Institutions — 21 May 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-05-21
Quebec — Committees
(Dix
heures sept minutes)
Le Président (M. Ferland) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté
le quorum, je... C'est parti. Ayant constaté
le quorum, je déclare la séance de la Commission des institutions ouverte. Je
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
mandat de la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 17, Loi modifiant le Code des professions en matière de
justice disciplinaire.
Mme la secrétaire,
est-ce qu'il y a des remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le Président. M. Richer (Argenteuil) remplace M. Therrien
(Sanguinet); M. Bergman (D'Arcy-McGee)
remplace M. Marsan (Robert-Baldwin); M. Roussel (Vimont) remplace M. Poëti
(Marguerite-Bourgeoys); Mme St-Laurent (Montmorency) remplace M.
Duchesneau (Saint-Jérôme).
Le Président (M. Ferland) : Alors, merci, Mme la secrétaire. Alors, lorsque
nous avons ajourné nos travaux lors de
la dernière séance, nous en étions à l'étude de l'article 118.3 proposé
par l'article 6 du projet de loi. Le ministre y avait présenté un
amendement. Alors, M. le ministre.
St-Arnaud : Oui, avec la permission de mon collègue, M. le Président.
Sur 118.3, on a eu de longues discussions sur les mots «absence ou
empêchement», et il m'apparaissait, là, effectivement, que les arguments qui étaient présentés par le député de D'Arcy-McGee,
notamment, étaient intéressants. J'ai demandé à l'office de revoir ça et
de voir s'il n'y aurait pas moyen d'utiliser
une autre expression qu'«absence ou empêchement» pour que ça soit plus
clair que c'est vraiment quand il y a un
empêchement d'agir, donc dans des cas, là, comme le député l'avait dit, dans
des cas, là, vraiment sérieux, ce qui n'apparaissait pas nécessairement
évident, là, j'en conviens, dans la version préliminaire.
Alors,
ce que je proposerais, M. le Président, c'est de retirer l'amendement que j'avais
proposé à 118.3 et j'en déposerais un nouveau, que je n'ai pas eu l'occasion
de distribuer, qu'on vient de me remettre, là, je n'ai pas eu l'occasion de le distribuer aux autres membres de
la commission, qui viendrait, je pense, solutionner... enfin, répondre
aux interrogations du député de D'Arcy-McGee.
Le Président (M.
Ferland) : Alors, avant de déposer l'amendement, est-ce que j'ai le
consentement pour retirer l'amendement à 118.3?
M. Bergman :
Oui, M. le Président, oui.
Le Président (M. Ferland) : O.K. Il y a consentement, donc l'amendement est
retiré. Alors, M. le ministre, je vous cède la parole pour le dépôt de
votre nouvel amendement.
M. St-Arnaud : Alors, M. le Président, il s'agirait donc de remplacer l'article 118.3
proposé par l'article 6 du projet de loi par le suivant :
«118.3.
Lorsqu'à la suite d'un empêchement d'agir, un membre ne peut poursuivre une
instruction, que ce soit à l'étape de l'audience sur la culpabilité ou
de l'audience sur la sanction, celle-ci peut être validement poursuivie et une décision sur la culpabilité et une décision
sur la sanction peuvent être validement rendues par les deux autres
membres, pourvu que l'un d'eux soit le président. Il en est de même en cas de
décès d'un membre.»
C'est l'amendement,
M. le Président, je l'explique en quelques mots. Au tout début, on
dirait : «Lorsqu'à la suite d'un
empêchement d'agir», donc on oublie l'absence, on parle d'empêchement d'agir,
et, à la toute fin, on ajoute, même si ça m'apparaît quand même clair,
là, mais on ajouterait, noir sur blanc, le cas du décès.
Le Président (M.
Ferland) : M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman :
Est-ce qu'il serait possible de voir la copie? Ça serait plus facile, M. le
Président.
St-Arnaud : Oui, M. le Président. Alors, je le dépose. On peut
peut-être le distribuer.
Le Président (M. Ferland) : On va faire les copies et... On va suspendre
juste quelques secondes pour permettre de faire les copies, et on
revient.
(Suspension de la séance à 10 h 11)
Le Président (M.
Ferland) : ...M. le ministre, vous aviez déposé un amendement à 118.3,
alors je vous cède la parole.
M. St-Arnaud : Oui, M. le Président. Alors, comme je le disais donc, c'est un
amendement qui vient préciser que la
situation qui est visée à 118.3, là, ce n'est pas une simple absence et on
continue à deux le reste du processus, c'est un réel empêchement d'agir qui fait en sorte qu'un membre ne peut
poursuivre l'instruction. Et on ajoute, à la toute fin, une phrase pour
bien préciser, là… Ça ne m'apparaissait pas absolument nécessaire, absolument
nécessaire, mais on l'a indiqué pour plus de clarté. Alors, voilà, M. le
Président.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a des commentaires?
M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman : Merci, M. le Président. Alors, je remercie le ministre pour l'amendement.
La question que je dois lui demander,
la question de «suite à un empêchement d'agir» : Qui va déterminer cet
empêchement d'agir? Je voulais suggérer que, peut-être avec un
certificat du secrétaire du conseil de discipline, le bureau en question…
Est-ce que c'est le président en chef? Est-ce que c'est le président du conseil
d'administration? Qui va déterminer s'il y a vraiment un empêchement et comment
est-ce que les parties à la cause vont se satisfaire qu'il y ait un
empêchement? Ce n'est pas la question de ouï-dire, alors est-ce qu'on peut
dire : «avec une opinion écrite du secrétaire du conseil de discipline»?
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
St-Arnaud : En fait, M. le Président, ce sera au conseil de
discipline, donc aux deux autres membres de constater
que le troisième est empêché d'agir et ne peut poursuivre l'instruction. Et là
les deux autres vont… évidemment, un des deux autres est toujours le
président du conseil. Et donc les deux autres vont décider de poursuivre.
peux dire au député : Avec la nouvelle version, on se rapproche encore
plus de la situation actuelle. Vous vous rappelez que la situation actuelle
dit, à 119, si je ne m'abuse : «Lorsqu'un membre du conseil est
absent ou empêché d'agir, il peut être remplacé par une personne qui exerce
[cette fonction] — non,
ce n'est pas tout à fait 119, c'est...
M. St-Arnaud : …c'est 119? — cette
personne est désignée suivant le même mode de désignation que la
personne à remplacer[...].
«Toutefois,
l'instruction…» Alors, c'est plutôt 119, deuxième alinéa : «Toutefois,
l'instruction peut être validement poursuivie et une décision peut être
validement rendue par les deux autres membres, pourvu que l'un d'eux soit le
président ou le président suppléant.»
Alors,
on revient, là, plus précisément au texte de 119, qui parle d'absent... qui
parlait d'«empêché d'agir», là. On se concentre sur «empêché d'agir».
Et, pour répondre à la question plus précise du député, bien, ce sont les deux
autres membres du conseil de discipline qui constatent l'empêchement d'agir du
troisième et qui décident de poursuivre, l'un des deux devant être le
président.
M. Bergman :
M. le Président...
Le Président (M.
Ferland) : Allez-y.
M. Bergman : M. le ministre, est-ce que ça doit être plus clair que... C'est comme
vous avez dit, que, lorsqu'il… À la
suite d'un empêchement d'agir, dans l'opinion écrite des autres deux membres du
conseil de discipline, comment est-ce que
les parties seront, disons, avisées, seront sûres que c'est un empêchement qui
est accepté par le président en question? C'est ma seule question à M.
le ministre.
Je comprends et je
comprends le fait que, pour la célérité, on veut que la procédure, l'instruction
continue, on veut être raisonnables. Et,
certainement, il y a les deux autres membres, dont un, c'est le président, mais
est-ce qu'on peut avoir une certitude qu'il y avait un avis écrit dans
le dossier par les autres deux membres du conseil de discipline qui seront
autorisés pour émettre cette opinion, par la législature, que la cause peut
continuer?
St-Arnaud : M. le Président.
Le Président (M.
Ferland) : Allez-y, M. le ministre, allez-y.
M. St-Arnaud : M. le Président, ce qu'on me dit, c'est qu'évidemment, là, comme je
vous disais, on ne change rien, avec 118.3, à la procédure qui est
vécue, là, sur le terrain depuis déjà plusieurs années via l'article 119.
Alors, en pratique, ce qu'on me dit, c'est que, lorsqu'un des trois membres est
empêché d'agir, il écrit tout simplement à ses collègues en disant : Je
suis empêché d'agir pour telle, telle raison et je ne pourrai continuer, je ne
pourrai poursuivre l'instruction. Et, à ce moment-là, ce qu'on me dit, c'est qu'en
pratique, lors de la reprise des travaux, le président avise les parties de cet empêchement d'agir et de la décision qui a été
prise de poursuivre à deux le reste de l'instruction.
On me dit, là, qu'essentiellement le
118.3 ne fait que reprendre la situation actuelle du 119, premier et
deuxième alinéa, et donc ça ne devrait pas poser de problème, en pratique. La
seule chose qu'on fait avec l'amendement, c'est qu'on répond à votre interrogation de la semaine dernière pour être bien
sûrs, là, que ce n'est pas une simple absence pour une raison banale, parce que — vous
l'avez très bien mentionné l'autre jour — c'est
quand même sérieux de poursuivre à deux,
alors que le conseil, normalement, doit être de trois membres. Alors là, on dit
très clairement que c'est un empêchement d'agir qui empêche de
poursuivre l'instruction.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. M. le député.
M. Bergman : Ma seule question, M. le ministre : Est-ce que ce serait plus
prudent pour mettre en mots les mots que
vous venez de mentionner, que c'était suite à une... l'opinion ou un avis qui a
été reçu par les autres deux membres? Vous
mentionnez les règles de pratique où, en pratique, c'est fait comme ça, mais
est-ce qu'on doit avoir une mention dans la législation que ça, c'est la
manière d'agir?
Le Président (M.
Ferland) : M. le ministre.
St-Arnaud : Honnêtement, M. le Président, ce qu'on me dit, c'est que
ça n'a jamais vraiment causé de problème, et
je ne pense pas qu'on puisse... qu'on doive aller jusque-là dans le projet de
loi. Alors, je pense que le libellé qui est déposé, là, nous permet de poursuivre la pratique qui est suivie
depuis plusieurs années, là, devant les conseils de discipline.
Le Président (M.
Ferland) : Merci, M. le ministre. M. le député de Fabre.
M. Ouimet (Fabre) : Oui. Merci, M. le Président. Alors, bonjour à tous. Simplement, M. le
ministre, parce que je...
effectivement, quand... J'ai raté le début de la discussion sur cette
question-là et je pensais, effectivement, qu'il n'y en avait pas, de problème, là, au départ. Mais, à
vous écouter, à écouter les remarques du député de D'Arcy-McGee, vous m'avez
convaincu, et donc je pense que l'amendement clarifie certaines choses.
M. Ouimet (Fabre
Non, non, il y a d'autres… les autres choses sur lesquelles vous m'entretenez
à l'occasion, puis vous ne m'avez pas encore convaincu.
voulais simplement... Pour que ça soit clair, là, c'est que les parties ont
droit... C'est prévu dans le code, mais c'est aussi pour... C'est une
mesure de protection pour les parties, cette idée qu'il y ait trois membres,
dont deux... Parce que, là, quand on parle
de la personne qui s'absente et qu'on continue, c'est nécessairement un membre
de l'ordre. Parce que le président,
lui, est avocat. Ça peut être au Barreau, mais autrement c'est... Il n'y a, à
ce moment-là, qu'un seul membre de l'ordre en question qui continue l'audition.
Alors, on le prévoit, c'est permis, parce qu'on ne veut pas immobiliser le
processus, mais c'est quand même une étape importante de constater l'empêchement
d'agir.
en écoutant le ministre, j'ai eu cette idée : puisque
nous créons une nouvelle structure qui est le président en chef, ce qui
n'existait pas avant, on pourrait tout simplement dire : «Lorsqu'il y a un
empêchement d'agir constaté par le président