Institutions — 5 June 2013 (40th Legislature, 1st Session)
CI 2013-06-05
Quebec — Committees
(Onze
heures quarante-cinq minutes)
La Présidente (Mme Beaudoin) : À l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le
quorum, je déclare la séance de la Commission
des institutions ouverte. Je demande à toutes les personnes dans la salle de
bien vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
mandat de la commission est de poursuivre l'état détaillé du projet de loi
n° 3, Loi modifiant la Loi électorale afin de prévoir des élections
à date fixe.
Mme la secrétaire, y
a-t-il des remplacements?
La Secrétaire : Oui, Mme la Présidente. Mme Beaudoin (Mirabel) remplace M. Ferland
(Ungava); M. Bureau-Blouin
(Laval-des-Rapides) remplace M. Leclair (Beauharnois); Mme Richard
(Îles-de-la-Madeleine) remplace M.
Therrien (Sanguinet); M. Sklavounos (Laurier-Dorion) remplace M. Marsan
(Robert-Baldwin); M. Dutil (Beauce-Sud) remplace Mme St-Pierre (Acadie);
et M. Deltell (Chauveau) remplace M. Duchesneau (Saint-Jérôme).
La Présidente (Mme Beaudoin) : Est-ce qu'il y a consentement afin que le député
de D'Arcy-McGee participe à la séance?
Des voix :
Consentement.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Consentement.
Nous
avons terminé nos travaux hier soir par l'adoption d'une motion préliminaire
afin d'entendre M. Tremblay aujourd'hui à 15 heures.
matin, nous commençons l'étude
article par article. Je prends donc en
considération l'article 1. M. le ministre, la parole est à vous.
Et, entre temps, j'aimerais
souhaiter la bienvenue à M. Jacques Drouin, Directeur général des
élections, et son équipe. M. le ministre.
M. Drainville : Merci, Mme la Présidente. Alors, Mme la Présidente, content de
retrouver les collègues. Je salue un nouveau venu, M. le député D'Arcy-McGee.
Je salue également une nouvelle venue, Mme la députée des Îles, et il y a bien
sûr notre collègue et député de Laval-des-Rapides, le député de Sherbrooke
était là avec nous hier, donc on est très contents.
Alors,
M. le Président... Mme la Présidente, dis-je bien, excusez-moi — je vous salue, d'ailleurs, en passant,
on est bien contents de vous voir — si les membres de la
commission n'y voient pas d'objection, avant d'entreprendre l'étude
article par article, j'aimerais, avec le
consentement des membres de cette commission, distribuer à tous les
membres de la commission un document. C'est
un document de vulgarisation. Mon collègue député de Chauveau, je pense, va
bien comprendre mon intention, lui qui a déjà été journaliste, comme moi.
Je souhaiterais
déposer, donc, ce document, Mme la Présidente, qui fait, d'une façon très
schématique, le résumé des différentes — comment
dire? — composantes
du projet de loi qui est devant nous et qui résume bien, je pense, et d'une façon très succincte et très bien
expliquée, l'essentiel du projet de loi, et ça tient sur un tableau. Et, dans
le fond, ce que je voudrais faire,
Mme la Présidente, avec le consentement des membres de cette commission, c'est
de le distribuer et de pouvoir l'expliquer à mes collègues avant qu'on
ne tombe dans l'étude
article par article. Je pense que ça nous permettrait de sauver beaucoup de temps, d'autant
plus que nous allons entendre l'expert, M. Tremblay, cet après-midi.
Donc, je pense que ça mettrait bien la table pour l'explication, l'analyse,
donc, que nous aurons cet après-midi avec M. Tremblay, le
constitutionnaliste. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour que je puisse
procéder à la distribution de ce document? Très bien.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Alors, il y a consentement pour distribution.
Drainville : Mme la Présidente, je veux juste ajouter un élément d'information
pendant que les feuilles sont distribuées. Dans le fond, l'objectif, Mme la
Présidente, c'est de se donner une compréhension commune du projet de loi, au-delà de ces questions très,
très, très mécaniques et très, très techniques. Peut-être qu'on pourra en
remettre une, monsieur le page, également au directeur général.
M. Drainville :
C'est déjà fait? Très bien. Et je pense, Mme la Présidente, donc, qu'une fois
qu'on aura cette compréhension commune des différentes possibilités que propose
le projet de loi, je pense que ça va beaucoup nous aider par la suite, quand on
va arriver dans l'étude
article par article.
Alors donc, la règle générale qu'établit le
projet de loi, c'est l'expiration de la législature le 29 août 2016 et le jour du scrutin le 3 octobre 2016, en
vertu du consensus que nous avons atteint tout le monde ensemble, tous les
partis réunis, lors de la rencontre du Comité consultatif du
26 mars 2013.
Au moment de
cette rencontre, donc, du Comité consultatif du Directeur général des élections
le 26 mars 2013, toutes les formations politiques qui étaient
présentes à ce moment-là au Comité consultatif s'étaient entendues, donc, pour ce scénario d'un scrutin le premier lundi d'octobre.
Donc, règle générale qui est établie par le projet de loi, c'est que le
prochain scrutin aurait lieu le 3 octobre 2016.
La case d'en bas : «Exception en cas de
chevauchement». Alors : «S'il y a chevauchement avec la période électorale fédérale ou municipale, on doit se
poser la question suivante : Le report de six mois entraînerait-il une
législature d'une durée de plus de cinq ans?» Donc, c'est le maximum
constitutionnel de cinq ans.
Alors, s'il n'y
a pas de problème avec la règle constitutionnelle du cinq ans, c'est la case d'en
bas, donc, la réponse, c'est :
non, il n'y a pas de problème. Il y a chevauchement avec une élection
municipale ou fédérale, mais, si on reporte de six mois, donc si on
reporte au mois d'avril de 2017, il n'y a pas de problème avec la règle du
60 mois, c'est-à-dire que l'élection qui se tient en avril 2017 ne dépasse
pas le 60 mois.
À ce moment-là, le Directeur général des
élections… c'est la dernière case en bas, là : «Le DGE publie à la Gazette officielle du Québec un avis [qui constate] le chevauchement — soit
avec une élection municipale, une élection fédérale — en
date du 14 août 2016», et là il y a report de six mois. Alors, vous voyez
la flèche qui nous amène au report de six mois.
Donc, à ce moment-là, le projet de loi
dit : Comme il y a report, la législature expire le
27 février 2017. Il y a publication de la nouvelle date des élections
par le Directeur général des élections dans la Gazette officielle . Donc,
le Directeur général des élections publie,
dans la Gazette officielle , la nouvelle date des élections pour la faire
connaître au grand public, et donc, dans cette publication-là, il
confirme que le jour du scrutin aura lieu le 3 avril 2017.
Reprenons le
tableau, revenons, donc, à la case Exception en cas de chevauchement. S'il y a
un chevauchement, donc, au mois d'octobre
2016 avec une élection fédérale ou municipale, mais qu'on se rend compte que de
tenir l'élection en avril 2017
entraîne la législature, la durée de la législature au-delà du 60 mois
prévu par la Constitution canadienne, à ce moment-là, on suit la flèche vers le oui, là : «Le Directeur
général [...] ne publie pas d'avis à la Gazette officielle du Québec »,
il n'y a donc pas report d'élection, et les élections se tiennent comme prévu
le 3 octobre 2016 selon la règle générale qui est prévue au projet de loi.
Donc, dans le
fond, M. le Président, cette proposition-là, elle résume vraiment, pour l'essentiel…
à part quelques amendements, là, qui ont été amenés et dont on
discutera, mais, pour l'essentiel, le projet de loi se résume, donc, à ces
différentes étapes dépendamment du chevauchement ou du non-chevauchement.
Et je redis,
et c'est important, M. le Président — ou
Mme la Présidente, dis-je bien, excusez-moi — de le répéter, que ces scénarios, ces
différentes étapes, elles ont été entendues lors des différentes discussions
que nous avons eues dans les trois comités
consultatifs et le comité technique également que nous avons tenus à la fin de
l'année 2012 et au cours de l'année
2013. Donc, le projet de loi, dans le fond, reprend l'entente que nous avons
eue, tous les partis réunis, autour du Comité consultatif et du comité
technique du Directeur général des élections.
Donc, je ne sais pas si c'est clair. Je le
souhaite, en tout cas, parce que l'objectif, c'est de nous aider à avoir, donc,
cette compréhension commune qui va nous permettre, par la suite, de procéder
avec l'étude
article par
article comme il se
doit. Alors, je ne sais pas s'il y a des questions, Mme la Présidente. S'il n'y
en a pas, on pourrait procéder, bien entendu, avec le début de l'étude
du projet de loi
article par article.
Je pense que
tous les membres de la commission ont leur cahier. Ce que je nous suggère, c'est
de commencer par l'article 1 du projet de loi. Ce n'est pas le
premier
article du cahier, on va y revenir par la suite, mais je pense que, pour que ce soit, encore une fois, bien clair pour
tout le monde, la meilleure façon, je crois, de commencer cette
étude-là, c'est avec l'article 1, donc
c'est la page 5, en fait, du cahier, la page en gris, parce que l'article 1
tel que prévu à l'origine, il a été
remplacé par un amendement qui devrait être distribué. Alors, nous allons le
distribuer sans plus tarder. Il a été modifié évidemment, l'article 1,
Mme la Présidente, parce que nous avons, au terme des discussions que nous
avons eues au Comité consultatif, nous avons changé la date. La date, qui était
du 26 septembre 2016, on l'a reportée du dernier lundi de septembre au
premier lundi d'octobre, à la suite, donc, des différentes discussions que nous
avons eues avec le Directeur général des élections. Donc, le premier article...
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
ministre, on va déroger un peu à la procédure, puisque vous avez distribué un document et certains collègues de l'opposition
voudraient peut-être avoir des commentaires. Est-ce que vous avez des
commentaires, M. le député de Beauce-Sud?
M. Dutil : Oui, j'ai des
commentaires. D'ores et déjà, je mentionne au ministre qu'on est d'accord qu'on
devra commencer, dans quelques minutes, là, par l'article 1. Je pense que
c'est la logique même. On comprend bien que
c'est le coeur même du projet de loi et que, si on ne commence pas par l'article 1,
bien, on va faire des concordances d'une chose qu'on n'a pas encore
décidée, donc ça ne fonctionne pas. Alors, ça, de ce côté-là, de ce côté-là, ça
Je veux faire une autre
remarque que je pense importante. On travaille en Comité consultatif puis on l'a
fait à plusieurs reprises dans les projets de loi qu'on a discutés avec le
ministre des Institutions démocratiques parce que ce comité est très important. On touche les institutions démocratiques,
puis on l'a fait, je pense, de bonne foi et en groupe, et ça nous permet d'avancer les dossiers. Ça nous permet
de faire avancer les choses. Ce document-là, ici, probablement vient du fait qu'on a discuté en Comité consultatif de
cette problématique de report et de quelle façon on pourrait la résoudre,
et donc d'être en mesure d'amener une proposition ici, à la commission.
Ceci dit, je
veux quand même préciser que les discussions du Comité consultatif, parce qu'on
voit souvent, dans les remarques, ici, là, «on l'a dit au Comité
consultatif, donc c'est réglé», ça ne lie pas la commission, ça ne lie pas les
membres de la commission. Le but du Comité consultatif, ce n'est pas de prendre
des décisions, le but du Comité consultatif,
c'est de nous donner des suggestions, de voir les diverses problématiques qui
se présentent, de trouver des solutions à ces diverses problématiques
là, et donc d'arriver à la commission avec un déblayage qui est déjà fait.
Alors, moi,
je pense que c'est bien important de faire la distinction entre les deux puis
je veux dire aux membres de la
commission, quel que soit le côté où ils se situent, que c'est normal qu'on
regarde l'ensemble du projet de loi sans égard aux recommandations de la
commission pour comprendre ce qui s'est passé et pourquoi la commission en est
arrivée à faire ces recommandations-là, puis,
à la limite, s'il y a eu des oublis ou des choses, rien n'empêche la commission
de procéder à des amendements ou à des modifications, premièrement.
Deuxièmement, sur le tableau lui-même qui nous
est présenté, on parle du chevauchement entre des élections municipales et des
élections fédérales. Il y a un autre point dont on n'a pas parlé au Comité
consultatif — ou,
si on en a parlé, je ne me rappelle pas qu'on l'ait fait — c'est
la question des fêtes religieuses. Je l'ai évoqué
hier dans mes remarques préliminaires. On n'en a pas tenu compte, et je pense
qu'il faut le faire. Je pense qu'il faut regarder ça avec attention. Ce
n'est pas une semaine de plus ou une semaine de moins dans la date qui va faire
que ça va être moins démocratique ou que ce sera inadéquat.Mais est-ce qu'on a vraiment tenu compte de
cet aspect-là? Moi, j'ai eu des informations
à l'effet qu'on n'en avait pas tenu compte puis qu'il faudrait probablement
trouver une façon d'intégrer ça là. Ça ne devrait pas être un report,
dans ce cas-là, de fêtes religieuses, de six mois, là. On parle, pour les
élections municipales et fédérales, d'un
report de six mois, c'est une chose. Dans le cas des fêtes religieuses, c'est
parfois une semaine de plus ou une semaine de moins. On les sait d'avance, en général, hein? Les fêtes
religieuses sont bien situées dans les
calendriers des diverses religions d'une façon très claire, et pour les années
à venir, en général. Donc, ça ne pose
pas de difficulté majeure.
Donc, moi, c'est l'intervention que je voulais
faire sur ça. La commission consultative nous aide à avancer, mais n'est pas décisionnelle. C'est la commission
ici, puis les députés gardent leur liberté de
parole, de désaccord ou d'amendement. Et l'autre chose, c'est que le tableau
ici ne tient pas compte de chevauchement de fêtes religieuses, et je
pense qu'il faut prendre le temps de s'attarder à ça puis de le regarder comme
il faut et d'en décider correctement.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Fabre, à vous la parole.
M. Ouimet
(Fabre) : Merci, Mme la
Présidente. Sur le tableau... Merci, M. le ministre. Je me suis livré à
l'exercice de lire les amendements et le... En fait, j'avais lu le projet de
loi, et le tableau permet de comprendre la loi, et je veux simplement faire un lien avec une remarque que j'ai
faite hier, que je fais sur chaque projet de
loi sur lequel j'ai le
privilège d'intervenir. C'est cette idée de
la rédaction des lois, qu'elles soient simples, claires et efficaces. Et l'initiative
que vous avez eue, que je salue, de
présenter un tableau illustre peut-être qu'on a une difficulté avec notre loi,
parce que, quand on a besoin d'un
tableau pour la comprendre, c'est peut-être qu'elle n'est pas suffisamment
claire, simple pour les concitoyens. Et malheureusement, à moins qu'on
change nos règles, là, nos lois ne viennent pas avec des tableaux, et ça m'a frappé et... Le tableau est très clair, quand on
suit le tableau, mais malheureusement ça ne se retrouvera pas dans la
loi.
Alors, moi, je pense qu'on a peut-être un effort
à faire au niveau de la rédaction de notre loi pour s'assurer qu'on puisse simplement la comprendre et que les
gens à qui elle s'adresse, c'est-à-dire les Québécois, puissent
comprendre la loi qu'on va adopter. Voilà. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Oui.
M. le député de Chauveau, à vous la parole.
Deltell : Merci, Mme la
Présidente. Mes salutations aux collègues, aux amis du DGE, qu'on retrouve
toujours avec grand plaisir, et on salue leur professionnalisme.
Mme la
Présidente, oui, je salue l'initiative du gouvernement avec la production de ce
tableau-là, que je montre à la caméra à des fins didactiques simplement.
Je crois que, techniquement, il n'y a rien qui nous empêche de l'inclure dans le projet de loi. Si le député de Fabre
estime que ça devrait être à l'intérieur, tant mieux, pourquoi pas. Je vous
dirais qu'à première vue, quand j'ai regardé ça, Dieu merci, le ministre a
donné quelques explications. Je ne suis peut-être pas assez visuel pour le catcher du premier coup, comme on dit. Cela
dit, je comprends que ça nous prend peut-être un tableau pour bien
comprendre, mais je ne connais personne qui se promène avec une loi dans les
mains pour bien la comprendre aussi. Ça prend des juristes, ça prend des gens,
comme on dit, avec une formation particulière pour bien comprendre, lorsqu'on
fait première lecture d'un projet de loi, pour bien saisir toutes les nuances.
Je crois que le tableau permet de le faire.
Cela dit, Mme la
Présidente, je reviens sur quelque chose qui m'a un peu chicoté hier puis je
vous avoue que d'y avoir pensé… peut-être
que je l'ai échappé il y a six mois, lors des discussions qu'on a eues au
comité consultatif. Mais, lorsqu'on
dit qu'il risque d'y avoir chevauchement avec les élections fédérales et
municipales... fédérales, d'accord, je comprends. Advenant un
gouvernement minoritaire, bien que le gouvernement fédéral opère actuellement
avec une loi d'élections
à date fixe, ils sont pris avec le même problème que nous. Advenant un
gouvernement minoritaire, c'est la confiance
de la Chambre. Donc, c'est vrai qu'il peut y avoir chevauchement, mais, dans le
cas d'élections municipales, à ce que
je sache, les élections ont lieu au mois de novembre. Donc, théoriquement, je
ne vois pas comment on pourrait être en chevauchement. Et, dit
respectueusement pour les 1 200 municipalités, même s'il y a une élection
municipale, dit respectueusement pour la
municipalité en question, quand même, la province a préséance puisqu'on touche
l'ensemble du Québec, alors qu'une municipalité touche une
partie du Québec.
Je présume que,
techniquement, il y a une explication tout à fait logique et pertinente, mais,
si le ministre pouvait me l'offrir, j'en serais fort heureux. Sinon, je ne vois
pas pourquoi on ferait la distinction, enfin, la précision concernant le fait qu'on risque d'entrer en
embouteillage, passez-moi l'expression, avec une élection municipale qui,
de toute façon, à moins que ce soit une élection complémentaire dans un
quartier… puis je m'excuse, mais ce n'est quand même pas ça qui va faire en
sorte qu'on va reporter une élection provinciale de six mois.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui. M. le ministre, avant de continuer, est-ce que vous
désirez déposer le tableau que nous avons distribué?
Drainville : Bien sûr. Bien sûr.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce qu'il y a consentement pour le dépôt du tableau
comme tel? Consentement?
La Présidente (Mme Beaudoin) : Oui, mais, officiellement, il faut qu'il soit
déposé, alors... Ça va? C'est parfait. À vous la parole, M. le ministre.
M. Drainville : Oui. D'abord, quelques points, là. En réponse au député de Fabre, moi,
je le fais pour nous aider et je le fais aussi, je pense, pour les gens
qui nous écoutent. Je ne voudrais pas qu'on me reproche d'en donner plus aux membres de la commission pour faciliter nos
travaux. Si c'est le cas, bien, la prochaine fois, je n'en ferai pas, de
tableau. Je suis trop...
que j'ai compris... Bien, j'ai peut-être mal compris. Ce que j'ai compris, c'est
que vous trouviez... enfin, vous vous demandiez si la raison pour
laquelle le tableau était déposé, si ça ne procédait pas du fait que la loi n'était
pas suffisamment claire. Moi, je pense que
la loi est suffisamment claire, mais je pense que, si on peut se donner des
outils didactiques pour faire en sorte que l'on puisse dégager le sens général
de la législation au-delà des dispositions, qui sont parfois très techniques, pour faciliter notre travail et faciliter
le travail de pédagogie et de vulgarisation qu'on doit faire à l'endroit de nos concitoyens, c'est ça, l'objectif,
là. Je ne voudrais pas qu'on nous le reproche. Ce n'est pas un... Moi,
je pense que j'aurais très bien pu déposer la loi telle quelle et puis ne pas
déposer le tableau, là, puis, si vous m'en tenez
rigueur, bien, écoutez, la prochaine fois, je me garderai de vouloir apporter
cette aide-là. Il me semble que c'est une aide qui est constructive et
qui nous aide à mieux travailler.
Sur la question du
report, qui est abordée par le député de Chauveau, ça a effectivement fait l'objet
de nos discussions au comité consultatif, et
même qu'il y a une bonne
partie du comité technique du mois de décembre
2012 qui a porté spécifiquement là-dessus. La présentation qui avait été faite
par le secrétariat touchait très spécifiquement la question du chevauchement. Et, effectivement, l'entente que nous avions,
c'est qu'il valait mieux reporter de six mois plutôt que d'avoir chevauchement soit avec une élection fédérale, soit
avec une élection municipale, parce que l'évaluation qui était faite à
ce moment-là… Puis je serais tout à fait disposé à laisser le Directeur général
des élections nous faire part de ses
commentaires sur cette question-là, mais les, je dirais, conclusions auxquelles
nous en étions arrivés, c'est que, pour les électeurs, qu'il y ait deux
élections en même temps, ce serait une source de confusion. Ce serait une
source de confusion. On a déjà parfois de la
difficulté à intéresser nos concitoyens à une seule élection. D'en avoir deux
en même temps, sur des enjeux différents, en tout cas, au comité
consultatif et au comité technique, lorsque ces discussions-là ont eu lieu, la
conclusion, c'était que ce n'était pas une bonne idée qu'on ait des élections
en même temps.
ailleurs, je ne pense pas me tromper si je dis que, dans l'esprit du Directeur
général des élections, le recrutement du
personnel est également problématique s'il y a deux élections en même temps,
parce que ce sont souvent les mêmes personnes
qui travaillent dans les bureaux de scrutin, que ce soit au palier municipal ou
au palier québécois, puis je serais curieux
de savoir, d'ailleurs, s'il n'y en a pas également qui se portent volontaires
pour travailler aux élections fédérales.
Donc,
dans un contexte comme celui-là, nous avons convenu, encore une fois, tous les
partis qui étaient présents au comité
consultatif, nous avons convenu, donc, qu'il valait mieux prévoir une formule
de report, et c'est cette formule de report que nous avons incorporée
dans le projet de loi.
Pour ce qui est des
fêtes religieuses, M. le Président, moi, je suis un peu étonné...
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Mme la Présidente.
M. Drainville :
Mme la Présidente, oui, ça va finir par rentrer.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Merci.
Drainville : Peut-être
que... On souhaiterait que vous soyez là plus souvent. Je pense que c'est
peut-être ça, mon... C'est peut-être mon inconscient qui parle.
Sur la
question des fêtes religieuses, M. le Président... Mme la Présidente, je suis
un peu étonné que ça arrive, là, sur
la table ce matin, parce que, encore une fois... Écoutez, là, on a déposé le
projet de loi au mois de novembre puis là on a eu trois comités consultatifs et un comité technique. On a eu le
premier comité consultatif le 28 novembre, on a déféré ça au comité
technique le 20 décembre. On a eu un deuxième comité consultatif au mois de
février 2013. Là, on a convenu de reporter
la discussion sur les élections à date fixe parce que le Parti libéral avait
une course à la chefferie. On a tenu une troisième rencontre le 26 mars
2013, et là, notamment, moi, je me rappelle très bien, quand on a eu la
discussion au deuxième comité consultatif du 18 février, le député de
Beauce-Sud nous a demandé de lui laisser du temps pour qu'il puisse consulter
son caucus.
Alors là,
quand il nous revient le 26 mars 2013 et puis que le Parti libéral donne son
appui aux élections à date fixe et à la date du début octobre, bien là,
j'ai un peu de difficulté à comprendre comment il se fait que le Parti libéral
a donné son appui à la date du 3 octobre et
là qu'ils nous arrivent ce matin et qu'ils nous disent qu'ils ont un problème
avec la date du 3 octobre, là. Là, j'ai un
peu de difficultés à comprendre, là. Présumément que, quand ils ont discuté au
sein du caucus libéral puis qu'ils se sont entendus pour donner leur
appui à la date du 3 octobre... enfin, présumément qu'ils avaient eu ces
discussions-là. En tout cas, les dates des congés religieux étaient connues à
ce moment-là.
Alors là, de
nous arriver avec ça ce matin, Mme la Présidente, c'est assez surprenant. Et,
dans la mesure où on a déjà changé la
date une première fois, je suis extrêmement étonné qu'on nous propose, à toutes
fins pratiques, de changer la date à nouveau, là. Si je comprends bien,
c'est vers ça que le Parti libéral veut... c'est dans cette discussion-là que
le Parti libéral veut nous entraîner.
Moi, je vous
le dis tout de suite, Mme la Présidente, ça a été assez compliqué d'en arriver
à un accord de tous les partis sur le
principe, sur la saison, sur la date. Que le Parti libéral nous dise ce matin
qu'ils veulent remettre dans la balance la date du premier lundi d'octobre, c'est... enfin, de notre point de
vue, en tout cas, ça pose un sérieux problème, là. Ça pose un très sérieux
problème, puis je me questionne, Mme la Présidente. Les comités consultatifs du
Directeur général des élections visent
justement à nous permettre de discuter entre nous des changements à la Loi
électorale. Il me semble qu'une fois
qu'on a une entente entre tous les partis au comité consultatif... Il me semble
que cette entente-là doit être respectée
pour la suite des choses. C'est ça, le but des comités consultatifs, c'est de
discuter avec des représentants de chacun des partis pour qu'on puisse,
par la suite, procéder.
Là, on ne
peut pas, Mme la Présidente, arriver à une entente au Comité consultatif, faire
consensus avec tous les partis puis là se retrouver en commission puis
se faire dire : Bien, savez-vous quoi? L'entente qu'on a conclue, tous les partis réunis au sein du Comité consultatif,
ne tient plus. Là, je veux dire, c'est très, très, très problématique. Ça
remet en question le fonctionnement qu'on s'est donné depuis nombre d'années
pour justement aplanir nos différends, utiliser le Comité consultatif pour en arriver à des accords. À ma
connaissance... En tout cas, qu'une entente conclue au Comité
consultatif soit remise en question sur un élément aussi fondamental que celui
de la date, moi, j'en suis un peu bouche bée, là. Les bras me tombent un peu,
là, ce matin, Mme la Présidente, là.
Alors là,
moi, je ne comprends pas, là. Je ne comprends pas comment il se fait qu'après
avoir donné son accord le Parti
libéral nous arrive ce matin puis il nous dise : La date du premier lundi
d'octobre ne tient plus, là. Ça, j'aimerais bien qu'on m'explique, là,
parce que là, c'est le principe même, c'est le consensus même du Comité
consultatif qui est remis en question, là. C'est
la base même des travaux que nous avons faits jusqu'à maintenant autour de ce
projet de loi qui est remise en question et c'est le coeur même du
projet de loi qui est remis en question par l'intervention du Parti libéral de
ce matin, là. Alors, moi, j'aimerais bien qu'on m'explique, là.
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Alors, j'aimerais rappeler que nous sommes toujours au stade des discussions
générales et je laisserais la parole... d'abord, M. le député de D'Arcy-McGee,
qui a demandé la parole en premier. À vous la parole.
Bergman : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, je dois vous dire que je suis un peu étonné. Et,
si le ministre ne comprend pas, moi, je ne
comprends pas le ministre et son gouvernement et je suis un peu étonné. Et,
pour moi, c'est un des plus difficiles moments que j'ai eus dans cette Assemblée
nationale depuis 19 années.
Le Québec que
je connais, c'est un Québec ouvert, où chaque personne, qu'elle soit née ici ou
qu'elle ait choisi de venir dans
notre belle grande province, est égale devant la loi, avec les mêmes droits,
nonobstant sa couleur, la langue qu'elle parle, sa religion, son pays d'origine,
ses coutumes. Et j'ai toujours eu beaucoup de respect et d'admiration pour le Directeur général des élections, tout ce
qu'il fait avant chaque élection pour être certain que chaque personne
est avisée qu'il y a une élection, que
chaque personne a la chance pour aller voter. Je trouve ça incroyable, et je le
dis ici ce matin, je le félicite et je félicite sa fonction et son
bureau car c'est l'essence de la démocratie. Notre fierté d'être des Québécois,
c'est notre fierté de vivre dans une des plus vieilles démocraties dans le
monde.
Je dois vous
avouer que je n'ai pas pris connaissance du document que je vais vous citer
avant cette commission parlementaire.
Je l'ai vu mais je ne l'ai pas étudié, mais, pour quelque raison, je l'ai vu ce
matin et, suite aux remarques de M. le ministre que je trouve
inacceptables, vraiment inacceptables, j'ai mis ma main sur la Déclaration
universelle des droits de l'homme. Vous
savez, Mme la Présidente, le 10 décembre 1948, les 58 États membres qui
constituaient alors l'Assemblée
générale de l'ONU ont adopté la Déclaration universelle des droits de l'homme à
Paris. Et, si le ministre prendrait
le moment pour lire l'article 21, il comprendrait que, vraiment, ses remarques
sont mal placées. Et l'article 21 dit que «toute personne a le droit de
prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit
directement, soit par l'intermédiaire de représentants
librement choisis». Et, dans le sous-paragraphe 3 de l'article 21, on lit que «la volonté du peuple est le fondement de l'autorité
des pouvoirs publics; cette volonté doit s'exprimer par des élections
honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et
au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du
vote».
j'entends le ministre ici ce matin nous dire que, pour lui, la liberté du vote,
un problème que je vais soulever en quelques
moments, ce n'est pas important, car il n'a pas entendu cette question il y a
deux jours, cinq jours, deux semaines, deux mois, trois mois, et il est
vraiment dérangé car il a un problème avec son projet de loi. Mais il y a un
problème avec son projet de loi, car il y a un problème de démocratie. Chaque
personne qui a la qualification, certainement, d'électeur doit avoir le droit de vote et la chance de voter, et c'est
toujours les remarques que j'ai entendues du Directeur général — ce n'est
pas moi — le
Directeur général des élections, qui confirme mes pensées et qui prend des mesures
extraordinaires. Il y a des amendements
extraordinaires dans la Loi électorale pour que chaque personne puisse
voter, nonobstant son état de santé,
nonobstant le moment. On leur donne tellement de chances pour voter, et ici on
a devant nous un ministre qui montre un type d'arrogance, si je peux
dire...
M. Bergman :
Un type d'arrogance en disant qu'on ne peut pas soulever une question...
Drainville : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Un instant. Est-ce que c'est une question de règlement?
M. Drainville : Sur un rappel au règlement, je pense que… Je l'ai laissé aller un petit
peu, le député de D'Arcy-McGee, là,
je ne me suis pas offusqué de certains de ses propos, là, mais là je pense qu'il
me prête des intentions et je pense que ça va nettement trop loin, là.
Je lui rappelle, Mme
la Présidente, que le projet de loi qui est devant nos yeux a subi le test de
plusieurs réunions auxquelles son parti a participé et le projet de loi a reçu
l'appui de son parti dans trois réunions différentes du Comité consultatif du Directeur général des élections. Est-ce qu'il
est en train de remettre en question la position de son parti? Est-ce qu'il
est en train de remettre en question la position de l'aile parlementaire du
Parti libéral? Parce que là, là, je ne sais plus... Mme la Présidente, je ne
sais plus qui parle au nom du Parti libéral ici, là.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Un instant, s'il vous plaît. Oui.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Un instant, s'il vous plaît. Est-ce que vous avez terminé,
M. le ministre?
Drainville : Bien là, je ne voudrais pas qu'il me prête d'intention,
là. Ce serait...
La Présidente (Mme Beaudoin) : Bon, moi, je vous inviterais à la prudence de
part et d'autre. Ça allait bien, là, tantôt, alors je pense que... Le
député de D'Arcy-McGee, est-ce que vous aviez complété, là, votre présentation?
M. Bergman :
Non, non, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Je vous inviterais, dans vos propos, à la prudence quand
même, là.
M. Bergman : ...à cause peut-être que c'est une commission parlementaire et nos
coutumes et nos règles nous disent
que, quand il y a un projet de loi qui est déposé suite à des consultations,
les parlementaires font l'étude du projet de loi
article par article. Je n'ai jamais entendu les coutumes ou des
règles où un projet de loi est adopté dans des réunions. On est ici pour
commencer à étudier le projet de loi. La seule raison que je suis étonné des
remarques que le ministre a faites ce matin... en ce qui concerne la
problématique que je vois dans le projet de loi.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le député de D'Arcy-McGee, là, on a eu un consentement
pour une discussion générale suite au dépôt d'un tableau. Alors, par la suite,
on va étudier
article par article, là, comme c'est prévu. Alors c'est simplement que ou on arrête la discussion générale
puis on procède
article par
article ou bien... Je pense que le député de
Beauce-Sud veut également prendre la parole suite au dépôt du tableau. Est-ce
que c'est exact?
M. Dutil :
Absolument. Ce n'est pas suite au tableau, du dépôt, c'est suite aux remarques
du ministre concernant le Comité consultatif. Je veux apporter des
précisions très importantes là-dessus.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce que vous avez terminé, M. le député de D'Arcy-McGee?
Bergman : Non, je n'ai pas
terminé. J'allais suggérer que… Je vois que le tableau que le ministre a
déposé ce matin a une règle générale pour la
tenue des élections à date fixe avec une exception encore de chevauchement.
Mais je pense que l'article en
question — c'est
l'article 129.1 — prend
une autre exception pour être en conformité avec le droit et l'opportunité
de voter pour chaque citoyen.
J'ai rédigé
un amendement que j'ai demandé que quelqu'un le dépose d'un moment à l'autre,
que je vois que le Directeur général des élections peut reporter la date
des élections pour une semaine en cas qu'il y a d'autres élections aux mêmes dates. Ça, c'est le chevauchement que le
ministre a fait référence il y a quelques moments. Mais je me demande, si, la date en question où le projet de loi
mentionne qu'il doit y avoir élections générales, il y a une fête religieuse… j'aimeraisvoir une exception dans la loi pour que le
Directeur général des élections soit obligé pour reporter la date de l'élection
par une semaine, pourvu que la date, la semaine suivante, n'est pas une date d'une
fête religieuse.
coïncidence, et j'ai su ça seulement ce matin, M. le ministre, je vois que
votre date du 3 octobre 2016 tombe sur
le premier jour d'une des plus importantes fêtes religieuses juives. Dans ce
cas, c'est un... supposé lundi, le 3 octobre 2016, ça veut dire, à
compter du dimanche le 2 octobre 2016, dans une circonscription où il y aurait
possiblement un candidat juif et des électeurs juifs, le comité électoral sera
fermé, et la population en question n'aura pas la chance pour voter le jour du scrutin, le 3 octobre 2016.
Alors, pour moi, c'est vraiment un manque d'ouverture pour cette
première date, mais cette date peut arriver
pour les prochaines quatre années, huit années, 16 années. Je parle de la
première date que vous avez indiquée ici, le 3 octobre, et les dates ne
marchent pas.
Alors, à mon avis, pour que vous ayez l'acceptation
d'une élection à date fixe, il doit y avoir une exception permettant au Directeur général des élections pour
reporter la date de l'élection générale par une semaine. Sinon, il y
aurait vraiment une prohibition d'un nombre de personnes pour voter sur la date
en question.
La Présidente (Mme Beaudoin) : J'avais
accordé la parole à M. le député de Beauce-Sud. À vous la parole. Ensuite, ce
sera M. le ministre.
M. Dutil : Oui. Mme la Présidente,
le ministre est intervenu à plusieurs reprises sur la question du Comité consultatif, et je pense que le Comité consultatif
nous a bien servis depuis que nous travaillons ensemble sur des projets
de loi, en ce sens que nous avons déblayé
pas mal de terrain, sauf que, dans les commissions parlementaires qui ont
suivi, que ce soit pour le projet de loi
n° 2 ou pour le projet de loi n° 13, ça n'a pas empêché les députés d'intervenir,
ça n'a pas empêché d'autres
modifications de se faire. Ça a tout simplement permis que le projet de loi
soit plus mûr, mieux préparé, mieux écrit pour éviter de rallonger les
périodes. Donc, le Comité consultatif nous a bien servis.
Si le ministre estime que les comités
consultatifs sont décisionnels et que, puisqu'une décision a été prise aux comités consultatifs, on ne peut plus en reparler
ici, à la commission, je vous informe que nous ne participerons plus aux
comités consultatifs ni aux comités techniques. Je vous informe de ça. Moi, je
pense qu'on va devoir être bien clairs là-dessus, là, un comité consultatif, c'est
un groupe pour nous aider à aller plus vite quand on arrive en commission
parlementaire, mais ça n'empêchera jamais des députés d'intervenir ou de
découvrir des difficultés particulières.
Je pense que l'objection qu'amène le député de D'Arcy-McGee
est tout à fait correcte, nécessaire et utile, premièrement. Deuxièmement, je
me rappelle fort bien qu'en comité consultatif nous avions parlé d'exceptions
en cas de chevauchement des fêtes religieuses.
Je me rappelle tout à fait que nous avions situé ça. Je ne savais pas qu'il
y en avait le 3 octobre, je ne savais pas qu'il
y avait des fêtes juives là, mais on avait dit : S'il y a des
chevauchements — on parlait d'élection, on parlait également
de fêtes religieuses — il
fallait en tenir compte. On n'en tient pas compte ici, dans le tableau.
Alors donc,
deux points majeurs. Le Comité consultatif est consultatif. S'il est
décisionnel, on n'en fera plus, puis on
fera nos débats ici, puis ce sera plus long, puis ce sera tout. Deuxièmement,
on a parlé des fêtes religieuses. Ici, on n'en tient aucun compte. Je
pense que le député de D'Arcy-McGee a raison, il faut avoir une certaine
souplesse, ça fait
partie de la vie, et,
dans les cas d'exception, en cas de chevauchement, sans reporter d'une façon
aussi considérable que s'il y a une élection
municipale ou fédérale, qu'on puisse avoir une souplesse pour permettre de s'ajuster
en fonction de ces données-là, je pense que ce serait tout à fait
normal.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Je
vais laisser la parole à M. le ministre et, par la suite, aux autres députés de
l'opposition.
Drainville : Bon, Mme la
Présidente, d'abord, sur la question des comités consultatifs, c'est bien
évident que le Comité consultatif ne remplace pas une commission
parlementaire. Il n'y a jamais personne qui a dit que le Comité consultatif remplaçait la commission
parlementaire. Il n'est pas question de ça du tout, mais ce dont il est
question, c'est une entente entre les
parties, c'est une entente où on se serre la main et où on se donne la parole
aux uns, aux autres. On donne notre
parole, on prend un engagement comme parti. Ça n'a pas une valeur législative
tant et aussi longtemps, bien entendu, que le projet de loi n'a pas été
adopté par la commission puis éventuellement par le Parlement. Mais, dans les
faits, le Comité consultatif, c'est une
entente, un accord auquel en viennent les différents partis. C'est à ça que ça
sert, le Comité consultatif. Nous avons un accord sur la date. Alors là,
vous nous dites...
La Présidente (Mme Beaudoin) : La
parole est à M. le ministre. M. le député de Beauce-Sud, vous n'avez pas la
parole.
Drainville : Alors, le
Comité consultatif sert à en arriver à un accord. Nous en sommes arrivés à un
accord. Les quatre partis représentés à l'Assemblée nationale en sont arrivés à
un accord sur le principe, sur la date, notamment sur la formule de report et tout le reste. Alors là, Mme la Présidente,
nous, une fois qu'on a un accord entre les différents partis, bien là,
on va de l'avant avec l'étude du projet de loi, et c'est là que nous en sommes
rendus.
Alors, moi,
ce que je suggère, Mme la Présidente, c'est que nous procédions avec l'étude
article par article, que l'on commence dès maintenant avec l'étude
article par article, et, si le Parti libéral souhaite déposer un amendement, bien, évidemment, ils ont tout à fait le droit de
déposer un amendement au projet de loi que nous avons soumis, que nous
avons sous les yeux.
Alors,
procédons avec l'étude
article par article, et, si, effectivement, les
représentants du Parti libéral souhaitent, pour une raison ou pour une
autre, ça pourrait être la raison qui est invoquée par le député de D'Arcy-McGee,
ça pourrait être une autre raison, peu
importe… s'ils souhaitent déposer un amendement, bien, évidemment, on n'aura
pas le choix que de l'étudier, de le regarder. C'est la prérogative de chaque
député membre de cette commission que de déposer des amendements. C'est bien
évident qu'ils ont droit de le faire. C'est à ça que ça sert, la législation.
Alors,
procédons, Mme la Présidente, et puis on va écouter avec, évidemment, beaucoup
d'attention les éventuels... on va étudier, on va examiner les éventuels
amendements qui seront apportés par nos collègues du Parti libéral.
Présidente (Mme Beaudoin) :
Alors, je vais quand même laisser la parole à deux députés de l'opposition
puisqu'ils ont demandé la parole avant votre intervention, M. le ministre.
Alors, je laisserais la parole à M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Merci, Mme la
Présidente. En fait, c'est simplement pour clarifier. J'écoutais les
remarques du ministre tantôt, suite à mon
intervention sur le tableau, et, si j'ai dit ce que le ministre a dit que j'ai
dit, je me suis mal exprimé, je voulais le corriger. Je n'ai pas fait de
reproche. Il me semblait avoir remercié le ministre de l'initiative de déposer le tableau. Le reproche, s'il y en avait
un — et j'avoue
qu'il y en avait probablement un — c'était dans la rédaction de la loi,
pas dans le tableau. Le tableau est d'une aide inestimable.
Donc, je souhaite encourager le ministre, dans
ces situations-là, à produire des tableaux. Évidemment, je l'encourage aussi à
rédiger les lois plus clairement, mais ça, c'est mon propos général. Merci, Mme
la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Chauveau, à vous la parole.
Deltell : Oui. Merci, Mme la
Présidente. En fait, pour être très honnête avec vous, j'ai davantage une
question à poser au député de D'Arcy-McGee pour m'éclairer sur la situation
actuelle. Je ne sais pas si on peut demander...
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Est-ce qu'il y a consentement? Parce qu'on déroge un peu.
Présidente (Mme Beaudoin) :
Étant donné que c'est une discussion générale, là, est-ce qu'il y a
consentement pour tous? D'accord.
Deltell : Ma question est
vraiment d'ordre technique et religieux aussi. Avec tout le respect que j'ai
pour les gens de votre confession,
malheureusement, ma culture religieuse est faible sur certains éléments, et en
voici la preuve.
J'aimerais
savoir de votre part, Mme la Présidente, par l'entremise du député de D'Arcy-McGee,
si, systématiquement, le premier
lundi d'octobre, c'est une fête religieuse juive, ou est-ce que ça arrive une
fois tous les 10 ans, 20 ans, ou je ne sais pas quoi.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de D'Arcy-McGee, à vous la parole.
M. Bergman : Merci pour le
consentement pour répondre aux questions, M. le ministre et Mme la Présidente. Les fêtes religieuses sont basées sur
le calendrier lunaire. Alors, les dates ne sont pas constantes. Par
exemple, les dates des fêtes de Rosh Hashanah, qui étaient les dates du Nouvel
An, c'était une fête religieuse, deux journées. En 2012, c'est 17 et 18 septembre que c'était; en 2013, le 5 et le 6
septembre; 2014, le 25, 26 septembre. Le calendrier lunaire, ce n'est pas le même calendrier, les
dates ne sont pas les mêmes, c'est changé. Et, en 2016, j'ai vu le 3 et 4
octobre, et ça continue avec des variantes chaque année.
Et, pendant ce temps de l'année, il y a quelques
fêtes religieuses qui sont vraiment très importantes, c'est le Rosh Hashanah, après ça, c'est le Yom Kippur, qui
est reconnu mondialement. Les deux fêtes que j'ai mentionnées, le
Souccot, les Sim'hat Torah, ça, c'est les fêtes qui sont en septembre, octobre,
novembre. Certainement, ils ont des lundis qui ne sont pas impliqués par ces
fêtes, mais je suis prêt pour vous donner une copie avec les calendriers que j'ai
devant moi, les listes des dates que j'ai devant moi. Mais ce ne sont pas des
dates constantes.
Les seules raisons — et j'ai été surpris
par les remarques de M. le ministre — que j'ai proposé de faire un amendement, en temps et lieu, que le directeur
général aura l'obligation pour reporter les dates d'une élection si les
dates tombent, dans notre projet de loi, sur
une date d'une fête religieuse... Et c'est vraiment simple, ce n'est pas
compliqué. Je ne vois pas aucune
complication. On sait ces dates des années à l'avance, alors, le directeur
général aura communication de ces dates certainement des années et des
années en avance, et c'est vraiment simple pour reporter les dates.
M. Deltell : Alors, Mme la Présidente, à nouveau, je
demanderais au député de D'Arcy-McGee des précisions. Est-ce qu'il pourrait nous donner une perspective
d'ici, je ne sais pas, moi, les 50 années à venir, il y a combien de
fois que le premier lundi d'octobre est une fête religieuse, avec toutes les
spécifications que vous avez données tout à l'heure,
tous les types de fêtes que vous avez, que la communauté juive a? Est-ce que ça
arrive une fois d'ici 50 ans ou est-ce que ça peut arriver plus souvent?
Est-ce que ça arrive à tous les trois ans, avec toutes les fêtes que vous avez?
Parce que ça nous donnerait une perspective sur la question qui est là.
Cela
dit, M. le Président... Mme la Présidente, je tiens quand même à souligner que
ce débat-là aurait dû avoir lieu au bureau... lorsque le Comité
consultatif travaillait. Il est dommage de constater que l'opposition
officielle n'a pas été sensible à cette question-là à l'époque.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le député de D'Arcy-McGee.
M. Bergman : M. le député de Chauveau, je serais certainement prêt pour préparer un
tableau. J'ai quelques dates devant moi, mais j'aimerais l'étudier plus
en profondeur et vous donner un tableau, je serais prêt. Et, encore une fois, je ne pense pas que c'est nécessairement difficile
pour reporter la date d'une élection pour cette journée, et c'est des
dates qui sont bien connues, c'est des fêtes religieuses qui sont mondialement
connues. Et certainement, comme je l'ai mentionné
à M. le ministre, ce n'est pas une question que l'on ne peut pas demander les
personnes juives pour voter à cette
date, ils ne sortiraient pas pour voter, ils sont... pas dans les synagogues,
mais ils ne sortent pas pour voter. Alors, c'est comme retirer le droit de vote d'un groupe dans notre société. Et
je suis certain que ce n'était pas le but de ce projet de loi et c'est un hasard, mais certainement, quand j'ai
lu le projet, et, avant de recevoir le tableau et avant de recevoir la
date du 3 octobre, j'ai pensé, peut-être,
que cette problématique pourrait arriver en quatre années. Mais maintenant j'ai
pris connaissance de ce tableau ce matin et
je vois que la première élection qu'on va avoir tombe carrément sur cette fête
religieuse.
Alors,
j'aurais souhaité une réaction de M. le ministre, maintenant, sur cette
question générale. Je sais qu'on va aller
article par article. Mais j'aurais
souhaité une réaction du ministre. Ce n'est pas une... Je n'ai pas soulevé une question qui est tellement étrange ou compliquée.
Et c'est des fêtes religieuses mondialement connues et mondialement
observées. Et, même les personnes qui ne vont pas aux synagogues très souvent,
il y a quelques journées où ils sont là, et ça, c'est une de ces journées.
Alors,
j'aurais souhaité une réponse de M. le ministre, ce matin, un peu plus
positive. Et je suis... Peut-être que M. le ministre peut nous donner
une réponse un peu plus positive. Je comprends qu'il y avait des réunions, je
comprends ça. Mais ici nous sommes en commission parlementaire, la commission
où on étudie les lois
article par article. Alors, j'aurais souhaité une
indication de la pensée de M. le ministre pour ce problème.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : La discussion générale est terminée. M. le ministre, on va
procéder
article par article.
Drainville : Voilà. Alors, l'article 1 du projet de loi est remplacé
par le suivant :
L'article 129 de
cette loi est remplacé par le suivant :
«Lors d'élections
générales, la date du scrutin est la même pour toutes les circonscriptions.
«En application du
deuxième alinéa de l'article 6 de la
Loi sur l'Assemblée nationale (chapitre
A-23.1), les élections générales qui suivent l'expiration de la quarantième
législature ont lieu le 3 octobre 2016 et les élections générales qui suivent l'expiration des législatures subséquentes ont
lieu le premier lundi du mois d'octobre de la quatrième année civile
suivant celle qui comprend le jour de la fin de la législature précédente.»
Alors,
commentaire. Cet
article vise à modifier la date fixée pour les prochaines
élections générales afin qu'elles aient lieu le 3 octobre 2016 et que
les élections générales subséquentes aient lieu le premier lundi du mois d'octobre.
Cette modification
donne suite à un consensus intervenu lors du Comité consultatif du 26 mars
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce qu'il y a d'autres commentaires, M. le ministre?
M. Drainville : Alors, sur le commentaire plus général maintenant, que vous retrouvez à
la page 4, le premier alinéa reprend
le même alinéa que l'on retrouve déjà dans la Loi électorale. Alors, cet alinéa
a été remplacé à la demande des traducteurs de l'Assemblée nationale
afin de corriger une erreur dans le texte anglais actuel.
second alinéa établit le principe des élections à date fixe. Pour toute autre
élection que les élections à date fixe visées par le présent article,
seul le lieutenant-gouverneur a le pouvoir de dissoudre l'Assemblée nationale.
Afin
d'avoir une meilleure compréhension de ce projet de loi, il y a lieu de se
rappeler qu'«expiration» signifie la fin
de la législature courante par l'arrivée du terme «fixé par la loi».
Actuellement, l'article 6 de la
Loi sur l'Assemblée nationale prévoit qu'une législature expire cinq
ans après la réception, par le secrétaire général, de la liste des
candidats proclamés élus lors des dernières élections générales.
Quant au terme
«dissolution», il signifie la fin prématurée de la législature avant le terme
fixé par la loi par une proclamation du lieutenant-gouverneur sur demande du
premier ministre ou de la première ministre, notamment à la suite de la perte
de la confiance de l'Assemblée nationale.
Alors, voilà, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Est-ce qu'il y a des interventions? Oui, M. le député de
Beauce-Sud, à vous la parole.
Dutil : Mme la Présidente,
si je comprends bien, ce qu'on lit ici, c'est le 26 septembre. Il y a un
amendement qui va venir, donc l'amendement
devrait venir tout de suite ou il faut attendre d'avoir adopté ça? En termes de
procédures.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
ministre, vous pouvez présenter votre amendement immédiatement.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Oui,
oui, oui.
M. Dutil : ...dont on sait qu'il y
aura un amendement...
M. Drainville : L'amendement a été
distribué tout à l'heure.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Ah!
Vous l'avez distribué, oui.
M. Drainville : Alors, vous l'avez
sous les yeux.
M. Dutil : Je n'ai pas... Moi, j'ai
entendu que... Vous avez lu...
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Alors, M. le député de Beauce-Sud...
M. Dutil : Ah! Bien, alors,
écoutez... O.K.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Vous
l'avez en main propre, là.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Ça a
été distribué.
Dutil : Je l'avais, je l'ai
lu, je le comprends. J'ai compris que le ministre avait lu le texte initial de
la loi sans l'amendement, alors j'ai peut-être confondu. Donc, vous avez
lu l'amendement.
La Présidente (Mme Beaudoin) : C'est
exact, on se comprend.
M. Dutil : On intervient sur l'amendement.
La Présidente (Mme Beaudoin) : À
vous la parole.
M. Dutil : À moi la parole. Merci,
Mme la Présidente. Là, tout à l'heure, je me suis fait reprocher non pas seulement par le ministre, mais par le député de
Chauveau de... comme si j'avais manqué à ma parole, alors que je me
souviens très bien — puis
malheureusement il n'y a pas de procès-verbal puisque nos commissions se
tiennent à huis clos — qu'on avait parlé, dans les cas de
chevauchement, également de fêtes religieuses. Je n'ai peut-être pas assez
insisté, ça n'apparaît peut-être pas au
procès-verbal du comité, je ne le sais pas. Mais je pense que, même si ça n'avait
pas été fait, si on découvre une
nouvelle chose, je pense qu'il est de bon aloi d'en discuter. Et effectivement
je pense qu'on va devoir procéder par
un amendement, ultérieurement, sur cet aspect-là, parce que ça nous apparaît,
nous, très important d'avoir ce respect-là des fêtes religieuses.
Alors, moi,
je le dis et je le répète : Je pense l'avoir mentionné lors du Comité
consultatif. Malheureusement, on utilise des choses du Comité
consultatif qui se tiennent à huis clos et pour lesquelles on ne prend pas de
précautions suffisantes pour les procès-verbaux pour nous dire que c'est une
décision, donc qu'on devrait respecter notre parole. Alors, je réitère ce que j'ai dit tout à l'heure : Si cette attitude-là
est maintenue par le ministre, il n'y aura plus de Comité consultatif
auquel nous prendrons part, il n'y aura plus de comité technique auquel nous
prendrons part. On réglera ça en dehors de
cette session-ci, là, je n'interviendrai pas davantage là-dessus, mais il va
falloir se comprendre et s'entendre sur cet aspect-là.
Sur la question de la date des élections, on est
d'accord que ce soit à une date fixe, on l'a mentionné. Si on a appuyé le projet de loi, en principe, c'est parce
qu'on veut aller de l'avant avec ce projet de loi là. Donc, on le
comprend très bien. On avait mentionné des
exceptions en cas de chevauchement, le ministre nous arrive avec la principale.
On est tout à fait d'accord que le
cas d'exception principal en cas de chevauchement, ce soit des élections
fédérales ou municipales. Le député
de Chauveau, tout à l'heure, est intervenu concernant la question de
chevauchement des élections municipales en disant que les élections municipales, c'est partiel, alors que les
élections provinciales, c'est tout le monde. Ce n'est plus exact, ça. Aujourd'hui, les élections municipales — comme
vous le savez, Mme la Présidente, je ne pense pas qu'on ait besoin d'une
longue explication là-dessus puisqu'on va le vivre au mois de novembre cette
année-là — sont
partout en même temps sur tout le territoire. Donc, je
pense sincèrement, là, que le cas d'exception qui est soulevé, incluant les élections municipales, est bien fondé, et on
doit éviter d'avoir des élections, autant que faire se peut, en même temps
que les élections municipales aussi, et non pas seulement les élections au
fédéral.
Donc, je rajoute, et je soutiens, et je
maintiens que nous avons évoqué également un cas d'exception de fête
religieuse, peut-être sans l'insistance et que ce n'est pas dans le souvenir
des députés qui étaient à la table du Comité consultatif,
mais nous croyons qu'éventuellement il faudra en arriver à trouver une modalité
qui n'a rien — comment
vous dirais-je? — de
catastrophique, là. Le scénario de catastrophe dont nous a parlé le ministre
tout à l'heure n'existe pas.
On parle de faire attention aux fêtes
religieuses, je ne savais pas que les fêtes religieuses juives étaient dans ce mois-là plus particulièrement. Ça peut vouloir
dire un report d'une semaine d'un côté ou d'une semaine de l'autre, qu'on
peut prévoir longtemps d'avance. Et, dans un amendement que nous proposerons,
nous aurons la discussion. Mais j'espère qu'il
y aura ouverture de la part et du ministre et de la deuxième opposition pour
être respectueux de ce genre de circonstance là. On n'en est pas à une
semaine près, là. On n'est vraiment pas à une semaine près. Et d'autant plus que
la prévisibilité, elle est là, elle existe, on peut la situer quatre ans d'avance
sans être obligés de faire une mesure d'exception
et de chevauchement parce que, dans le cas de ces fêtes-là, elles sont bien
connues. Dans le cas des élections fédérales,
il pourrait arriver, bien qu'il y a une loi au fédéral qui donne... qui nous
dit : Bien, il y a une date fixe pour les élections fédérales... On sait que, malgré la loi, ça ne s'est pas
produit. On sait qu'au niveau fédéral la loi existe depuis, je pense, quelque
part 2005 et que, depuis ce
temps-là, il y a eu deux élections, que les deux élections ne se sont pas
tenues à date fixe. Mais ça, c'est un autre sujet, on va y revenir quand on va
parler des pouvoirs du lieutenant-gouverneur et donc de la difficulté d'en arriver à une entente là-dessus. Mais il
pourrait arriver effectivement que les élections fédérales ne soient pas
à la date prévue.
Les élections municipales, on les sait, les
fêtes religieuses, on les connaît. Les élections municipales, on parle d'un délai de six mois. Je pense que c'est un
événement effectivement suffisamment important, en termes de déplacement
de l'ensemble de la population, pour ne pas
mettre les deux élections en même temps, mais je pense qu'également en
termes de respect des gens… Et, je le rappelle, en ayant parlé au Comité
consultatif, contrairement à ce qui est évoqué ici, sans pouvoir le prouver parce que ce sont des réunions à huis clos, il
faut tenir compte, il faut avoir une souplesse suffisante qui n'est pas
dramatique, qui ne cause pas de problème véritable sur le fond du projet de
loi, pour pouvoir l'ajuster en conséquence du respect de ces particularités.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de D'Arcy-McGee avait demandé la parole, et ensuite ce sera M. le
ministre.
Bergman : Oui, Mme la
Présidente, M. le ministre. Juste… voulais votre réaction sur... Je suis d'accord
que vous n'étiez pas au courant que le 3
octobre 2016 était une date d'une fête religieuse, mais, maintenant que je vous
ai porté cette question à votre attention, c'est quoi, votre réaction?
Comment vous... réagi le fait que le 3 octobre 2016, c'est une date d'une fête
religieuse majeure?
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
ministre, à vous la parole.
Drainville : Mme la
Présidente, ma réponse, c'est celle que j'ai donnée tout à l'heure. Je
souhaiterais que le Parti libéral dépose un amendement, qu'on sache
exactement ce qu'il nous propose. Pour le moment, on parle d'une façon très générale. Tant et aussi longtemps qu'on
n'a pas un texte avec un amendement, on ne peut pas vraiment discuter, là, sérieusement, là. Moi, je veux savoir... Là, c'est
le temps, là, de déposer un amendement. Si vous avez un amendement, c'est le temps de le déposer, qu'on sache
exactement ce que vous proposez, puis, par la suite, on saura sur quoi on
discute et on sera dans le cadre strict de l'étude
article par article. Là, on
a entrepris, entamé l'étude
article par article. Moi, j'ai proposé le premier
article. Ce que je sens, c'est que, du côté du Parti libéral, ils souhaitent
amender cet article-là. Mais, il me semble,
Mme la Présidente, que c'est maintenant le temps de savoir exactement quelle
est la proposition du Parti libéral, et donc qu'ils nous déposent l'amendement
pour qu'on sache exactement de quoi on parle.
Présidente (Mme Beaudoin) :
M. le député de D'Arcy-McGee, effectivement, si vous avez un amendement,
veuillez le déposer.
M. Bergman : …trouver un amendement.
Vous savez, le problème, maintenant, le problème, je ne peux pas rectifier le fait que le 3 octobre 2016 est une
date d'une fête religieuse majeure. Est-ce que vous êtes ouverts à
rectifier ce problème? Ce n'est pas tellement compliqué. Ma question, ce n'est
pas tellement compliqué.
M. Drainville : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Oui.
Drainville : Je suis ouvert
à étudier un amendement lorsqu'il y aura un amendement de déposé. Il n'y a
pas d'amendement de déposé. Est-ce qu'il peut nous déposer l'amendement pour qu'on
sache de quoi on parle?
Présidente (Mme Beaudoin) :
M. le député de Beauce-Sud, est-ce que vous pouvez répondre à cette
question du ministre?
M. Dutil : Oui, je vais répondre à cette question-là. Ça
vient à l'article 2, si on dépose un amendement, d'après les
informations que j'ai, et non pas à l'article 1. Donc, oui, on va déposer un
amendement. Certainement, on va le faire.
Drainville : Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui, M. le ministre.
Drainville : Je veux dire, qu'on suspende l'article 1 puis qu'on passe
à l'article 2, moi, je n'ai pas de problème
pour permettre au Parti libéral de déposer son amendement. Mais qu'ils nous
déposent l'amendement, puis après ça
on aura une discussion. Moi, je veux savoir exactement de quoi on parle, là. On
est dans une étude
article par article, on n'est pas dans un atelier philosophique, là. On est sur un processus
législatif. S'il y a un amendement au projet de loi qu'on propose, qu'ils
le déposent.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le député de Fabre, vous avez demandé la parole?
M. Ouimet (Fabre) : S'il vous plaît, Mme la Présidente. Merci. En fait, je comprends qu'il
y a un amendement sur la table, là,
qu'on discute. Et moi, je n'ai pas participé au Comité consultatif. Moi, j'ai
écouté les représentations, j'ai lu la première version du projet de
loi, j'ai commencé à prendre connaissance des amendements, et il y a des points
qui me semblent... Et je pensais que c'était
l'exercice qu'on allait faire ce matin, et on a le DGE. Là, le député de D'Arcy-McGee
a soulevé la question du choix du 3 octobre vu le conflit apparent avec les
fêtes religieuses juives. Ça, cette question-là a été mise sur la table pour
discussion.
Moi,
de mon côté, j'avais des questions que j'aurais voulu explorer. Je comprends
que, là, on nous dit : Il faut déposer un amendement. Il y en a
déjà un sur la table, peut-être qu'au terme de nos échanges il n'y en aura pas,
de sous-amendement. Mais là on en a un,
amendement. Alors, je veux juste comprendre, là. Moi, je pensais que c'était
le but de l'exercice, d'entreprendre l'examen
de l'amendement, de profiter de la présence du DGE pour, dans un premier
temps, comprendre, aller jusqu'au bout de la proposition du ministre. Moi, j'ai
des questions par rapport à ça.
Puis
là j'essaie de suivre les directives de la présidence, je ne veux pas être hors
d'ordre, mais je ne veux pas me sentir bousculé dans le fait d'examiner
l'amendement qui est sur la table, là. Il y en a déjà un.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui, M. le ministre.
Drainville : O.K. Un sous-amendement alors. Si vous voulez tomber
là-dedans, M. le député de Fabre, je suis un peu... Regardez, là, il y a un
amendement qui est sur la table. Si vous voulez proposer un sous-amendement qui
va dans le sens de ce que propose le député de D'Arcy-McGee, proposez-le, mais
ce n'est pas à moi de proposer l'amendement pour le Parti libéral. Alors, que
le Parti libéral nous propose l'amendement qu'il veut proposer au nom du Parti
libéral. Alors, déposez-le si vous voulez qu'on en discute.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le député de Fabre.
M. Ouimet
(Fabre) : Oui. En fait, Mme la Présidente, tout ce que je voulais
souligner... Et effectivement, si on veut proposer un amendement ou un sous-amendement,
on va le faire, mais je ne pense pas qu'on était rendus là. Moi, je n'ai pas... On n'a pas commencé à
examiner... Le député de D'Arcy-McGee a soulevé une difficulté. Je n'ai
pas compris que la discussion sur l'amendement du ministre était terminée avec
cette difficulté-là. On commence.
veux dire, en ce qui me concerne, et je l'ai mentionné, moi, je n'ai pas
participé aux discussions du Comité consultatif. Et le choix… et là je
vais être prudent parce que je ne veux pas qu'on interprète mes paroles comme étant une prise de position du parti, mais, pour
ma part, puisqu'on questionne cette idée de fixer nos élections à une
date fixe, moi, j'aurais aimé savoir
pourquoi on choisi le lundi et pas le dimanche. Parce que j'ai lu, dans la
littérature puis dans les différents
commentaires que j'avais vus, cette question-là semblait se poser. Puis, j'ai...
Moi, mon opinion... Effectivement, j'ai
une opinion par rapport à ça et j'aurais aimé ça, avant d'envisager d'en
déposer un, sous-amendement, si c'est ce qu'on fait suite à l'intervention du député de D'Arcy-McGee, peut-être qu'on
irait aussi sur cette question-là. Mais est-ce que je peux, Mme la
Présidente, profiter de la présence du DGE pour explorer cette question-là du
choix de la journée?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Vous n'avez pas d'autres interventions? Parce que M. le
député de Laurier-Dorion a demandé la parole.
Sklavounos : Tout simplement, Mme la présidence, moi aussi, j'essaie
de comprendre. Je pense que les députés qui ont des questions... Il y a un
amendement qui a été proposé par le ministre, on a le droit de poser des
questions au ministre.
Maintenant, les
députés ou le député qui voudra aura le loisir, s'il le veut, en temps et lieu,
de déposer un amendement, puis on fera la
discussion. Je ne pense pas qu'on peut demander ou exiger d'un député,
immédiatement ou à un moment que
décide le ministre ou la présidence, de déposer un amendement. On a le temps de
parole qui nous est donné par le règlement. Mon collègue de Fabre désire
poser des questions, je pense que mon collègue de Fabre peut… et ainsi que le
collègue député de D'Arcy-McGee peuvent poser des questions, continuer la
discussion.
Si, en temps et lieu, ils
décident de proposer un amendement, ils pourront le faire. Mais il n'y a rien
qui nous empêche de continuer la discussion,
Mme la Présidente. Je vous invite à laisser aller le débat sur l'amendement qui
est déposé par le ministre.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Chauveau, à vous la parole.
Deltell : Juste pour faire
la synthèse des échanges qui ont eu lieu, il est vrai que les éléments amenés
par le député de D'Arcy-McGee méritent réflexion. Je répète qu'elles
auraient dû se faire lors du Comité consultatif, ça ne s'est pas fait, mais ça
aurait peut-être dû se faire avec les précisions apportées par le député de D'Arcy-McGee.
Dans un
second temps, si jamais l'opposition officielle met en vigueur ou, enfin, met
de l'avant sa proposition d'amendement,
ça ira à l'article 2 puisque, là, on parle de la... que lorsque ça
coïncide avec une autre élection. Donc, on pense que ça pourrait s'appliquer
davantage à l'article 2 et non pas à l'article 1.
En terminant,
je sollicite... il est peut-être trop tard, parce que, dans deux minutes, ça
finit, là, mais je sollicite le concours
du DGE là-dessus. Je pense qu'on aurait bien des questions intéressantes à
poser au DGE sur la question soulevée par
le député de D'Arcy-McGee, tout à fait pertinente, et j'ose espérer qu'on aura
la chance, tout à l'heure, d'approfondir la question avec le DGE qui,
lui, peut nous offrir un regard neutre et objectif, documenté, qui réfère aussi
aux autres législatures, comment s'opèrent les autres législatures avec cette
question-là. Voilà.
Présidente (Mme Beaudoin) :
Vous savez, compte tenu de l'heure, il reste quelques minutes. Je ne sais
pas si vous êtes d'accord pour qu'on ajourne nos travaux. Et puis peut-être qu'à
l'heure du dîner ça pourra permettre une certaine discussion.
Est-ce qu'il
y a consentement? M. le ministre, est-ce que vous voulez prendre la parole? Il
reste quelques minutes.
M. Drainville : Écoutez, Mme la
Présidente, je suis assez renversé par — comment dire? — le
retournement de situation, là. J'invite les
gens du Parti libéral à réfléchir très sérieusement, là, à leur position. Et, s'ils
ont effectivement un sous-amendement à déposer, qu'ils le fassent au
retour, comme c'est, bien entendu, leur droit de le faire, là. Mais j'ai
beaucoup de difficulté à comprendre ce qui s'est passé et ce qui est en train
de se passer, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Beauce-Sud, pour quelques minutes seulement avant de suspendre...
Dutil : Bien, brièvement,
Mme la Présidente, je réitère ce que j'ai dit : Il n'y a pas de surprise.
On discute, en Comité consultatif, de bonne foi et on a fait cheminer
bien des dossiers d'une façon très, très importante, ce qui nous a permis de
passer des lois. Mais il peut arriver ce genre de situation là où une chose n'a
pas été approfondie autant.
Et, je
répète, on me fait le reproche de ne pas l'avoir dit. Je dis que je l'ai dit au
Comité consultatif, je ne suis pas en mesure de le prouver, j'ai deux
personnes qui me disent le contraire. Alors, nous ne serons plus dans des
comités consultatifs, nous ne serons plus dans des comités techniques tant que
ça, ça ne sera pas résous. Et les reproches du ministre, je ne les prends pas.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Fabre, pour quelques minutes seulement. Une minute.
M. Ouimet (Fabre) : Merci, Mme la
Présidente. En fait, je ne comprends pas, moi non plus, le commentaire du
ministre. On entreprend le projet de loi. J'ai mentionné que j'avais des
questions et je ne pense pas que mes questions étaient...
Une voix : ...non pertinentes.
M. Ouimet (Fabre) : Dites-moi si mes
questions sont non pertinentes, mais je pense que ce n'est pas... Il me semble
que ce sont des questions légitimes. Pour le bénéfice, là... On commence l'étude.
Il y a eu du... Il y aurait beau y avoir eu plein de travail en Comité
consultatif, les gens qui nous regardent... et moi, comme député, je ne les ai
pas eues, ces réponses-là. Puis je pense que...
M. Ouimet (Fabre) : Bien, il me
semble qu'il n'y a pas de problème.
M. Drainville : ...expert
constitutionnel cet après-midi...
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
ministre.
Drainville : ...à votre
demande. L'expert constitutionnel qui va venir cet après-midi, c'est à votre
demande qu'on l'entend. On était d'accord, on a donné notre accord pour que l'expert
constitutionnel vienne cet après-midi. Vous
pourrez poser toutes vos questions, y compris cet après-midi, et ce soir, et
aussi longtemps que vous le souhaiterez. Ce que je vous dis, c'est que,
si vous avez un sous-amendement à déposer...
La Présidente (Mme
Beaudoin) : …M. le député de Fabre.
Drainville : ...déposez-le. C'est tout ce que je dis. Ce n'est quand
même pas moi qui vais déposer un sous-amendement au nom du Parti libéral, M. le
député de Fabre.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Alors, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses
travaux jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à
13 heures)
La Présidente (Mme Beaudoin) : À l'ordre, s'il vous plaît! La commission reprend
ses travaux. Je demande à toutes les personnes dans la salle de bien
vouloir éteindre la sonnerie de leurs téléphones cellulaires.
Je vous rappelle que
le mandat de la commission est de poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 3, Loi modifiant la Loi électorale afin de prévoir des
élections à date fixe.
vous rappelle également que la commission a décidé hier, par motion
préliminaire, d'entendre M. Guy Tremblay cet après-midi.
souhaite donc la bienvenue à M. Guy Tremblay. Je vous demanderais tout d'abord
de vous présenter, et vous disposez de 10 minutes pour votre
présentation.
M. Tremblay
(Guy) : Merci, Mme la Présidente. Alors, je salue les membres de la
commission. Ça me fait plaisir d'être ici. 10 minutes. Je n'ai pas calculé
le temps que je vais prendre, mais je pense que ça va prendre environ cinq,
10 minutes.
J'ai
pris connaissance du projet de loi n° 3 et je veux dire un mot, d'abord,
sur son aspect technique et, ensuite, sur l'opportunité politique de le
passer. Alors, sur le plan technique, je pense que c'est un projet de loi qui
ne pose pas de problème constitutionnel, qui
ne pose pas de problème juridique. Il est parfaitement correct, à mon point de
vue. Et je veux simplement faire deux petites remarques. Une première, c'est
que j'ai remarqué que le projet de loi change certains articles de la Loi électorale mais ne touche pas à l'article 128, qui
dit que «la tenue d'une élection est ordonnée par décret du gouvernement
adressé au Directeur général des élections». Donc, même si le projet de loi dit
que les élections sont à date fixe — et la date est déjà déterminée, là, le
dernier lundi de septembre — on demande quand même, en vertu de l'article
128, un décret du gouvernement adressé au Directeur général des élections pour
convoquer une élection.
Donc, je trouve ça
correct, parce que ce qui est écrit comme étant automatique dans une loi... Les
lois ne s'appliquent pas par elles-mêmes, hein, ça prend des institutions pour
les appliquer. Et, normalement, il est bon que ces institutions-là qui donnent
le O.K., si vous voulez, qui donnent le mandat de procéder, soient des institutions
démocratiques, en l'occurrence, le gouvernement.
deuxième remarque — c'est
une petite remarque — c'est
à l'article 6. J'ai remarqué qu'il y a un deuxième alinéa qui dit que chaque législature se termine
un peu avant la fin, là, de la législature... avant le début de la
législature suivante. Personnellement, je me demande pour quelles raisons le
législateur tiendrait absolument à ce qu'il y ait une espèce d'écart entre la
fin d'une législature et le début de la suivante. Personnellement, je pense que
la plupart des dispositions législatives qu'on voit dans les lois à cet
égard-là ne disent pas que la législature finit deux, trois, quatre, cinq
semaines avant le début de l'autre, sauf en cas de dissolution, évidemment. Et,
personnellement, je pense qu'il serait
peut-être bon de laisser aller la législature jusqu'au terme de celle qui va
commencer, là, en vertu du premier alinéa. C'est une remarque. Peut-être
qu'il y a des raisons, mais je ne les vois pas, pour lesquelles le législateur
québécois insisterait pour dire : On crée, en vertu de la loi, une espèce
de trou où il n'y a pas de législature, où il n'y a pas de Parlement au Québec. Alors, voilà pour mes
commentaires, donc. Ce n'est pas des illégalités, ce n'est pas des
critiques, tout simplement deux petites remarques techniques.
sur le plan de l'opportunité, je pense que je suis d'accord avec l'idée d'instaurer
les élections à date fixe au Québec,
et d'ailleurs comme c'est fait dans la plupart des provinces au Canada ainsi qu'au
fédéral et comme c'est fait même au
Royaume-Uni depuis 2011. Le Royaume-Uni a passé une loi, en 2011, qui établit
une date fixe d'élection du Parlement du
Royaume-Uni aux cinq ans et qui contraint beaucoup plus qu'on peut le faire
ici, au Canada et dans les provinces, qui contraint beaucoup plus le
pouvoir de dissolution de la reine. En fait, le pouvoir de dissolution de la
reine est limité extrêmement... est limité à
deux cas fort particuliers : il ne peut y avoir de dissolution du
Parlement du Royaume-Uni avant le
terme de cinq ans qu'à la suite soit d'un vote des deux tiers aux Communes,
soit d'un vote de censure explicite — pas
interprété par le gouvernement — qui n'est pas infirmé dans les deux
semaines subséquentes. Donc, en dehors de ces cas-là, la reine n'a plus le pouvoir de dissoudre
et le gouvernement n'a évidemment pas le pouvoir de lui recommander de
dissoudre le Parlement dans ces cas-là.
Donc,
on voit que, même dans un système comme le nôtre, le système constitutionnel d'origine
britannique, les élections à date
fixe sont adoptées pratiquement partout au Canada. Et je suis d'accord avec ce
système-là parce qu'il n'est pas vraiment contraignant, pas tellement
contraignant. Il laisse fonctionner le système parlementaire que l'on connaît depuis toujours. Si, en vertu du projet de
loi n° 3, là, il était passé tel qu'il est rédigé présentement, s'il
y avait un vote de censure de la part de l'Assemblée nationale,
évidemment, on a beau dire qu'il y a des élections à date fixe, la date ne serait plus fixe, il y aurait des élections
immédiatement en réaction à ce vote de censure là, et il a été jugé, dans
l'affaire Conacher, qu'une loi comme
celle-là, qui préserve le pouvoir de dissolution du lieutenant-gouverneur, une
loi comme celle-là préserve aussi, ne
contraint pas non plus le premier ministre ou, ici, la première ministre, dans
les recommandations qu'elle peut faire au lieutenant-gouverneur de
dissoudre ou non l'Assemblée.
Donc,
ça, c'est une loi qui n'est pas très contraignante, sauf qu'elle est, d'une
certaine façon, contraignante parce qu'il
y a une espèce de… je prends les termes qui ont été utilisés au fédéral, il y a
une «attente législative», «a statutory expectation» que le premier
ministre ou la première ministre va se conformer à ce qui est inscrit dans la
loi, surtout, évidemment, si le gouvernement
est majoritaire. À l'heure actuelle, si on prend les élections qui ont eu lieu
au Canada, à ma connaissance, toutes
les lois d'élections à date fixe ont été respectées, en Colombie-Britannique,
au Nouveau-Brunswick, etc. Et, au
fédéral, M. Harper a fait passer une
loi sur les élections à date fixe et il a
déclenché une élection par anticipation lorsqu'il était minoritaire. Mais, maintenant qu'il est majoritaire, sa
loi sur les élections à date fixe est encore là et il serait bien mal venu… même si, théoriquement, comme le
dit la Cour d'appel fédérale, la loi ne le contraint pas, il serait très
mal venu de déclencher des élections anticipées maintenant qu'il est
majoritaire. Donc, il y a quand même une force politique importante qui se dégage, mais ce n'est pas une force qui est
contraignante absolument. Ça laisse une certaine souplesse à l'évolution
du parlementarisme et surtout à la situation selon laquelle le gouvernement est
ou non majoritaire. Alors, voilà.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Il vous reste encore quelques minutes. Si vous
voulez continuer, il vous reste environ trois minutes.
M. Tremblay
(Guy) : Ah bon!
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Mais vous avez complètement terminé, M. Tremblay?
M. Tremblay
(Guy) : Je peux continuer un peu, là, certainement. Mais je m'attendais,
moi...
La Présidente (Mme
Beaudoin) : C'est à votre guise.
M. Tremblay (Guy) : ...mais... non, je m'attendais à... Lorsque j'ai été convoqué, je m'attendais
à ce qu'il y ait des problèmes dans l'esprit de certaines personnes.
Moi, je ne vois pas de problème juridique, je ne vois pas de problème constitutionnel dans ce projet de loi là. Alors, j'aimerais
mieux répondre aux questions des personnes qui croient qu'il y a un
problème. En tout cas, moi, je n'en vois pas.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Alors, merci pour votre présentation. Nous allons
maintenant débuter la période d'échange. M. le ministre, à vous la parole. Vous
disposez d'un bloc d'échange de 24 minutes.
M. Drainville : Merci, M. Tremblay, de vous être rendu disponible pour nous, c'est très
apprécié. J'ai trouvé ça intéressant,
ce que vous avez dit à propos du Royaume-Uni, donc le pouvoir de dissolution de
la reine qui est très, très, très contraint.
Vote de deux tiers aux Communes : Pouvez-vous nous expliquer ce que ça
veut dire, ça, un vote de deuxtiers
aux Communes? Donnez-nous un exemple de libellé, là, d'une motion ou d'une résolution
votée aux deux tiers qui entraînerait le déclenchement des élections.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. Tremblay.
M. Tremblay
(Guy) : Oui. Bien, d'abord, il n'y a jamais eu de tel vote, là, la loi
date de 2011. Maintenant…
M. Drainville :
Mais ils ont dû l'évoquer. Ils ont dû évoquer… Ils doivent avoir en tête des
scénarios.
M. Tremblay (Guy) : Je vais vous dire bien franchement, j'ai lu le projet de loi, la loi; j'ai
lu les informations qui venaient avec. Je n'ai pas lu les débats, au
Royaume-Uni, sur cette question-là. Je n'ai pas apporté ici la loi non plus,
mais je pense que je vais lire une publication que j'ai préparée, ça va
peut-être répondre en
partie à votre question.
«Au Royaume-Uni, la reine ou le premier ministre ne peut dissoudre le Parlement avant
le terme de cinq ans qu'à la suite d'un vote de censure explicite — alors,
un vote de censure, c'est clair — …
M. Tremblay (Guy) : …non infirmé
dans les 14 jours suivants ou à la suite d'un vote des deux tiers aux
Communes.»
Donc,
si on veut dissoudre le Parlement, à défaut d'un vote de censure, il faudrait
que quelqu'un présente aux Communes une résolution qui demande de
dissoudre le Parlement, de déclencher une nouvelle élection, qui ferait l'objet
d'un vote des deux tiers des membres des Communes.
Drainville : Ce que je
trouve inusité — inusité — dans
ces deux scénarios-là, c'est que le vote de censure, c'est à la majorité
simple, hein? Un vote de censure, c'est à la majorité simple.
M. Tremblay (Guy) : Oui. Oui, oui.
Drainville : Alors, j'essaie
de comprendre la mécanique du deux tiers, là. C'est ça, le sens de ma
question.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M.
Tremblay.
M. Tremblay (Guy) : Je pense qu'on a
voulu établir un système d'élection à date fixe le plus rigide possible dans le système britannique, et on ne peut pas,
disons, empêcher une dissolution s'il y a un vote de censure, mais on
exige qu'il soit explicite.
M. Drainville : Explicite, oui.
M. Tremblay (Guy) : Donc, on va plus
loin, en termes de rigueur, d'exigence, que la pratique habituelle en régime
parlementaire, là. En régime parlementaire, c'est le gouvernement qui peut
dire : Bien, moi, je considère que c'est
un vote de confiance sur cette loi-là ou sur cette mesure-là, mais ce n'est pas
un vote de censure explicite. Donc, je pense
qu'on a voulu simplement... Si, par exemple, il n'y a pas une majorité qui est
prête à voter la censure, bien, on veut que le Parlement dure cinq ans
et on exige que, si jamais, à défaut d'une censure...
gouvernement, par exemple… Moi, je vous donne une hypothèse. Souvent, lorsqu'un
gouvernement est bien placé dans les sondages et il trouve que, s'il y
avait des élections maintenant, ça ferait son affaire, le gouvernement peut être un peu majoritaire, mais il n'a pas les
deux tiers, et, étant donné que c'est gênant, malgré que c'est déjà
arrivé, c'est gênant de voter la propre non-confiance contre soi-même pour
déclencher des élections, malgré… Je sais que c'est
déjà arrivé. Je ne saurais pas relever où, là, mais... en Allemagne, je pense.
Alors, c'est gênant de voter, si on veut des élections, la non-confiance ou la censure contre son propre gouvernement,
bien, j'imagine qu'on veut éviter qu'un gouvernement cherche à obtenir
des élections, vu qu'il est bien placé dans les sondages. Je pense. Je spécule,
là. Il faudrait regarder, là, comme vous l'évoquez,
les débats au Royaume-Uni, faire une recherche spécifique, là, que je n'ai
pas faite au complet. Mais je pense que ça doit être quelque chose comme ça,
éviter qu'un gouvernement tire parti du fait qu'il est bien placé dans les
sondages pour dire : Je déclenche des élections, malgré une loi qui
établit des dates fixes aux cinq ans.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
ministre.
Drainville : Est-ce que je me
trompe ou est-ce que j'ai raison de penser que, si on essayait de transposer ces critères, ou ce régime-là,
dans nos propres lois, il faudrait modifier l'actuel pouvoir de dissolution du
lieutenant-gouverneur, ce qui nécessiterait un amendement constitutionnel?
La Présidente (Mme Beaudoin) : M.
Tremblay.
M. Tremblay (Guy) : Oui, je pense
que... Si je continue de lire le texte que j'ai préparé pour publication :
«Les lois canadiennes et provinciales ne
peuvent pas aller aussi loin, et elles ont toutes expressément préservé le
plein pouvoir du représentant de la reine de
dissoudre l'Assemblée élue.» Je pense qu'on ne peut pas aller aussi loin que
ne l'a fait le Royaume-Uni, à contraindre ou
à empêcher une dissolution de la part de la reine parce qu'à ce moment-là...
Le pouvoir de dissolution, chez nous, c'est
un des pouvoirs essentiels du représentant de la reine, et il fait
partie de la
charge de lieutenant-gouverneur, qui est protégée par l'alinéa 41a de la loi de
1982, là. Ça prend l'unanimité pour toucher à ça.
Maintenant,
je le dis — je
mets peut-être un petit bémol : C'est que l'idée voulant que la charge de
lieutenant-gouverneur, protégée par l'exigence
de l'unanimité, comprend le pouvoir de nommer et de destituer les ministres et
de dissoudre la Chambre, cette idée-là, elle
a été émise par la Cour suprême dans un obiter dictum, c'est-à-dire un avis,
en passant, à propos d'une cause qui ne concernait pas cette affaire-là. Mais
le juge Beetz, au nom d'une majorité de la Cour
suprême, a émis cette opinion-là, de sorte que... Premièrement, c'est une
opinion, c'est certain. Moi, je pense qu'elle est fiable, elle est
bonne. Sauf qu'il ne faut pas penser que le pouvoir de dissolution du
lieutenant-gouverneur est protégé de A à Z et qu'on ne peut pas absolument rien
faire à cet égard-là.
Par exemple,
un exemple assez clair : si on prend une assemblée provinciale ou fédérale
qui dure cinq ans, bien, le pouvoir
de dissolution du représentant de la reine dure cinq ans. Et, si on réduit la
durée de l'Assemblée à quatre ans, bien,
pendant la quatrième année, il n'y a plus de pouvoir de dissolution du
représentant de la reine parce qu'on a réduit de cinq à quatre ans la durée de l'Assemblée; on l'a vu des Communes, par
exemple. Ou, ici, au Québec, on réduit de cinq à quatre ans la durée de l'Assemblée nationale, est-ce que ça affecte le
pouvoir de dissolution du lieutenant-gouverneur, qui ne peut plus s'exercer
pendant ce qui était la quatrième... entre la quatrième et la cinquième année?
Je ne pense pas. Je pense que c'est… On peut y toucher, à ce pouvoir de
dissolution là, d'une manière accessoire, certainement.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le ministre.
M. Drainville : Vous avez soulevé un
certain nombre de questions un peu plus techniques, et, si vous me le permettez, je vais céder la parole, avec le
consentement des membres de cette commission, à Me Hubert Cauchon, que vous connaissez bien, qui a cosigné, si je ne m'abuse,
le livre Les élections à date fixe mais flexible au Canada . Me
Cauchon est juste à ma gauche, il est constitutionnaliste et doctorant à la
Faculté de droit de l'Université Laval. Donc, si les membres de la commission
sont d'accord, j'aimerais ça lui céder la parole pour qu'il vous réponde sur
des questions beaucoup plus techniques que vous soulevez dans votre
présentation.
La Présidente (Mme Beaudoin) :
Est-ce qu'il y a consentement? Consentement. Alors, si vous voulez vous
identifier, s'il vous plaît, pour les fins de l'enregistrement, Me Cauchon.
M. Cauchon (Hubert) : Oui. Alors,
Hubert Cauchon, avocat constitutionnaliste au ministère du Conseil exécutif. J'aimerais apporter une précision sur ce
que M. Tremblay a dit à l'égard de la durée des législatures. Au début
de la fédération canadienne, en 1867, l'article
85 de la Loi constitutionnelle prévoyait une durée de quatre ans. En vertu
du pouvoir que possèdent les provinces de
modifier leur Constitution interne, cette durée-là a été étendue à cinq ans.
Cette durée, maintenant, se retrouve à l'article 6 de la
Loi sur l'Assemblée
nationale. Ce que je comprends du projet de loi actuel, c'est qu'il cherche maintenant à réduire cette durée de façon à
ce que toutes les législatures, peu importe le moment du début de ces législatures, se terminent toutes
le dernier... le premier lundi... bien, en fait, le 29 août de la
quatrième année civile qui suit une élection générale.
Donc, à moins
que… Vous me corrigerez, M. Tremblay, si je me trompe, mais, à partir du moment
où la législature expire, il n'y a plus de possibilité, là, pour le
lieutenant-gouverneur, de dissoudre l'Assemblée puisqu'elle n'existe plus, là. On passe maintenant à une nouvelle
législature qui va être élue, puisqu'on a convoqué les électeurs, et là
commence une nouvelle législature à la réception de la liste des candidats
proclamés élus envoyée par le Directeur général des élections au secrétaire
général de l'Assemblée… débute la nouvelle législature, et là le compteur
commence pour se terminer, ensuite, quelque quatre années plus tard.
Le pouvoir de dissolution s'exerce à partir du
début de la législature jusqu'à son expiration, mais pas au-delà de ça. C'est
la précision que je...
La Présidente (Mme Beaudoin) : M.
Tremblay, à vous la parole.
M. Tremblay (Guy) : Oui. Je pense qu'avec
une disposition comme celle qui est inscrite au deuxième alinéa de l'article 6,
là, qui remplace l'article 6 de la
Loi sur l'Assemblée nationale, le Parlement
du Québec dirait : Chaque législature
se termine tel jour, l'avant-dernier lundi du mois d'août. Alors, ça, c'est le
Parlement qui dit ça. La législature se termine, c'est difficile de dire que ce n'est pas ça. Le Parlement du
Québec a le droit de légiférer en ce domaine-là parce qu'il peut
modifier sa constitution interne.
Maintenant,
la législature se termine à tel jour, comme le j'ai mentionné tout à l'heure, c'est
rare qu'on voie ça. Peut-être que
Hubert — j'ai
fait beaucoup de recherche avec lui dans le passé — pourrait dire que ça existe, mais je ne me souviens pas d'avoir vu, dans une province, au
fédéral ou ailleurs, une disposition qui dit : Le Parlement ou la
législature se termine à tel moment donné.
On dit toujours, je prends l'article 50, là, la constitution de la loi de 1867,
ou l'article 85, ou l'article actuel de la
Loi sur l'Assemblée
nationale, on dit : «La [législature dure pendant] cinq ans, à [partir] du
jour du rapport des brefs d'élection, à
moins qu'elle ne soit plus tôt dissoute...» Alors, on dit : À partir… que
ça dure pendant tant de temps, à moins d'être plus tôt dissoute, mais on
ne dit jamais : Ça se termine à tel moment donné, bing!
Alors, qu'est-ce
qui arrive avec la situation où on dirait ici, au Québec : Ça se termine
à… Est-ce que ça enlève le pouvoir de
dissolution? Moi, si j'étais au gouvernement et que j'aurais à convoquer de
nouvelles élections par un décret, comme le permet l'article 128 de la
Loi électorale, là, qui dit que le gouvernement, par décret, ordonne au
Directeur général des élections de convoquer
une nouvelle élection, bien, dans le décret, je mentionnerais qu'étant donné
que la loi a prescrit la fin ou l'expiration de la législature… Je
dirais quelque chose là-dessus. Je ne présumerais pas que le Directeur général des élections ou d'autres,
automatiquement, vont agir en fonction de cette date-là. Je mettrais, dans
le décret qui convoque la nouvelle élection,
soit que le législateur a prescrit la fin de la législature ou, si je voulais
insister sur les prérogatives royales, je
dirais : Je dissous quand même le... je la dissous quand même à cette
date-là, parce que je ne vois pas pourquoi ça serait illégal ou
inconstitutionnel de dire : Bien, j'exerce ma prérogative royale de
dissoudre la législature à la date qui est prévue par la loi.
Bon, ça
serait superfétatoire, ça serait probablement inutile, mais est-ce que ce
serait illégal ou inconstitutionnel? Je ne suis pas convaincu de ça.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Me
Cauchon? Est-ce que... M. le ministre.
M. Drainville : Je veux juste...
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
ministre, à vous la parole.
Drainville : Vous avez raison, M. Tremblay, c'est un choix que nous
avons fait, effectivement, d'inscrire l'expiration
de l'Assemblée nationale, donc de l'inscrire, de modifier, donc, la Loi de l'Assemblée
nationale pour prévoir, donc, l'expiration le 29
août de la quatrième année civile suivant celle qui comprend le jour de scrutin
des dernières élections générales. Et effectivement vous avez raison de dire qu'actuellement
le lieutenant-gouverneur doit procéder à trois proclamations, hein, la
proclamation pour la dissolution du Parlement, la proclamation pour convoquer
les électeurs et la proclamation pour convoquer les membres de la nouvelle
législature.
Alors,
évidemment, si jamais il y avait dissolution précipitée de l'Assemblée parce qu'il
y a eu, par exemple, un vote de
censure, à ce moment-là, il faudrait qu'effectivement la première ministre se
rende, comme c'est le cas présentement, auprès du lieutenant-gouverneur et lui demande de dissoudre l'Assemblée.
Et à ce moment-là le lieutenant-gouverneur procéderait donc à la proclamation de la dissolution du Parlement et
procéderait également aux deux autres proclamations pour convoquer les électeurs et pour convoquer les
membres de la nouvelle législature en vertu du principe de la continuité
du Parlement, hein? Je pense c'est comme ça qu'on l'appelle.
Dans le cas que nous
avons prévu, si jamais la législature se rend jusqu'à son expiration, à ce
moment-là, la législature est dissoute automatiquement… c'est exact, elle
serait dissoute, donc, en vertu du projet de loi, le 29 août. Et à ce moment-là le lieutenant-gouverneur n'a
plus besoin de proclamer la dissolution puisque nous avons inscrit, dans
la loi, l'expiration, non pas la
dissolution, mais l'expiration de l'Assemblée. Et à ce moment-là le lieutenant-gouverneur,
en vertu, bien entendu, de ses pouvoirs constitutionnels, proclame la
convocation des électeurs et proclame aussi la convocation des membres de la future législature. Donc, c'est comme ça
que nous avons construit, si vous voulez, ce projet de loi, et effectivement il y a un élément d'originalité,
je dirais, mais qui est bien appuyé sur tous les avis juridiques et
constitutionnels que nous avons reçus. Donc, voilà, en gros, la réponse à l'interrogation
que vous soulevez sur le caractère, je dirais, distinct de cette
législation-là.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. Tremblay.
M. Tremblay
(Guy) : Oui. Je vous ferais remarquer que ça n'enlève rien au
lieutenant-gouverneur de toute façon parce
que, même à l'heure actuelle, à l'heure actuelle, en vertu de l'article 6 de la
Loi sur l'Assemblée nationale, il est théoriquement possible qu'on
arrive à une expiration, hein, au bout de cinq ans. Et donc il est certain, de
tout temps, qu'une législature, au fédéral ou dans une province, était
susceptible d'arriver à l'expiration, et qu'à l'expiration, évidemment, il n'y
a plus lieu de dissoudre vu qu'on a expiré.
Alors
donc, cette expression-là que vous utilisez, l'expiration, n'enlève rien, à mon
point de vue, au lieutenant-gouverneur.
Il n'avait pas plus de pouvoir de dissolution avant que maintenant une fois que
l'expiration de la législature est arrivée. La seule différence, c'est
que vous mettez une date d'expiration qui est antérieure au commencement de la
prochaine législature, alors que, avant, les dates d'expiration, en l'absence
de la dissolution, arrivaient toujours en même temps que le commencement de la
nouvelle législature.
Drainville : Je pense que Me Cauchon aurait peut-être une petite
nuance à apporter.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Me Cauchon, à vous la parole.
Drainville : En tout respect.
M. Cauchon
(Hubert) : En tout respect, effectivement, en tout respect. Bien, j'aimerais
apporter la précision suivante. Une législature, selon la loi québécoise, selon
l'article 6 de la
Loi sur l'Assemblée nationale, je le répète, commence à
partir du moment que le secrétaire général reçoit la liste complète des
candidats proclamés élus. Pour la 40e législature, le secrétaire général a reçu
la liste complète le 17 septembre 2012, ce qui veut dire qu'en vertu de l'article
6 l'expiration surviendra dans cinq ans, le 17 septembre 2017. Donc, la date,
elle est déjà connue à partir du moment du début de la législature. Une fois
cette législature-là terminée, il existe un interrègne, qu'on appelle dans la doctrine, c'est-à-dire une période pendant
laquelle aucun Parlement ne peut se réunir tant que le prochain ne s'est
pas constitué. De mémoire, au cours, je crois, des 30 dernières années, cet
interrègne-là a varié de 33 à 99 jours. 99 jours était le... s'est produit en 2003, lorsqu'il y a eu une égalité au
niveau... dans la circonscription de Champlain, il y avait une égalité des votes, on a dû reprendre l'élection,
ce qui a fait en sorte que la législature ne pouvait pas se réunir durant
cette période-là. Donc, on a dû attendre le
résultat de l'élection dans la circonscription de Champlain pour que l'Assemblée
nationale puisse ensuite se réunir. Ce qui a fait en sorte que, durant 99
jours, il n'y avait aucun Parlement qui pouvait se réunir ici, à Québec.
Donc,
ce que je voulais dire, c'est que le début de la législature ne coïncide pas
nécessairement avec la fin parce qu'il y a un interrègne entre les deux.
Donc, le début de la législature, de la 40e législature, était le 17 septembre,
alors que les élections avaient eu lieu le 4
septembre si ma mémoire est bonne. Donc, à partir du moment où la
législature avait été dissoute, jusqu'au 17 septembre, l'interrègne de 30
quelques jours faisait en sorte qu'il n'y avait aucun Parlement qui ne pouvait
se réunir.
Drainville : Très bien. C'est bien que vous soyez là tous les deux
pour vous complémenter l'un et l'autre. Ce
que je retiens, Me Tremblay, de votre témoignage, c'est que, de façon générale,
vous l'avez dit à deux reprises, là, vous ne voyez pas de problème constitutionnel ou juridique avec le projet de
loi n° 3. Et je ne crois pas déformer vos propos si je dis que, dans
l'ensemble, c'est un projet de loi qui s'inspire, en tout cas, dans son esprit,
très certainement, de ce qui se fait ailleurs.
Et il me reste
quelques minutes seulement. J'aimerais bien que vous nous... sortez-nous un
petit peu des questions constitutionnelles et dites-nous un peu, à votre avis,
quel est le bilan qu'on peut tirer, là, de ces diverses expériences qui existent ici, au Canada, mais
également ailleurs, là, en matière d'élections à date fixe. Est-ce que
dans... Selon vous, est-ce que c'est un bilan qui est surtout positif et, si
oui, pour quelles raisons?
Tremblay (Guy) : Oui. Moi,
je pense que c'est un bilan positif, parce qu'en général, lorsque le
gouvernement est majoritaire dans une
juridiction de dans... ou dans une province ou au fédéral — ce sera la même chose, sûrement, au Royaume-Uni — cette loi-là, elle est respectée, même si
les tribunaux ont dit qu'elle n'est pas justiciable. C'est-à-dire que, si on ne la respecte pas, il n'y a pas de
sanction, il n'y a pas d'illégalité, il n'y a pas d'empêchement.
Essentiellement, pour des raisons constitutionnelles d'abord, les tribunaux
sont réticents à s'immiscer dans les questions politiques. Alors, est-ce que, s'il
y a eu un vote de censure, est-ce que c'est un vote de censure ou ce n'est pas
un vote de censure? La cour fédérale dit qu'on ne se mêlera pas de décider ces
questions-là. Et il y a divers, il y a plusieurs jugements qui manifestent
cette extrême réticence des tribunaux de s'immiscer dans les questions
politiques.
À un moment
donné, pendant que M. Harper était minoritaire au fédéral, l'opposition a
réussi à passer une loi pour l'obliger à respecter le Protocole de
Kyoto. Et M. Harper n'était pas du tout d'accord avec le respect de... avec
cette loi-là, mais il était obligé de s'y
soumettre parce qu'on l'avait passée pendant qu'il était minoritaire. Et c'est
allé devant les tribunaux parce qu'il a refusé de faire un geste
quelconque, d'émettre un rapport pour donner du suivi pour le Protocole de
Kyoto. Et les tribunaux ont dit : C'est des questions purement politiques,
et on ne se mêle pas de ça.
Présidente (Mme Beaudoin) :
Me Tremblay, malheureusement, ce premier bloc d'échange est terminé.
Nous allons maintenant débuter le bloc de l'opposition
officielle. M. le député de Beauce-Sud, à vous la parole, vous disposez
d'un bloc de 20 minutes. Vous pourrez compléter, Me Tremblay.
M. Dutil : Oui, merci, Mme la
Présidente. Oui, bien, écoutez, je pense qu'effectivement j'aimerais que vous
complétiez ce que vous avez commencé. Mais je vais vous poser tout de suite ma
question pour être bien sûr que j'ai bien compris, là.
Après la quatrième année... Normalement, pour qu'il
y ait une élection, il faut qu'il y ait un décret du gouvernement au DGEQ.
Après la quatrième année — donc
le 26 septembre au 3 octobre, selon ce qu'on a ici, là, 2016 — il
faut quand même que le gouvernement émette un décret au DGEQ. Qu'arrive-t-il s'il
ne l'émet pas?
La Présidente (Mme Beaudoin) : Me
Tremblay.
M. Dutil : Parce qu'il y a une
cinquième année, là, qui pourrait être théoriquement et constitutionnellement admise. Le lieutenant-gouverneur, après cinq ans,
est obligé de déclencher des élections. Mais, après quatre ans, avec
notre loi, est-il obligé de faire de même si le gouvernement n'émet pas le
décret au DGEQ?
M. Tremblay (Guy) : D'abord, l'idée
d'aller jusqu'à cinq ans, au Québec, n'existerait plus, parce qu'on remplace le
cinq ans par ce système-là à date fixe. Donc, le cinq ans n'existerait plus. Je
ferai un petit bémol sur cette affirmation-là, parce qu'il reste l'article 4 de
la Charte canadienne des droits, qui dit que la durée maximale d'une Assemblée
législative au Canada, dans les provinces, est cinq ans, la durée maximale.
Bon, moi, je ne pense pas que ça vise à
déterminer la durée maximale d'une Assemblée législative provinciale ou
fédérale. Ça vise à dire qu'on ne peut pas aller au-delà de cinq ans, sauf en cas de crise, dans le deuxième
alinéa, et qu'on laisse à chaque... au fédéral et aux provinces le soin
de déterminer une limite moindre.
Mais on a cité, dans l'article... M. le ministre
parlait d'un volume que j'ai publié avec Hubert Cauchon, j'aurais bien aimé ça le faire, mais on a fait
quand même beaucoup de travail pour publier le petit
article sur les
élections à date fixe, et on cite, à quelque
part, que, dans les débats au fédéral, les ministres ont dit que l'article 50
de la loi de 1867, qui dit que la durée des Communes dure cinq ans, et l'article
4 de la charte, qui dit : Maximum de cinq ans, visent le même objet. Et on donne les citations, à la note
23, là, des membres du Bureau du Conseil privé, de Warren Newman,
ministère de la Justice du Canada, du sénateur Milne et du responsable, le
ministre.
Donc, il est théoriquement possible qu'on ait
quand même, au Québec, une disposition qui nous permet d'aller jusqu'à cinq ans : l'article 4 de la Charte canadienne des
droits et... C'est possible. Mais moi, je pense que ce n'est pas l'objet de l'article 4, c'est dit dans notre
article, on défend l'idée contraire que l'objet de l'article 4, ce n'est pas
de fixer la durée d'une assemblée maximale,
c'est d'assurer la perpétuation d'un régime démocratique, c'est-à-dire que vous
ne pouvez pas aller au-delà de cinq ans, ça prend d'autres élections, mais vous
pouvez limiter à quatre ans, par exemple, comme on le fait. Je pense que c'est
le but.
Et alors,
pour répondre à votre question, si, ce que je crois, ce projet de loi là est
adopté, on arrive à l'expiration à une date donnée, mettons le dernier
lundi de septembre 2016... Et là vous dites : Si le gouvernement n'émet
pas le décret ordonnant au Directeur général
des élections de procéder à une élection, eh bien, je pense que c'est
impossible, parce que l'article 128 dit qu'il
doit le faire. Alors, je pense que le gouvernement va le faire. S'il ne le fait
pas, bien, comme n'importe quelle autre obligation noir sur blanc dans
la loi, il peut y avoir un mandamus ou il peut… Beaucoup plus, beaucoup plus
sérieusement, moi, je pense que, s'il ne le faisait pas, s'il n'émettait pas un
décret adressé au Directeur général des élections, je pense que le
lieutenant-gouverneur devrait le faire de sa propre initiative.
M. Dutil : Il pourrait, M. Tremblay,
il pourrait le faire. Est-ce que c'est la même chose pour après cinq ans? Après cinq ans, est-ce que ça prend encore un
décret du gouvernement pour dire au directeur général... mettons qu'ils
s'en vont à la date limite, ça prend quand même un décret?
M. Tremblay
(Guy) : En octobre, oui.
M. Dutil : O.K. Et, s'ils ne le font
pas, le lieutenant-gouverneur pourrait tout simplement prendre ses
responsabilités puis dire : Regarde, la loi est claire, là. O.K.
Tremblay (Guy) : Si on
arrive à l'expiration ultime, c'est certain que, si le gouvernement ne procède
pas à déclencher une nouvelle élection, il faut que quelqu'un le fasse.
M. Dutil : Non, mais, regarde, je
sens bien que je fais une hypothèse qui, dans notre démocratie bien établie, est peu probable. On n'est pas une dictature, puis
je ne pense pas qu'il n'y ait aucun gouvernement qui ait envie de ne pas
respecter ce genre de législation là. Mais
je voulais m'en assurer, que, si on le fait pour... après quatre ans, on a le
même effet que si on le fait pour après cinq
ans, c'est-à-dire que, là, franchement, c'est une désobéissance grave et
antidémocratique du gouvernement de ne pas le faire, là et avec un risque.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M.
Tremblay.
M. Tremblay (Guy) : Ce qui peut être
fait, c'est évoqué dans l'article que j'ai fait avec Hubert Cauchon, ce qui peut être fait en cas de difficulté, s'il y a
des difficultés, on voudrait continuer, que la législature se continue…
Bon, alors, avec ce projet de loi là, c'est
quatre ans et, à telle date, c'est fini. Mais, si on veut, là, parce qu'il y a
une crise ou il y a quelque chose, là, on veut continuer, on passe une
simple loi pour dire : Dans ce cas-là, on continue pendant une année. Et là tu arrives à l'article 4.2 de la
charte canadienne… Tu sais, on peut aller au-delà de cinq ans en cas de crise, là. Les exemples de crise sont marqués.
Alors, si on veut aller au-delà de cinq ans, avec un accord des deux
tiers, on peut aller même au-delà de cinq ans. Donc, il faudrait, pour passer
de quatre ans à cinq ans, passer une loi ordinaire ici. C'est arrivé, par exemple, je pense, pendant la Première Guerre
mondiale, là, le Parlement fédéral a passé une loi, une petite loi pour dire : Bien, ce Parlement-là
va durer un petit peu plus longtemps. On peut faire ça aussi au Québec.
On n'est pas obligés de changer le système au complet, on dit : Cette
législature-ci va durer une année de plus en raison de la situation qui se
présente devant nous, là — il
y a des inondations ou je ne sais pas quoi — et on peut, en cas de crise, aller
beaucoup plus loin.
La Présidente (Mme Beaudoin) : M. le
député de Beauce-Sud.
Dutil : Maintenant, ce que
je comprends de ce que le Royaume-Uni a fait, c'est qu'ils ont travaillé à
avoir une loi qui a pour effet que la
législature ne soit pas dissoute avant cinq ans. Eux, ils ont l'air d'avoir
pris le parti d'avoir une législature
de cinq ans et d'avoir voulu empêcher le gouvernement de dissoudre à un moment
opportun, parce qu'il est plus fort
dans les sondages, entre la quatrième et la cinquième année, ce qui est devenu
la tradition. Alors, on comprend que les mandats étaient prévus pour
cinq ans, puis il s'est établi une espèce de tradition de dissolution par les
gouvernements dans cette période-là où ils
jugeaient que c'était le mieux pour eux d'aller en élections, ce qui est un
problème que soulève, là, le ministre
puis que tout le monde reconnaît, là. Est-ce qu'on donne un privilège
particulier à celui qui est au pouvoir quand
on fait ça? Puis de quelle façon on peut le contraindre? Mais le Royaume-Uni ne
l'a pas fait de la même façon. Eux,
ils empêchent, à toutes fins pratiques, là... Si j'ai bien compris, c'est
difficile de dissoudre avant cinq ans, là, quand on parle... sauf si les
deux tiers aux Communes... Ce n'est pas le premier ministre qui dissout, ça
prend un vote, aux Communes, des deux tiers.
Premièrement, ça les prend, puis, deuxièmement, effectivement, tu te votes une
non-confiance à toi-même, là, ce qui
aurait l'air pas mal ridicule, là, j'en conviens, là. Et, dans le cas de notre
législature, même s'il y avait un gouvernement majoritaire, s'il n'a pas
75 députés ou à peu près, il ne peut pas dissoudre. 75, c'est à peu près le
deux tiers, là. Il ne peut pas dissoudre. Je comprends bien leur principe.
Donc, ils ont
pris le parti d'avoir plutôt des mandats qu'on essaie de maintenir à cinq ans
plutôt que de les réduire. Nous, on
prend l'optique différente. On dit : Pour éviter la tentation de
dissoudre, bien, on va rapetisser ça à quatre ans. L'effet principal de la loi, c'est de dire :
Le mandat de cinq ans va être réduit à quatre ans. Il y a moins de chances,
donc, de dissolution avant, premièrement. Est-ce que c'est une bonne idée, des
mandats de cinq ans, ou c'est une mauvaise idée?
Je vois que dans votre point de vue, ici, ça semble être une mauvaise idée.
Vous souhaiteriez même que ça puisse être plus court. Mais, par contre, quand on regarde ce qui se passe aux
États-Unis — c'est
une remarque qui a été soulevée ici — aux États-Unis, avec des
mandats des représentants à tous les deux ans, c'est probablement
contre-productif. Alors, il y a un équilibre
à faire. On estime que l'équilibre ici, avec le projet de loi qui nous est
présenté, est de quatre ans. On aurait pu estimer que l'équilibre
meilleur, si on avait contraint à se rendre à cinq ans, aurait été cinq ans.
La Présidente (Mme Beaudoin) : Me
Tremblay.
M. Tremblay (Guy) : Oui. Dans l'article
qu'Hubert et moi avons publié, on a simplement évoqué... Il est bon d'élargir les perspectives quand on conclut,
là, un texte, et on évoque simplement qu'en Australie et en Nouvelle-Zélande c'est trois ans, bon, sans prôner de façon
systématique cette situation-là. C'est simplement pour donner une idée, là, qu'il y a d'autres choses dans la vie que ce
qu'on a vécu, là, et qu'on vit ici, de quatre ans ou de cinq ans, etc.
Bon. Et, comme vous dites, aux États-Unis, c'est deux ans à la Chambre des
représentants.
Moi,
je trouve que quatre ans, c'est un bel équilibre, c'est un bon compromis entre
ce que l'on vivait traditionnellement… On disait cinq ans, mais, en
pratique, là, au bout de quatre ans, là, les élections arrivaient, au bout de quatre ans, par
dissolution, par choix du gouvernement quand ça faisait son affaire. Là, on
élimine ce petit calcul politicien là
de la part du gouvernement; on l'élimine en partie, pas complètement, là, mais
on l'élimine assez fortement puis on se rabat sur l'idée de quatre ans.
Maintenant,
j'ai fait un calcul que, s'il y a un vote de censure... Et je pense qu'il va y
en avoir un à un moment donné. Je ne veux pas... Je pense que c'est
assez... Bien, quand...
Une voix :
On ne vous le fait pas dire.
Des voix :
Ha, ha, ha!
M. Tremblay
(Guy) : Quand un gouvernement est minoritaire, que ce soit n'importe
où, là, que ce soit au Royaume-Uni, que ce soit dans n'importe quelle province
ou au fédéral, les moyennes de durée des gouvernements minoritaires sont quand même assez longues. Parce que, lorsqu'il y a une
censure, évidemment, les députés qui votent la censure doivent eux-mêmes retourner devant l'électorat; ce n'est pas
rien que le gouvernement qui tombe. Mais donc les gouvernements
minoritaires durent assez longtemps, dans le système britannique, en raison de
cette réaction, là, de dissoudre l'Assemblée
par suite d'un vote de censure, donc... Mais il reste que les gouvernements
minoritaires ne durent pas l'ensemble de la durée que... la même durée
qu'un gouvernement majoritaire.
j'ai fait un petit calcul, et, avec le projet de loi tel qu'il est libellé ici,
si le vote de censure, si le gouvernement tombe, par exemple, à un mois
de mai, l'élection suivante va se tenir quatre ans et trois mois plus tard; s'il
tombe au mois d'août, elle va se tenir
quatre ans juste après; s'il tombe au mois d'octobre, elle va se tenir trois ans
et 10 mois après; s'il tombe au mois de décembre, elle va se tenir
trois ans et neuf mois après; s'il tombe en février, elle va se tenir
quatre ans et six mois après. Ce n'est pas
un quatre ans brut, là, ça dépend à quel moment donné le gouvernement
tombe.
Donc, ce sont des
quatre ans bruts si c'est un gouvernement majoritaire et qu'on respecte cette
périodicité-là, mais, si le gouvernement
tombe et qu'on suit le procédé qui est dans le projet de loi — alors
moi, j'ai fait des mauvais calculs,
là, j'ai fait ça, disons, sur un coin de table, là — ça
peut aller jusqu'à quatre ans et demi et même plus, trois ans et demi et
même moins.
M. Dutil :
Ça va pour moi, Mme la Présidente.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Oui? Alors, il reste sept minutes… C'est ça. Alors, M. le
député de Laurier-Dorion, à vous la parole.
M. Sklavounos : Merci, Mme la Présidente. Alors, bonjour, Me Tremblay. Question très
rapide, puisqu'il ne reste pas
beaucoup de temps. Première question : Un gouvernement majoritaire qui
prendrait la décision ou voterait majoritairement à simple majorité de
révoquer la loi avant la fin des quatre ans...
M. Tremblay
(Guy) : Avant la fin?
M. Sklavounos : …avant la fin des quatre ans, une fois que la loi est passée, on se
retrouve devant la situation qui était préexistante. Alors, le maximum
est à cinq ans, puis c'est l'obligation du lieutenant-gouverneur de dissoudre
puisqu'il n'existe plus de loi. C'est ça, c'est exact?
La Présidente (Mme
Beaudoin) : Me Tremblay.
M. Tremblay (Guy) : Si un gouvernement majoritaire abroge tout simplement cette loi-là, ça
ne fait pas revivre les anciennes
lois, là. Il y a des règles d'interprétation que, quand tu changes une loi, ça
ne fait pas revivre automatiquement les lois antérieures. Il faudrait
les remplacer, il faudrait remplacer, faire... Il faudrait dire qu'est-ce... si
on abroge ce système-là, qu'est-ce qu'on met
à la place. Et, si on ne met rien, bien, à ce moment-là, moi, je pense que ce
serait l'article 4 de la charte canadienne qui dirait que les
législatures durent un maximum de quatre ans, puis arrangez-vous pour...
Sklavounos : Cinq ans, vous voulez dire. C'est ça.
M. Tremblay
(Guy) : Cinq ans, oui, c'est ça.
La Présidente (Mme
Beaudoin) : M. le député de Laurier-Dorion.
M. Sklavounos : Pouvez-vous expliquer rapidement la différence pourquoi les
Britanniques ont pu faire... imposer la majorité qualifiée et le reste,
comparer leur système à notre système, juste rapidement pour la compréhension.
M. Tremblay
(Guy) : Je pense que les parlementaires britanniques ont voulu faire
un système d'élection à date fixe aux cinq
ans le plus rigide possible, sans le moins d'exceptions possible, assurer le
plus possible que ça va durer cinq ans, sans, disons, manigances
politiciennes, là. C'est cinq ans, on veut que ce soit cinq ans à date fixe, et
puis on veut fonctionner comme ça.
Maintenant, on ne peut pas empêcher les votes de non-confiance, puis tout ça,
on ne peut pas empêcher quand même la dissolution prématurée absolument,
mais on va être exigeants à l'extrême pour assurer que ce soit le plus rarement
possible.
Sklavounos : Juridiquement,
le premier ministre britannique arrive, il demande la dissolution. Il n'a pas
les deux tiers, et ce n'est pas un vote de non-confiance... une motion de
censure. Qu'est-ce qui arrive légalement? On conteste comment? Le premier
ministre qui arrive demande la dissolution à Londres.
Tremblay (Guy) : Il viole la
loi sur les élections à date fixe de la même façon que M. Harper,
apparemment, l'a violée lorsqu'il a
déclenché des élections prématurées en 2008 et que c'est monté jusqu'à la Cour
suprême. La Cour suprême a refusé la
permission d'en appeler, et les juges vont être obligés d'interpréter la loi
britannique un peu de la même façon que nous, c'est-à-dire que c'est du
droit politique. Est-ce que nous, les juges, on va dire que c'est une censure
explicite? Est-ce qu'on va embarquer là-dedans? Pas sûr.
Sklavounos : Il arrive
devant les tribunaux, les tribunaux disent : Vous avez violé la loi, mais
c'est politique, et vous avez, en quelque sorte, le droit de la violer.
Et, par la suite, c'est la population qui jugera.
M. Tremblay (Guy) : Exactement.
Sklavounos : O.K. Dans une
situation, si on était pour comparer les situations, vous dites qu'évidemment
dans le cas de Stephen Harper c'était le mandat, finalement, la décision est
revenue à la population. Les tribunaux ont dit : On ne peut pas toucher à
ça, c'est politique, ce n'est pas juridique. La population... À quel point c'est
différent pour vous d'une situation où
quelqu'un qui serait dans une situation où on a un maximum de cinq ans — il n'y a pas de loi qui fixe à quatre
ans — et
il trouve une embellie dans le paysage politique et après — et c'est
déjà arrivé, trois ans et quelque
chose — décide
de déclencher les élections? Quelle est la différence entre la pression morale
qu'il subirait en violant une loi et la pression morale qu'il subirait
en déclenchant une élection après trois ans, alors que la coutume étant de se rendre près de la quatrième année ou
la cinquième année, alors que c'est pas mal évident pour tout le monde
que c'est à cause d'une embellie politique?
N'y a-t-il pas le même type de... Et je comprends que, dans un cas, il y a une
loi qui a été violée, mais le législateur
est l'autorité suprême, de toute façon. Dans l'autre cas, il n'y a pas de loi,
mais, à la fin, c'est la population qui est la vraie censure, s'il y a
une censure, n'est-ce pas?
La Présidente (Mme Beaudoin) : Me
Tremblay.
M. Tremblay (Guy) : Je pense que le
gouvernement qui profiterait d'une embellie politique pour déclencher des
élections à l'encontre d'un gouvernement majoritaire, à l'encontre du texte de
la loi ferait face à une difficulté supplémentaire de se justifier face à la
population et des critiques plus fortes de la part de la presse, de la part de
la population et de l'opposition et ferait face à une difficulté supplémentaire
d'avoir passé par-dessus une disposition législative explicite, alors que, s'il
n'y a pas de telles...
M. Sklavounos : Mais vous êtes, là,
dans le politique. On est dans le politique. Vous êtes en train de vous exprimer comme politicien, si vous voulez, ou
comme stratège politique, mais, en dehors de conséquences politiques, ce
qu'on va dire dans la campagne… Parce que j'ai certaines personnes qui vous
diraient : Ça va durer trois jours, cette question-là, après ça, ça va être oublié, il y a d'autres choses qui vont
embarquer dans une campagne électorale. Alors, on va vous exprimer comme… Si je vous engageais comme
conseiller politique, vous me diriez ça, mais, juridiquement, je fais
face à la population, je ne fais pas face aux tribunaux.
M. Tremblay (Guy) : Est-ce que je
peux dire un mot?
La Présidente (Mme Beaudoin) : Il
reste environ une minute.
M. Tr