti libéral, qui influencent le gouvernement, qui a des nominations
du Conseil des ministres à Transition énergétique Québec, qui a des
ententes avantageuses pour l'industrie de l'hydrogène.
Le Président :
S'il vous plaît! Chut!
M. Gaudreault :
La question : C'est qui, ici, M. le Président...
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Président : Oui. S'il vous plaît! Juste vous demander d'écouter
la question comme j'entends qu'on écoute la réponse aussi. M. le député
de Jonquière.
M. Gaudreault :
Oui, M. le Président. La question, c'est : Ici, là, c'est qui, le client
de l'industrie de l'hydrogène?
Le Président : M. le ministre
de l'Énergie.
M. Moreau :
Merci, M. le Président. On sait que les choix énergétiques du PQ sont douteux.
Eux choisissaient le nucléaire, alors
que le Québec avait une richesse sans précédent qui était l'hydroélectricité.
Dieu merci, on ne vous a pas écoutés.
Dieu merci, aussi, vous avez parfois des soubresauts lorsque, par exemple, vous
votez en faveur d'une
loi sur...
Président : S'il vous plaît! Mme la députée de Taschereau, je
vous entends beaucoup trop. Vous avez une belle voix, mais je vous
entends trop. J'aimerais entendre la réponse. M. le ministre de l'Énergie.
M. Moreau :
Peut-être que la députée de Taschereau a une autre vision de l'avenir que ce
que la population en général peut avoir, M. le Président, parce que
l'importance de la transition énergétique nous oblige à faire face aux
technologies qui sont disponibles. À l'époque, là, du Beta puis du VHS — ça va
rappeler des choses à la députée de Taschereau — c'était difficile au départ de faire le
choix entre l'une ou l'autre des technologies. Aujourd'hui, on ne veut
pas faire le choix, on veut s'offrir toutes les possibilités. C'est pour ça...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Gaudreault :
...je vais être obligé de le ressortir, mon tableau de l'hydrogène libéral, M.
le Président, parce que le ministre
ne répond pas. Et j'ajouterais qu'il y a
même un membre du conseil
d'administration, ici, qui est un
avocat contributeur de... libéral, qui est de la même firme qui fournit
tous les lobbyistes.
Alors, M. le Président, la question ici : La roue qui produit l'hydrogène libéral, là,
c'est qui, le client qui est financé puis qui est soutenu par les
lobbyistes du Parti libéral, M. le Président? C'est ça, la question.
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre de l'Énergie.
M. Moreau :
Je vais laisser le député continuer à piétiner sur sa question et je vous dirai
simplement, M. le Président, que,
quand le gouvernement est en ligne avec des entreprises comme Toyota, BMW,
Daimler, Honda, Hyundai dans le domaine
de l'avenir de l'automobile, j'ai beaucoup plus confiance à ces entreprises, à
Royal Dutch, à Total, qu'au député qui vient de poser la question.
Honnêtement,
je pense qu'on est sur la bonne voie. Honnêtement, je vois là une grande
possibilité pour les Québécois et une
possibilité aussi de développer la filière à hydrogène pour en être des
producteurs d'hydrogène propre et
l'exporter partout dans le monde. Si c'est ça, notre avenir, M. le Président,
c'est beaucoup plus ambitieux que la portée de la question du député.
Le Président : Principale, M.
le député de Rousseau.
M. Marceau :
M. le Président, près de la moitié des entreprises de production de cannabis
sont financées dans les paradis
fiscaux. C'est au minimum 277 millions du financement qui provient
des îles Caïmans, des Bahamas, d'Aruba, de Curaçao, de la Barbade, des
îles Vierges, du Luxembourg, et d'autres.
Malgré cela,
la ministre responsable du projet de
loi sur le cannabis a refusé notre
amendement qui exigeait que les fournisseurs
de la Société québécoise du cannabis démontrent qu'ils ne font pas affaire dans
les paradis fiscaux. Il n'est pas
trop tard, le projet de loi est encore à l'étude. M. le Président, il y a des
producteurs de cannabis qui respectent les lois et qui paient leurs impôts.
Mais il y a aussi des bandits qui veulent profiter du système, des bandits.
Est-ce que la ministre va reculer, M. le
Président, accepter notre amendement et empêcher l'État d'acheter du cannabis
de bandits qui sont dans les paradis fiscaux?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Leitão :
M. le Président, je commencerai en disant que c'est un sujet qui nous préoccupe
énormément. Je dirais que ça va
beaucoup au-delà de la question des paradis fiscaux. C'est essentiellement une
question de blanchiment d'argent et de nous protéger contre le
blanchiment d'argent.
À cet
égard-là, dans le domaine très spécifique des producteurs de cannabis,
n'oublions pas que c'est primordialement de juridiction fédérale. C'est
l'organisme fédéral qui accorde, qui octroie les permis de production, qui doit
faire ces vérifications-là. Ces
vérifications-là doivent être faites. On doit absolument s'assurer que le crime
organisé, qu'on veut éliminer de ce
marché-là, ne rentre pas par la porte arrière. Donc, l'organisme qui octroie
les permis doit faire ces vérifications-là.
Nous,
gouvernement du Québec, nous allons aussi prendre nos dispositions, prendre nos
mesures. Ce n'est pas à la SAQ de faire ça, elle n'a pas l'expertise ni
les moyens, mais nous avons au Québec un organisme qui vient d'être créé, l'Autorité des marchés publics, qui, elle, a, aura les moyens de le faire et qui
va le faire, coordonner les efforts du gouvernement
du Québec avec ses partenaires, pour s'assurer que ce phénomène-là ne se
reproduit pas dans le marché du cannabis, M. le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le
Président, ça doit être inscrit dans
la loi, hein? 35 entreprises de production de cannabis sur 86 sont financées dans les paradis fiscaux, et on
n'a aucune idée de qui est derrière ces compagnies. Ça
pourrait être la mafia, ça pourrait
être les Hell's Angels. N'importe quel bandit peut investir dans le cannabis
légal. Alors, M. le Président, moi, je pensais que le but, c'était
d'empêcher les bandits de vendre du pot, pas de leur faire sauver de l'impôt.
Alors, est-ce que
le gouvernement va accepter notre amendement, inscrire dans la
loi, inscrire dans la loi, que le cannabis ne peut pas être financée à
partir des paradis fiscaux?
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : M. le Président, nous sommes aussi déterminés que le collègue, je dirais même plus,
pour nous assurer que cela ne se
produit pas. Seulement, il va falloir s'assurer de prendre les bons
moyens pour accomplir cet objectif-là. Un
peu plus tard dans le projet de loi de ma collègue, il y aura d'autres articles où on va discuter de
ces choses-là. Mais entre-temps,
comme je viens de le dire, M. le
Président, au Québec,
nous avons... d'abord, c'est de juridiction fédérale, de compétence fédérale initialement, mais, au Québec,
nous avons les moyens de le faire avec l'Autorité des marchés publics,
qui a tout à fait le pouvoir d'annuler des contrats publics si on se rend
compte que les individus derrière ces entreprises ne sont pas acceptables.
Donc, nous avons les moyens de le faire...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...et l'Autorité des
marchés publics pourra le faire, le cas échéant, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rousseau.
M. Marceau : M. le
Président, pour commencer, quand il
est question de paradis fiscaux, on va s'entendre qu'on ne peut pas faire confiance à Justin Trudeau.
Alors, donnez-moi pas cette réponse, s'il
vous plaît! Deuxièmement, il faut que ça soit inscrit
dans la loi. Et le moyen que vous utiliserez par la suite pour y parvenir,
on verra, mais il faut que ça soit inscrit dans la loi qu'il n'y a pas
de financement en provenance des paradis fiscaux.
Par ailleurs, vous savez très bien qu'il y a
deux ententes qui ont été convenues avec des entreprises qui ont du financement dans les paradis fiscaux. Allez-vous
résilier ces ententes-là? Allez-vous faire en sorte que ça ne se produise pas?
Les Québécois ont besoin d'être rassurés, le crime organisé doit être sorti,
doit être bloqué du cannabis.
Le Président : M. le ministre
des Finances.
Leitão : M. le Président, l'enjeu ici, c'est le blanchiment d'argent, c'est de nous assurer que
les individus que... donc d'empêcher
le recyclage des produits du crime dans des entreprises légales. Ça va beaucoup
plus au-delà du cannabis, mais, particulièrement dans le cas du cannabis, c'est très sensible parce que,
justement, c'est une activité où on veut sortir
le crime organisé.
Pour pouvoir accomplir cela, il faut qu'au départ le permis qui est octroyé par
l'organisme fédéral fasse ces vérifications-là. Si cela ne se fait pas ou si c'est déficient, nous, au Québec,
on a les moyens de faire le suivi. Nous avons l'Autorité des marchés
publics, qui a les compétences... qui aura les compétences et qui aura les
moyens...
Le Président : En terminant.
M. Leitão : ...législatifs d'annuler
des contrats s'il le faut.
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. Legault :
M. le Président, les enseignants au Québec sont moins bien payés que les
enseignants en Ontario. D'ailleurs,
le ministre de l'Éducation l'a dit, je veux le citer : «Il y a un écart de
salaire. On n'a pas le même filet social au Québec. Est-ce qu'il faut revoir la
rémunération? Un jour, peut-être, mais actuellement on est dans la situation
que vous connaissez sur le plan budgétaire.»
Fin de la citation du ministre de l'Éducation. Hier, le premier ministre nous a
dit que lui trouvait ça juste que les médecins spécialistes gagnent plus
que ceux de l'Ontario.
Donc, ma question est très simple, là...
Le Président : M. le leader
du gouvernement, j'aimerais que nous puissions écouter la question du chef du deuxième groupe d'opposition, et, si vous voulez
répondre à la question, vous le ferez, mais probablement que le premier
ministre le fera lui-même.
M. Legault :
Le leader dit que ce n'est pas vrai, donc je vais reposer ma question très
simple : Est-ce que le premier ministre
du Québec trouve ça équitable que les médecins spécialistes du Québec soient
plus payés que ceux de l'Ontario, mais
que les enseignants du Québec soient moins bien payés que ceux de l'Ontario?
Est-ce qu'il trouve ça équitable, oui ou non? C'est simple.
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Couillard : Ah! technique
caquiste bien connue ici, M. le Président. Mais ce que je vais dire au chef, au
collègue, c'est que ce qui est inéquitable
et malheureux, c'est qu'il ait lui-même rentré le Québec dans l'équité externe
pour la rémunération médicale. C'est lui qui
a la responsabilité fondatrice, c'est lui qui a mis le ver dans la pomme, c'est
ça, après, qui nous a entraînés dans des négociations sur de nombreuses années
pour arriver à cet objectif.
Maintenant,
d'un autre côté, il dit : Il faut déchirer l'entente. Je l'entends
d'ailleurs, c'est clair, il ne veut pas que les bénéfices de l'entente soient visibles. Mais on fait quoi après que
l'entente est déchirée? Quand l'Ontario va annoncer un arbitrage qui va les remettre en avance de
plusieurs millions de dollars, on va faire quoi à ce moment-là? Lui, le
champion de l'équité externe, qu'est-ce qu'il a à dire là-dessus?
Le Président : S'il vous
plaît! M. le leader de l'opposition! M. le chef du deuxième groupe
d'opposition, en première complémentaire.
M. Legault :
Je mets le premier ministre au défi de trouver un endroit où j'ai appuyé la
possibilité que les médecins spécialistes
gagnent plus qu'en Ontario. Jamais je ne l'ai fait, jamais je ne le ferai.
C'est inéquitable, le ministre de l'Éducation le sait, le ministre de la
Santé le sait. Pourquoi le premier ministre ne comprend pas ça?
Le Président : M. le premier
ministre.
Couillard : Parce qu'il a
lui-même introduit cette mécanique qui nous amène là. Parce que, lorsque le
principe d'équité externe a été
introduit, M. le Président, en même temps, au cours des années qui ont suivi,
les autres provinces canadiennes ont
ralenti la progression de la rémunération médicale. Alors, on est arrivés à un
niveau à peu près comparable actuellement, mais on ne peut pas présumer
que ça va rester.
La vraie question, c'est l'avenir.
Nous, on n'a pas mis d'argent neuf pour les médecins, là, et on a dit qu'il n'y
aura pas un dollar de plus pour
l'équité sans étude fiable. La question, c'est l'avenir. Il a dit — et c'est une responsabilité qu'il devra porter maintenant — que lui, il déchirerait l'entente puis il va
en négocier une autre. Aïe! ça va bien aller. Ils vont être contents, les médecins spécialistes, quand ils
vont le voir arriver pour négocier une autre entente. Ça va être
extraordinaire, vu que c'est lui qui leur a donné le principe qui les
met dans...
Le Président :
En terminant.
Couillard : ...cette position actuelle.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : L'entente avec les médecins spécialistes n'est
toujours pas signée, elle doit être signée par le ministre de la Santé.
question au ministre de la Santé : Est-ce qu'il va faire passer les
intérêts des Québécois avant l'orgueil de son premier ministre?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, ce que je vais lui dire comme réponse — au nom de mon collègue également, qui a fait beaucoup pour les patients du Québec
depuis 2014 — c'est
que cette entente continue à faire beaucoup pour les patients du Québec.
Pourquoi? Pourquoi?
M. Couillard : Oui, j'entends. Demande ça aux patients. Demande ça aux
1,3 million de personnes qui ont trouvé un médecin de famille. Demande ça aux gens dont le temps d'attente pour
les chirurgies a diminué. Demande ça aux gens dans les urgences, dont le temps d'attente a diminué. Demande ça aux
contribuables, qui ont sauvé 300 millions de dollars pour les
médicaments grâce à la détermination du ministre de la Santé et des Services
sociaux.
Alors,
cette entente va arriver. Bien sûr, elle va être signée. Mais également il faut
qu'elle le soit parce que ça prend ça, en passant, pour que les gens de
La Pocatière, l'été prochain, aient des anesthésistes tout l'été et qu'ils
n'aient pas à souffrir de bris de service.
Le Président :
En terminant.
Couillard : Cette fois, c'est payé par les médecins, sous la
responsabilité des médecins.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. On a entendu beaucoup de critiques sur
l'entente avec les médecins spécialistes,
des hausses de 2 milliards de dollars qui s'ajoutent aux primes jaquette,
aux primes à la ponctualité. Ça, ça fait beaucoup de primes, mais il y en a une
autre beaucoup moins connue du public, mais qui est tout aussi choquante.
Depuis 2010, des médecins de famille reçoivent une prime de 60 000 $
par année pour superviser les infirmières praticiennes spécialisées qui
travaillent avec eux dans les cliniques. Ça, c'est un autre exemple de prime
injustifiée et négociée par le gouvernement libéral.
Comment
le ministre de la Santé peut-il défendre une prime de 60 000 $ par
année aux médecins de famille pour qu'ils acceptent de travailler avec
une superinfirmière?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Barrette : On reconnaît, encore
une fois, la tactique de notre collègue de Lévis qui est de véhiculer des informations d'une manière que je qualifierai
simplement d'imprécise. Alors, évidemment, on ne parle pas ici de prime,
puisque le montant qui est versé, M. le
Président, est versé pour faire en sorte que le groupe de médecins qui opère
une clinique puisse avoir le montant
remboursé qui provient des coûts afférents à l'installation d'une
professionnelle dans leurs locaux. Alors, ça veut
dire qu'évidemment le médecin doit prévoir des pieds carrés, de l'équipement, du
personnel qui va assister
l'infirmière. Et l'infirmière amène un coût, et le coût, il est compensé par ce
que le collègue de Lévis appelle une prime.
Maintenant,
dans le mode d'interdisciplinarité dans lequel nous oeuvrons aujourd'hui, il y a des infirmières qui, effectivement et heureusement,
travaillent en collaboration avec les médecins. Et je rappelle qu'avec ma
collègue la ministre de la Justice, la semaine dernière, on a fait une annonce extraordinaire qui vient élargir la portée des actes que les infirmières peuvent pratiquer. Ça, c'est
l'interdisciplinarité que l'on souhaite dans notre réseau. Cette
interdisciplinarité-là a un coût.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : Le coût, il est payé,
et c'est normal.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : M. le Président,
pour le ministre de la Santé, ce n'est pas des primes, c'est un montant nécessaire
pour jaser, pour échanger. M. le
Président, il y a 358 infirmières
praticiennes spécialisées en première ligne dans le réseau actuellement. 60 000 $ par infirmière, ça fait
21 millions en primes aux médecins juste pour 2017. Il va y en avoir
2 000 en 2025.
Est-ce que le gouvernement libéral va vraiment
verser en primes 120 millions par année aux médecins pour superviser des
infirmières?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : J'invite tout le monde qui nous écoute et ceux qui nous chroniquent de bien peser les mots de
notre collègue. Et on va prendre un
exemple très simple. Une infirmière reçoit en première intention un patient qui
a un malaise. L'infirmière qui fait
son questionnaire fait un examen, soupçonne la possibilité que ce patient-là
ait un cancer. Et, alors, là,
l'infirmière va aller poser une question, évidemment, discuter du cas avec son médecin partenaire. Le
collègue de Lévis vient de nous dire que ça, c'était jaser. Il se
peut que, dans le traitement du cancer, ça demande une expertise qui est celle
du médecin. Notre collègue appelle ça jaser.
Le Président : En terminant.
M. Barrette : Alors, ça, c'est le
parti qui veut prendre...
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. Paradis (Lévis) : Superviser des
infirmières praticiennes spécialisées qui sont formées pour agir de façon autonome, c'est ce que le ministre
nous raconte. Un gouvernement de la CAQ, M. le Président, va abolir
cette prime de 60 000 $ par
année et va revoir le mode de rémunération à l'acte des médecins de famille, qui est à
l'origine de ce scandale. Ce n'est
pas vrai que le gouvernement doit verser 120 millions par année aux
médecins pour superviser des infirmières praticiennes spécialisées parfaitement
compétentes.
Le ministre de la Santé va-t-il défendre ou
abolir cette prime-là?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
Barrette : Je suis content
parce qu'enfin, enfin, à la CAQ on commence à dire ce que l'on va faire en
santé. Et, ce matin, c'est la première annonce du désordre qu'on va induire
dans le réseau. On vient de dire, M.
le Président, qu'une infirmière ne
consultera pas, pour un cas complexe, un médecin. On vient de nous dire qu'à la CAQ le chef de l'opposition
officielle, qui a des grandes compétences en santé, on l'a bien dit il y a
quelques instants, va, lui, amener le réseau
dans un désordre. J'irais même jusqu'à dire que la CAQ nous dit ce matin
qu'elle va mettre de côté le principe de l'interdisciplinarité, et elle vient
de nous dire aujourd'hui que le médecin n'a pas de compétences suffisamment
précises...
Le Président : En terminant.
M. Barrette :
...pour être consulté. C'est quand même extraordinaire.
Le Président : Principale, M.
le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Les coupes du gouvernement libéral dans les centres jeunesse ont été
abondamment documentées. Elles ont
même été confirmées par les directeurs régionaux de la protection de la
jeunesse. Le fléau de l'exploitation sexuelle des jeunes mérite pourtant qu'on y mette davantage de moyens. Déjà, en
2013, on chiffrait à 2,6 millions de transactions en lien avec la prostitution commerciale au cours
d'une année. Après la diffusion de la série Fugueuse et des reportages
associés, beaucoup de nos concitoyens
prennent conscience de ce fléau. Après l'adoption du projet de loi n° 99,
la ministre doit maintenant passer de
la parole aux actes, et il est plus que temps de rétablir les budgets consacrés
à la protection de la jeunesse dans toutes les régions du Québec.
Est-ce que la
ministre va enfin corriger l'erreur monumentale de couper dans les centres
jeunesse et de rétablir dans le budget... pour la prévention et
s'assurer qu'on lutte contre l'exploitation sexuelle au Québec?
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Mme Charlebois :
Alors, merci, M. le Président. Effectivement, c'est une question préoccupante
qu'est l'exploitation sexuelle, et on l'a
nommée dans le projet de loi n° 99, qui a été adopté ici. Et ce n'est pas
pour rien qu'on l'a nommée, c'est
parce qu'on est tous préoccupés par ce phénomène-là. Pourquoi le député nous
pose une question sur l'administration?
C'est vrai qu'on a fait en sorte que le réseau de la santé et des services
sociaux, parce que c'est une partie... On
travaille ensemble, la santé et les services sociaux. Quand on a modernisé le
réseau, on a éliminé des paliers administratifs et, carrément, de la
paperasse.
M. le Président, ce qu'on est venu faire, ce
n'est pas couper des services, et il le sait très bien. Maintenant, la première ligne, ce qu'on appelle les services de
proximité, et la deuxième ligne, ce qu'on appelle les services spécialisés,
que sont les centres jeunesse, travaillent
ensemble, partagent de l'information, font en sorte que nos jeunes ont plus de
services qu'ils n'en avaient avant, et j'en
ai eu la preuve encore lundi lors de la rencontre avec les
présidents-directeurs généraux des nombreux centres intégrés de santé et
de services sociaux.
Ceci étant dit,
M. le Président, je pourrai, à la complémentaire, lui parler de ce que nous
avons fait, mon collègue de la Sécurité publique et moi...
Le Président : En terminant.
Mme Charlebois : ...à
la Réadaptation.
Le Président : Première
complémentaire, Mme la députée de Marie-Victorin.
Mme Fournier :
M. le Président, c'est difficile de croire que le gouvernement prend réellement
au sérieux l'enjeu de l'exploitation
sexuelle quand on considère qu'il y a un organisme comme la CLES, donc la Concertation pour la lutte contre l'exploitation sexuelle, qui regroupe 50
groupes membres et qui, pourtant, ne reçoit aucun financement gouvernemental récurrent, aucun.
Donc, ma question
est supersimple : Quand est-ce
que le gouvernement va réellement
prendre au sérieux l'enjeu et investir en prévention pour soutenir les
groupes qui, eux, oeuvrent sur le terrain?
Le Président : Mme la
ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : Alors, M.
le Président, non seulement on a pris
cette question-là au sérieux, mais on s'y est attaqués
dès le départ parce qu'avec mon collègue, comme je le disais, nous avons
annoncé le programme Prévention jeunesse,
qui met en communication les services de sécurité publique — la police, bref — avec la Protection de la jeunesse, parce qu'il faut qu'ils se parlent, il y avait des
informations qui devaient être partagées. Il y a même un intervenant qui
coordonne les activités et des centres jeunesse et des services de police pour
faire en sorte que nos jeunes qui quittent les
centres jeunesse soient en sécurité et qu'on puisse facilement détecter ce qui
se passe dans la rue. Alors, M. le Président, c'est faux que d'affirmer
qu'on n'est pas préoccupés par la situation, et on a mis déjà des gestes en...
Le Président : Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Marie-Victorin.
Fournier : M. le Président, ce sont les paroles, les gestes qui
comptent, et visiblement, là, moi, j'ai l'impression qu'on se répète. Je l'ai mentionné souvent, mes
collègues également de l'opposition officielle, mais il y a un problème de sous-financement chronique des organismes. Il
faut que le gouvernement puisse reconnaître leur mission parce qu'ils oeuvrent directement pour offrir du service, pour
soutenir, justement, les femmes qui subissent l'exploitation sexuelle.
Alors, est-ce que le
gouvernement s'engage à leur offrir un financement important, un financement
récurrent à la mission?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Réadaptation.
Charlebois : M. le Président, pour poursuivre, pour dire
tout ce qu'on fait pour contrer l'exploitation sexuelle, il y a même une escouade mixte pour lutter contre
l'exploitation sexuelle. Vous étiez au forum, vous vous souvenez de tout ce qui a été annoncé au forum. On a annoncé
plusieurs millions de dollars qui vont aider, justement, plusieurs organismes
communautaires. Et, juste pour vous
rappeler, pour la petite histoire, dans les organismes communautaires, hein, il
y a 1,2 milliard qui est investi
par l'ensemble du gouvernement, en santé et services sociaux,
570 millions. On a ajouté — prévisibilité — 80 millions
sur cinq ans. Il y a eu déjà 10 millions cette année qui ont été
investis...
Le Président :
En terminant.
Charlebois :
...dans les organismes communautaires. Alors, M. le Président, ce n'est pas
comme on ne fait...
Le Président :
Principale, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. La semaine dernière, on apprenait qu'une entente avec les médecins spécialistes allait priver notre réseau
de la santé de 500 millions de dollars. Depuis, le Québec est indigné.
Cette entente-là, elle ne passe pas dans la population.
Sauf qu'hier on apprenait que c'est un ancien premier ministre du Québec, Lucien
Bouchard, qui a négocié cette entente-là. Bref, on a un ancien premier ministre qui a utilisé sa notoriété et son pouvoir d'influence pour défendre un groupe particulier
contre les pouvoirs publics, contre, en fait, le bien commun. J'aimerais
avoir l'opinion personnelle du premier ministre sur cette situation.
Qu'est-ce qu'il pense
de la situation actuelle? Est-ce qu'il partage le malaise de beaucoup de
Québécois et de Québécoises? Est-ce qu'il
trouve normal, bref, qu'une personne ayant occupé la plus haute fonction de
l'État québécois ait marchandé ce
rôle honorable pour faire valoir les intérêts d'un des groupes les plus
favorisés de la société québécoise?
Le Président :
S'il vous plaît! S'il vous plaît! M. le premier ministre.
Couillard : Oui, au co-chef d'un parti solidaire, je suis heureux
de...
Président : S'il vous plaît! S'il vous plaît! Je ne veux
entendre qu'une personne. J'ai une bonne idée de ce que vous allez me
dire, ça ne réglera rien à notre situation. M. le premier ministre, je vous
entends.
M. Couillard : ...que je réponds à qui je veux quand je veux. Sinon, ce sont les
ministres qui répondent. C'est comme ça que ça marche dans ce Parlement.
Maintenant,
pour revenir à la question du collègue, parce que c'est important de le
répéter, en fait, l'entente a l'effet inverse
de ce qu'il dit. L'entente permet de libérer des fonds pour le réseau de la
santé en plafonnant le pourcentage que représente
la rémunération médicale dans le budget de la santé et des services sociaux, et
c'est ce qui nous permet d'avancer plus vite, notamment dans le dossier
des infirmières. Alors, c'est totalement le contraire de ce qu'il affirme.
Quant à M. Bouchard, il exerce des activités professionnelles légitimes, il n'y
a rien d'autre à dire là-dessus.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : Très décevant comme réponse, M. le Président, et je
pense que je comprends pourquoi. En 2008, le
premier ministre a lui-même quitté le service public pour le secteur privé, et
on sait maintenant qu'il a négocié ses
conditions de travail avec PCP, une entreprise propriétaire de cliniques
médicales privées, alors qu'il était toujours ministre de la Santé.
Est-ce
qu'aujourd'hui le premier ministre regrette d'avoir utilisé sa charge publique
de l'époque pour favoriser ses intérêts personnels?
Le Président :
S'il vous plaît! M. le premier ministre.
M. Couillard : Je ne répondrai même pas à cette indignité. Mais je vais dire plutôt,
M. le Président, que le collègue devrait mieux lire les ententes,
s'informer davantage sur le fonctionnement de la santé et des services sociaux
et constater que non seulement on développe
de nouveaux services, mais que, contrairement à ce qu'il dit — il n'a donc pas dit un reflet exact de la vérité ici, dans cette Chambre — l'entente permet de libérer des fonds pour
les services aux patients.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Gouin.
Nadeau-Dubois : M. le Président, tout le monde sait que les règles
éthiques ont été changées suite à l'événement que je viens d'évoquer. Il devait quand même y avoir un problème quelque
part. Ce n'est pourtant pas compliqué, quand on quitte la politique, on a un devoir moral de continuer à défendre le
bien commun. On a, bien sûr, le droit de gagner sa vie, mais pas au
détriment de l'intérêt public.
Est-ce
que le premier ministre peut nous indiquer quels sont les critères éthiques
qu'il va utiliser lorsque son mandat va se terminer?
Président : S'il vous plaît! Est-ce que vous voudriez écouter le premier ministre? M. le premier ministre.
M. Couillard : M. le Président, comme j'ai l'intention d'accomplir encore de
nombreux mandats, la question
pourra se déplacer dans l'avenir.
Le Président :
Principale, M. le député de Johnson.
Lamontagne : Oui. M. le Président, il y a deux semaines, j'ai
questionné la ministre de l'Économie à propos de l'abandon d'un projet lié à l'industrie de la voiture électrique avec
Peugeot Citroën, le Québec y perdant 14 millions au change. La ministre m'avait répondu qu'il avait
été décidé de ne pas aller de l'avant suite à l'étude de faisabilité. Le jour
même, le premier ministre a affirmé que le
projet n'était pas commercialement viable et que les partenaires avaient décidé
d'interrompre le projet.
Mais
ce qu'on apprend aujourd'hui, M. le Président, c'est que ce ne seraient pas les
partenaires qui auraient décidé de mettre fin au projet, mais c'est le
gouvernement du Québec, à la grande surprise de ses partenaires. Ce qu'on peut comprendre maintenant, c'est que les partenaires,
eux, étaient prêts à aller de l'avant avec le projet, qu'ils considéraient
viable. Ils auraient même envisagé plusieurs sites pour construire une usine au
Québec.
M. le Président, il
est troublant de constater ce matin que les versions du premier ministre et de
la ministre de l'Économie divergent complètement de celle du constructeur
français.
Ma question :
Qui croire?
Le Président :
Mme la ministre responsable de l'Économie.
Mme Anglade : Merci. Merci, M. le
Président. Alors, il va me faire plaisir de répondre à la question de mon collègue de Johnson. Dans le cas qui nous occupe,
le projet qui avait été présenté était un projet en étude de faisabilité.
Nous avons donc, avec l'entreprise Peugeot, constitué une entreprise qui
s'appelle Arion et de faire en sorte que cette entreprise-là puisse évaluer la qualité de ce projet pour l'avenir.
Étude de faisabilité, M. le Président, signifie donc que nous devons
voir si le projet, à terme, est viable ou non.
Au terme des
différentes études qui ont été menées par ce groupe, Arion, le conseil
d'administration d'Arion, qui implique, à l'intérieur de ce conseil
d'administration, Investissement Québec, Peugeot, Hydro-Québec, notamment, a
décidé de ne pas aller de l'avant avec le projet, M. le Président. Et la raison
est fort simple, il aurait fallu qu'il y ait beaucoup
de deniers publics pour soutenir ce projet, en plus d'avoir des risques
importants. Et c'est la raison pour laquelle, pour le bien des contribuables, pour le bien de la société de manière
plus large, nous avons décidé de ne pas poursuivre le projet. Merci, M.
le Président.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Johnson.
M. Lamontagne : J'entends bien la
ministre, M. le Président, mais ce qu'on comprend de ce qu'on a appris aujourd'hui, c'est que les partenaires ne semblent
pas être d'accord avec l'affirmation que la ministre fait en cette Chambre.
Eux voulaient aller de l'avant avec le
projet, de ce qu'on comprend, et la ministre dit que ce n'était pas le cas.
Alors, il semble y avoir une confusion, puis la confusion, en affaires,
ce n'est jamais une bonne idée.
Alors, est-ce que la ministre, pour nous
rassurer, pourrait déposer dans cette Chambre l'étude réalisée par Investissement Québec et le gouvernement qui les a
conduits à se retirer du projet, à la grande surprise de ses partenaires?
Le Président : Mme la
ministre responsable de l'Économie.
Anglade : Je pense
vous assurer d'une chose, c'est qu'il
n'y avait pas de surprise pour les
partenaires. Et, dans une discussion
et dans une négociation avec des partenaires, il faut
savoir qui prend les risques et qui met quoi. Il était évident que, pour le gouvernement du Québec, mettre des deniers publics de manière aussi importante avec des risques
que comprenait cette entreprise-là, on a pensé que ce n'était pas
l'alternative.
Mais
j'aimerais encore rappeler au député de Johnson que la décision a été prise en
conseil d'administration, où siégeaient à la fois Investissement Québec
et à la fois Peugeot. Il n'y a eu aucune surprise, M. le Président. Merci.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Johnson.
Lamontagne : M. le Président, on apprend aussi que le constructeur français aurait fait parvenir au
cours des derniers jours au gouvernement du Québec une note lui demandant une rétractation à la
suite de la sortie publique selon laquelle Peugeot Citroën était directement
le responsable de l'échec du projet.
La ministre a-t-elle pris connaissance de cette
note? Et que répond-elle à son ancien partenaire?
Le Président : Mme la
ministre responsable de l'Économie.
Anglade : Je n'ai pas reçu de lettre qui demandait une rétractation de
la part du gouvernement, premièrement. Et,
deuxièmement, ce que je répondrais, c'est que, dans tous les investissements
que nous faisons, nous nous assurons de
l'intérêt collectif. Pour chaque dollar que le Fonds de développement
économique a décidé d'investir depuis
2014, c'est un retour de 19 $ en retombées fiscales pour le gouvernement
du Québec. Alors, je pense que les choix qui sont faits par le
gouvernement du Québec sont des choix judicieux, et nous allons poursuivre dans
cette direction.
Le Président : Principale, M.
le chef de l'opposition.
Lisée : Cette entente par laquelle le gouvernement du Québec
concède 2 milliards de dollars à 10 000 spécialistes au cours des 10 prochaines années a été
ratifiée pas par les 10 000 spécialistes, mais par 133 d'entre eux.
Alors, le premier ministre est un
médecin spécialiste, son ministre de la Santé aussi. On a entendu toute la
semaine des médecins spécialistes dire dans les journaux : Moi, je ne la veux
pas, cette entente-là. Moi, je veux voter contre cette entente-là. Moi, je ne veux pas avoir cet argent-là.
Qu'est-ce que le premier ministre pense d'une démocratie au sein de la fédération
médicale, dont il a été membre et que le ministre de la Santé a dirigée,
qui ne consulte pas ses 10 000 membres, mais laisse la décision à
seulement 133 d'entre eux? Il ne trouve pas
qu'il y a un problème là avec 2 milliards de dollars en jeu et le non de
médecins spécialistes qui sont en train de dire que cette entente-là ne
devrait pas exister?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Je suis très surpris, d'autant plus que ce parti a été au gouvernement, il n'y a pas très longtemps,
et qu'ils se sont très fortement accommodés
de la gouvernance de la Fédération
des médecins spécialistes. Je n'ai jamais entendu le Parti québécois parler des
affaires internes des fédérations médicales. Mais ce que je veux surtout dire,
c'est que le fait que je sois issu de
la profession médicale, comme mon collègue, n'a absolument rien à voir avec ce
qui a été fait, au contraire. Je vous
mets au défi de trouver un gouvernement qui a été aussi agressif envers la
profession médicale qu'on l'a été depuis 2014.
Le Président :
S'il vous plaît!
M. Couillard : On a été l'objet d'invectives, d'insultes, de reproches de la part des
médecins tout le long du mandat. Et de dire que, de quelque façon que ce
soit, on favorise autre personne que les patients, c'est tout simplement faux, M.
le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Donc, le premier ministre, qui était membre de cette fédération, ne croit pas
que les 9 850 autres médecins spécialistes
qui n'ont pas eu voix au
chapitre sur cette entente devraient être consultés.
C'est ce que je comprends. Lui, il
pense que, sur un enjeu de 2 milliards, alors qu'il y a plein de...
Amir... M. le député de Mercier, M. Carmant, je pense, le médecin
spécialiste de la CAQ aussi, est mécontent. Lui, il pense que c'est correct, il
est content de cette façon de prendre des...
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, ici, si je compte bien, on est 125 pour
représenter 8 millions de personnes, plus de 8 millions de
personnes, et prendre des décisions sur des dizaines de milliards de dollars.
Franchement, c'est l'essence même de la démocratie représentative.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M. Lisée :
Bon, écoutez, on prend bonne note que le premier ministre trouve que tous ces
médecins spécialistes qui ont le courage d'aller dans les médias ces
jours-ci pour dire qu'ils ne sont pas d'accord, ils ne devraient pas être
consultés, ils ne devraient pas avoir voix au chapitre. On prend bonne note de
Maintenant,
est-ce qu'il va déposer l'autre entente de 1 milliard de dollars avec les
omnipraticiens? Il avait promis de la déposer, on ne l'a toujours pas.
Pourquoi il la cache?
Président : M. le chef de l'opposition, je vais vous demander
de retirer vos derniers propos. Retirez le dernier propos.
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Couillard : Alors, M. le Président, les deux ententes, bien
sûr, seront sur le site incessamment, là, le collègue du trésor en donnera les précisions. Mais je
trouve ça assez incroyable que, soudainement, le Parti québécois s'intéresse
à la gouvernance
interne des fédérations médicales. Je n'ai jamais entendu ça avant, là. C'est
un nouveau combat pour eux. Alors, il
va falloir qu'ils soient conséquents. On approche de la période où on dépose
des engagements, alors il faut, logiquement,
que le chef de l'opposition officielle prenne l'engagement de modifier la
gouvernance de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.
Le Président :
Principale, M. le député de Blainville.
M. Laframboise :
M. le Président, fidèle à son habitude, le premier ministre a annoncé en grande
pompe, le 24 mars 2017, le parachèvement de
l'autoroute 19, et, depuis, rien. Son ancien ministre des Transports s'est même avancé à la date du 30 juin 2017 comme limite souhaitable pour le projet.
Pourtant, le projet n'a pas bougé depuis un an. C'est la gestion libérale des infrastructures qui parle encore. On commence à comprendre la stratégie
libérale, M. le Président, on
annonce, on renonce et on réannonce. Les citoyens, les acteurs économiques et
les maires de la région réclament qu'on commence les travaux de
l'autoroute 19 rapidement.
Est-ce
que le nouveau ministre des Transports s'engage à respecter la promesse de son premier ministre? Va-t-il inscrire le
parachèvement de l'autoroute 19 au prochain PQI dans le volet Planification afin de débuter les travaux le
plus rapidement possible?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Fortin
(Pontiac) : Merci, M. le Président. D'abord, vous me permettrez de dire qu'à deux reprises déjà
j'ai rencontré le maire de Laval sur la question de l'autoroute 19,
mais sur la question de l'ensemble du transport sur l'île de Laval et aux abords de l'île de Laval et pour
parler également du transport en commun, qui est un thème qui est
souvent oublié par la Coalition avenir Québec, dans la région de Laval.
Maintenant,
pour la question spécifique du député, à savoir si le projet de
l'autoroute 19 sera au Plan
québécois des infrastructures et si les travaux pourront commencer bientôt, M. le Président, suite à des discussions avec l'ensemble de mes collègues de Laval et la collègue de Crémazie
également, il n'y
a aucun doute que ce projet-là sera, effectivement, inscrit au Plan québécois des
infrastructures et que les travaux
pourront y commencer très bientôt. M.
le Président, la réponse toute
simple à la question du député, c'est oui.
Le Président :
Cela met fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet) : Et nous en sommes à la rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction de nos règles et de l'ordre de
présentation, je cède la parole à M. le député de René-Lévesque.
M. Ouellet : Merci, M. le Président. M. le
Président, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques et le député de Gaspé, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle que tout parti politique sérieux qui prétend vouloir gérer de façon responsable les
impôts des contribuables doit connaître le coût et les échéanciers d'un projet d'investissement avant d'aller de l'avant;
«Qu'elle reconnaisse
que de s'engager "coûte que coûte" à construire un troisième lien
entre Québec et Lévis est la recette parfaite pour que ce projet tourne au
fiasco financier;
«Qu'elle demande aux partis politiques du Québec
d'attendre les conclusions de l'étude d'opportunité avant de s'engager à
réaliser ce projet.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, y a-t-il consentement pour débattre de cette motion, M. le leader? Il n'y a pas de consentement. Je cède
maintenant la parole à M. le député de La Peltrie pour une autre motion
sans préavis. M. le député.
Caire : Merci, M. le Président. Je demande le consentement pour déposer la
motion suivante conjointement
avec le député de Groulx :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte [des] nombreux
rapports et études complètes qui démontrent la faisabilité et la
pertinence d'un projet de troisième lien entre Québec et Lévis;
«Qu'elle reconnaisse
le caractère essentiel que représente une infrastructure comme le troisième
lien pour les activités économiques des régions de Québec et de
Chaudière-Appalaches;
«Qu'elle reconnaisse
que le projet de troisième lien aura des retombées positives et bénéficiera à
toute la communauté métropolitaine de Québec.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, y a-t-il consentement
pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de consentement. Autre motion sans
préavis. M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Lessard : Oui, M. le Président. Je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Berthier, le député de Gouin,
la députée de Mirabel, le député de Groulx et la députée de
Vachon :
«Considérant que
l'industrie des pêches et de l'aquaculture occupe une place importante dans
l'économie des régions maritimes du Québec;
«Considérant que
l'industrie des pêches et de l'aquaculture doit s'adapter à un environnement
changeant afin d'assurer son développement et sa viabilité économique;
«Considérant que nos
pêcheurs oeuvrent dans les mêmes eaux que les Provinces maritimes;
«Considérant
que les associations du Québec appuient la démarche de notre gouvernement et
qu'ils l'ont réitéré par voie de communiqué le 5 février dernier;
«Considérant que par
souci d'équité pour les pêcheurs québécois le gouvernement fédéral doit
intervenir;
«Considérant
que dans le cadre d'une rencontre bilatérale en juin dernier le ministre
fédéral s'est engagé à soutenir le Québec;
«Il est proposé que
l'Assemblée nationale réitère au gouvernement fédéral :
«L'urgence
de mettre en oeuvre le fonds de développement Canada-Québec pour l'industrie
des pêches, à l'image du fonds mis en place pour les provinces de
l'Atlantique;
«L'obligation
d'appuyer le développement de l'industrie du Québec par la mise en oeuvre
d'initiatives créatrices de richesses au sein de l'industrie et pour les
communautés côtières du Québec.» Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le ministre de
l'Agriculture. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Nous proposons de l'adopter sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, M. le leader de l'opposition
officielle.
Bérubé :
Nous proposons, quant à nous, un vote par appel nominal.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, qu'on appelle les députés.
(11 h 2 — 11
h 5) •
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, je mets aux voix la motion présentée par M. le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation conjointement
avec le député de Berthier, le député de Gouin, la députée de Mirabel,
le député de Groulx et la députée de Vachon.
La motion se lit
comme suit :
«Considérant que
l'industrie des pêches et de l'aquaculture occupe une place importante dans
l'économie des régions maritimes du Québec;
«Considérant
que l'industrie des pêches et de l'aquaculture doit s'adapter face à un
environnement changeant afin d'assurer son développement et sa viabilité
économique;
«Considérant que nos
pêcheurs oeuvrent dans les mêmes eaux que les Provinces maritimes;
«Considérant
que les associations du Québec appuient la démarche de notre gouvernement et
qu'ils l'ont réitéré par voie de communiqué le 5 février dernier;
«Considérant que par
souci d'équité pour les pêcheurs québécois le gouvernement fédéral doit
intervenir;
«Considérant
que dans le cadre d'une rencontre bilatérale en juin dernier le ministre
fédéral s'est engagé à soutenir le Québec;
«Il est proposé que
l'Assemblée nationale réitère au gouvernement fédéral :
«L'urgence
de mettre en oeuvre le fonds de développement Canada-Québec pour l'industrie
des pêches, à l'image du fonds mis en place pour les provinces de
l'Atlantique;
«L'obligation
d'appuyer le développement de l'industrie du Québec par la mise en oeuvre
d'initiatives créatrices de richesses au sein de l'industrie et pour les
communautés côtières du Québec.»
Alors, que les députés
en faveur de cette motion veulent bien se lever.
Le Secrétaire adjoint : M. Couillard (Roberval), M. Fournier
(Saint-Laurent), Mme Anglade (Saint-Henri—Sainte-Anne),
M. Billette (Huntingdon), Mme Thériault (Anjou—Louis-Riel),
Mme St-Pierre (Acadie), M. Leitão (Robert-Baldwin),
M. Arcand (Mont-Royal), M. Coiteux (Nelligan), Mme David
(Outremont), M. Proulx (Jean-Talon), M. D'Amour (Rivière-du-Loup—Témiscouata), Mme Nichols (Vaudreuil),
M. Kelley (Jacques-Cartier), Mme Vallée (Gatineau), Mme Charlebois (Soulanges),
M. Barrette (La Pinière), Mme Weil (Notre-Dame-de-Grâce),
M. Blanchette (Rouyn-Noranda—Témiscamingue), M. Lessard
(Lotbinière-Frontenac), M. Moreau (Châteauguay), M. Heurtel (Viau),
Mme Vien (Bellechasse), Mme Ménard (Laporte), M. Fortin
(Pontiac), Mme Tremblay (Chauveau), M. Reid (Orford), M. Morin (Côte-du-Sud), M. Bernier (Montmorency),
M. Ouellette (Chomedey), Mme Montpetit (Crémazie), Mme Boulet (Laviolette), Mme Rotiroti
(Jeanne-Mance—Viger),
M. Tanguay (LaFontaine), Mme Melançon (Verdun), M. Blais
(Charlesbourg), Mme Charbonneau (Mille-Îles), M. Carrière (Chapleau),
M. Drolet (Jean-Lesage), Mme de Santis
(Bourassa-Sauvé), M. Iracà (Papineau), M. Bolduc (Mégantic),
M. Simard (Dubuc), M. Matte (Portneuf), M. Chevarie (Îles-de-la-Madeleine), M. Girard
(Trois-Rivières), M. Huot (Vanier-Les Rivières), M. Rousselle (Vimont),
Mme Vallières (Richmond), M. Auger (Champlain), M. Birnbaum
(D'Arcy-McGee), M. Boucher (Ungava), M. Bourgeois
(Abitibi-Est), M. Giguère (Saint-Maurice), M. Habel (Sainte-Rose),
M. Hardy (Saint-François), M. Merlini (La Prairie),
M. Plante (Maskinongé), M. Polo (Laval-des-Rapides), M. St-Denis
(Argenteuil), Mme Simard (Charlevoix—Côte-de-Beaupré), M. Busque
(Beauce-Sud), Mme Sauvé (Fabre).
M. Lisée
(Rosemont), M. Bérubé (Matane-Matapédia), Mme Hivon (Joliette),
M. Marceau (Rousseau), Mme Léger (Pointe-aux-Trembles), M. LeBel
(Rimouski), Mme Maltais (Taschereau), Mme Lamarre (Taillon), M. Leclair (Beauharnois), Mme Poirier
(Hochelaga-Maisonneuve), M. Gaudreault (Jonquière), M. Therrien
(Sanguinet), M. Rochon
(Richelieu), M. Pagé (Labelle), M. Cousineau (Bertrand),
M. Bourcier (Saint-Jérôme), Mme Jean (Chicoutimi),
M. Ouellet (René-Lévesque), M. Villeneuve (Berthier),
Mme Fournier (Marie-Victorin), M. Traversy (Terrebonne),
M. Kotto (Bourget), M. Turcotte (Saint-Jean), M. Roy
(Bonaventure).
M. Legault
(L'Assomption), M. Bonnardel (Granby), M. Caire (La Peltrie),
M. Jolin-Barrette (Borduas), M. Picard (Chutes-de-la-Chaudière),
M. Charette (Deux-Montagnes), M. Martel (Nicolet-Bécancour),
Mme Roy (Montarville), Mme Samson (Iberville), M. Roberge
(Chambly), M. Laframboise (Blainville), M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs), M. Lefebvre (Arthabaska),
M. Lemay (Masson), Mme Lavallée (Repentigny), M. Lamontagne
(Johnson), Mme D'Amours (Mirabel),
Mme Soucy (Saint-Hyacinthe), M. Paradis (Lévis), M. Spénard
(Beauce-Nord).
Mme Massé (Sainte-Marie—Saint-Jacques), M. Nadeau-Dubois (Gouin),
M. Khadir (Mercier), M. Surprenant (Groulx), Mme Ouellet
(Vachon).
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Que les députés contre cette motion veuillent bien se lever. Y a-t-il des
abstentions? Sinon, M. le secrétaire général, pour le résultat de ce
vote.
Secrétaire : Pour : 112
Contre :
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : En conséquence, la motion, elle est adoptée.
Nous sommes toujours
aux motions sans préavis. Oui, M. le leader de l'opposition officielle.
Bérubé : M. le Président, nous proposons d'envoyer le
résultat de cette motion au premier ministre du Canada, qui pourra en
prendre connaissance lors de son retour.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, si telle est la volonté des parlementaires, ça sera
fait. M. le député de Gouin,
pour une autre motion sans préavis.
Nadeau-Dubois : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de l'Assemblée pour débattre de la motion suivante conjointement avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée de Vachon et le député de
Gaspé :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse l'inconfort de plusieurs [enseignants
et enseignantes] qui devront dispenser les cours d'éducation à la
sexualité à l'automne sans être suffisamment outillés pour le faire;
«Qu'elle
demande au ministre de l'Éducation de s'engager à ce que les cours
d'éducation à la sexualité soient dispensés par des spécialistes de la
question;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle au gouvernement que plusieurs groupes communautaires ont l'expertise en
matière d'éducation à la sexualité auprès des enfants...»
Vice-Président (M. Ouimet) : Juste un instant, M. le député.
C'est vraiment bruyant. J'ai beaucoup de
difficultés à entendre la lecture de votre motion sans préavis. Alors, je
demanderais aux collègues d'écouter le député de Gouin. Et, si vous voulez bien peut-être reprendre les derniers
extraits ou la reprendre au complet, je vous cède la parole.
Nadeau-Dubois : ...reprendre au complet, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien.
M. Nadeau-Dubois : Alors, je demande
le consentement de l'Assemblée pour débattre de la motion suivante
conjointement avec la députée d'Hochelaga-Maisonneuve, la députée de Vachon et
le député de Gaspé :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse l'inconfort de plusieurs [enseignants et
enseignantes] qui devront dispenser les cours d'éducation à la sexualité
[...] sans être suffisamment outillés pour le faire;
«Qu'elle
demande au ministre de l'Éducation de s'engager à ce que les cours d'éducation
à la sexualité soient dispensés par des spécialistes de la question;
«Que
l'Assemblée nationale rappelle au gouvernement que plusieurs groupes
communautaires ont l'expertise en [matière
d'éducation] à la sexualité auprès des enfants et qu'ils n'attendent qu'un
signal du gouvernement afin de la mettre au service des écoles.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci à vous, M. le député de Gouin. Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion? Il n'y a pas de
consentement.
Y a-t-il d'autres motions sans préavis? Il n'y a
pas d'autre motion sans préavis.
Nous allons passer aux avis touchant les travaux
des commissions. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay : Oui. Merci
beaucoup, M. le Président.
Alors,
j'avise cette Assemblée que la Commission
des finances publiques poursuivra
l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 141, Loi visant
principalement à améliorer l'encadrement du secteur financier, la protection
des dépôts d'argent et le régime de
fonctionnement des institutions financières, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures, à la salle 1.38;
La Commission
de la culture et de l'éducation poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 166, Loi portant réforme du système de taxation
scolaire, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à
la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission
des transports et de l'environnement entreprendra l'étude détaillée à l'égard
du projet de loi n° 165, Loi modifiant le Code de la sécurité
routière et d'autres dispositions, aujourd'hui, de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de l'aménagement du territoire
poursuivra l'étude détaillée à l'égard du projet de loi n° 155, Loi modifiant diverses dispositions législatives
concernant le domaine municipal et la Société d'habitation du Québec, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 h 30 à 18 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission
de la santé et des services sociaux poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 157, Loi constituant
la Société québécoise du cannabis, édictant la Loi encadrant le cannabis et
modifiant diverses dispositions en
matière de sécurité routière, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 heures, à la salle du Conseil législatif.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci à vous, M. le leader adjoint du gouvernement.
À la rubrique
Renseignements des travaux de l'Assemblée, Mme la whip adjointe... Mme la leader
parlementaire adjointe de l'opposition officielle. Désolé pour ce petit
blanc de mémoire.
Poirier : ...M. le Président, c'est le
titre que nous préférons
le plus dans cette Assemblée. Alors, permettez-moi, M. le Président, de revenir à la charge afin de
connaître l'échéancier du gouvernement concernant le projet de loi n° 234,
Loi modifiant la Charte de l'Université de
Montréal, parrainé par mon collègue le leader adjoint du gouvernement, le
député de LaFontaine.
Alors, hier,
le député de LaFontaine, leader adjoint du gouvernement, ne nous a pas indiqué
d'échéancier en tant que tel. Alors,
j'aimerais aujourd'hui savoir s'il est capable de nous donner un échéancier
d'un projet de loi qu'il parraine lui-même.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Tanguay :
Oui. Merci beaucoup, M. le Président. Alors, même réponse qu'hier : elle
sera informée, le cas échéant. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Toujours Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve et leader adjointe de l'opposition officielle.
Terminé?
Il n'y a pas
d'autres renseignements au niveau des travaux de l'Assemblée. La période des
affaires courantes étant terminée, M. le leader adjoint du gouvernement,
pour les affaires du jour.
M. Tanguay : Oui. Merci, M.
le Président. Je vous prierais d'appeler l'article 12, s'il vous plaît.
Vice-Président (M. Ouimet) : À l'article 12 du feuilleton, Mme la ministre
responsable du Travail propose l'adoption du principe du projet de loi
n° 152, Loi modifiant diverses dispositions législatives concernant le
domaine du travail afin principalement de donner suite à certaines
recommandations de la Commission Charbonneau. Alors, Mme la ministre du Travail,
je vous cède la parole.
Mme Vien : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, bon matin à chacun et à chacune. Effectivement, on est réunis
ce matin pour l'adoption du principe de la Loi modifiant diverses dispositions législatives
concernant le domaine du travail afin principalement de donner suite à
certaines recommandations de la Commission Charbonneau, M. le Président.
Alors, de
quoi il s'agit? Évidemment, il s'agit de six recommandations qui figurent à
l'intérieur du rapport de la commissaire Charbonneau, qui, elle-même, avait émis une
soixantaine de recommandations, dont six touchaient le ministère du
Travail. Je dois dire que déjà, M. le Président, donc, deux recommandations ont déjà eu un suivi, donc ne
figurent pas à l'intérieur du projet de loi que nous avons eu le plaisir
de déposer. Alors, toute la question concernant l'expertise interne du donneur d'ouvrage public en
construction, alors ça, c'est quelque
chose qui est passablement réglé, également la
demande de colliger des informations relatives à la collusion ou encore à
l'intimidation. Bien, déjà, nous, au ministère, nous faisons
rapport, et, à l'intérieur de ce rapport-là, évidemment ces informations
sont déjà colligées. Alors, quel était le leitmotiv, ou le mandat, de la commission Charbonneau, M. le Président? Cette commission-là s'est intéressée, rappelons-le, à la collusion mais aussi à la corruption dans
l'octroi et la gestion des contrats publics et l'infiltration du crime organisé
dans l'industrie de la construction. Alors,
vous comprendrez qu'à cet égard il puisse y avoir eu différentes
recommandations qui ont été émises
par la juge Charbonneau et qui concernaient, au demeurant, et de façon très
spécifique, le ministère que
je dirige.
Alors donc,
nous avons déposé ce projet de loi
n° 152. Nous avons également tenu des consultations particulières, M. le Président. C'étaient les 6 et 7 février
derniers. C'est tout récent. Les collègues des oppositions officielles étaient
avec nous. Il y a 14 groupes que nous avons
rencontrés, et, bien sûr, l'ensemble de ces groupes, y compris la Commission de
la construction du Québec, y est allé de leurs commentaires ou de leurs
recommandations suite à la lecture de l'analyse du projet de loi qui est
devant nous aujourd'hui.
Alors, essentiellement, je pense que ce n'est
pas anodin et banal de prendre quelques secondes pour rappeler exactement de
quoi il en retournait, de ces quatre recommandations qui touchaient le
ministère du Travail.
Alors, on
demande d'obliger les donneurs d'ouvrage publics à rapporter à la Commission de
la construction du Québec les
situations de violence et d'intimidation sur leurs chantiers. De façon
systématique, on leur demande de bien vouloir transmettre cette
information-là. Pourquoi? Bien sûr, ça se comprend très bien, on veut
effectivement que nos chantiers soient
exempts de violence, exempts d'intimidation. Alors, on souhaite effectivement
bien connaître l'état des lieux, bien connaître ce qui se passe sur le
territoire, les chantiers pour bien cibler, être capables d'intervenir de façon
optimale. On demande également qu'une
personne qui intimide ou encore cause un geste susceptible de ralentir un
chantier ou d'entraver les services de référence ne puisse plus diriger
ou représenter une association patronale ou syndicale. Évidemment, ici, ce qu'on vient dire, c'est que, tout geste qui pourrait
être susceptible de causer un préjudice à un chantier notamment, bien, déjà là, on puisse intervenir. On
comprend que le fardeau de la preuve, à ce moment-là, est différent, on n'a plus à prouver l'intention. Nous augmentons
également le délai de prescription en matière civile et nous limitons à six ans les mandats de représentation sur les
conseils d'administration de la CCQ et de la Commission des normes, de l'équité salariale, de la santé et sécurité au
travail. Et nous venons interdire le cumul de mandats à la Commission de la
construction du Québec et à la CNESST si, effectivement, nous sommes un
dirigeant.
Bien entendu,
nous en avons profité également pour apporter un certain nombre de mesures qui
ne touchaient pas spécifiquement aux
recommandations de Charbonneau mais qui nous semblaient être une occasion bien
choisie pour amener un certain nombre
d'éléments nouveaux et qui étaient, bien sûr, vous l'aurez compris, en ligne
droite avec la philosophie mais aussi le principe du projet de loi, tout
ce qui a trait, par exemple, au renforcement des pouvoirs d'enquête de la Commission de la construction du Québec, la
protection des lanceurs d'alerte. Hein, on en parle beaucoup, on en parle
de plus en plus, de ces gens, donc, qui
osent bien sûr transmettre une information qui pourrait être utile. Mais, en
même temps, a contrario, M. le
Président, ce qu'on vient faire aussi, c'est que, les personnes qui seraient
tentées de faire de fausses alertes,
si je peux dire ça comme ça, il puisse y aussi avoir la conséquence de leurs
gestes, là. Alors, on ne peut pas dire n'importe
quoi, il faut être bien sûr de ce que l'on avance et donc de punir les
dénonciations qui pourraient être futiles.
Je ne veux
pas m'avancer beaucoup aujourd'hui sur les suites que nous donnerons aux
commentaires que nous avons entendus.
Nous avons entendu beaucoup de choses. Nous avons entendu beaucoup de
commentaires, beaucoup d'interrogations
notamment sur les demandes qui sont faites par la Commission de la construction
du Québec sur ces sujets qui ne sont
pas des recommandations de Charbonneau mais qui sont ajoutés à l'intérieur du
projet de loi. Ce que je tiens à dire
à cette Chambre, M. le Président, et aux collègues qui nous écoutent, c'est
que, bien sûr, on a entendu la même chose que tout le monde, on est en train de se faire une tête sur ce qui
devrait être peut-être apporté comme amendements, comme changements, et nous le ferons dans l'ordre, nous
le ferons avec les collègues au moment opportun, au moment où nous nous
assoirons pour faire l'étude
article par
article de ce projet de loi
n° 142.
Alors, je m'arrêterais là, M. le
Président. Je pense que j'ai fait un tour succinct, mais quand même un tour
d'horizon de ce que représente le
projet de loi n° 152, ce que nous visons comme objectifs, comment aussi
nous sommes enlignés sur les
recommandations de la juge Charbonneau et comment nous y répondons. Encore une
fois, des commentaires nous ont été
fournis. Nous-mêmes, aussi, on a réfléchi, de notre côté, à : Est-ce
qu'effectivement nous avons les bons véhicules? Est-ce que les pistes d'atterrissage que nous avions supposées
demeurent?
Nous
sommes constamment en réflexion et nous continuerons à réfléchir avec les
collègues des oppositions au moment de l'étude
article par article.
Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la ministre du
Travail. Je vais céder la parole maintenant à M. le député de
Beauharnois pour son intervention. M. le député.
M. Leclair : Merci, M. le Président. Alors, oui, bien entendu, aujourd'hui, sur le
projet de loi n° 152... Tel que le
spécifiait la ministre, on a eu la chance d'entendre des groupes,
14 groupes, dont je prends quelques secondes pour les remercier, les remercier de leur participation à
ces commissions parlementaires là, parce que ces gens-là, c'est eux qui le vivent de jour en jour. Jour après jour, ils
voient les problématiques. Puis, c'est bien entendu, ici, on parle du domaine
de la construction, M. le Président. C'est un bassin très, très, très large.
loi n° 152 nous dit qu'on va modifier diverses dispositions législatives
concernant le domaine du travail afin principalement de donner suite à
certaines recommandations de la commission Charbonneau. Alors, jusque-là, ça
va, ça va très bien, même. Je remercie aussi
la ministre, qui, lors des auditions, a entendu les groupes, qui a fait preuve,
je crois, d'ouverture d'esprit, puis
je pense qu'elle tire des conclusions autant qu'on peut en tirer, des
conclusions, qu'effectivement on est
supposés de rendre un projet de loi qui va répondre à des inquiétudes de la
commission Charbonneau, ce que le projet de loi vient faire, bien
entendu.
Mais par contre la
commission Charbonneau, on se souvient bien, là, ça a duré quelques petits
épisodes à la télévision, tout le monde a suivi ça. On parlait du travail au
noir, des accès à soumissionner — certains entrepreneurs étaient tellement gros que le plus petit ne
pouvait jamais soumissionner, on ne repartira pas la cassette de ça — et, bien entendu, toute l'intimidation. Là, l'intimidation, il y a eu comme deux
spectres d'intimidation : il y a eu parfois le côté syndical qui avait certaines personnes qui ont
fait, sur certains chantiers, de l'intimidation, ça s'est rendu public devant
les juges, et tout, mais il y a aussi toute
l'autre
partie de l'intimidation, là, entre entrepreneurs qui ne le cèdent
pas... On se souvient, on a vu dans
les journaux, là, des entrepreneurs que leurs vitrines, leurs autos, leurs
véhicules étaient endommagés pour
toutes sortes de raisons qui n'ont peut-être pas été vraiment analysées et
connues, mais, dans leur jargon à eux, ils disent : C'est une
intimidation comme quoi que tu ne soumissionnes pas sur ces contrats-là.
Donc,
la commission Charbonneau a entendu plusieurs groupes, a fait des constats,
puis il nous dit aussi de faire attention
à toute cette intimidation-là entre entrepreneurs aussi dans... l'intimidation
qu'on y voit. On a entendu des groupes venir nous dire : Il y a des
entrepreneurs qui disent aux salariés : Bien, nous, on a un contrat pour
un an, 10 mois, deux mois — ça n'a pas d'importance, le temps, M. le
Président — mais, si
tu n'acceptes pas de travailler toujours à temps simple, et tout... Donc là, on
est dans les conditions de travail, on est vraiment dans les lois R-20, qui dit
qu'une personne qui travaille dans un
métier de la construction, dans la grosse construction, hors construction, et
tout... C'est très bien réglementé.
La CCQ a le mandat de faire valoir ces points-là et s'assurer que les gens sont
bien déclarés, tel que les négociations ont été faites.
Malheureusement,
dans ce projet de loi là, on va jouer dans ce terrain-là un peu. Mme la
ministre a dit aux gens, puis les
gens leur ont dit, eux aussi : Depuis le temps que la commission
Charbonneau a fait ses recommandations, bien entendu, il y a eu une évolution, il y a eu une évolution dans le
domaine de la construction. Il y a eu plusieurs comités paritaires qui se sont formés, puis c'est à peu
près unanime. C'est unanime, les comités paritaires, que ça soit du côté
patronal autant que syndical, tout le
monde dit : Ces gens-là font une sacrée bonne job. Donc, on est bien fiers
que cela existe, et cela vient
répondre en grande
partie à des recommandations de la commission Charbonneau.
La ministre l'a reconnu tantôt. Donc,
bien entendu, on utilisera sûrement ces gens-là dans un futur. Mais, lorsque la
ministre dit aux gens qui viennent s'asseoir
avec nous en commission : Les lois R-20, la CCQ nous demande de modifier
certaines règles... La ministre a dit aux
gens : Bien, je crois qu'on est dus de s'asseoir, de regarder l'évolution
qui s'est faite dans le domaine de la construction puis s'asseoir ensemble puis regarder peut-être
tout ce qui a trait à R-20 pour vraiment parler des bonnes choses, là. Ici,
on parle des recommandations Charbonneau. On
tente de venir se faufiler dans quelques règlements dans R-20, alors je comprends peut-être que la CCQ dit : Bien,
nous, ça nous avantagerait. Mais je n'embarquerai pas dans tout le détail qui
s'est dit durant les 14 groupes qui sont venus nous voir, mais, par bouts, on
se demande c'est quoi, le but visé, parce que, bien entendu, autant le
côté patronal, autant le côté syndical, tous, tous, tous étaient sur la même
longueur d'onde lorsqu'on parle
d'intimidation, personne ne veut voir d'intimidation. Tout le monde aimerait
enrayer ce fléau à zéro, que ça soit
les représentants syndicaux, les travailleurs, le patronal, la CCQ. Bien
entendu, eux aussi ne veulent pas voir ça.
ministre — je
reviens sur un petit point — elle nous dit : Bien, depuis le temps,
il y a eu certaines recommandations sur
le placement syndical. Alors, le placement des jobs, on se souvient, là, il y a
eu une époque, là, il y avait beaucoup d'intimidation
là-dedans, puis on se demandait qu'est-ce qui se passait, mais,
malheureusement... C'est vrai, c'est vrai, il y a eu quelque chose de formé,
une nouvelle réglementation, mais mon collègue de la CAQ a apporté un mandat
d'initiative pour justement
questionner ce placement syndical là. Malheureusement, la ministre a refusé
qu'on entende les donneurs d'ouvrage.
M. Leclair : Bien, c'est faux... mais je peux vous donner les
dates. Vous avez refusé, Mme la ministre. On va entendre juste la CCQ,
M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Un instant! Le député a eu la
gentillesse de vous écouter, Mme la ministre, sans vous interrompre. Je vous demanderais la même courtoisie à
l'endroit du député. Un seul député a la parole, c'est le député de
Beauharnois.
M. Leclair : Merci, M. le Président. Donc, effectivement, le placement syndical, je
crois qu'on a réglé certaines problématiques,
mais, en commission parlementaire, on demande : Est-ce qu'on peut entendre
les donneurs d'ouvrage, savoir est-ce
qu'on a réglé à 25 %, à 50 %, à 90 % ou à 100 %?
Malheureusement, on se fait dire qu'on va entendre juste la personne qui donne l'ouvrage, donc la CCQ.
Alors, je trouve ça triste. On aurait été voir dans le fond des choses. Puis
j'imagine que ça va bien, mais peut-être
qu'il y aurait eu d'autres petites corrections à apporter qui, dans un futur...
on pourrait les apporter. Alors, je
voulais placer ce petit bout là, parce que je trouve ça triste que, le
placement syndical, on ne puisse pas aller au bout de l'exercice, aller
voir si, aujourd'hui, ça fonctionne bien.
Alors,
bien entendu, M. le Président, concernant les lois R-20, qu'on tente d'immiscer
ici, je pense, la ministre l'a dit,
on a entendu les gens, mais ça serait le fun, je pense, que la ministre prenne
une décision, dire : Effectivement, il y a eu une grande évolution, là, on ne se le cachera pas, M. le
Président, depuis les cinq, six, 10 dernières années, dans le métier de la construction, avec tout ce qui s'est
passé, pour ou contre, mal ou bien. Mais je crois que ça serait le temps que
la ministre dise : Bien, on va tasser
les choses de R-20, on va faire une table, on va s'asseoir avec les comités
paritaires existants, les
représentants patronaux, syndicaux, tout le monde alentour de la table pour justement regarder l'évolution qu'il y a eu puis les nouvelles
recommandations qui ici sont suggérées, puis il y en aurait sûrement d'autres.
Parce
que, dans le projet de loi, entre autres, on dit, à une place : On n'aura
plus le droit d'avoir de réunion. J'ai posé
la question à des groupes patronaux, de dire : Bien, qu'est-ce que vous en
pensez de ça, de dire qu'on n'aura plus de... personne, qu'il n'y aura pas le droit d'avoir de réunion et parler
de... Bien, ils disent : Je n'ai aucune idée, je ne sais pas. Est-ce que ça veut dire durant les pauses? Est-ce
qu'on considère ça une réunion parce qu'on parle du travail, qu'on parle
de nos conditions de travail? Est-ce que
c'est pendant l'heure du dîner? Donc, vous voyez, ça reste ambigu. Sûrement que
la demande est, quelque part... réfléchit et dit : Bien, moi, je crois que
ça m'avantagerait dans une situation x ou y. Mais je crois nécessairement, M.
le Président, que ces choses-là devraient être regardées à une autre table pour
remettre en contexte toutes les situations.
Puis
ici, dans le projet de loi, qu'on se maintienne dans l'intimidation, qu'on se
maintienne au travail au noir... et
puis je crois qu'on va être capables de rencontrer les demandes de la commission
Charbonneau, mais il me fera plaisir d'échanger
avec la ministre durant
article par article. On apportera sûrement des
amendements, mais ma suggestion est de
dire : Mettons les pommes avec les pommes, les oranges avec les oranges.
Puis, si on parle de conditions de travail, avec les lois R-20, bien, affrontons le groupe au complet, patronal,
syndical. Faisons une table, regardons qu'est-ce qu'on peut modifier, puis remettre à jour, en 2018, où
est-ce qu'on est rendus. Puis concernant, bien, l'intimidation, bien, il faut
continuer à aller de l'avant avec ça puis s'assurer que ça soit à zéro dans le
domaine de la construction.
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, M. le député de
Beauharnois, pour cette intervention. M. le député des
Chutes-de-la-Chaudière, à vous la parole.
Picard : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de prendre
la parole pour l'adoption du principe du projet de loi n° 152, Loi modifiant diverses dispositions législatives
concernant le domaine du travail afin principalement de donner suite à
certaines recommandations de la Commission Charbonneau.
le Président, comme la ministre a indiqué tout à l'heure et mon collègue de
Beauharnois, nous avons eu des consultations,
nous avons eu des témoignages de différentes associations patronales ou
syndicales. Et je voudrais d'entrée de jeu, là... Et je l'ai dit en
commission parlementaire, là : Il y avait un éléphant dans la pièce, et on
n'a pas voulu le nommer. Parce qu'on laisse
supposer des choses, on n'est jamais très, très clair dans les propos, et ça,
pour moi, c'est très malsain, là, de
ne pas être capable de... de ne pas oser le dire. Et je dis que c'est des deux
côtés, patronal et syndical. Je l'ai dit en commission parlementaire.
c'est vrai qu'on met en application certaines recommandations de la commission
Charbonneau. Ça, on est bien au fait,
et je pense que c'est une bonne chose. On va voir comment elles vont
s'appliquer. Une des modifications qui est... où nous avons entendu
beaucoup, beaucoup de commentaires, et, quant à moi, ça a une importance
relative, c'est la limitation des
mandats pour les membres du conseil d'administration de la CCQ et de la CNESST.
Mais on est venus nous dire que c'est
très complexe. Il semble que ça soit très complexe lorsqu'on arrive. C'est
certain qu'on ne peut pas changer aux
deux ans, mais on nous disait que ça prenait un an et demi à deux ans avant de
pouvoir être, entre guillemets, opérationnels et bien comprendre tout ce
qui se passe.
tout cas, tout ça, on a compris. Moi, je suis intervenu à quelques reprises
pour dire : Il faut essayer de trouver une voie de passage. Dans le projet de loi, on parle de six ans. Il y a
d'autres conseils d'administration que c'est 12 ans. Je pense qu'il faut trouver une voie de passage
pour qu'on atteigne les buts recherchés par la ministre et aussi qu'on s'assure
de ne pas fragiliser les organisations.
Toujours
sur les conseils d'administration, il y a eu une proposition qui a été faite
par quelqu'un qui est venu en commission,
qui me semble très intéressante. C'est peut-être de regarder pour faire une
scission pour le poste de président général
de la CCQ et président du conseil d'administration, parce qu'il semble qu'il
pouvait y avoir des gens, au conseil d'administration, qui se questionnaient,
lorsque la personne prenait la parole, si elle était P.D.G. ou était présidente
du conseil d'administration.
Un des points
que nous avons entendu beaucoup, c'est un simple changement de vocabulaire,
dans la loi R-20, qui vient contrer les actes d'intimidation sur les chantiers.
Actuellement, dans la loi, on dit que, si un événement est fait «dans le but de provoquer» des ralentissements, de...
donc, c'est de provoquer, et on change pour «susceptible de provoquer». Ça peut paraître banal comme changement, mais,
selon moi, on inverse totalement le fardeau de la preuve. Parce que, lorsqu'on dit «dans le but de
provoquer», si la CCQ veut prouver que c'est dans le but de provoquer, elle
doit démontrer des choses. Et, lorsqu'on
dit «susceptible», bien là, quant à moi, là, c'est ouvert. On a même posé la question...
Moi, j'ai donné l'exemple,
je vais vous la donner ici : un groupe de syndiqués bloque la route du
parc des Laurentides, ce qui pourrait affecter
un chantier de construction au Saguenay. Oui, ça pourrait être «susceptible
de». Je pense qu'il va falloir que ça soit circonscrit un peu plus, là, pour s'assurer... Quant à moi, là, peut-être que
«provoquer» était dans un extrême; là, on va à l'autre extrême. Il faut trouver la voie de passage pour s'assurer
qu'on va rencontrer... puis que ça va être applicable correctement et
que ça va être juste, surtout.
Aussi, on
nous a interpelés beaucoup. Vous savez que les changements technologiques...
Moi, j'ai appris, j'ai appris maintenant
que les feuilles de temps, sur l'industrie de la construction, le temps est
déclaré souvent par message texto à l'employeur.
Il y a même des logiciels, j'ai appris qu'il y a des logiciels qui servent à
faire les paies sur nos téléphones maintenant,
là, pour les petits entrepreneurs. Donc, il y a eu des discussions là-dessus.
Les associations patronales, eux autres,
invoquent la Charte des droits, pour ne pas pouvoir... que les inspecteurs de
la CCQ puissent saisir les téléphones. Ça
se tient, leur raisonnement. Mais il faut trouver aussi un moyen pour que les
inspecteurs de la CCQ s'assurent de faire respecter les lois. C'est
toujours le but, c'est s'assurer que les lois qui sont en vigueur au Québec
soient appliquées correctement. Donc, encore
là, il va falloir discuter, parce que ce n'est pas évident. On parle des
téléphones, là, on est venus, à un
moment donné, on disait : Oui, ils pourraient peut-être avoir accès aux
ordinateurs sur le lieu de l'employeur, peut-être avoir accès au
téléphone, mais sans le saisir. Je pense qu'il y a un moyen de trouver aussi
comment on peut rencontrer les buts... le but de la loi, excusez.
Et, tout à
l'heure, mon collègue de Beauharnois parlait, là, que, oui, j'avais initié un mandat
d'initiative pour la commission de
l'Économie en 2016. Le mandat était de dresser le bilan du carnet de références
de la CCQ et son impact sur les phénomènes d'intimidation et de
discrimination syndicale sur les chantiers de construction. On n'a pas encore trouvé de date pour pouvoir entendre la CCQ. Puis,
quant à moi, là, j'ose espérer qu'on va pouvoir faire ce mandat-là, on
parle de deux à trois ans, ce qui va nous permettre, nous, les parlementaires,
de mieux comprendre le quotidien de la CCQ
dans l'industrie de la construction. Parce qu'il y a beaucoup de mesures, dans
le projet de loi, que c'est des demandes de la CCQ. On a rencontré Mme Lemieux, qui est venue nous
expliquer, elle a eu droit à une heure, comme les autres. Peut-être qu'on aurait besoin de plus de temps
aussi, parce qu'il y a des demandes qui sont faites par la CCQ, mais que
les témoins sont venus dire que ça n'avait
pas d'allure ou ils ne comprenaient pas pourquoi. Donc, pour moi, ce serait
important qu'on fasse ce mandat-là pour bien comprendre comment se vit
actuellement le carnet de références de la CCQ. Si on a atteint les buts, tant mieux. S'il y a des correctifs à
apporter, on le fera ou on les recommandera à la ministre, puis on
pourrait peut-être en profiter pour les inclure dans le projet de loi, parce
qu'on a cette chance-là, actuellement.
Donc, c'est
tout simplement ça, M. le Président. Puis, comme toujours, j'assure de mon
entière collaboration pour bonifier le projet de loi, pour s'assurer
qu'on va rencontrer les objectifs. Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
député des Chutes-de-la-Chaudière. M. le député de Gouin, à vous la
parole.
M. Nadeau-Dubois :
Merci, M. le Président. D'entrée de jeu, j'aimerais commencer par dire que
toute tentative d'assainir les
pratiques dans le milieu de la construction, toute tentative d'éliminer la
corruption, de lutter contre l'intimidation, toutes ces tentatives-là
vont toujours recevoir un appui favorable de la part de ma formation politique.
Et d'ailleurs on aimerait bien que cet
effort législatif d'amélioration des pratiques et de lutte contre la
corruption, de lutte contre les
pratiques frauduleuses, on aimerait bien qu'on fasse cet exercice-là dans
d'autres secteurs, aussi, dont on parle moins souvent et qui ont moins attiré l'attention des médias récemment,
notamment la haute finance, où il se passe aussi beaucoup de choses croches, mais on en parle, ça, ici, un peu moins
souvent. Mais ça, c'est une autre histoire. Donc, sur le principe de l'assainissement des pratiques, sur le
principe de l'élimination de la corruption, de la lutte à l'intimidation,
c'est des principes, des valeurs qu'on partage tout à fait.
Ceci étant
dit, il y a quelques éléments de ce projet de loi qui, selon nous, sont problématiques, très problématiques même, notamment
parce qu'il y a, dans ce projet de loi, une attaque
claire et directe au droit d'association et, de manière générale, une attaque aux libertés syndicales, qui sont des libertés fondamentales, des libertés civiles
tout aussi importantes que les
autres. Notamment, en voulant fixer des règles pour mettre fin à la corruption
dans l'attribution des contrats, le projet de loi propose d'interdire le
droit de réunion sur les lieux de travail sous peine d'amendes extrêmement salées — on parle de 78 000 $ — donc des amendes qui seraient appliquées si
les travailleurs, travailleuses se rencontrent sur leur lieu de travail sans l'autorisation de l'employeur. Pourtant,
M. le Président, le Code du travail, dans son état actuel, prévoit déjà que
l'association de travailleurs, donc le syndicat, doive avoir la permission de
l'employeur pour organiser une
réunion sous peine d'avoir une amende si elle n'a pas cette autorisation-là, et
c'est une amende de 500 $ dans le Code du travail actuel.
L'article 18
du projet de loi dont on discute actuellement va beaucoup, beaucoup plus loin.
C'est même un euphémisme que de le
dire, parce que, loin de se restreindre à demander, donc, une autorisation à
l'employeur, le projet de loi interdit littéralement
à tout le monde, à tous les travailleurs, travailleuses, le droit de se réunir
sur leur lieu de travail. Donc, ça va
rendre beaucoup plus difficile le travail des organisations syndicales. Les
représentants syndicaux vont avoir beaucoup plus de difficultés à
rencontrer leurs membres. Les travailleurs, travailleuses eux-mêmes ne pourront
plus se réunir. Et il n'y a pas de
précision, là, dans le projet de loi, sur le contexte de ces réunions-là. Donc,
sans vouloir exagérer, il n'y a rien, par exemple, dans la lettre du
projet de loi actuel, qui nous empêcherait de l'appliquer si une dix, quinzaine
de travailleurs, travailleuses se réunissent
autour d'une machine à café. Il n'y a rien. Il y a un flou qui est très
inquiétant dans le projet de loi
actuel. On nous dit : Réunion entre travailleurs, travailleuses, amende de
78 000 $. Ce n'est quand même pas rien. Selon nous, cette disposition-là du projet de loi, et il y a
plusieurs acteurs qui ont été entendus dans les derniers jours, dans les dernières semaines qui l'ont dit
également, cette disposition-là du projet de loi va, selon nous, à l'encontre
de la liberté d'association et de la liberté
de réunion qui découlent, c'est ce que la Cour suprême nous a dit, de la liberté
d'expression elle-même.
Donc,
il y a des bonnes chances de croire que ce projet de loi là va se retrouver
devant les tribunaux. On a des bonnes chances de le... On a des bonnes raisons
de le penser. C'est probablement ce qui va arriver avec un autre projet
de loi libéral, le projet de loi n° 133
sur les uniformes des policiers, qui était, lui aussi, une attaque aux libertés
syndicales. Bref, selon nous, donc,
cet
article 18 du projet de loi va faire en sorte que les syndicats, dans
les milieux de la construction, ne
pourront plus effectuer librement leur travail, ne pourront plus jouer leur
rôle, qui est un rôle important. Quoi qu'on pense des dérives des dernières années, ça reste des acteurs importants
qui ont un rôle important. Et de faire peser sur les épaules des travailleurs, travailleuses, là, des
individus en chair et en os, la possibilité d'une amende de
78 000 $ — ça,
pour certains, c'est deux années de
salaire — pour
s'être réunis illégalement sur le milieu de travail, sans définir, là, de
quel type de réunion on parle, pour nous,
c'est une dérive, une dérive antisyndicale en fait, et on est très inquiets, je
le répète, de cette disposition-là du
projet de loi. Pour nous, c'est une entrave aux libertés syndicales, puis, pour
ma formation politique, c'est des libertés qui sont importantes pour la
démocratie québécoise.
Deuxième
élément qui nous inquiète dans ce projet de loi, c'est la question des mandats
des administrateurs du conseil
d'administration de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la
sécurité au travail, la CNESST. Je dois,
M. le Président, vous partager mon inquiétude, l'inquiétude de ma formation
politique parce que, selon nous, la manière dont on réduit de manière importante les mandats au sein du conseil
d'administration pourrait mener à une perte d'expertise, ce qui est un problème. Et, encore une fois, on
n'est pas les premiers à soulever cette préoccupation-là. Le fait de limiter
les mandats à six