CRC — 20 August 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CRC 2020-08-20
Quebec — Committees
Sachant que
les jeunes Québécoises et les jeunes Québécois vivent une
importante détresse et anxiété psychologique est grandissante, M. le
premier ministre, maintenant, ma
question : Qu'entendez-vous faire, spécifiquement, sur l'enjeu de
la santé mentale des jeunes?
M. Legault : Oui. Mme
la Présidente, d'abord, moi aussi, je
veux saluer le député de Viau, la cocheffe de Québec solidaire, la députée
de Gaspé, puis, bien sûr, notre super adjoint
parlementaire, député de Beauce-Sud, puis tous les gens qui travaillent, les fonctionnaires, les gens qui
nous aident au quotidien, entre autres, à mieux s'occuper de nos jeunes.
Effectivement, la santé mentale des jeunes,
c'est un sujet qui me préoccupe beaucoup. Malheureusement, on voit, les... bon, à l'extrême, les suicides. On a,
en plus, vécu une année qui était très difficile, avec la pandémie. Le fait
qu'on ait demandé aux jeunes de rester à la
maison, incluant les enfants... ce n'est pas dans la nature d'un jeune, d'être
tout seul puis de ne pas voir ses amis pendant plusieurs semaines. Donc, c'est
pour ça que c'est si important, malgré les faibles risques, de tout
faire pour que les jeunes retournent en classe.
Maintenant, concernant la santé mentale, le
6 mai dernier, donc en pleine pandémie, on a annoncé un nouvel
investissement de 31 millions de dollars pour ajouter aux services
psychosociaux puis en santé mentale. On a aussi augmenté le budget des
organismes communautaires de 20 millions de dollars. On a aussi augmenté
le budget de la LigneParents puis de la
ligne Tel-Jeunes, qui font un travail extraordinaire pour écouter les jeunes,
et il faut en faire plus. Il faut en faire plus, Mme la Présidente, parce
que c'est un grand négligé de la santé, la partie... le département santé mentale. Évidemment, il y a encore un peu de préjugés. Quand
quelqu'un est malade physiquement, on le sait puis on est équipés. Quand quelqu'un a des problèmes de santé mentale, bien, c'est
aussi important, pour que les gens... les gens doivent aller chercher du
support.
Donc, on
augmente de façon générale les budgets en santé mentale, on augmente de façon
spécifique les budgets pour aider les jeunes qui ont des problèmes de
santé mentale, mais je suis très conscient qu'il reste encore beaucoup de
travail à faire.
M. Benjamin : Alors, merci pour
votre réponse, M. le premier ministre, mais vous savez que, sur l'annonce que
vous avez faite des 31 millions, sur ces 31 millions là, il n'y avait
aucun montant spécifiquement pour les jeunes. Et
je vais vous citer, M. le premier
ministre, lorsque vous dites, et je
suis d'accord avec vous,
que la santé mentale est aussi
importante que la santé physique. Alors, comme vous venez de dire, et je suis d'accord
aussi avec vous, qu'il faille faire plus,
que nous devons faire plus, alors, sachant que les droits en santé mentale
doivent être réalisés et respectés, est-ce que vous allez vous engager à
ce que l'accompagnement psychosocial et les alternatives à la médication soient
accessibles et gratuits pour tous?
M. Legault : Mme la Présidente,
il faut s'assurer d'avoir les ressources. On le sait, ce n'est pas facile dans
le réseau de la santé puis des services sociaux, il y a des postes qui sont
affichés mais non comblés. Il faut continuer d'augmenter
le nombre de postes, mais aussi de travailler à ce que les postes soient
comblés. Parce que, oui, il
y a des gens, parce
qu'ils ne reçoivent pas rapidement
des services psychosociaux, se tournent vers le privé. Donc, est-ce qu'on est capables? Puis on y travaille, le nouveau ministre de la Santé y travaille, le ministre délégué, aussi, à la Santé y travaille pour qu'on voie comment on peut amener des gens
qui étaient dans le privé au public pour réduire les listes d'attente. Parce
que les gens... tous les jeunes ont le droit à des services gratuits, des
services psychosociaux, puis je suis très conscient qu'il y a des listes d'attente.
Maintenant, on a aussi beaucoup d'organismes
qu'on aide à donner des services qui, parfois, sont plus appréciés parce que
donnés sous une forme un peu moins formelle. Donc, je pense, entre autres, à
l'Association québécoise de prévention du
suicide, qu'on finance, le Regroupement des Auberges du coeur, la Fondation
Jasmin-Roy, la Coalition montréalaise des groupes jeunesse LGBT,
Marie-Vincent, il y a beaucoup d'organismes, aussi, qui nous donnent un coup de
main, mais il faut en faire plus pour que les services gratuits, publics soient
accessibles dans des délais raisonnables.
M. Benjamin : Vous l'avez
évoqué, M. le premier ministre, la crise sanitaire que nous traversons autour
de cette pandémie a entraîné beaucoup d'effets secondaires, et parmi les effets
secondaires, le bouleversement quotidien de la vie de millions de Québécoises
et de Québécois, changeant de façon importante nos habitudes de vie, et donc particulièrement les jeunes. Et c'est en ce sens, M.
le premier ministre, que mes collègues le député de D'Arcy-McGee, donc, et la députée de Maurice-Richard ont déposé un mandat d'initiative afin que la Commission de la santé et
des services sociaux puisse se pencher sur les effets, justement, de
cette pandémie sur la santé mentale des Québécoises et des Québécois et
particulièrement des jeunes.
Alors, la question : Vous êtes responsable
des dossiers jeunesse, allez-vous appuyer ce mandat d'initiative? Comptez-vous appuyer ce mandat d'initiative
important pour... où la commission parlementaire pourra regarder l'ensemble
des effets secondaires au niveau de la santé mentale, donc, pour la vie des
jeunes Québécoises et des Québécois?
M. Legault : Oui. Mme la
Présidente, ce qui est important pour moi... moi, je suis un homme d'action, de
résultats, pragmatique. Je veux bien des
comités, des commissions, des études, des forums, des tout ce qu'on voudra,
mais ce qui est important, c'est de
passer à l'action, mettre des budgets, recruter des personnes. Je donne
l'exemple de la DPJ, où il y avait
des listes d'attente totalement inacceptables. Le ministre délégué à la Santé
et Services sociaux a investi plus de
90 millions de dollars pour ramener les listes d'attente à des délais qui
sont plus raisonnables dans toutes les régions du Québec.
Maintenant, bon, le Parti libéral a été au
pouvoir pendant 15 ans, et là, aujourd'hui, le Parti libéral, presque à toutes les semaines, au moins à tous les mois,
demande des commissions parlementaires pour que le Parti libéral participe
à changer les choses. Bien, j'aurais le goût de dire : Le Parti libéral a
été là pendant 15 ans, on a hérité de la situation actuelle suite aux 15 années du Parti libéral, donc ce n'est pas
vrai que ça va être des députés du Parti libéral qui vont nous permettre
de tout régler les problèmes. Je pense qu'on a une excellente équipe
gouvernementale.
Bien sûr, les
commissions parlementaires ont toute la latitude de prendre des mandats
d'initiative, mais je sais que le Parti libéral en demande beaucoup, des
mandats d'initiative dans les commissions parlementaires, qui sont
occupées, Mme la Présidente, à régler puis à faire avancer aussi un certain
nombre de projets de loi nécessaires pour changer les choses.
M. Benjamin : Et pourtant,
pourtant, Mme la Présidente, nous avions bien commencé. Donc, je vois que le premier ministre a choisi de se lancer dans la
partisanerie. Or, le dossier des jeunes commande que nous puissions nous
élever au-delà de la partisanerie.
Je suis d'accord
avec vous, M. le premier ministre, lorsque vous dites que vous êtes un homme
d'action. Mais, vous savez, M. le premier ministre, il y a des enjeux
sociaux qui commandent aussi que nous prenions le temps de comprendre. Il y a
des enjeux, des décisions que vous avez à prendre, que votre gouvernement a à
prendre, qui sont nécessaires que vous ayez des études, que vous soyez bien
documentés.
Cette
pandémie, la COVID-19, elle est tombée sur nous tous, elle est tombée sur nous
tous, dois-je vous rappeler. Aujourd'hui, je
comprends qu'il y a des actions qui ont été posées dans l'urgence, mais l'enjeu
de la santé mentale, M. le premier ministre, à côté des investissements
qu'il faille faire, faut-il bien comprendre, faut-il bien comprendre qu'est-ce qui s'est passé par rapport à l'impact de cette pandémie pour comprendre les retombées en termes de santé mentale et
quelles sont les décisions à venir que nous avons à prendre. Alors, je ne comprends pas que vous puissiez me dire que la
réponse à donner, c'est les actions, et, non, vous refusez des études, vous
refusez de faire des analyses, vous refusez de comprendre. Alors,
j'essaie de comprendre, M. le premier ministre.
La Présidente
(Mme Chassé) : Je crois que je vais commencer... Je pense que je
vais commencer à intervenir. Ça va me faire plaisir de donner des petites
respirations entre chacune des interventions, puis je vais vous demander de
continuer à vous adresser à la présidence.
M. Benjamin :
Alors, M. le premier ministre, donc, voilà, justement...
La Présidente
(Mme Chassé) : À la présidence. On y va, oui, on y va.
M. Benjamin :
À la présidence. Alors, Mme la Présidente, est-ce que M. le premier
ministre peut nous dire est-ce que les études, est-ce que des analyses, pour
elle... pour lui, pardon, c'est suranné, donc c'est inacceptable? Puisqu'il ne
parle que d'action, est-ce qu'on n'a pas besoin d'études? Donc, moi, je pense
que c'est important que, pour lui... comme premier ministre, qui doit prendre
des décisions, il a besoin de s'appuyer sur de l'expertise, sur la science, sur
la compréhension, sur la participation de tous.
La Présidente
(Mme Chassé) : M. le premier ministre, allez-y.
M. Legault :
Mme la Présidente, je pense que le député de Viau confond les études, les
forums et les commissions parlementaires avec des députés libéraux. On a fait
un forum sur les jeunes et la santé mentale le 13 mai 2019, donc on a
écouté tous les groupes puis on a écouté, aussi, les députés libéraux.
Maintenant, il y a
une situation qui s'ajoute qui est la situation de la pandémie, qui n'est pas
terminée. Il va falloir en tirer des
conclusions. Évidemment, comme je le disais tantôt, notre priorité au cours des
prochaines semaines, ça va être de
s'assurer d'avoir une belle rentrée parlementaire dans nos écoles, nos cégeps,
nos universités. Mais on va continuer
de consulter, les propositions sont toujours les bienvenues, mais il faut
distinguer entre des consultations puis des mandats d'initiative parlementaires de commissions parlementaires,
qui doivent être décidés par les parlementaires de la commission
parlementaire.
La Présidente
(Mme Chassé) : Merci, M. le premier ministre. M. le député
de Viau.
M. Benjamin :
...Mme la Présidente?
La Présidente
(Mme Chassé) : 6 min 44 s.
M. Benjamin :
6 min 44 s, parfait. M. le premier ministre, l'autre enjeu que
j'aimerais peut-être aborder avec vous, puisque vous dites que vous êtes
un homme d'action, et là, donc, j'aimerais vous entendre sur...
La Présidente
(Mme Chassé) : ...à la présidence.
M. Benjamin :
Donc, oui, monsieur... donc, Mme la Présidente, donc, voilà, ça va être
compliqué, mais que voulez-vous.
La Présidente
(Mme Chassé) : Bien, jusqu'à ce qu'on m'assure que le ton...
M. Benjamin :
Bien, le ton est bon, Mme la Présidente.
La Présidente
(Mme Chassé) : Fantastique!
M. Benjamin :
Le ton est fantastique, il est excellent.
La Présidente
(Mme Chassé) : Yes.
M. Benjamin :
Alors, M. le premier ministre nous a dit qu'il est un homme d'action, alors
j'aimerais savoir quel est... Il y a une loi
qui existe, qui est la
loi sur la gouvernance des sociétés d'État afin de
favoriser la présence des jeunes au sein des conseils d'administration
des sociétés d'État. Est-ce que le premier ministre peut nous dire combien de jeunes, depuis les deux dernières années, donc, ou depuis la dernière
année, donc, ont été nommés, donc, s