House Proceedings — 25 September 2013 (40th Legislature, 1st Session)
2013-09-25
Quebec — Debates (Hansard)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée d'Hochelaga-Maisonneuve. M. le député
de Jean-Lesage.
Drolet : Merci, M. le Président. C'est ce soir qu'aura lieu le
cocktail de la rentrée de l'Association des
femmes entrepreneures de Québec. Fondée en
octobre 2010, cette dynamique association compte près de 200 membres.L'entrepreneuriat féminin est très important. En
effet, au Québec et au Canada, plus d'une entreprise sur trois est
dirigée par une femme. Au cours des
prochaines années, le Québec aura un grand besoin de nouveaux entrepreneurs
pour prendre le relai des entreprises
existantes. Je suis certain que ce défi pourra être relevé en
partie par des
femmes entrepreneures.
La mission de l'Association des femmes entrepreneures est
de promouvoir, développer et soutenir
l'entrepreneuriat féminin comme levier de
développement économique durable de la grande région de Québec. La saison 2013‑2014
de l'Association des femmes entrepreneures de Québec aura pour thème Je
développe mon réseau d'affaires . Sous la direction
d'une femme dont le dynamisme est contagieux, Mme Gisèle Picard, je suis
certain que l'Association des femmes entrepreneures fera
partie de la
vitalité de notre ville encore très longtemps. Merci beaucoup, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Jean-Lesage. M. le député de Vanier-Les Rivières,
votre déclaration.
Lévesque : Merci, M. le Président. C'est avec une grande fierté
que j'ai décerné le premier prix Personnalité culturelle 2013 de Vanier-Les Rivières à M. Luc
Boulanger dans le cadre d'une soirée multiculturelle au Centre d'art La
Chapelle. Oeuvrant dans le domaine culturel depuis 25 ans, Luc Boulanger évolue
dans un créneau qui lui permet maintenant de
faire connaître son art et de l'exporter partout sur la planète. Ses pièces
sont notamment présentées aux quatre
coins du monde, du Kirghizistan à l'Algérie, en passant par le Nunavut, chacune
de ses expériences le propulsant toujours plus loin. Luc Boulanger n'en
est pas moins très attaché aux valeurs de son milieu. Son implication aux activités de l'Union des artistes et comme membre
de l'association des écrivains québécois confirme son intérêt pour la promotion de la culture. Voilà pourquoi le prix Personnalité
culturelle de Vanier-Les Rivières revenait naturellement à cet artiste
qui, par ses efforts et son talent, s'est distingué avec brio dans son domaine
et représente un exemple à suivre pour notre relève. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de Vanier-Les
Rivières. M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata.
D'Amour :
Alors, merci beaucoup, M. le Président. Lundi dernier, à la frontière des
municipalités de Saint-Elzéar et
Saint-Honoré, au Témiscouata, avait lieu la levée de la toute première pelletée
de terre d'un ambitieux projet éolien, un investissement de 65 millions
de dollars. Si je vous en parle ce matin, M. le Président, c'est que 50 %
des retombées de ce projet iront directement dans la communauté témiscouataine.
C'est un projet qui a été initié vers les années
2004‑2005 par des visionnaires, les élus municipaux de la MRC de Témiscouata,
qui ont décidé de prendre leur développement
en main et de créer ce projet. Au moment de la construction, M. le Président,
c'est 50 emplois directs créés, mais
c'est surtout un projet qui va générer de la richesse pendant de longues
années. Alors, c'est de l'argent qui va être investi en regard du développement économique régional, et c'est très
important. Je veux rendre un hommage particulier aujourd'hui aux
artisans de ce projet, les maires, les anciens comme les actuels, les
organismes de développement qui ont mis la
main à la pâte pour créer ce projet qui générera de la richesse au sein de la
communauté témiscouataine. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Ouimet) :
Merci à vous, M. le député de Rivière-du-Loup—Témiscouata. Mme la députée de Bourassa-Sauvé, votre
déclaration.
de Santis : Merci beaucoup, M. le Président. C'est un honneur
pour moi de féliciter M. Jean-Marc Poirier, dont le mandat à
titre de président de la Chambre
de commerce et de l'industrie de Montréal-Nord se termine aujourd'hui.
Jean-Marc
est comme Midas : tout ce qu'il touche se transforme en or — dans
sa propre entreprise comme à la chambre. En deux ans, Jean-Marc a propulsé la
seule chambre de commerce encore active dans le Grand Montréal à
des sommets inégalés. Grâce à son
leadership, son engagement et son dévouement, le nombre de membres a bondi de
55 % pour atteindre maintenant 300.
Bravo
à Jean-Marc, un homme d'équipe, de cœur et de vision. Merci pour tout ce que
vous avez accompli pour les gens d'affaires de chez nous, et merci au nom de
la communauté à qui profitent les dons versés au Club Optimiste et à la
Fondation de l'Hôpital Marie-Clarac, grâce au succès du tournoi de golf de la
chambre. Mon cher Jean-Marc, bon succès dans tous vos projets. Merci.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée de Bourassa-Sauvé. Enfin,
M. le député de René-Lévesque.
M. Dufour :
Oui. Merci, M. le Président. Alors, la Côte-Nord a perdu une grande dame le
16 juin dernier. Mme Denise Fournier
est décédée subitement à sa résidence de Portneuf-sur-Mer, laissant sa famille
ainsi que toute une communauté dans le deuil.
Principalement
connue pour son engagement à la cause des femmes, Mme Fournier aura laissé
sa marque dans une panoplie d'organismes au fil des ans. Elle a été l'une des membres
fondatrices du Regroupement des femmes de la Côte-Nord. Depuis le début des années 2000, elle y
travaillait comme agente de développement. Elle occupait également la
vice-présidence du Festival de la chanson de Tadoussac, et elle a siégé au
conseil d'administration de la Corporation des
services universitaires du secteur Ouest de la Côte-Nord et du centre d'aide et
d'assistance aux plaintes dans le réseau de la santé et des services
sociaux.
mon nom et en celui des citoyens de la circonscription de René-Lévesque, je
tiens à offrir mes plus sincères condoléances à la famille et saluer l'engagement
exceptionnel de Mme Fournier dans sa communauté. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député de
René-Lévesque.
Alors,
ceci met un terme à la rubrique Déclarations de députés.
Et je
suspends les travaux de l'Assemblée quelques instants.
(Suspension de la séance à
9 h 54)
Président : Bon mercredi matin, chers collègues. Nous allons
prendre quelques secondes pour nous
recueillir.
Le Président :
Je vais demander au leader de se recueillir.
Merci, veuillez vous
asseoir.
M. le leader du gouvernement, c'est une bonne intention
que vous aviez. Quand je suis ici, vous pouvez faire ça à plein temps même, parce que j'en ai besoin.
Le Président :
Bien oui. Chanceux. Moi, je ne le vois pas.
Le Président : Bien non,
moi, je ne le verrais pas.
Alors, j'ai le plaisir de souligner la
présence dans nos tribunes, d'abord, du haut-commissaire du Royaume-Uni, Son Excellence M.
Howard Ronald Drake, à l'occasion de sa visite officielle. Le haut-commissaire
est accompagné du consul général à Montréal,
M. Patrick
Holdich. Le consul est un habitué
de la maison.
Nous poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets
de loi.
À la rubrique Dépôt de
documents, Mme la ministre de l'Emploi.
Maltais : Alors, M. le Président, j'ai l'honneur de déposer
les rapports annuels de gestion 2012 de la Commission
de la construction du Québec et de la Commission de la santé et de sécurité du travail; le rapport d'activités 2012‑2013
du Comité consultatif de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, et finalement les rapports annuels degestion 2012‑2013 du Conseil
du statut de la femme, de la Commission de l'équité salariale, de la Commission
des lésions professionnelles, de la Commission des relations
du travail, du ministère du Travail et de la Régie du bâtiment du Québec.
Président : Attention! Attention pour ne pas faire une tendinite. Alors, ces
documents sont déposés. M. le ministre de la Justice.
M. St-Arnaud : Oui, M. le
Président, alors, à mon tour, j'ai le plaisir de déposer le rapport annuel 2012‑2013 du Conseil
interprofessionnel du Québec; le 41e rapport annuel de gestion, au 31 mars 2013, et le plan stratégique 2013-2017
de la Commission des services juridiques; le
plan d'action 2013‑2014 du Bureau des infractions et amendes et les
rapports annuels de gestion 2012‑2013 du Directeur des poursuites criminelles
et pénales, de l'Office de la protection du consommateur et du ministère de la
Justice.
Président : Alors, ces documents sont déposés. M. le ministre de la Sécurité publique.
Bergeron :
Alors, M. le Président, j'ai l'honneur de déposer l'entente sur la prestation
des services policiers dans la communauté de
Manawan pour la période du 1er avril 2013
au 31 mars 2014, conclue entre le Conseil
des Atikamekw de Manawan, le gouvernement du Québec et le gouvernement du
Canada.
Président : Alors, ce document est déposé.
Pour ma part, je dépose le rapport
annuel d'activité et du rapport annuel de gestion 2012‑2013 du Protecteur du citoyen.
Nous en sommes
maintenant rendus à la rubrique Rapports de commissions. J'inviterais Mme la
Présidente de la Commission de la culture et de l'éducation et députée de
Duplessis.
Richard (Duplessis) : Merci, M. le Président. Je dépose le
rapport de la Commission de la culture et de l'éducation qui, les 19, 20, 21, 26 août 2013 et les 17,
19 septembre 2013, a
tenu des auditions publiques dans le cadre des
consultations particulières sur le document
intitulé Document de consultation sur la réglementation
du prix de v ente au public des livres
neufs
imprimés et numériques .
La commission s'est également réunie en séance de travail le
24 septembre 2013. Ce rapport contient
deux observations. Merci.
Le Président : Alors, ce rapport est déposé.
À la rubrique Dépôt des pétitions,
j'ai reçu de la part de M. le député d'Argenteuil une demande de pétition qui est non conforme. Alors, je demanderais le
consentement pour le dépôt.
Le Président :
Consentement. Alors, M. le député d'Argenteuil, c'est à vous, la parole.
Richer
: Merci, M. le Président. Alors, je dépose l'extrait d'une
pétition adressée à l'Assemblée nationale,
signée par 2 463 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
qu'Hydro-Québec projette de construire, au cœur des Laurentides, une ligne de transport de 120 kV, comprenant
des pylônes d'une hauteur inhabituelle — soit 60 mètres — soit la hauteur d'un
immeuble de 20 étages;
«Considérant
qu'Hydro-Québec a le devoir de respecter les paysages naturels et les
écosystèmes de toutes les régions
récréotouristiques du Québec;
«Considérant
que le tracé actuel proposé par Hydro-Québec viendrait détruire les beautés des
paysages perceptibles du village de Saint-Adolphe, de
la pittoresque route 329 et d'une quinzaine de lacs, dont les lacs
Saint-Joseph, Sainte-Marie et Théodore, entre
autres;
«Considérant
que le conseil municipal de Saint-Adolphe, par une résolution unanime, s'oppose formellement au tracé proposé par Hydro-Québec;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous,
amis et citoyens de Saint-Adolphe-d'Howard...» Et, M. le Président, j'aimerais saluer la présence du maire de Saint-Adolphe, M. Réjean Gravel, qui est
accompagné de son épouse.
Alors,
nous, citoyens et citoyennes «des Pays-d'en-Haut et des Laurentides, demandons
à l'Assemblée nationale :
s'assurer qu'Hydro-Québec respecte la loi québécoise sur le développement
durable, la Charte des paysages naturels et bâtis des Laurentides, le schéma
d'aménagement et de développement de la MRC des Pays-d'en-Haut, le plan
d'urbanisme de Saint-Adolphe-d'Howard et, en conséquence, qu'elle renonce au
tracé qu'elle a proposé lors de la séance d'information, tenue à
Saint-Adolphe-d'Howard, le 22 mars 2013; et
«De demander au
gouvernement de surseoir aux autorisations requises tant qu'une entente ne sera
pas intervenue entre les parties.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition. Merci, M. le Président.
Le Président :
Alors, l'extrait de cette pétition est déposé.
n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une
question de droit ou de privilège.
Hier,
le leader du deuxième groupe d'opposition a demandé… en fait, a posé une
question de directive. J'avais dit que je prendrais en délibéré sa question. J'ai su
aujourd'hui que M. le leader du groupe d'opposition voudrait plaider sur
la question. Alors, je ferai demain…
Peut-être que ce serait aussi votre intention, M. le leader du gouvernement.
Alors, demain, après la période des
questions, j'entendrai les parties sur la demande de directive du député… du
leader du deuxième groupe d'opposition. Je vous entendrai tout de suite
après la période de questions et je rendrai un jugement la semaine prochaine.
Ça va, M. le leader du gouvernement?
Bédard : …ajouter aussi… en profiter, M. le Président...
J'ai une demande aussi du leader de
l'opposition concernant le nombre de motions. Effectivement, après… à l'étape
des adoptions de motions, effectivement il y a un nombre important, alors que les règlements prévoient que l'on devrait se
limiter à une. Donc, je tiens à l'assurer que nous allons faire le nécessaire, effectivement, à
l'avenir, pour restreindre le nombre de motions pour éviter qu'on ait à se
retrouver en demande de consentement tout le temps, voilà.
Le Président :
Bonne idée, bonne intention.
Alors,
nous en sommes rendus maintenant à la période de questions orales, et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition.
M. Fournier : Merci, M. le
Président. La première ministre avait pris l'engagement du déficit zéro. Elle a d'ailleurs dit :
C'est un engagement ferme. Elle a reculé, elle a démissionné, son engagement
n'était que du vent. Ce n'est pas la première
fois qu'elle amène les Québécois à mettre sa parole en doute. Le 16 août 2012,
à l'émission de Paul Arcand, la première
ministre a déclaré, et je cite : Je ne veux pas qu'il y ait des hausses
d'impôt pendant les prochains quatre ans et je vais respecter cet
engagement. Fin de la citation.
M. le Président, elle n'a jamais commencé à
respecter cet engagement. Dès le lendemain de l'élection, elle a haussé l'impôt
personnel à 50 % du revenu; c'est le plus haut niveau au Canada, il n'y a
plus de marge de manoeuvre. Pas satisfaite d'avoir renié cet engagement une fois, elle a ensuite haussé l'impôt
foncier scolaire de 200 millions. Pas satisfaite d'avoir renié son engagement deux fois, les villes du
Québec nous avisent maintenant que le PQ veut une hausse d'impôt foncier
municipal de 200 millions, un autre 200 millions. Le même engagement
formel renié trois fois.
Le PQ fait payer aux Québécois trois hausses d'impôt qu'il
s'était engagé à ne jamais faire pour atteindre un budget équilibré pourtant
promis mais qui ne sera jamais atteint.
Est-ce que la première ministre est surprise
que les Québécois n'aient pas confiance en elle?
Président : Mme la première ministre.
Marois : Je
trouve ça très étonnant, la question de… même estomaquant, la question du chef parlementaire de
l'opposition officielle, M. le Président. Son chef, qui n'est pas avec
nous, vous le remarquerez, a annoncé, aucongrès de son parti ou à une rencontre de son parti, qu'il
souhaitait hausser les impôts du côté des taxes de vente. C'est ce que j'ai cru
entendre, hein, à tout le moins.
Et, quand je regarde la façon dont a
géré le gouvernement qui nous a précédés, il me semble que
j'aurais une petite gêne avant de me lever sur les questions qui sont soulevées par le chef de l'opposition, qui sait très bien que nous n'avons pas haussé la taxe, entre autres, sur la question
de la santé, nous l'avons transformée et modifiée parce qu'elle était profondément injuste, M. le Président. Et il y a au moins 3 millions de Québécois qui ont
vu leur sort s'améliorer et qui sont de la classe moyenne, M. le Président. Ça,
ce sont des gestes concrets que nous avons posés, M. le Président. Il ne
s'agit pas de les travestir, comme le fait le chef parlementaire de l'opposition officielle, M. le Président.
Veut-il que je lui rappelle dans quel état ils nous ont
laissé les finances publiques du Québec? 1,6 milliard de dépassements, M. le Président, nous
étions en septembre, un vrai déficit qu'il a fallu résorber sur à peine sept
mois, M. le Président. C'est gigantesque comme effort, et
nous l'avons réussi, ce que n'a jamais réussi le gouvernement précédent pendant les
neuf ans où ils ont été au pouvoir. Ils ont, eux, haussé la taxe de vente de 2 %, M. le Président. C'est
2 815 000 000 $ qui ont été pris directement dans la poche
des Québécois. Une petite gêne, M. le Président.
Président : Première complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
M. Fournier : Je remarque
que la première ministre est estomaquée d'entendre la vérité. On parle de sa gestion. Je comprends
qu'elle ne veut pas en parler. Elle a dit à Paul Arcand : Je ne veux pas
qu'il y ait des hausses d'impôt pendant les prochains quatre ans et je
vais respecter cet engagement.
Elle ne peut pas nier qu'elle a haussé
l'impôt des contribuables à 50 %, un plafond au Canada, il n'y a plus de marge de manœuvre;
que les impôts fonciers scolaires ont été augmentés de 200 millions, c'est sa
décision; et, en ce moment, elle est en train de faire un autre 200
millions, M. le Président.
Président : Mme la première ministre.
Marois : Alors, M. le Président, je vais reprendre la
démonstration dans laquelle je me suis engagée à la réponse à la première
question, M. le Président. Je suis désolée pour le chef de l'opposition
officielle, il travestit les faits. Nous avons réduit...
Marois :
Nous avons réduit...
Le Président :
Mme la première ministre, je vais vous inviter à utiliser un terme qui
éviterait d'être blessant mais qui serait...
Mme la première ministre.
Marois : Alors, M. le Président, je n'ai… à le retirer. Mais
il interprète les faits de façon inadéquate, inadéquate. Alors…
Marois : Bien,
c'est correct? C'est vrai. C'est vrai et… Parce que, dans la taxe santé… la
taxe santé, qui était une taxe uniforme de 200 $ que devaient payer tous les
citoyens, qu'ils soient pauvres, riches ou multimillionnaires, alors,
nous pensions, nous, que c'était...
Président : En terminant.
Marois : ...injuste. On l'a donc transformée, et 3 millions
de Québécois n'en paient pas ou...
Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef de l'opposition.
Fournier : Vous aurez
remarqué, M. le Président, qu'elle n'a pas nié les hausses d'impôt dont j'ai parlé.
Il y a quelques jours, le PQ a changé unilatéralement le pacte fiscal municipal. Résultat : l'Union des
municipalités nous apprend maintenant que
les citoyens des villes, propriétaires et locataires, vont devoir payer 200
millions de plus d'impôt foncier municipal.
M. le Président, après avoir pris
l'engagement, paraît-il, de ne pas hausser les impôts, de respecter cet engagement, peut-elle au moins dire
qu'elle va reculer et qu'elle ne va pas imposer 200 millions d'impôt foncier municipal?
Président : Mme la première ministre.
Marois : Alors,
évidemment, M. Bachand a quitté le Parti libéral et peut-être que celui qui lui
a succédé comme
critique aux Finances n'a pas informé le chef parlementaire de l'opposition
officielle, M. le Président, puisque, dans les faits, en ce qui a trait à l'harmonisation de la TVQ à l'égard des
municipalités, nous appliquons une décision prise par l'ancien gouvernement, tout simplement, en vertu
des règles comptables qui nous sont imposées et que nous respectons. Et
non seulement les municipalités ne perdent pas d'argent, mais elles ont un gain
réel de 10 millions de dollars, M. le Président, supplémentaires. Alors,
je crois qu'il aurait intérêt à refaire ses devoirs, M. le Président.
Président : Troisième complémentaire, M. le chef de
l'opposition.
M. Fournier : Je pense
qu'il y a un problème d'interprétation de la part de la première ministre. Je cite l'UMQ, vendredi dernier : «Le
gouvernement du Québec a informé récemment les municipalités du changement unilatéral [...] dans l'application du remboursement de
la TVQ prévue [au pacte fiscal].» Et, «globalement, c'est plus de 200 millions». Et je cite : «Cette nouvelle
prend de court les municipalités puisqu'elle aura inévitablement des effets sur
les contribuables.»
Propriétaires et locataires vont payer une taxe foncière
municipale de 200 millions de plus, après les autres, scolaires. Elle
avait dit qu'elle ne le ferait pas. Les Québécois ont été…
Président : Mme la première ministre.
Marois : Trompés? Non? «Trompés»?
Président : La conclusion laisse à désirer, pour le moins.
Président : Je comprends que vous retirez…
Président : Je comprends que vous retirez… retirez ce propos.
Mme la première ministre.
Marois : Alors, merci, M. le Président. Je maintiens, je
persiste et signe que nous avons soulagé la
classe moyenne, et nous l'avons soulagée aussi par les décisions que nous avons
prises à l'égard…
Bédard :
M. le Président.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Bédard : Brouhaha qui monte tout d'un coup sur une question
qui est éminemment technique mais importante.
J'inviterais tout le monde à bien comprendre la réponse puis qu'on ait le calme
ici, en cette Assemblée.
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois : Alors, je lui rappelle que nous avons modifié la
décision qui avait été prise par le
gouvernement libéral qui nous a précédés,
qui voulait hausser les tarifs d'électricité sur le bloc patrimonial de
20 %, M. le Président, alors que
nous les indexerons à peine. Alors, nous avons baissé le fardeau qui pèse sur
les épaules des Québécois en matière d'impôts, de taxes et de tarifs.
Alors, je vais lui
lire le petit paragraphe suivant : Il n'y a pas de surprise pour les
municipalités. Elles ont été informées par le gouvernement libéral…
Le Président :
En terminant.
Marois :
…depuis au moins 2012…
Le Président :
Principale, M. le député de Lotbinière-Frontenac.
Lessard : Le gouvernement péquiste a coupé 200 millions
dans le financement des commissions scolaires,
l'a envoyé au monde municipal pour une
encaisse moyenne de plus de 25 % d'augmentation. Un contribuable de
chez nous a vu ses taxes scolaires monter de
295 $ à 405 $. Ça, c'est soulagé de 110 $. Or, la première
ministre n'a pas appris de la taxe scolaire. Là, elle vient de mandater
le ministre des Affaires municipales d'augmenter puis de refiler la facture de
200 millions au monde municipal parce qu'elle ne respectera pas l'entente
signée avec eux autres.
Curieusement, l'Union des municipalités du Québec a été
informée récemment de ces changements. Ils
dénoncent l'effet surprise de cette
volte-face, du non-respect de l'entente. Par souci de transparence, est-ce que
le Parti québécois aura l'audace de dire aux maires réunis en congrès
demain qu'il va leur filer la facture de 200 millions?
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Marceau : M. le Président, ils ont l'audace de critiquer puis
de… oui, de critiquer leur propre décision.
Alors, je vais juste expliquer un peu
qu'est-ce qui se passe, là, c'est quand même étonnant. Là, le pacte fiscal a
été reconduit pour un an à la demande
des municipalités. Et ce que nous avons convenu avec eux, c'est
d'augmenter — d'augmenter, là, soyons très clairs — d'augmenter
le remboursement, le remboursement de TVQ aux municipalités. Alors, je vais donner les chiffres :
en 2013, c'était 472 millions; en 2014, ce sera 482 millions. Là, on
parle de 10 millions de plus. En tout cas, de ce côté-ci, quand on
calcule, ça fait 10 millions de plus.
ailleurs, par ailleurs, il y a eu une entente sur l'harmonisation des taxes
signée par l'ancien gouvernement, et, en vertu de cette entente-là, le remboursement,
dorénavant, de la TVQ doit se faire sur présentation de factures, ce
sont des remboursements réels. Il en
découle, pour les municipalités, des changements de pratiques comptables,
changements de pratiques comptables qui avaient fait l'objet d'une
information donnée par l'ancien gouvernement aux municipalités en 2012. O.K.? Alors, M. le Président, je veux
être bien clair, les meilleures normes comptables prévoient un
traitement différent de ces remboursements-là.
Le Président :
En terminant.
M. Marceau :
C'est les normes comptables qui imposent aux municipalités de changer leur
façon de faire.
Président : Complémentaire, M. le député de
Lotbinière-Frontenac.
Lessard : Avec son explication, on comprend que les citoyens
payeurs de taxes municipales vont être encore soulagés, hein, de plusieurs dizaines de milliers
de dollars dans leurs poches. Eux autres, là, ils ne feront pas
semblant. Eux autres, le compte de taxes, à
la mi-décembre, il va être chargé parce que le maire devra écrire quelque chose
dans le budget. Il va se faire élire
le 3, il va monter son budget, il va demander quels sont les autres revenus du
gouvernement, puis là ça va
être : bien, pas de réponse. Hein? Puis, quand il n'y a pas de réponse,
bien, on le charge directement aux municipalités, on envoie un compte au
mois de janvier, puis là c'est le même payeur de taxes qui va sortir son argent
de ses poches.
Le Président :
M. le ministre des Finances.
M. Marceau :
M. le Président, on est dans une situation assez incroyable, où c'est le propre
député de Lotbinière-Frontenac qui était à l'époque au Conseil des ministres
lorsque cette décision a été prise par l'ancien gouvernement, M. le Président. Cette décision a été prise par l'ancien
gouvernement, M. le Président. Or, nous, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on augmente le remboursement
de TVQ, M. le Président, de 472 à 482 millions. Ça, c'est ce que
nous faisons. Eux, ce qu'ils ont fait, c'est
qu'ils ont signé une entente d'harmonisation, ça a des conséquences sur les
pratiques comptables des municipalités, et c'est les meilleures normes
comptables qui…
Le Président :
S'il vous plaît! On entend crier d'un bord et de l'autre. Deuxième
complémentaire, M. le député de Lotbinière-Frontenac.
Lessard : Le ministre des Finances est en train de dire au
président de l'Union des municipalités du
Québec qu'il a tort. Il est en train de dire à tous les maires du Québec, qui
sont préoccupés, qu'ils ont tort. Il est en train de dire au maire de
Terrebonne, qui a dénoncé votre inaction, pour dire : Vous avez tort.
Honnêtement,
c'est qui qui va le faire, le compte de taxes? C'est qui qui va aller priver
les citoyens, les personnes âgées qui ont des
revenus fixes? Qui va aller priver les jeunes familles qui vont voir leur
budget réduit pour leur fonctionnement? Qui
va priver les locataires, hein, les soulager de ce montant-là parce que les
taxes vont être refilées? Allez-vous avoir le courage de leur dire,
demain…
Le Président :
M. le ministre des Finances.
Marceau : M. le Président, le député de Lotbinière-Frontenac
plaide sa propre turpitude; c'est ça qui se
passe. Il est en train de s'attaquer
lui-même, il est en train de dire à quel point il n'était pas bon. Alors, M. le
Président, qu'est-ce que vous voulez
que je vous dise? Nous, on répare, on répare à pleins d'égards sur les finances
publiques ce qui s'est passé avec l'ancien gouvernement. On a résolu des
problèmes de l'ordre de 1,6 milliard de dollars. Cela étant, sur la
question du pacte fiscal, on a reconduit
l'entente qui était déjà en place pour un an. Cette entente-là avait été
négociée par l'ancien gouvernement, M. le Président.
Le Président :
Principale, Mme la députée de La Pinière.
Mme Houda-Pepin :
M. le Président, le gouvernement du Parti québécois est déjà en campagne
électorale. Il multiplie les annonces de mégaprojets sans pouvoir les financer. C'est clair que les contribuables vont écoper.
20 septembre dernier, quatre ministres péquistes se sont déplacés pour annoncer
le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal, estimé à près de 2 milliards de dollars,
sans compter les études complémentaires pour la ligne jaune vers Longueuil.
Or, le gouvernement péquiste a coupé 15 milliards de
dollars dans le budget des infrastructures. 15 milliards de coupés. Comment ce gouvernement a-t-il l'intention de
financer le projet annoncé?
Le Président :
M. le ministre de… M. le ministre des Relations internationales.
Lisée : M. le Président, je vais intervenir à
titre de ministre
de la métropole, avec votre permission, parce
que, pour l'instant, les projets de prolongement de la ligne de métro ne vont
pas traverser nos frontières.
Mais
je suis un peu surpris de l'interpellation de la députée puisque, ces derniers
mois, plusieurs députés libéraux de l'est de
Montréal se sont organisés en coalition pour réclamer une action rapide du
gouvernement québécois sur le prolongement de la ligne bleue. Alors, je
me serais attendu, au contraire, à un communiqué d'approbation de la part de
ces députés.
Alors, on nous demande, un peu comme la CAQ hier — donc,
je vois que les notes de la CAQ ont pris
24 heures à se rendre au Parti libéral — que... on se demande comment ça va être financé.
Bien, écoutez, comme l'a expliqué le président du Conseil du trésor, d'une
part, toutes les études du bureau de projet sont financées et sont prévues au
PQI. Et le bureau de projet…
Lisée : …va nous donner, M. le Président, le bureau de projet
va nous donner la somme qu'il faudra mettre
dans le PQI suivant, à partir des années...
pour savoir... Alors, c'est un peu extraordinaire qu'on nous dise : Vous
devriez mettre immédiatement la somme que le bureau de projet va vous
donner dans deux ans.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de La Pinière.
Houda-Pepin : M. le Président, c'est du n'importe quoi, c'est
la chose et son contraire. Comment expliquer que, vendredi matin, le ministre des Transports
annonce le projet de la ligne bleue sans avoir prévu de budgetcorrespondant, même pas dans le programme
d'immobilisations du gouvernement, et que, samedi, il déclare lui-même,
il déclare lui-même qu'il faut trouver de
nouvelles sources de financement pour le transport en commun? Faut-il
comprendre que la nouvelle source de financement, c'est la poche des
contribuables, M. le Président?
Le Président :
M. le président du Conseil du trésor.
Bédard : M. le Président, sur la ligne bleue, l'ancien
gouvernement avait fait part de ses intentions, et savez-vous ce qu'on a
trouvé en arrivant au gouvernement? Rien. Rien, même pas une étude. À part des
communiqués, là, rien. En matière
d'infrastructures, c'était… La façon de faire de l'ancien gouvernement, on
annonçait : pas d'argent, même pas d'étude.
Dans ce cas-ci, mes
collègues ont annoncé une façon de faire qui est conforme aux nouvelles
orientations pour la transparence, on a annoncé des montants pour les études,
38 millions de dollars, qui confirment l'intention
réelle du gouvernement d'aller de l'avant avec la ligne bleue. C'est la nouvelle
façon de faire. Je comprends que, du
côté libéral, on a de la misère à s'y faire, parce que c'est de la cohérence.
Et, avec la cohérence, on comprend, «libéral» et «cohérence»...
Le Président :
En terminant.
Bédard :
...ça ne va pas ensemble, M. le Président.
Le Président :
Deuxième complémentaire, Mme la députée de La Pinière.
Houda-Pepin : M. le Président, est-ce que le président du
Conseil du trésor peut arrêter de réciter sa
cassette? Ce sont de vos annonces bidon
qu'il s'agit, ce sont de vos coupures drastiques qu'il s'agit et c'est de votre
gâchis de gestion des finances publiques qu'il s'agit.
Est-ce
que la ligne bleue du métro de Montréal annoncée par le ministre des Transports
sera la ligne rouge dans le budget des familles
du Québec? C'est ça, la
Le Président : M. le ministre de la Métropole.
M. Lisée : M. le Président, les lignes rouges, on les a vues lorsqu'on est arrivés au gouvernement. C'était une ligne rouge de 1,6 milliard de dollars. C'était KPMG, et Secor, qui nous a
dit qu'il y avait des lignes rouges dans tous
les projets d'infrastructure qui n'étaient pas budgétés,
qui n'étaient pas organisés. J'ai dû moi-même…
Le Président :
Il n'y a qu'une personne qui a le droit de la parole, M. le député de
Jean-Lesage.
M. Lisée :
Les deux tiers de la dette du Québec qui ont mis le Québec dans le rouge, c'est
le gouvernement libéral qui l'a fait. Alors, moi, j'aurais aimé, d'une
part, que la députée appuie ses collègues députés de l'est de Montréal
pour dire qu'enfin il y a des sommes qui
sont prévues avec un calendrier pour avoir la ligne bleue. Et j'aurais aimé
aussi que la députée…
Président : En terminant.
Lisée : …de la Rive-Sud se réjouisse du fait que nous bougeons
sur la ligne jaune.
Président : Principale, M. le chef du deuxième groupe
d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, je trouve ça amusant de voir, ce matin, une espèce de concours entre
le Parti libéral puis le Parti québécois pour savoir qui, dans les deux, a augmenté le
plus les taxes des Québécois. Moi, je vous avoue que je donnerais une
médaille d'or aux deux, M. le Président.
M. Legault : M. le
Président, vendredi dernier, quatre ministres, dont le ministre des Transports,
ont effectivement annoncé un projet qui va
coûter près de 2 milliards de dollars. Ce n'est quand même pas rien, là,
dans un budget, 2 milliards de dollars.
Et, lorsque les journalistes ont demandé au ministre des Transports comment le
projet va être financé, voici ce
qu'il a répondu. Je le cite : Il y aura de nouvelles sources de
financement identifiées pour le transport collectif dans la Politique
québécoise de mobilité durable. Fin de la citation.
Or, ma question à la première ministre :
D'abord est-ce qu'elle peut garantir que cette politique va être déposée avant les élections? Et est-ce qu'elle peut
garantir aujourd'hui aux Québécois qu'il n'y aura pas d'augmentation de taxe
sur l'essence?
Président : Mme la première ministre.
Marois : Est-ce que je comprends que le chef du deuxième
groupe d'opposition voudrait qu'on aille en élection?
Il me semble que c'est un peu étonnant de sa part à ce moment-ci. Mais enfin il
a le droit d'avoir ce point de vue.
reviens sur l'essentiel de ce que nous avons modifié quant aux façons de faire
au gouvernement qui, malheureusement, nous
ont laissés pantois quant aux façons de faire du gouvernement précédent lorsque
nous avons pris la gouverne, M. le
Président. On s'est rendu compte qu'on avait des dizaines de millions d'annonces
d'investissements, qu'il n'yavait
rien de prévu au Plan québécois d'infrastructures, M. le Président. On avait
annoncé des hôpitaux partout à travers le Québec, alors qu'il n'était pas possible de réaliser ce qu'ils avaient
annoncé parce qu'ils n'avaient pas l'argent. Alors, nous, on a fait une
planification. Et, avant d'annoncer un projet et son coût, on croit que c'est
nécessaire de l'évaluer. Ils ne l'évaluaient pas correctement, ce qui fait
qu'on s'est retrouvés avec des dépassements de coûts faramineux. La firme Secor
a parlé de dépassements de l'ordre de 70 %...
Marois :
…80 % sur certains projets. Nous pensons que ça n'a pas de bon sens d'agir
de cette façon-là. Alors, on a changé les
règles.
Avant d'annoncer le coût réel du métro, on va
savoir en quoi il consiste. Est-ce que c'est 1,5 milliard? Est-ce que c'est
2 milliards? Est-ce que c'est 2,3 milliards? Si lui le sait, tant
mieux, qu'il nous le dise. Nous, on pense que des études sérieuses doivent être faites. C'est ce que nous
avons annoncé : 38 millions pour des études avec un bureau d'étude et
un bureau de projet. Et, lorsque ce sera
fait, nous indiquerons les sommes que nous investirons à cet égard pour la
réalisation de la ligne bleue.
Président : Dernière complémentaire, M. le chef du deuxième
groupe d'opposition.
M. Legault : M. le
Président, tout le monde qui nous écoutent ont bien compris que la première
ministre ne veut pas nous dire comment elle va financer la ligne bleue. Dans les faits,
M. le Président, ce qu'on sait, c'est que la première ministre veut
augmenter la taxe sur l'essence, mais elle ne veut pas le dire avant les
élections.
M. le
Président, les Québécois sont tannés de cette approche cynique de dire : Votez
pour moi maintenant et payez plus tard. Quand la première ministre va-t-elle arrêter de piger dans les poches des
contribuables québécois?
Quand va…
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois : Alors, M. le Président, je rappelle à cette Chambre
que le chef du deuxième groupe d'opposition, lui, était un farouche défenseur de la hausse des
tarifs d'électricité, alors… Et lui, il avait trouvé sa solution. Et
effectivement il devrait plutôt poser la question aux libéraux qui sont devant
nous, M. le Président, ou, à tout le moins, faire des commentaires sur leur
façon de gérer, parce que les champions toutes catégories de la hausse de
taxes, de tarifs et d'impôts, c'est le gouvernement libéral, M. le Président.
Dans les faits, nous avons réduit la taxe santé pour
3 millions de Québécois. Nous avons réduit la hausse des frais d'électricité, des tarifs d'électricité, M. le
Président. On prévoyait 20 % d'augmentation.
Le Président :
En terminant.
Marois :
Alors, nous avons agi dans l'intérêt des Québécois et des Québécoises,
monsieur…
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
Legault : M. le Président, je donne une nouvelle chance à la
première ministre de répondre à la question
très claire : Est-ce qu'elle s'engage, oui ou non, devant les Québécois, à
ne pas augmenter la taxe sur l'essence?
Le Président :
Mme la première ministre.
Marois :
Alors, M. le Président, j'ai déjà dit à plusieurs reprises que nous n'avons pas
l'intention d'augmenter les impôts des
Québécois et des Québécoises parce que nous croyons qu'ils ont déjà… qu'ils
contribuent déjà très largement aux finances publiques du Québec, en
contrepartie de quoi évidemment ils ont des…
Marois :
Est-ce que je peux répondre, M. le Président?
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Bédard : M. le Président, j'inviterais le chef de la
deuxième opposition de garder ses propos pour sa
question; il a encore une complémentaire. Je
l'entends vociférer littéralement, M. le Président. Je ne sais pas si vous
l'entendez de votre siège. Mais je pense que ce n'est pas un bon
exemple. Avec ce qui s'est passé hier, j'invite tous les collègues à
restreindre leurs ardeurs, M. le...
Le Président :
Je vais inviter Mme la première ministre à compléter.
Le Président :
Vous avez une question de règlement?
Deltell : M. le Président, la meilleure façon que tout se
passe bien dans cette Chambre, c'est l'article 79 : que la première ministre…
Le Président :
Oui, c'est ça. Alors, Mme la première ministre, vous pouvez terminer.
Le Président :
Deuxième… Vous avez une question?
Le Président : Principale,
M. le député de Saint-Jérôme.
Duchesneau : M. le Président, on a appris la semaine dernière,
dans le témoignage de M. Paul Sauvé à la commission Charbonneau, que
M. André Boisclair, ex-député et ministre péquiste et actuel
directeur général du Québec à New York... On a appris qu'il avait accordé une
importante subvention à cet entrepreneur dont la principale qualité est d'être
un ami personnel.
Nous avons en main une lettre signée
par M. Boisclair le 10 avril 2003, soit quatre jours avant le
scrutin qui devait être tenu. Et M. Boisclair, qui, aujourd'hui, est le porte-étendard
du Québec à New York, nous jette un nuage de suspicion sur les activités qui se passent ici, au Québec,
et jette, d'une certaine façon, ombrage à tout le Québec. Le
gouvernement, qui se dit préoccupé par
l'éthique et la transparence, a le devoir de faire la lumière sur cette affaire au parfum de copinage.
Alors, je demande à la première ministre si elle peut nous confirmer qu'elle a parlé avec M. Boisclair et qu'elle entend le rappeler au Québec pour qu'on fasse la
lumière sur cette sombre affaire.
Président : M. le ministre des Relations
internationales.
Lisée : Alors, j'ai entendu, M. le Président, ce matin,
le député de Saint-Jérôme demander une enquête indépendante.
Les Québécois, depuis des années, ont demandé qu'il y ait des outils d'enquête indépendante
qui soient formés — la commission Charbonneau, Marteau, l'UPAC — et c'est eux qui font les
enquêtes.
La question qui est posée aujourd'hui à tous les représentants
gouvernementaux, aux anciens députés et aux
anciens ministres dont les noms pourraient apparaître
au cours des enquêtes, c'est de se rendre disponibles aux enquêteurs et à la commission Charbonneau. J'ai parlé à M. André Boisclair, qui est délégué général de Québec à New
York, pour
savoir s'il voulait… s'il se mettait à la
disposition de la commission Charbonneau et des enquêteurs, et il
a dit : Bien évidemment. Pour
l'instant, personne ne l'a contacté. S'il est contacté, il viendra
immédiatement répondre aux questions. C'est comme ça qu'on veut que ça se passe, et on
applaudit l'indépendance des institutions qui font enquête.
Président : Première
complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
M. Duchesneau : Tant qu'à faire, M. le Président, on pourrait aussi demander à l'UPAC, ça a habituellement un impact assez important dans la population. Mais on doit comprendre que M. Boisclair a engagé le gouvernement du Parti
québécois auprès de M. Sauvé quatre jours avant le vote de
2003, et on ne peut pas croire, M. le Président,
que ce soit un hasard. Alors, ce matin, cette
histoire, je le répète, porte ombrage à la province, et la première ministre doit
nous faire une… faire face, vraiment un test d'éthique et…
Président : M. le ministre des
Affaires intergouvernementales.
M. Lisée : Alors, M. le Président, je l'avais indiqué, si
l'UPAC veut rencontrer ce délégué général, un
membre de cette Assemblée ou qui que ce soit,
qu'elle le fasse.
Deuxièmement, je pense qu'il est important de
noter que, dans la
déclaration de M. Paul
Sauvé, il indiquait : Il y a un sentiment… Ayant vu un peu les pratiques des deux
partis — il parlait du Parti
libéral et du Parti québécois — il y a une
institutionnalisation du financement au Parti libéral, il y a une organisation beaucoup plus forte puis il
y a une sollicitation
qui est plus forte. Pourquoi a-t-il dit cela?
Il a dit ça parce que, lorsque M. André Boisclair est devenu chef du Parti québécois, il a
inscrit, dans
le formulaire de donation… au don, que chaque donateur s'engage…
Président : En terminant.
Lisée : …à ne pas être remboursé, et, du fait que c'était son
don personnel…
Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Saint-Jérôme.
M. Duchesneau : M. le Président, tolérance zéro, c'est tolérance zéro pour tout le monde, pas pour ses amis. Alors,
je répète la question… On sait que ça nuit à
l'image du Québec d'avoir quelqu'un qui, de toute évidence, a manqué de
jugement en signant une lettre engageant un gouvernement pour 2,5 millions à quatre jours de l'élection.
Je répète ma question : Est-ce qu'on va rapatrier M. Boisclair pour qu'on puisse faire la
lumière sur cette affaire?
Le Président :
M. le ministre des Affaires internationales.
Lisée : M. le Président, il est certain que l'ancien ministre
André Boisclair a fait en sorte qu'un projet qui
durait depuis très longtemps et qui est dans le comté de notre président puisse
aller de l'avant. Ça, ce n'est pas en débat.
Maintenant, je
comprends que le député de Saint-Jérôme aimerait être lui-même enquêteur, et faire sa propre enquête,
et pouvoir rappeler les gens et les interroger, mais ce n'est pas le cas. Nous
demandons à l'UPAC, à la commission Charbonneau de retourner chaque pierre. Sous
certaines pierres, ils trouveront des choses, sous d'autres, il n'y aura
rien, mais arrêtons d'essayer de s'ingérer dans le travail des enquêteurs et de
la commission.
Le Président :
Principale, Mme la députée de Laviolette.
Mme Boulet :
Après s'être rendu compte des nombreuses mauvaises décisions de sa ministre antiressourcesnaturelles dans le dossier de la forêt — coupures dans les travaux sylvicoles, coupures de 20 millions dans les budgets d'aménagement forestier, problèmes
d'approvisionnement dans l'industrie, bris de confiance et absence totale de
collaboration avec les partenaires, perte de 8 300 emplois dans le secteur
des ressources naturelles depuis le début de l'année — la première ministre s'est
soudainement réveillée et a découvert l'existence et même l'importance de l'industrie forestière
dans nos régions. Imaginez-vous, ils ont coupé de 20 millions de dollars
en juillet. Ensuite, ils annoncent, en grande
pompe, à la fin septembre, lorsque la saison est presque terminée, un ajout de
5 millions. Moins 20, plus cinq, tout un deal pour l'industrie, M. le Président! Alors, Mme la première ministre,
le temps presse, on perd des jobs à tous les jours dans nos régions. Où
sont les 15 millions manquants?
Le Président :
Mme la ministre des Ressources naturelles.
Ouellet : Oui. Merci, M. le Président. En fait, le bris de
confiance avec l'industrie forestière a été fait
par l'ancien gouvernement libéral, M. le Président…
Ouellet : Et j'aimerais corriger les propos de la députée,
parce qu'il y a beaucoup d'erreurs dans ses
propos. Du côté de la sylviculture, nous
avons maintenu les budgets, M. le Président, malgré le 1,6 milliard de
trou laissé par le gouvernement
libéral. Du côté du programme forestier régional, qui va aux conseils régionaux
des élus — ce n'est pas de la sylviculture, elle mélange tout — nous
avons réussi à injecter 5 millions de plus que le gouvernement libéral
avait prévu, M.
le Président. C'est important de corriger, parce que, dans son introduction, il
y a beaucoup d'erreurs. Et nous avons fait, avec la première ministre,
avec le député de Roberval, qui est mon adjoint parlementaire du côté de la
forêt, une excellente annonce, vendredi
passé, en réinjectant 8,5 millions de dollars : 3,5 d'argent déjà
existant et un 5 millions d'argent nouveau, M. le Président, pour la
sylviculture au Québec, pour les coupes partielles et pour récolter le bois qui
a été brûlé par les feux de forêt et par les insectes, M. le Président. Et, en
plus, nous avons...
Le Président :
En terminant.
Ouellet :
...annoncé un rendez-vous sur la forêt en novembre, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, Mme la députée de Laviolette.
Mme Boulet :
M. le Président, on va voir ce que ses amis, ses partenaires les syndicats,
pensent : Le syndicat Unifor et la FTQ
«rappellent que le [...] Parti québécois a manqué plusieurs occasions de régler
des problèmesfondamentaux auxquels
sont confrontés les travailleurs de la forêt depuis l'entrée en vigueur du
[nouveau] régime[...] : "Nous pensions honnêtement que, suite
à notre comparution en commission parlementaire, en décembre dernier, la
situation serait corrigée, malheureusement rien n'a été fait."» C'est ça
qu'ils pensent, vos partenaires. Votre bilan, c'est zéro plus une barre.
Le Président :
Mme la ministre des Ressources naturelles.
Ouellet : Bien, M. le Président, je vais reprendre les
propos de mon collègue des Finances. La députée,
elle dénonce la propre turpitude du
gouvernement libéral. Elle parle du nouveau régime forestier, M. le Président,
qui a été voté à l'unanimité mais,
malheureusement, qu'ils ont très mal préparé en termes de mise en place; j'ai
été obligée de préparer des mesures
de transition. Elle mélange tous les dossiers : elle mélange la
sylviculture avec le nouveau régime forestier, avec le programme au niveau du développement régional et
forestier, qui vont au conseil régional des élus. Mélange tous les dossiers.
J'aimerais
savoir si la députée de Laviolette est d'accord avec l'annonce qu'on a faite...
Le Président :
S'il vous plaît!
Ouellet :
...d'injecter 1,6 million de dollars dans la région...
Le Président :
S'il vous plaît!
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Bédard : Écoutez, on n'entend même pas ma collègue, M. le
Président, et je suis à côté d'elle. Je
souhaiterais que vous rappeliez l'article 32 de notre règlement...
Le Président :
M. le leader de l'opposition.
M. Moreau :
Bien, nous, on l'entend, mais elle ne dit rien. C'est ça, le problème.
Président : Il y a une chose que j'entends, en tout cas, ça,
c'est clair, j'entends bien trop de bruit.
J'entends beaucoup trop de bruit à ma gauche; beaucoup trop de bruit à ma
gauche.
Il y a
une personne qui a le droit de parole ici, c'est Mme la ministre.
Le Président :
M. le leader.
Bédard :
Je n'accepte pas ces propos-là.
Bédard :
En plus, mon collègue...
Le Président :
Lesquels? Les miens?
Bédard : Non, ceux de mon collègue. D'autant plus que le
juge en chef de la Cour du Québec est ici, je
vous demanderais... C'est un mauvais exemple qu'il donne.
Le Président : Mme la ministre, s'il vous plaît.
Ouellet : Oui. M. le Président,
j'aimerais...
Le Président : Et, à ma gauche...
Ouellet : …la députée de Laviolette, qui est de la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, est contre le 1,6 million que nous avons annoncé dans...
Le Président :
En terminant.
Deuxième
complémentaire, Mme la députée de Laviolette.
Mme Boulet :
Le taux de chômage a augmenté dans toutes les régions ressources du
Québec : l'Abitibi, Saguenay—Lac-Saint-Jean,
Mauricie, Bas-Saint-Laurent. Et vous leur annoncez 5 millions.
Franchement, c'est trop peu, trop tard. Et
votre sommet, c'est tout simplement un constat d'échec.
la première ministre, les travailleurs, ils ont besoin d'une job, ils ont
besoin d'une paie, et vous, vous leur offrez
une jasette.
Le Président :
M. le leader du gouvernement.
Bédard : Non, question de règlement encore une fois, M. le
Président. Je comprends qu'elle a de la misère
à tourner sa question, mais on ne peut pas
interpeller directement un député, c'est une règle de base. Je l'invite... Elle
le refait tout le temps, et je vous dirais que...
Président : Vous avez tout à
fait raison, M. le leader du gouvernement : tous les propos dans cette Chambre doivent s'adresser à la présidence, et je vous
invite à le faire.
Président :
Vous pouvez continuer. Vous pouvez continuer, mais en vous adressant à la
présidence. Parce
qu'à partir du moment où on commence à
s'invectiver les uns et les autres, évidemment, le climat se détériore ici.
Alors, madame, adressez-vous à la présidence.
Boulet : Alors, M. le Président, les travailleurs, ils ont
besoin d'une job, ils ont besoin d'une paie.
C'est 8 300 emplois. Elle est où, la première ministre, pour faire des
jasettes avec...
Le Président :
Mme la ministre des Ressources naturelles.
Ouellet :
Merci, M. le Président. On n'a pas de leçons à recevoir du Parti libéral. Eux,
ils donnaient les budgets...
Président : S'il vous plaît! Les états d'âme, là. Si vous
voulez... Il y a une autre question. Vous pourriez passer à une autre question, revenir si vous voulez. Mme
la ministre.
Ouellet : Oui, merci, M. le Président. Eux, ils annonçaient
les budgets au mois de juillet; nous, on
travaille pour de la prévisibilité, M. le
Président. Donc, je dois comprendre des propos de la députée de Laviolette
qu'elle est contre le 1,6 million que nous voulons injecter en
Mauricie—Centre-du-Québec. Elle est
contre le 800 000 $ que nous
voulons injecter dans le Bas-Saint-Laurent. Elle est contre le
2,2 millions de dollars que nous voulons injecter dans le Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Je comprends des propos de la députée de Laviolette qu'elle est contre les
régions du Québec, qu'elle est contre qu'on aide les travailleurs, M. le
Président.
Je vous
rappelle : La CSN satisfaite — Investissement en sylviculture et tenue d'un forum
sur la forêt québécoise; Le Conseil des Atikamekw de Wemotaci salue
l'annonce du ministère des Ressources naturelles ...
Le Président :
En terminant.
Ouellet :
… Rendez-vous sur la forêt — Une belle opportunité ...
Le Président :
Principale, Mme la députée de… Groulx.
Daneault :
Il avait oublié.
M. le Président, nous apprenions
récemment que des fournisseurs et distributeurs de matériel médical offrent des ristournes aux hôpitaux afin d'obtenir des contrats.
Selon nos sources, cette pratique est répandue et bien connue des deux côtés de cette Chambre malgré le fait qu'elle
contrevienne à l'esprit de la
loi sur les contrats publics, notamment
aux articles 1 et 2 qui prévoient la
transparence dans les processus contractuels et le traitement intègre et
équitable des concurrents. Or, des multinationales, dont certaines font
actuellement l'objet d'enquêtes à l'UPAC et qui ont déjà été reconnues
coupables de malversation par le passé, ont recours à cette pratique. Face à
une telle situation, nos petites entreprises québécoises se voient défavorisées
et ne font plus face à une concurrence saine et équitable à laquelle ils ont
droit puisqu'au final les appels d'offres sont biaisés.
le Président, est-ce que le ministre est au courant de cette situation et
est-il d'accord avec ce stratagème?
Président : M. le ministre de la Santé.
Hébert : M. le
Président, la députée de Groulx souligne une pratique qui a cours dans le
réseau de la santé et des services sociaux, qui est le rabais au volume, M. le Président.
Alors, lorsqu'on achète en grosses quantités, lorsque les volumes sont importants, les fournisseurs
peuvent donner un rabais compte tenu du volume qui est acheté. Ceci, M.
le Président, est transparent, apparaît dans
les appels d'offres et de façon très claire. Et ces rabais au volume, M. le
Président, permettent aux établissements de santé et des services sociaux
d'avoir de meilleurs prix et de faire en sorte que les équipements médicaux soient de moindre coût de façon à être capables de
pouvoir optimiser l'utilisation des fonds de l'État, M. le Président. Alors, il n'y a rien d'illégal ou d'immoral
dans le fait d'avoir des rabais au volume, en autant que ça soit clairement explicité lors des appels
d'offres et que ça permette la saine concurrence entre les différents
distributeurs, M. le Président.
Là où il pourrait y avoir des interrogations,
c'est lorsque le rabais ou les ristournes profitent à un tiers. Et là je pense que c'est
carrément illégal, et on devrait dénoncer ces pratiques, si elles existent, M.
le Président. Mais d'avoir des rabais
au volume, M. le Président, qui permettent de diminuer les coûts d'acquisition
des équipements dans les établissements de santé et de services sociaux...
Président : En terminant.
Hébert : ...c'est tout à fait légal, moral, et c'est une
bonne gestion publique.
Président : Première complémentaire, Mme la députée de Groulx.
Daneault :
Merci, M. le Président. Alors, effectivement, dans certains cas, les ristournes
retournent à un tiers, et c'est connu, entre autres à des fondations d'hôpital. Et,
quand on sait qu'au moins un directeur général a vu son salaire bonifié
de 30 000 $ à même la fondation de son hôpital, la situation est
particulièrement inquiétante. D'autant plus que le ministre s'est même réjoui
du prolongement de ce contrat. Alors, quel beau message on envoie à nos
directions d'hôpital!
le ministre, est-ce que vous allez enquêter sur ces pratiques…
Président : M. le ministre de la Santé.
Hébert : M. le
Président, la députée de Groulx mêle toutes sortes de dossiers, là. On mêle la rémunération d'un D.G...
Hébert : ...la
rémunération d'un D.G., M. le Président, qui, effectivement, a même été dénoncé
lors d'une commission parlementaire
spécifiquement sur ce sujet. Et je pense que la commission doit statuer,
d'ailleurs, sur les explications qu'avait fournies l'établissement. Alors,
c'est une pratique que nous ne cautionnons pas, évidemment.
Mais les ristournes à une fondation, M. le
Président, sont souvent identifiées comme des frais accessoires dans le budget des
hôpitaux, et ces rabais sur volume, M. le Président, peuvent être utilisés à
des fins d'amélioration de la qualité des services par les
établissements, et je ne vois rien… je ne vois rien d'illégal ou immoral
là-dedans.
Président : En terminant.
Hébert : S'il y a des tiers qui en ont profité, là il faut
les dénoncer, M. le Président.
Président : Deuxième complémentaire, Mme la députée de Groulx.
Daneault : M.
le Président, c'est vrai que c'est peut-être compliqué, un, deux, trois, mais,
quand l'argent part de la ristourne, s'en va à
la fondation puis retourne à la bonification d'un salaire de directeur général,
ce n'est pas si compliqué que ça. Alors, je vous retourne à vos devoirs.
Voulez-vous vérifier et enquêter à ce sujet-là,
s'il vous plaît?
Le Président : J'ai fait
un rappel, il n'y a pas si longtemps, que les questions doivent s'adresser à la présidence, Mme la députée de Groulx. M. le ministre de la
Santé.
Hébert : M. le
Président, il est clair qu'il est illégal pour une fondation de contribuer à un
salaire d'un cadre des établissements de santé et de services sociaux. La loi est très claire
là-dessus, M. le Président. Et il y a actuellement le Vérificateur général qui procède à une
vérification dans l'établissement en question, et il y a une commission
parlementaire, M. le Président, qui a analysé cette question, dont nous
attendons les conclusions, M. le Président.
Alors, là-dessus, il n'y a aucune ambiguïté,
M. le Président. Le Vérificateur général est sur place et devrait rendre son rapport dans les prochaines semaines.
Président : Principale, M. le député de Vimont.
M. Rousselle : Depuis un
an déjà, nous constatons sans cesse le manque de vision économique du gouvernement péquiste.
La gestion irresponsable des taxes scolaires de la part du gouvernement nous
démontre également son manque de sensibilité
et de solidarité envers la population. La hausse de taxe de 288 millions,
qui a été sous-traitée par le PQ aux commissions scolaires, sera
absorbée directement par tous les Québécois qui paient un loyer. Des milliers
de familles vont subir une hausse de loyer. Cette hausse sera causée par
l'incapacité de ce gouvernement à créer de la richesse.
Outre les coupures à l'aide sociale, la
ministre de la Solidarité sociale a-t-elle prévu des mesures pour atténuer l'impact des hausses de taxe scolaire pour les
familles québécoises?
Président : Mme la ministre de l'Éducation.
Mme Malavoy : M. le
Président, j'avais un petit peu de mal à voir où le député voulait atterrir,
mais enfin j'ai entendu… j'ai entendu la
question des taxes scolaires, donc je vais en profiter — et ça me fait plaisir — je vais en profiter pour refaire le point sur la
question.
Je rappelle, parce qu'il faut toujours le
rappeler, que ce que nous avons fait dans le dernier budget, c'est de mettre fin, sur trois
ans, à une aide additionnelle temporaire qui, à l'époque, avait été introduite
par le gouvernement libéral. Ce que
nous avons demandé aux commissions scolaires, depuis que cette décision a été
prise, c'est de trouver tous les moyens pour réduire leurs dépenses,
augmenter leurs revenus autonomes, regrouper leurs services, éventuellement,
dans des proportions que nous avons bien
indiquées, puiser dans leurs surplus, et nous n'avons jamais, jamais dit aux
commissions scolaires d'aller allégrement
piger dans la poche des contribuables. Jamais, à aucun moment vous n'avez pu
m'entendre prononcer des paroles semblables. Ça a toujours été complètement en
bas de la liste, tellement en bas de la liste qu'actuellement, vous le savez,
nous sommes en train, avec les commissions scolaires…
Président : En terminant.
Malavoy : …d'entamer une démarche pour qu'elles corrigent le
tir dans les cas où il y a eu des excès.
Président : Principale, M. le député de Vimont.
M. Rousselle : M. le
Président, je trouve malheureux que la ministre se serve toujours de la même
cassette. On parle
de gens, ici, qui sont à faibles revenus. Après avoir tenté de passer sous le
tapis ces hausses de taxe, est-ce que le gouvernement ne serait pas en
train de refiler la facture aux familles à faibles et à moyens revenus?
L'Association
provinciale des constructeurs d'habitations du Québec lançait un cri d'alarme
le 12 septembre dernier. L'acquisition
d'une maison pour les Québécois, particulièrement pour les jeunes familles, est
en danger. Ces jeunes familles vont écoper des hausses de loyer à cause
du Parti québécois.
M. Rousselle :
…piger dans les poches des Québécois tout en fermant les yeux et les oreilles?
Président : M. le président du Conseil du trésor.
Bédard : Ils étaient où, le député et les autres collègues
libéraux, lorsque le gouvernement libéral a
décidé injustement de taxer toutes les
familles québécoises, indépendamment de leurs revenus, avec une taxe santé de
200 $, même pour les familles à faibles revenus, inéquitable, M. le
Président, qui venait grever…
Le Président :
M. le leader de l'opposition.
Moreau : Question de règlement,
M. le Président. Il était où, le leader du gouvernement, quand la
question a été posée sur les taxes scolaires
et qu'il ne répond pas? Une augmentation de taxe scolaire, ça équivaut à une
augmentation de loyer. C'est ça, la question. Est-ce qu'il a une réponse?
Le Président : Bon, ce
n'était pas une question de règlement, mais, M. le leader…
Le Président : S'il vous
plaît! M. le leader, sur la question.
Bédard :
C'est lui qui l'a choisie, la question, M. le Président. J'imagine qu'il en
connaît les conséquences, alors. Et
je l'invite, d'ailleurs, à respecter son député. Oui… Non, mais, effectivement,
donc… Et le député a fort bien posé la question.
La réalité, c'est que, malheureusement, ces
gens-là n'étaient pas là pour défendre la classe moyenne puis les gens à faibles revenus. 200 $, quand tu
gagnais 30 000 $ de revenu familial, c'était… 400 $ pour deux,
c'était inadmissible, M. le Président. Même chose, M. le Président,
quand ils ont décidé d'augmenter les tarifs d'hydroélectricité pour l'ensemble
des familles québécoises.
Le Président : M. le leader.
M. Moreau : Vous avez demandé
au leader du gouvernement de s'adresser à la question. Et, la dernière fois que vous avez fait ça, vous l'avez fait à trois
reprises, il ne vous a jamais obéi, M. le Président. Vous refaites
l'exercice aujourd'hui, vous lui demandez de répondre à la question, il ne fait
pas… il vous méprise…
Le Président : Si c'est le
cas, il va le dire, mais je…
Le Président : S'il vous
plaît! M. le leader, avec l'expérience que vous avez, le talent que vous avez,
évidemment, est-ce que vous pourriez répondre à la question?
Bédard :
Parlant de scolaire, c'est l'ancien gouvernement qui avait décidé d'augmenter
de 75 % les frais de scolarité,
puis ça, ça touchait la classe moyenne, M. le Président. On ne le fera pas,
merci, et on a révisé cette mauvaise décision libérale.
Le Président : Merci. Cela
met fin à la période de questions… Oui.
M. Moreau : C'est exactement
ce genre d'attitude là qui fait en sorte qu'il y a un mépris des institutions
au Québec. Parce que vous êtes une institution comme président de l'Assemblée
nationale, vous donnez des directives, et le gouvernement vous rit au nez, M.
le Président.
Le Président : M. le leader
du gouvernement.
Bédard : Je trouve
ça un peu inconvenant comme remarque, M. le Président. Vous connaissez mon dévouement aux institutions, j'ai eu à les
protéger à l'époque. Quand j'entends rire les gens, ils se souviendront à
l'époque où un gouvernement avait décidé de porter une motion contre un député
d'un autre parti et que j'ai défendu les institutions. Donc, je n'ai pas de
leçons à recevoir sur la défense des institutions.
Et j'invite
mes collègues qui ont attaqué la nomination des… Ils sont allés jusqu'à, je
vous dirais, M. le Président, faire en sorte que la confiance des
Québécois à l'égard des institutions a été ébranlée à tous égards. Je l'invite,
quant à ses leçons, à faire attention. Et je peux vous assurer de mon entière
déférence à votre égard, M. le Président.
Président : Je vous invite… je vous invite… On commence une
session qui va être assez ferme, assez difficile. Je vous invite à réfléchir, tout le monde, sur la
période de questions et notre comportement dans la période de questions.
D'un côté comme de l'autre, là, je vous invite, je vous invite…
Le Président : Oui, je vous
invite… Je ne crierai pas pour vous le dire, là, je vous invite à réfléchir sur
le comportement de tout un chacun ici
pendant la période de questions. C'est vrai qu'on s'en va vers, peut-être, des
jours un peu plus compliqués, un peu plus difficiles sur le plan de
l'interaction politique dans un salon comme celui-ci, mais, dans un cas comme dans l'autre, on se doit d'avoir
non seulement l'élévation, mais aussi le respect des uns à l'égard des autres, même si la période devient un peu plus
chaude. Alors, je vous invite à réfléchir là-dessus et, évidemment, je
mets fin à la période de questions et de réponses orales.
Vice-Président (M. Ouimet)
: Alors, nous en sommes à la
rubrique des motions sans préavis. Et, en fonction des règles et de
l'ordre de présentation, je reconnais maintenant Mme la députée de l'Acadie
pour sa motion.
St-Pierre :
Merci, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec le ministre de la
Culture et des Communications, la députée de Montarville, le député de
Blainville et le député de Mercier :
«Que l'Assemblée nationale souligne la
17e édition des Journées de la culture;
«Qu'elle
invite les Québécoises et [les] Québécois à participer en grand nombre aux
milliers d'activités culturelles qui leur sont offertes; et
«Que l'État réitère son appui à la création, la
production, la diffusion et au rayonnement de la culture québécoise à travers
le monde.»
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Merci, Mme la députée. Y a-t-il consentement pour débattre de la
motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Traversy : Bon matin, M.
le vice-président. Donc, il y a consentement sans débat pour la motion.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Adopté. Je reconnais maintenant M. le ministre de la Justice.
St-Arnaud : Oui. Merci, M. le Président. Alors, M.
le Président, je sollicite le consentement des membres de
cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec le député de Fabre, la députée de Montmorency, la députée de
Gouin et le député de Blainville, la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale souligne le 25e anniversaire de la Cour du Québec,
cette cour qui constitue l'un des piliers de notre société de droit et
de notre démocratie;
«Qu'à cette
occasion, un hommage soit rendu à ses membres, reconnus pour leur indépendance,
leur impartialité et leur intégrité, ainsi qu'à leurs équipes qui se
dévouent quotidiennement pour une meilleure justice.»
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, M. le ministre de la
Justice. Y a-t-il consentement pour débattre de la motion? M. le leader
adjoint du gouvernement.
Traversy : Merci, M. le Président. Donc, il y a consentement
pour débattre de cette motion pour un temps de parole
d'approximativement deux minutes par intervenant, en débutant, bien sûr, par le
ministre de la Justice, suivi par le député de Fabre, la députée de Montmorency
ainsi que la députée de Gouin.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, je comprends qu'il y a
consentement pour permettre quatre intervenants, deux minutes, en
commençant par M. le ministre de la Justice. Je vous cède la parole.
M. St-Arnaud : M. le Président,
la motion que je présente aujourd'hui à
titre de ministre de la Justice du Québec vise à souligner le 25e anniversaire
de la Cour du Québec. La Cour du Québec est, en effet, née le 31 août
1988 alors que furent regroupés la Cour
provinciale, de compétence strictement civile, la Cour des sessions de la paix,
chargée des affaires criminelles, et le Tribunal de la jeunesse.
25 ans
plus tard, la Cour du Québec continue de jouer un rôle fondamental dans notre
système judiciaire. Formée de 290 juges
et 36 juges de paix magistrats, cette cour représente le plus important
tribunal au Québec pour le nombre de
juges, pour le volume d'affaires traitées et pour la diversité des champs de
compétence. Elle offre des services à la
population partout au Québec, y compris dans le Nord, grâce à la cour
itinérante. Il est également remarquable de voir l'engagement de la Cour
du Québec dans un nombre considérable de projets innovateurs, et je pense,
entre autres, au programme de traitement de
la toxicomanie de la cour et à d'autres projets qui ont tous pour objectif
ultime une meilleure justice, une justice respectueuse des justiciables.
tiens, M. le Président, à souligner la présence, dans nos tribunes, ce matin,
de la juge en chef Élizabeth Corte, qui dirige la Cour du Québec avec compétence, enthousiasme et dynamisme
depuis sa nomination en 2009. Elle est accompagnée aujourd'hui du juge
en chef associé, Mario Tremblay, du juge en chef adjoint à la chambre civile, Pierre-E. Audet, de la juge en chef adjointe à la chambre
criminelle et pénale, Danielle Côté, du juge en chef adjoint à la
chambre de la jeunesse, Claude C. Boulanger, et du juge en chef adjoint
responsable des cours municipales, André Perreault.
Mmes et MM. les juges, bienvenue à l'Assemblée nationale. Et, au nom des
Québécois et des Québécoises, en mon nom personnel, merci pour
l'excellence de votre travail. Longue vie à la Cour du Québec.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci, M. le ministre de la Justice. M. le
député de Fabre, pour votre intervention.
Ouimet
(Fabre) : Merci, M. le Président. Je suis particulièrement fier
de me lever en cette Chambre pour appuyer, au nom de ma formation politique,
cette motion qui souligne le 25e anniversaire de la création de la Cour du
Québec.
D'un
point de vue personnel, M. le Président, j'ai développé un lien particulier
avec la Cour du Québec, puisqu'au cours des 25 années de ma
pratique professionnelle je me suis présenté presque quotidiennement devant les
juges, les différents juges de la Cour du
Québec. Je suis donc en mesure de confirmer que la Cour du Québec est un
tribunal qui répond vraiment aux
besoins des Québécois en étant présente sur tout le territoire du Québec, en
exerçant une juridiction qui touche à tous les aspects de la vie et des
enjeux importants pour nos concitoyens, en faisant preuve d'ouverture en
présentant annuellement un rapport d'activité, ce qui est une innovation parmi
tous les tribunaux judiciaires du Québec. Bref, un tribunal vraiment
accessible.
L'importance
que nous, de ce côté de la Chambre, accordons à cette institution du Québec
s'est manifestée concrètement par la modification de la
Loi sur les
tribunaux judiciaires en 2012 pour ramener à 290 le nombre de juges de la cour, nombre qui avait été réduit à 270 par le gouvernement dans les années 90. M. le Président, la Cour du Québec est un tribunal à
l'image de sa juge en chef et des juges qui la composent, des juges compétents,
indépendants, impartiaux et intègres, à
l'écoute des besoins des justiciables et qui contribuent au rayonnement de la justice
québécoise à travers le monde. Nous avons raison d'être fiers de la Cour du
Québec, et je souhaite que la juge en chef puisse transmettre notre message à
tous ses juges. Merci, M. le Président.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Fabre. Mme la députée de Montmorency.
St-Laurent : Merci, M. le
Président. Merci également, Mme Corte, de votre présence ici
aujourd'hui. Votre apport à notre système judiciaire contribue
énormément à la qualité de la justice que nous offrons aux Québécoises et aux Québécois, et je tiens à le souligner.
Maintenant, c'est avec un immense plaisir que je me joins au ministre de la Justice pour
souligner le 25e anniversaire de la Cour
du Québec.
La Cour du Québec
constitue réellement l'un des piliers centraux de notre société de droit et de
notre démocratie. Tant en matière civile,
criminelle et pénale que de jeunesse, les juges de la Cour du Québec font
preuve d'une grande ouverture d'esprit — et j'en sais quelque chose — et d'une volonté remarquable de rendre la
meilleure justice qui soit, c'est-à-dire une justice accessible, célère et équitable pour tous.
La Cour du Québec
réunit près de 290 juges nommés par le gouvernement, et il n'y aurait pas de meilleure occasion que ce 25e anniversaire
pour souligner et rendre hommage à ces juges et à tous les membres de cette institution-phare
du Québec pour leur indépendance, leur impartialité, leur intégrité et leur
dévouement dans les travaux qu'ils effectuent au quotidien. Réellement, la Cour
du Québec peut être définie comme un tribunal adapté aux besoins des
justiciables de toutes les régions du Québec.
Encore,
je lève mon chapeau à tous ses membres et leur équipe pour leur excellent
travail. Et je vous assure que je suis fière de vous dire que j'étais là
au début de cette cour et que j'ai eu grand plaisir de constater tout ce que je
vous dis au sujet de la Cour du Québec.
Enfin,
finalement, je vous souhaite aujourd'hui un
heureux 25e anniversaire et je vous
dis : Merci et continuez, je suis
fière de notre système de justice.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Montmorency. Enfin, oui, Mme la députée de Gouin, pour votre
intervention.
Mme David :
Oui. Merci, M. le Président. Je voudrais simplement joindre ma voix à celle de
mes collègues, saluer les personnes
qui sont ici, saluer leur dévouement, le dévouement, l'intégrité des membres de
la Cour du Québec, leur souhaiter un heureux anniversaire. Je ne peux
m'empêcher de souhaiter aussi que le système de justice du Québec dans son
ensemble devienne de plus en plus accessible à l'ensemble des citoyennes et des
citoyens. Encore une fois, mes félicitations.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
députée de Gouin. Cette motion est-elle adoptée?
Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté.
Toujours à la rubrique des motions sans préavis, Mme la députée
de Gouin, je pense que vous avez signalé
que… M. le député de Mercier? Ça me prend un consentement pour permettre
au député de Mercier de faire la lecture d'une
nouvelle motion.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Pardon? C'était pour Mme la députée de Gouin.
Alors, allez-y. Désolé, M. le député de Mercier.
M. Khadir : C'est bien, M. le
Président. Je demande donc le consentement de la Chambre pour débattre de la
motion suivante conjointement avec le ministre des Relations internationales,
le député de Vaudreuil et le député de La Prairie :
«Que
l'Assemblée nationale du Québec demande au gouvernement égyptien de fournir
tous les efforts nécessaires afin
d'assurer la sécurité et le respect des droits fondamentaux des Canadiens [le Dr] Tarek Loubani et [le cinéaste]
John Greyson, notamment en les libérant immédiatement.»
Vice-Président (M. Ouimet)
: Très bien. Merci, M. le député de
Mercier. Y a-t-il consentement pour débattre de cette motion? M. le
leader adjoint du gouvernement.
M. Traversy : M. le
Président, il y a consentement sans débat pour la motion.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Très bien. Alors, pas de débat. Cette motion est-elle adoptée?
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
La motion est adoptée. M. le député de Mercier.
M. Khadir : M. le Président,
je regrette que le gouvernement n'ait pas accepté le débat, mais…
Vice-Président (M. Ouimet) : Il ne peut pas y avoir de commentaire à ce moment-ci, M. le député de Mercier.
M. Khadir : M. le
Président, je demanderais à la
Chambre de transmettre immédiatement, parce
qu'il y a urgence, la motion au gouvernement égyptien et au Parlement
canadien, ainsi qu'au bureau du premier ministre du Canada.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Avec le consentement
des membres, nous allons transmettre cette motion adoptée à l'ensemble
des personnes identifiées. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Traversy : Merci, M. le
Président. Évidemment, il y a consentement. Nous aimerions demander le
consentement de cette Chambre pour déposer une motion supplémentaire.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Mme la leader adjointe de l'opposition officielle, sur quoi?
Mme Thériault :
Oui. Je m'excuse, M. le Président. Puisque nous avons déjà épuisé la quantité
de motions qui est prévue au règlement,
on doit demander d'abord si on déroge à l'article. Et, si vous me le demandez,
je vais vous dire non immédiatement.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, je pense, vous êtes un peu précoce, Mme la
leader adjointe de l'opposition officielle.
Je pense que le leader adjoint s'apprêtait à demander le consentement pour
déroger. Je comprends bien votre… C'est bien ça?
Traversy : …M. le Président, là, je comprends la précocité de
la députée d'Anjou, d'en face, j'en découvre à chaque jour en cette
Assemblée. Mais je dois donc vous demander solennellement le consentement de
cette Chambre pour débattre d'une motion supplémentaire concernant la mémoire
du cinéaste M. Michel Brault.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Non, non, non. Alors, c'est ça. Là, vous allez un
peu plus loin, là.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Un instant. Un instant. Le leader adjoint du
gouvernement s'est levé pour demander de
déroger à l'article 84.1 pour faire la lecture d'une nouvelle motion. Je ne
peux pas permettre la lecture de cette motion si je n'ai pas de
consentement. J'ai compris qu'il n'y avait pas de consentement. Donc, à ce
moment-ci, je suis prêt à vérifier s'il y a d'autres motions sans…
M. Traversy :
…la situation…
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Vous avez raison. M. le député de Mercier, sur un
point de règlement.
M. Khadir :
M. le Président, la collaboration appelle la collaboration. Je vous fais
remarquer que nous avons... pour le bien des débats à l'Assemblée nationale,
nous avons un certain nombre de motions qui sont de nature consensuelle et qui ne peuvent pas attendre indéfiniment.
J'en appelle donc au Parti libéral d'accepter la collaboration du Parti
québécois, mais je demande aussi au leader adjoint du gouvernement de ne pas
s'opposer systématiquement à nos demandes de
débat d'une ou deux minutes sur des sujets d'importance comme l'emprisonnement
des deux Canadiens en Égypte.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, ce genre de
question là doit se régler, normalement, avant la période des questions.
J'ai compris les propos de la part du leader du gouvernement, en Chambre avant
le début de la période de questions pour réduire le nombre de motions qui
exigent un consentement ou de les régler avant. Or, à ce moment-ci, je dois
mettre un terme à ce débat-là.
Je suis prêt à reconnaître maintenant un autre
député qui souhaiterait demander le consentement pour déroger à
l'article 84.1 pour présenter une nouvelle motion sans préavis.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Traversy :
…juste une question, là, d'éclaircissement. Pour déposer une motion et demander
un consentement, il faut quand même préciser sur quel sujet on souhaite
débattre.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Mme la leader adjointe de l'opposition officielle.
Thériault : Oui. Absolument, M. le Président. Avant de déposer
la motion et même de lire une motion, on doit demander si on peut
déroger à l'article du règlement pour faire la lecture d'une motion
supplémentaire. On a indiqué clairement… Et le
leader du gouvernement l'a dit avant la période de questions, qu'il s'en
tiendrait au règlement de l'Assemblée nationale, comme nous avons émis
le vœu hier, soit les motions qui sont réglementaires, et les motions supplémentaires doivent être discutées à
l'extérieur de cette Chambre, et je ne donne pas de consentement pour
qu'on puisse présenter une autre motion. Et,
à ce moment-ci, M. le Président, évidemment, vous avez déjà rendu votre
jugement sur la question qui est évoquée, et j'aimerais rappeler
également à mon collègue qu'aucun débat n'est permis ni quelques explications,
que ce soit visant à motiver l'absence ou la présence d'un consentement. Et
c'est déjà un extrait d'une décision qui a été rendue — 84.15,
le 27 octobre — par
une présidente qui vous a précédé.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci, Mme la leader de
l'opposition officielle. Sur la question de règlement, M. le leader du… groupe
d'opposition.
Deltell :
Pour la bonne marche de nos travaux, M. le Président, puisque l'opposition
officielle ne donne pas le consentement pour la suite des choses, je vous
invite à appeler immédiatement les avis touchant les travaux des commissions.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, je comprends que c'est le cas,
Mme la leader adjointe de l'opposition officielle, il n'y a pas de consentement
pour d'autres motions? Très bien.
Alors, aux avis touchant
les travaux des commissions, M. le leader adjoint du gouvernement, pour les
avis.
Traversy : Merci, M. le Président. Vous êtes en forme ce matin, et nous sommes heureux d'être avec vous pour partager
cette énergie. Alors, j'avise cette Assemblée, pour les avis touchant les
travaux des commissions, que la Commission
des finances publiques poursuivra les consultations particulières et les
auditions publiques à l'égard du projet de loi n° 41, Loi modifiant la
Loi sur la fonction publique principalement
en matière de dotation des emplois, aujourd'hui, de 15 heures à
18 h 15, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine; et
Que la Commission de
la santé et des services sociaux poursuivra les consultations particulières à
l'égard du projet de loi n° 52, Loi concernant les soins de fin de vie,
aujourd'hui, après les affaires courantes pour une durée d'une heure, à la
salle du Conseil législatif, ainsi que de 15 heures à 18 heures, à la
salle Louis-Joseph-Papineau.
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Alors, merci, M. le
leader adjoint du gouvernement. Pour ma part, je vous avise que la Commission de l'administration publique se réunira
aujourd'hui, à la salle des Premiers-Ministres de l'édifice Pamphile-Le May, en séance de
travail, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, afin de préparer
l'audition portant sur la non-production de déclaration à Revenu Québec; en
séance publique, de 15 heures à 18 heures, afin d'entendre le président-directeur général de
l'Agence du revenu du Québec; et en séance de travail, de 18 heures à
18 h 30, afin de statuer sur les observations, conclusions et, s'il y
a lieu, recommandations à la suite de cette audition.
À la rubrique des
renseignements sur les travaux de l'Assemblée…
Alors,
la période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement, je vous vois
également en forme et je vous cède la parole à nouveau.
Traversy : Mais il faut, il faut, on est juste au début de la
session. Alors, M. le Président, écoutez, pour la bonne suite des travaux et pour discuter d'un sujet qui
touche particulièrement la députée de Soulanges, je vous demanderais
quelques minutes de suspension avant de continuer, avec le consentement de
cette Chambre.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, il y a une demande de suspension.
M. Moreau :
…il nous annonçait une belle énergie, il demande une suspension. Je trouve que
c'est freiner cette énergie. Mais on va lui donner un coup de main puis on va
consentir à la suspension, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, les travaux sont suspendus quelques
instants.
(Suspension de la séance à
11 h 22)
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, l'Assemblée reprend le débat ajourné le
17 septembre 2013 sur la motion de report présentée par Mme la
députée de Soulanges relativement à la Loi modifiant la
Loi sur les conditions de
travail et le régime de retraite des membres de l'Assemblée nationale.
Lors
de l'ajournement, M. le député de Berthier n'avait pas terminé son intervention. Avant de
lui céder la parole, je vous indique
qu'il reste 43 min 52 s au groupe parlementaire formant le gouvernement, 45 min 36 s au groupe parlementaire formant l'opposition officielle, 17 min 6 s au deuxième groupe d'opposition et six minutes aux députés indépendants.
Alors, M. le député de Berthier, pour la suite
de votre intervention, nous vous écoutons.
M. Villeneuve : Merci, M. le
Président. Bonjour à toutes et à tous. Oui, nous sommes dans la continuité, c'est le cas de le dire, M. le Président — parce que vous étiez présent lors de mon intervention sur le principe. Et,
suite au dépôt de l'opposition... de la deuxième opposition... du
groupe... les libéraux, de demander une... de déposer, finalement, une motion de report, donc, motion de report qui
demandait, finalement, que le débat sur cet enjeu, qui est très
important, M. le Président... un report de
trois mois. Finalement, on voulait retourner ça aux calendes grecques. Alors,
je ne pense pas que ça soit une bonne idée de le faire. Enfin, c'est un
choix qu'eux devront assumer tôt ou tard.
M. le
Président, continuité oblige, peut-être… pour les gens qui viennent de se
joindre à nous et ceux qui nous suivent
de façon... en continu, peut-être rappeler ce sur quoi nous travaillons. Vous
l'avez dit, mais je veux juste le redire pour qu'on soit bien au fait,
finalement. Donc, c'est le projet de loi n° 33, Loi modifiant la
Loi sur
les conditions de travail et le régime de
retraite des membres de l'Assemblée nationale et d'autres dispositions
législatives, ce qui mérite d'être
précisé, M. le Président. Effectivement, le
titre peut être trompeur, parce
qu'on a l'impression qu'on veut discuter de l'ensemble, finalement, des
émoluments, si on peut dire ça comme ça, des députés de l'Assemblée nationale,
ce qui n'est pas le cas, M. le Président.
Notes explicatives, je crois qu'il faut aller
les lire, c'est important, alors ce qu'on dit ici, c'est : «Ce projet de loi modifie la
Loi sur les conditions de travail
et le régime de retraite des membres de l'Assemblée nationale [...]
d'abolir...» C'est important, là, c'est ça, l'enjeu, là; le projet de loi
n° 33, là, ce n'est pas autre chose, là. On ne parle pas des régimes de retraite, on ne parle pas des salaires
que les députés touchent, on parle uniquement d'abolir l'allocation de transition à un député qui démissionne en cours de
mandat. Alors là, il faut ramener le débat là-dessus, M. le Président.
Il ne faut pas essayer de faire diversion et, finalement, d'induire les gens
qui nous écoutent en erreur, je pense que ça ne serait pas... ce n'est pas la
chose à faire. Alors, on parle d'abolir l'allocation de transition à un député.
L'opposition
libérale, M. le Président, comme vous le savez, ont à peu près deux... bah!
deux arguments. Il y a un point qu'ils apportent et il y a un argument,
l'argument fort... ou faible, je dirais plutôt faible, M. le Président, mais il
y a un argument et il y a un sujet. En fait,
ils nous disent qu'on ne devrait pas, ici, les députés, regarder, finalement,
les émoluments touchant les députés de
l'Assemblée nationale, puisqu'il y a un comité qui a été créé, un comité, donc,
qui a été mis en place, indépendant, qui est
à regarder présentement les émoluments des députés de l'Assemblée nationale.
Soit, c'est vrai, c'est vrai, et on est tout à fait d'accord avec cela. Et je
pense que le travail qui va ressortir de ce comité-là, M. le Président, sera tout à fait exceptionnel, parce
qu'il va y avoir vraiment un travail de fond, qui se fait présentement, et
c'est tout à fait correct. Ça, c'est un des
arguments que la députation du Parti libéral apporte... la première opposition
apporte.
L'autre point, M. le Président, que les députés
de l'opposition amènent, c'est de dire que, si on intervient présentement dans le dossier, bien, on serait en conflit d'intérêts. M. le Président, pour être en conflit
d'intérêts, encore faudrait-il que ça soit pour nos intérêts
qu'on veuille poser un geste. Alors, à ce que je sache, c'est loin d'être dans
nos intérêts. Au contraire, je pense que c'est dans l'intérêt de la population
de poser le geste qu'on veut poser, c'est-à-dire
abolir la transition, donc abolir
l'allocation de transition. Ce n'est pas un avantage, là, qu'on est en train de vouloir faire avec le projet de loi n° 33, ce n'est pas un
avantage pour les députés. C'est loin d'être un avantage. En fait, on est en train de s'enlever quelque chose, et c'est tout à
fait correct, M. le Président, il faut le dire, c'est tout à fait correct,
parce que, ce qu'on vient faire, finalement, avec le projet de loi n° 33,
on vient dire que l'allocation de transition pourra être utilisée par les députés
de l'Assemblée nationale seulement, et seulement dans un cas où un député qui
quitterait son siège en cours de mandat le ferait parce qu'il a des raisons
très graves, sérieuses, qui le portent à poser ce geste-là.
Parce que
ce n'est pas un geste anodin, de dire… de quitter un siège à l'Assemblée nationale. Mon collègue de Matane-Matapédia le disait très bien.
Lorsqu'on est élu comme député à l'Assemblée nationale, d'abord il faut se dire une
chose, c'est un privilège extraordinaire. Vous le savez, M. le Président, et je
pense que l'ensemble des députés ici, à l'Assemblée nationale, en conviennent,
c'est un honneur incroyable, c'est un privilège tout à fait extraordinaire que de pouvoir siéger ici. Et, si on quitte pour
quelque raison que ce soit qui… Peut-être, en tant qu'individu, lorsqu'on
veut quitter l'Assemblée nationale en cours de mandat… peut-être qu'en tant
qu'individu on considère…
Bien,
deux exemples, tiens. Bien, ça tombe bien, M. le Président. Deux exemples. Le
député d'Outremont, hein, qui a quitté, il n'a pas quitté pour raisons
de santé, il n'a pas quitté… Peu importe la raison pour laquelle il a quitté,
il n'en demeure pas moins que, présentement, le comté d'Outremont, M. le
Président, il n'y a pas de représentant ici, à l'Assemblée nationale, qui s'occupe des gens d'Outremont. Il n'y en a
pas. Il n'y a pas de député, à l'Assemblée nationale, d'Outremont ici,
là. Donc, ça crée un vide dans la circonscription d'Outremont.
Viau, donc,
on a vu le député… M. Dubourg qui a quitté aussi. Lui, c'est plus clair,
la raison, c'est qu'il s'en va… il
veut se présenter à l'investiture pour le Parti libéral ou je ne sais plus trop
quel parti. Je pense bien que c'est le Parti libéral, je pense ne pas trop me tromper, pas mal dans les mêmes familles,
alors Parti libéral à Ottawa. Et là il a touché sa prime, M. le Président. Il l'a touchée ou il va la
toucher, mais en tout cas il n'y a pas renoncé, tout comme le député
d'Outremont n'a pas renoncé à sa prime de départ.
Alors, on a deux exemples patents, je vous
dirais, qui, je pense, n'ont pas l'approbation de la population du Québec, M.
le Président.
D'abord, ils
partent avec une prime de départ pour une raison qui, à mon sens, ne méritait
pas une telle prime. Ça, c'est une chose. L'autre chose, il y a deux
comtés orphelins présentement qui n'ont pas de député à l'Assemblée nationale,
les gens n'ont pas personne pour les représenter à l'Assemblée nationale, ce
qui n'est quand même pas anodin. C'est un vide assez important.
L'autre
chose, on sait qu'à peu près, une élection partielle… Parce que là on parle de
deux élections partielles. Là, on parle de 1 million de dollars que
ça va coûter aux contribuables du Québec parce que deux députés du Parti
libéral ont quitté de façon inopinée, sans raison, à tout
le moins sans que la raison pour laquelle ils ont quitté ait pu être analysée.
Parce qu'il faut dire ça aussi, M. le Président. On dit que, si un député
veut quitter son siège en cours de mandat, il devra faire la démonstration à
ses pairs, c'est-à-dire aux autres élus de l'Assemblée nationale, notamment par le Bureau de l'Assemblée nationale mais aussi
par le Commissaire à l'éthique, qui, eux, jugeront et nous émettront un avis à savoir est-ce que les arguments amenés par
le député qui quitte en cours de mandat sont valables. Et, si tel est le
cas, M. le Président, il pourra toucher une
prime de départ. Si tel n'est pas le cas, il n'y aura pas de prime de départ.
Alors là, on assiste, M. le Président, dans le cas de M. Dubourg, de
M. Bachand, on assiste à une décision unilatérale de leur part de briser
un contrat moral, social avec leurs électeurs de façon unilatérale. Alors,
c'est inacceptable, M. le Président.
Je vais aller dans le
même sens que le député de Matane-Matapédia, qui disait que tous les partis,
tous partis confondus ici, à l'Assemblée
nationale, effectivement, ont, un jour ou l'autre, connu des départs en cours
de mandat de députés. Et ça, tout le
monde l'admet, tout le monde comprend cela. Mais on est peut-être rendus
ailleurs. La population du Québec, M.
le Président, s'attend à ce que les choses changent ici, à l'Assemblée
nationale, que les choses changent au niveau de nos institutions, et je
pense que le message est très, très clair.
d'ailleurs le Parti libéral, les députés de l'opposition, de la première
opposition, M. le Président, en paieront le prix, en paieront le prix parce que, là, ce qu'on constate, là, c'est que… le projet de loi n° 33 a été déposé au printemps, mars, je pense, on est rendus au mois d'octobre,
pratiquement, et on constate que l'opposition utilise les moyens qui sont à sa disposition, bien sûr — parce
qu'on dit souvent que le meilleur
outil de l'opposition, c'est encore le temps — et
là on comprend qu'ils gagnent… ils veulent
gagner du temps. Pas satisfaits, M.
le Président, d'avoir été pendant
neuf ans au pouvoir, de n'avoir
strictement rien fait à cet égard, ils continuent à vouloir gagner du temps, et
reporter, et pelleter en avant.
Alors, je pense, des
décisions qui auraient dû être prises depuis très longtemps, M. le Président,
pour éviter effectivement le vide que
provoque le départ d'un député à l'Assemblée nationale, les coûts rattachés à
ce départ. On parle de deux élections partielles, on parle de 1 million
de dollars que ça va coûter aux contribuables québécois, plus la prime de départ, qui peut jouer, plus ou moins
100 000 $, tout dépendamment du nombre de mois, et du poste, et du
salaire qu'avait le député, là, parce qu'il
y a une différence à faire entre le salaire des ministres, le salaire des
députés. Alors donc, on se retrouve avec une note salée, pour les
Québécois, de 1,2 million de dollars parce que la première opposition a décidé de bloquer indument, donc, l'accès à ce
projet de loi là à un vote de l'Assemblée nationale. Et puis, je le dis,
je le dis, moi, je suis convaincu que, de toute façon, on va se faire
rattraper. Et, de toute façon, ça va être adopté tôt ou tard. Et il vaut mieux tôt
que tard.
Ceci
étant dit, M. le Président… Et je comprends la demande de report, mais je
comprends moins bien le fait que cette
demande de report là permet justement de s'exprimer en cette Chambre et de dire
les choses telles qu'elles sont. La question
qu'il faut se poser : Pourquoi en sommes-nous arrivés aujourd'hui, depuis
le printemps et jusqu'à aujourd'hui, à discuter, donc, de l'abolition du
montant de transition chez les députés qui quittent sans raison valable leur
siège à l'Assemblée nationale? Bien, écoutez, il y en a plusieurs, M. le
Président. Je pense que c'est une accumulation de gestes posés par l'ancien gouvernement libéral, une accumulation de
gestes qui ont fait qu'on a culminé, à un moment donné, à un point de non-retour
où les Québécois et les Québécoises nous ont dit : Vous devez changer
votre façon de faire à plusieurs égards,
notamment avec l'abolition de la prime de départ pour départ injustifié d'un
député de son siège à l'Assemblée nationale.
le Président, — vous me
voyez venir, parce qu'on s'en est parlé il n'y a pas tellement longtemps — je veux juste rappeler, hein, qu'il y
a eu des gestes qui ont été posés par l'ancien gouvernement libéral, des gestes
totalement inacceptables, et qui ont amené à
cette apothéose, à ce cumul où la population n'est plus capable et quelle veut
qu'on pose les gestes concrets. Je vous rappellerai, M. le Président, le
scandale des post-it, hein? Rappelons-nous le scandale des post-it, où certaines personnes liées au financement
du Parti libéral du Québec ont joué d'influence dans le processus de nomination des juges. Par ce geste d'un
gouvernement en place, du Parti libéral, le gouvernement libéral est venu
fragiliser, d'une certaine façon, M. le Président…
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Une question de règlement, M. le député de
Berthier. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Moreau :
Question de règlement.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Juste un instant. J'aimerais entendre la question
de règlement du leader de l'opposition officielle.
M. Moreau :
…pertinence, là. Et d'abord il nous cite une commission dont les conclusions
sont tout à fait l'inverse de ce qu'il vient
de dire, d'une part. Et il devrait être respectueux des commissions. Son nom,
lui, est sorti à la commission
Charbonneau, hein? Et ce qu'il a fait, là, il a corrigé la situation puis il
est venu dire… il est venu s'expliquer. Alors, il ne faudrait pas qu'il fasse avec une autre commission ce qu'il
ne voudrait pas qu'on fasse avec son propre nom.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. M. le leader adjoint du gouvernement.
Traversy : M. le Président, je comprends que c'est un sujet
sensible pour l'opposition officielle actuellement, là. Le député de
Berthier faisait simplement la nomenclature de divers événements qu'on a connus
par le passé, qui vient appuyer, dans le fond, ses propos
et son argumentaire dans le cadre, là, de la discussion que nous avons pour les indemnisations de départ. À aucun moment il
n'y a aucun propos antiparlementaire qui a été fait. Aucune intention
n'a été prêtée. Je comprends que, des fois, la vérité peut être choquante, mais
il faut aussi être capable de l'accepter.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
M. le leader le l'opposition officielle.
M. Moreau :
Le leader adjoint du gouvernement a parfaitement raison, la vérité, ce n'est
pas choquant. Ce qui est choquant, c'est de dire le contraire de la
vérité, et c'est ce que le député est en train de faire lorsqu'il cite une commission d'enquête dont les conclusions sont à
l'effet qu'il n'y a aucune preuve qu'il y a eu une influence politique
dans la nomination des juges. Et c'est fait aujourd'hui, alors qu'il y a une
motion unanime de l'Assemblée nationale pour féliciter
l'indépendance judiciaire des juges de la Cour du Québec. Franchement, vous
avez trouvé votre journée pour dire une ineptie. Bravo!
Vice-Président (M. Ouimet) : Très bien. Dernière intervention,
parce que je m'apprête à rendre ma décision. M. le leader du
gouvernement.
Traversy : M. le Président, écoutez, là, c'est l'interprétation
du leader de l'opposition. Par contre, vous savez que nos articles sont
très clairs concernant le fait d'accepter ou de refuser la parole d'un député
en cette Chambre. Moi, j'ai compris que le
député de Berthier voulait faire la nomenclature des événements passés. Je
comprends que ça peut choquer.
Maintenant, pour l'interprétation, là, je crois qu'il doit accepter la bonne
foi et la parole de notre collègue ici, en cette Chambre. Merci.
Vice-Président (M. Ouimet) : Bien. Alors, écoutez, je reconnais
la grande sagesse de notre collègue député de Berthier. Je l'invite à
revenir au sens du projet de loi n° 33 et à la motion de report sur les
conditions de travail des députés, c'est l'objet qui est devant nous
aujourd'hui. M. le député de Mercier… de Berthier.
Villeneuve : Merci, M. le Président. Alors, écoutez, ce que je
viens de dire, c'est exactement ce que j'ai dit lors de mon intervention précédente, M. le Président.
Si l'opposition ne veut pas le réentendre, elle avait juste à ne pas
déposer de demande de report, finalement, du
projet de loi n° 33 aux calendes grecques, tout simplement. Alors, bien,
voyez-vous, on dit souvent que,
lorsqu'on touche à quelque chose, quand ça fait mal, il y a toujours une part
de vérité, M. le Président.
Il faut se rappeler, M. le
Président, autre point… Parce que c'est un ensemble d'éléments qui ont mené à
une perception, hein, de la population par
rapport au gouvernement qui était en place à l'époque, qui a amené un cumul.
Et je vais y aller tranquillement, un
morceau à la fois, M. le Président. Deuxième point, rappelons-nous l'attaque en
règle de deux ministres du gouvernement contre les représentants de la
commission électorale du Québec dans le cadre de la révision de la carte électorale, M. le Président. Et là je vais faire
court parce qu'encore une fois je vais manquer de temps, M. le
Président, je ne pourrai pas, malheureusement, amener tous les points.
Alors,
c'est M. Blanchet : «En quittant son poste en décembre 2010, M.
Blanchet avait fustigé les ministres et soutenu que le Directeur général
des élections, comme institution, avait perdu de son indépendance par rapport
au pouvoir politique.» Et il dit ceci : «"Ils m'avaient insulté moi
et l'institution. On ne méritait pas ça, [répétait-il] hier. On avait un devoir à faire, une mission à accomplir.
C'est ce qu'on a fait avec le plus grand sérieux du monde, le plus grand
professionnalisme..."»
Encore une fois, M. le Président,
un gouvernement au pouvoir, par la bouche de ses ministres, vient tenter de
fragiliser nos institutions par des interventions, comme ils l'ont fait devant
le Directeur général des élections lors du redécoupage de la carte électorale.
Autre point,
M. le Président, rappelons-nous la rallonge de 75 000 $ du premier
ministre, M. Jean Charest, sur son salaire
de premier ministre, payée à même la caisse du Parti libéral. Hein, on… Et ce
même parti, il faut le dire, ce même… je pense que ce même parti, il n'y
a pas tellement longtemps, en juillet, là, quand on parle du…
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Question de règlement. M. le leader de l'opposition officielle.
M. Moreau :
M. le Président, ce matin, c'était le leader du gouvernement qui ne se rendait
pas aux directives de la présidence. Là, on a le député qui parle, qui
ne se rend pas aux directives que vous veniez tout juste d'émettre. Peut-être a-t-il une difficulté d'audition ou de
compréhension, je ne sais pas, entre l'un ou l'autre, mais le signal que
vous lui avez envoyé était très clair,
c'est-à-dire d'avoir des propos qui sont en lien avec la motion de report; et,
sur la pertinence, vous l'avez
rappelé à l'ordre déjà une fois. Je pense que le respect des institutions, M.
le Président, commande une chose, c'est que les députés en cette Chambre
se conforment aux directives émanant de la présidence, ce qu'il ne fait pas.
que je vous invite à faire, donc, M. le Président, c'est d'indiquer au député
ce que vous entendez faire s'il ne se conforme
pas aux directives que vous lui avez données à l'égard de la pertinence. La
présidence a des recours : vous pouvez le rappeler à l'ordre, vous pouvez même conduire jusqu'à l'expulsion
d'un député s'il ne se conforme pas à vos directives.
Il y a une question de respect
non seulement de l'institution que vous représentez, mais de l'ensemble des
collègues qui sont en cette Chambre. Le député sait pertinemment que les propos
qu'il tient à l'heure actuelle n'ont aucun lien avec la motion dont nous
débattons et il continue de s'y complaire. Ça, c'est fait en toute connaissance
de cause. L'infraction
au règlement de l'Assemblée nationale faite en toute connaissance de cause doit
nécessairement amener une sanction, M. le Président, et je vous
demanderais de l'indiquer au député qui a la parole à l'heure actuelle.
Le Vice-Président (M. Ouimet) :
Alors, merci, M. le leader de l'opposition officielle. M. le leader adjoint du
gouvernement.
Traversy : M. le Président, je suis quand même étonné
d'entendre le leader de l'opposition officielle nous faire des reproches à cet égard, concernant
notamment l'article 211, qui est celui de la pertinence. Vous savez qu'il
y a différents jugements qui ont été rendus par vos prédécesseurs
donnant une certaine marge de manœuvre, puis devant regarder l'ensemble du discours global, et permettant aussi au député de
pouvoir faire des comparatifs et des énumérations et mettre en contexte
aussi les discussions qui sont actuellement en cours en cette Chambre.
me semble que, de ce côté-ci, on est très patients. Et, pour être au salon bleu
avec vous, M. le Président, à chaque jour que notre salon est ouvert ou
presque, là, je peux vous dire qu'on fait preuve d'une patience exemplaire de
la part des députés de l'opposition
officielle. Et de voir que la mèche soit aussi courte de la part du leader de
l'opposition à l'égard de nos députés, je
trouve que ça, c'est un manque de respect et qu'il devrait peut-être être
capable de prendre un peu, là, le gaz égal, puis de faire la part des
choses, puis de trouver un juste milieu dans ses interventions.
Jusqu'à
présent, le député de Berthier, effectivement, parle de différents sujets qui
touchent, en
partie ou d'une façon… indirectement, au projet qui est
actuellement en cours, soit l'indemnisation de départ des députés. Je vous
demanderais de faire un petit peu preuve de patience, de le rappeler peut-être,
des fois… dans un contexte global et non de regarder simplement les dernières
30 secondes de ses interventions.
Vice-Président (M. Ouimet) :
Bien, toujours sur la question de règlement, M. le leader de l'opposition
officielle.
M. Moreau :
S'il y a une chose qui est courte, M. le Président, ce n'est pas ma mèche,
c'est la profondeur des propos du député de Berthier, à l'heure
actuelle, et leur peu de lien qu'il y a avec le débat.
leader adjoint du gouvernement cite l'article 211. Je lui rappellerai que
nous sommes à l'intérieur d'un débat qui s'inscrit dans l'adoption du
principe du projet de loi, et l'article 239 nous dit que le débat porte
exclusivement sur l'opportunité du projet de loi. Loin s'en faut de trouver un
lien entre ça et les propos du député de Berthier, à l'heure actuelle, qui, je le réitère, fait fi de la
directive très claire que vous lui avez donnée. C'est un pli que l'on retrouve
du côté gouvernemental. L'exemple vient de haut, du leader du
gouvernement lui-même. J'aimerais que vous indiquiez au député quelles sont les
conséquences de ne pas suivre vos directives.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Merci. Alors, ce sera la dernière intervention,
M. le leader adjoint du gouvernement.
Traversy : Merci, M. le Président. Donc, le leader de
l'opposition officielle fait part de ses intentions, là, de revendiquer l'article 239 de notre règlement
concernant l'objet portant sur les débats. Dans une décision rendue par
un de vos prédécesseurs, M. William Cusano,
en 2005, M. le Président, on faisait état de la chose suivante et d'une
décision rendue dans le contexte qui est précisément celui que nous vivons
actuellement, et qui disait ceci : «…la règle de la pertinence — dans le cadre de l'article 239 — doit recevoir une interprétation large lors
de l'adoption de principe d'un projet
de loi, et, dans le doute, elle doit être interprétée au bénéfice de l'orateur.
Toutefois, il est reconnu que les digressions abusives sont interdites,
et, même s'il est permis d'aborder [quand même] certains principes généraux, il
faut revenir au contenu du projet de loi en
discussion — ce que
mon collègue de Berthier fait depuis le début — [et] aux buts du projet de loi et aux
moyens d'atteindre les mêmes fins.»
Donc,
il faut garder une certaine latitude. Je crois que le député de Berthier est
parfaitement dans la zone de confort qui a été rendue par la décision de
votre collègue il y a déjà quelques années puis je vous demanderais de prendre
une décision favorable à cet égard.
Vice-Président (M. Ouimet) : Bien. Alors, ce que je constate,
un, c'est que le temps de notre collègue député de Berthier file avec
ces questions de règlement. Je vous dis que les deux leaders ont raison, à la
fois le leader adjoint du gouvernement, sur le sens large qu'on doit donner à
la règle de la pertinence, mais le leader de l'opposition officielle également, qui nous dit qu'on doit
quand même parler du sujet qui est devant nous : la rémunération des
députés et les conditions de travail.
Donc,
pour le reste, laissez la présidence apprécier les propos tenus par le député
de Berthier, et j'invite le député de Berthier à s'en tenir au texte qui
est devant nous, la motion de report sur le projet de loi.
Villeneuve : Oui. M. le Président, c'eût été intéressant que les députés de l'opposition aient porté attention à mes propos en début d'ouverture de mon
intervention, M. le Président, parce que je faisais mention du fait que, si, aujourd'hui, nous traitons d'un projet de
loi, le projet de loi n° 33, hein… Quand on dit d'abolir l'allocation de
transition à un député qui démissionne en cours de mandat pour des raisons,
hein, qui sont plus ou moins valables, bien, il y a une raison à ça. On n'est pas ici, à l'Assemblée nationale, en
train de traiter d'un dossier sans raison aucune. On n'a pas ramassé ça dans un chapeau, là, hein? C'est parce que
la population nous interpelle puis parce que,
si on regarde l'histoire, il y a eu des gestes qui ont été posés par l'ancien gouvernement, M. le Président, des gestes qui peuvent parfois avoir une
certaine perception négative de la population, et ces gestes-là, malheureusement,
hein, ont conduit la population à un ras-le-bol, et aujourd'hui
on se voit nécessairement obligés de poser des gestes concrets qui vont venir
répondre à ce ras-le-bol-là, M. le Président.
Donc, je vais aller plus vite, effectivement. Merci,
M. le Président de protéger mon temps d'intervention. Je comprends que les leaders échangent entre eux, et,
comme vous disiez si bien, les avis des uns, les avis des autres peuvent
se valoir, à certains égards. Donc, je vais passer immédiatement à l'autre
point, M. le Président.
Rappelons-nous,
en 2008, démission du ministre de la
Santé, M. Philippe Couillard. À peine deux mois plus tard, toujours M. Philippe Couillard… D'ailleurs, on ne
sait pas où il se trouve. Il est peut-être quelque part dans le
parlement, il faudrait faire une recherche.
Donc, à peine deux mois plus tard, l'ancien ministre de la Santé est recruté
par une firme, après avoir
démissionné, là, la firme Persistence Capital Partners, un fonds
d'investissement privé en santé. Il faut se rappeler, M. le Président, que, tout juste avant sa
démission, l'ancien ministre de la Santé, M. Philippe Couillard, a participé,
avec les membres du Conseil des ministres d'alors, à l'adoption de sa propre
recommandation à deux modifications à des règlements
favorisant les cliniques privées. Voyez-vous, des gestes comme ça qui sont
posés par un gouvernement en place, des gestes comme ça qui sont posés
font en sorte que la population — je vous le disais l'autre jour — regarde
l'institution fonctionner et se pose de
sérieuses… problèmes. Et ça vient, dans la perception des gens, fragiliser,
finalement, cette nécessaire intégrité dont nous devons faire preuve, dont un
gouvernement doit faire preuve, dont tout individu, M. le Président, doit faire
preuve.
Malheureusement, on constate que la série de
gestes qui ont été posés par l'ancien gouvernement nous amènent aujourd'hui à traiter du projet de loi n° 33. J'invite, M.
le Président… Et je m'arrête, parce que j'en aurais pendant des heures. C'est triste qu'on ne puisse pas
déposer une autre motion de report ou qu'ils ne puissent pas le faire,
parce que ça ferait encore plus mal.
Écoutez, on a énormément de choses à pouvoir dire à l'opposition officielle, M.
le Président. J'invite, M. le
Président, les membres de la première opposition, du Parti libéral, à embarquer
avec nous dans le train de l'intégrité.
Et ça permettrait, M. le Président, de redonner confiance en nos institutions.
Les citoyens en ont grandement besoin, M. le Président.
Alors, je
termine en vous remerciant, M. le Président, pour vos sages décisions à mon
égard, comme vous le faites vaillamment et brillamment avec l'ensemble
des députés en cette Chambre, M. le Président. Merci beaucoup.
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le député
de Berthier, pour votre intervention. M. le député de Beauce-Sud, je
vous cède la parole.
M. Dutil :
Merci, M. le Président. Alors, nous sommes sur la motion de report du projet de
loi n° 33, et je pense qu'il y a lieu d'apporter plusieurs
explications sur les raisons qui nous motivent à faire ça. Je tiens d'abord à
refaire l'historique de ce projet de loi là.
Nous avons eu plusieurs projets
de loi avec le ministre des Institutions démocratiques à date et nous avions mentionné notre accord sur les principes de ces
projets de loi là, que ce soit sur le financement des partis politiques,
sur les votes dans les établissements scolaires ou les élections à date fixe.
Et ces trois projets de loi là ont été adoptés. Maintenant, comme le
mentionnait le député de Berthier, le projet de loi n° 33 existe, à tout
le moins dans la tête du ministre, depuis
longtemps, il nous en avait fait part dès l'automne 2012, dès après
l'élection. Il nous avait fait part de son intention de présenter un tel projet de loi, et nous avions déjà
mentionné à ce moment-là — et je pense que cethistorique-là
est bien important — nous avions…
j'avais personnellement mentionné, dès le mois de janvier 2013,
qu'il m'apparaissait incongru, sinon
inacceptable que les députés décident eux-mêmes de leurs conditions de travail.
Je pense que le principe même de ça — et, de mon expérience, je l'ai
vu dans les municipalités, je l'ai vu ailleurs — est très clairement compris de la population quand on le
leur demande. Quand on demande à la population : Trouvez-vous
normal que ce soient les députés eux-mêmes qui décident de leurs conditions de
travail? La réponse est : Vous décidez vous autres mêmes de vos conditions
de travail? Bien sûr que non, ça ne devrait pas se produire de cette façon-là.
Donc,
j'avais, suite à une interview avec un journaliste, parlé de ma conviction
personnelle, qui était : on ne devrait pas se retrouver dans cette situation-là. Et ça avait été publié dans
les journaux, et, suite à cela, il y a eu un débat dans notre caucus, et on a convenu qu'effectivement il y
aurait lieu d'avoir un comité totalement indépendant qui viendrait se
pencher sur l'ensemble des conditions de
travail de député de façon à nous sortir de… Le député dit que ce n'est pas un
conflit d'intérêts. On pourrait trouver une autre façon de le nommer, mais la
perception de la population, c'est que c'est un conflit d'intérêts.
Évidemment,
là, ce n'est pas notre cas à nous tout seuls, c'est le cas des
125 députés, c'est le cas de l'Assemblée nationale, c'est le cas
des futurs députés qui viendront. On comprend bien ça. Mais la perception de la
population, c'est : ce n'est pas normal
que vous décidiez vous-mêmes de vos conditions de travail. Et la perception,
c'est que, si vous le faites, c'est
sûr que c'est incorrect. Quels que soient les gestes que nous posions, puisque
c'est nous qui les posons et que ça nous
concerne, c'est considéré automatiquement par la population comme étant
«tricky», hein, comme étant incorrect, et donc pipé. On peut cacher des
choses qui sont incorrectes, parce que ça sert nos intérêts.
Et donc on a
cheminé avec cette idée-là. Le caucus du Parti libéral l'a amenée dès le mois
de février. Les autres formations politiques, la CAQ et le Parti
québécois, se sont dites plutôt d'accord avec ça. D'ailleurs, si vous me
permettez, je vais citer le ministre lui-même, qui,
le 21 février 2013, a dit : «On est loin d'être fermés à la
création d'un comité indépendant pour faire l'évaluation de la rémunération des élus», fin de la citation. Je cite une
autre chose de ce même ministre : «Mais je
pense que c'est important d'avoir le point de vue des premiers concernés, mais ça ne peut pas être que des députés, ça, c'est clair, parce
qu'on est des mauvais juges sur cette question-là», fermez
la parenthèse. Donc, le ministre convient
qu'on est des mauvais juges sur la question de décider de notre propre
rémunération.
Et, dernière
citation : «On est prêts à s'asseoir avec les autres partis pour voir
comment on pourrait regarder la question
de la rémunération dans son ensemble, a-t-il dit en entrevue. Maintenant, notre
priorité reste l'abolition des primes pour
les députés qui quittent avant la fin de leur mandat. [...]Il
faut faire ça sérieusement, on ne fera pas ça sur un coin de table, a-t-il dit. Visiblement, la CAQ réagit à
notre proposition sur les primes de départ.» Voilà. Et c'est là qu'est, à
mon avis, toute l'incohérence du ministre dans ce débat-là.
Et il nous dit qu'il est d'accord avec un comité
indépendant, il nous dit qu'il comprend qu'on est en conflit d'intérêts, qu'on ne devrait pas l'être, mais il
nous met dans une situation de conflit d'intérêts en poussant un projet
de loi qui, de façon très parcellaire, cible
un des éléments de la rémunération des députés, ce avec quoi on ne s'est jamais
dit en désaccord. On ne dit pas que nous sommes en désaccord avec le projet de
loi et son contenu. Ce que l'on dit, c'est qu'on est en désaccord que ce soit
nous qui en décide, tout simplement. Et, ceci étant, le ministre a cessé d'appeler le projet de loi n° 33.
Ça m'amène à
une autre remarque que faisait le député de Berthier et…
qui nous dit que nous faisons tout ce qu'il faut, tout ce que l'on peut
faire pour empêcher l'adoption de ce projet de loi, ce qui est totalement faux.
Nous en sommes à l'adoption de principe. Il
est important que les citoyens comprennent qu'à l'adoption de principe, chaque
député n'a le droit qu'à un droit de parole de
20 minutes. Il ne peut pas parler plus de
20 minutes et il ne peut pas parler une deuxième fois. Et le projet de loi a été appelé si peu souvent que nos députés n'ont pas parlé 20 minutes. Tous
nos députés n'ont pas parlé. Donc, si
le ministre avait vraiment voulu faire adopter ce projet de loi là, il aurait
fait ce qu'il nous a fait dans les
autres projets de loi, d'une façon incongrue,
entre autres sur les élections à date fixe, où le ministre trouvait bien
important de faire passer un projet de loi
d'élections à date fixe — même si la première ministre semble envisager de faire des élections en violant
sa propre loi, là — il a fait ce qu'il fallait pour
faire avancer ce projet de loi, alors qu'il ne l'a pas fait dans le
projet de loi n° 33. Il ne l'a pas appelé. Il avait d'autres priorités,
semble-t-il.
Nous avons
compris, nous, qu'en n'appelant pas le projet de loi n° 33 le ministre
semblait cheminer vers un comité indépendant et a accepté notre
argumentation là-dessus. Donc, il a cessé, à partir
du mois… je pense, à peu près à la mi-mai, de