Public Finance — 31 May 2023 (43rd Legislature, 1st Session)
CFP 2023-05-31
Quebec — Committees
(Onze heures vingt-cinq minutes)
Le Président (M. Simard) :
Alors,
chers collègues, à l'ordre, s'il vous plaît! Je constate que nous avons quorum.
Heureux de vous retrouver.
Comme vous le savez, la commission est réunie
afin de procéder aux consultations particulières et aux auditions publiques sur
le rapport sur la mise en oeuvre de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard des organismes publics.
Mme la secrétaire, bonjour. Y aurait-il des
remplacements ce matin?
Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Bouazzi (Maurice-Richard) est remplacé par Mme Labrie (Sherbrooke).
Le Président (M. Simard) : Très
bien. Alors, bienvenue à nos collègues. Alors, comme le veut la tradition, nous
allons débuter ces consultations par nos remarques préliminaires, et, d'entrée
de jeu, je cède la parole au député de Maskinongé, qui dispose de six minutes.
Cher collègue.
M. Allaire : Merci, M. le
Président. D'abord, vous allez me permettre des salutations parce que c'est
souvent la chose qu'on oublie dans les
remarques préliminaires. Mme la ministre, merci d'être là. Je me demande si
vous êtes là pour me checker ou si vous êtes là... Plutôt, je pense que
vous êtes là parce que vous êtes intéressée à entendre le groupe, effectivement. Merci pour votre présence,
c'est très apprécié. Salutations à l'ensemble des parlementaires aussi,
qui sont là pour travailler sur la bonification, là, de la loi qui a été
adoptée en 2017. On a un rapport pour nous aider à le faire, donc ça sera une bonne base. On est ici pour entendre les
groupes. Donc, très hâte, d'ailleurs, de vous entendre. Vous allez me permettre, là, comme je l'ai dit
tantôt, de saluer les personnes qui travaillent au secrétariat, là, pour nous
supporter, là, dans tout ce beau dossier. Donc, M. Alexandre Hubert,
secrétaire associé et sous... au Sous-secrétariat, pardon, aux ressources humaines gouvernementales. Bon matin.
Mme Caroline Pelland, directrice des relations professionnelles et de la négociation. Caroline,
bon matin, merci d'être là. Et M. Philippe Bettez Quessy, coordonnateur gouvernemental
en éthique. Bon matin également, merci d'être là, c'est superapprécié.
Je suis heureux, je suis heureux, M. le
Président, là, qu'on soit ici ce matin parce que c'est important. C'est
important de prendre le temps d'étudier ce qui a été travaillé en 2017, et qui
a été adopté suite à la sanction du projet de loi, et qui a été mis en place.
On s'est donné un mécanisme pour être sûr d'être capable, là, de s'améliorer,
je vais le dire comme ça. Les lois sont toujours perfectibles, et, dans ce
cas-ci, c'est ce qu'on souhaite. Il y a un rapport qui a été travaillé par le
secrétariat, qui a été fait en partenariat, entre autres, avec les gens qui
sont principalement concernés par la loi
dans son application. Et je pense que, malgré le temps, là, qui a perduré, là,
il faut toujours se rappeler, quand
même, que le rapport a été travaillé trois ans après son adoption, tel que le
prévoit la loi, mais, malheureusement, avec
la pandémie, les élections, ça a été retardé un peu. Mais ce matin on est tous
ici et bien contents, là, d'y travailler.
La confiance envers nos institutions, M. le
Président, c'est extrêmement important. Dans ce contexte-ci de la loi, je pense
qu'il faut donner tous les moyens possibles à nos gestionnaires qui travaillent
dans la fonction publique d'être capables de
développer une culture et une éthique sans reproche au niveau de l'intégrité.
Et ça, ça y va par notre travail à nous, entre autres, de législateur,
là, qui leur permet de leur donner les meilleurs outils pour le faire. Aussi,
dans ce contexte-là, on doit aussi protéger les gens qui font des divulgations.
Ça aussi, c'est extrêmement important. Et je pense que, dans le rapport qui a
été déposé, on vient naturellement, là, améliorer cet aspect-là notamment. Le rapport, je l'ai dit tantôt, là, il a été
travaillé avec l'ensemble des gens concernés. Là, on parle ici, là, du
Protecteur du citoyen, le ministère des Affaires municipales et de
l'Habitation — c'était
la nomenclature à l'époque, là, on sait maintenant qu'ils sont scindés — et
également le ministère de la Famille.
Grosso modo, rapidement, le rapport présente
trois recommandations. On se propose de revoir le rôle et responsabilité des
acteurs qui doivent appliquer la loi. On veut également améliorer son
efficience. Et, au final, on veut créer un
comité, là, qui va être capable, là, d'assurer, là, justement, l'amélioration
de cette efficience-là au fil du temps.
Alors, M. le Président, je ne serai pas
tellement plus long, si ce n'est que vous dire que... et vous répétez que la
loi qui a été adoptée en 2017, elle est perfectible, je le répète, mais on est
là pour ça. Ça fait que travaillons en équipe,
là, pour faire les... poser les bons gestes, en fait, pour l'améliorer le plus
possible et conserver, là, cette culture, là, d'éthique et d'intégrité,
là, qui est chère à la ministre, présidente du Conseil du trésor. Merci, M. le
Président.
Le Président (M. Simard) : Alors, M.
le député de Maskinongé et adjoint parlementaire, merci pour cette
intervention. Je cède maintenant la parole à la porte-parole de l'opposition
officielle et députée de Saint-Laurent.
Mme Rizqy : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, chers collègues, Mme la Présidente du
Conseil du trésor ainsi que les députés de
la banquette gouvernementale. Ma collègue députée de Sherbrooke est aussi avec
nous. Je tiens à vous dire merci.
J'avais
écrit, à l'époque, c'était en 2020... vous étiez déjà, à cette époque-là, M. le
Président, le même président de cette dite commission, et je vous
demandais qu'on puisse se réunir pour justement faire un état des lieux suite à
l'adoption de la Loi facilitant la divulgation d'actes répréhensibles à l'égard
des organismes publics. C'est un état des lieux qui est important parce
qu'effectivement on peut voir qu'est-ce qu'on peut améliorer pour s'assurer que
les lanceurs d'alerte sont quand même protégés mais aussi d'avoir accès à cette
information.
dois vous dire que maintenant, c'est ma cinquième année comme élue, que c'est
aussi la cinquième année... Permettez-moi de parler d'un dossier qui me
tient particulièrement à coeur, l'éducation. Ça fait cinq ans que je suis
porte-parole en éducation, et, très souvent, les gens qui nous parlent le font
en nous disant : J'ai peur de perdre mon emploi, et nous parlent dans
l'anonymat. Alors, j'aurais une attention très particulière pour ceux qui
oeuvrent dans des organismes publics mais aussi parapublics, particulièrement
ceux qui oeuvrent au niveau des écoles. Parce que, je l'ai déjà dit, pour nous,
au Parti libéral du Québec, le devoir de loyauté est d'abord et avant tout
envers ceux qu'on sert — dans
le cas des écoles, les élèves, c'est là, le devoir de loyauté — et
envers la profession, avant de parler du devoir
de loyauté de l'employeur. Alors, j'espère qu'on aura effectivement l'occasion
de s'assurer de donner les coudées franches à ceux qui veulent nous
interpeler, attirer notre attention sur des situations qui sont délicates, qui
sont complexes, sans avoir cette épée de Damoclès, ayant cette crainte de
perdre leur emploi parce qu'ils veulent faire les choses correctement pour
améliorer la situation, non pas pour eux, mais pour soit les élèves, les
patients ou toute autre personne qui... qui sont plus vulnérables.
Alors, merci
beaucoup, M. le Président, je ne serai pas plus longue dans mes remarques
préliminaires. Et je souhaite, évidemment, la bienvenue au Protecteur du
citoyen ainsi qu'à toute son équipe qui... qui l'accompagne aujourd'hui. Merci
beaucoup pour votre mémoire que vous nous avez transmis hier.
Le Président (M.
Simard) :
Alors, merci à vous, chère collègue. Je cède
maintenant la parole à la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci,
M. le Président. Je vais être très brève également, simplement pour dire que je
suis vraiment contente qu'on puisse se réunir aujourd'hui et tenir cette
audition dans la perspective d'améliorer la loi. C'est un enjeu qui est cher à Québec solidaire depuis très longtemps.
Déjà, dans le passé, on avait déposé des propositions de projets de loi pour
renforcer la protection des lanceurs d'alerte. C'est un enjeu dont j'ai entendu
parler dans tous les dossiers que
j'ai eu le privilège de porter depuis mon arrivée ici, à l'Assemblée nationale,
particulièrement en éducation et en services sociaux.
vous dirais que les gens, sur le terrain, vivent des craintes importantes de
représailles, ont peur de dénoncer, se
créent des adresses courriel pour communiquer avec nous en cachette, de peur de
se faire réprimander, préfèrent venir en personne, ne pas laisser leur
nom, quasiment, se déguiser pour rentrer dans nos... dans nos bureaux,
tellement les gens ont la crainte, là,
vraiment, de subir des représailles, alors que, pourtant, ils ne veulent que
partager les inquiétudes qu'ils ont sur la qualité des services qui sont
offerts. Moi, je suis très préoccupée par ça. Donc, c'est un travail que je
prends vraiment au sérieux. Puis je vous remercie d'être ici ce matin, ainsi
que les autres qu'on va entendre.
Le Président (M.
Simard) : Alors, merci à vous, chère collègue. À ce stade-ci, j'aurais
besoin, de votre part, de deux consentements. Un premier consentement afin de
poursuivre au-delà de l'heure prévue, parce que nous avons commencé légèrement
en retard. Y aurait-il consentement à cet effet?
Des voix : Consentement.
Le Président (M.
Simard) : Consentement, très bien. Et j'aurais besoin d'un second
consentement afin que notre collègue le député de Camille-Laurin puisse
participer à nos travaux. Y aurait-il, à cet effet, consentement?
Mme Labrie : ...de passer par le cabinet du leader pour ces
demandes-là, mais je vais donner mon consentement.
Le Président (M.
Simard) : Très bien, très bien. Alors, je constate qu'il y a
consentement? Très bien. Et, conséquemment, cher collègue, puisque nous n'avons
pas terminé la période des remarques préliminaires, si tant est que vous
souhaitiez dire quelques mots, vous auriez une minute pour le faire.
M. St-Pierre
Plamondon : Non.
Le Président (M.
Simard) : Ça vous va pour l'instant? Très bien. Alors, vous pourrez
poursuivre durant la période d'échange.
Et nous en sommes maintenant rendus à l'étape de
l'audition formelle et nous avons l'honneur de recevoir, ce matin, des représentants du Protecteur du citoyen. Alors, mesdames, messieurs, bienvenue parmi
nous. Et auriez-vous d'abord, s'il vous plaît, l'amabilité de vous
présenter?
M. Dowd
(Marc-André) : ...je suis Marc-André Dowd, Protecteur du citoyen.
Je suis accompagné de Me Hélène Vallières, vice-protectrice, Affaires
institutionnelles et prévention, de Me Caroline Moulin, avocate à la Direction des affaires juridiques et
institutionnelles du Protecteur du citoyen, et de M. Jean-Philippe
Drapeau, directeur des enquêtes en matière d'intégrité publique au
Protecteur du citoyen.
Président (M. Simard) : ...vous remercie de vous joindre à nous. Et, comme
vous le savez, vous disposez de 10 minutes.
M. Dowd
(Marc-André) : Merci, M. le Président, Mme la ministre responsable
de l'Administration gouvernementale
et présidente du Conseil du trésor, Mmes, MM. les députés membres de la
commission. Je remercie la Commission des finances publiques d'avoir invité le Protecteur du citoyen à
présenter ses commentaires sur le rapport du Secrétariat du Conseil du trésor sur la mise en oeuvre de la Loi facilitant la divulgation d'actes
répréhensibles à l'égard d'organismes publics. Alors, pour simplifier
les choses, pour la suite de ma présentation, vous allez me permettre de
désigner la loi par son acronyme, la LFDAROP.
Donc, pour rappel, je précise que le Protecteur
du citoyen reçoit les plaintes de toute personne insatisfaite des services d'un ministère, d'un organisme d