Institutions — 20 August 2019 (42nd Legislature, 1st Session)
CI 2019-08-20
Quebec — Committees
Donc, dans l'ensemble, c'est vraiment
un projet de loi de concession. Je considère que c'est un projet de loi pour,
encore une fois, comme je l'ai fait dans
d'autres projets de loi, simplifier la vie des gens, essayer d'accommoder les
gens, de nous montrer ouverts et à
l'écoute des gens qui peuvent avoir des objections légitimes à quelque chose
qui, sans remettre en question son bien-fondé, pourrait être plus
commode pour les gens qui doivent l'utiliser.
Donc,
c'est l'objectif qu'on poursuit avec ce projet de loi là, n° 25. On va y aller, donc, avec cette
première étape des
consultations particulières. Je serai très attentive, comme toujours, aux
propos des groupes qui vont venir prendre le temps de nous partager leur opinion. On est toujours ouverts à des
bonifications, à des modifications, dans un projet de loi, surtout à l'étape des consultations, s'il y a
lieu. Si, sur la base des propos qu'on entend, il y a des choses dont je juge
qu'elles pourraient être modifiées ou bonifiées dans le projet de loi,
je serai ouverte à le faire.
Donc, ce sera... Il y aura une prochaine étape, là, bien sûr,
d'étude détaillée, qui sera l'occasion de faire des amendements s'il y a lieu, mais, pour le moment,
je suis assez satisfaite du projet de loi qu'on a présenté. Je pense qu'il
vient réduire des irritants, comme je disais, sans compromettre le bien-fondé
ou l'objectif du registre des armes à feu.
Alors, je vous remercie encore tous à nouveau d'être ici. Je
vous souhaite d'excellents travaux et, sur ce, je vais
conclure, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, Mme
la ministre. J'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et députée de Vaudreuil
à faire ses remarques préliminaires. Vous avez une période de
3 min 43 s. C'est très court.
Mme Nichols : Je vais faire vite, M. le
Président. Merci beaucoup. Alors, bienvenue, chers collègues. Ça fait plaisir de vous retrouver après une belle
période estivale. J'espère que vous avez profité au maximum, puisque je sens
que la session sera chargée.
Alors, je suis bien contente d'être ici aujourd'hui avec ma
collègue pour, entre autres, aborder le projet de loi n° 25, et je suis
très heureuse d'entendre que la ministre rappelle que le registre existe et que
le registre doit fonctionner, et je suis bien contente d'entendre la ministre qui dit qu'on
va travailler ensemble pour simplifier et rendre le registre plus simple et
plus efficace possible par ses utilisateurs, parce que je pense qu'on est ici
justement pour assurer une certaine continuité qui a été faite par notre gouvernement. L'objectif est évidemment de le
rendre optimal, et on cherche à aller... trouver une façon, puis je suis certaine qu'on va travailler
ensemble, là, afin qu'il y ait le plus d'inscriptions au registre des armes à
feu possible.
évidemment nous comptons sur la transparence et l'heure juste de la ministre.
On a travaillé ensemble dans d'autres
projets de loi, je sais que c'est possible. Alors, je suis certaine que la
ministre pourra nous apporter des précisions, entre autres, sur les chiffres, les données relativement aux sanctions
et évidemment ses intentions, ses intentions sur différents aspects. Entre autres, on se demandait si la
ministre a étudié la possibilité d'obtenir le transfert des données, entre
autres, du fédéral, ce qui est
possible depuis le mois de juin. On n'a pas eu de réponse suite à notre demande
d'accès à l'information. Alors... et
on pense sincèrement que ça pourrait être quelque chose qui pourrait simplifier
justement, là, l'inscription au registre des armes à feu.
Alors, c'est dans cette optique-là qu'on va travailler. Et
je me sens concernée par le dossier. Ne faites pas le saut, je suis une chasseuse. J'ai mes
cartes de chasse. J'ai mon permis de port d'armes. On pratique, dans la
famille, la chasse depuis de
nombreuses années. Donc, je tiens à spécifier aux chasseurs qui nous écoutent
que je suis d'accord avec vous. L'objectif
est de... n'est pas nécessairement de... n'a jamais été de criminaliser ou de
stigmatiser qui que ce soit. Et je suis aussi avocate en droit familial, et j'ai vu des drames aussi familiaux
où je pense que le registre aurait probablement été très utile pour
intervenir préalablement à certains drames.
Alors, c'est avec cette vision que nous comptons travailler
en collaboration avec la ministre pour apporter... améliorer l'application du présent registre. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, Mme la
députée. M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, vous avez la parole pour un peu moins
d'une minute.
M. Leduc :
Merci, M. le Président. Bonjour à tout le monde. Bonjour, les collègues.
Bonjour aux gens qui sont venus nous
parler aujourd'hui. D'abord, félicitation pour Mme la ministre qui nous a fait
une belle annonce cette semaine, une annonce personnelle mais qui est
réjouissante. Donc, félicitation pour le beau projet qui s'en vient.
Moi,
M. le Président, je vais me concentrer, entre autres, sur ce qui nous intéresse
beaucoup depuis le début, le taux d'inscription du registre. Ça nous inquiète
profondément. Lorsqu'a été lancé le registre, ça a été long, il y avait un an
de délai avant de pouvoir s'inscrire, la date
limite, puis au moment où est-ce qu'on est arrivé, ce délai-là, le taux
d'inscription était, somme toute,
assez bas, et on avait donc questionné le gouvernement à savoir qu'est-ce qu'il
y avait dans les cartons pour faire avancer ce taux-là.
en préparation, donc, de la journée d'aujourd'hui, la semaine dernière, j'ai
contacté le cabinet de Mme la ministre, qui a été très ouverte là-dessus, je la remercie, qui m'a transmis les
données à jour des inscriptions, et force est de constater qu'il y a une progression assez importante depuis
les chiffres qui étaient un peu décevants, là, à la rentrée de
l'année 2019. Mais j'ai été
surpris d'apprendre qu'il y avait 150 000 demandes en attente de
traitement. Donc, je trouve que c'est quelque chose qui est un peu... c'est un beau défi dans le sens où ça peut
donner la porte à... une pogne aux personnes qui sont en train de
vouloir discréditer le registre, de dire : Regardez, il y a
150 000 demandes en attente.
Donc,
j'attends dans le fond peut-être des solutions, s'il y a des plans de
traitement pour la rapidité avec laquelle on peut traiter ces données-là. S'il faut aller voir le Conseil du trésor
pour avoir des aides supplémentaires, on va le faire. Je serai de la
partie. Mais c'est là-dessus que je vais concentrer mes énergies, M. le
Président. Merci.
Le Président (M. Bachand) : M. le député de Bonaventure, vous avez la parole
pour un peu moins d'une minute. M. le député de Bonaventure, s'il vous
plaît.
M. Roy :
Merci, M. le Président. Mes salutations à la ministre, et, moi aussi, je tiens
à vous féliciter pour le beau cadeau qui s'en vient. Salutations à mes
collègues.
Écoutez, le
dossier du registre des armes à feu c'est un dossier qui va faire couler
beaucoup d'encre parce que la chasse
ouvre dans un mois et, effectivement, il y aurait tout près de
150 000 armes ou enregistrements qui n'ont pas été faits. Donc, moi-même, je me retrouve actuellement
dans une situation potentielle d'illégalité au début de l'ouverture de la
chasse à l'orignal. Et j'ose espérer qu'on
va régler ça parce que mes fils ne seront pas très contents après leur père.
Voilà.
Le Président (M.
Bachand) : Merci, M. le député de Bonaventure. M. le député de
Chomedey, s'il vous plaît.
M. Ouellette : Merci, M. le Président. Bonjour à mes collègues.
Moi aussi je joins ma voix à mes autres collègues pour féliciter Mme la
ministre.
50 secondes, ce n'est pas beaucoup de temps
pour les remarques préliminaires. Je veux tout simplement vous mentionner,
ayant été très près de toutes les discussions du premier registre
d'immatriculation, je vais tout simplement déplorer
l'absence du Bureau du contrôleur des armes à feu à nos consultations. Ça
aurait été très important de les entendre sur les 150 000 armes qui ne sont pas enregistrées. Je pensais
que tout avait été prévu pour faire en sorte que les enregistrements
soient faits d'une façon sereine, et on va noter qu'ils ne sont pas à nos
consultations. Merci, M. le Président.
Président (M. Bachand) :
Merci, M. le député de Chomedey. Je souhaite donc la bienvenue au Comité
conjoint de chasse, de pêche et de
piégeage. Je vous rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre
exposé après quoi nous procéderons à
la période d'échange avec les membres de la commission. Donc, encore une fois,
bienvenue, et je vous invite à vous présenter et puis à commencer votre
exposé.
M. Smart
(Miles) : Merci. Bonjour.
Mon nom est Miles Smart. Je suis secrétaire exécutif du Comité conjoint de
chasse, pêche et piégeage. Je suis ici
aujourd'hui au nom de la présidente du comité conjoint, Mme Mandy Gull,
qui n'était pas en mesure de se présenter aujourd'hui.
Le comité
conjoint a été créé par la Convention de la Baie James et du Nord québécois. Il
s'agit d'un groupe d'experts constitué de représentants des Cris, Inuits
et Naskapis et des gouvernements du Canada et du Québec. La raison d'être du comité conjoint est d'administrer le régime de
chasse, de pêche et de piégeage créé par le
chapitre 24 de la convention
et par le
chapitre 15 de la Convention du Nord-Est québécois pour le
territoire d'application de ces conventions.
En sa qualité
d'organisme consultatif auprès des gouvernements responsables, le comité
conjoint constitue l'assemblée exclusive
et privilégiée par laquelle les délégations autochtones et les gouvernements
élaborent ensemble la réglementation pertinente et supervisent
l'administration et la gestion du régime de chasse, de pêche et de piégeage. Le
comité conjoint s'attend à être consulté de
façon significative sur tout projet de législation, de réglementation et de
mesures touchant le régime ou le
territoire, et ce, avant tout processus de consultations publiques. Ses recommandations
devraient de plus être priorisées en conséquence.
Le comité
conjoint reconnaît et prend en
considération, entre autres, les droits d'exploitation des Cris, des Inuits
et des Naskapis.
Le comité conjoint tient à souligner
l'insuffisance des consultations que le ministère de la Sécurité publique a
effectuées à propos d'un système d'enregistrement des armes à feu depuis les
premières discussions, initiées en 2017. Le
rôle du comité conjoint n'a pas été retenu, et ses divers commentaires portant sur les droits fondamentaux
des Cris et des Inuits et des
Naskapis n'ont pas été pris en compte. Les recommandations du comité conjoint
visant à mettre en place des exemptions
et des ajustements particuliers ont été ignorées. Par exemple, ce projet de loi
ainsi qu'un projet de règlement relatif à la mise en oeuvre de la loi
ont été déposés sans avis préalable au comité conjoint. Ces mauvaises pratiques
ont créé la situation actuelle, selon
laquelle la loi est en vigueur avec une majorité des propriétaires cris, inuits
et naskapis n'ayant pas enregistré
leurs armes à feu. Toute application éventuelle de contravention et de sanction
peut être contestée en tant qu'atteinte aux droits fondamentaux des
Cris, des Inuits et des Naskapis, qui sont protégés par la Loi
constitutionnelle.
Les conventions
nordiques reconnaissent le droit d'exploitation des Cris, des Inuits et des
Naskapis. Le droit d'exploitation reconnaît
en outre le droit de posséder et d'utiliser tout matériel nécessaire à
l'exercice de ce droit conformément à l'alinéa 24.3.12 de la
convention. Et, bien que la loi en cause s'appuie sur des principes de sécurité
publique, cette dernière
ne vise pas les activités d'exception citées à la convention qui auraient
permis de restreindre le droit d'exploitation des bénéficiaires
conventionnés comme elle l'entend sous sa forme actuelle. Bien que les Cris,
les Inuits et les Naskapis appuient un
système d'enregistrement des armes à feu pour des considérations de sécurité
publique, toute saisie éventuelle d'une
arme non enregistrée, qu'elle soit en la possession d'un propriétaire ou d'un
autre bénéficiaire pour une faute purement administrative à la loi
représenterait une violation flagrante du droit d'exploitation, ceci ayant
définitivement un impact sur les capacités
des chasseurs à fournir une source de nourriture importante à leurs familles et
membres de leur communauté, lesquels dépendent largement des aliments
traditionnels pour leur sécurité alimentaire.
pratiques de chasse des Cris, des Inuits et des Naskapis comprennent souvent le
partage des armes à feu. Les chasseurs
peuvent passer plusieurs mois dans le territoire à leur camp et ne peuvent pas
toujours être en mesure de satisfaire aux diverses obligations de la loi en ce
qui concerne le processus d'enregistrement ou la vérification par un agent
de la paix ou un agent de la protection de
la faune. Beaucoup de Cris, d'Inuits et Naskapis ne parlent ni le français ni
l'anglais. Ils n'ont pas
nécessairement accès au système d'enregistrement en ligne. Pourtant, la loi ne
tient pas compte de ces réalités. Et, bien que les discussions soient en cours
avec diverses nations concernées, les mécanismes devant faciliter la
charge administrative des propriétaires
cris, inuits et naskapis pour l'enregistrement de leurs armes à feu, les outils
de leur droit d'exploitation ne sont pas encore avérés.
C'est
pour ces raisons que le comité conjoint recommande l'utilisation de
l'article 1, paragraphe 3° de la loi afin que les
bénéficiaires cris, inuits et naskapis soient exemptés de l'application de la
loi jusqu'à ce qu'une mise en oeuvre adaptée du système soit conclue avec les
diverses organisations responsables du territoire. De plus, le comité conjoint recommande que les bénéficiaires inuits et
naskapis soient exemptés de tous les pouvoirs de saisie et d'imposition
d'amende pour toute infraction à la loi et ses règlements. Merci.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, M. Smart. Nous allons
présentement débuter la période d'échange. Alors, Mme la ministre, la
parole est à vous. La période d'échange est pour une durée de 16 minutes.
Mme Guilbault :
16 minutes au total pour mon groupe?
Président (M. Bachand) : Exactement.
Mme Guilbault : Parfait, merci, M. le Président. Merci beaucoup
pour votre exposé très intéressant. Bien, la première chose que je retiens, c'est que vous êtes... vous
dites être, en tout cas, en faveur du
registre. Donc, ça, c'est une bonne chose. Je retiens aussi le volet consultations, que vous avez abordé en premier
dans votre exposé. Est-ce que je dois comprendre que vous n'avez pas été consulté du tout lors de l'élaboration du projet de loi n° 64 qui a conduit à la
Loi sur l'immatriculation
des armes à feu ou est-ce que c'est vous qui n'aviez pas...
M. Smart (Miles) : Bien, tout était en retard puis les consultations n'étaient pas
suffisantes. Donc, on chassait auprès du
ministère puis les représentants de venir présenter la loi, le projet de loi.
Puis, par la suite, ils n'ont pas vraiment écouté nos commentaires, les commentaires qui sont
partagés avec les nations Crie, les nations naskapies puis la Société Makivik,
qui ont fourni, envoyé beaucoup de lettres
au ministère dans le passé. Et on peut s'attendre qu'ils soumettent des
mémoires pour cette consultation aussi.
Actuellement,
il y a du travail en cours avec les organisations régionales pour mettre des
programmes en place pour aider l'enregistrement, mais ils ne sont pas
tout à fait conclus, puis il y a toujours des problèmes avec la loi.
Guilbault : Vous voulez dire... Qu'est-ce que vous voulez dire
par des problèmes avec la loi?
M. Smart
(Miles) : Le fait qu'un Cri, Inuit ou Naskapi pourrait voir son arme à
feu saisi dans le champ.
Mme Guilbault : O.K. Puis par rapport aux consultations, il y a eu, à ma connaissance,
une rencontre... bien, une consultation en visio le 12 juin.
M. Smart
(Miles) : ...sur une présentation lors d'une de notre réunion, oui.
Guilbault : Oui, c'est ça, donc avec des représentants de votre
groupe. Et donc ça... bien, pour nous, il s'agissait
d'une forme de consultation. Est-ce que pour vous, vous avez eu l'impression
que c'était une consultation? Et est-ce qu'il y a des choses que vous n'avez
pas pu ou vous n'avez pas pensé de dire à ce moment-là que vous souhaiteriez
ajouter aujourd'hui que vous n'avez pas déjà
ajouté? Parce qu'on est en consultation aujourd'hui, donc je veux que vous
ayez le loisir de tout nous exposer ce que vous n'auriez peut-être pas pu dire
auparavant.
M. Smart (Miles) : O.K. Pour nous, cette présentation, qui est la présence de vos
représentants, c'était un peu tard. Normalement,
on attend que les projets de législation et règlements soient présentés au
comité conjoint par des représentants du
ministère avant qu'ils soient annoncés publiquement et que les commentaires
soient pris en priorité. Dans mon expérience, on fait affaire principalement avec le ministre des Forêts, de la Faune
et des Parcs, qui sont très bien habitués à travailler avec nous, puis nous consultent la plupart du temps
très bien à l'avance. Toutefois, les autres ministères qui ont peut-être moins
d'expérience avec le comité conjoint puis les droits conférés aux Cris,
Naskapis et Inuits ont déjà vécu des problèmes.
Mme Guilbault : Parfait, merci. Il y a un autre point aussi. Vous
dites être pour le registre, mais vous voulez être exclu du pouvoir de saisie ou même d'amendes.
Alors, dans la mesure où vous êtes en faveur du registre mais que vous souhaitez être soustrait aux mesures coercitives
qui sont actuellement prévues dans le registre, qu'est-ce que vous proposez
comme mesures coercitives pour les personnes qui ne se conformeraient
pas à la loi?
Samson (Michel) : Je pense que vous devriez attendre les commentaires
pour chaque... des régions, des régions des Cris, les Inuits et des Naskapis. Il y a toujours des particularités
dans leur pratique. On s'attend que ce soit juste un... peut-être...
comment on dit ça? Une amende ou juste une... How do we say
this? Pardon. A warning, just a warning.
Smart (Miles) : C'est ça.
Mme Guilbault : O.K. Et vous êtes conscient que si une personne
s'inscrit et respecte la loi, elle ne se fera pas saisir son arme puis
elle ne recevra pas d'amende?
M. Smart
(Miles) : Oui. C'est ça, puis on veut...
Guilbault : Donc, ça, ça peut être un moyen d'éviter la saisie.
M. Smart (Miles) : C'est ça. Puis on veut faire tout le travail pour que tous les
bénéficiaires des conventions respectent le registre et qu'ils le
comprennent. Mais il y a beaucoup de travail à faire pour l'adapter pour chaque
région.
Guilbault : On travaille déjà ensemble en ce sens. Il y a déjà
des sommes qui ont été consenties. Mais, effectivement, il faut poursuivre le travail. Des fois il y a
des questions, aussi... juste de télécommunication, et tout
ça, là. Je sais que, dans certains
milieux, ça peut être très difficile, juste de faire la démarche d'inscription.
Donc, je vous entends bien, et je
vous remercie. Je vous cède la parole, M. le
Président — à mon collègue, je crois que mon collègue d'Ungava aimerait intervenir.
Président (M. Bachand) : Merci, Mme la
ministre. M. le député d'Ungava, s'il vous plaît.
Lamothe : On est
en terrain commun. Un représentant de l'Ungava... bien, c'est le territoire des Inuits puis des
Cris. Vous avez mentionné que vous étiez
pour la loi, question de sécurité publique. Puis vous avez parlé d'une possibilité d'adapter la loi. Ça serait
quoi, adapter la loi, pour vous?
M. Smart (Miles) : Ça serait, au début, d'exempter de tout pouvoir
de saisie, aussi de changer les délais qui sont écrits dans les règlements
puis dans la loi. Par exemple, on voit qu'il veut donner un délai de sept jours
de la réception d'un avis d'un agent
s'ils n'ont pas enregistré leur arme à feu. Mais, si un chasseur, il est à son
camp pour des mois pendant tout l'été,
comment il va faire ça? Donc, il faut tenir en compte ces réalités de leurs
pratiques de chasse et de leurs pratiques culturelles.
Lamothe : Donc, juste ce
bout-là, là, juste m'expliquer ce que vous venez de dire en dernier, là,
contexte de chasse, si on parle d'adapter, une possibilité d'adapter, on
regarde à adapter...
M. Smart (Miles) : Oui, c'est ça. Mais il faut comprendre que,
souvent, un fusil peut rester des mois, même une année dans un camp, dans leur camp de chasse. D'aller chercher cette
arme à feu pour l'enregistrer, l'accès à leur camp, ce n'est pas facile nécessairement. Il n'y a
pas de route. Et aussi, l'accès au chasseur... le propriétaire, peut-être,
il va rester à son camp pour des mois
aussi, puis il n'y a pas façon de le contacter. Donc, il faut donner assez du
temps pour les aider à enregistrer
leurs armes à feu. Il faut aussi que les ministères, qui ont pris des
démarches plus récemment, travaillent très étroitement avec les organisations régionales et locales, qui sont des experts dans
ça, dans ces réalités, et qu'ils écoutent bien leur perspective. Donc,
je suggère que le ministère mette beaucoup de ressources dans ce travail.
M. Lamothe :
Mais vous, vous êtes pour que le registre reste en place...
M. Smart
(Miles) : Oui. Mais...
M. Lamothe :
...mais en étant adapté à certaines particularités de la région.
M. Smart
(Miles) : C'est ça.
M. Lamothe :
Excellent. Merci beaucoup.
Le Président (M. Bachand) : Autres questions du côté du parti ministériel? Sinon je me
tourne vers l'opposition
officielle. Mme la députée de Vaudreuil, s'il vous plaît.
Mme Nichols : Merci,
M. le Président. Bonjour, M. Smart,
bienvenue. Alors, on n'habite pas loin. M. Smart habite à
Saint-Lazare, donc, le comté à proximité du comté de Vaudreuil. On n'est vraiment
pas très loin. Donc, bienvenue à l'Assemblée nationale. Merci pour la
présentation de votre mémoire.
comprenais, dans le fond... Je ne veux pas non plus être redondante, mais on a
compris que vous étiez pour le registre,
mais qu'il y avait vraiment des difficultés d'applicabilité dans votre... bien,
dans les différentes communautés. Et je
me demandais... est-ce qu'il y a eu des échanges ou des discussions avec...
Vous, vous disiez que vous étiez un peu plus familier ou vous aviez
l'habitude de travailler plus avec le ministère de la Faune, Forêts, Parcs.
M. Smart
(Miles) : C'est ça.
Mme Nichols :
Est-ce qu'il y a eu des échanges avec ce ministère-là ou c'est des échanges
principalement avec le ministère de la Sécurité publique?
M. Smart
(Miles) : Avec le ministère de la Sécurité publique.
M. Smart (Miles) :
C'est sa responsabilité.
Mme Nichols :
Puis est-ce qu'il y a eu des discussions ou des échanges sur le sujet? Parce
que vous avez parlé de mettre en oeuvre un
système d'enregistrement plus adapté. Est-ce que vous avez abordé cette
particularité-là de l'adapter précisément pour vos communautés?
M. Smart
(Miles) : Tous les commentaires que j'ai présentés aujourd'hui ont été
déjà mentionnés depuis les premières
discussions d'un projet de loi, même avant que la loi ait été introduite. Donc,
ce n'est pas des nouveaux arguments, mais on a trouvé que le ministère
n'a pas pris en compte ces recommandations. Alors, nous avons dit que ça
n'impacte pas les droits de chasse, ça ne
vise pas ça, mais pour enregistrer les armes à feu des Cris, des Inuits et des
Naskapis, il y a un grand impact. Puis, comme j'ai dit, le fait qu'une arme
pourrait être saisie pour un défaut administratif est très important.
Mme Nichols :
Dans le fond, ce que je comprends, c'est que ça peut causer un préjudice parce
que vous vous en servez pour la chasse, pour la nourriture puis en...
M. Smart
(Miles) : Puis on parle de... je ne sais pas, peut-être 30 000 Cris,
Inuits et Naskapis. La plupart des domiciles
ont quelques armes à feu. La plupart de leurs chalets ou leurs camps de chasse,
il y a des armes à feu. Et la chasse est un de leurs droits et pratiques
primordiaux.
Mme Nichols :
Et, pour l'instant, savez-vous il y a combien d'armes qui sont présentement
enregistrées? Est-ce qu'il y en a, dans la communauté, qui ont déjà
enregistré leurs armes?
M. Smart (Miles) : Pas beaucoup. Donc, c'est vraiment peut-être des
gens qui ont accès à un ordinateur, l'Internet, qui comprennent bien
l'anglais, et tout ça, et ça, ce n'est pas nécessairement la plupart des gens.
Mme Nichols :
Êtes-vous capable de le quantifier, de nous donner une idée de...
M. Smart
(Miles) : Je n'ai aucune idée.
Mme Nichols :
Vous n'êtes pas en mesure...
M. Smart (Miles) : Je sais que présentement le Gouvernement de la nation crie puis
l'Association des trappeurs cris, ils
viennent de signer une entente avec le ministère, qui vient avec des fonds pour
aider l'enregistrement. Donc, les chasseurs
vont dépendre sur ces associations pour les aider, qui est normalement leur
rôle dans des interactions avec les gouvernements, mais ils n'ont pas
fini le travail encore, ils viennent juste de commencer.
Nichols : Et c'était justement ma question, je me demandais qu'est-ce qui
pourrait inciter les communautés à s'y inscrire. Est-ce que, s'il y
avait peut-être une meilleure information ou est-ce que s'il y avait une
assistance...
M. Smart
(Miles) : Tout ça dépend sur le travail des représentants, les
employés du ministère qui sont en contact avec les Cris, les Inuits et les
Naskapis. Il me semble qu'il y a un projet d'entente pour aider cet
enregistrement qui devrait être signé
bientôt entre le gouvernement régional Kativik... Mais là on est un an après... — ça fait combien de temps? — presque
un an avant que la loi entre en vigueur. Puis ce travail, c'est long, ça prend
du temps.
Mme Nichols :
Mais est-ce que je comprends que vous allez vous conformer mais que ça risque
d'être un peu plus long? Est-ce que votre intervention aujourd'hui, c'est de
demander un délai, un délai particulier pour...
M. Smart (Miles) : C'est pour ces raisons. On est dans une zone
légale grise présentement, la loi est en place et il n'y a
pas personne qui a enregistré leurs armes à feu. C'est pour ça qu'on
demande — notre
première recommandation — qu'ils soient exemptés jusqu'à tant que ces programmes
soient en place. Donc, ça, c'est peut-être deux ou trois ans.
Nichols : Puis vous dites qu'il y a vraiment plusieurs armes qui n'ont
pas encore été enregistrées. À votre connaissance,
est-ce qu'il y en a qui ont reçu des sanctions, des lettres ou des invitations
à s'inscrire rapidement au registre des armes à feu?
M. Smart (Miles) : La seule chose que j'ai entendue, c'est une histoire qu'un chasseur cri
a été arrêté par un agent de la paix SQ qui avait demandé :
Avez-vous enregistré votre arme à feu? Lui, il ne connaissait rien de ça, le
chasseur.
Mme Nichols :
O.K. Est-ce qu'il s'est fait saisir son arme?
M. Smart (Miles) : Je ne sais pas, je ne pense pas, mais je ne peux pas... Le Gouvernement
de la nation crie, et la nation
naskapie, et la Société Makivik devraient vous envoyer des mémoires bientôt,
puis je vous demande de mettre ça en priorité.
Mme Nichols :
Oui, ma collègue a peut-être une question complémentaire, M. le Président.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Bourassa-Sauvé, s'il vous plaît.
Robitaille : Oui. Bonjour,
monsieur. J'aimerais savoir, est-ce qu'on a une idée du nombre d'armes en
circulation au sein des membres de...
M. Smart
(Miles) : Je n'ai aucune idée, mais peut-être un par domicile.
Robitaille : Est-ce que vous parlez de 30 000 de population?
M. Smart
(Miles) : Mais peut-être il y a moins de domiciles, donc peut-être, je
ne sais pas...
Robitaille : Vous disiez «plusieurs armes par famille», est-ce qu'on
aurait une approximation du nombre d'armes?
M. Smart
(Miles) : Je n'ai vraiment aucune idée autour... des milliers, des
milliers et des milliers.
Robitaille : Vous parlez de la difficulté d'enregistrer des armes.
Selon vous, qu'est-ce qui serait idéal pour accompagner les gens pour
procéder à l'enregistrement de leurs armes?
M. Smart (Miles) : Premièrement, il faut travailler avec les organisations responsables
locales, ça peut être un gouvernement
local, régional ou une association de chasseurs. Il faut construire un
programme d'enregistrement avec eux qui
est accessible dans leur langue. Il faut avoir un programme de sensibilisation
pour la communauté puis il faut engager les membres de la communauté pour aider ce travail. Si on pense à un
aîné qui ne parle pas français, pas anglais, il a besoin de quelqu'un pour faire ça. Donc, ça, ça prend des
personnes dans chaque communauté et
d'avoir les ressources, incluant les fonds nécessaires pour le
faire.
Robitaille : Donc, ça serait
les leaders des différentes communautés, en tout cas, les organisations qui seraient proactives dans ce sens-là, qui agiraient pour le ministère.
M. Smart (Miles) : Oui, pour aider le travail. Puis les employés responsables du ministère
connaissent déjà ces organisations, et je sais qu'il y a des discussions
en cours pour faire ça. Donc, on suggère fortement que le ministère
continue ce travail, mettre toutes les ressources en place pour le
faire.
Robitaille : Merci.
Président (M. Bachand) : Mme la députée de
Vaudreuil, s'il vous plaît.
Nichols : Merci, M. le Président. Peut-être juste une dernière question, en terminant. À l'époque du projet de loi n° 64, vous parliez... vous aviez fait une présentation, en fait. Il y avait
eu des échanges pour que vous puissiez élaborer votre propre registre. Je me demandais est-ce que
ça fait encore
partie des échanges que vous avez avec le ministère
ou si c'est quelque chose que vous avez mis de côté.
M. Smart
(Miles) : Notre propre registre? Non, on n'a pas proposé ça.
Nichols : Oui, dans les
échanges, il avait été abordé la possibilité d'avoir un registre, là, spécifiquement pour...
Smart (Miles) : ...pour le territoire, pour les bénéficiaires?
M. Smart (Miles) : Oui, mais je pense qu'on avait laissé tomber cette idée. C'est parce qu'il y a d'autres gestes, par
contre, pour le registre des
bénéficiaires, des conventions qui sont en place déjà. Donc, il y a peut-être...
il y avait une façon de travailler comme ça.
Nichols : Puis selon vous,
là, ça prendrait combien de temps? Vous auriez besoin de combien de temps, là,
pour vous rendre conforme, là, au présent registre, pour pouvoir inscrire,
solliciter, informer votre communauté?
M. Smart
(Miles) : ...travail, deux à trois ans.
Mme Nichols :
Deux à trois ans pour vous rendre conforme au registre?
M. Smart
(Miles) : Donc, premièrement, pour bâtir le programme et identifier
les personnes qui vont aider à l'enregistrement, ça, ça va prendre du temps, puis pour visiter
tous les gens dans les communautés. Si on pense qu'il y a peut-être une personne qui va être responsable dans une communauté puis il y a peut-être
1 000 membres de la
communauté, ça va prendre du temps.
Nichols : Oui, oui, je comprends la complexité du territoire aussi.
Est-ce qu'il y a de l'écoute? Présentement, vous avez des échanges avec le ministère, là, vous demandez soit d'être
exclus ou d'avoir plus de temps pour vous inscrire, d'avoir de
l'assistance. Est-ce qu'il y a une ouverture? Est-ce que vous avez de l'écoute
présentement?
M. Smart
(Miles) : Y avait-il un retour du ministère? Non. Donc, on avait
demandé, dès le début... On savait que — ça, ça date de 2017 — la loi était un peu «rushed», puis on avait
dit que c'était trop vite, ça va prendre du temps de bien l'adapter aux
réalités dans le territoire, mais il n'y avait pas de réponse à ça. Ils ont
exprimé seulement leur désir à travailler
avec les organisations responsables pour aider, donc, justement, ce qu'ils font
actuellement. Mais on sait bien qu'on est bien en retard.
Mme Nichols :
Merci, M. Smart.
Le Président (M. Bachand) : Merci beaucoup, Mme la députée. Je cède maintenant
la parole au député d'Hochelaga-Maisonneuve pour une période de
2 min 43 s. M. le député, s'il vous plaît.
Leduc : Merci beaucoup. Merci pour votre présentation. C'est très
apprécié. Moi, je suis député d'Hochelaga-Maisonneuve, dans l'est de Montréal, donc je connais très, très peu,
voire pas du tout la réalité du nord que vous... dans laquelle vous
évoluez, évidemment. Donc, j'ai une question qui peut-être un peu naïve, mais,
quand vous parlez d'adaptations particulières pour les nations autochtones, je
me demande qu'est-ce que ça génère comme défi ou potentiel défi de cohabitation sur un territoire où cohabitent des
autochtones et des non-autochtones. Est-ce que ça crée de la jalousie, des
conflits?
M. Smart (Miles) : Non, je ne pense pas. Je pense que les membres non autochtones des
communautés sont bien connaissants des réalités ou les différences
légales entre les bénéficiaires des conventions puis les non-bénéficiaires. Donc, je ne vois pas de problème avec ça. On sait
déjà qu'il y a des règles très différentes qui s'appliquent dans la gestion
de la chasse, la pêche, donc je ne vois pas de problème politique local, non.
Leduc : Parce que, dans un même camp de chasse, il peut y avoir autant
des autochtones que des non-autochtones, là. Il n'y a pas des camps de chasse réservés, là. Il y a peut-être des
pratiques, évidemment, puis des cercles d'amis, mais c'est très possible
que, dans un même camp de chasse, il y ait les deux personnes.
M. Smart (Miles) : Normalement, les... Mais présentement les non-autochtones, les
non-bénéficiaires qui habitent à long terme dans les communautés, ils n'ont pas
le droit à leur propre camp de chasse. Ça dépend. Il y a des moratoires présentement en place pour les terres publiques
pour construire un camp de chasse. Toutefois, ils ont accès à des pourvoiries,
que le comité conjoint encourage
fortement. Mais il y a bien des liens familiaux puis des amis entre les
autochtones, les non-autochtones, donc ça se peut qu'il y ait un non-autochtone
invité à un camp de chasse, mais il faut qu'il suive les règles particulières.
Leduc : Et là, pour comprendre votre groupe, comme tel, le comité
conjoint, il est à la fois géré par les trois nations dont vous parliez
et aussi par les non-autochtones.
M. Smart (Miles) : Oui, oui, c'est ça. Donc, il y a cinq parties du comité conjoint. Donc,
ça inclut les gouvernements provinciaux puis le gouvernement fédéral.
Leduc : O.K. À moins d'erreur, je ne vous ai pas entendu vous
prononcer sur l'arrivée des agents de la protection de la faune dans le
portrait. Est-ce que vous avez une opinion là-dessus?
M. Smart
(Miles) : On n'a aucun
problème avec ça. On travaille étroitement avec la protection de la faune qui
sont au territoire. Ces gens sont des
experts souvent dans les droits des Cris, des Inuits, des Naskapis. Donc, on
n'a aucun problème avec cette proposition.
M. Leduc : Vous êtes beaucoup plus
susceptibles d'en croiser que des agents de la SQ, j'imagine.
M. Smart (Miles) : Oui. C'est ça,
oui.
Le Président (M. Bachand) : Merci, M.
le député. M. le député de Bonaventure, s'il
vous plaît, pour une période
de 2 min 43 s. M. le député, s'il vous plaît.
M. Roy : Merci, M.
le Président. Pour faire du pouce sur
ce que mon collègue disait, des agents de la faune, est-ce que vous en rencontrez souvent sur
votre territoire?
M. Smart
(Miles) : En fait, le comité
conjoint trouve qu'il n'y a pas assez de ressources sur la protection de la
faune. Beaucoup des droits puis les
provisions qui sont données par la Convention
de la Baie James dépensent une forte surveillance des activités de
chasse des non-autochtones. On sait bien que c'est très cher pour surveiller
cette immense région, qu'il y a aussi moins
de gens, comparé au Sud. Toutefois, la gestion de la faune est plus importante
peut-être au Nord parce que les autochtones dépendent sur la nourriture
sauvage. C'est une question de sécurité publique.
M. Roy : ...si je vous
comprends bien, il n'y a pas assez d'agents de la faune pour surveiller...
M. Smart (Miles) : Oui, mais ça,
c'est un commentaire général, puis on a déjà dit ça, oui.
M. Roy :
Non, mais c'est correct. Ça fait
partie de la discussion. Écoutez, bon, moi, je
regarde ça, vous revendiquez, bon,
une adaptation de registre pour les Cris, Inuits et Naskapis, mais il y a quand
même d'autres nations autochtones au Québec. On a les Micmacs dans la baie des
Chaleurs, on a les Hurons, on a d'autres groupes. À votre connaissance, est-ce
que ces groupes-là et ces nations,
ces communautés-là ont le même genre de revendication? Est-ce que vous vous
êtes parlé ou vous travaillez plutôt chacun de votre côté?
M. Smart
(Miles) : Nous autres, on
travaille uniquement pour le territoire avec les Cris, les Inuits, Naskapis,
mais, commentaire général, oui, ils
ont quand même des droits, les mêmes droits, même s'ils ne sont pas encadrés
par une convention. Ils ont généralement les mêmes droits. Puis les
mêmes... peut-être les mêmes réalités aussi.
M. Roy :
On jase, là. Si vous avez des modifications réglementaires dans le registre, ça
va faire effet de jurisprudence pour l'ensemble des autres nations
autochtones.
M. Smart (Miles) : Oui, mais...
M. Roy :
Ça veut dire que la décision ou, en tout cas, les accommodements potentiels que
le gouvernement voudrait faire pour vous, pour vos groupes, vont ruisseler vers
les autres nations qui vont revendiquer les mêmes choses. Et moi, je regarde chez nous, on a la communauté micmaque de
Restigouche, qui sont en... on est tous... on vit ensemble, ça fait que là
ça va être quelque chose à gérer aussi, là.
M. Smart
(Miles) : Mais il y a
d'autres lois déjà qui avaient des dispositions disant que le gouvernement
pouvait signer des ententes pour les
mettre en oeuvre avec telle nation autochtone. Donc, ce n'est pas une nouvelle
idée, ça. C'est tout que je peux dire de ça.
Président (M. Bachand) :
Merci, M. le député. M. le député de Chomedey, pour 2 min 30 s,
s'il vous plaît. La parole est à vous.
Ouellette : Merci. Bonjour,
M. Smart. Bien heureux de vous accueillir aujourd'hui. Je ne vous ai pas
vu à la consultation sur le projet de loi n° 64.
Il y a-tu une raison pourquoi le comité consultatif n'était pas venu déposer?
M. Smart (Miles) : Oui. Dans le
temps, on avait... Je sais que, quand le ministre de l'époque avait parlé de peut-être mettre en place un système, on avait
envoyé une lettre. Je ne me souviens pas pourquoi, la raison, on ne s'est pas
présentés, mais je sais qu'il me semble que la Société Makivik puis le
Gouvernement de la nation crie ont présenté un mémoire à la commission. Mais on avait envoyé plusieurs lettres, des
commentaires, puis on avait des échanges avec le ministère.
comme j'ai déjà mentionné, c'est la position du comité conjoint qu'on devrait
être consulté à l'avance, normalement.
On est prioritaires et exclusifs pour les consultations, et on ne devrait pas faire
partie nécessairement du processus de
consultations publiques.
Ouellette : Et vous savez
qu'il y a un projet de règlement qui a été déposé le
22 mai. J'espère que vous avez fait parvenir des commentaires au ministère.
M. Smart
(Miles) : ...on n'avait pas
envoyé de commentaires, mais les Cris et les Inuit ont envoyé des commentaires.
Donc, on était en copie.
M. Ouellette : O.K. Effectivement,
en 2016, le Grand Conseil des Cris était venu déposer. Demain, on va les rencontrer et puis probablement qu'on va... parce qu'ils étaient d'accord à mettre en place le
registre avec des adaptations, et je pense que mon collègue d'Ungava est très
au fait de la situation. La Société Makivik était venue, l'Association des
Premières Nations était venue, et on ne les retrouve pas lors des présentes
consultations.
Je vois
que vous nous faites deux recommandations. Vous nous mentionnez l'utilisation
de l'article 1, paragraphe trois. Est-ce qu'on parle de la loi de
la Convention de la Baie James? On parle de quelle loi que vous voulez avoir
une clause dérogatoire, là?
M. Smart
(Miles) : Oui, on parle de
la loi qui donne le pouvoir au ministre de mettre... par règlement, d'exempter
certains groupes de la loi ou de parties de la loi et, pour nous, cette
demande, c'est temporaire. C'est jusqu'à ce que les armes à feu soient
enregistrées.
Ouellette : Avez-vous le
mandat, aussi, au comité consultatif, de parler au nom des Inuit et des
Naskapis, compte tenu du fait que le Grand Conseil des Cris va être ici demain? Est-ce que vous avez le mandat de parler en leur
nom? Et je rejoins mon collègue de
Bonaventure, il ne faudra pas, effectivement, oublier qu'il y a d'autres
Premières Nations sur le territoire du Québec et que c'est interrelié.
J'entends
aussi qu'il y a un projet d'entente qui devrait être signée bientôt entre
Makivik... Je pense que c'est le processus
normal, parce que la loi a été — la loi n° 64 — déposée en 2015, consultations en 2016,
adoptée en juin 2016. Je ne sais
pas... quelque chose qui est arrivé hier. Il y a un processus et je vous
recommanderai, parce que je pense que mon temps... Le président est à la
veille de me couper, là...
Le Président (M.
Bachand) : En terminant, oui.
Ouellette : Quand vous avez
des commentaires comme ça, surtout quand il y a des lois qui sont à
l'étude en commission, faites-les parvenir à la commission
pour que ça soit à la connaissance des députés qui ont à étudier en étude
détaillée.
Le Président (M.
Bachand) : Merci, monsieur le député.
M. Ouellette : ...parce que c'est la
première fois...
Président (M. Bachand) : M. le député. Très bon conseil en passant, à suivre. Alors, sur
ce, je vous remercie beaucoup d'avoir été ici présent.
Je vais
suspendre les travaux pour donner la chance au prochain groupe de s'installer.
Merci infiniment d'avoir été ici. Merci.
(Suspension de la séance à 10 h 28)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses travaux. Je souhaite maintenant la bienvenue aux représentants de la Fédération québécoise des chasseurs
et pêcheurs. Je rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi nous allons procéder à la
période d'échange avec les membres de la commission. Alors, encore une fois, bienvenue. Je vous invite à
vous présenter et à débuter votre exposé. À vous la parole.
M. Renaud
(Marc) : Bonjour, M. le Président, Mme la ministre, bonjour. Mmes et MM. les députés de la commission, je m'appelle Marc Renaud, je suis le président
de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, qu'on nommera dans
cette allocution la FédéCP . Qui m'accompagne avec
moi, notre directeur général, M. Alain Cossette et la directrice
générale adjointe, Mme Stéphanie Vadnais.
Nous nous présentons en tant que spécialistes de
l'éducation relative aux armes à feu et aux activités de chasse. Depuis 50 ans nous assurons la formation des
chasseurs au Québec, ce qui a contribué à une diminution drastique du
taux d'accidents de chasse, principalement ceux
impliquant les armes à feu. L'expérience acquise et les résultats probants démontrent l'efficacité de l'éducation dans les activités avec armes à feu. La FédéCP, c'est un OSBL qui représente les chasseurs et pêcheurs du Québec depuis 70 ans. Elle compte
aujourd'hui 310 associations et organismes membres répartis dans
toutes les régions du Québec.
La FédéCP est
reconnue par la loi comme membre de la Table nationale de la faune, table qui
conseille le ministre des Forêts, de
la Faune et des Parcs. La fédération est mandataire du gouvernement depuis 1972
pour dispenser des cours obligatoires
pour toute personne désirant chasser. Afin d'atteindre ses objectifs, la
fédération s'appuie sur ses filiales de Sécurité Nature et sa fondation, Héritage Faune. C'est en croyant à
l'importance de l'éducation qu'elle a créé Sécurité Nature. Elle compte
une dizaine d'employés et encadre 470 moniteurs bénévoles. Depuis 1994,
nous sommes mandatés par le ministère de la
Sécurité publique du Québec pour dispenser les cours canadiens de sécurité dans
le maniement des armes à feu. Au
cours des cinq dernières années, Sécurité Nature a assuré la formation de plus
d'un quart de million de participants, dont près de 100 000 pour le
cours d'initiation à la chasse avec arme à feu, la porte d'entrée des nouveaux
chasseurs.
Nous devons
d'abord réitérer que nous ne croyons toujours pas que le système
d'immatriculation des armes à feu est
un moyen efficace d'améliorer la sécurité publique. Notre position est
d'ailleurs appuyée, entre autres, par nos partenaires fauniques, la Fédération des pourvoiries du Québec
ainsi que Zecs Québec. Bien que nous soyons en désaccord avec la loi, nous
avons fait notre devoir de conseillers en matière d'arme à feu et de
représentants des chasseurs pour qu'à tout le moins le système d'immatriculation soit fonctionnel une
fois mis en place. Nous sommes satisfaits de l'écoute dont le gouvernement
a fait preuve dans ce dossier et nous appuyons la majorité des propositions.
Trois propositions de ce projet de loi sont
basées sur nos recommandations, et elles s'avèrent pour nous de véritables
évidences pour faciliter l'application sur le terrain et la simplification pour
les citoyens. La première, retirer l'obligation
de signaler la modification du lieu où est gardée une arme à feu si elle est retrouvée
hors du lieu initial pendant 15 jours
ou plus. La deuxième, permettre au propriétaire de fournir aux agents de la
paix le NUAF, le numéro d'identification d'arme à feu unique, qui correspond le plus souvent au numéro de série
de l'arme, plutôt que le numéro d'immatriculation d'arme à feu, le NIAF. Et enfin enlever la longueur
du canon de la liste des caractéristiques demandées lors de l'immatriculation. Quant à la quatrième
recommandation, qui vise à octroyer un pouvoir additionnel aux agents de la faune
afin qu'ils puissent donner des infractions aux chasseurs dont les armes
ne sont pas enregistrées, nous ne pouvons que nous
y opposer si nous voulons que nos agents de la faune puissent se concentrer sur
leur rôle premier de protection de la faune.
Actuellement,
il est obligatoire de signaler le changement du lieu où est gardée une arme à
feu si elle se retrouve hors du lieu
initial pendant 15 jours ou plus. Cependant les chasseurs partent
généralement pour plusieurs jours, voire plusieurs semaines à la fois,
et les trappeurs peuvent se rendre en forêt pour des périodes de plus d'un
mois. Même si le SIAF prétend que le
processus d'immatriculation et de gestion des armes immatriculées est simple,
il s'avère que la réalité ne l'est toujours pas autant. De plus, il n'y
a rien de plus incertain que les couvertures cellulaires ou wifi une fois en
forêt. Cette exigence de la loi n'est pas
adaptée aux activités de chasse et devrait simplement être abolie, ce qui
devrait être le cas lors de l'adoption des propositions de modification
à cette loi.
Ensuite, en établissant le système
d'immatriculation, un des éléments qui a été retenu était celui de réduire le tracas lié à la paperasse pour les propriétaires
d'arme. On ne les oblige donc pas à transporter un permis papier qui indique
que l'arme est immatriculée. Toutefois, le
propriétaire d'une arme doit être en mesure de fournir le numéro
d'immatriculation si un agent de la
paix lui demande. Cela implique qu'il ait noté ce numéro, qu'il est soit sur un
papier ou sur un téléphone portable. Le résultat est donc le même. Bien qu'il
n'y a pas l'obligation de transporter un permis, le propriétaire devra
porter sur lui le NIAF d'une quelconque façon. Afin de réellement éviter le
tracas relié à la conservation de ces numéros issus du système d'immatriculation, il suffirait que l'agent de la paix puisse
simplement faire les vérifications à l'aide du numéro unique qu'il y a sur l'arme à feu, tel qu'il est proposé dans le projet de loi. Le NUAF, qui correspond le plus souvent au numéro de série, est déjà
inscrit sur l'arme à l'achat. Cette façon
de faire éviterait bien des
tracasseries aux propriétaires
d'armes.
Finalement, le critère d'identification de l'arme
demandé sur le formulaire d'immatriculation doit être permanent afin qu'il soit pertinent dans l'identification. On parle de... La marque, le modèle, le calibre et le mécanisme entrent
dans ces catégories, toutefois, la longueur du canon, qui peut varier pour un
même modèle, ne sert pas à l'identification. Par ailleurs, la
mesure du canon demande une manipulation supplémentaire en plus de devoir être
exécutée selon une méthode bien précise afin que les chiffres correspondent à ceux enregistrés dans le système.
Il est plutôt illogique de contribuer à l'embourbement du système en
demandant une mesure qui n'est pas utile à l'identification d'une l'arme.
Nous n'adhérons pas au pouvoir que le gouvernement
veut attribuer aux agents de protection de la faune quant à l'octroi du constat d'infraction lié à l'immatriculation de l'arme à feu. Ceux-ci sont déjà trop peu nombreux sur le
terrain, et leur priorité est de travailler à protéger notre bien collectif qu'est
la faune. Ils n'ont pas à servir une bureaucratie sans valeur pour le milieu faunique. Dans
son rapport du printemps 2016, la Vérificatrice
générale du Québec
souligne que la majorité des heures travaillées, soit un peu plus de 50 %, est consacrée à des
activités effectuées au bureau. Par ailleurs, la chasse est d'ailleurs une activité qui est déjà très
réglementée, et, chaque fois qu'un chasseur reçoit une infraction, le risque de
le voir abandonner l'activité est grand. Recevoir une amende de 500 $ dans
le cadre d'une activité de loisir pour avoir
omis d'enregistrer une arme n'est rien
pour favoriser la rétention des
adeptes. Si le gouvernement va de l'avant avec cette mesure, ce que nous lui déconseillons fortement,
nous demandons à ce que les agents de protection de la faune donnent des avis seulement plutôt que des infractions afin de limiter l'impact négatif de la mise en application de cette loi
dans les activités fauniques.
conclusion, nous sommes reconnaissants que le gouvernement tienne compte de la réalité des chasseurs dans l'application de la
Loi sur l'immatriculation des armes
à feu. Toutefois, nous tenons à
rappeler que les sommes investies dans
cette machine administrative
atteindraient beaucoup mieux leur but si elles étaient utilisées à des fins de
renforcer les pratiques sécuritaires du maniement des armes à feu, soutenir les organismes de lutte au
suicide, offrir un suivi et un soutien accrus aux personnes à risque de violence telles
que les gens ayant des antécédents de violence familiale, encadrer les
personnes souffrant de troubles
mentaux, financer les programmes sociaux d'aide aux victimes d'actes criminels et
lutter contre crime organisé.
La FédéCP
considère que les mesures légales en place sont suffisantes pour assurer un bon contrôle des armes à feu en circulation, que les statistiques sur les
homicides et l'expérience précédente du registre fédéral ne justifient
aucunement de répéter une erreur semblable, et que le système d'immatriculation
constitue un obstacle à la pratique de la chasse, une activité essentielle à la gestion des populations
animales. Le gouvernement fédéral s'est plongé dans un gouffre financier
avec son registre. Il est désolant que le
Québec se soit empressé d'y retomber. Nous fondons des espoirs sur le
gouvernement actuel, qui a promis de
réviser les dépenses de l'État et de restreindre les dépenses inutiles. Nous
persistons à croire que le système
d'immatriculation est une réponse politique facile à des inquiétudes semées par
des événements tragiques. Malheureusement, nombre de citoyens qui se
croient protégés par un système d'immatriculation ignorent la réalité des chasseurs et la réglementation entourant l'achat
d'armes de chasse. Il est trompeur de faire croire à la population que les
fusillades diminueront grâce à une banque de données. Notre gouvernement doit
réaliser que ce genre de gestes ne diminuera
que si l'on prend soin des humains qui les commettent. Dès que l'humain sera au
coeur d'un projet de loi, nous serons les premiers à l'appuyer. Nous
vous remercions de votre attention. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Bachand) : Merci, M. Renaud. Alors, je me tourne vers
la ministre. Mme la ministre, vous avez la parole.
Mme Guilbault : Merci beaucoup, M. le Président. Merci,
messieurs, madame, d'être ici aujourd'hui. Merci à la fédération, un groupe que...
bien, je dirais que je connais bien, là, depuis mes presque deux ans en
politique, groupe qui siège
d'ailleurs dans ma belle circonscription de Louis-Hébert, à votre siège social, M. Cossette, qui est un fier résident de
Louis-Hébert aussi. J'aime ça, le dire parce que, M. le
Président, évidemment, Louis-Hébert est toujours ma priorité, où que je sois.
Donc, merci
beaucoup d'être venus aujourd'hui nous partager à nouveau votre point de vue.
Vous étiez présents avec nous lors de notre annonce, le 23 janvier, de
mémoire, l'annonce du fait que nous comptions déposer ce projet de loi n° 25, et déjà on avait
eu un aperçu, là, de votre opinion.
On connaît votre opinion sur le registre comme tel. Donc, vous n'êtes pas nécessairement favorable au registre,
mais on avait dégagé ce consensus à l'effet qu'effectivement il y avait quand
même moyen de réduire certains irritants. Vous avez nommé, je pense, d'ailleurs, là, dans
votre exposé, les trois irritants en
question sur lesquels vous êtes d'accord, irritants que j'ai nommés aussi en
remarques préliminaires. Donc, c'est ça. Il y a un de ces éléments-là seulement qui est contenu dans le projet de
loi d'aujourd'hui, les deux autres, la longueur du canon et le 15 jours, sont dans le projet de
règlement qui a été élaboré en... qui a été modifié en parallèle. Donc, alors,
merci d'être venu à nouveau nous entretenir de ce que vous en pensez.
Et, moi,
j'aurais une question. Parce que, c'est ça, ça fait quelques mois quand même,
là, qu'on travaille ensemble par
rapport à ça, qu'on a des communications régulières. Et, compte tenu,
justement, de l'intention qu'on avait annoncée en janvier dernier de
déposer ce projet de loi et du fait que je l'ai déposé entre temps et que nous
sommes maintenant aux consultations et que,
vraisemblablement, cet automne suivront l'étude détaillée et compagnie pour
pouvoir adopter le projet de loi en question, est-ce qu'à votre
connaissance ça a une incidence sur vos membres? Est-ce que vous avez connaissance que vos membres sont davantage
enclins à s'inscrire ou est-ce que... Puis peut-être une sous-question tout
de suite à ma question : Est-ce que
vous croyez qu'il y a encore beaucoup d'ignorance ou de méconnaissance chez vos
membres sur même l'obligation de
s'enregistrer? Parce qu'on est déjà à 700 000 inscriptions, quand
même, sur le 1,6 million total, là, qu'on prend des données du fédéral, et, avec l'inventaire qu'on a qui
n'est pas encore saisi, on frôlerait le million d'armes enregistrées. Donc, quand même, c'est un
chiffre qui est intéressant, là. Il y a avait beaucoup de sceptiques au départ,
et on frôlerait le million en ce moment, mais je pense qu'il y a encore
peut-être un petit peu de méconnaissance chez certaines
personnes au Québec. Alors, j'aimerais savoir, vous, en vos qualités d'experts,
votre qualité d'expert est-ce que vous
pensez qu'il y a encore cette méconnaissance chez vos membres. Et est-ce que
vous pensez que ce projet de loi là, pour ceux que... qu'il y ait
méconnaissance ou non, est-ce que vous pensez que le projet de loi va
effectivement susciter davantage d'adhésion chez vos membres?
M. Renaud
(Marc) : Bien, les
modifications qui se proposent d'être apportées vont sûrement, je dirais, en
faire certains satisfaits qui vont...
je ne dirais pas des récalcitrants, on n'a pas chasseurs récalcitrants, la loi,
elle est là, mais je pense qu'il va y
avoir un impact, à tout le moins, très positif. Il restera tout le temps
certaines personnes qui, soit que c'est la méconnaissance ou peut-être
une frustration d'un outil supplémentaire, une barrière supplémentaire à
l'activité de chasse... Mais, non,
moi, je pense que l'allègement va aider beaucoup à certains. Et là, bien, après
ça, il restera le travail à faire aussi pour
ceux qui sont peut-être moins bien informés, de mieux publiciser et de rendre
l'accessibilité facile, parce que le
fait de l'informatique n'est pas nécessairement, en région, toujours facile
pour certains. Alain, peut-être, mon directeur, pourrait rajouter
certains points ou Stéphanie.
Vadnais (Stéphanie) : Bien,
en fait, si je peux ajouter également, c'est qu'un des échos principaux qu'on
a, c'est concernant la lenteur, là, du traitement des dossiers. Donc, c'est ce
qui se discute énormément sur le terrain, à l'effet que certains chasseurs qui ont procédé à la démarche
légale, là, n'ont toujours pas de retour, même sur des enregistrements, là, qui datent de l'hiver. Donc, c'est ce qui se
parle beaucoup. Ça démotive aussi plusieurs propriétaires d'armes à feu à
faire les démarches. Donc, c'est ce qu'on
entend énormément sur le terrain, bien que l'information par rapport à l'immatriculation
semble avoir bien passé dans le milieu.
M. Cossette (Alain) : Si je peux, M. le Président... Oui? Si je peux
renchérir là-dessus, moi, je voudrais rappeler que notre organisation s'oppose
toujours au registre. Et, face à cette opposition-là, on n'a jamais prôné la
désobéissance civile. Vous avez vu
tous les échos qu'on a faits, on a toujours prôné à ça, on a toujours été en
faveur de l'éducation, puis, nous
autres, on trouve que le registre, c'est... pour renchérir ce que
Mme Vadenais disait, c'est que le registre, c'est de la bureaucratie qui ne servira à rien. Puis, pour
nous autres, l'argent que vous êtes en train de perdre là, si vous êtes en
train de vouloir... de faire, d'investir aussi dans le Nord comme vous le
mentionnez, sortir les vrais coûts, là, on va avoir des surprises avec les vrais coûts si on calcule tout.
Pour nous autres, c'est une aberration. Si vous avez de l'argent, là, bien,
mettez-le à des endroits tels que les campagnes que nous faisons. On a mis en
place des campagnes sur l'entreposage sécuritaire
des armes à feu et la manipulation. Ça fait que, ça, ça vous donne beaucoup
plus de résultats. Si vous avez de l'argent
à mettre, mettez-le, là. Mettez-le sur la surveillance des personnes en détresse, et autres, tel qu'on l'a
mentionné. Mais, pour nous autres,
c'est vraiment important, là, que, si vous avez de l'argent
tant que ça à perdre... On est une société
qui n'est pas riche, même M. Legault le
disait encore dernièrement, mais si... Ce n'est pas de cette façon-là, là,
qu'on va enrichir notre société pour de la bureaucratie qui ne donnera
rien.
Président (M. Bachand) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Oui, merci. Bien, justement, sur la question
des campagnes d'information et de sensibilisation, vous
évoquez celle que vous faites, vous, pour l'entreposage sécuritaire, et tout
ça. Dans le cadre des campagnes que vous organisez, parce que vous disposez de certains moyens, financiers et
autres, pour communiquer avec vos membres, est-ce que vous incluez des
fois un volet sur l'immatriculation obligatoire des armes au Québec? Ça va un peu
en lien avec ma précédente question, là, sur est-ce
qu'il y a encore de la
méconnaissance. Il y a certainement encore de la réticence chez vos membres, là, puis ce n'est pas un secret, là. Aujourd'hui, vous venez de répéter que vous êtes contre le registre. Mais, malgré
tout, on chemine quand même
ensemble sur ce qu'on pense en commun. Donc, est-ce qu'il y a encore de la méconnaissance — qui
était ma précédente question — et, sur cette base, est-ce que vous-mêmes
faites des actions de rappel, ou de sensibilisation, ou de communication
à vos membres sur cette question d'immatriculation des armes à feu?
M. Renaud (Marc) : Bien oui. Oui, on fait régulièrement référence au
registre, que ça soit toutes nos publicités et nos campagnes de sensibilisation
pour la sécurité des armes, on y va toujours. Quand il y a eu de la
communication à faire auprès de nos
membres lors de l'immatriculation, quand le projet de loi a été... quand la loi
a été passée, on a sensibilisé nos membres
puis on va continuer à les sensibiliser, parce que, comme disait notre
directeur, on n'est pas là pour de la désobéissance
civile, loin de là. Même si on est contre le registre, maintenant qu'il est là,
on continue à faire de la sensibilisation parce qu'on ne veut pas... Les chasseurs, ce ne sont pas des illégaux.
Les chasseurs, ce sont des chasseurs, c'est une activité... donc, on ne veut pas qu'ils soient illégaux, on
veut qu'ils respectent la loi, c'est bien évident. Ça fait qu'on continue, puis
c'est la sécurité. On fait... on continue nos campagnes de sensibilisation
malgré tout.
Mme Guilbault : Merci. Je vais revenir sur ce que mademoiselle
disait sur l'inventaire, là, ce que j'appelle l'inventaire, qu'on peut appeler «backlog», arrérages, là, donc
les demandes qui sont entrées chez nous et qui ne sont pas encore saisies
au système, parce que, puis je l'ai dit ce
matin quand les médias m'ont interrogée là-dessus, c'est important, quand même,
d'être transparents puis de faire un certain
mea culpa, parce qu'effectivement il y a cet inventaire, il y a ce décalage
dans la saisie d'un certain nombre de
demandes qui sont envoyées au gouvernement. On travaille extrêmement fort pour...
dans le respect des coûts qui sont prévus pour le registre.
M. Cossette a évoqué avec raison les coûts. Donc, on veut respecter l'enveloppe budgétaire qui est prévue, mais on
travaille extrêmement fort pour aller le plus rapidement possible. Comme je
disais, on est à 700 000 d'inscrites,
mais, en tenant compte de cet inventaire, on serait peut-être, là, à
1 million. Donc, quand même, ce
sont des chiffres encourageants. Mais je voulais le dire parce qu'on n'est pas
dans le déni de cette situation-là, on en
est bien conscients, on a des plans. Le Directeur de l'état civil, là, c'est
eux qui sont en charge de ça, donc, et d'en faire un plan d'action pour
essayer d'aller le plus rapidement possible.
Mais,
toujours pour revenir sur la méconnaissance puis la sensibilisation de vos
membres, je profite de la tribune qui
m'est offerte aujourd'hui pour solliciter votre concours pour rappeler à vos
membres, à ceux qui vont s'inscrire, qui vont faire une démarche d'immatriculation, de garder une preuve de cette
démarche-là. Parce qu'effectivement il y a des gens qui peuvent être inquiets du fait d'être interceptés, là — la chasse s'en vient cet automne — et de ne pas avoir reçu, là, leur papier d'immatriculation officielle même
s'ils ont fait leur démarche dans les derniers mois. Donc, c'est important de
garder une preuve, que ce soit un «print
screen», un imprime-écran ou un accusé de réception, une preuve, le courriel
d'accusé de réception, et tout ça.
Donc, je vous le dis pendant que vous êtes ici. Si vous voulez le répéter à vos
membres, vous êtes en contact avec
peut-être plus de chasseurs que je le serai dans le courant des prochaines
semaines, donc c'est important de passer le message, gardez une preuve
de votre démarche. Et, si vous faites la preuve que vous avez fait votre
démarche d'immatriculation, si c'est nous
qui n'avons pas encore fait la saisie, vous ne serez pas dérangés ou inquiétés
par d'éventuelles sanctions. Donc, je profitais de la tribune qui m'est
offerte.
Peut-être
une dernière petite question... Vous avez parlé des agents de protection de la
faune. J'aimerais savoir ce que vous
pensez de la mesure qui est proposée dans le projet de loi de leur offrir la
possibilité, en fait, le pouvoir discrétionnaire de donner ce qu'on appelle un «sept jours». Donc, plutôt que
d'intercepter systématiquement ou de donner systématique une contravention, de pouvoir donner le sept
jours, donc la personne va avoir sept jours pour s'immatriculer, auquel cas
elle ne recevra pas de sanction, un
outil de travail qui est similaire, d'ailleurs, à ce qu'ils ont déjà dans le
cadre de leur travail régulier pour la protection de la faune.
M. Renaud
(Marc) : Si vous permettez, je vais laisser aller M. le D.G.
M. Cossette (Alain) : Juste, en gros, comme organisation, on en a
discuté d'ailleurs, on avait un conseil d'administration en fin de semaine, et, pour nous autres, les
agents de protection, on a un manque au Québec, là. Les gens sont même heureux
quand ils en voient un après 15 ans,
là, ça fait que ça vous donne une idée, puis de les voir après 15 ans,
puis d'en arriver... puis essayer... qu'ils perdent du temps à donner
des infractions, pour nous autres, c'est que...
Pour
répondre directement à votre avis, une infraction, on est totalement
contre. L'avis aussi, mais s'il y a quelque
chose à donner, laissez l'avis. Puis l'avis, les agents l'ont proposé dans
leur mémoire aussi, c'est que, dans leur mémoire... c'est que l'avis
soit à la sortie de la forêt. Ça fait que c'est donner tant de jours une fois
qu'il est sorti de la forêt pour aller se
conformer. Ça fait que, déjà là, c'était une bonne suggestion
de la part des agents, mais, s'il
vous plaît, on l'a dit dans notre dossier, 50 % du temps est passé
en bureaucratie, d'après la Vérificatrice
générale. Si vous faites perdre du
temps avec la notion du registre, ça
va être encore plus grand en bureaucratie. On peut-u les avoir sur le terrain, s'occuper
des vrais problèmes fauniques, puis
qu'ils soient là pour justement éduquer, sensibiliser puis être omniprésent dans
nos forêts pour protéger nos biens
collectifs, là? Puis le fait d'avoir des infractions, au moins, avec un avis,
c'est d'aller se conformer. Une infraction, on les perd. Puis on voit déjà,
là, qu'on est en perte un peu du nombre de chasseurs, puis c'est un outil nécessaire.
chasse, là, ce n'est pas compliqué, c'est... On empêche des dommages aux agricultures, 8 000 accidents routiers par année par les cerfs de
Virginie, 1 000 par les orignaux. Ça commence à être des dommages, si on
ne contrôle pas les populations, là, puis si on les laisse aller. On
génère une économie au lieu de devenir une dépense par l'État. Ça fait que c'est tout ça, là, il faut tenir compte de
tout ça, puis la relève a changé, elle change, puis si on arrive dans la forêt
puis on écoeure cette relève-là, ce
n'est pas bon, on va les perdre. Puis on est heureux, en plus, de nos chiffres,
on est rendus à 30 % de femmes.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup.
Mme Guilbault : Merci
beaucoup. Je pense que mon collègue
de Saint-Jean a une question, donc je vais lui laisser la parole.
Président (M. Bachand) : M. le député de Saint-Jean,
il vous reste trois minutes.
Lemieux :
Trois minutes. Merci, M. le
Président. M. Renaud, on ne
s'entend pas. En partant, vous êtes contre le registre, mais il y a quelque chose que je ne comprends pas. Quand vous parlez de financer d'autres actions,
que ce soient des agents de la paix,
financement de programmes sociaux, santé mentale, qui représentent déjà
plus de la moitié du budget québécois, je pense qu'il n'y a pas personne
au gouvernement qui pense qu'on n'est pas capable d'en faire de
ce côté-là puis que c'est l'argent du
registre qui prend tout ça, là, je pense qu'il n'y a pas personne
ici qui voit dans le miroir un problème. Mais dans le miroir, moi, ce
que j'entends, depuis un an ou presque, de vos 125 000 membres, sinon
de votre bouche à vous, c'est qu'on a
démonisé les chasseurs ou que le registre démonise les chasseurs. C'est comme
si on les prend à partie. Il y a quelqu'un qui m'a dit qu'on en faisait
des criminels.
que je ne comprends pas, là-dedans, c'est que le chasseur, il immatricule sa
remorque à bateau, il immatricule son
drone s'il va faire du repérage sur son territoire, il passe sa vie
dans la paperasse — appelons-le
comme ça, jusqu'à un certain point — sa
vie personnelle, pas juste sa vie de chasseur. Je ne comprends pas comment on
en est venus à assumer, tout le monde, qu'on était méchants à l'égard
des chasseurs. Ça me dépasse. Expliquez-moi ça.
M. Renaud (Marc) : Certainement. Vous voyez, les
chasseurs, c'est eux qui sont ciblés pratiquement. Qui utilise les armes
de chasse qui vont être contrôlées, qu'on va vérifier, qu'on va intercepter? Ça
ne sera pas le criminel qui va acheter une
arme de chasse illégale ou un... non. Les chasseurs, on a déjà une
obligation, déjà, pour être chasseur, de suivre des formations. Après ça, une fois que les deux
formations sont faites, on n'a toujours pas d'arme à feu dans les mains, on doit avoir un permis de possession et
d'acquisition. Donc, c'est la lourdeur qui fait qu'à un moment donné un autre obstacle, une autre carte à demander, une autre vérification
à faire... Puis ce qu'on dit, c'est que l'argent... On n'a jamais dit que l'argent, il n'en avait pas été mis en santé
mentale... mais on dit que ce gaspillage financier là pourrait facilement
servir. Vous savez, je viens d'un milieu familial où est-ce qu'on travaille beaucoup
avec les gens de la rue, où est-ce qu'on est dans la santé mentale aussi, avec les itinérants, puis
je peux vous dire... prenez juste ces millions-là dépensés puis donnez-en,
divisez ça entre chacune des municipalités. Je connais des travailleurs de rue qui seraient très heureux parce qu'ils ne
le voient pas l'argent que vous dites
qui arrive. Ça fait que, pour moi, je pense que le chasseur, présentement, est ciblé, sans dire ciblé directement, mais on cible les armes de chasse. Qui utilise les armes de chasse de
façon légale? Ce sont les chasseurs. On rajoute une restriction. Ce
n'est pas le chasseur qui fait les crimes.
M. Lemieux : Mais on s'entend tous, là, que, quoi qu'on fasse,
dans la vie, il y a des permis à aller chercher, il y a des
certifications à aller chercher. C'est des armes à feu. Donc, vous me dites,
là, vous, là : Pour un drone, j'ai besoin d'un permis, j'ai besoin
de l'enregistrer, pour ma remorque aussi, pour plein de choses. Même la radio
amateur que j'utilisais quand j'étais... CB,
là, il fallait que j'aie une licence. Ça, on va tous passer à travers la
paperasse parce qu'on n'a pas le choix, mais, pour les armes à feu,
c'est différent. C'est ça que vous me dites.
M. Renaud (Marc) : On n'a pas le
choix, on s'est... sur beaucoup, a déjà été critiqué, il y a des commissions, j'imagine, sur toutes les immatriculations des remorques, sur tous les autres objets. Présentement, on est sur le projet de
loi n° 25 qui fait qu'à un moment donné on a déjà
toutes les immatriculations. Il y a
Mme Vadnais, notre directrice adjointe, qui aimerait aussi vous
répondre si vous le permettez.
Mme Vadnais (Stéphanie) : Oui, mais, en fait, on s'appuie sur des faits,
entre autres l'échec, là, du registre d'armes à feu fédéral qu'on a connu. Ce qui nous inquiète particulièrement,
c'est vraiment les coûts, les coûts très élevés associés à ce
registre-là. Oui?
M. Lemieux :
Vous parlez du provincial ou du fédéral? Parce le fédéral est fermé, là.
Mme Vadnais (Stéphanie) : Oui, oui, c'est ça, en fait, oui, exactement.
Donc, ce qui nous inquiète, c'est d'avoir vu, justement, l'échec du registre fédéral, et donc on applique ça ici
au registre provincial. Ce qui nous inquiète, c'est les coûts importants associés à celui-ci. Et pour
répondre à votre question également, oui, on immatricule les remorques, on
immatricule les voitures aussi. Est-ce que
ça empêche les gens de conduire en état d'ébriété? Est-ce que ça empêche les
comportements irresponsables? Non. Donc,
nous, notre point, depuis le début, c'est vraiment de mettre les efforts sur
les personnes et non pas sur l'objet. Voilà.
Président (M. Bachand) : Merci. Merci beaucoup. Mme la députée
de Vaudreuil, s'il vous plaît.
Nichols : Merci. Merci, M. le Président. Je fais
partie du 30 %,
là, des femmes qui pratiquent, je suis contente de vous le dire. Je me pose... Ma question va être superbête, là, ou
superdirecte, là. Je lis, je comprends votre position, et la question qui me revient tout le temps : C'est
quoi, le préjudice d'enregistrer son arme? Moi, je n'en vois pas. Comme je
vous dis, je pratique la chasse, personne ne
me traite de criminelle parce que j'ai une arme à feu ou... Puis je le fais...
Écoutez, je la répète ma question : Quel est le préjudice
d'enregistrer une arme?
M. Renaud (Marc) : C'est simple, enregistrer une arme à feu dans l'objectif que la loi est
venue, on ne la comprend pas. On
enregistre une arme à feu pour la sécurité publique. On a déjà toute la
réglementation qui fait que, pour acheter une arme, il faut déjà être vérifié. Entre autres, c'est une des portions
pourquoi... Et pourquoi empiéter d'une autre réglementation, d'une autre
obligation qui n'amènera pas les résultats escomptés. Stéphanie?
Mme Vadnais (Stéphanie) : Bien, j'en profite pour répéter aussi le fait
que, bien, ça semblait farfelu tantôt, là, quand j'ai parlé de l'échec du
registre fédéral, par contre, c'est quand même un fait, on ne voudrait vraiment
pas répéter cette situation-là à l'échelle
de notre province. Et puis je répète aussi que, pour nous, c'est une illusion,
là, de sécurité, ce registre-là, ça n'empêche pas les gens, là, de
passer à l'acte.
Nichols : Dans le fond, ce que j'en retiens, c'est que le préjudice,
c'est la lourdeur pour le chasseur de faire des démarches pour
enregistrer son arme, c'est ce que j'en retiens, parce qu'on n'a pas une étiquette
dans le front parce qu'on vient
d'enregistrer une arme à feu — criminelle — ou on n'a pas... Puis l'objectif du projet
de loi, là, tout le monde est
d'accord, là, ce n'est pas de criminaliser les propriétaires d'une arme à feu,
là, c'est clair avec ça, ce n'est pas de les stigmatiser ou quoi que ce soit, ce n'est pas l'objectif. Donc, moi, je
continue à croire qu'il n'y a pas vraiment de préjudice pour la personne quand on lui demande d'enregistrer
son arme, puis, au contraire, on facilite même les moyens pour l'enregistrer,
l'arme.
Mais, puisque vous
avez parlé du registre fédéral, on parle — puis je vous pose la
question, mais je connais la réponse — on parle que les homicides, les accidents
puis les suicides par arme à feu ont diminué de beaucoup avec le registre
fédéral. Avez-vous une idée de combien de vies ça peut représenter par année,
juste ce registre-là?
M. Cossette (Alain) :
Quand on parle d'éducation, là, comment c'est important, là, pour nous autres,
là, avant qu'il y ait des cours obligatoires
au Québec, là... S'il y a des cours obligatoires au Québec, c'est à cause de
notre organisation, parce qu'on y
croit. Quand les cours... avant l'arrivée des cours, en 1966, c'était
31 morts, 60 quelques personnes par balles, par arme à feu. Aujourd'hui, c'est entre zéro et
trois et ces décès-là surviennent par des noyades ou des chutes de mirador.
Ça fait que l'éducation apporte beaucoup
plus, beaucoup, beaucoup plus, et c'est de là qu'on dit : Nous autres, là,
on essaie de parler de l'entreposage
et de la manipulation sécuritaire des armes à feu. Les deux autres années d'avant, on a investi 100 000 $.
On a un beau site Internet. Allez le voir, on donne de l'information là-dessus,
mais Il faut diffuser cette information-là.
L'argent que vous
dépensez présentement sur un registre inutile, mettez-le à des endroits où
est-ce qu'ils vont permettre aux gens
d'éviter d'avoir ces compromis-là. Parce qu'un entreposage sécuritaire, ça
évite justement une crise, une
personne en détresse d'aller prendre l'arme, parce que, si elle est bien
entreposée, le temps qu'il va prendre pour essayer de trouver ses clés, débarrer sa serrure, d'aller
chercher ses balles, souvent, ça le raisonne. La même chose pour un suicide.
Puis tout ça est prouvé, là.
Mme Nichols :
Mais je comprends, là...
Le Président (M. Bachand) : S'il vous plaît, faire attention de ne pas parler
un par-dessus l'autre parce qu'on va vous perdre. Alors, Mme la députée,
s'il vous plaît.
Nichols : Merci, M. le Président. Je comprends l'intervention et je
vous dirais d'emblée que l'un ne va pas sans l'autre, là. Le registre ne vous empêchera pas de continuer à faire
de l'éducation, là, au contraire, mais je voulais juste vous revenir avec la
réponse. C'est que l'Institut national de santé publique du Québec estime à
300 vies sauvées chaque année sous la loi fédérale depuis 1995. Ça fait
que je pensais que c'était quand même une donnée assez importante à rappeler. Puis je ne le fais pas... Ce n'est pas
de mauvaise foi, là, c'est parce que je cherche à comprendre comment on peut
s'opposer à ça, parce que je ne vois pas d'impact négatif, je ne vois pas de
préjudice, je ne vois pas de... Ça ne vous empêche pas de pratiquer... moi, en tout cas, ça ne
m'empêche pas de pratiquer la chasse, ça ne m'empêche pas de... C'est là où... Ça ne vous empêche pas de continuer à faire de
l'éducation, là, au contraire, là, et de transmettre le message à vos membres.
Puis vous le faites très bien, vous le faites
très bien. On l'entend, là, les membres nous le disent, que vous le... tu sais,
que le message passe.
Vous
l'évaluez à combien? Vous avez dit un peu plus tôt que vos campagnes donnent
plus de résultats que s'inscrire à un registre d'armes à feu. Vous évaluez
ça comment, le résultat de vos campagnes de sensibilisation?
Cossette (Alain) : Bien, on
le voit, là, par le nombre de suicides qui a baissé, par arme à feu, là, c'est
une évidence. Et puis, quand on
regarde les sommes qui sont dépensées — puis on l'avait déjà écrit un peu, là — quand on calcule les frais, là, il faut calculer le système
informatique, l'embauche, la formation de personnel, la correspondance qui doit
être faite avec les propriétaires,
les traitements administratifs des demandes, les bureaux et les équipements,
les frais généraux de fonctionnement, les salaires, avantages sociaux et
pensions. Il faut calculer tout ça, là. Puis quand, nous autres, on regarde tout ça, on se dit : Bien, est-ce
qu'on ne peut pas mettre l'argent à la bonne place? Juste avec l'entreposage,
comme on fait, là, on n'a même pas
une cent, on demande de l'argent pour venir nous aider à faire ça puis on n'en
reçoit pas. Ça fait que c'est...
Puis ces
organisations-là, sur le terrain, Marc le mentionnait tantôt, ils chargent de
l'argent pour aider les gens qui sont
démunis, des gens qui sont en détresse. C'est des réalités sur le terrain. Et
quand on parle aussi des gens, de nos membres, que, oui, ils peuvent le faire,
là vous allez enlever des irritants qui vont être beaucoup plus faciles pour
les gens sur le terrain. Mais il faut que vous les enleviez. J'espère
que vous allez prendre... allez agir en tant que législateurs là-dessus pour, justement, qu'on vienne alléger puis atténuer ça.
Mais il y a encore des gens, je vous le dis, là, on en reçoit des appels, là,
il y a encore des gens qui pensent
que leurs armes sont enregistrées encore. Puis pourtant c'était le fédéral, là,
puis il n'existe plus depuis quelques années. C'est des réalités, là, on
parle avec ces gens-là.
Le Président (M.
Bachand) : Merci. Merci. Mme la députée.
Nichols : Et là où je suis d'accord avec vous, c'est que, souvent,
l'arme à feu, quand on s'en sert pour d'autres choses que la chasse,
c'est souvent pour un acte criminel, mais ça peut... le registre a quand même
un effet bénéfique. C'est-à-dire que, si on
retrouve une arme qui a été immatriculée sur le lieu d'un crime, il y a quand
même un numéro où on peut retracer la personne à qui appartient l'arme.
Il y a quand même des effets...
Puis, encore là, je ne vous dis pas que c'est
nécessairement un chasseur. Le registre des armes à feu s'applique à l'ensemble des gens qui possèdent un arme à feu,
là. Ça fait que je ne vous dis pas que vous êtes criminel parce que vous
enregistrez votre arme à feu puis c'est... Je pense qu'il n'y a pas personne,
là, qui dit ça ici aujourd'hui, mais on cherche à comprendre comment on peut
s'opposer à un geste ou, en fait, à un geste si simple qui peut être bénéfique.
Puis là je
vais vous donner un... Moi, je suis avocate en droit familial. J'ai vécu, là,
plusieurs dossiers où, je vous dirais,
là... des drames humains, là. Quand on parle de divorces, de gardes d'enfants,
de pertes... Des fois, là, il y a un des deux conjoints qui tombe dans une période de santé mentale plus
difficile. Puis la conjointe ou le conjoint, je ne veux pas dire que c'est une ou un, là, mais téléphone la
police, puis quand elle informe le policier... les corps policiers
demandent : Est-ce qu'il y a un
arme à feu... une arme à feu dans la maison — je dis tout le temps «un», c'est «une» — puis la conjointe ou le conjoint dit : Bien, je ne le sais pas,
bien, s'ils ont accès au registre des armes à feu puis ils savent, bien, les policiers
vont intervenir différemment, là.
Puis je l'ai vu, là. Je l'ai vécu, là, dans des
dossiers vraiment, comme je vous dis, dramatiques, donc... Puis le propriétaire
de l'arme à feu était un chasseur, mais bien sûr que c'était une arme qui était
à sa disposition. Il était dans un moment
plus sombre de sa vie où c'était plus difficile de passer à travers des
épreuves et il avait la possibilité, tu sais, de prendre cette arme-là. Et le policier, avoir su qu'il y avait l'arme
à feu dans la maison, je vous dis, l'intervention aurait été différente.
Donc, je
pense que ça peut être un côté... un gros avantage pour l'ensemble de la
population puis, comme je vous dis... Mais je la comprends, votre position,
puis je vous regarde, là, j'ai presque des petits yeux méchants, là, mais je la
comprends, votre position, mais je ne
peux pas dire que je la partage, entre autres pour plusieurs événements comme
ça qui ont traumatisé ou qui ont eu un impact important sur la vie de
plusieurs personnes, là, dans mon milieu proche.
Le Président (M.
Bachand) : Oui, Mme Vadnais.
Vadnais (Stéphanie) : Oui,
bien, en fait, je voulais simplement signifier que, tu sais, vous parliez, là,
du signalement des armes à feu, là.
Quand on appelle, ces informations-là sont déjà données par les propriétaires
de permis de possession...
acquisition d'armes à feu, donc c'est un très bon indice qui est déjà utilisé,
qui peut être utilisé par les policiers à ce moment-là pour déterminer s'il y a une potentielle arme à feu dans
la résidence, en tout cas, un outil qui existe déjà et qui est déjà en
place.
Cossette (Alain) : Puis
comme citoyens, on a quand même un devoir d'écoute aussi puis un devoir de
dénoncer. Dans le même cadre que vous, moi, j'ai un de mes amis que je
voyais qu'il était en détresse un peu. J'ai pris ses armes à feu puis j'ai dit : Tu viendras les
rechercher quand ce sera le temps. Et puis je pense que j'ai bien fait parce
qu'après ça, il avait écrit un livre sur le suicide.
fait que, comme citoyen, on a tous un devoir d'écoute, puis il y a des
personnes en détresse... qu'il faut agir. Puis la loi Anastasia, c'était
ça, le but, puis c'est pour ça qu'on était d'accord avec des principes de la
loi Anastasia, justement, ces principes-là d'obligation à des médecins de
dénoncer. Ça fait que, ça, on est d'accord là-dessus, là.
Nous
autres, on prône beaucoup l'éducation. On prône beaucoup de travailler à
sensibiliser. Puis c'est de là qu'on dit :
Mettez les argents à ces places-là. Puis, oui, continuez. Là, on va avoir
l'allègement. Mais on espère que vous allez le voir, que vous avez
peut-être de l'argent de trop, puis envoyez-la à ces endroits-là.
Président (M. Bachand) : Rapidement, Mme la députée.
Nichols : Oui, juste pour terminer, je comprends l'éducation, mais,
comme je vous dis, l'un ne va pas sans l'autre. Ça peut être aussi un
excellent outil pour le reste de la population.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le député
d'Hochelaga-Maisonneuve, s'il vous plaît.
Leduc : Merci, M. le Président. Merci de vous être présentés ici
aujourd'hui pour nous présenter vos réflexions. Je dois vous dire que je
suis un peu surpris par le contenu de votre présentation. Je vous explique
pourquoi.
Quand
on nous a présenté, il y a quelques mois déjà, l'idée de faire des compromis,
d'arriver avec un projet de loi qui
est devant nous, si je ne me trompe pas, vous étiez-là, avec d'autres
organisations, dont PolySeSouvient, entre autres, et on nous présentait
ça comme une espèce de compromis.
Voilà,
on a fait des assouplissements, on fait des compromis. Par contre, là,
aujourd'hui, dans le 10 minutes qui vous a été imparti, vous avez passé
grosso modo la moitié de votre présentation à remettre en question le fondement
même du registre et non de se
prononcer sur la loi qui est devant nous. Et ça, j'avoue que je suis assez
surpris, voire, pour être honnête, un peu déçu, parce que ce débat-là a
déjà eu lieu. Le registre est en place. Il y a eu en masse de consultations là-dessus il y a deux ans. Je pense que vous avez
le droit de garder votre opinion plutôt hostile au registre puis c'est correct.
Je pense que c'était aussi correct de le
mentionner. Mais de passer... de rouvrir complètement ce débat-là comme on est
en train de le faire, moi, je trouve que c'est un piège, en fait, puis je
refuse de jouer dans ce film-là.
Alors, je ne
répondrai pas, même si l'envie m'en démange, à beaucoup de choses que vous avez
dites, mais je vais me concentrer sur le
projet de loi qui est devant nous. Et, même si je suis en désaccord avec
beaucoup de choses que vous avez
dites, on se rejoint sur une chose, sur les 150 000 dossiers en
attente et le fait que ça constitue un problème. Et, là-dessus, j'ai
entendu que Mme la ministre avait dit qu'il y avait des choses qui s'en
venaient et je m'en réjouis.
voudrais peut-être vous relancer rapidement, parce que le temps est très rapide
quand on est assis au deuxième groupe
d'opposition, sur les agents de la faune. Vous dites que vous êtes peu
favorables à qu'ils soient impliqués pour qu'ils puissent... vous avez utilisé le terme «se concentrer sur la faune».
Mais est-ce que ce n'est pas là un faux dilemme de dire qu'on ne peut pas faire les deux en même temps? On
peut à la fois faire de la protection de la faune et à la fois faire une
vérification lorsque c'est le cas. Ce n'est
pas quelque chose qui est systématique,
c'est comme un agent de la police qui fait
de... qui vérifie la vitesse sur le bord de l'autoroute; il ne va pas arrêter systématiquement tous les chars qui passent, mais ça se peut qu'il en arrête un de
temps en temps pour faire un contrôle
de routine. Je ne m'attends pas à ce que les agents de la faune contrôlent systématiquement tout le monde et donnent des contraventions nécessairement tout le temps, mais c'est
une possibilité qui existe. Est-ce que, là, de dire «se
concentrer sur la faune», ce n'est pas une espèce de faux dilemme qu'on
essaie de nous présenter?
M. Renaud (Marc) : Non, ce n'est pas un faux dilemme. Il reste que tout de même, ça a été dit, 50 % est bureaucratique. On rappelle que les agents de
protection de la faune sont là pour notre faune, pour s'assurer de la
protection de notre bien collectif, puis le travail est fait en forêt.
Ça fait que, par le fait même, du moment qu'ils vont intercepter quelqu'un,
qu'ils vont vouloir, pour cet individu-là, vérifier un paquet de bébelles, il
va falloir qu'il prenne des notes, il ne
peut pas le vérifier lui-même en forêt, là, hein? On s'en va en forêt, c'est
impossible. Donc, il va revenir au bureau, il va devoir s'asseoir. Et on sait que les agents sont déjà lourdement
handicapés sur le fait qu'ils doivent passer beaucoup de temps à l'intérieur de leur bureau. Quand on
disait tantôt, hein, mon directeur disait tantôt : On en a besoin sur le
terrain, on ne les voit pas, on les
voit rarement. Pas parce qu'ils ne veulent pas venir, c'est parce qu'ils n'ont
pas le temps. On les côtoie, on a la
chance, nous, de les côtoyer comme bénévoles sur nos différentes tables faune,
puis on les voit parce qu'on les
connaît dans les cours du maniement d'armes qu'on donne, on voit le travail,
l'intérêt qu'ils ont. Mais, à un moment donné, c'est des gens qui ont un intérêt aussi de protéger notre faune et
d'être sur le terrain. Si on les occupe au-delà de ce qu'ils ont déjà — 50 % de leur temps, c'est quand même
énorme, je trouve, pour des gens qui devraient sur le terrain — si on leur rajoute une lourdeur
administrative à ce niveau-là, c'est encore du temps perdu qu'ils ne
consacreront pas sur la faune.
a dit qu'un avis pourrait être acceptable pour nous, parce qu'ils pourraient
tout simplement discuter avec le chasseur
puis lui demander. Le chasseur serait probablement moins dissident ou moins
craintif de lui dire : Non, je ne l'ai pas fait, oui, je vais le faire en arrivant à la maison, c'est correct.
Parce que souvent, les chasseurs ont plusieurs armes aussi, puis il y en
a qui vont peut-être l'imiter. Ça fait que c'est de les inciter à le faire.
Merci.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de
Bonaventure, s'il vous plaît.
M. Roy : Merci, M.
le Président. Écoutez, il y a quelques années, j'ai fait une tournée faune au
Québec pour voir comment ça se
passait, O.K., puis là, je veux remettre le registre dans son contexte, c'est
le contexte de la chasse au Québec. Et
j'en suis venu au constat qu'il y avait une détérioration de l'environnement
récréofaunique, puis je vais donner des exemples de prélèvements fauniques ou d'activités chasse et pêche, hein :
fermeture de la chasse au caribou, interdiction de l'utilisation de poissons appâts, augmentation des coûts de
permis de chasse et pêche, augmentation des coûts des baux de villégiature,
un chalet dans le bois sans services,
3 000 $ par année de taxes, augmentation des tarifs d'utilisation des
rampes de mise à l'eau, accès limité
aux plans d'eau, diminution ou atrophie qualitative et quantitative du rôle des
agents de la faune. En 1990 on avait 600 agents, en 2019 on en a
moins de 400, dont la moitié du temps doit être dédié à des fonctions
administratives, parce qu'on veut sauver de l'argent, il ne faut pas qu'ils
aillent sur le terrain. Le registre arrive dans ce contexte-là comme un peu la
goutte qui fait déborder le vase, et moi, je l'interprète de cette manière-là.
Les chasseurs ne l'ont pas eue facile, les villégiateurs en forêt ne l'ont pas
eue facile dans les dernières années, et on arrive avec cette mesure-là.
Bon, la loi est là. Il va y avoir des amendements
pour l'arrondir puis en minimiser les effets, en tout cas, agaçants. Mais
qu'est-ce que le gouvernement devrait faire pour redonner ses lettres de
noblesse à la chasse au Québec et pour permettre
aux chasseurs d'avoir un peu le goût de continuer la pratique? Parce que, là,
tu sais, la question, c'est : Comment se porte la chasse au Québec? Et qu'est-ce que le gouvernement devrait
faire pour que les chasseurs arrêtent de se sentir pointés du doigt?
M. Renaud (Marc) : O.K., parfait. Bien, c'est revaloriser l'activité. En mettant...
Encore, vous l'avez bien dit, on rajoute
une lourdeur, on ne valorise pas l'activité, qui est simple. Pour les gens,
pour les plus jeunes, on avait un... on voit, là, une diminution au niveau des cours de chasse. On espère que l'hémorragie
va s'arrêter. Mais ce n'est pas de cette façon-là, je crois, qu'on va l'arrêter, puis ce n'est pas en
leur donnant des infractions qui ne seront pas vraiment utiles qu'il va les
inciter à faire l'activité. On doit la
valoriser encore plus, l'activité de chasse, on doit démontrer que c'est
facile, c'est simple et c'est une
activité de villégiature qui est plaisante, d'être en forêt. Et, vous l'avez
dit, il y a plein de contraintes qui sont venues. On espère qu'il n'y en
aura pas d'autres, parce que maintenant, aller en forêt, aller à une activité
de chasse, il faut y penser deux fois, puis
on a beau avoir des organismes, des associations
qui font des projets de relève pour initier des nouveaux chasseurs, des nouveaux adeptes à la pêche aussi, au chevreuil,
ce n'est pas facile, parce qu'il y a tellement aussi d'attraits à gauche
et à droite qu'à un moment donné on va choisir la simplicité, la facilité.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. M. le député de
Chomedey, s'il vous plaît.
M. Ouellette : Merci, M. le Président. Bonjour, messieurs dames. Très
instructif, ce qu'on entend. On partage les mêmes préoccupations que
Mme Vadnais sur les 150 000 ou 165 000 enregistrements ou
armes qui ne sont pas traités encore. Quand
vous parliez des coûts, il est là, le vrai problème, là, et, quand la loi n° 64 a été mise de l'avant ou qu'elle a été votée, je pense que tout le monde avait une préoccupation alentour
de la table pour le faire au moindre coût possible. Et c'est pour ça
que, comme je l'ai mentionné dans mes remarques préliminaires, c'était
important d'avoir le bureau du contrôleur
des armes à feu venir nous l'expliquer. On va voter une loi, là, sans savoir où
est-ce qu'on s'en va puis sans savoir si on ne s'en va pas dans un
gouffre financier.
Mais
ceci étant dit, vous faites du très bon travail, je vous le dis. Vous pouvez
être contre quelque chose, mais aider quand
même à faire en sorte que ça soit applicable. On ne peut pas être contre vos
mesures de prévention. Je retiens, dans vos commentaires, le sept jours. Il va falloir repenser au libellé, si
c'est sept jours de la réception, après que le gars est sorti du bois, parce que là, vous mentionnez que l'agent
de la protection de la faune, il va falloir qu'il prenne des notes, il va
falloir qu'il retourne au bureau. Il va falloir le libeller comme il faut pour
que ça rencontre ces objectifs.
seule question, parce que, mon temps est très, très, très compté :
Qu'est-ce que qui a changé depuis que vous êtes venus nous voir en 2016, lors de votre... lors du projet de loi
n° 64? Il y a-t-u quelque chose de nouveau aujourd'hui, trois ans
plus tard, dans votre message?
M. Renaud
(Marc) : Alain va vous répondre.
M. Cossette
(Alain) : Oui, il y a quelque chose de nouveau. C'est qu'on est ici...
Président (M. Bachand) : Très rapidement. Merci beaucoup.
M. Cossette (Alain) : Quelque chose de nouveaux, c'est qu'on est ici aujourd'hui avec des
allègements et ça, pour nous autres,
c'est important. On n'a pas l'abolition, mais on a les allègements puis ça, ça
va être important. Puis quand on parlait, là... Les activités de
prélèvement de chasse, pêche, piégeage, c'est des activités de loisir les plus
réglementées. Je vous le dis, là, les gens
ne sont pas capables de suivre. Il y a du monde, là, qu'on demande, là, telle
réglementation, telle réglementation, ils ne sont même pas capables de
trouver la réglementation. On a fait des outils pour faciliter ça, mais, à chaque fois qu'on met des paliers, là, on perd
du monde. Puis vous parliez tantôt de ne pas perdre du monde, bien, c'est de
faire des campagnes, de réduire ça,
d'alléger tout ça. Nous autres, on fait des campagnes à Montréal, dans les
grandes villes depuis 2008 puis ça
donne des résultats, mais on parle du registre, ça nous fait perdre des
nouvelles clientèles. On le voit, là. On
formait 20 000 nouveaux chasseurs, on va difficilement en former
17 500 cette année. C'est une des raisons, parce que le monde
dit : Aïe! c'est compliqué.
Président (M. Bachand) : Merci beaucoup. Écoutez, c'est tout le
temps qu'on a temps. Merci beaucoup de votre présence à vous trois ce matin.
C'est très apprécié.
Et je vais suspendre les travaux quelques
instants. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 11 h 19)
Président (M. Bachand) : À l'ordre, s'il
vous plaît! Merci. À l'ordre,
s'il vous plaît! On va continuer. Alors donc, s'il vous
plaît, MM., Mmes les députés, à l'ordre! Merci beaucoup.
Alors, je
souhaite maintenant la bienvenue à la Fédération des pourvoiries du Québec. Je
vous rappelle que vous disposez de
10 minutes de présentation, après quoi nous procéderons, bien sûr, à la
période d'échange avec les membres de la commission.
Alors, encore une fois, bienvenue. Je vous
invite à débuter et à vous présenter. Merci.
M. Plourde
(Marc) : Alors, bonjour, M. le Président de la commission, Mme la
ministre, distingués parlementaires.
On est heureux de... On vous remercie de
nous recevoir aujourd'hui. On vous remercie de l'invitation à venir vous
présenter notre position sur le projet de loi.
D'entrée de
jeu, évidemment, bien, je voudrais présenter rapidement la
Fédération des pourvoiries du Québec. C'est une organisation qui existe depuis maintenant plusieurs
années, on parle de 1948. Donc, c'est une organisation qui a beaucoup de
vécu, qui a toujours travaillé de façon constructive, autant que
possible, dans les différents dossiers qu'on aborde. Évidemment,
on parle de la fédération, la pourvoirie, au Québec, c'est 600 entreprises,
notre regroupement, on a un peu plus de 325 membres, environ
les trois quarts de l'offre de l'industrie. On parle, chez nous, de près de
500 000 clients qui fréquentent
les pourvoiries, annuellement, dont près du quart de ce nombre, ce sont des
non-résidents, donc des étrangers qui
fréquentent nos établissements et qui contribuent évidemment,
là, à notre performance touristique et à l'entrée d'argent neuf au Québec.
Cela étant
dit, on n'avait pas l'intention, aujourd'hui, de revenir sur l'existence du registre. Pour
notre part, bon, on s'est fait entendre en 2016, lors de la mise en place du
registre. J'ai le goût de dire : On n'a pas changé notre fusil d'épaule
quant à la pertinence pour nous de ce registre. On ne croit évidemment pas que
ça va régler tous les problèmes. Par contre, pour nous, c'est une question
qui est réglée. Maintenant, on s'était exprimés sur un certain nombre d'amendements
au projet
de loi, et c'est un peu dans cet
esprit-là qu'on est là aujourd'hui, pour répondre à la proposition qui a été faite par le gouvernement de modifier certains
paramètres du registre, donc on est très contents de cette amélioration-là.
Maintenant,
évidemment qu'on demeure toujours avec, je dirais, des
craintes. La position de la FédéCP, on la partage, je vous dirais, c'est une position qui est pas mal
partagée dans les rangs des chasseurs québécois, on le voit d'ailleurs dans l'enregistrement des armes à feu, c'est lent, ce n'est pas quelque chose qui passe très bien au sein de la communauté des chasseurs. Maintenant, évidemment,
pour nous, on a les mêmes préoccupations à
l'égard de la relève, en matière de
chasse, notamment, bon, la perception des armes à feu n'est pas nécessairement
très positive, là, dans l'ensemble de la population. Pour nous, les armes d'épaule, les armes de
chasse, ce ne sont pas des armes de guerre, donc, pour nous, c'est quelque chose qui est ancré dans la culture des Québécois, principalement hors des grands centres, là, on le voit de plus en plus, il y a
une différence de réalité dans les
campagnes versus les grandes villes. On n'a pas la même perception, et, évidemment,
bien, nos clientèles sont un peu
ulcérées. On a nos clients américains, notamment, qui sont très réfractaires à tout contrôle, vous
connaissez le débat sur les armes à feu aux États-Unis.
Donc, la position du Québec versus les autres provinces canadiennes, on sent que ça va nous faire perdre des clients.
Ça va nous faire perdre des clients, parce que, pour plusieurs
Américains, ils sont réfractaires à
toute forme de contrôle en matière d'arme à feu. Déjà, par le passé, on a
senti, lors de la mise en place, le
registre canadien, qu'il y avait eu un impact auprès de nos clients non
résidents. Et donc c'est un peu le volet, là, qui... Pour nous, il est important
de voir à avoir le plus possible des assouplissements. On a aussi des préoccupations à l'égard de notre main-d'oeuvre, dont certains sont des non-résidents du Québec,
donc, encore là, il y a des impacts sur nos gens.
Je suis accompagné aujourd'hui de
Me Dominic Dugré, qui est le secrétaire général de la fédération. Dominic,
donc, c'est lui qui a le lourd mandat
d'analyser l'ensemble du travail législatif du gouvernement. Donc, je vais lui laisser, Dominic, vous faire état un peu de notre réaction
face aux avancées qui sont proposées par le projet de loi. Je vous
remercie.
M. Dugré
(Dominic) : Bonjour. Merci
de nous accueillir aujourd'hui. Écoutez, vous avez une copie de notre très court mémoire. Comme Marc l'a dit d'emblée, on ne
reviendra pas sur le principe de l'immatriculation, nous réitérons que nous sommes contre,
mais nous accueillons la plupart des modifications de manière positive.
Donc, rapidement, l'article 1 du projet de
loi n° 25, qui propose d'éliminer l'exigence pour le
détenteur d'une arme à feu de communiquer
sur demande le numéro d'immatriculation, bien, je pense que ça allait de soi. On l'avait déjà proposé,
et la plupart, la quasi-totalité des armes de chasse possèdent déjà un
numéro de série, donc il va de soi que ce numéro-là pourrait être utilisé et qu'on n'ait pas à fournir
un autre numéro qui nous serait donné par le SIAF pour pouvoir démontrer
notre conformité à la loi.
Cependant, peut-être que c'est une
mauvaise compréhension de ma part, mais je relève, à l'article 9 de la
loi, que l'agent de la paix peut
exiger de toute personne qui est en possession d'une arme à feu
qu'elle lui communique le numéro d'immatriculation de cette arme à feu.
Donc, on vient d'éliminer l'article 8 qui dit que la personne qui est en
possession d'une arme à feu
doit être en mesure de communiquer, sur demande, le numéro d'immatriculation. Là, je ne suis plus obligé de
fournir ce numéro-là. Par contre, l'agent peut me l'exiger. Donc, ce qu'on
propose, nous, ça serait une petite modification
à l'article 9 de la loi qui dirait : Un agent de la
paix peut exiger de toute personne qui est en possession d'une arme à feu qu'elle lui communique le numéro d'immatriculation ou, à
défaut, le numéro unique de cette arme
à feu. Je pense qu'à moins que ce soit moi qui l'aie mal compris, je pense
que cette modification-là va de soi avec l'élimination de l'article 8
de la loi actuelle.
L'article 4
du projet de loi n° 25 qui permet... en tout cas, qui clarifie la possibilité pour le détenteur d'une arme
de récupérer cette arme après s'être
conformé aux exigences de la loi, bien, on accueille de manière très positive
cette précision.
L'article 5 du
projet de loi n° 25, bien, on en profite pour
manifester notre accord puisqu'on traite de l'article 7 de la loi qui faisait référence au règlement
d'application. On en profite pour manifester notre accord avec la proposition
de modification qui a été publiée le
25 mai dernier, dans la Gazette officielle, où on va venir préciser...
qu'on parle de l'endroit principal où est gardée une arme et non pas le
lieu où est gardée une arme, ce qui va éviter, donc, d'avoir à constamment
aviser le ministre feu que l'arme peut avoir changé de place. Vous comprendrez
que plusieurs de nos guides dans nos pourvoiries
ont leurs armes à la maison, vont aller dans une pourvoirie pour guider pendant
deux, trois semaines, peut-être changer
de pourvoirie pour aller guider une autre période de temps. Donc, on comprend
que l'article 5 va venir préciser qu'on veut savoir où est le lieu
principal de l'entreposage de l'arme.
Comme la fédération
des chasseurs, pêcheurs, nous nous opposons aussi à l'octroi de nouveaux
pouvoirs aux agents de protection de la
faune. On ne refera pas le même argumentaire, je pense que la FédéCP l'a bien
fait. Les agents sont en nombre très
limité, 50 % de leur travail est consacré à l'administration. On pense que
l'octroi de nouveaux pouvoirs va
venir alourdir cette tâche. Donc, ils vont passer moins de temps sur le
terrain. Il faut savoir aussi que les agents, tu sais, si on... J'entendais tantôt : Oui, mais de
donner aux agents le pouvoir de vérifier l'arme ou si elle est immatriculée
lors d'une interception ou lors juste
d'une rencontre avec des chasseurs, ah! ça ne paraît pas grand-chose, mais, au
fil des ans, là, ce pas grand-chose
là, il vient quand même important. Les agents de la faune ont non seulement le
mandat de faire appliquer la
Loi sur la conservation et la mise en
valeur de la faune au Québec, là on parle de chasse, de pêche, de trappage,
mais la
Loi sur la conservation du
patrimoine naturel, la
Loi sur les droits de chasse et pêche dans les
territoires de la Baie James et du Nouveau-Québec, la
Loi sur les parcs.
On est loin de la chasse, là, mais ils ont le mandat de faire appliquer la
Loi sur les parcs et les règlements, la Loi
sur les espèces menacées ou vulnérables et ses règlements, la
Loi sur le parc
marin du Saguenay, certaines
dispositions de la
Loi sur les terres du domaine de l'État, de même que la Loi
sur la qualité de l'environnement. Donc,
à un moment donné, on est partis avec des agents de protection de la faune, au
début... je ne sais pas en quelle année ont été créés les agents, mais là on
est rendus avec une panoplie de lois et de règlements à faire appliquer. Ça
fait qu'en soi, bon, de demander à
faire vérifier si c'est immatriculé, ce n'est pas beaucoup, mais ça vient
s'ajouter, et donc le temps passé pour
effectuer leurs activités pour lesquelles ils ont été créés, pour protéger
notre patrimoine faunique, bien, il est de plus en plus limité.
Le Président (M. Bachand) : Merci. C'est tout le temps qu'on a, et on a un
petit retard. Donc, j'aurais besoin du consentement
des membres de la commission pour ajouter 10 minutes à la séance de
travail d'aujourd'hui. Ça va? Consentement. Merci beaucoup. Donc, je me
tourne vers la période d'échange, et Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Guilbault : Merci
beaucoup, M. le Président. Merci, messieurs, de vous être joints à nous aujourd'hui. C'est toujours un plaisir d'accueillir les gens qui prennent la
peine de se déplacer pour venir exposer leurs points de vue en personne. Il
y a plusieurs personnes qui
envoient des mémoires, mais ceux qui prennent la peine de se déplacer,
c'est très apprécié par tout le monde autour de la table. Donc, grand
merci d'être ici.
J'ai
écouté ce que vous avez dit. J'avais lu, d'ailleurs, des notes, là, et
tout ça, l'essentiel de ce que vous
comptiez venir nous dire aujourd'hui. Il y a plusieurs choses qui sont
similaires au groupe qui vous a précédé, la fédération des chasseurs, pêcheurs, et donc je
comprends que, dans l'ensemble,
vous êtes favorables au projet de
loi, indépendamment d'être pour ou contre le registre, puis ça, vous
l'avez réglé en partant. Je salue la chose parce qu'effectivement on se
concentre aujourd'hui sur le projet de loi
n° 25, qui prévoit les améliorations au registre ou, en tout cas, une
façon de simplifier la vie des gens
qui doivent immatriculer leurs armes. Et donc je comprends que vous êtes
favorables à ces assouplissements-là.
moi, la question... une des questions que j'aurais, qui est un petit peu dans
la même veine que ce que j'ai posé à
vos prédécesseurs, c'est par rapport à vos membres, par rapport à la
connaissance que vous avez de... bien, par rapport aux liens que vous avez avec vos membres et à leur
connaissance de leurs obligations d'immatriculer leurs armes. Est-ce que
vous avez conscience qu'il y aurait encore
de la méconnaissance ou qu'il y aurait encore des gens qui ignoreraient leurs
obligations de s'immatriculer? Et, du même coup, ma sous-question : Est-ce
que, dans vos rapports avec vos membres, avec
les gens qui fréquentent vos pourvoiries, vous avez des actions de
sensibilisation, de rappel de ces obligations-là?
Plourde (Marc) : Bien, je vous dirais que, pour nos membres,
assurément, ils sont bien informés sur la mise en place du registre. Ils sont
aussi... Parce qu'on a eu des échanges avec eux lors de nos différentes
rencontres, par le biais de notre... on a un bulletin de liaison, évidemment,
donc on les a tenus informés en temps réel. Je crois que, pour ce qui
est de nos membres... je ne peux pas parler
pour tous les pourvoyeurs du Québec, mais je peux vous dire que les membres de
la fédération sont assurément au
fait, là, de la mise en place du registre. Et évidemment, ils sont aussi... Tu
sais, les impacts qu'on appréhende,
bien, c'est des impacts qu'eux appréhendent, sur la relève notamment, sur la
perception et la réaction des clientèles.
Évidemment,
quand on entend, tu sais, des... On a eu beaucoup de témoignages de chasseurs,
par exemple, qui sont allés porter
leurs armes chez un marchand, dire : Regarde, moi, c'est fini, là, il y a
trop de paperasse. On perd, on perd des chasseurs. Ça fait qu'évidemment l'impact de la perte d'une clientèle
potentielle, bien, ça les affecte, puis ça les inquiète, là, pour l'avenir de la chasse et évidemment pour
l'avenir de leur business. Mais j'aurais le goût de vous dire qu'en tout cas,
dans notre réseau, les gens sont assez bien
au fait, là, des tenants et aboutissants. La position générale est à l'encontre
du registre. Maintenant, ce sont des
gens d'affaires, ce sont des gens qui sont pragmatiques. Donc, les lois et les
règlements sont adoptés, bien,
maintenant, il faut les vivre, il faut les appliquer, il faut vivre avec. Puis
je pense que notre rôle, nous, c'est de
les accompagner, à rassurer, entre guillemets, leur clientèle puis, au besoin,
à les aider à passer le traumatisme du registre, je dirais.
Je ne sais pas si Dominic a de quoi...
Guilbault : Voulez-vous
ajouter... Non? Puis avez-vous l'impression, dans votre perception ou dans
votre lecture du terrain, que
l'adoption de ce projet de loi là, les modifications et les assouplissements
qu'on va apporter pourraient susciter
davantage d'adhésion? Parce que c'est ça, en fait, là, l'objectif du projet de
loi, simplifier la vie des gens pour que davantage de personnes s'inscrivent, ceux qui pourraient avoir des
réticences à l'heure actuelle. Pensez-vous qu'on pourrait rallier davantage de
personnes, pour ce que vous en savez de vos membres ou des gens qui fréquentent
les pourvoiries de vos membres?
M. Dugré
(Dominic) : Bien, encore une
fois, nos membres... On a 325 membres, ça fait que c'est difficile de
faire une généralisation sur la population de chasseurs du Québec. Comme
disait Marc, je pense que nos membres sont très bien informés. Est-ce que c'est de nature à faciliter? Oui. On ne peut
pas dire que ça peut... que ça ne facilite pas. Est-ce que ça fait une grande différence? Moi,
personnellement, je ne pense pas. Parce que quelqu'un qui va... il veut... il
dit : Regarde, j'en ai assez,
c'est une autre... je ne crois pas à la finalité du système en ce qui concerne
les armes de chasse. Ce n'est pas de
ne pas avoir à mesurer la longueur du canon qui va changer mon avis d'arrêter
la chasse, là. Donc, est-ce que ça facilite? Oui. Est-ce que ça a une
grosse différence? Je n'en suis pas convaincu.
M. Plourde
(Marc) : Vous permettez, M. le Président? Moi, j'aurais voulu dire, en
complémentaire, que je pense que ce
que vous avez apporté comme modifications, ce que vous suggérez, comme
modifications, c'est très bien perçu, hein? Je pense qu'il y a une écoute, il y a une démonstration d'écoute de la
part du gouvernement, donc, dans ce sens-là, ça ne peut pas être
négatif, là.
Il y a
certains petits points qu'on a soulevés qui ont restés des irritants, qu'on
aimerait qu'ils puissent... donc, la question, justement, de nos
employés qui ont à se déplacer. On a des employés qui, par exemple, vont aller
guider à l'île d'Anticosti du mois de
septembre à la fin novembre, des fois jusqu'à la mi-décembre. Bien, ils sont
partis de chez eux pendant une longue
période, ces gens-là. Ils sont dans un camp, tu sais. Je veux dire, la... Donc,
de donner une souplesse, là, sur la
question du lieu principal d'entreposage des armes, ça, c'est des choses qui
vont être favorables pour nous autres. Nos
employés qui proviennent de l'extérieur du Québec, bien là ça peut devenir
problématique, tu sais. Si la période qui est accordée est trop courte... Tu sais, nous, on suggère 90 jours,
bien, en tout cas, autant que possible pour faciliter la vie de ces travailleurs-là, qui souvent sont appelés à passer d'une province à l'autre. Parce que
des emplois de guide, notamment, ne
sont pas des emplois à temps plein. Vous comprendrez, là, il y a
des périodes de chasse. Souvent, ces gens-là vont voyager d'une province à l'autre, souvent.
Ils vont faire un bout de travail sur l'île d'Anticosti, ils vont, après ça...
Précédemment, ils étaient peut-être
en Alberta à guider pour de la pêche sur des grands plans
d'eau. Donc, on a une population, je dirais, de personnel qui est assez mobile. Donc, ça, pour nous, tout
ce qui peut faciliter ou, en tout cas, enlever les contraintes pour ces gens-là lorsqu'ils
ont à apporter leurs armes de chasse au Québec, prend... Tu sais, les armes de
chasse, souvent, c'est... C'est souvent pour la chasse, des fois, c'est pour la protection.
Je prends l'exemple de nos gens qui sont dans le Nord-du-Québec, sur la baie d'Ungava notamment,
c'est de moins en moins recommandé de se promener seul et non armé, là, avec tous les problèmes qu'on a avec le
déplacement des ours polaires, notamment,
qui sont de plus en plus sur la côte, puis c'est dangereux, carrément. Donc,
souvent, les guides vont aller guider pour la pêche, mais il y a quand même une arme à feu à bord du bateau pour protéger
les clients, là, en cas de problème. Si tu es pris sur le côté, tu as un bris de moteur ou n'importe quoi, tu as besoin...
Donc, notre personnel, tu sais, ça fait
partie un peu de nos conditions
d'emploi en forêt d'avoir, souvent, l'accès à une arme à feu, là, pour
la protection.
Le Président (M.
Bachand) : Mme la ministre.
Mme Guilbault : Bien, j'aurais justement une question. Vous dites
qu'on parle de la relève ou ça a une incidence sur nos membres, sur le nombre de chasseurs, des gens qui veulent
abandonner la chasse carrément à cause du registre. Ce n'est pas la première fois que j'entends des
choses comme ça. Je vous avoue que je trouve ça un petit peu intense
d'abandonner un sport ou une activité
pour un 15 minutes d'immatriculation que je n'ai pas envie de faire. Je
trouve que... Je me demande si
vraiment c'est le seul facteur pour quelqu'un qui abandonnerait effectivement
la chasse ou si ce n'est pas une réaction un petit peu démesurée pour une mesure qui est, somme toute, mineure. Donc,
je vous partage ça. Ça, c'est mon opinion de citoyenne. Mais donc, quand
même, ce n'est pas la première fois qu'on entend ça.
Donc, est-ce
que vous, vous avez des chiffres ou des données à l'appui de ce déclin-là qu'il
y aurait de la chasse ou, en tout cas, de cette désaffection qu'il y aurait de
certaines personnes pour la chasse et qui serait présumée être à cause
du registre? Comme je vous dis, je suis un
petit peu sceptique, mais ce n'est pas impossible qu'il y en a ait, là, qui,
ayant une réaction vive puis étant idéologiquement contre le registre,
décident d'abandonner la chasse. Je ne dis pas que ce n'est pas cas, là. Mais est-ce que vous avez une
documentation de ça ou déjà des chiffres à l'appui? Est-ce que vous observez
quelque chose concrètement dans la
fréquentation de vos membres ou est-ce que vous avez de l'information, là,
factuelle là-dessus?
Président (M. Bachand) : M. Plourde, oui.
M. Plourde
(Marc) : Merci. En fait, les observations... On n'a pas d'études
systématiques là-dessus, là, évidemment. Les observations qu'on a nous proviennent beaucoup de nos relations avec
les différents fabricants et distributeurs. Vous savez, ces gens-là participent à nos salons, à nos expositions
annuelles, puis tout ça, donc on est souvent en contact avec eux. Puis c'est
eux, là, les détaillants, notamment, là, les petits détaillants dans les
régions, un peu partout, qui nous disent : Oui, bien là, on perd
des clients, puis les gens veulent céder leurs armes.
Est-ce que c'est
exagéré? Je vous dirais... Ça a été soulevé tantôt par les gens de la
Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, là. Il y a peu de sports ou de
loisirs où on est aussi susceptible d'être en infraction qu'à la chasse ou à la pêche. Quand vous allez au golf, là, vous
n'avez pas peur de repartir avec un ticket de 350 $. Quand vous allez à la
pêche maintenant, là, si vous n'êtes pas
attentif, très attentif à la réglementation sur le moment, à l'endroit qu'on...
bien, tu as un risque de repartir avec un ticket, puis ça, ce n'est pas
quelque chose de «glamour» beaucoup pour les gens.
autre phénomène que je crois qui est peut-être en cause, c'est qu'évidemment on
a une cohorte, là, de boomers, qui
étaient des pratiquants assez intenses. Les jeunes, le niveau de pratique est
moindre, il faut le dire. Il y a moins... Les nouveaux certifiés ne
remplaceront pas ceux qui sortent du réseau. Puis je pense que peut-être qu'il
y a des gens qui, à un certain âge,
disent : Bon, O.K., là, c'est assez compliqué, c'est assez d'emmerdes...
Il y a peut-être un peu de tout, là. C'est
facile de mettre ça sur la faute d'un projet de règlement ou d'un projet de
loi, mais c'est un amalgame d'un peu tout ça, j'ai l'impression. Mais la
préoccupation est là.
Moi,
quand j'étais petit gars, là, je restais à Saint-Félicien. À 13 ans, là,
je sautais sur mon bicycle avec mon 410 puis j'allais à la chasse à
perdrix après l'école. C'est ça. Je voudrais voir un petit gars dans les rues
de Saint-Félicien aujourd'hui avec son 410
sur son bicycle. D'après moi, il ne se rendra pas au rang Double en haut pour
aller chasser la perdrix. Mais, tu
sais, c'est une question de perception de la population. On est dans un «mood»
où les armes font peur de plus
en plus. Les citadins ont de plus en plus peur des armes, à raison, parce que,
souvent, c'est dans des villes que ces phénomènes-là
sont vécus, de violence armée, puis tout ça. Les gens de la campagne, c'est une
autre approche complètement. Mais
avec la banlieue qui s'étend, avec les contraintes, de plus en plus, la baisse
de population, il y a, dans certains endroits... Je vais vous faire rire peut-être,
mais c'est un ensemble de facteurs.
En Estrie, on a fait des campagnes de contrôle de la rage du raton laveur. Donc, on capturait des
ratons laveurs pour les vacciner puis, dans certains... plusieurs
endroits, le nombre de captures, le
tiers des captures, c'était des chats, des chats en forêts, des chats, donc,
domestiques, le chat de la ferme, puis, à un moment donné, bon... Mais ça
fait quoi, ça, les chats? Ça mange des perdrix, ça mange la faune sauvage. Puis
il y a une raréfaction aussi de la
ressource, là, dans les banlieues, de plus en plus, autour des villes, dans les
régions, donc, ça aussi, ça a un
impact, ça. Puis c'est un ensemble de facteurs qui font que la désaffectation, bien,
c'est moins évident. Puis, je pense que, pour les gens des villes,
d'avoir des armes à feu dans la maison, bien, si tu n'as pas été, je dirais,
inoculé à la naissance, là... Puis c'est très dur de rentrer dans le réseau si
tu n'as pas, dans tes proches, des gens qui pratiquent ces activités-là. Donc, tu sais, je dirais, avec toute la perception
d'une
partie de la population face aux armes
à feu, bien, c'est clair que c'est un en