House Proceedings — 26 November 2025 (43rd Legislature, 2nd Session)
2025-11-26
Quebec — Debates (Hansard)
(Neuf heures quarante et une
minutes)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Bonjour,
chers collègues. Veuillez prendre place.
Nous sommes
maintenant à la rubrique Déclarations de députés, et je cède maintenant la
parole à Mme la députée de Bellechasse.
Mme Lachance : Merci, Mme la
Présidente. Aujourd'hui, j'aimerais souligner un anniversaire des plus
significatifs, les 50 ans des Serres Roger Lagacé, une entreprise
familiale de Pintendre, une
partie importante de notre circonscription.
Depuis leur
fondation, les Serres Roger Lagacé incarnent le travail, la passion et la
transmission du savoir-faire horticole de génération en génération.
Aujourd'hui, la famille Lagacé, qui est dans nos
tribunes, continue d'assurer un service de qualité et d'innover. Les serres
sont devenues une référence ainsi qu'un lieu de rencontre, d'apprentissage et
de fierté pour notre région.
À vous et à toute votre équipe, je tiens à
exprimer notre reconnaissance. Votre passion embellit nos foyers, nos
quartiers, mais aussi nos vies. Félicitations pour ces 50 années
exceptionnelles, et que les prochaines soient aussi florissantes. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Au
nom de la présidence, toutes nos félicitations.
Maintenant, je cède la parole à M. le député de
Marquette.
M. Ciccone :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais féliciter le
journaliste sportif François Gagnon, qui a récemment reçu le prix
Elmer-Ferguson, remis par la Professional Hockey Writers Association à un
membre des médias écrits.
Chaque année, François couvre l'intronisation de
nouveaux membres au Temple de la renommée du hockey. Le 10 novembre
dernier, c'est lui qui a été intronisé. Il fait désormais
partie des immortels
du hockey.
Tout au long de sa brillante carrière, François
Gagnon a fait preuve d'une grande rigueur et de passion. Une de ses plus grandes qualités est son habile
capacité à poser des questions difficiles. Il est dur mais juste, et cela
depuis plus de 30 ans.
Respecté tout autant par les dirigeants de la
ligue nationale, les journalistes et les joueurs, tous sont unanimes que son
entrée au panthéon du hockey est plus que méritée.
De plus, François Gagnon n'est que le neuvième
francophone à remporter ce prestigieux prix.
Je te
félicite chaleureusement, mon ami. Je te souhaite encore beaucoup de réussites,
car le monde du hockey a encore énormément besoin de toi.
Merci, Mme la Présidente.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je cède
maintenant la parole au député de Saint-Jean.
M. Lemieux : Mme la Présidente,
M. Guy Boulanger, qui est parmi nous dans les tribunes avec sa conjointe
et à qui je vais remettre aujourd'hui la Médaille du député de l'Assemblée
nationale, avait répondu à une petite annonce dans le journal d'un nouvel
organisme de diffusion de spectacles, chez nous, qui se cherchait un employé à
tout faire, à commencer par assumer sa direction générale.
Après
35 ans, il part à la retraite de la SPEC du Haut-Richelieu, un OBNL qui a
multiplié les succès et les honneurs au
fil du temps et qui est devenu plus qu'un pilier du monde culturel, mais un
acteur socioéconomique et communautaire qu'on se félicite d'avoir
inventé et d'avoir confié à cet homme, qui a su s'entourer d'une équipe
bienveillante.
Guy a non seulement créé
une machine à succès, il a assuré une relève qui voit grand et loin, qui fait
maintenant
partie de la SPEC et qui fait
partie d'une industrie culturelle plus utile et nécessaire que jamais pour
notre région et pour tout le Québec.
Au nom de tous tes concitoyens, félicitations et
merci, Guy Boulanger!
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Au nom de la présidence,
M. Boulanger, toutes nos félicitations et merci.
Maintenant, je vais céder la parole à M. le
député de Taschereau.
M. Grandmont : Mme la
Présidente, on mène actuellement, au Québec, 12 jours d'action contre la
violence faite aux femmes.
Je m'inscris aujourd'hui dans cette campagne
pour dénoncer toutes les formes de violence vécues en 2025 par les femmes du Québec, qu'elles soient citoyennes,
résidentes permanentes ou temporaires, étudiantes, réfugiées, demandeuses
d'asile ou sans statut.
Toute personne vivant sur le territoire du
Québec mérite un environnement exempt de violence. C'est aussi simple que ça.
Ça veut dire d'assurer qu'une femme victime de
violence conjugale peut quitter un environnement violent sans crainte de se
retrouver à la rue.
Ça veut dire aussi d'assurer un accès sans
restriction à l'avortement partout sur le territoire et d'écouter les groupes d'expertes
qui demandent de ne pas imbriquer la notion de droit à l'avortement dans le
projet de constitution de la CAQ par crainte de dérives futures.
Le Québec peut y arriver. C'est juste une
question de choix et de courage politique.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée d'Iberville.
Mme Bogemans : Merci, Mme la
Présidente. C'est avec plaisir que je prends la parole aujourd'hui pour mettre
en lumière quelqu'un de chez nous dont le parcours dans le communautaire et
l'éducation force l'admiration, M. Fernand Croisetière. Nous le recevons
ici parmi nous avec son épouse.
Fils de l'ancien député provincial d'Iberville
Alfred Croisetière, il incarne la détermination. Après 36 ans en éducation
à divers postes, il a poursuivi son engagement à l'UQAM comme conseiller
pédagogique.
Mme la
Présidente, sa retraite n'aura jamais été une vraie retraite. Président de la
Société de Saint-Vincent-de-Paul, vice-président du CISSS de la
Montérégie-Centre, président de la Corporation du Fort Saint-Jean,
administrateur du centre d'aide aux entreprises, mentor pour les jeunes
entrepreneurs, il n'a jamais compté son temps.
Père de deux enfants, grand-père cinq fois, il
donne encore plus de 25 heures par semaine au bénévolat et à sa
communauté.
Merci, M. Croisetière, pour votre
engagement exceptionnel. Merci aussi aux organismes qui, grâce à des gens comme
vous, sont capables de faire la différence dans nos milieux puis de faire
rayonner tout le Haut-Richelieu. Merci sincèrement.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Au nom de la présidence,
M. Croisetière, toutes nos félicitations et merci.
Maintenant,
je cède... Avant de céder la parole à ma prochaine intervenante, j'ai besoin de
votre consentement pour un changement de sujet. Est-ce que j'ai votre
consentement?
Des voix : Consentement.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Donc,
je cède maintenant la parole à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, c'est avec beaucoup de fierté que je
souligne aujourd'hui le 40e anniversaire
de Bonjour Aujourd'hui et Après, une popote roulante incontournable pour mes
concitoyens de l'est de Laval.
Depuis 1980,
cet organisme offre des repas chauds et nutritifs à bas prix, livrés
directement à la maison ou servis en salle à manger. Il offre également
des visites d'amitié et de l'accompagnement médical.
Ayant moi-même participé à
plusieurs reprises à la distribution des repas, je peux témoigner des
impacts... des impacts positifs de BAA. Ils contribuent chaque jour à briser
l'isolement, à tisser des liens serrés au sein de notre communauté et à permettre à de nombreux résidents de vieillir chez...
chez eux, pardon, en toute dignité, dans le confort de leur foyer.
Je tiens à saluer le travail exceptionnel de Mme Nathalie
Lachance, de toute l'équipe et surtout des nombreux bénévoles pour leur
précieux engagement au bien-être des aînés de l'est de Laval.
Félicitations, encore une fois, pour vos
45 ans, et longue vie à BAA!
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Merci, Mme la députée. Je
cède maintenant la parole à M. le député de Beauharnois.
M. Reid : Merci, Mme la
Présidente. Denis Touchette, un nom qui résonne avec respect et admiration dans
le monde du football universitaire canadien, est un coordonnateur défensif dont
le leadership exceptionnel a marqué les esprits dans cet univers sportif.
Originaire de Salaberry-de-Valleyfield, son
engagement indéfectible envers ses joueurs et sa vision stratégique du jeu ont
permis à l'équipe de football des Carabins de l'Université de Montréal de se
démarquer sur le terrain durant les dernières années.
Grâce à sa
rigueur et à sa capacité à enseigner et communiquer clairement auprès des
athlètes, Denis Touchette a su bâtir
une ligne défensive solide, redoutable et intraitable dans la victoire des
Carabins à la coupe Vanier, le 22 novembre dernier, en Saskatchewan.
Son éthique sportive a inspiré de nombreux jeunes talents à poursuivre leurs
rêves et à se surpasser dans cette victoire.
En plus d'être un entraîneur remarquable, Denis
Touchette est un modèle de persévérance et de passion pour le sport. Son
héritage perdure dans la réussite de ses équipes et dans le coeur de ceux qu'il
a guidés vers la victoire.
Honorer Denis Touchette, c'est célébrer l'esprit
d'équipe, la détermination et l'amour du sport.
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole
à M. le député de Gatineau.
M. Bussière : Merci, Mme la
Présidente. Je porte ma voix avec celle de mon collègue Christopher Skeete,
ministre responsable des Relations avec les Québécois d'expression anglaise,
afin de saluer les membres de TALQ qui sont dans les tribunes aujourd'hui.
L'objectif du
gouvernement du Québec est de maintenir les canaux de communication ouverts et
de cultiver une relation de confiance avec la communauté d'expression anglaise.
C'est un objectif qui est partagé avec l'organisation TALQ.
Le gouvernement s'est engagé à soutenir la vitalité
des communautés d'expression anglaise présentes au Québec, notamment par le biais de son programme Renforcer la vitalité
des communautés d'expression anglaise du Québec. Dans ce travail, le
gouvernement du Québec est reconnaissant de la collaboration avec TALQ et aussi
du travail avec les multiples autres groupes représentant la communauté
anglophone au Québec.
Merci pour votre implication et pour votre
présence parmi nous aujourd'hui.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je rappelle à tout le monde qu'on doit appeler nos
collègues par leur
titre et non pas par leur nom.
Donc, maintenant, je cède la parole au député de
Jonquière. M. le député, la parole est à vous.
M. Gagnon : Merci, Mme la
Présidente. Mme la Présidente, peu importe le sport, ils sont présents et ils
s'appellent nos entraîneurs.
Nos entraîneurs, il faut en prendre soin. Nos
entraîneurs, il faut valoriser leur profession. Et, nos entraîneurs, il faut
leur offrir de la formation également.
Mais, quand tu viens d'une région comme la
mienne, le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
parfois les formations sont intéressantes mais sont à des centaines de
kilomètres. Mais, Mme la Présidente, quand tu as une personne d'exception comme
Anne-Marie Fortin, de la dynamique organisation du RSEQ Saguenay—Lac-Saint-Jean,
eh bien, tu fais les choses autrement. Faire les choses
autrement, Mme la Présidente, ça s'est passé chez nous la semaine dernière, à
Jonquière, avec le premier colloque des entraîneurs. Réunir des experts au
profit de nos entraîneurs, c'est ce que le RSEQ du Saguenay—Lac-Saint-Jean
a fait, Mme la Présidente, et j'en suis fier.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole à
Mme la députée de Saint-François.
Mme Hébert :
Mme la Présidente, l'engagement de Mme Nicole Bergeron débute à
Bromptonville, dans les années 80 et 90, au comité de parents de l'école
des Deux-Rives, aux balbutiements de la maison des jeunes et à la promotion des
industries.
Elle a été élue
conseillère à Bromptonville en 1999, et, lors de la fusion avec Sherbrooke,
elle est devenue conseillère
d'arrondissement dans Brompton, en 2001, puis conseillère municipale et
présidente de son arrondissement, de
2005 à 2021. Elle a été... membre, excusez-moi, du comité exécutif de
Sherbrooke sous trois maires et la première femme à présider le conseil.
Elle s'est investie
sans ménager ses efforts dans les domaines de l'urbanisme, la revitalisation,
des commerces de proximité, du développement industriel, des sports, des arts
et de la culture. Elle a été impliquée notamment dans l'avènement de la Maison
des arts et de la culture de Brompton.
la Présidente, Mme Bergeron, à qui j'ai eu l'honneur de décerner la
Médaille de la députée, a joué un rôle prépondérant de bâtisseuse dans
sa communauté. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole au député de Chapleau.
M. Lévesque (Chapleau) : Merci,
Mme la Présidente. Aujourd'hui, je veux souligner un organisme remarquable dans
notre communauté de Chapleau, à Gatineau, le Club Amitié Gatineau, qui célèbre
40 années d'engagement et de service auprès des personnes de 50 ans
et plus.
Depuis
quatre décennies, cet organisme a véritablement incarné sa mission de tisser
des liens humains, de briser la solitude et d'offrir aux membres une vie
sociale riche, avec de nombreuses activités et sorties.
Je tiens à souligner
que le Club Amitié Gatineau a su offrir un espace de solidarité et d'amitié à
une époque où les défis liés à l'isolement social, au vieillissement de la
population et à la fragmentation communautaire sont bien présents. Il a permis à tant de femmes et tant
d'hommes de 50 ans et plus de s'épanouir, de créer des souvenirs, de vivre
des moments de partage et de contribuer à la vitalité de notre société.
Je tiens à saluer et
à remercier sa présidente, Mme Louise Lepage, les bénévoles, les
administrateurs et les partenaires du club.
Votre dévouement est un magnifique exemple de l'engagement citoyen qui fait la
force de l'Outaouais. Bon 40e anniversaire!
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député.
Avant de poursuivre,
j'ai besoin de votre consentement pour l'ajout d'une déclaration de député.
Est-ce que j'ai votre consentement? Il y a consentement. Donc, je cède
maintenant la parole à M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin : Mme la Présidente, qui ne connaît pas l'Opération Nez rouge, ce
sympathique service de raccompagnement qui assurera la sécurité de nos routes
du 28 novembre au 31 décembre prochains en répondant sans jugement
à celles et ceux qui ne sont pas en état de conduire?
succès de Nez rouge, chez nous, c'est en bonne
partie grâce à l'actuel
président, M. Olivier Gagnon, et son père, qui est aussi son prédécesseur, Michel Gagnon, un bâtisseur du succès
actuel. Olivier a pris la relève après une implication continue de
20 années, lui qui en a 32. Alors, je fais le calcul mental, et ça fait
longtemps.
Olivier m'en voudrait
de ne pas mentionner ses deux acolytes, Isabelle Koury et Mathieu Laplante, qui
sont avec lui depuis sa première journée comme président, le trio de feu. Et je
ne les nommerai pas tous, mais le réel succès s'obtient chaque jour et chaque
année grâce à 550 bénévoles qui sont l'Opération Nez rouge à Saint-Jérôme
et Mirabel. Plusieurs reviennent d'année en année avec la même générosité, une
constance remarquable et cette joie contagieuse.
Il m'a demandé d'être
le président d'honneur cette année, mais, Mme la Présidente, l'honneur est le
mien.
La Vice-Présidente (Mme
D'Amours) : Merci beaucoup, M. le député. Cela met fin à la
déclaration de député.
Et je suspends les
travaux quelques minutes.
(Suspension de la séance à
9 h 56)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde. Mesdames
messieurs, bienvenue. Bienvenue. Le parlement du Québec, c'est chez
vous.
Messieurs dames les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Je vous remercie
beaucoup. Veuillez vous asseoir.
26 novembre.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles.
À la rubrique
Présentation de projets de loi, Mme la leader de l'opposition officielle.
Mme Setlakwe :
Mme la Présidente, je vous demanderais d'appeler l'article a.
Présidente : À l'article a du feuilleton, Mme la députée de Mont-Royal—Outremont présente le
projet de loi n° 393, Loi modifiant la
Loi sur le vérificateur général
relativement à sa nomination. Mme la députée.
Mme Setlakwe :
Merci, Mme la Présidente. Il me fait plaisir de présenter ce projet de loi
ce matin.
Il modifie les
modalités de nomination du Vérificateur général. À cet égard, il modifie la Loi
sur le vérificateur général afin de prévoir
la nomination de ce dernier sur proposition conjointe du premier ministre, du
chef de l'opposition officielle et
des chefs des autres partis autorisés représentés à l'Assemblée nationale, et
avec l'approbation des deux tiers de
ses membres. Le projet de loi modifie également cette loi afin d'interdire la
nomination d'une personne ayant été titulaire d'un emploi supérieur à
temps plein au cours des cinq dernières années. Merci.
Présidente : Et est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi? Mme la leader, oui.
Mme Setlakwe :
...électronique, madame...
Présidente : Vous souhaitez le vote? C'est votre droit absolu.
Vous êtes toutes et
tous présentes et présents. La période de vote est ouverte.
...de vote est
maintenant... Oh! C'est bon? La période de vote est maintenant terminée. M. le
secrétaire général, le résultat.
Secrétaire : Pour : 103
Présidente : Cette motion est donc adoptée.
À la rubrique
Dépôt... À la rubrique Dépôt de documents, M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Bonjour, Mme la Présidente. Je dépose la réponse à la pétition déposée
le 23 octobre par la députée de
Terrebonne, la réponse à la pétition déposée le 7 octobre par le député de
Matane-Matapédia, la réponse à la pétition déposée le
8 octobre par le député de... par la députée de D'Arcy-McGee, la réponse à
la question inscrite au feuilleton le 21 octobre par la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques.
Merci.
La Présidente :
Et ces documents sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt
de rapports de commissions.
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de l'Acadie.
M. Morin :
Merci, Mme la Présidente. Alors,
je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 1 293 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
demandeurs du Programme des investisseurs du Québec (2017-2019) ont respecté
l'obligation d'investissement de 800 000 $ et obtenu un certificat de
sélection du Québec (CSQ), mais attendent depuis plus de sept ans la résidence permanente,
sans visibilité sur l'issue de leur démarche;
«Considérant
que plus de 4 000 dossiers demeurent en attente et que, selon La
planification de l'immigration 2026-2029, les admissions annuelles seront limitées à 250-450, ce qui prolongerait
l'attente d'une dizaine d'années supplémentaires pour des familles ayant
déjà rempli toutes leurs obligations;
«Considérant que cet
arriéré et la réduction des admissions contredisent l'objectif du Plan
d'immigration du Québec 2024 visant à
"accélérer les effets de la réforme des programmes d'affaires" et
nuisent à la crédibilité du système d'immigration;
«Considérant que de
nombreux enfants déjà installés au Québec pour apprendre le français et
s'intégrer vivent dans l'incertitude, ce qui entraîne des difficultés
scolaires, un manque de stabilité et des risques de séparation familiale;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec de prévoir, comme en 2023-2024, des
admissions additionnelles hors cibles
régulières afin de résorber l'inventaire, respecter les engagements pris envers
les investisseurs et mettre fin à une attente indue qui dure depuis trop
longtemps.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci.
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de La Pinière.
Mme Caron : Je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
2 482 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
ressources intermédiaires (RI) sont essentielles pour offrir des milieux de vie
adaptés et sécuritaires à plus de
20 000 personnes vulnérables à travers le Québec, dont des aînés en
perte d'autonomie, des personnes vivant avec une déficience
intellectuelle, physique ou aux prises avec un trouble de santé mentale;
«Considérant que ces
résidents dépendent des RI pour recevoir des soins et services de qualité, et
que la précarité financière actuelle de plusieurs RI menace directement leur
stabilité et leur bien-être;
«Considérant que la
fermeture de certaines RI forcerait des résidents à retourner dans des milieux
qui ne répondent pas nécessairement à leurs besoins ou à l'hôpital, augmentant
ainsi la pression sur le réseau de la santé et des services sociaux;
«Considérant que près
de 5 500 personnes sont actuellement en attente d'une place en RI, ce
qui représente une hausse de 11 % en à peine 9 mois;
«Considérant que
72 % des appels d'offres pour créer de nouvelles places en RI ont été
annulés depuis 2020 faute de soumissionnaires ou de projets viables, ce qui
représente 4 089 places qui n'ont jamais vu le jour;
«Considérant que
l'Association des ressources intermédiaires d'hébergement du Québec — l'ARIHQ — est
actuellement en négociation de l'entente nationale qui détermine le financement
des RI;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec d'augmenter le financement et les
ressources destinées aux RI afin d'assurer la pérennité des milieux de vie
actuels et de permettre la création rapide de nouvelles places pour répondre
aux besoins de la population.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La Présidente :
Cet extrait de pétition est déposé. Je reconnais maintenant M. le député de Camille-Laurin.
M. St-Pierre Plamondon : Mme
la Présidente, je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 2 245 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la consommation de drogues chez
les jeunes comporte des risques croissants et que la crise de santé publique liée à la contamination du
marché des substances, en raison de sa gravité, exige une attention soutenue;
«Considérant que
l'adolescence est une étape déterminante du développement et que l'usage de
substances psychoactives à ce stade comporte
un risque accru d'atteintes cognitives, de troubles de santé mentale et de
dépendance;
«Considérant que la prévention et l'intervention
en matière d'usage de substances doivent s'appuyer sur une approche
multidimensionnelle combinant l'éducation, l'accès à des ressources adaptées et
un soutien accru aux jeunes, familles et communauté;
«Et l'intervention réclamée se résume
ainsi :
«Nous, signataires, demandons au gouvernement du
Québec d'intervenir en adoptant les mesures suivantes :
«La création d'un observatoire des drogues, des
tendances et des conduites addictives chez les citoyens et citoyennes du
Québec;
«L'instauration d'un programme global et
obligatoire de prévention des usages à risque, des conséquences négatives et
des addictions, ainsi que d'éducation à la santé tout au long du cursus
scolaire;
«L'augmentation significative des ressources
dédiées à la santé mentale des jeunes, incluant la présence systématique
d'intervenants spécialisés;
«Le renforcement des mesures de soutien aux
familles pour outiller les parents face à la consommation ou la dépendance de
leur(
s) enfant(s);
«La création d'un plan d'action spécifique pour
la prévention des usages à risque, des conséquences négatives et des addictions
chez les jeunes, impliquant une collaboration entre les écoles, les services de
santé et les organismes communautaires.»
Je certifie que cet extrait est conforme à
l'original de la pétition.
La Présidente : Et cet extrait de
pétition est déposé.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Nous en
sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales, et je
cède la parole, en question principale, au chef de l'opposition
officielle.
M. Fortin : On dirait, Mme la Présidente, on dirait qu'il y a deux
premiers ministres quand vient le temps de parler de foresterie, un qui ne s'y
intéresse pas du tout puis qui ne croit pas à l'industrie forestière et un qui
aimerait ça qu'on pense qu'il s'intéresse à l'industrie forestière. Le premier,
il va aux États-Unis et il dit qu'il est prêt, dans le cadre des négociations,
à sacrifier le secteur de la forêt. Le deuxième, il revient au pays, il ne fait
rien de son côté, mais il dit au gouvernement fédéral : Aïe! faites tout
ce que vous pouvez pour protéger le secteur de la forêt. Le premier, il
présente une stratégie industrielle où il dit qu'on va perdre la moitié des
jobs en forêt puis qu'il y a vraiment besoin de ce monde-là chez Hydro-Québec,
puis le deuxième, il présente une mise à jour économique où il dit que le
secteur forestier, c'est bien important, mais il le présente... mais il offre
des grenailles aux entreprises pour passer à travers la crise.
Le problème, Mme la Présidente, c'est que ni
l'un ni l'autre de ces premiers ministres là est... s'intéresse à la forêt assez pour apporter des changements
structurels dont l'industrie a besoin. Ce que l'industrie, elle demande, là,
c'est des mesures pour assurer une prévisibilité, une prévisibilité de
plusieurs années pour le bois. Ce que l'industrie, elle demande, aujourd'hui, c'est de la flexibilité au niveau de la récolte
annuelle du bois. Ce que l'industrie québécoise demande, c'est de
pouvoir être compétitive avec l'Ontario, parce qu'en ce moment elle se fait
manger la laine sur le dos par l'Ontario. Mais surtout, là, elle demande un
premier ministre qui a une vision claire pour l'industrie forestière.
Pourquoi il
n'est pas capable de puiser dans sa réserve de courage puis de présenter
quelque chose pour l'industrie?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, j'espérais qu'avec le changement de chef de l'opposition officielle
on retomberait sur des faits. Et, quand le chef de l'opposition officielle dit
que je suis allé aux États-Unis dire que je suis prêt à sacrifier la forêt,
j'aimerais bien qu'il me dise où, quand, comment, à quelle heure j'ai dit ça.
Mme la Présidente, ce que j'ai dit, quand je suis allé aux États-Unis, c'est
que, dans l'aluminium, on était prêts à faire des ententes à long terme pour
rassurer les Américains. Donc, encore une fois, là, ça commence à ressembler à
la députée de Saint-Laurent. C'est n'importe quoi qu'on entend de la part du
Parti libéral.
Revenons au
dossier de la forêt. Je pense qu'il n'y a pas un premier ministre qui a parlé
plus du secteur de la forêt au premier ministre du Canada, Mark Carney, que moi, plus que celui de la Colombie-Britannique. Et, Mme la
Présidente, ce qu'on souhaite, c'est
que le Canada commence des discussions sur le secteur de la forêt, entre autres
le bois d'oeuvre, avec les
États-Unis, parce qu'actuellement il y a un tarif de 45 % sur les
exportations de bois d'oeuvre aux États-Unis. C'est plus de la moitié de nos ventes qui s'en vont aux
États-Unis. Un tarif de 45 %, c'est comme si on baissait le prix de
45 %.
Donc,
malheureusement, M. Trump avait d'abord décidé de parler de seulement
trois secteurs, aluminium, acier et énergie. Et on lui a demandé d'ajouter la
forêt, mais il a refusé.
Présidente : Première complémentaire.
M. Fortin : Mme la Présidente, le premier ministre fait la
démonstration qu'il comprend l'ampleur de la situation,
hein, des droits de douane de 45 %, mais il fait aussi la démonstration
que sa mise à jour économique, elle ne répond pas du tout aux attentes
du secteur. La réalité, là, c'est qu'un entrepreneur forestier, quelqu'un qui
est travailleur autonome, aujourd'hui, qui fait ça avec son garçon, qui
travaille à peine parce que l'usine du coin, elle ne marche pas bien, bien, il
va avoir 239 $, avec la mise à jour économique, à peine une tank de gaz.
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bon, Mme la Présidente, on peut parler de la mise à jour, on peut parler de
toutes les mesures qu'on a mises en place pour aider les industries
forestières.
D'abord, on a dit aux
industries forestières : Si vous avez besoin de liquidités, on va vous
fournir les liquidités. Deuxièmement, si
vous avez des projets de diversification, vous êtes vraiment les bienvenus, on
va vous aider à les financer.
Maintenant, hier,
dans la mise à jour, on a enlevé, via le FSS, l'équivalent de ce que ça coûte
aux compagnies forestières pour la bourse du carbone, soit 45 000 $
par entreprise forestière. C'est une moyenne. Donc, plus on est gros, plus on
reçoit un montant important.
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Fortin : Bien, Mme la Présidente, en réponse au premier ministre, le
13 février, il a également avancé qu'il était prêt à faire des compromis
dans l'aéronautique, dans la forêt et dans la sécurité à long terme sur l'aluminium,
ça, c'est sa citation à lui, alors qu'il est allé aux États-Unis. Et là,
aujourd'hui, là, il n'a absolument rien à offrir aux travailleurs forestiers.
Rien, Mme la Présidente.
Comment il peut
penser que 239 $, c'est ça qui va aider à passer à travers une crise comme
celle que vivent aujourd'hui les entrepreneurs forestiers?
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, encore une fois, un peu comme la députée de Saint-Laurent, le chef de
l'opposition officielle dit n'importe quoi. Ce que j'ai dit, quand je suis allé
à Washington, c'est : On est prêts à avoir des ententes à long terme,
parce qu'on sait que les États-Unis ont besoin de nos produits, ça les inquiète
à long terme qu'on cesse de leur fournir un certain nombre de produits. C'est
le seul compromis sur lequel j'ai parlé. Il n'est pas question qu'on vende
moins de produits ou qu'on mette des dispositions pour vendre moins de
produits.
Maintenant, Mme la
Présidente, c'est sûr que, si on exporte 50 % de notre bois d'oeuvre puis
le marché est un peu fermé, bien, on ne peut pas, du jour au lendemain,
remplacer 50 % du marché, mais on va tout faire pour aider...
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Fortin : Le premier ministre a raison, je l'ai mal cité, Mme la
Présidente. Ce qu'il a dit, c'est qu'il est prêt à faire beaucoup de compromis,
pas juste un peu.
Mais là, Mme la
Présidente, peut-être, là, peut-être que le premier ministre devrait
s'inquiéter du fait qu'hier, suite à son annonce, il n'y a absolument personne
qui est sorti pour l'appuyer. L'Alliance Forêt boréale a dit : C'est très
timide, c'est un coup d'épée dans l'eau. La FQM, les communautés forestières ont
dit : Ça ne répond ni aux attentes des régions ni à l'ampleur des défis.
Ce n'est pas le FSS qui va les aider...
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. Legault : Bien, Mme la
Présidente, depuis que je suis premier ministre, on a doublé les interventions d'Investissement
Québec pour les aider à financer leurs projets. Ça inclut le secteur forestier.
Donc, on a actuellement,
entre autres, deux partis, le Parti québécois, le Parti libéral, qui
disent : On ne veut plus aider les entreprises, nous autres, on n'est pas
interventionnistes. Bien, Mme la Présidente, heureusement, on a un
gouvernement, depuis sept ans, qui intervient, qui aide les entreprises. C'est
pour ça qu'on a battu l'Ontario, battu le reste du Canada dans la croissance
économique. Et on va continuer de le faire.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, ce matin, un
article de Thomas Gerbet met en lumière une réalité
très claire. D'un côté, le gouvernement dit vouloir protéger notre souveraineté
numérique, mais, de l'autre côté, il choisit quand même d'héberger les données
personnelles de nos tout-petits sur une plateforme américaine, les rendant
vulnérables au CLOUD Act. Le CLOUD Act, c'est une loi américaine qui a une
portée extraterritoriale et qui donne un accès potentiel à nos données, même
lorsqu'elles sont hébergées au Québec.
C'est en 2019 qu'il fallait se réveiller, Mme la
Présidente, quand le CLOUD Act est entré en vigueur, mais encore une fois, ce
matin, on est devant un échec de la CAQ. Après sept ans, on voit encore les
incohérences qui marquent ce régime caquiste. Les données à risque : le
nom, la date de naissance, l'adresse, le montant de l'allocation familiale, les
besoins particuliers, le numéro d'état civil, le certificat de naissance. Il y
a de quoi inquiéter les parents, Mme la Présidente.
Comment la CAQ a-t-elle pu laisser filer un
enjeu aussi important pendant sept ans? La plateforme est en déploiement, il
est trop tard, Mme la Présidente. C'est un échec.
La Présidente : La réponse de la
ministre de la Famille.
Mme Champagne Jourdain : ...je
remercie la collègue pour la question parce que ça va me permettre de rappeler,
dans un premier temps, pourquoi on a fait le portail, le Portail d'inscription
aux services de garde. On l'a créé pour les parents, pour apporter plus de
transparence par un indicateur de rang, éventuellement, mais plus d'équité
aussi dans l'attribution des places. Et je
veux vous dire que, jusqu'à maintenant, on est dans la deuxième phase du
déploiement, le déploiement se passe très bien, c'est un succès. Et,
depuis le mois d'octobre, c'est un déroulement sans anicroche. Et ça, Mme la
Présidente, là, c'est sans aucun doute grâce à l'excellent suivi qui a été fait
par ma prédécesseure, la députée de
Verchères, mais aussi grâce au travail méticuleux de toutes les équipes du
ministère et, évidemment, la précieuse collaboration de tout le réseau,
que je remercie.
Maintenant, ce matin, je veux me faire
rassurante, Mme la Présidente, parce que la sécurité des données mais aussi la
confidentialité des renseignements personnels a été au coeur de l'élaboration
de la solution depuis 2023, et c'est ce qui a mené nos travaux. Alors, je veux
me faire rassurante auprès des parents. Merci.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Setlakwe : Mme la
Présidente, j'entends la ministre de la Famille, mais la question porte sur la
souveraineté numérique. Et même sa collègue la ministre de l'Économie a dit, le
10 novembre dernier, je la cite : «On va vouloir reposer moins sur
les compagnies américaines dans le contexte actuel, surtout du CLOUD Act, qui
met un certain nombre de risques sur la confidentialité de nos données.» Fin de
la citation.
Encore une fois, c'est dès 2019 qu'il fallait
agir, Mme la Présidente. Encore une fois, la CAQ l'a échappé. Quand la CAQ
va-t-elle poser des actions cohérentes avec ses déclarations?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Cybersécurité et du Numérique.
M. Bélanger : Merci,
Mme la Présidente. Ma collègue députée est avocate, peut-être que le dossier a
mal été analysé, parce que, pour
accéder aux informations, les Américains ont trois lois : en 1978, le
FISA Act; en 2011, le PATRIOT Act; en 2018, le CLOUD Act.
Sur le CLOUD Act, zéro demande. Sur le PATRIOT Act, il y a eu des
demandes d'accès à l'information. Qui dormait au gaz, Mme la Présidente?
Et puis
j'aimerais aussi rajouter, Mme la Présidente, qu'en termes de protection des
données on n'a pas de leçons à
recevoir, parce que le Québec est un des premiers États dans le monde, Mme la
Présidente, avec un nuage gouvernemental souverain pour les données
sensibles, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Setlakwe :
Mme la Présidente, c'est difficile à suivre, parce qu'on a un premier ministre
qui reconnaît que c'est un enjeu important, il l'a dit récemment, quand il a
sorti sa nouvelle vision économique. Et, même le ministre de la Cybersécurité
et du Numérique, on en a parlé ensemble, il a fait enchâsser dans la loi cette
notion de souveraineté numérique. Alors, c'est important ou ça ne l'est pas?
C'est depuis 2019
qu'il fallait poser des gestes. Là, aujourd'hui, on est devant un échec, le
retard. Et, Mme la Présidente, c'est toujours la même chose, avec la CAQ :
des belles intentions, pas de résultat concret, et c'est de l'improvisation.
La Présidente :
La réponse du ministre.
M. Bélanger : Mme la Présidente, on ne
s'est pas traîné les pieds, nous autres. Depuis 2018, Mme la Présidente,
392 projets TI livrés, 15 % sous
les budgets autorisés, Mme la Présidente. Le projet de ministère de la Famille
0-5 ans, c'est un succès. Évidemment, on n'en parle pas.
Bon, il y a eu un
article ce matin, dans les journaux, sur la sensibilité des données, qui sont
importantes pour nous, Mme la Présidente, c'est important, on a un nuage
gouvernemental souverain et en plus, Mme la Présidente, on peut exiger
l'encryptage des données et exiger que la clé de désencryptage nous
appartienne, Mme la Présidente. Ça fait que
le Québec est un leader au niveau de la cybersécurité. Mme la Présidente, on va
prendre les bonnes actions pour sécuriser les données...
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de LaFontaine.
M. Tanguay :
Alors, Mme la Présidente, le ministre parle de nuage gouvernemental.
Passons donc d'un nuage à l'autre. On va leur demander de revenir sur terre
avec la mauvaise loi n° 2 qu'ils ont enfoncée dans la gorge, par le
bâillon, de tout le monde.
Comprenez ce qui se
passe sur le terrain présentement. Les médecins assument une large part des
coûts des GMF hors établissement, qui font peu ou pas de profits. La diminution
du nombre de médecins participants aux GMF fragilise lesdits GMF. Vous me
suivez jusqu'à maintenant.
Déjà, le gouvernement
ne remplissait pas sa part financière pour soutenir les GMF. Avec la loi n° 2,
1er janvier, il coupe la paie des
médecins de 15 % et il ne vient pas indexer le financement des GMF. Le
modèle est en péril. On voit des départs de médecins et des fermetures.
Exemple, à Baie-Comeau, le Dr Louis-Charles Moreau dit : «Ce n'est
plus intéressant pour moi financièrement parce que je n'ai pas assez de
garanties, il y a trop d'incertitudes.» Il met fin à son initiative de relancer
le GMF.
Le ministre
comprend-tu ce que je viens de dire?
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé :
Aimes-tu mieux que je me rassoie, Simon? Oui, c'est correct? Merci.
La Présidente :
...nommé. Et, M. le leader...
M. Dubé :
J'apprécie que mon leader fasse les corrections de français du député de LaFontaine.
Mme la Présidente, je
vois que le ton du député de LaFontaine n'a pas changé, mais ça ne m'empêchera
pas de répondre correctement. Mme la Présidente, ce qui est très clair, c'est qu'il
faut faire la différence entre ce que fait la loi n° 2,
j'en ai parlé plusieurs fois, versus ce qui va se passer avec les contrats de
GMF. En ce moment, pour les GMF, c'est une subvention qui vient à tous nos GMF,
au Québec, et on a dit qu'on voulait passer dans un mode de contrat pour donner
plus de prévisibilité aux gens des GMF, à partir de nouveaux contrats qui vont
se faire à partir du 1er avril 2026, avec justement l'objectif de leur
donner plus de visibilité et d'être capables d'améliorer les choses pour eux.
On a donné des outils, je pense entre autres aux fils de pertinence, qui sont
maintenant disponibles dans tous les GMF ou qui sont sur le point d'être
complétés.
la Présidente, il faut vraiment arrêter de donner de l'information qui est
inexacte, je surveille mes mots, mais, Mme
la Présidente, je pense que nous avons été très clairs que notre objectif est
de continuer à améliorer les GMF, à mettre l'argent supplémentaire qui a
été prévu au cours des...
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Tanguay : Wow! De
l'information inexacte. Alors, c'est ce qu'il répond au Dr Louis-Charles
Moreau, qui dit que le GMF ne va pas continuer à Baie-Comeau. Il n'a rien
compris, lui. La Dre Marylène Dussault, du GMF Plateau Marquette
Sherbrooke, qui dit : Moi, je dois signer un bail, renouveler le bail,
1er janvier, le GMF est en péril, Mme la Présidente, et le ministre n'est
pas capable de me dire qu'il... qu'il comprend leur cri du coeur?
Alors, comprend-il? Comprends-tu?
Présidente : La réponse... Et on s'adresse directement à la présidente,
M. le député de LaFontaine, vous le savez. Merci, M. le leader. C'est ce
que vous alliez dire, j'en suis convaincue. La réponse du ministre de la Santé.
M. Dubé : Mme la Présidente,
écoutez, les... les GMF, on a plus de 400 propriétaires de GMF, avec plus
de 700 localités, au Québec, 400 propriétaires avec plus de
700 localités. C'est évident que, pour nous, c'est un travail prioritaire
dans le réseau de la première ligne.
Mme la Présidente, je vais le redire, nous avons
pris des engagements, durant les derniers mois, de mettre 50 millions, la première année,
supplémentaires. On n'enlève pas d'argent, là, ça n'a rien à voir avec les
coupures dont le député de LaFontaine parle. On s'est engagés à mettre
100 millions de plus sur deux ans dans nos GMF. Mme la Présidente,
il y a beaucoup d'information...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Tanguay : Alors, ce matin,
9 heures, communiqué de presse de l'Association des médecins
omnipraticiens de Montréal, il est
indiqué : 60 départs confirmés de médecins omnipraticiens,
75 départs en cours. On parle de dizaines de milliers de patients
qui ont déjà perdu, qui perdent et qui vont perdre, dans l'avenir, leurs
médecins de famille.
Le premier
ministre a rencontré, hier, Dr Amyot. C'est correct, le ministre ne s'en
occupe pas. Le premier ministre peut-il y voir, lui?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Dubé : Alors, OK, je pense
que j'ai répondu pour les GMF. Je ne sais pas si ça fait l'affaire du député, mais c'est très clair que l'information qui
circule en ce moment, de la part du Parti libéral, sur les GMF est inexacte, et
on va continuer d'informer les gens.
Maintenant, pour ce qui est des départs de
médecins, j'ai dit depuis le début, Mme la Présidente, qu'il serait préférable d'attendre d'avoir toute l'information,
toute l'information sur le projet de loi, sur la loi qui a été passée, pour s'assurer que les médecins prennent la décision de
façon éclairée. Mme la Présidente, on a fait beaucoup d'aménagements dans la loi et on est capables d'en faire
d'autres, tel que le prévoit le mécanisme de 60 jours qui suit l'adoption
de la loi. Mme la Présidente, on invite les médecins à inviter les
fédérations...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de La Pinière.
Mme Caron : Mme
la Présidente, après sept ans de gouvernement de la CAQ,
5 500 Québécois et Québécoises attendent une place dans une ressource
intermédiaire. Ce sont 5 500 aînés en perte d'autonomie ou personnes
qui ont une déficience intellectuelle, physique ou un trouble de santé mentale.
Il leur faut un milieu de vie qui réponde à leurs besoins, mais ils sont
abandonnés par la CAQ, laissés à des proches aidants vieillissants ou
hospitalisés à grands frais. Le taux de l'échec de la CAQ, c'est 72 %
d'appels d'offres annulés, depuis 2020, pour de nouvelles places.
La CAQ a regardé le train passer et laissé la
situation s'aggraver, malgré les cris d'alarme répétés du milieu. La CAQ
regarde encore le train passer devant les négociations qui piétinent pour
renouveler l'entente échue depuis sept mois.
Est-ce
que la ministre peut s'engager à prendre le dossier en main et discuter avec sa
collègue du Trésor pour débloquer l'affaire?
La Présidente :
La réponse de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.
Mme Bélanger : Oui, Mme la Présidente.
Écoutez, j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, les ressources
intermédiaires sont des institutions qui sont incontournables, au Québec, des
milliers de personnes, que ce soient des personnes aînées, que ce soient des
personnes ayant une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de
l'autisme, des personnes... santé mentale, des ressources de type familial,
aussi, qui hébergent des enfants. Alors, ces ressources-là, elles sont
importantes.
Je veux en profiter
pour saluer l'association, d'abord, qui est ici aujourd'hui, mais aussi saluer
le travail des employés qui oeuvrent 24 heures sur 24, sept jours sur
sept, dans ces ressources intermédiaires. Il y a des belles choses qui se
passent en ressources intermédiaires.
Mme la Présidente,
actuellement, on est en négociation avec leur entente, et donc vous comprendrez
qu'on ne pourra négocier ici, sur la place publique, des éléments qui sont fort
importants pour la clientèle, pour les intervenants, pour les ressources
intermédiaires, Mme la Présidente. Et puis on continue de faire en sorte
d'améliorer notre réseau, Mme la Présidente. J'y reviendrai.
Présidente : Première complémentaire.
Mme Caron :
Mme la Présidente, 43 % des ressources intermédiaires qui existent
sont à risque de fermer si les négociations ne débouchent pas rapidement sur
une entente viable. Je ne lui demande pas de négocier sur la place publique, de
parler à sa collègue au Trésor pour que ça débloque et que ça arrête de
piétiner. Sinon, où pense-t-elle qu'elle va les mettre, les milliers de
personnes qui vont perdre leurs places? Où?
Présidente : La réponse de la ministre. On l'écoute.
Mme Bélanger :
Oui, Mme la Présidente, écoutez, là, quand j'entends le mot «piétinement»
puis qu'on n'a rien fait, là, vraiment, là, je trouve ça épouvantable
d'entendre des choses comme ça. Notre gouvernement est celui qui en a fait le plus pour le réseau d'hébergement
au Québec, Mme la Présidente, que ce soit avec les maisons des aînés,
43 maisons des aînés qui sont livrées sur 46, plus de
3 500 places, Mme la Présidente. On a vraiment fait toute une conversion de nos CHSLD privés, au Québec, pour se
doter de CHSLD privés conventionnés. Peu de gouvernements sont capables
de faire ça, Mme la Présidente. On travaille pour soutenir nos RPA, au Québec.
Plus de 125 000 personnes demeurent
dans le réseau des RPA, Mme la Présidente. On n'a rien fait pour les RP, bien
non. Puis on continue de travailler pour nos ressources intermédiaires,
Mme la Présidente.
Mme Caron :
Bon. Alors, je vois une ministre qui ne saisit clairement pas l'urgence
d'agir, un gouvernement...
Présidente : ...Mme la députée. Je vous rappelle l'article 32.
Vous gardez le silence. On a écouté la réponse, je veux entendre la question.
C'est bon pour tout le monde. Je vais me mettre à vous nommer, je vous entends
murmurer trop fort. Mme la députée, allez-y.
Mme Caron : Un gouvernement pas
pressé d'agir pour assurer la pérennité de l'hébergement de
20 000 personnes qui vivent présentement dans une ressource
intermédiaire. Un gouvernement pas pressé d'agir pour relancer le développement
de places pour les 5 500 personnes qui attendent.
La ministre peut-elle
se tourner vers les tribunes et continuer de clamer que tout est beau à ceux
qui prennent soin des personnes en ressource intermédiaire?
Présidente : Et la réponse de la ministre.
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, écoutez, quand j'écoute ma collègue de La Pinière, là, c'est
vraiment non rassurant, c'est épeurant, Mme
la Présidente. Mme la Présidente, moi, je veux rassurer, je veux rassurer,
parce qu'on fait du
travail, au Québec, puis on va continuer d'être au rendez-vous. Puis il y a des
personnes aînées ici présentes, aujourd'hui, là, puis elles le savent,
la différence qu'on est en train de faire, au Québec. Puis on va continuer, Mme
la Présidente, autant pour nos aînés, autant
pour les personnes ayant une déficience intellectuelle, ou un trouble du
spectre de l'autisme, ou un enjeu de santé mentale, Mme la Présidente.
Moi, je vais rester zen, aujourd'hui, Mme la Présidente, parce que je suis
fière de notre bilan, puis on va continuer de répondre aux enjeux, Mme la
Présidente.
La Présidente :
Je vous rappelle à l'article 32. Pas de commentaire et pas de
bravo.
En question
principale, je reconnais la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Mme Ghazal :
Merci, Mme la Présidente. Hier, le ministre des Finances a déposé une mise
à jour économique sans aucune, aucune nouvelle mesure pour aider les gens à
faire face à la crise du coût de la vie. Il a fallu gratter un peu, puis on s'est rendu compte que les gens vont
payer 11 $ de moins dans les cotisations pour le RQAP et le RRQ. 11 $
par mois, c'est deux pintes de lait de deux litres. Depuis la pandémie, le coût
de l'épicerie a augmenté de 27 %, pas pour de la bouffe de luxe, là, pour
des produits de base. Juste l'huile d'olive et le café, ça a doublé, depuis
cinq ans, au sortir de la pandémie.
Les gens, là, ils ne
demandent pas la charité. Ils se lèvent le matin, ils travaillent fort, ils
élèvent leurs familles. Tout ce qu'ils
demandent, c'est être capables de payer avec les revenus disponibles qu'ils ont
l'épicerie, le loyer, l'hypothèque.
J'ai rencontré une
mère de famille qui me dit qu'elle, quand elle rentre à l'épicerie, juste avant
elle vérifie si elle a assez d'argent dans son compte. C'est une mère de
famille qui travaille, qui a un bon salaire, son conjoint aussi. Ce n'est pas normal qu'on soit là, au Québec.
Pendant
ce temps-là, nous, les députés, on a vu nos salaires augmenter de 30 %, il
y a deux ans. Juste cette année, on a
reçu près de 1 000 $ de salaire, pour les députés. Le premier
ministre, pour moi qui suis députée, il me donne 1 000 $ dans mon...
de salaire, puis, après ça, pour les gens, le reste de la population, il leur
dit : 11 $ par mois, débrouillez-vous comme vous pouvez.
Pourquoi est-ce que
le premier ministre décide de faire payer la population pour ses déficits et
ses fiascos?
La Présidente :
La réponse...
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui, Mme la Présidente,
ça a toujours été puis ce sera toujours une priorité pour notre gouvernement,
de remettre de l'argent dans le portefeuille. Il y a des partis plus à gauche
qui disent : Il ne faut pas remettre l'argent dans le portefeuille,
il faut tout mettre dans les services. Nous, on essaie de trouver un équilibre.
Donc, depuis sept ans, on a remis, en
moyenne, 950 $ par personne par année, donc c'est récurrent, dans le
portefeuille des Québécois. Puis, bien sûr, il y en a plus pour ceux qui
sont plus démunis. Prenons quelques exemples. Les aînés de 70 ans et plus
à faibles revenus, ils ont reçu un 2 000 $ de crédit d'impôt en plus
du reste, Mme la Présidente. Quand on regarde l'aide sociale, quand on regarde les organismes communautaires,
quand on regarde les banques alimentaires, quand on regarde, Mme la Présidente,
les tarifs de stationnement des hôpitaux, on a aidé les gens qui sont les plus
démunis, les crédits d'impôt pour les proches aidants, les crédits d'impôt pour
le maintien à domicile, le remboursement de lunettes pour ceux qui sont moins
riches, le soutien aux enfants handicapés. On a augmenté l'exemption pour les
pensions alimentaires.
Donc, Mme la
Présidente, je comprends, pour Québec solidaire ce ne sera jamais assez, mais
est-ce qu'ils pourraient nous dire où ils prendraient l'argent additionnel? On
a actuellement un déficit. Il y a une question d'équité envers les prochaines
générations. Donc, que propose-t-elle de façon constructive?
Présidente : Première complémentaire.
Mme Ghazal : Ce n'est pas aux gens qui travaillent fort pour payer pour les
Northvolt, 700 millions. C'est son déficit, c'est ses scandales.
Ici... Ce n'est pas
vrai, ce que dit le premier ministre. Les gens les mieux nantis, eux...
La Présidente : Oui, M. le
leader, je vais vous écouter. Quel est votre rappel au règlement?
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, c'est un mot au lexique, la députée le sait très, très
bien. Ce n'est pas le temps de faire du radicalisme, Mme la Présidente.
Présidente : Pas le temps de faire ce genre de commentaire non plus,
M. le leader. On retrouve son calme. Mme la députée, les collègues ici sont de
bonne foi, faites attention aux termes utilisés, à votre formulation, d'accord?
Mme Ghazal :
Je vais le démontrer. Les gens les mieux nantis, depuis 2020, ont vu leurs
revenus disponibles augmenter de 50 %. Les gens au bas de l'échelle ont vu
leurs revenus disponibles baisser, donc ils se sont appauvris.
J'ai une question
simple pour le premier ministre : 11 $ par mois, est-ce que c'est
assez, oui ou non?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault : Oui. Bien, Mme la
Présidente, la cheffe de Québec solidaire fait un peu comme le Parti québécois,
là, on voit de plus en plus de rapprochements quand ils parlent d'économie.
Eux, ils sont contre l'aide aux entreprises. Nous, depuis sept ans, on est... on a fait 25 000 interventions
pour aider des entreprises. Ça nous a permis, quand on regarde la croissance de
la richesse par habitant, de faire beaucoup mieux que l'Ontario et le reste du
Canada. Puis, en plus, quand on regarde le revenu disponible, donc après impôt
et après inflation, on a fait le double du reste du Canada.
Donc, Mme la
Présidente, bien, l'économie, ce n'est pas la force de Québec solidaire.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ghazal :
J'ai une question très, très simple pour le premier ministre. Je ne veux pas
qu'il réponde à moi, je veux qu'il réponde aux familles qui doivent s'endetter
pour faire leur épicerie, pour payer leur hypothèque, pour payer leur loyer.
C'est à eux et à elles que je veux qu'il leur réponde.
Qu'est-ce que ces
pères et mères de famille peuvent faire avec 11 $ par mois?
La Présidente :
La réponse du premier ministre.
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, revenu disponible, ça, c'est le revenu après impôt,
après inflation. C'est du jamais-vu. On a battu l'Ontario, on a battu le reste
du Canada, depuis 2018.
Donc, Québec
solidaire n'est pas mieux que le Parti québécois, qui ne comprend rien à
l'économie. Je comprends que le Parti québécois essaie de recruter chez QS pour
avoir plus d'expertise en économie. Je ne suis pas sûr que c'est une bonne
idée.
Présidente :
Article 32. Je vous... Attendez. Attendez, tout le
monde. Je vous rappelle le décorum. On garde le silence, je vous prie. Une
seule personne a le droit de parole. Et ce sera, maintenant, en question
principale, le député de Gouin.
M. Nadeau-Dubois :
Je ne sais pas si vous vous rappelez, Mme la Présidente, quand j'ai commencé à
parler, en cette Chambre, des enfants qui ont faim dans les écoles, je répétais
toujours la même statistique, hein, je disais : Un enfant sur cinq a faim dans nos écoles. Eh bien, les choses ont changé.
Dorénavant, c'est une... c'est un enfant sur quatre, un enfant sur
quatre, au Québec, qui grandit dans une famille où il manque de nourriture au
jour le jour.
Et la seule bonne
nouvelle que ces enfants-là ont eue, depuis des années, c'est la signature
d'une entente, en mars dernier, entre Québec et Ottawa qui prévoyait
65 millions de dollars d'investissement pour nourrir les enfants dans
nos écoles. Eh bien, depuis ce temps-là, huit mois plus tard, il n'y a pas
un seul de ces dollars qui a été donné aux organismes qui nourrissent nos
enfants dans nos écoles, pas un seul dollar.
Alors, j'ai
deux questions pour la ministre de l'Éducation. La première : Où est
passé l'argent qu'elle a obtenu du fédéral? Deuxième question : Peut-elle
s'engager à le donner aux organismes avant la fin de la session?
Présidente : La réponse de la ministre de l'Éducation.
Mme LeBel :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Si vous me permettez, mon collègue me permet, je
vais prendre quelques secondes de mon temps de réponse pour saluer, dans les
estrades, la classe de M. Jacques, une classe de sixième année de l'école
Saint-Joseph de Lévis. Alors, bienvenue à l'Assemblée nationale. Et ça va me
permettre aussi de rectifier les faits de mon collègue.
Effectivement, Mme la
Présidente, on sait que supporter l'aide alimentaire, là, c'est supporter
l'apprentissage, soutenir l'apprentissage
dans les écoles. C'est, d'ailleurs, d'abord la responsabilité des parents, mais
il faut aider les gens, les familles qui en ont le plus besoin. Le
premier ministre parlait de formes d'aide. C'est une autre forme d'aide, l'aide
alimentaire, à travers nos écoles.
Cette année, Mme la
Présidente, c'est 92 millions qui vont être investis pour l'aide
alimentaire. Une part de ça est la part de
l'argent fédéral, qui est une entente sur trois ans. Donc, à travers le
92 millions qui va être investi, donc, plus de 61 millions,
près de 70 millions est déjà versé, au moment où on se parle, sera investi
à l'aide alimentaire. La grande majorité est allée directement dans les écoles,
et plusieurs de ces millions ont été à certains organismes, comme le Club des petits déjeuners, qui devrait avoir son
second versement d'une entente de 15 millions dans les prochaines heures,
si ce n'est pas les prochains jours.
Alors,
c'est 92 millions cette année, et on... on se sert de l'aide, de l'entente
avec le fédéral pour bonifier, qui est une entente sur trois...
Présidente : Première complémentaire.
M. Nadeau-Dubois : La ministre ne m'apprend rien. Je suis très au
courant qu'elle a utilisé 16 millions de dollars issus de
l'entente avec le fédéral pour bonifier les mesures en aide alimentaire dans
nos écoles.
contre, selon l'entente avec le fédéral, elle a reçu, depuis mars dernier,
38 millions de dollars. Il manque donc
22 millions de dollars.
Ma question est toute
simple : Où est le 22 millions qui manque?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme LeBel : Bon, Mme la Présidente, 65 millions sur trois ans, divisé par
trois, ça ne fait pas 38 plus 22 pour la première année. Donc, ceci étant
dit... C'est mes cinq années au Trésor m'ont permis de pouvoir faire ces
calculs-là.
Donc, ceci étant dit,
Mme la Présidente, cette année, la tranche de versement du fédéral a servi à
bonifier, entre autres, de 30 millions
l'aide alimentaire. Cette année, c'est 92 millions. La première tranche du
65,2 millions, pour être exacte, va être versée entièrement. Cette
aide alimentaire là, elle est pour les enfants, donc elle est versée aussi aux
écoles qui font de l'aide alimentaire, et il y a un appel à projets,
présentement, pour les organismes, et qui devrait être versé sous peu.
Donc, maintenant,
cette aide alimentaire là, la première année, la première...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Nadeau-Dubois :
La ministre de l'Éducation nous sert une belle salade de mots, là, il
manque juste un ingrédient : une réponse claire. L'entente qu'elle a
signée avec le fédéral dit clairement qu'elle a reçu, oui, oui, 38 millions de
dollars depuis le 7 mars dernier. Je l'invite à relire l'entente que son
prédécesseur a signée. Ce n'est pas mon
opinion, ce sont les faits. Elle n'a pas répondu. Les organismes ont déposé des
demandes. Il reste 22 millions de dollars.
Est-ce qu'elle va
leur donner cet argent-là avant la fin de la session, oui ou non?
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme LeBel : Bien, Mme la Présidente,
comme c'est inutile de faire une bataille de chiffres avec Québec solidaire,
parce que c'est tout à fait inexact, ce qu'ils disent, je vais vous dire la
chose suivante : la tranche de cette année, sur une entente de
trois ans d'aide fédérale, est incluse dans le 92 millions d'aide
alimentaire qui va être donné, donc qui est un mélange d'aide du Québec et de
l'aide fédérale. Une grande partie, donc, 61 millions, a déjà été versée
directement aux écoles pour de l'aide
alimentaire. Entre autres le Club des petits déjeuners, avec qui on a une
entente de 15 millions cette année, aura reçu deux tranches de, donc,
10 millions. Et il y a un appel à projets pour d'autres sommes qui reste à
verser cette année. Et l'entièreté du 92 millions sera disponible pour nos
enfants, dans nos écoles, pour de l'aide alimentaire.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Talon.
M. Paradis :
Il faut revenir sur cette nouvelle de Radio-Canada, ce matin, sur le fait
que le gouvernement de la CAQ confie les données personnelles des enfants
québécois à une entreprise américaine, Salesforce, qui est soumise aux lois
américaines, dont le PATRIOT Act, dont le CLOUD Act. Il faut y revenir parce
que la nouvelle est venue de l'intérieur, il y a des gens au gouvernement qui
sont inquiets de ce que la CAQ est en train de faire. Pourquoi? Parce que, sur
une simple demande des autorités américaines, le gouvernement américain va
avoir accès aux données de nos enfants. Et aucun gouvernement qui se respecte,
aucun État qui se respecte n'accepterait de ne pas respecter sa souveraineté
numérique et de confier les données de nos enfants à des gouvernements
étrangers.
J'aimerais que le
ministre de la Cybersécurité et du Numérique se lève ici et qu'il nous
dise : Oui, c'est ça, notre vision de
la souveraineté numérique, confier les données de nos enfants à des entreprises
américaines puis, comme il l'a dit tout à l'heure, se dire : Bien,
il n'y a pas eu tant de demandes que ça des autorités américaines.
Présidente : La réponse de la ministre de la Famille.
Mme Champagne
Jourdain : Merci, Mme la Présidente. Je remercie une fois de plus mon
autre collègue pour cette question-là, parce que tout à l'heure j'ai rappelé
pourquoi, pourquoi on avait fait le portail, j'ai parlé de transparence, j'ai
parlé d'équité, mais je voulais aussi parler de sécurité.
On se rappellera
qu'avec Ma Place 0-5 on a eu des enjeux avec des renseignements
personnels, des enjeux de fuite de données.
Alors, il fallait aussi, en plus d'apporter plus de transparence et d'équité,
adresser la question de la sécurité. Et c'est ce qui a été fait. Je le
disais tout à l'heure, depuis le début des travaux d'élaboration de ce
portail-là, les enjeux de sécurité, les questions de sécurité de données mais
aussi la confidentialité des renseignements est au coeur de nos travaux. Alors,
on a adressé ça. On s'est assurés à tous les niveaux que les données seraient
en sécurité. Et je veux me faire rassurante pour les parents, c'est vraiment
ça, vraiment ça qui a mené nos travaux.
Maintenant,
c'est important de rappeler que l'entièreté des données du portail sont
hébergées au Canada. Je pense aussi que ça va rassurer les parents. Et je tiens
à dire qu'on n'a lésiné sur aucune mesure pour s'assurer de la sécurité.
Présidente : Première complémentaire.
M. Paradis :
Parlons de sécurité, puis j'aimerais que ce soit le ministre de la
Cybersécurité qui me réponde, parce qu'une
petite recherche démontre que pas plus tard qu'au mois d'août et au mois
d'octobre il y a eu deux fuites de données importantes chez Salesforce,
la compagnie américaine qui a été choisie par le gouvernement de la CAQ. C'est ça, la souveraineté numérique, faire confiance à
des compagnies américaines plutôt qu'à des compagnies québécoises puis se fier
sur le fait que, ah! en vertu du CLOUD Act américain, le gouvernement
américain, il n'en fera pas trop, de demandes? C'est ça, la vision de la
souveraineté numérique de ce gouvernement?
Présidente : La réponse du ministre de la Cybersécurité et du
Numérique.
M. Bélanger :
Merci, Mme la Présidente. Je veux quand même rectifier le tir.
Effectivement, il y a trois lois, trois lois
qui permettent d'avoir accès à l'information. Celle qui est... qui a le plus de
pouvoir, c'est le FISA Act, qui date de
1978. En ce qui concerne le CLOUD Act, il n'y a eu aucune demande, que ce soit
au Québec ou ailleurs, depuis... depuis que cette loi-là a été votée, au
niveau du CLOUD Act. Zéro.
Ceci étant dit, je ne
suis pas légiste, mais il y a un processus. Ça prend quand même un jugement, ça
prend un jugement de la cour pour être capable d'accéder à ces informations-là.
Ceci étant dit,
est-ce qu'on prend les données sensibles à la légère, Mme la Présidente? Pas du
tout. On a un nuage gouvernemental souverain et on peut encrypter les données
et détenir les clés...
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Paradis :
Le ministre de la Cybersécurité continue d'avoir comme réponse : Ah! bien,
jusqu'à maintenant, le gouvernement américain, c'est rare qu'il a fait des
demandes. Le CLOUD Act est clair. Sur une simple demande du gouvernement, la
compagnie Salesforce va être obligée de lui envoyer toute la donnée... toutes
les données numériques sur les enfants du Québec. Puis, les informations, elles
sont très confidentielles.
ministre de l'Économie a dit : On a eu un «wake-up call». Ma question,
c'est : Est-ce que le gouvernement de la CAQ est vraiment réveillé sur la
souveraineté numérique, oui ou non?
Présidente : La réponse du ministre.
M. Bélanger :
Mme la Présidente, les données sensibles des Québécois sont en sécurité. Le
Québec est un leader pas uniquement au niveau du Canada, est un leader à
l'international, en cybersécurité. On a été les premiers... dans les premiers
dans le monde à mettre en place un nuage gouvernemental souverain pour les
données sensibles. En plus de ça, Mme la Présidente, on a un moyen d'exiger,
pour des données qui sont justifiées sensibles, d'encrypter ces données-là, de les héberger au Canada et de
détenir la clé d'encryption, Mme la Présidente. Le Québec est vraiment un
leader au niveau de la protection des données de ses citoyens, Mme la
Présidente.
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Rimouski.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
Mme la Présidente. Au Canada, c'est une femme sur trois qui aura une
interruption volontaire de grossesse au cours de sa vie. Et, quand elles
habitent des régions comme le Bas-Saint-Laurent ou l'Outaouais, elles doivent souvent faire plus d'une heure de route pour
pouvoir accès à... avoir accès, donc, dans un délai raisonnable à ces
cliniques d'avortement. Et ça, bien, c'est quand elles ont des voitures pour
pouvoir se déplacer, parce qu'on ne parlera pas de transport en commun, ici,
dans nos régions.
Ceci
étant dit, ce qui devrait nous inquiéter, aujourd'hui, c'est que même cet accès
déjà limité pourrait disparaître dans certaines régions. Des directives
récentes de Santé Québec, combinées aux nouvelles exigences de prise en
charge de la loi n° 2,
vont venir alourdir considérablement le fonctionnement des cliniques
d'interruption de grossesse. Résultat, c'est des délais qui vont
s'allonger, des coûts qui vont exploser, des cliniques qui envisagent de
fermer.
Alors, Mme la
Présidente, ma question au ministre de la Santé, c'est : Peut-il s'engager
à lever ces obstacles administratifs et à
suspendre les dispositions de la loi n° 2 qui vont
concrètement restreindre davantage l'accès à l'avortement dans nos
régions du Québec?
Présidente : La réponse de la ministre responsable de la Condition
féminine.
Mme Proulx :
Merci, Mme la Présidente. L'interruption volontaire de grossesse, on va
être clairs, là, c'est un soin de santé qui est sécuritaire, qui est gratuit et
qui doit être équitable et accessible partout au Québec.
La députée de
Chutes-de-la-Chaudière, ma prédécesseure à la Condition féminine, a déposé un
plan d'action solide durant son mandat, en novembre 2024, un plan d'action
gouvernemental sur l'accès à l'avortement pour toutes les Québécoises, pour qu'elles puissent exercer leur libre choix, diffusion
de l'information, hyperimportant, la pilule abortive également, que ma
collègue a présenté dans son plan d'action l'année dernière. On parle de la...
pérennisation, pardon, du financement des organismes prochoix, la fédération
québécoise du planning des naissances, SOS Grossesse, SOS Grossesse Estrie,
Grossesse-Secours.
Bref,
ce que ma prédécesseure... puis ce qu'on va continuer de faire, à la Condition
féminine, Mme la Présidente, c'est de
s'assurer, donc, qu'il va y avoir une pérennisation de ce financement à
l'ensemble du territoire québécois, pour toutes les femmes québécoises,
Mme la Présidente.
La Présidente :
Première complémentaire.
Mme Blanchette Vézina : Je
ne doute pas du tout de la bonne foi, de la bonne volonté, là, de ma collègue
ici, mais, les conditions, elles ont changé, depuis 2024. Ce qu'on nous
dit, c'est que, sur le terrain, il y a des directives très, très récentes de Santé Québec en matière de désinfection. Il y
a aussi la loi n° 2 qui impose une charge administrative, la prise en
charge des médecins, qui va compromettre l'accès, la capacité de ces cliniques
d'offrir ce soin essentiel. Même le Barreau s'en inquiète.
Alors, est-ce que
vous pourriez travailler ensemble avec le ministre de la Santé pour s'assurer
de suspendre ces dispositions?
Présidente : Et je vous rappelle, Mme la députée, que vous vous
adressez à la présidente. La réponse de la ministre.
Mme Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Ce qu'on souhaite faire puis ce à quoi je
m'emploie, au cours des prochains mois, Mme la Présidente, c'est de s'assurer
que partout au Québec les femmes puissent avoir accès aux soins dont elles
souhaitent avoir accès. Il y en a pour qui c'est une interruption volontaire de
grossesse, il y en a pour qui c'est la pilule abortive. Et ce qu'on doit faire,
comme gouvernement, puis on va continuer de le faire, avec l'aide de Santé Québec,
avec l'aide du ministre de la Santé, c'est de partager cette information-là sur
l'ensemble du territoire québécois. Ce qui est important, c'est que les femmes,
les hommes, aussi, qui accompagnent les femmes dans ces décisions très
difficiles puissent avoir accès à l'information. Alors, c'est le mandat sur
lequel je vais travailler au cours des prochains mois, Mme la Présidente.
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Blanchette
Vézina : Bien, j'apprécie la réponse de la collègue. Merci. Mais les
médecins, aujourd'hui, qui pratiquent ces interruptions de grossesse nous le
disent, elles n'ont pas de clientèle régulière, elles accompagnent des femmes
dans des situations qui sont ponctuelles, alors que les exigences de la loi n° 2 demandent qu'elles prennent en charge des patientes,
et ça, ça va amener des fermetures de cliniques.
Alors, j'aimerais
qu'on... entendre la ministre et le ministre de la Santé nous dire qu'ils vont
travailler ensemble pour s'assurer que ces dispositions soient suspendues.
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Proulx :
Bien, ça tombe bien, Mme la Présidente, parce que mon collègue de droite
est le ministre de la Santé, avec qui on a l'occasion de discuter ici, sur la
banquette, en secret et discrètement. Non, mais sérieusement, Mme la
Présidente, évidemment que le ministre de la Santé suit de très près
l'évolution du projet de loi n° 2 puis de la protection pour s'assurer que
les femmes partout au Québec puissent avoir accès à ces soins de santé là.
Présidente : Voilà. Cela met fin à cette période de questions et de
réponses orales.
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour
ce faire, je cède la place à la deuxième vice-présidente de l'Assemblée
nationale. Merci. Bonne journée, tout le monde.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : À la rubrique Motions sans préavis, en fonction de
nos règles et de l'ordre de présentation des
motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du deuxième groupe
d'opposition. M. le député de Gouin, la parole est à vous.
M. Nadeau-Dubois : Merci, Mme la Présidente.
Je sollicite le consentement de cette Assemblée pour présenter la motion
suivante conjointement avec la députée de Westmount—Saint-Louis, le député de Matane-Matapédia
et le député d'Abitibi-Est :
«Que l'Assemblée
nationale constate qu'au Québec, le nombre de ménages touchés par l'insécurité
alimentaire a augmenté lors des cinq dernières années;
«Qu'elle salue
l'entente intervenue le 7 mars dernier entre le gouvernement fédéral et le
gouvernement du Québec, représentant des investissements de 65 millions de
dollars sur trois ans, afin de soutenir la sécurité alimentaire chez les
enfants;
«Qu'elle constate
que, 8 mois plus tard, ces sommes ne sont toujours pas disponibles pour
les organismes en alimentation scolaire;
«Qu'enfin elle
demande au gouvernement du Québec de s'engager à ce que ces sommes soient
disponibles pour ces organismes avant la fin de la présente période de travaux,
[soit] le 12 décembre 2025.»
Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Pas de consentement.
Nous allons maintenant
entendre un membre du troisième groupe de l'opposition. M. le député
d'Arthabaska.
M. Boissonneault : Merci,
Mme la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée
afin de présenter, conjointement avec la cheffe du deuxième groupe d'opposition
et la députée de Rimouski, la motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte des aveux de l'ancien ministre canadien Sergio Marchi
confirmant que le premier ministre Jean Chrétien a exigé l'accélération du
processus d'octroi du droit de vote aux néo-canadiens en vue du référendum de
1995 sur l'indépendance du Québec;
«Qu'elle condamne
l'"Opération citoyenneté" organisée par le Gouvernement du Canada sur
ordre du premier ministre Jean Chrétien.»
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion? Est-ce qu'il... Il n'y a pas de consentement?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Il n'y a pas de consentement, j'ai bien entendu.
Merci.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Tout le monde, s'il vous plaît!
Article 32.
veux maintenant entendre un membre du groupe formant le gouvernement. Mme la
ministre responsable de la Condition féminine, s'il vous plaît.
Mme Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Robert-Baldwin,
la cheffe du deuxième groupe d'opposition, la députée
de Terrebonne, députée de Rimouski, le député d'Abitibi-Est, la députée de
Laporte et le député de Saint-Jérôme :
«Que
l'Assemblée nationale souligne les 12 journées d'action contre les
violences faites aux femmes, qui se déroulent du 25 novembre [jusqu'au]
6 décembre;
«Qu'elle
rappelle l'importance de défendre le droit des femmes à vivre dans une société
[qui est] exempte de violence;
«Qu'elle salue le
travail du Conseil du statut de la femme qui met en lumière le contrôle
coercitif, une forme de violence encore trop méconnue; et
«Qu'enfin, elle
encourage la sensibilisation, la prévention et l'accès aux ressources pour
soutenir les [femmes] et leur entourage.»
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, Mme la ministre. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Consentement,
sans débat. Merci. Donc, nous serions maintenant rendus à... Pardon?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Pardon. Je m'excuse. Est-ce que cette motion est
adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Adopté. Merci.
Donc,
je suis maintenant prête à entendre un membre du groupe formant l'opposition
officielle. Mme la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le
ministre de la Santé, le député de Jean-Lesage, le député des Îles-de-la-Madeleine,
le député de Saint-Jérôme :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le Mois de sensibilisation au radon, qui se
déroule en novembre chaque année;
«Qu'elle
rappelle que le radon est un gaz radioactif cancérigène, incolore et inodore,
présent naturellement dans le sol et que celui-ci peut s'infiltrer et
s'accumuler dans les sous-sols des bâtiments et entraîner un risque pour la
santé;
«Qu'elle rappelle qu'au Québec, un décès par
cancer du poumon sur six est associé au radon et qu'il s'agit de la deuxième
cause de ce type de cancer et la première chez les non-fumeurs;
«Qu'enfin,
elle invite la population à se prévaloir des options disponibles pour réaliser
des tests visant à mesurer la concentration de radon dans leur résidence
et d'apporter les correctifs au besoin.»
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Consentement,
sans débat. Est-ce que la motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Pardon. Un
vote électronique a été demandé. Donc, le vote... la période du vote est
maintenant ouverte.
La période du vote est maintenant terminée. Mme
la secrétaire générale, pour le résultat du vote, s'il vous plaît.
Secrétaire : Pour : 103
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. Cette motion est adoptée.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Oui,
Mme la leader de l'opposition officielle.
Mme Setlakwe : Nous
voudrions qu'une copie de cette motion soit transmise à l'Association
pulmonaire du Québec, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Ce
sera fait, Mme la leader.
Maintenant, M. le leader adjoint du
gouvernement, pour la suite de nos travaux.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui. Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Nous en sommes donc à l'avis touchant les travaux des commissions, et j'avise cette
Assemblée que la Commission de
l'économie et du travail va
poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques
sur le projet de loi n° 3, Loi visant à améliorer la transparence, la
gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de
travail, aujourd'hui, après les avis touchant
les travaux des commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à 17 h 25,
à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des transports et de
l'environnement va poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques sur le document intitulé Consultation
sur la cible de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec
aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 12 h 50,
à la salle Marie-Claire-Kirkland, et de 15 heures à 16 h 35,
à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des finances publiques va
poursuivre les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet
de loi n° 7, la Loi visant à réduire la bureaucratie, à accroître
l'efficacité de l'État et à renforcer l'imputabilité des hauts
fonctionnaires, aujourd'hui, après les avis touchant les travaux des
commissions jusqu'à 12 h 50 et de 15 heures à 17 h 25,
à la salle Pauline-Marois;
La Commission des finances publiques va entendre
les intéressés et procéder à l'étude détaillée du projet de loi d'intérêt privé
n° 202, la Loi concernant le regroupement de la Mutuelle Beneva et de La
Compagnie mutuelle d'assurance Gore, le mercredi 3 décembre 2025, après
les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 13 heures et de 15 heures
à 18 heures, à la salle Marie-Claire-Kirkland.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, M. le leader adjoint.
Je demanderais aux gens qui quittent la salle de
bien vouloir le faire en silence, s'il vous plaît.
Nous serions maintenant rendus à la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et je vous
demanderais de bien vouloir appeler l'article 3 du feuilleton, s'il vous
plaît.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci. À l'article 3 du
feuilleton, M. le ministre des Finances propose l'adoption du principe
du projet de loi n° 6, Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées
à l'occasion du discours sur le budget du 25 mars 2025 et à certaines
autres mesures.
Y a-t-il des interventions? Mme la députée de Charlevoix—Côte-de-Beaupré.
Mme Bourassa : Merci, Mme la
Présidente. Excusez ma voix. Les parents qui ont des enfants en garderie vont
comprendre mon état ce matin.
Alors, je soumets à l'Assemblée nationale le
projet de loi n° 6 intitulé Loi donnant suite à des mesures fiscales
annoncées à l'occasion du discours sur le budget du 25 mars 2025 et à certaines
autres mesures.
Ce projet de loi, Mme la Présidente, a été
présenté le 11 novembre 2025. Il modifie 12 lois, dont la
Loi sur les
impôts et la
Loi sur la taxe de vente du Québec. Il donne suite à des mesures
annoncées dans le discours sur le budget du 25 mars 2025 et dans des
bulletins d'information publiés en 2023, 2024 et 2025.
Plus précisément, ce projet de loi, Mme la
Présidente, modifie la
Loi sur les impôts, la Loi concernant les paramètres
sectoriels de certaines mesures fiscales, la
Loi sur le régime des rentes du
Québec et le Règlement sur les impôts afin, notamment, et ce point-ci
m'interpelle personnellement, précisément... permet;
1° de maintenir le versement d'une allocation
familiale pendant les 12 mois qui suivent notamment le décès d'un enfant;
2° de modifier ou d'abolir certaines mesures
relatives aux particuliers dans le cadre de la révision des dépenses fiscales
par le gouvernement;
d'instaurer le nouveau crédit d'impôt remboursable pour la recherche
scientifique, le développement expérimental et la précommercialisation
en remplacement des crédits d'impôt actuellement prévus dans ces domaines;
4° de moderniser les crédits d'impôt pour le
développement des affaires électroniques;
5° de réviser
le taux du crédit d'impôt remboursable relatif aux ressources de prévoir un
plafond de frais admissibles de 100 millions de dollars par période
de cinq ans et d'abolir les déductions additionnelles propres au régime
des actions accréditives — on
continue;
d'introduire une date d'échéance aux déductions additionnelles relatives au
transport en commun et au transport collectif;
7° d'augmenter certains taux de la taxe sur le
service public et d'ajouter de nouvelles entités à la liste de celles qui en
sont exonérées.
De plus, le
projet de loi modifie la Loi constituant Capital régional et coopératif
Desjardins et la
Loi sur les impôts afin, notamment, d'introduire une
nouvelle catégorie d'actions donnant droit à un crédit d'impôt et de mettre en
place un plafond d'achat d'actions cumulatif pour les actionnaires.
Le projet de loi modifie également la Loi
concernant la taxe sur les carburants afin d'abolir le remboursement de la taxe
à l'égard du biodiesel.
En outre, le projet de loi modifie la Loi
concernant l'impôt sur le tabac afin de prévoir de nouvelles normes concernant
l'identification du tabac en vrac.
Par ailleurs, le projet de loi modifie la Loi
sur l'administration fiscale et la
Loi sur les impôts afin d'y apporter des
modifications semblables à celles qui ont été apportées à la législation
fédérale.
Enfin, ce projet de loi apporte des
modifications à caractère technique, de concordance et de terminologie.
Je vais m'abstenir d'énumérer les autres mesures
contenues dans le projet de loi n° 6, puisque nous
aurons l'occasion de l'examiner plus en détail en commission parlementaire.
Alors,
j'invite donc, Mme la Présidente, les membres de cette Assemblée à adopter le
principe du projet de loi n° 6.
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci beaucoup, Mme la députée.
Je cède maintenant la parole à M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin : Merci, Mme la
Présidente. Le projet de loi n° 6, qui donne suite à des mesures fiscales
qui ont été annoncées au discours du budget du mois de mars, là-dedans, il y en
a qui sont d'augmenter certains taux de la taxe sur les services publics. Il y
en a qui sont d'introduire une date d'échéance aux déductions additionnelles
relatives au transport en commun, de réviser le taux de crédit d'impôt
remboursable relatif aux ressources, de modifier les crédits d'impôt pour le développement des affaires électroniques. Il y a
plusieurs mesures là-dedans, Mme la Présidente, là, qui vont à l'encontre même d'une vision économique soutenable à long
terme. Ce gouvernement-là met en place des mesures fiscales qui ne tiennent malheureusement pas la route, si on
veut que le Québec gagne dans l'économie de demain.
C'est ça, le problème,
avec le gouvernement de la CAQ. On l'a vu hier dans la mise à jour économique.
Évidemment, nonobstant le fait qu'on veut tous, évidemment, avoir un break sur
notre chèque de paie, là, on l'a vu, là, le gouvernement, avec la générosité
qu'il a, a réduit de 11 $ en allant piger dans le régime du RRQ puis du
RQAP pour réduire les cotisations pour tous les travailleurs au Québec. Ce
break-là, donc, donne une chance, un léger répit, de 11 $, doit-on le
rappeler, là, aux Québécois et Québécoises. Mais ça n'a absolument rien à voir,
rien à voir absolument avec la gestion de la CAQ. Ce n'est pas parce que la CAQ
a été capable de générer elle-même des bénéfices dans le fonds de régime du Québec ou le RQAP, que là, soudainement, là,
la CAQ, maintenant, peut se dire : Aïe! on
a fait une bonne gestion, nous autres, on est capables de, donc, baisser les
cotisations pour les Québécois et Québécoises. Aucun lien, Mme la
Présidente, parce que c'est des entités totalement indépendantes de ce mauvais
gouvernement qui gèrent cet argent-là. Donc, si eux ont été capables de dégager
un surplus, c'est parce qu'ils sont bons à faire la gestion du portefeuille
sous-jacent du Régime des rentes du Québec puis du régime québécois pour l'aide
aux parents, là. Aucun lien avec la mauvaise gestion caquiste, donc, une chose
n'égale pas l'autre. Il faut absolument dissocier ça.
Donc, le ministre des Finances y est allé de
quelque chose qui ne lui coûte rien, qui ne l'empêche pas lui-même de faire les efforts d'optimiser. Au contraire, le
gouvernement de la CAQ a augmenté les dépenses de 900 millions de dollars
entre mars 2025 et hier. C'est dans le livre, là, c'est dans Le point
sur la situation économique et financière du Québec déposé hier.
Ça fait que ça, Mme la Présidente, c'est une
autre illustration de l'incompréhension de ce gouvernement-là, des enjeux de finances publiques auxquels le
Québec fait face, un. Deuxième point, je l'ai mentionné, c'est le détournement
de l'argent du Fonds vert pour aller vers le Fonds des générations.
On est tous d'accord qu'on veut réduire la dette
du Québec. On veut tous que notre dette soit plus basse, évidemment. Mais la réponse et les actes, les
gestes posés par le ministre des Finances hier et le gouvernement de la CAQ,
c'est en réponse aux agences de crédit, c'est en réponse à Standard &
Poor's que le ministre a décidé hier de prendre le 1,8 milliard de surplus dans le Fonds vert puis de l'appliquer
au Fonds des générations, qui est l'équivalent de rembourser une dette.
Ça, là, Mme la Présidente, il faut quand même
comprendre ici, là, que le modus operandi ici, là, c'est encore une fois
d'aller trouver une façon qui permet encore à la CAQ de dépenser comme ils le
font de façon inappropriée, augmenter encore
les dépenses de 900 millions de dollars, comme je l'ai dit tantôt, là,
depuis mars à hier. Puis là ils vont chercher le 1,8 milliard dans
le Fonds vert pour dégager 1,8 milliard sur la dette des Québécois.
Encore une fois, réduire la dette en tant que
telle, on n'est pas contre le concept. Ce qu'on est contre, Mme la Présidente,
c'est que ce gouvernement-là ne prend pas ses responsabilités. Ils se sont pété
les bretelles pendant des mois pour nous dire : On est là, nous, pour
faire une bonne gestion des finances publiques puis on va demander une reddition de comptes à toutes les entités
gouvernementales, à tous les ministères. On veut que tout le monde fait un
sacrifice, on veut que tout le monde contribue à l'effort pour atteindre
les objectifs budgétaires, toute cette histoire-là, Mme la Présidente.
Donc, on
s'attendait à quoi? On s'attendait à ce qu'il y ait des milliards de dollars
d'économies qui soient réalisées. Bien non, hier, on apprend que c'est
plus 900 millions de dollars de plus de dépenses. Donc, le gouvernement de
la CAQ, à cause de son incapacité de gérer les finances publiques, sont obligés
de détourner l'argent...
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Oui, M. le leader adjoint, je
sais pourquoi vous vous levez. Allez-y, je vous écoute.
M. Lévesque (Chapleau) : Bien,
je l'ai laissé passer la première fois, là, mais c'est au lexique, détournement
de fonds, détourner de l'argent. J'aimerais que le député retire les deux
occasions qu'il a utilisé ces propos-là. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Effectivement,
moi aussi, j'avais porté une attention particulière à la première fois. Je vous
avais regardé avec un petit signe. Mais là, maintenant, la deuxième fois, je
vous demanderais de retirer ce terme et de faire attention, à l'avenir, de
prendre un terme qui est approprié pour le salon rouge.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci.
M. Beauchemin : ...l'argent a
été pris du Fonds vert pour le mettre dans le Fonds des générations, OK, puis
ça, bien... La mission initiale du Fonds vert, ce n'était pas d'aller dans le
Fonds des générations. Alors, je laisserai les Québécois et Québécoises en
conclure ce qu'ils veulent là-dessus. Initialement, le Fonds vert était pour
régler des enjeux climatiques, était pour l'adaptation aux changements
climatiques, la transition énergétique. Malheureusement, ce n'est pas ça qui va
se passer avec ce 1,8 milliard là.
Encore une
fois, on n'est pas contre le remboursement de la dette. Le point que j'essaie
de dire, Mme la Présidente, c'est que tous les gestes qui n'ont pas été
posés, qui avaient été promis par ce gouvernement-là, de faire une saine gestion des finances publiques, d'en arriver avec
des économies... qui malheureusement, là, au final, nous a été démontré,
hier, que ce n'est pas moins quelques
milliards de dollars que le gouvernement va avoir été capable d'économiser. Au
contraire, ce qu'on va avoir, Mme la Présidente, c'est une augmentation
des coûts de 900 millions de dollars. Donc, incapables de gérer la baraque, bien
là, ils sont forcés de prendre l'argent du Fonds vert puis de l'appliquer au
Fonds des générations, parce qu'ils
font ça pour satisfaire les agences de crédit, parce que les agences de crédit
ont dit : Là, vous, là, vous devez faire quelque chose parce que
vous gérez mal la situation au Québec.
Ça fait que c'est
comme ça que le gouvernement a décidé de gérer. Ça n'a aucun lien avec la
capacité du gouvernement de la CAQ de bien gérer les finances publiques. C'est
juste une autre illustration qu'ils ne sont pas capables de livrer la
marchandise, et là ils doivent se détourner vers... prendre l'argent dans le
Fonds vert pour aller vers la réduction de
la dette parce que c'est le dernier moyen qui restait au ministre des Finances.
Donc, si j'avais à évaluer, comme un professeur d'école, qu'est-ce qu'il
en est de la capacité du gouvernement de la CAQ à avoir suivi ce qu'il avait
promis, je dirais E pour échec, parce que la CAQ n'a pas encore livré malgré
toutes les promesses.
Donc, vous ne serez
pas surprise, Mme la Présidente, qu'avec les motions que... les mentions que
j'ai mentionnées plus tôt, ce que je viens juste de dire là, les changements de
nature fiscale entrés en vigueur déjà, notre gouvernement... — notre gouvernement! — notre parti ne sera définitivement pas en faveur
de ce projet de loi là. Merci.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci
beaucoup, M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Le principe du projet
de loi n° 6, Loi donnant suite à
des mesures fiscales annoncées à l'occasion du discours sur le budget du 25 mars
2025 et à certaines autres mesures, est-il adopté?
Des voix :
Sur division.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Adopté sur division.
Donc, M. le leader
adjoint du gouvernement, s'il vous plaît.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci, Mme la Présidente. Et donc, conformément à
l'article 243 de notre règlement, je
fais motion afin que le projet de loi n° 6, la Loi donnant suite à des mesures fiscales annoncées
à l'occasion du discours sur le budget du 25 mars 2025 et à
certaines autres mesures, soit déféré à la Commission des
finances publiques pour son étude... détaillée, pardon, et que le
ministre des Finances soit membre de ladite commission pour la durée du
mandat.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci. Est-ce que cette motion est adoptée?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Adopté.
M. le leader adjoint
du gouvernement, pour la suite de nos travaux.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Je vous demanderais de bien vouloir suspendre nos
travaux jusqu'à 15 heures, s'il vous plaît, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Afin de permettre le débat sur une affaire inscrite par
les députés de l'opposition, cet après-midi, les travaux sont suspendus jusqu'à
15 heures. Merci beaucoup, tout le monde.
(Suspension de la séance à
11 h 24)
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) :
Vous pouvez vous asseoir.
Nous poursuivons nos
travaux aux affaires inscrites par les députés de l'opposition. À
l'article 58 du feuilleton, aux affaires inscrites par les députés de
l'opposition, M. le député de Laurier-Dorion présente la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale
constate que le Québec traverse la pire crise du logement en plus de
30 ans, alors que les loyers ont augmenté de 47 % depuis 2018;
«Qu'elle souligne que la révision de la méthode
de calcul du Tribunal administratif du logement, combinée au durcissement des
règles sur les cessions de bail, risque d'accélérer encore les hausses de
loyers;
«Qu'elle constate que trop de locataires et de
familles vivent déjà dans une insécurité résidentielle intenable;
«Qu'enfin elle demande au gouvernement du Québec
d'intervenir immédiatement afin d'empêcher toute hausse de loyer dépassant
l'inflation, sous réserve d'une autorisation expresse du Tribunal administratif
du logement.»
Je vous
informe que la répartition du temps de parole pour le débat restreint sur la
motion... sur la motion inscrite par M. le député de Laurier-Dorion
s'effectuera comme suit : 10 minutes sont réservées à l'auteur de la
motion pour sa réplique, 46 min 15 s sont allouées au groupe
parlementaire formant le gouvernement, 23 min 51 s sont allouées
au groupe parlementaire formant l'opposition officielle,
25 min 14 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition, 7 min 9 s sont allouées au
troisième groupe d'opposition et 7 min 30 s sont allouées à
l'ensemble des députés indépendants, sous réserve d'un maximum de
1 min 30 s par député. Dans le cadre de ce débat, le temps non
utilisé par les députés indépendants ou par
l'un des groupes parlementaires sera redistribué entre les groupes
parlementaires selon la proportion établie précédemment. Mis à
part ces
consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps.
Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au
cours de ce débat, ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en
aviser la présidence.
Je cède immédiatement la parole à M. le député
de Laurier-Dorion.
M. Fontecilla : Merci,
Mme la Présidente. Donc, nous voilà aujourd'hui réunis pour discuter d'un thème
qui affecte une bonne
partie de la population québécoise, soit la crise
du logement, et plus particulièrement les augmentations de loyer abusives.
Vous savez,
Mme la Présidente, une des missions fondamentales de l'État, c'est, entre
autres, éviter l'appauvrissement de ses citoyens et de ses citoyennes
et, entre autres, encore une fois, essayer d'éviter des crises qui peuvent
devenir catastrophiques, entre autres, la création d'une bulle spéculative dans
le secteur immobilier qui, si jamais elle éclate, va affecter l'ensemble de la société. Dans ce sens-là, un gouvernement,
n'importe lequel, doit effectuer des choix éclairés afin de maintenir des
équilibres et éviter ces deux facteurs, soit l'appauvrissement d'une... d'un
secteur important de la population et éviter des crises qui pourraient
être catastrophiques, là.
Dans la crise du logement, qui est largement
acceptée en tant que notion qui nous affecte depuis plusieurs décennies, le gouvernement de la CAQ,
malheureusement, fait preuve de partialité et désavantage systématiquement les
locataires de par ses différentes
politiques, les... et, entre autres, par ses politiques en termes de
réglementation concernant la fixation de loyer, la fixation des loyers,
qui est un point névralgique concernant la crise du logement. L'enjeu central
ici, c'est les augmentations de loyer. Ce n'est pas une notion théorique, cette
augmentation des loyers a une incidence directe sur les conditions et le niveau
de vie d'une bonne
partie des locataires.
La situation, on vit... on vit une situation de
crise, et on le constate à tous les jours, on n'a qu'à lire les actualités pour
s'en rendre compte. Il y a une augmentation extraordinaire des loyers partout
au Québec, et souvent c'est des augmentations abusives, là. Combien de ménages
ces augmentations touchent directement, là? On calcule qu'il y a, au Québec, 1 300 000 ménages
locataires au Québec, là, et ces ménages doivent affronter la... l'augmentation du coût de la vie en termes de coûts d'alimentation, de
vêtements, de services, de services, par exemple, en particulier, les services
des télécommunications, et on ajoute par-dessus une augmentation substantielle
mensuelle, c'est-à-dire des augmentations de
loyer qui peuvent être, des fois, très, très substantielles, de l'ordre de
plusieurs dizaines, voire des centaines de dollars, là.
Et faisons un petit peu d'historique, là, afin
d'éclairer cet... ce débat-là. En janvier de cette année, 2025, le Tribunal
administratif du logement, comme à chaque année, a annoncé son... son... a
publié son indice d'augmentation de loyer, et, oh! surprise, on assiste à
une... à une augmentation massive et extraordinaire de 5,9 %. Donc, ce
n'est qu'un indice, un indice baromètre sur lequel les différents
propriétaires, au Québec, peuvent se fonder pour imposer des hausses de loyer,
et ce n'est qu'un plancher, parce qu'on constate que beaucoup de locataires
subissent des augmentations qui dépassent
largement le 5,9 %, là. C'est-à-dire, pour les locataires, c'est une
situation catastrophique, là. C'est une ponction directe de leurs
revenus... de leurs revenus mensuels.
Et, à la
suite de cette... de l'annonce du Tribunal
administratif du logement en janvier
de cette année, il y a eu des pressions de différents endroits de la
société, une mobilisation massive pour demander au gouvernement d'intervenir afin de... d'atténuer la... cette augmentation massive des loyers. Et, entre autres, les spécialistes en termes de... d'augmentation de loyer, les comités
logement du Québec et associations de locataires, ont proposé une modification
du règlement de fixation des loyers, une modification qui consisterait à
enlever une variable qui était le revenu net utilisé pour ces calculs-là, parce
que la variable revenu net a un caractère inflationniste et spéculatif parce
que l'on calcule une augmentation de loyer
sur la base d'une... d'une augmentation des loyers antérieurs. Bref, on fait du
gain sur du gain, ce qui... ce qu'on... ce qui est la définition même de
la spéculation pure. Donc, dans un contexte de pression extrême sur les
locataires, il était impératif d'enlever cette variable du calcul de fixation
des loyers.
Alors que tout le monde s'entendait qu'il
fallait intervenir pour éviter les hausses abusives de loyer dès 2025,
qu'est-ce qu'a fait le gouvernement de la CAQ? Bien, Mme la Présidente, le
gouvernement de la CAQ a fait tout le contraire de ce qui était demandé, de ce
qui était nécessaire pour soulager la pression sur les locataires, et il a
présenté un projet de règlement, qui a finalement été adopté au courant de
l'année, une... un règlement de fixation des loyers qui a augmenté les hausses
de... de loyer. Les analyses qui ont été faites sur ces calculs-là sont
unanimes : si l'on avait appliqué la nouvelle
méthode imposée par la CAQ en termes de fixation des loyers, il y aurait eu des
augmentations systématiques supérieures aux hausses qui ont réellement eu lieu
depuis les 20 dernières années.
Le gouvernement nous dit que cette nouvelle
méthode va clarifier les choses, qu'on a simplifié le calcul, et que, ce
faisant, les locataires vont comprendre plus facilement les augmentations, et
que, par conséquent, les locataires vont... vont se référer moins souvent au Tribunal
administratif du logement, ce qui... ce qui va susciter moins de litiges à
ce... à ce tribunal-là. En d'autres mots, les locataires comprendront mieux que
les dés sont pipés à l'avance avec le nouveau règlement, que les hausses
passeront comme une lettre à la poste au Tribunal administratif du logement et
que ça ne donne rien, finalement, de contester les hausses abusives proposées
par des spéculateurs.
Et il y a une deuxième raison qui a été invoquée
par le gouvernement pour imposer cet... ce règlement qui suscite des hausses...
des hausses supérieures aux locataires, c'est qu'il faudrait investir afin de
maintenir un parc locatif vieillissant. Soit. On est tous et toutes d'accord,
là, il faut investir dans ce qu'on appelle le maintien... le maintien d'actif.
Mais la question que... qu'on peut se poser : Est-ce aux locataires de
porter le fardeau du maintien d'actif dans le secteur immobilier? Il ne faut
pas se... il ne faut pas oublier, Mme la Présidente, que le maintien
d'actif ajoute de la valeur à une propriété, qu'elle soit commerciale,
locative, peu importe. Dès que vous rénovez un toit, que vous faites... vous
changez la tuyauterie, vous faites n'importe quel travail de maintien d'actif
dans votre propriété, vous maintenez et vous augmentez la valeur de cette
propriété-là, et qui va se traduire par des juteux profits au moment de la
vente de cet immeuble-là. Mais les locataires ne toucheront jamais à cette
augmentation de la valeur. Donc, ça revient à dire que les locataires sont en
train de financer les gains en capital des spéculateurs du Québec.
Évidemment, et je reviens à ce que je disais
tantôt, cette... ce règlement alimente en soi les appétits spéculatifs d'un
très... d'un très grand nombre de propriétaires, qui vont imposer des hausses
encore plus élevées de ce que le Tribunal administratif du logement impose.
Devant cette situation, qu'est-ce qu'il faudrait
faire? Quelle est la meilleure politique, là? C'est non pas d'alimenter la
bulle spéculative, c'est-à-dire la croissance des prix, en général, de
l'immobilier, mais plutôt de faire... de
mettre de l'avant une politique de contrôle des loyers et éviter le choc
tarifaire sur le locataire. Donc, le gouvernement a la responsabilité de calmer le marché
immobilier, surtout le marché spéculatif, non pas de l'alimenter avec des
règlements qui alimentent la spirale inflationniste, la spirale
spéculative.
Dans ce sens-là, ce que nous, à Québec solidaire,
on propose, et on l'a toujours proposé, c'est d'au moins, momentanément, le
temps de véritablement susciter un consensus autour d'une... d'un règlement de
fixation des loyers qui est juste et équilibré et pour les propriétaires, qui
doivent investir dans leurs logements, et pour les locataires, qui ne doivent
pas s'appauvrir pour garantir un droit fondamental, le droit au logement... on
propose un système qui est... qui n'est pas parfait, j'en conviens, mais qui,
dans les circonstances actuelles, s'impose, c'est-à-dire limiter les hausses
automatiques à la... à hauteur d'inflation. Et, pour toute hausse qui dépasse
le taux d'inflation, bien, les propriétaires devront justifier ces hausses-là
devant le Tribunal administratif du logement, du logement en présentant, par
exemple, des factures qui disent... Bien là, cette année, par exemple,
5,9 %. Si on va au-delà, si on impose une augmentation de 7 %, 10 %, 15 % ou, dans le cas
d'une personne que je connais, une hausse de 22 %, bien, le propriétaire
devra se justifier devant le Tribunal administratif du logement pour
expliquer comment ça se fait qu'il arrive à ce calcul-là.
C'est une formule qui est... qui est juste,
encore une fois, qui est équilibrée, qui assure au locataire des augmentations
modérées, qui suit l'augmentation du coût de... du coût de la vie, c'est-à-dire
l'inflation, et qui assure aussi au
propriétaire d'avoir des moyens... les moyens financiers nécessaires pour
effectuer le travail de maintien d'actif, qu'il puisse investir dans
son... dans sa propriété afin de garder... de la garder en bon état, assurer sa
valeur et surtout sa... la perpétuité de
cette propriété-là à long terme, parce qu'il n'y a personne au Québec, et on
a... tout le monde convient qu'il faut arrêter d'investir dans le
maintien d'actif afin que... ce qui va produire, en bout de ligne, des
logements insalubres, des logements délabrés qui vont être abandonnés.
Donc, dans ce sens-là, le gouvernement, au lieu
de faire preuve de partialité, de déséquilibre et appliquer l'ensemble de la
responsabilité du maintien d'actif sur le dos des locataires, il faudrait qu'il
aille... qu'il adopte une approche beaucoup plus équilibrée afin de, justement,
assurer l'équilibre. Nous, on ne demande pas d'avantager un ou l'autre secteur.
On demande que ce soit une approche équilibrée afin d'éviter l'appauvrissement
des locataires et aussi assurer le maintien
de l'actif immobilier locatif à long terme. Voilà notre proposition. Et nous
croyons que le gouvernement devrait nous écouter et aller dans ce
sens-là. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant, nous allons poursuivre avec Mme la ministre
responsable de l'Habitation. Et, après la répartition du temps qui n'est pas
pris par les députés indépendants, vous avez 47 min 13 s pour le
gouvernement.
Mme Proulx : Merci, Mme la
Présidente. Bonjour à tout le monde. Heureuse de pouvoir débattre avec vous, M.
le député de Laurier-Dorion, heureuse de vous retrouver, de Tourisme à
Habitation.
Concernant, donc, cette crise du logement,
hausse des loyers, bien qu'on ne s'entende pas toujours tous les deux sur les solutions, je pense qu'on partage
assurément la même volonté d'agir pour faire face aux enjeux qui sévissent,
je pense que vous le savez autant que moi, non seulement au Québec, mais
partout sur la planète, là. C'est un enjeu qui
est planétaire, postpandémique, on le voit partout lorsqu'on s'intéresse
minimalement à l'actualité internationale. Agir, c'est exactement ce à
quoi on s'est engagés et ce sur quoi on va poursuivre.
sais, par le passé, créer des conditions propices à la construction pour
construire plus vite, mieux, à moindre coût...
On le voyait, Mme la Présidente, cette semaine, là, les premières initiatives
de groupes privés qui ont levé la main, des mécènes, pour construire à Montréal. J'étais heureuse de lire que le
leader et député de Sainte-Marie—Sainte-Anne, ce matin, en point de presse, était heureux d'entendre cette
proposition-là. Il est de l'avis du gouvernement qu'il faut augmenter l'offre
pour réussir à baisser la pression sur le coût des loyers, donc très heureuse,
en point de presse avec la députée de Verdun, d'ailleurs, qui était est à ses
côtés ce matin. La question a été posée par les journalistes, j'étais très
heureuse d'entendre le député et leader de Sainte-Marie—Sainte-Anne.
Accroître
l'offre de logement social et abordable de façon substantielle, répondre aux
besoins de plus de ménages, comme
ministre de l'Habitation, avec la SHQ, sachez que je suis totalement engagée
dans cette... dans ce désir-là d'accroître l'offre, protéger les plus vulnérables de notre société. Lorsqu'on
parlait des évictions, évidemment, j'en suis. On a répondu par le passé,
Mme la Présidente, je pense qu'on va continuer de répondre en termes
d'habitation et de logement.
Tu sais,
l'habitation, je le découvre, là, c'est ma troisième semaine comme ministre de
l'Habitation, c'est un écosystème qui est assez large, qui est assez complexe,
puis je pense qu'il faut agir sur une multitude de leviers et de mesures
complémentaires pour arriver, donc, à améliorer la situation et répondre au
plus grand nombre de ménages qui sont dans le besoin.
C'était quand même la
première fois... ma prédécesseure, qui est maintenant ministre de... du Secrétariat
au Conseil du trésor... on a quand même, le gouvernement du Québec,
établi une première stratégie québécoise en habitation. Ça n'avait pas
été fait, Mme la Présidente, depuis 1997. Donc, on peut se demander ce que les
gouvernements précédents avaient fait, parce que la crise du logement n'est pas
arrivée... elle n'est pas arrivée d'un coup, on l'a vu arriver. Il y avait eu très peu d'actions par le passé. Alors, une
première stratégie depuis 1997, Bâtir ensemble pour mieux loger, au
total 65 initiatives, Mme la Présidente. Utiliser les partenaires
municipaux pour favoriser non seulement le développement résidentiel. Heureuse
de voir que la nouvelle administration à Montréal, contrairement à la
précédente, va se servir des leviers déposés par le gouvernement du Québec pour
augmenter l'offre de logements sur le territoire de Montréal. Très heureuse de cette rencontre-là, la semaine dernière,
avec la nouvelle mairesse de Montréal. Préserver, évidemment, l'offre existante. Ça, ça veut dire de
s'assurer que nos logements continuent d'avoir de l'investissement pour
qu'évidemment l'investissement demeure à niveau. Accessibilité, abordabilité,
répondre aux besoins des particuliers et de... besoins particuliers, pardon,
Mme la Présidente, de certains ménages.
Donc, ces mesures-là
qui ont été mises en place avec la Stratégie québécoise, bien, ça donne des
progrès, ça montre des signes de progression : 2024, un rebond important
quand même, 25 % de mises en chantier résidentielles, on parle de tout
près de 50 000 unités. Une tendance, Mme la Présidente, qui semble se
maintenir pour 2025.
Taux
d'inoccupation des logements locatifs, ça s'améliore légèrement, 1,8 % en
2024, on demeure en deçà du 3 %, mais quand même une amélioration,
Mme la Présidente.
Loyer mensuel moyen,
vous l'avez mentionné, bien que toujours en hausse, la croissance est moindre
en 2024, à 6,4 % par rapport à 7,4 %. Quand même, on parle d'un point
de pourcentage pour le loyer mensuel de baisse en 2024. Puis on va suivre
évidemment de très près les résultats pour 2025.
Mais la crise du
logement n'est évidemment pas réglée, on va se le dire, mais il y a des
tendances, quand même, qui sont encourageantes, Mme la Présidente. Donc, oui,
des investissements massifs. J'étais étonnée, en arrivant comme ministre responsable de l'Habitation, on
parle de 6,9 milliards de dollars, depuis 2018, qui ont été investis,
plus de 4 milliards en
construction, nouveaux logements sociaux et abordables. Vraiment, des
initiatives extraordinaires, là, pas mal, sur le terrain, pour faire des
annonces de... de locaux... — voyons! — de logements sociaux et
abordables. 1,1 milliard pour l'aide au paiement de loyer. Le programme de
soutien au loyer, là, c'est vraiment une mesure extraordinaire, Mme la Présidente, où, selon les revenus du prestataire,
75 % du loyer est payé par le gouvernement du Québec, une mesure qui fait du bien à pas mal de
monde. Puis près de 2 milliards de dollars, en fait 1,7, pour
rénovation, adaptation de logement et diverses autres mesures.
Un peu déçue que le
député de Laurier-Dorion n'ait pas fait référence à la mise à jour économique,
hier, de mon collègue ministre des Finances
qui a, donc, annoncé hier des investissements additionnels de tout près de
50 millions de dollars sur
quatre ans. Financement de deux programmes très prisés : Programme
d'adaptation de domicile, programme RénoRégion. Ça, c'est les
propriétaires occupants à faibles revenus, c'est important de le dire,
propriétaires occupants à faibles revenus, et aux personnes handicapées ou à
mobilité réduite. Donc, des sommes additionnelles pour adapter leurs
appartements, leurs maisons, pour y installer entre autres, là, Mme la
Présidente, des rampes d'accès pour les personnes à mobilité réduite ou encore
pouvoir modifier une salle de bain avec laquelle on pourra entrer avec notre
chaise roulante et pouvoir avoir, donc, ces... ces espaces-là adaptés aux
personnes à mobilité réduite ou handicapées. Ça, c'est prendre soin de nos
personnes vulnérables, Mme la Présidente.
Oui, on a fait pas
mal d'investissements, pas mal de progrès réalisés. La situation demeure
difficile, là, je n'ai pas la tête dans le sable, ça demeure difficile pour les
locataires. Et puis je vais m'assurer d'être présente pour les aider, là, avec
nos différents programmes. La SHQ, ça fait vraiment une différence :
mandataire du ministère de l'Habitation, c'est près de
560 000 Québécois qui peuvent compter sur notre programme d'aide pour
payer leur loyer, le fameux programme de soutien au loyer dont je vous parlais,
Mme la Présidente, plus d'un demi-million de Québécois qui sont soutenus par le
programme de soutien au loyer.
Je l'ai mentionné
d'emblée, Mme la Présidente, la vraie solution, c'est d'augmenter l'offre.
Lorsque l'offre est basse, les prix montent. Lorsqu'on est en mesure
d'augmenter l'offre de logements, bien, on va réussir à stabiliser et même
peut-être baisser les prix des loyers. Il faut absolument accélérer la
construction, particulièrement les sociaux et les abordables. C'est
12 000 logements qu'on a déjà livrés, on s'apprête à en livrer près
de 19 000 dans les prochaines semaines et mois, donc on est vraiment sur
la bonne voie pour continuer de livrer du logement, Mme la Présidente.
Mesures
exceptionnelles, aussi, qui ont été prises pour protéger les plus vulnérables
dans un contexte de crise. Le moratoire
temporaire de trois ans sur les évictions, qui est là jusqu'en 2027, tous les
motifs qui avaient été présentés à l'époque par les propriétaires, là,
subdivision, agrandissement, changement d'affection d'un logement, donc, les
locataires peuvent ne plus... ne peuvent plus être évincés par leurs
propriétaires, par exemple, parce que ceux-ci veulent changer, entre autres, l'usage de l'immeuble. C'est une pause qui
est absolument nécessaire, le temps d'examiner d'autres possibilités, d'augmenter l'offre de logements. Donc, c'était
une pause qui était absolument nécessaire, Mme la Présidente. Puis aussi
protéger nos aînés, nos beaux aînés, mes beaux vieux, où on a prévu l'âge
d'admissibilité à la protection des personnes aînées
contre les reprises et les évictions, le fameux Code civil, on est passé de 70
à 65 ans. Donc, cette loi-là aussi vient aider les personnes les
plus vulnérables.
Maintenant, vous
l'avez mentionné, M. le député de Laurier-Dorion, les prix, les loyers :
priorité, protéger les familles, les aînés également, de ces hausses qui ont
été, on peut l'admettre, là, abusives par le passé. Le coût de la vie pèse lourd, là, les études le démontrent,
alimentation, logement, ce sont les deux tranches de dépenses, Mme la Présidente,
qui font des ponctions les plus importantes dans le budget des familles, des
aînés, au cours des dernières années. Ça pèse
très, très lourd. Donc, on cherche surtout un équilibre dans le prix des
loyers, solution à long terme pour ce qu'on appelle une abordabilité qui
va être durable dans le temps, Mme la Présidente.
Protéger les
locataires, oui, mais vous l'avez mentionné, assurer la viabilité du parc
locatif. Je me suis, bien évidemment,
intéressée à l'habitation lorsque j'ai été nommée, et on voit la dégradation de
certains blocs, particulièrement ici, dans la grande région de Montréal.
Très, très important de s'assurer que les blocs, que les entretiens, que la
mise à niveau, que la pérennité, les... On a
une responsabilité, comme gouvernement, là, de s'assurer du maintien de nos
actifs, les propriétés du
gouvernement du Québec précédemment. Le Parc olympique, le Stade olympique, on
avait une responsabilité de l'entretenir. On a la même responsabilité
lorsqu'on est propriétaire d'entretenir notre parc locatif. Donc, protéger les locataires, oui, mais assurer une viabilité du
parc locatif. Et c'est là le danger, je pense, de la proposition du député de
Laurier-Dorion de plafonner ces augmentations-là de loyer sans considération
pour différents facteurs. Ça peut peut-être
avoir un effet pervers important. C'est absolument ce qu'on souhaite éviter.
Notre objectif, Mme la Présidente, c'est plutôt de demeurer dans un
juste équilibre entre les propriétaires et les locateurs. On ne va pas rester
les bras croisés.
Là, tout ce qui
concerne le calcul actuel de la fixation du loyer, c'est une formule qui est
utilisée depuis 40 ans, qui, en fait, n'a pas été revue depuis près de
40 ans, complexe, difficile à comprendre, beaucoup, beaucoup de règles, beaucoup de mesures. Ce qu'on souhaite, Mme la
Présidente, c'est rendre ça plus simple pour les locataires, pour qu'ils
puissent s'y retrouver dans ce fameux contrat-là de bail avec le propriétaire.
Donc, je veux éviter
de rentrer dans des technicalités, Mme la Présidente, mais, concrètement, on va
parler d'une moyenne mobile, limite de
grandes... de grandes variations, et éviter surtout les chocs tarifaires pour
les propriétaires, mais surtout, surtout, de la prévisibilité. C'est ce
qu'ils nous demandent. Donc, meilleure prévisibilité, formule comprise par tout
le monde, moins de situations conflictuelles, ce qui va nous permettre aussi de
réduire le temps d'attente au Tribunal administratif du logement, mais les
attentes sont relativement longues. Je pense qu'on flirte avec neuf mois, Mme
la Présidente. Donc, avec cette révision-là, on pense qu'on va être en mesure
de diminuer le temps d'attente au Tribunal administratif du logement. 13
variables. Notre intention, c'est de l'amener à quatre. Vous le savez, le
projet de règlement est déjà en ligne. On peut le consulter, il est là. Il sera
pour édiction prochainement.
Donc, bref, la
solution, Mme la Présidente, réside dans la révision de la méthode de fixation
du loyer, ce qu'on est en voie de faire.
Bien évidemment, elle ne vit pas toute seule, cette modification-là. On va
continuer nos efforts pour sortir le plus possible de logements de terre,
augmenter l'offre et, à terme, Mme la Présidente, réduire le prix des
logements.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la ministre. Donc, je suis prête à
entendre un autre intervenant ou intervenante. Habituellement, on y va à tour
de rôle, mais c'est à vous de décider. Alors, Mme la députée de Verdun, vous
êtes debout, à vous la parole.
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. J'ai entendu la ministre de
l'Habitation nous d