Institutions — 28 September 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CI 2017-09-28
Quebec — Committees
Alors, le printemps
dernier, je présentais le projet de loi n° 133, Loi
obligeant le port de l'uniforme par les policiers
et les constables spéciaux dans l'exercice de leurs fonctions. Et, le
6 septembre dernier, cette
même commission procédait aux
consultations particulières ainsi qu'aux auditions publiques, au cours desquelles
des représentants de plusieurs groupes,
dont ceux des syndicats de policiers et de constables spéciaux, de
l'Association des directeurs de police du Québec et de l'Union des municipalités du Québec, ont été entendus. Ensuite, le
principe même du projet de loi a été adopté par l'Assemblée nationale,
le 27 septembre, et aujourd'hui nous entreprenons donc l'étude détaillée
de ces six articles.
Alors, comme vous savez, M. le Président, le
gouvernement accorde beaucoup d'importance à la confiance qui doit être maintenue entre les citoyens et leurs
institutions. Et, bien entendu, lorsqu'on parle de ces institutions, l'une
d'entre elles est représentée,
justement, par les policiers et les constables spéciaux, eux qui jouent un rôle
indispensable dans notre société. Ils
sont les représentants de la loi et ils la maintiennent. Peu importent l'heure
et l'endroit, ils maintiennent la paix et l'ordre.
C'est
dans ce contexte que le port intégral de l'uniforme est essentiel, car il est
le symbole de leur autorité, de leur crédibilité, mais aussi parce qu'il
impose le respect nécessaire à l'accomplissement de cette mission très
importante. L'uniforme permet aussi, et
c'est très important, pour des raisons de sécurité, une identification rapide,
sans équivoque de qui est un policier, ce qui favorise donc au
quotidien, et tout particulièrement dans les situations critiques, l'exercice
efficace de leurs fonctions ainsi que la sécurité du public et, je dirais même,
la sécurité des policiers eux-mêmes.
dernières années, l'utilisation de l'uniforme comme moyen de pression,
c'est-à-dire l'altération même très importante
de l'uniforme comme moyen de pression, et ce, même, des fois, en période de
négociation, nous a clairement démontré
que les règles en vigueur à l'heure actuelle ne suffisaient pas. Je tiens
d'ailleurs à rappeler que la
Loi sur la police ne contient pas de disposition particulière concernant le port
obligatoire de l'uniforme. Dans ce contexte, il nous apparaît nécessaire
d'intervenir afin de rétablir la crédibilité et le respect envers la fonction
policière. On légifère maintenant, mais on légifère aussi pour l'avenir.
En résumé, les
principales dispositions du projet de loi n° 133 sont les suivantes. Le
projet de loi propose d'obliger les
policiers et les constables spéciaux à porter dans leur intégralité et sans les
altérer de manière significative l'uniforme et l'équipement fournis par
l'employeur.
Le directeur d'un corps de police ou l'autorité de qui relève un constable spécial aurait
l'obligation de transmettre sans délai un rapport d'infraction au Directeur des
poursuites criminelles et pénales
lorsqu'un policier ou un constable spécial contreviendrait à ces dispositions.
Nous souhaitons également mettre en place
des sanctions pénales pour toute personne, association représentative de
policiers et de constables spéciaux ou toute personne travaillant pour
celles-ci qui serait reconnue coupable d'avoir contrevenu aux précédentes
dispositions, et des amendes sont proposées à cet effet.
Maintenant, comme je l'avais mentionné lors des
consultations publiques, je vais proposer aujourd'hui même certains amendements, amendements qui ont été
distribués d'ailleurs à tous ici. Ces nouvelles dispositions, donc, si
elles étaient adoptées, viendraient imposer
l'exclusivité de fonction aux policiers détenant un poste d'encadrement, à
l'exception des situations qui sont prévues par la loi. Ces derniers jouent un
rôle déterminant et stratégique, soit celui d'assurer la sécurité du public, et
ces responsabilités exigent une grande disponibilité. Le cumul de fonctions ou
d'emplois nous apparaît incompatible avec ce mandat. C'est une question, encore
une fois, de sécurité, mais c'est aussi une question de maintenir le lien de
confiance des citoyens envers les corps de police.
Alors, M. le
Président, ce texte législatif témoigne de la volonté du gouvernement d'être à
l'écoute des citoyens et aussi des
municipalités de tout le Québec. Les mesures que nous proposons sont simples et
faciles d'application. Aussi, donc,
je souhaite que ces travaux contribuent à faire progresser ce projet de loi
vers son adoption rapide par l'Assemblée nationale. Merci.
Le Président (M. Ouellette) :
M. le député de Matane-Matapédia, pour vos remarques préliminaires.
M. Bérubé :
Bonjour, M. le Président, M. le ministre, membres de l'Assemblée nationale, les
gens qui nous accompagnent dans ce processus législatif.
Ce n'est pas
la première fois que le ministre ou même ses prédécesseurs à la Sécurité publique
annoncent leur intention de légiférer
sur le port de l'uniforme des policiers, surtout des policiers mais également
des constables spéciaux. Ça a été
annoncé à plusieurs reprises. Et, lorsqu'on veut avoir de l'autorité, il faut
le faire, hein, c'est comme dans tout domaine. Alors, le ministre a fini
par amener cette législation.
Ça nous
indique plusieurs choses, hein, les choix législatifs d'un gouvernement. Ça
indique un ordre de priorité. Quand
on parle de confiance, quand on parle de danger pour la population, je veux
réitérer à nouveau que le gouvernement choisit
d'aller avec le projet de loi n° 133 avant le projet de loi n° 128 sur les chiens dangereux, donc c'est probablement plus dangereux, les pantalons pour les policiers,
l'uniforme des policiers, de légiférer maintenant, même si c'est signé,
la convention, puis ça va être dans des années, que de légiférer maintenant sur
les chiens dangereux.
Un autre
sujet d'intérêt pour nous, le projet de loi n° 107 sur l'indépendance,
notamment, de l'UPAC, ça pourrait être un sujet apporté par le ministre.
Ça a quand même été annoncé en juin 2016.
Il y a
d'autres pièces législatives d'importance. Si d'aventure le ministre
souhaitait, par exemple, unir deux ministères, la Sécurité publique, les
Affaires municipales ou une
partie de celui-ci, ça pourrait faire l'objet d'une
loi également, on est prêts à en discuter.
Donc, on est face à un projet de loi qui
interpelle beaucoup le gouvernement. Il a envie de mettre fin à ce qu'il
considère comme étant un outrage, je dirais, à la fonction de policier, un
manque de décorum qui nuit à la crédibilité des policiers.
Moi, les
policiers que je connais, M. le Président, c'est des gens fiers, des gens qui
ont un serment, des gens qui gardent
des réflexes de policier tout au long de leur vie, vous êtes bien placés pour
le savoir, le député de Vimont également. C'est des gens... Le premier engagement, c'en est un moral, c'en est un
de servir le public. Et je suis convaincu que tous les policiers qui ont été en moyens de pression n'ont
jamais abandonné les idéaux qui les ont guidés lors du début de leur
carrière dans le domaine de la police.
Alors, on va
étudier ce projet de loi avec beaucoup d'attention. On a suivi les auditions
avec beaucoup d'attention. On sait
déjà, par exemple, que les policiers, une fois cette pièce législative adoptée,
vont la contester, vont aller en cour, c'est déjà annoncé. Alors,
j'espère qu'on est sur du solide, parce que... surtout pour le gouvernement,
qu'il est sur du solide, ça passe le test des chartes. Ce sera un défi pour
lui.
Le ministre a
également annoncé qu'il allait proposer une autre disposition qui n'est pas
liée directement aux mêmes enjeux, sur le double emploi des cadres dans
le domaine policier. Et évidemment ça nous rappelle le cafouillage de l'autoroute 13 parce qu'il y a quelqu'un, un
officier, qui avait un double emploi, qui l'a occupé à un moment où il
n'aurait pas dû l'être. Quant à nous, ça aurait dû engager la responsabilité
ministérielle également, celle du ministre qui est en face de moi, celle du ministre des Transports aussi. On a évacué
rapidement ça. C'est bien pratique, trouver des boucs émissaires. Alors,
on va l'analyser aussi.
D'ailleurs,
je me pose la question d'entrée de jeu : Pourquoi seulement les officiers?
Pourquoi pas les policiers aussi de façon générale? Alors, j'imagine
qu'on aura des explications là-dessus.
En sécurité
publique, on est toujours prêts à aborder des enjeux, à légiférer, à améliorer
nos pratiques. On l'a fait sur la question des empreintes digitales dans
les centres de détention, encore une fois suite à une crise, l'évasion d'un
détenu que vous connaissez bien, M. le Président, et vice versa, je pense. Et
c'est pour ça qu'on a agi.
Alors, on l'a fait. C'est des petits projets de
loi qui améliorent nos pratiques. Mais, encore là, il y a des pièces
législatives importantes qu'on pourrait aborder.
Alors, je
pense qu'on aura de bons échanges. C'est un projet de loi qui vise les
policiers, et je terminerais en disant qu'il est important pour nous
tous de réaffirmer l'importance des policiers, dans une démocratie, pour
l'application des lois, pour la sécurité du public. La
police est une institution importante qui a été mise à mal, au cours des
dernières années, par certains éléments qui parfois ont fait l'objet
d'enquêtes, ont fait l'objet, je dirais, de certains égarements, mais il ne
faut pas oublier l'engagement réel des policiers, qui risquent leur vie pour la
population du Québec; des gens intègres, des gens qui ont fait un choix professionnel
parfois périlleux.
Et j'ajoute à ça les constables spéciaux, les
gens qui assurent notre sécurité à l'Assemblée nationale du Québec et aussi
dans les palais de justice. Et, à l'Assemblée nationale, on se souviendra qu'il
y a déjà eu une tragédie, en 1984, ce qui explique, pour le bénéfice de tous,
pourquoi il y a une distinction. Les constables spéciaux de l'Assemblée
nationale n'ont jamais porté de pantalon de camouflage, n'ont porté que des
jeans, parce que le traumatisme de 1984 les a touchés, avec raison, et nous a
touchés également. Et c'est la raison pour laquelle ils avaient cette
sensibilité. C'est ce qu'on m'a confié, en tout cas.
Alors, je nous souhaite de bons échanges. Et au
plaisir, comme législateurs, d'avoir la meilleure loi possible au terme de
l'exercice.
Le Président (M. Ouellette) :
Merci. M. le député de Beauce-Nord.
M. Spénard :
Merci, M. le Président. Alors, je salue mes collègues du côté ministériel, mon collègue
de Matane-Matapédia.
Comme on l'a dit hier sur l'adoption du
principe, c'est un projet de loi qui vient un peu à la rescousse du code
disciplinaire de la Sûreté du Québec et de la SPVM, parce que, dans le code
disciplinaire de la SPVM, de la Sûreté du Québec, il est indiqué qu'un policier
devait respecter l'uniforme et devait porter son uniforme lorsqu'il est en
temps de travail.
On a eu aussi, lors de l'audition des
mémoires... Comme je l'ai souligné hier, c'est pour ça que, le projet de loi,
c'est sûr qu'il ne fera pas l'unanimité, mais, parmi ceux qui s'occupent des
différents corps policiers, des constables spéciaux, tous les représentants
d'employés étaient contre le projet de loi sous prétexte que c'est... étant
donné qu'ils n'ont pas le droit de grève, alors, c'était un moyen de pression,
qui a été reconnu, je pense, par le tribunal administratif et tout, et
peut-être, là, dans une autre province, par la Cour suprême. Et ceux-là qui
étaient les employeurs, c'est-à-dire la Sûreté du Québec, l'Union des
municipalités du Québec et l'Association des directeurs de police du Québec,
reconnaissaient le bien-fondé de ce projet de loi là.
On va l'étudier
article par article. Pas
beaucoup d'articles. J'ai quelques questions à poser. Étant donné qu'on est
rendus à l'adoption
article par
article du projet de loi, je vous dis tout de
suite que je le vois dans un esp