Transportation and the Environment — 31 January 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
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32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
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31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
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29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
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13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
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Journal des débats de la Commission des transports et de l'environnement
Version préliminaire
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43 e législature, 1 re session
(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mercredi 31 janvier 2024
Vol. 47 N° 31
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 41, Loi édictant la
Loi sur la performance environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de transition énergétique
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
11 h
11 h 30
12 h
12 h 30
14 h 30
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
Intervenants par tranches d'heure
11 h
Maccarone, Jennifer
11 h 30
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Grondin, Agnès
Dufour, Virginie
12 h
Dufour, Virginie
Maccarone, Jennifer
Bouazzi, Haroun
Charette, Benoit
Gendron, Marie-Belle
12 h 30
Maccarone, Jennifer
Bouazzi, Haroun
Dufour, Virginie
14 h 30
Maccarone, Jennifer
15 h
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Dufour, Virginie
Jacques, François
15 h 30
Dufour, Virginie
Maccarone, Jennifer
Bouazzi, Haroun
Charette, Benoit
16 h
Charette, Benoit
Maccarone, Jennifer
Lemay, Mathieu
Dufour, Virginie
Bouazzi, Haroun
16 h 30
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Grondin, Agnès
17 h
Grondin, Agnès
Maccarone, Jennifer
Dufour, Virginie
Bouazzi, Haroun
17 h 30
Maccarone, Jennifer
Charette, Benoit
Lemay, Mathieu
Dufour, Virginie
18 h
Dufour, Virginie
Maccarone, Jennifer
Bouazzi, Haroun
Journal des débats
11 h (version révisée)
(Onze heures vingt-huit minutes)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
des transports et de l'environnement ouverte.
La commission est réunie afin de poursuivre
les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi
n° 41, Loi édictant la
Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de
transition énergétique.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, Mme la
Présidente. M. Derraji (Nelligan) est remplacé par M. Kelley
(Jacques-Cartier) et M. Grandmont (Taschereau) est remplacé par M. Bouazzi
(Maurice-Richard).
La Présidente (Mme Maccarone) : Excellent.
Merci. Nous entendrons ce matin les organismes suivants : Bâtiment durable
<Québec ainsi que...
La Présidente (Mme
Maccarone) :
... Merci. Nous entendrons ce matin les organismes
suivants : Bâtiment durable > Québec ainsi que B-O-M-A, BOMA Québec.
Alors, je souhaite la bienvenue ce matin
aux représentants de Bâtiment durable Québec. Je vous rappelle que vous
disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, après quoi nous
procéderons à la période des échanges avec les membres de la commission. Je
vous invite donc à vous présenter et ensuite commencer votre exposé.
M. Troxler (Paul-Antoine) : Bonjour,
mesdames et messieurs. Paul-Antoine Troxler, directeur, Éducation et recherche,
à Bâtiment durable Québec. Alors BDQ remercie la Commission des transports et
de l'environnement de nous avoir permis de faire cette présentation et
d'émettre nos commentaires et nos recommandations.
Créé en 2004, nous célébrons nos
20 ans cette année, BDQ est un regroupement multidisciplinaire d'acteurs
et d'actrices dédiés à une transition écologique juste et résiliente. Nos plus
de 200 membres sont des ingénieurs, des architectes, des designers, des
urbanistes, des gestionnaires immobiliers, des représentants municipaux, des entrepreneurs,
des spécialistes de la finance durable, etc. Bref, BDQ est un réseau d'une
grande profondeur établi sur l'ensemble du territoire québécois et disposé à
transmettre son savoir qui est issu de l'expérience de projets concrets et très
diversifiés.
Alors, c'est pourquoi il me fait grand
plaisir de laisser le reste de notre temps de parole à trois de nos
spécialistes, qui sont donc Hugo Lafrance, Martin Roy et, pour commencer,
Julie-Anne Chayer, présidente de notre... du conseil d'administration de BDQ. Alors,
Mme Chayer.
• (11 h 30) •
Mme Chayer (Julie-Anne) : Merci,
Paul-Antoine. Donc, de par le lien intrinsèque avec notre mission, constitués
de plus de 500 membres, en termes de transition écologique, nous tenons à
souligner l'importance des efforts continus devant être déployés par le
gouvernement du Québec pour atteindre nos objectifs de lutte aux changements
climatiques. Nous saluons donc ce projet qui s'inscrit dans le... d'un
encadrement qui est affirmé de la performance énergétique qui serait profitable
à l'ensemble de la population québécoise. Nous soutenons donc ce projet de loi.
Nous croyons toutefois que le projet
pourrait bénéficier de clarifications ou bonifications afin qu'il soit plus
ancré dans les connaissances scientifiques actuelles, et nous insistons sur le
«actuel», donc assurer qu'il soit le plus profitable possible pour un Québec
durable, juste et résilient.
Notamment, le projet de loi pourrait mieux
tenir en compte de certains aspects : l'ensemble du cycle de vie des ouvrages,
incluant le carbone intrinsèque, l'autoproduction d'énergies renouvelables, des
objectifs de carboneutralité, un meilleur arrimage avec les différentes
réglementations déjà en place dans certaines villes ou provinces, un arrimage
non seulement du point de vue technique, mais également du point de vue d'un
échéancier de déploiement.
À cet effet, nous souhaitons aussi
souligner l'absence de précisions au sujet des normes applicables ou références
aux meilleures pratiques devant être adoptées. Mes collègues pourront présenter
plus en détail ces normes et certifications en question. Et je laisserais donc
la parole à M. Lafrance.
M. Lafrance (Hugo) : Oui.
Donc, nous avons présenté nos recommandations dans le mémoire qui vous a été
acheminé. Je vais en décliner quatre pour commencer, en résumé.
Donc, le premier point qui est d'intégrer
la notion de performance environnementale sur le cycle de vie des bâtiments.
Donc, le projet de loi n° 41 aborde presque uniquement les enjeux liés au
carbone opérationnel, dans le jargon, donc les émissions de gaz à effet de
serre liées à la consommation énergétique, lors de la phase d'usage d'un
bâtiment. Alors, on recommande, en fait, d'intégrer une perspective plus large,
donc, sur le cycle de vie d'un projet de bâtiment, donc d'intégrer l'aspect du
carbone lié à l'utilisation des matières premières, qu'on appelle matériaux et
ressources, dans le jargon, donc, voilà, de la construction jusqu'au
démantèlement, pour éviter le déplacement d'impacts. Donc, hein, l'atmosphère
se soucie peu de la source des émissions de gaz à effet de serre, donc un...
une des dérives, en fait, ou des conséquences possibles, c'est qu'il y ait un
déplacement d'émissions de gaz à effet de serre du carbone opérationnel vers le
carbone intrinsèque. Donc, on pense qu'il faut intégrer cette perspective-là
dans un tel projet de loi pour en tenir compte.
Il y a des normes qui s'appliquent, entre
autres la norme canadienne bâtiment carbone zéro, donc, qui établit des seuils
minimaux puis des seuils d'innovation, en termes de carbone intrinsèque, liés à
cet usage de matériaux. Donc, ce serait une proposition possible, donc, de se
référer à de telles meilleures pratiques déjà définies par les experts
québécois et canadiens.
Deuxième point, favoriser l'utilisation de
normes et systèmes de certification existants. Donc, pour nos membres, donc, ne
pas réinventer la roue. Dans les très dernières années, donc, plusieurs
compétences ont été développées dans le marché, en se référant à ces outils,
les certifications LEED les normes bâtiment carbone zéro. Donc, on a une
expertise fiable...
Haut de la page
11 h 30 (version révisé
e) M. Lafrance (Hugo) : ...certification
LEED, les normes bâtiment carbone zéro. Donc, on a une expertise fiable,
disponible présentement, mais donc, il y a une préoccupation à ce qu'une
nouvelle... un nouveau règlement, avec de nouveaux outils, par exemple, crée
une certaine complexité dans l'application même, là, de cette... de ce projet
de loi. Donc, troisième point, d'assurer cette cohérence avec les
réglementations déjà en vigueur. Donc, vous n'êtes pas, donc, sans connaître le
règlement 21.0.42 de la ville de Montréal, donc cotation, divulgation des
GES des grands bâtiments, dont plusieurs de nos membres, en fait, ont commencé
à travailler sur des projets régis par cette... par cette réglementation. Donc,
là aussi, préoccupation, là, donc, de cohérence, d'harmonisation des pratiques
sur le marché.
Et je finirai justement par la nécessité d'offrir
un certain support pour le développement plus large de compétences sur toute la
chaîne de valeur, parce que l'application de la loi entraînera, là, donc... Présentement,
on peut identifier des maillons faibles, là, dans la chaîne de valeur sur le
marché, donc on peut penser notamment aux gestionnaires immobiliers
présentement, qui verraient en fait bousculer significativement leurs pratiques;
donc, par exemple. Donc, il y a une certaine expertise disponible de nos
membres pour supporter cette transition-là, mais ce n'est pas, donc, sans
souligner l'importance, là, de ce développement de compétences élargies dans le
marché. Merci.
Martin? Avec ton micro.
M. Roy (Martin) : Excusez-moi.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci.
M. Roy (Martin) : J'aimerais
parler de l'intégration de l'autoproduction énergétique renouvelable dans les
bâtiments. C'est évident que la décarbonation des bâtiments passe par l'électrification
des... du chauffage. Hydro-Québec a déjà mentionné qu'ils atteindraient une
limite de production, et on aurait besoin de produire de l'énergie
supplémentaire. Selon plusieurs études, on pourrait facilement combler plus de
25 % de cette demande supplémentaire là, qui pourrait venir dans les 10 prochaines
années. Cette production-là est relativement peu chère et on peut très bien la
comparer aux grands projets de production électrique qui devraient être
développés dans les prochaines années. En général, la production d'énergie
renouvelable dans les bâtiments... sur les bâtiments ont un retour sur l'investissement
aujourd'hui de moins de 12 ans, et, avec certains incitatifs, là, on
pourrait avoir des retours sur l'investissement assez rapides, ce qui
permettrait aux gens de faire ces installations-là.
Et finalement la gestion de la demande,
qui est la grosse problématique qu'on vit actuellement, pourrait être réglée
soit en une... soit qu'Hydro-Québec puisse prendre le contrôle de cette
production-là, et aussi par l'implantation de stockage électrique, ce qui est...
commence déjà à être fait un peu partout dans le monde. Je mentionnerais l'Alberta,
qui a à peu près 130 fois plus de production d'énergie renouvelable sur
les bâtiments que le Québec. Donc, on pourrait facilement, au... et rapidement
intégrer cette autoproduction-là.
Je parlerais aussi de l'application
graduelle de ce... de ce règlement-là. Il faudrait vraiment permettre un
échéancier clair pour que tous les acteurs du milieu puissent bien s'y adapter,
développer des aides financières aussi pour permettre d'assurer l'atteinte de
la performance environnementale exigée. Le coût, pour optimiser et réduire la
consommation énergétique des bâtiments et dont ses gaz à effet de serre, peut
être assez important pour divers... différents types de bâtiments. Si on est
capables d'avoir une aide financière qui amène un retour sur l'investissement
que l'industrie est capable de gérer, ça aiderait beaucoup.
Il faudrait aussi s'assurer que notre
production d'énergie renouvelable du Québec puisse se diriger en priorité vers
les bâtiments, si on veut permettre l'application facile de ce règlement-là. On
comprend que l'industrie a besoin d'électricité, mais il faudrait essayer de
voir comment on pourrait améliorer tout ça. La santé et le bien-être des
occupants devraient toujours être au cœur de la transition énergétique de tout
règlement, faire très attention à ne pas créer des conséquences inattendues,
que ce soit par une réduction trop rapide de l'énergie dans les bâtiments, ce
qui obligerait peut-être certains <propriétaires de bâtiments...
M. Roy (Martin) :
...que
ce soit par une réduction trop rapide de l'énergie dans les bâtiments, ce qui
obligerait peut-être certains > propriétaires de bâtiments à réduire
l'alimentation en... d'air neuf, donc la ventilation, et on voit les problèmes
que ça a pu causer avec la pandémie, la dernière pandémie.
Finalement, j'ai touché un point là,
s'assurer que la réglementation est bien étudiée par rapport aux autres
règlements parce qu'on a vu des conséquences inattendues avec l'avènement du nouveau
règlement sur l'efficacité énergétique dans le code de construction du Québec.
Mme Chayer (Julie-Anne) : L'ensemble
des acteurs et actrices de Bâtiment durable Québec est prêt à travailler
étroitement avec le gouvernement du Québec pour assurer le succès d'un tel
projet. Donc, on est prêt à répondre à vos questions.
La Présidente (Mme Maccarone) : Excellent.
Merci beaucoup. Je vous remercie pour votre exposé. Nous allons maintenant
débuter la période d'échange. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Bien gentil.
Merci, Mme la Présidente. À vous quatre, madame, messieurs, merci d'être avec
nous ce matin. Vous avez mentionné d'entrée de jeu vos 20 ans.
Félicitations! Et peut-être nous donner un petit cours abrégé, parce que le
temps file, d'histoire au cours de ces 20 dernières années là, comment
vous avez vu l'évolution au niveau québécois par rapport au marché du bâtiment,
en termes d'efficacité énergétique, en termes... autant au niveau de... bien,
bref, voir un petit peu l'évolution, voir est ce qu'elle est assez rapide,
est-ce qu'elle est encourageante. Et si on devait se comparer avec d'autres
législations, on se situe où?
Et le temps file, donc, je ne vous demande
pas un exposé de plusieurs minutes, mais juste une impression rapide, là, sur
l'évolution à laquelle vous avez pu être les témoins, là, au cours des
20 dernières années.
• (11 h 40) •
Mme Chayer (Julie-Anne) : En
fait, je prendrais le relais juste pour mentionner... Parce qu'on a deux LEED Fellow
qui sont des représentants canadiens. On a, au Québec, une expertise, je
dirais, presque accrue et fortement concentrée chez nous par rapport au Canada.
Donc, je laisserais la parole à M. Lafrance puis à M. Roy pour
présenter cet historique-là, et je pourrai compléter au besoin.
M. Lafrance (Hugo) : Oui.
Bien, je commencerais par dire, déjà, ça fait 16 ans que je suis bénévole
à Bâtiment durable Québec, impliqué dans de nombreux comités. Donc, il y a une
large base de membres mobilisés, donc, depuis deux décennies graduellement
autour d'un outil initial LEED, donc, LEED, la certification probablement la
plus connue en termes de performance environnementale de bâtiment, qui signifie
Leadership in Environmental and Energy Design, donc, dans la conception
énergétique et environnementale de bâtiments puis l'opération de cesdits
bâtiments. Donc, il y a une expertise qui a été fondée sur un, je dirais, un
outil du marché volontaire pour soutenir les membres du marché immobilier qui
souhaitaient offrir une valeur ajoutée dans leurs projets immobiliers, que ce
soit nouvelles constructions ou bâtiments existants.
Présentement, une des observations que
plusieurs membres font, donc, c'est qu'il y avait un écart qui se creusait
entre ce qui est, disons, volontairement supportable comme innovation par
rapport à la réglementation. La réglementation énergétique, dans plusieurs
autres juridictions, je dirais, a avancé plus rapidement qu'au Québec. Donc là,
entre autres, avec le Code national d'énergie de bâtiment en 2015, il y a un
certain rattrapage qui a été fait, mais, entre autres, par exemple, dans la
norme bâtiment carbone zéro, qui est de plus en plus utilisée au Canada et dont
le Québec se fait le champion, un des champions, mais on utilise encore donc le
Code national de l'énergie du bâtiment 2015 au Québec, alors que la norme
bâtiment carbone zéro réfère à la version la plus récente qui est celle de 2017
au Canada. Donc, vous voyez, donc, il y a des petits enjeux normatifs comme ça
pour les professionnels et les gestionnaires sur le marché, d'essayer
d'harmoniser ces enjeux-là.
Donc, c'est beaucoup ce à quoi nos
membres, ces dernières années, s'affairent. Je pense que le Québec, on est en
bonne position, on reste en excellente posture de par notre hydroélectricité
qu'on vante souvent. Mais, donc, en résumé, cette dynamique, disons,
volontaire, appuyée sur des meilleures pratiques beaucoup poussées par des
vérifications de tierces parties comme des certifications environnementales de
bâtiments, donc, nos membres ne peuvent que se réjouir qu'un projet de loi,
comme le projet de loi 41, arrive présentement pour essayer de combler cet
écart pour les bâtiments existants.
M. Roy (Martin) : Moi, je
pourrais continuer <en parlant de...
M. Lafrance (Hugo) :
...arrive
présentement pour essayer de combler cet écart pour les bâtiments existants.
M. Roy (Martin) :
Moi, je pourrais continuer > en parlant de l'efficacité
énergétique. En bonne partie, c'est une
partie importante de ma carrière, je
fais
partie du comité permanent sur le code de l'énergie du Canada depuis 25 ans.
Je fais
partie du comité aviseur technique au conseil canadien du bâtiment
durable depuis plus de 23 ans. Donc, j'ai vu vraiment passer tous ces
changements-là de paradigme, je pourrais dire, dans le domaine de la construction.
Puis ça va parler de mon âge un peu aussi, mais j'étais présent aussi... je
débutais ma carrière au moment où est-ce qu'on a commencé à parler d'une crise
de l'énergie. Et puis là on a commencé à réduire la... vouloir réduire de
beaucoup la consommation d'énergie... énergétique dans les bâtiments, ce qui a
amené, j'en ai parlé un peu plus tôt, la réduction de la ventilation dans la
majorité de nos bâtiments. J'ai visité dernièrement des écoles qui ont été
construites au début des années 30 et 40, avec des systèmes de ventilation
qui ont été enlevés au cours de leur durée de vie, on ne sait pas trop quand,
mais probablement dans les années 80, 90, justement pour réduire la
consommation d'énergie.
Les enjeux, les enjeux de société ont
changé vis-à-vis le bâtiment. L'énergie a causé... la réduction de la
consommation d'énergie a pu causer des problèmes dans les années 80 et 90.
Cependant, ça a amené justement le mouvement du Bâtiment durable, qui... là, on
s'est dit : On ne peut pas se soucier que de l'énergie, on doit tenir
compte des occupants à l'intérieur. On doit tenir compte aussi de la pollution
intérieure des bâtiments, plusieurs matériaux, peinture, etc., ont été
développés grâce à la norme LEED, grâce à la certification LEED, pour réduire
la pollution à l'intérieur des bâtiments. La consommation d'eau aussi était une
problématique, peut-être moins au Québec, mais ailleurs dans le monde, et en
bonne
partie aux États-Unis, surtout dans les États du Sud, et ça a amené,
justement, des méthodes différentes, et on peut retrouver, maintenant, des
produits qui utilisent beaucoup moins d'eau.
Là, maintenant, on est dans une situation
où on focusse sur le carbone. Le carbone est le «buzz word» du jour, comme
l'environnement l'a été dans les années 2000 ou un peu... au début des années
2000. Le danger, quand on focusse trop sur le carbone, c'est qu'on risque
d'oublier les autres... les autres aspects importants. Un bâtiment sert à loger
des gens. Un bâtiment sert à... a ses fonctions qui... Donc, on doit tenir
compte des fonctions du bâtiment et ce à quoi sert le bâtiment. Au Québec, on
est dans une situation tout à fait...
M. Charette : Si vous me
permettez... Je suis désolé, en fait, c'est fascinant. Lorsqu'il est question
de cours d'histoire, l'histoire c'est long, hein, donc, et c'est le temps à
notre disposition, malheureusement, qui est plus bref. Mais, merci, c'est
fascinant, merci pour cette perspective-là.
Deux, trois petites questions
rapides de mon côté, avec des réponses rapides, si possible, du vôtre, pour que
mes collègues puissent intervenir aussi. Vous avez, d'entrée de jeu, parlé de
mesures volontaires. Je comprends que c'est intéressant au départ, mais là il
faut forcer la note un petit peu, là. Et c'est un petit peu le but du projet de
loi 41 de dire oui aux mesures volontaires, elles sont les bienvenues,
mais il doit y avoir des standards minimaux qui doivent s'appliquer. Donc, je
devine, là, que vous êtes favorables avec ce qui est proposé, pour l'essentiel,
à tout le moins. En même temps, vous représentez en
partie l'industrie du
bâtiment. Vous avez peut-être eu écho, là, des groupes que nous avons
rencontrés hier. Il y a une certaine inquiétude aussi, chez certains
constructeurs, qui trouvent qu'on force peut-être trop la note. Je ne le pense
pas personnellement, mais certains constructeurs peuvent le penser. Et une de
leurs inquiétudes, c'est de savoir... il y aurait un volet du code du bâtiment,
qu'on appelle, nous, le code du Bâtiment durable du Québec, qui relèverait du
ministère de l'Environnement pour, justement, les questions d'efficacité
énergétique, alors que le Code du bâtiment actuel est davantage orienté, là,
sur la sécurité, la qualité des travaux, et autres.
Pour vous, voir le ministère de
l'Environnement exercer sa prérogative en matière de cotation énergétique, de
transition énergétique, et autres, il n'y a pas d'inquiétude ou de malaise
particulier?
M. Roy (Martin) : Moi, je
pourrais dire que de... à travailler avec les codes, les codes et règlements,
il y en a énormément quand on fait un bâtiment. D'avoir le chapitre... dans le code
de construction, simplifie beaucoup le travail des ingénieurs, des architectes.
De vouloir créer un autre règlement auquel <on doit se référer...
M. Roy (Martin) :
... simplifie beaucoup le travail des ingénieurs, des
architectes. De vouloir créer un autre règlement auquel > on doit se
référer lorsqu'on construit ou qu'on conçoit un bâtiment, ça peut devenir plus
problématique, d'après moi, pour l'industrie.
M. Charette : En même
temps... Et je comprends et, en même temps, si on regarde, la Régie du bâtiment
n'a pas cette expertise-là dans sa loi, n'a pas non plus la possibilité de
codifier ou, à tout le moins, de réglementer ces aspects-là. Et l'expertise,
elle est au ministère de l'Environnement. Donc, nous, la dernière chose que
l'on souhaite, c'est de compliquer la vie des constructeurs ou des propriétaires
de bâtiments, mais, en même temps, ce travail-là doit se faire. Donc, la
perspective que l'on présente, c'est : Oui, le code du bâtiment avec un
volet, là, que l'on appelle le code du Bâtiment durable, avec la possibilité de
déléguer à la Régie du bâtiment l'application de ces deux volets-là. Mais moi,
je suis obligé, si on veut atteindre les objectifs qui sont les nôtres, je suis
obligé de m'assurer que l'expertise du ministère soit mise à profit, là, sur...
sur ces enjeux-là.
• (11 h 50) •
Sinon, dernier petit point rapide, vous
avez mentionné au niveau des surplus hydroélectriques, votre préférence serait
qu'ils se retrouvent ou qu'ils soient dirigés vers le bâtiment. C'est une
question très, très... une réponse très légitime par rapport au milieu que vous
représentez. En même temps, de notre côté, on a des objectifs globaux de
réduction de gaz à effet de serre. Et il faut orienter de cette
hydroélectricité-là vers le bâtiment. Mais diriger en priorité vers le
bâtiment, c'est nous éloigner de nos cibles lorsque l'on sait que les
principaux secteurs sont liés au transport notamment. Donc, je serais malavisé,
selon le mandat que j'ai, de dire : J'enlève du potentiel hydroélectrique
pour électrifier nos transports qui représentent de loin notre principale
source d'émissions et de diriger ces... ce potentiel-là vers le bâtiment. Bref,
au final, c'est une question d'équilibre, mais je dois consacrer beaucoup de
cette énergie disponible là aux secteurs les plus émissifs, dont... dont les
transports, pour s'assurer de l'atteinte de nos cibles, là, pour 2030. Peut-être
un commentaire rapide à ce niveau-là. Ensuite, c'est ma collègue qui va prendre
le relais et je n'aurai pas la possibilité d'aller vous serrer la main par la
suite, étant donné que vous êtes à distance. J'en profite pour vous remercier
sincèrement pour votre présence avec nous aujourd'hui.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Alors là, je cède la parole au député d'Argenteuil.
M. Charette : Peut-être
juste la réponse...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Oh! Une réponse. OK. Il reste 1 min 45 s.
M. Charette : ...rapide,
parce que... Ah oui... Très, très rapidement pour que ma collègue puisse
intervenir. Désolé.
M. Lafrance (Hugo) : Oui.
On comprend très bien l'enjeu. Je le résumerais... en fait, l'électrification
des transports, une
partie de notre travail, en fait, c'est de s'assurer que
ces véhicules électriques, lorsqu'ils se raccordent, ils sont raccordés à des
systèmes énergétiques de bâtiments. Donc, votre borne électrique branchée à la
maison, au bureau, dans le fond, elle doit être... Voilà. Hein? Donc, c'est
dans... à travers les systèmes énergétiques des bâtiments, donc, de cette
préoccupation, en fait, de donner plus de latitude aux bâtiments pour
autoproduire, notamment, et de stocker. Et donc, pour nous, dans une vision
holistique, donc les transports et le bâtiment, c'est un peu... c'est, en
partie, la même chose. Donc, voilà, je limiterai mon commentaire à ceci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Il reste 50 secondes, Mme la députée d'Argenteuil.
Mme Grondin : Oui, en
fait, rapidement. Donc, je passe les salutations d'usage. Mme Chayer,
merci. Mémoire superintéressant. Je ne suis pas une expertise... Je n'ai pas
d'expertise en transition écologique. Toutefois, il y a un... j'ai une
préoccupation, votre recommandation sur la cohérence avec les règlements déjà
en vigueur. Je peux comprendre qu'il ne faut pas bloquer l'initiative ou
l'innovation auprès des municipalités. Par contre, comment on s'assure que le
projet qui est proposé par une municipalité est le plus urgent auquel on doit
répondre en matière de transition énergétique? Ils n'ont pas la vue d'ensemble.
Donc, comment vous proposez d'avoir cette vue-là d'ensemble et de faire les
choix qui sont les mieux?
La Présidente (Mme Maccarone) :
Je suis désolée. C'est une excellente question. Alors, je présume que vous
pourriez continuer par la suite, après la commission. Je cède la parole à
l'opposition officielle, Mme la députée de Mille-Îles, la parole est à vous
pour une période de 10 min 30 s,
Mme Dufour : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. D'abord, merci à tous les présentateurs pour...
pour votre excellent exposé. Merci pour votre mémoire également. J'aimerais
vous entendre... pardon, davantage sur le mesurage net que vous parlez, là,
votre recommandation 4. Vous parlez de mesurage net qui devrait être
augmenté de 50 kilowatts à 500 kilowatts, et vous parlez, là, de la
production locale d'électricité renouvelable, <vous en avez fait mention...
Mme Dufour :
...augmenté
de 50
kilowatts à 500
kilowatts, et vous parlez, là, de
la production locale d'électricité renouvelable, > vous en avez fait
mention, là, que, sur les toits, il y a une capacité. Je ne sais pas si vous
avez fait les estimés de quelle serait la capacité qu'on pourrait aller
chercher avec cette production locale là.
M. Roy (Martin) : La capacité
totale des toits pourrait... Quand j'ai parlé de quelque chose comme
1 000 mégawatts disponibles en... d'ici 10 ans, on parle de
5 % des toits. Donc, c'est très... La capacité est énorme sur les toits.
Ce qui ralentit l'autoproduction ou la production d'électricité sur des toits, c'est
la.... c'est la tarification et le mesurage net qui est seulement disponible
pour les bâtiments qui vont produire moins de 50 kilowatts et au tarif
soit résidentiel ou au petit... au tarif petit commercial. Mais la production,
elle est... elle pourrait facilement couvrir... on pense qu'elle pourrait
couvrir 100 % des besoins supplémentaires des bâtiments, ça dépend un peu
du déploiement justement de cette technologie-là, mais facilement, d'ici une
dizaine d'années, 25 % du 4 000 mégawatts, 25 %, qui représenterait
à peu près 4 000 mégawatts pourraient être produits.
Mme Dufour : OK, 25 % du
4 000 mégawatts. Et là...
M. Roy (Martin) : Bien,
c'est-à-dire 25 % qui représente 4 000 mégawatts.
Mme Dufour : Je m'excuse, je
n'ai pas compris votre...
Une voix : ...
Mme Dufour : Ah! OK. Parfait.
Et ce que vous avez... Quand vous parlez de cette production-là, qu'est-ce que
vous aviez en tête? C'est... Est-ce qu'on parle seulement de solaire ou il y a
d'autres technologies que vous avez regardées également?
M. Roy (Martin) : Ce que...
cette analyse-là est faite seulement pour du solaire photovoltaïque, et
j'ajouterais de l'accumulation, donc, pour permettre justement une bonne
gestion de la pointe pour éviter qu'on produise toute l'électricité quand il
fait soleil et pas quand il fait noir.
M. Lafrance (Hugo) : Puis si
je peux me permettre de vous donner un exemple, là, M. Roy et moi-même avons
travaillé sur un projet ensemble, là, où... dans le fond, c'est un bâtiment
commercial à Montréal où il y a 135 kilowatts de puissance de panneaux
photovoltaïques installés. Puis on a même dû limiter cette puissance-là, parce
que le programme de mesurage net, donc, limite la capacité, en fait, même
d'Hydro-Québec à créditer de l'énergie qui serait remise sur le réseau. Donc,
déjà, ce bâtiment-là, ponctuellement, produit plus qu'il consomme. Donc, quand
ça se produit, on remet de l'électricité sur le réseau, mais Hydro-Québec ne
peut pas nous créditer cette énergie renouvelable, produite et distribuée. Donc,
c'est... ça représente, vous l'imaginez bien, un frein au déploiement d'une
telle technologie sur le marché.
Mme Dufour : Et de mémoire,
et peut-être que vous aurez l'information, mais de mémoire, c'était aussi la
situation avec la bibliothèque de Varennes qui arrivait à produire beaucoup,
beaucoup l'été, mais finalement, c'est ça, ne pouvait pas se faire créditer
pour l'hiver. Je ne sais pas si vous avez...
M. Roy (Martin) : Effectivement,
j'ai travaillé sur ce projet-là, et puis on a fait les analyses pour démontrer
effectivement que le bâtiment produisait plus qu'il consomme une bonne
partie
de l'été, ce qui fait que, globalement, le bâtiment est pratiquement net zéro
en énergie sur l'année, mais il est obligé d'acheter de l'électricité
d'Hydro-Québec parce qu'Hydro-Québec ne crédite pas l'électricité produite.
Mme Dufour : C'est ça. Puis
ça, ça devient un frein, dans le fond, parce que le retour sur investissement
n'arrive pas, là, à ce moment-là.
M. Roy (Martin) : Oui.
Tantôt, je parlais des retours sur l'investissement de près de 10 ans sur
les bâtiments, pour ça, il faut qu'il y ait du mesurage net, et puis c'était au
coût d'aujourd'hui. Je dirais, les coûts ne cessent de baisser dans ce
domaine-là, et on pourrait facilement arriver avec des bâtiments qui de facto
installeraient des panneaux photovoltaïques juste parce que c'est la bonne
chose à faire.
Mme Dufour : Et les aides
financières que vous avez mentionnées, qui devaient être ajustées, là, ça
devrait représenter quel pourcentage du coût ou du surcoût que ça représente?
M. Roy (Martin) : Rapidement,
là, à 20 % du surcoût, on a probablement des projets rentables, mais il
faudrait faire des analyses plus profondes. Chaque secteur est différent,
chaque bâtiment, ou chaque type de bâtiment a un profil énergétique différent,
mais, avec mesurage net et possiblement quelque chose de l'ordre du 20 %,
on arriverait définitivement, ce qui réduit... ce qui représenterait des coûts
de production beaucoup plus faibles pour Hydro-Québec que les coûts de
production actuels qu'on nous annonce sur les grands projets.
Mme Dufour : Oui, ça, c'est...
ça nous est apparu clair hier avec les échanges qu'on a eus avec différents groupes,
là, que l'énergie qu'on pourrait économiser, le coût d'aller l'économiser, dans
le fond, <avec notre efficacité énergétique...
Mme Dufour :
... groupes, là, que l'énergie qu'on pourrait économiser, le
coût d'aller l'économiser, dans le fond, > avec notre efficacité
énergétique, reviendrait moins cher du kilowattheure que de créer de nouvelles
productions, comme de nouveaux barrages, par exemple. Ça, c'est... pour vous,
c'est votre lecture, également?
M. Roy (Martin) : Oui, pour
l'efficacité énergétique, mais, pour la production, qui est autre chose que de
l'efficacité énergétique, l'avantage, c'est que les coûts d'immobilisation sont
assumés par le milieu de la construction ou par les propriétaires de bâtiments,
plutôt que ce soit assumé par Hydro-Québec ou d'autres... d'autres entreprises
qui vendent de l'électricité.
Mme Dufour : Merci. Peut-être
que j'aimerais vous entendre sur le déploiement graduel selon le type de
bâtiment que vous... c'est votre recommandation 6, vous dites, là, que ça
devrait se faire selon le type de bâtiment, mais vous ne faites pas de
proposition. Est-ce qu'il y a un déploiement qui serait plus logique pour vous
qu'un autre?
M. Lafrance (Hugo) : Commencer
par les grands bâtiments, un peu... Bien, je ne peux pas m'empêcher de me
référer au projet du règlement, bien, en fait, au règlement de la ville de
Montréal, commencer par les grands bâtiments. Donc, il y a une main-d'œuvre
disponible qui peut commencer par s'affairer par un plus petit nombre de
projets. Donc, c'est plus un principe, là, donc. Puis, graduellement, donc, en
abaissant l'application à des superficies de plus en plus petites, donc, le
marché a l'occasion, donc, de... voilà, de développer son expertise, ses
compétences, de l'offrir plus largement sur le marché.
• (12 heures) •
M. Roy (Martin) : Et
j'ajouterais les bâtiments qui ont le plus d'impact. Il est possible d'évaluer
quels sont les bâtiments qui ont le plus d'impact ou qui ont le plus besoin de
travail, en termes d'efficacité énergétique. Il ne faut pas oublier, par
contre, là on a une réglementation qui est un bâton, essayer d'amener des
carottes, pour permettre justement la mise en place et... mais ceux qui ont le
plus d'impacts, je pense que...
Mme Chayer (Julie-Anne) : Et,
peut-être, j'ajouterais... Oui, allez-y, allez-y.
Mme Dufour : Hier, la
Fédération québécoise des municipalités nous faisait part que, justement, ils
disaient peut-être qu'un grand bâtiment, mais qui est chauffé à l'électricité
versus un petit bâtiment qui est au mazout, peut-être qu'il faudrait
privilégier le petit bâtiment dans un cas comme ça. Mais comment on le définit,
est-ce que... Comment on peut...
M. Roy (Martin) : Moi, je
suis, plus ou moins, d'accord avec cette affirmation-là... parce que, quand je
parlais de conséquences inattendues, c'est justement là le problème, si on
focusse sur le carbone puis on oublie l'efficacité énergétique, on peut se
retrouver avec des bâtiments très peu isolés, parce qu'il n'y a pas beaucoup de
carbone ni dans les matériaux, ni dans l'électricité pour les chauffer versus
un bâtiment super bien isolé, mais qui... des combustibles. Donc, il faut
vraiment, vraiment tenir compte... Une réglementation ne doit pas tenir compte
que du carbone, mais elle doit tenir compte de l'efficacité énergétique aussi.
Mme Chayer (Julie-Anne) : Mais
peut-être pour ajouter sur cet aspect, le carbone intrinsèque, étant donné
qu'il y a des juridictions qui l'ont déjà adopté, donc, de ne pas oublier
l'aspect du carbone intrinsèque dans le calendrier, donc de le repousser, dans
cinq ans ou 10 ans, ne nous permettrait pas d'atteindre nos objectifs
globaux.
Mme Dufour : Je comprends.
Hier, il y a un groupe qui nous parlait, je pense, c'est l'APCHQ, qui nous
parlait des maisons résidentielles, mais avant 1960, qui avait estimé un grand...
un grand potentiel dans ces bâtiments-là. Est-ce que vous avez la même lecture?
Est-ce que ça devrait faire
partie des bâtiments visés plus en priorité ou
c'est plus loin dans l'échéancier, selon vous, par rapport aux grands
bâtiments?
M. Roy (Martin) : La
problématique qu'on a souvent dans le résidentiel, c'est qu'on fait affaire
avec un marché qui a de la misère à s'organiser pour atteindre des cibles
d'efficacité énergétique. Puis là on le voit avec les programmes
d'Hydro-Québec, tandis que, quand on travaille sur des bâtiments commerciaux de
plus grande dimension, c'est plus simple parce que les... l'industrie est plus
orientée pour travailler avec... Mais je pense qu'effectivement les maisons
unifamiliales construites avant les années 60... Mais il y a des
programmes qui existent, là, Rénoclimat, des programmes qui sont assez
intéressants, LogisVert, puis Hydro-Québec qui pourraient permettre d'atteindre
les objectifs...
Mme Chayer (Julie-Anne) : Et
d'où probablement notre lien avec le développement des compétences, là, comme
l'organisation, dont parle M. Roy, nécessiterait un développement des
compétences et des choses qui pourraient être réalisées de concert avec l'APCHQ.
Mme Dufour : Parfait. Je
pense qu'il me reste très peu de temps...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...secondes.
Mme Dufour : ...alors je vais
simplement vous féliciter pour vos 20 ans d'existence. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Je cède maintenant la parole au deuxième opposition...
Haut de la page
12 h (version révisé
e) Mme Dufour : ...très peu de
temps. Alors, je vais simplement vous féliciter pour vos 20 ans d'existence.
Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Je cède maintenant la parole au deuxième opposition. M. le député de
Maurice-Richard, la parole est à vous.
M. Bouazzi : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. J'ai... Merci beaucoup, chers invités, de nous partager votre
expertise. J'ai très peu de temps, je pense, c'est trois minutes et quelques
secondes.
Ça fait que je vais essayer de poser deux
questions. La première touche... En fait, ce qui est devant nous, c'est des
choses qui se passent sur le temps long, là. Les choses vont changer tout de
suite, mais évidemment un bâtiment, quand il est construit, il l'est pour plus
d'un siècle, et puis les rénovations, etc., vous parlez du cycle complet qui
entoure les bâtiments, et pas juste de la carboneutralité, une fois qu'ils sont
construits ou avant qu'ils soient démolis.
Je vous... je vous entends, mais je
comprends aussi que vous parlez aussi du fait qu'il faut qu'on ait la
carboneutralité dans un avenir prévisible. On a beaucoup de citoyennes et de
citoyens qui n'ont pas l'argent ni la possibilité d'isoler leur maison ou d'améliorer
l'efficacité énergétique. Est-ce que vous pensez qu'on peut se passer d'une
grosse corvée accompagnée par l'État pour les personnes qui sont incapables d'améliorer
l'efficacité énergétique de leur bâtiment, pour pouvoir gérer, entre autres, la
pointe et éviter que toute l'électricité qu'on produit aille seulement au
secteur du bâtiment?
M. Lafrance (Hugo) : C'est
une bonne question. À mon sens, il n'y a pas... C'est ça, les petits entrepreneurs
qui travaillent sur les projets de maison, c'est ça, ils n'ont pas
nécessairement le support ou l'historique des exigences, là. C'est sûr que ça
doit être adressé d'une façon systématique, graduelle, donc, par principe. Donc,
oui, c'est tout un chantier. Les maisons, au Québec... C'est ça, je serais
tenté de passer par d'autres programmes, notamment pour, tu sais, la conversion
du mazout, puis identifier les gros émetteurs puis les... favoriser cette
transition-là.
La cotation de divulgation, c'est plus un...
à mon sens, c'est plus un outil de marché où on va faire jouer, entre autres,
les clients institutionnels, commerciaux, industriels qui... un jeu du marché.
Les gens vont vouloir, un, être conformes, deux, avoir une bonne cote, trois,
louer des espaces. Les locataires vont vouloir avoir des bonnes cotes pour leur
approche ESG, ainsi de suite. Alors, il y a une logique de marché très
facilement applicable. Dans le résidentiel unifamilial, cette dynamique-là n'existe
à peu près pas, donc, oui, un gros... une grosse contrainte dans l'application,
à mon sens, pour l'unifamilial.
La Présidente (Mme Maccarone) : 45 secondes.
M. Bouazzi : Bien, réponse
par oui ou par non. Vous avez parlé des normes zéro émission. Est-ce que,
disons, en 2040, on est capables d'avoir des bâtiments reliés au gaz naturel?
Est-ce que... est-ce que, d'ici là, il va falloir se débarrasser de tout ce gaz-là?
M. Roy (Martin) : Selon moi,
le gaz naturel n'a pas sa place dans le bâtiment.
M. Bouazzi : Merci beaucoup, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Maccarone) : Je
vous remercie pour votre contribution à nos travaux.
Et nous allons suspendre pour quelques
instants afin qu'on puisse installer le prochain groupe. Merci.
( Suspension de la séance à 12 h 07 )
( Reprise à 12 h 08)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
nous reprenons nos travaux, et je souhaite la bienvenue au BOMA Québec. Je vous
rappelle que vous disposez de 10 minutes pour votre exposé, après quoi
nous procéder aux périodes d'échange avec les <membres de la commission...
La Présidente (Mme Maccarone) :
...pour votre exposé, après quoi nous procéder aux périodes
d'échange avec les > membres de la commission. Je vous invite donc à vous
présenter puis à commencer votre exposé.
Mme Carbone (Linda) : Alors,
Mme la Présidente, membres de la commission, bonjour et merci de nous permettre
de commenter le projet de loi n° 41 portant sur la performance
environnementale des bâtiments.
Je suis Linda Carbone, directrice générale
de BOMA Québec, «BOMA» pour «Building Owners' and Managers' Association», l'association
des propriétaires et administrateurs d'immeubles. Et je suis accompagnée de
Mario Poirier, qui possède une grande expérience en gestion immobilière. Il a
géré, entre autres, de grands immeubles de bureaux du centre-ville de Montréal,
dont la Place Bonaventure, le <i>Palais des congrès et l'édifice de l'OACI.
Il a été président de BOMA Québec et il est présentement directeur du Défi
énergie en immobilier et conseiller de BOMA en gestion d'énergie.
• (12 h 10) •
BOMA Québec regroupe quelque
350 membres, dont des propriétaires et gestionnaires d'immeubles commerciaux,
de bureaux institutionnels, industriels et multi-usages. Elle est affiliée à
BOMA Canada et à BOMA International, qui est présent dans les plus grandes
villes d'Amérique du Nord et dans 15 autres pays. Depuis 2005, BOMA offre
le programme de certification environnementale BOMA BEST, pour «Building
Environmental Standards», qui évalue, entre autres, les pratiques
environnementales, la consommation énergétique et les mesures de gestion
durable mises en place dans les immeubles et leur attribue un niveau de
certification qui est valable pour cinq ans. Le Québec compte
412 immeubles certifiés et, le Canada, 2 915.
En 2018, BOMA Québec a lancé le Défi
énergie en immobilier, une compétition conviviale visant à recueillir les
données de consommation énergétique des immeubles participants et de
reconnaître leurs efforts de réduction de consommation d'énergie et d'émissions
de GES. Plusieurs formations visant la gestion de l'énergie, la décarbonation
et la remise en service des immeubles ont été offertes dans le cadre de ce
programme.
Alors, je cède maintenant la parole à
Mario Poirier pour la présentation de notre mémoire.
M. Poirier (Mario) : Bonjour,
Mme la Présidente, membres de la commission. Alors, je vais poursuivre en
entrant dans le feu du sujet. Parlons du projet de
loi sur la performance
environnementale des bâtiments.
D'abord, d'entrée de jeu, Linda a bien
mentionné notre expérience et des acquis qu'on a développés au niveau du
bâtiment, au niveau de l'immobilier. On est, d'entrée de jeu, favorables au
projet de
loi sur la performance environnementale, d'ailleurs non seulement
favorables, mais c'est absolument nécessaire. C'était quelque chose... c'est
quelque chose qui est déjà en place à plusieurs endroits.
Il faut comprendre que l'immobilier n'est
pas uniquement au Québec. On a plusieurs membres qui ont des... qui sont actifs
ailleurs au Canada, ailleurs aux États-Unis. Alors, c'est quelque chose qui est
déjà bien enclenché. On est... on est fiers de notre positionnement, au Québec,
avec notre énergie hydroélectrique, mais c'est un domaine dans lequel on est
familiers, que l'industrie immobilière est déjà bien consciente des enjeux qui
se passent. Elle s'est donnée, d'ailleurs, Linda en a parlé, BOMA BEST, mais en
fait on a fait... on a répertorié 19 certifications environnementales.
Alors, ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on
parle de certification environnementale et qu'on parle de souci envers la
performance environnementale des bâtiments. C'est un domaine qu'on s'y
intéresse beaucoup, à BOMA, parce que l'énergie, c'est un poste budgétaire de
gestion d'opérations qui est de... près de 25 % des frais d'opération sont
dédiés à l'énergie, et, quand on le regarde comme il faut, on a été beaucoup
trop longtemps à ne pas se soucier, à ne pas penser qu'on pouvait avoir le
contrôle sur notre énergie, ce qui n'est vraiment pas le cas. Alors, on est...
on est favorables, premier point.
Deuxième point, on voit... on voit le
projet de loi sous trois volets. On voit, dans un premier volet, la notion de
déclaration obligatoire, on voit, dans un deuxième volet, la notion de cotation
et affichage, et, dans un troisième volet, le besoin de normer et de se
positionner clairement sur où on se dirige.
Si on commence par le premier volet, la
déclaration obligatoire, Linda en a parlé, le milieu de l'immobilier est déjà
bien préparé. Avec les défis émergents en immobilier, on a déjà fait de la
divulgation obligatoire. Donc, on a une expérience qui s'est développée à cet
effet-là, et avec la ville de Montréal aussi, qui... le règlement qui est déjà
en place depuis deux ans, trois ans, je ne sais pas trop, dans lequel, aussi,
des enjeux ont été clairement identifiés.
Je n'irai pas plus <loin sur cet
aspect-là...
M. Poirier (Mario) :
...des
enjeux ont été clairement identifiés.
Je n'irai pas plus > loin sur cet
aspect-là parce que la déclaration obligatoire, je pense que c'est nécessaire. Il
n'y a pas de... De notre côté, on y voit... Au contraire, on l'encourage, on
n'y voit aucune objection, sauf sur un point, et ce point-là qui nous... il a
été occulté dans notre mémoire, malheureusement, parce qu'on a focussé sur le
deuxième volet, qui est la cotation et l'affichage, mais j'aimerais en parler,
ouvrir une parenthèse sur... au niveau de la déclaration obligatoire, sur
l'article 4.1°b, et je n'en dirai pas plus, en disant : C'est un
article
qui est un peu épeurant, et on se demande si ce n'est pas un lapin qui est
sorti du chapeau. À travers tous les travaux qu'on a déjà de faits et qu'il y
a... que... des discussions qu'on a eues, c'est la première fois qu'on voit un
tel
article et un tel... une telle information, là, qui nous est... qui nous
est transmise. Alors, concernant la déclaration, je n'irai pas plus loin.
Si on passe maintenant au deuxième volet
qui nous préoccupe, et là c'est le sujet de notre préoccupation ici, à la
commission, c'est que la cote de performance environnementale... On parle des
articles 5 à 9, et de l'affichage,
article 18. En fait, une cote, pour nous,
c'est une échelle de valeurs, et là ça nous préoccupe parce que, quand on parle
d'échelle de valeurs, on touche à des cordes excessivement sensibles. On
comprend... on comprend que le gouvernement puisse vouloir influencer le marché.
Ce qu'on dit, c'est que le marché, à l'heure actuelle, il est drôlement bien
couvert, avec 19 certifications, et, déjà, l'influence du marché vers les
bonnes pratiques et les bonnes gestions environnementales, gestion énergétique,
sont déjà bien établies.
Alors, on se dit : Quel est le besoin
réel et quelle est l'idée en arrière de ça? On regarde le projet de loi. L'objectif,
je pense, il est assez clairement défini, mais les objectifs des différents
volets, eux, sont...
La définition et l'objectif qui s'y raccorde, on a de la
misère à le percevoir, et, quand on regarde le volet de cotation et
d'affichage, et l'affichage est encore pire, on voit des risques et des enjeux
très importants au niveau de sa crédibilité, de son imprécision et de l'aspect
discriminant qu'il peut créer à travers l'industrie et le milieu. Se doter
d'une information qui... qui ne rencontre pas ces obligations-là... Pour nous,
c'est des obligations qui devraient et qui doivent être rencontrées si on ne
veut pas créer un chaos à travers les 19 certifications dans lesquelles toute la
crédibilité, qui est déjà fragile, pourrait prendre place. Je vais y revenir un
peu plus loin.
Je vais passer au troisième volet, la
norme... les normes. C'est nécessaire. On est très favorables à ça. Je pense
que normer au niveau de la construction... Je vais ouvrir juste une parenthèse
en disant : Les bâtiments existants, à l'heure actuelle, ne sont pas
traités. La <i>Régie du bâtiment traite le cadre de l'énergie au niveau
des bâtiments neufs, mais tout le patrimoine bâti, ceux avec qui on traite quotidiennement,
il n'y a aucune législation du bâtiment existant en termes de... en termes
d'énergie, mais on le voit de façon très encourageante, et non seulement on le
voit de façon très encourageante, on sait très bien que c'est cet aspect-là de
la loi qui va conduire à la décarbonation en créant, bien, forcément et de
façon coercitive des seuils qui devront être respectés. C'est ce qui se vit
ailleurs.
Si on regarde plus en détail, maintenant,
au niveau de la cotation, là où on a nos principales préoccupations, on se dit :
La base d'une cotation, et éventuellement de l'affichage, soit elle est... elle
a deux... deux possibilités assez distinctes. Un, on la base sur la collecte
des données, et là, quand on se base sur la collecte des données... Le milieu immobilier
est un milieu très complexe. Ce n'est pas un frigidaire. Un frigidaire, c'est
assez simple de mettre une cote, c'est assez simple de mettre un indicateur,
mais un bâtiment dans lequel il y a différents locataires, dans lequel il y a
une enveloppe, dans lequel il y a des heures d'opérations différentes, il y a des
secteurs d'activité dans lesquels ils oeuvrent, ce sont des variables qui sont
difficiles à contrôler, et on se dit : Si on part avec la base de données,
on a de la difficulté à voir une cotation ou un affichage qui va rencontrer les
obligations d'être non discriminante, d'être crédible et de rencontrer les
besoins de l'immobilier, de la survie de l'immobilier, si on peut dire.
Alors, on voit, dans la cotation, dans le
projet de loi, une approche plutôt européenne, et, quand on la regarde plus
attentivement, l'approche européenne a ses points de faiblesse, et c'est une
approche qui est bâtie sur non pas les résultats réels, mais sur les résultats
théoriques d'un bâtiment, et, en Europe, à l'heure actuelle, bien, on est à
l'étape des passoires thermiques et à rentrer dans le domaine du coercitif,
mais c'est au <niveau théorique...
M. Poirier (Mario) :
...thermiques
et à rentrer dans le domaine du coercitif, mais c'est au > niveau
théorique. La contrepartie qui est vécue et qui est connue en Europe, c'est que
la cote actuelle ne rencontre pas les consommations réelles. Dans certains
communiqués, on parle du simple au double. Alors, on parlait de crédibilité. On
parlait d'être non discriminante. Voilà un exemple qui n'est pas nécessairement
enviable.
Ce qu'on préconise, nous, de notre côté,
c'est qu'on dit : Il faut adopter et favoriser une approche pragmatique à
la performance environnementale, et on la retrouve plus du côté nord-américain avec
les exemples qui sont donnés à Boston, à New York, dans lesquels ils utilisent
des outils qui sont déjà existants, ce qui est préconisé, je crois, dans le
projet de loi, qui est Energy Star Portfolio Manager, avec des indicateurs de
performance au lieu d'avoir une cote, qui devient finalement l'équivalent d'une
cote, mais c'est un indicateur de performance où on ne crée pas d'échelle de
valeurs qui devient discriminante, mais plutôt on s'en sert pour arriver aux
moyens qui sont plus coercitifs, éventuellement, et qu'il est nécessaire
probablement d'arriver si on veut se décarboner pour 2050.
• (12 h 20) •
Nous, ce qu'on dit aussi, c'est qu'à
travers le projet de loi on n'a pas abordé la décarbonation, mais on sait très
bien qu'on se dirige, avec le projet de loi, vers la décarbonation.
La Présidente (Mme Maccarone) : Désolée,
M. Poirier, de vous couper, et Mme Carbone, mais vous avez déjà utilisé plus
qu'une minute du temps du gouvernement qu'ils ont gentiment cédé à vous. Nous
allons...
M. Charette : ...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Bien, d'abord... puis le ministre vous cède la parole pour terminer ou conclure
votre point. Après, nous allons poursuivre la période d'échange.
M. Poirier (Mario) : Bien,
merci, M. le ministre, de m'offrir ce privilège. Alors, je voulais juste
conclure. Nous, on est favorables à la performance environnementale. On est
préoccupés par la... par la cotation et son affichage. Le milieu, il est très
bien servi par l'ensemble des certifications. On recommande une approche
nord-américaine basée sur les indicateurs de performance, et ne pas oublier les
audits, je sais que ça a été dit dans d'autres... les audits, et surtout
l'approche américaine. Il y a des publications. En anglais, on dit «audit and
assessment», une évaluation au niveau de la décarbonation. Voilà. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Excellent.
Merci. M. le ministre, la parole est à vous.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Merci à vous deux pour votre présence avec nous ce matin. Merci
pour votre éclairage.
Peut-être vous... revenir sur deux
éléments que vous avez mentionnés en particulier, déjà, vous avertir que ma
collègue souhaitera aussi intervenir auprès de vous. Vous avez mentionné une
crainte par rapport à l'article 4.1°b. Vous l'avez mentionné rapidement.
Peut-être juste nous expliquer davantage ou avec un petit peu de détails quelle
est la nature de votre crainte à ce sujet-là?
M. Poirier (Mario) : Bien, en
fait, ça s'est... moi, je ne l'ai jamais vu, et on ne l'a jamais vu dans
d'autres situations ailleurs, ce point de questionnement là ou de déclaration,
et là, quand on le regarde, on voit une approche qui semble se rapprocher des scope
3, où on parle... et là on se dit : C'est rempli de pièges, cet élément-là,
devoir déclarer les matériaux utilisés lors des constructions. Peut-être qu'en
2040 on sera rendus beaucoup plus loin, plus tard, dans le domaine, mais de
vouloir s'attaquer actuellement à cette condition, on pense que le piège est
majeur.
M. Charette : Là, vous avez
bien dit «pour la construction». Donc, vous êtes conscients que c'est pour les
nouveaux bâtiments et non pas pour les bâtiments existants?
M. Poirier (Mario) : Ah! le
texte n'en fait pas référence nécessairement. Alors...
M. Charette : En fait, c'est
la
section pour les nouveaux bâtiments.
M. Poirier (Mario) : Bien,
c'est ce que je... c'est ce que je voyais, moi, dans la déclaration obligatoire
à l'article 1, «déclarer au ministre».
M. Charette : Exact, pour les
nouveaux bâtiments, mais, déjà, cette crainte-là, c'est tout à fait légitime de
la partager, mais ça va faire
partie de règlements à venir. Donc, je comprends
que, comment... comment dire, lire l'article comme tel, ça peut susciter des
questions, mais je vous rassure sur la procédure ou le processus. C'est un
pouvoir habilitant qui nous est donné avec l'adoption potentielle du projet de
loi, mais, pour rendre applicable ce pouvoir-là, il y a un règlement ou il y a
une réglementation qui devra être développée, et c'est à ce moment-là qu'il y
aura, naturellement, travail avec les parties prenantes pour développer la
réglementation et ensuite une consultation proprement dite sur la consultation.
Donc, il ne faut pas s'inquiéter ou penser, là, que... que ce sera
inatteignable comme objectif. Il va y avoir une consultation spécifique pour
cette réglementation-là, mais je vous rassure en vous disant que c'est pour les
nouvelles constructions. C'est une section, là, qui est <dédiée aux
nouvelles constructions...
M. Charette :
...c'est
une section, là, qui est > dédiée aux nouvelles constructions.
Sinon, vous avez aussi exprimé des
craintes au niveau de la cotation. Vous disiez que c'est... un bâtiment, ce
n'est pas un frigidaire. C'est une très belle... très belle image, et on
comprend que l'usage des bâtiments n'est pas le même dans chacun des cas. Hier,
dans les groupes entendus, certains disaient : On devrait faire la
distinction entre l'énergie utilisée pour le bâtiment lui-même versus l'usage
auquel est dédié le bâtiment. Est-ce que c'est le genre de distinction que...
que vous appréciez aussi de votre côté? Et l'exemple le plus commun qui a été partagé,
c'est celui des centres de données, par exemple. On peut avoir un bâtiment x
qui a une bonne... une bonne... un bon rendement énergétique, mais être un très
grand consommateur d'énergie, compte tenu de l'utilisation qui est faite dans
ce bâtiment-là. Est-ce que c'est le genre de nuance que vous exprimez de votre
côté ou c'est... de façon générale, ce sera un défi de coter les bâtiments,
compte tenu des différents types de bâtiments et des différents usages qui
peuvent y avoir lieu?
M. Poirier (Mario) : Bien, je
pense que, d'entrée de jeu, vous résumez bien les enjeux qu'on peut retrouver
dans un système de cotation. C'est sûr que, nous, quand on a présenté... On
commente le projet de loi. On s'imagine que la réglementation va apporter
beaucoup d'éclaircissements à ces effets-là, mais, dans le moment, le projet de
loi donne la permission et l'autorisation de se diriger vers une cotation.
Nous, on se limite, à ce moment-ci... sans connaître la réglementation, on se
limite à dire : Les conditions principales rencontrées, c'est évitons la
discrimination, évitons la... gardons la crédibilité. Les éléments que vous
avez mentionnés, c'est tout à fait louable.
Un bâtiment... puis là on peut rentrer
dans des détails de bâtiments, mais un bâtiment avec un centre informatique
dedans va avoir une performance énergétique qui ne correspondra pas à un
bâtiment à bureaux conventionnel, et ça disparaît de plus en plus. Les centres
de traitement se gèrent par eux-mêmes actuellement, mais c'est un des détails à
prendre en considération, les heures d'occupation, les types de locataires. Il
y a des locataires, par exemple, qui... qui hébergent des firmes de
comptabilité. On sait que la période d'impôt... La durée d'opération d'un
bâtiment est prolongée. C'est des éléments qui se négocient à l'intérieur des
baux avec les locataires, mais qui reflètent des performances énergétiques qui
pourraient être mal interprétées à travers une cotation et rendre un bâtiment...
et donner une... apporter une notion meilleure discrimination. Est-ce que je
réponds à votre question?
M. Charette : Tout à fait.
Merci. C'est ma collègue qui va prendre la relève. Merci beaucoup pour votre
présence aujourd'hui.
M. Poirier (Mario) : Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Nous poursuivons avec la députée de Châteauguay. Vous disposez de 7 min 20 s.
Gendron
: Merci
beaucoup. Bonjour, Mme, Carbone, et bonjour, M. Poirier. Merci beaucoup pour
votre mémoire aujourd'hui. Merci pour votre présence.
En fait, j'étais... j'étais bien
enthousiaste de voir que vous favorisez, entre autres, de diminuer l'impact
environnemental dans les bâtiments de vos membres, et tout ça. Je souligne
aussi l'initiative que vous avez sur <i>Énergie en immobilier 2.0, donc,
de réduire la consommation d'énergie et de GES dans les bâtiments commerciaux.
Par exemple, j'avais une petite question en lien avec ce programme. C'est quoi,
les actions concrètes, les actions prises qui démontrent la mobilisation du
milieu, en exemple, là, dans cette belle initiative d'Énergie en immobilier, puis
je voulais savoir est-ce que ces initiatives-là sont quantifiées.
M. Poirier (Mario) : Oui, pour
répondre à votre question, le Défi énergie en immobilier, premièrement, c'est
un programme volontaire, et ce qu'on visait, nous, à travers... à travers le
Défi énergie en immobilier, c'est qu'on voulait mobiliser et créer un mouvement
vers la performance énergétique des bâtiments et les émissions de gaz à effet
de serre. Comme on n'a pas de pouvoir législatif, on est une association, on a...
on a en fait, créé le défi, qui est... qui est, dans le fond, un programme qui
cherche à influencer, et c'est pour ça qu'on l'a mentionné d'entrée de jeu, une
cotation, la base ou les besoins d'une cotation, vise aussi à influencer... Ça
peut servir de seuil. On peut s'en servir pour établir des seuils, mais ça vise
aussi à influencer le marché. Ce qu'on dit, nous, c'est qu'à travers le <défi
c'est une occasion que l'industrie...
M. Poirier (Mario) :
...on
dit, nous, c'est qu'à travers le > défi c'est une occasion que
l'industrie s'est donnée pour influencer le marché, qui... qui démontre
l'importance, pour l'ensemble de l'immobilier, de se mobiliser et d'agir dans
les bonnes directions.
Est-ce qu'il y a des chiffres qui sont
parus? C'est sûr qu'on n'a pas les ressources et les moyens qu'un gouvernement
peut avoir. On est une association. On l'a voulu sans frais pour susciter
l'adhésion et permettre à l'ensemble de l'immobilier d'y adhérer. On a
simplifié au maximum les critères qui permettent d'évaluer d'année en année la
performance et l'évolution de la performance, et ce qu'on dénote, depuis les
quatre dernières années, c'est une amélioration de la performance généralisée, et
je dis et je précise les quatre dernières années parce qu'il ne faut pas
oublier qu'on a passé à travers une pandémie et on est ressortis d'une pandémie.
Alors, je vous... Je serais... On ne serait pas honnêtes de parler de la
dernière année puisque, la dernière année, il y a eu un retour du balancier, un
retour plus à la normalité face à la pandémie, mais ce qui est sûr, c'est que
le mouvement se crée à l'intérieur du défi et vise la performance et
l'amélioration de la performance année après année.
• (12 h 30) •
Mme Gendron : Donc, je
comprends que c'est quand même quantifié. Je vous cite un peu plus tôt... Je
comprends que vous ne voulez pas ébranler la crédibilité des certifications,
comme vous avez mentionné un peu plus tôt, mais n'y a-t-il pas, justement, dans
des... dans ces certifications-là, des cotes, des objectifs définis puis des
indices environnementals quantifiables?
M. Poirier (Mario) : Il y en
a. Tous les... toutes les... toutes les certifications en ont, et ils sont tous...
Il y a une forme de cotation. On prend LEED, par exemple. LEED va avoir... On
va partir de platine, or, argent, et tout ça. Il y a déjà un affichage LEED,
mais c'est un affichage volontaire aussi, et ce qu'il faut retenir de ça, c'est
que les plus performants sont toujours fiers de s'afficher comme étant les plus
performants. Est-ce que ça vient influencer le marché, d'avoir une affiche
LEED? Je vous dirais que l'affichage sur le building n'a pas une grande
incidence. L'incidence va être au niveau de sa performance, et ça, c'est bien connu
dans le milieu immobilier.
Quand on regarde le milieu immobilier, et
qu'il y a une transaction locative ou une transaction de vente, à l'intérieur
d'une vente immobilière, à l'intérieur des «due diligence», il y a... il y a
une occasion pour permettre justement d'aller chercher les valeurs qui pourraient
inciter ou, du moins, toucher la valeur d'un bien immobilier, et, dans le cas
d'une location, les courtiers, toutes les informations sont rendues publiques
au courtage parce que les locataires l'exigent. Donc, le milieu, il est déjà
enclenché dans cette direction-là, et c'est pour ça qu'on dit : Pourquoi
se donner une mesure complémentaire, à moins qu'elle devienne non
discriminante, crédible et adéquate?
Mme Gendron : Dans le même
ordre d'idées, de quelle façon on pourrait accélérer ça? De quelle façon on
pourrait encourager davantage les propriétaires commerciaux à s'engager dans la
transition? Est-ce que... Tu sais, c'est quoi, les principaux freins qui bloquent
ces gens-là? Comment on peut rendre ça plus rapide?
M. Poirier (Mario) : Bien, je
pense que le problème, il est très complexe, puis ce n'est pas la première fois
qu'on se fait... et c'est des réflexions qu'on se pose quotidiennement, nous, à
se dire : Qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer? Je pense qu'il faut
découper la question, à ce moment-là, ou la réponse en plusieurs segments.
La première des choses, c'est qu'il y a
des gens qui sont très bien... sont très bien engagés. Les leaders sont déjà
engagés dans de l'amélioration et de l'efficacité énergétique, dans la
décarbonation. On a des bâtiments, dans le défi, qui nous ont présenté des
projets avec une complète décarbonation. Ils avaient fait l'ensemble des
mesures. À ce moment-là, on parle de thermopompage, on parle d'accumulateurs,
on parle de «recommissioning». On parle de l'ensemble des moyens qui sont mis à
disposition de l'immobilier et ayant obtenu une annotation, là, de «net-zero»
ou pratiquement «net-zero».
Donc, les leaders, ils ont déjà... sont
déjà bien, bien engagés dans la démarche. Là où il y a le plus de difficultés,
c'est au niveau des bâtiments un peu plus petits, premièrement, dans lesquels
les ressources ne sont pas là, et dans les bâtiments qui ont... qui ont des
moindres ressources financières. Je pense que le financement... N'oublions pas,
si on vise la décarbonation, éventuellement, tôt ou tard, et c'est ce que le
milieu immobilier reconnaît, on va arriver vers ce qu'on appelle les «deep
retrofits», ou les rénovations majeures, et là on parle de financement majeur.
Quand on parle d'un bâtiment qui doit revoir l'ensemble de ses composantes pour
arriver à éliminer une bouilloire au gaz et se... prendre d'autres directions,
les coûts sont faramineux.
Alors, la réponse. Qu'est-ce qu'il faut
faire? Je pense qu'il faut se donner un ensemble de possibilités pour venir
supporter là où les propriétaires sont rendus dans leurs démarches. N'oublions pas
qu'au Québec, nous, dans le défi, le dernier résultat qu'on a obtenu, 50 % de
nos bâtiments étaient tout électriques...
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12 h 30 (version révisé
e) M. Poirier (Mario) :
…pas qu'au Québec. Nous, dans le défi, le
dernier résultat qu'on a obtenu, 50 % de nos bâtiments étaient tous
électriques. Sur un... La base d'informations n'était pas grande, on l'avoue,
on ne couvre pas l'ensemble des bâtiments de la province de Québec. Mais des
bâtiments qui étaient couverts par le programme, 50 %, ce qui était une
grande surprise pour nous. Donc, il faut... il faut avoir des actions qui
soient ciblées, qui soient mieux structurées que... que des actions... qui soient
globalisantes et dans lesquelles les résultats sont difficilement...
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Merci, M. Poirier. Nous allons poursuivre les échanges avec la
deuxième opposition. M. le député de Maurice-Richard, la
parole est à vous pour une période de 3 min 45 s.
M. Bouazzi : Merci, Mme
la Présidente. Merci beaucoup, chers invités, d'être ici parmi nous. Peut-être
une... une première question. Vous avez parlé que le... le... la métrique qui
est proposée ne vous va pas, qu'elle pourrait être discriminante, qu'il y avait
d'autres... d'autres choses à faire, que vous avez l'habitude de... déjà, d'introduire
des manières d'évaluer l'efficacité énergétique autrement. Deux questions. Vous
avez dit : Bien, à un moment, il va falloir introduire de la coercition.
Est-ce que vous avez une idée d'à quoi ça pourrait ressembler? Et la deuxième,
c'est l'aspect public de ces critères-là qui font en sorte qu'on sache que les
documents... Est-ce que c'est obligatoire? Comment... Comment vous voyez,
ces... ces différentes métriques qui permettent aux locataires, entre autres,
de savoir quelle est la situation, ou peut-être même à Hydro-Québec?
M. Poirier (Mario) : Bien,
je vous dirais que c'est... C'est parce que votre question, là, elle a
plusieurs sous-points, là. Premièrement, je vous dirais qu'on favorise, nous, l'approche
nord-américaine. Il faut regarder, je pense, qu'est-ce qui se passe à New York,
qu'est-ce qui se passe à Boston. Je ne dis pas que ce sont des modèles qu'il
faut copier, loin de moi cette approche-là, mais je pense qu'il faut y porter
une attention. Si on regarde le modèle de New York et de Boston, par exemple...
Oui?
M. Bouazzi : Excusez-moi,
je vais juste vous couper. Est-ce que... Est-ce que les bâtiments
nord-américains consomment plus l'énergie que les bâtiments européens? Est-ce
que...
M. Poirier (Mario) : Je
pense... Oui, je pense que les réalités sont très différentes, les réalités
géographiques. Je regardais, par exemple, tout ce qui est performance
énergétique et les enjeux géographiques qu'on peut avoir. En Californie, le
gros enjeu de la décarbonation, contrairement à ce qu'on peut penser, c'est
les... les... tout ce qui est le...
M. Bouazzi : La
climatisation?
M. Poirier (Mario) : Non,
même pas. Au niveau de la décarbonation, ce sont les résidentiels, puisqu'étant
donné les problèmes d'électrification qu'ils ont en Californie, les cuisinières
électriques... pas les cuisinières électriques, mais les cuisinières des
résidences sont alimentées au gaz. Et quand il s'agit de décarboner, c'est un
enjeu majeur pour la... pour la Californie de traiter le milieu résidentiel,
pas au niveau de leur climatisation parce que c'est électrique, mais quand il s'agit
de... d'éléments de cuisson, ce qui est le problème aussi ici, au Québec, dans
la restauration. Au moment où on va décarboner la restauration, l'enjeu va être
majeur. Alors, dépendant des régions, il y a des réalités qui peuvent varier.
Pour en revenir à votre question, ce qu'on
vit... ce qui est... ce qui est vécu aux États-Unis à l'heure actuelle, on n'utilise
pas une cote A, B, C qui peut être discriminante à l'occasion. Ils utilisent un
indicateur simple, là : kilogramme équivalent émis au pied carré. Et si le
seuil n'est pas rencontré, et ce, dès 2025, il y a des pénalités qui sont
établies. Ils ont fait quelque chose de très progressif, de très raisonnable.
Je pense que les premiers seuils, 2025. Et ils ont... En fait, le plus
important, c'est qu'il y a un côté prédictif dans ce qu'ils publient. C'est-à-dire
que le propriétaire immobilier, il est en mesure de savoir qu'est-ce qui va
être... qu'est-ce qu'il aura comme obligation, en 2025, 2030, 2035, 2040 et
jusqu'à 2050, pour une complète décarbonation. Ça, c'est un élément qui est
important dans l'immobilier. Parce que chaque... chaque... chaque immeuble n'a
pas les mêmes réalités et ne... et n'abordera pas la décarbonation de la même
façon.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Neuf secondes, huit secondes...
M. Bouazzi : Bien, j'entends
que le gaz fossile est un problème partout. Évidemment, je retiens ça. Merci
beaucoup.
M. Poirier (Mario) : Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) :
Merci. Nous continuons nos échanges avec l'opposition officielle. Mme la
députée de Mille-Îles, vous disposez de 11 min 15 s.
Mme Dufour : Excellent.
Merci, Mme la Présidente. Alors, merci à vous. Mme Carbone et monsieur... Mon
Dieu! Je ne l'ai pas devant moi.
M. Poirier (Mario) : Poirier.
Poirier.
Mme Dufour : Poirier.
Voilà! Excusez-moi, je suis terrible pour les noms. Donc, merci pour votre
exposé. Puis j'ai trouvé ça fort intéressant, votre mémoire également. Et j'aimerais
peut-être vous entendre davantage sur les <informations qui sont...
Mme Dufour :
votre mémoire également. Et j'aimerais peut-être vous entendre davantage sur
les > informations qui sont complexes à collecter, là. Vous en parlez,
là, à la page 6. Puis on a parlé tout à l'heure, là, de la déclaration
obligatoire, là, que... que vous aviez une... une inquiétude là-dessus. Puis,
bon, le ministre a précisé, là, que ça concernait seulement les nouveaux
bâtiments. Moi, personnellement, je ne le vois pas de même, dans le projet de
loi, il faudra peut-être le préciser.
Mais ceci dit, j'aimerais quand même vous
entendre sur ce que ça pourrait représenter pour des nouveaux bâtiments
commerciaux qui seraient... qui seraient construits par vos membres, d'avoir à
recueillir, par exemple, bon, les matériaux de construction réalisés, lorsqu'ils
ont été... lors de la construction, mais surtout la... la quantité, et le type
d'énergie consommée, et le moment où cette énergie est consommée. Compte tenu
que vous travaillez surtout avec des locataires commerciaux, comment voyez-vous
vos membres être en mesure de fournir cette information-là? Parce que vous en
parlez, là, puis c'est quand même complexe, avec des locataires, de collecter
les données.
• (12 h 40) •
M. Poirier (Mario) : Bien,
écoutez, vous faites appel, à ce moment-là, à l'expérience qu'on a connue à
travers le défi, et... Et est ce qu'on a connu à travers le défi, en termes de
déclaration, ça a été le principal enjeu du programme. Et on a persisté à
l'intérieur du défi en créant aussi une occasion, en 2018, de dire : Il
faut se parler, tous ensemble, pour trouver une solution pour un transfert
automatisé des données énergétiques à un outil de compilation qui, dans le
moment, est Energy Star Portfolio Manager.
Parce que, quand on... quand on regarde
des propriétaires immobiliers... Et là il y a des coches, comme... j'ai dit que
chaque bâtiment était unique. Essayons d'imaginer, par exemple, un immeuble à
logis multirésidentiel qui a un compteur principal pour le bâtiment, qui couvre
les espaces communs, qui peut couvrir une piscine sur le toit, qui peut couvrir
certains éléments centraux, espaces communs. Et imaginons, après, les
60 locataires qui ont des compteurs individuels. Alors établir un bilan de
ça, nous, on n'y est pas arrivés à travers le défi. Sur une base volontaire, sur
une base manuelle, on n'y est pas arrivés, c'est... Premièrement, on n'avait
pas le législatif derrière nous, on ne pouvait pas... les participants ne
pouvaient pas obliger les locataires à transmettre leurs informations. Donc ça,
c'est un côté... premièrement, c'est un obstacle, c'était un enjeu. Et la
deuxième, c'est comment on peut suivre sur une base régulière, comment un
propriétaire peut suivre et s'assurer que l'ensemble des 60 compteurs,
plus le compteur principal, est pris en compte. Et si on ne tient pas compte de
l'ensemble des consommations de l'immeuble, bien, on ne peut pas avoir un
indicateur qui soit représentatif. C'est un des exemples.
Et là je vous parlais du multirésidentiel.
Dans le... le commerce au détail, c'est la même situation. Dans plusieurs
centres commercials, ce n'est pas tout un compteur simple qu'on peut avoir.
Souvent la pratique, en immobilier, va être... la tendance va être à
transmettre la responsabilité énergétique au locataire. Donc, le locataire,
pour avoir une image de l'immeuble, devra transmettre les informations. Donc,
on a œuvré, nous, en 2018, à dire : Aïe! il faut qu'on se parle,
Hydro-Québec, Énergir, pour avoir un transfert automatisé des données. On y est,
on est... on est fiers de... d'avoir amorcé cette première discussion là, même
s'il y avait eu des discussions, mais nous, on les a ramenées autour de la
table, pour avoir... pour pousser la démarche. Ça a pris le règlement de la
ville de Montréal pour vraiment créer cet «incentive» là et aller vers la... le
transfert automatisé des données.
On est à l'amorce, à l'heure actuelle, on
participe à des discussions, des forums de discussion à cet effet-là. On est
loin de la coupe aux lèvres et de la Coupe Stanley, aussi loin que les
Canadiens peuvent l'être, dans le sens où, si on parle des municipalités, par
exemple, bien, il y a des municipalités qui ne sont pas régies directement par
Hydro-Québec. Alors, le transfert automatisé des données va devoir passer... va
devoir combler ce vide-là. On pense à Sherbrooke, par exemple, entre autres,
Westmount, qui ont leurs propres systèmes. Et ça, c'est des enjeux qui sont à
définir éventuellement. Et le projet de loi, il est génial dans le sens où, si
on regroupe et si on se donne une vision commune, je pense qu'on peut y
arriver. Mais c'est un travail qui est énorme. Et si on n'a pas ce niveau de
précision là, bien, on perd, encore là, les notions de crédibilité d'une cote
et on perd les notions de discrimination. Alors, voilà l'importance qu'on peut
y accorder.
Mme Dufour : Merci. Je
vais revenir sur la crédibilité, mais avant ça, j'aimerais vous entendre sur...
Vous parlez de l'Ontario, que ça a pris cinq ans pour obtenir des données
complexes du parc immobilier seulement pour les <bâtiments de...
Mme Dufour :
cinq ans pour obtenir des données complexes du parc immobilier seulement pour
les > bâtiments de plus de 50 000 pieds carrés. Ici, au Québec,
avec la législation, on vise tous les bâtiments. Est-ce que...
M. Poirier (Mario) : Oui. Bien,
je peux... Bien, je peux vous en parler un peu. Je n'ai pas l'ensemble des
détails. C'est le règlement 506, je crois, de l'Ontario, qui est... qui
traite le sujet. Il a été mis en branle en 2017 avec, je crois, comme première
année de référence 2017, il visait les plus grands immeubles. Ce qui est
fait aussi, comme image, au niveau de Montréal. L'année suivante... En fait, le
règlement de la ville de Montréal était un peu une situation similaire à ce qui
se vivait en Ontario. Donc, c'était par tranches. La dernière tranche,
c'est-à-dire la tranche des petits bâtiments, ils ont repoussé la date de trois
ans et ils sont partis de 2020 à 2023. Pourquoi? C'est simple, c'est des enjeux
qui sont créés vers les plus petits bâtiments. La capacité des plus petits bâtiments
à se soumettre à un assujettissement de lois, de règlements semblables, c'est
un effort colossal. Et là c'est les petits bâtiments qui les ont vécus. Je n'ai
pas été puiser l'information au niveau des immeubles multirésidentiels, mais à
Montréal c'est ce qui se vit à l'heure actuelle, les difficultés qui sont
rencontrées, c'est dans le multirésidentiel, c'est 60 compteurs et plus. C'est
ingérable.
Mme Dufour : Et l'information
qui est... qui est collectée en Ontario, est-ce que ça ressemble à ce qu'on
tente de collecter ici avec le projet de loi?
M. Poirier (Mario) : Bien, ce
qu'on a vu, nous, au niveau de l'Ontario, c'est qu'ils se limitent à des
indicateurs qui sont collectés tout simplement et qui sont publiés. C'est-à-dire
qu'on ne va pas dans un système de cotation. Je ne sais pas s'ils en ont
l'intention, mais ils ne vont pas au système de cotation. Il y a une
déclaration, au même niveau que le projet de loi, il y a une déclaration, et
les gens doivent transmettre les indicateurs, les informations du bâtiment à
travers Energy Star.
Mme Dufour : Donc, quand même
plus simple, un peu, ce que... la collecte qui est demandée en Ontario versus
ce qui est demandé actuellement avec le projet de loi qu'on a là, et ça leur
aura pris quand même beaucoup de temps. C'est ça?
M. Poirier (Mario) : Cinq
ans.
Mme Dufour : OK. Cinq ans
plus, c'est ça, extension pour les petits bâtiments. Très intéressant. J'aimerais
peut-être vous... vous entendre sur votre... À la page 7 de votre mémoire,
vous parlez du fait que vous auriez besoin de soutien pour faire un audit. Et
là ce qu'on voit actuellement dans le projet de loi c'est plutôt que l'audit
serait aux frais des... des propriétaires. Est-ce que vous avez estimé combien
ça pourrait représenter pour vos membres d'avoir à produire ces audits-là?
M. Poirier (Mario) : C'est
majeur, et là où... C'est majeur, et là où le bât blesse le plus c'est que
chacune des certifications, qu'on pense à LEED, ou qu'on pense à BOMA BEST, ou
qu'on pense à... Puis là, je ne rentrerai pas dans tous les détails de chacune
des certifications, je ne les connais pas. Mais si on regarde LEED et BOMA
BEST, ils ont une obligation d'avoir des audits à des fréquences de trois à
cinq ans, de mémoire. Alors, c'est déjà existant, les audits dans les... dans
les certifications. Ce que... Ce que le secteur de l'immobilier a le plus
besoin, ce n'est pas uniquement de l'audit, mais c'est d'aller un peu plus loin.
Et il y a un document qui a été publié,
américain, dans lequel ils transfèrent... Et c'est un guide que je trouve
absolument hyperintéressant, dans lequel ils appellent un audit «an
assessment», c'est-à-dire qu'il faut non seulement faire le point sur la
situation actuelle d'un bâtiment, mais il faut aussi regarder dans quelle
mesure les étapes à franchir pour arriver à une décarbonation, s'il y a
possibilité... On a entendu Hydro-Québec hier dire que, le chauffage, ils ne
sont pas intéressés à l'avoir dans un court laps de temps. C'est tout à fait
normal, parce qu'on s'adresse à la pointe électrique en systèmes de chauffage.
Mais se doter d'un outil qui soit un audit et évaluation, «audit and
assessment», je pense que c'est un passage obligé, éventuellement. Les propriétaires
immobiliers, dans le moment, y contribuent. Certains le font. Les sommes sont
assez faramineuses de ce que ça peut représenter. Je pense qu'il y a
différents... On peut être très créatifs, plus créatifs, et cibler des éléments
qui pourraient être plus importants. Mais je pense que c'est un passage obligé
et que le gouvernement devrait s'y investir.
Mme Dufour : Et est-ce que
vous croyez à ce moment-là qu'il devrait y avoir un programme de soutien
financier spécifiquement pour la création des audits?
M. Poirier (Mario) : Clairement,
clairement, clairement.
Mme Dufour : Et de quelle
ampleur, en termes de pourcentage, ce que ça peut représenter comme coût?
M. Poirier (Mario) : Mes
collègues de <l'immobilier diraient...
Mme Dufour :
..., en
termes de pourcentage, ce que ça peut représenter comme coût?
M. Poirier (Mario) :
collègues de > l'immobilier diraient : On veut l'ensemble, on veut
qu'elle soit... sur l'ensemble. Moi, ce que je dis, dans tout ça, c'est qu'il
ne faut pas oublier une chose, une évaluation en décarbonation pour les
immeubles ne servira pas uniquement aux propriétaires, elle va servir
l'ensemble de la société. Dans le sens qu'à l'heure actuelle la difficulté
qu'on voit dans les messages d'Hydro-Québec, sa capacité de branchement... on
voit des bâtiments qui n'ont pas la possibilité d'être tous électrifiés, on
voit des bâtiments neufs qui ne peuvent pas être branchés, dans le centre-ville
de Montréal. Je me dis : À quelque part, c'est un débat de société, c'est
un débat que les propriétaires immobiliers qui ont pris des directions vers le
gaz, dans les années 80... N'oublions pas que, dans les années 80,
les bâtiments, il y avait une tendance vers l'électrification, les bâtiments se
sont virés en faveur de vouloir gérer aussi les besoins d'Hydro-Québec...
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci.
Désolée de vous couper, M. Poirier. Merci, Mme Carbone, M. Poirier, pour votre
contribution à nos travaux.
La commission suspend ses travaux jusqu'à
15 h 30... 15 heures, excusez-moi. Merci.
(Suspension de la séance à 12 h 50)
Haut de la page
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 h 03)
La Présidente (Mme Maccarone) : Alors,
bonjour à tous. La Commission des transports et de l'environnement reprend ses
travaux. Nous poursuivons les consultations particulières et les auditions
publiques sur le projet de loi no 41, Loi édictant la
Loi sur la performance
environnementale des bâtiments et modifiant diverses dispositions en matière de
transition énergétique.
Cet après-midi, nous entendrons les
organismes suivants : la Coalition Sortons le gaz!, la Commissaire au
développement durable, Écohabitation et l'Ordre des ingénieurs du Québec.
Alors, nous débutons tout de suite nos travaux.
Je souhaite la bienvenue aux représentants
de Coalition Sortons le gaz! Alors, bienvenue à Mme Marie-Noëlle Foschini,
coordonnatrice, Mme Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec, Mme
Patricia Clermont, coordonnatrice... coordonnatrice de l'Association québécoise
des médecins pour l'environnement, et M. Patrick Bonin, responsable de la
campagne Climat-Énergie pour Greenpeace. Alors, comme vous savez...
Haut de la page
15 h (version révisé
e) La Présidente (Mme Maccarone) : ...responsable
de la campagne Climat-Énergie pour Greenpeace. Alors. Comme vous savez, vous
disposez de 10 minutes pour faire votre exposé, après, la suite, nous
allons procéder aux périodes d'échange avec les membres de la commission. Ça
fait que, bienvenue chez vous, si vous pourriez vous présenter et débuter votre
présentation.
Mme Foschini (Marie-Noëlle) : Bien,
merci beaucoup. Bonjour, Mme la Présidente, M. le ministre, messieurs, mesdames
les députés, merci de nous accueillir dans votre commission dans le cadre de
ces consultations particulières, là, sur le projet de loi no 41. Je vais lire
ma présentation, comme ça on va s'assurer de rentrer dans le 10 minutes,
puis de ne pas empiéter sur votre précieux temps. Donc, je me présente,
Marie-Noëlle Foschini, je suis la coordinatrice de la Coalition Sortons le gaz!
Je suis accompagnée de quelques collègues membres de la coalition, donc
Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec, Patricia Clermont,
coordonnatrice de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement,
et Patrick Bonin, responsable de la campagne... de la campagne Climat-Énergie
pour Greenpeace.
Donc, la Coalition Sortons le gaz! est
relativement nouvelle dans le paysage québécois et réunit près d'une vingtaine
d'organisations environnementales syndicales et citoyennes qui se sont donné
pour but de promouvoir la sobriété et l'efficacité énergétique, tout en
accélérant la décarbonation des bâtiments au Québec. En premier lieu, nous
tenons à dire que le PL no 41 est un projet de loi attendu par les membres de
la Coalition Sortons le gaz!, qui l'applaudissent dans son principe et y
reconnaissent un potentiel réel pour accélérer la décarbonation des bâtiments
et améliorer leur efficacité énergétique, mais nous croyons que le niveau d'ambition
doit être plus élevé pour être à la hauteur des solutions nécessaires pour
régler la crise climatique.
Nous accueillons aussi favorablement l'annonce
qu'a faite le ministre hier concernant sa volonté d'encadrer directement le gaz
dans les nouveaux bâtiments, quoique nous avons plusieurs inquiétudes et
recommandations aussi. Notre mémoire était déjà rédigé au moment de cette
annonce, mais les recommandations formulées à propos du projet de loi no 41
sont aussi à prendre en considération pour le futur règlement gaz.
Avant de présenter nos recommandations,
voici certains éléments de contexte incontournables pour comprendre notre
approche de la décarbonation des bâtiments. Au Québec, le gaz naturel est
présent dans un peu plus de 200 000 immeubles et occasionne à lui seul,
juste pour les bâtiments, des émissions de cinq mégatonnes de GES, soit
7 % des rejets totaux du Québec, ou l'équivalent de ce qu'émettent 1,6 million
de voitures par année. Le Québec s'est engagé à réduire ses émissions de GES de
37,5 % à l'horizon 2030 et à atteindre la carboneutralité au plus tard en
2050, des cibles que nous ne sommes pas en voie d'atteindre alors qu'il
faudrait plutôt accélérer la cadence.
L'Agence internationale de l'énergie
estime que les nations développées comme le Québec doivent réduire de 80 %
leurs émissions de GES d'ici 2035 et atteindre la carboneutralité d'ici 2045. L'agence
précise également que, pour réussir à limiter le réchauffement climatique sous
le seuil du 1,5 degré Celsius, il faut interdire les nouvelles chaudières
à combustibles fossiles, gaz y compris, dans les bâtiments, à l'échelle
mondiale, et ce, dès 2025. La sortie du gaz des bâtiments est aussi un enjeu de
santé publique, notamment en raison des cuisinières au gaz qui présentent des
risques pour la santé respiratoire des enfants et des personnes vulnérables.
Par exemple, certaines études ont démontré qu'un enfant vivant avec une cuisinière
au gaz court un risque d'asthme qui serait comparable à celui d'un enfant
vivant avec la fumée de cigarette à la maison.
Pour ces raisons, les municipalités sont
de plus en plus nombreuses à agir pour accélérer la transition énergétique dans
les secteurs des bâtiments. Aux États-Unis, plusieurs dizaines de villes et
États ont déjà interdit le raccordement des nouveaux bâtiments au réseau gazier.
Au Québec, aussi, de nombreuses municipalités ont rejoint le mouvement de
décarbonation des bâtiments. On peut penser à Prévost, qui est devenue la
première à réglementer, mais aussi à la ville de Montréal, à Candiac,
Mont-Saint-Hilaire, Laval, et aux nombreuses autres qui ont adopté une
résolution pour s'engager à le faire. Ensemble, ces municipalités regroupent
32 % de la population du Québec.
En s'appuyant sur ces éléments de
contexte, la coalition propose dans son mémoire 10 recommandations d'amélioration
au projet de loi no 41. En voici quelques-unes. La première recommandation de
la coalition concerne la portée du système de cotation énergétique. Lors de la
présentation du projet de loi, le ministre a annoncé son intention de limiter
la portée du système de cotation aux grands bâtiments multilogements
commerciaux et institutionnels. Les bâtiments ciblés représentent seulement
10 % des bâtiments commerciaux et institutionnels et 0,002 % des
bâtiments résidentiels. La portée serait donc extrêmement restreinte. Dans l'analyse
d'impact réglementaire, il est pourtant clairement indiqué que ce projet de loi
est nécessaire pour permettre au Québec d'atteindre ses cibles de réduction de
gaz à effet de serre 2030 pour le secteur des bâtiments. La coalition doute qu'avec
cette portée limitée, les cibles pourront bien être atteintes à temps. De plus,
selon les hypothèses retenues par... par l'analyse d'impact réglementaire, là,
ce serait 4 % de réduction de gaz à effet de serre, là, qui pourrait être
atteint avec ce projet.
Donc, au-delà des GES, le Québec fait
aussi face à un grand défi en ce qui concerne la disponibilité de l'énergie
renouvelable pour mettre en œuvre la transition énergétique. Pour la coalition,
l'instauration d'un système de cotation énergétique est une mesure qui peut
mener à des gains considérables et, conséquemment, qui devrait être pleinement
assumée et appliquée à tous les bâtiments existants, sans exception.
La troisième recommandation concerne le
caractère volontaire de la norme de performance des bâtiments. Le communiqué de
presse qui présente le PL no 41 mentionne que la norme de performance
environnementale serait mise en œuvre selon une approche volontaire, du moins
initialement. Nous sommes d'avis qu'en matière de transition énergétique, le
temps des normes volontaires est révolu. Selon la coalition, une norme
obligatoire et contraignante est essentielle pour garantir que les nouvelles
constructions répondent aux standards les plus élevés en matière d'efficacité
énergétique et de performance environnementale, et ce, le plus rapidement
possible. Le parc existant est déjà un défi considérable. Il faut que les
nouvelles constructions fassent
partie de la solution, pas du problème.
• (15 h 10) •
La quatrième recommandation concerne le
risque que l'éventuelle norme de performance environnementale vienne prescrire
l'usage de la biénergie dans les bâtiments. Ce risque nous préoccupe également
concernant le futur règlement qui pourrait encadrer le gaz dans les bâtiments.
Selon le projet de loi, la norme de performance pourrait venir préciser, et là
je cite, là, «la quantité et le type d'énergie consommée ou produite, ainsi que
le moment où cette énergie est consommée ou produite». Cette formulation
inquiète les membres de la coalition qui y voient la possibilité pour le
ministre de prescrire l'utilisation de la biénergie avec ou sans gaz naturel
renouvelable dans les bâtiments où s'appliquera la norme. La coalition suggère
que la norme se concentre sur l'objectif recherché, par exemple l'obligation de
gérer la pointe sans recourir aux énergies fossiles, mais qu'elle ne devrait
pas spécifier le choix d'une technologie plus qu'une autre pour y parvenir. Il
y a des façons alternatives à la biénergie pour libérer de la puissance pendant
les périodes de pointe, notamment les accumulateurs de chaleur, les
thermopompes efficaces, la domotique, la géothermie, les réseaux de chaleur,
les batteries bidirectionnelles, les microréseaux, etc.
En outre, il est illusoire de croire que
le gaz naturel renouvelable pourra un jour remplacer le gaz naturel dans tous
ses usages actuels. Le GNR est très limité et nécessite une approche sélective,
comme le stipule d'ailleurs le gouvernement dans la stratégie québécoise sur
l'hydrogène vert et les biocarburants. Enfin, bien qu'il soit renouvelable, il
demeure du méthane, et son utilisation engendre les mêmes impacts sur la santé
que le gaz fossile lors de sa combustion.
La cinquième recommandation concerne le
risque pour les municipalités d'un éventuel règlement sur la performance
environnementale des bâtiments et est absolument fondamentale pour la coalition.
Pour ses membres, il est clair que, pour encadrer directement l'usage du gaz
comme source d'énergie dans les bâtiments, le gouvernement pourrait simplement
réformer la
Loi sur la qualité de l'environnement, la LQE, comme il l'a fait
pour le règlement sur les appareils de chauffage au mazout. C'est probablement
la voie qui va être choisie, là, justement pour le cadre qui a été annoncé hier.
Or, les articles 29 et 30 du PL
no 41 font craindre aux membres de la coalition que l'adoption d'un
règlement provincial pour édicter une norme de performance environnementale des
bâtiments ait pour effet de rendre inopérants les règlements adoptés par les
municipalités afin d'encadrer les GES dans les bâtiments. Considérant
l'article 118.3.3 de la LQE, cette crainte demeure entière dans
l'éventualité où le gouvernement décidait d'encadrer le gaz par cette loi. Les
membres de la coalition sont d'avis que le ministre doit renoncer à contraindre
l'action climatique des municipalités pour plutôt permettre à celles qui le
souhaitent d'adopter des règlements plus ambitieux que la norme nationale
établie lorsqu'il s'agit de protéger l'environnement et la santé, de lutter
contre les changements climatiques. Il serait plutôt ironique que la petite
municipalité de Prévost, après qu'elle ait réussi à négocier une entente avec Énergir,
qui la menaçait de poursuites, se voie obligée de reculer sur sa transition
énergétique à cause d'un règlement provincial adopté au nom de la lutte contre
les changements climatiques.
La septième recommandation concerne le
projet de règlement que le ministre pourrait soumettre pour encadrer le gaz. À
ce propos, la coalition invite le ministre à faire preuve d'ambition en matière
de décarbonation des bâtiments. Les membres de la coalition étaient très
heureux d'entendre le ministre déclarer à la presse, alors qu'il était à la
COP28, qu'on ne pourra jamais atteindre nos cibles si on ne se retire pas des
énergies fossiles. Bien évidemment, nous entendons par cette affirmation qu'il
s'agit autant de la production que de la consommation d'énergie fossile, qui
sont les deux faces d'une même médaille. Concrètement, la coalition recommande
au ministre de proposer un cadre réglementaire national qui interdit le
raccordement et l'installation d'un appareil de chauffage au gaz naturel dans
les nouvelles constructions et qui interdit le renouvellement des équipements
dans les bâtiments existants au fur et à mesure qu'ils arrivent en fin de vie,
en s'inspirant de ce qui a été fait pour le mazout.
En terminant, concernant la
partie du
projet de
loi sur les différentes dispositions en matière de transition
énergétique, nous soutenons la volonté de confier plus de pouvoirs au ministre
de l'Environnement. C'est d'ailleurs notre 10 ᵉ et dernière recommandation. Nous croyons de plus
qu'il y a ici une opportunité de venir préciser que le gaz naturel ne devrait
se qualifier pour aucun programme de transition, considérant que le ministre
lui-même a admis que le gaz n'était pas une énergie de transition. Nous
recommandons aussi au ministre d'aller jusqu'au bout de sa vision de
gouvernance de la transition énergétique en amendant le projet de loi de
manière à ce que ce ne soit plus le ministère de l'Économie, de l'Innovation et
de l'Énergie qui ait la responsabilité d'établir les cibles, objectifs et
orientations de la transition énergétique, mais bien le ministère de
l'Environnement, qui possède toute l'expertise pour agir. Merci.
La Présidente (Mme Maccarone) : Merci
beaucoup, Mme Foschini. Nous allons poursuivre la période des échanges. La
parole est à vous, M. le ministre.
M. Charette : Merci, Mme la
Présidente. Merci à vous d'être présents cet après-midi. C'est apprécié.
Quelques idées, là, que l'on pourra débattre, et déjà le temps va nous manquer,
c'est certain. J'ai une collègue aussi qui va vouloir partager le temps du
gouvernement. Peut-être juste en dire plus sur votre position sur le GNR. Vous
n'y voyez aucune vertu, en aucune circonstance?
Mme Foschini (Marie-Noëlle) : Non,
il y a... il y a une place. Le GNR a sa place dans la décarbonation du Québec.
C'est juste qu'on considère que le GNR... bien, en fait, pas on considère, là,
le GNR est en quantité limitée. C'est un fait. On n'a pas du GNR en quantité
suffisante pour remplacer tous les usages, il faut donc faire un usage
sélectif, la bonne énergie à la bonne place.
Présentement, il y a des procédés, il y a
certains... il y a certains usages du gaz naturel pour lesquels il n'y a pas
d'alternative. C'est le cas dans plusieurs... pour plusieurs procédés
industriels. Donc, le GNR disponible devrait être réservé pour les usages non
électrifiables ou plus difficiles à électrifier, principalement dans
l'industrie, alors qu'on devrait concentrer d'autres sources... d'autres
sources d'énergie dans les bâtiments, notamment là où on n'a pas besoin du gaz
naturel renouvelable.
M. Charette : ...par rapport...
vous avez évoqué le biénergie. Est-ce qu'un petit peu comme le gaz naturel
renouvelable, vous y voyez des mérites dans certaines circonstances?
Mme Foschini (Marie-Noëlle) : Pour
la coalition, la biénergie peut être un outil à utiliser pour accélérer dès
maintenant... en fait, pour réduire dès maintenant la consommation de gaz
naturel dans les bâtiments qui sont déjà équipés de chaudière au gaz. Par
exemple, quelqu'un, un domicile, qui a... qui a remplacé sa chaudière au gaz,
elle a seulement cinq, six ans, elle va vivre pour encore 20 ans. Plutôt
que d'attendre de consommer 100 % de gaz pendant 20 ans, nous, on
suggère, bien oui, pour ceux-là, mettons la biénergie. Comme ça, jusqu'à la fin
de vie de l'équipement, ils vont pouvoir réduire de 70 %. Et quand
l'appareil va mourir de sa belle mort, bien, on va pouvoir remplacer par un
accumulateur thermique, ce qui va faire en sorte qu'il n'y aura pas de
transfert, là, de charge au niveau du réseau d'Hydro-Québec. Donc, c'est
vraiment dans cette perspective-là. Mais malheureusement, présentement, la biénergie,
comment elle est mise de l'avant, c'est qu'on cible les clients qui ont des
appareils en fin de vie. Donc, on repart pour un autre tour de manège complet,
donc un autre 20, 25 ans, avec des équipements qui, eux, pourront être
remplacés.
M. Charette : Et l'argument
de la gestion de pointe à travers la biénergie, c'est quelque chose que vous
n'achetez pas ou vous n'adhérez pas assez à ces... à ces arguments-là? Il y a
le projet Énergir, Hydro-Québec, là, qui... qui a été annoncé il y a un petit
peu plus d'une année. Hier, on rappelait les résultats, le nombre de projets
qui ont été financés, le nombre de tonnes de GES qui ont pu être économisées.
Ce n'est pas... ce n'est pas un programme, là, qui vous semble intéressant?
M. Bonin (Patrick) : Peut-être
pour revenir, pour être très clairs, là, on n'est pas contre la biénergie. Par
contre, on pense qu'elle doit être utilisée là où il y a déjà des installations
de gaz, parce qu'actuellement ils brûlent 100 % du temps du gaz, alors
qu'on pourrait couper rapidement à justement 30 % du temps. Et on pense
même que ça pourrait aller beaucoup plus loin. Là, on parle d'infrastructures
existantes. Ajout de biénergie, pour nous, ça n'a pas lieu d'être au Québec. Il
y a des moyens de gérer la pointe avec des méthodes 100 % électriques et
de gérer cette demande-là. On parle évidemment de nouveaux bâtiments, donc de
thermopompes, d'accumulateurs de chaleur thermique, par exemple, de géothermie
également pour des plus gros bâtiments. Mais, si on parle du résidentiel, ces
deux moyens conjugués, là, pour lesquels il y a 22 000 $ de
subvention de la part d'Hydro-Québec, thermopompe, accumulateur de chaleur, ça
déplace la charge des pointes, donc ça permet de ne pas affecter la pointe, et
ça, il faut absolument aller vers ça.
M. Charette : ...vous avez
mentionné, on pourrait gérer 100 % de la pointe uniquement à travers
l'hydroélectricité, c'est ce que vous pensez?
M. Bonin (Patrick) : 100 %
de la pointe actuelle?
M. Charette : Oui, c'est...
Bien, c'est une question que je vous pose, là, c'est...
M. Bonin (Patrick) : Bien, le
Québec gère la pointe actuellement, là. On parle...
M. Charette : Non, mais
100 % à travers l'hydroélectricité, c'est votre... c'est votre prétention?
M. Bonin (Patrick) : Bien, la
production au Québec n'est pas à 100 % d'hydroélectricité, déjà, il y a
des ajouts de...
M. Charette : Bien,
essentiellement...
M. Bonin (Patrick) : Donc, si
vous parlez d'électricité au Québec, du jour au lendemain, écoutez, on le fait
actuellement. Hydro-Québec gère la pointe. Évidemment, il y a du gaz. Il n'y a
personne qui dit de sortir tout le gaz du jour au lendemain. On sait que c'est
une transition. On dit ne plus ajouter de gaz, ce qui est très gérable, très,
très, très gérable. Ne plus ajouter de gaz, c'est gérable définitivement avec
l'électricité.
M. Charette : La pointe
actuelle pourrait être entièrement gérée en sortant le gaz des bâtiments comme
il est utilisé présentement?
M. Bonin (Patrick) : ...ici
ne dit que, du jour au lendemain, on retirerait tout le gaz partout. Il n'y a
personne qui dit ça, absolument personne.
M. Charette : En fait, c'est
une question que je vous... je vous posais, parce que vous avez mentionné
précédemment que la pointe peut se gérer avec des énergies autres que le gaz.
Je voulais juste préciser ce point-là. Actuellement, hier, ça a été discuté, il
y a essentiellement, selon les sources, entre 10 000 et 12 000 mégawatts,
dans le bâtiment, qui est alimenté par le gaz, que ce soit gaz naturel, que ce
soit gaz naturel renouvelable. C'est l'équivalent de plusieurs <i>Romaines.
Donc, on veut se sortir du gaz, à terme, mais, en même temps, on n'a pas la
possibilité, du jour au lendemain, et même dans un avenir prévisible, de se
priver de ce potentiel-là de 10 000 mégawatts, on n'a pas l'énergie pour
le substituer. Donc, c'est là où le calendrier de sortie est fondamental.
• (15 h 20) •
Vous disiez, tout à l'heure, la cotation,
ce serait dommage de commencer uniquement par le grand bâtiment. C'est
l'approche qui est retenue. Vous disiez trouver dommage que l'on commence par
des mesures volontaires. Dans un premier temps, c'est aussi l'approche qui est
retenue, avant que ça devienne contraignant, tout simplement pour éviter
d'avoir à reculer par la suite. Hier, on a eu l'occasion, avec le professeur <i>Pineau,
notamment, de discuter de l'expérience française qui a voulu aller trop vite,
trop loin, et qui, aujourd'hui, multiplie les reculs, parce qu'ils ne sont pas
en mesure de respecter le calendrier qu'ils se sont donné.
Donc, on vise les mesures contraignantes,
on vise d'étendre à plusieurs types de bâtiment, mais il faut y aller dans
l'ordre. Il y a une réglementation à élaborer, il y a des gens à former, il y a
énormément de vérifications qui doivent se faire, et tout ça doit se faire dans
un cadre ou dans un échéancier qui est réaliste. Moi, le premier, comme
ministre de l'Environnement, je serais le premier à souhaiter que, le 10 000 mégawatts
au niveau du gaz, on puisse le remplacer du jour au lendemain, mais cette
alternative-là n'existe pas. Et je ne peux pas ajouter une contrainte si je
n'ai pas les outils pour s'assurer de son respect par la suite. Donc, on s'en
va vers ça, mais avec, naturellement, un calendrier qui doit être réalisable.
Mme Foschini (Marie-Noëlle) : J'ai
plusieurs éléments à vos... à vos différentes interventions, là, ça fait que je
vais essayer de faire le tour, mais, par rapport au calendrier, là, je vais y
aller par celui-là, tu sais, c'est... c'est correct d'y aller étape par étape,
mais il faut une feuille de route claire. Il faut que les prochaines étapes
soient déjà énoncées et que le règlement qui va être adopté prévoie déjà que la
cotation va être mise en œuvre dans les... dans les institutions, les
commerces, dans les grands bâtiments, mais aussi au niveau résidentiel.
Puis j'ai écouté l'échange avec M. Pineau,
hier, puis M. Pineau était d'accord qu'il fallait aller dans tous les
bâtiments, il disait, juste, il faut attendre avant que ce soit contraignant,
par exemple qu'un logement ne puisse plus être... être mis en location parce
qu'il a une cote. Mais ce n'est pas ça, donc, c'est d'y aller... de couvrir
l'ensemble des bâtiments et de prévoir dès maintenant, par une feuille de route
complète, comment est-ce qu'on va se rendre dans chacune des étapes, puis que...
les acteurs. Ça fait qu'un après l'autre, oui, mais d'une façon ordonnée,
clairement établie, puis que la réglementation qui va être adoptée permette de
le faire pour tout le monde d'entrée de jeu. Ça fait que ça, c'est pour...
c'est pour la question d'y aller étape par étape. Après ça, au niveau...
M. Bonin (Patrick) : ...sur
cette question-là, à la base, dans le plan directeur de Transition énergétique
Québec, qui a été aboli par le gouvernement... prévoyait la cotation pour
justement le résidentiel, également. Le ministre Julien, en 2021, lors de sa
conférence de presse et de son intervention avec la ville de Montréal, qui est
allé de l'avant avec la cotation, eh bien, il parlait également de résidentiel
à l'époque. Donc, lorsqu'on dit «de cotation éventuelle», donc, ça, c'est une
chose, par la suite, d'obligation de performance, ça peut venir dans le temps,
mais il faut commencer, il faut mettre des programmes aussi de rénovation en
place. Donc, ce n'est pas vrai qu'il faut se limiter aux grands bâtiments ou ne
pas toucher au résidentiel, qui, selon nous, est essentiel.
M. Charette : ...information
qui vous a échappée, mais on a récupéré le cadre, il n'a pas été aboli. Et,
même dans le projet de loi, on est au niveau du résidentiel aussi, mais on...
on débute par le grand résidentiel. Donc, dans un premier temps, ce seront les
25 logements et plus, mais c'est du résidentiel, également. Et, par la
suite, on touchera à des immeubles résidentiels de plus petit acabit, encore
une fois pour être certain de bien implanter la réglementation volontaire au
départ, contraignante par la suite, mais ces échéanciers-là seront précisés à
travers la réglementation. C'est un projet de loi qui est habilitant, qui devra
faire naître plusieurs projets de règlements dans les prochains mois, la
prochaine année et les prochaines années. Cette réglementation-là précisera les
échéanciers, justement, au niveau des municipalités.
Juste pour être bien certain que l'annonce
d'hier a été bien... bien saisie, elle est en phase avec ce que l'UMQ et la FQM
nous demandent, c'est-à-dire éviter que chaque ville puisse y aller de sa
propre initiative, sans prendre la mesure de l'impact que ça peut avoir sur la
sécurité énergétique. Moi, encore une fois, comme ministre de l'Environnement,
je souhaite de l'ambition, mais, si chaque ville, de son propre chef, y va de
sa propre réglementation, sans prendre la mesure du total de ces impacts-là,
c'est là où la sécurité énergétique est compromise.
Donc, c'est un petit peu ce que l'on va
faire avec la réglementation à venir, venir baliser ce que les villes pourront
faire et ne pas faire, mais tout ça va se faire conjointement avec les villes,
avec, naturellement, Hydro-Québec, mais aussi les distributeurs d'énergie.
Donc, on ne veut pas freiner l'ambition, mais on veut s'assurer que ce soit un
cadre qui soit en mesure d'être assumé par nos différents fournisseurs
d'énergie. Mais ça a été bien accueilli, FQM, UMQ l'ont salué hier,
Hydro-Québec se sentait réconforté par ça aussi. Et, autrement, on risque des
problématiques, de poursuites, dans certains cas, mais ce qui vient m'inquiéter
encore plus, d'un point de vue gouvernemental, c'est d'ajouter des mesures qui
ne tiennent pas en compte la disponibilité énergétique. Donc, je veux juste
vous mettre en contexte de l'annonce hier pour ne pas qu'elle soit interprétée,
là, de différentes façons.
Mme Foschini (Marie-Noëlle) :