CRC — 22 October 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)
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32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
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31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
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31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
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28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
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43 e législature, 2 e session
(30 septembre 2025 au 8 avril 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 22 octobre 2025
Vol. 48 N° 7
Consultation générale et auditions publiques sur le cahier de consultation intitulé « La planification de l’immigration au Québec pour la période 2026-2029 »
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Journal des débats
11 h (version non révisée)
(Onze heures treize minutes)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission des relations avec les citoyens
ouverte.
La commission est réunie afin de
poursuivre les auditions publiques dans le cadre de la consultation générale
sur le cahier de consultation intitulé La planification de l'immigration au
Québec pour la période 2026-2029.
M. le secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Fortin (Pontiac) remplace Mme Prass (D'Arcy-McGee); M. Fontecilla
(Laurier-Dorion) remplace M. Leduc (Hochelaga-Maisonneuve); et M. Boissonneault
(Arthabaska) remplace M. Bérubé (Matane-Matapédia).
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, messieurs, bienvenue à la
commission. Nous entendrons ce matin les groupes suivants : l'Union
étudiante du Québec, qui est ici présente, ainsi qu'Éducation internationale.
Alors, bienvenue, madame, monsieur. Je
vais vous demander dans les prochaines minutes de vous présenter et, par la
suite, nous aurons une discussion avec les parlementaires. Et votre
présentation va durer au total 10 minutes. Alors, le micro est d'ores et
déjà à vous.
Mme Dommanget (Flora) : Bonjour
à vous. Je m'appelle Flora Dommanget et je suis présidente de l'Union étudiante
du Québec. Je suis accompagnée aujourd'hui de Loïc Goyette, coordonnateur aux
affaires sociopolitiques.
Nous souhaitons tout d'abord remercier l'ensemble
de la commission de nous entendre aujourd'hui.
L'Union étudiante du Québec est une
association étudiante nationale qui représente 14 associations étudiantes
universitaires de tous cycles confondues, francophones et anglophones, ce qui
équivaut à 110 000 personnes étudiantes à travers le Québec, en allant
de Rouyn-Noranda à Chicoutimi, en passant par Gatineau, Montréal, Sherbrooke,
Drummondville et Lévis.
L'UEQ a pour mission de défendre et
améliorer les droits et intérêts des personnes étudiantes québécoises,
canadiennes et internationales étudiant au Québec. Dans cette optique, l'UEQ
participe à la consultation sur la planification en immigration de 2026-2029.
Notre mémoire aborde 12 recommandations regroupées en trois sections.
M. Goyette (Loïc) : Les
personnes étudiantes internationales contribuent directement à la société
québécoise et à son économie. Elles étudient, travaillent, paient des taxes et
consomment localement. Elles... participent activement à la création de savoir
au Québec et sont indispensables à la recherche et à l'innovation.
Pourtant, les récentes décisions du
gouvernement, notamment l'imposition de quotas sur les certificats d'acceptation
du Québec, les CAQ, la suspension du Programme de l'expérience québécoise, le
PEQ, volet Diplômés minent gravement l'attractivité du Québec.
Ces mesures envoient un signal clair à l'international.
Le Québec ne se montre pas accueillant envers les personnes qui souhaitent y
étudier et s'y établir. Ce signal a été reçu, comme le démontre la baisse des
demandes d'admission.
Nous invitons donc le gouvernement à
recentrer la planification de l'immigration sur une vision plus juste et
cohérente qui reconnaît l'apport de la communauté étudiante internationale à la
hauteur de ce qu'elle apporte au Québec.
Les universités tirent une
part importante
de leur financement des personnes étudiantes internationales. C'est d'ailleurs
la vision du gouvernement. La politique de financement des universités
mentionne explicitement que les investissements dans le réseau universitaire
proviendront des frais imposés aux personnes étudiantes internationales. Toute
mesure qui a pour effet de réduire directement ou indirectement le nombre des
personnes étudiantes internationales contribue non seulement à miner la
réputation du Québec, mais a des conséquences dévastatrices sur les
universités, qu'elles vous ont exprimées dans le cadre des consultations,
particulièrement celles en... francophones et celles en région.
Le Québec...
M. Goyette (Loïc) : ...il ne
peut à la fois dépendre de la présence de ces personnes pour financer ses
universités et en même temps les décourager d'y venir. C'est pourquoi nous
recommandons que le gouvernement consulte obligatoirement la communauté
étudiante et universitaire avant toute décision touchant l'encadrement des personnes
étudiantes internationales et que les quotas de CAQ soient suffisamment élevés
pour éviter toute baisse du nombre de personnes étudiantes.
Par ailleurs, les établissements
pourraient devoir refuser des personnes étudiantes qui ont besoin de leur renouvellement
parce que leur quota est atteint ou est en voie de l'être. Ça engendre un
risque de rupture de statut pour des personnes intégrées, francisées et déjà
investies dans leur parcours académique. C'est pourquoi l'UEQ recommande que
les renouvellements de CAQ soient exclus des quotas.
Au-delà des quotas, les règles actuelles
entourant le renouvellement des CAQ créent une série d'obstacles inutiles pour
les personnes étudiantes déjà établies au Québec. Deux éléments sont
préoccupants : la preuve de capacité financière et la mention obligatoire
de l'établissement. Cela crée un fardeau administratif lourd, retarde les
études et alimente l'anxiété. Nous recommandons donc de retirer l'obligation de
redéposer une preuve de capacité financière lors des renouvellements de CAQ.
Nous demandons donc aussi que la mention de l'établissement soit retirée des
CAQ, revenir aux règles de renouvellement antérieures est simple et essentiel
pour que le Québec demeure une destination d'études... d'études, pardon, accueillante
et compétitive.
Mme Dommanget (Flora) : La
deuxième
section de notre mémoire porte sur l'importance de rétablir le PEQ,
volet diplômé. Depuis l'année dernière, il a été suspendu une première fois
jusqu'en juin 2025, puis jusqu'en novembre, laissant les personnes étudiantes
dans une situation d'incertitude et de stress intense. Cela prive des milliers
de jeunes qualifiés, formés ici et déjà intégrés de la possibilité de s'établir
durablement au Québec.
Comme voie alternative, depuis cet été, le
gouvernement propose le programme de sélection des travailleurs qualifiés,
PSTQ, aux personnes étudiantes diplômées qui travaillent. Or, il ne constitue
pas une nouvelle porte, mais bien un recul marqué de leur accès à la résidence
permanente, ne prenant pas en compte les réalités propres à la population
étudiante. L'UEQ estime que le PEQ volet diplômé est le programme le plus
adapté pour permettre aux personnes diplômées de venir s'établir de façon
permanente.
C'est pourquoi notre demande principale
est la recommandation six, que le PEQ pour le volet diplômé soit rétabli avec
les mêmes conditions fixées par la réforme de 2023. Nous invitons le
gouvernement à reconnaître que le PEQ et le PSTQ sont des programmes distincts
et ne peuvent se substituer. Miser sur les personnes étudiantes diplômées,
c'est investir dans une immigration qualifiée, francophone et déjà enracinée
dans nos communautés. Les prochaines recommandations traitent du PSTQ en
attendant le rétablissement du PEQ pour le volet diplômé. Contrairement au PEQ
qui permet un dépôt direct des demandes sans plafond ni compétition avec
d'autres catégories de personnes candidates, Le PSTQ impose une logique de
sélection restrictive, seules les personnes invitées par le gouvernement
peuvent déposer une demande et les invitations sont limitées à certains volets.
Le PSTQ sans le retour du PEQ ne fait qu'augmenter le poids de l'incertitude
qui pèse sur les personnes étudiantes et les dilue dans une catégorie beaucoup
trop large. Plusieurs milliers de demandes sont toujours en attente, selon le
ministre de l'Immigration. L'UEQ recommande qu'un volet sans déclaration
d'intérêt soit réservé aux personnes étudiantes diplômées du Québec dans le
PSTQ dans l'attente du rétablissement du PEQ.
Dans le cadre des scénarios des cibles
migratoires proposés par le gouvernement, nous formulons une recommandation
claire. Les personnes diplômées du... du Québec ne devraient pas être
comptabilisées dans les cibles globales d'immigration économique, comme c'était
le cas avant la suspension du PEQ. Si le gouvernement maintient leur inclusion,
de ces cibles sans rétablir le PEQ, il devient impératif d'aborder la cible la
plus élevée possible pour permettre de garantir à un plus grand nombre de
diplômés du Québec une réelle possibilité de s'établir de façon permanente.
Nous recommandons donc que la cible de 45 000 personnes immigrantes admises par
année au
titre de la résidence permanente soit privilégiée afin de ne pas
limiter le nombre de personnes diplômées du Québec dans l'attente du
rétablissement du PEQ.
Maintenant, sur l'exigence d'une année
d'expérience de travail, cette condition retirée du PEQ, lors de sa réforme en
2023, est réintroduite dans le PSTQ. Pour l'UEQ, c'est venir freiner les
personnes étudiantes ayant déjà... ayant déjà des critères demandés sachant que
le fédéral ajoute des freins. On demande que les personnes étudiantes ne soient
pas soumises à l'exigence d'expérience du travail d'au moins un an du PSTQ dans
l'attente du rétablissement du PEQ.
• (11 h 20) •
Sur la question de la connaissance du
français, nous saluons les avancées obtenues dans le PEQ et recommandons que
les conditions du programme d'études, où au moins 75 % des cours ont été
suivis en français, ainsi que la rédaction des travaux de recherche dans une
autre langue que le français, conditionnellement au suivi de 75 % des
cours en français, soient conservées dans le PEQ. Dans le PSTQ, seuls trois
types de diplômes secondaires sont reconnus comme preuve linguistique. Ceux
délivrés en France, en Belgique francophone et en Suisse romande. Les autres
pays francophones sont complètement oubliés. Donc, les personnes venant de
l'Algérie, du Cameroun ou d'Haïti, par exemple, et bien d'autres pays
francophones n'ont pas cette reconnaissance. Cette restriction oblige de
nombreuses personnes étudiantes à passer des tests linguistiques coûteux et
parfois difficilement accessibles, alors même qu'elles ont étudié en français
pendant plusieurs années, ou bien que leur langue première est le français.
Cette restriction est juste discriminatoire. On demande que tout... que tout...
excusez-moi, on demande que tout type d'études secondaires ou postsecondaires
réalisées en français soit pris en compte dans le PSTQ... en tant que preuve...
Mme Dommanget (Flora) : ...une
preuve de connaissance du français dans l'attente du rétablissement du PEQ.
M. Goyette (Loïc) : Enfin,
l'UEQ tient à souligner la situation particulière des personnes étudiantes qui
déposent une demande d'asile. La situation d'un pays d'origine peut grandement
évoluer durant les années d'études, obligeant certaines personnes à déposer une
demande d'asile pour assurer leur sécurité ou leur dignité. Les demandes
d'asile doivent être évaluées selon les dangers de retourner dans un pays, non
selon des critères arbitraires comme la durée de séjour au Canada. Nous
recommandons donc que le gouvernement du Québec demande au gouvernement fédéral
de continuer à traiter ces demandes, peu importe la durée de séjour prévue
initialement.
Mme Dommanget (Flora) : Pour
conclure notre présentation, nous souhaitons rappeler que derrière les chiffres
et décisions du gouvernement, ce sont des personnes qui paient les frais et
l'incertitude de leur avenir. Nous voulions prendre quelques minutes pour vous
partager le témoignage d'Anne-Laure, étudiante d'origine française, qui
illustre parfaitement l'incohérence des politiques migratoires. Anne-Laure est
arrivée au Québec en 2017, via le programme Étudier et vivre au Québec, qui
recrute des jeunes d'outremer et les envoie en région pour étudier au cégep.
Elle a ensuite obtenu son DEC en architecture en 2020 à Trois-Rivières. Cette
même année a eu lieu la première réforme du PEQ, qui a complexifié les
démarches vers l'obtention de la résidence permanente. Elle a donc décidé de
continuer à l'université afin de ne pas impacter son parcours scolaire et
professionnel. Elle s'est endettée afin de payer ses frais de scolarité et a
obtenu son diplôme en baccalauréat en génie civil en décembre 2024, soit un
mois après la suspension du PEQ. Donc, aujourd'hui, elle se retrouve bloquée
sans voie vers l'obtention de la résidence. Le PSTQ ne lui offre pas une
assurance d'obtenir cette résidence, dû à la complexité des critères. Ça fait
maintenant huit ans qu'Anne-Laure est au Québec, a étudié au Québec, contribue
à l'économie et travaille en ingénierie. Elle est intégrée, et pourtant son
futur est toujours incertain.
L'UEQ appelle à une refonte des politiques
d'immigration qui placent au cœur de ses priorités la rétention des talents
formés au Québec. On voit déjà les impacts des répercussions des politiques
d'immigration. Le BCI voit les demandes d'inscription chuter. Le budget
2025-2026 du financement des universités est en baisse. Ça va avoir un impact
sur l'ensemble de l'économie du Québec. Rappelons que les personnes étudiantes
internationales sont la meilleure immigration possible, comme le rappelle
lui-même le ministre de l'Immigration. Elles sont formées au Québec, intégrées
dans nos milieux et prêtes à contribuer activement à notre société. Nous vous
remercions de votre attention.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Eh bien, merci beaucoup pour cette présentation. Alors, on
commence la période d'échange avec les parlementaires. M. le ministre, et votre
banquette, vous bénéficiez de 16 min 30 s.
M. Roberge : Merci, Mme la
Présidente. Merci pour votre présentation. Les étudiants étrangers,
particulièrement ceux qui sont dans nos cégeps, formation technique, longue, et
dans nos universités, sont définitivement une richesse pour le Québec. Vous
l'avez dit, je l'ai déjà dit, ce sont souvent des immigrants, on va dire,
idéaux. Diplômés ici au Québec, pas de problème de reconnaissance d'acquis,
très souvent francophones, le plus souvent possible, évidemment, puisqu'il faut
être francophone maintenant pour faire
partie de l'immigration économique,
c'est une décision de notre gouvernement.
Malheureusement, cette année, pour la
session de l'automne, il y a une diminution d'inscriptions dans nos universités
des étudiants étrangers. Ça arrive au Québec, mais ça arrive aussi en Ontario,
ça arrive dans le reste du Canada, ça arrive dans les Maritimes. Comment ça se
fait? Est-ce que l'ensemble du Canada vit le contrecoup de l'adoption de la loi
n° 74, Loi visant principalement à améliorer l'encadrement relatif aux
étudiants étrangers au Québec? Bien non. Ce qui a créé ce ressac-là, c'est
surtout les politiques fédérales, qui ont annoncé deux années de suite, coup
sur coup, l'intention de réduire de 50 %, pas 5 %, pas 12 %,
50 % des étudiants étrangers, puis l'année suivante, 35 % encore de
réduction. Ça, c'est le message du gouvernement fédéral. Ça a fait très mal.
Ça a eu des impacts, et ce n'était pas ce
qu'on souhaitait avec la loi, et ce n'est pas ce que nous avons causé avec la
loi, puisque le nombre de CAQ qu'on a distribués l'an passé permettait cette
année d'avoir une stabilisation. Et dans notre cahier de planification, en ce
moment, ce qu'on propose, c'est 110 000 étudiants étrangers, c'est loin
d'une fermeture des frontières, 110 000 étudiants étrangers pour ce qui
s'en viendrait. Et la légère réduction, bien, on souhaiterait la faire, non pas
dans nos cégeps et dans nos universités, surtout pas dans les deuxième et
troisième cycles, mais dans des entreprises privées qui se spécialisent à
vendre le Québec en même temps qu'ils vendent le diplôme. Donc, je pense qu'il
faut rassurer nos cégeps, rassurer nos universités, rassurer nos chercheurs
pour dire qu'on va faire
partie de la solution pour avoir une prévisibilité,
rassurer tout le monde et s'assurer qu'on va accomplir notre mandat tous
ensemble, avec un accent régional.
Vous avez, dans votre présentation,
déploré la diminution du nombre d'étudiants étrangers cette année, globalement,
sur l'ensemble du réseau. Est-ce que vous avez un chiffre de l'admission, cette
année, elle est de combien en pourcentage...
M. Roberge : ...par rapport à
l'an passé.
Mme Dommanget (Flora) : Dans
les chiffres que nous avons, c'est vraiment les demandes d'inscription qui ont
été réduites, comme le montrait le rapport du BCI qui est sorti il n'y a pas
très longtemps. On voyait une diminution de 12 % dans les demandes
d'inscription. Ça fait que, nous, c'est vraiment quelque chose qu'on trouve problématique.
Parce que ça veut dire que le message qu'on envoie ici, avec toutes les
politiques d'immigration, c'est que les personnes étudiantes ne sont plus les
bienvenues au Québec. Ça fait que, que ce soit avec les politiques fédérales ou
même juste ici, on parle du contexte québécois, le message qu'on envoie à ces
personnes, c'est qu'elles ne sont plus les bienvenues. On leur bloque des
programmes également pour qu'elles puissent s'établir de façon permanente. Et,
nous, ce qu'on voit, c'est que ça crée un stress intense, ce qui fait que ça a
des répercussions sur l'ensemble de nos universités, ça a des répercussions
dans le financement de... de nos universités. On le voit, la part étudiante
augmente de plus en plus, et pourtant, bien, on a une diminution du financement
des universités.
M. Roberge : Juste clarifier
quelque chose.
Malgré la diminution d'inscriptions pour la session d'automne,
la nouvelle cohorte cette année d'étudiants étrangers, l'effectif étudiant
universitaire a augmenté cette année par rapport à l'an passé, une légère
hausse, mais quand même. De manière générale, on a plus d'étudiants sur nos
campus parce que... Le fait qu'il y ait moins d'étudiants étrangers est réel,
mais le fait est aussi qu'il y a davantage d'étudiants québécois, un peu
canadiens, mais surtout québécois. Donc, c'est important de le préciser, là. Il
n'y a pas une désertion de nos campus. Il y a plus d'étudiants que l'an passé.
Mais, je tiens à le rappeler, la
loi 74, là, qui vise à améliorer l'encadrement relatif aux étudiants
étrangers, maintenait les effectifs par rapport à l'an passé pour l'an 1.
Il y avait des baisses intentionnelles, assumées, précisées, voulues, oui, pour
des collèges privés qui étaient beaucoup dans des programmes courts. Donc, on
n'est pas dans... universitaire, on n'est pas dans nos cégeps. On était dans
des collèges privés non subventionnés pour des programmes courts, qui se
servaient essentiellement de cet attrait-là, et souvent, même pas en français
d'ailleurs, pour vendre d'une certaine manière la citoyenneté canadienne.
Le message qui a été envoyé était beaucoup
plus fort du côté d'Ottawa, qui dit : Moi, je coupe de 50 % et de
35 %. Quand les gens viennent au Québec... Moi, je suis comme
nationaliste, je me dis : Ils viennent au Québec, bien sûr, mais, si je
quitte l'Europe ou l'Afrique, dans leur tête, ils arrivent au Canada. Puis le
message du gouvernement canadien, c'était : On réduit de 50 % puis de
35 %. Je comprends que ça a eu un impact ici. On veut travailler fort pour
aider nos institutions à rétablir le message positif qu'au Québec on est
ouverts. Puis on a besoin de cette force-là aussi pour faire de la recherche
fondamentale.
Je sais qu'il y a une grande proportion
des étudiants de cycles supérieurs qui sont des étudiants étrangers. On
pourrait travailler aussi un chantier, ceci dit, pour qu'il y ait davantage de
Québécois qui poursuivent leur formation dans les cycles supérieurs. Ce n'est
probablement pas normal qu'on ait si peu de Québécois, maîtrise, doctorat, postdoc.
Mais je ne lance la pierre à personne. Puis on est capables de... je pense, de
revenir à des niveaux qui ressemblaient à ce qu'il y avait avant. Ça ne fait
pas 10 ans, là, qu'on a baissé. Ça a été un soubresaut cette année.
• (11 h 30) •
Vous avez parlé du tout nouveau programme,
le PSTQ, le Programme de sélection des travailleurs québécois. Le volet 1,
qu'on a... il est tout nouveau, ce programme-là, donc il n'y a pas
d'historique, il n'y a pas de... on n'a pas beaucoup, par dizaines de milliers,
des histoires à succès, des gens qui témoignent de leur parcours de réussite
parce qu'il est totalement nouveau. On l'a lancé, là, en juillet, août cette
année, mais la... le premier appel de candidatures, il était à 100 %...
tout le monde qui a été invité était des diplômés québécois. Ce n'était pas
nombreux parce qu'on commence le programme. Mais c'était axé sur ça.
Vous avez raison de dire par contre que ce
n'est pas garanti. Ce n'est pas tous les étudiants, peu importe où ils
habitent, peu importe la langue qu'ils parlent, peu importe qu'ils soient en
histoire de l'art, en marketing ou en soins infirmiers, qu'ils ont
automatiquement, avec le PSTQ, le CSQ, le Certificat de sélection du Québec.
Mais est-ce que c'est normal de le donner de manière automatique? Est-ce que
c'est normal de dire : On a un nombre limité de personnes qu'on peut
inviter sur le territoire québécois comme résident permanent, ce n'est pas
60 000 ou 100 000 ou 120 000, on a une capacité d'accueil qui
est limitée... Est-ce que c'est normal de dire : Bien, peu importe mes
besoins en main-d'œuvre, peu importe que ta formation nous permette de combler
un poste, on va t'accueillir, quitte à refuser ensuite des gens qui pourraient
combler les postes...
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11 h 30 (version non révisé
e) M. Roberge : ...est-ce que ce
statu quo là est souhaitable? Bien, moi, je pense que non. Pourquoi pensez-vous
que oui?
Mme Dommanget (Flora) : Bien,
par rapport à cette partie-ci, nous, ce qu'on considère, c'est que les
personnes sont déjà intégrées dans la société. Elles viennent au Québec pour
pouvoir étudier. Ça fait plusieurs années qu'elles sont là, elles sont
intégrées niveau... socialement, elles travaillent aussi à côté de leurs études,
potentiellement. Ça fait que ça veut dire qu'ici elles contribuent activement à
la société, elles veulent s'établir, puis nous, ce qu'on leur dit au final, c'est
qu'après tant de nombre d'années... comme, par exemple, Anne-Laure, quand ça
fait huit ans qu'elle est présente, on lui dit : Bien non, finalement, on ne
veut plus que tu sois présente, alors qu'on est allé la chercher. Ça fait que c'est
vraiment cette incohérence ici que... nous, on ne trouve pas ça normal. On
accepte des personnes sur notre territoire, il faudrait qu'elles puissent pouvoir
rester après de façon permanente.
M. Goyette (Loïc) : Oui, puis
on est contents de vous entendre dire que vous voulez envoyer un message
positif à l'international, comme quoi le Québec, c'est une destination de choix
pour étudier. Puis je pense qu'un des messages positifs, puis nous, on le mentionne
dans notre mémoire, plusieurs universités aussi, là, le mentionnent, là, ce
serait le rétablissement du PEQ à l'international. Plusieurs personnes viennent
étudier ici, puis une fois qu'elles font leur vie ici, elles se rendent compte
que c'est cool, le Québec, bien, souhaitent rester aussi, puis c'est leur
permettre ça, de rétablir le PEQ.
M. Roberge : Je suis d'accord
avec vous, c'est pas mal, pas mal cool, le Québec. On peut être fiers des gens
qui nous ont précédés, hein, on a reçu ça, une société avec une belle
démocratie, prospère, avec un réseau universitaire, hein? C'est la génération
de mes parents qui ont fait le rapport Parent, qui ont créé le réseau UQ, qui
ont déployé les cégeps, puis on a la responsabilité d'essayer de faire même un
petit peu mieux pour laisser à ceux qui nous suivent. Ça fait un Québec très
attractif. Beaucoup, beaucoup de personnes d'un peu partout sur la planète
veulent venir ici, puis je les comprends, à la fois pour notre art de vivre
puis aussi pour la qualité de la formation.
Si on dit qu'on ne revient pas des seuils
très bas, le Parti québécois, lui, dit : On part... on est à 120 000
étudiants étrangers, on devrait retourner à 50 000. Le Parti québécois
veut réduire de 60 % le nombre d'étudiants étrangers sur le territoire
québécois. C'est sûr que, si on fait ça, ce n'est pas ma politique du tout, ce
n'est pas la politique de mon gouvernement, bien, après, on peut bien dire :
OK, ceux qui sont là peuvent rester comme résidents permanents. On réduit
tellement, on réduit notre capacité de recherche, on s'attaque à nos régions,
mais on réduit tellement qu'après on peut dire : Ceux qui sont ici peuvent
rester.
Mais si on garde un seuil suffisamment
élevé, nous, on propose, dans le cahier, 110 000 étudiants étrangers,
bien, c'est difficile de dire que tout ce monde-là, automatiquement, devient
résident permanent, devient Québécois, devient Canadien. Il y a des gens qui
viennent ici et ils repartent. D'ailleurs, ils viennent ici comme... on dit «immigrant
temporaire», c'est un permis d'études. Après ça, c'est un permis de travail
post-diplôme, puis, après ça, on voit. Est-ce que cette personne-là,
réellement, veut rester ici? Je les comprendrais. Est-ce que cette personne-là
a réussi son intégration au marché du travail? Est-ce que cette personne-là
répond à un secteur qui est en pénurie? Et, si tout ça est vrai, comme on dit, excusez-moi
l'anglicisme, on a un match, et là on dit : Bien, formidable, formidable!
Mais de dire que c'est garanti avec un niveau élevé, qu'on propose, ça devient
un peu difficile.
Vous me parlez de la capacité d'accueil,
dans votre mémoire, page 11. Vous critiquez l'usage de la notion de la capacité
d'accueil par le gouvernement du Québec, mais le nombre de places dans les
universités n'est pas infini. D'ailleurs, les universités et les cégeps nous
demandent plus d'argent au Plan québécois d'infrastructures. Les cégeps nous
disent : Il faudrait rajouter 50 %. Ils disent : On aurait
besoin de rajouter 50 % de plus de locaux de cégeps. C'est des milliards
et des milliards. Il y a un taux de chômage qui est plus élevé,
particulièrement chez les jeunes, chez vos membres, il y a une difficulté à se
loger, la disponibilité de logements est moins grande, puis les loyers sont
plus élevés. Est-ce que ce n'est pas ça, la capacité d'accueil, la capacité d'intégrer
les gens puis de leur donner une chance de s'établir durablement, de décrocher
un emploi, d'avoir un logement décent?
Mme Dommanget (Flora) : Oui.
Considérant la capacité d'accueil, c'est sûr qu'en ce moment il n'y a pas de
définition claire. Ça fait que c'est sûr qu'on peut jouer sur les mots et
savoir un peu, OK, bien, qu'est-ce qui nous arrange en ce moment... OK, on va dire
que c'est ça, la capacité d'accueil. Nous, ce qu'on voit, dans le contexte de
la crise du logement ou ce genre d'affaires, c'est que c'est vraiment plus
contextuel au manque de logements, donc, prix abordables, etc., et que ça
repose... il ne faut pas que ça repose ici sur les personnes étudiantes parce
que celles-ci se regrouperaient...
Mme Dommanget (Flora) : ...principalement
autour des centres universitaires. Tu sais, si on regarde également dans
d'autres secteurs où la crise du logement est touchée, par exemple en Gaspésie,
on a un taux d'inoccupation de presque 0 % alors qu'il n'y a vraiment pas
beaucoup d'immigration. Ça fait qu'attribuer le rôle de l'immigration à toutes
les crises en ce moment sociétal au Québec, c'est ça qui n'est pas normal et
c'est ce qu'ici ce qu'on déplore. Ça fait qu'il faut vraiment prendre en
considération que la population étudiante internationale est vraiment un ajout
à la société. Elle contribue activement, elle veut s'établir, veut être
intégrée. Ça fait que c'est ça ici, que nous, on appuie.
M. Roberge : Puis je suis
content que vous ameniez ça parce qu'il ne faut pas faire une relation de cause
à effet. Je ne l'ai pas fait. Certains m'ont mis des mots dans la bouche, comme
quoi moi ou mon gouvernement, on disait : C'est la faute aux immigrants,
c'est la faute aux étudiants, c'est la faute s'il y a, par exemple, des enjeux
de logement. Ce n'est pas... ce n'est pas du tout ce qu'on dit. Par contre,
alors qu'on est en période de pénurie de logements, une question d'offre et
demande, est-ce... est-ce qu'on veut maintenir tous les temporaires sur le
territoire québécois? Là, on parle des étudiants, mais on fait la planification
pluriannuelle. Comprenez que, oui, on parle des étudiants, mais moi, j'ai aussi
en tête tous les travailleurs étrangers temporaires, les 200 000 personnes qui
relèvent du PMI du fédéral, les autres 200 000 personnes qui relèvent,
demandeurs d'asile, du fédéral, je regarde tout ça, puis on se dit : Bien,
considérant qu'on a un enjeu, par exemple, de logement, est-ce qu'on veut
attirer plus de nouvelles personnes sur le territoire avant de construire des
logements ou est-ce qu'on ne veut pas régulariser la situation? C'est ça, c'est
la question que l'on pose.
Et d'aucune manière je ne dirais : La
pénurie de logements est causée par les étudiants ou est causée par les
temporaires. Il faut juste se demander... Par contre, si j'invite 10 personnes
à souper chez moi puis j'ai huit chaises autour de la table, on a déjà deux
personnes debout, c'est gérable, il y en arrive deux autres, on est rendus 14,
c'est gérable, on peut faire ça, la question, c'est : Est-ce que j'invite
cinq autres personnes? Là, je me dis : Bien là, attendez, on va faire un
peu de place, puis après ça on va inviter d'autre monde. C'est ça, la notion de
capacité d'accueil. Et d'aucune manière je veux dire que ce seraient les
étudiants qui seraient responsables de la pénurie de logements. Mais vous,
comme UEQ, vous avez des membres qui ont de la misère à se loger, donc il faut
se demander, dans ce contexte-là : Est-ce qu'on stabilise l'effectif
étudiant des universités, ce qui est notre proposition, ou est-ce qu'on en
ajoute 10 000, 20 000, 30 000 de plus? Je pense que c'est ça qu'on doit avoir
comme débat de politique publique, sans blâmer un groupe plutôt qu'un autre.
M. Goyette (Loïc) : Et
certainement qu'on a des membres qui vivent activement la crise du logement,
là. Puis on a plein de propositions. Je pense que ce n'est pas le cadre des
consultations, là, de ces propositions, mais on a plein de propositions qu'on
pourrait soumettre à votre gouvernement, si vos collègues le souhaitent, pour
solutionner ou, en tout cas, en
partie la crise du logement.
Vous avez mentionné le 110 000 personnes
étudiantes puis ce serait trop à accueillir de façon permanente au Québec. Là,
je pense qu'il y a... Ni à l'UEQ ni aucune autre organisation ne pensent que
toutes les personnes étudiantes qui viendraient au Québec souhaiteraient
s'établir de façon permanente au Québec. On est loin de ça. Ce n'est pas... ce
n'est pas parce qu'il y avait le PEQ qu'il y avait toutes les personnes
étudiantes qui venaient au Québec qui souhaitaient rester au Québec. Mais,
lorsqu'elles sont au Québec, dans le cadre... lorsqu'elles sont en personnes
étudiantes, elles contribuent activement au Québec. On a vu qu'il y a 4,2
milliards de contributions au PIB. Elles contribuent aussi à créer...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Goyette (Loïc) : ...48 000
emplois, pardon.
M. Roberge : ...présentation.
Désolé de ne pas pouvoir poursuivre encore avec vous.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Vous avez compris? Je suis la gardienne du temps.
Donc, quand je dis «en terminant», il reste 10 secondes. M. le député de
Pontiac, bienvenue. Vous représentez l'opposition officielle et vous avez une
période de 12 minutes 23 secondes.
• (11 h 40) •
M. Fortin : Merci, merci, Mme la Présidente. Bonjour à vous. Merci,
merci d'être avec nous. Je vous promets, je vous promets de me rappeler que
c'est une consultation, donc vous donner le droit de parole autant que
possible. Mais je veux juste revenir sur une chose que le ministre a dit, parce
que c'est vrai, là, merci de m'accueillir dans cette commission-là, moi, c'est
la première fois que je prends activement part aux travaux de la commission,
puis, honnêtement, M. le ministre, je ne comprends pas vos propos. C'est comme
si M. le ministre vient de dire : Il y a des gens qui mettent des mots
dans la bouche de mon gouvernement, on ne dit jamais que c'est l'immigration
qui cause des problèmes de logement ou la crise du logement. Moi, j'ai une
citation : «Selon François Legault, — ça, ça date du 11 juin 2024 —
"100 %" du problème de logements au Québec s'explique par la
hausse de l'immigration temporaire.» 100 %. Alors, comment aujourd'hui
vous pouvez être ici, là, puis nous dire : On dit...
M. Fortin :
...nous autres que c'est de la faute de l'immigration. On ne dit jamais ça.
100 % du problème, selon le premier ministre, qui en théorie est votre
patron, quand même.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : ...
M. Fortin :
Oui, Mme la Présidente, j'apprends à vous connaître, Mme la Présidente. Tout le
monde a des règles un peu différentes, mais je m'excuse de devoir faire ce
petit rappel au ministre qui est devant moi. Bonjour, comment ça va? Très bien.
Alors. La recherche puis l'innovation, là, quand vous parlez de ça,
honnêtement, là, vous me rejoignez. Parce que le ministre, tantôt, a dit :
Bien, nous, on y croit, à l'importance de la recherche, l'importance de
l'innovation, de l'importance d'avoir des cycles supérieurs. On aimerait même
qu'il y ait plus de Québécois qui s'investissent dans les... dans les études de
cycles supérieurs. C'est comme s'il nous disait : Bien, mes politiques
n'affecteront pas, n'affectent pas en ce moment, là, le nombre de gens qui
s'investissent dans ces milieux-là. Mais vous avez des préoccupations quand
même importantes par rapport à ce qui est proposé et l'impact sur la recherche,
sur l'innovation. J'aimerais ça vous entendre peut-être sur ce que vous
entrevoyez, sur ce qui s'en vient. Parce qu'on ne peut pas se mettre la tête
dans le sable, là, les recteurs d'université viennent ici, Mme D'Amours était ici
hier pour nous dire : Faites attention à ça. Il y a un gros problème sur
la recherche et l'innovation. J'aimerais ça comprendre votre préoccupation
principale autour de ça.
Mme Dommanget (Flora) : De
notre côté, nous, ce qu'on voit, c'est qu'il y a à hauteur de 32 % des
personnes étudiantes qui sont internationales, donc, dans les cycles
supérieurs, ça fait que pour nous, c'est vraiment... c'est vraiment important
de pouvoir bien les accompagner dans leur parcours. Ce qu'on voit dans les
restrictions avec les quotas, les différents programmes, c'est qu'on ne leur
permet pas de pouvoir être... s'établir durablement. Ça fait que, par exemple,
quand ils vont devoir faire des demandes de renouvellement parce que leurs...
leurs études prennent plus de temps que prévu, bien, elles pourraient se
retrouver dans un flou et finalement devoir retourner chez elle parce qu'il y a
un problème administratif. Ça fait que, nous, c'est vraiment quelque chose
qu'on déplore. Il faut que les personnes qui soient déjà au pays puissent
pouvoir continuer à être présentes puis poursuivre leurs études. Ça va vraiment
contribuer ici à l'innovation, à la recherche et c'est ce qu'on veut, puisque,
bien, en ce moment, ce qu'on voit, c'est que c'est pas mal de la population
étudiante internationale qui se retrouve dans nos cycles supérieurs.
M. Fortin :
Sur la question des renouvellements, là, parce que vous y avez touché, là, dans
votre... dans votre réponse, pouvez-vous me dire concrètement ce qui arrive,
là? Quelqu'un qui, par exemple, fait face à un obstacle comme celui-là, là,
doit renouveler son CAQ. Tantôt, vous avez dit que ça peut causer des retards
dans les études, que c'est un fardeau administratif important, puis on le sait
que ce n'est pas facile... Pas facile faire affaire avec le gouvernement du
Québec pour des choses qui sont simples d'habitude, là. Alors, je n'ose même
pas penser un renouvellement de CAQ ce que ça peut représenter pour quelqu'un
qui a souvent la tête ailleurs, c'est-à-dire survivre financièrement, sur
réussir des études, sur bonifier, améliorer son français, peut-être, peu
importe, là. Qu'est-ce que... qu'est-ce que ça... Qu'est-ce qui arrive à
quelqu'un qui, en cours d'études, doit renouveler son CAQ?
M. Goyette (Loïc) : Oui, bien,
premièrement, là, plusieurs personnes étudiantes, que ce soit québécoises,
internationales ou qui proviennent du Canada, là, prennent plus de temps dans
leurs études que ce qui est imparti normalement pour le diplôme en question.
Donc, lorsqu'une personne étudiante internationale fait ça, elle doit
renouveler son CAQ, son certificat d'acceptation du Québec et par la suite son
permis d'études. En ce moment, il y a des quotas qui sont... qui sont mis aux
universités puis les renouvellements rentrent dans ces quotas-là.
Nous, notre crainte, c'est qu'une
université qui arriverait proche de son quota ou par mauvaise gestion des
quotas, étant donné aussi le moment où les universités reçoivent les quotas
dans le cycle académique, elles ne soient pas capables de prévoir suffisamment
de quotas... de quotas de côté puis doivent refuser des personnes, là, qui
seraient en renouvellement de CAQ puis finissent leur parcours plus tôt que
prévu. Puis ils doivent retourner dans leur pays sans avoir de diplôme avec
plusieurs milliers d'argent investis dans des droits de scolarité au Québec
sans diplôme.
M. Fortin :
OK, c'est des gens qui retourneraient dans leur pays, là. Ce n'est même pas des
gens qui temporairement devraient mettre leurs études de côté, faire... rester
ici en attendant que ça se... que ça se replace, là, ou qu'ils obtiennent leur
renouvellement, c'est des gens qui carrément retourneraient dans leur pays avec
un diplôme à moitié terminé.
M. Goyette (Loïc) : Bien,
c'est sûr qu'à ce moment-là, ces gens-là sont sur le territoire en tant
qu'étudiant, en tant que personne étudiante. Si elles ne sont plus étudiantes,
bien, vont devoir retourner. Après ça, est-ce qu'elles vont pouvoir revenir?
Certainement qu'il y a des personnes, là, qui vont trouver des moyens de
réavoir un permis par la suite, mais en retardant leur processus académique de
plusieurs sessions...
M. Goyette (Loïc) : ...de
plusieurs années, puis tout ça, ça apporte un stress et une anxiété importante,
là, comme vous pouvez l'imaginer.
M. Fortin : OK. Je nous encourage collectivement à penser si c'est vraiment
ça qu'on veut, là. Est-ce que c'est vraiment le genre de situation qu'on veut
créer au Québec où quelqu'un qui obtient, là, un CAQ, donc qui est accepté
vient ici, fait une
partie de ses études pour une raison x, y, z, que vous
mentionnez, là, vous en avez plusieurs des exemples, il doit faire un
renouvellement puis là se retrouve à devoir quitter le pays temporairement pour
après ça, peut-être un jour, revenir s'il obtient son renouvellement de CAQ.
Est-ce que c'est vraiment l'expérience québécoise qu'on veut offrir? Est-ce que
c'est vraiment ce qu'on veut comme... comme société d'accueil pour ces... pour
ces gens-là?
Sur la question du... Je reste sur la
question du renouvellement, là, quelques instants, là, vous en avez fait état
dans votre mémoire, puis je trouve que ce serait... Ce serait faire erreur de
passer à côté, là. La question des gens qui étudient au cycle supérieur et qui,
pour une raison ou une autre, ils doivent changer d'établissement
universitaire. Vous faites état de la situation où, par exemple, un directeur
de recherche serait harcelant envers l'étudiant. On doit changer
d'établissement de recherche. C'est ce qui arrive souvent quand on parle de
directeur d'établissement d'études, quand on perd notre directeur de recherche.
Cette personne-là qui aurait dénoncé une situation de harcèlement se
retrouverait potentiellement, vraisemblablement, à refaire un renouvellement de
CAQ, avec tous les impacts que vous venez dire, c'est-à-dire possible retour
dans son pays, etc. Est-ce que c'est des situations que vous avez vues,
entendues ou vous pensez que les gens ne seraient même pas... les gens se
garderaient de dénoncer le harcèlement par peur de se retrouver dans cette situation-là?
Mme Dommanget (Flora) :
Nous, c'est clairement une crainte qu'on voit spécifiquement. Et ça rajoute une
pression supplémentaire sur la personne étudiante. Est-ce que je me lance dans
un tel risque? Est-ce que ça veut dire que je vais devoir... Est-ce que changer
d'établissement, ça veut dire, donc, devoir refaire tous ces documents parce
que, bien, ce n'est pas pris en considération, ce qui fait qu'une personne qui
vit une situation va devoir se questionner sur, tu sais, la critique qu'elle se
fait mettre sur les épaules ou bien juste devoir repartir dans son pays? Ça
fait que c'est vraiment juste subir pendant ses études, alors que, là, on
pourrait juste la soulager de cette charge-ci puis lui dire : OK, tu vas
pouvoir faire le processus de plainte, etc., pouvoir également changer
d'établissement parce qu'on s'entend, avoir un directeur, une directrice de
recherche dans un domaine spécifique, bien, il va falloir changer
d'établissement pour pouvoir retrouver cette même spécificité. Ça fait que c'est
sûr que ça rajoute une charge supplémentaire sur le choix de la personne
étudiante, et c'est ce que, nous, on demande d'enlever.
M. Fortin : OK. Bien là... Encore là, je nous encourage collectivement à
garder ça en tête. Moi, je lève mon chapeau sur certaines des avancées en
matière de harcèlement qui ont été faites au cours des dernières années, mais
ce serait... ce serait douloureux, je crois, de laisser une clause comme
celle-là qui pourrait faire en sorte que des gens se retrouvent à ne pas
dénoncer une situation de harcèlement, là. Collectivement, c'est... c'est notre
devoir de s'assurer que les gens ont toutes les opportunités et ils ne sont pas
pénalisés s'ils font une démarche comme celle-là.
Sur le PRTQ, je veux juste bien vous
comprendre, là, et encore là, je ne suis pas un expert en la matière, mais
tantôt vous avez parlé, si je me... si je me souviens bien, de la Belgique, de
la Suisse et de la France je crois, là, où les diplômes sont... sont reconnus,
mais tous les autres pays francophones qui ne le sont pas. Alors, qu'est-ce
qu'il se passe dans une situation où on a un étudiant qui, par exemple, dans
sa... dans ce programme-là, vient de la Tunisie et n'a pas son diplôme reconnu
à la même... de la même façon que quelqu'un qui viendrait de la Suisse, par
exemple? Est-ce que vous pouvez m'expliquer la démarche et le délai que ça
cause, cette non-reconnaissance immédiate?
• (11 h 50) •
M. Goyette (Loïc) : Oui.
Bien, ces personnes-là vont devoir faire un test de français, là, pour... puis
prouver leur... prouver leurs... leurs capacités en français. Ces tests-là sont
souvent très onéreux. C'est encore une fois des démarches supplémentaires qui
doivent être faites. Surtout quand on sait que ces gens-là proviennent de pays
francophones, ont étudié en français. Donc, a priori, on peut supposer que
quand tu as un diplôme qui a été fait en français, tu parles français. Puis il
y a plein de pays qui, on le sait, là, il y a plus de personnes francophones au
Maroc, par exemple, qu'en Suisse, là. Donc, nous, on trouve ça aberrant que
certains pays francophones soient reconnus dans... certains diplômes de
certains pays francophones sont reconnus dans ce cadre-là puis pas d'autres. Je
tiens à rappeler quand même, là, que nous, notre demande principale, là, c'est
le retour du PEQ. On trouve que le PRTQ n'est pas forcément adapté aux besoins
et aux réalités des personnes étudiantes. Donc, notre demande principale, c'est
le retour du PEQ.
M. Fortin :
Très bien. Je pense qu'il me reste à peu près deux minutes, Mme la Présidente.
Puis vu que c'est le temps du Parti québécois, je vais en profiter. Le Parti
québécois propose de réduire le nombre d'étudiants étrangers...
M. Fortin : ...à 50 000. Vous en pensez quoi?
Mme Dommanget (Flora) : Nous,
on trouve que c'est complètement aberrant en ce moment, considérant que la
plupart de notre financement à l'université dépend de ce genre de personnes, et
notre économie québécoise aussi en dépend. Ça fait que c'est sûr que, nous, ce
que... ce qu'on veut, c'est que ces personnes puissent s'établir de façon
permanente, puissent... puissent être vraiment bien accueillies au Québec.
M. Fortin : Très bien. Et je vous remercie de votre... de votre
présence, de votre apport aujourd'hui. Et je m'excuse pour ma petite intrusion
dans le monde parallèle du ministre, tantôt, mais c'était difficile de passer à
côté de quelque chose qui... qui est si peu ancré dans la réalité des propos de
sa formation politique. Je vous remercie.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Maintenant, on en est rendus à... au deuxième groupe
d'opposition, et vous avez quatre minutes 58 secondes, étant donné que le
temps n'a pas été tout pris par l'opposition officielle. Le micro est à bout.
M. Fontecilla : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour. Merci beaucoup d'être ici.
Écoutez, à votre recommandation huit, vous
proposez que la cible de 45 000 personnes immigrantes admises par
année au
titre de résident permanent soit privilégiée. Donc, c'est la... c'est la
fourchette supérieure, là. Ce qu'on... Ce qu'on peut comprendre de votre
position, c'est que ça... évidemment, en premier lieu, ça favorise la
population étudiante, cette cible-là. Mais, de façon plus générale, c'est que
vous considérez que le Québec a besoin de davantage d'étudiants et étudiantes
internationaux, des travailleurs qui viennent d'ailleurs, une population en
général, et que, pour vous, la question de dépassement des seuils de la
capacité d'accueil ne joue pas tellement dans ce... dans ces calculs-là. Est-ce
que je vois... Est-ce que je vise juste?
M. Goyette (Loïc) : Bien,
notre 45 000, on l'a pris... notre... comme... comme je l'ai dit quand
même à quelques reprises, là, notre demande principale, c'est le retour du PEQ.
Le PEQ était hors cible. Donc, dans... s'il y a une cible, nous, on
privilégierait, là, 45 000. Mais on reste à penser que la meilleure
solution pour les personnes étudiantes internationales, c'est le rétablissement
du PEQ. Le 45 000, on l'a choisi, là puis on a évolué dans le cadre du
cahier de consultation qui a été proposé dans le cadre des consultations. Le
45 000 était la cible la plus élevée. On pense que ça donnerait, là, plus
de chances aux personnes étudiantes internationales de pouvoir contribuer au
Québec. Rappelons-le, là, ces personnes-là sont déjà intégrées au Québec, ils
sont, la plupart, francisés, ont déjà un cercle d'amis qui a été fait ici, là.
Donc, on pense que la plus... la cible la plus élevée permettrait aux personnes
étudiantes internationales de pouvoir contribuer par la suite, là, au Québec.
M. Fontecilla : Est-ce qu'on
a les moyens de les accueillir?
M. Goyette (Loïc) : ...la
capacité d'accueil, là, nous, c'est un concept qu'on trouve flou, qui n'est pas
basé sur des données probantes ou en tout cas pas des données probantes sur
lesquelles on a pu évaluer ce concept de capacité d'accueil. Donc, on n'est pas
en mesure de déterminer c'est quoi, la capacité d'accueil. Puis on critique
l'utilisation de ce concept-là sans... sans réellement l'expliquer puis le
définir exactement, ça veut dire quoi, capacité d'accueil.
Mme Dommanget (Flora) : Nous,
ce qu'on considère ici, c'est qu'il faut vraiment prendre en considération que,
venir diminuer le nombre de personnes étudiantes au Québec, ça va avoir des
impacts sur le financement, sur l'ensemble de la société. Ça fait que c'est ça,
ici, que, nous, on veut que ce soit pris en considération quand on regarde les
cibles qui doivent être établies.
M. Fontecilla : Le ministre
mentionnait tantôt la question très précisément du logement, comme quoi vos
étudiants n'ont pas les moyens de se loger, et donc qu'il faudrait fermer le
robinet, en quelque... en quelque sorte. Vous avez dit que vous avez d'autres
propositions. Vous... Par ailleurs, là, vous avez des propositions concernant
le logement. J'aimerais vous entendre. Qu'est-ce... Quelles sont vos
propositions? Ça m'intéresse.
Mme Dommanget (Flora) : Oui.
Nous, ce qu'on encourage, dans le cadre plus logement, là, c'est sûr qu'on
s'écarte un peu de... de la commission immigration, mais ce serait...
M. Fontecilla : Non.
Excusez-moi. On ne s'écarte pas tout à fait parce qu'on ramène constamment la
question du logement à la... aux seuils d'immigration, là. Donc, on est dans le
vif du sujet, là. Logement et immigration aujourd'hui sont étroitement reliés
dans la tête du gouvernement, là, et du ministre.
Mme Dommanget (Flora) : Oui.
C'est sûr que, nous, on les dissocie, pour le coup. Parce que, comme on le
voit, la crise du logement touche l'ensemble du territoire, et il n'y a pas
forcément de... beaucoup d'immigration qui peuvent se retrouver dans ces
zones-là. On le voit notamment en Gaspésie, où il y a la crise du logement qui
est bien présente, et pourtant, bien, il n'y a pas beaucoup de personnes
immigrantes qui sont dans ces territoires-ci.
Ça fait que nous, ce qu'on encourage,
c'est vraiment la... plus de construction pour pouvoir réduire la crise du
logement, également avoir quelque chose qui favorise le contrôle des loyers. Ça
fait que nous, c'est vraiment dans cette optique-là qu'on le voit. Puis on le
dissocie vraiment de l'immigration, parce que, pour nous, c'est aberrant
d'associer les deux.
M. Fontecilla : Donc,
c'est... c'est deux problématiques qui n'ont pas... qui n'ont pas à être
reliées ensemble, comme c'est souvent fait dans le discours politique actuel.
Mme Dommanget (Flora) : C'est
ça. Pour nous, on voit que c'est un sujet beaucoup plus large, la crise du
logement, et que ça ne touche pas la... ça ne touche pas seulement la
population...
Mme Dommanget (Flora) : ...sont
étudiantes internationales, ça fait que c'est pour ça qu'on les dissocie ici.
M. Fontecilla : Très bien. Je
n'ai pas d'autre question, Mme.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Alors, si c'est terminé, je vous remercie pour votre
présence en commission. Vos propos ont été accueillis par l'ensemble des
parlementaires. Alors, je vous souhaite une bonne fin de journée.
Et je vais suspendre la commission
quelques instants, le temps de recevoir le prochain groupe. Merci.
(Suspension de la séance à 11 h 56)
(Reprise à 12 heures)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend ses
travaux. Donc, pour les prochaines minutes, nous recevons les représentantes
d'Éducation internationale. Alors, mesdames, bienvenue à la Commission des
relations avec les citoyens. Vous allez avoir une période de 10 minutes pour
vous présenter et... et par la suite... voyons, exprimer vos commentaires sur
le cahier, je m'excuse, j'avais autre chose en tête, et nous allons ensuite
discuter avec les parlementaires. Alors, le micro est d'ores et déjà à vous.
Mme van der Knaap (Lysiane) : Bonjour,
Lysiane van der Knaap, je suis directrice générale d'Éducation internationale.
Je suis accompagnée de...
Mme Bolduc (Véronique) : Véronique
Bolduc, directrice services éducatifs en formation professionnelle, éducation
aux adultes et services aux entreprises au Centre de services scolaire des
navigateurs.
Mme Bergeron (Gabrielle) : Et
Gabrielle Bergeron, je suis conseillère réglementée en immigration pour les
étudiants étrangers chez Éducation internationale.
Mme van der Knaap (Lysiane) : Mme
la Présidente, M. le ministre, Mmes et MM. les députés, merci de nous recevoir.
Éducation internationale, c'est une...
Haut de la page
12 h (version non révisé
e) Mme van der Knaap (Lysiane) : ...coopérative
du réseau scolaire. À travers son service Québec métiers d'avenir la
coopérative à développer une expertise en matière de recrutement et
d'accompagnement d'étudiants internationaux qui ont pour projet de poursuivre
des études dans un centre de formation professionnelle publique du Québec. Nous
offrons aussi de l'expertise-conseil au réseau scolaire au sujet des règles
d'immigration qui concernent les étudiants internationaux. Les étudiants
étrangers diplômés de nos programmes francophones nous apparaissent comme des
candidats idéaux. Étant donné que ces personnes possèdent un diplôme québécois,
qu'elles sont jeunes et qu'elles vivent déjà ici en français depuis plusieurs
années, elles constituent un bassin exceptionnel où recruter des nouveaux
Québécois. Ces mots ne sont pas les miens, ce sont ceux de François Legault dans
son mot d'introduction du cahier de consultation publique pour la planification
de l'immigration 2023-2026. Le rapport du commissaire à la langue
française, qui a été publié le 8 octobre dernier, vient appuyer cette
position. Il souligne que les étudiants internationaux francophones
représentent une opportunité stratégique pour le Québec, notamment en raison de
leur intégration linguistique et sociale déjà amorcée. Pourtant, malgré cette
reconnaissance du rôle stratégique des étudiants étrangers, des mesures
restrictives en immigration ont été imposées au cours de la dernière année,
tant par Québec que par Ottawa, ce qui affecte lourdement et de façon
disproportionnée, j'insiste, la formation professionnelle par rapport aux
autres formes d'enseignement.
À la fin du mois de septembre 2025, on a
réalisé un sondage auprès des centres de formation professionnelle pour
connaître l'impact des mesures sur leur capacité à attirer des étudiants
étrangers. 55 représentants issus de 39 centres de services scolaires, commissions
scolaires qui représentent l'ensemble des régions du Québec, ont répondu.
65 % des personnes sondées observent une baisse de 25 % ou plus à la
rentrée 2025 par rapport à 2024. Pour 44 % des... des répondants,
c'est une baisse de plus de 50 %. Et à l'hiver 2026, le portrait est
encore plus sombre.
Pourquoi ça devrait nous inquiéter? On a
20 établissements parmi nos répondants qui nous rapportent de devoir
annuler ou reporter 77 cohortes au cours de l'année scolaire. Pour
l'ensemble du Québec, ce nombre est certainement encore plus élevé. Les cohortes
qui sont annulées ou reportées, c'est des cohortes d'élèves québécois pour
lequel le nombre d'élèves inscrits est trop faible pour démarrer. Donc, les
élèves québécois en sont victimes aussi. Ils voient rompre leur parcours de
formation, ce qui affecte leur employabilité.
Aussi, ce qui devrait nous inquiéter,
c'est que les diplômés de la formation professionnelle, ils occupent des
emplois essentiels à la vitalité économique de toutes nos régions. Les données
disponibles parlent d'elles-mêmes. L'état d'équilibre du marché du travail qui
est publié par le gouvernement du Québec nous renseigne à l'effet que 80 %
des programmes de formation professionnelle sont... sont identifiés comme
menant à des métiers qui sont en léger déficit ou en déficit de main-d'œuvre.
Considérons également qu'il y a un nombre important de professions qui sont les
plus touchées par les pénuries persistantes de main-d'œuvre qui relèvent
directement de la formation professionnelle : préposés aux bénéficiaires,
machinistes, soudeurs, les 32 métiers de la construction qui relèvent de
la CCQ, les cuisiniers.
Dans notre sondage, les centres de
formation professionnelle nous ont nommés des programmes sont fragilisés par
les mesures restrictives en immigration. J'en nomme quelques-uns : cuisine,
préposés aux bénéficiaires, électromécanique, mécanique de machine fixe, usinage,
soudage, ferblanterie, arpentage, mécanique de véhicules lourds routiers.
J'attire votre attention sur les deux derniers programmes que j'ai mentionnés :
arpentage et mécanique de véhicules lourds routiers. Le 21 août dernier,
le ministre de l'Éducation et la ministre de l'Emploi, qui était en poste à ce
moment, en collaboration avec Hydro-Québec, ont annoncé des investissements de
250 millions de dollars pour soutenir la formation professionnelle
dans des métiers qui sont jugés prioritaires pour la transition énergétique du
Québec, notamment arpentage et mécanique de véhicules lourds routiers. Cette
initiative vise à répondre aux besoins de main-d'œuvre qualifiée dans le cadre
de projets structurants pour le Québec. Or, le bassin d'élèves québécois ne
suffit pas à combler les cohortes dans ces programmes. Alors que fera
Hydro-Québec quand il va chercher à embaucher un nombre suffisant de
travailleurs qualifiés mais que la main-d'œuvre ne sera tout simplement pas
disponible dans le nombre désiré? Une révision des critères d'admissibilité aux
permis de travail postdiplôme pour les programmes ciblés serait une réponse
cohérente et stratégique à ce paradoxe. Il s'agit d'un exemple, mais il en
existe plusieurs autres où nous voyons une incohérence entre les priorités
projets du Québec puis les barrières qu'on se met dans les roues pour attirer
des talents en formation professionnelle.
On a entendu à maintes reprises l'ancien
ministre de l'Éducation, M. Bernard Drainville, valoriser la formation
professionnelle. Dans un discours qu'il a prononcé le 16 avril dernier à
Alma, il affirmait : Je le dis souvent, chaque diplôme compte. Regardez
autour de vous. Quel serait notre quotidien sans les personnes des métiers,
sans les électriciens, les mécaniciens, les cuisiniers, les soudeurs? Ces
métiers sont indispensables, et on doit leur donner toute la valeur qu'ils
méritent. Je crois énormément au potentiel de la formation professionnelle.
Ceci mène à des métiers stimulants, bien rémunérés...
Mme van der Knaap (Lysiane) :
...et concrets qui ont une grande utilité sociale. M. Drainville a raison,
la formation professionnelle est un pilier du système éducatif québécois. Elle
offre des formations pratiques et adaptées au marché du travail. La formation
professionnelle, elle existe pour répondre aux besoins de main-d'œuvre pour des
métiers spécialisés. Elle joue donc un rôle fondamental dans la vitalité
économique de toutes nos régions. Présentement, les gouvernements du
Québec et du Canada étouffent la capacité des centres de formation
professionnelle à attirer des élèves internationaux, essentiels au besoin de
main-d'œuvre et au maintien d'une expertise dans les centres de formation
professionnelle. Il faut savoir que 12 % des répondants à notre sondage
ont mentionné avoir commencé à effectuer une réduction de personnel devant la
baisse des inscriptions des internationaux. Nous sommes ici aujourd'hui et
plaidons pour une reconnaissance pleine et entière de la formation
professionnelle comme levier prioritaire de développement économique, régional
et linguistique dans le présent exercice de planification de l'immigration.
On a formulé 18 recommandations dans
notre mémoire, mais je vous en présente ici mes trois principales, nos trois
principales. Les quotas d'émissions de CAQ imposés aux centres de services
scolaires et commissions scolaires devraient l'être en fonction des programmes
et régions, tel que le prévoit la Loi visant à encadrer les étudiants
étrangers, et non pas seulement une formule paramétrique qui est contraire à
l'essence même de la loi. Le réseau public a été pénalisé pour des pratiques
qui ont été observées dans un réseau qui n'est pas le nôtre. On est réalistes,
on pense que les quotas vont demeurer. Donc, on ne demande pas d'exempter
complètement notre ordre d'enseignement comme le font d'autres acteurs du
système de l'enseignement du Québec. Cependant, il est essentiel, premièrement,
de protéger les programmes qui mènent à des métiers en pénurie ou à forts
besoins et ensuite intégrer une variable liée à la réalité des régions, en
considérant notamment le taux de chômage local, le maintien d'une expertise
régionale, les secteurs de développement économique et le besoin de
main-d'œuvre qui s'y rattachent. Deuxième recommandation. Bien qu'il
s'agisse d'une mesure fédérale, il est important pour les décideurs du Québec
de considérer l'impact significatif des restrictions liées au permis de travail
post-diplôme, le PTPD, et qui concerne spécifiquement la formation
professionnelle. C'est la mesure qui affecte le plus le réseau des centres de
formation professionnelle public présentement, selon notre sondage. En vertu d'un
critère d'admissibilité qui est basé sur le domaine d'étude qui est mis en
œuvre depuis le 1ᵉʳ novembre 2024, il demeure qu'il y a 55 programmes
qui sont admissibles alors qu'il y en avait 142 précédemment. Et on a su à
travers IRCC que, début 2026, cette liste pourrait être réduite à
35 programmes. Puis, parmi les programmes qui sont admissibles, on compte
41 programmes qui mènent à des métiers qui sont en déficit de
main-d'oeuvre ou pour lequel il y a des besoins appréhendés de main-d'œuvre
dans les années à venir.
Je vous nomme ici quelques exemples de
programmes qui sont admissibles puis j'ai choisi ceux qui sont identifiés comme
étant prioritaires par le gouvernement du Québec. Conduite de procédés de
traitement de l'eau, extraction de minerais, installation et entretien de
systèmes de sécurité, mécanique automobile, mécanique de véhicules lourds
routiers. Ce qu'on nous dit à IRCC, c'est que la mesure restrictive du PTPD a
été décidée en fonction de données disponibles sur le marché du travail. Pourtant,
l'ensemble des diplômes universitaires sont admissibles au PTPD. Difficile de
croire que l'ensemble des programmes universitaires affichent des taux de
placement supérieurs à des programmes de formation professionnelle, comme
préposés aux bénéficiaires ou mécaniciens. On permet... Nous permettons de
noter une grande incohérence entre le discours et la mise en application de la
mesure qui se fait une fois de plus au détriment de la formation
professionnelle.
À Ottawa, aucune demande d'assouplissement
à l'admissibilité au PTPD pour des programmes de formation professionnelle
n'aurait été formulée par Québec. On pense qu'il est dans l'intérêt du Québec
de le faire.
Et finalement, comme bien d'autres témoins
dans cette commission, on demande de la prévisibilité dans les mesures. Les
étudiants étrangers et les établissements pourront ainsi se fier aux paramètres
en place plutôt que de naviguer dans un climat incertain et qui crée de
multiples enjeux, au premier chef, des drames humains. Merci de votre écoute.
• (12 h 10) •
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup pour cette présentation. On entame donc les
discussions avec le ministre de la banquette gouvernementale pour une période
de 16 min 30 s.
M. Roberge : Merci bien.
Merci pour votre présentation très documentée sur ce qui se passe en ce moment,
là, tout de suite dans nos centres de formation professionnelle, dans nos
centres de services scolaires. La baisse d'inscriptions des étudiants
internationaux ou étrangers, c'est cet automne-ci. Est-ce qu'on avait connu des
baisses aussi dans les années précédentes ou c'est réellement là, là?
Mme van der Knaap (Lysiane) : C'est
maintenant, la baisse, c'est vraiment à la rentrée. Je ne sais pas si
Navigateurs...
Mme Bolduc (Véronique) : Oui.
Actuellement, ce qu'on ressent, c'est qu'avec les différents changements,
actuellement, juste pour notre centre de services, on a 50 % de moins au
niveau des inscriptions. Donc, les changements ont entraîné des gens à changer
leur projet de vie, mais aussi, c'est tout ce qui est accompagnement
administratif actuellement dans le secteur qui doit être revu en continuité.
Donc, on le sent vraiment. Et notre préoccupation, c'est la suite...
Mme Bolduc (Véronique) :
...parce qu'actuellement on voit 50 % dans notre... mais je sais que mes
collègues qui sont dans la région... exactement la même situation, et on
prévoit une baisse encore plus grande dans les prochaines... prochains mois,
parce qu'on est toujours en prévision, là, au niveau de nos admissions actuellement.
M. Roberge : Puis, en nombre
absolu, parce qu'en pourcentage, c'est beaucoup, mais à l'échelle du Québec, si
on regarde, supposons, combien de personnes s'inscrivaient en septembre 2024
versus combien de personnes en septembre 2025, on parle de combien de personnes
de moins?
Mme van der Knaap (Lysiane) :
On n'a pas préparé le chiffre absolu, là, tu sais, il y avait des statistiques
dans le cahier de consultation publique, là. Donc, on voit... Puis là c'est sûr
que ces chiffres-là sont balancés aussi fortement dans le réseau privé qui en
accueillait beaucoup aussi. Donc, tu sais, nous, on a essayé de faire une
extrapolation puis on s'est dit Bien, dans le réseau public, en 2023, il y en
avait à peu près 6 000, 7 000, 7 % de l'effectif étudiant, hein,
pour l'ensemble des étudiants étrangers quand on compare aussi au cycle
d'enseignement supérieur. Puis, en 2024, ça aurait été à peu près 10 000.
Donc là, si on parle d'une réduction de 25 % à 50 %, bien, en tout
cas, je vous laisse faire le calcul. On n'a pas cette donnée-là, la donnée au
niveau de l'éducation est plus difficile à aller chercher de façon spécifique
qu'au niveau de l'enseignement supérieur, mais...
M. Roberge : À 'échelle du
Québec, c'est quelques milliers de personnes, mais vous dites : Attention,
attention, on est dans des secteurs clés, on est dans des secteurs d'avenir,
notamment, pour... quand on pense à ce qu'on veut faire avec Hydro-Québec. Et
c'est dans des secteurs où les gens se placent et trouvent un emploi, puis vous
n'avez pas pris à
partie le réseau universitaire, vous avez simplement
dit : Écoutez, si on regardait PEQ pour PEQ, dans le système qui est
actuellement suspendu, il y avait une espèce d'automatisme dans le réseau
universitaire. Puis vous dites : Nous, on ne l'avait pas. Or, ce n'est pas
tous les programmes universitaires qui ont un taux de placement de 100 %.
Peut-être pas tous les programmes qui ont un taux de placement 100 % FP
non plus, mais c'est un taux qui est élevé.
Et vous avez dit : Ce qui a eu le
plus gros impact, c'est le fait que le gouvernement fédéral a revu
l'attribution du permis de travail postdiplôme, c'est-à-dire... parce qu'il a
des personnes qui viennent ici suivre un cours de, on va dire — c'est
tout le temps l'exemple qu'on sort, mais peu importe — s'ils savent
qu'il y a un permis de travail postdiplôme, donc, ils vont vouloir travailler
ici, et donc gagner un revenu, et donc, peut-être, pouvoir rester. Ils vont
s'inscrire. Et, s'ils ne savent pas qu'il y a le permis de travail, ils ne
viendront pas. Et quand est-ce que ce changement là du fédéral est arrivé
exactement dans votre réseau puis que ça a eu un impact?
Mme van der Knaap (Lysiane) :
La mesure est en vigueur depuis le 1er novembre 2024. Puis donc là, ça...
puis ça, c'était pour les demandes de permis d'études, si je ne me trompe pas.
Donc, c'est maintenant, là, tu sais, qu'on voit l'impact. Parce que ceux qui
l'avaient demandé avant, ils n'ont pas eu d'impact. Donc, ça prend quand même
neuf, 10, 12 mois avant qu'ils arrivent. Donc, c'est à la rentrée 2025
qu'on voit l'impact de façon majeure, puis même pour les programmes qui sont
encore admissibles, là. Le candidat international, lui, dit : Les gouvernements
jouent au yoyo, là. Tu sais, je ne sais pas, dans un an, si mon programme va
être encore admissible ou le temps que j'applique à mon permis d'études, est-ce
qu'il va avoir une autre liste de programmes qui vont être sortis? Ça fait que,
pour des programmes qui sont encore admissibles au PTPD, on voit une baisse.
M. Roberge : OK. L'an passé,
vous êtes venus en commission, on a parlé de la Loi qui vise à mieux encadrer
les étudiants étrangers. Suite à ça, il y a eu une analyse et puis on a choisi
d'épargner le réseau de formation professionnelle des centres de services
scolaires. On avait donné, en 2024, 16 357 CAQ, puis, en 2025,
17 446, donc, même 1 000 de plus pour corriger les ajustements. Donc,
il n'y a pas eu d'intention de réduction, d'aucune manière, de la part du
gouvernement. Il n'y a pas centre de FP qui dit : Mon Dieu, pourquoi on
m'a coupé 20 %, 30 % de mes CAQ? Pourquoi ils m'ont coupé ça? Ce
n'est pas ça qui est arrivé. Il y a eu une discussion autour du nombre de personnes
souhaité. Ça se peut que cette discussion a inquiété certains groupes, hein,
c'est un peu comme à la bourse, des fois, les gens s'emballent. Ils ont des
craintes que la bourse plante; ils sont enthousiasmes, la bourse monte, alors
que, dans le réel de l'usine, il ne s'est rien passé. Ça se peut que la
discussion, la simple discussion, sur les seuils, ait amené des gens inquiets à
l'international, c'est possible. Les gens qui ont dit : Je ne suis pas
certain. Mais là on veut donner de la prévisibilité...
M. Roberge : ...puis de la
certitude pour l'année qui vient. C'est l'objectif de la planification
pluriannuelle de se donner des cibles, puis de s'enligner. Il y a des gens...
on se parle entre nous, mais il y a des gens qui nous écoutent. Je peux vous
dire que, de l'an passé à cette année, on a donné plus de CAQ pour notre réseau
public en FP. On n'a pas l'intention de réduire, d'aucune manière... on est
très, très conscients des pénuries de main-d'œuvre qui vont dans cette
direction-là. Donc, ce qui a changé, c'est beaucoup, si je ne m'abuse, le
permis de travail du fédéral puis les restrictions pour les travailleurs
étrangers temporaires. Est-ce qu'il y a des gens qui passaient de la FP au TET,
au travail... travailleurs étrangers temporaires ensuite?
Mme van der Knaap (Lysiane) : Sur
cette question précise, là, je vais laisser ma collègue répondre, là, passer de
la FP à TET. Mais, juste avant, je veux juste vous dire, l'année dernière, on
n'a pas été invités en commission quand il y a eu l'étude sur la loi. On avait
trouvé un peu dommage que la formation professionnelle ne puisse pas être
représentée, alors qu'il y avait des représentants des cégeps et d'universités.
Ensuite, de dire... oui, vous avez raison,
c'est vraiment la mesure du PTPD qui nous fait mal. Les quotas de CAQ, on
n'arrive pas à les remplir parce que les étudiants n'arrivent pas assez, puis
ça, on l'a quand même nommé aussi dans notre mémoire, là, c'est ce qui nous
fait le plus mal, puis c'est ce que nous révèle notre sondage. Ceci dit, je voudrais
quand même dire qu'il y a sept centres de services scolaires qui ont 22, au
total, de quotas, c'est très bas. Il y en avait qui commençaient des
initiatives d'aller recruter des étudiants étrangers, parce qu'il manque
d'élèves dans des programmes pour lesquels il y a des besoins de main-d'œuvre,
les employeurs leur disent. Le marché du travail est dynamique, hein, il change
quand même assez... il peut changer assez vite.
J'ai entendu un centre de services
scolaire sur la... une commission scolaire sur la... en Gaspésie qui
disait : Soutien informatique, les employeurs m'appellent, je n'en ai pas,
puis là mon quota, il est zéro. Donc, tu sais, il n'est pas distribué non plus
de façon à prendre en considération les besoins régionaux, là, ce qu'on déplore
quand même un peu, là. Puis le réseau public a hérité de 55 % des quotas
de CAQ, pour 174 centres de formation professionnelle, alors que le privé en a
45 %, pour 35 établissements. Donc, on trouve qu'il pourrait y avoir un
balancier un peu plus équitable, là, en termes de mission des centres de
formation professionnelle.
M. Roberge : Je veux préciser
qu'on est ouverts à des... à des aménagements, justement, pour des créations de
nouveaux programmes, parce qu'il y a des besoins qui changent puis préciser
que, l'an passé, par rapport à cette année, le réseau public a eu une
augmentation du nombre de CAQ, donc de quotas, tandis que le réseau privé a eu
une baisse de 35 %. Donc, il y a eu quand même un traitement privilégié
pour le réseau public, définitivement. Et là on me fait signe, j'ai des
collègues qui veulent poursuivre l'échange avec vous. Merci, Mme la Présidente.
Merci pour votre présentation, je vais vous laisser poursuivre avec les
collègues.
La Présidente (Mme Lecours, Les Plaines) :
Merci, M. le ministre. Alors, j'ai la députée de Vimont qui a quelques
questions. Il reste encore 7 min 39 s.
Mme Schmaltz : Parfait.
Merci, Mme la Présidente. Merci, Mesdames, d'être là, d'être présentes,
toujours apprécié. Deuxième recommandation. Dans la deuxième recommandation,
vous proposez de bonifier les voies d'accès à la résidence permanente pour les
personnes diplômées de formations de courte durée qui ne sont pas... qui ne
sont pas admissibles au permis de travail postdiplôme, donc le fameux PTPD dont
on parle... dont vous parliez tout à l'heure. Peut-être... Bien, je pense que
vous le savez, sinon, il faut quand même que vous sachiez qu'on a mis en œuvre
le Programme de sélection des travailleurs qualifiés, le PSTQ, dans le volet
II, qui est Compétences intermédiaires et manuelles, du PSTQ, dans lequel les
personnes qui ont obtenu un diplôme d'une formation de courte durée au Québec,
qui ont acquis une expérience en dehors, peuvent être invitées ou
sélectionnées. Est-ce que ça, vous le saviez, cet aspect-là?
Une voix : Oui.
• (12 h 20) •
Mme Schmaltz : Oui? OK,
parfait. De plus, bon, on le sait, on l'a mentionné tantôt que tout ce qui
était conditions d'admission au PTPD, qui est géré par Immigration, réfugiés,
malheureusement, on ne peut pas déterminer les conditions d'admissibilité. Je
pense que ça, c'est quelque chose dont on a discuté.
Recommandation 9, qui propose
l'intégration d'une condition de sélection, dans les programmes d'immigration
permanente, qui porte sur la régionalisation, vous en avez mentionné, d'entrée
de jeu, dans votre mémoire. Il faut peut-être... j'aimerais aussi peut-être
attirer l'attention là-dessus que les critères de classement d'invitation au
PSTQ favorisent, justement, la régionalisation, donc les gens qui sont invités
peuvent le faire, d'autant plus qu'il y a également des points supplémentaires
au classement quand ces gens, on sait, justement, qu'ils ont séjourné à
l'extérieur de la CMM, qu'ils ont eu de l'expérience à l'extérieur de la CMM,
qu'ils ont eu des stages aussi à l'extérieur de la CMM. Donc...
Mme Schmaltz : ...fait en
sorte qu'ils ont des chances... plus de chances d'être d'être invités à
présenter une demande de sélection. D'autant plus qu'au 31 juillet, la totalité
des personnes qui étaient invitées par le ministère sur le volet II
séjournait aussi au Québec et à l'extérieur de la CMM. Donc, je voulais
peut-être juste faire cette petite mise au point, là. Peut-être, vous le
mentionnez quand même, là, qu'il y a eu quand même des ajouts là-dedans, mais
bien sûr, ce que vous mentionniez tantôt, là, je le comprends parfaitement.
Petite demande aussi, curiosité par
rapport à la... Bon, voyons, je m'excuse, mon ordi a gelé un petit peu. Je
voulais parler de Francisation Québec parce que j'ai la chance d'être l'agente
gouvernementale au ministre en francisation. Donc, c'est toujours des sujets
qui vont venir m'interpeler. Vous disiez tantôt que vous... au niveau des
critères de sélection, vous privilégiez beaucoup les gens qui ont des... une
bonne connaissance déjà du français, selon des critères, etc. Par contre, vous
demandiez peut-être d'avoir un ajout ou une aide supplémentaire en
francisation. Je veux juste comprendre. Si déjà vos critères sont élevés,
pourquoi vous aimeriez en plus d'avoir un ajustement en francisation, d'être
accompagné, disons, davantage en francisation? Je voudrais juste comprendre ce
côté-là.
Mme Bolduc (Véronique) :
Peut-être actuellement, peut-être juste vous situer, ce qu'on exige en formation
professionnelle, ce sont des niveaux nécessaires pour pouvoir intégrer. Donc,
dans le processus d'admission, on exige, par exemple, en secrétariat, un niveau
c, niveau 10, l'équivalent d'un niveau 10. Les gens doivent nous
démontrer que le français est maîtrisé au niveau. Et actuellement, comment ça
fonctionne, ce sont des tests qui sont internationals, qui sont exigés pour
prouver leur niveau.
Au niveau des recommandations, je vous
laisse peut-être poursuivre au niveau de ce que vous proposez parce que c'est
quand même une obligation pour nous. Donc, si la personne ne maîtrise pas le
niveau, on va référer à la francisation, comme on a l'offre actuellement au
niveau des centres de services. Mais c'est quand même une obligation avant
l'admission, là, en formation professionnelle. Sinon, malheureusement, c'est
extrêmement difficile pour les gens de pouvoir intégrer des métiers dans des
programmes de très courte durée. Donc, c'est quand même un enjeu qui est
important. Mais quand même, au niveau des tests, je vous laisse peut-être
compléter avec la suggestion.
Mme Schmaltz : Peut-être
juste une petite question, là, pour être certaine, est-ce qu'on parle d'un gros
pourcentage? C'est à peu près à vos demandes, là, si... parce que vous semblez
en avoir beaucoup. Est-ce que c'est un gros pourcentage?
Mme Bolduc (Véronique) : Tous
les élèves qui vont venir de l'international, qui veulent être admis en
formation professionnelle, doivent prouver le niveau de français. Donc, pour
nous, on parle de centaines d'élèves annuellement pour lesquels... et même
plus, parce que selon le processus, bien entendu, les gens vont faire des
démarches. On les accompagne dès le départ, dès... avant leur arrivée, et ça
fait
partie même de nos critères, là, de base. Donc, premièrement, est-ce que
le niveau de français répond aux attentes? On parlait de secrétariat. Vous
comprenez que c'est un programme pour lequel la maîtrise doit être assez élevée
pour être capable d'intégrer un programme comme celui-ci. Donc, on demande à
tous nos élèves d'avoir un niveau. Donc, on parle C1 et B2. Le B2 est peut-être
un peu plus, je dirais, utilisé dans certains de nos programmes, par exemple en
soudage montage où on est plus au niveau 8, mais, quand même, c'est une
exigence. Donc, c'est sûr que si les gens ne le maîtrisent pas, on doit les
référer vers d'autres êtres possibles selon si les gens sont ici ou bien sûr à
l'extérieur du Québec.
Mme Schmaltz : Je comprends,
mais je me mets à la place d'une personne qui désire souhaiter... qui désire
suivre une formation en secrétariat avec un niveau 10, donc un niveau,
hein, de compréhension parfaite. Il me semble que, d'instinct, on n'ira pas
s'inscrire là parce que j'imagine que dans vos critères, déjà à l'avance, vous
expliquez ce que ça nécessite comme compréhension ou comme... de la langue.
Donc, vous en avez quand même des gens qui vont s'inscrire dans ce
programme-là?
Mme Bolduc (Véronique) : Tout
à fait. Donc, même si on mentionne les critères, les gens vont vouloir souvent
poursuivre dans des programmes pour lesquels ils ont de l'intérêt.
Mme Schmaltz : Mais vous ne
pouvez pas les refuser?
Mme Bolduc (Véronique) : Bien,
bien entendu. C'est que si le niveau ne respecte pas le niveau minimal, on
doit, nous, regarder de notre côté comment on peut les diriger vers l'aide
possible pour aller acquérir le français nécessaire.
Mme Schmaltz : À ce
moment-là, combien de temps peut prendre cette formation si, tu sais... je ne
sais pas, moi, quel niveau vous avez puis versus l'apprentissage de la langue
pour qu'elle soit apte à suivre la formation? Il peut se passer énormément de
temps, là, pour...
Mme Bolduc (Véronique) : ...Donc,
tout dépendamment, comme je vous dis, les candidatures sont...
Mme Bolduc (Véronique) : ...totalement
différente. Donc, en fonction du niveau vers lequel les gens vont... vont être,
bien, comme on vit actuellement avec Francisation Québec, les gens ont
différents niveaux, donc on va les accompagner pour leur permettre d'aller
chercher le niveau nécessaire.
Mme Schmaltz : Vous ne pouvez
pas les refuser carrément, de leur dire «on ne peut pas vous accepter?»
Mme Bolduc (Véronique) : Mais
il y a des élèves pour lequel on va le... on va exiger, surtout ceux qui sont à
l'extérieur, donc vont décider de changer leur projet ou vont tout simplement
aller poursuivre leur apprentissage en français. Ils vont revenir beaucoup plus
tard.
Donc, on a toutes sortes de situations,
les candidatures sont d'un peu partout dans le monde. Donc, on a des gens qui
ont des parcours totalement différents, qui... qui vont venir nous... nous
rencontrer pour voir s'ils peuvent intégrer ou pas.
Mme Schmaltz : ...des...
Êtes-vous obligés des fois... Êtes-vous obligés... Je vais faire vite ma
question. Est-ce que vous êtes obligés des fois de refuser?
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Le temps est terminé. Je suis désolée. Le temps est terminé
pour cette portion de discussion. Je me tourne du côté de l'opposition
officielle, vous bénéficiez 12 min 23 s.
M. Morin : Merci, Mme la
Présidente. Alors, bonjour, mesdames van der Knaap, ma prononciation n'est pas
trop mal?
Une voix : ...
M. Morin : Excellent.
Mme Bergeron. Mme Bolduc, merci d'être là. Merci pour vos
explications. Merci également pour votre mémoire qui est très bien fait,
complet, avec une série de recommandations. Et j'aimerais... J'aurais quelques
questions pour vous en lien avec les recommandations que vous faites.
Je comprends que vous êtes Éducation
internationale, c'est un organisme puis qui s'occupe de la formation
professionnelle, que cette formation-là, elle est... elle est dispensée au
secondaire notamment. À la page 28 de votre mémoire, dans les
recommandations transversales, vous dites au tout départ : «fixer des
quotas selon l'année scolaire de début de formation et non selon l'année de la
demande de la CAQ et privilégier — ça, c'est la 12 — privilégier
le décompte des étudiants effectivement arrivés au Québec plutôt que le seul
nombre de CAQ délivrés». Le gouvernement actuel a... fixe des quotas, pas très
prévisible ce qu'ils font en matière d'immigration. Est-ce que vous avez été
consultés avant ces nouvelles décisions-là ou si vous vous êtes ramassés avec
les décisions imposées par le gouvernement puis là, bien, vous, vous êtes
obligés de gérer vos quotas puis ce n'est pas toujours évident?
Mme van der Knaap (Lysiane) : Mais
Éducation internationale, on n'a pas été consultés. Dans les centres de
services scolaires, je sais que la Fédération des centres de services
scolaires, il y a une consultation qui a été faite dans le... sur la loi, mais
non pas sur le décret et sur les quotas. Donc, la réponse à votre question,
c'est non. Puis, par rapport à la recommandation, si vous avez besoin de plus
d'explication, peut-être Gabrielle sur le... Oui.
Mme Bergeron (Gabrielle) : Oui,
c'est ça, dans le fond, les deux recommandations viennent justement avec notre
suggestion d'avoir un peu plus de... de prévision, de pouvoir permettre aux
centres de formation d'avoir, justement, de... de mieux s'organiser avec ces
quotas-là, parce que les quotas ont été, comme beaucoup de mesures en
immigration, imposés du jour au lendemain, puis on a ce quota-là, on dit :
Bon, finalement, ce centre-là a 0, a trois, a six sur des demandes, finalement,
qui étaient peut-être déjà en cours également, des admissions qui étaient déjà
en cours. Donc, ça a fait en sorte que certaines personnes, bien, avaient une
admission, finalement ont dû l'annuler, etc. Donc, la recommandation est plutôt
pour permettre aux centres de formation, dans l'optique qu'on comprend le
quota, à quoi ça sert aussi pour le Québec de permettre aux centres de
formation quand même d'avoir un petit peu plus de prévisibilité sur qu'est-ce
qui s'en vient pour gérer leur année scolaire, ce qu'il pourrait faire en sorte
aussi qu'on n'aurait justement moins de fermetures de cohortes, moins... une
baisse d'inscriptions, en tout cas, qui va être peut-être palliée avec d'autres
actions, en sachant qu'il y a tout ça qui arrive, ce nombre-là qui, par
exemple, va être très bas pour 2026-2027. Actuellement, c'est des quotas qui
sont de février à février sur une demande qui a été effectuée. Malheureusement,
une demande de CAQ qui a été effectuée, ça ne se traduit pas en quelqu'un qui
arrive non plus, parce qu'il y a l'étape du permis d'études aussi qui est
souvent là, malheureusement, que les projets de certaines personnes sont
freinés, d'où l'autre recommandation, là, qui était de... d'avoir une méthode
de calculer le nombre de CAQ émis et utilisés, finalement, étant donné que la
majorité... mais pas la majorité, mais quand même beaucoup de CAQ qui sont
demandés ne sont pas utilisés parce que les gens ne peuvent jamais finalement
arriver même au Québec, là.
• (12 h 30) •
M. Morin : Exact. Et parce
que votre... Votre année scolaire, est-ce que c'est des cohortes en continu ou
ça commence habituellement en septembre ou au mois d'août?
Mme Bolduc (Véronique) : ...sont
variables en fonction de l'offre. Par exemple, on peut avoir des cohortes qui
débutent au mois d'août, d'autres vont être en janvier, février. Donc, c'est...
Haut de la page
12 h 30 (version non révisé
e) Mme Bolduc (Véronique) : ...toujours
en fonction de l'adéquation formation emploi, et peut-être en complément avec
ce qui se passe actuellement au niveau plus de notre réalité, c'est que ça
vient un peu biaiser la planification aussi de l'offre des diplômés pour le
marché du travail. Donc, notre préoccupation, elle est aussi à venir, par
exemple dans le secteur de la construction, et je vais parler pour mon
territoire, la construction navale, pour moi, nous avons 296... qui est notre
cible actuellement. Mais ce qu'on voit, on parle de milliers d'emplois qu'on va
devoir desservir au niveau de la région. Donc, vous comprenez que, si on
regarde dans une planification plus à moyen terme, il y a un enjeu quand même
parce que les élèves, pour nous, viennent combler des cohortes actuellement. On
parle de combler des cohortes, donc de continuer à donner des services dans des
secteurs qui sont critiques pour répondre aux besoins du marché du travail.
Donc, c'est pour ça que la planification en fonction de la réalité régionale
peut avoir un impact important parce que certains sentent actuellement... et
même certains de nos programmes sont actuellement en péril parce que des élèves
ne viennent plus malheureusement pour certains de nos programmes. Donc, la
planification pourrait nous aider, là, actuellement au niveau du réseau.
M. Morin : Oui. Bien... mais
je vous remercie. Écoutez, moi, je vous écoute, je vous écoute très
attentivement parce que vous parlez du Centre de services scolaire des Navigateurs.
Vous parlez de construction navale, donc j'en déduis que vous êtes dans la
grande région de la Capitale-Nationale, plus, plus, plus qu'en Abitibi, n'est-ce
pas, ou au Saguenay.
Mme Bolduc (Véronique) : Exactement.
M. Morin : Il y a toutes
sortes de programmes du gouvernement. Il y a le gouvernement fédéral aussi qui
veut se lancer dans la construction navale, la défense, etc. Donc, ça pourrait
être une manne pour le Québec. Puis là, je comprends que le gouvernement du
Québec, finalement, avec son manque de prévisibilité, fait en sorte que vous,
vous ne savez plus trop sur quel pied danser, puis ça ne vous facilite pas la
vie. Est-ce que je vous comprends bien?
Mme Bolduc (Véronique) : Ça
nous demande de nous réorganiser constamment actuellement puis
administrativement parlant aussi. Parce que, techniquement, les changements
nous apportent aussi une réorganisation de nos processus, avec une limite au
niveau du quota, au niveau des CAQ, au niveau administratif puis pour tous les
centres de services, on doit revoir nos processus actuels pour être capables de
bien répondre aussi à nos élèves qui sont ici et ceux qui ont aussi des
questions qui sont à l'extérieur. Donc, il faut revoir nos processus
actuellement, là, pour être capable de bien planifier l'arrivée de nos élèves,
puis répondre aussi, comme on disait tout à l'heure, là, aux besoins actuels de
nos entreprises. Juste parler... Par exemple, on parlait du secteur métallique,
qui est un secteur qui est quand même assez important actuellement, pour lequel
on va avoir des enjeux. Donc, de prévoir qu'on a un besoin assez important dans
les prochains mois, prochaines années pour des secteurs comme la construction
navale, c'est une planification qui est dès maintenant, là, pour ce qui s'en
vient pour nous.
M. Morin : Je ne suis pas un
spécialiste en construction navale, mais j'imagine que des soudeurs, ça doit
quand même être assez en demande. On ne se trompe pas encore quand on dit ça?
Mme Bolduc (Véronique) : Totalement,
totalement, oui.
M. Morin : Puis là, je
comprends que les CAQ que vous avez, là, c'est une enveloppe globale, donc ça
vise les étudiants... les étudiants qui sont ici présentement parce qu'eux
aussi il leur en faut un CAQ.
Mme Bolduc (Véronique) : Tout
à fait.
M. Morin : OK. Donc... Puis
là, si, à un moment donné, vous... votre côté est tellement réduit que vous n'êtes
pas capables d'en faire venir d'autres, comment vous allez être capable de
répondre à la demande du marché, puis qu'est ce qui va se passer?
Mme Bolduc (Véronique) : C'est...
c'est un petit peu la recommandation, hein, au niveau de la réalité régionale,
l'annonce, c'est le secteur naval qui est quand même prioritaire et la
construction. Donc, en complément, on veut augmenter notre nombre de cohortes.
Bien entendu, les élèves viennent combler nos cohortes avec les élèves qui sont
ici au Québec bien entendu. Donc, comment est-ce qu'on peut répondre à des
milliers de travailleurs? Par exemple, en soudage, montage, on parle de 500 travailleurs
d'ici les deux prochaines années. Donc, bien entendu, les entreprises veulent...
veulent voir bien comment est-ce qu'on va pouvoir travailler ensemble pour être
capable de répondre aux besoins urgents pour ces secteurs-là. Donc, oui, on est
préoccupés, là, actuellement pour répondre aux besoins.
M. Morin : Parce que je
comprends qu'évidemment il y a des étudiants qui qui sont ici, qui vivent ici,
vous en faites venir de l'étranger aussi à l'international, parce que j'ai
compris que vous avez dû, puis ce n'est peut-être pas dans le secteur de la
construction navale, mais vous avez dû reporter des cohortes parce que c'était
trop faible pour démarrer. Donc là, ce n'est pas très bon. Pourtant, on a des étudiants
ici qui ne peuvent pas avancer. Dans le... dans le secteur justement, bon, naval
ou dans les régions, là, si vous avez quelqu'un d'étranger que...
M. Morin : ...vous formez.
Puis que là, à un moment donné, il a son diplôme, il a ses cartes, il peut se
mettre à souder, mais il vient de l'étranger. C'est facile de le garder ici
puis de le faire embaucher ou les règles font en sorte qu'il va repartir à
l'étranger?
Mme Bergeron (Gabrielle) : Mais
ça va vraiment dépendre, en fait, de la formation, là. Soudage, en tant que
tel, c'est admissible encore au PTPD, là, c'est une des rares formations qui
est encore admissibles. Mais, pour plusieurs domaines de formation, les gens,
en fait, en formation professionnelle, la très, très grande majorité des
formations a un stage en entreprise, dans les restaurants, par exemple, pour la
cuisine, et tout ça, se place déjà à quelque part en emploi, a un droit aussi
de travail hors campus, des fois travaille déjà un petit peu dans ce
domaine-là.
Finalement, pour les permis... pas pour
les permis, mais pour les formations qui ne sont pas admissibles au permis
postdiplôme, mais leur seule porte, c'est des permis fermés, mais encore là il
y a quand même des restrictions aussi au niveau des permis fermés.
Donc, c'est des gens qui sont... sont
déjà... sont déjà dans les entreprises la majorité du temps puis finalement,
bien, n'ont pas la possibilité de continuer avec cet emploi-là, alors qu'ils
répondent à un besoin direct de cet employeur-là.
M. Morin : Puis, dans votre
recommandation 15, vous suggérez, à la page 29 : «Permettre aux
candidats du PEQ volet diplômé issus de la FP, bon, de démontrer leur
connaissance du français». Mais là je comprends que le volet PEQ, il est
suspendu présentement. Puis ça, avez-vous été consulté avant la suspension?
Non, vous l'avez découvert comme nous, un matin comme ça. Qu'est-ce que vous
faites? Qu'est-ce qu'ils font? Là, ils ne peuvent plus travailler. Tantôt on
parlait du PSTQ, est-ce que c'est adapté à vos besoins? Est-ce que c'est
quelque chose qui vous aide?
Mme Bergeron (Gabrielle) : C'est
ça? Ce n'est pas tout à fait adapté, en fait, le PSTQ, là. On a mentionné tout
à l'heure, tu sais, que oui, la formation professionnelle, les métiers de
courte durée par rapport au PEQ qui est vraiment 1 800 heures
totales, si on veut, le PSTQ offre quand même une flexibilité au niveau du
nombre d'heures du diplôme. Par contre, il y a toujours le volet... on parlait
du volet deux. Volet deux, c'est quand même avoir un an à l'étranger, un an au
Québec. Mais l'année au Québec, finalement, les gens ne peuvent pas l'avoir la
majorité du temps parce qu'ils n'ont pas accès au PTPD. Et là, avec les
programmes sont menacés d'être retirés en 2026, là, du PTPD, il nous reste
12 programmes de 1 800 heures qui pourraient être admissibles au
PEQ et qui pourraient permettre d'avoir l'expérience de travail aussi d'un an,
deux ans, là, selon le volet. On ne va pas loin avec les 12 programmes, là,
vous comprendrez qu'il y a quand même beaucoup de programmes de moins de
1 800 heures et même des programmes de 1 800 heures aussi
dont le besoin est là puis malheureusement les programmes de résidence
permanente ne sont pas adaptés du tout parce que, bien, l'expérience de travail
peut difficilement être acquise autre que par, justement, des permis fermés qui
sont aussi difficiles d'accès, là.
M. Morin : Et je comprends
également qu'au niveau de la francisation, puis ça, c'est votre recommandation 13....
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Morin : ...Francisation au
Québec, non seulement... amis ne les forme pas en francisation, mais les formes
en intégration, est-ce que j'ai bien compris? Ça fait que comment est-ce qu'ils
font pour apprendre le français?
Mme Bergeron (Gabrielle) : Mais
c'est ça, en fait... Bon, là, on reparle un petit peu aussi des travailleurs
étrangers qui doivent s'intégrer en formation, qui peuvent être des
travailleurs qui ont le niveau minimal.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci beaucoup. Alors, le temps de compléter pour
l'opposition officielle. On termine avec le deuxième groupe d'opposition pour 4
min 8 s.
M. Fontecilla : Merci. Bonjour,
mesdames. On a constaté hier que la baisse globale du nombre d'étudiants
internationaux était compensée de façon globale au Québec, là, par une
augmentation d'étudiants natifs, là, du Québec, là. Je crois comprendre que
cela ne se reflète pas dans votre secteur d'activité. Donc, il y a quand même
une baisse d'étudiants globalement, là, et internationaux et des étudiants,
étudiantes provenant du Québec, est ce que c'est le cas?
• (12 h 40) •
Mme van der Knaap (Lysiane) : Mais
avec les statistiques qu'on... dont... sur... auxquelles on a accès, là, sur le
tableau de bord du ministère de l'Éducation, on voit qu'il y a une hausse
d'élèves en formation professionnelle, mais ce nombre-là n'est pas suffisant
quand même pour remplir toutes les cohortes, pour les programmes pour lesquels
il y a des besoins de main-d'œuvre, là.
J'entendais dans la commission avant
parler d'accès au logement, et tout ça, là, tu sais, il y a
80 000 emplois en pourvoir d'ici 2030 en les métiers de la
construction, ce sont tous des métiers de la formation professionnelle. Il y a
32 métiers de la formation professionnelle. Ces cohortes-là ne sont pas
complètes. Donc, ça nous prend des internationaux.
Ça fait que même si les Québécois
s'inscrivent plus, il reste qu'il y a de la place quand même, puis qu'on en a
besoin dans certains métiers, là. Dans le secteur minier aussi, il y a à peu
près 50 000 travailleurs à aller chercher. Puis la moitié, c'est
des... c'est des métiers de la formation professionnelle. Donc, tu sais...
Mme van der Knaap (Lysiane) :
...mais, oui, il y a une hausse des élèves québécois, mais il y a de la place
quand même pour des internationaux étant donné les besoins du marché du
travail.
M. Fontecilla : Vous avez
mentionné les 77 cohortes qui n'ont pas été formées. Je suppose, et vous
allez me le confirmer, que, lorsque vous formez des cohortes, c'est étroitement
relié à la demande au marché du travail. Donc, il y a presque une... comment
dire, une embauche assurée à la sortie, là. Donc, non seulement des cohortes
sont non formées parce que ça prend un nombre minimal de personnes pour former
une cohorte, mais il y a des entreprises qui sont directement affectées parce
qu'ils n'ont pas de travailleurs ou travailleuses. Est-ce que c'est le cas, là?
Mme van der Knaap (Lysiane) : C'est
exactement ça. Je pense que Véronique pourrait en parler, parce que les centres
de formation professionnelle sont vraiment... parlent aux entreprises, aux
employeurs tous les jours.
Mme Bolduc (Véronique) : Exactement.
Donc, on est sollicité constamment pour voir comment est-ce qu'on peut
augmenter le nombre de diplômés dans des secteurs prioritaires. On en parlait,
je prends encore le secteur métallique, en soudage montage, par exemple. Donc,
c'est sûr que si je prends Chaudière-Appalaches, tous mes collègues aussi
vivent la même réalité. Donc, le besoin, il est criant. Donc, oui, on a une
augmentation des élèves québécois dans nos demandes actuelles. Par contre, avec
les cibles actuelles, pour répondre aux besoins du marché du travail, il y a
encore des manques à gagner actuellement pour être capable d'atteindre les
cibles pour les besoins actuels.
Donc, bien entendu, tout ce qui se passe
au niveau socioéconomique pour nous, les entreprises nous appellent dans
différents secteurs, le secteur de la santé, c'est la même chose. Donc, les
résidences qui nous appellent pour voir comment est-ce qu'on peut collaborer
ensemble pour être capables de répondre à l'adéquation formation emploi. Donc,
c'est le quotidien au niveau de la formation professionnelle, comment est-ce
qu'on peut répondre aux besoins actuels. Donc, pour plusieurs, les élèves de
l'international viennent nous aider à soutenir ce besoin-là puis combler des
cohortes actuelles, qui est nécessaire. Donc, pour ceux qui n'ont pas pu partir
de cohortes, c'est que la demande, elle est là, mais on manque d'élèves aussi
dans certains de nos programmes pour lesquels c'est une solution pour certains
secteurs.
M. Fontecilla : Vous avez
fait mention dans votre mémoire, la recommandation 17, exempter des
demandeurs d'asile de l'obligation d'obtenir un CAQ pour suivre des formations
de courte durée, six mois et moins.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : En terminant.
M. Fontecilla : Quelle est la
situation concernant les demandeurs d'asile, là?
Mme Bergeron (Gabrielle) :
Très rapidement, les demandeurs d'asile n'ont pas le droit de faire une
formation de moins de six mois sans obtenir un CAQ ni un permis d'étude. Et les
demandeurs d'asile occupent des emplois très importants, dont préposés aux
bénéficiaires notamment.
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Merci. Merci beaucoup. C'est ce qui conclut cette ronde de
discussions. Merci pour l'apport à nos travaux, et je suspends les travaux
jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 44)
Haut de la page
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 05)
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : À l'ordre, s'il vous plaît! La Commission des relations
avec les citoyens reprend ses travaux. Nous poursuivons donc les auditions
publiques dans le cadre de la consultation générale sur le cahier de
consultation intitulé La planification de l'immigration au Québec pour la
période 2026-2029.
Avant qu'on ne débute les travaux... des
travaux, pardon, j'ai besoin de votre consentement pour que la députée de
Terrebonne remplace le député de Matane-Matapédia cet après-midi. Est-ce que j'ai
votre consentement?
Des voix : ...
La Présidente (Mme Lecours, Les
Plaines) : Consentement. Parfait. Alors cet après-midi, nous allons
entendre les organismes suivants :
Immigration CAST — est-ce que c'est bien
CAST, oui, parfait — alors qui sont ici présents. Nous allons
poursuivre avec M. Jean-François Daoust, ensuite, avec le Regroupement des
cégeps de régions, et nous allons terminer avec l'Université Concordia.
Donc, messieurs, messieurs, messieurs, je
vais... Oui, oui, bon, c'est sur mon autre feuille. Bien, en fait, je vais vous
demander de vous présenter, messieurs. Bienvenue à la commission. Vous allez
bénéficier d'une période de 10 minutes pour vous présenter et présenter l'essentiel
de votre mémoire et vos recommandations et, par la suite, on va pouvoir en
discuter avec les parlementaires. Alors, le temps est à vous à compter de
maintenant.
M. Côté (Alex) : Mme la
Présidente, mesdames et messieurs, les membres de la commission, merci de nous
accueillir aujourd'hui. Nous sommes cofondateurs d'Immigration CAST, une firme
spécialisée en immigration par investissement au Québec...
M. Côté (Alex) : ...notre
mémoire s'intitule Sept recommandations pour faire du Québec une destination
phare pour les entrepreneurs et investisseurs francophones . La catégorie
des gens d'affaires, les investisseurs, les entrepreneurs, les travailleurs
autonomes, est stratégique pour le Québec. Ils possèdent un réseau, une
expérience et surtout un capital prêt à être investi immédiatement. Leur actif
net, entre 600 000 $ pour les entrepreneurs et 2 millions pour les
investisseurs, équivaut à près de trois fois celui d'un ménage québécois moyen.
Ils viennent ici pour créer des emplois et investir. C'est pourquoi nous sommes
déçus de constater, une fois de plus, après la planification pluriannuelle de
2023, que le gouvernement ait fixé son objectif à environ 1 %
d'immigration totale pour la période 2026-2029. On parle ici d'une cible
d'environ 70 à 130 familles appartenant à cette catégorie porteuse.
Une telle proportion soulève une question
fondamentale : Quel modèle de société voulons-nous bâtir si nous réservons
une place aussi marginale aux entrepreneurs et investisseurs et repreneurs
immigrants qui créent de la richesse, de l'emploi et de la relève économique
dans toutes les régions du Québec? Souhaitons-nous une immigration tournée vers
de la main-d'oeuvre à court terme ou de l'immigration capable d'ancrer
durablement du capital patient et des familles dans notre économie, à l'instar
d'un portefeuille équilibré? Nous pensons que le gouvernement devait
rapprocher... se rapprocher de l'objectif historique, soit entre 5 % et
7 % de notre immigration totale. Il s'agit environ 350 à 650 familles, ce
qui donnerait environ 1 250 personnes selon le scénario 2A et 2 250
personnes selon le scénario 2C dans le cahier de consultation du ministère.
Le débat public se concentre sur la
capacité d'accueil au Québec en ce moment. Or, nous plaidons que les gens
d'affaires francophones ne devraient pas être enfermés dans des seuils globaux.
Ce sont des profils stratégiques dont le volume restera toujours modeste en
raison des critères d'éligibilité très exigeants. Notre recommandation phare
propose que la sélection et l'admission devraient être continues et distinctes,
ce qui permettrait des délais plus courts et une intégration économique
accélérée.
Nous voulons nous assurer que nous sommes
tous sur la même longueur d'onde cet après-midi, quelle que soit l'allégeance
politique, en matière de capacité d'accueil, les candidats appartenant à la
catégorie des gens d'affaires du Québec ne prennent pas de places, elle accroît
la capacité du Québec. Chaque immigrant investisseur qui réussit augmente la
capacité d'accueil du Québec en créant des emplois, du logement et des revenus
pour l'État dès jour 1. C'est pourquoi notre recommandation numéro un est
claire : un mécanisme distinct de sélection et d'admission pour les
francophones de la catégorie des gens d'affaires afin de sortir ces profils
stratégiques du carcan des seuils globaux. Nous devons faire preuve de plus
d'audace et prendre des décisions sur une base de risque ajustée.
M. Tessier (Samuel) : Donc,
pour ma part, je vais mettre en lumière, là, des irritants ou des situations
préoccupantes qu'on voit au niveau des programmes des gens d'affaires. Déjà, en
2023, nous avions tiré la sonnette d'alarme, il y avait plus de 12 000
candidats dans la catégorie des gens d'affaires qui étaient en attente à la
période... à l'étape d'admission au fédéral. Le Québec, à ce moment-là,
admettait seulement 450 personnes par année, selon le cahier de consultation.
Les mathématiques sont simples et implacables : à ce rythme, il faudra
près de 20 ans pour résorber l'arriéré. C'est précisément ce constat qui
nous a menés à l'idée d'une admission en continu qui a été reçue et saluée en
2023. Deux ans plus tard, nous rejouons la même scène, avec les mêmes chiffres
et des conséquences similaires : des familles bloquées dans l'admission,
des investissements en suspend et un Québec qui perd du terrain face à la
concurrence internationale.
• (15 h 10) •
Donc, aujourd'hui, et vous le voyez à
l'écran, il y a un peu plus de 4 100 personnes en attente, et on présente,
sur le site d'IRCC, pour des nouveaux gens d'affaires francophones, un délai de
93 mois, donc quelque chose pour décourager tout entrepreneur francophone
d'entreprendre une démarche vers le Québec. Donc, trop de prudence finit par
coûter plus cher que l'audace. Le Québec doit redevenir un terrain d'action et
non une salle d'attente.
Le... Au niveau du permis de travail C-60,
donc c'est un deuxième sujet qui nous préoccupe, le Québec doit obtenir les
pouvoirs d'émettre les permis de travail C-60 pour les candidats d'affaires
présélectionnés par le ministère. Ce permis transitoire permettrait
d'accueillir plus rapidement des entrepreneurs qui ont retenu l'attention du
ministère, qui ont un avis d'intention positive. Actuellement, ce pouvoir
relève exclusivement du fédéral, ce qui engendre des délais additionnels, des
coûts supplémentaires pour les entrepreneurs et surtout un fardeau
administratif doublé, puisque chaque palier de gouvernement reprend l'analyse
avec les mêmes facteurs, mais des formulaires différents. Rapatrier cette
compétence au Québec...
M. Tessier (Samuel) : ...ce
serait de réduire les délais pour les profils déjà présélectionnés par le
ministère, favoriser la mise en œuvre immédiate des projets d'investissement et
renforcir le leadership du Québec dans la sélection des entrepreneurs et des
investisseurs. Donc, le permis C-60 avantage canadien est un outil
d'attraction et de rétention stratégique cohérente avec la vision du Québec,
soit d'accueillir plus vite ceux qui bâtissent notre prospérité.
Finalement, au niveau de la francisation,
les candidats d'affaires francophones, la francisation, naturellement, n'est
pas un enjeu, ils sont déjà intégrés à la culture linguistique du Québec. Mais
pour les investisseurs non francophones, souvent à haute valeur économique,
nous proposons une francisation postarrivée structurée et adaptée à leurs
besoins et à la réalité entrepreneuriale du Québec. Cette approche pragmatique
et inclusive permettrait d'accompagner l'apprentissage du français dans un
contexte d'affaires, favoriser leur intégration en région et maximiser leur
contribution économique au Québec.
Depuis la réforme de 2024, la majorité des
programmes d'affaires fonctionnent en deux temps, un avis d'intention de
sélection délivré par le ministère, suivi d'une phase d'implémentation
commerciale avant de recevoir un certificat de sélection. Dans cette même
logique, nous proposons d'introduire un quota de francisation ciblé permettant
au Québec d'accueillir certains candidats non francophones, à condition
d'apprendre le français dans les deux ans suivant leur arrivée. Cette mesure
élargirait le bassin d'investisseurs potentiels, diversifierait nos partenaires
commerciaux, tout en préservant la cohérence linguistique de la nation
québécoise. L'immigration d'affaires ne devrait pas être vue comme une charge
pour le Québec, c'est un investissement qui rapporte dès le premier jour.
Mme la Présidente, nous ne demandons pas
d'augmenter aveuglément les volumes globaux, nous ne demandons pas non plus de
faire un traitement préférentiel pour la catégorie des gens d'affaires, mais un
meilleur équilibre dans nos politiques d'immigration. C'est une question
d'optimiser l'équilibre économique entre les facteurs de production, la
main-d'oeuvre et le capital. Les gens d'affaires immigrants sont des profils
stratégiques qui créent des emplois, investissent leur capital et s'installent
durablement sur le court au Québec. En appliquant nos sept recommandations, le
Québec pourrait redevenir un chef de file mondial en immigration d'a