Health and Social Services — 13 June 2017 (41st Legislature, 1st Session)
CSSS 2017-06-13
Quebec — Committees
(Quinze heures quarante-sept
minutes)
Président (M. Merlini) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Ayant constaté le quorum, je déclare donc la
séance de la Commission de la santé et des services sociaux ouverte. Je demande
donc à toutes les personnes dans la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine
de bien vouloir éteindre tous les
sonneries et avertisseurs de tous leurs appareils électroniques.
La commission est réunie afin de procéder à
l'étude... poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 99, Loi
modifiant la
Loi sur la protection de la jeunesse et d'autres dispositions.
Mme la secrétaire, y a-t-il des remplacements
cet après-midi?
Secrétaire : Oui, M. le Président. Mme Sauvé (Fabre) est
remplacée par M. Birnbaum (D'Arcy-McGee) et M. Paradis (Lévis) est
remplacé par M. Schneeberger (Drummond—Bois-Francs).
Le Président (M. Merlini) : Merci
beaucoup, Mme la secrétaire.
Lors de l'ajournement de nos travaux, le
vendredi 9 juin dernier, nous étions à l'étude de l'article 79 et nous avions eu des discussions hors micro sur l'article 79.
Je vous rappelle que l'article 1 est suspendu. Mme la ministre, la
parole est à vous au sujet de l'article 79.
Charlebois :
Bien, merci, M. le Président, vous êtes exactement là où on avait arrêté nos
discussions. On a fait des vérifications,
parce que le député de Saint-Jean nous avait fait des propositions. Alors, j'ai
un autre amendement à lui suggérer,
qui va peut-être répondre à sa suggestion ou, en tout cas, à sa préoccupation.
Et, je ne sais pas, est-ce que c'est déposé? Ça va être déposé?
Le Président (M. Merlini) : Non.
Vous en faites la lecture, et ensuite on fait la distribution.
Charlebois : J'en
fais la lecture d'abord? Bien, merci de me rappeler à l'ordre, merci beaucoup.
Alors, ce que
je propose à l'article 79 du projet de loi, c'est d'ajouter, à la fin du
deuxième alinéa de l'article 312 de la
Loi sur les services de
santé et les services sociaux, proposé par l'article 79 du projet de loi,
la phrase suivante :
«Dans le cadre de son évaluation, l'établissement
prend notamment en considération le lien significatif qu'a l'enfant avec cette
ou ces personnes.»
Président (M. Merlini) :
Alors, on va faire la distribution, et, pendant qu'on fait la distribution de
la copie, je vous demanderais bien de vouloir expliquer votre proposition
d'amendement, Mme la ministre.
Charlebois : D'accord. Alors, ce que je veux vous dire, M. le Président, c'est que cet amendement-là vise à
préciser l'un des éléments qui doit
être pris en compte lors de l'évaluation par l'établissement, soit le lien significatif de l'enfant ayant
été confié à la ou aux personnes faisant l'objet de l'évaluation. D'autres
éléments sont considérés, par exemple la
capacité d'offrir le soutien requis
par la condition de l'enfant et la capacité de collaborer avec les
intervenants — excusez-moi,
je vais éternuer, je pense — qui assurent le suivi
professionnel de l'enfant — ça
va être correct.
Alors, ce que
je veux dire, M. le Président... Je suis désolée pour la caméra, pour ceux qui
nous regardent. En fait, ce que je
veux dire, c'est que ce n'est pas au juridique, c'est dans la pratique que la
définition va se faire, du lien significatif. Ce n'est pas dans le
juridique qu'on fait ça.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce que j'ai des interventions à l'amendement de Mme la
ministre? M. le député de Saint-Jean.
Turcotte : Merci,
M. le Président. C'est un pas dans la bonne direction, sachant que, suite à ma
lecture de l'article 79, je considérais
que ce n'était pas... il y avait une
partie de définition, mais ce n'était pas
si clair que ça, la différence entre
une famille d'accueil conventionnelle, là, régulière et une famille d'accueil
de proximité. La ministre nous avait
expliqué, à l'époque... bien, à l'époque, la semaine passée, l'ajout, là, d'un
enfant nommément désigné, donc, qui ajoutait
le fait de... famille de proximité touchait un enfant spécifique, et non pas
des enfants qui n'ont pas nécessairement un lien avec une famille en particulier. Bon, ça ajoutait quelque chose,
mais, suite aux échanges, la ministre elle-même disait : Bien, il faudrait ajouter une notion du lien significatif.
Donc, elle l'ajoute dans l'amendement qu'elle propose.
Mais
la discussion que nous avons eue lors de la suspension, et que nous avons
réfléchie durant la fin de semaine sur
cette question-là, c'est... La ministre, au fond, l'ajoute suite à
l'évaluation, donc le lien significatif devient en quelque sorte un critère dans
l'évaluation du choix de la famille. Moi, j'aurais davantage vu que ce lien
significatif aurait dû être qualificatif
du lien entre un enfant nommément désigné et la famille, donc ajouter la notion
du lien significatif davantage à la fin du deuxième alinéa, un peu
comme, d'ailleurs, dans le Cadre de référence des ressources intermédiaires,
là, au
chapitre III, page 49. Je
crois que la ministre l'a devant elle. Elle va pouvoir l'utiliser à bon
escient. Il y a une explication d'une
famille d'accueil de proximité. On y dit : «La famille d'accueil exerce
ses activités auprès d'un enfant qui lui est confié en raison de liens significatifs déjà présents entre cet enfant
et la ou les personnes physiques constituant la ressource, dans l'esprit de l'article 4 de la
Loi sur la
protection de la jeunesse. Plus d'un enfant pourrait être accueilli,
notamment une fratrie.» Moi, je trouve que
ça, c'est clair. Là, on voit tout de suite c'est quoi, une famille d'accueil de
proximité. Je peux comprendre aussi
que ce n'est peut-être pas un langage juridique, mais le lien est quand même
clair entre l'enfant et la famille, plutôt qu'un critère dans le choix
de la famille pour cet enfant.
Donc,
l'amendement proposé par la ministre n'est pas inintéressant, mais, selon moi,
il se mériterait d'être plus clair.
Et, bon, on ne fera pas une bataille de tous les instants sur cette
question-là. Cependant, je crois que lorsqu'il y aura renouvellement de
la
Loi sur la protection de la jeunesse, peut-être, dans un autre 10 ans
ou 15 ans... je crois qu'une instance comme le Barreau du Québec
demandera, à ce moment-là, de clarifier davantage cette notion-là, comme ils l'ont fait sur un certain nombre de notions qu'on
aura l'occasion de revenir lorsqu'on en reviendra à l'article 1. Mais,
bon, je voulais quand même le mentionner, que ce n'est pas à notre
satisfaction. On ne votera pas contre l'amendement, mais je voulais quand même le spécifier, que ce n'est pas notre
proposition initiale. Mais on va quand même se rallier à la décision de la ministre, sachant qu'ils ont quand
même fait une étude et une évaluation, et, bon, les juristes semblent
dire que c'est le bon endroit. Donc, on va se fier à leurs lumières et à leur
éclairage.
Le Président (M.
Merlini) : Merci beaucoup, M. le député de Saint-Jean. Mme la
ministre.
Charlebois :
Moi, je n'ai pas d'autre commentaire, M. le Président.
Le Président (M.
Merlini) : Ça va? M. le député de Drummond—Bois-Francs.
Schneeberger : Étant donné qu'on définit justement la
famille de proximité, je veux savoir s'il y a à quelque part dans le projet de loi où est-ce qu'on parle
des conditions, au niveau des conditions de travail des... et surtout au
niveau des dépenses qui sont allouées à
l'enfant. Parce que moi, j'ai déjà entendu, des fois, pour avoir parlé avec des
personnes, dépendamment du statut de
l'enfant, là, il y a des dépenses, des fois, qui vont être allouées par la
protection de la jeunesse, puis il y
en a qui ne le seront pas, puis ça va être à la famille de payer pour. Est-ce
qu'à ce moment-là on vient, justement, plus uniformiser les allocations
qui sont allouées aux enfants?
Mme Charlebois :
Bien, c'est...
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Excusez-moi, M. le Président, je vous ai devancé, hein? Je suis trop rapide
tout le temps.
Le Président
(M. Merlini) : Je vous en prie.
Mme Charlebois :
Il va falloir que vous me ralentissiez. Je suis comme un peu hyperactive
aujourd'hui, je suis électrisante.
Alors, c'est
justement ça, à l'article 1, qu'on va revenir, là, qu'on va faire, c'est
justement de rappeler que les conditions d'exercice, la rétribution des
familles d'accueil sont prévues dans d'autres lois, dans d'autres documents
administratifs, et ça va être plus uniformisé pour tout le monde, justement.
C'est ça qu'on vient faire.
Le Président
(M. Merlini) : Merci, Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Mais ce n'est pas à 79 qu'on règle ça.
Le Président
(M. Merlini) : Ça va?
M. Schneeberger :
Oui.
Président (M. Merlini) : Est-ce qu'il y a d'autres interventions
sur l'amendement à l'article 79? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Oui, M. le Président. Ça m'a un peu... Je voulais dire plusieurs choses en même
temps, mais peut-être que la ministre n'a
pas entendu le libellé. Mais j'aurais aimé ça entendre son opinion sur la
définition qui est proposée dans le
Cadre de référence sur les ressources intermédiaires, ressources de type
familial, au
chapitre III, page 49, sur les familles d'accueil de proximité, qui dit : «La famille
d'accueil exerce ses activités auprès d'un enfant qui lui est confié en raison des liens significatifs déjà
présents entre cet enfant et la ou les personnes physiques constituant la
ressource, dans l'esprit de l'article 4
de la
Loi sur la protection de la jeunesse. Plus d'un enfant pourrait être
accueilli, notamment une fratrie.»
Le Président
(M. Merlini) : Mme la ministre.
Mme Charlebois :
Bien, ça, c'est dans le cadre de référence, puis j'en ai une copie ici, mais il y a tout un bouquin. Le cadre de référence, c'est toujours ajusté, hein? Ça n'a rien à voir avec la loi.
C'est dans la pratique que les intervenants peuvent peaufiner ça. Et c'est justement des spécialistes qui
s'organisent pour que les enfants aient les bons services aux bons
endroits, mais de façon à ce qu'on ne brime pas... On essaie d'avoir le
meilleur environnement pour l'enfant. C'est ça qu'on cherche.
Le Président (M. Merlini) :
Merci, Mme la ministre. M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Je suis tout à fait d'accord avec la ministre. Le contraire serait problématique. Cependant, moi, je trouve que c'est quand même une
très bonne définition.
Le Président (M. Merlini) : Mme la
ministre.
Mme Charlebois :
Bien oui, mais c'est dans le cadre de référence.
M. Turcotte :
Donc, pourquoi ne pas s'inspirer de ce texte pour le mettre dans la loi?
Le Président (M. Merlini) : Mme
la ministre.
Mme Charlebois : Parce
que ça, c'est un guide clinique,
c'est dans la pratique. Il y a la loi, puis il y a le guide clinique pratique, mais... Je comprends que votre adjoint n'est pas d'accord, mais c'est ce que je propose. Et là je
propose, M. le Président, que nous passions au vote.
Le Président (M. Merlini) : Merci,
Mme la ministre. Est-ce que j'ai d'autres interventions? M. le député de Saint-Jean.
M. Turcotte :
Bien, premièrement...
Mme Charlebois :
Pardon?
M. Turcotte :
J'ai dit «premièrement».
Mme Charlebois :
Non, c'est votre compagnon, là. J'ai entendu quelque chose.
Une voix : Je n'ai rien dit,
mais...
Le Président (M. Merlini) : S'il
vous plaît! S'il vous plaît! On évite les interpellations, là. M. le député de
Saint-Jean.
M. Turcotte :
Premièrement, M. le Président, j'aimerais rappeler à la ministre que c'est comme parlementaires qu'on s'exprime
ici, donc elle peut me poser des questions, mais c'est quand même moi, le porte-parole...
Président (M. Merlini) :
D'abord, d'abord, vous allez me permettre d'interrompre cette
discussion pour vous rappeler qu'on s'adresse d'abord à la présidence.
M. Turcotte : Ah! bien, justement, encore mieux, M. le Président. Donc, je comprends que, bon, la ministre peut ne pas partager
l'opinion de notre parti politique.
Cependant, j'ai aussi le droit... Et
vous comprendrez que l