Agriculture, Fisheries, Energy and Natural Resources — 12 May 2026 (43rd Legislature, 3rd Session)
CAPERN 2026-05-12
Quebec — Committees
Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles - Assemblée nationale du Québec
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39e législature, 1re session (13 janvier 2009 - 22 février 2011)
38e législature, 1re session (8 mai 2007 - 5 novembre 2008)
37e législature, 2e session (14 mars 2006 - 21 février 2007)
37e législature, 1re session (4 juin 2003 - 10 mars 2006)
36e législature, 2e session (22 mars 2001 - 12 mars 2003)
36e législature, 1re session (2 mars 1999 - 9 mars 2001)
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35e législature, 1re session (29 novembre 1994 - 13 mars 1996)
34e législature, 3e session (17 mars 1994 - 17 juin 1994)
34e législature, 2e session (19 mars 1992 - 10 mars 1994)
34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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33e législature, 1re session (16 décembre 1985 - 8 mars 1988)
32e législature, 5e session (16 octobre 1984 - 10 octobre 1985)
32e législature, 4e session (23 mars 1983 - 20 juin 1984)
32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
30e législature, 3e session (18 mars 1975 - 19 décembre 1975)
30e législature, 2e session (14 mars 1974 - 28 décembre 1974)
30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
29e législature, 3e session (7 mars 1972 - 14 mars 1973)
29e législature, 2e session (23 février 1971 - 24 décembre 1971)
29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
27e législature, 3e session (14 janvier 1964 - 31 juillet 1964)
27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
26e législature, 2e session (10 novembre 1960 - 10 juin 1961)
26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
25e législature, 4e session (18 novembre 1959 - 18 mars 1960)
25e législature, 3e session (19 novembre 1958 - 5 mars 1959)
25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
25e législature, 1re session (14 novembre 1956 - 21 février 1957)
24e législature, 4e session (16 novembre 1955 - 23 février 1956)
20e législature, 1re session (7 octobre 1936 - 12 novembre 1936)
18e législature, 2e session (10 janvier 1933 - 13 avril 1933)
18e législature, 1re session (3 novembre 1931 - 19 février 1932)
17e législature, 2e session (8 janvier 1929 - 4 avril 1929)
16e législature, 4e session (11 janvier 1927 - 1 avril 1927)
16e législature, 3e session (7 janvier 1926 - 24 mars 1926)
16e législature, 1re session (17 décembre 1923 - 15 mars 1924)
15e législature, 4e session (24 octobre 1922 - 29 décembre 1922)
15e législature, 3e session (10 janvier 1922 - 21 mars 1922)
15e législature, 2e session (11 janvier 1921 - 19 mars 1921)
15e législature, 1re session (10 décembre 1919 - 14 février 1920)
14e législature, 3e session (21 janvier 1919 - 17 mars 1919)
14e législature, 2e session (4 décembre 1917 - 9 février 1918)
14e législature, 1re session (7 novembre 1916 - 22 décembre 1916)
13e législature, 4e session (11 janvier 1916 - 16 mars 1916)
13e législature, 3e session (7 janvier 1915 - 5 mars 1915)
13e législature, 2e session (11 novembre 1913 - 19 février 1914)
13e législature, 1re session (5 novembre 1912 - 21 décembre 1912)
12e législature, 4e session (9 janvier 1912 - 3 avril 1912)
12e législature, 3e session (10 janvier 1911 - 24 mars 1911)
12e législature, 2e session (15 mars 1910 - 4 juin 1910)
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11e législature, 4e session (3 mars 1908 - 25 avril 1908)
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Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
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43 e législature, 3 e session
(début : 5 mai 2026)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 12 mai 2026
Vol. 49 N° 1
Étude des crédits budgétaires du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, volet Forêts
Étude des crédits budgétaires du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, volet Ressources naturelles
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h 30
16 h
Intervenants par tranches d'heure
9 h 30
Ciccone, Enrico
Kelley, Gregory
Champagne Jourdain, Kateri
10 h
Champagne Jourdain, Kateri
Ciccone, Enrico
Zaga Mendez, Alejandra
Kelley, Gregory
Laflamme, Marie-Karlynn
10 h 30
Champagne Jourdain, Kateri
Laflamme, Marie-Karlynn
Ciccone, Enrico
Dufour, Pierre
Kelley, Gregory
11 h
Champagne Jourdain, Kateri
Ciccone, Enrico
Kelley, Gregory
Sainte-Croix, Stéphane
Julien, Jonatan
Fortin, André
11 h 30
Champagne Jourdain, Kateri
Fortin, André
Julien, Jonatan
Zaga Mendez, Alejandra
Laflamme, Marie-Karlynn
12 h
Laflamme, Marie-Karlynn
Julien, Jonatan
Champagne Jourdain, Kateri
Dufour, Pierre
Fortin, André
Tardif, Marie-Louise
15 h 30
Julien, Jonatan
Fortin, André
Champagne Jourdain, Kateri
Zaga Mendez, Alejandra
Laflamme, Marie-Karlynn
Tardif, Marie-Louise
16 h
Tardif, Marie-Louise
Champagne Jourdain, Kateri
Julien, Jonatan
Journal des débats
9 h 30 (version révisée)
(Neuf heures quarante-sept minutes)
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
bonjour à tous. Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Ressources naturelles des crédits budgétaires du
portefeuille Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice financier 2026‑2027.
Une enveloppe de 1 h 30 min a été allouée pour ces crédits.
Alors, Mme secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le <Président...
Le Président (M. Ciccone) :
...Alors,
Mme secrétaire, y a-t-il des remplacements?
La Secrétaire
: Oui,
M. le > Président. M. Bouazzi (Maurice-Richard) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun) et M. Boissonneault (Arthabaska) est remplacé par Mme Laflamme
(Chicoutimi).
Ressources naturelles
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs d'environ
15 minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux voix des
crédits du portefeuille Ressources naturelles et Forêts sera effectuée cet
après-midi, vers 16 heures.
Puisque nous avons débuté nos travaux à 9
h 48, est-ce que... une période de 1 h 30 doit être consacrée à l'étude de ces
crédits cet... cet avant-midi, y a-t-il consentement pour poursuivre nos
travaux au-delà de l'heure prévue, jusqu'à 11 h 40... 40...
Une voix : ...
Le Président (M. Ciccone) :
...11 h 18? Voilà.
Des voix : Consentement.
Le Président (M. Ciccone) :
Oui. Consentement. Parfait. Je vous rappelle que le temps de réponse de la
ministre est équilibré par rapport à la question posée.
Discussion générale
Alors, je suis maintenant prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un
premier bloc d'échange. M. le député de Jacques-Cartier, à vous la parole et
vous avez 14 min 29 s.
M. Kelley : Merci
beaucoup, M. le Président. Bonjour, Mme la ministre. Bonjour à tout le monde
qui vous accompagne aujourd'hui. Je dis ça chaque fois que j'ouvre l'étude des
crédits, mais merci à tous les fonctionnaires de votre ministère, mais aussi de
l'État. C'est une... c'est vraiment un processus superimportant pour notre
démocratie, l'étude des crédits. Je sais que c'est énormément de travail pour
les fonctionnaires de préparer des cahiers, et, quand même, on n'a pas
énormément de temps de vraiment poser toutes les questions. J'ai pris le temps
de lire les cahiers des crédits. On peut faire cet exercice, juste pour vous
autres, presque pour la moitié de la journée, mais, quand même, on va essayer
de faire notre mieux possible. Mais encore un grand merci à la fonction
publique pour tout le travail qui a été fait en amont pour la préparation de
les études des crédits de cette année.
Alors, Mme la ministre, je veux avoir vos
commentaires sur le rapport qui a été déposé par le Commissaire au
développement durable et je vais aller... je vais être très, très précis. Parce
que quelque chose qui a à sortir de ces pages-là, c'était vraiment le fait que
les fonctionnaires de votre ministère ont eu plusieurs avis, plusieurs drapeaux
rouges autour de plusieurs projets, notamment comme Nemaska, où ils ont soulevé
des préoccupations, est-ce qu'on doit aller de l'avant avec le financement,
etc., puis on a vu dans les... dans le rapport que le ministère de l'Économie a
pas mal demandé à vos fonctionnaires de renverser leur opinion pour s'assurer
que le projet avance. Je pense que vos fonctionnaires ont toutes les
compétences nécessaires de faire des commentaires sur des projets miniers,
c'est le ministère des Ressources naturelles, des Mines, c'est votre expertise.
Alors, est-ce que vous pouvez expliquer qu'est-ce qui s'est passé exactement?
• (9 h 50) •
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. Bien, d'abord, cher collègue, je joins ma voix à la vôtre pour
remercier toutes les équipes du ministère qui se sont effectivement préparées,
le font d'année en année, mais à vous aussi, chers collègues, pour cette
préparation-là, qui est exhaustive, qui vous demande beaucoup. Alors, vous
l'avez dit, c'est un exercice qui est important, important pour la démocratie,
important pour éclairer aussi les citoyens du Québec. Alors, je joins ma voix à
la vôtre.
Maintenant, comme il sera probablement
question, j'anticipe, du rapport de la VGQ, je veux vous dire que, d'entrée de
jeu, on prend ces recommandations-là très au sérieux. On y adhère aussi. Je
veux vous dire qu'on analyse le tout avec le sérieux nécessaire, on va regarder
chacune des recommandations. Et peut-être vous dire aussi qu'on est déjà en
action sur plusieurs fronts. On a eu... On a lancé... Bien, en fait, on a lancé
la stratégie qui est concernée dans ce rapport-là dernièrement, l'automne
dernier. Mais, avant ça, on était dans un plan, un plan pour le développement
des minéraux critiques et stratégiques. Et, durant le rapport, là, durant
l'analyse qui a été faite, de la commissaire, eh bien, déjà, on travaillait à
améliorer certains des points dans le plan pour les améliorer dans la stratégie
qu'on a développée.
Là, vous m'amenez sur, naturellement, le
projet Nemaska. Je peux vous dire que, d'entrée de jeu, Nemaska Lithium, dans
les investissements qu'on a faits, on est en partenariat avec, naturellement,
Rio Tinto, qui est un partenaire, évidemment, solide. Vous connaissez sa
présence partout au Québec, dans différents secteurs, notamment celui du fer
aussi. Et ça vient <sécuriser...
Mme Champagne Jourdain :
au Québec dans différents secteurs, notamment celui du fer aussi. Et ça vient > sécuriser
aussi ce projet-là qui est un projet, disons-le, stratégique pour le Québec.
Je veux vous dire aussi que, dans les
dernières... dans les derniers investissements qui ont été faits dans ce
projet-là, on a réduit progressivement la participation de l'État pour... ce
qui réduit aussi les risques de l'État. C'est toujours un projet, c'est
important de le dire, qui est en cours, qui se développe. On parle de la
construction de la mine, mais aussi de l'usine. Et, en réduisant
progressivement notre participation, bien, on démontre aussi qu'on gère de
façon responsable les fonds publics. Peut-être que... ou, pour répondre plus
précisément à votre question au niveau du positionnement des fonctionnaires,
vous le savez, je n'étais pas là à ce moment-là à la tête du ministère, je
pourrais passer la parole à notre sous-ministre, Anne Racine, si vous acceptez.
Une voix : Consentement.
Le Président (M. Ciccone) : Consentement.
Parfait.
Mme Racine (Anne) : D'abord,
juste pour préciser que...
Le Président (M. Ciccone) : Mme
Racine, juste vous nommer, s'il vous plaît, donner votre poste.
Mme Racine (Anne) : Oui,
pardon, excusez-moi. Anne Racine, du ministère des Ressources naturelles et des
Forêts. Bonjour, tout le monde. Je n'étais pas là non plus, là, lorsqu'il y a
eu des discussions entourant le projet Nemaska. Une fois que j'ai dit ça, c'est
normal, là, qu'il y ait des allers-retours dans le cadre d'un projet... d'un
projet comme... comme celui Nemaska puis celui d'une envergure comme celui-là,
là. C'est un comité d'investissement qui discute de l'ensemble des projets, il
y a des allers-retours, il y a les risques du projet qui évoluent. Donc, dans
ce projet-là, ça a été le cas, comme c'est le cas dans d'autres projets.
Une fois que j'ai dit ça, l'avis sectoriel
du ministère, qu'il produit, fait état de risques sur le plan minier. C'est un
intrant parmi d'autres dans des décisions d'investissement, mais ça ne saurait
être le seul... le seul intrant non plus, là. Ce dont les différents avis sectoriels
produits par le ministère, tous, y compris le dernier avis, ce dont ils font
état, c'est des risques et des avantages, là, sur le plan minier des projets.
M. Kelley : OK. Merci
beaucoup. Je comprends, Mme la ministre et Mme la sous-ministre, vous n'étiez
pas là, mais, quand même, dans le rapport, c'est clairement indiqué que
qu'est-ce qui a été soulevé par vos fonctionnaires, c'est les questions des
coûts, aussi l'échéancier du projet. Il me semble qu'il y a eu une pression que
ça avance. Et on a vu récemment une annonce de Rio Tinto où... ont dit qu'il
est... a commencé à ralentir la construction de... le site minier. Alors,
peut-être vos fonctionnaires ont eu raison. Alors, pourquoi ce projet-là a eu
le feu vert? Pourquoi il y a comme un privilège qui a été donné versus des
autres projets?
Parce que, si moi, je suis quelqu'un qui
veut investir au Québec... Et on revient là-dessus tantôt, mais on sait que le
classement du Québec comme une place pour investir pour le secteur minier a
chuté dramatiquement dans les derniers couples des années, ce n'est plus une
place que les gens voient comme facile d'investir, notamment en comparaison à
nos amis ontariens. Alors, quand même, avec vos décisions, avec un projet comme
ça, les fonctionnaires disent : Il y a plein de drapeaux rouges, mais on
va aller de l'avant.
Et est-ce que vous avez, Mme la
sous-ministre, peut-être des processus verbaux autour de ces discussions au
sein de ces comités, que vous pouvez déposer pour nous, des élus, pour bien comprendre
pourquoi, après que vous avez des bémols avec ce projet, le projet a quand même
donné le feu vert? Et ça me semble, dans le rapport de la... le VG, c'était pas
mal parce que c'était poussé par le ministère de l'Économie. Moi, je veux juste
s'assurer que la voix de le MRNF est toujours prise pas juste en considération,
mais il y a vraiment une confiance qui est dédiée à votre expertise dans le
secteur minier. Je pense, c'est supercrucial pour le Québec.
Le Président (M. Ciccone) : Mme
la ministre ou... Oui.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
effectivement, peut-être préciser aussi qu'au niveau du financement, là, mon
collègue... mon collègue Bernard Drainville va pouvoir aussi vous répondre
davantage à vos questions à travers vos autres...
Le Président (M. Ciccone) : Madame,
on nomme par... le ministre.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
le ministre de l'Environnement... le ministre de l'Économie.
Le Président (M. Ciccone) : Merci.
Mme Champagne Jourdain : Effectivement,
mon collègue à l'Économie pourra vous répondre de manière plus précise. Ce que
je peux certainement vous dire, c'est qu'au niveau du ralentissement que vous
évoquez, effectivement, Rio Tinto procède actuellement à une évaluation, là,
des gisements Whabouchi et Galaxy pour déterminer la stratégie qui va être la
plus optimale pour approvisionner l'usine de Bécancour. Je peux vous dire qu'on
a obtenu l'engagement clair que Rio Tinto serait de la suite du projet,
évidemment. Et, pour nous, bien, ça... la manière dont on procède au niveau du
financement, c'est un <modèle...
Mme Champagne Jourdain : ...
nous, bien, ça... la manière dont on procède au niveau du financement, c'est un
> modèle qui est gagnant. L'État est un levier, n'est pas un gestionnaire,
vous savez, on a diminué notre part de responsabilité à ce niveau-là, on
n'intervient pas comme gestionnaire permanent. Alors, on est un levier
là-dedans et on a joué le rôle qui nous revenait en créant, effectivement, des
conditions qui sont nécessaires pour que le projet avance aujourd'hui sur des
bases solides.
M. Kelley
: Parfait.
Alors, est-ce que vous pouvez confirmer que, pour l'instant, il n'y a pas des
autres sous qui va être mettre dans le projet de Nemaska? Et est-ce que vous
pouvez s'assurer que ce n'est pas un trou noir, une prochaine Northvolt où on
va continuer de lancer l'argent dans un projet qui ne marche pas puis on perd
des centaines de millions de dollars qui peut être utilisé pour les autres
projets au Québec, quand même, pour les autres projets des sites miniers qui
sont en train de regarder des options d'une expansion?
Mme Champagne Jourdain : Je
peux vous assurer que le projet poursuit son développement. Le projet est en
fonction, il est actif, on construit le site minier, les installations sur le
site minier. Et je peux aussi vous dire que Rio Tinto s'est engagé à ne pas
demander de nouvelles sommes. Maintenant, pour le reste de votre question
adressée au gouvernement, c'est une question que... à laquelle mon collègue à
l'Économie pourra aussi répondre.
M. Kelley
: Mais, de
votre part, de votre ministère, est-ce que vous... voir toujours ce projet d'un
oeil favorable et que le gouvernement doit continuer de mettre de l'argent
dedans si une demande est faite?
Mme Champagne Jourdain : C'est
toujours un projet qui est favorable, c'est un projet qui est stratégique pour
le Québec, notamment dans le développement des minéraux critiques et
stratégiques. C'est un projet qui est en marche. Comme je vous l'ai dit, on est
en train de réévaluer, du côté de Rio Tinto, la stratégie, là, pour
approvisionner l'usine de Bécancour. Et, au niveau du financement, je vous le
dis, c'est une question qui pourrait être adressée à mon collègue. Et, je le
répète, Rio Tinto s'est engagé à ne pas demander de nouvelles sommes pour ce
projet-là.
M. Kelley
: Parfait.
Merci beaucoup, Mme la ministre. Je veux maintenant passer à un autre sujet,
parce qu'on n'a pas énormément de temps, mais je reviens sur le classement du
Québec qui a été fait par le Fraser Institute, l'Institut Fraser. Parce que,
quand même, l'apport, l'année passée, a été pas mal dévastateur pour le Québec.
Comme je mentionnais, on était en arrière de 10 autres provinces, selon le
classement qui a été fait par Fraser, mais on a vraiment chuté. Par exemple, un
régime... un régime fiscal, Québec a passé de 21, classement, jusqu'à 54...
54e. On peut regarder aussi en termes de prévisibilité, on a glissé à quatrième
classement après qu'on était à 19e. Bref, ça me semble qu'il y a plusieurs des
enjeux. Et votre gouvernement a déposé un projet de loi. Vous avez dit que vous
avez l'intention de déposer un autre projet de loi. Mais, bref, comment vous
pouvez expliquer que, depuis les dernières couples des années, des
investisseurs ont regardé le Québec et, avec la CAQ, ils ont dit : Non,
merci, je vais aller ailleurs dans le reste du Canada?
• (10 heures) •
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous remercie. Peut-être vous dire que ce n'est pas pour rien qu'on a
développé d'abord un plan, là, pour le développement de nos minéraux critiques
et stratégiques, qui s'est transformé aussi, comme je le disais tout à l'heure,
en stratégie qu'on a adoptée l'automne dernier. On veut faire en sorte de
développer une chaîne de valeur, on veut être certain de maximiser le
développement des minéraux critiques et stratégiques. Je peux aussi
certainement vous amener sur le fait qu'on travaille en collaboration avec les
collègues... ma collègue à l'Environnement aussi, faire en sorte de pouvoir
accélérer les processus. Ça va certainement aider au classement du Québec,
faire en sorte qu'on puisse développer des projets plus rapidement sans tourner
les coins ronds. C'est extrêmement important.
Au niveau de l'environnement, vous savez,
ça fait près de 50 ans qu'on fait des évaluations environnementales ici,
au niveau minier; on sait comment ça fonctionne. Je pense qu'on est en mesure
d'optimiser les processus pour faire en sorte de gagner du temps, toujours en
accordant l'importance nécessaire au volet environnement...
Le Président (M. Ciccone) :
Mme la ministre, je dois garder le temps équilibré. Il reste une minute. M. le
député a une autre question.
Mme Champagne Jourdain : Oui,
voilà.
Le Président (M. Ciccone) :
Voilà.
M. Kelley
: Merci, Mme
la ministre. Mais, dans le rapport de la VG, c'est le contraire, la stratégie
que vous avez déposée en 2020, le taux de réussite, c'est seulement 62 %,
puis les critiques sont sévères. On n'a pas créé une chaîne de valeur, une
économie circulaire. Comment on peut... vous croyez que le prochain plan va
être un succès quand la dernière plan n'a clairement pas fonctionné?
Mme Champagne Jourdain :
<Bien...
Haut de la page
10 h (version révisée)
<17951
M. Kelley :
...un succès, quand la dernière plan n'a clairement pas fonctionné?
Mme Champagne Jourdain : >
Bien,
comme… Pardon, 30 secondes. Je vous le disais tout à l'heure, là, on est
passé d'une stratégie, laquelle on a améliorée pour en faire un plan, un plan
où on est venu adresser... adresser ces... ces questions-là. Et, au niveau du...
pour favoriser les investissements, pour répondre à la demande croissance puis
contribuer à la transition énergétique, là, du Québec, plus technologique, je
dirais. On s'est doté...
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Merci beaucoup, Mme la ministre. Je passe maintenant
la parole à la députée de Verdun. Vous avez un temps de 14 min 29 s.
Mme Zaga Mendez : Merci,
M. le Président. À mon tour de saluer Mme la ministre dans sa première
séance de crédits avec nous. Je vais revenir sur le cas de Nemaska Lithium. Je
pense que tous les Québécois et Québécoises sont très inquiets suite aux
révélations de la Commissaire au développement durable, avec un rapport assez
accablant, qu'on nous apprend que le gouvernement a quand même ignoré des
signaux rouges évidents venant du ministère des Ressources naturelles, avant de
réinjecter des sommes assez importantes, on parle de 250 millions de
dollars en 2024. Le rapport nous dit encore plus, c'est-à-dire, en 2023, des
experts, au sein du MRNF, ont émis un avis défavorable sur un investissement de
250 millions de dollars. La ministre, tout à l'heure, nous disait...
elle était très préoccupée. Elle s'est penchée, j'imagine, sur cette situation
depuis les quatre derniers jours. Ma question : Est-ce qu'elle a pris
connaissance... est-ce qu'elle a lu ces avis produits par son propre ministère
dans les derniers jours?
Mme Champagne Jourdain : Pouvez-vous
préciser votre question?
Mme Zaga Mendez : Est-ce
que, dans les derniers jours, Mme la ministre, avez-vous lu, pris connaissance
des avis défavorables de votre propre ministère?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
moi, j'ai pris connaissance du rapport. J'ai eu la chance de pouvoir échanger
avec mes équipes sur l'accueil qu'on a fait de ces recommandations-là. Je peux
vous dire que, déjà, on a des améliorations qui ont été faites depuis le plan.
On est passé du plan à la stratégie, comme je le disais tout à l'heure. Alors,
j'ai eu la chance d'échanger avec les équipes à ce niveau-là.
Mme Zaga Mendez : Là,
tout le monde a lu le rapport, tout le monde a regardé, ici. Vous avez... sous
votre gouverne et votre responsabilité, vous voulez prendre les choses en main.
Avez-vous pris connaissance des avis défavorables produits en 2023? Et, si oui,
est-ce que vous et votre ministère pouvez les déposer ici? Parce que je pense
que c'est rendu d'intérêt public.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je pense qu'au niveau des avis défavorables, moi, j'ai accueilli le rapport, j'ai
regardé ce qui a été fait. Naturellement, on va faire un suivi très serré de ce
rapport-là. Au niveau du dépôt de ces avis-là, je peux peut-être passer la
parole à la sous-ministre pour voir si c'est possible de déposer ça. Je...
Le Président (M. Ciccone) : Ça
vous va, Mme la députée?
Mme Zaga Mendez : Bien sûr.
Mme Champagne Jourdain : OK.
Mme Zaga Mendez : Est ce
que... est-ce que ces rapports-là peuvent être déposés? Est-ce que l'avis
interne, produit en 2023, qui est un avis défavorable, pourrait être déposé?
Mme Racine (Anne) : Les
avis... les avis ne peuvent pas être déposés parce que c'est des avis internes
au comité d'investissement, puis il y a plusieurs aspects industriels qui sont
traités. Maintenant, par ailleurs, je peux vous dire que les risques qui sont
évoqués dans le rapport de la Commissaire au développement durable sont présents
dans toutes les versions de l'avis qui ont été produites pour le comité d'investissement.
Mme Zaga Mendez : Merci. De ce
que je comprends de la réponse de la ministre, puis je vais continuer, la
ministre n'a pas pris connaissance encore, à moins que je me trompe, de ces
avis-là. Pourtant, ces avis-là, vous le dites, sont dans la version finale. Ce
que la commissaire nous dit, c'est qu'il y a une volonté de développer la
filière batterie, influencer la modification à la recommandation. Là, on parle
de pressions politiques ou de pressions venant du ministère de l'Économie et d'Investissement
Québec. À quoi sert l'avis technique et l'avis... l'expertise que nous avons
dans le sein de notre ministère des Ressources naturelles si une pression seulement
économique et politique peut venir changer les choses de la part du ministère
de l'Économie?
Mme Champagne Jourdain : Peut-être
vous dire qu'au niveau de l'avis technique, juste 30 secondes, je veux
juste chercher... Parfait. Bon, peut-être vous dire qu'au niveau de l'avis
sectoriel du MRNF, comme la sous-ministre vous le disait tout à l'heure, c'est
des <intrants...
Mme Champagne Jourdain :
...comme
la sous-ministre vous le disait tout à l'heure, c'est un des > intrants
aux discussions gouvernementales et à la prise de décision du comité
d'investissement. Alors, ce n'est pas le seul intrant. Vous le savez, le
ministère des Ressources naturelles a un rôle qui est technique, de s'assurer
du... bon, du respect des lois, oui, mais du bon développement dans les...
selon les règles en cours de ces projets-là. Alors, cet avis-là n'est qu'un
intrant. Il y a d'autres... Il y a d'autres informations ou d'autres, je
dirais, intrants qui doivent être considérés, ceux de nature, oui, économique.
Puis on est... On développe, aussi, une chaîne de valeur au niveau des minéraux
critiques et stratégiques. Alors, c'est un des intrants qui sert à la prise de
décision. C'est peut-être des questions aussi... Vous allez probablement trouver
des réponses à vos questions davantage d'un point de vue décision économique,
du côté du ministère, là, de l'Économie.
Mme Zaga Mendez : Là,
vous... vous parlez des avis produits par votre propre ministère, vos
expertises, comme un simple intrant de l'information. Ce que la commissaire
nous révèle, c'est que, des 19 avis sectoriels, les intrants dont vous
parlez, produits depuis 2020, 12, donc plus de la moitié, soulevaient des
risques importants, mais tous ont conclu par une recommandation favorable. Ça
veut dire que c'est juste un document qu'on dépose et que c'est ignoré autour
de la table? Quel est le vrai poids du MRNF quand ça vient le temps de faire
entendre ces avis techniques? Parce que plus de la moitié qui... où on
soulevait des risques importants ont tous été conclus par une recommandation
favorable à l'investissement.
Mme Champagne Jourdain : Peut-être
vous dire que l'objectif de l'avis sectoriel... de l'avis sectoriel, c'est de
favoriser des discussions éclairées au sein du comité d'investissement, là, en
fonction, naturellement, des aspects techniques d'un projet, bien, par exemple,
la qualité du gisement, la méthode de minage, le traitement du minerai. Puis il
faut pouvoir distinguer clairement l'avis sectoriel qui doit être favorisé,
qui... Cet avis sectoriel là doit favoriser, lui, des discussions au sein du
comité d'investissement versus l'avis favorable de la ministre du MRNF qui
devrait être produit au terme du comité d'investissement où plusieurs autres
informations sont échangées, considérées dans l'émission d'un avis favorable,
par exemple. Mais, peut-être d'un point de vue un peu plus technique, je
pourrais passer la parole à M. Ian Morissette, sous-ministre.
• (10 h 10) •
Mme Zaga Mendez : J'ai...
Je n'ai pas beaucoup de... J'ai... J'ai une question de relance, peut-être,
juste pour avancer, parce qu'il ne me reste pas beaucoup de temps. Ma dernière
question sur ce sujet : Est-ce qu'il est vrai, parce que c'est ça qu'il
laisse entendre, le rapport de la commissaire, dans le cas de Nemaska Lithium,
est-ce qu'il est vrai que le ministère de l'Économie a formellement demandé le
retrait des conditions de prudence?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est une question que je vous suggère d'adresser au ministère de l'Économie.
Mme Zaga Mendez : Mais
vous êtes autour de la table aussi, vous avez des équipes autour de la table.
Vous l'avez dit, vous êtes autour de la table. Est-ce qu'il est vrai, oui ou
non, que le ministère de l'Économie a formellement demandé le retrait des
conditions de prudence dans ce cas-là?
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Pour répondre à votre question rapidement, je suggère, là, que M. Ian
Morissette, là, qui est sous-ministre associé aux Mines, puisse répondre, là,
puisqu'il était... il est dans le dossier depuis longtemps.
Le Président (M. Ciccone) : Est-ce
que j'ai le consentement pour entendre...
Mme Zaga Mendez : Allez-y.
Oui.
Le Président (M. Ciccone) : Oui,
consentement. M. Morissette, vous présenter, s'il vous plaît, et votre
titre.
M. Morissette (Ian) : Bonjour.
Ian Morissette, sous-ministre associé aux mines au ministère des Ressources
naturelles et des Forêts.
Peut-être juste rappeler le processus du
comité d'investissement. Donc, il y a des représentants du ministère des
Ressources naturelles, du ministère de l'Économie, du ministère des Finances et
d'Investissement Québec qui sont autour de la table, et chacun arrive avec son
expertise. Et là, il y a des échanges entre les différents partenaires et,
comme le mentionnait la ministre, nous, on arrive avec des aspects plus
techniques, donc, notamment la qualité du gisement, la teneur, les difficultés
d'exploitation du gisement. Et c'est... Ces risques-là, disons, sont dans les avis
sectoriels. Ils sont tous... Ils sont tous inscrits, et on en discute ensemble.
Et ensuite, bon, la position est développée de concert entre les différents
ministères, et ensuite, il y a une recommandation qui est... qui est faite.
Donc, moi non plus, je n'étais pas là à l'époque, en 2023, mais ce que je vois
des échanges, c'est qu'effectivement il y a eu des discussions, et la
recommandation a été positive sur un investissement dans le projet.
Mme Zaga Mendez : J'entends
qu'il y avait plusieurs personnes ici qui n'étaient pas là, mais il me semble
qu'on n'a pas changé de gouvernement depuis 2023, là. Il y a quand même une
responsabilité, ici, gouvernementale et ministérielle puis un exercice de
transparence à faire sur comment cette décision a été prise, parce que, là, on
nous dit que c'est des rapports techniques, c'est des études des risques, des
risques importants, puis je pense qu'on est en train de passer à côté. Là, on
va répondre puis on va poser la même question au ministère de l'Économie. Mais,
moi, ce que j'entends, c'est qu'on nous dit : Nous, on ne fait que parler
des questions techniques. Mme la ministre n'a pas encore pris connaissance des
avis, je pense, ça demeure <urgent...
Mme Zaga Mendez :
...connaissance des avis, je pense, ça demeure > urgent, puis je vous
prie de rendre ces avis-là publics pour qu'on puisse avoir une discussion sur
plus de 1,2 milliard qui s'accumulent en termes d'argent. Je ne sais pas
si vous voulez réagir avant que je passe à ma prochaine question.
Mme Champagne Jourdain :
Bien, c'est un dossier très important. C'est certain qu'on est activement sur
ce dossier-là. Ça va faire
partie des actions que je vais prendre. Vous le
savez, je commence ma troisième semaine. Je suis affairée à prendre
connaissance des dossiers intensément depuis... depuis ma nomination. Et soyez
assurée qu'on va suivre ce projet-là, ce projet d'importance pour le Québec,
là, qui continue d'aller de l'avant, qui est un projet qui est en train de se
développer, de se construire, et ça va faire
partie des top priorités.
Mme Zaga Mendez : Je vous
amène sur un autre projet qui a quand même fait les manchettes dans les
dernières années. Le gouvernement de la CAQ nous l'a dit à plusieurs reprises,
autour de cette table, qu'il n'y aura pas de mine ou d'exploitation,
d'exploration sans acceptabilité sociale. Comment est-ce qu'on justifie...
Comment justifiez-vous que le ministère des Ressources naturelles ait octroyé
des permis d'échantillonnage en vrac à Lomiko Metals, un projet en Outaouais?
Ce permis-là a été donné en juin dernier, alors que 95 % de la population
locale, là, des dizaines de municipalités, ont voté non, lors d'un référendum,
pour dire qu'ils ne voulaient pas, ils ne voulaient rien savoir de cette mine?
Est-ce que le concept d'acceptabilité sociale a une date d'expiration? Est-ce
que vous comptez ignorer la volonté démocratique de toute la population de la
Petite-Nation, en Outaouais?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, je... d'entrée de jeu, je peux vous dire que je suis extrêmement
sensible, comme ministre, aux enjeux d'acceptabilité sociale en lien avec tous
les projets, mais notamment celui de La Loutre. Actuellement, à l'heure où on
se parle, le cadre légal, lui, ne permet pas d'arrêter ou de suspendre un
projet comme celui de Lomiko. Notre pouvoir, comme gouvernement, une fois...
une fois que les conditions sont respectées, c'est de décider si on finance le
projet ou pas ou... Et puis je pense qu'on s'est déjà clairement prononcé
là-dessus. Les autorisations de travaux à impacts font
partie du processus puis
déclenchent aussi des consultations auprès des milieux locaux, auprès des
communautés autochtones aussi. Et c'est, je dirais, au moment du BAPE, que
l'acceptabilité sociale sera mesurée de façon légale et que des résultats du
référendum seront assurément pris en considération.
Mme Zaga Mendez : Vous
venez de dire, Mme la ministre, que vous vous êtes déjà prononcée là-dessus.
Alors, quelle est votre position? Est-ce que cette mine doit avoir lieu ou pas?
Mme Champagne Jourdain :
Bien, je vous dirais qu'on a... dans le cadre légal où un projet se développe,
il y a des étapes qui doivent être respectées, celles... Puis le ministère a
supporté le développement de ce projet-là, comme d'autres projets. Et c'est au
niveau du... C'est au moment du BAPE que l'acceptabilité sociale va être
mesurée puis, comme je vous dis, va entrer en compte, les communications, dont
le référendum qui a eu lieu pour ce projet-là.
Mme Zaga Mendez : Vous
parlerez avec votre député de la région, je pense qu'il a déjà pris une
position qui est un peu plus ferme par rapport à ce projet-là, parce que...
Mme Champagne Jourdain :
Mais on a des processus, si vous permettez, on a des processus au Québec...
Mme Zaga Mendez : Vous
nous parlez du BAPE. Je comprends tous les processus, on les connaît très bien...
Mme Champagne Jourdain :
...puis ils sont là pour permettre aux gens de s'exprimer.
Mme Zaga Mendez : ... il
y a aussi...
Le Président (M. Ciccone) :
Collègues! Collègues! Un à la fois, s'il vous plaît, sinon on va s'adresser à
la présidence, là.
Mme Zaga Mendez : Merci,
M. le Président. Désolée. Il y a aussi une population autochtone importante au
Lac-Barrière, les Algonquins, le Lac-Barrière, qui ont un protocole de gestion
du territoire très clair. Quel poids est-ce que vous accordez au consentement
préalable, libre et éclairé de cette communauté?
Mme Champagne Jourdain :
Bien, je vous le dis, là, dans nos processus aussi... Puis d'ailleurs on a
amélioré ces processus-là avec la nouvelle version de la
Loi sur les mines,
adoptée en 2024. On vient renforcer les processus de consultation, oui, avec
les communautés locales, mais aussi avec les communautés autochtones. C'est
important de le faire. C'est important d'améliorer ces processus-là dans le but
de toujours faire mieux, dans le but, aussi, de... oui, de favoriser
l'acceptabilité sociale, mais de pouvoir inclure, aussi, les... je dirais, les
préoccupations, mais l'apport que peuvent avoir ces différentes communautés-là,
qu'elles soient autochtones ou locales. Et le BAPE va permettre aussi de faire
la lumière au niveau de l'acceptabilité sociale sur le projet de Lomiko.
Le Président (M. Ciccone) :
30 secondes.
Mme Zaga Mendez : Juste
rappeler, ce projet a reçu des millions de dollars du département américain. Ma
question : Est-ce que le gouvernement du Québec va mettre de l'argent, oui
ou non?
Mme Champagne Jourdain :
Je vous dirais qu'au niveau... Là, vous voulez dire va mettre de l'argent dans
ce projet-là?
Mme Zaga Mendez : Dans ce
projet-là, oui ou non?
Mme Champagne Jourdain :
Je pourrais peut-être valider, là. Je n'ai pas cette information-là à ce
moment-ci. Je vous le dis, là, ça fait... On me dit que non.
Mme Zaga Mendez : Aucun. Donc,
ceci demeure, l'engagement de ne pas mettre de <l'argent...
Mme Zaga
Mendez : ...Aucun, donc, ceci demeure,
l'engagement de ne
pas mettre de > l'argent. Ça fait qu'on va continuer. Ce projet-là est
financé grandement par le Pentagone, là, vous le savez, là, c'est le
département américain de la Défense...
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, Mme la députée. Merci beaucoup. Nous passons maintenant la parole au
député de Jacques-Cartier pour 14 min 24 s.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président. Je veux juste reviens à certaines des questions que
ma collègue a posées sur les avis. Je comprends, Mme la ministre, que c'est
impossible de déposer des avis ici, en commission, mais votre sous-ministre
adjoint a mentionné qu'il y a eu des précisions techniques. Je ne sais pas si
c'est exactement les mots qu'il a utilisés. Si on n'est pas capables d'avoir
les avis, est-ce que vous êtes capable d'expliquer à nous, les élus, qu'est-ce
qui était dans les avis de cette expertise technique? Qu'est-ce que vous avez
écrit exactement dans ces avis? Pas juste dans les mots que je trouve dans le
rapport, mais, vraiment, c'étaient quoi, les préoccupations autour... autour
des coûts des échéanciers du projet de Nemaska?
Mme Champagne Jourdain :
Je croyais que vous vous adressiez à M. Morissette...
M. Kelley
J'adresse à votre équipe.
Mme Champagne Jourdain :
...répétez juste la dernière
partie de votre... je m'excuse, la dernière
phrase, le bout... le bout de la question.
M. Kelley
: C'est
d'avoir, à la fin, là, à la fin, là, Nemaska, c'est de bien comprendre, bien,
c'était quoi, les préoccupations? Et je ne dis pas comme juste les mots : Ah,
oui, on a soulevé des enjeux avec les coûts. Vous avez une expertise technique.
Qu'est-ce que vous avez dit dans ce comité interministériel précisément? Parce
qu'on parle de 250 millions de dollars, les fonds des payeurs de
taxes du Québec. Je pense qu'ils méritent d'avoir un petit peu plus
d'information, Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Tout
à fait. Si vous me permettez, je passerais... repasserais la parole à M. Morissette.
M. Kelley
: Bien
sûr, avec consentement.
Le Président (M. Ciccone) :
Oui, parfait.
Mme Champagne Jourdain :
Merci.
M. Morissette (Ian) :
Merci. Donc, comme je le mentionnais tantôt, c'est des informations qui sont de
nature technique, donc sur la qualité du gisement, sur le procédé de traitement
du minerai, sur les infrastructures qui permettent de se rendre jusqu'au
projet. Par contre, je ne peux pas aborder les éléments spécifiques de l'avis
sectoriel. Comme il l'a été dit par la ministre plus tôt, c'est des
informations de nature confidentielle, des secrets industriels sur le projet,
et donc de les rendre publics pourrait révéler des informations qui ne doivent
pas l'être. Par contre, ce que je vous ai mentionné sur les éléments qui sont
dans les avis, c'est dans tous les avis sectoriels qu'on fait, donc, c'est les
éléments qui sont abordés, donc, vraiment sur l'aspect plus technique du projet.
• (10 h 20) •
M. Kelley
D'accord, je peux comprendre qu'on ne veut pas parler de la qualité... qualité
des gisements, peut-être, ça, c'est un secret industriel, là, on ne veut pas
aller là. Mais, sur les enjeux des coûts puis l'échéancier, ça, ce n'est pas un
secret industriel, je suis désolé, là, ça, c'est les fonds des payeurs de taxes
du Québec. Un manque de transparence est complètement inacceptable. Si vous
avez des enjeux avec les coûts, on a le droit de savoir pourquoi. C'est notre argent,
ce n'est pas l'argent de Rio Tinto. Alors, est-ce que vous pouvez expliquer,
s'il y a eu des enjeux de coûts autour de ce projet, c'était quoi, exactement?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
peut-être vous dire que... on l'a expliqué, là, on est beaucoup... on est dans
les avis techniques, ici. Oui, il y a un comité interministériel qui... c'est
amené à un comité interministériel pour les questions d'investissements, qui
sont tout à fait légitimes, je tiens à le souligner. C'est une question qui
peut être adressée au MEIE.
M. Kelley
Parfait. Regarde, je comprends, là, et je vais avoir une chance de questionner
le ministre de l'Économie. Et je comprends, là, on ne va pas avancer plus que
ça. Ce n'est pas votre faute, je comprends que vous n'étiez pas là, et, quand
même, il y a... Mais, je pense, c'est important juste de faire le point. Je
peux comprendre, sur certains aspects techniques d'un projet, on ne veut pas
dire tout ici, en public, mais, quand même, quand on parle des sommes qui vient
les fonds publics, là, ça, ce n'est pas un secret industriel, selon moi, et je
ne pense pas que mes collègues de l'opposition, la troisième opposition
officielle et le député indépendant... sont probablement d'accord avec moi.
Je vais passer... c'est un peu un autre
sujet, mais, encore, c'est en lien avec le rapport de l'Institut de... Fraser,
mais... en général, le climat d'investissement, ici, au Québec. C'est une étude
qui va sortir tantôt... demain, demain, de l'Association de l'exploration
minière du Québec, il y a eu une étude qui a été faite, qui démontre que tous
des frais supplémentaires qui est ajouté par les règlements dans la dernière
couple d'années, c'est un ajout d'environ 18 millions de dollars par
projet qui doit payer en termes de gérer cette... des nouveaux règlements, etc.
Eux autres <voient...
M. Kelley :
...de
gérer cette... des nouveaux règlements, etc. Eux autres > voient ça comme
c'est une perte de... des centaines des emplois. Encore, il y a un plus gros
fardeau sur le dos des gens qui veut développer des projets ici, au Québec. Et
je veux... j'essaie de jumeler ça avec le message de l'ancien premier ministre
et la nouvelle première ministre, qui va partout dans les autres juridictions
sur la planète puis dit : Heille! viens... viens au Québec, on va avancer
les projets rapidement. Mais, sur le terrain, c'est complètement le contraire,
Mme la ministre.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup pour votre question. Tout d'abord, effectivement, c'est... c'est... on
va se le dire, c'est complexe de développer des projets ici, chez nous. On a
des normes environnementales qui sont élevées, on en est fiers, mais ça amène
du travail, je dirais, sur la planche, et c'est correct, on en est très
conscients. Je pense qu'on aborde ça aussi dans notre stratégie, là, pour les
minéraux critiques et stratégiques. Ce qu'on veut faire en sorte, c'est que ça
aille plus rondement et, je le disais tout à l'heure, c'est important, sans
tourner les coins ronds au niveau de l'environnement.
Personnellement, moi, c'est quelque chose
dont je suis très fière, nos normes environnementales. Mais, comme je le
disais, on a l'expertise depuis plusieurs années. Ça fait presque 50 ans
qu'on fait des évaluations environnementales ici. Ça fait longtemps qu'on
développe des projets miniers. Il y a certainement des améliorations qui
doivent être faites.
Notre gouvernement s'est penché là-dessus
aussi, travaille à faire en sorte qu'on puisse raccourcir les délais pour que
les entreprises qui veulent investir chez nous, ici, développer des projets,
puissent faire des économies en temps aussi en ce sens-là. On en fait état dans
notre stratégie, là, de développement pour les minéraux critiques et
stratégiques mais aussi au niveau de l'évaluation environnementale. Il y a un
travail qui est fait aussi, et ma collègue pourra répondre, au niveau de
l'environnement, mais ce serait intéressant aussi de lui poser la question au
niveau du BAPE, certainement.
Alors, c'est sur, je vous dirais, notre
radar, de faire en sorte que ce soit... ça aille plus rondement ici puis qu'on
profite de l'expérience, de l'expertise qu'on a ici, au Québec, dans le
développement de ces projets-là.
Peut-être vous dire, là, qu'au niveau des
dépenses d'investissement dans le secteur minier, aussi... parce que vous
amenez des données qui sont importantes, puis c'est important qu'on ait cette
discussion-là aussi, mais, au niveau des dépenses d'investissement dans le
secteur minier, en dépit de... du rapport auquel vous faites référence, là, au
Québec, les investissements ont connu des hausses, en 2021, de 52,2 %, en
2022, de 10,9 %, en 2023, de 19,4 %, pour atteindre respectivement 4,29 milliards,
4,76 milliards et 5,69 milliards. Alors, les données aussi, pour
l'année 2025, les données préliminaires indiquent un léger recul par
rapport à 2024, pour atteindre 6,1 milliards. C'est à peu près moins
2 %. C'est donc vous dire que, malgré ces données-là, les investissements
continuent d'augmenter, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas continuer à
améliorer les processus.
M. Kelley : Oui, puis on
peut dire un grand merci à le prix d'or dans les dernières... des années, je
pense.
Mme la ministre, sur une autre question,
gaz de schiste, est-ce qu'on va de l'avant, comme la première ministre a dit
pendant la course à la chefferie de la CAQ? Parce que ça, c'est un dossier qui
relève de les Ressources naturelles. Alors, est-ce qu'on va réviser nos lois
sur les gaz de schiste?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que c'est un dossier qui concerne l'Énergie au MEIE. Le MRNF n'a
pas de rôle à jouer dans ce dossier-là. Alors, si je peux... si je peux vous
donner cette information-là, ça va être, encore une fois, une bonne question
pour le collègue au... à l'Économie.
M. Kelley : Alors, il
n'y a pas eu une discussion entre la première ministre puis le ministre de
l'Économie, le ministre... et l'Énergie, et le ministre des Ressources
naturelles, et la ministre responsable de l'Environnement et Lutte contre les
changements climatiques sur la question des gaz de schiste?
Mme Champagne Jourdain :
Bien...
M. Kelley
: Juste
à ce stade-ci, ils n'ont pas eu une discussion pour dire : Hé! ça prend
une note d'information des fonctionnaires pour dire : Est-ce qu'on peut
aller de l'avant? Parce que, quand même, j'imagine, il y a certaines lois
dans... c'est une énorme loi, la
Loi sur les ressources naturelles, qui
touchent un petit peu la question, par exemple, des gazoducs, les pipelines,
etc. Pas mal important pour l'industrie, le gaz de schiste ou le gaz naturel en
général.
Mme Champagne Jourdain :
C'est un dossier d'Énergie, ça sera une bonne <question...
M. Kelley :
...ou
le gaz naturel en général.
Mme Champagne Jourdain :
C'est
un dossier d'Énergie, ça sera une bonne > question à poser à mon
collègue. Vous pourrez savoir s'il a eu des discussions en ce sens là.
M. Kelley : OK, mais
aucune rencontre encore entre qui que ce soit sur ce sujet. Au minimum, vous
n'avez pas participé à des rencontres autour de la question de le gaz de
schiste avec la première ministre puis vos autres collègues.
Mme Champagne Jourdain : Je
ne suis pas concernée par ce dossier-là, donc je n'ai pas... je n'ai pas
assisté à des rencontres sur ce dossier-là, pour répondre précisément à votre
question, cher collègue.
M. Kelley : OK. Parfait.
Puis, sur la question des pipelines puis des gazoducs, si jamais il y a une
proposition pour un Énergie Est 2.0, est ce que votre gouvernement est ouverte
à approuver un projet, si jamais le premier ministre du Canada veut mettre ça
comme une des cinq priorités des projets d'infrastructures critiques? C'est
quoi, votre opinion là-dessus? Est-ce que c'est quelque chose que vous trouvez
intéressant, un autre pipeline qui traverse le territoire du Québec?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais qu'encore une fois, c'est un dossier d'Énergie, un dossier qui
concerne mon collègue. Les hydrocarbures relèvent, vous le savez, de l'Énergie.
Alors, ce sera de bonnes questions pour mon collègue à l'Économie.
M. Kelley : Mais je ne
pense pas que les pipelines, ça relève du ministère de l'Énergie. Juste,
peut-être je me trompe, mais je pense que les Ressources naturelles a un rôle à
jouer sur l'encadrement des oléoducs, les pipelines, tout ce qui est... tout
ça. Mais, bref, je comprends, Mme la ministre, qu'il n'y a pas une réponse
précise.
Mme Champagne Jourdain : Je
vous le confirme, ça relève de l'Énergie.
M. Kelley : OK. Ça
relève juste de l'Énergie. OK. Une autre question un petit peu plus
philosophique pour les gens qui gèrent le Plan Nord, la Société du Plan Nord.
On voit, avec... en Ontario, présentement, avec le Ring of Fire, ils ont mis en
place une politique pour essayer d'exploiter leurs ressources dans le Nord. Ils
ont des réussites. Ça fait maintenant un bon 20 ans que la société Plan
Nord existe, de mémoire, mais, si... OK, 10, mais, quand même, le plan qui a
été lancé par M. Charest...
Mme Champagne Jourdain :
Ils ont tellement fait, hein?
M. Kelley
Qu'est-ce qu'on peut faire pour, peut-être, améliorer notre approche pour
s'assurer qu'il y ait une exploitation, oui, le Nord qui est responsable, mais
on demeure compétitifs avec les Ontariens puis les autres juridictions? Est-ce
qu'on peut donne un «reboot» à la Société Plan Nord puis la stratégie dans le
Nord?
Mme Champagne Jourdain : Est-ce
que vous me permettez de passer la parole à M. Patrick Beauchesne?
M. Kelley
: Oui.
Le Président (M. Ciccone) : Parfait.
Vous vous présentez, et votre titre, s'il vous plaît.
• (10 h 30) •
M. Beauchesne (Patrick) : Bonjour.
Patrick Beauchesne, PDG de la Société du Plan Nord.
Alors, M. le Président, pour répondre à la
question, la comparaison entre le Ring of Fire ontarien et le Plan Nord, qui a
été lancé par... crée la société d'État, effectivement, on a eu nos 10 ans
en 2025-2026, la grande, grande différence, d'abord, territoriale, c'est qu'une
grande
partie du territoire nordique est couverte par une convention et traité
moderne de La Convention de la Baie James et du Nord québécois. Donc, il faut
tenir compte de ses prérogatives à cet effet... à cet effet-là.
L'autre grand
chapitre sur lequel on
travaille, c'est la planification cohérente des infrastructures d'accès au
territoire. Le territoire est immense. Le territoire nordique, c'est
1,2 million de kilomètres carrés, c'est deux fois la France, une
population de 140 000 personnes. Donc, c'est important, quand vient
le temps de définir des filières stratégiques comme la fosse du Labrador ou
encore les minéraux critiques et stratégiques du côté Eeyou Istchee—Baie-James,
de voir à ce que la planification des infrastructures routières, les aéroports,
les zones de transbordement pour le minerai, tout ça puisse se faire de façon cohérente
et concertée, parce qu'on n'a pas les moyens de faire des routes tout partout
puis des zones de transbordement tout partout. Donc, on travaille avec les
communautés.
Il faut tenir compte des traités. On
travaille avec les enjeux de certaines communautés. Je vais donner un exemple
très concret, Matagami. En 2022, Glencore a fermé la mine de nickel. SPN
et d'autres partenaires ministériels, on s'est affairés à trouver une solution
qui pourrait faire de Matagami un hub important de transbordement des minéraux
critiques et stratégiques provenant de la région Eeyou Istchee et de la
Jamésie. Donc, ces travaux-là sont en cours actuellement. On croit que ça va
relancer, donner de l'espoir à la communauté de Matagami, attirer des familles,
attirer des employés. Donc, c'est un peu dans cette perspective-là qu'on
travaille dans le côté ouest pour la Côte-Nord. Mais tous les travaux qui se
sont faits depuis 10 ans à la Société ferroviaire et portuaire de
Pointe-Noire...
Le Président (M. Ciccone) : En
terminant, s'il vous plaît.
M. Beauchesne (Patrick) : Donc,
100 millions de tonnes transbordées depuis 10 ans, des... qui
viennent des mines de la fosse du Labrador. Donc...
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, merci beaucoup. Avant de passer la parole à la députée de Chicoutimi,
je demanderais de fermer le son de tous vos appareils électroniques, s'il vous
plaît. Mme la députée de Chicoutimi, à vous la parole pour 14 min 29 s.
Mme Laflamme : Merci, M.
le Président. Alors, d'entrée de <jeu...
Haut de la page
10 h 30 (version révisée)
<20193
Laflamme : ...merci, M. le Président. Alors, d'entrée de > jeu,
félicitations pour votre nomination comme ministre des Ressources naturelles et
des Forêts, mais je tiens quand même à rappeler que ce changement-là, hein, il
prend place dans un contexte d'instabilité économique, que les secteurs des
ressources naturelles et des forêts sont particulièrement touchés par cette
grande instabilité et qu'on aurait eu besoin, en fait, de davantage de stabilité,
prévisibilité à ce poste-là plutôt qu'une nouvelle nomination à quelques mois
de la fin de la législature.
Maintenant, je m'en voudrais de ne pas
revenir sur les questions de mes collègues concernant Nemaska Lithium. Vous
comprenez que c'est 1,2 milliard d'argent public potentiellement mis dans ce
projet-là quand on additionne tous les investissements. On parle d'intervention,
dans ce dossier-là, directe du MEIE pour invalider l'expertise des spécialistes
du MRNF, alors on doit avoir des réponses. Vous commencez votre troisième
semaine, mais c'est quand même huit ans de bilan qu'on doit faire ce matin.
Alors, j'aimerais savoir, Mme la ministre, est-ce que vous reconnaissez que le MEIE
est intervenu directement dans le dossier, comme ça a été rapporté dans la
presse, à partir des conclusions de la Commissaire au développement durable?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que c'est une question qui pourrait être posée au MEIE.
Maintenant, si vous voulez qu'on puisse en discuter ici, de l'apport qui est
technique, là, puis je l'expliquais tout à l'heure, j'ai eu la chance de l'expliquer,
du MRNF, je peux, si vous le permettez, passer la parole, là, à M. Ian
Morissette.
Mme Laflamme : Bien sûr. Consentement.
Le Président (M. Ciccone) :
M. Morissette (Ian) : Bonjour.
Comme on l'expliquait tantôt, il y a un comité d'investissement qui rassemble
des représentants de chacun des ministères, où chacun arrive avec son
expertise. Le ministère des Ressources naturelles arrive avec la sienne, qui
concerne les aspects plus techniques du projet, et là il y a des discussions,
et les risques qui ont été mentionnés dans le comité se retrouvent dans les
avis sectoriels qui sont... qui sont acheminés à la ministre.
Mme Laflamme : Donc, ces
risques existent toujours?
M. Morissette (Ian) : Bien,
je vous dirais que, depuis 2023, donc, il y a des risques qui ont été atténués,
qui ont été pris en considération. Donc, il y a certains risques qui sont
présents, il y en a d'autres qui ont été mitigés en cours de route.
Mme Laflamme : Et combien est-ce
qu'il existerait de risques encore? Est-ce que ces risques-là sont de nature
financière ou autre?
M. Morissette (Ian) : Ah! ça,
je ne pourrais pas vous dire de proportion par rapport à ce qui avait été
évoqué dans l'avis au départ.
Mme Laflamme : Très bien. Je
vous amène maintenant sur le projet de développement des zones d'innovation,
qui a été porté, bien évidemment, par le MEIE, vous me direz, mais qui a aussi
un lien fortement étroit avec les Ressources naturelles. On a annoncé, donc,
une zone d'innovation minière à Rouyn-Noranda, très bien, mais on avait dans
les cartons aussi depuis longtemps une zone d'innovation en matière d'aluminium
au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Cette zone d'innovation là avait été annoncée à
plusieurs reprises par le gouvernement en 2024, en 2025. L'aluminium a d'ailleurs
été ajouté comme un minérau critique et stratégique sur la liste.
Alors, malheureusement, je constate que,
dans les cinq zones existantes, il n'y en a aucune à l'est de la rivière
Saint-Maurice. Alors, c'est triste pour les régions du Québec. J'aimerais
savoir : Est-ce que vous appuyez la zone d'innovation en aluminium au Saguenay—Lac-Saint-Jean?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, c'est une question, encore une fois, qui peut être adressée au ministère
de l'Économie et de l'Innovation, puisque la question de transformation relève
aussi, là, du MEIE.
Mme Laflamme : Alors, on parle
de recherche, d'innovation dans ce dossier-là. On parle, je vous le rappelle,
là, d'un minerai critique stratégique déterminé, défini par le gouvernement. On
vit une crise sans précédent aussi au niveau tarifaire, on est particulièrement
touchés en aluminium, on en parlera plus tard pour la forêt. Est-ce que vous ne
croyez pas qu'une zone d'innovation aurait permis, en fait, d'accroître la
valeur ajoutée des exportations et de pouvoir vraiment raffermir notre
positionnement québécois?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, comme je le disais tout à l'heure, là, c'est une question qui peut
être adressée au MEIE. On parle de zone d'innovation, on parle de
transformation, puis aussi au niveau de l'aluminium, mais ça ne relève pas de
la
Loi sur les mines ni du mandat du MRNF. Alors, pour avoir des réponses plus
précises à votre question, je vous suggère, là, de les poser au ministre de l'Économie.
Mme Laflamme : Alors, dans
votre posture de ministre des Ressources naturelles et de la Forêt, êtes-vous en
mesure de me dire si vous appuyez ou non la zone d'innovation?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que l'aluminium, ce n'est pas un minerai. Moi, je suis concentrée
sur ce qui est minerai puis forêts. On va avoir la chance, je suis convaincue,
d'avoir de bons échanges tout à l'heure là-dessus, mais, pour avoir les
meilleures réponses à vos questions, je vous suggère, là, de les adresser au
ministère de l'Économie.
Mme Laflamme : Et, concernant
la zone d'innovation minière, donc on touche les mines, ici on souhaite
nécessairement que ça rejaillisse sur les autres régions, hein, au pourtour de celles
d'Abitibi. Alors, quelle est votre planification pour en arriver aussi à une
contribution des autres régions?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
je vous dirais que ce projet-là est très important — je viens aussi d'une
région qui est fièrement minière — je vous le dirais, c'est un projet
qui repose sur l'expertise minière qui est déjà en <place...
Mme Champagne Jourdain :
...c'est
un projet qui repose sur l'expertise minière, qui est déjà en > place, qui
est déjà là depuis de nombreuses années, de nombreuses décennies, je dirais
encore plus à Rouyn-Noranda. Et aussi, ailleurs au Québec, comme je le disais,
il y a d'autres régions minières. On veut développer davantage l'écosystème en
innovation dans le secteur minier, et ce projet-là, on l'a annoncé, on est très
fiers de ce projet-là. Puis aussi la zone économie... la zone d'innovation
minière, elle repose sur un réseau d'acteurs locaux, mais aussi sur un réseau
provincial d'expertise en innovation minière. Alors, je vous dirais que ce
projet-là, vous vouliez avoir mon senti, on en est très fiers, puis voilà.
Mme Laflamme : Merci. Il
existe des listes de minéraux critiques et stratégiques. Alors, si l'aluminium
est sur la liste a, le phosphate ne l'est toujours pas. Au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
nous avons des projets de mines de phosphate. Vous savez, le phosphate est
important pour l'industrie agroalimentaire, mais également pour la batterie.
J'aimerais savoir si vous souhaitez intégrer le phosphate sur la liste a pour
que les projets de développement en lien avec ce minéral-là... ce minerai-là,
pardon, puissent bénéficier, notamment, des crédits d'impôt et de tous les
avantages d'être sur la liste.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
c'est une question... Vous savez, c'est une décision qui relève aussi du
ministère des Finances du Québec. C'est des discussions qu'on devra avoir avec
le ministère des Finances, comme je le disais. Il y a eu des ajouts qui ont été
faits au cours des dernières années sur cette... sur cette liste des minéraux
critiques et stratégiques, je pense, entre autres, au fer de haute pureté qui a
été ajouté. Ce n'est pas impossible qu'on ajoute d'autres minéraux critiques et
stratégiques, mais on aura les discussions, là, avec le ministère des Finances
en ce sens-là, c'est eux qui décident, au final, là, d'aller de l'avant ou non
avec un ajout, par exemple, du phosphate, entre autres, pour les crédits
d'impôt. On aura ces discussions-là.
• (10 h 40) •
Mme Laflamme : Alors,
cette discussion-là, je l'espère, sera avant la fin de votre mandat, puisqu'il
y a des projets qui attendent, quand même, au Québec, de pouvoir être
développés.
Mon collègue le disait tantôt, au niveau
de la prévisibilité dans le secteur minier, le verdict est sans appel, puisque
le Québec a dégringolé du cinquième au 22e rang en 2024, selon un sondage
effectué par l'Institut Fraser. Parmi les facteurs déterminants qui sont pris
en compte pour établir notre classement global, on parle de régime fiscal, de
réglementation, de barrières commerciales, mais également de dédoublement
fédéral-provincial, et j'en passe. J'aimerais savoir, Mme la ministre, si vous
êtes consciente des dédoublements réglementaires entre le fédéral et le
provincial et comment est-ce que vous comptez arrimer les deux paliers pour
rendre notre secteur minier plus attractif.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
vous voulez savoir si j'en suis consciente? Absolument. Je pense qu'on peut
simplifier les choses et j'insiste toujours sur le fait de le faire sans
tourner les coins ronds. Pour nous, les valeurs environnementales, le respect
de nos normes est important. On a acquis au fil des ans, au fil des décennies,
au fil du dernier siècle, je vais le dire comme ça, une expertise importante au
niveau, là, du développement des projets miniers, au niveau des processus
d'évaluation environnementale. Cette expertise-là, cette connaissance-là,
acquise au cours des... au cours des développements des différents projets ici,
sur le territoire, doit servir, et c'est ce à quoi notre gouvernement s'est
engagé, notamment dans notre stratégie de valorisation des minéraux critiques
et stratégiques, mais aussi au point de vue environnemental, pour faire en
sorte qu'on puisse, je dirais, optimiser le processus d'évaluation
environnementale. Je suis convaincue que ma collègue va avoir des questions
là-dessus, ce sera une discussion aussi qui sera intéressante d'avoir avec
elle. On continue de promouvoir activement aussi les avantages distinctifs, là,
du Québec pour améliorer notre environnement d'affaires.
Tout à l'heure, j'ai fait état des
investissements qui, malgré ces classements-là, là, dans ces études-là, ont
quand même augmenté de manière très considérable au Québec au courant des
dernières années. Alors, on veut certainement améliorer notre environnement
d'affaires pour voir aussi des projets se développer. Ça passe par des
initiatives comme le projet de loi Q-5, qui est porté par mon collègue le
ministre des Finances, et aussi la réduction des délais au BAPE pour faire en
sorte d'optimiser, puis de couper dans les longueurs qui sont peut-être un peu
plus superflues, et faire en sorte, là, que ce soit moins <long...
Mme Champagne Jourdain :
...longueurs
qui sont peut-être un peu plus superflues et faire en sorte, là, que ce soit
moins > long, moins difficile à soutenir pour... de manière... d'une
manière pécuniaire pour les promoteurs. On parlait tout à l'heure, là,
d'augmentation, on veut s'assurer que ce soit plus optimal à tous les niveaux.
Mme Laflamme : On parle de
diminuer les délais. Je vous donne un exemple concret ici. Alors, Arianne
Phosphate attend depuis un an et demi le renouvellement de son décret.
Malgré
le fait que le projet a obtenu une autorisation environnementale,
l'acceptabilité sociale, le gouvernement continue de lui exiger des
informations en boucle. Alors, est-ce qu'on va être en mesure de donner des
réponses rapidement et de pouvoir aussi réduire le délai de réponse? Parce que,
vous le savez, pour l'industrie minière, chaque semaine compte pour les
investisseurs.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
ça, encore une fois, c'est une question qui va être intéressante à poser à ma
collègue à l'Environnement, puisque le décret, là, l'émission de ce décret-là...
puis là on est dans un deuxième décret, je dirais, ou dans le prolongement, en
fait, du premier décret, là, du décret, ça relève, là, du ministère de
l'Environnement, là, et de la Lutte aux changements climatiques, là, et des
Parcs... de la Faune et des Parcs, pardon.
Je peux vous dire que le gouvernement du
Québec a soutenu le développement du projet de mine, notamment par le fonds
Capital Ressources naturelles et Énergie. C'est donc un projet auquel le
gouvernement croit, effectivement. Ceci étant dit, quand on émet ou quand on
décide de prolonger le décret, il faut s'assurer de certaines données,
certaines informations, je pense qu'il faut le faire en toute connaissance de
cause et s'assurer de poser les bonnes questions. C'est ce que le ministère de
l'Environnement doit s'affairer actuellement à faire. Ils pourront vous donner
plus de détails sur ça.
Mme Laflamme : Je vous
reviens avec la coordination avec le palier fédéral. Puisque nous ne
travaillons pas à partir de la même liste, il y a plus de minéraux qui sont
reconnus au fédéral, moins ici. Alors, qu'est-ce qui est en cours pour
harmoniser les pratiques?
Mme Champagne Jourdain : C'est
une excellente question. Si vous me permettez, je pourrais passer la parole,
faire un miroir, un ricochet à M. Ian Morissette. Vous le savez, je rentre dans
ma troisième semaine, j'ai acquis beaucoup de connaissances, j'ai encore de
bonnes questions comme ça, mais, pour nous donner un petit peu une idée, je
passerais la parole à M. Morissette.
Mme Laflamme : Bien sûr.
Le Président (M. Ciccone) :
M. Morissette, à vous la parole.
M. Morissette (Ian) : Merci.
Donc, du côté du Québec, il y a une première liste de minéraux critiques et
stratégiques qui avait été élaborée, elle en comptait 22. Il y en a six qui ont
été ajoutés, donc, maintenant, on est à 28. Ce qu'il faut comprendre, c'est que
nous, on choisit des minéraux critiques et stratégiques qui sont présents au
Québec, donc on ne met pas des minéraux dont on ne connaît pas l'existence ou qu'on
n'a pas. Donc, c'est probablement la différence qui existe entre la liste
fédérale et la liste québécoise.
Mme Laflamme : Le phosphate
est bien présent ici et n'est pas sur la liste, mais il est sur celle du
gouvernement fédéral.
M. Morissette (Ian) : Le
phosphate est sur la liste du gouvernement du Québec, c'est l'apatite. Donc, vous
pouvez voir, c'est... elle a été ajoutée lors de la dernière révision.
Mme Laflamme : Sur la liste a,
donc, et ils sont disponibles pour les crédits d'impôt, et tout...
M. Morissette (Ian) : Il n'y
a pas de...
Mme Laflamme : ...sur la liste
qui les rend disponibles, donc, à tous les crédits, là, pour développement,
crédits d'impôt?
M. Morissette (Ian) : Il y a
une liste... Il n'y a pas de liste a et de liste b. Il y a une liste, donc, la
première avec les 22, qui, elles, sont admissibles aux crédits d'impôt,
effectivement. Il y en a six qui ont été rajoutées, dont l'apatite, le
phosphate, et celui-là n'est pas... les six nouvelles qui ont été ajoutées ne
sont pas admissibles au crédit d'impôt.
Mme Laflamme : D'accord.
Merci. En terminant, comment est-ce qu'on fait pour améliorer la prévisibilité
pour l'industrie minière, notamment en ce qui a trait à la réglementation
environnementale, pour qu'on puisse profiter pleinement de notre potentiel?
Première action à poser?
Mme Champagne Jourdain : Je
vous dirais que, certainement, une des choses... une des choses qui peut être
faites, puis on... j'ai eu la chance, là, de pouvoir en parler tout à l'heure,
c'est d'améliorer nos processus, certainement, de faire en sorte que ce soit
plus court, qu'on abrège les longueurs peut-être pas nécessaires, puisqu'on a
acquis beaucoup d'expertise, beaucoup de connaissances au fil des ans. On veut
certainement aussi continuer de promouvoir les avantages distinctifs du
Québec...
Le Président (M. Ciccone) :
En terminant.
Mme Champagne Jourdain :
...puis, peut-être de manière plus concrète, mettre en place un accompagnement
personnalisé pour l'industrie.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Vraiment désolé.
Mme Champagne Jourdain : On
aura peut-être la chance d'en reparler. Merci.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
je passe maintenant la parole à M. le député d'Abitibi-Est pour 1 min 57 s.
M. Dufour : Très simplement,
chez nous, j'ai une minière, présentement, qui va vous verser, au gouvernement,
au-delà de 600 millions de dollars. Pendant ce temps-là, j'ai un bout
de piste d'aéroport de 4,5 millions, il n'y a aucun programme,
naturellement... au programme, actuellement, au niveau du gouvernement, mais on
n'est même pas capables d'avoir cette somme-là par le biais des différents
ministères.
Vous-même en tant que ministre d'une
région ressource, trouvez-vous ça <normal...
M. Dufour :
...vous-même
en tant que ministre d'une région ressource, trouvez-vous ça > normal
qu'on ne soit pas capables de mieux accommoder nos régions lorsqu'on a des
projets précis comme ça et tangibles?
Mme Champagne Jourdain : Là,
vous me parlez d'une piste d'atterrissage précisément pour les besoins...
M. Dufour : Naturellement,
pour les besoins pour alimenter le Nord aussi, qui est un hub, naturellement,
pour amener des travailleurs dans les industries minières au Nord-du-Québec.
Mme Champagne Jourdain : Puis
là vous faites référence, naturellement, je pense, à toutes les redevances
minières, dans la manière dont elles sont partagées, je dirais, au Québec?
M. Dufour : Définitivement.
Mme Champagne Jourdain : Les
redevances minières, là, on le sait, là, c'est la manière dont les Québécois
reçoivent leur juste part de l'exploitation de nos ressources naturelles.
M. Dufour : M. le Président,
je comprends que les Québécois le reçoivent, mais ceux des régions qui sont
exploitées, c'est là qu'est ma question.
Mme Champagne Jourdain :
Absolument.
M. Dufour : Les gens des
régions exploitées.... Est-ce qu'on est juste encore à la base de la
colonisation de ces régions-là? Et vous faites
partie d'une de ces régions
là-bas.
Mme Champagne Jourdain : Bien,
absolument, absolument, tout à fait. Et je suis d'accord avec vous que nos
régions doivent recevoir la juste part. En 2024, on a redistribué
478 millions au fonds consolidé, bon, vous savez à quoi ça sert, je
vais... je vais m'abréger là-dessus, mais je veux vous dire que je les
comprends, les attentes des communautés qui veulent avoir des retombées
directement chez elles. Il y a 38 millions qui est redonné via le...
Le Président (M. Ciccone) :
En terminant.
Mme Champagne Jourdain : ...bien,
qui sont distribués chaque année par la MRC, mais je veux vous dire que, moi,
c'est une question sur laquelle je veux me repencher, assurément, comme
ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
Le Président (M. Ciccone) :
Merci beaucoup. Merci beaucoup, Mme la ministre. Maintenant, je passe la parole
à M. le député de Jacques-Cartier pour 14 min 29 s.
M. Kelley
: Merci
beaucoup, M. le Président. Avant de passer vraiment à l'étude des crédits, je
veux juste noter que le ministre des Finances a dit qu'il n'était pas au
courant de l'avis défavorable par le ministre des Ressources naturelles. Je
comprends que la ministre n'était pas là. Certains des fonctionnaires n'étaient
pas présents quand ces avis étaient écrits. Nous avons demandé qu'ils ont
déposé l'avis, ce n'est pas possible, ni les procès-verbaux des discussions
entre tout le monde. Bref, on a beaucoup de questions pour le ministre de
l'Économie et, quand même, pour la première ministre, qui était présente, mais
je pense que ça résume bien les discussions qu'on a eues ce matin.
Maintenant, Mme la ministre, cahier des
crédits, je suis dans les renseignements généraux, sur la page 32. On
parle des listes de voyages. Ce n'est pas le montant, mais j'ai trouvé ça
intéressant qu'on a envoyé Jean-François Bergeron à Washington... seulement les
coûts qui étaient pensés par l'État, c'était 75 $, c'est bien correct, ça,
mais pour agir à
titre de témoin dans le cadre d'un litige opposant le fonds
d'investissement américain Ruby River Capital au gouvernement du Canada. La
grande majorité des frais de déplacement étaient remboursés par les Affaires
mondiales du Canada. Pourquoi M. Bergeron était à Washington pour être un
témoin dans un cas de litige entre, ça me semble, le gouvernement du Canada et
ce fonds d'investissement?
• (10 h 50) •
Mme Champagne Jourdain : Si
vous me permettez, pour répondre à votre question, qui est très précise et
pertinente, je pourrais passer la parole à Mme Lucie Ste-Croix, qui est
sous-ministre associée aux territoires et aux affaires stratégiques.
M. Kelley
: Avec
plaisir.
Mme Champagne Jourdain :
Merci.
Le Président (M. Ciccone) :
...vous nommer, et votre position, s'il vous plaît.
Mme Ste-Croix (Lucie) : Oui.
Merci, M. le Président. Donc, Lucie Ste-Croix, sous-ministre associée aux
territoires et aux affaires stratégiques au ministère des Ressources naturelles
et des Forêts. Donc, je comprends de la question de M. le député, là... à
savoir qu'est-ce que cette personne-là est allée faire à Washington pour des
frais, quand même, somme toute minimes. Vous l'avez mentionné, les frais, moins
le 75 $, ont été remboursés par le gouvernement fédéral. Donc, M. Bergeron
a agi à
titre de témoin expert dans ce dossier-là, là, concernant le litige qui
oppose les entreprises, là, au gouvernement fédéral.
M. Kelley
: OK. Écoutez,
très précisément, c'est quoi, l'expertise de M. Bergeron?
Mme Ste-Croix (Lucie) : C'est
un expert en matière d'impact environnemental.
M. Kelley
: Et est-ce
que c'est quelque chose qui arrive souvent, que les fonctionnaires de l'État du
Québec soient interpelés de témoigner devant un processus indépendant de
qu'est-ce qui arrive avec le gouvernement? Alors, c'est comme, souvent, ils
sont demandés, des fonctionnaires de l'État, de Québec, d'être un témoin dans
un processus pour leur expertise?
Mme Ste-Croix (Lucie) : C'est
exceptionnel.
M. Kelley
: OK. Parfait.
Merci beaucoup pour la réponse. Maintenant, je suis sur la page 35, puis
on a une liste des dépenses de formation de communication. Il y a une dépense
de 16 000 $ pour une formation de Négocier stratégiquement :
pour un accord mutuel gagnant , à l'Université de Laval. Est-ce que ça,
c'était une formation qui a été faite pour un groupe des <fonctionnaires...
M. Kelley
...est-ce que ça, c'était une formation qui a été faite pour un groupe des > fonctionnaires
ou est-ce que le ministère a subventionné une formation qui a été livrée par
l'Université Laval pour les étudiants?
Mme Champagne Jourdain :
Merci. Si vous me permettez, pour répondre à cette question-là, précisément, je
demanderais à Anne Racine, sous-ministre.
M. Kelley
: Oui.
Mme Racine (Anne) : En fait,
c'est une formation qu'on a achetée pour des fonctionnaires du ministère. On a
plusieurs fonctionnaires, au ministère, qui sont appelés à agir dans des
négociations, notamment. Vous le savez, on est un ministère très actif en
matière autochtone, alors beaucoup de discussions, négociations d'ententes,
notamment avec les communautés, là, donc c'est pour ça qu'on avait un besoin de
formation, qui fait qu'on en a acheté, là. C'est une formation qui était pour
80 personnes.
M. Kelley
: OK. Et même
chose pour Rédiger pour convaincre , l'Université Laval, j'imagine, c'était
la même chose, c'est pour certaines personnes dans le domaine des communications,
d'améliorer leur...
Mme Racine (Anne) : Tout à
fait.
M. Kelley
: Parfait.
Puis combien de personnes ont participé à ça, Mme Racine?
Mme Racine (Anne) : Là, je
n'ai pas le chiffre sous les yeux pour celle-là, mais je peux... je pourrai
vous le donner, là...
Une voix : ...
Mme Racine (Anne) : C'est 80
aussi, OK. C'est parce qu'on me redonnait 80, puis je me disais : Ça ne se
peut pas que ça soit le même chiffre, mais, par hasard, c'est le même.
M. Kelley
: Excellent.
Le Président (M. Ciccone) :
Je comprends que vous allez déposer ce chiffre-là à la commission?
Mme Racine (Anne) : Non, bien,
je peux vous confirmer que c'est pour 80 personnes également, là, pour la
formation pour la rédaction.
Le Président (M. Ciccone) :
La même chose. OK. Parfait.
Mme Racine (Anne) : Oui, c'est
la même chose.
Le Président (M. Ciccone) :
Merci.
M. Kelley
: Excellent.
Sur la prochaine page, on parle de la Table jamésienne de concertation minier.
On a dépensé un montant de 24 000 $ pour une étude d'opportunité sur
le développement du secteur transformation. Est-ce que c'est possible d'avoir
une copie de l'étude qui a été faite? Ça semble que c'est pas mal pertinent. Je
ne sais pas si l'étude est déjà prête, et tout ça, mais, si possible, de
déposer ça à la commission, ça va être apprécié.
Mme Champagne Jourdain : ...on
va la déposer.
M. Kelley
: Excellent.
Merci beaucoup.
Le Président (M. Ciccone) : ...connaissance
puis on va la... on va voir si on va la déposer pour que tous les membres
puissent en prendre connaissance. Merci.
M. Kelley
: Excellent.
Merci beaucoup, M. le Président. Maintenant, je suis sur la page 39 puis
je vois que des contrats des services professionnels engagés au ministère des
Ressources naturelles et des Forêts, pour le secteur d'unité centrale, on a un
contrat de 17 000 $ pour un Marc Ouellet, pour les services
professionnels, pour participation à les réunions des comités d'audit, audit
interne. Alors, j'imagine, ces audits sont... On embauche quelqu'un de
l'externe pour venir voir toutes les dépenses qui étaient faites dans le
ministère en général, ou est-ce que ça, c'était un audit qui a été fait qui était
très précise pour le ministère?
Mme Racine (Anne) : En fait...
Mme Champagne Jourdain :
Allez-y.
Mme Racine (Anne) : Ni un, ni
l'autre, en fait, tous les ministères ou, en tout cas, la plupart des
ministères ont un comité d'audit interne généralement constitué de personnes de
l'externe. C'est le cas de M. Ouellet. On a trois membres, là, externes
sur le comité d'audit. Alors, leur rôle, c'est de recevoir les rapports d'audit,
qui, eux, sont faits par des fonctionnaires du ministère, de les analyser, d'en
discuter avec moi, d'échanger avec les fonctionnaires du ministère sur le
contenu des rapports et de jeter un regard externe, je vous dirais, sur la
gestion du ministère en général.
M. Kelley
: Puis est-ce
que M. Ouellet a fait des suggestions à vous que certaines pratiques doit être
révisées ou, quand même, peut-être il y a des manquements dans certains
rapports qui été déposés à vous puis à votre équipe?
Mme Racine (Anne) : Bien, en
effet, c'est tout le but de l'audit, là, de formuler des recommandations pour
améliorer la gestion au ministère, notamment sur l'amélioration des lignes de
défense, là, tu sais, de mettre en place des mécanismes pour s'assurer qu'il
n'y a pas de... il n'y a pas d'erreurs qui sont commises dans la gestion. C'est
beaucoup là-dessus. Ils regardent notre gestion des risques, également, au
ministère. Donc, c'est leur rôle, là, au comité d'audit, de formuler... de me
formuler des recommandations sur la gestion du ministère.
M. Kelley
: Parfait.
Puis, sur la ligne de défense, j'imagine, vous mentionnez juste d'éviter de
faire des erreurs ou, quand même... Juste de bien comprendre la suite.
Mme Racine (Anne) : Oui, bien,
pour s'assurer que tous les mécanismes sont en place pour que, si les
premières... par exemple, sur le plan comptable, si les premières vérifications
n'ont pas marché, qu'il y ait une autre ligne qui vient ensuite, pour être
certain qu'il n'y a pas d'erreurs qui ont été commises. Voilà.
M. Kelley
: OK.
Parfait. Prochaine question, c'est sur la page 47, c'est le secteur,
encore, mais dans les mines, c'est pour... Noranda, Hôtel & Spa, c'est le
local, j'imagine, qui a été utilisé... Ah! excusez-moi, je suis dans la
mauvaise ligne, c'était pour la Gestion B2B-2GO, la création d'une plateforme
de maillage lors du congrès de le... Québec Mines. C'était quoi exactement, ça?
C'est la façon, j'imagine, de communiquer avec les participants, puis,
j'imagine, ça, c'est leur expertise?
Mme Champagne Jourdain : Si
vous me permettez, je passerais la parole à M. Morissette, sous-ministre
associé aux Mines.
M. Kelley
: Bien sûr.
M. Morissette (Ian) : Oui,
merci. Donc, Québec Mines + Énergie, c'est <l'événement...
M. Kelley
: ...bien
sûr.
M. Morissette (Ian) :
Oui, merci. Donc, Québec Mines + Énergie, c'est > l'événement qu'on
organise au ministère à chaque année, au mois de novembre, et c'est une
plateforme qui permet d'organiser des rendez-vous d'affaires entre les
différents participants lors du congrès.
M. Kelley : OK. Maintenant,
M. le Président, je vais juste poser une couple de questions de Société de Plan
Nord. Je sais que ce n'est pas vous, mais, quand vous avez mentionné la bonne
coordination des infrastructures dans le Nord, je dois juste souligner comme le
fait que, récemment, il y a un
article sur la 138, le... le pont à nulle part,
et, j'imagine, Mme la ministre, vous êtes au courant de ça aussi. On a besoin
beaucoup d'argent partout sur nos routes au Québec, sur la Côte-Nord aussi,
mais, si jamais, dans votre rôle dans le... responsable pour la Société de Plan
Nord et dans les discussions avec vos collègues dans les autres ministères,
d'éviter des ponts à nulle part, ça va être très apprécié par pas juste les
citoyens de ma circonscription, mais, je pense, par tous mes collègues aussi.
Mais, peut-être, on peut juste parler
encore, j'ai... On a fait le même exercice, l'année passée, sur des montants
accordés dans la Société de Plan Nord et l'état d'avancement d'un projet, puis
certaines... Quand même, je pense qu'on a eu des discussions, l'année passée,
alors si on... peut-être juste revient là-dessus... Comme, par exemple, sur la
page 13, le Parc régional des Grandes-Rivières du lac Saint-Jean,
aménagement d'un corridor de transport actif, le montant qui était dédié, de
597 000 $, puis on n'a pas eu un avancement dans la dernière année.
Alors, est-ce qu'on peut juste avoir, peut-être, une mise à jour où on est
rendus avec ce projet ou est-ce que ça a été mis ailleurs pour quelque chose de
différent?
Mme Champagne Jourdain : Si
vous me permettez, avant de passer la parole à M. Beauchesne, pour
répondre à votre question, je veux vous dire : La Basse-Côte-Nord, ce
n'est pas nulle part, là, par exemple.
M. Kelley : Non. Ça,
c'est vrai, on est d'accord avec ça, c'est plus une expression.
Mme Champagne Jourdain :
Mais je comprends votre question. Je comprends votre question.
M. Kelley
: C'est
l'expression.
Le Président (M. Ciccone) : ...
M. Beauchesne (Patrick) :
M. le Président, si je pouvais demander de repréciser la page...
M. Kelley
: Absolument.
C'est page 13, on voit le parc, et je suis dans la demande de
renseignements particulières de l'opposition officielle.
M. Beauchesne (Patrick) :
Ah! OK, parfait. Parfait.
• (11 heures) •
Le Président (M. Ciccone) : Je
vais prendre le temps... de minutes pour déposer le document que vous vous êtes
engagé à déposer, parce que je dois en prendre connaissance et je dois
l'autoriser. Alors, s'il vous plaît, le faire rapidement, s'il vous plaît.
M. Beauchesne (Patrick) :
Pour la question posée, je vais devoir consulter mes équipes. On pourra fournir
la réponse par écrit à la commission, pour le degré d'avancement du projet, là,
que vous mentionnez.
Le Président (M. Ciccone) : Alors,
vous vous engagez à déposer le...
M. Beauchesne (Patrick) :
Oui.
Le Président (M. Ciccone) : ...parfait,
la réponse, merci. Merci.
M. Kelley
Parfait, ça va être apprécié. Puis j'ai vu aussi un autre dossier, c'est avec
la Maison des organismes communautaires de Sept-Îles. Alors, j'ai pensé,
peut-être, la ministre ou vous pouvez juste mentionner l'état d'avancement, c'est
à 40 %, c'est un montant d'environ 400 000 $, alors, tu sais, peut-être
juste avoir une mise à jour qui... projet, qui, j'imagine, est très important
pour la ministre, mais aussi très important pour les gens de Sept-Îles. Et je
sais que, des fois, c'est complexe, parce que... comme une
partie municipale
puis...
Mme Champagne Jourdain : Oui,
on fait référence à... on fait référence au MOCSÎ, j'imagine, à l'annonce qui
avait été faite. Peut-être, M. Beauchesne, vous pourriez répondre si vous
avez l'état d'avancement.
M. Beauchesne (Patrick) : ...
Mme Champagne Jourdain : Merci.
Allez-y.
Le Président (M. Ciccone) :
M. Beauchesne.
M. Beauchesne (Patrick) :
M. le Président, pour la préparation de l'étude des crédits, toutes les données
sont en date du 31 janvier. Donc, les données qui sont fournies à la
commission sont les mises à jour à cette date-là. Puis, effectivement, dans la
réalisation de certains projets, au niveau des financements, il y a des mises à
jour qui sont faites régulièrement avec les promoteurs. Donc, on pourra voir
si, d'ici le 31 janvier, il y a eu de l'avancement là-dedans.
M. Kelley : Parfait.
Le Président (M. Ciccone) :
...M. le député?
M. Kelley
: Oui.
Aussi, le projet à la ville de Chibougamau, l'acquisition d'un logiciel de
transport collectif, on a un montant accordé de 64 000 $, puis il n'y
a aucun avancement de le projet. Est-ce qu'il y a une raison pour ça?
M. Beauchesne (Patrick) : La...
dans la... M. le Président, dans l'administration des programmes et de l'octroi
des aides financières, le versement de l'argent et la progression est toujours
au moment où l'ensemble du montage financier est terminé par le promoteur.
Donc, il est possible qu'entre le temps que nous, on accepte le projet et on
signe une lettre qu'on va octroyer, si le promoteur a tardé à compléter son
montage financier, donc, que le projet n'ait pas nécessairement démarré. Donc,
il faut... Il y a toujours un temps flottant, là, entre la promesse d'octroi de
subvention par la Société du Plan Nord et le début du projet.
M. Kelley : Parfait.
Puis, je sais qu'il y a plusieurs projets pour... autour des ports, et ça
semble... l'avancement... Je comprends qu'il y a un < pourcentage...
Haut de la page
11 h (version révisée)
<17951
Kelley :
...et ça semble que ça... l'avancement, je comprends
qu'il y un > pourcentage, peut-être c'est plus, mais, en général, on est
rendus où avec les investissements? Parce qu'avec tout qui a changé sur la
planète dans les dernières deux années, là, on peut dire que les ports dans... sur
la Côte-Nord, dans le Grand Nord, sont hyperimportants. Alors, est-ce que ça
avance bien ou est-ce qu'il y a quand même toujours des choses il faut
travailler pour avancer ces dossiers?
Mme Champagne Jourdain : Oui,
vous pouvez y aller.
M. Beauchesne (Patrick) : Merci
pour la question. Si on prend pour la Côte-Nord, par exemple, on travaille de
façon assez intense avec l'administration du port de Sept-Îles et l'administration
du port de Baie-Comeau. Baie-Comeau travaille beaucoup... Ils sont en
association avec le port de Rotterdam et ils veulent vraiment instaurer
Baie-Comeau comme aussi un hub de transition pour plusieurs ressources
naturelles qui viennent de la Côte-Nord. Pour ce qui est du Nunavik, dans les 14
villages nordiques, il y a de petites infrastructures maritimes, et
effectivement c'est inscrit dans... J'indiquais plus tôt la question de la
planification puis de la cohérence des grandes infrastructures d'accès au
territoire. Pour le Nunavik, les infrastructures maritimes...
Le Président (M. Ciccone) :
En terminant, s'il vous plaît.
M. Beauchesne (Patrick) : ...deviennent
névralgiques, et on est à faire des études, des «due diligence», des revues
diligentes pour l'état des infrastructures en ce moment.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup. Je passe maintenant la parole à un membre du gouvernement pour 13
minutes, mais je veux juste vous rappeler qu'on n'a pas reçu le document
encore. Je ne veux pas être fatigant, mais vous vous êtes engagée, et ça doit
être envoyé à l'adresse courriel de la commission. Merci beaucoup. Alors, un
membre du gouvernement, M. le député de Gaspé, à vous la parole, vous avez 13 min 8 s.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. Vous me permettrez d'abord d'adresser les salutations d'usage, à
commencer par vous, à
titre de président, très heureux d'être ici aujourd'hui. Mme
la ministre, vos équipes de professionnels, ma collègue de Laviolette—Saint-Maurice,
toujours un plaisir, mon collègue de Vanier-Les Rivières, collègues des
oppositions, mon collègue d'Abitibi-Est et, bien évidemment, nos auditeurs et
auditrices, là, qui nous regardent à la maison. M. le Président, comme je le
disais, je suis très heureux d'être ici, à l'étude des crédits, un processus
important au niveau de notre saine démocratie. Donc, c'est toujours un plaisir
de participer à l'exercice et, bien évidemment, d'y contribuer.
J'aimerais faire un petit... un petit tour
dans l'histoire au niveau d'un historique de législature sur les mines pour
vous amener vers la modification législative importante, là, de la
Loi sur les
mines, qui date de 2024, vous dire que la
Loi sur les mines québécoise repose
sur un modèle héritier... hérité, pardon, du XIXe siècle, donc ce n'est
pas d'hier, fondé sur le principe du «free mining». Essentiellement, le «free
mining» se résume à trois grandes préoccupations, à savoir une priorité
accordée à l'activité minière sur les autres usages du territoire, un accès
relativement facile aux droits d'exploration, les claims, communément appelés,
et un faible encadrement initial des impacts environnementaux et sociaux. Ce
régime a longtemps favorisé le développement rapide de l'industrie minière au
Québec, un pilier économique du Québec, mais aux dépens de d'autres acteurs
alors largement ignorés.
En 2013 eut lieu une première modification
législative majeure. Elle visait notamment à renforcer la restauration des
sites miniers, primordial dans un contexte de vision à long terme et de
responsabilisation des entreprises minières. Elle visait aussi introduire
davantage de transparence et, finalement, à améliorer la prise en compte de l'environnement.
Nonobstant l'avancée majeure de 2013,
plusieurs critiques subsistent, à savoir le maintien du principe du «free
mining» et les conflits d'usage du territoire, qu'on parle d'agriculture, qu'on
parle de villégiature, qu'on parle de récréotourisme. Suite à cette réforme,
nous avons pu voir une augmentation assez significative de la spéculation
foncière et une explosion des claims, chose dont il a régulièrement été
question ici depuis le début de la législature 42. On parle de 10 %
du territoire qui était... qui était sous le principe du claim sans aucune
réelle intention d'exploration, ce qui est quand même assez surprenant.
Ça m'amène à ma première question, M. le
Président, que j'adresse à notre ministre. Mme la ministre, depuis les
modifications à la
Loi sur les mines, qui datent de novembre 2024, pouvez-vous
nous parler des avancées significatives de la loi? Et quels <sont les
bénéfices attendus...
M. Sainte-Croix :
...significatives de la loi? Et quels > sont les bénéfices attendus et
actuels?
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup, cher collègue. Effectivement, il y a eu... au cours des interventions
qui ont pu être faites au niveau de la
Loi sur les mines, il y a des
modifications qui sont venues moderniser le cadre législatif, là, qui, vous
l'avez bien dit dans votre... dans votre introduction, doit être adapté aux
réalités économiques, environnementales et sociales d'aujourd'hui. Je le dis
souvent, je l'ai souvent dit, on ne développe plus des projets miniers comme on
l'a vu dans une autre... à une autre époque ou dans un autre siècle. On ne fait
plus les choses de la même manière, et les gens s'informent, les gens se
sentent concernés, c'est tout à fait normal, par le développement de ces
projets-là et veulent avoir aussi leur mot à dire, leur impact sur le
développement de ces projets-là.
Alors, notre gouvernement a choisi d'agir,
là, pour rendre le Québec certainement plus prévisible, plus efficace, plus
compétitif aussi, et, je l'ai dit à plusieurs reprises tout à l'heure, tout en
maintenant nos standards environnementaux élevés. C'est important pour nous. On
vient, avec les modifications qui auront été faites, mieux encadrer les travaux
d'exploration, renforcer la transparence puis améliorer aussi la collaboration
avec les communautés locales, mais aussi les communautés autochtones. C'est
très important.
On peut dire qu'on a écouté les
préoccupations des citoyens puis qu'on a agi par rapport à ça, je pense que
c'est important qu'on le souligne, en soustrayant des terres privées puis des
périmètres d'urbanisation de l'activité minière — c'est un changement
important — en consultant aussi systématiquement les communautés
autochtones puis les communautés locales dès l'étape d'exploration minière pour
encourager, comme je le disais tout à l'heure, la transparence, l'échange
d'information et améliorer aussi l'acceptabilité sociale de ces projets-là qui
peuvent se bâtir avec les communautés d'accueil, en instaurant aussi des
mesures pour mieux encadrer le régime minier lui-même, limiter la spéculation
puis mieux contrôler l'accès aux ressources minérales québécoises, puis,
finalement, en assujettissant le nouveau... tout nouveau projet...
Bien, en fait, chaque nouveau projet est
assujetti à la procédure d'évaluation, là, et d'examen d'impacts sur
l'environnement et au BAPE. Ça aussi, c'est un changement qui mérite d'être
souligné. Et je vous dirais que, du côté des MRC, bien, elles disposent aussi
davantage, puis c'était un besoin... davantage d'outils pour planifier leur
territoire, ce qui contribue aussi directement à l'acceptabilité sociale.
Le bénéfice concret, c'est un climat
d'affaires plus stable. C'est vers là qu'on veut tendre aussi, nos efforts sont
déployés en ce sens-là, donc, un climat d'affaires plus stable qui va favoriser
les investissements privés puis accélérer la mise en valeur de nos ressources,
et, on le sait, bien, dans le contexte géopolitique actuel, le Québec doit être
capable d'avancer rapidement pour saisir les occasions stratégiques qui sont
liées aux minéraux critiques et stratégiques.
Alors, voilà succinctement les avancées
significatives qui ont été faites là, sur la loi... sur la
Loi sur les mines.
Voilà.
• (11 h 10) •
M. Sainte-Croix : Merci, Mme
la ministre, pour ces réponses claires, convaincu que ça a été apprécié par
l'ensemble des collègues et des auditeurs.
Je vais continuer sur les leçons
d'histoire pour la seconde
partie de mon intervention, cette fois sur
l'importance des minéraux, plus largement des ressources minérales critiques
dans l'économie du XXe siècle. On s'entend pour dire que ces minéraux... Ce
secteur d'activité est essentiel, fondamental à l'économie du Québec, à la fois
le moteur matériel de l'industrialisation, de la puissance économique et
militaire et de la croissance mondiale.
Essentiels dans l'économie, des produits
comme le fer, l'acier, tout comme le cuivre et l'aluminium, ont permis de
développer d'importants secteurs de l'économie du Québec depuis plus d'un
siècle. C'est ce qui a entraîné des développements urbains dans plusieurs
régions plus éloignées, des constructions d'infrastructures pour assurer
l'exploitation de ces ressources et un effet important sur la croissance du PIB
d'une province comme celle du Québec.
Vers la fin des années 90 apparaît le
terme «critique» dans l'industrie minière. On parle ici de minéraux
essentiellement indispensables à l'économie, rares ou concentrés
géographiquement et vulnérables aux <ruptures d'approvisionnement, et
c'est là...
M. Sainte-Croix :
...rares
ou concentrés géographiquement et vulnérables aux > ruptures
d'approvisionnement, et c'est là que le Québec tire son épingle du jeu. Ces
minéraux sont indispensables aux technologies modernes, à la transition
énergétique et à l'économie numérique.
Ce qui m'amène vers ma seconde question,
M. le Président. L'arrivée du président américain a amené une incertitude
géopolitique qui évolue rapidement et qui est parfois difficile à suivre pour
nous et aussi pour les entreprises, mais une chose est certaine, c'est qu'on
entend de plus en plus parler des minéraux critiques et stratégiques. Comment
le Québec peut-il se positionner, Mme la ministre, comme un leader des minéraux
critiques et stratégiques à l'international?
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup, cher collègue. Je pense que c'est une question extrêmement
intéressante puis qui vaut la peine, là, d'être adressée ici. Je pense que
c'est important de souligner que le Québec, là, a tous les ingrédients pour
devenir un leader mondial des minéraux critiques et stratégiques. On possède
les ressources, évidemment, un sol riche, l'expertise qui est là, qui a été
développée au courant de nombreuses années, une énergie propre, aussi, et
renouvelable puis un environnement politique stable et prévisible.
Alors, c'est une excellente recette, je
crois, pour pouvoir développer une chaîne de valeur, là, très intéressante, qui
est indispensable aussi dans plusieurs secteurs, au niveau des technologies, au
niveau de la santé aussi, et j'en passe, évidemment. Alors, il y a près de
50 % du... des projets de lithium du Canada qui se trouvent sur le
territoire québécois, de même que 70 %... 79 %, en fait, des réserves
mondiales de graphique... de graphite, pardon. Le Québec est déjà le premier producteur
de lithium puis de graphite naturel en Amérique du Nord. Alors, ça, c'est
important à souligner.
C'est aussi, le Québec, le seul
fournisseur de scandium en Amérique du Nord, un produit qui est produit à
Sorel-Tracy. Le scandium, c'est important de le dire, demeure un très petit
marché dont la Chine est le principal producteur. Alors, ça aussi, c'est
important dans la réponse à la question que vous posez. On dépend beaucoup,
dans plusieurs secteurs, du... de la Chine. Alors, c'est important de pouvoir
développer, de là notre stratégie, aussi, qu'on a mise en place et adoptée
dernièrement.
Puis, à
titre d'information, le scandium,
c'est un élément de microalliage qui est le plus efficace au monde. Ça permet
de renforcer l'aluminium. On en parlait tout à l'heure, c'est important aussi
au Québec, c'est un secteur qui est important. Alors, ça permet de renforcer
l'aluminium en réduisant son poids puis en améliorant sa flexibilité, sa
résistance à la chaleur et à la corrosion. Alors, ça vient dans la recette de
notre aluminium.
Les producteurs... Effectivement, les
promoteurs font actuellement face à beaucoup d'incertitude depuis le début des
tensions commerciales aux États-Unis. C'est difficile, c'est un contexte qui
est complexe pour nos producteurs actuellement, et on veut intervenir
certainement pour créer plus de prévisibilité. Tout à l'heure, je parlais du
projet... bien, du projet de loi ou de la loi Q-5, qui, dans le fond,
vient accélérer les projets d'envergure nationale. Cette loi-là, elle est faite
dans le respect des lois environnementales, je l'ai dit plusieurs fois ici, je
le répète, puis de la procédure d'évaluation environnementale. Alors, dans un
contexte où nos alliés cherchent à sécuriser leur chaîne d'approvisionnement,
bien, le Québec demeure une juridiction qui est fiable et qui est responsable.
Le Président (M. Ciccone) : Il
restait 40 secondes. Je veux juste... Je faisais signe qu'il y avait
30 secondes.
Mme Champagne Jourdain :
Ah! je pensais que c'était déjà terminé.
Le Président (M. Ciccone) :
Il y a 30 secondes. Non.
Mme Champagne Jourdain : Parfait.
Alors, je peux vous dire que le Québec peut devenir un fournisseur
incontournable de minéraux, on l'a vu, là, avec la richesse de nos sols. Donc,
on peut devenir un fournisseur incontournable de minéraux qui sont produits, et
selon les plus hauts standards environnementaux et sociaux, et ça, pour moi,
c'est très important. Je sais que ce l'est pour tous les collègues ici aussi
qui sont assis autour...
Le Président (M. Ciccone) :
En terminant.
Mme Champagne Jourdain : Dans
le contexte actuel de souveraineté économique, énergétique, bien, nos
partenaires passent de plus en plus par le Québec. On va les accompagner.
Le Président (M. Ciccone) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Merci beaucoup, M. le député.
M. Sainte-Croix : Merci,
M. le Président.
Le Président (M. Ciccone) :
Ceci dit, avant de fermer la session, Mme la ministre, vous vous étiez
engagée à déposer un document. On ne l'a pas reçu encore. Alors, je m'attends à
ce que vous le déposiez incessamment à la commission.
Mme Champagne Jourdain :
Ce sera fait.
Le Président (M. Ciccone) : Les
membres vont en prendre connaissance ultérieurement. Ça vous va? Vous confirmez?
Mme Champagne Jourdain : Je
confirme, ce sera fait.
Le Président (M. Ciccone) :
Parfait. Merci <beaucoup, Mme la ministre...
Mme Champagne Jourdain :
...je
confirme, ce sera fait.
Le Président (M. Ciccone) :
Parfait.
Merci > beaucoup, Mme la ministre.
Alors, compte tenu de l'heure, la
commission suspend ses travaux jusqu'à 11 h 30, où elle entreprendra
l'étude du volet Forêts des crédits budgétaires du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts. Merci beaucoup, chers collègues.
(Suspension de la séance à 11 h 18)
(Reprise à 11 h 29)
Le Président (M. Julien) : Donc,
à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare la séance de
la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources
naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude du volet Forêts des crédits budgétaires du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts pour l'exercice financier 2026-2027. Une enveloppe de
1 h 30 min est allouée pour l'étude des crédits.
Mme la secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Bouazzi (Maurice-Richard) est remplacé par Mme Zaga
Mendez (Verdun) et M. Boissonneault (Arthabaska), par Mme Laflamme (Chicoutimi).
Forêts
Le Président (M. Julien) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général par blocs approximatifs
d'une dizaine de minutes, incluant les questions et les réponses. La mise aux
voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps qui leur est alloué, soit
cet après-midi, vers 16 heures. On débute à l'heure. On est parfaitement
corrects.
Discussion générale
Donc, je suis maintenant prêt à
reconnaître une première intervention de l'opposition officielle pour un premier
bloc d'échange. M. le député de Pontiac, la parole est à vous.
• (11 h 30) •
M. Fortin : Oui, merci. Merci, M. le Président. Bonjour, tout le monde.
Merci de... merci de m'accueillir dans votre commission, M. le Président.
Alors, Mme la ministre, on ne perdra
pas... on ne perdra pas beaucoup de temps, là. Je veux rentrer dans ce qui est
le creux de l'enjeu, disons, pour beaucoup de gens qui... qui travaillent dans
le secteur forestier ces jours-ci, c'est-à-dire qu'il y a... il y a une incertitude
monstre qui plane... qui plane sur eux et il y a déjà beaucoup de travailleurs
et de communautés forestières qui ont été affectés au cours des derniers mois,
de la dernière année, entre autres, et moi, j'ai l'impression qu'on ne prend
pas... collectivement, là, qu'on ne se rend pas compte de l'ampleur de la
situation à laquelle on fait face.
Alors, je vous réfère à un tableau que
vous nous avez fourni dans les cahiers de crédits, là, et qui fait référence
aux usines, aux scieries, aux entreprises forestières qui ont, de façon
temporaire, fermé leurs portes l'an dernier, puis vous n'êtes pas sans savoir
ce que ça veut dire, une fermeture temporaire, là, ça veut dire... ça veut dire
que les factures à la fin du mois sont dures à payer pour beaucoup de familles.
Juste en 2025, le Groupe Lebel à
Saint-Joseph-de-Kamouraska, le Groupe Lebel à Saint-Michel-du-Squatec, Arbec à
Dolbeau-Mistassini, Les Scieries du Lac-Saint-Jean, ça, c'est la coop
Fernand-Boilieu, là, à Métabetchouan—Lac-à-la-Croix, la scierie Lachance à
Saint-Bruno, Damabois à Saint-Jean-Port-Joli, Arbec à La Tuque, Kruger à
LaSalle, Commonwealth Plywood, chez moi, à Rapides-des-Joachims, les Produits
forestiers R. Perron à Gatineau, Résolu à Maniwaki, Arbec à Amos, Arbec à
Port-Cartier, Carbonité à Port-Cartier, Résolu à Baie-Comeau, Granule 777
à Chapais, Résolu à Lebel-sur-Quévillon, Scierie St-Michel à
Saint-Michel-des-Saints, et le Groupe Crête à Saint-Faustin—Lac-Carré, ça, ce
sont des fermetures temporaires qui ont toutes eu lieu en 2025.
Les fermetures permanentes : White
Birch à Rivière-du-Loup, Petit-Saguenay à Petit-Saguenay, Bois Laurentide à
Saint-Célestin, Compagnie WestRock à La Tuque, la Scierie Opitciwan à
Obedjiwan, Graphic Packaging à East Angus, Les Bois Saxby à Sherbrooke,
Chantiers Chibougamau à Val-d'Or, KWP à Terrebonne, Les Bois Laurentiens
Scierie Gaudreault à Rivière-Rouge. Ça, c'est les fermetures permanentes et ça,
c'est en 2025. Il y en a qui se sont ajoutées depuis, là, dans les premiers
mois de 2026.
Le premier ministre précédent nous avait
dit qu'il était... qu'il y aurait 30 000 emplois qu'on perdrait en
forêt. Moi, ce que je veux savoir, c'est : Est-ce que c'est toujours le
plan du < gouvernement...
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<15383
M. Fortin :
...qu'on
perdrait en forêt. Moi ce que je veux savoir, c'est : Est-ce que c'est
toujours le plan du > gouvernement d'abandonner la moitié du secteur
forestier? Parce que ça a l'air bien parti comme ça.
Mme Champagne Jourdain : Merci
beaucoup. Merci pour votre question. Tout d'abord, d'entrée de jeu, je veux
vous dire que, comme ministre des Ressources naturelles et des Forêts, je
partage... même plus, comme... comme députée aussi de Duplessis, d'une région
qui vit des ressources naturelles, entre autres, et des forêts, je partage
votre inquiétude pour le secteur forestier. La fermeture d'une usine, là, qu'elle
soit permanente ou temporaire, ça a un impact important pour nos travailleurs,
pour nos communautés, pour nos régions, pour nos municipalités aussi, puis, en
ce sens-là, notre gouvernement n'a pas ménagé les efforts pour atténuer les
effets de la crise sans précédent, puis c'est important, j'insiste là-dessus,
sur la crise sans précédent qu'on traverse au niveau de l'industrie forestière.
Je veux vous rassurer qu'à court terme on va continuer de soutenir, d'accompagner
les entreprises qui sont durement affectées, entre autres par les tarifs, assurément.
Et, pour ce qui est de leurs besoins de liquidités puis leurs projets de
consolidation, on aura sûrement la chance de reparler de ça, mais on va les
accompagner à ce niveau-là.
Au niveau des... du ministère des Finances,
on a annoncé, à l'automne, des mesures d'allègement aussi pour le secteur
forestier, pour répondre rapidement à des enjeux de liquidités puis accroître
la résilience, aussi, économique du secteur, la mise en place d'un congé de
cotisation de fonds... au fonds de santé... au fonds de... au Fonds des services
de santé pour les entreprises en 2026 puis en 2027 et aussi le prolongement du
mécanisme d'étalement du revenu pour les producteurs forestiers. On a eu... On
a investi aussi à différents niveaux, depuis les dernières années, depuis 2023,
c'est près de 2,2 milliards, pour pouvoir soutenir le secteur, pour s'assurer
que le contexte actuel ait le moins d'impact possible pour nos travailleurs,
nos famines... — nos famines! — nos familles, pardon, et c'est
important pour nous de continuer en ce sens-là.
Peut-être vous rappeler qu'au dernier
budget aussi... Je sais que vous êtes au fait du dossier, je sais que vous
suivez ça depuis des années, mais au dernier budget, le 18 mars dernier,
on a prévu des sommes supplémentaires, 104,5 millions, pour abolir les
redevances annuelles pour... afin d'améliorer la compétitivité du secteur
forestier par une réduction du coût de la fibre, 60 millions aussi pour un
programme d'aide au fonds de roulement destiné aux entreprises dans la
transformation du bois qui vont entreprendre des projets d'investissement, là,
pour appuyer leur croissance. Et on encourage aussi les entreprises à
diversifier... à se diversifier, oui, mais à se convertir aussi vers des
secteurs qui sont en croissance, là. On sait qu'il y a des secteurs pour
lesquels, bien, il y a une décroissance, notamment celui du papier, alors... Puis
vous êtes au courant, on va avoir la chance d'en parler aussi, du PL n° 11 qu'on a mis pour donner rapidement de l'oxygène, là,
au secteur forestier, aux entreprises.
M. Fortin : OK. J'apprécie la réponse, là. Il y a des mesures là-dedans
qu'on va discuter en détail. Je vous avoue, le 60 millions, là, pour aider
les investissements, là, d'accord, il y en a qui ont des projets d'investissement,
mais il y en a beaucoup qui veulent juste passer à travers la crise en ce
moment.
Moi, je... Moi, j'ai une question pour la
ministre qui est aujourd'hui ministre responsable des Forêts mais qui a eu un
emploi précédent aussi, là, pour lequel elle a... elle a déjà discuté de la
question des entreprises qui fermaient. Parce qu'avant de... avant de parler,
entre autres, là, de soutenir puis d'accompagner les entreprises, je pense qu'il
faut parler de soutenir puis accompagner les individus, les familles qui sont
affectés par ce qui est en train de se passer en ce moment. Quand la... Quand l'usine
de Résolu, à Maniwaki, entre autres, là, a fermé ses portes, l'an dernier, la
réponse de la ministre en question, c'était de dire : Bien, on va les
accompagner dans la requalification, ces employés-là.
Moi, ce que j'aimerais savoir, c'est :
Combien de travailleurs forestiers se sont tournés vers la requalification dans
les dernières années, suite à la fermeture de leur usine?
Mme Champagne Jourdain : Bien,
écoutez, vous l'avez bien dit, là, Services Québec... Emploi-Québec est
toujours là pour soutenir les travailleurs, là. Des fois, c'est possible, des
fois, ce n'est pas possible de le faire, dépendamment des réalités économiques
de la région, de faire du... de faire de la... de rediriger les travailleurs
vers d'autres secteurs, je vais le dire <comme ça...
Mme Champagne Jourdain :
de faire de la... de rediriger les travailleurs vers d'autres secteurs, je vais
le dire > comme ça. Mais Emploi-Québec est toujours là pour pouvoir
soutenir, effectivement, nos travailleurs, offrir de la formation, offrir du
soutien.
Peut-être qu'au niveau précis de votre
question je pourrais peut-être passer la parole à un des sous-ministres
associés pour avoir des données, là, si on en a, si possible, si elles
existent. Moi, je n'ai pas connaissance, là, je l'ai dit tout à l'heure, c'est
ma troisième semaine. J'ai acquis... j'ai acquis beaucoup, beaucoup, beaucoup
d'informations, je prends des bouchées triples, certainement, pour m'assurer de
pouvoir adresser les grands dossiers du ministère, mais je passerais la parole
à M. Jean-François Béland, qui est sous-ministre associé aux Forêts.
M. Fortin : Je n'ai pas de problème avec ça, M. le Président.
Cependant, tu sais, je comprends que la ministre est en poste depuis quelques
semaines, mais elle a occupé un emploi, précédemment, qui lui permet d'avoir
une compréhension de ça aussi. Alors, si on se tourne vers le ministre de
l'Emploi au