Labour and the Economy — 15 February 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CET 2024-02-15
Quebec — Committees
(Onze
heures vingt minutes)
La Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
chers collègues. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'économie et du travail ouverte.
La commission est
réunie afin de poursuivre l'étude détaillée du projet de... projet de loi
n° 42, Loi visant à prévenir et à combattre le harcèlement psychologique
et la violence à caractère sexuel en milieu de travail.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. Mme Tremblay (Hull) est remplacée par Mme Mallette (Huntingdon); Mme Cadet (Bourassa-Sauvé)
est remplacée par M. Morin (Acadie); et Mme Lakhoyan Olivier (Chomedey)
est remplacée par Mme Caron (La Pinière).
La Présidente (Mme
D'Amours) : Avant de poursuivre, je dépose la correspondance reçue de
la part de la Fédération du personnel de soutien scolaire — Centrale
des syndicats du Québec.
Lors de l'ajournement
de nos travaux de jeudi dernier, selon notre plan de travail, nous étions au
sujet 2, portant sur le code civil du
travail. Plus précisément, nous en étions à l'étude... à l'étude de l'article
1. Y a-t-il d'autres interventions sur cet article? M. le ministre, la
parole est à vous.
M. Boulet : Oui,
merci, Mme la Présidente. Donc, à notre dernière rencontre...
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Leduc : Je
voulais juste signifier à lui que je voulais parler après.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Boulet : Ah!
OK. Parfait.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Boulet :
Donc, on parlait d'un
article et on a eu des échanges à quatre, et ça
concernait les conditions de la formation déterminées par le ministre. Et le
collègue du Parti libéral soumettait un amendement, que nous avions discuté à micro fermé, et donc j'ai demandé à mon
équipe d'écrire un libellé qui était compatible avec le corpus
législatif québécois et je vous le
présenterais pour que nous puissions faire en sorte que ce soit plus clair.
Parce que l'objectif était, évidemment, de s'assurer que la formation soit
donnée par des personnes autorisées à le faire. Alors, on l'a détaillé un peu
plus, et je le lirais avec votre permission, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...votre amendement, M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Boulet : Oui :
Modifier l'article 100.0.0...
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre, désolée, je vais devoir suspendre les
travaux quelques instants pour que le secrétariat puisse l'avoir et le déposer
sur...
M. Boulet : Comment
ça se fait que...
La Présidente (Mme
D'Amours) : Ça a été envoyé, mais ce n'est pas encore sur Greffier.
Je suspends les
travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
11 h 23)
La Présidente (Mme
D'Amours) : Nous reprenons nos travaux. Maintenant, M. le ministre, si
vous voulez bien faire la lecture de votre amendement, s'il vous plaît.
M. Boulet : Merci,
Mme la Présidente.
Article 1.
Modifier l'article
100.0.0.1 du Code du travail, proposé par l'article 1 du projet de loi :
1° par la suppression
de «dont les conditions sont déterminées par le ministre»;
2° par l'ajout, à la
fin, de l'alinéa suivant :
«Le ministre
détermine, après consultation du Comité consultatif du travail et de la
main-d'oeuvre visé à l'article 12.1 de
la
Loi sur le ministère du Travail, les conditions de cette formation, telles
que le contenu, la durée et les personnes ou les organismes autorisés à
l'offrir.»
Explication.
Bien, ça vient préciser, là, que les conditions seront déterminées par le
ministre, mais après consultation des associations patronales et des
centrales syndicales qui se réunissent au Comité consultatif du travail et de
la main-d'oeuvre, et donc pour le contenu, la durée puis les personnes qui
seront autorisés. Est-ce que je dois lire l'article tel que modifié, Mme la
Présidente?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Non. On va travailler sur l'amendement, présentement.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Est-ce qu'il y a des... Oui, M. le député, allez-y.
M. Morin :
Merci... merci, Mme la Présidente. Alors, merci, M. le ministre, pour cette
modification. Comme M. le ministre l'a
souligné un peu plus tôt, effectivement, lors de notre dernière séance, j'ai...
on a discuté, et j'avais envoyé, en
fait, sur Greffier, mais elle n'a pas été déposée officiellement, une
modification parce qu'à la lecture de la modification du Code du travail,
ma collègue et moi, la députée de La Pinière et moi, nous voulions nous
assurer, compte tenu de l'importance, évidemment, de la formation, que ce
soient des personnes autorisées, compétentes à l'offrir puis que ce soit fait également en consultation. Alors, M. le
ministre nous a offert de revenir avec un amendement qui allait préciser
ces différents éléments-là, et je suis satisfait de la proposition de M. le
ministre quant à l'amendement à apporter, qui va venir préciser, finalement,
mieux encadrer, mais aussi parler d'une consultation. Et ça, je pense que
c'est... c'est toujours important. On ne peut pas se tromper quand on consulte
les gens. Ça permet d'en arriver plus facilement à des ententes puis, après ça,
bien, donner une formation qui est appropriée.
Alors, je vous
remercie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. D'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas...
M. le député, oui, allez-y.
M. Leduc :
Oui. Bien, je n'ai pas de problème avec l'amendement. Merci au ministre
pour le suivi.
Je veux juste prendre
la parole rapidement pour mentionner que les travaux aujourd'hui n'étaient pas
à l'horaire et qu'il y avait une entente
avec le bureau du leader du gouvernement pour me permettre de faire mon
travail de leader dans la Commission de l'Assemblée nationale, qui est en train
de réviser la carte électorale. Et le bureau du leader est revenu sur sa
parole. Il a convoqué les travaux aujourd'hui. Et ce qui m'oblige à m'absenter
à l'autre place et à venir ici. C'est la vie. C'est la prérogative du
gouvernement. C'est juste plate, quand il y a parole donnée, qu'on revienne sur
sa parole. Alors, je tenais à le souligner à micro ouvert. Merci.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions sur l'amendement? S'il n'y a pas d'intervention,
je vais mettre aux voix l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
Adopté? Il faut le dire fort, pas faire un signe de tête.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
Donc, nous revenons à l'article 1 tel qu'amendé. Est-ce qu'il y a
des commentaires? S'il n'y a pas de commentaire, nous allons...
La Présidente (Mme D'Amours) : Pas
de commentaire. Nous allons mettre aux voix l'article 1 tel
qu'amendé. Est-ce qu'il est adopté?
La Présidente (Mme
D'Amours) : Parfait. M. le ministre.
L'article 2.
M. Boulet :
Merci, Mme la Présidente.
Article
L'article 100.2 de ce code
est modifié par l'insertion, dans le troisième alinéa et après «il peut aussi»,
de «, d'office ou sur demande de l'une des parties,».
L'article 100.2,
tel que modifié, se lirait comme suit :
«100.2. L'arbitre
doit procéder en toute diligence à l'instruction du grief et, sauf disposition
contraire de la convention collective, selon la procédure et le mode de preuve
qu'il juge appropriés.
«À cette fin, il
peut, d'office, convoquer les parties pour procéder à l'audition du grief.
«Aux fins prévues à
l'article 27 de la Loi instituant le Tribunal administratif du travail, il
peut aussi, d'office ou sur demande de l'une des parties, tenir avec elles une
conférence préparatoire à l'audition du grief.»
Commentaire. Cette
modification prévoit la possibilité pour l'une des parties de demander à
l'arbitre la tenue d'une conférence
préparatoire, tout en laissant la discrétion à ce dernier d'en tenir une
d'office, parce qu'il est évidemment maître de sa procédure. Alors,
voilà, c'est tout.
La Présidente (Mme
D'Amours) : Y a-t-il des commentaires sur l'article 2? M. le
député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, Mme la Présidente. Alors,
je comprends, M. le ministre, dans votre... dans vos modifications, vous n'avez pas l'intention... ou vous ne vouliez
pas rendre la conférence préparatoire obligatoire, vous préférez laisser
une discrétion à toutes les parties. Est-ce qu'il y a eu une réflexion à cet
effet-là? Et je comprends qu'on est dans un système de grief. Maintenant dans
les modifications, ici, dans le Code du travail, évidemment, puisque l'arbitre
aura à suivre éventuellement de la formation
sur le harcèlement psychologique, je comprends qu'il pourra
éventuellement... aussi, il devra entendre des griefs sur ce sujet-là.
Quand
on parle d'une conférence préparatoire, donc, est-ce que, dans tous les cas, à
ce moment-là, parce qu'on est dans le Code du travail, la victime, celle
qui dépose le grief, sera toujours représentée par un délégué syndical? Et je veux simplement m'assurer, et que ce soit
clair, que, dans un cas de harcèlement psychologique, s'il y a une
conférence préparatoire, la victime ne sera
pas seule, sans représentation, à la conférence préparatoire, compte tenu,
évidemment, du grief qui est soulevé.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le ministre.
M. Boulet :
Non, non, la personne ne sera pas seule. Elle a, évidemment, le droit
d'être accompagnée, d'être représentée. Dans
un environnement syndiqué, le grief appartient au syndicat, qui a le monopole
de la représentation, donc la personne sera, bien sûr, accompagnée. Et,
souvenez-vous, il y avait une recommandation des expertes, 41, elles souhaitaient qu'il y ait des conférences
préparatoires systématiques. Mais dans les cas de violences à caractère
sexuel, ici, on vient amender pour prévoir
la possibilité que ce soit dans tous les cas de grief, donc qu'il n'y ait pas
deux catégories de grief, et pour respecter ce que je mentionnais un peu
plus tôt, que l'arbitre est bien maître de sa procédure.
Évidemment, on a
consulté la Conférence des arbitres du Québec, et ils vont... ils sont en train
d'élaborer... je ne sais pas s'il est déjà
publié, là, mais un guide sur les bonnes pratiques en matière d'arbitrage, ils
en ont déjà un, mais incluant la conférence préparatoire. Et donc ça
va... Quand tu fais une conférence préparatoire puis tu es un arbitre, tu
t'assures aussi de la compréhension des deux parties. La victime qui fait
une... qui fait un recours, qui fait un grief, dans le cas présent, elle est,
bien sûr, accompagnée par son représentant... son représentant au conseiller
syndical.
M. Morin :
...je vous remercie.
La Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
D'autres interventions? Oui, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc :
Moi, j'essaie juste de comprendre qu'est-ce que ça change par rapport à la
situation actuelle.
La Présidente (Mme
D'Amours) : ...
M. Boulet :
C'est clairement prévu que ça peut être à la demande d'une des parties. Et
ce n'était pas connu, ça, puis ça a été discuté avec plusieurs parties puis,
notamment, là, dans les consultations avec la Conférence des arbitres.
L'arbitre pouvait, mais vous savez très bien, parce que vous avez pratiqué en
relations de travail. Il y a peu d'arbitres qui font des conférences
préparatoires, ce n'est pas connu. Alors là, maintenant, on dit à l'une ou
l'autre des parties : Tu peux demander une conférence préparatoire. Et
c'est un forum qui va être extrêmement approprié, particulièrement dans les cas de violence à caractère sexuel, pour
éviter des dérapages, pour s'assurer que ce soit bien préparé, le terme
le dit. Donc, c'est dans cette perspective-là.
La Présidente (Mme
D'Amours) : M. le député.
M. Leduc :
Il y avait une recommandation, je
pense, dans le rapport de la... Mme Corte, sur le 41 ou 42,
même : «S'assurer que les enquêteurs spécialisés en matière d'agression
sexuelle et de violence conjugale soient en nombre suffisant pour accomplir
leurs enquêtes dans des délais raisonnables pour effectuer des suivis escomptés
auprès des victimes.» Est-ce que c'est concordant avec