Public Finance — 11 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CFP 2013-06-11
Quebec — Committees
(Seize heures une minute)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! J'attendais une image, mais ici il n'y a pas
d'image. Il y a juste du son.
Ayant
constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission des finances
publiques ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
La commission est réunie afin de procéder à l'étude
détaillée du projet de loi n° 25, Loi concernant principalement la
mise en oeuvre de certaines dispositions du discours sur le budget du 20
novembre 2012.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Claveau (Dubuc) est remplacé par M. Trottier
(Roberval).
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Merci.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Je comprends que M. le député de Verdun est là, il ne s'est pas fait remplacer.
Bonjour, M. le député. C'est pour vous dire que la séance est ouverte.
Alors, lors de la suspension de nos travaux
vendredi dernier, nous étions sur l'article...
Une voix : Est-ce que nous attendons
le député de Mercier?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Bien, les avis sont donnés, c'est...
Une voix : Ah bon, d'accord.
M. Dubourg : Est-ce qu'il connaît le
local ou...
Une voix : Est-ce qu'il est informé sur
le local?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, lors de la suspension de nos travaux vendredi dernier, nous
étions revenus sur l'article 8, et nous avions reçu un amendement de M. le
député de Lévis et un amendement de M. le député d'Outremont, mais je crois qu'aujourd'hui
on... M. le ministre, dites-nous où on va.
M. Marceau : Regardez, on va en
avant, premièrement. Mais d'aller en avant, c'est un peu diffus, alors on va être un peu plus précis. Je propose qu'on
reprenne, si vous voulez bien, le bloc sur les transferts pluriannuels, ce
qui correspond aux articles 179 à 182 du projet de loi.
Si je peux me
permettre, M. le Président, ma compréhension, peut-être que je me trompe, là,
mais ma compréhension et ma mémoire me laissent croire que, lorsque nous
avons fermé ce bloc, nous étions prêts à voter, je pense. Et, le cas échéant,
moi, je suis prêt à voter, M. le Président.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, s'il n'y a pas... Je veux juste vous dire que, de 179 à 182,
nous devons disposer d'un amendement qui a été déposé par le gouvernement en
premier lieu.
Oui, M. le député de Lévis, c'est une question
de directive?
Dubé : S'il vous plaît. En
fait, M. le Président, comme j'avais averti la dernière fois, j'avais un
amendement à proposer qui se rapporte à la
section... en fait, 55, sur toute la question du vote… ou de l'approbation des
états financiers, je devrais dire, excusez. J'en ai parlé à la
dernière... Je n'avais même pas officiellement déposé, mais j'avais fait part
de l'amendement au groupe ministériel qui allait en prendre connaissance.
Ce que je
voudrais juste m'assurer, si vous le permettez, M. le Président, c'est :
j'aimerais mieux pouvoir le déposer officiellement, à moins que le
gouvernement ait un document qui a été amélioré, là, je serais prêt de
reconnaître. Mais je voudrais juste être
certain que, si on vote sur le pluriannuel, que j'ai besoin... que je garde
cette section-là ouverte. Et, à ce
moment-là, ce que je vous demande, M. le Président, c'est de pouvoir déposer
mon amendement avant le vote sur les pluriannuels. Est-ce que c'est
clair, ce que je vous demande? Parce que, pour moi, c'était très important de
le mettre dans la
bonne section. Ce que je vous ai déposé, ou j'ai déposé au groupe ministériel
l'autre fois, c'était l'article 199, mais c'est le même objectif.
Écoutez, peut-être, M. le Président, je peux le lire pour le moment. Parce que
je ne sais pas si le groupe ministériel en
avait fait des changements, c'est ce que vous nous aviez... Je vous l'avais
déposé de façon non officielle, vous vous souvenez, M. le ministre.
M. Marceau : ...intervenir si
vous...
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Mais en fait regardez, ce que... vous allez le lire, le déposer, puis
on va le suspendre, puis on va y revenir en temps opportun.
M. Dubé : Puis après ça le ministre
pourra commander au besoin.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'accord. Oui.
M. Dubé : Moi, je n'ai aucun
problème avec ça. Alors, l'amendement est le suivant :
L'article — qui
est pour le moment 199 — l'article 199 du projet de loi est modifié
par l'ajout de l'article 199.1. 199.1 se lirait de la façon
suivante : «La Commission de l'administration publique étudie les comptes
publics du gouvernement du Québec et émet des recommandations au gouvernement.»
Tout simplement.
Alors, je vais le déposer. Merci beaucoup.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, le nouvel
article 199.1 est déposé. Nous allons le distribuer
et puis nous le suspendons pour le moment. Ça vous va, M. le député?
Dubé : Oui. Ce que je veux
expliquer… Si vous permettez, je veux juste finir le point. La raison
pourquoi ça nous est important d'introduire cet amendement à ce moment-ci avant
le vote sur les comptes pluriannuels, c'est pour la raison suivante. Je vais le
préciser parce que les gens vont bien comprendre. Je vais enregistrer par vote
notre désaccord avec la position des
pluriannuels. Et pour faciliter et éviter le plus souvent possible qu'il y ait
des différends entre le ministre des Finances et le VG, c'est la
recommandation que je fais d'avoir l'arbitre dont je vous ai parlé qui viendrait... pouvoir intervenir dans le cas de
conflit entre le ministère des Finances et le VG. Alors, pour donner, à
titre d'exemple, ce que l'on discute en ce moment avec le VG, je veux
introduire cet amendement-là. Ça va?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va. M. le ministre.
Marceau : M. le Président.
La première des choses que je voudrais dire, là, c'est que, présentement, la
façon dont ça fonctionne, c'est que le
Contrôleur des finances prépare les états financiers, les comptes publics, pour
le ministre des Finances et de l'Économie. Et le sous-ministre du
ministère des Finances — là,
en l'occurrence Luc Monty — et
le contrôleur déclarent leur responsabilité
quant à l'intégrité et l'objectivité des états financiers consolidés. Donc, la
façon dont ça procède, c'est qu'ils sont
préparés par le contrôleur. Par la suite, essentiellement, ils sont signés par
le sous-ministre et par le
contrôleur. Cette déclaration, d'ailleurs, du sous-ministre et du contrôleur
est jointe toujours aux états financiers du gouvernement. Dans la
procédure actuelle, à la suite de cela, le ministre des Finances et de l'Économie
dépose les états financiers à l'Assemblée nationale. Et je vous rappelle
évidemment que les états financiers doivent respecter les principes comptables généralement reconnus pour le
secteur public. Alors, cette façon dont nous procédons au Québec, elle
est la même que celle qui est en vigueur au Canada — au fédéral, donc — en
Ontario, en Alberta, au Manitoba, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick,
qui, donc, fonctionnent exactement comme nous le faisons.
Ce que je
pourrais suggérer au député de Lévis qui... Mais je dois dire, là, que je n'ai
pas préparé d'amendement alternatif qui pourrait me satisfaire. Parce
que ce que lui suggérerais, c'est que ce genre de... Ce qu'il propose, essentiellement, c'est que la Commission de
l'administration publique se saisisse des états financiers, en fasse l'étude,
et puis, peut-être, éventuellement, les
approuve, là. Moi, je pense que ce genre de modification là, ça relève plus du
règlement de l'Assemblée nationale. C'est à l'Assemblée nationale de revoir le
mandat de la Commission de l'administration publique.
Et il va falloir également aussi, pour en arriver à cela, que les leaders de
chacun des partis présents à l'Assemblée nationale soient d'accord, là, forgent un consensus à cet effet pour que
la Commission de l'administration publique, donc, se saisisse et puis
étudie. Maintenant, quant au fait que la commission puisse les approuver, moi,
ça ne me semble pas nécessaire, encore une fois, à la lumière de ce qui se fait
au Québec, qui fonctionne très bien, puis à la lumière de ce qui se fait
ailleurs dans d'autres provinces, puis au Canada.
Moi, je voudrais ajouter une dernière chose,
puis je pense qu'elle est importante, c'est que le processus actuel a certainement, moi, je pense, fait ses preuves.
Il a surtout permis que la confection des états financiers, leur
approbation par le sous-ministre, par le contrôleur, tout ça, c'est un
processus qui est dépolitisé, il n'y a pas de politisation. Et j'ai peur, donc
j'ai une crainte, à l'effet que, si ces états financiers devaient être
approuvés d'une quelque manière par l'Assemblée nationale, ça mènerait
justement à une politisation de la préparation des états financiers.
Donc, je comprends que le député de
Lévis dépose cet amendement-là avec l'objectif d'une plus grande
transparence, de plus de discussion sur les états financiers. Puis, là-dessus,
je suis, évidemment, en communion de vue
là-dessus, il n'y a pas d'enjeu, je suis d'accord avec ces choses-là. Mais je
crois que d'aller jusqu'à l'approbation par l'Assemblée nationale ou par
une commission de l'Assemblée nationale, ça pourrait soulever... Enfin, moi, je
crois qu'on introduit de la politique dans quelque chose qui, pour l'instant,
ne l'est pas, et je suis très hésitant.
Maintenant, ayant dit
cela, ayant dit cela, M. le Président, je vous invite aussi à examiner
éventuellement la recevabilité de
l'amendement, mais, bon, je pense qu'on peut rester sur le fond, si on veut,
quelques minutes encore, là.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Verdun.
M. Gautrin :
M. le Président, je vais être tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être
dénoncé par le ministre actuellement, ayant
été celui qui a été à l'origine de la Commission de l'administration publique.
Je ne pourrais pas revenir pour ceux qui n'ont pas la... l'ancienneté
que j'ai ici, la loi qu'on a... qui était... 1998, à l'époque. Je pense qu'il
est important que la commission… de changer
et d'étendre le mandat. M. le député de Lévis, je pense que vous avez
raison, mais je pense que ce n'est pas par
amendement à ce projet de loi. Je crois que le mandat à la Commission de
l'administration publique peut être étendu et de manière qu'elle se saisisse
des comptes publics. Il n'y a pas de place à
l'heure actuelle. Déjà, la commission, elle étudie l'ensemble des engagements
financiers; tous les engagements financiers passent par la Commission de
l'administration publique, qui est une espèce de tâche, tâche énorme tant qu'on
n'aura pas un instrument informatique pour pouvoir le traiter. Ça, ça fait
partie d'un de mes débats.
Je pense que dans
votre demande — et
je pense que je suis d'accord — vous ne demandez pas qu'il soit approuvé
par la commission, vous demandez que la commission puisse ultérieurement faire
des recommandations. Il y a une distinction,
M. le ministre, entre l'approbation et la possibilité pour une commission de
faire des recommandations, la
Commission de l'administration publique ayant traditionnellement toujours
fonctionné sur une base qui est une base…
Alors, M. le
Président, je pense qu'il serait inadéquat, il faudrait se demander... vraiment
plaider auprès de mon collègue de Lévis,
parce que, je pense, je suis d'accord avec ce qu'il suggère, mais ce n'est pas
la place actuellement de le voter
ici. Et, par contre, je crois qu'on devrait faire des représentations communes
mandat de la Commission de l'administration publique à l'étude des comptes
publics. Je pense que ce serait tout à fait, tout à fait dans l'ordre à ce
moment-là.
Alors,
M. le Président, moi, je vais voter... Si vous amenez cet amendement, moi, je
voterai contre l'amendement actuellement,
parce que je ne pense pas que ça doit être dans la loi actuellement, tout en
étant d'accord avec l'idée qui est sous-jacente par l'amendement, mais
je pense que ce n'est pas pertinent de l'avoir dans la loi n° 25
actuellement.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Oui, bien, écoutez, je pense que les commentaires du député de Verdun sont
judicieux et, évidemment, je suis d'accord
avec son interprétation. Cela étant, évidemment, j'invite les autres collègues
à s'exprimer pour qu'on voie où on
s'en va, là. Moi, je crois aussi que... Enfin, si le député de Lévis se rend
compte que, bon, de toute façon, son
point est fait, qu'il a exprimé son désir, peut-être ce serait plus simple de
retirer éventuellement l'amendement, parce que, de toute façon, je crois
qu'on va avoir un débat sur la recevabilité autrement et donc, dans la mesure
où il a exprimé son point de vue... Bien, regardez, évidemment, il a le choix
de le laisser puis de demander au président de juger. Je ne crois pas qu'il va être recevable. Cela étant, encore une
fois, sur l'idée de débattre dans notre enceinte des comptes publics,
moi, je suis bien ouvert à ça, là, il n'y a pas d'enjeu.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
M. Bachand :
Oui, j'écoute ce débat-là avec beaucoup d'intérêt, ayant été ministre des
Finances pendant plusieurs années, étant
critique officiel, et le député de Lévis... Et c'est intéressant d'avoir le
député de Verdun avec nous, parce que
je ne savais pas que vous étiez à l'origine de la Commission de
l'administration publique, je vous en félicite.
M. Bachand : 1993, je vous en félicite. Puis, effectivement, c'est une commission
qui a une grande pertinence.
Le député de Lévis, toutefois,
met le doigt sur une situation... Il est vrai que les comptes publics ne sont
pas discutés nulle part, hein? On sait que les crédits, c'est 200 heures de
débat, et ça, c'est le travail le plus important du Parlement, je dirais, plus que le budget, en quelque sorte, parce que
les crédits, c'est le pouvoir de dépenser. Le budget, il y a 25 heures de débat, plus les lois qui doivent
mettre en oeuvre le budget, comme celle que nous discutons aujourd'hui.
Quand les comptes
publics sont déposés, en temps opportun, ils sont déposés, puis il y a un débat
public, là. On peut aller... alors… toujours parler aux journalistes, mais il n'y
a pas d'endroit où les parlementaires peuvent se saisir des comptes publics. Et, par ailleurs, là, ce n'est pas nécessairement
le fond des comptes publics… parce que vous ne voulez pas reprendre le
débat sur la pertinence des dépenses, parce que je pense que ça ne serait pas
le bon forum. Mais c'est vrai que les débats
sur la comptabilité gouvernementale, il n'y a pas d'espace, sauf quand, dans un
projet de loi, on vient changer
quelque chose dans la comptabilité gouvernementale, là. Je me souviens des
projets de loi n° 40, n° 100. Le Vérificateur général était venu ici. On touche à la comptabilité
gouvernementale pour… pas la changer, mais la préciser.
Alors, c'est vrai qu'on
n'a pas d'espace, dans notre Assemblée nationale, M. le Président, pour
discuter de la comptabilité gouvernementale.
Et je salue l'initiative du député de Lévis parce que le bon moment, c'est
probablement au niveau des comptes publics parce que,
dans les comptes publics, le Vérificateur général soit dit : C'est préparé
selon les principes comptables généralement
reconnus pour les administrations publiques, ou soit fait une nuance, comme
il l'a déjà fait dans le passé. C'est clean,
comme on dit, c'est sans nuance depuis six ans ou sept ans maintenant, et on en
est très, très fiers de notre côté. Il y a
une continuité d'état, aussi, actuellement. Mais il n'y a pas de... cet
espace-là n'existe pas.
le Vérificateur général disait : Moi, je ne suis pas d'accord avec tel
principe, ou : Ça a été fait, sauf pour... etc., ou met une note de
réflexion : On n'a pas cet espace de discussion pour les parlementaires,
alors probablement que l'amendement est techniquement... n'est pas parfait,
mais l'intention derrière... Et est-ce que c'est la Commission de l'administration publique qui devrait faire un
débat sur la comptabilité gouvernementale? Est-ce que c'est la
Commission des finances publiques qui
devrait faire un débat, hein, M. le ministre des Finances? Est-ce que c'est la
Commission des finances publiques qui devrait faire un débat sur la
comptabilité gouvernementale? Tous les débats de comptabilité gouvernementale
que moi, j'ai vus... Mais je n'ai pas l'expérience du député de Verdun. Je ne
suis là que depuis bientôt huit ans. Mais Dieu sait que j'ai... Mais j'ai le
record des bâillons, je pense que j'en ai fait trois, monsieur, en deux
sessions.
M. Gautrin :
Ce que tu ne connais pas, c'est...
M. Bachand :
Non, du nouveau règlement, monsieur...
M. Gautrin :
Ce qui s'est passé, à l'époque, on était 24 dans une même séance.
M. Bachand :
Oui. Du nouveau règlement. Mais tous les débats de comptabilité gouvernementale
ont eu lieu à la Commission des finances
publiques lors soit de l'étude du budget, soit de l'étude de projets de loi qui
donnaient suite au budget. Peut-être que c'est un endroit plus approprié
que la Commission de l'administration publique.
Voilà les
commentaires que j'avais à faire, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Oui, écoutez, fort intéressant. Effectivement, les mandats soit de la
Commission de l'administration publique soit de la Commission des
finances publiques pourraient être revus de façon à ce qu'on pourrait prévoir
un débat, dans une de ces commissions-là,
sur ce sujet-là. Moi, je crois qu'on n'est pas mûrs, là, sur le fonctionnement
de cela. Mais, bon, je pense qu'on pourrait
réfléchir dans les prochains mois puis voir de quelle manière on pourrait
modifier les mandats de l'une ou l'autre des commissions pour que ces
commissions se saisissent des comptes publics puis en fassent l'étude. Je n'ai
pas de... Moi, il n'y a rien qui me freine là-dedans. Je trouve ça tout à fait
normal et correct.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Après le ministre, moi, je donne la... Bien là,
c'est le député de Lévis, puis après, ce sera le député d'Outremont.
Mais là c'est le ministre qui finit.
voix : S'il y a un
échange, je vais peut-être laisser finir le député d'Outremont. Je reviendrai.
Parce que je pense qu'il y avait un échange.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, s'il y a consentement, on...
Une voix :
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Vous aviez terminé?
Une voix :
Ah, oui, oui, oui.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Oui, O.K. Sur consentement du député de Lévis, M.
le député d'Outremont.
M. Bachand : Merci, M. le député de Lévis. Je prends la balle au bond. Est-ce que le
ministre des Finances, si jamais le député de Lévis retire son
amendement et qu'on n'en fait pas un sous-amendement en disant que c'est la Commission des finances publiques, etc., est-ce
que le ministre des Finances pourrait prendre l'engagement aujourd'hui
que, lors du dépôt des comptes publics, cet automne, il y aura... C'est un
engagement sur l'honneur. C'est peut-être plus
fort que le règlement de l'Assemblée nationale, mais un engagement qu'il y aura
une session, pas nécessairement une séance, là, je ne sais pas c'est
quoi, un trois heures... Une séance, c'est toute la journée? Puis une session,
c'est...
Une voix :
C'est une séance, c'est journée.
M. Bachand :
Une séance, c'est journée. Puis un bloc de trois heures, c'est… Comment on
appelle ça?
Une voix : C'est une séance aussi, c'est
une séance de trois heures.
M. Bachand : Bon. Alors, il y aura un bloc de temps pour
discuter des comptes publics. Parce qu'à ce moment-là peut-être que le
député de Lévis serait satisfait, le temps d'avoir une réflexion sur... Et ça
nous donnerait une autre instance de
parlementaire pour reprendre, là, la balle au bond. Et il y aura d'autres
projets de loi du ministre des Finances où on pourra réinsérer un
amendement comme ça si le ministre des Finances ne le fait pas.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau : Bien, regardez, je peux m'engager à en parler au leader, à mon leader,
puis je pense que ça va exiger une discussion de tous les leaders, là,
de tous les partis pour trouver c'est quoi, le meilleur véhicule, c'est quoi,
le meilleur format. Encore une fois, je peux
m'engager, mais là, quant au résultat, je ne peux pas m'engager présentement.
Je peux m'engager à, encore une fois, en parler. Je vous répète que, sur le
fond, moi, je n'ai pas d'objection. Alors, je suis tout à fait ouvert à ce qu'il
y ait une discussion.
M. Trudel :
Ça prend un engagement moral.
M. Marceau : Entre autres, oui. C'est ça. On me dit, effectivement, ça prend un
engagement de tout le monde, là, ça
ne prend pas un engagement seulement de moi, ça prend un engagement de tous, et
il faut trouver le format approprié. Mais, cela étant, moi, je pense que
c'est raisonnable. Je le dis, puis il n'y a rien qui me freine là-dedans.
Maintenant, je veux que ce soit le bon
forum. Je veux que ce soit limité aussi, là. Donc, ça prend une discussion de
nos leaders pour trouver et identifier le bon format.
M. Bachand :
M. le Président, toujours dans le même échange, je comprends que le ministre
des Finances, sous réserve de son leader, est favorable. Le leader peut avoir d'autres
intentions parce qu'il gère l'ensemble. Mais le ministre des Finances est favorable. Moi, je serais favorable aussi.
Puis on peut échanger de siège dans certains nombre de mois ou d'années.
Alors, c'est un engagement qui porte... Mais, d'accord, merci beaucoup de votre
courtoisie, M. le député de Lévis.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Attendez. M. le ministre, la réplique.
M. Marceau : Je veux juste être au clair, là. Moi, ce que je suis prêt à envisager,
c'est que nos leaders respectifs, de tous
les partis, se parlent, discutent, conviennent de ce qui serait le meilleur
format et que — et ça,
c'est nécessaire — le
format soit modifié, c'est-à-dire que le
règlement de l'Assemblée nationale soit modifié de façon à ce que ça
devienne quelque chose de permanent, là. Je n'ai pas l'intention de le faire
pour une seule fois. Ça va engager tout le monde pour l'avenir. Alors, c'est ce
genre de discussion là qui doit être menée.
Et là je ne peux m'engager,
moi, là, là, à vous dire quelle va être le résultat de cette discussion-là.
Est-ce que je peux...
Une voix :
...projet pilote…
M. Marceau :
Un projet pilote...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Merci beaucoup, M. le Président, là. J'apprécie beaucoup les commentaires du
député d'Outremont, qui, en fait, négociait un peu pour moi. J'apprécie
ça beaucoup, c'est bien gentil.
fait, sérieusement, je ne veux pas rentrer dans la technicalité de savoir si je
devrais le suspendre, le retirer, mais laissez-moi faire le point très
clair. Ce que j'ai demandé, c'est une recommandation du Vérificateur général,
qui dit que le processus d'approbation devra être amélioré. Et ça, c'est dans
son rapport de mars 2013, où il dit que… des différences
importantes entre la façon de faire chez nous et d'autres grandes organisations
comme le Canada et l'Ontario. Alors, je veux vous dire que c'est
vraiment une recommandation du vérificateur. Alors, je ne sors pas ça de nulle
part, là, O.K., premièrement.
Deuxièmement, s'il y
a un engagement des parlementaires… et je peux vous dire que c'est pourquoi je
veux demander… C'est qu'on doit s'assurer
qu'il va y avoir de moins en moins de conflits entre le VG et le ministère desFinances. Et le point que nous allons voter
dans quelques minutes, comme les transferts pluriannuels, qui
représentent un montant de 8 milliards
dans le bilan du gouvernement du Québec, c'est le genre de discussion qui ne
devrait pas traîner pendant trois, quatre ans. Et c'est sur ça qu'on va
voter dans quelques minutes. Alors donc, c'est pour ça que, jeudi, j'avais
demandé à ce que ça soit une recommandation du VG et que l'on puisse voter
dessus.
Maintenant, s'il y a
un engagement des parlementaires — et je vais me fier à la parole du
ministre, parce que j'ai beaucoup de respect
pour notre ministre des Finances et de son équipe — ce qui serait important comme engagement — et j'apprécie les commentaires du député
d'Outremont — ce
que j'aimerais, c'est qu'il y ait un engagement du ministre de tout faire en
son pouvoir pour amener cette discussion-là dans les différents organismes, que ça soit au BAN, que ça soit pour que ça passe
par soit le comité des finances publiques ou le comité d'administration publique, parce que ma recommandation, elle était
très claire, c'est d'émettre des commentaires sur les états financiers.
Alors donc, l'approbation restera toujours à celui qui signe les états
financiers. Je ne demande pas de changement, mais
je dis : Dans les cas où il y a un arbitrage ou des discussions à faire,
il y a une entité de l'Assemblée nationale qui devrait être déléguée
pour pouvoir faire ces commentaires-là, et c'est ce que je demande.
Alors,
aujourd'hui, et je vais laisser ça à la secrétaire de notre commission, si vous
me permettez, clairement, que j'ai demandé d'avoir un engagement et que
j'entends qu'il y a un engagement du ministre de faire la demande en ce sens au
comité des parlementaires.
Est-ce que ça va, M. le Président? Est-ce que je
continue?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Bien, en fait, juste rectifier un petit bout de phrase. Si vous voulez
laisser un document à la commission, il n'y a pas de problème, mais il ne faut
pas le laisser à la secrétaire.
M. Dubé : Donc, je le laisse à la
commission.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
À la commission.
M. Dubé : J'ai déposé un...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'accord.
M. Dubé : Mais, si vous me
demandez... Parce que je ne veux pas faire de procédurite, M. le Président,
mais l'amendement que j'ai demandé — hein, l'amendement que j'ai demandé — disait qu'il y a un organisme — dans le cas, j'ai pris la Commission de l'administration publique — qui pourrait faire des recommandations à.
Moi, je pense que je peux soustraire cet amendement-là. Il est en la
possession de la commission. Et, sous réserve de l'engagement du ministre à faire les représentations
appropriées — je voulais
le redire, appropriées — je serais très heureux de le retirer, mais en échange d'un
engagement du ministre à faire les démarches appropriées.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Mais je veux vous rassurer, M. le député de Lévis : votre
amendement, peu importe le sort qu'il va y
avoir, il est dans les galées. Il est ici, il va rester à la commission. M. le
ministre, en réplique à M. le député de Lévis.
Marceau : Oui. Juste pour
être bien clair, là, parce que M. le député de Lévis a utilisé le terme
«approbation», moi, je ne suis pas dans le monde de l'approbation, je suis dans
le monde du débat, de la discussion, donc deux choses bien distinctes. Alors,
moi, je suis prêt à vous dire que je vais faire des représentations auprès de
mon leader.
Maintenant,
la convention. La convention, c'est que, pour changer le règlement, pour
changer les mandats des commissions, ça prend, typiquement, là, le
consensus, l'unanimité. Ce n'est pas quelque chose... Ce n'est pas une règle écrite, c'est une convention. Alors, pour y
parvenir, ça va prendre des efforts de votre part, des représentants du
Parti libéral, des représentants de Québec solidaire, donc des représentants de
tous et que tous s'entendent sur le format.
Maintenant,
moi, je vous répète, quant à l'approbation, je ne suis pas là puis je ne vais
pas faire cetterecommandation-là à
mon leader. Maintenant, je vais lui faire la recommandation qu'à l'occasion du
dépôt des comptes publics on puisse débattre de ces comptes publics dans
le format approprié, dans un lieu qui soit approprié pour ça.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Verdun.
Gautrin : M. le Président,
la manière la plus appropriée, d'après moi, d'atteindre l'objectif
consisterait, d'une part... après
qu'on aura adopté notre projet de loi, qu'il y ait un souhait de cette
commission, c'est-à-dire par motion de cette commission, qui chargerait son président, c'est-à-dire vous, M. le
Président, de prendre... d'être porteur du mandat de transmettre à la
de la Commission de l'administration
publique le souhait que la Commission de l'administration publique puisse... et
le terme est important, il n'y a pas d'approbation sur... Moi, je serais
absolument opposé à tout élément d'approbation, qui est strictement d'étudier et de pouvoir faire des recommandations.
va en débattre à ce moment-là. Et la manière
nationale, la possibilité de faire, à ce
moment-là, des recommandations soit en modifiant le règlement de l'Assemblée
nationale, soit simplement au niveau du
bureau, je pense que le BAN peut être en mesure de changer les mandats de
certaines commissions pour les attributions de certaines commissions.
Donc, je pense que ça serait la manière la plus optimale.
Mais évidemment que, de son côté, le ministre,
lui, fait des représentations auprès de son leader, ça peut aider au niveau du
BAN, mais formellement je pense que c'est notre commission, puisqu'on a,
semble-t-il, ici un consensus entre nous que
vous soyez porteur, M. le Président, du consensus auprès de l'administration de
l'Assemblée nationale, parce que c'est
réellement une fonction de parlementaire, et non pas... ce n'est pas une
fonction de gouvernement. Je m'excuse de faire la distinction, c'est
réellement une fonction de parlementaire, où les parlementaires se saisissent d'une
question et souhaitent qu'elle soit débattue entre parlementaires.
Alors, peut-être, ce qu'on
pourra faire, c'est, lorsqu'on aura fini d'adopter, M. le député de Lévis
pourrait passer une motion dans ce sens-là,
dans laquelle on chargerait notre président de faire des démarches auprès du
président de la Commission de l'administration publique et du Bureau de l'Assemblée
nationale.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Écoutez, je vais peut-être répliquer là-dessus, M. le ministre, si
vous permettez, là, parce que là, j'ai été
interpellé. Moi, je pense qu'aujourd'hui nous avons à étudier le projet de loi
n° 25. Moi, j'aimerais qu'on s'en
revienne au projet de loi n° 25. Votre demande est très noble puis je vais
vous dire quand est-ce qu'on pourrait en discuter : c'est
probablement au début de la prochaine session. À l'automne, nous allons faire
une réunion qu'on appelle organisation de
nos travaux; à ce moment-là, vous pourriez, là, amener cette proposition-là
puis on pourra en discuter, puis la mettre à exécution.
M. Gautrin : Tout à fait d'accord.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'accord? M. le député de Lévis.
Dubé : Je dois me fier
beaucoup et être impressionné par l'expérience du député de Verdun, et je
trouve sa suggestion très appropriée,
puis peut-être mettre à l'agenda, à votre suggestion, M. le Président, de
mettre cette lettre-là, là, qui pourrait, à mon avis, être signée par
les trois partis pour demander... vous donner ce mandat-là de le faire, si le ministre des Finances trouve que c'est une bonne
idée. Alors, je trouve que la suggestion du député de Verdun me convient
très bien, parce que c'est ça, l'objectif. Alors, je remercie les deux côtés de
la table de m'avoir fait les différentes suggestions, puis j'apprécie l'ouverture
du ministre sur ça. Alors, ça me convient très bien.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'accord. D'ailleurs, on me dit que... Effectivement, on me
rappelle que la commission a toute la latitude de se saisir d'un mandat qui
pourrait être proposé par les membres et adopté par tout le monde, puis y
donner suite. M. le ministre.
M. Dubé : Est-ce que ça pourrait
être au procès-verbal de… nos discussions...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
C'est dans les galées.
M. Dubé : C'est déjà fait?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Le procès-verbal s'écrit à mesure.
M. Dubé : Bien là, je vais vous
rendre la tâche facile à ce moment-là, je vais retirer mon amendement si...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
On ne l'oubliera pas.
M. Gautrin : La secrétaire n'oubliera
pas de le mettre à l'ordre du jour de notre réunion au début de...
Dubé : Pour simplifier la
procédurite, M. le ministre m'a demandé, tout à l'heure, si j'acceptais de
retirer mon amendement. Je vais le faire avec plaisir, avec la bonne
discussion qu'on vient d'avoir, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Est-ce qu'il y a consentement pour que M. le député de Lévis retire son
amendement?
Des voix : Consentement.
M. Gautrin : ...consentement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Il y a consentement. M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Oui, il y a
consentement, bien sûr, M. le Président, parce qu'il faut que ce soit le
souhait des parlementaires, avec la nuance,
nationale en sera saisi, qu'il ait la latitude que ce soit peut-être la
Commission de l'administration publique, mais peut-être la Commission des
finances publiques, le plus approprié. Et, deuxièmement, quand on parle du
consentement du parlementaire, donc je constate qu'on a le consentement du
Parti québécois, du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec, ici. Est-ce
qu'on a le consentement de Québec solidaire, M. le Président?
M. Gautrin : Il est à gagner et ce n'est
pas facile.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Qui ne dit mot consent.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, lors de notre prochain
travail d'organisation des travaux, probablement
en septembre, il s'agira de retourner dans les galées de notre rencontre du 11
juin 2013, puis là on aura tout ce qu'il faut. Alors, M. le député... M.
le ministre, on irait à l'amendement à 179.
M. Marceau :
Pardon, M. le Président, mais là je...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Où on rajoutait : «Le présent
article est
déclaratoire.»
M. Marceau : Ah, oui, quelques… Oui, oui. Bien, regardez, on a déjà débattu
là-dessus, et moi, je suis prêt à voter, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'accord. Est-ce qu'il y a des commentaires sur
l'amendement à 179? M. le député de Lévis?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Vous me semblez prêt à prendre la parole.
M. Dubé :
Non, non, mais je me demandais : Est-ce qu'on va voter sur l'amendement,
puis après ça on va revenir sur le vote, puis on va pouvoir avoir un vote
nominal?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : On vote l'amendement. Après ça, on revient sur
les articles.
M. Dubé :
Très bien. C'est juste... Voilà.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Ça va? Est-ce qu'il y a d'autres commentaires?
Est-ce que l'amendement à l'article 179 est adopté?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté.
Une voix :
Vote nominal?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : À l'unanimité... Non, à la majorité, excusez-moi,
à la majorité des voix. Et on revient sur le bloc 179 à 182. M. le
ministre, vous êtes toujours prêt à voter?
M. Marceau :
Je suis prêt à voter, encore une fois.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a des commentaires sur la
section 179 à 182?
M. Dubé :
…M. le Président, avoir un vote nominal, s'il vous plaît. Sur le bloc, ça peut
être sur le bloc aussi.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Bien, nous allons voter d'abord sur 179, tel qu'amendé.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, le vote nominal est demandé. Mme la
secrétaire, sur 179, tel qu'amendé.
Secrétaire : M. Marceau (Rousseau)?
Secrétaire : M. Chapadeau (Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
Secrétaire : M. Trottier (Roberval)?
Secrétaire : M. Therrien (Sanguinet)?
La Secrétaire : M. Trudel
(Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Outremont)?
La Secrétaire : M. Dubourg (Viau)?
La Secrétaire : M. Gautrin (Verdun)?
La Secrétaire : Mme Ménard
(Laporte)?
La Secrétaire : M. Dubé (Lévis)?
La Secrétaire : M. Pelletier
(Rimouski)?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Vous avez besoin de mon vote? Pour.
M. Bachand : C'est parce que vous
êtes comptable, M. le Président.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Oui. Bien, en fait, je suis membre, je suis membre de la
commission.
M. Bachand : Oui, je sais.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
C'est adopté à la majorité des voix. Est-ce que les articles 180, 181 et 182
sont adoptés?
M. Bachand : Même vote...
Une voix : On pourrait reprendre le
même vote.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Est-ce que vous acceptez qu'on prenne le même vote?
Une voix : S'il vous plaît.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Adopté par vote nominal à la majorité des voix. Et nous
reviendrions, à ce moment-là, M. le ministre, à l'article 8.
M. Marceau : Ah, oui! On va
suspendre, oui, c'est ça, si vous voulez bien, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Pardon?
M. Marceau : Une légère suspension.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, nous allons suspendre quelques minutes pour discussion entre amis.
(Suspension de la séance à 16 h 36)
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, nous reprenons nos travaux. Nous reprenons nos travaux. M.
le ministre, dans les articles 1 à 8, on commence par?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
L'article 8.
M. Marceau : Le 8, ça vous va?
Une voix : Nous étions sur le
M. Marceau : On va sur le 8.
Ça vous convient? Bien, moi, je...
M. Dubé : Bien, moi, ça me
convient très bien, là, mais...C'est une bonne idée.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : À l'article 8, nous avions un amendement qui a été déposé par le
député de Lévis que j'avais pris en
délibéré, et il y avait un amendement aussi présenté par le député d'Outremont,
qu'il avait déposé à la toute fin et
présenté à la toute fin de notre période, notre séance de jeudi… vendredi... la
semaine dernière.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Vendredi.
Une voix : Ça semble très loin.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, c'est vendredi. Alors, sur l'amendement de M. le député d'Outremont,
est-ce qu'il y a des commentaires?
M. Marceau : Vous n'avez pas de
décision à rendre, M. le Président?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Sur la?
M. Marceau : Sur les recevabilités.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Sur l'amendement de M. le député de Lévis, oui, je l'avais pris en délibéré.
Mais, sur l'amendement de M. le député d'Outremont, je pense qu'il n'y a
personne qui m'a parlé de recevabilité. Mais, si vous m'en parlez...
M. Marceau : Je vous en parle.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'accord. Est-ce que vous avez des commentaires, M. le député d'Outremont, sur la recevabilité de votre
amendement? Ou, en fait, bien, en fait, c'est vous, M. le ministre, qui avez
demandé...
M. Bachand : Puis-je, M. le
Président, vous suggérer temporairement une suggestion de suspendre cet
amendement-là parce que, si jamais vous jugez celui de Lévis recevable, là, ça
va augmenter la discussion.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, je peux rendre ma décision.
Bachand : Alors qu'on puisse
discuter celui de Lévis, puis il est sur la table ou il n'est pas sur la table,
puis, après ça, on pourra...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Je peux rendre ma décision sur la recevabilité de l'amendement du député de
Lévis, si vous êtes d'accord.
M. Gautrin : On est toujours d'accord.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, j'avais préparé un texte pour les deux, mais j'y vais
séparément quand même. Mais je vais vous parler de l'amendement du député de...
Bachand : ...M. le Président, vous préféreriez ça ?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Bien, moi, je pourrais rendre ma décision aussi
sur le vôtre, M. le député d'Outremont, mais, si vous voulez en discuter
encore, je n'ai pas de problème.
M. Bachand :
Bon, on peut faire ça. On peut faire ça, M. le Président, donc, et surtout que
je trouvais ça trop longuement, parce que je
plaide, mais la cause est déjà instruite et décidée. Alors, si c'est... Drôle
de procès, mais on lui avait souligné, au président, ceci étant, qu'effectivement
il devrait réfléchir à ça, comme à la recevabilité des trois amendements. Alors, c'est normal et c'est tout à
votre honneur que vous ayez réfléchi, M. le Président, même peut-être
que notre plaidoirie viendra confirmer votre décision, peut-être qu'elle
viendra l'ébranler ou peut-être que ça n'aura aucune influence pantoute.
Mais...
M. Marceau :
…influence, on est assurés puisque la décision est prise.
M. Bachand : La décision, il peut la changer suite à notre plaidoirie. Mais,
écoutez, c'est à toutes fins pratiques un amendement très similaire à ce
qui avait déjà été déposé, que vous avez jugé recevable et vous l'aviez jugé
recevable principalement — parmi
les raisons, mais principalement — parce qu'il ne mentionnait pas que,
quand...
M. Gautrin :
Il l'avait jugé irrecevable.
M. Bachand :
Irrecevable, oui, non recevable...
M. Gautrin :
Non recevable.
M. Bachand : ...parce que, quand on disait que, pour les fins de la
Loi sur
l'équilibre budgétaire, le déficit devrait... le solde budgétaire visé
ne devrait pas être 1,5 milliard, mais 3,3 milliards — je
fais des chiffres ronds — on
n'avait pas... le texte était bref, était...
Et, la mise en contexte qui est dans le projet de loi, de dire que c'est
consécutif à la décision de fermer la centrale nucléaire de Gentilly,
tel que présenté aux états financiers consolidés annuels d'Hydro-Québec, à cause de leurs activités abandonnées et que
c'est ça qui fait qu'on monte de 1,5 milliard à 3,3 milliards,
j'avais compris que c'était une des raisons principales, en tout cas une
des raisons, mais surtout la plus importante pour laquelle vous avez écarté l'amendement,
l'avez déclaré non recevable.
Donc,
on revient en rédigeant un... conformément à votre souhait, mais avec le même
objectif, c'est-à-dire qu'on ne joue pas avec la comptabilité
gouvernementale et on dit carrément que le solde budgétaire qui… De fait, il y
en a une, fermeture de Gentilly. Alors, de
deux choses, l'une : le gouvernement dit : On n'en tient pas compte.
Nous, on dit : Il est là, on
l'additionne, mais dans les cibles à récupérer, on change la cible. On en tient
compte dans la cible qu'on recalibre. On recalibre étant donné cet
événement-là. On reconnaît que c'est un événement exceptionnel, on le dit et,
donc, on recalibre la cible.
Voilà, je ne veux pas
m'étendre plus longuement, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Oui, M. le Président, le député d'Outremont a évoqué le fait que son amendement
était très similaire à son précédent.
M. Gautrin :
Donc, on parle de la centrale, là.
M. Marceau : Effectivement. Et donc la plaidoirie que j'enregistre est équivalente à
la précédente. Même vote, comme on dit.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, M. le député d'Outremont, si vous vous
souvenez, lorsque j'ai rendu ma décision sur votre premier amendement, si vous
vous souvenez du dernier paragraphe de ma décision, je vous avais dit ceci : «Étant donné que l'amendement est
irrecevable sur la base des règles générales de recevabilité, il n'est pas nécessaire pour la présidence d'évaluer
s'il contrevient également [à l'article] 192 du règlement, c'est-à-dire
au principe de l'initiative financière de la couronne, et ce, même si certains
membres de la commission ont soulevé cet aspect lors du rappel au règlement sur
la question de [la] recevabilité.»
M. Bachand :
Je vous interromps, M. le Président : je voulais tellement entendre votre
raisonnement sur la deuxième
partie que c'est pour ça que j'ai présenté mon
amendement.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Sur les deux amendements sur l'article 8, l'amendement
du député de Lévis et du député d'Outremont,
l'article 8 de ce projet de loi, cet
article prévoit l'insertion d'un nouvel
article, 2.2, à la
Loi sur l'équilibre budgétaire, qui se lit comme
suit :
«Pour
l'année financière 2012‑2013, le solde budgétaire est établi en excluant le
résultat provenant des activités abandonnées, consécutif à la décision
de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2, présenté aux états financiers
consolidés annuels d'Hydro-Québec.»
rappelle que lorsqu'une question de règlement est soulevée quant à la
recevabilité d'un amendement, la présidence
doit vérifier si l'amendement respecte les règles générales de recevabilité,
qui se retrouvent aux articles 244 et 197 du règlement. Ainsi, un
amendement doit se rapporter à l'objet du projet de loi et être conforme à son
esprit et à la fin qu'il vise. De plus, il
doit concerner le même sujet que la motion et ne peut aller à l'encontre de son
principe ou en introduire un nouveau.
Mentionnons
qu'il doit aussi respecter le principe de l'initiative financière de la
couronne, codifié à l'article 192 de notre règlement. Tel que je le
mentionnais lors de ma précédente décision sur la recevabilité d'un amendement,
présenté à ce même
article par le député
d'Outremont, le principe visé par la version initiale de l'article 8 du projet
de loi n° 25 concerne expressément les impacts de la décision de
fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2 sur le calcul du solde budgétaire
pour l'année 2012‑2013.
Alors,
voyons maintenant ce qu'il en est des deux amendements dont nous sommes saisis
et que j'analyserai dans l'ordre où ils ont été présentés, en commençant
par celui du député de Lévis.
plus de l'article 2.2, le député de Lévis propose d'insérer à l'article 8 du
projet de loi un nouvel
article 2.3 à la
Loi sur l'équilibre budgétaire.
Cet
article se lirait comme suit :
«Pour les années
financières 2012‑2013 et 2013‑2014, le solde budgétaire est établi en excluant
les revenus exceptionnels liés à l'harmonisation de la TVQ.»
Cet amendement vise
donc à exclure du solde budgétaire pour les années financières 2012‑2013 et 2013‑2014 les revenus exceptionnels liés à
l'harmonisation de la TVQ. Or, comme je le mentionnais, le principe
initial visé par l'article 8 du projet de
loi n° 25 ne concerne pas de matière générale les modalités de calcul du
solde budgétaire, mais rattache de façon stricte ce calcul aux impacts
de la décision de fermer la centrale de Gentilly-2. Pour cette raison, la motion d'amendement, visant un autre élément ayant
un impact comptable sur le calcul du solde budgétaire, outrepasse le principe originel du projet de loi. L'amendement
présenté par le député de Lévis est donc déclaré irrecevable, puisqu'il
introduit un nouveau principe, ce qu'interdisent les articles 197 et 244 de
notre règlement.
L'amendement
présenté par le député d'Outremont. Celui-ci vise à remplacer l'article 2.2
introduit à la
Loi sur l'équilibre budgétaire par l'article 8 du projet
de loi par un nouvel alinéa à l'article 7.2 de cette loi, qui prévoirait ce qui
suit, et je cite :
«Toutefois,
pour tenir compte du résultat provenant des activités abandonnées, consécutif à
la décision de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2 présenté aux
états consolidés annuels d'Hydro-Québec et nonobstant le premier alinéa, l'objectif
de solde budgétaire pour l'année 2012‑2013 est de [moins]
3 376 000 000 $.» Et fin de la citation.
Comme
le député d'Outremont l'a dit lui-même, cet amendement se veut en quelque sorte
une nouvelle version du précédent
qu'il avait présenté. Rappelons tout d'abord que j'ai déclaré ce dernier
irrecevable parce qu'il faisait totalement abstraction de toute question
découlant de la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2 et visait
plutôt à établir un objectif de solde budgétaire pour l'année financière 2012‑2013.
Ainsi, bien que cette nouvelle mouture aborde bel et bien cette fois-ci les conséquences de la décision de fermer la
centrale nucléaire de Gentilly-2, il demeure que l'objectif principal de
l'amendement est de fixer un objectif de solde budgétaire pour l'année 2012‑2013.
Or, le principe initial de l'article 8 du projet de loi n'est non pas de
chiffrer un objectif de solde budgétaire, mais bien d'exclure du calcul devant y mener le résultat provenant des activités
abandonnées consécutif à la décision de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2. L'amendement du député d'Outremont
introduit donc un nouveau principe au projet de loi, soit l'établissement
d'un objectif de solde budgétaire pour l'année 2012‑2013.
ailleurs, la jurisprudence parlementaire a déjà établi qu'un député qui n'est
pas ministre, peu importe de quel côté, ne peut présenter une mesure
ayant pour effet de limiter le gouvernement dans ses dépenses budgétaires — ici, je vous réfère à la décision de l'Assemblée, non
pas des commissions, 233-2 de 1991 — en fixant d'avance dans une loi le
montant du déficit de ses activités courantes. En vertu du principe de l'initiative
financière de la couronne, seul un ministre
pourrait présenter une telle mesure. À ce sujet, rappelons qu'à l'époque c'est
bel et bien un ministre qui avait présenté la
Loi sur l'équilibre
budgétaire, alors intitulée
Loi sur l'élimination du déficit et l'équilibre
budgétaire.
Pour toutes ces
raisons, l'amendement présenté par le député d'Outremont est déclaré irrecevable,
puisqu'il introduit un nouveau principe au projet de loi, ce qu'interdisent les
articles 197 et 244 de notre règlement, en plus d'être contraire au principe de
l'initiative financière de la couronne.
Ainsi,
ces deux amendements n'existent plus, c'est-à-dire sont jugés irrecevables, et
on revient à l'article 8 tout propre, sans amendement, c'est-à-dire non
amendé. Je m'excuse. M. le député de Lévis.
M. Dubé :
Est-ce qu'on peut commenter sur votre commentaire sur la non-recevabilité de
l'amendement? Oui?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Vous pouvez toujours, mais c'est non, on ne
revient pas là-dessus. Vous pouvez toujours, mais ça prend du temps, là, sur la
commission.
M. Gautrin :
Ça ne changera rien.
M. Dubé :
Oui. Bien, j'aimerais quand même le faire, M. le Président, parce que j'apprécie
beaucoup votre jugement, votre expertise,
etc., puis je pense que… Je vois que vous avez fait un travail sérieux et
rigoureux. Mais, si on ramène ça dans le langage que les gens peuvent
comprendre, puis c'est pour ça que j'avais suggéré cet amendement-là, M. le Président, c'est qu'entre les règles
comptables et les règles de l'équilibre budgétaire on soustrayait une
dépense, et, que vous n'acceptiez pas d'y
ajouter un revenu, je peux vous dire que c'est déplorable. Je vais respecter
votre jugement, mais je pense que ça va être très
difficile pour les gens de la rue et les citoyens de comprendre comment on peut
faire pour exclure une dépense
extraordinaire alors qu'on laisse un revenu extraordinaire dans cet
équilibre-là. Je trouve ça très déplorable. Puis je vais respecter votre
jugement. Mais je pense qu'il y aurait eu une façon de faire ça autrement.
Puis, à mon sens, l'équilibre budgétaire ne veut rien dire. Merci beaucoup.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Une réplique, M. le ministre?
M. Marceau :
Écoutez, très brièvement, moi, je pense que votre décision est la bonne. Cela
étant, on a déjà convenu... Enfin, on a déjà
eu le débat, là, quant au fait que la décision de fermer Gentilly-2, ça se
traduit par une écriture comptable. Mais il n'y a pas de reflet quant
aux entrées et sorties d'argent, de sommes d'argent dans les coffres du gouvernement. Et ce que nous faisons, c'est nous
assurer à la règle budgétaire que le gouvernement n'a pas à modifier son
comportement dans les prochaines années en conséquence d'une écriture
comptable. Cela étant, j'entends ce que vous
dites. Je pense que ce débat-là a été... Alors, vous avez été très éloquent, M.
le député d'Outremont aussi. Et moi, je suis entièrement prêt à voter,
M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Oui, M. le Président. J'aimerais proposer un autre amendement à cet
article. Mais le page est parti avec mon texte.
M. Gautrin :
...on s'améliore.
M. Bachand : Mais je voudrais juste le déposer. Et, respectant votre décision, M. le
Président, et je pense que le ministre des Finances va se laisser
convaincre cette fois-ci… Et, si je regarde la page B.27...
M. Bachand : Bien, c'est la page B... Non. De consentement, on peut tout faire. Le
président n'a pas un mot à dire à ce moment-là, mais... à moins qu'il se
saisisse de lui-même de la recevabilité, ce qui est possible aussi. Mais, à la
page B.27, il faut référer à Gentilly, et il ne faut pas que ça ait des
conséquences, et que l'objectif ne soit pas de changer les chiffres, hein? Et,
à la page B.27, on voit deux choses : un déficit de
2 440 000 000 $ en 2012‑2013, à cause de l'équilibre... à
cause de Gentilly, et un solde budgétaire de 1,5 milliard.
que je vais vous proposer, M. le Président, c'est un amendement qui dit :
On garde exactement ces chiffres-là. C'est
2 440 000 000 $, le déficit comptable. Et, de la même façon
que dans la
Loi sur l'équilibre budgétaire pour l'année 2013‑2014, c'est le déficit comptable qui est considéré et non
pas le déficit en vertu du solde budgétaire. Si on fait la même chose
pour 2012‑2013, on arrive exactement aux mêmes fins que le ministre des
Finances vise, c'est-à-dire garder ces
chiffres tels qu'ils sont et, par ailleurs, de ne pas être obligé de changer le
comportement du gouvernement dans les
prochaines années parce qu'il y aurait un déficit de 1,8 milliard à
récupérer. Alors, dans la minute qu'il reste, M. le Président, juste avant d'ajourner — probablement,
parce que l'horloge file — alors,
l'amendement, c'est à l'article 2.
À l'article 8 du projet de loi, remplacer les mots
«après l'article 2.1, du suivant Pour l'année financière 2012‑2013, le
solde budgétaire est établi en excluant le résultat provenant des activités
abandonnées, consécutif à la décision de fermer la centrale nucléaire de
Gentilly-2, présenté aux états financiers consolidés annuels d'Hydro-Québec» — donc l'article tel qu'il était dans le
projet de loi — par «au
début de l'article 7.3, des deux alinéas suivants :
«Pour l'année
financière 2012‑2013, suite au résultat provenant des activités abandonnées,
consécutif à la décision de fermer la centrale nucléaire de Gentilly-2, le
déficit établi conformément aux conventions comptables du gouvernement ne doit
pas dépasser de 2 440 000 000 $.
«Pour cette année
financière, seules les sommes manquantes pour atteindre cet objectif de déficit
doivent être résorbées comme s'il s'agissait d'un dépassement visé à l'article
7.5.»
Voilà, M. le
Président. Je vous le dépose. Je pense qu'il a été transmis.
Une voix :
Vous l'avez déposé, non?
M. Bachand : Oui. Bien, je vous le dépose. Je veux le garder devant moi, là. Non,
mais vous avez les autres copies. C'est
ça. Vous le déposez. Et je plaiderais, M. le Président, que ce que vous avez
transmis comme décision est la même, et je ne plaiderais pas très longtemps, c'est, le
2 440 000 000 $, exactement ce qui apparaît à la page B.27,
que l'objectif de ne pas pénaliser le... au fond, pénaliser les
contribuables, mais de ne pas forcer le gouvernement à couper 1,8 milliard
serait atteint, parce que, ce qu'on dit,
comme il existe à la
Loi sur l'équilibre budgétaire… et au fond le
gouvernement vise à exclure ce résultat-là,
on atteint la même fin de s'assurer, comme le ministre disait, qu'il n'y ait
pas de conséquence sur les prochaines années par la décision de fermer
Gentilly. Et cet amendement, M. le Président, atteint exactement l'objectif et
la lettre du projet de loi, je pense qu'il est recevable. Et, pour l'angoisse
du ministre des Finances, on ne plaidera pas
plus longtemps ni sur ça ni sur le fond de l'article par la suite, M. le
Président. Et, de consentement, on pourrait prendre deux minutes, étirer
le temps s'il veut plaider sur la recevabilité, de telle sorte que dès
19 h 30 on pourra avoir et votre décision, et procéder au vote, et
passer aux articles 1 à 7 par la suite.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Nous allons suspendre deux minutes pour...
(Suspension de la séance à 17
h 57)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, nous reprenons nos travaux peut-être pour
quelques secondes.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Non, non. Moi, je veux tout simplement...
M. Marceau :
...votre décision sur la recevabilité?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, oui, oui.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Je vais vous dire que ce n'est pas plus
recevable. Puis je répète ce que j'ai
dit dans ma décision précédente : Or, le principe initial de
l'article 8... Je le répète, là, pour qu'il soit enregistré à cet
amendement-là. Je disais à M. le député d'Outremont et à tout le monde,
alors : «…le principe initial de l'article 8 du projet de loi n'est non pas de chiffrer un
objectif […] budgétaire, mais bien d'exclure du calcul devant y mener le
résultat provenant des activités abandonnées consécutif à la décision de fermer
[…] Gentilly-2.»
Alors, l'amendement
est irrecevable, puis, on le sait, juste le fait de dire ici que le solde
budgétaire «ne doit pas dépasser [2 000 440 000] $», il y a
juste un ministre qui peut dire ça.
Alors, compte tenu de
l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à 19 h 30.
(Suspension de la séance à
18 h 1)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la
séance de la Commission des finances publiques ouverte. Je demande à
toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la sonnerie de
leurs téléphones cellulaires.
commission est réunie afin de procéder à l'étude détaillée du projet de
loi n° 25, Loi concernant principalement la mise en oeuvre de
certaines dispositions du discours sur le budget du 20 novembre 2012.
Et, lors de la
suspension de nos travaux, à 18 heures, nous en étions sur... Il nous
restait, en fait, les articles 1 à 8 inclusivement. Alors, M. le ministre, nous
allons sur l'article...
M. Marceau :
On passe au 8 puis on est prêts à voter, M. le Président, je pense.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre, l'article 8.
M. Marceau : Voilà, écoutez, M. le Président, je suis prêt à voter, je pense qu'on a
débattu longuement de ce sujet.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires sur l'article
8? M. le député d'Outremont.
M. Bachand :
Oui. M. le Président, le gouvernement, étant minoritaire en Chambre mais
majoritaire en cette commission, impose sa volonté, contre laquelle nous
sommes, parce qu'on trouve que c'est vraiment dénaturé, la façon de présenter
les états financiers. On est prêts à voter.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Je l'ai déjà dit : Il s'agit de s'assurer que cette décision, qui n'a eu
qu'un impact comptable sur le solde
budgétaire du gouvernement, ne vienne pas modifier les comportements du
gouvernement dans les prochaines années. Alors, je suis prêt à voter moi
aussi.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Lévis.
Dubé : Je me suis déjà
exprimé : pour des raisons très claires, on n'était pas d'accord avec cet
ajustement-là sur l'article 8, puis j'aimerais le réitérer avant le vote, s'il
vous plaît.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Ça va, monsieur...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ça va? D'autres commentaires? Est-ce que l'article 8 est adopté?
Une voix : Vote nominal, M. le
Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Vote nominal, Mme la secrétaire.
La Secrétaire : M. Marceau
(Rousseau)?
La Secrétaire : M. Chapadeau
(Rouyn-Noranda—Témiscamingue)?
La Secrétaire : M. Trottier
(Roberval)?
La Secrétaire : M. Therrien
(Sanguinet)?
La Secrétaire : M. Trudel
(Saint-Maurice)?
La Secrétaire : M. Bachand
(Outremont)?
La Secrétaire : M. Dubourg (Viau)?
La Secrétaire : Mme Ménard
(Laporte)?
La Secrétaire : M. Dubé (Lévis)?
La Secrétaire : M. Pelletier
(Rimouski)?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Pour. Alors, l'article 8 est adopté à la majorité des voix.
Monsieur...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Majorité des voix, oui. M. le ministre, pour la suite des choses.
L'article 1,
j'imagine?
Bachand : Suggestion, M. le
Président. Après discussion ensemble, c'est... et dans le même esprit que
nous abordons ce projet de loi, par
chapitre
ou par sujet, dans les articles 1 à 7, les articles 1, 2, 5, 6 et 7, au fond,
concernent le même
sujet… On pourrait les prendre en bloc, M. le Président. C'est le sujet de la
Régie de l'énergie qui, effectivement... de demander des gains d'efficacité
à Hydro-Québec et que ces gains soient partagés entre le gouvernement et le
consommateur. On sait qu'historiquement c'est 100 % consommateur. On en
débattra tout à l'heure; nous serons contre.
Mais on pourrait les discuter en bloc, 1, 2, 5, 6 et 7, si ça convient. Et, par
ailleurs, les articles 3 et 4 concernent le bloc patrimonial; ça pourrait être un deuxième bloc, si vous... Ça irait
dans le même esprit qu'on a discuté le projet de loi.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'accord. Je vous rappelle que dans ce bloc, les articles 1 à 7, nous
avons des amendements qui introduisent de
nouveaux articles, sauf un, un amendement à l'article 3. Alors, pour 1, 2, 5, 6
et 7, je pense qu'on peut y aller avec les articles que nous avons. M.
le ministre.
M. Marceau : Oui, merci, M. le
Président. D'entrée de jeu, je voudrais dire que, pour les articles 6 et 7, j'ai
déjà proposé un amendement en vertu duquel
les articles 6 et 7 sont supprimés, ce qui fait qu'en pratique ce que je
vous suggère, à moins que vous y teniez, chers collègues, là, c'est qu'on
discute de 1, 2 et 5, 6 et 7 n'étant plus l'objet d'une discussion de notre côté. Enfin, écoutez, si vous voulez en
parler, vous en parlerez, là, mais donc, moi, ce que je vais vous proposer, c'est que nous adoptions 1, 2,
5 et qu'on supprime 6 et 7. Ça va? Et par amendement. L'amendement a
déjà été déposé, je pense que vous l'avez.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : L'amendement qui supprime les articles 6 et 7 a été distribué, mais
il n'est pas encore déposé.
M. Marceau : Alors, M. le Président,
je vais le déposer.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
...non, vous l'avez eu à part. Non. Dans le premier bloc, oui. Mais ceux-là, on les dépose au fur et à mesure. Alors,
l'amendement qui supprime les articles 6 et 7 est déposé. M. le
ministre.
Marceau : Également, juste
pour être au clair, là, il y a aussi un amendement qui fait de la concordance,
étant donné la suppression de 6 et 7, qui a
également circulé déjà, c'est un amendement à l'article 5, qui, encore une
fois, c'est un amendement de concordance. Je le dépose, lui aussi, ça
va? En pratique, on veut supprimer 6 et 7 et, à 5, on fait une petite
modification de concordance pour tenir compte du fait que 6 et 7 sont
supprimés. O.K.?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Et l'amendement à l'article 5 est maintenant déposé.
Marceau : ...sur l'ensemble
de l'oeuvre. Alors, M. le Président, les articles 1, 2 et 5, ils ont pour
objectif de faire en sorte que, dans
l'établissement des tarifs d'électricité, la Régie de l'énergie prévoit
l'établissement d'un mécanisme de réglementation incitative ayant pour
objet la réalisation de gains d'efficacité chez Hydro-Québec.
L'idée, cette idée qui est introduite, s'inspire
d'une pratique qui existe déjà ailleurs, en fait celle qui existe chez Gaz Métropolitain. Chez Gaz Métro,
essentiellement, lorsque les gains d'efficacité sont réalisés, ils sont
distribués entre les consommateurs et les actionnaires sur une base 50-50, c'est-à-dire
moitié-moitié.
Maintenant, ce que nous prévoyons ici, c'est de
faire en sorte que la régie établisse un régime, un mécanisme de réglementation incitative. Et les objectifs
sont bien établis à l'article 2. Premièrement, «ce mécanisme doit
poursuivre les objectifs suivants — donc :
«1° l'amélioration continue de la performance et
de la qualité du service;
«2° une réduction des coûts profitable à la fois
aux consommateurs et au transporteur ou, selon le cas, au distributeur; [et]
«3° l'allégement du processus par lequel sont
fixés ou modifiés le tarif de transport d'électricité et celui applicable par
le distributeur d'électricité à un consommateur».
Alors, M. le
Président, je pense que vous savez déjà que les activités d'Hydro-Québec
servent, entre autres et de façon
importante, au financement des services publics dont les Québécois bénéficient.
Par ailleurs, Hydro-Québec offre également des quantités d'électricité à
très faible prix quand on compare les prix qui prévalent au Québec avec ceux
qui prévalent ailleurs, en Amérique du Nord en particulier. Alors, l'idée n'est
pas de bousculer complètement cet équilibre-là;
l'idée, c'est de faire en sorte que dorénavant, quand on va demander à
Hydro-Québec de réaliser des gains d'efficacité,
qu'une
partie de ces gains d'efficacité reviennent à l'actionnaire de manière à
pouvoir financer les services auxquels les Québécois s'attendent. Alors,
essentiellement, c'est l'idée.
M. le
Président, je vais être prêt à répondre à des questions plus précises. Mais,
avant de le faire, on me dit aussi que je devrais déposer un autre
amendement, qui sert aussi et qui est aussi un amendement de clarification à l'article
2. Alors, je m'excuse, là, mais il y a un
troisième amendement, toujours sur ces mêmes articles, à l'article 2 dans ce
cas-ci, et qui sert simplement à, encore une fois, clarifier le texte. Alors,
je le dépose.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
On l'a, ce... Alors, l'amendement à l'article 2 est maintenant déposé. Vous l'avez dans votre liasse de
documents. Il a déjà été distribué. Alors, M. le ministre, j'aimerais qu'on
dispose des amendements pour commencer. Alors, l'amendement à l'article 2... Si
on suit l'ordre numérique, là, on pourrait disposer
de l'amendement à l'article 2, ensuite de l'amendement à l'article 5, ensuite
des articles 1, 2 et 5, dans l'ordre.
M. Marceau : C'est simplement une
réécriture. On met le mot «tarifs» au pluriel, en concordance avec le texte modifié. On réécrit une phrase pour que ce
soit plus clair que c'est le transporteur ou le distributeur. Ce sont
vraiment des modifications de forme, là.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'autres commentaires à l'amendement à l'article 2? Est-ce que l'amendement à l'article
2 est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté à l'unanimité. Maintenant, sur l'article 2, tel qu'amendé. M. le
ministre.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'accord. Alors, à ce moment-là, il faudrait disposer de l'amendement
à l'article 5.
Bachand : ...suggérer de
suspendre les votes puis on discute de l'ensemble des articles et des
amendements, et on prendra les votes tous
ensemble? Parce que ça... On tente, par accommodement, de réussir possiblement
à adopter ce projet de loi là ce
soir, avec des amendements bien sûr. Et évidemment, comme il n'y a pas beaucoup
de temps, on s'est fixé mutuellement un calendrier, un horaire par
section. Ça vaudrait mieux... On fait notre discussion, puis après ça on ferait
tous les votes...
Président (M. Pelletier, Rimouski) : La discussion est sur les articles 1, 2 et 5 et les deux amendements,
à l'article 2 et à l'article 5. Puis on procédera différemment pour le vote,
mais pour la discussion on va y aller comme ça. M. le ministre.
Marceau : Bien, regardez,
j'ai déjà présenté ce qu'est un mécanisme de réglementation incitative.
L'objectif, c'est que la régie se dote d'un tel mécanisme, comme il en existe
un pour Gaz Métropolitain. Je vais laisser la parole tout de suite à mes... aux
porte-parole des deux autres partis, pour peut-être répondre aux questions
qui...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Merci, M. le Président.
Nous serons contre ces articles-là pour deux raisons principales, M. le Président.
Premièrement, on vient quand même changer une méthode importante au niveau de
la tarification, et les économies d'efficience aujourd'hui appartiennent aux
consommateurs. Les économies d'efficience appartiennent aux consommateurs, et, si l'Hydro va devant la régie, la régie
questionne, elle établit des bases de tarification. Elle établit
ultimement le rendement, mais, s'il y a des économies possibles, aujourd'hui,
ces économies-là appartiennent à ceux qui consomment de l'électricité.
Le ministère
des Finances, le gouvernement, lui, il a son dividende d'Hydro-Québec,
Hydro-Québec Production. Évidemment,
c'est comme une autre compagnie, hein? Le transport et la distribution, ça,
c'est la
partie réglementée qui affecte les consommateurs. La
production, au fond, c'est le bloc patrimonial et c'est aussi l'exportation,
ça, ça va direct à l'actionnaire. Le
gouvernement a d'autres moyens aussi de faire d'autres revenus. Le gouvernement
pourrait décider qu'il veut augmenter
le dividende d'Hydro-Québec et pourrait intervenir par législation, même s'il
le fallait, pour dire : Je veux
un retour sur mon capital plus élevé. Le gouvernement a donc plusieurs choix.
Mais l'efficacité d'Hydro-Québec, l'ensemble
de la tarification... Et la régie fait très bien son travail. Et moi, je pense
qu'on vient déstabiliser ce mécanisme-là et on vient dire ici que la
moitié des gains d'efficience appartient dorénavant au gouvernement et non pas
à 100 % aux consommateurs.
Je comprends
que le ministre va me dire que oui, mais c'est de même que ça existe pour Gaz
Métropolitain et que ça existe dans
d'autres compagnies réglementées. Mais Gaz Métropolitain, c'est un partage
entre les clients de Gaz Métro et les actionnaires de Gaz Métro, qui
sont des actionnaires privés, capitalistiques, qui ne sont pas le gouvernement.
Ici, le gouvernement a d'autres façons
d'atteindre ses fins, on est dans une autre dynamique, où… Le consommateur
peut-il savoir à quoi s'attendre et non pas toujours se demander si le
gouvernement vient piger dans ses poches? C'est une autre façon pour le
gouvernement de piger dans les poches du consommateur. Ça fait que le tarif, c'est
fait avec... dans l'ensemble de l'État, mais, dans ce cas-ci... Alors, nous, on
n'est pas d'accord avec ce principe, M. le Président.
Deuxièmement, il y a un deuxième changement que
ces articles-là introduisent, qui est... Je suis heureux que le ministre ait retiré l'article 6 et 7; il savait
qu'on s'opposait fortement. Ça, c'est des articles où le gouvernement
dictait, au fond, le montant des charges d'exploitation à partir desquelles ces
mécanismes incitatifs existent. Ça, on trouvait, on l'avait dit, d'entrée de
jeu, que c'était une ingérence absolue qui enlevait l'indépendance à la régie.
Il reste une
ingérence avec l'article 5, mais c'est, au fond, une mesure transitoire, mais
parce que l'article 5, tel qu'amendé et tel que rédigé, c'est : Le
gouvernement pourra le faire et il ne pourra pas le faire par le passé, il ne pourra pas le faire rétroactif comme le ministre a
essayé de le faire. Mais, en tout cas, il retire ces amendements-là.
Mais, pour les années qui débutent le
1er janvier 2014 jusqu'à ce qu'un premier mécanisme de réglementation
incitative s'applique, le gouvernement — donc probablement une fois — peut fixer les charges, mais par les années
suivantes. C'est un pouvoir éphémère qui va disparaître. Alors, il y a
une logique dans la rédaction de ça pour pouvoir se retrouver.
Par ailleurs,
sur l'indépendance de la régie, à l'article
L'article 2, je pense que ça
vaut la peine de… Je vais le lire en synthèse : La régie
établit un mécanisme de règlement incitatif pour assurer la réalisation de
gains d'efficience.
Ça, c'est un
bel objectif. La régie doit dire à l'Hydro : Vous allez avoir des gains
d'efficience. On augmente la pression sur Hydro-Québec, par exemple,
pour améliorer...
«1° l'amélioration continue de la performance[,]
de la qualité du service;
«2° une réduction des coûts profitable à la fois
aux consommateurs et au transporteur ou, selon le cas, au distributeur;
«3° l'allégement du processus…»
Et là il y a un quatrième point : «4° tout
autre objectif déterminé par le gouvernement.»
Si on était arrêtés aux trois premiers alinéas, M.
le Président, ça gardait intacte l'indépendance de la régie.
L'alinéa 4° dit : Bien, le gouvernement, il
peut envoyer sur la table n'importe quel objectif. Ce n'est pas balisé. C'est
un pouvoir que je qualifierais d'abusif.
Ici, le gouvernement a d'autres mécanismes. Il
peut faire un décret de préoccupation — c'est un mécanisme qui existe dans la loi — par
lequel le gouvernement peut dire à la régie : Nous sommes préoccupés de
telle question, on voudrait que vous
teniez compte de tel point de vue. Mais le quatrième alinéa donne un pouvoir
absolu au gouvernement, M. le
Président, de dicter des objectifs, et la régie est obligée d'établir son
mécanisme en tenant compte de cet objectif-là.
Pour cette raison, M. le Président, je vais
proposer un amendement pour biffer cet article-là, le quatrième alinéa, et
donc :
À l'article 2
du projet de loi, retirer le 4e paragraphe du troisième alinéa, soit les
mots : «4° tout autre objectif déterminé par le gouvernement.»
…copies pourraient vous être distribuées, elles
sont déjà photocopiées, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Nous allons peut-être suspendre deux minutes pour...
M. Bachand : On peut continuer la discussion.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui. O.K. Allez-y.
M. Bachand : Réfléchissez à ça.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, allez-y. J'aime ça vous écouter quand même.
M. Bachand : Et donc, M. le
Président… Vous êtes flatteur. Donc, ça, c'est l'intervention...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
C'est ma job.
Bachand : Ça, c'est le
sous-article qui permet au gouvernement d'intervenir dans l'indépendance de la
régie. On pense que... Et j'espère que le ministre va accepter l'amendement,
parce que ça vient changer l'esprit de son projet.
Son projet, c'est qu'il y ait des gains d'efficience, que la régie fasse sa
job, que l'Hydro se défende, puis de les partager, 50 % gouvernement,
50 % Hydro-Québec. Je ne suis pas d'accord avec le partage, mais c'est la
volonté, pour l'instant, du gouvernement. Mais, avec ce quatrième article, on
va beaucoup... Il y a probablement beaucoup d'autres amendements qu'on
proposerait, M. le Président. Voilà, pour l'instant, je...
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, l'amendement, il me fait plaisir de vous dire qu'il est
recevable, M. le député, puis...
M. Bachand : J'en ai un, j'en ai eu
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Et puis il est déposé. Alors, M. le ministre.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui, M. le député de Lévis.
M. Dubé : Est-ce qu'on discute de l'amendement
avant tel que proposé ou on discute globalement?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Sur l'ensemble.
M. Dubé : Alors, après le ministre,
je peux prendre parole?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, après la réplique de M. le ministre, ça sera à vous la parole. M. le
ministre.
Marceau : Oui. La première
chose que je voudrais dire, c'est que Gaz Métropolitain a demandé un
mécanisme comme celui qui est discuté ici il y a plusieurs années, puis le
gouvernement précédent aurait pu demander un tel mécanisme depuis 2006. Depuis 2006, pour des raisons qui
m'échappent — peut-être
qu'il n'était pas aussi préoccupé que nous par l'efficience d'Hydro-Québec — il n'a
pas demandé de tel mécanisme. Mais moi, je pense que ça vient encourager
beaucoup Hydro-Québec justement à faire des efforts sur le plan de l'efficience.
Puis je veux
juste être bien clair : le fait que nous soyons riches en eau, riches en
ressources hydrauliques, c'est quelque chose qui est au bénéfice des
Québécois. Puis, la façon dont ça se canalise, la façon dont ça se matérialise,
ce bénéfice-là, ça peut être effectivement
par le biais de tarifs d'électricité plus faibles, mais ça peut également être
par le biais de services publics qui sont moins chers. Comprenons-nous, là. Les
services publics auxquels la population du Québec
a accès sont moins chers, sont plus facilement accessibles ou sont plus
généreux — prenez
ce que vous voulez là-dedans — mais ils sont comme ça parce
qu'on a accès à des ressources hydrauliques importantes.
Cela étant, une fois qu'on a dit ça, le partage
puis la façon d'y parvenir, l'équilibre qu'on trouve dans ces deux façons de
redistribuer cette richesse que nous avons, c'est une décision importante.
Jusqu'à maintenant, il y a eu effectivement des tarifs d'électricité
relativement faibles, et nous avons convenu, de notre côté, de maintenir ces tarifs faibles. Cela étant, partant... Ils sont
faibles, présentement, quand on compare les tarifs d'électricité au Québec
avec ceux des voisins, il n'y a aucun doute là-dessus, là. Et là ce qu'on
propose, ce n'est pas de les augmenter; ce qu'on propose, c'est de faire en sorte que les gains d'efficience qui vont
être faits dorénavant se traduisent par un dividende plus grand pour le
gouvernement de façon à continuer à offrir des services de qualité aux
Québécois. On n'est pas en train d'augmenter les tarifs, on veut juste s'assurer
que dorénavant les gains d'efficience vont permettre au gouvernement de
recevoir sa part de ces gains d'efficience.
Quelques
petits points à dire. Les articles 6 et 7 étaient des articles transitoires, et
c'est la raison pour laquelle on les fait disparaître. C'est une chose
que je voudrais dire. Deuxième chose que je voudrais ajouter, c'est qu'il n'y a
pas de mécanisme et il est grand temps qu'il y en ait un. Il est grand temps qu'il
y en ait un pour clarifier la situation qui, présentement,
n'est pas claire. La Coalition avenir Québec, pendant la campagne électorale,
proposait de faire des coupures importantes chez Hydro-Québec, puis ils
prétendaient que ça pourrait financer d'autres services, des services publics.
Or, il aurait fallu, pour y parvenir, avoir un mécanisme tel que celui que nous
présentons. Pour l'instant, donc, ce mécanisme-là n'existe pas et il est
important d'en avoir un.
Dernier petit
point. Le mécanisme — donc, à
l'article 2 — est
décrit puis doit donc... Il y a trois paragraphes : 1°, 2°, 3°, qui
essentiellement... Enfin, ils ne se lisent plus exactement comme ce qui est
rédigé ici, parce qu'on a fait des petits amendements, mais essentiellement le
contenu demeure le même. Quant au quatrième paragraphe, je voudrais simplement ajouter là-dessus que je comprends que
le député d'Outremont est inquiet là-dessus. Étant donné le peu de temps que j'ai à ma disposition pour faire adopter
le projet de loi, je vais consentir à ce que l'article... le paragraphe
4° disparaisse.
Mais je
voudrais simplement vous dire que les intentions que nous avions étaient à l'égard
de, par exemple : fixer des
objectifs en termes d'amélioration du ratio minute de panne par client, de
diminuer les délais de raccordement, de favoriser des interventions en
efficacité énergétique ou bien de favoriser des actions en innovation. Ça, c'est
le genre d'autre objectif que le
gouvernement aurait pu fixer dans la détermination du mécanisme incitatif.
Donc, on aurait pu avoir des
objectifs comme ceux-là. Là, je comprends que vous, vous ne voulez pas avoir
cette possibilité que nous fixions d'autres objectifs. Donc, c'est le
genre de chose qui va disparaître.
Parce que, pour le reste, l'intégrité du
mécanisme exige que... enfin, les trois paragraphes précédents soient respectés et satisfaits, là. On ne peut pas aller
au-delà... on ne peut pas aller en contravention des trois premiers
paragraphes, là, O.K.? Alors, le quatrième, c'est quelque chose qui peut s'ajouter,
puis on pourrait dire que, dans le mécanisme incitatif, il faut aussi atteindre
d'autres objectifs. Bon, cela étant, je suis prêt à vivre sans cela pour l'instant.
C'est plus important pour moi qu'on aille de l'avant sur les autres articles.
Voilà.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Lévis.
Dubé : Merci, M. le
Président. Alors, premièrement, je voudrais remercier le ministre de saluer
l'initiative qu'on avait mise en campagne électorale de réduire les coûts d'Hydro-Québec...
M. Marceau : Il manquait un petit
bout, par exemple.
Dubé : Alors, qui ont suivi
d'ailleurs... Alors, je voudrais juste m'assurer que le mécanisme qui est
proposé ici vient accomplir les objectifs que nous, on avait, puis qui semblent
être les mêmes pour le gouvernement actuel. L'objectif d'avoir un programme de
réduction de coûts à l'Hydro-Québec était que l'Hydro pourrait profiter de l'amélioration des coûts et de pouvoir augmenter
le dividende pour le payer à l'actionnaire. On se rappelle de ça. Nous,
on était très clairs là-dessus.
J'aimerais avoir une
clarification du ministre sur le deuxième alinéa, parce que je veux bien
comprendre que, lorsqu'on dit : Une...
Parce qu'on dit que la quatrième est sautée par l'amendement de mon collègue
d'Outremont. Mais, le deuxième alinéa, je voudrais bien comprendre
comment la régie va l'interpréter. Alors, si on dit «une réduction des coûts
profitable à la fois aux consommateurs et au transporteur ou, selon le cas, au
distributeur», qui va faire cette allocation-là
de dire que c'est 25 %, 50 % ou 75 %? Et où on va l'avoir?
Est-ce qu'on l'a dans le budget? Est-ce qu'on l'a ailleurs?
Je voudrais
juste avoir une clarification là-dessus parce que c'est important de bien
comprendre cet élément-là, s'il vous plaît, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Oui. Excellente
question.
M. Dubé : Merci beaucoup.
M. Marceau : Par ailleurs,
juste vous rappeler qu'il vous manquait un petit bout en campagne électorale.
M. Dubé : Bien, vous en avez coupé
la moitié.
Marceau : Donc, il y avait
le bout où on veut les gains d'efficience, mais il n'y avait pas le bout
comment on va amener les gains d'efficience en argent sonnant.
M. Dubé : Ah! si on a du temps ce
soir, je peux vous l'expliquer.
Marceau : Mais ce n'est pas
très grave. Je veux juste vous dire ça. Par ailleurs, je veux juste vous
inviter à prendre l'article 2...
enfin, l'amendement à l'article 2, 1°, pour être certain qu'on a tous la même
affaire, là. L'amendement fait en sorte que le texte du paragraphe 2° se
lit : «2° une réduction des coûts profitable à la fois aux consommateurs et, selon le cas, au distributeur ou au
transporteur.» O.K.? Donc, l'amendement, je ne sais pas si vous l'avez, c'est
dans la petite boîte du bas.
M. Dubé : Je l'ai devant moi, là.
Marceau : Vous l'avez? C'est
dans la petite boîte du bas. Ça, c'est la nouvelle rédaction, simplement
qu'on s'entende sur le fait que ça, c'est la nouvelle rédaction.
M. Marceau : Maintenant...
M. Dubé : Maintenant, éclairez-moi.
M. Marceau : Vous me posez la
question de : Comment on va partager? Hydro-Québec va faire une
demande, va déposer une requête à la régie, puis la régie va arbitrer. C'est la
régie qui va prendre une décision sur la façon
de répartir les diminutions de coûts, par exemple. Alors, c'est comme ça que ça
se passe. Évidemment, ce qu'il y a de très naturel, là, puis de plus
habituel, j'imagine, c'est 50-50, puis je m'attends à ce que ce soit ça qui
soit le résultat. Maintenant, c'est la régie qui va le décider; ce n'est pas
moi, ce n'est pas Hydro-Québec.
Dubé : Donc, ce que vous me
dites — si
vous me permettez, M. le Président, une clarification, là : On s'entend
bien que, notre lecture, on la comprenait, que c'était la régie qui venait
décider de la répartition de l'économie qui allait
être faite, qu'est-ce qui allait rester à l'Hydro et qu'est-ce qui pourrait
retourner aux consommateurs. Donc, il se pourrait, un cas tout à fait théorique, il se pourrait qu'il y ait une
amélioration des coûts de 300 millions et que la régie décide qu'il
y en a 150, millions qui passent en réduction des coûts d'électricité.
M. Marceau : Exact. Exact. C'est
comme ça que ça se passe, grossièrement, là, en fait,
M. Dubé : À moins que vous auriez décidé qu'il y aurait un
tarif, il y aurait un montant d'économie minimum qui aurait été à
100 % à l'Hydro-Québec. Vous l'avez décidé, de ne pas le faire.
M. Marceau : Là, on parle du mécanisme permanent que la régie
va mettre en place, et ce mécanisme va être construit puis va être
établi à la manière que la régie voudra bien l'établir. C'est la régie qui va l'établir.
M. Dubé : Alors, si, M. le
Président, juste pour clarifier mon point, là, si la régie décidait que, dans
un cas d'amélioration de 50 millions
des coûts, tout était passé à 100 % au consommateur, ça pourrait être la
décision de la régie, et le gouvernement dans ça n'aurait rien à dire.
M. Marceau : Vous avez raison, c'est possible. Cela étant, la
régie, il y a déjà une forme de jurisprudence, là, même si elle n'est
pas parfaitement appropriée, là, mais dans le cas...
M. Dubé :
Il y a eu des réductions de coûts à l'Hydro.
M. Marceau :
Dans le cas de Gaz Métropolitain, le choix qui a été fait par la régie, ça a
été 50-50.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : Juste une petite question technique. L'amendement
que M. le ministre vient de parler à l'article 2, là, vous l'aviez dans
votre liasse, on vient de le trouver, nous, là.
M. Marceau :
...il n'avait pas été déposé, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Il n'est pas déposé. Alors, là il est déposé.
M. Marceau :
Bien, je l'avais déposé, je l'ai déposé tantôt, là, il y a 15 minutes.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Pas déposé ici. Distribué et déposé, ce n'est
pas pareil.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Bon. Là, il est déposé puis, en fait, M. le
député d'Outremont, bien, pourra revoir son
amendement, là, mais on continue la discussion, c'est important que vous ayez
tous les documents, là.
M. Dubé :
...prendre connaissance, il y a quand même un changement entre ce qu'on avait
dans le document versus celui-là, mais ça ne
me rassure pas du tout quant à l'objectif. Il faut se rappeler, l'objectif
était… M. le ministre l'a dit tout à
l'heure, les tarifs d'électricité sont déjà bas; si on croit que l'Hydro-Québec
peut améliorer ses coûts, on comprend que
ce n'est pas nécessairement... Puis vous me dites que, basée sur la
jurisprudence, il se peut très bien qu'une portion de cette réduction de
coûts là pourrait aller contre la réduction des tarifs. C'est ce que vous
confirmez.
M. Marceau : Je vous confirme, effectivement, nous, pour la période transitoire, on
voulait que 100 % revienne au gouvernement.
M. Dubé :
Alors, c'est quoi, la période transitoire?
M. Marceau :
C'était la période qui commençait à partir du moment...
M. Dubé :
Moi, il y a beaucoup de bruit, je ne vous entends pas. Il y a des discussions
qui vont alentour, je m'excuse, là, mais est-ce que… Je ne vous entends pas.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, la parole est à M. le ministre. On
écoute M. le ministre.
M. Marceau :
Dites ça à mon collègue.
M. Dubé :
Bien, je ne sais pas, peut-être que le député d'Outremont pourrait aller
ailleurs pour faire ses discussions. Je m'excuse, là, mais c'est... J'essaie
d'écouter ce que le ministre dit, là. Désolé, là, mais...
M. Marceau :
O.K. La première des choses, c'est que la régie aurait dû depuis longtemps
mettre en place un mécanisme incitatif,
appelons-le permanent, O.K., mécanisme incitatif dont elle va déterminer
elle-même les paramètres à la suite
d'une demande qui va lui être adressée par Hydro-Québec. Alors, Hydro-Québec va
lui suggérer un partage, et la régie va décider, va statuer que, de
façon permanente et dorénavant, le partage des gains d'efficacité se fait selon
des proportions qu'elle va établir elle-même. Ça, c'est première des choses.
Deuxièmement,
mettre en place ce mécanisme pourrait prendre du temps. Ça pourrait aller vite,
mais ça pourrait prendre du temps. Dans l'intervalle entre maintenant
puis le moment où la régie allait mettre en place ce mécanisme permanent, nous
avions envisagé — c'est
tout ce que je veux vous dire — à l'époque — mais finalement je
retire les articles 6 et 7, là — de faire en sorte que temporairement, de
façon transitoire, les gains d'efficacité soient tous versés au
gouvernement.
Maintenant,
il n'y a plus de transitoire. On demande d'aller vers le permanent rapidement.
Effectivement, je finis en ajoutant
que c'est la régie qui la règle, qui va décider de cela, là, la vitesse à
laquelle ça va se faire. Et puis évidemment j'espère qu'elle le fera
vite, mais, maintenant, la régie, elle est souveraine, elle fait ce qu'elle
veut.
M. Dubé :
Alors, M. le Président, je veux juste...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le député de Lévis.
M. Dubé :
...confirmer le point, et ça va être mon dernier point là-dessus, qu'il n'y a
aucune assurance, en enlevant les articles
donc passés, que les économies qui pourraient être faites à l'Hydro vont passer
à 100 % au gouvernement par voie du dividende, malgré l'importance
des économies qui pourraient être données.
M. Marceau : Vous avez raison.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'autres commentaires sur le bloc 1, 2, 5, 6, 7? Ça va? Alors, nous avions
adopté tout à l'heure...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui.
Bachand : Je pense que le
légiste du gouvernement nous suggère que mon amendement à l'article 2, que
le ministre accepte, pourrait être rédigé dans une forme juridique qui arrive
aux mêmes fins mais avec quelques mots différents.
Alors, je ne sais pas, si je retire le mien, c'est le ministre qui dépose, ou
je dépose celui-là... Et donc je déposerais une nouvelle rédaction qui
arrive aux mêmes fins, M. le Président. Parce que vous étiez prêt à aller au
vote, là. C'est pour ça que je vous ai interrompu.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui. On va le recevoir, le distribuer. O.K., il est en distribution.
M. Bachand : On reconnaît la plume
de Me Paquin, extrêmement rapide d'ailleurs.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Oui. Alors, tout le monde a une copie? Est-ce que l'amendement à l'article 2,
déposé par M. le député d'Outremont, est adopté?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : C'est l'amendement de M. le ministre, celui-là, non? C'est du
député d'Outremont. D'accord. Est-ce qu'il est adopté? Adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
À l'unanimité. M. le député d'Outremont, vous retirez votre amendement, qui
retirait le quatrième paragraphe. Est-ce qu'il y a consentement pour retirer l'amendement
déposé à l'article 2 par M. le député d'Outremont?
M. Bachand : Puisqu'on vient d'adopter
un amendement qui fait... aux mêmes fins.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Voilà, oui. Il faut quand même le noter. Alors, merci. Est-ce que l'amendement
à l'article 5, déposé par M. le ministre, est adopté?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté.
M. Bachand : Sur division.
Une voix : Non, non, adopté,
excusez-moi.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté à l'unanimité?
M. Bachand : Sur division.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Sur division?
Bachand : Bien, on va être
contre le fond, donc on va être contre les amendements, là. Vous m'avez
appris cette logique-là pendant plusieurs années, M. le Président.
M. Marceau : Un
article pas bon
amendé, c'est... hein?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce que l'amendement...
M. Marceau : O.K. Est-ce qu'on peut
prendre une suspension d'une minute?
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Suspension d'une minute.
(Suspension de la séance à 20 h 15)
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, nous reprenons nos travaux. Est-ce que la suppression... l'amendement
qui amène... introduit la suppression des articles 6 et 7 est adopté?
Une voix : Sur division.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté. M. le député de Lévis?
M. Dubé : Oui, c'est adopté, M. le
Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Adopté à l'unanimité.
M. Bachand : Sur division, sur
division.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Ah, sur division.
M. Bachand : Tout sur division, M.
le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Alors, adopté sur division. Est-ce que l'article 1 est adopté?
M. Bachand : Sur division.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Sur division. Est-ce que l'article 2, tel qu'amendé, est adopté?
M. Bachand : Sur division.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Sur division. Est-ce que l'article 5, tel qu'amendé, est adopté?
M. Marceau : Tel qu'amendé, adopté.
M. Bachand : Sur division.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Sur division. Et nous en sommes maintenant aux articles... 6 et 7,
bien, ont été supprimés ou abrogés.
M. Bachand : Est-ce que ça a été
voté?
M. Marceau : Oui, on a voté l'amendement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Sur division.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Et nous en sommes aux articles 3 et 4. M. le ministre.
Marceau : Oui. Alors, écoutez, M. le Président, les articles 3 et 4,
que, essentiellement, c'est l'article 3, là...
sont des articles en vertu desquels le bloc d'électricité patrimonial va être
indexé plutôt que d'augmenter d'un sou sur cinq ans tel que l'ancien gouvernement l'avait prévu. Il s'agit donc
d'une mesure faisant en sorte que les Québécois vont voir leurs factures indexées. La hausse qui avait
été prévue par l'ancien gouvernement était de 1,6 milliard de
dollars, on parlait de 20 % d'augmentation sur cinq ans. Ce que nous
faisons, c'est d'indexer l'électricité... Cette indexation, par rapport à la hausse qui était prévue, ça
représente une économie de 288 $ pour une maison de taille moyenne. Pour
une famille, donc, détenant une maison de taille moyenne, c'est 288 $ de
moins par année que cet article-là représente. Donc, M. le Président, c'est un beau cadeau aux Québécois que cet
article-là, encore une fois. Donc, les Québécois vont voir leurs tarifs
indexés mais pas d'augmentation de 20 % des tarifs. Alors,
essentiellement, c'est ça, M. le Président.
vous signale, par ailleurs, que, par cohérence, on a déjà adopté plus tôt dans
notre étude, même si ça vient plus tard
dans le projet de loi, l'article faisant en sorte que cette indexation du bloc
patrimonial va être versée au remboursement de la dette, puis ça a déjà
été adopté. Je ne me rappelle plus à quel article, mais ça a déjà adopté.
Une voix :
Entre 121 puis 124.
M. Marceau :
Entre les articles 121 et 124. Alors, M. le président, c'est ce que je voulais
dire.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : ...qu'à l'article 3, M. le ministre, vous aviez
un amendement qui avait été suspendu, qui est déposé mais qui avait été
suspendu. Il faudrait commencer par... Je pense qu'il a été distribué, il est
déposé.
M. Bachand :
...discussion globale, peut-être.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, O.K., ça va.
M. Marceau :
Parce qu'on va en discuter... C'est sûrement technique, là.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : O.K. Bien, en fait, dans la discussion globale,
pour les quatre, on a un amendement pour le moment. Est-ce qu'il y a un
commentaire? M. le député d'Outremont.
M. Bachand : Bien sûr, M. le Président. C'est très suave d'entendre le ministre des
Finances aujourd'hui nous raconter comment il fait un cadeau aux
Québécois. M. le Président, est-ce que le mot «arnaque» est un mot qui est
parlementaire ou il est dans le vocabulaire antiparlementaire?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : On va vérifier, M. le ministre.
M. Bachand :
Hein? «Arnaque».
M. Bachand : Vous trouvez ça un peu fort. M. le Président, on assiste aujourd'hui à
un gouvernement... Et, s'il ne l'est
pas, je trouverai un synonyme tartufien, comme notre langage parlementaire
l'exige, M. le Président. Est-ce que je pourrais... Nous assistons
aujourd'hui à un ministre des Finances qui nous demande d'augmenter le bloc
patrimonial, d'enlever l'augmentation que nous avions mise en place, oui, nous,
les libéraux, mais nous, on avait la beauté de la franchise. La franchise, c'est
dire : On augmente le bloc patrimonial parce qu'on en a de besoin, parce
que ça va aller au Fonds des générations,
puis parce qu'il faut qu'on investisse dans nos infrastructures parce que les
infrastructures sont désuètes. Puis je vous prédis de ce siège que les
infrastructures du Québec vont souffrir dans les prochaines années : il n'y a pas assez d'argent dans le PQI pour les
infrastructures de transport en commun, ce sont des milliards qui
manquent. Le ministre des Finances, ici, réduit l'augmentation du bloc
patrimonial. Moi, je suis de la théorie de la franchise. Quand on a un service, bien, il faut payer pour.
Puis ce n'est pas vrai que, dans la vie, on a des services gratis. Puis je
sais que le sous-ministre des Finances, qui
est maître de la tarification aussi, plaide pour... Puis, au fond, c'est la
transparence avec les citoyens. Je me permettrai, M. le Président, de citer
deux éléments de la campagne électorale. Dans le site Internet du Parti
québécois, c'est dommage...
M. Trudel :
M. le Président, question de règlement.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Oui, question de règlement, M. le député.
Trudel : J'ai vérifié le
lexique, et le mot «arnaque» apparaît bel et bien. «Arnaque — complice
d'une arnaque, d'une astuce.» Et c'est une décision qui a été rendue par
Jean-Pierre Charbonneau le 7 mai 1997. Alors, je vous demanderais de demander à
mon collègue de retirer son propos.
M. Bachand : Alors, ça me fait
plaisir de retirer le propos. Vous êtes complice de quelque chose d'autre.
M. Trudel : Oh! «Complice», un
moment, un moment.
Des voix : Ha, ha, ha!
M. Bachand : Mais étant...
M. Trudel : «Complice de», «complice
de», c'est aussi au lexique.
M. Bachand : Alors, monsieur...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Et, M. le député d'Outremont, «tartufe» aussi est dans le lexique.
M. Gautrin : Mais je pourrais être
votre complice, mon ami. Ça dépend sur quoi.
Bachand : Alors, M. le
Président, la vérité, c'est que le Parti québécois, pendant la campagne
électorale, dans son site
Internet — et il
est ici une copie de son site Internet au cas où il l'aurait oublié — et c'est la photo du ministre des Finances, qui dit... Et c'est clair, clair, clair,
dans le milieu du site Internet, je n'ai pas la date où cette photo a été
prise, mais je cite, M. le Président :
«Le Parti québécois s'engage à maintenir le gel des tarifs d'électricité du
bloc patrimonial au cours de son
mandat. Nous utiliserons plutôt des redevances minières supplémentaires
obtenues par l'application d'un nouveau régime minier plus exigeant pour
accentuer l'effort de remboursement de la dette.» C'est vrai que c'est un autre
mot que j'ai utilisé la semaine dernière que le président de l'Assemblée n'a
pas aimé, mais quel... tous les mots du
vocabulaire pour dire que quelqu'un nous promet quelque chose puis il fait le
contraire de ce qu'il a promis… On en est témoins aujourd'hui. On en a
été témoins sur les redevances minières, promis 400 millions de plus, ça a
fini 30, 40, 50, on verra, on verra c'est
combien, donc de 400 à 800 millions, en finir de 400 à 430,
440 millions; promis, main sur le coeur, l'abolition de la taxe
santé — évidemment,
la taxe santé existe, elle va rapporter 600 millions — et
promis clairement d'abolir notre
augmentation du gel du bloc patrimonial d'électricité et de geler le bloc
patrimonial d'électricité. Ici, le 20
août : Tarifs d'Hydro-Québec : le PQ promet le gel . On voit la
photo de la... maintenant la première ministre sur la page couverture et on voit au milieu :
«"Le PQ ne haussera pas les tarifs d'électricité du bloc
patrimonial", a affirmé…» le ministre des Finances d'aujourd'hui.
Dans ce temps-là, il avait un nom. Là, on n'a pas le droit de dire son nom; on
peut dire son nom quand on sort en dehors de la Chambre. Autre citation.
C'est clair,
M. le Président, nous avons devant nous un parti qui a... ça, on ne peut pas
dire qu'ils ne nous disent pas la vérité à nous, mais on a le droit de
dire qu'ils n'ont pas dit la vérité aux Québécois. On a le droit de dire que ce
parti a fait des promesses, des engagements
formels... Vous ne pouvez pas nier vos promesses, M. le député — qui me regardait avec un sourire, mais on ne se voit pas à la caméra
aujourd'hui — vous
avez fait des promesses, des engagements formels. Le Parti québécois s'engage
à maintenir le gel des tarifs d'électricité du bloc patrimonial. Que
retrouve-t-on à l'article du projet de loi,
ici, M. le Président, à l'article 3? «Pour chaque année à compter de l'année
2014, le coût moyen de fourniture de l'électricité
patrimoniale…» Et là sera indexé. Je vous fais grâce du jargon juridique.
Ça rapporte quoi, au gouvernement, cette
indexation? Ça va rapporter 500 millions — 500 millions dans la poche des
consommateurs d'électricité — qu'ils avaient promis de mettre à zéro.
Je comprends
qu'ils vont nous dire que, nous autres, c'était plus, mais, nous autres, on est
transparents. Puis, nous autres, on a été battus. O.K., on a été francs
avec les Québécois, on leur a dit que ça prenait de l'argent pour financer les services publics. Le Parti québécois a dit
l'inverse, a dit l'inverse de la vérité, sur la taxe santé. Moi, j'ai eu des
électeurs dans mon comté qui, à la porte, le
jour de l'élection, ils ne me regardaient pas dans les yeux parce qu'ils me
disaient : Je n'ai pas voté. Puis, après ça, ils ont été obligés parce que
je me suis planté devant eux, puis ils disaient : M. Bachand, je n'ai pas
voté pour vous, ni moi ni ma femme, parce qu'on va sauver 400 $. Bien,
eux, ça va leur coûter plus que 400 $. Puis c'est les mêmes électeurs qui
se sont fait promettre le gel de l'électricité.
Et le gouvernement, page A.118 du budget...
Allez sur le site du ministère des Finances, ceux qui nous écoutent, page A.118 : 500 millions de
dollars dans vos poches. Ce que ça veut dire, après cinq ans — encore les chiffres du même ministre
des Finances, A.122 — 5,8 %,
5,8 % d'augmentation parce qu'ils indexent le bloc patrimonial.
Je n'en ai pas, M. le Président, contre l'indexation
du bloc patrimonial parce que, pour payer la dette, on en a besoin, parce que, pour payer les infrastructures,
on en a besoin. Puis on en a besoin de plus que ce qui est là, surtout
quand l'économie faiblit puis... Mais, ça, on aura une autre occasion de
débattre de ça, de couper les infrastructures. J'en ai contre, M. le Président, la politique de ceux qui promettent une chose
et qui font le contraire. Ça, je trouve ça terrible, je trouve ça
épouvantable. Et toute personne qui a vécu la dernière campagne électorale, ça
a été très, très clair que le gel du bloc patrimonial, l'abolition de la taxe
santé, la promesse irresponsable de dire qu'on va doubler les redevances
minières... Je dis «irresponsable» parce que le ministre des Finances lui-même,
la semaine dernière ou il y a deux semaines, a dit en Chambre : Il aurait
été irresponsable d'aller chercher plus de redevances minières que ces minichangements.
le Président, j'arrête là. Vous comprendrez que je vais voter contre. Et que,
si ce n'était pas le projet de loi global
du budget... Puis nous avons… Il y a, dans ce projet de loi, pour les gens qui
vont se poser des questions dans les prochains jours, évidemment de
nombreuses mesures qui découlent de mon budget, de notre budget, le Parti
libéral, d'il y a un an et demi, de mon budget quand j'étais ministre des
Finances.
Bachand : Oui, c'est le
budget de Nicolas Marceau. C'était mon budget, j'étais ministre des Finances,
notre budget du gouvernement. C'est...
M. Bachand : Et il y a beaucoup de
gestes qui découlent du budget de l'ancien gouvernement, y compris des mesures
sur le changement climatique, l'évasion fiscale.
M. Bachand : Alors, nous allons...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Laissez parler le député d'Outremont, s'il vous plaît!
Bachand : ...globalement,
même si nous allons voter contre le projet de loi… mais bien sûr il y a
beaucoup, beaucoup d'éléments de ce projet de loi là avec lesquels nous sommes
en accord, mais celui-ci, sur le dégel du bloc
patrimonial, le fond, c'est une chose, la méthode de gens qui, la main sur le
coeur, sur toutes les tribunes, promettent quelque chose, font le
contraire, c'est le genre de politique que je ne pensais pas que j'aurais à
vivre quand je me suis engagé en politique, M. le Président. Et je suis triste,
c'est un jour triste aujourd'hui pour la démocratie au Québec.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Je vais laisser au
député de Lévis le soin d'intervenir puis je vais regrouper ma réponse à mes
deux collègues...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Lévis.
M. Marceau : …pour répondre à
toutes ces…
M. Dubé : Alors, M. le Président,
écoutez, le désavantage de passer en deuxième, c'est que, des fois, on a à répéter des choses. Je dirais… tout à l'heure,
deux choses qui sont importantes. J'ai mentionné tout à l'heure qu'on s'est
fait beaucoup critiquer sur notre approche de réduire les coûts à l'Hydro-Québec
et que cette réduction des coûts ou d'amélioration devait profiter à l'Hydro
pour éventuellement être passée en dividendes à l'actionnaire.
Ce que je
viens d'expliquer sur les coûts, tout à l'heure, lorsqu'on discutait des
articles précédents, s'applique, la même
chose, aux revenus. Il faut se souvenir qu'en campagne électorale la coalition
avait eu la même transparence pour expliquer qu'il fallait,
effectivement, avoir cette cent d'augmentation là sur une période raisonnable
de cinq ans, qui allait donner des liquidités supplémentaires à l'Hydro-Québec
et qui pourrait, en termes de profitabilité, être passée à l'actionnaire pour
avoir des dividendes supplémentaires.
Autant on a ridiculisé notre approche sur les
coûts qu'aujourd'hui on reprend, autant aujourd'hui on a... à ce moment-là, on a ridiculisé notre approche sur les
revenus et qu'aujourd'hui on revient sur une parole électorale… Alors,
je n'en ferai pas un long débat comme mon
collègue vient de le faire, parce que je pense que je souscris à ses
commentaires, alors que, tous les deux, on
rit de nous durant la campagne. Mais ce qui est important de se rappeler, je
pense que ce qui est important de se rappeler, M. le Président, et c'est
pour ça que nous serons contre ces articles-là, pour être très clairs, c'est qu'on aurait dû donner les lettres de noblesse
à l'Hydro-Québec en améliorant ses coûts et en améliorant ses revenus,
et c'est ce qu'on ne fait pas.
Et une des
raisons pour laquelle on a demandé le retrait des autres amendements qui
étaient incroyables, c'est qu'on forçait l'Hydro-Québec à négocier de
gré à gré, ce qui aurait eu un autre impact sur ses coûts ou ses revenus. On a forcé l'Hydro-Québec à suivre la politique
des transports électriques et d'investir alors que le gouvernement ne
peut pas. Et tous ces faits-là sont pour réduire un instrument qui s'appelle
Hydro-Québec, qui a déjà été très profitable et à qui il faut redonner ses
lettres de noblesse.
Alors, c'est
évident qu'on pourrait en parler pendant des semaines. Malheureusement, nous
devons conclure, mais je vous dis que nous allons être non seulement
contre, mais je pense qu'il faut se souvenir de ce qui a été dit durant la campagne électorale, et les fausses promesses qui
ont été faites. C'est très malheureux. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
M. Gautrin : M. le Président...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le député de Verdun.
M. Gautrin : Merci, M. le Président.
Étant donné que mon collègue d'Outremont a exprimé avec beaucoup d'éloquence ce que j'aurais dit, je vais me
limiter... terminer afin que nous puissions adopter cette loi ce soir, parce
que notre volonté, c'est d'adopter la loi ce soir.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. le ministre.
M. Marceau : Oui, écoutez, j'ai gardé mon petit bout de papier
dans lequel j'ai noté que vous vouliez que le projet de loi soit adopté
avec célérité, M. le député de Verdun, et je l'ai avec moi...
M. Gautrin : Et c'est pour ça...
M. Marceau : ... pas loin, là,
depuis le début. Donc...
M. Marceau : Oui, oui. Écoutez, je
vais tenter de faire ça simplement. Je veux simplement rappeler au député d'Outremont puis au député de Lévis que,
quant au remboursement de la dette, nous avons choisi une approche qui
est différente, qui est plus équilibrée. Ce qu'on a choisi de faire, c'est que,
plutôt que de s'appuyer uniquement sur une hausse très, très importante des
tarifs d'électricité, on a choisi de s'appuyer sur quatre éléments. Je veux
simplement les rappeler.
Tout d'abord,
la taxe sur les boissons alcooliques, dont on a eu l'occasion de parler
abondamment il y a quelques jours; deuxièmement, l'ensemble des
redevances minières, qui est une approche un peu différente de celle que vous aviez; il y a, évidemment, les 215 millions
de dollars d'économie qu'Hydro-Québec va réaliser parce que Gentilly a
été fermée; et, finalement, il y a
l'indexation du bloc patrimonial. Et, au plan du pouvoir d'achat des familles
québécoises, j'aimerais le répéter, le fait
d'indexer, ça fait en sorte que les tarifs d'Hydro vont aller au rythme, vont
augmenter au rythme du pouvoir d'achat des citoyens en dollars
constants, en dollars tenant compte de l'inflation; ça correspond bel et bien à
un gel. Alors, je voudrais dire cela.
Deuxièmement,
dernier point, et je vais aller rapidement là-dessus, il y avait beaucoup de
choses à redresser quand on est arrivés en septembre dernier. Il y avait
les finances publiques qui avaient des impasses et pour 2012‑2013 et pour la suite des choses. On a fait les
redressements. Cela étant, sur la question de la dette, je le réitère, sur la
question... on s'est assurés d'avoir et d'atteindre les cibles qui avaient été
prévues. On s'est assurés d'une façon différente, plus équilibrée, moins
difficile pour les consommateurs québécois, de s'assurer de payer cette
dette-là.
Par ailleurs, je le réitère, quant aux
infrastructures — puis
on a eu l'occasion d'avoir ce débat-là aussi — les montants qui étaient prévus ne correspondaient pas à la capacité de
payer du Québec, et, qui plus est, il y avait un ménage à faire dans
notre gestion des infrastructures. Je ne vais pas m'étendre là-dessus, mais je
pense que les événements qu'on voit à l'occasion à la télévision nous le
prouvent abondamment. Voilà.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
D'autres commentaires? Est-ce que l'amendement à l'article... Oui, M. le député
d'Outremont.
M. Bachand : Oui. Comme, de toute
façon, on a 20 minutes par article, donc on a 80 minutes...
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
En fait, vous avez 160 minutes par article.
M. Bachand : 160 minutes. Je ne les
prendrai pas, M. le Président.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
M. Bachand : Mais je voudrais quand
même…
Malgré toutes les explications de notre collègue député de Rousseau et
ministre des Finances, il y a une chose qu'il a passée sous silence, c'est qu'il
y a quand même des engagements électoraux très, très clairs et nous avons un
gouvernement, une première ministre d'abord, d'abord et avant tout, qui fait exactement le contraire de ce qu'elle s'est engagé.
C'est le bilan d'ailleurs de cette session, de ces neuf, 10 premiers mois de gouvernement : c'est un
gouvernement qui fait exactement le contraire de ce qu'il a dit qu'il
ferait.
Aujourd'hui, on parle
de tarifs d'électricité, le ministre des Finances nous parle de redevances
minières, il a lui-même dit... Puis là je le
félicite, le ministre des Finances, d'avoir réussi à faire dérailler le train
irresponsable de sa collègue la
ministre des Ressources naturelles, qui a malheureusement amené le Québec dans
un cul-de-sac, qui a miné la confiance
avec les investisseurs miniers. Et il n'empêche que le ministre des Finances
lui-même avait dit que les redevances minières passeraient...
doubleraient, c'est à peu près ce qu'il avait dit. Or, on sait que ce n'est pas
le cas, qu'après avoir agonisé pendant des mois ils ont
accouché d'un régime pour lequel nous n'avons toujours pas de projet de loi d'ailleurs
et qui va accoucher de 30, 40, 50 millions — je fais des chiffres
ronds — alors
qu'on était entre 350, 400 millions à terme sur le régime qui, selon
Jacques Parizeau, avait été largement refait.
Et donc, dans la même
phrase : «Le Parti québécois s'engage à maintenir le gel des tarifs d'électricité
du bloc patrimonial au cours de son mandat. Nous utiliserons plutôt des
redevances minières supplémentaires obtenues par l'application d'un nouveau régime minier plus exigeant...» Voilà, dans
la même phrase, deux éléments, M. le Président. Je le dis encore :
C'est dommage qu'on soit, à l'Assemblée nationale, un peu comme dans la cour de
Louis XIV avec Tartufe… que les mots du
langage courant ne peuvent pas être utilisés, que voilà deux engagements
clairs, majeurs qui ont eu un impact chez les Québécois. Parce que c'est
clair que, si on dit au consommateur : On va taxer les compagnies minières, puis, à cause de ça, je baisse ton
électricité, je ne te l'augmente pas… C'est clair que ça a un impact. Le
monde n'est pas tata. Si tu dis : Tu
arrives au même résultat en taxant les méchantes minières — ça, je prends le langage de sa collègue à peu près, je paraphrase — les gens, les Québécois vont applaudir. Le
problème, c'est que ce n'était pas vrai. Le régime de redevance avait
été refait.
Puis le problème, c'est
qu'aussi, bien, ils n'ont pas gelé le bloc patrimonial. Le ministre des
Finances, dans son budget, clairement, dès
le départ, dans son budget, il dit : Bien, non, je vais augmenter le bloc
patrimonial. Je reconnais là
d'ailleurs le réalisme imposé par le fait qu'il est maintenant ministre des
Finances, entouré de ministres dépensiers et sectaires, mais qui, lui,
tente d'équilibrer les comptes publics; il est dans la continuité de ce qu'on
faisait.
Alors,
aujourd'hui, on assiste à cet
article qui est là, contre lequel nous allons
voter, mais, dans cette commission, nous
ne sommes pas majoritaires. Alors, l'article va être adopté, M. le Président,
mais je pense qu'il faut qu'il soit bien noté que c'est exactement le
contraire de ce que le même ministre des Finances — ce n'est même pas sa
collègue, là, c'est lui-même — a affirmé au mois d'août dernier, a
répété plusieurs fois dans la campagne électorale. Voilà, M. le Président, je
suis prêt à voter.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : M. le ministre.
M. Marceau :
Je suis prêt à voter, M. le Président. J'ai déjà dit clairement ce qu'il en
était.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'autres commentaires? Est-ce que l'amendement à
l'article 3 est adopté?
M. Bachand :
Sur division.
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté sur division.
Une voix :
M. le Président, est-ce qu'on parle d'un texte à l'amendement dont on
parlait...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Bien, vous l'avez, je pense, dans les...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Nous allons suspendre deux minutes.
(Suspension de la séance à
20 h 41)
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, est-ce qu'il y a consentement pour
retirer l'article 3 du ministre des Finances... L'amendement à l'article 3?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Alors, l'amendement à l'article 3, déposé
par le ministre des Finances, est retiré. Bon. Est-ce que les articles 3
et 4 sont adoptés?
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Adopté sur...
Le Président (M.
Pelletier, Rimouski) : Division. Pour la suite des choses, M. le
ministre, nous avons des amendements de vendredi?
M. Marceau : Oui, que je vais
retirer, M. le Président.
Président (M. Pelletier, Rimouski) : Alors, les amendements qui ont été déposés vendredi, qui
introduisaient un nouvel
article 0.1, un nouvel
article 2.1 et ensuite les
articles 4.1 à 4.4, qui étaient, en passant, non recevables, et l'article 5.1,
qui était aussi, en passant, non recevable, est-ce qu'il y a consentement pour
retirer ce bloc d'articles-là déposés vendredi par M. le ministre?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Pelletier, Rimouski) :
Consentement, merci.
M. Marceau : Voulez-vous qu'on fasse
ATM puis qu'on finisse par une discussion... Non, je peux parler maintenant...
Quelle heure est-il, là?
Président (M. Pelletier, Rimouski) : D'accord. M. le ministre, sur les amendements qu'on vient de
retirer.
Marceau : Oui. O.K., merci,
M. le Président. Juste pour que les gens comprennent, là, il y a des
amendements que le gouvernement avait déposés qui visaient trois choses. Je
vais vous expliquer dans deux secondes ce que ça impliquait, ces trois
amendements-là. Mais, avant, je veux que vous compreniez, j'aimerais que les
gens qui nous écoutent comprennent que la
négociation parlementaire a fait en sorte que le temps me manquant et
l'opposition s'objectant aux amendements dont il est question, j'ai
accepté, pour parvenir à faire adopter le projet de loi ce soir, en étude détaillée, j'ai accepté de retirer, donc, ces
amendements. Alors, je veux que ça soit clair que je les retire contre mon
gré.
Deuxièmement,
je veux vous dire ce qu'ils contiennent, ces amendements. Essentiellement, il y
avait trois sujets qui étaient abordés. Et je vais vous faire ça
simplement. Premièrement, il était question du développement de l'énergie éolienne au Québec. On voulait donner, par les
amendements, apporter au projet de loi la possibilité au gouvernement de
s'entendre de gré à gré avec certaines communautés autochtones, ou bien
carrément de s'entendre de gré à gré avec Hydro-Québec
Production, qui, dans un cas comme dans l'autre, là, donc, que ça soit des
communautés autochtones ou bien Hydro-Québec
Production, aurait pu, à la suite de l'adoption de ces dispositions-là,
développer la filière éolienne. Et ce qui était prévu ici, c'est que,
donc, il était possible pour Hydro-Québec Distribution d'acheter de l'électricité
de gré à gré, soit avec des communautés
autochtones, soit avec Hydro-Québec Production. Cette possibilité aurait été,
évidemment, à l'avantage de ces communautés autochtones, également à l'avantage
de plusieurs régions québécoises. On pense en particulier
à la Gaspésie, qui, vous le savez, je le pense, a une filière éolienne très,
très développée. Vous savez que, dans la filière éolienne, dans la
région de la Gaspésie, des Îles-de-la-Madeleine, on a pour 800 emplois. Donc, c'était
très important pour nous de maintenir, de soutenir, de continuer le
développement de la filière éolienne pour entre autres soutenir les 800 emplois
de la Gaspésie dans le secteur éolien.
Il y a
également, il faut le dire, là, 2 milliards d'investissement qui découlent
des