Culture and Education — 16 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CCE 2024-04-16
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
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28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
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mardi 16 avril 2024
Vol. 47 N° 43
Étude des crédits budgétaires du ministère de l'Enseignement supérieur
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Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de la culture et de l'éducation ouverte.
Alors, très chers membres, contente de
vous retrouver pour les crédits budgétaires. Donc, la commissaire réunie ce
matin enfin de procéder à l'étude des crédits budgétaires du portefeuille...
Enseignement supérieur pour l'exercice financier 2024-2025. Une enveloppe de 2 h 45 min
a été allouée pour l'étude de cinq crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. Mme Garceau (Robert-Baldwin) est remplacée par Mme Setlakwe
(Mont-Royal—Outremont); Mme Rizqy (Saint-Laurent) par Mme Prass
(D'Arcy-McGee); et Mme Ghazal (Mercier) par M. Zanetti (Jean-Lesage).
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la secrétaire. Donc, pour continuer sur le déroulement de la séance, on va
procéder à une discussion d'ordre général avec des blocs d'échange d'environ 20 minutes,
incluant les questions et les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera
effectuée à la toute fin du temps qui nous est allouée, soit avant midi... vers
12 h 30.
Donc, je suis maintenant prête à
reconnaître la première intervention de l'opposition officielle pour un bloc d'échange.
Mme la députée de Mont-Royal Outremont, la parole est à vous.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Bien, permettez-moi tout d'abord de vous saluer tous et chacun, Mme
la ministre de l'Éducation supérieure et... de l'Enseignement supérieur, ça ne
commence pas bien, toute... toute son équipe, mes collègues de la banquette
gouvernementale, salutations, et mes collègues de l'opposition, de deuxième
groupe d'opposition, à vous, Mme la Présidente, et à toute l'équipe de la
commission, bonjour, bon mardi, la Régie. Ça me fait plaisir de... d'être la
personne aujourd'hui qui porte le dossier de l'enseignement supérieur pour l'opposition
officielle. En l'absence de ma collègue, la députée de Saint-Laurent, qui fait
un travail extraordinaire pour l'opposition officielle depuis... depuis
plusieurs années. Alors, j'ai pris... j'ai eu le privilège, donc, de me voir
confier ce dossier d'une grande importance.
Alors, sans plus tarder, j'ai des
questions...
Mme Setlakwe : ...questions
pour Mme la ministre, j'aimerais... J'aimerais qu'on parle de l'état des
infrastructures collégiales. On a vu tout récemment dans les médias, là, que la
situation s'était grandement détériorée. Je dirais, depuis 2019, la situation
se dégrade, avec une chute plus particulière de 14 % dans les deux
dernières années. Disons que les besoins financiers du réseau collégial tout
entier en entretien des immeubles est passé du simple au double en seulement
trois ans pour atteindre 700 millions de dollars. On a parlé... Puis
on parle de tout le réseau, là. C'est sûr qu'il y aura des particularités qui
touchent les cégeps en région, on leur a d'ailleurs parlé dans les derniers
jours, mais c'est tout le réseau qui est touché. Ça prend des investissements
extrêmement importants si on veut non seulement maintenir les infrastructures,
qui actuellement se trouvent dans la catégorie ou la cote a, b, c... on veut
les maintenir, mais on ne veut pas qu'elles glissent dans la catégorie d, e. Et
puis, si les infrastructures qui se trouvent, malheureusement, dans la
catégorie des e, bien, il faut... il y a énormément de rattrapage à faire pour
le défi est énorme. Mme la ministre, comment vous expliquez, là, que vous
l'ayez échappé ainsi, là, depuis 2019?
Mme Déry : Merci beaucoup,
merci beaucoup. D'ailleurs, permettez-moi, à moi aussi, à mon tour de saluer
tout le monde ce matin. Je vais prendre un 10 secondes pour le faire, je
n'en abuserai pas, de mon temps. Mais je veux remercier, évidemment, bon, mes
collègues ici, députés dans cette salle, Mme la Présidente également, mes
collègues ici, au cabinet, mes collègues du ministère de l'Enseignement
supérieur. Je sais que c'est une journée, évidemment, qui... qui demande un
travail extrêmement serré et soutenu au cours des derniers mois et des dernières
semaines. Donc, je voulais saluer tout le monde et remercier avant d'embarquer
dans le vif du sujet des infrastructures.
• (9 h 50) •
D'abord, permettez-moi, chers collègues,
de commencer avec les investissements substantiels qui ont été faits en enseignement
supérieur au cours des dernières années. Je pense que c'est important d'avoir
votre portrait global sur les investissements qui ont été faits au cours des
dernières années en enseignement supérieur. On parle, depuis 2019-2020, d'une
croissance des dépenses extrêmement soutenue, substantielle. Que ce soit dans
le soutien direct aux étudiants, que ce soit dans le soutien aux
établissements, que ce soit aussi pour répondre à la question en
infrastructures, il y a un rattrapage très important à faire en
infrastructures. Quand on parle de vétusté, que ce soit du système collégial ou
certains... certains immeubles en... dans le réseau universitaire, il y a un
très grand rattrapage. Juste pour vous, juste pour vous montrer... puis je le
garderai pour tantôt, probablement je vais faire ça comme ça, mais pour vous
dire que, quand on est arrivé au pouvoir en 2018, 2019... en tout cas, en 2018,
la première chose que nous avons faite quand on est arrivé, c'est d'augmenter
les investissements justement en maintien d'actifs. Je l'ai dit et je le
répète, on est conscients de ce rattrapage qui est important à faire pour le
maintien d'actifs. Et c'est, entre autres, causé, je vous dirais, par les
gouvernements précédents, parce que, quand on regarde la courbe des investissements
en maintien d'actifs et en infrastructures, spécifiquement dans le réseau
collégial, on voit qu'à partir de 2018 la pente est ascendante. C'est très,
très, très éloquent de voir que les investissements ont quasiment doublé au
cours des dernières années. Et je suis très confiante que les investissements
qui sont prévus actuellement au PQI vont permettre de combler justement une
partie majeure de ces infrastructures-là, de cette vétusté de nos collèges.
Pour vous donner quelques chiffres, cette
année, le gouvernement va investir 6,5 milliards sur 8,5 milliards du
PQI, 24, 34, à la prise en charge du déficit du maintien d'actifs qui a été
répertorié, donc, dans les immeubles et le remplacement aussi des équipements
de vie utile. Vous savez, je me promène beaucoup, beaucoup dans les collèges,
je fais plus que la moitié des cégeps, je suis même rendue quasiment à la toute
fin, il m'en reste quelques-uns, puis il faut comprendre que, partout à travers
la province et même en région, je vous dirais, c'est des immeubles... c'est des
immeubles patrimoniaux, c'est des immeubles aussi qui arrivent tous en même
temps en fin de vie utile. Donc, on met beaucoup d'argent. Mais c'est
évidemment plusieurs programmes, projets d'infrastructures qui arrivent tous en
même temps. Donc, on rattrape évidemment le temps perdu, on investit beaucoup
d'argent, mais ça prend du temps. Dans ces investissements-là, il y a
2,1 milliards sur 10 ans qui vont servir à combler une portion du
déficit de maintien d'actifs...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : ...oui, et des
cégeps aussi, qui est... qui est... qui est évalué à 763 millions. Donc,
je pense qu'avec les investissements qu'on fait puis avec, évidemment, les
soldes...
Mme Déry : ...de nos... de nos
institutions, on va être capables de résorber ce déficit de maintien d'actifs.
Merci.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
ministre. Oui, vous êtes confiante, mais, avant de parler justement des... du
futur et comment on va rattraper, étant donné la tâche colossale, j'aimerais
qu'on revienne quand même sur la dégradation dans les dernières années. C'était
surtout ça, ma question. Oui, vous avez parlé d'investissement, mais ça ne se
reflète pas dans l'état des infrastructures. On se retrouve aujourd'hui avec
seulement 35 % des immeubles qui sont en état satisfaisant et, juste dans
les deux dernières années, la situation s'est vraiment dégradée. Ce que je vous
demande, c'est que vous deviez voir que la situation se dégradait, est-ce
que... Est-ce que vous êtes vous-même... quel est votre niveau d'inquiétude par
rapport à ça, et le fait que, là, on se retrouve dans cette situation-là? Vous
avez dû voir, donc, que ça se dégradait. Comment vous l'expliquez, là, cette
dégradation plus récente dans les deux... deux dernières années, disons?
Mme Déry : Bien, écoutez, je
pense qu'il faut comprendre qu'encore une fois il y a un gros rattrapage à
faire. Il y a des immeubles qui arrivent en fin de vie utile, donc il se peut
très bien qu'il y ait des immeubles qui basculent d'un indice à un autre, mais
on est là justement parce qu'on alloue des sommes très, très substantielles
pour être capables de mettre en... de mettre en état ces édifices-là.
Évidemment, on continue, là, de bonifier ces enveloppes, elles n'ont jamais
arrêté d'être bonifiées. Comme je l'ai dit, les investissements qu'on alloue
actuellement dans le PQI 2024-2034 sont encore une fois des
investissements très substantiels.
Puis je voulais partager avec vous un graphique
qui est très éloquent. Je le mentionnais tantôt, je vais prendre le temps au
moins de le montrer. Donc, on voit qu'à partir de 2017-2018 il y a vraiment une
évolution dans les... dans les investissements qui ont été faits dans le milieu
collégial, et c'est très éloquent. À partir du moment où on est au pouvoir, en
2018, on voit vraiment que les investissements se font de manière
substantielle, alors qu'entre 2013 et 2018 on voit vraiment que la courbe est à
plat. Donc, oui, il y a un rattrapage, oui, il y a des... il y a une certaine
vétusté parce que plusieurs de ces immeubles-là arrivent justement en fin de
vie, mais il y a des projets majeurs d'infrastructure. Et je pense que
j'aimerais au moins vous... vous donner quelques exemples de ce qu'on... du
projet, des projets de construction, d'aménagement, bon, de réfection et de
rénovation. Je pense qu'il y en a plusieurs au PQI 2024-2034, Mme la
députée, il y a un rehaussement de 4,4 millions qui ont été obtenus pour
le projet, notamment du collège Édouard-Montpetit, construction, aménagement...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : Puis il y a aussi
le fameux Poly 150 à l'Université de Montréal, Polytechnique, en fait, qui
s'en vient, qu'on a annoncé dans le dernier budget.
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la députée.
Mme Setlakwe : Merci. Bon,
c'est beaucoup d'informations. Est-ce qu'on peut demander que ce... le document
auquel faisait référence le ministre soit... soit déposé?
La Présidente (Mme Dionne) : ...vous
êtes en mesure de déposer le document à la commission?
Mme Déry : Oui, absolument.
Absolument...
Mme Setlakwe : ...avant
d'enchaîner avec mes questions, je veux quand même qu'on prenne acte, là, de la
situation actuelle versus la situation dans laquelle on se trouvait, 2018-2019,
les faits saillants des parcs d'infrastructures publiques. Au niveau des
cégeps, il y en avait 71 dans la cote A, B, C, 24 en D, cinq en E. Et, quatre
ans plus tard... en pourcentage, je suis désolée, c'était 71 %. On descend
de 71 % à 46 % en si peu de temps. Il me semble que ça démontre une
perte de contrôle dans les dernières années. Alors, quand vous parlez de
rattrapage, il y a beaucoup de rattrapage sous le gouvernement de... qui est
rendu nécessaire alors que le gouvernement de la CAQ est au pouvoir.
Mme Déry : Alors, encore une
fois, ce que je vous dis, c'est que non seulement il y a un rattrapage à faire,
mais il y a aussi des outils et des audits immobiliers qu'on est capables de
mieux... de mieux faire, c'est-à-dire d'avoir un meilleur portrait. Ça aussi,
ça fait
partie un peu de l'équation, c'est-à-dire d'avoir un meilleur portrait
de toutes les infrastructures, chose qu'on n'avait pas au départ quand on est
arrivés. Donc, oui, on bonifie, on met de l'argent substantiellement dans
plusieurs projets d'infrastructure à travers le réseau collégial et
universitaire, mais on réussit aussi à avoir un portrait plus raffiné de la
qualité, de la désuétude, si vous voulez, et de la... du niveau de désuétude
des infrastructures, des établissements. Donc, on réalise toujours les travaux
nécessaires.
Et je peux vous dire que, quand je me
promène, là, on en réalise, des travaux, là, on nous le dit que ces travaux-là,
ça fait longtemps qu'il y a des cégeps qui attendaient des travaux de ce
type-là en infra, qu'on réussit... qu'on réussit à faire. Mais comme je vous
dis, il y a plusieurs projets qui arrivent en même temps, et donc il faut se
laisser le temps de pouvoir faire ces projets d'infrastructures. Ceci dit, on
réalise les travaux nécessaires pour assurer évidemment la santé et la sécurité
des occupants...
Mme Déry : ...dans les
bâtiments. Les établissements planifient les projets de réfection majeurs parce
que, nous, on leur donne évidemment les montants. Les collèges sont maîtres
d'oeuvre, c'est-à-dire c'est eux qui choisissent les projets d'infrastructures
qu'ils vont privilégier ou non. Nous, on leur fait des recommandations, on leur
donne les sommes, et les collèges utilisent ces sommes pour faire la réfection
de leurs projets, mais ce sont eux qui choisissent un peu les projets, la
priorité et la liste des projets qu'ils vont mettre en avant.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
ministre. Je... je reconnais qu'il y a des sommes qui sont... qui sont
investis, que vous prenez acte de la problématique, qu'il y a des bâtiments
patrimoniaux, que... que, etc., et qu'il semble y avoir un plan. Mais là je
pense qu'on est à l'étape où il faut évaluer si justement le plan et les sommes
sont suffisantes pour... pour pouvoir rétablir la situation. Donc, plus
particulièrement, là, est-ce que je peux savoir quels sont les critères précis
utilisés par le gouvernement pour évaluer et classer les établissements, notamment
les cégeps, afin de déterminer ceux qui nécessitent des réfections ou de
nouvelles constructions dans le cadre du PQI 2024‑2034?
Mme Déry : Sur les détails
des critères, je vais... je vais passer la parole à un de mes collègues si vous
me le permettez, mais je vais quand même revenir... Avant de passer la parole à
mes collègues, je veux quand même revenir sur... sur... sur les budgets.
C'est-à-dire, oui, il y a des budgets substantiels, mais, comme je vous dis,
les cégeps, le réseau collégial priorise les projets. On leur fait des
recommandations pour ces projets-là, puis le réseau collégial priorise ces
projets-là.
Mais juste pour vous donner une liste de
projets, il y en a plusieurs. Il y a de nombreux projets actuellement, que ce
soit de la réflexion majeure, que ce soit des projets d'infra majeurs qui sont
au dossier d'opportunité. On a sept projets qui sont actuellement en dossier
d'opportunité. Donc, ça concerne plusieurs cégeps, ça concerne l'Université du
Québec en Outaouais, l'École de technologie supérieure également. Il y a des
projets majeurs également aux dossiers d'affaires. Il y a six projets
actuellement qui sont au dossier d'affaires. Plusieurs là-dedans sont des
collèges, universités aussi, et il y a des projets majeurs actuellement en
réalisation. Donc, pour ce qui est des projets que nous mettons de l'avant, ces
projets-là avancent, c'est-à-dire, on est en mode rattrapage, mais en même
temps, ça fait quelques années que ces projets-là passent du DO au DA, puis
évidemment en projet de réalisation. Maintenant, je ne sais pas s'il y a
quelqu'un...
Mme Setlakwe : ...qu'il y a
des projets qui avancent, mais j'aimerais ça avoir des informations sur les...
Et moi plus tard j'aurai des questions sur des... des cas précis, là, de
certaines infrastructures en région en particulier. J'ai des chiffres, là.
J'aimerais vraiment qu'on puisse arriver à ces cas-là pour voir comment on va
réussir à... à reprendre, reprendre le contrôle de la situation. Donc, qu'en
est-il des critères qui vont être utilisés par le gouvernement?
• (10 heures) •
Mme Déry : Pour les critères
spécifiques en infra, je vais demander, bien, soit Paule ou, si vous me le
permettez, je vais...
Mme Setlakwe : Oui,
rapidement et de façon concise, s'il vous plaît.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
qu'il y a consentement pour autoriser...
Mme Déry : Est-ce que M.
Leclerc ou François... François... François Leclerc, c'est notre sous-ministre
aux Finances, au ministère.
La Présidente (Mme Dionne) : Est-ce
qu'il y a consentement pour donner la parole à M. le sous-ministre?
Mme Setlakwe : Oui, oui,
consentement.
La Présidente (Mme Dionne) : D'accord.
Allez-y, M. le sous-ministre.
M. Leclerc (François) : Bonjour
François Leclerc, sous-ministre adjoint Infrastructure, Budget et Financement à
l'Enseignement supérieur. Je peux vous énumérer les principaux critères, là,
qui sont utilisés dans l'allocation des enveloppes de maintien d'actifs. Vous
avez différentes règles budgétaires, là. C'est... essentiellement, ce sont des
programmes normés qui sont approuvés par le Conseil du trésor. Puis, pour
chacune des allocations, il y a des critères. Par exemple pour les
améliorations de la performance énergétique puis la réduction de gaz à effet de
serre des bâtiments, vous avez des critères qui permettent d'améliorer la
réduction de gaz à effet de serre, donc une amélioration de 15 à 20 %, ça
vaut un certain pointage de 21 à 25, un pointage additionnel de 26 à 30. Ça
fait que ce sont toutes des grilles comme ça qui sont calculées. Puis selon le
type d'amélioration, ça permet de déterminer la cote A, B, C, D, E au
niveau du maintien d'actif.
Je peux vous donner aussi une autre
allocation, un autre exemple, une bonification de l'offre de service. Lorsque
vous avez un déficit d'espace pour ajouter de l'espace additionnel, selon le
pourcentage d'augmentation d'espace, il va y avoir une cote aussi qui va être
déterminée.
Ça fait que ce sont tous... tous des
critères objectifs qui permettent de déterminer le classement des projets.
Puis, parmi les projets qui sont admissibles à l'intérieur de l'enveloppe qui
est déterminée, qui est disponible, bien, la ministre fait ses priorisations en
fonction des projets qui doivent être mis en place.
Mme Setlakwe : La question,
ma question suivante traite des... de la priorisation. Donc, quelles priorités
seront établies pour l'allocation des fonds dont la ministre a parlé afin de
maximiser l'impact sur l'amélioration des infrastructures collégiales?
Mme Déry : Comme le
mentionnait mon collègue... mon collègue aux Finances, au ministère de
l'Enseignement supérieur, il y a plusieurs critères. Le critère, évidemment,
qui nous préoccupe le plus en ce moment, parce qu'il y a quand même une
augmentation du nombre d'inscriptions, puis il y a un déficit d'espace. Donc,
ça fait quand même quelques années où ce critère-là, pour nous, est un des
critères les plus importants, parce que, quand on parle de déficit d'espace,
vous savez, on est en... on est dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre.
On... je suis vraiment...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) Mme Déry : ...obligés de
faire augmenter les cohortes dans plusieurs, plusieurs domaines, les programmes
de formation. Donc, quand on augmente les cohortes, évidemment, ça prend de l'espace.
Donc, on fait soit des projets d'infra, soit des locations d'espaces pour
certaines universités et cégeps. C'est valable aussi pour les cégeps quand on
augmente les cohortes, que ce soit en soins infirmiers ou les cours de
médecine, mais ce que je vous dis, c'est que c'est un critère qui est, qui est
important quand on... un des critères qu'on suit, évidemment, le plus.
Évidemment, puis les coûts, il y a de la surchauffe aussi. On est très, très,
très sensibles aux coûts de construction, aux coûts de ces projets-là, mais le
déficit d'espace en est un critère important dans le... dans les... le nombre
des critères.
Mme Setlakwe : Je
comprends. Est-ce que vous diriez que ces critères-là pourraient pénaliser des
cégeps en région qui ont un défi, eux, d'attirer, de retenir, de loger? On veut
que les cégeps en région continuent d'offrir tous les programmes qu'ils offrent
et même, et même plus bas.
Mme Déry : ...pas. Puis,
honnêtement, je pense que je ne fais que ça, me promener en région. Et le
réseau collégial en région est extrêmement satisfait. Quand je me promène sur
le terrain, on nous dit qu'il y a eu des projets d'infra, des projets... On
soutient plusieurs cégeps en région. Je vous dirais qu'on met beaucoup l'accent
dans les cégeps en région. Même qu'on a des mesures spécifiques justement pour
attirer davantage de clientèle en région. Donc, on a des mesures qu'on a... qu'on
a mises sur pied en collaboration avec le MIFI pour attirer davantage d'étudiants
parce que, justement, dans ces cégeps-là, en région, souvent, il y a un déficit
d'espace qui est moins important. Donc, on regarde le critère du déficit d'espace
en région. Vu qu'à Montréal et dans les grands centres il y a un déficit d'espace
plus important, cette mesure nous a permis de faire augmenter les cohortes
justement parce qu'en région on a besoin de ces étudiants-là. On a besoin de
faire augmenter certaines cohortes pour accueillir des étudiants, qu'ils soient
de partout à travers la province ou encore des étudiants internationaux. Mais
comme je vous disais tantôt, il y a des projets, des projets qui... qui sont
justement des projets que nous avons pour des cégeps, que ce soit le cégep
Saint-Hyacinthe, le cégep régional de Lanaudière. On a aussi cégep de
Saint-Jérôme. On a plusieurs projets qui ont été... qui ont été faits au cours des
dernières années. Puis en maintien d'actif, évidemment, encore une fois, ces
cégeps ont des soldes cumulés. Donc, ils ont des fonds.
La Présidente (Mme Dionne) :
En terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : Ils ont des
fonds qu'ils ont réussi à accumuler au cours des dernières années, qui leur
permettent aussi de faire les travaux qu'ils priorisent.
La Présidente (Mme Dionne) :
Mme la députée, il vous reste 1 min 26 s pour ce bloc.
Mme Setlakwe : Merci. Le
cas précis du cégep de Sept-Îles, qui a plusieurs bâtiments, mais dont le
bâtiment principal, là, où la vie étudiante est concentrée, indice de vétusté
de 28 %. 10 millions, plus de 10 millions en déficit de maintien
d'actifs pour une cote d'état de D. Qu'est-ce que vous leur répondez? Comment
ils vont y arriver à reprendre le dessus?
Mme Déry : Écoutez, le
cégep de Sept-Îles, je suis allée le visiter. On y était. Je suis très, très
consciente. En même temps, on a fait des investissements importants, hein, pour
le collège de Sept-Îles. Je ne sais pas s'il y a... si on peut... si on peut me
fournir quelques chiffres, mais je vous dirais qu'on ne met pas du tout, du
tout de côté aucun cégep régional, là. On a... On est le gouvernement des
régions, on y a investi énormément d'argent, que ce soit dans le réseau
universitaire ou collégial. On a des partenariats importants que l'on crée
justement entre les différents... dans le réseau, que ce soit entre les
différents partenaires réseau, collégial et universitaire. Il y a évidemment
des montants qui ont été alloués en 2022 et 2023 pour spécifiquement le collège
de Sept-Îles dans l'aménagement de la périphérie du cégep. J'y ai été. On a
quand même fait une visite dans ce coin-là avec ma collègue...
La Présidente (Mme Dionne) :
...10 secondes.
Mme Déry : ...ma
collègue. Donc, on y a alloué... Aménagement de la périphérie du cégep, on me
dit qu'on a alloué, en juin 2023, 1 million... 1,4...
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci, Mme la ministre. C'est tout le temps qu'on avait pour ce bloc. Je
cède maintenant la parole au deuxième groupe du... au porte-parole du deuxième
groupe d'opposition, le député de Jean-Lesage. La parole est à vous.
M. Zanetti : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Merci, Mme la ministre. Merci à tout le monde
présent ici ce matin. Le premier sujet que je vais aborder avec la ministre
aujourd'hui, c'est la question de la pauvreté étudiante. Il y a des données qui
sont catastrophiques, qui nous apparaissent, qui percolent dans l'actualité de
façon assez fréquente. Entre autres, je note ici 36 %, c'est le taux d'augmentation
du nombre de demandes pour l'aide alimentaire à l'Université de Sherbrooke par
rapport à l'année dernière. C'est maintenant rendu qu'à l'UQAM, il y a une
banque alimentaire, là, fournie par Moisson Montréal. Un dossier de recherche
publié récemment, là, par l'Observatoire sur la réussite en enseignement
supérieur, et là je cite l'article du Devoir, je pense, oui, donc je rappelle
que l'insécurité alimentaire est plus élevée chez la population étudiante que
dans le reste de la population active, mais que cette population ne fait...
M. Zanetti : ...pas l'objet
d'une attention particulière dans les politiques provinciales et fédérales de
sécurité alimentaire. Quand on est rendu là, c'est qu'il y a un problème
extrêmement grave. Il y a un problème, là. Les étudiantes et étudiants du
Québec n'arrivent pas à faire face à l'inflation, en pleine crise du logement,
avec une augmentation... l'indexation aussi des frais de scolarité annuels,
l'insuffisance de l'aide financière aux études et la non-rémunération des
stages. Tout ça cumulé plonge la population étudiante dans un état de détresse
économique. Et cette détresse économique a évidemment des conséquences sur la
réussite scolaire, et ça devrait préoccuper la ministre au plus haut point.
C'est un dossier, évidemment, qui doit se traiter avec plusieurs ministères en
même temps. Parce que c'est... on parle de la condition socioéconomique des
étudiantes, des étudiants, mais, tout de même, il y a des choses que la
ministre pourrait faire de façon plus ciblée pour parvenir à aider les
étudiantes là-dedans.
Je commencerais avec la question de la
rémunération des stages. Évidemment, il y a beaucoup de stages qui se font au
Québec que c'est du travail gratuit, particulièrement les stages qui se font
dans le secteur public, ce qui est paradoxal, et la plupart des stages qui sont
non rémunérés aussi, vous le savez, sont faits par des étudiantes. Et donc, là,
il y a quelque chose qui accroît ou maintient l'inégalité entre les femmes et
les hommes au Québec d'un point de vue économique. Puis, je sais que la
ministre avait pris cet engagement d'aller de l'avant, améliorer, aller vers
une meilleure rémunération des stages. Avec le dernier budget, il n'y a rien
qui a été promis à cet égard là. Puis là il y a eu un peu... j'avoue, un peu de
la confusion suite à ça. D'une part, moi, j'ai entendu, suite au budget, la
ministre dire : On n'a pas abandonné, on va y travailler, mais c'est pour
dans plus tard. Puis à un moment donné, on a aussi entendu : Oui, non, ce
n'est pas une priorité du gouvernement.
Donc, ici, l'occasion de clarifier. Est-ce
que c'est quelque chose qui demeure important pour le gouvernement, mais que le
gouvernement s'engage à réaliser plus tard, ou c'est tout simplement une idée
qui est bonne, mais mise sur la glace?
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
M. le député. Mme la ministre.
Mme Déry : Merci beaucoup, M.
le député. Alors, effectivement, vous parlez de deux enjeux extrêmement
importants. Vous parlez de l'aide financière aux études, donc le soutien aux
étudiants et étudiantes du Québec pour avoir accès évidemment à l'enseignement
supérieur. Vous parlez aussi de la portion de la rémunération des stages. Je
suis très, très sensible aux enjeux actuels. Je sais que le contexte est
extrêmement difficile pour les étudiants et étudiantes. Je rencontre les
associations, qu'elles soient nationales ou pas. Bien, à plusieurs reprises, on
les a rencontrées depuis le début du mandat. Je suis très consciente que le
contexte n'est pas évident actuellement. Ceci dit, je pense que c'est important
de mentionner que l'aide financière aux études... Le programme de prêts et
bourses du Québec est un programme extrêmement généreux, c'est le socle, en
fait, de l'accessibilité à l'enseignement supérieur. On en est fier d'avoir un
programme qu'on administre, nous, ici, au Québec, et qui a été, depuis 2018, je
vous dirais, bonifié. Au cours des dernières années, nous l'avons bonifié à
plusieurs reprises. Durant la pandémie, on a maintenu évidemment tout ce
financement-là, même s'il y avait évidemment les cours à distance, même si,
évidemment, les campus étaient fermés, entre guillemets. On a poursuivi le
soutien aux étudiants... des étudiants, et depuis... à travers les programmes,
et depuis 2018, je vous dirais que le gouvernement de la CAQ a vraiment
augmenté de manière substantielle.
• (10 h 10) •
Puis je peux vous faire un petit peu
l'inventaire, je pense que c'est important. On oublie qu'on est venu pérenniser
plusieurs mesures qui étaient là durant la pandémie, qu'on a pérennisées au
cours des derniers budgets. En 2021, on avait des frais de subsistance, donc on
est venu augmenter les montants alloués mensuels à l'étudiant à
titre de frais
de subsistance, qui sont passés de 434 et 929 à 456 et 975 respectivement,
selon, évidemment, le lieu de résidence de l'étudiant. On a le seuil de
contribution des tiers également qui a été augmenté. La contribution des
étudiants également. L'augmentation du montant utilisé pour calculer le montant
de la protection maximale des revenus dans les exemptions pour la contribution
des étudiants passe de 1 171 à 1 475.
Donc, on est venus, à travers une série de
mesures... ça, c'est juste pour 2021, il y a des mesures qu'on est venu
bonifier en 2022, 2023 également, et il y a des mesures qu'on est venus aussi
bonifier dans le dernier budget. La mesure des frais de subsistance a augmenté
au cours des derniers budgets. On a ciblé aussi... on cible de plus en plus les
étudiants dans le besoin, donc les étudiants parents, donc les familles, les
mamans monoparentales qui ont des enfants à charge. On a des CPE qui ont été
installés justement dans des universités pour être capable d'attirer ces
étudiants-là puis de répondre de plus en plus à leurs besoins. Donc, il y a eu
des hausses substantielles au niveau de l'aide financière aux études, et ça
s'accompagne... Quand on parle...
Mme Déry : ...le soutien
financier aux étudiants, ça s'accompagne aussi de bourses. Donc, il y a l'aide
financière aux études, mais il y a aussi les programmes de bourses qui suivent,
donc le programme de bourses Perspective qui est un programme qu'on a mis sur
pied, qui... qui a été... qui a démarré à l'automne 2022, donc un
programme assez récent. Les autres bourses suivent également : les bourses
Persévérance, les bourses Parcours.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : Il y a toutes
sortes de bourses qui viennent, justement, soutenir les étudiants. Je
répondrais à la question de mon collègue sur la rémunération des stages, puis
ça faisait
partie de sa question aussi.
M. Zanetti : Oui, bien,
justement, vous avez parlé beaucoup, puis c'était très intéressant, mais vous
n'avez pas répondu à la question. Alors, je vais la poser très brièvement pour
avoir une réponse brève et claire : Est-ce que la rémunération des stages,
c'est un projet qui est abandonné pour la 43e législature ou est-ce que c'est
simplement reporté à un autre budget à l'intérieur de la 43e législature,
c'est-à-dire d'ici les prochaines élections en 2026?
Mme Déry : Alors, comme je
l'ai dit il y a quelques jours en Chambre, j'ai été interpellé par les libéraux
là-dessus, on est très sensibles aux revendications des étudiants concernant
les stages, et c'est vrai qu'on a voté deux motions à l'unanimité. J'ai
rencontré les étudiants à quelques reprises, puis on avait l'intention d'aller
de l'avant, là, je vous le dis, là, mais les équipes du ministère ont même
travaillé pendant plusieurs mois pour travailler sur certains scénarios, parce
que j'ai dit que les étudiants qui sont en fin de parcours ont droit à une
certaine compensation financière. Ceci dit, dans le contexte actuel, comme je
l'ai mentionné, on a fait des choix, des choix qui sont exigeants, mais des
choix qui sont nécessaires, on a décidé d'investir massivement dans les
services publics, que ce soit en santé ou en éducation. Et donc ce sont ces
étudiants-là qui se retrouvent à faire des stages où, justement, ils se
retrouvent à faire des stages en fin de parcours qui sont... où ils donnent des
services à la population. Donc, pour moi, d'être capable d'offrir de meilleures
conditions de travail, d'avoir un soutien pendant le parcours, donc le soutien
financier pendant le parcours, vous savez, il y a les bourses, il y a l'AFE,
mais il y a aussi des droits de scolarité qui sont extrêmement bas, qui sont
les plus bas en Amérique du Nord, puis il y a aussi une indexation des tarifs.
Vous parliez de l'indexation tantôt, l'indexation, là, elle est plafonnée à
3 % jusqu'en 2026, donc pour les prochaines années. Donc, encore une fois,
on y a investi dans les services publics, je garantis un meilleur avenir à tous
ces jeunes qui finissent soit en santé ou en éducation, concernant les salaires
bonifiés puis aussi les... de meilleures conditions de travail quand ils
arrivent sur le marché de l'emploi.
M. Zanetti : Bon. Alors, je
vais... je ne trouve pas que vous avez répondu directement à la question. Je
vais conclure puis, si ma conclusion n'est pas bonne, vous la rectifierez de
façon très claire. Ma conclusion, c'est : La rémunération des stages, vous
ne planifiez pas faire ça avant la prochaine élection en 2026.
Prochain sujet. L'aide financière aux
études, vous avez dit à quel point elle est bonifiée? Manifestement, là,
manifestement, c'est insuffisant. Manifestement, la détresse économique des
étudiantes et étudiants du Québec, elle est intense, elle est insoutenable. Je
ne redirai pas les chiffres sur l'assistance à l'aide alimentaire, tous les...
sur la précarité, et tout ça, les statistiques, on les a. Donc, est-ce que vous
reconnaissez que l'AFE est insuffisante à l'heure actuelle et qu'elle va avoir
besoin d'autres bonifications?
Mme Déry : Alors, je pense
que l'AFE a été bonifiée au cours des dernières années, comme je le
mentionnais, largement bonifiée. Et quand on est arrivés, là, ces montants-là
n'existaient pas. Puis il y a certaines bourses aussi que nous avons
développées qui n'existaient pas avant. Tous les programmes de bourses, à
part
la bourse Persévérance, il n'y en avait pas dans les gouvernements précédents.
L'AFE, on est venu la... la financer de manière substantielle et on a rajouté
des programmes de bourses qui viennent justement en aide, que ce soit
spécifiquement en région ou dans les collèges à Montréal.
Ceci dit, les mesures que nous avons
prises sont des mesures qui sont très coûteuses dans la mesure où on est venu
bonifier de manière très substantielle à la hauteur de 350 millions pour
les frais de subsistance. On a... c'était une revendication des étudiants. Je
me rappelle, en début de mandat, quand on est arrivés, les étudiants nous
disaient que la mesure devait être pérennisée, la mesure, justement, des frais
de subsistance qui était la mesure pour elles, pour les étudiants, étudiantes,
une des mesures les plus importantes pour ceux qui résident chez leurs parents,
ceux qui ne résident pas chez leurs parents, de venir soutenir ces jeunes-là.
Et donc, pour nous, c'était important dans ce budget-là de mettre en 2023-2024
cette mesure pérenne. Donc, c'est une mesure de 350 millions sur cinq ans.
Encore une fois, on est venu bonifier ce
programme d'aide. Maintenant, c'est un programme qu'on suit, qu'on monitor,
entre guillemets, de manière continuelle pour justement voir de quelle manière
on peut le bonifier. Puis s'il faut le bonifier au cours des prochaines
années...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
Mme Déry : ...on le bonifiera.
Ça a toujours été... ça a toujours été un programme qu'on suit de très près
pour être capable de bonifier les mesures selon le contexte actuel.
M. Zanetti : Oui, bien...
Bon. Alors, il n'y a pas de reconnaissance de la ministre qu'il n'y en a pas
assez. Parce qu'on peut mettre beaucoup d'argent dans une situation, mais si on
n'en met pas assez, bien, on ne règle pas le problème. Puis là, le problème, il
est clair, il est net, il est...
M. Zanetti : ...présent. Ce
n'est pas un problème du passé dont je parle, c'est un problème très actuel, la
pauvreté étudiante.
Il y a une affaire qui est paradoxale
aussi. C'est que, quand on regarde les montants disponibles pour l'aide
financière aux études en enseignement supérieur, bien, il y a des montants d'à
peu près 2 520 000 000 $ de disponibles, et les sommes qui sont véritablement
réclamées, c'est inférieur à ça, c'est-à-dire qu'il y a moins d'argent réclamé
que d'argent disponible. Ça fait qu'il y a de l'argent qui est comme annoncé
disponible par l'AFE... pour l'AFE par le gouvernement, puis, à la fin de
l'année, il en... il reste à peu près... plus de 250 millions sur la table
qui retournent dans le fonds consolidé du gouvernement. Est-ce que, ça, vous
pouvez me confirmer que c'est exact puis, si oui, me préciser le chiffre? Quel
montant de l'AFE n'est pas réclamé et retourne dans le fonds consolidé du
gouvernement?
Mme Déry : Alors, justement,
pour... d'abord, sur l'AFE, sur l'aide financière aux études, c'est vrai qu'en
ce moment, depuis quelques années, on remarque une baisse des demandes de
bénéficiaires, et on est très préoccupés par ça, parce que ça veut dire que le
programme d'aide financière aux études est moins connu, si vous voulez, des
nouveaux étudiants ou des cohortes qui accèdent à l'enseignement supérieur en
ce moment, puis, pour nous, ça, c'est un problème. C'est la raison pour
laquelle on veut faire des campagnes... On en fait déjà, c'est-à-dire, on est
en train d'inciter... D'ailleurs, ce matin, j'ai vu même un post LinkedIn
passer sur la manière que... pour les étudiants de calculer l'aide financière
aux études, d'être capables de calculer le montant qui leur sera alloué. Ça
fait que je pense que c'est important que les étudiants qui accèdent à l'enseignement
supérieur doivent savoir à combien ils ont droit, c'est-à-dire qu'ils ont droit
à l'AFE, qui est... C'est une enveloppe, évidemment, qui n'est pas fermée et...
c'est-à-dire, c'est une enveloppe qui est là, c'est un programme qui vient en
aide. On a même augmenté au cours des dernières années non seulement les
montants, mais c'est-à-dire, on a augmenté aussi le niveau de bourses par
rapport au niveau de prêts, justement pour qu'il y en ait plus dans les poches
des étudiants, étudiantes. Quand on se compare, quand on compare ce
programme-là à d'autres provinces, que ce soit l'Ontario ou d'autres provinces,
qui ont évidemment le programme canadien, mais le programme aussi provincial,
le montant en termes de bourses n'est pas aussi élevé que ce qu'on peut voir au
Québec.
Ceci dit, à travers des campagnes qu'on va
faire, moi, je ne veux pas que les étudiants et étudiantes aillent du côté des
privés, c'est-à-dire du côté des banques, puis c'est ce qu'on voit actuellement
et c'est ce que les étudiants nous ont mentionné aussi. Puis il y a une
direction ici, avec ma collègue, au ministère de l'Enseignement supérieur,
Esther Blais, qui travaille très, très étroitement avec les associations
étudiantes pour voir de quelle manière on pourrait justement aller inciter
davantage ces étudiants d'utiliser ces fonds-là...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
Mme Déry : Voilà.
M. Zanetti : Bon, Mme la
ministre, dans le fond, on est en études de crédits, puis notre objectif ici,
pour nous, là, les députés d'opposition, c'est de surveiller l'activité
gouvernementale. Vous êtes entourés de dizaines et de dizaines de
fonctionnaires et de personnel politique. J'aimerais ça que vous me disiez
combien d'argent reste sur la table dans l'AFE, combien d'argent retourne dans
le fonds consolidé parce qu'il n'est pas réclamé.
• (10 h 20) •
Mme Déry : Alors, je vais
regarder. Laissez-moi quelques secondes, je vais aller repérer certaines...
M. Zanetti : Sans problème.
Il me reste cinq minutes.
Mme Déry : ...certaines
fiches, oui. Bien, comme je vous le dis... Bien, d'abord, avant de rentrer dans
ces chiffres-là, je vais... pour ce qui est du soutien financier aux étudiants,
il y a l'aide financière, puis vous parliez de l'aide financière, mais il y a
également, évidemment, le logement étudiant. Je pense qu'on a, dans le dernier
budget... bien, dans le dernier PQI, on a une somme de 200 millions, qui
est quand même une grosse somme. Mais c'était quand même une revendication
importante des étudiants. Quand je suis arrivée, c'était vraiment l'AFE. Il y
avait aussi, bon, la question du logement étudiant. Le logement étudiant est un
frein actuellement à certains endroits dans la province, à certains endroits au
Québec, un frein actuellement à l'enseignement supérieur. Donc, pour moi, c'est
important de mettre aussi le soutien dans les infrastructures de résidences
puis de logements étudiants. Ça vient aussi soutenir nos étudiants à ce
niveau-là.
Juste pour vous donner des sommes en AFE,
en bourses Perspective puis les autres programmes financiers. On arrive à un
total de 1 151 000 000 en AFE, bourses Perspective puis les autres programmes
de soutien financier. Ça, ça exclut évidemment les autres programmes de
bourses. Puis il faut rappeler évidemment que l'indexation de ces tarifs-là des
droits de scolarité, on les maintient à 3 %. Les droits de scolarité sont
encore les plus bas en Amérique du Nord. Donc, on vient... Dans l'aide soutien
aux étudiants, que ce soit à travers les programmes de bourses, que ce soit à
travers l'AFE ou que ça se retrouve à travers les plans d'action qui viennent
soutenir nos étudiants, que ce soit le PARES ou le PASME, les plans d'action
sur la réussite et la persévérance, on vient...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
Mme Déry : ...allouer, on
vient allouer des fonds substantiels pour l'aide financière aux études.
La Présidente (Mme Dionne) : ...député,
il vous reste 20 minutes.
M. Zanetti : Bon. Merci.
Alors, moi, ce que je constate dans notre échange, là, c'est que je vous ai
donné le temps puis l'opportunité de répondre à la question, mais la ministre
ne... ne sait pas, ne sait pas combien d'argent que l'AFE retourne dans le
fonds consolidé parce qu'elle n'est pas prise. Ça devrait être une
préoccupation centrale. Donc, je vais prendre...
M. Zanetti : ...quand même,
puis vous aurez le temps de... De toute façon, au pire, je reviendrai tantôt,
mais ça devrait être une préoccupation centrale. Manifestement, ce n'est pas
une préoccupation centrale. On peut mettre l'argent, mais câline, il faut que
les gens soient capables de la prendre. Et moi, je vais vous dire, je soupçonne
que le problème, c'est que les critères sont mal faits puis que c'est difficile
pour du monde d'y avoir accès. Il n'y a clairement pas juste un manque de
connaissance, à moins que vous ayez fait des études qui révèlent c'est quoi,
les problèmes, pourquoi le monde ne récolte pas assez de... ne demande pas
assez l'AFE, là. Puis, s'il y en a, des études que vous avez faites, j'aimerais
les voir.
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
M. Zanetti : Mais je pense
qu'il faut revoir les critères. Alors, j'espère que la... la ministre...
La Présidente (Mme Dionne) : ...député,
c'est malheureusement tout le temps que nous avions, désolée de vous
interrompre. Donc, je cède maintenant la parole à la porte-parole de
l'opposition officielle en matière d'enseignement, Mme la députée de
Mont-Royal–Outremont. Alors, vous disposez d'un temps de 19 minutes
49 secondes.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais qu'on continue de discuter de la condition des
infrastructures, surtout au niveau collégial. Donc, Mme la ministre a parlé du
fait qu'elle... elle fait des visites en région, elle est bien au fait de la
situation, tout va bien, il y a un plan de match qui est mis de l'avant, qui va
faire en sorte qu'on va... on va se rattraper, mais je pense qu'il faut revenir
sur cette réalité-là des cégeps en région qui... dont les infrastructures
servent non seulement pour les étudiants, mais ils servent aussi à toute la
communauté. On peut penser à des salles de spectacle, à des piscines. Il y a
une réalité particulière en région et j'aimerais qu'on... je vais soulever des
exemples précis, là.
Qu'est-ce qu'elle répond aux personnes en
région qui doivent maintenir les infrastructures non seulement qui servent à
toute la communauté, mais qui doivent absolument continuer à attirer des
étudiants? Je pense en particulier au Cégep de... de Jonquière. Il faut que
j'avance les chiffres. Leur déficit de maintien d'actifs est de
26 millions. Ils doivent investir 17 millions pour atteindre la cible
d'ici 2026. L'an dernier, ils ont reçu 1,5 million. En quoi est-ce que
c'est suffisant? Mme la ministre, vraiment, là, il faut que... il faut qu'on
aille un petit peu plus loin sur votre... votre plan de match pour les cégeps
en région.
Mme Déry : Écoutez, les
cégeps en région, honnêtement, on s'y en occupe, là, je... on y a investi
énormément d'argent au cours des dernières années, puis c'est surtout les
cégeps en région qui en bénéficient. Au-delà des mesures qu'on a mises sur pied
pour, justement que ces cégeps-là soient plus attractifs, de un, on développe
des programmes, c'est-à-dire il y a des infrastructures, mais aussi des
programmes, on développe des programmes, on a de la location d'espace, on
augmente, évidemment, les projets en infrastructure, on vient soutenir les
projets d'infrastructure. Les cégeps régionaux, parce que vous... vous axez vos
questions sur les cégeps régionaux, le ministère de l'Enseignement supérieur,
spécifiquement pour les cégeps régionaux, il a dédié à peu près autour de
60 millions, je vous dirais, en trois ans, spécifiquement pour les
régions. Donc, il y a plusieurs... il y a plusieurs établissements en région,
donc, en ce moment, dans le réseau collégial, surtout, là... on a des projets,
bon, qui se disent non majeurs, c'est-à-dire ils ne sont pas assujettis à la
directive de la gestion sur les projets majeurs d'infrastructures publiques. On
a une contribution du ministère de l'Enseignement supérieur à la hauteur de
394 millions, dont près de 92 % de ces cégeps-là sont francophones.
Vous avez Chicoutimi, vous avez aussi Drummond, là-dedans, vous avez Granby
aussi, vous avez Saint-Félicien, agrandissement, évidemment d'un bâtiment
principal...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : Saint-Jérôme, Valleyfield.
En tout cas, il y a une série, série de projets d'agrandissement spécifiquement
en région où on a alloué ces fonds-là au cours des dernières années. Jonquière
a un solde d'enveloppes de maintien d'actifs de 9,2 millions. Donc, quand
ces cégeps-là ont des... des soldes cumulés qu'on appelle, donc ils ont des
enveloppes de 9,2 millions, cette enveloppe-là, on leur recommande de
l'utiliser, on leur donne des sommes, mais il faut aussi que les cégeps
puissent utiliser ces sommes-là dans les soldes cumulés pour prioriser certains
projets. Donc, il y a quand même un solde cumulé important au sein de nos
cégeps. À Jonquière, spécifiquement, on parle de 9,2 millions de... de
cette enveloppe-là.
Mme Setlakwe : Merci.
Qu'est-ce que vous répondez aux gens du cégep de l'Abitibi-Témiscamingue où,
juste pour ce cégep-là, on parle de travaux qui nécessitent plus de
17 millions de dollars au Pavillon des sciences. Il y a un enjeu avec
les fenêtres, le... il fait extrêmement froid à l'intérieur. Sylvain Blais,
pour le citer, là, c'était dans les... dans L'actualité, peine à obtenir de
Québec les sommes suffisantes pour réaliser des travaux. Là, les gens, les
étudiants ont froid. Qu'est-ce qu'on leur répond?
Mme Déry : Écoutez, je pense
qu'on est très conscients de la préoccupation des cégeps qui ont justement un
déficit d'espace. Il y a plusieurs projets, je vous dirais, il y a des dizaines
de projets qu'on finance actuellement, et on y va évidemment par priorité,
dépendamment des critères, donc, de manque d'espace, évidemment, de la
désuétude, de la vétusté. On est très, très, très conscients...
Mme Déry : ...et c'est ce
qu'on... c'est ce qu'on va continuer de faire, de soutenir ces cégeps en région
et de faire les travaux nécessaires quand ça s'impose. Comme je vous le
rappelle, il y a quand même des soldes de cumulés dans ces enveloppes-là. Nous,
on donne l'enveloppe, on leur demande... on leur donne les montants pour
financer le déficit en maintien d'actifs. Encore une fois, le réseau collégial
a la... c'est eux qui gèrent la priorisation de leurs dossiers puis de leurs
projets. Je ne peux pas leur demander de faire telle ou telle affaire. On peut
juste leur recommander de le faire, mais il y a encore un solde de cumulé.
Ceci dit, malgré le solde cumulé, nous
avons une responsabilité, bien sûr, comme gouvernement, d'y investir en
infrastructures. On a la liste, évidemment, de tous les projets d'infra qui ont
été faits en région. En Abitibi-Témiscamingue, on a l'acquisition d'une résidence
pour le campus d'Amos. Il y a plusieurs campus. Ce campus-là a une acquisition
de résidences pour un montant d'à peu près 3 milliards... 3 millions,
pardon, 3 744 701. Et l'Abitibi-Témiscamingue aussi, il y a plusieurs
équipements qui ont été changés, plusieurs systèmes de réfection qui ont été
faits. Le maintien d'actifs...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant, Mme la ministre.
Mme Déry : ...je suis très
contente de savoir qu'on s'intéresse au maintien d'actifs parce que, comme on
dit, entre guillemets, ce n'est jamais très sexy pour les gouvernements. Mais
nous, on s'y attaque depuis le début et je peux vous dire que je suis très
fière de pouvoir avoir les sommes qu'on alloue en maintien d'actifs depuis
plusieurs années. On le fait, on est en action, on a bonifié toutes ces
enveloppes-là qui, je vous le rappelle, dans le tableau que vous présentais
tout à l'heure, c'était au point mort avant qu'on arrive, là, c'était vraiment
au point mort, là.
Mme Setlakwe : Merci. Bien,
écoutez, on va peut-être changer de sujet. Juste pour boucler la boucle au
niveau des cégeps, je pense que c'est extrêmement important qu'on renverse la
tendance, qu'on accélère ces projets de rénovation afin qu'on puisse atteindre
la cible. C'est ce que tout le monde souhaite. Et pour ce qui est des régions,
en tout cas, ils ont vraiment une inquiétude particulière, ils ont un enjeu de
prévisibilité, sachant que la fenêtre pour les chantiers, elle est courte,
c'est entre mi-mai et mi-août. Donc, je vous invite à être à l'écoute puis à
voir à ce que les travaux se réalisent à très court terme.
Parlons de financement des universités.
Mme la ministre, est-ce que vous allez reconsidérer, est-ce que vous allez
reculer par rapport à votre votre plan, votre proposition qui vise à augmenter
de 30 % les frais de scolarité pour les étudiants canadiens hors Québec?
Allez-vous reculer?
Mme Déry : Alors, merci pour
cette question-là. Comme on l'a fait au cours des derniers mois... vous l'avez
vu au cours des derniers mois qu'on a mis de l'avant une hausse de droits de
scolarité pour les étudiants canadiens hors Québec et pour les étudiants
internationaux. On est venu installer un prix plancher, donc une nouvelle
tarification qu'on a annoncée justement à l'automne. La raison pour laquelle on
fait ça, d'abord, évidemment, c'est pour être capable de rétablir un certain
déséquilibre financier qui a été créé par la déréglementation sous les
libéraux. Quand les libéraux ont quitté, il y a une déréglementation qui s'est
faite. Ça veut dire qu'on permettait aux universités, jusqu'à maintenant, de
charger ce qu'elles veulent aux étudiants, donc à travers les établissements.
Ça a créé un déséquilibre. Avant cette déréglementation, il y avait une
politique au ministère de l'Enseignement supérieur qui était en vigueur...
• (10 h 30) •
Mme Setlakwe : Je suis
désolée, en tout respect...
Mme Déry : Pardon.
Mme Setlakwe : ...on
comprend. Les explications, on les a déjà eues, c'est dans l'espace public.
Moi, je vous demande aujourd'hui si vous allez reculer. Puis j'ai d'autres
questions bien précises, là, par rapport à l'avancement de ce dossier-là. Donc,
vous...
La Présidente (Mme Dionne) : ...vous
adresser à la présidence, s'il vous plaît, puis le temps est proportionnel
entre les questions et les réponses, nous le calculons. Et, dans le fond, je
vous demande de poursuivre, là, en tout respect.
Mme Setlakwe : Oui, oui, bien
sûr.
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
veuillez terminer, Mme la ministre.
Mme Déry : Parfait, je vais
terminer. Alors, comme je l'ai dit, la hausse de droits de scolarité pour les
étudiants canadiens hors Québec et pour les étudiants internationaux, le prix
plancher qui a été fixé entre en vigueur en 2024. Il y a un plan de
francisation également qui a été demandé aux universités anglophones sur lequel
on collabore très bien actuellement, il y a un comité de travail qui est sur
pied. Et il y a une poursuite en ce moment. Actuellement, c'est devant les
tribunaux. Alors, je vais limiter mes commentaires à ce sujet là.
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la députée, vous pouvez poursuivre.
Mme Setlakwe : Merci. Je
comprends qu'il y a un rapport de comité qui vous a été soumis, un comité qui
vous demande de reconsidérer la hausse. Est-ce que vous pouvez fournir ce
rapport là, vous pouvez le déposer à la commission?
Mme Déry : Vous parlez de
quel rapport? Le rapport consultatif?
Mme Setlakwe : Oui, un comité
consultatif que votre gouvernement a mandaté pour rendre un rapport dans ce
dossier-là.
Mme Déry : Je pense que ce
rapport-là est public. Je pense que ce rapport-là est public, c'est-à-dire, ça
a été dans les médias, c'est un rapport qui est public. Celui qui a piloté ce
rapport-là s'est même exprimé publiquement. Donc, je pense que le rapport est
public à ce niveau-là.
Mme Setlakwe : Et puis,
est-ce que vous suivez leurs recommandations...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Setlakwe : ...recommandations?
Mme Déry : Comme je l'ai dit
et mentionné, la politique des droits de scolarité que nous avons mise de l'avant,
elle entre en vigueur en 2024. Donc, pour l'automne 2024, les mesures
budgétaires ont déjà été... ont déjà été formulées et, pour ce qui est du plan
de la francisation, le plan de francisation, auquel sont assujettis nos
universités anglophones, sera en vigueur au cours de 2025, pour l'année 2025.
Donc, pour l'instant, comme je le disais, il y a un groupe de travail qui est
sur pied. Et on avance à ce niveau-là avec la collaboration des universités
anglophones.
Mme Setlakwe : Le comité
consultatif demande plus de détails sur les raisons qui sous-tendent les
augmentations des frais de scolarité, ce que les écoles ont également demandé.
Est-ce que vous trouvez que c'est une demande raisonnable de fournir plus de
détails?
Mme Déry : Écoutez, comme je
l'ai dit, les deux mesures qu'on a mises de l'avant vont aller de l'avant. Vu
qu'il y a une poursuite actuellement de par les universités anglophones, on va
se limiter à ces commentaires-là ici, en cette séance de crédits.
Mme Setlakwe : Est-ce que
vous diriez qu'en amont vous avez bien consulté le milieu universitaire avant
de prendre votre décision?
Mme Déry : Écoutez, ce sont
des mesures qui sont nécessaires dans le contexte actuel. Encore une fois, j'ai
parlé de la déréglementation. Juste pour vous donner quelques chiffres, la
déréglementation a nettement défavorisé nos universités francophones. Donc, on
revient à une politique qui était là avant la déréglementation. Le ministère de
l'Enseignement supérieur fonctionnait de cette façon-là pour justement être
capable d'avoir un réseau qui s'équilibre. Comme ministre de l'Enseignement
supérieur dans un réseau financé en grande
partie par les contribuables, je me
dois de rétablir une certaine équité dans le réseau. C'est la raison pour
laquelle on a mis en place ces mesures-là. C'est la raison pour laquelle on
travaille étroitement avec les universités anglophones à ce sujet.
Mme Setlakwe : Pourquoi vous
avez reculé par rapport à l'Université Bishop's?
Mme Déry : Écoutez, l'Université
Bishop's, comme le premier ministre l'a dit puis comme on l'a dit, l'Université
Bishop's est à l'extérieur de Montréal. À Montréal, il y a particulièrement un
enjeu du déclin du français. D'ailleurs, les universités anglophones, les deux
recteurs que nous avons rencontrés à quelques reprises avec M. le premier
ministre ont confirmé eux-mêmes qu'il y avait un déclin, qu'ils avaient un
certain rôle à jouer dans le déclin de la langue dans la grande métropole.
Alors, Bishop's a été exempté. Effectivement, Bishop's n'est pas soumis à la
hausse des droits de scolarité, mais Bishop's travaille étroitement avec nous
concernant la francisation. Donc, le plan de francisation implique et inclut l'Université
Bishop's.
Mme Setlakwe : Donc, vous
aviez eu des discussions étroites avec les trois, vous aviez consulté les
trois, mais après coup vous avez réalisé que, pour Bishop's, si l'impact
était... était vraiment majeur et non souhaitable... et vous avez donc exclu
Bishop's.
Mme Déry : ...on a été
consultés tout au long des travaux et des mesures que nous avons mis de l'avant,
Mme la députée.
Mme Setlakwe : Est-ce que
vous avez des études, des analyses d'impact à fournir en soutien à votre
décision?
Mme Déry : Mme la députée,
comme je vous dis, j'aimerais bien pouvoir répondre à ces questions-là, mais, vu
la poursuite, je dois limiter mes commentaires. Je ne peux pas... Moi, ce que
je vous dis, c'est que les mesures sont là. Les mesures qu'on a annoncées, ce
sont des mesures qui entrent en vigueur, sont des mesures sur lesquelles on
travaille, parce qu'il y a deux échéanciers différents. Mais je vais limiter
mes commentaires, vu la poursuite des universités anglophones à l'endroit du
gouvernement du Québec.
Mme Setlakwe : Vous avez
abaissé finalement, dans une mesure révisée, le montant de 17 000 à 12 000.
Pourquoi avoir choisi 12 000, sachant que, pour des programmes, par exemple un
bac en arts ou en sciences, à l'Université de la Colombie-Britannique ou l'Université
de Toronto, ces programmes-là coûtent 6 000? Donc, chez nous, ça va coûter
12 000, alors que, dans d'autres provinces, ça va coûter 6 000. Comment
vous expliquez ce... que vous avez atterri à 12 000?
Mme Déry : Écoutez, je ne
commenterai pas les chiffres spécifiques, mais ce que je peux vous dire et ce
que je souhaite dire, c'est qu'il faut comprendre qu'au Québec on a un tarif
unique. Les autres provinces canadiennes, la manière dont les droits de
scolarité fonctionnent, ce sont des tarifs modulés. Je vais limiter mes
commentaires à ça, Mme la députée.
Mme Setlakwe : Est-ce que
vous considérez que les étudiants canadiens hors province contribuent
positivement à l'économie du Québec?
Mme Déry : On a toujours été
très, très accueillants, on va continuer de l'être. Ceci dit, les Canadiens
hors Québec sont toujours les bienvenus sur le territoire québécois, peuvent
avoir accès à tous nos programmes. On demeure encore très compétitif. Encore
une fois, je vais limiter mes commentaires à ça.
Mme Setlakwe : J'ai des
chiffres sous les yeux pour le nombre de Canadiens hors... étudiants canadiens
hors Québec, ce serait au-dessus de 16 000. Donc, ce serait 16 000
personnes qui... qui contribuent au déclin du français à Montréal.
Mme Déry : Je vais limiter
mes commentaires. Encore une fois, c'est assujetti à une poursuite. Donc, je n'entrerai
pas dans les chiffres actuellement, je ne rentrerai pas dans ces chiffres-là,
mais les chiffres ont été rendus publics aussi, ils y sont. Puis je ne
rentrerai pas dans... dans les chiffres actuellement des bassins de CNRQ par
rapport aux étudiants internationaux. Il faut comprendre aussi qu'il y a des
étudiants canadiens hors Québec dans les établissements francophones, donc dans
le... la cible que vous me... vous... vous me donnez actuellement, ça inclut
aussi les étudiants...
Mme Déry : ...Canadiens
hors Québec, dans les établissements francophones également.
Mme Setlakwe : 12 000
dans les universités anglophones, 4 000 dans les universités francophones.
Oui, je comprends votre réticence à poursuivre, là, mais, pour moi, c'est une
mesure qui a été mise de l'avant alors qu'elle avait été... elle a été mal
réfléchie, qu'il y a des impacts extrêmement néfastes non seulement pour nos
universités, pour les étudiants, c'est une attaque au savoir, l'accès à
l'éducation. On voit déjà des chiffres en baisse en termes d'inscription, ça
nuit aux efforts de recrutement de nos universités montréalaises, McGill et
Concordia. Il y a un impact sur le personnel enseignant. Et puis là on apprend
qu'il va falloir que les universités atteignent un taux de... 80 %
d'étudiants hors Québec au niveau 5, au niveau de la maîtrise du français.
Est-ce que vous croyez que c'est réalisable, sachant qu'ils doivent suivre au moins
18 crédits sur trois ans sans connaissances préalables en français?
Mme Déry : Écoutez,
encore une fois, la francisation est aussi assujettie à la poursuite, donc
c'est devant les tribunaux, je ne commenterai pas. La cible de 80, elle reste là,
c'est-à-dire c'est la cible qu'on a... qu'on a mise de l'avant quand on a fait
l'annonce des mesures. La hausse des droits de scolarité, encore une fois, est
en vigueur pour 2024. Puis, en même temps, on... pour ce qui est de la
francisation, actuellement, en ce moment, on a déjà eu deux rencontres. Il y a
mon ministère qui travaille activement en étroite collaboration pour développer
tout un plan de travail puis accompagner, évidemment, les universités
anglophones actuellement, que ce soit McGill, Concordia ou Bishop's, sur leur
plan de francisation qui doit commencer en 2025.
Ceci dit, vous parliez d'inscription. Je
veux juste faire une petite nuance. On n'a pas encore les résultats du niveau
d'inscription. On parle d'admission encore une fois. Donc, j'attends, moi
aussi, le nombre d'inscriptions puis le... c'est ce qu'on a généralement
beaucoup plus tard. Mais, pour l'instant, on parle d'admission dans les
différentes universités. C'est le moment où on a ces chiffres-là sur les
admissions actuellement. Ceci dit, encore une fois, j'essaie de répondre du
mieux que je peux, parce que, si... on est quand même assujetti à une
poursuite. Je ne peux pas... je ne peux pas faire davantage de commentaires,
mais j'essaie de répondre du mieux que je peux aux questions que vous avez
aujourd'hui.
Mme Setlakwe : Merci.
Espérons que... espérons que les effets ne seront pas aussi dommageables qu'on
l'anticipe et que vous allez continuer à travailler avec les universités comme
de... comme de véritables partenaires. Parlons-en, financement des universités.
C'est extrêmement important. Alors que les universités du Québec souffrent d'un
sous-financement chronique, et selon des études telles que celle qui a été
menée par Pierre Fortin qui estime que ce sous-financement est d'environ
1,5 milliard de dollars, quelles mesures allez-vous prendre, Mme la
ministre, ou celle dont on vient de discuter, là, par rapport aux universités
McGill et Concordia, pour justement répondre à ce sous-financement chronique et
critique?
• (10 h 40) •
Mme Déry : Alors, il y a
plusieurs études qui ont été dévoilées au cours des deux dernières années,
plusieurs études, dont une de M. Fortin, d'autres aussi qui évaluent, on
n'a pas le chiffre exact sur le sous-financement. Ceci dit, on a... on est le
gouvernement qui a le plus financé le réseau de l'enseignement supérieur. Puis
en rencontrant les recteurs que je rencontre au BCI régulièrement, je pense
qu'ils sont très, très conscients des efforts considérables que nous avons
faits au cours des dernières années pour venir soutenir justement le réseau de
l'enseignement supérieur, donc autant les établissements que les étudiants, on
y a fait des investissements substantiels. Je parlais d'une croissance au cours
des dernières années de plus de 30 % qui est, ma foi, non négligeable.
Donc, maintenant, on est en train de
réviser la politique de financement. On est... Les consultations sont
terminées. J'ai moi-même fait le tour avec chacun des recteurs, avec le BCI,
encore une fois. On est au dernier mille de la nouvelle politique de
financement. La nouvelle politique de financement, c'est une politique qu'on
rouvre à tous les cinq ans. Donc, ça nous permet évidemment de collaborer avec
les universités. On est là-dedans en ce moment, on est vraiment là-dedans. Les
priorités sont...
La Présidente (Mme Dionne) :
...Mme la ministre.
Mme Déry : ...les mêmes
dans la politique de financement, c'est-à-dire l'opération main-d'oeuvre, la
défense du français. On a une portion recherche et innovation aussi. Donc, ça
reste quand même encore dans les priorités de mon mandat en enseignement
supérieur. Merci.
Mme Setlakwe : Merci.
Comment est-ce que cette nouvelle politique de financement des universités va
prendre en compte les besoins spécifiques des régions éloignées ou des
institutions à petite taille afin de garantir une répartition équitable des
ressources dans tout le Québec?
Mme Déry : Alors,
évidemment, j'aimerais vous en parler beaucoup, beaucoup. J'ai bien hâte de le
faire parce qu'on y a travaillé en long et en large. Alors, il y a des choses
que je ne pourrais pas dévoiler parce que la politique de financement n'est pas
tout à fait ficelée. Donc, on va... on va y arriver. Mais, justement,
spécifiquement pour les établissements de petite taille, pour les
établissements en région, c'est la raison pour laquelle on a travaillé fort au
cours des derniers mois, pour répondre à des besoins spécifiques, il y a des
universités comme l'ENAP, l'INRS, enfin, qui ont des statuts particuliers. Il y
a des régions aussi qui ont des statuts particuliers. Il y a des universités
qui ont des statuts plus particuliers, qui ont des missions...
Mme Déry : ...et des
expertises aussi particulières. Ça fait que j'ai... on a essayé, avec tout le
ministère... et je remercie grandement mes collègues au ministère... aux
Finances puis toute son équipe aux Finances qui ont fait un travail
extraordinaire pour tenter de ficeler cette politique-là puis d'y amener
vraiment un changement, parce que le contexte actuel est très dynamique, très
changeant. On est obligés de répondre à des enjeux extrêmement importants, puis
je pense qu'ils en sont conscients. Et d'ailleurs je veux les remercier aussi,
parce que c'est... ce n'est pas évident, c'est des... c'est des politiques où
c'est difficile, évidemment, sans réinvestissement, parce qu'il n'y a pas de
nouvel argent dans ce budget-ci pour les établissements. On parle...
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la ministre.
Mme Déry : ...d'une
croissance de 3,8 %, mais évidemment c'est en deçà de ce que souhaitent
les universités, et j'en suis très consciente.
La Présidente (Mme Dionne) : Il
vous reste 10 secondes, Mme la députée.
Mme Setlakwe : Merci. Je n'ai
pas compris, il me reste...
La Présidente (Mme Dionne) : Ah!
il vous reste quatre secondes. Et finalement on passerait au prochain bloc.
Mme Setlakwe : ...oui, merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
merci pour ces échanges. Je cède maintenant la parole au député de
Matane-Matapédia. Vous disposez d'environ 10 minutes pour vos échanges.
M. Bérubé : Merci, Mme la
Présidente. Mme la ministre, chers collègues, c'est un plaisir d'échanger avec
vous. D'entrée de jeu, je veux remercier la ministre, qui a visité les deux
institutions collégiales de ma circonscription. Ça a été apprécié. On fera le
suivi dans d'autres circonstances.
Le Parti québécois a demandé au
gouvernement de la CAQ de reconnaître le statut de salarié aux étudiants
stagiaires du secteur public, tant au collégial qu'à l'université, par la voie
d'une motion le 30 mars 2023. On a été les premiers à faire ça, inspirés de la
mobilisation du Cégep de Rimouski, de l'Université du Québec à Rimouski et de
d'autres associations étudiantes au Québec et organismes jeunesse. Cette motion
a été unanime. Ça veut dire que la ministre, et tous ses collègues qui sont
présents et... de la formation politique qu'est la Coalition avenir Québec, le
parti gouvernemental, qui étaient présents, est en accord. La dernière ligne de
la motion indique : «Qu'elle demande au gouvernement de reconnaître le
statut de salarié aux étudiants stagiaires du secteur public.» Le moins qu'on
puisse dire, connaissant le taux d'approbation de nos motions par le leader parlementaire,
c'est qu'il a dû faire des vérifications.
Ma question à la ministre : J'étais
heureux de l'appui du gouvernement, ça me donnait de l'espoir qu'à tout le
moins on allait commencer à avancer. Donc, qu'est-ce qui s'est passé pour qu'on
ne retrouve pas de trace d'avancement dans le dernier budget?
Mme Déry : Merci beaucoup
pour cette question, puis je sais que ça préoccupe tout le monde, puis ça nous
préoccupe à nous aussi qui... puis, comme je le disais tout à l'heure à mon
collègue de Québec solidaire, de la deuxième opposition officielle, je suis
très consciente des revendications des étudiants. On... Encore une fois, les
deux motions, on les a votées, puis, oui, je me suis engagée, j'avais la ferme
intention d'aller de l'avant avec la rémunération de certains stages dans le
secteur public, une forme de compensation financière dans certains stages.
Mais, comme je l'ai dit, dans le contexte actuel, ça a été des choix
difficiles, exigeants, nécessaires aussi, les choix qu'on fait dans le contexte
actuel. Je pense que vous l'avez tous vu, vous en avez tous pris connaissance,
du budget. J'ai rencontré aussi les associations étudiantes avant même que le
budget sorte, c'est-à-dire je leur disais que ça allait être un contexte
difficile, qu'on allait faire notre possible pour essayer de voir de quelle
manière on pourrait les soutenir autrement qu'à travers la rémunération des
stages. On a décidé de faire des choix qui... pour moi, le choix est important,
c'est-à-dire on investit dans les services publics. Une fois...
La Présidente (Mme Dionne) : ...
Mme Déry : ...ah! une fois
qu'ils rentrent sur le marché du travail, ils vont être capables d'avoir des
salaires bonifiés puis des conditions de travail bonifiées.
M. Bérubé : Merci, Mme la
ministre. Mme la Présidente, j'aimerais poser la question à la ministre. Cela a
été plaidé de la part de son ministère auprès du Conseil du trésor. Comme elle
est en présence, notamment, de tout l'état-major de son ministère, est-ce qu'on
peut nous déposer le mémoire qui a été déposé au Conseil du trésor pour plaider
le financement des stages?
Mme Déry : Bien, en fait, je
ne sais pas si on peut parler de mémoire, mais, pour moi, on a travaillé... le
ministère de l'Éducation, à l'automne, a travaillé sur quelques scénarios. Ça
n'avait jamais été déposé. Ce sont des scénarios sur lesquels on a travaillé au
cabinet. On a travaillé sur des scénarios au ministère de l'Enseignement
supérieur durant l'automne, pour qu'après... En raison du contexte, puis en
raison évidemment des négos, puis tout ce qu'on connaît, on a décidé de faire
d'autres choix.
M. Bérubé : Mme la
Présidente, je veux bien comprendre. Ça ne s'est même pas rendu au Conseil du
trésor. Donc, ça n'a même pas... il n'y a même pas un document qu'on pourrait
me déposer qui démontre que la volonté exprimée par le ministère s'est rendue
jusqu'au Conseil du trésor. Donc, ils n'ont pas eu à trancher. Ça ne s'est pas
rendu. Si ce que je dis est contraire à la vérité, qu'on me dépose le mémoire
du Conseil du trésor. J'ai occupé une fonction ministérielle, je me souviens
comment ça fonctionne. C'est sûr qu'il y en a un si ça a été déposé. La
ministre me dit qu'il n'y en a pas. À tout le moins qu'on nous dépose les
scénarios qui ont... qui ont été échafaudés au ministère. Mais il m'apparaît
assez majeur d'apprendre que le Conseil du trésor n'a pas eu à trancher pour
les jeunes, il n'a pas reçu de demande financière. Alors, on a comme renoncé
avant même que la présidente du Conseil du trésor puisse, avec les ministres
qui sont membres, trancher cette question. C'est l'observation que je fais.
Mme Déry : Merci, M. le
député de Matane-Matapédia. Alors, pour répondre à cette question, on a...
Mme Déry : ...travaillé
sur des scénarios au MESS, j'ai eu plusieurs discussions, que ce soit avec ma
collègue au Trésor, que ce soit avec ma collègue... mon collègue aux Finances,
surtout, j'ai discuté souvent avec Finances sur la question de rémunération des
stages, avec mes collègues des trois autres ministères, parce que c'est un
effort concerté, là, c'est-à-dire qu'il y a des efforts qu'il faut qu'on fasse
avec le ministère de l'Éducation. Également, on a fait des efforts avec le
ministère de la Santé, mais ce sont deux ministères qui travaillent vraiment
différemment. Dans la question de la rémunération ou de la compensation de
stages dans le secteur public, il faut comprendre que c'est très différent.
Dans le milieu de la santé, c'est beaucoup plus complexe. Il y a des ententes
de conventions collectives. Dans, évidemment, l'éducation, ça reste aussi
complexe. Il y a des centres de services scolaires reliés à tout ça, mais ce
sont des scénarios qui ont été discutés avec mes collègues à la santé, avec mes
collègues à l'enseignement et avec mon collègue des Finances.
La Présidente (Mme Dionne) :
En terminant, Mme la ministre.
M. Bérubé : Oui. Autre
sujet, les fonds de recherche. J'essaie de comprendre comment la ministre a pu
accepter que les fonds de recherche sous sa responsabilité passent au ministère
de l'Économie et de la Recherche de son collègue député de Terrebonne. Je ne
comprends pas. Il y a une levée de boucliers assez unanime des enseignants
universitaires, des chercheurs de partout. On lui dit, à la ministre : Ce
n'est pas une bonne idée. Mais ils le font pareil. Alors, je veux savoir
pourquoi, la ministre, elle trouve que c'est une bonne idée que la recherche
quitte son ministère, donc les sphères universitaires, pour s'en aller dans ce
ministère-là.
Mme Déry : Écoutez, je
le sais, on a suivi les consultations qui, je pense...
M. Bérubé : Le projet de
loi no 44.
Mme Déry : ...viennent
d'être terminées, les consultations concernant le projet de loi no 44,
avec lequel j'ai... j'ai travaillé avec mon collègue au MEIE. Mais il faut
comprendre que ce sont des responsabilités qui étaient déjà déléguées au MEIE
par décret depuis 20 ans, là, à l'exception d'une courte, courte période.
Donc, ça fait longtemps que les fonds de recherche sont chapeautés par le MEIE.
Ceci dit, on continue, nous, à l'Enseignement supérieur, de financer avec des
sommes substantielles à la hauteur de près de 2 milliards, je crois, la
recherche. Donc, les infrastructures de recherche, les fonctionnements... le fonctionnement,
la recherche tant... pas les activités de recherche, mais tout le
fonctionnement dans les universités. On finance toujours ce projet-là. En fait,
le projet de loi no 44, c'est justement pour connecter un peu la recherche
à l'innovation puis pour répondre aux besoins du Québec pour renforcer notre
position internationale. Mais c'était déjà sous le chapeau du MEIE.
La Présidente (Mme Dionne) :
Merci, Mme la ministre.
• (10 h 50) •
M. Bérubé : Merci. Le
français dans les institutions postsecondaires, le Parti québécois a une
position très claire pour le cégep en français. La CAQ s'y oppose, comme Québec
solidaire et comme le Parti libéral. Nous maintenons cette position. Il nous
apparaît que les jeunes qui sont dans le continuum primaire et secondaire en
français, je parle des jeunes issus de l'immigration, devraient continuer au
cégep aussi. D'ailleurs, Guy Rocher, on va fêter son 100 ᵉ anniversaire
jeudi. D'ailleurs, la CAQ a réservé une motion pour lui rendre hommage. Si on
veut lui rendre hommage, on pourrait acquiescer à sa demande qui dit :
Faites-le. On aurait dû le mettre dans la loi 101. Selon les calculs qu'on
a faits avec les documents fournis par le ministère, il y a présentement
17 462 étudiants allophones, je ne parle pas des francophones,
allophones qui sont dans les universités anglophones, dans les cégeps
anglophones, 36 %. Au-delà du plafonnement, il me semble que le
gouvernement devrait aller jusqu'au bout et démontrer que le français, c'est
important. D'ailleurs, j'attends un plan d'action, qui n'est pas arrivé, là, de
la part du ministre responsable de la langue. Donc, je m'en remets à sa
collègue, à tout le moins pour le cégep. Grande coalition, plus de... des
dizaines de syndicats de cégeps, dont celui du cégep dans la circonscription de
la ministre, disent qu'il faut faire ça. La coalition est assez large. Pourquoi
on ne le fait pas?
Mme Déry : Alors, merci
pour cette question fort pertinente. Puis on s'intéresse beaucoup, comme vous
le savez, M. le député, à la langue française, à la défense et à la protection
de la langue française. Et je pense qu'il n'y a jamais un gouvernement qui a
autant fait pour le français, que ce soit, bien, au collégial, surtout avec la
loi no 14 que je suis en train de déployer depuis le début de mon mandat.
Donc, le premier déploiement qu'il y a eu, c'est concernant l'examen uniforme
de français qu'on impose justement aux collèges anglophones. On plafonne
évidemment aussi le nombre d'effectifs dans les collèges anglophones. D'ailleurs,
j'ai une très belle collaboration de la part des cégeps anglophones. On est là
pour soutenir. Moi, je veux que les étudiants réussissent, mais je veux aussi
que ces étudiants-là maîtrisent cette langue française. Pour moi, c'est non
négociable. Donc, on est en train de déployer non seulement l'EUF, mais aussi
les cours de ou en français. Il faut rappeler qu'il y a des cours de ou en
français qui vont... qui entrent en vigueur en 2024. Donc, là aussi, on est en
train de déployer la matière, puis en fait on travaille très fort avec les
établissements pour déployer ces cours-là pour les prochaines cohortes.
M. Bérubé : Si vous
voulez bien, Mme la Présidente, demeurons sur notre proposition pour assujettir
le réseau collégial à la Charte de langue française. Il nous apparaît
M. Bérubé : ...tout ce qu'on
a lu, que c'est une période importante au cégep, sur la socialisation, sur le
choix de la formation, sur le réseau dans lequel on va être, sur l'implantation
professionnelle, c'est vraiment crucial sur l'intégration. Puis là je ne parle
même pas des francophones qui voudraient aller dans un cégep anglophone. Pour
les allophones, si on fait tant d'efforts dans le réseau primaire et dans le
réseau secondaire, pour moi, il y a une logique. Guy Rocher dit la même chose
que moi, il l'a dit devant l'ex-ministre responsable de la Langue, si c'était
juste de lui, ça serait fait. Malheureusement, il était minoritaire à penser ça
dans ce gouvernement. Alors, je veux bien croire que la ministre considère
que sa politique pour les universités, c'est pour la langue, même le Parti
québécois ne trouvait pas que c'était une mesure qui méritait d'être mis de
l'avant, peut-être d'équité au plan fiscal, mais, pour la langue, là, il y
aurait beaucoup de choses à faire avant. Je maintiens cette position-là. Je
trouve qu'on y gagne tous. Quand le premier ministre dit que le français, c'est
important sur toutes les tribunes puis quand on a des invités, voici une mesure
concrète. Et j'aimerais ça qu'on me dise en quoi c'est négatif d'assujettir le
réseau collégial à la Charte de la langue française.
Mme Déry : Je pense qu'on a
fait énormément d'efforts, puis on a... la loi 14 est une loi très
équilibrée...
La Présidente (Mme Dionne) : ...Mme
la ministre.
Mme Déry : ...très
équilibrée. Encore une fois, on impose l'examen uniforme de français aux
étudiants qui fréquentent les établissements anglophones. Pour ce qui est des
allophones, je regardais les dernières statistiques...
La Présidente (Mme Dionne) : C'est
malheureusement tout le temps qu'on a pour ce bloc.
Mme Déry : Désolée, Mme la
Présidente. Merci.
La Présidente (Mme Dionne) : Alors,
je dois céder la parole maintenant à l'opposition officielle, la députée de Mont-Royal-Outremont,
donc pour un temps de 20 minutes.
Mme Setlakwe : Merci, Mme la
Présidente. Mais poursuivons, Mme la ministre, sur le financement et la
nouvelle politique qui... dont le détail va être connu sous peu. On apprend
quand même, mais c'est dans l'espace public, que la nouvelle politique a
identifié des secteurs prioritaires, et donc ces secteurs-là sont le génie,
l'enseignement, les technologies de l'information en santé et services sociaux.
Et donc, pour inciter à répondre à la pénurie de main-d'oeuvre dans ces
secteurs-là, le financement va être va être adapté. Donc les universités vont
toucher 700 $ par étudiant inscrit et 9 000 $ par diplômé dans
ces domaines prioritaires.
Ma question est la suivante : Comment
les domaines prioritaires ont-ils été sélectionnés? Et quelles sont les mesures
spécifiques prévues pour encourager leur développement et répondre à la pénurie
de main-d'œuvre?
Mme Déry : Merci beaucoup
pour cette question. Évidemment, il y a... je pense que les chiffres sont pris
de l'article qui a été publié sur la politique de financement il y a quelques
jours, je pense, par La Presse. Donc, je ne rentrerai pas dans les détails des
chiffres et des efforts qu'on fait justement pour l'opération main-d'oeuvre,
parce que, oui, ça fait
partie du mandat, c'est-à-dire au début, quand quand on
a fait l'appel à mémoires pour la nouvelle politique de financement, les
objectifs étaient très clairs. Donc, les universités sont clairement au courant
de toutes ces mesures-là, de cette mesure opération main-d'oeuvre, qu'on
appelle mesure OPMO, dans notre langage à nous, d'acronyme. Les universités
sont très, très au courant que ça fait
partie des objectifs, c'est-à-dire ça
fait
partie des objectifs initiaux dans l'appel à mémoires. Donc, c'est clair
que ça se retrouve aussi dans la politique de financement.
Ceci dit, je vais m'abstenir de donner
certains chiffres, dont vous avez mentionné, je ne peux pas les confirmer ni
les infirmer parce qu'on n'est pas rendus là. La politique n'est pas ficelée.
Dans quelques jours, quelques semaines, elle le sera, on va sortir avec ça,
puis on aura vraiment le portrait, le portrait juste de cette nouvelle
politique de financement.
Mme Setlakwe : Est-ce que...
J'ai bien hâte d'en discuter avec vous, parce que là on a un... Il y a des
domaines qui ont été identifiés et vous pouvez répondriez quoi à la
question : Mais, dans cinq ans, est-ce que ces domaines-là vont toujours
être les domaines prioritaires? Est-ce que... Quelle est la réflexion?
Mme Déry : Oui, bien,
absolument. C'est une très bonne question. Je pense que la réflexion s'impose,
parce que c'est un contexte très dynamique, c'est un contexte qui évolue
rapidement et c'est un contexte que, justement, qu'on suit de très, très près
avec le ministère de l'Emploi, avec, évidemment, que ce soit le MEIE, que ce
soit le ministère de la Santé, parce qu'il y a des programmes qu'on a ciblés,
tant en éducation, en santé, évidemment, dans d'autres domaines aussi. Mais les
programmes Opération main-d'œuvre, à l'heure actuelle, on cible, encore une
fois, les mêmes programmes. Est-ce qu'il y a des programmes qui vont s'ajouter?
Peut-être, je l'ignore à ce stade-ci, mais ce que je peux vous dire, c'est que
les programmes actuellement qui sont visés par l'Opération main-d'œuvre sont,
encore une fois, bon, sciences infirmières, en éducation aussi, il y a des
programmes qui sont visés, génie, TI, bon, en construction, évidemment, ça sort
de la politique de financement, mais c'est aussi des domaines sur lesquels on
mise beaucoup.
Donc, pour nous, c'est important de suivre
l'Opération main-d'oeuvre de manière continue. Si ça doit changer, ça changera,
mais les politiques de financement, elles peuvent aussi changer. Ce sont des
mesures budgétaires, on s'ajuste, mais je pense que c'est important de le dire.
Merci à vous.
Mme Setlakwe : Généralement,
Mme la ministre, est-ce que vous pouvez...
Mme Setlakwe : ...rassurer les
acteurs du milieu, là, qu'il n'y a pas de coupures? Parce qu'on... je ne vois
pas où il y a du... tu sais, du nouvel argent. Sachant que les salaires des
enseignants augmentent, est-ce qu'il y aura plus d'argent dans le réseau? On
s'en... Comprenez ce que...
Mme Déry : Bien, écoutez, on
couvre tout ça. Je vois... Encore une fois, j'aimerais vraiment être capable de
partager tout ce... Il y a des bonnes nouvelles dans tout ça, évidemment, la
politique de financement. On vient répondre aux besoins des régions, on vient
répondre aussi en
partie aux préoccupations des universités. Je pense qu'on a
fait le tour pour être capables de satisfaire, entre guillemets, les
universités puis d'avoir une politique de financement qui est équitable à
travers le réseau. Je pense que c'est important de dire ça, c'est ça, le but
aussi. Puis on va continuer de suivre l'opération main-d'oeuvre en temps réel
comme on le fait, on le suit.
Vous savez, l'opération main-d'oeuvre,
c'est une chose. Il y a plusieurs mesures qui ont été mises de l'avant, 23
mesures, dont évidemment la mesure-phare des Bourses Perspectives. Mais ces
mesures-là, on les monitore, on les suit de très près, et il y a même des
comités spécifiques pour chacun des domaines qu'on a demandé de mettre en œuvre
pour qu'on puisse justement suivre les cohortes, le nombre d'inscrits, le
nombre d'admissions, ensuite le nombre d'inscriptions, comment ça évolue, la
persévérance, la diplomation. Moi, je pense que c'est important de dire que...
Il faut arrêter de penser à la course aux effectifs uniquement, et je pense que
les universités sont aussi rendues là. Il faut être capable non seulement
d'avoir des effectifs, d'augmenter nos cohortes...
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la ministre...
Mme Déry : ...mais il faut
aussi que ces gens-là diplôment. Et là, pour moi, c'est une préoccupation, puis
la politique de financement va répondre en
partie à cet enjeu-là aussi.
Mme Setlakwe : Non, mais j'ai
bien hâte qu'on... On aura l'occasion d'en discuter.
Mme Déry : Absolument.
Mme Setlakwe : Oui, le
souhait d'être équitable, mais aussi comment est-ce qu'on tient compte des
particularités des universités qui performent bien en termes de recrutement
d'étudiants. Donc, ce sera intéressant de voir comment tout ça va se décliner.
Plus généralement, au niveau du réseau de
l'Université du Québec, comment le gouvernement compte répondre à la nécessité
de réduire l'écart de financement entre l'Université du Québec et les autres
établissements universitaires tout en assurant le maintien de la mission
d'accessibilité de l'Université du Québec?
Mme Déry : Pour ce qui est de
l'Université du Québec, évidemment, comme on l'a dit en début de mandat, puis
je l'ai répété à plusieurs reprises, qu'on veut renforcer notre réseau
francophone. On a des universités à travers le Québec, particulièrement en
région, qui ont des expertises extrêmement importantes. D'abord, pour répondre
aux besoins de main-d'oeuvre, ils se démarquent, ces universités-là se
démarquent. Alors, pour moi, c'est extrêmement important de valoriser le réseau
de l'Université du Québec. Puis, à travers la politique de financement, c'est
ce qu'on vient faire aussi, à travers d'autres mesures... En dehors de la
politique de financement, il y a des mesures spécifiques pour le réseau de
l'UQ, pour les universités en région pour être capables d'aller attirer
davantage d'étudiants et répondre aussi spécifiquement aux besoins de
main-d'oeuvre, il y a... C'est très... C'est très différent d'une région à
l'autre, donc je m'assure que chaque université puis les programmes qu'on
déploie puissent répondre justement aux besoins de main-d'œuvre et qu'il y ait
une certaine adéquation formation-emploi dans les régions, dans chacune des
régions spécifiques, là.
Mme Setlakwe : Donc, est-ce
que vous pouvez nous en dire plus sur des actions spécifiques que vous
envisagez mettre en place pour augmenter les ressources disponibles pour...
• (11 heures) •
Mme Déry : Bien, ça fait
partie de la politique de financement. Ça va faire
partie des mesures et des
budgets qu'on alloue dans cette enveloppe globale, là, qu'on réalloue et on
redistribue certaines enveloppes pour tenir compte, justement, de la réalité en
région, des universités de petite taille, encore une fois, des universités à mission
particulière. Donc, on vient répondre... Puis, aussi, on vient répondre aussi à
nos facultés de médecine, on a quand même quatre grosses facultés de médecine
faites par nos quatre grandes universités. Donc, on vient aussi répondre à des
besoins dans d'autres programmes qui incluent les universités du côté de
Montréal, également.
Mme Setlakwe : Merci. On aura
l'occasion d'en reparler. Il faut revenir aux bourses Perspectives Québec. Les
domaines visés, là, on les a mentionnés tout à l'heure. C'est un programme qui
a été lancé il y a deux ans. Certains disent que les résultats sont décevants,
pour ne pas les... la nommer, l'Université de Montréal, dans ma
circonscription. Vous, Mme la ministre, là, quel est votre bilan de ce
programme? Est-ce que vous... selon vous, les résultats escomptés sont
atteints?
Mme Déry : Alors, écoutez,
c'est une mesure-phare de l'Opération main-d'oeuvre, c'est une mesure qui est
extrêmement généreuse. Puis je veux juste faire une nuance, parce que je pense qu'on
a... plusieurs ont de la difficulté à saisir la nuance de la bourse incitative
par rapport à une bourse de soutien financier. La bourse Perspectives, c'est
une bourse incitative, donc elle vient inciter les étudiants à entrer dans des
programmes de formation qui sont ciblés par l'Opération main-d'oeuvre, que ce
soit en santé, en éducation, puis évidemment vous comprendrez pourquoi on cible
ces milieux-là. Donc, c'est des bourses incitatives : à la réussite de la
session, donc à la réussite du programme, on déploie cette bourse-là. Ça peut
aller jusqu'à 20 000 $ pour des programmes de bac. Donc, ceci dit, c'est
valable tant au collégial qu'à l'université.
Ceci dit, une fois... une fois ça expliqué
puis exprimé, c'est un programme qui est récent. Vous l'avez mentionné, ça a
été déployé à l'automne 2022. Donc, à l'automne 2022, c'est la première session
à laquelle on a commencé...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) Mme Déry : ...justement après
la première session à débourser et à allouer ces sommes-là aux étudiants. Donc,
il y a trois sessions en ce moment. C'est sur trois sessions que j'ai des
données préliminaires, si vous voulez. Puis je l'ai dit publiquement qu'on
allait dévoiler un premier bilan préliminaire au cours de... au cours du cours
du printemps. Donc, j'attendais évidemment, bon, que les crédits finissent,
puis il y avait d'autres enjeux. On s'en vient, on est en train de terminer
cette analyse préliminaire. On est en train de colliger toutes les données à
travers le réseau collégial et universitaire. Puis il faut faire attention, il
faut colliger les données. Les établissements, là, ça dépend des programmes de
formation qu'ils ont. La réalité de chacun des établissements est très
différente.
La Présidente (Mme Dionne) : Mme
la ministre.
Mme Déry : Donc, j'aurais
bien hâte de voir... de partager ça avec vous, les données des bourses.
Mme Setlakwe : Mais il semblerait
qu'il y a déjà des domaines où les inscriptions sont à la baisse, n'est-ce pas?
Mme Déry : Alors, c'est...
encore une fois, il faut nuancer ces données-là. Donc, oui, on... on regarde ça
de la même manière que vous. Il y a certains programmes qui fonctionnent mieux
que d'autres. Maintenant, il y a plusieurs raisons, il y a... c'est
multifactoriel puis c'est ce qu'on essaie de comprendre pour voir s'il y a des
ajustements à faire, s'il y a des ajustements à faire à certains programmes ou
à certaines communautés cibles qu'on ne cible peut-être pas. Tu sais, il y a la
notion de persévérance. Est-ce que ces jeunes-là poursuivent? Est-ce que ces
jeunes-là changent en cours de route? Est-ce que... ça peut être vraiment
multifactoriel? On a quand même un contexte de plein emploi en ce moment. Il y
a plusieurs facteurs qui expliquent que dans certaines... dans certains
programmes, puis je vous dirais, en santé, en éducation, vous comprendrez qu'on
a eu... on a eu des conventions collectives qu'on a négociées à l'automne, ce n'est
pas facile, encore une fois, pour des étudiants de choisir santé ou éducation
quand on connaît évidemment la... la couverture médiatique ou du moins la
perception négative qu'on peut avoir de ces formations-là. Maintenant que les
salaires sont bonifiés, que les conditions de travail sont meilleures, j'ai bon
espoir qu'on va pouvoir encore une fois inciter les étudiants à aller dans ces
programmes de formation. Ceci dit, il y a des cohortes qui augmentent. Est-ce
que la situation aurait... était pire?
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
Mme Déry : Est-ce que la
baisse du nombre d'inscriptions aurait été plus drastique s'il n'y avait pas eu
les bourses? C'est là-dessus qu'on se penche actuellement. C'est le genre d'analyse
et le genre de questions auxquelles il va falloir répondre, puis on partagera
les résultats préliminaires avec vous au cours des prochaines semaines.
Mme Setlakwe : Merci. Bien,
déjà, je pense qu'on peut dire qu'il y a des ajustements qui s'imposent, là, en
enseignement, éducation spécialisée, ce serait à la base de 5 %. Et en
santé, services sociaux, soins infirmiers, inhalothérapie, s'il y a bien un
domaine où on veut... on veut attirer et retenir, c'est celui-là, et je vois
une... une baisse de 1 %.
Mme Déry : Alors, vous avez
les mêmes chiffres que moi, puis c'est des chiffres qu'on va dévoiler,
analyser. Donc, c'est sûr que quand on regarde éducation et santé... Technique
spécialisée à l'enfance, je vous dirais, ça dépend, c'est... ça dépend. Je
regarde dans certaines régions où le nombre d'inscriptions a été vraiment
beaucoup plus élevé, où ça fonctionne très bien. Il y en a d'autres où le
nombre d'inscriptions est plus mitigé. Ceci dit, encore une fois, il faut... il
faut regarder un peu la réalité de chacun des établissements. Donc, je préfère
être vraiment prudente sur ces données-là. Mais comme je l'ai dit, c'est un
programme qui est récent, mais c'est un programme avec lequel on peut déjà
regarder certains résultats préliminaires, puis voir si on est capables de
faire des ajustements ou non. Est-ce qu'on cible la bonne population? Est-ce
que, par exemple, les étudiants qui vont en soins infirmiers est ce que c'est
automatiquement des étudiants qui finissent leur secondaire cinq puis qui vont
directement au cégep? La réponse, c'est non. On réalise qu'il y a beaucoup plus
de gens qui reviennent, qui se requalifient. Il y a des gens aussi qui sont là
à temps partiel, alors que la bourse ne couvre pas le temps partiel. Il y a
plusieurs considérations qu'il faut prendre en compte et tenir compte pour
aller ajuster si nécessaire. C'est pour cela. Donc, on va faire l'exercice, c'est
dans l'ordre des choses, puis on le fait actuellement, puis on partagera ces
résultats publiquement dans les prochaines semaines.
Mme Setlakwe : Merci. Merci.
On va suivre ça de près. Au niveau des montants investis, je pense que... rappelez
moi, l'enveloppe... l'enveloppe totale est assez importante. C'était combien? Puis
est-ce qu'elle a été utilisée pleinement?
Mme Déry : L'enveloppe est de
1,7 milliard sur cinq ans, donc c'est un programme sur cinq ans. Ça fait
partie évidemment d'une enveloppe un peu plus grande pour les mesures OPMO,
donc pour les mesures Opération main-d'œuvre. Mais la mesure pour la... les
bourses Perspective, le programme de bourses incitatives, c'est de 1,7 milliard
sur cinq ans. Donc, pour l'instant, on a attribué trois sessions. Donc, je peux
aller vous rechercher, je ne sais pas, le nombre de bénéficiaires, mais on a
attribué trois sessions : l'automne 2022, l'hiver 2023, puis l'automne...
puis cet automne, cet automne-ci qu'on vient de passer, l'automne 2023
aussi. Donc, c'est trois sessions où on a eu un nombre de bénéficiaires. Puis
évidemment je pense qu'on a un montant...
Une voix : ...
Mme Déry : À peu près 250. À
peu près 250, 260. Je pense que c'est des chiffres aussi qu'on vous a... qu'on
vous a transmis pour les trois sessions qui ont été... qui ont été faites, qui
ont été passées. Les sommes ont été allouées aux étudiants dans les différents
programmes.
Mme Setlakwe : C'est quand
même peu par rapport à l'enveloppe totale. On peut dire qu'il y a encore
beaucoup, beaucoup à investir et à démontrer dans ce...
Mme Setlakwe : ...dans ce
projet-là.
Mme Déry : Bien, moi, je
pense qu'il faut se donner du temps. Vous savez, en enseignement supérieur, moi
aussi, j'aimerais aller à vitesse grand V, mais encore faut-il que ces
étudiants-là nous prouvent qu'ils réussissent les sessions, nous prouvent aussi
qu'ils veulent rester dans ce domaine-là. Il y a une certaine persévérance,
pour moi, qui est importante à mesurer. Mais c'est clair qu'on monitore ça de
manière très, très serrée. Moi, je veux non seulement qu'on augmente les
cohortes, mais je veux m'assurer que ces jeunes-là persévèrent. Vous savez, les
programmes en soins infirmiers sont des programmes extrêmement lourds,
extrêmement complexes. Donc, je veux m'assurer qu'on puisse s'assurer que ces
étudiants-là diplôment puis que ces étudiants-là aient le soutien nécessaire
aussi. Moi, je pense encore une fois que c'est normal, c'est-à-dire dans la
normalité des choses. Je regarde un peu les fonds qui sont alloués puis le
nombre de cohortes qui augmente. On peut toujours faire mieux puis on peut
toujours inciter les gens à aller dans ces professions-là. Moi, je pense que
les conventions collectives puis les ententes que nous avons faites vont
probablement encourager beaucoup de gens, d'étudiants à aller dans ces
professions-là. Je... Pas plus tard qu'il y a quelques semaines, j'étais dans
mon comté puis il y a un étudiant qui me disait qu'il n'avait pas le goût... plus
le goût d'être enseignant puis que maintenant qu'il y a eu les ententes
négociées il s'est dit qu'il allait rentrer en éducation puis en enseignement.
Alors, j'espère qu'il y a plusieurs étudiants qui auront un peu... qui auront
un peu cet état d'esprit, parce qu'une fois qu'on termine, bien, on est capable
de rentrer dans des milieux évidemment qui sont...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
Mme Déry : ...ont été
bonifiés puis les salaires également. Donc, j'ai bon espoir que ça va pouvoir
attirer davantage de jeunes dans ces professions-là.
Mme Setlakwe : Êtes-vous
satisfait que le délai de traitement est rapide? Et vous l'estimeriez à combien
de temps?
Mme Déry : Pour les bourses
Perspective? Le délai est pratiquement automatique. Une fois la session
réussie, le montant est alloué à... dès que la demande est faite. Moi, je n'ai
jamais eu d'enjeu sur les bourses Perspective. L'incitatif est donné, le... et
octroyé à l'étudiant automatiquement. Donc, la demande est faite, l'argent s'en
Mme Setlakwe : Il y a des
domaines qui sont... bon, qui sont exclus. On nous porte à notre attention en
particulier la psychoéducation, où ça prend une maîtrise pour faire
partie de
l'ordre professionnel. Est-ce que vous prévoyez réviser le programme de bourses
pour rectifier le tir en incluant les programmes d'études, bon, oubliés ou
laissés de côté? Quelle est votre analyse à ce niveau-là?
Mme Déry : Écoutez, on a fait
des choix. C'est sûr qu'on ne peut pas... on ne peut pas avoir des bourses
Perspective, évidemment, pour tous les programmes. Puis, en même temps, je vous
dirais qu'au fur et à mesure qu'on avance il y a des programmes où il y a une
pénurie de main-d'oeuvre dans plusieurs programmes. On... Je vous dirais, en
toute franchise, au cours des dernières... au cours des derniers mois, en début
de mandat, je suis rendue à quasiment une vingtaine de programmes qu'on nous
demande d'ajouter. Donc, avant d'ajouter des programmes, je préfère avoir
l'analyse préliminaire, de voir quels ajustements on peut faire. Mais on me
demande de rajouter à peu près une vingtaine de programmes, psychoéducation en
étant un, en santé... en techniques en travail social en est un autre. On est
très, très conscient. On a rencontré les associations étudiantes puis des
professeurs, justement, de ces facultés-là pour voir de quelle manière on peut
les soutenir.
Mais, pour l'instant, je vous dirais qu'il
y a l'AFE, évidemment, qui vient soutenir ces gens-là. Mais en même temps il y
a... il y a plusieurs autres programmes pour lesquels on nous demande
d'intervenir. Parce que je ne peux pas... on ne peut pas non plus... Il faut
que ce soit balisé à un moment donné. On ne peut pas juste rajouter 20, 22,
23 programmes. Mais on va regarder, on va faire l'analyse préliminaire,
puis les ajustements, s'il y en a qu'il faut faire spécifiquement dans certains
programmes, on les fera. Mais, à ce stade-ci, je ne peux pas dire si j'en
rajoute ou j'enlève, ou peu importe, je n'en enlèverai peut-être pas. Je n'en
enlèverai pas, mais ce que je vous dis, c'est qu'il faut l'analyse pour qu'on
soit capable de savoir un petit peu où est-ce qu'on s'en va puis voir qu'est-ce
qui marche ou qu'est-ce qui marche moins bien.
• (11 h 10) •
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous aviez bien consulté avant de mettre le programme de l'avant?
Mme Déry : Bien, écoutez, le
programme a été mis de l'avant par le gouvernement précédent, puis il y a des
consultations qui ont été faites pour... pour justement être capable d'aller
cibler les programmes et... en pénurie de main-d'oeuvre, ceux qui étaient le
plus en pénurie de main-d'oeuvre. Parce que, là aussi, il faut prioriser. C'est
comme un peu l'enjeu du logement. Tout le monde a un taux d'inoccupation très,
très faible, mais, à un moment, il faut... il faut quand même prioriser
certains... certaines régions qui ont justement des taux d'inoccupation
faibles. Puis on vient prioriser. Donc, c'est sûr qu'il y a des pénuries de
main-d'oeuvre dans plusieurs autres secteurs d'activité, mais on est dans les
secteurs d'activités les plus... les plus importants à l'heure actuelle, où on
a le plus besoin de main-d'oeuvre à court et moyen terme.
Mme Setlakwe : Merci. Parlons
maintenant de la bourse Persévérance. Il semblerait qu'elle est... qu'elle soit
difficile à obtenir. On l'a même qualifiée, tu sais, dans l'espace public de
bourse fantôme : «Personne ne croit qu'on va la recevoir.» Vous répondez
quoi à ça?
Mme Déry : Ça concerne les
maîtrises qualifiantes. Je pense qu'on a lu le même
article qui a été diffusé
il y a quelque temps. C'est vrai que ça peut prendre des délais importants.
J'ai demandé au ministère de l'Enseignement supérieur de se pencher là-dessus.
Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que c'est une enveloppe fermée, c'est
une enveloppe fermée, donc il faut attendre que tout le monde... il faut
attendre que tout le monde, évidemment, finisse leurs cours puis accumule les
crédits pour qu'on sache exactement qui a droit à quoi. Et ensuite, cette
enveloppe-là, on l'ouvre puis on la distribue aux étudiants qui peuvent en...
Mme Déry : ...bénéficier.
Donc, oui, il peut y avoir des délais un peu plus longs. Ceci dit, je sais
qu'il y a une équipe qui travaille là-dessus pour essayer de voir de quelle
manière, administrativement, on peut réduire ces délais puis accorder la
bourse, plutôt que d'attendre la fin de tout le programme, ou de voir
administrativement qu'est-ce qu'on peut faire pour accélérer l'octroi de cette
bourse-là, Persévérance.
Mme Setlakwe : Mais oui, je
pense que c'est un chantier prioritaire pour vous, considérant aussi toutes les
discussions qu'on vient d'avoir sur les... en tout cas, les stages non
rémunérés, la situation difficile dans laquelle se retrouvent les étudiants,
surtout en contexte inflationnaire difficile, là. Il faut... Il ne faut pas...
Il ne faut pas mettre trop de temps avant de...
Mme Déry : Les bourses
Persévérance sont des bourses quand même très importantes. Il y a les bourses Persévérance,
il y a les bourses Parcours, il y a les bourses Perspective. On a des
programmes de bourses qui sont là, qui sont très généreux, qui viennent
soutenir les étudiants dans différents parcours, mais ça, c'est pour la
maîtrise qualifiante, spécifiquement. Mais oui, moi j'ai... j'ai... Au
contraire, on mise toujours pour être capables de l'octroyer... d'octroyer ces
montants-là le plus rapidement possible, sachant très bien que le contexte est
difficile. Dans ce contexte de bourses Persévérance, les délais évidemment sont
un petit peu plus longs, vu que c'est une enveloppe fermée. Donc, on doit
avoir, encore une fois... tous les établissements doivent nous revenir pour
nous donner, donc ça passe aussi par les établissements, on attend les données des
établissements, qui nous fournissent...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
Mme Déry : ...tous les
étudiants qui ont terminé dans ce programme-là, et ensuite, nous, on octroie le
montant, ce qui peut occasionner des délais plus longs que d'habitude. Mais on
travaille là-dessus pour être capables d'accélérer un peu le processus
administratif à ce niveau-là.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci.
Il vous reste 20 secondes. Mme la députée.
Mme Setlakwe : Bien, merci. Juste
généralement, est-ce que vous avez rencontré les étudiants, les associations
étudiantes, tout récemment?
Mme Déry : Je les rencontre
régulièrement. J'ai participé à la FECQ, à la... au congrès de la FECQ, l'UEQ
également, donc... Puis mis à part des rencontres qu'on fait à l'année...
La Présidente (Mme Dionne) : En
terminant.
Mme Déry : ...c'est-à-dire on
les rencontre régulièrement.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme...
Mme Déry : Ils ont tous mon
numéro de téléphone, ils peuvent tous me rejoindre à la... quand ils veulent.
La Présidente (Mme Dionne) : Merci,
Mme la ministre. C'est malheureusement tout le temps que nous avons. Je dois
céder la parole maintenant au porte-parole du deuxième groupe. Donc, M. le
député de Jean... non, la
partie gouvernementale. Veuillez... Toutes mes
excuses, hein? On est un petit peu rouillé, après un an. Alors, je cède
maintenant la parole à la
partie gouvernementale, et nous débutons ces échanges
avec M. le député de Vanier-Les Rivières. La parole est à vous.
M. Asselin : Merci, Mme la
Présidente. Je sais que vous vouliez surprendre le député de Jean-Lesage, mais
on a eu de nombreuses questions. Salutations, Mme la ministre, évidemment, à
Mme la sous-ministre et au cabinet, qui travaillent fort dans cette période-ci
au niveau des échanges. Ça va bien, et je suis content, moi, des échanges. Je
trouve qu'on a des sujets amplement pour jaser.
Mais je voudrais qu'on parle un petit
peu... On a parlé des bourses, c'est normal, je... content que la ministre
rappelle le caractère incitatif des bourses. Mais, lors des crédits budgétaires
du dernier budget, on a insisté sur le logement étudiant et puis, j'aimerais ça
qu'on en parle un peu parce que c'était quand même... vous avez mentionné au
député de Jean-Lesage 200 millions, c'est un investissement substantiel,
quand même, qu'on... Puis on en a parlé beaucoup dans l'actualité, de logement
puis d'habitation, alors c'est normal que le gouvernement privilégie ce côté-là
des choses.
Et puis je trouve ça intéressant qu'on
puisse élaborer un petit peu sur les investissements qu'on fait dans la
construction de nouvelles résidences étudiantes, parce que c'est un projet qui
a occupé beaucoup de nos... de notre temps et puis de nos ressources. Alors, il
y a beaucoup d'avantages à ce qu'on aille de ce côté-là comme tel.
J'aimerais peut-être reparler en
particulier des investissements dans les nouvelles infrastructures. Le
gouvernement a mis en place un programme de soutien financier, même des
étudiants à faibles revenus, alors c'est important de le mentionner, qu'on a un
programme qui comprenne des subventions et toute forme d'aide financière pour
alléger le fardeau financier des étudiants et de leur permettre de se loger dans
les bonnes conditions. Les programmes sont louables, mais on veut qu'ils soient
accessibles pour les étudiants.
En outre, il est essentiel de reconnaître
l'importance de la collaboration entre le gouvernement