Culture and Education — 19 April 2016 (41st Legislature, 1st Session)
CCE 2016-04-19
Quebec — Committees
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci. Alors, bon matin à tous. À l'ordre, s'il
vous plaît! Ayant constaté le quorum, je
déclare la séance de la Commission de la culture et de l'éducation ouverte. Je
demande à toutes les personnes dans la salle de bien vouloir éteindre la
sonnerie de leurs appareils électroniques.
commission est réunie afin de procéder à l'étude du volet Éducation primaire et
secondaire des crédits budgétaires du portefeuille Éducation et
Enseignement supérieur pour l'exercice financier 2016‑2017.
M. le secrétaire, y
a-t-il des remplaçants?
Le Secrétaire :
Oui, Mme la Présidente. M. Fortin (Pontiac) est remplacé par
M. Plante (Maskinongé); M. Cloutier
(Lac-Saint-Jean) est remplacé par Mme Léger (Pointe-aux-Trembles); et Mme
Hivon (Joliette) est remplacée par M. Bergeron (Verchères).
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci. Nous allons débuter par des
remarques préliminaires puis nous allons procéder à une discussion
d'ordre général par des blocs d'environ 20 minutes, incluant les questions
et les réponses. La mise aux voix des crédits sera effectuée à la fin de
l'étude de ce volet.
Nous allons débuter,
donc, avec des remarques préliminaires. M. le ministre, vous disposez de
17 minutes. Alors, la parole est à vous.
M. Proulx :
Merci, Mme la Présidente. Je veux saluer les collègues de l'opposition
officielle et de la deuxième opposition qui sont présents, mes collègues
parlementaires du groupe ministériel. Je veux saluer également les gens qui vous accompagnent, Mme la Présidente, les gens
de mon cabinet, les gens du ministère qui sont avec moi, que je salue également. Je veux également profiter de
l'occasion qui m'est offerte pour souhaiter un prompt rétablissement au
député de Lac-Saint-Jean, qui, je lisais
cette fin de semaine, avait eu des petits problèmes de santé. J'avais cru
remarquer, durant la commission
parlementaire sur le projet de loi n° 86, lors des consultations, qu'il
avait lui aussi un vilain mal de gorge, qui, malheureusement, ne s'est
pas bien guéri. Alors, on va lui souhaiter un prompt rétablissement avant son
retour.
Alors,
Mme la Présidente, nous entreprenons aujourd'hui l'étude des crédits 2016‑2017
du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, volet
Éducation primaire et secondaire. Il s'agit d'un exercice important qui nous permet d'exposer nos dossiers prioritaires pour la
prochaine année et de démontrer que les sommes qui nous sont confiées
seront utilisées de façon optimale pour favoriser la réussite du plus grand
nombre d'élèves. Je suis donc très heureux d'y prendre
part cette année.
Nous
sommes tous d'accord sur le fait que l'éducation et la qualification sont des
leviers essentiels pour notre développement
et notre prospérité. Si notre société a connu une telle croissance au cours des
50 dernières années, c'est en raison
de l'accessibilité à l'école publique et donc à une éducation et à une
formation de qualité. Grâce à la vision des bâtisseurs qui nous ont précédés, le Québec a construit l'un des
meilleurs systèmes d'éducation au monde, et on souhaite les maintenir et même devenir le meilleur système
d'éducation au monde. Dans un monde en changement, bien sûr, l'école
donne aux jeunes des clés essentielles leur permettant de déployer leur plein
potentiel et dessiner non seulement leur avenir mais également celui de tout le
Québec.
Il y a deux ans,
notre gouvernement a choisi de se donner une marge de manoeuvre afin d'être en
mesure de réinvestir dans nos priorités, notamment dans notre grand projet
commun qu'est l'éducation. Nous avons adopté une ligne de conduite claire pour assainir les finances publiques et se
redonner les moyens de nos ambitions tout en maintenant le cap sur les
priorités, les acquis du système d'éducation. Prêchant par l'exemple dans ses
propres façons de faire, le gouvernement a
aussi appelé les acteurs du réseau scolaire à se relever les manches et à faire
preuve d'innovation pour qu'ensemble nous puissions accroître
l'efficience.
effet, lors de la dernière mise à jour économique présentée en novembre
dernier, notre gouvernement a annoncé un réinvestissement de
80 millions de dollars à tous les ordres d'enseignement, dont
70 millions particulièrement en éducation
préscolaire et en enseignement primaire et secondaire. En plus de cette somme,
20 millions de dollars répartis du préscolaire jusqu'au collégial
ont été injectés avant de la fin de l'année financière. Par la suite et après
avoir réussi à équilibrer le budget du
Québec pour une deuxième année consécutive, notre gouvernement a posé un autre
important jalon pour soutenir la
réussite du plus grand nombre d'élèves. L'enveloppe des dépenses du ministère
réservée à l'éducation s'accroît donc de
3 % cette année, passant de 16,7 milliards de dollars en 2015‑2016 à
17,2 milliards, tous ordres d'enseignement confondus.
Alors, tel qu'annoncé dans le dernier
budget par mon collègue ministre des Finances, Mme la Présidente, nous injectons 1,2 milliard de plus en éducation,
et, pour l'éducation préscolaire et l'enseignement primaire et secondaire,
la croissance de l'enveloppe s'élève à
339,5 millions de dollars. Ces sommes importantes injectées pour le
fonctionnement du réseau permettront de bonifier les services aux élèves. Ces
nouveaux investissements nous permettent également de concrétiser notre volonté
d'aller plus loin et d'élargir la portée de nos actions en éducation.
Cette
vision que nous voulons défendre pour les prochaines années s'incarne dans un
plan, le Plan pour la réussite en éducation et en enseignement
supérieur. Ciblant certaines interventions reconnues comme les plus efficaces
pour soutenir la réussite des élèves, ce
plan rejoint la préoccupation des acteurs du milieu et des parents. Il
s'articule autour de mesures nous
permettant d'agir tôt au bon endroit, de donner aux élèves le goût de réussir,
et de se dépasser, et de leur offrir, et c'est important, des milieux
d'apprentissage sains et stimulants.
plan prévoit notamment l'embauche de personnel spécialisé pour prévenir et
pallier directement les difficultés d'apprentissage,
et ce, dès la petite enfance. La recherche démontre en effet clairement qu'agir
tôt en matière d'apprentissage de la lecture améliore la réussite
scolaire, et c'est vrai en mathématiques et en sciences. Ces mesures du plan incluent l'accélération de l'implantation
de la maternelle quatre ans à temps plein, particulièrement en milieux défavorisés où le besoin est criant, le renforcement des ressources et des pratiques
dédiées à la réussite en lecture et en écriture pour les élèves du primaire ainsi que la mise en oeuvre
d'un programme d'éveil à la lecture dans les centres de la petite
enfance.
D'autres
mesures sont également prévues pour mieux accompagner les élèves qui présentent
des difficultés en mathématiques, en
sciences et en langues pour soutenir l'intégration en classe des élèves en
handicapés ou en difficultés d'adaptation ou d'apprentissage, et pour
favoriser la formation à distance, ainsi que l'accès à du matériel numérique,
notamment dans les petites communautés, Mme la Présidente.
pense aussi à la mise en oeuvre d'un programme, le programme Placement
Réussite, qui vise à développer de nouveaux
partenariats et appuyer des initiatives communautaires en matière de
persévérance et de réussite scolaire. J'aurai le plaisir d'annoncer les modalités de ce programme-là, Mme la
Présidente, dans les prochaines semaines. Dans un autre ordre d'idées, un appui supplémentaire de près de
13 millions de dollars a été accordé aux IRC, aux instances
régionales de concertation. Une annonce a
d'ailleurs été faite, dans les derniers jours, concernant ce dossier. Comme
vous le savez, le décrochage scolaire est un enjeu de tous les instants
dans toutes les régions du Québec. C'est important pour nous de soutenir les
IRC qui agissent directement dans le milieu en supportant les jeunes dans la
réussite scolaire.
Également,
des initiatives visant à donner aux jeunes le goût de réussir et de se dépasser
seront mises en oeuvre. Parmi les
voies d'action qui seront privilégiées, une plus grande place sera accordée
dans nos écoles à la culture et au sport, qui sont deux sources
importantes de motivation chez les jeunes du primaire et du secondaire. En plus
de ces actions porteuses, d'importantes sommes seront consacrées à
l'amélioration et à la rénovation d'infrastructures scolaires et sportives pour
les trois prochaines années. Je pense ici notamment aux 700 millions de
dollars supplémentaires sur trois ans qui
seront consacrés à l'amélioration de la qualité de nos infrastructures
scolaires, aux 50 millions de dollars qui seront utilisés pour l'ajout de gymnases, ce qui permettra d'offrir aux
jeunes des meilleures conditions pour l'adoption d'un mode de vie actif. De plus, un montant de
100 millions de dollars qui viendra du Fonds vert nous permettra de rendre
nos établissements écoresponsables, alors
que 50 millions de dollars sont prévus pour le financement de nouveaux
projets dans le cadre du Programme de soutien aux installations sportives et
récréatives. Ces sommes s'ajoutent aux budgets d'investissements déjà prévus
dans le cadre du Plan québécois des infrastructures portant ainsi les
investissements à 8,8 milliards de dollars au cours des 10 prochaines
années.
L'ensemble
de ces investissements témoigne donc de l'importance que nous accordons à la
réussite et au bien-être des élèves.
Comme je le mentionnais en introduction, convaincus que l'éducation constitue
l'une des clés indispensables de notre épanouissement et de notre prospérité
comme société, nous avons déployé, au cours des dernières années, tous gouvernements confondus, des efforts considérables
pour favoriser la réussite du plus grand nombre des jeunes. Notre travail a été fructueux puisque le taux de
réussite chez les moins de 20 ans a atteint 77,7 % en 2013‑2014, alors que
cinq ans auparavant, Mme la Présidente, il
était de 71,9 %. Même si ces gains sont réels, nous devons trouver de
nouvelles pistes pour améliorer la
performance de notre réseau et surtout pour atteindre, d'ici 2020, l'objectif
que nous nous sommes fixé, soit un taux de réussite de 80 % chez
les moins de 20 ans, et, par la suite, Mme la Présidente, nous irons au-delà de
cet objectif.
Nous
avons amorcé une importante réflexion à cet égard avec le projet de loi
n° 86. D'ailleurs, je dois le dire, je suis fier d'avoir réussi, en quelques semaines, à établir un dialogue avec
l'ensemble des acteurs du réseau de l'éducation lors des consultations particulières. Au total, c'est
60 groupes qui ont été entendus et 96 mémoires qui ont été déposés au
cours de ces consultations. Je me suis
engagé à les examiner et à prendre le temps de réflexion qu'il faut pour
décider de la suite des choses. Un point important de ces discussions
est qu'elles ont permis une réelle mobilisation et l'amorce d'une réelle
mobilisation autour de la réussite scolaire, et ce, de la part de tous les
acteurs du milieu, du réseau ou du gouvernement. J'entends donc poursuivre sur
cette lancée et continuer de trouver, avec nos partenaires du réseau, les
parents, le gouvernement, les parlementaires, des voies d'action porteuses pour
que nous puissions relever les défis qui nous attendent.
Alors,
je termine donc ici le survol des actions que nous avons prises et je suis prêt
à discuter, échanger avec les parlementaires
sur les différentes questions, et vous pouvez compter sur ma collaboration,
celle de mon équipe et les
gens du ministère qui m'accompagnent aujourd'hui. Je vous remercie.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le ministre. Alors, j'invite maintenant la porte-parole de l'opposition officielle et députée de Pointe-aux-Trembles à
faire des remarques préliminaires pour environ 10 minutes.
Mme Léger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, mes salutations, évidemment, au ministre et à
toute l'équipe ministérielle qui
l'accompagne. Je vous salue. C'est toujours un moment important, le moment des crédits. Beaucoup de travail qui se fait avant pour
arriver à aujourd'hui, au salon bleu.
Permettez-moi de dire
que mon collègue, effectivement, mon collègue Alexandre Cloutier... le député
du Lac-Saint-Jean, alors,
que je salue, doit nous écouter présentement. Alors, oui, il y a un petit
problème de maladie, mais il va revenir très vite. Il avait perdu la
voix complètement à un moment donné, alors on attend son retour avec plaisir et
impatience. Et je suis accompagnée avec le député du Lac-Saint-Jean, qui est
avec moi...
Léger : Pardon, de Saint-Jean — on est dans le Lac-Saint-Jean, on est au
lac, on est à Saint-Jean — qui a le dossier de l'éducation aussi, une
partie de
l'éducation, particulièrement la formation professionnelle, l'éducation des
adultes et l'alphabétisation. Alors, il
m'accompagne aujourd'hui. Je veux saluer le collègue de Chambly aussi qui est
avec nous.
Alors, je veux quand
même, d'entrée de jeu, vous parler de toute l'éducation des deux dernières
années. Évidemment, ça a été très malmené.
Tout le milieu vous l'a partagé, l'a partagé régulièrement. On les a entendus
de tous bords, tous côtés, par les
médias, par des actions, par des inquiétudes, par de l'incertitude, par des
mesures qu'elles ont dû faire, qu'ils ont dû faire au fil de ces deux
dernières années par rapport au manque de vision de ce gouvernement-là en
éducation.
rappelle, on doit faire un peu l'historique, un peu des deux dernières années.
On va parler particulièrement de cette
prochaine année qui viendra. Alors, je pense que le milieu a besoin davantage
de réponses et a besoin que le ministre puisse les assurer des
investissements qui vont se faire, particulièrement en éducation.
va quand même se le dire qu'il y a eu des coupures, par-dessus coupures et
par-dessus coupures ces deux dernières
années. On a vécu la possibilité d'abolition des commissions scolaires et
après, non, on ne les abolit pas, on va faire un projet de fusion, qu'on a attendu pendant plus d'un an et demi,
d'avoir la fusion des commissions scolaires. Le gouvernement les a abandonnées après, on ne fait plus les fusions. Au
lieu que ce soit obligatoire, ça va être volontaire. Woups! après, il
n'y a plus de fusion volontaire, on n'en fait plus. On a assisté à beaucoup
d'abolitions de postes, de ressources
importantes. On a entendu des parents nous parler de difficultés à avoir... des
heures qui ont été coupées pour leurs
enfants en besoins particuliers, des enfants en situation plus difficile, et
tout le réseau a fait des cris du coeur auprès du gouvernement pour ne
pas couper différentes ressources d'un bord et de l'autre à travers le Québec.
a eu le droit aussi à se faire dire qu'on va abolir les élections scolaires et
là on s'est fait dire : Non, on ne les abolira peut-être pas. Là, on écoute les gens. Tout à l'heure,
j'entendais le ministre qui nous disait avoir eu, par le projet de loi n° 86... parce que c'est le deuxième
projet de loi que le gouvernement nous présente, mais qu'il abandonne au fil
du temps. Alors, ça fait juste démontrer qu'il n'y a pas de... On ne sent pas
qu'il y a une vision avec le gouvernement qui est devant nous.
on a entendu qu'on enlevait les élections scolaires pour arriver au projet de
loi n° 86, que je vous parlais voilà quelques secondes, sur la gouvernance scolaire, et évidemment, bien,
quand le ministre a dit : J'ai ouvert au dialogue, ouvert au dialogue, dans le projet de loi
n° 86, quand il s'est retrouvé avec les différents mémoires, plus d'une
soixantaine, là, de ce qu'il a dit... et les
gens sont venus parler du projet de loi n° 86, mais surtout d'autres
choses pour lui dire qu'il n'était pas sur
la bonne coche. Et on était très contents de voir qu'il retirait le projet de
loi n° 86, mais il nous a quand même laissé dans... on n'est pas sûrs encore, qu'est-ce qu'il va se passer, et
c'est, pour nous, important. Comme on est à la fin de l'année, on arrive au mois de juin, c'est peut-être
important que les écoles sachent ce qu'elles vont faire au mois de
septembre... qui s'en viendront.
Alors, il faudrait peut-être lever cette
incertitude-là pour dire au monde, pour dire au milieu de l'éducation qu'est-ce
que c'est qu'on va faire en éducation, hein?
On s'attend à ce que le ministre nous réponde à ça, parce que là on fait
les crédits pour l'année en cours. Alors, on
va espérer d'avoir une vision du ministre au niveau de l'éducation primaire
et secondaire. C'est ce qu'on étudie aujourd'hui.
Donc,
pas de vision, pas de plan, et tout le monde réclame des investissements en
éducation. Je pense, il n'y a pas une
semaine qu'on n'entend pas des gens nous dire qu'on attend à ce que le gouvernement
puisse investir des sommes majeures en éducation. Le gouvernement nous
dit toujours que c'est une priorité; bien, on ne l'a pas vu encore, que c'est
une priorité.
Les gens sont venus
nous parler aussi... puis on entend... puis, quand le ministre dit qu'il a
ouvert le dialogue, j'espère qu'il va
l'ouvrir plus que d'avoir entendu des gens dans le projet de loi n° 86,
qu'il va s'asseoir avec les partenaires, particulièrement pour protéger l'école publique. L'école publique est
mise à mal, et je pense qu'énormément de personnes sont venues lui dire en commission parlementaire,
particulièrement au projet de loi n° 86, qu'on s'attend à ce qu'il y
ait des investissements, mais aussi de
protéger notre école publique qui a des besoins grandissants. On a parlé des
ressources, on a parlé des enseignants, la
valorisation des enseignants. J'espère qu'aujourd'hui le ministre, dans son
plan de réussite, va aussi parler de valorisation des enseignants.
Donc, c'est un triste
bilan qu'on a devant nous. C'est de l'improvisation constante. On s'attend à
plus du gouvernement et on va juste espérer
que les gens qui l'entourent vont pouvoir lui proposer des politiques, des
mesures, des investissements qui vont permettre à l'avenir du Québec que sont
nos enfants... à pouvoir avoir un peu de... respirer et à pouvoir avoir un
meilleur cheminement dans leur vie future.
Mais, pour terminer,
j'entends régulièrement le premier ministre, même, et le ministre, Mme la
Présidente, toujours nous dire que
l'éducation tient à coeur à ce gouvernement-là. Je ne sais pas où il tient à
coeur parce qu'on entend beaucoup d'horreurs dans le milieu de l'éducation. Il y a des situations
où les parents viennent pleurer dans nos bureaux. Les parents viennent, les écoles qui viennent, les
directions d'école, les intervenants en éducation viennent nous dire que
ça n'a plus de bon sens et que ça suffit.
J'ai
trouvé le nouveau slogan du gouvernement, c'est : Couper en éducation pour
mieux investir en éducation, ce qui
veut dire pas grand-chose. Alors, on coupe, mais c'est pour mieux
investir. C'est ce qu'on entend depuis tout le temps, là. Ah! oui, oui, on investit en éducation, mais
on coupe aussi. Alors, à un moment donné, on va arrêter de couper puis,
à un moment donné, on va investir en éducation. Alors, on va arrêter de nous
faire accroire, d'un côté, qu'on investit en éducation
quand, dans le fond, on trouve, dans les chiffres, qu'on est en train de couper
malgré tout. Alors, est-ce qu'on peut arrêter de couper?
Alors,
Mme la Présidente, ce que je dis au ministre devant moi aujourd'hui et à toute
l'équipe qui l'entoure : Est-ce qu'on
peut arrêter de couper en éducation et est-ce qu'on peut investir en éducation?
Il y a des études qui nous montrent que c'est des milliards qu'il faudrait investir en éducation, alors on est
loin du compte, Mme la Présidente. Alors, je m'attends à des réponses du
ministre aujourd'hui.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci beaucoup, Mme la députée de
Pointe-aux-Trembles. Alors, j'invite maintenant
le porte-parole du deuxième groupe de l'opposition et député de Chambly à faire
ses remarques préliminaires pour un maximum de sept minutes.
Roberge : Merci beaucoup, Mme la Présidente. Donc, je veux saluer le
ministre, mes collègues de l'opposition officielle et de la
partie gouvernementale et toute l'équipe du
gouvernement qui est là pour nous appuyer puis avoir un maximum de
réponses aujourd'hui. Merci d'être là.
Écoutez, on est à
l'étude des crédits. En même temps, on est à l'anniversaire du bilan de deux
années de ce gouvernement, troisième budget.
Je suis obligé de dire que, depuis deux ans, le réseau de l'éducation a subi ce
que j'appelle une tempête parfaite.
On a un gouvernement sans vision. S'il avait une vision, le gouvernail est
brisé parce que ça s'en va un peu
partout. Il y a eu des promesses brisées, quatre ministres, incertitude
chronique. Partout dans le réseau, les gens sont tannés de vivre de l'incertitude. Ils ont vraiment très, très hâte qu'on
mette le cap sur une destination et qu'on se mette à avancer. On a
vraiment eu ce que j'appelle la tempête libérale parfaite, là. Ça, ça fait des
victimes, une tempête.
y a eu des coupures de services : 2014, aide aux devoirs, qui était une
promesse électorale; aide alimentaire, faut le faire, quand même, on a coupé dans l'aide alimentaire dans les
écoles; achats de livres dans les bibliothèques, aussi c'est particulier, quand on sait que le premier
indicateur pour la réussite scolaire, c'est la littératie. Ce gouvernement-là a
trouvé le moyen de couper dans l'achat de livres. Et, la même année où il
faisait un sommet sur la lutte à l'intimidation, bien, figurez-vous que, pour vrai, il y a eu des coupures dans la lutte à
l'intimidation dans les commissions scolaires. Faut le faire, quand
même. 2015, ça a été l'année des coupures de professionnels. 250 professionnels
de moins dans les écoles, cette année, que l'année passée.
Donc,
évidemment, évidemment, on ne peut pas donner un coup de pied dans un nid de
guêpes puis espérer s'en tirer. Il y
a eu une mobilisation, fort heureusement, et je souligne vraiment le travail de
tous les parents, tous les bénévoles de
Je protège mon école publique. Ce n'étaient pas des militants professionnels,
c'étaient des parents, des grands-parents, des oncles, des tantes qui sont sortis pour encercler les écoles. C'est un beau réveil de la société
civile. Il y a le chroniqueur Patrick Lagacé qui dit : Si l'école était importante, on ne
prendrait pas ces décisions-là. Mais, au moins, on a vu une espèce de mobilisation
citoyenne qui démontre qu'en tout cas, pour certains, l'école est importante, heureusement.
Beaucoup
de revirements, des flips-flops, ça change. Écoutez, on fusionne les commissions scolaires, woup, non, on ne les fusionne plus, mais, dans le projet de loi n° 86, on
donne la prérogative au ministre de les fusionner. Donc là, il faudrait savoir où est-ce qu'on s'en va. Élections
scolaires, on les garde. Non seulement on les garde, mais on les
maintient puis on fait des élections à
20 millions en 2014. Après ça, annonce froide et sèche du ministre Blais
qui disait : Woup! on les enlève. Maintenant, woup, on les remet,
mais avec un sondage, et finalement le premier ministre qui nous a dit qu'il
les enlevait.
est-ce qu'on s'en va? On ne le sait pas. Et ça, c'est quand il y a une
direction. Quand il y a une direction, on change de direction, mais il y
a un paquet de dossiers sur lesquels il n'y a même pas eu l'ébauche d'une
direction.
Qualité
du français. Est-ce qu'il y a eu une annonce d'un ou des ministres pour
améliorer la qualité du français au Québec? On attend toujours.
Lutte
à l'analphabétisme. Est-ce que ce gouvernement a fait quelque chose pour lutter
contre l'analphabétisme? Je n'ai rien vu.
Réforme de la
taxation scolaire. Il y a eu des hausses de taxes, ça, oui, on le sait. Tu
sais, on dit qu'il y a des connaissances
puis il y a des compétences, bien, je décerne un A à ce gouvernement comme
compétence pour hausser les taxes, dont la taxe scolaire. Un des
ministres a parlé d'une régionalisation de la taxe scolaire. On oublie ça, ce
n'est pas revenu.
Fouille
à nu. Il y a eu des fouilles à nu dans nos écoles. Le premier ministre a dit
que c'était inacceptable. On a mandaté à grands frais quelqu'un, Mme
Fabienne Bouchard, pour faire un document, puis j'imagine qu'on a payé un
ébéniste pour faire une tablette. Donc, on a payé deux fois, pour le document,
pour la tablette, mais qu'est-ce qui a changé depuis? Rien, rien.
Et là on a un
budget qui veut nous faire croire qu'il y a un réinvestissement, on dit même
massif, en éducation. Or, quand on
regarde un petit peu, c'est bien clair que le supposé réinvestissement est
beaucoup, beaucoup plus petit que les coupures qu'on a eues depuis deux ans. On ne
peut pas appeler ça un réinvestissement, tu sais, je veux dire. On
essaie d'annuler les erreurs des deux premières années et on échoue.
C'est un gouvernement...
On a eu un premier ministre qui nous a dit qu'il fallait faire des sacrifices.
Dans la vraie vie, on a fait des sacrifiés, et les sacrifiés, bien, ça a
été les élèves du Québec, particulièrement les élèves les plus vulnérables, nos jeunes, à qui on a coupé, je l'ai
dit tantôt, l'aide aux devoirs, les services professionnels. Et nos
adolescents sur le point de décrocher, je
suis certain qu'il y en a qui ont décroché à cause des décisions de ce
gouvernement puisqu'il y a un paquet
d'organismes régionaux qui travaillaient pour la persévérance scolaire qui
n'existent tout simplement plus.
Et là on nous
dit : Bien, ce n'est pas grave, on va les recréer. Ce n'est pas simple
comme ça, là. On a perdu de l'expertise.
Ça ne revient pas, ça, comme ça, spontanément, parce que, tout à coup, on
rouvre les vannes pour remettre de l'argent.
Écoutez,
c'est un gouvernement qui a besoin d'aide, qui a besoin de soutien. Dans ma vie
de prof, dans ce temps-là, bien, on
essaie de référer à des professionnels compétents. J'ai le goût de référer ce
gouvernement-là à des orthophonistes pour
lui expliquer qu'est-ce que c'est vraiment la dysphasie, la dyslexie, pour voir
à quel point c'est grave quand on coupe là-dedans. J'ai le goût de référer ce gouvernement à des psychologues et
des psychoéducateurs pour expliquer c'est quoi, vivre avec un trouble du
spectre de l'autisme, c'est quoi, vivre avec un trouble de comportement, avec
un trouble de l'opposition. J'ai le goût de
référer ce gouvernement-là à des orthopédagogues parce qu'ils n'ont rien fait
pour améliorer la qualité du français
et aussi parce que manifestement on a un problème avec la compétence en
mathématiques, résoudre une tâche complexe, qui est faire un budget
cohérent sur deux, trois ans. Donc, je référerais à un orthopédagogue.
Mais,
malheureusement, malheureusement, ça ne sert à rien de référer; les
professionnels, ils ont été coupés depuis deux ans. Il y en a 250 de moins. Donc, ce gouvernement va tomber sur
une liste d'attente pour voir un professionnel. Probablement qu'il ne
sera pas vu avant 2018. Ce n'est pas grave, on changera de gouvernement. Merci.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le député de Chambly.
Alors, je suis maintenant prête à reconnaître l'opposition officielle pour un premier bloc d'échange. Alors, Mme la
députée de Pointe-aux-Trembles, la parole est à vous pour environ, je
vous dirais, 19 minutes.
Mme Léger :
Merci. Merci, Mme la Présidente. Alors, évidemment, on constate qu'en 2016‑2017
le budget des dépenses pour le portefeuille Éducation et Enseignement
supérieur se chiffre à 17 245 000 000 $...
Mme Léger :
Milliards, oui, milliards. Dans son discours du budget, le gouvernement évoque
une hausse de 3 % des budgets en
éducation. Or, dans le livre des renseignements supplémentaires, on apprend que
ce 3 % a été calculé en incluant
les transferts provenant de la provision pour la réalisation d'activités
soutenant l'intégration et la francisation des immigrants du ministère de l'Immigration et de la Diversité et de
l'Inclusion, un montant de 78,5 millions. Vérification faite, cette
provision n'était même pas incluse dans les calculs du gouvernement par les
années passées.
Et là,
maintenant, le gouvernement a évoqué des investissements additionnels dans les
services directs aux élèves de 500 millions sur trois ans. Alors,
j'aimerais vraiment que le ministre puisse nous expliquer ce 500 millions
sur trois ans, ce qui voudrait dire, au
départ, pour l'éducation primaire, secondaire, que c'est 109 millions;
109 millions la première année, 109 millions la deuxième
année, 109 millions la troisième année. Donc, pour l'éducation primaire,
secondaire, ça serait environ 330 millions.
Par contre,
quand je regarde le cahier explicatif, à la page 48, alors, dans le cahier
explicatif, bien, on a eu des explications,
effectivement. Cahier explicatif, des explications, et il y a un montant de
252 millions qui est inscrit au bas de la colonne, et là on le voit : Mesures pour la réussite en
éducation et en enseignement supérieur, 71 millions. Pourtant, on
nous parle d'une enveloppe de 109 millions. Alors, enfin, on vient de voir
le chiffre, c'est 71 millions, ce n'est pas 109 millions, ce qui veut
dire qu'il y a une différence d'une quarantaine de millions.
Est-ce que le ministre peut me l'expliquer?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Proulx : Oui, Mme la Présidente.
D'abord, je veux reprendre le début de la question de la députée de Pointe-aux-Trembles concernant le 3 %, parce
que ça m'apparaît important de faire le point là-dessus, puisqu'on en a
parlé aux crédits provisoires avec le député de Lac-Saint-Jean, qui disait, à
ce moment-là, qu'en raison du 78 millions de dollars il n'y avait pas un
vrai 3 %.
Alors, j'ai
fait quelques vérifications, bien entendu, par la suite, là, pour être certain
de m'assurer de bien dire les choses.
Et il faut être capable de faire la différence entre ce qui est la dépense
probable, ce qui est annoncé dans le cadre du budget et ce qui est le
budget de dépenses une fois que les sommes ont été dépensées.
Sur les
sommes qui viennent en francisation, il faut comprendre que les crédits, de
mémoire, d'environ 165 millions de
dollars, sont prévus dans le livre des crédits du ministère de l'Immigration,
donc au MIDI. Le MIDI fera ou fait un transfert durant l'année,
notamment à deux ministères, le ministère de l'Éducation et, de mémoire, vers
l'Emploi et Solidarité sociale, de sommes
importantes, au ministère de l'Éducation, d'une somme de 78,5 millions de
dollars. C'est normal qu'en début
d'année, je veux dire, on ne voit pas, dans les dépenses faites, le
78 millions de dollars dans les crédits, parce qu'il sera transféré au cours de l'année et
il sera dépensé durant l'année. Lorsqu'on sort le livre de crédits, Mme
la Présidente, puis qu'on l'imprime, on ne trouve pas ces millions-là inscrits
à deux puis trois places. On les trouve à un endroit, la raison pour laquelle
il y a une note dans le livre qui nous concerne.
Alors, si on
extrait le 78 millions de dollars, on se retrouve dans la situation où il
y a 3 % d'augmentation du budget et
il y a 3 % d'augmentation du budget avec le 78 millions une fois
dépensé aussi. Il n'y a pas de calcul fabriqué, il n'y a pas d'addition
qui doit être faite pour constituer un 3 %. La réalité, c'est que c'est
comme ça. Si tu l'exclus au début, tu l'exclus à la fin, il n'en demeure pas
moins que c'est le même pourcentage.
L'autre chose, Mme la Présidente, c'est que,
lorsqu'il y a eu... puis ça, ça vient du temps...
Proulx : Voilà. Alors, quand
on regarde le livre des crédits en 2013‑2014, qui concernent le
gouvernement de la députée de
Pointe-aux-Trembles à l'époque, c'est la même chose. C'est la même chose. Il y
a un transfert qui est fait du MIDI
vers le ministère de l'Éducation, et on se retrouve dans la situation où on
doit, encore une fois, faire une différence entre le budget probable,
celui qui est fait en début d'année, et le budget des dépenses qui est fait à
la fin de l'année.
Alors, pour
terminer mon explication à l'égard de ça, si vous regardez le budget au début
de l'année 2015‑2016 et vous regardez
le budget des dépenses 2015‑2016, quand vous faites une comparaison avec le
réinvestissement de cette année,
c'est normal que vous ne voyiez pas le même montant entre le début et la fin.
Mais, si vous avez à l'enlever, vous allez voir, le 3 %, il est là,
il est bel et bien réinvesti. Alors, ça, c'est la réalité.
Concernant le réinvestissement, le 109 millions,
on a également eu l'occasion de parler de ça lors des crédits provisoires et on
avait une discussion concernant les coûts de système, si ma mémoire est bonne.
Et, dans ce cas-là précisément, si vous le
voyez, dans le programme 4, l'augmentation du budget, c'est 252 millions de dollars. Et là vous avez des coûts de système à 181 millions
de dollars puis vous avez des mesures
du budget pour 109 millions, alors, si on voulait les financer, ces
sommes-là, ça va prendre 290 millions de dollars. Et là vous allez me dire...
ou Mme la députée de Pointe-aux-Trembles va me dire : Mais il en manque 38. On a eu
cette discussion-là également avec le député de Lac-Saint-Jean,
j'imagine, environ le 40 millions dont elle parlait tout à l'heure, et ça, bien, c'est des sommes qui vont être récupérées à même l'optimisation qui est faite à
l'intérieur du ministère. Année après année, Mme la Présidente, il y a
des efforts qui sont faits par le ministère
de l'Éducation pour revoir ses façons de faire, et il y aura au sein du
ministère et dans les commissions
scolaires, je dois le dire, également, ce n'est pas seulement au sein du
ministère... Si j'ai dit ça, je m'en excuse.
Donc, c'est au sein du réseau, donc, qu'il y aura des mesures d'optimisation.
D'ailleurs, il y a des sommes qui sont dans
le budget pour faire en sorte d'améliorer les processus et de rendre nos
commissions scolaires plus efficaces et plus efficientes. Alors, c'est de cette façon-là qu'on se retrouve avec un
total à financer tel qu'indiqué, mais il y a bel et bien des mesures du budget pour 109 millions de
dollars et il n'y a pas moins d'argent que 109 millions de dollars de
réinvesti, en plus des coûts de système.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Pour reprendre ce
tableau-là, Mme la Présidente, il nous parle de mesures d'optimisation administratives, je veux qu'il nous rassure
aujourd'hui à ce que ces mesures d'optimisation administratives ne
toucheront pas du tout des coupures dans le
milieu des services aux élèves. Alors, c'est ce que je voudrais qu'il me
confirme. Parce que, sur le tableau qu'on a, c'est quand même... les
mesures pour la réussite en éducation, si vous voyez la dernière ligne, c'est
71 millions. Alors, ce chiffre-là, là, il est là devant nos yeux, là. Ce
n'est pas 109 millions, c'est 71.
Et le 39 millions de mesures d'optimisation
administratives, qu'est-ce que c'est, les mesures d'optimisation administratives, pour le ministre? C'est juste
dans le ministère, de ce qu'il vient de nous dire, mais ce n'est pas
comme ça qu'on le voit, là. On pense que c'est des coupures directes aux
élèves, des coupures qu'on demande aux écoles.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. le ministre.
Proulx : En fait, ce qui est
très clair, c'est que les 109 millions vont être réinvestis dans le
service. Ça, c'est entendu, c'est
dit. Les mesures d'optimisation du réseau, tant faites par le ministère et par
les commissions scolaires, ne touchent pas le service aux élèves.
Je ne sais
pas si la députée de Pointe-aux-Trembles se souvient, lorsque la commission
scolaire, de mémoire, de Pointe-de-l'Île est venue nous voir, elle nous
a dit : Nous, on a réussi, en regroupant notre service de photocopie ou
d'impression, à récupérer 500 000 $ par année. Alors, ça, c'est un
exemple.
Il y a
également des regroupements. Dans les mesures d'optimisation potentielles, là,
il y a des pistes de solution qui sont avancées avec le réseau :
modification de processus et de formation des gestionnaires, gestion
centralisée de l'absentéisme et prévention des accidents, regroupement des
services aux entreprises puis le partage de services entre différentes commissions scolaires, que ce soit le
transport, la téléphonie, les réseaux informatiques. Prenez l'exemple,
si ma mémoire est bonne, en Outaouais, où on
est dans la situation où on a un guichet unique, maintenant, pour accéder
aux écoles de la commission scolaire. Il y a
des commissions scolaires... Et je pense encore à l'Outaouais, qui a, si ma
mémoire est bonne, je dirais, une direction partagée pour les centres de
formation professionnelle.
Il y a eu un
rapport qui a été fait dans le passé, qui s'appelait le rapport
Lacroix-Santarossa, qui estimait qu'on pouvait
aller chercher des économies, plus de 147 millions de dollars par année
dans les différentes commissions scolaires. Il y a eu également Raymond
Chabot Grant Thornton qui a fait un examen des meilleures pratiques, qui
d'ailleurs accompagne
plusieurs commissions scolaires, en passant, ou a fait des plans pour
accompagner les commissions scolaires dans leur redressement et le
retour à l'équilibre budgétaire.
Alors, dans
les faits, il y a différentes mesures qui peuvent être mises en place, mais ça
touche l'administration, ça ne touche pas le service aux élèves.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Mme la députée de Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Ce que je
comprends, Mme la Présidente, ce serait important que, si ma question est
courte, le ministre aussi ait une réponse courte. J'apprécierais.
Mais il ne
m'a pas convaincue encore, là. Toutes ces dernières années, il y a eu des
coupures, il y a eu des coupures que
votre gouvernement avait demandées aux écoles du Québec, ils ont coupé, coupé,
coupé les services aux élèves. Alors, vous ne pouvez pas nous dire non,
là, vous l'avez entendu, tout le monde vous l'a dit.
Alors là, on
parle d'un 40 millions de mesures d'optimisation administratives. Si c'est
juste dans le ministère, c'est une
chose, mais là vous me dites : Ah! la commission scolaire de la
Pointe-de-l'Île, on peut s'entendre sur certains services communs, on peut fusionner des choses, bon, peu
importe. Mais ce 40 millions là, là, ça veut dire que vous demandez
encore aux écoles du Québec d'optimiser,
donc de faire des coupures. Et on sait que maintenant on ne peut plus aller
plus bas, là, donc c'est sûr que c'est encore dans les coupures de services aux
élèves. C'est ça que ça veut dire.
Alors, je veux que le ministre soit clair. Qu'il
me ventile ce 40 millions là, là.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. le ministre.
M. Proulx : Il faut se rappeler deux
choses, Mme la Présidente.
D'abord, on
verse une enveloppe aux différentes commissions scolaires, et c'est leur budget
pour l'année. Ils ont des services à
protéger, bien entendu, il y a un programme pédagogique à déployer, ils ont des
conventions à respecter, mais ils ont
également une certaine autonomie sur l'administration, et notamment sur
l'administration qu'ils ont pour desservir les élèves.
Alors, dans ce contexte-là, je ne peux pas
donner mot par mot ce que vont être les mesures que prendront les milieux. Il y a, oui, de l'accompagnement qui
pourra être fait avec le ministère. Oui, il y a des discussions régulières,
je pense aux règles budgétaires. Vous pensez, Mme la Présidente, que, les
règles budgétaires, on fait ça tout seuls, sans avoir des consultations avec
les milieux. Non, on le fait également avec eux.
Alors, ça
fait déjà deux ans, là, de ce que je comprends, que le ministère donne et offre
des mesures d'optimisation, des
enveloppes d'optimisation aux différentes commissions scolaires pour favoriser
la mise en commun puis des nouvelles façons
de faire, alors c'est dans cette optique-là que ce sera fait, mais je ne suis
pas en mesure et personne ne pourrait être en mesure, aujourd'hui, de dire comment ça va se déployer dans chacune
des organisations. Ce que je sais, c'est qu'on va protéger les services aux élèves. Le
réinvestissement de 109 millions, il est concret, il est réel et il va se
retrouver dans le service aux élèves pour la prochaine année scolaire.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Léger : Mme la
Présidente, est-ce que le ministre reconnaît qu'il y a eu des coupures qui se
sont faites, directes, aux services aux
élèves? Il y a eu 250 postes qui ont été coupés de professionnels et de
tout, puis il y en a dans ça que c'est directement le service aux
élèves. Est-ce qu'il reconnaît au moins ça?
Et, s'il reconnaît ça, est-ce qu'il peut nous
dire, par rapport à ça, est-ce que, là, en demandant un 40 millions encore de mesures... Il n'y en a plus, d'espace,
là. Est-ce que le ministre reconnaît ça? Est-ce qu'il est en train de dire
au milieu que, oui, il faut encore des mesures d'optimisation?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
M. le ministre.
Proulx : Oui, Mme la
Présidente. D'abord, la députée de Pointe-aux-Trembles a été présente, je pense,
à la grande majorité des consultations particulières, et moi, j'ai
entendu plusieurs, plusieurs commissions scolaires nous dire : On a fait des efforts budgétaires, mais on a protégé les
services aux élèves. Moi, je suis en lien avec beaucoup de commissions
scolaires actuellement. Elle parlait tout à l'heure du dialogue qu'on a établi
et que je pense avoir établi avec l'ensemble
des partenaires. Actuellement, ce n'est pas seulement en les écoutant lors de
la consultation, mais c'est également
en parlant avec eux et en travaillant avec eux, actuellement. Et ce n'est pas
dans le service aux élèves que ce sera coupé, il y a des... Parfait.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Mme la députée.
Mme Léger :
...dans les mêmes auditions, là, on a entendu, je pense, pas toujours la même
chose, parce que... Est-ce que vous
avez entendu des commissions scolaires nous dire, des écoles nous dire qu'il y
a encore du gras? Je n'ai pas entendu
ça, moi, du tout, j'ai entendu tout le contraire. J'ai entendu qu'il y avait
des coupures importantes, puis ils ont dit au ministre, clairement au ministre : Ça suffit, M. le ministre,
réinvestissez dans l'éducation. C'est ça qu'on est venu entendre.
Alors, est-ce
que le ministre s'engage, est-ce qu'il s'engage présentement devant nous à dire
qu'il n'y aura plus de coupure de services aux élèves? Est-ce qu'il
s'engage à nous dire ça, là?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : M. le ministre.
M. Proulx : Mme la Présidente, ce
que j'ai dit, c'est que nous effectuons actuellement un réinvestissement
important en éducation. Les sommes qui sont sur la table et qui sont
disponibles pour les commissions scolaires et pour
le réseau de l'enseignement vont être attribuées aux services aux élèves, c'est
dans le cadre de notre plan sur la réussite. C'est ça, la mobilisation qu'on veut mettre en place, et c'est pour
cette raison-là notamment qu'on réinvestit comme on l'a fait après les
efforts qui ont été faits dans les dernières années.
Alors, il est
tout à fait souhaitable que chacune des commissions scolaires fasse cet
examen-là à la lumière du réinvestissement.
Et il est clair, à mon avis, que chacune des commissions scolaires peut
aujourd'hui maintenir le service aux élèves avec l'argent disponible.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée, il vous reste quatre minutes.
Mme Léger :
J'ai entendu tous les ministres qui sont passés, du gouvernement libéral, Mme
la Présidente... j'ai entendu la même
chose : Il n'y aura pas de coupure dans le service aux élèves, tout va
continuer, tout est bien correct, donc... Le milieu n'est plus capable
d'entendre ça, Mme la Présidente.
Alors, je
comprends que le ministre ne s'engage pas, là, c'est ce que je comprends
aujourd'hui, qu'il ne s'engage pas.
Mais je sais qu'il y a 40 millions de mesures d'optimisation, et, ce
40 millions là, est-ce que le ministre peut nous dire combien va
dans le ministère de l'Éducation et combien de coupures doit aller dans le
milieu? Est-ce qu'il peut me ventiler le
40 millions? Parce que, sinon, moi, je ressors d'ici pensant que c'est
40 millions direct aux services aux élèves, là, c'est ça que je vais être en train de dire, là. Alors, que le
ministre nous dise que c'est pris tout dans le ministère, ça ne va pas nécessairement dans nos écoles, que c'est
un 40 millions qui est au ministère de l'Éducation et qui n'est pas du tout dans le réseau, actuellement. Sinon, ça veut dire clairement que c'est 40 millions de mesures d'optimisation encore
que le réseau doit absorber, et le réseau vous le dit, M. le ministre, ils ne
sont plus capables. Ils nous écoutent, là.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Proulx : Oui. Bien, d'abord, il
ne faut pas mêler les choses, là, Mme la Présidente, là. Les efforts, effectivement, qui sont demandés au réseau sont
des efforts qui se retrouvent dans leur administration et leur
autonomie.
J'en ai, des
exemples, là, qui ont été faits en 2015‑2016 et en 2014‑2015, là, il y a des projets
qui se démarquent, là, par leur potentiel à dégager des gains
d'efficacité. Alors, voyez-vous, là, il y a un programme de mise à la retraite,
réorganisation administrative récurrente
d'effectifs, là, ça s'est fait à la commission scolaire des Rives-du-Saguenay,
bon, on a sauvé 1 million sur cinq ans.
La CSDM a fait la même chose, 23 millions sur cinq ans; la commission
scolaire de l'Énergie, 9,8 millions sur cinq ans.
Ensuite, il y
a des gens qui ont fait affaire avec des gens de l'externe pour voir comment
ils peuvent réorganiser et modifier
leurs processus, changer leur formation, modifier la formation de leurs
gestionnaires : la commission scolaire de Laval, 1,9 million
de dollars, une économie sur une seule et unique année.
Bon, j'en ai
une page pleine, là, Mme la Présidente, d'exemples qui touchent
l'administration, qui touchent les coûts de système, mais qui ne touchent pas aux services aux élèves. Et c'est
ce que j'ai dit à la députée de Pointe-aux-Trembles.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci. Il vous reste encore deux minutes, Mme la députée.
Mme Léger :
C'est de la pensée magique, là, Mme la Présidente. Je veux savoir... J'ai posé
une question précise, je veux une
réponse précise. Le 40 millions de mesures d'optimisation, peut-il me le
ventiler? Combien dans le réseau? C'est ça que je veux savoir, Mme la
Présidente.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Vous avez une minute à répondre, M. le ministre.
Proulx : Ce que j'ai dit,
Mme la Présidente, c'est que les services aux élèves seront protégés. C'est ce
que j'ai dit. C'est des mesures
d'optimisation, c'est des mesures d'efficience, et il y a de la place pour le
faire. Ce n'est pas dans le service
aux élèves qu'on va le faire. Les rapports le disent, les experts le disent.
Lorsqu'on parle avec les commissions scolaires
une à une, bien souvent, ils nous disent : Si on peut faire des
regroupements, si on peut revoir nos façons de faire, on est prêts à le
faire.
Là où il y a de la préoccupation et des
préoccupations, c'est à l'égard du service aux élèves, à l'égard du soutien aux élèves. Bien, dans ce qui touche
l'administration, je reconnais que ce n'est plus ce que c'était en matière
de marge de manoeuvre, mais il y a de
l'espace, ils nous le disent. Et ils l'ont dit en commission parlementaire, en
consultations particulières, la grande majorité d'entre elles ont protégé les
services aux élèves.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le ministre. Il vous reste encore 50 secondes, Mme la députée.
Mme Léger :
Mme la Présidente, il est en train de nous dire ce qu'elles peuvent encore
faire, les écoles du Québec, qu'elles
peuvent encore couper. C'est ce qu'il est en train de nous dire, le ministre.
Il est en train de nous donner des exemples.
Puis il nous dit
qu'en commission parlementaire il a entendu les gens, a peut-être entendu dire
qu'ils sont capables d'en faire d'autres.
Moi, je n'ai pas entendu personne dire ça, je n'ai pas entendu personne qui
sont capables, ils sont venus nous faire plutôt un
cri du coeur pour dire : On n'est plus capables, M. le ministre. C'est ça
qu'on vient d'entendre, Mme la Présidente.
Quelle
commission scolaire a dit ça, là? Il est en train de nous dire que les
commissions scolaires sont venues lui dire
que... Je n'ai pas entendu aucune commission scolaire. Qu'il me réponde :
Quelle commission scolaire est allée lui dire qu'il y a encore du gras?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Vous pouvez répondre, vous avez 16 secondes,
M. le ministre.
M. Proulx :
Ce que je dis, Mme la Présidente, ce n'est pas qu'il faut effectuer des
coupures; ce que je dis, c'est qu'il
y a de la place pour des améliorations, de l'optimisation. Et ça, c'est le propre
des transformations. On est dans la situation où on peut faire des mises
en commun, les pratiques changent, il y a de la transformation à faire dans les
façons de faire. Et, oui, il y a une
réflexion à faire sur comment on peut améliorer l'administration de notre
réseau scolaire, mais c'est dans cette optique-là, c'est une
transformation positive pour faire en sorte qu'on soit capables de mieux
desservir nos élèves.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le ministre. Alors, je
suis maintenant prête à reconnaître un membre du gouvernement pour un
bloc d'échange d'environ 18 minutes. Alors, je cède la parole à M. le
député de Sainte-Rose.
Habel : Oui, merci, Mme la Présidente. Bien, permettez-moi de vous
saluer. Permettez-moi aussi de saluer les gens de l'opposition officielle, les gens de la deuxième opposition, les
gens qui m'accompagnent à la banquette ministérielle, le ministre de l'Éducation ainsi que les gens qui
l'accompagnent. Et j'aimerais aussi souhaiter un prompt rétablissement,
à mon tour, au député de Lac-Saint-Jean.
Alors,
Mme la Présidente, on a présenté un budget 2016‑2017 fort éloquent. Le retour à
l'équilibre budgétaire a été fait au dernier budget, et on maintient
encore l'équilibre budgétaire — et je pense que ça, c'est important de le
mentionner, Mme la Présidente — avec une croissance des dépenses qui est
très importante, on est passés de 1,7 % à 2,7 % en 2016‑2017 et en 2017‑2018 on sera à 2,8 %,
alors que, sous l'ancienne législature... où le président du Conseil du
trésor et aussi le ministre des Finances avait déposé un budget sans crédits.
Et je tiens à vous dire que c'est une nouveauté, Mme la Présidente, cette année, on a un beau budget mais aussi avec un
volet des crédits. Alors, ça, c'est une nouveauté, par rapport à
l'ancienne législature, qu'il est important de mentionner, parce qu'on est dans
une étude de crédits, Mme la Présidente.
Alors,
on a déposé un budget qui met plus de 21,6 milliards en culture et en
éducation, soit une hausse de 3 % par rapport au 2,7 % que j'ai mentionné. Et j'aimerais le mettre en
perspective, Mme la Présidente, parce qu'en atteignant l'équilibre budgétaire, par rapport à d'autres
juridictions qui l'ont fait dans la juridiction canadienne, l'Ontario, qui
compte, elle, atteindre l'équilibre
budgétaire en 2017‑2018, prévoit une croissance des dépenses de 0,1 % en
2016‑2017, alors qu'en Colombie-Britannique, eux qui ont déjà atteint
l'équilibre budgétaire, eux vont faire une croissance des dépenses de
1,3 %. Alors, vous voyez l'importance de la croissance des dépenses au
niveau de l'éducation. On est à 3 %.
pour le budget en éducation, Mme la Présidente, on a aussi une prévisibilité
sur les trois prochaines années avec une augmentation de 3 %
constamment. Donc, en 2016‑2017, on sera à
17 247 000 000 $; en 2017‑2018, on sera à
17 769 000 000 $; et, en 2018‑2019, on sera à
18 299 000 000 $. Et on a annoncé aussi une prévisibilité
au niveau de l'investissement dans les infrastructures et aussi du plan de la
réussite.
Pour
ce qui est des investissements dans les infrastructures en éducation, avec le
PQI, on sera à 2 159 000 000 $ en 2016‑2017, à 2 066 000 000 $ en
2017‑2018, et des investissements vont continuer en ce sens, Mme la Présidente.
Je pourrais peut-être juste rapidement le
ventiler, puis on aura l'occasion d'en discuter par la suite. Pour le
700 millions dans les
infrastructures en éducation et en éducation supérieure, Mme la Présidente, il
y a un maintien d'actif de 250 millions, un 250 millions aussi pour la résorption du maintien d'actif, aussi
rendre les établissements écoresponsables — c'est très important, Mme la Présidente, avec la volonté d'aller vers un
gouvernement de plus en plus vert — 100 millions de dollars, un ajout de gymnases dans les écoles de
50 millions et aussi des installations sportives et récréatives de
50 millions. Et ça, c'est des investissements qui sont
ultra-importants pour les municipalités et pour les écoles environnantes. J'ai
eu l'occasion d'annoncer, pour la région de
Laval, la rénovation de trois piscines, dont celle de Poly-Jeunesse dans mon
comté. C'est des investissements qui sont
parfois petits mais qui apportent de grands bénéfices pour le sport-études,
entre autres, puis des fois aussi pour les autres programmes, Mme la
Présidente.
Il y a un
500 millions sur trois ans qui a été mis pour la réussite, dont, j'y vais
rapidement, mais 300 millions pour un environnement d'apprentissage
innovant afin de prévenir aussi le décrochage scolaire, 120 millions pour
la réussite scolaire et 80 millions
pour renforcer les liens entre les entreprises et entre les gens de
l'éducation. Et on aura l'occasion aussi, Mme la Présidente, de le
ventiler par la suite.
Alors,
j'ai juste une petite question rapidement, Mme la Présidente, parce que la
députée de Pointe-aux-Trembles l'a évoqué quelque peu. Elle a parlé du
pourcentage d'augmentation de 3 % par rapport à ce que le député de
Lac-Saint-Jean affirmait, à 2,48 %. Je voulais juste savoir si sous
l'ancienne législature, la 40e législature, le 78 millions qui a été ajouté... Est-ce que c'était la manière
de faire dans la 40e législature? Est-ce que le 78 millions de transfert
venant du ministère est aussi une nouveauté cette année? Donc, c'est un peu ma
question préliminaire.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Alors, merci, M. le député. M. le ministre.
Proulx : Oui, Mme la
Présidente. Je suis bien certain d'avoir entendu la question. D'abord, on a
longuement parlé du plan pour la réussite,
puis je pourrais en parler plus longuement. Et également je pense que le député
de Sainte-Rose a fait référence à la réponse que
j'ai donnée à la députée de Pointe-aux-Trembles concernant la façon de comptabiliser les sommes qui viennent du ministère
de l'Immigration. Effectivement, si on va dans le cahier du budget de dépenses de l'époque, 2013‑2014, à la
page 81, on le voit très bien, c'était la façon de fonctionner, et ça
faisait en sorte d'indiquer, comme on
l'a indiqué dès le départ, que c'est des sommes qui viendront du ministère, du
MIDI, donc, qui est son acronyme, viendront du MIDI et qui seront
transférées au cours de l'année, une fois que les dépenses seront en cours. Les crédits qui touchent le ministère de l'Immigration
ne peuvent pas apparaître lorsqu'on dépose le livre des crédits dans tous les ministères. Il y a les crédits qui
se trouvent au ministère de l'Immigration, et il y a des notes pour dire
que ces sommes-là seront transférées. Donc,
on passe d'un budget probable à un budget de dépenses, c'est ce qui fait qu'il
y a une différence entre les deux.
Concernant le
plan sur la réussite, il y a beaucoup de choses dans ce plan-là qui méritent
qu'on en parle et qui, dans le fond,
expliquent ce 3 % là de réinvestissement dans le réseau de
l'éducation, j'en ai parlé longuement avec la collègue de Pointe-aux-Trembles concernant le
109 millions. Et l'objectif, c'est, bien sûr, d'atteindre le 80 % de
diplomation d'ici 2020 et même, on le souhaite, Mme la Présidente, aller
au-delà de le faire.
Un des
principes qui est mis de l'avant et qui est reconnu par la recherche,
c'est agir tôt au bon endroit, et on va le faire de différentes façons. Je vous en donne quelques-unes.
L'implantation des maternelles quatre ans en milieu défavorisé, une somme de 7,3 millions de dollars qui sera
investie — on aura
peut-être la chance d'en parler au cours de l'étude des crédits, de la maternelle quatre ans. Le programme
d'éveil à la lecture dans les centres de la petite enfance, c'est
1 million de dollars en 2016‑2017 et 4 millions par année par la
suite.
Il faut se rappeler, Mme la Présidente, que le
plan pour la réussite qui a été déposé donne une prévisibilité au milieu de l'éducation qui, je pense, est souhaitée,
hein? Le député de Chambly l'a répété à bien des occasions, et je suis
d'accord avec lui qu'il faut être capable, à un moment donné, de donner de la
prévisibilité au réseau pour éviter de se retrouver dans des situations où à
chaque année on se doit de se questionner à savoir ce qui nous arrivera.
Il y a
l'ajout de ressources afin de favoriser la réussite en lecture et en écriture,
il y a 39 millions de dollars par année;
l'intervention auprès des clientèles les plus vulnérables tout au long de leur
parcours. On a eu la chance de parler de ça lors de l'étude des crédits sur la formation professionnelle et
l'alphabétisation; j'ai dit, à ce moment-là, que j'avais une préoccupation importante à l'égard de
l'alphabétisation. Je pense qu'on doit se doter, appelons ça, d'un plan
d'action, on doit se doter d'une stratégie à
cet égard-là pour améliorer cette situation-là, pour faire en sorte qu'on ait
moins de gens avec des difficultés en
littératie. Il faut, oui, investir le plus tôt possible auprès de nos jeunes,
mais il faut également soutenir nos adultes
par la formation générale aux adultes ou les centres de formation
professionnelle, mais également les soutenir en alphabétisation, parce
qu'il en va de leur développement à eux, de leur épanouissement à eux, de leur
contribution à notre société et de leur soutien auprès de leurs enfants.
Moi, je prends un instant pour vous dire, Mme la
Présidente, que j'ai autour de moi des gens qui vivent des difficultés comme celles-là et qui le disent
ouvertement : s'ils avaient la possibilité d'être mieux outillés
eux-mêmes, ils seraient de meilleurs
gardiens de la persévérance de leurs enfants, seraient mieux outillés pour
soutenir leurs enfants à
titre de
parents dans leur développement scolaire. Et je pense que c'est tout à fait
normal que, d'abord et avant tout, les premières personnes qui sont là
pour soutenir après l'école nos enfants soient leurs parents.
J'ai dit
qu'on va également... et je pense qu'on a eu l'occasion d'en parler, sinon
je le fais : on veut soutenir les écoles
de petites communautés. Il y a des sommes, Mme la Présidente, qui sont là pour
soutenir nos petites écoles. On en a parlé longuement durant les
consultations particulières, on a des commissions scolaires qui ont des
caractéristiques différentes des milieux
urbains en ce sens que ces gens-là se retrouvent avec des petites écoles, avec
peu d'élèves sur des territoires qui
sont très étendus. Il faut soutenir les écoles dans nos petites communautés
puis il faut réfléchir pour que ces écoles-là soient de plus en plus
utilisées par la communauté, bien que ce soit souvent le cas.
Il faut
offrir aux élèves un environnement d'apprentissage qui correspond aux réalités
modernes d'aujourd'hui, ça s'inscrit
dans le cadre de la Stratégie numérique du gouvernement. J'ai parlé des IRC
longuement, je pense, lorsqu'on a fait les crédits sur la formation
professionnelle, formation aux adultes et alphabétisation : c'est des
acteurs importants qui viennent supporter la réussite et la persévérance. C'est
des gens qui sont en périphérie, souvent, du milieu scolaire ou impliqués dans le milieu scolaire eux-mêmes. C'est
des gens qui se retrouvent... Que ça émane ou non des différents comités
qui gravitent autour de l'école ou des commissions scolaires elles-mêmes, il
n'en demeure pas moins que ce sont des organisations
qui, sur le milieu, sont utiles et participent à notre objectif de diplomation.
Je ne sais pas si c'est à elles et à eux que faisait référence le député de Chambly dans ses remarques
préliminaires lorsqu'il disait qu'il y avait des organisations qui étaient fermées, les trois IRC qui étaient
touchées et qui avaient dû fermer leurs portes vont renaître.
Actuellement, les discussions ont cours avec
ces IRC là. Elles vont reprendre leurs activités dans toutes les régions du
Québec, et on va être capables de travailler avec eux à la réussite.
Il y a des sommes qui sont mises de l'avant pour
accompagner les jeunes en difficulté et dès leur entrée au secondaire. Il y a
Culture à l'école, il y a la place du sport.
Et on vient
de parler des ressources, on vient de parler des ressources qui seront
ajoutées, c'est plus de 800 nouvelles ressources qui seront
ajoutées dans le réseau, c'est 571 enseignants, 92 professionnels,
182 techniciens. Il y aura plus de
ressources pour soutenir nos enfants après la mise en place du plan qu'il n'y en a aujourd'hui. Ça, c'est la réalité avec laquelle on vit, c'est la réalité avec laquelle on
va vivre au cours des prochaines années. Ça a été discuté avec les
partenaires, ça a été identifié dans le cadre des négociations de convention
collective avec les professeurs, il y a
une discussion en cours avec les...
et ça fait
partie du dialogue que nous avons avec les différents intervenants. Il y a, oui, les enseignants, à l'école, il y a,
oui, le personnel scolaire, il y a, oui, le personnel de soutien, il y a
les professionnels. Ces gens-là sont tous interpelés, et nous sommes
tous interpelés par leur rôle.
veux également, là, pour terminer, en parlant du plan sur la
réussite... Je ne peux pas passer à côté de parler des infrastructures, parce
que je considère... puis je pense que je ne suis pas le seul, le gouvernement
considère, Mme la Présidente, qu'un milieu sain et stimulant contribue à la réussite scolaire. Et je pense que l'annonce que j'ai faite à Montréal il y a
deux semaines a été bien reçue, nous étions dans une école qui manifestement a
plus que besoin d'amour, là, elle était
laissée à elle-même, et elle va revivre, il y aura des élèves bientôt
dans cette école qui... où il n'y a plus de fenêtres, et bientôt il
y en aura. Et c'est à la grandeur du Québec qu'il faut travailler pour revoir
le parc immobilier, bien sûr, et le soutenir, mais il faut être capable
de dire les choses telles qu'elles sont. On a des endroits dans le Québec, Mme
la Présidente, où nos écoles ont des indices
de vétusté beaucoup plus élevés que d'autres, mais, dans l'ensemble, on a
un parc scolaire, lorsqu'on regarde les
cartes, qui se maintient et qui est en bonne santé. Mais il y a des
concentrations d'écoles qui doivent être rénovées.
Il y a toute
la question des gymnases, il y a 50 millions de dollars pour rendre
accessibles les gymnases là où c'est techniquement
possible, bien sûr. Des écoles qui ne sont pas adaptées pour ça, pour toutes
sortes de raisons, là, qui ne concernent
pas le gouvernement actuellement, historiquement ont été construites comme ça...
Mais c'est une préoccupation que nous
avons. Je parle régulièrement avec des collègues de l'Assemblée nationale de
cela, on m'interpelle souvent pour me
dire : Quand est-ce qu'on va pouvoir travailler à faire en sorte de
pouvoir développer et construire un gymnase à côté de notre école?
Alors, il y a
différents projets qui sont mis sur la table, il y a des orientations qui sont
données par le gouvernement. Et je
veux insister sur le fait que j'ai dit... Et là des fois on me dit :
Est-ce que vous êtes en action ou vous ne l'êtes pas? La réponse, c'est oui. J'ai dit que les règles
budgétaires de cette année auraient de la flexibilité pour les écoles et les
commissions scolaires, il y aurait de la
place pour pouvoir travailler, il y aurait de la place pour pouvoir faire des
projets qui sont locaux. Il y a
effectivement des mesures qui historiquement ont été dédiées et qui ne sont
peut-être pas adaptées à tous les
milieux, il y a des mesures dédiées qui, dans certains milieux ou dans certains
lieux, perdent de leur efficacité parce que ce n'est peut-être pas la chose qu'on aurait souhaité faire. Bien, il y
aura de la flexibilité. La rédaction de ces règles-là est en cours, il y
a des discussions avec les partenaires à cet effet-là.
Alors, moi, ça, je suis très heureux de ça, Mme
la Présidente, parce que c'est un geste concret qui se fait à l'extérieur de la législation. Pas besoin de venir
au parlement déposer un projet de loi ou soutenir un projet de loi pour améliorer les règles budgétaires, on n'a qu'à le
faire, à écouter, écouter ce que les gens du milieu nous disent et travailler
avec eux pour leur donner la capacité d'agir sur la réussite.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci, M. le ministre. M. le député
de Sainte-Rose, il vous reste trois minutes.
Habel : Trois minutes. Bien, je reviendrai peut-être aussi pour le
prochain bloc, mais c'était simplement pour mettre en lumière aussi une portion du budget que j'ai oublié de
mentionner, c'était le Fonds des générations. Je pense que c'est
important de mentionner qu'en plus d'avoir atteint l'équilibre budgétaire on a
été capables de mettre de l'argent dans le
Fonds des générations, tout en investissant dans l'aspect de la culture et dans
l'aspect de l'éducation. On est passés de
55,1 %, au niveau du ratio dette-PIB, à 55 %. Et ça, on le fait parce
qu'on n'a pas le choix aussi, Mme la Présidente, d'investir pour les jeunes qui sont à l'école, au primaire et au
secondaire, qui devront assumer la dette de l'État. Donc, on l'a fait
d'une manière importante, et ça, je tiens à le souligner, Mme la Présidente.
Parce qu'à la
page 47 du plan de la réussite, il y a une mention pour la culture, et je
pense que c'est important, parce qu'on
est dans la Commission de la culture et de l'éducation. Et je trouve que la
culture et l'éducation vont de pair. Au niveau de l'art-études, du
sport-études, je pense que c'est des piliers importants pour favoriser la
réussite. Et il y a eu des investissements
dans le plan de réussite de 9 millions au total pour les trois prochaines
années. Et on comprend, par exemple, dans la culture, l'aspect de la
culture à l'école qui permet à des artistes de visiter les écoles notamment et
aussi d'avoir des ateliers culturels à l'école.
Et je tiens à
vous mentionner aussi que je ne peux passer sous silence, au niveau du
programme arts-études, le programme musical dans mon comté, à l'école
Des Cèdres, Poly-Jeunesse et Curé-Antoine-Labelle. On a des jeunes qui apprennent le violoncelle, apprennent la
contrebasse et performent à l'international avec le Maxi-orchestre
organisé par Manon Reddy. Et c'est vraiment exceptionnel, ce qu'ils réussissent
à faire avec la musique.
Et, en plus,
dans les axes, Mme la Présidente, de la politique jeunesse, il y a une jeunesse
engagée en faveur de la culture, de
la communauté et de la société. Et j'ai eu l'occasion, durant les volets
crédits Jeunesse, de mettre en lumière l'incroyable
performance de ces jeunes-là qui permettent aussi aux personnes âgées de
toucher aussi à la culture. Parce que
ces jeunes-là vont dans les résidences pour personnes âgées montrer leur
savoir-faire et favoriser le lien intergénérationnel.
Alors, c'est
dans les axes au niveau culturel. Puis dans les dépenses du gouvernement, on
s'y applique aussi, dans le plan de réussite. Alors, peut-être que dans
le prochain bloc on aura l'occasion d'y revenir, Mme la Présidente.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, M. le député
de Sainte-Rose. Alors, je suis maintenant prête à reconnaître le deuxième groupe de l'opposition et
je cède la parole à M. le député de Chambly pour environ
20 minutes.
M. Roberge :
Merci, Mme la Présidente. Je vais commencer avec un chiffre clair qui va, je
pense, donner le ton pour
l'intervention. C'est à garder en tête. Au Québec, les EHDAA, les élèves
handicapés ou en difficulté d'adaptation et d'apprentissage, ne sont que 45 % à obtenir un diplôme sept ans
après leur entrée au secondaire. Pas cinq ans, sept ans. 45 % seulement des EHDAA obtiennent un
diplôme sept ans après leur entrée au secondaire. Juste là il me semble
que je devrais avoir capté votre attention.
On a une crise, c'est assez évident. Donc, on est à la recherche de données,
d'informations pour trouver des solutions à ce problème. Donc, on a posé des
questions pour l'étude des crédits.
Question 76, on a dit : Bon,
bien, il y a combien de classes spécialisées au Québec? Réponse du
ministère : Je ne le sais pas.
Le ministère ne sait pas il y a combien de classes spécialisées pour les EHDAA
au Québec. Ça serait peut-être intéressant de s'informer.
Question 72,
on a demandé, on a dit : Bon, bien, O.K., il y a combien d'écoles — publiques,
là, publiques, dans le réseau
scolaire public québécois, primaire, secondaire — il y a combien d'écoles spécialisées? Et, dans le
cahier des crédits, réponse : On ne le sait pas.
O.K.
Bon. Il y a eu des coupures dans les professionnels, les gens qui s'occupent
des EHDAA. Ça a eu des impacts. Des
enfants sur des listes d'attente, il y en avait en 2012, 2013, 2014. J'ai
enseigné à cette époque-là. Donc, avant l'arrivée du gouvernement, il y
en avait déjà. Et donc, des enfants sur des listes d'attente, il y en avait.
a demandé — question 68 :
Il y a combien d'enfants EHDAA, combien de nos élèves qui sont en attente
de services? Réponse du gouvernement : On ne le sait pas.
Comment
faire pour trouver une solution à un problème qu'on ignore? Petite
suggestion : intéressez-vous à ce problème, intéressez-vous à ces
enfants qui ne sont que 45 % à obtenir une diplomation après sept ans. Il
me semble que, si on avait à concentrer des
efforts, ça serait là. Mais il faudrait d'abord savoir il y a combien d'enfants
qui sont en attente de service sur
une liste d'attente. Ce n'est pas juste dans les hôpitaux, là, dans le médical
qu'il y a des attentes. Nos écoles,
combien d'enfants sont dans les listes d'attente? Combien on a d'écoles
spécialisées? Combien on a de classes spécialisées?
Puis il faudrait diminuer les listes d'attente, augmenter les professionnels,
augmenter les classes, augmenter les écoles. Je ne pense pas avoir
réinventé le secret de la Caramilk en disant ça.
le comble, c'est qu'à la question 74 on a demandé : Il y a combien
d'écoles spécialisées dans le réseau privé? Tout de suite la réponse. Le ministère le sait, combien d'écoles,
combien par région administrative, qu'est-ce qu'elles font, le
financement par école privée.
le réseau privé, là, le ministère, il sait ce qu'il se passe, mais le réseau
public, aucune idée de ce qu'il se passe. On ne sait pas combien d'écoles, on ne sait pas combien de classes, on
ne sait pas combien d'élèves sur les listes d'attente.
Ma question : Est-ce que le ministre peut
s'assurer que, quand on va reposer la même question, l'an prochain — je vous
le dis en scoop, on va reposer la même question — qu'on ait au minimum des réponses puis
surtout des services pour ces jeunes-là?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Proulx : Bien, merci, Mme la Présidente. D'abord, je veux remercier le collègue
pour sa question, parce que je sais
qu'il a une préoccupation à l'égard des élèves EHDAA. Et je sais que c'est
partagé par les collègues, et j'en ai une également, très sincèrement.
Et le taux de
diplomation, j'avais à peu près les mêmes données. Et je trouve ça
effectivement... je vais dire «préoccupant»,
mais c'est effectivement un chantier sur lequel il faut travailler. Ces
jeunes-là ont, bien sûr, droit à des services, ont droit à la réussite,
et il faut les accompagner. C'est, oui, par du personnel, oui, par des
ressources, c'est peut-être aussi par des
façons de faire, par différentes approches qu'il faut repenser, revoir,
bonifier. Mais c'est clair que, si on
veut améliorer la réussite scolaire de l'ensemble de nos élèves, il y a là une
proportion importante, là, il y a un groupe de jeunes important qui peut
et qui doit, à mon avis, réussir mieux.
a posé plusieurs questions pour lesquelles, bon, il a dit ne pas avoir eu
toutes les réponses. Je peux peut-être donner quelques explications à la
lumière de ce que je sais.
D'abord,
sur le nombre d'élèves en attente, l'indication que moi, j'en ai, c'est qu'il
n'y en avait pas en attente de service, là, pour la mise en place d'une
démarche, d'un plan d'intervention. Ça, c'est ce qu'on me dit.
Concernant le nombre
d'écoles publiques et d'établissements particuliers, ma compréhension, c'est
qu'il y a 46 écoles publiques puis
11 établissements privés qui sont spécialisés dans les services EHDAA,
dont les services éducatifs, et notamment dans certains établissements
de santé et services sociaux. Vous savez qu'on a des établissements suprarégionaux, il y a des écoles qu'on pourrait
presque qualifier d'école hôpital, mais ce n'est pas le bon vocable,
mais il y a effectivement différents établissements, là, qui ont des services
particuliers.
Concernant la
déclaration faite par les commissions scolaires au ministère par classe — puis
j'ai posé ces questions-là avant, c'est une
des raisons pour laquelle j'ai un bout d'avance sur les réponses données au
collègue — ce qu'on
m'indique, c'est que, dans la déclaration qui est faite par les commissions
scolaires au ministère, on n'a pas ces informations-là
par classe. C'est la raison pour laquelle on est capables de dire — puis là je l'ai quelque
part ici — que
les élèves identifiés, là... on est capables
de donner le nombre d'élèves identifiés par cohorte, là, en pourcentage :
combien sont-ils dans notre réseau, combien
sont-ils dans une commission scolaire. C'est une des raisons pour laquelle on
voit les distinctions apparaître dans différentes commissions scolaires.
On a eu l'occasion
ici, à l'Assemblée nationale, puis c'était dans l'actualité, de parler très
rapidement de la commission scolaire de Laval, à un moment donné, et on voyait
qu'ils avaient bien sûr beaucoup d'intégration, mais il y avait une proportion
importante d'élèves EHDAA.
Alors,
on met quand même 2,3 milliards de dollars en soutien, Mme la Présidente.
C'est beaucoup d'argent, mais c'est... Les besoins sont illimités,
peut-être, et les moyens sont limités, mais c'est une préoccupation.
vais le laisser terminer, parce que je comprends qu'il veut me poser une autre
question. Puis ça me fera plaisir de poursuivre sur le même sujet.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, M. le ministre. Alors, M. le
député de Chambly.
M. Roberge :
Je peux dire au ministre qu'il a été malheureusement mal informé : il y a
des milliers d'élèves sur des listes d'attente pour avoir des services
d'orthopédagogues, et d'orthophonistes, et de psychoéducateurs, et de psychologues. Je ne pense même pas qu'il n'y ait
aucune exception à la règle. Tu sais, on parle souvent de l'exception à
la règle; je ne pense pas qu'il y ait
d'exception à la règle. Dans les 72 commissions scolaires, je mettrais ma
main au feu qu'il y a des élèves sur des listes d'attente. Particulièrement
en orthophonie, si vous les fouillez, là, il y a une pénurie d'orthophonistes
en ce moment.
EHDAA, les enfants qui sont les plus vulnérables,
sont au centre des préoccupations des parents, évidemment, et des enseignants. Puis il faut que je souligne
la contribution de la FAE, la Fédération autonome de l'enseignement, qui, ce matin, a déposé toute une brique, là, toute une collaboration.
C'est une étude très sérieuse par des chercheurs de l'Université du Québec à Montréal, l'UQAM : M. Boutin, Mme Bessette, Mme Dridi, qui
ont documenté la chose. Il y a
énormément d'informations là-dedans, de tableaux, de témoignages de profs. Et il y en a,
parmi les témoignages de profs, qui témoignent du fait qu'ils ont mis
des enfants sur des listes d'attente.
résument ça ici en 32 revendications pour une intégration réussie .
Ils rejoignent, et il faut que je le mentionne, les chapitres 6 et 12 du livre que j'ai publié la semaine dernière. Je peux le mentionner, parce
que je ne prends pas du tout les droits d'auteur de ce livre-là. Donc, même si je fais une pub, là, ça ne
va pas à moi, ça va à l'organisation Panda pour aider les enfants en
difficulté.
Chapitres 6 et
12, on parle spécifiquement des enfants EHDAA. Et ça se résume très bien :
l'intégration, oui, «si elle répond aux
besoins de l'élève». C'est à la base. Parce qu'il y a une mode que tout le
monde peut être intégré. La majorité
des enfants peuvent être intégrés, vivent une expérience formidable,
formatrice, puis même ça enrichit la classe. Donc, si elle répond aux
besoins de l'élève, oui.
elle ne nuit pas aux autres élèves.» Parce que, oui, c'est possible qu'une
intégration parfois nuise à d'autres élèves. Ce n'est pas toujours
facile, et il faut le nommer, ça peut arriver.
L'intégration,
oui, «si elle ne constitue pas une contrainte excessive». Parce que ça existe,
une contrainte. Tout le monde vit avec des contraintes; les enseignants
aussi, puis c'est très bien, mais excessives, non.
Puis «si elle
respecte les conditions d'exercice de la profession enseignante». Les
enseignants ne sont pas des techniciens en
éducation spécialisée, des psychoéducateurs, des psychologues, des
orthophonistes, etc., des orthopédistes, des infirmiers, etc., ce sont
des enseignants.
je ne suis pas d'accord avec 100 %
des revendications, mais la grande majorité vont dans le sens du monde, comme on dit. Ce n'est pas compliqué, là,
accompagner les enseignants, donc de la formation aux enseignants. Et ça
va être ça, ma question, là. Êtes-vous prêt
à faire ça, donner de la formation aux enseignants, augmenter le nombre de
professionnels qui vont aider les élèves, augmenter le nombre de classes
spécialisées et d'écoles spécialisées? Êtes-vous prêt, M. le ministre, à augmenter la formation aux
enseignants, augmenter le nombre de professionnels, augmenter le nombre de
classes spécialisées, augmenter le nombre
d'écoles spécialisées? Voilà ce qu'on aurait besoin pour améliorer notre
statistique désastreuse, qui est de 45 % de taux de diplomation après sept
ans. Êtes-vous prêt à aller dans cette direction-là?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, M. le député de Chambly. M. le
ministre.
M. Proulx :
Mme la Présidente, c'est vrai qu'il y a une réflexion à faire à l'égard des
EHDAA. Le député de Chambly parle de l'étude qui est rendue publique ce matin,
je pense, à 10 heures, là, par la Fédération autonome de l'enseignement. Je n'ai pas eu la chance de la
parcourir au complet, mais j'ai eu la chance de lire quelques notes, et...
Tout d'abord, moi aussi, je tiens à saluer
le travail qui est fait. On n'a pas à toujours être d'accord avec tout le
monde, mais il n'en demeure pas moins que, quand les gens s'en
préoccupent et qu'ils prennent la peine de mettre sur papier, oui, de la
recherche, mais également des recommandations ou des suggestions, je pense
qu'il faut saluer ça et prendre le temps de les lire.
D'ailleurs,
moi, je suis très heureux d'avoir l'occasion également d'avoir discuté avec les
gens de la FAE, déjà depuis mon
arrivée, de différentes choses. Et
ces discussions-là vont se poursuivre, comme avec l'ensemble des
partenaires de l'éducation.
Vous
savez, il y a des fois où il faut être capable aussi de
regarder ce qui se fait près de nous. Le réseau anglophone, par exemple, a des pratiques, je dirais, peut-être un peu différentes ou, en tout cas, une meilleure intégration ou une... Je ne dirais pas une «meilleure intégration», mais je
dirais qu'ils réussissent, dans l'intégration, à avoir un taux de
diplomation qui est plus élevé, là. C'est
près de 59 %, si ma mémoire est
bonne, près de 60 %. Alors, il y a là peut-être des pratiques avec
lesquelles on doit s'inspirer.
le député de Chambly me permet de discuter encore de cette question-là, mais du
point de vue des parents... J'ai constaté,
moi, dès le début... C'est quelque chose avec laquelle... je ne comprenais pas
trop la perception, au départ, sans être impliqué là-dedans. Et moi, je n'ai pas des enfants dans cette
situation-là, alors je n'étais pas très, très, très près de cette situation-là moi-même. Mais il
y a une réalité entre la perception
qu'ont les parents et... des ressources qui se retrouvent dans le système.
Et je pense que le député de Chambly, comme enseignant, va abonder dans le même
sens.
Il n'en demeure pas
moins que, lorsque notre enfant se retrouve avec un diagnostic, avec une cote,
comme on retrouve dans le système, on lui
indique qu'il nécessite des services supplémentaires et on lui dit : Bien,
voilà ce qu'on devrait attribuer comme services et en argent sonnant à
votre enfant. La...
La Présidente
(Mme Rotiroti) : M. le député de Chambly.
M. Roberge : Merci, Mme la Présidente. On ne peut pas dire que
ce n'était pas intéressant, mais ce n'était pas une réponse à une question. J'avais demandé : Est-ce qu'on peut avoir plus de formation, plus de professionnels, plus de
classes, plus d'écoles? On a comme changé de sujet, on a changé de poste. Ce
n'est pas de ça que je parlais.
Je vais
revenir. Le ministre nous a dit : Plus près de nous, il y a
des choses qui fonctionnent. Il y a des choses qui fonctionnent. Je vais vous
en nommer une, chose qui fonctionnait en 2013, 2014, 2015. À l'école secondaire
Espace-Jeunesse à Montréal,
il y avait une classe de soutien émotif. On s'entend, c'est
une classe pour des enfants qualifiés de EHDAA. Ce n'est pas une classe régulière, donc une classe spécialisée. Il y en avait une là, là. Si vous voulez savoir elles sont où, il y en avait
une là.
On parlait
d'une classe soutien émotif qui avait un ratio maximal de 10 à 12 élèves par
classe, une équipe composée de deux
enseignants formés en adaptation scolaire — quand je vous parlais, là, de la formation, c'est
ça — et
d'un éducateur spécialisé, un suivi
professionnel en psychologie. Voici ce qu'on avait, là, au service de ça. Et là
on apprend que, pour l'année prochaine, en 2016‑2017, ce qui
fonctionnait, bien on va le couper.
L'appui en psychologie va être moins serré, on
coupe les heures de l'appui en psychologie dans une classe de soutien émotif — il faut le faire, pareil; l'équipe,
ils étaient deux enseignants, vont passer à un enseignant titulaire — on vient de perdre un prof; il n'y aura plus un éducateur par classe, mais
plusieurs classes pour ce même éducateur. Donc, voilà quelque chose qui
fonctionnait et qui va se faire couper suite aux décisions de votre
gouvernement.
Vous avez
dit, je pense, la semaine dernière, vous avez honte. M. le ministre, vous avez
dit que vous avez honte. Je vous
comprends, mais avoir honte, c'est une chose; changer les choses, c'est une
autre chose. Pouvez-vous me garantir que cette classe-là, là, il n'est pas trop tard? On parle de
l'année 2016‑2017. Pouvez-vous sauver la classe soutien émotif de
l'école secondaire Espace-Jeunesse, s'il vous plaît?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Proulx : Oui, bien, Mme la Présidente, je pense que
l'école Espace-Jeunesse est au sein de la commission scolaire de
Montréal.
M. Roberge : Oui, mais ce n'est
pas une raison pour la couper.
M. Proulx : Pas du tout.
M. Roberge : C'est comme s'il
disait : Bien, elle est à Montréal!
M. Proulx : Non, non, je pose
la question.
Présidente (Mme Rotiroti) : M. le ministre. Oui, vous
parlez à la présidence puis vous n'interrompez pas le député, s'il vous
plaît.
M. Proulx : Tout à fait.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Oui?
M. Proulx : C'était un préambule à la réponse, en disant que
les discussions qui sont en cours avec la CSDM vont, je pense, et très clairement démontrer qu'il n'y en
aura pas, de ces coupes-là, aux services aux élèves. Il y a un
réinvestissement qui a été fait par le gouvernement qui va maintenir et
bonifier l'offre de service de professionnels. Si la CSDM, après ça, fait le
choix de réduire les services à Espace-Jeunesse, bien c'est clair qu'il devra y
avoir une discussion à cet égard-là.
Mais je
reviens à la question principale du collègue. Et puis peut-être que je n'ai pas
répondu assez vite, alors, à ce moment-là,
je m'en excuse. Bien sûr qu'il faut avoir des nouvelles ressources. Il y aura
des nouvelles ressources. Bien sûr que
ça prend des écoles mieux adaptées. Il y aura des écoles mieux adaptées. Bien
sûr qu'il faut revoir la formation des enseignants
notamment, ça fait
partie de la mobilisation, ça fait
partie de la réflexion
sur la réussite, ça fait
partie de la valorisation du rôle de
l'enseignant, puis on aura la chance de discuter de tout ça. La réponse à ça,
c'est oui.
Et est-ce
qu'on doit faire une réflexion sur la façon dont se transmet ou se dirige le
financement des EHDAA vers les établissements... et vers les commissions
scolaires bien entendu? La réponse, c'est oui.
Alors, dans ce contexte-là, je suis convaincu
que, lorsqu'on aura l'occasion de reparler de ça dans quelques semaines, voire quelques mois ou, au plus tard,
dans une année prochaine, bien, je veux dire, il y aura eu du chemin de
fait à ce sujet-là à l'égard des élèves EHDAA.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le ministre. M. le député, il vous reste à peu près
3 min 30 s.
M. Roberge :
Je vous remercie, Mme la Présidente. Je vais changer de sujet si vous me le
permettez. Je veux vous parler du transport scolaire, je veux vous
parler des commissions scolaires, des écoles privées.
Il faut reculer un
petit peu dans le temps, mais, depuis des années, on a constaté qu'au fil des
gouvernements il y avait beaucoup d'argent qui se perdait. Écoutez, en 2014‑2015,
le gouvernement et la commission scolaire de Saint-Hyacinthe
ont financé du transport scolaire pour une école qui était fermée, le collège
Antoine-Girouard. Il faut le faire, pareil! À Sherbrooke, il y a un
regroupement d'écoles privées qui a dénoncé ce fait qu'elles étaient prises
pour payer pour des élèves qui
n'existent pas. Il y avait, l'année passée, 2 163 élèves fantômes financés en trop par le MELS — on parle de 1 million de dollars — et il y
avait 1 218 élèves fantômes, cette fois-ci facturés par les commissions
scolaires aux écoles privées. Donc, les
commissions scolaires ramassent des deux côtés, là : du ministère et des
écoles privées. Puis des deux fois,
c'est les parents. Puis des écoles privées, bien, c'est les parents deux fois
qui paient, parce qu'il faut qu'ils paient pour leur enfant puis il faut
qu'ils paient pour le voisin fantôme qui n'existe pas. Est-ce que le ministre
s'est attaqué à cette question?
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci, M. le député. M. le ministre.
M. Proulx : Oui, Mme la Présidente. La question arrive à point, parce que c'est
effectivement un dossier qui se retrouve sur mon bureau et qui est en
discussion avec l'équipe du bureau de la sous-ministre.
y a bien sûr des informations qui sont colligées, là, collectées pour
l'ensemble du territoire. Et, pour donner un exemple de ça, il y aura, dans les prochains jours, une rencontre qui
touche des établissements privés et une commission scolaire, justement pour une problématique qui
ressemble à celle-là, à savoir comment les établissements privés peuvent
évoluer dans le cadre où effectivement les
sommes sont dirigées vers la commission scolaire. Mais on se retrouve
dans la situation où on leur refacture, si vous me prêtez l'expression, un
montant qui m'apparaît plus élevé par rapport à ce que coûte réellement le
transport d'un enfant.
Alors,
la réponse à la question, c'est oui. Est-ce que l'ensemble du dossier est réglé
aujourd'hui? Non. Mais est-ce que cette problématique-là est sur mon
bureau? La réponse, c'est oui.
La Présidente
(Mme Rotiroti) : Merci. Il vous reste une minute, M. le
député de Chambly.
M. Roberge :
Il me reste une minute? Très bien. Parce que le 3 décembre 2014, il y a
16 mois, celui qui occupait votre
place, M. le ministre — d'ailleurs élu du même comté que vous — disait : «M. le Président, c'est
notre gouvernement qui [a] récemment revu le financement des écoles privées, et
nous avons constaté, comme de fait, qu'il y
avait des élèves qui n'étaient pas transportés mais qui étaient financés — donc, c'est le ministre qui le disait
clairement, j'imagine qu'il s'était informé.
Nous sommes en train d'en faire l'étude — disait-il en décembre 2014 — et nous allons apporter des correctifs. Pour nous, c'est
inacceptable qu'il y ait eu un paiement pour un service qui est non rendu.
Donc, après avoir fait l'étude, nous
constaterons les montants qui doivent être remboursés et nous agirons en
conséquence», disait le ministre il y
a 16 mois. Le ministre m'a parlé d'une région. Le ministre... son
prédécesseur parlait d'une problématique québécoise.
Est-ce
qu'on va avoir des nouvelles bientôt? Est-ce qu'il va y avoir un suivi bientôt,
quelque chose de déposé à l'Assemblée
nationale pour que tout le monde voie que le gouvernement s'en occupe? Il parle
même de remboursement ici. Est-ce que les sommes seront remboursées?
Présidente (Mme Rotiroti) : Malheureusement, il ne reste
plus de temps, alors je dois céder la parole du côté du gouvernement et
je cède la parole à M. le député de Sainte-Rose pour environ 18 minutes.
M. Habel :
Parfait. Merci, Mme la Présidente. Écoutez, j'ai abordé rapidement, au dernier
bloc, l'aspect de la culture. Permettez-moi de la remettre en relief,
Mme la Présidente.
J'ai
parlé de la politique jeunesse, qu'on a déposée en tant que gouvernement, 2030.
Et, dans l'axe 2 et l'axe 3... L'axe 2 est pour favoriser la persévérance et la réussite avec des
objectifs qui sont clairs, dont : augmenter la persévérance scolaire, la diplomation et la qualification des
jeunes à risque de décrochage; soutenir l'accessibilité et la
participation aux activités parascolaires;
favoriser l'accès aux services d'orientation scolaire et professionnelle;
valoriser les formations professionnelles et techniques; et encourager
l'accès aux études supérieures. Et aussi l'axe 3, qui était d'encourager l'engagement civique, multiplier les occasions
d'engagement, favoriser le dialogue entre les générations et les
relations interculturelles, encourager les
comportements écoresponsables et soutenir les activités culturelles. Alors,
je crois que la culture s'arrime très bien, Mme la Présidente, à
l'axe 2 et l'axe 3, dont la portion pour soutenir l'accessibilité et
la participation aux activités scolaires.
J'ai
eu l'occasion de parler du programme musical dans mon comté, le programme
musical qui touche les écoles des
Cèdres, l'école Poly-Jeunesse et l'école Curé-Antoine-Labelle. Et vraiment, ils
sont au coeur de l'axe 2, mais aussi de l'axe 3. Parce que, je l'ai mentionné auparavant, Mme la Présidente,
ils multiplient les occasions d'engagement bénévole lorsqu'ils se présentent dans les résidences pour
personnes âgées, et favorisent le dialogue entre les générations. Alors,
je pense que c'est un bel exemple de notre jeunesse, Mme la Présidente.
C'est sûr et certain
que, des fois, du côté de l'opposition officielle et de la deuxième opposition,
on essaie de tout dépeindre en noir, mais je
pense qu'il y a des belles réussites dans notre système scolaire. Et celle du
programme musical est importante d'être mentionnée.
a des investissements aussi dans ma circonscription, au niveau de
l'investissement muséal pour le parc de la Rivière-des-Mille-Îles. Et j'ai annoncé, Mme la Présidente, aussi que j'allais déployer des croque-livres à
l'ensemble de mon comté, en partenariat avec l'OSBL Café Signet, qui
a pour but de promouvoir la culture, mais aussi favoriser l'intégration
et la réinsertion sociale. C'est une
entreprise d'économie sociale que je salue, d'ailleurs, parce qu'ils sont
des partenaires incroyables au niveau de la culture dans mon comté.
Et j'ai parlé aussi du programme Culture à
l'école, qui, depuis 2004, met à la disposition des enseignements scolaires et des enseignements une aide
financière, dont entre autres sur deux volets : ateliers culturels à
l'école et aussi une
école qui accueille des artistes. J'ai notamment eu la chance de voir un
artiste performer à l'école Curé-Antoine-Labelle. Et c'est un budget 2016‑2017 pour le plan de
la réussite, Mme la Présidente, qui avoisine les 9 millions de dollars
pour les trois prochaines années.
Alors, dans
le plan de réussite globale, j'aimerais que le ministre nous entretienne de la
portion précise de favoriser l'apprentissage
et la réussite pour le contact aux arts et à la culture, à la page 46, le
tableau 13, pour la ventilation totale de 500 millions pour
2016‑2017, on a 164 millions, dont la portion du 3 millions pour cette
année. Merci beaucoup.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci beaucoup, M. le député de Sainte-Rose. M. le ministre.
M. Proulx : Oui, bien, j'ai l'occasion de parler de la
culture à l'école, Mme la Présidente, en disant qu'il y a des bonnes
nouvelles dans le réinvestissement de l'éducation, d'ailleurs. Actuellement,
c'est 2,5 millions de dollars qui étaient
investis annuellement dans nos écoles afin de promouvoir la culture. Et cette
enveloppe-là va être bonifiée pour les trois prochaines années d'une
somme totale de neuf millions. Donc, 3 millions de plus par année qui
seront mis à disposition des différentes écoles.
C'est, oui,
au primaire et au secondaire, mais c'est tellement important que, bon, c'est
souvent la première occasion qu'ils
ont d'entrer en contact avec des arts auxquels on ne participe pas à la maison
ou on n'est pas... on n'a pas fait le choix de les exposer.
Je peux
peut-être parler quelques instants de mes deux enfants, en vous disant, Mme la
Présidente, qu'ils sont tous deux à l'école primaire. Et moi, je suis
toujours bien content, d'abord, lorsqu'ils ont l'occasion d'aller visiter un
des musées du Québec... ou des musées du
Québec, ou aller voir pièces de théâtre, expositions. On pense que des jeunes
enfants s'ennuient au Musée des beaux‑arts de Québec; c'est faux, ils ont un
plaisir fou à y aller. Moi, je suis toujours très heureux de les voir émerveillés de ce qu'ils ont vu. Ils posent plein de
questions, puis... C'est bien stimulant de voir qu'ils s'intéressent
déjà si jeunes à la culture.
Ce qui, moi,
m'interpelle beaucoup, et, si j'avais la chance d'avoir un peu de temps,
j'irais moi-même de temps en temps
m'asseoir dans le fond de la classe pour aller les entendre, c'est quand des
auteurs vont à l'école présenter leurs livres, leurs ouvrages, leurs séries. La semaine dernière, ma fille a eu
l'occasion d'avoir quelqu'un dans sa classe, une auteure, dans sa classe. Et ça adonnait qu'on avait un
livre à la maison, donc elle l'a amené pour une petite dédicace. Mais
c'est bien plaisant d'avoir l'occasion qu'ils puissent rencontrer les gens
qu'on lit... ou les auteurs des livres qu'on prend à la bibliothèque lorsque
nous y allons avec eux ou qu'ils y vont.
Dans le fond, c'est un maillage qu'on fait entre
la culture et l'éducation. J'ai dit tout à l'heure également qu'il y avait... Je fais un petit aparté en disant
qu'il y avait également des sommes qui seront dévolues à l'éveil et à
l'écriture dans les centres de la petite enfance. Et je comprends que c'est
avec des collègues — peut-être
avec la députée de Pointe-aux-Trembles — que j'aurai l'occasion également de le faire
dans les crédits Famille, mais il y aura également des sommes qui seront
dévolues à la culture chez les enfants qui sont dans la petite enfance.
Alors, promouvoir la culture à l'école, pourvoir
des cheminements, c'est, à mon avis, très intéressant, c'est important, c'est une stimulation supplémentaire,
ça ouvre des horizons. C'est la force, dans le fond, de notre société.
C'est une occasion d'éveiller très jeunes
nos enfants. Et, malheureusement, il arrive que, dans la vie courante, où tout
va vite, on n'a pas l'occasion de les
exposer à différentes sortes de culture.
Alors, pour moi, c'est très important.
Puis ça ajoute, ça vient un peu
complémenter les activités parascolaires complémentaires qu'ils ont, que ce
soit de nature sportive ou de loisirs, mais c'est tout aussi important
d'avoir des activités culturelles.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le ministre. Alors, M. le député de Chapleau, vous disposez de
11 minutes.
Carrière : 11 minutes? Merci beaucoup, Mme la Présidente.
Permettez-moi de saluer les collègues, collègues d'en face, de vous
saluer, saluer le ministre ainsi que toute l'équipe qui est avec vous
aujourd'hui. Merci d'être là.
L'étude des crédits en éducation, je pense que
c'est d'une importance capitale, l'avenir de nos jeunes passe naturellement par la priorité que nous y mettons.
Et la persévérance scolaire, c'est un dossier qui me tient beaucoup à
coeur. Je pense qu'on doit tout faire en
notre possible pour aider chaque jeune, qu'il se réalise au maximum de ses
capacités.
Et j'aimerais entretenir le ministre sur les
instances régionales de concertation. Ces instances ont été mises de l'avant afin de promouvoir l'importance de la
diplomation, valoriser la persévérance scolaire, prévenir les
conséquences du décrochage scolaire, parce
qu'un jeune qui décroche, il décroche pour longtemps, puis il y a toute une
question d'estime de soi puis de
l'avenir qu'il a devant lui, et le rôle de ces IRC là, de ces instances régionales
de concertation, est de mobiliser les
acteurs régionaux et de développer des partenariats locaux dans la promotion
des conditions de réussite éducative.
Ce qui est
important de ces IRC là, c'est que chacune est modelée à ses besoins. Ce qui
est important ou ce qui est bon en
Outaouais ne l'est peut-être pas nécessairement en Gaspésie, à Montréal, dans
des milieux plus ruraux, et même dans une même région. Comme chez nous,
en Outaouais, on a un pôle urbain qui est la ville de Gatineau, qui n'a pas les
mêmes réalités que le nord du Pontiac ou le nord de la vallée de la Gatineau,
où les taux de chômage et le taux de décrochage scolaire sont beaucoup plus
élevés. Donc, les instances régionales de concertation sont modelées à chacune
des réalités des régions.
Et la
première qui a vu le jour, c'est au Saguenay—Lac-Saint-Jean, c'est la CREPAS, qui était le
Conseil régional de prévention de
l'abandon scolaire, et depuis ce temps-là de nombreuses ont vu le jour. Chez
nous, en Outaouais, c'est CAPS
Outaouais, qui est le centre d'amélioration de la persévérance scolaire
Outaouais, qui est un peu le bras agissant de la Table éducation
Outaouais, où tous les acteurs du milieu se concertent et font un travail
formidable. Chez nous, il y a les quatre commissions scolaires francophones qui sont présentes,
commission scolaire des Draveurs, Portages-de-l'Outaouais, des Hauts-Bois-de-l'Outaouais, Coeur-des-Vallées, ainsi que
la commission scolaire anglophone Western
Québec. Il y a le cégep de l'Outaouais, le collège Héritage, qui est le cégep
anglophone chez nous, l'Université du
Québec en Outaouais. Il y a même plusieurs ministères qui y sont :
ministère de la Famille, Emploi Québec, ministère de la Culture et des Communications. Il y a également
le centre intégré de santé et services sociaux qui participe à toutes
ces rencontres-là, les carrefours jeunesse-emploi, les syndicats des
enseignants de l'Outaouais. Il y a tout le volet sport également, là, l'Unité régionale de loisir et sport de l'Outaouais
siège, Québec en forme. L'Association des centres de la petite enfance de l'Outaouais y siège, parce que
souvent on peut détecter à partir de la petite enfance s'il y a des
enfants qui seraient... où est-ce qu'on peut déceler quelque problématique, et
ça pourrait devenir plus difficile au niveau de la persévérance scolaire. Chambre de commerce de Gatineau également, je
pense que les entreprises ont un rôle à jouer. Donc, vraiment tout le monde est assis autour de la
table, et l'objectif, c'est effectivement de parler de persévérance
scolaire et de tout faire ce qui est possible pour encourager les jeunes à
persévérer, à aller au maximum et d'au moins atteindre un diplôme d'études
secondaires.
Il y a toute
la question... j'en ai parlé, mon collègue a parlé de la culture. Il y a le
sport, c'est quelque chose qui me
tient beaucoup à coeur. Il y a eu des investissements qui ont été faits chez
nous, en Outaouais, je regarde à l'école secondaire Nicolas-Gatineau, un projet qui s'appelle le
centre Branchaud-Brière, avec Daniel Brière, qui est connu de tout le
monde, qui s'est impliqué beaucoup. C'est un
deux surfaces, deux arénas et un terrain de soccer, football. Doubler le nombre
de jeunes en sport-études, ça fait en sorte
que les jeunes sont plus intéressés à l'école. Donc, il y a vraiment des choses
qui sont faites au quotidien pour aider nos jeunes.
Et, depuis 2007, le gouvernement et la Fondation
Lucie-et-André-Chagnon ont multiplié les ententes. Moi, à l'époque, j'étais président de la Conférence
régionale des élus de l'Outaouais, et on a signé des ententes avec le
gouvernement, la fondation pour mettre de l'avant... qu'on pense à R 2 ,
Réunir et Réussir, Québec en forme, Avenir d'enfants,
et mettre sur pied des projets, des programmes pour aider les jeunes à
persévérer. Et ça a donné des
résultats probants.
L'Outaouais,
chez nous, on a un grand paradoxe. Au
niveau de la réussite scolaire, on a
augmenté depuis cinq ans. 2011, le
taux de réussite scolaire était à 65 %;
maintenant, il est autour de 70 %, qui est sous la moyenne provinciale.
Mais, quand on regarde, ce qui est
paradoxal, c'est que le taux de diplomation universitaire en Outaouais est le
plus élevé au Québec, donc c'est
vraiment de façon paradoxale, mais aussi, le fait qu'il y a beaucoup de jeunes
qui vont aller en formation professionnelle
en Ontario, ils ne sont plus monitorés ou ils sortent du système comptable, et
chez nous on les calcule comme des décrocheurs, mais, si on prenait en
compte ces gens-là, je pense que notre taux de réussite scolaire serait plus
élevé.
Donc,
j'aimerais entendre le ministre. C'est quoi, la vision pour les instances
régionales de concertation pour les prochaines années, pour notre
gouvernement?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le député de Chapleau. M. le ministre, il vous reste cinq minutes.
Proulx : Merci, Mme la
Présidente. On a eu l'occasion d'en parler un peu lors des crédits sur la
formation professionnelle,
l'alphabétisation, formation générale aux adultes. Je pense que c'est des
bonnes nouvelles, ce qu'on a annoncé la semaine dernière concernant les
IRC, les instances régionales.
D'abord, le député a parlé du CREPAS. Hier, le
premier ministre a fait l'annonce d'une somme importante, 538 000 $
pour le CREPAS, un organisme qui effectivement fait école, un organisme phare
dans le domaine de la persévérance scolaire, qui est là depuis longtemps.
Et je veux
attirer l'attention des gens sur ce qu'a dit mon collègue. Ces IRC là, elles ne
sont pas toutes pareilles dans la
mesure où elles répondent à des besoins différents sur le territoire qu'elles
desservent. Elles sont constituées effectivement de gens différents, parfois c'est des gens du milieu scolaire, parfois
c'est seulement des gens du milieu... notamment des gens du milieu de l'éducation, bien entendu, mais
même des gens des commissions scolaires ou des différents organismes qui gravitent autour. C'est important de rappeler
qu'ils ont leurs spécificités locales parce qu'ils ont des besoins
locaux différents. C'est d'autant plus vrai
que... je pense que c'est une des conclusions qu'on doit tirer, même si on en
avait déjà un bon élément de réponse,
mais c'est un des éléments qu'on doit tirer de la consultation particulière sur
le projet de loi n° 86, c'est
que, sur le territoire du Québec, Mme la Présidente, les besoins sont
passablement différents, et, dans les milieux ruraux ou dans les milieux éloignés, il y a des réalités bien
différentes pour desservir nos élèves, nos élèves en difficulté et également nos élèves qui ont besoin d'un soutien
au niveau de la persévérance, d'abord parce que c'est parfois la
distance qui rend inévitablement plus difficile le service d'une organisation
communautaire vers l'élève. Ce n'est pas tout le monde qui peut, en sortant de l'école, traverser la rue et se retrouver
au sein d'un organisme qui peut l'aider. Moi, je pense à La Maison des
grands-parents à Sainte-Foy, Mme la Présidente, qui se retrouve à la fois dans
un sous-sol d'école et parfois à côté, dans
le sous-sol de l'église, les élèves n'ont qu'à traverser la rue pour aller
rencontrer des grands-parents, justement,
des gens qui aujourd'hui redonnent à la communauté en aidant de nombreux
jeunes, plus d'une centaine, à faire leurs devoirs. Alors, c'est le
propre des IRC.
Bien entendu,
il a fallu trouver une solution financière au fait qu'il y avait le retrait de
la fondation, tel que l'a indiqué mon
collègue, mais on a bonifié dès cette année l'offre et le financement du
ministère de façon à les soutenir. Et moi,
j'ai eu l'occasion de rencontrer plusieurs des organismes en alphabétisation,
dont des IRC, il y a deux ou trois semaines, là, alors qu'ils avaient
une rencontre ici, à Québec, et, moi, ce que j'entends, c'est que les gens sont
très heureux de cette situation-là, très
heureux du soutien qu'on leur a offert, supplémentaire, qu'on soit capable
d'assurer dans le temps une pérennité ou une
prévisibilité à leur financement au cours des prochaines années et qu'on
reconnaît que ce sont des acteurs essentiels de la
réussite et qui sont des partenaires avec nous, avec le milieu scolaire, avec
les enseignants, avec les commissions
scolaires, avec les parents pour faire en sorte d'améliorer la réussite de
tous. Voilà.
Présidente (Mme Rotiroti) : Merci beaucoup, M. le ministre.
Alors, je vais passer du côté de l'opposition officielle et je cède la
parole à Mme la députée de Pointe-aux-Trembles pour environ 19 minutes.
Mme Léger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je veux revenir à notre discussion, tout à
l'heure, du programme 4 particulièrement,
là, de notre étude des crédits. On va partir d'en haut, là. Le ministre a
annoncé 500 millions sur trois ans, ce qui équivaut à peu près à 167 millions par année. Ce
500 millions là s'en va à l'éducation primaire et secondaire, alors
on enlève les études supérieures. Le
500 millions, c'est 330 millions qui sont alloués à l'éducation primaire
et secondaire, 330 millions sur trois ans, donc ce qui veut dire
109 millions par année. De ce 109 millions par année, je redéduis ce qu'on vient d'apprendre aujourd'hui, le
40 millions de coupures que le gouvernement s'apprête à faire pour
2016‑2017, donc du 109 j'enlève 40 quelques
millions, donc il reste à peu près 71 millions — j'arrondis, là, les chiffres, là — 71 millions de mesures pour la
réussite en éducation. Donc, l'investissement du gouvernement cette année
serait de 71 millions.
Est-ce que le ministre peut me dire si ce
chiffre-là, 70, 71, là, on est dans, je pourrais dire, ce total-là, là...
Est-ce que le ministre peut me dire si c'est la même annonce que son
prédécesseur, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale maintenant, le
député de Charlesbourg, qui avait annoncé un investissement, en novembre 2015
dernier, de 80 millions? Est-ce que ce 71 millions là est le même que
le 80 millions?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Proulx : Mme la Présidente, je
veux, moi aussi, revenir à la discussion qu'on a eue avec la députée de Pointe-aux-Trembles puis lui rappeler que d'abord
on verse 9 milliards de dollars aux commissions scolaires. Alors,
ce n'est pas 100 000 $, là, ce n'est pas 200 000 $, ce
n'est pas 100 millions, c'est 9 milliards de dollars. L'optimisation demandée de 39 millions, là, ça représente
0,4 %. Si chacune des commissions scolaires faisait ce que Pointe-de-l'Île
a fait, là, en faisant des économies de
500 000 $ par année, là, si je faisais ça fois 72, là, ça représente
36 millions de dollars, Mme la Présidente.
Alors, oui,
il y a des efforts à faire, oui, il y a des efforts importants qui ont été
faits et il y a de l'espace, comme je le disais, pour de l'optimisation,
mais, oui, on va et il faut protéger les services aux élèves. C'est notamment
dans cet esprit-là qu'il y a réinvestissement en éducation, qu'il y a un
réinvestissement important en éducation.
109 millions de dollars, ça, c'est en plus des coûts de système, en plus
de l'optimisation. C'est comme ça que seront financées l'ensemble des
mesures du programme 4 pour la prochaine année.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Léger : Alors, Mme la
Présidente, quand il parle de la commission scolaire de la Pointe-de-l'Île, il
faut quand même dire que c'est des surplus
cumulés au fil des dernières années qu'ils ont réussi à économiser, et là,
l'année prochaine, vous ne verrez plus ça, là.
Puis là vous prenez une commission scolaire, une des rares commissions
scolaires qui a réussi à passer au travers,
mais là on parle de toutes les autres, puis là le ministre oublie de nous
parler de toutes les autres qui sont
rendues au bout du rouleau. Et, lorsque le ministre me parle d'optimisation
puis qu'ils sont capables encore, je pense qu'il vit vraiment sur une
autre planète.
J'ai posé la
question du 80 millions de son prédécesseur. Est-ce que ce
80 millions se retrouve dans les chiffres que nous avons là? Est-ce
que c'est inséré? Est-ce que c'est le même 80 millions que celui de
71 millions, là?
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, Mme la députée. M. le ministre.
M. Proulx : Mme la Présidente, le
109 millions de dollars, il est récurrent, il est année après année.
Alors, je veux dire, je ne sais pas pourquoi
que la collègue veut faire... J'ai exprimé que nous étions pour mettre
1,2 milliard de dollars au cours
des trois prochaines années : 500 millions de dollars pour la
réussite, 700 millions supplémentaires pour les infrastructures. Et le 109 millions de
dollars, c'est pour cette année, c'est pour l'an prochain, c'est pour l'autre
année d'après. Alors, c'est de l'argent neuf qui se retrouve dans le
réseau de l'éducation et qui va servir à financer des mesures, la flexibilité
qu'on va retrouver dans les règles budgétaires et des services aux élèves.
La Présidente (Mme Rotiroti) :
Merci, M. le ministre. Mme la députée.
Mme Léger : Alors, Mme la
Présidente, tout ce que je veux dire au ministre actuellement, c'est qu'il ne
nous répond pas, là.
Alors, j'ai
posé la question si c'est le même 80 millions. Bien, moi, je vais lui
répondre : C'est le même 80 millions. Le chiffre que le ministre précédent avait annoncé en novembre, c'est la
même chose qu'on a devant nous. S'il peut regarder son plan de réussite,
là, pour la réussite en éducation, là, à la page 46 — vous
allez voir, je donne un exemple — dans son plan de réussite, il parle «agir
tôt», «soutenir la réussite en lecture et écriture au primaire». Il y a
un petit chiffre à côté, pour les besoins de
ceux qui nous écoutent puis nous suivent, là, il y a un petit chiffre 1.
Si on va voir ce que ça veut dire, le
petit chiffre 1, en bas, c'est : «Mesure annoncée le 26 novembre
2015.» Donc, je l'ai, la réponse, là, au ministre. Le 80 millions en novembre 2015, c'est celui-là
qu'on retrouve aujourd'hui en disant qu'on fait des nouvelles annonces.
J'entends
mon collègue à côté me dire : On a remastérisé, c'est un nouveau DVD, là, on
vient de sortir un nouveau DVD. On pense que c'est du nouvel investissement,
donc je veux le dire aux gens qui nous écoutent, là, il n'y a aucun nouvel investissement, c'est celui de fin novembre, c'est un
investissement de 80 millions, dans un plan de réussite qu'on
reviendra tout à l'heure, ce plan de réussite là, d'ailleurs.
Alors,
pour éclaircir ce que le ministre a fait devant nous... Depuis qu'il est nommé,
le ministre de l'Éducation, Mme la
Présidente, depuis qu'il est nommé, il n'a pas été chercher aucun nouvel
investissement en éducation, aucun nouvel investissement, c'est la même chose que son prédécesseur. Alors,
quelques mois plus tard, c'est ça qu'on a devant nous. Alors, le ministre, tout ce qu'il a été chercher,
c'est 40 millions de coupures encore pour l'année qui s'en vient, c'est
ça qu'on a cette année sur la table. Alors,
le milieu de l'éducation, là, préparez-vous, là, vous avez encore un autre
40 millions à couper.
Et le ministre est en
train de nous dire aujourd'hui qu'il y a encore de la place puis il y a encore
de l'espace. Il n'y en a plus, d'espace, en
éducation, le monde vous dit un cri du coeur, vous dit qu'il n'y a plus
d'espace, il n'y a plus de marge de
manoeuvre. Alors, quand le ministre nous parle encore des marges de manoeuvre,
il n'y en a plus. On a des coupures, l'année passée, de ressources, des
coupures de services aux élèves; le ministre, il doit être conscient de ça. Alors, s'il demande encore un autre
40 millions, il n'y en a plus. Des frais administratifs sont à 3 %.
On parlait tout à l'heure de la
commission scolaire de Laval. La commission scolaire de Laval vous l'a dit,
elle a coupé. Elle avait des services aux enfants handicapés, elle a coupé tout ça, il n'en reste plus. Les
parents sont complètement, complètement démunis par rapport aux ressources qu'ils n'ont pas. Alors,
comment vous pensez que cette année elles vont faire, les écoles? Alors,
le ministre peut dire : Ah! bien, c'est
aux commissions scolaires puis aux écoles de s'assurer... on leur donne un
budget, il y a des investissements, oui,
alors... mais l'investissement, c'est la même nouvelle que le mois de novembre,
c'est ça que je dis au ministre.
Donc, le ministre
actuellement devant nous n'a pas été chercher du nouvel investissement. Il est
là depuis quelques mois. Avant les crédits, là, il aurait pu aller voir le
Conseil du trésor puis dire : Ça suffit! D'ailleurs, il est nouvellement ministre, là, il aurait pu le
dire : Moi, je suis bien prêt à être ministre de l'Éducation, mais il faut
réinvestir. Tout le monde le dit.
Alors,
il a écouté le monde, au projet de loi n° 86, qui sont venus pour parler
de la gouvernance scolaire. Ils sont tous
venus lui dire qu'il faut réinvestir en éducation : Arrêtez les coupures,
on n'en veut plus. Alors, le ministre, ce qu'il a fait, pendant les
derniers mois, il arrive, c'est 40 millions de coupures qu'il nous met sur
la table. Qu'est-ce que le ministre répond à ça, là?
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, Mme la députée, M. le ministre.
M. Proulx :
Bien, Mme la Présidente, je veux dire, 1,2 milliard d'argent neuf dans le
système de l'éducation, prévisibilité sur
trois ans, 500 millions pour les services, 700 millions de plus dans
le Plan québécois des infrastructures pour
avoir des écoles de qualité, des écoles saines, du réinvestissement dans les
ressources. On pourra parler de différentes commissions scolaires, on
pourra parler de la situation de la CSDM, si vous le voulez, tout à l'heure,
parce qu'on est en discussion avec eux. Ça,
ce n'est pas de l'argent de Monopoly, ça, Mme la Présidente. Ce n'est pas de
l'argent qui était dans le budget
2013‑2014, du temps où les collègues de l'opposition officielle avaient
l'occasion de faire des prévisions et de mettre en place un plan pour la
réussite.
Moi,
ce que j'ai dit, depuis mon arrivée — et ça ne fait pas plusieurs mois, Mme la
Présidente, ça va se compter en nombre
de semaines, peut-être deux mois lorsqu'on arrivera à la fin de cette
semaine : C'est un réinvestissement réel, c'est une amorce de mobilisation, c'est une sortie de
commission parlementaire où la réflexion se fait sur les éléments qui
sont porteurs. On ne veut pas travailler à
la division, on veut travailler à la mobilisation. On va faire une réflexion à
l'égard des EHDAA, parce que c'est effectivement
une préoccupation qui est réelle et qui dépasse les enseignants mais qui
touche également les parents et le réseau.
On va travailler à la gouvernance pour faire en sorte que tout le monde soit à
la bonne place et que tout le monde
puisse travailler dans sa sphère d'autonomie, dans son champ d'autonomie, pour
faire en sorte que l'éducation
redevienne une priorité. Puis au-dessus de tout ça, Mme la Présidente, on va
mobiliser tout le monde, parce que, oui, c'est notre priorité à nous,
oui, c'est la priorité du milieu de l'éducation, mais ça doit également être la
priorité dans notre société.
Alors,
là-dessus, Mme la Présidente, sincèrement, là, est-ce qu'il y a
réinvestissement? La réponse, c'est oui. Est-ce que les gens sont venus dire en commission parlementaire qu'ils étaient
heureux de savoir qu'il y avait un réinvestissement? La réponse, c'est
oui. Est-ce que les gens ont dit que c'était suffisant puis que c'était réglé
pour tous les problèmes? La réponse, c'est
non, et ce n'est pas ce que le gouvernement a dit non plus. Alors, c'est la
raison pour laquelle on met de la prévisibilité sur trois ans, c'est la
raison pour laquelle le plan sur les infrastructures est un plan important dans
les premières années.
je rendais disponibles 700 millions de dollars, Mme la Présidente, dans le plan d'infrastructure cette année, si cette année, là, toutes les écoles du Québec pouvaient mettre en
plus 700 millions dans les 12 prochains mois, la réalité, c'est que les chantiers ne pourraient pas tous se
faire, Mme la Présidente. Il y a une réalité dans le temps, il faut
faire avec le milieu également.
Alors, oui, il faut travailler plus, oui, il faut
faire plus, mais il y a une capacité d'intégrer ces chantiers-là, par exemple, en matière d'infrastructure,
dans le réseau, parce qu'on ne peut pas faire tout puis le faire n'importe
comment.
La Présidente (Mme
Rotiroti) : Merci, M. le ministre. Mme la députée de
Pointe-aux-Trembles.
Mme Léger : Le ministre a
abordé la commission scolaire de Montréal, je vais donner suite à la commission
scolaire de Montréal. On demande à la
commission scolaire de Montréal 18 millions pour retourner à l'équilibre,
donc c'est 18 millions
de coupures qui s'en viennent particulièrement pour la commission scolaire de
Montréal. Elle se demande comment
est-ce qu'elle va faire ça, la commission scolaire de Montréal, elle est au
bout du rouleau, la commission scolaire de Montréal. Alors, elle prévoit de couper 70 postes, là, qui s'en
vient dans la prochaine année, avec ces coupures-là, là. C'est ça qui va
arriver à la commission scolaire de Montréal.
La commission
scolaire de Montréal, là, elle a 10 % des élèves qui sont dans des
classes 10, là, catégorie 10, là, qu'on appelle, là, les plus défavorisées. C'est 45 écoles
primaires, 17 écoles secondaires. 21 % de ses élèves sont dans
des écoles défavorisées, des écoles qui ont des difficultés. C'est beaucoup
d'élèves, là, c'est près de 16 000 élèves sur 73 000 élèves, là. C'est de ceux-là qu'on parle. C'est des
enfants aussi qui ont des probl