Transportation and the Environment — 6 October 2015 (41st Legislature, 1st Session)
CTE 2015-10-06
Quebec — Committees
Alors, je
souhaite la bienvenue à nos invités d'ENvironnement JEUnesse. Vous avez
10 minutes pour faire votre présentation. Par la suite, nous aurons
un échange avec les membres de la commission. Je vous demanderais de vous
présenter et de présenter la personne qui vous accompagne pour les fins
d'enregistrement. Vous avez la parole.
Mme Gauthier (Catherine) : Merci, M.
le Président. Mon nom est Catherine Gauthier, je suis présidente
d'ENvironnement JEUnesse et je suis accompagnée par Jean-François Veilleux,
vice-président de l'organisme.
Je vous
remercie de nous avoir invités à cette importante consultation sur la question
des changements climatiques et des cibles de réduction de gaz à effet de
serre pour le Québec.
Juste un mot
sur ENvironnement JEUnesse. C'est une organisation qui a été créée en 1979 et
qui est un organisme, en fait,
d'éducation relative à l'environnement qui vise à conscientiser les jeunes du
Québec aux enjeux environnementaux, à
les outiller à travers ses projets éducatifs mais aussi à les inciter à agir
dans leurs milieux. Un de nos objectifs, c'est aussi de participer à des consultations, à des audiences
publiques sur les enjeux environnementaux pour y promouvoir la place de
la jeunesse et de l'éducation relative à l'environnement comme nous le faisons
aujourd'hui.
Veilleux (Jean-François) :
Aujourd'hui, dans le cadre des consultations particulières et auditions
publiques sur le document de consultation Cible
de réduction d'émissions de gaz à effet de serre du Québec pour 2030 , on
présente notre mémoire intitulé Top chrono — Réduire
les émissions du Québec d'ici 2030 .
Dans un
premier temps, nous verrons qu'une cible de l'ordre de 37,5 % sous le
niveau de 1990 pour le Québec en 2030
est insuffisante. De plus, nous croyons que le Québec doit se doter d'une cible
à mi-chemin et que la province n'a d'autre
choix que de mettre en oeuvre une décarbonisation dans les différents secteurs
de son économie pour atteindre cette cible.
Dans un
deuxième temps, nous identifions un obstacle majeur à la mise en oeuvre des
actions pour lutter contre les changements climatiques, soit celui du
manque de financement des groupes communautaires et environnementaux.
D'abord, on tient à rappeler que le délai entre
l'annonce de cette consultation et le début des consultations est beaucoup trop court. Cette consultation, on se le
rappellera, a été annoncée le 17 septembre 2015 par voie de
communiqué. Nous avons reçu un avis de
convocation le 23 septembre, et les consultations ont débuté le
30 septembre. En d'autres mots, nous
avons eu à peine 20 jours pour se préparer à cette consultation. Ce n'est
pas la première fois qu'ENJEU déplore des délais aussi serrés, et on espère que cette remarque sera prise au
sérieux dans les prochains processus de consultation.
Gauthier (Catherine) :
Maintenant, pour se pencher sur le document de consultation, comme le
document même l'admet, l'objectif de limiter le réchauffement climatique global
à 2 °C peut encore être atteint, mais, plus que jamais, le temps presse. Pour y parvenir, des réductions drastiques sont
nécessaires. C'est dans ce contexte que le Québec s'est doté de cibles
de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Québec a pour objectif de réduire ses émissions de GES de 20 % sous les
niveaux de 1990 d'ici 2020 et de 80 % à 95 % d'ici 2050. Or, bien que le Québec ait annoncé des objectifs
ambitieux, il se lance dans des projets à fortes émissions de GES, une approche qu'on tient à souligner parce
que c'est tout simplement incohérent avec des objectifs ambitieux de
réduction des émissions de gaz à effet de serre. ENJEU est plutôt d'avis que la
cible pour 2030 devrait être de l'ordre de
50 % par rapport à 1990. Avec un objectif, à l'horizon de 2050, de
80 % à 95 % de réduction, le Québec doit atteindre des réductions
importantes, et ce, le plus rapidement possible pour ne pas compromettre ses
objectifs à plus long terme. En
effet, plus on tarde à réduire les émissions, plus les émissions de GES
s'accumulent dans l'atmosphère et contribuent au réchauffement
planétaire.
Par ailleurs, nous
sommes d'avis que le Québec devrait également établir des cibles sectorielles
et des cibles précises dans des domaines
névralgiques pour concrétiser la volonté du gouvernement de réduire les
émissions de GES. À cet effet, nous recommandons au gouvernement du
Québec d'adopter un objectif de réduction de la consommation d'hydrocarbures, puis, pour reprendre les mots du
ministre, «l'urgence d'agir appelle à des transformations profondes de notre économie et de notre société. [...]Nous
entrons dans une période de transition vers une société sobre en
carbone, avec les défis qu'implique toute
période de changements majeurs.» À notre avis, afin de réaliser les
transformations profondes de notre
économie et de notre société, tous les secteurs doivent être mobilisés. La
cible de réduction d'émissions de GES pour 2030 doit donc avoir des
impacts dans tous les ministères.
Dans
le but d'accélérer la mise en oeuvre des actions de réduction des émissions de
GES, ENJEU considère que le Québec doit amorcer une décarbonisation de
l'ensemble de ses secteurs économiques.
M. Veilleux (Jean-François) : Au vu des plus récentes statistiques sur les
émissions de GES du Québec, nous sommes
inquiets. Si les derniers chiffres montrent que le Québec a réduit ses
émissions de GES de 6,8 % entre 1990 et 2012, tout n'est pas gagné d'avance. Dans l'inventaire 2012, les
émissions de GES liées au transport routier ont connu une hausse de
32 % entre 1990 et 2012, puis, selon l'inventaire fédéral, les émissions
du Québec étaient à la hausse entre 2012 et 2013, atteignant
83 mégatonnes, alors qu'elles devraient plutôt diminuer rapidement.
données démontrent que l'atteinte des cibles annoncées du Québec nécessite une
transformation profonde de nos modes de vie et de nos économies. Les
changements de comportement ne peuvent se faire qu'en impliquant les
communautés et les groupes environnementaux, et ce, à toutes les échelles.
Selon
ENJEU, le manque de mobilisation des groupes communautaires et environnementaux
pourrait constituer un obstacle majeur freinant la mise en oeuvre de
l'action climatique. Les organismes comme ENJEU représentent une courroie de
transmission essentielle auprès des jeunes, des professeurs, des écoles, des
cégeps et, plus largement, des citoyens. Par
ses projets et programmes éducatifs, ENJEU permet une réduction à la source des
émissions de GES. En effet, l'organisme contribue à transformer nos
modes de vie en sensibilisant le public à consommer autrement, à opter pour des
modes de déplacement à faibles émissions de GES, à créer des emplois verts,
etc.
Depuis plus de 35 ans,
ENJEU s'est avéré être l'organisme en éducation environnementale de référence
au Québec. En dépit de son expertise et de ses efforts soutenus, le financement
par projets est insuffisant. Il nous amène aujourd'hui au constat que, si le
soutien à la mission des groupes environnementaux nationaux n'est pas renouvelé
cette année, nous devrons fermer nos portes.
Pour l'année en cours, rien n'indique que le financement à la mission
sera versé aux groupes environnementaux
pourtant qualifiés. En plus d'être vécue comme un désaveu du gouvernement
envers des groupes qui agissent dans
l'intérêt du Québec, du ministère, des citoyens en général, cette situation est
catastrophique pour la survie des groupes et doit être corrigée dans les plus
brefs délais.
Mme Gauthier (Catherine) : À l'heure actuelle, la situation précaire d'ENJEU
mais aussi de plusieurs groupes environnementaux ou communautaires
menace leur existence même.
Or, l'action des
organismes comme ENJEU est essentielle à la lutte contre les changements
climatiques et à l'atteinte des cibles du
gouvernement du Québec. Sans groupes environnementaux pour créer des projets
qui impliquent la population, les jeunes dans le cas d'ENvironnement
JEUnesse, les cibles sont vaines, car elles ne seront pas mises en application à travers des projets bien implantés
dans les communautés. En somme, les politiques du gouvernement du Québec sabrent dans des subventions aux organismes
au nom de la rigueur budgétaire et soi-disant pour réduire le fardeau fiscal dont hériteront les prochaines générations,
mais pourtant, en menant à la fermeture des organismes, on hypothèque
les capacités des générations futures à
s'adapter aux changements climatiques et à lutter efficacement contre le
réchauffement planétaire. On laisse ainsi
une dette aux générations futures bien plus importante encore que celle qu'on
prétend éviter.
En conséquence, ENJEU
émet les recommandations suivantes au gouvernement du Québec :
premièrement, adopter une cible de réduction
d'émissions de GES de l'ordre de 50 % sous le niveau de 1990 pour le Québec en
2030; deuxièmement, adopter un objectif de
réduction de la consommation d'hydrocarbures pour la province en
complément d'une cible globale de réduction
d'émissions de GES et que cet objectif soit inscrit dans un plan crédible comme
le plan sur les changements
climatiques; troisièmement, s'engager dans une décarbonisation de l'économie
québécoise, et ce, dès maintenant, pour une décarbonisation totale à
l'horizon de 2050; et, quatrièmement, signer rapidement une nouvelle entente
avec les groupes qualifiés au Programme de soutien à la mission des organismes
nationaux pour l'année en cours, de relever
les fonds alloués à la mission des groupes environnementaux et de maintenir un
financement adéquat à plus long terme. Je vous remercie.
Président (M. Reid) : Merci. Alors, nous allons passer
maintenant à une période d'échange. Nous commençons par le côté
gouvernemental. M. le ministre, vous avez la parole.
M. Heurtel : Merci, M. le Président. Bonjour, Mme Gauthier.
Bonjour, M. Veilleux. Merci pour votre présentation. Pouvez-vous, relativement à votre cible proposée
de 50 %, nous donner des exemples concrets de moyens qu'on devrait
mettre en oeuvre?
Gauthier (Catherine) : Comme
on l'évoque, un des moyens concrets, c'est d'effectuer un virage
vraiment à 180 degrés et d'aller vers une décarbonisation de l'économie.
le sait, mon collègue M. Veilleux l'a expliqué, les émissions de gaz à effet de
serre continuent d'augmenter, en particulier dans le secteur des
transports, et pourtant on n'a pas de mesure suffisamment robuste jusqu'à
présent pour freiner la hausse des émissions
dans ce secteur. Donc, une des mesures, ce serait effectivement de s'attaquer à
ce secteur, notamment en faisant la
promotion du transport en commun, de mettre en place des infrastructures. Un de
nos projets-phares, c'est aussi un projet de vélo, donc, à l'année, de roues
quatre saisons, donc, d'encourager également les
transports actifs, donc pas seulement l'offre de transport en commun, mais de
mettre en place les infrastructures au niveau
de l'urbanisme, par exemple, pour accueillir un transport qui ne fait peut-être
pas une aussi grande place à l'auto en solo, là, comme c'est le cas actuellement.
M. Heurtel : Voulez-vous ajouter quelque
chose?
M. Veilleux (Jean-François) : Non,
j'abonde dans le même sens.
Heurtel : C'est rassurant. Parce que
le Plan d'action 2006‑2012
sur les changements climatiques ainsi que le PACC 2013‑2020 comprennent des mesures sur chaque point, je crois,
que vous venez de mentionner. Alors, je conviens avec vous que c'est clair qu'il faut aller plus loin tant pour atteindre
une cible de 37,5 % tel qu'il est proposé ou même pour se rendre à
50 %.
Alors, ce que
j'aimerais savoir, que ça soit en... parce que vous parlez qu'il faut des
mesures suffisamment robustes, il
faut une transformation profonde, il faut décarboniser, oui. Alors, concrètement,
qu'est-ce qu'on doit faire, selon vous, là? Des mesures concrètes, parce
que toutes les mesures que vous m'avez données sont déjà dans le PACC. Alors,
qu'est-ce qu'il faut faire concrètement pour aller plus loin puis pour
Mme Gauthier (Catherine) : Quand on
parle de décarbonisation massive, ça veut également dire d'avoir une cible de réduction de la consommation du
pétrole et du gaz. Puis un des éléments qu'on souligne dans notre
mémoire, c'est que, si on a des cibles
ambitieuses à l'horizon de 2050, on ne peut pas également aller de l'avant
avec des projets de gaz de schiste ou
encore des projets de pipeline comme celui d'Énergie Est. Donc, ces projets-là
sont tout simplement incompatibles avec les objectifs du Québec. Puis un
autre élément qui pourrait nous amener dans une direction complètement opposée,
c'est des projets à fortes émissions de gaz à effet de serre comme le projet de
cimenterie McInnis, qui va venir annuler tous
les efforts de réduction des émissions de GES du Québec dans les prochaines
années.
Donc, c'est certain que, si on a des projets
massifs comme ceux-là, même si on fait des mesures, au niveau individuel, de
transport actif, il faut aussi qu'on ait une politique qui est cohérente. Donc,
on se pose la question à chaque projet de
développement : Est-ce qu'on peut vraiment l'autoriser sans compromettre
l'atteinte, par exemple, des cibles de réduction, là, à l'horizon 2020,
2030 ou 2050?
M. Heurtel : Vous parlez justement
d'un objectif, vous parlez de la mise en oeuvre d'un objectif sectoriel...
bien, de plusieurs objectifs sectoriels, dont un dans le domaine des
hydrocarbures. Est-ce que vous avez chiffré cet objectif-là?
Gauthier (Catherine) : Bien,
en fait, le gouvernement du Québec lui-même l'avait chiffré, l'objectif de réduction de la consommation de pétrole et de gaz, le chiffre qui avait
été avancé était de 30 % d'ici
2020. Malheureusement, on n'a jamais
vu ce chiffre-là se répercuter ou se concrétiser dans un plan concret, dans une
loi, une politique. Donc, on peut avancer, bien sûr, des chiffres, on
n'est pas là aujourd'hui, là, pour faire tous les calculs puis faire la
démonstration mathématique, mais on va certainement surveiller le plan d'action
qui suivra l'établissement de la cible, là.
Heurtel : O.K. Je comprends ça, mais ma question... C'est parce que
vous proposez des objectifs sectoriels, vous proposez spécifiquement un
objectif en matière de réduction d'hydrocarbures. Alors, par rapport à votre
chiffre de 50 %, que vous avez établi,
que vous proposez, je voulais juste savoir si vous aviez des recommandations à
nous faire sur des objectifs sectoriels, notamment sur celui des
hydrocarbures, ou dans d'autres secteurs.
Gauthier (Catherine) : Pour
les hydrocarbures, bien, c'est certain que, comme on l'explique dans
notre mémoire, si on ne s'attaque pas à cet
enjeu-là, on n'atteindra pas la cible en 2050. Donc, le plus tôt on aura une
cible qui est vraiment ambitieuse... si vous me demandez, par exemple,
une cible pour 2030, il faudrait tout simplement qu'elle soit cohérente, là. C'est difficile de donner une
cible sans qu'on regarde l'ensemble des mesures, parce que, même si on
opte pour une réduction de la consommation
de 100 % mais qu'on va quand
même de l'avant avec des projets de cimenterie, par exemple, ou qu'on
dit oui à l'exportation, la cible n'aura pas d'impact, elle ne se concrétisera
pas par un résultat comme on le souhaite, là.
M. Veilleux (Jean-François) : On...
M. Veilleux (Jean-François) : On veut aussi, également, tu sais, rappeler que
ces cibles-là sont sectorielles mais il faut que ce soit pris dans un
ensemble de tous les ministères. Donc, tous les ministères doivent travailler
ensemble, donc que, le ministère de l'Environnement, du
Développement durable et de la Lutte aux changements climatiques, bien, sa politique, ça ne soit pas juste sa
politique à lui. Il faut que ça transparaisse à travers tous les autres
ministères.
Le Président (M.
Reid) : M. le député d'Abitibi-Est.
Bourgeois : M. le Président. Mme Gauthier, M. Veilleux, j'ai quelques
questions qui vont se décliner sur deux volets.
Premièrement, au
niveau du groupe que vous représentez, auprès des jeunes en tant que tels,
c'est... vous travaillez avec eux, mais, selon vous, quels sont les meilleurs
moyens pour rejoindre cette clientèle-là pour l'amener à justement être plus impliquée dans ces objectifs-là? Comment on peut
mieux agir avec eux pour réussir à les mettre en collaboration dans cet
objectif-là?
Mme Gauthier (Catherine) : Oui. C'est une excellente question. Avec
l'expertise qu'on a développée, je vous dirais qu'il n'y a pas de recette miracle, il faut des projets qui
soient adaptés à chacune des clientèles. On travaille, par exemple, avec les jeunes dans les CPE, donc dans
les centres de la petite enfance, puis on a développé une certification CPE durable qui est spécifiquement adaptée à cette
clientèle-là. C'est une certification soeur de Cégep vert du Québec, qui est une certification qui est plus adaptée aux
jeunes du cégep. Puis on a également des projets comme Tendance bazar,
où les jeunes sont invités à fabriquer des vêtements. Ça s'adresse davantage
aux jeunes du secondaire.
Donc,
l'approche à privilégier, c'est vraiment une approche qui ne va pas
nécessairement comprendre tous les jeunes,
si on dit, par exemple, «les moins de 30 ans ou les moins de 35 ans», mais bien
des projets qui s'adaptent aux jeunes au
préscolaire, primaire, secondaire, cégep ou encore universitaires. Donc, c'est
vraiment l'approche qui fonctionne le mieux, qui permet d'avoir une
approche qui est personnalisée et qui a des effets concrets, parce que les
enjeux ou les préoccupations des jeunes du
primaire ne sont vraiment pas les mêmes que celles au début de l'université,
là, par exemple.
M. Veilleux (Jean-François) : On doit également adapter nos projets avec les générations. Donc, à
chaque année, on revoit et on modifie parce qu'il vient un moment où il
devient plus difficile de rejoindre certains jeunes d'une génération. Et je pense qu'on est un bel exemple
étant donné qu'on a, tous les deux, gravité autour de l'organisme et on
a commencé en rejoignant certains projets et
puis on est maintenant rendus administrateurs : présidente et vice-président
de l'organisme.
Bourgeois : Dans un autre ordre d'idées — vous parlez beaucoup des objectifs — moi, j'aimerais que vous me parliez
aussi des moyens que vous voyez qui pourraient être vraiment, concrètement,
privilégiés pour l'atteinte de la réalisation
de ces objectifs-là. Et je voudrais aussi que vous nous en parliez dans la
lorgnette... parce que ce que j'ai senti tout à l'heure dans votre
présentation, c'était beaucoup en lien avec, bon, quelqu'un qui vit dans un
centre urbain. Mais, quelqu'un qui vit en
région, dans les secteurs ruraux, il y a moins de facilité, par exemple, au
niveau du transport.
Est-ce
que c'est des volets que vous avez regardés? Avez-vous des recommandations sur
des moyens pour être participants là-dedans?
M. Veilleux
(Jean-François) : ENJEU est impliqué dans toutes les régions du
Québec. Et, personnellement, pour avoir déjà habité en région, à Chicoutimi, et
avoir participé à un gros projet d'ENJEU, qui était, à ce moment-là, l'Action nationale à vélo — donc, on partait de Chicoutimi en plein
hiver et on venait jusqu'à Québec déposer un mémoire favorisant le transport durable et le transport
actif même l'hiver, donc le vélo à l'année — il y a des mesures à mettre en place. C'est moins facile, effectivement, il y a
une plus grande dépendance, en région, à l'automobile, à l'auto solo,
mais il y a des très beaux exemples, justement en région, où il se crée des
mini... excusez l'anglicisme, des mini «hubs» de transport urbain, de
covoiturage et de transport actif. Nous, pour ce qui est au niveau du
transport, c'est ça qui serait à favoriser.
Ma collègue a
peut-être...
Mme Gauthier (Catherine) : Il y a beaucoup d'innovations qui peuvent être
mises en place pour le transport, il y a vraiment un ensemble de
transports actifs ou de transports en commun qui peuvent être développés. On le
voit, avec les nouvelles technologies, il y a plusieurs applications qui
permettent de partager un même trajet. Donc, il y a beaucoup d'outils vers lesquels on pourrait tendre qui vont rejoindre en
particulier les jeunes pour changer les habitudes, parce que, on le sait, quand on est jeune, on a
beaucoup plus de chances de conserver les mêmes comportements à plus
long terme, que ce soit par rapport à la
mobilisation, l'implication citoyenne, le vote. Il y a plusieurs phénomènes
comme ça qu'on observe. Donc, si on
peut implanter des nouvelles habitudes, des nouveaux comportements par de
l'éducation, de la sensibilisation et par l'utilisation des nouvelles
technologies, c'est certainement une avenue, là, qu'on privilégie.
Bourgeois : Merci. Moi, ça va.
Président (M. Reid) : Merci. Est-ce qu'il y a d'autres
questions du côté gouvernemental? Alors, nous passons maintenant à
l'opposition officielle. M. le député de Terrebonne.
M. Traversy :
Merci beaucoup, M. le Président. Merci, Mme Gauthier, merci, M. Veilleux,
d'être avec nous aujourd'hui, merci aussi
d'avoir pris la peine de rédiger un mémoire, là, pour cette commission malgré
les délais, qui sont souvent
restreints. J'ai compris que ce n'était pas la première fois, mais, bon,
écoutez, le message a été entendu.
J'ai vu des sourires, là, puis de la
complicité, des regards, donc j'en suis convaincu, que, la prochaine fois, vous aurez plus de
temps. Et sachez que vous n'êtes pas les seuls dans cette situation.
Alors, vous dire que vous avez, tout d'abord,
des cibles très ambitieuses : 50 % en 2030, 100 % de réduction
en 2050. Vous parlez d'équité générationnelle en parlant évidemment, là, du
legs à laisser aux générations futures. Il y
a dans votre discours, là, clairement une situation d'urgence. Vous parlez que
la réduction doit être drastique au cours des prochaines années. Vous
n'êtes pas les seuls à évoquer cette situation comme quoi que, dans les 10, 15
prochaines années, c'est là que les efforts
doivent être entrepris pour infléchir, dans le fond, la réduction de nos gaz à
effet de serre. Et je pense qu'il y a
des termes qui sont utilisés par la commission Lanoue-Mousseau, notamment, qui
viennent un peu correspondre à ce que vous nous avez dit.
J'aimerais
donc savoir, pour entreprendre un virage aussi drastique et aussi urgent, quel
est le moyen prioritaire que vous voyez pour y parvenir. Vous en avez
décrit quelques-uns dans votre rapport, mais j'aimerais quand même prioriser et voir, selon vous, quelle devrait
être, dans le fond, l'action principale sur laquelle le ministre devrait se
pencher.
Gauthier (Catherine) : Je
pense qu'on l'a évoqué, il faut absolument une approche globale qui
implique tous les ministères, donc, contrairement à la stratégie précédente,
qu'on soit en mesure d'établir un plan d'action qui implique l'ensemble de l'action gouvernementale, l'ensemble des
secteurs. C'est vraiment la clé, parce que, même si le ministère, ce
ministère des Changements climatiques, met en place une série de mesures, si,
de l'autre côté, du côté du ministère des
Transports, bien on se lance dans des projets d'infrastructure qui vont faire
augmenter le parc automobile, on nuit
vraiment à la stratégie globale. Donc, c'est certain qu'il faut avoir une
approche qui est beaucoup plus globale puis qu'on s'attaque, là, aux
secteurs névralgiques. Dans le document de consultation, on a d'ailleurs été
surpris de lire que les émissions liées au
secteur du transport devraient être stables dans les prochaines années et même
décroître. On se demande vraiment de
quelle manière, dans le fond, ce phénomène va pouvoir se concrétiser, parce
qu'à l'heure actuelle la tendance est tout autre.
Traversy : Vous avez raison, donc, de mentionner que le
ministère de l'Environnement est très transversal. Donc, il y a une volonté, à ce moment-là,
d'essayer de donner peut-être plus de poids, dans un point de vue plus
global, à tout son rayonnement. C'est un supraministère que celui de
l'Environnement, dans le fond, alors il y a, comment je pourrais dire, là, une
ligne qui touche à pas mal d'autres ministères, et donc je comprends votre
point de vue.
Vous parlez beaucoup de financement des
organismes communautaires, de leur apport essentiel dans la collectivité. Vous dénoncez un peu l'austérité en
place, si je comprends bien, puis je voulais que vous puissiez le dire
plus ouvertement.
Malgré les contextes budgétaires que nous connaissons, vous
lancez un cri du coeur pour qu'il y ait un rehaussement
rapide des sommes qui sont allouées aux organismes environnementaux ou encore
communautaires qui oeuvrent dans ce domaine.
Est-ce que vous pouvez juste nous faire l'état
de la situation pour votre organisme? Parce que je comprends que c'est très précaire, là, à l'heure actuelle.
Puis peut-être que c'est la dernière fois qu'on se voit. Non, non, je ne
veux pas être pessimiste, mais je veux dire, donc, qu'il y a urgence d'agir.
M. Veilleux (Jean-François) : En
fait, je pense que ça ne serait tout de même pas la dernière fois qu'on se verrait, étant donné que nous sommes bénévoles,
mais nous avons une équipe en place et disons que, depuis deux ans et demi, trois ans, il y a un peu de morosité étant
donné que le financement de soutien à la mission des groupes nationaux
en environnement a été très difficile à avoir. Et ça reste tout de même un
sujet d'actualité. On a des rencontres avec les gouvernements depuis justement deux ans et demi et, par contre, on a
beaucoup de misère à aller chercher les sommes qui nous sont promises,
qui nous sont dues peut-être.
Et donc c'est ça, pour nous, au niveau de la
situation, c'est très critique, et on dit : L'année prochaine, ce serait fort possible, si le financement de soutien
à la mission n'existe plus, on devrait fermer... on devra fermer les
portes, en fait. C'est bien simple. Le
financement par projets, c'est bien beau, sauf que, dans une enveloppe
budgétaire par projets, on n'a pas de
montant alloué ou un montant très petit alloué que ce soit pour le loyer ou
pour du personnel qui ne travaille
pas nécessairement sur le projet en particulier, que ce soit un directeur
général ou un adjoint de direction. C'est quand même très pratique à avoir dans un organisme qui rejoint autant de
cégeps et d'institutions. Donc, on doit avoir des appels, on doit avoir
des représentations.
Gauthier (Catherine) : Mon
collègue fait référence à un projet de certification qui est bien établi
depuis déjà plus de 10 ans, Cégep vert du
Québec, qui n'est, malheureusement, plus un projet nouveau mais qui quand même
a des résultats. Donc, le fait que ce
ne soit pas un projet nouveau mais qu'il est toutefois très bien implanté dans
les cégeps, ça rend le financement un peu plus difficile, parce que
justement on ne dépose pas un nouveau projet, on ne se lance pas dans une nouvelle initiative, mais pourtant il y a
des objectifs concrets, tellement qu'on a dû, au fil des années,
rehausser les critères de la certification parce que les cégeps en
redemandaient, atteignaient des niveaux plus durables au niveau de leur
gestion.
Donc, c'est
vraiment le type de projet qu'on cherche, par exemple, à soutenir, à
développer, mais, comme mon collègue
l'expliquait, là, le financement par projets est difficile, puis il faut se
rappeler aussi que le contexte d'austérité frappe l'ensemble des milieux dans lesquels on est impliqués. Donc,
quand on va dans les écoles, les CPE, c'est certain que ce n'est pas des entreprises, on ne va pas
vendre nos services comme consultants, on va offrir des services
d'éducation et de sensibilisation et souvent
on offre ces services de manière gratuite ou à faible coût pour s'assurer que
le prix des services, dans le fond, ne soit pas un frein à la
participation des établissements scolaires ou des CPE, par exemple.
Donc, c'est vraiment une préoccupation qu'on a
d'offrir nos services et que ça reste abordable, là, pour qu'un ensemble
d'institutions et d'acteurs puissent en bénéficier et changer leurs
comportements.
Traversy : Je vous remercie beaucoup de cette clarification et
je pense que, le message étant entendu, donc, ça vous a... ça nous a
donc permis d'avoir un portrait un peu plus clair, là, de l'état de la
situation de votre organisme. Également,
vous parlez peut-être de certaines recommandations qui nous ont été apportées
par d'autres groupes avant vous, donc,
la nécessité notamment de tenir des redditions de comptes dans l'atteinte
justement des cibles qui sont fixées. Je voulais voir avec vous si vous étiez ouverts pour l'atteinte de la cible
qui sera choisie par le gouvernement de devoir faire un rapport ou de devoir faire une mise à jour après
un certain nombre d'années de manière constante afin d'y parvenir.
Est-ce que c'est quelque chose auquel vous auriez réfléchi et auquel vous
seriez d'accord?
Gauthier (Catherine) : Je
pense qu'on est évidemment ouverts à collaborer pour l'évaluation de la
stratégie au fur et à mesure. Un des enjeux, c'est évidemment de prévoir, dans
le plan d'action, un budget pour le soutien aux groupes communautaires. Par exemple, si l'enveloppe est insuffisante
pour réaliser les projets de réduction des émissions de GES, là, concrètement, dans les communautés, ce
serait alors un bon moment pour réajuster le tir avant qu'il soit trop
tard, parce que c'est certain que, si on
fait le bilan de l'atteinte de la cible pour 2030 en 2030, il va effectivement
être trop tard, là.
Traversy : Excellent, écoutez, une suggestion intéressante.
Est-ce que votre organisme est éligible aux sommes qui sont disponibles
dans le PACC 2013‑2020?
Donc,
simplement vous dire que plusieurs disent que l'argent qui est disponible dans
ce portefeuille est dépensé de façon
un peu frileuse pour l'instant, donc beaucoup d'argent s'y trouve, mais elle
n'est pas complètement utilisée encore à pleine capacité. Est-ce que vous seriez donc d'accord pour suggérer
qu'on accélère la cadence, là, dans l'utilisation des fonds qui sont prévus pour justement, là, faire la
sensibilisation, l'amélioration de nos conditions environnementales et
soutenir des groupes comme le vôtre? Je vois que notamment il y a de l'argent
qui dort pour mobiliser le Québec en soutenant
des initiatives de la société civile et de la communauté. Je pense que vous en
faites partie. Il y a 4,5 % seulement du budget qui a été utilisé à ce jour. Ce que j'entends de votre cri du
coeur, c'est : vous, demain matin, le ministre est prêt à débloquer
un peu plus, vous êtes fidèles sous les drapeaux, vous êtes prêts à commencer.
Gauthier (Catherine) : On ne
connaît peut-être pas les détails de la situation financière, mais c'est
certain qu'on serait ouverts... comme notre mission touche à la mobilisation, à
la sensibilisation, l'éducation du public, en particulier
les jeunes, on serait évidemment intéressés à collaborer puis à avoir les
possibilités, là, pour développer un projet ou soutenir un projet
existant qui est déjà bien implanté avec un ensemble de partenaires.
M. Traversy : Je vous remercie
beaucoup.
Le Président (M. Reid) :
Merci. Nous allons passer maintenant au deuxième groupe d'opposition. M. le
député de Groulx.
Surprenant : Merci, M. le Président. Alors, Mme Gauthier,
M. Veilleux, bonjour. Je vous félicite de votre implication et puis de votre engagement civiques,
d'autant plus que ce que je comprends bien, c'est que c'est du bénévolat
que vous faites. Alors, mes félicitations.
L'engagement
des jeunes est important dans les échanges qui ont lieu au niveau des gaz à effet
de serre. Alors, ce que j'ai compris
tantôt, c'est que vous avez parlé de Cégep vert, c'est un programme qui a une
mission importante, mais il pourrait
être coupé. Mais, vous, en ce qui vous concerne — mon
collègue, tantôt, a fait état de disponibilité peut-être de fonds pour vous supporter — mais, actuellement, est-ce que vous êtes
supportés financièrement par quelque institution, ou fonds, ou programme
que ce soit?
Veilleux (Jean-François) :
Oui. Alors, oui, tout à fait, on est soutenus présentement, on reçoit des
sommes, du financement, de soutien à la
mission pratiquement une année en retard ou... ça dépend. Donc, on engage des
dépenses et puis on s'attend à ce que le
gouvernement, étant donné qu'il y a un engagement... qu'on reçoive cette
somme-là. Sinon, on a du financement par projets et des partenaires
financiers, que ce soient des fondations, ou peu importe, de différents partenaires privés. C'est sûr, dans les dernières
années, on a été obligés d'aller vérifier, d'aller chercher un peu plus
de financement privé, sauf... le contexte
économique reste le même pour tout le monde. Il y a de moins en moins de dons,
et donc ça devient de plus en plus difficile
pour nous. Et Cégep vert est justement un projet qui est soutenu, entre
autres, par des organisations, des
institutions qui participent. Donc, on a plus que 40 institutions qui
paient une cotisation annuelle, donc ça, ça fait un bon fonds de
roulement. Mais il reste qu'il n'en demeure pas moins que, pour avoir une
ressource attitrée à ce projet-là, il faut encore plus de sommes. Et les cégeps
sont touchés aussi par les coupures budgétaires et sont de plus en plus frileux
à vouloir payer pour une certification. On trouve ça un peu dommage.
Surprenant : Écoutez, je vous remercie puis, en fait, j'ajoute ma
voix, donc, et celle de mon parti au collègue de Terrebonne pour lancer le message au gouvernement que votre apport
est important, puisque ce qu'on fait, en particulier dans une commission comme celle-ci, bien ça va
avoir des impacts pour vous plus que pour nous, alors c'est important que vous puissiez avoir votre mot à dire, puis que
c'est organisé pour pouvoir bien nous faire part de vos préoccupations.
Alors,
maintenant, en ce qui concerne la... à la page 3 de votre mémoire, vous
avez fait allusion... le paragraphe du bas, je vais le lire, là, pour le
bénéfice des gens : «Le document de consultation affirme qu'"entre
2012 et 2030 les émissions [du secteur du
transport] demeureraient stables ou seraient appelées à diminuer légèrement
malgré la croissance de la population
et la hausse des volumes de marchandises transportées par camion."» Alors,
également, dans les données, là, il y
a eu des hausses, entre 2012 et 2013, d'émissions de gaz à effet de serre, et
donc vous croyez peu qu'il y aurait un potentiel
de réduction, là, de niveau des gaz à effet de serre au niveau des transports.
Puis d'ailleurs j'ai consulté suite à ça le document que le gouvernement
avait préparé pour la commission, et puis il mentionne qu'il y a d'abord des
mesures d'efficacité énergétique du fédéral
qui vont avoir un impact positif, la structure démographique, donc, le
vieillissement de la population, donc moins de gens probablement qui pourraient
être appelés à prendre leurs autos, et puis donc le point le plus important, ce
sont les véhicules électriques.
Alors,
ce que je comprends, au niveau des véhicules électriques, il y a eu des efforts
louables du gouvernement pour des
bornes de recharge, il y a aussi des programmes qui vont supporter les gens à
acquérir des voitures électriques. Au Québec,
on a à peu près 50 % du parc automobile électrique du Canada, donc il y a
des efforts qui sont concrets, mais, malgré
ça, dans le document du gouvernement, on dit qu'«en l'absence de mesures
additionnelles de réduction d'émissions de GES, celles-ci reprendraient leur progression à la hausse [dès]
2030». Donc, comment vous voyez ça, puis qu'est-ce que vous pourriez
suggérer comme décision à prendre, là? Focussez sur des éléments particuliers.
M. Veilleux (Jean-François) : En fait, on trouve particulier qu'on dise que,
d'ici 2030, les émissions vont être stabilisées.
Les mesures que vous avez mentionnées, ce sont des bons mouvements, donc on va
dans le bon sens. Qu'on incite la
population à acquérir des voitures électriques, qu'on fasse la promotion de
l'électrification des transports et qu'on investisse dans les
infrastructures de recharge, c'est une très bonne chose. Il n'en demeure pas
moins, même avec le vieillissement de la population... on a aussi constaté
qu'il y a de plus en plus de véhicules utilitaires sport qui sont achetés par
la population. Il y avait une augmentation du parc automobile de 0,8 %
entre 2013 et 2014 et, si je me souviens
bien, il y avait 15 % d'augmentation entre 2013 et 2014 seulement pour les
camions légers, donc, qui sont utilisés comme véhicules de promenade.
Donc,
oui, il y a des mesures d'efficacité énergétique. Il y a de plus en plus de
petites voitures, sauf qu'elles sont de moins en moins achetées. On voit
qu'il y a plus de camions légers qui sont achetés. Donc, à ce niveau-là, ça
devient justement plus compliqué à suivre que les émissions du transport vont
être stabilisées. Donc, il y a du travail encore à faire à ce niveau-là en
sensibilisation et en mobilisation de la population.
Surprenant : Et on peut ajouter qu'on peut prétendre qu'avec le prix
du litre d'essence, qui est bas présentement,
donc, l'acquisition de véhicules utilitaires sport ou utilitaires tout court
pourrait être en progression, donc on pourrait reculer encore, là, bon,
puis tout ça finalement dans un contexte où on veut faire des efforts au niveau
des véhicules et puis on voit qu'on n'y
arrive pas. Puis, comme vous disiez tantôt, en contrepartie, bien le
gouvernement a pris des décisions
particulières en ce qui concerne la cimenterie McInnis, qui va produire des gaz
à effet de serre de façon très, très,
très importante au cours des années à venir. Donc, ce que je peux comprendre de
ce que vous dites, c'est que vous ne sentez
pas qu'on va y arriver puis que tous les efforts qu'on fait n'offrent pas les
résultats escomptés, puis qu'en plus de ça, bien, on arrive avec des
projets comme ça qui font que... Comment allons-nous y arriver, là?
Alors,
est-ce que vous auriez peut-être des suggestions à faire, au niveau des projets
d'envergure comme McInnis, des mesures que vous souhaiteriez voir qui
pourraient peut-être empêcher des décisions comme celles-là?
Mme Gauthier (Catherine) : Il y a plusieurs groupes avec lesquels, bon, on
collabore ou on cohabite, là, à la Maison
du développement durable qui ont suggéré, dans le cadre des consultations sur
la réforme de la
Loi sur la qualité de l'environnement,
d'inclure une évaluation des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre
des projets d'envergure, donc ça, ça peut être un outil, parce qu'il ne
faut pas analyser les projets à la pièce, parce que, même si on a une dizaine de
petits projets, l'ensemble, la somme de ces petits projets là peut faire
déborder, en fait, le budget carbone du Québec.
Donc,
c'est vraiment important de faire une analyse qui est plus globale, parce que,
si, comme on le soulignait tout à
l'heure, le plan d'action se limite à l'action du MDDELCC, ça va être beaucoup
trop étroit comme vision. Donc, il faut vraiment une mobilisation du
gouvernement du Québec, là, au grand complet, là, donc d'aller discuter avec
d'autres collègues dans d'autres ministères puis de s'assurer, là, qu'il y ait
une approche qui est cohérente, qui est globale. Donc, c'est de ça qu'on parle,
là, quand on parle de mobilisation de l'ensemble du gouvernement.
Le Président (M.
Reid) : Merci. Merci de votre présentation, merci de la
contribution à nos travaux.
Alors, je lève la
séance pendant quelques instants, le temps de permettre à nos prochains invités
de prendre place. Merci.
(Suspension de la séance à
10 h 43)
Le Président (M.
Reid) : Nous reprenons nos travaux. Alors, je souhaite la
bienvenue à nos invités de l'Association du
transport urbain du Québec. Vous avez 10 minutes pour faire votre présentation.
Par la suite, nous aurons une période d'échange avec les membres de la commission. Je vous demande
de vous nommer, nommer les personnes qui vous accompagnent pour les fins
de l'enregistrement, et vous avez la parole.
M. Beauchamp (Daniel) : Moi, je suis Daniel Beauchamp, je suis directeur
général de l'Association du transport urbain
du Québec. Je vous présente M. Michel Party, qui est le vice-président du
conseil d'administration de l'ATUQ...
M. Patry
(Michel) : Bonjour.
M. Beauchamp (Daniel) : ...et de M. Alain Mercier, qui est le
secrétaire-trésorier de l'ATUQ en plus d'être le directeur général de la
société de... en fait, du Réseau de transport de la Capitale.
Le Président (M.
Reid) : Alors, allez-y, vous avez la parole.
M. Beauchamp
(Daniel) : O.K. Donc, l'ATUQ et les neuf sociétés de transport du
Québec sont des alliés incontournables du gouvernement pour répondre aux
principaux enjeux énergétiques du Québec. Les neuf sociétés de transport du Québec, en 2014, c'est
559 millions de déplacements, soit 90 % des déplacements qui ont été
réalisés au Québec, puis à ça il faut
ajouter un 6 millions de déplacements en matière de transport adapté.
Donc, peu de secteurs sont aussi
bénéfiques pour le développement durable que le transport en commun, et ce,
tant d'un point de vue économique, social qu'environnemental.
cours des dernières années, l'ATUQ a su démontrer par différentes études que le
transport en commun contribue significativement au développement durable
des villes et partout au Québec.
transport en commun est un moteur de notre économie. De façon précise, en 2013,
les activités de l'ensemble des sociétés de transport en commun du
Québec ont eu des retombées économiques positives dans plusieurs villes du Québec, car elles ont soutenu 16 831 emplois
directs de qualité, 4 140 emplois indirects années-personnes.
Conjointement, les neuf sociétés ont injecté
plus de 2,5 milliards de dollars dans l'économie du Québec, elles ont
permis de générer des recettes fiscales de l'ordre de 366 millions
de dollars pour le gouvernement du Québec et de 129 millions pour le gouvernement fédéral. C'est donc une contribution
majeure pour tous les citoyens. C'est une source importante d'activités
commerciales pour le Québec. Des entreprises québécoises comme Bombardier et
Nova Bus, dont le savoir-faire est reconnu à l'échelle internationale,
témoignent de l'impact économique généré par les investissements en matière de transport en commun. Par ailleurs, selon la
Chambre de commerce du Montréal métropolitain, les retombées des
dépenses du transport en commun dans
l'économie québécoise sont bien supérieures à celles dans le secteur
automobile. Ainsi, 10 millions dépensés en transport en commun
contribuent à soutenir 183 emplois-année et 17 millions en valeur ajoutée.
En comparaison, la même somme dépense en transport automobile génère 66 emplois
années-personnes et 6,8 millions en valeur ajoutée.
TEC a donc un impact sur l'économie québécoise près de trois fois supérieur à
celui du transport privé par automobile,
tant en matière d'argent que d'emploi. C'est un créateur de valeur. La présence
du transport en commun sur un territoire a des retombées positives,
parce qu'il accroît la valeur foncière des propriétés, favorise le
développement d'aménagements résidentiels,
institutionnels et commerciaux et diminue la congestion routière et les coûts
qui y sont liés.
L'ATUQ
est un allié de l'environnement. Donc, le transport en commun représente une
stratégie incontournable pour réduire
les émissions de GES. Puisque le gouvernement du Québec souhaite améliorer de
façon importante son bilan énergétique
et notamment de réduire ses émissions de GES de façon ambitieuse, il doit miser
sur le transport en commun et aider
les sociétés de transport à augmenter l'achalandage et la part modale. En
effet, tel que mentionné dans le document de consultation de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec
publié en 2013 par l'ATUQ et AVT, le transport en commun fait meilleure figure en ce qui concerne la
quantité d'énergie utilisée par kilomètre-passager parcouru et la forme d'énergie utilisée. En effet, le transport
interurbain ou intra-urbain par autobus consomme 2,2 fois moins d'énergie
que le transport individuel par kilomètre
parcouru. Conséquemment, plus le transfert modal de l'automobile vers le
transport en commun s'effectue, plus le
bilan énergétique s'améliore. Pour permettre un transfert modal, il est non
seulement nécessaire d'augmenter
l'offre de services en transport en commun, mais également de l'améliorer pour
s'assurer qu'elle répond aux besoins
de la clientèle. De nouveaux clients choisiront le TEC, le transport en commun,
s'il est disponible mais également s'il
répond à leurs besoins à divers niveaux, tels la rapidité, la fiabilité, la fréquence,
le confort, la sécurité et l'accessibilité.
Donc,
l'ATUQ confirme au ministre son accord avec la cible de 37,5 % sous le
niveau de 1990 pour 2030. La lutte contre
les changements climatiques et le développement durable sont au coeur des
stratégies des membres de l'ATUQ.
L'ATUQ
est membre du Comité-conseil sur les changements climatiques, qui a recommandé
au ministre la cible de 37,5 %.
Cette augmentation a été le fruit de nombreuses heures de travail auxquelles
l'ATUQ a participé activement. La cible permet de consolider le
leadership du Québec en matière de lutte contre les changements climatiques et
elle est cohérente avec celle fixée en 2009, donc, 20 % sous 1990 d'ici
2020, qui est en voie de réalisation. De plus, la cible de 37,5 % est également en lien avec les objectifs de réduction de
80 % à 85 % pour les horizons 2050. L'ATUQ a besoin de connaître... dans cette cible-là, qui est
ambitieuse, a besoin de connaître sa part, en fait, qu'est-ce qui va être
attribuable au transport en commun, afin de
permettre à ses membres d'élaborer un plan d'action et d'évaluer le financement
requis pour réaliser ce mandat. Donc,
conscients de leur rôle stratégique, les membres de l'ATUQ sont prêts à tout
mettre en oeuvre ce qui est sous leur contrôle pour permettre au
gouvernement d'atteindre la cible de 37,5 %, mais une telle implication
doit être harmonisée d'un financement approprié.
Les pistes de solution. Donc, on parle
d'une augmentation de l'offre de services conjuguée à des mesures de
gestion de la demande pour modifier les
habitudes des déplacements et le recours à l'auto solo; une amélioration de
l'efficience du transport en commun afin de diminuer les temps de parcours — donc,
les travaux routiers... voies réservées, feux prioritaires; l'instauration de
mesures de gestion de la demande en transport — donc, tarification au niveau
des stationnements; une vision globale en
matière d'électrification du transport — le bon véhicule et la bonne
technologie appropriés, à la bonne place;
une concertation relative à l'aménagement urbain afin de faciliter en amont le
déploiement du transport en commun; puis une vision d'ensemble qui intègre tous
les modes de transport ainsi que les différentes stratégies — du
mode lourd au mode léger.
L'ATUQ
souligne quelques défis à prendre en considération. Donc, les revenus de la
bourse du carbone, le Fonds vert ou
d'autres types de revenus, le cas échéant, le PACC doivent être dédiés
spécifiquement à des actions qui permettront d'atteindre la cible de
37,5 %. Donc, nous recommandons des critères de sélection, des mesures de
performance, une notion de reddition de comptes. En matière de transport en
commun, l'investissement dans le maintien des actifs est essentiel — il faut comprendre ça, puis ça, tout le monde
est d'accord avec ça — mais il ne permet pas de déployer de nouvelles stratégies
pour améliorer l'offre de services. La base de référence pour l'amélioration de
l'offre de services en 2015 devrait être le
niveau de service atteint suite au PACC 2006‑2012, qui avait été un grand
succès, il va sans dire, puisqu'il a permis de générer plus de
50 millions de déplacements additionnels.
cible de 37,5 % nécessite un leadership, une cohérence décisionnelle,
puisque plusieurs ministères, municipalités ou autres parties prenantes
seront concernés — donc,
financement, aménagement urbain, etc. Le changement de culture de l'auto solo au transport en commun est un grand défi qui
nécessitera des améliorations concrètes à la gamme de services. Puis il
faut prendre en considération, finalement, que le coût de l'électrification du
réseau de surface a deux composantes
indissociables : il y a l'acquisition des autobus et le financement de la
mise en service, donc. Mais ce qui est aussi très important, c'est tous
les coûts qui sont liés aux modifications des infrastructures, la formation,
les changements, les technologies
émergentes, avec lesquelles on doit composer, qui sont, de par leur nature,
moins fiables parce qu'elles doivent être expérimentées, et évidemment
les coûts d'exploitation qui y sont associés.
N'oublions
pas que le transport en commun joue un rôle social important, c'est un moyen de
transport accessible. Le transport en
commun a toujours été un élément structurant en matière de développement et de
forme urbaine. Tous les types
d'activité peuvent être accessibles en transport en commun, et cela favorise un
dynamisme et une activité étalés sur toute la journée. C'est d'autant
plus important... que certains segments de la population qui, autrement, ne
pourraient se déplacer. Les ménages ne
possédant pas de voiture, les personnes sans permis de conduire, les aînés et
les jeunes en dépendent davantage pour leurs déplacements. Ainsi, les
sociétés de transport assurent à plus de 90 % des ménages une option de transport à moins de cinq minutes de
marche de leur résidence. De plus, le transport en commun permet aux usagers d'accéder à tous les services de base,
que ce soit dans le domaine de la santé, dans celui de l'éducation, le
travail, le loisir, puisqu'il couvre 90 % des voies de circulation dans
les zones où sont situées ces activités.
s'assurant de l'égalité des chances en matière d'accessibilité pour toutes les
personnes, le transport en commun permet d'améliorer l'équité entre les
individus. Dans un contexte de vieillissement de la population, son importance
se fait de plus en plus sentir.
C'est
un moyen abordable de se déplacer quotidiennement. Les coûts associés à la
mobilité sont très élevés pour la population.
En effet, le transport est le deuxième poste de dépenses des ménages québécois,
se classant immédiatement après le
logement et devançant même l'alimentation. Par contre, sur une base
quotidienne, l'utilisation du transport en commun est presque neuf fois moins chère que le recours à l'automobile.
Le transport en commun s'impose donc comme une solution économique.
Le Président (M.
Reid) : En terminant, s'il vous plaît.
M. Beauchamp
(Daniel) : Pardon?
Le Président (M.
Reid) : Il reste quelques secondes.
M. Beauchamp (Daniel) :
D'accord. Bien, en fait, je peux terminer là. S'il y a quelque chose...
Président (M. Reid) : Oui. O.K. D'accord. Alors, vous aurez
l'occasion de continuer les échanges, bien sûr.
Alors, nous allons
commencer par le côté gouvernemental. M. le ministre, vous avez la parole.
Heurtel : Merci beaucoup, M. le Président. Bonjour, M. Beauchamp, M.
Patry, M. Mercier, bonjour, merci pour votre mémoire ainsi que votre
présentation.
La semaine dernière,
on a eu plusieurs groupes qui nous ont parlé, justement, de transport
collectif, du développement nécessaire du transport collectif pour atteindre
nos cibles 2020 ainsi que la cible proposée par le gouvernement. Et puis, en passant, je vais faire une parenthèse pour
vous remercier particulièrement, M. Beauchamp, pour votre participation au sein du Comité-conseil sur
les changements climatiques ainsi que celle de votre prédécesseur. Merci
beaucoup pour tout le temps que vous avez
mis et que vous continuerez à mettre dans les travaux en continu du
comité.
Il y a eu beaucoup de
conversations et d'échanges, la semaine dernière, sur la question du transport
collectif en région, alors j'aimerais ça
approfondir cette notion-là avec vous, parce que vous parlez, bon, de vouloir
faire votre part, puis on va pouvoir
approfondir ça également, là, dans les questions subséquentes, mais
particulièrement, quand on parle des... mettons qu'on sort des grands
centres comme la région de Montréal, la région de Québec, quel rôle L'ATUQ peut
jouer? Comment vous voyez la notion de transport collectif se développer
davantage dans les régions?
Beauchamp (Daniel) : Au
niveau des régions, c'est évident que les enjeux sont différents de par... il
n'y a pas les mêmes enjeux de
circulation, donc, et, de là, je pense, doublement l'importance de créer, au
sein des jeunes, l'accès, de
faciliter l'accès, parce que, si on y va, dans les régions, d'un point de vue
purement économique, d'un point de vue purement
en termes de contraintes, probablement qu'on aurait tendance à... on pourrait
avoir le réflexe de dire : Bien, c'est moins important que dans les
grandes régions comme la région métropolitaine de Montréal. Je pense, entre
autres, à des discussions que j'ai avec mes
collègues. Que ça soit à Sherbrooke, que ça soit à Chicoutimi, au Saguenay, que
ça soit à Trois-Rivières, c'est
doublement important de faire une offre de services qui va attirer les gens
puis de faire en sorte... sinon, il
va y avoir une érosion, et les gens vont avoir tendance à quitter le transport
en commun. Donc, doublement important, là, au niveau de mettre les
énergies et de les maintenir.
M. Heurtel : Également, un des
sujets dont on a parlé beaucoup, c'est : en même temps, il y a une
question importante de changement
d'habitudes qui doit s'opérer, parce que, d'un côté, on voit que les
achalandages de certains systèmes de transport collectif sont en hausse,
et c'est très encourageant, mais en même temps, du même côté, on voit que l'histoire d'amour entre la population
québécoise et ses véhicules est aussi forte que jamais, hein; on achète
de plus en plus de véhicules puis on achète des véhicules aussi à grosse
cylindrée.
Alors, de
votre point de vue, qu'est-ce qu'on doit faire? Quel genre de moyen concret
doit-on mettre en oeuvre, outre ce qu'on fait déjà en vertu du plan
d'action sur les changements climatiques 2013‑2020, pour justement faire
davantage et changer les comportements?
Beauchamp (Daniel) : En
fait, ça fait 35 ans que j'oeuvre dans le milieu du transport en commun. Et
donc il est clair que, pour la personne qui
est dans son automobile solo, ce qui vient un des points majeurs, c'est le
temps de se rendre entre le point a et le point b. Et il faut tout
mettre en oeuvre pour faire en sorte de limiter les temps de parcours, la vitesse commerciale associés au transport en
commun par des voies réservées, par des accès privilégiés pour le
transport en commun et il faut que l'offre
de services aussi soit représentative. Présentement, là, en matière de
transport en commun, un des enjeux,
c'est qu'on va avoir une offre de services assez significative en heures de
pointe, et, en dehors des heures de pointe,
ça va être plus limité, ça va être plus... Donc, il faut vraiment élargir, il
faut que le transport en commun devienne le moyen de se déplacer, puis, pour faire en sorte que ça se réalise, bien
il faut que la personne y voie un avantage. Si c'est plus simple pour
moi d'embarquer dans mon automobile puis de me rendre au travail, ou de me
rendre au centre d'achats, ou d'aller dans des spectacles, bien c'est sûr
que...
Donc, il faut vraiment travailler sur la qualité
de l'offre, sur la variété de l'offre, et c'est vraiment ce qu'on considère, au
niveau de l'ATUQ, comme le point majeur.
M. Patry
(Michel) : Si vous
permettez, M. le ministre, pour compléter un peu. C'est une lorgnette, puis il
y a deux bouts de la lorgnette : il y a l'attractivité du transport
collectif et la très grande facilité de pouvoir circuler en voiture sur les réseaux routiers, stationnements à
des prix, bon. Alors, je pense qu'il faut travailler sur les deux bouts
de la lorgnette, c'est-à-dire que le
transport collectif soit davantage attractif, réponde davantage aux besoins des
gens. Moi, je suis président d'une
société de transport à Lévis, on a mis le wifi dans nos autobus. Bien, je peux
vous dire que, le wifi dans nos
autobus, là, les gens commencent à travailler le matin dans l'autobus avec
leurs tablettes. Alors, voyez-vous, c'est plus attractif. C'en est un
aspect.
D'un autre côté,
je dirais que le transport en commun, c'est un produit, il faut être capable de
le vendre, il faut le publiciser. À
mon sens, il y a un manquement là. Quand est-ce que vous avez vu passer à la
télévision un spot publicitaire vantant les mérites du transport en
commun? Je peux vous avouer que je n'ai pas vu ça souvent. Alors, voyez-vous, il y a un marketing de ce moyen de transport là,
peu importe ce qu'il va être, parce qu'on veut le bonifier — tout le monde, hein, on ne peut pas
être contre la vertu — mais
il faut le vendre, et ça, ça m'apparaît important, parce qu'il y a un changement de culture à faire puis il ne se fera
pas seul. Il va se faire par des incitatifs, par des messages puis
renfoncer le clou autant qu'on peut le
faire. Alors, je pense que c'est de cette façon-là, puis ça ne se fera pas du
jour au lendemain non plus, mais il
faut commencer à quelque part. Je pense que, là, vraiment on aurait, si vous
voulez, des pistes de solution, parce que l'objectif à atteindre est
quand même intéressant, est assez élevé également.
Le Président (M. Reid) : M.
le député de Saint-François.
M. Hardy : Oui. Bonjour, messieurs.
Je vous salue. Je regarde dans votre mémoire que vous proposez plusieurs pistes
de solution liées au transport en commun, je vais vous en lire trois :
«Une augmentation de l'offre de services
conjuguée à des mesures de gestion de la demande pour modifier les habitudes de
déplacement et le recours à l'auto
solo.» Il y en a une autre : «Une amélioration de l'efficience du
transport en commun afin de diminuer les temps de parcours — travaux
routiers, voies réservées, feux prioritaires, etc.» Puis il y en a une qui
m'accroche aussi, il y a «une vision
d'ensemble qui intègre tous les modes de transport ainsi que les différentes
stratégies». On parle de modes de transport lourd ou léger.
Selon vous, quelles seraient les approches à
privilégier dans les différents types de transport, soit pour les marchandises,
l'individuel ou le commun?
M. Beauchamp (Daniel) : En fait, en
matière de transport en commun? Excusez-moi, parce que...
Hardy : En matière de transport en commun, de marchandises, de camions
lourds ou légers, là, quelle est votre position là-dessus, puis
qu'est-ce qui serait bon à privilégier, d'après vous?
Beauchamp (Daniel) : En
fait, étant les représentants des neuf sociétés de transport du Québec ayant
comme mandat de développer et de travailler
particulièrement en matière de transport en commun, je pense que ça ne serait
pas honnête de ma part de commencer à
vouloir exploiter ou donner des explications sur un domaine que je ne connais
pas, que je ne maîtrise pas, le transport de
marchandises, et ainsi de suite. Comme je vous disais tantôt, moi, ça fait 35
ans que je suis dans le transport en
commun. Ça, je peux vous en parler pendant de nombreuses heures. Mais,
malheureusement, je n'ai pas de réponse. Je ne sais pas si un de mes deux
collègues aurait une réponse par rapport à ça, mais...
M. Mercier
(Alain) : Peut-être juste pour agencer le point important. L'effet du
transfert modal entre l'auto solo et le
transport en commun génère, comme mon collègue a mentionné, une réduction
importante au niveau de gaz d'effet de serre,
des émissions de particules, et, au niveau de la gestion de l'environnement, le
transport en commun peut être un des modes qui est très intéressant pour
le gouvernement du Québec à utiliser comme levier. C'est sûr et certain, si on
concentre simplement la réduction ou l'efficacité des moteurs diesel dans nos
bus, et tout ça, notre impact est moins important
peut-être qu'un tracteur routier, juste pour utiliser un exemple. Mais, je
pense, l'important, c'est le choix des Québécois dans les milieux
urbains et aussi dans les régions d'avoir le choix du transport en commun comme
levier important. Donc, on privilégie cette
facette-là, c'est l'augmentation de l'offre de services, pour donner une
alternative pour les bénéfices économiques et aussi environnementaux.
M. Hardy : Merci. J'ai une autre
petite question à vous poser sur le transport en commun.
Vous
représentez plusieurs villes qui sont dans votre association. Parmi ces
villes-là, le pourcentage d'autobus hybrides ou électriques, est-ce
qu'il est assez haut ou si c'est encore à moteur diesel ou au gaz?
Beauchamp (Daniel) : En
fait, le pourcentage est encore faible, parce que le déploiement a commencé
voilà un an, ça a commencé en juin l'année dernière. Donc, on est rendus à peu
près à 150... tout près de 200 véhicules, là, qui ont été livrés dans une des
neuf sociétés de transport. Donc, le déploiement se fait progressivement, mais
il faut comprendre que depuis l'an passé,
finalement, depuis le mois de juin, tous les véhicules qui vont être livrés
dans les sociétés de transport sont des véhicules hybrides, que ce
soient des véhicules de type 40 pieds ou même, prochainement, les
véhicules articulés.
Le Président (M. Reid) : Oui,
M. le député de Portneuf.
Matte : Merci, M. le Président. Bien, bienvenue à vous trois ici.
M. Patry — c'est
bien ça, votre nom? — ...
M. Patry (Michel) : Oui, monsieur.
Matte : M. Patry, vous avez mentionné que vous aviez fait
l'installation du wifi dans les autobus. Pour les gens qui nous
écoutent, c'est-u un investissement qui est très dispendieux? Ça peut
représenter combien par autobus si c'est de même que vous évaluez ça?
M. Patry
(Michel) : Bien, écoutez, je
n'ai pas les chiffres exacts, là. Avoir su que j'aurais la question que
vous me posez, j'aurais apporté les chiffres
exacts. Je ne voudrais pas vous dire n'importe quoi. Ça dépend de
l'utilisation, puis des bandes passantes,
puis de la fréquence. Il y a tout un aspect technique dans ça. Il faut dire
qu'on ne l'a pas sur tous nos réseaux,
sur tous nos parcours, c'est sur les principaux parcours, par exemple le
Lévisien-1, le Lévisien-2 et le Lévisien-3. Alors, c'est les autobus qui partent de Lévis qui s'en viennent à Québec
le matin, hein, les grandes lignes, et l'autobus qui part de Lévis qui s'en va à Saint-Étienne, là,
puis qui fait toute la ville de Lévis, et qui partent de Saint-Étienne et qui
s'en viennent à l'Université Laval. Alors, les trois grands parcours, il y a le
wifi dans nos autobus. Mais, sur les lignes de raccordement, il n'y en a pas,
hein?
Alors, ça a été une expérience pilote, ça a
commencé il y a quatre ans, et on s'est rendu compte que les gens apprécient
beaucoup ce service. Et, comme tous les services, par exemple, modernes,
maintenant, d'indication aux passagers que
l'arrêt d'autobus s'en vient et la voix dans les autobus, alors, ce sont tous
des systèmes qui n'existaient pas il
y a quelques années et que Québec a également. Québec, vous avez des systèmes
comme ça. Ça augmente le confort, l'attractivité
aussi. Et, aussi, les modèles d'autobus s'améliorent, alors les gens aiment
bien... Il faut que ce soit convivial, hein, il faut que ce soit appétissant.
Une salade, pour la manger, il faut qu'elle soit appétissante. Alors, le
transport en commun, c'est un peu pareil. Il
y a cet aspect-là, qui, il me semble, m'apparaît important, et le wifi
contribue à la vente, si vous voulez,
de ce produit-là. Puis c'est très utile aussi, parce que ça permet aux gens,
aux étudiants, aux gens qui vont travailler de commencer à travailler
même dans l'autobus. Il y en a que leur bureau commence à 8 heures sur
leur tablette. Alors, voyez-vous, on s'en va vers ces technologies-là.
Alors, ça ne
répond peut-être pas en chiffres à votre question, mais c'est le mieux que je
peux faire dans le moment.
M. Matte : Est-ce qu'on peut faire
parvenir l'information à la commission, ici, sur les données?
Le Président (M. Reid) :
Bien sûr. Vous n'avez pas objection?
M. Patry (Michel) : Il n'y a pas de
problème.
Le Président (M. Reid) :
Alors, vous l'envoyez à la secrétaire de la commission.
M. Patry (Michel) : Oui.
Matte : Puis j'aimerais ça aussi savoir est-ce que... il y a Lévis,
Québec, est-ce qu'il y a d'autres commissions de transport aussi qui ont utilisé le wifi dans leur réseau? Si cette
information-là est disponible, je trouve que ce serait intéressant, là,
pour...
M. Patry
(Michel) : Je vais vérifier.
Nous, à Lévis, oui. Pas sur l'ensemble du réseau, comme je vous
l'expliquais, mais on peut le vérifier. Je vais demander à M. Beauchamp de...
M. Beauchamp (Daniel) : Je vais
faire le suivi, puis je vais vous revenir.
Le Président (M. Reid) :
Allez-y, oui, M. le député de Portneuf.
Matte : M. le Président, j'ai également une autre question. Vous avez
identifié, M. Patry, le fait qu'il y a un manquement, là, dans la vente du produit qu'est le transport en commun,
bon, vous avez identifié aussi certaines lacunes, là, en termes de réseau routier, en termes, là...
Maintenant que vous avez mis de l'avant le wifi — je pense que c'est un actif, là, positif — qu'est-ce qu'on peut faire aussi de plus
pour faire en sorte que le produit soit intéressant, soit recherché?
Avez-vous
identifié, là, des solutions, quoi que vous pouvez faire pour faire en sorte
que ce produit-là est intéressant?
M. Patry
(Michel) : D'abord, il faut
que la tarification reste abordable pour l'usager, il faut de la fréquence
puis il faut de l'exactitude à l'horaire.
Quelqu'un qui attend l'autobus, là, c'est bien de valeur, s'il l'attend 15, 20
minutes de trop parce que l'autobus
est pris dans la circulation, ce n'est rien d'attractif puis d'incitatif à le
reprendre. Puis il faut de la fréquence à la pointe, respect des
horaires, fréquence. Alors, tout ça, c'est des éléments.
Mon collègue
ici M. Mercier, qui est directeur général du RTC, pourrait vous en parler,
justement, de ce que ça prend pour que les gens le prennent, il pourrait
possiblement compléter ma réponse.
M. Mercier (Alain) : Je pense, je
pourrais utiliser un exemple local et récent de l'attractivité du transport en commun, c'est l'investissement du gouvernement du
Québec dans la voie réservée de Robert-Bourassa, qui était un projet de
réflexion qui a incorporé une voie réservée. L'importance de ce projet-là pour
les clients du RTC, essentiellement, c'était
dans les banlieues nord-ouest de la ville de Québec. Essentiellement, il y a eu
une réduction du temps pour aller au travail et de retour à
l'université, on parle d'entre cinq et 15 minutes par client. Donc, un
investissement a eu un effet essentiellement
d'un transfert de notre clientèle. On a eu des augmentations de 25 % dans
ces services qui ont bénéficié de l'utilisation d'une voie réservée. On
parle d'environ 400 bus dans l'heure de pointe du matin. Donc, on a amélioré la qualité de vie de milliers de personnes par
jour, 5 000 personnes par jour, il y a une réduction du temps de
déplacement. Le RTC a bénéficié par des
réductions de coût d'opération, donc on pouvait déployer plus de services pour
le même dollar d'investissement par le réseau municipal et aussi par la
contribution municipale et nos clients.
Donc, on a vu qu'un incitatif qui a aidé le
temps de déplacement, l'augmentation de la fiabilité du réseau a eu un impact majeur sur l'utilisation du service. Et,
je peux vous dire, le RTC n'est pas différent des autres réseaux, où on
voit de plus en plus aujourd'hui que les familles qui ont une auto ou deux
autos sont aussi des utilisateurs du transport en commun. Aujourd'hui, par exemple, on a réussi, depuis les cinq à 10
dernières années, que 68 % de nos clients réguliers qui utilisent
le transport en commun sont aussi propriétaires des automobiles. Donc, les
investissements qu'on fait en termes de confort, fréquence et aussi réduction
de temps de déplacement par des investissements importants par le gouvernement nous aident à faire cette transition.
La question, c'est : Comment est-ce qu'on va le bonifier pour le
futur?
Président (M. Reid) : Merci. Nous passons maintenant à
l'opposition officielle. M. le député de Terrebonne.
M. Traversy : Merci beaucoup,
M. le Président. Merci beaucoup, messieurs, pour votre présence à cette
commission. Donc, tout d'abord, je voulais également, là, saluer le travail que
vous avez fait dans le cadre, là, du comité-conseil
qui a été présenté, là, au début de ces consultations. Merci beaucoup pour
l'énergie que vous y avez mise.
Et là, aujourd'hui,
vous revenez autour de la table mais avec un autre chapeau, donc, celui de
l'Association du transport urbain du Québec. Je vais donc m'attarder évidemment
davantage à la question du transport, qui vous touche plus particulièrement. Je voulais avoir votre opinion, parce que
plusieurs groupes sont venus nous dire autour de la table qu'il... bon, qu'il fallait pour l'avenir
essayer d'avoir une vision à long terme en ce qui concerne le secteur des
transports, qu'il fallait essayer de développer des cibles de réduction de gaz
à effet de serre par programmes puis trouver
des moyens par secteurs pour être capables d'y parvenir. Je voulais savoir,
donc, de votre côté, comme vous avez une expertise et une expérience
dans le domaine, pensez-vous qu'une politique du transport durable pourrait
être essentielle pour
essayer de mettre un peu de clarté, là, dans cette vision qui nous amènerait à
réduire nos émissions de gaz à effet de
serre? Est-ce que vous trouveriez que ça amènerait plus, c'est ça, de
transparence ou, du moins, une plus grande efficacité dans notre action pour parvenir à atteindre les cibles que le
gouvernement choisira dans les prochaines semaines?
M. Beauchamp (Daniel) :
En fait, ça nous apparaît évident, au niveau de l'ATUQ, qu'il est important...
la solution, elle est multi... en fait,
c'est plusieurs types d'intervention et plusieurs types de stratégie qui vont
permettre, donc... ne serait-ce qu'en
matière d'électrification des autobus, O.K.? Donc, d'ici les prochaines années,
il va... Dans le réseau, présentement,
on est en train de rendre disponibles des véhicules qui sont hybrides.
Éventuellement, on aura des véhicules hybrides rechargeables. On aura
éventuellement des véhicules totalement électriques.
faut prendre un certain recul et s'assurer d'avoir le bon moyen à la bonne
place, et ça, je pense qu'avec des cibles pour chacun... parce que je pense qu'on peut aller chercher une
partie
de la réduction des émissions au niveau de la cible avec un transfert modal, avec une augmentation de
l'offre de services, mais ce n'est pas le seul geste. Faire juste ça, ça
serait déjà porteur comme le fait
d'électrifier l'ensemble du réseau. Demain matin, 4 000 autobus électrifiés
pour l'ensemble du réseau
permettraient de réduire... puis, si on ne fait pas d'autres gestes, d'autres
stratégies associés à ça, on aurait réduit les émissions d'à peu près
1 %.
Donc,
si on veut vraiment avoir un impact significatif au niveau du transport en
commun, c'est un amalgame de solutions et une intégration des réseaux.
Donc, on s'en va avec des modes lourds, avec les trains de surface, ainsi de suite, des SRB du côté de Québec. Il faut vraiment
avoir une vision d'ensemble qui fait en sorte qu'on prend les gens, on facilite les gens, on leur donne le maximum de
services pour les amener... aller les chercher près de leurs maisons
pour amener ça dans des troncs communs dans lesquels on va pouvoir faire du
déplacement de masse, et c'est ça qui va permettre de réduire les coûts. Mais
c'est vraiment une approche intégrée qui va permettre d'atteindre notre
objectif.
M. Traversy :
Donc, vous avez cette vision d'ensemble, vous n'êtes pas contre non plus le
fait d'y aller par secteurs ou, en tout cas,
de cibler, là, certains moyens qui sont en lien avec des départements précis
dans le milieu des transports. Vous
semblez notamment, là, nous faire des démonstrations par rapport, bon, à
l'électrification des autobus. Il y a
différents aspects que vous avez mis en place. Donc, je comprends que vous
recevez de façon positive ce genre de suggestions pour le ministère.
Vous
nous avez parlé beaucoup aussi du Fonds vert. Dans votre mémoire, vous parlez
de défis, alors je trouve ça intéressant,
je trouve que les mots sont bien choisis, ça garde un aspect positif, là, pour
la suite des choses. Donc, un des défis,
pour vous, si j'ai bien compris, c'est d'essayer de rendre plus transparent un
peu le Fonds vert. Vous semblez nous dire
qu'il n'y a pas une garantie ou une certitude à 100 % que tous les fonds
utilisés à l'intérieur de ce... de cette capacité de Fonds vert là est
utilisée pour le transport collectif, le transport en commun. Vous pensez qu'il
y a peut-être... pas un détournement des
fonds, il y en a certains qui sont venus nous dire des mots plus durs autour de
cette table, mais disons que vous
avez une crainte que tout l'argent associé au Fonds vert ne soit pas utilisé au
fondement même de la mission pour lequel
il a été créé. J'aimerais vous entendre un peu plus là-dessus et bien
comprendre, là, votre inquiétude à ce niveau-là.
M. Beauchamp (Daniel) : En fait, je pense que vous l'avez bien cerné,
l'objectif de l'ATUQ, c'est de s'assurer que les argents qui sont disponibles sont... puis ça pourrait
s'appliquer à n'importe quel domaine, là, O.K., donc, c'est de s'assurer que l'ensemble des argents qui aura été
recueilli à des fins pour principal... et pour réduire les émissions,
donc lutte contre les changements climatiques, bien ça nous apparaît comme
évident, compte tenu du nombre de personnes concernées, de groupes, ainsi de
suite, qu'il nous apparaît évident et fondamental de se donner une méthode pour
être capables de bien suivre et de pouvoir
faire la démonstration de l'apport réel qui a été en matière de... pour un
programme, pour un budget qui a été associé à...
Donc, nous, tout ce
qu'on dit en matière de reddition de comptes, je pense que ça serait important,
et ça serait motivant pour nous, au niveau de l'ATUQ, de connaître c'est quoi,
l'ampleur du mandat qu'on veut nous soumettre, puis qu'on puisse se mesurer
pour s'assurer que, dans le temps, on a vraiment livré la marchandise.
Traversy : Puis, même j'irais peut-être un petit peu plus loin
pour être sûr de bien comprendre, même, dans un monde idéal, là, dans les défis qu'on devrait avoir, c'est que cet
argent-là devrait être mis pour des nouveaux projets pour essayer de
diminuer, dans le fond, l'émission de gaz à effet de serre et non pas juste
pour maintenir les actifs ou les programmes courants. Ça aussi, là, dans un
monde idéal, ça serait comme ça.
M. Beauchamp (Daniel) : En fait, évidemment, on sait que, dans des
situations économiques difficiles, des choix, ainsi de suite, ce qu'on
dit, nous, c'est que, si on n'investit pas les argents en matière de lutte
contre les changements climatiques, bien ça va poser un problème par rapport à
Traversy : Vous me parliez, à l'instant, de reddition de
comptes. C'est une question aussi que j'ai posée au groupe qui vous
précédait. Seriez-vous d'accord pour qu'il y ait justement reddition de comptes
à un certain nombre d'intervalles pour
s'assurer de l'atteinte des objectifs que vous vous êtes fixés? Vous, vous nous
parlez de 37,5 %, ça semble être en droite ligne avec la
proposition évidemment, bon, du ministre, vu le comité-conseil.
Pour y parvenir,
est-ce que vous seriez d'accord pour mettre en place des mécanismes de remise à
jour des objectifs? Et, si oui, à quel
intervalle? Et, si oui, de quelle façon? Parce que vous avez quand même une
bonne expertise.
M. Beauchamp (Daniel) : Comme on
avait fait dans le PACC 2006‑2012, où les sociétés de transport avaient des objectifs précis, donc 16 %
d'augmentation de l'offre... pour 8 % d'augmentation de l'achalandage,
puis les sociétés de transport ont dépassé... ont
été presque à 12 % d'augmentation de l'achalandage. Donc, on a effectué
ces activités-là entre 2006 et 2012 et on est
tout à fait disposés à rendre compte des argents qui sont mis à la
disponibilité des sociétés de
transport pour faire et d'atteindre... en fait, de rendre compte de l'atteinte
de nos cibles. À partir du moment où nous, on s'assoit avec le
gouvernement puis on a défini d'une façon plus précise c'est quoi, la portion
de la cible qui appartient au transport en
commun, les neuf sociétés de transport que je représente, pour nous évidemment,
on va se mettre à l'action et on va faire des propositions pour déterminer
c'est quoi, les actions et les budgets requis pour répondre à cette cible-là.
Traversy : Mais, selon votre expérience, à quel intervalle on
peut s'assurer d'une reddition de comptes, là, je voudrais dire,
efficace ou optimale pour s'assurer d'atteindre les cibles, là, de réduction de
gaz à effet de serre par programmes ou par secteurs comme on a mentionné tout à
l'heure? Est-ce que ce serait à chaque deux ans, à chaque cinq ans? Est-ce que
ce serait une fois d'ici 2030? Je voulais vous entendre là-dessus.
M. Mercier
(Alain) : Peut-être que je peux vous mentionner que, comme société de
transport, nous sommes une organisation paramunicipale essentiellement
dans le périmètre de gouvernance des municipalités, hein, alors, dans le cas du Réseau de transport de la Capitale, il faut
fournir un objectif de réduction de gaz à effet de serre par nos
opérations et notre objectif... Généralement, dans tous les plans des
municipalités, donc, il y a un objectif qui est établi pour une période de cinq à 10 ans. Et il y a une reddition
de comptes qui est suivie par le Vérificateur général dans le cas de la
ville de Québec, dans notre cas. Donc, on dirait que, présentement, nous
utilisons un principe de préparer un objectif pour cinq ans, et il y a une reddition de comptes qui est faite et suivie par
le Vérificateur général. Ça peut varier de ville en ville au Québec,
mais on voit que c'est une approche qui est dans les meilleures pratiques des
municipalités.
Président (M. Reid) : Merci. Alors, nous allons passer
maintenant au deuxième groupe d'opposition. M. le député de Masson.
Lemay : Merci, M. le Président. Merci d'être avec nous aujourd'hui.
Vous savez, le transport, c'est quand même
un gros morceau de nos gaz à effet de serre, et puis le transport en commun
effectivement peut être utile. Et puis je remarque, en fait, que vous
nous avez parlé tout à l'heure que, si on prenait 4 000 autobus puis on
les rendait 100 % électriques, on
réduirait seulement de 1 % nos gaz à effet de serre. Donc, on doit mettre
en place plusieurs moyens, et il y a des investissements majeurs qui
doivent être faits en matière de transport en commun.
On le sait,
une des problématiques... vous avez parlé des régions puis vous nous avez
mentionné que, les gens, le facteur
le plus important pour eux, c'est combien de temps ça me prend pour me rendre
du point a au point b. Donc, ça veut dire qu'il faut avoir une meilleure offre de services en transport en
commun si on veut réduire le nombre d'automobiles sur nos routes. Pour les régions, on sait...
peut-être, il y a déjà les trains de banlieue, bon, il y a d'autres mesures,
mais, selon vous, si on regarde une
proposition intéressante qui nous a été faite il y a de ça plusieurs années
mais qui ne semble pas être retenue
pour le moment, je parle ici du TransQuébec, le train léger qu'on pourrait
utiliser qui serait 100 % électrique, un peu la même personne qui
avait travaillé à développer le moteur-roue chez Hydro-Québec... Si on
utilisait ça puis qu'on utilisait aussi le
TransQuébec sur le futur pont Champlain, selon vous, est-ce que ce ne serait
pas un pas dans la bonne direction dans l'électrification des transports
et dans la mesure qu'on donne accès aux régions aussi à un temps de transport
qui est favorable à la réduction des gaz à effet de serre mais qui est aussi un
transport qui est adapté à tous les gens qui sont en région?
M. Mercier
(Alain) : Je pourrais peut-être répondre. Dans chaque milieu urbain ou
régional, chaque projet doit être évalué en lui-même. Ça fait de
nombreuses années que je travaille dans ce domaine-là de projet. Que ce soit
train ou dans des cas de SRB, service de bus rapide, il faut regarder les
paramètres de l'application. Donc, si on est dans un environnement où le nombre de déplacements à l'heure est au-delà des
10 000, 15 000, 20 000 personnes à l'heure, c'est
sûr et certain, les modes plus lourds, comme des trains électrifiés, est une
solution qui est privilégiée. Quand on est dans des environnements — on vient juste de compléter une étude ici, à
Québec — entre
Québec-Lévis, on parle d'un nombre de déplacements
plus bas en termes de personnes à l'heure, alors, on voit, des solutions comme
des services de bus rapide offrent le même avantage avec les mêmes
impacts environnementaux... électrification.
Donc, le moyen, le mécanisme est toujours adapté
aux besoins de déplacement, donc chaque projet doit être évalué pour son utilité. La solution technologique
va toujours suivre le besoin, donc peut-être juste de prendre qu'un
projet en particulier peut offrir une solution privilégiée dans son contexte
mais pas nécessairement peut être reproduit dans chaque contexte.
Beauchamp (Daniel) : Si je
peux juste ajouter. Du rôle de l'ATUQ, nous, étant spécialisés avec les neuf
sociétés de transport du Québec, c'est pour
ça qu'on dit qu'il faut avoir une approche intégrée. Donc, il y a d'autres
joueurs, donc, des joueurs qui vont venir du ferroviaire, des choses comme ça,
donc il va falloir s'asseoir ensemble puis déterminer comment on optimise justement les différents déplacements pour faire en
sorte que ça devienne alléchant pour les gens, vous l'avez souligné
tantôt.
Présentement,
on a une approche qui est très... Je ne sais pas, moi, le train va être
disponible, et, si, pour différentes raisons,
vous allez à un spectacle le soir, vous voulez revenir dans votre localité,
bien, peut-être que le train, il va passer dans une heure ou peut-être qu'il ne passe plus, il va
repasser le lendemain matin. Donc, il faut arriver avec une offre de
services qui est cohérente aussi avec les besoins de la population.
Lemay : Donc, selon vous, au niveau des sommes qui sont disponibles
dans le Fonds vert, on devrait voir une plus grande
partie des sommes
qui sont redistribuées dans le transport en commun. Donc, si on regarde au
niveau des transports, là, selon vous, là, on
devrait... tu sais, si on regarde que le transport contribue pour 44,7 %
de tous les GES, selon vous, au
transport en commun, on devrait prendre quelle pointe de tarte du Fonds vert
puis dire : On le dédie au transport en commun?
M. Beauchamp (Daniel) : On sait que, dans le 44 %, 45 % qui
incombe au transport routier, le volet sur lequel on a plus un contrôle, c'est plus le volet transport
en commun. On le sait que, les actions à court, moyen terme sur le
transport routier au niveau des camions, camionnages, et ainsi de suite, la
technologie n'est pas disponible encore en matière d'électrification, donc on le sait, que ce n'est pas là qu'on va faire
des gains. Ça fait que, si on veut aller vraiment contribuer à diminuer le 45 %, 44 % qui est
imputable au transport routier, il faut inévitablement passer par le transport
en commun, c'est la clé, qu'il faut passer par là.
Lemay : Alors, si on veut avoir une offre de services adéquate, on...
ça veut dire que vous êtes en faveur, là, de concentrer la population dans des pôles urbains. Donc, en fait, ce que
vous dites un peu, c'est : L'étalement urbain rend difficiles le transit et les temps de transport
réduits. Donc, ça serait une bonne idée de voir la revitalisation de nos
berges du Saint-Laurent pour justement intensifier la population autour des
métropoles?
M. Patry (Michel) : Bien, je peux peut-être répondre. Les plans d'aménagement des villes,
les schémas d'aménagement qui sont en révision à l'heure actuelle visent
à faire en sorte de concentrer la population, parce que les terrains sont très onéreux quand quelqu'un veut acheter un terrain
pour se bâtir, tout ça. Alors, bien évidemment, au niveau du transport en commun, plus la population
est dense dans une agglomération, plus l'offre de services est
alléchante pour le transport en commun. On le voit; en Europe, par exemple,
hein, les distances sont beaucoup moindres, puis la densité de population est beaucoup plus forte, alors le transport en
commun, ça répond vraiment à ce besoin-là. Alors, bien évidemment, à partir du moment où on fait
l'étalement urbain, bien ça rend plus difficile le fait de transporter les
gens, puis les coûts sont associés à ça.
Alors,
c'est ce qui fait qu'aujourd'hui les villes, les agglomérations, les
communautés métropolitaines cherchent à densifier, justement, pour
diverses raisons, entre autres faciliter le transport en commun, entre autres
les coûts des aqueducs, des égouts, des
prolongements des réseaux routiers, tout ça. Alors, c'est l'alignement qui est
donné, à l'heure actuelle. Nous, en
tant qu'association de transport urbain, c'est clair que la densification fait
en sorte que, le service, on peut le rendre de façon plus adéquate, à
des coûts meilleurs, à partir du moment où il y a une densification de
population.
M. Lemay :
Merci beaucoup.
Le Président (M.
Reid) : Alors, merci, M. Patry, M. Beauchamp,
M. Mercier, merci de votre contribution à nos travaux.
La commission suspend
ses travaux jusqu'après les affaires courantes cet après-midi.
(Suspension de la séance à
11 h 30)
Le Président (M.
Reid) : Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Nous reprenons nos
travaux.
Je vous rappelle que
la commission est réunie afin de poursuivre les auditions publiques dans le
cadre des consultations particulières sur le document de consultation intitulé Cible
de réduction d'émissions de gaz à effet de serre du Québec pour 2030 . Cet
après-midi, nous entendrons d'abord l'Association canadienne des constructeurs
de véhicules, suivie de la Fédération québécoise des municipalités et de la
Confédération des syndicats nationaux.
Alors,
je souhaite la bienvenue à nos premiers invités, donc, de l'Association
canadienne des constructeurs de véhicules.
Vous avez une dizaine de minutes pour faire votre présentation. On aura, par la
suite, une période d'échange. Et je
vous demande, avant de commencer, de vous présenter et de présenter la personne
qui vous accompagne pour les fins de l'enregistrement. Alors, à vous la
parole.
Mme Tarmohamed (Yasmin) : Merci. I
am Yasmin Tarmohamed, I am the vice-president, Environment, Health and Safety for the Canadian Vehicle
Manufacturers' Association. It's the association representing Canada's
leading manufacturers of light and heavy
duty motor vehicles. The CVMA's membership includes Fiat Chrysler
Automobiles of Canada, Ford Motor Company of Canada Ltd and General Motors of
Canada Ltd.
M. Béchard (Jacques) :
Bonjour, M. le Président, M. le ministre, Mmes, MM. les députés, c'est un
plaisir pour nous d'être ici aujourd'hui. Mon nom est Jacques Béchard,
je suis président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d'automobiles du Québec. Notre
corporation existe depuis 1945. Nous représentons
850 concessionnaires d'automobiles. Il y en a partout dans les communautés
du Québec, et c'est un secteur important de notre économie, puisque nos
concessionnaires emploient 35 000 personnes au Québec. Merci.
Mme Tarmohamed (Yasmin) : Mr. Chairman, Minister Heurtel,
Members of the National Assembly, bonjour.
I am very pleased to be here this
afternoon to represent the Canadian Vehicle Manufacturers during these hearings. Our comments address
key issues in the consultation document that pertain to the auto industry, the
transportation sector and consumers who purchase our products. As such,
it is very important for our members and for us to be here to share with you
our breadth of expertise and knowledge on some of the topics discussed in the
consultation document Québec's greenhouse gas emission reduction target for
We certainly believe that it will be beneficial
for the standing committee to consider receiving other
representations from other industry sectors
on climate change, so that the various perspectives have been shared. That is
why I'm very pleased to be flanked by Québec auto dealers... Jacques
Béchard this afternoon.
M. Béchard
(Jacques) : Merci, Yasmin. Je suis effectivement très heureux
d'accompagner aujourd'hui les constructeurs canadiens d'automobiles à
titre de
P.D.G. de la CCAQ. En partenariat avec les constructeurs, nos concessionnaires membres travaillent très fort
afin de distribuer les véhicules que les consommateurs aiment et
souhaitent se procurer.
Tarmohamed (Yasmin) : The Canadian automobile industry is firmly committed in doing its part
to support the
Government's greenhouse gas emissions reduction objectives. As such, we strive
to work closely with the Government of Québec, transportation, energy
and environment stakeholders to reaffirm this commitment and, thus, desire to collaborate at all levels of policy considerations
pertaining to sustainable development, energy, transport,
electrification and climate change.
On the topic of the consultation
document recently published by the Minister's department, a few items have caught our attention, such as an
ambitious target of 37.5% of greenhouse gas emissions below 1990 levels, the
electrification of the vehicle fleet, the role of battery electric and plug-in
hybrid vehicles play in their success in Québec, the interest of Quebeckers to adopt in greater numbers zero
emission vehicles and the suggestion that a legislative or regulatory
measure would stimulate consumer demand for battery electric and plug-in
hybrids.
Québec,
like many jurisdictions, is looking at furthering its objectives in the area of
energy efficiency and greenhouse gas
emission reductions. Moving towards this goal will require policies and
programs, including education and
infrastructure improvements, that support and increase consumer demand for
energy-saving vehicle technologies across all of their transportation needs. Infrastructure investments, including
appropriate and available charging stations, and comprehensive consumer education, and awareness-raising campaigns, must
continue to be part of this new deal to facilitate their adoption and
accommodate these new technologies.
Automotive technology is advancing at
an unprecedented pace with cleaner, more fuel efficient and lower GHG producing vehicles being
brought to market in ever increasing numbers. Our sector has virtually
eliminated smog-causing emissions
from our vehicles with appropriate fuel formulations. Note that Tier 3 emission
standards are the most stringent national
emission standards in the world. GHG reduction is more challenging and requires
an alignment of new fuels, technologies, infrastructures and consumers'
behavior and choices.
The new light duty and heavy duty
vehicle GHG regulations across North America are driving the rapid adoption of lower GHG emission
vehicles. Light-duty vehicles will reduce fuel consumption and GHG emissions by
approximately 50%, compared to 2008 model year vehicles. For heavy-duty
vehicles, the estimate is that the average emissions will be reduced by up to 23% for the 2018 vehicles.
Opportunities do exist to retire older vehicles and accelerate the
adoption of advanced GHG technologies. Fleet turnover takes many years, and
one-third of the Québec fleet is greater than 10 years old.
Vehicle
electrification is a technology that can provide benefits for both GHG and
smog-causing emission reductions. This
technology is still largely at the investment stage, but automakers are making
those huge investments required to
extend battery range and deliver a range of vehicles consumers want to buy. It
is important to remember that electric vehicle technology continues to
come with a significant cost premium to auto companies and to consumers. Consumers must be able to make a value judgment
based upon their needs to select the most cost-effective vehicle
choices. Infrastructure for recharging and
education is also important. Policies supporting plug-in vehicle consumer
incentives and measures that make plug-in vehicle use more convenient and less
costly have been found to be effective at increasing adoption rates. Québec
is well familiar with this experience.
M. Béchard (Jacques) : Les concessionnaires et l'industrie canadienne et
québécoise de l'automobile profitent de cette occasion pour réaffirmer leur appui aux politiques éprouvées
consistant à créer de la demande pour des véhicules électriques
rechargeables. Par le fait même, nous réfutons l'affirmation selon laquelle un
cadre législatif contraignant serait plus
efficace pour accroître la demande des consommateurs pour les véhicules
électriques. On parle ici d'une loi zéro émission, et ce ne serait
vraiment pas une bonne idée alors que les incitatifs prouvent qu'on a des
résultats concrets au Québec.
L'industrie
automobile, rappelons-le, investit, développe et livre des véhicules
électriques rechargeables neufs ainsi qu'une gamme d'autres importantes
technologies que les consommateurs demandent de plus en plus; on parle, entre
autres, de l'aluminium pour alléger le poids
des véhicules de façon à ce qu'ils soient plus légers et consomment
moins de carburant, donc, puis on a une belle industrie de l'aluminium au
Québec, c'est important.
Donc,
le Québec, et M. le ministre nous le rappelle avec raison, est le leader incontesté
parmi les provinces canadiennes et plusieurs des États du nord-est des
États-Unis pour les ventes de véhicules électriques rechargeables pour deux principales raisons : notre
électricité renouvelable peu coûteuse et une approche pragmatique d'incitatifs
aux consommateurs que nous avons actuellement, d'ailleurs, et que nous
souhaitons voir prolongée. Il est beaucoup plus productif pour l'industrie et les gouvernements de travailler ensemble
sur des incitatifs plutôt que des mesures pour dicter quelles technologies
les consommateurs devraient acheter ou quels véhicules les constructeurs
devraient vendre.
Les constructeurs et
les concessionnaires investissent, au Québec, afin d'établir des conditions de
succès des véhicules électriques sur notre
marché. Cela comprend notamment les nouveaux équipements de service après-vente
chez les concessionnaires. À
titre
d'exemple, les nouveaux véhicules qui ont beaucoup d'aluminium, ça prend des
outils spéciaux pour les réparer, et nos concessionnaires, à l'heure actuelle,
sont en train d'investir, et on est en train de former nos techniciens à réparer les véhicules avec de
nouveaux matériaux. On parle aussi de la promotion de différentes
nouvelles technologies, les ventes, la
formation, au niveau de nos conseillers en vente, au niveau de ces nouvelles
technologies là, que ce soient les véhicules électriques, etc., les
programmes routiers de démonstration et d'autres programmes. Dans un contexte où nos Québécois et nos Québécoises
découvrent les technologies évoluées de ces nouveaux véhicules, la clé
de l'augmentation du nombre de ventes est, nous en sommes convaincus,
l'éducation des consommateurs ainsi que des politiques publiques qui augmentent
la demande de ces véhicules.
constructeurs et les concessionnaires sont prêts à travailler ensemble avec nos
instances gouvernementales sur les
moyens de soutenir et accroître l'adoption, par les consommateurs, d'une vaste
gamme de nouvelles technologies de
véhicules, y compris effectivement les véhicules électriques rechargeables, les
véhicules hybrides, qui sont présentement disponibles dans le marché et
dont la variété des modèles augmente à chaque année.
Président (M. Reid) : ...parce que le temps est écoulé, mais
vous aurez l'occasion de continuer à l'intérieur des échanges, si vous
voulez.
M. Béchard
(Jacques) : Super. Merci.
Président (M. Reid) : Oui. Alors, nous allons commencer avec le
côté gouvernemental. M. le ministre, vous avez la parole.
Heurtel : Merci, M. le Président. Bonjour, madame, bonjour, monsieur,
merci pour votre présentation ainsi que
pour votre mémoire, là, que vous nous avez distribué. J'apprécie également,
madame, que vous vous soyez déplacée de Toronto pour être avec nous
aujourd'hui, c'est très apprécié.
Bon.
Alors là, j'aurais plusieurs questions sur une des options qu'on étudie pour
loi zéro émission. C'est quelque chose qu'on regarde. Nous sommes partenaires
avec la Californie dans le cadre du plus grand marché du carbone en
Amérique du Nord, l'Ontario va s'y joindre. Nous sommes également partenaires
d'ententes internationales, notamment avec la Californie, mais avec d'autres
juridictions, pour développer davantage l'électrification
des transports. C'est le fer de lance de notre stratégie de lutte contre les
changements climatiques. On a justement
plusieurs mesures en place, comme des incitatifs. On a déjà un incitatif qui va
jusqu'à 8 000 $ pour aider les consommateurs à se procurer
justement les véhicules électriques, pour les inciter.
Vous
avez fait mention également du fait qu'au Québec les consommateurs québécois
sont clairement intéressés par les
véhicules électriques. 50 % de tous les véhicules électriques vendus au
Canada sont vendus au Québec, et, à chaque six mois à peu près, bien c'est des augmentations exponentielles de
50 %. Ça fait que, manifestement, il y a un goût. Et vous parliez, tout à l'heure, de fournir aux
consommateurs ce que les gens aiment et ce que les gens veulent, mais, en
même temps, on voit aussi que, bien qu'il y
ait cet engouement-là, de l'autre côté, bien, on voit aussi les consommateurs
québécois acheter de plus en plus des
véhicules à grosse cylindrée. Veux veux pas, c'est un comportement qu'il faut
changer. Dans une optique où il faut qu'on réduise nos émissions de gaz
à effet de serre de 80 % à 95 % d'ici 2050 et que plus de 44 %
de nos émissions proviennent du secteur des transports, il faut regarder la
façon dont on se déplace, il faut regarder la façon
dont on consomme les véhicules, alors c'est sûr qu'une loi zéro émission, c'est
quelque chose qui doit être considéré. Notre partenaire, la Californie,
en a une; le Vermont, un de nos voisins, en a une. Il y a, je crois, une
dizaine de juridictions américaines qui en
ont, et je ne crois pas que ça force un choix. Moi, ce que je comprends de ce
qu'est une loi zéro émission, c'est
d'imposer aux concessionnaires automobiles, aux manufacturiers, ultimement, de
s'assurer qu'il y ait assez de
voitures électriques disponibles. Ce n'est pas imposer un choix, c'est
dire : Il faut des minimums d'inventaire. Et, à la longue, ça impose aussi un minimum de
pourcentage de ventes. Mais ce n'est pas de dire : Il faut que ça soit mur
à mur. C'est justement pour effectuer une transition.
Au Québec, ce que je
comprends — puis
ce que j'ai, ce n'est pas scientifique, mais l'information que j'ai est anecdotique, mais quand ça fait souvent qu'on se
fait raconter plusieurs anecdotes semblables, on commence à penser qu'il
y a peut-être une tendance — que, souvent, des consommateurs se
présentent, chez le concessionnaire, voulant acheter un véhicule
électrique et soit les véhicules ne sont pas disponibles, les véhicules... une
liste d'attente où ça prend un délai incroyablement long, puis il y a des incitatifs
financiers beaucoup plus avantageux pour les voitures qui ne sont pas
électriques.
Alors, considérant
tout ça, j'aimerais ça vous faire commenter sur l'ensemble de ce que je vous ai
dit et plus particulièrement pourquoi une
loi zéro émission qui est considérée... Je veux dire, on se comprend, la
Californie, c'est le royaume de
l'automobile, là, la septième économie au monde, et, dans leur stratégie à eux,
il y a une loi zéro émission, elle fonctionne,
alors pourquoi, au Québec, on ne peut pas s'assurer que les consommateurs
québécois puissent avoir la capacité de choisir un véhicule électrique
s'ils le veulent?
Béchard (Jacques) : Merci, M. le ministre, de ce préambule important.
Vous avez touché à plusieurs éléments. Si je peux me permettre, au niveau des
concessionnaires d'automobiles, parce que nous ne fabriquons pas les véhicules, mais nous les distribuons...
D'ailleurs, nos 850 concessionnaires du Québec sont des femmes et des
hommes d'affaires qui supportent les risques.
vous l'avez dit, on est très fiers de ça, non seulement plus de 50 % des
véhicules électriques sont vendus ici, au Québec, mais il y a un autre aspect fort important, c'est que — et je sais, M. le ministre, qu'on préconise
beaucoup les véhicules électriques, et c'est tout à fait sain, tout à
fait normal — mais
le Québec est le modèle d'achat de petits véhicules économes en Amérique du
Nord.
Bon an, mal an, nos
concessionnaires vendent 425 000 véhicules neufs, hein? On devrait avoir
une année record cette année, là, on espère
en vendre 435 000, 440 000. Ça va bien, les taux d'intérêt sont bas,
et, au-delà des véhicules électriques,
effectivement, qui vont très bien et dont il y a des augmentations importantes,
il y a des habitudes d'achat au Québec
qui font en sorte que 60 % des ventes, ce sont des véhicules écologiques,
des petits véhicules. Vous parliez des SUV;
effectivement, il y a des SUV, mais maintenant ce sont des petits SUV qui
consomment beaucoup moins que nos huit
cylindres de l'époque, là, hein, des petits SUV avec des nouvelles
technologies, désactivation des cylindres : tu arrêtes à la lumière, le moteur arrête; sur la grand-route,
au lieu de tourner à six cylindres, il tourne à quatre cylindres;
l'aluminium.
Donc,
nous avons une panoplie de technologies qui vont faire en sorte que les
véhicules qui arrivent sur le marché, les
véhicules neufs, sont beaucoup plus écologiques, et d'ailleurs on n'a pas le
choix, à cause du règlement sur les gaz à effet de serre. D'ailleurs, en 2010, le Québec a adopté son règlement.
Vous avez pris une très bonne décision de l'harmoniser avec le fédéral pour que les constructeurs
puissent respecter une norme nord-américaine. Bien, ces critères-là,
comme Mme Yasmin l'a mentionné tantôt, ces
critères-là sont extrêmement rigoureux dans l'atteinte de l'objectif de
réduction des gaz à effet de serre.
L'autre
élément — ça,
c'est mes concessionnaires — c'est qu'on nous... heureusement, nous avons
un secteur d'activité très
compétitif. Au Québec, il y a au-delà de 20 constructeurs qui distribuent
au-delà de 30 marques puis des centaines
de modèles de véhicules et il y a un réseau de concessionnaires très complet,
hein, il y a 900 concessionnaires au Québec,
de sorte que la compétition est extrêmement vive. Les marges de profit ont
réduit au fil des ans, parce qu'on a des
pressions de nos constructeurs — je suis obligé de le dire — et, lorsqu'on commande des véhicules pour la
vente, nos concessionnaires, ce sont eux qui supportent les inventaires puis
les taux d'intérêt.
Je vais vous donner
un exemple. On a fait un sondage sur les véhicules électriques. Tout près
d'ici, j'ai un concessionnaire, il a 15
véhicules électriques en inventaire, il en a de différentes couleurs. J'ai
dit : Si tu avais une loi qui t'imposait
d'en avoir plus... il dit : Non, Jacques, non, Jacques, parce que,
malheureusement, ces véhicules-là, je ne les écoule pas assez vite, je
suis obligé de les supporter.
Donc,
pour des entrepreneurs qui supportent les risques, bien on a une grande crainte
au niveau d'avoir une loi zéro émission. Ma réponse a été longue, M. le
ministre, mais je la voulais complète.
Heurtel : Bien, écoutez, je comprends, c'est un sujet complexe, mais,
encore là, encore une fois, au niveau anecdotique, ce qu'on voit, ce
qu'on entend, c'est qu'il y a des concessionnaires qui découragent les
consommateurs, parce que notamment, bien, un
véhicule électrique, on risque de faire moins d'argent au niveau du service
qu'un véhicule conventionnel.
faut qu'il y ait un changement dans nos façons de faire. On est au début... non
seulement on est au début de la fin de
l'ère des hydrocarbures, mais on est au début du début de la nouvelle ère
aussi, puis ça, il faut que tout le monde le réalise, là, la communauté
scientifique le dit, tout le monde le dit, puis il y a beaucoup d'entreprises
puis il y a des manufacturiers automobiles,
mais il y a certains manufacturiers automobiles qui ont clairement fait le pari
de l'électrique. Je ne veux pas en
favoriser certains plus que d'autres, mais il y a clairement des manufacturiers
qui sont beaucoup plus agressifs au niveau du véhicule électrique que
d'autres.
Encore une fois, dans
un bouquet de mesures en matière de lutte contre les changements climatiques,
où est le mal à s'assurer que les
consommateurs québécois puissent être assurés du fait que leurs
concessionnaires automobiles vont avoir en inventaire des véhicules
électriques, sachant que la population veut en acheter?
M. Béchard (Jacques) : M. le ministre, effectivement, il y eut un temps
où les représentants des ventes chez nos concessionnaires manquaient de formation et pouvaient effectivement
escamoter des demandes de consommateurs qui voulaient véritablement avoir de l'information au niveau des véhicules
électriques, mais c'est de moins en moins vrai, parce que les constructeurs investissent des sommes
incroyables dans cette technologie-là. Et je disais à un journaliste
l'autre jour : Écoutez, si on pouvait
vendre 425 000 véhicules électriques, là... Nous autres, on est là pour
vendre des véhicules. Puis, en
passant, M. le ministre, les concessionnaires ne font pas moins d'argent s'ils
vendent un véhicule électrique, parce
qu'il y a des revenus, etc., et ce
n'est pas un problème. D'ailleurs, j'ai des concessionnaires qui en vendent
beaucoup, de véhicules électriques, il
y en a même qui se spécialisent là-dedans puis qui vont chercher du marché avec
les technologies Internet.
Donc, nous, ce qu'on
dit, M. le ministre, Mmes, MM. les députés, c'est que, les objectifs que nous
voulons atteindre ensemble, hein, parce que,
en tant que bons citoyens corporatifs, les constructeurs et les
concessionnaires, on veut soutenir
l'atteinte de vos objectifs... donc, nous, on dit que cela est en train de se
réaliser par des mouvements volontaires, sans besoin de loi zéro
émission.
M. Heurtel : Si on parle de bouquet
de mesures, si on sort... puis là je parle hypothétiquement, mais, si, mettons, on vous suit puis il n'y a pas de loi
zéro émission, mais vous êtes d'accord avec des incitatifs,
nécessairement, en
termes d'écofiscalité, une des mesures qu'il faudrait nécessairement regarder,
c'est ce qu'on appelle le bonus malus, c'est-à-dire qu'on récompense les
consommateurs qui achètent des véhicules soit électriques ou soit à très petite
cylindrée qui consomment peu mais qu'on pénalise ceux qui achètent des
véhicules à grosse cylindrée. Évidemment, j'exclus de ça les gens qui ont
absolument besoin de véhicules à grosse cylindrée pour leur travail, là.
Mais
j'aimerais ça vous entendre, donc. Est-ce que je comprends bien que, dans ce
cas-là, vous seriez d'accord avec un bonus malus au Québec?
M. Béchard
(Jacques) : M. le ministre,
«bonus malus», c'est un mot qui nous fait très peur. Je viens d'écrire à
notre premier ministre, M. Couillard, et à
notre ministre des Finances suite à la rumeur où on parlait d'augmenter
notre TVQ d'un point de pourcentage, ce qui rapporterait 1 milliard à
l'État, les suites de la commission Godbout.
Écoutez, et c'est important — je
suis tellement content que vous posiez cette question-là très pertinente — le secteur automobile au Québec est déjà surtaxé.
Premièrement, les automobiles, la moyenne, le prix de vente moyen d'un
véhicule automobile au Québec, c'est 30 000 $. Ce sont des biens qui
font en sorte qu'il y a un gros montant de taxes combinées : la TVQ puis la TPS, c'est tout près de 15 %, on ne
s'enfargera pas dans les virgules, un des plus hauts taux au Canada, alors
que nos voisins de l'Ontario, avec la TVH, appliquent un taux de 13 %. Ça,
c'est le premier élément.
Le deuxième
élément, on a déjà un bonus malus sur les droits d'immatriculation
additionnels. Ça, malheureusement, c'est souvent méconnu et souvent oublié.
On a des droits d'immatriculation additionnels sur les véhicules de quatre cylindres et plus. Et notre ministre des Finances,
pas dans le dernier budget, dans son budget de 2014‑2015, a annoncé une
augmentation des droits d'immatriculation additionnels sur les véhicules de
quatre cylindrées et plus, et ces droits
additionnels là vont être augmentés à partir du 1er janvier 2016, hein,
parce que nos ministres des Finances — puis ce n'est pas une critique à M. Leitão — ont pris l'habitude d'adopter des mesures
qui souvent entrent en vigueur une année ou deux années plus tard au niveau de la fiscalité. C'est correct et
c'est récurrent. J'ai le tableau des taux des augmentations
substantielles au niveau des droits additionnels d'immatriculation pour les véhicules
à forte cylindrée. Et le ministre précise
dans ses notes budgétaires : C'est pour inciter notamment à l'achat de
véhicules plus écoénergétiques. Plus que ça...
Le Président (M. Reid) : Il
vous reste 16 secondes pour en dire plus.
M. Béchard (Jacques) : Oui. Plus que
ça, il y a un droit additionnel d'immatriculation sur les véhicules de
40 000 $ et plus — 1 %;
droits spécifiques sur les pneus.
Écoutez, les concessionnaires d'automobiles sont
des collecteurs bénévoles pour l'État. Ça coûte de l'argent, administrer ça
puis engager du personnel.
Président (M. Reid) : Je dois vous interrompre. Ce n'est pas
parce que ce que vous dites n'est pas intéressant, c'est parce que je dois protéger le temps des
députés dans la période d'échange. Alors, nous allons commencer la
période d'échange. Merci pour votre
présentation, à tous les deux, et nous allons commencer par le côté
gouvernemental. M. le ministre... Non. C'est ça? Non, excusez, on est
rendus à l'opposition officielle. Désolé.
M. Heurtel : Mais je peux continuer,
M. le Président, si vous insistez.
Le Président (M. Reid) : Non.
C'est ça. J'ai réalisé en le disant que ça ne marchait pas.
M. Heurtel : Si vous insistez, je
suis à votre service, M. le Président.
Président (M. Reid) :
Non, ça marche, d'accord? Désolé. M. le député de Terrebonne, pour l'opposition
officielle.
Traversy : Merci, M. le Président. Écoutez, il ne faut pas se
perdre dans ce débat-là, il faut garder le focus, puis je suis d'accord avec vous que, des fois, là, ça
demande beaucoup d'énergie — mesdames messieurs, merci beaucoup
d'être à la commission avec nous aujourd'hui — «énergie» sans jeu de mots,
bien sûr.
Alors, vous
avez très bien discuté, avec le ministre de l'Environnement, dans le fond, de
votre position sur une potentielle loi zéro émission. Ça, là-dessus, je
peux vous dire, il n'y a pas d'ambiguïté, vous êtes très, très, très clairs. Je dois vous avouer que ce n'est pas le son de
cloche majoritaire qu'on entend actuellement à la commission, mais je
vous remercie de votre franchise, et, au
moins, vous n'y avez pas été de main morte pour le faire savoir, en tout cas
j'ai trouvé qu'il y avait une bonne intonation et des convictions
solides sur vos prises de position.
Donc, vous
dites que des incitatifs seraient davantage acceptables que des mesures dans le
cas qui nous intéresse actuellement.
Évidemment, le transport est le principal secteur ciblé pour diminuer nos gaz à
effet de serre. Vous nous donnez quelques exemples dans le cadre de
votre mémoire, vous nous parlez notamment, bon, d'incitatifs à l'achat, financiers. Bon, il y a déjà des programmes comme
ça qui sont en place. Vous avez une proposition que j'aimerais que vous puissiez détailler davantage, vous dites :
Des programmes d'éducation aux consommateurs. Comment vous entrevoyez ce
genre d'incitatif, là, juste pour bien le visualiser?
M. Béchard (Jacques) : Merci de
votre question, M. le député. Effectivement, un des rôles que nous avons conjointement, les constructeurs et les
concessionnaires, c'est de sensibiliser les consommateurs québécois et
québécoises aux avantages d'acheter un véhicule électrique ou hybride
rechargeable, et ce que nous avons décidé de faire, à la corporation, pour
soutenir nos 850 concessionnaires, c'est qu'on va soutenir nos
concessionnaires, et le site est déjà construit... une
section spéciale de notre site Internet intitulée Électrification des
transports et autres technologies , et on a hâte de le lancer dans les
prochaines semaines avec, conjointement, les deux associations de constructeurs
qui ont collaboré à nous fournir la liste des véhicules admissibles au Québec,
et ça va être très, excusez le terme anglais, «user-friendly».
Ça va être le
site avec les informations les plus complètes. Vous allez aller sur notre site Véhicules
admissibles , la liste, avec un lien direct au niveau de la technologie chez
le site du constructeur, un lien au ministère des Ressources naturelles au niveau des incitatifs financiers,
parce que c'est géré par le ministère de M. Arcand, et nous allons
avoir... en anglais, on appelle ça le «dealer
locator», recherche de votre concessionnaire. Donc, vous avez trouvé votre
véhicule, celui que vous voulez aller
faire un essai, vous savez maintenant quel est l'incitatif financier, et nous
avons une carte avec des petits points rouges où, partout au Québec,
dépendamment de la région où vous êtes, vous allez savoir quels sont les concessionnaires qui offrent tel et tel modèle de
véhicule. Et, pour votre information, c'est que, chez certains manufacturiers,
compte tenu que ça prend de l'achat d'équipements spéciaux, que ça prend une
formation spéciale au niveau de ces technologies-là, chez certains
manufacturiers, ce ne sont pas tous les concessionnaires qui sont habilités à
offrir ces véhicules-là.
Donc, nous,
sur notre site Internet, qui va être lancé dans les prochaines semaines, ça va
être le site le plus complet quant aux informations sur les véhicules et
les concessionnaires qui offrent ces véhicules-là. Et la députation et nos ministres, les trois différents ministres
impliqués, MM. Heurtel, Arcand et M. Poëti, vont être très heureux de
prendre connaissance de ce nouveau site
Internet le plus complet au Québec. Et on va mettre de l'emphase au niveau de
nos salons de l'auto et dans les
salles de montre de nos concessionnaires, parce qu'effectivement on a une
responsabilité à jouer dans ça comme distributeurs.
Traversy : Merci beaucoup de cette réponse complète. J'ai cru
comprendre au début de la présentation que vous étiez d'accord avec
l'objectif du 37,5 % proposé dans le cahier de consultation ou que c'était
trop ambitieux. J'aimerais juste que vous
précisiez. Est-ce que l'objectif de réduction de gaz à effet de serre du
ministre est à la hauteur de vos attentes? Je pense que vous l'aviez
mentionné tantôt, mais je voulais juste être certain.
Mme Tarmohamed (Yasmin) : I think they say that it's a very
ambitious number to try and reach. I think that it requires a lot of different things to get there
and it is possibly a stretch goal. We know that other provinces are
looking at the same thing. I think it is one that needs to be looked at
carefully.
Traversy : O.K. D'accord. Et, pour atteindre un objectif aussi ambitieux et pour être prudents,
bon, sur l'atteinte de celui-ci, que
ce soit de 35 %, 37,5 %, 40 %, peu importe l'objectif que le
ministre choisira, je voulais savoir si votre association serait
d'accord pour qu'il y ait des redditions de comptes, donc des suivis, pour en
arriver à atteindre justement l'objectif que
le ministre pourrait se fixer, considérant que le transport est le principal,
dans le fond, émetteur de gaz à effet de serre sur lequel, bon, la
législation doit s'attaquer.
Alors, est-ce
que vous trouveriez intéressant d'avoir un mécanisme de reddition de comptes où
que l'étape où nous en sommes rendus soit remise à jour année après
année ou après un certain nombre de temps? Je voulais voir si ça faisait
partie
d'une recommandation positive de votre part.
Mme Tarmohamed (Yasmin) : So, if I could say that, the vehicle
GHG sector is regulated, we are regulated for vehicle GHG reductions for 2011 to 2025. You are
going to see improvements in vehicle GHGs, we'll be contributing to the objectives of reducing transportation
emissions. We think it requires... you know, you are going to see
introduction of advanced technology vehicles, from improvements in the
internal-combustion engine to plug-in hybrids, to battery electric. That will be part of our contribution.
And, as part of that... this is until 2025, and, when you reach those
targets, when we reach the vehicles' GHG
standards, those vehicles will still be on the road, you are looking at a fleet
turnover, you'll see further improvements as those vehicles penetrate
the market, and, over time, you will see the GHG reductions continue.
in terms of your particular question in terms of assessment, it's always good
to assess where your plans are, but I think you need to look at this : the vehicle GHG regulations
are very long, and you are going to see ongoing benefits as you move to
your targets for 2030.
Traversy : Excellent. Bien, écoutez, je vous remercie pour vos
réponses claires et surtout de votre franchise autour de cette
commission.
Président (M. Reid) :
Alors, nous passons maintenant au deuxième groupe d'opposition. M. le député de
Masson.
Lemay : Merci, M. le Président. Alors, juste à
titre d'information,
là — j'ai
remarqué que vous n'aviez pas eu le temps
de terminer votre présentation — est-ce que vous y avez un élément que vous
vouliez mentionner que vous n'avez pas eu la chance de faire dans votre
premier 10 minutes?
M. Béchard (Jacques) : Oui. Je vous
remercie de nous donner l'occasion de le faire.
Écoutez,
il y a une réalité au Canada et au Québec — et, pour l'instant, parlons du Québec — il y a au-delà de 5 millions de
véhicules qui circulent sur les routes du Québec. De ces véhicules-là, il y en
a plus de 1,5 million qui ont
11 ans, et plus, d'âge. Et, comme vous le savez, plus les véhicules sont
récents, plus il y a de la technologie, moins ils sont
polluants, hein? C'est prouvé. Pourquoi? Parce que, de toute façon, il faut
respecter les objectifs fixés au niveau de la réglementation nord-américaine
dont on a parlé tantôt sur l'émission des matières polluantes.
contre, les véhicules plus âgés qui circulent sur nos routes, nous n'avons
aucun contrôle de ces véhicules-là.
Écoutez, on a des rapports de coroner, suite à des accidents, qui précisent
qu'il y a des véhicules qui ont des problèmes de sécurité puis il y en a
d'autres qui ont des problèmes environnementaux. Il y en a qui n'ont même pas
de catalyseur analytique.
Donc,
nous, la corporation, sommes