CAT — 30 April 2024 (43rd Legislature, 1st Session)
CAT 2024-04-30
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Accueil > Travaux parlementaires > Travaux des commissions > Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
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34e législature, 1re session (28 novembre 1989 - 18 mars 1992)
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32e législature, 3e session (9 novembre 1981 - 10 mars 1983)
32e législature, 2e session (30 septembre 1981 - 2 octobre 1981)
32e législature, 1re session (19 mai 1981 - 18 juin 1981)
31e législature, 6e session (5 novembre 1980 - 12 mars 1981)
31e législature, 5e session (24 octobre 1980 - 24 octobre 1980)
31e législature, 4e session (6 mars 1979 - 18 juin 1980)
31e législature, 3e session (21 février 1978 - 20 février 1979)
31e législature, 2e session (8 mars 1977 - 22 décembre 1977)
31e législature, 1re session (14 décembre 1976 - 23 décembre 1976)
30e législature, 4e session (16 mars 1976 - 18 octobre 1976)
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30e législature, 1re session (22 novembre 1973 - 22 décembre 1973)
29e législature, 4e session (15 mars 1973 - 25 septembre 1973)
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29e législature, 1re session (9 juin 1970 - 19 décembre 1970)
28e législature, 5e session (24 février 1970 - 12 mars 1970)
28e législature, 4e session (25 février 1969 - 23 décembre 1969)
28e législature, 3e session (20 février 1968 - 18 décembre 1968)
28e législature, 2e session (20 octobre 1967 - 20 octobre 1967)
28e législature, 1re session (1 décembre 1966 - 12 août 1967)
27e législature, 6e session (25 janvier 1966 - 18 avril 1966)
27e législature, 5e session (22 octobre 1965 - 23 octobre 1965)
27e législature, 4e session (21 janvier 1965 - 6 août 1965)
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27e législature, 2e session (21 août 1963 - 23 août 1963)
27e législature, 1re session (15 janvier 1963 - 11 juillet 1963)
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26e législature, 1re session (20 septembre 1960 - 22 septembre 1960)
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25e législature, 2e session (13 novembre 1957 - 21 février 1958)
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Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
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(29 novembre 2022 au 10 septembre 2025)
Cette version du Journal des débats est une version préliminaire : elle peut donc contenir des erreurs. La version définitive du Journal, en texte continu avec table des matières, est publiée dans un délai moyen de 2 ans suivant la date de la séance.
Pour en savoir plus sur le Journal des débats et ses différentes versions
mardi 30 avril 2024
Vol. 47 N° 56
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 57, Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et à favoriser l’exercice sans entraves de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions législatives concernant le domaine municipal
Aller directement au contenu du Journal des débats
Heures
9 h 30
10 h
10 h 30
11 h
11 h 30
12 h
15 h
15 h 30
16 h
16 h 30
17 h
17 h 30
18 h
18 h 30
19 h
Journal des débats
9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures cinquante-deux minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bonjour à tous, bon matin. Alors, le... Ayant constaté le quorum, je déclare la
Commission de l'aménagement du territoire ouverte. Juste peut-être rappeler,
bien vérifier vos sonneries de cellulaire, étant donné que nous sommes beaucoup
de monde. Est-ce que...
La commission est réunie afin d'entreprendre
les consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 57,
Loi édictant la Loi visant à protéger les élus et favoriser l'exercice sans entraves
de leurs fonctions et modifiant diverses dispositions législatives concernant
le domaine municipal?
Est-ce que, M. le secrétaire, nous avons
des remplaçants ce matin?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Girard (Lac-Saint-Jean) est remplacé par M. Poulin
(Beauce-Sud); M. Rivest (Côte-du-Sud) par M. Provençal (Beauce-Nord);
et M. Ciccone (Marquette) par...
Le Secrétaire : ...Lakhoyan
Olivier (Chomedey).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup.
Le Secrétaire : Et
M. Fontecilla (Laurier-Dorion) par M. Grandmont (Taschereau).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous débutons ce matin avec les remarques préliminaires et,
par la suite, nous allons voir les groupes : l'Union des municipalités du
Québec, que je salue immédiatement, la Fédération québécoise des municipalités
et la Ville de Québec. Alors, on a du temps disponible pour les remarques
préliminaires, et je commence par la ministre. C'est à vous.
Mme Laforest : Oui. Alors,
merci, M. le Président. Je suis très heureuse d'être ici avec mes collègues
pour ce nouveau projet de loi. Merci à vous tous d'être ici. Merci à l'équipe
des Affaires municipales. Également, merci à tous mes collègues de Mont-Royal
Outremont, Chomedey, Taschereau et les Îles-de-la-Madeleine. Salutations
également aux gens de l'UMQ, M. Damphousse, maire de Varennes, entre
autres, Julie Bourdon, mairesse de Granby.
C'est certain que le projet de loi
n° 57 est vraiment important. Il est étudié à presque six ans que je...
que je sois en poste aux Affaires municipales. C'est sûr que depuis six ans, ça
se passait très, très bien avec les municipalités. Il y a eu des situations
désagréables, il y a eu la pandémie, il y a eu plusieurs... plusieurs gestes ou
encore situations malheureuses dans certaines municipalités. On a travaillé
avec le projet de loi n° 49 pour donner plus de pouvoirs à la CMQ. Maintenant,
on arrive avec le projet de loi n° 57 pour la protection des élus. Mais,
dans le projet de loi, il y a une autre
partie aussi, d'autres mesures
législatives pour les affaires municipales.
Donc, je suis quand même très heureuse. On
va essayer de bien le travailler ensemble. C'est un gros projet de loi. Comme
je le dis, là, il y a des trucs qui sont travaillés depuis quelques années.
Donc, on a essayé de... de rassembler tous les articles, là, pour la protection
des élus.
Maintenant, c'est bien parce qu'ici il y a
plusieurs anciens élus, donc plusieurs se sentent concernés, alors pour ce
projet de loi, mais ça devrait bien se passer. Alors, je vais laisser le temps
à mes collègues. Évidemment, je suis là plus pour écouter que de parler. Alors,
je suis à l'écoute présentement. Merci, tout le monde.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
Mme la ministre. Nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle. Et
j'entends la députée de Mont-Royal Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M. le Président.
Mais à mon tour de saluer tout le monde, tout le monde qui est présent. Merci,
Mme la ministre. Moi aussi, je suis à l'écoute. On va... on a reçu des mémoires
de qualité, on a plusieurs groupes à entendre. C'est un projet de loi très
important. D'ailleurs, merci à votre équipe pour le briefing technique qu'on
a... qu'on a reçu hier, qui était... qui était excellent.
Étant une... une ancienne élue municipale,
c'est un sujet qui me tient vraiment à cœur, le bien-être des élus municipaux.
Je connais toutes les responsabilités qu'elles... qu'ils portent, qu'ils et
elles portent sur leurs épaules, responsabilités grandissantes dans un contexte
qui est... qui est de plus en plus difficile à la lumière des... des
démissions, des nombreuses démissions dont on a... qu'on a... qu'on a apprises,
là, dans les dernières années. Et étant donné que la prochaine élection
municipale, c'est... c'est très bientôt, c'est en 2025, il faut... il faut
mettre en place les mesures pour assurer que notre démocratie municipale
continue de bien fonctionner, qu'on continue d'attirer et de retenir des
candidats. Des... des gens tellement bien intentionnés, il y en a partout dans
nos communautés, des gens qui veulent s'impliquer, qui ont... pour les bonnes
raisons pour faire... pour faire une différence dans leur communauté. Il ne
faut pas que ces personnes-là se sentent découragées, il faut qu'elles
continuent de... de vouloir s'investir et de s'investir.
Donc, honnêtement, je... je salue ce
projet de loi. Je sais qu'il aborde une variété de sujets, c'est un projet de
loi omnibus. Et vous pouvez compter sur notre collaboration à... à l'opposition
officielle. Je suis avec ma collègue de Chomedey, nous sommes à l'écoute, on va
travailler ensemble de façon constructive pour... pour bonifier ce projet de
loi, mais qui, à la base, est un... est une démarche positive. Donc, voilà.
Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et
j'entends le député de Taschereau pour 1 min 30 s.
M. Grandmont : Merci
beaucoup, M. le Président. D'abord, salutations, Mme la ministre, aux collègues
de la
partie gouvernementale, même chose, collègue de l'opposition.
C'est un enjeu sur lequel on a évidemment
les yeux tournés depuis assez longtemps maintenant, ça se compte en mois. On a
eu des articles qui montraient que le nombre de démissions chez les élus
municipaux était important. Moi, je pense qu'il y a un enjeu très grand au
niveau de la... de la vie démocratique municipale, nos gouvernements de
proximité, c'est important d'y travailler, c'est important d'y voir. Les
raisons de ces démissions là, à force d'éplucher le dossier, sont multiples.
Oui, il y a les incivilités, il y a le harcèlement, des agressions même, et il
faut y voir. Mon objectif à travers ça, ça va être... et ce qui va me guider
dans mes interventions, ça va être de trouver en même temps qu'on protège nos
élus, parce qu'on doit le faire, de trouver des mécanismes pour s'assurer de
maintenir la liberté d'expression aussi des citoyens et des citoyennes à
travers tout ça. Pour moi, c'est un enjeu tout aussi important, et il ne faut
pas le négliger. L'un... l'un et l'autre ne doivent pas se...
M. Grandmont : ...s'opposer,
l'un et l'autre sont aussi importants, et on doit les protéger à travers le
travail qu'on fait comme législateurs. Évidemment aussi, les démissions, ce
n'est pas que ça, comme je l'ai dit, c'est aussi causé par des surcharges de
travail, des conditions de rémunération, et j'entends par là, très largement,
aussi les conditions de conciliation travail-famille, qui sont difficiles pour
les élus municipaux. Ils sont difficiles à l'Assemblée nationale, donc imaginez
aussi aux municipales. Donc, là aussi, je serais très heureux d'entendre des
gens sur cet enjeu-là qui est aussi important. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, on... Selon mes informations, je comprends qu'il y a
consentement pour que le député des Îles-de-la-Madeleine puisse faire aussi ses
remarques préliminaires. Vous avez une minute. Consentement? Bien sûr, oui.
M. Arseneau : Merci beaucoup,
M. le Président. Je salue évidemment tous les membres de la commission, en
commençant par la ministre qui célèbre aujourd'hui son anniversaire de
naissance. Alors, c'est un beau cadeau que vous nous faites de déposer un
projet de loi aujourd'hui. Et plus sérieusement, évidemment, nous allons
étudier ça avec sérieux et en mode collaboratif. On ne peut pas évidemment être
contre la protection des élus et vouloir favoriser l'exercice de leurs
fonctions sans entraves, mais il faut trouver le point d'équilibre entre,
justement, les mesures de protection et également la protection du droit à la
libre expression de la part, évidemment, des citoyens et des organismes. Donc,
ce sera ma préoccupation. Même chose pour la question, là, des différentes...
des différents articles qui touchent aux pouvoirs du ministère par rapport aux
pouvoirs, et à l'autonomie, et aux responsabilités du milieu municipal. Encore
une fois, ma préoccupation, ce sera de maintenir l'équilibre. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous débutons maintenant par nos premiers groupes ce matin.
Alors, je resalue les membres de l'UMQ. Alors, je vais faire la présentation.
Nous avons Martin Damphousse, président et maire de Varennes, Mme Julie
Bourdon, trésorière et présidente du comité sur la démocratie municipale et
mairesse de Granby, et Mme Marie-Dominique Giguère, gestionnaire de projets.
Alors, vous avez 10 minutes pour faire votre présentation et, par la
suite, nous allons procéder à une période d'échange avec les élus. C'est à
vous.
M. Damphousse (Martin) : Merci.
Mme la ministre des Affaires municipales, Andrée, joyeux anniversaire! C'est à
mon tour. M. le Président de la commission, Mesdames messieurs les membres de
la commission, je vous remercie de nous donner l'occasion aujourd'hui de vous
faire part de nos commentaires sur le projet de loi n° 57 portant sur la
protection et sur la valorisation des élus. Je suis accompagné aujourd'hui de
Mme Julie Bourdon, trésorière de l'UMQ, présidente du comité de la démocratie
municipale et mairesse de Granby, ainsi que de Mme Marie-Dominique Giguère,
gestionnaire du projet à l'UMQ.
• (10 heures) •
L'UMQ tient d'abord à saluer la volonté du
gouvernement et, bien sûr, Mme la ministre, dans un délai si rapide,
d'améliorer la protection des élus municipaux dans l'exercice de leurs
fonctions. L'union accueille également très favorablement l'ajout d'outils pour
favoriser la démocratie municipale ainsi que les mesures pour faciliter la
conciliation entre la fonction d'élu et la vie personnelle.
Le projet de loi présente plusieurs
éléments que nous souhaitons souligner, notamment de nombreuses avancées
significatives pour favoriser la participation électorale. De plus, il offre la
possibilité aux municipalités d'exiger une contrepartie financière destinée aux
logements à but non lucratif dans le cadre de règlements de zonage incitatifs,
ce qui constitue une mesure louable.
Le milieu municipal est plus mobilisé que
jamais à trouver des solutions aux défis actuels auxquels il fait face et
apprécie la collaboration du gouvernement provincial et de sa ministre. Avec ce
projet de loi, des avancées significatives sont réalisées. Les réflexions se
poursuivront et d'autres pistes de solutions continueront d'émerger.
Afin d'avoir un portrait juste de la
situation actuelle, l'UMQ a mené un sondage avec la firme Léger & Léger
auprès des 1 380 élus municipaux des quatre coins du Québec. Nous
tenons à partager quelques chiffres aujourd'hui avec vous. Une donnée
d'importance à souligner, que 96 % des élus municipaux estiment qu'ils ont
un impact significatif sur la société ou leur communauté. Cette donnée démontre
la solidarité et la motivation derrière leur engagement politique. Toutefois,
selon le même sondage, 46 % des élus ont signalé avoir été confrontés à de
l'intimidation et des menaces, 36 % ont déclaré avoir été victimes de
harcèlement. Et les femmes élues...
Haut de la page
10 h (version non révisé
e) M. Damphousse (Martin) : ...sont
plus fréquemment victime d'intimidation et de menaces que les hommes, 53
comparativement à 42. À la lumière de ces chiffres, l'UMQ accueille
favorablement la position d'une nouvelle amende pour les personnes qui
menacent, intimident ou harcèlent les élus. Nous recommandons même de
simplifier le fardeau de la preuve pour faciliter son application. De plus, l'UMQ
salue le processus facilité pour l'obtention de certains types d'injonction et
propose d'y inclure également, et c'est important pour nous, les injonctions
permettant de lever l'anonymat des harceleurs dans le cyberespace.
Ces nouvelles mesures de protection, soit
l'accès facilité à des injonctions et les amendes pour harcèlement, menaces et
intimidations, devraient aussi couvrir certains hauts fonctionnaires, la
famille d'un membre du conseil et le personnel de cabinet, considérant la
proximité avec les personnes élues. L'Union tient à souligner l'importance de
ces mesures visant à protéger les élus dans des situations inacceptables, tout
en précisant qu'il n'y a aucune intention de restreindre les échanges sains
avec les citoyens.
Selon le sondage Léger UMQ, 11 % des
élus ont été victimes de divulgation malveillante de leurs informations
personnelles. En matière de protection des données personnelles, une approche
préventive demeure préférable. À cet égard, la nouvelle mesure visant à
protéger les adresses des candidats et élus dans les déclarations de
candidature est la bienvenue. Par ailleurs, l'UMQ recommande également d'inclure
dans le projet de loi la protection des données personnelles des élus dans le
registre des donateurs d'Élections Québec, comme cela est le cas pour les élus
provinciaux.
Enfin, l'UMQ propose une modification au
code d'éthique et de déontologie des élus municipaux visant à interdire un élu
de divulguer publiquement le dépôt d'une plainte auprès de la Commission
municipale du Québec contre un autre élu avant le résultat de l'enquête,
permettant ainsi d'éviter l'utilisation de ces informations, malheureusement, à
des fins politiques. Maintenant, je tiens à passer la parole à Mme Julie
Bourdon.
Mme Bourdon (Julie) : Donc,
merci beaucoup, M. le Président, Mme la ministre, M. le Président de la
commission, Mesdames et Messieurs les membres de la commission. Les défis liés
à la conciliation avec la fonction d'élu et la vie personnelle sont nombreux et
peuvent constituer une barrière à l'implication politique. L'une des avancées
importantes dans le projet de loi n° 57 est l'ajout de la possibilité de
participer aux séances du conseil à distance, et ce, dans certaines situations
exceptionnelles. Par exemple, après la naissance ou l'adoption d'un enfant, un
élu pourrait participer à distance durant la première année.
L'Union réitère qu'il s'agit de mesures
exceptionnelles, que les séances de conseil sont des moments précieux d'échanges
directs avec les citoyens. Toutes les municipalités du Québec devront donc être
prêtes à tenir des séances hybrides, ce qui peut représenter un défi logistique
et des équipements distincts de la tenue de la séance entièrement à distance.
Donc, pour faciliter cette transition, on recommande à l'UMQ de mettre en place
des mesures financières dès l'adoption du projet de loi afin d'accompagner les
municipalités dans l'adaptation aux séances du conseil hybrides.
L'UMQ recommande également de prolonger
les délais d'application pour la participation à distance aux séances du
conseil. Les municipalités devront disposer du temps nécessaire pour se doter
des équipements requis et pour respecter leur processus d'approvisionnement. De
plus, le projet de loi accorde à la ministre un nouveau pouvoir, celui de
déterminer les formations obligatoires pour les élus municipaux. L'UMQ est d'avis
que les élus sont les mieux placés pour identifier leurs besoins en formation,
en tenant compte des particularités de leurs municipalités, des instances où
ils siègent, ainsi que de leurs compétences antérieures. L'union précise que l'accès
à la formation ne devrait pas être politisé, que toutes les municipalités
devraient disposer d'un mécanisme impartial pour financer la formation continue
des personnes élues. En ce sens, l'UMQ recommande la création d'un fonds dédié
dans toutes les municipalités, sans qu'une résolution soit nécessaire pour
suivre les formations.
Enfin, l'UMQ préconise de limiter l'application
de la mesure qui interdit à un élu de cumuler un poste d'officier dans une
autre municipalité, au cas où ce cumul s'effectue au sein même de la même MRC.
En pratique, les probabilités qu'une décision prise dans une municipalité ait
des répercussions sur une autre MRC demeurent minimes. Donc, nous sommes
maintenant disponibles à répondre à vos questions, et un grand merci pour votre
attention.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre exposé. Nous allons maintenant débuter une période...
Le Président (M. Schneeberger) : ...d'écharge
avec la ministre pour un maximum de 16minutes 30.
Mme Laforest : Oui, alors,
merci M. le Président. Ma première question est évidemment la question au
niveau des répercussions sur l'expression des opinions publiques des citoyens,
quand on a déposé le projet de loi n° 57, certains citoyens étaient inquiets
par rapport à la possibilité de poser des questions dans les séances du conseil
municipal. Puis c'est sûr que le projet de loi, au niveau de la protection des
élus, on est toujours dans une mesure, si je peux le dire, de gestes abusifs ou
de propos abusifs. Maintenant, j'aimerais vous entendre par rapport aux gens
qui ont dit que le projet de loi empêcherait certains citoyens de se prononcer.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
honnêtement, je suis convaincu que Julie aura des commentaires là-dessus, parce
qu'elle y a travaillé fort dans les derniers mois, mais honnêtement, jamais il
n'a été question de la part de l'UMQ puis de la part d'aucun élu de restreindre
la période de questions d'aucune façon. Il faudra peut-être trouver un
mécanisme pour le réglementer, puis ça, ça fait
partie des échanges qu'on a parce
qu'il y a des endroits, puis l'exemple de Varennes est bien simple, première
période, 15 minutes; deuxième période, en fin de réunion, 30 minutes
chronométrées. Il y en a d'autres où ils n'ont pas de temps limite. Puis, quand
ça prend quatre heures, on comprend qu'il y a peut-être un peu d'abus, surtout
que les données sont claires. Il y a très peu de gens qui monopolisent
85 % de l'ensemble des questions. Puis à Varennes, il y a deux personnes,
puis c'est un bel exemple qui monopolise 85 % des questions.
Donc, est-ce qu'on restreint réellement le
droit de parole à la population? Assurément pas, Mme la ministre, mais Julie a
sûrement un commentaire additionnel.
Mme Bourdon (Julie) : Oui, si
je peux me permettre. L'objectif est toujours de maintenir un certain décorum
dans nos instances municipales et que les échanges se passent avec respect.
C'est certain, on a vu dans ce sondage, également, dans l'ensemble des
personnes qui ont répondu, 86 % des gens nous ont dit que c'était toujours
les mêmes personnes qui revenaient au micro et qu'il y avait des enjeux tout le
temps sur les mêmes enjeux. Ce qu'on souhaite, c'est maintenir une santé
démocratique et justement qu'il y ait des citoyens qui viennent poser des
questions, qu'ils ne se sentent pas mal à l'aise, parce qu'il y a un ou deux
individus qui peut accaparer l'ensemble de la période de questions.
Concernant ce que mon collègue a mentionné
par rapport aux différentes séances publiques, ce qu'on est en train de faire,
ce qu'on peut train de regarder, avec l'ensemble de nos municipalités au
Québec, on est en train de regarder comment se passe l'ensemble des séances
publiques, quelles sont les règles qui sont mises en place, y a-tu une
question à cinq minutes, à trois minutes, pas de limite pour la période des
questions, et on reviendra si jamais il y a des souhaits de changement à faire
à ce moment-là.
• (10 h 10) •
Mme Laforest : D'accord,
merci. Dans votre mémoire, vous proposez de limiter la participation des
personnes qui n'ont aucun lien avec la municipalité aux périodes de questions
du conseil. J'aimerais savoir comment on pourrait exiger que ce soit seulement
les citoyens de la ville, vraiment, qui puissent poser des questions.
M. Damphousse (Martin) : Bien,
honnêtement, je ne sais pas comment ça se passe partout, mais, encore une fois,
je ramène très souvent un exemple très personnel. Je suis maire depuis 15 ans.
Quand une personne s'adresse à nous, on lui demande de s'identifier. Bon, ceux
qui sont nos habitués, on sait qu'ils habitent vraiment Varennes. Mais dans
l'éventualité où il y a un nouveau personnage qui arrive, on ne le connaît pas
du tout, mais on lui demande de s'identifier et de nous donner son adresse.
Donc, s'il n'est pas varennois dans un contexte varennois, et il n'aurait même
pas d'entreprise à Varennes, il n'aurait pas d'actif à Varennes, honnêtement,
il est mieux d'avoir une question très courte et très simple, parce que,
sincèrement, c'est le conseil de ville de la ville pour des enjeux municipaux.
Et, encore une fois, ce n'est pas dans un but de l'empêcher de parler, il
pourra revenir nous voir n'importe quand après la séance, mais c'est la séance
du conseil de la ville de Varennes.
Mme Laforest : D'accord. Au
niveau de la régie interne, parce que dans le projet de loi, on veut exiger que
toutes les municipalités puissent se doter d'une régie interne dès le début des
élections municipales, est-ce que vous avez le nombre de municipalités ou de
membres qui ont leur régie interne?
M. Damphousse (Martin) : Moi,
c'est une donnée que je n'ai pas. Selon moi, il y en a beaucoup, mais le
pourcentage, on ne l'a pas, on pourra vous revenir si on est capable de
l'avoir. Mais, je vous dirais combien ont, parce qu'il y a une sous-question à
ça que je vous pose, combien avons... de villes et de municipalités qui ont des
régies internes et qui les respectent? Parce que, très souvent, ce que
j'observe, c'est qu'il y a des temps, Julie en a parlé, des temps de préambule
avant la question. Il y en a qu' il n'y a pas de latitude, puis il y en a qui
ont un préambule. On veut que ce soit un préambule court. On veut arriver à...
M. Damphousse (Martin) : ...rapidement,
mais quand il y a des règles qui existent avec un préambule donné de
30 secondes, d'une minute, juste pour positionner la question, puis que
les gens ne font pas respecter ça à travers leurs règles qui existent déjà, et
là on prend le fameux quatre heures de tantôt, bien là, il faut s'assurer
de bien cadrer puis de respecter nos propres règles. Ça facilite assurément.
Mme Laforest : O.K. On parle
de l'obligation de suivre... de se doter d'une régie interne, on dit également
l'obligation de formation des élus municipaux. J'ai... en fait, j'ai deux
sous-questions. Formation avant les élections et formation après les élections,
quel genre de formation vous voyez et qui pourrait offrir ces formations-là?
Puis est-ce que la formation devrait être la même partout au Québec?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
une chose est sûre... Julie, qui est dans le dossier, aura son opinion, puis la
mienne, elle n'est pas clairement tranchée parce qu'elle n'est pas aussi simple
à répondre, parce qu'il y a des municipalités où il y a beaucoup, beaucoup,
beaucoup d'élus pour plusieurs sièges. Est-ce qu'il faut l'imposer à tous ces
candidats-là? Ce serait une bonne chose. Puis c'était préférable pour moi
lorsque t'as gagné ton siège. Mais là, comprendre bien ton rôle, c'est plus
important. Mais encore là, c'est probablement aussi important avant. Est-ce que
les gens vont le faire avec le sérieux nécessaire? J'aimerais y croire, mais
c'est vraiment... pour moi, c'est difficile de savoir quelle est la meilleure
ligne pour s'assurer que les gens soient le mieux équipés possible le jour où
ils deviennent élus. Julie.
Mme Bourdon (Julie) : Peut-être
juste rapidement, si je peux me permettre, au niveau de la formation pré
électorale, l'objectif, ce n'était pas nécessairement de la rendre obligatoire,
mais d'en avoir une, parce que plusieurs personnes élues nous ont dit :
Mon Dieu, ce n'est pas ça qu'on s'attendait, d'être élu. Donc, un peu comme les
agents officiels qui doivent avoir une formation de... les candidats puissent
avoir une formation.
Pour la suite, les types de formations qui
pourraient arriver par la suite, ce qu'on dit, c'est : Est-ce qu'il
pourrait avoir, oui, peut-être un nombre d'heures de formation obligatoires ou
le budget qui soit déterminé? Parce que, présentement, par exemple, un élu de
l'opposition qui voudrait avoir accès à une formation, bien, il faut que ça soit
voté en conseil municipal, il ne peut peut-être pas avoir accès à cette
formation-là. Donc on trouve ça important, oui, de former les élus, mais former
les élus selon chacun leurs besoins. Il y en a des fois qu'ils sont
spécialistes en urbanisme, ils ont besoin d'une formation d'urbanisme. Il y en
a qui arrivent, qui sont gestionnaires, qui sont spécialistes en ressources
humaines. Donc, on veut y aller selon les besoins des élus municipaux.
Mme Laforest : O.K., merci.
Au niveau du zonage incitatif, vous savez, là, maintenant que, dans le projet
de loi, on va encourager les municipalités, si je peux dire, à augmenter ou
densifier leurs projets en habitation, quand ça concerne du logement social, du
logement abordable. Est-ce que vous êtes en mesure de dire : Oui, on est
prêts, puis on est prêts dès demain matin à fonctionner avec cette mesure-là,
si elle est adoptée dans le projet de loi?
M. Damphousse (Martin) : J'ai
un commentaire très rapide, puis je vais laisser encore une fois Julie donner
ses impressions aussi. On entend beaucoup parler de densification depuis
plusieurs années. Plus on est près des grands centres, plus on en entend parler
et plus c'est naturel. Ce que j'ai surtout entendu, Mme la ministre, à travers
ma grande tournée de toutes les régions du Québec, c'est qu'il y a une crainte
d'appliquer le modèle de densification identique à tout le monde, puis on sait
que ça ne peut pas se faire. Il y a des régions moins densifiées naturellement,
avec de très grands territoires. On ne peut pas leur imposer un 10 étages
dans une construction, ça ne cadre tout simplement pas. Mais à partir du moment
où on respecte une logique en fonction des régions, en fonction des secteurs
qui sont déjà densifiés, vous le savez, on est favorables à la densification,
surtout dans un contexte de protection du territoire agricole. À une autre
époque, Varennes a grandi dans les terres agricoles, comme beaucoup de
municipalités. Il faut stopper ça, on est d'accord, mais il faut l'amener avec
une forme d'intelligence et de respect de chacune des régions.
Mme Laforest : Puis
croyez-vous que les promoteurs sont prêts? Nous, ce qu'on entend, c'est que les
promoteurs sont favorables. Mais vous, de votre côté, est-ce que vous voyez...
vous avez entendu des promoteurs qui sont très à l'aise avec cette mesure-là si
on l'applique?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
surtout.
Mme Laforest : Je sais qu'à
Longueuil ils très favorables, mais en général, vos membres?
M. Damphousse (Martin) : Non,
mais, honnêtement, je ne connais pas de promoteur qui ne souhaiterait pas
rajouter un étage ou deux étages s'il est capable de le faire.
Mme Laforest : En
contrepartie, de donner un montant, là, vous savez.
M. Damphousse (Martin) : J'en
connais beaucoup qui seraient très favorables.
Mme Laforest : O.K., merci.
Je ne sais pas s'il reste du temps, mais j'avais une question. Les pôles
dédiés...
Le Président (M. Schneeberger) : ...
Mme Laforest : Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : Il
reste sept minutes.
Mme Laforest : O.K. Les pôles
dédiés dans toutes les municipalités, Mme la Mairesse, qu'est-ce que...
voulez-vous m'expliquez comment ça pourrait fonctionner?
Mme Bourdon (Julie) : Les pôles
dédiés à quel...
Mme Laforest : Vous avez...
Au niveau du fonctionnement du conseil municipal, ça prendrait des pôles dédiés
dans toutes les municipalités?
Mme Bourdon (Julie) : Pour
venir soutenir les élus?
Mme Laforest : Oui.
Mme Bourdon (Julie) : Oui. En
fait, bien, ce qu'on a vu, c'est dire comment on peut soutenir, des fois, les
élus des plus petites municipalités...
Mme Bourdon (Julie) : ...municipalités
et tout, donc d'avoir un lien qui puisse les soutenir au niveau du MAMH, avoir
du référencement puis peut-être d'avoir une forme aussi de soutien, de
mentorat. Bien entendu, il y a aussi tout l'aspect des cabinets politiques. On
veut aussi travailler dans les... pour... pour les municipalités. Une chose qui
est certaine, c'est que les municipalités en bas de 100 000 habitants
n'ont pas accès à avoir des cabinets politiques. Puis on sait que les
municipalités, bon, possiblement en haut de 20 000, ça grossit, il y a
plusieurs responsabilités, et tout et ils ont besoin de soutien. Donc, de là
d'avoir la possibilité de mettre en place des cabinets politiques, c'est
certain que c'est une mesure qu'on souhaiterait voir atterrir et qu'on a
déjà... déjà discutée, d'ailleurs, là.
Mme Laforest : J'ai une
question rapide. Rapidement, vous avez mentionné que les plaintes qui sont
portées à la CMQ ne devraient pas être publiques.
Mme Bourdon (Julie) : En
fait, les plaintes, par exemple, si un élu d'un conseil municipal fait une
plainte contre un autre élu, c'est à ce moment-là qu'on ne souhaite pas qu'elle
soit publique au moment où elle est déposée, parce qu'on ne veut pas politiser
les plaintes, on ne veut pas que ça soit utilisé comme un instrument politique.
Donc, oui, les élus, entre eux, s'ils souhaitent faire des plaintes, il y aura
un processus qui est mis en place par la CMQ, qui sera étudié, mais on ne
souhaite pas politiser. Donc, en rendant publique, en rendant médiatique, c'est
devenu un instrument dans certaines municipalités où des élus déposaient des
plaintes, sortaient dans les médias et que, finalement, les plaintes ne
donnaient rien. Donc, c'était juste dans cet objectif-là.
M. Damphousse (Martin) : Si
je peux me permettre, Mme la ministre, sur ce sujet-là, on s'en va en
élections, vous le savez, imaginons que, deux mois avant la date de l'élection,
il y a deux candidats, selon les sondages, c'est serré, et l'un décide de... un
des deux candidats décide de déposer une plainte futile, qui n'existe pas.
C'est juste, là, pour laisser croire qu'il y a bel et bien une plainte, mais
elle n'est pas fondée, elle n'a aucune valeur. Et imaginez, elle laisse
sous-entendre qu'il y a une plainte contre tel autre candidat. Ce n'est pas
vrai, c'est juste dans le but de créer une jambette politique. Ça, honnêtement,
c'est très malsain de faire ça. Ça fait qu'à partir du moment où il y a un
jugement, bien là, attention, il y a un jugement, c'est tout à fait normal que
ça devienne public, mais c'est parce qu'on ne veut pas que des gens s'amusent à
se lancer des plaintes puis que ça sorte tout croche. Malheureusement, ça peut
faire très mal, puis c'est... c'est mal vu.
Mme Laforest : O.K., j'ai
d'autres questions, mais je crois que mon collègue de Beauce voudrait poser des
questions. Allez-y...
M. Poulin : ...
• (10 h 20) •
Mme Laforest : Ah! allez-y.
Non, mais j'en ai d'autres, puis je ne veux pas...
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
député de Beauce-Sud.
M. Poulin : Merci, M. le
Président. Bonjour, merci d'être là. Vous avez soulevé différents points. Je
veux revenir sur l'intimidation, les difficultés entre élus. France Bélisle,
lors de son départ de la vie politique, a bien indiqué, également, le fait que
les tensions au conseil municipal ont également fait
partie de sa réflexion. On
a vu différents épisodes de difficultés entre élus, notamment à la ville de
Québec. Est-ce que les élus sont, selon vous, assez préparés à cette difficulté
de joute politique, à cette difficulté lors de l'adoption de certains budgets,
qui devient très, très acrimonieuse, même entre élus, au conseil municipal?
Est-ce qu'ils sont, selon vous, suffisamment préparés?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
c'est une bonne question. Honnêtement, je pense que oui, mais, malheureusement,
la guerre politique, ou la joute... je vais utiliser le mot «joute», c'est plus
délicat... la joute politique que vous vivez quotidiennement, qu'on vit dans
des conseils davantage avec une opposition organisée, structurée, ça fait
partie de la politique. Honnêtement, je ne peux pas imaginer qu'avec une
meilleure formation ça n'existerait pas. Puis on le voit au fédéral puis on le
voit à peu près dans tous les pays, partout dans le monde. Donc, je ne pense
pas qu'avec une formation améliorée cette joute politique là n'aurait pas lieu
d'être. Mais, en même temps, les villes que vous avez mentionnées... bon, je
pourrais rajouter Trois-Rivières, Saguenay, Sherbrooke... il n'y en a pas tant
que ça, sauf que, quand on en entend parler, on a vraiment l'impression que
c'est généralisé, et ce n'est pas le cas, dans la très grande majorité des cas.
Même s'il y a de l'opposition ou des candidats indépendants, ça se passe très
bien.
M. Poulin : Vous avez tenu,
dans votre mémoire, puis vous l'avez mentionné ici au micro, je suis un homme
et je suis un homme féministe qui croit à l'égalité entre les hommes et les
femmes, mais vous avez tenu quand même à mentionner que les femmes étaient plus
souvent victimes d'intimidation. C'est important de le dire, c'est important de
le mentionner. Je veux saluer le fait que vous preniez le temps de le dire
parce qu'il pourrait être vrai, il est vrai que ça arrive trop souvent. Est-ce
que vous avez une explication? Et qu'est ce que les femmes qui sont membres de
l'UMQ vous disent le plus souvent?
M. Damphousse (Martin) : Ouf.
Est-ce que j'ai une explication? C'est un constat que je fais. Les motifs
derrière ça...
M. Damphousse (Martin) : ...je
vais les garder personnels parce qu'au fond je ne suis pas sûr qu'ils méritent
d'être... Je ne suis pas assez sûr de ce que j'avancerais, mais c'est un réel
constat. La réalité, c'est que, je le dis depuis tantôt, je suis maire depuis
15 ans, jamais on ne s'est attaqué à moi face à mon habillement, ma
coiffure, mon maquillage, mes souliers et mes enfants, mais il y a des femmes
où on dirait qu'on cherche à les atteindre plus facilement, ça fait qu'on va
être plus vicieux. La joute politique sera plus, à mon avis, malhonnête, puis
on va aller jouer là-dedans parce qu'on sait que ça fait mal. Je ne connais pas
une femme, quand on va lui parler de son habillement, son maquillage, ou peu
importe, que ça ne dérangera pas. Mais ça, honnêtement, je trouve que ça arrive
trop souvent, qu'on dépasse la limite de l'inacceptable. Donc, si ce projet de
loi là peut aider... Parce que, je le répète sur toutes les tribunes, puis je
suis content que vous ayez entendu mes propos, puis je l'ai répété très
souvent, je souhaite qu'on ait plus de femmes, parce que ça va bien, mais on
mérite d'en avoir davantage, et d'avoir de jeunes femmes comme Isabelle
Lessard, à Chapais. Malheureusement, son contexte de feu de forêt a été trop
pour elle, mais, quand elle était autour du conseil d'administration de l'UMQ,
là, c'est un ajout exceptionnel. Ça faisait du bien d'entendre des propos d'une
jeune femme. Donc, il faut aider à ce que la démocratie puisse protéger
davantage les femmes pour que ces stupidités-là ne puissent pas exister.
Le Président (M. Schneeberger) : ...
M. Poulin : Puis je vous
dis... Pardon?
Le Président (M. Schneeberger) : 10 secondes.
M. Poulin : Puis je vous
dirais que ça touche également les élues provinciales, malheureusement, où des
femmes se sont fait critiquer encore récemment parce qu'elles étaient
malheureusement des femmes, on a l'impression. Merci.
M. Damphousse (Martin) : Je
suis convaincu de... J'en ai la certitude.
M. Poulin : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle et
j'entends la députée de Mont-Royal-Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Merci à
vous trois. Merci pour le mémoire, merci pour la présentation. J'ai des
questions, mais, je pense, c'est important pour... de notre part aussi, de
faire l'énoncé suivant, là. Je pense, ce n'est pas l'intention de qui que ce
soit de restreindre la liberté d'expression des citoyens. Puis, tout au long
des consultations puis de l'étude détaillée, on va... on va s'assurer
d'examiner le libellé attentivement pour être sûrs que d'aucune façon ce
soit... ce soit... que ce soit l'intention du législateur et que le législateur
soit en train... de restreindre de quelque façon que ce soit. Parce qu'on
s'entend que les citoyens ont droit et doivent venir interpeller, interroger
les élus, questionner, faire valoir leurs revendications, leurs doléances à la
période de questions ou autrement et ils peuvent exprimer leurs désaccords avec
des positions politiques. Vous l'avez mentionné, Mme Bourdon, c'est... ça doit
se faire dans le respect, tout ça. On va... On va garder ça à l'esprit, là,
pour être sûrs que le... être certain que le projet de loi ne vienne pas du
tout brimer la liberté d'expression.
J'aimerais revenir sur... Vous avez fait
un sondage auprès de vos membres, auprès des élus et vous... il y a... vous
avez tiré différents constats. Moi, je le... je le simplifierais de la façon
suivante. Le climat est devenu difficile pour l'élu vis-à-vis la population,
même entre élus, le... mon collègue en a fait mention, entre élus, ça devient difficile
aussi, ça devient difficile aussi par rapport aux médias sociaux. Ma question
est la suivante : Est-ce que le projet de loi vient répondre à l'ensemble
de ces préoccupations-là, est-ce qu'il y a une zone d'ombre, est-ce qu'il y a
un élément qui n'a pas été traité? Là, je regarde. Tout à l'heure, on a
beaucoup parlé de la période de questions, mais ce n'est pas juste à la période
des questions locales, là, que les problèmes se manifestent, puis on a des
dispositions précises, là, sur le désordre et tout, sur la... mais... Mais donc
ma question, c'est : Le sondage a révélé quoi de... de... de plus précis?
Est-ce qu'on... Est-ce qu'on vient en traiter convenablement dans le projet de
loi?
M. Damphousse (Martin) : Bien,
en fait, ce que je réalise, c'est que le sondage, qui a été très utile, vient
légitimer le projet de loi. En fait, est-ce que ce projet de loi là réglera
tout? J'aimerais sincèrement vous dire oui, mais ne soyons pas naïfs, là, c'est
impossible. Mais c'est assurément une pierre angulaire exceptionnelle, pour
faire en sorte que le portrait et la perception du portrait des élus municipaux
soient un peu moroses parce que... Malheureusement, quand une France Bélisle
quitte, bien, on en parle pendant une semaine de temps, mais c'est une élue. Je
comprends que ça fait beaucoup de bruit, mais la réalité, c'est que ça va très
bien dans bien des conseils. Ça fait que ça va nous donner probablement la
possibilité de renverser la vapeur dans un climat plus positif grâce à ce
projet de loi là pour nous permettre que, la prochaine année et demie, vous en
avez parlé tantôt, ça sera à notre tour de retourner aux élections. Plusieurs
veulent y aller. Donc, ça va être très aidant. Mais, par rapport aux périodes
de questions, sans vouloir aller trop là-dedans, ce que je réalise, c'est qu'il
y a eu une évolution importante de télédiffuser les séances du conseil. À
Varennes, ça l'est, puis de plus en plus, les grandes villes, c'est rendu...
M. Damphousse (Martin) : ...le
YouTube est facilitant, le Facebook live est facilitant. Mais, quand on observe
ça, le constat que je fais, c'est que les gens n'ont pas d'intérêt, puis on le
voit par les gens qui restent accrochés, là. Quand c'est les périodes des
résolutions, c'est un peu plate, les gens n'écoutent plus. Quand il y a une
période de questions au début, oh, là on est accroché, parce que monsieur ou
madame qui fait le show va être là. Et, à la fin, donc, les 85 % des gens,
que c'est toujours les mêmes qui viennent faire le spectacle, mais il y a, des
fois, il y a des spectacles qui débordent, et c'est là où on est rendu comme
des situations à Saint-Constant, où là il y a des jugements contre un citoyen.
On dit: Là, tu ne peux plus y aller, mais ça a dégénéré pendant des années. Et
le harcèlement au niveau des médias, quand tu envoies 20 courriels par jour à
une directrice générale, tu comprends que, mais, attendez, il y a quelque chose
qui ne fonctionne pas.
Donc, de télédiffuser ça augmente le
spectacle et n'améliore rien dans la situation. Mais, quand je dis ça, je ne
dis pas que je ne veux plus de période de questions. Je n'ai pas dit ça, j'ai
dit juste que c'est un constat qu'on fait. Puis, à travers les médias sociaux,
je l'ai répété souvent, ceux qui se cachent derrière, puis l'image du petit
minou, là, on ne sait pas c'est qui, ça aussi, le projet de loi risque
d'améliorer beaucoup ça. Un ou deux jugements risquent de refroidir l'ardeur de
ceux qui sont en pleine nuit puis veulent écrire n'importe quoi. Ça risque de
faire du bien.
Mme Bourdon (Julie) : Si je
peux me permettre. Effectivement, le projet de loi vient quand même encadrer
des demandes qui ont été faites par l'UMQ, puis vient quand même répondre à un
besoin. Mais, tu sais, je pense que tout le monde est conscient, le projet de
loi, ce n'est pas une fin en soi. Il faut travailler comme si c'était à
sensibiliser les citoyens au niveau de l'incivilité auprès des élus. Il faut
travailler à valoriser également le rôle des élus, puis c'est, entre autres, ce
qu'on va faire, nous, de notre côté, parce qu'on souhaite maintenir vraiment
notre santé démocratique.
Donc, le projet de loi, c'est une chose,
il ne viendra pas tout régler parce qu'on ne peut pas y aller avec des lois,
bien évidemment, mais on a une prise de conscience qu'on a à faire. Puis, comme
l'a mentionné monsieur Damphousse, tu sais, il y a des enjeux qui se passent
dans certaines municipalités. Mais je pense qu'il y a une chose qu'il faut
dire, c'est que, dans peut-être 80, 90 % des municipalités, ça va bien, ça
va bien, puis ilf faut continuer à valoriser ce rôle-là des élus, puis ne pas
dire que tout est mal et tout va mal. Donc, je tiens quand même à le
mentionner, là.
Mme Setlakwe : Merci. Est-ce
que vous croyez qu'il y a suffisamment de mesures en amont? Parce que là on a
des mesures punitives, on a... Il y a même d'autres mesures qui avaient été
annoncées avant... avant le dépôt du projet de loi, dans le cadre du plan
d'action du gouvernement, on parle d'aide psychologique, on parle d'aide
financière quand il y a des recours. Est-ce qu'il y a suffisamment de mesures
en amont? Et est-ce qu'on accompagne suffisamment les élus qui ne font pas
partie, disons, d'une majorité, là, dans un conseil et qui se trouvent
peut-être aussi à ne pas avoir accès à des différents comités, différents...
qui trouvent finalement que leur rôle d'élu est plutôt limité une fois... une
fois l'élection passée puis ils se retrouvent dans une situation minoritaire?
• (10 h 30) •
M. Damphousse (Martin) : Au
delà de la formation, à quel type de mesures vous feriez référence?
Mme Setlakwe : Mais est-ce
que, par exemple, on devrait aller de l'avant avec... être plus précis dans les
modifications qui devraient être faites dans tous les codes de conduite ou tous
les codes d'éthique et de déontologie? Est-ce qu'on devrait être plus précis
dans ce qui est acceptable et non acceptable, comme on le ferait dans un autre
milieu, un autre contexte de travail?
M. Damphousse (Martin) : Avoir
un genre de modèle maître recommandé par le gouvernement, code d'éthique.
Mme Setlakwe : Oui. Un
exemple, oui.
M. Damphousse (Martin) : OK
Bien, je trouve l'idée intéressante, mais je pense qu'on en a tous. Si on
s'amusait à les comparer du jour au lendemain, d'après moi, ils se sont
inspirés beaucoup l'un de l'autre. Il y a peut-être une saveur plus locale pour
des motifs qui leur... qui leur revient. Je vais garder votre question: Y
aurait-il d'autres choses en amont qui pourraient aider? Je vais y réfléchir, je
vais voir. La formation, on en entend parler beaucoup. Est-ce qu'il y a
d'autres éléments... Il n'y en a pas qui me viennent spontanément.
Mme Bourdon (Julie) : Mais,
effectivement, puis on est en amont, je pense qu'on... il y a quand même un
travail qui est fait, là, présentement. Puis, comme j'ai... on a mentionné
tantôt, on va quand même faire le tour au niveau de... de comment fonctionnent
les séances publiques de l'ensemble des municipalités, puis voir y a-tu lieu ou
pas d'améliorer ces séances-là, étant donné que chacun fonctionne de façon
différente, comme l'a mentionné mon collègue. Certaines ont seulement une
période de questions, d'autres ont deux périodes de questions, d'autres ont des
périodes de questions limitées, d'autres doivent s'inscrire avant. Il y en a
certains qui doivent inscrire la question préalable, d'autres arrivent et
parlent un peu n'importe quoi.
Il y a des villes qu'il y a beaucoup de
citoyens qui arrivent de l'extérieur quand il y a des dossiers polarisants
comme les cerfs à Longueuil, que ce n'est pas des... lois qui viennent prendre
l'espace, la période de questions. Donc, tu sais, je pense que c'est tout ça
qui est, entre autres, déjà, quand même dans le projet de loi, mais qu'on doit
être conscient de ça.
Mme Setlakwe : OK Non, mais
je pensais aussi au climat...
Haut de la page
10 h 30 (version non révisé
e) Mme Setlakwe : ...au sein du
conseil lui-même, entre les élus, est-ce qu'il y a suffisamment d'accompagnement,
de médiation, tu sais, pour ne pas en arriver... pour dénouer les impasses,
dénouer les situations difficiles pour ne pas en arriver à des... à des
conflits, à des plaintes, à des démissions?
Mme Bourdon (Julie) : Bien,
on a parlé d'accompagnement. On travaille aussi sur une formule de mentorat,
éventuellement, également, là, de communauté de pratique qu'on veut mettre en
place pour nos élus, nous, pour les soutenir en amont, effectivement. C'est...
C'est certain qu'il y a... il y a certaines situations dans les municipalités,
puis, au final, est-ce qu'on pourra régler tous les conflits qui peuvent
arriver dans l'ensemble des municipalités? Non. Puis il y a des municipalités
qui fonctionnent avec des oppositions, il y en a que c'est juste des
indépendants. Donc, il y a des fonctionnements qui sont totalement... qui sont
totalement différents. Mais c'est sûr qu'on souhaite à ce qu'il y ait un
respect entre les élus, comme il y a un respect entre les citoyens et les élus
également, là.
Mme Setlakwe : Je comprends
généralement, là, de votre mémoire puis de votre intervention que vous êtes...
vous êtes plutôt satisfaits avec le projet de loi, vous souhaitez... à
part la
question des barrages. J'aimerais ça que vous élaboriez un petit peu plus sur
la question des barrages. Il en reste encore un certain nombre qui sont détenus
par l'État, et là on voudrait qu'ils ne soient pas sujets à la taxe foncière,
et ça engendre donc une baisse de revenus dans certaines municipalités. Juste
nous expliquer rapidement cet enjeu-là et... ou élaborer et nous dire s'il y a
d'autres éléments du projet de loi avec lesquels vous êtes en désaccord que...
sur lesquels vous aimeriez élaborer.
Mme Bourdon (Julie) : Bien,
effectivement, au niveau des barrages, nous, ce qu'on souhaite, c'est que soit
maintenue la taxe foncière, là, comme elle était. Donc, souvent, c'est dans des
plus petites municipalités. L'affectation des revenus peut affecter quand même
grandement les budgets des municipalités. Bien entendu, on est aussi venus
intervenir, nous, dans notre mémoire, au niveau de la taxe au niveau de l'immatriculation.
Donc, s'assurer... s'assurer de peut-être avoir une ouverture sur comment...
comment elle peut... elle peut atterrir dans les municipalités, parce que,
présentement, c'est soit les grandes municipalités ou les MRC. Donc, des
municipalités qui ont des services de transport n'ont pas accès à cette
taxe-là. Donc, d'offrir la possibilité. Et il y a aussi les frais de service au
niveau de la SAAQ qui sont quand même élevés et qui... et qui...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, le temps est terminé. Alors, nous allons maintenant du côté de
la deuxième opposition, et j'entends le député de Taschereau pour trois minutes
M. Grandmont : Bonjour.
Merci, M. le Président. Bonjour, M. Damphousse, Mme Bourdon, Mme Giguère. On a
très peu de temps, donc, vous l'avez entendu. Puis vous avez entendu mon
préambule, mes remarques préliminaires tout à l'heure. Je vais aller principalement
sur la question de la liberté d'expression. On est d'accord qu'il faut protéger
les élus. C'est un droit qui est important. On veut que la santé démocratique
demeure au niveau municipal, évidemment, puis au niveau de l'Assemblée
nationale, évidemment, aussi, là, mais, en même temps, le droit de manifester,
le droit de parole est un droit fondamental également. Est-ce... Il n'y a pas
longtemps, dans Le Soleil, là, il y avait Laurence Guénette, là, qui est
porte-parole de la Ligue des droits et libertés, qui disait : «On doit
permettre les perturbations raisonnables qui ne mettent personne en danger.»
Comment vous recevez cette affirmation... cette affirmation-là de la ligue?
M. Damphousse (Martin) : Des
perturbations raisonnables?
M. Grandmont : Raisonnables.
Des manifestations, des gens avec des pancartes dans des conseils municipaux,
par exemple. On n'est pas dans une... On est dans une période de questions, des
gens débarquent avec une pancarte. C'est sûrement déjà arrivé dans des conseils
qui sont membres de l'UMQ. Est-ce que c'est, selon vous... Est-ce qu'on... En
fait, est-ce qu'on doit trouver un équilibre pour garantir cette possibilité-là
puis, de l'autre côté, en même temps, protéger les élus? Je pense que Mme
Bourdon comprend le sens de ma question.
Mme Bourdon (Julie) : En
fait, je pense que l'objectif est de maintenir un décorum. On n'empêche pas des
citoyens de venir manifester devant l'hôtel de ville. On n'empêche pas la
liberté d'expression. Je pense qu'il y a plusieurs moyens qui existent, lorsqu'il
y a des groupes qui sont opposés, pour s'exprimer. Il y a des façons de faire
qui, j'imagine... comme à l'Assemblée nationale, il y a un certain décorum et
il y a des règles de conduite. Donc, c'est ce qu'on fait juste mentionner. On n'empêche
pas la liberté d'expression, on n'empêche pas des citoyens de venir s'exprimer
sur un sujet. Ce n'est pas ça. Mais, s'il y a du... si ça crie dans la salle,
si les gens parlent en même temps que la présidence d'assemblée ou quoi que ce
soit, ce n'est pas sain comme débat. En fait, ce n'est pas... ce n'est pas un
débat. Donc, tout ce qu'on veut, c'est maintenir un décorum. Les gens peuvent
venir poser leurs questions de façon respectueuse, peuvent venir faire valoir
leur point de vue, déposer une pétition. Il y a différents moyens pour s'exprimer.
C'est juste qu'il faut quand même rester respectueux, là, et ce n'est pas d'empêcher
la liberté d'expression, c'est peut-être juste dans le moyen utilisé. Je ne
pense pas que vous accepteriez à l'Assemblée nationale que des gens crient dans
les estrades en haut. Donc, c'est un peu la même chose dans les conseils
municipaux, là.
M. Grandmont : ...en même
temps, on est l'Assemblée nationale, effectivement, il y a des règlements qui l'empêchent
pour les tribunes. En même temps, on n'a pas de période de questions non plus,
il n'y a pas cette interaction-là non plus...
M. Grandmont : ... C'est un
mécanisme qui manque peut-être ici, à l'Assemblée nationale, par ailleurs, mais
c'est un autre sujet.
Vous parlez d'étendre la protection à la
famille et au personnel de cabinet. L'objectif qui est visé par ça, c'est
lequel exactement?
Mme Bourdon (Julie) : En
fait, peut-être, si je peux me permettre, sans nommer... sans nommer de cas
concret, là, il y a... ça a été porté à nos oreilles qu'à l'occasion il pouvait
y avoir une injonction qui avait été mise contre un citoyen... contre un élu,
et par la suite la personne est allée passer par l'enfant pour attaquer l'élu.
Donc, c'est ça, tout simplement, qu'on veut éviter.
M. Grandmont : Alors,
parfait. Puis dernière chose, peut-être, sur la question, là, des injonctions
de type Norwich, j'aimerais comprendre le sens de cette demande que vous avez.
Nous, à Québec, il y a des cas sur les injonctions de type Norwich, mais c'est
un autre sujet, mais quand même important. J'aimerais vous entendre là-dessus.
Le Président (M. Schneeberger) : Rapidement.
Mme Giguère (Marie-Dominique) : Oui.
Donc, les injonctions de type Norwich ont été développées en jurisprudence pour
permettre de lever l'anonymat auprès d'une tierce
partie quand il y a du
harcèlement qui se fait de manière anonyme. Donc, ça nous permet par exemple
d'aller...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Désolé, ça passe vite.
Alors, nous allons maintenant du côté du
député des Îles-de-la-Madeleine, avec 2 min 38 s à votre
disposition.
M. Arseneau : Merci, merci
beaucoup, M. le Président, Mme Bourdon, Mme Giguère également. M. Damphousse,
j'aimerais poser une question d'abord sur votre remarque à l'effet que l'on
devrait étendre ou faciliter l'accès à des injonctions, je veux comprendre plus
précisément ce que vous voulez dire. Vous parlez ici de lever l'anonymat. Mais
est-ce que c'est simplement pour révéler le nom des harceleurs, ou vous voulez
avoir des injonctions plus rapides, que la cour réagisse plus rapidement à des
menaces, ou à de l'intimidation, ou...
M. Damphousse (Martin) : Votre
conclusion est tout à fait juste. Quand une municipalité dépense
100 000 $, petite municipalité, juste pour savoir qui se cache
derrière ce petit minou-là, bien, honnêtement, on comprend que ça n'a pas de
sens. Donc, il faut être capable de faciliter, parce que, quand il y a des
injures, quand il y a de la diffamation gratuite, puis on n'est jamais capable
de savoir... Et, trop souvent, ce qu'on observe, c'est qu'il y a des
municipalités qui se découragent à cause du processus législatif trop lourd,
trop long et trop coûteux. Donc, si, à partir du moment... on facilite et on
fait stopper ça... Puis c'est arrivé à Mercier. Ils ont tenu le coup jusqu'à la
fin. Sans grande surprise, celui qui se cachait derrière la tête de minou, c'est
un opposant politique, et il a arrêté, 35 $... 35 000 $
d'amende. Bonne chose.
• (10 h 40) •
M. Arseneau : O.K. Mais, pour
ce qui est de ce qui est proposé à l'article 8, notamment que la Cour
suprême... la Cour supérieure, pardon, peut prononcer une injonction sur les
motifs qui sont là, là, j'aimerais savoir le lien entre cet article-là, la
discussion qu'on a eue tout à l'heure sur la période de questions et sur le
fait que des gens peuvent accaparer 85 % du temps de parole. Je...
M. Damphousse (Martin) : Il
n'y a pas de lien.
M. Arseneau : Il n'y a pas de
lien., O.K., on...
M. Damphousse (Martin) : Non,
non, non.
M. Arseneau : Parce qu'on
a...
Mme Bourdon (Julie) : C'est
vraiment dans des cas de harcèlement, là...
M. Arseneau : C'est ça.
Mme Bourdon (Julie) : ...et
c'est vraiment normé au niveau des amendes, là, donc on...
M. Arseneau : Exact. Mais
vous ne demandez pas qu'on modifie ça?
M. Damphousse (Martin) : Non,
non, non.
Mme Bourdon (Julie) : Non.
M. Arseneau : Parce que les
règles permettent déjà...
M. Damphousse (Martin) : Non,
c'est... Le sondage émet un constat...
M. Arseneau : Oui.
M. Damphousse (Martin) : ...que
ceux qui parlent, c'est, à peu près 85 % du temps, les mêmes. On ne dit
pas qu'ils n'ont pas le droit, d'aucune façon, mais c'est quand même un
constat, là.
M. Arseneau : C'est ça. Mais
le constat que quelqu'un peut revenir à la charge à chaque...
M. Damphousse (Martin) : Pas
d'enjeu.
M. Arseneau : ...séance
municipale parce qu'un problème n'est pas réglé, ça peut être aussi valide.
M. Damphousse (Martin) : Ou
qu'il est réglé, mais pas à sa convenance.
M. Arseneau : Exact.
M. Damphousse (Martin) : Mais
il peut revenir, il a tout à fait le droit.
M. Arseneau : Mais ce n'est
pas ce qu'on cherche à changer actuellement?
M. Damphousse (Martin) : ...mais
dans le respect. Non, non, non, pas du tout, absolument pas.
M. Arseneau : La protection
des autres groupes... J'ai encore le temps?
Le Président (M. Schneeberger) : 10
secondes.
M. Arseneau : 10 secondes.
Bien, je n'ai pas le temps. Bien, je voulais savoir si ça... Oui. Pour les
hauts fonctionnaires également qui sont victimes d'intimidation, c'est une
préoccupation?
Mme Bourdon (Julie) : Rapidement,
c'est les D.G. et les greffières qui participent aussi aux séances du conseil
et les inspecteurs municipaux, c'est quelques personnes qui sont dans la salle
du conseil en même temps comme fonctionnaires.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci beaucoup à votre contribution à la commission. Nous
suspendons quelques instants pour accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 10 h 41)
(Reprise à 10 h 48)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons les travaux. Alors, nous recevons maintenant les membres
de la Fédération québécoise des municipalités et nous recevons M. Antoine
Tardif, premier vice-président et maire de Victoriaville, et Mme Mélanie
Harvey, conseillère. Alors, vous connaissez la série actuellement au hockey?
Alors, M. Tardif, Antoine, je t'invite personnellement, Drummondville pour
venir fêter la victoire des Voltigeurs sur les Tigres dans quelques jours.
Alors, l'invitation est lancée.
M. Tardif (Antoine) : Alors,
comme on dit, ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini. Donc, il y a encore
de l'espoir. Il reste encore des matchs à cette série-là. Salutations aux
membres de la commission, Mme la ministre, bien, M. le Président, qui vient de
notre belle région du Centre-du-Québec. Antoine Tardif, maire de Victoriaville,
vice-président de la Fédération québécoise des municipalités, en remplacement
de notre président, Jacques Demers, et accompagné de Mélanie Harvey, qui a fait
un excellent travail de présenter le mémoire et qui m'accompagne aujourd'hui.
Comme vous le savez, la Fédération québécoise des municipalités représente plus
de 1 000 membres dans la totalité des MRC du Québec, et on remercie
la commission de nous accueillir aujourd'hui pour pouvoir présenter nos
observations sur le projet de loi no 57.
D'entrée de jeu, je veux vous signaler que
nous sommes très favorables au projet de loi et que, pour nous, c'est une bonne
nouvelle que d'avoir des mesures qui sont mises en place pour soutenir les élus
dans leur travail. Cette loi, qui vise à favoriser l'exercice des fonctions
électives à l'abri des menaces, du harcèlement et de l'intimidation, en
prévoyant la possibilité pour un élu municipal de demander une injonction à la
Cour supérieure pour mettre fin à des propos ou gestes qui entravent indûment
l'exercice de ses fonctions ou qui portent atteinte à son droit à la vie
privée, est très importante. Devant la multiplication des dénonciations qu'on
voit depuis quelques années, la fédération salue la volonté de la ministre des
Affaires municipales d'agir sur cette problématique et d'assurer une meilleure
protection des élus et par le fait même de nos institutions démocratiques.
• (10 h 50) •
Le rapport d'enquête que la FQM a tenue
sur les préoccupations des élus a dévoilé en mars dernier qu'il y a une hausse
importante des cas d'intimidation dans le monde municipal, malgré plusieurs
efforts qui sont consentis jusqu'à maintenant. On y constate d'ailleurs une
augmentation du nombre de citoyens mécontents qui n'hésitent pas à menacer,
intimider et harceler les élus et même les employés de leur municipalité. Le
rapport souligne également l'importance que prennent les incidents qui
surviennent en personne en raison du rapport de proximité qui existe dans le
monde municipal. Vous le savez tous, on dit qu'on est les plus près du citoyen,
mais ça vient avec ses avantages et parfois ses inconvénients.
Par ailleurs, le nombre de démissions
qu'on a vu au cours des dernières années est quand même alarmant, alors que
10 % des 8 000 élus municipaux ont quitté leurs fonctions depuis
2021, et ce, après quelques années en fonction seulement. Il est donc normal
que certaines décisions politiques qui affectent les citoyens puissent susciter
l'opposition, de vives réactions et entraîner des interventions émotives et
passionnées. Ces échanges font
partie d'une saine démocratie. Mais il y a eu au
cours des dernières années certains dépassements qui méritent d'être soulignés.
Toutefois, les excès de la part des citoyens sont, somme toute, comprenables,
considérant qu'il n'y a pas de mécanisme pour faire l'opposition à ces
dépassements-là. L'équilibre n'est pas simple dans ce domaine, mais l'approche
proposée par la ministre est intéressante à ce chapitre.
En effet, la loi édictée par le projet de
loi prévoit qu'un élu doit s'adresser à la Cour supérieure pour qu'une mesure
soit prise à l'égard d'une personne qui aurait un comportement répréhensible.
Puis, pour la FQM, le fait qu'on doive s'adresser à la cour devrait assurer une
certaine protection de la voix des citoyens. La sanction viendra d'un tribunal
et non pas d'une
partie prenante, et dans cette optique, on croit que c'est la
bonne chose à faire. Afin d'assurer une utilisation adéquate de ces mesures,
dans l'éventualité de l'adoption du projet de loi, la FQM va d'ailleurs
transmettre à ses membres un modèle de règlement de régie interne et de
procédure d'assemblée pour à la fois protéger le droit de parole des citoyens
et assurer la saine gestion du...
M. Tardif (Antoine) : ...déroulement
des réunions du Conseil.
En ce qui concerne les modalités
d'application de cette nouvelle loi, nous sommes d'avis que le pouvoir prévu
pour une municipalité locale d'intenter une poursuite pénale devrait être
également accordé aux MRC à même
titre qu'on le fait pour les municipalités.
Enfin, considérant qu'on constate
également une hausse importante des cas d'intimidation et de harcèlement à
l'encontre de fonctionnaires municipaux dans l'exercice de leurs fonctions, on
est d'avis que le projet de loi n° 57 constitue une opportunité de réviser
les motifs et les montants des sanctions prévues au Code municipal du Québec et
à la
Loi sur les cités et villes... et villes en... à l'endroit des
fonctionnaires municipaux afin de les rendre plus dissuasifs.
En second lieu, au niveau de la
gouvernance municipale, le projet de loi propose de permettre, dans certaines
circonstances, à un membre du Conseil d'une municipalité de participer à
distance à une séance du Conseil et en prévoit les conditions et modalités.
Face à la difficulté de certains élus de concilier leurs engagements familiaux,
professionnels, la Fédération accueille bien entendu favorablement la
modernisation des modalités de déroulement des séances du Conseil et, de façon
générale, est en accord avec les motifs qui ont été évoqués, soit la santé, la
sécurité, la déficience significative, une grossesse, une naissance, voire même
une adoption, et les conditions identifiées. Les enjeux de conciliation sont
d'autant plus importants dans les plus petites municipalités, où la majorité
des élus occupent en même temps des fonctions professionnelles. D'ailleurs,
dans notre rapport qu'on a réalisé à la FQM, 43 % des répondants ont
indiqué avoir un autre travail à temps plein, et 22 % un travail à temps
partiel. Ces enjeux de conciliation sont souvent plus importants chez les
jeunes, qui sont plus nombreux à occuper un emploi à temps plein en plus de
leur mandat d'élu, et ont plus souvent une personne à charge.
Toutefois, la participation à distance des
élus aux séances de conseil doit être bien encadrée et circonscrite afin
d'éviter des problématiques importantes. Il est important de rappeler que l'un
des piliers de la démocratie municipale, c'est la proximité avec les citoyens.
Cette proximité constitue, bien entendu, une force, mais comporte son lot de
défis, notamment lors des périodes de questions qui peuvent devenir enflammées.
Il apparaît clairement que la pression ne sera pas la même pour les élus qui
seront en présence des citoyens et ceux qui seront à distance. La volonté de
conciliation ne doit donc pas créer une iniquité entre les élus ni restreindre
la proximité et la transparence du processus décisionnel. Le projet de loi,
d'ailleurs, prévoit la possibilité que la majorité d'un Conseil puisse
participer à une séance de conseil à distance et que, dans cette éventualité,
celle-ci soit enregistrée afin d'éviter qu'un élu se retrouve seul devant les
citoyens pendant que tous les autres membres du conseil sont à distance. Nous
sommes d'avis qu'une disposition doit être ajoutée pour prévoir que la majorité
du Conseil doit être en présence à chacune des séances. Les modalités relatives
à l'obligation des mises en ligne des séances devront être modifiées
conséquemment.
Le projet de loi prévoit que les membres
d'un Conseil puissent assister à distance à une séance extraordinaire, ce qui
est très favorable pour la FQM, puisqu'on sait, ces séances-là sont souvent
appelées dans un court délai, puis on peut comprendre aussi les enjeux de
déplacement lorsqu'on est dans des régions où les kilomètres à parcourir sont
plus grands pour se rendre à une séance extraordinaire.
Troisièmement, en regard de l'éthique et
de la déontologie, le projet de loi prévoit l'introduction d'un nouveau motif
d'inhabileté à exercer la fonction de membre d'un conseil d'une municipalité
pour un directeur général, un greffier ou un trésorier d'une autre
municipalité, y compris d'une MRC. Alors qu'on cherche à accroître les
candidatures aux élections municipales, la FQM s'interroge sur cette
disposition du projet de loi. Une recherche non exhaustive qu'on a effectuée et
que l'Association des directeurs municipaux du Québec nous a fournie a permis
d'identifier au moins 27 personnes qui cumulent actuellement les fonctions
d'élu avec l'une des fonctions visées par le motif d'inhabileté sans
problématique connue. J'ai moi-même, dans mon conseil municipal, à
Victoriaville, un conseiller qui est directeur général d'une municipalité dans
une autre MRC, puis, bien, il serait évidemment très déçu que cette
disposition-là soit mise en place. Mais je pense qu'il aurait un choix
difficile à prendre aussi, soit de demeurer élu ou de garder son emploi de
directeur général. Puis, dans un contexte où ça ne se bat pas aux portes pour
être élu municipal ni pour devenir directeur général d'une municipalité, je
pense qu'on ne peut pas se priver de ces talents. Cette situation pose problème
pour nous. On est d'accord qu'il est possible de la corriger, mais nous sommes
d'avis que cela nécessite peut-être davantage de réflexion pour ne pas causer
de préjudice à des personnes bien intentionnées et dont la...
M. Tardif (Antoine) : ...contribution
comme élu est soulignée par ses pairs. Quatrièmement, il y a tout un volet au
niveau de la formation obligatoire ou pour laquelle la FQM a certaines
recommandations. Peut-être que le... pour les élus qui sont déjà en fonction,
l'obligation de faire à nouveau une formation en éthique et déontologie
pourrait être... par une autre formation en finances ou dans d'autres choses.
Puis il y a un pouvoir aussi pour la ministre d'imposer des nouvelles
obligations en matière de formation. On tient tout simplement rappeler qu'on
est dans un contexte où c'est de plus en plus difficile d'avoir des élus qui se
présentent. Les obligations familiales, professionnelles s'additionnent, et
donc d'avoir des nouvelles formations qui s'ajoutent doit inévitablement être
pris en considération.
En conclusion, on a vécu au cours des
dernières années des événements malheureux dans le monde municipal, puis je
crois qu'on se doit de saluer l'exercice qui est fait aujourd'hui puis
l'initiative de la ministre, que je remercie d'ailleurs pour le dépôt de ce
projet de loi là. Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour... M. Tardif, pour votre mémoire. Alors, nous allons débuter une
période d'échange avec la ministre pour 16 minutes 30.
Mme Laforest : Oui, merci.
Merci, M. Tardif, merci, Mme Harvey également. J'ai tout de suite une question,
la majorité en présence, parce que, là, on propose le vote à distance, juste
m'expliquer, c'est la FQM qui demande quand même que la majorité soit toujours
en présentiel.
M. Tardif (Antoine) : Exact.
Ça, on a eu des bonnes discussions à cet effet-là, puis c'est dans le contexte
où, justement... Prenons l'exemple de Victoriaville, par exemple, il y a
10 élus plus le maire, ça fait 11, advenant qu'on peut n'être que deux ou
trois dans la salle, puis il y a 30 citoyens qui viennent s'opposer à un
projet éolien, pour nommer quelque chose qui se passe au Centre-du-Québec
actuellement, bien, tu sais, ça devient selon nous... dérégler, en quelque
sorte, tu sais, l'essence d'une séance du conseil où on se doit d'avoir des
élus municipaux pour répondre aux questions des citoyens. Puis là, bien, on ne
voyait pas dans le projet de loi comment ça pourrait s'orchestrer. Puis c'est
pourquoi on a rajouté la disposition qui obligerait à avoir minimalement la majorité
des élus. Donc, sur... sur 10 conseillers municipaux à Victoriaville, il
devrait y en avoir cinq plus le maire en présentiel, ce qui fait six.
• (11 heures) •
Mme Laforest : O.K. Parce que
le vote à distance, c'est vraiment dans le projet de loi seulement pour des
raisons exceptionnelles, là, comme vous l'avez mentionné, grossesse, maladie,
ou autres. Donc, c'est vraiment important de le mentionner dans le projet de
loi. Là, là... oui, il est... il est bien indiqué dans le projet de loi. La période
de questions, la même question, tantôt, avec l'UMQ, les gens disent qu'on... ça
risque de brimer la liberté d'expression. Vous, au niveau des périodes de
questions du conseil municipal ou encore du projet de loi n° 57, il n'y a pas
d'enjeu, ou comment vous voyez ça au niveau de la liberté d'expression?
M. Tardif (Antoine) : Non, je
ne pense pas qu'on vient restreindre la liberté d'expression d'aucune façon. On
vient encadrer les débordements puis donner une possibilité aux élus de faire
une dénonciation. Bien entendu, c'est souligné dans le mémoire de la Fédération
québécoise des municipalités, le... le palier municipal est le plus près des
citoyens. On a ces échanges-là lors de la période des questions, on se doit de
les maintenir. C'est important. Mais il y a eu en même temps des débordements
au cours des dernières années. Puis on ne pense pas que le projet de loi vient
restreindre les libertés d'expression.
Mme Laforest : Il y a...
tantôt, vous avez mentionné les citoyens des autres municipalités qui viennent
au conseil municipal s'opposer à certains projets. Vous, vous êtes en faveur,
j'imagine, là, que tous les citoyens qui viennent au conseil municipal, ce sont
des citoyens qui habitent dans la municipalité et non ceux qui viendraient
s'opposer pour des projets quelconques.
M. Tardif (Antoine) : Oui, en
effet, mais ça devient parfois difficile à vérifier, tu sais, il n'y a, pas
dans tous les conseils municipaux des municipalités qu'on représente, quelqu'un
à la porte qui valide si le citoyen qui se présente réside vraiment dans la
municipalité. Parmi les recommandations de la FQM, c'est de fournir, justement,
une fois la loi adoptée, un guide des meilleures pratiques pour les conseils
municipaux, qui pourraient intégrer, tu sais, la vérification à l'entrée. Mais,
comme on le mentionne, il y a certaines municipalités où, à
part le directeur
général, le greffier, il n'y a pas beaucoup d'autres personnels. Donc là, ça
nécessiterait des nouveaux mécanismes pour avoir un garde, pour avoir une
certaine sécurité lors des séances, qui est inexistante actuellement. Donc, ce
qui se passe dans le moment présent, c'est qu'on accepte toutes les questions
sans toujours savoir si c'est vraiment un citoyen de la municipalité ou non.
Mme Laforest : O.K., on a eu
la même demande évidemment avec l'UMQ. Le poste D.G. et maire, on sait, là,
que, dans une municipalité, une personne peut être maire...
Haut de la page
11 h (version non révisé
e) Mme Laforest : ...dans l'autre
municipalité, cette même personne est... est D.G. Mais on a quand même
certaines... quand même, là, plusieurs courriels disant qu'à tout moment il y a
un conflit d'intérêts. Vous vous dites que ne vous voyez aucun conflit d'intérêts,
quelqu'un qui est maire et... et D.G. d'une autre municipalité, même si on est
en pénurie de main-d'œuvre parfois dans ces municipalités-là.
M. Tardif (Antoine) : Bien,
on peut comprendre le... le questionnement, puis je suis persuadé que vous avez
des exemples concrets pour... pour le témoigner. En même temps, si c'est à l'intérieur
d'une même MRC, certainement qu'il peut y avoir des conflits d'intérêts, mais
quand c'est à d'autres MRC potentiellement que là, le conflit d'intérêts est
inexistant. Bref, c'est pourquoi on suggère qu'il y ait une... une analyse plus
approfondie de cette situation-là de façon plus particulière, parce qu'à
première vue il y a probablement des problématiques, mais il y a probablement
un paquet de cas aussi où ça se déroule très bien. Donc, pourquoi l'empêcher à
tous? C'est notre question.
Mme Laforest : Il y a
aussi... Tantôt vous avez mentionné, il y a eu plus de... environ...
exactement, il y en a 742, des démissions, avec les... les 8 000 postes,
comment vous voyez que, dans certaines municipalités, il y a même... on ne peut
pas faire d'élections partielles parce qu'il n'y a pas de candidat pour aller à
la mairie, est ce qu'une question comme ça, vous voyez... le nombre de
conseillers dans un conseil municipal ne devrait pas être vu, revu à la baisse?
M. Tardif (Antoine) : C'est
une possibilité, oui, puis ça fait
partie des... des recommandations qu'on
fait, qu'il puisse y avoir, plus particulièrement dans les municipalités de 2 000 habitants
et moins, la possibilité pour le conseil d'adopter une nouvelle réglementation
qui permettrait d'avoir quatre élus au lieu de six, on parle des conseillers,
bien entendu. Puis évidemment c'est en réaction avec le nombre en diminution de
candidatures qu'on observe dans ces municipalités là.
Mme Laforest : Est-ce qu'on
devrait l'obliger?
M. Tardif (Antoine) : Certainement
pas, parce que s'il y a une démocratie municipale qui est enflammée dans un
milieu puis qu'il y a toujours des... suffisamment de candidatures pour
répondre aux six postes de conseillers, bien, on ne devrait pas obliger de
devoir diminuer à quatre d'aucune façon, ça devrait être tout simplement
volontaire. Si jamais la municipalité constate qu'il y a un manque de
candidatures, de s'y pencher puis d'accepter de modifier son règlement où là,
les citoyens auraient la possibilité également de se manifester pour pouvoir
aller s'y opposer ou non. Puis, advenant le cas où le règlement est mis en
place, adopté, qu'il n'y a pas eu de mobilisation des citoyens pour empêcher
cette diminution-là des six à quatre, bien, on se dit pourquoi ne pas avoir des
plus petits conseils municipaux dans certains endroits qui le demanderaient.
Mme Laforest : ...une bonne
réflexion à avoir, évidemment. Au... Si je regarde dans le programme dans le...
dans un des programmes aux Affaires municipales, les regroupements municipaux
ou le partage des services, c'est le programme le plus populaire, évidemment.
Considérant, par exemple, qu'un D.G. peut être D.G. de deux, trois
municipalités, c'est quand même hyper populaire, ça fait qu'il y a une
réflexion à avoir sur le nombre d'élus, là. Donc, c'est pour ça, je demandais
si, pour vous, ce serait une obligation.
J'ai une autre question. Les régies
internes, l'obligation d'avoir une régie interne dès le nouveau conseil
municipal et également l'obligation de formation des élus municipaux. Ma
question est celle-ci : Comment vous voyez la formation dans les plus
petites municipalités? Comment vous voyez ça? Ce serait la FQM qui proposerait
les formations ou...
M. Tardif (Antoine) : Bien,
un peu comme on le mentionnait, nous, on constate, là, des disparités entre le
fonctionnement des conseils municipaux un peu partout au Québec, encore plus
quand c'est des petites municipalités avec moins de ressources, puis c'est là
parfois qu'il y a des débordements, puis que les maires ou les élus en place ne
savent pas de quelle façon gérer la période de questions, les questions
soumises en ligne, les questions en présentiel, et tout le reste. Donc, on a
cette volonté-là, suivant l'adoption du projet de loi, de vraiment encadrer le
fonctionnement, ou du moins de donner des... des règles de régie interne qui
pourraient établir certaines balises pour que les élus aient tous la même
compréhension du fonctionnement municipal.
Mme Laforest : Il y a le...
Interdiction de divulguer les adresses des candidats et des élus municipaux. Il
y en a qui ont demandé aussi, pour les directeurs généraux ou d'autres postes,
est-ce que vous avez une opinion à... sur cette demande-là?
M. Tardif (Antoine) : Oui,
bien, on a vu, justement, qu'il y avait une mesure qui avait été faite pour
empêcher la divulgation sur l'acte de candidature, mais en même temps il y a d'autres...
il y a d'autres mécanismes où on peut avoir accès aux informations personnelles
des élus en faisant une simple demande d'accès à l'information. Donc, il y aura
certainement une analyse à faire à ce niveau-là...
M. Tardif (Antoine) : ...si on
dit qu'on l'enlève sur l'acte de candidature, bien, parce qu'on veut protéger
la vie privée de ces élus-là, bien, il faudrait s'assurer que, dans les autres
façons d'obtenir ces informations-là aussi, elles sont... elles sont plus
restrictives.
Mme Laforest : O.K. J'ai peut-être
une dernière question. Le fait que la ministre peut tout de suite envoyer
quelqu'un dans une municipalité pour accompagner la municipalité ou voir quand
le conseil municipal est dysfonctionnel, est-ce que vous voyez ça comme une
mesure trop restrictive ou abusive? Comment vous voyez ça? Parce que c'est sûr
que nous, ce qu'on veut, c'est... évidemment, pour les citoyens, on veut que
les conseils municipaux fonctionnent bien. Mais quand ça fait plusieurs fois, à
plusieurs reprises, que le conseil est dysfonctionnel, comment vous voyez cette
mesure-là, de donner le pouvoir à la ministre d'envoyer quelqu'un pour
accompagner la ville?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
tu sais, comme ministre au niveau des Affaires municipales, vous avez l'intérêt
des municipalités à cœur puis son bon fonctionnement. Donc, tu sais, d'avoir...
d'avoir de l'aide à un certain moment donné, je pense que, dans certaines
situations, ça peut être bénéfique pour des municipalités. En même temps, tu
sais, ce que ça amène aussi, alors qu'on parle de climat parfois tendu dans les
municipalités, bien, on l'a vu, dans certains cas, au cours des dernières
années, quand le ministère commente ou décide de s'immiscer, en quelque sorte,
dans les opérations municipales, bien là, ça donne du gaz puis du carburant aux
opposants puis aux gens qui sont insatisfaits dans cette municipalité-là, puis
ça peut amener son lot de situations conflictuelles. Donc, c'est à... c'est à
utiliser avec modération, fort probablement, si c'est... si c'est mis en place.
Mme Laforest : O.K. J'ai...
J'ai une question. Puis en même temps, bien, je vous félicite, là, parce que
chez vous, au niveau des projets en habitation, ça se passe quand même bien,
vous avez agi tout de suite, puis, bref, c'est très positif. Puis, dans le
projet de loi, on a la mesure zonage incitatif pour augmenter la densification.
J'imagine, est-ce que cette mesure-là, il y aurait des projets chez vous que
vous pourriez tout de suite mettre de l'avant avec cette nouvelle mesure-là de
zonage incitatif?
M. Tardif (Antoine) : Tout à
fait. Puis on est très favorables à cette nouvelle mesure-là. Tout incitatif,
là, qui est lié à la création de logements, là, d'une façon ou d'une autre, là,
est très bien reçu actuellement. Puis, comme on le mentionne souvent, il faut
sortir de la boîte pour essayer de trouver des nouvelles façons de construire
des unités d'habitation pour répondre aux besoins de la population, puis ça, ça
en est un très bon exemple. Donc, oui, très favorable.
• (11 h 10) •
Mme Laforest : J'ai...
J'ai... J'ai une autre question peut-être, dernière question, mais en même
temps, on sort un peu du projet de loi, mais ça reste dans le contexte des
élus, de la protection des élus et du rôle des élus. Parce que vous n'étiez pas
du tout dans le domaine municipal avant, vous êtes dans le domaine municipal,
vous êtes... vous êtes arrivé maire de Victoriaville, puis honnêtement, ça se
passe bien. J'aimerais savoir comment vous êtes arrivé dans le milieu pour que
tout se passe bien comme ça. Parce qu'en fait on parle beaucoup du rôle des
élus, souvent, c'est vu négativement. Mais vous, ça serait quoi, votre... je ne
sais pas, là, votre commentaire par rapport au fait que vous êtes arrivé comme
ça, sans connaissances, en tout respect, là, du monde municipal, et qu'est-ce
qui fait que... disons, que la recette va bien?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
tout d'abord, je pense que tout élu qui se présente se présente pour améliorer
les choses, pour faire avancer les dossiers de sa municipalité. On a vu, au
cours des dernières années, parfois, des prises de position, où là on en vient
quasiment mettre en cause la volonté d'un maire ou d'un élu provincial de faire
avancer les dossiers pour ses citoyens. Chez nous, on a été en mesure, à Victo,
de démontrer aux Victoriavilloises, Victoriavillois, que tout le monde autour
de la table, on était là pour eux, on travaillait sans partisanerie. On n'a pas
de parti politique. On s'est dotés d'une planification stratégique qu'on a
conçue ensemble. Puis on communique fréquemment avec les citoyens pour les
tenir au courant de ce qui se passe. Donc, le lien de confiance est là, puis
c'est ce qui nous permet de faire des choses, d'amener des changements qui,
dans certains endroits, pourraient être difficiles. À faire passer la collecte
des poubelles de deux semaines aux trois semaines, là, ce n'est pas populaire
comme mesure, mais quand tu es connecté avec ton milieu, puis que les gens
comprennent que tu fais ça dans une optique de développement durable puis que
c'est pour une question économique, parce que moins tu enfouis, plus que ta
redevance est élevée, bien, les gens adhèrent puis suivent. Puis je pense qu'on
est choyés chez nous d'avoir un groupe d'élus qui travaillent ensemble, qui ont
des bonnes discussions à porte close. On n'est pas toujours d'accord sur
l'ensemble des dossiers, mais quand qu'on se présente devant la population pour
présenter nos projets, on le fait de façon unanime, la majorité du temps. Puis
c'est ce qui me permet de croire qu'on a une bonne aura autour de Victo, puis
une belle confiance avec les citoyens. Mais la question des partis politiques,
c'est certainement un des enjeux, où là, tu as toujours une opposition
systématique à chaque projet de loi, à chaque décision qui est prise, puis ça
peut...
M. Tardif (Antoine) : ...amener
une municipalité à stagner, voire même à reculer.
Mme Laforest : Vous êtes
tous indépendants?
M. Tardif (Antoine) : Exact.
Mme Laforest : O.K.,
c'est bon. Merci. Je n'ai pas d'autre question. Merci beaucoup pour votre
présence.
M. Schneeberger : Merci.
Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle. Et j'attends
la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci, M.
le Président. Bien, d'abord, merci à vous deux pour votre présentation. Merci
pour le mémoire. Beaucoup de travail derrière la préparation de ce mémoire-là.
Donc, on en a pris connaissance. Il est clair que vous soutenez les mesures
visant à protéger les élus. Je pense qu'on est tous... On va tous travailler
dans ce sens-là. En protégeant les élus, on protège nos gouvernements de
proximité, on protège notre démocratie et le bon fonctionnement de nos conseils
municipaux pour le bien de la population.
Donc, ceci étant dit, moi, je vous amènerais,
juste pour ne pas être redondante, je vous amènerais peut-être vers des
éléments où vous voyez des... des enjeux, peut-être, de mise en application.
Est-ce qu'au sein des plus petites municipalités, il y a des enjeux de... ou il
y aurait des mesures qui ne seraient peut-être pas réalistes ou qui
pourraient... pourraient nécessiter plus de temps pour leur mise en
application? Je pense à l'UMQ qui est venue de l'avant pour nous dire, par
exemple, que, dans un contexte de séance en mode hybride, dont il y a
l'obligation d'avoir un enregistrement vidéo et tout ça, vous voyez où je veux
en venir, est-ce que c'est un élément dont vous avez entendu parler de la part
de vos membres? Et est-ce qu'il y a d'autres éléments dont il faudrait tenir
compte pour la mise en application?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
c'est clair que toute la question des séances en ligne, là, ça va nécessiter
une adaptation de la majorité des élus. Il y avait même, je pense, des
municipalités, il y avait même, je pense, une disposition où ça disait qu'il
fallait que l'ensemble des participants à une séance puissent être captés par
vidéo. Bon, ça, ça voudrait dire qu'il faut qu'il y ait une caméra sur le
conseil municipal, mais ça en prendrait aussi une sur les gens qui posent des
questions. On est rendu à deux. On parlait tantôt du manque de personnel, ou du
moins du nombre limité de personnels. Ça veut dire quoi, ça? Ça prend-tu, tu
sais, une régie? On comprend que ça peut se faire avec un téléphone
aujourd'hui, mais encore faut-il avoir la connectivité. Il y a des lieux où
même la connexion Internet n'est pas encore à point. Donc, oui, il y aura
certainement un besoin d'adaptation pour mettre en place certaines de ces
modalités-là, mais je pense qu'il n'y a rien d'impossible, puis on va être
capables de s'adapter, là.
Mme Setlakwe : Merci.
Autrement, est-ce qu'il y a des dispositions avec lesquelles vous êtes en
désaccord? Je pense à la question des barrages, les barrages qui, selon le
projet de loi, seraient... ne seraient pas sujets à la taxe foncière et donc
qui pourraient entraîner des baisses de revenus dans certaines municipalités.
Est-ce que vous souhaitez élaborer sur cet élément-là?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
peut-être je pourrais laisser notre conseillère politique...
Mme Harvey (Mélanie) : L'enjeu
des barrages. On demande effectivement le retrait de cette mesure-là parce
qu'elle a un impact financier, là, sur plusieurs municipalités. Puis,
considérant qu'il n'y a pas vraiment de prévisibilité par rapport à cette mesure-là,
tu sais, l'impact serait peut-être difficile à amortir, là, dans certains cas.
Donc, pour le moment, on demande le retrait.
Mme Setlakwe : Bien,
merci. Au niveau de la taxe sur l'immatriculation, est-ce que vous avez des
enjeux à mettre de l'avant ou ça, c'est une mesure qui est bien accueillie puis
qui va graduellement être déployée peut-être dans un certain nombre de
municipalités?
M. Tardif (Antoine) : Je
vous dirais que les discussions entourant la taxe sur les l'immatriculation, bon,
on les a vues, la majorité ont eu lieu dans certaines grandes villes, pour des
plus petites municipalités qui sont la majorité des municipalités représentées
par la FQM, ce n'est pas... ce n'est pas un sujet qui est sur toutes les lèvres
en ce moment, mais en même temps, la possibilité de l'utiliser reviendra à
chaque municipalité puis, ultimement, ça peut représenter une source de revenus
supplémentaire. Donc, il y a quand même une liberté de choix à ce niveau-là qui
est... qui est appréciable, là.
Mme Setlakwe : Merci. Au
niveau de la possibilité de participer à distance, en mode virtuel, à des... à
des séances, vous n'avez pas d'enjeu? On a parlé, la ministre l'a précisé
aussi, que c'est dans des cas exceptionnels, pour des motifs de santé, par
exemple. Mais vous avez mentionné que vous êtes préoccupés, là, par des enjeux
de respect de vie privée liés à l'obligation de fournir un certificat médical.
M. Tardif (Antoine) : Oui,
en effet, c'est une des questions qu'il y avait, à savoir, bon, le certificat
médical, c'est... c'est-tu le directeur général qui le reçoit puis qui en prend
la décision? C'est-tu le conseil municipal? Il y a parfois, tu sais, toutes
sortes de dynamiques dans un... dans un conseil municipal, là. Nous, si on
parle de... d'élus qui sont tous apolitiques, dans le sens qu'il n'y a pas de
parti, O.K. Dans le cas où il y a des oppositions, qui décide que le billet est
valide, ou que la demande d'être exempté d'une séance est valable? C'est des
questionnements qu'on avait puis qu'on a voulu mettre en lumière.
Mme Setlakwe : O.K.
Merci. J'avais peut-être une dernière question avant de céder la parole à ma
collègue. Il y a évidemment plusieurs mesures...
Mme Setlakwe : ...qui étaient
attendues et qui sont souhaitées, là, pour protéger l'élu, pour s'assurer, dans
des cas d'abus, qu'il y ait des mesures qui soient prises. On veut... On veut
attirer les gens vers la politique municipale, on veut les retenir, etc. Il y a
aussi des situations de toxicité ou de difficulté au sein même de certains
conseils municipaux. Je ne veux pas dire que c'est... c'est répandu à la
grandeur du Québec, mais ça existe, là, il y a des... il y a des conseils
municipaux qui ne fonctionnent pas bien. Il y a un climat toxique au sein de
certains conseils, comme c'est le cas dans des... C'est quelque chose qu'on
veut éviter complètement en milieu de travail.
Est-ce que vous croyez qu'il y a
suffisamment de mesures qui sont mises en place pour gérer ces situations-là,
pour gérer les... peut-être des situations que certains conseillers vivent
difficilement, des conseillers qui ne sont pas... ne font pas
partie de la
majorité, sont indépendants ou sont dissidents puis finalement ils ne trouvent
pas leur compte à même le conseil? Et est-ce qu'on en a assez fait en amont
pour éviter de se retrouver dans des situations de... où on doit imposer des
sanctions?
M. Tardif (Antoine) : Au-delà
de ce qui se retrouve dans le projet de loi actuel, il y a quand même, l'année
dernière, une annonce conjointe qui avait été faite entre l'Union des
municipalités du Québec, la fédération québécoise et le gouvernement pour,
bien, mieux représenter les élus qui pourraient être victimes de situations
malheureuses au sein de leur conseil, il y a toute une campagne de sensibilisation
aussi qui a été faite, mais c'est clair qu'il va falloir faire plus. Les
résultats devant lesquels on est confrontés, là, avec le nombre de démissions,
c'est du jamais-vu. Puis ce qu'on voit, ce qu'on constate, ce n'est pas
toujours positif. Donc, très certainement, il va y avoir besoin de campagne de
civisme, d'implication autant dans les élections municipales que provinciales
et fédérales, parce que je pense que vous vivez tous la même chose. Mais il va
toujours falloir faire plus pour maintenir un climat qui est sain, qui est
respectueux, à l'ère des réseaux sociaux puis des prises de position qui
peuvent être parfois un peu plus drastiques, là.
Mme Setlakwe : Pensez-vous
qu'on doit aller aussi loin que de... d'imposer un genre de code de conduite
standard avec... où est-ce qu'on déclinerait les comportements tolérés... ou
qui ne sont pas tolérés, qui ne sont pas permis, que ce soit... des choses à ne
pas faire et des comportements aussi à adopter? On a vu cette proposition-là
circuler. Qu'est-ce que vous en pensez?
• (11 h 20) •
M. Tardif (Antoine) : Oui.
Bien, c'est... c'est ce à quoi on fait mention également, parce qu'il y a... il
y a vraiment une disparité entre les fonctionnements de chaque conseil
municipal. Puis il y a... il y a des choses qu'on voit à Infoman à l'occasion
puis qu'on se dit : Tabarouette! Comment ça, c'est rendu là? Nous, à
Victo, ça n'aurait pas pu parce qu'on a une règle de période de questions qui
stipule que tu as tant de secondes pour poser ta question puis ensuite une
réponse. Mais je comprends que ce n'est pas le cas partout. Donc, assurément
qu'il va falloir mettre en place certains... certains critères, certaines
règles de fonctionnement qui, j'en suis persuadé, vont simplement qu'améliorer
le fonctionnement des séances, puis autant pour les élus qui font face aux
questions que pour les citoyens qui vont savoir en quelque sorte quel est le
décorum d'une séance du conseil. À Victo, avant chaque séance, la greffière
prend le temps d'expliquer comment fonctionne la période de questions. Puis le
citoyen qui se présente au lutrin, bien, est en toute connaissance de cause par
rapport au temps qu'il a d'alloué puis les questions qu'il peut poser.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Lakhoyan Olivier : Il
reste combien de temps?
Le Président (M. Schneeberger) : Il
reste deux minutes 28.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
députée de Chomedey.
Mme Lakhoyan Olivier : Merci.
Je ne veux pas répéter qu'est-ce que ma collègue a mentionné. On sait que vous
êtes très favorables pour ce projet de loi. Concernant le... l'accompagnement
des villes et les formations, j'aimerais que vous élaborez là-dessus, parce
que, d'après ce que vous expliquez, ce n'est pas toutes les villes qui
fonctionnent de la même manière. Donc, est-ce que vous trouvez que le
ministère, dès le début des mandats, devrait avoir un meilleur accompagnement
pour prévenir des situations que certaines villes ont vécues ou vivent? En
plus, bien, vous, vous avez un très bon exemple de votre ville, comment c'est
bien géré, communication avec les citoyens, il y a un... Donc, c'est où la
lacune? Pensez-vous, c'est dans la formation des nouveaux élus,
l'accompagnement? Parce que vous n'étiez pas pour, pour l'accompagnement, quand
il y a un problème. Donc, dès le début peut-être. Donc, quelle est votre
opinion là-dessus, s'il vous plaît?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
très certainement que le ministère des Affaires municipales peut fournir
certaines directives, certaines documentations à l'intention des élus puis des
conseils municipaux. La Fédération québécoise des municipalités, de même que
l'Union des municipalités du Québec, peut également travailler avec...
M. Tardif (Antoine) : ...les
membres pour fournir des documents qui vont venir encadrer en quelque sorte.
Puis, tu sais, il faut se rappeler que c'est quand même, c'est récent, là,
qu'on vit ces situations-là qui sont de plus en plus déplorables. Puis tout le
monde est en mode ajustement, vous l'êtes avec le dépôt de ce projet de loi là,
mais on l'est aussi, à la fédération, pour accompagner. Ce n'était pas les
sujets de l'heure autour de la table, historiquement, comment vous gérez vos
séances du conseil, puis comment vous vivez les attaques, puis tout ça, puis ça
l'est devenu au cours des dernières années. Donc, tout le monde tente de
s'adapter, mais je pense qu'il y a une responsabilité partagée entre le
ministère puis les associations municipales.
Mme Lakhoyan Olivier : Vous
avez mentionné...
Le Président (M. Schneeberger) : 10
secondes.
Mme Lakhoyan Olivier : 10
secondes?
Le Président (M. Schneeberger) : Oui.
Mme Lakhoyan Olivier : ...réviser
le montant les rend plus persuasives. De 2 $ à 500 $, est-ce que vous
trouvez que c'est assez?
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Nous avons plus de temps, malheureusement.
M. Tardif (Antoine) : 2 $,
ce n'est pas très représentatif d'aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) : Nous
allons maintenant du côté de la deuxième opposition, et j'entends le député de
Taschereau pour trois minutes, 28.
M. Grandmont : Trois minutes,
28. Merci, M. le Président. On a peu de temps. Merci pour votre présence
aujourd'hui, M. Tardif, Mme Harvey. On veut évidemment protéger les élus
municipaux, les personnes qui les accompagnent, leurs familles aussi. J'essaie
de trouver la ligne, finalement, entre le respect du droit, finalement, à la
liberté d'expression d'un côté puis, de l'autre aussi, évidemment, ce droit
aussi de travailler dans des conditions qui sont respectueuses puis, bon... tu
sais. Donc, il y a dans le projet de loi, puis je pense que vous nommez bien
aussi, un paquet de dispositions qui sont intéressantes, notamment sur, bien,
le respect de l'intégrité physique des personnes. Ça, évidemment, ça me semble
assez clair où on peut trancher la limite.
Maintenant, sur la possibilité de
travailler dans... c'est nommé, sans entrave, dans le fond, à leurs fonctions,
là. J'essaie de tracer la ligne, ce n'est pas évident pour moi, des campagnes
de lettres, des campagnes de cartes postales, de courriels qui vous sont
envoyés. Est-ce que c'est une entrave au bon fonctionnement du travail
municipal?
M. Tardif (Antoine) : Bien,
je ne crois pas, puis, tu sais, comme il a été mentionné tout à l'heure, le but
n'est pas de restreindre la liberté d'expression des citoyens, de les empêcher
de venir au conseil municipal, puis de poser des questions, de se mobiliser
autour d'un enjeu, d'une cause, d'une décision municipale qui... pour laquelle
ils sont en désaccord, c'est tout simplement de venir encadrer les
débordements. Puis, tu sais, en même temps, dans le projet de loi, ce qu'on
voit, c'est que cette responsabilité-là va être faite par la Cour supérieure.
Puis, tu sais, en quelque sorte, ça devient... ça devient totalement
apolitique. Ce n'est pas... en lien avec les parties prenantes, donc...
M. Grandmont : Je m'excuse de
vous presser, mais j'essaie de pousser un petit peu plus loin. Est-ce qu'une
manifestation, dans le cadre d'un conseil municipal, des gens qui débarquent
avec des pancartes, est ce que c'est une entrave au bon fonctionnement? Est-ce
que ces personnes-là méritent des amendes de 50 à 500$
M. Tardif (Antoine) : Des
manifestations pacifiques autour de certains enjeux...
M. Grandmont : Oui,
exactement, c'est ce que je cherche à essayer de définir, en fait.
M. Tardif (Antoine) : Exact.
Bien, tu sais, peut-être il faudra voir, là, c'est quoi qui va être vraiment
défini comme étant une obstruction au travail des élus versus une
manifestation. Mais, en même temps, s'il y a une dénonciation qui est faite,
bien, il y a le tribunal qui va analyser la demande puis qui va être en mesure
de trancher, donc...
M. Grandmont : Donc, c'est la
Cour supérieure, dans le fond, qui, à partir de ce moment-là, va bâtir sa
jurisprudence. C'est un peu ce que vous dites.
M. Tardif (Antoine) : Bien,
va pouvoir analyser, voir si la demande est recevable ou pas, puis donner sa
décision, là. Puis je pense que, tu sais, au fil des ans, c'est nouveau, mais
les élus vont se faire une tête à savoir qu'est-ce qui est vraiment
inadmissible, méritant une dénonciation puis qu'est-ce qui fait
partie du
décorum municipal démocratique qu'on connaît.
M. Grandmont : Parfait. Je
veux juste souligne, je pense qu'il ne me reste pas beaucoup de temps, mais que
je trouve intéressantes les deux propositions suivantes que vous apportez, notamment
l'importance d'avoir une majorité du conseil présent, parce que je comprends
que les membres que vous représentez, des fois, ce n'est pas beaucoup de monde
non plus qui siègent au conseil municipal. Donc c'est une préoccupation très
intéressante que... à laquelle je souscris. Puis aussi la possibilité pour un
D.G. d'être aussi membre du conseil municipal dans une autre municipalité,
c'est important puis ça doit se produire quand même assez souvent, j'imagine.
M. Tardif (Antoine) : Bien,
il y en a plusieurs exemples qui ont été recensés, des exemples où ça se passe
bien, comme je mentionnais, probablement, qu'il est arrivé des situations
malheureuses...
Le Président (M. Schneeberger) : En
terminant.
M. Tardif (Antoine) : ...à
d'autres endroits. Mais peut-être qu'avant d'avoir une mesure mur à mur, il y
aurait possibilité de l'évaluer davantage.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors nous allons maintenant du côté du député des
Îles-de-la-Madeleine pour deux minutes, 38.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. M. Tardif, Mme Harvey. Un peu dans le même sens, si la loi était
adoptée, le projet de loi est adopté tel quel, qu'est-ce qu'une municipalité
comme la vôtre pourrait faire qu'elle ne peut pas faire...
M. Arseneau : ...à l'heure
actuelle, pour contrer l'intimidation ou le harcèlement?
M. Tardif (Antoine) : Bien
là, il y a plusieurs mesures, mais, tu sais, la principale, c'est de pouvoir
dénoncer, une mesure exceptionnelle, qu'on ne souhaite pas vivre dans nos
conseils municipaux.
M. Arseneau : Mais, en fait,
ma question, c'est : Quels sont les cas, aujourd'hui, que vous ne pouvez
pas gérer parce que vous n'avez pas cet outil-là, là? Y a-tu des exemples qui
font que vous avez été limités dans les demandes d'injonction, dans les modes
d'intervention, dans votre capacité à protéger vos collègues ou vous-même?
M. Tardif (Antoine) : Il
faudrait faire un recensement, là, tu sais, des élus puis des dénonciations qui
ont été faites, pour voir jusqu'où ils ont été acceptés ou non. En même temps,
ce qu'on vient faire avec ce projet de loi là, c'est de démontrer qu'il y a des
actes répressibles qui pourront être condamnés, et que le monde municipal est
soutenu par le gouvernement du Québec dans son champ de compétence, puis que
des mesures qui étaient tolérées jusqu'à tout récemment ne le seront plus, puis
qu'il y aura un levier, pour les élus, d'agir.
M. Arseneau : Je m'essaie une
dernière fois, mais quels seraient, par exemple, des exemples de ce qui était
toléré, puis qui ne le serait plus?
Mme Harvey (Mélanie) : Bien,
si je peux me permettre, je pense que le projet de loi, c'est surtout un signal
qui est envoyé, un signal fort de l'État qui est envoyé, pour dire que ça
suffit. Puis, deuxièmement, je pense que ce qui est intéressant aussi, c'est le
fait que les demandes vont être instruites et jugées d'urgence. Donc, s'il y a
une situation qui est vraiment problématique, bien, rapidement, on va pouvoir
venir identifier si, oui, ça requiert une injonction ou des mesures
particulières, ou si c'est conforme, puis l'élu devra trouver des moyens
autres, là, pour faire face à ces situations-là.
M. Arseneau : Puis... il y a
peu de temps, il nous reste peu de temps... à quel point est-ce que c'est
important, pour vous, qu'on ajoute la protection pour les fonctionnaires
municipaux?
M. Tardif (Antoine) : Je
pense que ça mérite... ça fait
partie de nos recommandations, là... ça mérite
d'être analysé, et voire, même, d'être ajouté, parce que les élus, on est là
une fois par mois devant les citoyens, les employés municipaux sont là à tous
les jours, puis des cas malheureux, il y en a eu aussi au détriment des
employés, que ce soient les directeurs généraux, qui vivent certaines pressions,
mais ça peut être les employés de première ligne aussi, aux services aux
citoyens, qui font face à la musique. Donc, on pense que ça mérite d'être
réfléchi d'inclure les employés municipaux.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour votre précieuse collaboration.
Alors, nous suspendons quelques instants
pour accueillir le dernier groupe de ce matin.
(Suspension de la séance à 11 h 30)
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11 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 11 h 42)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons nos travaux. Alors, nous recevons des membres de la ville... du
personnel de Québec... de la ville de Québec, pardon. Alors, nous avons Mme
Catherine Vallières-Roland, mairesse suppléante, Mme Isabelle Chouinard,
directrice, Division du droit public, M. Serge Giasson, directeur du service
des affaires juridiques, et Mme Cynthia St-Hilaire, conseillère stratégique au
cabinet de la mairie. Alors, bonjour à vous quatre. Vous avez 10 minutes
pour faire votre présentation et ensuite, nous allons procéder à une période d'échange.
Mme Vallières-Roland
(Catherine) : Merci, M. le Président. Alors, Mme la ministre, Mesdames
et Messieurs les députés...
Mme Vallières-Roland (Catherine) :
...un grand plaisir pour moi d'être avec vous aujourd'hui. Donc, je suis
Catherine Vallières-Roland, mairesse suppléante à la Ville de Québec et membre
du comité exécutif également.
Tout d'abord, je voudrais vous remercier
de nous permettre de vous présenter les grandes lignes de... du mémoire qu'on a
déposé, donc, dans le cadre de ce projet de loi n° 57.
D'entrée de jeu, je souhaite souligner que
ce projet de loi, donc, poursuit des objectifs auxquels la ville de Québec
souscrit. Et même certains des changements qui sont proposés dans le projet de
loi sont en droite ligne avec certaines des demandes de modifications
législatives qui avaient été formulées par la ville de Québec auprès du
gouvernement en 2023, je pense, entre autres, au plafond applicable aux sommes
qu'une ville peut verser dans ses réserves financières. Du côté de la ville, on
a en 2023 dans créé une réserve financière qui va nous permettre d'adapter nos
infrastructures aux impacts des changements climatiques. Et on a donc pour
objectif de se donner, donc, une réserve financière qui est de l'ordre de
300 millions de dollars d'ici 2028.
Donc, avec les plafonds qui sont proposés
dans le projet de loi, eh bien, ça va nous permettre, donc, de venir bonifier
cette réserve, justement, pour nous permettre, par exemple, de passer d'une
cible, selon les besoins, de 300 millions jusqu'à
600 millions de dollars. Et ça nous permettra donc de financer une
partie de ces investissements en évitant le recours à la dette, et ça, pour
nous, à la ville de Québec, c'est... c'est très important parce qu'il s'agit
vraiment d'une saine pratique de gestion financière. Le ratio de la dette
actuelle à Québec s'établit à 86,9 %, et on a pour cible d'atteindre
jusqu'à... une dette, donc, qui va atteindre 70 % au cours des prochaines
années.
Il y a maintenant un peu plus d'un an, la
ville a également amorcé une réflexion sur la conciliation entre le travail et
la vie personnelle, la vie personnelle des élus, dans un contexte où on
retrouve à Québec un comité exécutif qui est paritaire et où on retrouve
également une majorité de femmes au conseil de ville, soit 12 sur 22 élus.
Une analyse des besoins des priorités des élus a été effectuée dans les
derniers mois, ce qui a mené au dépôt d'un rapport au conseil de ville en
décembre dernier. Et les résultats de cette analyse ont mis en lumière,
justement, l'importance de pouvoir, pour les élus, assister à distance à une
séance du conseil municipal. Le nouvel
article 332.1 de la
Loi sur les
cités et les villes proposé par le projet de loi vient donc justement répondre
à une des recommandations de ce rapport. Donc, nous y sommes favorables, dans
la mesure toutefois où la participation à distance à une séance du conseil se
fasse dans des circonstances exceptionnelles. Donc, on est d'accord avec cette
prémisse de base de l'importance, donc, de s'assurer aussi que les citoyens
puissent continuer d'assister à des débats de qualité et de bénéficier aussi de
la présence physique de leurs élus.
On a par ailleurs identifié, dans notre
mémoire, certaines des questions qui mériteraient d'être précisées dans le
projet de loi avant son adoption, à savoir, par exemple, à qui reviendra la
responsabilité d'apprécier la suffisance des motifs qui seront jugés
acceptables pour un élu pour participer à distance et quelles seraient les
conséquences aussi pour un élu, par exemple, qui ne respectera pas les
conditions qui sont édictées.
En cohérence avec l'une des conclusions
également de l'analyse qu'on a menée à la ville de Québec, on aimerait aussi
vous proposer, donc, un ajout, une nouvelle proposition qui pourrait être
intégrée au projet de loi. Cette demande concerne la possibilité d'octroyer à
un élu des crédits supplémentaires pour l'embauche de personnel politique pour
le soutenir dans l'exercice de ses fonctions dans les premiers mois de vie d'un
enfant. Les crédits qu'une municipalité peut octroyer pour l'embauche du
personnel politique sont déterminés par la loi et, dans les cas des crédits alloués
pour des dépenses de recherche et de soutien, ils sont répartis à parts égales
entre les conseillers municipaux. Et ces crédits sont généralement engagés,
donc, pour le personnel régulier, de sorte qu'il ne reste plus de... à l'élu de
disponibilités financières pour lui permettre d'engager une ressource
additionnelle lorsque vient l'arrivée d'un enfant. Donc, une ressource comme
celle-là ne remplacerait pas l'élu aux instances officielles, mais pourrait par
contre lui offrir la possibilité d'allé