Public Administration — 13 February 2020 (42nd Legislature, 1st Session)
CAP 2020-02-13
Quebec — Committees
Je tiens à
remercier l'ensemble des personnes qui m'accompagnent, le plus sincèrement
possible. Elles font, jour après jour, un travail d'exception qui mérite
d'être souligné. Je suis privilégié de pouvoir compter sur leur expertise et
leur dévouement ainsi que sur toutes ces personnes, les autres personnes
essentielles qui travaillent au quotidien à la réussite de nos élèves, de nos
étudiants, notre mission première.
Je participe aujourd'hui, comme lors de ma
présence à l'automne dernier, avec un grand intérêt aux travaux de la
Commission de l'administration publique. Je vous présente, à votre demande, les
grandes lignes du plan stratégique 2019‑2023
du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. J'essaierai, encore
une fois, d'être le plus précis possible dans ma présentation et de
répondre à vos questions au meilleur de mes connaissances.
Le plan stratégique 2019‑2023 marque le
début d'un important nouveau cycle de gestion pour le ministère et pour le
système éducatif québécois. Il intègre les engagements phares d'un gouvernement
qui a fait de l'éducation sa priorité numéro un. Il est aussi conforme aux
nouvelles orientations et normes du Secrétariat du Conseil du trésor, qui lui a
accordé une note de 91 %, soit une amélioration significative par rapport
à celle de 55 % qui avait été attribuée à l'exercice précédent.
Plus simple et plus concret, le plan
stratégique 2019‑2023 est composé de deux orientations, huit objectifs, 26 indicateurs, tandis que celui de 2017‑2022 en
comptait sept, 31 objectifs et près de 90 indicateurs. Centré entièrement
sur l'atteinte de résultats significatifs pour notre clientèle, nos élèves, nos
étudiants et les citoyens, le plan stratégique touche une grande variété
d'éléments qui composent la riche trame d'interventions de notre ministère.
Ainsi, la maternelle quatre ans, les services
professionnels spécialisés, la diplomation, les infrastructures et la
valorisation de la profession enseignante, pour n'en nommer que quelques-unes,
sont des priorités qui orienteront toutes
nos actions. Les indicateurs sont mesurables, réalistes, tout en demeurant
ambitieux. Ils sont tous accompagnés de
cibles annuelles. Plusieurs d'entre eux sont des indicateurs d'impact ou
d'effet, tels les taux d'obtention de diplôme et de qualification.
Nous évoluons aujourd'hui
dans un contexte sociétal marqué par la diversité croissante des personnes et
des besoins et par une évolution démographique et technologique inédite. La
mission du ministère est donc d'offrir, sur tout le territoire québécois, des
milieux de vie propices à la réussite éducative et à la pratique régulière
d'activités physiques, sportives, de loisir et de plein air, des milieux de vie
inclusifs, sains et respectueux de la diversité des personnes, de leurs besoins
et surtout de leur condition.
Pour arriver à ces fins, le ministère vise le
développement continu d'un système éducatif inclusif, à l'ère du numérique, qui
soutient la réussite des personnes tout au long de leur vie, un système fort de
l'engagement de ses acteurs et des ses
partenaires, qui forment des citoyennes et des citoyens responsables,
compétents, créatifs et engagés dans une société où les personnes de
tous âges pratiquent régulièrement des activités physiques, sportives, de
loisir et de plein air de façon sécuritaire.
Des enjeux
stratégiques constituent les grands vecteurs de l'action ministérielle. Le
premier enjeu est l'inclusion et la réussite de toutes et de tous. Les
objectifs et les indicateurs de réussite touchent plusieurs éléments : parmi
eux, l'intervention précoce, rapide et concertée auprès des élèves, qui est
intimement liée à l'implantation des maternelles quatre ans et à la hausse du nombre d'intervenants en soutien aux élèves,
l'engagement et la réussite des élèves, qui se constatent selon la
diplomation et la qualification des élèves du primaire, du secondaire et de la
formation professionnelle, de même que des activités liées à la littératie,
dont l'épreuve unique d'écriture en quatrième année du primaire.
Le taux d'obtention des diplômes et des
attestations d'études collégiales, des baccalauréats, des maîtrises nous
montrent aussi la valeur de nos actions en enseignement supérieur. Les niveaux
de pratique régulière d'activités physiques, de sports et de loisirs sont
mesurés par les taux de pratique de la population, alors que la performance des
athlètes au niveau national et international nous permet de juger de la santé
de notre excellence sportive.
Le deuxième enjeu est la qualité des milieux de
vie et des apprentissages. Cet enjeu est plutôt lié à l'environnement, au sens
large, dans lequel évoluent les élèves, les étudiants et les étudiantes québécois.
D'abord, nous avons travaillé à améliorer
l'offre en matière d'activités
physiques et parascolaires, laquelle est validée notamment grâce aux
60 minutes par jour d'activité physique et gratuite offertes aux élèves du
primaire et, pour les élèves du secondaire, par la mise en place d'une offre
d'activités parascolaires gratuites de 60 minutes par jour.
La hausse des
inscriptions dans les programmes de formation en enseignement et la croissance
des autorisations d'enseigner permettent d'évaluer, entre autres, nos
efforts visant la valorisation de la profession enseignante.
Finalement, l'état des bâtiments du réseau
scolaire et la concrétisation des investissements en ajout d'espace et en maintien d'actifs pour tous les ordres
d'enseignement sont des indicateurs révélateurs de l'amélioration de l'état
des infrastructures. Nous avons bien des devoirs à faire de ce côté. Les
investissements qu'il faudrait réaliser pour pallier
les retards accumulés sont colossaux. Toutefois, la construction de nouvelles
écoles atténuera ces effets globaux.
Pour conclure, le gouvernement a fait de
l'éducation sa priorité, une priorité qui rejoint tous les citoyens, toutes les
citoyennes tout au long de leur vie, à commencer par les tout-petits dès l'âge
de quatre ans, le plus beau qu'une société puisse faire à ses enfants. Le
gouvernement pense aussi que tous les autres enfants, en leur offrant des
milieux de vie plus stimulants, plus adéquats et des ressources de qualité pour
toujours mieux les accompagner... Il se préoccupe aussi de nos ados, de nos
jeunes adultes, de nos adultes et de nos aïeux aussi.
Et nous, nous avons le privilège de collaborer
aux actions qui peuvent faire la différence pour chacune de ces personnes tout
au long de leur vie, un privilège en soi, dirait-on, parce qu'en éducation on
n'est jamais là pour soi, on est toujours là pour les autres. On nous confie la
mission première de donner tout le soutien possible et d'offrir le meilleur
accompagnement qui soit à ceux et celles qui, au quotidien, offrent des
services éducatifs et d'enseignement de
grande qualité pour ainsi contribuer à faire de chaque personne une personne
meilleure qui saura à son tour contribuer, ce dont notre société a
besoin, pour offrir les meilleures conditions de vie qui soient. Une société
éduquée, c'est une société en santé.
Le plan stratégique 2019‑2023 constitue
l'un des leviers pour relever les défis. Il s'agit d'un engagement qui implique
évidemment une obligation de résultat.
Je vous
remercie de votre attention, M. le Président. Nous sommes maintenant à votre
disposition, mon équipe et moi, pour répondre à vos questions sur le
plan stratégique du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
Le Président (M. Leitão) : Très
bien. Merci beaucoup, M. Blackburn, merci. Alors, nous voilà maintenant
rendus à la période d'échange avec les membres de la commission. Nous allons
commencer par un bloc d'intervention du groupe parlementaire formant le
gouvernement, et, M. le député de Portneuf, vous m'avez fait signe que vous
voulez prendre la parole. Donc, allez-y, vous avez à peu près 12 minutes
comme période d'échange.
M. Caron : Merci, M. le
Président. M. Blackburn, bienvenue à nouveau. On espère que, cette fois,
notre séance de travail ne sera pas
interrompue par autant de clinquements de la cloche, hein? C'était un petit peu déplorable, la dernière fois, tellement nos échanges étaient
intéressants et fructueux.
D'abord,
je voulais vous remercier et vous féliciter pour ce dépôt du plan
stratégique 2019‑2023. C'est
nettement plus clair avec des données chiffrées. Et puis je peux vous
assurer que, pour l'instant, l'appréciation que nous en avons est très
positive. Alors, encore une fois, félicitations pour ça.
voulais revenir sur l'actualité, c'est en lien avec nos infrastructures. On
lisait, ce matin encore, dans La Presse plus , un constat désolant
de situations de plomb dans l'eau dans nos écoles, avec des taux qui sont, en
effet, inacceptables pour la santé de nos enfants. Je voulais savoir quand
est-ce qu'on aura exactement un portrait chiffré de la situation. Est-ce que
vous pouvez nous renseigner un petit peu à ce sujet, s'il vous plaît?
M. Blackburn (Eric) : Alors,
pour ce qui est des données, effectivement, nous sommes dans la période de compilation. Je vais faire appel à mon collègue,
là, qui est en pilotage dans ce dossier. Mais les travaux, quand même,
vont bon train. Je pense qu'on a eu le bon réflexe, là, d'amorcer toutes les
actions qui ont dû être mises en place pour faire en sorte que, dans chacun des
établissements, on puisse avoir des équipements, à tout le moins, pour se faire
un bon portrait de situation. On sait qu'on a près de
4 000 établissements pour lesquels il y a des données à répertorier, des gens à accompagner, et la compilation se fait
progressivement. Et nous serons en mesure, j'imagine, bientôt — puis là, bientôt, peut-être quelques
semaines, là — de
compiler l'ensemble de ces résultats-là et de vous en faire rapport. Je ne sais
pas, M. Périgny, si, de votre côté, vous pouvez préciser quelques
éléments, là, par rapport à ça.
M. Périgny (Sylvain) : Oui. M.
le Président, là, donc, en complément d'information, peut-être rappeler les
échéanciers qu'on avait fixés au réseau. Dans le fond, les écoles primaires ont
jusqu'au 23 juin 2020 pour apporter, identifier
et compléter certains correctifs pour, justement, régler la question de
présence de plomb dans l'eau. Pour les autres établissements, donc
écoles secondaires, on parle d'une échéance qui leur a été fixée au
1er novembre 2020.
Donc, actuellement, on s'affaire effectivement à
préparer la reddition de comptes qui va être rendue publique sur notre site
Internet, au ministère. Déjà, les commissions scolaires, lorsqu'elles ont des
résultats qui sont connus, les diffusent, donc, mais on est en train de
travailler à regrouper et, je dirais, présenter de façon consolidée, pour
l'ensemble des commissions scolaires, les résultats sur notre site Internet.
Donc, dans les prochaines semaines, effectivement, c'est sur l'échéancier avec
lequel on travaille.
Le Président (M. Leitão) :
Excusez-moi. C'était, bien sûr, M. Sylvain Périgny, c'est ça?
M. Périgny (Sylvain) : Sylvain
Périgny, oui.
Le Président (M. Leitão) : Au fur et
à mesure que vous prenez la parole, si vous pouvez vous identifier au début
pour aider... les fins de la transmission. Merci.
M. Caron : J'aimerais, s'il
vous plaît, bien comprendre. En fait, les échéanciers que le ministère a
retenus, finalement, c'est pour avoir un état de la situation mais non pas pour
apporter les correctifs ou est-ce que c'est pour que l'état de la situation
soit fait et que des correctifs soient apportés de manière simultanée à partir
du moment où vous identifiez les endroits qui sont problématiques?
M. Périgny (Sylvain) :
L'exigence qu'on a signifiée au réseau, c'est que les tests doivent être
complétés, les correctifs à apporter devront être identifiés et amorcés pour le
23 juin 2020, et pour le 1er novembre pour les autres catégories d'établissement.
Donc, c'est vraiment la directive qu'on a transmise. Par contre, rien n'empêche
une commission scolaire, selon la nature du problème qui est découvert en cours
de route, d'apporter les correctifs, remplacer les buvettes, par exemple. Donc,
on est conscient, par contre, qu'il peut y avoir des interventions qui vont
être peut-être un peu plus invasives au niveau du bâtiment, et on devra
attendre, peut-être, la période estivale pour procéder aux travaux. Mais la
directive qui avait été donnée, c'est : les tests doivent être complétés
et les correctifs à apporter identifiés au plus tard le 23 juin ou le
1er novembre, selon la catégorie d'établissement.
M. Caron :
Parce que, là, juste... puis peut-être qu'on... c'est un peu technique, là,
mais là est-ce qu'on a la garantie, finalement, que le problème se situe
à l'intérieur de nos écoles? Ou, une fois qu'on aura réglé la problématique de
changer les fontaines, peut-être changer une
partie de la tuyauterie, est-ce
qu'on aura la certitude que ce problème sera réglé? Est-ce qu'il ne peut pas
être en amont de l'école? Est-ce que c'est forcément dans l'établissement?
M. Périgny
(Sylvain) : Je dirais, la réponse à cette question va probablement
être au cas par cas, et les équipes de ressources matérielles, dans le
fond, devront poser les bons diagnostics selon chaque cas qui seront rencontrés
pour vraiment cibler la source du problème et la corriger. Donc, il n'est pas
exclu que la municipalité doive être mise à contribution selon, je dirais,
l'origine du problème. Mais je n'ai pas une seule réponse à cette question,
malheureusement.
M. Caron : O.K. Mais on peut...
Puis on n'est pas ici, dans cette commission, pour faire de la politique, mais
on sent quand même une crainte chez nos parents. Donc, on peut avoir
l'assurance que, de manière... dans un avenir assez proche, la situation va
être corrigée ou vous avez quand même beaucoup d'incertitude? Est-ce que
l'ampleur de la situation est telle que vous risquez de ne pas être capables
d'intervenir rapidement? Est-ce que vous anticipez que la situation pourrait
être réglée assez rapidement?
M. Périgny (Sylvain) : Tout à
fait. Puis on est en train de colliger, je dirais, l'information qu'on va
recenser de l'ensemble des commissions scolaires, mais déjà, ce qu'on entend,
avant même d'avoir toute cette reddition de comptes là
qui nous est transmise, c'est que, lorsqu'il y a des situations qui ont été
adressées et trouvées comme étant problématiques, lorsque possible, les
situations ont été corrigées. Donc, on aura le portrait qui nous permettra de vraiment
bien répondre précisément à cette question, mais les infos qu'on a, c'est que,
oui, lorsqu'il s'agit de remplacer une buvette ou des interventions qui sont
somme toute mineures, les interventions ont été déjà faites.
M. Caron : Puis là, dans
l'article de ce matin, on lisait que, finalement, le taux de plomb dans l'eau
est souvent... le taux important de plomb dans l'eau, finalement, est constaté
lorsqu'on utilise aux premiers moments de la journée la fontaine ou le robinet.
Est-ce que des consignes ont été données à l'ensemble des écoles, à l'ensemble
des établissements pour que, minimalement, l'eau puisse couler un certain
nombre de temps pour éviter la situation que je décris ici?
M. Périgny (Sylvain) : Oui,
tout à fait, il y a des directives qui ont été envoyées de façon très précise à
l'ensemble du réseau, une procédure sur la façon de mesurer le taux de
concentration, donc les gestes à poser. Donc, on
a adopté la façon la plus stricte : évidemment, on a abaissé le taux de
concentration à cinq microgrammes, on a pris l'échantillon sans période d'écoulement, un deuxième échantillon
après 30 secondes. Donc, c'est vraiment les méthodes les plus
rigoureuses, les plus strictes, qu'on applique et qui sont en voie d'être
appliquées par les commissions scolaires.
M. Caron : O.K. Merci. Je
voulais revenir, parce que j'ai toutes sortes de questions, bien entendu, mais
sur un autre dossier. Je me souviens, M. Blackburn, que, concernant les
contrats de gré à gré, lors de notre première rencontre, vous aviez fourni une
réponse qui disait que, bon, il y avait beaucoup de contrats qui étaient donnés
de cette manière parce qu'il fallait réagir
de manière urgente, dans certains cas, pour venir régler des situations
d'urgence. Moi, j'avoue que je
n'avais pas été vraiment satisfait par cette réponse. Et puis est-ce qu'il n'y
a pas moyen d'imaginer un mécanisme pour plus de prévisibilité tout au
long de l'année?
M. Blackburn (Eric) : En fait,
ce n'est peut-être pas en termes, je vais le dire comme ça, de prévisibilité,
là, que je pourrais vous répondre. Mais, si j'avais à répondre une question,
là, pourquoi avoir choisi de procéder, en fait, de gré à gré, pour la grande
majorité des contrats en approvisionnement, surtout au ministère de l'Éducation
et Loisir et Sport, où il y a des particularités, je dirais que les contrats en
approvisionnement représentent majoritairement des acquisitions de licences en
technologie de l'information pour le ministère et des licences de droits
d'auteur diverses au réseau.
Selon le portrait personnalisé des activités
contractuelles du ministère préparé par le Secrétariat du Conseil du trésor, il
y a eu 108 contrats qui ont été conclus de gré à gré de cette nature-là.
Donc, c'est intimement lié à la mission et les outils qui sont réutilisés année
après année avec une certaine... Je dirais, quand les licences arrivent à
échéance, on ne retournera pas chez un autre fournisseur, c'est celui qui est
le propriétaire du produit, en fait, avec lequel on va poursuivre la
contractualisation. On me disait que 69 de ces contrats, la majorité, ont été
conclus de gré à gré sous le seuil des appels d'offres, et ça... pour un
montant d'environ 3,6 millions de dollars. Mais, en fait, la principale
explication est celle-là.
Et, pour les fournisseurs qu'on retrouve le plus
souvent, en fait, on retrouve la société de la gestion collective des droits de
reproduction, qui est Copibec, la Société du droit de reproduction des auteurs
et compositeurs, la SODRAC, la société canadienne des auteurs, compositeurs et
éditeurs du Canada, la SOCAN, Artisti, le bureau de la coopération
universitaire. Donc, on voit que ce sont des partenaires ou ce sont des gens
qui sont les seuls titulaires des types de
licences avec lesquels le réseau doit travailler au quotidien. J'aurais
d'autres informations complémentaires qui préciseraient, en fait, là,
mais est-ce que cette
partie de la réponse là peut convenir pour vous? Sinon,
je vais...
M. Caron : Je vais être bien
honnête avec vous, je m'attendais un peu à cette réponse. Et ce n'est pas une
critique, quand je dis ça, c'est parce qu'à chaque fois qu'on rencontre des
ministères comme vous, quand il s'agit de renouveler
des licences, eh bien, la question est toujours la même. Donc, c'est à nous de
nous interroger et de se creuser un petit peu l'esprit pour qu'on puisse
peut-être mettre un mécanisme en place qui permette d'éviter cette situation où
on ne peut faire affaire qu'avec une seule compagnie.
M. Blackburn (Eric) : Si vous
me permettez, M. le Président, je pourrais peut-être demander à M. Bérubé,
sur les mécanismes, de donner des précisions. C'est l'expert dans les
mécanismes.
Le Président (M. Leitão) : Si vous
pouvez vous identifier...
M. Blackburn (Eric) : J'ai dit
«Bérubé», Périgny, Périgny, je m'excuse.
M. Périgny (Sylvain) : Peut-être
en complément de M. le sous-ministre, dans le fond, la
Loi sur les contrats des
organismes publics permet, il y a des dispositions où il permet, lorsqu'évidemment...
l'article, c'est l'article 13.2 de la loi, là, lorsqu'il y a un seul
contractant possible en vertu de droits d'auteur, en vertu de licences, en
vertu de garanties. Donc, c'est cette disposition de la loi qu'on utilise.
C'est sûr que, ce
qu'il faut savoir, les taux de gré à gré sont quand même assez élevés par
rapport à ce qu'on voit dans d'autres
ministères et organismes. Autres ministères et organismes, on parle autour...
de gré à gré, des contrats, pour une organisation,
autour de 20 %, 25 %. Nous, ici, on est autour de 70 %,
75 %. Ce qu'on doit savoir, c'est que, dans ces contrats-là qu'on conclut,
il y en a beaucoup qui sont pour le bénéfice du réseau, donc ce qui fait en
sorte que le pourcentage est très, très élevé par rapport à un ministère
comparable. Lorsqu'on exclut les acquisitions qu'on fait pour le réseau, dans
le fond, pour nos propres fins, nos propres besoins du ministère, internes, on
est dans les mêmes ordres de grandeur de 25 %. Donc, c'est vraiment une
particularité, là, où on procède à des acquisitions pour le bénéfice du réseau.
On doit aussi
composer avec le fait qu'il y a une forme de liberté de choix des enseignants
pour utiliser les outils, les manuels qu'ils souhaitent bien vouloir utiliser
pour enseigner. Et là je ne suis pas l'expert de pédagogie, mais évidemment
lorsqu'on veut aller chercher les produits bien ciblés, en respect des droits
d'auteur, etc., c'est le véhicule qu'on utilise, l'article 13.2. Donc,
lorsqu'on exclut les acquisitions qu'on fait pour le réseau, on est dans des
niveaux normaux par rapport à ce qu'il se fait dans d'autres ministères et
organismes.
Président (M. Leitão) : Merci beaucoup. Vous pourrez revenir,
bien sûr, M. le député de Portneuf. On passe maintenant du côté de l'opposition
officielle, et, Mme la députée de Saint-Laurent, vous disposez aussi d'un bloc
de 12 minutes.
Mme Rizqy :
Merci. Bonjour. Bonjour aussi à toute l'équipe en arrière de vous. Merci d'être
présents avec nous pour continuer nos discussions. On avait déjà discuté par
rapport à la rétention des enseignants. Je comprends que vous avez un plan pour
aller valoriser la profession d'enseignant, aller recruter davantage
d'enseignants, mais une de vos réponses était que vous ne colligez pas assez
d'information. Alors, comment on va faire pour atteindre nos cibles si on ne
collige pas l'information?
M. Blackburn
(Eric) : M. le Président, si vous me permettez, je vais faire une
partie de la réponse, puis M. Bergeron pourra compléter.
Alors, en fait, les évaluations
qu'on fait de la situation pour voir si on est en mesure, en fait, de répondre
à l'ensemble de la demande, actuellement, prend en compte plusieurs critères,
hein? On a un système qui nous permet de connaître très précisément le nombre
de personnes, là, qui habitent chacune de nos écoles, en fait. On additionne à
ça les listes de suppléance, hein, les personnes qui sont identifiées dans
chacune des commissions scolaires et qui, occasionnellement, vont faire de la
suppléance occasionnelle, mais il y a aussi les banques qu'on retrouve... ce
sont des personnes qui sont inscrites, et on connaît, on a l'information avec
les universités, combien de sortants on est en mesure de produire par année.
Donc, quand on additionne ces éléments-là, on arrive, à quelque part, à une
résultante où on est relativement en équilibre.
Et, le relativement à
l'équilibre, je l'explique par simplement une chose, c'est que la situation
n'est pas égale partout en province. Dans la
grande majorité des régions, l'équilibre est assuré. Là où il y a des écarts
plus importants, on le sait, c'est toujours dans la région de Montréal,
compte tenu de la quantité de personnes, là, pour lesquelles il faut... la
population, en fait, où il y a un écart qui tournait... M. Bergeron, vous me
direz... mais autour de 1 % à 1,5 %. Mais 1,5 %, à Montréal, ça
fait beaucoup de personnes. Mais généralement, dans l'ensemble de la province,
l'équilibre est atteint. M. Bergeron, si vous voulez compléter.
Mme Rizqy :
Je vais quand même... Parce que, là, ma question était quand même assez
précise. Elle faisait suite à la réponse qui a été donnée à notre dernière
rencontre. Vous me parlez d'équilibre. Moi, ici, j'ai : « Les systèmes
informationnels ne me permettent pas de rendre compte en temps opportun du
nombre de ressources professionnelles manquantes.» C'est la réponse qui nous a
été donnée.
Alors, je vous pose
la question suivante : Dans les trois prochaines années, il nous manque
combien d'enseignants au niveau primaire? Et combien d'enseignants il va nous
manquer, dans les trois prochaines années, au niveau secondaire?
M. Blackburn
(Eric) : Je n'ai pas cette réponse-là si précise. M. Bergeron.
M. Bergeron
(Éric) : Oui, bonjour. Éric Bergeron, sous-ministre adjoint au
ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur. Alors, la réponse,
elle est complexe. Ce n'est pas une réponse simple qu'on peut dire : Il va
en manquer 250, 850. Quand on parle d'organisations scolaires, on parle de la
formation des groupes, alors vous comprendrez que les conventions collectives
contiennent de nombreux ratios pour chacun des niveaux, alors il est très
difficile pour un organisme central comme le ministère de venir dire exactement
le nombre d'enseignants qui est manquant, quand on prend en considération
l'ensemble de ces facteurs-là, qui sont variables de la maternelle à aller
jusqu'en secondaire V. Alors, il serait hasardeux pour le ministère de
dire : On vous fait une prévision très, très juste de 850, par exemple,
étant donné que ces paramètres-là ne sont pas sous le contrôle du ministère de
l'Éducation. Ces paramètres-là sont sous le contrôle de chacune des
organisations des réseaux scolaires et ça varie en fonction des inscriptions
annuelles qui arrivent d'une année à l'autre.
Le ministère est en
contact constant avec les organisations, on fait des sondages, on leur parle
régulièrement. Actuellement, M. Blackburn vient de le dire, la situation
est quand même à l'équilibre. Il y a quelques situations particulières dont on
s'est parlé, dont M. Blackburn a parlé, mais on est proches du réseau pour
être sûrs de suivre l'évolution. Le ministère a quand même mis en place
différentes mesures, parce qu'on n'est pas...
Mme Rizqy :
...je ne suis pas dans les mesures à mettre en place, si vous permettez,
M. Bergeron. Vous parlez d'équilibre, il en manque combien, à l'heure
actuelle, d'enseignants au Québec?
M. Bergeron (Éric) : La donnée,
elle est complexe...
Mme Rizqy : Est-ce que vous
avez un chiffre pour nous?
M. Bergeron (Éric) : Non, je
n'ai pas de chiffre pour...
Mme Rizqy : O.K. Alors, si je
vous avance 360, est-ce que vous êtes au courant qu'en ce moment il en manque
360?
M. Bergeron (Éric) : On peut
vérifier ce chiffre-là.
Mme Rizqy : Tantôt, vous avez parlé d'équilibre, et les gens
ont fait référence... Montréal, mais vous n'êtes pas sans savoir qu'il en
manque un peu partout. Vous savez que, dans le 360 enseignants qui
manquent, présentement, il y a une grande
partie qui est à Montréal, mais il y
a aussi une
partie qui est à Québec. Et on pouvait entendre, il y a à peu près
deux semaines, des parents appeler sur différentes radios pour dire que leurs
enfants au primaire préféraient rester à la maison puisqu'il y avait tellement
de roulement de remplaçants, on parlait de 15 remplaçants alors qu'on
était rendus en décembre. Alors, je ne sais pas quel équilibre vous me parlez
aujourd'hui, et d'autant plus que, si on parle effectivement aussi des élèves
dans les commissions autochtones, Premières Nations, l'enjeu est encore plus,
comment dire, criant.
Et, en fait,
mon point est le suivant, c'est que je comprends que, jusqu'à tout récemment,
c'étaient les commissions scolaires qui colligeaient l'information. Vous
me parlez d'équilibre, vous êtes aussi en lien avec l'Enseignement supérieur,
bien, si on veut avoir un équilibre, il ne serait pas... peut-être qu'il serait
plus juste que ça soit colligé au ministère
de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur afin de s'assurer que, d'une
part, on a une meilleure rétention de nos enseignants, qu'on est capable
de faire une prévision.
Il y a quand même le Pr Maltais, de l'UQAR,
qui est en congé sans solde, qui est maintenant au cabinet du ministre, qui,
lui, a apporté un chiffre, en septembre 2018, qui disait que, dans les cinq
prochaines années, c'est 3 000 enseignants
qui seront manquants dans le réseau secondaire. Il n'a même pas calculé le
primaire. Alors, s'il y en a, admettons,
3 000, puis qu'on a, dans les cinq premières années, un sur 20 qui quitte,
moi, je pense que peut-être que, là, à ce stade-ci, ça serait à vous de
colliger l'information pour avoir une meilleure prévisibilité et,
essentiellement, un jour parler d'équilibre.
M. Bergeron (Éric) : J'entends
bien le commentaire. M. le Président, je n'ai pas entendu de question, est-ce
qu'il y avait une question?
Mme Rizqy : Bien, est-ce que
vous pensez que vous allez le faire ou vous allez tout simplement rester à l'information?
Ou est-ce que vous pensez que ce serait une bonne avenue?
M. Bergeron (Éric) : En fait,
on est en communication constante avec le réseau. On leur parle régulièrement et on met en place des mesures pour soutenir
l'ensemble du réseau scolaire afin qu'on puisse s'assurer que le personnel
enseignant et les autres catégories de personnel soient au rendez-vous. La
rareté de main-d'oeuvre n'est pas un phénomène unique à l'éducation, on le
sait, le Québec est dans une situation où on a quand même un manque de
personnel. On est très sensibles à cette situation et on travaille en collaboration
avec les gens du réseau.
Mme Rizqy : M. le
sous-ministre, je me tourne vers vous maintenant. Je comprends que vous êtes en
communication constante mais que vous ne demandez pas l'information, parce que,
si vous êtes en communication constante, nécessairement, vous auriez de l'information
aujourd'hui.
M. Blackburn (Eric) : En fait,
si vous me permettez, M. le Président, ce qu'il faut savoir aussi, c'est
que la profession enseignante, elle fait
partie des cinq grands chantiers où plusieurs
ministères travaillent présentement à mettre en place, je vais le dire comme
ça, des activités, mais une planification concertée, pour être en mesure de
répondre aux carences de main-d'oeuvre. Et, au cours des derniers mois, au
cours des dernières semaines, il y a eu beaucoup aussi de démarchage qui a été
fait à l'étranger par des commissions scolaires, individuellement, mais aussi
avec le ministère, du côté de l'international, et ça a donné des résultats qui
étaient vraiment, vraiment intéressants, ce qui est venu aussi pallier les difficultés
qu'on a rencontrées. Mais on va continuer à travailler en concertation avec nos
autres collègues, parce que c'est vraiment une démarche concertée qu'on fait,
là, sur tous les plans, là.
Mme Rizqy : Absolument. Et, d'ailleurs, ce sont les commissions scolaires, notamment, Marguerite-Bourgeoys, la CSDM, commission scolaire
Pointe-de-l'Île, qui sont allées en France et en Belgique. De ce nombre, ils en
ont recruté 80. Savez-vous, en date d'aujourd'hui, combien sont finalement
arrivés au Québec depuis un an?
M. Blackburn
(Eric) : Je n'ai pas cette donnée-là avec moi, mais je pourrai vous la
fournir, madame...
Mme Rizqy : Bien, vous êtes le ministère
concerné, là. Vous me dites à micro ouvert que ça a fait un franc succès, si
c'est un franc succès, vous devriez me dire combien qui sont arrivés au Québec
dans nos classes.
M. Blackburn (Eric) : Je vais
vous retourner l'information.
Mme Rizqy : Bien, je vais vous
la donner, la réponse, parce que c'est rare que je pose une question sans vraiment
connaître la réponse. Ils sont arrivés au mois de février, début février, il y
en avait huit.
Là-dedans, il y a une problématique, M. le sous-ministre.
La problématique, c'est la suivante, c'est qu'il faut encore déposer un dossier
d'opportunité. Je pense qu'on est tous conscients qu'il y a une pénurie de
main-d'oeuvre. Pensez-vous, en parlant avec
vos collègues des autres ministères, de peut-être faire sauter cette
exigence, qui, clairement, met
un frein à faire venir des enseignants de France et de Belgique qu'on a signés?
Donc, on a engagé des deniers publics, on sait qu'ils sont qualifiés, on veut
les amener, mais on demande, en plus, un dossier d'opportunité pour démontrer...
quand il y a une pénurie puis un besoin. C'est une connaissance d'office, là.
Est-ce que, ça, vous êtes capable de prendre l'engagement de faire sauter cette
exigence?
M. Blackburn
(Eric) : C'est noté. Je vais prendre...
je vais faire tout ce qui est en mon possible pour obtenir des résultats.
Mme Rizqy : On compte sur vous.
Il me reste...
Mme Rizqy : D'accord. Et maintenant, sur un dossier qui
est encore plus sensible, vous savez qu'on a plusieurs enseignants qui
montent dans le Grand Nord pour enseigner, et le taux de rétention est encore
plus difficile. Est-ce que vous avez commencé à réfléchir à des pistes de
solution pour être en mesure d'attirer et de garder les enseignants dans le Grand
Nord?
M. Blackburn (Eric) : En fait,
là, dans le même chantier auquel je viens de faire référence, M. le
Président, si vous permettez, il y a
des travaux qui sont prévus avec... notre sous-ministre adjoint aux
Affaires autochtones y oeuvre aussi. Donc, il y a des travaux qui sont
faits dans ce sens-là pour être capable de combler ces carences-là, mais on
sait très bien d'avance que, le recrutement pour amener des personnes à
travailler dans ces territoires-là, qui sont plus éloignés, ce n'est pas très,
très, très facile, c'est très, très, très difficile, mais on y travaille.
Mme Rizqy : Parce que, présentement,
vous n'êtes pas sans savoir que, pour les enfants des Premières Nations
autochtones, certains sont contraints de rester à la maison parce qu'un
enseignant démissionne, souvent pas par choix mais par épuisement, face à des
difficultés très importantes auxquelles ils font face quotidiennement. Ça fait
que plusieurs enfants restent à la maison presque pendant un mois, un mois et
demi, donc c'est des journées qui ne sont jamais reprises, et qui, clairement,
a un impact direct sur leur réussite éducative.
Alors, là-dessus, je comprends que, depuis
tantôt, vous me dites qu'il y a des chantiers, et tout cela, mais j'aimerais ça
que peut-être que, la prochaine fois, le ministère de l'Éducation collige
l'information. Parce que de dire que les centres de services ont l'information,
tout ça, c'est bien, mais de colliger, c'est encore mieux, parce que ça nous
prendrait un portrait. C'est vous, là, le socle, puis les autres ministères se
joignent à vous, mais c'est vraiment le ministère de l'Éducation qui doit être
le socle pour vraiment colliger toute l'information.
M. Blackburn
(Eric) : M. le
Président, si vous me permettez, peut-être que je pourrais demander à mon
collègue, M. Colpitts, s'il aurait quelques réponses plus précises,
parce qu'il y oeuvre à temps plein en fait.
Président (M. Leitão) : Si vous pourriez le faire relativement
rapidement, je vous donne le temps, là, mais, si... vous avez une
minute, une à deux minutes, s'il vous plaît.
M. Colpitts (Steven) : Merci.
Alors, bonjour, mon nom est Steven Colpitts, sous-ministre adjoint.
Effectivement, les problèmes que vous avez
énoncés existent. Parmi les négociations des règles budgétaires, on a travaillé
sur cette question, la voir autant dans le problème d'enseignants. C'est sûr
qu'il n'y a pas de suppléant, et ça, c'est un gros problème, vu qu'ils n'ont
pas le bassin de suppléants dans le Nord. Dans les règles budgétaires, on s'est
organisés pour avoir des enseignants supplémentaires qui pourraient, justement,
pallier ce besoin-là, quand il manque des
enseignants dans les écoles. Je sais qu'il
y a encore une pénurie, c'est
difficile d'avoir les gens, mais c'est quand même une nouveauté qui va
aider, à long terme, de pouvoir avoir les gens disponibles.
Président (M. Leitão) : Très bien. Merci beaucoup. Alors, bon, on reviendra, bien sûr,
du côté de l'opposition
officielle, mais là on retourne du côté gouvernemental. Monsieur, madame, quel
collègue?
M. Tardif :
M. le Président?
Le Président (M. Leitão) : Allez-y.
M. Tardif :
Rivière-du-Loup—Témiscouata.
Le Président (M. Leitão) : Oui, un
bloc de 10 minutes, M. le député.
M. Tardif :
Parfait, merci, merci. Alors, merci d'être là, bonne journée. Je vais avoir
deux parties.
La première
partie qui, en tout cas, m'interroge, c'est que, dans le transfert des
connaissances, j'ai lu, puis je pense qu'on va être d'accord là-dessus,
il y a des pratiques pédagogiques qui sont évolutives. Puis, moi, ce qui
m'intéresse, c'est, dans les programmes de recherche sur la persévérance puis
la réussite scolaire qu'on parle partout, qu'on parle énormément, j'aimerais
savoir qu'est-ce que le ministère veut faire pour éviter, justement, ce qu'on
appelle, entre autres, le fameux décrochage,
puis, de façon plus spécifique, le décrochage quand l'étudiant travaille. Quand
les jeunes commencent à travailler, on sait que les diplômes semblent perdre
un peu de valeur, là, à leurs yeux, alors j'aimerais connaître un peu plus vos
orientations là-dessus. Je n'ai pas retrouvé ça, là.
M. Blackburn
(Eric) : En fait, je vais
avancer sur deux points. Le premier, c'est vraiment de travailler avec, je vais
dire, les approches... les pratiques probantes, hein, tout ce qui touche, entre
autres, les pratiques collaboratives, là, qui ont été mises en oeuvre, là, au
cours des dernières années dans la grande majorité des commissions scolaires,
là. Je pense qu'en date d'aujourd'hui elles ont toutes adhéré à une démarche où
on met en place, autant du côté de la lecture, de l'écriture, pour les enfants
les plus jeunes comme les plus vieux, des pratiques qui donnent de meilleurs résultats parce qu'elles... les meilleures sont
enseignées, sont partagées dans des groupes de collaboration, des groupes
de formation continue.
Ces frais... Ces pratiques-là sont faites par
les... je veux dire, chez les directions générales, chez les directions de
services, chez les directions d'école, chez les enseignants également. Ce qui
fait que l'effet combiné de tout ça... et vous l'avez vu dans la publication
des résultats des élèves, qui sont parmi les meilleurs au Québec maintenant, on
a franchi, depuis quelques années déjà, l'objectif de 80 %, en 2020, on
est rendus à 84,8 %, ou autour de, les taux de réussite. Donc, la mise en
place de démarches collaboratives pour apprendre quelles sont les meilleures
choses à faire pour que ça donne les meilleurs résultats possible, ça, c'est le
premier élément qui a donné vraiment de grands résultats et qui nous a permis
de garder des élèves à l'école alors que, souvent, attirés par le marché du
travail, on les perdait. Ça, c'est un premier élément.
M. Tardif :
Juste pour bien vous comprendre, si vous me permettez, si... Les mécanismes,
actuellement, fonctionnent bien, puis on a les résultats, en date
d'aujourd'hui, de ce que vous venez de mentionner?
M. Blackburn (Eric) : Tout à
fait.
M. Tardif : Alors, la problématique, quand on entend parler
de cette situation-là, semble des cas isolés, quoi?
M. Blackburn
(Eric) : En fait, le travail
rémunéré pour les étudiants tant au niveau du secondaire, du collégial qu'universitaire c'est une problématique qui a été
étudiée de longue date. Et, dans une grande majorité de municipalités ou
de secteurs, il y a des ententes qui sont... qui se prennent, qui se signent,
des ententes de collaboration entre les employeurs et les commissions scolaires
pour aider les élèves qui ont des emplois à temps partiel à mieux réussir. À
titre d'exemple, quand on arrive dans des périodes d'examens, l'employeur va
réduire le nombre d'heures ou encore va faire en sorte que l'élève, son
employé, puisse finir un peu plus tôt pour qu'il puisse se préparer à ses
examens le lendemain. Ce sont vraiment des démarches qui se font dans chacune
des municipalités en collaboration avec le secteur de l'emploi et de plus en
plus répandues à la grandeur de la province. Bien ça, c'est d'autres pratiques
qu'on voit, qu'on observe, mais qui donnent aussi des résultats intéressants.
Un troisième élément, c'est de travailler sur la
16e, je dirais, entre la 16e et la 18e année, pour l'élève, de le garder à l'école. Souvent, ils vont quitter, mais
on va lui proposer des programmes, je vais le dire comme ça, alternatifs,
avec des horaires adaptés pour faire en sorte qu'il puisse maintenir son lien
entre l'école. Et, même s'il est attiré un petit
peu vers l'extérieur, on va finir quand même par le garder en jouant sur les
années, une année, une année et demie de plus, puis on va en diplômer
davantage.
M. Tardif :
Je comprends. Je pense que ça va bien, puis je vais continuer à enchaîner dans
le même sens, si vous me permettez. Au niveau... Est-ce qu'on peut parler qu'on
suit les priorités de développement du Québec, en agissant de cette façon-là, au
niveau des besoins du marché de travail, là? Quand on parle de développement, est-ce
qu'on est à peu près enlignés là-dessus?
M. Blackburn (Eric) : Juste
préciser votre question, quand... le sens de votre question.
M. Tardif : O.K. Par
rapport à l'exercice qu'on vient de
faire, étude-travail, est-ce qu'on peut dire qu'on répond quand même... ça
répond aux besoins... la formation qu'on donne répond à des besoins de développement
de société, actuellement, là? Parce
qu'on a bien compris l'entrée, puis
on est d'accord, là. Mais c'est juste, dans nos projections...
En termes clairs, ce que je vais vous dire, c'est qu'en région... je pense
qu'au niveau du développement, au niveau de l'enseignement, il y a un problème
au niveau des régions. Puis ça ne figure pas au plan stratégique, et il est là,
le problème. Et j'ai bien entendu les chiffres que vous m'avez donnés, mais j'ai
une autre réalité qui n'est peut-être pas de
la même mesure que la vôtre, et cette réalité-là se traduit, également, dans
nos régions. C'est pour ça, je vous disais : Est-ce que les régions
vont suivre, éventuellement... je n'aime pas le mot «suivre», là, mais vont
être incorporées dans la démarche? Parce qu'il me semble qu'il y a un décalage.
M. Blackburn (Eric) : En fait,
puis le lien que je fais, si vous me permettez, M. le Président, vous êtes
davantage du côté du secteur de la formation professionnelle, hein, c'est ça,
alors que je vous parlais de la formation générale tout à l'heure davantage.
M. Tardif :
Mais, générale aussi, on a le problème, oui.
M. Blackburn (Eric) : Bien,
oui, en fait, mais, la carte de la formation professionnelle, c'est une carte
qui évolue, vous le savez. Elle n'est pas la même à la grandeur du... dans
toutes les régions du Québec et elle est actualisée annuellement. Ce serait de
mentir de vous dire qu'elle est en parfaite adéquation avec chacun des milieux,
c'est totalement faux. Mais il y a quand même des efforts qui se font à chaque
année pour chacune des régions pour regarder... Les gens regardent ensemble et
avec les collèges quelle est la carte qui est offerte présentement sur le
territoire, quelles sont les clés qui nous manquent pour être capables de
répondre davantage à des besoins comme ceux dont vous parlez, et qui va faire
la demande d'un ajout de carte — les demandes d'ajout de carte, ça se fait
au ministère de l'Éducation — pour qu'on puisse aller répondre de façon
plus spécifique, comme vous le dites, là, à des besoins de main-d'oeuvre qui
sont plus grandissants dans un secteur par rapport à un autre.
Donc, oui, c'est pris en considération. Ce n'est
pas toujours parfait, on va se le reconnaître, parce que c'est complexe, de
déployer une carte en formation professionnelle, mais les prêts de cartes entre
commissions scolaires viennent... sont des
leviers qui sont importants aussi, puis même chose pour les A.E.C. avec
l'enseignement collégial.
M. Tardif :
Nous sommes totalement d'accord sur la question professionnelle. Mais je
reviens au niveau collégial puis au niveau
universitaire, c'est une même problématique, tu n'as pas besoin de finir ton
cours d'ingénieur, on va finir de te former. C'est la vraie vie, là, ce
que je vous parle, puis...
M. Blackburn (Eric) : C'est une
réalité.
M. Tardif :
C'est là, là, que j'aimerais quand même être rassuré. En termes de formation,
comment qu'on va arrimer ça, là? Parce qu'au niveau de formation
professionnelle, tout à fait d'accord avec vous, mais il reste qu'au niveau
collégial et universitaire il y a une zone grise, actuellement, qui s'installe
de plus en plus.
M. Blackburn (Eric) :
M. le Président, si vous me permettez, je vais demander à mon collègue,
qui a les deux mains dans ces dossiers-là, de vous en parler quelques
minutes, ça va répondre à vos questions. M. Bergeron?
M. Bergeron (Simon) : Oui,
Simon Bergeron, sous-ministre adjoint à l'enseignement supérieur.
Alors, c'est certain, c'est sûr, c'est une
préoccupation qu'on a de tous les instants aussi. Donc, peut-être juste pour
répondre particulièrement à cette question-là, parce que vous dites, c'est sûr,
dans un contexte de marché du travail qui devient très dynamique, c'est... on
le sait bien, que les étudiants, les jeunes, les étudiants peuvent être sollicités par les employeurs. Souvent,
d'ailleurs, les recherches disent qu'au-delà de 15 heures de travail par
semaine ça peut commencer à nuire à la réussite, à la diplomation des
étudiants, ça fait que c'est sûr que, de façon générale, il faut essayer de ne
pas trop dépasser ce seuil-là.
Par ailleurs, ce qu'on peut dire aussi, c'est
qu'on travaille beaucoup avec nos partenaires du marché du travail à la
Commission des partenaires du marché du travail. Ça fait qu'on rencontre
régulièrement les différents représentants
du monde des employeurs, que ça soit des chambres de commerce ou du Conseil du patronat, Fédération canadienne de l'entreprise
indépendante, puis c'est sûr qu'on... c'est continuellement réexprimé, cette
nécessité-là, de ne pas faire en sorte... de ne pas nuire, dans le fond, à la
diplomation des étudiants.
Au même titre, lorsqu'il y a même des
programmes, là, avec des formations en entreprise, il y a beaucoup de
programmes de formation qui impliquent maintenant de plus en plus avoir des
stages, on veut toujours s'assurer que l'entreprise laisse le jeune finir son
programme de stage. Parce que, même s'il le laisse finir son parcours de
formation... parce que, des fois, dans le parcours de formation, il peut y
avoir un aller-retour entre l'établissement d'enseignement et le milieu où il
fait le stage.
Ça fait que c'est certain que c'est...
l'ensemble des gens comprennent bien l'importance d'aller au bout du diplôme,
d'aller au bout du parcours de formation. Puis ça fait en sorte que les gens,
après ça, ont une meilleure formation puis
ils vont être mieux à même, tout au long de leur carrière, de mettre en
application ce qu'ils auront appris. Mais c'est certain que, dans un
contexte de marché qui est très, très... qui a beaucoup de pression, alors
c'est certain qu'on comprend que ça peut arriver, mais les grands partenaires,
les grands... les employeurs le redisent aussi à leurs membres, nous le disent
constamment, puis il faut continuer à le véhiculer, là, il faut laisser les
jeunes aller au bout de leur parcours de
formation, c'est certain, pour l'économie du Québec, c'est important,
à court, moyen et long terme.
Président (M. Leitão) : Merci beaucoup, M. Bergeron. Là, on
revient du côté gouvernemental. Mme la députée de Saint-Laurent, un bloc de
10 minutes.
Mme Rizqy :
Merci. Tantôt, on a manqué de temps avec M. Colpitts, alors j'aimerais
avoir le consentement pour qu'il puisse revenir, pour qu'on puisse continuer
l'échange pour tout ce qui est les relations avec autochtones et l'éducation.
Le Président (M.
Leitão) : Consentement des collègues? Oui? Très bien.
Mme Rizqy :
Merci. J'aurais bien aimé... Je suis contente qu'on puisse continuer notre
échange.
Alors, je comprends
qu'effectivement il y a une question de pénurie dans le Grand Nord... et encore
plus difficile d'avoir des enseignants pour répondre aux besoins. Mais il y a
aussi une autre problématique, ce sont les jeunes autochtones du Nord placés
sous la Loi de la protection de la jeunesse, qui devraient être éduqués
lorsqu'ils sont placés. Et souvent, dans le Sud, c'est à Montréal ou n'importe
où ailleurs, Lanaudière, Laurentides, qu'ils vont se retrouver.
Par contre, ça a été
soulevé récemment... ça a été, en fait, resoulevé, une problématique
administrative qui est là depuis un certain temps, et, si ma compréhension est
bonne, c'est qu'on ne peut pas les mettre dans le réseau de l'éducation malgré
qu'ils soient placés sous la loi de la DPJ, parce qu'il manque un certificat de
naissance. Il y a des demandes, ça tergiverse pendant des mois pour obtenir les
papiers. Et, pendant ce temps-là, ce qu'on apprend dans un
article de
Jean-François Nadeau qui date du 6 février 2020, c'est que les
enfants font du yoga et occupationnel au lieu
d'être dans une classe. Est-ce qu'aujourd'hui, là — et c'est aussi... la sonnette a été lancée
par Mme Régine Laurent à cet
effet — est-ce
qu'on peut s'entendre que c'est un droit, l'éducation, et que, de toute
évidence, si l'enfant est placé en vertu de la
Loi sur la protection de
la jeunesse, sa place, c'est dans la classe et non pas dans le gymnase à faire
du yoga en attendant, là?
M. Colpitts (Steven) : Ce que je peux vous dire, moi, aujourd'hui, c'est
que le Secrétariat des affaires autochtones, le CSSS, la Santé et nous
travaillons sur ce dossier-là, mais on doit quand même se gouverner sous les
règles, les règlements aussi et la loi, et c'est ça qui est un peu compliqué.
On regarde chaque cas, individuellement, tous les cas qui nous ont été admis depuis que ces demandes ont été faites. Il ne
faut pas oublier qu'il y a certaines demandes qui ne se sont même pas rendues au ministère non plus
parce que, vu que les commissions scolaires n'avaient pas les documents,
on n'était pas au courant que ces enfants-là n'étaient pas scolarisés.
Puis
toute l'histoire, ce n'est pas qu'ils ne peuvent pas avoir le service, mais ils
ne peuvent pas l'avoir, le service, en anglais à cause du règlement puis
la loi pour l'admissibilité en anglais.
Mme Rizqy :
Mme Laurent a dit la chose suivante, elle dit, évidemment, que son
objectif, ce n'est pas de défendre la scolarisation en anglais, c'est de
défendre la scolarisation, point, et que le droit à l'éducation, bien, c'est
nonobstant à des problématiques reliées... administratives ou linguistiques,
l'important, c'est que l'enfant soit dans une
classe. À Lester-B.-Pearson, il y a eu quand même 62 demandes qui ont été
faites, si je lis bien l'article, et il semble que, souvent, on peut
procéder cas par cas, mais que, même là, il y a un délai important.
Maintenant, je me
permets... Je ne sais pas si... je vois que vous voulez intervenir,
M. Blackburn, alors je vous cède la parole.
M. Blackburn
(Eric) : Bien... puis c'est en complément de ce que disait M. Colpitts,
mais, effectivement, au sortir de la commission Laurent, cette
problématique-là, on l'a apprise à grandeur nature, on va se le dire comme ça,
et, présentement, elle est, je vais le dire, en étude, là, en étude détaillée,
pour vrai, pour essayer de trouver une solution à l'intérieur des encadrements
légaux puis de la loi, la charte comme telle et aussi sur le plan linguistique.
Mais on va arriver rapidement... M. le ministre a été saisi de cette
situation-là, on est en attente d'un retour aussi sur des recommandations qui
ont été réfléchies. Et on veut trouver des solutions ici, maintenant, là, dans
le meilleur intérêt des enfants.
Mme Rizqy :
Parce qu'une des recommandations de Mme Laurent était : maintenant,
là, ça presse, c'est urgent. Puis je
comprends qu'on peut avoir des dispenses qui sont annuelles. Pensez-vous qu'au
nombre de personnes qu'on peut avoir dans l'appareil, est-ce qu'on est
capable d'avoir, au moins, une personne qui peut être dédiée à cette cause?
Parce que, de toute évidence, le taux de réussite chez nos jeunes autochtones
est vraiment très faible, et, quand on parle d'enfants qui sont placés en vertu
de la
Loi sur la protection de la jeunesse, on parle d'enfants encore plus
vulnérables.
M. Blackburn (Eric) : M. le Président, je vais m'engager, comme je
le fais parfois, puis je vais vivre avec ça, là, mais je vais le dire,
comme je le dis souvent, on a marché sur la lune, on va trouver une solution.
Mme Rizqy :
Moi, j'aime ça. Merci beaucoup.
M. Blackburn
(Eric) : On va trouver une solution.
Mme Rizqy :
Merci beaucoup, M. Colpitts. Je vais continuer, si vous le permettez.
Président (M. Leitão) : Cinq minutes encore.
Mme Rizqy :
Oh! merci, d'accord. Et... Désolée...
Mme Rizqy :
Si vous permettez, je vois que vous faites des comparables pour la réussite
éducative. Est-ce que vous faites aussi des comparables de la réussite
éducative de nos jeunes versus le privé, de nos jeunes dans le réseau public et
ainsi que les jeunes autochtones? Parce qu'on n'a pas ces données en ce moment,
nous. Peut-être que M. Colpitts aurait ça...
M. Blackburn
(Eric) : En fait, puis en attendant que M. Colpitts puisse
revenir, les données qu'on a présentement sur la diplomation recoupent
l'ensemble des élèves. Ce qui est publié, là, ce que... les documents qui sont publiés annuellement, ça touche l'ensemble
des élèves. Là, vous me dites que, par rapport aux élèves autochtones,
il y a... les données sont peut-être manquantes, ou, ce que vous souhaitez,
c'est qu'on puisse évaluer les écarts entre les élèves autochtones puis les
élèves, les...
Mme Rizqy :
Oui, parce qu'on a des articles qui nous viennent de la presse écrite, mais
j'essaie de voir si on a des données beaucoup plus justes qui viennent
du ministère de l'Éducation par rapport à la réussite, particulièrement, chez
nos jeunes autochtones, mais aussi une distinction entre comment nos jeunes
réussissent dans le secteur public versus privé. Mais, monsieur, si vous avez
un chiffre au niveau des jeunes autochtones, leur réussite éducative à eux,
leur taux de diplomation versus...
M. Colpitts
(Steven) : Bien, on a des chiffres qui nous disent que, justement, le
taux de diplomation est très bas. Mais il faut se rappeler que, quand on parle
avec nos partenaires autochtones, leur définition d'une réussite est différente de la nôtre. Peut-être que nous, on
regarde les données sur cinq ans, sept ans, mais, pour eux, ça peut
prendre 10 ans, 12 ans. Puis on a besoin de cette
flexibilité-là avec eux, de pouvoir voir de... comment est-ce qu'on peut voir
qu'est-ce qu'est le succès pour eux et travailler avec eux pour définir ça.
Puis c'est pour ça
que, dans le nouveau plan stratégique qu'on a, on regarde une approche
particulière pour les autochtones, parce que le «framework», si vous me
pardonnez l'expression anglaise, n'est pas...
Mme Rizqy :
Le cadre de travail.
M. Colpitts
(Steven) : C'est ça, le plan de travail, pour eux, est vraiment
différent. Il faut qu'on ait cette flexibilité-là pour pouvoir voir les petits
gains.
Mais
il ne faut pas oublier que les problématiques qu'il y a dans le Nord, quand on
regarde, proportionnellement, au problème familial, social, et tout ça,
comparé au Sud, ça a un grand impact, et tout ça va avoir un effet sur la
réussite scolaire des élèves. Et c'est pour ça qu'on travaille avec eux, et on
essaie de mettre des choses en place, mais on
doit travailler avec d'autres ministères pour pouvoir, justement, arriver...
qu'on ait des élèves qui arrivent à l'école qui sont prêts à apprendre.
Mme Rizqy :
Oui. Puis je comprends parfaitement que les conditions de succès sont plus
difficiles à réunir. Par contre, j'apprécierais, dans la mesure du possible,
d'avoir des chiffres, peu importe si c'est sur cinq ans, sept ans ou 10 ans, mais, à tout le moins, nous avoir
un indicatif. Parce qu'à la fin de la journée ça reste que ce sont des enfants
qui doivent être scolarisés, et notre objectif, c'est de... si jamais nous, on
apprend, par exemple, que le taux de succès pour un diplôme, c'est de
15 %, 25 %, bien, véritablement qu'on va devoir mettre davantage de
ressources et trouver encore d'autres moyens de mettre toutes les conditions
gagnantes pour les amener à terme à la réussite éducative.
M. Colpitts
(Steven) : Oui, puis, justement, on a développé, dans la dernière
année, des tables éducatives, des tables pédagogiques
avec les partenaires autochtones, et il y a beaucoup de travail qui se fait
dans ce sens-là, et on continue à travailler, mais, pour les données, on
va pouvoir vous remettre ça bientôt.
Mme Rizqy :
Puis je ne sais pas si c'est vous aussi qui faites le suivi au niveau de
l'enseignement supérieur, donc cégep et universitaire. Vous hochez de la tête,
donc c'est oui. Je me suis entretenue avec certains professeurs, tant du réseau
collégial, universitaire, et ils me disent qu'au niveau de la rétention de nos
étudiants autochtones c'est plus difficile parce que, lorsqu'ils arrivent, il y
a l'éloignement, certains autres facteurs. Est-ce que ça, vous, vous avez des chiffres pour voir est-ce qu'au cégep et
à l'université c'est quoi, notre taux de rétention? Je ne parle même pas
de diplomation mais juste de rétention avec nos jeunes autochtones, lorsqu'ils
arrivent dans nos bancs universitaire et collégial.
M. Colpitts
(Steven) : Moi, personnellement, je n'ai pas de chiffre. Je regarde
mon collègue. Je pense...
M. Bergeron
(Simon) : Ce que je peux...
M. Bergeron (Simon) : Oui, si
vous permettez. Ce que je peux dire là-dessus, c'est que ce qui est difficile
au niveau collégial et universitaire, c'est que souvent, là, les étudiants
autochtones sont distribués dans l'ensemble des populations étudiantes, et ce
qui est difficile, c'est d'avoir l'identification de la personne comme de quoi
elle déclare être autochtone, puis qu'après ça on puisse savoir puis avoir un
suivi bien mesuré objectivement des indicateurs. Ça fait que ce que je
comprends, on pourra valider puis vous revenir, mais, je pense, c'est
difficile, on n'a pas le même genre de... ce n'est pas comme avec des
regroupements d'écoles qui sont identifiés comme on peut avoir au primaire,
secondaire, avec des regroupements ou anciennement les commissions scolaires
qui étaient vraiment plus... qui couvraient ces territoires-là, alors que là,
si c'est à l'intérieur d'un établissement universitaire ou collégial, c'est
beaucoup... ça va être avec l'ensemble, puis on a plus de misère à les
identifier séparément. Cela étant dit, on sait que c'est plus difficile. Puis
ce que vous dites, là, les cas ou les exemples que vous amenez, c'est clair
qu'ils sont connus, puis on en entend parler, là.
Le Président (M. Leitão) : Merci
beaucoup. On reviendra. Alors, on retourne du côté du gouvernement. Mme la
députée de Jean-Talon, allez-y, vous avez un bloc aussi de 10 minutes.
Mme Boutin : Bonjour. Ma
première question touche l'évolution du précédent plan stratégique versus...
par rapport au nouveau plan stratégique. On a remarqué que vous l'avez amaigri,
quand même, là, il est beaucoup plus concis. Comment est-ce que vous avez fait?
Quels critères avez-vous utilisés pour éliminer plusieurs indicateurs? Là, il y
avait une centaine d'indicateurs dans le précédent gouvernement. Est-ce que
vous avez agrégé les indicateurs ou... Vous vous êtes basés sur quoi?
M. Blackburn (Eric) : M. le
Président, si vous me permettez, je vais faire un tout petit bout, mais on va
demander à M. Éric Bergeron, qui a été le porteur du dossier, là, à donner
davantage d'information.
Bien, en fait, à la base, il y a nécessairement
une réflexion qui a été faite sur les éléments qui seraient les plus probants,
qui donneraient les meilleurs résultats possibles, et on a misé sur ceux-là
pour être en mesure d'améliorer le premier. On parlait de 91 indicateurs,
hein, donc il y a vraiment du ménage qui a dû être fait. Et, sur les judicieux
conseils du Conseil du trésor, qui nous regardait aller et qui nous forçait à
réfléchir davantage, c'est de cette façon-là qu'on en est venus, en fait,
parfois à faire des choix qu'on n'aurait pas souhaité faire, parce qu'on sait
qu'on aurait dû les garder, on les travaille en parallèle, mais ils ne sont pas
à l'intérieur du plan stratégique.
Mais je vais demander à M. Bergeron à
préciser certaines choses, si vous me permettez, M. le Président.
Le Président (M. Leitão) :
Certainement.
M. Bergeron
(Éric) : Certainement.
Alors, notre processus d'élaboration du plan stratégique a été un processus
quand même assez long et, je dirais, très concerté à l'intérieur du ministère.
C'est un processus qui a commencé à l'automne 2018.
Donc, pour s'assurer de répondre aux grandes priorités que nous avions devant
nous, on a commencé la réflexion, bien que notre ancien plan stratégique
était quand même assez récent, hein, on parlait d'un plan stratégique 2017‑2022. Alors, on a débuté dès
l'automne 2018. Donc, on avait en tête, à ce moment-là, les maternelles
quatre ans, les services professionnels spécialisés, l'état des
infrastructures, les périodes de détente, les activités physiques, le
parascolaire au secondaire, etc. Il y avait quand même beaucoup de pain sur la
planche, et on s'apercevait que le plan stratégique n'était pas nécessairement
en adéquation avec ce qu'on avait à court terme.
Alors, la réflexion s'est amorcée avec les
équipes à l'interne, il y a eu beaucoup de rencontres de travail. Et il y a
eu des choix pas faciles déjà, à ce moment-là, parce que, partir de
95 indicateurs cibles à réduire, tout le monde trouvait un peu sa place
dans l'ancien plan stratégique, alors que, quand on a des choix difficiles à faire,
bien là, chacun voudrait avoir son petit morceau.
Ce qui est venu nous encadrer, on va le dire
bien honnêtement, c'est la directive, au mois de mai 2019, du président du
Conseil du trésor, qui nous a amené des normes, des modalités, des standards très,
très, très précis. Et c'est à ce moment-là
qu'on a passé de 95... Ce qu'on nous donnait comme indications, c'était à peu près
une vingtaine d'indicateurs. Pour un ministère comme le nôtre, il est
évident que c'est extrêmement difficile puisqu'on a quand même plusieurs
missions : on a l'enseignement primaire, secondaire, on a l'enseignement
supérieur, on a le loisir, le sport, la condition féminine, qui n'est pas dans
notre plan stratégique mais qui gravite alentour de nous. Alors, ce sont des
choix qui ne sont vraiment pas évidents.
Une fois qu'on a eu fait les travaux à
l'interne, on a aussi fait certaines consultations avec nos partenaires du
milieu et on a fait des choix déchirants, on va se le dire. Certains
indicateurs qu'on aimait bien dans l'ancien plan ne s'y retrouvent pas. Par contre, on est convaincus que les nouveaux indicateurs,
ils sont très probants. Ils sont mesurables, ils sont fiables, et on a
des données pour pouvoir les sortir aussi. Alors, c'est la différence qu'on
pourrait dire qui est notable avec l'ancien plan stratégique.
Malgré les choix
difficiles, je pense que c'est un plan stratégique aussi où le citoyen et la citoyenne
va mieux se reconnaître, va mieux pouvoir suivre la performance, là, du ministère.
Mme Boutin :
...une question un petit peu plus précise, là, encore sur les indicateurs,
j'aime bien ce sujet-là. Je remarque que,
partout, vos cibles sont vraiment annuelles. Vous avez une valeur de référence,
vous avez des cibles annuelles, mais nulle
part vous n'indiquez, bon, parce
que c'est un plan sur quatre ans quand même : Donc, en 2023, nous aurons tant de professeurs, tu sais. On peut le
calculer nous-mêmes, on s'entend, mais je suis un peu étonnée que vous n'ayez
pas mis cette donnée-là, cet objectif ciblé là, souvent quantitatif en plus.
C'était-u voulu?
M. Bergeron
(Éric) : En fait, je me tourne par l'arrière, je connais la réponse,
mais je veux juste être certain, c'étaient les normes du Conseil du trésor qui
nous obligent à avoir des cibles annuelles, et ces cibles annuelles là pourront
être revues annuellement par la suite. Alors, c'est la raison pour laquelle ce
sont des cibles annuelles à chaque année. Effectivement, on peut faire le
calcul. Quand on va faire notre reddition de comptes, ça n'empêche pas que peut-être ce sera dans notre rapport annuel de gestion à ce
moment-là, mais nos cibles sont établies par année.
Mme Boutin :
J'ai une question par rapport à l'orientation 1, l'axe 1, Agir tôt,
dans le fond, l'objectif 1.1. Bien, je sais que, dans l'ancien plan, vous
parliez d'augmenter le type de professionnel, là on parle d'intervenant. Est-ce que,
quelque part, vous avez une définition des intervenants ou
c'est très large? Parce que, dans
le fond, l'objectif ici, c'est
d'aider des élèves en difficulté, dans le fond, Puis l'objectif, l'indicateur
qui est retenu, c'est augmenter le nombre d'intervenants. Ça me semble — ce
n'est pas une critique du tout, là — assez agrégé, comme
indicateur. Est-ce que, quelque part, vous le déclinez de manière plus
détaillée?
M. Blackburn
(Eric) : ...si vous permettez. Effectivement, le mot «intervenant» est
volontaire, parce que, ce qu'il faut savoir, c'est que, dans chacun des
milieux, ce sont les gens sur le terrain qui décident ce dont ils ont besoin.
Dans certains cas, ils auront besoin d'un éducateur ou d'une éducatrice
spécialisée, dans d'autres cas, ça sera un psychoéducateur, en d'autres cas, ça
sera une orthophoniste. Dans toutes les écoles, en fait, les besoins sont
différents. On regarde quels sont les besoins des élèves. Et, pour leur donner
cette latitude-là de faire le choix en fonction de la marge de manoeuvre dont
ils disposent, bien, on parle d'intervenants, mais ces intervenants-là sont
ceux et celles qui gravitent autour des élèves toutes catégories confondues.
Mme Boutin :
Avez-vous une idée du portrait, au niveau provincial, des besoins en matière
d'intervenants basés sur les besoins des
enfants? Avez-vous un portrait global par... c'est ex-commissions scolaires,
là, ou par écoles, là? Avez-vous ça? Parce que, tu sais, je me demande
comment est-ce que vous avez déterminé les cibles. Mettons 2019‑2020 :
1 540 d'augmentation. Puis j'imagine que, vous, à l'interne, vous avez un
portrait beaucoup plus détaillé selon les besoins réels.
M. Blackburn (Eric) : En fait, le nombre, c'est un équivalent temps
plein, si vous le permettez, M. le Président, calculé sur le
salaire moyen d'un professionnel. Éric, hein, c'est bien ça? Et de telle sorte
que c'est cet élément-là qui nous permet de le suivre. Mais avec plus de
précision, M. Bergeron, peut-être.
M. Bergeron
(Éric) : Effectivement, sans aucun problème. Au niveau de la
précision, en fait, la cible a été déterminée avec l'ajout des maternelles
quatre ans, donc le nombre de classes... ajout maternelles quatre ans, qui ne comptent pas dans les ressources additionnelles,
hein, parce que l'enseignant comme tel n'est pas calculé comme étant une
ressource. Par contre, dans chaque classe maternelle quatre ans, il y a une
ressource additionnelle à demi-temps, l'équivalent d'un demi-temps. Donc, cette
ressource-là est comprise dans notre cible.
Il y a aussi l'ajout
des classes spécialisées. Donc, ça fait
partie de la cible. Il y a aussi, au
niveau des investissements, le seuil minimal de service qui a été ajouté lors
de la dernière année, dans le dernier budget, donc, qui amène un service minimum, là, dans chacune des écoles. Donc, ce sont
les trois principaux indicateurs qui
composent la cible au niveau de l'ajout de ressources.
Mme Boutin :
Vous avez déjà une idée des besoins réels sur le terrain, admettons, par
région, là. Vous savez déjà... mettons, en Montérégie, on a besoin de tant
d'intervenants telle année, telle année. Ou c'est quelque chose qui va être
fait dans le futur?
M. Blackburn (Eric) : M. le Président, si vous permettez, en fait, là, la nature des besoins n'est pas
précise à ce point à notre niveau, les commissions scolaires ont ces informations-là.
Mais on peut vous confirmer, en complément à un bout de votre question de tout
à l'heure, qu'au total, là, oui, on le suit bien, là, c'est
1 540 nouvelles ressources en équivalent temps complet qui ont été
déployées dans le réseau en 2019‑2020. Et, depuis 2017‑2018, les
réinvestissements ont permis de pourvoir 4 903 postes à ce jour, en
équivalents à temps complet, là, dans l'ensemble du réseau de l'éducation, soit
en enseignants, professionnels et soutien.
Mme Boutin :
O.K. Il reste-tu du temps?
Le Président (M.
Leitão) : Vous avez encore 1 min 30 s.
Mme Boutin :
Bon. Puis est-ce que ces besoins-là sont également... Parce que je sais que, tu
sais, il y a des secteurs qui sont plus
défavorisés qui ont beaucoup plus de ressources, là. Dans le milieu, c'est
comme ça, tu sais. J'ai beaucoup de professeurs, en ce moment, là, qui
lèvent des sonnettes d'alarme. J'ai moi-même des amis professeurs qui sont dans
des milieux favorisés et qui ont très peu accès à des intervenants versus des
milieux plus défavorisés. Est-ce que ça, c'est pris en compte? C'est les
secteurs qui sont... pas déterminés, là, mais qui sont ciblés comme étant
défavorisés et d'autres plus favorisés. Est-ce que ça fait
partie de votre plan
stratégique, vos cibles?
M. Blackburn
(Eric) : M. le Président, je
commence, puis M. Bergeron pourra compléter. Bien, en fait, dans le
déploiement des mesures, il y a toujours un minimum qui est assuré pour chacun
des établissements. Et, dans ce déploiement, en fait, il a été, au début,
progressif, c'est-à-dire l'engagement d'une ressource qui, après un certain
nombre d'années, ça assurait minimalement l'équivalent d'au moins une
personne-ressource à temps plein, à
titre d'exemple, au bout d'un certain
nombre d'années. Mais, au fil des ans, en fait, ce nombre-là est actualisé et a
été, je dirais, davantage démocratisé, ce qui a permis l'engagement de beaucoup
plus de ressources, là, pour chacun des établissements.
Mais, oui, dans des milieux défavorisés, ils ont davantage de ressources
financières qui leur permettent, effectivement, d'engager davantage de
personnes autour des élèves. M. Bergeron, complément.
M. Bergeron (Éric) : Je n'ai
pas beaucoup de...
Le Président (M. Leitão) : ...
M. Bergeron (Éric) : Parfait,
merci. Alors, pas beaucoup de choses à ajouter. M. Blackburn vient de le
dire, notamment au niveau des règles budgétaires, tout est prévu, à ce
niveau-là, pour s'assurer d'avoir des sommes supplémentaires dans les milieux
défavorisés. Également, les conventions collectives et les règles de formation
des groupes prévoient des règles particulières pour les écoles en milieu
défavorisé. Alors, c'est tenu en compte. Ce n'est pas nécessairement dans le
plan stratégique, mais ça fait
partie des orientations que nous avons au
ministère, de tenir compte des milieux défavorisés.
Président (M. Leitão) : Très bien. Merci beaucoup. Alors, on passe du
côté du deuxième groupe d'opposition, M. le député de Rosemont. Et, si
j'ai bien compris, vous faites un seul bloc, c'est ça?
M. Marissal : Oui, c'est ça.
Le Président (M. Leitão) : Donc,
vous disposez de 13 min 30 s.
M. Marissal : Wo! Merci. Je
viens de gagner trois minutes, on m'avait dit 10 minutes tout à l'heure.
Alors, tant mieux, merci. Bien, merci.
Bonjour, merci d'être là. Je vois que vous êtes
presque aussi nombreux qu'une classe primaire du réseau public dans Rosemont et
ailleurs. Je blague, bien sûr. Plus sérieusement, j'ai beaucoup de questions,
puis on a assez peu de temps, alors, si on pouvait, à commencer par moi, nous
circonscrire, ce serait parfait.
J'ai une
question toute simple, c'est en suivi d'une question de ma collègue de
Saint-Laurent tout à l'heure. Vous avancez, puis ça, je l'ai ici, à la
page 7 des documents qui nous ont été remis, que vous atteindrez ou que ça
pointe vers une situation d'équilibre pour l'an prochain, selon vos
estimations, pour Montréal. On parle, évidemment, de la main-d'oeuvre. Mais
comment vous pouvez dire ça si vous ne savez même pas combien il manque
d'enseignantes?
M. Blackburn
(Eric) : M. Bergeron.
M. Bergeron
(Éric) : Oui. Alors, actuellement, le ministère a quand même des
données d'information : on a le nombre d'inscriptions au niveau des universités;
on a le nombre de diplômés, qui est diplômé à chaque année; on a le nombre
d'enfants; on a aussi le nombre actuel d'enseignants qu'on retrouve dans nos
écoles. On est en échange, comme je le disais auparavant, avec le réseau
scolaire pour s'assurer qu'on est en adéquation avec eux. On a aussi mis une
série de mesures quand même très importantes qui vont venir répondre, on est
convaincus, là, à ce qu'on travaille sur l'attraction de cette profession-là et
sur la valorisation. Notamment, on a des programmes de mentorat, on a un programme
de bourses d'excellence qui est très, très bien, on a...
M. Bergeron (Éric) : ...les
bourses de stage, effectivement. Donc, il y a une série de mesures, là, qui ont
été mises en place pour s'assurer que le personnel sera au rendez-vous, le
personnel enseignant sera au rendez-vous lors de la prochaine année.
M. Marissal :
Tout ce dont vous parlez là, c'est très bien, et je vous félicite, puis c'est
bien, puis j'espère qu'on va y arriver, j'espère sincèrement qu'on va y
arriver. Cela dit, c'est du moyen et long terme, ce dont vous me parlez. Moi,
dans mon bureau de comté, là, c'est tous les jours. Puis, maintenant qu'il n'y
a plus de commissaire scolaire, en plus, c'est le fun, ils viennent directement
à mon bureau de comté. Ça fait qu'on les voit, les parents qui viennent aux bureaux de comté, là. Il n'y en a pas, de prof. Ce
n'est pas une fiction, là, il n'y en a pas. Il en manque, des profs. Il y a
des classes pas de prof.
Il y a un père qui est venu me voir, la semaine
dernière, je l'ai rencontré vendredi, sa petite fille est en cinquième année,
Alphonse-Desjardins, dans l'est de Rosemont. Ils ont sorti leur fille de
l'école, ils font l'école à la maison, même si ça ne leur tente pas pantoute,
parce qu'ils se sont rendu compte que les notes de la petite plantent comme ça,
que la petite n'a plus envie d'aller à l'école, alors qu'elle était très bonne
élève, parce qu'ils se sont rendu compte
que, depuis septembre, le plus longtemps qu'elle a eu le même prof suppléant,
c'est trois jours. Ce n'est pas de la fiction, là.
Je ne fais pas un reportage-choc, là, ça existe pour vrai. Alors, comment
pouvez-vous dire — peut-être
que vous ne voulez plus le dire — qu'on va être à l'équilibre en
septembre 2020?
M. Blackburn (Eric) : En fait,
tu sais, comme je disais d'entrée de jeu, hein, la situation est différente
dans toutes les régions du Québec, là, ce n'est pas... Quand on dit qu'on est
en équilibre, l'équilibre est général pour l'ensemble du Québec. Mais vous avez
tout à fait raison de dire que, dans certains milieux, on est en carence de
main-d'oeuvre du côté de l'enseignement, comme on est en carence de
main-d'oeuvre dans bien d'autres secteurs d'emploi, vous avez tout à fait
raison, M. le député.
M. Marissal : Bien, je suis
vraiment heureux pour mes collègues députés qui ne vivent pas ça, je suis
surtout heureux pour leurs concitoyens ou concitoyennes. Je ne sais pas si on a
tiré le mauvais numéro, à Montréal, et pourquoi, mais je suis un peu surpris,
là, que vous mainteniez cette ligne selon laquelle il n'y aura aucune pénurie
d'enseignantes — je
féminise à dessein — en
septembre 2020. Je suis juste surpris. Je m'arrête là. Puis tant mieux si
on se revoit l'an prochain ou dans deux ans puis qu'on ne parle plus de ça
parce qu'on a réglé le problème, mais j'ai des doutes, j'ai des sérieux doutes.
Je ne veux pas accabler personne ici, que ça
soit clair, M. le Président, mais il faut quand même prendre constat du réel,
là. Puis le réel, on l'a dans la face tous les jours dans nos bureaux de comté,
à Montréal. Et je suis sûr qu'il n'y a pas qu'à Montréal, d'ailleurs, comme le
disait ma collègue de Saint-Laurent.
Il y a une
autre question qui revient souvent quand on parle d'éducation, c'est le fameux
taux de rétention. Il y a le chiffre, qui circule depuis
longtemps, d'un ou une enseignante sur cinq quitte la profession avant d'avoir
complété cinq ans. Est-ce que vous avez des données là-dessus ou c'est une
légende urbaine qui est devenue demi-vérité?
M. Blackburn (Eric) : Si vous
permettez, M. Bergeron.
M. Bergeron (Éric) : Oui.
Alors, effectivement, il y a un chiffre qui est véhiculé. De façon générale, on
parle généralement de 25 % d'un taux d'abandon de la profession. C'est un
chiffre qu'on entend nous aussi. Par contre, je dois dire que les données des
systèmes du ministère n'ont pas cette hauteur de désertion de la profession.
Nos données, quand on parle de départ, et tous motifs confondus, là, ça varie,
entre les commissions scolaires, de 3 % à 10 %. Alors, on est loin du
25 % qu'on entend côté médiatique. Les données des systèmes du ministère
sont beaucoup plus basses que le 25 % dont vous faites référence.
M. Marissal : Donc, vous avez
des données qui pointent plus vers 10 %?
M. Bergeron (Éric) : Oui.
M. Marissal : Ça, c'est pour
l'ensemble de la province, donc c'est une moyenne. Je présume qu'il y a des
endroits pires, des endroits mieux.
M. Bergeron (Éric) : Bien, le
10 % étant... ça varie entre 3 % et 10 %, là, ce n'est pas la
moyenne, le 10 %.
M. Marissal : Ça varie entre
3 % et 10 %.
M. Bergeron (Éric) : Ça varie
entre 3 % et 10 %.
M. Marissal : D'accord. Très
bien. Un dossier chaud d'actualité : les terrains dont on aurait besoin
pour construire des nouvelles écoles. On en a beaucoup parlé ces derniers
temps. Il en manque combien, de terrains, en ce moment, au Québec, pour
construire des écoles? Et combien de ces terrains sont, en ce moment... Je vais
reformuler. Vous êtes en attente de la réponse, pour des terrains, de combien
de municipalités? Je ne sais pas si je suis clair. Je ne suis pas clair, hein,
ou je suis clair?
M. Périgny (Sylvain) : Dans le
fond, par rapport à la question des terrains, on a fait un recensement, parce qu'il
y a des projets qui ont été autorisés dans les derniers PQI, mais des projets
qui remontent à plusieurs années, autorisés par le ministère, qui ne sont pas
réalisés encore, en lien notamment avec des enjeux de terrain.
Ce qu'on a fait à l'automne, ce qu'on a recensé
auprès des commissions scolaires, on voulait connaître l'ensemble des enjeux
qu'ils avaient au niveau des problématiques terrain. On a recensé autour d'à
peu près une cinquantaine de situations qui étaient problématiques. Et là les
problématiques sont variables, évidemment, d'une situation à l'autre. Parfois,
ça va d'une situation où il n'y a pas de terrain, il y a absence de terrain.
Parfois, c'est un terrain qui n'est pas dézoné, qui est dans des conditions
humides ou des contraintes qui... mal situé. Donc, je dirais, actuellement, ce
qu'on a, c'est à peu près une cinquantaine de cas où il y avait un enjeu de
terrain pour la réalisation des projets.
M. Marissal : ...tous problèmes
confondus, y compris quand il n'y a pas de terrain. Ma question, je vais vraiment
essayer de la reformuler pour être clair, là : Des demandes qui ont été
faites par le ministère auprès de municipalités et dont vous êtes en attente de
la réponse de la municipalité, il y en a combien?
M. Périgny
(Sylvain) : Je n'ai pas le détail ici, sous les yeux, malheureusement.
On pourrait vous revenir.
M. Marissal : Est-ce que c'est
une donnée qui existe?
M. Périgny (Sylvain) : Oui,
oui, tout à fait.
M. Marissal : O.K. Pour ne pas
perdre de temps, on peut noter, puis éventuellement...
Le Président (M. Leitão) : ...de la commission,
et on le distribuera aux membres.
M. Marissal : Merci. Je vous
amène sur le taux de diplomation. On dit, par exemple, et on le voit très clairement
pour ce qui est l'université, baccalauréat, maîtrise, doctorat, qu'il y a une
différence entre les hommes et les femmes, un écart. Ça, on le sait, ce n'est
pas une grande surprise. L'écart m'a quand même surpris, c'est quand même beaucoup.
Et on nous dit ici qu'il y a aussi un écart entre la moyenne et les étudiants
handicapés, et les étudiants autochtones, et les étudiants issus de l'immigration.
Est-ce qu'on a des chiffres ventilés là-dessus?
M. Blackburn (Eric) : Alors, l'information,
c'est qu'on en a pour l'enseignement préscolaire, primaire, secondaire, mais,
collégial, universitaire, comme les personnes n'ont pas l'obligation de
déclarer ces informations-là à leur inscription, on est dans un régime adulte,
on n'a pas cette donnée-là, M. le député.
M. Marissal : Très bien. Quant
aux installations sportives — là, je fais un peu de coq-à-l'âne parce
qu'on a énormément de matériel — il semble y avoir une certaine
contradiction entre vos objectifs, qui sont très ambitieux, et, encore là, tant mieux si on les atteint, d'au
moins de 1 h 60 min par jour, là, d'exercice au primaire ou au
secondaire, il semble y avoir une
contradiction ou, enfin, presque une impossibilité entre vos objectifs
et le manque d'installation. Et, même, dans vos prévisions, quand on
regarde le pourcentage de bâtiments visés du réseau scolaire dont l'état est
satisfaisant pour le... PEVR, pardon, même dans quatre ans, on arrive à 50 %.
Est-ce que je comprends mal, là? Il me semble qu'il manque d'installations mais
qu'on va quand même réussir, par ailleurs, à atteindre les objectifs.
M. Blackburn (Eric) : M. le
Président, si vous me permettez, quand on parle des activités en lien avec les orientations
pédagogiques qui ont été déployées dans le réseau, ce n'est pas juste des activités
physiques, ce sont des activités parascolaires, donc elles peuvent aussi être à
caractère culturel, sportif, récréatif, elles vont toucher différents volets,
ce n'est pas nécessairement toujours à caractère... ce n'est pas toujours la
pratique d'un sport quelconque, là. À moins que je n'aie pas bien saisi votre question,
là, mais, dans la mesure qui est mise en place, c'est de permettre à l'élève,
après l'école, de pouvoir avoir accès à du parascolaire, et ce parascolaire-là
est en fonction des besoins et aussi, là-dessus vous avez raison, des
disponibilités des infrastructures autour de l'école, effectivement.
M. Marissal :
Oui, je vous parlais notamment du programme À l'école, on bouge!, et on parle ici de l'atteinte de l'objectif
de 60 minutes d'activité physique par jour pour tous les élèves du
primaire. Selon vos propres cibles, on n'y arrivera seulement qu'à 65 % en
M. Blackburn (Eric) : Si vous
me permettez, M. le Président. Alors, cette cible-là du plan stratégique, en
fait, était pour nous permettre aussi de pouvoir la documenter et de la suivre,
mais, en fait, là, les minutes d'activité physique ne sont pas nécessairement
aussi toujours en dehors du calendrier scolaire de l'élève, là, c'est-à-dire le
cinq heures par jour. L'enseignant,
lui, peut, dans le cadre des activités d'apprentissage avec ses élèves, faire
bouger les élèves pendant son cours de mathématiques, pendant son cours
de français, prendre du temps avec eux, inviter le prof d'éducation physique qui va venir faire d'autres choses pour
les faire bouger un peu. Et ces minutes-là, en fait, sont comptabilisées
dans le programme du 60 minutes. Donc, essayons ensemble de faire une
soixantaine de... faisons-les bouger une soixantaine de minutes.
Le Président (M. Leitão) : Dernière question,
collègue.
M. Marissal : Je pense que
c'est tout, ça, hein? Combien de temps j'ai?
Le Président (M. Leitão) : Encore
une minute.
M. Marissal : Ah! une minute. Il
y a des graphiques qui démontrent une diminution probable et prévisible, notamment,
du nombre d'inscriptions à l'université. Ce n'est pas une baisse marquée, ce n'est pas
énorme, mais il y a une petite, petite courbe, là, vers le
bas. Et le graphique que j'ai ici va jusqu'en 2027. Est-ce que vous avez
chiffré la perte de financement pour les universités en lien avec la diminution
d'inscriptions?
M. Blackburn
(Eric) : M. le Président, pas à ce moment-ci, mais effectivement cette courbe-là démographique, là, qui est
passée du primaire au secondaire, qui rentre au collégial présentement, à l'université,
c'est un phénomène qui est nouveau, hein, effectivement,
vous avez raison, mais il n'y a pas d'analyses, là, à incidence financière qui
ont été faites à ce jour. À moins que je ne me trompe, M. Bergeron.
M. Bergeron (Simon) : Non, il
n'y a pas...
M. Blackburn (Eric) : Pas à ce
moment-ci.
Le Président (M. Leitão) : Très bien.
Enfin, pas très bien qu'il n'y a pas d'analyse, mais très bien, ça veut
dire : on est arrivés à la fin de ce bloc. Et je vais me permettre
d'utiliser de mon temps présidentiel. Je suggérerais qu'en effet cette analyse
devrait être faite, mais on en discutera, de ça, après.
Alors, du côté du gouvernement, M. le député de Masson,
vous disposez d'un bloc de 10 minutes.
M. Lemay : Merci. Donc, bien,
je vais faire du pouce sur un peu ce qui avait été commencé à être abordé par
le député de Rosemont en termes d'activités physiques, sportives, loisirs et de
plein air. Et puis particulièrement je vais
regarder un peu dans votre plan stratégique 2019‑2023. Vous mentionnez
d'ailleurs que l'atteinte d'une meilleure qualité de vie, la pratique
régulière d'activités physiques, sportives, loisirs, plein air, c'est une
valeur qui reçoit une adhésion de plus en plus grande de la population.
Puis on le
voit, justement, l'adhésion, justement, dans les programmes sport-études. Moi,
j'ai fait sport-études dans les années 1990. J'ai terminé à l'école
secondaire de Mortagne en 1996. Puis, justement, si je ne me trompe pas, c'est
la première école qui a fait un programme sport-études en 1980. De là, il y a
eu plusieurs athlètes qui sont sortis, mais
les classes qu'on avait dans le temps, effectivement, il y avait peu de classes
et il n'y en avait pas beaucoup, d'élèves,
par classe. Aujourd'hui, mon fils est en sport-études, présentement, à l'école
Félix-Leclerc, ils sont six classes en secondaire I. Donc, il
y a eu une belle progression.
On le voit, c'est bien indiqué dans votre plan
stratégique, de faire en sorte qu'on puisse inclure le maximum de gens et de
faire en sorte qu'il y a plus de... peu importe le milieu qu'on est issu ou
même les notes scolaires, tu sais, il y a plus de souplesse pour, justement,
avoir une accessibilité, ce qui est très bien. On le voit dans vos textes, on a
juste à penser aussi, vous le mentionnez très bien dans vos documents, que ça
aide aussi pour la persévérance puis la réussite scolaire. On a juste à penser,
la semaine prochaine, c'est les journées de persévérance scolaire partout au
Québec, on va, justement, venir récompenser des élèves qui ont fait une grande
persévérance. On a juste à penser, un exemple plus récent, avec notre exploit
québécois, Laurent Duvernay-Tardif, qui s'est rendu jusqu'au Super Bowl de la
NFL.
Mais, bref, ceci étant dit, quand on regarde vos
orientations... puis, dans l'enjeu, vous mentionnez, justement, que vous avez des enjeux par rapport à... Mais
c'est quoi, les... Comment qu'on peut faire des mesurables sur comment
qu'on peut avoir l'activité physique? Puis là, avant, dans votre ancien plan,
vous aviez beaucoup plus de critères. Et puis là il y avait des critères qui
étaient non mesurables. Là, je comprends qu'on s'en va vers des critères
mesurables, mais ça a fait en sorte que les nouveaux critères sont mesurables
seulement sur, bien, l'atteinte des médailles aux Jeux olympiques ou aux jeux
paraolympiques, tu sais.
Puis moi, je... C'est le fun, les jeux
paraolympiques, qui sont inclus, cette fois-ci, dans le plan, ils n'étaient pas dans le précédent plan. J'ai nagé avec Benoît
Huot, justement, un grand athlète, qui a terminé son... Moi, je finissais
mon secondaire, lui, il commençait le secondaire I, ça fait qu'il a
terminé en 2001. Mais, bref, on a nagé quand même ensemble, avant qu'il rentre
au secondaire, on faisait
partie du Club de natation Hippocampe. Mais il a pris
sa retraite l'année passée, ça fait qu'il a eu une vie active d'athlète très
longue, si on veut dire... Il y a plusieurs autres athlètes qui ne font pas la
même vie active que lui a faite. Mais c'est juste à mentionner que pourquoi
s'en tenir simplement aux médailles olympiques et paraolympiques? Et est-ce
qu'il n'y aurait pas d'autres critères qu'on pourrait tenir compte, qu'on
aurait des mesurables, qui viendraient mieux refléter tous les efforts qui sont
mis dans le sport et loisir au Québec?
M. Blackburn (Eric) : M. le
Président, si vous me permettez...
Le Président (M. Leitão) : Certainement.
M. Blackburn
(Eric) : ...je fais un petit
bout de chemin, encore une fois. En fait, l'indicateur est en lien vraiment avec
les données qui étaient disponibles. Et on est dans l'excellence sportive, donc
on n'était pas nécessairement dans la pratique d'activités
quotidiennes ou récréatives, mais bien du côté de l'élite, hein, M. Bergeron,
si je ne me trompe pas. Ah! bien, elle a changé de place en catimini. On est du
côté de l'élite.
Mais on
pourrait peut-être permettre à Mme Breton, la sous-ministre adjointe, de compléter, si vous me permettez, M. le Président.
Le Président (M. Leitão) : ...
Mme Breton (Dominique) :
Bonjour. Dominique Breton, alors, sous-ministre adjointe des loisirs et sports
au ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.
Pour faire un bout de
chemin sur ce que M. Blackburn vient de mentionner, oui, il y a un volet
concernant l'élite sportive, donc avec les
médailles aux Jeux olympiques, c'est un pan. Mais, vous savez, le sport, c'est
la pratique au quotidien aussi, de s'assurer qu'on
promouvoit des saines habitudes de vie, une pratique régulière de l'activité physique. Tout à l'heure, M. Blackburn, pour
répondre au député de Québec solidaire, faisait, entre autres, mention du
programme... de la mesure À l'école, on bouge!, donc, qui incite les jeunes à
bouger au moins un 60 minutes par jour d'activité physique.
Parallèlement à ça,
le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur a mis en place la
Politique de l'activité physique du sport et du loisir, qui vise, entre autres,
différentes initiatives pour s'assurer qu'on puisse avoir... non seulement en
matière de santé, mais en termes de divertissement, à s'assurer qu'on a une
camaraderie avec les enfants, de s'assurer qu'il y a un volet social, qu'on
puisse avoir un accomplissement puis un rapprochement aussi avec la nature, alors que l'activité physique peut être également
pratiquée en plein air. Trop peu de Québécoises et de Québécois font
actuellement de l'activité physique. Il faut donc promouvoir tous les bénéfices
qu'on peut en retirer au plan humain, mais également en termes de santé
physique, santé mentale.
Par la suite, il y a
différents axes qui ont été développés et sur lesquels on travaille au
quotidien, c'est-à-dire, par exemple, l'accessibilité, la qualité de
l'expérience, lorsqu'on pratique une activité physique, toute la promotion, le leadership puis s'assurer qu'on travaille en
concertation avec tous les partenaires du milieu sportif et du loisir au
Québec.
M. Lemay :
Évidemment qu'il y a plus que simplement l'orientation... l'objectif 1.3.2, qui
est soutenir l'excellence sportive. Vous avez mentionné l'objectif 2.1,
là, qui est accroître les temps consacrés aux activités physiques et
parascolaires chez tous les élèves, jeunes et adultes.
Mais,
si on revient, plus précisément, dans l'objectif 1.3.2 pour l'excellence
sportive, on parle ici d'indicateurs au niveau des Jeux olympiques et
paraolympiques, et puis la question, c'était : Il y a d'autres sports qui
ne se retrouvent pas aux olympiques de haut niveau, là, tu sais, comme,
exemple, là, un Ironman, tu sais, ce n'est pas un sport olympique, là. C'est le
triathlon qui est le sport olympique. Mais on a des Québécois, Québécoises qui
performent dans le Ironman de très haut niveau, tu sais. On a les parcours
ninjas. On a juste à penser au American Ninja Warrior , qui prend de
l'ampleur. On a même un réseau Ninja-Québec qui vient d'être implanté cette année.
Est-ce que ça va nous mener à des
pancanadiens? Il y a une coupe de l'Est qui est organisée, aussi, avec un
championnat à Granby d'ici la fin de l'année. Bref, tu sais, c'est
des sports en effervescence.
Là, on mentionne les
Jeux olympiques ici, dans soutenir l'excellence. Mais avant on avait des
orientations sur les championnats canadiens ou, si on veut, les Jeux du Canada.
Là, on ne retrouve pas ça. Dans différentes fédérations sportives, on retrouve
ce qu'on appelle le championnat canadien ou même la Coupe de l'Est, parce que, souvent, nos athlètes vont pouvoir performer sur
la scène provinciale. Mais, avant de se rendre au canadien, ils vont aller
à la Coupe de l'Est. Là, les athlètes de l'ouest vont à la Coupe de
l'Ouest. Ils se retrouvent au Canada.
Donc, c'est
simplement savoir... puis aussi il ne faut pas oublier que certains athlètes,
au niveau olympique, bien, ils sont rendus à s'entraîner à l'extérieur du
Québec. Donc là, si on veut vraiment faire un lien entre les mesures qu'on prend ici même, au Québec, et là de voir
l'indicateur qui est relié avec les médailles olympiques, sachant qu'on a le Comité olympique canadien,
que, lui, a investi beaucoup aussi dans ce côté-là... Est-ce qu'on est en train
de dire : Bien, ça dépend de l'investissement que le Comité olympique canadien
fait? Là, si on a plus de médailles, ça va faire en sorte que, bien, nous, au Québec,
on a réussi à placer nos athlètes québécois, on a atteint nos cibles. Je
voulais juste comprendre un peu le lien, si c'est vraiment un indicateur qui
permet de démontrer tous les efforts qui sont faits en sol québécois.
Mme Breton
(Dominique) : En fait, je suis tout à fait en phase avec votre propos,
je dois vous dire. Évidemment, bien difficile de tout vouloir décliner
les mesures pour le secteur loisir et sport au Québec dans un plan stratégique.
Vous en avez fait mention, il a été retenu, entre autres, pour la cible, les
médailles olympiques, c'est un des éléments. Mais vous comprenez qu'avec les
règles qui gouvernaient la nouvelle mouture du plan stratégique on devait faire
un choix sélectif. Ce choix-là a été fait parce que ça nous permet d'avoir un
certain indicateur et de suivre annuellement l'atteinte de cette cible-là.
contre, évidemment, je suis très au fait que, non, il ne faut pas juste mettre
l'accent sur la médaille olympique, mais tout le développement et le
cheminement de l'athlète tout au long de sa carrière et d'être en mesure aussi
de bien le soutenir dans sa carrière, dans
son développement sportif, que ce soit au plan régional, lorsqu'il atteint le
niveau provincial, ensuite les championnats nationaux.
Donc,
évidemment, ce ne sont pas tous les sports qui sont représentés par les Jeux
olympiques. Ce n'est qu'une facette,
mais qui ne démontre pas tout le travail qui est fait en termes de
développement de l'excellence sportive au Québec.
M. Blackburn
(Eric) : Juste en complément...
M. Lemay :
Allez-y, M. Blackburn.
M. Blackburn
(Eric) : Oui. Bien, juste en complément, en fait, on a aussi des
données sur la population active qui nous
est... qui est à l'intérieur du plan stratégique, hein? Je ne sais pas si vous
le voyez, mais ces données-là nous sont fournies de l'extérieur, mais
qui nous permettent aussi de voir l'évolution en fonction de la population en
général, là, des gens qui bougent un peu.
M. Lemay :
Bien, justement, si on parle de l'objectif 1.3.1, qui est accroître la
pratique d'activités physiques, sportives, de loisir et de plein air dans
l'ensemble de la population, on l'a mis, cette année, dans le nouveau plan. Je
veux dire, on a catégorisé ça chez les 12 à 17 ans et chez les 18 ans
et plus. Et vous mentionnez que, dans la nouvelle Politique de l'activité
physique du sport et du loisir, on veut faire augmenter la proportion de la
population qui fait le volume recommandé d'activités physiques, pendant ses
temps libres, d'au moins 10 % pour les 12 à 17, et de 20 %...
excusez-moi, d'au moins 10 % et de 20 % chez les jeunes âgés de six à
17 ans.
Mais la question,
c'est... Volume recommandé, il n'est pas précisé nulle part dans votre
document. Quel est le volume recommandé? Est-ce qu'on a une indication
supplémentaire à cet effet?
Mme Breton
(Dominique) : Oui. Évidemment...
Le Président (M.
Leitão) : ...
Mme Breton
(Dominique) : Alors, voilà, pour répondre à votre préoccupation, en
fait, ce que nous avons pour l'instant comme recommandation, nous avons
l'Organisation mondiale de la santé qui nous indique que, pour les enfants de
six à 11 ans, on recommande, au moins, 60 minutes d'activité par jour
à intensité moyenne ou élevée, bon, représentant,
là, 420 minutes par semaine. Et, pour les 18 ans et plus, à chaque
semaine, on parle, au moins, 150 minutes d'activité physique à
intensité moyenne ou, au moins, 75 minutes à intensité élevée, une
combinaison, là, équivalente des deux niveaux d'intensité. Alors, c'est, en
fait, la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé.
Le Président (M.
Leitão) : Très bien. Merci beaucoup. Alors, on passe maintenant au troisième
groupe d'opposition. M. le député de Bonaventure, bienvenue dans notre
merveilleuse commission. À vous la parole. Vous disposez d'un bloc d'à peu près
sept minutes.
M. Roy :
Merci, M. le Président. Bonjour. Bonjour à tous. Écoutez, il y a un vieux
philosophe qui disait que, si tu veux savoir
si un prof est bon pour tes enfants, demande-toi si tu les laisserais aller à
la guerre avec lui. Le prof, c'est l'autrui
significatif le plus important, dans la socialisation de l'enfant, après les
parents. Et un des enjeux fondamentaux qu'on peut voir, puis qui a été
soulevé par les collègues, c'est vraiment la qualité, je dirais, des conditions
de travail des enseignants et la fuite de ces derniers vers d'autres lieux. Parce
que là on voit des données, bon, on a un sur quatre, un sur cinq; après cinq
ans, vous amenez des chiffres de 10 %. Il n'en demeure pas moins que ça
semble être une carrière qui est très difficile pour beaucoup de gens. Et il
faut vraiment faire en sorte que les enseignants aient des conditions
favorables parce qu'ils s'occupent de nos enfants.
Ceci étant dit, il y
a un phénomène qu'on appelle l'intérimisation du travail. Puis moi, j'ai été
dans le milieu de l'enseignement quelques années et j'ai compris assez
rapidement que ce que les profs attendaient, c'était leur permanence pour avoir
une certaine prévisibilité de vie, hein? Une jeune enseignante qui rentre dans
le métier et qui attend deux, trois, quatre, cinq, 10 ans avant d'avoir
une permanence va retarder son projet familial. Elle n'aura pas d'enfants souvent,
parce que, si elle quitte un an, deux ans, elle perd sa place, sa priorité,
donc, elle ne sera plus sur une liste de rappel, bref, elle recule. Et un de
mes anciens collègues, enseignant de cégep, disait que ça ressemble au serpent
qui se mange la queue, c'est-à-dire que les profs qui ne font pas d'enfant
n'auront pas d'enfants qui iront à l'école. Donc, c'est comme une... il y a
comme un cycle de décroissance démographique qui semble engendré par des
conditions structurelles de non-obtention de la permanence du corps enseignant.
Et moi, je crois que, quand tu n'es pas
capable d'avoir de la prévisibilité dans ta vie et que tu es toujours
intérimaire, tu vas te faire appeler à 6 heures le matin pour aller
faire du remplacement, tu n'as pas vraiment le goût de rester dans une carrière
comme celle-là. Moi, ça m'a pris cinq ans avant d'être permanent au cégep, puis
j'étais très heureux la journée où c'est arrivé, bon : prévisibilité,
stabilité et investissement personnel, bon, la maison, les enfants, etc., la tondeuse
à gazon, ce que vous voulez... trois vitesses de reculons, monsieur.
Ceci étant dit,
j'aimerais avoir votre... Je ne sais pas... je n'ai pas vu de chiffre
là-dedans. Puis je vais être honnête, là, j'ai vu le rapport tout à l'heure
puis... j'y vais avec les enjeux qui me sont rapportés. Par rapport à l'intérimisation, le temps partiel sur appel, les
suppléants, etc., est-ce que, dans votre plan de rétention et votre volonté
de garder les profs, vous avez pensé de leur donner des permanences ou c'est
déjà... vous le faites? Mais ça prend combien de temps avant qu'un prof ait une
permanence? Et actuellement, dans le réseau, cette année, combien vont l'avoir?
Mettons, on va aller dans des indicateurs quantitatifs clairs, là. Vous pouvez
y aller globalement puis arriver à quelque chose.
M. Bergeron
(Éric) : Absolument. Alors, les conditions d'obtention de la
permanence sont prévues dans les différents contrats de travail des
enseignants, du personnel professionnel et des personnels de soutien.
Alors,
actuellement, ça prend trois années avec un contrat de temps plein pour pouvoir
obtenir la permanence. Donc, un enseignant qui fait une année, deux
années de suppléance, ce ne sont pas des années qui comptent pour la
permanence, la première année étant la première année du contrat temps plein.
Cette permanence-là est accordée après trois ans en raison aussi de la
variation de l'effectif scolaire avec lequel les réseaux scolaires sont aux
prises. Donc, d'une année à l'autre, il y a fluctuation, et c'est la raison
pour laquelle il y a un mécanisme prévu au niveau des conventions collectives.
Le nombre de
permanences, dans le courant de l'année, je ne l'ai pas avec moi, mais c'est un
chiffre qu'on pourrait avoir. C'est une
donnée qu'on a dans les systèmes de données du ministère sans aucun problème.
Je ne l'ai pas avec moi, c'est une donnée très spécifique, mais on
pourra vous la faire parvenir.
M. Roy :
Bon, vous devez avoir les données d'effectifs sur les permanents versus les
non-permanents sur l'ensemble de l'effectif.
M. Bergeron (Éric) : Oui.
M. Roy : Est-ce que vous
avez ça là?
M. Bergeron (Éric) : Bien, de
mémoire, j'y vais de mémoire : on a 107 000 enseignants au
Québec, 107 800 quelque chose, là — je n'ai pas le chiffre sous
les yeux, mais c'est de l'ordre de grandeur — et nous avons une banque de
suppléance qui tourne dans les alentours de 33 000 personnes qui sont
dans les bassins de suppléance. Donc, on
peut penser que ceux qui font de la suppléance, ce 33 000 personnes
là qui gravitent alentour des organisations, n'ont pas de permanence. C'est évident puisqu'ils font de la suppléance.
Mais ça vous donne un peu l'ordre de grandeur que nous avons, là :
107 000 enseignants, 33 000 qui font de la suppléance.
M. Roy : Mais moi, il y
a quelque chose que je ne comprends pas. On a une pénurie de personnel, il me
semble, on manque de profs, comme certains de mes collègues l'ont signifié, on
a une banque de 33 000 suppléants qui n'ont pas accès à des temps
pleins pour éventuellement avoir une permanence. C'est ça que je comprends ou...
M. Bergeron (Éric) : Je peux
amener une précision peut-être qui va amener un éclairage supplémentaire. De ces 33 000 enseignants là ou de
suppléants que nous avons, ils ont réalisé l'équivalent d'environ
5 000 temps-complets, donc qu'on appelle des équivalents temps
complets. Donc, oui, ils sont 33 000, mais il n'y a pas du travail pour 33 000 personnes à temps complet. Alors,
s'il fallait leur donner la permanence immédiatement, à partir de ce moment-là,
il y aurait des gens qui seraient payés avec
pas de groupe classe et pas de classe à chaque jour, là. Donc, ce n'est pas...
les 33 000 suppléants ne réalisent pas 33 000 temps complet
à la fin de l'année. Quand on fait le calcul, c'est environ
5 000 ETP, qu'on appelle, nous autres, les équivalents temps complet.
M. Roy :
O.K. Mais il n'en demeure pas moins que d'accélérer l'obtention d'un temps
complet à des enseignants, qui travaillent à l'année quand même, plus
rapidement créerait une rétention dans la profession et une prévisibilité
bénéfique, pour leurs conditions de vie générales.
M. Bergeron
(Éric) : Ce sont des
conditions qui sont prévues au contrat de travail des enseignants. Actuellement,
nous sommes en période de négociation, il y aura certainement des échanges
vigoureux à ce sujet, aux différentes tables de négociation, pour le ministère
de l'Éducation.
M. Roy : Je suis certain...
Le Président (M. Leitão) :
...quelques secondes.
M. Roy : Bien, je suis
certain qu'il y a des gens qui nous écoutent actuellement.
Président (M. Leitão) : Très bien. Merci beaucoup, M. le député.
Alors, on revient du côté gouvernemental, et, j'ai bien compris, Mme la
députée de Labelle?
Mme Jeannotte : Oui. Bonjour,
M. le sous-ministre, M. le sous-ministre adjoint...
Le Président (M. Leitão) :
10 minutes. J'ai oublié de vous dire, excusez-moi, 10 minutes.
Mme Jeannotte : Oui. Bonjour,
M. le sous-ministre, sous-ministre adjoint, membres du ministère. Merci
beaucoup d'être ici. Félicitations pour le plan stratégique, on sent beaucoup
d'efforts qui ont été faits, des efforts considérables,
ça paraît. Donc, bravo! Mais, en même temps, les défis sont très, très grands
encore en 2020 et puis 2021.
Donc, sincèrement, il y a beaucoup de questions,
je ne sais plus par quoi commencer, mais je vais... J'ai un fils qui étudie
pour devenir professeur, ça fait qu'il y a encore du monde intéressé à la
profession.
Mais, pour
continuer sur ce que disait mon collègue, en effet, on entend beaucoup des
critiques, de ce côté-là, que les conditions de travail des enseignants
sont difficiles, qu'il y a une pénurie, qu'il y a une rareté, puis qu'en effet il y a beaucoup de gens dans la banque de
suppléance. Mais est-ce qu'il y a une réflexion, à l'intérieur du ministère,
en ce moment, pour améliorer les conditions de travail des enseignants?
M. Blackburn (Eric) : Je vais
faire un petit bout, M. le Président, si vous me permettez. En fait, comme
M. Bergeron venait de le dire tout à l'heure, il y a un ensemble
d'encadrements qui sont vraiment à l'intérieur des conventions collectives, qui sont celles qu'on doit nécessairement
respecter, entre autres, effectivement... comme M. le député disait : La permanence, c'est l'idéal. Mais
il y a un coût à la permanence aussi puis elle s'acquiert, la permanence,
dans des règles qui viennent aussi avec la stabilité de la clientèle en
fonction des règles de formation de groupes.
Mais, outre ça, en
fait, il y a beaucoup de mesures qui ont été mises en place — pour
répondre à votre question — entre autres, il y a des bourses
d'excellence qui ont été octroyées, cette année, aux étudiants en enseignement.
Ça a été quand même un
montant de 15,8 millions de dollars qui ont été donnés pour 2019‑2020. Il
y a un programme de mentorat pour les enseignants, aussi, en début de
carrière, un programme quand même de 5 millions de dollars pour 2019‑2020.
Puis ça peut avoir l'air anodin, mais le mentorat... on le disait tout à
l'heure, c'est difficile, la profession d'enseignant. Et d'avoir quelqu'un qui
peut t'accompagner, en début de carrière, pour te permettre d'avoir un meilleur
environnement de travail, de meilleures pratiques plus rapidement et de faire
en sorte que, dans la classe, ça se passe bien, c'est quand même des cartes
gagnantes. Tout notre Programme de bourses de soutien à la persévérance puis à
la réussite des stagiaires, c'est tout à fait nouveau, ça, pour les programmes
agréés de formation à l'enseignement. Il y a une bourse de 3 900 $
par étudiant, lors du stage final, pour un coût annuel de 15 millions de
dollars quand même. Ça aussi, ça vient soutenir, ça vient encourager et ça
vient reconnaître aussi les bons, hein?
Mme Jeannotte :
...ministre, vous parlez de conventions collectives, après ça, vous parlez de
mesures qui ont été mises en place.
Mais est-ce qu'il y a des mesures encore futures, à venir, quelque chose de
nouveau qui s'en vient?
M. Blackburn
(Eric) : Des mesures en cours de réalisation, là : élaboration de
publication d'un nouveau référentiel de compétences professionnelles, aussi,
qui va nous permettre de les soutenir professionnellement dans leurs fonctions,
puis un référentiel de compétences qui a été actualisé. Être prof aujourd'hui,
là, ce n'est pas être prof il y a plusieurs années, là, la situation a bien
changé.
que je retrouve aussi : ces orientations seront au coeur de
l'actualisation des programmes en vue de les former puis l'élaboration
de publication d'un cadre de référence sur l'insertion professionnelle aussi.
Donc, plutôt que... Je vais le dire comme ça, dans notre temps, où on te
donnait un set de clés puis... Voici, organise-toi, tu as tes quatre groupes et
bon succès. Bien, aujourd'hui, en fait, il y a tout un processus de soutien,
d'accompagnement à l'insertion professionnelle pour leur permettre, en fait, de
mieux réussir et de vivre plus positivement la profession enseignante plutôt
que le vivre difficilement.
Puis M. Bergeron
voudrait peut-être préciser certaines choses là-dessus, M. le Président, si
vous permettez.
Le Président (M.
Leitão) : ...
M. Bergeron
(Éric) : Merci. Certains éléments en complément. Le ministère est
aussi très, très présent dans les salons, les salons événementiels que l'on
retrouve autant au niveau collégial, universitaire que dans les places
publiques, chose qu'on était moins dans les années passées, alors on se
préoccupe de ça. Le ministère a aussi mis en ligne un nouveau site Web qui
s'appelle devenirenseignant.com. Ce n'est pas facile de trouver l'information
quand on veut devenir enseignant. Ce nouveau
site Web là sera un véhicule... pas sera, mais est un véhicule vraiment
intéressant, puisqu'on retrouve toute l'information nécessaire lorsqu'on
se pose la question : Si je veux devenir enseignant, qu'est-ce que je dois
faire? Quelles sont les étapes? Où je peux appliquer? Où il y a du travail? On
a des cartes de commissions scolaires. On fait référence aux différents sites
pour les amener; ici, j'ai du travail dans tel domaine, dans tel domaine.
Alors, c'est un site Web qui est quand même très intéressant.
est aussi très, très présents à l'étranger. Mme la députée de Saint-Laurent
demandait, tout à l'heure, il y avait combien de personnes qui étaient
arrivées. Mission de Toulouse, en octobre 2019, il y a eu 450 candidatures
qui ont été reçues, analysées par le
ministère. De ça, les commissions scolaires de la région de Montréal ont fait
136 promesses d'embauche. Sont-ils tous arrivés? Non, ils doivent
passer par le processus d'immigration, mais c'est des personnes qui sont en
voie de s'en venir combler des postes vacants ici au Québec.
La mission de Paris,
en novembre 2019, bien, il y a eu 600 candidatures qui ont été reçues. De
ces 600 là, 204 promesses d'achat — d'achat! — 204 promesses
d'embauche. On aimerait bien ça, les acheter, mais ce n'est pas le cas. 204 promesses d'embauche ont été
faites à ces candidats-là, donc ça nous amènera une clientèle supplémentaire.
On peut voir, là, que
le ministère... il y a une réflexion globale pour valoriser la profession et
s'assurer qu'on est capable d'attirer de bons candidats au niveau de l'enseignement.
Mme Jeannotte :
Bien, merci, puis je vous encourage à continuer vos efforts.
côté de l'élaboration du plan, qu'est-ce... dans le fond, quel serait le plus
grand changement que vous diriez, M. le sous-ministre, qui est arrivé,
là, dans l'actuel plan stratégique?
M. Blackburn
(Eric) : Dans... la différence d'avec l'autre?
Mme Jeannotte :
Oui, oui.
M. Blackburn
(Eric) : Je vous dirais, la mise en oeuvre de la reconnaissance des
approches collaboratives et tout ce qui touche les personnes, les individus
dont on va essayer de prendre davantage soin, hein? On comprend que ça a été
précisé par quelqu'un en début de rencontre, le succès des élèves réside, pour
à peu près 55 %, dans la relation qu'il établit avec les adultes qui sont autour
de lui. Et, dans ce plan stratégique là, on retrouve un nombre important, je
dirais, de chemins qu'on va emprunter pour tout ce qui touche la considération
des personnes, pour faire en sorte, en fait, que ces personnes-là soient dans
des environnements sains, sécuritaires, avec du soutien, de l'accompagnement...
favoriser le recrutement, la sélection, l'installation, comme monsieur disait
tout à l'heure, pour leur donner des conditions de travail qui vont faire en
sorte qu'ils vont demeurer, qu'on va pouvoir les retenir. Et ça, en fait, ça
s'est traduit par de nombreuses mesures qu'on pourrait énumérer. Mais, sur le
fond, ce serait vraiment cet élément-là, là, qui est derrière notre plan
stratégique.
Mme Jeannotte :
On est plus sur les enseignants que les élèves.
M. Blackburn
(Eric) : En fait, M. le Président, si vous permettez, si on voulait
faire une équation, l'objectif, c'est d'investir sur ce que sont les personnes
pour qu'elles deviennent les meilleures personnes possible, qu'elles
développent leurs talents au maximum, qu'elles puissent développer les
meilleurs outils, c'est-à-dire les meilleures pratiques
pour ce qui touche tout l'encadrement, le soutien, l'accompagnement des enfants, faire en sorte que l'enfant
bénéficie des meilleurs services et qu'en bout de course il ait les meilleurs
résultats possibles. C'est vraiment une chaîne — mais sur le plan
humain — en
fait, sur laquelle on veut investir le plus possible.
Mme Jeannotte :
Si j'allais maintenant au niveau de la prévention, le dépistage et
l'accompagnement des élèves en difficulté d'apprentissage, les jeunes élèves et
les accompagnateurs qui peuvent déceler des difficultés d'apprentissage chez les enfants vulnérables, vous avez décidé de
conserver un indicateur de ce côté-là, qui dénombre les ajouts annuels
en soutien des élèves. Mais il ne semble pas y avoir de mention de leur
répartition dans le réseau, il n'y a pas l'air d'avoir d'indicateur qui
illustre le nombre de nouvelles ressources professionnelles dans les écoles.
Est-ce que je me trompe?
M. Blackburn
(Eric) : Je vais me tourner vers mon collègue, là, qui...
Mme Jeannotte :
Oui. Il semble difficile de vérifier l'atteinte de cette cible, pour la
dernière année du plan, car les données ne semblent pas disponibles.
M. Blackburn
(Eric) : M. le Président, si vous... (panne de son) ...on va demander
à M. Bergeron.
Le Président (M.
Leitão) : ...
M. Bergeron
(Éric) : Certainement. Alors, j'en ai fait état, tout à l'heure, avec
une question précédente. En fait, on le retrouve à l'indicateur n° 2,
le nombre de nouvelles intervenantes et nouveaux intervenants en soutien aux élèves. À l'intérieur de cet indicateur-là, la
cible est composée du nombre de professionnels en ajout qu'on va retrouver
dans chacune des commissions scolaires. Ce n'est pas nécessairement en
adéquation avec chacun des élèves ayant des besoins particuliers, mais on le
retrouve à l'intérieur de l'indicateur n° 2.
Mme Jeannotte :
O.K. Parfait.
Le Président (M.
Leitão) : Vous êtes arrivée à la fin, je m'excuse. Alors, on revient
du côté de l'opposition officielle. Mme la députée de Saint-Laurent, vous
disposez d'à peu près neuf minutes.
Mme Rizqy :
Merci. Alors, je vais avoir encore besoin des services de M. Colpitts, si vous
permettez. On s'est quittés tantôt, il y avait une réponse qui était à l'effet...
comment on fait pour suivre les élèves autochtones. Je pense à... dont aux
prêts et bourses, il me semble qu'ils peuvent... il y a un indicateur pour les
Premières Nations autochtones pour les prêts et bourses, non?
Mme Rizqy :
Non? Il n'y a pas de bourse spéciale?
M. Colpitts
(Steven) : Non, il n'y a pas d'indicateur pour les autochtones sur les
prêts et bourses.
Mme Rizqy : O.K. Et, dites-moi, pour faire le suivi, est-ce que
vous pensez, justement, ajouter un indicateur?
M. Blackburn
(Eric) : ...
Le Président (M.
Leitão) : Monsieur...
Mme Rizqy :
Peu importe.
M. Blackburn (Eric) : Si vous me permettez, en fait, un indicateur qui
permettrait d'évaluer à qui sont offertes les bourses ou un indicateur
de combien d'étudiants autochtones... juste comprendre votre question, Mme la
députée.
Mme Rizqy :
Bien, un indicateur, lorsqu'on s'est quittés, c'était sur le suivi de nos
étudiants, en fait, des élèves qui deviennent des étudiants d'enseignement
supérieur. Vous me disiez qu'au fond que c'était plus difficile de faire un
suivi, alors je me demande comment qu'on fait, là. On devrait avoir un
indicateur, je me demande comment qu'on peut peut-être utiliser des outils, en
ce moment, là, pour être en mesure de les identifier puis faire le suivi sur le
taux de réussite, le taux de décrochage aussi.
M. Blackburn
(Eric) : M. Bergeron a l'air d'avoir le goût de donner un... de
réponse, M. le Président.
M. Bergeron
(Simon) : Non. Bien, j'ai peut-être quelque chose, parce que les...
Mme Rizqy : Oui. C'est correct,
vous travaillez en équipe.
M. Bergeron
(Simon) : ...la formation
que j'ai par rapport à ça, M. le
Président, c'est que, dans le fond, il y a des déclarations qui peuvent
être faites, mais c'est vraiment des déclarations volontaires, quand on est en
enseignement supérieur, puis ça fait en sorte que les... Puis, des fois, ce
qu'on nous rapporte, c'est que les étudiants autochtones,
ils ne savent pas nécessairement qu'il y a des mesures aussi pour eux, ça fait
que, donc, ils ne s'identifient pas, et ça fait en sorte que, dans
certains cas, bien, peut-être qu'ils n'ont pas tous les services auxquels ils
ont droit. Mais ce n'est pas parce qu'il n'y en a pas, ce n'est pas parce
qu'ils ne sont pas rendus, ils ne sont pas disponibles dans les établissements.
Par ailleurs, ce qu'on nous dit, aussi, c'est que, des fois, ils ne veulent pas
se déclarer parce qu'ils ont l'impression qu'ils pourraient être discriminés
par le fait qu'ils se déclarent, alors que ce n'est pas l'effet qu'on recherche
à faire, au contraire. Donc, c'est...
Mme Rizqy : ...positive.
M. Bergeron (Simon) : Pardon?
Mme Rizqy : Sauf, c'est une
discrimination positive.
M. Bergeron (Simon) : Oui, oui,
oui. Mais, peut-être que... mais ça fait en sorte... ce qu'on nous dit, c'est
que les étudiants ont quand même une certaine réticence à toujours déclarer
leur statut quand on est rendus dans l'enseignement supérieur.
Mme Rizqy : Et dites-moi,
puisqu'on... ils partent quand même de commissions scolaires qu'on est capable
d'identifier lorsqu'ils sont des élèves; une fois qu'ils s'inscrivent dans le
réseau collégial, ils vont avoir un code permanent. Est-ce qu'à ce stade-ci,
avec le code permanent, on serait en mesure de mieux les identifier puis aussi,
par la suite, de faire des communiqués vers ces clientèles, ces étudiants pour
leur faire part de tous les outils qui s'offrent à eux ainsi que des programmes
qui sont spécialisés pour eux, de l'aide financière ainsi que tout ce qu'ils
auraient droit? Est-ce qu'on pourrait peut-être envisager ça comme solution ou
piste de réflexion de solution?
M. Bergeron (Simon) : Bien, en
fait, je pense que ce qu'on peut dire, c'est qu'il y a peut-être moyen d'aller
plus loin que ça, je vous dis, d'essayer de faire des croisements. Mais je laisserais
peut-être...
Mme Rizqy : Je crois que madame
aimerait intervenir, si vous permette